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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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16 octobre 2022 7 16 /10 /octobre /2022 18:13
«Boubacar Boris DIOP, un intellectuel sénégalais, panafricaniste, nationaliste et anticolonialiste, un écrivain de la mémoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Ecrivain majeur et subversif du Sénégal, professeur de littérature et de philosophie, universitaire, préfacier, traducteur, journaliste, historien, linguiste, éditeur, Boubacar Boris DIOP s'est particulièrement distingué dans ses combats pour la dignité des Africains, leurs valeurs et leur culture. Il faudrait apprendre à croire en soi et se respecter : «Notre asservissement date de la traite négrière, de la colonisation et en même temps, on a l’impression que ce n’est pas fini. Être Africain reste une circonstance aggravante, en raison de cette négrophobie, les Africains représentant une anomalie, à mépriser. Le continent africain est associé à la misère, à la mal-gouvernance et aux désordres» dit-il à Sada KANE sur 2S TV. Pourtant sa riche contribution littéraire, une méditation sur le destin d’une Afrique martyrisée à travers diverses tragédies (esclavage, colonialisme et ses massacres, régimes autocratiques) est aussi une espérance, qu’un jour, après la nuit, viendra l’aube, pour paraphraser Victor HUGO. En effet, il milite pour la souveraineté et une vraie indépendance des pays africains, avec une revalorisation des langues nationales. «La France se comporte dans ses anciennes colonies comme nulle part ailleurs» dit-il à «Jeune Afrique».
Miroir de l'âme et de la société par excellence, le roman, l'un des genres majeurs de la littérature, demeure un pont de soupir au relent thérapeutique. En effet, la production romanesque, de par sa polyphonie, est un espace de projection et un laboratoire d'expérimentation du vécu social. «L'œuvre de Boubacar Boris Diop tout entière se donne dans l'exploration des pouvoirs du langage, de ce paradoxal pouvoir du dire qui est aussi son impouvoir. Elle s'acharne à dire le monde, à exposer les blessures de l'Histoire, à reconstituer le puzzle laissé par la disjonction des temps et des espaces, à reconstruire une mémoire-refuge, mais elle sait avec certitude que, pendant ce temps, le mémorial de mots qu'elle tente de dresser contre l'oubli est d'une fragilité irrémédiable» écrit Ousmane N’GOM. Ainsi, c'est naturellement que «le Sénégalais Boubacar Boris Diop soucieux de juguler les maux dont souffrent le Sénégal, à savoir la prévarication utilise le roman pour dévoiler la logique des révoltes émergeant et contestant les idéologies du pouvoir dominant. En fait, la révolte sourde dans l'âme et l'esprit de tout individu houspillé et bafoué, requiert et exige vengeance et justice» écrit Thierno Boubacar BARRY.
Ecrivant aussi bien en français qu'en wolof, Boubacar Boris DIOP est, dans les deux langues, un auteur militant pour la conservation de la mémoire culturelle sénégalaise ou africaine (Murambi). En 2016, il a fondé un hebdomadaire en ligne, «Lu Défu Waxu», une école de langue en ligne, et surtout EJO éditions, une maison spécialisée dans la littérature écrite en Ouolof (Doomi Golo, Bammeelu Kocc Bqarma et Malaanum Lëndëm). «Ejo», un clin d’œil panafricaniste, est un mot rwandais signifiant à la fois hier et demain, le passé et le présent. Il a traduit en wolof de «Une saison au Congo», (Nawetu Deret), d’Aimé CESAIRE (voir mon article). Il a aussi créé, aux éditions Zulma, à Paris, «Céytu», une collection littéraire, en référence au village natal de Cheikh Anta DIOP, son mentor en politique.
On peut dire, avec une grande fierté, que Boubacar Boris DIOP représente un «ancrage local, mais avec une internationalisation de son œuvre» suivant Nathalie CARRE. «Qui sait se servir de sa langue, ne se trompera jamais de chemin» dit un dicton Ouolof. Son engagement anticolonialiste est bien affirmé. La Françafrique prétend se tenir aux côtés de ses alliés africains, pour défendre leur sécurité. En fait les Africains : « sont ses obligés ; faute de quoi, la France perdra toute influence en Afrique et dans le monde. C’est joliment dit, ça : «engagement global de sécurité». En fait, c’est la logique mafieuse du parrainage : «Je te protège, je garantis la survie de ton pouvoir, mais cela a un prix» dit-il à Fatoumata SECK. Boubacar Boris DIOP est considéré aujourd'hui comme un des porte-paroles du continent noir et un de ses meilleurs avocats pourfendeurs des discours néo-colonialistes, compte tenu d’une Françafrique défendue plus que jamais par le président Emmanuel MACRON, comme au temps de l’Empire. «La France n’a pas d’amis ; la France n’a que des intérêts. Le français et nous, de toute façon, c’est bientôt fini. Ce n’était pas un mariage d’amour, le divorce arrive» dit-il.
Boubacar Boris DIOP, par la portée qu'il a assignée à sa création romanesque, par son engagement, à travers la question de la mémoire, revendique, sans concession, la dignité de l'Afrique. «Lorsqu’un État-client comme le Rwanda de Habyarimana est menacé par une guérilla venue de l’Ouganda, il faut sortir le grand jeu. Parce que c’est ainsi que les rebelles du Front Patriotique Rwandais étaient perçus : comme des anglophones – ce qui était vrai, d’ailleurs. Il s’agissait de se porter au secours d’un bastion francophone coincé entre le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Et du coup, moi, cela me pose problème pour deux raisons : d’abord parce que je suis sénégalais et que mon pays fait partie de ces États-clients piégés par l’Empire français et son rêve de grandeur ; ensuite parce que plus d’un million de Rwandais sont morts dans cette défense de la langue française. Et cette langue française, elle est mon instrument de travail. Je me suis bien rendu compte que si les circonstances l’y obligeaient, Paris n’hésiterait pas à intervenir de manière aussi sanglante au Sénégal, directement ou non. Au Rwanda, je découvre aussi que, finalement, ce que nous appelons en Afrique, et peut-être même ailleurs, «la haine de l’autre», c’est surtout «la haine de soi» dit-il à Fatoumata SECK.
Enseignant de qualité, équilibré, réfléchi et profond dans ses analyses, résolu dans ses convictions, Boubacar Boris DIOP, dès son adolescence, voulait devenir écrivain. Dans son ambition littéraire, Boubacar DIOP estime que la meilleure façon de connaître une société, c’est d’exercer le métier de journaliste. «Je ne voulais ni être avocat, ni médecin ou autre. Je ne voulais pas faire de la politique. J’ai compris que pour être bon écrivain, il fallait bien comprendre sa communauté. Et pour cela, les journalistes sont les mieux placés. Quand on est critique littéraire, on apprend à éviter le futile, à bien rédiger, à exprimer sa pensée de manière concise ; ce qui donne de la nervosité aux écrits. Au moment d’écrire «Murambi», j’avais terminé ma formation de journaliste» dit-il. En effet, Boubacar Boris DIOP estime que pour être un bon écrivain, il ne suffisait pas de lire de bons auteurs ; il faudrait aussi passer par le journalisme, une recherche des faits, et donc de la Vérité. «I am both a journalist and a writer, and what I came to realise was that when I write a journalistic piece, the facts precede the text and, when I am writing a novel, the reverse is true. The text precedes the facts, which I can ‘work on’ at will. During my Rwandan experience I found myself at the edge of two worlds, the world of the journalist and that of the novelist» dit-il dans un entretien accordé à Véronique TADJO. Aussi, après l’école du journalisme, le CESTI, Boubacar Boris DIOP est devenu un critique littéraire, en commençant à la «Afrique Tribune» d’Ibrahima SIGNATE. Il a publié des articles notamment sur Cheikh Hamidou KANE, SEMBENE Ousmane et Cheikh Alioune N’DAO. «Les écrits de Diop, qui vont du compte rendu littéraire au reportage, en passant par l’interview et le dossier thématique, participent d’un processus de production du sens de la littérature africaine» écrit Serigne SEYE. Il a été Directeur de publication du mensuel d’analyses «Démocraties» de Pape Samba KANE et des quotidiens, «Le Matin» et «SenPlus». Auparavant, il avait participé à la création de «Sud»,  et y resté pendant 10 ans, de 1986 à 1996. Il continue encore à collaborer avec la presse internationale (La Neue Zürcher Zeitung, le Monde diplomatique, Internazionale, The African).
Boubacar Boris DIOP s'est illustré, depuis son entrée en littérature, par son engagement politique, en particulier, en 1994, dans l’affaire du génocide à l’encontre du peuple rwandais. Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, «Murambi», en référence au massacre de Tutsis dans une école, le livre de Boubacar Boris DIOP nous éclaire sur l’ultime génocide du XXème siècle. «Ce roman est un miracle. Murambi, le livre des ossements, confirme ma certitude, qu’après un génocide, seul l’art peut essayer de redonner du sens. Avec Murambi, Boubacar Boris Diop nous offre un roman puissant, terrible et beau» écrit Toni MORRISON (1931-2019, Prix Nobel de littérature. Voir mon article). En effet, «Murambi», figurait sur la liste des 100 meilleurs livres africains du XXème siècle de la Foire internationale du livre du Zimbabwe. Après un crime de masse aussi odieux, il était nécessaire de dénoncer le Mal et se souvenir des victimes. Cependant, un véritable travail de mémoire consécutif à un crime de masse n’est possible qu’a la faveur d’une émotion politique désignant, sans ambiguïté, victimes et bourreaux. «La sérénité de l’historien peut- elle dire ce déchainement des passions humaines les plus folles ? Je ne le crois pas. Le roman, qui trouve le tueur sur son terrain, celui de l’émotion et de la falsification, me parait plus apte à remplir cette tâche» écrit Boubacar Boris DIOP.
Qui est Boubacar Boris DIOP ?
Boubacar DIOP est né le 26 octobre 1946, à la Médina, à la rue 5 Angle Blaise Daigne, en face du Stade Iba Mar Diop, dans un quartier populaire de Dakar. Il a suivi son père, affecté à Thiès et y a effectué ses études, à l’école Randuleen, puis au collège, jusqu’en classe de 4ème. Son père étant de nouveau en mobilité et logé, en sa qualité d’intendant ou «dépensier», au lycée Van Vollenhoven, il est revenu avec lui à Dakar. A l’époque, à deux exceptions près, tous les enseignants de ce lycée sont des Français, comme l’écrasante majorité des élèves. Boubacar a donc subi le racisme d’une partie de ces colons, et dont le plus odieux était Luc NEGRE, un nom qui ne s’invente pas. A l'âge de 15 ans, Boubacar a écrit son premier livre, «La Cloison», un titre faisant allusion à une sorte de séparation métaphorique entre deux mondes de dominants et dominés, en référence à cette barrière raciale que le colon imposait et faisait subir au peuple sénégalais, avec la complicité de Léopold Sédar SENGHOR.
Son père, Amadou Charles DIOP, natif en 1906, à Gorée, un comptable, endetté, un francophile et amoureux de la France, «la Mère-patrie», avait une grande bibliothèque richement dotée. C’est ce a qui accentué le goût de la lecture du petit Boris qui aimait jouer au football et chasser les moineaux. «J’étais trop jeune pour réaliser que la langue de ces livres se suffisait à elle-même, que leur contenu était quasi accessoire. J’ai réussi, par chance, à en faire bon usage. La bibliothèque paternelle était en parfaite résonance avec un système éducatif plus soucieux de formater que de former : enfant, il m’était interdit de parler wolof dans la cour de récréation et nos leçons de géographie me faisaient sinuer entre les plus petits ruisseaux de France et de Navarre» écrit Boubacar Boris DIOP. Il finira par découvrir Birago DIOP, Aimé CESAIRE, Mongo BETI, et surtout Jean-Paul SARTRE. En effet, pendant son enfance, Boubacar était d’un bégaiement sévère, mais qui a été soigné. Passionné du football, mais très réservé, casanier et taiseux, il s’est réfugié dans la lecture, notamment les ouvrages d’un philosophe français, Jean-Paul SARTRE (1905-1980). En particulier, il lisait plusieurs fois «Les chemins de la liberté», une trilogie (L’âge de raison, le sursis et la mort dans l’âme), et voulait s’identifier à Boris Serguine, le personnage central de ce livre, d’où son deuxième surnom «Boris». Ce livre, en trois volets, décrit la défaite de la France et son Occupation en 1940, une grande déroute. : «Ils sont vivants mais la mort les a touchés : quelque chose est fini ; la défaite a fait tomber du mur l'étagère aux valeurs. Paris, célèbre le triomphe de la mauvaise conscience, on fait l'inventaire des dégâts : Paix, Progrès, Raison, Droit, Démocratie, Patrie, tout est en miettes, on ne pourra jamais recoller les morceaux» écrit J-P SARTRE. Mais le personnage de Boris Serguine, à l’instar de Boubacar DIOP, en dépit des tragédies africaines, est habité par l’Espérance : «Ne désespérez pas ! Car le désespoir n’est pas seulement péché contre l’adorable bonté divine : les incroyants mêmes conviendront avec moi, que c’est un attentat de l’Homme contre lui-même et, si je puis dire, un suicide moral» écrit Jean-Paul SARTRE. En effet, comme Youssou N’DOUR (voir mon article), un artiste et chef d’entreprise avisé, Boubacar Boris DIOP a démontré que, même si la vie est difficile en Afrique, c’est un continent d’avenir ; on peut étudier, vivre au Sénégal, et en dépit des grandes contraintes sociales, être prolifique et assurer une production littéraire riche, variée et de qualité. En effet, contrairement aux gens de sa génération, Boubacar Boris DIOP, après son baccalauréat, a renoncé à une bourse pour se rendre à Lille, en France. Il a choisi de rester au Sénégal, par amour pour sa mère, Mme SALL, une Peule, et sa fratrie, afin de les aider avec sa bourse et divers petits boulots (cours dans les écoles privées, ouvrier à l’usine Bata de Rufisque, au port de Dakar, pour une société de transit, etc.). Boubacar Boris DIOP, dans les années 70, a été professeur en Lettres modernes, au Lycée Charles de GAULLE de Saint-Louis. Ensuite, il a enseigné la philosophie au lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque. Sa mère, Mme SALL, lui racontait des contes la nuit. Dans son roman, «le cavalier et son ombre», il réhabilite la culture orale : «J’avais envie de faire un texte littéraire, un texte écrit qui prendrait en compte l’oralité. Je pense que c’est pour cette raison que le personnage principal de ce roman, Khadidja, est une conteuse. Et je dois dire que lorsque j’étais gamin, ce qui est à l’origine de ma vocation d’écrivain, c’est que j’entendais beaucoup de contes et qu’ils avaient sur moi un très fort impact. J’étais très impressionné par les contes que j’entendais et ces contes étaient dits par une conteuse, justement, par ma mère. Et voilà, j’ai eu envie de travailler sur ça. La frontière entre le monde de l’écriture et le monde de la parole» dit-il à Yolande BOUKA et Chantal THOMPSON.
Boubacar Boris DIOP est issu d’une famille, historiquement hostile, à la mouvance politique de Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001, voir mon article), premier président du Sénégal indépendant. En effet, sa grand-mère, Fa GUEYE BAFA, militante engagée auprès de la Section française de l’internationale ouvrière, la S.F.I.O. de Lamine GUEYE (voir mon article), combattait le Bloc démocratique du Sénégal (B.D.S.), le parti présidentiel. Classé sur l’échiquier politique à gauche, une gauche radicale, membre du Forum Social Africain, Boubacar Boris DIOP est fondamentalement un disciple de Cheikh Anta DIOP (1923-1986, anthropologue et égyptologue). «Dans les années 70, le chic gauchiste, c’était de se promener sur le campus de l’université de Dakar en tenant certains livres bien en vue : Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mao Tsé-Toung, Cabral. Avides d’idées simples et de solutions brutales, nous étions, à vrai dire, peu de gens raisonnables» dit-il. Sa polémique, en septembre 2019, contre le professeur Souleymane Bachir DIAGNE, a été violente ; il lui a reproché d’être «animé de la pire des mauvaises foi et d’une pincée de cynisme. Pourquoi faire passer un vieil article de plus de vingt ans pour une récente interview ?». En effet, dans un article paru, en 2018, dans une revue sud-africaine, Chimurenga, en langue anglaise «In the Den of the Alchimist» ou «Dans l’antre de l’alchimiste», le professeur Souleymane Bachir DIAGNE décrivait Cheikh Anta DIOP comme un «solitaire quasi halluciné» et lui reprochait de vouloir imposer «une langue unique africaine». En quelle langue donc l’écrivain africain colonisé devrait-il s’adresser à sa société ou à son peuple et quel médium devrait-il utiliser pour une meilleure diffusion de sa contribution littéraire ?
Pour Cheikh Anta DIOP, dont l’université de Dakar porte le nom, l’Afrique, dans son unité culturelle, est le berceau de l’Humanité, avec sa civilisation négro-africaine, dont seraient issus les Peuls. Il va ainsi à l’encontre des thèses de Maurice DELAFOSSE (1870-1926, voir mon article) qui avait soutenu que les Peuls seraient d’origine juive. Cheikh Anta DIOP, un panafricaniste, est un grand avocat pour la défense des langues africaines. Privilégiant, de plus en plus en Ouolof, sans cesser d’écrire en français, l’artiste sénégalais ne pourrait-il pas être confronté à un risque de «schizophrénie» ? s'interroge Boubacar Boris DIOP. En effet, il est en conflit avec la langue de l’ancien colonisateur, qu'il maîtrise parfaitement, au passage. Son engagement en faveur des peuples du tiers-monde le pousse, désormais, à œuvrer à la promotion, en littérature, de sa langue maternelle : le Ouolof. Boubacar Boris DIOP a posé un mythe fondateur, à savoir que l’intérêt, pour les langues nationales, aurait commencé avec le livre, en 1954, de Cheikh Anta DIOP, «Nations nègres et culture» ; un groupe a été constitué en 1958, à Grenoble, pour la promotion de la langue Ouolof. Bien des auteurs (Cheikh N’DAO, Assane SYLLA, Massamba SARRE, Assane DIA, Mame Younousse DIENG, Arame FALL, Pathé DIAGNE, etc.), ont donc continué cette mission. En dépit de l’importance de ces dates, il faudrait nuancer ce propos. Pour ce qui est de la langue Wolof et du Sérère, c’est l’abbé Paul David BOILAT (1814-1901, voir mon article), un métis ne connaissant que le Cap-Vert, le premier à s’intéresser aux langues nationales. En particulier, en 1858, il a publié «la grammaire de la langue ouolofe» et chose tout à fait extraordinaire avec des maximums de Kocc Barma FALL. Auparavant, en 1825, Jean DARD (1789-1833) avait déjà publié un dictionnaire français - ouolof. C’est ici l’occasion de souligner, pour ce qui est du Peul, de l’extraordinaire travail accompli, par administrateur colonial de la Mauritanie, linguiste et traducteur, Henri GADEN (1867-1939, voir mon article), qui avait une femme peule, avec résidence à Saint-Louis et il y est enterré. En effet, Henri GADEN et Maurice DELAFOSSE (voir mon article) ont traduit du peul vers le français, en 1912, les «Chroniques du Fouta-Toro», une des bases essentielles de l’histoire du Sénégal, ainsi que la vie d’El Hadji Omar TALL (voir mon article) en 1935. Depuis lors, il existe de très nombreux dictionnaires en anglais ou en français du Ouolof ou du Peul. En France, il faudrait rendre un vibrant hommage à l’INALCO, Léopold Sédar SENGHOR, avant l’indépendance y avait enseigné des rudiments de Peul et Ouolof. Les éditions L’Harmattan, ont réalisé un excellent travail en faveur des langues des autres pays (voir ma bibliographie jointe). C'est quoi donc le problème ?
«Ceux qui écrivent en Wolof ou en Pulaar sont plus nombreux, mais peu connus ou reconnus» dit Boubacar Boris DIOP. En effet, de nos jours la langue peule, à travers une association, «Tabital Pulaaku International» ou «la Renaissance du Peul», a entrepris la rédaction d’un gigantesque dictionnaire et des livres d’alphabétisation (Yéro Doro DIALLO, Mamadou Samba DIOP dit Mourtouddo, Bathia BA, et son «Mandacratie», Thierno MONENEMBO, Abdourahmane N’GAIDE, Abass DIALLO aux Mureaux en France). En effet, une vaste zone géographique de l’Afrique (Guinée Conakry, Mali, Mauritanie, Niger, Burkina-Faso, Cameroun, Nigéria, Sierra-Léone, Guinée-Bissau, Gambie, Tchad, République centrafricaine, Soudan, etc.). Au Mali, il y a un festival annuel sur le Peul. «L’Afrique n’existe plus, elle a été dépossédée de son espace», dit Cheikh Hamidou KANE président de «Tabital Pulaku du Sénégal». Les Peuls sont minorités, mais ils sont présents dans une vingtaine de pays en Afrique et partout dans le monde, à travers leurs diasporas. On dit même que le premier homme, rencontré, en 1969, par que Neil ARMSTRONG (1930-1912) sur la lune, est un Peul. Si le Ouolof est largement parlé dans un espace restreint du Sénégal et de la Gambie, cette langue, comme le Peul, souffrent de défaut d’études linguistiques poussées, pour réduire leurs lacunes. En effet, dans les médias sénégalais beaucoup de mots en langue française se glissent encore dans les discours. Il serait judicieux, comme au Japon et en Chine, de diligenter des thèses de doctorat en Ouolof et en Peul, afin d’enrichir et de nationaliser davantage les langues sénégalaises.
A ce stade, il est indubitable que Boubacar Boris DIOP, en raison de son engagement, de sa visibilité au plan national et international, a considérablement mis en lumière et valorisé les langues africaines. En 1967, N’Gugi Wa Thiongo’, figure majeure de la littérature kenyane, a désormais fait le choix de n’écrire que dans sa langue maternelle, le Kikuyu. Abdilatif ABDALLA, un opposant kenyan, écrit en Swahili : «Le combat est le même, mais nos générations et nos contextes linguistiques diffèrent. Personne ne demande à N’Gugi wa Thiong’o de se battre pour le rayonnement de la langue anglaise. Nous sommes, nous francophones, des auteurs sous influence. Je ne pense pas, non plus, qu’il faille délégitimer la littérature africaine écrite en langues étrangères, qualifiée par N’Gugi d’«afro-européenne». Je préfère l’approche moins radicale de David Diop et de Cheikh Anta Diop, qui y voient une littérature de transition correspondant à un moment donné de notre évolution historique. Peut-être que N’Gugi Wa Thiong’o a un sentiment d’isolement plus grand que le mien, car au Sénégal la littérature en langues nationales, essentiellement en wolof et en Pulaar, est en plein essor» dit-il à Fatoumata SECK. Une partie des livres de Boubacar Boris DIOP a été traduite en langue anglaise (Murambi et Kaveena) et les éditions Philippe REY ont publié certains de ses livres. Il s’y ajoute que Boubacar Boris DIOP, éditeur et traducteur, s’engage aussi à publier les livres en Peul. On connait les objections contre la promotion des langues nationales africaines. Les Africains lisent peu, commentent des livres qu’ils n’ont jamais lus, et descendent en flèche les écrivains, au lieu de les soutenir, en s'abstenant d'acheter leurs livres. Ainsi, le professeur Iba Der THIAM (1937-2020, voir mon article), historien, comme Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021, ont été crucifiés par les forces du Chaos.
Qualifié de «mendiant du souvenir» par Hamidou DIA (1953-2018), dans la démarche de Boris DIOP sur la mémoire et l’identité, des thèmes surgissent : l'histoire de l'Afrique, la colonisation, les indépendances, les guerres civiles, le génocide rwandais. «Les romans de Boris DIOP doivent une grande part de leur originalité à la présence obsédante des discours de la mémoire et de l'histoire. Son esthétique s'inscrit dans une revisitation permanente des récits de l'historiographie. Cette écriture convoque le passé et l'investit comme matériau dans cette exploration des formes du roman. Une telle démarche scripturale semble être la pierre angulaire de cette fiction aux confluences desquelles se rencontrent et s'intègrent systématiquement, aussi bien les genres romanesques hétérogènes de l'oralité (contes, épopées, mythes), que des disciplines non romanesques» écrit Fodé SARR.
Les Africains sont au courant du moindre fait divers qui se passe dans les pays occidentaux. En revanche, peu d’Africains ont bien saisi ce qui s’est passé réellement, en 1994, au Rwanda : «Je me rappelle avoir entendu à la radio l’annonce de la mort, dans un attentat, des présidents rwandais et burundais, mais c’est à peu près tout. C’était trop loin. Qu’est-ce qui se passait là-bas exactement ? Un avion abattu, des massacres, des exécutions, des Hutus, des Tutsis Je ne savais pas vraiment ce que tout ça voulait dire. Dans ces cas-là, on se représente des ethnies qui s’opposent de manière sauvage depuis des millénaires. On ne fait pas dans le détail, car on n’a pas les clés. Au terme des cent jours qu’a duré le génocide, je n’avais toujours rien compris» dit-il à «Jeune Afrique». En fait, le génocide au Rwanda a décillé les yeux de l’écrivain et intellectuel Boubacar Boris DIOP et l’a aidé à nommer les choses. Il existe un colonialisme mental : «Si moi je n’avais rien compris, comment le Sénégalais moyen, moins équipé pour s’informer, aurait-il pu comprendre ? La profondeur de notre aliénation est telle que nous sommes parfois semblables à des zombies. Nous avons intégré une vision racialisée de notre histoire : le Rwanda, c’est moi, noir et africain, pareil pour la Centrafrique. Ce qui s’y déroule, ce sont des secrets de famille honteux à ne surtout pas exposer sur la place publique. Au final, nous nous percevons nous-mêmes avec les yeux des autres, car cette Afrique-là est plus un fantasme qu’une réalité. L’Afrique reste le continent des lieux lointains» dit-il.
Par conséquent, en 1998, dix écrivains et journalistes : Abdourahman WABERI, Véronique TADJIO, Koulsy LAMKO, Thierno MONEMEMBO, Nocky DJIDANOU, Monique ILDOUDO, Meja MWANGI et Boubacar Boris DIOP, se sont rendus, quatre ans après la tragédie de 1994, au Rwanda, pour enquêter : «Personnellement, j’y suis allé à reculons. Mais au bout d’une semaine sur place, j’ai pris conscience que je n’avais rien compris et que je n’en avais pas le droit. J’étais écrivain, journaliste, universitaire. Ce qui m’a aidé, c’est ma formation de journaliste : je sais écouter. Et là-bas, j’ai beaucoup écouté. Et j’entendais tout, même ce qui n’était pas formulé. Nous sommes restés deux mois. Mais après mon retour au Sénégal, j’ai eu besoin d’y revenir. J’ai écrit Murambi avec beaucoup de dépouillement et de simplicité. J’ai simplifié mon écriture» dit-il à «Jeune Afrique». Il y a eu plus d’un million de morts en majorité des Tutsis, dans ces massacres au Rwanda. «Nous sommes venus, en frères africains», écouter les victimes des massacres de 1994 et essayer, grâce à nos livres, de faire connaître leurs souffrances au monde entier, une initiative louable qui fut d’abord reçue avec méfiance par les autorités rwandaises, en raison de l’indifférence dont le monde a tristement fait preuve lors des événements de 1994. Notre groupe a été un pionnier, car quand nous allions au Rwanda en 1998, le sujet n’intéressait pas du tout le grand public. On continuait à voir dans le génocide des Tutsis de simples massacres interethniques. Mais après la publication des romans de témoignage, cela a radicalement changé la perception de cette tragédie» dit-il à Alice METOT, «Les Librairies» 24 mai 2011.
A partir de cette expérience au Rwanda, Boubacar Boris DIOP est devenu un autre homme : «Cela a transformé ma vision du monde ; j’ai su que je ne valais rien. J’ai commencé à écrire en Ouolof. L’écrivain doit être proche de sa communauté» dit-il. Son anticolonialisme s’est radicalisé, ainsi que son rapport l’écriture : «Une place importante est accordée au génocide des Tutsi du Rwanda que trop de gens cherchent à nier. J’ai mis l’accent sur l’implication de l’Etat français, parce que sa responsabilité, dans cette tragédie, via François Mitterrand, est aussi évidente ; les faits ne manquent pas pour l’étayer» dit-il. Dans «L’Afrique au-delà du miroir», Boubacar Boris DIOP estime que l'image que les médias donnent de l'Afrique ne correspond en aucune façon à la réalité. Cette propagande et ces calomnies visent surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. Ce n'est pas acceptable et la prise de parole est un impératif moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. Par conséquent, Boubacar Boris DIOP a pour souci de dire et de raconter, en tant qu'intellectuel africain, sa part de vérité, notamment dans un contexte de négrophobie, d’islamophobie et de xénophobie grandissant. «Projeter le regard, au-delà du miroir, c’est essayer de montrer quels mensonges se dissimulent sous tant de lieux communs proférés au sujet de l’Afrique» écrit-il.
Après l’intervention française au Mali, Boubacar Boris DIOP a dénoncé «la gloire des imposteurs». Dans la propagande officielle, le succès de l’opération Serval au Nord-Mali en janvier 2013, quarante-neuvième intervention militaire de la France dans son pré-carré africain, aurait dépassé toutes les attentes. Ses soldats y auraient été accueillis en libérateurs, tandis que des intellectuels africains de renom, jusque-là peu suspects de complaisance à l’égard de la Françafrique, se sont bruyamment réjouis de son action, jugée énergique et courageuse. «C’est le plus beau jour de ma vie» avait dit, prématurément et imprudemment, le président François HOLLANDE. En fait, l’Histoire est un grand juge ; la Françafrique n’ayant rien réglé au Mali, a fini par y déguerpir. Finalement, les armes de ce combat pour la souveraineté africaine, sont devenus le combat à travers les écrits des intellectuels africains.
Boubacar Boris DIOP, dans ses écrits en langue française, sont sous forme de romans policiers, avec une grande interpellation de la conscience des Africains sur les problèmes majeurs de notre temps. Ainsi, dans «Kaveena», lorsque le colonel Asante Kroma, chef de la police, entre dans une maison solitaire, il fait une découverte stupéfiante, le président N’Zo Nikiema, en fuite, vient de mourir, dans un village isolé. Un mystère : qui a violé et tué autrefois la petite Kaveena, fille unique de Mumbi, artiste peintre et maîtresse du président défunt ? Nous sommes dans un pays africain qui pourrait bien être n'importe lequel et un coup d'état chasse l'autre. Le chef de la police découvre alors un bunker sous la maison et plusieurs documents, dont une sorte de journal intime ou plutôt une longue lettre de justification à l'intention de Mumbi, l’artiste. Enfermé dans la case pour un tête-à-tête macabre, le colonel va se remémorer le passé, refaire l'histoire de l'accession au pouvoir du président défunt. Le chef de la police n'a-t-il pas contribué à l'arrivée au pouvoir de ce président maintenant mort, et exécuté toutes ses sales besognes afin de maintenir au pouvoir ? N'a-t-il pas commis toutes les pires exactions pour la conservation du pouvoir ? L’ancien président, à l’image des gouvernants autocratiques africains, était un homme politique avide et corrompu, sans foi, ni scrupules. Par conséquent, «Kaveena», est un long monologue lucide, précis et désespéré, décrivant, sans ambiguïté, et avec force détails, l'histoire d'une Afrique doublement meurtrie et humiliée, par ses colonisateurs, ces hommes conscients «de représenter une race supérieure», avec la complicité d’hommes de paille africains, des dictateurs avides et sans pitié pour leurs ennemis et aussi pour ceux qui furent, un jours, leurs amis ou leurs alliés.
Dans «L’Afrique au-delà du miroir», Boubacar Boris DIOP estime que l'image que les médias donnent de l'Afrique ne correspond en aucune façon à la réalité. Elle vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. C'est surtout tirer la sonnette d'alarme, car on voit bien quel inquiétant projet politique se profile derrière la négrophobie triomphante. Aussi, dans son livre, «Négrophobie», Boubacar Boris DIOP dénonce cette information surveillée, filtrée, truffée de mensonges et d’instrumentalisations. En fait, ce discours pervers de négrophobie, jouant avec le feu du racisme, vise à mieux masquer la face honteuse de la Françafrique. Ce n'est pas acceptable ; face à ce discours nauséabond, la prise de parole des Africains est devenue un impératif moral, pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre.
Dans «Le cavalier et son ombre», c’est une vision d’horreur quand le narrateur s'apprêtant à porter la cuiller à sa bouche, voit apparaître un énorme cancrelat ébloui par la lumière et pas encore tout à fait assommé par la chaleur. Étourdi, le cancrelat se retrouvait parfois sur le dos et se débattait, les élytres péniblement entrouverts par moments. La bestiole s'agita un peu, se raidit, demeura inerte entre un morceau de manioc et un bout de piment. Morte : «Si vous n'avez jamais entendu un flic vous parler avec autant de naturel des goûts culinaires du cancrelat, vous ne savez rien de la vraie misère» écrit Boubacar Boris DIOP.
Dans ses trois romans, écrits en Ouolof, Boubacar Boris DIOP témoigne d’une grande détermination pour la défense et la dignité de l’Homme noir. Contrairement à ce qu’indique son titre, «Bàmmeelu Kocc Barma», ne traite pas de l’histoire et de la vie du philosophe ouolof, mais de la tragédie du bateau le «Joola», survenue le 26 septembre 2003. Ici, les 1863 victimes de ce naufrage, plus importantes que le Titanic (1500 morts en 1912), n’ont attiré, ni l’attention des cinéastes de Hollywood, ni de cette presse à sensation. Ces personnes gisent au fond la mer et accueillies par Birima FALL alias Kocc Barma FALL (N’Dande 1586-1655 à N’Dongué Fall), maître de la parole en ouolof, moraliste et poète, que Boubacar Boris DIOP assimile à une incarnation de la nation sénégalaise ; la mer est devenue la sépulture de ces victimes et Kocc Barma leur a accordé sa protection. Ce drame innommable du «Joola», survenu sous le mandat de maître Abdoulaye WADE, témoigne bien, parfois, des conséquences de l’incurie et de la mal-gouvernance des autorités publiques africaines. Or, Kocc Barma, né à N’Dande, près de Louga, par son imagination fertile, anticonformiste et insoumis à travers ses quatre touffes de cheveux refusant d’avoir la tête rasée devant le Roi, sa vivacité d'esprit et ses maximes métaphoriques, incarne la morale, la sagesse et le civisme. Il est surnommé «Suñu Màam Kocc» ou «Notre grand-père». Kocc Barma combattait l'injustice et la tyrannie des Damels ou roi du Cayor, envers leur peuple. «Le Roi n’est pas un parent» disait-il. Pour Kocc Barma, un Roi a pour obligation de bien administrer la Cité et gouverner convenablement son pays. Cheikh Anta DIOP a eu parfaitement raison de parler de l’unité culturelle de l’Afrique. En dépit de la diversité culturelle du Sénégal, la construction de la nation sénégalaise remonte bien loin. C’est ainsi que mon ancêtre, Thierno Sileymane BAL (voir mon article) avait bien posé, en 1776, une charte de bonne gouvernance, à savoir que le «Jagoordo», cette assemblée des notables peuls, pouvait, à tout moment, destituer un Almamy (chef spirituel et politique de l’Etat du Fouta-Toro), ayant abusé de son pouvoir ou s’étant enrichi illicitement. De nos jours, cette règle devrait une Constitution coutumière applicable à l’échelle du continent africain.
Son deuxième livre, en ouolof, «Doomi Golo», a déjà été traduit en français, «Les petits guenons». Certains critiques se sont gaussés : comment un écrivain, en guerre contre la langue française, peut-il capituler si vite, sous l’autel de la notoriété ?
En fait, le «Chaka» de Thomas MOFOLO (1876-1948, voir mon article) écrit en Sesotho en 1909, traduit par les religieux français au Lesotho en 1931, est maintenant devenu un grand classique, avec une version de nombreuses langues dont l’Afrikans. En effet, bien de grands écrivains n’ont pas été reconnus de leur vivant, mais la postérité a fini par les consacrer. L’écrivain est, en fait, un éclaireur, mais il doit rester, fondamentalement, proche de sa communauté et de son temps : «Au moment d’écrire en Ouolof, il faut considérer que l’on plante une graine pour l’avenir. L’Histoire de la littérature montre que les écrits sont pour la postérité, et se révèlent, parfois, même après des siècles et des siècles» dit Boubacar Boris DIOP.
En réalité, ce récit, «Doomi Golo», une fable politique et narration intimiste, revisite sans relâche un passé mythique pour éclairer une troublante modernité, la question de la mémoire. Au soir de sa vie, un très vieil homme, N’Guirane Faye, souffre d'être sans nouvelles de N’Guirane Faye, son petit-fils, émigré dans quelque lointain pays étranger. Ils ne se reverront plus, il le sait. Il décide alors de tout lui raconter dans sept Carnets que le jeune homme trouvera à son retour à Niarela. Mais ce qui devait être une simple relation de la vie quotidienne d'un quartier dakarois devient, peu à peu, une fiction foisonnante. N’Guirane Faye dresse le bilan de sa propre vie et nous fait découvrir, par un subtil croisement des récits, l'histoire de ses aïeux, les royaumes anciens, les grands écrivains wolofs et le Sénégal de notre temps.
Son dernier, et troisième livre, paru en février 2022, en Ouolof, «Malaanum Lëndëm» ou «récits nocturnes», «Aayawo Nibbéré» en Peul suivant Abdourahmane NGAIDE, commence justement à la tombée de la nuit. L’action se déroule au Nigéria «J’ai l’habitude de lire les journaux de là où je réside, et j’ai vécu dans plusieurs pays de presque tous les continents. Je ne lis pas l’actualité politique, que je ne comprends d’ailleurs pas, mais je lis les faits divers pour comprendre les marges de la société. Je voyais beaucoup de choses assez singulières, par exemple cette usine clandestine où on «fabrique» des bébés. On fait appel à des conjoints qui reçoivent des enfants qu’on vend ensuite. C’est illégal, mais ça se fait. Un des faits divers m’a inspiré Malaanum Lëndëm. Un milliardaire a perdu son père et a voulu lui offrir des funérailles et un dernier voyage exceptionnel. Il a commandé une tombe immense, une voiture de luxe, 16000 dollars comme argent de poche» dit-il au journal «Le Soleil».
Boubacar Boris DIOP a déjà remporté, en 1990, le Grand prix littéraire de la République sénégalaise, en 2000 le Grand prix littéraire d’Afrique noire, en 2019, Prix Harold et Ethel STELLFOX de l’université américaine Dickinson, en Pennsylvanie, après Mario VARGAS LLOSA, Prix Nobel de littérature. Boubacar Boris DIOP a été «reconnu comme l’un des écrivains les plus importants sur le plan artistique et philosophique de sa génération, avec des œuvres caractérisées par l’exploration et la réflexion sur la condition postcoloniale en Afrique» souligne l’université de Dickinson. Boubacar Boris DIOP sera, un jour, un prétendant très sérieux au Prix Nobel de littérature. En effet, il fait partie de ces Africains, «par un engagement constant et contre l’adversité âpre, construisent les pyramides du futur» écrit le collectif pour le Renouveau Africain, (CORA).
Professeur de «Creative Writing» ou cours d’écriture, Boubacar Boris DIOP, en dehors de ses romans à succès, est un éminent enseignant invité à diverses universités. Comment donc écrire et surtout bien écrire ?
Boubacar Boris DIOP, à l’instar de Rainer Maria RILKE (1875-1926, voir mon article), dans ses fameuses «Lettres à un jeune poète», a dégagé des pistes de réflexion. Pour lui, un intellectuel et écrivain devrait distinguer le politique et son projet d’écriture apporter «une parole réfléchie, nuancée et courageuse. On ne demande pas d’être pour un tel ou contre un tel, au contraire, il faut même oser être contre tout le monde si on pense que c’est cela qui est mieux. L’importance, c’est l’authenticité, la sincérité» dit-il à «SenPlus». Cependant, tout étant dans et hors de la société, pour paraphraser Sénèque, Boubacar Boris DIOP estime que l’écrivain n’en reste pas moins un citoyen et que la parole publique ne devrait pas rester l’exclusivité de la classe politique : «L’écrivain a le devoir de se positionner face aux conflits. Mon idée c’est qu’on n’a pas le droit de dire ah ! Cela ne me regarde pas, c’est ce que les gens appellent l’art pour l’art. Non seulement, on se positionne dans ses textes, mais aussi on prend position en tant que citoyen. Quand la société est interpellée, on ne se dit pas, moi je suis écrivain, cela ne me regarde pas, je laisse les hommes politiques parle» dit Boubacar Boris à «SenPlus».
«Si on veut devenir romancier, il faut lire des romans» dit-il. Admirateur de Jean-Paul SARTRE, il a lu notamment SEMBENE Ousmane, Mongo BETI, Olympe BHELY-QUENUM, Stendhal, Balzac, Ernesto SABATO. Ses romans ne sont pas des récits linéaires, mais on y décèle plusieurs voix, une polyphonie, digne de William FAULKNER et Virginia WOOLF.
Un bon écrivain devrait relire, au moins 43 fois, son texte, le mitonner, le faire reposer jusqu’à l’oublier, puis le reprendre. «Il n’y a pas d’écrivains nés ; il n’y a que d’écrivains qui ont de la retenue et d’autres qui n’en ont pas» dit-il à Pap SENE.
Références bibliographiques
I – Contributions de Boubacar Boris DIOP
1 – 1 – Ouvrages de Boubacar Boris DIOP
DIOP (Boubacar, Boris), Bammelu Kocc Barma, Dakar, éditions Ejo, 2017, 235 pages, texte Ouolof ;
DIOP (Boubacar, Boris), Doomi Golo : The Hidden Note Books, traduction de Vera Wulfing-Leckie et El Hadji Moustapha Diop, Michigan State University Press, 2016, 328 pages, texte en anglais ;
DIOP (Boubacar, Boris), Doomi Ngolo : Nettali, Dakar, éditions Papyrus Afrique, 2012, 283 pages, texte Ouolof ;
DIOP (Boubacar, Boris), Kaveena. L’impossible innocence, Paris, éditions Philippe Rey, 2006, 304 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Kaveena, traduction de Bhakti Shringarpure et Sara C. Hanaburgh, préface d’Ayo A. Coly, Bloomington, Indiana University Press, 2016, 246 pages, texte en anglais ;
DIOP (Boubacar, Boris), L’Afrique au-delà du miroir, Paris, Philippe Rey, 2013, 216 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Le temps de Tamango. Roman, préface de Mongo Béti, Monaco et Paris, Motifs n°158, 2010, 180 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Les petits guenons, Paris, éditions Philippe Rey, 2009, 442 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Les tambours de la mémoire, Paris, Nathan, 1987, 237 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Les traces de la meute. Roman, Paris, L’Harmattan, 1993, 269 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Murambi, le livre des ossements, Paris, Zulma, 2020, 224 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Murambi, The Book of Bones,  traduction de Fiona Mac Laughlin, préface de Eileen Julien, Bloomington, Indiana University Press, 2006,  228 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), TOBNER (Odile), VERSHAVE (François-Xavier), Négrophobie, Paris, Les Arènes, 2005, 201 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), GASSAMA (Makhily) et autres, L’Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, Paris, Philippe Rey, 2008, pages 480 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), TRAORE (Aminata, Dramane), La gloire des imposteurs, lettre sur le Mali et l’Afrique, Paris, Philippe Rey, 2014, 240 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Malaanum Lëndëm, Dakar, éditions EJO, 2022, 261 pages.
1 – 2 – Articles, interviews et entrevues accordés par Boubacar Boris DIOP
DIOP (Boubacar Boris) «Quand la mémoire va ramasser du bois mort», in Nasrin Qader et Souleymane Bachir Diagne, Des mondes et des langues. L’écriture de Boubacar Boris Diop, Paris, Présence Africaine, 2014, page 26 ;
DIOP (Boubacar, Boris) «Une littérature de transition», entretien avec Lila Azam ZANGANEH, Le Monde, 14 avril 2010 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Au Sénégal, le français a perdu son pouvoir de séduction», entretien avec Fatoumata SECK, Le Monde Afrique, 17 mars 2019 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Boubacar Boris Diop parle de Cheikh Anta Diop», entretien accordé à Jotna TV, 7 février 2020, durée de 1 h 14 minutes et 33 secondes ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Boubacar Boris Diop, l’écrivain entre deux langues», entretien accordé à Sada KANE, 2S TV, 22 juillet 2019, durée de 1 h et 35 secondes ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Boubacar Diop, écrivain et panafricaniste» entretien accordé à Pap SENE, Héritages, 6 septembre 2020 durée 1h 33 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Dances with Wolofs», conversation avec Charles J. SUGNET, Transition, 25 janvier 2016, n°87, pages 138-159 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Entretien», accordé à Virginie BRINKER, La Plume francophone, 5 novembre 2009 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Entretien», avec Véronique TADJO, African Identities, 20 novembre 2010, Vol 8, n°4, pages 425-430 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Interview», Yolande BOUKA et Chantal THOMPSON, Lingua Romana, 2003, Vol 1, n°2 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «L’histoire est un éternel recommencement», entretien accordé à Rémi Armand TCHOKOTHE, Etudes littéraires africaines, 2018, n°46, pages 107-112 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «L’illusion d’être une grande puissance», entretien avec Maria MALAGARDIS, Libération, 5 janvier 2014 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La bibliothèque de mon père», Etudes françaises 2019, Vol 55 n°3, n°spécial, 200 pages, spéc pages 109-125 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La France se comporte dans ses anciennes colonies comme nulle part ailleur, entretien avec Bios DIALLO, Jeune Afrique, du 10 juin 2011 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La littérature ne fait plus peur», entretien avec Anne BOCANDE Africultures, 2016, Vol 1, n°105, pages 26-39 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La vie en %£ ! : Why France is still Propping up Africa’s Dictators ?», Foreign Policy, juillet-août 2010, n°180, pages 102-103 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Le nouveau roman, Malaanum Lëndëm» accordé à Ousseynou BEYE, SenPlus, 20 avril 2022 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Les artistes sont les plus à même de réconcilier le monde», entretien Mamadou Oumar KAMARA, Le Soleil du 12 mars 2022 et All Africa, 15 mars 2022 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Mettre sa langue à la première place», entretien accordé à Fatoumata SECK, Etudes littéraires africaines, 2018, n°46, pages 91-105 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Montpellier, la Françafrique à bout de souffle», billet de blog, Médiapart, 8 octobre 2021 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Ne pas écrire couché», entretien accordé à Théo ANANISSOH, La CENE Littéraire, Genève, 16 juin 2018, durée de 2 h 33 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Un écrivain doit accepter de se mouiller», SenPlus, 30 juin 2022 ;
DIOP (Boubacar, Boris), SUGNET (Charles, J), «Dakar noir», Transition, 2001, pages 90-107.
II – Critiques de Boubacar Boris DIOP
2 – 1 Ouvrages généraux sur Boubacar Boris DIOP
2- 1 – 1 Dictionnaire, Grammaire, syntaxe et langues,
traductions en Ouolof ou en peul
BARRY (Abdoulaye, NGarra), CISSE (Moussa), SCHULTZ (Harald), Wolof, 2012, éditions Laaf, 31 pages ;
BOILAT (Paul, David, abbé), Grammaire de la langue Ouoloffe, Paris, L’Imprimerie nationale, 1858, 430 pages, spéc. les maximes, adages et proverbes Ouolof (Kothje Barma, Masséni et Biram Thiam), pages 371-404 ;
BOLAND (Bob), Wolof from English, CRE, Creative Relaxation Exercise, octobre 2003, 37 pages ;
CAVROIS (Benjamin),  Approche de la langue Wolof, de sa lexicologie, ainsi que ses particularités morphologiques et syntaxiques, Master II, Toulon (Var), Université du Sud, 2009, 188 pages ;
DARD (Jean), Dictionnaire Français-Wolof, Français-Bambara, suivi de dictionnaire Wolof-Français, Paris, Imprimerie Royale, 1825, 300 pages ;
DIAGNE (Pathé), Grammaire de Wolof moderne, Paris, Présence africaine, 1971, 229 pages ;
DIOUF (Jean-Léopold), YAGUELLO (Marina), J’apprends le Wolof, Paris, Karthala, 1991, 228 pages ;
FAL (Arame) SANTOS (Rosine), DONEUX (Jean, Leone),  Dictionnaire Wolof-français, suivi d’un index Français-Wolof, Paris, Karthala, 1990, 339 pages ;
GADEN (Henri), «Note sur le dialecte Foul, parlé par les Foulbé du Baguimi», Journal Asiatique, 1908, tome 11, janvier-février, 10ème série, pages 5-66 et Paris, Imprimerie Nationale, 1908, 70 pages ;
GADEN (Henri), Poular, dialecte Peul du Fouta, Paris, E. Leroux, 1912, tome 1, 338 pages et tome II 263 pages ;
GADEN (Henri), Proverbes et maximes peuls et toucouleurs, traduits, expliqués et annotés, Paris, Institut d’ethnologie, 1931, 368 pages ;
GAYE (Pape, Amadou), Practical Course in Wolof. An Audio-Aural Approach, Washington DC, Peace Corps, décembre 1980, 357 pages ;
GUERIN (Maximilien), Le syntagme nominal en Wolof. Une approche typologique, Mémoire sous la direction de Pollet Samvellian, Université de Paris III, 28 juin 2011, 168 pages ;
DIALO (Amadou), Eléments systématiques du Wolof contemporain, Dakar, UCAD, Centre de linguistique appliqué, 1983, 85 pages ;
JALLO (Ammadu), Naany Seetlu Lakku Wolof, Tostan, Unicef/Sénégal, Ministère du développement social, 1989, 80 pages ;
KANTOREK (Nyima), Wolof-English – English-Wolof. Dictionary and Phrase Book, New York, Hippocrene Books editions, 2006, 200 pages ;
KOBES (Aloyse, Monseigneur), Grammaire de langue volofe, Saint-Joseph de N’Gasobil, Imprimerie de la Mission, 1869, 360 pages ;
MALHERBE (Michel), SALL (Cheikh) Parlons ouolof. Langue et culture, Paris, L’Harmattan, 1989, 181 pages ;
MUNRO (Pamela), GAYE (Dieynaba), Ay Baati Wolof. A Wolof Dictionary, University of California, Department of Linguistics, UCLA, n°19, 1997, 362 pages ;
NGOM (Fallou), Wolof, Lincoln, Europa, The Langage of the World, Material 333, 2003, 111 pages ;
ROBERT (Stéphane), Approche énonciative du système verbal. Le cas du Wolof, Paris, éditions du CNRS, 1991, 352 pages ;
Société internationale de linguistique, Jangal Wolof. Syllabaire Wolof, Dakar, 6ème édition, Vol 3, 2010, 31  pages ;
SOH (Siré Abbas), Chroniques du Fouta sénégalais, traduites de deux manuscrits arabes inédits de Siré Abbas Soh, et accompagnées de notes, documents, annexes et commentaires, d’un glossaire et de cartes, par Maurice DELAFOSSE, avec la collaboration d’Henri GADEN, Paris, 1913, collection de la revue du monde musulman,  E. Leroux, 328 pages ;
TORRENCE (Harold), The Clause of Structure of Wolof Inside to the Left Periphery, Amsterdam, Philadelphia, John Benjamin Publishing Company, 1984, 289 pages ;
TYAM (Mohammadou Aliou), La vie d’El hadji Omar, Qacida en Poular, Paris, Institut d’ethnologie, transcription, traduction, notes et glossaire d’Henri GADEN, 1935, 289 pages.
2 – 1 – 2 – Autres références de fond
ALESSANDRI (Brigitte), L’école dans le roman africain, des premiers africains francographes à Boubacar Boris Diop, préface de Pierre Erny, Paris, L’Harmattan, 2005, 182 pages ;
BARRY (Thierno Boubacar), L’expression de la révolte dans «Le temps de Tamango» de Boubacar Boris Diop et Tout au contraire d’André Brink, Saint-Denis, Connaissances et Savoirs, Lettres et Langues, 2016, 114 pages ;
BECK (Rose, Marie), KRESSE (Kai), Abdilatif Abdallah : Poet in Politics, Dar-es-Salaam, Mkuki na Nyota, 2016, 154 pages ;
BOZOUZOUA (Larissa, Dogbo), Histoire, esthétique romanesque et identité culturelle : aux sources de l’imaginaire de Boubacar Boris Diop, thèse sous la direction d’Alain Michel-Boyer, 2014, 394 pages ;
CAMARA (Boubacar) N’GOM (Ousmane), sous la direction de, Boubacar Boris Diop : une écriture déroutante, Paris, L’Harmattan, Gell, hors-série, n°1, janvier 2019, 374 pages ;
COULIBALY (Youssouf), La technique de focalisation dans «Murambi, le livre des ossements», et dans «L’Aîné des orphelins» de Thierno Monémembo, mémoire de Master II, sous la direction d’Abdoulaye Berté, Dakar, Faculté des Lettres, 2016-2017, 126 pages ;
MACADAMS (Alison, Joyce), Secretly Numinous : The Role of Joseph Campbell's Monomyth in James Joyce's «Ulysses», Mário de Andrade's «Macunaíma», and Boubacar Boris Diop's «Le Cavalier et son ombre», Phd, Brandeis University, 2004, 190 pages  ;
NASRIN (Qader), DIAGNE (Souleymane Bachir), sous la direction de, Des mondes et des langues, l’écriture de Boubacar Boris Diop, Paris, Les Cahiers de Présence africaine, 2014, 222 pages ;
NISSIM (Liana), Boubacar Boris Diop, Lecce, Alliance française, 2010, 346 pages ;
NISSIM (Qader), Narratives of Catastrophe. Boris Diop, ben Jelloun, Khatibi, New York, Fordham University Press, 2009, 238 pages ;
SARR (Fodé), Histoire, fiction et mémoire dans l’œuvre de Boubacar Boris Diop, Université de Montréal, 2010, 326 pages ;
SOB (Jean), L’impératif romanesque de Boubacar Boris Diop, Ivry-sur-Seine, A3, Revue nouvelles du Sud, 2007, 249 pages ;
SOUMARE (Zakaria), Le génocide rwandais dans la littérature africaine francophone, Paris, L’Harmattan, «Critiques littéraires», 2013, 231 pages ;
THIEL (Mag, Veronika), Une voix ce n’est pas assez : la narration multiple dans trois romans, «Le temps de Tamango» de Boubacar Boris Diop, «L’amour, la fantasia» de Assia Djebbar, et «Solibo magnifique» de Patrick Chamoiseau, thèse sous la direction de Jorg Turschmann, Vienne, 11 décembre 2011, 306 pages, spéc pages 65-134 ;
THIOUNE (Birahim), Trois romanciers sénégalais devant l’histoire. Cheikh Hamidou Kane, Abdoulaye Élimane Kane et Boubacar Boris Diop, Paris, L’Harmattan 2013, 75 pages ;
THIOUNENA (Birahim), Trois romanciers sénégalais devant l’Histoire : Cheikh Hamidou Kane, Abdoulaye Elimane Kane et Boubacar Boris Diop, Paris, L’Harmattan, 2013, pages.
 
2 – 2 Articles sur Boubacar Boris DIOP
ALESSANDRI (Brigitte), «Un romancier contemporain sénégalais : Boubacar Boris Diop», dans L’école dans le roman africain. Des premiers écrivains francophones à Boubacar Boris Diop, préface de Pierre Erny, Paris, L’Harmattan, «Éducations et sociétés», 2004, pages 133-168 ;
AMIDOU (Ibrahim B.), «L’exotisme (philosophique) de l’Afrique et des Africains dans «Tamango» de Mérimée [Tamango]», Présence Africaine, 2003, Vol 1-2, n°167-168, pages 290-302 ;
BAZIÉ, Isaac, «Au seuil du chaos : Devoir de mémoire, indicible et piège du devoir dire», Présence Francophone, 2004, Vol. 63, pages 29-45 ;
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SOB (Jean), «Fiction et savoir dans l'œuvre romanesque de Boubacar Boris Diop», in L'Afrique au miroir des littératures, des sciences de l'homme et de la société : Mélanges offerts à V. Y. Mudimbe, Paris, L’Harmattan, 2003, pages 429-439 ;
THIEL (Véronika), «L’autoréflexion dans Le Temps de Tamango entre relativisme postmoderne et urgence d’engagement», Boubacar Boris Diop, Lecce, Interculturel, Alliance Française, 2010, Vol 8, pages 127-148 ;
VOLET (Jean-Marie), «A l’écoute de Boubacar Boris Diop», Mots pluriels, février 1999, n°9 ;
WATTARA (Mamadou), «Murambi de Boubacar Boris Diop : l’écriture testimoniale», Nouvelles études francophones, printemps 2013, Vol 28, n°1, pages 102-116 ;
Paris, le 26 octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Boubacar Boris DIOP, un intellectuel sénégalais, panafricaniste, nationaliste et anticolonialiste, un écrivain de la mémoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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6 octobre 2022 4 06 /10 /octobre /2022 21:41
«Annie ERNAUX, Prix Nobel de littérature. Entre Conformisme et Subversion» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Annie ERNAUX, une française, est récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2022, «pour le courage et l’acuité avec laquelle elle découvre les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle. Annie Ernaux croit en la force libératrice de l’écriture. Son travail est sans compromis et écrit dans une langue simple, épurée» écrit le jury Nobel. Au centre de ses obsessions, se situe la mémoire, c’est-à-dire ce qui reste de ce qui a été et qui n’est plus. Sans jugement, sans métaphore, écrire n’est pas seulement qu’une simple passion, c’est raconter et fournir un miroir de la réalité, dans un monde de différenciation sociale. : «Les trois premiers romans d’Annie Ernaux reviennent de façon remarquable sur cette double fin corrélée du peuple et du mythe ouvrier, et son remplacement par d’autres modèles» écrit Nelly WOLF. Dans un souci de mobilité sociale, il s’agit d’écrire la vie, tout en étant séparé des autres, d’être au milieu des autres. Chacun peut, à travers un destin singulier, se retrouver dans les écrits d’Annie ERNAUX : «Je suis traversée par les gens, leur existence, comme une putain» dit-elle «Soi-même, comme un autre» dit Paul RICOEUR (1913-2005). En effet, Annie ERNAUX remet en question la littérature académique, et l’ordre des choses que celle-ci présuppose, en intégrant les multiples registres de la culture, de la contre-culture ou des cultures parallèles et en entretenant la conscience du légitime et de l’illégitime. Entre conformisme et subversion, divers thèmes traversent sa contribution littéraire au carrefour de la sociologie, la politique et la culture : la faute, la culpabilité, le désir, la perte, la préservation, le salut, la dette, le don de soi, l’adultère, la peur, la liberté de ton et de style, la transgression, la déchéance physique ou mentale, les inégalités sociales, un féminisme atypique et le vide. «L’acquisition du savoir intellectuel allait, va toujours, avec certaines façons de parler, de se comporter, certains goûts, une distinction d’ordre social. Cette accession au savoir s’accompagne d’une séparation. Au fond, je ne m’y résous pas, à cette séparation, c’est peut-être pour ça que j’écris» dit-elle dans «le vrai lieu». Mère, femme, mariage malheureux et écrivaine, elle a dépassé et profondément transformé l’héritage de la philosophie existentialiste de Simone de BEAUVOIR (1908-1986), issue d’une bourgeoisie déclassée. Annie ERNAUX revendique un féminisme atypique, avec un constat de l’impuissance du discours philosophique ; elle met en valeur l’écriture de la vie, et met en place une vision de la condition féminine par le moyen d’une écriture narrative, autobiographique, appartenant à une gauche non-communiste, refusant une théorisation trop marquée, voire trop intellectualisée. Pour Elise HUGENY-LEGER, une de ses biographes, Annie ERNAUX est «avant tout transgressive, dans le sens où elle remet en question les frontières entre soi et les autres, mais aussi entre genres et codes culturels, autobiographie et invention, espaces publics et privés, individuel et collectif, réalité et fiction, émotion et retenue, histoire et Histoire, objectivité et subjectivité» écrit-elle.
Prix Renaudot, pour «la Place» en 1984, Annie ERNAUX, influencée dans une certaine mesure par Pierre BOURDIEU (1930-2002), à travers le concept de «mal-être social», est classée, dans l’échiquier politique, à gauche. Ce n’est pas un engagement au sens sartrien du terme ; sa littérature n’est pas instrumentalisée et réduite au service d’une cause. Cependant, Annie ERNAUX  «se met en gage pour dire le monde, c’est précisément en tant qu’écrivaine : dans la recherche, toujours renouvelée, d’une forme capable de modifier la perception du monde qui est le nôtre» écrivent Thomas HUNKELER et Marc-Henry SOULET. Entre littérature, sociologie et histoire, Pierre-Louis LEFORT, estime qu’Annie ERNAUX se situe dans «un engagement d’écriture». Ayant accueilli, favorablement, le concept de «racisé», appartenant à la Gauche non-communiste, elle avait soutenu, en 1981, François MITTERRAND (1916-1996), s’était rendue au Chili, sous Salvador ALLENDE (1908-1913), proche du mouvement des Gilets Jaunes, Annie ERNAUX a rendu un vibrant hommage à François MASPERO (1932-2015), un éditeur anticolonialiste (voir mon article). Très jeune, ses parents des commerçants ne voulaient entendre parler de politique, redoutant de perdre leurs clients. L’engagement politique est arrivé vers 18 ans, en 1958 : «Grâce à mon professeur de philosophie, Janine Bertier, une femme formidable qui avait emmené notre classe de 25 filles s’occuper d’une famille d’Algériens. Ils vivaient dans des baraquements à Rouen, la femme ne savait pas écrire ; elle a perdu encore une petite fille en bas âge. Notre professeur nous a faites comprendre que le mari versait une cotisation au FLN. C’est là que j’ai changé, du jour au lendemain. J’ai compris qu’ils avaient raison de se révolter. Ma politisation est passée par le concret, l’influence de cette prof à la fois catholique et marxiste. C’était une ouverture au monde» dit-elle au journal «L’Humanité». Lors du confinement, en 2020, le président Emmanuel MACRON avait promis à la sortie de la pandémie, d’engager un dialogue avec tous les acteurs de la société en vue d’un «Monde d’Après». Et comme les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent : «Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice à la réflexion, aux interrogations, un temps pour imaginer un nouveau monde. Pas celui que vous n’aviez de cesse de vanter et dont on peut redouter, à certains signes, la reprise sans délai» écrit-elle, dans «Monsieur le Président».
En particulier, dans ses écrits, Annie ERNAUX revendique sa proximité avec les vaincus et notamment les banlieusards : «Dans l'enfance j'ai vécu parmi ces gens- la, les exclus, les alcooliques. Il reste toujours cette peur. Moi aussi je pourrais retomber dans la pauvreté. Cela ne m'a jamais quitté. Qu'est-ce qui me sépare d'eux ? Tout le malheur du monde, vivre et non-vivre sont toujours présents en moi comme un reproche. Je n'arrive pas à ne pas les voir [les mendiants]. Je leur donne quelque chose quelquefois. Il y a aussi cet étonnement de m'en être sortie. Ces gens, ils sont proches de moi» dit-elle à Claire-Lise TONDEUR. Cependant, Annie ERNAUX se défend d’être une intellectuelle engagée «Je n'ai jamais pensé utiliser le terme «écrivain engagée» pour me d6finir, tellement il est clair qu'écrire est pour moi une activité qui a pour finalité une action sur le monde. Non pas enchanter les lecteurs, les transporter dans un univers insolite, inquiétant ou heureux, entrainer le lecteur dans «l’effarement du réel». Faire voir ce qu'on ne voyait pas et que moi-même je ne voyais pas avant d'écrire, dont l'impact réel m'échappe aussi. Mais l'important, c'est d'essayer d'apporter un peu plus de vérité» dit-elle à Pierre-Louis FORT. Issue d’un milieu relativement modeste, Annie ERNAUX, devenue une intellectuelle aisée, est persuadée que l’éducation et l’acquisition du savoir lui ont permis de saisir le fossé séparant les milieux dominants et dominés, ceci en tous points : langage, culture, savoir, ambitions, mais également rapports entre hommes et femmes.
Si elle a écrit quelques romans, les ouvrages d’Annie ERNAUX sont essentiellement autobiographiques : «J’ai cherché une forme littéraire qui contiendrait toute ma vie. Elle n’existait pas encore. Je récuse l’appartenance à un genre précis, roman et même autobiographie. Autofiction ne me convient pas non plus» dit-elle. Annie ERNAUX revendique, pourtant, de faire des «auto-sociographiques», dans une démarche de rénovation de la littérature. «Je ne cherche jamais à faire pleurer. J’écris sur des choses qui me touchent depuis longtemps, des thèmes, des questions, des douleurs, que la psychanalyse appellerait « indépassables » – que ce soit la mort d’un père, d’une mère, un avortement, un sentiment de honte… Ces choses sont enfouies et j’essaie de les mettre au jour, mais d’une façon qui ne soit pas seulement personnelle. Il s’agit de sortir de moi-même, de regarder ces choses et de les objectiver. Écrire, c’est rechercher le réel parce que le réel n’est pas donné d’emblée. C’est un acte politique» dit-elle à Raphaëlle REROLLE. En effet, «Écrire la vie. Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l'on éprouve de façon individuelle : le corps, l'éducation, l'appartenance et la condition sexuelles, la trajectoire sociale, l'existence des autres, la maladie, le deuil» écrit-elle. Annie ERNAUX, née DUCHESNE le 1er septembre 1940, à Lillebonne (Seine-Maritime), a passé toute sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Après l’école libre, le pensionnat de Yvetot, le lycée Jeanne d’Arc à Rouen, Annie ERNAUX poursuit des études de Lettres à Rouen et  à Bordeaux.
Dans les «Armoires vides» son premier roman, Annie ERNAUX évoque son enfance. Le titre est un clin à une citation «J’ai conservé de faux trésors dans une armoire vide » écrit de Paul ELUARD (1895-1952) dans «la chose publique». En effet «je crois que j’ai pensé très tôt que je ne resterais pas à Yvetot. Je rêvais de voyage, je rêvais de chaleur aussi. Le pays de Caux n’est pas très ensoleillé ; c’est beaucoup de pluie... Yvetot, c’était la pluie, le vent. Toutes mes vacances, jusqu’à 18 ans, je les ai passées à Yvetot. À lire, à «monter en ville» de temps en temps. À 15 ans, pour y rencontrer des garçons, entreprise risquée à cause de la surveillance parentale. Au fond, la solitude. La solitude dans ma chambre avec la lecture, pas grand-chose d’autre» dit-elle dans «le vrai lieu». Ses parents d’abord ouvriers, tiennent une épicerie et par la suite un café. La relation avec son père, Alphonse DUCHESNE (1899-1967), de culture ouvrière et paysanne, semble distendue, notamment à l’adolescence : «Il n’osait plus me raconter des histoires de son enfance. Je ne lui parlais plus de mes études. Sauf le latin, parce qu’il avait servi la messe, elles lui étaient incompréhensibles et il refusait de faire mine de s’y intéresser, à la différence de ma mère. l s’énervait de me voir à longueur de journée dans les livres, mettant sur leur compte mon visage fermé et ma mauvaise humeur. La lumière sous la porte de ma chambre le soir lui faisait dire que je m’usais la santé» écrit-elle. Son livre, «je ne suis pas sortie de ma nuit», est consacré à la relation de complicité avec sa mère, Blanche DUCHESNE (1906-1986). Sa mère, une femme progressiste, féministe et catholique, voulant s’élever lisait beaucoup. Ses belles-sœurs, qui ont fait de bons mariages avec des bourgeois, la considéraient comme une «fille d’usine». Tout en étant aimante et ouverte, sa mère était dure et autoritaire ; les claques, pour une moindre peccadille, arrivaient très vite. Après la mort de son père, Annie ERNAUX a recueilli sa mère chez elle, d’abord à Annecy puis à Cergy-Pontoise. Sa mère voyant le couple se déchirer et proche du divorce rentra en Normandie : «Ma mère a été atteinte de la maladie d'Alzheimer au début des années 80 et placée dans une maison de retraite. Quand je revenais de mes visites, il fallait que j'écrive sur elle, son corps, ses paroles, le lieu où elle se trouvait. Je ne savais pas que ce journal me conduirait vers sa mort, en 86» écrit-elle dans son roman, «La Place».
Agrégée de lettres modernes, Annie ERNAUX a enseigné à Bonneville Annecy, Pontoise et au Centre national d'enseignement à distance. Elle vit dans le Val-d'Oise, à Cergy. Mettant en scène une intimité et un quotidien vécu, dans une certaine démarche de sociologue et de journaliste, Annie ERNAUX dans le rapport Paris et sa banlieue, un espace où se dissolvent les antagonismes traditionnels entre la ville et la campagne, l’individu et la foule. Ainsi, dans son roman, «Regarde les lumières, mon amour», paru en 2014, pendant un an, Annie ERNAUX a tenu le journal de ses visites à l'hypermarché Auchan du centre commercial des Trois Fontaines situé en région parisienne. «Voir pour écrire, c'est voir autrement», écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d'observations, l'hypermarché, espace familier où tout le monde atteint la dignité de sujet littéraire. Dans «l’usage de la photo» Annie ERNAUX s’insurge contre la violence symbolique inhérente au voyeurisme dans le spectacle qu’offrent les émissions de télé réalité. Annie ERNAUX dresse des portraits en milieu prolétaires.
Dans son apprentissage à l’écriture, elle fait recours à l’immersion et a besoin de faire appel à la mémoire sensible «C’est par l’école et surtout les livres que j’ai acquis le français légitime, correct, le beau langage. J’écris avec ce langage-là, mais il me donne toujours un sentiment d’irréalité. Je voudrais qu’il y ait dans les mots de ce langage la même force, le même corps en somme, que dans le langage que j’ai abandonné. Celui de mon premier monde, du quartier. ’ai besoin, pour capter le réel, que les mots soient vraiment comme des choses, des objets» dit-elle.
Etudiant le rapport au temps et à l’écriture, dans son roman écrit à la première personne, «le jeune homme», paru en 2002, en quelques pages, à la première personne, Annie ERNAUX raconte une relation vécue avec un homme de trente ans de moins qu’elle. Une expérience qui la fit redevenir, l’espace de plusieurs mois, la «fille scandaleuse» de sa jeunesse. Un voyage dans le temps qui lui permit de franchir une étape décisive dans son écriture.
Mariée en 1964, à Philippe ERNAUX (1943-2009), un étudiant de Sciences Po, rencontré en 1963, le couple se sépare, en 1980, après 17 années de vie commune. Ils ont eu deux  fils, Éric et David ERNAUX-BRIOT, né en 1968, auteur d’un long métrage, «les années Super 8» concernant les archives filmées entre 1972 et 1981, de la famille.
Annie ERNAUX n’appréhende pas le temps qui passe. Vieillir, c’est un changement de regard sur son passé «Je suis heureuse d’exister en écrivaine» dit-elle.
 
Brèves références bibliographiques
I – Contribution littéraire d’Annie ERNAUX
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ERNAUX (Annie), Une femme, Paris, Gallimard, 1987, 112 pages ;
ERNAUX (Annie), Ecrire la vie, Je ne suis pas sortie de ma vie, Paris, Gallimard, 1996 120 pages ;
ERNAUX (Annie), Hôtel Casanova et autres textes brefs, Paris, Gallimard, 2020, 96 pages ;
ERNAUX (Annie), Journal du dehors, Paris, Gallimard, 2016, 106 pages ;
ERNAUX (Annie), L’atelier noir, Paris, éditions des Busclats, 2015 et l’Atelier noir en 2022,  180 pages ;
ERNAUX (Annie), L’autre fille, Paris, Nil éditions, 2011, 80 pages ;
ERNAUX (Annie), L’écriture comme un couteau, entretien avec Pierre-Yves Jeannet, Paris, éditions Stock, 2003, 160 pages ;
ERNAUX (Annie), L’évènement, Paris, Gallimard, 2011, 128 pages ;
ERNAUX (Annie), L’usage de la photo, avec Marc Marie, Paris, Gallimard, 2005, 208 pages ;
ERNAUX (Annie), La femme gelée, Paris, Gallimard, 2011, 181 pages ;
ERNAUX (Annie), La honte, Paris, Gallimard, 1997, 141 pages ;
ERNAUX (Annie), La Place, Paris, Gallimard, 1984, 128 pages ;
ERNAUX (Annie), La vie extérieure. 1993-1999, Paris, Gallimard, 2000. 147 pages ;
ERNAUX (Annie), Le jeune homme, Paris, Gallimard, 2022, 48 pages ;
ERNAUX (Annie), Les Années, Paris, Gallimard, 2008, 253 pages ;
ERNAUX (Annie), Les armoires vides, Paris, Gallimard, 1974, 181 pages ;
ERNAUX (Annie), Mémoires de jeune fille, Paris, Gallimard, 2016, 160 pages ;
ERNAUX (Annie), Monsieur le Président, Paris, Gallimard, 2020, Tract de crise n°29, 9 pages ;
ERNAUX (Annie), Passion simple, Paris, Gallimard, 1994, 76 pages ;
ERNAUX (Annie), Regarde les lumières, mon amour, Paris, éditions Raconter la vie, 2014, 71 pages ;
ERNAUX (Annie), Retour à Yvetot, Paris, éditions du Mauconduit, 2013, 78 pages ;
ERNAUX (Annie), Se perdre, Paris, Gallimard, 2001, 376 pages ;
ERNAUX (Annie), Un vrai lieu, entretien avec Michelle Porte, Paris, Gallimard, 2014, 101 pages ;
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II – Autres références
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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 21:20
«Lilyan KESTELOOT (1931-2018), universitaire, citoyenne de l’universel et promotrice de la Négritude», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Lilyan KESTELOOT habitait à la rue Linné à Paris 5ème et moi, à l'époque, à la rue perpendiculaire, à la rue des Boulangers, au métro Jussieu. On se rencontrait souvent au bouquiniste, qui existe toujours, jouxtant son immeuble et où habitait également Georges PEREC (1936-1982), un écrivain et verbicruciste français, un ami de François MASPERO (1931-2015, voir mon article). Une femme accessible, spontanée et très curieuse des autres, loin de mettre la distance, comme certaines personnes superficielles et hautaines, on sentait, en Lilyan KESTELOOT, cette grandeur d'esprit, ce besoin de rencontrer l'autre, d'échanger et d'entrer en lui. L'autre l'Africain est devenu une part essentielle de son histoire et de sa vie. Au-delà de cette proximité géographique, je voyais régulièrement la professeure Lilyan KESTELOOT dans différents cercles littéraires parisiens souvent en compagnie du très sympathique Henri SENGHOR ou parfois seule, notamment au Musée Dapper, 35 bis rue Paul Valéry, à Paris 16ème, maintenant fermé depuis le 17 juin 2017, au Collège de France les 17 et 18 mars 2016, avec le triomphe d'Alain MABANCKOU, aux universités de Présence Africaine à la Colonie, à Paris 10ème, un lieu magique créé par Kader ATTIAS.
J'étais sous le choc, quand j'avais, le 28 février 2018, la disparition à Paris de Lilyan KESTELOOT. La carrière universitaire et la vie de la professeure Lilyan KESTELOOT universitaire belge, passionnée de l’Afrique et de ses cultures, se confondent avec l’histoire littéraire africaine. «Le créateur est non seulement producteur de sens mais surtout producteur de connaissances. En effet, elle aura fait connaître la quasi-totalité de la production littéraire du continent noir où se mêlent écriture et oralité» écrit la revue «le Nouvelliste». L’Afrique a pu, en dépit du contact avec les autres, une civilisation qui lui est spécifique estime Lilyan KESTELOOT. «La littérature est un art, mais c’est aussi une grande famille. Pour exister pleinement, elle a besoin de trois groupes interdépendants : les créateurs, les passeurs et les lecteurs. L’entreprise de fondation de la littérature négro-africaine, celle des pionniers de la négritude, n’aurait pas connu l’éclat qui est le sien sans le concours permanent, viscéral et fraternel de Lilyan Kesteloot» écrit Abdourahman WABERI. «Paradoxalement, c'est cette Européenne ayant connu une enfance coloniale dans le Congo belge qui m'a fait comprendre ce qu'était réellement la littérature africaine : un riche héritage traditionnel en langues africaines, le talent des premiers écrivains de langue française, l'histoire du mouvement de la négritude, ainsi que le foisonnement de la production contemporaine» écrit Véronique TADJO. En effet, Jean-Pierre ORBAN a posé cette question redoutable «comment est née sa vocation africaine ?». Pourquoi une femme belge, blanche, renonçant à l’européocentrisme ambiant, s’est-elle résolument, passionnée, en pionnière, pour la littérature de la négritude, au point d’en avoir fait le sens de sa vie ?
La professeure Lilyan KESTELOOT, qui écrivait sur l’Afrique, une femme modeste, est restée particulièrement discrète sur sa vie personnelle. «Elle (Lilyan Kesteloot) a longtemps refusé mes avances. Elle se méfiait de l'intrusion dans l'intime, avait ferraillé contre les biographes d'Aimé Césaire, qu'elle avait connu de près mais dont elle ne voulait rien révéler de personnel. Seuls comptaient l'œuvre et ce que l'auteur avait voulu y mettre. Le reste, surtout porté par les médias, c'était comme fouiller dans les tiroirs, sortir le linge, pas toujours très net» écrit Jean-Pierre ORBAN. Investie pour la liberté et la dignité de l’Afrique, Lilyan KESTELOOT a été choquée par les événements tragiques de 1989 entre la Mauritanie et le Sénégal ; des tueries ont eu lieu de part et d’autre de la frontière. Lilyan KESTELOOT découvre que même au pays de la Téranga, des violences intolérables peuvent advenir «J’avais l’impression d’avoir une blessure au ventre, comme si j’avais été ouverte là, par le milieu» dit-elle à Ari GOUNONGBE. C’est ce racisme latent qui a décidé finalement Lilyan KESTELOOT, quasi dépressive, à se confier à Ari GOUNONGBE, son biographe : «Tu voulais que je parle de moi, je suis d’accord et prête maintenant, peut-être que cela me fera du bien, comme une psychanalyse» dit-elle à Ari GOUNONGBE. En effet, Lilyan KESTELOOT, en Africaine authentique, se battait pour une Afrique libre et indépendante ; mais elle sent que cette perspective est désormais lointaine : «J’ai pris conscience que le mouvement de l’histoire ascendante de l’Afrique, dans lequel je croyais mettre inscrite, va dans l’autre sens et que nous sommes en situation de désintégration sur tous les plans. Je ne verrai donc pas, ce que j’ai souhaité pour ce continent» dit-elle à Ari GOUNONGBE.
Aussi, les documents concernant sa biographie sont rares. En 2013, et sous la direction d’Abdoulaye KEITA, un hommage, sans biographie, a été rendu à l’extraordinaire contribution littéraire de Lilyan KESTELOOT, chez Karthala, sous le titre : «Au carrefour des littératures Afrique-Europe». Nous disposons bien sûr du remarquable article de Jean-Pierre ORBAN paru dans «le Point Afrique», mais aussi de la biographie de Ari GOUNONGBE éditée par l’Harmattan en 2021. Naturellement, la principale source se sont aussi les écrits de cette exceptionnelle universitaire sur la culture africaine.
Après la soutenance de sa thèse, Lilyan KESTELOOT voulait retourner en Afrique, mais sous une perspective nouvelle «Repartir en Afrique, et cette fois, dans un autre esprit, pour y faire autre chose» dit-elle à Ari GOUNONGBE. Dans une logique de réparation et de culpabilité, Lilyan KESTELOOT s’engage à fond aux côtés des Africains : «Elle ne pouvait plus dire cette fois qu’elle ne savait pas que ce continent (africain) était opprimé, que cette oppression générait des frustrations, ressentiments, colères et révoltes. Elle ne pouvait plus faire comme si un tort profond n’avait pas été causé avec cette colonisation et son lot d’aliénation, de domination. Elle voulait contribuer à ce ça change, s’engage à détruire le racisme, à faire tomber les préjugés et les barrières, à épanouir» écrit Ari GOUNONGBE.
I – La professeure, Lilyan KESTELOOT, Citoyenne de l’Universel

La professeure KESTELOOT qui vivait entre Dakar et Paris, avec une maison secondaire en Auvergne, avait séjourné notamment au Congo, au Cameroun, en RCI et au Sénégal à partir de 1971, pendant plus de 20 ans. Elle a rencontré les grands écrivains de la négritude, notamment pour la préparation de sa thèse. Professeure à la faculté de Lettres à l'université de Cheikh Anta DIOP, puis directrice de recherches à l'IFAN, au laboratoire de littératures et civilisations africaines qu’elle avait fondé, Lilyan KESTELOOT est une grande spécialiste de SENGHOR, de la tradition orale, des récits épiques et de la Négritude. La professeure KESTELOOT a formé, et appuyé pour leur promotion, de grands universitaires sénégalais, ainsi que de nombreux étudiants. Cheffe de file pour une littérature africaine audacieuse et originale, elle s’est surtout distinguée par sa générosité, l’envie de partager son immense savoir ; c’est cela qui me semble, surtout, caractériser sa grandeur et sa noblesse d’esprit.
Quand on demande au professeur KESTELOOT pourquoi elle s'est intéressée aux écrivains africains et à la littérature orale de ce continent, elle n'a pas d'autre réponse que le silence de l'évidence. Dans conditions comment comprendre que la professeure Lilyan KESTELOOT, issue d'une famille de colons belges ségrégationnistes soit devenue une sénégalaise, une citoyenne de l'universel promotrice de la Négritude, et donc des valeurs culturelles africaines, et en a fait un objectif majeur de sa vie personnelle et professionnelle ? Comment donc J'ai essayé de savoir pourquoi une Belge ayant grandi au Congo, sous la domination coloniale, avec ses parents des colons, a épousé la cause de l'Afrique au point de s'identifier à sa culture et à ses traditions.
Immense figure de la Négritude, la professeure Lilyan KESTELOOT, née le 5 février 1931 à Bruxelles, son patronyme viendrait d’une variante du flamand de Castelot ou petit château, mais elle a grandi au Congo Kinshasa, le pays de Patrice LUMUMBA. «Savais-tu que j’ai grandi au Congo ? J’ai grandi dans le ventre du Congo. Je suis une vieille congolaise, une fille de l’Equateur, des forêts» dit-elle à Ari GOUNONGBE, son biographe. Son père, un colon, était au Congo, un capitaine de navigation avec «Steamer», un bateau à roue. La jeune Lilyan était sur le pont du bateau, et les Noirs, étaient, comme au temps de l’esclavage, au fond de la cale, avec les marchandises. Lilyan n'avait pas conscience de ce système de domination et de hiérarchisation des cultures et ne remettait pas en cause ce système d’Apartheid : «Je ne savais pas que cette séparation portait un nom : la ségrégation» dit Lilyan KESTELOOT.  Certes, ses parents traitaient bien leurs employés, en paternalistes, mais ils s’inscrivaient bien dans cette logique coloniale de la domination d’un peuple sur un autre, en l’exploitant. Pour ses parents, les Africains «ont d’autres mœurs, d’autres habitudes, d’autres goûts. De plus, ils n’ont pas les mêmes besoins que nous ; ils sont très heureux dans leur case». La jeune Lilyan, sans sentiment de culpabilité, ne se posait pas de question sur le système colonial : «Ma vision de mon enfance en Afrique : épatante. Oui, épatante. Je ne me posais pas de question et on ne me posait pas de problème. Les rapports avec les indigènes, comme on disait, étaient détendus. Et on avait bien sûr les préjugés des colons : on était là pour éduquer, soigner les Africains, avec une mission civilisatrice, missionnaire» dit-elle à Jean-Pierre ORBAN.
Ses parents, des colons belges, originaire d’Ostende, sont arrivés au Congo en 1928 «Son grand-père possédait une briqueterie. Un jour, il a tout lâché et s'en est allé voyager, laissant sa femme et ses deux fils. Le père de Lilyan a suivi des études de capitaine au long cours. Quand il s'est marié, il a cherché un emploi qui conciliait travail et vie de famille et s'est fait engager par la compagnie parastatale, l'Otraco, qui gérait les transports dans la colonie belge du Congo» écrit Jean-Pierre ORBAN. Conçue au Congo, Lilyan KESTELOOT est née à Bruxelles. Cependant, la jeune Lilyan est revenue vivre au Congo, avec ces parents jusqu’à ses 19 ans et repart en Belgique vers 1950. Jeune enfant, c'est sa mère qui lui apprend à lire et à écrire. «Tout, résume-t-elle. Je n'ai été à l'école qu'à 8 ans, quand je suis devenue pensionnaire pendant un an dans une institution catholique à la capitale Léopoldville» dit Lilyan KESTELOOT.
Curieusement, au départ, Lilyan KESTELOOT entame des études de droit pendant deux ans, puis s’oriente vers une carrière d’enseignante, en Lettres, à l’université catholique de Louvain, et rédige en maîtrise un mémoire sur Georges BERNANOS (1888-1948), un écrivain anticonformiste qui voulait secouer la doctrine de l’Eglise : « J’avais en moi, un profond besoin de changer le monde, mais pas de façon anarchique, peut-être réformiste ; c’est affreux, je sais pour les révolutionnaires d’être réformiste » dit-elle à Ari GOUNONGBE. Par conséquent, c’est l’anticolonialisme en gestation : «Il y avait un côté rebelle, anti-bourgeois, voire anarchiste, chez lui que j'aimais. Il crachait sur les tièdes, comme on disait. Et, sur le plan religieux, je passais par une crise et je commençais à ruer dans les brancards. Bernanos luttait contre les faux chrétiens qui affichent une religion et pratiquent le contraire, notamment sur le racisme» dit-elle à Jean-Pierre ORBAN. A Bruxelles, Lilyan KESTELOOT fréquente le Centre International de la rue Belliard, siège de l’Association des Amis de Présence Africaine. A la librairie, «Le Livre africain», elle découvre le «Cahier du retour au pays natal» d’Aimé CESAIRE. «Lilyan Kesteloot associera toujours Afrique noire et Antilles sous ce qui les réunit à ses yeux : la négritude. De ce moment-là, sans doute, elle ne poursuivra qu'une chose : décrire l'identité littéraire nègre, née en Afrique et essaimée dans les Amériques. À ce moment-là aussi resurgit le désir d'Afrique, l'envie du retour non pas au pays natal, mais au continent où elle a été conçue et formée» dit Jean-Pierre ORBAN. Mariée à 23 ans, à Marc LAGNEAU, un philosophe de formation le couple fréquentait, en Belgique, des cercles d’intellectuels favorables à l’indépendance de l’Afrique. Son premier mari était irascible, possessif et d’une jalousie maladive ; ils se sont donc séparés. Ils avaient eu un fils, Georges, disparu en été 1996. C’est Marc LAGNEAU qui a vraiment fait son éducation intellectuelle et lui recommande de faire une thèse sur la littérature négro-africaine. «Il n'y a pas de littérature africaine !» dira le professeur Joseph HANSE (1902-1992), grammairien. Aussi, Lilyan KESTELOOT se rend à Paris et rencontre Georges BALLANDIER (1920-2016) ethnologue et sociologue, qui l’aide à bien cadrer son questionnaire aux intellectuels et écrivains africains en France. «Nous sommes des Noirs et nous voulons avoir aussi notre place dans les trains que vous exaltez, le train de la liberté, le train de l’égalité, le train de la fraternité» tel est le slogan du congrès des écrivains et artistes noirs, organisé par Alioune DIOP, de Présence africaine, à Rome du 26 mars au 1er avril 1959. Lilyan KESTELOOT soutiendra sa thèse, «les auteurs noirs de langue française» en 1961 et sera publiée en 1963 sous le titre «Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature».
Par conséquent en fréquentant les dirigeants de la revue Esprit et de Présence africaine, une mutation idéologique profonde se produit en Lilyan KESTELOOT ; elle devient la plus ardente défenseuse de la cause africaine : «Après la Guerre, toute ma génération a pris conscience de certaines choses, entre autres, la notion de responsabilité collective et celle de l’illégitimité radicale de l’impérialisme occidental» dit-elle.
Enseignante au Cameroun, elle s’y remariera, après plusieurs années de vie commune, à Siméon FONGANG (1964-2000) ; le couple aura un fils, Frantz qui lui donnera une petite-fille, Louisiana et un petit-fils, Raphaël.
Lilyan KESTELLOT travaillera au Mali, à Madagascar et en Côte-d’Ivoire, où un ambassadeur français l’a faite licencier, la considérant comme subversive ou communiste, parce qu’elle enseignait la Négritude. La dernière étape sera le Sénégal, où Lilyan KESTELOOT est nommée d’abord par le président SENGHOR en qualité de conseillère du Ministère de la culture. Femme chercheuse indépendante, «elle a fait pour se soustraire à cette obligation. Elle ne s’y sentait pas bien, pas libre, pas autonome ; quelque peu aliénée. La servilité, le «larbinisme», ce n’est pas pour elle» écrit Ari GOUNONGBE. Lilyan KESTELOOT réussit à convaincre le président SENGHOR que sa place à l’université de Dakar où elle s’imposera comme la pionnière des études africaines. Par conséquent, Lilyan KESTELOOT a pris le chemin inverse de ces «Pieds-noirs» et Harkis, ces ressortissants français ou Algériens ayant choisi le camp français ; chassés d'Algérie en 1962, une partie d'entre eux ont provoqué un profond ressentiment à l'encontre des racisés. Jean-Marie LE PEN, l'OAS, les bombes et la torture sont le socle de l'idéologie raciste du Front national devenu rassemblement national, avec maintenant ses 89 députés à l'assemblée nationale française. En revanche, la Belgique vient de restituer les restes du corps de Patrice LUMUMBA (1925-1961, voir mon article) à sa famille et présenté ses excuses au peuple congolais. En revanche en France en 2021, le bicentenaire de la mort de Napoléon, celui avait rétabli l'esclavage en 1802, a été célébré en grandes pompes et la statue de Jean-Baptiste COLBERT et son Code noir, que Napoléon avait fait installer devant l'assemblée nationale, nous nargue toujours. Naturellement, les études africaines sont presque absentes des universités françaises. Bien des universitaires français issus de l'immigration se font d'abord recruter dans les universités américaines pour pouvoir par la suite être reconnus en France. En effet, Alain MABANCKOU avait triomphé en 2016 au Collège de France devant Lilyan KESTELOOT et Henri SENGHOR ; le grand auditorium, plein à craquer rejetait du monde (voir mon article Alain MABANCKOU triomphe au Collège de France sur Médiapart et Ferloo).
Femme libre et indépendante, Lilyan KESTELOOT finira par s’investir, toute sa vie, pour «l’Afrique, son indépendance, son émancipation. Une Afrique libre, forte, digne, organisée, cela son idéologie. Elle a cru à son avènement intellectuel, à sa restauration» écrit Ari GOUNONGBE, dans «Lilyan KESTELOOT, femme au cœur de la négritude». En effet, Lilyan KESTELOOT est conquise par la Mère-Afrique, «J’en avais fait un mythe, j’ai marché dans leurs mythes, j’ai vraiment fait partie de ce groupe de la Négritude de façon intime. J’ai été colonisée à mon tour ou alors était-ce aussi le geste de l’Amour» dit Lilyan KESTELOOT. En effet, elle estime que les nouveaux écrivains ont démissionné dans ce combat pour l’Afrique ; ils se sont désengagés, ne délivrent plus de messages d’espérance et ne parlent que pour leur promotion personnelle, et le reste «ils s’en foutent» dit-elle.
C’est Léopold Sédar SENGHOR qui a suggéré à Mme KESTELOOT de venir au Sénégal. Dans sa contribution littéraire, le professeur KESTELOOT s’est faite l’avocate passionnée de la Négritude dont les deux figures de proue sont Aimé CESAIRE et Léopold Sédar SENGHOR. En effet, le mouvement de la Négritude a mobilisé les intellectuels noirs d'Afrique et d'Amérique entre 1932 et 1960, pour protester contre le racisme, la ségrégation et la colonisation. Le pont sur l'Atlantique fut alors virtuellement réalisé, reliant l'Afrique à ses diasporas de l'autre rive, dans la prise de conscience de leur destin par les intellectuels noirs de toute provenance. Mme KESTELOOT a saisi l’occasion de cette ambiance culturelle pour rencontrer les plus grands écrivains noirs, notamment aux congrès de Paris en 1956 et à Rome. «La négritude n’aurait pas connu un tel éclat, sans Lilyan KESTELOOT» écrit Abdourahman WABERI, dans le journal Le Monde daté du 2 mars 2018.
II – Lilyan KESTELOOT, Promotrice de la Négritude

Une bibliographie de Lilyan KESTELOOT c’est surtout et avant tout, ses écrits sur la Négritude. En effet, la solidarité de Lilyan KESTELOOT, au-delà de sa vie personnelle, s'exprime avant tout à travers sa contribution littéraire, marquant ainsi son affection et sa grande estime pour l'Afrique et ses diasporas. «J'ai toujours été fascinée par ceux qui font le choix de l'Afrique, consciemment et pour la vie. Des hommes, des femmes qui se sont écartés de leur destin tracé d'avance pour s'aventurer sur une terre étrangère afin d'en épouser les causes, les aspirations, les joies et les défaites. Dans le cas de Lilyan Kesteloot, c'était sans doute parce qu'elle avait un sens profond du métissage et de l'interdépendance entre les cultures du monde entier» écrit Véronique TADJO.
Je découvre que la professeure Lilyan KESTELOOT est passionnée de la culture peule. Un jour, elle me dit qu’est-ce que cela veut dire «le Camaaba», ce crocodile mythique ? En effet, la professeure Lilyan KESTELOOT avait bien une connaissance très approfondie des mythes, les contes et les grandes épopées. Son livre «Kaïdara», un conte initiatique transcrit du peul et adapté en français avec Ahmadou Hampaté BA (1901-1990, voir mon article), est resté un grand classique. En fait, il y avait une grande proximité entre Amadou Hampâté BA, un africaniste sans concession, mais qui avait de nombreux amis occidentaux, donc un homme ouvert aux autres, tolérant. En effet, et même au Mali, Amadou BA, un Peul, vivait en symbiose avec la Bambara, les Dogon et les Sonraï. «Il nous appris qu’on peut être infiniment ouvert et disponible, tout en restant soi-même. Il résista d’autant mieux à la fascination de l’Occident qu’il le connaissait bien. Il fit ce que lui conseilla son père, il prit le bon et laissa le reste. Ses propres valeurs demeurèrent prioritaires. Il ne douta point de sa culture, ni de sa religion, mais il avait acquis, pour juger les hommes, cette philosophie souriante, sceptique et impartiale, qui lui permit, en toute circonstance, de garder la mesure et l’équité» écrit Lilyan KESTELOOT. J’ai envie de rajouter que ce sont là les vraies valeurs de «Neddo Ko Bandoum» ou la piété filiale des Peuls.
Dans «Soundiata l’enfant-lion», Lilyan KESTELOOT spécialiste de l’oralité africaine, a chanté les louanges des griots africains : «Ils ne savent pas lire, mais ils ont une excellente mémoire, et ils retiennent tout : les noms des rois, leur généalogie, les guerres et les héros, les lieux où ils combattirent, les villes conquises, les butins et les partages ; et puis aussi les fêtes, les mariages, les deuils et les héritages. Les griots sont des livres vivants» écrit-elle. En effet, la civilisation orale africaine transmise de génération en génération lors des veillées familiales ou les griots «n'a toujours cessé d'exister, même pendant la colonisation, d'animer les cours des chefferies, ni de proliférer avec une liberté et une virulence échappant au contrôle des étrangers ignorant d'habitude les langues indigènes» écrit Lilyan et dans son «Anthologie négro-africaine». Cependant, dans sa démarche, Lilyan KESTELOOT fait appel aussi aux écrits en arabe et dans les langues africaines (Swahili, Peul, Yoruba, Ouolof, Sotho, etc.) : «On désigne habituellement sous le nom de littérature négro-africaine ou africaine les oeuvres écrites en français, en anglais, en portugais par les Africains noirs. Il convient d’y englober les auteurs antillais et noirs américains entre les années 1920 et 1960, car le mouvement de la négritude a réuni les Noirs, ceux du continent comme ceux de la diaspora, dans un même effort de redressement de la race pour la conquête de sa liberté» écrit-elle en 2014, dans son «Précis de littérature africaine et antillaise».
Cependant, la littérature orale a ses limites «Si on ne lui (le griot) demande pas d'analyser ni de critiquer, on lui demande par contre une mémoire sans d6faut ; et de raconter intégralement ce qu'il est chargé de transmettre» écrit Lilyan KESTELOOT. Le griot a pour fonction de frapper l’imagination en racontant une histoire ; il s’agit de plaire et de rendre mythique l’Histoire «son but est esthétique ; ses qualités ne seront pas la pr6cision ni l'exactitude, mais le beau langage» dit-elle. Cependant, des valeurs africaines et universelles sous-tendent ces histoires : le courage, l’honneur, la dignité, l’orgueil, l’intelligence, la réprobation de l’injustice et la subtilité.
«La colonisation fonde sa légitimité sur une absence de culture et d’histoire des colonisés. La politique d’assimilation prétend y remédier en inculquant à ces populations «notre culture» et «notre histoire». Ce que réalise l’école coloniale qui enseigne dans toute l’Afrique la seule histoire de l’Europe, celle de «nos ancêtres les Gaulois» écrit Lilyan KESTELOOT en 2012, dans «la littérature négro-africaine face à l’histoire». Par conséquent, Lilyan KESTELOOT recommande aux écrivains d’éviter tout repli national trop étriqué, d’avoir une démarche panafricaniste. Certains même vont plus loin, le rôle de l’écrivain aurait changé, et ne devrait plus se réclamer no de la négritude ni même de l’africanité ;  un auteur devrait se positionner comme «écrivain à part entière», sans détermination de couleur, d’histoire ou de continent. Il appartiendrait à une «Littérature-monde». Il est normal que les écrivains de notre temps, n’aient pas les mêmes angles d’attaques que ceux de la Négritude. Cependant, «C’est une littérature de refus de révolte qui poursuit. Les nouveaux auteurs sont témoins de leur temps, de leurs congénères, de leurs misères ; comme eux enfin, ils essaient par l’écriture, d’exorciser un destin insupportable » écrit Lilyan KESTELOOT dans «l’écrivain africain aujourd’hui».  En effet, comme le dit TCHIKAYA U Tam’si (1931-1988) : «Je suis nègre, cela prend le sens d’une déception. Tant pis pour le faible, le pauvre, l’étranger, le Noir… il est dur de vivre à côté des Blancs et de leur assurance, il faut avoir les nerfs bien accrochés pour ne pas sombrer, une force surhumaine qu’on n’a pas, de supporter le poids de nos conditions, de notre être qu’ils ont dépecé» écrit-il.
Lilyan KESTELOOT a posé les termes du débat dans son «Anthologie négro-africaine» dont l'ambition est de présenter l'ensemble des œuvres littéraires orales et écrites exprimant la vision du monde de l'Afrique et ses diasporas. L'Afrique n'est pas qu'une référence géographique, elle est avant tout une référence culturelle majeure. Cette dimension culturelle intègre les chants, les danses, les masques, les proses, les poèmes et le théâtre ; bref toute œuvre de l'esprit dans laquelle se manifeste le génie africain.
Lilyan KESTELOOT fait état aussi de la littérature négro-africaine écrite moderne dans sa manifestation d'une culture ; c'est-à-dire au moment où «les Noirs ont exprimé leur propre culture et non plus celle de leurs maîtres Occidentaux. Or, cette désaliénation de l'expression littéraire n'a pu se faire, chez les Noirs, qu'à lumière d'une prise de conscience douloureuse de leur situation socio-politique», écrit Lilyan KESTELOOT. Par conséquent, la littérature noire s'est construite dans le déchirement et le combat pour la dignité et la liberté. La Négritude porte les stigmates de cette orientation littéraire et devient, pour les Noirs, une «manière de vivre, de voir, de comprendre, d'agir sur l'univers qui les entoure ; leur façon bien à eux, de penser, de s'exprimer, de parler, de sculpter, de raconter des histoires, de faire de la musique comme de faire de la politique ; bref, une authenticité retrouvée» écrit Lilyan KESTELOOT.
Dans ce panorama de la littérature négro-africaine de 1918 à 1981, bien que «l'Afrique-Mère», soit le berceau et la source de cette civilisation, Lilyan KESTELOOT a eu le génie de montrer ce mouvement de va-et-vient entre l'Afrique et ses diasporas des Amériques, des Antilles et de l'Europe. En effet, Lilyan KESTELOOT brosse avant tout l'histoire littéraire venant du «vent de l'Amérique noire», le combat de ces grands intellectuels afro-américains, des anciens esclaves qui n'ont pas oublié leurs racines américaines, WEB du BOIS avec ses «âmes du peuple noir» le mouvement de «Harlem Renaissance» (Langston HUGHES, Claude McKAY ou Countee CULLEN) ainsi que l'école Haïtienne notamment avec Jacques ROUMAIN.
Lily KESTELOOT finira présenter les tenants de la Négritude originelle que sont Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) et Aimé CESAIRE (1913-2008). «La négritude est la simple reconnaissance du fait d'être Noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture» écrit en 1939, Aimé CESAIRE dans le «Cahier d'un retour au pays natal».  A la Négritude, Lilyan KESTELOOT y associera un grand oublié de l'Histoire, le poète guyanais Léon-Gontran DAMAS (1912-1978) : «Nous n'avons pas besoin d’être trois pères pour créer un mot. Il n’est pas nécessaire de conjuguer l’effort de trois Nègres pour lui donner jour» dira Léon-Gontran DAMAS. Cette Anthologie couvre les différentes aires géographiques et historiques aussi l'Afrique francophone qu'anglophone, avant et après les indépendances. En particulier, Lilyan KESTELOOT fait de «l'aventure ambiguë» du sénégalais Cheikh Hamidou KANE, un roman de 1961 exposant un conflit de valeurs. Le héros du roman, Samba DIALLO, un aristocrate peul du Fouta-Toro, musulman et inscrit à l'école coranique ou «le foyer ardent», doit-il aussi aller à l'aube des indépendances à l'école française ? L'école française apprend «à vaincre sans avoir raison» mais elle fait aussi des élites africaines des déracinés et des décérébrés. Pour Cheikh Hamidou KANE, à travers son «aventure ambiguë», ce n'est pas une question de «races» mais de différences culturelles. Dans la Négritude, l'Africain doit faire une bonne synthèse entre le cultures occidentale et africaine, ou bien il périra. Il faudrait donc prendre les bonnes choses de chaque côté. Le choix que «la Grande Royale», dans «L’Aventure ambiguë», fait pour son peuple, est celui d’une formation dont l’objectif majeur est d’aguerrir les jeunes dans la quête du savoir, en vue de leur réussite dans la vie.
Lilyan KESTELOOT a consacré une biographie à Aimé CESAIRE, «un grand poète noir» de la décolonisation, un surréaliste, comme l’avait surnommé André BRETON, dont le thème centrale de la contribution littéraire est la Négritude. Il faut assumer sa négritude, ne pas avoir honte d’être Noir et revendiquer, fièrement, ses attaches africaines. En grand humaniste et universaliste, CESAIRE a pris fait et cause pour les humiliés et les offensés. Certains reprochent à CESAIRE d’avoir un style hermétique, difficile «Le lui reprocher est absurde : le problème est, pour un vrai poète, n’étant pas de plaire, ni de choisir son langage selon le goût d’autrui, mais de découvrir et d’expulser les mots, les vrais mots qui expriment ce qu’il ressent, qui lui permettent de mieux coïncider avec lui-même, d’exorciser ses obsessions et de les dépasser, d’abolir ses contradictions, ne fut-ce que le temps d’un poème à l’autre» écrit Lilyan KESTELOOT. Certes, CESAIRE, utilisant souvent des symboles ambigus ou polysémiques, est difficile d’accès, mais si on prend ses poèmes un à un, «si on les lit et les relit avec attention, on est presque frappé par un éclair qui nous en livre la signification majeure» précise Lilyan KESTELOOT. La vie de CESAIRE est un crocodile patient, la montagne Pelé de la Martinique et son volcan endormi.
Aimé CESAIRE a écrit «le cahier d’un retour au pays natal» entre 1935 et 1938, un texte inclassable, oscillant entre poème, monologue, journal, pamphlet ou essai. Un document fondamental dans la mutation idéologique de Lilyan KESTELOOT. Dans ce texte, influencé notamment RIMBAUD, VERLAINE ou BAUDELAIRE, Aimé CESAIRE accumule des néologismes bâtis sur le latin et le grec, des mots techniques relevant la médecine, de l’anthropologie, de la zoologie, de la botanique ou de la géographie, avec des allusions à l’histoire ou aux dialectes des Antilles. «Ce Cahier n’est pas né directement de la situation coloniale ; il est né d’abord de parents droits et exigeants, pour eux-mêmes comme pour les autres» écrit Lilyan KESTELOOT.
Lilyan KESTELOOT, par son séjour prolongé en Afrique et sa proximité avec la Négritude, s’est intéressée aux forces de l’esprit. Ce qui caractérise l’Afrique, c’est sa profonde religiosité. «On ne peut étudier un écrivain de la Négritude en évacuant totalement son idéologie. Celle de Senghor est fortement imprégnée de sa métaphysique. Il s’est toujours présenté comme un catholique pratiquant. La religion est en effet pour Senghor une source d’inspiration féconde. La mort et la religion sont les deux thèmes qui dominent fréquemment ses élégies» écrit Lilyan KESTELOOT le 20 octobre 1986, dans «Senghor et la religion. Ambivalence et ambiguïté». Cependant, le monde sérère n’a pas totalement abandonné certains cultes animistes. En effet, tout jeune, il avait accompagné son oncle maternel, Wally, au bois sacré où il nourrissait les serpents de famille. Par ailleurs, les marabouts sénégalais sont débordants de prophéties et généreux en bénédictions et les sorciers en gris-gris,
A la suite de la disparition de la professeure Lilyan KESTELOOT, le 28 février 2019, Kathleen GISSELS, de l’université d’Anvers écrira, en hommage : «Elle vient de traverser le pont pour Dakar : Lilyan KESTELOOT a rejoint l’Afrique». Femme hautement indépendante Lilyan KESTELOOT estime avoir bien rempli sa mission «J’ai fait, à peu près, ce que je voulais dans ma vie et ce n’est pas parce que je suis une femme que je ne suis pas arrivée à tel ou tel sommet social, mais parce que j’ai un caractère difficilement intégrable ; je n’ai pas le caractère qu’il faut pour grimper haut» dit-elle à Ari GOUNONGBE. «Lilyan souhaitait terminer sa vie comme un bon apprenti consciencieux de la vérité du monde» dit Ari GOUNONGBE.
Indications bibliographiques
I – Contributions de Lilyan Kesteloot
KESTELOOT (Lilyan) BA (Mamadou-Souley), HÉNANE (René), Introduction à Moi, laminaire d’Aimé Césaire, Paris, L’Harmattan, 2012, 275 pages ;
KESTELOOT (Lilyan) DIAGNE (Andrée-Marie), Précis de littérature africaine et antillaise. Histoire, œuvres et auteursDakar, IFAN-UCAD, UCAD-FASTEF, 2014 et 2019, 96 pages ;
KESTELOOT (Lilyan) DIENG (Bassirou), DIOF (Jean-Léopold), Du Tiéddo au Talibé : contes et mythes ouolofs, Paris, L’Harmattan, 2015, 250 pages ;
KESTELOOT (Lilyan) GOUNONGBE (Ari), Les grandes figures de la négritude-Paroles privéesL’Harmattan, 2007, 164 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), «Acteurs et valeurs dans l’épopée bambara de Ségou», Revue canadienne des études africaines, 1972, Vol 6, n°1, pages 29-41 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Amadou Hampâté Ba : de l’initié peul à l’humaniste œcuménique», Littérature peule, 2005 n°5, pages 15-20 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Césaire et les ambiguïtés du métissage», in Claire Mestre, Hélène Asensi,  Marie-Rose Moro, Vivre c’est résister. Textes pour Germaine Tillion et Aimé CésaireParis, La Pensée Sauvage, collection Petite bibliothèque de l’autre, 2010, 200 pages, spéc pages 189-193 ;  
KESTELOOT (Lilyan), «Correra Issagha, Samba Guéladio. Epopée peule du Fuuta Tooro, Texte Pulaar par Amadou Kamara», Revue française d’histoire d’Outre-mer, 3ème trimestre 1994, tome 81, n°304, pages 373 ;
KESTELOOT (Lilyan), «De l’intérêt et des aléas de l’édition critique de Césaire et autres poètes», Présence africaine, 2014, Vol 189, n°1, pages 183-193 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Diawara (Mamadou) : la graine de la parole. Dimension sociale et politique des traditions orales du royaume de Jaara (Mali) du XVème au milieu du XIXème siècle», Revue française d’histoire d’Outre-mer, 1992, Vol 799, n°295, pages 266-268 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Du pouvoir à la métaphysique dans le mythe de Seth et Horus», Présence africaine, 1989, Vol 1-2, n°149-150, pages 193-202 ;
KESTELOOT (Lilyan), «L’écrivain africain aujourd’hui : mise au point», Présence africaine, 2010, Vol 1-2, n°181-182, pages 275-379 ;
KESTELOOT (Lilyan), «La littérature négro-africaine face à l’histoire de l’Afrique», Afrique contemporaine, 2012, Vol 1, n°241, pages 43-53 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Les épopées de l’Ouest-africain», Présence africaine, 1966, Vol 2, n°58, pages 204-209 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Mythe, religion et pouvoir dans les épopées du groupe mandingue», 13 pages, texte en ligne ;
KESTELOOT (Lilyan), «Négritude et créolité», Christiane Albert, sous la direction de, Francophonie et identités culturelles, Paris, Karthala, 1999, 338 pages, spéc pages 39-48 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Senghor et la religion. Ambivalence et ambiguïté», Littératures, 1986, Vol 15, n°1, pages 161-165 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Une épopée peule : «Silamaka» (traduction. Amadou Hampâté Ba», L’Homme, janvier-mars 1968, Vol 8, n°1, pages 5-36 ;
KESTELOOT (Lilyan), Anthologie négro-africaine : Critique des poétes, prosateurs, poètes et dramaturges noirs du XXème siècle, Paris, Marabout, 1978, 430 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), BA (Mamadou, Soulèye), HENANE (René), Introduction à Moi, Laminaire, d’Aimé Césaire, étude critique, Paris, L’Harmattan, 2012, 278 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Biton Koulibaly, fondateur de l’empire de Ségou, Dakar, Abidjan, Lomé, Nouvelles éditions africaines, 1983, 96 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Césaire et Senghor, un pont sur l’Atlantique, Paris, L’Harmattan, 2006, 200 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Chaka Zoulou, fils du Ciel, Paris, Casterman, 2010, 91 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Comprendre cahier d’un retour au pays natal, Paris, L’Harmattan, 2008, 128 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Comprendre les poèmes de L.S Senghor, Paris, L’Harmattan, 2008, 144 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), CONDE (Maryse), TIROLIEN (Guy), Dieu nous l’a donné. Pièce en 5 actes, Paris, P.J Oswald, 1972, 75 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Contes fables et récits du Sénégal, Paris, Karthala, 2006, 202 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), DIENG (Bassirou), Contes et mythes Ouolofs du Tiéddo au Talibé, Paris, Présence Africaine, ACCT, Dakar, IFAN, 2015, 250 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), DIENG (Bassirou), Les épopées noires, Paris, Karthala, UNESCO, 1997, 626 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Dieu du Sahel, voyage à travers les mythes du Seth à Tyamaba, Paris, L’Harmattan, 2007, 328 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), GOUNONGBE (Ari), «Réalités et fantasmes chez les romancières sénégalaises», Fatou Sow, sous la direction de, La recherche féministe francophone : langue, identité et enjeux, Paris, Karthala, 2009, 686 pages, spéc pages 205-215 ;
KESTELOOT (Lilyan), GOUNONGBE (Ari), Les grandes figures de la Négritude, paroles privées, Paris, L’Harmattan, 2007, 164 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Histoire de la littérature négro-africaine, Paris, Karthala, AUF, 2001, 386 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Intellectual Origins of the African Revolution, Washington, Black Orpheus Press, 1972, 128 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), KOTCHY (Barthélémy), Aimé Césaire : l’homme et l’œuvre, précédé d’un texte de Michel Leiris, Paris, Présence Africaine, 1973, 280 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), KOTCHY (Barthélémy), LEIRIS (Michel), Aimé Césaire : l’homme et l’œuvre, Paris, Présence africaine, 1973, 258 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), L’épopée Bambara de Ségou, recueillie et traduite en collaboration avec Amadou Traoré et Jean-Baptiste Traoré, Paris, Orizons, 2010, 328 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), L’épopée traditionnelle, Paris, Fernand Nathan, 1971, 63 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), La poésie traditionnelle, Paris, Fernand Nathan, 1971, 63 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature, Bruxelles, éditions de l’université de Bruxelles, 1967, 343 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Mémento de la littérature africaine et antillaise, histoire, auteurs et ouvrages, Versailles, Les Classiques africains, Dakar, CAEC-Khoudia, 1995, 61 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Négritude africaine, négritude caraïbe, Centre d’études francophones, Université Paris-Nord, Nivelles (Belgique), Éditions de la Francité, 1973, pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Négritude et situation coloniale, Yaoundé, éditions CLE, 2010, 124 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Neuf poèmes camerounais, anthologie, Yaoundé, Clé, 1971, 111 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Soundiata, l’enfant-lion, Bruxelles, Casterman, 2010, 112 pages.
II – Critiques de Lilyan Kesteloot
Anonyme, «Lilyan Kesteloot à fond dans son rôle de passeur», Le Nouvelliste du 16 mars 2018, en ligne ;
Association internationale de climatologie, Institut de géographie, En hommage à Siméon Fongang, Panagiotis Maheras éditeur scientifique, Dakar, 12ème colloque international de climatologie des 16-18 novembre 1999, Thessaloniki, département de météorologie, Aix-en-Provence, 2000, 498 pages ;
BA (Mamadou), «A propos de Lilyan Kesteloot», Carnets de littérature africaine, 2018, vol 46, pages 113-126 ;
BENARAB (Abdelkader), Fanon, l’homme de rupture, préface de Lilyan Kesteloot, Constantine, Bahaeddine éditions, Paris, Alfabarre, 2011, 82 pages ;
DERIVE (Jean), «Lilyan Kesteloot (1931-2018), mon amie, tu nous manques», Journal de la société des africanistes, 2018, vol 88, n°2, pages 129-133 ;
EDWIN (Jahiel), «Aimé Césaire, Lilyan Kesteloot», Book Abroad, 1963, vol 37, n°4, page 410 ;
GOUNONGBE (Ari), Lilyan Kesteloot, femme au cœur de la Négritude, Paris, L’Harmattan, 2021, 147 pages ;
GYSSELS (Kathleen), «Hommage à Lilyan Kesteloot (1931-2018)», Nouvelles études francophones, University of Nebraska, 2019, vol 34, n°2, pages 1-4 ;
GYSSELS (Kathleen), «Lilyan Kesteloot’s Long-Lasting Imprint on Afrodiasporic Studies. An Obtuary, February 15, 1931 – February 28, 2018», The Journal of Haitian Studies, 2019, Vol 25, n°1, pages 86-94 ;
KEITA (Abdoulaye) sous la direction de, Au carrefour des littératures Afrique-Europe, Paris, Karthala, Dakar, IFAN, 2013, 372 pages ;
LABURTHE-TOLRA (Philippe), «Kesteloot, Lilyan, Dieux d'eau du Sahel. Voyage à travers les mythes de Seth à Tyamaba», Journal des africanistes, 2008, Vol 78 n°1-2, pages 347-348 ;
LAGNEAU (Marc), Philosophie et politique. La polémique entre Marx et Stirner, Université catholique de Louvain, 17 mars 1967, 88 pages ;
LANGLEY (J. Ayodele), «Négritude et situation coloniale, Lilyan Kesteloot», Journal of Religion in Africa, 1971, vol 4, n°1, pages 74-76 ;
LY (Amadou), «Lilyan Kesteloot, in Memoriam», L’AS, du 6 mars 2018 ;
LY (Amadou), «Lilyan Kesteloot, une pionnière à l’université de Dakar», Etudes de littérature africaine, 2018, vol 46, pages 113-116 ;
MARIN LA MESLEE (Valérie), «Lilyan Kesteloot : la grande défricheuse des littératures africaines s’en est allée», Le Point Afrique, du 1er mars 2018 ;
MATESO (Losa), La littérature africaine et sa critique, Paris, A.C.C.T-Karthala, 1986, 400 pages ;
MIDIOHOUAN (Guy-Ossito), «Lilyan Kesteloot et l’histoire de la littérature négro-africaine», Nottingham French Studies, automne 2003, Vol 42, n°2, pages 113-127 ;
ORBAN (Jean-Pierre), «Comment est née sa vocation africaine ?», Le Point Afrique, du 15 mars 2018 ;
RFI, «Lilyan Kesteloot, une grande pionnière des études africaines», 20 novembre 2013 ;
SARR (Felwine), «Lilyan Kesteloot, la pioche jusqu’au bout», Etudes littéraires africaines, 2018, vol 46, pages 117-118 ;
SEBASONI (S.), «Négritude et situation coloniale. Lilyan Kesteloot», Civilisations, 1969, vol 19, n°2, pages 272-273 ;
TADJO (Véronique), «Lilyan Kesteloot, le choix de l’Afrique», Le Point Afrique, du 2 mars 2018 ;
Université Cheikh Anta Diop, «Colloque international en hommage à Lilyan Kesteloot», Dakar, UCAD, du 15 au 17 janvier 2019 ;
WABERI (Abdourahman), «Négritude n’aurait pas connu un tel éclat sans Lilyan Kesteloot», Le Monde Afrique, du 2 mars 2018.
Paris, le 1er mars 2018, actualisé le 17 août 2022, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
«Lilyan KESTELOOT (1931-2018), universitaire, citoyenne de l’universel et promotrice de la Négritude», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 20:27
«François MASPERO (1932-2015), écrivain et éditeur militant anticolonialiste» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le nom de François MASPERO est incontestablement associé à ses fonctions de libraire et d’éditeur. Libraire à Paris, à «l’Escalier» de 1955 à 1957, puis à «La Joie de Lire», de 1957 à 1974, éditeur et directeur des éditions François MASPERO de 1959 à 1982, Directeur de la revue «Partisans» de 1961 à 1972, de l’édition française «Tricontinental» de 1969 à 1971, et de «l’Alternative» de 1979 à 1985, traducteur, journaliste, écrivain, voyageur et militant de la Gauche radicale,  François MASPERO est l’un des grands passeurs de la pensée de l’héritage communiste et anticolonialiste de l’après-guerre, une référence incontournable de l’édition critique. Précédé dans ce travail par les éditions «Présence Africaines» d’Alioune DIOP (1910-1980, voir mon article) de la rue des écoles, François MASPERO étant au cœur du Quartier Latin, à l’époque un quartier populaire accueillant des immigrés et des étudiants africains, est entré en contact, très vite, avec les ressortissants du tiers-monde : «J’ai eu, dans ma première librairie, rue Monsieur-le-Prince, l’occasion de rencontrer des lecteurs de «Présence Africaine», des militants des colonies portugaises, dont Mario de Andrade, Amilcar Cabral, et plus généralement anticolonialistes, et des visiteurs aussi divers que Césaire (alors député), Senghor (alors sénateur) et Léon-Gontran Damas. Grâce à Mario de Andrade, je suis entré en contact avec Fanon» dit-il, en septembre 2014, à la revue «Période». A 24 ans, le jeune François MASPERO assiste au 1er Congrès, du 19 au 22 septembre 1956, des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne qu’organise Alioune DIOP, et c’est la révélation : «Ce premier Congrès a été un grand départ pour moi ; je me suis ouvert au monde du large. J’ai vu jaillir toute une culture, non pas bafouée, mais sous-estimée, sinon niée»  dit, en 2014, François MASPERO, à France-Culture.
François MASPERO est donc le créateur d’une maison d’édition curieuse des autres, combattive et solidaire. Il a implanté au centre du Quartier Latin ses librairies, en pleine ascension des idées pour l’indépendance (Ghana et Guinée), ou des guerres coloniales (Indochine, Algérie). Aussi, de la production littéraire qu’il diffuse, foisonnent des idées séditieuses racontant toutes formes de lutte, à l’usine, dans les prisons ou pour la justice sociale. En effet, François MASPERO n’était pas un éditeur comme les autres. D’une part, il est en rupture par rapport à l’aspect industriel des maisons classiques d’édition : «Presque toutes les anciennes maisons d'édition appartiennent maintenant à des groupes financiers. Tout d'un coup, on tombe sur des technocrates qui n'ont pas le sens de l'histoire de la maison. Ils ne savent même pas ce qui a été publié. Ils ne s'intéressent pas au contenu des livres. C'est terrifiant» dit-il. D’autre part, et surtout,  François MASPERO a enjambé les frontières littéraires et cassé les barrières idéologiques d’une édition jusque-là bien sage. Il avait envie de «respirer l'air du large et le faire respirer aux autres» dit-on. François MASPERO publia à la fois TOGLIATI et Mao, des traités de philosophie, mais aussi des études militantes de tiers-mondistes. Il se démarque ainsi des éditions «Minuit» afin d’opter, radicalement, pour un projet d’éducation populaire propre à lui, une sorte de culture populaire, pour se placer au centre du combat idéologique de son temps où «le fond de l’air était rouge», en référence du film de Chris MARKER, «les mots ont un sens» de 1970. «François Maspero était un grand éditeur, très différent de ceux de la place de Paris car il avait d'emblée posé son regard sur ce qui se passait ailleurs, ce qu'on appelait alors le Tiers-Monde. Ses choix ne se faisaient jamais en fonction de la rentabilité des livres» dit l’écrivain franco-marocain, Tahar Ben JELLOUN, dont le recueil de poésie, «les cicatrices du soleil» a été publié en 1972 par François MASPERO. François MASPERO a aussi publié les auteurs afro-américains, dont WEB de DUBOIS, son ami Abdou MOUMOUNI, mais aussi les écrits politiques de James BALDWIN, Malcolm X, de Che GUEVARA. Il connaissait Sally N’DONGO de l’Union générale des travailleurs sénégalais. En dépit de cette orientation anticapitaliste et anticolonialiste, François MASPERO était attaché à une rigueur intellectuel et à une certaine esthétique des livres qu’il publiait. En effet, François MASPERO a été foncièrement anticolonialiste. Il a su mettre en pratique «la morale de Kant», en  Conjuguant éthique et politique : «J’ai été mis abruptement devant le fait colonial, cela m’a beaucoup marqué.  Mon père avait déjà tracé la voie. Dès l’âge de 22 ans j’ai travaillé pour une imprimerie, puis je suis devenu libraire. Pour l’Indochine j’étais trop jeune, mais pour la guerre d’Algérie, j’étais en pleine action. La guerre d’Algérie m’a conduit à produire des textes, pas seulement de réprobation morale, comme les Editions de Minuit, mais des textes qui donnaient vraiment la parole aux Algériens, j’ai eu la chance de pouvoir publier Frantz Fanon et bien d’autres livres» dit François MASPERO. Il apprécie chez KATEB Yacine, c’est celui dont l’héritage littéraire, un «butin de guerre», «viole la langue (française), transfigure le réel, le sublime en mythologie hallucinée, convoque la tragédie du peuple et oblige le lecteur à faire corps avec le texte» dit François MASPERO. Il a eu l’audace de faire publier «L’An V de la Révolution» de Frantz FANON (1925-1961, voir mon article), aussitôt interdit : «Ça s’est passé très simplement, en 1959. Frantz Fanon avait écrit ce livre, mais aucun éditeur français ne voulait le publier. Je l’ai su, je lui ai écrit à Tunis. J’étais débutant dans le métier (je n’avais encore publié que deux livres !). Il m’a fait aussitôt parvenir le manuscrit. Je l’ai édité. Le livre a été interdit, j’ai été inculpé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, je l’ai réédité, nouvelles descentes de police, etc. L’important pour moi, c’est que Fanon ait manifesté une telle confiance envers un inconnu et qu’il m’ait écrit ensuite : «Il faut que je vous dise merci, non seulement pour ce que vous faites, mais pour ce que vous êtes.» J’en reste toujours à cette phrase de lui : «Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui s’interroge» dit-il à un journal algérien, «El Wattan». En mai 1968, il donnera la parole aux femmes, aux étudiants et aux syndicalistes et à la gauche radicale, avec parfois des tensions entre trotskystes et maoïstes. «Nous avions bricolé un système de distribution des livres interdits concernant l'Algérie avec les éditeurs étrangers La Cité de Nils Andersson, à Lausanne, ou Feltrinelli, à Milan», dit Jean-Philippe TALBO-BERNIGAUD.
En 1956, à travers «la joie de lire», François MASPERO s’adresse «aux paysages humains, à des cultures et réalités différentes» dit Edwy PLENEL de Médiapart. En effet, François MASPERO dénonce l’injustice de la colonisation, les tortures, les ratonnades, les coups d’Etat militaires, l’assassinat ou la disparition ou l’enlèvement d’opposants, comme Medhi BEN BARKA (Né en 1920 et disparu à Fontenay-le-Vicomte le 29 octobre 1965). «J’ai des sentiments extrêmement simples de révolte et d’indignation. La dérive libérale est la plus terrible des utopies. Elle est aussi plus terrifiante que d’autres, car on n’en voit pas la fin. Je crois donc à la lutte, sinon il n'y a plus d’histoire et peut-être plus d’humanité» dit-il. Sa librairie fut plastiquée lors des «Nuits bleues» de l’Organisation de l’Armée Secrète (O.A.S.). François MASPERO est particulièrement sensible aux luttes des peuples colonisés pour retrouver leur liberté et leur dignité «Il faut savoir que les choses sans espoir sont sans espoir, et être pourtant déterminé à les changer» écrit Francis SCOTT FITZGERALD (1896-1940), dans «la fêlure». Il se lie d’amitié avec des intellectuels noirs, comme Amical CABRAL (1924-1973), un dirigeant de la Guinée-Bissau. Il signe la déclaration du 1er janvier 1961 sur le droit à l’insoumission.
En définitive, François MASPERO est à la fois un éditeur tiers-mondiste, mais aussi un écrivain tourné vers le monde, en fraternité avec les vaincus.
I – François MASPERO, un éditeur tiers-mondiste, internationaliste
François MASPERO, un nationaliste, tout aimant son pays, la France des droits de l’Homme avec son message universel, témoigne d’un puissant engagement internationaliste. Aimer son pays, c’est aussi avoir envers sa patrie une exigence de vérité et de cohérence : «Il y a un point qui me tracasse, c'est ma quasi-absence de réponse à votre question sur l'amour de mon pays. Répondre par la France des Lumières est évidemment trop court. En y repensant, je me dis que si j'ai du mal à m'expliquer, c'est que je suis de la dernière génération qui peut se souvenir de la France envahie et opprimée, et de la lutte pour la libérer. On peut aimer son pays d'une façon jugée aujourd'hui irrationnelle sans être un nationaliste. Je suis, je crois, profondément internationaliste. Disons que, là encore, il y a le cœur et la raison, qui ne s'opposent pas forcément. Aimer le pays - comme la langue - où l'on est né, c'est aussi être exigeant envers lui, plus qu'envers tout autre» dit François MASPERO. Il ouvre des tribunes éditoriales de la décolonisation, en rupture avec l’ethnocentrisme légendaire des éditeurs français ; il fait parler du tiers-monde et de ses dirigeants. Toujours assidu dans la défense de ses auteurs, il se rend en Bolivie pour aider Régis DEBRAY avec le cinéaste Chris MARKER, seul à oser l’accompagner. Rompant avec la stigmatisation et l’ostracisation des racisés, François MASPERO s’est transporté, pendant de longs mois, le long du RER B, en 1992, à la rencontre des immigrés de la banlieue parisienne. Naquit alors «Paris bout du monde», projet commun avec la photographe Anaïck FRANTZ.
François MASPERO revendique haut et fort sa grande solidarité avec les racisés : «J'ai, à une époque où la pensée et la littérature restaient repliées sur les nations de la Vieille Europe et de l'Amérique blanche, cherché d'autres pensées et d'autres littératures. Plus d'un tiers de l'humanité, ces années-là, ' émergeait ' avec les nouvelles indépendances. Il fallait lui donner la parole. Ce n'était pas le cas alors. Je revendique ma faible part de ce travail-là» écrit-il dans «les abeilles et la guêpe». Il faudrait louer le courage et la lucidité de François MASPERO d’avoir choisi de rester solidaire avec les combattants de l’indépendance algérienne, au moment où, en France, les partisans de l’Algérie française étaient majoritaires et imposaient leur diktat : «Il faut saisir qu’à l’époque l’idée de «l’Algérie française» était dominante, exprimée à haute voix ou pensée en silence. Dans l’autre camp, ils n’étaient pas des milliers, mais l’histoire retiendra leur justesse et leur humanité. L’engagement de Maspero pour l’émancipation du peuple algérien ne fut pas de tout repos ; il dut faire face aux menaces et sabotages» écrit Mohamad YEFSAH. Par conséquent, François MASPERO est bien un «maquisard au fusil chargé d’encre», comme l’a surnommé, Mohamad YEFSAH.
En grand humaniste, François MASPERO a toujours milité pour un monde de tolérance et de fraternité, fondé sur le multiculturalisme : «Finalement, qu'ai-je tenté d'autre que ce que fit don Pedro d'Alfaroubeira, qui, avec ses quatre dromadaires, courut le monde et l'admira ? Il est encore permis de rêver d'un monde sillonné d'innombrables dromadaires conduits par des hommes occupés, le temps de leur passage sur terre, à l'admirer plutôt qu'à le détruire» écrit François MASPERO dans «les abeilles et la guêpe». Il résulte de ses combats que les éditions François Maspero, véritables boîte à outils, une université pour tous, une porte ouverte sur le monde, ont été au carrefour des interrogations, des espérances et des combats pour la construction d'un monde meilleur. Dans «La Quinzaine littéraire», un clin d’œil aux «Cahiers de la quinzaine» de Charles PEGUY (1873-1914), il refuse tout contrôle de la parole par certains groupes financiers. «Ces cahiers auront contre eux tous les menteurs et tous les salauds, c’est-à-dire l’immense majorité de tous les partis» écrit-il. «Une multitude de maisons étaient nées en 1945, parmi lesquelles Minuit, née dans la Résistance et poursuivie par Jérôme Lindon, Seghers, Laffont, ou Julliard, mais beaucoup avaient rapidement disparu, et il a fallu attendre 1968 pour voir surgir un nouveau type d’éditeurs, liés à un véritable projet de société» dit en 2005, François MASPERO.
En définitive, François MASPERO a été l’un des grands passeurs de la pensée et de l’héritage communiste et anticolonialiste de l’après-guerre. Ses éditions, constituant une solidarité sans failles avec les colonisés, ont été le théâtre de débats importants, en jouant un rôle pionnier sur de nombreux plans. «Ma conception de l’histoire, de la société et de la vie est surtout affective, probablement du fait d’avoir baigné dès l’enfance et l’adolescence dans une famille de résistants. Cette conception, à partir de ce que j’ai connu de la guerre et de toutes celles qui ont suivi. Disons aussi que je dois beaucoup à Sartre pour la conception de la liberté, et que je n’ai jamais renié Camus» dit-il. En particulier, il considère que l’échange inégal entre les pays riches et les pays pauvres, tel que l’a décrit Samir AMIN (1931-2018, voir mon article), est une forme d’esclavage moderne : «Pendant vingt-trois ans, mon métier d’éditeur a consisté à donner la parole à d’autres, plus compétents que moi, en fabriquant leurs livres que, à tort ou à raison, je trouvais intéressant. «l’échange inégal » (de Samir Amin), titre d’un livre que j’ai jadis édité, n’a jamais été aussi inégal. Que la ségrégation des classes à l’échelle mondiale a atteint un niveau tel qu’on peut se demander si la situation des parias qui errent dans le monde, chassés de chez eux par le capitalisme sauvage, n’est pas pire que celle des esclaves de jadis qui, au moins, étaient nourris par leurs maîtres» dit François MASPERO.
Né le 19 janvier 1932 au 45 rue Scheffer, à Paris 16ème, mort le 11 avril 2015 au 44 rue Saint-Maur, à Paris 11ème. A la Libération, après avoir échoué quatre fois au baccalauréat, François MASPERO s’inscrit donc en licence d’ethnologie au Musée de l’Homme. Si François MASPERO est internationaliste et solidaire avec les vaincus, il est toutefois issu d’une famille d’intellectuels aisés. Il a donc trahi la bourgeoisie et l’a bien trahie, en référence à une idée chère à Paul NIZAN (1905-1940), dans son roman, «les chiens de garde» paru en 1932 : «Je ne vois, dans ce défilé [d’aïeux], aucun travailleur manuel. J’aurais aimé évoquer un oncle ouvrier, ou au moins quelque artisan tonnelier, charpentier, qui aurait chaleureusement guidé ma main, droite ou gauche : mais rien» écrit-il dans «les abeilles et la guêpe». Son grand-père, Gaston MASPERO (1846-1916) est égyptologue ; son père, Henri MASPERO (1883-1945), est sinologue membre de l’École française d’Extrême Orient (ÉFEO), professeur au Collège de France et président de l’Académie des Belles Lettres et Inscriptions. Sa mère, Hélène MASPERO-LECLERC (1899-1997), une historienne de la Révolution, est la fille d’Antonin LECLERC (1871-1954), un médecin, spécialiste en cardiologie. Hélène MASPERO, une femme discrète, mais belle et intelligente, avait posé pour des magazines de modes dans les années 20 ; elle a surtout été déportée à Ravensbrück où elle avait fait la connaissance de Germaine TILLION (1907-2008). Jean MASPERO (1925-1944), le frère aîné de François MASPERO, un jeune homme brillant, a été tué le 10 septembre 1944, à l'âge de 19 ans, alors qu'il avait rejoint un régiment américain. Membre des FTP (Francs-tireurs et partisans), Jean MASPERO a abattu un officier allemand et a été dénoncé. En représailles, son père et sa mère sont déportés le 15 août 1944, l'un à Buchenwald, où il meurt, l'autre à Ravensbrück. Seule sa mère reviendra. «J’aurais voulu faire quelque chose de convenable pour la mémoire de mon père. Pour un homme qui a toute une nuit attendu calmement la Gestapo en rangeant ses papiers (mais il en avait tant !) parce qu’il pensait qu’en ne fuyant pas il nous éviterait, à ma mère et à moi, d’être également arrêtés» écrit-il dans «l’abeille et la guêpe».
François MASPERO transforme ce fardeau de l’Histoire par un ardent désir, pendant toute sa vie, d’en découdre avec les formes d’injustices de la société, en particulier, ce que certains appellent «la Raison d’Etat» : «Comment organiser la transmission de cette brisure existentielle, quand, succédant à la confiscation de la mémoire adultérée par les témoins directs, se fait jour la pression de l’âge qui enjoint le fils et frère de répondre à son tour en garant, de se réapproprier la dignité des morts pour mieux les libérer des gangues narratives exogènes» écrit-il dans «l’abeille et la guêpe». Par conséquent, François MASPERO puise son engagement, sa conception de la vie et de l’Histoire, dans son environnement familial marqué par la Résistance et la tragédie. Dans les «Abeilles et la guêpe» en 2002, chez Seuil, «François Maspero tente d’élucider ce qu’ont été la vie et la mort de son père au camp de Buchenwald. Mais il faut se méfier de ce qui s’énonce facilement parce qu’en réalité François Maspero déploie, pour atteindre son but au plus près, une démarche très originale : il ne fait ni œuvre d’historien, ni œuvre d’écrivain. Il marche sur la ligne de crête, la ligne de partage des eaux entre ces territoires a priori si différents» Laurent DOUZOU. Dans cet ouvrage, les «Abeilles et la guêpe» François MASPERO fait un récit qui établit un lien directe entre la résistance de ses parents, sa révolte, son combat et son engagement anticolonialiste en solidarité avec les pays du tiers-monde : «J'ai vécu mon adolescence dans une imprégnation de la Résistance. Il m'en est toujours resté quelque chose. Plus tard, quand je me suis battu pour l'Algérie indépendante aux côtés des réseaux de soutien au F.L.N., les souvenirs de cette époque remontaient en moi : les partisans de l'Algérie française nous considéraient comme des traîtres qu'il fallait liquider avec douze balles dans la peau. Nous étions l'anti-France» dit-il. Aussi, François MASPERO a choisi d’entrer en résistance «du côté de la vie», en donnant du sens à ces piqures d’abeilles. «Les morts que l'on a aimés ne sont pas morts pour rien» écrit-il.
En définitive, en sa qualité d’éditeur engagé, François MASPERO aura fait publier plus 1200 livres par ses éditions, et ne regrette que quelques erreurs de jeunesse : deux ou trois ouvrages maoïstes sur la Révolution culturelle chinoise, des bréviaires militants sur l'Albanie du dictateur Enver HOXHA (1908-1985). Bien de ces écrivains sont devenus ses amis. François MASPERO ayant vécu une période troublée avec des engagements politiques, est tout de même très lucide et critique dans sa façon de concevoir le militantisme, notamment au Parti communiste : «De fin 1955 à fin 1956, dans la foulée du «Dégel», j’ai adhéré au parti communiste, dont j’ai été exclu pour avoir protesté simultanément contre Budapest et les réticences du parti communiste à s’engager réellement contre la guerre d’Algérie : je me suis fait reprocher par André Tollet (membre du comité central) de «dégueuler sur le parti» dit-il. François MASPERO avait soutenu la lutte de tous les peuples colonisés pour leur indépendance : «J’ai toujours été sensible aux luttes des peuples pour leur liberté et concerné par cet axiome : «un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre» dit-il. Cependant, il a très vite perçu que ces indépendances ont été trahies par les bourgeoisies nationales africaines. Il s’est battu «pour défendre cette mémoire des vaincus, ceux qui ont été exclus du banquet des indépendances, mais n'a épousé la cause de ces faux dieux. Il avait envisagé les échecs possibles des indépendances, leurs prévarications, leurs confiscations par les nouvelles classes dirigeantes qui épouseraient les réflexes de la domination précédente» dit Edwy PLENEL, patron de Médiapart. En particulier, et en dépit d’une lutte pour l’indépendance, avec plusieurs morts, la liberté algérienne a été confisquée par l’Armée. François MASPERO a été fasciné par Che GUEVARA (1928-1967) «J'ai foncé dans la révolution cubaine. C'était un tel enthousiasme populaire, une telle libération dans le contexte de la guerre froide. Il n'y avait pas de raison d'y résister. Che GUEVARA : «L'une des grandes rencontres de ma vie. Rien à voir avec l'icône, avec cette star de tee-shirts qu'on en a fait ensuite. Au nom de la «pureté révolutionnaire», le Che était un personnage d'une exigence terrible, d'une grande dureté avec lui-même et avec ses compagnons. Mais il y avait aussi, chez lui, ce côté argentin, très sympathique... Il était plein d'humour, il aimait la poésie» dit François MASPERO. Il a été déçu mort de Che GUEVARA de la tournure de la révolution cubaine : «J’ai mis beaucoup d’espérance dans les débuts de la révolution cubaine, et j’ai pris mes distances après la mort du Che, étant allé moi-même par deux fois en Bolivie» dit-il. Il reste donc critique à l’égard du communisme : «Si j’ai été marqué par un philosophe, c’est par Sartre. C’est à Sartre que je dois l’apprentissage de la liberté et ma conception du rôle de mes éditions : donner à lire, à connaître, et laisser ensuite chacun libre de se déterminer. J’ai toujours vu le marxisme comme une grille de lecture de l’histoire et des rapports sociaux. Pas une science, un savoir. Ce qui était enseigné dans les pays prétendument communistes était la plus obscurantiste des religions. Et finalement un parfait antimarxisme, puisque ne permettant aucune pensée dialectique, aucune pensée vivante, ce qui est quand même, si j’ai bien compris, l’essence de la pensée de Marx» dit-il.
II – François MASPERO, traducteur et écrivain humaniste de la Fraternité
Avant de fermer boutique, le dernier livre que François MASPERO a publié est celui de Mongo BETI (1932-2001, voir mon article), «la France contre l’Afrique», un réquisitoire, plus que jamais d’actualité, compte tenu de l’omniprésence d’une Françafrique arrogante et méprisante, comme au bon vieux temps colonial. Longtemps, jusqu'à la fin des années soixante-dix, il fut entendu en France que le développement des pays de l'Afrique «francophone» allait bon train. Et soudain, depuis la deuxième moitié des années quatre-vingt, on annonce partout le désastre : ces pays sont sinistrés, économiquement, financièrement, socialement, politiquement. On appelle cela «l'afro-pessimisme». La faute aux Africains ? Ce livre de Mongo BETI est un récit concret, passionnant, qui part de la vie quotidienne des femmes et des enfants dans la brousse, se poursuit dans les grandes villes rongées par le chômage et la misère, et se termine par une mise en cause radicale de la corruption des élites tenues à bout de bras par l'État français. Car si l'Afrique francophone implose aujourd'hui, souvent dans le sang et la violence, c'est bien la «coopération française» qui en est principalement responsable : pour maintenir son rêve de grande puissance, la France a soutenu dictateurs et partis uniques et bloqué toute perspective d'une prise en charge autonome de leur propre développement par les populations africaine. Ce livre de Mongo BETI, alors qu’il a la nationalité a été censuré par le ministre de l’intérieur, Raymond MARCELLIN (1914-2004), au motif que ce serait une «publication étrangère».
En 1974, épuisé, François MASPERO doit revendre sa librairie, «dans un tourbillon d'imprécations et une marée de merde», écrit-il dans «les Abeilles et la Guêpe». En effet, François MASPERO, en raison de la censure, subira dix-sept condamnations, avec de lourdes amendes. En 1960, «L’An V de la révolution algérienne», de Franz FANON avait déjà été interdit. S'intéressant de trop près aux dictatures africaines, François MASPERO se voit «accablé de procès et de condamnations (dont l'une pour avoir insulté un grand ami de la France, Mobutu) à des sommes énormes, à la privation de mes droits civiques et même à trois mois de prison (que je n'ai pas faits grâce à la mort de Pompidou, Giscard ayant eu la bonne idée de déclarer une amnistie pour les petites peines)» dit-il dans la revue Période. En effet, quant à la librairie «la Joie de lire», l’Extrême droite s’en prend à lui, mais aussi des groupes maoïstes qui lui reprochent d'être un «commerçant permanent de la Révolution» et certains lui volent à grande échelle ses livres. En 1982, il cède sa maison d’éditions pour un franc symbolique à François GEZE, qui la rebaptisera bientôt «Editions La Découverte
Homme drôle, sévère, pudique et réservé, à l’élocution particulièrement difficile, à partir de 1984, François MASPERO entreprend une seconde vie : celle d’un écrivain et de traducteur. Dans la proximité avec les livres, il a trouvé sa voie, celle d’écrivain.  «J’ai posé avec mes éditions les questions auxquelles était confronté déjà l’adolescent de 1944. Avec mes éditions, j’ai essayé de comprendre et de donner aux autres la possibilité de m’expliquer, j’ai lutté pour les faire s’exprimer sur des problèmes auxquels j’avais été confronté dès le début de ma vie» dit-il.  En effet, François MASPERO ne renonce jamais «Les salauds de tous les partis ont sans doute crié victoire quand en 1982, ils ont vu François Maspero renoncer à son métier d’éditeur. Mais ils se sont réjouis trop vite : ils avaient oublié l’auteur. L’inquiétude qui est l’antichambre de l’espérance, ne cessera jamais d’animer notre bonheur» écrit Edwy PLENEL dans la préface de «l’honneur de Saint-Arnaud» de François MASPERO. Traducteur, pour lui, les mots ont un sens : «Traduire n’est pas seulement, restituer un sens, une forme littéraire ; le texte d’un auteur, c’est du sens, du souffle, de la respiration ; c’est un rythme. C’est un ensemble qui fait qu’un écrivain a une écriture singulière. Le travail du traducteur, c’est de restituer ce qu’un auteur fait à sa langue ; son travail de traduction est aussi un travail de réécriture» dit Annie ERNAUX, de chez Seuil. Ce travail de traducteur a été très profitable à François MASPERO dans la rédaction de ses propres romans. En militant de la Fraternité, il a choisi une écriture intime, mais qui, loin d’être un exhibitionnisme, est radicalement tournée vers les autres : «Maspero restera cet homme dont la Gestapo a broyé toute la famille. Il fut ce héros malgré lui, qui eût aimé une vie obscure au fond de sa petite librairie et s'est retrouvé à devoir la défendre, les armes à la main, contre les tueurs de l'OAS. Et c’est cet homme qui a dû tout reconstruire, dans les livres encore, mais en les écrivant. La littérature est la grande victoire des perdants. Les grands écrivains sont des politiques ratés» écrit Aymeric MONVILLE, dans Médiapart sur «les deux morts de François Maspero». Devenir écrivain, c’est un long travail sur soi-même, parfois une souffrance «Il y a un découragement qui vous prend à chaque page et qui peut être mortel. Il faudrait toujours rester en éveil, à construire quelque chose ; c’est un chemin de croix» dit François MASPERO. Et, il ajoute «J’ai connu deux moments d’apprentissage de l’écriture. Le premier se situe en 1977. À l’époque, comme beaucoup de monde, j’étais dans une déprime absolue, je n’arrivais plus à me lever pour aller au travail, la carcasse refusait de suivre le mouvement. Si je m’en suis sorti, c’est en devenant pour la première fois écrivain, et rien que cela, pendant quatre mois. J’ai écrit un très mauvais roman, Mort au premier tour. Ce livre a été avant tout une manière de pouvoir continuer à vivre» dit François MASPERO.
Pour écrire, François MASPERO a choisi les éditions Seuil : «Et si la vocation première de François Maspero avait été d’être écrivain ? A peine après avoir quitté sa maison d’édition, François Maspero a pris la plume, pour ne plus la poser. Il livre une part de lui-même restée cachée sous les livres des autres et donne enfin libre cours à ce qu’il avait voulu faire : écrire» dit Annie MORVAN. En effet, il se consacre à l'écriture, notamment avec le très autobiographique en 1984, «Sourire du chat», en 1990, «les Passagers du Roissy-Express», en 1997 «Balkans-transit», ou en 2002 encore «les Abeilles et la guêpe». Dans son premier roman, «le sourire du chat», François MASPERO se situe dans le «royaume de son enfance» suivant une expression de Léopold Sédar SENGHOR, une autobiographie qu’il a poursuivie dans d’autres romans. En effet, «Le chat» est un garçon de 13 ans qui assiste impuissant à la disparition de son frère résistant, à l'arrestation et à la déportation de ses parents. Tout en pudeur, François MASPERO livre les clés de sa propre enfance. Sans diplôme, sans rien, avec juste la vente de l'appartement de sa grand-mère pour s'acheter sa première librairie, «une boutique à l'abandon qui sentait le pipi de chat». Dans ce roman, le héros, Luc, son surnom c'est le Chat, vit à Paris avec sa famille. C'est la guerre, mais il n'en est pas trop conscient. Son frère est résistant et recherché par la Gestapo. Son père est un célèbre sinologue, mais il est aussi engagé dans la Résistance avec sa femme. le Chat collectionne les tracts et journaux résistants que ramène sa famille à la maison. Dans une écriture poétique, imagée, fluide et bouleversante, un mélange de modernité et de classicisme, François MASPERO raconte ses années de guerre, vues par un enfant ; sa vision n'est pas celle des résistants dans les maquis ou des soldats dans l'Armée, mais celle d'un enfant émerveillé par les avions des alliés, d'un enfant qui se cache pour observer les chars ou collectionne les tracs alliés, d'un enfant fasciné par son grand frère, cultivé et actif dans la Résistance de Paris. L’enfant est heureux et ne se pose pas de questions et du jour au lendemain, tout bascule dans la dramaturgie. «Mon frère, il parlait beaucoup de la liberté. Et de la révolution. Ça lui fait une belle jambe, maintenant» dit le personnage du Chat.
 
Son roman, «Le Figuier» récit d’un homme retrace l’histoire de la librairie, mais aussi l’histoire de grands combats de son époque, les procès, les condamnations, les attentats, les années antifascistes, anticolonialistes ou anticapitalistes. «Le Figuier» décrit un atelier d’imprimerie, dans une ruelle proche de la Seine. Un homme solitaire, y édite en poète amoureux de son labeur, des mots qu’il compose, qui fait «couler du soleil dans le plomb». Ce livre commence en 1957, sur fond de guerre d’Algérie, et s’achève dix ans plus tard en Amérique centrale. «Mon figuier est un figuier de barbarie» écrit-il. Dans «le Figuier», François MASPERO y expose clairement le sens de l’engagement et du témoignage. Editer et témoigner en temps de guerre a-t-il un sens ? Editer est-ce résister ?
A travers, son roman, «l’Honneur perdu de Saint Arnaud», une anti-biographie d’un maréchal de France qui fit sa carrière durant la conquête de l’Algérie, on retrouve François MASPERO, le porteur de valises, l’anticolonialiste viscéral. Il voulait rétablir la vérité sur cette face sombre de l’histoire de France : «Mais «l’Honneur de Saint Arnaud» n’est pas seulement un livre du passé : il est hélas, dans l’ignominie du personnage dans et la démonstration des falsifications de l’Histoire officielle» écrit Annie MORVAN.
François MASPERO est également un grand voyageur, pour découvrir l’autre : «La plus belle récompense d’un voyage extraordinaire est bien de rencontrer des gens extraordinaires. Des gens qui ont traversé comme ils l’ont pu, sans faire d’histoires et sans faire l’Histoire, des évènements pas ordinaires» écrit-il dans «Balkans-Transit».  Dans les « passagers du Roissy-Express », le décor se situe dans la banlieue parisienne, le trafic de drogue a été refoulé vers la périphérie. L’Etat loin de combattre les inégalités, a développé une politique de stigmatisation et de féroces répression des personnes d’origine africaine et maghrébine, les enfonçant un plus dans ces zones de relégation.
Par ailleurs, François MASPERO s’est souvent senti en exil, dans son propre pays, la France. Des militants d’extrême-droite, avaient accusé ce «porteur de valises», pendant la guerre d’Algérie, d’avoir tiré sur le dos des soldats français. Par conséquent, «l’exil» c’est la situation d’une personne qui ne trouve pas sa place dans son pays. «Toute ma vie, j’ai cru au progrès, le sens de l’Histoire éclairait notre attente et même nos mélancoliques nuits étrangères. Comment le nier, je sens ici que mon monde à moi est détruit» fait-il au personnage d’Alberto dans la «Plage noire». «Quand je regarde le catalogue des éditions, je me dis que je peux être satisfait : Frantz Fanon, Tahar Ben Jelloun, et beaucoup d’autres» dit François MASPERO. «J’ai beaucoup vécu par les autres. Sans eux, les auteurs, les amis, les militants, rien n’aurait été possible» dit-il. La «plage noire» est le roman le plus universel des oeuvres de François MASPERO : «contrairement aux autres romans, on ne sait pas où se situe le lieu, la date ; la seule indication, c’est un pays qui sort de la dictature, et qui retourne à la démocratie, mais une démocratie qui n’est pas gagnée ; le Mal rôde toujours» dit Annie ERNAUX.
François MASPERO a été marié trois fois. Il a épousé en premières noces Marie-Thérèse SENES, le 4 août 1953 ; ils divorceront le 22 août 1965. Il s’est remarié, en secondes noces, le 16 décembre 1965, à Francita GONZALEZ-BATTLE, une traductrice ; ils divorceront le 4 décembre 1996. Sa troisième, et dernière épouse, mariée le 25 février 1999, sera Zaneta ZAPRIANOVA OUZOUNA, qui lui donnera deux enfants : Brigitte MASPERO (1954-2007) et Louis MASPERO, écrivain.
François MASPERO est mort à Paris 11ème, le 11 avril 2015 : «Alerté par une fuite d'eau, on l'a découvert dimanche mort dans sa baignoire. Il avait passé la journée du vendredi 10 avec moi, qui l'avais amené dans une clinique de banlieue où il a subi un examen radiologique demandé par le spécialiste qui le suivait» écrit dans Médiapart, le rhumatologue et ami, Marcel-Francis KAHN. «François Maspero est une légende qui incarne les vertus d’un engagement radical» dit Jack LANG, Ministre de la culture de François MITTERRAND. Il a toujours «voulu bousculer le monde» dira le président François HOLLANDE. «François Maspero m’a appris la liberté. Pour ma génération, François Maspero restera comme le nom emblématique de ce que la France peut avoir de meilleur : un homme qui a su toujours dire non, à l’injustice, à l’imposture, au mensonge. En ces temps où la régression ultra, réactionnaire et conservatrice, menace, plus que jamais, son exemple nous aide à redresser la tête, à faire face et à tenir bon» écrit Edwy PLENEL, patron de Médiapart et de ses grands amis. «Il fut l'un des intellectuels les plus brillants de ma génération. Même s'il s'était éloigné de la politique ces dernières années, Maspero appartient à la légende de la gauche. Il y laissera une trace indélébile. Dans le travail, il était à la fois d'une grande rigueur et d'un grand humanisme. C'était impossible de ne pas bien s'entendre avec lui» dit Luis SEPULVDA, écrivain chilien, dont les livres ont été traduits par François MASPERO.  
En définitive, François MASPERO est resté habité par l’espérance : «Plus j’avance, dans le temps qui me reste à vivre, plus je pense que je choisis   «résistant». Je suis reconnaissant d’être né dans une famille de résistants de la première heure. Avec tout ce que cela a comporté… la mort de mon frère au combat à 19 ans, la mort de mon père à Buchenwald et le retour de ma mère de déportation. Cela compte beaucoup pour moi, et, bizarrement, aujourd’hui plus que jamais. Oui, je choisis «résistant» plutôt «qu’homme livre» car cela me réduirait  sur une pratique de lecture qu’il conviendrait  d’élargir» disait François MASPERO. «Je ne crois pas aux utopies, je fais une différence énorme entre le rêve et l’utopie. Je pense qu’un individu qui n’a pas de rêve, qui ne rêve pas un destin, qui ne rêve pas quelque chose pour la société, manque à sa vocation d’être humain. Il y a une rigidité dans l’utopie qui est dévastatrice. En revanche le rêve, rêver l’avenir, il faut y croire. Même si je sais bien que l’avenir, c’est comme l’histoire de la ligne d’horizon : elle recule au fur et à mesure qu’on avance» disait-il, en décembre 2014, dans un entretien accordé au journal Bron Magazine. François MASPERO, toute sa vie est resté fidèle à ses rêves et ses engagements,, à une époque où la majorité de l’élite s’est engouffrée dans chemin du renoncement. Il a semé la graine dans le champ de la révolte et les conservateurs n’auront pas le dernier mot : «Tu peux serrer une abeille dans ta main jusqu’à ce qu’elle étouffe, elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué, c’est peu de chose, mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeille» dit Jean PAULHAN (1884-1968).
Bibliographie très sélective
I – Contribution de François Maspero
MASPERO (François), «Entretien avec François Maspero, quelques malentendus», accordé à Stella Magliani-Belkacem, Revue Période, 18 septembre 2014 ;
MASPERO (François), «Entretien, les chemins de la liberté», accordé au journal  Bron Magazine du 5 décembre 2014, et relayé par Médiapart du 10 décembre 2014 ;
MASPERO (François), «Entretien» accordé à Didier Daeninckx, dans «l’œil de la Lettre», réalisé par la librairie Les Cahiers de Colette, septembre 1994, n°16 ;
MASPERO (François), «Entretien», accordé à la Revue période du 18 septembre 2014, et relayé par Médiapart du 24 décembre 2014 ;
MASPERO (François), «François Maspero et les paysages humains», entretien accordé à Jean-Marc Luquet, Silence, octobre 2009, n°372, pages 33-35 ;
MASPERO (François), «François Maspero, sa recherche acharnée de fraternité», entretien accordé à Sadek Aissat, El Wattan, du 6 février 2010 ;
MASPERO (François), «L’édition laminée», accordé à Bertrand Leclair, Lignes, 2006, n°20, pages 171-178 et la Quinzaine littéraire, n°919 du 16 au 31 mars 2005  ;
MASPERO (François), Balkans-Transit, Paris, Seuil, 1997, 400 pages ;
MASPERO (François), DUMONT (René) MEILLASSOUX (Claude), BENOT (Yves), La France contre l’Afrique, Paris, François Maspero, 1981, 271 pages ;
MASPERO (François), L’honneur de Saint-Arnaud, préface d’Edwy Plenel, Paris, Seuil, 2012, 416 pages ;
MASPERO (François), La plage noire, Paris, Seuil, 1995, 160 pages ;
MASPERO (François), Le Figuier, Paris, Seuil, 1988, 379 pages ;
MASPERO (François), Le sourire du chat, Paris, Seuil, 1984, 320 pages ;
MASPERO (François), Le temps des Italiens, Paris, Seuil, 1994, 144 pages ;
MASPERO (François), Le vol de la mésange, Paris, Seuil, 2006, 236 pages ;
MASPERO (François), Les abeilles et la guêpe, Paris, Seuil, 2002, 288 pages ;
MASPERO (François), Les passagers du Roissy Express, Paris, Seuil, 1990, 336 pages ;
MASPERO (François), Les saisons au bord de la mer, Paris, Seuil, 2009, 192 pages ;
MASPERO (François), Parti pris : Les Québécois, préface de Jacques Berque, Paris, Collection cahiers libres, 1967, 301 pages.
II – Critique de François Maspero
AMIN (Samir),  ARRIGHI (Giovanni), GUNDER (André), WALLERSTEIN (Frank), MASPERO (François), La crise, quelle crise ?, Paris, François Maspero, 1982, 240 pages ;
AMROUCHE (Taos), Le grain magique. Contes poèmes, proverbes berbères de Kabylie, Paris, La Découverte, 2007, 250 pages ;
ANDERSSON (Nils), «Maspero, poétiques de résistance», Médiapart, billet de blog du 5 septembre 2016 ;
AUBERT (Antoine), Devenirs révolutionnaires : Enquêtes sur les intellectuels «marxistes» en France (années 68 – années 90) : contribution à une histoire sociale des idées, Paris, Université Panthéon Sorbonne I, 2020, 848 pages, spéc pages 15-18 ;
BENOT (Yves), Les massacres coloniaux, préface de François Maspero, Paris, Hachette, collection pluriel intervention, 1994, 404 pages ;
CAMILLE (Joseph), «François Maspero et la typographie de l’édition politique», Mémoires du livre, 2011, Vol 3, n°1, pages 1-31 ;
DAVID (Elisabeth), Gaston Maspero 1846-1916. Le gentleman égyptologue, Paris, Pygmallion, 1999, 322 pages ;
DEVEVEY (Eléonore), «Présence africaine/François Maspero, enquête sur deux aventures éditoriales», Malfini, ENS, Lyon, en ligne ;
DESVARIEUX (Claire), «Maspero François, hérault de toutes les luttes», Libération, 13 avril 2015 ;
DOUZOU (Laurent), «François Maspero ou le rapport intime à l’histoire» in Imagination et histoire, Rennes, presses universitaires de Rennes, 2014, pages 77-84 ;
DUNETON (Claude), «Maspero François chroniques de la langue parlée», France culture, 1984, durée 59 minutes et 44 secondes ;
FANON (Frantz), Ecrits sur l’aliénation et la liberté, Paris, La Découverte, 2018, 832 pages, spéc 4ème partie, pages 673-690 sur les correspondances avec François Maspero ;
GRUAU (Elise), «François Maspero (1932-2015), passeur de présent», France Culture, Une vie une œuvre du 23 avril 2014, durée 58 minutes et 48 secondes  ;
GUICHARD (Bruno), HAGE (Julien) LEGER (Alain), François Maspero et les paysages humains, Lyon, La Fosse aux Ours,  2009, 311 pages ;
HAGE (Julien), «La génération des éditeurs protagonistes de la décolonisation, radicalités, rigueurs et richesses de l’engagement éditorial», Bibliodiversity, février 2016, pages 9-16 ;
HAGE (Julien), «Maspero François, homme protée et éditeur protagoniste (1932-2015)», La revue du projet, n°49, septembre 2015 ;
HAGE (Julien), «François Maspero, éditeur partisan», Contretemps, février 2006, n°15, pages 100-107 ;
HAGE (Julien), «Maspero François», Le Maîtron, 16 juillet 2012, actualisé le 4 juillet 2022 ;
HAGE (Julien), Feltrinelli, Maspero, Wagenbach, une nouvelle génération d’éditeurs politiques d’extrême-gauche, histoire comparée, histoire croisée 1955-1982, sous la direction de Jean-Yves Mollier, Université Versailles Saint-Quentin, 2010, 1029 pages ;
HUBERT (Nicolas), Editeurs et éditions pendant la guerre d’Algérie 1954-1962, Paris, Bouchene, 2012, 523 pages ;
JALLON (Hugues), PLENEL (Edwy), «En souvenir de François Maspero», Revue du Crieur, 2015, Vol 1, n°1, page 1 ;
JOSEH (Camille), «Charisme et souffrance de l’éditeur politique : François Maspero», Théologiques, 2009, Vol 17, n°1, pages 79-93 ;
KENYATTA (Jomo), Au pied du Mont Kenya, préface de Georges Balandier, Paris, François Maspero, «Les textes à l’appui», 1960, 241 pages ;
KERVRAN (Perrine), «François Maspero, retour à Cuba», 1999, France culture, durée 1 h 15 ;
KRIVINE (Alain), «Hommage à François Maspero», Hebdo l’Anticapitaliste, 16 avril 2016 ;
LEFORT-FAVREAU (Julien), «Mai 68 littéraire de François Maspéro. L’éditeur comme relais intellectuel», Etudes françaises, 2018, Vol 54, n°1, pages 37-58 ;
MAMMERI (Mouloud), Poèmes Kabyles anciens, textes berbères et français, Paris, La Découverte, 2001, 467 pages ;
MARKER (Chris), «Les mots ont un sens», avec François Maspero et Fanchita Maspero,  1970, durée 20 minutes ;
MASPERO (Hélène), Un journaliste contre-révolutionnaire. Jean-Gabriel Peltier (1760-1825), Paris, Société des études robespierriennes, 1973, 341 pages ;
MONVILLE (Aymeric), «Les deux morts de François Maspero», Médiapart, billet de blog du 4 octobre 2016 ;
MORVAN (Annie), «La vocation secrète François Maspero», Médiapart, billet de blog dy 25 octobre 2016 ;
NADEL (Siegfried, Frederick), Byzance noire. Le royaume des Nupes au Nigéria, Paris, François Maspero, 1971, 616 pages ;
PAQUOT (Thierry), «Maspero François (1932-2015)», Hermès, 2015, Vol 72, n°2, pages 251-256 ;
PIVOT (Bernard), «L’alternative de Maspero», Apostrophes n°2, Antenne 2, diffusion du 28 octobre 1984 ;
PINHAS (Luc), «François Maspero, le passeur engagé», Documentation et bibliothèques, 2010, Vol 56, n°4, pages 187-194 ;
PLENEL (Edwy), «Maspero, ce résistant», Médiapart, billet de blog du 13 avril 2015 ;
SEPULVEDA (Luis), Le vieux qui lisait des romans d’amour, traduit de l’espagnol par François Maspero, Paris, A-M Métaille, 1992, 130 pages ;
YEFSAH (Mohamad), «François Maspero, : Le maquisard au fusil chargé d’encre», Médiapart, billet de blog du 1er février 2010 et Madinya du 12 juin 2015.
Paris, 15 août 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«François MASPERO (1932-2015), écrivain et éditeur militant anticolonialiste» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 23:12

«Nancy CUNARD (1896-1965), écrivaine, muse, avant-gardiste, antiraciste et antifasciste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Que dois-je dire de moi-même ? J’aime : la paix, la campagne, l’Espagne républicaine et l’Italie antifasciste, les Noirs et leur culture africaine et afro-américaine, toute l’Amérique latine que je connais, la musique, la peinture, la poésie et le journalisme. J’ai toujours vécu en France depuis que j’en ai eu la possibilité en 1920. Je hais : le fascisme […]. Et le snobisme et tout ce qui va avec» écrit, en 1944, Nancy CUNARD, dans la préface des «poèmes pour la France» qui seront traduits en 1945 par les éditions Seghers. «Grande fille du temps» comme la surnommait Louis ARAGON, elle était de toutes les luttes, en guerre contre l’hypocrisie des classes possédantes, l’injustice et combattait toutes formes d’oppression et de racisme : «Très cher André (Breton) bonne poignée de main sur la couleur. Nancy» telle est la dédicace que Nancy CUNARD adresse à André BRETON (1896-1966), le pape du surréalisme, pour son livre, paru en 1931 «Black Man, White Lady». Autant de projets modernistes et avant-gardistes, plus que jamais d’actualité de nos jours, dans un monde où règnent encore largement, l’intolérance, la stigmatisation, la prédation et la violence à l’encontre des racisés. En 1935, dans ses écrits de journaliste, Nancy CUNARD, dotée de fortes convictions, s’oppose à l’annexion de l’Ethiopie par l’Italie. En Espagne, elle fonde avec Pablo NERUDA, une revue «Les poètes du monde défendent le peuple espagnol».  Son engagement, pour les Républicains espagnol, est donc total  : «Pour tout intellectuel honnête, il est à tout à fait impossible d’être profasciste» dit-elle. Par ailleurs, et bien avant l’engouement pour les arts premiers, Nancy CUNARD, à travers son amour pour les arts africains, avait donné plus de visibilité à la culture africaine. Les deux grandes guerres ont montré, selon elle, que les barbares ne sont pas ceux qu’on croit : «In Africa, you say ‘the Negro is a savage, he has produced nothing, he has no history’. It is certainly true he has not got himself mixed up with machinery and science to fly the Atlantic, turnout engines, run up skyscrapers and continue Holocausts» écrit, en 1934, Nancy CUNARD, dans l’Anthologie noire. En évoquant les combats de Nancy CUNARD, un mot juste est apparu : «One of Them, but White» écrit Carole SWEENEY. Elle est bien des nôtres.

Anglaise issue d’une de famille aristocratique et fille unique, Nancy CUNARD est née le 10 mars 1896 dans un château médiéval, à Nevill-Holt (district de Harborough dans le Leicestershire), au Royaume-Uni. Son père, Sir Bache CUNARD (1851-1925), un homme effacé et passionné de chasse, est un héritier de la «Cunard Line», une entreprise maritime florissante. En effet, son grand-père, Samuel CUNARD (1787 à Halifax 1865, à Londres), fondateur de la première compagnie de paquebots transatlantiques, né aux Etats-Unis, a été anobli par la reine Victoria. Sa mère, Maud Alice BURKE (1872-1948), est une américaine, originaire de San Francisco ; son père, James BURKE (1811-1872), un avocat dont l’origine de la fortune est restée obscure ; sa mère, une femme fantasque, Alice VALENTINE (1845-1905) une franco-irlandaise, s’est remariée deux fois. A la mort de son mari, Maud Alice, la mère de Nancy CUNARD, prendra pour amant, un romancier George MOORE (1852-1933) qui va initier sa fille à la littérature. Vers 1910, la famille quitte Nevill-Holt, pour s’installer à Londres. Excentrique et d’une réputation sulfureuse, la jeune Nancy fréquente notamment le groupe de «Bloomsbury» et rencontre Léonard WOOLF (1880-1969) et Virginia WOOLF (1883-1946). Nancy CUNARD épouse Sidney FAIRBAIRN (1892-1943) mais le mariage ne durera que de 1916 à 1925.

Tour à tour, poète, éditrice, écrivaine, journaliste, militante politique et contre le racisme, collectionneuse d’art, muse Nancy CUNARD est romancière, poète, dramaturge critique d’art. Inspirée par George MOORE (1852-1933), Aldous HUXLEY, Ezra POUND, James JOYCE et les surréalistes, notamment Tristan TZARA, elle rencontrera de nombreux écrivains ou artistes dont Langston HUGHES, WEB du BOIS, Joséphine BAKER et George PADMORE. Immortalisée par le photographe Man RAY (1890-1976), sa beauté, ses audaces, son goût pour l’excès, son appétit pour les hommes et pour les femmes, avaient provoqué une multitude de scandales et de réprobations de la société aristocratique. Amante de Louis ARAGON de 1926 à 1928, ce poète français, fasciné et inquiet, devant Nancy CUNARD la considère comme «une fille grande ouverte à l’avenir, félonne et féline» écrit-il, en 1926, dans la «Défense de l’Infini».

Issue de la très haute bourgeoisie anglaise, blonde aux yeux de fauve spectaculaires aux iris bleu glacier, élégante et androgyne, en révolte contre l’ordre établi, une femme debout en lutte contre toutes les formes d’oppression peu conventionnelle, collectionnant l’art et les bracelets africains, ainsi que des amants, Nancy CUNARD était en conflit contre sa mère. «Je suis l’inconnue, l’étrangère. Hors la Loi, rejetée par les règles de la vie, fidèle à une loi unique, une logique personnelle, qui ne se mêle à rien, et refuse de s’incliner devant les règles générales» écrit-elle, en 1921, dans son recueil de poèmes, «Outlaw». En effet, bien que sa mère, Maud Alice BURKE, soit une icône de la vie artistique et mondaine, à Londres, et sa fille, Nancy CUNARD, une véritable mythe dans les milieux d'avant-garde de la France d'entre-deux-guerres, elle n’a jamais accepté sa relation avec un musicien de Jazz noir. En septembre 1931, Nancy CUNARD publie, dans «The Crisis», un pamphlet contre sa mère «Does Anyone Know Any Negroes ? A Gentlewoman of England Attacks the Social Colour Line» ; c’est la brouille jusqu’à la fin de la vie de cette dernière, mais Nancy ne sera pas déshéritée. Nancy CUNARD «a du chien, la Cunard. On l'admire pour sa liberté de penser et d'être. Pour cet entêtement à faire un pied de nez aristocratique à la bien-pensance» écrit Eric BIETRY-RIVIERE du Figaro. 

Parisienne de cœur, une ville considérée comme un espace de liberté, Nancy CUNARD, fragile et inflexible, résidera en France de 1920 à 1965, avec des périodes d’interruption. Habillée souvent par Sonia DELAUNAY ou Coco CHANEL, elle mènera une vie de Bohême et résidera à Paris, à l’hôtel Ritz et à l’Ile Saint-Louis, à Boulogne-sur-Mer, Biarritz et à Deauville. A partir de 1927 et pour 10 ans, à la Chapelle-Réauville, département de l’Eure, en Normandie, où elle fonde, en 1928, avec Louis ARAGON, une maison d’éditions, «Hours Press», pour «défendre l’innovation» dit -elle. Michel LEIRIS lui donne le goût des statuettes  et masques africains. Le premier livre paru au «Puits carré» : est celui de Norman DOUGLAS (1868-1952) sur les «carrières de pierre des Iles Lipari». Maître de la prose moderne, iconoclaste et qualifié de «resplendissant humaniste», Norman DOUGLAS est un grand ami de Nancy CUNARD qui lui consacrera une biographie «I like to taste my friends, but not to eat them» écrit-elle dans la préface. Nancy CUNARD fait traduire Lewis CARROLL (1868-1952), «La chasse au Snark» ; elle publiera «Les Cantos» de Ezra POUND (1885-1972) et  en 1930, «Whoroscope»  d’un jeune et brillant écrivain, Samuel BECKETT (1906-1989), futur prix Nobel de littérature ; il participera activement à l’Anthologie noire. Un recueil de poèmes de Louis ARAGON, ainsi que d’autres livres concernant les causes qu’elle défend : celles des Noirs et un mouvement antifranquiste, seront également édités en Normandie. En juillet 1936, quand la Guerre civile éclate en Espagne, elle part pour Barcelone en solidarité avec les Républicains et y rencontre Ernest HEMINGWAY et Pablo NERUDA. Nancy CUNARD avait fait publier un livre «Authors Take Sides on Spanish Civil War». Pour elle cette guerre civile en Espagne est un enjeu majeur «It is clear to many of us throughout the whole world that now, were determined or compelled, to take sides. The equivocal, detachment, the Ivory Tower, the paradoxial, the ironic detachment, will never longer do» écrit-elle à la préface. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sa maison d’abord occupée par les Allemands, sera pillée par la suite par les habitants de Chapelle-Réanville A partir de 1950, Nancy CUNARD habitera aussi, en Dordogne, à Creysse, Carennac, Souillac, et Lamothe-Fénélon.

Avant Elsa TRIOLET (1896-1970), c’est Nancy CUNARD qui était le grand amour et le soutien financier, du plus grand poète et romancier français, Louis ARAGON (Voir mon article). ARAGON poursuivait «la Défense de l’Infini» entamé en 1923 et se sentait épanoui «Je suis continûment heureux, pour la première fois de ma vie» écrit-il à Jacques DOUCET. Le personnage de Armand, dans «Défense de l’Infini» faisant allusion à cette rencontre avec Nancy CUNARD, décrit ainsi la femme dont il est tombé amoureux : «Une fille grande, ouverte à l’avenir, félonne et féline, délicieuse lumière, femme du temps». En effet, Louis ARAGON prédisait que dans l’histoire intellectuelle de la France, Nancy CUNARD laisserait une empreinte indélébile :  «On connaît en France Nancy Cunard. Elle y a passé la majeure partie de sa vie et plus tard on ne pourra faire, sans parler d’elle, l’histoire intellectuelle d’une part de ce siècle», écrit, en 1960, Louis ARAGON. dans «Les lettres françaises». «Blanche ou l’oubli», paru en 1967, relate, de façon romanesque, la relation entre Louis ARAGON et Nancy CUNARD, entre 1926 et 1928, qui s’est terminée à Venise. Nancy a préféré partir avec un Jazz man noir, Henry CROWDER. Dernière œuvre de Louis ARAGON, «Blanche ou l’oubli», un récit polyphonique sur la guerre et les peines du cœur, ce roman est axé autour du souvenir et de la mémoire. Le narrateur de «Blanche ou l’oubli» s’appelle Geoffroy Gaiffier, linguiste et traducteur à la retraite. Il réfléchit aux raisons de l’échec de sa relation amoureuse avec Blanche, son ex-femme ; celle-ci l’a quitté depuis dix-huit ans déjà. Il essaie de reconstituer, par sa mémoire, un personnage proche de cette femme, qu’il nomme Marie-Noire «Le souvenir est périssable» écrit Louis ARAGON, qui tente de cerner ce qui lui échappe. Il n’est pas seulement que d’une débâcle lors de la Deuxième, mais aussi une défaite amoureuse dans la conquête amoureuse de Nancy CUNARD. Louis ARAGON, après avoir été abandonné a voulu se suicider. ARAGON «allait comme une âme en peine, dormait dans des hôtels, au hasard, errant dans ses propres ruines, déboussolé» écrit Georges SADOUL. Ces peines du cœur disparurent à la suite de la rencontre, en novembre 1928, à la Coupole, avec Elsa TRIOLET.

A Venise, Nancy CUNARD sera amoureuse d’un musicien de jazz noir, Henry CROWDER (1890-1955) ; sa mère, se considérant pourtant comme avant-gardiste n’apprécie pas cette relation avec un Noir. Elle se rendra, le 2 mai 1932, avec lui à New York, en pleine ségrégation raciale et s’installera à l’hôtel Grampion de Harlem. Harlem «est dur et robuste, sa froideur, ses cris et ses couleurs sont ainsi. Et la nostalgie est violente également : la radio pénètre tout, à chaque heure du jour et de la nuit. Comme partout, les vrais gens dans la rue» écrit Nancy CUNARD. Henry CROWDER, qui est en fait marié, sensibilise Nancy CUNARD, cette grande bourgeoise anglaise, sur les questions d’esclavage et de ségrégation raciale aux Etats-Unis, ainsi que les lynchages des Noirs. Aussi, Nancy CUNARD liquide, en 1931, sa maison d’édition des «Hours Press», pour se consacrer entièrement à la dénonciation de la pensée raciste et de ses méfaits.

L’Anthologie noire entreprise par Nancy CUNARD, qui a eu la relation la plus durable et la sincère entre 1928 et 1935 avec Henry CROWDER, loin d’être un fait anecdotique d’une rencontre avec un étalon noir, est avant tout une belle histoire d’Amour. Nancy CUNARD, une croqueuse d’hommes a eu de nombreux amants. A leur séparation Henry CROWDER écrira à Nancy CUNARD : «I am blue and sorry. Can you forgive me for last evening ?». A la belle mort d’Henry CROWDER, en 1955, sa femme écrira à Nancy CUNARD pour lui dire elle est le grand amour de son mari. Nancy CUNARD était encore à la recherche d’un sens à donner à sa vie ; elle voulait accomplir sa vie. Henry CROWDER, né à Gainsville, en Géorgie, dans le Sud, d’un famille pauvre, un autodidacte, après de petits boulots, mal rémunérés, jouait au piano dans des maisons closes. Son groupe était en tournée, en 1928, pour 8 semaines, quand il a rencontré Nancy CUNARD, venue rendre visite, à un de ses cousins, Victor CUNARD, en compagnie de Louis ARAGON. Il était mariée, une couturière, et collaboratrice d’Eleanor ROOSEVLT. 

Nancy CUNARD, une femme, blanche, de la gentry anglaise, vivant à Paris, au temps de la montée du fascisme, intransigeante et sans compromis, fera rédiger une anthologie noire «From early youth, she (Nancy Cunard), she had shown a dramatic capacity to stir controversy, but itw as «Negro», compiled primarily for the black race and dedicated to «one of them» that brought her career to an explosive climax» écrit dans l’introduction, Charles Henri FORD (1908-2002). En effet, cette anthologie est dédicacée à son amant noir Henry CROWDER, qu’elle désigne comme son «First Negro friend». L’Anthologie fait état des violences commises contre 14 millions de Noirs, victimes de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Mais ils sont déterminés «à abattre cette montagne de tyrannie» écrit Nancy CUNARD dans la préface. En effet, les Noirs ont de la littérature une arme dans leur combat contre la ségrégation raciale «In his struggle for a better way of life, the Negro has, born in his great desire to become au full-fledge citizen of the United States» écrit en 1944, dans la préface Sylvestre C. WATKINS de son «Anthology of Negro Literature». Nancy CUNARD consacre un article à Harlem, et dans la première partie, il est notamment question de l’histoire des Noirs aux Etats-Unis, jusqu’à l’abolition de l’esclavage, de Nat TURNER, un révolutionnaire, de trous grandes femmes noires, de la proclamation de l’abolition de l’esclavage, de grands hommes noirs, comme Frédéric DOUGLAS et Booker T. WASHINGTON, des émeutes et des lynchages et des expressions argotiques des Noirs. Cette entreprise monumentale, fait écho, au «The Souls of Black Folk» de W. E. B. Du BOIS (1868-1963), paru en 1903, à l’Anthologie «New Negro» d’Alain LOCKE (1886-1954) datant 1925, ou à «l’Anthology of American Negro Literature» de 1929 de Victor Francis CALVERTON (1900-1940). Cependant, l’Anthologie noire, par sa dimension mondiale, dépasse, de très loin, toutes les initiatives passées, ainsi que celle qui ont vu le jour par la suite (Blaise CENDRAS, Léopold Sédar SENGHOR, Léon-Gontran DAMAS, Edouard GLISSANT), comme celle de Lilyan KESTELOOT (1931-2018, voir mon article). «Alain Locke et Nancy Cunard, révolutionnent profondément la forme anthologique et la pratique du discours noir. Littérature et sciences sociales vont en effet de pair, dans une visée encyclopédique et selon un modèle orchestral et polyphonique du discours probablement inspiré par les musiques noires» écrit Anthony MANGEON. Loin d’être une littérature ethnique, cette Anthologie noire de Nancy CUNARD, est une «pièce-maîtresse» écrit Kathleen GYSSELS. Il a été souvent été reproché aux anthologies d’être superficielles et de ne constituer qu’un survol rapide des sujets. Ici, Nancy CUNARD a livré une œuvre monumentale d’une grande envergure.

En vue de son Anthologie noire, Nancy CUNARD lance des appels à contributions, en avril 1931 à 171 écrivains, artistes, militants, anthropologues, juristes, ou journalistes ou encore musiciens. «L’idée de votre livre m’enthousiasme, bien sûr, parce que je crois, à en juger par votre attitude et l’angle que vous avez choisi, si je les comprends bien, que vous produirez quelque chose de neuf et de très stimulant d’un point de vue artistique. Nous autres pauvres Nègres sommes, me semble-t-il, littéralement écrasés sous des tonnes de clichés rebattus et rassis dont nous gratifient nos amis, nos champions moraux, et dont nous nous gratifions nous-mêmes, sans jamais réussir à toucher quelqu’un. La plupart d’entre nous vivons dans la peur de nous-mêmes, des faits qui nous concernent. Nous sommes bien en peine de rendre la vérité artistique de nos propres vies telle que nous la connaissons et la ressentons ; mais il serait inimaginable que vous vous laissiez entraver par les réactions sociales et raciales qui nous handicapent, parfois même inconsciemment. C’est pourquoi j’espère que ce que vous publierez sera une révélation et une inspiration» lui répond, Claude McKAY (1889-1948), un écrivain jamaïcain, mais qui ne participera pas à cette Anthologie.

En définitive, 150 personnes répondront à son appel, en déposant 250 articles et 385 illustrations. «Il fallait écrire ce livre, et sous cette forme je pense, une Anthologie de quelque 150 voix des deux races, pour garder la trace des luttes et des accomplissements des peuples noirs, de leurs persécutions et de leurs révoltes contre ces persécutions» écrit Nancy CUNARD, dans la préface de cet ouvrage collectif. L’Anthologie noire «conserve d’abord des traces singulières, des visages, des noms, des dates, des histoires qui sont, une fois cette somme parcourue, inoubliables. Un autre aspect bouleversant du livre consiste en sa capacité à faire surgir des fantômes que sont les chants, les masques, les statues d’Afrique, présents non derrière des vitres et enfermées dans un musée, mais en relation avec le reste des productions artistiques humaines, qu’elles viennent de Noirs ou de Blancs» écrit, en 2018, dans Médiapart, «Aux Amis de la Négro Anthologie», Pierre BENETTI. L’objectif, au-delà de l’aspect documentaire, est de conduire une «contre-ethnographie de la modernité noire», écrit, dans la préface, l’historien sénégalais, Mamadou DIOUF, un enseignant à l’université de Columbia. C’est une véritable plaidoirie pour la justice raciale, une dénonciation de l’oppression des Noirs et un hymne pour leur liberté et leur dignité. Nancy CUNARD veut faire de son «Anthologie noire» un livre de combat qui s’assume comme tel : «Il était nécessaire de faire ce livre […] pour que soit conservée la trace des luttes et des victoires des populations noires, des persécutions et des révoltes auxquelles elles ont fait face», écrit Nancy CUNARD, dans l’introduction de l’édition de 1934. En effet, Nancy CUNARD, de la gauche radicale, prônait une riposte antiraciste, la diversité culturelle, l’égalité des races, l’égalité des sexes et l’égalité des classes. L’ambition de Nancy CUNARD, était de voir dans la défense de l’africanité un moyen de régénérer la culture occidentale jugée stérile. L’objectif de cette Anthologie noire est donc de «démontrer que le préjugé racial ne repose sur aucune justification […], que les Noirs ont derrière eux une longue histoire sociale et culturelle, et que ceux qui les rejettent comme des sous-hommes ignorent tout de leur histoire passée, de leur civilisation, de leurs luttes», écrit Raymond MICHELET.

Certains critiques ont voulu dévaloriser cette Anthologie en la ramenant à la simple défense du primitivisme noir, en faisant fi de l’authenticité et la diversité culturelles qui y sont pourtant célébrées. En fait, Nancy CUNARD est amoureuse de l’Afrique, mais elle n’avait visité que la Tunisie «I seem to be thinking of Africa, all the time» écrit-elle dans l’Anthologie. En effet, cette Anthologie est une  «significant rupture in the literary and socio-political worlds of the interwar era. This collection of symbolized an important breach in Black radical literature at that time» écrit Thabisile GRIFFIN. Il est incontestable que la richesse, l’originalité, la variété et la hardiesse des thèmes traités, touchent à la poésie, à l’ethnographie, à l’art, à l’histoire, à la musique et aux proverbes des Africains et de leurs diasporas : «Negro Anthology» est d’une très grande originalité «une synthèse majeure unique et originale de la diversité des discours scientifiques, politiques et culturels des Noirs et sur les Noirs dans les années 1930» écrit Sarah FIOUX-SALGAS, à la base de l’exposition à Paris sur Nancy CUNARD au Musée Jacques CHIRAC à Paris, du 4 mars 2014 au 18 mai 2014. «Negro Anthology» est le reflet d’une histoire intellectuelle et politique de son temps. Celle-ci révèle à la fois le caractère transnational et multiforme des combats antiracistes et anticolonialistes des années 30» écrit Sarah FIOUX-SALGAS.

En pleine période de ségrégation raciale aux Etats-Unis et de colonisation, l’Anthologie noire démontre que les Noirs, tout autant que les Blancs, ont une Histoire, des Arts, une Culture. En effet, l’Anthologie noire relate les violences contre les Noirs, valorise et célèbre les cultures de l’Afrique et ses diasporas. Les thèmes divisés en sept parties géographiques, sont variés et concernent l’identité noire à travers les contributions de WEB du BOIS évoquant l’Amérique noire (Black America), Jomo KENYATTA, au sujet de l’indépendance du Kenya mais aussi l’autonomie des Antilles traitée par Andrée NARDAL, sœur de Paulette NARDAL, fondatrice de la Revue du monde noir, voir mon article), de la Renaissance de Harlem, avec Langston HUGHES (voir mon article), ainsi que les écrits des communistes engagés pour la cause africaine (James W FORD, Raymond MICHELET). Tous militent pour un monde multiculturel fondé sur la diversité : «Rien n’est trop vieux, ni trop neuf pour lui, ni trop proche ou exotique, ni élitiste, ni vulgaire. Dieu et le diable vont de concert» écrit Zora Neale HURSTON. On y évoque, l’affaire des Garçons de Scottsboro de 1931, neuf jeunes afro-américains sont accusés de viol de deux jeunes femmes. L’un des accusés ne sortira de prison qu’en 1976. Il est bien question de la musique noire dans cette anthologie, notamment «The Negro Songs of Protest», la musique étant un espace de résistance à l’oppression ; c’est les arts, notamment la musique et le sport que les Noirs ont abattu toutes les barrières raciales. En particulier, les Blancs ont apprécié le Blues et le Jazz. Henry CROWDER lui-même, comme d’autres musiciens célèbres jouaient dans des endroits détenus par la mafia. En pleine ségrégation, Henry CROWDER a pu tout de même se rendre en Italie et rencontrer Nancy CROWDER. L’Anthologie, parue en 1934, ne pouvait pas faire de la performance aux jeux olympiques de Munich, Jesse OWENS (1913-1980, voir mon article) y ayant défié le Nazisme. Plus tard, Billie HOLLIDAY (1915-1959, voir mon article), à travers son «Strange Fruit» dénoncera violemment l’oppression des Noirs.

C’est quoi l’Afrique ?, s’interroge, dans la préface, Nancy CUNARD. «What is Africa ? A continent in the iron grip of its several imperialist oppressors» écrit-elle, sans détours. Les Africains, considérés par les colons, comme des «cannibales » et des «sauvages » ont une culture : «The Negro has a superb and individual sens of form and equal genius in his execution» écrit Nancy CUNARD. L’Anthologie noire, si elle passe sous silence, curieusement, la Négritude, est un ouvrage à dimensions panafricanistes, compile des articles (les explorateurs, l’ethnographie, la présence du christianisme…), des recueils de proverbes Ewe ou Baronga, des échantillons d’écriture Haoussa, mais aussi une multitude de photographies et de dessins dans le long chapitre consacré à la sculpture. Par ailleurs, c’est une dénonciation des relations de la Grande-Bretagne avec ses colonies, l’esclavage et le Libéria, l’expérience des missionnaires, l’impérialisme français, la terreur en Afrique du Sud. A travers cette dénonciation de la colonisation, il est mis en avant que  l’homme blanc est en train de tuer l’Afrique, à travers le vol des terres, fiscalité, travail forcé, enrôlement militaire, missions religieuses, justice impérialiste, le travail forcé, etc. Cela a été dit depuis 1934, la colonisation est bien, à travers son Code de l’indigénat, un crime contre l’Humanité. Ezra POUND (1885-1972), anthropologue anticolonialiste, parle de l’ethnologue et sociologue allemand, Léo FROBENIUS (1873-1938) qui s’est rendu 27 fois en Afrique, entre 1904 et 1918. Olga COMMA, poétesse de Trinidad, célèbre la culture cosmopolite de son pays et les surréalistes français. Raymond MICHELET évoque les anciens empires et de la civilisation africaine, un thème tabou à l’époque, puisque l’Afrique n’ayant pas d’histoire, aurait été «découverte» par les Occidentaux. «It’is widely believed that the history of Africa consist of the strife between a few petit tyrans and of an endless series of massacres, that various civilisations may have followed, one another, but never progressed beyond  a wild state of barabarism. Nothing could be further  from the truth» écrit Raymond MICHELET. Aussi, cet auteur brosse les histoires de l’empire du Ghana (IVème XIIIème siècle), l’empire Songhai de Gao (VIIème, 16ème siècle), l’empire du Mali (Xième, XVIIème siècle), l’empire peul du Macina XVIIème XIXème siècle) l’empire bambara de Ségou (17ème XIXème siècle), les empires du Tékrur et du Fouta-Toro, ainsi que les empires Haoussa,, du Bornou, du Kanem, du Barguimi et du Oudaï.

Longtemps, cette anthologie noire, publiée le 15 février 1934 qui n’est ni une encyclopédie, ni un dictionnaire, peu diffusée, à l’époque, avec 1000 exemplaires seulement en anglais et non rééditée, est restée confinée dans la confidentialité, pour les spécialistes ; l’Anthologie noire a fini par devenir mythique. Tout le monde parle et presque personne ne l’a lue. Par ailleurs, et alors que Nancy CUNARD, qui parlait français avait vécu l’essentiel de sa vie, l’Anthologie noire n’a été traduite, par les Nouvelles éditions, en France qu’à partir de 2016, soit 81 années après sa parution, et au prix de 119 €. «Negro participe, à sa manière, à l’entreprise de re-civilisation du monde à partir de la contribution noire, pour endiguer les effets dé-civilisateurs des aventures impériales, en archivant la présence noire sur la scène du monde, sous toutes ses formes,, musicale, artistique littéraire et culturelle. En procédant à une archéologie complète du temps du monde, Cunard restructure l’architecture de la «Bibliothèque humaine» dont était absente la poutre faîtière noire» écrit dans la préface, le professeur Mamadou DIOUF. Cependant, ce livre, déjà épuisé, n’est plus réédité aux Nouvelles éditions. Cependant, une autre édition de l’Anthologie noire est programmée par les éditions du Sandre, pour le 22 septembre 2022. Tout fini par arriver, pour qui sait attendre. Cet ouvrage reste encore d’un grand intérêt historique pour le débat intellectuel : «Il serait bien difficile de faire de la «Negro» un livre extérieur aux combats noirs. Nancy Cunard et ses amis ne mènent pas une révolution de salon, mais prennent clairement position dans les débats de leur époque, avec une audace qui ferait bondir aujourd’hui : que ce soit en faveur de l’autodétermination de la «Black Belt» défendue par les communistes américains (une sécession d’États majoritairement peuplés de Noirs) ou contre l’embourgeoisement progressif de la lutte pour les droits civiques» écrit Pierre BENETTI. Par ailleurs cette Anthologie, est à bien des égards d’une grande actualité : «Son effet au présent se révèle finalement d’autant plus puissant au gré de certains de ses décalages temporels. Il donne l’impression d’une projection illuminée vers notre contemporain, car ses auteurs défendent avec vigueur une vision du monde transfrontalière et transnationale qui ne cherche à définir aucune périphérie. On en est loin… mais la Negro Anthology encourage et donne foi dans les formes à inventer au service de la critique, capables de restituer un grand tout à partir de la mémoire des souffrances et des luttes» poursuit Pierre BENETTI.

Nancy CUNARD, traductrice pour la Résistance, a chanté la France à travers un recueil de poèmes, dont un du 14 juillet, un autre intitulé «France» ou «The Relève and the Maquis». Par ailleurs et après la Libération, Nancy CUNARD s’est engagée dans un combat pour la restitution de biens culturels volés à la France, en étudiant les cas des musées de l’Homme à Paris, Labit à Toulouse et de 17 toiles de Pablo PICASSO volées à Paris.

Qualifiée par Louis ARAGON de «délicieux tombeau», la vie de Nancy CUNARD, une femme indomptable, imprévisible, radicalement militante et avant-gardiste, est faite de passions et d’excès (alcool, drogue, les fêtes et les longues nuits blanches) : «Vivre sans passion, sans coup de folie, est, pour elle, totalement inconcevable» écrit François BUOT, un de ses biographes. Dans son appartement de l’Ile Saint-Louis, à Paris, cette femme indomptable d’une beauté farouche écrit des poèmes sur sa vie «Je suis l’inconnue, l’étrangère, Hors la loi, rejetée par les lois de la vie, fidèle à une loi unique, une logique personnelle» dit-elle. Nancy CUNARD, incarnant les idées et les forces contraires de son temps, a toujours dénoncé ce «monde inquisiteur» notamment dans son recueil de poésie, Parallax «Moi qui suis graine, racine et noyau, enterrés dans le Présent, moi qui soutire à chaque heure sa plénitude, à présent, je te dis Prends tout, prends. Comprends qu’on ne laisse pas le choix» écrit-elle. Nancy CUNARD a célébré les échos de l’éphémère «seul le vin permet de penser, moins pesamment, et si on l’on a presque tout oublié, il y aura toujours demain, quand quelque chose vous triture, douloureusement le cerveau, et ne faut-il pas l’excuser» écrit-elle. Nancy CUNARD s’insurge contre cette société corsetée et raciste de sa mère et revendique le droit d’aimer un Noir : «Tous deux crachons, tous deux, sur ce que nous avons aimé. Crachons sur l’amour, sur nos lits défaits.» écrit meurtri, en 1929, Louis ARAGON, dans «poème à crier dans les ruines», du recueil «la Grande gaité».

Ne se nourrissant que peu, devenue faible, dépressive et paranoïaque, Nancy CUNARD, meurt à Paris, à l’hôpital Cochin, le 16 mars 1965, ses cendres reposent au Père-Lachaise. Ses amis ont naturellement rendue hommage, à cette muse et bourgeoise qui avait été devenue combattante de l’antiracisme, de l’anticolonialisme et de l’antifascisme : «Quels que soient les motifs de toutes ces quêtes mystérieuses, il me semble qu’elles n’étaient pas motivées par l’ambition, le snobisme, le confort matériel ou par un simple caprice. La connaissant bien, je pense que cela correspond à un désir de reconnaissance ; elle voulait accomplir sa vie» dit sa grande amie, Iris TREE (1897-1968), poétesse et actrice anglaise. «Mon amie, Nancy Cunard, est morte à Paris ; c’est là qu’elle ferma ses magnifiques yeux pour toujours. Elle était consumée par une longue bataille contre l’injustice du monde. Elle souhaitait qu’on retienne d’elle trois choses essentielles : Egalité de races, égalité des sexes et égalité des classes. Je suis toujours en accord avec tous les individus, de tous les pays, qui ressentent la même chose, et agissent en conséquence» dit d’elle, son ami, Pablo NERUDA (1904-1973), un poète et diplomate chilien. «S’il y eut jamais, dans ce siècle, une Lady, une grande dans le vrai sens du terme, et son désintéressement, ce fut Nancy Cunard» écrit en 1968, Georges SADOUL.

Références bibliographiques
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II – Critiques de Nancy CUNARD
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Paris, le 10 août 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 août 2022 1 08 /08 /août /2022 23:17
«Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE, femme de lettres, journaliste et féministe» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Bon anniversaire avec un peu de retard à Mme Annette M'BAYE D'ERNEVILLE, Femme de lettres et première femme sénégalaise journaliste. En effet, le 23 juin 2022 Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE a fêté dans la plus grande discrétion ses 96 ans. Cet événement est passé inaperçu et pourtant Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE fait partie de ceux qui ont contribué au rayonnement du Sénégal à travers le monde, pour en faire «Un grand petit pays» en référence au titre de mon troisième livre. «C’est qu’ayant traversé notre siècle, en vraie femme de communication, beaucoup d’autres destins se sont emmêlés au sien ; sa mémoire est restée prodigieusement intacte, et quand on l’écoute, la surprise est grande de l’entendre égrener tant de noms de personnages illustres ou anonymes et, surtout de de générations si différentes» écrit à son sujet, l’écrivain, linguiste et éditeur, Boubacar Boris DIOP.
Grande dame des Lettres, Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE, née le 23 juin 1926 à Sokone, dans la région de Fatick, au Sine-Saloum, est issue d’une famille chrétienne métisse, originaire de Saint-Louis. Son père, Victor Hyppolite D’ERNEVILLE (né le 11 mars 1880, à Boké, en Guinée – mort à N’Gatch, le 1er février 1969), un postier, puis un négociant arachidier et technicien des travaux publics, est venu s’installer à N’Gatch, près de Fatick. Son grand-père paternel, Charles Jean Hyppolite d’ERNEVILLE (1834-1887), était un négociant saint-louisien. Sa grand-mère paternelle, Marianne O’HARA, de souche irlandaise (1813-1876) était également une saint-louisienne. Sa mère, Marie Pierre TURPIN (née en 1887 à Sokone – morte en 1938, à Dakar), est la fille de Théophile TURPIN et de Touty SARR. La famille TURPIN de CRISSE de Saint-Louis a sans doute des origines lointaines du Maine et de l’Anjou, en France. Quand sa mère meurt, à l’âge de 51 ans Annette n’avait que douze ans. La jeune Annette entame d’abord des études primaires et secondaires, à Saint-Joseph de Cluny, à Saint-Louis, «La vie à l’école était très rigide. Le matin, pour l’inspection générale, nous portions l’uniforme, les cheveux devaient être bien coiffés, bien tressés, les ongles courts et propres. Il régnait une discipline empreinte d’affection familiale, nous ne sentions pas de coupure nette entre nos familles et l’internat. Nous n’avons jamais senti de racisme ou de discrimination dans cette école, où je n’ai eu qu’un seul Noir comme professeur. Les enseignants étaient sévères, mais pas injustes, cela compte beaucoup à l’adolescence. Nous étions une exception» dit-elle.
De 1942 à 1945 elle est admise à l’école normale de Rufisque, formant des enseignants, à une époque où se sont les pétainistes qui avaient conservé la colonie du Sénégal. Alors que les normaliennes sont censées vivre dans des conditions paisibles propices à l’éducation, les bâtiments choisis par l’administration sont loin de permettre une telle atmosphère. La quiétude pâtit du passage des wagonnets dont le bruit couvre la voix des maîtresses et des élèves, tandis que des badauds se hissent aux fenêtres peu élevées et observent les jeunes filles pendant la classe. Mme Germaine Le GOFF (1891-1986), institutrice et éducatrice ayant servi au Mali et au Sénégal et fondatrice de la première école d’institutrices en Afrique, dans sa grande bienveillance, estime que «cette école de caractère essentiellement pratique est un non-sens en pleine ville commerçante». Mme LE GOFF aspirait d’une «belle école africaine, spacieuse, gaie et accueillante» au lieu d’une implantation dans «le méchant quartier d’une ville très laide». En effet, à proximité d’une chocolaterie, et peu isolée, les échanges bruyants dans la rue ou des intrusions dans l’établissements d’hommes malintentionnés, menaçaient parfois la quiétude ou la sécurité des jeunes filles. Cependant, Mme Annette M’BAYE a eu la chance de croiser Germaine LE GOFF, une bretonne en fonction au Sénégal entre 1938 et 1945, qui l’a très fortement influencée. Très politique et humaniste, Mme LE GOFF détestait le maréchal Philippe PETAIN (1856-1951) et tenait tête aux autorités coloniales collaborationnistes. «Elle a fait naître en nous un sentiment d’orgueil, qui nous faisait croire que l’Afrique comptait sur nous, cette Afrique, en forme soit de revolver soit de cœur, avait besoin de nous. Cette petite Bretonne a mis en nous cette graine qui a germé de diverses façons, qui a donné des générations de femmes qui, au moment des indépendances, ont tenu des rôles de leaders. Elle nous appelait «mes filles d’Afrique» dit-elle.
Admise à l’école normale des Batignolles à Paris 17ème, elle se marie à N’Dakté M’BAYE, un futur ingénieur agronome. L’influence de Germaine LE GOFF, pour la jeune Annette, sur son attachement à l’Afrique et à son «africanité», la lutte pour une femme indépendante, digne et moderne, sont décisifs «Vous connaissez la mentalité des mulâtres de Saint-Louis ! Ils ne se considéraient pas comme des Africains ! Ainsi, mes parents auraient bien aimé que j'épouse un métis voire un "Toubab". Cela dit, lorsqu'ils ont connu mon mari, ils l'ont adopté. Comme quoi, ils n'avaient pas que des préjugés. L'influence de notre directrice a permis que dès mon arrivée à Paris, je me mêle aux Africains qui y faisaient leurs études» dit Anne M’BAYE. Arrivée très jeune en France, elle avait comme tuteur Léopold Sédar SENGHOR. La jeune Annette découvre que des Blancs nettoient les rues, et qu’on la sert, sans aucune difficultés, dans les cafés parisiens, et surtout, en dehors de l’ignorance du système colonial, il y avait de nombreux Français, sans aucun préjugé racial. Alors, Annette s’est faite de nombreux amis, dont Yves MONTAND, Simone SIGNORET et Jean-Paul SARTRE. Annette M’BAYE découvre aussi, avec stupeur, que certaines Antillaises cultivent un complexe de supériorité à l’égard des Africains.
Passionnée par la communication, Annette M’BAYE réalise des émissions en français et en Ouolof, sur l’Afrique pour la Sofirad, une société de l’audiovisuel fondée par Pierre LAVAL. Elle s’exprimera, pour la première fois, à la RTF, en 1952. «Je passai le concours de l'OCORA avec succès, et j'obtins ainsi, après des cours et un stage au Studio-Ecole, mon diplôme de journaliste de radio» dit, en 1975, Mme M’BAYE à «Amina». A partir d’octobre 1955, et sous l’égide Pierre SCHAEFFER, elle complète sa formation à la Société de radiodiffusion de la France d’Outre-mer et au studio de Maisons-Laffitte. En 1957, Annette M’BAYE revient s’installer au Sénégal, en qualité d’enseignante. Parallèlement à ses activités d’enseignante, Mme Annette M’BAYE s’intéressait aussi à la presse écrite, à Bingo, La Vie africaine ou Femmes du Soleil : «En ce qui concerne la presse écrite, après ma sortie de l'Ecole Normale de Rufisque, je me suis mise à écrire dans certains journaux de l'époque, des articles sur les femmes et sur des problèmes à caractère social. Les sujets de ces articles étaient assez avancés pour l'époque. "J'y parlais déjà d'émancipation féminine. A ce propos, je dois mentionner l'influence considérable qu'eut sur moi la directrice de l'Ecole Normale de jeunes filles de Rufisque : Madame Germaine Le Goff. C'est elle qui m'a fait prendre conscience que les femmes, elles aussi, peuvent faire quelque chose pour l'Afrique. Elle nous a fait prendre conscience de notre "africanité", bien avant que ce mot soit à la mode, comme maintenant, à une époque où personne ne songeait réellement à l'indépendance du continent» dit Mme M’BAYE à «Amina». Annette M’BAYE devient la première femme sénégalaise journaliste à la radio sénégalaise, et sera Directrice des programmation. En effet, elle devient journaliste pour Radio Sénégal et occupe, au ministère de l’Information sénégalais, de 1964 à 1979, les postes d’Agent du Bureau de presse, de chef de la chaîne nationale, de chef de la chaîne internationale et de chef de service des relations extérieures et internationales de radio-Sénégal, de productrice d’émissions radiophoniques hebdomadaires diverses et de Directrice nationale des programmes de la Radiodiffusion sénégalaise.
Mme Annette M’BAYE D’ERNEVILLE, mère de quatre enfants, ne revendique pas ouvertement d’être féministe «Je m’en défends. On a besoin d’hommes, ne serait-ce que pour faire des enfants. Après tout, on peut s’en séparer» dit-elle. En 1963, après son divorce avec N’Dakté M’BAYE, en femme battante, énergique et refusant la trahison, Annette M’BAYE s’installe à Dakar ; elle a une autre conception du mariage : «Décider de vivre avec quelqu'un, c'est autre chose que de simples rapports sexuels. Il faut une certaine éthique. Je peux paraître vieux jeu, mais le mariage est une chose sérieuse. Si on ne respecte pas certaines règles, on risque de se mépriser soi-même. En ce qui concerne la polygamie, je la conçois lorsqu'elle est acceptée par amour, lorsque la femme, consciente, organise elle-même sa vie conjugale, sans contrainte. Finalement, c'est une affaire toute personnelle que ni les décrets ni les manifestes ne feront disparaître. En général, dans la société africaine, le mariage, mono ou polygame valorise la femme. Elle acquiert le respect du jour au lendemain. C'est d'ailleurs pour cela que certaines femmes finissent par accepter la polygamie. Mais le mariage doit être basé sur l'estime et non sur l'intérêt. La femme ne doit pas se faire entretenir. Un autre écueil, c'est que l'on se marie beaucoup plus pour l'extérieur que pour soi-même. Les mères, dans ce domaine ont un rôle important, car elles poussent leurs filles. Il ne faut pas tricher; il faut se marier pour soi-même et non pas pour les autres» dit-elle au journal «Amina».
Dans sa contribution littéraire, constituée de poèmes et d'une littérature enfantine, Mme Annette M’BAYE traite de la souffrance, de la révolte, de l’amour ou la jalousie affectant souvent la femme africaine. Il y est question de nostalgie, de regrets, de solitude, mais aussi et surtout d’une grande humanité, un espoir que les femmes pourront, un jour, se libérer de leur joug. Sa maison étant un véritable salon littéraire, Mme Annette M’BAYE D’ERNEVILLE, surnommée la «Roulotte», fait partie de ceux qui ont encouragé Mme Mariama BA (1929-1981, voir mon article), l'auteure de «Une si longue lettre», maintenant mondialement connue, à exposer son talent littéraire. Par conséquent, si le «Sénégal est un Grand Petit Pays», c'est en raison de ces Femmes et de ces Hommes de culture et de Lettres qui ont fait rayonner son nom à travers le monde entier. Un patrimoine immatériel inestimable !
Mme Annette M’BAYE D'ERNEVILLE est à la base de la montée d'une revendication des Femmes à plus de justice et d'égalité dans la société sénégalaise. Aux indépendances, dans un pays marqué par des traditions rétrogrades et un Islam oppressant pour la Femme, Laye M’BOUP (1937-1975, voir mon article), un chanteur emblématique de l'ère senghorienne, avait sorti un tube faisant fureur à la radio : «Diongoma» ou la Grande ou Belle Dame. Mais si la musique et la voix de Laye M’BOUP, dont je suis un grand admirateur, sont envoûtants, personne n'a prêté attention aux paroles de cette chanson ; la femme, dont il fait l'éloge, selon ce chanteur traditionnaliste, devrait être soumise et craintive, se pouponner pour accueillir son mari du retour de son travail et l'appeler, en signe de déférence, «Nijaaye» ou tonton.
Il faut dire que ce Sénégal conservateur, misogyne et ses goujateries, que combat depuis plus de 60 ans, Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE n'a pas totalement disparu, de nos jours, notamment dans le champ politique. En effet, une partie de la liste aux législatives du 31 juillet 2022 de Ousmane SONKO a été censurée pour non-respect du principe de parité. Ousmane SONKO aspirant, légitimement, pourtant à de très hautes responsabilités, un partisan des salons de massage et probablement de la prédation sexuelle, lui-même, s'est mis hors du champ de l'Assemblée nationale. Le plus grave, c'est que les postes de députés emblématiques ont été réservés aux Hommes de son mouvement. Il faudrait rendre hommage au président Abdoulaye WADE qui a instauré la parité dans les listes électorales par la loi n°2010-11 du 28 mai 2010 ; une démocratie sans partage du gâteau est une escroquerie. La liste de BENNO, celle de la majorité présidentielle, a été dirigée, victorieusement, par Mme Aminata TOURE, une ancienne première ministre et présidente du Conseil économique et social.
Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE est la première femme journaliste au Sénégal, dans un pays à l'indépendance où l'école française était combattue, et les familles étaient hostiles à la scolarisation des jeunes filles. Mme Annette M’BAYE D’ERNEVILLE, en rédactrice en chef, lance d’abord un périodique féminin, «Femmes de Soleil», puis la revue «Awa», éditée dans l’imprimerie d’Abdoulaye DIOP, à Dakar, qui a été diffusée du n°1 de janvier 1964, au n°4 de mai 1973. Mme Annette MBAYE D'ERNEVILLE a, par conséquent, semé dans le cœur de tous les Sénégalais cette culture de l'égalité Femmes-Hommes, à travers sa première revue féminine en Afrique «Awa», concernant une afro-modernité et des revendications sur les droits des femmes. La revue Awa, se distingue nettement de «Amina» dont le siège, initialement à Dakar, est à Paris 8ème. Amina, un groupe français, est fondé en 1973, par le créateur du journal «Paris-Dakar», Michel Le TONNELIER de BRETEUIL (1926-2018), ayant vécu au Sénégal et en RCI, est un magazine qui se veut apolitique : «Il faut retenir que le féminisme européen n'a pas de prise en Afrique Noire. Mais si nous entendons par féminisme la défense des droits de la femme, nous pouvons remarquer qu'au Sénégal, les femmes s'affichent indépendamment du parti, contrairement aux associations féminines officielles des partis politiques dans la plupart des autres pays de l'Afrique francophone. Les femmes ne s'identifient pas en premier lieu à des problèmes spécifiquement féminins. Ce sont les questions liées à la survie et au sous-développement qui les préoccupent avant tout. Longtemps, des questions telles que le viol furent mises sur le dos du diable, mais maintenant, les femmes commencent à parler de ces sujets tabous et à identifier les problèmes» dit en 1988, Assiatou DIALLO, rédactrice en chef d’Amina.
Mme Annette MBAYE s’insurge contre cette valeur de «virilité» estimant que «la féminité est synonyme de soumission, de douceur et d’abnégation» écrira Jacqueline Ki-ZERBO. Les objectifs de cette revue pionnière, «Awa», destinée aux femmes courageuses et exemplaires, sont jugés parfois éclectiques : poèmes, histoires courtes, reportages politiques et essais, mais aussi des articles sur la mode ou la cuisine, l’ameublement ou la décoration intérieure, la vie quotidienne des femmes. Par conséquent, le magazine Awa «ne se caractérise pas seulement par la polyphonie caractéristique du dispositif médiatique, elle se révèle contradictoire, voire agonistique» écrit Marie-Eve THERENTY, sur «la difficile équation» de cette revue. Awa envisage d’être une revue faite pour des femmes noires, par des femmes noires, mais dotée d’une forte identité littéraire : «Je pense que tu dois être plus africaine, il te manque certains des vieux atours de nos grands-mères. Pour utiliser un langage plus imagé, je dirai qu’il te manque le «Gongo» et le «Tiouraye». Il faut que l’on trouve en toi un peu de saveur africaine, la grâce saint-louisienne, le piquant Bambara, un soupçon de canaillerie Peuhl. Tu ne montres comme dessous que dentelles et nylon frou-frou en soutien-gorge. C’est bien même très excitant mais, n’oublie pas le petit «Béthio» tout blanc barré de noir comme le portaient nos grands-mères, il a aussi son charme pratique ; tout ceci pour te dire que tu dois être synthèse de nos vieilles valeurs intégrées dans ce monde moderne» écrit N’DIAGA, dans un article «À la belle aux yeux de velours», Awa, mai 1964, page 34.
Lorsque Annette M’BAYE, fonde en 1964, la revue Awa, elle venait de divorcer pour assumer une carrière publique de femme de médias, assumant ainsi son statut de journaliste indépendante. Son mari aurait préféré qu’elle reste institutrice, malgré les brillantes études de journalisme qu’elle avait faites en France ; elle a été major de sa promotion. En effet, avant d’être écrivaine, Annette M’BAYE se définit, avant tout et surtout, comme journaliste, appréciant hautement la lecture. La revue Awa, de 1964 à 1973, avec des tirages entre 6000 et 7000 exemplaires. Son comité de rédaction, en dehors de Baïdy SOW, le photographe et Henri MENDY, le chroniqueur, est essentiellement composée de femmes, dont Annette M’BAYE en rédactrice en chef, Solange FALADE (1925-2004), médecin et première femme psychanalyste d’origine béninoise et écrivaine, Oulimata BA (1925-2016), future épouse de Mamadou DIA, et représentante du Sénégal à l’UNESCO, Virginie CAMARA, poète et ex-femme de David DIOP et Henriette BATHILY. Certaines contributions sont anonymes, de nature à protéger leur auteure : «En avançant masquées et groupées, elles proposent des modes d’émancipation plus pratiques que théoriques, toujours susceptibles de reconduire des hiérarchies genrées en une période où l’accès au statut et à l’autorité d’auteure est bien moins assuré pour les femmes que pour les hommes» écrit Claire DUCOURNAU.
Cependant, Awa a été alimentée de contributions hétéroclites, une ligne éditoriale cohérente n’a pas été facile à trouver. Annette M’BAYE avait collaboré avec la revue «Elle» dont les valeurs qui l'ont influencé sont l’engagement dans la vie de la cité, l’émancipation féminine, l’esprit d’entreprise, la solidarité et le combat contre les injustices. L’éditorial, non signé du premier numéro de Awa de janvier 1964, mais on a reconnu le style de Mme Annette M’BAYE, est prudent et rassurant. C’est une revue sans être bavarde, pédante, sérieuse et moralisatrice, féminine ou gaie, a pour ambition de trouver «le ton juste, celui qui touche, créé le lien entre rédactrices et lectrices» écrit-elle. Quant à la ligne éditoriale «Awa n’a pas la prétention d’être «une révélation» ; il ne s’agit pas, comme d’aucuns pourraient le penser, de forger une arme féminine insensée, mais plutôt de ciseler un instrument qui puissent mettre en valeur nos possibilités, notre féminité. Il n’est pas question de se servir d’Awa pour lancer une croisade de l’égalité des femmes et des hommes, ni pour chanter l’émancipation de la femme africaine. Tout cela est dépassé, partout les femmes ont déjà fait leurs preuves. Awa se propose, simplement, une raison de nous rencontrer, nous apprécier, nous femmes d’Afrique, femmes du monde entier» écrit Mme Annette M’BAYE, rédactrice en chef. Et pourtant, dès 1966, Awa aborde la question sensible des castes au Sénégal, un frein parfois aux mariages d’amour «Dans un monde en perpétuel mouvement nous sommes obligés d’évoluer. Refuser d’admettre cela, serait manquer d’objectivité, et, on peut le dire, de bon sens» écrit-elle dans l’édito de Awa n°15, de janvier 1966. «Le monde en général et l’Afrique, en particulier, subissent, à notre époque, une évolution rapide. Ce mouvement général qui nous entraîne à vitesse étourdissante, modifie sans cesse la place et le rôle de la femme dans la société» écrit Jaqueline Ki-ZERBO, née COULIBAKY (1933-2015). La femme doit en particulier lire, non pas les sciences ménagères ou l’éducation des enfants, mais pour se cultiver, avoir une distance critique, un enrichissement et un épanouissement de sa personnalité, pour plus d’égalité et d’indépendance.
A l’aube de l’indépendance et en pleine Guerre froide : «Awa vise à reconstruire une histoire du continent qui enjambe largement la période coloniale et qui ne polémique pas frontalement. Ses prises de position sont souvent latérales» écrit Marie-Eve THERENTY. Aussi, les questions politiques, de sexualité, de polygamie ou d’avortement sont évacuées de la revue. Cependant, et dès le 1er numéro de 1964, la question de l’indépendance de la Femme, confinée par la tradition dans la minorité, est abordée, frontalement : «La femme africaine doit maintenant renoncer au confort de l’irresponsabilité et devenir enfin adulte. Elle doit quitter la mythologie de la femme problème où l’enferme sa propre vanité et l’instinct de domination des hommes» dit, Joseph THIAM, dans Awa, n°1 de janvier 1964, page 29, «la femme africaine, un faux problème».
Dans la revue Awa, Annette M’BAYE D’ERNEVILLE a choisi de donner la parole à toutes les femmes du monde et de toutes les couches sociales (femmes rurales, filles des mers, les combattantes de Guinée-Bissau, l’opératrice de radio, les femmes israélienne, de la République arabe unie, la prise de parole à la conférence des femmes à Monrovia). «Les femmes d'Afrique Noire ont eu, et continuent d'avoir, sous des formes qui ont varié dans le temps, la vie dure. Avec la colonisation, les conditions de vie des femmes eurent tendance à s'aggraver.» constate, en 1994, la professeure Catherine COQUERY-VIDROVITCH, dans son ouvrage «les Africaines, histoire des femmes d’Afrique noire». La prostitution, le viol, les mariages forcés, la dépendance économique, ont constamment fait de la Femme africaine, une mineure, victime de différentes violences ou injustices : «L'élément le plus prometteur est qu'aujourd'hui, à peu près partout, la parité du droit à l'école est en voie d'être acquise» précise la professeure, Catherine COQUERY-VIDROVITCH. En effet, la revue Awa de février 1973, valorise l’exemple de Sokhna DIENG, première téléspeakerine sénégalaise en 1972. Epouse de Modou Kara M’Backé, un marabout et chef de parti, elle a siégé au Sénat de 2007 à 2012 et à l’assemblée nationale du Sénégal. Mme Sokhna DIENG, noire d’ébène dans sa beauté authentique, récuse le «Khessal», le fait de se faire blanchir la peau, et défend les valeurs sénégalaises «Nous, Africaines, nous ne devons pas être esclaves de la modernité occidentale. Mais nous tenir compte de notre personnalité et de notre corps, ne pas oublier nos défauts physiques, qu’une mode mal adaptée fait ressortir. Nous devons éviter la vulgarité dans le choix de nos modèles et des couleurs. Préserver notre originalité» dit-elle. Fille unique, née le 2 décembre 1950 à Dakar, Mme Sokhna DIENG est animée de valeurs de solidarité «J’admire les femmes qui ont un idéal social» dit-elle.
Aussi, Mme Annette M’BAYE a donné la parole aux Femmes, gardiennes des valeurs africaines et en lutte contre la prédation, pour leur dignité et liberté : «Dans le passé, tu as déjà fait tes preuves, dans bien des évènements décisifs de notre Histoire. Il s’est trompé, celui t’a appelée «sexe faible». Je pense, plutôt, avec Napoléon, qu’à l’origine de tout grand fait, il faut chercher la Femme. Sans doute, la femme africaine, utilement ou non, est toujours intervenue, discrètement, peut-être, mais efficacement. N’est-ce pas la femme noire musulmane qui s’est opposée, le plus farouchement, à cette tendance de confondre l’Islam à ce qui est coutume arabe, comme le port du voile ? N’est-ce pas la femme sénégalaise, qui a en échec toutes les tentatives en vue d’établir un pacte matrimonial ? De tout le temps, tu as été, pour nous la gardienne jalouse d’un héritage, utile non seulement pour notre sauvegarde, mais peut-être aussi pour le statut de l’Humanité entière» mentionne le billet du mois de Awa de septembre 1964, page 30. «Chère Awa, tu as redressé, il me semble, une tendance grandissante chez l’élite africaine, tendance dangereuse, celle de confondre liberté et libertinage, de n’entendre, émancipation, évolution, promotion féminine, que frivolité, mondanité, apparence, légèreté ; de ne prendre de l’Occident qu’un certain esprit matérialiste, que le côté négatif dont l’Occident lui-même souffre et cherche à se débarrasser» écrit-on dans ce billet de Awa. «Tu as lutté, non seulement pour une vraie émancipation de la Femme noire, mais de l’homme aussi, ton frère, qui est loin de l’être. Tu es assez intelligente pour savoir que l’émancipation n’a rien à voir avec cette idée de concurrencer les hommes dans certains métiers. Tu dois plutôt lutter contre l’oisiveté et le gaspillage. Il est temps que le mariage soit garanti, alors nous devons lutter pour sa codification, la liberté de choix, la réglementation du divorce. A cet homme, ton frère, prétendu évolué, il faut apprendre à s’acquitter de ses devoirs de père, de l’éducation de ses enfants, au lieu de gaspiller son revenu, déjà trop faible, à collectionner les femmes et les titres de El Hadji. Et qu’on ne parle pas de religion, et surtout l’Islam qui, comme on le sait, est farouchement contre cette fausse conception de la volonté de Dieu. Pour l’Islam, la religion est faite pour servir l’Homme. Donc, tout ce qui porte tort à ses véritables intérêts est condamné par Allah» conclut ce billet de septembre 1964.
De prestigieuses personnalités ont écrit pour Awa, comme Jacqueline KI-ZERBO, Mariama BA, Aoua KEITA, Joseph ZOBEL, Henri MENDY, Birago DIOP, Abdou Anta KA. En raison de cette forte représentation, Awa est devenu «un lieu où les hommes ont, tel un boudoir, le droit d’être chez eux, de ranger leurs affaires à leur guise et aussi de dire ce qu’ils pensent de votre attitude, vos réactions, vos réalisations» écrit Henri MENDY, dans Awa n°2, février 1964, page 5. Amadou SAMB, Directeur de l’enseignement du premier et sur un ton humoristique, du second degré, lance une exhortation aux femmes, ses soeurs : «Imposez-vous en silence, prenez rang et la cause sera entendue» écrit-il dans Awa mars 1965, n°12, page 33.
Annette M’BAYE, en rédactrice en chef, aura publié 8 articles dans Awa, une revue polyphonique. En militante de l’Harmonie dans l’espace publique et privée, Mme Anne M’BAYE D’ERNEVILLE est une grande avocate de la générosité, de la paix intérieure, du cœur et de l’esprit «pour la logique et la netteté de nos jugements et l’intelligence de nos actions. La paix a aussi sa place dans le foyer : sérénité et entente des époux, affection entre parents et enfants ; équilibre du budget familial qui assure la sécurité de la maison. La paix, indispensable à l’équilibre de ce monde, auquel elle fait tragiquement défaut» écrit-elle, dans l’édito de Awa de février 1973.
Fortement marquée par un engagement social, associatif culturel, une maternité à Ouakam porte son nom, Mme Annette M’BAYE est fondatrice de l’association des écrivains du Sénégal en 1964, membre de l’association nationale des Journalistes du Sénégal, l’ancêtre du SINPIC, cofondatrice du Regroupement des femmes de la région de Diourbel, membre du club Soroptimiste de Dakar en 1969, elle dirige la Fédération des Associations féminines du Sénégal (FAFS) jusqu’en 1991. Mme Annette M’BAYE, bien que proche du président SENGHOR n’est pas encartée : «Rien que la manière de vivre c’est déjà une manière de faire la politique» dit-elle à RFI, le 24 décembre 2010.
Mme Annette M’BAYE D’ERNEVILLE est aussi fondatrice, en 1990, des rencontres cinématographiques de Dakar, RECIDAK. Une distinction lui a été remise par le Ministre de la culture, à cette «Grande dame qui, s’est toujours attachée, pendant de nombreuses années, et s’est sacrifiée, avec une équipe dévouée, à défendre une conception du cinéma et de la production cinématographique» dit M. Abdou Latif COULIBALY. Les femmes, réunies à Dakar, en avril 2009, ont décidé de prendre des initiatives pour la promotion du cinéma sénégalais «Quand les femmes du cinéma se mobilisent le cinéma africain bouge» tel est le slogan d’Annette M’BAYE D’ERNEVILLE. Tout un programme ! Par ailleurs, Mme Annette M’BAYE D’ERNEVILLE a inauguré le 17 juin 1994, le musée de la Femme, «Henriette BATHILY» à Gorée. En effet, Henriette BATHILY, née le 9 janvier 1927 à Kaolack, première africaine diplômée en histoire, décédée le 4 avril 1984, était une grande amie de Annette M’BAYE, rencontrée en France. Henriette BATHILY l’avait précédée comme responsable de Radio-Sénégal dès 1952. Puéricultrice en France de 1947 à 1951, Mme BATHILY, administratrice des ballets africains de Keita Fodéba, et collaboratrice de Maurice Sonar SENGHOR (1926-2007) au Théâtre national Daniel SORANO, elle sera Directrice du département culturel du Centre culturel français de 1963 à sa mort. Henriette BATHILY figure au comité de rédaction d’Awa, bien qu’elle ne signe aucun texte en son nom. Henriette BATHILY a ainsi permis, en 1975, l’organisation de la première exposition nationale itinérante sur le thème «Place et rôle de la femme sénégalaise dans les rites».
Par conséquent, Mme Annette M’BAYE, comme Mariama BA, sont des femmes «Turbulentes» en avance sur leur temps, «À la fois attachées à leurs cultures d’origine et soucieuses de préserver leur liberté, ces femmes sont souvent à la recherche d’un équilibre entre le besoin d’enracinement et le désir d’émancipation» écrit Géraldine FALADE. Un poème, «Envoûtement» datant de 1964 est à la gloire des Femmes, est un clin d’œil à cette France métissée : «Danse, négresse marron !/ Le Blanc applaudit/ Le Blanc rit de bon cœur/ Danse, Négresse marron/ Retrouve les pas de la danse du fouet ! (...) Ballet, danse, rythme/ Saoulé par les rires/ A trempé son tam-tam/ Dans le sang blanc du Blanc qui rit».

 

Références bibliographiques
I – Contributions d’Annette M’BAYE D’ERNEVILLE
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), «As-tu la paix ?», Awa, février 1973, n°3, page 5 ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), Kaddu. Poèmes, Dakar, NEA, 1964, 19 pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), «Interview accordée à Aliane», Amina, juillet 1975, n°83, pages 21-23 ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), «La Fédération des associations féminines du Sénégal, FAFS, a 7 ans», interview accordée au journal Le Soleil du 1er avril 1984 ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), Chansons pour Laïty. Comptines, Dakar, Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines, 1976, 16 pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), Femmes africaines. Femmes et société, en collaboration avec Mariama BA, Paris, Martinsart, 1982, 356 pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), La Bague de cuivre et d'argentDakar, Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines, 1983, 21 pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), Le Noël du vieux chasseur, Dakar, Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines, 1983, pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), Motte de terre et motte de beurre, Dakar,, Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines, Coll. Mbotté 2003, 24 pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette), Poèmes africains, Paris, Centre national d'art français, 1965, 24 pages ;
M’BAYE D’ERNEVILLE (Annette,), Picc l'Oiseau et Lëpp-Lëpp le papillonDakar,, Abidjan, Les Nouvelles Editions Africaines, Coll. Mbotté, 2003, 24 pages.
II – Critiques d’Annette M’BAYE D’ERNEVILLE
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Anonyme, «Annette Mbaye», Bingo, juin 1970, n°209, juin 1970, page 51 ;
BARRY (Moustapha), Histoire des médias au Sénégal : de la colonisation à nos jours, Paris, L’Harmattan, 2013 351 pages ;
BARTHELEMY (Pascale), Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), Paris, Presses universitaires de Rennes, 2010, 345 pages ;
BERTHAUD-CLAIR (Sandrine), «Annette M’Baye d’Erneville, pionnière de la radio au Sénégal et porte-voix des femmes africaines», Le Monde du 3 août 2022 ;
COQUERY-VIDROVITCH (Catherine), Les Africaines, Histoire des femmes d’Afrique noire du XIXème au XXème siècles, Paris, Desjonquères, 1994, 291 pages ;
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DIA (Abbas), Le catalogue des noms africains : études des noms sénégalais, Villeurbanne, Ecole nationale supérieures des bibliothèques, 23ème promotion, 1987-1988, 45 pages ;
DIAGNE (Rokhaya Oumar), DIAGNE (Souleymane Bachir), «Annette Mbaye d’Erneville, femme de communication», Présence Africaine, 1996, vol. 153, n°1, 1996, pages  91-97 ;
DIOP (Codou), La presse féminine au Sénégal, Mémoire de science de l’information, Paris 2, 1978, 128 pages ;
DUCOURNAU (Claire), «Boîtes à lettres et signatures : l’auctorialité partagée par des femmes dans Awa», Etudes littératures africaines, 2019, Vol 47, pages  43-60 ;
DUCOURNAU (Claire), «Awa, la revue de la femme noire, entre presse et littérature», Etudes littératures africaines, 2019, Vol 47, pages  7-10 ;
FALADE (Géraldine), Turbulentes ! Des Africaines en avance sur leur temps, Paris, Présence africaine, 2020, 272 pages, spéc pages 157-168 ;
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LORET (Eric), «La poésie s’engage en «Néonégritude», Libération du 10 mars 2006 ;
M’BAYE (Ousmane, William), metteur en scène et réalisateur, Mère-Bi, un portrait d’Annette M’Baye D’Erneville, première journaliste du Sénégal (Film), Dakar, Les fims Mame Yandé, 2008 durée 55 minutes ;
NNAEMEKA (Obioma), «Nego-Feminism : Theorizing, Practicing, and Pruning Africa’s Way», Signs, 2004, Vol. 29, n°2, pages 357-385 ;
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PAOLI (Marion), «Annette Mbaye d'Erneville (Sokone, 1926)», in Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber, Dictionnaire universel des créatrices, Paris, éditions des Femmes, 2013, 3 volumes, 4982 pages, spéc pages 2845-2846 ;
ROBERT (Guy) «Pierre Schaeffer (1910-1995)», Cahiers d'Histoire de la Radiodiffusion, décembre 1995-février.1996, n°47, pages 136-139 ;
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SASSOON (Virginie)Femmes noires sur papier glacé, ParisINA éditions2015, 193 pages, spéc pages 16-17, 67-68 et 150-152 ;
SOW (Demba), «Sokhna Dieng, première téléspeakerine sénégalaise», Awa, février 1973, n°3, page 24 ;
THERENY (Marie-Eve), «Awa ou la difficile équation du féminin africaine», Etudes littératures africaines, 2019, Vol 47, pages  11-26.
Paris, le 7 août 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
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5 juin 2022 7 05 /06 /juin /2022 12:00
«Pierre PASTEL : «Je veux parler à un humain». Pour une société de Bienveillance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Dans son nouvel ouvrage, «Je veux parler à un humain», paru en avril 2022, Pierre PASTEL, universitaire, sociologue, psychothérapeute, addictologue et coach, s'interroge sur la nature des relations humaines. «Nous faisons merveille quand il s’agit de construire des machines ou bien de vendre. Mais quand il s’agit seulement de parler l’un à l’autre, nous avons peur et tirons nos revolvers» écrit Richard WRIGHT (voir mon article). «Si nous savons écouter notre silence intérieur, nous pourrons construire un autre monde en dépression pour une éducation à la bienveillance universelle»  dit le professeur Pierre PASTEL auteur d'un livre «Je veux parler à un humain».
Lire cet ouvrage du professeur Pierre PASTEL, «Je veux parler à un humain», cela vous transfigure et remet les choses à l'endroit. On s'interroge parfois, et souvent intuitivement, sur des questions essentielles de la vie : quel sens devrions-nous donner à notre existence ? On ne sort pas indemne de cet opuscule du professeur Pierre PASTEL, d’une très haute facture, «Je veux parler à un humain», par la qualité de son expression écrite, son riche et savant vocabulaire, mais surtout en raison de sa dimension initiatique et ésotérique qui vous transfigure ; il vous transporte vers l’essentiel et le sens de notre vie. De nombreux textes, mis en annexe, permettent de mieux saisir le message que veut nous délivrer l’auteur.
Depuis les temps immémoriaux, deux forces gouvernent le monde : le Bien et le Mal. Tout le sens de la mythologie grecque, c’est ce chemin menant du Chaos à l’Harmonie. Pierre PASTEL milite ardemment pour une relation humaine portée vers une culture de Bienveillance individuelle et collective. Dans cette quête du Graal, l’auteur dialogue, non pas, avec les Djins, mais un esprit invisible se définissant comme étant «la Dimension Qui Embrasse Tout». On finit par comprendre que Pierre PASTEL dialogue avec lui-même, avec sa conscience «Je suis ici et partout à la fois. Tu ne peux ni me voir, ni me toucher, mais je suis bien là, avec toi, à côté de toi, autour de toi».
Il y a quelque chose de particulièrement subversif dans ce livre, «Je veux parler à un Humain». Pierre PASTEL y déconstruit de nombreux concepts ; certains s’acharnent à détruire cet esprit cartésien et critique, le «mensonge est érigé en mode de gestion politique» écrit-il. En effet, les forces du Chaos, appelant au conformisme et à la docilité, s’évertuent à faire taire l’esprit critique libérateur et à étouffer la grandeur de l’esprit humain, considéré comme un délit.
Par conséquent, Pierre PASTEL constate que quelque chose ne tourne pas rond dans notre société prétendue rationnelle «Dans un univers cartésien, matérialiste, où le réalisme s’est fait fondement, le rationalisme expert gestionnaire, la raison raisonnée ossature lumière du monde et où l’émotion est sommée de rester croupie au 100ème sous-sol, je vois qu’une ombre est élevée au rang de réel ; elle devient prétexte de tout, pour tout, l’impassable, la justification de l’inacceptable» écrit Pierre PASTEL. Certaines personnes, au lieu d’éclairer les consciences, deviennent des «spécialistes de tout, dans tout et sur tout, mais à propos de rien» écrit-il.
Dans ce système politique du mensonge, du «monopole de la souffrance» et de la dissimulation, on fabrique des êtres «radicalisés», sans raison et sans morale, programmés vers la «perte de soi et l’anéantissement des autres ; détruire l’autre, sans état d’âme ; l’autre, et paradoxalement soi-même et ceux qu’on aime» écrit Pierre PASTEL. Par une folie aimante, afin d’être traité d’égal à égal, un regard laser sur la vie pouvant bousculer notre conscience, Pierre PASTEL convoque «la capacité à résister à l’infâme».
Aussi, face à la montée des forces du Chaos, Pierre PASTEL, comme d’ailleurs Hannah ARENDT (1906-1975) et Antonio GRASMCI (1891-1937), interpelle demande à chacun d’entre nous, de «tenir son rang d’Homme» suivant Sénèque, de prendre ses responsabilités, d’entrer en résistance : «Le silence est d’or lorsqu’il constate la quiétude effective de l’Homme, mais qu’il est fiel, qu’il est crime lorsqu’il encense la putréfaction de l’élégance humaine» écrit-il. En dépit des menaces de représailles ou de marginalisation, Pierre PASTEL fait appel aux accompagnants aux passeurs, aux éveilleurs de conscience ou de Bienveillance, ces «cadres non-fakes qui donnent de leur générosité, de leur temps pour décrypter, décoder le bout du réel qu’ils maîtrisent et les divulguent avec force, modestie et détermination, parfois au risque de perdre leur poste de travail ou leur vie tout court» écrit-il. Pierre PASTEL lance un cri «ça suffit !» dans toutes les langues «J’entends des milliards d’humains, crier, dire la même chose : ça suffit ! Tous les jeux sont des jeux. Cependant, casser du bois dans le derrière d’un macaque n’en est pas un» écrit-il. Pierre PASTEL exhorte à la lucidité et à une culture universelle de l’Amour : «Il ne peut y avoir de valeurs plus constructives que celles finalisées par des aspirations d’amour inconditionnel, trans-personnel» écrit-il.
En ces temps de crise sanitaire mondiale, Pierre PASTEL dresse un tableau, sans complaisance, contre la recrudescence de «Fakes humains» propagateurs du «règne de l’illusion».  En effet, j'avais cru, naïvement, un instant, que cette pandémie avait réveillé la conscience humaine universelle, pour une société internationale de bienveillance, au cœur de la pensée de Pierre PASTEL, en vue d’une réflexion globale «d'un monde d'après», une coopération internationale équitable, la justice, la fraternité et la paix entre les peuples. Erreur tragique. Les bruits de botte retentissent depuis l'Ukraine, avec une résurgence de la Guerre Froide, au temps de l'arme nucléaire, avec un risque d'un troisième conflit mondial. Le plus grave de tout cela, dans leur manque de bienveillance, les Occidentaux qui avaient engagé des guerres locales, injustes, fort coûteuses, qu'ils ont toutes perdues, avaient refusé d'accueillir les réfugiés du tiers-monde, livrés à la drogue et aux calomnies. Pendant ce temps, l'Europe, reçoit plus de 6 millions de réfugiés Ukrainiens, à bras ouverts, envoient massivement des aides et des armes à l'Ukraine. Tant pis, si tout cela débouchait sur un troisième conflit mondial à l'ère nucléaire.
Sur le plan interne, loin de la bienveillance, des réformes funestes, comme l'âge de la retraite à 65 ans, ressurgissent. La vie est chère pour les gens de conditions de modestes, les riches qui se sont bâfrés de 134 milliards de profits en 2021, ne consentent à ceux qui souffrent, suivant une théorie du «ruissellement», que quelques miettes.
Le professeur Pierre PASTEL a doublement raison d'interpeller notre conscience au sujet de la bienveillance universelle et collective. Moi qui vient d'une société traditionnelle africaine, en particulier peule, celle du partage, de la compassion, notamment à l'égard des faibles (personnes âgées, femmes, pauvres), j'observe, avec une grande consternation, une crise de ces valeurs humanistes. Le monde ancien n'a pas encore disparu, mais un nouveau monde n'a pas encore vu le jour. Bref, c'est la crise, comme le dirait un intellectuel italien, Antonio GRAMSCI (1891-1937). Au nom de la solidarité, et sans aucune recherche d'autonomie ou de développement de la valeur travail ou du civisme, l'assistanat est devenu la règle. Nos gouvernants, loin de bien gérer nos ressources, ont encouragé parfois des parasites, comme les religieux, une clientèle politique  cupide, loin des valeurs de la bienveillance. L'argent a tout pourri dans les sociétés africaines. J'ai parfois l'impression, à grand regret, que mon pays d'origine, le Sénégal, est devenu une nation de 16 millions de mendiants. Très souvent si quelqu'un vous appelle, après de très longues et pénibles salutations, ce n'est pas vraiment pour prendre de vos nouvelles, c'est pour solliciter un service ; ce n'est pas une faveur, c'est surtout, dans son esprit, un dû. Où est donc cette société de bienveillance d'antan, que veut reconstruire, le professeur Pierre PASTEL ? Oui, je veux parler à un humain !
Face à la pauvreté des relations sociales, Pierre PASTEL crie, fort justement, à la face du monde «Je veux parler à un humain». Dans ma rue, au café, dans le bus 71 que je prends pour aller au boulot, comme à ma mairie ou à la cantine, j'ai tendance à saluer tout le monde, ces visages si familiers, mais dont j'ignore le nom. Pour l'essentiel, ils sont humains et vous répondent avec empressement et joie. Malheur à toi, si tu saluais trop longuement à l'africaine ou deux fois dans la journée un Européen. Il te répondra sèchement soit : «On se connaît ?», ou «Je t'ai déjà vu !». Les Africains vivant de longue date en France, redoutant une sollicitation, sont inquiets dès qu'on leur adresse parole : «Tu veux quelque ?». Maintenant comme l'indique le titre de l'ouvrage de Pierre PASTEL, «Je veux parler à un humain», je saurais quoi répondre.
Arrivant très tôt au travail, et découvrant que les agents d'entretien attendaient devant le portail, sous la pluie ou la neige, je leur dis, avec mon Pass : «Bonjour Mesdames. Veuillez-vous donner la peine d'entrer. Je vous offre un café». Aussitôt après une dame d'origine ivoirienne se mit à verser de chaudes larmes, et me dit, qu'à la veille de son départ à la retraite, après plus de 35 ans de services, les gens passent toute la journée sans la voir, une minorité invisible.
Il est vrai que ces relations sociales avaient déjà été considérablement dégradées depuis que la France est passée de la société rurale à l'ère industrielle, avec son individualisme forcené. On abandonne ses parents, qui s'étaient bien occupés de vous, dans des hospices fort coûteux et parfois peu sécurisants. Cette dégradation des relations sociales s'est encore accentuée avec la révolution du numérique ; on parle beaucoup aux autres, mais à distance, essentiellement, par des nouvelles technologies, comme Facebook, on like, on envoie des messages vocaux par WhatsApp ou par Skype ; mais on prend peu de temps pour s'arrêter et rencontrer ceux qu'on aime.
Si cette crise sanitaire, loin d'être terminée, avait eu le grand mérite de remettre les valeurs essentielles de la vie, dont la bienveillance qu'évoque le professeur Pierre PASTEL au centre du jeu. En effet, pendant longtemps, les sociétés industrielles, au mépris des valeurs de la vie, avaient mis les profits financiers au-dessus de tout. En raison d'une sacro-sainte rigueur budgétaire, il ne fallait pas plus de 3% de déficit. Afin de conserver les marges de leurs profits, les riches s'acharnaient, sans arrêt, sur les faibles. Et voilà subitement que les nantis se rendent compte que, sans la santé, rien ne va ; dans un monde globalisé, la solidarité entre pays pauvres et pays riches, en matière de soins, est nécessaire pour bien combattre le Covid-19. Subitement, les milliards pleuvent et en un temps record, là où on pas encore trouvé un vaccin efficace contre le SIDA, le cancer, le diabète ou les maladies dans les pays du tiers-monde, les laboratoires ont rivalisé d'ingéniosité et d'efficacité.
Pierre PASTEL dénonce avec humour et férocité, les forces du Chaos, en raison d'un grave déni de dignité humaine, à travers ce qu’il appelle les «présidents Fakes» protecteurs des nations, garants du bien-être et du bien-vivre ensemble et qui provoquent «la peur, la désolation des populations, la discrimination, soutenir avec force et brutalité l’organisation du désordre et du chaos» écrit-il. Certains traitent les êtres humains comme le Kakos ou des bouts de viande.
Le déclic de ce combat de la bienveillance est venu à la suite d’une visite, à la Maison des esclaves de Gorée, en 1980, Boubacar Joseph N’DIAYE (1922-2009), conservateur de l’époque, ayant mené la visite sur «un ton aimant et doux, malgré la gravité» du sujet. «Prenons garde que les gestes commémoratifs politiques ne constituent point, par leurs doubles mesures, des injures aux blessures toujours sanguinolentes. C’est par une profonde intelligence du cœur que méritent d’être soignées les plaies historiques et mémorielles qui affectent  notre vécu collectif. Il s’agit bien de construire un être-ensemble profondément fraternel, respectueux et apaisé» écrit-il le 10 mai 2021, «pour un projet de bienveillance universelle».
Ici, en France mon pays d'adoption, après plusieurs siècles de colonisation d'esclavage et maintenant d'indépendance dans la dépendance, à travers la Françafrique, la presse de Vincent BOLLORE, et certains médias, distillent, à longueur de journée leur, discours de haine. La violence et le mépris dans lesquels on tient les faibles sont insupportables. Aussi, Pierre PASTEL dénonce ce lynchage médiatique : «Je vois une légion d’humains Fakes, détenteurs d’un certain pouvoir d’influence, humilier, discréditer, intimider» et tous ces «propagandistes de l’incertitude» n’ont qu’un seul but : l’abandon de l’esprit critique au bénéfice d’une «confiance aveugle exigée». En fait, les «vulgaires et les voyous, ce sont qui pensent avoir le monopole de la souffrance, être les seuls à exiger une thérapeutique, le pardon et la réparation» écrit Pierre PASTEL.
Cette France de la diversité, par la colonisation l'esclavage l'effort aux guerres mondiales la reconstruction de ce pays pendant les 30 glorieuses et récemment sa mobilisation pendant le COVID-19, mériterait un peu de respect et de considération. Les forces du Chaos et de la Discorde, dans le profond déni de ce racisme institutionnel et systémique, sortent, constamment, le fouet à chaque fois qu'un racisé émerge. Jadis c'étaient Danièle OBONO, Christiane TAUBIRA, Sibeth N’DIAYE, Audrey PULVAR et maintenant c'est Pap N’DIAYE avant même qu'il n'ait pris ses fonctions ministérielles. Tous rejetés au fond de la cale, parce qu’illégitimes, par principe, d’occuper de hautes responsabilités au sein de l’Etat. Et pourtant le multiculturalisme est en Marche ; il faudra donc à vivre dans la bienveillance et se parler comme le recommande Pierre PASTEL. Bref vivre ensemble dans le respect mutuel.
Au cœur de toute cette violence à l'encontre des racisés se cache la question du partage du gâteau. Quelle que soit sa couleur, ses origines, sa religion ou son orientation sexuelle, chacun d’entre nous aspire au Bonheur «de ne pas souffrir et de vivre le bonheur, de traverser cette vie dans la quiétude, la paix intérieure» écrit Pierre PASTEL. Dans ce pays des droits de l’Homme, avec son message universel, on assiste à une résurgence grave et sans précédent des forces du Chaos s’acharnant contre les racisés «Nous sommes face à un dérèglement sociétal, une dépression collective qui bouscule notre identité nos identités, la dignité humaine» écrit Pierre PASTEL. Ce racisme institutionnel et systémique est fait de tromperie, d’hypocrisie et de mensonge pour discréditer et disqualifier les racisés, devenus boucs émissaires et ennemis de l’intérieur, à occuper les emplois valorisants dans ce pays «Les uns se croient naturellement aptes : aptes à recevoir, à gérer le bien commun, à jouir de l’honorabilité ; les autres devant systématiquement négocier leur légitimité à pouvoir jouir de tout cela» écrit Pierre PASTEL. Cependant, il faudrait quitter cette démocratie ethnique pour revenir à l’universalisme, à la vraie promesse d’égalité républicaine. En effet, un bien-vivre ensemble sans partage du pouvoir serait une escroquerie. Oui, je dis, comme le professeur Pierre PASTEL, mon cher ami, la poursuite du bonheur, pour tous, requiert «un partage équitable et durable du gâteau commun, une éducation généralisée à la dignité humaine».
Dialoguer avec sa conscience est une épreuve à haute voltige. Parfois ça patine, et on remet la cogitation à un autre jour. En lisant cet ouvrage de Pierre PASTEL, «je veux parler à un humain», subitement, on se dit ce qu'il raconte ça me parle. Dans ses exhortations à conserver notre dignité humaine «il ne te suffit pas d’avoir des oreilles pour entendre, il te faut surtout avoir un cœur pour comprendre» écrit-il. Pierre PASTEL, loin de recommander un «activisme déboussolé», appelle chacun à «agir concrètement, maintenant, avec détermination, respect soi et son concurrent, sans complaisance» écrit-il. Pierre PASTEL nous demande de «choisir mentalement le chemin de la vie ; cela réveille en toi ton armée intérieure, créatrice et bienfaitrice» écrit-il. Pas de liberté, sans effort. Dépassons nos peurs qui inhibent ; chacun peut apporter sa pierre en vue de la construction de ce gigantesque édifice de la Bienveillance, pour l’Harmonie de la société «Ma petite pierre à l’édifice, même si elle est de la taille de la charge d’eau que supporter le colibri, voulant braver l’incendie, me paraît contributrice de ce qui doit advenir» écrit Pierre PASTEL de façon messianique.

Références bibliographiques

PASTEL (Pierre), Je veux parler à un humain, préface de Max-Auguste Dufrénot, Paris, Les 3 Colonnes, 2022, 125 pages, au prix de 14 €.
Autres références
PASTEL (Pierre), «Boucanier, Hachoir, lugubre à Kakos», Madinin’Art, 22 juin 2020 ;
PASTEL (Pierre), «Crime esclavagiste et engagement sociétal et mémoriel», Madinin’Art, 27 mai 2021 ;
PASTEL (Pierre), «De qui, de quoi as-tu donc peur ?», Revue Alizés, juin-juillet-août 2015 ;
PASTEL (Pierre), «L’échec un instant sur la chaîne de notre existence : le rebond à portée, dans notre for intérieur», Revue Alizés, avril-mai 2014 ;
PASTEL (Pierre), «L’Homme, ce solide ouaté», Revue Alizés, mai 2008 ;
PASTEL (Pierre), «L’utile, le Futile, l’Essentiel : de l’expérience à la sérénité», Revue Alizés, septembre-octobre 2007 ;
PASTEL (Pierre), «La normalité n’est pas la santé : Civilisation gangrénée, Civilisation malaisée», Revue Alizés, février 2011 ;
PASTEL (Pierre), «La vie aux couleurs inattendues», Madinin’Art, 22 mai 2020 ;
PASTEL (Pierre), «Le déni de la dignité humaine : un frein à la tranquillité individuelle et sociétale», Madinin’Art, février 2011 ;
PASTEL (Pierre), «Les gens ordinaires, les vulgaires et les voyous, les extraordinaires ou les inaccoutumés», Madinin’Art, avril 2016 ;
PASTEL (Pierre), «Qu’ai fais-je de mon intelligence ?», Revue Alizés, 2006 ;
PASTEL (Pierre), «Quel libre choix devant notre société ?», 30ème congrès de l’Association française du Transpersonnel, du 28 janvier 2018, à Paris 13ème ;
PASTEL (Pierre), «Un projet de Bienveillance universelle : hommage aux victimes de la traite des Nègres et de l’esclavage», Madinin’Art, 10 mai 2021 ;
REVEL (Jean-François), La connaissance inutile, Paris, Grasset, 1988, 408 pages.
Paris – Bastille, le 1er juin 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
 
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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 23:04
 
«Richard WRIGHT (1908-1960) : Humaniste, Tiers-mondiste et Anticolonialiste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«La couleur n'est pas ma patrie. Je suis un être humain avant d'être un Américain ; je suis un être humain avant d'être un Noir et si je traite des problèmes raciaux, c'est parce que ces problèmes ont été créés sans mon consentement, sans ma permission. Je suis opposé à toute définition raciale. Si j'écris sur les problèmes raciaux, c'est précisément pour mettre fin aux définitions raciales. Et je ne souhaite pas que qui que ce soit dans le monde où nous vivons se place à un point de vue racial, qu'il soit blanc, noir ou jaune» disait Richard WRIGHT, dans un entretien du 18 août 1960 accordé à «l’Express».  En grand humaniste, et en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis, Richard WRIGHT, en raison de ses éminentes qualités intellectuelles, a poussé un cri de révolte retentissant contre l’injustice. En dépit de tous les obstacles de la vie, Richard WRIGHT, originaire du Sud, est devenu un écrivain célèbre, un secteur où les portes sont restées pendant closes pour les Noirs. En effet, les Noirs américains, après quatre siècle d’esclavage ayant enrichi l’Amérique, ont apporté un effort considérable pendant les première et deuxième guerre mondiale, sans pour autant que leur situation ne s’améliore, et cela a généré du ressentiment : «Personnellement, je suis, de plus en plus, obsédé par le sentiment, qui est devenu une conviction, que la vie américaine est pleine d’éléments étrangement inhumains. Il m’apparaît clairement que notre civilisation américaine a été construite, malgré ses traditions des premiers jours, sur un mépris complet des émotions, des sensibilités et des personnes humaines» dit-il, en 1947, dans un entretien accordé aux «Lettres françaises». Richard WRIGHT est en révolte contre cette société américaine conservatrice, créatrice de l’enfermement et d’un ghetto culturel : «Alors comment pouvait-on vivre dans un monde dans lequel l'intelligence et la perception des faits ne voulaient rien dire, et où l'autorité et la tradition étaient tout ?», écrit-il dans «Black Boy». En effet, la vie des Noirs aux Etats-Unis est faite d’une grande pauvreté, surtout d’une grande misère intellectuelle : «Chaque fois que je pensais à l'esprit essentiellement morne de la vie noire en Amérique, je me rendais compte qu'il n'avait jamais été donné aux Nègres de vivre pleinement l'esprit de la civilisation occidentale; ils y vivaient tant bien que mal, mais n'y vivaient pas. Et quand je songeais à la stérilité culturelle de la vie noire, je me demandais si la tendresse pure, réelle, si l'amour, l'honneur, la loyauté et l'aptitude à se souvenir étaient innés chez l'homme» écrit-il dans «Black Boy». C’est ce sentiment de révolte de Richard WRIGHT, contre l’état d’ignorance dans lequel sont tenus les Noirs, la misère et la violence des rapports entre Blancs et Noirs, et afin de sortir du carcan dans lequel on veut l’enfermer, qui a fait naître, en lui, par la lecture, une ambition littéraire : «C'est grâce à ces romans, à ces nouvelles et à ces articles, grâce au choc émotionnel des constructions imaginatives de faits héroïques ou tragiques que j'avais senti sur mon visage la douce chaleur d'un rayon de lumière inconnue ; et en partant, je me dirigeais instinctivement vers cette lumière invisible, en tâchant toujours de tourner et d'orienter mon visage de façon à ne pas perdre l'espoir qu'avait fait naître sa faible promesse, et en m'en servant comme d'une justification de mes actes» écrit-il dans «Black Boy».
Les récits autobiographiques de Richard WRIGHT font grandir et émanciper ce jeune auteur noir issu du Sud, dans un monde plombé par l’intolérance, la pauvreté et les violences, notamment policières. «Je savais que je vivais dans un pays où les aspirations des Noirs étaient circonscrites, délimitées. Cependant, j’avais le sentiment que je devais m’en aller quelque part et faire quelque chose qui rachète ma vie» écrit-il dans «Black Boy». Richard WRIGHT voulait combattre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, afin de «rassembler deux mondes, celui des blancs et celui des noirs, afin de n'en faire plus qu'un» écrit-il. C’était un rêveur, animé d’une espérance, il espérait qu’un miracle inattendu puisse s’accomplir et que le Sud raciste, lui aussi, «pourrait vaincre sa peur, sa haine, sa lâcheté, son héritage de crimes et de sang, son fardeau d'angoisse et de cruauté forcenée» écrit-il. En 1944, Richard WRIGHT accepta que l'on publie seulement la partie de son autobiographie qui traitait de son enfance dans le Sud, «Black Boy». L’identité et la personnalité de Richard WRIGHT se forgent à travers ses déplacements, à Memphis, Chicago, puis à New York. Il ne voulait pas être la place que les Blancs lui avaient assignée «Je fuyais quelque chose plutôt que je n'allais vers quelque chose» écrit-il. L’auteur a tâtonné avant de trouver son chemin «Le départ de Black Boy, avait posé une question : quelle force de volonté un Noir doit-il posséder pour vivre et mourir dans un pays qui nie son humanité ? Je m’efforçai d’exprimer la même chose d’une autre manière» dit-il. En effet,  Richard WRIGHT trouve surtout sa voie par sa création littéraire «J’avais soif des livres, de façons de voir et de concevoir. L’important n’était pas de croire ou de ne pas croire à mes lectures, mais de ressentir du neuf, d’être affecté par quelque chose qui transformât l’aspect du monde. Je savais maintenant ce que représentait d’être Nègre. J’étais capable de supporter la faim. J’avais appris à vivre dans la haine. Mais de sentir que certains sentiments m’étaient refusés, que l’essence même de la vie était inaccessible, cela me faisait mal, me blessant par-dessus tout. Une fin nouvelle était née en moi» écrit-il dans «Black Boy» ou une «Jeunesse noire». Cette autobiographie remporta un immense succès.
Remarquable conteur, engagé, fidèle à la tradition populaire et naturaliste, par démarche prophétique et poétique, Richard WRIGHT, premier Afro-américain à connaître un succès littéraire, place la question raciale au centre de son œuvre. Spécialiste du roman sociologique résultant de ses différentes expériences, il utilise la méthode de l’interactionnisme, une relation entre différents groupes en milieu urbain. «Nous faisons merveille quand il s’agit de construire des machines ou bien de vendre. Mais quand il s’agit seulement de parler l’un à l’autre, nous avons peur et tirons nos revolvers» dit-il. Ce qui frappe dans la contribution littéraire, c’est cette juste et brillante description de la fracture de la société américaine de son temps «La guerre de Sécession avait aboli l’esclavage, mais les relations entre les Blancs et les Noirs étaient encore imprégnées des habitudes du temps de l’esclavage. Les Noirs pouvaient souffrir de l’état d’infériorité où ils étaient maintenus, mais ils l’admettaient, plus ou moins passivement. Quand ils ont touché les hauts salaires, ils ont commencé à en vouloir aux Blancs de les avoir exploités et les Blancs reprochent maintenant aux Noirs de rejeter la tutelle» dit Richard WRIGHT dans un entretien aux «Lettres Françaises».
Richard Nathaniel WRIGHT est né le 4 septembre 1908 à dans une plantation, à Roxie, dans le Mississippi. Son père, Nathan WRIGHT Jr (1882-1940), un alcoolique et tyrannique, est un ouvrier meunier cumulant d’autres emplois. La famille vit dans des conditions difficiles «C’est dans ce taudis que je pris, pour la première fois, conscience de la personnalité de mon père. Il était concierge de nuit chez un droguiste de Beale Street, et ne prit d’importance et ne devient pour moi un objet de contrainte que le jour où j’ai appris qu’il m’était défendu de faire du bruit pendant qu’il dormait la nuit» écrit-il dans «Black Boy» Sa mère, Ella WILSON (1884-1959), est une maîtresse d’école. «Ses grandes qualités de cœur et d’intelligence, son amour de l’ordre, sa persévérance, son naturel réservé et rêveur lui conféraient une personnalité réservée» écrit Michel FABRE, un de ses biographes. Après la séparation de ses parents, il grandit avec ses oncles et tantes, jusqu’à 12 ans, il n'aura pas eu une éducation normale. A Memphis, un lieu d’initiation et d’imitation en littérature, il peut emprunter des livres, par une connaissance, à une bibliothèque qui ne prête qu’aux Blancs, et découvre notamment les romans de Henry Louis MENCKEN (1880-1956), «le Sage de Baltimore», un journaliste et critique littéraire, aux éditoriaux satiriques et acerbes : «Il m’a apprit ce qu’on peut faire des mots pour tourner en dérision les fausses valeurs et les absurdités qui nous entourent» écrit Richard WRIGHT. Timide et peu extraverti, Richard WRIGHT commence à s’intéresser à la culture populaire, à l’esprit de Beale Street. A l’âge de 15 ans, il décide de s’émanciper de son milieu familial. Son oncle étant assassiné, en 1927, il quitte le Sud ségrégationniste pour Chicago, une ville du Nord idéalisée, symbolisant la liberté face à l’oppression du Sud, fut d’abord un choc : «Mon premier coup d’œil sur les étendues noires et plates de Chicago me remplit d’abattement et de découragement ; la réalité se moquait de mes rêves. Chicago me semblait une cité irréelle. Le fracas de la cité pénétra ma conscience, s’y installa pour des années à venir. Je savais que cette ville-machine était gouvernée par d’étranges lois, et je me demandais si je les apprendrais jamais» écrit-il. Engagé comme livreur, par des commerçants Juifs, il est traité avec bienveillance. Il obtient, par la suite, un emploi, dans une cafétaria ; il est le seul Noir, mais sans aucune animosité de ses collègues. En Sudiste toujours sur la réserve, hostile aux mondanités, il écoutait et observer ses collègues blancs : «Leurs préoccupations constantes du monde extérieur, leurs folies des autos, des postes de radio et mille autres babioles, faisaient qu’ils ne rêvaient que de la pacotille d’existence» écrit Richard WRIGHT.
Tout en continuant à lire et à se documenter, il trouve, en 1928, un emploi à la poste centrale. S’il se mêlait à des conversations en ville, Richard WRIGHT étonnait ses interlocuteurs, par la vigueur et la rigueur de son esprit, et sa grande résolution à vouloir devenir écrivain. Il commence à fréquenter des cercles littéraires composés de Noirs, mais il trouve guindés et trop préoccupés de «problèmes sexuels tortueux». A Chicago, il découvre le militant, ainsi que la vocation littéraire à travers l’œuvre de Henry Louis MENCKEN (1880-1956), écrivain et critique littéraire. Refusant les dérivatifs des laissés-pour-compte, les prétentions de la bourgeoisie noire, la consolation et le défaitisme des institutions religieuses, Richard WRIGHT, dans une démarche encore exclusivement littéraire, sans une dimension politique, devient un admirateur de Marcus GARVEY (1887-1940), du moins, son dynamisme, sa fierté et la logique révolutionnaire de sa pensée. La crise économique de 1929, plongeant les Noirs, dans la plus grande détresse (expulsions locatives de masse, soupe populaire, chômage, etc), précipita la prise de conscience politique de Richard WRIGHT. Il finit par perdre son emploi à la Poste, mais, en raison de ses qualités rédactionnelles, il trouva un emploi de journaliste, dans la presse noire, à grand tirage, chez «Abbott’s Monthly Magazine». Richard WRIGHT s’inspire des Joseph CONRAD (1857-1924) et d’Edgar Allan POE (1809-1949), dans sa technique journalistique. Abandonnant la dimension de « superstition» de ses récits, il s’oriente progressivement vers le réalisme, la sociologie, l’histoire et la psychologie. Travaillant occasionnellement pour une compagnie funèbre, il visite de nombreux appartements délabrés, surpeuplés et sordides occupés par des Noirs. C’est à ce moment que Richard WRIGHT a une liaison avec une jeune fille noire, mais qui ne partageait pas ses aspirations intellectuelles et ne voulait qu’assouvir ses désirs sexuels.
A partir de 1931, la crise économique aboutit à des expulsions massives de Noirs, mais la NACCP, trop légaliste, fut vite doublée par le Parti communiste. Mais ce grand dénuement, et en dépit de la victoire de Franklin Delano ROOSEVELT (1882-1945) avait l’avantage d’abattre les barrières raciales, Richard WRIGHT est désormais invité chez des Blancs déclassés. Il trouvera un emploi l’hôpital Michael Reese. En 1932, sous la direction de Henry Alan POTAMKIN (1900-1933), et s’inspirant du l’ouvrage de John Silas REED (1887-1920), «Dix jours qui ébranlèrent le monde», Richard WRIGHT participent à des cercles littéraires d’obédience communiste. Richard WRIGHT est recruté par un magazine prolétarien de Jack CONVOY. Il a assista aux réunions de comités de rédaction de journaux de gauche, comme «Left Front», «New Masses» ou «International Literature», une revue à laquelle collabore le poète, romancier et dramaturge, Langston HUGHES (1902-1967, voir mon article). Aussi, Richard WRIGHT oriente ses recherches littéraires vers l’oppression des Noirs, ainsi que les conditions de leur libération ; il s’en inspire pour publier son roman, «Une faim d’égalité», un récit de sa jeunesse à Chicago, dressant un tableau, sans indulgence, de l'Amérique des années 30, de sa lutte quotidienne pour survivre dans un ghetto décimé par le grand krach économique de 1929 et condamne sans appel le racisme. Il retrace ses débuts d'écrivain, ses démêlés avec le club communiste John REED et sa découverte des chefs-d'œuvre de la littérature. «Les paroles révolutionnaires jaillissaient de la page imprimée et me frappaient avec une force terrible. Il me paraissait, qu’ici, enfin, dans le domaine de l’expression révolutionnaire, l’expérience noire pourrait trouver  un foyer, une valeur d’action et un rôle à jouer» écrit-il.
En 1934, Richard WRIGHT est licencié par l’hôpital et obligé de résider dans un taudis. Il trouve un petit emploi de surveillance de jeunes en difficultés dans son misérable quartier ; ce qui donne de la matière pour écrire son roman, «Un enfant du pays». En 1940, dans «Native Son» ou «enfant du pays», il explique bien le phénomène du racisme «Et les blancs riches n'étaient pas tellement durs avec les noirs. C'étaient des blancs pauvres qui détestaient les noirs. Ils détestaient les noirs parce qu'ils n'avaient pas leur part du gâteau» écrit-il. Les Sudistes encouragent le larbinisme et la lâcheté afin de pouvoir continuer à tenir en laisse les Noirs «Les Blancs du Sud préféraient faire travailler les Nègres qui les volaient que les Nègres qui avaient ne fût-ce qu'un très vague idée de leur valeur humaine. C'est pourquoi les Blancs donnaient une prime à la malhonnêteté des Noirs; ils encourageaient l'irresponsabilité et ils nous récompensaient, nous autres Noirs, dans la mesure où nous leur donnions un sentiment de sécurité et de supériorité» avait-il déjà écrit dans «Black Boy».
Aussi, dans «Native Son» ou «enfant du pays», Bigger Thomas, incarne non pas un personnage soumis, mais révolté et transgressif ; il est ce jeune chauffeur noir de la famille Dalton. Le roman psychologique, «Native Son», comparé à «crime et châtiment» de Fiodor DOSTOIESVKI (1821-1881), décrit les préjugés raciaux en racontant la vie d’un jeune homme vivant dans un quartier pauvre de Chicago. Richard WRIGHT avec la ferme intention de confronter la société américaine à ses propres démons, en la mettant face à une œuvre «si dure, si analytique qu’il faudrait l’affronter sans pouvoir se consoler par les larmes» écrit-il. Il cherche à reproduire la réalité de la vie d’un jeune Afro-Américain qui grandit dans le contexte de ségrégation des Etats Unis. «Je fis cette découverte que Bigger Thomas n’était pas noir tout le temps. Il était blanc aussi, et il y avait littéralement des millions de Bigger, partout. (…) Je sentais aussi que le plan d’oppression dans le sud n’était qu’une dépendance d’un mécanisme de profits commerciaux beaucoup plus vaste et, à bien des égards, plus impitoyable et plus impersonnel» écrit Richard WRIGHT dans la postface de son œuvre. Le personnage principal, Bigger Thomas, incarne ce jeune Afro-Américain âgé de 20 ans vivant dans un quartier du South Side, partie sud de la ville de Chicago alors réservée aux Noirs. Sa famille (sa mère ainsi que son frère et sa sœur) loge dans un appartement d’une unique pièce, vétuste et infesté de rats. Sa mère peinant à subvenir aux besoins de la famille, Bigger Thomas se voit contraint de se faire employer auprès de la famille Dalton – riche famille bourgeoise blanche américaine – en tant que chauffeur. Et c’est le destin tragique. La fille de ses patrons, Mary, dilettante de gauche, se fait conduire par lui dans un bistrot du ghetto noir. Elle s'enivre au point que, de retour chez elle à l'aube, Bigger doit transgresser malgré lui le premier tabou de la ségrégation raciale et la porter dans sa chambre. Alertée par le bruit, la mère aveugle de Mary pénètre dans la chambre où Bigger, pris de panique, tente d'étouffer les balbutiements de la jeune fille. Meurtrier par mégarde, mais Noir et domestique dans une Amérique raciste et une société fondée sur l'argent, Bigger sait qu'il n'a aucune chance. Terrorisé, il brûle le corps, projette de demander une rançon. Il tue son amie Bessie par peur d'une trahison. C'est la chasse à l'homme, puis la capture et l'ombre du lynchage.
 Dans «Native Son» ou «enfant du pays», le procès de Bigger Thomas, enfin, est l'occasion pour Richard WRIGHT, par la voix de l'avocat Max, de dénoncer «l'honneur moral de la vie d'un Noir aux États-Unis» dans les années quarante. L’œuvre de Richard WRIGHT, condensée dans la plaidoirie du personnage de l’avocat Max, permet donc de mettre en exergue trois éléments importants concernant la question noire aux Etats-Unis. Premièrement, l’institution judiciaire est le fruit de l’histoire et des rapports de domination qui la constituent. Elle ne peut donc pas avoir un fonctionnement neutre et égalitaire pour l’ensemble des Américains, blancs comme noirs. Deuxièmement, les faits reprochés à Bigger Thomas étant largement le produit des interactions des membres de la société américaine, la responsabilité de ces faits est nécessairement partagée collectivement. Enfin, s’il est possible de reconnaître des responsabilités individuelles, il existe également une responsabilité impersonnelle qui est celle de la structure de la société américaine. Le droit en tant que structure de la société doit donc opérer un travail sur lui-même afin de se transformer. Le rôle de l’avocat est ici fondamental, car c’est lui qui a la possibilité de confronter l’abstraction du droit aux réalités subjectives.
C’est à Chicago que Richard WRIGHT fait la connaissance de brillants esprits, les Joyce GOURFAIN et Jane NEWTON. Les clubs communistes n’avaient pas bien avancer sa création littéraire, Richard WRIGHT se met à lire Marcel PROUST, TS ELLIOT, James JOYCE et William FAULNER. «Je passais mes nuits à lire Proust, admirant cette prose lucide, subtile, mais vigoureuse, stupéfait par cette éblouissante magie, bouche bée devant cet ensemble psychologique et grandiose de ce récit épique de mort et de décadence. L’exemple éblouissant que j’avais sous les yeux me donnait l’impression d’être à jamais incapable (d’écrire)» dit-il.
A New York, les écrivains célèbres sont écoutés et font partie d’une baronnie locale. Chicago n’était donc qu’un accident local. «Je déchirai mon avis de nomination à la poste, partis en auto-stop pour New York, et depuis ce jour-là j’ai connu l’enfer et la satisfaction» écrit-il. Le séjour de dix ans, à New York, dans les quartiers de Harlem, Brooklyn ou Greenwich Village, est une période faste et créatrice pour Richard WRIGHT. Il participe au magazine de Dorothy WEST, fondé en mars 1934, le «Challenge» et fréquente Langston HUGHES, Arna BONTEMPS, Claude McKAY, Zora Neale HURSTON et Countee CULLEN. C’est New York qu’il écrit «Native Son» ou un «Enfant du pays».
«Rite de passage» retrace la vie à Harlem, à partir de 1940. Le héros, Johnny Gibbs, quinze ans, aime ses parents et respecte ses professeurs. Soudain, son univers bascule : il apprend qu’il a été abandonné à sa naissance et que l’Assistance le place dans une autre famille. Choqué, désorienté, il s’enfuit et rejoint un «gang» de garçons qui, comme lui, ont découvert brutalement leur condition d’orphelin et mènent une vie précaire et marginale. En quelques heures, Johnny va sortir de l'enfance, faire l’apprentissage du déchirement et de la solitude, et se trouver confronté à un monde violent, inconnu.
«Huit hommes» : huit hommes noirs dans un univers régi par les Blancs, qui se demandent «s'il y avait jamais eu dans toute l'histoire une atteinte à la personnalité humaine plus corrosive et destructrice que l'idée de discrimination raciale» et doivent, à des titres divers, et selon leurs moyens, élaborer leurs propres règles d'éthique, de morale et de fidélité. 
Dans «Les enfants de l'oncle Tom», tous ont pour personnages principaux des Noirs, et pour décor tout à la fois sociologique et géographique le Sud profond des États-Unis, dans sa réalité dure, tragique, mais aussi tendre et drôle. Big-Boy tue sans le vouloir un Blanc qui le menaçait. Tout enfant qu'il soit, il doit se cacher, puis quitter le pays, filer vers le nord, inconnu.
Son roman, «The Man Who Lived Underground», ou «Homme qui vivait sous terre», écrit en 1941, traitant des violences policières, a été censuré pendant plus de 80 ans. Ce roman prophétique, a resurgi au-devant de l’actualité littéraire depuis l’affaire George FLOYD (1973-2020) et le mouvement «Black Lives Matter». Dans ce roman, Fred Daniels, un Afro-Américain, qui revenait de son travail, accusé, par des policiers blancs, d’un meurtre qu’il n’a pas commis, et croyant sen sortir, fini par avouer. Recherché pour meurtre et poursuivi par la police, un Noir américain s'est glissé dans un trou d'égout. Réfugié sous la ville, il découvre un monde étrange, humide et mystérieux, un monde aux règles différentes de celui «sur terre», celui des Blancs.
Refusant de s’engager dans l’Armée, Richard WRIGHT est taxé par les conservateurs d’antiaméricain et d’antipatriotique : «On nous demande de mourir pour une liberté que nous n’avons jamais eue» écrit-il dans «Faim d’égalité». Menacé par le Maccarthisme en pleine guerre froide, Richard WRIGHT quitte, en 1946, les Etats-Unis pour venir s’installer avec sa femme à Paris et sa fille, Julia. «Aucun écrivain noir américain ne me paraît aussi doué, aussi profond que Richard Wright, dont la venue en France, l’année dernière, a été accueillie par une presse aussi bienveillante qu’incompétente, à en juger par les gloses fantaisistes publiées à droite et à gauche sur ses romans. Bien des Français savent de quelle indigne façon sont traités les Noirs aux Etats-Unis, en raison du «préjugé de couleur» Ce sont ces réactions que Wright nous faire vivre dans «Black Boy» et «Native Son». Vivre es le mot, car Wright est un vrai romancier. Il n’explique pas. Il raconte. Et ce qu’il raconte, se dégage une force hallucinante, la psychologie d’une race débordante de vitalité» écrit Hugues PANASSIE. En 1947, Richard WRIGHT prend la nationalité française. Sa femme, Ellen POPLAR, est blanche, le couple ne pouvait plus vivre normalement aux Etats-Unis, en pleine ségrégation raciale. Il avait une résidence principale au Quartier Latin, au 14 rue Monsieur le Prince, à Paris 5ème, et une maison secondaire en Normandie, au Moulin d’Andé, entre Rouen et Andelys. Pour lui, Paris «C’était une capitale de la liberté. Et la première destination pour qui aimait les arts» dit-il.
L’auteur est donc un admirateur de Paris. «Parmi les impressions, les plus aiguës que j’ai ressenties à Paris, comme partout en France, est ce sentiment humaniste de la vie qui pénètre si profondément les rites et habitudes de l’existence quotidienne, tout comme la littérature, l’architecture et les arts en France» dit-il dans un entretien aux «Lettres françaises». Aussi, converti à l’existentialisme, Richard WRIGHT, fréquentant Albert CAMUS, Jean-Paul SARTRE et Simone de BEAUVOIR qu’il avait connu à New York. Richard WRIGHT offrit à J-P SARTRE un débat vigoureux sur les dimensions nihilistes de la vie moderne. Il percevait, tout comme J-P SARTRE, que dans la lutte pour l’importance nous nous trouvons souvent face à des situations dans lesquelles les perdants gagnent et les gagnants perdent. Cette fréquentation des existentialistes lui inspirera, en 1953, «Le Transfuge (1953). «J’ai été spécialement intéressé par la pièce de J-P Sartre : «La putain respectueuse». L’expression littéraire de Sartre m’intéressé énormément, car il me fait ressentir profondément la réalité de mon pays. Sartre a réussi à mettre le doigt au cœur même de la situation. En particulier, le caractère de la prostitué est fondamentalement vrai, aussi bien au point de vue humaine qu’à celui de l’Amérique d’aujourd’hui» dit-il. «Le transfuge» étape de Chicago le héros, Cross Damon, un  Noir de Chicago, est employé des P.T.T. Marié, père de trois enfants, il a séduit une fille de seize ans. Un hasard lui permet d'échapper aux conséquences de son acte : pris dans un accident de métro, il passe pour mort. Mais peut-on changer de personnalité ? Reconnu par un camarade, Cross le tue. Il s'enfuie à New York, réussit à se procurer des papiers et devient Lionel. Mis en rapport avec les communistes, Lionel est sollicité par eux de s'inscrire au parti. Mais une fatalité du crime semble peser sur Lionel.
 
Devenu internationaliste et tiers-monde, il s’engage en faveur de l’indépendance des peuples coloniaux. En 1952, il part en Côte-d’Or, Gold Coast (Ghana) pour rencontrer Kwame NKRUMAH (1909-1972, voir mon article) qui réclame la fondation d'un Etat indépendant du Ghana. De ce voyage en Afrique, il en a fait un récit, «Puissance noire».  En 1955, il participe à la conférence de Bandung au sujet de laquelle il rédige un rapport intitulé «Le rideau de couleur». Seul grand témoin de cette conférence des Non-alignés, il est convaincu que cet événement représente «quelque chose de nouveau» dans l'histoire des relations internationales, et que cette rencontre inédite, qui va au-delà des clivages habituels entre le capitalisme et le communisme, ou la droite et la gauche, peut déboucher sur une reconfiguration du monde contestant la bipolarisation issue de la Guerre froide. Il est invité à la Sorbonne, à Paris, au premier congrès international des écrivains et artistes noirs, du 19 au 22 septembre 1956, organisé par Alioune DIOP (1910-1980). Il prend parti pour l’indépendance de l’Algérie. «Ecoute, l’Homme blanc» est un recueil d’une série de conférence de Richard WRIGHT. S’il est une démarche stérile, c’est bien celle qui consiste, pour un opprimé, à s’adresser au «cœur» de ses oppresseurs : il n’est pas d’exemple, dans l’histoire, d’une puissance dominante qui ait cédé aux objurgations, si émouvantes ou raisonnables soient-elles, de ceux qu’elle écrasait ; contre des intérêts matériels, sentiments et bon sens ne sont jamais entendus. On ne voit donc pas très bien quelle raison a pu inciter l’écrivain noir Richard Wright à solliciter la «compréhension» de «l’homme blanc» ; on En réalité, et comme l’avait fait Albert MEMMI, «Ecoute l’homme blanc» est un portrait du colonisé.
Dans sa «quête inachevée», en référence à la biographie que lui consacre Michel FABRE, l’auteur inquiet, non seulement de la montée du Gaullisme et des activités de l’Organisation de l’Armée Secrète, mais aussi de sa surveillance en France par le FBI : «Le venin de Wright, débité sans cesse par les expatriés aux terrasses des cafés et par des années de gros titres sur les lynchages, est parvenu à empoisonner la pensée européenne au sujet des problèmes raciaux aux Etats-Unis» écrit un journal américain. Richard WRIGHT recherche, sans succès l’asile politique au Ghana et en Grande-Bretagne. Il meurt, subitement, à l’âge de 52 ans, d’une crise cardiaque à Paris le 28 novembre 1960. Il était marié à une danseuse de ballet, une juive d’origine russe, Dhimah Rose MEIDEN (1936-2007) entre 1939 et 1940, puis à une juive d’ascendance d’Europe centrale, Ellen POPLAR (1912-2004) le 12 mars 1941 jusqu’à sa mort, en 1960. Ils sont eu deux enfants : Julia et Rachel. Sa fille, Julia, estime que Richard WRIGHT aurait été assassiné, par empoisonnement. Incinéré, ses cendres reposent au Père Lachaise. Il avait une fille, Julia et maintenant un petit-fils, Malcolm WRIGHT. Léopold Sédar SENGHOR écrivait de Richard WRIGHT, «C’était un homme déchiré, plutôt comme moi, tout bien considéré. Un homme déchiré entre le passé et l’avenir de sa race, entre les valeurs de la Négritude et celles de la civilisation européenne. J’ai toujours eu pour lui, pour l’écrivain et pour l’homme, la plus haute admiration, parce qu’au fond il était l’incarnation de «la passion noire» écrit-il le 26 février 1964.
«Wright assaults the formlessness of time and space because to accept the assumption that his experiences, as a Black, did not figure substantially into the human time and space he occupied» écrit James TROTMAN.
Références bibliographiques
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WILLIAMS (John, Alfred), The Most Native of Sons : A Biography of Richard Wright, New York, Doubleday, 1970, 141 pages.
Paris le 2 juin 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 18:16
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«La vie de Voltaire doit être l'histoire des progrès que les arts ont dû à son génie, du pouvoir qu'il a exercé sur les opinions de son siècle ; enfin de cette longue guerre contre les préjugés, déclarée, dès sa jeunesse, et soutenue jusqu'à ses derniers moments» écrit Nicolas de CONDORCET (1743-1794), biographe et éditeur de Voltaire, après sa mort. La modernité et l'actualité des écrits indépassable des écrits ne souffrent d'aucune contestation sérieuse. En effet, icône de l’engagement intellectuel, de la tolérance et de la liberté de pensée au XVIIIème siècle, Voltaire est l’un des plus importants chefs de file du Siècle des Lumières «En ces temps-là, il était un Roi qui s’appelait Voltaire. Son royaume n’avait ni commencement, ni fin. Il fut sacré Roi de l’esprit humain à la cour de Prusse par son frère Frédéric II, dans cette belle Allemagne où Goethe a dit «Après avoir enfanté Voltaire, la Nature se reposa». Ses ministres furent tous les grands hommes : Diderot, D’Alembert, Buffon, Turgot, Condorcet. Voltaire n’est pas mort, il reviendra»  écrit, en 1858, Arsène HOUSSAYE dans son «Roi Voltaire». En effet, Voltaire incarne, à lui tout seul, la défense des principes de liberté et de tolérance, tant mis à mal par notre époque troublée, marquée par le triomphe d’une démocratie ethnique, les mensonges, les dissimulations et les instrumentalisations.
Voltaire ou l’anagramme d’AROUET, «Le Jeune», de son vrai nom François-Marie AROUET, est né, officiellement, le 21 novembre 1694, à Paris. Très chétif, il est doté d’une énergie hors norme. «Je suis né, tué» écrira-t-il. François de CASTAGNERES dit abbé CHATEAUNEUF (1650-1703), que certains pensent être son vrai père, un homme instruit et brillant, sera son parrain, et lui récite les fables de Jean de la FONTAINE. Voltaire, mort le 30 mai 1778, à Paris, à 84 ans, un âge très avancé à l’époque, a été très prolifique dans sa production littéraire. Appartenant à une famille aisée dont les ancêtres sont originaires du Poitou son père, François II AROUET (1649-1722), est notaire et conseiller du Roi. Il est le 5ème enfant de Marie-Marguerite DAUMARD (1660-1701). Le jeune Voltaire fait ses études au Lycée Louis Le Grand, à Paris, dirigé à l’époque par les Jésuites. Voltaire sera inscrit, par la suite, à la faculté de droit de Paris. Son père lui trouve une place dans un cabinet d’avocats, mais il préfère devenir écrivain et fréquente les salons littéraires parisiens. «Voltaire était au-dessous de la taille des grands hommes, c’est-à-dire un peu au-dessus de la médiocre. Il était maigre d’un tempérament sec ; il avait la bile brûlée, le visage décharné, l’air spirituel et caustique, les yeux étincelants et malins : tout le feu que vous trouverez dans ses ouvrages» écrit Elie HAREL. En dépit de son physique disgracieux, Voltaire avait du succès auprès des femmes. Sa dernière compagne, à partir de 1745, jusqu’à la fin de sa vie, a été sa nièce Marie Louise MIGNOT, dite Mme DENIS (1712-1790), qui sera sa gouvernante et sa légataire universelle.
Voltaire est né dans une période sombre de l’histoire de France d’absolutisme royal et de montée de l’intolérance. Ainsi, les temps anciens sont marqués par la bigoterie et les persécutions des faibles. En effet, Louis XIII dit «Le Juste» (1601-1643), a été un prince orageux, faible et dévot : «L’Europe était couverte de bandes d’intolérants, tous demandant la liberté de conscience, tous la refusant dès qu’ils étaient les plus forts. Ici, et au nom de Dieu, on égorgeait les Calvinistes, les Luthériens, tous ceux qui, sous quelque bannière qu’ils marchent, au courage de dire qu’il était honteux au Pape de faire payer au peuple, un infâme trafic d’indulgences, son luxe et ses plaisirs, joignaient l’imbécilité de croire que le Pape était le persécuteur de l’Antéchrist», écrit Théophile DUVERNET. En effet, Louis XIV (1638-1715), dit «le Grand» ou «le Roi Soleil», une monarchie absolue, de 1661 à 1679, tente de faire liquider le protestantisme de son royaume. Le 18 octobre 1685, il révoque l’Edit de Nantes promulgué le 13 avril 1598 par Henri IV, par des conversions forcées au catholicisme ; il fallait l’abjuration ou l’exil. «Sous le règne de Louis XIV, on os