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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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5 juin 2022 7 05 /06 /juin /2022 12:00
«Pierre PASTEL : «Je veux parler à un humain». Pour une société de Bienveillance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Dans son nouvel ouvrage, «Je veux parler à un humain», paru en avril 2022, Pierre PASTEL, universitaire, sociologue, psychothérapeute, addictologue et coach, s'interroge sur la nature des relations humaines. «Nous faisons merveille quand il s’agit de construire des machines ou bien de vendre. Mais quand il s’agit seulement de parler l’un à l’autre, nous avons peur et tirons nos revolvers» écrit Richard WRIGHT (voir mon article). «Si nous savons écouter notre silence intérieur, nous pourrons construire un autre monde en dépression pour une éducation à la bienveillance universelle»  dit le professeur Pierre PASTEL auteur d'un livre «Je veux parler à un humain».
Lire cet ouvrage du professeur Pierre PASTEL, «Je veux parler à un humain», cela vous transfigure et remet les choses à l'endroit. On s'interroge parfois, et souvent intuitivement, sur des questions essentielles de la vie : quel sens devrions-nous donner à notre existence ? On ne sort pas indemne de cet opuscule du professeur Pierre PASTEL, d’une très haute facture, «Je veux parler à un humain», par la qualité de son expression écrite, son riche et savant vocabulaire, mais surtout en raison de sa dimension initiatique et ésotérique qui vous transfigure ; il vous transporte vers l’essentiel et le sens de notre vie. De nombreux textes, mis en annexe, permettent de mieux saisir le message que veut nous délivrer l’auteur.
Depuis les temps immémoriaux, deux forces gouvernent le monde : le Bien et le Mal. Tout le sens de la mythologie grecque, c’est ce chemin menant du Chaos à l’Harmonie. Pierre PASTEL milite ardemment pour une relation humaine portée vers une culture de Bienveillance individuelle et collective. Dans cette quête du Graal, l’auteur dialogue, non pas, avec les Djins, mais un esprit invisible se définissant comme étant «la Dimension Qui Embrasse Tout». On finit par comprendre que Pierre PASTEL dialogue avec lui-même, avec sa conscience «Je suis ici et partout à la fois. Tu ne peux ni me voir, ni me toucher, mais je suis bien là, avec toi, à côté de toi, autour de toi».
Il y a quelque chose de particulièrement subversif dans ce livre, «Je veux parler à un Humain». Pierre PASTEL y déconstruit de nombreux concepts ; certains s’acharnent à détruire cet esprit cartésien et critique, le «mensonge est érigé en mode de gestion politique» écrit-il. En effet, les forces du Chaos, appelant au conformisme et à la docilité, s’évertuent à faire taire l’esprit critique libérateur et à étouffer la grandeur de l’esprit humain, considéré comme un délit.
Par conséquent, Pierre PASTEL constate que quelque chose ne tourne pas rond dans notre société prétendue rationnelle «Dans un univers cartésien, matérialiste, où le réalisme s’est fait fondement, le rationalisme expert gestionnaire, la raison raisonnée ossature lumière du monde et où l’émotion est sommée de rester croupie au 100ème sous-sol, je vois qu’une ombre est élevée au rang de réel ; elle devient prétexte de tout, pour tout, l’impassable, la justification de l’inacceptable» écrit Pierre PASTEL. Certaines personnes, au lieu d’éclairer les consciences, deviennent des «spécialistes de tout, dans tout et sur tout, mais à propos de rien» écrit-il.
Dans ce système politique du mensonge, du «monopole de la souffrance» et de la dissimulation, on fabrique des êtres «radicalisés», sans raison et sans morale, programmés vers la «perte de soi et l’anéantissement des autres ; détruire l’autre, sans état d’âme ; l’autre, et paradoxalement soi-même et ceux qu’on aime» écrit Pierre PASTEL. Par une folie aimante, afin d’être traité d’égal à égal, un regard laser sur la vie pouvant bousculer notre conscience, Pierre PASTEL convoque «la capacité à résister à l’infâme».
Aussi, face à la montée des forces du Chaos, Pierre PASTEL, comme d’ailleurs Hannah ARENDT (1906-1975) et Antonio GRASMCI (1891-1937), interpelle demande à chacun d’entre nous, de «tenir son rang d’Homme» suivant Sénèque, de prendre ses responsabilités, d’entrer en résistance : «Le silence est d’or lorsqu’il constate la quiétude effective de l’Homme, mais qu’il est fiel, qu’il est crime lorsqu’il encense la putréfaction de l’élégance humaine» écrit-il. En dépit des menaces de représailles ou de marginalisation, Pierre PASTEL fait appel aux accompagnants aux passeurs, aux éveilleurs de conscience ou de Bienveillance, ces «cadres non-fakes qui donnent de leur générosité, de leur temps pour décrypter, décoder le bout du réel qu’ils maîtrisent et les divulguent avec force, modestie et détermination, parfois au risque de perdre leur poste de travail ou leur vie tout court» écrit-il. Pierre PASTEL lance un cri «ça suffit !» dans toutes les langues «J’entends des milliards d’humains, crier, dire la même chose : ça suffit ! Tous les jeux sont des jeux. Cependant, casser du bois dans le derrière d’un macaque n’en est pas un» écrit-il. Pierre PASTEL exhorte à la lucidité et à une culture universelle de l’Amour : «Il ne peut y avoir de valeurs plus constructives que celles finalisées par des aspirations d’amour inconditionnel, trans-personnel» écrit-il.
En ces temps de crise sanitaire mondiale, Pierre PASTEL dresse un tableau, sans complaisance, contre la recrudescence de «Fakes humains» propagateurs du «règne de l’illusion».  En effet, j'avais cru, naïvement, un instant, que cette pandémie avait réveillé la conscience humaine universelle, pour une société internationale de bienveillance, au cœur de la pensée de Pierre PASTEL, en vue d’une réflexion globale «d'un monde d'après», une coopération internationale équitable, la justice, la fraternité et la paix entre les peuples. Erreur tragique. Les bruits de botte retentissent depuis l'Ukraine, avec une résurgence de la Guerre Froide, au temps de l'arme nucléaire, avec un risque d'un troisième conflit mondial. Le plus grave de tout cela, dans leur manque de bienveillance, les Occidentaux qui avaient engagé des guerres locales, injustes, fort coûteuses, qu'ils ont toutes perdues, avaient refusé d'accueillir les réfugiés du tiers-monde, livrés à la drogue et aux calomnies. Pendant ce temps, l'Europe, reçoit plus de 6 millions de réfugiés Ukrainiens, à bras ouverts, envoient massivement des aides et des armes à l'Ukraine. Tant pis, si tout cela débouchait sur un troisième conflit mondial à l'ère nucléaire.
Sur le plan interne, loin de la bienveillance, des réformes funestes, comme l'âge de la retraite à 65 ans, ressurgissent. La vie est chère pour les gens de conditions de modestes, les riches qui se sont bâfrés de 134 milliards de profits en 2021, ne consentent à ceux qui souffrent, suivant une théorie du «ruissellement», que quelques miettes.
Le professeur Pierre PASTEL a doublement raison d'interpeller notre conscience au sujet de la bienveillance universelle et collective. Moi qui vient d'une société traditionnelle africaine, en particulier peule, celle du partage, de la compassion, notamment à l'égard des faibles (personnes âgées, femmes, pauvres), j'observe, avec une grande consternation, une crise de ces valeurs humanistes. Le monde ancien n'a pas encore disparu, mais un nouveau monde n'a pas encore vu le jour. Bref, c'est la crise, comme le dirait un intellectuel italien, Antonio GRAMSCI (1891-1937). Au nom de la solidarité, et sans aucune recherche d'autonomie ou de développement de la valeur travail ou du civisme, l'assistanat est devenu la règle. Nos gouvernants, loin de bien gérer nos ressources, ont encouragé parfois des parasites, comme les religieux, une clientèle politique  cupide, loin des valeurs de la bienveillance. L'argent a tout pourri dans les sociétés africaines. J'ai parfois l'impression, à grand regret, que mon pays d'origine, le Sénégal, est devenu une nation de 16 millions de mendiants. Très souvent si quelqu'un vous appelle, après de très longues et pénibles salutations, ce n'est pas vraiment pour prendre de vos nouvelles, c'est pour solliciter un service ; ce n'est pas une faveur, c'est surtout, dans son esprit, un dû. Où est donc cette société de bienveillance d'antan, que veut reconstruire, le professeur Pierre PASTEL ? Oui, je veux parler à un humain !
Face à la pauvreté des relations sociales, Pierre PASTEL crie, fort justement, à la face du monde «Je veux parler à un humain». Dans ma rue, au café, dans le bus 71 que je prends pour aller au boulot, comme à ma mairie ou à la cantine, j'ai tendance à saluer tout le monde, ces visages si familiers, mais dont j'ignore le nom. Pour l'essentiel, ils sont humains et vous répondent avec empressement et joie. Malheur à toi, si tu saluais trop longuement à l'africaine ou deux fois dans la journée un Européen. Il te répondra sèchement soit : «On se connaît ?», ou «Je t'ai déjà vu !». Les Africains vivant de longue date en France, redoutant une sollicitation, sont inquiets dès qu'on leur adresse parole : «Tu veux quelque ?». Maintenant comme l'indique le titre de l'ouvrage de Pierre PASTEL, «Je veux parler à un humain», je saurais quoi répondre.
Arrivant très tôt au travail, et découvrant que les agents d'entretien attendaient devant le portail, sous la pluie ou la neige, je leur dis, avec mon Pass : «Bonjour Mesdames. Veuillez-vous donner la peine d'entrer. Je vous offre un café». Aussitôt après une dame d'origine ivoirienne se mit à verser de chaudes larmes, et me dit, qu'à la veille de son départ à la retraite, après plus de 35 ans de services, les gens passent toute la journée sans la voir, une minorité invisible.
Il est vrai que ces relations sociales avaient déjà été considérablement dégradées depuis que la France est passée de la société rurale à l'ère industrielle, avec son individualisme forcené. On abandonne ses parents, qui s'étaient bien occupés de vous, dans des hospices fort coûteux et parfois peu sécurisants. Cette dégradation des relations sociales s'est encore accentuée avec la révolution du numérique ; on parle beaucoup aux autres, mais à distance, essentiellement, par des nouvelles technologies, comme Facebook, on like, on envoie des messages vocaux par WhatsApp ou par Skype ; mais on prend peu de temps pour s'arrêter et rencontrer ceux qu'on aime.
Si cette crise sanitaire, loin d'être terminée, avait eu le grand mérite de remettre les valeurs essentielles de la vie, dont la bienveillance qu'évoque le professeur Pierre PASTEL au centre du jeu. En effet, pendant longtemps, les sociétés industrielles, au mépris des valeurs de la vie, avaient mis les profits financiers au-dessus de tout. En raison d'une sacro-sainte rigueur budgétaire, il ne fallait pas plus de 3% de déficit. Afin de conserver les marges de leurs profits, les riches s'acharnaient, sans arrêt, sur les faibles. Et voilà subitement que les nantis se rendent compte que, sans la santé, rien ne va ; dans un monde globalisé, la solidarité entre pays pauvres et pays riches, en matière de soins, est nécessaire pour bien combattre le Covid-19. Subitement, les milliards pleuvent et en un temps record, là où on pas encore trouvé un vaccin efficace contre le SIDA, le cancer, le diabète ou les maladies dans les pays du tiers-monde, les laboratoires ont rivalisé d'ingéniosité et d'efficacité.
Pierre PASTEL dénonce avec humour et férocité, les forces du Chaos, en raison d'un grave déni de dignité humaine, à travers ce qu’il appelle les «présidents Fakes» protecteurs des nations, garants du bien-être et du bien-vivre ensemble et qui provoquent «la peur, la désolation des populations, la discrimination, soutenir avec force et brutalité l’organisation du désordre et du chaos» écrit-il. Certains traitent les êtres humains comme le Kakos ou des bouts de viande.
Le déclic de ce combat de la bienveillance est venu à la suite d’une visite, à la Maison des esclaves de Gorée, en 1980, Boubacar Joseph N’DIAYE (1922-2009), conservateur de l’époque, ayant mené la visite sur «un ton aimant et doux, malgré la gravité» du sujet. «Prenons garde que les gestes commémoratifs politiques ne constituent point, par leurs doubles mesures, des injures aux blessures toujours sanguinolentes. C’est par une profonde intelligence du cœur que méritent d’être soignées les plaies historiques et mémorielles qui affectent  notre vécu collectif. Il s’agit bien de construire un être-ensemble profondément fraternel, respectueux et apaisé» écrit-il le 10 mai 2021, «pour un projet de bienveillance universelle».
Ici, en France mon pays d'adoption, après plusieurs siècles de colonisation d'esclavage et maintenant d'indépendance dans la dépendance, à travers la Françafrique, la presse de Vincent BOLLORE, et certains médias, distillent, à longueur de journée leur, discours de haine. La violence et le mépris dans lesquels on tient les faibles sont insupportables. Aussi, Pierre PASTEL dénonce ce lynchage médiatique : «Je vois une légion d’humains Fakes, détenteurs d’un certain pouvoir d’influence, humilier, discréditer, intimider» et tous ces «propagandistes de l’incertitude» n’ont qu’un seul but : l’abandon de l’esprit critique au bénéfice d’une «confiance aveugle exigée». En fait, les «vulgaires et les voyous, ce sont qui pensent avoir le monopole de la souffrance, être les seuls à exiger une thérapeutique, le pardon et la réparation» écrit Pierre PASTEL.
Cette France de la diversité, par la colonisation l'esclavage l'effort aux guerres mondiales la reconstruction de ce pays pendant les 30 glorieuses et récemment sa mobilisation pendant le COVID-19, mériterait un peu de respect et de considération. Les forces du Chaos et de la Discorde, dans le profond déni de ce racisme institutionnel et systémique, sortent, constamment, le fouet à chaque fois qu'un racisé émerge. Jadis c'étaient Danièle OBONO, Christiane TAUBIRA, Sibeth N’DIAYE, Audrey PULVAR et maintenant c'est Pap N’DIAYE avant même qu'il n'ait pris ses fonctions ministérielles. Tous rejetés au fond de la cale, parce qu’illégitimes, par principe, d’occuper de hautes responsabilités au sein de l’Etat. Et pourtant le multiculturalisme est en Marche ; il faudra donc à vivre dans la bienveillance et se parler comme le recommande Pierre PASTEL. Bref vivre ensemble dans le respect mutuel.
Au cœur de toute cette violence à l'encontre des racisés se cache la question du partage du gâteau. Quelle que soit sa couleur, ses origines, sa religion ou son orientation sexuelle, chacun d’entre nous aspire au Bonheur «de ne pas souffrir et de vivre le bonheur, de traverser cette vie dans la quiétude, la paix intérieure» écrit Pierre PASTEL. Dans ce pays des droits de l’Homme, avec son message universel, on assiste à une résurgence grave et sans précédent des forces du Chaos s’acharnant contre les racisés «Nous sommes face à un dérèglement sociétal, une dépression collective qui bouscule notre identité nos identités, la dignité humaine» écrit Pierre PASTEL. Ce racisme institutionnel et systémique est fait de tromperie, d’hypocrisie et de mensonge pour discréditer et disqualifier les racisés, devenus boucs émissaires et ennemis de l’intérieur, à occuper les emplois valorisants dans ce pays «Les uns se croient naturellement aptes : aptes à recevoir, à gérer le bien commun, à jouir de l’honorabilité ; les autres devant systématiquement négocier leur légitimité à pouvoir jouir de tout cela» écrit Pierre PASTEL. Cependant, il faudrait quitter cette démocratie ethnique pour revenir à l’universalisme, à la vraie promesse d’égalité républicaine. En effet, un bien-vivre ensemble sans partage du pouvoir serait une escroquerie. Oui, je dis, comme le professeur Pierre PASTEL, mon cher ami, la poursuite du bonheur, pour tous, requiert «un partage équitable et durable du gâteau commun, une éducation généralisée à la dignité humaine».
Dialoguer avec sa conscience est une épreuve à haute voltige. Parfois ça patine, et on remet la cogitation à un autre jour. En lisant cet ouvrage de Pierre PASTEL, «je veux parler à un humain», subitement, on se dit ce qu'il raconte ça me parle. Dans ses exhortations à conserver notre dignité humaine «il ne te suffit pas d’avoir des oreilles pour entendre, il te faut surtout avoir un cœur pour comprendre» écrit-il. Pierre PASTEL, loin de recommander un «activisme déboussolé», appelle chacun à «agir concrètement, maintenant, avec détermination, respect soi et son concurrent, sans complaisance» écrit-il. Pierre PASTEL nous demande de «choisir mentalement le chemin de la vie ; cela réveille en toi ton armée intérieure, créatrice et bienfaitrice» écrit-il. Pas de liberté, sans effort. Dépassons nos peurs qui inhibent ; chacun peut apporter sa pierre en vue de la construction de ce gigantesque édifice de la Bienveillance, pour l’Harmonie de la société «Ma petite pierre à l’édifice, même si elle est de la taille de la charge d’eau que supporter le colibri, voulant braver l’incendie, me paraît contributrice de ce qui doit advenir» écrit Pierre PASTEL de façon messianique.

Références bibliographiques

PASTEL (Pierre), Je veux parler à un humain, préface de Max-Auguste Dufrénot, Paris, Les 3 Colonnes, 2022, 125 pages, au prix de 14 €.
Autres références
PASTEL (Pierre), «Boucanier, Hachoir, lugubre à Kakos», Madinin’Art, 22 juin 2020 ;
PASTEL (Pierre), «Crime esclavagiste et engagement sociétal et mémoriel», Madinin’Art, 27 mai 2021 ;
PASTEL (Pierre), «De qui, de quoi as-tu donc peur ?», Revue Alizés, juin-juillet-août 2015 ;
PASTEL (Pierre), «L’échec un instant sur la chaîne de notre existence : le rebond à portée, dans notre for intérieur», Revue Alizés, avril-mai 2014 ;
PASTEL (Pierre), «L’Homme, ce solide ouaté», Revue Alizés, mai 2008 ;
PASTEL (Pierre), «L’utile, le Futile, l’Essentiel : de l’expérience à la sérénité», Revue Alizés, septembre-octobre 2007 ;
PASTEL (Pierre), «La normalité n’est pas la santé : Civilisation gangrénée, Civilisation malaisée», Revue Alizés, février 2011 ;
PASTEL (Pierre), «La vie aux couleurs inattendues», Madinin’Art, 22 mai 2020 ;
PASTEL (Pierre), «Le déni de la dignité humaine : un frein à la tranquillité individuelle et sociétale», Madinin’Art, février 2011 ;
PASTEL (Pierre), «Les gens ordinaires, les vulgaires et les voyous, les extraordinaires ou les inaccoutumés», Madinin’Art, avril 2016 ;
PASTEL (Pierre), «Qu’ai fais-je de mon intelligence ?», Revue Alizés, 2006 ;
PASTEL (Pierre), «Quel libre choix devant notre société ?», 30ème congrès de l’Association française du Transpersonnel, du 28 janvier 2018, à Paris 13ème ;
PASTEL (Pierre), «Un projet de Bienveillance universelle : hommage aux victimes de la traite des Nègres et de l’esclavage», Madinin’Art, 10 mai 2021 ;
REVEL (Jean-François), La connaissance inutile, Paris, Grasset, 1988, 408 pages.
Paris – Bastille, le 1er juin 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
 
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2 juin 2022 4 02 /06 /juin /2022 23:04
 
«Richard WRIGHT (1908-1960) : Humaniste, Tiers-mondiste et Anticolonialiste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«La couleur n'est pas ma patrie. Je suis un être humain avant d'être un Américain ; je suis un être humain avant d'être un Noir et si je traite des problèmes raciaux, c'est parce que ces problèmes ont été créés sans mon consentement, sans ma permission. Je suis opposé à toute définition raciale. Si j'écris sur les problèmes raciaux, c'est précisément pour mettre fin aux définitions raciales. Et je ne souhaite pas que qui que ce soit dans le monde où nous vivons se place à un point de vue racial, qu'il soit blanc, noir ou jaune» disait Richard WRIGHT, dans un entretien du 18 août 1960 accordé à «l’Express».  En grand humaniste, et en pleine ségrégation raciale aux Etats-Unis, Richard WRIGHT, en raison de ses éminentes qualités intellectuelles, a poussé un cri de révolte retentissant contre l’injustice. En dépit de tous les obstacles de la vie, Richard WRIGHT, originaire du Sud, est devenu un écrivain célèbre, un secteur où les portes sont restées pendant closes pour les Noirs. En effet, les Noirs américains, après quatre siècle d’esclavage ayant enrichi l’Amérique, ont apporté un effort considérable pendant les première et deuxième guerre mondiale, sans pour autant que leur situation ne s’améliore, et cela a généré du ressentiment : «Personnellement, je suis, de plus en plus, obsédé par le sentiment, qui est devenu une conviction, que la vie américaine est pleine d’éléments étrangement inhumains. Il m’apparaît clairement que notre civilisation américaine a été construite, malgré ses traditions des premiers jours, sur un mépris complet des émotions, des sensibilités et des personnes humaines» dit-il, en 1947, dans un entretien accordé aux «Lettres françaises». Richard WRIGHT est en révolte contre cette société américaine conservatrice, créatrice de l’enfermement et d’un ghetto culturel : «Alors comment pouvait-on vivre dans un monde dans lequel l'intelligence et la perception des faits ne voulaient rien dire, et où l'autorité et la tradition étaient tout ?», écrit-il dans «Black Boy». En effet, la vie des Noirs aux Etats-Unis est faite d’une grande pauvreté, surtout d’une grande misère intellectuelle : «Chaque fois que je pensais à l'esprit essentiellement morne de la vie noire en Amérique, je me rendais compte qu'il n'avait jamais été donné aux Nègres de vivre pleinement l'esprit de la civilisation occidentale; ils y vivaient tant bien que mal, mais n'y vivaient pas. Et quand je songeais à la stérilité culturelle de la vie noire, je me demandais si la tendresse pure, réelle, si l'amour, l'honneur, la loyauté et l'aptitude à se souvenir étaient innés chez l'homme» écrit-il dans «Black Boy». C’est ce sentiment de révolte de Richard WRIGHT, contre l’état d’ignorance dans lequel sont tenus les Noirs, la misère et la violence des rapports entre Blancs et Noirs, et afin de sortir du carcan dans lequel on veut l’enfermer, qui a fait naître, en lui, par la lecture, une ambition littéraire : «C'est grâce à ces romans, à ces nouvelles et à ces articles, grâce au choc émotionnel des constructions imaginatives de faits héroïques ou tragiques que j'avais senti sur mon visage la douce chaleur d'un rayon de lumière inconnue ; et en partant, je me dirigeais instinctivement vers cette lumière invisible, en tâchant toujours de tourner et d'orienter mon visage de façon à ne pas perdre l'espoir qu'avait fait naître sa faible promesse, et en m'en servant comme d'une justification de mes actes» écrit-il dans «Black Boy».
Les récits autobiographiques de Richard WRIGHT font grandir et émanciper ce jeune auteur noir issu du Sud, dans un monde plombé par l’intolérance, la pauvreté et les violences, notamment policières. «Je savais que je vivais dans un pays où les aspirations des Noirs étaient circonscrites, délimitées. Cependant, j’avais le sentiment que je devais m’en aller quelque part et faire quelque chose qui rachète ma vie» écrit-il dans «Black Boy». Richard WRIGHT voulait combattre la ségrégation raciale aux Etats-Unis, afin de «rassembler deux mondes, celui des blancs et celui des noirs, afin de n'en faire plus qu'un» écrit-il. C’était un rêveur, animé d’une espérance, il espérait qu’un miracle inattendu puisse s’accomplir et que le Sud raciste, lui aussi, «pourrait vaincre sa peur, sa haine, sa lâcheté, son héritage de crimes et de sang, son fardeau d'angoisse et de cruauté forcenée» écrit-il. En 1944, Richard WRIGHT accepta que l'on publie seulement la partie de son autobiographie qui traitait de son enfance dans le Sud, «Black Boy». L’identité et la personnalité de Richard WRIGHT se forgent à travers ses déplacements, à Memphis, Chicago, puis à New York. Il ne voulait pas être la place que les Blancs lui avaient assignée «Je fuyais quelque chose plutôt que je n'allais vers quelque chose» écrit-il. L’auteur a tâtonné avant de trouver son chemin «Le départ de Black Boy, avait posé une question : quelle force de volonté un Noir doit-il posséder pour vivre et mourir dans un pays qui nie son humanité ? Je m’efforçai d’exprimer la même chose d’une autre manière» dit-il. En effet,  Richard WRIGHT trouve surtout sa voie par sa création littéraire «J’avais soif des livres, de façons de voir et de concevoir. L’important n’était pas de croire ou de ne pas croire à mes lectures, mais de ressentir du neuf, d’être affecté par quelque chose qui transformât l’aspect du monde. Je savais maintenant ce que représentait d’être Nègre. J’étais capable de supporter la faim. J’avais appris à vivre dans la haine. Mais de sentir que certains sentiments m’étaient refusés, que l’essence même de la vie était inaccessible, cela me faisait mal, me blessant par-dessus tout. Une fin nouvelle était née en moi» écrit-il dans «Black Boy» ou une «Jeunesse noire». Cette autobiographie remporta un immense succès.
Remarquable conteur, engagé, fidèle à la tradition populaire et naturaliste, par démarche prophétique et poétique, Richard WRIGHT, premier Afro-américain à connaître un succès littéraire, place la question raciale au centre de son œuvre. Spécialiste du roman sociologique résultant de ses différentes expériences, il utilise la méthode de l’interactionnisme, une relation entre différents groupes en milieu urbain. «Nous faisons merveille quand il s’agit de construire des machines ou bien de vendre. Mais quand il s’agit seulement de parler l’un à l’autre, nous avons peur et tirons nos revolvers» dit-il. Ce qui frappe dans la contribution littéraire, c’est cette juste et brillante description de la fracture de la société américaine de son temps «La guerre de Sécession avait aboli l’esclavage, mais les relations entre les Blancs et les Noirs étaient encore imprégnées des habitudes du temps de l’esclavage. Les Noirs pouvaient souffrir de l’état d’infériorité où ils étaient maintenus, mais ils l’admettaient, plus ou moins passivement. Quand ils ont touché les hauts salaires, ils ont commencé à en vouloir aux Blancs de les avoir exploités et les Blancs reprochent maintenant aux Noirs de rejeter la tutelle» dit Richard WRIGHT dans un entretien aux «Lettres Françaises».
Richard Nathaniel WRIGHT est né le 4 septembre 1908 à dans une plantation, à Roxie, dans le Mississippi. Son père, Nathan WRIGHT Jr (1882-1940), un alcoolique et tyrannique, est un ouvrier meunier cumulant d’autres emplois. La famille vit dans des conditions difficiles «C’est dans ce taudis que je pris, pour la première fois, conscience de la personnalité de mon père. Il était concierge de nuit chez un droguiste de Beale Street, et ne prit d’importance et ne devient pour moi un objet de contrainte que le jour où j’ai appris qu’il m’était défendu de faire du bruit pendant qu’il dormait la nuit» écrit-il dans «Black Boy» Sa mère, Ella WILSON (1884-1959), est une maîtresse d’école. «Ses grandes qualités de cœur et d’intelligence, son amour de l’ordre, sa persévérance, son naturel réservé et rêveur lui conféraient une personnalité réservée» écrit Michel FABRE, un de ses biographes. Après la séparation de ses parents, il grandit avec ses oncles et tantes, jusqu’à 12 ans, il n'aura pas eu une éducation normale. A Memphis, un lieu d’initiation et d’imitation en littérature, il peut emprunter des livres, par une connaissance, à une bibliothèque qui ne prête qu’aux Blancs, et découvre notamment les romans de Henry Louis MENCKEN (1880-1956), «le Sage de Baltimore», un journaliste et critique littéraire, aux éditoriaux satiriques et acerbes : «Il m’a apprit ce qu’on peut faire des mots pour tourner en dérision les fausses valeurs et les absurdités qui nous entourent» écrit Richard WRIGHT. Timide et peu extraverti, Richard WRIGHT commence à s’intéresser à la culture populaire, à l’esprit de Beale Street. A l’âge de 15 ans, il décide de s’émanciper de son milieu familial. Son oncle étant assassiné, en 1927, il quitte le Sud ségrégationniste pour Chicago, une ville du Nord idéalisée, symbolisant la liberté face à l’oppression du Sud, fut d’abord un choc : «Mon premier coup d’œil sur les étendues noires et plates de Chicago me remplit d’abattement et de découragement ; la réalité se moquait de mes rêves. Chicago me semblait une cité irréelle. Le fracas de la cité pénétra ma conscience, s’y installa pour des années à venir. Je savais que cette ville-machine était gouvernée par d’étranges lois, et je me demandais si je les apprendrais jamais» écrit-il. Engagé comme livreur, par des commerçants Juifs, il est traité avec bienveillance. Il obtient, par la suite, un emploi, dans une cafétaria ; il est le seul Noir, mais sans aucune animosité de ses collègues. En Sudiste toujours sur la réserve, hostile aux mondanités, il écoutait et observer ses collègues blancs : «Leurs préoccupations constantes du monde extérieur, leurs folies des autos, des postes de radio et mille autres babioles, faisaient qu’ils ne rêvaient que de la pacotille d’existence» écrit Richard WRIGHT.
Tout en continuant à lire et à se documenter, il trouve, en 1928, un emploi à la poste centrale. S’il se mêlait à des conversations en ville, Richard WRIGHT étonnait ses interlocuteurs, par la vigueur et la rigueur de son esprit, et sa grande résolution à vouloir devenir écrivain. Il commence à fréquenter des cercles littéraires composés de Noirs, mais il trouve guindés et trop préoccupés de «problèmes sexuels tortueux». A Chicago, il découvre le militant, ainsi que la vocation littéraire à travers l’œuvre de Henry Louis MENCKEN (1880-1956), écrivain et critique littéraire. Refusant les dérivatifs des laissés-pour-compte, les prétentions de la bourgeoisie noire, la consolation et le défaitisme des institutions religieuses, Richard WRIGHT, dans une démarche encore exclusivement littéraire, sans une dimension politique, devient un admirateur de Marcus GARVEY (1887-1940), du moins, son dynamisme, sa fierté et la logique révolutionnaire de sa pensée. La crise économique de 1929, plongeant les Noirs, dans la plus grande détresse (expulsions locatives de masse, soupe populaire, chômage, etc), précipita la prise de conscience politique de Richard WRIGHT. Il finit par perdre son emploi à la Poste, mais, en raison de ses qualités rédactionnelles, il trouva un emploi de journaliste, dans la presse noire, à grand tirage, chez «Abbott’s Monthly Magazine». Richard WRIGHT s’inspire des Joseph CONRAD (1857-1924) et d’Edgar Allan POE (1809-1949), dans sa technique journalistique. Abandonnant la dimension de « superstition» de ses récits, il s’oriente progressivement vers le réalisme, la sociologie, l’histoire et la psychologie. Travaillant occasionnellement pour une compagnie funèbre, il visite de nombreux appartements délabrés, surpeuplés et sordides occupés par des Noirs. C’est à ce moment que Richard WRIGHT a une liaison avec une jeune fille noire, mais qui ne partageait pas ses aspirations intellectuelles et ne voulait qu’assouvir ses désirs sexuels.
A partir de 1931, la crise économique aboutit à des expulsions massives de Noirs, mais la NACCP, trop légaliste, fut vite doublée par le Parti communiste. Mais ce grand dénuement, et en dépit de la victoire de Franklin Delano ROOSEVELT (1882-1945) avait l’avantage d’abattre les barrières raciales, Richard WRIGHT est désormais invité chez des Blancs déclassés. Il trouvera un emploi l’hôpital Michael Reese. En 1932, sous la direction de Henry Alan POTAMKIN (1900-1933), et s’inspirant du l’ouvrage de John Silas REED (1887-1920), «Dix jours qui ébranlèrent le monde», Richard WRIGHT participent à des cercles littéraires d’obédience communiste. Richard WRIGHT est recruté par un magazine prolétarien de Jack CONVOY. Il a assista aux réunions de comités de rédaction de journaux de gauche, comme «Left Front», «New Masses» ou «International Literature», une revue à laquelle collabore le poète, romancier et dramaturge, Langston HUGHES (1902-1967, voir mon article). Aussi, Richard WRIGHT oriente ses recherches littéraires vers l’oppression des Noirs, ainsi que les conditions de leur libération ; il s’en inspire pour publier son roman, «Une faim d’égalité», un récit de sa jeunesse à Chicago, dressant un tableau, sans indulgence, de l'Amérique des années 30, de sa lutte quotidienne pour survivre dans un ghetto décimé par le grand krach économique de 1929 et condamne sans appel le racisme. Il retrace ses débuts d'écrivain, ses démêlés avec le club communiste John REED et sa découverte des chefs-d'œuvre de la littérature. «Les paroles révolutionnaires jaillissaient de la page imprimée et me frappaient avec une force terrible. Il me paraissait, qu’ici, enfin, dans le domaine de l’expression révolutionnaire, l’expérience noire pourrait trouver  un foyer, une valeur d’action et un rôle à jouer» écrit-il.
En 1934, Richard WRIGHT est licencié par l’hôpital et obligé de résider dans un taudis. Il trouve un petit emploi de surveillance de jeunes en difficultés dans son misérable quartier ; ce qui donne de la matière pour écrire son roman, «Un enfant du pays». En 1940, dans «Native Son» ou «enfant du pays», il explique bien le phénomène du racisme «Et les blancs riches n'étaient pas tellement durs avec les noirs. C'étaient des blancs pauvres qui détestaient les noirs. Ils détestaient les noirs parce qu'ils n'avaient pas leur part du gâteau» écrit-il. Les Sudistes encouragent le larbinisme et la lâcheté afin de pouvoir continuer à tenir en laisse les Noirs «Les Blancs du Sud préféraient faire travailler les Nègres qui les volaient que les Nègres qui avaient ne fût-ce qu'un très vague idée de leur valeur humaine. C'est pourquoi les Blancs donnaient une prime à la malhonnêteté des Noirs; ils encourageaient l'irresponsabilité et ils nous récompensaient, nous autres Noirs, dans la mesure où nous leur donnions un sentiment de sécurité et de supériorité» avait-il déjà écrit dans «Black Boy».
Aussi, dans «Native Son» ou «enfant du pays», Bigger Thomas, incarne non pas un personnage soumis, mais révolté et transgressif ; il est ce jeune chauffeur noir de la famille Dalton. Le roman psychologique, «Native Son», comparé à «crime et châtiment» de Fiodor DOSTOIESVKI (1821-1881), décrit les préjugés raciaux en racontant la vie d’un jeune homme vivant dans un quartier pauvre de Chicago. Richard WRIGHT avec la ferme intention de confronter la société américaine à ses propres démons, en la mettant face à une œuvre «si dure, si analytique qu’il faudrait l’affronter sans pouvoir se consoler par les larmes» écrit-il. Il cherche à reproduire la réalité de la vie d’un jeune Afro-Américain qui grandit dans le contexte de ségrégation des Etats Unis. «Je fis cette découverte que Bigger Thomas n’était pas noir tout le temps. Il était blanc aussi, et il y avait littéralement des millions de Bigger, partout. (…) Je sentais aussi que le plan d’oppression dans le sud n’était qu’une dépendance d’un mécanisme de profits commerciaux beaucoup plus vaste et, à bien des égards, plus impitoyable et plus impersonnel» écrit Richard WRIGHT dans la postface de son œuvre. Le personnage principal, Bigger Thomas, incarne ce jeune Afro-Américain âgé de 20 ans vivant dans un quartier du South Side, partie sud de la ville de Chicago alors réservée aux Noirs. Sa famille (sa mère ainsi que son frère et sa sœur) loge dans un appartement d’une unique pièce, vétuste et infesté de rats. Sa mère peinant à subvenir aux besoins de la famille, Bigger Thomas se voit contraint de se faire employer auprès de la famille Dalton – riche famille bourgeoise blanche américaine – en tant que chauffeur. Et c’est le destin tragique. La fille de ses patrons, Mary, dilettante de gauche, se fait conduire par lui dans un bistrot du ghetto noir. Elle s'enivre au point que, de retour chez elle à l'aube, Bigger doit transgresser malgré lui le premier tabou de la ségrégation raciale et la porter dans sa chambre. Alertée par le bruit, la mère aveugle de Mary pénètre dans la chambre où Bigger, pris de panique, tente d'étouffer les balbutiements de la jeune fille. Meurtrier par mégarde, mais Noir et domestique dans une Amérique raciste et une société fondée sur l'argent, Bigger sait qu'il n'a aucune chance. Terrorisé, il brûle le corps, projette de demander une rançon. Il tue son amie Bessie par peur d'une trahison. C'est la chasse à l'homme, puis la capture et l'ombre du lynchage.
 Dans «Native Son» ou «enfant du pays», le procès de Bigger Thomas, enfin, est l'occasion pour Richard WRIGHT, par la voix de l'avocat Max, de dénoncer «l'honneur moral de la vie d'un Noir aux États-Unis» dans les années quarante. L’œuvre de Richard WRIGHT, condensée dans la plaidoirie du personnage de l’avocat Max, permet donc de mettre en exergue trois éléments importants concernant la question noire aux Etats-Unis. Premièrement, l’institution judiciaire est le fruit de l’histoire et des rapports de domination qui la constituent. Elle ne peut donc pas avoir un fonctionnement neutre et égalitaire pour l’ensemble des Américains, blancs comme noirs. Deuxièmement, les faits reprochés à Bigger Thomas étant largement le produit des interactions des membres de la société américaine, la responsabilité de ces faits est nécessairement partagée collectivement. Enfin, s’il est possible de reconnaître des responsabilités individuelles, il existe également une responsabilité impersonnelle qui est celle de la structure de la société américaine. Le droit en tant que structure de la société doit donc opérer un travail sur lui-même afin de se transformer. Le rôle de l’avocat est ici fondamental, car c’est lui qui a la possibilité de confronter l’abstraction du droit aux réalités subjectives.
C’est à Chicago que Richard WRIGHT fait la connaissance de brillants esprits, les Joyce GOURFAIN et Jane NEWTON. Les clubs communistes n’avaient pas bien avancer sa création littéraire, Richard WRIGHT se met à lire Marcel PROUST, TS ELLIOT, James JOYCE et William FAULNER. «Je passais mes nuits à lire Proust, admirant cette prose lucide, subtile, mais vigoureuse, stupéfait par cette éblouissante magie, bouche bée devant cet ensemble psychologique et grandiose de ce récit épique de mort et de décadence. L’exemple éblouissant que j’avais sous les yeux me donnait l’impression d’être à jamais incapable (d’écrire)» dit-il.
A New York, les écrivains célèbres sont écoutés et font partie d’une baronnie locale. Chicago n’était donc qu’un accident local. «Je déchirai mon avis de nomination à la poste, partis en auto-stop pour New York, et depuis ce jour-là j’ai connu l’enfer et la satisfaction» écrit-il. Le séjour de dix ans, à New York, dans les quartiers de Harlem, Brooklyn ou Greenwich Village, est une période faste et créatrice pour Richard WRIGHT. Il participe au magazine de Dorothy WEST, fondé en mars 1934, le «Challenge» et fréquente Langston HUGHES, Arna BONTEMPS, Claude McKAY, Zora Neale HURSTON et Countee CULLEN. C’est New York qu’il écrit «Native Son» ou un «Enfant du pays».
«Rite de passage» retrace la vie à Harlem, à partir de 1940. Le héros, Johnny Gibbs, quinze ans, aime ses parents et respecte ses professeurs. Soudain, son univers bascule : il apprend qu’il a été abandonné à sa naissance et que l’Assistance le place dans une autre famille. Choqué, désorienté, il s’enfuit et rejoint un «gang» de garçons qui, comme lui, ont découvert brutalement leur condition d’orphelin et mènent une vie précaire et marginale. En quelques heures, Johnny va sortir de l'enfance, faire l’apprentissage du déchirement et de la solitude, et se trouver confronté à un monde violent, inconnu.
«Huit hommes» : huit hommes noirs dans un univers régi par les Blancs, qui se demandent «s'il y avait jamais eu dans toute l'histoire une atteinte à la personnalité humaine plus corrosive et destructrice que l'idée de discrimination raciale» et doivent, à des titres divers, et selon leurs moyens, élaborer leurs propres règles d'éthique, de morale et de fidélité. 
Dans «Les enfants de l'oncle Tom», tous ont pour personnages principaux des Noirs, et pour décor tout à la fois sociologique et géographique le Sud profond des États-Unis, dans sa réalité dure, tragique, mais aussi tendre et drôle. Big-Boy tue sans le vouloir un Blanc qui le menaçait. Tout enfant qu'il soit, il doit se cacher, puis quitter le pays, filer vers le nord, inconnu.
Son roman, «The Man Who Lived Underground», ou «Homme qui vivait sous terre», écrit en 1941, traitant des violences policières, a été censuré pendant plus de 80 ans. Ce roman prophétique, a resurgi au-devant de l’actualité littéraire depuis l’affaire George FLOYD (1973-2020) et le mouvement «Black Lives Matter». Dans ce roman, Fred Daniels, un Afro-Américain, qui revenait de son travail, accusé, par des policiers blancs, d’un meurtre qu’il n’a pas commis, et croyant sen sortir, fini par avouer. Recherché pour meurtre et poursuivi par la police, un Noir américain s'est glissé dans un trou d'égout. Réfugié sous la ville, il découvre un monde étrange, humide et mystérieux, un monde aux règles différentes de celui «sur terre», celui des Blancs.
Refusant de s’engager dans l’Armée, Richard WRIGHT est taxé par les conservateurs d’antiaméricain et d’antipatriotique : «On nous demande de mourir pour une liberté que nous n’avons jamais eue» écrit-il dans «Faim d’égalité». Menacé par le Maccarthisme en pleine guerre froide, Richard WRIGHT quitte, en 1946, les Etats-Unis pour venir s’installer avec sa femme à Paris et sa fille, Julia. «Aucun écrivain noir américain ne me paraît aussi doué, aussi profond que Richard Wright, dont la venue en France, l’année dernière, a été accueillie par une presse aussi bienveillante qu’incompétente, à en juger par les gloses fantaisistes publiées à droite et à gauche sur ses romans. Bien des Français savent de quelle indigne façon sont traités les Noirs aux Etats-Unis, en raison du «préjugé de couleur» Ce sont ces réactions que Wright nous faire vivre dans «Black Boy» et «Native Son». Vivre es le mot, car Wright est un vrai romancier. Il n’explique pas. Il raconte. Et ce qu’il raconte, se dégage une force hallucinante, la psychologie d’une race débordante de vitalité» écrit Hugues PANASSIE. En 1947, Richard WRIGHT prend la nationalité française. Sa femme, Ellen POPLAR, est blanche, le couple ne pouvait plus vivre normalement aux Etats-Unis, en pleine ségrégation raciale. Il avait une résidence principale au Quartier Latin, au 14 rue Monsieur le Prince, à Paris 5ème, et une maison secondaire en Normandie, au Moulin d’Andé, entre Rouen et Andelys. Pour lui, Paris «C’était une capitale de la liberté. Et la première destination pour qui aimait les arts» dit-il.
L’auteur est donc un admirateur de Paris. «Parmi les impressions, les plus aiguës que j’ai ressenties à Paris, comme partout en France, est ce sentiment humaniste de la vie qui pénètre si profondément les rites et habitudes de l’existence quotidienne, tout comme la littérature, l’architecture et les arts en France» dit-il dans un entretien aux «Lettres françaises». Aussi, converti à l’existentialisme, Richard WRIGHT, fréquentant Albert CAMUS, Jean-Paul SARTRE et Simone de BEAUVOIR qu’il avait connu à New York. Richard WRIGHT offrit à J-P SARTRE un débat vigoureux sur les dimensions nihilistes de la vie moderne. Il percevait, tout comme J-P SARTRE, que dans la lutte pour l’importance nous nous trouvons souvent face à des situations dans lesquelles les perdants gagnent et les gagnants perdent. Cette fréquentation des existentialistes lui inspirera, en 1953, «Le Transfuge (1953). «J’ai été spécialement intéressé par la pièce de J-P Sartre : «La putain respectueuse». L’expression littéraire de Sartre m’intéressé énormément, car il me fait ressentir profondément la réalité de mon pays. Sartre a réussi à mettre le doigt au cœur même de la situation. En particulier, le caractère de la prostitué est fondamentalement vrai, aussi bien au point de vue humaine qu’à celui de l’Amérique d’aujourd’hui» dit-il. «Le transfuge» étape de Chicago le héros, Cross Damon, un  Noir de Chicago, est employé des P.T.T. Marié, père de trois enfants, il a séduit une fille de seize ans. Un hasard lui permet d'échapper aux conséquences de son acte : pris dans un accident de métro, il passe pour mort. Mais peut-on changer de personnalité ? Reconnu par un camarade, Cross le tue. Il s'enfuie à New York, réussit à se procurer des papiers et devient Lionel. Mis en rapport avec les communistes, Lionel est sollicité par eux de s'inscrire au parti. Mais une fatalité du crime semble peser sur Lionel.
 
Devenu internationaliste et tiers-monde, il s’engage en faveur de l’indépendance des peuples coloniaux. En 1952, il part en Côte-d’Or, Gold Coast (Ghana) pour rencontrer Kwame NKRUMAH (1909-1972, voir mon article) qui réclame la fondation d'un Etat indépendant du Ghana. De ce voyage en Afrique, il en a fait un récit, «Puissance noire».  En 1955, il participe à la conférence de Bandung au sujet de laquelle il rédige un rapport intitulé «Le rideau de couleur». Seul grand témoin de cette conférence des Non-alignés, il est convaincu que cet événement représente «quelque chose de nouveau» dans l'histoire des relations internationales, et que cette rencontre inédite, qui va au-delà des clivages habituels entre le capitalisme et le communisme, ou la droite et la gauche, peut déboucher sur une reconfiguration du monde contestant la bipolarisation issue de la Guerre froide. Il est invité à la Sorbonne, à Paris, au premier congrès international des écrivains et artistes noirs, du 19 au 22 septembre 1956, organisé par Alioune DIOP (1910-1980). Il prend parti pour l’indépendance de l’Algérie. «Ecoute, l’Homme blanc» est un recueil d’une série de conférence de Richard WRIGHT. S’il est une démarche stérile, c’est bien celle qui consiste, pour un opprimé, à s’adresser au «cœur» de ses oppresseurs : il n’est pas d’exemple, dans l’histoire, d’une puissance dominante qui ait cédé aux objurgations, si émouvantes ou raisonnables soient-elles, de ceux qu’elle écrasait ; contre des intérêts matériels, sentiments et bon sens ne sont jamais entendus. On ne voit donc pas très bien quelle raison a pu inciter l’écrivain noir Richard Wright à solliciter la «compréhension» de «l’homme blanc» ; on En réalité, et comme l’avait fait Albert MEMMI, «Ecoute l’homme blanc» est un portrait du colonisé.
Dans sa «quête inachevée», en référence à la biographie que lui consacre Michel FABRE, l’auteur inquiet, non seulement de la montée du Gaullisme et des activités de l’Organisation de l’Armée Secrète, mais aussi de sa surveillance en France par le FBI : «Le venin de Wright, débité sans cesse par les expatriés aux terrasses des cafés et par des années de gros titres sur les lynchages, est parvenu à empoisonner la pensée européenne au sujet des problèmes raciaux aux Etats-Unis» écrit un journal américain. Richard WRIGHT recherche, sans succès l’asile politique au Ghana et en Grande-Bretagne. Il meurt, subitement, à l’âge de 52 ans, d’une crise cardiaque à Paris le 28 novembre 1960. Il était marié à une danseuse de ballet, une juive d’origine russe, Dhimah Rose MEIDEN (1936-2007) entre 1939 et 1940, puis à une juive d’ascendance d’Europe centrale, Ellen POPLAR (1912-2004) le 12 mars 1941 jusqu’à sa mort, en 1960. Ils sont eu deux enfants : Julia et Rachel. Sa fille, Julia, estime que Richard WRIGHT aurait été assassiné, par empoisonnement. Incinéré, ses cendres reposent au Père Lachaise. Il avait une fille, Julia et maintenant un petit-fils, Malcolm WRIGHT. Léopold Sédar SENGHOR écrivait de Richard WRIGHT, «C’était un homme déchiré, plutôt comme moi, tout bien considéré. Un homme déchiré entre le passé et l’avenir de sa race, entre les valeurs de la Négritude et celles de la civilisation européenne. J’ai toujours eu pour lui, pour l’écrivain et pour l’homme, la plus haute admiration, parce qu’au fond il était l’incarnation de «la passion noire» écrit-il le 26 février 1964.
«Wright assaults the formlessness of time and space because to accept the assumption that his experiences, as a Black, did not figure substantially into the human time and space he occupied» écrit James TROTMAN.
Références bibliographiques
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WILLIAMS (John, Alfred), The Most Native of Sons : A Biography of Richard Wright, New York, Doubleday, 1970, 141 pages.
Paris le 2 juin 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
«Richard WRIGHT (1908-1960) : Humaniste, Tiers-mondiste et Anticolonialiste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 18:16
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«La vie de Voltaire doit être l'histoire des progrès que les arts ont dû à son génie, du pouvoir qu'il a exercé sur les opinions de son siècle ; enfin de cette longue guerre contre les préjugés, déclarée, dès sa jeunesse, et soutenue jusqu'à ses derniers moments» écrit Nicolas de CONDORCET (1743-1794), biographe et éditeur de Voltaire, après sa mort. La modernité et l'actualité des écrits indépassable des écrits ne souffrent d'aucune contestation sérieuse. En effet, icône de l’engagement intellectuel, de la tolérance et de la liberté de pensée au XVIIIème siècle, Voltaire est l’un des plus importants chefs de file du Siècle des Lumières «En ces temps-là, il était un Roi qui s’appelait Voltaire. Son royaume n’avait ni commencement, ni fin. Il fut sacré Roi de l’esprit humain à la cour de Prusse par son frère Frédéric II, dans cette belle Allemagne où Goethe a dit «Après avoir enfanté Voltaire, la Nature se reposa». Ses ministres furent tous les grands hommes : Diderot, D’Alembert, Buffon, Turgot, Condorcet. Voltaire n’est pas mort, il reviendra»  écrit, en 1858, Arsène HOUSSAYE dans son «Roi Voltaire». En effet, Voltaire incarne, à lui tout seul, la défense des principes de liberté et de tolérance, tant mis à mal par notre époque troublée, marquée par le triomphe d’une démocratie ethnique, les mensonges, les dissimulations et les instrumentalisations.
Voltaire ou l’anagramme d’AROUET, «Le Jeune», de son vrai nom François-Marie AROUET, est né, officiellement, le 21 novembre 1694, à Paris. Très chétif, il est doté d’une énergie hors norme. «Je suis né, tué» écrira-t-il. François de CASTAGNERES dit abbé CHATEAUNEUF (1650-1703), que certains pensent être son vrai père, un homme instruit et brillant, sera son parrain, et lui récite les fables de Jean de la FONTAINE. Voltaire, mort le 30 mai 1778, à Paris, à 84 ans, un âge très avancé à l’époque, a été très prolifique dans sa production littéraire. Appartenant à une famille aisée dont les ancêtres sont originaires du Poitou son père, François II AROUET (1649-1722), est notaire et conseiller du Roi. Il est le 5ème enfant de Marie-Marguerite DAUMARD (1660-1701). Le jeune Voltaire fait ses études au Lycée Louis Le Grand, à Paris, dirigé à l’époque par les Jésuites. Voltaire sera inscrit, par la suite, à la faculté de droit de Paris. Son père lui trouve une place dans un cabinet d’avocats, mais il préfère devenir écrivain et fréquente les salons littéraires parisiens. «Voltaire était au-dessous de la taille des grands hommes, c’est-à-dire un peu au-dessus de la médiocre. Il était maigre d’un tempérament sec ; il avait la bile brûlée, le visage décharné, l’air spirituel et caustique, les yeux étincelants et malins : tout le feu que vous trouverez dans ses ouvrages» écrit Elie HAREL. En dépit de son physique disgracieux, Voltaire avait du succès auprès des femmes. Sa dernière compagne, à partir de 1745, jusqu’à la fin de sa vie, a été sa nièce Marie Louise MIGNOT, dite Mme DENIS (1712-1790), qui sera sa gouvernante et sa légataire universelle.
Voltaire est né dans une période sombre de l’histoire de France d’absolutisme royal et de montée de l’intolérance. Ainsi, les temps anciens sont marqués par la bigoterie et les persécutions des faibles. En effet, Louis XIII dit «Le Juste» (1601-1643), a été un prince orageux, faible et dévot : «L’Europe était couverte de bandes d’intolérants, tous demandant la liberté de conscience, tous la refusant dès qu’ils étaient les plus forts. Ici, et au nom de Dieu, on égorgeait les Calvinistes, les Luthériens, tous ceux qui, sous quelque bannière qu’ils marchent, au courage de dire qu’il était honteux au Pape de faire payer au peuple, un infâme trafic d’indulgences, son luxe et ses plaisirs, joignaient l’imbécilité de croire que le Pape était le persécuteur de l’Antéchrist», écrit Théophile DUVERNET. En effet, Louis XIV (1638-1715), dit «le Grand» ou «le Roi Soleil», une monarchie absolue, de 1661 à 1679, tente de faire liquider le protestantisme de son royaume. Le 18 octobre 1685, il révoque l’Edit de Nantes promulgué le 13 avril 1598 par Henri IV, par des conversions forcées au catholicisme ; il fallait l’abjuration ou l’exil. «Sous le règne de Louis XIV, on osait même à peine penser, même dans le secret d’un intime ; le joug de l’autorité pesait sur les esprits» écrit Jean Le Rond D’ALEMBERT (1717-1783). Pendant le règne de Louis XV (1710-1774) dit le «Bien-aimé», et donc la Régence, on emprisonna, on exila et tourmenta ceux qu’on méprise. En effet, quand le «Grand roi» ou Louis XIV, un belliciste, meurt, et dans la joie de la délivrance, dans celle de la paix assurée, éclate la fête de la Régence. «Révolte contre la tristesse bigote et le lourd despotisme du dernier règne ; étalage débrayé de cynisme, de scepticisme et de débauche ; fureur de jeu, d’amour, de luxe ; bouillonnement hardi d’esprit, de rire et de satire ; mais aussi avidité d’argent et fièvre de spéculation : il faut de l’argent pour le plaisir ; pas de grand nom qui ne trafique et n’agiote» écrit Georges LANSON, en 1906, dans son «Voltaire». C’est pendant cette période de relâchement, au XVIIIème, que la bourgeoisie, une classe montante, par sa puissance matérielle et politique, est en train de prendre le dessus sur la royauté et la noblesse en ripaille. C’est dans ce vide du pouvoir politique, que se développe une révolution des mentalités aboutissant à remettre en cause l'Ancien Régime au profit de valeurs nouvelles, comme l'individualisme, la tolérance, la liberté, la croyance au progrès, la séparation des pouvoirs, l'égalité des hommes et la souveraineté du peuple.
Poète, philosophe, historien, épistolier, conteur et dramaturge, menacé à cause de ses critiques de l’Eglise et de l’absolutisme royal, Voltaire a été emprisonné à deux reprises à la Bastille (11 mois entre 1717 et 1718 et 2 semaines en 1726). En effet, Voltaire fréquentait, à Sceaux, le château Louise-Bénédicte de BOURBON (1676-1753), duchesse du Maine, petite-fille du Grand Condé, une coterie littéraire qui complotait contre le duc Philippe d’Orléans, le régent. A sortie de prison, il prend le nom de Voltaire : «Ne t’étonne pas ma chère de changement de nom : j’ai été malheureux avec l’autre que je veux voir si celui-ci m’apportera du bonheur» écrit-il à sa fiancée Olympe DUNOYER, dite Pimpette (1692-1769). Entre 1726 et 1729, Voltaire s’exile en Angleterre où la liberté d’expression est plus grande qu’en France. Esprit critique, Voltaire est un admirateur de John LOCKE (1632-1704), notamment son «essai sur l’entendement humain» et ses développements sur la liberté et la tolérance. En juin 1734, Voltaire, après la condamnation des «Lettres anglaises», part se réfugier à la campagne, au château de Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne, au Sud de Saint-Dizier), appartenant à Gabrielle Emilie Le TONNELIER de BRETEUIL, dite la marquise du CHATELET (1706-1749). Entre 1744 et 1755, esprit mobile et polygraphe, devenant courtisan, après la mort de la Marquise du CHATELET, il se met à fréquenter la cour des princes : «Ma destinée était de courir de roi en roi, bien que j’aimasse la liberté avec idolâtrie» dit-il. Après avoir été nommé historiographe du roi Louis XV dit «Le Bien-aimé» (1710-1774), il accepte l’invitation du roi de Prusse, Frédéric II (1712-1786), et s’installe pendant trois ans à Berlin. Frédéric II favorise le développement des sciences et des arts et prend l’avis des philosophes des Lumières. En 1758, Voltaire se retire à Ferney (département de l’Ain, région Auvergne-Rhône-Alpes), près de Genève, en Suisse : il peut alors écrire librement, il s’investit dans de nombreux combats contre l’injustice et l’intolérance, notamment l’affaire Jean CALAS.
Faisant l’éloge de l’imprimerie chinoise dans l’émergence de la liberté d’expression, déiste et admirateur de Confucius (551-479 avant JC), un sage et prophète, Voltaire est partisan d’un Dieu architecte et horloger. «Quiconque a écrit sur nos devoirs a bien écrit dans tous les pays du monde, parce qu’il n’a écrit qu’avec sa raison. Ils ont tous dit la même chose : Socrate et Épicure, Confucius et Cicéron, ont eu la même morale» écrit Voltaire, dans son «dictionnaire philosophique». En effet, Voltaire est un tenant d’un déisme tolérant, un sensualisme excluant tout matérialisme véritable, une référence constante au bon sens, à la vertu trouvée dans le cœur des hommes, pour gouverner sagement, un despotisme politique tranquille ou éclairé, et un intérêt particulier porté à l’éducation et à la culture. Ni apologie, ni diatribe, partisans et adversaires de Voltaire se sont affrontés à travers l’histoire littéraire de France. A tout le moins, on peut dire que Voltaire domine et incarne la XVIIIème siècle, par son génie et sa production littéraire prolifique : «Voltaire, c’est un siècle fait homme» écrit Alphonse de LAMARTINE (1790-1869). Voltaire est qualifié, parfois, de superficiel, railleur sans blesser, mondain ou volage, rancunier, polémiste, agitateur, audacieux et philosophe des Lumières. «Quelque merveilleux qu’ait été son esprit, Voltaire s’est montré en tout frivole pour qu’on doive le compter parmi les philosophes» écrit Edme NOURRISSON. En particulier, ses adversaires estiment que voulant briller, Voltaire ne dédaignait pas la lumière : «C’était un homme dévoré du besoin d’activité, du besoin de bruit, du besoin de gloire. Qu’on parlât de lui, sans cesse, partout infatigablement, c’était chez lui une soif inextinguible. C’était un homme qui a pour dix millions de gloire et qui en demande encore pour deux sous» écrit Emile FAGUET, académicien et critique littéraire. La majorité des critiques littéraires a fini par célébrer les éminentes qualités d’intellectuel de Voltaire,  reconnu pour être «le poète facile, léger et badin, l’écrivain spirituel alerte, beau rieur, le critique incisif, le polémiste infatigable, le penseur. Mais ce qu’il y a de meilleur et de plus grand en lui, c’est l’homme» écrit, en 1867, Edouard de POMPERY, dans «le vrai Voltaire : l’homme et le penseur». Voltaire, religieux à la façon de Socrate et Marc-Aurèle, déiste comme Denis DIDEROT (1713-1784), a su sonder le cœur et les aspirations profondes de la France du XVIIIème siècle, en y introduisant, avec d’autres idées, un concept novateur, celui de la Raison, prélude à la Révolution de 1789.
Eminent intellectuel du XVIIIème siècle, dénommé aussi Siècle des Lumières, Voltaire est l’un des grands propagateur d’idées nouvelles, principalement une immense soif de liberté. Après la chute de l’empire romain, «le Siècle des lumières mit un terme fatal aux anciennes constitutions, politiques et même religieuses de l’Europe. Tout l’édifice social ne subsistait en France que comme un vain simulacre : il s’écroula» écrit en 1821, François-Antoine-Joan MAZURE dans «la vie de Voltaire».  «Les libres penseurs se multiplièrent à sa voie dans toutes les classes de la société. Voltaire avait formé dans l’Europe entière une ligue dont il était l’âme et dont le cri de ralliement était raison et tolérance» écrit Nicolas de CONDORCET. En raison du grand développement intellectuel et culturel, les Lumières ont pour ambition d’éclairer les hommes en s’aidant de la Raison et des sciences. C’est une importante période de remise en question de l’ordre politique et les valeurs traditionnelles, notamment des religions révélées, en réclamant la liberté individuelle, l’égalité des droits, la liberté de pensée et de croyance. Aussi, Voltaire critique la monarchie absolu de droit divin et les privilèges excessifs des nobles et du clergé, et appelle à une société dans laquelle les hommes seraient libres et égaux. Cette «philosophie des lumières», ou «Enlightenment» en langue anglaise, «Aufklärung» en allemand, a pour ambition de sortir des ténèbres, de combattre l’ignorance et la superstition, en vue de guider vers la lumière, le plus grand nombre de personnes sur la manière de vivre heureux et de fonder une société juste.
La contribution littéraire de Voltaire, à travers sa philosophie, ses contes, ses poésies ou romans est riche et vaste. Ses œuvres principales sont, notamment en 1747,  «Zadig» un conte satirique, retraçant les mésaventures d’un jeune homme, victime d’injustice, qui fait l’expérience du monde, face aux dangers et à l’injustice de la société ; il est exposé à différentes mésaventures, de désespoir et de souffrance. En effet, Zadig entreprend son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal. Trahi par Sémire et Azora, déçu par l'amour, Zadig trouve refuge dans la Nature, qui est à l'image de Dieu. Remarqué par le roi d'Égypte Moabdar, il retourne dans le tourbillon du monde et devient Premier ministre. Séduit par la reine Astarté et menacé par la jalousie du roi, il fuit bientôt Babylone. C'est l'occasion pour lui d'un retour sur soi et d'une réflexion sur les caprices de la fatalité. A travers Candide, Voltaire s’insurge contre une justice royale expéditive et approximative qui broie les petites gens, épargne les grands, avec la bénédiction des curés. En effet, Zadig est accusé d’avoir volé un chien et un cheval de la Reine, sans aucune preuve tangible, en dehors du fait que ces animaux ont disparu. Il est condamné au fouet et à l’exil à vie. Mais c’est une justice cupide ne rechignant pas devant la corruption ou les flatteries. Cependant, ce conte a une morale, un idéal de Justice. Lorsque Zadig devient ministre du Roi, ses jugements ne sont non pas arbitraires ; ils sont fondés la Raison, tout idéal de justice à la base de la pensée des Lumières. L’influence de Voltaire, comme philosophe, peut se résumer d’un seul mot : «Il a refait l’éducation de l’esprit humain, en opposant le relatif à l’absolu, en substituant, dans tous les domaines de la philosophie, le point de vue critique au point de vue dogmatique» écrit, en 1908, Georges PELLISSIER dans son «Voltaire philosophe».
En 1749, Voltaire publie «Candide», un naïf, dans ce roman d'apprentissage, un jeune homme à la poursuite de sa chère Cunégonde, à travers une Europe dévastée, avec une verve satirique, permet à l’auteur de poursuivre une mission : lutter contre les abus de toute sorte, les superstitions, le fanatisme, les horreurs de la guerre. Au «meilleur des mondes possibles» proclamé par Pangloss, Voltaire oppose la conclusion de Candide, au terme de son initiation : «Il faut cultiver notre jardin». En effet, Candide est en particulier, un conte philosophique de dénonciation de la guerre. Au début, Voltaire présente la guerre, à travers les yeux de Candide, comme une parade, une fête. Puis dans un second temps, Voltaire expose la guerre dans toute sa laideur avec champ lexical de l'horreur : femmes égorgées, filles éventrées et des cervelles répandues sur la terre.
En 1763, Voltaire écrit un texte majeur, le «Traité sur la tolérance», une vigoureuse défense de  Jean CALAS (1698-1762), un marchand d’étoffes protestant de Toulouse accusé, en 1761, et exécuté le 10 mars 1762, pour avoir assassiné son fils, afin d’éviter qu’il ne se convertisse au christianisme. Voltaire invite à la tolérance entre les religions et dénonce le fanatisme religieux et les superstitions.
«Des souvenirs tels que Titus, Trajan, Marc-Aurèle, Henri IV, sont, sans doute de grands dons de la nature, mais un don plus grand encore est un vrai philosophe ; et sous ce titre, Voltaire est sans contredit, le plus beau présent ait encore fait aux Hommes» écrit en 1786, DUVERNET, dans «la vie de Voltaire». Voltaire est une immense gloire littéraire, dont l’importance historique a eu une influence considérable sur son époque, et nous interpelle encore, de nos jours, en début du XXIème siècle. En effet, Voltaire est un philosophe des Lumières et un écrivain engagé : il dénonce la guerre, il critique le roi et l’Eglise : il veut réformer les structures sociales et judiciaires de son époque : il combat l’injustice et l’intolérance religieuse, il défend la liberté de penser et d’expression. Il a joué un rôle important auprès des monarques éclairés, qui écoutaient ses avis. Ses écrits ont été un des phénomènes déclencheurs de la Révolution française de 1789.
Voltaire incarne, de nos jours, un puissant symbole de la lutte contre l’intolérance, le fanatisme religieux ou politique ainsi que l’arbitraire du pouvoir étatique. Aussi, pour examiner son héritage, à la lumière des préoccupations de notre temps, je m’en tiendrai, fort modestement, à deux thèmes qui nous interpellent encore : la Liberté et la tolérance. Ces deux sujets restent d’une grande actualité dans l’Histoire de notre siècle.
I – Voltaire, un partisan de la Liberté
«Plus les hommes sont éclairés, plus ils sont libres ; car il y a une nécessaire union des lumières et de la liberté» dit Voltaire. Voltaire, en libéral, a bien cerné la liberté et ses limites. Quelle est l’étendue, les risques mais aussi les abus possibles, de l’usage de la liberté ? Comment jouir des bienfaits de la liberté, tout en maitrisant ses inconvénients, notamment la calomnie ou les injures ?
Ecrivain prolifique, Voltaire est constamment harcelé par la censure et la répression. Aussi sous l’Ancien Régime, un pouvoir absolu voulant distinguer, le problème de la liberté de la presse est une question centrale de la lutte pour la conquête ou la conservation du pouvoir. Pragmatiques et rusés, les écrivains afin de survivre, dans ce monde hostile, avaient tendance à privilégier la flatterie. «Un homme a de la fausseté dans le cœur quand il s'est accoutumé à flatter et à se parer des sentiments qu'il n'a pas. Cette fausseté est pire que la dissimulation» écrit Voltaire en 1764, dans «Le dictionnaire philosophique». Voltaire a été audacieux, en avançant l’idée que les livres puissent devenir séditieux. L’esprit voltairien est «une arme dangereuse : de quelque côté qu’on la touche, on s’y blesse» écrit Arsène HOUSSAYE. En effet, Voltaire milite en faveur d’une confiance totale dans le monde des idées ou la République des lettres, soit un territoire sans police ni frontières et sans inégalités autres que celles des talents. N’importe qui pouvait s’y installer pour peu qu’il exerçât l’un des deux attributs de sa citoyenneté, à savoir l’écriture et la lecture. Aux écrivains de formuler des idées, aux lecteurs d’en apprécier le bien-fondé. «Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé ; je n’en connais point qui aient fait de mal réel» écrit-il dans son «Dictionnaire philosophique» tome 19, page 586. Seule la lecture sait exposer le paisible progrès : «Chaque citoyen peut parler par écrit à la nation, et chaque lecteur examine à loisir, et sans passion, ce que ce compatriote lui dit par la voie de la presse. Nos cercles peuvent quelquefois être tumultueux : ce n’est que dans le recueillement du cabinet qu’on peut bien juger» écrit Voltaire dans, «Questions sur les miracles», tome 25, page 419.
«Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion» écrit Voltaire. En farouche anticlérical, du temps où l’Eglise, le Tiers-Etat et la noblesse dominaient tout, Voltaire apparaît comme un héros des Lumières : «Si le christianisme a été une dégradation, s’il a fait l’homme pire qu’il n’était, Voltaire, en l’attaquant, a été un bienfaiteur de l’Humanité ; mais si c’est le contraire qui est vrai, le passage de Voltaire sur la terre chrétienne, a été une grande calamité» écrit ROYER-COLLARD. En effet, Voltaire a exposé la liberté de penser dans un monde encore largement dominé par les croyances religieuses : «La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage» ou encore «Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer» écrit-il.
«Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire» est une citation apocryphe attribuée à Voltaire. En fait, s’adressant le 6 février 1770, à l’abbé Le RICHE a écrit : «Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire».  La défense de la liberté d’expression est une réaction contre le système de la monarchie du de droit divin, agissant selon son bon vouloir, sans se préoccuper des besoins du peuple. En défendant la liberté d’expression pour tous, Voltaire fait acte d’opposition à la suprématie du pouvoir royal. «J’écris pour agir» dit Voltaire. Un philosophe engagé est comme un homme politique, il doit descendre dans l’arène afin de défendre les valeurs auxquelles il croit. Il agit en écrivant. Par conséquent, les hommes ont tous le droit de s’exprimer librement et il faut pouvoir faire preuve de tolérance envers les autres même lorsque leur avis nous déplait. Envisager de supprimer cette liberté d’expression, par la censure ou l’intimidation, porterait atteinte à la dignité de l’Homme.
C’est quoi donc la liberté, après plusieurs siècles d’esclavage, de colonisation, d’indépendance dans la dépendance, de mauvaise répartition des richesses, mais aussi de forte concentration des grands groupes de presse aux mains des nantis ?
Au début du XXème siècle, les artistes afro-américains, du groupe culturel dit «Harlem Renaissance» (Langston HUGUES, Richard WRIGHT, James BALDWIN, Joséphine BAKER), fuyant la ségrégation raciale Etats-Unis, sont venus se réfugier à Paris, symbole de liberté et de création artistique. C’est également à Paris que, sous l’impulsion de Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE, qu’est née la Négritude. Alioune DIOP a choisi, en 1947, de créer dans la capitale française sa maison d’édition et sa revue, Présence africaine.
En raison de la revendication des peuples colonisés à l’aspiration de la liberté et de l’indépendance, mais aussi des guerres coloniales contre les mouvements de libération nationale, notamment en Indochine et en Algérie, la censure et la torture ont pris le pas sur le pas sur cet esprit de liberté et de tolérance. L’éditeur engagé et solidaire avec les racisés, François MASPERO (1932-2015), à coups de condamnations judicaires, a fini par fermer, fort injustement, boutique. Certains auteurs, comme Yambo OUOLOGUEM (1940-2017) ou Calixte BEYALA ont même été accusés, à tort de plagiat, et sont maintenant réhabilités.
Il fut un temps où sous Charles de GAULLE (1890-1970), pourtant chef de la France Libre, la devise était «l’ORTF, c’est la voie de la France». François MITTERRAND (1916-1996)), en 1981, a libéré les ondes et organisé une extraordinaire liberté de la presse. Cependant, la multiplicité n’est pas toujours synonyme de liberté. En effet, la presse est de nos jours, pourtant plurielle, est standardisée, répétitive, insipide et fortement concentrée aux mains de certains groupes financiers, avec des calomnies, à longueur de journée, contre les racisés. «Nous avons assisté depuis quelques années à une poussée d’intolérance et de haine, vraiment surprenante dans notre pays fait de bon sens et de générosité. Les passions politiques, surexcitées par certains journaux, qui prennent le masque de la liberté de la parole pour cacher la pire des tyrannies, celle de la conscience, se sont déchaînées contre une race, contre une minorité religieuse, dont a voulu faire un bouc-émissaire de nos épreuves» écrivait déjà, en 1900, Gaston BONET-MAURY.
Depuis la fin de la Guerre froide, un concept est galvaudé, celui du Monde dit «libre» accaparant les matières premières des pays du tiers-monde, et sous prétexte de combattre le terrorisme ou l’islam, organise des guerres locales, pour défendre, non pas la sécurité des autres, mais ses propres intérêts. Les Occidentaux ferment les yeux sur les régimes autoritaires et dictatoriaux notamment africains, dès l’instant que ceux-ci servent leurs intérêts.
Victimes d’un matraquage idéologique et médiatique, les pays du tiers-monde, n’ont pas pu, jusqu’ici, décolonisé l’information, restant ainsi sous le joug de l’esclavage mental. Par ailleurs, une presse nationale africaine, souvent superficielle, cultivant le sensationnel ou l’anecdotique, n’a pas encore pu prendre toute sa place dans cette guerre idéologique entre le Nord et le Sud, et éduquer le peuple.
C’est ici, l’occasion de mettre en valeur et louer l’initiative de M. Edwy PLENEL, patron d’un journal en ligne, Médiapart. Chaque abonné dispose d’un blog ; toutes les publications sont diffusées, sans aucune censure ou modération, dans le Club Médiapart. Toute opinion peut s'y exprimer, librement, y compris en désaccord avec la ligne éditoriale du journal Médiapart ; naturellement le respect des autres est fondamental. La devise de Médiapart est «on peut tout acheter, sauf notre journal». Cette grande liberté suppose la responsabilité de tous ; aussi, pendant la campagne des présidentielles de 2022, et en raison des abus constatés, les écrits des blogs, auparavant confondus avec les articles des journalistes professionnels de Médiapart, ont été relégués en arrière-plan. Chacun doit rester à sa place. Point d’usurpation de fonctions. Il n’en reste pas moins que cette initiative unique et audacieuse de Médiapart devrait encouragée, défendue et valorisée et étendue à d’autres organes de presse, d’autant plus que cette grande et extraordinaire liberté de la presse est un espace appréciable d’expression pour les racisés, devenus presque invisibles dans cette montée des forces du Chaos.
II – Voltaire, un adversaire du préjugé et un promoteur de la Tolérance
Voltaire, dans son humanisme, s’est illustré par sa lutte contre le fanatisme religieux et la persécution des innocents condamnés. «Voltaire a fait un travail remarquable – il s’est fait le défenseur d’une personne injustement condamnée Sans parler de tant de préjugés sombres qu’il a anéantis, cette défense obstinée d’une affaire qui semblait sans espoir représente un véritable exploit. Il a compris qu’un homme doit être avant tout humain. Ce qui est primordial, c’est la justice» écrit Volodymyr  KOROLENKO (1853-1921), un auteur humaniste ukrainien.
Voltaire s’est fait l’apôtre de la liberté religieuse, contre toute forme de fanatisme, dans l’affaire Jean CALAS, un fait divers sur fond de conflit religieux entre protestants et catholiques. Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance. En effet, Jean CALAS (1698-1762), protestant, est soupçonné d’avoir assassiné son fils, Marc-Antoine, qui voulait se convertir au catholicisme. Il est condamné. Voltaire s’engage à obtenir la révision du procès en publiant, en 1763, son «Traité sur la tolérance». Voltaire a estimé que l’État devrait avoir une religion officielle, les autres devant seulement être tolérées. Il lutte cependant contre la persécution des mécréants et des croyants d’autres religions, à commencer par les protestants. En fait, le fils de Jean CALAS s’était suicidé. Calas fut condamné à mort et exécuté le 10 mars 1762. En avril 1762, Voltaire commence son action pour la révision du jugement. En 1765, grâce à ses efforts, Jean CALAS fut proclamé innocent à titre posthume et sa famille libérée des persécutions. «Vous me demandez pourquoi je m’intéresse si fort à ce Calas qu’on a roué :  c’est que je suis un homme» écrit-il en 1792 à Charles-Augustin de FERRIOL d’ARGENTAL (1700-1788).
«L’histoire de mes malheurs», relate que le chevalier François-Jean de la BARRE (1745-1766) et son ami Dominique Gaillard d’ETALLONDE (1748-1788) furent accusés d’avoir profané un crucifix et commis des actes impies et blasphématoires. Lors d’une perquisition, on trouva chez de la BARRE des livres licencieux, ainsi que «le Dictionnaire philosophique» de Voltaire. D’ETALLONDE s’enfuit, tandis que de la BARRE et un troisième accusé, MOISNEL, furent appréhendés. De la BARRE, bien qu’il n’eût été prouvé coupable que de blasphèmes, fut soumis à la «question extraordinaire» ou la torture ; il fut exécuté ; on lui coupa la tête et ensuite son corps fut jeté au bûcher. Voltaire essaya, sans succès, d’obtenir la réhabilitation de La BARRE, mais il parvint à arracher aux persécutions d’ETALLONDE, qui s'enfuit en Prusse, où il devint, en 1767, sous-lieutenant, grâce à l'intervention de Voltaire, auprès de Frédéric II. Il fut réhabilité par la Convention en 1793.
L’affaire Jean-Paul SIRVEN (1709-1777), un artisan et protestant de Castres avait également défrayé la chronique et provoqué l’intervention de Voltaire. Jean-Paul SIRVEN, est installé à Saint-Alby, près de Mazamet, avec son épouse Antoinette Légier et leurs trois filles, Anne, Elisabeth et Jeanne. Accusé d’avoir tué sa fille, Elisabeth, ayant disparu le 16 décembre 1761 et retrouvée morte le 4 janvier 1762, il est condamné à mort. Prévenu, il s’enfuit vers la Suisse et demande l’aide de Voltaire. Le 25 novembre 1771, la chambre criminelle de Toulouse réforme la sentence du 29 mars 1764 et restitue à Jean SIRVEN tous ses biens. «Il n’a fallu que deux heures pour condamner à mort cette vertueuse famille et il nous a fallu neuf ans pour lui rendre justice» dira Voltaire. Finalement, Voltaire, par la compassion et la défense des faibles, «en adoucissant les maux de quelques individus, sert en même l’humanité entière» écrit Nicolas de CONDORCET.
Les notions de tolérance et de liberté sont au cœur de la pensée philosophique de Voltaire qui s’est nourrie de diverses persécutions au cours des siècles, notamment contre les Juifs, Protestants, et des Catholiques après la Révolution. Tolérer c’est admettre chez l’autre une manière de penser ou d’agir différente de la sienne. C’est, par exemple, respecter la liberté d’autrui en matière de religion ou d’opinions politiques. Mais peut-on tout tolérer ?
Voltaire refuse la tolérance aux intolérants : «Si vous voulez qu’on tolère ici votre doctrine, commencez par n’être ni intolérants, ni intolérables» écrit-il «Traité sur la tolérance». Paradoxalement, Voltaire était athée et nourrissait une haine farouche à l'égard des religions, et plus particulièrement de l'Église catholique qu'il ne désignait jamais dans ses écrits que sous l'abrégé «l’Inf» ou  pour l'Infâme. Ses écrits abondent de dénonciations des abus du clergé. Voltaire, dans son indignation sélective, ne manquait jamais une occasion de dénoncer d'éventuels abus du clergé, mais se montrait indifférent à toutes les autres formes d'abus.
C’est dans le domaine de la tolérance que les thèses développées par Voltaire restent également d’une grande actualité, en raison de la forte poussée notamment des forces du Chaos en France, avec un racisme décomplexé à l’égard des Français issus de l’immigration. Par trois fois, le Rassemblement national, promoteur du racisme, est arrivé au deuxième tour des élections présidentielles (2002, 2017 et 2022). Sa progression constante, depuis 1974, menace gravement le bien-vivre ensemble.
Si la liberté de la presse doit être protégée, afin d’éviter les errements des années de GAULLE, une partie de la presse, sous prétexte de l’ironie, a choisi de cibler la communauté musulmane. L’ironie peut être parfois drôle, mais ce sont les mêmes qui sont ridiculisés, cela peut interpeler. Dieudonné et le groupe Black M. en savent quelque chose. En tout cas, pour certaines communautés, c’est l’intolérance zéro, le moindre écart, même sous forme humoristique, est sévèrement réprouvé et sanctionné.
Voltaire est un homme ambigu, et parfois plein de paradoxes. Prétentieux à souhait, riche, mondain, anticlérical et insolent, Voltaire a été décrit comme un libertin, dans un siècle aux mœurs corsetées et étriquées «frivole par nature et par système, il a fait l’éloge de la frivolité», écrit Alexandre VINET, dans son «histoire de la littérature française au XVIIIème siècle». Dans ses injonctions contradictoires, s’il a professé la tolérance, certains de ses écrits, en hiérarchisant les espèces humaines, sont manifestement à caractère raciste : «Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les Blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Chinois, les Américains ne soient des races entièrement différentes», écrit-il son «Essai sur les mœurs et l’esprit des nations». Dans un autre ouvrage, Voltaire, partisan de la théorie polygéniste, ne s’embrasse pas de détails : «s’il est clair pour tous que les poiriers, les sapins, les chênes, et les abricotiers ne viennent point d’un même arbre, il est tout aussi évident que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crin et les hommes sans barbe ne viennent pas du même homme» écrit-il dans son «traité de métaphysique». Voltaire rajoute que les Blancs sont supérieurs aux Noirs : «comme les nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce».
Dans un premier temps, cette théorie polygéniste donne l’occasion à Voltaire de légitimer l’esclavage. Suivant Voltaire, considérés, par nature inférieurs aux Blancs, les Noirs deviennent soumis et participent à leur servitude. Pour Voltaire, les Noirs participent d’ailleurs lucrativement à l’esclavage, puisqu’ils se vendent eux-mêmes : «celui qui se donne un maître était né pour en avoir» écrit-il. Par la suite, Voltaire rectifiera le tir, dans son «Candide», sera une condamnation, sans appel de l’esclavage. En effet, dans le chapitre 19, Candide demande à un Noir et esclave du Surinam, étendu par terre et vêtu seulement d’un caleçon, dont la jambe gauche et la main droite ont été amputées, que faisait-il là ? : «On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : «Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par-là la fortune de ton père et de ta mère». Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous ; les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germain. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible» lui répond l’esclave du Surinam.
Antisémite, sexiste et homophobe, Voltaire, s’il était encore vivant, serait un «Charlie» en raison de ses critiques féroces contre Mahomet, qualifié de «monstre», «imposteur», «barbare», «Arabe insolent», «brigand», «traître», «fourbe», «cruel», ne serait qu’un «novateur obscur, un vil séditieux» ; il ajoute : «Et de tous les tyrans c'est le plus criminel», écrit-il dans «le fanatisme ou Mahomet, le prophète, tragédie».
Voltaire revient, dans son livre, «le Siècle de Louis XIV» estimant que l’l’Histoire n’est pas seulement destinée qu’à flatter les grands hommes ; les faits passés doivent éclairer la conduite de chacune, en vue de la construction d’un avenir juste et fraternel. De notre temps, avec la montée des forces du Chaos en France, dès qu’on réclame l’égalité, aussitôt après des forces obscures, craignant pour leurs privilèges, vous qualifient de «communautariste», de «wokiste» ou «d’islamo-gauchiste». La meilleure défense, c’est l’attaque. En revanche, dans leur grande intolérance, assumée et revendiquée à l’encontre des racisés, ils seraient censés de représenter «la vraie France», avec son histoire de mille ans. De nos jours, les racisés sont devenus comme jadis les Protestants et les Juifs de France. Et pourtant, dans une société devenue multiculturelle, l’histoire de notre temps est celle du défi d’une société apaisée, en vue d’un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.
Il est curieux de constater que Voltaire, défenseur des Protestants, quand il est venu s’installer, à partir de 1755 en Suisse romande, entre Pragins, Genève et Lausanne, pays de Jean CALVIN (1509-1564), théologien de la Réforme, ayant proclamé la tolérance religieuse depuis 1760, certains Suisses étaient réticents de son séjour dans leur pays. Combattant de l’intolérance a donc été victime, une fois de plus, de l’intolérance. «Voltaire se faisaient d’ardents ennemis, ses adversaires multiplièrent leurs efforts pour le nuire. Ses ennemis ne manquaient pas de l’entourer d’intrigues et d’embarras de tous genres» écrit Jean GABEREL dans «Voltaire et les Genevois». A l’époque, les Catholiques ne pouvaient pas acquérir un bien immobilier en Suisse, Voltaire a dû recourir à des intermédiaires. Pour les Suisses, Voltaire confondrait le christianisme au fanatisme «Si Voltaire est grand, suivant son cœur, il travaille à la cause de l’humanité, il s’abaisse singulièrement lorsqu’il veut, par les efforts de son esprit, détruire les principes»  écrit Jean GABEREL. Aussi une partie de la presse et des philosophes suisses se mirent à harceler Voltaire. Il a été contraint, par la suite, de résider à Ferney.
Le 11 février 1778, Voltaire quitte Ferney construit à partir de 1758, pour venir s’installer à Paris chez le Marquis de la VILLETTE, devenue 27 quai Voltaire à Paris 7ème. «J’arrive mort, et je ne veux ressusciter que pour me jeter aux genoux de Mme La Marquise du Deffand» écrit-il. Le 26 mai 1778, il apprend que Thomas-Arthur de LALLY-TOLLENDAL (1702-1766), un militaire et haut fonctionnaire, condamné et exécuté injustement «pour avoir trahi les intérêts du Roi» (défaite de la guerre de 7 ans), qu’il avait défendu, a été réhabilité. Voltaire faisait grande usage du café, mais ce qui provoquait de graves insomnies, il prit à la place de l’opium. Gravement malade, il parlait difficilement et ne semblait plus rien entendre. Il a refusé au curé de Saint-Sulpice, l’abbé Louis GAUTIER (1746-1818), de se confesser, et suivant la légende, Voltaire lui dira : «Au nom de Dieu ne me parlez plus de cet homme (le Christ)» cité par Théophile DUVERNET. La grande ambition de Voltaire fut de vouloir guérir ses contemporains de la rage de la persécution des autres. Cependant, Voltaire, dans ses écrits, faisait transparaître son athéisme : «C’est un malheur et un crime, de n’avoir point de religion :  c’est une folie de s’en vanter. Mais le comble de la démence, c’est de répandre l’irréligion par ses discours et par ses écrits», écrit Jean-Jacques ROUSSEAU, dans une lettre à D’ALEMBERT.  Pourtant, à la fin de sa vie, Voltaire est resté serein «Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis et détestant la superstition» disait-il.
Finalement, Voltaire meurt, à Paris ; le 30 mai 1778, vers 23 heures, à 83 ans, 6 mois et 19 jours, comme il a vécu : «De tous les auteurs que l’irréligion a produit dans le monde, aucun ne peut se vanter d’avoir poussé l’impiété à un plus haut degré que Voltaire» écrit Elie HAREL. Le corps de Voltaire, est transporté par son neveu, l’abbé Vincent MIGNOT (1725-1791), à l’abbaye de Sellières, à Romilly-sur-Seine, dans l’Aube ; il est inscrit sur son cercueil : «Il vengea Calas, La Barre, Sirven et Mont-Bailly. Poète, philosophe, historien, il fait prendre grand essor à l’esprit humain ; il nous a préparé à devenir libres». Même mort et ne craignant donc plus de persécution, pourtant l’évêque de Troyes, l’abbé Claude-Mathias-Joseph de BARRAL (1714-1803), envoya une défense d’enterrer Voltaire, mais lorsque ses ordres arrivèrent, la cérémonie funéraire était déjà achevée. Défense est faite aux journaux, comme à l’Académie française, Voltaire étant membre de cette institution depuis le 2 mai 1746, de faire état de sa disparition. Cependant, Frédéric II, d’Allemagne, fait dire une messe. Catherine II, de Russie, achète toute une bibliothèque et fait construire, un château à l’image de celui de Ferney «Voilà l’homme à qui je dois tout ce que je sais et tout ce que je suis» dira-t-elle. Jean-François DUCIS (1733-1816), dramaturge et poète, élu au fauteuil 33, en 1778, à la réception le 4 mars 1779, fera tout de même l’éloge de Voltaire : «Il est des grands hommes à qui l’on succède, et que personne ne remplace. Leurs titres sont un héritage qui peut appartenir à tout le monde ; leurs talents, qui ont étonné l’univers, ne sont qu’à eux. C’est à la suite des siècles, seule, à remplir le vide immense qu’ils ont laissé. Il se livra donc aux lettres avec cette impétuosité que lui donnaient son génie, son caractère et son âge. En vain l’intérêt, la fortune, le pouvoir même le plus absolu s’unirent pour le détourner de sa route. M. de Voltaire était dans cet âge heureux où tout ce qui est grand frappe puissamment l’imagination, où la passion de la gloire ne mesure rien et franchit tout, où le génie comme la valeur s’absout de sa témérité par ses succès» dit-il. 
On lisait des pancartes : «Si l’homme est créé libre, il doit se gouverner. Si l’homme a des tyrans, il doit les détrôner». Une partie du corps de Voltaire ne transférée que le 11 juillet 1791, treize ans, après sa mort, au Panthéon, inauguré le 4 avril 1791, pour recevoir les «Grands Hommes». Lors de l’exhumation du corps pour être transféré à Paris, on trouva un cadavre décharné, desséché, mais entier. Il est inscrit sur son caveau au Panthéon : «Pète, historien, philosophe, il a agrandi l’esprit humain et lui a appris qu’il devait être libre». Au Panthéon, Voltaire est face de Jean-Jacques ROUSSEAU, son ennemi. Voltaire et ROUSSEAU sont deux génies, au Siècle des Lumières, une haine destructrice les oppose. De la Gauche radicale, rêveur solitaire, estimant que l’homme bon à l’état de nature, est corrompu par la société, ROUSSEAU préconise la démocratie et l'égalité de tous devant la loi, grâce à un contrat social placé sous l'égide du «peuple souverain». En revanche, Voltaire est un partisan de la monarchie éclairée, du raffinement aristocratique, ami des privilégiés et des souverains, il préconise le libéralisme. Voltaire accuse ROUSSEAU d’avoir abandonné ses cinq enfants se déchaîne contre lui, avec une ironie féroce, à la publication de son discours sur l’inégalité : «J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain ; je vous en remercie ; vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, et que vous ne les corrigerez pas. Vous peignez avec des couleurs bien vraies de la société humaines dont l’ignorance et la faiblesse se promettent tant de douceurs. On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage» écrit-il le 30 août 1755. En réponse à cette attaque, Jean-Jacques ROUSSEAU prit de la hauteur «Les injures de votre ennemi sont le cortège de votre gloire» dit-il.
Au Panthéon, il manque le cœur Voltaire, resté, un certain temps, au château de Ferney. «Son esprit est partout, son cœur est partout» dit le Marquis de la VILLETTE. En effet, à la mort de Voltaire, son ami, le Marquis Charles de la VILLETTE (1736-1793), ordonne d’extraire son cœur et rachète son château, pour l’y conserver et y restera jusqu’en 1785. Le château de Ferney étant été vendu, par la suite, le 16 décembre 1864, le cœur de Voltaire après différentes péripéties en 1924, 2010 et 2016, placé d’abord au département des Monnaies et Médailles, sera exposé, dans le salon d’honneur, à l’ancienne Bibliothèque nationale de France au 58 de la rue Richelieu, Paris 2ème, et sera placé, ainsi que le cerveau, dans le socle d’une statue du sculpteur, Jean-Antoine HOUDON (1741-1828), une statue exécutée en 1781, sur commande de Catherine II de Russie,(1796-1762).
En définitive, toute la moralité de l’action humaine a pour contrôle son utilité, la poursuite du Bien souverain. «Je suis un homme et rien de ce qui touche les hommes ne m’est étranger» disait Chrémès, un personnage d’une comédie latine de TERENCE (190-159 avant J-C). De sa souveraine et lumineuse clarté d’esprit, Voltaire en a fait une puissante arme pour combattre les ténèbres, au service de la grandeur de l’âme humaine. «Voltaire n’a pas tout vu ce qu’il a fait, mais il a fait tout ce que nous voyons» écrit Nicolas de CONDORCET. De son vivant, Voltaire sera écrasé, injurié, calomnié et persécuté, parce que toute sa contribution littéraire, en réaction à certains privilèges, tendait à défendre la liberté, la justice, la tolérance et l’humanité. «Après sa mort, Voltaire est encore plus consolateur et bienfaisant, comme il le fut pendant sa vie» écrit Edouard de POMPERY.
Bibliographie très sélective
1 – Ouvrages de Voltaire
Voltaire, Candide ou l’optimisme, Paris, Gallimard, Folio, 2015, 272 pages ;
Voltaire, Dictionnaire philosophique, rédacteur en chef Alain Pons, Paris, Gallimard, 2015, 560 pages ;
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Paris, Treuttel et Würtz, tome I, 1835, 516 pages, tome II, 486 pages ;
Voltaire, Le fanatisme ou Mahomet le prophète : tragédie, Amsterdam, Jacques Desbordes, 1741, 112  pages ;
Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, notes du Marquis de La Beaumelle, Paris, 1753, Vol I, 288 pages ;
Voltaire, Mémoires à servir à l’histoire de M. Voltaire, Amsterdam, Vol I, 1785, 263 pages ;
Voltaire, Nouvelles considérations sur l’histoire, Paris, 1744 nouvelle édition chez Gallimard, 1957, spéc pages 44-49 ;
Voltaire, Traité de métaphysique, Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1784, 596 pages ;
Voltaire, Traité sur la tolérance, enrichi par Jacques Van Den Heuvel, postface de Philippe Sollers, Paris, Gallimard, 2016, 160 pages ;
Voltaire, Zadig ou la destinée, Paris, Gallimard, Folio, 2015, 176 pages.
2 – Critiques de Voltaire
AL-BAZAZ (Farès), Tolérance religieuse chez les hommes de lettres du XVIIIème siècle, différence, interférence archaïsme, thèse sous la direction de Jean-Jacques Tatin-Gourier, Université François Rabelais de Tours, 29 juin 2011, 218 pages ;
BOISDEFFRE (Pierre, de), «Voltaire 78»,  Revue des Deux-Mondes, août 1978, pages 268-282 et II, pages 551-561 ;
BONET-MAURY (Gaston), Histoire de la liberté de conscience en France depuis l’Edit de Nantes jusqu’à juillet 1870, Paris, Félix Alcan, 1900, 263 pages ;
CHAMPION (Edme), Voltaire : études critiques, Paris, Ernest Flammarion, 1893, 273 pages ;
CONDORCET (Nicolas, de), La vie de Voltaire, Paris, Garnier, 1787, 463 pages ;
DESNOIRESTERRES (Gustave, Le Brisoys), Voltaire et la société française au XVIIIème siècle, Paris, Didier, 1867-1876, Vol I, la jeunesse de Voltaire 492 pages et Vol II, Voltaire et Frédéric, 519 pages Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, 516 pages ;
DUVERNET (Théophile, Imarigeon), La vie de Voltaire, Genève, 1786,  252 pages ;
FAGUET (Emile), Voltaire, Lecène Oudin, 1895, 237 pages ;
GABEREL (Jean), Voltaire et les Genevois, Paris, Joel Cherbuliez, 2ème édition, 1857, 172 pages ;
GALLO (Max), J’écris pour agir : La vie de Voltaire, Paris, Fayard, 2008, 257 pages ;
HAREL (Elie), Voltaire : Recueil particularités curieuses de sa vie et de sa mort, Paris, Jean Joseph Goetschy, 1781, 141 pages ;
HOUSSAYE (Arsène), Roi Voltaire, sa jeunesse, sa cour, ses ministres son peuple, ses conquêtes, sa mort, son Dieu, sa dynastie, Paris, Michèle Lévy, 1858, 226 pages ;
LANSON (Gustave), Voltaire, Paris, Hachette, 1906, 221 pages ;
LEBROCQUY (Guillaume), Voltaire peint par lui-même, Bruxelles, Comptoir universel d’imprimerie et de librairie, Paris, C. Dillay, 1868, 120 pages ;
LONGCHAMP, WAGNIERE, Mémoires de Voltaire et sur ses ouvrages, Paris, Imprimerie de Lebel, 1826, vol I, 515 pages vol II, 542 pages ;
MAYNARD (Michel, Ulysse), Voltaire, sa vie et ses oeuvres, Paris, Ambroise Bray, 1867, tome I, 500, tome II, 642 pages ;
MAZURE (François-Antoine-Joan), La vie de Voltaire, Paris, Alexis Emery, 1821, 345 pages ;
MILZA (Pierre), Voltaire, Paris, Perrin, 2007, 894 pages ;
NOEL (Eugène), Voltaire, sa vie, ses œuvres, sa lutte contre Rousseau, Paris, Maurice Dreyfous, 1878, 364 pages ;
NOURRISSON (Jean-Félix), Voltaire et le Voltairianisme, Paris, Lethielleux, 1896, 670 pages ;
PELLISSIER (Georges), Voltaire philosophe, Paris, Armand Colin, 1908, 304  pages ;
PIETRI (Gaston), De Voltaire à la liberté religieuse. De la tolérance à la vraie liberté, Paris, Salvator, 2012, 177 pages ;
POMPERY (Edouard, de), La vie de Voltaire. L’homme et son œuvre, Paris, Dentu, 1878, 277 pages ;
POMPERY (Edouard, de), Le vrai Voltaire : l’homme et le penseur, Paris, Agence générale de librairie, 1867, pages ;
PUJOL (Stéphane), Voltaire, entre la légende et l’histoire, Paris, Association pour la diffusion de la pensée française, 1994, 85 pages ;
RENARD (Georges, François), Vie de Voltaire, Paris, Charavay Frères, 1883,  256 pages ;
VINET (Alexandre), Histoire de la littérature au XVIIIème siècle, Paris, Chez les éditeurs, 1853, tome II, 378 pages, spéc sur Voltaire pages 1-130.
Paris, le 10 mai 2022, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
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17 avril 2022 7 17 /04 /avril /2022 15:40

«Alphonse de Lamartine (1790-1869), poète, homme politique et grand humaniste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Un grand homme n’est pas seulement, comme on le dit, fils de ses œuvres. Un grand homme est avant tout fils de son siècle, ou plutôt son siècle se fait homme en lui, voilà la Vérité» écrit Alphonse de LAMARTINE dans «Cours familier». Dans un XIXème siècle dominé par Victor HUGO (1802-1885) et René-François de CHATEAUBRIAND (1768-1848), la poésie de LAMARTINE est restée encore gravée dans nos mémoires : le poème de l’isolement : «Un seul être vous manque et tout est dépeuplé» ou Le Lac, «Ô temps ! Suspend ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez vos cours !» ou encore Milly ou la terre natale : «Objets inanimés avez-vous donc une âme qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ?». Considéré comme le père du romantisme, il inaugure une rupture avec la raison du classicisme, remplacée par l’émotion. En effet, ses poèmes empreints de nostalgie, de sensibilité et d’humanisme, expriment ses états d’âme et ses sentiments, en s’inspirant de ses expériences personnelles.

Historien, académicien, homme politique, diplomate, voyageur, chroniqueur, épistolier, poète de la sensibilité et de l'émotion, Alphonse de LAMARTINE est l’un des auteurs emblématiques et prolifiques du romantisme. En effet, depuis la Révolution, dans ce conflit entre la Royauté et la République, entre conservatisme et idéal de fraternité et de justice, le cœur de la France n’a jamais cessé de balancer entre le Bien et le Mal, entre le colonialisme, l’esclavage, la servitude et les questions de liberté et d’égalité. Parfois même, le déni, le doute ou le défaitisme s’installent, provisoirement, sans jamais triompher. «Quelle belle vie ! (celle de Lamartine). Non parce qu’elle fut exempte de misères humaines, elle a commencé, elle a fini par la douleur, rançon de sa gloire. Parce qu’elle a été tout entière, un acte de confiance dans le triomphe du Bien sur le Mal. Parce qu’elle n’a utilisé le privilège du génie que pour consoler, instruire, exalter les âmes. Parce qu’elle s’est prodiguée avec une générosité, une chaleur inégalée» écrit Paul HAZARD, un de ses biographes. Grand humaniste, généreux, sans aucune bassesse ou mesquinerie, sans calcul ou carriérisme, il n’était pas ni dans le combat ou la jalousie. Aussi, il aide Victor HUGO à entrer dans l’Académie française.

En ces temps sombres où l’on donne des leçons de démocratie, à juste titre, au Tsar des Russies, ici, au pays des droits de l’Homme, avec son message universel, de vents mauvais soufflent très fort ; les forces du Chaos ne cessent de progresser, menaçant la République. Et pourtant, la Gauche, dont l’héritage vient de loin, n’a pas encore dit son dernier mot. Alphonse de LAMARTINE, «n’avait pas cessé de se mêler aux polémiques et aux luttes de son temps» écrit Charles ALEXANDRE. L’auteur et acteur de la Deuxième République de 1848, est un fervent partisan et initiateur de la démocratie fondée sur l’égalité : «La démocratie est l’égalité, c’est-à-dire la participation à droit égal, à titre égal à la délibération des lois et au gouvernement de la Nation» écrit-il, en 1850, dans «Le Passé, le Présent, l’Avenir de la République». La classe possédante, ce vieux monde féodal, aristocratique, sacerdotal et despotique, ne voulant rien céder sur l’égalité de droits et ses privilèges, avait réussi à décrire la Première République entre 1792 et 1793, la Convention, comme un repoussoir, en raison de ses crimes, de ses violences, de ses oppressions, ses confiscations et les exils. Cependant, ils ont occulté qu’un «peuple de 24 millions d’hommes expropriés, relégués, bannis de leur souveraineté, de leur liberté, de leur égalité, de leur propriété, de leur titre de citoyens, de leurs dignités morales, de leur indépendance de conscience dans le culte» s’était révolté contre cet ancien monde arbitraire, écrit-il. La minorité possédante devrait comprendre, dans le respect du suffrage universel, que la «propriété, égale pour tous, accessible à tous, inviolable dans tous, est le domaine commun de tous ; tous ont un intérêt unanimes à la préserver, à l’utiliser, à la généraliser, à la conserver aux générations à naître» écrit-il. Aussi, Alphonse de LAMARTINE, un républicain ferme dans ses convictions, a pour souci d’écarter les graves dérives de la Convention «La République de 1848, au lieu d’être révolutionnaire et spoliatrice, comme en 1793, devient par instinct, conservatrice et progressive. Le peuple n’est pas un peuple de guerre civile. Ce peuple n’aura point de victimes, car il n’a point de bourreaux ! Si le mot «République», en 1793, a pu être écrit en lettres de feu et de sang, le mot «République» en 1848, ne peut être écrit qu’en lettres d’or et de paix. Détruire était le mot en 1793 ; améliorer est le mot de 1848» dit Alphonse de LAMARTINE. Face aux débats nauséabonds de notre temps, voulant ramener la démocratie à la domination des oligarchies financières ou écarter les Indigènes de la lumière, LAMARTINE a défini le concept de République, qui n’a pas pris une ride, depuis lors : «La République française de 1848 est une République démocratique, c’est-à-dire une République qui ne connaît ni la tyrannie héréditaire, ni les castes supérieures ou inférieures ; mais cette nature de République qui ne reconnaît, pour la souveraineté que la volonté de la démocratie ou du peuple» écrit-il.

Cependant, Alphonse de LAMARTINE, lui-même, à la fin de sa vie, n’était pas conscient de l’immense dette que lui doivent tous les républicains de France. «La vie, dans ma situation, et après les épreuves que j’ai traversées ou que je traverse, ressemble à ces spectacles où l’on sort le dernier et l’on stationne malgré soi, quand la salle est déjà vide, et que les lustres s’éteignent, que les lampes fument, que la scène se dénude avec un lugubre fracas de ses décorations, et que les ombres et le silence, réalités sinistres, rentrent sur cette scène tout à l’heure illuminée et retentissante d’illusion » LAMARTINE dans «Cours familier». Sa vie était-elle un gaspillage d’énergie ? «M. Lamartine, depuis plus d’un an déjà,  n’était plus de ce monde. Il semblait qu’il lui fallut du temps à emporter une si grande poussière. Cette vie apparaît comme un immense gaspillage. Il n’y a de beau, dans son œuvre, que des fragments» écrit Louis VEUILLOT, un ennemi de LAMARTINE. L’auteur, à la fin de sa vie était lui-même désespéré et sous-estimait sa contribution littéraire. «J’ai semé ma vie dans les grands chemins qui ne mènent à rien» écrit-il dans ses «mémoires politiques» ou encore «J’ai dilapidé le temps» écrit-il en 1860, à la préface de ses œuvres complètes. Pourtant, dans sa lucidité, LAMARTINE, un homme plus grand que son œuvre déjà si immense, savait que l’Histoire est un grand juge «On me reconnaîtra après moi» écrit-il le 16 août 1847 à une de ses nièces.

D’une éducation monarchiste et religieuse, légitimiste jusqu’en 1820, Alphonse de LAMARTINE, homme de son siècle, se rendra compte que cette position ne va pas dans le sens de l’Histoire, comme d’ailleurs, les tenants actuels d’un nationalisme rétrograde et recroquevillé dans l’Hexagone : «Sa fidélité à la tradition et à la monarchie n’est pas en cause mais il sait bien, depuis longtemps, qu’elle ne suffit pas à répondre aux défis du siècle. Il n’est pas encore, loin s’en faut, un admirateur de la Révolution, mais il a compris que le monde bouge, change, et qu’il est vain et dangereux de vouloir arrêter son mouvement», écrit Gérard UNGER, un de ses biographes. En effet, Alphonse de LAMARTINE évoluera vers des idées progressistes en adhérant au Parti social en 1834 «Dans un pays libre, il n’y a d’autre noblesse que l’élection, stimulant perpétuel au service du pays et récompense temporaire du mérite ou de la vertu des citoyens» écrit-il. L’éphémère Révolution de juillet 1831 ayant été écrasée dans un bain de sang, c’est aussi un clin d’œil à notre époque où les forces du Chaos sont à la porte du pouvoir,  en 1931, Alphonse de LAMARTINE avait écrit «Sur la Politique rationnelle» une sorte de projet politique et civique en vue de «ne pas préparer à l’histoire des pages funèbres d’un peuple qui porte en soi des siècles de vie, de prospérité et de gloire». La dynastie des Bourbons, remplacée par les Orléans, ayant échoué dans sa mission, il s’interroge «Où sommes-nous ? Non pas à une époque honteuse et sans espérance, où l’humanité croupit dans une longue et vile corruption, et se décompose dans sa propre fange. L’humanité touche à peine son âge de raison» et il en appelle à «un homme social». La prise de pouvoir s’effectue par les Banquets, de façon pacifique. Poète égaré en politique, Alphonse de LAMARTINE restera au pouvoir pendant 121 jours, soit du 24 février au 24 juin 1848. Homme de son siècle, il a décelé face à la montée de l’industrialisation, la classe possédante ne pourra conserver longtemps le pouvoir qu’avec une politique sociale pour les gens d’en bas. Aussi, le programme de LAMARTINE est audacieux : supprimer le remplacement militaire, taxer le prix du charbon, abolir la peine de mort en politique, imposer les successions, établir un impôt sur le revenu, ramener le temps de travail de 11 à 10 h par jour, nationaliser les chemins de fer et augmenter substantiellement le salaire des enseignants.

L’ouvrage de LAMARTINE, «la politique rationnelle», est à un autre titre un clin d’œil à notre époque marquée par une forte concentration de la presse aux mains des forces du Chaos et des menaces sur le service public de l’audiovisuel. Pour lui, le silence de la presse serait la mort de la Liberté. En effet, LAMARTINE revendique la liberté de la presse, comme «la voix de tous dans un âge et dans une forme sociale où tous ont droit d’être entendus, et comme la parole de la société moderne» écrit-il. On sait qu’actuellement en Pologne et en Hongrie, où ont triomphé des gouvernements conservateurs, des lois rétrogrades ont été prises. Par ailleurs, au moment où il est envisagé de privatiser l’université, avec des droits d’inscription à plus de 6000 €, comme en Grande-Bretagne, Alphonse de LAMARTINE s’était battu pour la gratuité des études, «un enseignement large, répandu, prodigué partout. Celui qui donne une vérité à l’esprit du peuple fait une aumône éternelle aux générations futures» écrit-il. La liberté n'est viable que pour un homme instruit, avec une distance critique à l’égard des instituts de sondage et aux chaînes d’information continue monopolisées par la haute finance. 

Il fera partie des fondateurs de la Société française pour l’abolition de l’esclavage : «Vous en êtes resté à la Liberté, j’en suis à la Fraternité» écrira-t-il à Frédéric BASTIAT. L’esclavage aboli pendant la Révolution, sur la pression des colons en Haïti, a été rétabli, le 20 mai 1802 par Napoléon. Toussaint-Louverture capturé sera mort exilé en France, et sans sépulture (1743-1803, voir mon article). La Révolution du 24 février 1848, abolira définitivement l’esclavage. Il dénonçait «l’âge tyrannique où règne la force brute, avec l’esclavage» écrit-il dans «sur la politique rationnelle». Alphonse de LAMARTINE est l’auteur d’une pièce de théâtre sur Toussaint-Louverture : «Ce drame, si toutefois, ces vers méritent ce nom, n’était pas dans ma pensée, quand je l’écrivis ; c’était une œuvre politique, ou plutôt un cri d’humanité» écrit-il. «Je suis de la couleur qu’on persécute. Sans aimer, sans haïr les drapeaux différents, partout où l’Homme souffre, il me voit dans ses rangs. Plus une race humaine est vaincue et flétrie, plus elle m’est sacrée et devient ma patrie» fait-il dire à Toussaint-Louverture, dans l’acte II, scène VI. Et pourtant, le 5 mai 2021, le bicentenaire de la mort de Napoléon a été célébré en grandes pompes en France. Dans un mémorable discours, Alphonse de LAMARTINE s’était violemment insurgé contre le retour des cendres de Napoléon, pouvant interpeler, de nos jours, les partisans de la verticalité en politique, une gouvernance faite de violence, d’injustices, d’enfermement et de surdité aux demandes légitimes du peuple : «Si, au lieu de disperser les pouvoirs représentatifs, s’il (Napoléon) les avait appuyé de la force militaire et soutenu de sa considération ; si, au lieu de se faire la réaction vivante du passé ; si, au lieu d’abuser de l’anarchie, de profiter du désenchantement  momentané de l’esprit du public, il l’avait relevé, il s’était fait le tuteur du progrès social, la providence du peuple ; s’il était retiré, dans son désintéressement et dans sa gloire pour laisser la place à la liberté, qui sait si tous ces hommages d’une foule qui adore surtout ce qui l’écrase lui serait rendu» dit-il le 26 mai 1840.

Une loi sur le séparatisme a été votée le 24 août 2021 ; ce qui rappelle le Code de l’indigénat du 28 juin 1881, instituant l’inégalité et l’injustice. Les indigènes, comme les immigrés étaient soumis au bon vouloir du colon. De nos jours, on parle même, sans aucune honte de «Grand remplacement» ou de «Français de papiers», comme si les Français issus de l’immigration, seraient des sous-hommes, comme au temps de Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683) et le «Code Noir», réifiant les Hommes noirs, lui aussi, révéré et sa statue, édifiée par Napoléon, plastronne nous nargue encore devant l’Assemblée nationale. La retraite à 65 ans, ne serait-elle pas, pour les métiers pénibles, une forme d’esclavage moderne ? «La gloire efface tout, excepté le crime» disait Alphonse de LAMARTINE. Comme lors des banquets pacifiques de 1848, ayant emporté la Monarchie de Juillet, le peuple de Gauche, en juin 2022 n’a pas encore dit son dernier, et peut provoquer une cohabitation, pour limiter l’avancée des forces du Chaos.

Alphonse de LARMATINE, considéré comme un idéaliste, était trop en avance sur son temps, par ses positions avant-gardistes sur le bien-vivre ensemble. «Les habitudes étroites et uniformes que l’Homme prend dans sa vie régulière et dans la monotonie de sa patrie sont des moules qui rapetissent tout» écrit-il, en 1835, dans «Voyage en Orient». En effet, dans son universalisme, l’Histoire lui a donné raison. Au moment où certains partis se proposent, par référendum d’abolir la République et de suspendre la Convention européenne des droits de l’Homme, Alphonse de LAMARTINE était un fervent partisan de la Fraternité «L’égoïsme et la haine ont une seule patrie ; la Fraternité n’en a pas» dit-il. Alphonse de LAMARTINE, loin de l’islamophobie délirante et hystérique de notre temps, était un orientaliste, curieux et respectueux des autres : «J’y ai passé seulement en poète et en philosophe, j’en ai rapporté de profondes impressions de mon cœur, de hauts et de terribles enseignements dans mon esprit. Les études que j’y ai faites sur les religions, les mœurs, les traditions, les phases de l’humanité, ne sont pas perdues pour moi. Ces études qui élargissent l’horizon si étroit de la pensée, qui posent devant la raison les grands problèmes religieux et historiques, qui forcent l’homme à revenir sur ses pas, à scruter ses convictions sur sa parole, à s’en formuler de nouvelles, rien de tout cela n’est perdu pour le voyageur» écrit-il dans «Voyage en Orient». Aussi, il n’est pas étonnant qu’Alphonse de LAMARTINE ait consacré une biographie au Prophète Mahomet, et il a été suivi, en cela, par de grands penseurs occidentaux, comme Ernest RENAN. «Philosophe, orateur, apôtre, législateur, guerrier, conquérant d’idées, restaurateur de dogmes rationnels, d’un culte sans images, fondateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel, voilà Mahomet. A toutes les échelles où l’on mesure la grandeur humaine, quel homme fut plus grand ?» écrit Alphonse de LAMARTINE, dans sa remarquable biographie sur «la vie de Mahomet». En dépit du fait que  l’Islam est un fait majeur du XXIème, des politiciens occidentaux par leurs bassesse et leurs calomnies, tentent de discréditer cette grande religion monothéiste, et ont fait de l’islamophobie un fonds de commerce : «Enfin jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et si durable Révolution dans le monde» écrit Alphonse de LAMARTINE. Avant Mahomet, «Les Arabes n’étaient point un peuple, c’était une collection de peuplades, de tribus, de famille. L’Etat n’existait pas. La famille multipliée par la tribu existait seule» écrit Alphonse de LAMARTINE. Mahomet n’a pas recherché la guerre, mais acculé, il doit combattre et se défendre, avec peu de moyens : «Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mohammad ? Les plus fameux n’ont remué que des armes, des lois, des empires ; ils n’ont fondé (quand ils ont fondé quelque chose) que des puissances matérielles écroulées souvent avant eux» écrit Alphonse de LAMARTINE. «Jamais homme ne se proposa volontairement ou involontairement un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la Divinité dans ce chaos de dieux matériels et défigurés de l’idolâtrie» écrit Alphonse de LAMARTINE.

«Noble, tranquille, généreux, tout entier au pays, poussant le patriotisme jusqu’au dévouement, et le dévouement jusqu’à l’abnégation» disait de lui, Victor HUGO. En effet, la société politique que défendait Alphonse de LAMARTINE, cet artiste engagé, est «cette République large, ouverte, généreuse, protectrice de tous les droits et de tous les intérêts légitimes, car elle seule peut nous préserver des violences de la démagogie et des témérités d’une réaction aveugle» écrit, le 8 juillet 1871, dans la préface du «manuscrit de ma mère», L. de RONCHAUD. Alphonse de LAMARTINE, dans cette lutte du Bien contre la Mal, a contribué, par un concept cher à Antonio GRAMSCI, bien avant l’heure, à asseoir l’hégémonie culturelle des Républicains. Aussi, Alphonse de LAMARTINE, en historien, a restitué l’action des Girondins, ce petit nombre d’hommes valeureux qui sont le nœud de la Révolution française. Une entreprise pleine de larmes et de sang, mais ayant abouti à l’émergence de la République. Homme politique et Ministre, sous la Révolution de 1848, Alphonse de LAMARTINE, en historien, a aussi relaté cette page glorieuse du combat des Républicains, tout en mesurant la difficulté d’une telle mission «C’est l’appréciation des Hommes qui ont joué un rôle dans l’évènement et l’appréciation du rôle qu’on y a joué soi-même. On ne peut pas écrire cette appréciation, ni avec convenance, ni avec justice, ni avec impartialité. De si près, on peut aimer, on peut haïr, on ne peut pas juger» écrit-il dans la préface de «l’histoire de la Révolution de 1848». Il était conscient de la difficulté de la mission, de la puissance des forces conservatrices : «Que la main invisible protège la France ! Qu’elle la soutienne à la fois contre les impatiences et contre les découragements ! Qu’elle préserve la République de ces deux écueils : la guerre et la démagogie !» écrit-il.

Partisan d’une Gauche généreuse et idéaliste, orateur redoutable, Alphonse de LAMARTINE est un grand défenseur du peuple. Face à ses adversaires, sa parole est projectile redoutable et son ironie comme une pierre, plus elle tombe de haut, plus elle fait produit des dommages. «Les poètes sont la voix de ceux qui n’ont pas de voix» dit Alphonse de LAMARTINE, un auteur au milieu de l’arène. Définissant son parti comme «le Parti social», LAMARTINE déclare que son organisation «ne fait alliance ni avec les passions rétrogrades du passé, ni avec les passions subversives du moment, ni avec les timidités des uns, ni avec les colères des autres» écrit-il. Par conséquent, «Toute Révolution doit quelque chose au peuple et ne se légitime que par ses œuvres» écrit-il. En effet, l’engagement et l’enthousiasme de LAMARTINE se dégagent en 1848, quand il est nommé Ministre des affaires étrangères «Au moment où commence une vie nouvelle, au moment où, après tant d’orages intellectuels, le soleil de la pensée monte à l’horizon, saluons tous ce réveil du jour, cette aube qui promet une chaleur si nécessaire à l’humanité en souffrance ; apportons à chacun, selon nos forces, une pierre à cet édifice social dont la base est inébranlable. Soyons tous ouvriers dans l’œuvre immense» écrit-il. «Il y a toujours du passé dans le présent» disait Alphonse de LAMARTINE. Au moment où certains de nos jours se retranchent dans une Nation frileuse et stigmatisante, en faisant l’apologie d’une démocratie ethnique, Alphonse de LAMARTINE était universaliste, au sens de la Révolution de 1789 «Je suis concitoyen de toute âme qui pense ; la Vérité, c’est mon pays» dit-il. Sa poésie, à lui, est «une langue de prière» écrit-il dans ses «méditations». Croyant au Progrès, en la Fraternité et à l’Amour, Dieu se définit et se distingue du Grand Tout : «Je crois en un Dieu possédant la suprême individualité, et comme y la Nature qui n’a pas été créée que pour réfléchir cette individualité divine et qui ne subsiste que de sa Providence» dit LAMARTINE. Il est donc attaché à la Justice divine «Une conscience sans Dieu, c’est un tribunal sans juge» écrit-il. «Un peuple sans âme est une vaste foule» précise-t-il. Par ailleurs, Alphonse de LAMARTINE, journaliste, avait une aversion profonde pour les régimes autoritaires, assimilés à des esclavagistes, et dans lesquels : «Tout le peuple est réduit en esclavage, gouverné, affreusement, opprimé par une aristocratie dont les membres sont des géants, des Titans, et se disent eux-mêmes des Dieux» écrit-il.

«J’étais et je suis resté toute ma vie amateur de poésie, plutôt que poète de métier» écrit, en 1849, Alphonse de LAMARTINE. Grand tenant du romantisme, il se moquait des étiquettes. Alphonse de LAMARTINE, même si on connaît une partie de sa poésie, mériterait mieux que cet oubli glorieux. « S’il existe des écrivains dont on peut isoler la vie de l’œuvre, Lamartine n’est pas du nombre» écrit Marius-François GUYARD, un de ses biographes. Alphonse de LAMARTINE est un aristocrate, un gentilhomme issu d’une noblesse fidèle à la royauté. «Il y a quelque chose que je ne regretterai pas d’avoir goûté, c’est le lait de ma mère, c’est l’affection d’un père. La famille est un second de nous-mêmes, plus grand que nous-mêmes. Heureux est celui que Dieu a fait naître d’une bonne et sainte famille ! Et quand je dis bonne famille, je n’entends pas une famille noble. Il y a une noblesse dans toutes les conditions» écrit-il dans ses «Confessions». Simple, fastueux, terrien, démocrate, député de Bergues le 3 novembre 1837, puis de Mâcon, Alphonse de LAMARTINE fut en son temps, un homme de gauche. Il a combattu Napoléon et le régime de juillet. Face à Adolphe THIERS (1797-1877, un ultra-conservateur, il voulait faire nationaliser les chemins de fer, abolir la peine de mort. En Homais, anticlérical et libre penseur, la recherche d’un Dieu inconnu est l’une de ses directions de recherche. «Ce n’est pas un personnage que nous puissions réduire à nos propres dimensions. Il faut en prendre notre parti. C’est un homme plus grand que son œuvre, déjà si grande» écrit Henri GUILLEMIN.

Admirateur de Jean-Jacques ROUSSEAU, Voltaire et PARNY, «Lamartine est un poète du XVIIIème avec du génie de surcroît» écrit Henri GUILLEMIN. Alphonse-Marie-Louis de LAMARTINE de PRAT naît le 21 octobre 1790, à Mâcon. Par conséquent, Milly, en dépit de sa poésie dans les «Harmonies», n’est pas sa ville natale, mais il y a grandi et passé une partie de son enfance. Il vient d’une famille monarchiste, très pieuse. Son père, Pierre de LAMARTINE (1752-1840) officier, avait quitté l’Armée, mais le 10 août 1790 reprendra le service pour défendre Louis XVI. Sa mère, Françoise dite Alix DES ROYS (1766-1829), née à Lyon, est la fille d’un ancien intendant des domaines du duc d’Orléans. Sa mère maternelle avait veillé un certain temps sur Louis Philippe. Ses deux oncles, François-Louis et Jean-Baptiste, ne sont jamais mariés, et à leur mort, son mort, son père hérita leurs domaines et châteaux. Alphonse est l’aîné, il a cinq sœurs à qui il verse une rente ; ce qui est à l’origine de ses perpétuelles difficultés financières. Jeune enfant oisif, les femmes l’attirent et il dépense plus qu’il ne gagne. Quand l’empire s’écroule et Louis XVIII devenu roi, son père sollicite un emploi pour lui et son fils, aux Gardes du corps. LAMARTINE est envoyé à Beauvais. Après Waterloo, il regagne Mâcon ; il démissionne de ses fonctions militaires et regagne Paris. Dissipé, il a accumulé 16000 F de dettes. En 1816, il fait la connaissance de Nina de PIERRECLEAU. En octobre 1816, à Aix-les-Bains, il rencontre Julie CHARLES (1784-1817), née d’une famille de planteurs créoles, déjà atteinte de la tuberculose ; ils s’engagent dans des débats mystiques, sur les choses éternelles. Mais Julie CHARLES meurt à Paris, le 18 décembre 1817, le poème, «Le Lac» lui est dédié : «J’ai eu l’ineffable bonheur d’aimer enfin, de toutes mes facultés, un être aussi parfait que je pouvais en concevoir et cela a décidé de mon sort» écrit LAMARTINE. En 1819, LAMARTINE fait la conquête d’une italienne, Léna de LARCHE, puis quand il fait connaissance, à Chambéry, où réside une de ses sœurs, une anglaise, Marie-Anne BIRCH (1790-1863), une artiste-peintre et sculptrice ;  il l’épousera, le 6 juin 1820, sous le nom de Marianne Elisa de LAMARTINE. Il guérit, miraculeusement, d’une maladie ayant failli de l’emporter. C’est à ce moment que paraissent ses «Méditations». LAMARTINE cherchait sa voie, il a maintenant l’ambition de devenir homme de lettres. «Ce qu’il disait, avec les mêmes mots cependant qu’employaient ses prédécesseurs, prenait soudain un sens très neuf, une chaleur de vie. Son art c’était cette authenticité profonde, cette sincérité essentielle. Il se livrait, il s’engageait» écrit André GUILLEMAIN, dans «Lamartine, l’homme et l’œuvre». Pendant cinq ans, LAMARTINE ne produira rien ?

Ses enfants sont morts avant lui : «J’ai souvent regretté d’être né ! J’ai souvent désiré de reculer jusqu’au néant, au lieu d’avancer, à travers tant de mensonges, tant de souffrances, tant de pertes successives» écrit dans ses «Confessions». En effet, Léon de PIERRECLAU (1813-1841), fils illégitime avec Nina, à 28 ans, Alphonse (1821-1822) disparu à 20 mois, le 4 novembre 1822, Julia (1822-1832) à 10 ans et demi, le 6 décembre 1832, à Beyrouth : «Nous sommes tous enfantés dans la douleur et pour la douleur. Le secret de la vie n’est que celui de supporter héroïquement ses peines» écrit, le 3 décembre 1837, LAMARTINE, dans une lettre à Edouard DUBOIS. Même en pleine gloire, il était pessimiste, tragiquement sincère avec lui-même «Ma situation politique est de premier ordre à présent, ma situation d’orateur est presque unique, ma situation de poète, ce que tu sais. Et au milieu de tous ces rayonnements de gloriole et de force imaginaire, je suis le point noir et triste où tout s’éteint en convergeant» écrit-il le 6 février 1841. VERLAINE le considérait comme un vieux lutteur crispé et triste. «comme un vieil aigle en sa gloire et son ire, dressant sur l’infini son bec dru au chef blanc».

Alphonse de LAMARTINE, de son éducation aristocratique, était profondément croyant «La mort n’est que le puissant acte de la vie ; car elle enfante une vie supérieure» écrit-il, en 1847, dans «les Girondins». Adversaire malheureux contre Napoléon III (1808-1873) aux élections du 10 décembre 1848, celui-ci avait proposé à la mort d’Alphonse de LAMARTINE, à Paris, le 28 février 1869, des funérailles nationales. Mais de son vivant, l’auteur n’en voulait pas «Je demande à ne pas dormir sous l’herbe sordide du Père-Lachaise, piétiné par une cohue de déclamateurs funéraires. Que le diable emporte leurs funérailles officielles. Couchons-nous auprès d’un arbre, s’il nous reste un arbre sur cette terre» avait-il écrit. Il est enterré, le 4 mars 1869, au petit village de Saint-Point, en Saône-et-Loire. Alphonse de LAMARTINE ne voulait pas non plus qu’on le pleure à sa mort «Si quelque main pieuse, en mon honneur, te sonne des sanglots de l’airain, oh ! N’attriste personne. Ne va pas mendier des pleurs à l’horizon. Mais prends ta voix de fête et sonne sur ma tombe avec le bruit joyeux d’une chaîne qui tombe, au seuil libre d’une prison» écrit LAMARTINE. 

«Si M. de Lamartine a eu, selon nous, des torts politiques, il n’en est pas moins vrai que ses œuvres, nous reste, des œuvres sublimes, œuvres éternelles, qui sont la gloire du pays et obtiennent les applaudissements du monde» écrit Eugène de MERICOURT. «Devant une telle puissance de génie, de pensée, et de sensibilité, rêve et action, caractère de l’homme égal au mérite de l’écrivain, on n’hésite pas à saluer en Lamartine, non seulement un des plus féconds initiateurs de notre littérature, mais aussi un des exemplaires qui font le plus honneur à notre race et à l’humanité» écrit René DOUMIC. «Lamartine fut un de ces nobles esprits, osons le dire, un véritable grand homme. Lamartine fut un de ces nobles génies qui font mieux que nous charmer, qui nous élèvent au-dessus de nous-mêmes, qui nous emportent jusqu’aux plus hautes régions de l’esprit. S’il a des égaux dans ce vaste monde des Lettres, il n’a pas de maître. Jamais la langue française, la langue de Fénelon et de Racine, n’a chanté aussi mélodieusement que sur ses lèvres. Son style est fait tout entier de musique, comme sa pensée est faite de poésie. Sur tous les modes qu’il emploie, il fait toujours parler la portion divine du cœur humain.» dit, le 2 mai 1848, Victor de LAPRADE, au profit de la souscription d’une statue du poète. 

Références bibliographiques très sélectives
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LAMARTINE (Alphonse, de), GUILLEMIN (Henri), Les visions, poème inachevé de Lamartine, Paris, Les Belles Lettres, 1936, 260 pages ;
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POMAIROLS (Charles, de), Lamartine : étude de morale et d’esthétique, Paris, 2ème édition, Hachette, 1908, 325 pages ;
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SOUMET (Gabrielle), Le siècle à Lamartine, poésie, Paris, Veuve Louis Janet, 1848, 24 pages ;
TRENARD (Louis), «Centenaire de la mort de Lamartine», Revue du Nord, octobre décembre 1969, t. 51, n°203, pages 771-779 ;
UNGER (Gérard), Lamartine, poète et homme d’Etat, Paris, Flammarion, 1998, 538 pages ;
ZYROMSKI (Ernest), Lamartine, poète lyrique, Paris, Armand Colin, 1897, 337 pages.
Paris, le 16 avril 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alphonse de Lamartine (1790-1869), poète, homme politique et grand humaniste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 19:13
«Simone de BEAUVOIR (1908-1986), une Femme anticonformiste, antiraciste et solidaire avec les colonisés» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Femme rebelle, Simone de BEAUVOIR, dans son exigence de Vérité, toute sa vie a dénoncé les forfaitures, les faux-semblants : «Dissiper les mystifications, dire la vérité, c'est un des buts que j'ai le plus obstinément poursuivis à travers mes livres. Cet entêtement a ses racines dans mon enfance ; je haïssais ce que nous appelions ma sœur et moi la «bêtise» : une manière d'étouffer la vie et ses joies sous des préjugés, des routines, des faux-semblants, des consignes creuses. J'ai voulu échapper à cette oppression, je me suis promis de la dénoncer» écrit-elle dans «Tout compte fait». Par un raccourci saisissant, on a voulu, d'une façon sélective, ramener la pensée de Simone de BEAUVOIR exclusivement à son noble combat pour l'émancipation de la Femme. En réalité, cette exceptionnelle combattante et anticonformiste avait déjà établi une solide relation entre le statut des femmes, la lutte des Afro-américains pour les droits civiques et l'aspiration à la liberté et à la dignité des peuples colonisés. «Beauvoir avait dépassé, au long de sa vie, les notions de classe, de religion, de race, de sexe, de nation, elle était devenue l'un des écrivains les plus tolérants, des plus ouverts aux besoins, aux sensibilités des autres» écrivent Claude FRANCIS et Fernande GONTIER.
Les femmes, en raison de leur sexe, les racisés et les colonisés, pour leur couleur ou leurs origines, ou les personnes âgées, sont victimes d’un même préjugé : un regard déformé de l’autre, une indifférence ou un mépris de tout ce qui ne nous ressemble pas. «On ne naît pas femme : on le devient. Aucun destin biologique, psychique, économique ne définit la figure que revêt au sein de la société la femelle humaine ; c'est l'ensemble de la civilisation qui élabore ce produit intermédiaire entre le mâle et le castrat qu'on qualifie de féminin. Seule la médiation d'autrui peut constituer un individu comme un Autre» écrit Simone de BEAUVOIR, dans le «Deuxième sexe». En effet, dans cet ouvrage, Simone de BEAUVOIR prône l’émancipation de la femme, possible uniquement par l’acquisition de son autonomie. Elle dénonce ainsi une société qui aliène la gent féminine et de laquelle il faut se soustraire pour atteindre la liberté. En fait, en 1947, c’est lors de son voyage de quatre mois aux Etats-Unis, que Simone de BEAUVOIR découvre la ségrégation raciale à l’encontre des Noirs «Les Américains qui viennent à Paris s’étonnent d’y voir tant de Blanches en compagnie de Noirs. À New York, Simone de Beauvoir se promenant avec Richard Wright, se fait rappeler à l’ordre par une vieille dame» écrit Frantz FANON, dans «Peaux noires, masques blancs». De cette expérience américaine, Simone de BEAUVOIR en tirera, en 1954, un ouvrage «L’Amérique au jour le jour». En effet, c’est à la suite d’une rencontre avec Richard WRIGHT (1908-1960), un écrivain afro-américain du mouvement Harlem Renaissance que Simone de BEAUVOIR trouve les racines de sa pensée l’ oppression des femmes, l’ engagement et le féminisme radical, selon lequel les femmes doivent se constituer en groupe à part entière pour se libérer. En effet, Simone de BEAUVOIR est séduite chez Richard WRIGHT par son approche subjective de l’oppression, du point de vue de l’opprimé. Il existe un «phénomène de double conscience», suivant une expression de William E. B du BOIS (1868-1963), dans «les âmes du peuple noir», la Femme comme le Noir, se définit et se mesure à l’autre, celui-là même qui rejette toute altérité. «La compréhension du racisme par Beauvoir est au cœur de son projet philosophique dans «Le Deuxième Sexe» ; mais le racisme et l’ethnocentrisme sont également des problèmes pour elle» écrit Margaret A SIMONS. En effet, dans  son ouvrage, «Le Deuxième Sexe», Simone de BEAUVOIR reprend la thèse de Richard WRIGHT suivant laquelle, en Amérique, il n’y a pas de problème Noir, seulement un problème Blanc. Par conséquent, au cœur du récit de Simone de BEAUVOIR sur le sexisme se trouve l’analogie qu’elle fait entre l’anti-blackness, l’antisémitisme et l’oppression des femme : «De même qu’en Amérique il n’y a pas de problème noir mais un problème blanc ; de même que «l’antisémitisme n’est pas un problème juif : c’est notre problème» ; ainsi le problème de la femme a toujours été un problème d’hommes» écrit-elle en 1949. 
Issue d’un milieu aisé déclassé, mais écrasant la femme, Simone de BEAUVOIR s’est interrogée sur les privilèges «Comment les privilégiés peuvent-ils penser leur situation? L'ancienne noblesse a ignoré ce problème : elle défendait ses droits, elle en usait sans se soucier de les légitimer. Au contraire, la bourgeoisie montante s'est forgée une idéologie qui a favorisé sa libération ; devenue classe dominante, elle ne peut songer à en répudier l'héritage. Mais toute pensée vise l'universalité : justifier sur le mode universel la possession d'avantages particuliers n'est pas une entreprise facile. Il y a un homme qui a osé assumer systématiquement la particularité, la séparation, l'égoïsme : Sade. C'est à lui que notre première étude est consacrée. Descendant de cette noblesse qui affirmait ses privilèges à coups d'épée, séduit par le rationalisme des philosophes bourgeois, il a tenté entre les attitudes des deux classes une curieuse synthèse. Il a revendiqué sous sa forme la plus extrême l'arbitraire de son bon plaisir et prétendu fonder idéologiquement cette revendication. Il a échoué» écrit-elle dans «Les privilégiés».
Surnommée «The Beaver» ou le castor, par René MAHEU, (1905-1975), professeur de philosophie et sous-directeur général de l’UNESCO, Simone de BEAUVOIR est née à Paris 6ème le 9 janvier 1908. Simone de BEAUVOIR est essentiellement une parisienne, à l’exception de ses cinq années d’enseignante de 1931 à 1936, à Marseille et à Rouen. Son père, Georges Bertrand de BEAUVOIR (1878-1941), est un haut fonctionnaire, puis employé au journal «Le Gaulois». Sa mère, Françoise BRASSEUR (1885-1963) d’un banquier de Verdun, trompée par son père, ne s’est jamais révoltée contre l’ordre bourgeois, prétendant protéger la femme, mais c’est pour mieux l’asservir : «On a donné à la femme des «protecteurs» et s'ils sont revêtus des droits des antiques tuteurs, c'est dans son propre intérêt. Lui interdire de travailler, la maintenir au foyer, c'est la défendre contre elle-même, c'est assurer son bonheur. On a vu sous quels voiles poétiques on dissimulait les charges monotones qui lui incombent : ménage, maternité; en échange de sa liberté on lui a fait cadeau des fallacieux trésors de sa «féminité» écrit-elle dans «le deuxième sexe». La mort à 22 ans, de son amie, Elisabeth LACOIN, dite «Zaza» (1907-1929) que ses parents avaient refusé la liberté de se marier, change son regard sur sa société bourgeoise corsetée.
La rencontre avec Jean-Paul SARTRE (1905-1980) a fait de ce couple mythique et atypique, un pivot essentiel de la vie littéraire et politique des années 1940 à 1970. Leurs engagements politiques à partir de la fin de la Deuxième guerre mondiale font d’eux des intellectuels de gauche existentialistes et anticolonialistes. Simone de BEAUVOIR, comme Jean-Paul SARTRE, ont accepté une relation fondée sur la liberté. Aussi, Simone a aimé les femmes, comme d’autres hommes et a vécu, pendant 17 ans, avec l’américain, Nelson ALGREN (1909-1981).
Dans son ambition littéraire et son souci de rester dans l’Eternité, Simone de BEAUVOIR nous a légués des mémoires en trois volets : «Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon «incarnation» mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années» écrit-elle dans «Mémoires d’une jeune fille rangée». Loin d’être «une jeune fille rangée», Simone de BEAUVOIR, dès sa tendre enfance voulait devenir écrivaine, gagner son indépendance afin de mieux régenter sa vie «Petite fille, toute mon imagination s’employer à anticiper mon destin de femme. Quand j’évoquais mon avenir, je renonçais à avoir des enfants à moi ; ce qui m’importait, c’était de former des esprits et des âmes. Je me ferai professeur, décidai-je. Je ne pensais pas que l’avenir pu me proposer entreprise plus haute que de façonner un être humain. Tel est le sens de ma vocation : adulte, je reprendrai en main mon enfance, et j’en ferai un chef-d’œuvre sans faille. Je me rêvais l’absolu fondement de moi-même et ma propre apothéose. Ainsi, au présent et dans l’avenir, je me flattais de régner, seule, sur ma propre vie» écrit-elle.
Certains éléments de sa jeunesse sont déterminants dans la construction de son itinéraire intellectuel. Simone de BEAUVOIR étant issue d’une bourgeoisie déclassée, la banque de la Meuse son grand-père Pierre BRASSEUR ayant fait faillite et sa famille est obligée de déménager. Simone et sa sœur, Hélène, voient leur condition de vie se dégrader ; elles doivent travailler dur afin de subvenir à leurs besoins. Ce sont des années décisives que Simone de BEAUVOIR raconte dans «la force de l’âge». Celles où s'accomplit sa vocation de devenir écrivaine célèbre, si longtemps rêvée. Dix ans passés à enseigner, à écrire, à voyager sac au dos, à nouer des amitiés, à se passionner pour des idées nouvelles. En effet, la force de l'âge est pleinement atteinte quand la deuxième guerre éclate, en 1939, mettant fin brutalement à dix années de vie merveilleusement libre. «La force des choses», troisième partie de ses mémoires, relate le Paris après la Libération. Vingt et un ans et l'agrégation de philosophie en 1929, de la rencontre avec Jean-Paul SARTRE, «un amour nécessaire», devenue convertie à l’existentialisme, Simone de BEAUVOIR, devenue athée, revendique la doctrine de l’immanence. Les essences n’existent pas. L’individu, refusant tout déterminisme, et attaché à la liberté, forge son destin. «Il faut que l'Homme se retrouve lui-même et se persuade que rien ne peut le sauver de lui-même» écrit Jean-Paul SARTRE, en 1946, dans sa fameuse conférence, «l’existence est un humanisme». En effet, Simone de BEAUVOIR a une vision du monde expliquant le sens profond de son engagement ; elle veut s’assumer dans un monde gouverné par les hommes. L’engagement féministe de Simone de BEAUVOIR puise donc dans l’existentialisme. L’être humain est maître de sa destinée ; ne possédant pas une nature prédéfinie, l’individu construit son essence, son identité, au travers de ses choix et de ses actions. Pour les objets, comme le coupe-papier, l’essence précède l’existence, la fonction précède la fabrication. S’agissant des êtres humains, ce n’est pas l’essence qui précède l’existence ; c’est au contraire, l’existence qui précède l’essence. Dans une démarche athée, l’individu n’ayant pas de Créateur, est libre de choisir son essence. La seule essence de l’Homme c’est sa liberté. Le sens de notre vie est à rechercher dans notre subjectivité, notre existence au monde. L’homme ayant une conscience est de construire son existence, d’être l’inventeur de son destin, la situation à laquelle on veut accéder, d’être écrivain. Quelles que soient les difficultés, les déterminismes sociaux, l’individu n’est pas condamnée à être ce que l’environnement a fait de lui. «L’important n'est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce qu’on fait de ce qu’on a fait de nous» dit Jean-Paul SARTRE. L’être humain n’étant pas un objet, doté d’une conscience, il n’est pas condamné à suivre passivement les fruits de ses déterminations.
L’engagement politique auprès de Jean-Paul SARTRE a conduit également Simone de BEAUVOIR à s’interroger au sort des colonisés, au regard notamment de la torture. En effet, les atrocités de la guerre d’Algérie révulse Simone de BEAUVOIR. Dans cette hiérarchisation des vies, Simone de BEAUVOIR, persuadée de l’égalité des vies, refuse de s’accoutumer ou de rester indifférente à la souffrance des autres. Dans ces différentes guerres coloniales, depuis l’Indochine, c’est la question algérienne qui a le plus touchée Simone de BEAUVOIR. Touchée par l’humiliation des autres, les tortures, elle est persuadée que l’Algérie finira par obtenir son indépendance. Dans cette posture d’une gauche radicale, et devant les attaques des conservateurs, Simone de BEAUVOIR se défend et réplique. Dans la revue, «Les temps modernes» Simone de BEAUVOIR estime que «parler, c’est agir» et fustige dans un article, «la pensée de droite» qui paraîtra par la suite sous forme d’un ouvrage, intitulé «Privilèges». Pour Simone de BEAUVOIR, la pensée de droite était périmée et n'offrait aucun idéal à l'humanité. L’auteure avance aussi que c'est le marxisme qui est la vérité de cette époque ; et la pensée bourgeoise pluraliste et diffuse est une erreur. Par ailleurs, Simone de BEAUVOIR est l’une des signataires du «manifeste des 121», titré «Déclaration sur l’insoumission dans la guerre d’Algérie» et publié dans le Magazine «Vérité-Liberté» du 6 septembre 1960. Ce manifeste recherchant à informer l’opinion publique française et internationale est articulé autour de trois points : le refus de prendre les armes contre le peuple algérien, apporter aide et protection aux Algériens opprimés et la cause des Algériens, contribuant à ruiner le système colonial, est celle de tous les hommes libres.
Finalement, Simone de BEAUVOIR ne veut pas être complice de ces horreurs : «Je ne comprends pas moi-même pourquoi je suis bouleversée à ce point-là. On en arrivera au fascisme, et alors, prison ou exil, ça tournera mal pour Sartre. Mais ce n'est pas la peur qui m'occupe, je suis en deçà, au-delà. Ce que je ne supporte pas, physiquement, c'est cette complicité qu'on m'impose au son des tambours, avec des incendiaires, des tortionnaires, des massacreurs» écrit-elle, le 5 juin 1958, dans son journal. Gisèle HALIMI (1927-2020), une jeune avocate, était venue d'Alger pour assumer la défense de Djamila BOUPACHA, une militante algérienne du FLN accusée d'avoir participé à un attentat à la bombe. Cette jeune Algérienne avait été violemment torturée en prison. C'est la raison pour laquelle Gisèle HALIMI voulait déposer une plainte, mettre en cause les tortionnaires et entamer un nouveau procès. Elle demande un article à Simone de BEAUVOIR qui l'écrit immédiatement «Ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale c'est qu'on s'y habitue. Il semble pourtant impossible que l'opinion demeure indifférente à la tragédie qu'est en train de vivre une jeune fille de vingt-deux ans, Djamila Boupacha. En septembre 1959 une bombe - qu'on désamorça avant qu'elle eût explosé - fut placée à la Brasserie des Facultés d'Alger. Cinq mois plus tard Djamila Boupacha fut arrêtée. Son procès va s'ouvrir le 17 juin ; aucun témoin ne l'a identifiée, il n'existe pas contre elle l'ombre d'une preuve. Pour établir sa culpabilité il fallait des aveux : on les a obtenus. Dans la plainte en séquestration et tortures qu'elle vient de déposer, Djamila les rétracte et elle décrit les conditions dans lesquelles elle les a passés. Un grand nombre de témoins dont elle cite les noms et les adresses sont prêts à confirmer les faits qu'elle rapporte» écrit Simone de BEAUVOIR dans le Monde du 2 juin 1960. La presse américaine s'empare de l'histoire et ainsi l'affaire Djamila BOUCHAPA devient internationale.
Simone de BEAUVOIR, dans son humanisme, a dénoncé de façon magistrale, le triste sort réservé aux personnes âgées dans les sociétés occidentales : «Les vieillards sont-ils des hommes ? À voir la manière dont notre société les traite, il est permis d'en douter. Elle admet qu'ils n'ont ni les mêmes besoins ni les mêmes droits que les autres membres de la collectivité puisqu'elle leur refuse le minimum que ceux-ci jugent nécessaire ; elle les condamne délibérément à la misère, aux taudis, aux infirmités, à la solitude, au désespoir. Pour apaiser sa conscience, ses idéologues ont forgé des mythes, d'ailleurs contradictoires, qui incitent l'adulte à voir dans le vieillard non pas son semblable mais un autre. Il est le Sage vénérable qui domine de très haut ce monde terrestre. Il est un vieux fou qui radote et extravague. Qu'on le situe au-dessus ou en dessous de notre espèce, en tout cas on l'en exile. Mais plutôt que de déguiser la réalité, on estime encore préférable de radicalement l'ignorer : la vieillesse est un secret honteux et un sujet interdit. Quand j'ai dit que j'y consacrais un livre. J'ai voulu décrire en vérité la condition de ces parias et la manière dont ils la vivent, j'ai voulu faire entendre leur voix ; on sera obligé de reconnaître que c'est une voix humaine. On comprendra alors que leur malheureux sort dénonce l'échec de toute notre civilisation : impossible de le concilier avec la morale humaniste que professe la classe dominante» écrit-elle dans «les vieux». Evoquant sa relation avec le cinéaste Claude LANZMANN, alors qu’il avait 27 ans et elle 44 ans, Simone de BEAUVOIR dira «La présence de Lanzmann auprès de moi me délivra de mon âge».
Simone de BEAUVOIR disparaît le 14 avril 1986 à Paris ; elle est enterrée au cimetière de Montparnasse aux côtés de Jean-Paul SARTRE.
Références bibliographiques très sélectives
1 – Contributions de Simone de Beauvoir
BEAUVOIR (Simone, de) «La pensée de droite aujourd’hui», Les temps modernes, avril-mai 1954, n°112-113 pages 1539-1575 et juin-juillet 1954, n°114-115, pages 2219-2276 ;
BEAUVOIR (Simone, de) «Pour Djamila Bouchapa», Le Monde, du 2 juin 1960 ;
BEAUVOIR (Simone, de), HALIMI (Gisèle), Djamila Boupacha, Paris, 1962, Gallimard, 1962, 304 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), L’Amérique au jour le jour, 1947, avant-propos Philippe Raynaud, Paris, Gallimard, Folio n°2943, 1954 et 1997, 560 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), La cérémonie des adieux, suivies d’entretiens avec Jean-Paul Sartre (août-septembre 1974), Paris, Gallimard, Folio n°1805, 640 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), La force de l’âge, Paris, Gallimard, collection Folio n°1782, 1960 et 1986, 704 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), La force des choses, Paris, Gallimard, collection Blanche, 1963, 688 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), La vieillesse, Paris, Gallimard, collection Blanche, 1970, 608 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), Les Mandarins, Paris, Gallimard, 1954, 594 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), Mémoires d’une jeune fille rangée, Paris, Gallimard, collection Folio n°758, 1958 et 2008, 480 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), Privilèges, Paris, Gallimard, collection Essais, 1955, 280 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), Tous les hommes sont mortels, Paris, Gallimard, Folio, 1946 et 1974, 533 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), Tout compte fait, Paris, Gallimard, collection Blanche, 1972 516 pages ;
BEAUVOIR (Simone, de), Une mort très douce, Paris, Gallimard, collection Blanche, 1964, 168 pages.
2 – Critiques de Simone de Beauvoir
BIEBER (Conrad, F.), Simone de Beauvoir, Boston, Twaine Publishers, 1979, 198, pages ;
BONI (Tanella), Simone de Beauvoir et la question de l’autre, Master I, Abidjan, université Félix Houphouët-Boigny, 8 juin 2020, 16 pages ;
COSTA-PRADES (Bernadette), Simone de Beauvoir, Paris, Libreto, 2014, 118 pages ;
FRANCIS (Claude) GONTIER (Fernande), Simone de Beauvoir, Paris, Perrin, 1985, 415 pages ;
GAGNEBIN (Laurent), Simone de Beauvoir ou le refus de l’indifférence, Paris, éditions Fischabacher, 1968, 192 pages ;
GALTIER (Ingrid), «Relire Beauvoir, le deuxième sexe, dix ans après», Sens Public, 2013, vol 10, pages 1-20 ;
GENNARI (Geneviève), Simone de Beauvoir, Paris, éditions universitaires, 1963, 138 pages ;
KAIL (Michel), «Simone de Beauvoir et la pensée de droite. Philosophie et militantisme», Cahiers de l’association internationale des études françaises, 2009, n°61, pages 133-148 ;
KHAN MOHAMMADI (Fatémeh), Simone de Beauvoir écrivain engagé, thèse sous la direction de Guy Borelli, université de Nancy II, 4 février 2003, 386 pages ;
MOI (Toril), Simone de Beauvoir. Conflits d’une intellectuelle, traduit de l’anglais par Guillemette Belleteste, préface de Pierre Bourdieu, Paris, Diderot éditeur, 1995, 469 pages ;
RENAULT (Matthieu), «Le genre de la race : Fanon, lecteur de Beauvoir», Actuel Marx, 2014, vol 1, n°55, pages 36-48 ;
SCHWARER (Alice), Simone de Beauvoir : six entretiens aujourd’hui, Paris, Mercure de France, 1984, 138 pages ;
SIMONS (Margaret, A), «Richard Wright, Simone de Beauvoir et le Deuxième sexe», traduction de Marine Rouch, Simone de Beauvoir Studies, 14 décembre 2020, vol 31 ;
VALLEE (Nathalie), Les représentations et les pratiques de la lecture chez un écrivain : Simone de Beauvoir, sous la direction de Martine Poulain, Villeurbanne, école nationale supérieure des bibliothèques, 1986,  51 pages.
Paris, le 27 février 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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20 février 2022 7 20 /02 /février /2022 17:43
«Eleanor ROOSEVELT (1884-1962), Première Dame, humaniste, sa flamme a réchauffé le monde» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Eleanor ROOSEVELT n’était pas seulement que la Première Dame des Etats-Unis, en des temps troublés, pendant la Deuxième guerre mondiale, elle était bien plus que cela. Animée de convictions profondes et sincères, anticonformiste, particulièrement attachée à liberté et à l’égalité, et portant une grande attention aux minorités, pour le droits des votes des femmes et la promotion des Noirs, Eleanor ROOSEVELT est d’une grande compassion à l’égard des plus démunis. Elle est aussi l’un des architectes majeurs de l’Etat de providence. Présidente de la Commission des Nations Unies des droits de l’Homme depuis 1947, Eleanor ROOSEVELT, aux côtés de René CASSIN (1887-1976), un juriste et diplomate français, est l’une des grandes militantes à la base de la Déclaration universelle des droits de l’Homme du 10 décembre 1948. «Eleanor Roosevelt joua un rôle de premier plan, dès la naissance des Nations unies, car plus que quiconque, elle portait en elle l’idéal de tous les peuples» écrit en 1963, U THANT (1909-1974), secrétaire général des Nations unies.
Eleanor ROOSEVELT a pourtant surmonté des épreuves douloureuses dans sa vie personnelles. Née le 11 octobre 1884, à Manhattan, son père, Elliott ROOSEVELT (1860-1894) appartient à une haute aristocratie protestante New yorkaise, mais meurt très tôt, d’alcoolisme et de drogue, à la suite d’une crise de delirium tremens. En effet, à la mort de sa mère d’une grande beauté, Anna Rebecca HALL (1863-1892),  à l’âge de 29 ans de diphtérie, son second fils disparaîtra prématurément. «Ma mère était troublée par mon absence de beauté et je le savais car, à cet âge, les enfants ressentent ce genre de choses» écrit Eleanor ROOSEVELT dans ses mémoires. Eleanor ROOSEVELT élevée, par sa grand-mère maternelle, Marie Ludlow HALL (1843-1919) à Tivoli, à New York. Eleanor étudie, de 1899 à 1902, dans un pensionnat, à Allenswood, près de Londres, une institution dirigée par une anglaise, Mme Marie SOUVESTRE (1835-1905), une anglaise de souche bretonne et féministe. Dans ce pensionnat, elle apprend l’indépendance d’esprit, la curiosité intellectuelle, le goût des voyages, de la langue française, mais aussi la défense des minorités, comme les femmes. Eleanor gagne en estime de soi et en confiance, et s’affirme davantage. Elle a deux frères, Elliot Jr (1889-1893) et Hall (1891-1941) et un demi-frère, né d’une relation extraconjugale, Elliot et mort en 1941. Son oncle, Theodore ROOSEVELT (1858-1919), a été président des États-Unis de 1901 à 1909.
Eleanor ROOSEVELT se marie, le 17 mars 1905 à un cousin éloigné, Franklin Delano ROOSEVELT (1882-1945), diplômé de Harvard, un homme ambitieux et intelligent. Le couple habite dans un premier chez la belle-mère, Sara Delano ROOSEVELT (1854-1941), une femme autoritaire et écrasante. En 1911, quand Franklin ROOSEVELT est élu sénateur de l’Etat de New et que la famille, a déménagé, Eleanor reprit confiance en elle et s’affirma davantage. A partir de 1913, Franklin ROOSEVELT est nommé Secrétaire d’Etat adjoint à la Marine, à Washington. Il sera élu président des États-Unis du 4 mars 1933 au 12 avril 1945. Un quatrième mandat qu'il n'achèvera pas. Le couple aura six enfants en l'espace de dix ans. «Je pense, écrira Eleanor, que je correspondais tout à fait au modèle de la jeune femme de la bonne société de l’époque, assez conventionnelle, effacée, destinée à n’être qu’une mère de famille» dit-elle en 1933.
Au départ, timide et mélancolique, d’un physique peu avenant, Eleanor ROOSEVELT, une femme tenace et intelligente, devient active et particulièrement influente au Parti démocrate. En 1918, en fouillant dans les affaires de son mari de retour d’un voyage en Europe, Eleanor découvre qu’il la trompait avec Lucy MERCER (1891-1948), puis avec sa secrétaire privée, Marguerite ALICE dite Miss LEHAND (1898-944) et bien d’autres. Le président ROOSEVELT meurt le 12 avril 1945, aux côtés de sa maîtresse Lucy MERCER. Jusqu’ici femme effacée et mondaine, Eleanor connaît une transformation profonde «Le monde dans lequel je vivais s’écroula. Cette année-là, je suis vraiment devenue adulte» écrit-elle. Atteint de poliomyélite, à partir de 1932 Franklin Delano ROOSEVELT, sera invalide le reste de sa vie. Les femmes obtiennent le droit de vote en 1919, Eleanor, à la demande de Narcissa VANDERLIP, présidente de la Ligue des électrices de New York, s’engage davantage dans les mouvements féministes. Eleanor ROOSEVELT trouvera d’autres compensations, à travers des amours féminines, notamment avec Lorena ALICE HICKOK (1893-1968), une journaliste qui l’aidera à organiser une communication efficace des actions politiques au service de son mari. Le couple avait échangé plus de 2000 correspondances, parfois enflammées «Je me souviens plus clairement de vos yeux et de cette sorte de sourire taquin qu’on peut y lire, et du contact contre mes lèvres, de cette douce petite tache au coin nord-est de votre bouche» écrit Lorena à Eleanor. En effet, Eleanor ROOSEVELT rompt la tradition par ses conférences de presse, sa participation à des émissions de radio et par ses articles écrits librement dans le quotidien «My Day».
Prête à briser tous les tabous, menant une vie autonome, au risque de choquer, libérale de gauche, engagée politiquement, réinventant la fonction d'épouse de président des Etats-Unis, Eleanor ROOSEVELT n'a cessé de revendiquer la liberté de ses choix et de ses opinions, tout en prenant soin de ne jamais nuire à son mari de Président. Aussi, elle s’engage, tous azimuts, dans différents combats en faveur des femmes, pour la conquête ou la conservation du pouvoir, pour l’égalité question de races et de classes, de justice, de sécurité économique, les droits de l’homme, mais aussi pour la paix. Eleanor ROOSEVELT avait donc l’habitude de représenter son mari dans différentes cérémonies, tout en défendant les intérêts du Président. Le credo de Eleanor ROOSEVELT, une femme d’influence, est de servir les intérêts de son mari : «Il y aurait long à dire sur la vie passée et présente de cette femme extraordinaire. Laide, et le sachant. Eleanor Roosevelt grandit avec le sentiment qu'elle devait plus au monde qu'il ne lui devait, et bien qu'elle ait gagné en confiance en elle-même, elle a gardé jusqu'à ce jour cette même humilité. Son intérêt dévorant pour l'être humain et pour la vie américaine a dégelé sa timidité foncière et c'est le besoin de porter elle-même son message de réconfort et de foi aux autres qui lui fait mener cette vie trépidante» écrit, dans «Le Monde» du 2 mars 1940, Jean-Paul CRESPELLE un article intitulé «Le premier agent de propagande du président Roosevelt, sa femme, Eleanor Roosevelt». Cependant, et en toutes circonstances, le président ROOSEVELT est resté maître de sa décision «Mon mari prend ses propres décisions. Nous discutons beaucoup ensemble, et quelquefois je m’oppose à lui, mais il décide toujours tout seul» dit Eleanor ROOSEVELT.
Eleanor ROOSEVELT, animée d’une grande compassion, est une femme de son temps. «Les grands esprits discutent des idées ; les esprits moyens discutent des événements ; et les petits esprits des gens» disait-elle. Ainsi, elle a été sensible au sort des défavorisés et à leur souffrance, notamment pendant la Grande dépression, en mettant en place diverses actions de secours. Femme énergique, dynamique, Eleanor ROOSEVELT est curieuse de tout et des autres «A la naissance d’un enfant, si sa mère demandait à sa bonne fée de le doter d’un cadeau le plus utile pour lui, ce cadeau serait la curiosité» dit-elle. Antiraciste résolue, Eleanor ROOSEVELT a soutenu Marian ANDERSON, une contralto noire, que les «Filles de la révolution américaine» avaient interdite de chanter au «Constitutional Hall». En pleine ségrégation raciale, Eleanor ROOSEVELT organise, pour Marian ANDERSON, un concert mixte, de 75000 participants. «L’idée de la supériorité d’une race sur une autre doit disparaître dans notre pays», écrit-elle plus tard, le 30 avril 1945. Le concert géant au Memorial de Lincoln a préfiguré le «I Have a Dream» de Martin Luther KING, en 1963 et Marian ANDERSON viendra y chanter. «Personne ne peut vous diminuer sans que vous y consentiez» disait Eleanor ROOSEVELT.
Un des grands exploits d’Eleanor ROOSEVELT, bien implantée au sein du Parti démocrate, est d’avoir retourné, durablement, en faveur son parti et pour le compte de son mari, le vote des Noirs. Le président Franklin ROOSEVELT, élu en 1932, en pleine Grande dépression, promettait seulement la reprise économique, et l’aide aux démunis. Cependant, les communautés avaient, initialement, voté, dans leur grande majorité, par le républicain Herbert HOOVER, le président sortant. En effet, traditionnellement les communautés noires avaient jusqu’ici voté par le parti républicain en raison du geste d’Abraham LINCOLN, qui avait aboli l’esclavage. Le parti démocrate, quant à lui, était resté dominé par la partie sudiste, conservatrice et ayant mis en place des lois ségrégationnistes. Franklin ROOSEVELT, ne s’occupant que des conséquences économiques désastreuses de la crise économique de 1929, ne remettait pas en cause, le système ségrégationniste, et n’a pas pris de mesures spéciales en faveur des Noirs. «Depuis trois siècles, le racisme contaminait la conscience nationale tout comme le corps politique. […] La majorité des Américains blancs ne voulaient aucun changement dans les relations raciales. Ils ne souhaitaient ni la déségrégation ni l’égalité des chances pour les Noirs» écrit Harvard SITKOFF. En fait, c’est au scrutin de mi-mandat, en 1934, Eleanor ROOSEVELT a réussi à mettre en place la politique de la «New Deal», (Etat de providence). En ces temps de crise économique, il semble que ce soient les aides apportées par le New Deal qui emportèrent l’adhésion de la population noire. Ainsi, si les Afro-Américains bénéficièrent du «New Deal», c’est davantage en tant que catégorie socio-économique défavorisée qu’en tant que minorité raciale. La situation des afro-américains en 1945 différait peu de ce qu’elle était avant l’arrivée de Franklin ROOSEVELT au pouvoir en 1933. Dans le Nord, les Afro-Américains étaient cantonnés à des métiers pénibles et mal payés ; ils vivaient, pour la plupart, dans des ghettos. Dans le Sud, la ségrégation raciale était toujours inscrite dans la loi. Eleanor est à la base en 1936 de l’abolition de la «Poll Tax», l’impôt que devait payer les Noirs pour voter.
Eleanor ROOSEVELT est de la Gauche radicale et avait même été mise en cause ses bonnes relations avec Alger HISS (1904-996), un fonctionnaire d’Etat américain accusé d’espionnage pour l’URSS. Pour elle, le racisme aux Etats-Unis et le fascisme en Europe sont les deux facettes d’une même essence. Les Etats du Sud l’accusent de mener des activités «antiaméricaines» et d’être communiste. Eleanor ne se déclarait ni socialiste, ni social-démocrate, mais une «communiste utopique». Eleanor ROOSEVELT était également amie de Joseph P. LASH (1909-1987) un journaliste et militant américain. Pendant, la guerre civile en Espagne, Eleanor ROOSEVELT, avec divers mouvements de jeunesses appelle à soutenir les républicains espagnols contre FRANCO. Son analyse du fascisme, un adversaire radical de la liberté a été visionnaire. Elle aide des Etats-Unis, un pays isolationniste, à s’engager dans la Seconde guerre mondiale. «Il n’est pas de compromis au monde qui puisse mettre fin au conflit actuel. Il n’y a jamais eu, et, il n’y aura jamais, de compromis entre le Bien et le Mal. Seule la victoire totale peut récompenser les défenseurs de la tolérance, du bien, de la liberté et la foi» finira par dire, après une longue hésitation, Franklin D. ROOSEVELT. 
Anna Eleanor ROOSEVELT disparaît le 7 novembre 1962, soit il y a de cela 60 ans ; elle est enterrée à Hyde Park aux côtés de son mari. Au pied du monument qui lui est dédié, à New York, et inauguré en 1996, par Hillary CLINTON, il est inscrit : «Sa flamme a réchauffé le monde» (Her Glow has Warmed the World). Eleanor ROOSEVELT avait six enfants : Anna (1906-1975), James (1907-1991), Franklin Jr (1909-1909), Elliott (1910-1990) Franklin Jr (1914-1988) et John (1916-1981). Les hommages sont unanimes, Eleanor ROOSEVELT étant devenue «l’objet d’un respect quasi universel, une des femmes les plus estimées du monde» écrit le New York Times. En effet, Eleanor ROOSEVELT a toujours rêvé d’une monde plus juste et plus fraternel : «Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves» disait-elle. Dans son humanisme et l’intérêt portés aux déshérites, «Eleanor Roosevelt ne se contentait pas de communiquer avec les opprimés et les exploités du monde, elle s’identifiait à eux. Quand elle parlait de droits et de libertés, elle n’évoquait pas de purs principes, mais un exercice réel de ces droits et libertés, et un mode de vie» écrit U THANT. Eleanor ROOSEVELT reçoit, à titre posthume, en 1968, le Prix des Nations Unies des droits de l’Homme.
Références bibliographiques très sommaires,
1 – Contributions d’Eleanor Roosevelt
ROOSEVELT (Eleanor), Courage in a Dangerous World, Allida M. Black éditeur, New York Columbia University Press, 1999, 362 pages ;
ROOSEVELT (Eleanor), Ma vie, traduction de Yvette Roudy, Paris, éditions Gonthier, 1965, 285 pages ;
ROOSEVELT (Eleanor), This I Remember, New York, Harper and Brothers, 1949, 387 pages.
2 – Critiques d’Eleanor Roosevelt
BACHARAN (Nicole) SIMONNET (Dominique), «Eleanor Roosevelt, la militante», First Ladies, 2020, pages 183-218 ;
BEATA (Robien, de), Les passions d’une présidente, Eleanor Roosevelt, Paris, Perrin, 2000,  335 pages ;
CRESPELLE (Jean-Paul), «Le premier agent de propagande du président Roosevelt, sa femme, Eleanor Roosevelt», Le Monde, 2 mars 1940, n°4.282, page 8 ;
CURIE (Fabien), «Eleanor Roosevelt et les Afro-Américains : une nouvelle donne ?», Hal, archives ouvertes, 2014, pages 129-152 ;
KIEJMAN (Claude-Catherine), «Eleanor Roosevelt, First Lady of the World», Revue des Deux-Mondes, juillet-août 2017, pages 78-92 ;
KIEJMAN (Claude-Catherine), Eleanor Roosevelt, First Lady et rebelle, Paris, Tallandier, 2012, 256 pages ;
KNAPP SWAYER (Kem), Eleanor Roosevelt. A photographic Story of a Life, Dorling Kindersley Publishing, 2006, 128 pages ;
ROBINSON (Greg), «Eleanor Roosevelt, à Montréal, les droits de l’Homme et l’internationalisme durant la Seconde Guerre mondiale», Bulletin d’histoire politique, 2018,  vol. 30, n°3, pages 19-33 ;
SITKOFF (Harvard), A New Deal for Blacks : The Emergence of Civil Rights as a National Issue. The Depression Decade, New York, Oxford University Press, 1981, 330 pages ;
U THANT (Maha, Tray, Sithu) «Eleanor Roosevelt, une vie tout entière vouée à la lutte pour les droits universels», Le Courrier de l’Unesco, 1963, Vol XVI, n°12, page 15 ;
WOLTERS (Raymond), Negroes and the Great Depression : The Problem of Economic Recovery, Westport, Greenwood Publishing, 1970, 398 pages ;
Paris, le 16 février 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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28 décembre 2021 2 28 /12 /décembre /2021 16:01
«Virginia WOOLF (1882-1941) écrivaine socialiste de la modernité, du féminisme et du monologue intérieur, une Gloire littéraire mondiale» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
80 ans après sa disparition, écrivaine mythique, critique littéraire, géniale et tragique, reconnue comme la plus prolifique et la plus inventive, Virginia WOOLF est l’auteure d’essais, de correspondances, d’un journal de 26 volumes et des biographies. «Le temps est le seul critique dont l’autorité soit indiscutable. Il réduit à néant des gloires qui avaient paru solides ; il confirme des réputations que l’on avait pu croire fragiles. Un quart de siècle après sa mort, Virginia Woolf garde sa place dans l’histoire littéraire et ses lecteurs. Ses œuvres complètes se trouvent dans toutes les librairies britanniques. Son influence est reconnue bien au-delà des frontières de son pays», écrit l’académicien André MAUROIS (1885-1967). Grande féministe, la création littéraire de Virginia WOOLF est enveloppée d’une «atmosphère subtile. Elle foisonne en sensations fraiches et rares à la fois. Elle nous dévoile une imagination dont les plus prompts élans intuitifs s’associent toujours à des perceptions d’un raffinement extrême» écrit Floris DELATTRE (1880-1950). Virginia WOOLF qualifiée par Nathalie SARRAUTE de «visionnaire du Maintenant», est comparée à une étoile qui dansait «Si l’in s’arrête à considérer l’œuvre de Virginia Woolf, sa légèreté, sa densité claire et jusqu’aux pulsations irisées d’un style qui fait penser, tour à tour ce qui traverse et à ce qui est traversé, à la lumière et au cristal, on en vient à dire que cette femme, si singulièrement subtile, naquit peut-être à la minute précise où une étoile se prenait à penser» écrit Marguerite YOURCENAR (1903-1987), dans sa préface sur «Les vagues». Maîtresse de la prose anglaise traditionnelle et nouvelle, pour Virginia WOOLF, la vie est un tout, l’Unité dans la diversité. «Virginia Woolf, je la classerai avec les peintres, elle en est un, et des plus accomplis» écrit Jacques-Emile BLANCHE (1861-1942). La contribution littéraire de Virginia WOOLF est dominée par le monologue intérieur, des voix polyphoniques, le féminisme, la recherche du temps perdu, la folie et l’engagement socialiste. «Il est faux, pensait Virginia Woolf, qu’un caractère soit un objet à décrire de l’extérieur. Un esprit n’est autre chose que le cours continu des images et des souvenirs. Si un romancier veut être vrai, il import qu’il soit fidèle à ces images glissantes. Ainsi les réflexions de Virginia Woolf  sur le spectacle de la vie et sur les œuvres du passé, la conduisaient vers une esthétique impressionniste. Virginia Woolf, elle, dépasse l’impressionnisme par cette vision de la beauté et de la grandeur de la vie considérée dans ses actes les plus simples » écrit André MAUROIS. Célèbre pour son écriture expérimentale et sa technique du flux de conscience, son style tantôt fragmenté, tantôt fluide, brise le plus souvent la linéarité du récit par l'absence de séquence, la rupture et l'inversion, dans son désir de rendre compte de la complexité du réel. Son ambition littéraire est «d’écrire quelque chose dont les gens se souviennent quand ils sont seuls» dit-elle.
Au début du XXème siècle, la nouvelle génération d’intellectuels vit encore claustrée dans sa tour d’ivoire, et prisonnière de vieux schémas conservateurs, dans un monde en pleine mutation (Guerres, colonialisme, destruction de sa maison, la Hogarth Press pendant les bombardements de Londres, menaces pesant sur son mari, Léonard WOOLF, un Juif). Dans leur mauvaise conscience, ces écrivains constatent que le monde dans lequel ils vivent est édifié autour de graves injustices, mais refusent de le condamner. «Virginia Woolf, une des femmes écrivains les plus marquants de l’Angleterre, est aussi l’une de celles dont l’œuvre manifeste plus de rébellion la plus résolue de contre la littérature qui l’a précédée ; un besoin d’indépendance critique, d’abattre les barrières des habitudes reçues ; de ne point abdiquer devant le passé, de le regarder en face, de renoncer à ce qu’il contient de révolu» écrit, en 1932, Floris DELATTRE.
Virginia WOOLF marque aussi les mémoires pour son humour intelligent, son engagement pacifiste, et surtout son modernisme. «Aucune époque n’a été plus riche que la nôtre en écrivains qui sont résolus à exprimer les différences qui les séparent du passé, et non pas les ressemblances qui s’y rattachent» écrit Virginia WOOLF. Aussi, la contribution littéraire de l’auteure se manifeste par une rupture par rapport à l’Angleterre conservatrice victorienne, entre 1837-1890, et edwardienne. Virginia WOOLF, une Socialiste, croit au rôle social de l’artiste. Pour elle, les écrivains classiques de l’ère victorienne, issus de la Gentry, ne méprisaient pas les autres classes sociales, mais ne les connaissaient pas vraiment. En vivant claustrés dans leur tour d’ivoire de stuc et d’or, ils ne voulaient pas, dans leur contribution littéraire, s’ouvrir aux autres : «La littérature n’est pas propriété privée ; la littérature est domaine public. Elle n’est pas partagée entre les nations ; là, il n’y a pas de guerre. Passons librement et sans crainte et trouvons notre chemin tout seuls. Un écrivain, plus qu’aucun autre artiste, a besoin d’être critique, parce que les mots sont si ordinaires, si familiers qu’il doit les tamiser, les passer au crible, s’il veut qu’ils durent. Écrivez tous les jours, écrivez librement ; mais comparons toujours ce que nous avons écrit avec ce que les grands écrivains ont écrit. C’est humiliant mais c’est essentiel. […] Nous n’avons pas besoin d’attendre la fin de la guerre. Nous pouvons commencer dès maintenant» écrit-il dans «la tour penchée» un extrait de l’art du roman. Jean-Paul SARTRE estime que le roman devrait être nécessairement engagé, et Céline prétend que le moi et le langue parlé sont les ingrédients de la création littéraire. Libérale et regrettant l’âge d’or de la poésie, et en moderniste, Virginia WOOLF estime que «le roman est la forme d’art qui demande le moins de concentration» et privilégie l’élément psychologique. Le style de Virginia WOOLF, dans sa modernité, ayant été décrit comme obscur ou difficile à suivre, son mari et biographe, est venu à son secours «La plupart des gens prétendent que la littérature ultramoderne se distingue par son obscurité, et nul ne saurait être plus sensé, ni plus clair : somme toute, la difficulté qu’éprouve le lecteur provient de ce qu’il est inhabituel à suivre les transitions de pensée de l’auteure. Tout artiste, tout auteur original a, en son temps, déconcerté le public. Mais cela ne dure qu’un temps, juste assez pour que leur rébellion, plus ou moins audacieuse contre la tradition, soit comprise, excusée, approuvée» écrit Léonard WOOLF.
Adeline, Virginia, Alexandra STEPHEN est née le 25 janvier 1882 à Londres, au 22 Hyde Park, dans le quartier de Kensington. Sa mère, Julia Prinsep JACKSON DUCKWORTH (1846-1895), une famille d’éditeurs, est belle, froide, efficace, «l’Ange du foyer» écrit Virginia WOOLF ; elle doit à sa mère sa délicatesse naturelle, le charme et le raffinement de son esprit. Son père, Sir Leslie STEPHEN (1832-1904), critique littéraire, rédacteur du «Dictionary of National Biography», un dictionnaire biographique des grands hommes, entré d’abord dans les ordres, pour devenir un libéral, est l’un des piliers de l’université de Cambridge. Sir Leslie STEPHEN, d’une distinction absolue, mais sourd, «c’était un de ces vieux gentleman victoriens d’une exquise amabilité et d’une élégance physique et mentale exceptionnelle, toutes les souffrances du monde avaient marqué son visage de rides d’une indiscutable noblesse» écrit Léonard WOOLF, dans «Ma vie avec Virginia». Sir Leslie connaît de grands hommes, comme Thomas HARDY (1840-1928) écrivain naturaliste, Henry JAMES (1843-1916) écrivain du réalisme, Edmund GOSSE (1849-1928), traducteur et critique littéraire et Thomas CARLYLE (1795-1881), auteur des «Héros» et un sage de l’ère victorienne.
Au carrefour de plusieurs influences ou courants culturels, britanniques comme français «son roman est un mélange d’impressionnisme et d’intellectualisme. L’inconscient psychologique pourrait y constituer le thème central du roman de Virginia Woolf : la clarté de son esprit, et la finesse exquise de sa culture, y frappe d’abord au premier» écrit Floris DELATTRE. Son père, issu de l’aristocratie victorienne, penseur indépendant, était d’abord marié à Harriet morte en 1875, la fille du romancier William MAKEPEACE THAKERAY (1811-1863). L’auteure doit à son père le goût du labeur intellectuel. Sa mère, Julia, veuve très jeune, avait déjà trois enfants de son précédent mariage avec Herbert DUCKWORTH : George (1868-1934), Stella (1869-1897) et Gerald (1870-1937). Ses deux parents, Julia et Leslie. Remariée à Sir Leslie, en 1878, ils auront ensemble quatre enfants : Thoby (1880-1906), Virginia (1882-1941) et Adrian (1883-1948). L’éducation entière de Virginia a été faite à la maison, et s’intéresse notamment à Sir Thomas BROWN (1605-1662), Michel de MONTAIGNE (1533-592) auteur des «Essais», Léon TOLSTOI (1828-1910), Jane AUSTIN (1775-1817), George ELIOT (1819-1880), romancière, et les sœurs Brontë, Charlotte et Emilie.
En 1927, «Promenade au Phare», «voyage au phare», «vers le phare» ou «To the Light House», est le roman de l’âge de l’innocence, le plus autobiographique, sans doute le meilleur de Virginia WOOLF. Ce roman, un chant d’amour, de joie, de solitude et d’angoisse, fait écho au livre d’Edith WHARTON (1862-1937), «The Age of Innocence», de 1920, Prix Pulitzer aux Etats-Unis, en 1921, et publié maintenant en 2019, à Paris, les éditions Belles Lettres, sous le titre de «L’âge de l’innocence», une brillante peinture de la haute bourgeoise new-yorkaise du XIXème siècle, avec ses conventions, sa morale et ses codes rigides, et son étouffante atmosphère de caste. Occupée à réprimer durement tout ce qui pourrait troubler son entre-soi, cette société de caste réprime durement toute tentative de révolte ou d’innovation. Edith WHARTON avait pour mentor, Henry JAMES, un ami au père de l’auteure. Virginia WOOLF se penche sur les souvenirs heureux de son enfance concentrés sur la période 1910 et 1920, en évoquant les vacances avec sa famille aux Cornouailles. «Je suis bien résolue à entreprendre «La promenade au Phare». Ce sera assez court. Rien ne manquera au caractère de Père. Il y aura aussi Mère, St Ives  où, petite fille, passa des vacances qui furent peut-être les plus heureux moments de sa vie, l'enfance et toutes les choses habituelles que j'essaie d'inclure, la vie, la mort. Mais le centre, c'est l'image de Père, assis dans un bateau et déclamant «Nous pérîmes chacun tout seul» écrit, le 14 mai 1925, Virginia WOOLF dans son journal. En effet, le personnage de M. RAMSAY, un professeur d’épistémologie, rappelle bien le père, Sir Leslie, une figure tyrannique, tant redoutée qu’adorée ; «cet égoïste, ce cuistre tout occupé de savoir» écrit Jacques-Emile BLANCHE. «Il est évident que Virginia s’est inspirée de son père pour créer le personnage de Mrs Ramsay. Il ne s’agit pas de la simple transposition d’une personne réelle en personnage de fiction, Virginia l’a sublimé, l’œuvre d’art n’est pas une photo. Mais on peut faire tout de même quelques rapprochements. Sir Leslie Stephen a été parfois difficile à vivre pour sa famille, ses filles, Vanessa, en particulier. Elles ont mal vécu son autorité, sa sentimentalité, mais elles ont été déloyales à son égard après sa mort», écrit Léonard WOOLF, dans «Ma vie avec Virginia». Ce roman est qualifié par Virginia, dans son journal, de «livre dur et musclé». Le père, philosophe de métier, mais apparemment peu talentueux, trouve à contrarier son fils, James, de six ans, espérant une promenade au phare. «S’il fait beau» dit la mère. «Mais, il ne fera pas beau» retorque, sèchement, Mr RAMSAY, et son épouse accepte, sans discuter, ce diktat.
Dans ce roman, Virginia WOOLF décrit ainsi Mr RAMSAY «Il est mesquin, égoïste, vain, incapable de sortir de lui-même ; c'est un tyran». Le père, qualifié de patriarche despotique, campé dans ses certitudes, est un puritain, acariâtre, brutal, capricieux, exigeant, tellement autoritaire que Virginia écrira, dans son «Journal» : «Si mon père était resté en vie, je n’aurais jamais écrit autant de romans et d’essais ; il n’avait aucune sensibilité à la peinture, pas d’oreille, aucun sens de la musique des mots ; la nature l’avait doué d’une grande vigueur animale, mais avait négligé de l’équiper d’un cerveau».
En revanche, «Promenade au phare», une immense cathédrale d’Amour élevée à la gloire et à la mémoire de sa mère morte, alors que Virginia était encore très jeune, est une thérapie et un deuil. Virginia sentait sa présence, sa voix et voulait l’immortaliser. En effet, sa mère, incarnée par Mrs RAMSAY, est l’archétype de la femme attachée aux valeurs traditionnelles, dévouée, pleine de beauté intérieure, mais idéalisée parce que morte quand Virginia WOOLF n’avait que treize ans. En effet, Mrs RAMSAY, attachée aux valeurs conservatrices de l’ère victorienne, est vénérée par les hommes parce qu'ils voient en elle le symbole de la femme belle et féconde, se contente d'une grande condescendance à leur égard : «Elle prend toujours les hommes en pitié comme s'ils avaient manqué de quelque chose, et les femmes jamais» écrit Virginia WOOLF. Devant subir leurs humeurs et leurs demandes, chercher à leur plaire et les réconforter, Mrs RAMSAY peut émettre une plainte implicite contre le rôle qu'elle tient pourtant à jouer : «Elle est femme et, en conséquence, on vient naturellement la trouver toute la journée, tantôt pour une chose et tantôt pour une autre» écrit-elle.
Le personnage de Lily BRISCOE, une artiste indépendante, rappelle bien sa sœur, Vanessa BELL, une peintre. Au passage, Virginia WOOLF dénonce la misogynie du père «Il laisse entendre que le cerveau masculin conserve sa grandeur même dans sa déchéance ; que toutes les femmes doivent rester dans l'ombre des travaux de leurs maris. (…) Les femmes sont incapables de peindre ; les femmes sont incapables d'écrire» dit le personnage de Charles Tansley. Par l’art, James ira au phare, dix ans après, une tour nue et droite, sur un rocher désolé ; il est déçu, ce n’était pas le phare argenté et brumeux fantasmé durant son enfance. Un personnage du roman «se demande : Pourquoi vivons-nous? Pourquoi se donner tant de mal pour que la race humaine continue à exister? Est-ce tellement désirable ? Sommes-nous attirants en tant qu'espèce?» s’interroge William BLAKE au cours d’une conversation avec Mrs RAMSAY. Lily peint de visage de Mrs RAMSAY ; c’est le temps retrouvé, digne de Marcel PROUST. Le personnage de Lily BRISCO,  par son activité picturale, s'interroge sur la nature de Ia création artistique, sur la difficulté de créer, sur le rôle de l'art. Son travail lui permet d'explorer en profondeur la mémoire, de faire revenir le passé, de retenir les heures qui passent, de saisir dans sa miraculeuse spontanéité «un moment d'être», d'essayer de «faire de l'instant présent quelque chose de permanent », de lutter contre le Chaos, de vaincre la mort. Car l’art est ce qui accomplit, qui permet à toutes les choses de trouver leur parfait achèvement. La peinture est un moment d’éternité «Rien ne dure ; tout change ; mais pas les mots, pas la peinture», dit Lily BRISCO.
Dans «Promenade au phare», l’action se passe dans une maison des Hébrides, au sud de la mer d’Ecosse, rappelant en bien des points la maison de Saint Ives, en Cornouailles, où le clan des STEPHEN allait séjourner durant les vacances d’été. Une soirée d'été sur une île au large de l'Écosse. Pôle de convergence des regards et des pensées, Mrs Ramsay exerce sur famille et amis un pouvoir de séduction quasi irrésistible. Un enfant rêve d'aller au Phare. L'expédition aura lieu un beau matin d'été, dix ans plus tard. Entretemps, mort et violence envahissent l'espace du récit. Au bouleversement de la famille Ramsay répond le chaos de la Première Guerre mondiale. La paix revenue, il ne reste plus aux survivants désemparés, désunis, qu'à reconstruire sur les ruines. Des bonheurs et des déchirements de son enfance, Virginia WOOLF a fait la trame d'une œuvre poétique, lumineuse et poignante qui dit encore le long tourment de l'écriture et la brièveté de ses joies : visions fragiles, illuminations fugaces, «allumettes craquées à l'improviste dans le noir». Poétesse et romancière de la psychologie, Virginia WOOLF incarne bien la modernité : «Je pense vaguement à inventer pour mes livres un nouveau terme, que je substituerai à «roman». Un nouveau… de Virginia Woolf. Mais quoi ? Une nouvelle élégie ?» écrit Virginia WOOLF dans son journal du 27 juin 1925. Ce roman et suivant Max-Pol FOUCHET, pose cette question philosophique «Qu’est-ce que la vie ?».
Dans ce roman, Virginia WOOLF introduit ses sujets fétiches : la vie, la mort, les relations humaines, l’essence de l’art, le temps qui passe. «Le passé est magnifique parce que l’on ne ressent jamais une émotion dans toute sa réalité sur le moment. Elle se développe par la suite, si bien que nous n’avons pas d’émotion complète dans le présent, mais seulement dans le passé», écrit-elle dans son journal. Devant les drames familiaux et ces morts, «Le Phare» est destiné à illuminer ce sombre et déprimant passé. Virginia WOOLF adopte une nouvelle technique «Dans promenade au phare», celle du monologue intérieur, flux ou courant de conscience (Stream of Consciousness), terme inventé par William JAMES (1842-1910), une pensée in petto, flottante et errante, parfois traversée d'une oralité intime. Le récit, comportant peu de dialogues et d’actions, peut être sinueux et difficile à suivre, il s’agit d’évènements, d’objets, de lieux ou de réflexions des principaux personnages qui se souviennent, s’interpellent parfois à distance, se questionnent, s’imaginent ou rêvent. Dans une langue parfois populaire, avec des hyperboles, des antithèses, des comparaisons, des personnifications, une description documentaire, une rumination des événements passés, les personnages traversent des moments de douleur d’extase, de soulagement, de haine, de ressentiment, d'attrait réciproque, tout en restant claustrés dans leur solitude. Finalement, «Promenade au phare» est l’éloge de de l’éphémère, de la géographie de l’enfance, le caractère quasi religieux des émotions de l’enfance et la grande fragilité des relations adultes. Le monologue intérieur, traduit ainsi la complexité de la vie humaine «Son œuvre garde, tantôt la fluidité insaisissable de quelque rêve féérique, tantôt montre la précision d’un effort intellectuel tenace» écrit Floris DELATTRE.
Sa sœur, Vanessa, passionnée d’art, épouse le critique d’art Clive BELL (1881-1964). Dans sa modernité, en pleine période impressionniste, Virginia WOOLF pense que le romancier, comme le peintre, peut s’évader du réalisme, en brossant ses impressions. «L’écriture moderne est gênée par la nécessité de suivre la chronologie. Mais la chronologie ne correspond pas à la réalité. En fait, dans notre esprit, le temps passé, le présent et l’avenir se confondent. Le temps n’est pas homogène. Il y a des moments d’extase qui semblent infinis, et de longues plages sableuses qui laissent à peine une trace dans la mémoire» écrit Virginia WOOLF.
La modernité de ses romans résident en partie dans l’absence d’intrigue, le monologue intérieur, un récit libre et polyphonique, en sont la pièce centrale. «Il est indiscutable que nous sommes ici en présence d’une des intelligences et des imaginations les plus délicates d’aujourd’hui, de celles qui cherchent et trouvent de nouvelles voies dans le champ romanesque anglais» écrit en 1936, Jorge Luis BORGES (1899-1986). Dans sa grande compassion, particulièrement sensible aux injustices, Virginia WOOLF, comme Tolstoï, pense que le roman n’est pas une leçon de morale, mais une œuvre d’art. En effet, l’art exhibe et tient la vie à distance et le roman doit conserver une grande proximité avec la vie, de l’intérieur, comme de l’extérieur. Par conséquent, dans les romanes de Virginia WOOLF l’intrigue est marginale et l’introspection philosophique privilégiée : «Ce qui compose les personnages de Virginia Woolf, c’est cette pluie d’impressions qui s’abat sur eux  et transforme lentement leur conscience» écrit André MAUROIS.
Mariée à Léonard Sidney WOOLF (1880-1969), en août 1912, un socialiste et membre fondateur du Parti travailliste, pacifiste et anticolonialiste, spécialiste des questions d’histoire diplomatique, journaliste, éditeur, écrivain et intellectuel radical de Cambridge, son conjoint lui transmet l’héritage spirituel de son père : «Ce que l’Eternel attend de toi, c’est que tu pratiques la Justice et que tu aimes la clémence» disait son beau-père, Sydney WOOLF. A Cambridge, Léonard était ami de Lytton STRACHEY et Thoby, un frère à Virginia. Et Virginia avait «quelque chose d’impressionnant et même d’inquiétant» écrit Léonard WOOLF. En fait, Virginia est «la seule personne que j’ai connue intimement et dont je peux dire qu’elle mériterait l’appellation de génie. C’est un mot fort qui signifie que le fonctionnement de l’esprit de ces personnes est fondamentalement différent de celui des personnes ordinaires ou même des extraordinaires» écrit Léonard WOOLF, dans «Ma vie avec Virginia». En effet, Léonard WOOLF a su écouter, entourer, aimer et entourer sa femme. Il a admiré sa beauté «éthérée, et toujours superbe, mais douloureuse à observer dans les moments d’anxiété et de souffrance» écrit Micha VENAILLE, dans la préface de biographie que Léonard WOOLF consacre à Virginia. «On ne pourrait pas parler aujourd’hui de Virginia WOOLF, si Léonard n’avait pas existé. Car elle n’aurait pas vécu assez longtemps, pour écrire ses chefs-d’œuvre» écrit Cecyl WOOLF (1927-2019), neveu de Virginia. En effet, on doit à Léonard WOOLF, l’édition du fameux journal de Virginia qu’elle avait tenu entre 1915 et 1941. Des 26 volumes de ce journal intime, Léonard a retenu «ce qui relève de son travail d’écrivain. Ce recueil nous éclaire sur les intentions, les buts et les méthodes de Virginia Woolf. Il nous donne un tableau psychologique fort original de la création artistique, vue de l’intérieur» écrit dans la préface Léonard WOOLF.
Un des défis majeurs d’un écrivain est de se faire publier. Or, en 1917, avec son mari, Léonard WOOLF, le couple fonde une maison d’édition, la Hogarth Press, et publient notamment Sigmund FREUD et Marcel PROUST. La recherche du temps perdu traverse une bonne partie de la création littéraire de Virginia WOOLF. Ainsi, dans «Mrs Dalloway» l’intrigue ne tient que seule journée, mais «elle reflète et condense des milliers de journées passées ou futures» écrit Marguerite YOURCENAR. Dans «Orlando» trois siècles d’histoire ont été rapetissées aux trente années d’un jeune homme qui se transformera en femme. Dans les «Vagues» le temps lui-même «se fait sentir dans la maison abandonnée, comme la présence d’un courant d’air» écrit Marguerite YOURCENAR. Virginia WOOLF, à la suite de plusieurs décès des membres de sa famille, déménage dans le quartier de Bloomsbury et y fonde un groupe littéraire du même nom.
Fréquentent ce groupe de Bloomsbury attaché à l’art et la littérature, notamment Lytton STRACHEY (1880-1932), auteur d’une biographie sur la reine Victoria, Roger FRY (1886-1934), un peintre pré-impressionniste français, Desmond McCARTHY (1877-1952), un brillant critique littéraire, l’économiste John Maynard KEYNES (1883-1946), l’écrivain, Thomas Stearns ELLIOT (1888-1965), Prix Nobel de littérature, poète, dramaturge et critique littéraire et David GARNETT (1892-1981), écrivain. Ce groupe de Bloomsbury, qualifié d’une coterie de snobs et de bourgeois, avaient des adversaires acharnés, comme David Herbet LAWRENCE (1885-1930), «un snob feint d’admirer ce qu’il n’admire pas ; le groupe de Bloomsbury n’admirait que ce qui lui paraissait authentiquement admirable, et il avait le goût le plus fin» écrit André MAUROIS. La réplique de Virginia WOOLF à ses détracteurs est cinglante. DH LAWRENCE «n’est pas comme Proust, un membre d’une société stable et civilisée. Il a le désir de quitter sa propre classe et de s’agréger à une autre. Le fait qu’il était le fils d’un mineur, et qu’il détestait sa condition, lui donner une autre manière d’aborder d’écrire, différente de ceux qui ont une position établie et jouissent de situation qui leur permettent d’oublier ce que sont leurs situations» écrit-elle. Le couple habitera à Hogarth House, à Richmond, de 1915 à mars 1924. Auparavant, et en 1919, ils ont acheté une maison «Monk’s House» à Rodmell, près de Lewes, pour déménager et louer, au 52 Tavistock Square, à Londres, de mars 1924 à août 1939. Le couple s’installe par la suite au 37 Mecklenburg Square, une maison gravement endommagée par les bombardements allemands. La famille déménage alors à «Monk’s House», jusqu’à la mort de Virginia WOOLF en 1941.
Vanessa BELL s’oriente très tôt vers la peinture et l’art ; Virginia WOOLF commence à développer son ambition littérature et lit, abondamment. Les deux soeurs ont confiance dans leur génie propre et leur génie commun et veulent affronter la citadelle du patriarcat. Virginia WOOLF considère l’écriture comme un apprentissage douloureux et exigeant. Écrire procède, pour elle, d’une disposition aux «chocs» qui déchirent le réel et le révèlent. Et les chocs sont liés à la mort : de sa mère en 1895, de sa demi-sœur en 1897, de son père en 1904, de son frère aîné Thoby en 1906, de son neveu Julian en 1936, durant la guerre d’Espagne. L’écriture devrait bloquer la mort, comme elle arrête le temps. Suivant Virginia WOOLF l’engagement littéraire se créé par un choc et le souci de mettre un mot derrière un traumatisme (décès de ses parents, viol de ses demi-frères, l’androgynie et dépression). «On découvre là comme la poésie de la grande romancière anglaise est fondée sur une pensée politique audacieuse et précise. Sa dénonciation de la colonisation, de la ségrégation des femmes est, en 1938, d’une lucidité cruelle, d’une ironie violente qui n’ont pas à cette heure été dépassées. […] Les femmes, mais il n’y a pas encore de femmes […]. Il n’y a jamais eu que l’annulation des femmes. Restent la folie, la douleur de n’être pas qui circulent dans les lignes, les veines de Virginia Woolf. Une femme, aux prises avec ces réseaux barrés, cette mort vivante, captive en elle, de l’être qu’elle était» Viviane FORRESTER, dans sa préface sur «Trois guinées». Virginia WOOLF ne voulait pas être étiquetée, mais seulement se libérer de tous les carcans : «Je ne veux pas être «célèbre», ni «grande». Je veux aller de l’avant, changer, ouvrir mon esprit et mes yeux, refuser d’être étiquetée, stéréotypée. Ce qui compte, c’est se libérer de soi-même, découvrir ses propres dimensions, refuser les entraves» écrit Virginia WOOLF.
Son premier roman, est «The Voyage Out» en 1915 et son dernier roman, «Entre les Actes», a été publié, à titre posthume, en 1941. Les obsessions littéraires de Virginia WOOLF tournent autour de trois questions principales : qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que l’amour ? Comment lutter contre le Chaos ? Comment retenir les heures qui passent ? et comment vaincre la mort ?
Son premier roman, est «The Voyage Out» en 1915 et son dernier roman, «Entre les Actes», a été publié, à titre posthume, en 1941. Les obsessions littéraires de Virginia WOOLF tournent autour de trois questions principales : qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que l’amour ? Comment lutter contre le Chaos ? Comment retenir les heures qui passent ? et comment vaincre la mort ?
Une vie lézardée et fracturée, avec la montée du féminisme, et au milieu du Chaos de la Première guerre mondiale, Virginia WOOLF pose une direction littéraire :«Il faut s’assurer du réel, car il est précisément ce qui échappe, affirmer des intermédiaires, des médiations entre le réel et soi» écrit Virginia WOOLF dans son journal, en 1917. Virginia WOOLF qui n’a pas fréquenté l’université, souffre de l’androgynie, de la bisexualité, de la folie, de la frigidité et des agressions sexuelles de ses demi-frères. Bien avant Virginia WOOLF, les sœurs Emily BRONTE (1818-1848) et Charlotte BRONTE (1815-1855) avaient vigoureusement protesté contre leur célibat imposé, les contraintes mesquines, la rigide stagnation imposée aux femmes dont le rôle se borne «à fabriquer des puddings, tricoter des bas, jouer du piano ou faire de la tapisserie». Ceux deux écrivaines de l’ère victorienne, par leurs écrits, luttent donc les conventions sociales rigides de leur temps qui les étouffent et les rabaissent. Cependant, les sœurs BRONTE n’étaient pas conscientes de leur féminité et c’est Virginia WOOLF, à travers sa création littéraire, qui est devenue le porte-drapeau du féminisme. Aussi, en socialiste et compte tenu de ces frustrations ou ressentiments, engage contre un combat littéraire radical en faveur de l’émancipation des femmes. Tirant profit d’une conférence en octobre 1928 sur les «femmes et le roman», Virginia WOOLF expose ses idées sur le féminisme. Constatant que les femmes ont toujours écrit «comme parlent les dames pour donner du plaisir», fidèles à leur devoir de divertir et leur instinct de dissimuler, il est grand temps de changer qu’elles prennent la parole, pour changer cet ordre de soumission, de tyrannie et d’asservissement.
En 1929, dans son roman, «une chambre à soi», ou «A Room of One’s Own», Virginia WOOLF réclame pour les femmes un espace d’intimité où elles seront libres de se retirer, pour penser par elles-mêmes, «puisque leur liberté intellectuelle dépend des choses matérielles». Par conséquent, il manquait aux femmes douées, pour affirmer et exposer leur génie de quoi vivre, du temps et une chambre à soi. «Une femme, pour être en mesure d’écrire doit avoir de l’argent et une chambre à elle ; et cela, comme vous allez le voir, ne résout en rien le grand problème de ce qu’est la nature de la femme et la vraie nature de la littérature» écrit Virginia WOOLF. «L’histoire de l’opposition des hommes à l’émancipation des femmes est peut-être plus intéressante que l’histoire cette émancipation elle-même» dit la narratrice. Bravant toutes les conventions rigides depuis l’ère victorienne, Virginia WOOLF mène un combat littéraire pour légitimer son existence et celle des femmes. «L’atmosphère masculine me déconcerte. Je pense au précipice abrupt qui coupe en deux l’intelligence masculine, et je m’étonne qu’on puisse s’enorgueillir d’un point qui ressemble tant à la stupidité» écrit Virginia WOOLF dans son journal. A son époque les femmes n’avaient pas le droit d’aller à l’université ou d’entrer dans une bibliothèque «Les voilà qui marchent, ces frères qui ont reçu une éducation des grandes écoles et des universités, qui ont monté ces marches, qui ont pu entrer et sortir par ces portes, s’installer à ces chaires, enseigner, administrer la justice, pratiquer la médecine, faire des transactions, du négoce, gagner de l’argent» écrit Virginia WOOLF. En effet, dans une Angleterre plombée par la culture conservatrice victorienne, la jeune fille reléguée au rang de femme au foyer, pour devenir «un Ange du foyer», Virginia WOOLF estime que la haute mission d’une écrivaine est de «tuer l’Ange au foyer». A l’époque il n'eut aucune écrivaine de la valeur de William SHAKESPEARE (1564-1616). Les grandes écrivaines pionnières ont affronté le regard dominateur et méprisant des hommes : «Chaque fois qu'il est question de sorcières à qui l'on fait prendre un bain forcé, ou de femmes possédées par les démons ou de rebouteuses qui vendirent des herbes, je me dis que nous sommes sur la trace d'une romancière, d'une poète en puissance, de quelque Jane Austen silencieuse et sans gloire» écrit Virginia WOOLF.
«Trois Guinées», un roman publié en 1938, à la veille de la Deuxième mondiale devait traiter de la sexualité des femmes. Cependant, « Trois Guinées», une œuvre subversive, est une violente dénonciation de l’oppression subie par les femmes, les appelle à se libérer de cette domination «Derrière nous s’étend le système patriarcal avec sa nullité, son amoralité, son hypocrisie, sa servilité. Devant nous s’étendent la vie publique, le système professionnel, avec leur jalousie, leur agressivité, leur cupidité. L’un se referme sur nous comme sur les esclaves d’un harem, l’autre nous oblige à tourner en rond, tourner autour de l’arbre de la propriété. Un choix entre deux maux» écrit-elle. «Trois Guinées», comparant la misogynie au Nazisme et au colonialisme, avait fait scandale : «Vos mères combattaient le même ennemi que vous, et pour les mêmes raisons. Elles ont lutté contre la tyrannie du patriarcat comme vous luttez contre la tyrannie fasciste. Les dictateurs interfèrent aujourd’hui avec vos libertés ; ils dictent votre façon de vivre. Ils ne font plus la différence maintenant seulement entre vos sexes, mais les races» écrit-elle. Comme des colonisées, le racisme banalisé réduite les femmes à des victimes de l’exploitation des hommes «Glissée dans la banalité quotidienne, dans la paix des demeures familiales. Partout, toujours, des esclaves : les femmes, des existences avortées ; partout l’emprise. Un monde de vainqueurs et de vaincues ; de vaincues, qui semblent presque toutes avoir oublié la lutte et les raisons de lutter et qui participent de l’ordre des choses. Des vainqueurs mornes perdus dans un monde mutilé» écrit Viviane FORRESTER, dans sa préface sur «Trois Guinées». En Socialiste, et sans doute influencée par l’anticolonialisme de son mari, Léonard, l’auteure ne lutte que contre l’exploitation cupide des femmes par les hommes, une exploitation capitaliste ; ce que réclame Virginia WOOLF, c’est l’égalité réelle entre femmes et hommes ; les victimes ne doivent pas devenir des bourreaux. Entre femmes et hommes ont «un intérêt commun nous unit : il n’y a qu’un monde, une vie» écrit-elle. 
«Orlando», roman de l’androgynie, de la bisexualité, a été publié en 1928, une œuvre contemporaine  à la «chambre à soi», un essai féministe. «Dans le cerveau de l'homme, l'homme a la prédominance sur la femme, et dans le cerveau de la femme, la femme a la prédominance sur l'homme. L'état normal et satisfaisant est celui où les deux sexes vivent en harmonie et coopèrent dans l'ordre spirituel» écrit-elle dans «une chambre à soi». «Orlando» est en partie autobiographique, Virginia WOOLF, étant mariée, a également une attirance pour les femmes (Katherine MANSFIELD, Vita SACKVILLE-WEST, etc.)  : «J’aime Virginia. Qui ne l’aimerait pas ? Mais vraiment l’amour que l’on peut éprouver pour elle est d’une tout autre chose : une chose mentale, une chose spirituelle. Et aussi, elle m’aime. Je meurs de peur en raison de sa folie, je crains d’éveiller en elle des sensations physiques. Et puis Virginia n’est pas le genre de personne à qui on pense de cette façon. J’ai été elle au lit, deux fois, mais c’est tout» écrit Vita SACKVILLE-WEST (1892-1962) dans une lettre du 17 août 1926. «Orlando» est un roman relevant de l’étrange et du fantastique, Virginia WOOLF relate les aventures d’une androgyne immortelle, homme qui au milieu des siècles qu’il parcourt, du XVIème au XXème siècle, devient une femme. D'abord poète à l’époque élisabéthaine, puis ambassadeur à Constantinople, Orlando devient au XVIIIème siècle bohémienne ; s'habituant à sa condition de femme, il traverse ainsi l’époque victorienne puis atterrit dans les années 1920 où, toujours femme et devenu poète à succès, Orlando est à la recherche du sens du temps. Le héros, Orlando, au début est jeune, beau et riche ; il tombe amoureux d’une princesse russe, Sasha, dont le bateau est bloqué sur la Tamise, en raison du gel. Orlando, un poète, sentimental, est attiré par les femmes. Sasha, sensuelle, virile et aventureuse, balance entre la masculinité et la féminité.
Orlando cyclothymique, comme Virginia WOOLF, dans son bonheur et ses excès, peut être paralysé par la mélancolie ressemblant parfois à la folie. Orlando, debout devant un miroir, dans une métamorphose sans douleur, se rend compte qu’il est devenu une femme. Au moment de la mutation, trois soeurs donnent du répit à la biographe qui ne sait comment décrire la transformation. Ces soeurs sont la Sainte-Pureté, la Sainte-Chasteté et la Sainte-Modestie. Ces sœurs finiront par abdiquer pour retourner dans les boudoirs et les offices, les tribunaux et les cabinets, là où, dans le noir, l’hypocrisie et la cécité, vit la tribu des hommes respectables. Virginia WOOLF nous livre deux leçons de vie essentielles. D’une part, une reprise des vies des autres ne peut se faire que si cette reprise tient compte du désir qui traverse ces vies. D’autre part, qu’il y a un art de vivre qui cultive le présent de façon à ce qu’il ne soit pas noyé dans et par le passé mais garde un lien avec celui-ci, et de façon à ce qu’il puisse s’ouvrir aux actions à venir.
«Mrs Dalloway», publié en 1925, relate une journée dans la vie d’une femme mondaine. «Mrs Dalloway dit qu’elle achètera elle-même les fleurs» ainsi démarre ce roman d’une mondaine, une intrigue très mince. Vivant dans la haute société anglaise, au lendemain de la Première Guerre mondiale, l’héroïne, Clarissa DALLOWAY, devenue femme d’un parlementaire, s’interroge sur ses choix : Pourquoi n’a-t-elle pas épousé l’homme qu’elle aimait vraiment, Peter WALSH, qui lui rend visite ce jour-là ? Ses souvenirs, ses angoisses remontent à la surface : pourquoi est-elle si frappée par la mort d’un ancien militaire, Septimus SMITH, un parfait inconnu pour elle ? Crise existentielle qui mène à un dédoublement de personnalité, aux portes de la folie. Dans son journal, Virginia WOOLF admet qu’écrire ce roman, décrivant une confusion mentale, la bouleverse. En fait, Virginia WOOLF ressemble bien à Clarissa, la bourgeoise pleine de dignité et à Septimus, atteint de la dépression. Ce grand monologue intérieur exprime la difficulté de relier soi et les autres, le présent et le passé, le langage et le silence, mais aussi de se reconnaître soi-même. Comment s’émanciper du carcan social, comment assumer son identité ? «Mrs Dalloway» est le chef-d’œuvre de Woolf et l’un des piliers de la littérature du XXe siècle. Dans ce roman poétique, porté par la musique d'une phrase chantante et d’une narration incisive, les impressions deviennent des aventures.
Publié en 1931, «Les Vagues» ou «The Waves», est un roman de la solitude, du temps et de la mort, «une peinture moderne, mais avec poésie secrète, une profondeur, un sens magique de l’enchantement des choses» écrit Marguerite YOURCENAR. «J’espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l’aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine. Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j’essaie de représenter ; la vie elle-même qui s’écoule» écrit Virginia WOOLF dans son journal. Ce roman se compose d'une succession de monologues intérieurs, de six personnages, entrecroisés de brèves descriptions de la nature. «Les grands esprits sont parfois alliés de la folie. Subtile est la distinction qui les sépare» écrit Sénèque. En effet, pour Virginia WOOLF, la distinction entre la folie et l’inspiration est parfois ténue. «Je cours après ma propre voix, les voix qui volent au-dessus de moi» écrit Virginia WOOLF dans son journal. Les six personnages sont répartis en trois couples : Louis et Rhode amoureux de la solitude, Jinny et Neuville partisans du monde sensible, Bernard et Suzanne incarnent «le territoire imprenable». Perceval, trait d’union entre ces groupe, part en Inde avec son régiment, et est y tué. Les «vagues», dans leur musicalité, un poème en prose, symbolise le passage de l’enfance à la maturité, la vie à la mort. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées. «J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule» écrit Virginia WOOLF. Attirée par l’eau et la mort, le personnage de Bernard incarne les grands désordres intérieurs de Virginia WOOLF : «Seigneur, que la vie est inexprimablement écœurante ! Quel ennemi nous sentons s’avancer vers nous ? C’est la Mort Je me jetterai contre vous, invaincu et impavide, ô Mort !» écrit-elle.
Esprit subtil et sensible, d’une grande complexité, Virginia WOOLF incarne à la fois la rage de vivre, mais aussi la folie, une terrible fascination de l’eau et de la mort. Souffrant de neurasthénie, de psychose maniaco-dépressive, son mari et biographie, pense que son génie viendrait en partie de là «Je suis certain que le génie de Virginia était en lien avec cette instabilité mentale. La créativité, l’inventivité qu’on trouve dans ses romans, sa capacité à décoller au-dessus du niveau d’une conversation ordinaire, les hallucinations, tout cela provenait d’un même endroit dans son cerveau. Elle butait, faisait des faux pas, cherchait sa voix, il lui fallait aussi écouter les voix venues d’ailleurs. C’était cela, au fond, le destin tragique de ce génie». écrit Léonard WOOLF, dans «Ma vie avec Virginia». Plusieurs fois confrontée à des crises d’absence, d’angoisse et de hallucination, à des envies de suicide, Virginia WOOLF a été souvent admise dans une maison de santé. «Quatre fois dans sa vie, ces symptômes l’ont complètement envahie et elle a dépassé la frontière qui sépare l’état normal de la folie. Elle eut une crise très grave, dans son enfance, à la mort de sa mère en 1895, une autre en 1914 et une autre en 1940. Et elle passait chaque fois par deux étapes que l’on peut définir comme maniaco-dépressives. Au stade maniaque, elle était très excitée, n’arrêtant pas de parler de manière de plus en plus incohérente ; elle était très excitée, avait des hallucinations, entendait des voix. Elle entendait dans le jardin des oiseaux parler grec. Pendant la période dépressive, ses pensées et ses émotions étaient à l’opposé. Elle était plongée dans une mélancolie et un désespoir profonds. Parlant à peine, refusant de manger ou de reconnaître qu’elle est malade, c’est dans ces moments qu’elle cherche à se tuer, en 1895 en jetant d’une fenêtre, en 1915 en avalant du Véronal et en 1941, en se noyant dans l’Ouse», écrit Léonard WOOLF, dans «Ma vie avec Virginia». Exténuée et nerveuse, mais résolue, lors de l’un de ses séjours à «Monk’s House», Virginia WOOLF écrit à son mari Leonard, avec lequel elle formait un couple fusionnel, une lettre restée célèbre : «Je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu t’es montré d’une patience absolue avec moi et d’une incroyable bonté. Je tiens à dire cela — tout le monde le sait. Si quelqu’un avait pu me sauver, cela aurait été toi. Je ne sais plus rien si ce n’est la certitude de ta bonté. Je ne peux pas continuer à gâcher ta vie plus longtemps. Je ne pense pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l’avons été» écrit-elle le 28 mars 1941. Aussi, Virginia WOOLF, obsédée par l’eau dans sa création littéraire, emplit ses poches de cailloux et s’enfonce dans la rivière de l’Ouse, à Rodmell. On retrouvera la canne et le chapeau de son mari. «Les êtres humains ont tous besoin de se retrouver, de sortir de cette armure de conventions, de faux devoirs, de fausses croyances où la plupart d’entre nous restent enfermés. Ils ont besoin de cette solitude à deux que serait la fusion masculin-féminin. Cette fusion est-elle possible ? On a l’impression que Virginia Woolf en a douté, et c’est pourquoi de ses plus beaux romans surgit quelque chose, non d’amer, mais de mélancolique, qui explique ou prépare la rivière et la mort» écrit André MAUROIS.
En définitive, par ses romans amers, mélancoliques, mais plein de poésie, Virginia WOOLF est définitivement entrée dans le Panthéon des Lettres. Grand artiste, Virginia WOOLF «accomplit à la perfection ce que personne n’avait tenté d’entreprendre. Son univers survivra, comme survit le cristal sous la masse écrasante des rochers», écrit Bernard BLACKSTONE (1911-1983). Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt du 3 novembre 2021, même s’il ne dit pas dans sa technique narrative s’inspire très largement du monologue intérieur de Virginia WOOLF, qu’il est urgent de lire ou relire :«Reading Virginia Woolf will change your life, may even save it. If you want to make sense of modern life, the works of Virginia Woolf remain essential reading. More than fifty years since her death, accounts of her life still set the pace for modern modes of living” écrit Jane GOLDMAN.
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YOURCENAR (Marguerite), «Les vagues, traduction et compte rendu», Revue Hebdomadaire 8 août 1936, pages 133-153.
Paris, le 28 décembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 07:01
«René MARAN (1887-1960), 14 décembre 1921 : Centenaire de son Prix Goncourt 1921, pour son Batouala» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le mercredi 14 décembre 1921, au restaurant Drouant, à Paris 2ème, c’est au 3ème tour, avec la voix prépondérante de son Président, que l’académie du Goncourt a primé René MARAN, un illustre inconnu des cercles littéraires parisiens. Le récipiendaire, en fonction en Oubangui-Chari (République centrafricaine), gratifié d’une somme de 5000 F, n’en a eu connaissance que trois jours plus tard, par télégramme de son éditeur, Albin Michel. «Ce prix prouve d’un seul coup à l’univers qu’un Nègre peut produire des œuvres de mérite, et pour tout dire, être quelqu’un» écrit René MARAN. Submergé de joie et exténué, il rajoute «Exténué, impaludé, malade de fatigue. La joie est venue m’éteindre» dit-il. René MARAN n’a pas manqué de remercié ses amis, dont Léon BOQUET (1876-1954), lillois, poète et romancier, son mentor qui a préfacé plusieurs de ses romans : «Excusez-moi mon écriture. Je suis harcelé de besogne administrative, aussi de fatigue depuis des mois. À présent, le succès étant venu, j’ai à faire face à une correspondance formidable. De tous les coins de France, des lettres me viennent Même si je ne les recevais pas, il me faudrait remercier et mes amis et mes bienfaiteurs. Car, malgré mon silence, j’étais depuis longtemps connu dans les milieux littéraires fermés, Léon Bocquet, Jean Michel Renaitour, Francis de Croisset et tant d’autres... ont fondé sur moi un grand espoir» écrit-il à René VIOLAINES.
Par conséquent, c’est un honneur, un privilège et une joie immense que de commémorer, même fort modestement, le centenaire du premier Prix Goncourt attribué à un Noir. Je m’en glorifie. Ce Prix Goncourt de 1921 coïncide à une époque, au début du XXème siècle, à la découverte de l’art nègre sous l’égide Pablo PICASSO (1881-1973, voir mon article), au combat des Tirailleurs sénégalais lors de la Première guerre mondiale et à l’exode, à Paris des écrivains et artistes noirs de Harlem Renaissance. Cependant, en 1921, ce prix Goncourt attribué, pour la première fois à un Noir, est une condamnation du colonialisme, censé être porteur de «civilisation». Il prévient le lecteur : «C’est à redresser tout ce que l’Administration désigne sous l’euphémisme «d’errements» que je vous convie. La lutte sera serrée. Vous allez affronter des négriers. Il vous sera plus dur de lutter contre eux que contre les moulins. Votre tâche est belle. A l’œuvre donc, sans attendre. La France le veut !» écrit-il dans «Batouala», un roman qui va susciter une tempête politique. Certains députés conservateurs exigeaient que René MARAN, administrateur colonial, soit jugé, pénalement, «pour avoir mordu la main qui le nourrit». Maurice DELAFOSSE accuse l’Académie Goncourt, le 26 décembre 1921, d’avoir commis «une mauvaise action» avec sa décision. «Une œuvre de haine. Batouala ou la calomnie. En couronnant ce pamphlet l’Académie Goncourt a commis une mauvaise action» écrit-il. En fait, ce roman est une révolution littéraire puisqu’auparavant, c’étaient les Occidentaux qui écrivaient sur les Africains, rarement en bien, et souvent en mal. «Depuis l’année 1903, c’est la première fois que les Noirs jouent et gagnent. C’est peut-être avec sa qualité de nègre, ce qui a séduit les Dix de l’Académie Goncourt, épris de couleur et d’étrangeté» écrit «Le Petit Parisien». Cependant, René MARAN avait également ses partisans. «On hume les odeurs du village, on en partage les repas, on voit l’homme blanc, tel que l’homme noir le voit, et après y avoir vécu on y trouve la mort. C’est un grand» écrit Ernest HEMINGWAY. En effet, René MARAN a été le premier Noir, récipiendaire de cette distinction, à avoir écrit sur le colonialisme, les colonisés et la défense de l’environnement. Cet argument simpliste a été combattu par d’autres écrivains «L’attribution du prix Goncourt à un écrivain de race noire confirme ce que j’ai eu l’occasion de répéter ici, à maintes reprises, quant à la prétendue infériorité de la race noir. Cette infériorité est un mythe dans un autre genre, la prétendue supériorité du XIXème siècle sur les siècles précédents. Il y a dans la race noire une élite qui ne cède en rien à quelque autre élite que ce soit» écrit Léon DAUDET, en 1921. «René Maran n’est pas un bistre, comme un métis, mais noir, comme du cirage. Il n’a pas honte de sa race, puisqu’il entreprend de la défendre» écrit en 1922, Jean-Michel RAINAITUR. En effet, dans «Batouala», René MARAN expose les rapports difficiles, empreints de préjugés raciaux, faits de violence et de prédation, entre les coloniaux et les Africains. «Le retentissement de Batouala, véritable roman nègre et sa célèbre préface ont contribué pendant longtemps à donner de René Maran deux images : l’une met en relief l’audace d’un homme et d’un écrivain qui trace un tableau sans complaisance de la colonisation et notamment du système concessionnaire que Gide devait dénoncer un peu plus tard dans son Voyage au Congo ; l’autre souligne les limites de son anticolonialisme et d’une conception du roman plus proche de la littérature coloniale que de la littérature de la négritude ou de la production romanesque des années 1950-1960» écrit Bernard MOURALIS.
Les commémorations du centenaire ont été précédées par la réédition, en 2018, par Albin Michel, du «Batouala», mais amputé d’une partie de son titre «véritable roman nègre». L’éditeur justifie, cette mutilation, probablement pour des raisons commerciales, le mot «Nègre» serait décalé par rapport à notre époque. Il faudrait saluer, sans retenue, la magistrale préface de Amin MAALOUF accompagnant cette nouvelle édition. «Batouala» est qualifiée d’œuvre littéraire «dense, inventive et ample» par Amin MAALOUF, et elle est construite autour de deux équilibres « Dans le corps du roman, un dosage subtil entre l’observation ethnographique d’un village africain et une histoire d’amour et de mort entre les protagonistes ; et, dans la préface, un autre dosage, plus rugueux, entre une protestation de fidélité totale à la France, la Nation, son histoire, sa langue et ses valeurs, et une condamnation sans appel de ce qui se pratiquait dans les colonies. Tous ces éléments se mélangeaient, s’opposaient et se répondaient » écrit Amin MAALOUF. Partisan de l’assimilation, de la «mission civilisatrice» de la colonisation, René MARAN est un grand admirateur de Pierre de SAVORGNAN de BRAZZA (1852-1905), un explorateur en Afrique centrale pacifiste, attaché à la fraternité et à la justice. En effet, René MARAN, derrière son ambition littéraire, voulait se borner à condamner les excès, les mesquineries et la grande brutalité de la colonisation. En effet, René MARAN arrive en Oubangui-Chari suite à l’implantation du système concessionnaire  «Cette région était très riche en caoutchouc et très peuplée. Sept ans ont suffi pour la ruiner de fond en comble. Les indigènes, continue-t-il, débilités par des travaux incessants, excessifs et non rétribués ont vu la maladie s’installer, la famine les envahir et leur nombre diminuer» écrit-il. La colonisation, entreprise de domination d’un peuple sur un autre, est-elle amendable, réformable ? Les réactions du parti colonial ont été violentes, et il ne pouvait en être autrement. Car, pour eux, il faut se soumettre ou se démettre.
Ce centenaire du Prix Goncourt, en dépit de la forte poussée en France, sur le plan politique, des forces du Chaos, c’est sur la scène littéraire que René MARAN, cent plus tard, a obtenu sa revanche. Déjà en 1992, Patrick CHAMOISEAU, pour son «Texaco» et en 2009, Marie N’DIAYE, et ses «trois femmes puissantes» ont obtenu un Prix Goncourt. C’est doute le Prix Goncourt du 3 novembre 2021, de Mohamed M’Bougar SARR, «la plus secrète mémoire des hommes» qui donne encore plus d’éclat à ce centenaire. Dans ce roman Mohamed M’Bougar SARR fait sortir du Purgatoire, l’écrivain malien, Yambo OUOLOGUEM, prix Renaudot de 1968, qui avait été accusé, fort injustement, de plagiat. Comme une bonne nouvelle ne vient pas seule, ce centenaire coïncide avec les trente ans de la disparition de Amadou Hampâté BA (1901-1991) avec des journées à l’université d’Evry, le Prix Nobel de littérature du tanzanien, Abdulrazak GURNAH, ainsi que le Booker Prize, à Londres, de Damon GALGUT, un Sud-africain. Et en plus, Joséphine BAKER entre au Panthéon, le 30 novembre 2021.
Par conséquent, et en raison de cette ambiance très favorable, des initiatives fleurissent, mais elles sont souvent peu coordonnées et non médiatisées. Aussi, je renouvelle, avec une grande insistance, ma proposition à Mme Anne HIDALGO d’une Maison d’Afrique à Paris où «dialoguent les cultures», en référence à un slogan du président-poète Léopold Sédar SENGHOR.
Au Sénégal, l’Université Cheikh Anta Diop a organisé le 25 novembre 2021. A Marseille, une exposition à la bibliothèque Alcazar est organisée du 16 novembre 2021 au 22 janvier 2022. René MARAN était-il un écrivain français ou francophone, un précurseur de la Négritude ? René MARAN ne se réclamait, explicitement, de la Négritude. Assimilationniste il voyait dans la Négritude «un racisme plus qu’une nouvelle forme d’humanisme» écrit Lilyan KESTELOOT. Cependant, Léopold Sédar SENGHOR a tenu à rendre hommage à son travail de précurseur. «C'est René Maran qui, le premier, a exprimé «l'âme noire», avec le style nègre en français» écrit le président-poète. René MARAN rencontrera chez les sœurs Paulette NARDAL, les pères fondateurs de la Négritude : Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE et Jean PRICE-MARS.  Il dénonçait le violent racisme de son époque, tout en étant loyal à la France républicaine et sollicite la solidarité des intellectuels de la Négritude «Honneur du pays qui m’a tout donné, mes frères de France écrivains de tous les partis ; vous qui, souvent, vous disputez de rien, et vous vous déchirez à plaisir et vous vous réconciliez tout à coup chaque fois qu’il s’agit de combattre pour une idée juste et noble, je vous appelle au secours, car j’ai foi en votre générosité. Mon livre n’est pas polémique. Il vient par hasard à son heure. La question Nègre est actuelle. Mais qui a voulu qu’il en fût ainsi ?» écrit René MARAN.
A Bordeaux, en particulier où avait vécu René MARAN, la bibliothèque Mériadec organise du 14 décembre 2021 au 5 janvier 2022, à l’initiative d’Agathe COSSE, petite-fille d’Alain FOURNIER, une exposition, conférences, débats et présentation du fonds René MARAN. En effet, pensionnaire dès l'âge de sept ans à Talence puis lycéen, il étudia à Bordeaux : «Après tout, je suis Bordelais autant que les Bordelais de vieille souche, mes amis d'enfance sont là. Mon succès est aussi celui de ma ville d'adoption» écrit René MARAN à un de ses amis. Son père Léon MARAN, commis des Directions de l’intérieur est affecté au Gabon en 1894 ; il meurt en 1911, à Bordeaux. A l’âge de 7 ans, René MARAN est pensionnaire à Talence, puis au lycée Michel de Montaigne, à Bordeaux, et passe son baccalauréat en 1905. Dans son roman, «le cœur serré», le héros est un être doux, que ses parents mettent en pension, dans un lycée, et qui ne sort de captivité que pour soigner sa mère malade, et se soumettre à la tyrannie de celle-ci, l’obligeant à renoncer à une fille qu’il aime. C'est à Bordeaux, qu'il rencontra notamment Félix EBOUE (1884-1944) qui resta son ami toute sa vie. Passionné de rugby, il est un grand admirateur de Marc AURELE «Cette expérience de la solitude a, sans aucun doute, laissé des traces durables chez Maran. Elle explique quelques aspects essentiels de son univers personnel : une passion de la lecture qui le conduit à voir dans les écrivains qui l’accompagneront tout au long de sa vie des amis qui ne le trahiront jamais, l’adhésion à un humanisme fait de solidarité avec les exploités et dans lequel les liens familiaux n’ont qu’une part réduite, une morale stoïcienne qui s’exprime notamment dans la référence à Marc-Aurèle, figure récurrente dans son œuvre» écrit Bernard MOURALIS. Il se lie d’amitié avec Manoël GAHISTO (1878-1948), écrivain et traducteur, à qui il a dédié son «Batouala». Il se passionne pour la lecture et la littérature ; il commence à publier des poèmes, à la revue «le Beffroi» de Léon BOCQUET. Un projet baptiser la bibliothèque municipale de Bordeaux Bataclan en René Maran n’a pas été abandonné par Bernard MICHEL qui a relancé la municipalité. En mai 1966, la ville de Bordeaux rendit hommage à René MARAN en donnant son nom à une place, située près du quartier de Bacalan.
L’université de Guyane a organisé un colloque numérique du 8 au 9 octobre 2021, sur la quête identitaire de René MARAN. Auparavant, du 16 au 18 juin 2021, un colloque «René Maran et la guyanité» a été organisé par UFAC et UFRN. En effet, René MARAN, d’origine guyanaise, est né le 5 novembre 1887, à Fort-de-France (Martinique). Il est le fils de Marie Corina LAGRANDEUR, (1865-1914), et de Léon Herménégilde MARAN (1864-1911), commis des directions de l’Intérieur à Cayenne, et affecté à Fort-de-France, en 1885. «Je suis en effet, à Fort-de-France, le 5 novembre 1887, que je sois né ici ou là, n’a rien d’ailleurs, pour moi, qu’une importance relative. L’essentiel est de vivre et d’essayer de laisser une œuvre après soi. Le reste, dirait Verlaine, n’est que littérature» écrit-il à Albert MAURICE en 1948.
Les Centrafricains ont organisé le samedi 27 novembre 2021, sous l’égide de maître Michel LANGA et son association «les amis de la République centrafricaine», une conférence à la Maison des associations de Paris XVIIIème à l’occasion de ce centenaire, en présence de Jean-Pierre MARA, ancien député centrafricain. Une conférence se tiendra le 16 décembre 2021 à Bangui, capitale de la République centrafricaine, accompagnée d’une pièce de théâtre et d’une bande dessinée destinée aux écoliers, avec le soutien de l’Alliance française. Jean-Pierre MARA est bien investi dans ces initiatives. En effet, René MARAN, en novembre 1909, est affecté en Oubangui-Chari (RCA), qualité de fonctionnaire, dans différentes zones, comme Grimari, Fort-Crampell, Fort-Sibut et Mobaye. C’est dans ce territoire, sur encouragement de son ami, Philéas LEBESGUE (1869-1958) critique littéraire chez Mercure de France, que, pendant six années, René MARAN s’est attelé à rédiger son Batouala. René MARAN suit son père, administrateur colonial au Gabon à partir de 1894, et ami de Savorgnan de BRAZZA, il a suivi les traces de son père, dans une carrière de fonctionnaire colonial de 1909 à 1923. Nommé fonctionnaire des affaires indigènes en Oubangui-Chari, René MARAN voit son roman, «Batouala» interdit en Afrique. Et, il reçoit de nombreuses lettres de menaces et d’injures des coloniaux, l’accusant d’avoir craché dans la soupe ; il est donc poussé à la démission de l’administration en 1924.
Batouala est une création à la gloire de l’Afrique traditionnelle encore intacte au début du XXème siècle. Vivant en pays Banda, dans la contrée de Grimari, très proche des populations locales, maîtrisant leur lange leur langue et leur culture, René MARAN, à travers son «Batouala», a fait œuvre d’historien et de sociologue. «Je me suis proposé d'autres buts, en écrivant ces pages, que de donner au lecteur un aperçu sommaire, mais correspondant à la véritable vie coloniale d'Afrique. Mon unique souci a été celui de l'impartialité la plus complète vis-à-vis des Blancs comme vis-à-vis des Noirs. Je ne les ai pas opposés les uns aux autres, je les ai juxtaposés simplement, comme ils le sont dans la vie» dira-t-il. En effet, René MARAN bien intégrée dans la population a su capter l’ère du temps et bien le restituer, légitimement et authentiquement, sous une forme littéraire. «J’ai poussé la conscience objective jusqu’à y supprimer des réflexions qu’on aurait pu m’attribuer» écrit-il. Grand observateur, René MARAN a su, avec un grand talent, introduire des noms ou mots Banda, dans la langue française, comme un «butin de guerre», comme le disait KATEB Yacine. Ainsi, le mot «Batouala», une création littéraire de René MARAN, viendrait, selon un écrivain centrafricain, M. Victor BISSENGUE, spécialiste des pygmées, de deux mots «M’Bata» ou siège, escabeau, donc symbole du pouvoir, et de «Ouala», ou le venin ou le mensonge. Pour les populations centrafricaines, l’homme politique serait un dissimulateur, un fourbe, un menteur. Le personnage de Batouala n’est pas seulement qu’un chef de village, mais aussi c’est un propriétaire terrien, avec une autorité politique et spirituelle ; il doit être enterré assis sur une chaise, un rituel égyptien. Il est l’interlocuteur des colons et des missionnaires. Si les récoltes ne sont pas bonnes et les impôts non levés, les sanctions des colons pleuvent. Cependant, le colon n’a pas le pouvoir de le destituer, ce serait une déclaration de guerre. René MARAN n’a pas manqué de vanter la grande bravoure d’antan des Banda : «Ils descendaient d’une famille robuste et guerrière, âpre au mal, dure à la fatigue. Ni les razzias Sénoussistes, ni de perpétuelles dissensions intestines n’avaient pu les détruire. Leur nom de famille garantissait leur vitalité. “Bandas” ne veut-il pas dire “filets”?» écrit-il. René MARAN connaissait le sens des fêtes initiatiques des Bandas, les «Gan’zas», un peuple confronté à la déchéance culturelle.
Batouala, une véritable dramaturgie, se prête bien au montage d’une pièce de théâtre. Bien qu’il s’agisse d’un territoire animiste, Batouala avait 9 épouses, des filles que la population avait l’habitude d’offrir à un chef traditionnel. Mais il ne pouvait pas, en raison de son âge, les honorer toutes. Concurrencé par Bissibi’ngui, un jeune convoitant son épouse préférée, Yassigui’ndja, il organise une chasse, dans le but de l’éliminer ; c’est Batouala qui tombera dans son piège. Il lance une sagaie contre Bissi’ingui, mais le rate ; irritée par ce coup qui ne lui était pas destiné, la panthère ouvre le ventre de Batouala d’un coup de patte. Pendant l’interminable râle de quinze nuits du Mounkoundi, les amants «seuls au monde, et maître de leur destin, rien ne pouvait dorénavant les empêcher d’être l’un à l’autre» écrit René MARAN.
«Batouala» est, avant tout, un hymne poétique à la défense de la faune et de la flore africaines «Concrète et méditative, riche et fluide, jamais inutilement alambiquée, la langue de Maran emprunte au style classique le meilleur de ses attributs : la précision. L’écriture de Maran n’est jamais aussi belle qu’au moment de nommer les choses, de donner à voir et sentir les atmosphères, de décrire les paysages» écrit Mohamed M’Bougar SARR. Dans cette cosmogonie africaine, l’Homme est une part intégrante de la Nature vivante. Du moins, il y a une osmose entre les deux : «L’herbe, qui mange la terre, les animaux, qui mangent l’herbe, L’homme, qui détruit l’herbe et les animaux, tout meurt. Louée soit la brousse. On la croit morte : elle est vivante, bien vivante, et ne parle qu’à ses enfants, et à eux seuls. Fumées, sons, odeurs, objets inanimés, elle emploie le langage qu’elle veut pour s’adresser aux espèces qu’elle commande» écrit-il. L’Homme doit donc vivre en harmonie avec la Nature l’entourant, pour une coexistence harmonieuse et fusionnelle.
Batouala est un roman condamnant la hiérarchisation des cultures professée par le colonialisme, une rencontre de confrontation et de conflit : «Nos danses et nos chants troublent leur sommeil. Les danses et les chants sont pourtant toute notre vie. Nous dansons pour fêter Ipeu, la Lune, ou pour célébrer Lolo, le soleil. Nous dansons à propos de tout, à propos de rien, pour le plaisir» écrit-il. René MARAN, loin de l’exotisme, parle des Noirs, des colonisés, et fait l’éloge d’un monde fondé sur le droit à la différence, avec ses croyances, habitudes et visions du monde. En effet, le chef Banda, Mokoundji Batouala, avec sa force légendaire et qui s’interrogeait : «Les hommes blancs de peau, qu’étaient donc venus chercher, si loin de chez eux, en pays noir ? Comme ils feraient mieux, tous, de regagner leurs terres et de n’en plus bouger !». Pour Batouala, la vie est courte. En épicurien, ce qu’il professe, c’est la fainéantise tout à fait différente de la paresse : ne rien faire, c’était profiter de la vie.
René MARAN a un lien particulier avec Paris, cette capitale culturelle de l’Afrique ; son petit-fils, Bernard MICHEL, résidant à Paris 20ème et travaillant à l’hôpital Thonon, s’est fixé une mission : entretenir la flamme. En effet, René MARAN rentre définitivement en France  en 1924 ; dans son ambition littéraire, Paris reste la ville des opportunités. Il épouse le 9 août 1927, à Paris XVème, Camille Rosalie BERTHELOT, couturière. Ils ont adopté en 1943, une fille, Paulette CERNARD devenue épouse MICHEL, rencontrée, dès 1930, dans les Vosges. René MARAN, décédé le 9 mai 1960, à Paris 13ème, a été enterré, au cimetière Montparnasse, à Paris, le 12 mai 1960, à la 11ème division. Sa fille adoptive, Paulette CERNARD, disparue le 5 décembre 2015, était mariée, en 1946, à Paul MICHEL. Ils ont eu deux enfants : Françoise, résidant à Châtellerault (Vienne, Nouvelle Aquitaine) ayant eu deux fils, et Bernard MICHEL, et ses deux fils.
Par conséquent, à Paris diverses cérémonies ont été réalisées ou sont envisagées. L’université de Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis, a déjà organisé, avec la participation du professeur Romuald FONKUA, le 28 mai 2021, un colloque sur «René Maran, l’homme et l’œuvre, approches contrastées». La bibliothèque nationale de France a organisé une rencontre le 1er décembre 2021 sur «le centenaire du Prix Goncourt». M. Didier DECOIN, président de l'Académie Goncourt, M. Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021, Mme George PAU-LANGEVIN, ancienne députée et vice-présidente de la Défenseure des droits, ainsi que Messieurs Fabrice GARDEL et Mathieu WESCHLER, réalisateur d’un documentaire, sur France télévisions, «René Maran, le premier Goncourt noir» étaient présents. Ce documentaire fait appel à des témoins prestigieux : Amin MAALOUF, Romuald FONKUA, Daniel MAXIMIM et Julien LAFERRIERE. A la BNF, un artiste centrafricain, Bibi Tanga a lu la sulfureuse et éblouissante préface de «Batouala, véritable roman nègre». C'est cette préface de 6 pages qui a soulevé l’ire des coloniaux et de la partie conservatrice de la population française. En effet, René MARAN, un fonctionnaire colonial en Oubangui Chari, actuelle République centrafricaine pose des mots sur la réalité coloniale «civilisation tu bâtis ton royaume sur des cadavres». André GIDE, ira 6 ans plus tard au Congo pour découvrir le travail forcé et les méfaits du colonialisme. Le roman, «Batouala», comporte un sous-titre, «véritable roman nègre». René MARAN, qui parle le Banda, a mis six années pour l’écrire, «une succession d’eaux fortes» dit-il. «Je sens dans tout ce que vous écrivez, un élan blessé, l’amertume d’un cœur qui résiste à l’injustice, un homme qui souffre enfin et se fortifie de volonté», écrit en 1934, André SUARES. C’est un roman basé sur l’expérience et l’observation d’un fonctionnaire colonial en Oubangui-Chari (République centrafricaine). «Ce roman est tout objectif ; il ne tache même pas à expliquer ; il constate. Il ne s’indigne pas : il enregistre. J’écoutais les conversations de ces pauvres gens. Leurs plaisanteries prouvaient leur résignation. Ils souffraient et riaient de souffrir» écrit-il. Par conséquent, René MARAN n’a fait que traduire ce qu’il avait vu là-bas et entendu, et a supprimé ses émotions qu’on aurait pu lui attribuer, les préjugés de l’époque à l’égard des Africains étant si grands : «Les Nègres de l’Afrique Equatoriale sont irréfléchis. Dépourvus d’esprit critique, ils n’ont jamais eu, et n’auront jamais aucune intelligence. Du moins, on le prétend. A tort, sans doute. Car, si l’intelligence caractérisait le Nègre, il n’y aurait que fort peu d’Européens» écrit-il. C’est une population affamée «Les indigènes allaient chercher, en un jour d’innombrables détresse, parmi les crottins de chevaux appartenant aux rapaces qui se prétendent leurs bienfaiteurs, les grains de maïs ou de mil non digérés, dont ils pouvaient faire leur nourriture !» écrit-il.
En particulier, la Ville de Paris, à la suite d’un vœu de Hamidou SAMAKE, adjoint à la maire de Paris, un équipement, probablement une bibliothèque, portera la nom de René MARAN. Il était envisagé de mettre une plaque au 26 rue Bonaparte, à Paris 6ème mais les propriétaires de l’immeuble, ont violemment rejeté cette initiative. La Ville de Paris recherche une autre solution. Par ailleurs, Mme Anne HIDALGO et sous l’égide de M. Jacques MARTIAL envisage d’organiser, probablement, le vendredi 7 janvier 2022, un colloque sur René MARAN, avec comme maître d’œuvre, le professeur à la Sorbonne, Romuald FONKUA, qui a préfacé, chez Présence africaine, la correspondance Maran-Gahisto, un ouvrage de 898 pages. Cette correspondance nous plonge dans la vie littéraire de l’époque «Initiée comme un contrat d’écriture et de lecture entre deux poètes, la correspondance entre Maran et Gahisto va se poursuivre sous la forme d’une conversation régulière entre deux amis où se dessine le tableau d’une vie, celle de René Maran. Il s’en dégage une mise à nu de l’homme qui éclaire plusieurs pans de son œuvre littéraire et de ses activités politiques, une mise au clair de ses préoccupations, de ses positions et de ses dispositions durant le XXe siècle qu’il incarne» note l’éditeur. La Ville de Paris vérifie la disponibilité des différents intervenants du 7 janvier 2022.
Ce roman, «Batouala», est avant tout un violent réquisitoire contre le colonialisme triomphant et arrogant. Ces «Dieux de la brousse» suivant une expression de Amadou Hampâté BA, ou fonctionnaires coloniaux sont soit tout-puissants ou lâches devant les graves férocités du système : «La large vie coloniale si l’on pouvait savoir de quelle quotidienne bassesse elle est faite ; elle avilit peu à peu. On s’habitue à l’alcool. Ces excès et d’autres ignobles, conduisent à ceux qui excellent à la veulerie la plus abjecte. Pour avancer en grade il fallait qu’ils n’eussent pas «d’histoires». Hantés de cette idée, ils ont abdiqué toue fierté, ils ont hésité, temporisé, menti et délayés leurs mensonges. Ils n’ont pas voulu voir. Ils n’ont pas eu le courage de parler. Et, à leur anémie intellectuelle, l’asthénie morale s’ajoutant, sans remords, ils ont trompé leur pays» écrit-il. Le colon ne doit pas remettre en cause le mot galvaudé, «civilisation» ou l’orgueil des Européens. Alors, civilisation «tu bâtis ton royaume sur des cadavres. Quoi que tu veuilles, quoi que tu fasses, tu te meus dans le mensonge. A ta vue les larmes de sourdre, et la douleur de crier. Tu es la force qui prime le droit. Tu n’es pas un flambeau, mais un incendie. Tout ce à quoi tu touches, tu le consumes» écrit René MARAN.
Didier DECOIN, président de l’Académie du Goncourt, a rappelé les diatribes de l'époque se sont focalisées sur l'origine ethnique de René MARAN. Il voulait être considéré comme un être humain, non pas catalogué en raison de ses origines ethniques, mais un écrivain tout court. En effet, son prix Goncourt de 1921 est avant tout une puissante œuvre littéraire poétique et qui parle de l'Afrique. Antillais, ayant vécu jusqu’à 7 ans au Gabon et étudié dans les meilleures écoles française, à Bordeaux, administrateur colonial, admirateur de Marc AURELE (121-180 après J-C), stoïcien et écrivain roman, symbole de rigueur morale et de discipline, René MARAN voudrait être un «homme comme les autres», préface de Mohamed M’Bougar SARR. Critique littéraire, il avait une ambition littéraire  «il se voulut aussi passionnément écrivain comme s’il lui apparaissait évident qu’on ne fait de la bonne littérature ni avec de bons sentiments, ni en se contentant de transcrire un vécu. Dans cette perspective, deux exigences comptaient particulièrement pour lui : la maîtrise de la langue et l’appartenance au monde de l’esprit» écrit Bernard MOURALIS.
La France conservatrice lui a toujours reproché d’avoir dénoncé les dérives du colonialisme «René Maran qui a fait scandale avec Batouala nous raconte, ici, l’histoire de l’ami quadrupède de son héros de couleur. Sa narration, assez décousue, est prétexte, comme le devine, à exhaler contre nous, c’est-à-dire contre nos coloniaux, l’amertume dont son cœur est plein. Ce que je retiens, de plus clair de son roman, c’est que l’homme est un loup pour l’homme. Mais si l’anarchie règne, ou l’injustice et l’arbitraire dans nos colonies, sans doute est-ce que la loi n’y est pas rigoureusement établie et observée. René Maran a d’excellentes qualités de peintre réaliste et naturaliste. Est-ce à dire qu’il soit rebelle à la culture et au génie des Européens ? Il a de l’amour et de l’admiration pour l’une et pour l’autre. C’est, peut-être, que sa passion le trouble et, en le rejetant à l’instinct de sa race, lui fait oublier ce qu’il a appris» écrit Jean CHARPENTIER, dans «Mercure de France».  En effet, René MARAN, ni Antillais, ni colonial, ni Français assimilé, René MARAN, est un grand Français patriote, «Parce la ville où j’ai grandi et vécu une ville de France, parce que la France est mon pays, enfin parce que je l’aime de si exclusif amour, que s’il venait à disparaître, vivre me serait à charge que la fortune sourit aux destins de la France» écrit-il dans son journal intime. Cependant, dans sa contribution littéraire, il était révolté par le poids du préjugé raciste et la grande brutalité des coloniaux. «La France est un pays où l’on n’est trop souvent  généreux qu’en parole. Dès qu’on essaie de l’incliner aux faits, elle se révèle tout autre ; il y a beau temps que je sais à quoi m’en tenir là-dessus et que le racisme français est plus profond qu’on ne le croit. A preuve mon tout dernier roman» écrit-il à Daphné TREVOR, en 1947. En effet, René MARAN estime que ces comportements déviants ont trahi la «mission de civilisation» de la France et sa grandeur. Homme au carrefour de civilisations multiples, René MARAN voulait surtout être reconnu comme «un Homme pareil aux autres», en référence au titre de son roman autobiographique, précédé dans sa nouvelle édition d’une préface de Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021. En effet, fonctionnaire colonial, il était perçu par les centrafricains comme un colon, en charge de gouverner le territoire. Pour les colons, il reste un Nègre. Ainsi, lors d’un voyage au Congo, on lui avait refusé l’accès aux hôtels. «Maran n’a jamais pu trouver sa juste place, celle où il aurait pu être utile et efficace, sans compromettre ses principes et sa dignité. Il revendiquait deux appartenances, française et africaine, mais au contact de l’univers colonial, il n’a pas pu s’identifier ni à l’autre» écrit Amin MAALOUF. Dans ce roman, «un homme pareil aux autres», paru en 1947 et réédité en 2021, le héros, Jean Veneuse, est un Noir, un fonctionnaire colonial, s’apprêtant à retourner en Afrique, au Tchad, mais il est pris par un doute intérieur : amoureux d’un blanche, Andrée-Marielle, doit-il renoncer ? «Classique, le motif littéraire de l’amour contrarié, donc le principe dramatique du roman ; mais ce qui le fonde ici n’est pas la différence du rang social, ni l’incompatibilité entre deux éducations que leur écart condamnerait : c’est l’abîme de la race, le gouffre de la couleur de peau, qui se tiennent entre Veneuse et Andrée. Et ces précipices demeureront infranchissables» écrit Mohamed M’Bougar SARR, dans la préface. Jean Veneuse voudrait aimer comme un «homme pareil aux autres». En effet, pour lui «Somme toute, c’est au pied du mariage que l’on distingue les pays racistes des pays non racistes. Le racisme disparaît lorsqu’il a confusion de deux races. Il persiste et s’affiche dans le cas contraire» écrit-il le 27 octobre 1947, à Daphné TREVOR.
Gibelin pour les Guelfes, Guelfe pour les Gibelins, René MARAN est écartelé entre deux cultures «Je ne sais pas ce que sera capable de nous donner M. Maran le jour où il consentira d’exprimer, dans notre langue qu’il admire et manie en artiste, tout ce que ses ancêtres ont déposé dans son subconscient et qui doit y couver. Je suis étonné que pour décrire le berceau de sa race, dans «Batouala», il se soit en quelque sorte imposé la vision, je n’irai pas écrire d’un Chateaubriand, d’un Flaubert et d’un Zola. Et c’est très touchant ce qu’il emprunte à Rabelais, à La Fontaine, leurs personnages pour transformer en guignol la patrie de ces écrivains» écrit John CHARPENTIER, dans «Mercure de France». En définitive, dans sa crise identitaire insurmontable, nous rappelant cruellement, la période pré-électorale des présidentielles de 2022, il faut admettre que René MARAN était avant tout un écrivain. «Dans sa situation et à son époque, tout ce qu’il pouvait faire, en tant qu’homme et écrivain, c’était d’apporter son témoignage et de hurler sa rage C’est qu’il a fait dans «Batouala», le roman autant que la préface. Ce qui lui a valu d’être à la fois couronné et crucifié» écrit Amin MAALOUF. Par ailleurs, René MARAN ne voulait pas être ramené seulement qu’à son Prix Goncourt ayant éclipsé le reste de sa contribution littéraire. En effet, il est l’auteur de 11 romans, dont son «Batouala», 16 essais et 3 recueils de poésie. «Je confesse que le bruit si étranger à des soucis d’art ou littéraires qu’a soulevé «Batouala», l’an dernier, et du nom de son auteur, M. René Maran,  l’attribution du Goncourt m’a détourné de le lire. René Maran, poète, se réclame, quant aux sentiments de ses «stances », de Marc Aurèle et de Renan. C’est donc qu’il ne daigne pas de bien écrire et qu’il désire bien penser. Sa pensée, nette, franche et toujours soutenue se forme sous la forme de vers savamment, habilement construits. Bon prosateur, homme de pensée à coup sûr, il écrit des stances en homme intelligent» écrit André FONTANAIS dans «Mercure de France».
Et l’on l’oublie souvent, René MARAN était un grand critique littéraire, avec une importante correspondance. Exceptionnel critique littéraire, René MARAN a produit de nombreux articles notamment sur Françoise SAGAN, Maurice GENEVOIX et André MAUROIS.
Références bibliographiques très sélectives
1-1 – Romans de René MARAN
MARAN (René), Batouala, véritable roman nègre, Paris, Albin Michel, 1921, 189 pages et «Batouala», Albin Michel, préface Amin Maalouf intitulée «René MARAN ou les dilemmes du précurseur», Paris, édition de 2018, 261 pages ;
MARAN (René), La Maison du bonheur, Paris, éditions du Beffroi, 1909, 164 pages ;
 MARAN (René) La Vie intérieure, Paris, éditions du Beffroi, 1912, 163 pages ;
MARAN (René), Le Petit Roi de Chimérie, préface de Léon Boquet, Paris, Albin Michel, 1924, 237 pages ;
MARAN (René), Un Homme pareil aux autres, Paris, Albin Michel, 1947 et 1962, 252 pages et Marseille, éditions du Typhon, 2021, 225 pages, avec une préface de Mohamed M’Bougar Sarr, Prix Goncourt de 2021 ;
MARAN (René), Djouma, chien de brousse, Paris, Albin Michel, 1927, 253 pages ;
MARAN (René), Journal sans date, Paris, Fayard, «Les œuvres libres», n°073, 371 pages ;
MARAN (René) Le cœur serré, Paris, Albin Michel, 1931, 253 pages ;
MARAN (René), L'homme qui attend, Paris, Fayard, 1936, 130 pages ;
MARAN (René) Mbala, l'éléphant, illustrations de G. Barret, Paris, éditions Arc-en-Ciel, 1947, 186 pages ;
MARAN (René), Correspondance, Maran-Gahisto, préface de Romuald Fonkua, Paris, Présence africaine, 2021 898 pages ;
MARAN (René), Bacouya, le cynocéphale, Paris, Albin Michel, 1953, 241 pages.
  1. 2 Essais de René MARAN
MARAN (René) FINBERT (Elian Judas), Le livre de la sagesse nègre, Paris, R. Laffont, 1950, 109 pages ;
MARAN (René), Afrique Équatoriale Française : terres et races d'avenir, illustré par Paul Jouve, Paris, L'Imprimerie de Vaugirard, 1937, 82 pages ;
MARAN (René), Asepsie noire !, Paris, Laboratoires Martinet, 1931, 45 pages  et Paris, Jean-Michel Place, 2006, 64 pages ;
MARAN (René), Bertrand du Guesclin, l'épée du roi, Paris, Albin Michel, 1960, 323 pages ;
MARAN (René), Bêtes de la brousse, Paris, Albin Michel, 1952, 241 pages ;
MARAN (René), Brazza et la fondation de l'A.E.F., Paris, Gallimard, 1941, 304 pages ;
MARAN (René), Défense d’aimer, Paris, 1932, 39 pages ;
MARAN (René), DELONCLE (Pierre Eugène Marie Joseph), Le Tchad, de sable et d'or, Paris, Revue française, 1931, 159 pages ;
MARAN (René), Djogoni, eaux fortes, Paris, Présence Africaine,  38 pages ;
MARAN (René), Félix Éboué, grand commis et loyal serviteur, 1885-1944, Paris,  éditions Parisiennes, 1957, 128 pages, Paris, l’Harmattan, 2007, présentation Bernard Mouralis, 101 pages ;
MARAN (René), Le livre de la brousse, Paris, Albin Michel, 1956, 287 pages ;
MARAN (René), Le petit roi de Chimérie, préface de Léon Bocquet. Paris, Albin Michel, 1924, 237 pages ;
MARAN (René), Légendes et coutumes nègres de l’Oubangui Chari, Paris, Fayard, collection les oeuvres libres, 382 pages ;
MARAN (René), Les pionniers de l'empire, Paris, Albin Michel, 1943-55. Tome 1,  Jean de Béthencourt. Anselme d'Isalguier. Binot le Paulmeir de Gonneville. Jacques Cartier. Jean Parmentier. Nicolas Durand de Villegaignon. Jean Ribaut, 1943, Albi, Michel, 347 pages. Tome 2 : Samuel Champlain. Belain d'Esnambuc. Robert Cavelier de la Salle, 1946, 422 pages. Tome 3 André Brüe. Joseph-François Dupleix, René Madec, Pigneaux de Behaine, Paris, A Michel, 1955, 280 pages ;
MARAN (René), Livingstone et l'exploration de l'Afrique, Paris, Gallimard, 1938, 277 pages ;
MARAN (René), Peines de cœur. Paris, SPLE, 1944, 208 pages ;
MARAN (René), Savorgnan de Brazza, Paris, éditions du Dauphin, 1951 et 2009, 209 pages.1- 3 – Poésie de René MARAN
MARAN (René), La maison du bonheur, Paris, Le Beffroi, 1909, 164 pages ;
MARAN (René),  La vie intérieure; poèmes (1909-1912), Paris, Le Beffroi, 1912, 164 pages ;
MARAN (René), Le livre du souvenir, poèmes, 1909-1957, Paris, Présence Africaine, 1958, 143 pages.
1 – 4 Chroniques de René Maran
MARAN (René), «L’A.E.F. dans la littérature», Cahiers Charles Foucault, 1952 vol 28 pages 71-77 ;
MARAN (René), «André Gide et l’Afrique Noire», Présence Africaine, 1948, n°5, pages 739-748 ;
MARAN (René), «Le mouvement littéraire aux Antilles et à la Guyane», De West-Indische Gids, 33ste Jaarg, 1952 pages 12-22.
2 – Critiques de René Maran
ASTRUC (Charles) “René Maran, le poète”, in Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965, pages 71-77 ;
CHARPENTIER (John), “Compte rendu, Djouma, chien de brousse”, Mercure de France, du 1er septembre 1927, pages 405-406 ;
CHARPENTIER (John), “Compte rendu, le petit roi de Chimérie”, Mercure de France, du 15 septembre 1924, page 765 ;
DAMAS (Léon-Gontran), «René Maran n’est plus», Présence Africaine, février-mars 1960, nouvelle série, n°30, pages 125-126 ;
DELAFOSSE (Maurice), “Une œuvre de haine : «Batouala» ou la calomnie”, La Dépêche Coloniale et Maritime, 26-27 décembre 1921 ;
EGONU (Iheanacho, T.-G), «Le Prix Goncourt de 1921 et la querelle de Batouala»,  Research in African Literatures, hiver 1980, vol 11, n°4, pages 529-545 ;
FABRE (Michel), “Autour de René Maran”, Présence Africaine, 1973, vol 86, pages 165-172 ;
FONTANAIS (André), “Les poèmes, style de Maran”, Mercure de France, du 1er janvier 1923, pages 180-182 ;
FRAITURE (Pierre-Philippe), «Batouala : véritable roman d'un faux ethnographe ?», Francofonia, 2005, n°14, pages 23-37 ;
GAHISTO (Manoël), “La genèse de Batouala”, in Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965, pages 93-155 ;
HAUSSER (Michel), Les deux Batouala, Sherbrooke (Québec) et Bordeaux- Naaman, SOBODI, 1975, 110 pages ;
HEMINGWAY (Ernest), “Prize Winning Book is Center of Storm”, Toronto Star Weekly, 22 mars 1922 ;
KOFFI-TESSIO (Maria-Thérèse), «Djogoni, le roman d’un métis, ou l’initié de l’œuvre civilisatrice», Francofonia, 2005, n°14, pages 39-62 ;
L. B, «René Maran : Prix Goncourt»,  Le Petit Parisien, 15 décembre 1921, page 1 ;
LITTLE (Roger), «René Maran, poète français, francophone, francographe», Francofonia, 2005, n°14, pages 63-76 ;
LOCKE (Alain Leroy), “The colonial Literature of France”, Opportunity, November 1923, pages 331-335 ;
LÜSEBRINK (Hans-Jürgen), «La place de René Maran dans la littérature mondiale des années vingt», János Riesz  et Alain Ricard éditeurs, Mélanges offerts à Albert Gérard. Semper aliquid novi. Littérature comparée et littérature d’Afrique, Tübingen, GNV, 1990, pages 145-55 ;
MALELA (Buata), «L’homme africain et son monde : perception et appréciation du réel africain. L’exemple de l’eau chez René Maran», Francofonia, 2005, n°14, pages 77-86  ;
MALELA (Buata, Bundu), L’homme pareil aux autres : stratégies et postures identitaires de l’écrivain afro-antillais à Paris (1920-1960), thèse sous la direction de Pierre Halen et Paul Aron, Université Libre de Bruxelles, 2006 et Paris Karthala, 2008, 468, pages ;
MANGEON (Anthony), «René Maran et le monde antique : du lyrisme élégiaque au stoïcisme»,  Francofonia, 2005, n°14, pages 87-99 et Présence Africaine, 2013, vol 1-2, n°187-188, pages 183-196 ;
MONGO-M’BOUSSA (Boniface) “René Maran, Léopold Sédar Senghor : une relecture”, Présence Africaine, 2013, Vol 1-2, n°187-188, pages 245-251 ;
MOURALIS (Bernard René), «Maran et Gaston Monnerville : entre négritude et radicalisme», Francofonia, 2005, n°14, pages 101-122 ;
ONANO (Charles), René Maran : le premier Goncourt noir (1887-1960), Paris, éditions Duboiris, 2007, 193 pages ;
PAUL (Edmond, Emile), «René Maran : Livingston et l’exploration de l’Afrique, ces routes qui ne mènent à rien»,  Le Petit Parisien, 24 mai 1938, page 4 ;
RAINAITUR (Jean-Michel), «Après le prix Goncourt, René Maran»,  La Pensée française, 14 janvier 1922, pages 16-18 ;
RENAULT (Mathieu), «Autour de la race ou amour au-delà des races, Frantz Fanon lecteur de René Maran», Présence Africaine, 2013, Vol 1-2, n°187-188, pages 231-244  ;
RUBIALES (Lourdes), «Désillusion et frustrations : l’administration coloniale contre René Maran», Jean-Marie Seillan et Jean Sévry, éditeurs, Le désenchantement colonial, Paris, éditions Kailash, 2009, pages 218-237 ;
RUBIALES (Lourdes), «Notes sur la réception du Goncourt 1921 en France», Francofonia, 2005, n°14, pages 123-145 ;
SANKO (Hélène), «Les Mots pour le dire: L’Afrique d’après Batouala de René Maran», Francographies, 1993, vol 2, pages 131-41 ;
SENGHOR (Léopold) “René Maran, précurseur de la Négritude”, in Hommage à René Maran, Paris, Présence Africaine, 1965, pages 9-13 ;
TRAUTMANN (René), Au pays de «Batouala». Noirs et blancs en Afrique, Paris, Payot, 1922, 254 pages.
Paris, le 14 décembre 2021, le centenaire, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
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28 novembre 2021 7 28 /11 /novembre /2021 18:57
«Paris capitale culturelle de l’Afrique et son riche agenda littéraire : Centenaire du Goncourt de René MARAN, 20 ans de la mort de SENGHOR, Panthéonisation de Joséphine BAKER» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
L’agenda littéraire est particulièrement riche et confirme que Paris est bien, et depuis les années 20, est bien la capitale culturelle de l’Afrique. Jadis, et durant les «Folles années», et en dépit de la grippe espagnole, les tenants du mouvement «Harlem Renaissance», (Le poète, Langston HUGUES, l’artiste Joséphine BAKER). Du 19 au 22 février 1919, Blaise DIAGNE (1872-1934), député du Sénégal (voir mon article) avait convoqué, avec l’appui de Georges CLEMENCEAU (1841-1929) premier congrès mondial panafricain, auquel avait assisté, William DU BOIS (1868-1963), auteur des «âmes du peuple noir» (voir mon article).
Le président Emmanuel MACRON a décidé de panthéoniser, à travers une plaque, Joséphine BAKER (voir mon article), artiste du mouvement Harlem Renaissance, militante des droits civiques auprès de Martin Luther, résistance, et partisane du multiculturalisme, avec sa «Tribu arc-en-ciel». Le reste de Joséphine BAKER seront maintenus au cimetière de Monaco. Régis DEBRAY avait l’initiative de cette panthéonisation, mais le président socialiste, François HOLLANDE, l’avait bottée en touche, l’opinion publique ne serait pas prête. En 2008, Mme Ségolène ROYAL avait suggéré de transférer, au Panthéon, les cendres, de Aimé CESAIRE (1913-2008), mort le 17 avril 2008. Le président Nicolas SARKOZY a repris cette idée, le 6 avril 2011, quelques années après la fameuse grève de 44 jours de Elie DOMOTA aux Antilles, en faisant apposer, après accord avec la famille, «une plaque à la mémoire du grand intellectuel et de l'homme engagé de la Martinique sera scellée au cœur». Serge LETCHIMY, député de la Martinique, a rappelé que Aimé CESAIRE est rétif aux honneurs et aux célébrations, mais que cette panthéonisation «est un geste symbolique important envers le poète, l'humaniste, l'éveilleur de conscience».
Si la Gauche fait panthéoniser, son bilan, pour les racisés, est resté maigre et particulièrement décevant. Pire, Lionel JOSPIN, alors qu’il était premier socialiste, avait même choisi de bouder les obsèques du président SENGHOR, (1906-2021), une grave faute politique que nous n’oublierons jamais. Aussi, à l’occasion de ces 20 ans de la disparition du poète-président, nous réclamons, à notre candidate, Mme Anne HIDALGO, des funérailles symboliques à Paris, En effet, son adjoint, M. Arnaud NGATCHA, était venu  prononcer une discours au colloque sur SENGHOR, à la Sorbonne du 5 novembre 2021, organisé par M. Foulo BASSE, ancien DGS de l’université d’Evry et M. Hamidou SAMAKE, adjoint à la maire de Paris. Le 18 décembre 2021, à Dakar, le Sénégal, célèbrera le 20ème anniversaire de la disparition du président SENGHOR, et la maire de Verson (Calvados, ville de Colette SENGHOR (1925-2019, voir mon article), et lieu de décès le 20 décembre 2021, du poète), a invité Mohamed M’Bougar SARR, prix Goncourt, à une conférence.
C’est le 100ème anniversaire du Prix Goncourt de René MARAN (voir mes articles) et après le prix Goncourt de M. Patrick CHAMOISEAU, pour «Texaco» en 1992, et le Prix Goncourt de Marie N’DIAYE, en 2009, pour ses «Trois femmes puissantes» qui polarise également. Beaucoup d’initiatives particulièrement louables, mais peu coordonnées, entre Paris, La Guyane, Dakar et bien sûr la République centrafricaine. Dans un contexte d’une 5ème vague brouillant tout, j’essaie de vous livrer les éléments en possession, et m’engage à vous tenir informés, dès que j’aurai des éléments plus précis.
Le roman, «Batouala, véritable roman nègre» a été écrit René MARAN (1887-1960), alors qu’il était encore fonctionnaire colonial en Oubangui-Chari, actuelle République centrafricaine. Il parlait le Banda, une langue du pays Grimari. Il ressort de la conférence à Paris, le samedi 27 novembre 2021, à la maison des associations, du XVIIIème arrondissement, dont j’ai été l’un des animateurs, que M. Jean-Pierre MARA, président d’un COPIL, en relation avec l’Alliance Française, va organiser, le 16 décembre 2021, un colloque en hommage à René MARAN (bande dessinée, pièce de théâtre, conférence).
A Paris, la Ville de Paris, sur vœu présenté par M. Hamidou SAMAKE, adjoint à la maire de Paris, Mme Anne HIDALGO a réaffirmé «afin de célébrer, dignement, le centenaire de cette œuvre précurseure et de son prix (Batouala de René MARAN) qu’un lieu culturel parisien, comme par exemple une bibliothèque, puisse porter le nom de René MARAN».
Toujours à Paris et en relation avec M. Jacques MARTIAL, conseiller-délégué en charge des Outre-mer et élu d’un merveilleux arrondissement, le 12ème , probablement une plaque sera apposée devant le 26 rue Bonaparte, à Paris VIème, là où résidait René MARAN.
La Ville de Paris envisage une table ronde, vers le 7 janvier 2022, sous la direction de M. Romuald FONKUA, professeur à la Sorbonne, sur «Batouala et René Maran du point d vue de l’histoire littéraire et politique». Diverses consultations sont en cours pour finaliser et préciser ce projet.
A Paris, une soirée de témoignage est organisée à Bibliothèque François Mitterrand, le mercredi 1er décembre 2021, de 17 h à 20 h, sur le thème «René Maran, précurseur de la Négritude», un travail coordonné par Mme Monique CALINON, avec de nombreux invités (M. Didier DECOIN, Mohamed M’Bougar SARR, Mme George PAU-LANGEVIN, etc.) Entrée libre, mais il est préférable de faire une réservation sur le site de la BNF.
Il est probable que le Sénégal, avec son Musée des civilisations noires, n’oubliera pas René MARAN, un des précurseurs de la Négritude, et ami personnel du président SENGHOR. En effet, René MARAN, à la suite de son Goncourt, a fait l’objet d’un grave lynchage, un harcèlement moral des coloniaux qui l’ont contraint à la démission de l’administration. Aussi, à sa disparition en 1960, le président SENGHOR a continué de venir en aide à sa famille, à sa veuve, Camille MARAN.
En Guyane, une autre initiative est en cours, avec un colloque à Cayenne. Je n’ai pas encore assez d’éléments précis à ce sujet. C’est, une rencontre aura lieu, et en collaboration étroite, avec son petit-fils Bernard Michel MARAN, un habitant du 20ème arrondissement de Paris, et agent de la fonction publique hospitalière. Je rappelle qu’un colloque a déjà eu lieu du 16 au 18 juin 2021 au Brésil sur «René Maran et la Guyanité». Le vendredi 5 novembre 2021 au Sénat français et à l’occasion de son 134ème anniversaire, René MARAN a été honoré.
Compte tenu des éléments glanés ici et là, il est donc plus jamais urgent et nécessaire d’avoir une Maison d’Afrique à Paris, pour engager d’énergiques actions pour la promotion du bien-vivre ensemble, coordonner diverses informations concernant les racisés et les sensibiliser à toute initiative faisant avancer la cause républicaine. On répand vite les calomnies et les dénigrements, mais s’agissant des éléments valorisants concernant l’héritage culturel africain, tout reste une affaire d’initiés, de clubs entre amis, avec des retours d’ascenseurs.
Je rappelle que les journées du 19 au 22 octobre 2021, à l’occasion du 30ème anniversaire de la disparition de Amadou Hampâté BA (1901-1991), à l’université d’Evry Paris Saclay, organisées par Messieurs Abdoul Hamet BA, maître de conférences et chef du département d’histoire et M Foulo BASSE, ancien DGS de cette université, en présence de Mme Roukiatou BA, présidente de la Fondation Amadou Hampâté BA, ont montré l’utilité de développer les études africaines, dans les universités françaises. Le président de l’université d’Evry s’y est engagé, avec enthousiasme.
Paris, le 28 novembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris capitale culturelle de l’Afrique et son riche agenda littéraire : Centenaire du Goncourt de René MARAN, 20 ans de la mort de SENGHOR, Panthéonisation de Joséphine BAKER» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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15 novembre 2021 1 15 /11 /novembre /2021 09:03
«Diary SOW après sa fugue, son nouveau livre «Je pars» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 
Diary SOW vient de faire publier, chez Robert Laffont, un éditeur parisien, son deuxième roman, le 4 novembre 2021, sous le titre «Je pars». Ce deuxième roman de Diary, est largement autobiographique, puisqu’il fait allusion à la fugue, en France, de Diary SOW, en janvier 2021. «Mon expérience m'a beaucoup inspirée pour donner du corps au personnage principal, mon alter ego» dit-elle. Cependant, selon Diary sa fugue serait «strictement personnel. Je ne suis pas Coura et elle n'est pas moi» dit Diary SOW. L’éditeur, Robert Laffont, en a donné le résumé. Disparaître, certains en rêvent. Elle l'a fait. Partir. N'importe où. Prendre sa liberté. Retrouver le contrôle de soi. Oublier la pression, une famille qui aime mal, des ambitions qui sont celles des autres. Cesser de jouer un rôle. Un matin d'hiver, Coura quitte sa chambre d'étudiante, ses amis, Paris, la France. Sans regret. Elle vient d'avoir dix-huit ans, le monde lui tend les bras. Sa disparition est d'autant plus inquiétante qu'elle était une jeune fille modèle, menant une existence parfaitement rangée. À Amsterdam, de nouvelles expériences l'attendent tandis que son passé la rattrape. Que faire ? Donner signe de vie ? Soit, mais à quel prix ? 
«Je pars» raconte le destin d'une jeune femme à la recherche d'elle-même. Je rappelle la rigoureuse nécessité d’être responsable dans tout ce qu’on fait et dit. Le jour où il y aura une vraie disparition inquiétante ; ce comportement est de nature à discréditer, très sérieusement, toute opération d’envergure de solidarité et de mobilisation des ressources et énergies de tous. Dans la mythologie grecque, Cassandre prévoyait souvent des malheurs, y compris la défaite des Troyens, mais personne ne la prenait au sérieux. 
Que cachait cette fugue de Diary SOW du 4 janvier 2021 ? 
En janvier 2021, la disparition brutale et mystérieuse avait inquiété ses proches et avait engendré un emballement médiatique. Le Consul général, à Paris, Amadou DIALLO, avait mobilisé une formidable campagne de communication, bien relayée par la presse française. Je renouvelle ici, notre profonde reconnaissance et gratitude pour cet exceptionnel élan de générosité de tous et des autorités de police françaises. Ainsi, une poignante vidéo a été réalisée et diffusée par M. François DURPAIRE, universitaire et consultant des médias. Un grand merci, François !!! Dans un tweet du 10 janvier 2021, et qu’il en soit vivement remercié, Gilles VERDEZ, journaliste et chroniqueur, a lancé un avis de recherche, pour retrouver Diary SOW. Le cas de Diary SOW nous avait profondément ému tous en raison de ses origines modestes et de son parcours exemplaire. Diary, née le 17 septembre 2000, à Malicounda, près de M’Bour, issue d’un milieu modeste peul, est très méritante : «Elle passe tout son temps à faire des exercices et des devoirs. Elle est une grande fierté pour nous, elle est un enfant exemplaire», dit sa mère Binta. Diary est constamment animée d’un désir ardent de réussir ses études. Quand on veut, on peut «Lorsqu'on désire vraiment atteindre nos objectifs, il y a la possibilité», dit-elle. Après son bac, Diary a obtenu une bourse d’excellence qui lui a permis d’intégrer la classe préparatoire de Louis-Le-Grand, où elle étudiait physique, chimie et ingénierie. 
Cependant, une partie de la presse ou de l’opinion publique, en opposition au président Macky SALL, avec des relents ethnicistes ou politiques, n’avait pas manqué de fustiger Diary SOW, prétendant que ses origines peules lui auraient octroyée une attention qu’elle ne mériterait pas. Ces diatribes partisanes sur des questions littéraires sont insupportables. «La jalousie rend irrationnel et intolérant» écrit Diary SOW, dans son roman, «Je pars». Mais il est vrai que «réfléchir, c’est difficile, c’est pourquoi la plupart des gens jugent» écrit Carl Gustave JUNG (1875-1961), fondateur de la psychologie analytique. A chaque fois qu’un Sénégalais brille par ses talents littéraires, je m’en glorifie et m’en réjouis infiniment. Si Diary SOW s’est retrouvée avec de mauvaises notes au lycée Louis le Grand ; cela est un fait incontestable. En revanche, je pense que bien des étudiants sénégalais, arrivant en France, et dont certains que je rencontre, ne sont pas conscients de l’écart considérable du niveau d’études entre la France et le Sénégal. Les nouveaux étudiants sénégalais ont grand intérêt, leur première année en France, à travailler, très dur, pour combler, rapidement, ce gap.
Diary SOW, par provocation, ingratitude, inconscience ou insolence, explique ainsi la raison d’être de son deuxième livre «Je me suis sentie comme emprisonnée par l’opinion des autres, par la conception qu’ils ont du personnage qu’ils ont construite autour de moi ; ça je l’ai ressenti surtout après mon retour. Je me suis rendue compte qu’en fait, je n’avais pas le droit de faire, ce que j’avais fait, et que l’on me niait justement ce droit. Mon livre est une façon de vous dire, je vous emmerde» dit-elle. Devant la vive réprobation de cette déclaration, Diary SOW a été contrainte de préciser sa pensée ; elle n'aurait adressé ce mot de Cambronne qu'aux personnes l'ayant injustement dénigrée. En raison de cette maladresse est le mal est fait : "la parole, c'est comme de l'eau, une fois versée à terre, on ne plus la ramasser" dit un dicton peul.
Le personnage de Coura, dans sa sensualité, sans être irrévérencieuse, est impudique. Dans sa stratégie de communication, l’essentiel c’est de rester au centre du jeu, sous la lumière. Diary, pour son deuxième roman, a réussi à se faire publier chez un grand éditeur parisien, Robert Laffont. Par conséquent, peu importe les écarts de langage ou les cris de la foule, pourvu qu’on parle d’elle. Parlez de moi, en bien ou en mal, mais parlez de moi : «J’ai voulu provoquer de la répulsion, de l’incompréhension, du dégoût, peu importe, tant que ce n’est pas de l’indifférence» écrit Diary SOW. Dans son livre, elle essaie de retranscrire l’état d’esprit qui l’a poussée à «passer à l’acte» en fuyant, comme son personnage, la pression qui reposait sur ses épaules. Ce roman traite donc de la question de la liberté : comment assumer rester, authentiquement, soi-même ? «Ce qui ne va pas, déjà, c'est qu'elle s'est oubliée. Elle a une sorte de mal-être dans sa vie, parce qu'elle ne s'écoute pas suffisamment. C'est l'opinion des autres, le regard des autres qui la dirige. Et quand elle s'en rend compte, il y a ce sursaut, cette rébellion qui fait qu'elle ne peut plus continuer comme ça», écrit Diary SOW. 
Loin de cette vision romanesque, on susurre que Diary SOW aurait une relation amoureuse avec un ancien fonctionnaire français de la police devenu diplomate, de 56 ans, affecté auparavant au Sénégal, et passionné pour les femmes peules. Un point à éclaircir. En tout cas, il va falloir que Diary s’en explique sérieusement. Sa disparition, jugée inquiétante, était fondée sur ses performances scolaires et du sérieux qu’elle avait témoigné, jusqu’ici. Une relation amoureuse se célèbre et ne justifierait nullement, si elle était établie, de provoquer de graves frayeurs de ses parents, du Sénégal entier, de la mobilisation de tous, notamment des autorités consulaires du Sénégal à Paris, de la Police française et des médias français ou du Sénégal. Mme Diary SOW, brillante élève sénégalaise, «Miss Sciences» en 2017, a remporté en 2018 et 2019 le concours général. Désignée «meilleure élève» du Sénégal, Diary a donc été honorée par le président Macky SALL ; elle n’a donc pas pu terminer ses études en France. 
La jeune Diary est déjà l’auteure d’un premier roman, «sous visage d’un ange», paru chez l’Harmattan, le 16 janvier 2020, et relatant les aventures d’une femme-enfant tiraillée entre traditions et modernité, qui fugue ; une belle histoire d’amour. Par un beau dimanche ensoleillé, la vie de Karim change de fond en comble lorsqu'une jeune fille frappe à la porte de la maison des THIANDOUM. Qui aurait cru que cette rencontre si anodine en apparence, marquerait au fer rouge l'esprit de nos personnages principaux ? Allyn, une femme-enfant à la soif de vivre débordante qui a prématurément passé l'âge des illusions dangereuses ; Karim, cet Apollon à l'âme tourmentée et au cœur insensible verra ses certitudes bouleversées par cette apparente ingénuité et cette rare beauté qui dissimulent un esprit manipulateur et un passé lourd et pensant. 
Diary, avait déjà annoncé en 2018 qu’elle préparait un deuxième roman. «Je suis en série scientifique, mais ça ne m’empêche pas d’avoir un intérêt appuyé pour les matières littéraires», affirmait-elle. Naturellement, et contrairement à certains qui dénigrent systématiquement les créateurs artistiques, comme les professeurs Iba Der THIAM, Oumar SANKHARE ou le Prix Goncourt, M. Mohamed M’Bougar SARR, je préfère d’abord prendre connaissance du 2ème ouvrage de Diary SOW et vous faire part ensuite de mes remarques. 
Le roman, composé de 17 chapitres, est d’un style simple, fluide, mais rigoureux. Il est dédié à son père «A papa, parti trop tôt, trop vite, trop loin» écrit Diary. On est loin du vocabulaire savant et riche du prix Goncourt, Mohamed M’Bougar SARR qui a compulsé différents dictionnaires. 
L’héroïne du roman, Coura, est confrontée à la nuit, à des cauchemars ; elle rêve d’avoir accouché, alors qu’elle est encore vierge et vit dans la chasteté avec son ami Adam. Mais cette chasteté c’est le prix de son ambition «ma virginité, je la traîne comme un fardeau. Rien à voir avec la morale, la pudicité, la religion, ni un quelconque vœu de chasteté. Simple question de prudence. (…) Etudier, viser plus haut, toujours plus haut, pas de distractions, pas de sexe, pas de bébé» écrit Diary. L’héroïne du roman a cédé aux exigences de sa famille et s’est oubliée elle-même «Cela fait longtemps que j’avance, courbée sous les attentes et les regards des autres, que j’ai oublié de m’écouter, de me plaindre. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de me révolter, je suis résignée. Mon instinct m’a souvent avertie de ne pas suivre l’opinion du plus grand nombre. A désirer trop fort un chemin lisse, on ne s’oublie pas impunément. Là réside la cause du trouble» écrit Diary.  
L’héroïne Coura, interpelle son compagnon, Adam, «Si un jour, je disparaissais ?». Le besoin de vivre et de rester authentiquement soi-même, la naissance de l’individualisme, est l’un des thèmes majeurs de ce roman «L’ambition aveuglée, enfin vaincue, finira, par s’incliner» écrit-elle. C’est donc la fuite que Coura veut affirmer son identité et probablement, son ambition littéraire «Quand j’ai regardé au fond de moi, j’ai vu pire, bien pire. J’ai peur de moi. Disparaître, au fond, c’est se suicider d’une partie, voire de la totalité de soi, une mort différente, une mort identitaire presque» écrit Diary.
L’essentiel du roman se déroule à Paris où le Sénégal est presque absent. Le père de Coura est ambassadeur en France. Son frère, le beau et ténébreux Mansour, est un fainéant «Désinvolte, fantasque et volage, il voyage quand il en a envie, mène ses activités comme bon lui semble, se ruine pour des projets non aboutis» écrit Diary. Sa meilleure amie, Larissa, est considérée comme superficielle «Plus j’ai grandi, plus je l’ai associée à  ces âmes matérialistes, futiles et creuses, chez qui tout est vernis. Pourtant, même ainsi, je la trouvais belle, émouvante dans sa superficialité» écrit Diary. L’héroïne tombe amoureuse d’un guitariste, un Français. En effet, son ami, Adam, est rencontré lors d’une exposition d’œuvres de son frère Mansour «Les gens passaient sans s’arrêter. Moi, je suis restée debout à l’écouter fascinée, jusqu’à ce qu’il range la guitare dans son étui. Il s’était alors tournée vers moi, avait souri. J’avais ressenti une chaleur. Et, d’emblée, je m’étais liée d’affection à lui. Comme une évidence» écrit Diary. Hugo, est le colocataire grincheux et intolérant.
Cependant, Amsterdam, en Hollande, a la côte, Mohamed M’Bougar SARR fait démarrer son prix Goncourt dans cette ville ; Diégane Latyr Faye, le narrateur, y fera une excursion. C’est cette ville hollandaise que choisit, par hasard, Coura, résidant à Paris, comme destination de sa fugue : «J’ignore ce que je vais faire, et qui je vais rencontrer. Je ne sais pas où aller, mais n’ayant pas assez réfléchi, qu’importe la destination ! Des villes tourbillonnent, se chevauchent : Londres, Bruxelles, Amsterdam ! A un guichet, je prends à tout hasard un billet pour Amsterdam. C’est juste ça le prix de la liberté : un vulgaire bout de papier !» écrit Diary. En effet, après la peur d’un saut dans l’inconnu, à la Gare du Nord, à Paris, Coura s’est décidée de se disparaître «une seule pensée m’obsède. Ça y est. Je pars» écrit-elle.
La décision de partir est liée à cette volonté de s’émanciper de toutes ces tutelles étouffant Coura «Je ne me suis jamais sentie aussi vivante que la nuit où j’ai pris ma décision. C’est décidé, je n’irai pas en cours. Plus d’horloges, de calendriers, d’obligations, d’agendas. Après le désir physique, le fantasme du départ est revenu supplanter l’attachement au présent. J’ai une priorité maintenant : Moi. Parce qu’il y a une vie à vivre. Parce que c’est la seule façon d’exister. Parce que, sans cela, je suis condamnée à d’éternels remords» écrit-elle. L’héroïne aspirant à la liberté, se sent étouffée par le père «J’ai enfin compris : je n’avais choisi pour moi, mais pour mon père. Toujours en quête de son approbation, je voulais l’impressionner, attirer son attention. J’étais son «produit». Il m’avait transmis sa vanité agaçante, un désir de briller, le goût de paraître. Et de peur de décevoir, j’étais allée loin, dans la soumission » écrit Diary.
A Amsterdam, Coura, l'héroïne du roman, «Je pars», s’émancipe et se transfigure : «Comme si, en fait, en partant, elle laissait son enfance derrière elle. Elle se sent vieillie. Elle va le dire dans le roman. Cet acte va la mener vers une meilleure connaissance d'elle-même, une meilleure connaissance de sa condition de femme, une meilleure connaissance de son corps. Oui, on peut vraiment le définir comme un rite de passage» écrit-elle. 
Initialement, et à sa réapparition, après la fugue de janvier 2021, Diary SOW avait refusé de donner une explication claire et rationnelle à son geste qui avait mobilisé le Sénégal et la France. Du moins, sa réponse de l’époque a été sibylline «ceux qui cherchent une explication rationnelle à mon acte seront déçus, puisqu’il n’en a aucune» dit-elle. En réalité cette fugue serait-elle une mise en scène, machiavélique, ayant abouti à ce roman, «je pars» ? En effet, d’aucuns croyaient Diary SOW avait renoncé à tout, notamment à ses études «Qui dit je renonce à quoi que ce soit ?» avait-elle rétorqué.
L’intrigue n’est pas loin de la réalité, après la fugue, c’est le retour au domicile familial et la crainte des parents d’une nouvelle escapade. Diary ne donne dans son livre aucune explication plausible et cohérente des frayeurs causées aux siens «J’avais de pause, de ralentir» écrit-elle. Du moins cette expérience amoureuse de ce diplomate français, déguisé sous le prénom d’Adam, si elle a été parfois compliquée à gérer, ne serait peut-être pas terminée «Il faut tout reprendre à zéro, se réapprendre l’un l’autre, s’aimer de nouveau» écrit-elle. Cette fugue a fait grandir Diary, avec parfois, un élan poétique «L’hiver bientôt va s’enfuir. Bientôt l’éclosion de l’été. Et tout renaîtra à la vie. Et je pourrai en fin observer le monde et le trouver beau» écrit Diary SOW. Sans doute, une ambition littéraire qui promet d’autres romans.
Références bibliographiques
SOW (Diary), Sous le visage d’un ange, Paris, L’Harmattan, 2020, 314 pages, au prix de 26 euros ; 
SOW (Diary), Je pars, Paris, Robert Laffont, 2021, 208 pages, au prix de 16 €. 
Paris, le 14 novembre 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Diary SOW après sa fugue, son nouveau livre «Je pars»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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