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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 20:39
«Un lutteur dans l’arène, contre le larbinisme, pour une citoyenneté pleine et entière,  dans un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
Infatigable lutteur dans l’arène, «Je me sens capable de hurler pour toujours contre ceux qui m’entourent et qui m’empêchent à jamais d’être un Homme» disait Léon-Gontran DAMAS (1912-1978). On veut nous persuader que la colonisation et l’esclavage, à travers ses génocides, les corvées, le travail forcé, les chaînes, les fers, les carcans, les entraves, les menottes et fouets, ce serait du passé qu’il faudrait tout oublier. Pire encore, on nous demande d’acclamer et d’encenser les cérémonies nationales en hommage au bicentenaire de la mort de Napoléon BONAPARTE (1769-1821), et même d’honorer Jean-Baptiste COLBERT (1629-1683), un héros qui aurait «humaniser l’esclavage». Vos héros sont nos bourreaux. Aussi, je le redis haut et fort, pour reprendre le titre d’un article de Mme Christiane TAUBIRA, «Nous n’irons pas au jardin d’acclimatation !». Cependant, cette mémoire que l’on réclame, après tant de génocides, c’est pour préserver ce douloureux passé, pour notre dignité, mais ce n’est pas une revendication de revanche ; il s’agit de se souvenir afin d’apprendre à mieux vivre ensemble.
Dans ce monde, oscillant entre le Chaos et l’Harmonie, en lutteur dans l'arène, j'ai déjà choisi mon camp. Ma femme d'une culture bouddhiste, et pour laquelle le bonheur sur terre est la puissance matérielle, estime que mes combats pour le bien-vivre ensemble sont vains. Pour elle,  il faudrait chercher, constamment, à gagner davantage de l'argent. Cependant, et à mon modeste point de vue, ce qui a fait avancer le monde, ce sont ces forces de l'esprit (mon deuxième livre, sur Amazon, uniquement), pour un monde meilleur de justice, de fraternité, et de solidarité. Socrate, devant l'injustice avait bu la ciguë et il incarne de nos jours, le refus de l’injustice ; le rêve de Martin Luther KING (1929-1968) est en train de se réaliser, et Nelson MANDELA (1918-2013) par sa résilience et son besoin réconciliation, est devenu la conscience de l’Humanité. Mes armes à moi sont les militantisme associatif et politique ainsi que mes modestes contributions écrites. D'aucuns me disent «a-t-il le temps de se reposer ?».
Le temps on le trouve si on est bien organisé et j’ai toute l'éternité, dans ce grand sommeil, pour me reposer. Là aussi je suis un élève de Sénèque qui considère que le temps, une richesse la plus précieuse, est à faire fructifier. C'est toujours douloureux décrire, l’inspiration n’arrive pas comme une baguette magique. Aussi, Sénèque nous recommande d'être à la fois dans la société et hors de la société. Ce militantisme est, donc pour moi, une grande source d'inspiration et en même temps il faudrait aménager des espaces de méditation et de création.
En Afrique, il y a des arguments de suffisance, et parfois de mépris, à l'égard de la diaspora, qui cherche son identité et sa culture (voir mon livre sur l’Afrique et sa diaspora). Certains de mes contacts Facebook, détenteurs de la Vérité absolue, m'ont carrément dit : «Tu habites à Paris, tu ne connais rien de la réalité du pays. Tais-toi». D'autres me disent «occupe-toi seulement du Sénégal et de la France !». Comme si le simple fait de résider en Afrique conférerait un brevet de connaissance et de clairvoyance absolues. Je rappellerai que l’Afrique ce n’est plus un concept géographique, réduit au continent noir. L’Afrique se prolonge, désormais, à travers ses diasporas, en Amérique et en Europe, et au Brésil. Par ailleurs, les grands mouvements pour la décolonisation et la Négritude sont nés à Paris, la capitale culturelle et politique de l'Afrique. Bien des opposants africains recherchent refuge en France, pays encore de liberté d'expression, même si mes posts sur Facebook sont contrôlés, suspendus ou voire même supprimés : “Big Brother is watching you”. N'est-ce pas donc, George ORWELL (1903-1950) ?  
D'aucuns, parfois de bonne foi et bien intentionnés, me disent : «Tu n'en as pas marre de ne parler que des Noirs, du colonialisme et de l'esclavage, bref du bien-vivre ensemble ?»
Vous remarquerez que les autres ne parlent, constamment, que d'eux-mêmes, et quand ils parlent de nous, exceptés les grands humanistes qui se font de plus en rares et qualifiés maintenant «d'islamo-gauchistes» ou voire carrément des «antisémites» en confondant, volontairement, l’antisionisme et l’antisémitisme, c'est pour nous calomnier. A tout le moins, on nous demande de rendre les armes, silence dans les rangs ! Au nom de quel principe nous n'aurions pas le droit de nous exprimer ?
La liberté d’expression et de manifester, appartient à tous. On veut nous réduire à des esclaves et des indigènes de la République, toujours dans le larbinisme et la recherche de petits avantages personnels. Nous avons le devoir d'affronter les sujets essentiels, pour notre condition d'Homme, de citoyen de la République, à égalité dignité avec les autres. «Un égale Un» telle sera toujours ma devise. Aucune vie n’est plus sacrée qu’une autre. Aussi, je leur dis, je ne rendrais jamais les armes. Je tiendrai toujours mon rang d'homme, sans acrimonie, mais dans la recherche de la Justice l'égalité réelle et la fraternité. Je le dirai, Haut et fort, d'autant plus que je n'ai jamais obtenu une quelconque faveur de personnes, en 46 années de militantisme. Et pour le reste de mes jours, je n'attends rien de personne. Du moins je crois à une société plus fraternelle et plus juste, dans laquelle chacun pourrait avoir sa place en fonction de ses mérites. Je combattrai, sans relâche ces démocraties occidentales prétendues universalistes, mais un universalisme bassement ethnique.
Avec la même rigueur et détermination, je continuerai à dénoncer, vigoureusement, les régimes monarchiques et dynastiques africains. L'Etat, ce n'est pas leur chose ; c'est le Bien commun. Dès la naissance, nous savons, même on se croit éternel, que nous avons un contrat à durée déterminée. Aussi, le CDI n’existe pas dans cette vie ici-bas. Par conséquent, toute la question est savoir pourquoi on est là : «Vous êtes dans le monde, mais sans savoir pourquoi. Vous agissez, mais sans savoir pourquoi. Mais c'est la vie elle-même qui en triomphe, c'est l'activité historique qui les efface. Nous sentons cette impulsion énorme, irrésistible, qui nous vient du passé, nous la sentons dans le bien qu'elle nous apporte, en nous donnant l'énergique certitude que ce qui a été possible le sera encore, et avec une probabilité supérieure, dans la mesure où nous nous sommes déniaisés grâce à l'expérience d'autrui. C'est que le passé, nous le sentons bien vivifier notre lutte, mais dominé, serviteur et non maître, source de lumière et non de ténèbres débilitantes» écrit Antonio GRAMSCI (1891-1937). J’ai déjà vécu plus des deux tiers de ma vie, mon avenir étant derrière moi, mais aussi longtemps que le Seigneur m’en donnera la force, je combattrais, fort modestement, mais énergiquement contre le Mal, surtout pour le Bien, la Justice et la Vérité contre les forces les Chaos. Bien des gens ont leur vérité et dès que vous prenez la plume, ils veulent vous persuadez que vous êtes partisan, donc dans l’erreur, et c’est leur vérité qui prime. Haïr l'indifférence, c'est à la fois haïr l'acceptation des choses comme elles vont et détester la confiance faite aux experts, qui n'est autre que la paresse qui contribue au cours des choses. L'indignation ne suffit pas, si elle n'est que simple mouvement du cœur. Lutteur dans l’arène et partisan de l’Harmonie au détriment des forces du Chaos : «Je hais les indifférents. Je crois comme Friedrich Hebbel que «vivre signifie être partisans». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. (..) Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents», écrit-il le 11 février 1917. On entend souvent, et à tort, cette petite musique, cette injonction : «renoncez à votre culture africaine ! Soyez comme les autres citoyens français en gommant vos différences. Assimilez-vous !». Or, ce concept «d’assimilation» est ambigu. S’il veut dire que les personnes venues d’ailleurs devraient maîtriser les codes et usages du pays d’accueil, afin de réussir leur vie, l’assimilation ne peut être qu’accueillie, très favorablement. «A Rome, il faut faire comme à Rome» dit un dicton. En effet, une méconnaissance fondamentale de la culture et des traditions de l’Etat ne peut mener qu’à la marginalisation. «Il faut assimiler, sans être assimilé» avait dit fort justement, Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). Si l’assimilation signifie que les Noirs et les musulmans devraient abandonner leur héritage culturel africain, considéré comme arriéré, au profit de la culture de l’ethnie dominante, celle de nos ancêtres les Gaulois, alors il s’agit d’une hiérarchisation des cultures, totalement inacceptable. Les Français issus de l’immigration et la diaspora africaine en France, devraient être fiers du passé riche et glorieux du continent noir. Une nouvelle race de capitaines d’industrie est en train d’émerger chez les Afro-descendants français. Ils ont bien compris que l’héritage culturel africain, c’est sa créativité, source de profit pour le colonisateur. Relégués au rang d’indigènes de la République, victimes de calomnies et d’insultes permanentes, certains déniant le pluralisme ethnique et culturel, animés d’un esprit esclavagiste et colonialiste, rêvent d’une autre France qui n’a jamais existé, une France frileuse, rabougrie et recroquevillée sur elle-même, purement blanche et fantasmée. Devenus invisibles, on est là, sans être là.
Par conséquent, les Afro-descendants, devraient entonner cet hymne «Nous sommes différents, mais égaux. Nous sommes aussi la France !». Le mythe du retour reste encore puissant dans l’esprit des Noirs vivant en France. Pourtant, là où nous avons choisi de vivre. On nous demande en permanence de nous assimiler et de nous intégrer, mais s’intégrer par rapport à quoi ? Or, les Afro-descendants refusent de s’engager sur le terrain de la citoyenneté pour être reconnus comme des citoyens à part entière : «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luther KING. Il est donc grand temps de poser nos valises et d’exercer, pleinement, avec nos droits comme nos obligations toutes les qualités de citoyens français. Si les Français issus de l’immigration sont écartés des principaux lieux de décisions, l’enjeu essentiel c’est le partage du pouvoir. A mon sens, sans partage du pouvoir, l’intégration est une véritable escroquerie. «Être libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. La bataille de la citoyenneté et du respect de nos droits ne viendra pas des autres, qui n’ont pas intérêt à ce que cela change, mais de nous-mêmes. «Lève-toi et marche» comme l’Apôtre l’a dit à l’âme engourdie. Et l’âme engourdie s’est redressée, a secoué sa torpeur, et s’est sentie revivre.
C'est pour toutes ces raisons que je me bats pour une Maison d’Afrique à Paris. Dans notre belle capitale, il y a de nombreux locaux, pour les artistes, les commerces de proximité, les femmes isolées ou battues, les jeunes, et, probablement, pour les chiens errants et les libellules en déprime. Il y a un Musée de l’Immigration qui avait vanté en 1931 les mérites de la colonisation. Mais pas encore une Maison d’Afrique !
J'estime qu'il existe encore de nombreux malentendus sur le concept de «bien vivre ensemble», qu’il faudrait lever. Pour l'ethnie dominante, dès lors qu'on ne parle pas d'eux en caressant, dans le sens du poil, le racisé ne serait qu'un «séparatiste» ou un «communautariste». Or, dans son grand communautarisme, l’ethnie dominante s’est déjà partagée les postes aux régionales de juin 2021, aux sénatoriales de septembre 2021 et probablement aux législatives de juin 2022. Pour l'essentiel des Français issus de l'immigration, la Politique ne serait que magouilles, mensonges et instrumentalisations. Pour ma part, nous sommes là et le multiculturalisme tant nié et redouté, est une donne majeure de cette France de notre temps. Autant vivre ensemble dans le respect mutuel. Et je crois que, tout en restant nous-mêmes, nous avons toujours à apprendre des bons modèles que sont, pour moi, les communautés juive et chinoise. La communauté juive, très ancienne dans ce pays, détenant déjà le pouvoir économique et médiatique, après l'épisode glorieux du Front Populaire, a fini, après des années de Purgatoire par franchir le plafond de verre, depuis Nicolas SARKOZY, par conquérir le pouvoir politique central. La communauté chinoise, plus récente, datant des Boat-people des années 70, en moins de 30 ans, est devenue reine des grands magasins et restaurants dans Paris. Pendant ce temps, les communautés africaine et maghrébine sont encore régies par le Code de l'indigénat avec la loi sur le séparatisme. A mon sens, le bien-vivre ensemble n'est pas la castagne ou la haine ou la politique eu couteau, c'est tout simplement réclamer notre part du gâteau, notre place au soleil. Les Africains ont comme les autres, droit au bonheur ; c’est cela la Politique et rien d’autre. En effet, sans partage du pouvoir, la démocratie ne serait qu’une énorme escroquerie, une démocratie ethnique et clanique. Aussi j'invite tous les racisés à partir à la conquête des pouvoirs économiques politiques et culturels. Le respect des autres arrivera par là. Dans tous les grands magasins parisiens, il y a des vendeuses chinoises, pour accueillir cette riche clientèle. Une Maison d’Afrique aiderait à connaître les règles du jeu, l'information stratégique et les ficelles pour bien s'en sortir et se faire respecter. La Politique, au sens noble du terme, qu’un rapport de force pour réclamer sa place au soleil.
Nous avons également d’autres combats à mener, en particulier, la souveraineté et la démocratie en Afrique. La lutte pour la démocratie, loin de tout esprit partisan, c’est le droit au bonheur, à la sécurité et à la santé pour tous. «L’essentiel c’est d’attraper la souris» disait DENG Xiao Ping (1904-1997), un dirigeant chinois. Une bonne gestion des ressources, équitablement réparties et orientées vers des projets majeurs (agriculture, énergie, grandes infrastructures, début d’industrialisation, éducation et formation). Il est temps de valoriser la valeur travail, et de cesser les incantations stériles. Dans la relation avec les autres pays africains, il est bien évident que les Etats africains divisés, sont peu viables. Il faudrait avancer à grands pas vers l’unité du continent noir. Facile à dire, difficile à faire. Par ailleurs, ces régimes monarchiques et dynastiques sont la honte de notre continent. Dans la conduite des affaires extérieures, aucun Etat n’a une indépendance absolue. Sauvegarder l’indépendance c’est d’abord diversifier ses relations internationales, ensuite défendre les intérêts de son pays, chaque Etat défendant son bifteck ; c’est enfin, dans les relations avec la France, marquées par une indépendance dans la dépendance, reconnaître est un partenaire historique de l’Afrique. Il est donc question de rééquilibrer et de réorienter ces relations franco-africaines, afin de rechercher des avantages mutuels, dans le respect mutuel, en abolissant la Françafrique.
En définitive, le bien-vivre ensemble est un combat permanent et exigeant ; il faudrait gagner le droit de rester en paix soi-même, mais aussi et surtout, avec les autres. La rencontre avec l’autre peut révéler enrichissante, si on prenait de lui les bonnes choses : «J’aime celui qui m’aime» disait Alexandre DUMAS. J’irai même plus loin, «Je me sens un cœur d’aimer toute la terre» écrivait Molière, dans son «Don Juan». Rien que cela, il y a encore d’interminables batailles à mener contre les gens aux idées courtes, pour la Fraternité, la Justice, la Paix et la Coopération, mutuellement avantageuse, dans le respect mutuel.
Paris, le 2 juin 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 12:46
«La mort tragique d’Abdoulkarim DIAKITE (2001-2020) : en finir les gens du couteau, une violence crapuleuse, et prendre le chemin de l’Excellence, du bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
A Malakoff dans les Hauts-de-Seine, la famille d’Abdoulkarim DIAKITE, un jeune de 19 ans, originaire du XIVème arrondissement, poignardé mortellement le 21 octobre 2020, ses amis, des associatifs et des élus, ont participé, le 22 mai 2021, à une marche blanche, avec un seul slogan : «un ange parti parmi les anges. Mort pour rien». L’auteur des coups de couteau n’a pas encore été identifié et interpellé à ce jours. Abdoulkarim avait l’habitude de s’entraîner dans ce stade. Deux jours avant sa mort, un incident avait éclaté entre les jeunes de Malakoff et ceux du XIVème arrondissement. Les jeunes de Malakoff, arrivés en bande de plus de 20 personnes, ce 21 octobre 2020, ont fermé la seule issue du stade, et c’est ce guet-apens qui a conduit au drame. La mairie de Malakoff s’est engagée à mettre en place des patrouilles, des actions de médiation et de prévention. Abdoulkarim, sérieux avec un projet professionnel solide, avait eu son baccalauréat, et était en BTS, en première année de Management Commercial Opérationnel, M.C.O Management. Après cet assassinat, la Police avait interpellé 5 jeunes qui ont été relâchés ; cependant, l’enquête est toujours en cours.
Ce qui se passe est une tragédie sans nom ; ce sont des Noirs qui zigouillent d’autres Noirs. La Police, souvent décriée ou les trafics, ne sont nullement en cause dans ces différentes affaires. En effet, on assiste depuis quelques temps, entre jeunes issus de l’immigration et résidant des cités défavorisées, à la stratégie des gens du couteau, à la suite souvent d’une banale dispute, ils poignardent et tuent, bêtement, un de leur camarade. Ainsi, le lundi 22 février 2021, une jeune collégienne de 14 ans, qui tentait, à proximité de son collège, de s’interposer dans une rixe entre bandes rivales, a été poignardée, à Saint-Chéron, dans l’Essonne. Les mineurs impliqués ont été interpellés. A Ivry-sur-Seine, Marjorie, de 17 ans, une fille qualifiée de «studieuse», a été tuée, le 14 mai 2021, à coups de couteau, dans la cité Hoche, à Ivry-sur-Seine, au pied des tours de la cité Pierre-et-Marie-Curie de la ville après des «échanges véhéments» sur les réseaux sociaux. L’assassin de 14 ans, a été interpellé. Un jeune guadeloupéen, Andy (26 ans), a également été tué, en septembre 2018, à coup de couteau, à Malakoff ; son meurtrier, Nazim de 22 ans, a été retrouvé et condamné, par une cour d’assise, à 12 ans de réclusion. Le 23 mai 2015,  un jeune homme (20 ans) a été tué à coups de couteau, à la cité Youri-Gagarine à Villejuif (Val-de-Marne). Ses agresseurs étaient toujours recherchés dimanche. Le 3 octobre 2020, un jeune de 20 ans, dans le quartier de la Pierre-au-Prêtre Orly (Val-de-Marne) après avoir reçu plusieurs coups de couteau, est mort. La liste est longue de ces tragédies où tout se règle à coups de couteau.
Dans ces situations absurdes et tragiques, et à la marche du 22 mai 2021, à la mémoire d’Abdoulkarim DIAKITE, il faudrait l’esprit de responsabilité de la famille et des élus. Mme Carine PETIT, maire du XIVème arrondissement de Paris, les élus et les associatifs ont délivré un message de paix et de responsabilité. Tout le monde est dans l’apaisement et condamnant toute forme de vengeance pouvant faire déraper la situation. La famille, pour son deuil, demande aux autorités publiques, de rechercher le meurtrier, que ce fut de cas des autres nombreuses affaires que j’ai citées et qui ont été élucidées ; le meurtrier a été condamné par la justice.
Que faire pour éradiquer, durablement, cette violence crapuleuse et absurde, entre jeunes habitant des cités de relégation ?
Je reviens à cette proposition que j’ai faite à Mme Anne HIDALGO d’une Maison d’Afrique à Paris, et je fonde un ardent espoir qu’elle soit retenue. L’objet de cette Maison d’Afrique est de construire dans ce pays un esprit du bien-vivre ensemble dans le respect, d’en apprendre les codes et de prendre le chemin de l’excellence. Les autres communautés, notamment chinoise et juive, ont leurs différents réseaux et aident les gens à se construire et à se structurer. En revanche, ce qui caractérise les Africains et les Antillais, c’est l’éparpillement, la confrontation, les divisions stériles, et il n’y a pas de lieu où rechercher l’information stratégique, les bons exemples, pour s’en sortir.
Plusieurs axes pourront être enrichis et développés par tous.
L’aide à la parentalité et l’orientation des jeunes me paraît être un point fondamental. Bien des familles sont souvent dépassés par les événements et débordés par leurs enfants.
Le chemin de l’excellence n’est pas forcément celui de l’université ou des études, même si chacun ne peut pas devenir un Kylian M’BAPPE, le sport, l’apprentissage indiquent le talent peut être multiple. Omar SY est un exemple de jeune de Trappes qui a réussi. Une maison d’Afrique à Paris, pourrait être un point d’appui à ces jeunes pour les aider dans leur orientation professionnelle, à trouver un stage, un apprentissage ou une formation professionnelle.
Les loisirs et l’accès à la culture, parfois gratuits sont nombreux dans ce pays, la rencontre avec des mentors ou des personnes ayant réussi dans leur vie, peut dynamiser ces jeunes dans leur cité, ne suivant parfois que les mauvais exemples.
Je crois aussi à une Maison d’Afrique, en relation avec l’Etat, pour organiser un service civique d’une durée d’un an, en Afrique pour ces jeunes. Et je crois qu’au retour de cette expérience, ils se sentiront mieux, après avoir la réalité en Afrique, avec ses héros du quotidien.
Par ailleurs, en relation avec les collectivités territoriales, cette Maison d’Afrique pourraient davantage aider à monter des projets pour une coopération décentralisée en Afrique ou aux Antilles. De nos jours, il existe de nombreuses associations villageoises qui ont monté des projets audacieux (santé, éducation, solidarité) au pays. Mais cette première génération d’immigrants est maintenant âgée et les jeunes nés en France, ne sentent plus concernés par ces associations villageoises, pourtant efficaces et désintéressées. Financer la coopération décentralisée, c’est être sûr que les fonds iront directement aux populations concernées et ne seront pas détournés.
En dehors de ces tragédies du couteau, il faudrait s’en réjouir, la France compte de nombreux hauts cadres issus de l’immigration si j’en juge à mes nombreux contacts sur LinkedIn. Ces personnes peuvent être employées par les grandes sociétés françaises en Afrique, mais aussi mettre leurs compétences au service du pays d’origine de leur parents. Un des enjeux reste, pour les jeunes issus de l’immigration qui veulent se lancer dans l’entreprenariat. L’Afrique reste un continent d’opportunités.
La diaspora et les jeunes devraient s’intéresser aux questions de mémoires et d’identité et de défense des valeurs africaines. Il s’agit non pas d’un lieu de confrontation, mais tant qu’on ne sait pas qui est, il est difficile de savoir où est-ce qu’on va. C’est une des question centrale de notre temps. Il faudrait d’abord être en paix avec soi, pour mieux entrer en symbiose avec les autres, en vue «d’un rendez-vous du donner et du recevoir» comme le dirait Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). «Qu’il s`agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents, les uns les autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c`est cela qu`il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l`autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d`enrichissement mutuel. De même que la beauté d`un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde» écrivait Amadou Hampâté BA, le Sage de Bandiagara, dans sa «lettre à la jeunesse du monde», écrite dans les années 1980.
En particulier, je crois que la diaspora africaine, focalisée sur les questions de colonialisme, a négligé celle de l’esclavage. Une bataille devrait être engagée pour de vraies études africaines dans les universités afin de mieux cerner, d’évaluer les besoins et la bonne intégration de ces nouvelles populations africaines qui ne partiront pas d’ici. Autant donc vivre ensemble, dans le respect mutuel, au lieu que des Noirs continuent à poignarder d’autres Noirs.
Les jeunes ne devraient pas déserter l’action citoyenne et le droit de vote ; c’est leur avenir qui est en jeu. Ils doivent apprendre à être présents dans tous les lieux de décisions, notamment économiques et politiques. Tout ce qui se fait sans nous, est très souvent contre nous.
Traditionnellement, les jeunes sont l’incarnation de la générosité, de l’enthousiasme et du désir de valeurs nouvelles de solidarité et de changement. Or, je constate, avec grand regret,  que certains nos jeunes ne s’occupent que de leur quartier, de leur territoire ou de leur cage d’escalier. Un regard de travers ou un mot inadéquat, peut, à tout moment, faire basculer la situation dans la tragédie. «Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage» écrit Amadou Hampâté BA (1901-1991). Or, les questions de lutte contre le racisme, le droit au logement, la régularisation des sans-papiers, l’aide aux démarches administratives, et la solidarité ne sont pas la préoccupation majeure de nos jeunes ; ce sont nos Ancêtres les Gaulois qui ont pris en charge nos besoins fondamentaux. Quelle honte !
C’est ensemble, dans le respect mutuel, la solidarité, la justice, l’effort et le goût de l’excellence, que nous bâtirons un avenir meilleur. «Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. Jeunesse, jeunesse ! Sois toujours avec la justice. Si l’idée de justice s’obscurcissait en toi, tu irais à tous les périls. Et je ne te parle pas de la justice de nos Codes, qui n’est que la garantie des liens sociaux. Jeunesse, jeunesse ! Sois humaine, sois généreuse. Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, jetant au milieu de nos discordes la bravoure et l’espoir de nos vingt ans ? Nous allons à l’humanité, à la vérité, à la justice !» écrivait Emile ZOLA (1840-1902) dans son discours à la jeunesse. Un texte qui n’a pas pris une ride, depuis le 14 décembre 1897.
Paris le 23 mai 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«La mort tragique d’Abdoulkarim DIAKHITE (2001-2020) : en finir les gens du couteau, une violence crapuleuse, et prendre le chemin de l’Excellence, du bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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22 décembre 2020 2 22 /12 /décembre /2020 19:07
Hamidou SAMAKE, élu au Conseil de Paris, et Leader de la Diaspora africaine
Un entretien instructif avec M. Hamidou SAMAKE, premier Africain élu au Conseil de Paris, membre fondateur du Mouvement Equité, Directeur des campagnes électorales victorieuses, en 2012 et 2017, de Mme George PAU-LANGEVIN, devenue Directrice Adjointe de Mme Claire HEDON, Défenseuse des Droits. En 2017 Mme George PAU-LANGEVIN a été la seule députée réélue à Paris, le Parti socialiste et la Gauche ayant été laminés par la Macronie.
M. Hamidou SAMAKE est l’un des éminents membres fondateurs du Mouvement Equité, dont M. Louis Mohamed SEYE, le président étant M. Saliou DIALLO d’Evry, Equité luttant pour l’inclusion de la diversité en politique. A l’époque, une partie importante de la population française n’était pas représentée dans les lieux de décisions en politique, notamment à l’Assemblée nationale. Une des grandes victoires du mouvement Equité a été l’élection de George PAU-LANGEVIN à Paris. Aux dernières municipales de juin 2020, Equité a soutenu «Paris en Commun» avec Mme Anne HIDALGO, et dans le 20ème ardt, la liste conduite par M. Eric PLIEZ, nouveau maire de cet arrondissement. De nos jours, c’est devenu maintenant normal que chaque parti politique, de Droite comme de Gauche, prenne en ses rangs des personnes issues de la diversité. Cependant, compte tenu de la lepénisation grandissante des esprits, la lutte pour l’égalité est toujours un combat de chaque instant. Dans les échéances électorales à venir (régionales de 2021 et législatives de 2022), on espère que les élus issus de la diversité «monteront plus haut, parce qu’ils ont les compétences, le seul critère à retenir étant l’aptitude à remplir ses fonctions d’élu. L’exclusion pour des motifs liés au quartier, de la couleur ou des mobiles ethniques est à proscrire, qu’il n’ait pas de discrimination» dit M. Hamidou SAMAKE. Or, de nos jours, il y a certains débats dans la société française qui ne sont pas dignes des valeurs républicaines : «La France doit rester un pays du bien-vivre ensemble. Avec George PAU-LANGEVIN, nous avons créé dans le 20ème l’association «Vivre ensemble», pour la promotion de l’égalité réelle» dit-il.
Docteur en biochimie et inventeur de tests rapides exploités dans le cadre de la COVID-19, M. Hamidou SAMAKE nous fait un bilan de son mandat au Conseil de Paris. A la dernière mandature, Hamidou SAMAKE était simple adjoint à la maire du 20ème en charge de l’emploi, du développement, du tourisme, des nouvelles technologies. En sa qualité de membres du Conseil de Paris, Hamidou SAMAKE a tenu à s’écarter aux domaines traditionnellement dans lesquels la diversité est confinée ; il a voulu montrer que la diaspora, comme les autres citoyens de la République, peut occuper n’importe quelle délégation municipales.
Pour ce mandat 2020-2026, M. SAMAKE est en charge des relations internationales et de la francophonie, le lien intergénérationnel et les séniors. Le 20ème est un arrondissement laboratoire de brassage ethnique, avec 140 nationalités, et où le bien-vivre ensemble est prégnant. M. SAMAKE, vice-président de la 4ème commission en charge notamment de la solidarité, de santé et de lutte contre les discriminations, s’est exprimé au Conseil de Paris sur les difficultés que rencontre le commerce de proximité.
La diversité a maintenant un bon nombre d’élus, mais ils ne sont pas toujours combatifs pour l’égalité réelle. En effet, la France compte plus de 9 députés Macronistes, mais ils sont particulièrement discrets sur les questions du bien-vivre ensemble, le racisme institutionnel et systémique, ainsi que sur les violences policières. «ces députes Macronistes ne sont pas vraiment visibles et ne participent vraiment pas sur le débat concernant au débat républicain. Nous avons créé une association dénommée ANEDAS, association nationale des élus de la diaspora subsaharienne, dont l’ambition est de répondre aux défis de notre temps, de s’impliquer dans le vivre ensemble. La communauté africaine doit s’inscrire dans le cadre du débat démocratique, et pour cela les Français issus de l’immigration devraient s’inscrire, massivement, sur les listes électorales. Actuellement, le débat démocratique est noyauté par la Macronie, qui est en train de mener des combats illégitimes contre la République, sur le « séparatisme », en stigmatisant la religion ou les origines ethniques alors que nous devrions nous battre afin que toutes les communautés puissent vivre dans une symbiose au lieu d’une confrontation. J’aimerais me battre pour une Maison des Diasporas à Paris, un lieu de ralliement, de rencontre, du bien-vivre ensemble, un modèle pour le Bien commun, avec un regard prospectif et rétrospectif de fierté. L’Afrique a bien contribué au bien-être et au bonheur des Français» dit M. Hamidou SAMAKE. D’importantes échéances sont à venir, notamment les régionales de juin 2021 et les présidentielles de 2022. Une Association Nationale des Elus des Diasporas Africaines Subsahariennes (ANEDAS) fédérera toutes les énergies, les bonnes volontés (Coopération décentralisée, questions de mémoires, accompagnement dans les projets économiques et sociaux, formation des élus, expertises diverses).
Vivre c’est participer. Or, les diasporas africaines en France sont dans la contemplation et l’abstention, s’en remettant aux élites pour agir à leur place. Cependant, M. Hamidou SAMAKE invite la Diaspora africaine, comme l’ont fait les Noirs américains, à s’investir, très activement, dans une démarche citoyenne, en vue d’un combat pour l’égalité réelle :  «Il faut faire preuve de pédagogie et citer l’exemple des Etats-Unis. Le précédent de Barack OBAMA l’investissement maintenant de Kamala HARRIS, future vice-présidente, un fait historique, ont payé. Les communautés minoritaires aux Etats-Unis se sont mobilisées et Joe BIDEN leur a fait une importante place. Cela est possible également en France, on est capable de mobiliser les différentes communautés, de les faire participer . Vivre ensemble, c’est participer et être récompensé à la hauteur de son investissement» dit M. Hamidou SAMAKE.
Quand est citoyen, on participe (inscription sur les listes électorales et voter) pour lutter contre le racisme institutionnel et systémique, les violences policières, et surtout pour réussir la bonne intégration de tous, dans le respect mutuel. Il nous faudrait reconstruire en France une démocratie vivante, loin des stigmatisations et des divisions. Les présidentiels en 2022, c’est l’élection des élections, et avant cela, on aura en juin 2021, «il faudrait se battre pour une démocratie française apaisée, d’inclusion, qui rassemble et non qui divise» dit Hamidou SAMAKE.
Paris, le 22 décembre 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

Hamidou SAMAKE, élu au Conseil de Paris, et Leader de la Diaspora africaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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