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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 22:57
«M. Amadou Mahtar M'BOW, un centenaire et ancien Directeur général de l'UNESCO, une conscience morale universelle» par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/.
«M. Amadou M. M’Bow est une figure capitale de l’histoire de notre Nation. Enseignant, Ministre, Directeur Général de l’UNESCO, il a traversé le XXème siècle en intellectuel averti. L’université Amadou Mahtar M’Bow signe l’hommage de notre peuple à cet enfant prodige du Sénégal. Joyeux anniversaire, Patriarche» écrit le président Macky SALL. Le 20 mars 2021, l’ensemble du Sénégal célèbre en grandes pompes le centenaire de M. Amadou Mahtar M’BOW, ancien Ministre, premier noir et charismatique Directeur général de l’UNESCO, patriote, éducateur, panafricaniste et un des membres fondateurs de la nation sénégalaise, dans sa marche vers l’indépendance. Il s'est toujours engagé pour servir l'Afrique et le Sénégal. En 1987, il avait présidé les Assises nationales du Sénégal. A 100 ans, il a encore bon pied bon œil et n'a rien perdu de ses facultés intellectuelles et mentales. En mai 2021, l’UNESCO à Paris, ainsi que le Maroc célébreront ce centenaire.
Luttant contre les injustices et les inégalités, pour l’avènement d’une société nouvelle, les combats visionnaires et prémonitoires d’Amadou-Mahtar M’BOW sont multiples, et plus que jamais d’une grande actualité : un nouvel ordre économique international, un nouvel ordre de l’information, une réduction des inégalités et des politiques de développement, un transfert technologique, un développement durable, une éducation des masses, notamment pour les paysans, et une démocratie revitalisée et apaisée.  Homme de culture, il est le premier à réclamer la restitution des biens culturels africains ; professeur d’histoire et de géographie, il a exigé de rendre à l’histoire sa mémoire, sa dignité et donc son indépendance. C’est dans ce sillage qu’il a fait rédiger par l’UNESCO une histoire générale de l’Afrique. Une fondation Amadou Mahtar M’BOW sera mise en place, pour valoriser les savoirs ancestraux africains. Rien n’est interdit à la jeunesse ; il faut oser dépasser les contraintes.
M. Amadou-Mahtar M'BOW, dont la contribution particulièrement discrète, mais déterminante à la consolidation de la démocratie sénégalaise, est un grand Sage dont les recommandations ont abouti au référendum du 20 mars 2016, rénovant, profondément la démocratie sénégalaise. Ce référendum est aussi un hommage à cet homme hors du commun qui a choisi de mettre l'intérêt de l'Afrique hors des contingences politiciennes. En effet, en 2012, le président Macky SALL nomme M. M'BOW à une mission en charge de rénovation des institutions de la République. M. M'BOW avait aussi présidé les Assises Nationales qui ont été publiées chez l’Harmattan. Le rapport général des Assises nationales ouvertes le 1er juin 2008, a fait le bilan des cinquante ans d'indépendance et trace les perspectives de refondation de la nation sur des bases nouvelles. Le président Macky SALL a eu raison, dans ces moments importants de la vie politique sénégalaise, de faire confiance à une conscience morale constante représentée par le doyen Amadou Mahtar M'BOW.
Cet homme d’Etat a toujours été un insoumis et un rebelle, réclamant sans cesse et de manière résolue, la dignité pour les Africains. Ainsi, M. M’BOW a été un des leaders de la F.E.A.N.F., un syndicat étudiant exigeant l’indépendance immédiate de l’Afrique ; cette  activité syndicale intense lui a valu d’être exilé, par les autorités coloniales, à Rosso en Mauritanie. M. M’BOW a une connaissance pointue du milieu rural et des questions d’éducation. Il a produit entre 1953 et 1957 diverses enquêtes qui couvrent des villages représentatifs du Sénégal. En 1958, avec Abdoulaye LY et Assane SECK (1919-2012), autour du Parti du Regroupement Africain, (P.R.A), Amadou Mahtar M’BOW réclame l’indépendance immédiate du Sénégal, et refuse donc l’autonomie interne. Sa production intellectuelle entre 1963 et 1970 couvre également des questions d’histoire et d’éducation, ainsi que de grands dossiers sur l’Afrique.
Pendant son mandat de Directeur général de l’UNESCO, M. M’BOW a fait entendre la voix des opprimés, à travers une plaidoirie pour plus de justice, d’égalité et de fraternité, dans une société internationale fondée sur le multilatéralisme et le respect des différences. C’est ainsi qu’il a produit, notamment, des contributions déterminantes sur le nouvel ordre économique international, la solidarité des nations, le temps des nations.  Dans son ouvrage, «Le temps des peuples», M. M’BOW a recensé ses principaux discours et ses combats à l’UNESCO pour faire entendre la voix des pays du tiers-monde. Les thèmes abordés sont variés : le monde et la solidarité, problèmes d'hier et d'aujourd'hui, les périls, races et racisme, les droits de l'homme, colonialisme, la paix et le désarmement, le développement, la culture, l'Afrique en changement, le nouvel ordre économique international, l'information, la communication, la préservation du patrimoine de l'humanité, la vocation de l'UNESCO.
M. M’BOW avance que «Le temps des peuples» ne serait pas alors seulement celui dont disposent les uns pour «envahir l'aire culturelle et de communication» des autres, mais aussi celui qui permet d'aboutir à ce rééquilibrage de la société internationale, dans le sens de la justice et de l’égalité. L’UNESCO étant devenue la tribune des peuples opprimés, cela n’a pas manqué d’agacer, très fortement l’Oncle Sam.
Son indépendance d'esprit, sa lucidité, sa grande bienveillance, forcent l'admiration. Il n'a pas échappé à tous les Africains que durant son glorieux mandat, en qualité de Directeur Général de l'UNESCO (1974-1987), il a exercé une influence décisive pour la promotion des valeurs culturelles de notre continent. «Il faut guider le navire : promouvoir la justice et la concorde entre les hommes, donner à chacun, par l’éducation, la possibilité d’exercer pleinement sa responsabilité d’homme, faire en sorte que la science serve à dompter le chaos des forces naturelles, que la culture, enfin, crée l’atmosphère propice à l’épanouissement des plus nobles capacités humaines» dit-il lors de son discours d’investiture du 19 novembre 1974. En effet, M. M’BOW a été sous-directeur de l’UNESCO de 1970 à 1974, puis Directeur Général de l’UNESCO de 1974 à 1987. Dans un ouvrage, il plaide pour l’entre-aide internationale, l’égalité de traitement entre tous les pays, le respect des particularismes culturels, la liberté de l’information et la juste répartition des moyens de communication. Les Etats-Unis ont quitté un certain temps l’UNESCO, pour protester contre cette politique tiers-monde de M. M’BOW. Après ses mandats à l’UNESCO, il sera pendant plus de dix ans enseignant au Maroc, avec résidence au Sénégal.
Amadou-Mahtar M’BOW est né le 20 mars 1921, à Dakar (Sénégal), dans une maternité où vivait à cette époque son grand-père maternel, Amadou CASSET, un tirailleur sénégalais de la Première guerre mondiale, devenu par la suite employé au service d’hygiène de la ville de Dakar. Enfant, on était tellement fier de notre Amadou-Mahtar, qu'on avait bâti une légende suivant laquelle ses origines lointaines seraient des ancêtres peuls, des forgerons, originaires de Bélinaïdé, un village situé à 10 km de Danthiady, mon village natal. «Mes parents étaient originaires du Oualo, qui était une zone de contact entre les Ouolofs, les Maures, les Peuls et les Toucouleurs. Mon père vivait à Louga. Il est difficile de savoir d’où venaient mes ancêtres les plus lointains» dit-il. Amadou-Mahtar, de culture Ouolof, ayant grandi au sein de l’ancien empire du Cayor, parle le Peul qu’il a appris de sa grand-mère. L’origine des Peuls remonte à l’Egypte, suivant Cheikh Anta DIOP. De là son goût pour l’histoire «L’enfance d’entre nous a été bercée par des récits qui n’avaient rien de commun avec l’histoire telle qu’elle était enseignée dans les écoles coloniales et missionnaires» dit-il.
Son père, Fara N’DIAYE - M’BOW (Né vers 1870), agriculteur et artisan, maître de la parole, connu pour sa grande probité et son intégrité, un érudit de l’oralité, avec trois enfants (Amadou-Mahtar, Peinda et Gami), avait la responsabilité d’une grande famille. «Mon père était unanimement respecté, parce qu’il a toujours été d’une grande droiture. C’était un homme profondément religieux. Il avait un grand sens de l’équité et en même temps de la responsabilité. Il voulait préparer les hommes à être des hommes (…). Il nous exhortait à la modestie, l’humilité, au respect des personnes âgées, à la compassion à l’égard des humbles, des plus pauvres, des infirmes, des femmes sans défense. (…) Il considérait aussi que l’homme devait constamment s’efforcer de s’élever à un niveau toujours plus haut dans l’ordre du savoir, de la spiritualité. Il priait beaucoup, mais n’a jamais été détaché des choses de la vie.» dit M’BOW. Son père, Fara, un notable local, né à Dialakhar, mais dont la naissance a été déclarée à Saint-Louis, avait la nationalité française et faisait partie de la délégation sénégalaise à l’Exposition universelle, à Paris, de 1900 ; il fut ébloui par l’électricité, la Tour Eiffel et le métro parisien, l’inauguration duquel il assista. Il avait deux épouses (Awa SECK DIAGNE et Yony SOW), mais sans enfants,  en 1920, il songea, à 50 ans passés, d’avoir une troisième épouse, N’Goné CASSET (1901-1933 ?), la mère d’Amadou-Mahtar. Enfant désiré, Mahtar signifie «le choisi».
Ayant passé une partie de son enfance à N’Dialakhar, Amadou-Mahtar fut élevé et choyé par les deux autres épouses de son père : «Je n’ai pas eu une seule mère, j’en ai eu plusieurs. Comme ma sœur cadette et mon jeune frère, j’ai été élevé par une des femmes de mon père : Yoni Sow, qui, elle aussi, m’a considéré comme son fils. (..) Sans doute, plus que ma propre mère, c’est ma seconde mère Yony Sow, qui m’a le plus initié aux traditions africaines, véritable puits de savoir et de science» dit-il. En 1933, à 12 ans, Amadou-Mahtar perd sa mère ; c’est la première expérience de la mort : «J’en ai souffert énormément, mais intérieurement. Dans les sociétés africaines traditionnelles, on nous apprenait à toujours garder la maîtrise de soi, à accepter la douleur et la souffrance, sans manifestations extérieures» dit-il. Etant l’aîné de la famille, il devait donner l’exemple, sans défaillance. Aussi, jusqu’à l’âge de 15 ans, il a semé, labouré, ramassé les récoltes et mené les animaux jusqu’aux pâturages. Il découvre et apprend à aimer la nature «Je connaissais toutes les plantes, celles qui guérissent, celles qui tuent» dit-il. Dans ce monde rural, il a appris le goût de l’effort, la persévérance, l’humilité et la solidarité. Comme tous les enfants musulmans, en mars 1927, il commence à fréquenter l’école coranique, en plein air, chez Amadou FALL, atteint de poliomyélite, un maître sévère : «C’est une école d’humilité ; quels que soient sa condition ou son milieu, l’élève doit se plier à certaines exigences telles que la corvée du bois ou de l’eau, la culture de la terre, l’aumône à demander au bénéfice du maître» dit-il. Le maître d’une école coranique ne recevait aucune rétribution, il mettait son savoir au service de la communauté. La mémorisation, la valeur éthique et morale de l’école coranique ont inculqué à Amadou-Mahtar l’humilité, la fraternité, le sens de la responsabilité et le goût de l’effort. Entre 1928 et 1930, une grande famine sévit, avec de nombreux morts : «Enfant, j’ai côtoyé la faim. J’ai vu des hommes, des femmes, mourir de faim. La faim, ce n’est pas une figure de rhétorique ; il faut l’avoir vécue pour en comprendre l’angoisse» dit-il. Amadou-Mahtar a tenté de sensibiliser l’Occident, avec son opulence, cet univers du sous-développement, de la pauvreté et de la misère. C’est une aberration que l’on trouve également la pauvreté, même dans les pays industrialisés.
Son père le destinait à l’école coranique ; il devait se rendre en Mauritanie, quand le passage de Blaise DIAGNE (1872-1934), change le cours de son destin. Le député du Sénégal, lors d’une visite à ses parents arrive les convaincre que l’école est une grande chance, pour préparer l’avenir du pays et de la famille. Par conséquent, en novembre 1929, à l’âge de 8 ans, le jeune Amadou-Mahtar entre à l’école coloniale française, vêtu de son boubou traditionnel. Il ne commencera à s’habiller, à l’européenne, qu’à l’âge de 17 ans.  A cette époque c’était un privilège, pour les indigènes d’aller à l’école française, particulièrement sélective. Sur les 40 élèves de sa promotion, seuls 8 ont été admis au certificat d’études primaires élémentaires (C.E.P.E.). Après son CEPE, en 1937, à 16 ans, trop âgé, il ne pouvait pas fréquenter le lycée ; il fait alors deux années d’études commerciales à Dakar. En 1938, après concours, il entre en qualité de commis dans l’administration, au cabinet du gouverneur de Dakar, au Bureau du courrier du gouverneur de la circonspection de Dakar et dépendances. Pendant la Seconde guerre mondiale, et à 18 ans, désireux de se battre contre l’oppression, engagé volontaire, en mars 1940, il choisit l’armée de l’air où il rejoint l’École des radiotélégraphistes qui venait d’être ouverte à la caserne Rocabey à Saint-Malo, en France. Le 16 juin 1940, l’école reçoit l’ordre de se replier. Deux jours plus tard, il entend l’appel du Général. Il souhaite rejoindre Londres. Sans succès. Il passe un mois en Bretagne puis, après avoir été démobilisé à Limoges, rejoint finalement le camp de Rivesaltes où étaient regroupés des contingents de tirailleurs. Si beaucoup d’hommes politiques de l’Afrique francophone ont participé à la Seconde Guerre mondiale, on sait par contre peu de choses sur ceux qui essayèrent de rejoindre, et parfois jouèrent un rôle actif, dans la Résistance. «J’avais conscience d’accomplir un devoir d’homme libre. Je ne suis pas un non-violent, mais je trouve la guerre fondamentalement absurde. La prochaine signifiera la fin de l’homme» dit-il.
Après la débâcle, il rejoint le Sénégal. En octobre 1940, Amadou Mahtar M’BOW rentre au Sénégal, où il reprend ses fonctions auprès du gouverneur dans un nouveau service, le comité local des échanges commerciaux. Il y rencontre à cette époque Robert CORNEVIN. Il sera rappelé à la base aérienne de Thiès. En novembre 1942, après le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord, il reprend le combat de libération et se retrouve, en octobre 1943, à l’école de l’air, à Agadir, au Maroc. Il en sortira sergent, spécialiste des équipements électriques des avions.
Après avoir obtenu le Brevet supérieur de mécanicien de l’armée de l’air et servi à deux postes de chasse en Auvergne, il sera démobilisé à Paris, en 1945. Il suit les cours de l’école d’électricité de Bréguet, rue Falguière, à Paris 15ème (installée depuis 1987, à Noisy-le-Grand), pour devenir ingénieur-électronicien. A 27 ans, il passe son baccalauréat, dans un lycée à Paris 20ème. Subitement, Amadou Mahtar prend conscience du rôle que les étudiants doivent assumer dans la décolonisation de l’Afrique. Il ne faudrait jamais oublier d’où on vient. Il s’inscrit alors à la Sorbonne aux cours d’histoire et de géographie : «C’était un choix et je ne cache pas qu’il était politique. J’estimais à l’époque que ce qui était le plus important pour l’Afrique c’était d’avoir des intellectuels qui se penchent sur leur passé, qui revalorisent les cultures africaines et qui puissent éveiller l’intérêt des jeunes pour leur histoire et pour les problèmes du monde», dit-il. Amadou Mahtar M’BOW fréquente Abdoulaye LY (1919-2013), ancien directeur-adjoint de l'I.F.A.N et secrétaire général du Parti du regroupement africain-Sénégal ; ce qui ancrera ses idées encore plus à gauche. Dès 1948, il est président de l’association des étudiants africains à Paris. Elu président du bureau provisoire de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (F.E.A.N.F.), au congrès à Bordeaux, dans la nuit du 31 décembre 1950 au 1er janvier 1951, il en devient le Secrétaire Général au congrès des 20 et 22 mars 1951, aux côtés de Solange FALADE, (Dahomey), la présidente. Il est convaincu qu’il faut avant tout se battre pour la dignité des opprimés et du peuple noir, en particulier, parce qu’il est l’un des plus opprimés. C’est l’époque où la Négritude bat son plein à Paris, pour réhabiliter un passé dissimulé par le discours colonial, il revendique la richesse culturelle de l’Afrique et sa diaspora.
A la Sorbonne, il rencontre une haïtienne, Raymonde SYLVAIN, fille d’un diplomate et nièce de Bénito SYLVAIN (1868-1915), un éminent panafricaniste, qui sera sa femme le 27 juillet 1951 (70 ans de bonheur), et lui donnera trois enfants, deux filles : Awa M’Bow KANE, docteure en médecine dirigeant sa clinique Médic’Kane, à Dakar et Marie-Amy M’Bow DIOP, docteure en archéologie, et conseillère culturelle à l’ambassade du Sénégal à Paris, ainsi qu’un garçon, Fara-François M’BOW, responsable qualité sécurité environnement, dans la région parisienne. «J'ai épousé une haïtienne. Haïti est un pays extraordinaire. J'ai connu ma femme à Paris, à la Sorbonne, elle était étudiante en histoire comme moi. Son père était un universitaire et un diplomate à Bruxelles. J'étais comme un fils pour mon beau-père parce qu'il n'avait que des filles. Son parcours me rappelait un peu le mien. Mon beau-père a été mis en prison pendant 5 ans par son propre cousin, par le ministre de l'Intérieur, parce qu'il était consul général d'Haïti à Saint Domingue. Il avait dénoncé le ministre de l'Intérieur qui trafiquait les Haïtiens comme des esclaves avec des Planteurs de la République dominicaine. Il a alors démissionné de son poste, il est revenu à Haïti, a fondé son parti et s'est mis à attaquer ce ministre de l'Intérieur. Il est arrêté et mis en prison» dit-il.
On lui offre un poste d’enseignant en France, qu’il refuse. On lui propose un poste au Cameroun, mais Amadou-Mahtar prend prétexte de sa préparation de doctorat sur la mise en valeur du fleuve Sénégal, pour retourner au Sénégal. En 1951, il enseigne d’abord à Rosso, en Mauritanie, qui dépendait de l’académie Sénégal-Mauritanie. C’est une sanction déguisée, on voulait l’éloigner des centres de décisions : «J’en ai été ravi. Ce que je voulais c’était reprendre contact avec l’Afrique, me retrouver avec des élèves africains. J’étais le seul professeur noir de toute l’académie. C’était un événement» dit-il.
De 1953 à 1957, il est affecté à Dakar, en charge des services d’éducation de base. Les paysans sont analphabètes, or la dignité passe par l’école. C’est une période exaltante : «la plus riche de ma carrière» dit-il. Utilisant le français et les langues nationales, il invente une méthode de lecture-écriture, spécialement adaptée aux ruraux.
En 1955, il adhère au Bloc Démocratique Sénégalais (BDS), le parti de Léopold Sédar SENGHOR et Mamadou DIA, fondé en 1948 et qui, quelques années plus tôt, depuis les élections législatives de 1951 domine la vie politique sénégalaise en ayant éclipsé la SFIO de Lamine GUEYE. «La politique, au sens générique du terme, était toujours présente dans ma vie et mon activité professionnelle» dit-il.
En 1957, dans le cadre de l’autonomie interne, il est nommé Ministre de l’éducation et de la culture du Sénégal. Partisan du Non au référendum de 1958, et de l’indépendance immédiate, il démissionne de son poste ministériel pour retourner à l’éducation, d’abord à Saint-Louis, puis à l’école normale supérieure à Dakar. Il a rejoint le Parti du Regroupement Africain-Sénégal nouvellement créé, en juillet 1958, à Cotonou, et dont il est membre du bureau politique : «Nous ne pouvons pas discuter avec la France tant que nous n'avons pas, nous-mêmes, notre indépendance. Et, notre indépendance, nous la voulions avec la Fédération africaine» dit-il. Après la crise de décembre 1962 qui voit l’éviction et l’emprisonnement de Mamadou DIA (1910-2009), le P.R.A-Sénégal demeure le seul parti légal de l’opposition face à l’Union progressiste sénégalaise, parti créé en 1958 et regroupant le BDS et la SFIO. En 1966, les leaders du PRA-Sénégal rejoignent l’U.P.S. Amadou Mahtar M’BOW est nommé ministre de l’éducation et amorce l’africanisation de l’université de Dakar, encore largement dominé par les Français. C’est lui qui doit gérer la crise de mai 1968, cela lui coûte sa place. Il change alors de maroquin, et devient ministre de la culture, jusqu’en 1970.
Depuis 1966, Amadou-Mahtar M’BOW fait partie du conseil exécutif de l’UNESCO. Il préside le groupe des 77, représentant les pays du Tiers-monde. En 1970, René MAHEU (1905-1975), D.G de l’UNESCO de 1961 à 1974, lui confie le secteur de l’Education. Soutenu par les pays africains, il est nommé à la tête de l’organisation en remplacement du français René MAHEU. En 1974, il devient le premier représentant de ce qu’on appelle «le Tiers-monde», un Sahélien aux fonctions de Directeur général de l’U.N.E.S.C.O. Cela lui vaut plusieurs inimités et une campagne raciste dans la presse française. «Je crois que les grandes puissances ont toujours tendance à vouloir dicter aux dirigeants des instances internationales quelques unes de leur volonté. Je ne l'ai jamais accepté dans ma vie» dit-il. M. M’BOW prend ses fonctions à la direction générale de l’U.N.E.S.C.O, en pleine guerre froide, avec l’arrivée de nouveaux Etats issus de la décolonisation et l’Apartheid était encore défendue par les Occidentaux. Musulman intègre, chef de famille attentif, tendre et prévenant, un bourreau de travail : «J’ai eu un mal fou à suivre son rythme. M’Bow a horreur des paresseux, mais il a eu tendance à trop écouter les flatteurs et les courtisans» écrit THASSINDA, son biographe. En homme cordial et ouvert, affable et simple, maîtrisant ses dossiers, il réalise un deuxième mandat à la tête de l’UNESCO, jusqu’en 1987. «Nous ne l’avons jamais vu se mettre en colère, mais s’il est prompt à accorder sa confiance, gare à celui qui le déçoit» disent ses collaborateurs. Partisan du multilatéralisme, son orientation tiers-mondiste à l’UNESCO est contestée par les Américains, il n’a donc pas pu décrocher une troisième réélection.
D’une grande intégrité morale, on dit que «M’Bow n’est pas corruptible, ni par l’argent, ni par l’alcool, ni par les femmes». En effet, Amadou-Mahtar M’BOW a été le défenseur, intrépide, de la sagesse africaine : «J’aurais été heureux de pouvoir, comme on le fait sous le baobab en Afrique, arriver à faire la confrontation de toutes les opinions, trouver une voie moyenne acceptable par tous. Je me méfie un peu de l’humanisme universaliste qui cache souvent un européocentrisme. Je préfère le pluralisme qui accepte l’identité particulière de chaque peuple. J’ai été élevé dans l’acceptation des différences, dans la tolérance. Je suis frère de tout être humain, quels que soient sa race, ses croyances, les lieux où il vit. A partir de là, on peut bâtir une véritable solidarité» dit-il.  Sa fierté d’être Africain transparaît dans ses paroles et ses actes : «Quand je parle de l’Afrique, il ne s’agit pas d’une vision abstraite, mais d’une réalité vécue et pleinement assumée. (…) Oui, j’ai grandi avec l’Afrique, souffert de sa souffrance, vécu ses angoisses, assumé ses espoirs. J’en ai reçu une éducation faite de volonté d’enracinement au milieu traditionnel ; en assumant les valeurs fondamentales de ce milieu, nous nous assumions en tant qu’êtres libres dans une société dominée, car ce qu’il fallait préserver c’était la liberté de l’esprit, qui donne le vrai sens de la dignité. Aussi, la haine n’a jamais habité notre cœur, même dans les périodes d’affrontement, parce que nous n’avions jamais désespéré de l’homme» dit-il.
Amadou-Mahtar M’BOW, qui a passé son enfance à Louga, croit au dialogue des cultures, à l’ouverture aux autres : «Je n’oublierai pas, non plus, l’expérience que j’ai acquise depuis le jour où, par une matinée de novembre 1929, je fus conduit à l’école régionale de Louga par un père qui ne savait pas le français, mais qui avait senti que, si la continuité avec soi était essentielle, il fallait aussi établir la continuité avec le monde. (…) Le monde est un et le combat est partout le même» dit-il. Amadou-Mahtar est attaché à la solidarité entre les peuples, à l’égalité de traitement de tous les pays, pour un ordre international plus juste et plus équitable : «L’humanité est condamnée à vivre dans l’ère de la solidarité, si elle ne veut pas connaître celle de la barbarie. La solidarité c’est d’abord l’acceptation des différences (…) c’est de renoncer à toute idée de hiérarchie entre les peuples et les nations» dit-il. Bien que les Etats africains aient soutenu sa candidature à l’U.N.E.S.C.O., il a eu l’élégance de dire : «Je prends congé d’eux (Etats africains) parce que, désormais, je suis le citoyen de chacun de vos pays et le serviteur de la totalité de vos Etats».
M. Amadou Mahtar M’BOW, militant du respect des particularismes culturels et de la juste répartition des moyens de communication, est le premier à soulever, en 1978, bien avant le rapport du professeur Felwin SARR, la question de la restitution des biens culturels «Le génie d'un peuple trouve une de ses incarnations les plus nobles dans le patrimoine culturel. Or, de cet héritage où s'inscrit leur identité immémoriale, bien des peuples se sont vu ravir, à travers les péripéties de l'histoire, une part inestimable. Les peuples victimes de ce pillage parfois séculaire n'ont pas seulement été dépouillés de chefs-d’œuvre irremplaçables: ils ont été dépossédés d'une mémoire qui les aurait, sans doute aidés à mieux se connaître eux-mêmes, certainement à se faire mieux comprendre des autres. Ces biens de culture qui sont partie de leur être, les hommes et les femmes de ces pays ont droit à les recouvrer» écrit-il. Amadou Mahtar M’BOW condamne, fermement, toute tentative de hiérarchiser les cultures. L’Afrique est donc victime de spoliations artistiques pendant la conquête coloniale : «On pille les Nègres, sous prétexte d’apprendre aux gens à les connaître et à les aimer, c’est-dire, en fin de compte, à former d’autres ethnographes, qui iront aussi « les aimer » et les piller» avait dit Michel LEIRIS, dans une lettre à sa femme du 19 septembre 1931. La question de la restitution des œuvres d’art est une question centrale pour l’identité et la fierté africaines : «La conservation de la culture a sauvé les peuples africains des tentatives de faire d’eux des peuples sans âmes et sans histoire, et si la culture relie les hommes entre eux, elle impulse aussi le progrès. Voilà pourquoi l’Afrique accorde tant de soins et de prix au recouvrement de son patrimoine culturel, à la défense de sa personnalité et à l’éclosion de nouvelles branches de sa culture» proclame «Le Manifeste culturel africain» de 1969. Il faut donc libérer les œuvres d’arts africaines de cet univers carcéral et les restituer, sans délai, au continent noir «La culture a pour point de départ le peuple en tant que créateur de lui-même et transformateur de son milieu. La culture permet aux hommes d’ordonner leur vie. Elle est la vision de l’homme et du monde» précise le «Manifeste culturel africain».
A chaque fois que j'entame la lecture d'un grand écrivain noir, je trouve des traces du nom de notre vénérable Directeur Général et universitaire M. Amadou-Mahtar M'BOW. Ainsi, Birago DIOP (1906-1989) ne tarit pas d'éloges à son égard. Joseph ZOBEL est venu au Sénégal grâce à lui. C'est à l'U.N.E.S.C.O. qu’Amadou Hampâté BA (1901-1991) avait prononcé sa célèbre phrase «En Afrique, quand un vieillard meurt c'est une bibliothèque qui brûle». Pendant longtemps, l’histoire de l’Afrique a été enveloppée, «dans la couleur noire de la nuit».  Pour son biographe, Amadou-Mahtar M’BOW, c’est «l’homme qui a cru en l’UNESCO et qui lui a consacré le meilleur de lui-même. (…) Cet homme nourrit des ambitions pour son continent et se sent préoccupé pour son avenir» écrit THASSINDA Uba. Une histoire générale de l’Afrique, en 8 volumes, a, finalement, vu le jour, avec une magistrale préface d’Amadou-Mahtar M’BOW ; son ambition de «reconstruire une histoire de l’Afrique libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation» et «favoriser une perspective africaine». Pendant longtemps, écrivait en préface le directeur général de l’UNESCO (1974-1987) Amadou-Mahtar M’BOW, les «mythes et préjugés de toutes sortes ont caché au monde l’histoire réelle de l’Afrique. Les sociétés africaines passaient pour des sociétés qui ne pouvaient avoir d’histoire. Malgré d’importants travaux effectués, dès les premières décennies de ce siècle, […] bon nombre de spécialistes non africains, attachés à certains postulats soutenaient que ces sociétés ne pouvaient faire l’objet d’une étude scientifique, faute notamment de sources et de documents écrits».
Avant d’être Directeur général de l’UNESCO, M. M'BOW, un ancien leader du PRA, a été enseignant, rédacteur de manuels scolaires, homme de culture est un citoyen engagé pour la République et la démocratie. Il a été député, et conseiller municipal à Saint-Louis. En effet,  parallèlement à sa carrière d’éducateur, il mène un combat politique qui l’amène à des responsabilités de premier plan. Après ses mandats à l’UNESCO, retiré au Maroc, Amadou Mahtar M’BOW revient dans le jeu politique sénégalais à la fin des années 2000. C’est lui qui, pendant un an entre 2008 et 2009, préside les assises nationales, cette vaste coalition qui s’oppose à la réélection d’Abdoulaye WADE en 2012. Dès 1960, il avait acheté un terrain à Point E, à Dakar et y a fait bâtir sa maison. Reconnu pour son rôle de doyen, Amadou Mahtar M’BOW a également reçut plusieurs distinctions honorifiques. Il anime des conférences et colloques, écrit beaucoup et prodigue des conseils aux hommes et femmes politiques qui doivent pratiquer la concertation, afin d’être au plus près des besoins de la population. En dépit d’un âge avancé, il représente une conscience morale pour le Sénégal et participe toujours très activement à sa vie politique.
M. Amadou Mahtar M’BOW est avant tout un sage et un humaniste. Il s’est longuement posé diverses questions existentielles secouant notre temps. Dans une société de Chaos, en crise, en pleine mutation et de perte de valeurs «quel monde laissons-nous à nos enfants ?» s’interrogeait-il en 1978 : «Rien n’est plus encourageant de constater l’ampleur des luttes contre les inégalités économiques, sociales et culturelles, et aussi bien que la lutte pour la défense pour les droits de l’Homme, la défense de la paix, pour la sauvegarde de l’environnement, qui sont autant d’objectifs que l’humanité fait siens, même si les voies divergent quant aux moyens de les atteindre. Mais un tel comportement est déjà révélateur des dangers qui menacent de plus en plus les individus et les groupes. Le monde que nous laissons aux générations futures est souvent marqué par l’aléatoire. Se pose la question, essentielle à mes yeux, du pouvoir de ceux qui possèdent la maîtrise de la technologie et de la dépendance dans laquelle se trouve ceux qui ne disposent pas cette technologie. L’éducation est l’un des droits dont la réalisation concrète fait partie de tout effort pour garantir un niveau de vie minimale à chacun» dit-il. Militant de la cause de l’individu dans sa totalité, il a toujours rêvé d’un monde à la mesure de l’Homme. «Notre génération a vécu le premier et fragile espoir de fraternité qui embrassa l’humanité tout entière. Les souffrances et les destructions causées par les deux guerres mondiales, les sacrifices avaient convaincu tous les peuples de la nécessité de surmonter les préjugés. Il nous avait semblé que l’immémoriale tentation éprouvée par les plus forts, d’user de la violence contre les plus faibles, en vue de les dominer ou de les exploiter, allaient progressivement reculer devant l’urgente nécessité de s’écouter mutuellement et de s’entraider», dit-il et en appelait à la communauté internationale de transcender ses égoïsmes, pour un vivre ensemble. Tous les peuples éprouvent, dans leur majorité, de dignité humaine, de vérité, de soif de justice et de fraternité.
De son vivant, une université à Diamniadio, près de Dakar, porte son nom. C’est une université d’excellence, dans le cadre du Sénégal Emergent, avec des unités de formation et de recherche, U.F.R., (Aménagement, urbanisme et patrimoine ; agriculture et alimentation ; Communication et graphisme ; gestion des entreprises ; métiers de la santé et sciences techniques ; terre et environnement) des écoles spécialisées en maintenance aéronautiques, portuaires et aéroportuaires, mines et géologie, des instituts spécialisés en eau, implants et technologies biomédicales, hôtellerie, tourisme et mode, santé publique et sport, ainsi que des centres de formation permanente, pour les nouvelles technologies et les langues.
Incarnant cette fierté et cette dignité de notre continent, M. M'BOW représente, à mon sens, l'honneur d'être Sénégalais : «Je suis toujours prêt à servir mon pays, tant que mes forces me le permettront» a-t-il dit. Un hommage lui avait été consacré, par ses collègues à l’occasion de ses 90 ans : «Vous avez, durant votre riche vie d’enseignant, de combattant de l’indépendance des peuples et de la liberté de l’homme, su donner avec beaucoup d’abnégation et d’engagement, un immense rayonnement à votre pays, le Sénégal, à votre continent et au monde entier» écrit Jean PING. En effet, Amadou-Mahtar M’BOW, «c’est le courage, la vision, la résistance. J’ai souligné les traits les plus marquants de sa personnalité, la capacité d’anticipation, d’être un vigile pour prévenir, prévoir, anticiper. Toutes choses que j’ai vécues de très près, mais j’ai pu admirer aussi son immense courage : rester debout, quand on le voulait à genoux» écrit Frederico MAYOR. «Les principes éthiques qui guidaient ses décisions et son action étaient devenus les nôtres. Permettez-moi de souligner deux principes que j’ai toujours associé à la personne de M. M’Bow : le sens de la justice, qui l’a amené à ne tolérer aucune injustice, aussi minime soit-elle ; son humanisme et sa mansuétude, car puissants et faibles, grands et petits, toutes et tous bénéficiaient de sa même attention et écoute», écrit Georges KUTUKDJIAN.
Eminent homme de culture, M. Amadou Mahtar M’BOW, dans sa vie, comme dans sa carrière, a toujours valorisé les valeurs de la culture africaine de la sagesse, du consensus au détriment du conflit. Dans sa dimension culturelle et de valorisation de la culture noire des sites prestigieux de l’UNESCO ont été sauvés (Abu Simbel, Borobudur et l’Acropole), Gorée a été classé au patrimoine de l’Humanité, et la Charte du Mandé est devenue patrimoine immatériel mondiale, comme la tradition orale africaine. M. Amadou Mahtar M’BOW est à la base de l’histoire générale de l’Afrique en 8 volumes, dont l’ambition est de «reconstruire une histoire de l’Afrique libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation et favoriser une perspective africaine» et donc de combattre ces préjugés colonialistes et esclavagistes d’un «continent enveloppé dans la couleur noire de la nuit». Pendant longtemps, les «mythes et préjugés de toutes sortes ont caché au monde l’histoire réelle de l’Afrique. Les sociétés africaines passaient pour des sociétés qui ne pouvaient avoir d’histoire. Malgré d’importants travaux effectués, dès les premières décennies de ce siècle, […] bon nombre de spécialistes non africains, attachés à certains postulats soutenaient que ces sociétés ne pouvaient faire l’objet d’une étude scientifique, faute notamment de sources et de documents écrits» écrivait en préface le Directeur général de l’UNESCO M. Amadou-Mahtar M’BOW.
A ceux qui disent que l’Afrique n’aurait pas d’histoire, il rétorque : «Aujourd’hui, il est largement reconnu que les civilisations du continent africain, à travers la variété des langues et des cultures, les versants historiques d’un ensemble de peuples, forment, à des degrés divers, les versants historiques d’un ensemble de peuples et de sociétés qu’unissent des liens séculaires» précise M. M’BOW. «L’histoire de l’Afrique, comme celle de l’Humanité entière, c’est en effet, l’histoire d’une prise de conscience. L’histoire de l’Afrique doit être réécrite. Car jusqu’ici, elle a été souvent masquée, camouflée, défigurée, mutilée. Par «la force des choses», c’est-à-dire par l’ignorance et l’intérêt» écrit Joseph KI-ZERBO (1922-2006). Il est donc urgent de «décontaminer les esprits» et de décoloniser l’Histoire africaine ; l’Afrique a toujours entretien des relations, avant la colonisation avec les autres parties du monde.
Amadou Mahtar M’BOW exhorte la jeunesse de demeurer à la disposition de l’Afrique dans ses combats pour sa souveraineté, sa liberté et sa dignité. En dépit des grandes difficultés, il demande aux jeunes de ne jamais désespérer. Rien n’est facile et donné ; tout se conquiert par un effort soutenu et constant : «Lisez. Apprenez. Et alors riens ne vous sera interdit. Tout sera possible» dit-il à la jeunesse.
Indications bibliographiques
1 – La contribution d’Amadou-Mahtar M’Bow
M’BOW (Amadou, Mahtar), «Interview accordée à Sud», Sud Quotidien, n°4, 2014, pages 36-40 ;
M’BOW (Amadou, Mahtar), «Préface à l’Histoire générale de l’Afrique», Histoire générale de l’Afrique, Paris, Unesco, 1974-1987, vol I, pages 5-6 ;
M’BOW (Amadou, Mahtar), «Trafic illicite et restitution des biens culturels», Paris, UNESCO,  appel du 7 juin 1978 ;
M’BOW (Amadou, Mahtar), Le temps des peuples, Paris, 1982, Robert Laffont, 370 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar) sous la présidence de, Assises nationales, An 50, bilan et perspectives de refondation, Paris, l’Harmattan, 2012, 398 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «Discours d’investiture, le 19 novembre 1974», Paris, Unesco, 1974, doc 18/C INF.17, 6 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «Hommage à Alioune Diop, fondateur de la société africaine de culture et de la revue Présence Africaine», Présence africaine, 2ème semestre 2006, n°174, pages 81-90 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «Hommage à Cheikh Anta Diop», Présence africaine, 1er et 2ème trimestres 1989, n°149/150, pages 6-9 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «L’authenticité de la personnalité des tsiganes», Etudes Tsiganes, juin 1976, n°1-2, pages 1-2 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «L’avenir de l’Afrique : concilier la tradition et la modernité», Présence africaine, 3ème trimestre 1979, n°111, pages 152-156 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «L’insurrection des esclaves de Saint-Domingue : le bicentenaire de Haïti», Présence africaine, 2004, n°169, pages 11-32 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «La lumière Attique», Revue des Deux-Mondes, août 1977, pages 294-296 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «Le Nouvel ordre de l’information», Studia Diplomatica, 1982, vol 35, n°4, pages 317-326 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), «Les Etats-Unis et l’Unesco», Politique étrangère, 1984, n°2, pages 253-263 ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Aux sources du futur, la problématique mondiale et les missions de l’UNESCO, Paris, UNESCO, 1982, 125 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Choisir l’espoir, Paris, UNESCO, 1984, 231 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), De la concertation au consensus, l’UNESCO et la solidarité des nations, Paris, UNESCO, 1979, 202 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), EDZARD-KAROLYI (Angelica), Entreprendre l’avenir de l’Unesco et la solidarité avec les Nations, Paris, Unesco, 1981, 258 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Entreprendre l’avenir, l’Unesco et la solidarité, Paris, UNESCO, 1981, 258 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Le continent africain 1, généralités, l’Afrique septentrionale, le Sahara, les pays du Nil, Dakar, Clairafrique, 1964, 203 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Le monde en devenir : réflexions sur le nouvel ordre économique international, Paris, L’Harmattan, 2011, 143 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Le temps des peuples, Paris, Robert Laffont, 1982, 370 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), NAJMAN (Dragoljub), L’éducation en Afrique : Que faire ?, Aubenas, éditions Deux Mille, 1972,  205 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Pour un monde à la mesure de l’Homme, Paris, UNESCO, 1980, 55 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), Quel avenir laissons-nous à nos enfants ?, Paris, UNESCO, 1978, 191 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), SKALLI (Ali), Viatique pour un nomade, Casablanca (Maroc), éditions Ainï Bennaï, 2004, 158 pages ;
M’BOW (Amadou-Mahtar), UNESCO, universalité et coopération intellectuelle internationale, Paris, UNESCO, 1974, 47 pages.
2 – Autres références
ANNE (Hamidou), AIDARA (Aminata), ANNE (Bocandé), Amadou Mahtar M’Bow. Une vie, des combats, Dakar, éditions Vives Voix, 2019, 76 pages ;
Association des anciens fonctionnaires de l’UNESCO, Amadou Mahtar M’Bow : Directeur Général de l’Unesco, 1974-1987, témoignages et souvenirs à l’occasion de son 90ème anniversaire, Paris, AFUS, 2012, 261 pages ;
COATES (Roger, A), «M’Bow, Amadou-Mahtar», in IO BIO, Bob Reinalda, Kent J. Kille, Jasi Eisenberg, Biographical Dictionary of Secretaries-General of International Organizations, 23 novembre 2018, 8 pages ;
COLIN (Jean-Pierre), L’avenir indécis du système des Nations Unies (le cas de l’Unesco), Paris, non daté, 34 pages ;
DADZIE (Emmanuel, K. W), rédacteur en chef et autres, «Amadou-Mahtar M’Bow, d’un village du Sahel, à la direction générale de l’Unesco», Bulletin du Bureau régional d’éducation pour l’Afrique (UNESCO), juin 1977, Vol 2, n°1, pages 5-11 ;
DAVID-ISMAYIL (Merryll), «Dans l’adversité un soutien sans réserve à l’Unesco ? le comportement des fonctionnaires internationaux lors du retrait des Etats-Unis de l’organisation (1983-1984)», Cultures et Conflits, 2010, n°78, pages 119-142 ; 
IYE (Ali, Moussa), «Décoloniser l’Histoire», Le Courrier de l’UNESCO, août 2009, n°8, pages 8-10 ;
KALFON (Pierre), «Amadou-Mahtar M’Bow, sixième Directeur général de l’UNESCO, d’un village du Sahel, à la direction d’une grande organisation internationale», Le Courrier, février 1975, pages 14-18 ;
LOPIS-SYLLA (Jeanne), BECKER (Charles), Amadou Mahtar M’Bow, le sourcier du futur : un combat pour l’Afrique, un destin pour l’humanité, actes colloque international de Dakar, 10-12 mai 2011, Paris, L’Harmattan, 2016, 340 pages ;
MOURE (Martine), «M’Bow Amadou-Mahtar», Le Dictionnaire biographique Maitron, Université de Paris 1, version en ligne, du 31 août 2016 ;
THASSINDA (Thassinda, Uba), Amadou Mahtar M’Bow : un sahélien à l’Unesco, Paris, Présence Africaine, 1989, 387 pages.
Paris, le 20 mars 2016, actualisé les 20 mars 2019 et 20 mars 2021, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/.

 

«M. Amadou Mahtar M'BOW, un centenaire et ancien Directeur général de l'UNESCO, une conscience morale universelle ou la légende des siècles» par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/.
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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 22:55
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15 mars 2021 1 15 /03 /mars /2021 00:14
«Thione Ballago SECK (1955-2021) la voix d'or du M'Balax, une musique sénégalaise» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Après une semaine tragique, terminée par un jour de deuil national, le musicien sénégalais, Thione Ballago SECK, «la voix d'or du M'Balax», hospitalisé en même temps que sa femme, vient de disparaître le 14 mars 2021 à Dakar, du Covid-19. «J’ai appris avec beaucoup de peine la disparition de Thione Balago Seck. Talentueux, libre et constant dans la création, il fut une figure marquante de sa génération. Je présente mes condoléances émues, au nom de la Nation, à sa famille ainsi qu’au monde de la culture» écrit le président Macky SALL.
Thione SECK, né le 12 mars 1955, à Dakar, est issu d'une longue lignée de griots qui étaient au service de Lat-Dior DIOP (1842-1886), Damel du Cayor, et compagnon de route de Maba Diakhou BA (1809-1867) du Nioro du Rip (voir mon article sur ce marabout nationaliste). «Thione Seck fait partie des artistes héros d’une époque. Libre, énergique, mélodique […], il a persisté dans la création, passant du traditionnel au moderne, bravant les écueils et l’incompréhension d’une société qui a peu cru à l’art comme mode vie et moyen de vivre», écrit El Hadji Hamidou KASSE, Conseiller du président Macky SALL pour les affaires culturelles. Fidèle à cet héritage familial traditionnel et artistique, sous le patronage de Laye MBOUP, disparu tragiquement en 1974, Thione SECK a démarré à l'âge de 17 ans à l'Orchestra Baobab, en qualité de chanteur et batteur.
A travers le M'Balax, un rythme Ouolof, Thione SECK a considérablement contribué à nationaliser la musique sénégalaise, restée trop longtemps une pâle copie de la musique cubaine (voir mon article sur Johnny PACHECO). «Aux côtés de Youssou N’Dour, Ismaël Lo, Baaba Maal, il a été un formidable ambassadeur de la musique sénégalaise, Il est l’une des icônes de la modernisation du folklore sénégalais et des grands musiciens griotiques de notre époque. Sa mort représente une perte immense pour notre pays et pour l’Afrique tout entière», a déclaré M. Abdou Latif COULIBALY, ancien Ministre de la Culture. Cependant, Youssou NDOUR, devenu même Ministre de la culture et star planétaire, a éclipsé tous ses concurrents, en professionnalisant et en internationalisant son art.
Thione SECK resté sur sa ligne traditionnelle de musique, estimant que son devoir moral est de continuer sur la voie tracée par ses Ancêtres. Il fondera son propre groupe, en 1984, «Raam-Daan». Son style mâtiné et sa musique voluptueuse chargée de références associant l’histoire du Sénégal, les cultures égyptienne et indienne, avait su séduire notamment les femmes : «La conscience morale, sans pour autant être l'unique fondement de la vérité morale, demeure l'instance ultime ou se décide la perception du bien. Et s'il est important d'écouter sa conscience, il est encore plus utile de l'éveiller et de l'éclairer, d'abord a la primauté du don de Dieu» écrivent ses biographes, Chérif SECK et Momar CISSE, dans «Papa Thione». Son père était chanteur de la confrérie mouride, à qui il dédiera d’ailleurs en 1991 une de ses musiques. A cette école, il apprit à conjuguer dans son chant la capacité à grimper dans les octaves et la faculté à habiter sa voix d’une ferveur spirituelle. En moraliste et conservateur, il estime que «la femme est la gardienne des valeurs. Il faut que l’homme prenne tout son temps avant de choisir une femme, car c’est elle qui détermine l’éducation de ses enfants» dit-il.
Thione SECK, dans démêlés avec la Justice, en 2015, dans une sombre affaire de trafic de faux billets de banque, a finalement bénéficié d’un non-lieu. «Beaucoup de personnes sont en prison par erreur. Si j’avais le pouvoir de faire sortir Khalifa Sall, je l’aurais fait. J’en ai même fait la demande auprès du président de la République, Macky Sall», a-t-il dit. Homme émotif, d’un caractère fort, mais en dépit de ces obstacles, Thione SECK a su rebondir. Il conseille à ses enfants qu'ils «évitent de commettre certaines erreurs du passé. Qu'ils n'écoutent pas leurs fans et qu'ils essaient, l'un comme l'autre, de polir leurs relations» dit-il.
Par ailleurs, et en scène depuis plus de 40 ans, parfois tous les jours de la semaine, tirant la conséquence que son public devenait parfois rare, Thione SECK a su mettre progressivement son fils, pied à l'étrier. Il s'est réservé le «Raam-Daan seniors» des spectacles le week-end de minuit à 3 heures du matin, pour, par la suite, laisser la place à son fils, Wally et aux jeunes noctambules.
Chez les SECK, la musique est toujours une affaire de lignage, d’héritage. Wally SECK, le fils de Thione Ballago SECK, un musicien déjà confirmé, saura donc honorer dignement la mémoire de son. Il a été à la bonne école en faisant les premières du groupe «Raam-Dan» ; c’était son terrain de football. Wally s'est déjà produit à Bercy, à Paris, en présence de sa mère, Kiné DIOUF et sous le patronage de Youssou N’DOUR, qui n’est pas venu : «Parce que l’homme est le remède de l’homme, même si l’homme est le poison de l’homme aussi. Ce que disent les uns et les autres n’engagent qu’eux. Moi, j’ai dit à Waly stop, tu as assez parlé de ton papa Youssou Ndour. Tu as fait des soirées en faisant de lui le parrain, il n’est pas venu. Tu as fait aussi Bercy en faisant de lui le parrain, il l’a vu d’une autre manière. Même à ton anniversaire, tu lui as fait l’honneur d’être le parrain. Maintenant, ça suffit. Youssou Ndour est ton père, respecte le en tant que père comme tu l’as toujours fait. Fait ton chemin. Et Basta !» dit Thione SECK. Le roi du M’Balax a rendu hommage, de façon élégante, à l’image de la presse mondiale, à Thione SECK, ce grand parolier : «Nous avons perdu un grand homme, un parolier, notre grand frère. Notre réveil a été brutal. Jamais je n’avais pensé que Thione Seck allait nous quitter si tôt. Mais, il a accompli sa mission sur terre» écrit-il.
Sa fille, Bintou SECK est également chanteuse. Thione SECK, en mentor de ses enfants leur a toujours recommandé de garder la tête sur les épaules, de faire fi aux «qu’en dira t’on» et de profiter du temps pour s’améliorer en permanence. Wally avait porté un tee-shirt de tolérance pour les LGBT, un sacrilège au Sénégal, et aussitôt, Thione SECK monte au créneau pour son poussin et le lave à grande eau : «Je ne vous apprends pas que Wally a son épouse et ses enfants. Ça veut tout dire» dit-il.

Wally SECK a été très touché par cet extraordinaire élan de solidarité national et international "Nous avons l'esprit tranquille, parce qu'on n'est pas seuls. C'est la première fois que nous traversons ce genre de situation. Papa Thione est parti, mais nous pouvons compter sur vous" dit-il.

Mes sincères condoléances à la famille de Thione SECK et à tout le peuple sénégalais, durement éprouvé par ces temps sombres. Même après la nuit la plus obscure, le jour se lèvera et le soleil brillera sur notre planète disait, en substance, Victor HUGO.

Référence bibliographique
SECK (Chérif), CISSE (Momar), Papa Thione : La conscience morale et religieuse dans la poésie chantée de Thione Ballago Seck, Westland Presse, 2013, 222 pages.
Paris, le 14 mars 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

 

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 00:00
«Djibril Tamsir NIANE (1932-2021), conteur, universitaire, une immense gloire de l’histoire africaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 
«Je suis peiné d’apprendre le décès de Djibril Tamsir Niane, historien et écrivain de talent, auteur du célèbre ouvrage «Soundiata où l’épopée mandingue», écrit le président Macky SALL, à propos du décès de Djibril Tamsir NIANE survenu à Dakar le 8 mars 2021. Historien, conteur, dramaturge, panafricaniste et universitaire, Djibril Tamsir NIANE guinéen réfugié au Sénégal, est décédé du Covid-19, à l’âge de 89 ans à Dakar le lundi 8 mars 2021, presque en même temps que sa sœur jumelle, Yahyé NIANE. Le professeur Djibril Tamsir NIANE avait toujours souligné l’importance d’enseigner l’histoire, «de se pencher sur le passé et de montrer ce que nous avons en commun. La connaissance de l’Histoire est indispensable pour vraiment asseoir une Nation. Méconnaissant l’Histoire, on ne peut pas agir en commun» dit-il. Djibril Tamsir NIANE était aussi un éminent tenant de la tradition orale «La parole s’envole, les écrits restent» est une citation des Romains qui a contribué à forger l’opinion selon laquelle une source orale ne serait pas crédible : «Les peuples de l’oralité sont porteurs d’une culture aussi riche que celle des tenants de l’écriture. La tradition orale ne dit pas n’importe quoi, n’importe comment ; c’est une parole organisée, structurée, un immense réservoir de connaissances acquises par la collectivité, selon des canons bien déterminés. Aussi existe-t-il des spécialistes de la parole dont le rôle est de conserver et de transmettre les choses du passé : ce sont les griots. Les choses anciennes restent dans l’oreille» confie-t-il au Courrier de l’UNESCO en 2009.
Djibril Tamsir NIANE vit le 9 janvier 1932, officiellement, à Conakry, en Guinée. Si son acte d’état civil a été enregistré à la capitale guinéenne, en fait il est né à Dinguiraye, dans la région de Faranah (Guinée), à 545 km de la capitale. Ses grands-parents, d’authentiques peuls du Fouta-Toro, viennent du village de Séno-Palél, dans le département de Kanel, au Sénégal. Ils sont de la caste des «Diawando», les conseillers de l’aristocratie peule ; son père étant Daouda NIANE, un ouvrier des chemins de fer et sa mère Aïssata SAM, descendante peule d’Amadou Dieynaba SAM venant de Séno-Palél, un savant en sciences islamiques, et d’une mère mandingue, originaire de Dinguiraye. En effet, les ancêtres de Djibril Tamsir NIANE, dont Amadou Hamady NIANE, avaient suivi El Hadji Foutiyou Omar TALL (1794-1864), dans son Jihad, à Dinguiraye. En effet, El Hadji Omar TALL, qui avait suivi une partie de ses études coraniques, à Séno-Palél, chez le grand marabout Abdoul Karim DAFF (1727-1807), dont le foyer ardent est encore sanctuarisé, a recruté, dans son exil en Guinée de nombreux adeptes du département de Kanel, , comme Nially DAFF et Alpha Oumar Thierno Baïla WANE (1805-1863), son chef de guerre. Suivant, la tradition orale, El Hadji Omar Foutiyou TALL, fondateur de Dinguiraye, en mars 1849, aurait demandé à Sam Pollel de prospecter un lieu de résidence approprié ; celui-ci découvre un troupeau de buffles, de bœufs et d'antilopes sauvages dans un endroit qui est alors nommé «Dinguiraye» ou «parc de bœufs» en Peul.
Derrière chaque grand homme, se cache une Femme exceptionnelle. Mme Aïssatou DIALLO, une personne particulièrement discrète, a donné à Djibril Tamsir NIANE, cinq enfants : Daouda Tamsir NIANE né le 15 octobre 1959, reporter au Grand Horoya, Directeur de la Bibliothèque Tamsir NIANE et avait été en fonctions à la Présidence de la République guinéenne ; Khadiatou dite «Katoucha» née le 30 décembre 1960, une top modèle à Paris, disparue tragiquement et prématurément ; Raliatou Fifi NIANE COCHERY, née le 13 juin 1962, une artiste ; Fatou Tamsir NIANE POLNEAU née le 19 avril 1967, vivant en Côte-d’Ivoire ; Bachir Tamsir NIANE, né le 14 février 1969, écrivain et professeur de Lettres. La mort tragique, à Paris, de sa fille, Khadidiatou NIANE dite «Katoucha» (1960-2008) ou «La Princesse peule», l’un des premiers mannequins internationaux, l’avait profondément affecté. Egérie d’Yves SAINT-LAURENT (1936-2008), Thierry MUGLER, Paco RABANNE et de Christian LACROIX, dans ses révoltes contre l’excision et le viol, aimant la fête et les excès (sexe, alcool et drogue), Katoucha fréquentait des artistes de haut rang (Karl LAGERFELD, Roman POLANSKI, Serge GAINSBOURG). Katoucha, habitant une péniche, «La Petite vitesse», s’était rendue à une soirée. Portée disparue dans la nuit du 1er au 2 février 2008, son corps n’a été retrouvé que le 28 février 2008, dans la Seine, près du Pont du Garigliano, à Paris 16ème. Une mort mystérieuse, non encore élucidée. Elle avait trois enfants : Amy, restée au Sénégal, Alexandre, fils d’un photographe suisse, et une fille, avec un britannique Nigel CURTISS, nommée Aiden, née le 14 février 1998, à Londres, devenue elle aussi mannequin, collaborant avec de nombreuses agences dont Stella McCARTNEY et Dolce Gabbana.
Djibril Tamsir NIANE a une autre fille, Raliatou, dite «Fifi» qui a eu la chance, en raison de la notoriété de son père, de faire de belles rencontres (Maryse CONDE, Cheikh Hamidou KANE). Ex-épouse d’un ancien porte-parole de la présidence de la République guinéenne, M. Naby Youssouf Kiridi BANGOURA, elle s’est remariée à un ancien ambassadeur de Guinée de 2012 à 2016, Bertrand COCHERY, affecté au Tchad depuis 2019. Mme Aïssatou DIALLO, la mère de Fifi, avait fui la Guinée, pour le Sénégal, quand son époux a été emprisonné en novembre 1961 par Ahmed Sékou TOURE (1922-1984), président de la Guinée de 1958 à 1984 : «J’avais fui trois ou quatre ans, lorsque je l’ai vu pour la première fois. Il m’en reste une sensation de force, de mouvement autour de moi. Depuis, toute ma vie est liée à ce père intellectuel, dont on dit que je suis le portrait craché» dit Fifi. Créatrice d’un espace multiculturel, dans le quartier de La Minière, à Conakry, «Le Petit musée» en 1998, réalisatrice, peintre, comédienne, dramaturge, Fifi a des talents multiples. Fifi a collaboré avec le metteur en scène britannique, Peter BROOK, qui l’a faite jouer dans une pièce de théâtre, en 1985, «Le Mahabharata», une épopée indienne évoquant les conséquences d’une lutte dynastique ayant terrassé tout un peuple, et mettant en péril l’existence du monde même. Par son énergie, sa vitalité et sa créativité, Fifi a constamment su bousculer et domestiquer le destin. Grâce à Jean ROUCH (1917-2004), réalisateur et ethnologue du Musée de l’Homme à Paris, Fifi a eu l’opportunité de jouer dans plusieurs films, notamment dans «Dionysos», présenté au Festival de Venise en 1984. Fifi est la coréalisatrice, avec Jean ROUCH, en 1989, d’une pièce de théâtre «Bac ou mariage», coécrite avec Gérard NOYER.
Le jeune Djibril Tamsir passa sa scolarité à Kissoudougou, Faranah, Siguiri, Kankan et Baro, chez Mamadou CISSE, son beau-frère et instituteur. Ce périple enrichit Djibril Tamsir de divers contes et légendes de la brousse, de la connaissance de ce monde traditionnel, sa culture orale avec ses usages et coutumes. Après le certificat d’études primaires, Djibril Tamsir rejoint le domicile familial, à Conakry, et notamment son oncle, dont il porte les prénoms, Djibril Tamsir, qui résidera à rue Grasland, près du marché Sandaga, à Dakar. En 1954, après avoir terminé son cursus secondaire à Dakar, Djibril Tamsir NIANE s’inscrit à la Faculté des Lettres et d’histoire de Bordeaux, dont il sort en 1959, avec un diplôme d’études supérieures en histoire, mention Bien. Il enseigne ensuite à l'Institut polytechnique de Conakry, avant de rejoindre l'Institut fondamental d'Afrique noire à Dakar.
Djibril Tamsir NIANE, pourtant partisan de l’indépendance dès 1958, a été emprisonné par Sékou TOURE, entre 1961 et 1962, dans le «complot» dit des enseignants. En fait, devant la monnaie guinéenne qui dégringolait, provoquant ainsi des pénuries et ruptures de stocks, Sékou TOURE avait diminué, drastiquement, les salaires des fonctionnaires, qui ont protesté : «On était pour ou contre, et quand on était contre, on devenait un ennemi» dit Djibril Tamsir NIANE qui était, pourtant, revenu servir son pays. En effet, il a été professeur, puis proviseur du Lycée Classique de Donka, de 1959 à 1961, soutenant au départ, l’indépendance dès 1958.
Cependant, et en dépit de ces persécutions graves, Djibril Tamsir NIANE avait repris ses fonctions d’enseignant et de chercheur en Guinée. Ainsi, il a été de 1964 à 1968, enseignant à l’Institut Polytechnique de Conakry (IPC), doyen de la faculté des sciences sociales, Institut polytechnique, Gamal Abdel NASSER, à Conakry de 1968 à 1972.
La répression s’intensifiant en Guinée, et n’ayant pas eu les promotions escomptées, Djibril Tamsir NIANE finira par s’exiler au Sénégal. En effet, le 25 janvier 1971 est une date particulièrement tragique au sinistre Camp Mamadou Boiro, construit en 1912, et devenu une usine de la mort pour les prisonniers politiques. Les voisins et amis de Djibril Tamsir NIANE, plus d’une centaine de personnes sont condamnées à mort et exécutées, dont Ibrahima BARRY (1923-1971), Ministre du Plan et Ousmane BALDE (1924-1971), Ministre des finances et gouverneur de la banque de Guinée. «Richesse est venue en cachette. Et dans ta gibecière s’est logée. Près de moi resta Pauvreté. S’accordant sur Dignité. Et pourtant j’avais bien dit NON. Toi aussi d’ailleurs»  écrit Djibril Tamsir NIANE, un poème en protestation contre les années sanguinaires de Sékou TOURE. Aussi, Djibril Tamsir NIANE sombre dans la dépression et obtient, en 1972, la permission d’aller se soigner en Roumanie. Il fait partir, discrètement, au Sénégal, par la route, sa femme, Aïssatou DIALLO et sa fille, Raliatou dite Fifi, les autres, très jeunes, ont été confiés à leur oncle, Alpha Gamby. Djibril Tamsir les a rejoints au Sénégal, le 30 décembre 1972, pour demander l’asile au président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). Kadiatou, dite «Katoucha», ne viendra au Sénégal que le 1er janvier 1973. Au Sénégal, sa seconde patrie, Djibril Tamsir exercera de nombreuses fonctions : de 1974 à 1977, conseiller Technique au Ministère de l’Education Nationale ; de 1974-78 Directeur Général de la Fondation Léopold Sédar Senghor ; de 1979 à 1981, conseiller Technique au Ministère de la Culture ; de 1981-1984, commissaire National aux Expositions d’Art à l’Etranger, et de 1985-89, Directeur National des Archives Culturelles du Sénégal.
Sous le président Alpha CONDE, séjournant régulièrement en Guinée, Djibril Tamsir NIANE est, depuis 1990, éditeur et fondateur d’une bibliothèque privée à Conakry. Il est aussi éditeur, avec la Société Africaine d’Edition et de Communication (SAEC), première maison d’édition privée de la Guinée.
La dernière fois que je rencontrais le professeur Djibril Tamsir NIANE, c’était lors du 70ème anniversaire des éditions Présence africaine, les 26 et 27 octobre 2019, à la Colonie, à Paris 10ème. Un des invités vedettes, marqué par l’âge, Djibril Tamsir NIANE lisait ses notes, avec une voix monocorde. Il avait dépassé son temps, mais l’assistance l’écoutait avec une attention religieuse et cérémonieuse. On l’oublie souvent, Djibril Tamsir NIANE est un dramaturge. Il est auteur de pièces de théâtre, comme «Les fiançailles tragiques», mais aussi de pièces historiques : «Sikasso ou la dernière citadelle» suivi de «Chaka». Dans ces écrits, les batailles sont au coeur des récits. Les divers protagonistes, Sounjata, mais surtout Chaka, sont animés par une incorrigible volonté de puissance. Souverains aux velléités ouvertement expansionnistes, ils constituent en permanence des menaces pour leurs voisins. Chaka, par exemple, ne nourrit pas seulement un goût excessif pour un pouvoir absolu et totalitaire. Il est essentiellement mû par le désir d’agrandir son territoire, car le prestige d’un souverain se détermine par l’étendue de son royaume et le nombre de ses vassaux.
Spécialiste de l’histoire médiévale africaine, avec Joseph KI-ZERBO (1922-2006), Amadou Hampâté BA (1901-1991) et Cheikh Anta DIOP (1923-1986), il a participé à l’écriture de l’Histoire générale de l’Afrique sous l’égide de l’UNESCO, le volume IV étant relatif aux grands empires africains du XIIème au XVIème siècle. Ce fut Cheikh Anta DIOP, rencontré à Paris en 1956, qui initiera Djibril Tamsir à l’histoire traditionnelle et l’encouragera à s’intéresser à la tradition orale ainsi qu’aux langues africaines, comme le Mandingue. Traditionnaliste, Djibril Tamsir NIANE a recueilli 26 contes de Guinée, le pays, ses hommes et ses animaux, avec une mise en scène des rois et des reines et des forces occultes. C’était au temps où l’on conversait avec les génies, où les hommes se mariaient avec les animaux, où les esprits pas toujours malveillants, mais pouvaient nous jouer parfois des tours. Dans ses fables, Jean de FONTAINE (1621-1695) a en réalité plagié Esope (620-564 avant J-C), esclave et fabuliste de la Grèce Antique, venu d’Afrique. En effet, Djibril Tamsir a publié, en 1985, ses «Contes d’hier et d’aujourd’hui», avec cette interrogation sur ce personnage du cavalier, appelé «Blissi», qui semait la terreur dans Ségou, capitale de l'Empire Bambara. Après l'illustre Da, son fils Monzon monta sur te trône acclamé par les Tondyons. Roi versatile qui a cependant laissé dans la mémoire des griots de grands actes de bravoure ; il ne sut jamais se mettre au-dessus des intrigues et des coteries. Ce conte «Le Temps des Chevaliers» et les dix autres des «Contes d'Hier et d'Aujourd'hui» témoignent de la richesse des thèmes développés par Djibril Tamsir NIANE, notamment «l’ombre de Kémé Bourama» relatant le siège en vain, par le jeune de frère de Samory TOURE (1830-1900), de la citadelle de Sikasso, tenu par Tiéba TRAORE (1866-1893). En 2006, dans ses «Contes de Guinée», Djibril Tamsir NIANE rend aussi un vibrant hommage aux historiens traditionnels de l’Afrique. Dans presque tous ses contes, le griot est omniprésent ; c’est lui le maître de la parole.
Djibril Tamsir NIANE est une immense gloire de l’histoire africaine. Il est reconnu mondialement comme étant le spécialiste du Mandingue, et en particulier de l’histoire de l’Empire du Mali au Moyen-âge, en valorisant la tradition orale, dans ses travaux de recherches : «Vous savez bien qu’il n’y a pas d’écrits, donc pas d’histoire du Moyen-âge» en Afrique lui avait dit son professeur d’histoire à Bordeaux, sceptique. Aussi, Djibril Tamsir NIANE retourna en Afrique questionner les maîtres de la parole que sont les griots, dépositaires de l’histoire ancestrale : «On disait alors qu’il n’en restait aucune trace puisque c’était une tradition orale. J’ai décidé d’aller à la source ; j’ai fait le tour des villages de la sous-région, j’ai écouté les récits des griots. Et c’est comme cela que j’ai écrit Soundjata» dit-il. «Soundjata», publié en 1960, est un récit sur la vie de Soundjata KEITA, fondateur du Mali, en se fondant sur le travail des griots. «Je travaille depuis longtemps sur Soundjata, puisque mes premières recherches datent de 1957-1958 ; j’ai donc pu accumuler une certaine documentation. J’ai eu d’abord mes premiers contacts avec le fameux Jeli Mamadu Kouyate, qui m’a donné la version intégrale de l’épopée mandingue. Je l’ai par écrit, elle ne fut pas enregistrée. J’ai aussi, en partie, la version de Fadama. Fadama, c’est le village d’Abou Condé, le griot qui a été enregistré par Camara Laye» dit Djibril Tamsir NIANE. De cette histoire de l’ancêtre du Grand Manding, Soundjata est «l’enfant-buffle» et «l’enfant-lion» ; le buffle, animal fabuleux, était le totem de sa mère, et le lion, totem des ancêtres des KEITA. Soundjata est «l’homme aux noms multiples contre qui les sortilèges n’ont rien pu» écrit-il. Il y a quelque chose de magique, de surnaturel dans la vie de Soundjata, dont la naissance est entourée de prodiges ; c’est l’Afrique animiste des forces de l’esprit. Sogolon fut enceinte pendant dix-sept ans et son bébé sortait de son ventre pour aller chercher du bois, puis retournait y dormir. Lorsque Soundjata se décida à sortir pour de bon, le ciel s'obscurcit en plein jour, le tonnerre gronda, les éclairs fulgurèrent et la pluie inonda la savane en pleine saison sèche. Soundiata KEITA, fils du roi Naré Maghan KEITA et de Sogolon KEDJOU, est né infirme. Les devins lui prédisent un grand avenir mais, persécuté par la femme du roi, il est obligé de quitter son pays natal. Adulte, il revient pour combattre le roi Soumahoro KANTE, génie du mal, et reconquérir son pays. Suite à un combat acharné, il deviendra roi des rois et fondera l'empire du Mali.
Le «Soundjata» de Djibril Tamsir NIANE est devenu une solide et incontestable référence mondiale. Cependant, et en gardien de la tradition orale, l’auteur rappelle, fort modestement, qu’il n’en est que le traducteur. «Ce livre est plutôt l’œuvre d’un obscur griot du village de Djéliba Koro, dans la circonscription de Siguiri, en Guinée» écrit-il, dans la préface. En fait, en perpétuant la tradition, et fixé, à tout jamais, un récit sur le point d’être altéré par la perte de crédibilité des griots de notre temps, sous l’influence des médias modernes, Djibril Tamsir, à travers son «Soundjata», a en réalité fait œuvre d’historien. Le griot, ce n’est pas les flatteurs modernes vivant de leur musique. Dans l’Afrique Antique, les griots enseignant la sagesse et l’histoire «étaient les conseillers des rois. Ils détenaient les Constitutions des royaumes par le seul travail de la mémoire ; chaque famille avait son griot préposé à la conservation de la tradition» écrit-il. En effet, «Djibril Tamsir Niane était très attaché au patrimoine africain, il était un gardien de la mémoire africaine. Parce qu’avec son ouvrage Soundjata ou l’épopée mandingue, un classique, il a fait connaitre à ceux qui ne connaissaient pas que l’Afrique avait une telle civilisation et une telle histoire» écrit Alioune Badara BEYE.  Dans son «Soundjata», Djibril Tamsir NIANE a fait recourt à la caution morale du griot Mamadou KOUYATE (mort en juin 1991, à Ouagadougou, Burkina-Faso), pour réitérer que la parole du griot est pure «dépouillée de tout mensonge» ; car les griots, «dépositaires des serments que les Anciens» ont prêté, ou juré «d’enseigner ce qui est à enseigner et de taire ce qui est à taire».
Le «Soundjata ou l’épopée mandingue», un récit épique, relate la vie d’un grand conquérant rassembleur de peuples, à l’image d’Alexandre le GRAND (356-323, avant J-C), le macédonien, désigné sous le nom islamisé de «Djoul Kara Naïni ». Un devin avait annoncé la venue de Soundjata, en le comparant à Alexandre LE GRAND «Je vois venir vers la ville deux chasseurs ; ils viennent de loin et une femme les accompagne. Oh, cette femme ! Elle est laide, elle est affreuse. Elle porte sur le dos une bosse qui la déforme, ses yeux exorbitants semblent posés sur son visage, mais, ô mystère des mystères, cette femme, roi, tu dois l’épouser car elle sera la mère de celui qui rendra le nom du Manding immortel à jamais, l’enfant sera le septième astre, le Septième Conquérant de la terre, il sera plus puissant que Djoulou Kara Naïn» écrit Djibril Tamsir NIANE. Pour le protéger, sa mère le conduit en exil loin de Niani, d’abord auprès du roi Cissé de Wagadou (Ghana). Soundjata a vécu au XIIème siècle, et depuis plus de 800 ans, il vit dans le souvenir de tous ceux qui rêvent d’un «Grand Manding Eternel». En effet, «Maghan Soundjata fut unique. De son temps, personne ne l’égala ; après lui, personne n’eut l’ambition de le surpasser. Il a marqué pour toujours le Manding, ses dio (ses interdits) guident encore les hommes dans leur conduite» écrit-il. Soundjata possède les caractéristiques de tout héros épique. Tout d’abord, il n’a jamais peur: «La peur entre dans le cœur de celui qui ignore son destin. Soundjata savait qu’il marchait vers un grand destin, il ne savait pas ce que c’était que la peur» écrit-il. Ensuite, Soundjata ne boude pas les honneurs «La modestie est le partage de l’homme moyen ; les hommes supérieurs ne connaissent pas l’humilité; Soundjata devint même exigeant, et plus il était exigeant, plus les serviteurs tremblaient devant lui» dit-il. Par ailleurs, sûr de lui, le doute ne le préoccupe pas «Dans la vie de chaque homme il y a un moment où le doute s’installe, l’homme s’interroge sur sa destinée, mais ce soir ce n’était pas encore le doute qui assaillait Djata» écrit-il. Enfin, Soundjata est conscient de sa mission de héros «Soundjata était très heureux de retrouver sa sœur et son griot; il avait maintenant le chantre qui, par sa parole, devait perpétuer sa mémoire. Il n’y aurait pas de héros si les actions étaient condamnées à l’oubli des hommes, car nous agissons pour soulever l’admiration de ceux qui vivent, et provoquer la vénération de ceux qui doivent venir» écrit-il.
En 2009, l’UNESCO a inscrit la Charte du Mandé dans le patrimoine immatériel de l’Humanité.  Bien des chercheurs poursuivront et approfondiront le travail de Djibril Tamsir NIANE, dont Camara LAYE (1928-1980) et Lilyan KESTELOOT (1931-2018). Une longue liste des différentes versions de Soundiata KEITA a été établie, en 1997 par Stephen BULMAN ; elle tient sur 21 pages, indiquant ainsi que Djibril Tamsir NIANE a bien ouvert la voie.
Par ailleurs, Djibril Tamsir NIANE s’est aussi intéressé, par la même occasion à la Charte du Mandé ou le «Kurukan Fuga» de 1236, après la bataille de Kirina, et redécouverte, en 1998, à Kankan, en Guinée. La «Magna Carta» ou Grande Charte de l’Angleterre, promulguée en 1297, n’a été appliquée qu’à partir de 1325, soit 89 ans après la Charte du Mandé. Par conséquent, Djibril Tamsir NIANE, à travers la Charte du Mandé, un document politique majeur, indiquant que l’Afrique antique, humaniste, est à la base de la théorie des droits de l’Homme : «L’Afrique se redécouvre à travers ses valeurs que les vicissitudes de l’histoire tendaient à couvrir d’un voile. Au plan des idées l’Afrique a du mal à se débarrasser des préjugés. Les clichés, à la vie tenace, faussent encore les jugements le continent et ses habitants» dit-il, dans sa conférence à l’université Gaston Berger. La Charte du Mandé a été transmise par la tradition orale «On entend par Charte un document écrit. Pour n’avoir pas de support du papier, les décisions du Kurukan Fugan n’en ont pas moins traversé les âges, pour parvenir jusqu’à nous, par la puissance de la transmission orale de la parole» dit-il.
Soundiata KEITA  (1190-1255) allait se recueillir à la colline de Kira-Koutou, à Kita, au Mali. Après avoir libéré son pays de Soumahoro KANTE, il convoqua une assemblée générale en y associant les chasseurs, pour adopter une nouvelle charte du pays. Première Déclaration des droits au monde, en 1236, énonçant des prescriptions en 44 points, statuant sur le devenir de la société, en posant des règles de vie commune fondées sur l’Harmonie, à savoir, la recherche d’une Paix juste et durable, la préservation de la Nature, l’Amour, la Liberté et la Fraternité, le respect de la vie et de la dignité humaine, le statut de la Femme, et interdisant toute discrimination et l’esclavage. Un principe général de liberté est posé «Chacun dispose désormais de sa personne. Chacun est libre de ses actes, dans le respect des interdits des lois de sa patrie» article 7. Elle la liberté d’agir et de penser : «L’homme en tant qu’individu, fait d’os et de chair, de moelle et de nerfs, de peau recouverte de poils et de cheveux, se nourrit d’aliments et de boissons. Mais son «âme», son esprit vit de trois choses : Voir qui il a envie de voir, Dire ce qu’il a envie de dire et faire ce qu’il a envie de faire. Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine, elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement», article 7. La vie est sacrée «Une vie est une vie. Une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie», article 1er . Cette Charte avait introduit une sorte «d’Habeas Corpus» en édictant que «Chacun a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique» article 5. «Tu peux tuer ton ennemi, mais tu n’as pas le droit de l’humilier» article 41. C’est une codification de l’Afrique hospitalière et accueillante «Au Mandé, ne faites jamais de tort à l’étranger» article 23. C’est une Charte éminemment féministe «Les Femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements» article 16. L’Afrique est maternelle avait dit Cheikh Anta DIOP : «n’offensez jamais les Femmes, nos Mères» (article 14) et l’adultère est condamné (article 21).
Pour développer la tolérance (article 33), l’entente et la convivialité, une «parenté à plaisanterie» est instaurée à l’article 7 ; il faut respecter le droit d’aînesse (article 18) et sa parole d’honneur (article 20). Un système d’entraide, pour ceux qui sont dans le besoin, est posé à l’article 30. Le mutuel est la règle (article 7). Un Code moral est instauré «la vanité est signe de faiblesse et l’humilité, le signe de la grandeur» (article 22). Des règles de justice et d’équité sont posées «Que nul ne s'en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable. Le tort demande réparation». L’esclavage est proscrit «La faim n'est pas une bonne chose, l'esclavage n'est pas non plus une bonne chose. La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves ; c'est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu au Mandé, a fortiori mis à mort, parce qu'il est fils d'esclave» articles 5 et 6. L’immunité diplomatique est sanctifiée : «Au Mandé, le Messager, le Chargé de mission, ne doit pas être inquiété» article 24. L’éducation des enfants et la puissance paternelle incombe à toute la société (article 9). Après la défaite de SOUMAHORO, un roi injuste, féroce et belliqueux, Soundja KEITA voulait instaurer la paix, et surtout instaurer la prospérité, par une «système général de surveillance luttant contre l’oisiveté et la paresse» article 6. Les bases de la défense de l’environnement sont clarifiées «la brousse est notre bien le plus précieux, chacun se doit de la protéger et de la préserver pour le bonheur de tous» article 40.
Djibril Tamsir NIANE, dans le prolongement de son livre sur Soundjata, a tenté de localiser la capitale mythique de l’Empire du Mali : Niani. Il a été chef de la mission archéologique guinéo-polonaise de Niani, à Siguiri. En effet, depuis presque un siècle, l’emplacement de la capitale de l’Empire soulève des débats particulièrement passionnés, et non encore définitivement résolus. L’administrateur colonial, M. GAILLARD, s’était rendu, en décembre 1922, à Niani, cercle de Siguiri (Guinée), des fouilles ont été menées, et Niani a été désigné ce lieu comme étant la capitale impériale du Mali. Tout de suite après, une polémique s’est engagée entre Maurice DELAFOSSE, et cet administrateur colonial. Les fouilles réalisées par Djibril Tamsir NIANE en 1965, 1973 et 1972, ont permis de retrouver divers objets, une mosquée ou une salle d’audience d’un palais ont été mis à jour. Les maisons au Moyen-âge étant construites en banco, l’archéologie n’est pas toujours d’un grand secours en Afrique. Djibril Tamsir NIANE n’a pas manqué de faire appel, comme GAILLARD en son temps, à la tradition orale. Niani a été pillé par les Songhaï en 1545, et détruite par les Bambaras entre 1630 et 1645.
Djibril Tamsir NIANE a précisé les origines du Gabou, ancien royaume théocratique mandingue, restées jusqu’ici difficiles à cerner. Une telle lacune s'explique par le sort que le partage colonial a réservé à ce royaume. Il fut en effet partagé entre l'Angleterre, la France et le Portugal. Nous ne disposons pour ce faire que des seules traditions malinkés, mais celles-ci sont unanimes pour situer l'arrivée des Mandingues vers 1240, quand Soundjata lança ses armées à la conquête de l'Ouest. Ce royaume connaîtra cependant son vrai développement du XIIIe au XIXe siècle. Il englobait alors la région une partie de la Casamance, de la Gambie et de la Guinée-Bissau. L'affrontement final avec les Peuls, en 1867, fut fatal au Gabou, causant la chute de sa capitale, Kansala. Une des premières conséquences en fut le triomphe de l'Islam dans la région. Mais la victoire peule allait être suivie de près par les conquêtes coloniales et le partage du Gabou.
Djibril Tamsir NIANE menait de nombreux combats, notamment en invitant le monde culturel et artistique à achever le projet de film d’Ousmane SEMBENE (1923-2007) sur la réhabilitation de Samory TOURE (voir mon article sur ce cinéaste). En effet, pendant 30 années, SEMBENE Ousmane était venu, par quatre fois, en Guinée, et s’était rendu à consulter Djibril Tamsir NIANE, à son domicile, à l’avenue Bourguiba, à Dakar :  «Il venait me voir chez moi. Nous avons effectivement commencé le travail, moi historien et lui connaisseur du cinéma. Ce film n’a pas été réalisé, mais le scénario a été entièrement fait. Il m’avait demandé de traduire son œuvre en Malinké, la langue authentique de Samory. Je me suis mis à l’œuvre, j’ai traduit entièrement un scénario» dit-il.
Durant sa vie riche et foisonnante, Djibril Tamsir NIANE a inauguré, le 22 avril 2018, en présence du président Alpha CONDE, à Conakry, en face de sa maison, à Belle vue, dans son quartier de la Minerve, la première bibliothèque privée de Guinée, portant son nom. «Sans la culture, aucune société ne peut se développer» a dit le président guinéen. Cette bibliothèque a été rénovée suite à un incendie de février 2012, ayant 50 ans de documentations et d’archives du professeur Djibril Tamsir NIANE. Il est couvert d’honneurs et de distinctions : Chevalier, Officier et Commandeur de l’ordre national du Lion au Sénégal et Officier de l’ordre des arts et lettre du Sénégal ; Chevalier de la Légion d’honneur en France et professeur honoraire des universités de Howard à Washington, Sao Polo du Brésil et de Meiji à Tokyo, au Japon.
«C’est véritablement après sa disparition que l’homme de culture, le poète prend place dans les cœurs» disait Djibril Tamsir NIANE, en 2006, à l’occasion d’un symposium littéraire à Dakar. «Que la vie des anciens serve d’exemple, car le monde est vieux, et l’avenir sort du passé. Aujourd'hui est un jour semblable aux autres, mais aujourd'hui verra ce qu'aucun autre jour n'a vu» écrit-il dans son Soundjata. Son petit-fils et homonyme, Djibril Tamsir NIANE, s’est engagé à veiller sur son héritage, «en compensant la douleur par les bons souvenirs. C’est une perte énorme pour notre pays. Mais il a consigné, par écrit, son savoir. Et maintenant, c’est à nous de le transmettre, cet héritage». Professeur de Lettres à l’université de Conakry, il a marché sur les traces du grand-père qui l’a inspiré.
Merci à M. Bocar SAM et Ibrahima Diawando N’DJIM de Kanel, qui ont fait recours aux griots de Séno-Palél, afin de préciser la généalogie de Djibril Tamsir NIANE.
Référence bibliographique
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2 – Autres références
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JANSEN (Jan), DUINTJER (Esger), TAMBOURA (Boubacar), L’épopée de Sunjara, d’après Lansiné Diabaté de Kéla (Mali), Leyden, Research School CNWS, 1995, 219 pages ;
JOHNSON (John, William), The Epic of Son-Jara. A West African Tradition by Fadigi Sosoko, Bloomington, Indiana University Press, 1992, 148 pages ;
KAHIUDI (Claver Mabana), «Les voix de démystification : Djibril Tamsir Niane, Chaka (1971)», in Des transpositions francophones du mythe de Chaka, Lang, 2002, pages 59-65 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Autour de Soundiata, entretien avec Djibril Tamsir Niane», Notre Librairie, n°88/89, juillet-septembre 1987, n° spécial sur la littérature guinéenne, pages 38-43 ;
KESTELOOT (Lilyan), Soundiata, L’enfant-Lion, Paris, EAN, 2010, 130 pages ;
KONARE (Adamé, Ba), «La recherche en Afrique, le domaine de l’histoire», Société française d’Outre-mer, 2013, pages 365-645 ;
KOUYATE (Mamadou), La variabilité dans quatre versions de l’épopée mandingue, thèse sous la direction de Alpha Omar Barry, Bordeaux, Université Bordeaux Montaigne, 2015, 674  pages ;
NIANE (Katoucha), Dans ma chair, Paris, Lafon, 2007, 325 pages ;
PAGEAUD (Robert), «Soundiata et la tradition orale, à propos du livre de Djibril Tamsir Niane : Soundjata ou l’épopée mandingue», Présence africaine, 1961, n°36, pages 51-71 ;
PERSON (Yves), «Nyaani Mansa Mamudu et la fin de l’empire du Mali», 2000 ans d’histoire africaine, le sol, la parole et l’écrit. Mélanges offerts à Raymond Mauny, vol II, 1981, pages 613-653 ;
SIDIBE (Modibo), L’épopée de Soundjata, d’après la tradition orale Malinké, Donniya, 2005, 22 pages ;
VIDAL (J), «Au sujet de l’emplacement de Mali (ou Melli),, capitale de l’ancien Mandingue», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1923, vol 2, pages 251-268 et pages 606-619 ;
VIDAL (J), «La légende officielle de Soundiata, fondateur de l’Empire du Mali», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1924, vol 7, pages 317-325.
Paris, le 11 mars 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 

 

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11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 23:58
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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 09:25
«M. Ousmane SONKO inculpé pour viol, pédophilie et menaces de mort, contre-attaque et politise le débat judiciaire. En revanche le président Macky SALL apaise et lance un plan pour la jeunesse» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le lundi 8 mars 2021, M. Ousmane SONKO, opposant sénégalais, inculpé pour viol, pédophilie et menaces de mort, a été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Mme Adji SARR, la jeune fille victime, a donné de nouveaux détails de sa plainte pour viol, avec menace d’une arme : «Il (Ousmane SONKO) m’a déviergée à deux reprises, avant de me violer plusieurs fois» dit-elle, une audition que cite «Seneweb» du 3 mars 2021. En ce 8 mars 2021, je réitère avec force ma grande solidarité avec toutes les Femmes victimes de violences et de prédation, et condamne, fermement, toute stratégie, injustifiée, d'impunité.
Depuis le mercredi 3 mars 2021, le Sénégal endure de graves troubles de l’ordre public, des juges ont été inscrits sur une liste de personnes à abattre, un tribunal et une maison d'un avocat, des édifices publics et privés, des voitures incendiées, magasins, stations d’essence, banques et autres établissements pillés. Les voyous ont rejoint, parfois avec des armes lourdes, les manifestants pour casser et voler, notamment des enseignes françaises. Ces biens détruits appartiennent aux Sénégalais, et les autres, le Sénégal devra indemniser les commerçants et les banques françaises. L’armée est sortie de ses casernes, et déployée notamment dans Dakar, pour rétablir l’ordre, la sécurité des personnes et des biens. Les autorités religieuses ont assuré une médiation efficace, et la tension est retombée d’un cran. Ces tensions ont occasionné 9 neufs morts, des jeunes entre 17 et 35 ans. Un gendarme a eu une main arrachée. Mes sincères condoléances aux familles des victimes.
Dans la presse sénégalaise du 18 mars 2021, Mme Adji SARR persiste et maintient ses accusations de viol avec menace d'une arme de la part de l'opposant M. Ousmane SONKO. M. Ousmane SONKO ne conteste pas fréquenter ce salon de massage, pour «soigner son mal de dos» dit-il. Mme Adji SARR a relaté dans quelles circonstances elle a rencontré M. SONKO «J'ai connu Ousmane SONKO au salon de massage où j'étais employée. Je l'ai reconnu sans rien dire. Lorsqu'il s'est déshabillé dans la cabine, j'ai vu qu'il portait deux armes dans leur gaine. J'ai pris peur, mais il m'a dit que c'était pour sa protection» dit-elle. M. SONKO aurait indiqué qu'il connaissait son domicile et sa vraie identité «Il m'a demandé de me mettre par terre pour faire ce dont il avait envie, avant de me laisser partir» précise-t-elle. «Il n'a pas pointé son arme sur moi, mais m'a fait comprendre qu'il pouvait me faire tuer, sans que personne ne le sache» ajoute Adji SARR. Blessée dans son amour propre, Adji SARR a quitté quelques temps, le Salon de massage, pour repartir dans son village. Cinq mois plus tard, le 21 décembre 2020, M. SONKO reviendra au salon de massage la violer et ils auront plusieurs rapports sexuels sous la contrainte. Le lundi 2 février 2021, M. SONKO est revenu réclamer les mêmes faveurs sexuelles ; c'est à ce moment que Adji SARR a décidé de porter plainte. Compte tenu des violences que cela a causé, Adji SARR a déclaré que si elle savait, elle n'aurait pas porté plainte. Sa patronne lui avait proposé d'avorter.
Expéditif et évasif concernant son inculpation de viol et de pédophilie, niant tout en bloc, sans attarder là-dessus, M. Ousmane SONKO a réagi aux événements tragiques ayant secoué le Sénégal pendant ces jours d'horreur, et cela en dépit du contrôle judiciaire dont il fait l’objet. M. SONKO a revendiqué sa liberté de parole, et aucun contrôle judiciaire ne limitera sa liberté d’expression.
Habile politicien, dans sa rhétorique et le déni de ses responsabilités dans ces violences, M. SONKO, en fin stratège, a compris que la meilleure défense la meilleure défense, c’est l’attaque. Sûr de lui et devançant le discours du chef de l’Etat en lui brûlant la politesse, adepte de la polémologie, dans un ton comminatoire, vindicatif et agressif, M. Ousmane SONKO, dans sa constant et assumée guérilla verbale, a attaqué le président Macky SALL au bazooka. «Macky SALL a trahi le peuple sénégalais et n’a aucune légitimité, il est le président légal, mais il n’a aucune légitime. Il doit être destitué» dit-il. D’emblée, Ousmane SONKO rejette toute offre de participer à un gouvernement d’union nationale, qui ne lui a pas été, au passage, proposée. Pour M. Ousmane SONKO, une «révolution nationale», dont il sera le vainqueur, naturellement, est en marche, personne ne pourra l’arrêter en 2024. Mais l’opposition, ravalée au rang de ses laquais, devrait, selon lui, éviter le syndrome malien, avec un éventuel coup d’Etat militaire au Sénégal, mettant en place, en 2024, un nouveau gouvernement aux ordres de la France.
M. Ousmane SONKO, occultant ses difficultés judiciaires, a interpellé directement le président Macky SALL, en lui adressant des injonctions. Pour M. SONKO, seul le peuple peut imposer un rapport de forces. Il enjoint au président Macky SALL d’indemniser les familles des victimes, les blessés des indemnités civiles, de libérer les détenus immédiatement et sans condition. Par ailleurs, M. SONKO ordonne au président Macky SALL doit dire qu’il renonce à un troisième mandat. Bien qu’inculpé dans une affaire pénale, en donneur de leçons de morale, investi en directeur de conscience de partenaires de l’opposition, sûr de lui et dominateur, M. SONKO intime à chaque opposant de s’engager, solennellement, à servir le peuple. Se lavant à grands seaux d’eau de tout soupçon de régionalisme ou d’ethnicité, M. SONKO, dans ses rodomontades et ses coups de menton, a intimé aux indépendantistes de rendre immédiatement les armes et s’engager dans la paix en Casamance. Ils n’ont qu’à obéir, ici et maintenant, illico presto, à l’auto-investi futur chef de l’Etat en février 2024, même s’il dit que «c’est le peuple qui décide».
Dans sa logique de confrontation, son discours guerrier, voulant comme maître Abdoulaye WADE marcher sur des cadavres pour accéder au pouvoir, M. SONKO a proféré des menaces à peine voilées, en évoquant, avec des pincettes, l’idée de manifestants pouvant aller «chercher» le président Macky SALL dans son palais. Dans cette stratégie de terre brûlée et d’affrontement, au lieu d’apaiser le climat, après ces journées tragiques ayant failli de plonger le Sénégal, dans l’innommable, M. SONKO attise les braises, en incitant ses partisans à continuer à maintenir la pression, par diverses manifestations pacifiques. «La révolution est déjà lancée, rien ni personne ne pourra l'arrêter. Il faut garder cette mobilisation, il faut qu'elle soit beaucoup plus importante même, mais il faut surtout qu'elle soit pacifique» dit-il. Comme du temps où Abdoulaye WADE était chef de l’opposition, la technique vicieuse consistant à mettre en avant dans les manifestations, parfois violentes, de jeunes écoliers, est connue. Il s’agit dans un plan machiavélique de piéger les forces de l’ordre ; l’opposant guinéen, Cellou DALEIN DIALLO, retranché dans sa maison ou sa voiture blindée, a souvent envoyé ses partisans à une mort presque certaine, pour en récolter le bénéfice politique. Comment, dans ces conditions assurer efficacement l’ordre public lorsque les casseurs s’en mêlent ?
Dans ce régime de terreur qui ne dit pas son nom, naturellement M. SONKO est passé sous silence sur cette liste que ses partisans ont dressé de «magistrats à abattre» et cette maison d'un avocat incendiée et ce terrorisme verbal dont il est le promoteur menant à ces violences.
En réalité, les autorités religieuses, par leur médiation efficace, ont contribué à apaiser le climat insurrectionnel au Sénégal. Chacun doit rechercher la paix et la concorde, dans le respect de l’autre. Nous sommes des adversaires politiques et non des ennemis. Ce qui nous unit, le Sénégal et sa démocratie, est plus grand que ce qui nous divise.
Le président Macky SALL, contrairement à cette logique guerrière et de terre brûlée de M. SONKO, est dans l'apaisement et l'écoute de la jeunesse. En effet au-delà de l’aspect pénal économique ou politique de cette crise que traverse le Sénégal, le président Macky SALL a choisi également, le 8 mars 2021, de s’adresser à la Nation. Le président Macky SALL a magnifié son attachement aux valeurs du vivre ensemble dans la paix, la sécurité, la liberté, la démocratie, la tolérance et le respect de nos diversités : «Chacun, avec ses choix et ses opinions, dans le respect des autres, nous pouvons et devons régler nos divergences autrement que par la violence destructrice ; parce que, quels que soient nos choix politiques et nos ambitions, nous sommes une seule famille, et nul d’entre nous ne peut avoir un destin séparé de celui la nation sénégalaise. Voyageurs dans le temps, nous sommes dans une barque dont nous descendrons pour laisser la place à d’autres. Notre salut individuel et collectif nous commande de voyager ensemble en consolidant les fondements de la barque et non en les détruisant. Il y va aussi de l’avenir de nos enfants et des générations après eux» dit Macky SALL. En effet, le Sénégal est une nation arc-en-ciel où le débat doit primer sur le reste. Dans un ton sobre et solennel, le président Macky SALL a appelé les Sénégalais au «calme et à la sérénité», et de préciser «Nous sommes tous témoins des manifestations d’une rare violence qui ont éclaté ces derniers jours à Dakar et dans d’autres localités, causant des pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels. Ce soir, mes pensées vont d’abord aux victimes de ces malheureux événements et à toutes les personnes, physiques et morales, impactées par les manifestations. Je salue la mémoire des défunts et présente mes condoléances à leurs familles. Je souhaite prompt rétablissement aux blessés. Nous sommes une seule famille, unie par une histoire qui nous assigne un destin commun. Chaque vie perdue est un deuil pour la Nation. C’est pourquoi l’Etat viendra en aide aux familles endeuillées et facilitera l’accès aux soins des blessés» dit-il. Aussi, le président Macky SALL invite tous à éviter la violence «Tous, ensemble, taisons nos rancœurs et évitons la logique de l'affrontement qui mène au pire. En ce qui me concerne, j’userai de tous les pouvoirs que me confère ma charge pour consolider le retour au calme et à la sérénité, dans l’intérêt supérieur de la Nation, la sécurité des personnes et des biens, la défense de la République et la préservation de nos institutions démocratiques» dit le chef de l’Etat sénégalais.
Le président Macky SALL n'entend pas interférer sur le cours de la justice dans l'affaire de M. Ousmane SONKO, inculpé pour viol, pédophilie, avec menace d’une arme ; il a appelé, dans le respect de la présomption d’innocence, à laisser la Justice «suivre son cours en toute indépendance». Le président Macky SALL face à un pays divisé a fait appel à la médiation des autorités religieuses et aux bonnes volontés pour un retour au calme à la sérénité et à la concorde.
Le président Macky SALL déclare avoir entendu le cri de désespérance des jeunes. «M’adressant à vous, les jeunes, je voudrais vous dire que je comprends vos inquiétudes et vos préoccupations. J’ai vu nombre d’entre vous sortir dans la rue pour exprimer la colère de votre mal-vivre ; parce que vous n’avez pas d’emploi ; parce que vous aspirez à un avenir meilleur ; parce que depuis un an de lutte anti pandémie COVID-19, votre quotidien reste marqué par la morosité économique, les restrictions sociales et la limitation des espaces de loisirs et de détente. Qu’une jeunesse confrontée à autant de privations exprime son mal-vivre me parait tout à fait compréhensible. En même temps, évitons de participer à tout ce qui nous retarde dans la quête d’un avenir meilleur. Quand on saccage un commerce, quand on s’attaque au bien d’autrui, on ne crée pas de l’emploi, on en détruit ; on ne fait pas reculer la pauvreté, on l’aggrave» dit Macky SALL.
Aussi, le président sénégalais a mis sur la table les financements nécessaires, dans les trois années à venir en faveur des jeunes : «J’engagerai dans les meilleurs délais une réorientation des allocations budgétaires pour améliorer de façon substantielle et urgente les réponses aux besoins des jeunes en termes de formation, d’emploi, de financement de projets et de soutien à l’entreprenariat et au secteur informel» dit le président Macky SALL.
Le couvre-feu est ramené de minuit à 5 heures du matin afin de permettre une activité économique presque normale. Après les violentes manifestations et le terrorisme intellectuel de certains, le débat politique semble reprendre ses droits, sans concession, mais espérons avec plus de sérénité, projet contre-projet. Une actualité riche et animée que l'on suivra attentivement.
Paris le 8 mars 2021, actualisé le 18 mars 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«M. Ousmane SONKO inculpé pour viol, pédophilie et menaces de mort, contre-attaque et brûle la politesse au président Macky SALL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 00:21
«Sénégal : un lundi 8 mars 2021 de tous les dangers ; paix et unité dans la démocratie» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le lundi 8 mars 2021, M. Ousmane SONKO, opposant sénégalais en garde à vue, doit être présenté devant un juge, en raison des accusations de viol avec menace d'une arme de sa masseuse, Mme Adji SARR. Rien n'empêche le juge, pour ce motif, s'il est inculpé, de le libérer et de le mettre sous contrôle judiciaire. En revanche, la garde à vue pour rébellion et sédition, a été levée dans la nuit du 7 au 8 mars 2021.
Depuis le mercredi 3 mars 2021, le Sénégal endure de graves troubles de l’ordre public, des juges ont été inscrits sur une liste à abattre, un tribunal et une maison d'un avocat, édifices publics et privés, voitures incendiés, magasins, stations d’essence, banques et autres établissements pillés. Les voyous ont rejoint, parfois avec des armes, les manifestants pour casser et voler. Ces biens détruits appartiennent aux Sénégalais, et les autres, le Sénégal devra indemniser les commerçants et les banques françaises. L’armée est sortie de ses casernes, et déployée notamment dans Dakar. Les autorités religieuses ont entrepris une médiation, afin de faire baisser la tension.
Le Sénégal, depuis son indépendance n'a jamais connu de coup d'Etat. Il y a eu cependant des crises importantes, en dehors du séparatisme casamançais. Ainsi, de 1962 à 1970 Mamadou DIA avait été emprisonné et ses partisans réduits au silence ou exilés. Maitre Abdoulaye WADE, soupçonné d'avoir commandé l'assassinat de maître Babacar SEYE en 1993, a été l'instigateur des bombes dans Dakar en 1988, suite à un contentieux électoral. En raison des troubles, l’armée a été appelée en renfort est entrée dans les grandes villes, notamment à Dakar, le dimanche 7 mars 2021. Jusqu'ici les forces de sécurité ont témoigné d’un grand professionnalisme, évitant en dépit des graves débordements un bain de sang. Face aux attaques de certaines casernes, nous avons la chance d'avoir une armée républicaine. Dans d'autres pays cela aurait été le carnage. Il y a eu 5 morts, c'est toujours des morts de trop ; chaque vie étant unique et irremplaçable. Mes condoléances aux familles.
Il est évoqué un complot salafiste et l'assassin de maître Babacar SEYE a été arrêté. Cette crise politique grave, mobilisant essentiellement des jeunes, se déroule dans un contexte sanitaire et une grande pauvreté au Sénégal, pays du commerce informel que la pandémie a tuée. C'est pour cela d'ailleurs que les salons de massage sont, en fait, des lieux de perdition, parfois des officines déguisées pour des faveurs sexuelles. Ces troubles sont surtout un complot contre les Sénégalais. Toutes les stations d'essence appartenant aux Sénégalais sont fermées. Cela veut dire que dans quelques jours on ne pourra ni circuler, ni pêcher, ni cuisiner. De même que dans les grandes villes les banques étaient fermées, avec la fin du mois les salaires ne seront pas servis. Tous les organismes permettant de recevoir des mandats de l'extérieur sont également fermés. Cela va être l'asphyxie. J’ajoute cela que depuis plus d’un an, la diaspora sénégalaise qui envoyait, elle-même confrontée au chômage partiel ou à la perte d’emploi (restauration, hôtellerie, commerçants ambulants ou sans-papiers) a réduit ou supprimé ses contributions à en direction des Sénégalais ; ce qui constitue pour nos familles, déjà fragilisées, un cocktail explosif pire que ces pillages.
Le statut d’opposant signifierait-il une impunité absolue, notamment lorsqu'il s'agit d'accusations graves de viol ?
Naturellement tout n'est pas politique ; c'est apparemment une affaire de mœurs, un banal scandale sexuel, maquillée en persécution politique. M. Ousmane SONKO n'est pas au-dessus des lois ; il doit se défendre pour laver son honneur ; ce qui est parfaitement légitime. Sur ce point, s'il estime qu'il est innocent, je suis solidaire avec lui. Cependant, on est particulièrement surpris qu’il n’ait, pas à ce jour, porté plainte contre Mme Adji SARR, pour dénonciation calomnieuse. Dans tous les cas, M. Ousmane SONKO, comme tout citoyen a droit à une Justice sereine, équitable et respectueuse.
En dépit de la présomption d’innocence, principe constitutionnel, inciter à la violence et livrer le Sénégal au Chaos, aux pillards toutes nos divergences sont là. La paix et l'unité du Sénégal sont au-dessus des intérêts partisans.
Dans ces jours sombres, au Sénégal, restez chez vous, et n'exposez pas vos enfants à des dangers inutiles. Paix et unité sur le Sénégal, dans la démocratie et le respect de tous !
Cette crise sociale et politique appellera tous, majorité et opposition, quand les esprits seront calmés, à réfléchir en profondeur sur une démocratie apaisée dans notre pays, un Sénégal jusqu’ici respecté dans le monde entier pour sa démocratie exemplaire. Et des questions ont déjà surgi :
- Comment aborder l’urgence sociale, en relation avec une gestion saine de nos finances ? Ces violences vont coûter en trois jours de 50 milliards de FCA, et auparavant un Ministre du Ciel et de la terre avait détourné 6 milliards d’euros, un ancien inspecteur des impôts 93 milliards et un maire avait tapé dans la caisse de sa commune. On n’a pas l’impression que pour certains opposants, leur statut serait une cote de mailles, une sorte d’impunité totale : l’application de la règle de droit, serait toujours pour les autres. Or, l’exemplarité doit toujours commencer par soi-même.
- Quelle est la place est l’avenir des jeunes en termes de formation, d’emplois et de perspectives d’industrialisation du pays ; la démographie, mal maîtrisée, est une bombe à retardement. Bien gérée, comme l’a fait la Chine, c’est une inestimable ressource.
- En 2016, quand le président Macky SALL avait initié son référendum sur la limitation des mandats, une partie de l’opposition et d’une certaine classe maraboutique, avec des prêches et des saccages de bureaux de vote, avait tenté, vainement, de saboter cette loi référendaire. Cette schizophrénie et ses injonctions contradictoires, sur un prétendu régime monarchique m’amuse, maintenant.
- Comment organiser une démocratie apaisée, programme contre programme, au lieu d’un terrorisme médiatique et intellectuel peu constructif. L’opposition, dont M. SONKO, a été battue dès le premier tour, en 2019. M. SONKO ne menace en rien le président Macky SALL. Quand le président Macky SALL appelle au dialogue national, c’est la politique de la chaise vide. Et pourtant, cette grave crise a montré qu’il est temps qu’on se parle, de façon constructive pour l’avenir de cher Sénégal.
Paris, le 7 mars 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Sénégal : un lundi 8 mars 2021 de tous les dangers ; paix et unité dans la démocratie» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 00:19
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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 15:53
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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 13:29
«Dakar et sa banlieue : des troubles graves de l'ordre public interne pour un opposant impliqué dans un grave scandale sexuel» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Comment un dirigeant politique peut-il réclamer l’impunité et appeler à une insurrection, avec dégradation de biens publics et privés des morts, pour un scandale sexuel ?
M. Ousmane SONKO, impliqué dans un scandale sexuel, digne de l’affaire DSK, dans sa conférence de presse du 25 février 2021 (voir mon article), avait annoncé qu’il allait mener une insurrection, une confrontation contre l’Etat. Cinq morts ont déjà été recensés que regrette le gouvernement, dont deux cadavres calcinés dans un magasin français Auchan, à Dakar. Une enquête a été ouverte, et l'Etat a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Les magasins français sont la cible privilégiée des partisans de Ousmane SONKO. En effet, les soutiens de M. Ousmane SONKO continuent de saccager et brûler certaines villes du Sénégal, dont Dakar et sa banlieue, avec la complicité maintenant de la voyoucratie et de certains milieux religieux, bien connus depuis l’affaire Mamadou DIA, en 1962. Ce sont de jeunes élèves, fragiles et manipulables dans ces manifestations qui ont été mis en avant face aux forces de l’ordre. Un tribunal à Diourbel, une maison d’un maire ou d’autres personnalités, du mobilier urbain, des bus et des voitures de particulier ont été brûlés. Ces saccages, en moins de quatre jours, représentent plus de 10 ans de régression économique pour le Sénégal.
Des violences crapuleuses ont été enregistrées contre des touristes entre l’aéroport Blaise Diagne et Dakar ; des touristes Européens, notamment des Français, ont été sortis de leur voiture, molestés et dépouillés de leurs biens. Par ailleurs, la banque Atlantique a été vandalisée et les  casseurs ont emporté plus de 200 millions de FCA (305 000 €). Les stations d’essence notamment de Total, les grands magasins français sont maintenant pillés par des voyous. C’est une ardoise de plus de 50 milliards de CFA (76 336 000 €) que l’Etat du Sénégal devra indemniser à ces hommes d’affaires étrangers, et tout cela pour un scandale sexuel.
En effet, ces troubles graves de l'ordre public interne au Sénégal font suite à l'enquête, après la levée de l'immunité parlementaire de M. Ousmane SONKO, un opposant sénégalais, accusé par sa masseuse de viol, avec menace d'une arme. Mme Adji SARR, la victime de 20 ans, a donné de nouveaux détails de sa plainte pour viol, avec menace d’une arme : «Il (Ousmane SONKO) m’a déviergée à deux reprises, avant de me violer plusieurs fois» dit-elle, une audition que cite «Seneweb» du 3 mars 2021.
Auparavant les partisans de M. SONKO avaient mis à sac la capitale sénégalaise et incendié ou dégradé des biens publics ou privés. Les émeutes se poursuivent encore et la situation est particulièrement préoccupante, la capitale sénégalaise ressemblant à Beyrouth, au temps de la guerre civile.
Dans ce vandalisme, les partisans d’Ousmane SONKO se sont attaqués ont commis des actes graves contre la presse. Dans ces violences aveugles ou crapuleuses, les manifestants ont attaqué, fort injustement, une Radio Futur média (RFM), un média privé appartenant à Youssou N’DOUR, équilibré dans ses informations et très professionnel. RFM M’Backé a été attaqué, pour la troisième depuis 2016. Dans ce terrorisme physique et intellectuel, il faut savoir que dans les pays africains non démocratiques, la première chose que font les gouvernements autoritaires font est de fermer les frontières, couper les communications (Internet, téléphones et médias) et réprimer les opposants, sans retenue. Au Sénégal, nous avons la chance d’avoir une presse libre, garante de la démocratie et référente en démocratie, qui rend compte des événements en direct.
Dans ce terrorisme intellectuel, deux télévisions privées ayant diffusé des images, jugées séditieuses par le gouvernement, ont été suspendues.
En pleine pandémie, et au moment où les vaccins viennent d'arriver, ces rassemblements vont provoquer des carnages de la part de ce tueur invisible qu'est le Coronavirus.
M. Ousmane SONKO qui avait fait référence à son droit de «résistance à l'oppression» estimant qu'il s'agirait d'une «règlement de compte politique», s'est finalement livré la justice. Le statut d’opposant signifierait-il l’impunité ?
Un responsable politique doit être irréprochable et exemplaire. On avait vu auparavant, un maire de Dakar ou Karim WADE, «Ministre du Ciel et de la Terre» poursuivis pour détournement de deniers publics (6 milliards d’euros), arguant que leur statut d’opposant équivaudrait à une impunité totale. On sait que maître Abdoulaye WADE, alors opposant, est gravement soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de maître Babacar SEYE en 1993 et il serait aussi à la base des bombes ayant explosé dans Dakar en 1988.
M. Ousmane SONKO, décidé à brûler le Sénégal pour un scandale sexuel, est-il à la hauteur de ses ambitions politiques ? Toute la question est là. En effet, ici, dans l’affaire, Ousmane SONKO, c’est un conflit qui l’oppose à sa masseuse, une affaire criminelle, susceptible d’être qualifiée de crime et donc relevant des assises. M. François FILLON, à propos également de ses costumes et de l’emploi fictif de sa femme, ainsi Nicolas SARKOZY, alias Paul BISMUTH, dans l’affaire des écoutes téléphoniques illégales, évoquaient l’idée d’un complot politique. DSK, qui avait le vent en poupe en 2012, avait crié également, après l’affaire du Sofitel, à la malveillance et la liquidation politique. Quand un responsable politique commet une bévue, ses concurrents l’exploitent à fond contre lui. La politique n’est pas un monde de bisounours ; c’est un champ de bataille féroce. Aussi, maître Abdoulaye WADE, un ami qui lui veut du bien, n’a pas compris l’imprudence et le manque grave discrétion de M. Ousmane SONKO, un libidineux, qui n’avait rien d’autre à faire, que d’aller dégorger son poireau dans un salon de massage, à Dakar, un vrai village où tout se sait.
En définitive les faits sont têtus ; ce n’est pas une affaire politique, mais une affaire de mœurs que l’opposant Ousmane SONKO tente de politiser. C’est une affaire de scandale sexuel, à clarifier en toute équité, concernant un opposant d'ailleurs intelligent et de grande qualité, mais qui a été imprudent dans ses fréquentations. En effet, M. Ousmane SONKO a bien reconnu qu'il est allé voir cette masseuse aguichante de 20 ans, non diplômée, pour dit-il «soigner son mal de dos». A ce jour, M SONKO n'a pas déposé de plainte contre sa masseuse l'accusant de viol, pour dénonciation calomnieuse, s'il estime qu'elle a menti.
Il était prévu que Ousmane SONKO soit entendu par la justice puis relâché. A ce stade, il a joué les armes du Chaos. A ce stade, Ousmane SONKO, le dossier est mains du doyen des juges d’instruction. Il a été entendu à titre de témoin ; il n’est inculpé ni pour viol, ni pour trouble à l’ordre. Il n’est pas en détention préventive, mais seulement gardé à vue, non encore inculpé ou déféré. Ousmane SONKO a le week-end, pour conseil de ses avocats et sera auditionné le lundi 8 mars 2021, notamment sur la plainte de viol, un crime.
Par conséquent, la justice fonctionne bien et peut instruire, à charge, comme à décharge. Profondément attaché à la présomption d’innocence, et en dépit de la gravité des faits qui lui sont reprochés par sa masseuse, M. Ousmane SONKO a le droit de se défendre et les Sénégalais ont le droit de savoir la Vérité.
Cependant, la violence n’est pas acceptable, la Justice doit rester équitable. Le rôle d'un Etat, digne de ce nom, c'est non seulement d'assurer une justice sereine et équilibrée, dans la recherche de la vérité, mais aussi d'assurer la sécurité des personnes et des biens. Ces violences ont occasionné des dégâts, en moins de trois jours, d’un montant de 50 milliards, et ce n’est pas fini, et c’est l’Etat du Sénégal, donc les imposables, qui indemnisera les victimes. Tout cela pour un opposant libidineux qui aura seulement s’expliquer devant la Justice, pour laver son honneur.
Dans un pays démocratique, et face à ces violences inadmissibles, la force restera à la Loi. Dans son message à la nation du 5 mars 2021 le Ministre de l’Intérieur a qualifié ces actes de sédition et de terrorisme, les responsables seront recherchés et traduits en justice.
Il va falloir, peut-être fermer les établissements scolaires et universitaires, renvoyer les étudiants et élèves chez eux, en attendant que la situation revienne au calme.
Une situation donc insurrectionnelle déplorable au Sénégal à suivre très attentivement.
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