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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 19:47
«Marian ANDERSON (1897-1993), première grande Diva noire internationale de la musique classique, une Voix du Siècle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vous avez une telle voix qu’il n’en existe qu’une par Siècle» disait de Marian ANDERSON au festival de Salzbourg, en 1935, le chef d’orchestre italien, Arturo TOSCANINI (1867-1957). Les mélomanes de la musique classique célèbrent encore, à juste titre, Maria CALLAS (1923-1977), mais presque tous ont oublié que la première grande diva internationale qu’était Marian ANDERSON. Dans sa longue carrière, entre 1925 et 1965, Marian ANDERSON démarre d’abord par des airs de «Negro spirituals», puis franchit ensuite toutes les barrières raciales ; elle devient la grande spécialiste des mélodies classiques européennes, comme Jean-Sébastien BACH (1685-1750), Georg Friedrich HAENDEL (1685-1759), Franz SCHUBERT (1797-1828), Robert SCHUMANN (1810-1856), Johannes BRAHMS (1833-1897), Domenico SCARLATTI (1685-1757) ou Giuseppe VERDI (1813-1901). Aussi, sous ce registre de la musique classique, Marian ANDERSON devient mondialement reconnue comme la spécialiste du Lieder et de l'Oratorio. Marian ANDERSON a donc chanté, magistralement, «Casta Diva» du compositeur italien Vincenzo BELLINI (1801-1935), «Ave Maria», ou «No Body Knows the Trouble I Have Seen». En effet, Marian ANDERSON, avec sa voix contralto, «était de ces rares chanteuses qui, par la grâce de leur seul timbre de voix, avait la capacité de bouleverser le public. Son chant était la simplicité même, tout le contraire de celui d'une Schwarzkopf par exemple. Nulle sophistication, nul artifice dans ses interprétations, mais une ligne plastique parfaite et une humanité qui, d'une certaine façon, n'est pas sans évoquer la religiosité du chant de Mahalia Jackson» écrit le journal «Le Monde» en hommage, le 10 avril 1993.
Notre amie, Rita COBURN WHACK, originaire de l’Illinois, réalisatrice, écrivaine, productrice et actrice, vient de consacrer, en 2022, à Marian ANDERSON, «The Whole in her Hands», un documentaire réparant ainsi cette injustice traditionnelle de l’omission ou du silence. Mme Rita CORBUN est également réalisatrice de nombreux autres documentaires, notamment en 2012 une série télévisée, «Apollo Live» et en 2016 sur l’écrivaine Maya ANGELOU (1928-2014), «I Still Rise», qu’elle était venue présenter, les 10 et 11 octobre 2016, au théâtre de l’Odéon, à Paris 6ème.
Marian ANDERSON est une chanteuse engagée, au temps de la ségrégation raciales. Derrière ses combats, il y a le mythe et une vie entière consacrée à la lutte pour l'égalité des droits civiques. Marian ANDERSON a surmonté la pauvreté et la discrimination raciale, avec dignité, talent et courage. «La peur est une maladie qui nous éloigne de la logique et rend l’homme inhumain» dit Marian ANDERSON. En 1939, Sol HUROK (1888-1974), impresario, l’agent de Marian ANDERSON, qui avait effectué des tournées triomphales en Europe et en Scandinavie, chanté à New York, dans les écoles et dans les églises, voulait qu’elle se produise à Constitution Hall, à Washington. «Le but de M. Hurok était de me faire accepter comme une artiste digne de figurer parmi les plus grands, et il s’ingéniait à me faire engager partout où l’on s’attendait à voir et entendre les meilleurs artistes» écrit Marian ANDERSON, dans ses mémoires. Cependant, en raison des lois sur la ségrégation raciale, «The Daugthers of American Revolution» ou les «Filles de la Révolution américaine», propriétaires de la salle, Constitution Hall, refusèrent son accès à Marian ANDERSON, en raison de sa couleur. «Quant à mes propres sentiments, il s’y mêlait de la tristesse et de la honte. Je plaignais ceux qui ont causé ce scandale. Il me semblait que leur attitude indiquait un manque de compréhension, non pas tellement parce qu’ils me persécutaient personnellement ou parce qu’ils cherchaient à persécuter, à travers moi, ma race, mais surtout parce qu’ils faisaient ce qui n’est ni raisonnable ni utile. Si j’avais pu atténuer la haine des uns et des autres, je l’aurais fait avec joie» écrit-elle. A cette époque, pourtant sous la présidence de Franklin ROOSEVELT, les Noirs n’avaient même pas le droit d’essayer les habits ou un chapeau dans les magasins de vêtements. Déjà célèbre en Europe, mais son propre pays, Marian ANDERSON doit s’asseoir au fond du bus et passer par l’entrée de service pour pénétrer dans les luxueux hôtels où elle se produit. Eleanor ROOSEVELT (1884-1962), admiratrice et de présidente d’honneur des Filles de la Révolution américaine», démissionne immédiatement de cette institution ségrégée. Sur son intervention, auprès de Harold Leclair ICKES (1874-1952), Ministre de l’intérieur, Marian chantera, le 9 avril 1939, au Lincoln Memorial, devant 75000 personnes de toutes les couleurs ; c’est le premier plus grand rassemblement, sans précédent, dans l’histoire des Etats-Unis. «Aussi loin que l’œil pouvait porter, il me semblait voir des gens formant un gigantesque demi-cercle depuis le Memorial de Lincoln, autour de la pièce d’eau et jusqu’à la flèche formée par le monument commémoratif de George WASHINGTON. J’avais le sentiment qu’une vague de bonne volonté montait de ces gens, et qu’elle m’engloutissait presque» écrit Marian ANDERSON. A ce concert est retransmis à la radio, Marian chante notamment l’hymne national des Etats-Unis, l’Ave Maria de Schubert et des Negros Spirituals.
Cette rencontre du Lincoln Memorial est un puissant défi contre les lois et pratiques ségrégationnistes, et a donc brisé la glace. «On perd énormément de temps à haïr des gens» dit Marian ANDERSON. Aussi, Marian ANDERSON, dans cette lutte symbolique, ouvert la voie à d’autres artistes, comme Leontyne PRICE (née le 10 février 1927, 95 ans), Grace BUMBRY (née le 4 janvier 1937, 85 ans) ou Jessye NORMAN (1945-2019). L’artiste se produire, en 1955, au Metropolitan House, à New York et lors aussi, le 20 janvier 1961, de la prise de fonction du président John Fitzgerald KENNEDY (1917-1963). L’association, «The Daugthers of American Revolution» invitera, finalement, Marian ANDERSON à chanter le 13 mars 1943, au «Constitutional Hall Recital» ; ce que l’artiste a accepté, sous réserve que la politique discriminatoire soit abolie au sein de cette institution. «Avec le temps, les règles qui gouvernaient l’administration de la Constitution Hall furent modifiées. La salle peut être utilisée par n’importe quel artiste noir. La polémique pris fin, et c’est bien ainsi» écrit Marian ANDERSON.
L’artiste sera la première femme noire à chanter le 7 janvier 1955 au Metropolitan Opera, brisant ainsi la barrière raciale et y interprète le rôle d'Ulrica dans Un bal masqué de Guiseppe VERDI (1813-1901). Marian ANDERSON, viendra le 28 août 1963, à Washington, au «Lincoln Memorial», aux côtés de Martin Luther KING (1929-1968), à l’occasion de son célèbre discours, «I Have a Dream», chanter «l’Ave Maria» de Franz SCHUBERT et des Negros Spirituals. En effet, l’immense concert, auparavant, en 1939, de Marian ANDERSON, a fortement inspiré Martin Luther KING. En effet, Martin Luther KING citera Marian ANDERSON même comme un déclencheur de son mouvement pacifique contre la ségrégation raciale, avec cette voix et cette force, qui l’ont touché profondément dans l’enfance et qu’il n’oubliera jamais. Marian ANDERSON donnera son dernier concert, le 19 avril 1965, au Carnegie Hall.
Marian ANDERSON est née à la rue Webster, dans le quartier Sud de Philadelphie, le 17 février 1902, dans une famille très pauvre. Les parents, habitant un logement exigu, chez sa grand-mère paternelle, une femme très autoritaire, déménageront à la rue Colorado, à Philadelphie. Son père, John Berkley ANDERSON (1876-1910), un baptiste, vend des glaces et du charbon au marché : «Je me souviens encore très bien de mon père. Je le vois bel homme, de teint sombre, ni très gros, ni trop mince. Il travaillait dur et il prend grand soin de sa famille» écrit Marian ANDERSON. Sa mère, Delilah Ann RUCKER (1874-1964), une méthodiste, originaire de Virginie, avait été institutrice à Lynchburg ; une fois installée, avec son mari, à Philadelphie, elle est devenu, occasionnellement, lingère et employée de maison : «De son vivant, ma mère avait assez à faire à la maison, pour ne pas travailler au-dehors. Nous étions trois filles, Alice, Ethel et moi. Ce n’était que lorsque l’argent manquait pour acheter quelque chose dont nous avions besoin qu’elle allait faire des ménages en ville. (…) Enfant, ma mère avait fait partie des chorales de sa paroisse» écrit Marian ANDERSON. Sa mère surveillait, avec grand soin, leurs études, et vérifiait que le travail scolaire soit bien fait, peu importe le temps que cela prendra ; cela n’a pas d’importance : «Il m’a fallu longtemps pour comprendre la sagesse de ce conseil. Oui, la seule chose qui compte, c’est de faire du bon travail, sans se soucier du temps qu’il faudra» écrit Marian ANDERSON. Son père, victime d’un accident de travail, blessé à la tête avait une tumeur ; il meurt quand Marian n’avait que 8 ans. Aussi, sa mère et ses enfants vont vivre chez ses grands-parents paternels, une maison surpeuplée, bruyante, mais avec un vieil orgue au salon. Cependant, l’artiste affirme avoir été heureuse pendant son enfance : «Aussi longtemps que mon père vécut, je n’ai guère connu que des joies. (…). Si la femme que je suis se rend compte de tout ce qui lui a manqué, l’enfant que j’étais n’en a pas souffert, car elle se considérait comme comblée dans l’univers qui était le sien» écrit-elle dans ses mémoires, «ma voix et ma vie».
A l’école, la jeune Marian est déjà passionnée par les leçons de musique «Chaque fois que nous étions en classe et des élèves chantaient dans une salle voisine, j’étais si distraite que je n’entendais pas ce que disait la maîtresse. J’étais aussi absente que si mon corps avait été ailleurs. J’aimais tellement le chant que mon plus grand bonheur était le jour où revenait la leçon de musique» écrit Marian ANDERSON. Son père lui offre, à l’âge de 8 ans, le piano destiné à son frère, installé dans le salon, mais inutilisé. Cependant, sa famille n’avait pas assez de moyens pour lui payer des leçons particulières. Lors d’une sortie, Marian entendit, de la rue, le son d’un piano et découvre que c’est un Noir qui le jouait ; elle réalise, elle aussi qu’elle peut y arriver «N’oublie jamais que, où que tu sois et quoi que tu fasses, il y a toujours quelqu’un qui te voit» lui disait sa mère. Avec l’argent gagné en lavant les marches des maisons, Marian ayant retrouvé la confiance en elle-même, apprendra même à jouer du violon, et pu acquérir, chez prêteur à gage, un Stradivarius. Cependant, ne sachant pas faire des gammes, et ayant maltraité son violon, une corde cassa. Chanteuse contralto au temple, avec l’aide d’une tante, une sœur de son père, le prédicateur, une certaine Marion Crowley NEWBY, demanda à Marian de participer à différents concerts. «Si je n’avais pas eu la passion du chant, j’aurais eu celle de la médecine. J’aimais chanter et, de même que j’aimais être écoutée, j’aimais écouter les autres lorsqu’ils chantaient» écrit-elle.
En raison de l’éclat naturel de sa voix et dès l’âge de 7 ans, Marian est surnommée «Bébé contralto». Transférée à la High School de Philadelphie Sud, Marian ANDERSON fait une décisive rencontre chez le docteur Lucy WILSON, une soprano, Lisa ROMA, (1892-1985). Dans son nouveau logement, il y avait un piano «enfant, comme j’avais beaucoup d’oreille, je m’amusais à jouer des airs sans connaître la musique et sans être capable de lire les notes » écrit Marian ANDERSON, dans ses mémoires. Enfant, elle commence d’abord par chanter dans «The Union Baptist Church». En effet «le temple était une partie importante de ma vie, aussi bien socialement que musicalement. A treize ans, j’avais été admise  dans la chorale des adultes, mais je n’avais pas cessé pour autant de chanter dans celle des enfants. En fait, j’ai participé aux deux, même après ma vingtième année. Chanter était pour moi quelque chose de sérieux et j’avais le sens de la responsabilité en tenant ma première partie dans les chœurs. Je ne m’occupais ni du style, ni de la technique. Je chantais partie des contraltos, mais je pouvais aussi faire  celle des sopranos ou des ténors ou, au besoin aussi, celles des barytons, à condition que je prenne les airs une octave au-dessus» dit-elle.
Membre de la chorale adulte, Marian est allée, avec le révérend PARKS, à New York chanter au temple abyssinien, la grande église de Harlem. Sa paroisse attirait de nombreux étrangers de passage à Philadelphie et des amateurs de musique de la ville, comme le ténor Roland Wiltse HAYES ténor Roland HAYES (1877-1977), qui devient un modèle, pour la jeune Marian. Il chantaient de vieux airs italiens, des Lieder allemands et des chansons françaises. Roland HAYES suggéra aux parents de Marian qu’elle s’oriente vers des études professionnelles de musique. L’église baptiste organisa une quête afin de payer les cours de chant chez Arthur J. HUBBARD. Progressivement, Marian participe à divers événements sociaux et devient membre de la Société Chorale de Philadelphie, un groupe de Noirs, dirigé par Alfred HILL. En dépit de ces diverses relations, Marian chantait d’instinct, et devait donc perfectionner davantage son art et entre en relation avec un autre professeur de chant, John Thomas BUTLER. Le registre de Marian couvrant trois octaves, Mary SAUNDERS PATTERSON (1859-1925), une soprano et une voisine noire, lui donne gratuitement des cours de technique vocale. Les leçons sont payées par John Thomas BUTLER. «Elle m’appris qu’en chantant, il fallait prendre garde de ne pas dépenser toute sa voix, mais ne s’en servir que modérément et sans donner tout entière» écrit-elle. Il fallait apprendre à respirer en chantant, à bien poser et placer la voix, à ne pas la faire sortir par le nez, mais par le masque. C’est Mme PATTERSON qui recommanda à Marian de changer de professeur et de suivre les cours d’Agnès REIFSNEIDER (1887-1949), qui lui appris à travailler les registres du Mezzo et du Contralto, ainsi que les Lieder de Brahms. Agnès REIFSNEIDER est également membre du jury d’attribution des bourses. C’est Miss ROMA qui lui présenta Giuseppe BOGHETTI (1896-1941) qui allait être son professeur de chant, jusqu’à sa mort. Lors de l’audition, Marian Chante «Deep River» ou la «Rivière profonde». A la fin de cette prestation, Giuseppe BOGHETTI lui dit «Je m’arrangerai pour vous prendre tout de suite. Je n’aurai pas besoin plus de deux ans pour que vous soyez capable de chanter où vous voudrez et devant qui vous voudrez». Un concert fut organisé au temple par Mrs Ida ASBURY et les frais récoltés (600 dollars) ont servi à payer les leçons de Giuseppe BOGHETTI. «D’abord, je ne fis rien que chanter la bouche fermée, jusqu’à ce que je sente bien la vibration dans toute la tête. Ensuite, je devais essayer de trouver exactement l’endroit où placer le son, sans aide» dit Marian ANDERSON. Il lui apprit, non seulement tout le registre, du plus grave au plus aigu, mais aussi la respiration, en tenant les côtés de sa poitrine étroitement serrée, et de respirer lentement, afin de conserver son souffle, le plus longtemps possible.
En 1921, elle voulait s’orienter définitivement vers des études de musique, mais l’académie de musique de Philadelphie n’acceptait pas, à l’époque, les Noirs. «Les préjugés sont comme un cheveu sur la joue. Vous ne pouvez pas le voir, vous ne pouvez pas le toucher mais vous essayez toujours de l’enlever, car c’est une sensation irritante» dit Marian ANDERSON. En effet, venue s’inscrire à l’école de musique de Philadelphie, Marian fit la queue «A tour de rôle, les candidats arrivaient à un guichet où une fille répondait à leurs questions et leur remettait les formulaires à remplir. Lorsque vint mon tour, elle s’adressa, sans s’occuper de moi, à la personne qui suivait, et elle répéta ce même manège jusqu’au bout de la file. Me regardant froidement, elle me lança «Ici, nous n’acceptons de nègres» dit Marian ANDERSON dans ses mémoires. Les Noirs connaissaient les magasins où ils étaient servis les derniers, les taxis, les bus ou tramways refusant de refusant de s’arrêter, ainsi que les couchettes séparées dans les trains. Dans ces lois «Jim Crow», il y avait parfois des exceptions, des espaces fraternisation «Cependant, je ne puis ôter de mon cœur un regret : celui de n’avoir pas été à une bonne école de musique» écrit-elle.
Aussi, Marian ANDERSON commence par donner des concerts pour subvenir à ses besoins et participent à différents concours. En 1923, Marian participe d’abord à un concours, à Philadelphie organisé par la société philarmonique. A la fin de ses études, Marian ANDERSON remporte le premier prix d'un concours de chant organisé par le Philharmonique de New-York, et donne son premier concert professionnel le 23 avril 1924 au New York Town Hall. . L’accueil des critiques à ce premier concert est mitigé «Marian Anderson a l’air de chanter machinalement Brahms» écrit un journaliste. Le 26 août 1925, Marian en raison de sa voix merveilleuse, gagne un concours organisé par le «Philharmonic Orchestra» de New York, des concerts publics offerts par la Fondation Lewisohn. Plusieurs journaux relatent ce concert «Miss Anderson a fait une excellente impression. Elle a reçu de la nature une voix d’une étendue peu commune, colorée et dramatique» écrit le «New York Times». Marian prit William Billy KING comme accompagnateur et manageur. Forte de ce premier grand succès, Marian est invitée au Canada et sur la Côte Ouest ; le public est mixte, et les cachets conséquents, entre 400 et 500 dollars par concert. Marian change de manager et engage Arthur JUDSON (1881-1975), directeur artistique et fondateur de CBS ;  les cachets montent à 700 dollars par soirée. A la suite de la mort de son grand-père et d’un petit héritage, Marian achète une maison. C’est à ce moment qu’elle fait la connaissance Orpheus FISHER, dit Razzle, son futur mari.
Marian avait un handicap, elle ne savait pas parler les langues étrangères notamment l’allemand et l’italien, sauf quelques rudiments de français. Aussi, Marian part en Europe afin de perfectionner son art, pour être au sommet de son art. En raison de l'ampleur exceptionnelle de sa voix de contralto, la profondeur et le velouté de son timbre, la ferveur de son expression musicale, ces talents lui ouvrent une carrière internationale. Marian a gagné une bourse de la Fondation «Julius Rosenwald» et de la «National Association o Negro Musicians», pour un séjour en Europe. Aussi, Marian ANDERSON entreprend une première tournée entre 1930-1932 avec des débuts en Grande-Bretagne au Wigmore Hall de Londres et un concert, en 1930 à Berlin, suivie d'une seconde entre 1933-1934 avec un concert à Paris en 1934, à la salle Gaveau, avec la compagnie de Vladimir HOROWITZ (1821-1989), pianiste, en en 1936, 1937 et en 1938, à la salle Pleyel «Marian Anderson interprète peut-être maintenant de façon trop «civilisée», car sa culture musicale et vocale s'est grandement approfondie, mais avec quel art et quelle séduction ! Cette voix chaude, aux troublants effluves, ce sens de la nuance, cette variété infinie de timbres font de Marian Anderson une artiste unique, justement admirée pour la souplesse et la diversité de ses dons. Chanter «la Vie antérieure» avec cette simplicité, cette ardeur concentrée, montrer dans Fauré (Au bord de l'Eau), une compréhension si fine, si limpide, si «française», puis se déchaîner dans des chants nègres, tout cela avec un égal bonheur, voilà ce qu'il ne nous est pas donné souvent d'applaudir» écrit Denise BERTRAND du «Ménestrel», journal de musique, édition du 18 novembre 1938. En effet, les critiques français sont particulièrement élogieux «Quant au talent, il est hors pair, Marian Anderson est une très grande cantatrice. Son vocable est incomparable. Rien ne manque ! Avec souplesse et sens artistiques extraordinaires, Marian Anderson interprètes des œuvres de caractères les plus divers» écrit «Artitisca» dans son édition du 7 avril 1936. Même «l’Action française», un journal pourtant d’extrême-droite, est particulièrement élogieuse, devant un tel talent incontesté : «La voix de Marian Anderson n’est plus à décrire. Tous les mélomanes parisiens connaissent maintenant son timbre, ses deux registres miraculeusement accolés de contralto profond et de soprano argentin. Marian Anderson, avec la gamme paradoxale de ses moyens, est, à bien des cantatrices émérites, ce qu’un orgue est un harmonium. Cette splendide étoffe vocale paraît avoir encore gagné en ampleur. Physiquement, l’artiste est en plein épanouissement de ses dons» écrit, le 20 novembre 1936, Lucien REBATET (1903-1972) écrivain et critique musical.
Marian ANDERSON ira en Israël, en Espagne et jusqu’en Russie (Leningrad, Moscou, Kiev, Kharkov, Odessa et Tiflis). Bien que confrontée à la ségrégation raciale dans son pays, ces tournées européennes ont conforté Marian ANDERSON dans son projet professionnel «J’eus le sentiment que je n’avais pas perdu mon temps en souhaitant de devenir artiste. J’eus le sentiment que mes ambitions pourraient se réaliser. Parce que mes auditoires scandinaves m’avaient acceptée sans réserve, je découvris que je n’avais plus rien à craindre des Lieder et je me mis à les chanter avec une liberté d’expression» écrit-elle. En 1935, Marian ANDERSON donne un récital au festival de Salzbourg et rencontre Arturo TOSCANINI. Le pianiste, Arthur RUBINSTEIN (1887-1982), lui ouvre les portes de la Scandinavie (Norvège, Danemark, Finlande). Ainsi, en 1933, Marian ANDERSON rencontre le compositeur finlandais Jean SIBELIUS (1865-1957). Ces tournées européennes sont un immense succès notamment à Oslo «la réaction du public norvégien venait à la fois, je pense, du fait qu’il a l’esprit large et qu’il est curieux. Entendre une artiste noire était là-bas quelque chose de curieux. Je me souviens qu’à la fin de la première partie de mon programme, il y eut un tonnerre d’applaudissements sans apparente raison et qu’avant l’entracte les manifestations d’enthousiasme étaient telles qu’il me fut presque impossible de quitter la scène» écrit Marian ANDERSON.
L’artiste enregistre ses premiers disques chez Pathé-Marconi. A son retour aux Etats-Unis, ses cachets deviennent plus importants ; elle prend aussi la décision de changer d’accompagnateur qui sera Kosti VEHANEN (1887-1957), pianiste et compositeur finlandais. Le deuxième concert au Town Hall du 30 décembre 1935, est un succès éclipsant le premier échec. «Il ne faisait aucun doute que j’avais désormais atteint un échelon plus élevé. Je chantais depuis longtemps, gravissant imperceptiblement une marche après l’autre» écrit-elle dans ses mémoires.
En 1944, au cours de son séjour, à New York, le général de GAULLE (1890-1970), chef de la France Libre, assiste à un concert en plein air, avec 20 000 personnes, et Marian ANDERSON a chanté la Marseillaise en son honneur, relate «La Nouvelle République» du 8 août 1944. Venue chanter le 20 janvier 1957, à la prise de fonctions du président Dwight EISENHOWER (1890-1969), Marian ANDERSON est également  nommée déléguée à l'Assemblée des Nations unies. Marian ANDERSON entreprend, à ce titre, une tournée de bienfaisance en Inde et en Orient. Elle reçoit aussi des diplômes honorifiques des universités de New York et de Princeton, ainsi que des médailles des gouvernements de nombreux pays. Elle reçoit, le 6 décembre 1963, «l'American Freedom Medal» des mains du président Lyndon JOHNSON (1908-1973). Marian ANDERSON a été honorée de nombreuses autres distinctions : en 1978, du Kennedy Center, pour sa contribution au rayonnement de la culture américaine, en 1984, le Hall of Fame Award de la NACCP, en 1999, 2008 et 2009, le Grammy Hall of Fame, et en 1991, le Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. En 2005, les services postaux ont sorti un timbre à son effigie. Nous avons tous un don, ne serait-ce que celui d’être un ami sur qui on peut compter ; il suffit de l’identifier et de se donner les moyens de l’atteindre et de le perfectionner.
Marian ANDERSON, mariée, le 17 juillet 1943, à Orpheus Hodge FISHER (1900-1986), disparaît le 8 avril 1993, sans enfant, à Portland, dans l’Oregon, chez son neveu, James DEPRIEST (1936-2013). «Everyone has a gift for something, even if the gift is that of being a good friend. Young people should try and set a goal for themselves, and see that everything they has some relation to the ultimate attainment of that goal” dit Marian ANDERSON, dans son autobiographie.
Références bibliographiques
1 – Autobiographie
ANDERSON (Marian), Ma voix et ma vie (My Lord, what a Morning : An Autobiography), Urbana and Chicago, University of Illinois, University of University Press, 2002, 352 pages, et Paris Albin Michel, traduction de Max Dorian, 1961, 300 pages.
2 – Autres références
ARSNAULT (Raymond), The Sound of Freedom Marian Anderson, the Lincoln Memorial, and the Concert that Awakened America, New York, Bloomsbury Press; 2010,  310 pages ;
BROADWATER (Andrea), Marian Anderson : Singer and Humanitarian, Berkley Heights,  J, Enslow Publishers, 2000, 128 pages ;
CARSON (Tracy), Marian Anderson : American Hero, Boston, Houghton Mifflin, 2005, 16 pages ;
FERRIS (Jeri), What I Have Had Was Singing : the Story of Marian Anderson, Minneapolis, Carolrhoda Books, 1994, 96 pages ;
FREEDMAN (Russell), The Voice that Challenged a Nation : Marian Anderson and the Struggle for Equal Rights, New York, Clarion Books, 2004, 114 pages ;
KEILER (Allan), Marian Anderson. A Singer’s Journey, University of Illinois Press, 2002, 447 pages ;
KRUESI (Margaret), Marian Anderson Papers, University of Pennsylvania, Kislak Center, 1998, 142 pages ;
MEADOWS (James), Marian Anderson. A Journey to Freedom, Chanhassen, MN the Child’s World, 2002, 40 pages ;
NEWMAN (Shirley, P.), Marian Anderson : Lady from Philadelphia, The Westminster Press, 175 pages ;
VEHANEN (Kosti), BARNETT (George, J.), Marian Anderson : A Portrait, New York, Whisttlesey House, London, Mc-Graw Hill Book Company, Inc, 1941, 270 pages.
Paris, le 12 février 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 23:27
«Mahalia JACKSON (1911-1972), Reine du Gospel, et militante des droits civiques» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Il y a de cela 50 ans, le jeudi 27 janvier 1972, disparaissait Mahalia JACKSON, la Reine du Gospel. Partagée entre l'espérance, la peine et la résignation, représentante de la force triomphante des vaincus, Protestante et «Reine du Gospel», Mahalia JACKSON a exprimé, par sa musique, la souffrance et la révolte des Noirs américains, pour un monde meilleur : «C’est uniquement dans la musique, que les Américains peuvent admirer parce qu’une sentimentalité protectrice leur en limite la compréhension, que les Noirs américains ont pu écrire leur histoire» écrit James BALDWIN. Music speaks a language to individual souls that cannot always be expressed by the spoken word. There is something about music that your soul gets the message. No matter what trouble comes to a person music can help him face it” écrit Maya ANGELOU. En effet, Mahalia JACKSON rappelle bien le sens de sa musique, le Gospel ; ce sont des chants de ceux qui habitaient «les marécages, les champs de canne à sucre et près de la voie ferrée. Les Gospels Songs sont des chants d’espoir. Quand on les chante, on est libéré de son fardeau. On a le sentiment qu’il existe une guérison de ce qui va mal» écrit-elle dans son autobiographie, «Moving On Up». Mahalia est restée humble et modeste : “Ever since I began singing in the big concert halls, people have been trying to teach me to be grand, but I just can’t do it. If blessing come to you, accept them, but don’t let them dominate you”.
Mahalia sait qu’elle vient de loin, des bas-fonds de la Nouvelle-Orléans, quand elle chante, contrairement à ce que l’on croit, elle ne ressent pas de la tristesse, mais une joie intérieure d’avoir gravi la montagne raciale : «It is hard for me sometimes to believe I came from the back streets of New Orleans. When I cry when I am singing, I am not sad the way people think. I look back and see where I came from, and I rejoice” écrit-elle dans son autobiographie.  En effet, Mahalia JACKSON est née le 26 octobre 1911, à la Water Street, Nouvelle-Orléans, en Louisiane, entre la voie ferrée et non loin du fleuve Mississippi, un fleuve mythique : «In New Orleans, the Mississippi River is a part of you. When children were not afraid of its swamps or alligators or Blue runner snakes. The Mississippi makes New Orleans a magic city”.  écrit-elle. Mahalia a grandi dans les quartiers sordides de la Nouvelle-Orléans, sans jouets, ni arbre de Noël en décembre. C’est un quartier multiculturel composé de Noirs, de Français, de Créoles et d’Italiens, exposé au bruit incessant des trains : “The railroad run so close than the trains shook the windows” écrit-elle. La vieille cabane familiale instable connaît des fuites d’eau et des humidités : «We live in a little old «Shotgun» shack. It rains about as much inside our house as it did outside” écrit-elle.
Troisième fille d’une famille de six enfants, de conditions très modestes, de Charity CLARK (1848-1915), une domestique, et de John JACKSON Jr, un ouvrier déchargeant des balles de coton au fleuve et le soir, exerçant le métier de coiffeur. Ses grands-parents paternels, esclaves, sont nés dans une plantation de riz. Après la guerre de sécession et leur libération, ils sont venus s’installer à la Nouvelle-Orléans. Ses grands-parents maternels, les CLARK, étaient également d’anciens esclaves dans une plantation de coton, dite «Gumpstump», au Nord de la Nouvelle-Orléans, sur les bords du fleuve Chafalaye. Sa grand-mère était la cuisinière de cette plantation et son grand-père, le cocher. Ils travaillaient du lever du jour à la tombée de la nuit, et les enfants noirs n’avaient le droit d’aller à l’école que par mauvais temps, notamment quand il pleuvait. La seule vie sociale autorisée était d’aller à l’église. C’est son oncle PORTER qui a fait déménager sa mère et ses enfants, en 1890, à la Nouvelle Orléans et trouve à sa mère un emploi de domestique chez le capitaine RUCKER. Sa mère se maria et s’installa avec son mari à la Water Street, non loin de Fontainebleau Drive, un quartier huppé pour les Blancs aisés. Ses cousins connaissaient la chanteuse de Blues, Gertrude Malissa Nix PRIDGETT dite Ma RAINY (1886-1939), la reine du Blues et voulaient que Mahalia, en raison de sa voix merveilleuse devienne plus tard une chanteuse professionnelle. «The minute that cousins heard that voice of mine, they wanted to get me into show business and they asked to take me travelling with them” écrit-elle. Mais sa tante, Josie BURNETTE, s’y opposa.
Ses parents se séparent vite après sa naissance. Sa mère meurt quand elle n’avait que cinq ans «When I was only five years old, my mother was taken sick. To this day nobody seems, what the illness was, but few months later she was dead” écrit-elle. Troisième enfant d’une fratrie de six, Mahalia est alors élevée par l’une de ses sept tantes, Mahalia CLARK-PAUL dite Aunt DUKE, une excellente cuisinière pour la bourgeoisie blanche.
I – Mahalia JACKSON, la Reine du Gospel
Dans son quartier, à la Nouvelle Orléans, tout ferme du vendredi soir au lundi matin. Mahalia, jeune connaissait Bessie SMITH (1894-1937), la princesse du Blues. Le Gospel, un rythme moderne, n’est ni les Spirituals, ni les Folk Songs, c’est un style de chanson ayant débuté vers les années 1925. Ce sont des intellectuels noirs, comme Thomas Andrew DORSAY (1899-1993), pianiste et «père du Gospel», Roberta Evelyn MARTIN (1907-1969), Theodore FRYE (1889-1963), Jobe HUNTLEY et Clara WARD (1924-1973), qui ont composé le Gospel, une musique joyeuse et rythmée, une rencontre des chorals d’église et des rythmes ancestraux africains.  Among Negro musicians in the popular fields of music there seems to be a tendency to employ terms of royalty as part of their name. Mahalia Jackson is not known as Queen Mahalia, but she called “The Queen of the Gospel Singers” écrit Langston HUGUES. Née au temps au gramophone, de la radio et au pays du Ragtime, du Blues, du Jazz et du Gospel, très jeune, Mahalia écouta la musique profane des vedettes de l’époque : Ma RAINEY, Ida COX (1896-1967), Clara SMITH (1894-1934). En effet, Mahalia s'inspira de ces artistes, mais refusait toutefois qu'on la comparât à ces femmes auxquelles elle ne voulait point ressembler. «Tous ceux qui chantent des blues, hurlent au secours du fond d'une fosse. Je ne suis pas de ceux-là. Le blues est désespoir, le gospel «espérance». Je me consacre au «Gospel», à la gloire de Dieu et à l'amour confiant qu'il m'inspire» dit-elle. Aussi, Mahalia JACKSON a toujours décliné, en dépit de cachets alléchants, de se produire dans les cabarets, bars ou Night clubs qu’elle considérait comme des lieux de perdition. L’artiste refuse d’interpréter des chansons légères, sans message : “I can’t sing a song that does not have a message» écrit-elle. En effet, très pieuse, Mahalia estime que le Gospel renoue avec la tradition religieuse des temps anciens «Je te louerai au son du luth, je chanterai ta fidélité mon Dieu, je te célébrerai avec la harpe, Saint d’Israël ! En te célébrant, j’aurai ta joie sur les lèvres, la joie dans mon âme que tu as délivrée» chante-t-elle, Psaume 71 de David. Pour le Révérend, Jesse JACKSON, la puissance et l’émotion de cette voix contralto, viennent de ce que Mahalia dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit “When there is no gap between what you say and who you are, what you say and what you believe, when you can express that in song, it is all the more powerful. She put her career and faith on the line, and both of them prevailed” dit la biographie consacrée à Mahalia.
Mahalia a commencé à chanter à seulement à l’âge de quatre ans dans l’église baptiste Mount Moriah, à la Nouvelle-Orléans, en entonnant «The Lord Songs», des chansons religieuses et pour témoigner sa foi en Dieu et en Jésus-Christ. Les «Gospels songs» sont des chants d’Evangile, d’inspiration religieuse. «Les thèmes des Negro-Spirituals sont trop indissolublement liés à une condition bien déterminée qui est l’esclavage» écrit Marguerite YOURCENAR, dans «Fleuve profond, sombre rivière». En effet, Mahalia a chanté «No Body Knows the Trouble I Have Seen”.  Une chanson de souffrance, mais aussi d’espérance : «Personne ne connaît la peine que j’ai endurée, sauf le Christ. Parfois, je me sens bien, parfois, je suis désespéré. Un jour, quand je me promenais, le Ciel s’est ouvert et l’Amour en est descendu». Pendant toute sa carrière musicale, Mahalia JACKSON a refusé de chanter le «Blues» qualifié de «Negro Spirituals profane» ou de «musique du diable» ou activité commerciale sur sa musique. A cette époque, Mahalia est considérée comme d’une «pieuse intégrité.  Fervente chrétienne, protestante, baptiste, elle entend chanter pour Dieu, seulement pour Dieu. La Bible est son répertoire privilégié, et son milieu porteur est celui du protestantisme évangélique des églises noires, traversé par les luttes pour l’émancipation et l’égalité» écrit Jesse JACKSON, dans sa biographie. Mahalia est restée une femme simple et modeste, refusant d’être grisée par le succès : «Ever since I began singing in the big concert halls, people have been trying to teach me to be grand, but I just can’t do it. If blessings come to you, accept them, but let them dominate you” écrit-elle.
En décembre 1928, à l’âge de 16 ans, Mahalia, avec sa tante Hannah, fuyant la pauvreté et la ségrégation raciale, déménagent à Chicago. Son père n’avait pas apprécié Chicago, la ville du crime avec ses gangster. Conduite, pour la première fois par un taximan blanc, Mahalia s’installe auprès d’une de ses tantes, Alice, dans la banlieue sud de Chicago, où vivent déjà 300 000 Noirs venus de partout du Sud, notamment Louis ARMSTRONG. Dès son arrivée à Chicago, Mahalia avait déjà réalisé que l’importante communauté noire qui y vivait avait toutes les opportunités pour s’élever dans l’ascenseur social (Chefs d’entreprise, hauts cadres, médecins, ingénieurs). En revanche, dans le Sud, les Blancs esclavagistes avaient tout réduire le niveau d’éducation des Noirs, pour les ramener à des missions subalternes dont ils avaient besoin (domestiques, cochers, cuisiniers, coiffeurs, etc). After I got to Chicago I realized that for the first time that the southern whites had a chain on the colored people. It remind me how they grazed a mule on a levee from a stake, he could grass in a circle all around and no further” écrit Mahalia, dans ses mémoires.
Femme noire, de conditions très modestes, mais résiliente et croyante, dans cette ville, Mahalia a connu des années difficiles  de la Grande dépression. En 1934, son grand-père, Paul, en visite à Chicago, a failli perdre la vie. Aussi, Mahalia songe elle aussi, à monter sa propre affaire afin de mieux venir en aide à sa tante Hannah souffrante. C’est sa tante Alice qui la présente à Robert et Prince JOHNSON, de l’église «The Greater Salem Baptist». Pour Mahalia, c’est la plus merveilleuse chose qui puisse lui arriver. Cette église devient sa seconde maison, fait évanouir sa nostalgie de la Nouvelle. Mahalia restera à Chicago pendant quinze ans, sans retourner à la Nouvelle Orléans.
Cependant, la Grande dépression frappa encore plus durement les communautés noires et attisa encore plus le racisme aux Etats-Unis. La communauté noire entame des stratégies de survie (co-location, partage des frais de nourriture, abandon des véhicules personnels, pour des transports publics bondés ou utilisent ces véhicules en taxis clandestins). Et même dans le Nord, plus tolérant, c’est le rêve d’égalité brisé : «In Chicago, the Depression the South Side (le quartier de Mahalia), a place of broken hopes and dream» écrit-elle.  C’est à moment, dans leur désespoir, que les Noirs tentent de s’organiser, politiquement, afin de ne pas subir la Grande dépression de plein fouet. Ainsi, certains adhérent, massivement, à une organisation de Marcus GARVEY (1887-1940), dénommée «The United Negro Improvement Association». Marcus GARVEY demandent aux Noirs d’acheter chez les commerçants noirs afin de les soutenir, et de rester solidaires contre les expulsions locatives des Noirs, sans emploi. L’Eglise noire est devenue également, pour cette masse de désespérés, un lieu de solidarité, de refuge et de résistance. Aussi, Mahalia chante aux conventions baptistes à Saint-Louis, comme au Cleveland, pour sauver les églises noires à Chicago, achetées sur prêt aux Chrétiens et aux Juifs. Pour les communautés noires expatriées au Nord, le Gospel, en plein essor, leur rappelle le Sud qu’ils ont quitté, avec regret : «Gospel music in those days of the early 1930s was really taking wings. It was the kind of music colored people had left behind them down the South and they like it because it was just like a letter from home” écrit Mahalia. Dans ses différentes tournées, Mahalia gagnait environ 50 dollars par semaine. Mahalia commence aussi à vendre des produits cosmétiques, avec l’aide de son mari. Disciplinée, volontaire,  exerçant ses talents vocaux, Mahalia travaille comme ouvrière d’usine, lingère, gouvernante dans un hôtel, et continue de chanter dans de petites églises baptistes. L’église étant le siège et le centre de la vie sociale, de 1930 à 1941, Mahalia rejoint un groupe, «The Johnson Gospel Singers». Mahalia refuse toujours de chanter le Blues incarnant le désespoir et préfère le Gospel, symbole de l’Espérance. Mais Mahalia perd l’un de ses petits boulets, en qualité d’employée dans un hôtel.  
Mahalia entame, par la suite, une carrière en solo. En raison de sa puissante voix de contralto, Earl Kneth HINES dit Fatha (1903-1983), qui l'entendit à Chicago, lui proposa d'entrer dans son orchestre, mais Mahalia déclina cette offre. On lui suggère de se produire dans les Night Clubs de Los Angeles, pour 25 000 dollars, mais elle refuse : «I’d rather sing about my «old Jesus», than about some old man, some old woman has lost» dit-elle. En effet, très croyante, Mahalia est encore d’une certaine rigidité par rapport à la musique, qu’elle considère comme : «Quand j’étais jeune, aimait-elle à dire, j’ai lavé les assiettes, gratté les parquets, fait la lessive, rien que pour aider ma famille à vivre. Je connaissais le blues, et il y a du désespoir dans le blues. Je chantais la musique de Dieu, parce qu’elle me donnait l’espérance. J’ai toujours besoin de l’espérance et du bonheur que me donne la musique de Dieu. Pour moi, cette musique, c’est une sorte de triomphe personnel sur chaque difficulté, une solution à chaque problème, un petit sentier vers la paix» écrit-elle dans son autobiographie.
A partir de 1935, Mahalia JACKSON commence, timidement, à accepter la commercialisation de ses disques ; le public appréciant le Jazz découvre également le Gospel. En 1937, Mahalia enregistre son premier disque, avec quatre titres parmi lesquels «God’s Gonna Separate The Wheat From The Tares» ou «Dieu va séparer le bon grain de l’ivraie», une chanson entre le Bien et le Mal : «Dieu va séparer le blé de l'ivraie. Laissez les Partir sans moi». Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Cependant, son mari, Ike, croit ses talents, et l’incite à participer à une audition, dans un théâtre musical, le Mikado, pour 60 dollars la semaine. Son mari dépensera ses économies au jeu de tiercé, et c’est la séparation. En 1939, Mahalia ayant pris goût au chemin du succès et à l’argent, lâche tous ses petits boulots, et ouvre un salon de beauté, «Mahalia’s Beauty Salon», ses principaux clients étant les fidèles des églises où elle chante. Pendant les week-end, elle fait des concerts. Son premier grand concert sera au stade de Philadelphie. Mahalia devient aussi, à côté de ses concerts, fleuriste, en ouvrant une boutique, «Mahalia’s House of Flower». C’est l’époque où Elvis PRESLEY (1935-1977) s’inspire de la musique noire dans son ascension.
A la suite de son divorce avec son premier mari, Mahalia accepte, enfin, de collaborer avec le professeur Thomas DORSEY (1899-1993), pianiste de Ma RAINEY et compositeur, notamment «Precious Lord, Take my Hand», ou «Précieux Seigneur, prends ma main» ou «Peace in the Valley». Mahalia lui dira, «je suis née pour chanter le Gospel». Cependant, le monde du spectacle est rude et certains agents peu scrupuleux, comme M. BROWN, ont voulu profiter de son inexpérience en matière d’organisation de concert. Mahalia prend la décision de ne travailler qu’avec des organisations respectables.
En 1946, alors que Mahalia enregistrait son disque sur «Moving On Up», une chanson traditionnelle de la Nouvelle Orléans, Bess BURMA (1902-1968), de la maison de disque, Apollo, est enchantée par son timbre de voix. Mahalia n’a jamais appris à lire la musique ; elle est une self-made-woman. Mahalia enregistre alors, le 3 octobre 1946, chez Apollo, quatre titres dont «I Want To Rest», ou «Je veux me reposer» : «Je veux me reposer, Oh mon Seigneur tu connais mon cœur depuis que j'ai vécu ici-bas essayant de chanter vos louanges. Devine comment je vais de porte en porte Quand mon travail sur terre est fait et une couronne de victoire gagné après avoir fait de mon mieux». Cependant, l’expérience reste encore peu concluante. En 1947, c’est Art FREEMAN qui a relancé sa carrière, et a réussi de convaincre Mahalia d’enregistrer «Move on Up a Little Higher», un grand succès vendu à plus de deux millions d’exemplaires : «Un de ces matins, bientôt, je vais déposer ma croix. Donne-moi une couronne». Le Révérend Herbert BREWSTER (1897-1987), dramaturge, chanteur et poète, compose pour Mahalia de grands succès, comme «Take my Hand Precious little Lord», une chanson dans laquelle l’artiste s’adresse directement à son Seigneur et l’implore de lui venir en aide, parce que fatigué et seul de la vie qu’il a eue et veut donc se reposer au Paradis : «Emmène-moi, laisse-moi reposer [... ] Emmène-moi à la maison (Paradis). Emmène-moi vers la lumière». Naturellement, «Move on Up» ou «Elève-toi un petit peu», dont le titre également de son autobiographie, est l’un des immenses succès de Mahalia. C’est une chanson de persévérance nécessaire pour l’accomplissement de chacun : «Avance, vers ta destinée. Peut-être que tu rencontreras des difficultés de temps en temps. Une route peut être pavée d’embûches, mais avance et tu trouveras la Paix».
En 1948, Mahalia fonde avec Theodore FRYE (1899-1963), «The National Baptist Music Convention», pour donner des concerts à travers différentes églises des Etats-Unis ; ce qui popularise, encore un plus, le Gospel. Ed SULLIVAN (1901-1974) invite Mahalia à émission de télévision de CBS, à l’occasion de la «National Baptist Convention», et à partir de là, les sollicitations commencent à arriver de toutes parts.
Le 1er octobre 1950, Mahalia donne son premier concert à New York au Carnegie Hall et ce fut un triomphe, notamment avec «Silent Night», une chanson sur la naissance du Christ «Douce nui, Sainte nuit, tout est calme ; tout est clair. Dors en paix céleste. Le Christ sauveur est né». Plus de 8000 spectateurs, tous les billets ont été vendus et des spectateurs placés sur une partie de la scène. Mahalia a joué à guichet fermé : «The crowd around Carnegie Hall was so big, that midtown traffic was all tied up. Inside, people was swarmed up and down the aisles and up to the top sits in the balconies and boxies. The box office sold out the last standing room and began to put the people on the stage” écrit Mahalia. Des années avant, précédée sur cette scène chargée d’histoire, par d’illustres artistes, Enrico CARUSO (1873-1921), Lily PONS (1928-1962) et Marian ANDERSON (1897-1993), finalement, et loin d’être tétanisée par l’enjeu, Mahalia délivre une brillante prestation. Plus Mahalia chantait, plus les spectateurs l’ovationnaient. En dépit de sa grande modestie, Mahalia n’a caché sa joie pour ce succès, se sentant comme le paon faisant la roue : «When I get to New York City, and sing at Madison Square Garden and at Carnegie Hall I feel like a peacock with all my feathers » dit-elle dans son autobiographie. La presse est dithyrambique : «The future singer was Mahalia Jackson» écrit “The Times”. Le “Herald Tribune” écrit “Mahalia Jackson displayed a voice of range and timbre well suited to the character of her music”. En effet, pendant trois heures, sa voix de contralto a conquis le public new yorkais. En 1952, Mahalia reçoit, en France, le Grand Prix du disque Charles Cros, pour son disque «I Can Put My Trust in Jesus» : «Il y a ceux qui voient, quelle que soit votre confiance. Oui, je peux mettre toute ma confiance en mon Jésus». En 1954, Mahalia signe un contrat avec la maison de disques Columbia. En 1959, Mahalia apparaît dans un film, «Imitation of the Life» ou «Mirage de la vie» de Douglas SIRK (1897-1987). En 1958, au festival de Jazz de Newport, et après avoir reçu l’assurance des organisateurs qu’elle mènera son concert suivant ses convictions, Mahalia connaîtra, à nouveau, un énorme triomphe.
Forte de son succès, Mahalia, sur recommandation du musicologue Hugues PARNASSIE (1912-1974), président du «Hot Club de France», entame, les 25 et 26 octobre 1952, 1961, des tournées en Europe, notamment France (Paris à la salle Pleyel, Lyon, Bordeaux), la police a dû mal à contenir la foule d’admirateurs. En Grande-Bretagne (Londres), mais souffrante d’une pathologie cardiaque et inflammatoire (sarcoïdose) et de douleurs abdominales, Mahalia devra écourter et mettre fin prématurément à sa tournée. Elle repart aux Etats-Unis pour des soins médicaux, et ne pourra donc pas chanter, à Noël à Jérusalem. En 1954, Mahalia est invitée à l’antenne de Chicago de la radio de C.B.S. Le 25 juillet 1968, Mahalia JACKSON se produira à Antibes Juans-les-Pins.
II – Mahalia JACKSON, la militante des droits civiques pour l’égalité raciale
En raison de ses succès en Europe, Mahalia qui a toujours chanté devant les communautés noires aux Etats-Unis, Mahalia se rend compte que par sa musique, elle a abattu une grande partie des barrières raciales. Dans le Nord, des promoteurs blancs viennent également solliciter de sa part des concerts et des spectateurs blancs commencent massivement à la suivre. Cependant, dans le Sud, sur la route entre la Virginia, avec sa Cadillac, aucun restaurant, hôtel ou station d’essence ne voulait servir Mahalia. Même dans le Sud, censé être plus libéral, les Noirs croyaient qu’il suffisait d’être éduqués et gagner mieux leur vie, pour le racisme disparaisse. Mahalia était opposé au mariage interracial, à moins qu’il ne s’agisse d’une relation avec une famille blanche progressiste. Les Noirs préfèrent vivre au sein de leur communauté, de leur église. Mahalia, maintenant aisée, avait une voiture et voulait s’acheter une grande et belle maison. Devenue «Reine du Gospel», aussi bien pour les communautés noires que blanches, Mahalia a gravi la «Montagne raciale», suivant une expression de Langston HUGUES. Mahalia JACKSON, en dépit de son immense célébrité, ne renie pas ni ses origines modestes, ou raciale, ni ses convictions religieuses. Son rêve d’une meilleure vie, et de s’en sortir a conduit Mahalia JACKSON à travailler dur ; après ses succès chez Columbia, Vogue et CBS, elle finira par acheter une maison à Chicago. Dans les zones huppées blanches, Mahalia dont aime à écouter et acheter la musique, n’est pas la bienvenue en qualité de voisine de quartier. Aucun propriétaire blanc ne voulait lui vendre une maison “Every time I asked, they would tell me sorry, the house had just been sold, or their had changed they minds about selling” écrit-elle. Un chirurgien blanc finira par lui vend une maison, mais c’est le début d’un cauchemar. Mahalia reçoit de nombreux appels téléphoniques de menace et les extrémistes tirent sur sa fenêtre. Pour les suprémacistes blancs vendre une maison à une Noire, dans leur quartier, déprécierait leurs propriétés qui deviendraient «un taudis». Mahalia résistera à toutes ces intimidations “The birds are still in the trees. I guess it didn’t occur to them to leave because we moved in” dit Mahalia.
La période de 1865 à 1965, marquée par un racisme institutionnel provoque l’engagement des artistes noirs et d’une partie de l’église noire, en faveur des droits civiques. En raison de son succès musical, Mahalia commence à rencontrer de très hautes personnalités. Peter LAWFORD (1923-1984), acteur et producteur de cinéma, l’invite à chanter à la prise de fonction, le 20 janvier 1961) du président démocrate, John FITZGERALD KENNEDY (1917-1963), concert auquel sont associés notamment Nat KING COLE (1919-1965), Sidney POITIERS (né en 1927) et Harry BELAFONTE (né en 1927).
Mahalia connaissait le père et la mère de Martin Luther KING qu’elle rencontrait régulièrement à l’occasion des conventions d’église baptistes. Le 1er décembre 1955, Rosa PARKS (1913-2005), une couturière noire, est arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus ségrégué. Cette arrestation déclenche un boycott des bus de la part de la communauté noire. Mahalia qui a de l’estime pour le pasteur Martin Luther KING, apporte son soutien à la lutte pour les droits civiques. Le docteur est considéré comme un grand esprit, calme, mais avec des messages puissants. Martin Luther KING “is not a big man in size, but he is giant in spirit. He always talks quietly and calmly, I could feel his power and his strength” écrit Mahalia.
Mahalia est venue chanter à la Convention baptiste, au Colorado. Ralph ABERNATY (1926-1990) et Martin Luther KING (1929-1968) lui ont demandé à Mahalia de venir chanter  pour collecter des fonds pour leur association, à l’église méthodiste de Montgomery, en pleine grève des transports. «J’ai été la première chanteuse de gospel à soutenir le mouvement», dira Mahalia, fièrement plus tard. Mahalia a chanté notamment «Jericho». Cette chanson fait référence à un mythe biblique. En effet, Jéricho est, selon le livre de Josué, la première ville du pays de Canaan conquise par Josué et les Hébreux. Le peuple d'Israël fait sonner ses trompettes sous l'enceinte de Jéricho dont l'accès leur était interdit. Ce son fit tomber les murs de la ville, réputé être infranchissable. Par conséquent, le peuple noir, dans sa lutte sa liberté, aucun obstacle n’est inatteignable, si on a le courage et la persévérance. «Une chanteuse, comme Mahalia, on a une comme elle que tous les mille ans» dira Martin Luther KING. La chanteuse est devenue, à travers notamment «We Shall Overcome» (Nous vaincrons), le «symbole» de la lutte pour les droits civiques, dit le magazine «Times». Deux jours, après le départ de Mahalia, la maison de Ralph ABERNATY, où elle a été logée, fut plastiquée. Cependant, la résistance pacifique des Noirs n’a pas cessé de gagner du terrain, à travers tout le Sud. Quand Martin Luther KING et ses compagnons furent arrêtés, Mahalia donna des concerts en vue de rassembler des fonds permettant de s’acquitter de leur caution, soit 50 000 dollars. Mahalia réalisera plus tard qu’aura modestement, participé à l’écriture de l’Histoire de la conquête des droits civiques «I realized that I have lived to see a new day dawn for the American Negro and history was being made. I rejoiced that I a chance to be a small part of it and join in it as a Negro” écrit Mahalia. Après la Victoire à Montgomery de la grève des bus, Martin Luther KING déménage à Atlanta. C’est l’époque où l’église conservatrice blanche combattait, violemment, l’intégration des Noirs dans la société américaine. Une partie de la communauté noire reproche à Mahalia de chanter un hymne patriotique américain, : «My country tis of thee, sweet land and liberty»,  dont les paroles ont été écrites en 1831 par un pasteur baptiste Samuel Francis SMITH (1808-1895), : «Mon pays, c'est de toi, douce terre de liberté, de toi je chante. Terre où sont morts mes pères, terre de l'orgueil des pèlerins, de chaque flanc de montagne que retentisse la liberté ! Ma patrie, toi, terre des nobles libres, j'aime ton nom. J'aime tes rochers et tes ruisseaux, tes bois et tes collines couvertes de temples. Mon coeur avec des frissons de ravissement, comme celui ci-dessus». Mahalia réaffirme qu’elle n’est pas hypocrites, et croit sincèrement que les Noirs, arrivés par l’esclavage, sont aussi des Américains : «We are American as much as anybody else» dit-elle. Dans bien des meetings politiques, Mahalia qui portait elle l’espérance de l’égalité, chantait souvent «We Shall Over» ou «Nous vaincrons», un hymne de la lutte pour les droits civiques : «Nous vaincrons un jour. On est sur la victoire, un jour. Nous marcherons la main dans la main. Nous serons tous libres, dans le vaste monde entier. La Vérité nous libérera, Noirs et Blancs ensemble. Le Seigneur nous soutiendra».
Le candidat John Fitzgerald KENNEDY candidat à l’élection présidentielle sollicite le soutien de Martin Luther KING. En fait, Mahalia est du Parti démocrate depuis la politique de New Deal de Franklin D. ROOSVELT. En effet, Peter LAWFORD et Franck SINATRA, demandent à Mahalia de venir, à Washington, à la prise de fonction de KENNEDY, chanter l’hymne national américain, «The Star-Spangled Banner» ou «La Bannière étoilée».
Membre du directoire de la «Southern Christian Leadership Conference», l’une des organisations faitières qui pilote le mouvement des droits civiques, Mahalia est venue le 18 août 1963, à Washington, devant le mémorial Lincoln, juste avant le «I Have de Dream» de Martin Luther KING, entonner deux chants. Le premier, suggéré par Martin Luther KING, est «I Been’Buked and I Have Been Scorned». J’ai été maltraité et j’ai été méprisé. Les enfants se sont moqués de moi ; cela ne me découragera pas. Jésus est mort pour nous libérer». Mahalia a d’abord chanté «How I got Over», un hymne à la grande souffrance des Noirs, en raison de l’esclavage et du racisme : «Comment j’ai enduré, quand je contemple mon passé, je me pose encore cette question : «comme j’ai tout enduré. Dès que je rencontrerai le Christ, celui est mort sur la croix pour nous, je vais le remercier. Merci d’être si bon pour nous».
Fidèle en amitié jusqu’au bout, Mahalia JACKSON trouve les forces de chanter, au service funèbre de Martin Luther KING le 9 avril 1968. Accablée par la tristesse suite à l’assassinat du leader noir, elle interprète un classique du répertoire gospel, une œuvre de Thomas DORSEY écrite pour cette cérémonie funéraire : «Take My Hand Precious Lord» et «Prends ma main, précieux Seigneur».
Terrassée une première fois, en 1961 par une crise cardiaque, Mahalia JACKSON ne remontera sur scène qu’en 1966, au Michigan. Mahalia JACKSON disparaît le jeudi 27 janvier 1972, à Chicago. «J’espère toujours que mes chants aident à écarter la haine et la crainte qui séparent les Noirs et les Blancs dans ce pays» disait Mahalia JACKSON. La cause de la justice, de la liberté et de la fraternité a perdu l’un de ses plus fervents combattants, dira, en hommage, Coretta SCOTT KING (1927-2006), la veuve de Martin Luther KING Jr. Le magazine «Ebony» qui l’avait interviewée en décembre 1950, remarque la sympathie que dégage Mahalia quand on la rencontre. On ne peut que l’apprécier : «To meet Mahalia is to love her” écrit “Ebony”. Mahalia a été mariée deux fois d’abord à Isaac HOCKENHULL de 1936 à 1941, un chimiste, de Fisk University and Tusgee, rencontré en 1935, devenu postier en raison de la Grande dépression. Mahalia s’est mariée, une seconde fois, à Simon GALLOWAY entre 1964 et 1967. Cependant, Mahalia confesse, dans un article qu’elle signé, en 1968, dans le magazine «Ebony» et intitulé «Marital Bliss Vs Single Blessedness», qu’elle n’a pas été heureuse dans sa vie privée. En effet, ses deux mariages se sont soldés par un divorce : «Because I married a weak man who loved me as I was, and the other because I married a strong who loved me for what I was and what I could do for him” écrit-elle.
Mahalia aura eu six disques d’Or et vendus, chacun à plus d’un million d’exemplaires. Les villes de Chicago et de la Nouvelle-Orléans lui rendent, toutes deux, un grand hommage, et des dizaines de milliers de personnes défilent dans les rues, dont Aretha FRANKLIN (1942-2018) et Ella FITZGERALD (1917-1996). «L’ampleur de son registre vocal, la coloration cuivrée de son timbre, la générosité sans mesure d’un talent qui la portait parfois à la pointe extrême du lyrisme jazzistique faisaient de la moindre de ses interprétations un chef-d’œuvre frémissant de vie. Mahalia Jackson arrachait le chant religieux aux traditions aux traditions académiques qui menaçaient «le Negro Spiritual», souvent trop fier de sa respectabilité toute neuve. Avec elle, il redevenait l’expression même du bonheur quotidien, brusquement exalté par la foi, il retrouvait ses sources populaires, puisait une vitalité nouvelle aux racines de la douleur de l’homme. Elle communiquait, à ceux qui l’écoutaient, un sentiment de joie, d’exultation si forte,  que la glorieuse certitude des croyants, les plus convaincus, devenait, pour un temps, le privilège de tous. Mahalia Jackson, c’est un refuge, une promesse d’apaisement et de sérénité que nous venons de perdre» écrit Michel PEREZ, dans «Combat».

 

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Paris, le 27 janvier 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr
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22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 22:35
«Georges BRASSENS (1921-1981) un musicien libertaire qui voulait être homme de lettres» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Georges BRASSENS aurait eu 100 ans le 22 octobre à Sète (Hérault, Occitanie) et mort le 29 octobre 1981 à Saint-Gély-du-Fesc (Hérault). Son père Jean-Louis BRASSENS (1881-1965), originaire Castelnaudary (Aude, Occitanie), était maçon. Issu d’une famille originaire de Castelnaudary son grand-père, Jules BRASSENS (1851-1940), comme son arrière-grand-père, Louis BRASSENS (1818-1890), étant issus d’une famille de tuiliers et de plâtriers, son père voulait que Georges BRASSENS continua ce métier. Sa mère, Elvira DAGROSA (1887-1962), née et morte à Sète, avait une fille, Simone DAGROSA (1912-1994) de son précédent mariage avec Adolphe COMTE. Sa mère, la fille d’un Italien d’origine napolitaine, Michel DRAGOSA (1856-1916), l’a initié à la chanson italienne «Elle chantait d'abord des chansons italiennes, elle était napolitaine ma mère. J'avais ce répertoire des chansons italiennes. Et en ce temps-là, tout le monde chantait» dit-il dans un entretien, en 1979, à France Culture. Sa mère, repasseuse et très pieuse, «adorait la musique» mais «ne voulait pas du tout voir son fils devenir musicien» dit Georges BRASSENS ; aussi elle n'a jamais assisté à ses concerts.
Autodidacte et libertaire, Georges BRASSENS est attaché à la liberté au refus de toute soumission, à l’Eglise, aux militaires, et surtout à l’ordre politique. «Les militaires obéissent, sans chercher à comprendre, moi je désobéis, sans chercher à comprendre» dit BRASSENS, un athée et rebelle. «C'est un anarchiste pour rire !» écrit Jean-Claude LAMY. C’est un artiste solitaire refusant les mondanités «Je suis un ours, un type qui envoie promener tout le monde. Je n’ai pas envie d’aller à droite ou à gauche. On en a déduit que j’étais un ours, un sauvage» dit-il. Selon son biographe, Georges BRASSENS est un faux sauvage, fruste et intellectuel à la fois, antimilitariste et patriote, anticlérical et respectueux de la religion, «il dissimulait en effet un croyant malgré lui»  écrit Jean-Claude LAMY. En effet, Georges BRASSENS partage des valeurs profondément humanistes à connotations chrétiennes, au nom d'une foi qui dépasse la dimension religieuse et le rend plus chrétien que les vrais Chrétiens. «Pour moi, l’anarchie, c’est le respect des autres ; une certaine attitude morale. Je n’ai pas de solution, ni d’idéal, ni de solution collective surtout» dit-il à Jacques CHANCEL dans «Radioscopie» du 20 novembre 1971.
Georges BRASSENS avait une religion de l’amitié. En effet, «Gibraltar», ou Pierre Onténiente, qui aura été non seulement, de tous les proches de l'artiste, l'ami par excellence, mais aussi le «copain d'abord», celui qui ne l'a jamais quitté d'une semelle du jour où ils se sont connus, en 1943, au camp de Basdorf en Allemagne, où les deux hommes avaient été enrôlés dans le Service du travail obligatoire, jusqu'à celui de la mort de l’artiste. Pudique et généreux, extrêmement cultivé et tourmenté jusqu'à ses derniers jours par une angoisse métaphysique. Georges BRASSENS, d'une grande noblesse d'esprit, était «un mécréant de Dieu» écrit Jacques VASSAL.
Georges BRASSENS avait pour ambition d'être un homme de lettres. Résidant une impasse dans le XIVème arrondissement de Paris, convaincu de son talent littéraire, Georges BRASSENS écrit et chante, mais personne ne fait attention à lui. Refusant de se marier et n'ayant pas encore de travail rémunéré, Georges BRASSENS avait choisi de dépendre financièrement de femmes mariées qu'il courtisaient.
Georges BRASSENS a fini par comprendre que les mots ont également une puissance inégalée en musique. Celui que l’on surnommait «le Hursite» savait mélanger l’ancien et le moderne. En 1952, c'est au cabaret de Henriette RAGON, dite Patachou (1918-2015), à Montmartre, à Paris, qu'il entamera sa carrière musicale et pourra désormais vivre de son art. «Au début Brassens chantait une chanson, puis deux, et petit à petit, il s’est habitué à la scène» dit Patachou. En fait, Georges BRASSENS est un grand timide «J’aime chanter surtout quand je ne suis pas en scène, parce que j’ai assez le trac» avoue-t-il.
Sa chanson, «gare au gorille», une allusion à un slogan anarchiste suivant lequel la France d'en bas baiserait la bourgeoisie et tout ce qui représenterait l'autorité a choqué les âmes prudes. «Je t’écris parce que par ta voix, j’ai entendu Satan. J’ai eu peine à en croire à mes oreilles» lui écrit une protestataire. «Que tu nous emmerdes, nous les croquants, les bourgeois, les calotins, les gendarmes et les braves gens, cela est ma foi tout naturel, et ne nous étonnes pas ! Par qui, par quoi peut-on être emmerdé autrement que par la merde» écrit une autre personne. En effet, à cette époque-là France conservatrice le combattait pour son langage jugé peu châtié. Il fut interdit d'antenne et ostracisé. La reconnaissance viendra du petit peuple qui s'est reconnu dans sa croisade contre l'autorité et son insoumission.
Sa salle de spectacle fétiche sera Bobino où il se produira plus de 12 fois. La maison de disque, Philipps booste sa carrière et assure la carrière d'un artiste refusant les mondanités.
Georges BRASSENS disparaît des suites d’une cancer, le 29 octobre 1981, à l’âge de 58 ans. Il est enterré sa ville natale, Sète «J’aime beaucoup Sète ; c’est la ville où je suis né. Si j’avais à choisir une ville après Paris, je choisirai Sète» dit-il.
Références
BATTISTA (Eric), Georges Brassens, souvenirs, entretiens et ressouvenirs, Paris, éditions Equinoxe, 2011, 433 pages ;
BONAFE (Alphonse), Georges Brassens, poète d’aujourd’hui, Paris, Seghers, 2007, 269 pages ;
BOVAY (Gilbert), Georges Brassens, une mauvaise réputation, Paris, Consart, 2011, 97 pages ;
ECLIMONT (Christian-Louis), Georges Brassens, par ses chansons, Paris, Presses de la Cité, 2011, 273 pages ;
LAMY (Jean-Claude), Brassens, le mécréant de Dieu, Paris, Albin Michel, 2004, 320 pages ;
ROCHARD (Loïc), Brassens par Brassens, préface de René Fallet, Paris, Le Cherche Midi, 2005 et 2021, 269 pages ;
VASSAL (Jacques), Brassens, le regard de Gibraltar, Paris, Fayard-Chorus, 2006, 293 pages.
Paris, le 22 octobre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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10 mai 2021 1 10 /05 /mai /2021 23:05
Bob MARLEY (1945-1981) : un rebelle lumineux, symbole universel de la conscience noire et défenseur des opprimés. 40 ans après sa mort, nous lui exprimons notre gratitude et reconnaissance.
Bob MARLEY disparaissait il y a de cela 40 ans, à l’âge de 36 ans. Dans l’ivresse de la victoire de François MITTERRAND qu’on avait fêtée très tard, à la Place de la Bastille,  à Paris 12ème, jusqu’à ce qu’un orage nous en chasse, le réveil du lundi 11 mai 1981 a été dur. On ne s’était pas rendu compte d’une immense perte de cet artiste hors norme, qu’était Bob MARLEY. Un concert est organisé la semaine qui suit, au centre culturel Georges Pompidou, à Beaubourg, dans le centre de Paris. Là on s’est rattrapé, sans fumer un joint.
Musicien rebelle et voix des peuples vaincus, Bob MARLEY, à travers son art, dénonce avec vigueur, la souffrance du peuple noir ; il chante le besoin de changer le système. Habité par un espoir et une espérance, il prouve aussi, par sa réussite, qu’il est possible de sortir du ghetto, sans renier ses origines : «Armé de sa voix particulière d’une guitare, d’un groupe et d’excellentes choristes, le rebelle rastafari de la Soul était un homme en mission, défiant les «ismes» et les «schismes», des puissants dans son combat contre la spiritualité du mal, du haut comme du bas. Il nous a légués ses chansons accrocheuses et dansantes, partageant sa défiance, sa rébellion, l’amour et l’espoir qui continue de se propager dans le monde» écrit, en 2018, Linton Kwesi JOHNSON, dans sa préface de «l’histoire orale de Bob Marley». Lorsque Frederick Nathaniel Toots HIBBERT (né le 8 décembre 1942) donne son nom au Reggae en 1968, une musique portant la mémoire et la culture de la Jamaïque depuis cinq siècles, il est loin de s’imaginer l’explosion universelle que lui donnera ce rebelle lumineux qu’est Bob MARLEY. Le mot «Reggae» apparu lors de la visite de Haïlé Sélassié en Jamaïque, serait dérivé de «Regeh» désignant les gens pauvres dans le patois du pays. On dit aussi que Reggae viendrait du mot «Streggae», une expression du langage populaire signifiant des mœurs relâchées. Ce mot, pour Hélène LEE est un jeu pour les enfants. «Etonnante origine pour le nom d’un mouvement musical qui a touché tous les continents, en l’espace d’un quart de siècle, s’implantant durablement comme symbole de lutte chez les jeunes déshérités» écrit François BENSIGNOR. En effet, Bob MARLEY est décrit comme «tantôt taciturne, tantôt jovial, volubile et spirituel, un lion qui dort, capable de rage violente, un faiseur de paix, un homme à femmes d’une prodigieuse générosité» écrit, en 2018, Linton Kwesi JOHNSON. Ce qui caractérise avant tout Bob MARLEY, c’est le sérieux et le professionnalisme quand il s’agit de son art. Rigoureux et perfectionniste, il reste fortement concentré sur ses objectifs, et se donne tous les moyens pour les atteindre : «La vie est une longue route jalonnée de panneaux indicateurs, alors tu sais, quand tu traces ta route, t’as pas besoin de te poser des tonnes de questions. Evite la haine, la jalousie, la méchanceté. Ne dissimule pas tes pensées. Fais en sorte que ta vision du monde devienne réalité. Réveilles-toi, et vis !» dit Bob MARLEY. En effet, l’histoire de Bob MARLEY ne peut que nous émouvoir. Enfant illégitime et abandonné, relégué dans les bas-fonds, Bob MARLEY a connu les privations, la férocité de la lutte pour la survie, les épreuves, la souffrance, et il a vaincu toutes ces adversités, et il en sorti grandi. En effet, Bob MARLEY est la première star noire, de dimension planétaire, et toujours adulée, son génie musical témoignant de ses qualités d'homme de paix et de justice, de défenseur des opprimés, de héraut anticolonialiste, et plus particulièrement du continent noir. Fervent rastafari, c'est-à-dire adepte du courant chrétien considérant l'empereur éthiopien Haïlé SELASSIE comme le nouveau Messie, sa musique proche du dérivé du Rythm and Blues et de la Soul américaine, a une dimension sociale, spirituelle, messianique et politique. Il succombe d’un cancer le 11 mai 1981, à Miami, en Floride, aux Etats-Unis.
Robert Nesta MARLEY, dit Bob MARLEY, est né le 6 février 1945 à Nine Miles (sa maison natale est devenue un musée), un hameau situé près de Sainte Ann, en Jamaïque, chez son grand-père maternel, Omeriah MALCOLM (1880-1964), et il y reste jusqu’à 6 ans. Son père, Norval Sinclair MARLEY, (1885-1955), issu d’un couple d’une Britannique et d’une métisse, était un ingénieur en ferrociment ; ce n’était pas un officier de la Marine anglaise, contrairement à ce qui est véhiculé. Norval MARLEY, un homme impétueux, agité et errant, a beaucoup voyagé (Cuba, Royaume-Uni, Nigeria et Afrique du Sud). Il supervisait la subdivision des terres rurales, pour la construction de logements en faveur des vétérans de guerres, à la Paroisse de Saint Ann, à Nine Miles ; c’est là où il a rencontré Cedella BOOKER épouse MARLEY dite Ciddy (1926-2008), qui n’avait que 18 ans. La mère de Bob, était une jamaïcaine, descendante d’esclaves du venus du Ghana, du peuple Ashanti, des hommes rebelles et durs à dompter et qui n’éprouvaient aucune peur, même lorsque leur maître les marquait au fer rouge. Norval MARLEY finit, après hésitation, par accepter le mariage, le 9 juin 1944. Son père, un faible, alcoolique, brisé et malade, décédera en 1955. Adolescent, le jeune Bob s'installe en 1957, avec sa mère à Trench Town, un ghetto très dur, violent, pauvre, sans électricité, ni eau courante, à l’ouest de Kingston : : «Trench Town avait le jour des airs de ville bombardée avec ses braques de guingois, sa terre écorchée et ses restes de végétation tropicale. La nuit, éclairée ici et là par la lumière vacillante d’une lampe à huile à la fenêtre d’une bicoque, la ressemblance avec un champ de bataille hérissé de zinc, de béton et d’ordure, était encore plus frappante» écrit Rita MARLEY. A Trench Town, dans les années 60, un quartier pour «délaissés», reconstruit après l'ouragan de 1951, des délinquants vivent aux côtés de Rastafaris. Ces marginaux écoutent les musiques de Ray CHARLES (1930-2004) et Curtis MAYFIELD (1942-1999). Ni Blanc, ni Noir, la tendre enfance Bob est remplie de négligence, d’ostracisme et de préjugés : «Bob était un enfant sauvage. Il devait se débrouiller pour trouver quelques plantes pour le déjeuner et dénicher lui-même à manger. Bob était un enfant qui n’obtenait pas tout ce qu’il souhaitait. Il n’avait pas droit à ce que tout les autres enfants avaient» dit Bunny WAILER. La mère de Bob MARLEY, a vécu pendant un certain temps à Kingston avec Thaddeus LIVINGSTON, dit Toddy, le père de Bunny WAILER ; ils ont eu une fille née en 1964, Pearl LIVINSTON.
A Trench Town, pour les gens honnêtes la musique ou le sport sont les seuls moyens de s’en sortir. Bob MARLEY, au tout début de sa carrière, est un joueur de «Rock Steady» et de «Ska», mais il peine à se faire connaître par le public. Il va changer d’orientation musicale pour un style plus lent et chaloupé : le Reggae qui est la musique de sa Jamaïque natale, et qu’il va faire découvrir au monde entier. En effet, jeune musicien, avec Bunny, ils s’essaient sur des cantiques et des chants d’église ; ce qui préfigure le groupe des Wailers. En 1959, il gagne une livre sterling à un concours de chant public au Queen’s Theatre. Apprécié par le public du ghetto, dont ils sont issus, exploités par les rares producteurs locaux, Bob MARLEY et son groupe ont du mal à s’en sortir. En 1962, alors que le jeune Robert est en apprentissage, pour devenir soudeur, il se blesse à l’œil. Pendant sa convalescence à la suite de cet accident, il enregistre son premier disque ; le Ska, un rythme issu du «Suffle» du Rythm and Blues et du Jazz, vient de naître. Cette musique est aussi le symbole de l’indépendance de son pays, obtenue le 6 août 1962. Bob rencontre brièvement Jimi CLIFF, mais ils vont très vite se séparer. Il sort deux 45 tours «Judge Not», «One Cup of Coffee» et «Terror», un morceau évoquant la violence endémique et meurtrière dans son ghetto de Trench Town.
Dès le départ, issu d’un milieu défavorisé, Bob MARLEY est toujours resté solidaire avec ceux qui souffrent, et les thèmes de sa musique sont la spiritualité, l’amour, ainsi que la lutte sociale pour la justice et la fraternité. Les amis d’enfance de Bob deviendront ses compagnons en musique. Trench Town marque de façon indélébile les affects, la solidarité avec les gens démunis et imprègne sa musique d’un sentiment de révolte et de rédemption. Par conséquent, la force de la musique de Bob MARLEY vient de l'expérience très particulière de Trench Town. Des assassinats par centaines, une population terrorisée, la vie devenue impossible : la situation se dégrade inéluctablement, ainsi que les séquelles du colonialisme, de la guerre froide, et un système complexe impliquant des narcotrafiquants colombiens, la CIA et certains hommes politiques influents et corrompus. Bob fonde en 1963 «The Wailers», Robert Nesta MARLEY et Bunny WAILER sont rejoints par Winston HUBERT McINTOSH, alias Peter TOSH (1963-1987), qui possède une vraie guitare et leur apprend à jouer. Bob réalise, avec cette bande, plusieurs tubes dont «Simmer down» qui se classe numéro 1 en Jamaïque, mais le groupe finit par se séparer. Le 11 septembre 1987, Peter TOSH est assassiné par balles à son domicile lors d'un règlement de comptes, dans des circonstances mystérieuses, alors qu'il allait prendre le contrôle d'une radio en Jamaïque. Bob MARLEY crée à la fin de l’année 1966 son label de production «Wailing in Soul» et avec ses revenus, il publie désormais les disques de son groupe. Cette initiative n’est pas du goût des grosses firmes musicales, Bob MARLEY est un excellent artiste, mais ce n’est pas un bon manager. En janvier 1967, Bob MARLEY fait la rencontre de Johnny NASH et de son manager Danny SIMMS ; ils prennent sous contrat MARLEY et le font enregistrer dans les studios Atlantic, à New York, aux Etats-Unis. C’est avec l’album «Rastaman Vibration», sorti en avril 1976, que Bob MARLEY commencera à se faire connaître aux Etats-Unis, où habite alors sa mère. Il enregistre entre 1963 et 1980, un centaine de tubes planétaires, comme «Cry To Me», «One Love», «Natty Dread», «Exodus», «Kaya», «Survival», «Uprising». Le 10 février 1966, il se marie avec Alpharita Consticia ANDERSON, d’origine cubaine dite «Rita». Après un bref séjour aux Etats-Unis, il fonde sa marque de disques,  «The Wailers» (Les geignards). Persévérant, Bob MARLEY finit par signer un contrat avec «Island Records», dont le fondateur est Chris BLACKWELL.
Le génie et le sens de l’histoire de Bob MARLEY sont basés sur «sa capacité à projeter des choses personnelles dans une dimension politique, le privé dans le public et l’anecdotique dans l’universel» écrit, en 2018, Linton Kwesi JOHNSON, dans sa préface de «l’histoire orale de Bob Marley». Bob MARLEY chante l’amour, la rédemption, la dignité et la liberté des peuples africains, mais aussi l’unité et la cohésion de la Jamaïque. Bob MARLEY adopte la «Positive Vibration» : «La grandeur d’un homme ne se mesure pas à la richesse qu’il acquiert, mais à son intégrité et à sa capacité à inspirer, positivement, les gens autour de lui» dit-il. Ainsi, le 22 avril 1978, Bob MARLEY, emblème de la Jamaïque, donne le 22 avril 1978, un concert historique, le «One Love Peace Concert» à Kingston, et fait monter sur scène les deux rivaux politiques Michael MANLEY (1924-1997), ancien premier ministre et Edward SEAGA (1930-2019), chef du Labour Party, symboles d’un pays encore très divisé. Pourtant auparavant, le 3 décembre 1976, alors que Bob MARLEY est dans sa cuisine, sept hommes armés entrent dans la propriété, et tirent sur toutes les personnes présentes dans la pièce, avant de s’enfuir.  En effet, la tentative d'assassinat de MARLEY est indissociable du climat politique extrêmement tendu de l'île. Car depuis que le socialiste Michael MANLEY (premier ministre de 1972 à 1980) y ayant été élu chef du gouvernement, les Etats-Unis terrifiés à l’idée que la Jamaïque devienne un pays communiste, comme Cuba, ont mené une campagne de déstabilisation, en armant les opposants de Michael MANLEY ; ce qui a plongé la Jamaïque dans le chaos et la violence.
Les Américains considèrent Bob MARLEY, en raison de ses chansons révolutionnaires, comme un élément «subversif». Pourfendeur de la Babylone capitaliste et occidentale, dans sa révolte pour la justice et l'égalité Bob MARLEY a puisé, l’inspiration de son art, dans l'histoire de la Jamaïque, de la musique noire américaine et caribéenne ainsi que le mouvement panafricain. En fait, loin de prêcher la violence ou la haine, Bob MARLEY incarne à la fois la rébellion pacifique par la non-violence pour les déshérités. Les seules armes de Bob MARLEY sont son art et son charisme : «la musique peut rendre les hommes meilleurs et libres» disait-il. La fierté noire et le retour aux racines africaines ont constitué son premier message. Il voulait toucher ainsi une diaspora noire à travers le monde : «Ne conquiers pas le monde si tu dois y perdre ton âme car la sagesse vaut mieux que l'or et l'argent» disait-il.
La musique reggae de Bob MARLEY, étroitement liée au mouvement Rasta, est conçue comme un remède à la marginalisation et une affirmation de soi. Il portait en lui l’Afrique, en sa qualité de messager des exclus et des opprimés. En effet, le reggae a donné au mouvement Rasta une tribune unique, en lui permettant de pénétrer dans les circuits de diffusion de masse, donc de sortir du ghetto. Si Bob MARLEY brille encore de mille feux dans le monde du reggae, c’est que le Rastafarisme, dans l’ordre du sacré, de l’hédonisme et de la fraternité, par son idéologie mobilisatrice (authenticité africaine, négritude, imaginaire postcolonial), a aussi offert, en sens inverse, aux amateurs de reggae, un sentiment d’appartenance et de soutien dans les situations difficiles, violentes ou répressives : «Chaque fois que j'entends le craquement d'un fouet, mon sang est glacé. Je me souviens sur le bateau négrier, comment ils brutalisent les âmes mêmes. Aujourd'hui, ils disent que nous sommes libres, seulement pour être enchaîné dans la pauvreté. Conducteur d'esclaves, la table est à tour de rôle, vous tous ; Prenez feu : vous pouvez donc vous brûler maintenant» chante Bob MARLEY dans «Slave Driver», un extrait de l’album «Catch a Fire» d’octobre 1972, s’adressant ainsi aux détenteurs du pouvoir, considérés comme esclavagistes. La mémoire de l’esclavage est vécue au présent et elle ne peut être évoquée qu’au son du fouet : «Avec la grâce du bon Dieu, j’ai son indulgence, et je dis «Vieux négrier, le temps te rattrape !». Par conséquent, l’homme qui chante le reggae, devient un rasta et doit regarder du côté de l’Afrique, la souffrance, l’indignation, la résistance, la fierté et l’authenticité étant associées à la Négritude. En 1966, Bob MARLEY devient un adepte du mouvement Rasta, une religion de la dissonance contre l’esprit esclavagiste et colonialiste, prônant la paix, l’amour et l’unité, et vénérant Haïlé Sélassié Ier (1892-1975), empereur d’Ethiopie, considéré comme la réincarnation du Christ. Son gourou rastafari est Mortimo PLANNO (1929-2006), d’origine cubaine, fondateur du «Rastafari Movement Association» ; il est auteur d’une étude sérieuse sur les Rastas ; c’est lui qui accueilli Haïlé Sélassié en 1966, MARLEY étant en voyage aux Etats-Unis. Mortimo PLANNO est l’instigateur du «One Love Peace Concert» de 1978. Bob MARLEY fait pousser des dreadlocks et fume de façon immodérée la marijuana, «cette drogue sacrée qui permet de communiquer avec Dieu». Pratiquant le football, Bob MARLEY adopte un régime alimentaire sain et prend soin du corps «que lui a donné le Créateur».
Bob MARLEY commençait souvent ses concerts en invoquant Haïlé Sélassié 1er : «Salutations au nom de Sa Majesté impériale Hailé Sélassié I, Jah Rastafari, qui vit et règne éternellement, toujours plein de foi, toujours sûr. Ils disent que l'expérience amène la sagesse, mais il y a une mystique naturelle qui flotte dans l'air ?» disait-il. Dans une démarche quasi mystique, il a élevé l’empereur éthiopien, Hailé Sélassié au rang de divinité, un «Jah». Spirituel et mystique,  humaniste et pacifiste, Bob MARLEY, en rasta, fait du discours du Négus, une arme de lutte pour la justice : «Tant que la philosophie qui tient une race pour supérieure et l’autre inférieure ne sera pas définitivement discréditée et abandonnée, il y aura la guerre» dit Haïlé Sélassié. Il adopte un discours antiraciste ferme «La couleur de la peau n’a pas plus d’importance que celle des yeux, je ne pense pas que la couleur soit une chose primordiale ; ce qui est important, c’est ce que l’homme a dans la tête, et c’est ça la réalité» proclame Bob MARLEY. En effet, Bob MARLEY s’inspirera des idées de Haïlé Sélassié dans l’une de ses chansons les plus emblématiques, «War» : «Outre le Royaume du Seigneur, il n’est pas sur cette terre une nation qui est supérieure à une autre. S’il arrive qu’un gouvernement fort estime qu’il peut impunément détruire un peuple faible, alors que l’heure sonne pour que les gens faibles de faire appel à la Société des Nations pour rendre son jugement en toute liberté. Dieu et l’histoire se souviendront de votre jugement» avait dit le Négus dans son discours du 30 juin 1936, à la SDN, à Genève. «Tant que les ignobles et malheureux régimes politiques qui tiennent nos frères en Angola, au Mozambique et en Afrique du Sud dans un esclavage inhumain n’auront pas été renversés et détruits, il y aura la guerre. Partout c’est la guerre» chante Bob MARLEY dans «War». Si l’Apartheid sévit toujours en Afrique du Sud, le contexte politique a changé par rapport à 1963. Le Mozambique et l’Angola ne sont plus sous la coupe du régime dictatorial portugais de Salazar. Ils viennent tout juste d’acquérir leur indépendance à quelques mois d’intervalle mais des conflits intérieurs y font rage : «Guerre à l’ouest, guerre à l’est, guerre au nord, guerre au sud. Partout c’est la guerre» chante Bob MARLEY dans «War» qui  se veut le reflet de toutes ces tensions, locales comme internationales. La chanson «War»  est devenue un hymne intemporel antiraciste, une ode à la paix et le titre symbole des combats contre toutes les oppressions. «Au lieu de se démoder, le reggae, quadragénaire, affiche une santé insolente. En le créant, la Jamaïque a chamboulé les rythmes de la musique et imposé une vision singulière du monde contemporain. Le reggae est très sexy, mystérieux et prenant, parce qu'il a inversé l'ordre établi, les temps faibles sont devenus forts, enflés par des basses exagérées, et troublés par les coups assénés sur le troisième temps, le «one drop» écrit Véronique MORTAIGNE.
S’inspirant de Marcus GARVEY (1887-1940), Bob MARLEY chante le retour à terre des ancêtres, l’apologie et la fierté de l’homme noir : «aucune sécurité, aucun succès ne viendra à l’homme noir, tant qu’il sera une minorité dans la communauté particulière où il pourrait devenir industriellement et commercialement fort» disait Marcus GARVEY. En 1977, l’artiste dans son album «Exodus» fait un clin d’œil à Marcus GARVEY, en évoquant un double exode : celui des Wailers à Londres, et le retour des anciens esclaves en Afrique : «Ouvre tes yeux et médite au fond de toi : es-tu satisfait de la vie que tu mènes ? Nous savons parfaitement où nous allons. Nous quittons Babylone et nous allons vers la terre de nos Ancêtres», chante-t-il dans «Exodus».
 
 
La musique de Bob MARLEY est déclamatoire, comme les écrits de Frantz FANON (1925-1961) et d’Aimé CESAIRE (1913-2008) ; elle est ponctuée de slogans, de mots d’ordre, d’imprécations, d’interrogations et soutenues par un rythme invitant à l’action.  Exprimant à l’origine, la protestation de son peuple bafoué par des siècles d’esclavage et de colonialisme, Bob MARLEY incarne une révolte contre un oppresseur, fruit d’une imposture capitaliste, corrompue, raciste et hypocrite. Il prône l’égalité réelle : «Dieu a créé les gens en technicolor. Dieu n'a jamais fait de différence entre un noir, un blanc, un bleu, un vert ou un rose» disait-il.
En fait, Bob MARLEY, Rastafarian humaniste, et faux dur contestataire, a un cœur tendre. Dans sa philosophie «Combat le diable avec cette chose que l'on appelle l'amour» disait-il. Aussi, Bob MARLEY a chanté l’amour, de façon langoureuse, avec une grande passion  : «Non, femme ne pleure pas. Je me rappelle du temps où nous nous asseyions dans la cour de Trenchtown. Nous regardions les hypocrites qui voulaient se joindre aux gens biens. Dans ce futur prometteur, vous ne pouvez pas oublier votre passé. Alors essuyez vos larmes !», chante-t-il dans «No Woman No Cry». C’est une chanson live, datée de 1975, évoquant la jeunesse de Bob MARLEY à Trench Town et envisageant un avenir radieux avec sa femme, Rita. «Un amour, un cœur, réunissons-nous et sentons nous bien. Laisse les dire leurs sales remarques. Il y a une question que j’aimerais vraiment te poser «y’a-t-il une place pour le pêcheur, sans espoir, qui a blessé l’Humanité, juste pour sauver sa peau ? Crois-moi, un amour, un cœur, unissons-nous et sentons-nous bien, comme ça l’était au commencement. Je plaide pour toute l’humanité», chante-t-il dans «One Love». Inspiré de «Get Ready» de Curtis MAYFIELD, «One Love» est un plaidoyer, pour les Rastas d’un monde compassion, d’unité et de coopération. Même sur le thème de l’amour, Bob MARLEY a su créer des chansons rapides et dansantes : «Pourrais-tu être aimé et être aimé ? Ne les laisse pas te berner Ou même essayez de t’endoctriner ! Oh non ! Nous avons notre propre esprit Alors allez en enfer si ce que vous pensez n'est pas juste! L'amour ne nous laisserait jamais seuls des ténèbres doit apparaître la lumière. La route de la vie est si pleine d’embûches, et il se peut que tu trébuches. Aussi lorsque tu montres du doigt une personne, quelqu’un d’autre est en train de te juger. Aimez votre frère!» chante-t-il dans «Could you be Loved».
Chanteur pour la liberté, en vue d’échapper au joug des forces du Chaos. «Get up, Stand up !» est une puissante chanson contre le racisme et l’oppression invitant les opprimés à se lever et se battre pour leurs droits, sur terre et non pour un paradis hypothétique. «Lève-toi, debout. Lève-toi pour tes droits ! Prêtre ne me dit pas que le paradis est en dessous de la terre. Je sais que tu ne sais pas ; ce que vaut réellement la vie, c'est bien plus que de l'or. Une partie de l'histoire n'a jamais été racontée. Maintenant que tu vois la lumière. N'abandonne pas le combat !» chante Bob MARLEY. Dans cette lutte, pour son succès, l’artiste en appelle à une élévation du niveau de conscience des opprimés ; il faudrait s’émanciper de l’esclavage mental et secouer les chaînes de l’oppression : «Ne voudrais tu pas m'aider à  chanter ces chansons de liberté ? Parce que tout ce que j'ai c'est des chansons de rédemption. Emancipez-vous de l'esclavage mental ; personne d'autres que nous-mêmes ne peut libérer nos esprits. N'ayons pas peur pour l'énergie atomique ; car personne ne peut arrêter le temps Combien de temps encore tueront-ils nos prophètes ? Pendant que nous nous tenons à  part et regardons. Certains fatalistes disent que ça va passer»  chante-t-il dans «Redemption Song» un extrait de l’album «Uprising» datant de 1980.
Révolté contre une autorité injuste et arbitraire des dominants, Bob MARLEY a, de façon symbolique, tué le Shérif, un symbole de l’ordre moral détestant les Rastas ; c’est donc une façon de flétrir les esprits étriqués qui n’apprécient pas tout ce qui est différent : «J’ai tué le Shérif, mais je n’ai pas tiré sur son adjoint. Tout autour de ma ville natale, ils essayent de me tuer et veulent me rendre coupable. J’ai tué le Shérif, mais je jure que j’étais en légitime défense» chante-t-il dans «I Shot the Sherif». Bob MARLEY en appelle au soulèvement des dominés : «Quelqu’un devra payer, pour le sang innocent qu’ils versent chaque jour» chante-t-il dans «We and them».
 
Bob MARLEY était fortement attaché à la lutte pour l’indépendance des pays africains, et contre le régime de l’Apartheid. Ainsi, le 17 avril 1980, Bob MARLEY avait donné un concert historique au stade d'Harare, la capitale du Zimbabwe qui fêtait ce jour-là son indépendance : «Chaque homme a le droit de décider de son propre destin, et dans ce jugement, il n'y a pas de parti pris. Alors ensemble, on va mener ce petit combat, parce que c'est la seule façon de surmonter nos difficultés. On va se battre pour nos droits. Les Africains se libèrent, au Zimbabwe» chante-t-il dans «Zimbabwe». Il fera un concert en 1980, à l’invitation de Pascaline BONGO, fille d’Omar BONGO. Après un passage au Kenya, il découvre l’Ethiopie ravagée par la guerre. Il sera particulièrement choqué en découvrant que Haïlé Sélassié, mort en disgrâce en 1975, a été inhumé dans une tombe anonyme. Apôtre du Panafricanisme, Bob MARLEY exprime son souhait de voir le continent s’unir, en référence à un slogan de Kwame N’KRUMAH (1909-1972). En 1978, prônant le retour des Caribéens en Afrique, il s’y rend pour la première fois cette même année. Aussi, Bob MARLEY exhorte une large unité africaine : «L'Afrique s'unit, parce que nous quittons Babylone. Et nous allons au pays de nos ancêtres. Comme c’est doux et agréable. Devant Dieu et l'homme, oui, pour voir l'unification de tous les Africains, oui. Unissez-vous au profit (l'Afrique unie) de votre peuple, de vos enfants !», chante-t-il «Africa Unite».
En mai 1977, une blessure au gros orteil, subie en jouant au football, se rouvre lors d'un match amical à l'hôtel Hilton de Paris. Le médecin lui suggère des analyses. Le diagnostic est réalisé à Londres : Bob MARLEY souffre d'un mélanome malin, un cancer de la peau. On lui prescrit une amputation urgente de l'orteil, mais un mélange de superstition de son entourage, la religion Rastafari interdisant toute amputation et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public contribuent à retarder l'opération. En 1980, après une perte de connaissance lors d'un jogging à New York, MARLEY passe un examen aux rayons X où l'on voit cinq tumeurs, trois au cerveau, une aux poumons et une à l'estomac. Il ne dit rien à son entourage et joue un dernier concert enregistré à Pittsburgh, le 23 septembre. MARLEY part ensuite pour une clinique de Bavière où il suit un traitement original avec un médecin allemand, qui prolonge sa vie au prix de dures souffrances. Le cancer se généralise. MARLEY souhaitait mourir en Jamaïque, mais décède à Miami le 11 mai 1981 où il était allé rendre une dernière visite à sa mère, trop faible pour faire le voyage en avion jusqu'à Kingston. Le corps de Bob MARLEY a  été exposé sur le grand stade de la ville et plus de 60 000 personnes ont alors défilé devant la dépouille de l’artiste. Il fut enterré le jeudi 21 mai 1981, dans son village, Saint Anne on Nine Miles près de Kingston. La tombe de Bob MARLEY est située en haut d'une colline, près de la petite baraque de planches où il avait vécu quelques-uns des plus paisibles moments de sa vie après son mariage avec Rita.
Bob MARLEY a eu droit à des funérailles nationales, son éloge funèbre a été, cependant, prononcé par Edward SEAGA, le premier ministre de droite, récemment élu et qu’il détestait. Pour Edward SEAGA, Bob MARLEY était une «superstar du tiers-monde», sa musique un «réconfort pour l'opprimé», est une «protestation contre l'injustice». Edward SEAGA, premier ministre de Jamaïque de 1980 à 1989, l’avait décoré de l’ordre du mérite. Bob MARLEY incarne la Jamaïque, île turbulente des Caraïbes, un certain art de vivre et un renouveau musical ; il avait atteint un large public et cette popularité est toujours intacte. Son parcours est unique, il personnifie jusqu'à sa mort l'espoir en un monde nouveau et juste, fraternel et pacifique. La cérémonie funéraire est organisée par des prêtres orthodoxes éthiopiens. Bob MARLEY avait de nombreux enfants illégitimes, mais il a reconnu onze enfants dont une fille. Cinq d'entre eux ont pour mère Rita, sa fidèle épouse, mais les six autres sont de six femmes différentes : «La plus belle courbe sur le corps d'une femme est son sourire» disait-il. Bob MARLEY avait négligé d'organiser sa succession. Jusqu'à une décision de justice, en 1995, les conflits entre ses musiciens, ses producteurs et sa famille ont été très violents.
Quel héritage artistique de Bob MARLEY, à l’aube du XXIème siècle ?
Disparu trop tôt à 36 ans, cette étoile filante qu'est Bob MARLEY, à travers sa musique engagée et son mouvement rastafari, nous rappelle à chaque instant que «ceux qui s'emploient à rendre le monde encore plus mauvais ne sont jamais en vacances». Une vie courte, mais une vie héroïque, glorieuse : «Ne vis pas pour que ta présence se remarque, mais pour que ton absence se ressente» disait-il. Avec plus de 25 millions de disques vendus, dont 12 du «best-of Legend», sortis après sa mort, sans compter la multitude des droits dérivés, le patrimoine de Bob MARLEY est considérable. Jusqu'en 2010, le chanteur faisait partie du «Top Ten» des artistes décédés rapportant plus de 6 millions de dollars par an, selon le classement du magazine américain «Forbes». La permanence du phénomène Bob MARLEY s’explique  par sa véritable révolution pacifique et d’amour, faisant surgir le sacré dans le profane et le politique dans le divertissement.  Jean-Philippe de TONNAC nous dit dans la biographie dédiée à MARLEY «Et nous voilà descendu à quelques profondeurs au-dessous du niveau des mers où les bateaux négriers poursuivent inlassablement leur obsédante et obscène ritournelle».
Icône du Tiers-Monde, MARLEY a déployé, dans sa contribution artistique, une énergie rédemptrice qui ne cesse de susciter louange et administration de tous les parias de la terre. La vie frénétique de ce musicien, ses excès n’ont porté aucun préjudice à l’image de cette immense star : «Pourquoi prendre la vie au sérieux puisque de toute façon, on en sortira pas vivant ?» disait-il. En effet, Bob MARLEY, le Rasta, ne croit qu'à la vie, la mort étant une illusion. Par conséquent, le rastafarisme est une célébration de la vie. Bob MARLEY a des continuateurs de son art. Ainsi, Stevie WONDER, dans son album reggae, «Master Blaster», a rendu un hommage vibrant à Bob MARLEY. Bob MARLEY a trouvé de nombreux adeptes en Afrique, comme l’ivoirien Alpha BLONDY. Il nous invite à nous débarrasser de la mentalité esclavagiste et à nous libérer de toutes les déterminations dans lesquelles on veut nous enfermer. «Personne, sinon nous-mêmes pouvons libérer nos esprits» dit-il.
Porte-parole des défavorisés, Bob MARLEY continue, par la force de sa musique, de maintenir une unité qui transcende les croyances, les races, les couleurs, les frontières et les cultures. Pour certains MARLEY est passé du statut de chanteur à celui de «Prophète». De son vivant, Bob MARLEY occupait tout l’espace, ce  qui a fait dire Peter TOSH, mort tragiquement en 1987, que «la mort de Bob Marley ferait un peu plus de place pour que d’autres artistes puissent se faire remarquer». Plus de 600 biographies ont été consacrées à la vie de Bob MARLEY. Symbole de la contestation contre toutes les oppressions, et le premier artiste issu du tiers-monde à connaître un succès planétaire, Bob MARLEY ne peut pas mourir ; il avait conscience que son destin dépassait sa propre personne. Porte-voix et conscience de toute une époque, Bob MARLEY était un lion, or un lion ne meurt jamais, il dort. En effet, le reggae a été inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Humanité par un comité spécialisé de l'UNESCO, du jeudi 30 novembre 2018, réuni à Port-Louis, capitale de l'Ile Maurice. L’UNESCO a souligné «la contribution» de cette musique jamaïcaine à la prise de conscience internationale «sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité, et sa dimension à la fois «cérébrale, socio-politique, sensuelle et spirituelle». Le reggae étant devenu une véritable référence culturelle, Bob MARLEY, avec 200 millions d'albums vendus, a redonné une place digne à l'homme noir, en le détachant des stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Bob MARLEY nous a légués des succès indémodables et universels qui sont, notamment :
1 - Africa Unite
2 - Buffalo Soldier
3 - Concrete Jungle
4 - Could you be loved
5 - Don't Rock My Boat
6 - Easy skanking
7 - Get up stand up
8 - I shot the sheriff
9 - Iron lion zion
10 - Is this love
11 -Jammin
12 - Kaya
13 - Kinky reggae
14 - Lively Up Yourself
15 - Natty dread
16 - Natural mystic
17 - No woman no cry
18 - One Love
19- Redemption song
20 - Satisfy my soul
21 - So much trouble in the world
22 - Stir it up
23 - Stop that train
24 - Sun Is Shining
25 - Three little birds
26 - Trenchtown rock
27 - Turn your lights down low
28 - Waiting in vain
29 – War.
Bibliographie très sélective
 
1 – Contributions des MARLEY
MARLEY (Bob), McCANN (Ian), Bob Marley on his Own Words, Omnibus Press, 1993, 96 pages ;
MARLEY (Bob), Songs of Freedom, Milwaukee (Wisconsin), Hall Leonard Publishing, 1992, 215 pages  ;
MARLEY (Rita), Ma vie avec Bob Marley : No  Woman No Cry, traduction Marguerite Schneider-English, 2011, 288 pages ;
MARLEY BOOKER (Cedella), WINKLER (Anthony,C), Bob Marley, My Son, Lanham, MD, Taylor Trade Pub, 2003, 282 pages.
2 – Critiques de Bob MARLEY
BENETT (Scotty), Bob Marley, New York, Saint Martin’s Press, 1997, 98 pages ;
BLUM (Bruno), Bob Marley, le Reggae et les Rastas, une histoire de la musique jamaïcaine, Paris, éditions Hors Collection, 2004, 160 pages ;
BOOT (Adrien), SALEWICZ (Chris), Songs of Freedom, Vicking Studio Books, 1995, 288 pages ;
BURNETT (David), Soul Rebel : An Intimate Portrait of Bob Marley, Five Miles Press, 2008, 141 pages ;
DAVIS (Stephen), Bob Marley, traduit par Hélène LEE, Paris, Seuil, 2004, 402 pages ;
DOROR (Francis), Bob Marley : le dernier prophète, Paris, GM éditions, 2019, 256 pages ;
DOROR (Francis), Bob Marley, Paris, Flammarion, 2009, 400 pages ;
GILFOYLE (Millie), Bob Marley, Philadelphia, Chelsea House, 2000, 48 pages ;
JEFFREY (Gary), Bob Marley : The Life of Musical Legend, The Rosen Publishing Group, 2007, 48 pages ;
LEE (Hélène), Voir Trench Town et mourir : les années Bob Marley, Paris, Flammarion, 2004, 400 pages ;
MAILLOT (Elodie), Bob Marley : le dernier prophète, Paris, GM éditions, 2019, 256 pages ;
MALIKA (Lee, Withney), Dictionnaire des chansons de Bob Marley, traduit par Isabelle Chelley, Paris, éditions Tournon, 2009, 316 pages ;
McCANN (Ian), Bob Marley : le prophète spirituel, traduction de Sophie Mattaniah et Marmol Davidson, Paris, Music Entertainment Books, 2008, 132 pages ;
MILLER (Mark), Sur la route avec Bob Marley 1978-1980, un chevalier blanc à Babylone, préface Bruno Junior Marvin Blum, Paris, éditions Scali, 224 pages ;
MONTPIERRE (Roland), Reggae Rebel : La vie de Bob Marley, éditions Caribéennes, 1981, 44 pages ; 
MONTY (Carlos), Bob Marley : Positive Vibration, Paris, La Mascara, 1995, 80 pages  ;
MOSKOVITCH (David, Vlado), Bob Marley : A Biography, Conecticut, London, Greenwood Publishing Group, 2007, 124 pages ;
OJO (Adebayo), Bob Marley, l’Africain, Paris, éditions Scali, 2008, 320 pages ;
PAPROCKI (Sherry, Beck), Bob Marley, Musician, New York, Chelsea House, 2006, 130 pages ;
SHERIDAN (Maureen), Bob Marley, le secret de toutes ses chansons 1962-1981, Paris, Hors Collection, 2011, 175 pages ;
SMITH (M. G), Augier (Roy) NETTLEFORD (Rex), Report on the Rastafari Movement, in Kingston, Jamaica, Kingston (Jamaïque), Institute of Social and Economic Research, 1960, 41 pages ;
STEFFEN (Roger), So Much Things to Say : L’histoire orale de Bob Marley, préface de Linton Kwesi Johnson, Paris, Robert Laffont, 2018, 523 pages ;
TAYLOR (Don), HENRY (L. Mike), Bob Marley et moi, la véritable histoire, traduit pat Thibault Ehrengardt Paris, Dreads éditions, 2016, 134 pages ;
TONNAC de (Jean-Philippe), Bob Marley, Paris, Gallimard, collection Folio, 2010, 353 pages ;
WILLIAMS (Richard), Bob Marley and the Wailers : Exodus, Paris, EPA, 144 pages ;
WINT (Eleonore) COOPER (Carolyn), Bob Marley : the Man and the Music, Arawak Pub, 2003, 111 pages.
3 – Articles sur Bob MARLEY
«Marley, avant le mythe», Libération, 16 janvier 2003  et «Marley, genèse d’une légende», Libération, 9 mai 2001 ;
BONACCI (Julia), «Terrible et terrifiant, le reggae jamaïcain  au prisme des mémoires», Hermès, (Paris), 1998, vol 1, n°22, pages 91-100 ;
DORDOR (Francis), «Jésus Marley», Les Inrockuptibles, 8 juillet 1998 ;
LOUPIAS (Bernard), «Ainsi parlait Bob Marley», Le Nouvel Observateur, 17 mai 2001 ;
LUBABU (Thsitenge), «Bob Marley, un message universel», Jeune Afrique, 11 mai 2011 ;
MORIOT (Joël), «Bob Marley, chanteur mystique et engagé», Le Monde, 2 août 2019 ;
MORTAIGNE (Véronique), «Bob Marley entre dans l’éternité», Le Monde, 13 mai 2001 ;
MORTAIGNE (Véronique), «Les envoûtements du Reggae», Le Monde, 6 juin 2006 ;
PROVENZANO (Lauranne), «Bob Marley, conscience éternelle de l’Afrique», Jeune Afrique, 23 octobre 2009.
Paris, le 21 octobre 2016, actualisé le 11 mai 2021 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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19 février 2021 5 19 /02 /février /2021 12:35
«Johnny PACHECO (1935-2021) un maître de la musique Salsa» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Né le 25 mars 1935, à Santiago, en République dominicaine, Johnny PACHECO a grandi aux États-Unis, où il vient de disparaître le 15 février 2021. En effet, son père Rafael Azarias PACHECO (1898-1961), un musicien, fuyant la dictature de Rafael TRUJILLO (1891-1961), a immigré avec toute sa famille aux Etats-Unis, en venant s’installer, en 1946, dans le Bronx, à New York. Sa mère, Octavia Aurelia PACHECO, dite «Tavita» (1898-1978), était femme au foyer.
Initialement, ancien élève de la «Julliard School of Music», Johnny PACHECO n’avait pas son orchestre ; il collaborait avec différents groupes musicaux, notamment avec Charlie et Eddie PALMIERI. Dans les années 60, il fonde son groupe «Johnny Pacheco Y su Charanga». En 1962, son orchestre est le premier groupe latino-américain à tenir la tête d’affiche au théâtre Apollo, à Harlem, et collabore, à cette occasion avec l’artiste franco-camerounais, roi de la Soul Makossa, Manu DIBANGO (1933-2020). Johnny PACHECO crée sa propre maison de disques en 1964, «La Fania Records» pour les Latino-américains. Au fil des ans, la maison de disque va racheter ses concurrents, Tico et Alegre, intégrant ainsi les surdoués du latin-jazz Mongo SANTAMARIA, Ray BARETTO, Eddie PALMIERI, attirer des grandes stars telles que Celia CRUZ, et développer ses propres artistes comme Hector LAVOE. En grand visionnaire, Johnny PACHECO avait pour ambition de monter le meilleur groupe de musique, mais la notoriété viendra le 24 août 1973 que lors du concert au «Yankee Stadium», à New York, avec plus 40 000 spectateurs qui finiront par envahir le podium. Le concert sera rejoué le 13 novembre 1973. En raison de sa tournée en République démocratique du Congo, où Mohamed ALI (1942-2016) avait disputé, le 30 mai 1974, son fameux match de boxe contre George FOREMAN, son orchestre fera sensation au Congo Kinshasa, avec divers morceaux chantés par Célia CRUZ dont «Guantanamera» ou «Quimbara». Ce match de boxe planétaire, a été allié à la musique de différents orchestres, dont James Brown, BB KING, le «Fania All-Stars», Sister Sledge, Hugues Masekela, donnant ainsi une visibilité mondiale à Johnny PACHECO. Ce match de boxe, financé par Joseph Désiré Mobutu Sese Seko (1930-1997) pour défendre les droits civiques des Noirs, avait une dimension sportive, mais aussi politique et culturelle ; son objectif était «libérer les Noirs d'Amérique. Blancs et Noirs ne sont pas frères. Un frère ne lynche pas, n'émascule pas, n'écartèle pas et ne brûle pas son frère» avait dit Mohamed ALI. En raison de ce combat du XXème siècle, le boxeur Mohamed ALI est parvenu à «briser ce qu’il pouvait briser dans la citadelle du racisme» dit le philosophe Alexis PHILONENKO. «Je vais quitter la boxe comme j’y suis entré : avec fracas, en détrônant un monstre invincible ! […] Ce combat […] sera le plus grand des miracles !» dit ALI.
En 2005, la Bibliothèque national des Etats-Unis a archivé l’ensemble de son patrimoine musical. Johnny PACHECO a été nominé neuf fois aux Grammy et obtenu dix disques d`or. Il a été honoré du «Latin Grammy Lifetime Achievement Award». Son groupe a relocalisé son siège de New York à Miami, où se trouve une très forte communauté latino-américaine. Il a joué et collaboré avec beaucoup de légendes du jazz et de la musique populaire américaine, tels que Quincy JONES, Stan KENTON, George BENSON, Sammy DAVIS Jr, Ethel SMITH, Stevie WONDER et beaucoup d'autres. En 1996 le président de la République Dominicaine, Juaquin BALAGUER RICARDO (1906-2002), lui a remis la prestigieuse médaille d'honneur présidentielle.
Impresario, producteur, arrangeur, musicien de Salsa, sa rencontre, en 1969, avec la cubaine Célia CRUZ (1925-2003) a été marquante avec son groupe de musique la «Fania All-Stars». En effet, le timbre grave de Celia CRUZ, sa voix puissante et son chant énergique, sont emblématiques de cette «magie» de la Salsa qui a concurrencé le Rock and Roll triomphant dans les années 70, dans les casinos. Johnny PACHECO est l’un des grands maestro qui a développé ses rythmes de salsa, Sabrosura, Rumba, Charanga, Pachanga et Latin jazz. La Salsa, cette musique initialement des lieux mal famés, que Johnny PACHECO a popularisé et ennobli, cette version new-yorkaise des exilés latino-américains, très cuivrée, imprégnée de Jazz, est elle-même née de la rencontre entre le tambour des esclaves noirs et la guitare des colons européens. En effet, la Salsa, littéralement la «sauce», signifiant aussi dans le langage populaire cubain «sensuel» et «attirant», est apparue pour la première fois en 1932, à la Havane, dans un son du cubain Ignacio PINEIRO (1888-1969) qui a pour titre «Echale Salsita» (Balancez la Sauce). Cette musique est, en fait, un mélange culturel de rythmes d’Amérique Latine avec des influences de rythmes africains, et américains tels le Jazz, la Soul, le blues, et des rythmes espagnoles, et se danse, de façon générale, en couple, mais également seul, laissant libre court à l’improvisation.
Johnny PACHECO a été bien un extraordinaire pont, par sa musique endiablée, entre l’Afrique et ses diasporas. En effet, entre la musique latino-américaine et l'Afrique, c'est un mouvement d'aller et retour. Les anciens esclaves n'ont pas, dans leur créativité artistique, oublié le riche patrimoine culturel qu'ils ont adapté et diversifié. Le continent africain, dès les premières années de l'indépendance, s'est fortement inspiré de la musique cubaine. Johnny PACHECO connaissait bien la Côte-d’Ivoire où il a rencontré l'orchestre «Las Marvillas» du Mali avec son fameux tube «Rendez-vous chez Fatima». Au Congo, le grand Kalle avait lancé «Indépendance cha cha». Un des tubes de Johnny PACHECO est un hommage à la ville de Dakar, capitale du Sénégal. Le musicien sénégalais, Pap SECK, ainsi que l’orchestre Baobab se sont fortement inspirés, dans les années 60 et 70 de cette musique latino-américaine bien connue et dansée par tous les mélomanes africains.
Johnny PACHECO savait danser et jouer de tous les instruments (percussion, flûte, clarinette, saxophone, violon, accordéon), mais c'est la flûte qu'il préférait. Compositeur, ses tubes «Acuyuye», «El Faisan» et «Quitate tu», l'ont rendu célèbre dans le monde entier.
Paris, le 17 février 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Johnny PACHECO (1935-2021) un maître de la musique Salsa» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 23:20
Les générations actuelles ont du mal à réaliser la profonde et durable influence de la musique cubaine sur le continent africain. A l’aube des indépendances africaines, il y a eu «Indépendance Chacha» de Joseph KABASELE, l’orchestra Baobab au Sénégal, au Burkina FASO, Amadou BALAKE, et Mme Angélique KIDJO une fanatique de Célia CRUZ. Dans les radios africaines on connait notamment Johnny PACHECO et l’orchestra ARAGON. Entre l'Afrique et ses diasporas, c’est un mouvement de va et vient. Ainsi, sous Modibo KEITA, dix jeunes Maliens avaient obtenu, en 1964, une bourse pour aller étudier de la musique à la Havane, à Cuba. Les artistes ont rencontré Fidèle CASTRO ainsi que Ernesto CHE GUEVARA, qui fait l’interprète, car il parlait français. Ils ont fondé un groupe de musique «Las Maravillas de Mali», (Les Merveilles de Mali), en référence aux Maravillas de Florida, un groupe qui en vogue alors auprès de la jeunesse de La Havane. Ce groupe se distinguant d’un destin hors du commun en Afrique, mixe les rythmes cubains et africains, et a produit une musique d’un rythme endiablé, particulièrement dansant (Chachacha, Guarachas, Son-montunos et autres Boléros). Ce groupe a fait danser des générations d’Africains à l’indépendance et des tubes sont restés planétaires, comme «Rendez-vous chez Fatima» et «Mariétou». Le groupe venu pour apprendre la musique fréquente le conservatoire Alejandro GARCIA, avec comme enseignants les plus grands maestros du pays, dont Rafaël LAY, le prince de «l’Aragon». 
Rompant avec la tradition que seuls les griots pouvaient faire de la musique, ils ont été sélectionnés sur la base d’une lettre de motivation. Fils d’un cultivateur et d’une ménagère, Boncana MAIGA voulait entreprendre des études de comptabilité au Niger : «Un jour, j’ai appris que j’étais sélectionné pour aller apprendre la musique dans cette île. Bien sûr, j’étais content, mais mes parents n’étaient pas du tout dans les mêmes dispositions, car je suis l'unique garçon de la famille, avec 7 soeurs. Ma mère n’avait jamais souhaité que je fasse de la musique. Finalement, ça s’est arrangé. Je suis parti à Cuba pour dix ans. J’y ai appris la musique, au vrai sens du mot. Je suis donc licencié en musique. Je joue de la guitare, du piano et plusieurs autres instruments» dit Boncana MAIGA. Les dix lauréats ont été répartis suivant leurs aptitude Boncana MAIGA (flûte, guiro, saxophone), Dramane TRAORE (flûte), Moustapha SAKO (violon), Aliou TRAORE (violon), Abdoulaye DIARRA (violon), Mamadou TOLO (violon) et Salif TRAORE (contrebasse). Ils ont pris goût à la musique et aux délices de la vie cubaine : «Deux ans après notre arrivée, on commençait à maîtriser le solfège et à manipuler les instruments. On s’est dit : pourquoi ne pas monter un orchestre ? D’autant que les grands musiciens cubains qui défilaient chez nous étaient prêts à nous aider. Ils étaient très curieux de voir ce qu’il était possible de faire en commun entre Noirs d’Afrique et Noirs de Cuba», dit Boncana MAIGA. 
Le président Modibo KEITA avait pour ambition de promouvoir l’émancipation, l’authenticité et la cohésion nationale du Mali face au modèle colonial français en créant un répertoire original dans la modernité tout en puisant dans le vivier très riche de la tradition malienne. «Nous sommes partis à Cuba pour apprendre la musique et revenir en Afrique enseigner ces techniques musicales, d’abord aux Maliens puis aux Africains. C’était cela la vision de la culture du président Modibo Keita. Le fait d’avoir la musique africaine à Cuba cela les a enrichi, et nous aussi cela a enrichi notre vocabulaire musical. J’ai créé l’Africando (avec le producteur sénégalais Ibrahima Sylla en 1992), c’est avec des trompettes. Cet échange n’a produit qu’un enrichissement mutuel. Les Congolais ont travaillé les accords de la Rumba combinés avec la musique africaine» me dit Boncana MAIGA. En effet, le président Modibo KEITA avait une politique culturelle audacieuse : «La culture d’un peuple est l’expression la plus intrinsèque de sa faculté d’adaptation à son milieu, à sa condition propre, aux réalités philosophiques et sociales qui la conditionnent, dans son être comme dans son devenir. Notre folklore et nos traditions orales et écrites, notre musique qui est en même temps pensée et action, constituent les manifestations les plus éclatantes et les plus vivantes de notre culture» avait dit Modibo. Le premier président du Mali indépendant place l'État-nation en une liaison dialectique entre le passé et la modernité dans le but d'inscrire la nation malienne dans un processus historique précédant la colonisation. «Il n’est pas besoin de souligner toute l’importance que revêt, pour nous Africains, la connaissance approfondie de la philosophie, des arts, de la musique et des religions de nos pays respectifs» ajoute Modibo KEITA, dans son discours du 20 janvier 1961, devant l’Assemblée nationale.
En 1967, au retour au Mali le groupe a joué à l’occasion de l’indépendance du Mali. Cependant le 19 novembre 1968, c’est le putsch de Moussa TRAORE contre Modibo KEITA, jugé trop proche, en temps de guerre froide, des communistes. Le groupe «Las Maravillas du Mali», associé à l’ancien régime, est marginalisé. Aussi, Boncana MAIGA s’exile, et part au Niger, en Côte-d’Ivoire, puis en France. La nouvelle junte militaire était peu préoccupée des questions de cultures et d’éducation populaire. «Lorsque je suis retourné au Mali, les autorités maliennes de l’époque n’avaient pas compris ce que nous voulions faire. Je tenais à montrer, que ça soit au Mali ou ailleurs, ce que j’avais appris à Cuba. C’est ainsi que je me suis orienté vers la Côte d’Ivoire qui m’a ouvert les bras, qui m’a accueilli. J’ai travaillé dans ce pays pendant une vingtaine d’années. J’étais professeur de musique au Conservatoire. Parallèlement, j’ai créé l’Orchestre de la télévision de la Côte d'Ivoire. J'ai également formé des musiciens, avant de commencer à faire des disques. A défaut de l’orchestre du Mali, j’ai créé un orchestre en Côte d’Ivoire, qui a eu connu un grand succès. Il faut reconnaître que cet orchestre a formé tous les grands artistes ivoiriens à commencer par Aïcha Koné, Nayanka Belle, Gadji Cely et j’en passe. Il faut dire aussi que je donnais beaucoup et que je ne recevais pas trop. C’est ainsi que j’ai décidé de partir en France, en 1988» dit Boncana MAIGA. 
Los Maravillas a été réactivé en 2016, Boncana MAIGA et deux autres collèges sont les seuls survivants. L’album, «Africa Mia», réédité le 3 mai 2020 est un mixage des chansons originales datant de l’âge d’or du groupe, quelques titres ont été réenregistrés récemment par des artistes africains contemporains, notamment Mory KANTE et Ina MODJA.
Ce mardi 8 septembre 2020, c’était l’avant-première, au cinéma l’Arquelin, 76 rue de Rennes, à Paris 6ème, du film documentaire réalisé par Richard MINIER et Edouard SALIER, avec une présentation dans la salle par Pascal BLANCHARD. Il y avait du beau monde : Mme Christiane TAUBIRA, Mme Mireille FANON, M. Lilian THURAM, Samuel LEGITIMUS et bien d’autres.
M. Boncana Tandagari MAIGA, compositeur, arrangeur, flûtiste, producteur, animateur de télévision sur TV 5, à l’émission Star Parade, et originaire de Gao, était également présent ; il a animé les débats après la projection. C’est tout d’abord une grande émotion de revoir ces artistes, dont 7 sur 10 sont maintenant morts, le tournage ayant duré 18 ans. Salif KEITA et Mory KANTE ont témoigné dans ce film.
«Las Maravillas» est avant tout l’administration de la preuve que le Mali est une extraordinaire richesse culturelle. Loin des théories de l’ensauvagement de la société, les diasporas africaines dans le monde devraient se réapproprier leur extraordinaire patrimoine culturel. En effet,, Boncana MAIGA a appris à lire et à écrire la musique, travaille à créer un orchestre symphonique africain pour conserver et transmettre la musique du continent aux générations futures.
Prochain rdv de la projection de ce documentaire au Cinéma Le Méliès, à Montreuil, en face de la Mairie (métro mairie de Montreuil), le 19 septembre 2020, à 20 h 45, avec la communauté malienne de France, et une animation de Mme Eléonore BASSOP, de la radio Dooboot.
Ce documentaire sera présenté, par la suite, dans tous les centres culturels en Afrique.
Paris le 8 septembre 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Africa Mia, une fabuleuse histoire du Maravillas de Mali, avec Boncana MAIGA» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 23:44
Thioukel SAM, le plus africain des griots du Sénégal, en rupture avec les codes de l’aristocratie peule et le pouvoir maraboutique, savait, avec sa guitare traditionnelle et sa créativité, captiver la jeunesse foutankaise. Magicien du verbe, compositeur armé d’une grande liberté d’expression, provocateur, iconoclaste, épicurien, conscient de sa grande valeur artistique, maître du «Hoddou», la guitare peule, et poète, Thioukel SAM, très attaché aux droits d’auteur, pourfendeur du plagiat, mais hostile à la commercialisation de sa création, était trop en avance sur son temps. Thioukel s’adressait directement à la personne pour qui il jouait sa musique ; son concept de «Bande Face à Face» est resté sa marque de fabrique. C’est l’époque, dans les années 60, où les Peuls, très attachés à la radio cassette, comme à leurs vaches, repiquaient ou dupliquaient sa musique. Il combattait le piratage de sa musique, ou «Banda Simmi Naam». Doté d’une voix divine, d’une grande sensualité et voluptueux, Thioukel SAM a formé de grands griots (Samba N’Darou, Cheikh SAMBOU, Abdou Ciré M’BAYE, etc.). Il a influencé, de façon décisive, de grands artistes sénégalais, rayonnant maintenant sur la scène internationale. Jusqu’à ce jour, et à ma connaissance, aucune recherche fouillée n’a été menée sur l’artiste talentueux et atypique qu’était Thioukel SAM, trop tôt disparu. Ses bandes sonores audibles sont difficiles à trouver. Sa sœur, Bidane, un grand témoin de cet article, me dit ne plus avoir les enregistrements de son grand-frère. Remercions Mouhadji BOCOUM, de Séno-Palél, résidant à Nice, et El Hadji SALL de Radio Tabaldé, à Matam, et louons le génie et la magie d’Etienne LU, informaticien, qui ont permis de reconstituer et préserver une partie de la musique de Thioukel, patrimoine culturel précieux du Fouta-Toro. Par ailleurs, il n’a pas été aisé de retrouver la photo de Thioukel, devenu un artiste sans visage ; plus personne ne savait à quoi ressemblait cet artiste hors norme. Rendons grâce à Coumba M’BOUM, dite «Bifteck», remariée à Mantes-La-Jolie en France et à Thiédel M’BAYE, la fille de Bidane, qui avaient précieusement gardé, comme des reliques, deux anciennes photos de Thioukel SAM.
En éminent griot, doté d’une grande maîtrise de la langue peule et du «Payka», rhétorique du Macina, Thioukel était, sans le savoir, un authentique gardien de la tradition orale, comme l’entendait Amadou Hampâté BA (1900-1991). Il est grand temps de sauver la création de Thioukel et d’honorer la mémoire de cet immense artiste, injustement oublié depuis 40 ans. Il est donc ici question, à travers Thioukel, de la mémoire musicale, de l’histoire orale des Foutankais, dans l’objectif de la recueillir, la transcrire et la transmettre, en établissant un pont entre le présent et le futur, entre le Fouta-Toro et toutes ses diasporas. Pour la diaspora foutankaise, sommée en Europe de s’assimiler, la plus grande servitude de tous les temps, c’est l’esclavage mental, dont il faudrait s’affranchir, tout en restant ouvert aux autres. En effet, les griots, cette race d’authentiques foutankais, comme Thioukel SAM, sont en train de quitter la scène, dans un monde globalisé, où la chaîne de transmission risque de se rompre. A la  fin de sa vie, en 1980, Banzoumana SISSOKO, le maître de Thioukel SAM, à qui un journaliste du Monde demandait quel était son premier souvenir, répondit : «Une impression de souffrance et de regrets perpétuels. Un griot, un N’Gara, celui dont la connaissance, en Afrique, est immense». Par conséquent, il ne faudrait pas que «la bibliothèque brûle», pour reprendre une citation célèbre de Amadou Hampâté BA. La conservation de la tradition orale, ayant résisté à la colonisation, à l’islamisation et à la globalisation, est devenue, plus que jamais, un des enjeux majeurs de notre temps.
Il est donc urgent de sortir Thioukel du purgatoire de l’oubli et donc de sauvegarder la création artistique des griots, gardiens de notre mémoire collective, et de leur consacrer des études circonstanciées. Le griot, maître de la parole, est l’arbitre du jeu social ; il met en demeure le noble d’assumer sa noblesse, non pas en chérissant l’aristocratie de naissance, mais en sauvegardant toutes les valeurs traditionnelles de la société. La diaspora africaine, étant à la recherche de son identité, peut donc se tourner vers les outils du numérique pour la conservation, la promotion et à la diffusion de ce patrimoine culturel africain légué par les griots.
Alassane Guéda SAM, plus connu sous le pseudonyme de Thioukel, est né vers 1930 à Séno-Palél ; sa date de naissance reste incertaine. Suivant Henri GADEN (1876-1939), un administrateur colonial spécialiste des Peuls, «Séno-Palél» signifie, en Peul, «la plaine de sable du petit en terre». Mort, un lundi matin, en 1983, Thioukel SAM est donc natif et enterré à Séno-Palél, dans le département de Kanel, région de Matam, au Sénégal. Sa mère, Coumba Diawel SALL, est originaire de Démette (Département de Podor). Son père, Guéda SAM, dont les ancêtres sont originaires de Banadji, à côté de Sinthiou Bamambé (département de Kanel), s’était installé à Séno-Palél. Les raisons de cette mobilité de son père sont demeurées obscures. Nous avons trois différentes versions. Le premier récit est de Guéda SAM, lui-même ; c’est Ousmane Diély, son grand ami, qui lui aurait trouvé une maison à Séno-Palél, aux côtés d’une autre famille de griots, les N’DIAYE. Il existe, cependant, une autre version, que me relate Mouhadji BOCOUM, un des grands témoins de cet article ; en réalité, la mère de Guéda SAM, qui s’appelait Ramata, se serait remariée à Séno-Palél, et son fils, Guéda, l’aurait donc suivi, dans cette nouvelle vie. La troisième version est celle d’un autre grand témoin, Hamady Barou CAMARA, suivant laquelle, Guéda SAM, isolé à Banadji, serait venu à Séno-Palél rejoindre ses demi-frères, d’éminents griots (Diwgual dit Salif N’DIAYE, Demba Fowrou N’DIAYE et Abdoulwahab N’DIAYE). Etoile filante, à la vie courte, mais glorieuse, la contribution artistique de Thioukel SAM continue encore de marquer l’histoire du Fouta-Toro. Thioukel est devenu un mythe, pour la culture peule. Dans l’Illiade et l’Odyssée, faisant écho à l’idéal aristocratique, qui sied bien à la culture foutankaise, la mère d’Achille lui laisse le choix entre une vie longue et paisible, mais obscure, ou une vie courte et glorieuse ; le héros choisit la gloire. L’héritage artistique de Thioukel SAM est riche, intense et fructueux, en dépit de sa vie courte, mais bien remplie. Les générations futures de Foutankais se souviendront encore, pendant des siècles, du merveilleux cadeau musical qu’il nous a légué : «Affirme ta propriété sur toi même, et le temps que jusqu'ici, on t'enlevait, on te soutirait ou qui t'échappait, recueille-le et préserve-le ; certains moments nous sont retirés, certains dérobés, certains filent. La perte la plus honteuse, pourtant, est celle que l'on fait par négligence. Veux-tu y prêter attention : une grande partie de la vie s'écoule à mal faire, la plus grande à ne rien faire, la vie tout entière à faire autre chose», écrit Sénèque, dans ses fameuses lettres à «Lucilius».
Cavalier hors pair, lutteur et d’un courage à toute épreuve, Thioukel SAM passe sa tendre enfance à Séno-Palél. Il a appris à connaître les chevaux, à leur parler ; on dit même qu’il aurait des pouvoirs occultes pour dresser ou soigner les chevaux. De son temps, il y avait peu de voitures, on se déplaçait dans le Fouta-Toro, presque exclusivement à cheval à vélo ou à pied. Thioukel avait un rapport particulier à ses différents chevaux, comme s’ils étaient des membres de sa famille ; il leur donnait un nom (Hercule, Walla Fénddo, Laye Niack, Moss Dolly, ou Ballé N’Denddi) et leur faisait goûter du lait sucré, des biscuits ou des bonbons.
Le village de Thioukel, Séno-Palél, était initialement habité par des éleveurs peuls, en raison de la présence d’une source d’eau. A la suite d’un conflit, accusés du meurtre d’un Diawando, les éleveurs peuls sont forcés de quitter le village. Séno-Palél est divisé en plusieurs quartiers : Thioukel est né dans le quartier de Doumbou, mais ses descendants ont déménagé dans le quartier Hel Demba. Les autres quartiers sont : Wassoumbé, Léguel N’Guénar, Némaa et Sinthiane, Wassoumbé et des sous-quartiers, outre Hel Demba, il y a aussi Léguel N’Guénar. Le village natal de Thioukel, Séno-Palél est un haut lieu de l’histoire, fortement influencé par les dynastie Satigui animistes, et les Almamy, musulmans. Ces forces de l’esprit constituent, pour le griot qu’était Thioukel, un précieux trésor d’inspiration. Cependant, Thioukel SAM, un révolutionnaire, est le musicien des jeunes, en rupture avec les ordres islamiques et aristocratiques des Peuls et avec la tradition de sa famille. Si la musique de Thioukel semble défier l’ordre moral strict du clergé musulman de nos jours, une partie de ses bandes musicales étant encore censurées par certaines radios du Fouta-Toro, notamment par Radio Tabaldé, à Ouro-Sogui. Cette rébellion de Thioukel est à mettre en rapport avec la place de l’histoire de son village Séno-Palél, dans la Révolution des Almamy. En effet,  à la suite du refus de Thierno Sileymane BAL (1720-1776, voir mon article) d’exercer les fonctions d’Almamy, après la Révolution de 1776, mettant fin à la dynastie des Satigui, les notables du Fouta-Toro ont d’abord pressenti à ces fonctions prestigieuses, Abdelkarim DAFF (Vers 1727-1807) un éminent marabout de Séno-Palél : «Ils (Les Fountankais) se mirent d’accord sur le nom de Cheikh Abdoulkarim, le Diawando, qui résidait au village de Séno-Palél. Mais lorsqu’ils eurent envoyé un messager auprès de ce dernier pour l’en informer, il se récusa par suite d’impossibilité majeure et désigna Abdelkader» écrit Siré Abbas SOH dans ses «Chroniques du Fouta». En homme modeste et effacé, et en dépit même de ses hautes qualités morales et de ses vastes savoirs en sciences occultes et coraniques, Abdelkarim DAFF déclina donc cette proposition. Pourtant, Abdoulkarim DAFF «possédait amplement et à fond, la science des lois apparentes et des vérités cachées, et s’abreuvait purement aux sources qui font exaucer la prière» écrit Ciré Abbass SOH. En effet, le premier Almamy du Fouta-Toro, Abdelkader KANE (1727-1807), traqué par les Foutankais se réfugiant à Gouriki Samba Diom, demande à son ami, Abdoulkarim DAFF, de lui envoyer un «Ayé», une sorte de gris-gris pour les musulmans, avec de l’eau ayant servi à laver une planchette pour apprendre le Coran, sur laquelle un verset du Coran avait été inscrit. Abdelkarim DAFF prend soin de prévenir Abdelkader KANE, que lui aussi ne survivrait pas plus de 15 jours après la mort du premier Almamy du Fouta-Toro. L’Almamy Abdelkader KANE a été assassiné le 4 avril 1807 et Abdoulkarim DAFF est effectivement mort, 15 jours après, soit le 19 avril 1807. Abdelkarim DAFF a fait construire à Séno-Palél, l’un des plus anciennes mosquées du Fouta-Toro.
Thioukel, comme les Peuls, est nomade, mais son village, Séno-Palél, du fin fond du Fouta, est également bien connu du colonisateur français, depuis bien longtemps. En effet, Séno-Palél est décrit par un voyageur français, au début du XIXème siècle. Gaspard-Théodore MOLLIEN (1796-1892), parti à la découverte des sources du Sénégal, du temps de l’Almamy Youssouf Ciré LY, a fourni des renseignements sur le village de Thioukel, durant son séjour à Séno-Palél du 2 au 4 mars 1818. «Le pays que j’ai traversé, ce pays est plat et entrecoupé de bouquets de goumiers. Après avoir parcouru ces espaces où rien n’annonçait le travail de l’homme, nous arrivâmes à Séno-Palél. La nuit nous surpris dans ce village» écrit-il.
Gaspard MOLLIEN relate, avec précision, les valeurs traditionnelles que véhiculent les griots du Fouta-Toro, comme Thioukel SAM, depuis des siècles, à savoir la bienséance et l’hospitalité : «Mon marabout (Boukari) est entré dans ma case ; je vis, à ma surprise extrême, deux femmes se jeter à son col et le serrer étroitement de leurs bras : c’étaient sa sœur et sa nièce ; j’eus aussi ma part de leurs caresses ; ce bon accueil ne se borna pas là ; elles prirent nos fusils, m’aidèrent à descendre de cheval et le dessellèrent, oubliant le préjugé, qui dans ce pays, ne permet pas à une femme de toucher à ces objets. Le souper fut bien préparé ; on nous servit du lait et du couscous. Ensuite on alluma un grand feu dans la cour, et on me tendit un lit auprès de ce foyer. Chez les gens riches, la coutume est de se réveiller pendant la nuit pour manger. Vers deux heures du matin, conformément à cet usage, l’on nous donna du couscous et de la viande ; loin du repos, nos deux hôtesses avaient, pendant toute la nuit, parcouru le village pour se procurer chez leurs voisins des poules ou d’autres provisions, afin de célébrer notre heureuse arrivée» écrit Gaspard MOLLIEN. En effet, Gaspard MOLLIEN s’aperçoit que les Africains ne sont pas ces sauvages anthropophages que décrivent les coloniaux ; il est ébahi par l’humanisme des Peuls, une grande valeur que chantent souvent les griots : «Quel pays offrirait un tel exemple d’hospitalité ? Sans argent, sans ordre du souverain, sans recommandation, on est toujours sûr en Afrique de trouver une hôtellerie» dit Gaspar MOLLIEN. Les femmes sont d’une grande coquetterie : «Les deux parentes de Boukari étaient jolies ; elles avaient un visage long, les traits fins, les formes délicates, la peau noire d’ébène» écrit Gaspar MOLLIEN. Les femmes peules sont pudiques : «à chaque fois que je les regardais, elles baissaient les yeux et se couvraient de leur voile de mousseline» écrit Gaspard MOLLIEN. A Séno-Palél, à l’époque, ils cultivaient du riz, l’eau étant encore abondante. Gaspar MOLLIEN a eu l’opportunité d’échanger avec Boukari qui a été à la Mecque : «Au-delà de Tombouctou, on rencontrait des Etats entièrement habités par des Peuls. Le fleuve Djoliba se jetait dans le Nil, et ses eaux, après s’être mêlées à celles du fleuve de l’Egypte, se rendaient à la mer» écrit Gaspar MOLLIEN.
Par conséquent, Thioukel SAM est héritier de la longue et riche histoire de son village, Séno-Palél. En effet, c’est Boukari (fils de Bocar, dans le texte arabe), dont le nom a été mal orthographié, s’appelant, en fait, Mody Bocar BOCOUM, qui est le premier Africain, à avoir donné des renseignements précieux sur l’intérieur de l’Afrique, à travers son voyage à la Mecque entre 1811 et 1812. Le voyage d’El Hadji Omar Foutiyou TALL (1794-1864) à la Mecque date de 1827, et aura duré 18 ans (Voir mon article sur El Hadji Omar). Pendant longtemps, les Occidentaux ont glorifié et immortalisé des noms d’explorateurs et de voyageurs Européens en Afrique (René CAILLE, Savorgnan de BRAZZA, Henri Morton STANLEY, etc.). Mody Bocar BOCOUM était initialement un conseiller du Satigui, (Roi Dénianké, animiste) qu’il a fini par quitter en se convertissant à l’Islam. La tradition prétend, qu’un jour, sur le chemin du Satigui, il y avait un handicapé moteur ; Mody Bocar dit alors au Satigui, s’il est un Roi tout-puissant qu’il l’ordonne de se lever. «Je n’en ai pas le pouvoir» lui répond le Satigui. C’est à ce moment-là que Mody Bocar BOCOUM, considérant l’impuissance du Satigui face au sort du handicapé, sans doute décidé par Dieu, se décida à rejoindre la voie de l’Islam. Or, au début du XIXème siècle, les Européens n’avaient aucun renseignement précis sur l’intérieur de l’Afrique, les comptoirs français étant établis sur les côtes et les différents explorateurs ne suivaient que le cours de certains grands fleuves. «Nous sommes éclairés sur cette question (intérieur de l’Afrique), et plus l’itinéraire de Hadji Boubeker devient intéressant» écrit Prosper ROUZEE, à propos du pèlerinage de Boukari.
Boukari ou Mody Bocar BOCOUM, cet habitant de Séno-Palél, a traversé l’Afrique d’Ouest en Est, dans toute sa largeur, pour se rendre à la Mecque. «Il est né et demeure à Séno-Palél, sa langue maternelle est le Peul. C’est en Arabe que nous nous sommes entretenus» précise Prospère ROUZEE. Pour préparer son voyage, Boukari de Séno-Palél avait sollicité, au préalable, les bénédictions de Bocar Lamine BAL, Almamy du Fouta-Toro de 1810 à 1812. Boukari est allé à la Mecque en passant par Ségou, en pays Bambara, puis par Tombouctou : «Les Maures y forment la majeure partie de la population ; les Twariks disputent continuellement le pouvoir aux Maures. Boukari les regarde comme des hommes injustes et oppresseurs», écrit Prosper ROUZEE. Il traversa les pays Haoussa et Bornou ; il emprunta le fleuve Djoliba pour se rendre en Egypte, et arriva à Djedda, en Arabie-Saoudite, 15 mois après son départ de Séno-Palél. Boukari a été, par la suite à Médine, à Jérusalem, à Saint-Jean d’Acre, au Caire et à Alexandrie.  Il est revenu au Fouta-Toro, en passant par l’Algérie et Fez au Maroc, une longue traversée du désert. Le récit de Boukari de Séno-Palél a été traduit dans de nombreuses langues, notamment en anglais, en portugais et en espagnol, et largement diffusé dans les revues de l’époque. Puis son nom, comme celui de Thioukel, est tombé presque dans l’oubli.
Notre artiste Thioukel SAM a voyagé à travers toute l’Afrique et il est toujours revenu à Séno-Palél. En effet, les Foutankais sont attachés à leur territoire, et cela est encore valable de nos jours : «Nous autres les Noirs, lorsque nous allons nous établir dans un autre pays, nous nous empressons de ramasser une petite fortune, afin de retourner au plus tôt possible dans le lieu qui nous a vu naître et où habitent nos parents. L’amour de la patrie est un des sentiments les plus vifs dans le cœur de l’homme» dit Boukari à Prosper ROUZEE. De nos jours, d’importantes personnalités du village de Séno-Palél, après avoir voyagé à travers le monde, restent très fidèles à leurs racines : Mouhadji BOCOUM, résidant à Nice, Abdoul Baïla NIANE (Wassoumbé), Saidou NIANE de Nice, maintenant retraité à Séno-Palél, Bocar DAFF DG, Sam Mody KEITA, Amadou Tidiane DIONG, Samba NDIADé, Amadou N’DIADé, Seydi BOCOUM, Bassirou DAFF, Thierno Amadou Tamimou, etc.
Créatif et iconoclaste, Thioukel s’est tourné vers lui-même, les jeunes, vers cette Afrique animiste et folklorique. L’abandon de la tradition familiale marque la première rébellion de Thioukel. Sa famille est, en effet, chargée du «Asko» et du «Kallassal» ; en effet, ils sont mémoralistes et généalogistes pour les «Gnégno», les artisans (forgerons, tisserands, cordonniers, etc.). Enfant, Thioukel avait un grand sens du spectacle ; artiste né, il avait commencé, dès son jeune âge, par taper sur des casseroles pour jouer de la musique et il savait se mettre en scène, improviser ou reprendre des chansons. Dans sa grande aura, se sachant admiré par sa classe d’âge, Thioukel avait déjà trouvé sa voie, nous dit Hamady Barou CAMARA, un des grands témoins de cette étude. Fils unique et choyé, «le Bewddo», nombriliste, Thioukel chante sa sœur Bidane, sa famille et ses amis. Tous les enfants de ses parents sont morts à l’exception de Thioukel, un surnom emprunté à un ami Torodo de la famille, pour conjurer le mauvais sort. Le vrai prénom de sa petite sœur, Bidane, résidant à Aéré-Lao, est, en fait, Ramatel Boly, du prénom de sa grand-mère paternelle. Dans sa grande liberté d’esprit, Thioukel a appris le Kallassal, la généalogie des artisans, avec Djiby Moussa Salif SAM, mais il ne s’intéressait qu’au chant et à la guitare.
Par conséquent, Thioukel SAM, dès son jeune âge, veut apprendre à jouer le «Hoddou», cette guitare traditionnelle des Peuls, et cela en dépit des graves objections de sa mère, ayant même fait appel à des sorciers, pour l’en dissuader. Si Thioukel a une sœur, Bidane, il est garçon unique de ses parents ; c’est un «Bewdo», un garçon choyé, libre, qui a toujours fait ce qu’il voulait. Il aime choquer et déranger, pourvu qu’il soit au centre du spectacle. Et cette grande liberté se ressent dans sa trajectoire artistique et ses chansons. En dépit de ces obstacles, Thioukel SAM se rendra au Mali, pendant 13 ans, accompagné de «Grand Griot» et de Djiby Moussa Salif, pour étudier son métier d’artiste. En fait, Salif N’DIAYE s’était rendu au Mali, avait visité la grotte de Déguémbéré avec son esclave Hamady Barou CAMARA ; ils ont rencontré Fatimata El Hadji Omar TALL. A la suite de ce séjour au Mali, Thioukel est devenu, à la fois chanteur et un virtuose, du « Hoddou». Thioukel est le seul griot du Fouta-Toro à savoir jouer du  «Hoddou», indistinctement de la main droite, comme de la main gauche, de la même adresse ; il est ambidextre. Assis, debout ou couché, l’artiste pouvait jouer avec ses dents les cordes de sa guitare et balader ses doigts, comme le bout de ses ongles, avec une telle liberté, du jamais vu, jusque-là. Thioukel SAM a gagné le concours du «Hoddou» au Festival Mondial des Arts Nègres à Dakar, du 1er au 24 avril 1966.  Thioukel, s’il ne savait pas danser, avait un grand sens du spectacle et du rythme. On est loin du son monocorde de la guitare traditionnelle peule, le «Hoddou». C’est un «Nalanké», un artiste accompli ; il jouait assis sur une natte, mais réclamait la participation du public, par des  applaudissements nourris et constants. Le rythme soutenu et vigoureux de sa guitare, donnait l’impression d’une production de Rock.
En fait Thioukel était à la bonne école : son maître, au Mali, était Banzoumana SISSOKO (1890-1987), un chanteur et griot officiel de Modibo KEITA, né à Koni, dans la commune de Barouéli. Enfant surdoué et né aveugle le jour de la prise de Ségou par Louis ARCHINARD (1850-1932), Banzoumana SISSOKO est un self-made man, comme Thioukel. Banzoumana ne s’intéressait qu’à l’histoire du Mali ou aux légendes de l’ancien royaume Bambara ; son répertoire est varié et couvre les chants de la société d’initiation et les chants des mariés. On rapporte que Banzoumana SISSOKO a appris à jouer tout seul, son instrument de prédilection, le «N’goni», cette grande guitare, et qu'il a confectionné de ses propres mains, sans maître, et sans aide. À l'origine, Banzoumana SISSOKO est le descendant d'une famille de guerriers de l'empire du Mali ancien fondé par Soundiata Keita au XIIIème siècle. On décida de rassembler tous les hommes riches en «connaissances». L'ancêtre de Banzoumana SISSOKO, un grand initié, s'était alors avancé. Son chant était si beau qu'on le pria de devenir «homme de science et de véritéÊtre griot, c'est être artiste et savant, connaître l'histoire, la littérature, les langues et les institutions, savoir ce que les autres ignorent. Une naissance, un baptême, une circoncision ? Un mariage ou un décès ? Sissoko est toujours là. À chaque événement sa musique, son rituel» dit-il au journal «Le Monde». Son mentor étant le compositeur de l’hymne national du Mali, dont les paroles ont été écrites par Seydou Bandian KOUYATE (voir mon article). Le «N’Goni» de Banzoumana est conservé au Musée national du Mali.
Iconoclaste, contrairement à certains griots flatteurs de l’aristocratie peule, curieusement, Thioukel, comme Banzoumana SISSOKO, son maître, refusait de chanter les louanges de l’aristocratie peule. Jusqu’ici, les griots étaient au service des rois, des chefs traditionnels et de l’aristocratie peule dont ils vantaient les louanges, la musique n’étant pas, dans ce cadre antique, un outil de divertissement, mais un puissant moral de véhicule de la tradition orale. En effet, dans cette société traditionnaliste, le griot est musicien, poète et généalogiste, comme le sont ses ancêtres. Magiciens du verbe, «les griots sont les détenteurs de l’histoire orale, bardes, hérauts, panégyristes, généalogistes, moralistes, garants de la tradition, chanteurs et instrumentalistes» écrit Isabelle LEYMARIE. Cependant, musicien-chanteur, et en rupture avec sa tradition familiale, Thioukel, dans ses chansons, s’inspire de la vie quotidienne, des chansons populaires des pileuses de mil ; il est donc en rapport direct avec cette Afrique ancienne, avec la tradition orale et refuse de chanter les grands classiques de l’aristocratie (Fantang, Goumbala, Yoli-Yoli, Pékan, etc). Thioukel était un très bon père de famille ; il gâtait ses trois femmes et ses enfants qui ne mangeaient que de la viande et du lait, des produits de luxe, au Fouta. Thioukel avait chanté sa première épouse, Dieynaba M’BAYE, qu’il surnommait «Pastel» ; cela fait référence au tatouage des femmes peules, en vogue à l’époque, qui colorait une seule lèvre. Il utilisait des métaphores sexuelles, à peine voilées, pour évoquer sa première femme qui est son miel, sa perle et sa confidente. Les deux autres épouses, Coumba M’BOUM et Diokké N’DIAYE, sont gratifiées, respectivement, des surnoms de «Bifteck» et de «Mamoomé». Il avait eu, brièvement, une femme originaire de Kanel qu’il avait surnommée «Mayonnaise». Dans «Walla Feindo», un hommage à Paris et surtout aux immigrants peuls en France, Thioukel chante aussi son amour pour sa fille aînée, Fatimata, dite Bébé, résidant maintenant à Sinthiou Bamambé. Sans doute en hommage à Diokké, il a chanté «Kélémagni», la guerre n’est pas la solution. Polyglotte, Thioukel, outre le Peul, parlait et chantait un peu Ouolof, français et couramment bambara. En effet, ses chansons recèlent des éléments biographiques.
La chanson la plus connue de Thioukel SAM, «Déliya», est inspirée d’une vraie histoire tragique, de Fatimata Hawa, originaire de Foumihara Demboubé (région de Matam, département de Kanel), et sans doute décédée à Gossas (région de Fatick). L’Afrique est maternelle avait dit Cheikh Anta DIOP (voir mon article). Aussi, dans «Déliya», Thioukel entonne : «Malheur à celui qui a perdu sa mère !» ; le «Bayo» ou orphelin que chante aussi Baaba MAAL. Dans «Déliya», et  à la mort de sa mère, Fatimata Hawa est recueillie par son oncle, un homme faible, ayant laissé son épouse maltraiter sa nièce. Fatimata Hawa a chanté son calvaire, pour l’exorciser. Mais c’est Thioukel SAM qui a popularisé cette chanson, sur un rythme endiablé et accompagné d’applaudissements. Curieusement, et c’est aussi une des marques de fabrique, Thioukel commence par parler de lui et se décrit physiquement («Bandou» Bidané, le frère à Bidané, mince, mais non frappé d’inanition, avec une tignasse, mais saint d’esprit), et il évoquera par la suite ses amis. Puis, dans sa magie, Thioukel relate, minutieusement, toutes les tâches, dès l’aube que doit accomplir Fatimata HAWA, la «Bayé» ou l’orpheline : faire sa prière, préparer le café, aller vendre le lait, et même pendant le repas, elle est soumise à des vexations. Si «Déliya» est une triste histoire, c’est aussi un message d’espoir, d’une société harmonieuse où chacun aura sa juste place. Chanter «Déliya», c’est conjurer ses supplices pour atteindre une nouvelle vie de délivrance et de bonheur.
 
«Déliya» et grâce à Thioukel est devenu un grand classique de la musique peule et a été reprise par de nombreux artistes dont Sidy Baïlel THIAM, Samba Diyé SALL, Ousmane Hamady DIOP. Le chanteur Baba MAAL a arrangé «Déliya» pour lui donner un cachet plus personnel et moderne, comme s’il en était le créateur. Face au plagiat ou à la reprise de ses œuvres, Thioukel peut se montrer parfois désobligeant, voire insultant : «L’aveugle (il visait Sidy Baïlel THIAM) n’a pas à chanter ; tout ce qu’il a à faire est d’enfiler sa gourmette, pour aller solliciter de l’aumône» chante-t-il. En réalité ces reprises sont également un hommage à la créativité et au talent de Thioukel ; on ne reprend pas une musique médiocre. Par ailleurs, et sans le savoir, le «Déliya» de Thioukel SAM, fait aussi partie de la culture universelle. En effet, Bernard DADIE (1916-2019, voir mon article) dans son conte, «le Pagne noir», publié en 1955 chez Présence Africaine, relate l’histoire d’une jeune et belle fille, Aïwa, à qui sa marâtre fait subir des tortures physiques et morales. A la maison, Aïwa est la première à se lever et la dernière à se coucher. Ne sachant pas vaincre la résistance d’Aïwa, sa marâtre l’envoie nettoyer un pagne noir, jusqu’à ce qu’il devienne blanc. Aïwa, durant cette épreuve, ne cesse de chanter en évoquant le souvenir de sa défunte mère, jusqu’à ce que le pagne devienne plus blanc que le kaolin. En voyant ce pagne blanc, la marâtre d’Aïwa fut tétanisée de peur ; elle avait reconnu le linceul blanc qui avait enveloppé la première épouse de son mari. On connaît aussi l’histoire de Cendrillon, un conte de Charles PERRAULT (1628-1703), qui a inspiré Walt DISNEY (1901-1966), dans lequel la fille d'un riche gentilhomme, devenue la servante d'une infâme marâtre et de ses demi-sœurs, Javotte et Anasthasie, finira par devenir une princesse. Elle avait oublié sa sandale à un bal.
 
Thioukel SAM, musulman pratiquant, était également épicurien, insurgé contre le côté obscurantiste du clergé musulman qui gommait la culture africaine. Pour lui, l’art doit être libéré de tous les carcans de la société l’empêchant d’éclore. En ce sens, il  est le plus africain de tous les Africains et fait peu référence à l’Islam dans sa création artistique. En effet, les griots classiques sont phagocytés par les croyances religieuses et commencent toujours leur concert par des versets du Coran ou en faisant référence à El Hadji Omar TALL (1794-1864). Thioukel, en ce qui le concerne, a délibérément mis de côté ces inspirations religieuses, ainsi que la musique antique des Peuls qui spécialisait les griots : le «Pékane» des pêcheurs, le «Dilléré» des Maabo (tisserands), le «Goumbala» ou chants des guerriers, le «Daarol», récit épique, le «Komtimpadji» des Tiédos, le «Fantang» exaltant le pastoralisme, le «Wango» un genre distractif de Médda DIAGNE, les «Lingui», pour les nouvelles mariées, le «Naalé» des esclaves, le «Sawali» des Laobé, le « Kérodé» des chasseurs, le «Lélé» de Samba DIOP, le «Jaanti», récits mythiques et initiatiques, les chants islamiques («Beyti» ou poésie, le «Daarol» ou récit, le «Tarikh» ou chroniques), et naturellement, le «Yéla» des griots, etc. Artiste de son temps, atypique, Thiouckel est sorti des sentiers battus, à travers ses propres créations inspirées de la vie quotidienne des habitants du Fouta. Epicurien, il chantait la vie, l’amour, la nature, l’amitié, l’aventure et aimait divertir la jeunesse. Ses chansons joyeuses, rythmées et engageantes dégagent une extraordinaire joie de vivre. Sa seule reprise a été «Ismaïla Ben Kaddou Diaw», qu’il a bien arrangée à sa façon.
 
 
 
En sociologue, Thioukel, bien qu’artiste peul, savait capter ce qui se passait dans le pays. Les thèmes abordés sont riches ; souvent dans une chanson principales, Thioukel dissimule d’autres découlant de son observation perspicace des mutations profondes de la société sénégalaise. Lors de ses voyages à Kaolack, il aimait les films de Bollywood, en vogue à l’époque au Sénégal, et évoque en hindi : «Nahi, Nahi, Mo Habbatika» dans son morceau «Banguini». Dans «Banguini», il évoque «Maan Dal Ly  ; Maan Dal ça», une sorte de forte réprobation de l’aristocratie Oulof, dans les grandes villes, de la montée de l’occidentalisation des mœurs (filles défrisées, en pantalon ; jeunes fumant ou buvant de l’alcool). Les années 60 sont une époque de conflit de cultures entre l’Occident et l’Afrique ; l’aristocratie sénégalaise sentait que quelque chose lui échappait. En 1967, l’orchestre «Viva Super Eagles» se fait l’écho, auprès de la jeunesse, de ce violent débat sur la corruption des moeurs secouant le Sénégal depuis l’indépendance. Justement, Thioukel est également en révolte contre la féodalité peule et le clergé musulman qui ont imposé, depuis des siècles, un ordre moral rigide. En effet, Thioukel, par sa grande liberté d’expression, sa volupté, choque et révulse ces mentalités d’un autre temps. Thioukel se fait aussi l’écho de l’extraordinaire emprise, de l’époque, du «Sex Machin» de James BROWN (1933-2006), une superstar mondiale. Par ailleurs, ses chansons sont pleines de sous-entendus ; parfois, ce sont des règlements de compte à l’égard de ses concurrents, comme Sidy Baïlel THIAM. Thioukel n’a jamais été en France, ni au Congo, mais c’est lui qui a surnommé Paris ou la France «Diénga Daano» ; cela veut dire qu’en hiver, en Europe, l’eau abandonnée à l’extérieur peut geler. Thioukel avait rendu hommage aux immigrants peuls de France, en vacances au Fouta-Toro, censés rapporter de l’argent. «Ma Ya ha Dienga Danno» est une allusion au pouvoir d’achat de ces immigrants. Celui qui est resté au Fouta-Toro ne présentant donc, pour les griots, aucun intérêt. «L'artiste n'a jamais été égalé jusque-là dans son domaine et certainement pour longtemps encore. Le musicien-chanteur avait eu  le   courage de payer à sa liberté assumée le tribut qu'il fallait pour conserver  la prouesse d'avoir la passion toujours joyeuse. Sa présence chassait la tristesse de tous les endroits où il mettait les pieds, même aux cimetières. Tous ceux qui le menaçaient de mort  ou d'autres punitions suspendaient leur colère et  se mettaient à rire et à plaisanter dès qu'ils le croisaient. Un génie protecteur lui avait été attribué pour dédouaner tous les lâches qui ne  s'en prenaient à lui qu'en son absence» écrit Oumar N’DIAYE, dans «Sénéweb».
Un des traits dominant de la musique de Thioukel SAM, ce sont les allusions grivoises ou sexuelles ; Thioukel SAM a délibérément choisi de s’adresser aux jeunes, envahis par une fureur de vivre, en découverte de leur corps et désirant s’émanciper de la camisole de force des féodalités ou de la religion. Aussi, cette posture contestataire de Thioukel, outre le fait qu’elle choque les âmes bien pensantes, est fortement désapprouvée par sa famille, qui, se sentant déshonorée, le somme de revenir sur le bon chemin : «Thiouko Routto !». En artiste libre, Thioukel refuse de se soumettre et chante «Banguini» ou «il n’y a pas de quoi fouetter un chat». En fait, «Banguini», ce néologisme dont il est expert, est également une métaphore désignant Thioukel, lui-même, en homme libre, passant outre les protestations, contre son langage cru, peu châtié. Ainsi, dans «Banguini», qu’il chante, en partie, en Ouolof, il évoque ses performances sexuelles, tarifées à 10 FCA, lors d’un séjour à Dakar ; il aurait honoré 14 fois la jeune fille qui finira par se plaindre : «Arrête ! je n’en peux plus, ça me fait mal !». Thioukel avait tenté de chanter en 1975, me dit oncle Doro N’DIAYE, du Havre, à Danthiady, dans sa famille des N’DIAYE. Mais son concert jugé inconvenant, a été interrompu par Tapsirou Djiby N’DIAYE, imam de la mosquée de Danthiady. Curieusement, Thioukel, en recommandant à une jeune fille libertine, «(Thiémédel Outou Dially maa. Pastel maa bonni) ou «jeune fille limite tes déplacements ; tu as perdu ton maquillage», curieusement, se fait moraliste.
Thioukel SAM, pendant l'été, venait à Danthiady, dans les années 60 et ce jusqu’à sa mort ; il séjournait chez Sara Boubou CAMARA, puis chez Daha GUISSE. Thioukel assurait le spectacle lors des veillées nocturnes, autour du feu de bois ; il n'y avait pas encore d'électricité à cette époque. Drôle et talentueux, il était un artiste hors norme, comme il n'en existe plus. Témoin d’un monde révolu, Thioukel était le talent à l’état brut. C'est pendant ces veillées, entre 1962 et 1968, que j'ai vu Thioukel interpréter, notamment, son «Leli Sara Innaamaa», chanson relatant la première nuit de mariage. Il y est question d’une jeune fille venant de se faire déflorer. La première nuit est un traumatisme que Thioukel décrit en employant des métaphores saisissantes, au service de son art, pour éviter de se faire censurer. En effet, il fait dire à la jeune fille chaste que quelque chose était entré dans «son champ», faisant ainsi allusion au sexe de son mari, qui serait «long comme un chameau et large comme un édifice». De mon temps, les filles vierges se mariaient entre 12 et 15 ans à un homme de plus de 25 ans. On raconte que, accompagné de ses amis, maintenant la jeune fille jambes écartées, pour l’empêcher de se sauver ou de crier, le mari la pénétrait brutalement, sans aucune préparation, ni douceur ; un vrai viol. Le terme employé en Peul est aussi terrible que cette méthode «O Youltaamaa» ; elle est trouée ou percée, au marteau piqueur.
Dans mon Afrique, profondément superstitieuse et religieuse, aucun événement n’est fortuit ; il n’y a aucune mort naturelle. Tout fait tragique serait la résultante d’un mauvais œil ou d’un châtiment des forces de l’esprit. Tout le monde, en grand devin, empêtré dans de grandes certitudes, avait prévenu qu'un jour, malheur allait survenir.  Aussi, Thioukel, étant constamment révolté contre une société musulmane et féodale corsetée, aurait «fini sa vie, gaie et tumultueuse, après une longue maladie des suites d'un AVC, qui selon certains de ses détracteurs, serait les conséquences de ses nombreux clashes avec l'establishment maraboutique du Fouta» écrit Oumar N’DIAYE. En réalité, Thioukel est décédé des suites d’une longue maladie, de plus d’un an. Auparavant, sa femme, Coumba M’BOUM, l’a accompagné partout, y compris jusqu’au Boundou, pour trouver des remèdes, afin de le sauver. En vain. Thioukel est mort un lundi matin, en 1983. Dès le mercredi, ses trois veuves ont été dispersées, précipitamment, et ont rejoint leur maison natale, afin d’observer le délai de viduité d’une durée de 4 mois et 10 jours. Il faut signaler que Thioukel s’était marié cinq fois. Il avait eu deux épouses, originaires de Kanel et de Ouro-Sogui, mais ces unions n’ont pas tenu longtemps. A sa mort, trois épouses étaient encore présentes à Séno-Palél :
Première épouse ou «Diéwoo» : Mme Dieynaba M’BAYE dite «Pastel», mère de Fatimata Thioukel, dite «Bébé» ; elles résident toutes deux à Sinthiou Bamambé ; Fatimata est mariée à un fils de Bidane. Fatimata Thioukel, souvent chantée par son père, est devenue griotte ; elle m’a entonné un chant émouvant que j’ai conservé.
Deuxième épouse ou «Lémbbél» : Coumba M’BOUM, dite «Bifteck», mère de Mohamadou né en 1982. Coumba M’BOUM est repartie, dans un premier temps à Yacine Lakké, à côté de Semmé, dont elle est originaire, accompagnée de Hamady Dakkel CAMARA, un grand ami et esclave de Thioukel. Coumba M’BOUM, résidant maintenant à Mantes-La-Jolie, près de Paris, se remaria à un cousin, originaire du Boundou, Chérif DIENG, un personnage nécessitant, à lui seul, un article à part. En effet, ancien militaire, ancien maître d’hôtel des présidents Abdou DIOUF, du Sénégal, et Amadou AHIDJIO (1924-1989), du Cameroun, Chérif DIENG est un exemple pour la jeunesse.
C’est Chérif DIENG qui a marié, en 2007, Mohamadou, le fils aîné de Thioukel. A cette occasion, il a honoré une promesse de Thioukel, à la naissance de Mohamadou, en 1982, en donnant un cheval à Hamady Dakkel CAMARA. En effet, Thioukel était tellement ému, à la naissance de son premier fils, Mohamadou, qu’il a pleuré de joie. Mohamadou n’a pas été à l’école ; il a séjourné quelques années en France, avant d’être expulsé, sous Charles PASQUA (1927-2015). Mohamadou vit maintenant, à Sindia, entre M’Bour et Diamgnadio, au Sénégal.
Troisième épouse ou «Tatabbél» : Mme Diokké N’DIAYE, dite «Maa Momé», originaire du Mali. C’est également Hamady Dakkel CAMARA qui a accompagné Diokké, jusqu’à Kayes, sa ville natale, et a annoncé à la famille du décès de Thioukel. A l’époque, il n’y avait pas encore ces portables qui se sont vite démocratisés. Diokké est la mère de Mariame, résidant au Sénégal et Amadou, vivant au Mali.
Mes références
1 – Les Grands témoins
Il n’a pas été facile de rassembler ces données. Aussi mes vifs remerciements vont à :
- Saïdou NIANE, de Séno-Palél, résidant pendant longtemps à Nice ;
- Mouhadji BOCOUM, de Séno-Palél, habitant à Nice ; Mouhadji BOCOUM s’intéressant à l’alphabétisation en Peul, a aussi recueilli de nombreuses histoires de sa grand-mère décédée à l’âge de 116 ans ;
- Bocar SAM de Kanel, grand témoin de cet article sur Thioukel SAM et ses déplacements ; il n’a ménagé aucun effort
- Coumba M’BOUM, dite «Bifteck», habitant à Mantes-la-Jolie ; un excellent et attentif accueil ;
- Chérif DIENG, à Mantes-la-Jolie ; un grand témoin que je reverrai ;
- Hamady Barou CAMARA, 96 ans, ancien esclave de case, de la famille de Salif N’DIAYE ;
- Ramata SAM, dite «Bidane», résidant à Aéré-Lao, petite sœur de Thioukel SAM ;
- El Hadji Baïdy SALL et Bassirou SALL, animateurs à la radio Tabaldé, à Ouro-Sogui, pour les archives musicales ; Merci aussi à Mallé Mamadou N’DIAYE pour la musique transmise ;
- Thiambel BA, originaire de Ganguel et Houlèye BA, résidant à Mantes-La-Jolie, des facilitateurs ;
- Etienne LU, fonctionnaire communal et informaticien, qui a assemblé les bandes sonores de Thioukel SAM, sous forme de vidéo. Un excellent travail !
2– Bibliographie
DADIE (Bernard, Bélin), Le pagne noir, Paris, Présence africaine, 1955, 171 pages ;
DIAWARA (Mamadou), « Le griot mandé à l’heure de la globalisation », Cahiers d’études africaines, 1996, vol 36, n°144, pages 591-612 ;
GREILSAMER (Laurent), « Sissoko, Seigneur des mots », Le Monde, 28 janvier 1980 ;
KONARE (Alpha, Oumar), «Traditions orales et musées», Conseil national des musées, 1986, vol 39, n°2, pages 5-8 ;
MOLLIEN (Gaspard-Théodore), Découverte des sources du Sénégal et de la Sénégambie en 1818, précédée d’un récit inédit sur le naufrage du Radeau de la Méduse, Paris, Charles Delagrave, 1889, 317 pages, spéc sur Séno-Palél, pages 140-146 ;
N’DIAYE (Oumar), «Thioukel Sam, génie musical du Fouta ou la liberté en bandoulière», Seneweb, 9 et 16 octobre 2016 ;
ROUZEE (M-Prosper), «Itinéraire d’Hadji-Boubeker, fils de Mohamed, fils de Yéron, de Séno-Palél, ville du Fouta-Toro, à la Mecque entre 1810 et 1811», Annales coloniales et maritimes, 1820, page 937 et  Charles-Athanase Walkenaer, Recherches géographiques sur l’Afrique septentrionale, Paris, 1821, pages 477-488 (do BNF références 296 Q-Quies H) et Nouvelles annales de voyages, 1821, vol 8, pages 200- 206 ;
SOH (Ciré, Abbas), Chroniques du Fouta sénégalais, traduction et annotations de Maurice Delafosse et Henri Gaden, Paris, Ernest Leroux, 1913, 325 pages, spéc sur Abdelkarim DAFF, pages 39-40 et 58-60.
Paris, le 2 juin 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
«Thioukel SAM (Vers 1930-1983), le plus africain des griots du Sénégal, rockeur, iconoclaste et talentueux» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 19:08
Mory KANTE s'est éteint ce vendredi 22 mai 2020, à Conakry, en Guinée, son pays d'origine. Mory KANTE, ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation (FAO), avait chanté au profit de la lutte contre la fièvre Ebola qui frappa durement la Guinée entre 2013 et 2016. Il était une personnalité incontournable dans son pays : «La culture africaine est en deuil. Mes condoléances les plus attristes. Merci l’artiste. Un parcours exceptionnel, exemplaire, une fierté» écrit, dans un tweet, Alpha CONDE, le président guinéen.
Le président Macky SALL du Sénégal a également rendu hommage à Mory KANTE : «‪L'Afrique vient de perdre un de ses dignes fils, une icône de sa culture. Mory Kanté fut un artiste talentueux, créateur de sons et de rythmes, ambassadeur de son pays et de l'Afrique. Au peuple guinéen et à mon frère le Président Alpha Condé, je présente mes condoléances émues» écrit le président sénégalais. Après différents voyages dans le monde, Mory KANTE s’était réinstallé en Guinée, en mécène pour de jeunes artistes ; il possédait une salle de spectacle et deux studios d’enregistrement, pour aider à monter différents concerts. «Je veux contribuer à industrialiser la musique et la culture africaine à travers ce projet. Il comprendra une grande école de musique, où seront enseignés les instruments traditionnels et où seront dispensés des stages de formation aux métiers du spectacle» dit Mory KANTE. En effet, pour lui, la jeunesse «doit travailler dur. Un jeune cheval sait courir, mais ignore où se trouve les difficultés, les problèmes. Nous, on a vécu le calvaire» dit-il. Mory avait aussi le sens de l’Histoire : «J’utilise le Moment en faisant en sorte que ma musique ne meurt pas. Parce que je la fais consciencieusement, je la fais avec amour, rigueur. C’est éternel. Quand je fais un disque, ça reste. «Yéké Yéké» est resté» dit-il.
Mory est né le 29 mars 1950, à Albadarya, préfecture de Kissoudougou, région de Faranah, en Guinée, dans une fratrie de 38 enfants. Son 11ème album, «Sabou», signifiant la cause en Soussou, est un hommage à son village natal. «J’ai choisi ce titre pour rendre hommage au village de Guinée qui m’a vu naître : c’est là-bas, à Albadariah, que j’ai «ouvert les yeux» sur la fabuleuse histoire des Kanté, dont je porte le nom. Mon grand-père maternel descendait de Soumaworo Kanté, roi du Sossou. J’ai pris conscience de la grandeur de cette famille et, pour poursuivre l’œuvre de ces pionniers, joueurs de balafon dans les cours des royaumes, j’ai appris dès 7 ans à en jouer et, à 10 ans, j’étais déjà invité dans les villages environnants. Mon village natal m’encadrait et me choyait. C’est pour le remercier de cette affection que je lui ai dédié cet album» dit-il. Son père, El Hadji Diéli Fodé KANTE, était ami du premier président guinéen, Sékou TOURE. Mory porte le prénom de son grand-père paternel. Mory est issu d’une lignée de grands griots. Sa mère, Fatoumata KAMISSO, d’origine malienne, est une grande griotte de Guinée.
Authentique griot, ses parents l'ont soustrait à l'école pour qu'il se consacrer à son art ;  il apprend, dès l’âge de 15 ans, chez sa tante, Manamba KAMISSO, à Bamako, au Mali, le balafon et la Kora, instruments de musique des griots africains : «Chez nous, pour être un bon chasseur, un bon pêcheur ou un bon griot, il faut être initié, c’est-à-dire qu’il faut avoir été  préparé et ouvert à certaines réalités. Tout dépend de la famille à laquelle vous appartenez. À 15 ans, j’ai été envoyé à Bamako auprès de ma tante, la griotte Ba Kamissoko. Pendant ce séjour, je suis allé écouter les grands griots, pour comprendre et apprendre. C’est ainsi que je me suis formé à la kora, cette harpe-luth à 21 cordes, instrument fétiche des griots, maîtres de la parole et de la mémoire en Afrique de l’Ouest. La kora que j’utilise aujourd’hui remonte à cette époque ; elle m’a été offerte par mon oncle. C’est lui qui m’a appris à la manier. Les griots sont des hommes mentalement formés à vivre des épreuves fortes. Leur enseignement m’a permis de garder la tête froide et de survivre au vertige du succès de «Yéké Yéké» dit-il. Mory KANTE est conscient de la valeur des traditions africaines dans le développement de son art : «Ma force, c’est la tradition. La perpétuation de la tradition, de la réalité, la vérité. C’est moi qui vais sauver maintenant le monde à travers ce que je dis, à travers mes paroles. Je suis quatre fois Ambassadeur des Nations Unies. On me donne 49 dates pour aller sauver les forêts africaines, les forêts amazoniennes. C’est moi qui vais parler, dire la vérité. Ils ont choisi un Africain» dit-il. Pour lui, la nouvelle définition de l’héroïsme mandingue c’est la lutte de MANDELA contre l’Apartheid, une nouvelle ère de l’identité africaine.
Adolescent, Mory avait tendance à écouter les musiques de Johnny et Sylvie VARTAN ainsi que James BROWN. Mory est particulièrement attaché à la tradition orale dont les gardiens farouches sont les griots «Même si notre histoire n’est pas écrite, la voix de la communication doit être la culture. L’Afrique doit participer à l’évolution de la musique dans le monde. Il faut que nous ayons une place, même s’il faut aller sur la lune. On ira avec notre culture» dit-il.
Mory KANTE a un rapport irrationnel avec sa Kora, comme le chapelet en diamants que lui a donné le Pape : «La Kora, c’est ma première femme. Elle représente toute une histoire pour moi. Ma Kora voyage. Toujours avec moi. Quand je suis en première classe, elle est avec moi. Elle a une place qui est payée. Si tu ne l’acceptes pas, j’annule ton concert» dit-il, en plaisantant. En effet sa Kora lui a été offerte, en 1976, par El Hadji Sékou KOUYATE . Il lui avait confié qu’elle le nourrirait, lui et sa famille. Mory est un griot voyageur et une icône respectée de la Pop africaine et mondiale.
Repéré par Tidjane KONE, il se rend, en 1971 au Mali pour collaborer avec «le Rail Band» fondé en 1969, un orchestre qui anime le très populaire buffet de la Gare de Bamako. Mory KANTE, en guitariste et balafoniste accompagne Salif KEITA. En 1973, Mory KANTE rejoint un orchestre rival «Les Ambassadeurs», devenant le chanteur de ce groupe, Mory KANTE fera une interprétation magistrale du «Mali Sadio» sur la compilation «Royaume du Mandé».  Il aborde les styles les plus divers, inspirés du pur funk à la James BROWN (1933-2006), comme «Moko Jolo» enregistré en 1974 avec le «Rail Band» et repris en 1993 sur son album «Nongo Village» ; Son «Dugu Kamalemba» sur un rythme d’Afrobeat, est un hommage à Fela Ramsone KUTI (1938-1997). Mory KANTE interprétera aussi les grands classiques de la musique traditionnelle mandingue comme «Alla La Ké», ou «Nanfoulèn». Il voyage à travers toute l’Afrique et rend encore plus populaire la Kora. Il a collaboré avec l’orchestre afro-cubain «Las Maravillas du Mali» pour un morceau célèbre, «rdv chez Fatimata». En 1976, Mory reçoit le trophée de la «Voix d’Or» au Nigeria. En 1978, il décide de compléter sa formation de griot en allant voir les maîtres de la tradition dans les grands sites historiques du Mandingue.
De 1978 à 1983, il s’installe à Abidjan, en Côte d'ivoire et collabore avec d’autres groupes, ainsi qu’avec son demi-frère, Diéli Moussa DIAWARA, un chanteur et compositeur. C’est en RCI que Mory KANTE expérimente ce qui va constituer la grande originalité de sa musique, l’une des clés de sa célébrité. «J’ai opté pour les recherches sur le son des instruments traditionnels africains : le balafon, le violon, le Bolon et surtout la Kora, dit-il. Alors que tous les orchestres s’équipaient d’instruments modernes (guitares, claviers…), je pensais qu’il était dommage de laisser cette richesse de côté» dit-il.
Mory KANTE garde un souvenir impérissable, avec pleine de reconnaissance et de gratitude pour son séjour en Côte-d’Ivoire : «La Côte d’Ivoire a fait beaucoup pour moi. Elle a fait ma vie. Je suis mille fois reconnaissant à ce pays. Mais les gens ne le savent pas. Les temps ont changé. Mais la réalité n’a pas changé. Elle demeure. Je ne peux pas quantifier tout ce que les Ivoiriens ont fait pour moi. C’est inimaginable ! C’est immense ! C’est ce qu’on appelle l’humanité» dit-il. Mory entreprend de moderniser les airs traditionnels en y insufflant des rythmes occidentaux et, malgré la désapprobation des anciens, il électrifie sa Kora et ajoute à sa musique des rythmes Rock et Funky. A Abidjan, il s’est s’installé dans un lieu célèbre, au «Climbier», fréquenté par plusieurs vedettes internationales comme Barry WHITE (1944-2003) ou Johnny PACHECO (né le 23 mars 1935). «Ils appréciaient l’adaptation que je faisais de leurs tubes avec mon orchestre traditionnel. C’est ainsi que mon nom a commencé à circuler, aboutissant en 1981 à mon premier album, Courougnégné. Il avait été produit par Gérard Chess, un directeur du label américain Ebony» dit-il.
Paris étant la capitale culturelle de l’Afrique, Mory KANTE arrive en France en 1984, mais il n’a pas de titre de séjour.  En dépit de son expérience et de son talent, Mory KANTE est obligé de tout recommencer. Fréquentant Paco RABANNE, à force d’abnégation, de résilience, le talent de Mory KANTE finira par forcer l’admiration et l’estime de tous. Mory KANTE a vite compris que la mondialisation résultante du processus long et complexe des découvertes et des progrès scientifique et technologique est une véritable aubaine, une opportunité pour les cultures africaines. En effet, le progrès de la musique mandingue à travers la discographie de Mory KANTE est la manifestation de cette opportunité, la Kora ayant pu côtoyer les instruments d’origine occidentale, dans une symbiose harmonieuse, pour rendre l’authenticité des cultures africaines dans toute sa plénitude. En 1985, Mory KANTE participe à la musique du film «Black Mic-Mac». Il est aussi parmi les 30 artistes africains de Paris qui contribuent à l’aventure «Tam-tam pour l’Ethiopie» initié par Manu DIBANGO (1933-2020). C’est à cette occasion qu’il rencontre Philippe CONSTANTIN (1944-1996), producteur de disques. Il décroche un contrat chez Barclay. L’album «10 Cola Nuts», coproduit par le pianiste américain David SANCIOUS connaît du succès auprès du public et est nominé pour les Victoires de la musique 1986. En raison de cette remontée, Mory KANTE entame de nombreuses tournées : Europe, Afrique du Nord, Mali, Sénégal, Etats-Unis. Sa musique oscillant entre tradition et modernité est bien accueillis par diverses audiences. C'est en 1987 avec son morceau «Yéké Yéké» que Mory KANTE devient mondialement connu et sort de la clandestinité. En 1988, Mory reçoit, pour «Akwaba Beach», la Victoire de la Musique du meilleur album francophone : «En 1991, soit quatre ans après «Yéké Yéké», j’ai dirigé, à l’occasion de l’inauguration de la Grande Arche de la Défense, à Paris, un projet symphonique qui réunissait 130 griots musiciens et vocalistes traditionnels» dit-il. Cependant, Mory KANTE est resté sans papiers, en situation irrégulière en France, tout en représentant parfois la France à l’intérieur ou à l’extérieur : «Moi, l’ancien «sans-papiers», j’ai plusieurs fois représenté la France avec Khaled ou encore Kassav, notamment à Central Park à New York. J’ai vécu tout cela sereinement, tout en gardant à l’esprit qu’il fallait toujours rester créatif. Car la vie d’artiste aujourd’hui est une affaire de business. C’est une réalité avec laquelle il faut composer. Je le dis sans amertume, dans la mesure où j’ai profité de ce système. Heureusement qu’on ne peut pas jeter une culture comme on jette une orange après l’avoir pressée Une culture se réincarne ; à travers elle, chaque peuple défend son identité, son avenir. Pour ma part, j’ai réussi à réaliser mon ambition : intégrer les instruments africains au concert de la musique universelle. Tout le monde, aujourd’hui, connaît le balafon ou la kora, utilisés par des groupes qui pratiquent une musique de fusion» dit-il.
 
Mory KANTE qui a gagné en visibilité, sort un nouvel album, «Ten Cola Nuts», produit par un musicien de Bruce SPRINGSTEEN et collabore avec le chanteur français Jacques HIGELIN (1940-2018) qui le fait jouer en première partie de ses concerts à Bercy devant 16 000 personnes. Il est couronné par le «Griot d’Or» à Paris et par le Prix Kilimandjaro d’Africa n°1. En 2000, Leonardo DI CAPRIO demande à Mory KANTE l’illustration musicale de son film “The Beach" avec un remix de «Yéké Yéké». En décembre 2000, il est convié au Vatican pour animer la fête du jubilé du Pape, pour représenter la musique africaine.
 
Mory KANTE a enregistré, sous son nom plus de 12 albums ; il est détenteur de 16 disques d’or. En 2012, il avait sorti un album, avec 11 titres, appelé «le Griot électrique» dans lequel il a utilisé la flûte peule, le balafon mandingue et sa Kora, emblématique. Il y rend hommage aux femmes, souvent les grandes oubliées de l’histoire. Cependant, son 11ème album, «Sabou» est érigé à la gloire des instruments traditionnels africains : «Mon idée était de défendre la musique africaine, de faire connaître nos instruments traditionnels à l’échelle internationale. J’ai essayé d’inventer, à partir de ces instruments, quelque chose d’inédit, mais qui soit compréhensible par tous les publics. C’est le même schéma dans nos groupes électriques : les congas, les Doun-douns jouent le rôle des djembés. J’ai voulu montrer l’origine africaine des musiques comme le rock, la pop. Uniquement avec des instruments comme le Carignan, le Cabassa, le Bolon, le N’gony, la flûte, le Tama, j’ai écrit des partitions, créé des mélodies qui sonnent comme une formation électrique avec violon et synthétiseur. Alors qu’en fait seule une guitare sèche ici et là fait une concession à la modernité» dit-il. En 1990, Mory KANTE est au sommet de son art, avec l’album «Touma» enregistré avec la participation Carlos SANTANA.
Le 11 album, «La guinéenne», diffusé le 30 avril 2012 a pour thèmes majeurs l’optimisme et l’inspiration. La chanson du même nom, est aussi bien un témoignage d’amour à l’Afrique et à la Guinée qu’un trésor de conseils avisés sur la confiance, l’abnégation au travail, la gratitude et l’importance de préserver les traditions face à la modernité. «La guinéenne» est un hommage retentissant aux femmes de ce monde, trop souvent opprimées et négligées en dépit de tous leurs sacrifices, et dévouement, ainsi le rôle central qu’elles jouent dans la société. «La guinéenne» est aussi un hommage à la création artistique de Mory KANTE, dont le travail a permis de façonner la voix de l’Afrique de l’ère post-coloniale, et qui est ainsi devenu l’un des interprètes les plus influents et les plus attachants de la musique africaine contemporaine.
C'est une période tragique et difficile pour les artistes africains et noirs (Manu DIBANGO, Idir, Little Richard, le batteur, Tony ALLEN).
Références
DAVID-MUSA SORO (Gabriel, A), «De la mondialisation des cultures, comme une opportunité pour les cultures africaines», Ethiopiques, n°74, 1er semestre 2005 ;
DIAWARA (Malick), «Disparition de Mory Kanté», Le Point, 22 mai 2020 ;
KASSY (J), «Mory Kanté : On m’a chargé de sauver le monde», La Dépêche d’Abidjan, 17 février 2013 ;
KEITA (Cheikh Mamadou Chérif), Massa Makan Diabaté : un griot mandingue à la rencontre de l’écriture, Paris, L’Harmattan, 1995, 153 pages, spéc 89-95 ;
MAZZOLENI (Franck), L’épopée de la musique africaine : rythmes d’Afrique atlantique, Paris, Hors Collection, 2008, 159 pages, spéc 47-55 ;
SECK (Nago) CLERFEUILLE (Sylvie), Les musiciens africains des années 80, Paris, L’Harmattan, 1986, 167 pages, spéc 91-96 ;
SIEWE (Alex), «Mory Kanté, revient au village», Jeune Afrique, 3 novembre 2004 ;
SPIEGEL (Justine), «L’Ode aux femmes de Mory Kanté», Jeune Afrique, 13 mai 2012.
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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 23:42
Bon anniversaire, ce mercredi 13 mai 2020, à Stevie WONDER fêtant ses 70 ans, dont 59 ans sur scène, 25 Grammy Awards, plus de 100 millions de disques vendus et pas moins de 700 tubes enregistrés, mais non encore diffusés. Icône de la Soul et du Pop, maître du Groove et musicien marquant du XXème siècle, Stevie WONDER est, avec Frank SINATRA (1915-1998), le seul artiste à avoir remporté trois fois le Grammy du meilleur album de l'année. La musique de Stevie WONDER devenue classique, est indémodable ; elle fait désormais partie du patrimoine commun de l’Humanité : «Enfantée dans une nuit sans aube, la musique de Stevie Wonder brille d’un inusable éclat que la génération Rap et R’n’B s’efforce aujourd’hui d’approcher» écrit Francis DORDOR. «Stevie Wonder n'est toujours pas un bon sujet pour la critique. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Ses chansons, lumineuses, désarmantes, persistent à tromper l'usure comme les concepts artistiques trop rigides» ajoute-t-il. Stevie WONDER est, en fait, né pour faire de la musique ; il ne vit et respire que pour son art : «Music was the only thing that was important for him. Music is just food to home. He lives, breathes, thinks music. All the time” dit Elaine JESMA. Chanteur de Soul, Funk, Jazz et de Reggae, pianiste, organiste, saxophoniste, compositeur et chef d’orchestre, depuis l’âge de 11 ans, Stevie est le «Sunshine of our musical lives» écrit Oprah WINTER. Sa musique est une confidence du cœur et créée des souvenirs impérissables : «That music touches our soul and creates memories» écrit Oprah WINTER. Comme Marcel PROUST (1871-1922), dans sa recherche du temps perdu, la mémoire accidentelle est une découverte de l’éternité : «Music, at it’s essence, is what gives us memories. And the longer a song has existed in our lives, the more memories we have of it” dit Stevie WONDER. Musicien surdoué, mélangeant divertissement et éveil de conscience, Stevie WONDER nous étonne chaque jour, par son génie : «Lorsque j'écris, la musique me vient en premier. Les paroles arrivent plus tard, souvent au dernier moment» dit-il.
Stevie vint au monde, avant terme, le 13 mai 1950 ; il est atteint d'une rétinopathie, maladie de la rétine qui a causé, dans son cas, la cécité. Maladie non héréditaire, elle est la conséquence d’une erreur médicale. Le protocole de l’hôpital imposait de le garder en couveuse afin qu’il achève son développement. En raison de l’incubateur utilisé, mal oxygéné, Stevie WONDER développa alors une rétinopathie du prématuré. Peu après sa naissance, il devint aveugle. «Stevie Wonder fut dès la naissance un homme pressé, de mourir ou de vivre» écrit Stéphane KOECHELIN. En effet, Stevie pense que le fait d’être aveugle n’est pas un handicap, mais un don. Alors, le jeune Stevie compense ce handicap par des activités sportives et l'écoute intensive de la radio, où il apprend par cœur les classiques du Rythm and Blues. Nat KING COLE (1919-1965) lui a laissé une forte impression. Il idolâtrait Jimmy REED (1925-1976), un grand guitariste de Rythm and Blues (RNB) et B.B. KING (1925-2015), un guitariste et bluesman. Les maîtres de Stevie WONDER se nommaient à l’époque Duke ELLINGTON (1899-1974), Ray CHARLES (1930-2004), Marvin GAYE (1939-1984) ou Count BASIE (1904-1984), à l'écoute desquels il peaufina sa technique vocale. «J'ai puisé mes influences partout, chez les musiciens, bien sûr, mais aussi les acteurs ou les écrivains» dit-il.
Avec l'aide de sa famille, l'enfant aveugle s'initie à la pratique de l'harmonica, du tambour et du piano : «J'ai toujours vécu avec les sons. Depuis l'âge de 4 ans, je n'ai jamais cessé de taper sur un tambour et de chanter. J'écoutais B.B. King et Ray Charles à la radio et je les imitais. La radio, ce fut mon conservatoire. Pendant mon enfance à Detroit, ma mère, qui avait quitté mon père, travaillait dans une conserverie de poisson. Nous n'avions pas d'argent, pas de réfrigérateur, pas de chauffage. L'essentiel nous manquait. Je priais tout le temps. Pour ma mère. Mais aussi pour avoir un piano ; il me fut offert plus tard, par des voisins et une batterie, je la reçue à Noël grâce à une société de bienfaisance» dit Stevie WONDER. Jeune, Stevie chantait dans les offices religieux, les chansons baptistes et le Gospel : «J'ai toujours senti que Dieu était bon mais par exemple, quand j'étais à l'église, j'étais dans une église pentecôtiste quand j'étais petit, et à l'époque c'était un peu différent de maintenant. Ils ont dit : «Vous chantez cette musique mondaine». Ils critiquaient ce que je faisais. Écoutez, nous vivons dans une société où la musique noire s'appelait autrefois de la musique de course, où le jazz était considéré comme quelque chose de méchant. Je ne sais pas. J'ai senti que si Dieu ne voulait pas que je le chante, il ne m'aurait pas donné le talent pour le faire» dit-il. Stevie chante aussi à l’école, pour ses amis, puis il est invité à différents dîners et événements familiaux.
Artiste précoce et orgueilleux, Stevie WONDER a su garder le cap, en conservant l’originalité de sa musique, sans se soucier des critiques sur ses sonorités et ses choix musicaux. On lui reprochait de développer une musique pas assez noire, exagérément civilisée, et peut-être trop virile, à «pisser de la guimauve», à bêtifier sur l’amour ou la bonté humaine : «Si Wonder, pour avoir osé enjamber la clôture de pâturages jalousement surveillés, attira la morsure du chien et le bâton du berger, ces violences ne purent ni effacer ce sourire ni amoindrir l'impact qu'il allait avoir sur la musique populaire de ces trente dernières années» écrit Francis DORDOR.
Enfant prodigue de la Tamla Motown, de 1963 à 1988, Stevie a sorti 64 Singles, et a été classé 4ème meilleur artiste de sa génération, juste derrière Elvis PRESLEY (1935-1977), les Beatles et Elton JOHN. En 1961, Ronnie WHITE, un membre des «Miracles» et ami de son frère Gerald, le présente à Berry GORDY, le patron de la Tamla Motown (créée le 12 janvier 1959 par des Noirs), en raison de son talent précoce. Stevie sait jouer au bongo et à l’harmonica. Initialement, Berry GORDY voulait qu’il chante et imite Ray CHARLES (1930-2004). En effet, «Tribute to Uncle Ray Charles» est une tentative de la Motown d’exploiter la popularité de Ray CHARLES, un artiste noir et aveugle comme Stevie, sans laisser à Stevie aucune liberté artistique : «It does not give Stevie Wonder a full chance to really be Stevie Wonder, but almost relegated him to the role of mimic», écrit James PERONE. Le 26 décembre 1963, «Fingertip» fait passer Stevie à la télévision ; il devient comme une sorte d’icône pour la jeunesse. La télévision a fait exploser les barrières raciales, et Stevie est considéré comme une grande nouveauté et une fraicheur. Mais, en dépit de son talent et de son potentiel, Stevie ne décolle pas vraiment. Alors avec «With a Song of my Heart», la Tamla le fait imiter Sammy DAVIS Jr (1925-1990). Berry GORDY, pour dissocier l’image de Stevie de celle de Ray CHARLES, une greffe qui n’a pas pris, surnomme alors ce jeune prodige, «Little Wonder» (petite merveille)  Entre 1963 et 1965, servi par une voix merveilleuse et un vaste répertoire, Stevie WONDER a diffusé sept Singles ; «Uptight» devient n°1 au Billboard de Rythm and Blues. Stevie travaille la batterie, étudie la musique classique et sa musique devient plus entrainante, dansable, harmonieuse et originale.
Stevie a grandi avec la Motown, et se développant aux côtés de talents de grandes stars comme Marvin GAYE et Smokey ROBINSON : «Il faut dire que j'étais mal parti : Noir, pauvre et aveugle. Mais, au fond de mon coeur, je savais que Dieu avait pour moi des projets. Et j'avais raison. Je ne dirai jamais assez combien je suis heureux d'avoir croisé si jeune le chemin de Motown. Nous enregistrions dans un minuscule studio au sous-sol, sur un parquet en bois qui craquait à chaque pas, avec le son des climatiseurs qui parasitait les enregistrements. Et pourtant, ces défauts participèrent à créer le fameux Motown sound» dit-il. C'est en 1962, à 11 ans, que Stevie WONDER signe son premier label et édite son premier album : «Tribute to Uncle Ray», un hommage à Ray CHARLES, dont il est le grand admirateur. Mais c'est en 1962 qu'il remporte son premier vrai succès avec la chanson «Fingertips» et se hisse numéro 1 au hit-parade. Si «Fingertips» fut si populaire, c'est parce que la chanson illustre l'étendue des qualités musicales et vocales du jeune chanteur. En 1964 sort l'album «With A Song In My Heart», et quelques chansons sans grande réussite. C’est seulement, début 1966, qu’arrive le hit «Up-Tight, Everything's Alright» n°3 des charts, puis «Nothing's Too Good for My Baby» et «A Place in the Sun»Si Stevie WONDER a parfois du mal à percer dans les années 60, c’est que la concurrence est plus que rude. Ainsi, 1967, c’est l’émergence du phénomène hippie (Woodstock en 1969), la liberté sexuelle, la drogue et c’est aussi la forte montée des Rolling Stones, des Beatles, de Wilson PICKETT, de Marvin GAYE, d’Otis REDDING, d’Aretha FRANKLIN, de Dione WARWICK et de Pink FLOYD. Cependant, contrairement aux habitudes de l’époque, Stevie WONDER ne boit pas et ne se drogue pas ; il compense donc son handicap par la rigueur, la discipline et le professionnalisme et s’applique, dans tout ce qu’il fait. A l'été 1967, «Was Made to Love Her», n°2 des hits, établit sa notoriété en Europe après une tournée. Stevie WONDER, avec sa mère, est invité à la Maison Blanche, le 5 mai 1970, par le président Richard NIXON (1913-1994). Il se produit, dans sa lutte contre la cécité, le 10 janvier 1970 au Copacabana, à New York. Certains artistes meurent d’overdose (Janis JOPLIN, Jimi HENDRIX, Jim MORRISON).
C’est avec audace, que Stevie intitule son nouvel album, en 1970, «Opus Signed, Sealed and Delivered». L'album suivant, «Where I'm Coming From» se veut plus intime. La période de 1972 à 1980, est celle des luttes sociales et politiques, mais aussi de l’ascension de Stevie WONDER ; il a gagné plus de liberté et de reconnaissance dans sa création artistique. En 1972 démarre la période dite classique. Stevie franchit un bond géant avec «Music of My Mind», un album fusionnant la soul, le jazz et le rock, et les synthétiseurs à la pointe de la nouveauté. Le 3 juin 1972, à Vancouver, au Canada, Stevie WONDER entame une tournée avec les Rolling Stones, en faisant leur première partie ; celle-ci se terminera le 26 juillet 1972 au Madison Square, à New York, jour des 28 ans de Mick JAGGER : «Cette tournée me donna l'occasion d'atteindre le public du rock et de la pop. La musique des Stones était un mélange inouï et formidable de blues, de soul et de rock britannique. Quant à la mienne... J'étais en pleine métamorphose. A cette époque, j'avais reçu plus de 1 million de dollars de Motown, ce qui me permit de créer mon studio d'enregistrement et d'acheter tous les instruments possibles et imaginables. Les idées se bousculaient: je franchissais les barrières entre le jazz, le blues, la soul et le Rythme and Blues. Mais, surtout, je découvrais les synthétiseurs, ce qui changea radicalement ma façon de composer. A travers un synthétiseur, je pouvais décrypter mes rêves musicaux, faire jouer un orchestre entier sous mes doigts, composer un disque avec des centaines d'instruments, tout en restant seul chez moi» dit-il.
Après cette tournée, c’est la sortie, en 1972, de  «Music of My Mind», suivi de “Talking Book”,  en 1973, de «Innervisions» et en 1974 de «Fulfillingness First Finale», On sent la montée irrésistible de l’artiste. If you liked the man, you will love the man” dit Berry GORDON. “Stevie’s music is the most sensitive of our decade» dira Roberta FLACK. Subitement, Stevie WONDER passe du statut d’enfant noir et pauvre, à celui d’artiste super star, reconnu et aisé. Cependant, Stevie WONDER bataille pour obtenir son indépendance artistique, la Motown décidant, jusqu’ici, de tout pour lui. En effet, il s'aperçoit aussi que les sommes versées sur son compte ne sont pas à la hauteur de ses espérances : il a fait gagner trente millions de dollars à la firme Motown et n'en récolte qu'un million ! Il compte bien se rattraper avec un disque entièrement financé et réalisé par ses soins. En 1972, Stevie WONDER s’installe à New York et engage une avocate célèbre, Johanna VIGODA, qui a été au service de Jimi HENDRIX (1942-1970), pour renégocier son contrat avec la Tamla Motown. Désormais, il veut toucher 20% des royalties, avoir une liberté artistique, choisir ses musiciens, travailler en studio pour ses enregistrements et décider de ses concerts. Epics et Anesta Records voulaient récupérer Stevie WONDER, mais la Tamla Motown, ayant cédé sur tout, un nouveau contrat est signé le 5 août 1975.
Génie particulièrement innovant et constamment créatif, il sort un album tous les deux ans : «Le musicien pianiste chanteur cajoleur, a sculpté son œuvre avec simplement la préciosité harmonieuse qui fut la sienne faisant le lien entre Duke Ellington et Curtis Mayfield et une certaine pop luxueuse» écrit Stéphane KOECHLER. Le fondateur du label Motown, Berry GORDY, affirme que Stevie est un perfectionniste  : «J'ai perdu dix ans de ma vie à attendre Songs in the Key of Life» sorti en 1976. Stevie WONDER est particulièrement exigeant avec lui-même : «Quand on me reproche ma lenteur, je réponds que je travaille pour l'éternité. Je veux seulement laisser derrière moi ce dont je suis pleinement satisfait. Au fil du temps, les gens de Motown l'ont accepté» dit-il. En dépit de ces longs intermèdes, Stevie WONDER est un travailleur acharné : «L'enthousiasme reste le même. Je compose nuit et jour. Je suis capable de jouer pendant quarante-huit heures d'affilée et d'appeler mon agent à 3 heures du matin pour lui faire écouter mes nouvelles mélodies. Elles m'arrivent sans préavis, comme des dons de Dieu» dit-il.
L’extraordinaire album, sorti le 28 septembre 1976, «Songs in the Key of Life», est un succès planétaire. Sa rencontre avec Robert MARGOULEFF et Malcolm CECIL, deux jeunes hippies, passionnés d'électronique, les cuivres, les claviers traversant les chansons, l'amplitude lyrique, font que Stevie WONDER, en état de grâce, est bien inspiré. Cet album, exécuté par 130 musiciens, considéré comme l’un des meilleurs, sera récompensé par 4 Grammy Awards : ceux du meilleur album, meilleur producteur, meilleure performance vocale pop masculine et meilleure performance vocale Rythme and Blues masculine. En effet, «Songs in the Key of Life» recèle des pépites d’or ; parmi les 21 chansons, aux intonations Rythme and Blues, Soul et Pop-rock, on dénombre «Pastime Paradise», «Sir Duke» en hommage à Duke ELLINGTON, «As» ou «Another Time». Et puis autre chanson, qui compte parmi les grands succès de Stevie WONDER : «Isn’t She Lovely», un titre célébrant la naissance de sa fille, Aisha.
L'année 2012 marque une double célébration : celle des cinquante ans de ses débuts dans le show-business et les quarante ans de ce qu'on a appelé à raison «la période des classiques». Stevie WONDER s'est rapidement émancipé pour devenir un créateur à part entière, marquant la musique noire et la Pop music comme aucun autre artiste afro-américain ne l'avait fait avant lui, à part Ray CHARLES. Soutenu par une rythmique souple, ce que l’on nomme le «Groove», ainsi que des harmonies sophistiquées, Stevie WONDER déploie des mélodies chaleureuses, optimistes. Une des grandes singularités de Stevie, c’est d’être à la fois un militant des droits civiques, un chanteur de l’amour, tout en divertissant. Derrière sa musique, apparemment joyeuse, se cachent de puissants messages, pour l’amour, l’égalité réelle et la fraternité.
 
I – Stevie Wonder, un militant de l’Amour
 
Dans cette quête d’amour, Stevie WONDER croit en un Dieu d’Amour, et sa musique le reflète, parfaitement. En effet, Stevie WONDER, investi dans la spiritualité et la méditation,  croit aux forces de l’esprit. Végétarien, maintenant végan, il croit à la réincarnation de l’hindouisme, «au High Ground», une métaphore du Nirvana. En revanche, Stevie WONDER ne croit pas en un Dieu créateur : “When I sing about «God» in my music, I am just expressing a beautiful spirit deep down inside me” dit-il. Stevie WONDER recherche la paix de l’esprit et l’âme, dans toutes ses dimensions : «Love, me, is the most important thing in life. Love in its various forms, like the love you feel for friends, the love for your family, and the love for the people of the world” dit-il.
Stevie WONDER est, avant tout, attaché à l’amour familial. Ainsi «Songs of Key in my life» est dédié à sa famille «To my mama and my father, thank you for being my mama and my father. Thank you for letting me be your son. Milton, Calvin, Larry and Timothy, thank you for letting me to be your brother” écrit-il. Stevie estime que sa mission est de répandre l’amour à travers sa musique ; il faut toujours faire mieux et se perfectionner, constamment. En effet, il emploie ses frères Milton et Calvin pour ses affaires personnelles (aide habillage, chauffeur) et sa société, et Larry, jusqu’à sa mort. Son cousin, John est souvent son chauffeur. De son vrai nom Stevland Judkins MORRIS, Stevie WONDER est né le 13 mai 1950, à Saginaw, dans le Michigan. Issu d’une famille pauvre et désunie, 3ème fils d’une fratrie de 6 enfants, son père contraint sa mère, Lula Mae HARDAWAY (1930-2006), de se prostituer. Sa mère faisait de petits boulots pénibles et mal rémunérés, mais elle était d’une santé solide. Alors que ses parents se séparent, Stevie suit sa mère et ses sœurs à Detroit, dans le Michigan. Élevé à Detroit dans une famille pauvre mais attentionnée, sa mère, travaillant dans une poissonnerie, veille à ce que ses enfants ne quittent pas le droit chemin : «Je pense que j’ai découvert un truc de couleur lorsque je suis descendu, une fois, dans le Sud, lorsque ma grand-mère est décédée. Il y avait des enfants, des enfants blancs qui vivaient à proximité. Les enfants ont dit «Hé, Nègre !». Quoi qu’ils disent, j’ai frappé le gamin. Je n’ai jamais accepté la stupidité et l’ignorance» dit Stevie qui découvrait le racisme. Par conséquent, Stevie WONDER s’est toujours occupé de sa mère, jusqu’à sa mort. En 2005, il a fait ériger une statue à la mémoire de sa mère, dans sa ville natale, Saginaw. «I Wish» est une chanson évoquant, avec une nostalgie radieuse, le royaume d’enfance de Stevie WONDER.
Dans ce registre de l’amour familial, en 1976, «Isn’t She Lovely» est dédié à sa fille Aisha, un prénom africain, alliant force et intelligence ; elle est née le 7 avril 1975 : «My life had changer for better» dit-il. On entend Aisha babiller dans ce tube : «Moins d'une minute d'âge, je n'aurais jamais pensé qu'à travers l'amour nous ne ferions qu'un aussi adorable qu'elle. Mais n'est-elle pas adorable, faite d'amour ? N'est-elle pas belle, vraiment, le plus beau des anges. Hey, je suis si heureux. Nous avons été bénis par le ciel. Je n'arrive pas à croire ce que Dieu a fait. À travers nous, il a donné la vie à quelqu'un. N'est-elle pas adorable. La vie et l'amour, c'est la même chose. La vie c'est Aisha», chante-t-il. Stevie WONDER a chanté également, «How Will I Know You», avec sa fille : «C'est un duo très touchant pour moi, car je crois que les valeurs de la parenté sont fondamentales dans une société. Je vois tellement de gamins dans les ghettos qui n'ont pas de points de repère, qui sont livrés à eux-mêmes. Ils n'ont pas de parents pour leur dire ce qui est juste, ce qui est interdit, ou pour leur conseiller un livre» dit-il.
«As» est l’une des chansons les plus éblouissantes, les plus humanistes de Stevie WONDER ; il y développe une promesse d’amour, avec un grand lyrisme : l’amour pour la femme qu’il aime, mais aussi l’amour le plus universel, ou un amour d’ordre spirituel. L’Amour n’étant pas que de la joie, peut être aussi source de souffrance. Sa chanson, «Shelter in the Rain» est un hommage à son frère Larry, mort : «Je voulais montrer l'extrême complexité de ce sentiment. Aimer n'est pas qu'une source de plaisir, c'est également l'acceptation de ce qui nous fait souffrir, comme la perte d'un être cher.  Au début, je n'arrivais pas à accepter ce vide sans fin. J'étais enragé. J'ai compris à ce moment-là que cette souffrance ne pouvait guérir qu'à travers l'amour que je portais en moi pour Larry» dit-il. L’amour et la douleur sont parfois inséparables : «you cannot value joy, if you have not experienced what it is to cry and to be sad” dit-il. Stevie WONDER étant un homme à femmes, l’amour charnel est l’un des puissants moteurs de sa créativité musicale. Aussi, il est parfois confronté, à des amours contrariées. En 1968, dans «My Chérie Amour» il chante «Ma chérie amour, belle comme une journée d'été. Ma chérie amour, distante comme la voie lactée. Ma chérie amour, jolie petite que j'adore. Tu es la seule fille pour laquelle mon cœur bat. Comme je souhaite que tu sois à moi. Dans un café ou parfois dans une rue bondée, j'ai été près de toi, mais tu ne m'as jamais remarqué». Le 4 septembre 1970, Stevie WONDER se marie avec Syreeta WRIGHT qui co-écrit des chansons avec lui. Syreeta voulait être une artiste reconnue ; deux fortes personnalités qui ont fini par se séparer un an et demi après leur mariage. En fait, Stevie WONDER entretenait durant son mariage, une relation avec Yvonne WRIGHT «Marriage can also turn into a heavy possession trip. It can make people trapped» dit-il. Mais Stevie reconnaît lui-même ses infidélités : «Sex, even though it is beautiful, is man’s weekness» dit-il. Un de ses amis dit de Stevie qu’il a une mentalité de polygame : «Fucking and music, that’s Steve’s life» dit Lee GURRETT. C’est à cette période qu’il écrit «You are the Sunshine of my Life» une chanson sur l’amour, dédiée Syreeta WRIGHT, devenue son ex-épouse : «Tu es le soleil de ma vie, voilà pourquoi je serai toujours à tes côtés. Tu es la prunelle de mes yeux. Pour toujours tu resteras dans mon cœur. J'ai l'impression que tout ceci est le commencement, même si je t'aime depuis un million d'années. Et si je croyais que notre amour se terminait, je me retrouverais noyé dans mes propres larmes» écrit-il. En 1973, il rencontre Yolanda SIMMONS, qui recherchait un emploi de secrétaire ; il avait été séduit par le timbre de sa voix. Stevie se remarie avec Kai Millard MORRIS en 2001. Leur divorce est prononcé en 2015. En juillet 2017, après cinq ans de vie commune, il épouse Tomeeka Robyn BRACY.
Dans ses séductions ou ses rencontres malheureuses, Stevie WONDER expose ses peines de cœur, notamment dans «Overjoy» : «Au-dessus du temps, j'ai bâti mon château de l'amour, juste pour deux, bien que tu n'aies jamais su que tu étais ma raison. Je suis parti bien trop loin pour que tu me dises maintenant, que je dois me débarrasser de mon château. Au-dessus des rêves, j'en ai choisi un parfait à réaliser, bien que tu n'aies jamais su que c'était de toi que j'avais rêvé. Le marchand de sable est venu de si loin, pour que tu lui dises repasse un autre jour. Et bien que tu ne crois pas ce qu'ils font. Ils se réalisent, mes rêves se sont,alisés quand je t'ai regardée. Et peut-être aussi, si tu y croyais. Tu pourrais être aussi transportée de joie, aimée à la folie, par moi. (…). En amour, tout ce dont un véritable amour a besoin est d'une chance. Et peut-être qu'avec une chance tu te trouveras, toi aussi, comme moi, transportée de joie, aimée à la folie, par toi, par toi» chante-t-il.
II Stevie WONDER, chanteur de la Paix, la Liberté et la Solidarité
 
Le 3 mai 1973, Stevie WONDER ayant eu un accident grave, sa vie et sa musique ont été impactées : «You learn value of the life and the time» dit-il. Stevie WONDER pense que nous vivons un monde de péché, une vie trop trépidante et pleine de vanité. Chacun devrait donner le meilleur de lui-même, pour rendre le monde plus habitable. L’amour est une forme de respect de soi. Quand vous apprenez à vous respecter, vous aimerez mieux les autres. Subitement, Stevie WONDER investit de plus en plus dans l'humanitaire, la politique et la quête spirituelle : «Cette année-là, j'ai eu un grave accident de voiture. Je suis tombé dans le coma et j'ai perdu l'odorat. Depuis, ma vie a changé. L'une des premières choses que j'ai faites après ma convalescence fut de descendre dans le parc près de chez moi, à Los Angeles, et de m'étendre sur l'herbe pendant une heure. Je n'avais jamais fait ça. Jusqu'à ce jour, j'avais vécu dans un sentiment d'urgence : il fallait tout dire, le plus vite possible. Je n'étais pas vraiment là. D'un coup, je m'aperçus que ma vie personnelle, mon mariage étaient brisés. J'avais besoin de savoir qui j'étais, où je voulais aller. J'ai compris que la famille, la spiritualité, la réalité sociale devaient être pour moi des priorités. Et que la musique représentait définitivement mon moyen d'avancer dans cette voie» dit-il.
 
«On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux» écrit Antoine de SAINT-EXUPERY (1900-1944). «A Time to Love» est un puissant message, une déclaration d'amour et une danse de guerre. Un aveugle, même s’il ne voit pas, doit avoir «une vision», se battre pour que le monde prenne une autre direction : «J'ai vu les tours de New York brûler le 11 septembre et les bombes tomber en Irak. J'ai vu des hommes et des femmes mourir du sida. J'ai vu le racisme, la peur de la différence, la violence dans les yeux de l'autre. Et je vois les émeutes dans les banlieues de Paris. Où voulons-nous aller Je sens que je dois agir, me battre tous les jours pour que le monde prenne conscience et change de direction. Je ne conçois pas d'autres façons d'y parvenir, sinon à travers l'amour et l'investissement de soi. Certains d'entre nous ont cessé de rêver à un monde meilleur, de croire que nos utopies puissent devenir des réalités. Je sens que je dois agir, me battre tous les jours pour que le monde prenne conscience et change de direction. Je ne conçois pas d'autres façons d'y parvenir, sinon à travers l'amour et l'investissement de soi. Certains d'entre nous ont cessé de rêver à un monde meilleur, de croire que nos utopies puissent devenir des réalités. Mais que se serait-il passé si Martin Luther King nous avait dit : «Je fais un rêve». Mais je ne vais pas vous le raconter?». Lorsque j'écoute «Imagine», de John Lennon, je pleure. Je me fiche que l'on me prenne pour un naïf, que l'on dise que mes discours sont niais» dit-il à propos de «Time To Love».
 
Stevie est non-voyant, mais il a une vision des relations fondées sur l’égalité : “Je suis très reconnaissant que Dieu, m’ait accordé le talent d’écrire. Il m’offre la possibilité d’exprimer ce que je ressens” dit-il. Stevie WONDER, un humaniste doté d’une conscience aiguë de la réalité sociopolitique de son époque, s’est toujours battu pour l’émancipation et la liberté des Noirs. Il lutte pour l’égalité, contre la pauvreté et la compassion des gouvernants pour les fragiles. Ses chansons «Living for the City», «Big Brother», «You have not done Nothing” et “Happy Birthday to You” sont chargées de messages. Dans «Innervision»  Stevie rêve tout haut d'un pays où coulent le miel et le lait, où c'est la haine qui à son tour est un rêve et l'amour réalité ; il en appelle à un amour fondé sur la compassion à travers ses chansons :  «It was about the last days of beauty. All the horror and hypocrisy in the world today. People neglecting other people’s problem’s, and what needs doing socially, spiritually and domestically. I can only do it through my songs and I try to be positive about it” dit Stevie WONDER. «Free», est un hymne pour devenir et rester soi-même «Libre comme une rivière coule librement à travers l'infini. Libre d'être sûr de ce que je suis et de qui je n'ai pas besoin d'être. (…) Je n'ai rien, mais je possède la plus grande richesse, je suis libre. Être nulle part. (…) Libre comme une vision que seulement l'esprit peut voir» chante-t-il.
Stevie WONDER pense qu’il est investi d’une mission : «Being Steveland Morris, becoming Stevie Wonder, I have to ask to myself “Who is Stevie Wonder” ?” s’interroge-t-il. Ainsi, dans son rôle éducatif, Stevie WONDER dira au premier maire noir de Détroit, Coleman YOUNG (1918-1997), il faut que les policiers aillent dans les quartiers défavorisés, discuter de la situation des habitants dans les ghettos. Il pense que les artistes ont une mission d’éveilleurs de conscience, pour apprendre aux gens de la communauté à se respecter et à s’aimer. Dans «Ebony Girl» il a chanté la beauté et la fierté de la femme noire des ghettos, «a devastating beauty, a pretty girl with Ebony eyes». Chante-il dans «Ebony Girl». Dans les années 60, époque troublée, Stevie WONDER combat les inégalités raciales. «Living for the city» a été écrite pour un enfant de dix ans abattu par la police new-yorkaise : «Un enfant est né dans les temps difficiles du Mississippi. Entouré par quatre murs austères, ses parents lui ont donné de l'amour et de l'affection, pour qu'il soit courageux, pour qu'il aille dans le droit chemin. En vie juste assez, juste assez pour la ville. (…) J'espère que ma voix triste résonne en vous, et que ça vous motive pour faire en sorte que demain soit meilleur. Cet endroit est cruel, aucun autre endroit ne pourrait être plus froid. Si nous ne changeons pas, le monde sera bientôt du passé. Vivant juste assez, juste assez pour la ville» crie-t-il à la face du monde. Chanteur engagé dans la lutte pour les droits civiques, Stevie WONDER sait mettre son talent lyrique au service d’une cause essentielle : celle de l’égalité réelle. Dans sa dénonciation du racisme ancré dans la mentalité  d’une société esclavagiste «Living for the City» est une puissante dénonciation du racisme aux Etats-Unis. En 1973, «Innervision» relate, avec bruitage de rues, voix et sirènes de police, le parcours d’un jeune Noir issu d’une famille pauvre du Mississipi qui tente de survivre à New York. Ce jeune se retrouvant au mauvais endroit au mauvais, est accusé d’un crime et mis en prison.
En pleine guerre du Vietnam et de mouvement pour les droits civiques, Stevie WONDER a repris, le 4 mai 1966, la chanson de Bob DYLAN, «Blowing in the Wind» ; c’est un combat politique et social, pour la paix «Sans la paix, il n’y a pas d’amour, et l’amour est le sommet de la paix» dit-il. C’est un puissant hymne à la paix et à l’égalité : «Combien de routes un homme doit-il emprunter, avant de l'appeler un homme ? Combien de mers la colombe blanche doit-elle naviguer, avant de dormir dans le sable ? Combien de fois les boulets de canon doivent voler, Avant qu'ils ne soient à jamais bannis ? (…) Combien d'années doivent exister certaines personnes, avant d'être autorisées à être libres ? Combien d'oreilles doit avoir une personne, avant d'entendre les gens pleurer ? Et combien de morts cela prendra-t-il jusqu'à ce qu'il sache, que trop de gens sont morts ?» chante-t-il.
«High Ground», sur fond de guerre du Vietnam et de la lutte pour les droits civiques, est adressé en particulier à la communauté noire. Stevie WONDER les exhorte à continuer à se battre pour des principes et valeurs, pour la liberté et la dignité, jusqu’à ce que ces objectifs soient atteints : «Les gens continuent d’apprendre. Les soldats continuent de combattre. Les gouvernants continuent de mentir, tandis que ton peuple continue de mourir. (…) Je suis tellement heureux, il (Dieu) me laisse essayer encore. (…) J’ai vécu un monde entier de péché. Je suis tellement heureux de savoir, plus que je ne le savais alors, je vais continuer de persister, jusqu’à ce que j’atteigne le sommet de la montagne» écrit-il.
Militant des droits civiques et ayant combattu contre la guerre du Vietnam, Stevie WONDER s’est réjoui de l’arrivée de Barack OBAMA, élu et réélu président des Etats-Unis «Beaucoup de personnes qui ont contribué à l’arrivée de ce jour : la famille Kennedy, la famille King, le révérend Jackson, les fillettes tuées par le Ku Klux Klan en Alabama [dans un attentat à la bombe contre une église baptiste, en 1963], Emmett Till (un métayer de 14 ans atrocement assassiné dans le Mississippi en 1955 pour avoir tenté de séduire une femme blanche), ainsi qu’à tous les militants des droits civiques assassinés. J’ai pensé à tous ces gens qui ont contribué à l’arrivée de ce jour» dit-il. Cependant, Stevie WONDER est resté lucide sur les responsabilités de Barack OBAMA «Vous savez, la lutte ne commence que lorsque vous gagnez. C’est là que le challenge commence. Quand vous réussissez, il y a toujours ceux qui vont trouver quelque chose contre vous, qui pensent que ça n’aurait pas dû arriver. Il y a des gens, et pas seulement en Amérique, qui ont espéré la défaite de Barack Obama. Mais une des choses importantes dans la vie est d’avoir la foi : ceux qui étaient négatifs et ce qu’ils ont dit n’ont fait que nous encourager à y croire plus encore, nous donner plus de détermination» précise-t-il.
Stevie WONDER compose «Haven’t Done Nothing» pour financer une campagne en Afrique de lutte contre la mouche tsé-tsé, facteur de cécité des enfants. Subitement, il s’intéresse à l’art africain. Un des premiers objets d’art ancien africain qu’il a acquis était une statue Dan de la Côte d’Ivoire achetée à Los Angeles vers 1980 auprès du marchand d’art Amadou Yacine THIAM, qu’il a ensuite offerte à Ron CARTER, grand musicien de jazz. En 1974, Stevie WONDER voulait abandonner la musique pour aller s’installer en Afrique, berceau de l’Humanité, afin de combattre la pauvreté «hope to bring back an alternative way from Africa» dit-il. Ce voyage pourrait aussi enrichir sa musique : “When you go into a culture or a different country, and you hear a certain kind of music, you can really show your appreciation of the music” dit-il.
 
En mars 1982, le chanteur en duo avec Paul McCARTNEY «Ebony and Ivory» est classé n°1. C’est un réquisitoire contre l’Apartheid. Lorsque Stevie WONDER, en 1984, a dédié «I just Called to Say I Love You» à Nelson MANDELA, en prison depuis 22 ans, sa musique a été interdite d'Afrique du Sud, et célébrera la libération de Nelson MANDELA. I Just Called to Say I Love”, une musique de film : “Pas de jour de l'an à fêter. Pas de bonbons au chocolat en forme de cœurs à offrir. Pas de premier jour de printemps. Pas de chanson à chanter. (..) En fait c'est juste un jour comme les autres. (…). J'ai simplement appelé pour te dire je t'aime. J'ai simplement appelé pour te dire combien je me soucie de toi. J'ai simplement appelé pour te dire je t'aime. Et je l'ai dit du fin fond de mon cœur» dit-il. «Master Blaster» extrait de «Hotter than July», est bâti sur un rythme reggae en hommage à Bob MARLEY (1945-1981). Cette chanson évoque également la fin de la guerre de libération du Zimbabwe, survenue en 1979.
En 1985 Stevie participe au concert du «Band Aid» à Philadelphie, contre le SIDA, et en 1985, au projet «USA for Africa» contre la faim. Il a fait ses recommandations aux Africains, 60 ans après les indépendances : «Je crois vraiment que l’Afrique doit réussir à se présenter comme un continent uni. Trop de ressources naturelles ont été commercialisées sans que les peuples n’en bénéficient. Il faudrait les nationaliser à l’échelle du continent pour un partage juste des richesses. Et parvenir à dégager une langue centrale qui rassemble tout le monde. Nous devons laisser à tous la chance de grandir, de se développer, et de réussir» dit-il. Stevie ne connaît que le genre humain et l’Afrique est le berceau de l’Humanité : «C’est dans mon sang. Noirs, blancs, marron, jaunes ou je ne sais quoi encore… nous avons tous sur la planète un instinct naturel nous liant à l’Afrique puisque ce continent est le berceau de l’humanité. Il est naturel de se rapprocher de cette essence. Depuis tout petit, par exemple, j’écoute Myriam Makeba» dit-il.
 
Sous ses airs festifs et légers, «Happy Birthday to You» est en fait un véritable monument à la mémoire de Martin Luther KING, assassiné le 4 avril 1968. Stevie WONDER a mené la campagne pour que l'anniversaire de Martin Luther KING soit déclaré fête nationale. L'idée de faire reconnaître l'anniversaire du défenseur des droits civiques comme un jour férié a été proposée avant même les funérailles de Martin Luther KING. Le membre du Congrès John CONYERS, un démocrate du Michigan, a présenté un projet de loi proposant la fête nationale quatre jours seulement après l'assassinat, mais les conservateurs ont voulu enterrer ce projet, par des manœuvres dilatoires. Le projet de loi étant au point mort au Congrès, Stevie WONDER s'est consacré à sensibiliser et à soutenir la fête. En 1979, il se lance dans une tournée qui se terminera par un rassemblement sur le National Mall à Washington DC pour célébrer l'anniversaire de King. La tournée à guichets fermés mettait en vedette les amis célèbres de Stevie WONDER, notamment Michael JACKSON, Gil SCOTT-HERON, Diana ROSS et Carlos SANTANA. La finale à Washington DC a attiré une foule de 100 000 personnes.
En fait, la chanson «Happy Birthday» en hommage à Martin Luther KING (1929-1968), a été incluse sur son album de 1981, «Hotter Than July». Puis, en 1982, Stevie WONDER et Coretta SCOTT KING (1927-2006) ont présenté une pétition avec plus de six millions de signatures en faveur de «Martin Luther King Day» au président de la Chambre. Finalement, le Congrès a adopté le projet de loi et le président Ronald REAGAN a finalement signé la fête en 1983 : «Nous ne sommes qu'un grain de sable, mais, si chaque être faisait chaque jour un geste pour la paix, pour l'égalité et le respect de la vie, tout pourrait changer» dit-il. Le 20 janvier 1986 eut lieu la première commémoration du «Martin Luther King Day». Le concert qui eut lieu ce jour fut mémorable et Stevie WONDER en fut la vedette principale.
Happy Birthday to you”, en hommage à Martin Luther KING, est également une chanson adaptée aux 70 ans de Stevie WONDER : «Vous savez, il n'a pas beaucoup de sens, il devrait y avoir une loi contre quiconque se fâche, lors d'une journée dans votre célébration, parce que nous connaissons tous dans nos esprits, qu'il devrait y avoir un temps que nous pouvons mettre de côté, pour montrer à quel point nous vous aimons. Et je suis sûr que vous en conviendriez, il ne pouvait pas tenir plus parfaitement, que d'avoir un parti mondial le jour où vous êtes né. Happy Birthday to You. Je n'ai jamais compris, comment un homme qui est mort pour le Bien, ne pouvait pas avoir un jour de célébration pour sa reconnaissance, parce qu'il ne devrait jamais être tout simplement parce que certains ne peuvent pas voir. Le rêve aussi clair qu'ils devraient faire devenir une illusion Et nous savons tous tout ce qu'il représentait, le temps qu'il apportera. Pour la paix de nos cœurs chanteront : Happy Birthday to You !
Bibliographie sélective
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Paris, 13 mai 2020, 70ème anniversaire de Stevie WONDER, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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