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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 23:02
«Amiens, capitale de la Picardie, et sa cathédrale» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
C’est la première fois, pour un voyage éclair, que je me rends à Amiens : «La découverte d’Amiens ressemble à un parcours initiatique. Au fil du regard, du temps, des rues, des saisons, la capitale de la Picardie offre différents visages à ceux qui prennent le temps de s’arrêter. De la splendeur gothique à la modestie de Saint Leu, de la végétation du Parc Saint-Pierre aux reflets du soleil dans l’eau des hortillonnages, des rues étudiantes aux monuments historiques, Amiens offre aux voyageurs et aux curieux un formidable choix de promenades et de découvertes. Notre ville est belle des hommes qui l’ont construite génération après génération» écrit Gilles de ROBIEN, ancien député-maire de la ville, dans la préface du livre de Michel CURIE.
Capitale de la Picardie, Amiens une ville du Nord, se situe dans la région les Hauts-de -France. On dit que sa cathédrale gothique Notre-Dame, édifiée entre 1220 et 1288, est plus grande et plus majestueuse que les médiatiques cathédrales de Paris et Reims. On est fortement impressionné par son riche et varié ornement : «La cathédrale d’Amiens est considérée, avec raison, comme le prototype des édifices vulgairement appelés gothiques, est le chef-d’œuvre de l’architecture du Moyen-Age. En effet, il est peu de temps de ce genre qui offrent autant de grandeur, d’unité de style et d’élégance dans l’ensemble et les détails» écrit, en 1833, Antoine-Pierre-Marie GILBERT. La cathédrale d’Amiens, détruite en 1218, à la suite d’un incendie, sera reconstruite en plus grandiose. Eugène VIOLLET-LE-DUC (1814-1879), architecte, a pu dire de la cathédrale d’Amiens qu’elle était «l’église ogivale par excellence». 
Dans les temps anciens, ville de tissage, de filature et de drapiers, Amiens avait renforcé le prestige du clergé. Saint-Firmin, patron d’Amiens, a été le premier évêque de Notre-Dame d’Amiens. Né en 272, à Pampelune (Espagne), fils d’un sénateur converti au christianisme, en raison du succès de ses prédications, qui incitèrent 3 000 personnes en trois jours à se convertir, Saint-Firmin est emprisonné dans le cachot de l’amphithéâtre transformé en forteresse, sur ordre du gouverneur Sébastianus qui le fit décapiter le 25 septembre 303. Aussi, le 25 septembre de chaque année, un hommage lui est rendu à ce martyr.
C’est en préparant un article sur Marcel PROUST (1871-1922) que je découvre que sa vocation littéraire est, en grande partie, liée à son entreprise de traduction de la «Bible d’Amiens», en 1904 du philosophe et esthète anglais, John RUSKIN (1819-1900) : «Mon admiration pour RUSKIN donnait une telle importance aux choses qu’elles semblaient chargée d’une plus grande valeur que celles de la vie» écrit Marcel PROUST. Cette bible d’Amiens éclaire, non seulement la pensée de RUSKIN, mais aussi la pensée de PROUST, notamment au regard de sa conception de l’art, sa recherche du temps perdu. John RUSKIN est venu, à plusieurs reprises, à Amiens, en 1844, 1849, 1854, 1856, 1868 et 1880. Cette cathédrale qu’il considérait, au début mièvre, trouve ses origines dans l’installation des Francs dans cette ville et son évangélisation. 
Le  vieux quartier de Saint Leu est le cœur mythique de la ville anciennement marécageuse, avec cet homme à la bouée au milieu de la rivière, non loin des Hortillonnages, ou maraîchers. Le beffroi, jadis une sinistre prison, se dresse, majestueusement, à proximité de l’hôtel de ville. Amiens est également une ville bourgeoise, conservatrice et royaliste, sa devise est un «lien puissant m’unit au Lys». Ville du Moyen-âge, Amiens, dotée en 1185 par Philippe AUGUSTE (1165-1223) d’une charte, dispose d’un maire depuis 1790, aussi bien sous l’Empire, la Restauration, la Monarchie de Juillet, la IIème République, le Second Empire, les IIIème, IVème et Vème République. La maire, depuis 2014, est Mme Brigitte FOURE, de l’UDI et avait été à la tête de cette ville entre 2002 et 2007. Alphonse FIQUET (1841-1916) et Maurice VAST (1898-1979) ont été trois fois maires de cette ville. Amiens a été dirigée, à deux reprises, par un maire de gauche : de 1971 à 1989, par un maire communiste, René LAMPS (1915-2007), un enseignant et résistant, et de 2008 à 2014, par un Socialiste, Gilles DEMALLY, un chimiste et universitaire.
L’histoire de la ville d’Amiens a été brillamment relatée par le vicomte Albéric CALONNE D’AVESNE (1843-1915) en trois volumes, Aimé DUTHOIT (1803-1869), Louis-François DAIRE (1713-1792), Antoine GOZE (1803-1874), Léon PAUL (1874-1962) ou Hyacinthe DUSEVELE (1796-1881). On dit que, jadis, Amiens était habitée par les Ambiens, tribu belge venue s'installer au bord de la Gaulle. La ville est ensuite conquise par les armées de Jules CÉSAR en 57 av. J-C. et connait une longue période de paix jusqu'à l'invasion des Francs au IVème siècle de notre ère. A cette époque, Saint FIRMIN, venu de Pamplune en Espagne, évangélise Amiens. Au VIe siècle, le royaume des Francs est divisé en plusieurs parties, le nord de la France, dont Paris et Soissons, se trouvant rattaché à la Neustrie où CHARLEMAGNE règnera en 768. En 860, les Normands prennent Amiens et les pillages s'y succéderont pendant près d'un demi-siècle. Après cette période d’insécurité, Amiens souffre du désaccord qui règne entre l'évêque et les premiers chefs féodaux, en particulier Enguerrand de BOVES (1042-1116), censés représenter l'autorité royale. Cette situation prend fin avec la prise de la forteresse de Castillon par le roi de France, Louis le GROS (1137-1081), venu au secours de l'évêque GEOFFROY (1065-1115). Amiens se voit alors attribuer une chartre de franchises. Cette charte est confirmée par Philippe AUGUSTE successivement en 1185 et en 1209 ; la ville connaît depuis lors une période de grande prospérité. 
L'industrie y est florissante, notamment celle de la draperie , dont les teintes pastel sont tirées de la Waide , plante tinctoriale. Le commerce n'est pas moins prospère , ainsi que le prouve l'appartenance d'Amiens à la Hanse, groupement commercial et bancaire de l'Europe du Nord et septentrionale , aux XIII-XVème siècles. Les noms des rues tels que la rue des Orfèvres, des Parcheminiers, des Gantiers, des Tanneurs, des Huchers, attestent de la diversité des corporations établies à cette époque qui est aussi l'époque de l'édification de la cathédrale (1220-1280). En 1337 débute la guerre de Cent Ans, conséquences des difficultés liées à la succession de Philippe le BEL revendiquée par Philippe de Valois son neveu et Edouard III d'Angleterre son petit-fils. L'occupation anglaise prend fin à Amiens en 1437 avec la venue de Charles VII ; une réception grandiose lui est offerte en la cathédrale illuminée de mille cierges. Les armées anglaises reviendront à Amiens en 1475 pour y rester jusqu'au traité de Picquigny signé par Louis XI et Edouard VII.
Devenue foyer protestant, Amiens va connaître, sous le règne de Charles IX , trente ans de guerre de religions qui prennent fin en 1597 grâce à Henri IV. En 1658 une terrible inondation ravage Amiens ; dix ans après, c'est la peste qui cause plus de 20.000 morts. En effet, Auguste DUBOIS (1824-1900) signale dans son ouvrage, en 1873, que diverses pestes ou contagions entre le XVème , XVIème et le XVIIème siècles ont failli décimer toute la population. «Après le choléra, il a fallu subir la guerre et l’occupation étrangère, tristes lots des infortunes qui s’abattent quelquefois sur les peuples» écrit-il.
Pendant la Révolution, la cathédrale d’Amiens est transformée en «Temple de la Déesse Raison» : elle est le théâtre de la fête de l'Etre Suprême, mais le monument ne subit qu'une faible détérioration. Le 25 mars 1802, la paix, signée à Amiens entre la France, l'Angleterre et la République Batave (la Hollande), restaure le calme en Europe, dans le pays et dans la ville. Cette paix sera pourtant rompue dès 1803. Pendant la guerre de 1870, la citadelle, sous les ordres du capitaine Jean-François VOGEL (1821-1870), résiste héroïquement aux Prussiens ; il est tué le 29 novembre 1870. En 1914, Amiens est occupée temporairement par les Allemands, lesquels de replient après la bataille de la Marne et de fixent à une trentaine de kilomètres. A partir de mars 1918, lors de la bataille de Picardie, la ville subit de nombreux bombardements. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Amiens est sinistrée à 60 %, notamment du fait des bombardements et incendies provoqués durant la bataille de la Somme. La cathédrale n'en sera que peu endommagée. 
Depuis l'après-guerre Amiens et son agglomération doivent faire face à une progression démographique continue, passant de moins de 85.000 habitants en 1947 à plus de 132.000 habitants au dernier recensement. Parallèlement la ville connaît un important essor économique. La fabrication du célèbre velours d'Amiens mérite toujours sa réputation, et la création d'une zone industrielle permet l'implantation de nombreuses industries nouvelles françaises et étrangères.
Amiens est composée essentiellement de trois quartiers : Saint-Leu, la vieille ville étudiante et très touristique, assimilée à une Venise du Nord, sa cathédrale et ses hortillonnages ; Henriville, très bourgeois ; Saint-Roch de la-Hotoie ; Saint-Maurice et Saint-Pierre. Dans les années 1970, le vieux et populaire, quartier Saint-Leu, est devenu insalubre. Finalement, au cours de la campagne des élections municipales de 1971, un projet de réhabilitation du quartier fut porté par le candidat communiste, René LAMPS et contribua à la victoire de son équipe aux municipales. Aussi, certaines bâtisses jugées trop vétustes furent détruites pour faire place l'artisanat et les commerces de proximité, à des lieux culturels, ainsi qu’une université, sur le site l'ancienne brasserie. On y trouve désormais une salle de spectacle, la Lune des Pirates, au Quai Bélu, une Maison de théâtre, 8 rue des Majots, un théâtre des Marionnettes Chés Cabotans, 31 rue Edouard David, et un cinéma, 33 rue Vanmarke. Ce qui conduit à la gentrification du quartier Saint Leu, les populations les plus modestes ont été rejetées à la périphérie, pour des classes plus jeunes et aisées. Les maires successifs n’ont pas remis en cause cette orientation d’un quartier Saint-Leu lieu touristique et de flânerie.
M. Emmanuel MACRON, 25ème président de la République française, est né le 21 décembre 1977 à Amiens. On pense que «MACRON» est une forme contractée de  «MAQUERON» désignerait en picard le menton ; ce pourrait donc être le surnom de celui qui a un menton proéminent. Son père, Jean-Michel MACRON, né le 29 juin 1951, à Vouët (Aisne) est fils d’un cheminot, M. André MACRON (1920-2010), professeur à l’université de Picardie, est un neurologue ayant soutenu une thèse sur «le fonctionnement physiologique de la respiration des chats». Sa mère, Mme Françoise NOGUES, médecin-conseil à la sécurité sociale, est née le 8 décembre 1950, à Poix-de-Picardie, dans la Somme, d’une famille d’enseignants. D’autres personnalités célèbres sont originaires d’Amiens, notamment Edouard BRANLY, (1844-1940) physicien et médecin, comme Jean-Pierre PERNOT (1950-2022) et Laurent DELAHOUSSE, journalistes. 
En raison d’une ancienne, intense activité littéraire et artistique, Amiens est une ville où l’imprimerie, «plus divine qu’humaine», suivant Louis XII (1462-1515), s’y est développée très tôt. Ce point n’avait pas fait l’objet de recherches approfondies jusqu’en 1861. «Des historiens nombreux ont payé un large tribut aux célébrités de la ville d’Amiens ; mais, par un oubli dont il est permis de s’étonner, une des branches importante de cette industrie, celle qui est considérée, à bon droit, comme un art, l’Imprimerie, est restée en dehors de la plume, sinon de la pensée, de tant d’écrivains, dont elle a pourtant fait passer les noms et les œuvres à la postérité» écrit Fernand POUY (1824-1891). Pourtant, à cette époque, cet auteur signale 101 éditeurs et lithographes, dont GAUTHIER-DESCHAMPS, dont l’activité remonte, à Amiens, à l’an 1461. Tout au début, cette ville était celle de féodalités, de châtelains, de princes et de barons, comme les FLIXECOURT et les VIGNACOURT. Les premiers sujets connus sont l’illustre et antique race des Amiens, dont un certain Adam d’AMIENS ou Guy d’AMIENS, son fils et successeur. C’est une famille d’artistes, auteurs de chansons et de fabliaux, comme Thibaud d’AMIENS au XIIème et XIIIème siècle, de poètes et conteurs, Girardin d’AMIENS. Jacques d’AMIENS (1250-1280) est l’auteur de chansons courtoises, d’une pastourelle, d’un Art d’aimer et d’un Remède d’amour ; il a inspiré Ovide (34 Avant J-C 17 Après J-C). Vicquier d’AMIENS était un poète. 
Au XXIème, à Amiens, la bande dessinée occupe une place importante dans les activités artistiques, à travers un «Rendez-vous de la Bande dessinée» créé par une association en 1995.
Jules VERNE, bien que né à Nantes le 8 février 1828, a épousé, le 10 janvier 1857, à Paris 10ème, une résidente d’Amiens, Honorine du FRAYSNE de VIANE (1829-1910), originaire de Vesoul.  «Sur le désir de ma femme je me fixe à Amiens, ville sage, policée, d’humeur égale, la société y est cordiale et lettrée. On est près de Paris, assez pour en avoir le reflet, sans le bruit insupportable et l’agitation stérile», écrit Jules VERNE dans une lettre en 1871. Jules VERNE a vécu à 2 rue Charles -Dubois à Amiens et il y est mort le vendredi 14 mars 1905 et enterré au cimetière de la Madeleine. Le couple aura un enfant, Michel VERNE (1861-1925). Par conséquent, Jules VERNE, dont la maison est devenue un Musée à Amiens, occupe une place importante dans cette ville où il a résidé pendant 34 années. En effet, l'auteur a été membre du conseil municipal de cette ville pendant 16 ans, de 1888 à 1904, initialement sous le mandat du maire, Frédéric PETIT (1836-1895). Jules VERNE a milité, activement, dans le milieu associatif. Ainsi, en 1872, il a été reçu à l’Académie d’Amiens, en 1895 nommé administrateur à la Caisse d’épargne et de 1898 à 1904, membre du conseil directeur de cet organisme. En 1889, il adhère à la Société industrielle d’Amiens.
L’œuvre de Pierre PUIS de CHAVANNES (1824-1898), un tenant de l’impressionnisme et ses peintures murales, a été magnifiée par le musée de Picardie, à Amiens. Gustave SCHIED lui a consacré, en 1907, un ouvrage.
Amiens, une ville à moins de 2 heures de Paris, très accessible, est à découvrir ou revoir.
Référence bibliographiques
CALONNE D’AVESNE (Albéric, Vicomte de), Histoire de la ville d’Amiens, Amiens et Paris, Piteux et Picard, Tome I, 1899, 501 pages, Tome II, 1900, 621 pages et Tome III,  1906, 467 pages ;
CURIE (Michel), Amiens au fil du regard, préface de Gilles de Robien, Amiens, La Martelle, 1999, 111 pages ;
DAIRE (Louis-François, Abbé), Histoire littéraire de la ville d’Amiens, Paris, Firmin Didot, 1782, 665 pages ;
DARRAS (Jacques), PIOCHE (Jacqueline), DEBRIE (René) IVART (Pierre), La forêt invisible, Amiens, édition des Trois Cailloux, Amiens, 1985, 482 pages ;
DEKISS (Jean-Paul), Jules Verne à Amiens : la maison des voyages, Paris, Belin, 2014, 123 pages ;
DUBOIS (Auguste), Les pestes ou contagions à Amiens pendant les XVème, XVIème et XVIIème siècles, Amiens, Emile Glorieux, 1873, 44 pages ;
DU CANGE (Charles Du Fresne), Histoire de l’Etat de la ville d’Amiens et de ses Comtes, Amiens, Duval et Herment, 1840, 498  pages ;
DURAND (Georges), Monographie de l’église Notre-Dame, cathédrale d’Amiens, Amiens, Yvert et Tellier, Paris, A. Picard et fils, 1901, Vo I, 641 pages et Vol II, 810 pages ;  
DUSEVEL (Hyacinthe), Histoire de la ville d’Amiens : depuis les Gaulois jusqu’en 1830, Amiens, Imprimerie R. Machart, 1832, 566 pages ;
DUTHOIT (Aimé et Louis), Le vieil Amiens, Amiens, T Jeunet, 1874, 137 pages ;
GILBERT (Antoine-Pierre-Marie), Description historique de l’église cathédrale de Notre-Dame d’Amiens, Amiens, Caron-Vitet, 1833, 377 pages ;
GOZE (Antoine, Michel), Histoire des rues d’Amiens, Amiens, Alfred Caron, 1854 en 4 volumes, et édition de la Tour Gilles, 1995, 869 pages ;
GOZE (Antoine, Michel), Nouvelle description de la cathédrale d’Amiens, Amiens, Alfred Caron, 1847, 215  pages ;
LEON (Paul), Amiens, la cathédrale, Paris, L’art et les artistes, 1918, 46 pages ;
MORLIERE (Adrien, de la), Les antiquités, histoires et choses remarquables de la ville d’Amiens,  Paris, Sébastien Cramoisy, 1642, 402 pages ;
NOULENS (Joseph), Maison d’Amiens. Histoire généalogique, Paris, Picard, 1888, 516 pages ;
PINCHEMEL (Philippe), GODARD (J), NORMAND (René), LAMY-LASSALLE (Colette), Visages de la Picardie, Éditions des Horizons de France, collection Les Provinciales, Paris, 1949, 177 pages ;
POUY (Ferdinand), Recherches sur l’imprimerie et la librairie à Amiens, Amiens, Amiens, Lemer Aimé, 1861, 203 pages ;
RUSKIN (John), La Bible d’Amiens, traduction, avant-propos et préface de Marcel Proust, Paris, 1904, Mercure de France, 347 pages ;
SALMON (Charles), Histoire de Saint-Firmin, martyr, premier évêque d’Amiens, Arras, Rousseau-Leroy, 1851, 523 pages ;
SCHIED (G. Gustave), L’œuvre de Puis de Chavannes à Amiens, Amiens, Office d’édition des musées et des arts, 1907, 68 pages.
Amiens, le 27 mai 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 22:47
«Miriam MAKEBA (1932-2008), militante anti-Apartheid, chanteuse Voix de l’Afrique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Miriam MAKEBA, militante acharnée pour les droits civiques des Afro-américains et panafricaniste, orpheline de père, venue des ghettos d'Afrique du Sud, et après 31 années d’exil et d’errance, est devenue, par son art, icône de la lutte contre l'Apartheid. En effet, la création artistique de Miriam MAKEBA témoigne de son combat inlassable pour la Justice, pour l’indépendance et contre l’Apartheid «Si j’avais choisi mon sort, j’aurais choisi d’être dans le camp des opprimés plutôt que celui des oppresseurs. En réalité, je n’ai pas eu le choix. Pourtant dans ce triste monde où les victimes abondent, je m’enorgueillis d’avoir choisi la lutte. Ma vie, ma carrière, toutes mes chansons, tous mes concerts et la lutte de mon peuple ne font qu’un. Il y a trois dons avec lesquels je suis venue au monde et que je garderai jusqu’au jour de ma mort, ce sont l’espérance, la volonté et le chant. Nous voulons tous la même chose : une vie décente, la paix, l’amour» écrit Miriam MAKEBA, dans ses mémoires. En 1966, Miriam MAKEBA est la première femme africaine à obtenir un Grammy Award pour un album qu'elle a enregistré avec Harry BELAFONTE, surnommé le Grand Frère : «An Evening with Belafonte/Makeba», évoquant, notamment les souffrances des Noirs pendant l'Apartheid. «En l’histoire de la personne de Miriam Makeba se concentre l’histoire de l’Afrique, histoire faite d’injustices, de souffrances et de déni d’humanité» déclarait Chadli BENDJEDID, président algérien. Artiste majeure du XXème siècle, Miriam MAKEBA est en révolte permanente contre l’injustice, les inégalités et pour la reconnaissance des cultures africaines : «Le vainqueur écrit l’histoire ; ils sont venus, ils ont vaincu et ils ont écrit. On ne peut pas attendre de ceux qui nous ont envahi qu’ils écrivent la Vérité sur nous» écrit Miriam MAKEBA, dans ses mémoires. En effet, elle a été considérée comme «la révolutionnaire qui a chanté les souffrances de l’esclavage et la libération des griffes du colonialisme» suivant Kenneth KAUNDA (1924-2021), président de Zambie. Miriam MAKEBA est la première grande vedette internationale qui n’est ni chanteuse de Jazz, ni afro-américaine ; elle revendique ostensiblement son Africanité. «Passionnée, mais sensible aux nuances et sachant doser l’humour et l’émotion, elle présente la plupart de ses chansons avec une étonnante force de persuasion expliquant leurs origines et prenant en compte leur signification», écrit Michel PEREZ, dans le journal «Combat». En effet, Miriam MAKEBA, ambassadrice des cultures et musiques africaines, a été intronisée, à titre posthume, «Mama Africa», pour «sa voix magnifique, son esprit combattant et son interprétation avant-gardiste de la musique africaine», dira Alex OKOSI, directeur de MTV Afrique : «Miriam Makeba a sans cesse cherché à promouvoir l’unité des nations de son continent et a constamment rappelé le rôle de la jeunesse dans le choix d’un engagement similaire. Le contexte historique de la Guerre froide, des luttes contre la ségrégation raciale et des indépendances africaines, a eu une influence certaine sur l'évolution de sa carrière» écrit Michaël MOUITY-NZAMBA.
Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama dite Miriam MAKEBA, est née le 4 mars 1932, dans le Township de Prospect, à Johannesburg, en Afrique du Sud, au temps de l’Apartheid. Trois communautés s’affrontent en Afrique du Sud, les Anglais minoritaires, mais détenteurs du pouvoir politique, les Hollandais et les Huguenots, des paysans, appelés les «Boers» parlant l’Afrikaans, un mélange de hollandais et d’allemand, et les Africains natifs du pays, dépossédés de leurs terres, regorgeant de richesses naturelles (diamants, or, pétrole, uranium), et relégués dans des ghettos plombés par la violence : «Pendant les fins de semaine et au moment de Noël, le ghetto se transforme en abattoir» écrit Miriam MAKEBA. Quand un Noir s’adresse à un Blanc, il doit toujours répondre avec soumission en disant, en Afrikaans, «Ja, Baas» ou «Oui, patron». Elle dira que «les Noirs sud-africains sont prisonniers dans leur propre pays». Miriam MAKEBA grandit donc sous l’Apartheid (absence de droit de vote, résidences séparées, limitation des déplacements avec des laisser-passer, emplois peu qualifiés et mal rémunérés, brimades, etc.). En dépit de cela, Miriam MAKEBA est restée une femme debout :«Je regarde une fourmi et je me vois : native d’Afrique du Sud, dotée par la nature d’une force bien supérieure à ma taille, ce qui me permet supporter le fardeau du racisme qui écrase mon esprit. Je regarde un oiseau et je me vois : native d’Afrique du Sud, prenant mon essor sur les ailes de la fierté, fierté de notre beau peuple, et m’élevant au-dessus des injustices de l’Apartheid. Je regarde le fleuve et je me vois : dans mes flots jusqu’à ce qu’ils deviennent lisses et un jour se désintègrent» écrit-elle dans ses mémoires, «Une voix pour l’Afrique».
La grossesse de sa mère ayant été difficile, aussi Miriam hérite du prénom africain de «Uzenzile», voulant dire «tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même». Cadette d’une fratrie de six enfants, son père, Mpambane Caswell MAKEBA (1902-1938), un Xhosa et instituteur, «un homme bon et généreux, mais dont la vie a été bien dure pour nous pendant la Grande dépression» écrit-elle. Son père meurt le 3 décembre 1938, quand elle n’avait que six ans. Sa mère, Nomkomndelo Christina MAKEBA, une Swazi, est une domestique et aussi une «Isangoma», une guérisseuse traditionnelle. Sa mère a épousé son père en secondes noces. Miriam MAKEBA, comme le poète sénégalais, Birago DIOP (1906-1989), est habitée par les forces de l’esprit. Sa mère est morte en 1960. «Ma mère, c’était une femme extraordinaire. Pour l’Occident, le passé est comme un animal mort. Mais pour nous le passé est toujours vivant, la mort n’est pas une séparation ; nos ancêtres sont toujours là en esprit, ils veillent sur nous» écrit-elle. Pendant l’Apartheid, il est interdit aux Noirs de boire l’alcool. Aussi, ils fabriquent une bière africaine, «Umquobothi», distillée, clandestinement, à base de malt et de farine de maïs. Lorsque Miriam n’avait que 18 jours, sa mère a été arrêtée, condamnée à une amende de 18 livres qu’elle ne pouvait pas payer ; elle subira six mois d’emprisonnement passés en prison avec sa fille, devenue «bébé criminel»,  pour avoir vendu cette bière africaine. Pendant sa détention, sa mère qui connaissait l’Afrikaans sert d’interprète de prison et fait de la broderie.
A la sortie de prison de sa mère, son père emmène sa famille à Nelspruit ou Mbombéla, dans le Nord du pays, à l’Est du Transvaal, dans la province de Npumalanga. Son père devient employé de bureau pour Shell ; sa mère fait la cuisine pour les Blancs, et confie les enfants à sa grand-mère, qui a 21 petits-enfants. Quand Miriam sera un peu plus grande, elle aide aux travaux ménagers (balayer la cour, puiser de l’eau). C’est une maison sans électricité, ni frigidaire et il fait froid dans le Transvaal. L’école est à 7 km de la maison, sans transport scolaire, le trajet est à pied, même en temps d’intempéries. Cependant, aller à l’école, pour un enfant noir, en Afrique du Sud, est considéré comme «un acte séditieux». Pour dormir ou manger, les enfants sont divisés en deux groupes. Les visites des policiers dans les maisons des Noirs, sous prétexte de vérifier les livrets ou chercher les clandestins, sont fréquentes, accompagnées parfois d’humiliations ou de disparitions : «Un de mes oncles ne montre pas son livret assez vite au gré d’un jeune policier à peine sorti de l’enfance. Il insulte mon oncle et le gifle. Il arrive qu’on emmène des gens et qu’on ne les revoie jamais», écrit-elle. Miriam et ses cousines ont été forcées par un fermier blanc Allant marauder dans les vergers des Blancs, le fermier Boers à manger tous les fruits volés. Miriam porte des robes de seconde main, celles de sa sœur Hilda.
Ramener toute la musique de Miriam MAKEBA à «Pata Pata» ou à un «petit rien», en Xhosa, un tube planétaire conçu en 1956 à Sophiatowan et enregistré en 1967 aux Etats-Unis, relève de l’anecdotique. Elle a sorti 32 albums, dont de grands tubes comme «Sing me a Song», «Mama Africa», «The Definitive Collection» en 2002, «The Click Song» ou «Malaika». Miriam MAKEBA, simple, prudente et avisée, même si elle s’est adaptée au show, n’a pas oublié les chansons traditionnelles bien composées et ayant du sens. Pendant longtemps, son deuxième mari de 1965 à 1966, et compagnon sur scène, Hugh MASEKELA (1939-2018), a composé de nombreuses chansons pour elle. Prudente et pragmatique, Miriam MAKEBA a pu mener à bien une longue et riche carrière musicale. Miriam MAKEBA chante en Tswana, en Zhoxa ou en Zoulou. Tout démarre dans la maison de la grand-mère de Miriam remplie de chants et de danses «Nous dansons dans les grandes occasions ou quand nous sommes heureux. Ma mère a une voix merveilleuse et c’est une musicienne accomplie. Elle joue de plusieurs instruments traditionnels : de l’harmonica, du piano à pouce et du tam-tam. Elle brille toujours parce qu’elle est la meilleure», écrit Miriam MAKEBA, dans ses mémoires. Les Africains sont qualifiés par les Boers de Kaffirs ou païens, ce qui pourrait aussi signifier «sale nègre». En fait, baptisée protestante, Miriam chante dans la chorale de son église des hymnes en Afrikaans, anglais, Xhosa, Sotho ou Zoulou. «C’est vraiment l’Esprit qui bouge en moi. Je suis petite, mais je chante à pleine voix» confie-t-elle. Au Transvaal, la jeune Miriam découvre les Bapedi, une tribu du Nord de chanteurs ayant la joie de vivre, en dépit des difficultés : «J’ai découvert que la musique est une sorte de magie. La musique a toutes sortes de pouvoirs. Elle rend heureux les gens tristes, elle oblige les gens mornes à s’animer. Je sais bien l’effet qu’elle me fait» écrit-elle dans ses mémoires.
Miriam fera partie de la chorale des grands élèves de son école dirigée par le professeur MOLEFE qui fera d’elle une attraction. Miriam MAKEBA, encore jeune, écoutait des disques de jazz venus d’Amérique qui lui prêtait son frère Joseph, un musicien «J’ai chanté l’américain bien avant de savoir le parler. Quand ses amis viennent, ils me demandent de chanter pour eux» écrit-elle. Tout en continuant à chanter dans les mariages et autres cérémonies, Miriam MAKEBA, inscrite au lycée, à l’Institut Kilnerton, continue de perfectionner son art. Un certain Joseph MUTUBA, un accompagnateur au piano de sa chorale, aura une influence durable sur la chanteuse «Pour la première fois, j’apprends à me mouvoir sur scène. Nos mouvements sont lents et gracieux et nous bougeons le corps tout entier. Je commence à communiquer. Je suis en train de devenir une artiste» écrit-elle. Miriam MAKEBA chantera devant le roi d’Angleterre, George VI (1895-1952), en visite officielle en Afrique du Sud, le 21 avril 1947, pour le 21ème anniversaire de sa fille, Elizabeth. A cette occasion, Joseph MUTUBA compose, une chanson «Quelle triste vie pour un Homme noir !», en langue nationale : «Réveille-toi mon peuple ! Unissons-nous !».
En 1952, vivant désormais seule avec sa fille, Bongi, Miriam MAKEBA part habiter chez sa tante à Johannesburg, puis chez sa cousine, Sonti NGWENYA, possédant une société de taxis. Aussi, Miriam passe ses journées à laver ces taxis. Un jour, le fils de sa cousine, Sonti SWELI, l’invite à une répétition d’un nouvel orchestre, le groupe «Cuban Brothers», ou les frères cubains, animant, bénévolement, des kermesses dans les églises. Miriam est passionnée pour la musique. Mesurant 1m60 avec ses cheveux courts non frisés, de son temps, monter sur scène, pour une jeune femme, de surcroît timide, était mal vu par la société. Cependant, sa mère l’encouragea dans sa carrière de chanteuse «C’est ce que mon père aurait voulu que je fasse s’il avait vécu. Mon père était musicien. Il savait jouer du piano et composer de la musique. Ma mère me dit que mon père aurait voulu que j’étudie la musique» écrit-elle dans ses mémoires.
Grâce à Nathan MDLEHDLHE qui venait au foyer Donaldson, Miriam MAKEBA va collaborer entre 1954 et 1957 avec les «Manhattan Brothers», un groupe produisant des disques, avec des tournées dans tout le pays : «Miss Makeba, j’ai beaucoup aimé votre spectacle. Vous avez une voix ravissante. On dirait une voix de rossignol. Je voudrais vous auditionner pour nous» lui déclara Nathan, le chanteur-vedette des «Manhattan Brothers». C’est comme cela que Miriam est devenue soliste de ce groupe : «Je n’ai jamais eu une vie facile, et ce n’était pas la peine de perdre mon temps à rêver de choses impossibles. Je n’ai jamais rêvé d’une vie dans le spectacle, ou de faire ce que j’aime le plus au monde : chanter. Mais maintenant, tout ceci se réalise comme dans un rêve !» écrit-elle. C’est à ce moment que Zenzi MAKEBA prend le prénom de scène «Miriam» et on lui a apprend, à bien s’habiller sur scène. Le groupe, qui n’a pas le droit de chanter en anglais, se produit dans les banlieues noires, des lieux fréquentés par les gangsters, avec parfois des bagarres, des fusillades ou des émeutes. Miriam gagne cinq livres par spectacle et loue une maison, à Mofolo, au Sud-Ouest de Johannesburg, les Noirs n’ayant pas le droit d’être propriétaire. Sa fille, Bongi et sa mère, viennent habiter avec elle. Un jour, Gallotone, une maison de disque, demande à Miriam d’enregistrer un disque en solo, une mélodie d’amour en Xhosa. Le disque se vendant bien, est diffusé à la radio ; ce qui permet à Miriam MAKEBA de sortir de l’anonymat. Curieusement, Gallotone obtient l’autorisation de diffuser cette chanson en version anglaise ; ce qui contribue à abattre les barrières raciales. Les gens commencent à reconnaître Miriam MAKEBA dans la rue. Mais l’Apartheid reste marquée, pour les Noirs, par la colère, le ressentiment, la douleur et la peur. C’est à ce moment et après son spectacle que Miriam MAKEBA rencontre un certain Nelson MANDELA, préoccupé pour sa charte de la liberté posant le principe que «l’Afrique du Sud appartient à ceux qui l’habitent, Noirs et Blancs». Le groupe les «Frères Manhattan» organise des tournées au Swaziland, au Lesotho, en Rhodésie du Sud et du Nord et au Congo belge.
En 1956, Miriam MAKEBA part en tournée de 18 mois avec le groupe «African Jazz and Variety», dont la vedette est Sonny PILLAY, un Indien sud-africain devenu célèbre et qui deviendra son mari. Dans ce monde racisé et ethnicisé, les Noirs sont méprisés, les métis et les Indiens se sentant supérieurs à eux : «Sonny est très beau, il a les cheveux noirs et raides, ses yeux bruns sont remplis de chaleur, d’amour et d’humour. Tout à coup notre vie privée devient l’affaire de tous. Je fréquente un indien qui n’a pas honte de me fréquenter» écrit-elle dans ses mémoires. «The African Jazz and Variety» est fondé par un Juif, Alfred HERBERT, «un homme qui déborde d’énergie, de gaieté et d’optimisme» dit Miriam MAKEBA. Les Juifs libéraux seront des alliés des Noirs dans la lutte contre l’Apartheid. Dans les tournées, il s’agit tantôt d’un public de Blancs, tantôt le jeudi, jour de congé des domestiques, de Noirs. La compagnie a décidé de créer un groupe exclusivement féminin, les «Skylarks», dont Miriam MAKEBA est la vedette.
En 1959, Lionel ROGOSIN (1924-2000), un cinéaste américain indépendant, assistant à une représentation de l’African Jazz Variety au Town Hall, propose à Miriam MAKEBA de jouer son propre rôle, dans un documentaire sur la vie des Noirs en Afrique du Sud. «Miriam, il est impensable qu’un talent comme le vôtre reste confiné, pour toujours, à l’Afrique du Sud. Le monde entier vous verra et vous entendra chanter dans mon film. Ensuite, ils vous verront en personne, si vous consentez à m’accompagner promouvoir le film» lui dit Lionel ROGOSIN. Cette rencontre, avec le réalisateur américain, est décisive pour la carrière de Miriam MAKEBA. En effet, Miriam MAKEBA, dans un documentaire, «Come-Back» interprète deux chansons dans un Night-Club. En fait, «Come-Back» est un des premiers films à dénoncer ouvertement l’Apartheid en Afrique du Sud, institutionnalisé dès 1948, et préfiguré par des lois coloniales discriminatoires établies dans les années 1901. Le réalisateur, Lionel ROGOSIN et sa femme Elinor séjournent à Johannesburg en vue de ce projet, dès mai 1952 ; le film est tourné en 1958 et diffusé en 1960, sur une période de quatre mois, dans une situation de quasi-clandestinité. Le réalisateur, Lionel ROGOSIN a prétendu aux autorités tourner un documentaire sur la musique et les traditions vivantes ou encore une adaptation des mémoires de Deneys REITZ (1882-1944) sur la guerre des Boers. Miriam MAKEBA est invitée au festival de Venise, pour la promotion du documentaire, «Come-Back». C’est pour avoir participé à ce film militant, où le racisme et l’Apartheid sont associés à l’esclavage, que Miriam MAKEBA s’est vue retirer la nationalité sud-africaine : «D’une intégrité brulante, c’est l’acte d’accusation le plus accablant de l’Apartheid et du système des permis que j’ai jamais vu. Dans un climat de rage et de frustration presque insupportable, le film martèle la question qui, bien qu’inexprimée, vient à l’esprit de chaque personne qui le voit : combien de temps allons-nous encore accepter l’existence de ces conditions épouvantables de vie ?» écrit Nina HIBBIN, une journaliste du «Daily Worker».
Avant de quitter l'Afrique du Sud, Miriam MAKEBA participera à une comédie musicale, en Jazz, «King Kong» qui va déclencher des controverses. Cet opéra de Harry BLOOM (1913-1981), un Juif sud-africain opposé à l’Apartheid, journaliste et romancier, mais aussi de Todd MATSHIZIKA (1921-1968) et Clive Sydney MENELL (1931-1996), est tiré de la vie du célèbre boxeur sud-africain, Ézéchiel DLAMINI (1921-1957), dont la carrière s’est étendue entre 1947 et 1956, un homme grand et fort, surnommé «King Kong» parce qu’il mettait KO tous ses adversaires. Ezéchiel DLAMINI est une figure dramatique. En dépit de sa notoriété, le système de l’Apartheid refusa à ce boxeur de se rendre à l’étranger. Dépité, il commença à boire et finit par tuer son amie, qu’il soupçonnait d’infidélité. Condamné à perpétuité, il se suicide en prison, le 3 avril 1957. Cependant, cet opéra, «King Kong», est devenu, en musique, un puissant symbole de la lutte et de résistance contre l’Apartheid. Aussi, «King Kong» ne sera diffusé en Afrique du Sud qu’en 2017, soit près de 60 ans après. Pour son premier voyage à l’étranger, Miriam MAKEBA s’envole pour l’Italie, par la South African Airlines : «Aucun passager blanc ne veut s’asseoir à côté de moi. Je suis la seule noire dans l’avion. J’ai trois sièges à moi toute seule» écrit-elle dans ses mémoires. En Italie, Miriam MAKEBA découvre qu’elle peut s’asseoir à un restaurant ou un café, comme tout le monde, et être servie, sans difficulté.
A Londres, après son passage à «In Town Tonight», une émission de la BBC, Miriam MAKEBA fait la connaissance de Harry BELAFONTE, venu également enregistrer une émission pour Noël. «Miss Makeba, après le film (Come-Back), je suis un de vos admirateurs» lui déclare Harry BELAFONTE. Aussi, Harry BELAFONTE l’invite aux Etats-Unis, en novembre 1959, et forme ses musiciens. Miriam MAKEBA venait de se marier, depuis trois mois à Sony PILLAY. A son arrivée aux Etats-Unis, elle part, en Californie, pour le Show de Steve ALLEN (1921-2000), et entame une série de concerts pour le «Village Vanguard», un club de Jazz, au numéro 178 de la 7ème avenue, à New York. De nombreuses personnalités des arts et lettres ou showbiz viennent assister à son spectacle, comme Lauren BACALL (1924-2014), Langston HUGHES (1902-1967), Cecely TYSON (1924-2021), Bing CROSBY (1903-1977) ou Elisabeth TAYLOR (1932-2011). Les critiques de la presse américaine sont enthousiastes : «Il y a très peu de cas dans le monde spectacle où la vie d’une artiste change aussi rapidement, de façon spectaculaire, et montre autant de promesses», écrit le New York Times. Miriam est invitée chez Diahann CAROLL (1935-2019) actrice et chanteuse. L’agence William Morris prend en charge ses intérêts et elle gagne maintenant 750 dollars par semaine. Le talent de Miriam MAKEBA est reconnu de tous «Elle chante avec la voix embrumée et le phrasé délicat d’Ella Fitzgerald, et si l’occasion se présente, elle fait preuve de l’abattage culotté d’Ethel Merman et le sens de l’amitié de Franck Sinatra» écrit Newsweek, à son sujet. Harry BELAFONTE organise une grande rencontre en présence de nombreux artistes et journalistes. Miriam MAKEBA noue de solides amitiés notamment avec Marlon BRANDO (1924-2004), Bette DAVIS (1908-1989) et Nina SIMONE (1933-2003) ; elle sera invitée au fameux anniversaire de John Fitzgerald KENNEDY (1917-1963), au Madison Square Garden le 29 mai 1962, où Marilyn MONROE (1926-1962), chante pour son amant, un langoureux «Happy Birthday to you, Mr President». Désormais, Miriam MAKEBA est sortie de l’anonymat ; elle fait le plein au Carnegie Hall et au Apollo Theater.
Miriam MAKEBA, dont la situation financière s’améliore, achète une maison dans le New Jersey, et Dizzy GILLESPIE (1917-1993), le musicien de Jazz, est son voisin. Aussi elle fait venir aux Etats-Unis sa fille unique, Bongi. Gallotone, une compagnie sud-africaine, cède ses droits à RCA, pour 75 000 dollars. Après les massacres de Sharpeville du 21 mars 1960 (69 morts), Nelson MANDELA est emprisonné et l’ANC interdite. A la mort de sa mère, son passeport sud-africain est invalidé. Venue aux Etats-Unis pour un mois, elle y restera 10 ans. «Il y a eu Miriam Makeba, les influences de Jazz les plus mêlées, mais depuis son premier répertoire de chansons tribales, la chanteuse n’a cessé d’élargir son style et son inspiration. Elle aborde aujourd’hui les airs de tous les pays. Elle puise dans tous les folklores, mais elle leur donne sa chaleur et sa couleur» écrit Michel PEREZ, pour «Combat». Lors d’un déplacement à Atlanta, en Géorgie, un Etat du Sud, Miriam MAKEBA découvre qu’elle est refusée dans les hôtels. Elle était venue assister une rencontre avec Martin Luther KING (1929-1968), «un homme qui a du poids. Quand il s’adresse à un groupe, tout le monde l’écoute attentivement. Il a cette puissance, ce charisme» dit Miriam MAKEBA. «Miriam Makeba est le talent le plus révolutionnaire qui soit apparu au cours des dix dernières années. Je la considère comme une grande et importante artiste» dit Harry BELAFONTE, à Paris le 19 mars 1969, à l’Olympia, où l’artiste était venue se produire. En effet, Miriam MAKEBA est devenue, «une incarnation sonore» du continent africain dans la société américaine, en référence à une expression d’April SIZEMORE-BARBER. Dans un contexte de Guerre froide et de début des indépendances africaines, Miriam MAKEBA, devenue visible et audible, est alors invitée au Kenya, en Angola, en Tanzanie et lors de l’inauguration de l’Organisation de l’Unité Africaine, à Addis-Abeba, en Ethiopie. Symbole de la liberté de la Femme et de son peuple opprimé, et grâce à Sékou TOURE, Miriam MAKEBA pourra s’exprimer en 1963 et 1964, au Comité spécial des Nations Unies contre l'Apartheid, alors présidé par le guinéen, DIALLO Telli (1925-1977). «Les Nations Unies doivent user de leur influence pour ouvrir les portes des prisons et des camps de concentration d’Afrique du Sud où des milliers de Noirs sont actuellement prisonniers. Mon pays a été transformé en vaste prison» dit-elle. Aussi, Miriam est déchue de sa nationalité sud-africaine et interdite de séjour, comme ses disques, en Afrique du Sud. Miriam reçoit alors la distinction de la «Femme du siècle» de la «Bedfort Stuyvesant Communion of New York».
Harry BELAFONTE, dit le «Grand frère», se rend d’abord en 1964, à New York, et il y est bien reçu. Fortement engagée dans la défense des droits civiques aux États-Unis, et à la suite de sa brouille avec Harry BELAFONTE, Miriam MAKEBA se rend en Guinée à l’invitation de Sékou TOURE (1922-1984), et elle y restera de 1967 à 1986. La Guinée a dit non à Charles de GAULLE, et c'est aussi un pays producteur de bauxite : «Conakry est un gros village, fait de bâtiments coloniaux français sur le déclin et de taudis qui servent de logements aux pauvres» écrit Miriam MAKEBA. C'est lors de ce séjour que Miriam MAKEBA rencontre Stokely CARMICHAEL (1941-1998), un militant Afro-Américain des droits civiques, «Student Non-Violent Coordinating Committee» (S.N.C.C.) dont il est le président. En 1967, Stokely CARMICHAEL quitte le mouvement SNCC, pour adhérer au «Black Panther Party». Egérie de l'égalité raciale, Miriam MAKEBA épousa «par amour», en mars 1968, Stokely CARMICHAEL. Après l’assassinat de Martin Luther KING (1929-1968), le 4 avril 1968, «l’Amérique est au bord de la folie. On dirait que la moitié des gens est dans la rue à protester ou à faire des émeutes et que l’autre moitié est barricadée chez elle» écrit-elle. Par conséquent, Miriam MAKEBA est considérée comme fréquentant un extrémiste : «Stokely est intelligent et il s’exprime avec aisance. Mais il est passionné, et sa passion le rend furieux, et sa fureur lui fait dire des choses qui sonnent comme des menaces aux oreilles de certaines gens» écrit Miriam MAKEBA. Par conséquent, tous les contrats de Miriam MAKEBA, aux Etats-Unis, sont été rompus.
Expulsée de la Jamaïque, les Etats-Unis refusent de la réadmettre sur son territoire. C'est à ce moment que 9 pays, dont la Guinée et Cuba où elle s’est produite en août 1972 avec Charles MINGUS (1922-1979), remettent à Miriam MAKEBA un passeport pour pouvoir se déplacer à l’étranger. C’est la période où Miriam MAKEBA rencontre un immense succès sur la scène africaine, et joue un important rôle en tant que militante panafricaniste et anticolonialiste. En raison de son long séjour en Guinée, notamment à Dalaba, dans le Fouta Djallon, Miriam MAKEBA s’exprime parfaitement en français et en Peul. «La campagne guinéenne est pauvre aussi, elle est très belle, particulièrement dans les environs de Dalaba, une région montagneuse» écrit Miriam MAKEBA. Le répertoire musicale de l'artiste, durant son long séjour en Guinée, certes méconnu, est pourtant particulièrement riche et varié ; il intègre des interprétations de ses célèbres chansons sud-africaines, mais aussi des textes chantés dans d’autres langues africaines, en Lingala (Congo), Kiswahili, ou chantés en arabe, français, espagnol, anglais. Miriam MAKEBA a aussi enregistré des chansons dans les langues guinéennes. On peut rappeler à titre d’exemple les interprétations en Soussou, “Djuinguira”, Maninkaka, “Touré Barika”, “Sékou Famake”, et “Maloumayé” et en Peul, “Maobé Guinée”.
Miriam MAKEBA aura participé à trois concerts Panafricains : Alger du 21 juin au 1er août 1969, Tunis en 1973 et Lagos en 1977. Le festival panafricain d’Alger en 1969 avait une importance particulière pour la Guinée, puisqu’elle a remporté la médaille d’or pour les réalisations artistiques de son équipe dans diverses compétitions. En effet, le festival panafricain, à Alger, en 1969, a été un grand moment artistique pour Miriam MAKEBA. «L’une des participations les plus importantes fut, sans doute, celle des Afro-Américains, notamment un garçon nommé Stokley Carmichael, accompagnant sa femme, Miriam Makeba» écrit Jean-Jacques NAUDET, pour «Combat». Ce festival d’Alger est une réplique de celui de 1966, organisé par Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001), arrimé au camp occidental. En pleine guerre froide et de lutte contre l’Apartheid, avec le PANAF d’Alger, le président Houari BOUMEDIENNE (1932-1978) revendique le leadership du combat panafricain. «Il faut que ce festival soit une entreprise enthousiaste d’affirmation de notre identité» dit le président algérien. La manifestation doit promouvoir «les réalités de la culture africaine et le rôle de la culture africaine dans la libération nationale, dans la consolidation de l’unité africaine et dans le développement économique et social de l’Afrique» dit-on. Miriam MAKEBA brillera de mille feux, aux musicales organisées au Zaïre en 1974 et au Zimbabwe en 1987. En effet, lors du festival «Zaïre 74», et avant «le combat du siècle» de boxe entre George FOREMAN et Mohammad ALI, organisé par Don KING, et le président Mobutu Sese Seko, des concerts de musique sont planifiés pendant trois nuits, avec notamment la participation de James BROWN, B.B. KING, Miriam MAKEBA, Ray BARETTO et The Crusaders. En 1987, Miriam MAKEBA rencontre Paul SIMON au Zimbabwe. En 1987, Miriam MAKEBA enregistre «Graceland» donnant plus de visibilité internationale aux artistes sudafricains. En 1988, elle  participe au concert organisé à l’occasion du 70e anniversaire de Nelson MANDELA au Wembley Stadium de Londres. L’événement attire un public de plus de 600 millions de téléspectateurs, dans 67 pays.
Par ailleurs, en 1967, à la suite de la victoire d’Israël lors de la guerre des six jours face à l’Égypte, membre fondateur de l’ONU et de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), Miriam MAKEBA refuse de céder aux pressions des délégués de nations africaines à l’ONU qui lui demandent de retirer un chant en hébreu de son répertoire. Cette décision, prise en pleine tournée, met fin à sa collaboration avec Harry BELAFONTE. En 1970, elle fait face à des difficultés similaires quand une lettre du Premier ministre Abdou DIOUF, l’informe qu’elle est désormais persona non grata au Sénégal en raison de sa proximité avec Sékou TOURE. En 1993, Miriam MAKEBA est la première femme interprète à recevoir le prix du Conseil international de la musique de l’UNESCO, qui distingue «des musiciens ayant contribué par leur activité à l’édification humanitaire du monde [et] au rehaussement de la culture musicale de l’humanité». Miriam MAKEBA ne considère pas comme une «activiste», et selon elle, «tout le monde aujourd’hui admet que l’Apartheid était une horreur et tout ce que j’ai fait c’est dire aux gens qui voulaient savoir comment nous vivions, d’où je venais, c’est-à-dire en Afrique du Sud. J’ai juste dit la Vérité au monde et si ma Vérité est alors devenue «politique», je n’y peux rien» dit-elle.
Miriam MAKEBA a été mariée à cinq reprises. Elle rencontre quand elle n’avait que 17 ans, un jeune de 19 ans, James KUBAY surnommé Gooli, le mariage durera de 1950 à 1952. La mère de James KUBAY, une métisse et propriétaire de différents logements, était opposée à ce mariage. Le père de James, allié de Miriam, meurt prématurément d’un cancer. Par ailleurs, James la trompait avec sa demi-sœur, Mizpah. De cette union, avec James, naîtra l’unique fille de Miriam, Angela Sibongile MAKEBA, dite «Bongi», (Pretoria 20 décembre 1950 – Conakry, 17 mars 1985). Bongi, morte à 34 ans, a eu quatre enfants : Nelson Lumumba, né le 4 avril 1968, date de l’assassinat de Martin Luther KING, et dont le deuxième prénom est en hommage à Patrice LUMUMBA, premier président du Congo, également assassiné, Zenzi Monique née en 1971, Thembi, décédé en bas âge, ainsi qu’un autre enfant mort-né. Bongi meurt quelques jours après avoir accouché son dernier enfant. Miriam MAKEBA se remariera avec Sonny PILLAY (1932-2019) en 1959, puis à Hugh MASEKELA (1939-2018), de 1964 à 1966, qu'elle connaissait depuis qu’il avait 14 ans. Hugh MASEKELA venu aux Etats-Unis mais n’y ayant pas rencontré le succès escompté ; il est devenu amer et dépité. Miriam MAKEBA se remariera à Stokely CARMICHAEL, surnommé Kwame TURE, de 1968 à 1978. Son dernier mariage est avec Bageot BAH, un guinéen, un agent de la compagnie aérienne belge.
Miriam MAKEBA a connu des drames, grands ou petits, dans sa vie, et elle y a survécu. Après un concert, Miriam est victime d’un accident de la route en Afrique du Sud, non loin de Volkurst, dans la voiture des Blancs, le mari et un de ses enfants sont morts, le frère a perdu une jambe. «Vous avez tué des Blancs ! J’ai le droit de vous fusiller tous tant que vous êtes !» dit un gendarme venu faire le constat de cet accident. Aussi, les services de secours abandonnent Miriam, la clavicule enflée, et ses amis, dans le froid, et aucun hôpital blanc ne veut les admettre. Il a fallu payer 19 livres à un camion pour évacuer ses amis blessés. Un des musiciens, Victor, meurt à cause de négligences. «Je viens de voir, de très près, le visage du génocide. Des regards remplis de haine et de désir de meurtres fixés sur moi, une Noire d’Afrique du Sud» écrit-elle. Lors d'un concert en Mozambique et à la suite d'une bousculade, 31 personnes meurent piétinées. Après plusieurs décennies d'exil, en Guinée, elle échappe à la mort, aux côtés de Sékou TOURE, l’avion présidentiel ayant pris feu. Des mercenaires portugais attaquent, vainement, Conakry. Deux jours après la mort de Sékou TOURE (9 janvier 1922 – 26 mars 1984), un coup d’Etat militaire sème la terreur à Conakry. Sa demi-sœur aînée, Mizpah meurt à la suite d’un accouchement.
En septembre 2005, Miriam MAKEBA entame une tournée mondiale dans tous les pays qu’elle a eu l’occasion de visiter «Je dois faire le tour du monde pour dire merci et adieu. Puis je veux que mes cendres soient dispersées dans l’Océan indien. Ainsi, je pourrai naviguer à nouveau dans tous les pays» déclare -t-elle. Miriam MAKEBA a toujours rêvé d'une grande Afrique unie. Pour l’Afrique du Sud, elle exhortait ses frères noirs au pardon : «Il faut nous laisser grandir. Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble» dit-elle.
Le 9 novembre 2008, à Castel Volturno, près de Naples, en combattante, Miriam MAKEBA est presque morte sur scène. En effet, elle a succombé à un arrêt cardiaque peu après son concert ; elle était venue soutenir Roberto SAVIANO, auteur en 2006 de «Gomorra», déclaré «homme à abattre» par les parrains de la Camorra napolitaine. Miriam MAKEBA est considérée un «symbole même de l'esprit de résistance» selon Bernard KOUCHNER, Ministre des affaires étrangères. «Pendant presque une décennie, l'Ambassadrice de bonne volonté de la FAO Miriam Makeba a apporté un soutien actif au combat de la FAO pour réduire la faim et améliorer les moyens d'existence des plus pauvres de par le monde. «Mama Afrika» combattait la violence, l'inégalité et la maladie qui condamnent tant de personnes, particulièrement les femmes et les enfants, à vivre dans des conditions de pauvreté extrême. Son énergie et son souci respectueux des plus vulnérables nous manqueront», écrit M, Jacques DIOUF, Directeur général de la FAO. Pour son rôle lors du festival de 1969 les autorités algériennes ont également rendu hommage à Miriam MAKEBA qualifiée de «symbole pour tout un continent, mais aussi pour l’humanité entière. Sa lutte infatigable contre l’apartheid et le racisme a fait d’elle un symbole. Par son engagement, et par son art, elle a montré la plus authentique, la plus juste, la plus vraie de la dignité, du courage et de la grandeur qui sont les marques les plus profondes de notre personnalité africaine» écrit M. Tewfik KHELLADI, Directeur général de l’Entreprise nationale de la radiodiffusion sonore (E.N.R.S.). «Disons-le avec force et clarté, Miriam Makeba n'était pas affectueusement appelée «Mama Africa» pour rien. Sa musique a reflété, avec acuité, les difficultés réelles des Sud-Africains. De nombreux jeunes talents rempliront ce vide. Je lance un appel à tous les jeunes musiciens, ne renoncez jamais, continuez à vous battre comme elle l'a fait» dit M. Pallo JORDAN, Ministre des Arts et de la culture Sud-africain.
Références bibliographiques
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Paris, le 8 mars 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 15:33
«Harry BELAFONTE, chanteur, compositeur, acteur et militant des droits civiques» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Harold George BELLAFONTE Jr, plus connu sous le nom Harry BELAFONTE est né le 1er mars 1927 à Harlem, à New York. Sa mère, Melvine Clarasteen LOVE (1906-1988) née d’une mère écossaise, Sarah Jane CLARK (1874-1934) et d’un père noir, William Alexander LOVE (1878-1930) de la Jamaïque, est employée de maison. Une jeunesse faite de pauvreté et de privation : «I was born into poverty, grow up in poverty, and for a long time poverty was all I though I had know. It defined me ; in the depths of my soul, it defined me still» écrit-il dans ses mémoires. En effet, sa mère, pleine d’honneur et de dignité,  travaillant dur, lui a appris, dès l’âge de sept ans, de toujours se battre pour des causes justes. Son père, Harold George BELAFONTE (1899-1976), un chef cuisinier, est né en Jamaïque d’une mère noire et d’un père juif séfarade hollandais. Il a été élevé sous la religion catholique. Harry n’a jamais connu son grand-paternel, mais il le décrit comme «un Juif hollandais blanc qui a dérivé vers les îles après avoir chassé l'or et les diamants, sans aucune chance» écrit-il dans ses mémoires. 
Le jeune Harry, à 18 mois, part avec ses parents en Jamaïque. Quand il est revenu à New York, il a fréquenté le lycée George Washington. En 1941, il s’est engagé volontairement dans la Marine et a servi pendant la Seconde Guerre mondiale en Europe. De retour dans son pays, il constate que l’Amérique qui a vaincu le Nazisme, applique, dans son pays, la ségrégation raciale. Les Noirs n’avaient même pas après 1945 le droit de vote.
Dans les années 1940, le jeune Harry travaillait comme assistant d'un concierge à New York quand un locataire lui a donné, en guise de pourboire, deux billets pour voir «l'American Negro Theatre». En raison de sa dyslexie, Harry BELAFONTE avait connu parcours scolaire médiocre. Il découvre le pouvoir et la magie des mots pour transformer les esprits. Il est tombé amoureux de la forme d'art. C’est là où il a rencontré Sidney POITIER (1927-2022) et a pris des cours de jeu à l'atelier dramatique de la nouvelle école à New York avec l'influent directeur allemand Erwin PISCATOR. Il fait la connaissance notamment de Marlon BRANDO (1924-2004) et Tony CURTIS (1925-2010).
De son séjour en Jamaïque, il puisera une partie de son inspiration musicale caractéristique de sa carrière artistique. Reconnu principalement comme étant le «Roi calypso» un air des Antilles, Harry BELAFONTE a pourtant excellé dans de nombreux genres musicaux différents, notamment le Blues, le Folk , le Gospel ou le grands standards américains. En 1955, son troisième Album «Calypso» atteint le million d'exemplaires vendus en moins d’un an, et il obtient le Emmy Award. Harry BELAFONTE a connu d’autres succès, comme «Matilda», «Banana Boat Song», «Jamaica Farewel » ou «Mama Look a Boo-Boo». Par ailleurs, Harry BELAFONTE s’est frotté à la musique du Jazz. En effet, chanteur intermittent au Royal Roost, club de jazz de Monty KANE, il est remarqué par Miles DAVIS (1926-1991). A ses débuts, Harry BELAFONTE a eu des mentors prestigieux, notamment Charlie PARKER (1920-1955), saxophoniste et Maxwell Lemuel ROACH (1924-2007), percussionniste, batteur et compositeur. Il a donc pu faire ses débuts au légendaire club de jazz, The Village Vanguard. En 1953, il signe un contrat avec RCA Victor, enregistrant régulièrement pour le label jusqu'en 1974. Dans les années 1960, Harry BELAFONTE fait la connaissance de nombreux artistes, dont la chanteuse sud-africaine d’ethno-Jazz, engagée contre l’Apartheid, Miriam MAKEBA (1932-2008), ainsi que la grecque, Nana MOUSKOURI, mais un jeune harmoniciste, Bob DYLAN. Cependant, la montée des Beatles, à cette époque, va amenuiser le succès de Harry BELAFONTE.
Au début des années 50, Harry BELAFONTE rencontre le Docteur Martin Luther KING (1929-1968) dont il devient un des fervents soutiens et grand ami. La relation amicale qu'il entretient avec Nelson MANDELA (1918-2013) lui donne la satisfaction de recevoir le leader sud-africain lors de sa visite aux États-Unis. Harry BELAFONTE a consacré sa vie à unir les gens et à se battre pour des justes, pour la Fraternité. Il estime que l’intégration raciale est un problème qui ne se limite pas aux Etats-Unis, mais devrait concerner le monde entier «C’est la fusion de différentes cultures et par l’essor culturel dans les nouvelles républiques du monde que les gens seront plus aptes à se comprendre mutuellement et apprendront à régler leurs problèmes individuels d’une façon plus intelligente et plus directe» dit à Paris, Harry BELAFONTE, accompagné de Martin Luther KING, pour son concert en France du lundi 3 mars 1966.
Harry BELAFONTE a dédié sa vie de nobles causes humanitaires et pacifiques. En 1960, il est nommé Consultant culturel dans le «Corps pour la Paix» par le président John Fitzgerald KENNEDY (1917-1963). Il sera un fervent défenseur de la justice, se battra contre toute forme d'injustice, d'inégalité et encouragera les artistes à s’engager dans cette voie. «J’ai toujours été curieux au sujet des pauvres, des personnes privées de leurs droits. J’ai toujours été attiré par l’histoire et les inégalités de la condition sociale – les pauvres, les Noirs, les Juifs. Dans mes premières années, étant élevé dans la pauvreté et vivant de plein fouet le racisme, j’ai vu se développé en moi un instinct. Tout cela avait un impact sur ma vie et je ne pouvais pas le contrôler.  Les premières influences ont été des artistes qui ont utilisé leur don et leurs talents pour explorer les inégalités et influencer l’issue de la condition sociale. J’ai toujours été frappé par Charlie Chaplin, parce que c’était un gars qui prenait le sujet de la pauvreté, par exemple en traitant d’un pauvre clochard face au choc de l’animosité sociale, et il faisait cela avec un talent et un humour incroyable. Et son délire contre la pauvreté a attiré les spectateurs ; tous ceux qui l’ont vu ont vu un peu d’eux-mêmes dans ce qu’il a fait. Quand je suis allé voir des pièces de théâtre et des films et que j’ai vu des choses qui parlaient des conditions dans lesquelles nous vivions, je découvrais enfin le sens et la ligne conductrice de ma vie. Et une fois lancé dans le monde de l’art, j’ai développé un style d’expression pour dire quelque chose, dire quelque chose de valable, dire quelque chose qui aidait la condition sociale» écrit-il dans ses mémoires
Opposé au colonialisme et aux préjugés raciaux, cet engagement, sans concession, Harry BELAFONTE le poursuit également à travers sa carrière cinématographique, comme dans «Bright road», «Odds Against Tomorrow» ou encore «White Man’s». Son premier rôle, au cinéma, aux côtés de l’actrice, Dorothy DANDRIDGE (1922-1965), est en 1953, dans «Bright Road». Les deux comédiens ont, en 1954, joué dans «Carmen Jones», une comédie musicale d’Otto PREMINGER (1905-1986), un réalisateur américain né en Ukraine ; ce film est inspiré d’un opéra du compositeur français, Georges BIZET (1838-1875). «Carmen Jones», une version sudiste, avec des acteurs noirs, quoique présenté à Cannes en 1955, sera interdit de diffusion en France jusqu'en 1981, par une action en justice, officiellement, pour «détournement», intentée par les héritiers des librettistes originaux. Cette adaptation d’Otto PREMINGER a été considérée comme un «attentat» contre une création artistique française. «La Carmen de Bizet a changé de nationalité, de couleur et d'atmosphère. Les personnages sont devenus des Nègres» écrivent les «Lettres françaises». En effet, pleine période coloniale et ségrégation raciale, Otto PREMINGER a eu l’audace de son film, de mettre en valeur des Noirs : «L'enjeu était d'importanceDepuis très longtemps, dans la culture du cinéma, régnait le grand mythe selon lequel la meilleure garantie d'un échec économique était de faire un film avec des Noirs. Otto Preminger n'était pas de cet avis. Il est allé contre le courant, en montrant des Noirs intelligents, dignes» dira Harry BELAFONTE. En revanche, Harry BELAFONTE, a décliné un rôle dans «Porgy and Bess», un opéra créé en 1935 par George GERSHWIN (1898-1937), et adapté au cinéma par Otto PREMINGER, parce que ce rôle était empreint de préjugés raciaux. «Bess et Porgy» est considéré par la communauté noire, comme l’opéra «le plus insultant, le plus dégradant des actes qu’il soit possible de perpétrer contre les Américains de couleur des temps modernes» écrit en 1952 un journal de Baltimore. George GERSHWIN s’est défendu d’avoir pastiché la musique de la communauté noire, en pleine lutte pour les droits civiques : «J’ai fait en sorte d’utiliser les qualité de cette race : son sens du drame et de l’humour, ses croyances superstitieuses et sa ferveur religieuse, son instinct de la danse et son entrain débordant» dit le compositeur.
En 1969, Harry BELAFONTE a participé au «Coup de l’escalier» (Odds Against Tomorrow), un film de Robert WISE (1914-2005), abordant le thème du racisme au travers d’une lutte à mort entre un ex-flic haineux, Robert RYAN (1909-1973), et un musicien de jazz noir, Harry BELAFONTE, réunis malgré eux pour commettre un hold-up. Dans ce film, Robert RYAN, interprète une crapule vieillissante, odieuse et pathétique, dont le racisme viscéral déclenchera la catastrophe finale, une explosion parmi les plus célèbres de l’histoire du cinéma et une conclusion à l’ironie féroce, attention «spoiler» : personne de pourra identifier les corps carbonisés des deux ennemis mortels, distinguer le Blanc du Noir. «Le Coup de l’escalier» n’est pas un film à thèse, mais une œuvre profondément pessimiste où le racisme est une «erreur» ou «une faiblesse», parmi tant d’autres. A travers les souffrances, les fragilités, un instinct de survie domine ce film noir, une chronique tragique d’une société à l’agonie, au bord de l’implosion, rongée par l’individualisme, les pulsions humaines et le racisme.
Harry BELAFONTE apparaît, en 2018, dans un film de Spike LEE, «BlacKkKlansman, j’ai infiltré le Ku Klux Klan», en qualité de pionnier des droits civiques des personnes âgées. C’est une histoire relatant le lynchage, à Waco, le 15 mai 1916, de Jesse WASHINGTON, un jeune Noir de 17 ans, accusé de viol d’une Blanche. Harry BELAFONTE milite très activement pour un engagement des artistes : «Les artistes ont une responsabilité morale, sociale et personnelle. Ils ont aussi le droit de faire ce qu'ils veulent. Ou dire ce qu'ils veulent. Mais je crois vraiment que l'art dans son expression suprême, c'est de servir et d'instruire la société. Et veiller à son développement» dit-il. «Une grande partie de ce que j’ai compris, en tant qu’activiste, a été apprise des artistes qui m’ont précédés et qui ont fortement influencés mes convictions. Paul Robeson a dit dans les premières années de mon enseignement: «Les artistes sont les gardiens de la vérité.» J’ai pensé que c’était un concept très lourd jusqu’à ce que j’examine ce qu’il disait et ai découvert qu’il y avait plus de validité dans cette idée que nulle part ailleurs. Les artistes traitent toujours des expériences de vie et parlent dans la forme choisie pour le bien-être de l’humanité. Écrivains et peintres, expressionnistes et chanteurs ont toujours creusé dans l’expérience humaine et ont toujours raconté des histoires de l’expérience humaine. De nos jours, grâce à la nouvelle technologie, les artistes ont la capacité d’avoir un rôle plus dominant dans la formation de la pensée sociale : et je profite pleinement de ce fait !» écrit-il dans ses mémoires.
Il s’est fortement engagé dans des causes humanitaires, notamment contre la guerre et la famine en Afrique. Ambassadeur de bonne volonté de l’UNICEF depuis 1987, il est à la base d’une association «USA pour l’Afrique» à la suite d’une grande famine en Ethiopie entre 1983-1985.
Dans sa vie privée, Harry BELAFONTE s’est d’abord marié à Marguerite BYRD, de 1948 à 1957. Ils ont eu deux filles : Adrienne et Shari, une photographe et mannequin. Après une liaison avec l’actrice Joan COLLINS, il épouse en deuxièmes noces, de 1957 à 2008, Katherine DUNHAM COMPANY ; ils ont eu un fils, David (mannequin, acteur producteur et directeur de la société familiale des Belafonte), et une fille, Gina, actrice, coach et productrice de films. Depuis avril 2008, Harry BELAFONTE a épousé Pamela Frank, une photographe. Harry BELAFONTE a cinq petits-enfants : Rachel, Brian, Maria, Sarafina et Amadeus.
Au cours de sa longue et riche carrière, Harry BELAFONTE a remporté trois Grammy Awards, y compris un Grammy Lifetime Achievement Award, un Emmy Award et un Tony Award. En 1989, il a reçu le Kennedy Center Honors. Il a reçu la médaille nationale des arts en 1994. En 2014, il est récipiendaire le prix humanitaire Jean Hersholt, lors de la 6e cérémonie annuelle des Governors Awards de l'Académie.
Références bibliographiques très sélectives
BELAFONTE (Harry), My Song : A Memoir of Art, Race and Defiance, New York, Vintage Books, Random House, 2012, 518 pages ;
CL (M.), «Sing your Song : L’engagement politique de Harry Belafonte», Le Monde, 10 septembre 2011 ;
DEVIS (Pierre), «Harry Belafonte relance la Bamba pour défendre les droits civiques», Combat, 28 mars 1966, 4ème année, n°6770, page 9 ;
FOGELSON (Genia), Harry Belafonte, Los Angeles, CA Melrose Square Publishing Company,  1991, 230 pages ;
PETROLOPOULOS (Anoula), «Harry Belafonte le Noir n’était pas mon métier, mais une réalité», Terre de Compassion, 23 mars 2018 ;
RAYMOND (Emilie), Stars for Freedom. Hollywood, Black Celebritries, and the Civil Rights Movement, 2015, The University of Washington Press, 311 pages, spéc « Harry Belafonte and the Northen Liberal Network», pages 75-112 ;
SMITH (Judith, E.), Becoming Belafonte : Black Artist, Public Radical, Austin, University of Texas Press,  2014, 378 pages ;
SOTINEL (Thomas), «Harry Belafonte : Les artistes noirs ont capitulé», Le Monde, 7 août 2012 ;
STEIRMAN (Hy), Harry Belafonte : His Complete Life Story, Himan Periodicals, 1957, 74 pages.
Paris, le 1er mars 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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24 octobre 2021 7 24 /10 /octobre /2021 20:24
«Amadou Hampâté BA, le Sage de Bandiagara et son héritage : les journées de l'université d'Évry du 19 au 22 octobre 2021» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Sous le patronage de M. Abdoul Hamet BA, maître de conférences et chef du Département d’histoire à l’université d’Evry, et de notre ami Foulo BASSE, longtemps Directeur général des services de cette université des journées sur l’héritage d’Amadou Hampâté BA ont été tenues du 19 au 22 octobre 2021 à l'université d'Évry, dans l'Essonne, sous les signes de la conscience du visionnaire, de la tolérance, de la paix. Etaient également et notamment présents : Thierno Monémembo DIALLO, écrivain guinéen, Prix Renaudot en 2008 et Cheikh M’Backé DIOP, fils de Cheikh Anta DIOP, ainsi que M. Saliou DIALLO, président du mouvement Equité, luttant pour la diversité en politique.
L’Homme est un vivant parmi les vivants. Il ne faudrait perdre ses racines, tout en conservant la capacité d’entrer en contact l’autre, un Sage habité par des paraboles. Il faut reconnaître que j'étais intimidé par cette rencontre avec les différentes sommités intellectuelles et Mme Roukiatou Hampâté BA fille cadette d’Amadou Hampâté BA et présidente de sa fondation.
Ne serait-ce tout d'abord parce que j'ai un nom particulièrement lourd à porter, Amadou BA. Bien des personnes me disent que si elles recherchent mes articles sur Médiapart, ThieyDakar ou mon blog, tombent sur Amadou Hampâté BA (1901-1991), cet extraordinaire gardien de la tradition orale. «En raison de l’importance des sources orales authentiques puisées et recueillies par Amadou Hampâté Bâ, l’accueil de ces messages par nos contemporains témoigne de l’actualité et de la pertinence des idées qu’il a toujours défendues et des valeurs essentielles d’humanisme, de respect de la différence, de l’esprit d’ouverture et de la passion du savoir. Pour construire l’avenir, il nous disait qu’il faut se fonder sur le socle culturel du passé et estimait que les idées et les valeurs positives, essentiellement humanistes, doivent être préservées, revivifiées et transmises. Tous les Africains sont donc redevables au génie d’Hampâté Bâ» estime Roukiatou Hampâté BA.
Ensuite parce que mes travaux de recherche portent sur le bien-vivre ensemble. Bien que nous venons de célébrer le 15 mai 2021, en grandes pompes les 30 ans de la disparition de Amadou Hampâté BA (voir mon article) on mesure combien ce poème de Birago DIOP (1906-1989), «les morts ne sont pas morts» est d'une puissance symbolique. On dit, à la veille de ces présidentielles en France d'avril 2022, que les forces du Chaos auraient le vent en poupe, le colonialisme, l'esclavage et la Françafrique ce serait des concepts dépassés. Il faudrait donc que les racisés rentrent dans les rangs et s'assimilent. Comme dans les années 30, au moment de la naissance de la Négritude, on agite, plus que jamais les peurs irrationnelles, «le grand remplacement», les menaces sur la laïcité, le terrorisme et une prétendue identité chrétienne et monochrome d'une France éternelle fantasmée, n'ayant jamais existé. Dans ce climat délétère de lynchage, les messages d’Amadou Hampâté BA de tolérance, de respect mutuel et de l'éloge d'une tradition vivante et progressiste sont, plus jamais, d'actualité et raisonnent très fort. Le message d’Amadou Hampâté BA est un viatique pour les générations actuelles et à venir de l'Afrique et de ses diasporas. Amadou Hampâté BA est un remarquable avocat de la tolérance, et donc de la cause de l’Homme. Si l'arc en ciel est merveilleux c'est en raison de la diversité de ses couleurs. Le multiculturalisme loin d'être un repoussoir est un atout majeur pour le bien-vivre ensemble. Par ailleurs, et selon Amadou Hampâté BA, toute Vérité est relative. Au lieu d'opposer sa vérité à celle des autres, il faudrait apprendre à dialoguer et s'enrichir des autres.
Un individu qui n'a pas de conscience de soi, de sa culture et de son identité, qui n'est pas en paix avec lui-même et qui ne sait pas qui il est, rempli de colères stériles est incapable d'entrer en contact de façon harmonieuse avec l'autre. Aimer soi-même et se respecter n'a jamais voulu dire haïr les autres. Si les Africains étaient ignorants d’eux-mêmes, ils seraient étrangers à leur être, sans boussole. Pour les Peuls, se connaître soi-même est la meilleure de toutes les connaissances.
Enfin, il ressort de cet héritage d’Amadou Hampâté BA, que les diasporas africaines devraient conserver leurs valeurs d'humanisme, notamment de solidarité, de partage, de considération pour les aînés et les anciens et surtout une vie en harmonie avec la Nature. En effet Amadou Hampâté BA est un écologiste avant, comme les Africains des temps anciens. Amadou Hampâté BA estime que la tradition est «vivante» ; loin d’être exotique ou folklorique, encore moins un musée à ciel ouvert. Le temps évolue et donc la tradition doit évoluer en fonction de son époque. Progressiste, Amadou Hampâté BA estime qu’il ne faudrait pas opposer la tradition au modernisme. La tradition porte en elle-même les germes du progrès. Par conséquent, ce qui stagne est appeler à pourrir ; il faudrait donc conserver les coutumes progressistes, les faire évoluer avec notre temps, combattre et abandonner les coutumes rétrogrades. C’est une exigence que d’éduquer les femmes, qu’elles prennent la parole et refusent l’obscurantisme. Les valeurs africaines d’humanisme et de sacralité sont fondamentales et universelles.
Amadou Hampâté BA recommande également de s'ouvrir aux autres, et prendre ce qui a de bon en eux. C'est à titre dans cette campagne des présidentielles d’avril 2022 que je ne cesse de réclamer à Mme Anne HIDALGO, ma candidate, une Maison d’Afrique à Paris. Chaque société a ses codes et ses usages, ses lieux économiques politiques et culturels ainsi l'information stratégique. Cette Maison d’Afrique ce serait un lieu de dialogue des cultures, pour une égalité réelle. Amadou Hampâté BA disait aussi qu'il ne faut pas bêler à la place d'une chèvre en sa présence. En d'autres termes, tout ce qui est fait sans nous est contre nous. Par conséquent, cette initiative de l'université d'Évry des journées Amadou Hampâté BA est donc particulièrement heureuse et louable. «Ce fut une très belle initiative de l’Université d’Evry, organisée dans le prolongement de la relation séculaire d’amitié qui unit Hampâté Bâ à la France, qu’il a découverte grâce à une bourse de l’Unesco. Une relation faite d’amour profond, de respect mutuel et de reconnaissance», estime Roukiatou Hampâté BA. En effet, en 2016, l'entrée de Alain MABANCKOU au collège de France avait soulevé un engouement et un espoir sans limites. Et puis tout est retombé comme un soufflet. Pire, les voix qui s'expriment à la veille de ce scrutin majeur des présidentielles de 2022, avec une grande complaisance d'une centaine presse, sont celles de la haine, de la discorde et du chaos. Aussi je ne cesse de réclamer des études africaines dans les universités françaises. Quand les liens sont distendus, l’objet de ces études africaines est de comprendre pour renouer un dialogue fructueux.
Par ailleurs, Amadou Hampâté BA estime qu’on ne peut pas, comme pour les Croisades, rendre responsables tous les Français de la colonisation. La colonisation est un fait révolu ; il y a eu des abus, la cruauté n’étant pas le privilège d’un peuple. Il estime que grâce à la langue française, devenu «un butin de guerre», suivant l’écrivain KATEB Yacine (1929-1989) il a pu transcrire, par écrit, la tradition orale africaine, menacée de disparition, la bibliothèque aurait brûlé. Dans ce monde globalisé, tout s’écrit et ceux qui n’écrivent pas, leur raison est perdue. Il n’en demeure pas moins que Amadou Hampâté BA se disait anticolonialiste, un système, par principe, de hiérarchisation des cultures. «Mon père disait que son cœur est trop petit pour faire la moindre place à la haine qui détruit. C’est l’amour qui présidait à tous les actes qu’il posait, à toutes les pensées qu’il développait. Hampâté Bâ disait aimer la France ! Il estimait que la colonisation s’est bâtie au détriment des cultures africaines et parfois avec des violences physiques ou psychologiques et tous leurs impacts, il dénonçait le principe même de la colonisation, mais – en même temps – il n’avait aucun ressentiment envers la France. Pour lui, la colonisation est un fait et un fait révolu. Si on doit aujourd’hui l’évoquer au risque d’accentuer encore des blessures et d’inciter ceux qui la dénoncent à être aussi haineux, c’est une démarche regrettable. L’abus, les excès, la cruauté ou la bêtise ne sont pas l’apanage d’un peuple et il faut donc éviter de frapper toute une communauté, en rendant ses membres responsables des maux que d’autres ont commis dans le passé» dit Roukiatou Hampâté BA. Les relations entre la Franc et l’Afrique «doivent être des relations d’amitié, de respect mutuel et de partage de toutes les valeurs positives que l’on vient d’évoquer» dit-elle.
Evry, le 22 octobre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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20 septembre 2021 1 20 /09 /septembre /2021 19:04
«Abdoulaye M’BOUP (1937-1975), chanteur et compositeur, moraliste de l’ère senghorienne, un artiste du roman national sénégalais» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Auteur-compositeur, chanteur à la voix d’or, moraliste et poète, artiste emblématique des années SENGHOR et du début des indépendances, Abdoulaye M’BOUP, communément appelé «Laye M’BOUP», est tragiquement décédé, le 23 juin 1975, dans un accident de la route, sur la route de Dagana. Ce jour-là trois accidents meurtriers ont été dénombrés dans cette zone : «Le 3ème accident a eu lieu le lundi 23 juin 1975, vers 18 h, sur la route nationale 3, à quelques mètres de l’embranchement Richard-Toll – Rosso. Une 403, à bord de laquelle avait pris place, depuis Saint-Louis Laye M’Boup, a fait des tonneaux, après l’éclatement de sa roue arrière. Evacué sur le centre de santé de Richard Toll, Laye M’Boup devait s’y éteindre, quelques minutes après son arrivée, des suites de ses graves blessures» écrit Elhadji N’Gary BA. Une mort soudaine qui a surpris et jeté dans la consternation incommensurable le peuple sénégalais, une disparition en pleine gloire.  «La réalité est vaine lorsqu’il s’agit de partir du néant, du vide brutal pour resusciter une vie. (…). Abdoulaye M’Boup est mort. Il est mort ! Toute raison vacille devant une disparition aussi brutale, aussi imprévisible, le mot est absurde, mais il est correct. Il est à sa place imprévisible. Imprévisible ! Ceux qui ont connu ce garçon me comprennent. Il y avait eu tant de vies en lui. Aucune place pour la mort ! Vraiment. Pourtant Dame Mort l’a saisi ! Elle l’a saisi en plein vol, en pleine ascension. Inflexible, brutale, inhumaine»  écrit Jean-Pierre LEURS, metteur en scène à Sorano. «Voici qu’une main lourde frappe la grande famille de la culture. Un accident de la circulation absurde, brutal, inattendu comme toujours, vient d’arracher Abdoulaye, dit Laye M’Boup à notre estime et à notre admiration» écrit Alioune SENE, (1932-2005), ministre de la culture, de 1970 à 1978. En effet, Abdoulaye M’BOUP en tournée avec la troupe du théâtre national Daniel Sorano, en Casamance, au Sénégal oriental, puis dans la région du fleuve, à Richard Toll, il devait se rendre à Dagana. Il s’était, par la suite, détaché du groupe pour se rendre à Saint-Louis. C’est pendant qu’il retournait auprès de ses collègues, à bord d’un taxi, qu’il est mort dans un accident de la route. Cette escape a soulevé de nombreuses supputations, parfois malveillantes ou fantaisistes, mais ce n’est le sujet de cet article. «La veille de sa mort, dans le cadre d’une tournée de l’Ensemble lyrique à laquelle il participait si pleinement, Abdoulaye M’Boup chantait encore la vie et la mort, chantait l’espoir. En disparaissant ainsi dans la plénitude de ses possibilités, le ténor à la voix chaude et prenante nous laisse sur notre faim» écrit Alioune SENE, Ministre de la culture. Laye MBOUP, estimé de ses collègues de Sorano, l’avaient nommé délégué auprès de leur employeur. Aussi, le théâtre national Daniel Sorano, où son cercueil a été exposé le 24 juin 1975, lui a rendu un vibrant hommage, après sa disparition, devant une foule immense, et en présence notamment de M. Alioune SENE, ministre de la culture, Ibrahima DEME, attaché de presse à la Présidence, Tidiane Daly N’DIAYE, conseiller à la Primature et Maurice Sonar SENGHOR, Directeur de Sorano «Ceux qui l’ont connu sur les planches ont été conquis par son élégance, ses gestes mesurés» écrit Djib DIEDHIOU.
Abdoulaye M’BOUP, une météorite, disparue, prématurément, à l’âge de 38 ans, un artiste talentueux, déchiré entre la tradition et la modernité, une force créatrice dans les audaces de ses compositions, est devenu un mythe. «Une vie courte, mais intense et glorieuse», tel est le choix, dans la mythologie grecque, d’Achille, fils de Thétis. Artiste marquant des années de SENGHOR, Laye M’BOUP occupe une place de choix dans la mémoire des Sénégalais. En effet, Laye M’BOUP, de par son travail et son génie, est resté dans la mémoire et le cœur des Sénégalais. La musique étant une confidence du cœur, les chansons de Laye M’BOUP faisant l’éloge du Sénégal éternel, nous enchantent encore, et plus que jamais. «Il fut moraliste et poète, profondément attaché aux traditions sociales de son pays, à ses hommes et à son développement ; le moraliste se confond toujours au poète, au philosophe, au militant d’un développement efficace de son pays» écrit dans son hommage, Jean-Pierre LEURS, metteur en scène au théâtre national Daniel Sorano.
Pourtant et en dépit de ces éloges plus que bien mérités, il n’y a pas encore eu de biographie, à ma connaissance, sur la vie d’Abdoulaye M’BOUP. Des émissions de télévisions ont été conduites, si elles apportent quelques éclairages sa vie, ces initiatives louables ont été parasitées par différents éléments réduisant ainsi leur qualité et portée. Il subsiste un doute sur sa date de naissance. Dans cette émission télévisée, sa naissance est l’année 1929. Or d’autres sources concordantes estiment que Laye M’BOUP est né le 27 février 1937 à Dakar. Jean-Pierre LEURS situe sa date de naissance au 27 juin 1937 «Il est mort, alors que dans trois jours, le 27 juin 1975, il allait fêter ses 38 ans» écrit-il dans son hommage. Par conséquent, la date la plus plausible de naissance de Laye MBOUP est le 27 juin 1937.
Laye M’BOUP a baigné, depuis son enfance, dans une ambiance artistique et une immense piété familiale «L’homme, artistiquement et socialement parlant, était attachant à plus d’un titre. De l’art, il avait, en effet, une passion native, un amour qu’il élevait presque au rang d’un culte et des relations humaines, un sens aigu, sous-tendu par une aptitude toute naturelle. Les plaines immenses et ensoleillées, les terres fertiles du Diander qui l’ont vu grandir et mûrir, avaient certainement favorisé en lui, et en même temps que cette grande générosité qui était l’un de ses traits dominants, cet attachement quasi mystique aux joies simples de la vie quotidienne» écrit, dans son hommage, Alioune SENE, Ministre de la culture. Son père El Hadji M’BOUP, ancien combattant de la Première guerre mondiale, l’avait inscrit à des études coraniques, d’où sa grande rigueur morale et son grand attachement aux valeurs traditionnelles du Sénégal. Sa première chanson, «Seyni Baaye Samba», est consacrée à sa mère, Seyni NDIAYE. Abdoulaye M’BOUP était un héritage une religion, et descend d’une longue lignée de griots. «Le chant pour Laye M’Boup était un héritage et une religion, parce que sa mère, Seyni Ndiaye, était une grande chanteuse de Ndiam. Une religion, parce qu’il croyait avec cette ferveur, cette fougue, cet acharnement presque obstiné qui parfois donnait à penser qu’il élevait son talent à la hauteur d’une vaine prétention. Simple conviction d’un génial compositeur qui avait la pleine maîtrise de son talent de chanteur aux variations multiples» écrit Jean-Pierre LEURS, dans son hommage.
Laye M’BOUP était marié à Kardiata SENE et à Fatou Talla N’DIAYE. Il a eu seize enfants, notamment avec Nafi N’DIAYE, mère de Coura M’BOUP.
Laye M’BOUP avait une conception engagée de l’artiste, au service de l’édification d’une nation sénégalaise et de la résurgence des valeurs morales, pour une musique, authentiquement sénégalaise.
I - Laye M’BOUP, un artiste à l’aube des indépendances,
militant de la cause du Sénégal, pour son identité nationale à construire
Laye M’BOUP a démarré sa carrière de chanteur, en 1966, au sein de l’Ensemble Lyrique rattaché au Théâtre national Daniel Sorano. Son premier succès a été «Guédji N’gala Rir». En raison de ses talents, il sera vite propulsé au-devant de la scène : «Ses dispositions naturelles pour la composition, comme pour l’exécution, ne tardèrent pas à le projeter sur l’avant de la scène artistique, d’abord tout naturellement à Sorano, puis ensuite dans nos régions et dans les pays amis où le Sénégal organisait des semaines culturelles» écrit Alioune Badara SENE (1932-2005). Laye M’BOUP est donc membre à l’ensemble national lyrique composé de 45 artistes, reflétant la diversité ethnique et professionnelle du Sénégal, mais profondément enracinés dans la tradition. La mission de cet ensemble lyrique est, notamment de «représenter, au mieux, la diversité culturelle et le génie créateur du peuple sénégalais» écrit Maurice Sonar SENGHOR. En effet, Maurice Sonar SENGHOR (1926-2007), déniche des talents, dont Laye M’BOUP et Yandé Codou SENE (1932-2010), des chants sérères, Lalo Kéba DRAME (1926-1974), des chants mandingues dont «Coura M’Bissane». C’est l’époque également, où les antennes de la radio sénégalaise sont ouvertes à cet ensemble national lyrique, mais aussi, pour les artistes peuls, à Samba DIOP et son Lélé et Guélaye Aly FALL, pour le Pékane, ou le chant des pêcheurs. Par conséquent, l’influence de son passage à l’Ensemble Lyrique est considérable : «Cette immense scène de théâtre en rond, dans le plus grand style négro-africain, donnera peut-être à Laye M’Boup sa vocation dès sa plus tendre enfance. Parce que le théâtre complet lui léguera aussi un art riche et varié. Jailli de notre pur fond culturel traditionnel : des chansons aux accents graves, mélancoliques, exaltant tour à tour le sentiment patriotique, les vertus de la construction nationale, la qualité de la Femme, l’amour filial, célébrant aussi le culte des grands disparus», écrit dans son hommage à Sorano, Alioune SENE, Ministre de la culture.  
Laye M’BOUP ne faisait pas de la Politique, il ne débitait pas des slogans politiques flagorneurs, mais ses chansons ont un impact politique considérable, en participant ainsi à l’édification d’une conscience nationale. Laye M’BOUP «n’est jamais tombé dans la flagornerie. Il voulait, au contraire apporter sa contribution à la construction de la nation sénégalaise. Certaines de ses chansons exhortaient ses compatriotes à l’action utile ou conseillaient le retour aux sources» écrit Djib DIEDHOU, dans le journal «Le Soleil». Cependant, Laye M’BOUP, un artiste des débuts de l’indépendance, avait été recruté en qualité d’ouvrier à Sorano et à la grande mosquée de Dakar. C’est Elimane N’DOUR, le père de Youssou N'DOUR, qui l’a formé au métier de soudeur. «A ses moments libres, il allait travailler avec un groupe de musiciens de variétés. Il venait ainsi de se lancer dans une grande tâche : adapter les airs traditionnels à la musique moderne» écrit Djib DIEDHIOU. Il évoluait donc dans une ambiance nourrie par l’idéologie senghorienne, le fondateur de la nation sénégalaise. Moraliste et nationaliste, «Chanteur de renom, attaché au sol natal. Abdoulaye M’Boup s’était engagé sur une voie à laquelle le prédestinaient ses convictions religieuses inspirées par de solides études coraniques. Il fut un moraliste, un poète, profondément attaché aux traditions sociales de son pays, à ses hommes et à son développement» écrit Jean-Pierre LEURS. La Politique, au sens de l’art de gérer la Cité, et la culture sont intimement liées : «L’homme, par le seul qu’il existe et qu’il se pense en tant qu’homme, dément la fatalité de sa condition. Ce pouvoir, l’artiste l’affirme avec force, qui non seulement développe sa propre vision du monde, mais sait la partager à d’autres ; le Grand Homme l’affirme également, qui perpétue par l’Histoire ses actes exemplaires» écrit André MALRAUX (1901-1976) dans «La Politique et la culture». Effet, Laye M’BOUP est un artiste charismatique d’un Sénégal nouvellement indépendant, aux intonations griotiques et aux envolées lyriques exceptionnelles, doté d’un engagement marqué pour la cause de son pays. Laye M’BOUP est un chanteur des quinze premières années de l’indépendance, à l’époque de la présidence du fondateur de la Nation sénégalaise, Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001), marquée par un renouveau culturel et artistique. L’ensemble lyrique, une des composantes du théâtre national de Daniel Sorano est doté de «répertoires essentiellement tournés vers des œuvres aboutissant, soit à la prise en compte de nos valeurs traditionnelles, soit à la réflexion portant sur des sujets spécifiques à la nation sénégalaise en gestation, soit encore à la diffusion d’idées propres à la reconversion des mentalités aux réalités nouvelles» écrit Maurice Sonar SENGHOR (1926-2007), directeur du théâtre Sorano, dans ses «Souvenirs de théâtres d’Afrique». En effet, pour le président-poète, SENGHOR, la culture et l’identité culturelle sont le fondement et le cœur du processus de développement «L’Etat assigne à la politique culturelle, la vocation d’exprimer et de forger , tout à la fois, une identité nationale, cette politique tout naturellement s’incarnera dans les institutions culturelles, voulues créées et entretenues par les pouvoirs publics» écrit Momar Coumba N’DIAYE, dans le «Sénégal contemporain».
En définitive, Laye M’BOUP est un artiste qui a considérablement participé à l’écriture du roman national sénégalais «On était envoûté par cette voix qui faisait resurgir dans les mémoires la bravoure et les chevauchées des guerriers d’antan : Lat-Dior, Bouna N’Diaye. L’homme avait séduit par la seule magie du poste-transistor.» écrit Djib DIEDHIOU. «Sénégal, Sunu Gaal» ou «Sénégal, notre pirogue» de 1972, participe, par conséquent, à cette écriture du roman national sénégalais, en glorifiant ce grand petit pays. Suivant Léopold Sédar SENGHOR, ayant instauré un Parti unique, l’Union progressiste sénégalaise, le pays est embarqué, dans la pirogue, dans une lutte pour le développement ; chacun doit donner sa contribution à la cohésion et à l’effort national, en ramant, non pas à contre-courant, mais dans le même sens. Par ailleurs, le Sénégal est un pays de «Téranga», d’hospitalité, les étrangers sont si bien accueillis qu’ils finissent par oublier de repartir chez eux. Cependant, l’étymologie du nom Sénégal est controversée. Cette version mythique et idyllique de SENGHOR, permettant de consolider la nation sénégalaise, est inspirée de l’abbé David BOILAT (1814-1901), un métis franco-sénégalais, dans ses «Esquisses sénégalaises», faisant fi de la longue histoire du peuple sénégalais, se place dans la logique coloniale, avant l’idée que le Sénégal serait d’abord «découvert» en 1364 par les commerçants de Dieppe, puis en 1446, par Denis FERNANDEZ, un navigateur portugais, «le premier Européen, qui passa l’embouchure du Sénégal, et lui donna ce nom facile à expliquer, quand on connaît la langue Wolof, car il l’appelle «Sanaga» ou «Sénégal». Il paraît évident qu’il dut demander au premier piroguier qu’il rencontra le nom du fleuve et lui répondit «Samma Gal» ou mon bateau, ou bien «Sougnou Gal», nos bateaux» écrit-il. Mais ce récit de l’abbé David BOILAT que SENGHOR tente d’accréditer, maintenant largement accepté, est contestée par certains chercheurs. En effet, pour Théodore MONOD (1902-2000) et d’autres chercheurs, Denis FERNANDEZ n’a pas débarqué à Saint-Louis en 1446, et le Sénégal serait tiré du nom d'une tribu berbère du Sahara, «Sénéga» ou «Sanaga». Ils se fondent sur un manuscrit en latin d’un Portugais, Diogo GOMES (1420-1502), découvert par un Allemand et traduit en français en 1959, qui précise que c’est un voyageur génois, Lanzarotto MALOCELLO (1270-1336), qui aurait fait adopter ce nom, d’une tribu maure, au XVIème siècle.
Riche de cet héritage culturel, Laye M’BOUP a su y apporter sa talentueuse touche personnelle «Laye M’Boup c’était une synthèse vivante d’un art aux facettes multiple, qui avait le don, sans rompre avec les exigences de l’harmonie, de s’appuyer à la fois sur le passé et le présent. On s’est interrogé parfois sur ses capacités de création, sur la richesse de son répertoire, bref sur sa puissance de renouvellement. On a ensuite tenté d’expliquer cela par les traditions lointaines d’un milieu familial dont les diverses générations surent apporter dans nos chansons une contribution fort enrichissante. Mais la tradition, à elle seule, ne peut tout expliquer. Elle ne serait que si peu de chose sans le talent allié à cette grande volonté de Laye M’Boup» écrit Alioune SENE, Ministre de la culture. Homme de son temps, Laye M’BOUP en sociologue et historien, a su capter et restituer par son art, une fidèle peinture du Sénégal, dans la deuxième moitié du XXème siècle.
«Lat-Dior» est l’une des importantes chansons de Laye M’BOUP, dans ce roman national sénégalais, glorifiant le Damel du Cayor et participant ainsi à en faire un héros national. «On est envoûté par cette voix qui faisait resurgir dans les mémoires la bravoure et les chevauchées des guerriers d’antan» écrit Djib DIEDHOU, dans le journal «Le Soleil». En effet, Léopold Sédar SENGHOR, un président modéré et particulièrement favorable aux intérêts de la France, comme d’ailleurs son premier ministre et successeur, M. Abdou DIOUF, ont réécrit l’Histoire, en imposant Lat-Dior DIOP (1842-1866), comme un héros du Sénégal. Des résistances héroïques ont été occultées, notamment celles des Jihadistes, El Hadji Omar TALL (1794-1864) et Maba Diakhou BA (1809-1867), sont de mentors de Lat-Dior. Le colonisateur, dans son entreprise de domination a tenté d’insuffler le complexe d’infériorité, en falsifiant l’histoire africaine. Le résistants africains, présentés comme de vulgaires roitelets, sanguinaires et assoiffés de pouvoir, des tyrans et cupides, à défaut d’être discrédités, ont été volontairement oubliés. Laye M’BOUP s’inscrit donc dans ce roman national du Sénégal, tel que l’ont conçu les pères de l’indépendance, une histoire lisse ne remettant pas fondamentalement le point de vue du colon. Il est constant et établi que Lat-Dior DIOP, Damel du Cayor, a combattu le colonisateur, qui l’avait détrôné, et envisageait de construire le chemin de fer traversant tout le Cayor, en vue de l’annexer ; il n’a donc pas accepté d’abdiquer, en renonçant à cette victoire totale du colonialisme. Cependant, dans ce récit, des faits majeurs ont été passés sous silence par le régime de SENGHOR. Tout d’abord, cette résistance louable, est tardive, élu Damel du Cayor, en 1861, vaincu à Loro, en 1864. D’autre part, Coumba N’Doffène DIOUF (1871-1923), le Roi du Sine, un grand collaborateur des colons, a refusé d’accueillir Lat-Dior, lorsqu’il a été chassé du pouvoir. C’est Maba Diakou BA, Almamy du Nioro du Rip, ou Badibou (voir mon article) qui a accueilli et protégé Lat-Dior DIOP durant son exil. Curieux destin, le 18 juillet 1867, jour de la bataille de Somb, Lat-Dior s’est enfui abandonnant lâchement Maba Diakhou BA son mentor. Ensuite, quand Lat-Dior retrouve son trône entre 1881 et 1882, une obsession de sa vie, il part combattre, avec les Français, Sékou Ahmadou. Enfin, c’est à partir de 1877, que Lat-Dior comprendra que le projet de chemin de fer traversant son royaume est une annexion, et se révolte contre les Français. Mais c’est trop tard, il est vaincu à Derkélé, le 26 octobre 1886, Samba Laobé FALL, neveu de Lat-Dior, un collaborateur du colon, ayant été tué à Tivaoune, le 6 octobre 1886.
La chanson «Jaraaf» diffusée à la radio sénégalaise, comme générique des matches de football, est bien populaire. Le «Jaaraf», un club de football de Dakar, créé le 20 septembre 1969, dont l’ancêtre est le «Foyer France Sénégal», a fait de cette chanson son hymne. Le «Jaraaf» est surtout un titre de l’aristocratie ouolof, chez les Sérères, un vice-roi ou chef du village, des royaumes précoloniaux du Sénégal, en particulier du N’Diambour. «Le Grand Jaraaf (Diourèye) devait recevoir toutes les doléances et plaintes sérieuses émanant du peuple ; il devait les exposer solennellement et souvent publiquement dans une palabre présidée par le Bourba (Roi). Le Grand Jaraaf seconde le Roi dans ses autres attributions» écrit Jean BOULEGUE (1936-2011), un historien. Pour Amady Aly DIENG (1932-2015), le «Jaraaf», mémoire et bouclier du royaume, est «un roi sans sceptre. L’importance de son pouvoir impressionne» écrit-il. En effet, Abdoulaye Bara DIOP a comparé le Grand Jaraaf à une sorte de Premier ministre. Le Jaraaf, dans la société Sérère qui est égalitaire, est un contrepoids au pouvoir absolu du Roi. «Contrairement à Rome où la royauté existait depuis le VIIIe siècle avant J.C., en milieu sérère, il n’y avait pas de pouvoir central avec un seul individu à la tête. Il y avait plutôt des patriarches qui rendaient la justice et administraient les hommes, chacun dans sa zone: ces Laman» écrit Ibrahima DIOUF.
La chanson «Lamine Gueye», en 1971, est un puissant hommage à un mentor de Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). Il faudrait replacer cette chanson dans le contexte de l’époque. Mamadou DIA (1910-2009), président du Conseil est emprisonné depuis 1962. Ses amis ont été exilés. Une chape de plomb lourde pèse sur le Sénégal. La grève de 1968 des étudiants a sérieusement secoué le régime qui a dû faire appel à la France pour rétablir l’ordre. Le prestige politique est moral de Lamine Amadou GUEYE (20 septembre 1891, à Médine, actuel Mali, 10 juin 1968, à Dakar), membre de la première et seconde constituante, député puis sénateur du Sénégal au Parlement français de 1946 à 1959, premier président de l’Assemblée nationale sénégalaise, est tel qu’à sa mort, en 1968, toutes les grèves étudiantes et des travailleurs, tous les troubles qui avaient inquiété le président SENGHOR, ont comme par enchantement cessé. Initiateur de la loi du 7 mai 1946 octroyant la pleine citoyenneté aux colonisés, mettant ainsi fin au Code de l’Indigénat, chef de la SFIO au Sénégal, maire de Saint-Louis et de Dakar, instituteur, avocat, mathématicien, directeur d’un journal, et premier docteur en droit africain en 1921, il avait défendu en 1944, les insurgés du Camp de Thiaroye, en 1947, les révoltés de Madagascar, Duguay Clédor N’DIAYE (1836-1937), maire de Saint-Louis et président du Conseil colonial, victime de violences, Cheikh HAMALLAH (1883-1943), chérif du Nioro (Mali), mort en déportation en France, et El Hadji Cheikh Anta M’BACKE, fils de Momar Anta Sally M’BACKE, des marabouts persécutés par le colonisateur. Membre du Parti socialiste et de la Ligue de Défense de la Race Noire fondée par le Sénégalais Lamine SENGHOR (1889-927), cette radicalisation inquiète les autorités coloniales. Il n’a jamais pu battre Blaise DIAGNE (1872-1934). Quand arrive l’Occupation de la France, et contrairement à Galandou DIOUF (1875-1941), député du Sénégal qui a voté les pleins pouvoirs au Maréchal Philippe PETAIN (1856-1951), il démissionne de tous ses mandats et revient au Sénégal. Aux élections de 1951, Léopold Sédar SENGHOR, allié à Mamadou DIA, qui avait choisi pour cible électorale les populations rurales, bat son mentor, Lamine GUEYE, encore resté citadin, et hors du Sénégal réel. Cependant, SENGHOR, qui a une dette à son égard, lui réserve en octobre 1961, le poste de président de l’Assemblée nationale jusqu’à sa mort.
La chanson de Laye M’BOUP «Aynina Fall», est un épisode dramatique de la lutte politique entre SENGHOR et Lamine GUEYE, avant l’indépendance. Dans cette concurrence féroce pour le leadership politique au Sénégal, entre le Bloc Démocratique sénégalais (BDS) et la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) de maître Lamine GUEYE, en vue de la préparation de la campagne des législatives de 1956, pour deux sièges de députés à pouvoir, le 23 janvier 1955, des partisans du BDS tirent sur la caravane de Lamine GUEYE en Casamance et font quatre morts. Ousmane Socé DIOP, écrivain, un proche de Lamine GUEYE, est grièvement blessé à la cuisse. Les partisans de Lamine GUEYE, lynchent et tuent Aynina FALL, un partisan de SENGHOR et un syndicaliste. En revanche, il a été bien inspiré d’être aux côtés des grévistes ; ce qui lui avait valu une grande popularité. Lamine GUEYE avait refusé de soutenir la grève des cheminots, de la ligne Dakar-Niger, qui avait paralysé le Sénégal, du 11 octobre 1947 au 19 mars 1948. Léopold Sédar SENGHOR, devenu maire de Thiès en novembre 1956, compose un poème en l’honneur de ce martyr, une «Elégie pour Aynina Fall, poème dramatique à plusieurs voix». Il y est question du courage et de la dignité de Aynina FALL, Secrétaire-Général Adjoint du BDS, le parti de SENGHOR, lynché à mort en 1956, à Thiès : «C’était à Thiès, l’autre année. Les chacals étaient réunis autour de l’hyène, et les cynocéphales. Les chacals se jettent sur lui, lui plantent leurs crocs dans le dos. Les chacals aboient. Le sang ruisselle de ses blessures profondes, qui arrosent la terre d’Afrique». SENGHOR immortalise le militant du B.D.S «Il a donné sa vie sans rupture de l’unité des peuples noirs. Aynina Fall est mort, Aynima Fall est vivant parmi nous». Le roman, «les Bouts de bois de Dieu» de SEMBENE Ousmane (1923-2007), valorise cette lutte héroïque des cheminots.
La chanson «Bouna N’Diaye» est aussi une partie du roman national sénégalais. Laye M’BOUP fait de Bouna N’DIAYE, le dernier Bourba du Djolof, avant l’annexion de son pays par les colons, celui qui a ramené la paix, la prospérité et la joie. Cependant, cette vision idyllique de l’époque senghorienne, masquant l’héroïsme du père Alboury N’DIAYE et la collaboration du fils, Bouna N’DIAYE, ne correspond pas à la réalité des faits historiques. Certes, Bouna N’DIAYE (1877-1952) avait une certaine éthique et une conception haute de sa mission «Quiconque profite des deniers d’un pays qui lui est confié ne servira jamais ce pays» dit-il. «Ceux qui ne voient rien de grand, n'engendreront rien de grand pour le Sénégal. Les âmes obscures ne sauront s'affranchir de la pauvreté» ajoute-t-il. Né à Yang-Yang et mort à Saint-Louis, Bouna N’DIAYE, homme des colons, a été investi le 17 décembre 1895. Délégué à l’Exposition coloniale de 1906, et à celle de 1931 à Paris, le 23 juin 1947, Croix de guerre avec un salaire à vie, et en récompense aux services rendus à la France, il est promu le 23 avril 1947, Grand officier de la légion d’honneur. Bouna N’DIAYE est héritier de l’empire du Djolof, fondé au XIIIème siècle, par N’Diadiane N’DIAYE, un métis arabo-peul. Si Bouna N’DIAYE a été accommodant avec le colonisateur, son père, Alboury N’DIAYE (1847-1901) a été une grande figure de résistance au colonialisme auprès de l’Almamy, Maba Diakhou BA, du Nioro du Rip, et exilé pour ce fait. En effet, en relation avec l’Almamy du Fouta, Maba Diakhou, Alboury combat les colons en 1881. Il défait les troupes de Samba Laobé FALL, le 6 juin 1886 et attaque le Cayor. Refusant de collaborer avec les Français et considéré comme un roi «Faroteur», un frimeur, la capitale de Alboury, Yang-Yang est détruite par le colonel Alfred DODDS (1842-1922). Alboury part alors au Soudan, actuel Mali, pour rechercher l’appui de Amadou Cheikhou TALL (1836-1897), fils d’El Hadji Omar TALL, un résistant. Les Français en profitent pour annexer le Djolof. C’est Louis ARCHINARD (1850-1932), avec l’aide des Maures, qui capture Bouna NDIAYE et le conduit à l’école des otages, ou école des fils de chef. Aussi, avec l’appui des Peuls du Mali vaincu par  Louis ARCHINARD et s’exile au Sokoto. D'après la tradition l’indomptable, Alboury N’DIAYE, mourut à Kalakala (Nigeria, Etat du Kano), et fut enterré à la place même. Il mourut d'une flèche empoisonnée tirée par un enfant non circoncis, qui le toucha à l'auriculaire. Cheikh Aliou NDAO est l’auteur d’une pièce de théâtre, «l’exil d’Alboury» qui a été jouée à Sorano.
«N’Dongo Daara» est une chanson de Laye M’BOUP dénonçant la misère et la maltraitance des enfants, «les Talibés» ou disciples fréquentant les écoles coraniques. «N’Dongo Daara» insiste sur le thème de l’éducation, un puissant outil de développement, favorisant également l’égalité des chances. En particulier, Laye M’BOUP insiste sur la quête du savoir, libérateur de l’obscurantisme. L’éducation est aussi un des axes majeurs de la politique senghorienne. Sans éducation, il n’y a pas de développement. Cette chanson de Laye M’BOUP est plus que jamais d’actualité, notamment en ce qui concerne les écoles coraniques, où il a été parfois observé de la maltraitance. Par ailleurs, outre la baisse du niveau éducatif, la formation professionnelle et l’adaptation des études aux besoins du pays, sont les enjeux majeurs du pays.
II – Laye M’BOUP, moraliste, poète précurseur d’une musique sénégalaise authentique
Tant qu’il a été au théâtre Daniel SORANO, Laye M’BOUP, sans doute un grand compositeur, change de dimension dès qu’il rejoint l’Orchestra Baobab, en passant avant cela par le Rio Stand Band de Dakar. Laye M’BOUP a «introduit, à travers l’Orchestra Baobab de Dakar, le chant griotique original dans la musique sénégalaise d’orchestration moderne. C’est au sein de cette formation que les mélomanes découvrent qu’il avait toujours, en chantant, une vision très élevée des choses de la cité» écrit Nago SECK. En effet, à cette époque, l’Orchestra Baobab, par ailleurs fondé sur la diversité et accueillant des hommes venus de différents horizons, était encore subjugué par les musiques cubaines, noires américaines, guinéennes et congolaises. Leur répertoire de la musique sénégalaise particulièrement pauvre, voire inexistant. Curieux constat, car le folklore sénégalais, et en particulier de la société ouolof dont est issu Laye M’BOUP, est particulièrement riche. Il existe une grande variété des chansons traditionnelles ouolofes, avec une dimension littéraire ; c’est l’Afrique des forces de l’esprit : «Le Taajaboon» ou chant de la nuit du Tamkarit ou Maouloud, sera exploité par Ismaël LO, «le Baawnaan» ou chant de prière pour la pluie, «le Ndëupp» ou un rite de dépossession, d’exorcisation, «le Gumb» ou un chant aux divinités de la mer, «le Xas» une déclamation lors d’une veillée d’armes, «le Ngomar» ou l’accompagnement à l’initiation ou la circoncision, «le Njam» accompagnant le douloureux tatouage des gencives, «le Céet» chant pour la nouvelle mariée, «Xaxar» le bizutage de la nouvelle mariée, «le laaban» célébrant la défloraison de la nouvelle mariée, «le Taasu» ou «Taag» des éloges parfois accompagnés de généalogie, «le Bakku» ou autolouanges ou autoglorification des lutteurs, «les Kassak» et les «Ngonar» lors de la circoncision, etc. Par conséquent, l’apport déterminant de Laye M’BOUP, qui venait de l’ensemble lyrique de Sorano, c’est ce savant mélange entre tradition et modernité. Remarquable compositeur. Quand SENGHOR fonde l’ensemble lyrique auquel appartient Laye M’BOUP, il préparait déjà la prochaine étape : le Festival Mondial des Arts Nègres. Laye MBOUP collaborera un certain temps avec le «Star Band» de Ibra KASSE, avant de rejoindre l’Orchestra Baobab. La contribution de Laye M’BOUP à l’Orchestra Baobab, pour son rayonnement national et international a été décisive ; il a décillé les yeux de tous les artistes sénégalais, encore sous le charme des influences musicales étrangères ; en allant chercher ailleurs, ces chanteurs sénégalais, des débuts des indépendances, n’avaient pas réalisé qu’ils étaient assis sur une mine d’or. Laye M’BOUP nous a donc aidés à croire en nous-mêmes.
La chanson de Laye MBOUP qui a marqué les esprits est «Jigeen Del Wax Nijaay» en 1972, année d’inauguration de la télévision sénégalaise. La promotion de ce disque a été faite par Ibra KASSE, en compagnie de Laba SOSSEH (1943-2007) chanteur, à Bruxelles. Laye M’BOUP, qui ne boit pas et ne fume pas, est un moraliste appréciant les bonbons et déteste la noix de colas. Il puise ses chansons, qu’il compose lui-même dans les valeurs traditionnelles du Sénégal, restées encore profondément aristocratiques. «L’après-midi, quand tu te pomponnes et te pares de tes plus beaux atours, bien parfumée, de nos jours les hommes sont faciles à séduire, ton mari sera conquis. Belle dame, il faut appeler ton mari Nijaay (Tonton)» chante-il. Dans cette chanson, «Jigeen Del Wax Nijaay» Laye M’BOUP fait l’éloge des valeurs aristocratiques, de cette Afrique maternelle, si une femme est obéissante, elle fera de bons, beaux et valeureux enfants. Abdoulaye Bara DIOP a bien montré le statut prééminent de l’homme sur la femme, comme d’ailleurs dans la société traditionnelle qu’il a bien étudiée. S’il y avait, dans la littérature quelques éléments en faveur de la libération de la Femme, c’est l’année 1975 qui donne un peu plus de visibilité à la lutte des femmes pour l’égalité. Le «Soroptimiste International Club de Dakar», le meilleur pour les femmes, n’a été créé que le 28 avril 1977, par Annette M’BAYE D’ERNEVILLE, une femme de lettres, même si les idées bouillonnaient, les débats étaient encore largement confinés dans des cercles restreints, que Mariama BA (1929-1981) popularisera. C’est un thème récurrent, dépassant largement la société ouolof, présent chez les Peuls, et les Malinkés, Aoua KEITA, une féministe malienne (voir mon article) en parle dans les contes que lui racontait sa mère. Je crois même que le coup de boule de Zidane, lors d’une coupe du monde, contre un joueur italien, qui avait insulté sa mère, témoignage, dans le Maghreb, de la puissance de ce thème traditionnel, d’une Afrique maternelle, d’une Mère sacrée, à chérir. Aussi en Afrique, la femme traditionnelle ne doit pas prononcer le prénom de son mari, par respect. Cependant, la société ouolof, dans la société sénégalaise, dans ce rapport de la femme à son époux, a une dimension affective et originale : la femme doit appeler son mari «Nijaay» ou «tonton». C’est une relation pudique, pleine de séduction, de tendresse, de respect et de complicité, une des grandes originalité de la société ouolof.
Le Sénégal, à l’aube des indépendances, est société où l’individu est resté longtemps écrasé par la famille et le groupe social, les chants d’amour, exprimant l’individualisme, n’étaient pas monnaie courante dans le répertoire musical sénégalais. Aussi, quand, Laye M’BOUP, dans un Sénégal en pleine mutation et modernité, «Yaama Don Xool» son tube sentimental fait un tabac. Il y chante le désir, la convoitise et les regards échangés sources d’amour.
Subitement au milieu de sa chanson, en hommage à Ndiaga M’BAYE, Laye M’BOUP explose et crie à la face du monde : «Amoul Guéwél ! Amoul Guéwél !» ; en matière d’amour il faut abattre toutes les barrières notamment de caste ou d’ethnie. Cette chanson participe à l’écriture d’un roman national sénégalais, un pays de tolérance et d’égalité, où tous les préjugés doivent être bannis.
A la mort de Laye M’BOUP, l’Orchestra Baobab, entré en crise, a disparu de la scène, pour ne réapparaître qu’en 2002. L’Orchestra Baobab n’avait pas réalisé que le travail de Laye M’BOUP, le Mbalax avait conquis le Sénégal et le monde entier. La nationalisation de la musique sénégalaise est devenue une donnée majeure de notre temps. D’autres musiciens, notamment comme Baaba MAAL, devenu le «Daandé Légnol» ou la voix du peuple du Fouta-Toro (voir mon article), ont, comme Laye M’BOUP fait confiance au riche folklore du Fouta-Toro, notamment «le Yéla», en le modernisant. «Si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits» dit la Bible. Le motif secret de nos actes, les plus décisifs nous échappe. Laye M’BOUP qui avait le pressentiment que sa vie serait courte, voulait transmettre son art. Laye M’BOUP, chez lui recevait des jeunes qui souhaitant s’orienter vers la musique en les encadrant les encourageant.
En 1973, parmi ceux-ci, il y avait Thione SECK (voir mon article), âgé de 17 ans «Je ne serai bientôt plus là, mais tu seras mon digne successeur» dit-il à Thione SECK (1955-2021), quinze jours avant sa mort. Laye M’BOUP avait composé, quelques jours avant sa mort, «Ndjirim», une chanson évoquant la sollicitude et la compassion dont on doit entourer la famille d’un défunt. Thione SECK, puis son fils Waly SECK, ont repris le flambeau, et c’est Youssou N’DOUR, le roi du Mbalax, qui a internationalisé la musique sénégalaise. «Abdoulaye M’Boup laissera planer, longtemps encore après sa disparition, l’image poignante d’un arbre en pleine sève, qui s’élançait vers la lumière, mais que la mort aura tout foudroyé. Au-delà de la tombe, Abdoulaye M’Boup pourrait continuer encore à servir l’art et la chanson sénégalaise si sa vie brève, mais bien remplie, servait d’exemple à ses camarades des différentes disciplines», Alioune Badara SENE, Ministre de la culture, qui appelait à un renouvellement et un enrichissement de la musique sénégalaise, ne croyait pas si bien dire.
Mes très vifs remerciements à mes amis et frères, M. Amadou BAL, magistrat à Dakar et à M. Moussa DIOP, journaliste au «Soleil»,  pour les précieuses et rares archives du journal «Le Soleil» de juin 1975 transmises.
Références
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DIOUF (Ibrahima), «Lucumon et Mansa Waly, deux hommes et un destin», Hérodoto, Dezembro 2018, Vol 3, n°2, pages 176-193, spéc pages 185-186 ;
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DUPIRE (Marguerite), LERICOLLAIS (André), DELPECH (Bernard) GASTELLU (Jean-Marc), «Résidence, tenure foncière, alliance dans une société bilinéaire», Cahiers d’études africaines, 1974, Vol 55, n°14, pages 417-452 ;
Fondation Léopold Sédar Senghor, «La civilisation sérère d'hier à demain. Actes du colloque des Journées Culturelles du Sine, Fatick, 10-12 mai 1991», Revue Ethiopiques, juin 1992, n°55 et 56, 154 pages, spéc, sur le «Jaraaf», pages 36-43 ;
GOMES (Diogo), MONOD (Théodore), MAUNY (Raymond), DUVAL (Gaston), De la première découverte de la Guinée. Récit par Diogo Gomes. (Fin XVème siècle), Bissau, Centro De Estudos da Guiné Portugusa, 1959, 83 pages ;
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LEURS (Jean-Pierre), «L’hommage de Sorano à Abdoulaye M’Boup», Le Soleil, du mercredi 25 juin 1975 n°1551, page 4 ;
LO (Fadel), «Trajectoire d’un surdoué», Le Témoin, 7 septembre 2018 ;
MALRAUX (André), La Politique, la culture, préface de Janine Mossuz-Lavau, Paris, Gallimard, Folio, 1996, 409 pages ;
MONTEIL (Vincent), «Lat-Dior, Damel du Kayor et l’islamisation des Ouolofs», Archives de sociologie des religions, 1963, n°16, pages 77-104 ;
N’DIAYE (Oumar, Leyti), Le Djolof et ses Bourba : Bourba Djolof de 1895 à 1900, Bouna Alboury, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1981, 110 pages ;
SAMB (Amar), «Folklore Ouolof du Sénégal», Bulletin de l’IFAN, 1975, tome 37, série B, n°4 ;
SECK (Nago), «Abdoulaye M’Boup», Afrisson, 27 juin 2008 ;
SECK (Nago), «L’ensemble lyrique traditionnel Daniel Sorano», Afrisson, 6 mai 2008 ;
SENE (Alioune), «Abdoulaye M’Boup, un ténor à la voix chaude», Le Soleil, du 27 juin 1975, n°1553, pages 1 et 3 ;
SENE (Alioune), Sur le chemin de la Négritude, préface d’Amadou Samb, Beyrouth, éditions Dar El-Katib, Allubnami, 1969, 255 pages ;
SENGHOR (Maurice, Sonar), Souvenirs de théâtres d’Afrique et d’Outre-Afrique, pour que lève la semence, contribution à l’édification d’un théâtre noir universel, Paris, L’Harmattan, 2004, 184 pages ;
THILMANS (Guy), «Lat-Dior, Cheikh Saad Bou, et le chemin de fer», Revue de Saint-Louis, Lille, 1992, 41 pages ;
WANE (Ibrahima), «Les artistes sénégalais au miroir de leurs oeuvres», Présence Africaine, 2015, vol 1, n°191, pages 193-204.
Paris, le 19 septembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Abdoulaye M’BOUP (1937-1975), chanteur et compositeur, moraliste de l’ère senghorienne, un artiste du roman national sénégalais» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 18:27
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Chanteuse, nationaliste et comédienne égyptienne, Oum KALSOUM a «marqué les arts et la littérature par une tradition éthique de l’écoute et du respect du public, changeant ainsi la perception des chanteurs à travers l’histoire de la culture et des beaux-arts» écrit Mohamed ARAD, dans son livre, «Oum Kalthoum, l’histoire d’une passion». Dotée d’une voix intense, vibrante et fragile dans l’intonation, Oum KALSOUM, la cantatrice du peuple arabe, on considère au-dessus d’elle, il n’y a que le Coran «Aucune chanteuse n’a été adulée à l’égale d’Oum Kalsoum, aucune voix, si belle soit-elle, n’a incarné comme elle, l’âme de tout un peuple, au point d’être sacralisée de son vivant, non seulement en Egypte, mais dans tout le monde arabe» écrit Xavier VILLETARD. Chantant aussi bien l’Amour divin que l’Amour humain, ainsi que de la Patrie, Oum KALSOUM est considérée comme la plus grande artiste du «Tarab», le quart ton, le maximum de plaisir à tirer de la musique, «Le Tarab, c’est elle» écrit Naguib MAHFOUZ (1911-2006), Prix Nobel de littérature. Gamal Abdel NASSER la considérait comme la «Première dame d’Egypte», avant sa femme. «La Rossignol du Delta», «La Quatrième pyramide d’Egypte», «L’Etoile de l’Orient», «la Perle de l’art», «Le Souffle parfumé», Oum KALSOUM avait divers surnoms dont «l’Etoile de l’Orient» : «Sans doute parce que qu’inaccessible au commun des mortels, elle brillait pourtant dans le ciel de chacun» écrit Francis DORDOR. «Si on veut la décrire, on n'arrivera jamais à trouver son équivalent», disait Ahmed RAMI (1892-1981), poète et un de ses plus fameux paroliers. Oum KALSOUM est «El Sett» ou «La Dame», chantant debout au milieu des hommes, qui finit de s’imposer comme le symbole du féminisme arabe contre la misogynie. Féministe et libre, symbole de l’alliance entre la tradition et la modernité, Oum KALSOUM appelait les femmes, dans ses concerts, à se prendre en charge : «Vous êtes la moitié de l’humanité, prenez votre destin en main !» disait-elle. Perfectionniste, et ayant de l’autorité dans un monde d’hommes, elle prend seule les décisions. Figure, elle sollicite la participation des femmes à ses concerts et leur demande d’enlever leur voile «Dévoilez-vous mes sœurs, les forces productrices de nos sociétés ; nous pouvons garder la tête haute et nue» dit-elle. La gloire de Oum KALSOUM, c’est d’être à la fois une voix asexuée et une voix bisexuée. Dans sa voix, les femmes écoutaient l’homme, et les hommes la femme. «Politiquement, c'est une femme arabe libre, qui peut faire taire tous ceux qui voudraient que l'on se taise» estime Ghalia BENALI, une artiste tunisienne. Pour le poète et parolier d’Oum KALSOUM, qui lui a écrit 137 de ses 283 chansons, «si on veut la décrire, on n’arrivera jamais à trouver son équivalent» dit Ahmed RAMI (1892-1981) : «J’ai aimé les musiques et la voix d’Oum Kalsoum, la plus grande chanteuse de tous les temps, celle qui chanta le plus et le plus longtemps, devant le plus de monde. Les succès d’Elvis Presley ou de la Callas sont de petites choses à côté des siens. Sa musique me nourrit. Oum Kalsoum est profondément maternelle, maternelle comme les déesses du monde antique. Elle est la voix de millions d’êtres sans voix» dit Maurice BEJART (1927-2007).

Oum KALSOUM est issue d’une famille rurale, très pauvre et profondément religieuse. Son père voulait avoir un garçon, mais c’est une fille qu’il a eue ; il ouvre le Coran et tombe sur le nom d’Oum KALSOUM, le prénom de la nouvelle née est trouvé. Oum KALSOUM, dont l'artiste porte le prénom, est la troisième fille du Prophète Mohamed et de Khadîdja, Oumm KOULTHOUM (603-630), mariée une première fois, à un des fils à Abu Lahab, puis répudiée, se remariera au Calife Othman, quand sa sœur Ruqayya sera morte. Le prénom d’Oum KALSOUM, dans sa version française que j’ai adopté, a été orthographié de diverses manières «Umm Kultum» ou «Oum KALTHOUM», «Oumou KOULSOUM» ou «Umm KULTUM». En effet, Oum KALSOUM, surnommée «Souma», est la transcription anglaise de l'arabe, ou en dialecte égyptien. Elle se présentait avant tout comme «une femme, une paysanne, une Égyptienne».

Par ailleurs, la date de naissance de Oum KALSOUM est incertaine ; on la situe tantôt en 1898, 1895 ou 1902. J’ai retenu la date de naissance officielle du 18 décembre 1898, dans le petit village de Tunamel El Charqui, dans le Delta, dans Nord de l’Egypte. Issue d’une famille très pauvre de trois enfants, sa sœur aînée Sayyida est alors âgée de dix ans et son frère Khalid d’un an. Sa mère, Fatma AL-MALIJI, est femme au foyer et son père, Cheikh Ibrahim, est imam ; il psalmodiait des chants religieux pour faire vivre sa famille. En écoutant son père enseigner le chant à son grand frère, la jeune fille répétait à son tour en jouant à la poupée. «La première fois que mon père me demanda d’aller chanter avec lui, je lui ai dit non. J’allais vers 7 ans. Mon père était l’imam de la mosquée du village. Pour nous faire vivre, il donnait des récitals lors des fêtes religieuses. Mon frère Khaled l’accompagnait ; il voulait lui transmettre son art. En cachette, je retenais les psalmodies qu’il lui apprenait, et je les chantais en jouant avec ma poupée» dit-elle, dans ses mémoires radiophoniques. Son père comprit vite que sa fille, un «Rossignol du Delta», possédait un talent pour le chant ; il lui demanda alors de rejoindre sa petite troupe. «Un jour, mon père m’a surprise, et il s’est tu, jusqu’à ce que je termine de chanter. C’est alors qu’il m’a proposée de l’accompagner chez le chef de village. Et pour m’amadouer, il m’a dit qu’il me donnerait des sucreries et du flanc à la fleur d’oranger. Je suis têtue, mais gourmande. Finalement, j’ai accepté» dit-elle dans ses mémoires radiophoniques. Oum KALSOUM n’alla pas dans une école traditionnelle, mais au «Kutab» ; elle y apprit à lire et réciter le Coran. Mais l’apprentissage du Coran aide à mémoriser les textes et à façonner la voix. A cette époque, il n’y avait rien de sentimental dans ses nombreux chants religieux au sein de son village. Peu à peu sa notoriété grandie malgré son jeune âge. Ibrahim, craignant que l’on s’intéressât plus à son physique qu’à son chant, l’habillait d’une longue «Galabeyya», tel un garçon. Durant les fêtes religieuses ou les événements familiaux, en contrepartie de ses chansons, les villageois lui offraient un bol de riz et du lait. Fervente religieuse et submergée d’un culte voué à Dieu, «Son pays natal c’est le Coran. Sa foi n’est pas un refuge, mais sa raison de vivre» écrit Ysabel SAIAH-BAUDIS, une de ses biographes. À seize ans, Oum KALSOUM fut remarquée par un chanteur alors très célèbre, Cheikh Abou AL ILA MOHAMED (1872-1927), passé du chant religieux au chant profane, lui apprend la musique et le goût des mots ; en particulier il attira son attention sur la nécessité de comprendre les textes. «Quand je commençais à chanter, je ne comprenais rien ; j’étais comme un phonogramme ou un perroquet. On me disait de dire quelque chose, et je le répétais. Je ne réalisais même pas que j’avais un don pour le chant. Mon père avait besoin de nous faire vivre, il m’a poussée. Les gens étaient contents parce que j’étais une petite fille courageuse et que je chantais. Je suis devenue la vedette de la famille. C’est tout» dit-elle. Ainsi démarra la carrière d'une chanteuse hors du commun, d’une petite paysanne défavorisée, Oum KALSOUM, à travers les villages du Delta «Nous avons été partout, dans les villages et les fermes, des kilomètres à pied ou à dos d’âne. La première fois que j’ai pris le train, j’ai vu les arbres marcher. Je n’avais compris qu’ils reculaient. On commençait à chanter à 8 heures du soir, et on continuait jusqu’au matin. Et souvent, il y avait des bagarres. On attendait que les gens se calment pour recommencer à chanter. Un jour, il n’y a pas eu de bagarre et nous avons vite épuisé notre répertoire. Il a fallu qu’on enrichisse notre programme jusqu’au lever du jour» dit-elle. Pour perfectionner son art, Oum KALSOUM fut auditionnée par Zakaria AHMED (1896-1961), musicien, compositeur et chanteur, qui incita sa famille à s’installer au Caire.

Quand, Oum KALSOUM arrive, en septembre 1923, au Caire, le pays est en pleine effervescence politique ; le leader nationaliste, Saad ZAGHLOUL (1859-1927), du parti Wafd, a obtenu la fin du protectorat, mais avec une importance présence britannique aux affaires étrangères, à la défense, et donc au Canal de Suez. Oum KALSOUM hommage à ce nationaliste «Saad s’absente de l’Egypte». Oum KALSOUM aura eu une relative longue existe, et a vécu pendant une époque importante de l’histoire de l’Egypte et des pays arabes. En effet, en moins de trois quarts de siècle, Oum KALSOUM aura connu le protectorat britannique, l’émergence du nationalisme, les règnes des souverains FOUAD 1er (1868-1836) arrière-petit-fils de Méhémet Ali, et Farouk, ayant proclamé l’indépendance de l’Egypte le 15 mai 1932, mais en laissant le Canal de Suez aux Occidentaux, et de FAROUK (1920-1965), ainsi que la Révolution de 1952, les mandats de Gamal Abdel NASSER (1918-1970) et Anouar EL-SADATE (1918-1981), sans oublier les deux défaites face à Israël en 1948-49 et 1967.

Dans la capitale égyptienne, Oum KALSOUM devient lyrique et sentimentale dans ses chansons «J’ai abandonné tous mes amis les proches. J’ai préféré reste seule avec mon amour. Seuls mes yeux peuvent exprimer ce que je ressens, cette immense angoisse» chante-t-elle. En effet, le Caire, une ville tolérante et cosmopolite connaît en cette période, une puissante Renaissance culturelle, «l’Essor» ou «Al Nahda» autour du féminisme, du nationalisme, de la sociologie et de l’art ; un immense mouvement de protestation, contre l’occupation britannique, gronde à travers, notamment des chansons révolutionnaires. En paysanne, issue d’un milieu rural conservateur et corseté, et son père ne voulant pas qu’elle apparaisse en fille, Oum KALSOUM était décalée dans ce Caire de la Renaissance, et continuait à s’habiller en garçon. Aussi, on s’est donc moqué d’elle. «Le Caire, qu'on appelle la mère du monde, est une ville bouillonnante, sous domination étrangère. Oum Kalsoum commence à chanter des chansons très austères, alors qu'à l’époque, beaucoup de chanteuses sont très dénudées, et chantent des chansons grivoises. Elle, elle commence par l'austérité, mais sa voix fait des miracles», écrit Ysabel SAIAH-BAUDIS. Oum KALSOUM, dans sa ferveur religieuse, avait privilégié les chants sacrés, comme «Touba» ou le repentir : «Repenti je suis, mes larmes coulent de remord. Où est mon cœur des larmes du repentir ? Que ne me suis-je pas fondu de honte chaque fois. Que la largesse du Bienfaiteur renouvela le pardon. Dans mon cœur, le démon a enlacé le démon. Et je me suis inquiété de ceci et de cela. Les illusions m'ont submergé, j'ai invoqué Ton amour. Le pêché plana avec mon être, mais mon présent se jeta pour panser la douleur de mes blessures. J'ai délaissé le péché pour atteindre la paix» chante-t-elle. L’artiste a vite compris que si elle voulait conquérir la capitale, il fallait être moderne, plutôt qu’un répertoire musical sacré, il fallait s’orienter vers des chansons sentimentales : «Même s’il me tourmente, les larmes que l’Amour provoque, me sont douces. Je lui pardonne tout, alors qu’il est mon bourreau» chante-t-elle. Oum KALSOUM commence donc à s’habiller à l’occidentale et travaille le détail, l’ornementation du chant. Dans cette effervescence artistique et culturelle, Oum KALSOUM a été précédée au Caire par de prestigieuses militantes féministes et anticolonialistes, comme Hoda CHAARAOUI (1879-1947), fondatrice de l’Union féministe égyptienne en 1923 ou Ceza NABARAWI (1897-1985), rédactrice en chef d’un journal, «l’Egyptienne». L’élite intellectuelle choisit Oum KALSOUM comme «Quatrième pyramide d’Egypte», une idole du Renouveau culturel du Caire. L’autre mutation majeure, est l’arrivée de la TSF, avec des enregistrements et concerts à la radio égyptienne entre 1934 et 1960. Le contrat conclu avec la radio, c’est que Oum KALSOUM, dont les concerts sont retransmis dans tous les pays arabes, soit la mieux rémunérée. La radio est une nouveauté pour Oum KALSOUM qui avait l’habitude des concerts en public «Je peux dire que ce m’a le plus dérangée, c’est d’être avec toutes les lumières rouges et vertes, seule et isolée ; comme si je parlais toute seule à moi. C’était l’instant de surprise pour moi, je n’ai pas aimé. Et ensuite, les concerts ont été retransmis en direct, avec une interaction entre l’artiste et le public ; cela change tout» dit-elle.

En 1932, Oum KALSOUM entame une grande tournée à Damas, Bagdad, Beyrouth, Tunis, Haïfa et Jérusalem, et offre son cachet pour combattre l’occupant britannique et pour aider l’immigration juive. Oum KALSOUM, dans son ascension, et tenant compte de ambiance culturelle favorable, n’a pas négligé le cinéma. Elle aura été actrice de six films (Weddad en 1936, Le chant de l’espoir en 1937, Dananir en 1940, Aïda en 1942, Sallama en 1945 et Fatma en 1947). Dans ces films, autour du conte des Mille et une nuit, elle incarne aussi la fille du peuple, esclave, paysanne ou infirmière, parvenant à vaincre les pesanteurs de la société. Elle refuse d’embrasser l’acteur masculin, et demande à ce que la scène soit coupée quand celui-ci approche de ses lèvres.

Tenant compte de toutes ces mutations profondes de la société du Caire en chanteuse classique, dans un arabe littéraire ou populaire épuré, évitant les chansons grivoises, frivoles, vulgaires ou légères, Oum KALSOUM, l’idole de la classe populaire, a bouleversé les codes, par sa façon de chanter et son répertoire. Son concurrent, Ahmed ADAWIYA sera, par la suite, le chantre de la musique «Sha’abi» ou musique populaire, des habitants des bidonvilles du Caire, en évoquant les difficultés de la vie quotidienne, les problèmes d’argent et de sexe. Oum KALSOUM, dans sa jeunesse, exécutait des chansons sacrées «Oum Kalsoum a un don. Sa voix. Une voix qui libère. Rendue libre par son don, elle loue Dieu et l’amour. L’Amour et Dieu» écrit Isabel SAIAH-BAUDIS, une de ses biographes. Mais les chansons religieuses, dans un Caire en pleine mutation, n’attirent pas la foule. Apprenant vite des erreurs, Oum KALSOUM, dans son intelligence artistique, savait s’adapter. Pendant ses soixante ans de carrière, elle ne laissa rien au hasard. Chignon, foulard et lunettes noires, Oum KALSOUM, en grande professionnelle, sélectionna les poètes et les compositeurs, exigeant d'eux la quintessence de leur art ; elle devient également une cheffe d’orchestre exigeante et perfectionniste, dans les répétitions. Oum KALSOUM a une voix exceptionnelle, elle est également servie par la qualité des musiques et des textes qu’on lui compose. Ainsi, dans sa commande au poète, Ahmed RAMI, elle veut «une langue des journaux, comprise par tout le monde, qui ne soit ni vulgaire, ni hermétique» dit-elle. Aussi, Ahmed RAMI mélange le dialecte des chanteurs de variétés à la langue littéraire ; ce qui confère une puissance aux chansons d’Oum KALSOUM. «Si l’on choisit les paroles on peut avoir l’impression que ce que chante, on le vit, c’est le point le plus haut, se mettre dans la peau d’une personne heureuse, triste ou exaltée. Pour convaincre, par mes chansons, il faut que je sois convaincue. Il faut d’abord des paroles, des paroles qui ont un sens et un but précis» dit Oum KALSOUM, dans un entretien accordée à la radio égyptienne. Evitant d’être élitiste, tout en étant raffinée dans ses chansons, Oumou KALSOUM se voulait éducatrice «Grâce à elle, les paysans analphabètes récitent des vers raffinés, les nationalistes glorifient la langue, les mystiques entrent en transe et les femmes cloîtrées rêvent d’amour galant» écrit Naguib MAHFOUZ, Prix Nobel de littérature. Oum KALSOUM s’attache des services d’un grand compositeur et musicien, le plus influent de l’Egypte, Mohammed El QASABGI (1892-1966), qui devient également son mentor.

Oum KALSOUM, en ces années 20, avait de nombreuses concurrentes, comme Fathiyya AHMAD (1898-1975) et Mounira EL MAHDEAYA (1885-1975) ou la «Sultane de l’Extase», des chanteuses de cabarets, à la vie particulièrement dissolue, buvant l’alcool et collectionnant les amants. En revanche, Oum KALSOUM menait une vie sobre et recluse ; elle détestait les mondanités. Certaines mauvaises langues ont même fait courir, à son sujet, en raison de cette existence austère, des calomnies. Elle a été étiquetée d’avare, de lesbienne et même de droguée. Particulièrement discrète sur sa vie privée. Oum KALSOUM vivait dans une forteresse ; elle était elle-même coffre-fort blindé, et ne laissait personne devenir intime avec elle, mais celle savait communiquer avec toutes les classes sociales à travers son art. «S’éloigner des gens, cela créé chez l’auditeur quelque chose. Par exemple, si quelqu’un me voit, un jour, au cabaret, et m’écoute le lendemain en train de chanter en l’honneur du Prophète, comment va-t-il accepter ou comprendre ça. Une partie de notre art est d’avoir une bonne réputation pour les gens. Tu es mieux écoutée, si tu n’apparais pas partout et n’importe comment» dit-elle, dans ses mémoires radiophoniques. En effet, Oum KALSOUM «s’est faite respecter du public et lui a fait comprendre que la femme qu’il venait d’écouter n’était pas une courtisane, mais une véritable artiste» dit un journaliste égyptien. Elle s'est donnée à son art comme une religieuse s'offre à Dieu. L'enfant pauvre du delta du Nil, élevée dans une rigoureuse piété, qui n'avait commencé à chanter dans des mariages que pour donner du pain à sa famille, se glissa dans la peau d'une diva inflexible et pointilleuse, allant jusqu'à choisir un photographe personnel pour protéger son image. On ne lui connaisse aucune liaison, à l'exception de son mariage tardif en 1953, avec son médecin, Hassen EL-HAFNAOUI, en introduisant une clause de pouvoir prendre, l’initiative, si nécessaire de divorcer.

Comparée à Edith PIATH (1915-1963), à Bob DYLAN à Maria CALLAS (1923-1977) et Jean-Sébastien BACH (1685-1750) tous réunis, Oum KALSOUM avait un timbre de voix riche, une voix puissante et forte, faisant vibrer, une intensité et une amplitude sonore impressionnante dans différentes gammes et mélodies, une diction parfaite pour des poèmes qui ont parfois le même mètre et la même rime des temps anciens. «Oum KALSOUM se fit une place dans le cœur des gens grâce à sa prestance, son lyric et sa voix. Cette dernière resta à jamais gravée dans les esprits, profonde et puissante, elle comportait 14 000 vibrations par seconde. La voix d’Oum Kalthoum soulevait les foules, elle mettait le public et l’artiste dans un état d’extase comparable au nirvana» écrit Gihan ABDELHADI. En effet, Oum KALSOUM savait électriser l’audience, sur fond d’un délire collectif avec des «vagues de foules ardentes», une «hystérie» et des «Maazag» ou un «plaisir à son comble», une «intense volupté». En communion avec toutes les couches de la société, chantant tantôt en arabe classique tantôt en dialectal, «Lorsqu’elle chante, on est tous ensemble, on écoute la même chose et on nie un peu la réalité. On est dans l’ivresse de la nuit, on se sent bien, loin des yeux du pouvoir et des ennuis domestiques… C’est le Tarab, cette ivresse esthétique qui a quelque chose de très maternel, comme une espèce de ventre commun qu’on ne peut pas quitter» écrit Selim NASSIB, dans «Oum». Dans la tradition du soufisme, la quête de Dieu peut être soutenue et guidée par la musique ; l’acte d’écouter le Coran, un poème ou une musique spirituels, peut atteindre le «Wajd» ou «transe mystique». Sa voix aiguisée par sa relation au public, faite de mystère, de désir, de frustration, et de pur plaisir musical, peut jusqu'à déclencher le fameux «Tarab», cette émotion artistique d'intensité maximale. «En réalité, quand j’écoute le compositeur, je ne suis plus Oum Kalsoum. Je suis un être banal qui écoute. Les phrases musicales qui me touchent, sont celles que je reçois e auxquelles j’adhère. Dans le Tarab, j’aime beaucoup la composition, laquelle fait sentir le sens des mots. C’est primordial» dit-elle dans ses mémoires radiophoniques. Oum KALSOUM fut celle qui, le soir de ses concerts radiophoniques, tous les premiers jeudis du mois, plongeait Le Caire dans une atmosphère de fête. La voix d'Oum KALSOUM surgit des entrailles du Caire dans le tintamarre du crépuscule. Elle s'élève, brûlante comme le souffle de la nuit d'été qui se glisse entre les tables de bois du café. «Nuit, tes étoiles sont témoins de mes tourments, ô nuit ! Elles ont entendu mes plaintes et mes larmes, ô nuit ! Que de fois je t'ai confié mes insomnies. Que de fois je t'ai suppliée et que de souffrances j'ai endurées !» chante-t-elle. dans une posture hiératique, la voix et la fierté d’être Arabe, Oum KALSOUM, seule sur le devant de la scène, debout, pendant de longues heures, avait une capacité stupéfiante d'improviser des arabesques, avec une présence remplie de tendresse, de passion et de souffrance, de sentiments profanes et sacrés, ainsi qu'un nationalisme exacerbé. Oum KALSOUM pouvait chanter quatre heures de suite, soit la durée d'un opéra complet.

Oum KALSOUM est, avant tout, une diva de l’Amour, du Désir et de la Douleur. «Pourquoi mon Amour me fais-tu souffrir ? Pourquoi enlèves-tu le sommeil à mes yeux ? Qu’ai-je fais pour être malmené et abandonné au feu qui me brûle ?» chante-elle. Quand les jeunes tombent amoureux, ils découvrent la profondeur de ses textes et la puissance de sa voix, notamment à travers sa chanson «Enta Omri», ou «Tu es ma vie», composée par Mohamed ABDELWAHHAB (1902-1991) «Tes yeux m’ont ramené à mes jours passés Ils m’ont appris à regretter le passé et ses blessures. Tout ce que je voyais avant que mes yeux ne te voient était une vie gâchée. Comment pourraient-ils considérer cette part de ma vie ? Avec ta lumière, l’aube de ma vie a commencé. Pourquoi ne t’ai-je pas rencontrer longtemps avant ? Tout ce que j’ai vu avant que mes yeux ne te voient était une vie gâchée. Tu es ma vie qui commence à l’aube de ta lumière» chante-t-elle. C'est leur peine qu'elle chante quand elle exalte, inlassablement, le chagrin des amants délaissés et la nostalgie d'un âge harmonieux. En 1924, Oum KALSOUM enregistre «Al-Sabbou Tafdhahoubou Ouyounou» ou «L'amoureux est trahi par ses yeux», une chanson composée par Ahmed RAMI, et inspirée des vers persans d’Omar KHAYYAM (1048-1131), un poète de l’ivresse, de la transe et de l’Amour. Dans «Rubaiyat Al-Khayyam», les Quatrains d’Omar KHAYYAM sont une exhortation à éveiller sa pensée et son corps à ce qui est là. Ils invitent à habiter pleinement le présent, dans la conscience de la mort jamais loin et la joie immense de la vie qui brûle. «A l’aube fine et claire me parvint d’une voix douce et légère surgie des profondeurs inconnues l’appel au réveil de l’humanité endormie. Levez-vous emplissez de vos envies la coupe de vos désirs avant que ne remplisse le calice de la vie la main du destin. Gardez-vous des tourments du passé révolu et de la crainte du futur non encore abouti. Savourez du présent ses délices car est là la clarté du grand jour et il n’est point de quiétude dans la nature de la nuit» chante-t-elle, dans «Les Quatrains». La chanson «Alf Leila Wa Leila» ou «Mille et une nuits», connaît un succès en 1969 : «Mon amour, mon amour, mon amour Voici la nuit, son ciel, ses étoiles, sa lune et ses veillées. Toi et moi, mon amour à moi, tu es ma vie. Allons vivre dans les yeux de la nuit mon amour, allons-y, Et demandons au soleil de ne pas se lever pendant un an; pas avant un an au moins. Notre nuit d'amour est savoureuse comme mille et une nuits, vaut mille et une nuits, mille et une nuits, toute une vie, mais la vie n'est rien si elle ne ressemble pas à cette nuit, à cette nuit, à cette nuit». Les chansons sentimentales d’Oum KALSOUM, un «amour humain, proche de l’amour divin. Dans un monde miséreux et réprimé sexuellement, elle a fait croire que l’assouvissement de la chair était pauvre à côté d’un amour éternel» écrit Omar SHARIF (1932-2015). Ainsi, «Laylet Hob» ou «Une nuit d’Amour» est l’une des grandes chansons d’Oum KALSOUM : «Vous, qui n’avez jamais manqué un rendez-vous dans votre vie. Pourquoi cette nuit êtes-vous absent? Vous me rendez confus. Qu’est-ce qui vous maintient loin de moi ? C’est impossible que la vie vous tienne loin de moi J’attends avec espoir. Je reste éveillé… venez à moi. ma vie, que je puisse vous tenir éveillé. Mon amour, mon cœur battait et la lumière de ma vie. Souriant à l’imagination et les souvenirs de cette nuit. Le monde entier s’est arrêté et vous a attendu. Le monde entier est avec moi ici et vous regarde. Le printemps, la fleur, la rivière», chante-t-elle. L’Amour est inséparable des peines du cœur, aussi Oum KALSOUM chante souvent la douleur et la souffrance «En esprit, j’ai rompu avec toi. Et puis, je me suis réconciliée, et j’ai rompu à nouveau. Mais il est dur d’être éloignée de toi, quand la séparation s’éternise» chante-t-elle. «Je te parlerai de toi de ce qui cause mon insomnie. Je te parlerai de ce qui fait couler mes larmes. Et, je dis mon cœur, pourquoi tu te caches ? Et toi, mon âme, pourquoi tu me tiens ?» chante-t-elle. «Mon amour, et ma promesse d’un jour, la nuit et l’horloge qui tournent son tic-tac, éveille même la nuit» dit-elle.

Oum KALSOUM avait de nombreux concurrents (Mohamed ABDELWAHHAB (1901-1991), qui sera son allié, et Adel Halim HAFEZ (1929-1977), Ahmed ADAWEYIA (né en 1945), etc.). Cependant, elle s’est autoproclamée, dans ce rêve de la construction d’une nation arabe, comme étant «la voix du peuple». En effet, au début du XXème siècle, des revendications nationalistes et anticolonialistes se font jour en Egypte. Traditionaliste et fondamentalement pieuse, Oum KALSOUM se borne, dans un premier temps, à apporter son soutien à la monarchie ; elle savait flatter les gouvernants. Ainsi, elle chante à l’occasion de l’anniversaire du roi FAROUK, le 11 février 1937. Le 4 mai 1948, quand David BEN GOURION (1886-1973) proclame l’Etat d’Israël, la contre-attaque des pays arabes se solde par un cuisant échec, c’est la «Nakba» ou le désastre. Le 23 juillet 1952, le roi FAROUK, un monarque corrompu et libidineux et de souche albanaise, à la solde des Britanniques est renversé par le général Mohamed NEGUIB (1901-1984), président du 18 juin 1953 au 14 novembre 1954, qui sera démis de ses fonctions, par Gamal Abdel NASSER. C’est la première fois que l’Egypte, depuis le temps des Pharaons, est dirigée par un Egyptien. NASSER lance la réforme agraire, instaure le droit de vote des femmes, nationalise la Canal de Suez et initie une fédération entre l’Egypte, la Syrie et le Yémen. En pleine guerre froide, NASSER a besoin de Oum KALSOUM afin d’asseoir son autorité auprès des masses. Oum KALSOUM se rend à la radio et détruit, devant la presse, tous ses enregistrement du temps de l’Ancien régime. Cependant, le Directeur de la radio, bannit, un certain temps, l’artiste d’antenne. Elle sera vite réhabilitée «Les pyramides étaient déjà là du temps du roi, pourquoi ne vas pas les raser» dit NASSER au Directeur de la Radio. Oumou KALSOUM, conservatrice et réservée, avait besoin aussi de NASSER ; elle est propulsée au-devant de la scène en raison de ses concerts à la radio égyptienne. En effet, saisissant le profit politique à tirer du talent de chanteuse auprès des masses populaires, NASSER demande à Oum KALSOUM, d’inaugurer, en 1953 la nouvelle radio, «Sawt Al-Arab» ou «la Voix des Arabes», pour insuffler l’unité du peuple arabe et libérer les Palestiniens. Devenue la Diva du nationalisme arabe, et nouvelle alliée de NASSER, Oum KALSOUM a vu sa carrière boostée au somment. Aussi, elle chante, «Ana El-Sha’ab» ou «Je suis le peuple». Sa chanson, «Wallah Zaman Y Silahi» ou «Il y a longtemps mon arme» est devenue, depuis 1977, l’hymne national d’Egypte : «O jeunesse du Nil. O pilier de cette génération, l’Egypte vous appelle. Répondez à ses nobles ambitions. Consolidez sa gloire par la science, puis suivez chacun votre chemin. Nous sommes l’outil de la patrie ; prêts au sacrifice pour sa grandeur» chante-t-elle. Oum KALSOUM a chanté «Le Nashid El-Gala» ou «L’hymne à la liberté». La résistance à l’impérialisme et la cause palestinienne devrait être défendue par l’Egypte et par toutes les nations arabes «Asbah Andi Bunduqyia» ou «Et maintenant, j’ai un fusil», inspiré d’un poème de Nizzar QABBANI. Oum KALSOUM, épousant le nationalisme arabe et devenant l’arme secrète de NASSER, voulait «transformer la défaite en victoire». «Nous sommes des fedayins. Nous mourrons plutôt que de céder. Pas de trêve dans le combat» dit-elle. Oum KALSOUM chante un poème d’Ibrahim NAGI (1898-1953), «Al Atlal» ou «les ruines», les vestiges d’un Amour et le rêve d’un pays : «Mon cœur, ne me demande pas où notre amour s'en est allée. Ce n'était qu'une citadelle de mon imagination qui s'est effondrée. Étanche moi de ma soif, et laisse-moi boire sur ses ruines. Aussi longtemps que les larmes puissent étancher la soif. Raconte l'histoire en mon nom, dis leurs comment cet amour est devenue un passé. Comment il est devenu un objet de douleur. Oh toi qui ne dors plus et qui somnole. Qui se rappelle la promesse et qui se réveille. Sache que si une plaie commence à guérir. Une autre surgira du fond des souvenirs. Alors apprends à oublier. Et apprends à effacer» chante-t-elle.

Alliée invisible du projet idéologique de Gamal Abdel NASSER dans son nationalisme et son panarabisme, Oum KALSOUM a chanté, en 1960, «Wallahi Zaman Ya Sihabi» ou «Cela fait longtemps, ô arme qui est mienne». Une grande complicité et complémentarité entre eux : «Ça fait longtemps mon arme.. Tu m'as manqué lors de mon combat. Parle, dis : ” je suis prête. Ô la guerre! Ça fait longtemps”, L'Egypte libre, qui peut la défendre si ce n'est pas nous, par nos armes ? Oh l’Egypte, la terre de la révolution ! Nous n'épargnerons pas nos vies pour te protéger. l’Egypte, la terre de la révolution! Nous n'épargnerons pas nos vies pour te protéger. Le peuple émerge comme la lumière. Le peuple est une montagne, une mer. Le peuple érupte comme un volcan en colère, fend comme un tremblement de terre  chante-t-elle. Oum KALSOUM aura contribué à construire un pan de l’identité moderne arabe. A la guerre dite des Six jours, le 5 juin 1967, l’Egypte des Pharaons est vaincue par Israël. L’aviation égyptienne est détruite en 6 heures, et en 5 jours, Israël reprend le Sinaï, la bande de Gaza, le Cisjordanie et Jérusalem-Est. La Nation arabe, qu’Oum KALSOUM avait, par ses chansons, contribué à magnifié, est gravement humiliée. Aussi, en guise de réconfort, le 9 juin 1967, face à la démission de NASSER, la diva chante «Relève-toi et écoute mon cœur, car je suis le peuple. Reste, tu es la digue protectrice. Reste, tu es le seul espoir qui reste». NASSER revient sur sa démission. Oum KALSOUM offre ses bijoux pour renflouer les caisses de l’Etat et demande à tous de suivre son exemple. Oum KALSOUM entame une tournée international afin de participer à l’effort de guerre. Les 13 et 15 novembre 1967, à l’invitation de Bruno COQUATRIX (1910-1979), Oum KALSOUM chante pour la première fois et dernière fois, dans un pays occidental, à l'Olympia, à Paris. Elle a près de 70 ans. En cinquante ans de carrière, la France sera son unique escapade musicale hors du monde arabe. «Elle a été ma folie. C’était incroyable de voir ce public déchaîné qui l’accueillait en hurlant comme une bête sauvage domptée» dit Bruno COQUATRIC (1910-1979), Directeur de l’Olympia. A Paris, Oum KALSOUM chante «L’Amour de la Nation» et rend hommage à NASSER «Tu es le Bien, tu es la Lumière. Tu es la Patience face au destin». A la mort de NASSER, le 28 septembre 1970, des suites d’une crise cardiaque, Oum KALSOUM annule son concert à Moscou et retourne en Egypte. Anouar EL-ASSAD, arrivé au pouvoir, écarte Oumou KALSOUM de la scène artistique.

Oum KALSOUM, souffrant d’une néphrite aiguë et ne donnant plus de concert depuis 1973, est morte au Caire, le 3 février 1975 ; elle n’avait pas d’enfant. De nombreux suicides ont été enregistrés le jour de sa mort, et les funérailles gigantesques, dignes de celles de Gamal Abdel NASSER, avec plus de 2 millions de personnes, ont été impressionnantes. Après une cérémonie funéraire à la mosquée Omar Makran, Oum KALSOUM est enterrée au cimetière d’El Bassatine, au Caire auprès de ses parents et de son frère. «Oum Kalsoum était unique, sans pareille ; elle n’appartenait pas au commun des mortels ; elle aura incarné les rêves et les frustrations de millions d’Arabes» écrit Robert SOLE dans «Ils ont fait l’Egypte moderne».

De nos jours, rien qu'en Égypte, 300 000 cassettes et CD de la diva se vendent encore chaque année. 285 chansons répertoriées dans la discographie. Un couturier libanais a sorti une marque à son effigie et de nombreux produits dérivés, tirés de son image, sont abondamment commercialisés. En 2001, le gouvernement égyptien a inauguré le musée Kawkab Al-Sharq ou «Astre de l’Orient», en hommage à Oum KALSOUM. Si Oumou KALSOUM, loin d’être dépassée, est restée dans le cœur et la mémoire des Arabes, de toutes les catégories sociales, plus de 46 ans après sa mort, c’est qu’elle a reflété, à travers son art, une aspiration à l’unité, à l’indépendance et à la liberté. «Cela fait dix ans, cela fait un jour qu’elle est partie pour la nuit. Ses surnoms n’ont pas trouvé de remplaçantes dignes d’elle. Tout ce que faisait le personnage a disparu, mais Elle, elle demeure» écrit Omar SHARIF, dans la préface du livre d’Isabel SAIAH-BAUDIS. Tout en restant traditionnaliste, Oum KALSOUM est dans une large mesure une incarnation de la modernité, un refus de soumission aveugle aux valeurs occidentales, tout en rejetant un traditionalisme arabe passéiste et rétrograde. Oumou KALSOUM «allait être l’héritière de tout un art, elle l’a été. Mais héritière dernière, fruit, dernier fruit, et quel fruit !, comme il pouvait n’en exister qu’un seul éblouissant» écrit Sélim NASSIB.

 

Références bibliographiques
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Paris, le 3 septembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 21:42
«Jacob DESVARIEUX (1955-2021) : musicien humaniste, sympathique porte-parole du groupe Guadeloupéen KASSAV, le plus Africain des musiciens antillais» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
L'Agence France Presse, ainsi que plusieurs autres journaux, dont ceux des Antilles, ont confirmé, cette fois-ci, la nouvelle que nous redoutions tant : Jacob DESVARIEUX est bien mort le 30 juillet 2021 du Covid-19. "On est un peu abasourdis. On espérait qu’il s’en sorte. C’est comme être amputé d’un membre. C’était quelqu’un qui était extrêmement efficace, qui prenait en main un peu toutes les choses du groupe au niveau organisationnel, avec évidemment notre manager» dit Mme Jocelyne BEROARD, sa grande complice. Maudite soit cette cochonnerie de faucheuse de vies ! Auparavant des nouvelles alarmantes, confuses et contradictoires avaient circulé à propos de la mort de Jacob DESVARIEUX. Plusieurs fois déclaré mort, la famille avait démenti ces folles rumeurs. En effet, Jacob DESVARIEUX, chanteur, musicien, arrangeur et producteur, est bien mort. M. Jacob DESVARIEUX, diabétique et d’une insuffisance rénale, hospitalisé, sous coma artificiel, nous a finalement quittés. «Moun la Gwadloup, nou tchò maré. Voilà des dizaines d’années que vous partagez Jacob Desvarieux, sa voix, sa dégaine, son talent, sa joie, ce sourire, cette inclinaison de la tête et même sa salopette des débuts, avec nous ici et sur tous les continents. Nous sommes tristes» écrit Mme Christiane TAUBIRA en hommage à l’artiste, amoureux du Sénégal et de l’Afrique. Jacob DESVARIEUX était proche du Parti socialiste, il n’est pas donc étonnant que l’ancien Ministre de la Culture, M. Jacques LANG, lui ait rendu hommage particulièrement élogieux et appuyé : «Jacob Desvarieux avait une voix rocailleuse, reconnaissable en toutes. Son talent fou et sa présence magique enthousiasmaient. Fervent militant, il s’est aussi investi pour donner plus de visibilité aux artistes ultramarins injustement peu reconnus» écrit M. Jacques LANG. Grace à sa voix exceptionnelle, unique sensuelle et tonitruante, la musique antillaise est devenue planétaire et universelle.
En ce moment le Sénégal et la Tunisie affrontent une violente vague du Covid-19, avec de nombreux décès. Cette cochonnerie nous a déjà fauché Pape DIOUF, Manu DIBANGO et bien d'autres grands artistes ou des anonymes. Et le virus progresse aussi de façon inquiétante au Sénégal. Je suis en profond désaccord politique avec le président MACRON. Cependant, le chef de l’Etat en charge de la santé de tous, a raison d'instaurer un Pass sanitaire ; espérons qu’il sera ferme. Quand j'en avais parlé quelques jours auparavant, notamment à propos du variant Delta, je me suis fait insulter, copieusement, sur Facebook. Vaccinez-vous pour vous, protéger et protéger les autres !
Jacob DESVARIEUX, dont le patronyme est d’origine bretonne, issu d'une famille très modeste, est resté très solidaire avec les racisés et les nobles causes, tout en restant discret sur ses engagements humanitaires, sans en faire un objet de promotion personnelle : «On réalise beaucoup d’œuvres humanitaires. Pour nous, quand on a la chance d’avoir de la notoriété, on doit donner aux gens qui nous l’ont donnée. On se rend compte également que les gens que l’on aide n’ont pas envie de servir de publicité» dit, fort modestement, Jacob DESVARIEUX, un musicien humaniste. «La France perd un artiste engagé, défenseur de la diversité culturelle» écrit Mme Elisabeth MORENO, Ministre déléguée en charge de l’Egalité. Jacob DESVARIEUX n’était pas que le chanteur de Kassav’, il était aussi leur porte-parole. En effet, dans sa lutte pour l'égalité réelle, la dignité des offensés, des humiliés et des exclus, dans son engagement, il aimait à répéter «le Zouk est mon seul médicament».
J'ai connu Jacob DESVARIEUX à l'occasion de la dernière campagne législative en 2017 de George PAU-LANGEVIN dont il était un fervent soutien, depuis 2012. Jacob qui n'avait pas la grosse tête, avait longuement discuté avec mon fils Jean-Philippe.
Jacob DESVARIEUX est le plus Sénégalais et le plus Africain de tous les artistes antillais, aussi célèbre en Afrique qu’Aimé CESAIRE (1913-2008), le poète et écrivain antillais. «Les Antilles, l’Afrique et la musique ont perdu l’un de ses plus grands ambassadeurs. Jacob, grâce à ton art, tu as rapproché les Antilles à l’Afrique. Dakar, où tu as vécu, te pleure. Adieu, l’ami» écrit le musicien sénégalais, Youssou N’DOUR. L’amitié entre SENGHOR, CESAIRE et Alioune DIOP, le fondateur de Présence africaine, avait tissé de solides liens entre Africains et Antillais. Mme Maryse CONDE, par ses écrits, a consolidé cette solidarité, qui s’est détendue, par la suite, avec le temps. En effet, certains écrivains antillais ont voulu, au nom de la défense de la culture caraïbéenne ou de la traite des Nègres, s'éloigner de l'Afrique, la Terre-mère. Au lieu de diviser, Jacob DESVARIEUX a insisté sur ce qui rassemble tous les opprimés, à savoir la lutte pour leur identité culturelle et leur dignité, rétablissant ainsi un solide pont de fraternité, une gigantesque cathédrale d’Amour entre Antillais et Africains : «Maître incontesté du Zouk, Jacob Desvarieux portait en étendard mes sons métissés, les brassages des cultures. Pour lui, les musiques antillaise et africaine aux sonorités et aux rythmes si proches, se mariaient à merveille» écrit Jacques LANG.
Quelques mois après sa naissance, le 21 novembre 1955, à Paris, sa mère, Cécile DESVARIEUX (1922-2016), dite Lucienne, originaire de Saint-François, en Guadeloupe, alors qu’il n’a que trois mois, part s’installer en Martinique, mais un cyclone, Dorothy, détruira leur maison. Aussi, par l’intermédiaire du BUMIDOM, Mme Cécile DESVARIEUX va s’installer au Vésinet, dans les Yvelines, pour faire des ménages, puis elle s’est rendue au Sénégal. En effet, le jeune Jacob a séjourné à Dakar notamment entre 1966 et 1968. En effet, sa mère, Cécile DESVARIEUX, l’emmène au Sénégal «J’avais dix ans, quand ma mère, une couturière, prit la décision de s’installer en Afrique ; ses amis lui conseillaient de visiter ce continent dont l’image est déformée par les médias de l’époque. On racontait que ce sont des sauvages comme dans Tarzan, la misère, les huttes, les guerres tribales, les catastrophes ; autant de clichés qu’elle voulait combattre. Nous avons pris le bateau et débarqué à Dakar. Je suis allé à l’école là-bas. J’y ai appris mes premières notes de guitare avec des frères du quartier, et j’en garde des souvenirs très précis. Il faut croire que j’étais prédestiné pour cette rencontre avec l’Afrique. Ce sont mes origines. Dès le premier contact, avec ce continent, je me suis senti chez moi, comme aux Antilles. Je pense que tous les Antillais devraient aller, au moins une fois, en Afrique. J’apprécie leur sagesse, le respect qu’ils ont des aînés» dit Jacob DESVARIEUX. Sa mère, pour ses dix ans, lui offre une guitare, mais il aurait préféré un vélo : «Ce n’était évidemment pas ce que je voulais. Comme, elle était là, à un moment donné j’ai appris à en jouer. J’avais pour voisin le musicien Adama Faye. Il se servait d’ailleurs de ma guitare pour assurer ses shows. Et tous ses petits frères savaient en jouer et moi pas. Ça m’énervait ! Ils sont d’ailleurs aller très loin dans la musique. L’un d’eux n’est autre que le bassiste de Youssou N’Dour» dit-il.
Né dans une île de moins de 450 000 habitants, c’est l’Afrique qui a ouvert la voie à un succès mondial à Jacob DESVARIEUX. Il a été élu citoyen d’honneur de Cocody, un quartier huppé d’Abidjan, en Côte-d’Ivoire. En effet, en France, le groupe KASSAV, dont Jacob DESVARIEUX était l’un des fondateurs, considéré comme folklorique, n’était pas vraiment pris au sérieux. Jacob DESVARIEUX connait bien de nombreux pays africains, comme le Congo, mais c’est en Côte-d’Ivoire que le succès a commencé à émerger ; il a touché un cachet de 1,5 million de FCA. Le concert de Bouaké (RCI) a généré 25000 spectateurs et il est citoyen d'honneur à Cocody (Abidjan) : «C’est en Côte d’Ivoire que les choses sont véritablement parties. On a joué tout d’abord pour une ONG des femmes appelée Soroptimiste. Après, on est allé à Bouaké. C’était en 1985. Où on a joué devant 35 000 personnes. C’était inimaginable. Vous savez, nous, nous venons de petites îles pas du tout peuplées» dit-il. Jacob DESVARIEUX déplore le piratage de la musique, notamment en Afrique «A partir du moment où l’on ne vend pas de disques, il ne nous est plus possible de financer les tournées. Le piratage est carrément devenu la forme de distribution officielle en Afrique. Les disques piratés représentent 90% du marché et les Etats sont plus ou moins complices» dit-il. Deux concerts à Luanda, au Mozambique, avec 90 000 spectateurs, ont secoué le cocotier. A Lusaka, en Angola, 30 000 spectateurs ont été le prélude d’une tournée triomphale dans de nombreux pays africains. Par conséquent, il a fallu que KASSAV remplisse des stades en Afrique, pour que la presse française les prenne, enfin, au sérieux. Ils sont invités à l’émission Zénith, de Michel DENISOT, à Canal Plus. KASSAV signe un contrat avec la maison de disque, Sony.
En pleine fièvre du Disco, la révolution de la musique Zouk, dans une ambiance de collé serré, a redonné, dans les années 80, une nouvelle vie à la musique antillaise. Crée en 1979 par Georges DECIMUS, le groupe KASSAV, ou galette de manioc mélangée à la noix de coco, un projet culturel, est donc un éveilleur de conscience. «Desvarieux a rythmé tant de moments heureux de nos vies. C’était un grand musicien qui a inventé et crée, sans jamais oublier ses racines. Son talent a porté la voix des Antilles dans le monde entier» écrit M. François HOLLANDE, ancien président de la République. En effet, le Zouk est un mélange de funk, biguine, «Gwo Ka», une musique traditionnelle de la Guadeloupe, et calypso, s'inscrivant, sans ambiguïté, dans la catégorie «musiques populaires». En particulier, le groupe KASSAV s’est revendiqué spécifiquement des valeurs culturelles guadeloupéennes : «Ce groupe, nous l’avons formé en partant d’un constat: les Antilles françaises étaient largement squattées par les musiciens d’Haïti. Il fallait réagir, développer la musique du coin, notamment en intégrant le tambour, car la base de la musique d’ici, c’est le couple tambour–voix. Tout cela pour nous procédait d’une démarche identitaire. C’était important de faire une musique évolutive immédiatement identifiable, même lorsque le tambour n’était pas là physiquement d’ailleurs. C’est à dire que quand un étranger l’écoutait, il devait se dire immédiatement : ça c’est de la musique antillaise» dit Jacob DESVARIEUX. La Guadeloupe est entourée d’îles anglophones et hispaniques : «Au départ Kassav’, ce n’est pas seulement un groupe d’amuseurs. On a aussi bien du message identitaire, sociologique, écologique que des histoires d’amour à raconter. Cette variété de thématiques, ce n’est pas pour ratisser large mais parce qu’on parle d’ici tout simplement» dit Jacob DESVARIEUX. Jusqu’ici, et sans création majeure, les orchestres antillais se contentaient d’animer les bals ou de jouer dans les carnavals. Après le mythique Tabou Combo d'Haïti, Kassav’ a suivi les traces de ce dernier tout en forgeant son identité. KASSAV’, en évitant la World Music, s’inspire du riche folklore antillais, tout le modernisant, à travers le Zouk. «Pour parler du début du groupe, il faut voir le contexte de l’époque avec les mouvements identitaires», explique Jacob DESVARIEUX. «A l’époque, tout le monde se posait des questions, sur ce qu’on faisait là... On savait qu’on était originaires d’Afrique, des descendants d’esclaves, mais quoi d’autre ?» dit Jacob DESVARIEUX.
Jacob DESVARIEUX est, avec Jocelyne BEROARD, l’un des musiciens emblématiques du groupe KASSAV’, inventeur du Zouk, une musique qui avait déferlé à travers le monde entier, dans les années 80. En effet, KASSAV, aux Victoires de la musique en 1988 a été élu «Meilleur groupe de l'année». KASSAV, récompensé de deux disques d’or, s’est produit plus de 60 fois au Zénith, à Paris 19ème, et, contrairement à une légende, c’est le 1er groupe français à avoir rempli le stade de France. La nouvelle génération préfère le «Raggamuffin» mais Jacob DESVARIEUX estime que le Zouk restera dans l’héritage musical antillais. La longévité de ce groupe a une explication «Il y a eu un très bon casting ! L’idée est venue de Pierre-Édouard Décimus, puis des candidats intéressants, intéressés, ont été auditionnés. On a tenté de s’appuyer sur un concept plutôt que sur de la musique : créer une musique antillaise, appréciée par les Antillais, qui puisse parler au reste du monde. L’idée n’était pas, comme pour la world music, de poser un artiste du Tiers Monde sur de la variété internationale, mais de partir de nos racines» dit Jacob DESVARIEUX.
Je crois que l’Afrique et le Sénégal, en particulier, seraient bien inspirés de rendre un exceptionnel hommage à Jacob DESVARIEUX qui a rapproché le continent noir aux Antilles, par son art et son africanité. Je souhaiterais que des noms de rue ou d’établissements soient donnés à cet homme engagé pour la cause de l’Homme noir et de leurs diasporas, pour la Justice et la Fraternité.
Jacob DESVARIEUX, marié deux fois, avait quatre enfants, dont les aînés sont deux jumeaux.
Nos sincères condoléances, à la famille, aux amis, aux fans, aux Antilles, à la France, à l’Afrique et au monde entier, pour la disparition de cet artiste hors pair, qu’était Jacob DESVARIEUX.
Paris, le 19 juillet 2021, actualisé le 31 juillet 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Jacob DESVARIEUX : musicien humaniste et sympathique du groupe Guadeloupéen KASSAV, le plus Africain des musiciens antillais» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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27 juin 2021 7 27 /06 /juin /2021 18:18
«La Samaritaine, temple de la consommation, réouverture d’un grand magasin parisien de luxe» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«On trouve de tout à la Samaritaine» tel le slogan de la Samaritaine, à Paris, grand magasin de luxe parisien, à côté du Pont-Neuf. Fermée depuis 2005, pour des motifs sécuritaires, sous l’égide de l’agence japonaise Sanaa, la nouvelle Samaritaine après d’importants travaux de bureaux, un hôtel de luxe, en façade sur la Seine, des logements sociaux et une crèche dans les épaisseurs de l’îlot. Cette rénovation devait surtout protéger le patrimoine architectural de Paris. Avant 1962, la loi du 31 décembre 1913 protégeait les immeubles au titre des monuments historiques. Elle s’appliquait aux immeubles monumentaux, aux éléments du patrimoine industriel et rural, aux ensembles paysagers. Une loi n°62-903 du 4 août 1962, sur la protection du patrimoine historique et esthétique de la France et tendant à faciliter la restauration immobilière, à l’initiative d’André MALRAUX (1901-1976), Ministre de la culture du général de GAULLE (1890-1970), complète et renforce ce dispositif de sauvegarde du patrimoine bâti de Paris. Désormais, on est passé de la protection du monument à la protection du patrimoine de proximité.
La Samaritaine, appartenant maintenant au groupe LVMH, a réouvert ses portes depuis le 23 juin 2021, après 16  années de travaux de rénovation, sur deux immeubles. Les travaux ne sont pas complètement ouverts, puisque seul le 1er étage du 2ème immeuble est accessible au public. Il faut faire la queue pour y accéder, mais les délais d’attente sont raisonnables. Il y avait quelques touristes, mais ce n’est pas encore le flot traditionnel des temps avant le confinement.
La Samaritaine, comme le Bon Marché, les Galeries Lafayette et le Printemps, est un magasin à la gloire du savoir-faire français. Ce temple de la consommation, fondé en 1870, par la famille COGNACQ-JAY, entre art déco et art nouveau, et autour de la légende de «la Samar». En effet, un ancien vendeur de tissus, Ernest COGNACQ (1839-1928), décide de monter un commerce rue du Pont-Neuf : «Il n’est pas toujours commode à vivre, mais c’est un travailleur» dit son épouse. En effet, Ernest COGNACQ se marie, en 1872, à Marie-Louise JAY (1838-1925), une haut-savoyarde, ancienne bergère, installée à Paris depuis 1853, dure en affaire, pingre, bonne gestionnaire et visionnaire, auparavant première vendeuse du rayon des confections au magasin «Le Bon Marché». Un des grands principes de Marie-Louise JAY, pour gagner des parts de marché : un client n’a jamais tort, et il faut tout faire pour le satisfaire; il reviendra. Localisé à un endroit stratégique de Paris, entre le Louvre et Notre-Dame de Paris, le succès de la Samaritaine tient à des concepts novateurs. Parmi eux, le fait que les produits ont un prix unique et affiché, ainsi que la possibilité de pouvoir essayer les vêtements. Les produits sont également organisés en rayons, de façon très moderne pour l'époque. Au décès de Marie-Louise JAY, comme de son mari, la Samaritaine ne fut pas fermée un seul jour. Telle était leur volonté. Cependant, couple sans enfant, ils ont légué leur fortune aux œuvres de bienfaisance. «La Samaritaine, le génie et la générosité de deux grands commerçants» tel est le titre d’une biographie que leur consacre Fernand LAUDET. Dans sa biographie sur le couple des COGNACQ-JAY, Michel GAUDIN parle de «vie samaritaine».
La Samaritaine fait référence à la Bible, à cette rencontre entre le Christ et une femme de la Samarie. «Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : «Donne-moi à boire». La Samaritaine lui dit : Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? Jésus lui répondit : Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle» Evangile, La Samaritaine, Saint Jean 4, 5-42. Edmond ROSTAND (1868-1918) avait fait, en 1901, de la Samaritaine une pièce de théâtre, avec Sarah BERNHARDT (1844-1823), comme actrice principale. Mais la Samaritaine était aussi, depuis Henri IV, une pompe à eau servant à alimenter de la Seine les jardins des Tuileries.
La Samaritaine fait écho à la puissante littérature d’Emile ZOLA (1840-1902), notamment son roman, «Au Bonheur des dames» paru en 1883, dans un Second Empire, avec son capitalisme féroce et triomphant. Les grands magasins, dont l’influence va bien au-delà de la simple distribution de produits, ont constitué dès leur naissance un élément fondamental de la modernité. Ainsi, dans «Au Bonheur des Dames», le personnage d’Octave Mouret affole les femmes de désir. Son grand magasin parisien, Au Bonheur des Dames, est un paradis pour les sens. Les tissus s'amoncellent, éblouissants, délicats, de faille ou de soie. Tout ce qu'une femme peut acheter, Octave Mouret le vend, avec des techniques révolutionnaires. Le succès est immense. Mais ce bazar est une catastrophe pour le quartier, les petits commerces meurent, les spéculations immobilières se multiplient. Et le personnel connaît une vie d'enfer. Les grands magasins permettent aussi un brassage de population sans précédent, dans une société encore organisée en classes séparées, et facilitent l’accès aux beaux-arts ainsi qu’à des idées et des styles différents. Symboles de progrès, ils ont prospéré et perduré parce qu’ils se sont toujours adaptés au développement industriel et à la vie moderne.
La Samaritaine, c’est un Espoir, pour le «Monde d’Après», le savoir-faire français aurait pu être une belle occasion de réindustrialiser le pays, d’avoir, enfin, une politique touristique audacieuse et stratégique, pour le plein emploi et la mobilisation de toutes les énergies, en régularisant les sans-papiers.
Références bibliographiques
BUFFET (R.P.), «Louise Jay, épouse Cognacq», Académie de Faucigny, Mémoires et documents, tome V, 1943, pages 66-70 ;
CABESTAN (Jean-François), LEMPEREUR (Hubert), La Samaritaine, Paris, éditions Picard, 2015, 280 pages ;
CLAUSEN (Meredith, L.), Frantz Jourdain and the Samaritaine, Leiden, E J Brill, 1987, 330 pages ;
ESCANDE (Louis), «Les grands travaux de la Samaritaine, à Paris», La technique des travaux, mai 1929, vol 5, n°5, pages 275-295, et vol 5, n°6, pages 343-358, et décembre 1933, vol 9, n°12, pages 737-753 ;
GAUDIN (Michel), La vie samaritaine des Cognacq-Jay, Paris, La Dame aux Oies éditions, 2019, 532 pages ;
KOFLER (Andreas), Architectures japonaises à Paris (1867-2017), Paris, éditions du Pavillon de l’Arsenal, 2017, 605 pages, en français et en japonais ;
LAUDET (Fernand), La Samaritaine, le génie et la générosité de deux grands commerçants, Paris, Dunod, 1933, 189 pages ;
MARREY (Bernard), Les Grands Magasins, Paris, éditions Picard, 1939 et 1979, 272 pages ;
ROSTAND (Edmond), Samaritaine, Evangile, en trois tableaux, en vers, Paris, 1901, 120 pages ;
THUBERT (Emmanuel), La nouvelle Samaritaine, Paris, éditions de la Douce France, 1933, 360 pages ;
ZOLA (Emile), Au Bonheur des Dames, Paris, Librairie générale française, classiques n°228, 1971, 544 pages.
Paris le 26 juin 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 
«La Samaritaine, temple de la consommation, réouverture d’un grand magasin parisien de luxe» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 21:13
«Disparition d'un grand artiste Maabo sénégalais de N'Dendory : Demba Hamet GUISSÉ (1945-2021)» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Demba Hamet GUISSÉ, un artiste Maabo, originaire de N'Dendory, arrondissement de Ouro-Sidy, département de Kanel vient de disparaître le vendredi 21 mai 2021, à Dakar.
Demba Hamet GUISSÉ n'était pas comme ces nouveaux griots flatteurs vivant aux dépens des vaniteux. Il était un vrai musicien, un historien et grand spécialiste des épopées de El Hadji Omar Foutiyou TALL et Thierno Sileymane BAL. Son audience dépassait le Fouta-Toro traditionnel du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie ; il était un artiste international.
Ces grands gardiens de la tradition orale sont en train de quitter la scène sur la pointe des pieds (Boubou BA Bambado, Samba Diabaré SAMB). Il animait une émission du dimanche, en Poulaar, à la télévision 2 S TV avec Sally SECK de Horkédiéré, a donné à Omar KANE, lors de la préparation de sa thèse sur «le Fouta-Toro des Satigui aux Almamy», de précieux renseignements sur l’histoire du Fouta-Toro. Par conséquent, Sally SECK, un ami de Demba Hamet GUISSÉ, était également une vraie bibliothèque. Sally SECK, un généalogiste et historien, qui animait les journées culturelles de Horkédiéré, a eu une attaque subite, sur scène, et il en est mort. Avant sa naissance, les parents de Sally SECK fréquentaient de Abdou Salam KANE (1879-1955), chef de canton, avait prédit à ses parents qu’ils auraient un valeureux fils (Sally) dont la notoriété dépassera les frontières du Fouta-Toro. Je rappelle que c’est à Horokédiéré, un village ancien que la première assemblée des Foutankais (Battou) s’est réunie, pour désigner le 1er Almamy du Fouta-Toro. Demba Hamet GUISSÉ était un Maabo (caste des tisserands), mais il a surpassé les griots en raison de sa très grande proximité avec Sally SECK. «Les peuples de l’oralité sont porteurs d’une culture aussi riche que celle des tenants de l’écriture. La tradition orale ne dit pas n’importe quoi, n’importe comment ; c’est une parole organisée, structurée, un immense réservoir de connaissances acquises par la collectivité, selon des canons bien déterminés. Aussi existe-t-il des spécialistes de la parole dont le rôle est de conserver et de transmettre les choses du passé : ce sont les griots. Les choses anciennes restent dans l’oreille»  disait Djibril Tamsir NIANE.
Historien et attaché à la Vérité, le vrai griot est un artiste, un savant, un gardien des institutions, et c’est lui qui assure la cohésion de la société, à travers sa présence permanente à toutes les périodes de la vie (naissance, mariage, mariage, guerre, etc.). Le «Gaolo» (griot) avait un rôle social affirmé. Il était le mémorialiste attitré des grandes familles, détenteur du pouvoir politique et religieux. La collectivité n’avait nul historien, si ce n’était le seul «Gaolo». Celui-ci doit être présent à toutes les batailles livrées par son Prince, non seulement pour affermir de la voix le courage des combattants, ou négocier une trêve, voire une capitulation, le cas échéant, mais également, pour se documenter et transmettre ce qu’il a vu» écrit Yaya WANE, dans «Les Toucouleurs du Fouta-Toro». En effet, magiciens du verbe, «les griots sont les détenteurs de l’histoire orale, bardes, hérauts, panégyristes, généalogistes, moralistes, garants de la tradition, chanteurs et instrumentalistes» écrit Isabelle LEYMARIE.
Par conséquent, pour paraphraser Amadou Hampâté BA (1901-1991) «il ne faudrait pas que la bibliothèque brûle».
Paris le 21 mai 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
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16 avril 2021 5 16 /04 /avril /2021 22:30
«Assane SECK (1919-2012), universitaire, nationaliste, diplomate, homme d’Etat et de culture» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 
Assane SECK «symbolisait le Sénégal dans son unité et dans sa diversité. L’homme d’Etat remarquable qui, toute sa vie durant, a été un modèle d’engagement et de désintéressement, au service de sa région, de son pays et de l’Afrique. Ce militant des premières heures de l’émancipation et du développement du Sénégal incarnait le Sénégal dans son unité et sa diversité. Il symbolisait l’Afrique dans sa sagesse et son espérance» dit le président Macky SALL.
Educateur, ancien Tirailleur sénégalais, nationaliste, militant socialiste et homme d’Etat sénégalais Assane SECK a connu la plus longue et particulièrement riche carrière politique de 17 ans, en ayant été successivement ministre des Affaires culturelles (juin 1966-juin 1968), de l’Education nationale (juin 1968-mars 1973), des Affaires étrangères (mars 1973 - mars 1978), de la Culture (mars 1978-mars 1981) et de l’Equipement (juillet 1981-mars 1983). Assane SECK a été assimilé à un arbre emblématique du Sénégal : le baobab, «cet arbre majestueux qui a lui seul réuni toutes les vertus de la nature. Cet arbre dont la longévité et la robustesse symbolise la sagesse et la pérennité. L’arbre, au tronc ventru et au bois mou gorgé d’eau que l’on appelle pour cela “arbre bouteille“. Généralement très massif, mythique, sobre mais si impressionnant. Vous avez deviné qu’il s’agit du Baobab ! Assane Seck avait non seulement l’allure caractéristique du Baobab mais également toutes ses qualités» écrit Mme Annette SECK.
Le professeur Assane SECK a laissé derrière lui, une importante production intellectuelle, dont ses mémoires constituant un pan de l’histoire du Sénégal, et intitulés : «Sénégal, émergence d’une démocratie moderne (1945-2005)». Ecrivain et auteur de cinq ouvrages, ses premiers travaux concernent la Casamance, mais aussi en tant que géographe, Assane SECK s’est attelé au phénomène des grandes villes, dont Dakar.
On l’oublie souvent, Assane SECK, outre ses fonctions ministérielles, est avant tout un homme de culture. Président de la Société africaine de culture jusqu’à sa mort, une structure fondée par Alioune DIOP (1910-1980), à la base du Festival mondial des arts nègres de 1966 et de divers congrès. Si Assane SECK a été un prestigieux ministre de la culture, le Musée dynamique et l’université des Mutants, dans leur dimension élitiste n’ont pas bien été compris par les Sénégalais. Cependant, la Biennale de Dakar a survécu de cette politique senghorienne de la culture. Il restera surtout dans la mémoire des Sénégalais, que Assane SECK, avait joué, en 1940, dans une pièce historique de Fodéba KEITA (1921-1969), le rôle de «Bigolo», un surnom de Djinabeu (Djignabo) ou encore BADJI Bassène, à William Ponty. En effet, la légende de Bigolo, dans sa résistance contre le colonisateur, commençant à tomber dans l’oubli, fut ressuscitée, entretenue et amplifiée, par les élèves casamançais, dont Assane SECK, à William Ponty. Dans l’histoire de Bigolo, il y a un fait qui fait consensus. Jusqu’à la fin du XIXème siècle, la Casamance, abritée par d’épaisses forêts et isolée au milieu de lacs et fleuves, avait échappé à la domination coloniale. Les Français, convoitant notamment le bois casamançais ou d’autres produits, dans une atmosphère de méfiance et d’hostilité de la population, ont fait appel à des intermédiaires, des traitants, souvent étrangers ou venus d’autres régions du Sénégal.
Cependant, le capitaine LAUQUE, appuyé par 250 Tirailleurs sénégalais et un canon, a engagé une expédition du 24 octobre 1905 au 25 juin 1906. Aussi, l’oppression coloniale se mit en marche contre les autorités traditionnelles, notamment les féticheurs, révoltées contre la levée des impôts. C’est dans ces circonstances que Bigolo, ou Ahan-Boekin, a été tué à Séléki (commune rurale d’Enampore, arrondissement de Nyassia), dans des circonstances non encore élucidées.
Pour les Français, en bivouac, le 17 mai 1906 leur camp est attaqué, de nuit, par des guerriers Diola. Le tirailleur de faction lance deux sommations et finit par tirer. «Au petit matin, des villageois se présentent pour demander d’enlever le corps de leurs soldats tués la nuit ; ils apprirent, par la suite, que la victime, Djignabo était un grand féticheur de Séléki» écrit Philippe MEGUELLE. Suivant la tradition orale, Djignabo, surpris par les sommations d’un tirailleur, dont il ne comprenait pas la langue, Djignabo tenta de s’enfuir, mais une balle lui traversa le corps ; il s’écroula à côté d’un point d’eau. Suivant une autre version, il ne serait que blessé, lorsque ses parents vinrent le récupérer, il serait mort dans la concession  d’un de ses cousins à Séléki. Dans leur propagande les colons affirment que, dès la mort de Djignabo, la pacification de la Casamance aurait commencé.
Cette thèse accidentelle de la mort de Djignabo a été contestée : «Djignabo était l’âme de la résistance parmi les Séléki» écrit Christian ROCHE. En effet, le sacrifice de Djignabo aurait réveillé la résistance casamançaise. Un point acquis est que la légende de Djignabo, le résistant, a survécu dans la mémoire des populations. Dès sa tendre enfance, Bigolo se distingua par son courage et sa force physique, qui firent de lui un champion de lutte. Aussi, ses amis le surnommèrent «Egnab», c’est-à-dire l’éléphant en Diola, qui par déformation deviendra Djignabo. Dans ce mythe devenu tenace, les soldats français sont qualifiés «d’envahisseurs», Bigolo est devenu un porte-drapeau de la résistance «A Séléka, il se rapprocha du bivouac avec ses hommes, pour exécuter une attaque surprise, le 17 mai 1906. Tous les habitants de Séléka et leurs alliés furent mobilisés par le tam-tam de guerre pour se préparer à la lutte ; l’objectif étant de chasser les Français hors de leurs territoires» écrit Moustapha KEBE.
En définitive, Assane SECK est «un artiste, un comédien qui sait fasciner, un danseur, un acteur qui sait jouer les rôles du chef sage, du guerrier et du tribun» écrit Abdoulaye Racine SENGHOR. Il aura donc contribué à populariser l’image d’un Bigolo résistant. Un lycée, depuis 1964, porte le nom de Djignabo, à Ziguinchor. SEMBENE Ousmane (1923-2007), né à Marsassoum, dans son film «Emitaï», en 1971, a fait revivre le personnage de «Bigolo». Emitaï, dans la cosmogonie Diola, est un Dieu suprême, ayant fabriqué la vie en même temps que la mort, qui reste en l’état virtuel ou latent, tant que l’Homme ne l’a pas provoquée, notamment par l’action d’un sorcier. Bigolo aurait-il recherché la mort, en se posant en martyr ?
Assane SECK a été Ministre des Affaires étrangères à un moment clé de l’histoire du Sénégal. Après la période de glaciation, le poste de premier ministre a été rétabli, Mamadou DIA allait être libéré en 1974 et le multipartisme limité instauré. Cependant, sur la scène internationale, la Guerre froide était encore de rigueur, le Sénégal avait toujours son remuant voisin, Ahmed Sékou TOURE (1922-1984), l’Apartheid en vigueur et certains pays africains, dont la Guinée-Bissau, la Namibie, l’Angola et le Mozambique, étaient encore sous le joug colonial. Somme toute, le professeur Assane SECK aura contribué, de façon décisive, à renforcer la bonne image et le prestige du Sénégal. Cependant, la politique étrangère du président SENGHOR, arrimé à la Françafrique, n’était pas exempte de toute critique, notamment dans la tiédeur de son soutien aux mouvements de libération nationale.
Assane SECK est né le 1 er février 1919 dans le village d’Inor à Sédhiou, son père y est un traitant.  Assane SECK a été élevé et grandi en Casamance, son fief politique, une région par excellence de la diversité où vivent les Baînounk, les Diola, Manjack, Mancagne, Balante, Mandingue, Peul et Ouolof «La Casamance, malgré son enclavement entre trois pays étrangers, est la région la plus cosmopolite du Sénégal» écrit Assane SECK. Il a des grands-parents maternels, des ancêtres Lébous du Cap-Vert et de Guet-N’Dar, ayant des attaches familiales chez les Sérères Niominka et en Basse Casamance. Il était prédestiné à «unir la mer et les sources de la savane et de la forêt» écrit Fadel DIA. En effet, son grand-père paternel, Alassane SECK, et sa grand-mère, Diodio N’DIAYE, sont nés à Rufisque. Leur fils, Ibrahima SECK, né en 1873, part pour la Casamance en 1905, avec son demi-frère, Assane SECK (homonyme du Ministre) pour s’installer à Adéane. Sa mère, Adam SARR, est  issue d’un père Sérère Niominka, originaire de Dionewar, et d’une mère casamançaise, Yandé DIATTA.
«A Marsassoum, je fus confié à un traitant Lébou ; j’y ai subi l’initiation par la circoncision» écrit-il dans ses mémoires. Comme tout enfant sénégalais, le jeune Assane est d’abord inscrit l’école coranique. Assane a effectué ses études de base en Casamance, entre 1930 et 1941. Il fréquente, par la suite, l’école française de son village, Marsassoum, puis l’école d’Adéane : «En 1930, mon demi-frère, Alassane (Maguette), devenu enseignant, me fit venir à Adéane» écrit-il. Meilleur élève du cercle de Ziguinchor, Assane est envoyé comme boursier à l’école régionale du chef-lieu. Sa promotion est presque exclusivement masculine ; il n’y a que quatre filles, dont deux Européennes, filles d’administrateurs. Au bout de deux années très studieuses (1933-1935), Asssane passe le Certificat d’études primaires élémentaires (CEPE).  Il suivra après ses études à Saint-Louis de 1935 à 1938, à l’école primaire supérieure Blanchot. Assane SECK est admis à l’école normale William Ponty de 1938 à 1941. A William Ponty, transférée de Gorée à Sébikhotane, les élèves portent un uniforme ; ils le conservent quand ils partent en vacances, et cela leur donne un certain prestige, pour ne pas dire un prestige certain. Le régime est de trois ans d’études. A l’issue de la première année, une sélection est opérée pour orienter les élèves dans l’une des trois sections existantes : enseignement, médecine et administration. La médecine est très demandée (avec les vétérinaires, elle constitue le tiers de l’effectif d’une promotion) et réservée à ceux qui ont les meilleures notes, ce qui est le cas d’Assane SECK. Son directeur l’a donc inscrit d’office, mais il n’a pas de vocation médicale, et choisit l’enseignement.
Assane SECK, profondément enraciné dans la culture africaine, est ouvert aux autres, notamment à la culture française. D’une part, Assane SECK, un ancien tirailleur, a participé au débarquement en Provence du 19 août 1944, et en raison de ses qualités intellectuelles, il a su bénéficier du soutien de l'armée française dans ses études, à Cyr Deschamps. D’autre part, tout en restant enraciné dans la culture sénégalaise et celle de la Casamance, Assane SECK a partagé le point de vue de Léopold Sédar SENGHOR, à savoir : «assimiler et non être assimilé». Aussi, on comprend alors qu’il ait pu aller si loin dans la quête du savoir pour devenir un intellectuel sur le modèle occidental, mais sans été aliéné.
A la fin de ses études à William Ponty, Assane SECK a produit un mémoire, sous le titre, «Malick l’Étudiant noir», une histoire d’un jeune homme formé à l’école française et qui se trouve en porte-à-faux avec son environnement traditionnel. Une idylle avec une jeune fille dont la famille est effrayée par l’allure décidément trop moderne de Malick ne peut aboutir. Et pourtant elle l’aime. Assane SECK, pour ce mémoire  obtient la note de  18/20, avec la mention très bien et les félicitations du jury. Major de sa promotion, il peut choisir son poste ; il est donc nommé adjoint au surveillant général. Assane, africain modèle ou «évolué», premier enseignant africain en 1952, ne partira pas en Guinée son choix d’affectation en raison de l’éclatement de la Seconde guerre mondiale. Affecté dans un peloton spécial formant les gradés, au 7ème RTS (Régiment de tirailleurs sénégalais), pour devenir sous-officier, l'instruction ayant duré un an et demi. Au 1er décembre 1942, l’armée américaine a débarqué, entre-temps, en Afrique du Nord, maintenu sous les drapeaux, Assane SECK se retrouve au Maroc. Promu sous-officier, il participe au débarquement en Provence, et embarque, de ce fait, pour Toulon, en France métropolitaine, sous l’égide de l’armée américaine. Par conséquent, la participation des Tirailleurs sénégalais à la libération de la France a été décisive : «Vous avez rendu à la France son port de guerre le plus important et son premier port de commerce. Vous avez remporté une grande victoire et mérité la reconnaissance de la France et des Alliés» dira, le général américain,  Alexander PATCH (1889-1945).
En novembre, le sergent SECK s’est rendu à Paris pour suivre un stage de déminage. A Paris, Assane SECK n’a pas voulu abandonner les études, et a continué de travailler, seul, tout en étant inscrit aux cours par correspondance de l’Ecole Universelle. Son ambition était d’obtenir le baccalauréat pour accéder à l’Université. L’Armée, en dépit des réserves de l’administration coloniale, lui accorde un logement et une bourse en mars 1945. Le gouverneur de l’AOF avait un préjugé sur les Africains enrôlés dans l’Armée française ; il redoutait que les coloniaux, une fois démobilisés, deviennent des rebelles et indépendantistes. En effet, le général Pierre BOISSON (1894-1948), Haut-commissaire de l’Afrique noire, à ce titre gouverneur général de l’AEF et de l’AOF de 1940 à 1942 est, en fait, un partisan du maréchal Philippe PETAIN (1856-1951), un collaborationniste, révoqué sans pension sans pension en octobre 1944 et condamné en février 1946 à l’indignité nationale. Les partisans du général de Charles GAULLE avaient fait bombarder, vainement, Dakar les 23-25 septembre 1940. En novembre 1941, le général  Charles HUNTZIGER (1880-1941), celui-là même qui avait signé l’armistice du 22 juin 1940 au nom du gouvernement de Philippe PETAIN, vient inspecter les troupes de l’A.O.F., et son avion s’écrase, le 12 novembre 1941, au sol, lors de son retour en France. Aussi, les supérieurs hiérarchiques de Assane SECK, ayant une bonne opinion de lui, ont passé outre à ces directives. En effet, les autorités militaires lui ont accordé un congé de trois ans, ainsi qu’une bourse pour entamer en France des études supérieures.
Dans son projet universitaire, Assane SECK a fait une rencontre décisive en 1946, en faisant la connaissance, à Montpellier, de Babacar SEYE (1915-1993), futur avocat, maire de Saint-Louis et vice-président du Conseil constitutionnel, assassiné le 15 mai 1993. Babacar SEYE lui conseille de ne pas rentrer tout de suite au Sénégal, et d’entreprendre des études universitaires en France. Aussi, Assane SECK va s’inscrire à la Sorbonne, à Paris, sans pour autant quitter l’Armée. Muni de deux diplômes universitaires, le sergent-chef, Assane SECK va alors revenir au Sénégal. Démobilisé le 1er octobre 1948, au Camp de Thiaroye, promu au grade d’adjudant, Assane SECK est versé dans la réserve. Assane SECK soutient, en 1949 un mémoire de diplôme d’études supérieures (DES) de géographie consacré à la Moyenne-Casamance.  Admissible, à l'agrégation, le professeur Assane SECK enseigne au lycée Maurice Delafosse de Dakar de 1956 à 1958. En 1959 il est nommé assistant à l'université de Dakar, puis maître-assistant en 1961, chargé d'enseignement en 1966, maître de conférences et enfin professeur des universités, après sa thèse d'État consacrée à la ville de Dakar et soutenue en 1970. 
Les combats politiques de Assane SECK commencent en 1955, une époque où deux géants de l’histoire politique sénégalaise s’affrontaient, Lamine GUEYE (1891-1968) et Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). Il se défend d’avoir été autonomiste casamançais. Le Mouvement Autonome de la Casamance, dont il est membre, une organisation dissidente du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance, une organisation régionaliste en raison de l’enclavement de la Casamance, n’est nullement séparatiste. Assane SECK a même participé à différentes médiations entre l’Etat du Sénégal et le MFDC, notamment avec Sidy BADJI, chef du Front Nord, fondateur de la branche armée et l’abbé Augustin Diamacoune SENGHOR (1928-2007), est l’un théoricien. Un cessez-le-feu est conclu le 29 mars 1991. Assane SECK dément un prétendu accord secret entre L.S.S SENGHOR et Emile BADIANE (1915-1972) prévoyant une indépendance de la Casamance à partir de 1980. Dans le champ politique, initialement, Assane SECK était partisan de Lamine GUEYE, mais aux législatives du 2 janvier 1956, le tandem SENGHOR-DIA, bien implanté dans les campagnes, remporte les élections. Cependant, en fin politique, SENGHOR appelle à l’unité. Assane SECK connaissait SENGHOR depuis 1949 «A travers les péripéties que nous affronterons ensemble ou séparément, je découvris en lui, un homme travailleur, très organisé dans la pensée, déterminé dans l’action, ayant le courage de ses opinions ; mais méfiant, a priori, à l’égard de tout le monde» écrit-il. A cette époque, Assane SECK connaissait moins bien Mamadou DIA (1910-2009), mais «je n’ai retenu de lui que sa forte personnalité et, plus tard, les images de sa résistance aux Socialistes français au pouvoir lors du transfert de la capitale du Sénégal de Saint-Louis à Dakar» écrit-il.
Grâce à Assane SECK, le Parti du Regroupement Africain (P.R.A.) avait conservé une audience auprès des enseignants ou «l’Armée de la République» et des populations de la Casamance, le Mouvement Autonome de la Casamance (M.A.C.) ayant fusionné avec le Bloc Démocratique Sénégalais (B.D.S.) en 1957. Assane SECK faisait partie des porteurs de pancartes, partisans de l’indépendance «totale et immédiate» («Diotsarew», reprendre son pays, «Momsarew», se réapproprier son pays), lors de la visite du général de GAULLE, le 26 août 1958, à Dakar : «Il valait mieux souffrir dans la dignité, que d’accepter l’esclavage dans l’opulence» écrit Assane SECK dans ses mémoires. Ce jour-là, SENGHOR et DIA ont déserté Dakar, laissant à Lamine GUEYE et à Valdiodio N’DIAYE (1923-1984), ministre de l’intérieur, le soin d’accueillir le général de GAULLE : «Je veux dire un mot aux porteurs de pancartes. Voici ce mot : s’ils veulent l’indépendance qu’ils la prennent le 28 septembre !» dit Charles de GAULLE (1890-1970). Par conséquent, Assane SECK et ses amis du P.R.A seront dans l’opposition entre 1958 et 1966 : «On luttait, certes, pour l’indépendance, mais pas pour n’importe quelle indépendance. En nous débarrassant de tous les liens de dépendance, nous cherchions à bâtir pour notre continent et pour nos peuples, un avenir de paix, de justice et de progrès, à la mesure de leurs aspirations, à l’unité et au bien-être» écrit Amadou Mahtar M’BOW. Pour Assane SECK, tout étant un nationaliste : «La traite a été pour l’Afrique noire une catastrophe aux conséquences incalculables. Elle a expatrié au cours du XVIIIe siècle cent mille esclaves par an. Si l’on ajoute ceux qui mouraient en cours de capture et dans les cales des navires, on peut raisonnablement retenir le chiffre de 200.000 par an, soit 20 millions d’individus pour un siècle. Il faut ajouter que ce prélèvement s’adressait surtout à des jeunes en pleine possession de leurs facultés de procréation» dit Assane SECK.
En dépit de ses engagements politiques, Assane SECK est un rigoureux universitaire attaché à la Vérité «Sa lutte constante pour une rapide et complète indépendance (de son pays et de l’Afrique) est connue de tous. Mais son clair esprit scientifique et son honnêteté foncière l’ont toujours empêché d’adhérer aux slogans simplificateurs» dit Mme Suzanne DAVAU, géographe française. En effet, Assane SECK «sait aussi garder une distance critique et se poser quelques questions demeurées irrésolues. C’est un honnête homme devenu une sorte sage africain» écrit le professeur Djibril SAMB. En effet, le professeur Assane SECK, initialement un contestataire et autonomiste, devenu un baron du Parti socialiste, est cependant resté un grand sage, un modérateur et un pacificateur. En effet, les luttes entre les différentes tendances du Parti socialiste, pour la conquête ou la conservation du pouvoir, qui finiront par provoquer la première alternance en 2000, peuvent être parfois sanglantes, fratricides. «Minorer la majorité et majorer la majorité» telle est la pratique ancienne à l’Union Progressiste Sénégalaise (U.P.S.), devenue Parti socialiste. Membre du Bureau politique, respecté de tous, même en cas de tempête, Assane SECK «a su garder la tête froide et s’élever au-dessus des clans et des tendances. Il n’écoute que ses convictions, recadre les débats, convoque l’Histoire pour étoffer ses arguments» écrit Moustapha KA, ancien ministre de la Culture. En grand patriarche, Assane SECK savait réunir, chez lui à Fass, à Dakar, dans sa bibliothèque, baptisée «l’arbre à palabre», tous les protagonistes, pour trouver une solution satisfaisante. Le linge sale se lave en famille.
Par conséquent, la vie de Assane SECK est inspiré par de grandes valeurs morales ; «courageux, critique, ferme quand il s’agit de ses convictions les plus profondes», Asssane SECK est jaloux pour préserver sa liberté et sa dignité, comme le souligne El Hadji Ibrahima DIOP du FASTEF. Assane SECK est également décrit comme «un homme courtois, serein en toutes circonstances, d’un courage olympien et d’une loyauté sans commune mesure et d’une intégrité à l’envie, discret, humble et épris de justice» écrit Amadou N’Déné N’DAW. En raison de son humilité, et pendant sa longue carrière gouvernementale, Assane SECK n’a jamais quitté sa maison du quartier populaire de Fass, un quartier populaire de Dakar ; cette humilité, il a voulu l’inculquer à ses enfants, alors élèves au lycée Blaise Diagne, qui faisaient le trajet aller et retour à pied ; cela suscitait les remarques sarcastiques de leurs camarades : «Des enfants de ministre qui marchent pour aller à l’école ou en revenir !». Assane SECK représente l’exemplarité et la modestie.
Assane SECK, en raison de sa longue vie, a fait allusion à sa mort : «Je sens doucement venir la nuit. Je sais, en effet, ce qu’annonce le doux crépuscule du soir, plein de sérénité, qu’il m’arrive souvent d’absorber par tous les pores de mon être, notamment lorsqu’à la fin d’une promenade sur l’index tendu de la pointe des Almadies, les derniers rayons solaires plongeant dans l’océan profond m’incitent à la méditation, souvent dans une ferveur proche de l’extase. L’heure arrive qui mettra fin à une vie déjà exceptionnellement longue, dont je remercie mon Créateur» écrit Assane SECK, dans ses mémoires. Disparu le 27 novembre 2012, Assane SECK repose à Marsassoum ; une Ziara annuelle, accompagnée d’actions humanitaires, lui est consacrée.
De son vivant, en 2009, et à l’occasion de ses 90 ans, Assane SECK a été couvert d’éloges, bien mérités. «A nos yeux d’adolescents, puis d’adultes, Assane Seck était incontestablement, au figuré comme au propre, un colossal parmi les hommes de sa génération», écrit Makhily GASSAMA. Durant toute sa vie, en toutes circonstances, Assane SECK a su «rester digne en étant populaire» ; il a souvent pu «supporter, entendre ses paroles travesties par des gueux pour exciter les sots, être sage sans être moral ni pédant, être brave, jamais imprudent, aimer tous les amis en frère, être dur sans jamais être en rage», suivant le célèbre poème «Si» de Rudyard KIPLING (1865-1936). «Depuis 1950 à nos jours, Assane Seck a été ainsi au cœur même du combat démocratique au Sénégal ; il a connu des honneurs, des heures de gloire, comme il a connu des heures de souffrances morales et physiques, mais sa force a toujours consisté, quelle que fût la ruse ou la cruauté de l’adversité, à demeurer égal à lui-même : un homme humble mais intransigeant sur les grands principes qui constituent les piliers d’un Etat (…). Il fait assurément partie des grands ouvriers de la démocratie dans nos pays», ajoute Makhily GASSAMA.
L’Université de Ziguinchor, disposant d’une Unité de Formation et de Recherche (U.F.R.) de philosophie et de psychologie, de même qu’une UFR des sciences agro-pastorales, porte le nom de Assane SECK. Pour le président Macky SALL : «L’Université de Ziguinchor devra être au cœur des ruptures fondamentales pour la construction du futur Sénégal». Cette décision du président Macky SALL a profondément réjoui et honoré la famille de Assane SECK : «Lorsque vous avez annoncé cette décision au lendemain de sa disparition, vous aviez inondé nos cœurs d’un grand réconfort dans la grande douleur qui nous étreignait, en ce sens ce «Sénégalais à part entière» (Assane SECK) vouait à la Casamance, sa terre natale. Il n’a jamais manqué une occasion de revendiquer sa «casamancité», allant même jusqu’à risquer sa vie pour la construction d’une Casamance de paix, faisant partie intégrante du Sénégal. Cet attachement sincère et sans calcul vis-à-vis du terroir qui l’a vu naître et de son pays, son engagement dans tous les combats de sa génération, lui valent aujourd’hui d’entrer dans la postérité» a déclaré Karim SECK, son fils.
Références bibliographiques
1 – Contributions d’Assane SECK
 
SECK (Assane), «Discours inaugural, 3ème festival mondial des arts nègres : Dimensions mondiales de la communauté des peuples noirs», Présence africaine, 1er et 2ème semestres, 1981, pages 19-21 ; 
 
SECK (Assane), «Géographie, colonisation et culture», Présence africaine, juin-septembre 1957, pages 46-57 ;
 
SECK (Assane), «Introduction à l’étude des villes tropicales», Tiers-monde, 1965, t 6, n°21, pages 171-204 ;
 
SECK (Assane), «Joseph KI-ZERBO, un nationaliste sans concession», Présence africaine, 2006 I, n°173, pages 37-44 ;
 
SECK (Assane), «Le «Heug» ou pluie en saison sèche au Sénégal», Annales de géographie, 1962, t 71, n°385, pages 225-246 ;
 
SECK (Assane), «Problématique de modernisation de l’Ouest-africain», Présence africaine, 1953, pages 83-113 ;
 
SECK (Assane), Dakar, les grandes villes d’Afrique et de Madagascar, Paris, la Documentation française, 1968, 118 pages ;
 
SECK (Assane), Dakar, métropole ouest-africaine, préface de Djibril Samb, Dakar, IFAN, 1970, 516 pages ;
 
SECK (Assane), La moyenne Casamance : étude de géographie physique, Dakar, Institut des Hautes Etudes de Dakar, 1955, 49 pages et Revue de géographie alpine, 1955, t 43, n°4, pages 707-755 ;
 
SECK (Assane), MONDJANNAGNI (Alfred), L’Afrique Occidentale, Paris, PUF, 1967, 292 pages ;
 
SECK (Assane), Sénégal, émergence d’une démocratie moderne, 1945-2005, un itinéraire politique, préface du professeur Djibril Samb, Paris, Karthala, 2005, 360 pages.
 
2 – Critiques d’Assane SECK
 
AWENENGO DALBERTO (Séverine), Les Joola, la Casamance et l’Etat (1890-2004), l’identisation des Joola au Sénégal, thèse sous la direction de Pierre Boilley, Université Paris VII, 2005, 3 vol. 1050 pages, spéc pages 268-269 et 831-842 (transcription de la pièce de théâtre Bigolo) ;
CAMARA (Ousmane), Mémoires d’un juge africain. Itinéraire d’un homme libre, Paris, Karthala, 2010, 306 pages ;
Capitaine LAUQUE, Rapport sur les opérations exécutées en Casamance par la 4ème Compagnie du 1er régiment de Tirailleurs sénégalais du 24 octobre 1905 au 25 juin 1906, Sédhiou, septembre 1906 ;
 
CISSE (N), Vie et œuvre de Djigneube dit Djinabo Bassène, Saint-Louis, non daté, 6 pages ;
 
CORNEVIN (Robert), Le théâtre en Afrique noire et à Madagascar, Paris, Le Livre français, 1970, 335 pages, spéc sur Bigolo, page 73  ;
 
DIA (Fadel) SY (Alpha, Amadou) éditeurs, Un homme de son temps : hommage au professeur Assane Seck, préface d’Amadou Mahtar M’BOW, Paris, l’Harmattan, 2019 144 pages ;
 
DIENG (Amadou, Aly), Premiers pas de la FEANF, 1950-1955 : de l’Union française à Bandoung, Paris, l’Harmattan, 2003, 374 pages, spéc page 157 et 267-268 ;
 
DRAMANE (B), DIOP (M), SANE (M), TOUNKARA (C.S.), Bigolo. Le dernier des grands féticheurs du pays Diola, Saint-Louis, P. I Coly, 1938, 10 pages ;
 
GASSAMA (Makhily), BODIAN (Atab), MANE (Mamadou), Mélanges offerts au professeur Assane Seck, à l’universitaire, à l’homme d’Etat sénégalais, Dakar, Sénégal, NEA, 2012, 317 pages ;
 
KEBE (Moustapha), La domination coloniale française en Basse Casamance (1836-1960), thèse sous la direction de Ibrahima Thioub, Dakar, UCAD, 2006, 302 pages, spéc pages 101-102, doc UCAD THL-1294 ;
 
MAGUELLE (Philippe), La politique indigène du colonisateur dans le pays Diola de Basse Casamance (1828-1923), thèse sous la direction de Ousmane Faye, Dakar, UCAD, 2008, 632 pages, spéc pages 358-361, doc UCAD THL-1148 ;
 
N’DAO (Ibrahima), Sénégal, histoire des conquêtes démocratiques, Dakar, NEA, 2003, 525 pages, spéc pages 147-157 ;
 
NIANG (Mody), Abdou Diouf, 40 ans au cœur de l’Etat du Sénégal, préface d’Assane Seck, Paris, l’Harmattan, 2009, 199 pages ;

ROCHE (Christian), «La mort de Jinaabo», Notes Africaines, 1er avril 1972, n°134, pages 45-47 ;
 
ROCHE (Christian), Histoire de la Casamance. Conquête et résistance : 1850-1920, Paris, Karthala, 1985, 402 pages, spéc page 286 ;
 
SENE (Ibrahima), La diplomatie sénégalaise de Léopold Sédar Senghor à Abdoulaye Wade : regard d’un chancelier, préface d’Assane Seck, Paris, l’Harmattan, 2013, 370 pages ;
 
THOMAS (Louis-Vincent), Les Diola. Essai d’analyse fonctionnelle sur une population de Basse-Casamance, Dakar, IFAN, Université de Dakar, et Paris, 1959, 2 vol 821 pages, spéc page 452 ;
 
TRINCAZ (Pierre-Xavier), Colonisation et régionalisme. Ziguinchor et la Casamance, Paris, Orstom, 1984, 269 pages, spéc sur les différentes ethnies, pages 149-168.
 
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