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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 20:18
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ #presenceafricaine
SEMBENE Ousmane fait partie de ces exceptionnels citoyens qui ont fait du Sénégal «Un Grand petit» en référence au titre de mon troisième livre, une Nation prospère, respectée de tous, une démocratie stable, une diversité inspirée par la tolérance et l'hospitalité. «Sembène Ousmane est le premier écrivain africain qui ose porter sur sa société un regard lucide, délivré de la nostalgie et des rêveries à l’occidentale. Fermement, il s’attaque au grand mythe : celui de l’Afrique précoloniale, l’Afrique-d’Avant-les-Blancs, que SENGHOR et ses thuriféraires ont figé dans sa grandeur et son émotion» écrit Maryse CONDE. En effet, SEMBENE est un directeur de conscience d’une Afrique qui se cherche encore : «Il est un auteur, un créateur, qui se distingue par son réalisme et son engagement. Ses personnages, les tranches de vie, les événements qu’il décrit ou met en scène s’éloignent peu du vraisemblable. Chacune de ses œuvres, chacune de ses productions comporte, par ailleurs, un message qui s’écarte peu de son engagement personnel, du sens qu’il a donné à ses combats. Sa démarche est pédagogique, même s’il ne cherche pas à s’ériger en donneur de leçons» dit Amadou-Mahtar M’BOW, ancien Directeur général de l’UNESCO.
Fils de pêcheurs, né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, dans le Sud du pays, en Casamance, SEMBENE aurait eu cette année 100 ans. Je suis persuadé que les générations futures célèbreront encore des siècles et des siècles la contribution artistique de cet exceptionnel et illustre Sénégalais. SEMBENE est issu d’un père pêcheur, Moussa SEMBENE, Wolof, un Lébou originaire de Dakar qui l’a déclaré en mairie le 8 janvier 1923. Sa mère, Ramatoulaye N’DIAYE est une Ouolofe, originaire de Saint-Louis. SEMBENE est un fils de pêcheur, destiné à reprendre le métier de son père, mais il s’avère qu’il a le mal de mer lors de la pêche en haute mer. «Mon père qui était analphabète en français, possédait la nationalité française. C’était un homme ouvert», dit SEMBENE, mais farouchement attaché à sa liberté : «La seule fierté de mon père, était de me répéter, je ne serai jamais l’employé d’un Blanc», précise SEMBENE. Issu d’un milieu populaire, il appartient à la catégorie des déshérités qu’il n’a jamais cessé de défendre. Un grand-oncle et instituteur, qui en 1923 a ouvert à Marsassoum la première école en langue française, l’inscrit à l’école française. Cependant, dans sa jeunesse, son activité favorite était le vagabondage. «Mon enfance s’est passée entre l’eau, les arbres, la pêche et l’école coranique», dit SEMBENE.
En 1936, SEMBENE rejoint Dakar, après la mort de son oncle, pour préparer le certificat d’études primaires. En 1937, il est renvoyé de l’école pour avoir battu le directeur, Pierre PERARLDI, qui l’accusait, à tort, d’avoir fait disparaître le livre d’un autre élève. SEMBENE a été puni pour l’exemple, en raison de son indiscipline fréquente. Aucune école publique ou privée ne voulant l’accueillir, SEMBENE s’adonne, à partir de 1938, à de petits boulots, notamment d’apprenti mécanicien, de plombier, de maçon, d’aide cuisinier ou de ferrailleur. Pendant un certain temps, SEMBENE suit des cours du soir, s’adonne à la natation. Il connaît une crise de mysticisme de 1938 à 1940. «Il devient musulman croyant à la recherche de la pureté, il se rase la tête et s’abime à la prière», souligne Paulin Soumanou VIEYRA (1925-1987), un de ses biographes.
Diplômé de l’école buissonnière, c’est en autodidacte inscrit à l’école de la vie que SEMBENE a complété et développé son savoir. Les prémices d’une conscience politique et syndicale ont déjà été enregistrées au Sénégal, avant son séjour en France. En effet, SEMBENE subit l’influence de Samba DERIGON, un vendeur de journaux qui lui en offre, et qui lui parle de la nécessité de l’indépendance nationale. Durant toute sa vie, SEMBENE sera un lecteur assidu de la presse, et va s’inspirer des faits divers pour alimenter sa réflexion. SEMBENE commence à fréquenter les milieux syndicaux et contestataires, notamment au marché de Sandaga, à DAKAR. SEMBENE renoue également avec les gardiens de la tradition africaine, comme Yahi LAHO, qui auront forte résonnance dans son orientation nationaliste. Après de nombreuses péripéties et quelques petits boulots nécessaires à sa survie, le jeune Sembène intègre un régiment de tirailleurs sénégalais. Engagé volontaire dans l’armée coloniale, au 6ème régiment d’Infanterie, en 1942 à 1946, il est envoyé au Niger, au Tchad, en Afrique du Nord, à Marseille, puis à Baden-Baden, en Allemagne. Cette expérience lui fera réfléchir, par la suite, sur sa condition de colonisé. «Ousmane Sembène est venu au cinéma par la littérature et à la littérature par l’action syndicale à Marseille» écrit Paulin Soumanou VIEYRA.
Ce qui me vient d'abord à l'esprit, ce que SEMBENE, un autodidacte, trouve, en 1949, un métier de docker au port de Marseille, qu’il exercera pendant 10 ans. «Être docker à Marseille, c’est un métier très dur, mais on formait une famille qui m’a permis de découvrir, non pas la France, mais le peuple de France», dira SEMBENE. C’est dans cette ville que le destin de SEMBENE bascule. La transmutation se produit, tant sur le plan intellectuel, idéologique que professionnel. «Je n’ai pas fait d’études, et c’est la France qui m’a appris tout ce que je sais», reconnaît SEMBENE. Par sa fréquentation de l'école du Parti et de la bibliothèque de la CGT, à force de bonnes lectures et de travail, il est devenu l'un des écrivains majeurs et grand témoin du XXème siècle. SEMBENE est donc une leçon de vie pour les vaincus et les désespérés. L'Homme, en dépit des contraintes et des difficultés, conserve une grande part toute latitude pour agir sur la voie qu'il se tracer, une sorte d’existentialisme à la Jean-Paul SARTRE (1905-1980. Nous pouvons si nous voulons. Dans la recherche à la réalisation de son épanouissement de l’Homme, rien n’est écrit à l’avance ; l’Homme devient ce qu'il a décidé d'être et crée son existence en se choisissant sa voie. L’Homme dans son projet de dépassement de soi, estimant qu’il n’y a d’autre législateur que lui-même, est «condamné à être libre, cela signifie qu'on ne saurait trouver à ma liberté d'autres limites qu'elle-même» dit Jean-Paul SARTRE.
Ensuite, l’artiste dominant le cinéma africain, a fait un choix déterminant : «Il a pris le pari de la littérature et du cinéma pour pouvoir vivre et agir dans l’Afrique postcoloniale» écrit Valérie BERTY, dans sa biographie «Sembène, un homme debout». De quelque côté se tourne SEMBENE, il s’aperçoit que la création littéraire sur l’Afrique est dominée par les Européens. «Les gens d’autres cultures, surtout «nos parents» Européens, et plus particulièrement nos «cousins» français décrivent les Africains comme des insectes. Ce sont des «anthropologues» du continent africain. Ils sont légion à se pencher sur le devenir de l’Afrique et des Africains. La force de leurs médias a une influence négative sur les mentalités africaines. Cette puissance d’aliénation date de très longtemps. A mesure que les films influencent et marquent les «assimilés», la classe ouvrière et les syndicalistes font de la salle de cinéma un lieu de meeting. Les cinémas d’Afrique noire sont les fils aînés de la littérature anticolonialiste. C’est même «une école du soir» ; malgré le lourd handicap qui la frappe, son existence est héroïque. En ce début du 3ème millénaire, la nouvelle génération s’approprie de son histoire et s’affirme «libre». Le combat entre nous (Africains) et le combat contre les «donneurs de leçons» seront plus difficiles, plus durs que toutes les luttes passées», dit SEMBENE. En raison de la puissance de l’image, SEMBENE a abordé le cinéma en termes d’éducation, de formation à la conscience, une sorte de cinéma de «double contre-ethnographie» suivant Jean JONASSAINT. En effet, SEMBENE est convaincu que la meilleure façon de toucher les grandes masses, c’est outre le livre, mais c’est surtout le cinéma. En nationaliste, SEMBENE Ousmane, dans ses films, a privilégié les langues nationales notamment le Ouolof afin de mieux entrer en symbiose avec les populations sénégalaises non alphabétisées. «Un cinéaste, qu'il soit de cinéma ou de télévision, du monde de l'image en somme, se réclame d'un héritage très ancien mais toujours vivant : l’oralité. L'image rejoint l'oralité dans la mesure où elle s'adresse à une masse de gens qui, dans le tiers monde et particulièrement en Afrique, n'ont pas les moyens, ni même parfois le temps, de lire. L'image est vraiment un raccourci» dit-il. En effet, si SEMBENE préfère de loin la littérature au cinéma, mais pour lui, la littérature est un luxe pour la grande masse des Africains. Le cinéma, puissant véhicule de la tradition orale, peut-être un formidable outil de communication avec les masses. Aussi SEMBENE est allé, en 1962, à Moscou, aux studios Maxim GORKI, apprendre les techniques cinématographiques. Pour lui, un artiste n’est jamais neutre : «Il m’importe pour ma part d’endosser cette responsabilité liée à la prise de parole qu’implique le cinéma. Il s’agit pour moi d’assumer la conscience de mon peuple et de proposer un projet d’avenir. Avec mes films, je cherche à susciter une réflexion, à générer des questions» dit-il.
Artiste engagé, SEMBENE estime que l'Afrique, par ses dimensions pouvant contenir l'Europe et l'Amérique et ses matières premières, n'est pas la périphérie mais le centre. Le colon est resté plus de 5 siècles en Afrique mais a refusé d'apprendre les langues du pays. En revanche lui, un polyglotte maîtrise plusieurs langues, notamment le français. La fonction essentielle de l'artiste n'est pas seulement que de divertir, mais surtout d'éduquer le peuple. «L'art est politique. Pas la politique politicienne, bien sûr, mais l'art joue un rôle en politique. Qu'est-ce que l'art, ou la culture, sinon ce dont l'homme est enveloppé, de sa naissance à sa mort, de la layette au linceul ? Ainsi, dans la tradition africaine, le cinéma est une réalité qui enveloppe l'homme tout entier» dit SEMBENE. Le cinéma devrait être, non pas folklorique, mais une écoute de soi de sa culture, de ses préoccupations pour sa dignité et son bien-être : «A l'époque coloniale, le cinéma était une distraction pour étrangers. Le monde africain, le monde noir, n'y existait qu'à travers les bananiers ou les cocotiers, à travers les personnages de bons boys, de braves domestiques. Mais depuis, les cinéastes africains posent de vrais problèmes tant bien que mal, mais ils les posent quand même. Alors les gens commencent à s'identifier lentement à leur histoire. Et le cinéma devient une réalité» dit SEMBENE. Le cinéma est une conscience qui éclaire les peuples africains «Ousmane Sembene était un militant de la liberté qui a usé de sa plume et surtout de sa caméra comme arme de combat." En outre, c'était un homme qui avait une foi irréductible dans la vertu rédemptrice de l'art qui, de par sa nature créatrice, permettait seul à l'homme à la fois de douter de Dieu et de se rapprocher de LUI en même temps. Ainsi, pour lui, l'homme doit être responsable de son propre destin et de celui de sa société. L'homme (la femme) de culture est celui (celle) qui doit exprimer les défis et les rêves les plus intimes de ses contemporains. Il ne doit pas seulement être «engagé» mais «embarqué» dans tous combats de ses contemporains» dit Samba GADJIGO, un des biographes de SEMBENE.
Enfin, en 1963, SEMBENE retourne définitivement au Sénégal et fonde une maison de production, «La Filmi DOMIREEW» (le Fils du Pays). Les thèmes abordés dans ses films par SEMBENE sont nombreux et riches : le rôle et la place de la femme dans la société, la dénonciation de la bourgeoisie bureaucratique corrompue et éloignée des préoccupations du peuple, le poids des traditions sociales, culturelles et religieuses entravant l’épanouissement de l’individu, et donc la vraie indépendance et le développement de l’Afrique, la quête d’une identité authentiquement africaine, les perversions sexuelles. Effet, aîné des Anciens et maître du cinéma africain, plusieurs thèmes traversent la contribution artistique de SEMBENE Ousmane. Aussi, il a dénoncé avec vigueur, mais avec lucidité, la colonisation, la cupidité et la vanité des hommes, les religions catholique et musulmane, la duperie de l’aide internationale, les inégalités sociales, l’excision, etc. Homme de son temps, il a été obsédé par les questions d'indépendance, de souverain nationale et d'unité de l'Afrique. «L'héritage de l'Afrique noire est lourd à porter. A peine avions-nous commencé à former des Etats, encore embryonnaires et imparfaits, que nous avons eu l'esclavage, la traite à laquelle certains Noirs ont, d'ailleurs, participé. Des chefs noirs ont été complices, pendant quatre ou cinq siècles, de cette monstruosité. Puis ce fut la colonisation. Peut-être ce qui nous est arrivé de pire. Les colonisateurs ont formé des cadres, mais ce n'étaient que des auxiliaires, incapables de gouverner par eux-mêmes. La présence du maître était devenue nécessaire ! Enfin, nous avons lutté pour l'indépendance. Nous ne savions pas ce que c'était. Nous ne savions même pas qui nous étions» dit SEMBENE.
En définitive, SEMBENE est un cinéaste politiquement et socialement engagé pour que les consciences s’éveillent. «Comme les autres, je fais partie du monde, ma place je ne permets à personne de l’occuper, et je ne permets à personne de parler à ma place», souligne SEMBENE dans son voyage à l’intérieur de lui-même. «Le cinéma est nécessaire dans toute l'Afrique, parce que nous sommes en retard dans la connaissance de notre propre histoire», précise SEMBENE estime que le rôle de l’artiste est hautement important : «Les gens l'écoutent, attendent qu'il leur parle. Aucun créateur n'a autant de responsabilité dans l'histoire que le romancier et le cinéaste. Et là, nous retrouvons une antique tradition africaine : le griot. Tout le monde sait que le griot est cinglé : dans tous les villages, il y a le simple d'esprit qui ose dire tout haut ce que d'autres ne font que murmurer dans la solitude de leur case. On en rit, mais on reconnaît qu'après tout, il a raison, le fou» dit SEMBENE. Mais SEMBENE ne départit jamais de son humour, une source d’espérance : «Nous avons beaucoup de misère, mais nous avons le sens de l’humour le plus aigu, même à notre détriment. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une force. Nous rions de nous-mêmes. Ça aussi, c’est notre culture. Imaginez la misère qu’il y a en Afrique : si les Africains, avec cette misère, ces maladies devenaient tristes, mais ce serait la fin de tous les peuples africains» dit-il.
En particulier, symbole d’un homme de refus, jaloux de sa liberté absolue, guerrier inflexible à l'esprit caustique, SEMBENE est un adversaire résolu de la Françafrique, son film, «Ceddo», a été interdit par Léopold Sédar SENGHOR, et son «Camp de Thiaroye» banni en France : «A l'extérieur, nous avons des adversaires, comme nous avons des alliés. Je dirais que les ennemis de l'Afrique, ses ennemis permanents, se trouvent à l'intérieur. Pour aller de l'avant, nous devons donc régler nos propres affaires et compter, d'abord, sur nous-mêmes. Au fond, nous avons trois priorités : soigner nos maux avec nos moyens propres, même s'ils sont limités, développer la scolarité, assurer du travail à la population» dit SEMBENE. Ce film «Ceddo» affirme la liberté et la résistance à de l’Homme africain : «À l’origine, il s’agissait d’un groupe d’individus qui se sont opposés à la pénétration de l’islam pour ne pas perdre leur identité culturelle. Ces premiers hommes qui refusèrent de se convertir à l’Islam étaient appelés Ceddo, «gens du dehors». Il s’agit vraisemblablement d’un mot Poular. Le Ceddo est un homme de refus. C’est ce refus qui est demeuré à travers les siècles, et qui a donné au mot sa signification. Le Ceddo, c’est avoir l’esprit caustique, être jaloux de sa liberté absolue. Être Ceddo, c’est aussi être guerrier : parfois combattant pour des causes justes, parfois mercenaire. Le Ceddo n’est ni une ethnie, ni une religion, c’est une manière d’être, avec des règle» écrit Guy HENNEBELLE. Dans «Emitaï», il ne s’agit pas seulement d’un film à la gloire de la femme dans sa détermination sans faille, mais c’est aussi de résistance. Ce sont les femmes qui tout au long de la lutte ont l’attitude la plus résolue et unanime face à l’armée française venue chercher le riz, pour les troupes combattant en Europe les Allemands. En particulier, l’anticolonialisme de SEMBENE est flagrant dans le film «Camp de Thiaroye», une charge violente contre tous les massacres coloniaux (Sétif en Algérie le 8 mai 1945, Madagascar 1947, Indochine, Cameroun) et le fait dire, par un de ses personnages noir s’adressant à des militaires : «Vous insultez des soldats (les Tirailleurs sénégalais), qui étaient de toutes les batailles. Ils étaient de la première armée libre. Où étiez-vous en 1940 ?». Dans «le Camp de Thiaroye», SEMBENE relate les revendications des tirailleurs sénégalais confinés dans la banlieue de Dakar, lors de leur retour d’Europe le 1er décembre 1944, juste avant à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont été massacrés à l’arme lourde et considérés comme des «insurgés». C’est donc SEMBENE qui a porté l’attention de l’opinion sur ce grave crime contre l’Humanité et la Françafrique, refusant de rouvrir les archives et de réviser ce procès, fait toujours la sourde oreille.
SEMBENE dénonce, notamment dans «Xala» sans modération, tous ces régimes autoritaires et corrompus africains qui ont reproduit des comportements pires que le colonisateur. «Xala» est un sort jeté au héros du film, devenu impuissant et ne pouvant donc honorer sa jeune épouse. Il s’agit d’une métaphore concernant ces indépendances factices des pays africains, une indépendance dans la dépendance (Voir mon article De Gaulle et l’Afrique). «Je dénonce effectivement une classe, non pas une classe, une couche de population, qui se trouve en situation objective de privilèges indécents, de privilèges condamnables, parce qu’ils pervertissent le progrès social, inhibent les efforts du peuple vers le progrès, c’est-à-dire vers la réalisation de ses aspirations naturelles au mieux-être et au mieux-vivre», souligne SEMBENE. En effet, après la décolonisation une bourgeoisie bureaucratique a pris la place des Blancs, sans se préoccuper du sort des exclus. Les Africains ont les qualités de leurs défauts. Ils n’ont jamais eu le monopole de la vertu, ni avant, ni de nos jours. A la fin de «Xala » et afin d’échapper à l’impuissance, tous les gueux de Dakar sont venus cracher sur le héros du film «Pour nous, [Xala,] c’est un mythe sur la lutte des classes, et la lutte que la masse doit faire pour renverser la classe bourgeoise. La masse doit aller jusqu’au bout, ce que symbolisent les crachats. En fait, la vraie traduction n’est pas cracher, c’est plutôt vomir, sortir sa bile le mot exact, c’est la bile : il faut « dé-biler» sur la bourgeoisie» dit SEMBENE. Le film, «Mandat-Bi» ou le mandat est une attaque en règle contre la bourgeoisie bureaucratique, tatillonne et peu respectueuse du droit des administrés.
Dans son cinéma militant, SEMBENE Ousmane a valorisé «L’héroïsme au quotidien», notamment dans «Borom Sarret» en 1963, premier court métrage de l’Afrique occidentale indépendante. «Borom Sarret» relate l'histoire d'un pauvre homme qui essaie de gagner sa vie comme charretier à Dakar. Bien qu'il s'attende à être payé pour ses services, il ne le dit jamais clairement, de sorte que lorsqu'on ne le paie pas, il se sent souvent déçu et abusé. Parmi les gens qu'il rencontre, il y a un homme qui amène son enfant mort au cimetière. Lorsque l'homme n'est pas autorisé à entrer parce qu'il n'a pas les bons papiers, le charretier abandonne le corps sur le sol et laisse l'homme se plaindre de sa perte. Dans une autre séquence, un individu, bien habillé, demande à être emmené dans le quartier français le plus huppé de la ville, mais interdit les charrettes tirées par des chevaux ; un policier lui inflige une amende au conducteur, confisque sa médaille et sa charrette ; dépouillé de sa recette du jour par un griot, le cocher rentre, seul, avec son cheval, sans le sou et n’a qu’une noix de colas pour déjeuner «Le même sang coule dans mes veines, ce n’est pas parce que la vie moderne m’a réduit en esclave que je ne suis pas noble, comme mes Ancêtres» dit le cocher. Sa femme décide alors de prendre seule les choses en main. Féministe, dans «Fatou Kiné», l’Afrique reste profondément maternelle. «Notre société, la société africaine est plus féminine que masculine. Défendre la femme, protéger la femme, c’est protéger le substrat culturel d’une société comme l’Afrique. Les femmes africaines ont subi beaucoup plus les méfaits de l’esclavage, de la colonisation, du néo-colonialisme et de la mainmise des hommes, sans compter le poids des religions. Ce sont elles-mêmes qui se révoltent. Ce n’est pas qu’elles sont femmes, mais elles sont capables de nous montrer autre chose de plus paisible, de plus sociable. Le monde n’a rien d’autre que ça, la sociabilité. Aujourd’hui, nous sommes dans les villes où la seule valeur, c’est l’argent. Et ces femmes travaillent, nourrissent leurs enfants, les amènent à l’école, les soignent» dit-il.
SEMBENE, en sociologue, ne cesse de plaider pour une profonde rénovation des valeurs morales et spirituelles du Sénégal. Ainsi, «Guelwaar», en 1992, le dernier film de SEMBENE, est un pamphlet extraordinaire sur le chaos moral, religieux et administratif de l'Afrique de notre époque. En effet, «Guelwaar», catholique et grand défenseur de l'auto-détermination de l'Afrique a été éliminé parce que ses paroles dérangeaient. On s'aperçoit le matin de ses obsèques que son corps a disparu et l'éloge funèbre se fait autour d'un cercueil vide. À la suite d'une erreur administrative, c'est une puissante famille musulmane qui l'a enterré et qui ne veut rien révéler pour ne pas perdre la face. Les deux communautés religieuses vont se dresser face à face en évoquant le souvenir de ce curieux personnage qui faisait trembler les autorités en fustigeant le détournement, à grande échelle, par les gouvernants africains, des aides internationales. «Les dons alimentaires et les crédits destinés aux paysans ont été détournés. Ces magots, volés au peuple, ont servi à une minorité de dirigeants à acquérir des villas, des châteaux et des appartements en Europe. (…). Des sommes énormes, dérobées au peuple, dorment dans les banques en Europe. Tous ces avoirs, mal acquis, dépassent même les dettes de leur pays» dit SEMBENE. Comme dans son «Borom Sarret», SEMBENE a établi le langage cinématographique africain, la vraie noblesse n’est pas celle de la naissance, mais celle du cœur et de l’esprit. La honte, de la mendicité et l'asservissement, ainsi que la corruption sont des maux dont souffre l’Afrique. L'esprit chevaleresque des preux de l'Afrique d'antan, qui survit encore dans une Afrique pourtant en pleine mutation.
Dans son testament, SEMBENE recommande aux jeunes cinéastes de s’ouvrir aux autres, mais de rester profondément Africains : «Ne pas oublier le passé, mais s’ouvrir aux autres. Le problème qui se pose aux jeunes cinéastes africains se pose de la même façon aux cinéastes européens. Quel que soit le cinéaste, il faut faire de l’argent. Moi, je dis : il ne faut pas en perdre, mais il faut faire des films qui s’intéressent à votre société. La société et la communauté. Ça mettra du temps, mais les gens vont regarder les films. C’est aussi une façon de susciter une prise de conscience, de leur faire comprendre que notre avenir est entre nos mains, car ce n’est ni l’Europe, ni l’Amérique, ni la Chine qui feront de nous des hommes, mais c’est nous-mêmes. Voilà l’important. Il n’y a rien d’autre, rien d’extraordinaire, rien d’autre» dit SEMBENE.
SEMBENE a vécu de 1974, jusqu’à sa mort, le samedi 9 juin 2007, avec une américaine, Carrie Dailey MOORE, spécialistes des littératures et cultures d’Afrique, mais aussi costumière, dans son film «Ceddo». Il a eu trois enfants, Alain, un ingénieur des travaux publics, né à Marseille en 1957, enfant d’une Française et Mame Moussa, issu de son premier mariage avec une sénégalaise. «Le père… Ça été un père extrêmement dur. C’était quelqu’un qui était dur. Donc, dans ma vie, il y a eu beaucoup de clashes, de disputes. Il était dur mais, avec lui-même. L’image que j’ai de lui, c’est quelqu’un d’intègre et qui savait là où il voulait aller et là où il ne voulait pas. Il a toujours dirigé sa vie comme il l’entendait. Il a gardé le cap avec courage et abnégation» dit Alain SEMBENE.
Initiateur du FESPACO, au Burkina-Faso une statue et une avenue sont dédiés à SEMBENE Ousmane hommage à cet artiste hors du commun et la chambre où il logeait pendant le FESPACO a été transformée en musée. Pour le centenaire de sa naissance, SEMBENE sera honoré, à titre posthume, au festival de Cannes du 16 au 27 mai 2023. Il a reçu, de son vivant,  le Prix «Un certain regard» à Cannes en 2004, pour son film, «Moolaadé» (réfugié en peul) s'attaquant à la tyrannie masculine en dépeignant le combat et le martyre d'une femme luttant contre les mutilations sexuelles. Son film, «La Noire de…», premier long métrage réalisé par un Africain, a été présenté au premier festival mondial des Arts nègres de 1966 et a obtenu le prix Jean Vigo à Paris, ainsi que le Grand prix du festival des Arts nègres. «Ousmane Sembène a marqué les arts africains de manière indélébile. Il est un monument incontournable du monde des créateurs africains. Il appartient au Sénégal, mais aussi à l’Afrique et au-delà au patrimoine commun de l’humanité. Des hommes comme lui, dont l’œuvre est étudiée dans les écoles, lycées et universités de l’univers entier sont les penseurs de l’Afrique nouvelle et les véritables ambassadeurs de leur continent. Grâce à eux, l’Afrique debout, réveillée, est consciente d’elle-même et du monde» écrit Daouda MAR, dans «Africultures».
Références bibliographiques très sommaires
I – Contribution de SEMBENE
1 – Œuvres littéraires
SEMBENE (Ousmane), God’s Bits of Wood : A Novel of the Independence Struggle in French, introduction de A Adu Boahen, Oxford, 2008, 256 pages ;
SEMBENE (Ousmane), L’Harmattan, Paris, Présence Africaine, 1964, 299 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Le dernier de l’Empire, Paris, Présence Africaine, 1985, 438 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Le docker noir, Paris, Présence Africaine, 1973, 219 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Le mandat précédé de Véhi Ciosane Blanche-Génèse, Paris, Présence Africaine, 1966, 190 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Les bouts de bois de Dieu, Paris, Press Pocket, 2002, 379 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Niiwam suivi de Taaw, Paris, Présence Africaine, 2001, 189 pages ;
SEMBENE (Ousmane), O pays, mon beau peuple, Paris, Pocket, 1975, 187 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Voltaïque, la Noire de …, Paris, Pocket, 2001, 215 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Xala, Paris, Présence Africaine, 1995, 192 pages.
2 - Filmographie
1962- Borom Sarret
1963- L'empire Songhay
1964- Niaye
1966- La Noire de …
1968- Mandabi
1969- Traumatisme de la femme face à la polygamie
1969- Les dérives du chômage
1970- Taaw
1971- Emitaï
1972- L'Afrique aux olympiades, Basket africain aux J.O de Munich RFA
1975- Xala
1977- Ceddo
1987- Camp de Thiaroye
1992- Guelwaar
1999 - Héroïsme au Quotidien
2000- Faat-Kiné
2004- Mooladé.
II – Critiques de SEMBENE Ousmane
AKPADOMONYE, (Laurent, P.), «Sembene Ousmane, héritier critique de la technique romanesque occidentale», CLA Journal, septembre 1995, Vol 39, n°1, pages 116-125 ;
Anonyme, «Entretien avec Sembène Ousmane, griot africain», Courrier de l’Unesco, janvier 1990, pages 4-7 ;
BENSALAH (Mohamed), «Ousmane Sembène, une conscience africaine, un destin hors du commun», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 50-53 ;
BERTY (Valérie), Sembène Ousmane, un homme debout, Paris, Présence Africaine, 2019, 240 pages ;
BESTMAN (Martin, T.), Sembène Ousmane et l’esthétique du roman négro-africain, Québec, Naaman, 1981, 349 pages ;
BOVE (Bruno), «Ousmane Sembène, (1923-2007), une biographie», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 28-49 ;
BUSCH (Annett), ANNAS (Max), éditeurs, Sembène Ousmane : Interviews, University of Mississippi, 2008, 255 pages ;
CHAM (Baboucar Mbaye), «Ousmane Sembene and the Aesthetics of African Oral Traditions», Africana Journal, 1982, vol. 13, n° 1-4, pages 24-38 ;
CHEVRIER, (Jacques), «Sembene Ousmane, écrivain», L'Afrique Littéraire et artistique, 1985, n°76 pages 12-16 ;
CHREACHIN (Firinn, Ni), Sembene in Senegal : Radical Art in Neocolonial Society, University of Birmingham, décembre 1997, 249 pages ;
DIA (Thierno, I), «Ousmane Sembène, l’aîné des anciens», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 8-13 ;
DIAGNE (Ismaïla), Lire et relire Sembène Ousmane, Paris, Dakar, Harmattan, 2014, 226 pages ;
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Paris, le 4 janvier 2023, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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20 décembre 2021 1 20 /12 /décembre /2021 19:11
«Frédéric BISCHOFF, son roman «Corpus X», la démocratie, entre liberté et possible basculement dans un régime autoritaire, une démocratie «illibérale»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le roman de Frédéric BISCHOFF, «Corpus X» ne peut pas mieux tomber ; l’idée défendue est que la démocratie, même dans les pays occidentaux, un bien précieux, mais reste tout même fragile et peut être remise en cause. Bien que «Corpus X» de Frédéric BISCHOFF soit une création romanesque, c’est une fiction, de nos jours proche de la réalité. A la veille des élections présentielles, d’une part, les forces du Chaos sont unies et requinquées parfois par une certaine presse complaisante, et d’autre part, la Gauche, sans une Primaire populaire, reste divisée, et peut disparaître du paysage politique. Par conséquent, comme en 1936, les adversaires de la République, sont aux portes du pouvoir.
Finalement, Frédéric BISCHOFF, à travers son roman, «Corpus X», attire l’attention de chacun d’entre nous que la démocratie, un bien précieux,  n’est jamais acquise, de façon irréversible. C’est un combat de chaque instant. Plusieurs dans l’histoire de l’humanité, cette précieuse conquête a été gravement menacée. Frédéric BISCHOFF remonte aux temps anciens mettant l’égalité et la liberté au-dessus de tout, mais au bout d’un certain temps, on finit par s’en lasser «l’usage et l’habitude en firent perdre le goût et l’estime» cite-il Polybe dans son «Histoire générale». Déjà, le 6 février 1934, des ligues factieuses, dont «l’Action française», avaient failli renverser la République. Tous les chefs d’Etat français, Charles de GAULLE (1890-1970), Georges POMPIDOU (1911-1974) et François MITTERRAND (1916-1996), frappés par une grande cécité, avaient refusé de condamner le régime de Vichy, collaborationniste. Seul le président Jacques CHIRAC avait eu le courage et l’honneur de fustiger cette étrange défaite de la République. Depuis la Révolution, la République ne s’est imposée contre la Monarchie, qu’après une longue lutte, loin encore d’être achevée. En effet, depuis Arthur de GOBINEAU (1816-1882) avec sur livre sur «l’inégalité des races», jusqu’à la famille LE PEN en passant par Eric ZEMMOUR, deux France sont en compétition : la Républicaine et la conservatrice. Cette lutte sournoise, larvée, maintenant devenue violente, se manifeste par le refus d’assumer le passé colonialiste et esclavagiste de ce pays, notamment par la célébration de Napoléon et la glorification de Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683). Aux Etats-Unis, la démocratie américaine avait failli péricliter avec putsch avorté, du 6 janvier 2021, de Donald TRUMP.
«Corpus X» relate un enchainement de circonstances plausibles favorisant l’avènement d’un régime autoritaire, une «démocratie illibérale», en France, dans un avenir proche. Il s’agit d’une création littéraire, une fiction, mais non éloignée de la réalité que nous vivons. Dans ce roman, la forme du récit choisi est d’une compilation de textes, inspirés notamment de l’actualité (articles de presse, courriers personnels et professionnels, retranscriptions d’interviews, publicités), favorisant aussi une lecture fluide et rythmée, à la manière d’un «fil d’actualité». Le lecteur se forme peu à peu un point de vue «impressionniste» du sujet, par juxtaposition progressive d’éléments nouveaux qui décrivent tour à tour des faits politiques de notre temps (nouvelles technologies avec la vidéo-surveillance, la reconnaissance faciale, émergence de mouvements antisystème, collecte et croisement d’informations, déserts médicaux, l’entre-soi à travers de cités Etats, les drones avec télétransmission d’images, une application sur le portable de chacun etc.). Frédéric BISCHOFF suggère progressivement, risque de confiscation progressive des libertés individuelles par diverses manipulations politiciennes. Face à un besoin croissant d’une partie de la population de sécurité, Frédéric BISCHOFF soulève, dans son roman, «Corpus X» cette redoutable «Le contrôle des populations peut-il protéger leur liberté ou bien la menace-t-il ? ». Un des personnages emblématique, du roman, une femme, Mme Elisabeth DA SILVA, incarne cette obsession sécuritaire «Le respect de l’ordre inclut le respect de l’ordre démocratique et républicain. (..) Si notre politique réduit drastiquement les troubles et met les citoyens à l’abri des attentats, des émeutes et des maladies, tout en préservant, sans transiger, nos institutions démocratiques et républicaines, ils y auront gagné la vraie liberté» dit-elle. Il est bien question, dans ce roman, une application proposée aux citoyens d’accéder à différents services, mais qui permettra à la fois «d’identifier, de suivre, sans doute d’intercepter des individus susceptibles de troubler l’ordre public» écrit Frédéric BISCHOFF.
 
Une intrigue se met graduellement en place au fil du livre : En préambule, une «présentation» du Corpus, rédigée par l’éditeur au moment de sa parution dans une dizaine d’années, explique que le texte lui est parvenu clandestinement à l’étranger. Celui qui a constitué le Corpus au fil des ans reste inconnu, mais on comprend qu’il a lui-même joué un rôle dans l’enchaînement des événements qui sont relatés. Ce recueil est son témoignage. A mesure que le lecteur progresse dans sa lecture, le contexte politique se tend et l’intrigue occupe une part croissante jusqu’au dénouement final.
 
Il s’agit donc d’un texte hybride. Une fiction, certainement, mais pas exactement un roman. Son ambition est autant politique que littéraire, et le choix d’une forme dystopique a pour objectif de proposer un débat sur des sujets de fond par le biais d’une lecture qui resterait accessible.
 
Qui est  donc Frédéric BISCHOFF ?
Frédéric BISCHOFF, riche de parcours professionnel, conjugué divers engagements politiques et sociaux avec des responsabilités importantes en entreprise, a vécu à l’étranger et beaucoup voyagé. Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, ancien cadre de grands groupes industriels, cofondateur d’une association d’aide aux familles en difficulté, notamment les migrants, et ancien membre du Réseau éducatif sans frontières, Frédéric BISCHOFF, est animé, manifestement par une ambition littéraire et de création artistique.  Je me consacre depuis quelques années à l’écriture et à des activités de création.
Un des premiers ouvrages, en 2005, de Frédéric BISCHOFF porte le titre «Caverne et compagnie : roman de vulgarisation comptable et financière ». Pour lui, la comptabilité est «une discipline amusante et simple» et invite le lecteur, avec des notions simples et de bon sens, à se familiariser avec cette discipline, réputée être rébarbative.
En 2012 c’est sous le pseudonyme de Samuel MARCKETT, que Frédéric a publié un autre ouvrage «En attendant le Week-end». C’est sous un angle humoristique que Frédéric BISCHOFF aborde le monde de l’entreprise qui lui est familier, sous l’angle du «Business Plan», un ensemble de documents financiers construits à l’envers, en partant du résultat souhaité, en vue de légitimer une décision prise à l’avance. Tout est dans la mise en scène.
C’est dans son livre, «La Démocratie, et après ?», en 2019, que Frédéric BISCHOFF avait déjà examine les causes de la crise de la démocratie, la désaffection des populations à l’égard de la classe politique, et donc les menaces d’une résurgence du populisme. Les citoyens deviennent des individus et se désintéressent de la chose publique «L’un des éléments frappants est de constater que ce sont les électeurs eux-mêmes qui expriment un sentiment de rejet, jusqu’à parfois remettre librement le pouvoir à des régimes autoritaires» écrit Frédéric BISCHOFF. Il pointe aussi du doigt les changements intervenus dans les sociétés occidentales, amplifiés par la révolution du numérique. Devant ces faiblesses, les adversaires de la démocratie, dans leur dissimulation avançant masqués, «ne l’affrontent pas frontalement, mais l’accompagnent dans son vieillissement. Opportunistes et patients, ils ne font qu’accentuer les fractures sous-jacentes et exacerber les tensions que le consensus démocratique avait longtemps estompé. Ils ne proposent pas de remplacer le modèle par un autre, mais l’incarner mieux, le porter plus loin» écrit Frédéric BISCHOFF.
Dans son roman, «Corpus X», Frédéric BISCHOFF dénonce, sous une forme romanesque et agréable à lire, cette société de surveillance de la population qui se met progressivement, mais sûrement, en place, sans parfois qu’on s’en rende compte. Le gouvernement traite la population, «non pas comme une communauté d’individus, mais comme un troupeau qu’il s’agit de contrôler, de canaliser. Un berger sait ce qui est bon pour ses moutons, le Gouvernement croit savoir ce qui est bon pour les citoyens» écrit Frédéric.  L’auteur ne manque pas à ce sujet de citer explicitement George ORWELL, «Big Brother is Watching you». En effet, cet auteur anglais est resté célèbre pour ses romans dystopiques, comme 1984 ou la ferme des animaux. Pour lui, et en pleine guerre froide, la dictature n’est pas l’apanage des pays soviétique ; elle peut émerger dans un pays occidental également : «Tout ce que j’ai écrit d’important depuis 1936, chaque mot, chaque ligne, a été écrit, directement ou indirectement, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique tel que je le conçois. Ce qui me pousse au travail, c’est toujours le sentiment d’une injustice, et l’idée qu’il faut prendre parti. […] C’est toujours là où je n’avais pas de visée politique que j’ai écrit des livres sans vie» écrit, en 1946, George ORWELL (1903-1950) dans «Pourquoi j’écris ?». Cette tendance lourde vers l’autoritarisme, sous un prétexte de besoin de sécurité, découle du régime disciplinaire des néoconservateurs, dont l’ambition est de «surveiller et punir», suivant le titre d’un ouvrage de Michel FOUCAULT (1926-1984) ; les masses populaires sont censées, dans leurs revendications pour des conditions de vie plus décentes, représenter une menace des intérêts de la haute bourgeoisie. En effet, Frédéric BISCHOFF fait référence à mots couverts à la révolte des Gilets, brutalement réprimée.
Hannah ARENDT (1906-1975) avait également établi un diagnostic des menaces pesant sur les démocraties, déjà vaincues provisoirement par la Nazisme, et cela peut se reproduire. «Les régimes totalitaires, aussi longtemps qu’ils sont au pouvoir, et les dirigeants totalitaires, tant qu’ils sont en vie, commandent et s’appuient sur les masses jusqu’au bout. L’accession de Hitler au pouvoir fut légale selon la règle majoritaire, et ni lui ni Staline n’auraient pu maintenir leur autorité sur de vastes populations, survivre à de nombreuses crises intérieures ou extérieures et braver les dangers multiples d’implacables luttes internes au parti, s’ils n’avaient bénéficié de la confiance des masses», écrit Hannah ARENDT. Cependant, et en dépit de ces lourdes menaces, la République n’a pas encore dit son dernier mot. Donald TRUMP, Jair BOLSONARO et Boris JOHNSON n’ont pas convaincu. En fait, Hannah ARENDT, face aux menaces sur la démocratie, recommande aux citoyens, de ne pas laisser la vie démocratique confisquée et caporalisée par les professionnels de la Politique ; elle s’interroge sur les moyens de se préserver contre la tentation totalitaire. «Rien n’est plus dangereux que d’arrêter de penser. Le danger consiste en ce que nous devenions de véritables habitants du désert et que nous nous sentions bien chez lui» écrit Hannah ARENDT.
En définitive, le roman de Frédéric BISCHOFF, «Corpus X», à la veille de ces présidentielles d’avril 2022, incertaines, est «une fiction réaliste» suivant le journal «Ouest-France» qui est d’une grande actualité. Ni Prophète, ni Oracle «J’essaie juste d’agiter la sonnette dans mon coin» dit-il, fort modestement. Doit-on s’inquiéter ? Pour Frédéric BISCHOFF le citoyen doit garder son esprit critique et refuser toute manipulation ou instrumentalisation. La démocratie est un bien trop précieux pour s’en désintéresser.
 
Références bibliographiques
BISCHOFF (Frédéric), Corpus X. Comment une démocratie peut renoncer à la liberté et faire le choix d’un régime autoritaire. Roman, Orthez, Publishroom Factory, juin 2021, 449 pages ;
BISCHOFF (Frédéric), Caverne et compagnie : roman de vulgarisation comptable et financière, Paris, éditions Zagros, 2005, 207 pages ;
BISCHOFF (Frédéric), alias Samuel MARCKETT, En attendant le Week-end, Paris, éditions Max Milo, 2012, 96 pages ;
BISCHOFF (Frédéric), La démocratie, et après ? Vers une nouvelle écologie politique, Paris, Fauves éditions, 2019, 231 pages.
Paris, le 20 décembre 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Frédéric BISCHOFF, son roman «Corpus X», la démocratie, entre liberté et possible basculement dans un régime autoritaire, une démocratie «illibérale»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Frédéric BISCHOFF, son roman «Corpus X», la démocratie, entre liberté et possible basculement dans un régime autoritaire, une démocratie «illibérale»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 17:00
«Le 20ème anniversaire de la mort du président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) : Quel héritage ?» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Poète académicien, maire de Thiès et premier président d'un Sénégal indépendant de 1960 à 1980, Léopold Sédar SENGHOR est né le 9 octobre 1906 et mort le 20 décembre 2001, à Verson, dans le Calvados, en Normandie, soit il y a de cela 20 ans. Quel héritage du président SENGHOR ?
J'ai toujours pensé que la vérité n'est ni blanche ni noire ; elle est souvent grise. Léopold Sédar SENGHOR, un artiste de la politique, éminent de lettres, était un chef d’Etat complexe. L’héritage de Léopold Sédar SENGHOR oscille entre les audaces, la prudence et le conservatisme.
Léopold Sédar SENGHOR, un éminent homme de culture n'était pas seulement qu'un poète de la contemplation refusant tout engagement littéraire. Certains de ses poèmes et notamment au sortir de la guerre étaient marqués par une certaine radicalité que David DIOP n'aurait pas renié. Le poème, en 1944, «Tyaroye» dans Hosties Noires, bâti sur une prosopopée, atteste de l’indignation et de la grande colère de Léopold Sédar SENGHOR, qui s’interroge «Est-ce donc vrai que la France n’est plus la France ? La haine des banquiers a acheté ses bras d’acier. Et votre sang n’a-t-il pas ablué ? Vos funérailles seront-elles de la Vierge-Espérance ? Sang vous tâchez l’innocence de mes draps. Non, vous n’êtes pas morts gratuits. Vous êtes témoins de l’Afrique immortelle. Dormez ô Morts !» écrit-il. La façon dont la France a traité les Tirailleurs sénégalais, en décembre 1944, au Camp de Thiaroye est intolérable. La France qui représentait, pour un SENGHOR, un citoyen assimilé, la Justice, l’Honneur et la Fidélité, a trahi ses engagements républicains. En effet, ces Tirailleurs sénégalais étaient venus défendre "la mère-patrie" pendant la Seconde guerre mondiale, réclamant leur solde, ils ont été assassinés à l'arme lourde et jetés dans une fosse commune. Léopold Sédar SENGHOR interviendra pour les soldats condamnés et emprisonnés, pour mutinerie, soient libérés. Jusqu'à présent, et en dépit de la lutte héroïque du professeur Armelle MABON, le parti colonial refuse de rouvrir les archives et de réhabiliter ces héros pendant que l'on célèbre Napoléon et Éric ZEMMOUR.

Quoi qu'on en dise sur la Négritude initiée par Léopold Sédar SENGHOR avec Aimé CESAIRE (1913-2008), Léon GONTRAN-DAMAS (1912-1978) et Alioune DIOP (1910-1980) dans les années 30, en plein triomphe du colonialisme, c'était un mouvement de révolte ayant participé puissamment à la renaissance de la culture noire et donc au réveil des peuples colonisés dans leur lutte pour leur liberté et leur dignité. La Négritude a été définie comme étant «la simple reconnaissance du fait d’être noir, et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture» dit Aimé CESAIRE.  En effet, SENGHOR a eu le mérite de s’engager dans la promotion d’une identité culturelle des Noirs, tout en faisant la promotion d’un dialogue des cultures, en vue d’une civilisation de l’universel.
SENGHOR était-il un simple «commis» de la Françafrique, obsédé par ses titres de docteur honoris causa, la promotion d'une francophonie obséquieuse en vue de son accession à l’Académie française ?
Arrivé au pouvoir en pleine Guerre froide, et ayant choisi résolument le camp de la Françafrique, le président Léopold Sédar SENGHOR n'en reste pas moins, et c'est à son crédit, le fondateur de la Nation sénégalaise, un «grand petit pays», comme je le surnomme, fondé sur la diversité ethnique et religieuse particulièrement stable. Le caractère civil du pouvoir étatique est une donnée majeure au moment en Afrique on connaît une inquiétante résurgence des coups d'Etat militaires. Léopold Sédar SENGHOR est, l'un des rares chef d'Etat africain, à avoir renoncé, volontairement, au pouvoir, et engagé une démocratie pluraliste limitée. Depuis lors, le Sénégal a connu deux alternances pacifiques en 2000 et en 2012.

Quel bilan au plan économique ?

Aux éloges succèdent de réserves sérieuses. Dans le conflit qui l'a opposé dès 1962 à son président du Conseil, Mamadou DIA (1910-1909), SENGHOR arrivé au pouvoir en s'appuyant sur les masses rurales, contre son mentor Lamine GUEYE (1891-1968), me semble a commis une faute politique particulièrement lourde. Les Sénégalais, sans modèle de consommation national, n'ont pas 61 ans les indépendances, une agriculture viable comme le voulait Mamadou DIA. Tout ce qui est consommé vient de l'étranger, sans aucun début d’industrialisation. Il n'est pas étonnant que la jeunesse lors des violences urbaines récentes concernant un scandale sexuel impliquant les partisans des salons de massage, se sont attaqué aux magasins d'alimentation français. Mais est-ce vraiment de leur faute, si les nationaux comme au temps colonial, sont encore orientés vers l'arachide une culture d'exportation ?
Dans cet héritage lourd de SENGHOR, avec la complicité, en 1962, d’une partie des marabouts, est celui de la persistance de différents groupes de parasites vivant le dos de l'Etat. Mamadou DIA voulait combattre cette bourgeoisie nationale alliée aux marabouts et détournant à grande échelle les ressources publiques.
Le plus grave reproche que je fais à Léopold Sédar SENGHOR et à son successeur, Abdoulaye DIOUF, c'est leur insolence pendant 40 ans, dans une période de stabilité où l'argent coulait à flot. Ce qui obnubilait, à l'époque le président SNGHOR, ce sont différents déplacements dans 37 universités, en vue d’un titre de docteur honoris causa. Les Sénégalais, tout en reconnaissant les mérites de SENGHOR fondateur de la Nation sénégalaise, ont gravement sanctionné les Socialistes en 2000.
Mamadou DIA relève dans ses mémoires qu'à la veille du référendum du 28 septembre 1958, que Léopold Sédar SENGHOR s'était déjà engagé à voter OUI à cette consultation électorale. Pour le président SENGHOR le Sénégal ne serait pas assez mûr pour une indépendance en 1960 et qu'il fallait attendre au moins 20 ans, soit vers 1978.
Par conséquent une des questions majeures de notre temps, est la liquidation de la Françafrique, un des héritages lourds de SENGHOR. Tous les présidents français, dont François MITTERRAND (1916-1996) avec son discours à la Baule du 20 juin 1990 (Loire-Atlantique), s'étaient engagés à liquider la Françafrique. Le candidat Emmanuel MACRON avait mené un diagnostic pertinent sur la Françafrique en considérant que l'Afrique est un continent d'opportunités à respecter. Une fois élu le président MACRON qui a considérablement droitisé la vie politique française s'est orienté vers une grave lepénisation de la vie politique, notamment dans ses rapports avec le Mali, le Tchad et l'Algérie. «La présence de la France au Sahel est la conséquence de l’intervention de la France en Libye qui, à l’époque, a ignoré l’Union africaine» dit un intervenant au sommet de Montpellier, sur la Françafrique. Bien avant cela la réforme de la loi sur l'immigration, le durcissement de la politique des visas et surtout l'augmentation considérable des droits d'inscription des étudiants africains passant de 200 euros à 2800 euros ont été mal ressentis. La Francophonie est en train de mourir.
Cependant l'opinion publique africaine et ses diasporas, réclament des relations saines et équilibrées avec l'ancien colonisateur. Le sommet de la Françafrique, à  Montpellier, du 8 octobre 2021 traduit bien ce besoin de justice d'équité et de respect entre la France et l'Afrique. En effet, le président Emmanuel MACRON a été sérieusement bousculé par de nombreux intervenants. D’une manière générale, la Françafrique est condamnée, sans appel «Si la relation entre les pays d’Afrique et la France était une marmite. Elle est sale de reconnaissance légère des exactions commises ; elle est sale de corruption, de vocabulaire dévalorisant ; elle est sale, Monsieur le Président ! Je vous invite à la récurer» dit un intervenant. Les Africains ne veulent plus de l’aide à la recolonisation «Cela fait près d’un siècle que votre aide au développement se balade en Afrique. Ça ne marche pas. Sachez que l’Afrique se développe par elle-même, par le potentiel local et celui de sa diaspora, et certainement dans l’interdépendance avec les autres nations de la planète, mais surtout à travers des collaborations saines, transparentes, constructives. Il y a des têtes, il y a des investisseurs aussi en Afrique. Nous innovons déjà en Afrique. Si ce n’est pas constructif, dans cette relation qu’on imagine, on n’en veut pas» dit un autre intervenant.
Je suis persuadé comme DENG Xiao Ping qu'en politique le pragmatisme doit primer sur l'idéologie ; peu importe que le chat soit gris ou noir l'essentiel est d'attraper la souris. Dans cette compétition mondiale entre la France, la Chine et la Russie en Afrique, chaque chef d'Etat devrait courageusement et fermement défendre les intérêts de son pays. Les États n'ayant que des intérêts les Africains ne sont pas des ennemis de la France. Les États doivent coopérer sur des bases mutuellement avantageuses et dans le respect mutuel. C'est pour cela que je formule constamment l'abolition de la Françafrique, une méthode de prédation de violence et de domination d'un autre âge.
Je me félicite que le président Macky SALL un pharaon des temps modernes ait considérablement diversifié les partenaires économiques du Sénégal, gage de son indépendance, tout en restant en bons termes avec la France qui a grand intérêt à respecter ses partenaires historiques. Macky SALL a considérablement changé la face du Sénégal. Tout président qui lui succédera un jour devra faire mieux. Les incantations et le verbiage ne suffiront pas aux Sénégalais, preuve à l'appui, qui sont devenus particulièrement exigeants à l'égard de leurs gouvernants.
Un colloque organisé par la Francophonie aura lieu le 5 novembre 2021 à la Sorbonne à Paris. De prestigieux intervenants sont programmés : le professeur Romuald Blaise FONKUA, Mme Fatou DIOME. Notre ami, Foulo BASSE sera le modérateur de l'une des tables rondes. Mme Anne HIDALGO clôturera ces travaux.
Il est regrettable qu'à sa mort, Lionel JOSPIN à l'époque premier socialiste ait choisi de bouder les obsèques du président SENGHOR. La ville de Paris a donné le nom de SENGHOR à un pont sur la Seine entre le Musée du Quai d'Orsay devenu musée GISCARD D'ÉTAIN et les Tuileries. SENGHOR a ouvert la voie à d'autres académiciens noirs, comme Dany LAFERRIERE et l'artiste Ousmane SOW.
S'il a été un homme de culture et un dirigeant politique comblé, le président SENGHOR n'a connu presque que la tragédie dans sa vie privée.
Seul son aîné Francis Arfang, né 20 juillet 1947, fils de sa première épouse Ginette EBOUE (1923-1992) est encore en vie. Après des études d'arts cinématographiques, Guy Arfang qui fuit la lumière est sorti des radars en allant s'installer aux États-Unis.
Son deuxième fils, Guy-Wali SENGHOR, un philosophe, né également de Ginette EBOUE, s'est suicidé à Paris, en 1983, en se défénestrant du 5ème étage.
L'unique fils avec sa «Normande», orginaire de Verson, Colette SENGHOR (1925-2019), est Philippe Maguilen, (1958-1981) mort à Dakar avec sa fiancée allemande, dans un accident de la route. «Et j’ai dit «Non» au médecin. Mon fils n’est pas mort, ce n’est pas possible. Il était vie et raison de vivre de sa mère, lampe veillant dans la nuit et la vie » écrit Léopold Sédar SENGHOR dans son poème de 1997, «Elégie pour Philippe Maguilen». Tous les trois sont tous maintenant réunis, à jamais, au cimetière de Bel-Air à Dakar.
Paris, le 9 octobre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 20:26
Barack OBAMA et la 1ère partie de ses mémoires : une Terre Promise (Promise Land)
Barack OBAMA, prix Nobel de la paix, dans une interview accordée à François BUSNEL, de France 2, parle de ses mémoires, un récit intime et introspectif, d’un militant associatif devenu premier président noir des Etats-Unis. Homme habité par l'espoir et l'espérance, président très cultivé, Barack OBAMA porte un regard et une appréciation extraordinaires sur l'Amérique et le monde. Le leadership peut être charismatique ou bureaucratique. Quand on est au pouvoir, à un niveau de responsabilité, il peut y avoir un décalage entre le cérémoniel et ce qu’on est vraiment, sa vraie personnalité. Le danger, c’est qu’on devienne hors sol, et on finit par croire au cérémoniel, et en oubliant que si on est au pouvoir, c’est grâce aux électeurs.
Barack OBAMA, en président amoureux des belles lettres, la littérature «l’a aidé à gouverner». Grand lecteur et admirateur de Toni MORRISON : «j'ai eu un grand privilège de fréquenter Toni Morrison. L’un des avantages d'être président, c’est de rencontrer des personnes que vous avez idolâtrées». C’est en lisant certains de ses livres, comme «Le chant de Salomon», «Sula» ou «L'œil le plus beau», que Barack OBAMA a perfectionné la qualité de son expression écrite. Toni MORRISON «est quelqu'un qui m'a appris à écrire. Je n’ai pas suivi de cours d’écriture créative ni appris à écrire de manière formelle. J'ai appris par la lecture et ses livres qui étaient une université où apprendre à s’exprimer et à décrire de belle façon les questions humaines les plus fondamentales. Peut-être que j'ai apporté des aspects d’une sensibilité littéraire à la présidence» dit-il.
Après ces années terribles de Donald TRUMP avec ses théories complotistes, son profond mépris de la différence, la démocratie américaine a vacillé. L’arrivée de Donald TRUMP au pouvoir est dû au sentiment de déclassement des petits Blancs : «J'avais une assez bonne réputation auprès du peuple américain (...). Mais ce qui était clair, c'était les divisions dues aux réactions de la mondialisation, le fait que les habitants des zones urbaines avaient mieux réussi économiquement et qu'ils avaient adopté un point de vue plus cosmopolite, qu'ils acceptaient et encourageaient la diversité. Tout cela a laissé à beaucoup de gens qui vivent dans les zones rurales, le sentiment d'avoir perdu leur statut» dit-il. Certains médias ont joué sur ces divisions et Donald TRUMP l’a exploité : «Je pense que les médias de droite ont attisé tous ces ressentiments et ont encouragé les gens à penser, d'une certaine manière, que l'Amérique dont ils se souvenaient n'existait plus. Et ça, c'est très puissant. Le politique (...) ce n'est pas seulement une question matérielle. C'est souvent une question d'histoires concurrentes pour dire qui nous sommes, ce que signifie notre vie, notre identité. La majorité des Américains a adopté l'histoire que je leur ai racontée, mais un grand nombre ne l'a pas fait et Donald Trump a certainement reflété cela» dit-il.
Le pays est profondément divisé, plus que jamais. «Je crois que les résultats de cette élection sont un nouveau départ. Comme je l’explique dans le livre, le pays est réellement divisé. C’était le cas avant Donald Trump, mais cela s’est sans doute accéléré sous sa présidence» dit-il. La victoire du ticket BIDEN-HARRIS, aux présidentielles du 3 novembre 2020, a remis les choses à l'endroit ; c’est le retour à une certaine normalité, c’est «un retour à certaines normes (...) essentielles à la démocratie». Joe BIDEN est un «homme décent, honnête et loyal». En cette année 2020, l’affaire George FLOYD ayant secoué le monde entier, est un puissante réprobation de ce racisme institutionnel et systémique et un appel à plus de Justice, de Solidarité et de Fraternité. «On ne peut pas résoudre un problème en prétendant qu'il n'existe pas (...). Un des débats qui fait rage en Amérique, c'est : comment peut-on surmonter notre fossé racial ? L'esclavage, la ségrégation... On ne peut pas prétendre que ça n'a jamais existé, parce que ça continue à avoir une énorme influence aujourd'hui. Nous sommes en pleine pandémie, et les taux de mortalité sont nettement plus élevés chez les Noirs et les gens de couleur. Tout ça remonte au passé» dit Barack OBAMA. Il faudrait sortir du déni permanent ou du ressentiment : «fouiller ce passé, pour le regarder d'une manière honnête. C'est ce regard honnête, qui permettra d'assumer ce passé et de s'en libérer, comme l'Allemagne a dû regarder de près son passé nazi ou l'Afrique du Sud ; ce qui s'est passé pendant l'apartheid. "Les Etats-Unis d'Amérique doivent travailler davantage ces questions (...). Nous avons tous la responsabilité d'aller de l'avant sur un chemin meilleur que celui du passé» précise-t-il. Chacun de nous a une responsabilité : contribuer à rendre le monde habitable et meilleur. Il faudrait que les jeunes, eux aussi, prennent la parole et s’expriment. Chaque citoyen devrait quitter le statut de spectateur pour se rendre utile à lui-même et à la société, pour le Bien commun. Il faudrait pouvoir regarder l’autre en le reconnaissant dans son humanité.
Barack OBAMA est partisan du multilatéralisme, de relations étroites avec l’Europe. Donald TRUMP a affaibli la relation avec le vieux continent. Il brosse le portrait de différentes personnalités. Ainsi, le président Nicolas SARKOZY est décrit un personnage constamment en mouvement, avec une grande énergie. Il aimait qu’on fasse attention à lui. Mais Nicolas SARKOZY, ce sont des «emportements émotifs et les discussions avec lui, étaient tour à tour amusantes et exaspérantes, ses mains bougeaient en mouvement perpétuel, sa poitrine bombée, comme celle d’un coq nain. Ce qui faisait défaut à Sarkozy en matière de cohérence idéologique, il le compensait par l'audace, le charme et une énergie frénétique. Dès lors qu'il s'agissait de stratégie politique, [il] n'hésitait pas à faire de grands écarts, souvent poussé par les gros titres ou l'opportunisme politique» écrit OBAMA. Il a de l’estime et de la considération pour la chancelière allemande, Angela MERKEL, en dépit de son tempérament conservateur «Je la trouvais sérieuse, honnête, intellectuellement exigeante et instinctivement bienveillante. C’est une politicienne aguerrie qui connaissait bien ses électeurs» écrit-il.
Une gratitude et reconnaissance infinie à France 2, après son documentaire sur la colonisation, d'avoir donné la parole à Barack OBAMA, un homme dont l'action, après le mandat calamiteux de Donald TRUMP, permis par le précédent qu'il avait créé à Kamala HARRIS d'entrer dans l'Histoire. Quand, il y a de cela 40 ans, un homme exceptionnel, François MITTERRAND, avait libéré les ondes, je m'étais extasié, sans retenue. «L'ORTF, c'est la voix de la France» disaient ces gaullistes conservateurs qui avaient brimé le pluralisme et la liberté. Et puis vinrent les télévisions de BERLUSCONI et tous ces spectacles affligeants pour l'entendement humain.
De nos jours certains médias attisent le poison de la haine et de la division. Le pouvoir médiatique préfère le bruit, la puissance de l’image, au détriment du débat de fond et de l’empathie. Le pluralisme médiatique, quand il est confisqué par quelques grands groupes financiers, est devenu une insulte grave à la démocratie. Comme quoi, le service public, quand il quitte la logique de l'audimat et de la rentabilité, peut réaliser de grandes et belles choses, afin de restaurer la bonne image de cette extraordinaire France que nous chérissons, et la seule : celle de la République.
Indications bibliographiques
OBAMA (Barack), Terre promise, Paris, Fayard, 2020, 848 pages, prix 32 € ;
OBAMA (Barack), Les rêves de mon père, traduction Danièle Darneau, Paris, Points, 2018, 550 pages ;
OBAMA (Barack), L’audace d’espérer, une nouvelle conception de la politique américaine, Presses de la Cité, 2007, 368 pages.
Paris le 17 novembre 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 20:15
Contre les dictatures du tiers-monde et ailleurs. Pour l’éloge de la Souveraineté, de la Liberté et de la Dignité humaine
Un des points communs entre l’Afrique et l’Amérique latine est que ces deux blocs ont tous subi colonisations et indépendances, et sont profondément marqués des régimes dictatoriaux, monarchiques et dynastiques.
L’Afrique c’est l’indépendance dans la dépendance, à travers un système politique mis en place par Charles de GAULLE, appelée la Françafrique. Les pays africains sont devenus par un système vassalité des provinces françaises. Dans des pays comme le Gabon, le Cameroun, le Togo, le Tchad un système de patrimonialisation du pouvoir a été mis en place. René DUMONT avait donc raison d’écrire que l’Afrique est «Mal partie». En dépit du multipartisme, devant la fin de la guerre froide, les Constitutions sont tripatouillées, pour se maintenir abusivement au pouvoir, comme ce fut le cas récemment en Guinée et en Côte-d’Ivoire. Au Mali, le soulèvement populaire, a été confisqué par une junte militaire, elle-même vite récupérée par la Françafrique.
Les régimes militaires en Amérique sont nés avec la «doctrine Monroe» pendant la guerre froide afin d’éviter la contagion du cas de Cuba, un pays encore communiste. Francis Fukuyama, philosophe et économiste américain, indiquait dans son ouvrage «La fin de l’histoire et le dernier homme» que la fin de la guerre froide marquait le triomphe idéologique de la démocratie, et du libéralisme sur les autres idéologies politiques. Ce triomphe signifiait que, tôt ou tard, l’ensemble des nations convergerait vers un idéal démocratique. Or, aujourd’hui, force est de constater qu’il demeure de nombreux pays en dictature dont l’existence perdure, notamment en Amérique Latine et en Afrique. On appelle dictatures les régimes politiques autoritaires, très souvent illégitimes, qui s’installent et/ou se maintiennent par la force. Une dictature est un «régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire »  suivant le «Larousse». De tels régimes arrivent à fermer leur pays à toute influence étrangère, et à maintenir une mainmise constante sur la population, par une propagande intense et une censure de l’information.
Plusieurs pays d'Amérique latine comme le Brésil, le Chile ou l’Argentine ont été touchés par la dictature, et le Brésil a renoué avec ses vieux démons. Ces régimes dictatoriaux ont souvent adopté des politiques culturelles ou des alliances militaires dont le but était de les soutenir et les légitimer idéologiquement.
Pourtant, et défaut de pouvoir opposer une résistance culturelle dans leur pays, avec la censure, c’est curieusement, en France que cette littérature a vu le jour. Il appartient aux Africains eux-mêmes de prendre en charge leur destin. «Et j’ai pendant longtemps idéalisé mon pays. Il a fallu que je revienne au Cameroun, que j’y vive, pour découvrir l’autre vision de l’Afrique. (…). C’était un peu la Case de l’oncle Tom : le bon Noir opprimé par le méchant Blanc, puisque pour nous, même les chefs d’Etat postcoloniaux étaient des marionnettes des Blancs. Donc la situation coloniale et esclavagiste continuait. Et c’est lorsque je suis retourné en Afrique, que je me suis aperçu que nous sommes pour moitié responsables de nos malheurs» dit BETI, auteur de «Mains basses sur le Cameroun». En effet, l’opposition est muselée et bâillonnée au Cameroun et les forces vives du pays sont contraintes à l’exil.
L’écrivain, ivoirien, Ahmadou KOUROUMA, qui a vécu au Togo, avait décrit le régime dictatorial de la dynastie EYADEMA, dit Koyaga, dans son roman, «En attendant les bêtes sauvages», qui avait assassiné le président Sylvanus OLYMPIO. «Le répondeur est le diseur de vérité. Dans les prisons de Bokassa, les choses se passaient comme dans mon roman. Le personnage du colonel Otto Sacher a bel et bien existé. Les comportements des dictateurs africains sont tels que les gens ne les croient pas ; ils pensent que c’est de la fiction. Leurs comportements dépassent en effet souvent l’imagination. Les dictateurs africains se comportent dans la réalité comme dans mon roman. Nombre de faits et d’événements que je rapporte sont vrais. Mais ils sont tellement impensables que les lecteurs les prennent pour des inventions romanesques. C’est terrible ! Cela fait partie de l’art de gouverner de ces dictateurs de mélanger le vrai et le faux, de ne pas dire ce qu’on fait, de dire ce qu’on ne fait pas» écrit KOUROUMA. Dans «En attendant les bêtes sauvages», le statut de chasseur occupe une place très importante Chasseur de bêtes sauvages, il se meut en tueur d’hommes. Ici, l’homme apparaît plus cruel que la bête sauvage. En fin de compte, l’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais bel et bien un homme pour l’homme. C’est un être monstrueux qui se révèle capable d’éliminer physiquement ses semblables par jouissance, pour en tirer un plaisir morbide, et non pas seulement pour survivre ou se défendre. «Lorsque le chasseur tue un fauve, il lui arrache les parties génitales pour les lui enfoncer dans la gueule. Par analogie, quand Koyaga tue ou assassine des hommes, il les émascule et leur enfouit le sexe dans la bouche. Parce que cela permet de neutraliser la force vengeresse des fauves, ou des hommes, tués. En leur mettant la queue ou le sexe dans la bouche, cette force est enfermée et elle tourne en rond. C’est cela la logique des chasseurs et de Koyaga», écrit KOUROUMA.
VARGAS LLOSA, à travers un roman «La fête au bouc» a bien décrit les mécanismes de la dictature en Amérique Latine. En 1961, le 30 mai, jour de la Fête au Bouc, Rafaël Leonidas Trujillo Molina qui, depuis 1930, maintenait Saint-Domingue dans un régime de terreur et d'esclavage, était abattu dans sa voiture par des conjurés postés au bord de la route qu'il avait coutume d'emprunter. Une répression terrible s'ensuivit. Le pays, loin de se libérer et de s'acheminer vers la démocratie, continua de s'enfoncer dans la décadence et la corruption. C'est par le biais d'un personnage imaginaire, qui ouvre et referme le roman, que s'opère cette reconstitution. Fille d'un sénateur qui fut l'un des suppôts de Trujillo avant de tomber en disgrâce, Urania Cabral a fui, adolescente, Saint-Domingue pour les États-Unis où elle a fait sa vie. Trente-cinq ans après, cette avocate revient sur son île natale pour y revoir son père, devenu invalide et aphasique et replonge dans les souvenirs de son enfance ; jeune elle avait subi des sévices sexuelles du dictateur.
Avant Mario VARGAS LLOSA, les plus grands écrivains sud-américains, de García Márquez à Asturias, en passant par Roa Bastos, avaient osé prendre pour sujet cette malédiction qui n’est pas propre à ce continent, qu'est la dictature. C’est un tout un système de lâcheté, de peur, de traitrise, d’ingratitude, d’endoctrinement, d’isolation ; de destruction du système social qui finit par broyer tous, et organiser un système de castration des vives de la Nation.
Comment donc s’en sortir ?
Une redoutable question. Antonio GRAMSCI, dans ses «cahiers de prison», invitait à travailler sur «l’hégémonie culturelle». Une des forces de la dictature, c’est d’isoler et instrumentaliser ; vous finissez par ne plus croire en vous-même. La victoire des idées est le meilleur chemin pour la conquête du pouvoir. «C’est toujours le bon moment de faire ce qui est juste» disait Martin Luther KING. Comme le dirait Ahmadou KOUROUMA, «Quand on refuse, on dit NON».
Le Mahatma GANDHI, Martin Luther KING et Nelson MANDELA l’ont rappelé, un peuple calme et déterminé, finira toujours par vaincre l’Injustice. Il y a naturellement un prix à payer. «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luther KING. En  Tunisie, en Algérie, au Zimbabwe et au Soudan des régimes monarchiques et dynastiques, se croyant invincibles, sont tombés.
Les pays occidentaux, si sûrs d’eux-mêmes, ne sont pas à l’abri d’une dictature. Déjà, au XXème siècle diverses dictatures avaient déjà secoué le vieux continent celles de Hitler, en Allemagne, le Maréchal PETAIN en France, Salazar au Portugal, Franco en Espagne et Mussolini en Italie. «L’accession de Hitler au pouvoir fut légale selon la règle majoritaire, et ni lui ni Staline n’auraient pu maintenir leur autorité sur de vastes populations, survivre à de nombreuses crises intérieures ou extérieures et braver les dangers multiples d’implacables luttes internes au parti, s’ils n’avaient bénéficié de la confiance des masses», écrit Hannah ARENDT.
De nos jours, on contemple, avec effroi que depuis 4 années, l’Amérique est dirigée par Donald TRUMP, un fou, un iconoclaste, un grand menteur, un islamophobe, un suprémaciste et un adversaire résolu de la démocratie. En Italie, en Grande-Bretagne et en Hongrie des régimes populistes ont triomphé. Personne ne songe, ou n’ose secouer Vladimir PUTIN, en Russie.
En France, la lepénisation des esprits a contaminé une bonne partie des Républicains, et ce projet de loi, de la Macronie sur le séparatisme, rebaptisé «Loi sur la sécurité globale» est d’inspiration vichyste, négrophobe et islamophobe. «Rien n’est plus dangereux que d’arrêter de penser. Le danger consiste en ce que nous devenions de véritables habitants du désert et que nous nous sentions bien chez lui» écrit Hannah ARENDT qui estimait que l’Occident peut basculer dans la dictature. George ORWELL, dans son livre 1984, ne s’adressait pas seulement qu’aux dictatures communistes. Le monde prétendument «libre» n’est pas à l’abri d’une dictature «Big Brother is watching you !».
Donald TRUMP, le 20 janvier 2021, finira par partir dans la honte et le déshonneur. D’autres également en 2022 lui emboiteront le pas. «Même la nuit la plus sombre prendra fin. Et le soleil se lévera» dit Victor HUGO.
Indications bibliographiques sommaires.
ARENDT (Hannah), L’impérialisme, les origines du totalitarisme, traduit par Martine Leiris, révisé par Hélène Frappat, Paris, Seuil, 2010, 384 pages ;
ARENDT (Hannah), Les origines du totalitarisme : Eichmann à Jérusalem, Paris, Gallimard, 2002, 1615 pages ;
ARENDT (Hannah), Les origines du totalitarisme : le système totalitaire, traduit par Jean-Loup Bourget, Robert Davreu et Patrick Lévy, révisé par Hélène Frappat, Paris, Seuil, 384 pages ;
BEJJANI (Gérard), «La fête au bouc de Mario Vargas Llosa», L’Orient Littéraire, avril 2020, n°166 ;
BETI (Mongo), Main basse sur le Cameroun : autopsie d’une décolonisation, Paris, La François Maspero, 1972 et La Découverte 2003, 269 pages ;
BORGES (José, Luis), Fictions, Louis Gallois, Paris, Gallimard, 1944 et 2014, 214 pages ;
CHAO (Ramon), «La fête au bouc, un roman de Mario Vargas Llosa. Tyrans et despotes dans la littérature latino-américaine», Le Monde diplomatique, mai 2002, pages 32-33 ;
CHEVALIER (François), SAINT-GEOURS (Yves), L’Amérique latine, de l’indépendance à nos jours, Paris, PUF, Clio, 1993, 724 pages ;
GINHUT (Thierry), «Mario Vargas Llosa, romancier des libertés», Revue des Deux Mondes, juillet-août 2003, pages 174-178 ;
KOUROUMA (Ahmadou), En attendant les bêtes sauvages, Paris, Seuil, 1998, 357 pages ;
KOUROUMA (Ahmadou), Les soleils des indépendances, Paris, Seuil, 1970, 198 pages ;
KOUROUMA (Ahmadou), Monné, outrages et défis, Paris, Seuil, 1990, 286 pages ;
KOUROUMA (Ahmadou), Quand on refuse on dit non, Paris, Seuil, 2004, 164 pages ;
LEFORT (Daniel), «Mario Vargas Llosa, de la «Fête» au «Paradis» : fictions de l’histoire et pouvoirs de l’écrivain», Esprit, n°299, novembre 2003, pages 65-75 ;
LILA (Mark), LE BIHAN (Frédéric), «Le nouvel âge de la tyrannie», Esprit, n°291, janvier 2003, pages 110-118 ;
ORWELL (George), 1984, traduction de Jean Queval, Virginie Manouguian éditrice scientifique, Paris, Belin, Gallimard, 2016, 191 pages ;
QUEMENEUR (Tramor), «L’Amérique latine entre dépendances et dictatures, rappels historiques», L’école des lettres, 2014-15, n°1, pages 69-74 ;
ROUQUIER (Alain), A l’ombre des dictatures. La démocratie en Amérique latine, Paris, Albin Michel, 2010, 379 pages ;
VARGAS LLOSA (Mario), La fête au bouc (La Fiesta del Chivo), traduction de l’espagnol du Pérou, par Albert Bensoussan, Paris, Gallimard, 2002, collection du monde entier, 608 pages ;
ZUMBIEHL (François), «La fête au bouc, anatomie littéraire d’une dictature bananière», Critique 2017, vol 5, n°840, pages 414-422.
Paris, le 22 novembre 2020, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
"Contre les dictatures du tiers-monde et ailleurs. Pour l’éloge de la Souveraineté, de la Liberté et de la Dignité humaine», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
"Contre les dictatures du tiers-monde et ailleurs. Pour l’éloge de la Souveraineté, de la Liberté et de la Dignité humaine», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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