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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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5 avril 2022 2 05 /04 /avril /2022 20:54
«Culture et traditions Vecteurs du développement en Centrafrique» par Victor BISSENGUÉ
Le samedi 26 mars 2022, le professeur Victor BISSENGUÉ a présenté une communication lors d’un débat organisé par LELAB RCA sur le thème «la culture face aux défis du développement en Centrafrique ». En particulier l’intervention du professeur Victor BISSENGUÉ a été axée sur "Culture et traditions Vecteurs du développement en Centrafrique» et qui reproduite ci-dessous.
La République Centrafricaine est confrontée à un défi de reconstruction. 
Il m’a été demandé de dire un mot sur la place de la culture, et plus particulièrement sur «La culture et les traditions» comme vecteurs du développement dans le contexte du pays.
Pour une meilleure compréhension, entendons-nous bien sur les termes ici en usage : « culture » et « tradition ». Que veulent-ils dire ? Quel est leur sens ? 
Ensuite, j’aborderai certains aspects de la question accompagnés d’un petit inventaire : Quel est notre héritage culturel ? Notre patrimoine culturel ? Quels sont les défis du développement et le rôle que jouent les élites ? Et une note finale.
 
1. Définir la culture et la tradition
A. Culture
La culture d’après l’UNESCO - Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization) - se définit de la manière suivante : 
« La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »(1)
Pour sa part, Léopold Sédar SENGHOR déclare : 
« Mais qu’est-ce que la Culture ? J’avais pris l’habitude, quand j’enseignais, de la définir comme "l’esprit d’une civilisation." C’était là une définition trop intellectualiste. À l’expérience et dans le contexte actuel du dialogue des civilisations, je dirai que « la culture est l’ensemble des valeurs de création d’une civilisation. »(2)
B. Tradition
Selon le Dictionnaire de l’Académie française (8e édition), la « Tradition se dit, dans le langage courant, de la Transmission des doctrines, des procédés, des coutumes, des faits historiques, etc., qui s’est faite de génération en génération, spécialement par la parole et par l’exemple. Il se dit aussi de ces Doctrines, de ces procédés, de ces coutumes, de ces faits, etc., qui sont un legs du passé. »
La tradition serait un fait de permanence du passé dans le présent, une survivance à l'œuvre, le legs encore vivant d'une époque pourtant globalement révolue. En d’autres termes, la tradition désigne une pratique ou un savoir hérité du passé, répété de génération en génération.
Etymologiquement, la tradition désigne la transmission continue d'un contenu culturel à travers l'histoire depuis un événement fondateur ou un passé immémorial (du latin traditio, tradere, de trans « à travers » et dare « donner », « faire passer à un autre, remettre »). Cet héritage immatériel peut constituer le vecteur d'identité d'une communauté humaine, élément pouvant contribuer à son ethnogenèse. (Cf. Wikipedia)
La principale différence entre la culture et la tradition réside dans le fait que la culture est constituée des idées, des coutumes et du comportement social d’un groupe social particulier, alors que la tradition est la transmission des coutumes et des croyances d’une génération à l’autre. 
Les deux termes, coutume et tradition, sont souvent employés l’un à la place de l’autre. En un mot, la coutume renvoie à la façon d’agir par l’usage ; tandis que la tradition, à la transmission des usages.
 
2. Quel est notre héritage culturel ? Notre patrimoine culturel ?
- La langue comme vecteur de transmission orale des connaissances est la base de la tradition orale.
- Le tambour d’appel et le langage tambouriné ou encore la drumologie, participe à la transmission des messages codés [dont un prototype en provenance de la Ouaka en Centrafrique est conservé au  Musée de l’Homme à Paris]. 
- Le conteur Zandé s’accompagnant de la harpe, récite l’épopée de Tule ou Tere ("l’araignée") de génération à génération.
- Le rôle des anciens dans la société - le Baobab ou la Bibliothèque - Amadou Hampâté Bâ disait si justement au sujet de la tradition orale : 
« En Afrique, lorsqu'un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle ».
Les anciens sont des éducateurs, des dépositaires de connaissances, la mémoire, qui servent de trait d’union entre le passé et le présent.
- L’arbre à palabre : le Conseil des sages, les juges coutumiers, en sont une autre illustration.
- L’éducation des enfants et la transmission des connaissances de base ou de la morale est assurée ; on retrouve au premier plan  les oncles maternels appelés « nôkö » ou « kôya » dans le rôle de pédagogues. D’une façon générale, l’éducation traditionnelle met surtout l’accent sur les valeurs : la bravoure, le sens de l’honneur, la solidarité, le travail collectif ou communautaire, le respect dû aux aînés, aux parents, aux vieillards,  aux handicapés.
- La parenté à plaisanterie désignée « mbûki », ou ce type de relation basée sur le pacte d’alliance, participe d’une manière aux règlements des litiges entre groupes et familles ; elle vise surtout à désamorcer les conflits qui interviennent à tout moment. 
- Jeu de stratégie kissoro ou awalé – jeu de société combinatoire abstrait, complexe ; il se présente sur deux rangées ou quatre rangées. 
- Face au problème lié à la consanguinité et ses conséquences génétiques, les mariages ont souvent été pratiqués dans des familles et contrées éloignées.
- La médecine traditionnelle, la pharmacopée : les tradipraticiens ou « nganga », particulièrement les Aka, connaissent les vertus des plantes et leurs portés curatives. 
- La musique, les chants, les danses : à l’instar de la musique polyphonique et la chorégraphie sacrée des Aka (Les "Traditions orales des Pygmées Aka de Centrafrique" se trouvent désormais considérées par l’Unesco le 07 novembre 2003, "Chef d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité"), les trompes Broto Trogodé, la danse Léngué… occupent une place de choix.
- Les travaux collectifs et les entraides (le labour des champs, les récoltes, les constructions d’habitations, la chasse aux filets, etc.), emportent l’adhésion populaire.
- Les centres d’artisanat, la poterie, la forge, exigeant un savoir-faire transmis de génération à génération, participent au développement économique.
- La maât, fondement de la pensée égyptienne remontant vers 2350-2200 av. J.-C., subsiste encore aujourd’hui : elle se base sur la justice, la vérité, l’ordre, la spiritualité.
- Les tatouages et scarifications, sont autant de signes extérieurs de reconnaissance des ethnies, tribus, clans, voire des hiérarchies sociales au sein de ces clans.
- Les naissances, les mariages, les initiations, les deuils, revêtent une place centrale dans les sociétés ; ils donnent lieu à des moments de partagent, des cérémonies qui rassemblent les populations, réconcilient, et à des activités qui génèrent des revenus soit entraînent des dépenses (pour de bonnes causes)…
 
3. Quels sont les défis du développement et le rôle que jouent les élites ?
Les activités culturelles se déploient. Elles deviennent des vecteurs de développement économique. 
Aujourd’hui, des spécialisations apparaissent comme l’économie culturelle, l’ingénieur culturel ; on parlera de relais de croissance, de levier de développement économique. La mondialisation y est présente tout en imprégnant son standard économique. Ainsi, les œuvres de création à l’exemple des films, de la peinture, de la musique, s’octroient des nationalités.
Des élites inaugurent et ont tendance à appliquer des modèles de développement qui ont cours, c’est-à-dire, le développement extraverti, exogène. 
Se souvient-on des plans d’ajustements structurels(3) qui firent couler beaucoup d’encre et de larmes dans les années 1980 sans pourtant ouvrir une quelconque voie de développement réel en Afrique. Ces élites ne pensent pas à leur propre stratégie.
Un modèle imposé, ce sont des obstacles qui s’érigent. Ce progrès ne permet pas le dynamisme endogène, autocentré. C’est la course au poste le plus juteux.
Les populations ne sont pas impliquées. On ne peut agir sans et contre le peuple ; d’où : le disfonctionnement et l’impasse. Il ne reste plus qu’à repenser le projet.
4. Note finale
Les termes «culture, tradition, coutume» sont devenus suspects, parce qu'ils sont considérés comme des freins au système de développement imposé(4).
La République Centrafricaine est confrontée à un défi de reconstruction. La situation sollicite de nouveaux paradigmes, une vision dynamique de développement économique. L’élaboration d’un tel plan prend en compte l’aspect sécuritaire, l’aspect institutionnel, les valeurs intrinsèques. 
La sensibilisation et la rééducation des élites qui doivent servir d’avant-garde pour le peuple sont une préconisation. Il est une priorité. 
Une proposition serait de mettre sur pied des projets de développement qui touchent à l’agriculture, à la paysannerie, aux travaux publics, aux transports dont la population a besoin. J’en appelle  à la préservation de la nature, au respect des droits humains, notamment ceux des Aka, qui sont des écologistes avant l’heure, et aujourd’hui en danger d’ethnocide. Léonard Fabrice Odambo Adone, Bakoya du Gabon attire l’attention : « C’est nous, les peuples autochtones, qui devons être les auteurs et les acteurs de notre destin. »(5)
La mise en valeur par l’écotourisme des espaces classés au patrimoine mondial pour la richesse de leur biodiversité et la culture immatérielle des Pygmées associée à la forêt – à l’instar du "Trinational de la Sangha"(6) - montre un certain nombre de limites liées notamment au type de gestion du projet. Pour qu’ils soient durables, les processus de valorisation et la gestion des patrimoines culturels et naturels devraient par exemple veiller à mieux assurer la participation des communautés locales dans leur ensemble.
Pour remonter les obstacles afin d’en sortir, pouvoir puiser et valoriser les potentialités fondamentales traditionnelles pour le développement, la réappropriation des cultures s’impose.
Enfin, à propos de la dimension politique et anthropologique de la culture, l’UNESCO souligne, 
- d’une part que « La culture donne à l'homme la capacité de réflexion sur lui-même. », 
- et d’autre part que « La culture constitue une dimension fondamentale du processus de développement et contribue à renforcer l'indépendance, la souveraineté et l'identité des nations. La croissance a souvent été conçue en termes quantitatifs, sans que soit prise en compte sa nécessaire dimension qualitative, c'est-à-dire la satisfaction des aspirations spirituelles et culturelles de l'être humain. Le développement authentique a pour but le bien-être et la satisfaction constante de tous et de chacun.
Il est indispensable d'humaniser le développement, qui doit avoir pour finalité ultime la personne, considérée dans sa dignité individuelle et sa responsabilité sociale. Le développement suppose que chaque individu et chaque peuple aient la possibilité de s'informer, d'apprendre et de communiquer son expérience. »(7)
Références du professeur Victor BISSENGUÉ
  1. Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mexico City, 26 juillet - 6 août 1982.
  2. Léopold Sédar SENGHOR, La Culture africaine. Communication à l’Académie des sciences morales et politiques. Le 26 septembre 1983.
  3. En 1979, le G7 invite la Banque Mondiale et le FMI à mettre en œuvre des Plans d’Ajustement Structurel (PAS). Désignant un ensemble de conditions posées pour le rééchelonnement de la dette des pays en développement, ils ont constitué une réponse au phénomène d’insolvabilité de nombreux pays en développement. Leurs conséquences sociales ont néanmoins remis en cause leurs objectifs.
  4. Victor Bissengué, Les maux de la République Centrafricaine. Infantilisation, arrogance, nihilisme, kôbetîyângâ. 2021, Dossier "N°8 Question de la bonne et mauvaise tradition : pêcher par ignorance" pp. 79-99]
  5. Léonard Fabrice Odambo Adone est le premier journaliste Pygmée et double directeur général de l’entreprise de presse : « Le Citoyen », in Discrimination des Pygmées. Réfutation des Maîtres de la forêt, par Victor Bissengué, Edit. Paari, 2014, p. 86.
  6. Le Trinational de la Sangha comporte trois aires protégées contiguës de catégorie II selon la typologie de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Il comprend trois parcs nationaux contigus couvrant une superficie totale de 746 309 hectares. Il s’agit du parc national de Lobéké au Cameroun, du parc national de Nouabalé-Ndoki en République du Congo et du parc national Dzanga-Ndoki en République Centrafricaine.
  7. Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles, UNESCO, Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Ciudad de Mexico, 26 juillet - 6 août 1982
Le samedi, 26 Mars 2022, 14H00 -19H00. 30 rue Lhomond Paris 5ème, par M. Victor BISSENGUÉ, écrivain.

 

«Culture et traditions Vecteurs du développement en Centrafrique» par Victor BISSENGUÉ
«Culture et traditions Vecteurs du développement en Centrafrique» par Victor BISSENGUÉ
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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 17:32
«Néfertiti (1370-1334, avant JC), reine égyptienne, un idéal universel féminin» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
L’Egypte a connu de grandes reines comme Cléopâtre (69-30 avant JC), sœur et épouse de Ptolémée, mais aussi maîtresse de Marc Antoine, ou l’énigmatique, l’intelligente et indomptable, Hatshepsout (1520-1484 avant J-C), fille de Thoutmosis 1er et épouse de Thoutmosis II, rayée de l’histoire et dont les monuments ont été détruits. L’histoire de l’Egypte antique est aussi celle de la reine Néfertiti, idéal universel féminin, belle, majestueuse et libre, avec sa haute coiffe bleue royal, avec en bandeau un diadème doré. Néfertiti est sans conteste, avec Cléopâtre, la reine d’Egypte la plus connue. Pourtant, sa vie reste en grande partie un mystère tant les sources à son sujet sont rares. Elle semble toutefois avoir joui d’un certain pouvoir. Participant avec Akhénaton à l’instauration d’un nouveau culte divin monothéiste, celui d’Aton, elle incarne l’élément féminin de la nouvelle triade qu’elle forme avec son époux et le dieu Aton. Ce faisant, la grande épouse royale acquiert une importance considérable dans la nouvelle religion. Au-delà du faste ou du cliché cinématographique, dans le Nil, le berceau de la civilisation égyptienne, pendant l’Antiquité, la femme égyptienne jouissait d'un statut égal à celui de l'homme. Dans cette société, la femme peut faire des études ; elle peut hériter, tester, léguer. Au sein du couple les décisions se prennent à deux. Dans le domaine royal, la Grande Epouse transmet le sang et l'héritage pharaonique ; elle seconde et conseille le roi.
Si le tombeau de Néfertiti n’a été pas retrouvé jusqu’ici, la découverte le 6 décembre 1912, par Ludwig BORCHARDT, un égyptologue allemand, de son buste en calcaire peint, stuqué, réalisé par Thoutmosis, et exposé au Musée égyptien, le Neues Museum de Berlin, en Allemagne, permet d’admirer cette majestueuse créature. «Tel qu'il se présente à nous, le buste de Néfertiti est complet, à la fois sur le plan artistique et sur le plan rituel, intellectualisé, austère et irréel [...] De toutes les grandes oeuvres d'art, c'est celle qui nous rassure le moins. Sa célébrité repose sur un malentendu et sur la suppression de ses traits spécifiques. Devant le buste de Néfertiti, la réaction appropriée, c'est la peur» écrit Camille PAGLIA, dans «Sexual Personae». En raison de ce buste, une des œuvres d’art les plus durables et célèbres au monde, son visage ne cessant de fasciner tous les visiteurs du Musée de Berlin, Néfertiti a acquis une solide réputation mondiale d’une reine égyptienne merveilleusement belle. «La survie de l’Egypte est dans son art, et non dans ses noms illustres.  Sésostris est moins présent pour nous que le pauvre Akhénaton. Et le visage de la reine Néfertiti hante nos artistes comme Cléopâtre hantait nos poètes. Mais Cléopâtre était une reine sans visage, et Néfertiti est un visage sans reine» disait André MALRAUX (1901-1976), Ministre de la culture. L’art égyptien traditionnel imposait des formes figées. Akhénaton a encouragé un réalisme destiné à mieux le glorifier «Représentez les choses, tel que vous les voyez !» dit-il. Akhenaton demande, pour lui ou Néfertiti, à être représenté tel qu'ils sont, dans toute leur humanité, sans grandeur. En effet, affublée d’une grande coiffe pharaonique, Néfertiti est la reine la plus puissante d’Egypte. «La beauté des femmes est sublimée. L'art égyptien ne cherche pas à être réaliste, mais à faire ressortir l'essence des êtres. Le rôle du sculpteur dans cette civilisation est de rendre vivante une statue, qu'elle soit animée par une sorte d'esprit. Il y a une force métaphysique et symbolique dans l'art égyptien. Il n'y a pas de sagesse sans son esthétique. Il n'y a pas de beauté sans bonté. Les femmes-pharaons sont très belles dans les représentations, car le dessin est une idéalisation du pouvoir royal. Les reines, comme les pharaons, sont des représentants du divin sur Terre, des êtres inaccessibles» dit Florence QUENTIN. Aussi, de nos jours, Néfertiti a inspiré les joailliers, les sculpteurs, les artistes peintres, et les musiciens comme Miles DAVIS. Ancienne muse, sa puissance culturelle est renforcée par le mythe entourant son histoire personnelle. Elle symbole, à elle seule, au XXIème siècle, avec ce buste majestueux, l’héritage XVIIIème dynastie des Pharaons. Devenue un symbole puissant de l’art contemporains, l’image de Néfertiti a été exploitée par les artistes afro-américains, comme Lakela BROWN, originaire de Detroit, ou Awol ERIZKU. A la galerie d’art, Zamalek, au Caire, l’artiste égyptien, Hossam DIRAR, a présenté en 2018, une série de peintures à l’huile, à l’effigie de Néfertiti.
Néfertiti épouse Aménophis IV, qui se fera nommer plus tard Akhénaton, et devient alors reine. Les artistes rivalisent d’ingéniosité pour représenter sa beauté. C'est cette œuvre, retrouvée en 1912, qui a fait de Néfertiti un symbole de l'idéal féminin. En effet, la souveraine devenue une icône de beauté et la glorieuse éminence grise d’un règne révolutionnaire. «Le souverain pourvu d’un physique quasi extraterrestre et d’un intellect insaisissable, a été réclamé par toutes les idéologies modernes. Il est décrit comme un penseur de la plus haute élévation ou un crétin malingre, un adepte de la paix universel ou un tyran totalitaire du pire acabit» Philippe MARTIN.
Le père, Aÿ, la sœur, et la nourrice de Néfertiti viennent d’emménager à Thèbes. Un jour, elle rencontre un garçon, Aménophis. Tous les deux se rejoignent au bord du Nil, tous les jours. Son nom, parfois mentionné sous la forme Neferneferuaten, signifiant «la Belle est venue» ou «la parfaite est arrivée», a fait penser aux premiers égyptologues qu'elle était peut-être une princesse mitannienne. De nombreux détails suggèrent cependant qu'elle serait la fille, née en Égypte, du chef de la cavalerie d'Akhénaton, Ay, également frère de la mère d'Akhenaton, la reine Tiyi. Si le nom des parents de Néfertiti. Un soir Aménophis demande à Néfertiti de devenir sa reine : elle accepte. Elle accouchera de trois filles. Reine d'Égypte, épouse du roi Akhénaton (1352-1336 av. J.-C.). Sous la XVIIIème dynastie, contre sa volonté, la princesse Néfertiti épouse son demi-frère, Aménothès IV, et monte avec lui sur le trône de la corégence. La bonté et la droiture de celui-ci finissent par la gagner et elle participera activement à la révolution religieuse qu'Aménothès IV tentera, sous le nom d'Akhnaton, la quatrième année de son règne. Akhénaton est le fils d’Amenhotep III qui avait épousé une femme d’origine et de religion étrangère, la reine Taï. Akhénaton, sans doute imbu des idées religieuses de sa mère, manifesta une grande horreur pour le culte d’Amon, et reporta ses hommages sur les divinités solaires, principalement sur le disque solaire. À l’époque, les Égyptiens croyaient en de nombreux dieux mais Aménophis, soutenu par sa femme, proclame le culte unique d’Aton, ce qui ne plaît pas au reste de la population. Quelques années plus tard, une épidémie de peste ravage le pays, tuant trois filles du couple royal. Néfertiti disparaît et l'énigme reste entière en ce qui concerne le reste de sa vie.
Dans «Néfertiti» d’André CHEDID, à travers l’instauration du monothéisme, c’est un idéal de liberté, de justice et de tolérance qui est mis en scène. En effet, la reine est protagoniste de l’Histoire, en y occupant une place centrale auprès du Pharaon. Sous Akhénaton (1360-1340 avant J-C), dans son monothéisme, le soleil n’était pas considéré comme créateur uniquement de la lumière et de la chaleur, mais aussi comme créateur du temps. Lumière et temps furent considérés comme des principes suffisant pour expliquer toute la phénoménologie de l’existence. Le monothéisme se manifeste par des interdits explicites : l’interdiction des images et l’adoration d’autres dieux, mais aussi par des destructions, en imposant une nouvelle cosmologie. Akhénaton, un Africain, est donc, pour la première fois de l’histoire de l’Humanité, l'inventeur du monothéisme. «On pourrait penser que le Tout-puissant s’est, pour un temps, révélé lui-même à l’Egypte. Akhénaton, le premier apôtre du vrai Dieu, est le premier être humain à comprendre correctement le sens de la divinité au cœur d’une époque de vaines superstitions» écrit Arthur WEIGALL dans «The Life and the Time of Akhnaton». Cette réforme, à travers le monothéisme, est une nouvelle croyance qui surpasse de beaucoup, le polythéisme rétrograde, à l’esprit étroit méprisant les autres populations vivant en Egypte et introduit probablement et pour la première fois le concept de la Raison, mais aussi l’immortalité de l’âme. Le monothéisme d’Akhénaton, «Ce sont les bases même du cheminement théologico-politique du monde occidental et oriental, voire du monde tout court, qui sont en cause, via le judaïsme, le christianisme et l'islam» écrit Alain ZIVIE. Akhénaton est la base d’un culte unique, en s’affranchissant des traditions polythéistes millénaires ; il proclame l'existence d’un monothéisme, dont le soleil était la manifestation tangible. «Akhénaton est le premier œil clairvoyant à discerner cette grande et suprême vérité qu’est la connaissance de Dieu, le premier prophète de l’histoire» écrit Henry BRESTED dans «histoire de l’Egypte depuis les temps reculés». Sous Akhénaton nait une nouvelle croyance monothéiste «qui surpasse de beaucoup le polythéisme confus du passé, dont elle fait table rase» écrit Adolphe ERMAN dans «la religion des Egyptiens». Akhénaton et Néfertiti imposèrent donc durant leur règne le culte monothéiste d'Aton, dieu solaire et universel. «C'est en Egypte que l'idée de l'immortalité de l'âme est apparue pour la première fois» dira Sigmund FREUD.
Par conséquent, Akhénaton est considéré comme un hérétique, réformateur ou despote éclairé, s’est insurgé contre le culte du Dieu Amon, symbolisé par le bélier, dont le nom signifie «occulte ou caché», incarnation de la bienfaisance, démiurge, le premier et le seigneur des autres dieux égyptiens, l’esprit générateur mettant en lumière les choses cachées. En effet, cette réforme religieuse d’Akhénaton vient entrer en conflit avec une religion millénaire et polythéiste, le culte voué à Amon «Le fonctionnaire le prie pour son avancement, l’opprimé met sa confiance en lui, car il est le ministre des pauvres, qui n’admet pas la corruption et n’influence pas les témoignages. L’homme prévoyant qui fait une promesse ajoute d’ordinaire «Si Amon me laisse la vie» écrit Adolphe ERMAN dans la «religion égyptienne». Aménophis IV, qui deviendra Akhénaton s’insurge contre ce polythéisme. Akhenaton «semble être le premier dans l'histoire universelle à avoir introduit dans la pensée religieuse une innovation que la tradition attribue à Moïse : la distinction entre le vrai et le faux» écrit Jan ASSMANN.  En effet, Akhénaton règne sur un pays prospère et stable. Aux guerres antérieures contre l’Asie, l’Egypte domine le monde par sa puissance et son rayonnement intellectuel. «Aussi vit-on se produire à ce moment un changement, dans ses mœurs et ses idées, bien plus considérables que ceux qui avaient survenir dans les siècles antérieurs. L’horizon du peuple s’était étendu, et la dissolution du vieil esprit étroit et immobile devait commencer son œuvre» écrit Adolphe ERMAN. Le Pharaon, influencé par la proximité avec les Juifs, les Nubiens, les Syriens et les Babyloniens, devient plus humain, pour un Etat plus moderne. Aussi, Akhénaton se tourna vers le Dieu-Soleil, Râ Har-Achte, et éleva des temples pour lui à Thèbes, délaissant ainsi Amon, un culte méprisant les autres populations considérées comme barbares. Il voulait doter l’Egypte d’un Dieu plus universel et plus humain, fédérateur de la diversité de ses composantes ethniques. «Désormais, le nouveau Soleil n’était plus la haute divinité, il était l’unique divinité» écrit Adolphe ERMAN.
Akhénaton et Néfertiti ont également une extraordinaire révolution esthétique, dans le domaine des arts et des lettres, se poursuivant encore de nos jours par une exploitation commerciale de leur image. En effet, pour promouvoir leur croyance et afficher leur foi nouvelle monothéiste, Akhénaton et Néfertiti bousculèrent les canons artistiques anciens et fondèrent une nouvelle capitale, Amarna dont l'urbanisme est conçu au service du dieu privilégié et aux intellectuels. Ils sont donc les protecteurs des arts et des lettres.
«Sans l'Egypte, il n'y aurait pas de Bible», affirme Thomas ROMER, professeur de Bible hébraïque à l'université de Lausanne. Le pays des pharaons est le lieu où Israël se forme en tant que peuple et où se noue sa relation avec Dieu. Sous la conduite de Moïse, les Hébreux vont quitter ce pays où ils étaient si bien intégrés, au point d'apparaître menaçants. Après avoir été au service du pharaon, ils seront les serviteurs de Yahvé. L'Exode est le mythe fondateur par excellence. Pourquoi Osarsiph alias Moïse aurait-il adopté le monothéisme égyptien, alors qu'il était supposé haïr ses oppresseurs ?
C’est Sigmund FREUD (1856-1939), disciple d'Akhénaton, dans son livre «l’homme Moïse et la religion monothéiste» qui fait autorité en la matière. En effet, Moïse, le libérateur du peuple juif, un égyptien donc un Africain, a transmis à tous les Hébreux le culte de la religion monothéiste ainsi que l’immortalité de l’âme, hérités d’Akhénaton et Néfertiti. «Déposséder un peuple de l'homme qu'il célèbre comme le plus grand de ses fils est une tâche sans agrément et qu'on n'accomplit pas d'un cœur léger. Toutefois aucune considération ne saurait m'induire à négliger la vérité au nom d'un prétendu intérêt national. Moïse, l'homme qui fut pour le peuple juif un libérateur et qui lui donna ses lois et sa religion, appartient à une époque si lointaine qu'on se demande tout de suite s'il doit réellement être considéré comme un personnage historique ou s'il n'est qu'une figure de légende. la plupart des historiens s'accordent à penser que Moïse a réellement vécu et que l'Exode d'Égypte, auquel son nom reste attaché, a vraiment eu lieu. Moïse descend de lévites juifs. Au contraire, la seconde famille, celle qui devrait être modeste, et qui recueille l'enfant, se trouve remplacée par la maison royale d'Égypte ; la princesse élève l'enfant comme  s'il était réellement son fils» écrit Sigmund FREUD. Un autre auteur insiste également sur l’origine africaine du nom de Moïse ««Il est important de faire remarquer que son nom de «Moïse» était égyptien. Le mot égyptien «Mose» signifiait «enfant» écrit James Henry BREASTED (1865-1935) dans son «histoire de l’Egypte». Pour Sigmund FREUD, la paternité du monothéisme, tel que sanctifié par le peuple juif vient d’Akhénaton, «Si l'on veut rendre justice au souverain (Akhénaton), il convient de ne pas le considérer seulement comme le partisan et le protecteur d'une religion d'Aton qui existait déjà avant lui. Son action fut bien plus efficace. Il ajouta à la doctrine d'un dieu universel quelque chose qui en fit le monothéisme, à savoir son caractère exclusif. Dans l'un de ses hymnes, il est dit clairement : «Oh toi! Dieu unique à côté de qui il n'en est point d'autre» écrit Sigmund FREUD. Cependant, la religion des Juifs, telle qu’importée d’Egypte n’a été fixée que 800 ans plus tard. «Les similitudes aussi bien que les divergences entre les deux religions sont aisément discernables. Toutes deux sont des formes d'un rigoureux monothéisme. Le monothéisme juif est, sur certains points, plus rigide encore que l'égyptien, par exemple quand il interdit toute représentation plastique. la religion juive ignorait l'au-delà et l'existence après la mort, croyance qui n'est cependant pas incompatible avec le monothéisme le plus strict. Cet étonnement se dissipe si nous passons de la religion juive à celle d'Aton et si nous admettons que cette négation de la vie future est empruntée à la religion d'Ilhnaton. Pour ce dernier, rejeter l'idée d'un au-delà était devenu une nécessité dans sa lutte contre la religion populaire où le dieu des morts, Osiris, jouait un rôle plus grand peut-être que n'importe quel autre dieu des régions supérieures. La concordance, sur ce point important, des religions juives et d'Aton constitue un premier argument sérieux en faveur de notre thèse. Moïse n'a pas seulement donné aux Juifs une nouvelle religion : il a aussi, c'est certain, institué la pratique de la circoncision. Doué d'une nature énergique, Moïse conçut le plan de fonder un nouvel empire auquel il donnerait la religion dédaignée par l'Égypte» écrit Sigmund FREUD.
Par conséquent, et cela a été pendant longtemps soigneusement occulté, le monothéisme des grandes religions a bien ses sources en Egypte, donc en Afrique, berceau de l’Humanité. «Seule face à la mort, comme toujours, elle (Néfertiti) lutta» écrit Christian JACQ. Akhénaton, à travers son monothéisme, a déclenché la colère des conservateurs, notamment le clergé d’Amon, excitant sournoisement la colère du peuple, et la révolte gronde de partout. En effet, sous Akhénaton, les temples d’Amon furent fermés, les cultes abolis, les images détruites, les noms effacés. Partout dans l'empire, les temples d’Amon furent fermés et leurs biens confisqués, les cultes interdits et les trésors ecclésiastiques saisis. Le monarque, dans son zèle, alla jusqu'à faire rechercher les inscriptions des monuments anciens pour que le mot «Dieu» y fût effacé chaque fois qu'il y était au pluriel. Après 17 ans de règne, et à la mort d’Akhénaton, le clergé d'Amon s'empare de Thèbes ou Ouaset, ville antique en haute Egypte, appuyé par les généraux mécontents de voir le vaste empire s'effondrer. «La mort du roi fut suivie des courts règnes de quelques grands de la cour qui se crurent obligés de faire la paix avec Amon et de revenir Thèbes. Le triomphe de l’ancienne religion fut complet, les monuments et les édifices de l’hérétique furent anéantis» écrit Adolphe ERMAN.
Le mystère reste entier, sur les circonstances de la mort de Néfertiti, disparue vers l’âge de 30 ans. Un cas de «Cold Case», comme on le dirait de nos jours. Jadis femme puissante et vénérée de tous, Néfertiti a disparu, sans laisser de traces. La reine s’est évanouie comme si elle n'avait jamais existé. Aucun document rapporte les circonstances de sa mort, aucun monument ne commémore sa disparition.  On est en réduit à des conjectures. A-t-elle été victime de la peste ? A-t-elle été assassinée dans le cadre d’un complot ou d’une vengeance ? Mystère. Est-elle morte en couche ? A-t-elle était évincée par une rivale ou continué de régner après la mort de son mari ?
Après la disparition de Néfertiti, sa fille Mérytaton aurait commencé à endosser le rôle de grande épouse royale dans les cérémonies officielles vers 1336 av. J.-C. Le visage de cette dernière a même remplacé celui de sa mère sur les représentations au sein de l’empire. Aucune information n’a été communiquée sur ce qui était advenu de Néfertiti.
On a une version, plausible, de cette fin de règne d’Akhénaton et de Néfertiti : «Se voyant acculé de toutes parts, comprenant qu'il a définitivement perdu la bataille de son Dieu, Akhnaton dépose la couronne. Le monde de Néfertiti s'écroule. Elle entre en lutte contre ce qu'elle appelle la «lâcheté» de son époux... et c'est la disgrâce. Elle se retire avec ses filles, son demi-frère le petit Toutankhamon et ses partisans, dans son palais au septentrion de la ville» écrit Raphaël GIVELON dans «Akhénaton et Moïse». Ce n'est qu'à la mort de son époux, un an plus tard, que Néfertiti comprend que chacun de ses actes a été un acte d'amour et de foi en elle. Cependant, le général Harembad, décidé à sauver l'Égypte d'une guerre des partis, fait assassiner Néfertiti. En 1350, l’ordre est rétabli, la glorieuse XVIIIème dynastie éteinte et, dans le même temps, ses conquêtes en Nubie et en Asie se trouvèrent perdues. Durant ce triste interrègne, les vieilles religions égyptiennes furent rétablies et la religion d'Aton fut abandonnée, la ville d’El Amarna détruite et pillée et le souvenir d’Akhénaton et Néfertiti, honni comme celui de criminels.
En effet, Toutankhaton montera sur le trône de Thèbes, sous le nom de Toutankhamon (1345-1327 avant J-C) et Armana, la capitale du Dieu Soleil, sera abandonnée aux sables. Cette ville, construite vers 1360 avant Jésus-Christ, ne sera redécouverte que plus de 3500 ans après, à la suite de fouilles archéologiques de savants allemands et anglais, entre 1849 et 1859 par Karl Richard LEPSIUS (1810-1884), entre 1891 et 1908 par William Flinders PETRIE (1853-1942) et Norman de GARIS DAVIES (1865-1941), de 1907 à 1914, autour de l’atelier de Thoutmosis, sculpteur officiel d’Akhénaton, avec la découverte du buste de Néfertiti, par Ludwig BORCHARDT (1863-1938).
Références
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Paris, le 2 avril 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Néfertiti (1370-1334, avant JC), reine égyptienne, un idéal universel féminin» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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5 mars 2022 6 05 /03 /mars /2022 22:57
«Ibra Ciré N’DIAYE et son livre : Temporalités et mémoire collective au Fouta-Toro. Histoire d’une aliénation culturelle et juridique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Jusqu’ici, et depuis Ciré Abbas SOH, avec ses «chroniques du Fouta» traduites en 1913, en passant par les travaux de Cheikh Moussa CAMARA (1864-1945), un historien et spécialiste de la généalogie des grandes familles du Fouta-Toro, ainsi que la thèse de Oumar KANE (1932-2008), le travail de Baïla WANE en 1981, tout convergeait à glorifier la «Révolution des Torodos» conduite, en 1776, par Thierno Sileymane BAL et poursuivie par les Almamy, considérés comme ayant résisté à la colonisation et instauré des règles de bonne gouvernance, tout en luttant contre l’esclavage. Le regretté, professeur Iba Der THIAM (1937-2020) avait entrepris, dans son histoire générale du Sénégal, de revaloriser et rehausser l’héritage de Thierno Sileymane BAL. L’artiste Baaba MAAL a rendu hommage à Thierno Sileymane BAL, «Mouddo Horma», dans sa lutte contre le système esclavagiste des Maures. En décembre 2021, j’ai consacré dans mon troisième livre, «le Sénégal, un Grand petit pays», un chapitre à Coly Tenguella BA, l’unificateur du Fouta-Toro et fondateur de la dynastie des Dényankobé, mais aussi à Thierno Sileymane BAL et sa Révolution des Torodos, un bilan critique de l’histoire du Fouta-Toro.
Dans ce ciel serein et quasi unanimiste, l’ouvrage du professeur Ibra Ciré N’DIAYE, un anthropologue, juriste, originaire de M’Boumba et descendant des Satigui, est une puissante déflagration. En effet, son ouvrage, «Temporalités et mémoire collective au Fouta-Toro. Histoire d’une aliénation culturelle et juridique», dans une démarche de déconstruction et polémique, est une violente charge contre ce qu’il appelle le «système Torodo». En effet, Le totem, que constituait la «Révolution des Torodos», est désacralisé, voire souillé. Le professeur Ibra Ciré N’DIAYE part de l’idée que les Almamy ont délégitimé les Satigui, des «insoumis», et pour le faire, ils leur ont apposé une étiquette infâmante de «mécréants» et d’esclavagistes. «Les Satigui furent dénigrés et considérés par les Torobés comme des mécréants, alors qu’ils s’opposaient à la colonisation arabo-berbère musulmane et à la Charia qui allaient les asservir et soumettre le Fouta-Toro» écrit-il. Or, selon l’auteur, l’Islam existait déjà au Sénégal, et en particulier au Fouta-Toro, depuis 1030, sous Wardiabi qu’il affuble du patronyme de N’DIAYE. Le Déniyanké, Ibra Ciré N’DIAYE a reconnu, tout de même, que les 33 mosquées érigées par les Almamy, en 114 années de règne, ont contribué à renforcer l’Islam au Sénégal.
Par conséquent, dans sa démarche de déconstruction de cette doxa sacralisant les Almamy, et survalorisant leur héritage, le Déniyanké, Ibra Ciré N’DIAYE estime qu’il n’y aurait pas eu, en 1776, de «Révolution des Torodos», mais un «coup d’Etat» de l’aristocratie, de l’intelligentsia peule, des «mendiants et prosélytes» convertis à l’Islam, pour s’accaparer du pouvoir, avec un vernis de l’Islam. «La théocratie n’est pas un régime politique d’émancipation et de liberté des personnes. La prétendue révolution Torodo a viré au désastre politique et social. (…). Le système Torodo, plus politique que religieux, incarnait l’instrumentalisation de l’Islam pour masquer ce qui le caractérisait profondément, c’est-à-dire la collaboration, la subordination et l’assujettissement aux systèmes arabo-berbères, musulman et judéo-chrétien» écrit Ibra Ciré N’DIAYE. Les Almamy, dans leur cupidité, se sont accaparés des terres et de la dîme. Tandis que les Satiguis sont des «résistants» ou des «insoumis» ; les Almamy, n’étant pas descendants de Dieu sur terre, peuvent donc être critiqués à ce titre ; ils se seraient couchés devant l’ennemi, à savoir les esclavagistes arabes et le colonisateur français. Par ailleurs, les Almamy ont figé les relations sociales, en introduisant un système de «castes» au Fouta-Toro, initialement une simple division du travail, devenue un mécanisme «réactionnaire» d’accaparement des Torodos du pouvoir. Au Fouta-Toro, même de nos jours, ne seraient légitimes à aspirer aux fonctions électives que les Torodos, les «castés» restant, depuis les Almamy, disqualifiés à jamais.
Dans cette violente charge, le professeur Ibra Ciré N’DIAYE prend la précaution de préciser qu’il ne s’en prend pas à Thierno Sileymane BAL (1746-1778), mais aux Almamy qui ont confisqué le pouvoir par avidité, à leur profit personnel, et donc les idéaux de la «Révolution» auraient été trahis. Cependant, le professeur N’DIAYE introduit un sorte de venin, semant le doute dans l’esprit du lecteur, à savoir que Thierno Sileymane BAL ne serait pas né à Bodé, mais au Macina (Mali). Son patronyme serait «BARRY», au lieu de «BAL» ; il serait issu de la famille de Cheikhou Amadou. Venu à Bodé (Podor, Sénégal) pour des études coraniques, Thierno Sileymane aurait été «Balissisé» dans ce village, où il n’est pas né. Par ailleurs, au lieu de parler de «Révolution», il s’agirait plutôt d’un coup de force. Le dernier Satigui, Soulèye N’DIAYE, aurait même renoncé, volontairement, au pouvoir. Pour le Déniyanké, Ibra Ciré N’DIAYE, la révolte de Thierno Sileymane BAL contre la dime imposée (Mouddo Horma) par les Maures n’aurait pas eu lieu ; ce serait un incident entre Souleye N’DIAYE et un paysan qui ne pouvait pas s’acquitter de l’effort de guerre, dans un contexte de disette. Dans ses attaques au bazooka, contre ce qu’il appelle «le système Torodo», le Déniyanké Ibra Ciré N’DIAYE affirme, et sans le démontrer, que Thierno Sileymane BAL, en 1778, aurait même été assassiné par des Almamy. Par ailleurs, le premier Almamy ne serait pas Abdelkader KANE (1721-1807), mais Soulèye N’DIAYE II. Dans sa croisade, Thierno Baïla Pérédio SOW, et en dépit des mises en garde de Thierno Sileymane BAL, prêchant la non-violence, a été tué à la bataille sanglante de Waly Diantang (commune rurale du département actuel de Maghama, dans la région de Gorgol, en Mauritanie).
Le Déniyanké et professeur Ibra Ciré N’DIAYE, en dépit des allures polémiques, parfois binaires, de son travail, a posé une question fondamentale et complexe qu’il ne faudrait pas évacuer pas rapidement : faudrait-il réévaluer l’histoire du Fouta-Toro, et donc celle de la conquête et de la conservation du pouvoir au Sénégal ?
«Ecrire c’est agir» disait Simone de BEAUVOIR (1908-1986) ; c’est en cela que les graves interrogations du professeur et Déniyanké, Ibra Ciré NDIAYE, sans crier au sacrilège ou au parricide, sont légitimes, pertinentes et nous interpellent tous. Ecrire, c’est être confronté au devoir de lumière et de vérité. «Les intellectuels doivent dire la vérité aux décideurs politiques, sinon on peut avancer sans se tromper qu’ils ont failli à leur mission», dit Abdoulaye Bara DIOP (1930-2021). Loin de moi de faire l’éloge du relativisme, un système dans lequel chacun a sa Vérité. Je suis fondamentalement attaché à la Vérité, même si elle dérange, mais pourvu qu’elle soit rigoureusement établie. Les clercs (intellectuels) «ne doivent pas renoncer à leur vocation de défense des valeurs universelles de Vérité et de Justice» disait, en 1928, Julien BENDA (1867-1956), philosophe et écrivain, dans son ouvrage, «la trahison des clercs». Par conséquent, écrire, sur un sujet sensible, c’est faire fi des ressentiments, des rancœurs ou du venin de la division, tout en s’entourant d’une rigueur intellectuelle, sans failles. C’est à titre que je recommande, très vivement, son ouvrage, bien écrit et documenté. L’histoire du Sénégal n’est pas gravée dans le marbre ; elle peut donc être, sans tabou, être questionnée, à tout moment, mais avec une distance critique, ainsi qu’une solide argumentation.
Cependant, dans cet ouvrage, d’une grande qualité, il est regrettable que, parfois, la polémique, des approximations ou des affirmations lacunaires non suffisamment étayées, aient pris le pas sur la démonstration concernant des questions complexes, pour lesquelles une réponse affirmative ou négative ne suffirait pas. A mon sens, il n’y a pas d’un côté les valeureux Déniyanké, des «insoumis» et rebelles, et de l’autre des Almamy, avec leur coup d’Etat, cupides et ayant vendu leur âme au diable que sont les Arabes et les colons. Une telle vision serait caricaturale de l’Histoire. En effet, l’héritage des Déniyanké, comme d’ailleurs celui des Almamy, est placé sous le sceau de la complexité. En effet, je souscris pleinement à la théorie de la complexité développée par un sociologue français, à savoir Edgar MORIN (1921-2021). Qu’est-ce qu’un être humain ? : «Puis, j'ai perçu que la connaissance de l'humain nécessitait un rassemblement, une association et une articulation de savoirs dispersés et compartimentés dans des disciplines closes. Puis j'ai compris que, pour effectuer cette association et articulation, il fallait modifier notre mode de «connaître» et notre mode de pensée. Puis, j'ai compris que cette modification nécessitait un paradigme prescrivant distinction et conjonction, au lieu du paradigme dominant imposant disjonction et réduction. Seul ce mode de «connaître» et de penser permettrait d'affronter les complexités de notre monde en interaction et transformation, multiples et incessantes» dit-il. Edgar MORIN propose la «Méthode», soit accepter de ne pas avoir toutes les réponses, mais en se posant les bonnes questions.
Le Déniyanké, Ibra Ciré NDIAYE affirme que les premiers Satigui, des NDIAYE, étaient des «Garmi» venus du Djolof. Cette prétention semble être contredite par l’histoire de Coly Tenguella BA, venu du Mali, à la suite de l’assassinat de père par Askia Mohamed. Coly Tenguella BA est bien le fondateur de la dynastie des Dényankobé. Les N’DIAYE seraient-ils des Peuls ou des Ouolofs ?
Il est généralement admis que le Sénégal est un pays multiculturel, et cela le travail du Déniyanké, Ibra Ciré N’DIAYE, un peul avec des ascendances ouolof, le montre. Le Sénégal est un pays fondé sur la diversité ethnique, culturelle et religieuse. «La beauté d’un pays grandit de sa multiplicité» écrit Edouard GLISSANT (1928-2011). En effet, les N’DIAYE ne sont ni Peuls, ni Ouolofs, ils sont des Sénégalais. «L’arc-en-ciel, rappelait-il, ne doit-il pas sa beauté à la variété de ses couleurs ?» disait Amadou Hampâté BA (1901-1991). Le Sénégal est bien «un Grand petit pays», en référence au titre de mon troisième ouvrage. Ma mère est une N’DIAYE, dont les ancêtres viennent de Louga, dans le Djolof, où résident également des Peuls, comme des Ouolofs. De part, mon grand-père paternel, Bocar BAL, originaire de Mauritanie, je suis un descendant de Thierno Sileymane BAL, donc faisant partie de ce «système Torodo» dénoncé par le professeur Ibra Ciré NDIAYE. En effet, l’ancien royaume du Tékrour, l’actuel pays des Toucouleurs ou Peuls, dans le Nord du Sénégal, était occupé par des Peuls, des Sérères, des Ouolofs et des Sarakolé. La preuve de cette cohabitation multi-ethnique au Fouta-Toro, est fondée sur la présence encore, de nos jours, de nombreux villages ouolofs dans le Fouta-Toro (Seddo Sébbé, Mogo, Taïba).
En 1250, des tribus païennes, les Socé, envahirent le Tékrour et régnèrent jusqu'à la fin du XIIIème siècle. Le Tékrour fut ensuite victime de la conquête mandingue menée par Soundiata KEITA (1190-1255), fondateur de l’Empire du Mali. On pense, qu'au IXème siècle, les Peuls prirent le pouvoir au Tékrour et le conservèrent jusqu'au XIème siècle. À ce moment, Ouar Diabi s'empara du pouvoir et favorisa l'islamisation vers 1030, contraignant les Sérères et les Ouolofs, à émigrer vers la côte. Est-ce pour autant, comme semble l’insinuer, le Déniyanké, Ibra Ciré N’DIAYE, que l’Islam est durablement installé, dans tous les recoins et en profondeur dans le Sénégal ?
Cette résistance des Sérères et des Ouolofs à l’Islamisation prouve bien que cet Islam des caravanes, au XIème siècle, est resté en surface. Les Peuls Déniyanké étaient des animistes, et ce n’est une offense que de le dire ; ils n’ont été islamisés, comme la grande masse des Sénégalais, qu’avec les 33 mosquées des Almamy, mais aussi par l’action courageuse d’El Hadji Omar TALL (1796-1864), par la suite de Maba Diakou BA (1809-1867). C’est donc les Foutankais qui ont islamisés le Sénégal, et tous les grands marabouts du Sénégal, sans exception, sont d’ascendance peule.
Le professeur Ibra Ciré N’DIAYE affirme que l’histoire des Déniyanké, des «résistants» serait minorée, voire discréditée. A cela deux remarques.
D’une part, le terme «Déniyanké» n’a pas fait, dans sa signification, l’unanimité des historiens. Le mot «Déniyankobé» a été interprété de différentes manières. En 1911, pour André ARCIN, «Déniyanké» sera issu de «Dénia», une région côtière du Maroc. En Malinké, «Dénia» est le diminutif de «Déniouma» désignant «le joli enfant» ou «l’enfant béni». En effet, pour Samba Alassane BA, Déniankobé, signifierait «chefs, une famille de guerriers venant du Dolo». Les Peuls Déniyanké sont «les habitants de Déni», un village peul du Macina, au Mali. Ce terme est plus célèbre comme désignant «la tribu peule dont étaient originaires Coly Tenguella BA et ses conquérants» écrit, en 1969, Yaya WANE, dans sa magistrale «histoire des Toucouleurs du Fouta-Toro». Pour Yaya WANE, «Satigui» signifie «le Guide». Cheikh Moussa CAMARA pense, sans être affirmatif, que «Silatigi est, peut-être, le nom d’un ancêtre ou un titre royal». Henri GADEN (1876-1939) a donné l’explication la plus crédible, que je reprends à compte, à savoir que les Peuls étant des voyageurs et éleveurs, Tenguella avait pris les titres d’Ardo (chef peul), puis celui de «Saltigui», un terme mandingue, ou «Satigui» en Peul, signifiant «maître de la route» ou «chef de la migration», ou encore «celui qui ouvre le chemin», et donc celui ayant connaissance des choses pastorales et de la brousse, investi du culte des ancêtres et de leur génie.
D’autre part, si les sources concernant les Satigui sont éparses, difficiles d’accès, voire parfois contradictoires, je me suis efforcé, dans mon ouvrage, «le Sénégal, un Grand petit pays», à retracer la contribution de Coly Tenguella BA et de ses descendants, dont les N’DIAYE, des «pièces rapportées», arrivées tardivement au pouvoir. Samba Guéladio Diégui, et suivant Cheikh Moussa CAMARA, porte le patronyme de BA, comme ses ancêtres Déniyanké, des anciens temps. Il est indubitable que l’on doit à Coly Tenguella l’unification des différents royaumes du Fouta-Toro et leur indépendance de l’empire du Djolof. En effet, au XIVème siècle (1512 ou 1535 ?), des Peuls, Déniyanké, à leur tête Coly Tenguella BA, ont réorganisé l’Etat du Fouta-Toro. Pour ma part, l’année 1776, après plus de 260 années de règne des Dényankobé, est donc une véritable «Révolution» qui a porté les Almamy au pouvoir, dans l’ancien Tékrour, devenu le Fouta-Toro. En effet, et cela les travaux de Oumar KANE l’ont démontré, depuis plus de 70 ans, il y avait une crise dynastique chez les Déniyanké, les règles sur la succession étant incertaines. Certains princes ont plongé le Fouta-Toro, dans une atmosphère permanente de guerre civile, de violence, de famine, et pour financer leurs ambitions, ils faisaient recours aux Maures, et à l’esclavage.
Qu’en est-il exactement de l’héritage des Almamy ?
Les Satigui seraient-ils des «insoumis» ou des «résistants», par rapport à qui et à quoi, comme semble le suggérer le professeur et Déniyanké, Ibra Ciré N’DIAYE ? Il se fonde sur les chansons du Yella, et donc sur la tradition orale pouvant véhiculer et restituer «des éléments de savoir et de pouvoir» écrit-il. Et en quoi, les Almamy seraient des «collaborateurs» du colonialisme et des Arabes ?
Le long règne des Satigui s’est étendu, on l’a dit entre 1512 et 1776 ; c’est l’époque des comptoirs où la colonie du Sénégal, créée en 1626 par la Compagnie normande de Rouen, n’avait pas encore vraiment d’autorité sur l’intérieur du pays, encore régenté par de nombreux royaumes, et dont le plus puissant est celui du Fouta-Toro. En réalité, c’est à partir de 1895, avec la création du gouvernement général, le Sénégal étant devenu le siège de l’A.O.F., que les colons, avec les relais des chefs de canton et non pas les Almamy, ont fini par tout «normaliser», suivant leur expression. A cette époque, l’Almamiyat était déjà liquidée. L’écrivain malien, Yambo OUOLOGUEM (1940-2017) avait bien montré, dans son ouvrage, «Devoir de violence» publié en 1968, que le colonisateur s’est appuyé sur les fils des chefs, et non sur les Almamy ou les Résistants, pour asseoir sa domination. Le colonisateur ne s’est donc attaqué à ces structures féodales qui lui serviront d’intermédiaires avec les populations. Les fils des chefs traditionnels sont instruits à l’occidentale. Aucun Almamy, à ma connaissance, n’a été nommé chef de canton pendant la colonisation.
Par ma part, la Charte de Thierno Sileymane BAL visant à faire élire des gouvernants, non plus sur la base de l’héritage, mais sur le savoir, avec une validation d’un Conseil de notables, a été un progrès. Le «Diagordo», assemblée des notables, des Satigui n’était composé que de princes Déniyanké, ne faisant que valider l’état des rapports de forces en présence. Samba Guéladio Dégui, dans son conflit contre Konko Boubou Moussa, s’est d’ailleurs affranchi de l’onction du «Diagordo», en disant «Gniwa aala Gaynako» ou «l’éléphant n’a pas de berger». Si on appliquait la Charte, défendant la Femme, l’enfant et les orphelins, définie par Thierno Sileymane BAL, de nos jours, il n’y aurait en Afrique ni corruption, ni régime monarchique et dynastique. En dehors du premier Almamy, Abdel Kader KANE, resté au pouvoir 33 ans, les autres Almamy pouvaient être destitués, à tout moment, en cas d’abus. Ce qui a créé une instabilité gouvernementale. Un point commun aux Satigui et aux Almamy, l’institut du chef de village, avec des pouvoirs traditionnels, administratifs et politiques, depuis Coly Tenguella BA, a survécu, et reste encore un bel héritage de l’histoire du Fouta-Toro.
Cependant, et à bien des égards, je partage le point de vue du professeur Ibra Ciré N’DIAYE. L’Almamiyat a instauré un régime théocratique. Républicain, je puis partisan de la laïcité, un puissant outil, s’il est correctement appliqué, du bien-vivre ensemble, dans toute société fondée sur l’égalité et la diversité. Même si 95% Sénégalais sont musulmans, la religion doit rester une affaire privée, un rapport entre l’individu et Dieu. Le fait de vouloir, pour certains savants, de rattacher leurs ancêtres au Prophète Mahomet, a déjà été dénoncé et condamné par Cheikh Moussa CAMARA. Par ailleurs, la religion musulmane devrait être distinguée des coutumes et traditions arabes, et donc les valeurs culturelles africaines, sont impérativement à préserver. On peut bien être Africain, Peul et musulman, sans se référer à d’autres valeurs culturelles. Le Sénégal, un «Grand petit pays» est riche d’un passé glorieux, avec ses Saints (Thierno Sileymane BAL, El Hadji Omar TALL Maba Diakhou BA, Cheikh Ahmadou Bamba, etc.). Cependant, leur message, de nos jours, a été trahi. L’Islam est devenu un véritable mafia, un business et diverses confréries ou Dahiras en ont fait une affaire juteuse, un moyen de solliciter des financements de l’Etat.
La question des castes, a bien été dévoyée de son sens originelle. Yaya WANE, comme Abdoulaye Bara DIOP, qui ont étudié la société peule, estiment que les castes sont un système fondé sur la division du travail et des fonctions, se caractérisant par des rapports d’interdépendance. Ce n’est pas donc une hiérarchisation entre les individus. C’est un simple système de répartition du travail en vue d’une recherche d’efficacité, de cohésion sociale ou de solidarité.
Enseignant chercheur à l'Université Paris I, Panthéon-Sorbonne et à l'IDHP (Institut des Droits de l'Homme et de la Paix), à l’Université Cheikh Anta Diop, Juriste et anthropologue du droit, médiateur, le professeur Ibra Ciré N’DIAYE s'est beaucoup intéressé aux questions liées à l'histoire et la gouvernance du foncier dans les sociétés africaines. Il a loué la réforme introduite par Léopold SENGHOR, en 1964 concernant le domaine national. «Le foncier est une projection des relations de pouvoir» dit M. NDIAYE. En effet, c’est sur ce point, avec notamment la spéculation foncière de nos jours au Fouta-Toro, que cette question d’une très haute importance, devrait retenir l’attention des pouvoirs publics. Il y a bien eu, en 1790, au début du règne des Almamy, le «Féccéré Fouta», une redistribution des terres.
Références bibliographiques 
1 – Contributions de Ibra Ciré N’DIAYE
N’DIAYE (Ibra, Ciré), Temporalités et mémoire collective au Fouta-Toro. Histoire d’une aliénation culturelle et juridique, avant-propos du professeur Samba Thiam, préface du professeur Etienne Le Roi, Dakar, L’Harmattan, Sénégal, 2019, 267 pages ;
N’DIAYE (Ibra, Ciré), «Club des africanistes, rencontre en hommage au Recteur Alliot», In Association anthropologie et juristique, Sacralité, pouvoir et droit en Afrique : quinze après, Bulletin de liaison du laboratoire d’anthropologie juridique de Paris, juin 1995, n°20, 136 pages, spéc pages 10-11 ;
N’DIAYE (Ibra, Ciré), «Dynamisme et isolement des Toucouleurs (Peuls) de France : contribution de la communauté au développement du village d’origine», Hommes et Migrations, mars-avril 1996, vol 8, n°44, pages 77-83 ;
N’DIAYE (Ibra, Ciré), «Entretien avec Sada Kane», Dakar, Télévision, 2STV, 22 août 2019, durée 55 minutes et 52 secondes ;
N’DIAYE (Ibra, Ciré), Contribution du droit au développement de l’Afrique, sessions de formation des 1er, 8, 9, 14 et 15 juin 1995, rapport final, Paris, Ministère de la Coopération, 1995, 206 pages ;
N’DIAYE (Ibra, Ciré), PLANçON (Caroline), Une piste de solution pour la réforme foncière au Sénégal : la fiducie comme mode d’appropriation des terres AFC, Agence française et développement, mars 2010, 102 pages ;
N’DIAYE (Ibra, Ciré), Les Toucouleurs et les bases socio-juridiques de l’agriculture irriguée dans la moyenne vallée du Sénégal, thèse de doctorat, sous la direction du professeur Etienne Le Roi, Paris I, Lille, Atelier national de reproduction des thèses, 1998, 435  pages.
2 – Autres références
ALLIOT (Michel), Le droit et le service public au miroir de l’anthropologie, textes choisis et édités par Camille Kuyu, épilogue par Etienne Le Roy, Paris, Karthala, 2003, 400 pages ;
BA (Amadou, Bal), «Abdoulaye Bara Diop (1930-2021)», Médiapart, édition du 5 janvier 2021 ;
BA (Amadou, Bal), «Edgar Morin, pensée complexe, cosmopolitisme», Médiapart, édition du 10 juillet 2021 ;
BA (Amadou, Bal), Le Sénégal, un Grand petit pays, préface du professeur Abdoulaye Baïla N’Diaye, Paris, éditions Arsinoé, 2021, 626 pages, spéc sur «Coly Tenguella BA, unificateur du Fouta-Toro et fondateur de la dynastie des Dényankobé», pages 239-259 et sur «Thierno Sileymane BAL et sa Révolution des Torodos», pages 259-284 ;
DIOP (Moustapha), Réformes foncières et gestion des ressources naturelles en Guinée. Enjeux de la patrimonialité et de la propriété, dans le Timbi au Fouta Djallon, préface Pierre Philippe Rey, postface Etienne Le Roy, Paris, Karthala, 2007, 448 pages ;
DIOUME (Oumar), Les lumières noires de l’humanité : inventeurs, héros, artistes et sportifs, Dakar, Nouvelles éditions numériques africaines, 2013, 190 pages ;
KAMARA (Cheikh Moussa), Florilège au jardin des Noirs, Zuhur Al Basatin. L’aristocratie peule et la Révolution des clercs musulmans (Vallée du Sénégal), préface de Jean Schmidt, Paris, éditions CNRS, 1998, 468 pages, spéc sur les Satigui pages 93-130 et sur Thierno Sileymane Bal pages 315-325 et 339-340, 326-338 et 375-392 ;
KANE (Oumar), La première hégémonie peule : le Fouta-Toro de Koli Tenella à Almami Abdul, préface de Ahmadou Maktar M’Bow, Paris, Karthala, 2005, 672 pages ;
KYBURZ (Olivier), Les hiérarchies sociales et leurs fondements idéologiques chez les Haalpulaar’en (Sénégal), thèse sous la direction d’Alfred Adler, Université Paris X, 17 décembre 1994, 444 pages :
OUOLOGUEM (Yambo), Devoir de violence, Paris, Seuil, 2018, 304 pages ;
SALL (Mamadou, Youry), Ceerno Sileymani Baal, le leader de la Révolution du Fuuta-Toro (1765-1776), Presses universitaires européennes, 2017, 50 pages ;
SOH (Ciré Abbas), Chroniques du Fouta sénégalais, traduction et annotations de Maurice Delafosse et Henri Gaden, Paris, Ernest Leroux, 1913, 325 pages ;
THIAM (Samba), La méthodologie du droit et l’art du juriste, contributeurs Bernard Durand, Demba Sy et Ibra Ciré N’Diaye, Dakar, l’Harmattan Sénégal, 2021, 178 pages ;
WANE (Baïla) «Le Fuuta Tooro de Ceerno Suleymaan Baal à la fin de l’Almamiat (1770-1880)», Revue sénégalaise d’Histoire, 1981, vol 2, n°1 pages 38-50 ;
WANE (Mamadou), «Réflexions sur le droit de la terre toucouleur», Bulletin de l’I.F.A.N. 1980, t. XLII pages 86-128 ;
WANE (Yaya), Les Toucouleurs du Fouta-Toro : stratification familiale et structure sociale, Dakar, Collection Initiatives et études africaines, 1969, n°XXV, 250 pages ;
YOUNES (Carole), LE ROY (Etienne), sous la direction de, Médiation et diversité culturelle. Pour quelle société ?, Paris, Karthala, 2002, 311 pages.
Paris, le 4 mars 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 19:53
«Montpellier, une ville d'art et d'histoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ #Montpellier
La Montpellier est un témoignage de la grande diversité et de la beauté de la France. Montpellier est une ville du Sud de la France, dans le département de l'Hérault, en région Occitanie, de 288 000 habitants, à 10 ou 30 km de la mer. Les principales plages sont Palavas-les-Flots, surtout Grau du Roi et sa longue promenade de sable fin, avec ses dunes, non loin de la Grande Motte. Située non loin de Béziers et de Nîmes, en terre socialiste, Montpellier a été dirigée par un grand bâtisseur, Georges FRECHE (1938-2010) maire de 1977 à 2004, Hélène MANDROUX, maire de 2004 à 2014 et depuis 2020 par Michael DELAFOSSE. Une statue de Jean JAURES (1859-1914) plastronne en centre-ville.
La date de la fondation, ainsi que l'origine de la dénomination de Montpellier se perdent dans les méandres de l'histoire. Il est généralement admis que c'est une famille féodale (Guilhem 1er de Montpellier 955-1025), qui serait à la base du peuplement de la ville, et donc de sa fondation. Guilhem de MONTPELLIER a fait venir diverses communautés juives, arabes et romaines pour bâtir sa ville. Le cosmopolitisme, n'en déplaise à Mohamed ZEMMOUR, était déjà en marche. En dépit du déni, la France, de très longue date, est un pays multiculturel. Seul bémol, les Protestants ont fait l'objet de persécutions graves, notamment à Montpellier. Sous l'édit de Nantes, en 1598, les Protestants étaient principalement installés à Genève, la Rochelle et Montpellier. Mais à sa révocation, et l'obligation faite aux Protestants de se convertir, en 1628, des massacres ont été commis à Montpellier contre les Protestants. Une communauté de 7000 Protestants serait passée à 4000 personnes, à Montpellier.
En tout cas, Montpellier est une ville marquée par un important passé religieux, comme en témoigne le nom de sa gare SNCF, Saint-Roch (1349-1379), un religieux dominicain, ayant étudié la médecine, protecteur de cette ville. Saint Roc accueillait les pèlerins et était considéré comme guérisseur des pestiférés. De nos jours, une fête est organisée le 16 août de chaque année en son hommage.
Montpellier est ville jeune, dynamique et universitaire, d'illustres personnalités sénégalaises y ont étudié, notamment Blaise DIAGNE (1872-1934), 1er député africain à l'assemblée nationale française, maître Babacar SEYE (1915-1993), avocat, homme politique et vice-président du Conseil constitutionnel, l’écrivain et conteur, Birago DIOP (1906-1989), ainsi que notre ami, maître Samba THIAM, professeur à l'université Cheikh Anta DIOP et avocat à Paris, de passage à Montpellier. Montpellier c'est également la ville du professeur émérite en histoire du droit et qui a été, pendant longtemps, enseignant à Dakar, Bernard DURAND. D'autres nouvelles générations d'étudiants ont pris le relais comme ma cousine Astelle NDIAYE, fille de mon tonton Daouda NDIAYE.
Louis NICOLLIN (1943-2017) a été président emblématique du football club de Montpellier de 1974 jusqu'à sa mort. Roger MILLA, international camerounais, a été avant-centre à Montpellier de 1970 à 1996. Je rappelle que c'est le 8 octobre 2021 que s'était tenu, à l'invitation du président Emmanuel MACRON, un sommet Afrique-France, au cours duquel une jeune Burkinabé avait comparé la Françafrique à une «marmite sale» qu'il fallait récurer.
Montpellier reste une ville dynamique et culturelle où la qualité de vie est reconnue de tous. Son Opéra, situé à la Place de la Comédie et fondé en 1755, a été, par deux fois, ravagé par un incendie, reconstruit, il est classé aux monuments historiques depuis 2020. La faculté de médecine, érigée le 17 août 1220, est maintenant vieille de plus de 802 ans. Il est prétendu qu'elle serait la plus ancienne du monde. Cette revendication est contestée par les Marocains, affirmant, que les Arabes sont les inventeurs de la mathématique et de la médecine. En effet, la faculté de médecine de Rabat remonte à l'an 1068, à l'époque des Idrissides. Quoi qu'il en soit François RABELAIS (1494-1553), écrivain et médecin, a fréquenté cette faculté de médecine de Montpellier.
De nombreux lieux de promenade gratuits s'offrent aux visiteurs notamment le quartier Antigone, conçu en 1978 et réalisé en 1983, par l'architecte Ricardo BOFILL (1939-2022), un architecte catalan, sous Georges FRECHE. On peut y admirer des fontaines d'eau et une reproduction de nombreuses statues grecques inspirées du Musée de Louvre (Apollon, la victoire de Samothrace). Cette architecture, de Ricardo BOFILL d’inspiration hellénique, d'abord controversée, a été très vite plébiscitée, grâce au geste architectural symbolique et ambitieux de son concepteur. Vierge de toute construction, ce terrain, appartenant à l'Armée, a donné naissance à un quartier, dit «Antigone», de 36 hectares de constructions néoclassiques. L'objectif de Georges FRECHE repose sur la création d'un quartier intégrant les fonctions urbaines, logement, emploi et équipement, avec prioritairement la réalisation d'appartements sociaux. 
A Montpellier, il existe une Maison des relations internationales, dénommée Nelson MANDELA (1918-2013), un Espace Martin Luther KING (1929-1968) à Montpellier, ainsi que bien d'autres lieux ou monuments prestigieux, comme le palais de justice, l'église Saint Roc, ou la cathédrale Saint Anne. Par ailleurs, la très majestueuse Palace royale PEYROU, conçue à partir de 1628, comporte notamment un aqueduc, une statue équestre de Louis XIV et une arc de triomphe. Montpellier, cette ville d'art et de culture, comme Nice et Albi, organise chaque année un carnaval Antillais. L'édition du 19 février 2022 a rassemblé cette année plus de 10 000 personnes.
Le système de transport public de Montpellier et de son agglomération est particulièrement dense, performant et écologique. Gratuit pour les Anciens et les jeunes de moins de 18 ans, et il fait d’une combinaison de tramways et de bus.  Un abonnement famille, dit «LIO», Hérault-transport, permet des voyages illimités, par carte, pendant 24 heures. Aux voyageurs, il ne faudrait pas oublier qu’il existe deux gares SNCF à Montpellier : «Saint Roc » en centre-ville et «Montpellier Sud», à l’extérieur, allant jusqu’à Bruxelles Midi, en passant par Marne la Vallée et l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle.
Le système hôtelier est dense et abordable. Notre hôtel, «Royal Hôtel», non loin de la place de la Comédie, à côté de l’Opéra, a été accueillant et correct.
Montpellier, les 21-24 févier 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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1 novembre 2021 1 01 /11 /novembre /2021 22:01

 

«Ibn KHALDOUN (1332-1408) et sa Kahina, ou Dihya, la Reine belle et rebelle, la Jeanne d’Arc des Berbères» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

C’est Ibn KHALDOUN, né à Tunis d’une famille arabe andalouse d’origine yéménite, un historien et philosophe, faisant appel au rationalisme en excluant le fait religieux, qui nous a fait découvrir la Kahina ou Dihya, la reine des Berbères. «Aux yeux des historiens contemporains, Ibn Khaldoun est considéré comme le fondateur génial de l’histoire scientifique telle que la conçoivent aujourd’hui certaines écoles, telles que l’école des Annales, l’histoire des mentalités et autres. Plus simplement, nous dirons qu’Ibn Khaldoun a introduit la sociologie et la plupart des sciences humaines dans la trame historique» écrit Gabriel CAMPS. Le traducteur de la magistrale histoire des Berbères, William Mac GUKIN, baron de SLANE (1801-1878) a rendu plus clair le récit en arabe d’Ibn KHALDOUN sur la vie de la Kahina. Le traducteur y loue «le savoir, la haute philosophie, la sagacité du génie et le bon sens» de l’historien, Ibn KHALDOUN, resté depuis le XIVème siècle, la source la plus solide et la plus fiable, sur la vie de la Kahina. Une partie de l’histoire de la Kahina, cette reine de l’Aurès, passionnée de l’indépendance, au destin tragique, qui commanda les Berbères, les Arabes, les Juifs et les Chrétiens, émane aussi de la tradition orale. «Que ma parole coule comme un ruisseau d’eau claire, je vais raconter l’histoire d’une Reine au temps des hommes libres. Que celles qui m’écoutent en soient dignes. Elles aussi sont des princesses qui vont vivre et témoigner à leur tour. Écoutez et retenez !» écrit Derri BERKANI dans sa «Kahéna de la Courtille».

La Kahina, qui a tenu tête aux envahisseurs arabes qui, officiellement, sont venus en Afrique du Nord pour répandre les préceptes de l'Islam. Femme belle et rebelle, fille de Thabet Ben NIFAK, chef d’une tribu Zénète de l’Aurès, les Djéraoua ; lui qui voulait vaille que vaille avoir un garçon, sa femme mettra au monde qu'une fille. La déception du père a fait son effet sur la vie de la Kahina qui, pour satisfaire la volonté de Thabet, apprend à manier les armes et à guerroyer. La Kahina est affublée de différents noms : Dihya, en berbère ou la reine, également surnommée Al-Kahina ou Kahéna, qui signifie «devineresse» ou «sorcière», en hébreu, «Cohen» veut dire prêtre, une hérédité quasi sacerdotale, en raison de ses dons sibyllins. On dit de la Kahina que «cette femme prédisait l’avenir, et tout ce qu’elle annonça ne manqua pas d’arriver» dit Ibn KHALDOUN. La légende a entouré la jeunesse de cette belle «Jeanne d’Arc berbère» de récit merveilleux. Dotée d’une beauté hors du commun, elle est courtisée par les plus puissants guerriers et notables du pays. Elle repousse toutes les offres en raison de son caractère cruel et odieux. A la mort de son père, c’est un prétendant évincé qui le succéda. Ce tyran avait l’habitude d’exiger de toute jeune fille qui se mariait le droit du Seigneur. La Kahina se résolut de se débarrasser de ce tyran avec son droit de cuissage. La Kahina lui plongea le couteau dans la poitrine et le peuple la proclama la nouvelle Reine de Berbérie. Par conséquent, La Kahina devint, après la mort de son père, le guide de tout un peuple Berbère. Si l’on en croit les repères donnés par Ibn KHALDOUN La Kahina, ou la «Jeanne d’Arc des Berbères», serait née en 616 et morte en 693, soit à l’âge de 77 ans. «Jamais figure de femme n’a cristallisé au Maghreb autant de passions que celle de la Kahina, personnage sans doute historique, mais surtout construction mythique» écrit Nadia SAOU. Si elle a réussi à unifier les tribus berbères, à cultiver le patriotisme, «l’intelligence alerte et lucide de Dihia, sa haute ambition, le caractère de sa féminité» l’ont élevée au rang de mythe écrit Magali BOISNARD (1882-1945). «Toute l’histoire de ce pays tient dans notre propre histoire. Il n’y a d’éternité que pour les gestes de Berbères» dit La Kahina.

I - Quel était l’état de la Berbérie avant les invasions arabes ? Quelle autorité y avaient les Romains ? Quelle résistance la Kahina a-t-elle opposé aux conquêtes musulmanes ?

Avant la conquête musulmane arabe, la religion chrétienne introduite par les Romains était limitée sur le littoral, la majorité des Berbères, organisés autour de diverses tribus, étaient idolâtres. Tout commence par le déclin de l’empire de Byzance dans l’Afrique septentrionale et donc l’expansion de l’Islam en dehors de l’Arabie Saoudite avec la conquête l’Egypte en 641, la Cyrénaïque, une province de Lybie. La Kahina vivait au Moyen-âge, une période d’histoire ténébreuse et tragique, parfois de règles d’exactitude absolue, faite de mythes ou de constructions a posteriori. Le IVème siècle marque la décadence de la domination romaine en Afrique, Carthage se christianise, le Vème siècle est le triomphe des Vandales et le VIème siècle les Byzantins, puis le VIIème siècles les Musulmans débarquent. L’Aurès de la Kahina est une forteresse montagneuse facile  à défendre et difficile de pénétration. Ibn KHALDOUN dit des Berbères de la Kahina qu’ils ont toujours été un peuple puissant, redoutable, sobres laborieux, aimant la guerre, ils sont jaloux de leur indépendance. La conquête arabe de la Berbérie durera 70 ans. Les Berbères apostasièrent jusqu’à 12 fois. L’Aurès taciturne et hautain, rude et voluptueux de la Kahina est resté rebelle.

Dans la seconde moitié du VIIème siècle, à 15 ans, Dihya, héroïne guerrière et prophétesse, est vénérée sous le nom de Kahina, la sorcière, devient reine des Aurès, une tribu berbère. Fille de Thabet, chef guerrier de la tribu des Djéraoua, ayant perdu sa mère et son frère dans un incendie, presque reniée par son père déçue de n’avoir pas eu un garçon, la Kahina va progressivement s’imposer dans ce monde d’hommes. Dès l’enfance, elle est destinée à mener une lutte incessante contre les Arabes, ces ennemis venant du Levant, qui adorent un dieu unique. On dispose de peu d’indications sur son physique. La Kahina aurait yeux lavande, des cheveux couleur de miel. Les historiens la considèrent comme belle, mais ce physique avantageux est parfois ambigu ; la Kahina se servirait de son charme pour envoûter et conquérir ses adversaires ; ce qui lui vaut autant d’admiration que de crainte superstitieuse. Lors de la bataille de Kairouan, la Kahina livre son premier combat contre Uqba le cruel et lui tranche la tête. Cet acte héroïque lui vaudra la vénération immédiate des siens et l’adoration d’Aksel, le plus vaillant des chefs berbères.

Lors de ces premières conquêtes arabes, «accablés d’impôts par l’avarice de leurs préfets (romains), les populations Berbères n’attendaient que ce moment pour secouer un joug détesté : l’invasion arabe leur en a fourni l’occasion. Les Berbères accueillirent avec empressement leurs envahisseurs. Mais les Berbères, après avoir salué ce nouveau drapeau, s’aperçurent, le moment d’enthousiasme passé, qu’ils n’avaient fait que changer de maîtres. Ecrasés bientôt sous une tyrannie de leurs nouveaux oppresseurs, ils ne tardèrent pas à regretter leurs anciens maîtres» écrit Ernest MERCIER (1840-1907) dans son «histoire de l’établissement des Arabes dans l’Afrique septentrionale» de 1925. En effet, Okba Ben NAFA (622-683)  conquit l’Ifriqiya et installa sa capitale à Kérouane en 681, sous le califat de Yazid 1er (645-683). Les Berbères, au début, satisfaits d’échapper au joug des Romains, mais s’allièrent avec eux en 683, à la bataille de Tahouda, pour battre les musulmans, Oqba Ibn NAFA, conquérant du Maghreb, et fonder le premier empire berbère ; car ils étaient «fatigués bientôt d’une religion qui leur prescrivait de fréquentes prières et leur enlevait près de la moitié de leurs récoltes à titre d’impôts» écrit Ibn KHALDOUN. Okba sera vite vaincu par Koceila Ben LEMZEN (639-688) : «L’orage éclate à nouveau au moment où, plein de confiance, ayant renvoyé son armée à Kérouane, rentrait à la tête de quelques cavaliers. Parvenu à l’oasis de Téhouda, il se vit entouré par une nuée d’indigènes et périt avec toute son escorte» écrit Ernest MERCIER. En effet, c’est alors que Koceila, de la tribu des Arouba, devient le premier chef de tous les Berbères. Koceila noua une alliance avec les Romains. Koceila, converti à l’Islam, d’abord traité dignement par le précédent gouverneur sera humilié par son successeur et ravalé au rang d’esclave.

De 683 à 688, Koceila Ben LEMZEN, chef de Berbères, gouverna le pays, une partie de l’Algérie et de la Tunisie, «avec une justice qui mérita l’approbation des Arabes qu’il avait vaincu» écrit Ibn KHALDOUN. En 688, Zoheir Ibn KAIS, chargé de venger Oqba, renversa Koceila ; Mais Zoheir manquait de troupes, il fut lui-même tué par Barka et remplacé par Hassane Ibn Al-NOMAN, gouverneur de l’Egypte entre 692 et 705. Les Berbères retombèrent dans l’anarchie et les divisions «puis par la voix d’une femme, Dihya, fille de Thabet Ben Nifak, reine de l’Aourès, leurs querelles s’apaisèrent» écrit Ernest MERCIER. A la mort de Zoheir, la révolte gronda au sein du peuple berbère, composé de différentes tribus indépendantes. «Parmi leurs chefs, les plus puissants, on remarqua surtout la Kahéna, reine du Mont Aurès, dont le vrai nom est Dihya, fille de Tabeta, fils de Tifan. Sa famille fait partie de Djeraoua, tribu qui fournissait les rois et les chefs à tous les Berbères» écrit Ibn KHALDOUN. «La première révolte victorieuse, reconnue par le chef berbère Koceila ; dans une autre s’illustra une femme, Kahéna, dite Doumiah, guerrière juive des monts Aurès, qui fit reconnaître son pouvoir aux débris des Romains, comme aux Berbères et battit, en maintes rencontres, les troupes musulmanes» écrit Jules DUVAL. En effet, Koceila connaissait La Kahina et l’appréciait «pour la valeur de son énergie, son intelligence et sa volonté téméraire. Il l’aimait pour sa souple et voluptueuse vigueur, sa beauté bizarre, et pour ce qu’il trouvait en elle de semblable à lui-même» écrit Magali BOISNARD.

En 687, le calife omeyyade, Abd Al-Malik (646-705), demanda à Hassane EL-GHASSANI, gouverneur de l’Egypte de porter la guerre contre la Kahina. Le général Hassane avait conquis Kairouan (Nord Tunisie) et Carthage (Tunisie), mais sa victoire était incomplète. Mais les Arabes s’arrêtèrent aux portes des montagnes de l’Aurès, farouchement gardées par la Kahina, une païenne alliée aux Byzantins et qui avait conseillé et aidé Koceila. Les stratèges firent remarquer au général Hassane qu’il «n’y a aucun monarque plus puissant que la Kahina, reine de l’Aurès ; tous les habitants de l’Ifriqiya la craignent, et les Romains lui écoutent et l’obéissent. Si tu l’as tues, les Berbères et les Romains ne pourront plus séjourner en Afrique». Rebelle et libre, la Kahina rassembla toutes les tribus berbères et leur demanda de résister aux forces étrangères et de défendre l’élément vital de leur race. Devant le péril les Berbères se sont unis pour résister à l’invasion de leur pays : «La Kahéna mena ses troupes contre les Musulmans, et les attaquant avec acharnement extrême, elle les força à prendre la fuite, après avoir tué beaucoup de monde. Kaled Ibn Yezid resta prisonnier entre les mains des vainqueurs. La Kahéna ne perdit pas un instant à poursuivre les Arabes, et les ayant expulsé du territoire, elle contraignit le général à chercher refuge en province de Tripoli» écrit Ibn KHALDOUN. A Gabès, le triomphe de la Kahina fut complet ; ce lieu de la déroute de l’adversaire s’appelle, depuis lors, «El-Bla» ou la calamité. Le Calife, Abd Al-Malik déclarera que c’est une honte que son général puisse s’enfuir devant une femme. «Les Arabes avaient l’avantage des armes et de la position, mais Berbères avaient celui du nombre et surtout le courage porté à son paroxysme» écrit Ernest MERCIER. La Kahina rentra dans son pays, après avoir Khaled Ibn Yazid Al-KAIS (668-709), un beau guerrier, noble et courageux, fils de Yazid 1er, comme troisième fils. La Kahina, guerrière et reine des Berbères, est à la fois maternelle et amoureuse, avec captif Khaled Ibn Yazid al Absi. Ce dernier a été emprisonné après la défaite de son oncle Hassane Ibn Thabet face à l'armée des Berbères. La Kahina, en donnant le sein à son captif, l'adopte, et il devient, de ce fait, l'un de ses enfants. Toutefois, au fil du temps, cette adoption dépasse la simple relation maternelle ou filiale et les rapports deviennent de plus en plus amoureux. La Kahéna gouvernera son pays pendant cinq ans.

Kaled, le garçon adopté, a trahi la Kahina. Il a livré aux Musulmans le secret des sentiers perdus, de cavernes inviolées et a dévoilé à Hassane Ibn Al-NOMAN AL-GHASSANI les plans de guerre de la Kahina dans la paille d’une selle ou dans un plan. Il a recommandé au général arabe d’attaquer au bon moment, les Berbères et les Grecs mécontents de leur Reine, commencent à se diviser. Par conséquent, en 693 Hassane AL-GHASSANI attaqua à nouveau la Berbérie. Mais à son approche, la Kahéna brûla fermes et villages de la Berbérie : «Cette vaste région avait offert l’aspect d’un immense bocage, ne montrant plus que des ruines. Les Berbères virent avec un déplaisir extrême la destruction de leurs propriétés, et abandonnèrent la Kahéna pour faire soumission à Hassan» écrit Ibn KHALDOUN. «Les Arabes veulent s’emparer des villes, de l’or et de l’argent, tandis que nous, nous ne désirons que posséder des champs pour la culture et le pâturage. Je pense donc qu’il n’y a qu’un plan à suivre : c’est de ruiner le pays afin de les décourager» dit-elle à la Berbérie. Cependant, ces destructions fut mal comprises par les populations indigènes qui désavouèrent la Kahina. «Pendant les dernières années de paix, les querelles intestines s’étaient ravivées de toute part ; le sacrifice imposé par la Kahina acheva l’œuvre commencée par la discorde. Aucun contingent ne répondit à l’appel, et la Reine, se voyant abandonnée, se disposa à mourir, pour la cause qu’elle avait défendue» écrit Ernest MERCIER. En sorcière, la Kahina sentait sa défaite et sa mort arriver «Mes fils vont bien sont disparus et votre défaite est proche dans ce que les hommes mangent» dit-elle, trois fois. On raconte qu’elle prévoit l’avenir à travers ses rêves prémonitoires. On dit, par exemple, qu’elle voit venir la trahison de Yazīd, un otage que certains pensent son fils adoptif et que d’autres considèrent comme son amoureux caché. La légende dit que ce dernier captif mais très bien traité, espionne la reine pour le compte du gouverneur Hassān Ibn NOMAN. Le calife Yazīd 1et écrit une lettre qu’il remet à un messager dans une galette de pain. Aussi, après un siège de plus de 6 mois autour de la citadelle de Thysdrus ou El-Djam où s’était retranchée La Kahina, le général Hassane la mit en déroute et la tua dans le Mont Aurès, Bir El-Kahéna, le puits de la Kahéna. «La Kahéna fut atteinte et tuée pendant qu’elle s’enfuyait» écrit Ibn KHALDOUN. Hassan coupa la tête de la Kahéna et l’envoya à Bagdad, au Calife Abd Al-Malik. En 693, Hassane Ibn Al-NOMAN, prit la ville de Carthage et Tunis en 698, et les Omeyyades réclament 12000 hommes aux Berbères afin de poursuivre la conquête musulmane en Espagne.

Ibn KHALDOUN rattache estime que la Kahina est d’origine juive : «Une partie des Berbères professait le judaïsme, religion qu’ils avaient reçu de leurs puissants voisins, les Israélites de la Syrie. Parmi les Berbères juifs on distinguait les Djéraoua, tribu qui habitait l’Aurès, et à laquelle appartenait la Kahéna» écrit-il. Par conséquent, de nombreux intellectuels juifs ont repris cette interprétation d’Ibn KHALDOUN «Dans la terre judaïque, la Kahina, n'était pas la seule femme à avoir pris les rênes de son peuple, mais il y avait aussi Judith, et Tabora» écrit Gisèle HALIMI (1927-2020) dans sa «Kahina». Auparavant, Albert MEMMI (1920-2020, voir mon article), un Juif franco-tunisien, rattache également la Kahina au peuple juif. André CHOURAQUI (1917-2007), auteur d’une magistrale «l’histoire des Juifs en Afrique du Nord», pense que la Kahina est également une judéo-berbère. Au VIème siècle de notre ère, la Numidie, Algérie actuelle, était sous la domination byzantine. C’est à moment, les Juifs,  fuyant la conversion forcée, se seraient réfugiés dans les régions éloignées ou montagneuses, chez les Berbères, dans le pays de la Kahina. Albert MEMMI, un Juif français en Tunisie, revendique d’être un descendant de la Kahina : «La première mention sûre de notre présence ici […] se trouve chez l’historien arabe El-Milli qui, dans ses «Chroniques arabo-berbères», cite parmi les compagnons de la Cahéna, la fameuse reine judéo-berbère, un certain El-Mammi» écrit-il. Magali BOISNARD, poète et romancière s’inscrit dans cette mouvance visant à démontrer que la Kahéna serait  «reine juive des Aurès» et s’appuie sur d’anciens textes arabes : «La confédération des Djeraoua, sur laquelle régnait la Kahina, avait des origines juives, explicables par le grand exode qui suivit la révolte des Juifs de Cyrénaïque, en l’an 115 de J.-C. Après la terrible répression exercée par Trajan, et dont son général Marius Turbo fit une extermination, des lambeaux de tribus israélites s’enfuirent par le mont Demmer, en Tripolitaine, vers l’Aourès et vers la Numidie. Les uns se mêlèrent aux Nefouça tripolitains, d’autres, les Djeraoua, s’établirent dans l’Aurès» écrit Magali BOISNARD dans son «roman de la Kahina» de 1925.

II - Quel héritage de la Kahina ? et en quoi, interpelle encore notre conscience ?

Figure algérienne d’abord, reine des Aurès, dans le sud de l'Algérie et de la Tunisie actuelles, la Kahina est l’objet d’appropriations multiples, arabes et juives. «L’Histoire est la gardienne fidèle du passé. Quant à la littérature, elle peut avoir  fonction de reprendre l’Histoire et de la transfigurer dans un mélange de réel et d’imaginaire» écrit François GUIZOT (1787-1874), homme d’Etat et historien, dans «mémoire pour servir à l’histoire de mon temps».

Ce que je retiens, avant tout, de cette exceptionnelle Kahina, c’est que l’Afrique au Moyen-Age, une femme reine, avait résisté vaillamment aux conquêtes musulmans, et donc les clichés misogynes de notre temps et les instrumentalisations sur la condition de la femme dans ce continent, sont dérisoires. En effet, l’Afrique a bien connu des femmes sensuelles, fortes, vaillantes et guerrières qui avaient su se dresser contre les forces du Chaos.

De nos jours, la Kahina s’est emparée des imaginaires littéraires et a fait l’objet de nombreux biographies, de récits romanesques ou de pièces de théâtre ou de thèses,  l’élevant au rang d’un mythe, dans la construction de l’identité nationale africaine. Le président Emmanuel MACRON a prétendu, le 30 septembre 2021, que la Nation algérienne n’existerait pas avant 1830, début de la colonisation française et que l’histoire de l’Algérie indépendante serait «totalement réécrite et ne s’appuie pas sur des vérités, mais sur un discours qui, il faut bien le dire, repose sur une haine de la France, sur une rente mémorielle, entretenue par le système politico-militaire» dit-il. L’histoire de la Kahina, une reine berbère du VIIème siècle, atteste bien de l’ancienneté de la nation algérienne, autour des combats des Berbères pour leur dignité et leur indépendance. En effet, l’écrivain et dramaturge algérien, KATEB Yacine (1929-1989, voir mon article), dans «La Kahina ou Dihya», met en scène l’héroïne berbère qui, au VIIème siècle, résista aux Romains et au christianisme. KATEB Yacine assigne un rôle particulier, dans la construction de la nation et de l’identité algériennes, aux Ancêtres, dont la Kahina, qui ne sont pas Arabes, mais Berbères «ce sont des âmes d’ancêtres qui nous occupent, substituant leur drame éternisé à notre juvénile attente» écrit-il dans son roman «Nedjma». Pour KATEB Yacine, l’Algérie des temps anciens n’était pas arabe, mais berbère, comme l’était la Kahina. Du moins, l’Algérie officielle de notre temps, n’est pas seulement qu’Arabe et musulmane, elle est multiple, païenne, savante et sauvage, contradictoire, agitée des soubresauts de sa longue et violente histoire. Or, la loi fondamentale algérienne est un immense déni des origines berbères de son peuple, et donc des combats et de l’héritage de la Kahéna : «L'Islam est la religion de l'État. L'arabe est la langue nationale et officielle. L'arabe demeure la langue officielle de l'État» édictent les articles 2 et 3 de la Constitution algérienne, dans sa version du 30 décembre 2020.

Gisèle HALIMI (1927-2020), indépendantiste et féministe, a fait de la Kahina une héroïne immortelle : «Est-ce un ouvrage historique ? Est-ce un roman ? Un roman historique ? Le lecteur est désemparé dès qu’il plonge dans l’ouvrage que Gisèle Halimi a consacré à la grande héroïne judéo berbère. Si l’on comprend bien l’intérêt de l’avocate féministe – par ailleurs juive et née en Tunisie – pour cette figure féminine de résistance, la gêne s’installe au fur et à mesure de la lecture, face à l’impossibilité de l’auteur de choisir un genre littéraire et de s’y tenir. Alors que le destin légendaire de cette femme intrigue, que son altière figure fascine, que viennent faire au milieu d’une description de paysages, ou de la relation de ses amours, telle ou telle note savante de bas de page ?» s’interroge Joëlle ALLOUCHE-BENAYOUN. Gisèle HALIMI a écrit un roman historique, avec une démarche autobiographique permettant de «combler les zones obscures par l’imagination ; et aussi parce que l’identification à l’héroïne, l’empathie manifeste de l’auteure pour la chef de guerre, pour la femme indépendante, permettent, plus qu’un essai rigoureux, de la présenter avec ses doutes, ses hésitations, ses coups de cœur» précise Joëlle ALLOUCHE-BENAYOUN. Gisèle HALIMI qui se battait pour les causes de la liberté des peuples sous le joug du colonialisme et pour celle des femmes, que d’aucuns estimaient perdues, est restée, comme La Kahina qui commandait les hommes, droite dans ses bottes : «Mon grand-père paternel me racontait souvent, par bribes, l'épopée de la Kahina. Cette femme qui chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu'aux reins. Vêtue d'une tunique rouge - enfant, je l'imaginais ainsi, d'une grande beauté, disent les historiens. J’ai voulu clore ce cycle par la Kahina. Dans son contexte historique, je l'ai fait vivre, aimer, guerroyer, mourir» écrit Gisèle HALIMI, dans sa «Kahina».

La Kahina est le dernier livre de Gisèle HALIMI évoquant l'histoire de la Kahina qui souhaitait unifier les berbères de la Berbérie et de l’Ifriqiya Elle avait décidé de réunir les tribus de nomades, les sédentaires, ceux des montagnes et ceux de la cote. La Kahina repoussa les armées du général arabe Hassane, La passionaria berbère mis son engage ment pour la cause du peuple berbère contre l'envahisseur. Humaine, elle renvoya les prisonniers dans leur camp et adapta le prisonnier Khaled, le neveu de son ennemi selon le rite berbère qui consiste à goûter sur le sein de la reine la pâte d'amende. C'était un rituel. Elle s'éleva contre la violence religieuse «Nous n'imposas jamais notre dieu. Dieu ne doit pas être pris comme alibi» dit-elle. Elle porta la Khamsa la main à cinq doigts ouverts. Trahie par son fils adoptif, la Kahina mourut décapitée. Avant sa mort la Kahina demanda à ses deux fils naturels, dont Ifrane, de se convertir à la religion du vainqueur pour avoir la vie sauve : «Vous allez vous rendre au général Hassane, vous convertir à l'Islam pour avoir la vie sauve». En ce début du VII siècle la tête de la Kahina a été exhibée au palais d'Abd AL-MALIK : «Ce n'était qu'une femme» dit-il dédaigneusement.

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Paris, le 1er novembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 13:30
«Le Fouta-Toro et ses valeurs ancestrales en crise : comment rebondir ?» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Dans mon Fouta-Toro, au Nord du Sénégal, une terre d’histoire et de traditions assimilable à un roman national du Sénégal, les valeurs ancestrales de solidarité, d’entraide, d’honneur, de dignité, de probité, de fierté, de courage, de pudeur, de compassion, de tolérance et de bonne gouvernance, sont celles aussi de toute cette Afrique humaniste. Thierno Sileymane BAL (1720-1776), avec sa Révolution de 1776, n’a pas seulement qu’islamisé le Sénégal, adouci ses mœurs, introduit une bonne gouvernance, il s’est inspiré des valeurs traditionnelles du Fouta-Toro. Il existe bien un «Islam noir» suivant une expression de Vincent MONTEIL, les coutumes ont survécu à l’influence des Arabes. En effet, ces valeurs, contrairement à une idée reçue, ne sont pas héritées de l’Islam, mais elles viennent de la nuit des temps, comme l’hospitalité. Ainsi, Gaspard MOLLIEN (1796-1872), qui a traversé tout le Fouta-Toro en 1818, et notamment lors de son étape à Séno-Palél, dans le Damga, s’aperçoit que les Africains ne sont pas ces sauvages anthropophages que décrivent les coloniaux ; il est ébahi par l’humanisme des Peuls, une grande valeur que chantent souvent les griots : «Quel pays offrirait un tel exemple d’hospitalité ? Sans argent, sans ordre du souverain, sans recommandation, on est toujours sûr en Afrique de trouver une hôtellerie» dit Gaspard MOLLIEN. «L'hospitalité est pratiquée si généralement parmi les nègres qu'ils ne la regardent pas comme une vertu, mais comme un devoir imposé à tous les hommes; ils l'exercent avec une générosité qui n'a pas de bornes, et ne s'en font pas un mérite» précise Gaspard MOLLIEN. Un autre explorateur, Pierre SAVORGNAN de BRAZZA (1852-1905) décédé à Dakar, envoyé pour enquêter sur l’assassinat d’un administrateur colonial, découvre les crimes du colonial, et dresse une autre image de l’Afrique. Ce témoignage contredit les préjugés coloniaux, à savoir que l’Afrique serait «une race tristement et depuis longtemps déshéritée de qualités morales et intellectuelles les plus précieuses à l’humanité». En particulier, Mungo PARK (1771-1806) dans son «voyage  dans l’intérieur de l’Afrique», entre 1795 et 1797, mentionne que le premier signe d’hospitalité des Peuls, c’est qu’ils vous apportent à boire et vous invitent à vous asseoir sur une natte : «Je fus extrêmement touché. Emu jusqu’aux larmes d’une bonté si inespérée» écrit-il.
Dans l’Afrique Antique, les griots peuls enseignent la sagesse et l’histoire «étaient les conseillers des rois. Ils détenaient les Constitutions des royaumes par le seul travail de la mémoire ; chaque famille avait son griot préposé à la conservation de la tradition» écrit-il. En effet, «Djibril Tamsir Niane était très attaché au patrimoine africain, il était un gardien de la mémoire africaine. Parce qu’avec son ouvrage Soundjata ou l’épopée mandingue, un classique, il a fait connaitre à ceux qui ne connaissaient pas que l’Afrique avait une telle civilisation et une telle histoire» écrit Alioune Badara BEYE. Dans son «Soundjata», Djibril Tamsir NIANE a fait recourt à la caution morale du griot Mamadou KOUYATE (mort en juin 1991, à Ouagadougou, Burkina-Faso), pour réitérer que la parole du griot est pure «dépouillée de tout mensonge» ; car les griots, «dépositaires des serments que les Anciens» ont prêté, ou juré «d’enseigner ce qui est à enseigner et de taire ce qui est à taire». Il existe d’autres grands traditionalistes africains, comme Amadou Hampâté BA et Fily-Dabo SISSOKO qui ont bien décrit ces valeurs traditionnelles.
Si le Sénégal est un pays tolérant, ayant échappé largement au tribalisme, il le doit en grande partie aux valeurs traditionnelles du Fouta-Toro, un puissant Etat qui a diffusé ses principes positifs. Société fondée sur la diversité, dans la tolérance et le respect de l’autre, de cousinage à plaisanterie a été un puissant moyen, chez les Peuls, de créer du lien, d’assurer la cohésion sociale. Les Sérères, qui avaient vécu au Fouta-Toro, sont restés des cousins à plaisanterie des Peuls. De nos jours encore, une minorité Ouolof réside au Fouta-Toro, aux villages de Mogo et à Taïba, dans la région de Matam. A l’intérieur de la société, les cousins doivent, quand ils se rencontrent, plaisanter entre eux. Par ailleurs entre certains patronymes, notamment les BA et DIALLO, il est de bon ton d’entretenir cette tradition de convivialité, afin de renforcer la cohésion sociale. Par conséquent, la diversité n’est pas vécue comme un drame, mais une formidable richesse. Le cousinage à plaisanterie n’est pas totalement inconnu en Europe, notamment entre Français et Belges, entre Norvégiens et Suédois, les blagues sont nombreuses pour chambrer les autres.
La conception que les Africains ont de la place de la mère, et donc de la femme dans la société, est une philosophie éloignée des grilles de lecture des Occidentaux que peu, d’entre eux, en saisissent la portée réelle et sa profondeur : l’Afrique est maternelle. L’Africain jure par sa mère et ne peut accepter qu’on porte atteinte à son honneur. «La Grande royale», la sœur du chef des Diallobé, un personnage de l’aventure ambigu de Cheikh Hamidou KANE, incarne une femme foutankaise d’autorité, responsable, majestueuse, pleine de grâce et de générosité, et qui sait malgré tout qu’elle est une femme. C’est la femme, non pas soumise et craintive, telle que décrite par les préjugés occidentaux, la femme peule est restée libre et a voix au chapitre. En effet, sans responsabilité politique, «la Grande royale» a pris position dans ce débat entre tradition et modernité. Pour SEMBENE : «L’homme africain n’a aucune valeur intrinsèque. Il la reçoit de sa mère. La mère contient notre société». SEMBENE et Cheikh Anta DIOP ont compris cet héritage du Fouta-Toro, en valorisant, sans cesse, la Femme.
Dans la philosophie peule de la vie se trouve le concept de «Neddo» ou personne humaine. L’individu n’est digne d’avoir l’attribut de personne que s’il est porteur de ces valeurs traditionnelles, notamment d’entraide et de solidarité. La société étant agraire, musulmane, mais fondée sur l’entraide et la solidarité, le vrai concept de «Neddo Ko Bandoum». Pendant tous les événements de la vie, (culture des champs, toit de la case, décès, famine) tout le clan, tout le village reste solidaire dans la joie, comme dans la douleur. De mon temps, quand une personne décédait, et pendant toute une journée personne ne devait allumer sa radio et les pilleuses ne devaient pas chanter.
La société peule est stratifiée, une structure féodale, conservatrice, fortement hiérarchisée entre différentes castes, mais c’est une logique une division du travail, et non une hiérarchisation sociale, une spécialisation du travail. En effet, il y a deux sortes de castes : d’une part, les gens dits libres (Rimbés) que sont les Torodos (agriculteurs, clercs musulmans), les «Diawambé» ou conseillers du Roi, les «Sebbé» ou les guerriers, et d’autre part les «Gnégbé» artisans ou griots (Tisserands, cordonniers, forgerons, «Laobé» ou artisans du bois, les griots, chanteurs, musiciens ou généalogistes). Naturellement, on y compte aussi les esclaves de case.  Par ailleurs, les Peuls pratiquent l’endogamie avec des mariages entre cousins germains. Le droit d’aînesse (Maodo) est une sorte d’autorité morale veillant sur les intérêts du groupe.
Il apparaît que la vraie noblesse n’est pas celle de la naissance, chez les Peuls, mais celle de l’esprit. Ainsi, les héros des temps anciens, confrontés à une société de violence, de la raison du plus fort, ont comme Samba Guéladio Dégui BA, ce prince Déniankobé, évincé du pouvoir, qui s’est battu pour rétablir ses droits. Samba Guéladio Diégui a refusé la confirmation de son intronisation par le «Battou», l’assemblée des notables du Fouta-Toro, «Gniwa Alla Gaynako» en peul, ou «l’éléphant n’a pas de berger» dira-t-il. Les valeurs de courage, de dignité et de refus de servitude ont été portées très haut, non pas par des héros fabriqués de toutes pièces après les indépendances, mais par notamment El Hadji Omar TALL, Maba Diakhou BA et Moussa Mollo BALDE, ayant combattu le colonisateur, au péril de leur vie. D’autres grands guerriers, les «Djambérés», avaient combattu pour la dignité des Foutankais, comme Amadou Sam Pollel ou Yéro Mama.
Le concept de solidarité ou «Neddo Ko Bandoum» est l’une des valeurs cardinales de la société foutankaise, à la base même de l’exil des Peuls, pour venir en aide à leurs familles, par l’envoi, régulier de mandats au pays. Par ailleurs, les immigrants peuls, dans leur pays de résidence, hors du Sénégal, ont entretenu des associations villageoises en vue de projets sociaux, éducatifs ou  de santé au Sénégal. Ces immigrants ont remplacé les «Diambarébé» ou guerriers des temps anciens. Ils sont à mon sens les héros de notre temps. C’est cette piété familiale ou «Neddo Ko Bandoum», qui a sauvé après l’indépendance le Fouta-Toro, la contrée la plus défavorisée du Sénégal, de la famine. Pour sauver leur famille, de nombreux immigrants peuls ont pris le chemin de l’exil, pour envoyer chaque mois un mandat, sans lequel l’honneur, le déshonneur ou la mort auraient sévi sur le Fouta-Toro.
Les immigrants, ou ces héros du quotidien, à travers des associations ont bâti de solides solidarités avec leur village d’origine en termes notamment de santé, d’éducation ou d’accès à l’eau. De nos jours, on s’acharne à politiser et ridiculiser le noble concept de «Neddo ko bandoum» ou la solidarité ou piété familiale. Cependant, les actions quotidiennes des gens ordinaires ne sont pas retenues par l’Histoire. «Or, cette lutte souterraine, cette lutte du peuple, c’est ce que moi j’appelle l’héroïsme au quotidien, on ne leur a jamais édifié de statue», entonne SEMBENE. «Il s'agit d'une lutte dont le but n'est pas de prendre le pouvoir, et je pense que la force de l'ensemble de notre société repose sur cette lutte. Et c'est à cause de cette lutte que l'ensemble du continent est encore debout. Donc, j'ai essayé à ma façon de chanter les louanges de ces héros, parce que je suis aussi un témoin de cette lutte quotidienne», précise SEMBENE Ousmane, un écrivain au carrefour de plusieurs cultures.
La société peule, aristocratique, stratifiée et féodale est, de nos jours, considérablement bouleversée en raison de divers facteurs (éducation, émigration, argent). L’émergence de l’individualisme provoque cette forte tension entre la tradition et la modernité. Certaines valeurs fondamentales de la société peule, qui n’ont pas totalement disparues, sont en train de voler en éclats, l’argent ayant tout corrompu.  Nous sommes au milieu du guet, c’est une crise particulièrement profonde de la société foutankaise : «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. La crise consiste justement dans le fait que l’ancien monde meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés» écrit Antonio GRAMSCI (1891-1937), un philosophe italien.
Les traces de cette crise sont anciennes. La société peule pendant longtemps a vécu dans l’économie du troc. L’éleveur échange son lait contre du mil, et les divers artisans (Tisserands, potiers, forgerons) pouvaient se procurer des denrées nécessaires. L’émigration était saisonnière dans les grandes villes, comme Dakar et Kaolack, juste de quoi payer ses impôts ou s’habiller, et le paysan revenait pendant l’hivernage cultiver son champ. Le colonisateur a introduit l’argent, l’alcool pour abrutir, et sa technique de corruption, à travers les cadeaux : diviser pour mieux régner.
Cependant, le Fouta-Toro, loin des cotes où étaient implantés les colons, avait conservé, pendant longtemps ses valeurs traditionnelles, et résisté contre l’occupant, tout en interdisant l’esclavage. Contrairement à une propagande savamment entretenue et créée de toutes pièces après les indépendances au profit de héros factices, c’est le puissant Etat du Fouta-Toro, d’abord avec Thierno Sileymane BAL (1720-1776) et les Almamy (1776-1890), puis sous El Hadji Omar TALL (1774-1864), qui avait opposé la plus longue et la plus acharnée résistance contre le colonisateur. En particulier, c’est Thierno Sileymane BAL qui avait rappelé ces grandes valeurs traditionnelles des Peuls, de démocratie et de bonne gouvernance, à savoir un Etat théocratique du Fouta-Toro, fondé sur des principes de démocratie, mais aussi inspiré de valeurs morales et éthiques, comme la probité, la prohibition du conflit d’intérêts, le critère de compétence, le sens du service public, de l’intérêt général et l’égalité de tous devant les charges publiques. En effet, c’est Thierno Sileymane BAL, lui-même qui a fixé ces règles de fonctionnement de l’Etat, fondées sur une action presque désintéressée. L’Almany, chef politique et religieux, étant désormais élu, n’est plus un simple héritage familial. Le titre d’Almamy devait revenir au musulman le plus noble, le plus intègre, le savant, et donc le plus méritant. On ne connaissait pas encore le système de déclaration de patrimoine, mais l’Almamy qui s’enrichissait de trop, est évincé du pouvoir et ses biens confisqués.
Le Fouta-Toro, dans ses valeurs ancestrales notamment de solidarité, est traversé par une profonde crise : l’argent, l’individualisme et l’assistanat ont tout corrompu. Les villageois attendent chaque mois le mandat et sont dans la consommation, sans aucune recherche d’autonomie. Les personnes restées au village se désintéressent des activités associatives des immigrants, et ne travaillent pour le village que s’ils sont rémunérés. Bref, l’argent a corrompu gouvernants et gouvernés, et les immigrés, héros du quotidien, sont devenus esclaves de leur famille. Bien des familles nobles ont perdu leur dignité et ne croient qu’au billet de banque. L’argent a tout pourri. Le phénomène WhatsApp a encore accru les sollicitations, les demandes d’une aide financière, venant de partout.
Par ailleurs, la valeur travail, notamment les activités agricoles ou pastorales, sont méprisées par les jeunes générations. Or, la première génération d’immigration est en train de disparaître et bien d’autres sont à la retraite, avec une forte baisse de leurs revenus empêchant d’envoyer des mandats substantiels au pays. Cette pandémie, avec la crise au sein des secteurs du bâtiment, de la restauration, de l’hôtellerie, bien des immigrants sont au chômage. Les enfants des immigrés, nés à l’étranger désertent les associations villageoises et n’enverront pas de mandats au Sénégal.
Que faire ? Faut-il désespérer de l’avenir ?
Mamadou DIA, président du Conseil de 1960 à 1962, un éminent Foutankais, avait prôné le retour à la terre qui ne ment pas. Le président Macky SALL, un pharaon des temps modernes, appelle à la résurgence de ces valeurs traditionnelles, comme le civisme, la culture et la fierté.
Il appartiendra avant tout aux Foutankais de se sauver eux-mêmes. Comment imaginer des projets solides afin de contribuer à l’autonomie des parents Foutankais restés au pays, mais englués dans la  consommation ?
Certaines expériences sont malheureuses, les fonds envoyés par les immigrés ont été soit dilapidés, détournés ou mal gérés. La probité, la fainéantise ou l’incompétence sont au cœur de ces désastres.
Paris, le 3 août 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 00:00
«Djibril Tamsir NIANE (1932-2021), conteur, universitaire, une immense gloire de l’histoire africaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 
«Je suis peiné d’apprendre le décès de Djibril Tamsir Niane, historien et écrivain de talent, auteur du célèbre ouvrage «Soundiata où l’épopée mandingue», écrit le président Macky SALL, à propos du décès de Djibril Tamsir NIANE survenu à Dakar le 8 mars 2021. Historien, conteur, dramaturge, panafricaniste et universitaire, Djibril Tamsir NIANE guinéen réfugié au Sénégal, est décédé du Covid-19, à l’âge de 89 ans à Dakar le lundi 8 mars 2021, presque en même temps que sa sœur jumelle, Yahyé NIANE. Le professeur Djibril Tamsir NIANE avait toujours souligné l’importance d’enseigner l’histoire, «de se pencher sur le passé et de montrer ce que nous avons en commun. La connaissance de l’Histoire est indispensable pour vraiment asseoir une Nation. Méconnaissant l’Histoire, on ne peut pas agir en commun» dit-il. Djibril Tamsir NIANE était aussi un éminent tenant de la tradition orale «La parole s’envole, les écrits restent» est une citation des Romains qui a contribué à forger l’opinion selon laquelle une source orale ne serait pas crédible : «Les peuples de l’oralité sont porteurs d’une culture aussi riche que celle des tenants de l’écriture. La tradition orale ne dit pas n’importe quoi, n’importe comment ; c’est une parole organisée, structurée, un immense réservoir de connaissances acquises par la collectivité, selon des canons bien déterminés. Aussi existe-t-il des spécialistes de la parole dont le rôle est de conserver et de transmettre les choses du passé : ce sont les griots. Les choses anciennes restent dans l’oreille» confie-t-il au Courrier de l’UNESCO en 2009.
Djibril Tamsir NIANE vit le 9 janvier 1932, officiellement, à Conakry, en Guinée. Si son acte d’état civil a été enregistré à la capitale guinéenne, en fait il est né à Dinguiraye, dans la région de Faranah (Guinée), à 545 km de la capitale. Ses grands-parents, d’authentiques peuls du Fouta-Toro, viennent du village de Séno-Palél, dans le département de Kanel, au Sénégal. Ils sont de la caste des «Diawando», les conseillers de l’aristocratie peule ; son père étant Daouda NIANE, un ouvrier des chemins de fer et sa mère Aïssata SAM, descendante peule d’Amadou Dieynaba SAM venant de Séno-Palél, un savant en sciences islamiques, et d’une mère mandingue, originaire de Dinguiraye. En effet, les ancêtres de Djibril Tamsir NIANE, dont Amadou Hamady NIANE, avaient suivi El Hadji Foutiyou Omar TALL (1794-1864), dans son Jihad, à Dinguiraye. En effet, El Hadji Omar TALL, qui avait suivi une partie de ses études coraniques, à Séno-Palél, chez le grand marabout Abdoul Karim DAFF (1727-1807), dont le foyer ardent est encore sanctuarisé, a recruté, dans son exil en Guinée de nombreux adeptes du département de Kanel, , comme Nially DAFF et Alpha Oumar Thierno Baïla WANE (1805-1863), son chef de guerre. Suivant, la tradition orale, El Hadji Omar Foutiyou TALL, fondateur de Dinguiraye, en mars 1849, aurait demandé à Sam Pollel de prospecter un lieu de résidence approprié ; celui-ci découvre un troupeau de buffles, de bœufs et d'antilopes sauvages dans un endroit qui est alors nommé «Dinguiraye» ou «parc de bœufs» en Peul.
Derrière chaque grand homme, se cache une Femme exceptionnelle. Mme Aïssatou DIALLO, une personne particulièrement discrète, a donné à Djibril Tamsir NIANE, cinq enfants : Daouda Tamsir NIANE né le 15 octobre 1959, reporter au Grand Horoya, Directeur de la Bibliothèque Tamsir NIANE et avait été en fonctions à la Présidence de la République guinéenne ; Khadiatou dite «Katoucha» née le 30 décembre 1960, une top modèle à Paris, disparue tragiquement et prématurément ; Raliatou Fifi NIANE COCHERY, née le 13 juin 1962, une artiste ; Fatou Tamsir NIANE POLNEAU née le 19 avril 1967, vivant en Côte-d’Ivoire ; Bachir Tamsir NIANE, né le 14 février 1969, écrivain et professeur de Lettres. La mort tragique, à Paris, de sa fille, Khadidiatou NIANE dite «Katoucha» (1960-2008) ou «La Princesse peule», l’un des premiers mannequins internationaux, l’avait profondément affecté. Egérie d’Yves SAINT-LAURENT (1936-2008), Thierry MUGLER, Paco RABANNE et de Christian LACROIX, dans ses révoltes contre l’excision et le viol, aimant la fête et les excès (sexe, alcool et drogue), Katoucha fréquentait des artistes de haut rang (Karl LAGERFELD, Roman POLANSKI, Serge GAINSBOURG). Katoucha, habitant une péniche, «La Petite vitesse», s’était rendue à une soirée. Portée disparue dans la nuit du 1er au 2 février 2008, son corps n’a été retrouvé que le 28 février 2008, dans la Seine, près du Pont du Garigliano, à Paris 16ème. Une mort mystérieuse, non encore élucidée. Elle avait trois enfants : Amy, restée au Sénégal, Alexandre, fils d’un photographe suisse, et une fille, avec un britannique Nigel CURTISS, nommée Aiden, née le 14 février 1998, à Londres, devenue elle aussi mannequin, collaborant avec de nombreuses agences dont Stella McCARTNEY et Dolce Gabbana.
Djibril Tamsir NIANE a une autre fille, Raliatou, dite «Fifi» qui a eu la chance, en raison de la notoriété de son père, de faire de belles rencontres (Maryse CONDE, Cheikh Hamidou KANE). Ex-épouse d’un ancien porte-parole de la présidence de la République guinéenne, M. Naby Youssouf Kiridi BANGOURA, elle s’est remariée à un ancien ambassadeur de Guinée de 2012 à 2016, Bertrand COCHERY, affecté au Tchad depuis 2019. Mme Aïssatou DIALLO, la mère de Fifi, avait fui la Guinée, pour le Sénégal, quand son époux a été emprisonné en novembre 1961 par Ahmed Sékou TOURE (1922-1984), président de la Guinée de 1958 à 1984 : «J’avais fui trois ou quatre ans, lorsque je l’ai vu pour la première fois. Il m’en reste une sensation de force, de mouvement autour de moi. Depuis, toute ma vie est liée à ce père intellectuel, dont on dit que je suis le portrait craché» dit Fifi. Créatrice d’un espace multiculturel, dans le quartier de La Minière, à Conakry, «Le Petit musée» en 1998, réalisatrice, peintre, comédienne, dramaturge, Fifi a des talents multiples. Fifi a collaboré avec le metteur en scène britannique, Peter BROOK, qui l’a faite jouer dans une pièce de théâtre, en 1985, «Le Mahabharata», une épopée indienne évoquant les conséquences d’une lutte dynastique ayant terrassé tout un peuple, et mettant en péril l’existence du monde même. Par son énergie, sa vitalité et sa créativité, Fifi a constamment su bousculer et domestiquer le destin. Grâce à Jean ROUCH (1917-2004), réalisateur et ethnologue du Musée de l’Homme à Paris, Fifi a eu l’opportunité de jouer dans plusieurs films, notamment dans «Dionysos», présenté au Festival de Venise en 1984. Fifi est la coréalisatrice, avec Jean ROUCH, en 1989, d’une pièce de théâtre «Bac ou mariage», coécrite avec Gérard NOYER.
Le jeune Djibril Tamsir passa sa scolarité à Kissoudougou, Faranah, Siguiri, Kankan et Baro, chez Mamadou CISSE, son beau-frère et instituteur. Ce périple enrichit Djibril Tamsir de divers contes et légendes de la brousse, de la connaissance de ce monde traditionnel, sa culture orale avec ses usages et coutumes. Après le certificat d’études primaires, Djibril Tamsir rejoint le domicile familial, à Conakry, et notamment son oncle, dont il porte les prénoms, Djibril Tamsir, qui résidera à rue Grasland, près du marché Sandaga, à Dakar. En 1954, après avoir terminé son cursus secondaire à Dakar, Djibril Tamsir NIANE s’inscrit à la Faculté des Lettres et d’histoire de Bordeaux, dont il sort en 1959, avec un diplôme d’études supérieures en histoire, mention Bien. Il enseigne ensuite à l'Institut polytechnique de Conakry, avant de rejoindre l'Institut fondamental d'Afrique noire à Dakar.
Djibril Tamsir NIANE, pourtant partisan de l’indépendance dès 1958, a été emprisonné par Sékou TOURE, entre 1961 et 1962, dans le «complot» dit des enseignants. En fait, devant la monnaie guinéenne qui dégringolait, provoquant ainsi des pénuries et ruptures de stocks, Sékou TOURE avait diminué, drastiquement, les salaires des fonctionnaires, qui ont protesté : «On était pour ou contre, et quand on était contre, on devenait un ennemi» dit Djibril Tamsir NIANE qui était, pourtant, revenu servir son pays. En effet, il a été professeur, puis proviseur du Lycée Classique de Donka, de 1959 à 1961, soutenant au départ, l’indépendance dès 1958.
Cependant, et en dépit de ces persécutions graves, Djibril Tamsir NIANE avait repris ses fonctions d’enseignant et de chercheur en Guinée. Ainsi, il a été de 1964 à 1968, enseignant à l’Institut Polytechnique de Conakry (IPC), doyen de la faculté des sciences sociales, Institut polytechnique, Gamal Abdel NASSER, à Conakry de 1968 à 1972.
La répression s’intensifiant en Guinée, et n’ayant pas eu les promotions escomptées, Djibril Tamsir NIANE finira par s’exiler au Sénégal. En effet, le 25 janvier 1971 est une date particulièrement tragique au sinistre Camp Mamadou Boiro, construit en 1912, et devenu une usine de la mort pour les prisonniers politiques. Les voisins et amis de Djibril Tamsir NIANE, plus d’une centaine de personnes sont condamnées à mort et exécutées, dont Ibrahima BARRY (1923-1971), Ministre du Plan et Ousmane BALDE (1924-1971), Ministre des finances et gouverneur de la banque de Guinée. «Richesse est venue en cachette. Et dans ta gibecière s’est logée. Près de moi resta Pauvreté. S’accordant sur Dignité. Et pourtant j’avais bien dit NON. Toi aussi d’ailleurs»  écrit Djibril Tamsir NIANE, un poème en protestation contre les années sanguinaires de Sékou TOURE. Aussi, Djibril Tamsir NIANE sombre dans la dépression et obtient, en 1972, la permission d’aller se soigner en Roumanie. Il fait partir, discrètement, au Sénégal, par la route, sa femme, Aïssatou DIALLO et sa fille, Raliatou dite Fifi, les autres, très jeunes, ont été confiés à leur oncle, Alpha Gamby. Djibril Tamsir les a rejoints au Sénégal, le 30 décembre 1972, pour demander l’asile au président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). Kadiatou, dite «Katoucha», ne viendra au Sénégal que le 1er janvier 1973. Au Sénégal, sa seconde patrie, Djibril Tamsir exercera de nombreuses fonctions : de 1974 à 1977, conseiller Technique au Ministère de l’Education Nationale ; de 1974-78 Directeur Général de la Fondation Léopold Sédar Senghor ; de 1979 à 1981, conseiller Technique au Ministère de la Culture ; de 1981-1984, commissaire National aux Expositions d’Art à l’Etranger, et de 1985-89, Directeur National des Archives Culturelles du Sénégal.
Sous le président Alpha CONDE, séjournant régulièrement en Guinée, Djibril Tamsir NIANE est, depuis 1990, éditeur et fondateur d’une bibliothèque privée à Conakry. Il est aussi éditeur, avec la Société Africaine d’Edition et de Communication (SAEC), première maison d’édition privée de la Guinée.
La dernière fois que je rencontrais le professeur Djibril Tamsir NIANE, c’était lors du 70ème anniversaire des éditions Présence africaine, les 26 et 27 octobre 2019, à la Colonie, à Paris 10ème. Un des invités vedettes, marqué par l’âge, Djibril Tamsir NIANE lisait ses notes, avec une voix monocorde. Il avait dépassé son temps, mais l’assistance l’écoutait avec une attention religieuse et cérémonieuse. On l’oublie souvent, Djibril Tamsir NIANE est un dramaturge. Il est auteur de pièces de théâtre, comme «Les fiançailles tragiques», mais aussi de pièces historiques : «Sikasso ou la dernière citadelle» suivi de «Chaka». Dans ces écrits, les batailles sont au coeur des récits. Les divers protagonistes, Sounjata, mais surtout Chaka, sont animés par une incorrigible volonté de puissance. Souverains aux velléités ouvertement expansionnistes, ils constituent en permanence des menaces pour leurs voisins. Chaka, par exemple, ne nourrit pas seulement un goût excessif pour un pouvoir absolu et totalitaire. Il est essentiellement mû par le désir d’agrandir son territoire, car le prestige d’un souverain se détermine par l’étendue de son royaume et le nombre de ses vassaux.
Spécialiste de l’histoire médiévale africaine, avec Joseph KI-ZERBO (1922-2006), Amadou Hampâté BA (1901-1991) et Cheikh Anta DIOP (1923-1986), il a participé à l’écriture de l’Histoire générale de l’Afrique sous l’égide de l’UNESCO, le volume IV étant relatif aux grands empires africains du XIIème au XVIème siècle. Ce fut Cheikh Anta DIOP, rencontré à Paris en 1956, qui initiera Djibril Tamsir à l’histoire traditionnelle et l’encouragera à s’intéresser à la tradition orale ainsi qu’aux langues africaines, comme le Mandingue. Traditionnaliste, Djibril Tamsir NIANE a recueilli 26 contes de Guinée, le pays, ses hommes et ses animaux, avec une mise en scène des rois et des reines et des forces occultes. C’était au temps où l’on conversait avec les génies, où les hommes se mariaient avec les animaux, où les esprits pas toujours malveillants, mais pouvaient nous jouer parfois des tours. Dans ses fables, Jean de FONTAINE (1621-1695) a en réalité plagié Esope (620-564 avant J-C), esclave et fabuliste de la Grèce Antique, venu d’Afrique. En effet, Djibril Tamsir a publié, en 1985, ses «Contes d’hier et d’aujourd’hui», avec cette interrogation sur ce personnage du cavalier, appelé «Blissi», qui semait la terreur dans Ségou, capitale de l'Empire Bambara. Après l'illustre Da, son fils Monzon monta sur te trône acclamé par les Tondyons. Roi versatile qui a cependant laissé dans la mémoire des griots de grands actes de bravoure ; il ne sut jamais se mettre au-dessus des intrigues et des coteries. Ce conte «Le Temps des Chevaliers» et les dix autres des «Contes d'Hier et d'Aujourd'hui» témoignent de la richesse des thèmes développés par Djibril Tamsir NIANE, notamment «l’ombre de Kémé Bourama» relatant le siège en vain, par le jeune de frère de Samory TOURE (1830-1900), de la citadelle de Sikasso, tenu par Tiéba TRAORE (1866-1893). En 2006, dans ses «Contes de Guinée», Djibril Tamsir NIANE rend aussi un vibrant hommage aux historiens traditionnels de l’Afrique. Dans presque tous ses contes, le griot est omniprésent ; c’est lui le maître de la parole.
Djibril Tamsir NIANE est une immense gloire de l’histoire africaine. Il est reconnu mondialement comme étant le spécialiste du Mandingue, et en particulier de l’histoire de l’Empire du Mali au Moyen-âge, en valorisant la tradition orale, dans ses travaux de recherches : «Vous savez bien qu’il n’y a pas d’écrits, donc pas d’histoire du Moyen-âge» en Afrique lui avait dit son professeur d’histoire à Bordeaux, sceptique. Aussi, Djibril Tamsir NIANE retourna en Afrique questionner les maîtres de la parole que sont les griots, dépositaires de l’histoire ancestrale : «On disait alors qu’il n’en restait aucune trace puisque c’était une tradition orale. J’ai décidé d’aller à la source ; j’ai fait le tour des villages de la sous-région, j’ai écouté les récits des griots. Et c’est comme cela que j’ai écrit Soundjata» dit-il. «Soundjata», publié en 1960, est un récit sur la vie de Soundjata KEITA, fondateur du Mali, en se fondant sur le travail des griots. «Je travaille depuis longtemps sur Soundjata, puisque mes premières recherches datent de 1957-1958 ; j’ai donc pu accumuler une certaine documentation. J’ai eu d’abord mes premiers contacts avec le fameux Jeli Mamadu Kouyate, qui m’a donné la version intégrale de l’épopée mandingue. Je l’ai par écrit, elle ne fut pas enregistrée. J’ai aussi, en partie, la version de Fadama. Fadama, c’est le village d’Abou Condé, le griot qui a été enregistré par Camara Laye» dit Djibril Tamsir NIANE. De cette histoire de l’ancêtre du Grand Manding, Soundjata est «l’enfant-buffle» et «l’enfant-lion» ; le buffle, animal fabuleux, était le totem de sa mère, et le lion, totem des ancêtres des KEITA. Soundjata est «l’homme aux noms multiples contre qui les sortilèges n’ont rien pu» écrit-il. Il y a quelque chose de magique, de surnaturel dans la vie de Soundjata, dont la naissance est entourée de prodiges ; c’est l’Afrique animiste des forces de l’esprit. Sogolon fut enceinte pendant dix-sept ans et son bébé sortait de son ventre pour aller chercher du bois, puis retournait y dormir. Lorsque Soundjata se décida à sortir pour de bon, le ciel s'obscurcit en plein jour, le tonnerre gronda, les éclairs fulgurèrent et la pluie inonda la savane en pleine saison sèche. Soundiata KEITA, fils du roi Naré Maghan KEITA et de Sogolon KEDJOU, est né infirme. Les devins lui prédisent un grand avenir mais, persécuté par la femme du roi, il est obligé de quitter son pays natal. Adulte, il revient pour combattre le roi Soumahoro KANTE, génie du mal, et reconquérir son pays. Suite à un combat acharné, il deviendra roi des rois et fondera l'empire du Mali.
Le «Soundjata» de Djibril Tamsir NIANE est devenu une solide et incontestable référence mondiale. Cependant, et en gardien de la tradition orale, l’auteur rappelle, fort modestement, qu’il n’en est que le traducteur. «Ce livre est plutôt l’œuvre d’un obscur griot du village de Djéliba Koro, dans la circonscription de Siguiri, en Guinée» écrit-il, dans la préface. En fait, en perpétuant la tradition, et fixé, à tout jamais, un récit sur le point d’être altéré par la perte de crédibilité des griots de notre temps, sous l’influence des médias modernes, Djibril Tamsir, à travers son «Soundjata», a en réalité fait œuvre d’historien. Le griot, ce n’est pas les flatteurs modernes vivant de leur musique. Dans l’Afrique Antique, les griots enseignant la sagesse et l’histoire «étaient les conseillers des rois. Ils détenaient les Constitutions des royaumes par le seul travail de la mémoire ; chaque famille avait son griot préposé à la conservation de la tradition» écrit-il. En effet, «Djibril Tamsir Niane était très attaché au patrimoine africain, il était un gardien de la mémoire africaine. Parce qu’avec son ouvrage Soundjata ou l’épopée mandingue, un classique, il a fait connaitre à ceux qui ne connaissaient pas que l’Afrique avait une telle civilisation et une telle histoire» écrit Alioune Badara BEYE.  Dans son «Soundjata», Djibril Tamsir NIANE a fait recourt à la caution morale du griot Mamadou KOUYATE (mort en juin 1991, à Ouagadougou, Burkina-Faso), pour réitérer que la parole du griot est pure «dépouillée de tout mensonge» ; car les griots, «dépositaires des serments que les Anciens» ont prêté, ou juré «d’enseigner ce qui est à enseigner et de taire ce qui est à taire».
Le «Soundjata ou l’épopée mandingue», un récit épique, relate la vie d’un grand conquérant rassembleur de peuples, à l’image d’Alexandre le GRAND (356-323, avant J-C), le macédonien, désigné sous le nom islamisé de «Djoul Kara Naïni ». Un devin avait annoncé la venue de Soundjata, en le comparant à Alexandre LE GRAND «Je vois venir vers la ville deux chasseurs ; ils viennent de loin et une femme les accompagne. Oh, cette femme ! Elle est laide, elle est affreuse. Elle porte sur le dos une bosse qui la déforme, ses yeux exorbitants semblent posés sur son visage, mais, ô mystère des mystères, cette femme, roi, tu dois l’épouser car elle sera la mère de celui qui rendra le nom du Manding immortel à jamais, l’enfant sera le septième astre, le Septième Conquérant de la terre, il sera plus puissant que Djoulou Kara Naïn» écrit Djibril Tamsir NIANE. Pour le protéger, sa mère le conduit en exil loin de Niani, d’abord auprès du roi Cissé de Wagadou (Ghana). Soundjata a vécu au XIIème siècle, et depuis plus de 800 ans, il vit dans le souvenir de tous ceux qui rêvent d’un «Grand Manding Eternel». En effet, «Maghan Soundjata fut unique. De son temps, personne ne l’égala ; après lui, personne n’eut l’ambition de le surpasser. Il a marqué pour toujours le Manding, ses dio (ses interdits) guident encore les hommes dans leur conduite» écrit-il. Soundjata possède les caractéristiques de tout héros épique. Tout d’abord, il n’a jamais peur: «La peur entre dans le cœur de celui qui ignore son destin. Soundjata savait qu’il marchait vers un grand destin, il ne savait pas ce que c’était que la peur» écrit-il. Ensuite, Soundjata ne boude pas les honneurs «La modestie est le partage de l’homme moyen ; les hommes supérieurs ne connaissent pas l’humilité; Soundjata devint même exigeant, et plus il était exigeant, plus les serviteurs tremblaient devant lui» dit-il. Par ailleurs, sûr de lui, le doute ne le préoccupe pas «Dans la vie de chaque homme il y a un moment où le doute s’installe, l’homme s’interroge sur sa destinée, mais ce soir ce n’était pas encore le doute qui assaillait Djata» écrit-il. Enfin, Soundjata est conscient de sa mission de héros «Soundjata était très heureux de retrouver sa sœur et son griot; il avait maintenant le chantre qui, par sa parole, devait perpétuer sa mémoire. Il n’y aurait pas de héros si les actions étaient condamnées à l’oubli des hommes, car nous agissons pour soulever l’admiration de ceux qui vivent, et provoquer la vénération de ceux qui doivent venir» écrit-il.
En 2009, l’UNESCO a inscrit la Charte du Mandé dans le patrimoine immatériel de l’Humanité.  Bien des chercheurs poursuivront et approfondiront le travail de Djibril Tamsir NIANE, dont Camara LAYE (1928-1980) et Lilyan KESTELOOT (1931-2018). Une longue liste des différentes versions de Soundiata KEITA a été établie, en 1997 par Stephen BULMAN ; elle tient sur 21 pages, indiquant ainsi que Djibril Tamsir NIANE a bien ouvert la voie.
Par ailleurs, Djibril Tamsir NIANE s’est aussi intéressé, par la même occasion à la Charte du Mandé ou le «Kurukan Fuga» de 1236, après la bataille de Kirina, et redécouverte, en 1998, à Kankan, en Guinée. La «Magna Carta» ou Grande Charte de l’Angleterre, promulguée en 1297, n’a été appliquée qu’à partir de 1325, soit 89 ans après la Charte du Mandé. Par conséquent, Djibril Tamsir NIANE, à travers la Charte du Mandé, un document politique majeur, indiquant que l’Afrique antique, humaniste, est à la base de la théorie des droits de l’Homme : «L’Afrique se redécouvre à travers ses valeurs que les vicissitudes de l’histoire tendaient à couvrir d’un voile. Au plan des idées l’Afrique a du mal à se débarrasser des préjugés. Les clichés, à la vie tenace, faussent encore les jugements le continent et ses habitants» dit-il, dans sa conférence à l’université Gaston Berger. La Charte du Mandé a été transmise par la tradition orale «On entend par Charte un document écrit. Pour n’avoir pas de support du papier, les décisions du Kurukan Fugan n’en ont pas moins traversé les âges, pour parvenir jusqu’à nous, par la puissance de la transmission orale de la parole» dit-il.
Soundiata KEITA  (1190-1255) allait se recueillir à la colline de Kira-Koutou, à Kita, au Mali. Après avoir libéré son pays de Soumahoro KANTE, il convoqua une assemblée générale en y associant les chasseurs, pour adopter une nouvelle charte du pays. Première Déclaration des droits au monde, en 1236, énonçant des prescriptions en 44 points, statuant sur le devenir de la société, en posant des règles de vie commune fondées sur l’Harmonie, à savoir, la recherche d’une Paix juste et durable, la préservation de la Nature, l’Amour, la Liberté et la Fraternité, le respect de la vie et de la dignité humaine, le statut de la Femme, et interdisant toute discrimination et l’esclavage. Un principe général de liberté est posé «Chacun dispose désormais de sa personne. Chacun est libre de ses actes, dans le respect des interdits des lois de sa patrie» article 7. Elle la liberté d’agir et de penser : «L’homme en tant qu’individu, fait d’os et de chair, de moelle et de nerfs, de peau recouverte de poils et de cheveux, se nourrit d’aliments et de boissons. Mais son «âme», son esprit vit de trois choses : Voir qui il a envie de voir, Dire ce qu’il a envie de dire et faire ce qu’il a envie de faire. Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine, elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement», article 7. La vie est sacrée «Une vie est une vie. Une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie», article 1er . Cette Charte avait introduit une sorte «d’Habeas Corpus» en édictant que «Chacun a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique» article 5. «Tu peux tuer ton ennemi, mais tu n’as pas le droit de l’humilier» article 41. C’est une codification de l’Afrique hospitalière et accueillante «Au Mandé, ne faites jamais de tort à l’étranger» article 23. C’est une Charte éminemment féministe «Les Femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements» article 16. L’Afrique est maternelle avait dit Cheikh Anta DIOP : «n’offensez jamais les Femmes, nos Mères» (article 14) et l’adultère est condamné (article 21).
Pour développer la tolérance (article 33), l’entente et la convivialité, une «parenté à plaisanterie» est instaurée à l’article 7 ; il faut respecter le droit d’aînesse (article 18) et sa parole d’honneur (article 20). Un système d’entraide, pour ceux qui sont dans le besoin, est posé à l’article 30. Le mutuel est la règle (article 7). Un Code moral est instauré «la vanité est signe de faiblesse et l’humilité, le signe de la grandeur» (article 22). Des règles de justice et d’équité sont posées «Que nul ne s'en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable. Le tort demande réparation». L’esclavage est proscrit «La faim n'est pas une bonne chose, l'esclavage n'est pas non plus une bonne chose. La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves ; c'est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu au Mandé, a fortiori mis à mort, parce qu'il est fils d'esclave» articles 5 et 6. L’immunité diplomatique est sanctifiée : «Au Mandé, le Messager, le Chargé de mission, ne doit pas être inquiété» article 24. L’éducation des enfants et la puissance paternelle incombe à toute la société (article 9). Après la défaite de SOUMAHORO, un roi injuste, féroce et belliqueux, Soundja KEITA voulait instaurer la paix, et surtout instaurer la prospérité, par une «système général de surveillance luttant contre l’oisiveté et la paresse» article 6. Les bases de la défense de l’environnement sont clarifiées «la brousse est notre bien le plus précieux, chacun se doit de la protéger et de la préserver pour le bonheur de tous» article 40.
Djibril Tamsir NIANE, dans le prolongement de son livre sur Soundjata, a tenté de localiser la capitale mythique de l’Empire du Mali : Niani. Il a été chef de la mission archéologique guinéo-polonaise de Niani, à Siguiri. En effet, depuis presque un siècle, l’emplacement de la capitale de l’Empire soulève des débats particulièrement passionnés, et non encore définitivement résolus. L’administrateur colonial, M. GAILLARD, s’était rendu, en décembre 1922, à Niani, cercle de Siguiri (Guinée), des fouilles ont été menées, et Niani a été désigné ce lieu comme étant la capitale impériale du Mali. Tout de suite après, une polémique s’est engagée entre Maurice DELAFOSSE, et cet administrateur colonial. Les fouilles réalisées par Djibril Tamsir NIANE en 1965, 1973 et 1972, ont permis de retrouver divers objets, une mosquée ou une salle d’audience d’un palais ont été mis à jour. Les maisons au Moyen-âge étant construites en banco, l’archéologie n’est pas toujours d’un grand secours en Afrique. Djibril Tamsir NIANE n’a pas manqué de faire appel, comme GAILLARD en son temps, à la tradition orale. Niani a été pillé par les Songhaï en 1545, et détruite par les Bambaras entre 1630 et 1645.
Djibril Tamsir NIANE a précisé les origines du Gabou, ancien royaume théocratique mandingue, restées jusqu’ici difficiles à cerner. Une telle lacune s'explique par le sort que le partage colonial a réservé à ce royaume. Il fut en effet partagé entre l'Angleterre, la France et le Portugal. Nous ne disposons pour ce faire que des seules traditions malinkés, mais celles-ci sont unanimes pour situer l'arrivée des Mandingues vers 1240, quand Soundjata lança ses armées à la conquête de l'Ouest. Ce royaume connaîtra cependant son vrai développement du XIIIe au XIXe siècle. Il englobait alors la région une partie de la Casamance, de la Gambie et de la Guinée-Bissau. L'affrontement final avec les Peuls, en 1867, fut fatal au Gabou, causant la chute de sa capitale, Kansala. Une des premières conséquences en fut le triomphe de l'Islam dans la région. Mais la victoire peule allait être suivie de près par les conquêtes coloniales et le partage du Gabou.
Djibril Tamsir NIANE menait de nombreux combats, notamment en invitant le monde culturel et artistique à achever le projet de film d’Ousmane SEMBENE (1923-2007) sur la réhabilitation de Samory TOURE (voir mon article sur ce cinéaste). En effet, pendant 30 années, SEMBENE Ousmane était venu, par quatre fois, en Guinée, et s’était rendu à consulter Djibril Tamsir NIANE, à son domicile, à l’avenue Bourguiba, à Dakar :  «Il venait me voir chez moi. Nous avons effectivement commencé le travail, moi historien et lui connaisseur du cinéma. Ce film n’a pas été réalisé, mais le scénario a été entièrement fait. Il m’avait demandé de traduire son œuvre en Malinké, la langue authentique de Samory. Je me suis mis à l’œuvre, j’ai traduit entièrement un scénario» dit-il.
Durant sa vie riche et foisonnante, Djibril Tamsir NIANE a inauguré, le 22 avril 2018, en présence du président Alpha CONDE, à Conakry, en face de sa maison, à Belle vue, dans son quartier de la Minerve, la première bibliothèque privée de Guinée, portant son nom. «Sans la culture, aucune société ne peut se développer» a dit le président guinéen. Cette bibliothèque a été rénovée suite à un incendie de février 2012, ayant 50 ans de documentations et d’archives du professeur Djibril Tamsir NIANE. Il est couvert d’honneurs et de distinctions : Chevalier, Officier et Commandeur de l’ordre national du Lion au Sénégal et Officier de l’ordre des arts et lettre du Sénégal ; Chevalier de la Légion d’honneur en France et professeur honoraire des universités de Howard à Washington, Sao Polo du Brésil et de Meiji à Tokyo, au Japon.
«C’est véritablement après sa disparition que l’homme de culture, le poète prend place dans les cœurs» disait Djibril Tamsir NIANE, en 2006, à l’occasion d’un symposium littéraire à Dakar. «Que la vie des anciens serve d’exemple, car le monde est vieux, et l’avenir sort du passé. Aujourd'hui est un jour semblable aux autres, mais aujourd'hui verra ce qu'aucun autre jour n'a vu» écrit-il dans son Soundjata. Son petit-fils et homonyme, Djibril Tamsir NIANE, s’est engagé à veiller sur son héritage, «en compensant la douleur par les bons souvenirs. C’est une perte énorme pour notre pays. Mais il a consigné, par écrit, son savoir. Et maintenant, c’est à nous de le transmettre, cet héritage». Professeur de Lettres à l’université de Conakry, il a marché sur les traces du grand-père qui l’a inspiré.
Merci à M. Bocar SAM et Ibrahima Diawando N’DJIM de Kanel, qui ont fait recours aux griots de Séno-Palél, afin de préciser la généalogie de Djibril Tamsir NIANE.
Référence bibliographique
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NIANE (Djibril Tamsir), «Histoire de la tradition historique du Mandingue», Présence africaine, 1974, n°89, pages 59-74 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Koly Tenguela et le Tekrour», Recherches africaines (études guinéennes), n°1 et 4, oct. déc., 1959, 1960, pages 35-46 et 32-36, n°1 janv.-mars, 1969, pages 58-68 ;
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NIANE (Djibril Tamsir), «Les choses anciennes restent dans l’oreille», Monique Couratier, Courrier de l’UNESCO, août 2009, n°8, pages 11-13 ;
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NIANE (Djibril Tamsir), Les contes d’hier et d’aujourd’hui, Paris, Présence africaine, 1985, 153 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Mery : Nouvelle, Paris, Nouvelles éditions africaines, 1975, 80 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Recherches sur l’empire du Mali au Moyen-âge. Suivi d’une mise en place des populations de la Haute Guinée, Paris, 1975, 112 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Soundjata ou l’épopée mandingue, Paris, Présence Africaine, 1960 et L’Harmattan, 2005, 175 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), SURET-CANALE (Jean), Histoire de l’Afrique Occidentale, Paris, Présence africaine, 1961, 223 pages.
2 – Autres références
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BA (Ousmane, Ardo), Camp Boiro, sinistre geôle de Sékou Touré, Paris, L’Harmattan, 1986, 276 pages ;
BAH (Mamadou Kaba), Entretiens de Dinguiraye, tenant lieu de mémoires, Publibook, 2016, 62 pages ;
 
BULMAN (Stephen, ), «A Check List of Published Versions of Sunjata a Epic», Africa in History, 1997, vol 24, pages 71-94 ;
CAMARA (Laye), Le Maître de la parole, Kouma Lafôlô Kouma, Paris, Plon, 1978, 314 pages ;
CISSE (Youssouf Tata), WA (Kamissoko), Soundjata, la gloire du Mali, Paris, Karthala-Arsen, 1991, 308 pages ;
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CONRAD (David, C.), «The Story of Djibril Niane», Africa in History, 2010, vol 37, pages 355-378 ;
DELAFOSSE (Maurice), «Le Ghana et le Mali, et l’emplacement de leurs capitales», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1924, vol 7, pages 479-542 ;
DIABATE (Massa Makan), Kata Jata, Paris, Présence africaine, 1970 et 2000, 110 pages ;
DIABATE (Massa Makan), L’aigle et l’épervier, Paris, L’Harmattan,1976, 96 pages ;
DIABATE (Massa Makan), L’arc à lion, Paris, Hâtier, 1993, 128 pages ;
DIOP (Sidy), «Alexandre Le Grand et Soundiata Keita : Les sources grecques d’une épopée mandingue», in Caroline Cazanave, éditrice, La Mémoire à l’oeuvre, Paris, pages  199-213 ;
FAUVELLE-AYMAR (François-Xavier), «A Final Rejection of the Identification of the Site of Niani (Republic of Guinea) with the Capital of Mali, Palethnology in Africa 2012, vol 4, pages  235-252 ;
FILIPOWIAK (Wladislaw), Etudes archéologiques sur la capitale médiévale du Mali, Szczecin, Museum Narodowe, 1979, 316 pages ;
GAILLARD (M.), «Niani, ancienne capitale de l’Empire mandingue», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1923, vol 6, pages 620-636 ;
HERZBERGER-FOFANA (Pierrette), «Djibril Tamsir Niane, ou Le récit historique», in Écrivains africains et identités culturelles : entretiens, Stauffenburg, Tubingen, 1989, pages 94-102 ;
INNES (Gordon), Sunjata : Three Mandika Versions, Londres, University of London, The School of Oriental and African Studies, 1974, 326 pages ;
JANSEN (Jan), DUINTJER (Esger), TAMBOURA (Boubacar), L’épopée de Sunjara, d’après Lansiné Diabaté de Kéla (Mali), Leyden, Research School CNWS, 1995, 219 pages ;
JOHNSON (John, William), The Epic of Son-Jara. A West African Tradition by Fadigi Sosoko, Bloomington, Indiana University Press, 1992, 148 pages ;
KAHIUDI (Claver Mabana), «Les voix de démystification : Djibril Tamsir Niane, Chaka (1971)», in Des transpositions francophones du mythe de Chaka, Lang, 2002, pages 59-65 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Autour de Soundiata, entretien avec Djibril Tamsir Niane», Notre Librairie, n°88/89, juillet-septembre 1987, n° spécial sur la littérature guinéenne, pages 38-43 ;
KESTELOOT (Lilyan), Soundiata, L’enfant-Lion, Paris, EAN, 2010, 130 pages ;
KONARE (Adamé, Ba), «La recherche en Afrique, le domaine de l’histoire», Société française d’Outre-mer, 2013, pages 365-645 ;
KOUYATE (Mamadou), La variabilité dans quatre versions de l’épopée mandingue, thèse sous la direction de Alpha Omar Barry, Bordeaux, Université Bordeaux Montaigne, 2015, 674  pages ;
NIANE (Katoucha), Dans ma chair, Paris, Lafon, 2007, 325 pages ;
PAGEAUD (Robert), «Soundiata et la tradition orale, à propos du livre de Djibril Tamsir Niane : Soundjata ou l’épopée mandingue», Présence africaine, 1961, n°36, pages 51-71 ;
PERSON (Yves), «Nyaani Mansa Mamudu et la fin de l’empire du Mali», 2000 ans d’histoire africaine, le sol, la parole et l’écrit. Mélanges offerts à Raymond Mauny, vol II, 1981, pages 613-653 ;
SIDIBE (Modibo), L’épopée de Soundjata, d’après la tradition orale Malinké, Donniya, 2005, 22 pages ;
VIDAL (J), «Au sujet de l’emplacement de Mali (ou Melli),, capitale de l’ancien Mandingue», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1923, vol 2, pages 251-268 et pages 606-619 ;
VIDAL (J), «La légende officielle de Soundiata, fondateur de l’Empire du Mali», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1924, vol 7, pages 317-325.
Paris, le 11 mars 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 21:17
«Shoki ALI SAID et son conte éthiopien, le voyage de la Reine de Saba» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Je suis noire, mais je suis belle. Ne me dédaignez pas parce que je suis un peu noire : c’est que le soleil m’a brûlée» mentionne le Cantique des Cantiques (II, 1-5 et 6), une série chants d’amour, à propos de la Reine de Saba, une monarque belle, indépendante, aristocratique, juste, intelligente, savante, généreuse et surtout féministe, avant l’heure. «Elle était noire. Elle était belle. L'Ancien et le Nouveau Testament ainsi que le Coran l'attestent. Grâce à elle, l'homme africain se marie à la mythologie de l'homme blanc. Contrairement aux reines grecques qui mettaient au défi leurs soupirants sur les champs de batailles, la reine de Saba met au défi le roi Salomon sur le champ de l'intelligence» écrit Marek HALTER dans sa «Reine de Saba». L’Afrique, un continent maternel, loin de la misogynie, a connu des reines fortes, de «Grandes royales» de femmes fortes, pour reprendre une expression d’un écrivain sénégalais, Cheikh Hamidou KANE, tirée de son «aventure ambiguë». Or, jusqu’ici l’Histoire a été écrite par les vainqueurs. Nos enfants ont tendance à ingurgiter et célébrer les séries des héros glorifiant parfois leur infériorité ou leur servitude, sans même s’en rendre compte : «Dans toutes les sociétés et au fil des temps, les contributions des femmes ont été occultées. Triplement victimes (colonisation/esclavage, idéologies d'infériorisation et domination mâle), de grandes figures féminines Africaines restent méconnues et/ou peu valorisées» écrit, en 2017, la sociologue Mme Aoua Bocar LY-TALL dans son livre «De la reine de Saba à Michelle Obama : africaines, héroïnes d'hier et d'aujourd'hui : à la lumière de l'œuvre de Cheikh Anta Diop». C’est dans cette droite ligne, qu’un conte éthiopien, «le voyage de la Reine de Saba» venant d’être publié par Souphian NOUH et Shoki ALI SAID, nous révèle qu’après avoir envoyé́ un parfum au roi Salomon, à Jérusalem, la Reine de Saba partit avec sa compagne sur une pirogue pour le rencontrer. Après un diner le roi invita Saba et sa compagne dans sa couche. «Une si belle princesse est venue me voir du bout du monde. Qui sait si Dieu ne me réserve pas une postérité par elle, comme il est dit dans le Livre des rois ?» se dit le Roi Salomon. De retour dans leur royaume, les deux femmes mirent au jour un enfant chacune. Baina- Lekhem, le fils juif de la Reine de Saba, retournera, à l’âge de 20 ans, revoir son père, le roi Salomon, en lui indiqua que sa mère a renoncé au polythéisme des Egyptiens, son peuple adore «le soleil, les arbres, les rochers, les idoles et de vains simulacres» dit «le Kebra Nagast». Eblouie par le Roi Salomon, la Reine Saba se convertie alors au monothéisme. Baina-Lekhem a donc demandé à son père la bénédiction du temple du grand prêtre : «L'histoire éthiopienne veut que Salomon ne se soit point contenté d'exaucer un désir si pieux. Afin de lier plus étroitement la fortune de son fils avec les destinées d’Israël, il aurait résolu d'élever avec des pompes de trônes et des titres de rois douze représentants des douze tribus jacobites au-dessus des provinces d'Ethiopie. Il aurait complété l'organisation qu'il créait en plaçant son propre fils, Baina-Lekhem, oint de Juda, au sommet de cette hiérarchie. Il l'aurait honoré du titre de Négus des Négus, c'est-à-dire de Roi des Rois. Ainsi cette dénomination correspond en somme» écrit, en 1917, Hugues LE ROUX. Par conséquent, un descendant de la Reine de Saba, Ménélik 1er, «le lion vainqueur de Judas», est à̀ l’origine d’une longue et royale lignée. Par la suite, la dynastie Salmonide a régné, sans discontinuité sur l’Ethiopie du XIIIème siècle, jusqu’en 1974, date de la chute de l’empereur Haïlé Sélassié (1892-1975), ou Ras Tafari Makonnen, considéré comme une divinité par les rastafaris, dont Bob MARLEY.
La Reine de Saba fait donc partie du cercle restreint des personnages féminins de l’Ancien testament comme Eve, Sarah, Hagar, Rebecca ou Suzanne, et figure dans la littérature religieuse judaïque, qui parle d’elle de façon élogieuse. En vertu du «droit au retour», Israël avait rapatrié, entre 1984 et 1991, sur son territoire 20 000 Juifs noirs éthiopiens (opérations Moïse et Salomon) appelés les «Falachas «Falashas» ou «Betas», exilés ou errants, ainsi que 17000 juifs christianisés. Les descendants de Salomon en Ethiopie ont conservé leur identité juive : «J’ai rencontré celles qui peuvent prétendre l’honneur d’avoir servi par leurs mains leurs aïeules l’amoureuse de Salomon. Je pense aux Béni-Israël que j’ai rencontrés dans l’Afrique méditerranéenne, où des Juifs qui ont renoncé au mosaïsme, continuent de se marier entre eux» écrit, en 1917, Hugues Le ROUX, dans son ouvrage «Chez la Reine de Saba». Cependant, ces Juifs noirs d’Ethiopie, rapatriés en Israël, ont été confrontés à de problèmes graves d’intégration, avec un taux de suicide élevé, certaines écoles ou communes refusant de les accueillir ; ils ont été refoulés à la périphérie, dans des bidonvilles. Le gouvernement israélien a admis qu’il avait instauré un système de contraception des femmes immigrées d’origine éthiopienne avant leur arrivée en Israël, une injection du Depo-provera.
En France, Charles GOUNOD (1818-1893) a composé le 28 février 1862, un opéra à la gloire de la Reine de Saba. Dans cet opéra, en quatre actes, méconnu, inspiré de récits bibliques, émerveillée par le génie de l'architecte Adoniram, Balkis, la Reine de Saba, pourtant promise à Soliman, tombe sous son charme. Mus par une passion réciproque, Balkis et Soliman décident de s'enfuir. Or, la vengeance effrénée des trois ouvriers d'Adoniram les en empêcheront. L'opéra s'inspire d'un texte en prose de Gérard de NERVAL, le livret est de Jules BARBIER et Michel CARRE, dans lequel cependant, la Reine de Saba, descendante d’Abraham et de Kétura, serait originaire du Yémen. Arthur RIMBAUD, est également arrivé le 13 décembre 1880, à vingt-sept ans, en Abyssinie, à Harar, aux confins désertiques de l'Est éthiopien.
Ce conte de Shoki ALI SAID s’inspire de la légendaire vie de la légendaire vie de la Reine de Saba qui a vécu au Xème siècle avant J-C, appelé Makéda en Ethiopie, dont le palais se situe à Aksoum. Le «Kebrä Nagast» ou «Gloire des rois», un texte éthiopien du XIVème siècle, dont les sources égyptienne, arabe et éthiopienne, ainsi que l’Ancien et le Nouveau Testament, a établi la biographie. Le «Kebra Nagast» relate, en détail, le voyage de la Reine de Saba, en Israël pour rencontrer le Roi Salomon, et la naissance du roi Mělník I, fondateur de la dynastie des Salomon, dont Haïlé Sélassié est l’héritier. Cette rencontre est présentée par le Coran, comme un acte de piété, de soumission à Dieu «Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même ; et avec Salomon, je me soumets à Dieu, le Maître du monde» Coran, Sourate 27, Verset 44 dite «Les Fourmis». En effet, la Reine de Saba est émerveillée par les pouvoirs magiques et spirituels du Roi  Salomon. Dans le récit biblique (I Rois, X, 1-13), la Reine de Saba se rend à Jérusalem accompagnée d’une caravane transportant de l’or, des pierres précieuses et des aromates. Le Roi Salomon étant considéré comme sage, la Reine de Saba lui soumet des énigmes à résoudre. Salomon, dit-on, comprenait le langage des animaux et des oiseaux.
Le Coran est également mentionne le nom de la Reine de Saba, désignée par Bilkis, et célèbre le triomphe de la diversité, du multiculturalisme et de la tolérance. «Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres par les bonnes actions. Votre retour à tous se fera à Dieu, il vous éclairera au sujet de vos différends», Coran, Sourate 48, Verset 5, dite «La Victoire». Par ailleurs, le Coran, loin de la misogynie que lui prête, présente cette femme monarque comme juste et éclairée. «En vérité, dit la Reine de Saba, lorsque des rois s’emparent d’une cité, ils y sèment la perversion et asservissent les meilleurs jusqu’à les rendre sans dignité aucune» Coran, Sourate 27 Verset 34. Loin du despotisme de ses contemporains mâles, la Reine de Saba est considérée comme juste, éclairée et équitable. Bien que dirigeante forte et puissante, la Reine de Saba consulte ses conseillers avant de prendre ses décisions empreintes de pondération et de sagesse : «Dignitaires ! dit la Reine, conseillez-moi dans cette affaire ; je ne prendrai aucune décision avant de prendre votre avis» Coran, Sourate 27, Verset 32.
Nous avons tous rêvé́ à l’aventure de la Reine de Saba, reine légendaire d’Arabie venue, selon la tradition, du royaume d’Ethiopie pour rendre visite au roi Salomon, fils et successeur du roi David, troisième roi des hébreux, au début du premier millénaire avant notre ère, qui fit construire le temple de Jérusalem.
L’Ethiopie est le seul pays africain qui n’a jamais été colonisé ; c’est en raison de cette aspect hautement symbolique, que Addis-Abeba, sa capitale, abrite le siège de l’Union africaine. Le roi Mélénik II (1889-1913), fondateur de l’Etat moderne éthiopien et descendant de la Reine de Saba, a vaincu le 2 mars 1896, à la bataille d’Adoua, les troupes coloniales italiennes. Bénito MUSSOLINI, en 1935, avait occupé, provisoirement, l’Ethiopie, de juin 1936 à mai 1941. Le président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) a consacré un poème à la Reine de Saba. Inspiré des récits bibliques, le président-poète a chanté sa beauté, son intelligence, sa bravoure, sa sagesse et son sens de la Justice (extraits) :
O Mémoire, mémoire, qui brûle dans la nuit trop bleue, pour chanter le printemps souffle sur mes narines. Quand éclate l’écorce, et ma bouche est blanche de bave, odeur de la semence odeur de la parole. Que je me place sous ton dôme, étoile étincelante, pour guider mes pas sur la terre froide. Donc des caravaniers m’avaient dit sa beauté, fille de l’Éthiopie pays de l’opulence, de l’Arabie heureuse.
Je ne sais plus. Les hommes de vermeil y sont bien de quatre coudées, et les hommes d’ébène bleue Les hommes d’ambre et ceux d’olive mûre, et leurs cheveux sont noirs, et raides parfois. Ils m’ont dit les formes des femmes ainsi que des palmiers, et leur charme de gaze. Et la plus belle est la fille du Roi des rois, la Reine-Enfant, reine du Sud ombreux et du matin en l’an de l’ascension.
Son nom est cousu dans les bouches : j’en donne les masques mouvants. Elle a l’éclat du diamant noir et la fraîcheur de l’aube, et la légèreté du vent. Comme l’antilope volante elle bondit au-dessus des collines, et son talon clair dans l’air est un panache de grâce. Genoux noirs devant les jambes de cuivre rouge, élan souple du sloughi aux chasses de la saison Mouvement musique harmonie, que je vous chante de la voix d’or vert du dyâli ! Ils m’ont dit sa bravoure d’amazone, sa langue de soie fine, la poseuse d’énigmes.
Je retins mon cœur au bord du ravissement. Les six mois furent longs à ma poitrine. Jusqu’au jour où je confiai ma récade au Maître-des-Secrets : Gueule du Lion et Sourire du Sage. Elle attendit trois six mois, battant mon impatience mais son impatience. Et sa nourrice, noire comme la Grande-Prêtresse de Tanit, me remit deux écrins. Et j’ouvris la gueule du lion avec la clef parfumée du sourire. Et je souris au sourire du « Oui ! » striquant et modulant le cantique de joie : O Roi de la Sagesse, tu es bien plus subtil que le serpent Mais lion qui fais face et debout quand on te charge, lycaon qui dévores ta proie au galop. Tu es plus fort que l’arc bandé par l’Ethiopien ; ton odeur est forte à l’égal du lys Que tu es beau lorsque tu danses ! Tu virevoltes comme le papillon Comme l’oiseau royal les ailes déployées, tu tournes lentement. Lentement, non ! comme le possédé du Dieu qui le cherche à l’entour. Que tu es beau, soleil au zénith sur le silence sacré O mon Poète, ô qui danses penché sur les cordes hautes de ta kora ! De l’Abysse de sa sagesse, Nourrice qui m’a nourrie, m’apprenant à puiser d’un œil clair de guépard. Car tu es splendide en l’aurore juvénile, et jasmin sauvage au matin sonore. O mon Sage ô mon Poète, ô ! faisant danser tes doigts sur les cordes de ta kora».
Shoki ALI SAID de Villeurbanne, est un militant de la diversité, antiesclavagiste que je rencontre souvent le 10 mai au Jardin de Luxembourg, à Paris, lors des cérémonies de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Shoki ALI SAID est aussi un militant associatif de la solidarité internationale et de la coopération décentralisée. Par conséquent, une partie des bénéfices de ce conte éthiopien, sur la Reine de Saba, sera reversée à des projets solidaires en Ethiopie et à l’ Ecole Aba Johannes de Dire-Dawa qui accueille des enfants en situation de handicap.
Références bibliographiques,
NOUH (Souphian) ALI SAID (Shoki), Le voyage de la Reine de Saba, 2020 ; Vous pouvez commander chez «France-Éthiopie corne de l’Afrique», 58 rues Docteur Ollier, 69100 Villeurbanne Ou par mail : franceethiopie2008@gmail.com ;
BEYLOT (Robert), La Gloire des Rois ou l'Histoire de Salomon et de la reine de Saba, Brepols, 2008, 491 pages ;
COLIN (Gérard), La gloire des rois (Kebra Nagast). Épopée nationale de l'Éthiopie, Genève, Patrick Cramer, 2002, 117  pages ;
DERAMEY (J), «Reine de Saba», une traduction de la thèse de Ludolf Pretorius, Revue de l’histoire des religions, 1894, t 29-30, pages 296-328 ;
FRIEDMANN (Daniel), SANTAMARIA (Ulysses), Les enfants de la Reine de Saba : les Juifs d’Ethiopie (Falachas), histoire, exode, intégration,  Paris, éditions du Métailié, 1994, 411 pages ;
HALTER (Marek), La Reine de Saba, Paris, Robert Laffont, 2011, 234 pages ;
LE ROUX (Hugues), Chez la Reine de Saba, chroniques éthiopiennes, Paris, Ernest Le Roux, 1917, 299 pages, spéc pages 35-45 ;
LY-TALL (Aoua, Bocar), De la reine de Saba à Michelle Obama : africaines, héroïnes d'hier et d'aujourd'hui : à la lumière de l'œuvre de Cheikh Anta Diop, préface de Serge Bouchard, Paris, L’Harmattan, 2017, 257 pages ;
MAHLER (Samuel), Kebra Nagast, La Gloire des Rois d'Éthiopie, La boutique des artistes, 2007, 166 pages ;
MAR (Jakoub, Adol), Makéda ou la fabuleuse histoire de la Reine de Saba, avant-propos de Makéda Ketcham, Paris, Michel Lafon, 1997, 413 pages ;
MARDRUS (Joseph-Charles), La Reine de Saba, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1918, 163 pages ;
NERVAL de (Gérard), Histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies, Paris, Garnier, 1909, 156 pages et résumé Revue Nerval, 2017, n°1, pages 197-199 ;
PENNACCHIETTI (Fabrizio, Angelo), «La Reine de Saba, le pavé de cristal, le tronc flottant», Revue Arabica, 2002, t. XLIX, n°1, pages 1-26 ;
RENAN (Ernest), traduction de l’hébreu, Le Cantique des Cantiques, Paris, Calmann-Lévy, 1884, 5ème édition, 210 pages, spéc pages 152-153 ;
RICHELLE (Matthieu), «Les sources littéraires du Kebrä Nagäst», Journal of Eastern Christian Studies, 2012, vol 64, n°1-4, pages 41-52 ;
VOLKOFF (Charles), D’où vient la Reine de Saba ?, Paris, Institut français d’archéologie orientale, 1972, 71 pages.
Paris le 7 février 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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