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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 14:15

Si Louis ARAGON, le romancier du "Mentir-vrai", s'est illustré par son engagement et sa fidélité au Communisme et qu'il a été fortement attaqué par les conservateurs, il est grand temps, pour ce qui est du Aragon, "poète de la Résistance", de le sortir du purgatoire injuste dans lequel il a été relégué. Notre époque, marqué par l'ultralibéralisme, le populisme, a besoin de résister et lutter pour la liberté et la tolérance.

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 17:11

Les élections présidentielles au Brésil du 28 octobre 2018, après le référendum sur le BREXIT, l'avancée du populisme en Europe et aux Etats-Unis, constituent un test majeur pour cette démocratie multiculturaliste, et interpellent l'Afrique et sa diaspora.

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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 16:57
Ce dimanche 28 octobre 2018, pour le 2ème tour des présidentielles, au Brésil, Jair BOLSONARO recueille 55,7% des voix, son challenger Fernando HADDAD, 44,30%.  Jair BOLSONARO, le candidat d’extrême-droite, avait frôlé la victoire au 1er tour, avec 46%. C’est donc une nouvelle peu réjouissante, sauf pour Marine LE PEN et ses partisans. Qu'on ne dise pas, comme pendant la deuxième guerre mondiale, «je ne savais pas». Ils n’avaient pas vu leurs voisins que l’on déportait (Juifs, Communistes, Résistants) sous leur fenêtre, par la police française, et pourtant, par enchantement, presque tous sont devenus, subitement, des Résistants à la fin des hostilités. Contre quoi ont-ils résisté ?
J’entends aussi, souvent dire, de façon péremptoire, que la France c’est le pays des droits de l’homme, «Cela n’arrivera jamais ici». Il ne faudrait pas évacuer, rapidement, cette question fondamentale : «Comment est-ce possible ?».
En raison d'une large lepénisation des esprits, à gauche comme à droite, en agitant en permanence des peurs irrationnelles, contre notamment l’étranger et les Français issus de l’immigration, les pauvres, les fonctionnaires et les retraités, toutes les conditions sont réunies pour une victoire des fascistes en France. Les négationnistes, Eric ZEMMOUR et Alain FINKIELKRAUT, font la promotion de ces idées nauséabondes, et tentent même de réhabiliter le maréchal PETAIN, celui-là même qui est la cause de la honte et du déshonneur de 1940. La communauté juive ne s’en inquiète pas, non plus, pourvu que Marine LE PEN, dans sa recherche de respectabilité, ne les attaques plus, du moins provisoirement. Pourtant, Françoise GIROUD avait bien résumé comment meurent les démocraties «Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout du nez, on dit : «C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis, un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser» écrit-elle. Le président MACRON se propose d’honorer le maréchal Philippe PETAIN, parce qu’il a été héros de la Première guerre mondiale, mais il a été aussi le complice de déportations des militants de gauche, des homosexuels, des tziganes, des Juifs, des francs-maçons, etc, et de bien d’autres minorités ethniques. En conséquence, «Le passé n’éclairant plus l’avenir, l’esprit marche dans les ténèbres» disait Alexis de TOCQUEVILLE qui, dans une approche descriptive et clinique de la démocratie américaine, considère que la question centrale de son étude porte sur l’égalité. En effet, le régime totalitaire n’est plus impossible dans les pays occidentaux, puisque l’Amérique, cheffe de file de ces pays, l’Italie et la Hongrie ont déjà basculé. Le projet chaotique du BREXIT en Grande-Bretagne, s’inscrit dans cette logique de la peur. L’Allemagne d’Angela MERKEL, qui a courageusement accueilli 1 million de réfugiés, vacille sous les coups de boutoir des néonazis. En France, c’est donc possible que le Rassemblement national ayant déjà conquis les esprits, prenne aussi le pouvoir politique en France. En effet, ce qui caractérise, fondamentalement, notre époque c’est la crise profonde des valeurs : «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres» écrit GRAMSCI qui a théorisé la crise que nous vivons. «La crise consiste justement dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas naître : pendant cet interrègne on observe les phénomènes morbides les plus variés» écrit Antonio GRAMSCI (voir mon article). En effet, le «Vieux monde», largement discrédité en raison notamment de ses impostures, ses instrumentalisations, ses logiques de la peur, de prédation et de violence contre les faibles, est devenu, non pas celui de l’action, mais de la contemplation et des commentaires et du renoncement. L’ultra-libéralisme écrase tout, y compris les certitudes et l’attachement aux valeurs républicaines. En effet, Hannah ARENDT (voir mon article), une grande théoricienne du totalitarisme, qu’elle ne restreint pas à la condition des Juifs, comme le fait abusivement le C.R.I.F., ne se contente pas de diagnostiquer le Mal. Le plus grand ennemi de la démocratie, c’est l’attentisme et le désengagement citoyen. Hannah ARENDT s'interroge donc sur les moyens de se préserver contre la tentation totalitaire, d’où qu’elle vienne. «Rien n’est plus dangereux que d’arrêter de penser. Le danger consiste en ce que nous devenions de véritables habitants du désert et que nous nous sentions bien chez lui» dit-elle. Hannah ARENDT recommande d’abandonner cette vie contemplative, et de militer pour la réhabilitation de l’action politique. Hannah ARENDT estime que «les hommes ne sont pas nés pour mourir, mais pour innover». Elle invite, constamment à l’action : «redonner à la politique sa raison d’être qui est la liberté et dont le domaine d’expérience est l’action».
Fernando HADDAD, un fils d’immigré Libanais, un homme de la gauche modérée, a donc perdu cette élection, sa campagne a été terne en raison d’une revendication tiède des valeurs de gauche. Devancé au 1er tour, il avait durci son discours face aux critiques estimant qu’il s’est éloigné des pauvres, dont la grande masse c’est les Noirs et les Métis. Distancé dans les sondages, il a fini par préconiser, notamment la fin du gel des dépenses publiques, l’interruption des privatisations, la lutte contre l’évasion fiscale et les détournements de deniers publics, sans une criminalisation des Politiques, et une «perspective inclusive, non raciste, non sexiste et sans discrimination de la communauté LGBT». Mais ce virage a été tardif, et peu convainquant a vu des résultats du scrutin.
Jair BOLSONARO, fils d’immigrés Italiens, le nouveau président brésilien, est un ancien militaire et candidat du Parti Social-Chrétien, d’une Droite dure assumée, il est classé à l’extrême-droite. Partisan de l’ordre, dans un pays miné par la criminalité et les gangs, défendant fermement ses idées, il préconise, notamment de «changer le Brésil», mais «à travers la défense des lois et l’obéissance à la Constitution». Faisant l'apologie de la dictature et de la torture, il envisage de donner des pouvoirs de légitime défensive à la police, en tirant dès qu’elle s’estime menacée. Sa campagne fondée sur la peur, a été fondamentalement populiste. En effet, il a misé sur la colère de la population face à la délinquance endémique, il se veut candidat «anti-système», contre la corruption, avec un ancien président en prison. En effet, Lula, l’ancien président, est condamné à 12 ans pour ce motif. Jair BOLSONARO, le nouveau président brésilien, est surtout connu pour sa vulgarité, son racisme primaire, son homophobie, son populisme, sa misogynie. Dans son histoire récente, le Brésil, un pays lusophone d'Amérique latine a mené un processus original d'indépendance, qui a abouti à une monarchie, à la construction de l'Etat national, et le passage d'une économie agro-exportatrice à une économie industrielle. Ce pays, en fait, n’est sorti de la dictature qu’en 1989. Dans ce développement du Brésil, populisme comme mode de gouvernement, a été utilisé contre les pauvres et les anciens esclaves. Les séquelles de l’esclavage y sont prégnantes. Adhemar PEREIRA de BARROS (1901-1969), l’idéologue du populisme au Brésil, avait résumé, en 1949, ainsi son slogan de promotion pour la prédation : «Voleur, mais efficace». Ainsi, BOLSONARO, n’hésite pas de qualifier le «Mouvement des Travailleurs Sans Terre» de «vagabonds», les droits de l’homme c’est du «pop corn». Il réclame le port d’armes pour «les gens bien» et va instaurer, s’il est élu, l’incarcération des mineurs. Il a déclaré que les Noirs ne sont même pas bons à procréer et les étrangers sont de la vermine.
Pour la diaspora et l’Afrique, le Brésil n’est pas comme un autre, c’est la plus importante population de Noirs et de Métis vivant hors de l’Afrique, soit plus de 81 millions, pour 207 millions d’habitants, et 8 500 millions km2. En raison de 400 années d’esclavage et de millions d’esclaves venus d’Afrique et des Antilles, la reconnaissance d'une identité noire africaine chez les Afro-Brésiliens est due, à l'origine, à une intelligentsia qui cherchait ses références. Les cultures africaines ont survécu dans cette démocratie ethnique. Par conséquent, et donc contrairement à une idée reçue, ce n’est ni la France, en dépit de certains délires, ni les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne qui seraient confrontés à ce qu’ils appellent «le Grand remplacement». Le Brésil, avec ses importantes agglomérations de Rio de Janeiro, Bahia et Recife, était composé, au début du XIXème siècle, de 4 millions d’habitants, dont un tiers sont des esclaves. Les «Reinos» Portugais ou Européens dominaient la vie politique, au détriment des esclaves, des Créoles et des Noirs venant d’Afrique.
L’histoire du célèbre footballeur, Pélé, avait contribué à faire la promotion de ce «pays métis», une démocratie raciale, un mélange quasi réussi et harmonieux de populations aux origines variées. Par ailleurs, en raison de ses performances économiques, de l’immensité de son territoire, de ses ressources importante, ainsi que la baisse de sa population, le Brésil ne cesse d’attirer de nouveaux immigrants. Traditionnellement, l'identité nationale au Brésil fut construite autour de l'idée de démocratie raciale, allant de pair avec le développement d'une «spécificité positive» du peuple brésilien issu du métissage entre Blancs, Noirs et Indiens. Cette nation arc-en-ciel s’est construite, en partie au détriment des racisés : «Dieu a fait le café et le lait, il n’a pas fait le café au lait» entonnent les racistes. Sous l'impulsion du président Lula, le traitement ethnique de la démocratie a été revu et valorisé. La préservation des minorités invisibles dans l'histoire et la culture brésilienne ont trouvé, péniblement, leur place. Le Brésil étant en passe de devenir un pays multiculturaliste, avec une idée culturelle fondée sur le métissage, certains estiment que l’emprisonnement de Lula serait un complot des conservateurs. Lula serait donc un prisonnier politique, confiné à l'isolement le plus complet, comme Antonio GRAMSCI (Voir mon article sur GRAMSCI) sous MUSSOLINI, avec son régime fasciste. Cependant, c’est une lecture rapide de notre histoire immédiate. La Gauche, quand elle accède au pouvoir, doit rester morale et s’en tenir à ses propres valeurs, sinon, elle fait le lit du fascisme. Ainsi, en Amérique après deux mandats au bilan mitigé d’un président Noir, Barack OBAMA, succède un populiste, Donald TRUMP. Au Brésil, le mandat de Lula, un président de gauche, a été marqué par des allégations de corruption, et Lula est en prison, quel qu’en soient les motifs et les mobiles politiques, c’est une mauvaise carte de visite pour les forces de gauche. En France, la Gauche a été presque décapitée après un mandat calamiteux d’un socialiste, François HOLLANDE, président de 2012 à 2017, avec, notamment, son honteux projet de déchéance de la nationalité et sa trahison des engagements du Bourget. Depuis 2017, Emmanuel MACRON, qui se voulait être un combattant résolu contre le «vieux monde», est, en fait, le plus grand serviteur d’un libéralisme féroce qui écrase les faibles. Ces mécontentements accumulés peuvent ainsi favoriser la conquête du pouvoir en faveur de Marine LE PEN, qui pourra dire, «on a tout essayé, sauf le populisme».
Au Brésil, Jair BOLSONARO, rêve de devenir le Donald TRUMP de son pays. En effet, le populisme, avec son racisme exacerbé et banalisé, ne cesse de progresser dans le monde, avec une grande indifférence des partisans de la République. Cependant, il faut rappeler qu’il y a des paroles qui tuent. Ainsi, Robert BOWERS, un Blanc, militant d’extrême, qui avait soutenu Donald TRUMP pendant les présidentielles américaines, a tué, lâchement, 11 Juifs et blessé 6 autres, dans une synagogue, à Pittsburg, en criant : «Il faut tuer tous les Juifs». Donald TRUMP, président de la plus grande démocratie du monde, vomit son discours de haine à longueur de journée ; ce qui a conduit, probablement, à cet attentat antisémite. TRUMP avait dit que les immigrants du Honduras qui frappent à la porte de l’Amérique, sont des terroristes, et Robert BOWERS, un esprit faible, l’a cru, et a tué des Juifs pendant le Sabbat. Il faut rappeler aussi des bombes ont été envoyées à d’éminentes personnalités démocrates et à C.N.N. Tout en prêchant l’unité nationale, Donald TRUMP s’est attaqué immédiatement aux médias ; la haine destructrice, c’est plus fort que lui, c’est dans l’A.D.N du populisme. Donald TRUMP, dans sa démagogie, ainsi que Jair BOLSONARO, sont acquis aux lobbies de vente d’armes, et partisans de l’autodéfense, avec tous ses risques de dérapage.
En France, pays marqué par une banalisation du Rassemblement national, la situation est inquiétante. Je demeure convaincu que la légalisation du Front National, devenu Rassemblement National, est une erreur tragique. C’est un parti qui avance masqué. Pour l’instant, Marine LE PEN, dans sa stratégie électorale, ménage les Juifs. Mais si par malheur, elle était élue, la communauté juive en ferait aussi les frais. On ne peut pas être raciste à moitié ; on l’est ou ne l’est pas. Si on s’attaque aux racisés, dès que Marine LE PEN en aura l’occasion, elle persécutera, immanquablement, les Juifs. Par conséquent, nous devons être solidaires contre toutes les formes d’intolérance (racisme et antisémitisme), d'où qu'elles viennent, sans indignation sélective. Les grands partis étant discrédités en France, ce qui frappe c’est l’avancé des populistes, dans la plus grande indifférence : «A la fin nous ne souviendrons pas des mots de nos ennemis, mais des silences de nos amis» avait dit, fortement, Martin Luther KING. Je suis persuadé, c’est par un front large républicain, que la démocratie sera mieux défendue dans notre chère France, tant attachée, dans ses principes fondamentaux, à l’égalité et à la fraternité. Aucune communauté, ne s’en sortira toute seule.
Je sais aussi que bien des racisés, les principales victimes de cette xénophobie, de cette islamophobie et des ces massacres de jeunes par les forces de l’ordre (Cas Adama TRAORE), se sont désintéressés de la politique, en raison de cette démocratie ethnique qui ne protège que les plus forts. Les Français issus de l’immigration disent souvent : «Je ne fais pas de la politique». Si la politique politicienne, c’est la duplicité et le mensonge, en revanche, la politique, au sens de l’art de gérer la cité, et notamment pour le bien-vivre ensemble, la justice, l’égalité et la fraternité, restera toujours une affaire hautement noble. Si on laisse aux politiques les mains libres, ils ne s’occuperont que leur petite soupe : «Votez pour moi, je ferai le reste» ont-ils coutume dire. Si on ne s’occupe pas de la politique, la politique s’occupera de vous, à travers ces discours négrophobes et islamophobes, d’instrumentalisation des peurs et du bouc-émissaire. C’est en ce sens que l’indifférence du citoyen menace gravement l’essentiel, c’est-à-dire nos libertés. «Je hais les indifférents. Je crois (…) que «vivre signifie être partisans». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. L’indifférence est le poids mort de l’histoire» avait proclamé Antonio GRAMSCI. Notre objectif, à nous tous, devrait être de réhabiliter la Politique et le Politique, c’est-à-dire, l’art de gérer la Cité, dans le bien-vivre ensemble et le respect mutuel, c’est-à-dire dans les valeurs fondamentales de la République, d’égalité, de liberté et de fraternité.
Indications bibliographiques
BATISTA de LACERDA (Joao), Sur les métis au Brésil, Devouges, 1911, 31 pages ;
BETHELL (Leslie), Brazil : Essays on History and Politics, Institute of Latin American Studies, 2018, 250 pages, spéc pages 175-194 sur le populisme au Brésil ;
BOGALSKA-MARTIN (Joao), Etre Noir au Brésil aujourd’hui : identités et mémoires en mutation, Paris, L’Harmattan, 2015, 352 pages ;
CAMPANEMA (Silvia), ALMEIDA de (P.) FLECHET (Anaïs), De la démocratie raciale au multiculturalisme : Brésil, Amériques, Europe, Peter Lang, 2009, 273 pages ;
ENDERS (Armelle), Histoire du Brésil contemporain : XIXème, XXème siècles, Paris, éditions Complexe, 1997, 282 pages ;
ENDERS (Armelle), Nouvelle histoire du Brésil, éditions Chandeigne, 2008, 286 pages ;
GUMERY (Claude), «La difficile construction de l’identité métisse au Brésil» in MONTORO ARAQUE (Mercedes), Identité culturelle d’hier et d’aujourd’hui, Peter Lang, 2010, 144 pages, spéc  pages 99 et suivantes ;
MONTAGU-WILLIAMS (Patrice), Brésil : dans les pas du géant : Les âmes du peuple, Primento, 2014, 98 pages ;
ROLLAND (Denis), CHASSIN (Joëlle), Pour comprendre le Brésil de Lula, Paris, L’Harmattan, 2004, 336 pages ;
ROLLAND (Denis), MUZART FONSECA dos SANTOS (Idelette), QUEIROS  MATTOSO de (Katia), Le Noir et la culture africaine du Brésil, Paris, L’Harmattan, 2003, 270 pages ;
SAGLIO-YATZIMIRSKY (Marie-Caroline) GREBRIM (Anna), «Nouvelles migrations au Brésil : des représentations de l’accueil aux formes contemporaines de racisme», Bresil(s), 2016 et 2017, 2, Open édition ;
SALLES (Severo), Dictature et lutte pour la démocratie au Brésil, Paris, L’Harmattan, 2005, 261 pages.
Paris, le 28 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Brésil : l’enjeu des présidentielles pour la diaspora et l’Afrique» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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27 octobre 2018 6 27 /10 /octobre /2018 16:08
J'ai été profondément traumatisé par la mort de Bouna et Zied en 2005, deux jeunes poursuivis par des forces brutales, dont le devoir est pourtant de nous protéger, et qui sont décédés cramés dans un transformateur électrique. On avait alors prétendu que s'ils se sont sauvés, c'est qu’ils auraient quelque chose à se reprocher. Or, depuis l'affaire Théo, violé avec un tonfa, on comprend mieux pourquoi Bouna et Zied s'enfuyaient, lors de ces contrôles au faciès.
112 jeunes sont déjà morts, souvent étouffés par les forces de l'ordre (Amadou KOUME, Adama TRAORÉ, etc.). A chaque fois, le scénario est le même : ce sont des jeunes qu'on accuse d'avoir un casier judiciaire. Comme si les antécédents judiciaires, à eux seuls, sont devenus, dans ce pays, une permission suffisante de tuer nos enfants, lors d'une banale promenade. Pourtant, il y a des jeunes issus des quartiers, comme Kyllian MBAPPÉ, qui représentent l'honneur et la fierté de ce pays. Le fait d’être jeune de banlieue n'est, en soi, ni un délit, ni un crime.
Les familles des victimes, réclamant justice, sont souvent pourchassées et condamnées pour "rébellion". Par ailleurs, ces familles n'ont jamais reçu, de la part des autorités étatiques, une visite, un soutien ou une réponse à leurs correspondances, comme c'est le cas pour d'autres ethnies, où l’on s’empresse de faire des communiqués.
Pire, les auteurs de ces crimes ont continué d'exercer leurs fonctions, comme si tuer un jeune des quartiers est devenu un acte d'héroïsme et de salubrité publique. On connaît aussi, les calomnies permanentes à l'encontre des personnes habitant dans ces zones de relégation : "ces quartiers où la police n'ose plus aller" ou "avant on vivait mieux". Dans cette stratégie colonialiste, au lieu de renforcer l'offre de l'éducation nationale, il est même envisagé de mettre des policiers dans les salles de classe ou de créer de nouveaux centres de détention pour nos enfants. C'est une logique permanente de stigmatisation, d'instrumentalisation, de calomnie, de prédation et de violence. Le sentiment de la peur de l'autre et la répression ont pris le pas sur la nécessaire prévention. Pour les racisés, il n’y a que la politique du bâton, parfois du meurtre : "Surveiller et punir" comme le dirait Michel FOUCAULT, telle est devenue la logique colonialiste d'un Etat qui affirme encore son caractère républicain.
J'ai parfois l'impression que notre Etat de droit est devenu une démocratie ethnique. En effet, dans ces violences urbaines, c'est une justice à deux vitesses protégeant l'assassin contre les victimes, le fort contre le dominé, le Maître contre l'indigène de la République. En effet, quand on appartient à l'ethnie dominante, on est traité de manière équitable (Georges TRON, accusé de viol, devant les assises comparaît libre), ou on échappe même carrément à la justice (Dossier de viol à l'encontre de Johnny HALLYDAY qui a eu droit à un hommage national aux frais des contribuables, alors qu’il doit encore 10 millions d’euros au fisc ; c’est l’impunité pour Serge DASSAULT jusqu’à sa mort, et la famille BALKANY ; Christine LAGARDE est condamnée, mais dispensée de peine ; impunité totale dans l’affaire du Crédit Lyonnais, impunité des délinquants en col blancs fraudant le fisc, mais on s’acharne contre les retraités, les fonctionnaires, et tous les faibles). Par ailleurs, Eric ZEMMOUR et Alain FINKIELKRAUT, des négationnistes propageant la haine, sont des vedettes sur les plateaux de télévision, et le Front national devenu «Rassemblement national» qui distille le poison de la haine, est un parti respectable, tant qu’il s’acharne contre les racisés. Pourtant, le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. En revanche, un banal contrôle au faciès peut de conduire au meurtre de nos enfants. Booba et Kaaris, à la suite de leur bagarre stupide à Orly, c’est tout de suite le gnouf et la condamnation. En revanche, gare à la famille des jeunes étouffés à mort qui protesteraient contre les lenteurs de la justice. Face à un traitement aussi différencié de la justice, je réaffirme que quand on raison, c'est un droit légitime de résistance à l'oppression, conformément à l'article 2 de la déclaration des droits de l'homme. On ne peut pas tuer impunément nos enfants, et nous demander de nous taire, de rester sages et résignés.
Face aux obstructions et au dilatoire, il n'y aura pas de paix durable, sans vérité et justice. Si on a tort, la loi républicaine doit s'appliquer, sans rigueur excessive, mais de façon équitable. Aucun citoyen n'est au dessus des lois. Je n’ai aucune considération, aucune excuse à l’égard d’un racisé qui se complait dans la délinquance. Quand on vient d’ailleurs, il est impérieux de s’écarter du Mal, et de tendre, sans cesse, vers l’excellence, d’autant plus que ce pays, par l’éducation et la formation, l’ascension sociale est rude, mais elle reste possible. En effet, c’est difficile pour tout le monde, il faut donc se battre trois plus que les autres, pour s’en sortir. Très souvent, ces délinquants ne s’attaquent pas aux gens du château, mais ils pourrissent la vie de leurs voisins. Tout délit, aussi mineur qu’il soit, doit être traité. Mais ces infractions restent des comportements individuels, et ne doivent, en aucune manière, être imputés, de façon indifférenciée, par des stigmatisations ou instrumentalisations, à tous les racisés. Dans les autres communautés, il y a aussi des délinquants odieux, et les médias en rendent compte à longueur de journée. La plupart des racisés, dans leur écrasante majorité, sont des héros du quotidien, respectueux de la loi, et qui se battent pour s’en sortir, en dépit de leurs conditions de vie pénibles. J’en profite pour rendre un vibrant hommage à tous les élus des quartiers, qui oeuvrent, sans cesse, pour un bien-vivre ensemble, avec des ressources financières de leur collectivité qui ne cessent de baisser, au profit des nantis
En revanche, si on a raison, je ne comprends pas ce déni permanent et ces obstructions à la vérité parce qu’uniquement les forces de l’ordre ont failli à leur mission de protéger. On a droit à ce que justice soit rendue. En effet, nous ne sommes plus les indigènes de la République, nous aussi de la France, des citoyens avec nos obligations, mais aussi avec nos droits. Citoyens de la République, à part entière, et non entièrement à part, nous voulons vivre ensemble dans le respect mutuel.
Aussi, nous continuerons à réclamer Vérité et Justice pour Bouna et Zied, Théo, Adama TRAORÉ, et ce jeune récemment abattu à Nantes le 3 juillet 2018, ainsi que pour ces jeunes fauchés injustement à l'aube de leur vie, parce qu'ils n'avaient pas la bonne couleur. J'imagine que si ces 112 jeunes assassinés étaient des Blancs ou des Juifs, la réponse de la justice, la réaction de la population, des médias, et surtout celle des autorités étatiques, seraient terriblement différents. Pourtant, devant cette indignation particulièrement sélective, cette hiérarchisation de la valeur de chaque vie, je continuerai de crier à la face du monde, par rapport aux valeurs républicaines d'égalité : UN égale UN, à moins que je ne sache plus compter.
Vérité et Justice, on ne lâche RIEN ! No Pasaran !
Paris, le 27 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Vérité et Justice, pour les 112 jeunes étouffés à mort par les forces de l'ordre

Vérité et Justice, pour les 112 jeunes étouffés à mort par les forces de l'ordre

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 16:49
C'est le temps des feuilles mortes, mais aussi des disparitions mystérieuses et des assassinats, avec une indignation, très sélective.
A juste raison, les Occidentaux dénoncent, régulièrement avec grand bruit, les violations graves des droits de l'homme par les pays dits communistes. Ainsi, les expéditions des Russes en Grande-Bretagne, pour empoisonner des personnes, sont odieuses. C'est le cas aussi pour la Chine. MENG Hongwei, patron d'Interpol, est porté disparu depuis le 25 septembre 2018 en Chine. Officiellement, c'est pour des raisons fiscales. La chanteuse, FAN Bingbing, originaire de Yantai, dans le Shandong en Chine, est également portée disparue depuis le début du mois de juillet 2018, toujours pour des raisons fiscales.
Ce qui est surprenant, c'est le refus des Occidentaux de condamner, énergiquement, les violations des droits de l'homme quand il s’agit de leurs alliés. Ainsi, le remuant journaliste saoudien, Jamal KHASHOGGI, est disparu au consulat de son pays à Istanbul. Tout le monde l'a vu entrer, mais personne ne sait ce qu'il est devenu. C'est sa fiancée à qui il avait remis son portable qui a donné l'alerte. Très critique à l'égard de la monarchie saoudienne, KHASOGGI avait reçu un appel téléphonique de la famille royale l'intimant de se taire.
L'Arabie saoudite a, finalement admis que KHASHOGGI est mort au cours d'un interrogatoire, qui devait être, sans doute, plus que musclé. Curieusement les Turcs détiennent des enregistrements de cet assassinat ; cet Etat surveillait et espionnait la mission diplomatique saoudienne. En effet, le commando saoudien était venu par jet privé. Le décollage n'a été autorisé par les Turcs qu'après une fouille de l'avion demeurée infructueuse. Un homme, revêtu des habits de KHASHOGGI est ressorti de la mission diplomatique saoudienne, mais les chaussures du journaliste, lâchement assassiné, ne lui allaient pas.
En Arabie saoudite, une féroce et sanguinaire dictature, critiquer la famille royale peut rapporter 10 ans de prison. De nombreux opposants sont détenus sans procès ou disparaissent. On se souvient de la situation du premier ministre libanais M. HARIRI retenu en otage, pendant de longues semaines en Arabie Saoudite, et n'a été délivré que par la France. «Les autorités imposaient des restrictions sévères à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Un grand nombre de défenseurs des droits humains et de détracteurs du gouvernement ont été placés en détention. Certains ont été condamnés à de longues peines d’emprisonnement à l’issue de procès inéquitables. Plusieurs militants chiites ont été exécutés, et de nombreux autres ont été condamnés à mort après avoir été jugés par le Tribunal pénal spécial dans le cadre d’une procédure d’une iniquité flagrante. La torture et les mauvais traitements en détention restaient monnaie courante. Des réformes limitées sont intervenues, mais les femmes étaient toujours en butte à une discrimination systémique, dans la législation et dans la pratique ; elles n’étaient pas suffisamment protégées contre les violences, sexuelles et autres. Les autorités ont eu recours très fréquemment à la peine de mort et ont procédé à des dizaines d’exécutions» note le rapport 2017-2018 d’Amnesty International. En octobre 2017, les Saoudiens ont adopté une nouvelle Loi de lutte contre le terrorisme, en remplacement de celle de février 2014. Le nouveau texte prévoyait des peines spécifiques pour les infractions liées au «terrorisme», dont la peine capitale. En fait, cette réglementation d’exception, s’applique aux opposants politiques aussi. Ainsi, l’Arabie saoudite a tiré avec des armes lourdes, et faisant plusieurs dizaines de morts, entre mai et août 2017, lors de l’évacuation d’un quartier occupé par des Chiites saoudiens dans la ville d’Al Awamiyah. En effet, depuis le 17 juin 2017, le Ministère de l’Intérieur n’a plus le droit d’enquêter sur ces questions, qui ressortent désormais de la compétence exclusive du Roi. En fait, depuis le 21 juin 2017, l’homme fort du régime, c’est Mohammed Bin Salman, désigné prince héritier par le Roi. En raison de la rupture des relations avec le Qatar, toute personne qui manifesterait une sympathie avec ce pays sera coupable de terrorisme. Tout rassemblement public, même pacifique, est interdit (14 condamnations à mort en juillet 2017). Les associations de défense de droits humains sont poursuivies devant les tribunaux spéciaux du Roi. En septembre 2017, plus de 20 personnes de ces associations ont été arrêtées.
L'Arabie Saoudite, chouchou des Occidentaux, peut tout se permettre, y compris le massacre d'enfants yéménites avec des armes américaines, sans aucun tapage médiatique, comme c'est le cas pour la Chine et la Russie. C'est manifestement une défense des droits de l'homme à géométrie variable. Les Yéménites, en raison de cette guerre injuste de l'Arabie saoudite, sont maintenant confrontés à la pire des famines depuis plus de 100 ans.
Maintenant, on sait que le journaliste saoudien a été assassiné pour des raisons politiques, quelle va être la réaction des Occidentaux qui protègent ce régime barbare saoudien ?
Pour l'instant, l'administration américaine de Donald TRUMP continue d'afficher un grand sourire et de faire courbette à la dynastie royale saoudienne, ce royaume assassine, sans grands dommages, ses opposants. En effet, la famille royale saoudienne s'est alignée de façon inconditionnelle aux vues de Donald TRUMP, notamment en ce qui concerne Israël et l'Iran. Les Saoudiens ont acheté aux États-Unis plus de 2000 milliards de dollars en armes.
Le président Emmanuel MACRON avait fait dérouler le plus grand tapis rouge, à Paris, pour le prince héritier saoudien, présenté comme un «rénovateur, un libéral» qui pousserait son pays vers la modernité. L’Allemagne a pris une position courageuse sur la vente d’armes, en revanche, pour le président MACRON, les ventes d’armes n’ont rien à voir avec l’affaire KHASHOGGI, «il ne faut pas tout confondre, c’est la pure démagogie». En fait, un marchand de canon qui alimente les guerres locales, comme au Yémen, a vendu l’Arabie saoudite, des armes, pour 11 milliards d’euros, ces 10 dernières années. Ce marché s’établit maintenant entre 2 et 3 milliards d’euros par an.
Les Occidentaux qui nous rabâchent, à longueur de journée, leur démocratie, leur prétendu respect des droits de l'homme, mais tout cela n'est qu'hypocrisie, prédation, violence à l'égard des faibles et des dominés. En fait, ce sont des démocraties ethniques. Par ailleurs, les Occidentaux ne cessent de fustiger l'islamisme à juste raison, mais quand un régime barbare, chef de la communauté musulmane et dont l'essentiel du commando du 11 septembre sont ses ressortissants, commet un crime aussi abominable, le business continue.
L’assassinat odieux de KHASHOGGI, probablement découpé en morceaux, et dont le corps est pour l’instant introuvable,  c'est dans les films de Colombo, on connaît à l'avance le commanditaire du crime, fait officier de la légion d'honneur en France. Le crime est si épouvantable que le commanditaire l'a condamné, et a présenté ses condoléances au fils du défunt, assigné à résidence et qui n'a dû son salut qu'avec l'interventionnisme des Américains pour sortir du territoire saoudien. Je m’interroge, à haute voix : mais comment les Occidentaux, par un tour de passe-passe, finiront-ils par le disculper et le bénir pour ses pétrodollars ?
Les Occidentaux sont-ils mouillés dans ce lâche assassinat de KHASHOGGI ?
Depuis l'assassinat de Patrick LUMUMBA, les Occidentaux n'hésitent pas de liquider les dirigeants africains susceptibles de menacer leurs intérêts. Officiellement Patrice LUMUMBA a été lâchement tué par des Africains, les partisans de Moise TSOMBE, mais, en fait, c'est avec l'aide et sous le contrôle des Américains et des Belges. Dans ces logiques de prédation et de violence, le libéralisme soutient, sans aucun examen de conscience, tous les régimes dynastiques et monarchiques en Afrique notamment au Cameroun, au Congo, au Tchad, au Togo, au Gabon et en Guinée équatoriale. Cependant les Occidentaux continuent de nous parler de démocratie et de droits de l'homme, à caractère universel. De qui se moque-t-on ?
C'est l'un des plus grands scandales, montrant au grand jour, l'hypocrisie et les violences du libéralisme. Donald TRUMP qui avait tenté au début d'absoudre la famille royale saoudienne de ce crime odieux, a fait volte-face, en disant que l'Arabie saoudite va être confrontée à des "conséquences sévères". La crédibilité de Donald TRUMP et sa sincérité sont, une fois de plus, mises en doute. En effet, avant son accession au pouvoir Donald TRUMP faisait déjà des affaires juteuses avec les Saoudiens. Il l'a reconnu durant la campagne des présidentielles. Devenu président des États-Unis, les sociétés de Donald TRUMP ont continué de faire un business avec les Saoudiens, sans aucune autorisation du Congrès. C'est un cas grave de conflit d'intérêts pouvant entraîner la destitution après les élections du 6 novembre 2018.
Par ailleurs, comment l'Arabie saoudite, un Etat chef de file de la Oumma appliquant, rigoureusement la Chaaria à ses citoyens, peut-il assassiner, froidement et impunément, un opposant ?
Je suis profondément troublé et triste que le sanctuaire de l'Islam, ma religion, a trahi notre confiance. En effet, il est de notoriété publique, que la classe régnante, les Wahhabites, ainsi que la bourgeoisie saoudienne sont fondamentalement hypocrites. L'islam rigoureux ne s'applique qu'aux citoyens modestes vivant en Arabie saoudite. En effet, les gestes les plus anodins de la vie quotidienne d’un Saoudien, sont contrôlés par un spécialiste du droit islamique : «Au sens propre du terme, la société wahhabo-saoudienne est une société à fatwas. Rien n’y entre et rien n’y est officiellement et religieusement accepté sans être estampillé d’une fatwa d’honorabilité et de pureté. Le «seuil wahhabite» peut alors être franchi en toute sécurité et l’immersion dans le monde wahhabite peut commencer. Ce sont donc des dizaines et des dizaines de fatwas que, chaque semaine, les hommes de loi wahhabites déversent sur le citoyen saoudien. C’est un avis arrêté sur tout : le social, la culture, le sexe, l’économie, la religion, le droit, l’alimentation, l’habillement, l’activité des femmes, les assurances sur les biens et sur les personnes, la musique, l’art, l’amour, les parfums et leurs effluves, l’or, le jeu des enfants, l’élimination des insectes, la restriction des relations intercommunautaires.» écrit Anouar THABET. Le régime Wahhabite (descendants de Mohammed  Ibn Abd Al-Wahhab, mort en 1792), consolidé depuis 1932, n’a pas de Constitution écrite. Le Wahhabisme, c'est-à-dire la «Salafiyya», applique strictement le texte religieux (Coran et Sunna), de façon littéraliste, avec un avis unique sur les questions controversées. C’est un fondamentalisme qui se base, à la lettre sur le Fiqh Hanbalite, un retour à l’Islam des origines : lapidation des femmes adultères, ablation de la main du voleur, exécution de l’assassin, rejet du tabac, du port de bijoux, destruction de certains livres pornographiques, mystiques ou philosophiques. C’est pour cela que le Wahhabisme a des relations ambiguës avec le fondamentalisme, les Salafistes et les Frères musulmans. Les Occidentaux ne voient les pays arabes qu’à travers l’islmamisme. Pourtant, le commando du 11 septembre 2001, est composé essentiellement de ressortissants saoudiens. Ce pays détenant le quart des réserves de pétrole de la planète, répand à travers le monde un islam rétrograde et xénophobe aussi dangereux que la révolution iranienne qu’il avait parrainée. L’Islam est devenu otage du Wahhabisme et de l’obscurantisme.
L’émergence du Wahhabisme a été appuyée par le colonialisme britannique. Les «Mémoires de M. Hempher» (Confession of a British Spy), décrivent, en détail, comment un espion britannique au Moyen-Orient, dans le milieu du XVIIIème siècle a pris contact avec Abdul Wahhab, pour créer une version subversive de l’Islam. La secte notoire du wahhabisme devenant le culte fondateur du régime saoudien. Le mouvement a été temporairement supprimé par les armées Ottoman au milieu du XIXème siècle. Mais avec l’aide des Britanniques et l’argent des Rothschild, les wahhabites et les saoudiens ont repris le pouvoir et fondent leur propre Etat en 1932. Depuis lors, les Saoudiens ont collaboré étroitement avec les Américains, à qui ils doivent leur ascension au pouvoir.
Le Wahhabisme, un Islam rigoriste, est à la source de la propagation du fondamentalisme religieux et son terrorisme dans le monde. Cependant, cet Islam dur ne s’applique pas aux privilégiés, eux, sont au-dessus de ce texte et se paient du bon temps à l'étranger (Alcool, femmes, drogue, jeux casinos, tabac, etc.). A l’intérieur du territoire Saoudien, les Wahhabites emprisonnent et liquident, froidement, et de façon planifiée, ses opposants. Le régime saoudien s'aligne, inconditionnellement, sur les positions de Donald TRUMP et de Benjamin NETANYAHOU, il tue, sans vergogne, les enfants yéménites.  Je suis plus que troublé, je suis révolté et écoeuré.
Pourtant, la vie humaine est, et doit rester, sacrée ; c'est ce que dit l'islam. "Ne tuez pas la personne humaine, car Allah l'a déclarée sacrée" proclame le Coran (Verset VI. 151). Cette règle fondamentale s'applique aussi bien aux gouvernés qu'aux gouvernants. KHASHOGGI était un journaliste, un croyant et un politique modéré qui ne demandait pas le renversement du régime saoudien, mais des améliorations en matière de démocratie : "Celui qui un homme qui n'a commis aucune violence, c'est comme s'il avait tué toute l'humanité entière" dit le Coran (V. 31).
Indications bibliographiques
Amnesty International, Rapport 2017-2018, 488 pages, spéc pages 92-97 ;
FOULQUIER (Jean-Michel), Arabie-Saoudite, la dictature protégée, Paris, Albin Michel, 1995, 206 pages ;
GUMMUS (Siddik), Confessions of a British Spy and British Enmity against Islam, Istambul, juin 2016, 16ème edition, 128 pages ;
MARCHAND (Stéphane), Arabie-Saoudite, la menace, Paris, Fayard, 2003, 408 pages ;
MARZOUKI (Munsif) MARZOUKI (Moncef), Dictateurs en sursis : une voie démocratique pour le monde arabe,  Paris, éditions de l’Atelier, 2009, 191 pages ;
NABA (René), L’Arabie-Saoudite, un royaume des ténèbres : l’Islam otage du Wahhabisme, Golias, 2013, 275 pages ;
 
THABET (Anouar), Arabie saoudite, la société dévoilée, Dar Alboraq, 2010, 218 pages.
Paris le 23 octobre 2018  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
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17 octobre 2018 3 17 /10 /octobre /2018 23:12
La colonisation, «C'est un crime. C'est un crime contre l'humanité. C'est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l'égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes» a déclaré le candidat à la présidentielle de 2017, M Emmanuel MACRON. On parle souvent du devoir de mémoire, il est donc bon que l’on ne se limite pas à l'évocation, importante et capitale, du nazisme et du régime du régime de Vichy. Il est, plus que jamais, nécessaire d’abandonner les indignations sélectives, et de mettre aussi en lumière les crimes commis contre l’Humanité ayant marqué un passé colonial particulièrement sanglant. «Le génocide est amoral par essence. Il n’y a pas de bon génocide, pas de génocide juste» écrit Yves TERNON. Le concept de génocide ne s’applique pas seulement qu’à la Shoah, un crime monstrueux contre l’Humanité commis par les Nazis, il est également pertinent pour l’esclavage et la colonisation. Aucun peuple n’a le monopole de la souffrance, UN étant égal à UN. Par conséquent, ces crimes de la colonisation, en raison du déni et du silence qui les entourent, sont un obstacle majeur au bien-vivre ensemble. En raison de cette conspiration du silence et de ce déni, face à la montée des populismes et du racisme, les Noirs et les Arabes sont devenus, désormais, les nouveaux Juifs d’Occident.
Le droit international définit le génocide comme «la destruction d’une nation ou d’un groupe ethnique. D’une manière générale, génocide ne signifie pas nécessairement la destruction immédiate d’une nation, sauf quand il est réalisé par des meurtres de masse. Il se propose de signifier plutôt un plan coordonné de différentes actions visant à détruire les fondements essentiels de la vie de groupes nationaux, pour anéantir ces groupes mêmes» écrit Raphaël LEMKIM, en 1945. Si le XXème siècle aura eu le triste privilège de connaître la barbarie organisée, administrée, étatisée, avec notamment lors de la deuxième guerre mondiale, la souffrance des peuples colonisés est plus ancienne, et s’étend sur une longue période qui continue encore sous d’autres formes : «Ce qui caractérise principalement la vie d’un Noir, c’est la souffrance, une souffrance si ancienne et si profonde qu’elle fait partie de presque tous les instants de sa vie», dit Martin Luther KING. En effet, la colonisation, visant à conquérir des territoires, au besoin par la force, impliquait dans sa logique, une démarche génocidaire, c’est «des techniques de destruction politique, sociale, culturelle, religieuse, morale, économique, biologique et physique» des peuples dominés, au sens où l’entendent les Nations Unies (résolution 260 (III) de l’A.G. de l’O.N.U. du 9 décembre 1948). La colonisation fut bien coupable d’un crime contre l’Humanité : «Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme» écrit, fort justement, Aimé CESAIRE dans son «discours sur le colonialisme». En effet, habillé du manteau de «mission civilisatrice», en réalité, la colonisation est un crime contre l’humanité en ce qu’elle introduit, à travers ses objectifs de prédation, des phénomènes d’aliénation, d’oppression et  d’humiliation permanentes du colonisé, avec une grande dose de violence. Avec la colonisation «Le matin de l’Occident en Afrique noire fut constellé de sourires, de coups de canons et de verroteries brillantes. Ceux qui n’avaient point d’histoire rencontraient ceux qui portaient le monde sur leurs épaules» dit ironiquement Cheikh Hamidou KANE. Cette hiérarchisation des civilisations est déjà, en elle-même, un attentat contre l’esprit des Lumières et le caractère prétendu universel des droits de l’Homme : «Je suis inconditionnellement contre toutes les oppressions, je vois dans l’oppression le fléau majeure de la condition humaine, qui détourne et vicie les meilleures forces de l’homme ; opprimés et oppresseurs (…). Si la colonisation détruit le colonisé, elle pourrit le colonisateur» écrit Albert MEMMI, un grand spécialiste des questions coloniales (Voir mon article). «Le colonialisme refuse les droits de l’homme à des hommes qu’il a soumis par la violence, qu’il maintient dans la force et l’ignorance, donc, comme dirait Marx, en état de sous-humanité» écrit SARTRE.  
Les nombreux crimes remontent au début de la colonisation. Ainsi, pendant la Première guerre mondiale, Blaise DIAGNE (1872-1934), député du Sénégal, et Secrétaire d’Etat aux colonies, avait fait enrôler, de force, de nombreux Tirailleurs Sénégalais. Devant les résistances, il leur avait promis la nationalité française à la fin de la Guerre. Cependant, le colonisateur, non seulement n’a pas honoré cette promesse, les anciens combattants africains n’avaient pas les mêmes pensions que les Français, pire encore, ces pensions furent gelées jusqu’en 2010. «La France nous connaît lorsqu’elle a besoin de nos soldats, mais elle continue à nous traiter comme des êtres inférieurs lorsque le danger est passé» écrit Lamine SENGHOR (1889-1927, voir mon article), le premier grand pourfendeur du colonialisme.
En Amérique, les colons anglais ont exterminé les Indiens, les «Natives Americans», et les ont parqués dans des réserves. A la veille de cette conquête, les Indiens étaient environ 18 millions répartis en 52 tribus, 600 000 en 1800, 400 000 en 1850, ils ne sont que 250 000 en 1890. En 1831, Alexis de TOCQUEVILLE s’interrogeait : «Et que sont devenus les Indiens ?», un homme lui répond : «Les Indiens, ils ont été je ne sais pas trop où, par-delà les grands lacs ; c’est une race qui s’éteint ; ils ne sont pas faits pour la civilisation, elle les tue». Les causes de ce génocide ont été identifiées par TOCQUEVILLE : «Ce n’est pas cependant que nous leur fassions souvent la guerre, mais l’eau-de-vie que nous leur vendons à bas prix en enlève tous les ans plus que ne pourraient faire nos armes. Ce monde-ci nous appartient, ajoutaient-ils ; Dieu, en refusant à ces premiers habitants la faculté de se civiliser, les a destinés par avance à une destruction inévitable. Les véritables propriétaires de ce continent sont ceux qui savent tirer parti de ses richesses» écrit-il. Alexis de TOCQUEVILLE, en analyste politique exceptionnel et en sociologue hors pair, est un témoin majeur de cette période génocidaire. En effet, il a examiné, scrupuleusement, la démocratie américaine, ses penchants, son caractère, ses passions, mais aussi ses préjugés, ainsi que les relations entre maîtres et serviteurs. Le diagnostic qu’il établit, dans son livre, «La démocratie en Amérique», sur le génocide des Indiens, est sans appel : «On n’avait jamais vu parmi les nations un développement si prodigieux, ni une destruction si rapide […] L’amour instinctif de la patrie les attache au sol qui les a vu naître, et ils n’y trouvent plus que la misère et la mort. […] On ne saurait se figurer les maux affreux qui accompagnent ces émigrations forcées. Au moment où les Indiens ont quitté leurs champs paternels, déjà ils étaient épuisés et réduits. La contrée où ils vont fixer leur séjour est occupée par des peuplades qui ne voient qu’avec jalousie les nouveaux arrivants. Derrière eux est la faim, devant eux la guerre, partout la misère». L’Amérique s’est illustrée aussi par un autre génocide, ce sont ces 400 années d’esclavage (20 millions de morts pour la traite Transaltantique) qui continuent encore de faire des vagues. En effet, en ce début du XXIème siècle, pour être un bon Américain, légitime à gouverner ce pays, il faudrait être, suivant les suprémacistes, de souche irlandaise. Ainsi, les suprémacistes avaient tenté, vainement, de contester la nationalité américaine, de Barack OBAMA (44ème président des Etats-Unis de 2009 à 2017) né d’une mère américaine et d’un père Kenyan. Son successeur, Donald TRUMP, qui a des origines allemande et écossaise, a réactivé tous ces relents racistes nauséabonds. Face à ces impostures et ces mensonges, les Indiens avaient déjà répliqué : «Quand le sang de tes veines retournera à la mer, et que la terre de tes os retournera dans le sol, alors peut-être, te rappelleras-tu que cette terre ne t’appartient pas, mais c’est toi qui appartiens à cette terre» dit un proverbe indien Navajo.
Les Britanniques arrivés en Australie, en 1778, ont déclaré ce territoire «Terra Nullius» alors que les Aborigènes y résident depuis de 40 000 ans. James COOK (1728-1779) y installe un régime raciste en niant tout droit aux Aborigènes, considérés comme des êtres qui «réunissent toutes les choses mauvaises que ne devrait jamais présenter l’humanité, et plusieurs dont rougiraient les singes, leurs congénères». Les Aborigènes, composés de 500 tribus réparties sur tout le territoire australien, sont progressivement, comme les Indiens d’Amérique, enfermés dans des réserves. «En premier lieu je crois en l'Empire britannique, et en second lieu je crois en la race britannique. Je crois que la race britannique est la plus grande des races impériales que le monde ait connues» affirme en 1895, Joseph CHAMBERLAIN (1836-1914), ministre Britannique des Colonies. Les épidémies et le massacre de ce peuple réduisent leur nombre de 1 million à 60 000 individus, en seulement un siècle d’invasion. Le «fardeau de l’homme blanc» porté en étendard «glorieux» par la Couronne britannique révèle, toute sa cruauté et son inhumanité, dans le génocide des Aborigènes. Les Aborigènes de Tasmani ont subi le même sort. Rudyard KIPLING (1865-1936), écrivain britannique, Prix Nobel de Littérature en 1907,  a été également un des plus fervents défenseurs de la colonisation. Dans son poème de 1899, «Le fardeau de l’homme blanc», il popularise davantage la hiérarchisation des civilisations ; l’Aborigène étant, selon lui, un sauvage, le «fardeau» qui pèse sur l’homme blanc est de le civiliser, en s’exposant à de nombreux périls : «O Blanc, reprend ton lourd fardeau : envoie au loin ta plus forte race, jette tes fils dans l’exil pour servir les besoins de tes captifs ; pour lourdement équipé, veiller sur les races sauvages et agitées, sur vos peuples récemment conquis, mi-diables, mi-enfants» écrit Rudyard KIPLING.
Au Jardin zoologique d’Acclimation, à Paris, entre 1877 et 1912 (30 exhibitions), aux Expositions Universelles de 1878, 1889 et 1900 (400 Nègres, Touaregs, Malgaches exposés) puis aux Expositions coloniales à Marseille en 1906 et 1922, à Paris en 1907 et 1931, ont été organisés, ce qu’on appelle des «Zoos humains» où l’on exposait des colonisés. Les théâtres privés et les foires s’y mettent également. Dans ces exhibitions, des individus, mêlés à des bêtes sauvages, étaient mis en scène derrière des grilles ou des enclos. Présentés comme des cannibales ou des bêtes, les visiteurs les haranguent et leur jettent de la nourriture. «Les "zoos humains", symboles oubliés de l'époque coloniale, ont été totalement refoulés de notre mémoire collective. Ces exhibitions de l'exotique ont pourtant été, en Occident, une étape majeure du passage progressif d'un racisme scientifique à un racisme populaire.» écrit Nicolas BANCEL. L’idée de promouvoir un spectacle zoologique mettant en scène des populations exotiques apparaît en parallèle dans plusieurs pays européens au cours des années 1870. En Allemagne, tout d’abord, où, dès 1874, Carl HAGENBECK, (1844-1913), revendeur d’animaux sauvages et futur promoteur des principaux zoos européens, décide d’exhiber des Samoa et des Lapons comme populations «purement naturelles» auprès des visiteurs avides de «sensations». Le succès de ces premières exhibitions le conduit, dès 1876, à envoyer un de ses collaborateurs au Soudan égyptien dans le but de ramener des animaux ainsi que des Nubiens pour renouveler l’«attraction». Ainsi, commencèrent les zoos humains à travers toute l’Europe. Bien des personnes exposées à zoos, dès fois en hiver, y laissèrent leur vie, peu donc retournèrent dans leur pays d’origine.
Ce qui a frappé les esprits au début au milieu du XXème, ce sont ces Algériens, en pleine guerres coloniales, qui ont été noyés dans la Seine. Jusqu'ici, ces crimes se déroulaient hors du territoire métropolitain, et sans images. Et voilà que ces crimes, que l'on cachait ou niait, s'exposent à la vue de tous, sous leur face la plus hideuse, dans cette belle ville des Lumières. En effet, le 17 octobre 1961, des Algériens, répondant à l’appel du F.L.N., qui manifestaient à Paris, à côté de Saint-Michel, sont jetés à la Seine, dont des femmes et des enfants. Mohamed, qui avait participé à cette manifestation, et que j’ai rencontré, me raconte que des nervis l’ont poussé à aller se réfugier vers le café du Départ. Il n’y avait pas, à l’époque, de station de métro à cet endroit. Les gars d’extrême droite demandaient aux manifestants s’ils savaient nager. Ceux qui ne savaient nager sont tout de suite balancés au fleuve, les autres, ils les lestaient avec un sac de sable, afin qu’ils ne puissent pas remonter à la surface. Le bilan est lourd : 395 morts et plusieurs disparus, dont certains ont, en fait, été rapatriés en Algérie, au Douar, et torturés à mort dans des camps de concentration. Par ailleurs, des massacres ont été perpétrés aussi en banlieue parisienne, notamment sur le Pont de Neuilly et à Argenteuil.
La manifestation du 17 octobre 1961, s’insurgeait contre une mesure discriminatoire du 5 octobre 1961, qui instaurait un couvre-feu visant, uniquement, les Algériens ; cet arrêté de Maurice PAPON (1910-2007), conseillait  aux «travailleurs algériens de s’abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris». Ceux qui sont parvenus à se rassembler crient : «Algérie algérienne !», «levez le couvre-feu !» ou encore «libérez Ben Bella !». Ce crime contre l’Humanité, est le fait du préfet de Police de l’époque, Maurice PAPON. Ce sinistre personnage, déjà connu dans la déportation de 1560 Juifs de Bordeaux, pour ces méfaits, le 2 avril 1998, est condamné à dix ans de réclusion criminelle pour «complicité de crime contre l’humanité». Laissé libre, car il se pourvoit en cassation, Maurice PAPON s’enfuit en Suisse, mais il est arrêté. Il ne fera que trois ans à Fresnes, en raison de son état de santé. Il meurt en 2007 et est enterré avec sa Légion d’honneur. En revanche, en ce qui concerne les assassinats d’Algériens, c’est l’impunité totale pour Maurice PAPON, due au grave manque d’organisation et de cohésion des Français issus de l’immigration.
La manifestation se déroule en pleine négociation des accords d’Evian, conclus en 1962, mais le Premier ministre, Michel DEBRE (1912-1996), est particulièrement hostile à l’indépendance de l’Algérie, il a donc encouragé et couvert de son autorité, les activités criminelles de Maurice PAPON, qui n’a jamais été inquiété pour ses méfaits. Aucune commission d’enquête n’a été diligentée.
Cette «permission de tuer» les Algériens remonte, en fait, aux pouvoirs spéciaux donnés à la police dans une réglementation d’exception proposée par le gouvernement socialiste de Guy MOLLET (1905-1975), et votée, le 12 mars 1956, par tous les députés, de gauche et de droite, à l’exception d’un député communiste, Robert BALLANGER. «La décision (de voter les pleins pouvoirs, à l’instigation de Maurice Thorez) a été prise avant tout à partir de l'idée qu'il fallait laisser intactes les possibilités de rassemblement et d'action du mouvement populaire, pour prolonger la volonté exprimée lors des élections et exiger la négociation et la paix en Algérie. (…)Je crois, en effet, qu'il y a eu une erreur d'appréciation. Nous avions pensé que ce vote favoriserait le développement du mouvement populaire alors qu'il a contribué, au contraire, à le désarmer, puisqu'il a contribué à une réelle désillusion. Nous étions conscients que le Parti socialiste était en train d'amorcer une politique d'alliance avec la droite, mais nous pensions que notre vote freinerait considérablement ce processus ; dans la réalité, cela n'a pas été le cas, nous nous sommes trompés» dit Roland LEROY, député et membre du Comité Central du P.C.F. La Gauche, et notamment les socialistes, n’a pas été exemplaire dans ces crimes commis pendant la colonisation. «Les Fellaghas, il n’y a qu’à les tuer» avait dit François MITTERRAND. C’est cette unanimité de la classe politique, favorable à la colonisation, mais des nuances, a permis aux tortionnaires de se livrer à leurs activités favorites. «Je hais les indifférents. Je crois (…) que «vivre signifie être partisans». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents» a écrit Antonio GRAMSCI.
En Algérie, les crimes commis à Sétif, qualifiés simplement «d’événements», annonçaient déjà la guerre d’indépendance sanglante, pour les deux parties, qui allait venir. En effet, le 8 mai 1945, jour de la Libération, à Sétif, lors d’une manifestation, les policiers tuent le porte-drapeau Bouzid et trois Algériens. En représailles, la population tue 74 Européens. La loi martiale est instaurée, et le grand massacre va commencer. Ces massacres auront fait 45 000 morts. C’est un crime odieux, sans images et naturellement les archives étant cadenassées. Ce génocide porte en lui, les prémisses de la guerre d’indépendance de l’Algérie, une guerre sans nom : «Evénements d'Algérie", "opérations de police" ou "de maintien de l'ordre" : la Guerre d'Algérie fut longtemps une guerre sans nom. Les mots pourtant, tout autant qu'ils masquent la réalité» écrit Benjamin STORA.
Au Sénégal, le 1er décembre 1944, des Tirailleurs sénégalais, démobilisés qui réclamaient leur solde, sont massacrés à la mitrailleuse lourde, plus de 300 morts jetés dans une fosse commune. Les archives ont été rapatriées en France. En dépit du combat, héroïque d’Armelle MABON, une universitaire de Bretagne, le gouvernement refuse la révision judiciaire et tout accès à ces archives. Ousmane SEMBENE, un cinéaste sénégalais, a produit un film sur le Camp de Thiaroye, que tous les distributeurs français ont naturellement refusé de diffuser. Les tombes étaient anonymes, mais le film de SEMBENE, «Le Camp de Thiaroye», paru le 5 septembre 1990, a mis en lumière ce crime odieux, un véritable génocide à l’encontre ceux qui étaient venus défendre la «Mère-patrie».
En 1947, l’insurrection qui avait eu lieu à Madagascar, a fait plus de 100 000 victimes. A la fin de la Seconde guerre mondiale, au lieu de récompenser les anciens combattants réclamant, non pas l’indépendance, mais l’égalité, la citoyenneté, une répression terrible s’est alors abattue sur les Malgaches : «Ironiquement, le malaise a explosé à cause de la mauvaise gestion des administrateurs de la France Libre, qui avaient durci le Code de l’indigénat et rétabli le travail forcé pour alimenter l’effort de guerre», rappelle Jean FREMIGACCI. A partir de mai 1946, un mouvement de désobéissance civile, de véritables dissidences des populations se développent dans certaines régions de l'île, et pas seulement dans celles qui se révoltent. Et tout cela débouche sur un climat pré-insurrectionnel dès novembre 1946 avec d'importantes conséquences : la répression administrative et policière se met en marche. La Police utilise la violence, la torture, pour obtenir des aveux. Extrêmement médiatisée au départ, par le Parti communiste, évincé du gouvernement de Paul RAMADIER le 5 mai 1947, ce crime contre l’Humanité est vite tombé dans l’oubli. Depuis lors, une conspiration du silence s’est installée.
La guerre d’Indochine de 1946 à 1954, témoigne également des crimes commis contre l’humanité dans ce pays.  Des révoltes sporadiques avaient lieu dans ce pays, mais après la Seconde guerre mondiale qu’elles vont changer de nature et devenir insurrectionnelles sous la direction de Ho Chi MINH (1890-1969). Les autorités coloniales ont eu du mal à résoudre la terrible famine de 1944-1945. Dans un premier temps, les autorités coloniales reconnaissent le concept de «Vietnam libre et unifié» dans le cadre de l’Union française. Mais la situation se dégrade le 23 novembre 1946, 6000 Vietnamiens sont tués à la suite d’incidents au port de Haiphong. D’escalades en escalades, c’est la radicalisation des partisans de Ho Chi MINH. En mars 1954, les Français seront pris au piège à Dien Bien Phu.
En pleine guerre froide (Le Nord est pro-soviétique, le Sud est dirigé par des hommes de paille de l’Occident), les Américains entameront, au Vietnam, leur guerre coloniale de 1964 à 1975, comme en Irak, avec des motifs fallacieux (Prétendue agression de deux destroyers américains dans le golfe du Tonkin). La plus grande puissance du monde, avec 500 000 homes va gazer et incendier le Vietnam. En effet, les défoliants chimiques, le napalm et l'«agent orange», sont utilisés à très grande échelle.  L'US Air Force s'en sert pour brûler le couvert végétal, les habitations en bois et les récoltes. Les populations civiles en ont payé le prix fort. En dépit de ce génocide, et le Vietnam sera, en 1975, réunifié, mais les séquelles de  cette guerre sont encore perceptibles à travers le désastre écologique et les malformations. Certains G.I.A, de retour aux Etats-Unis vont sombrer dans la folie ou se suicider. On parle de 58 000 victimes américaines, et personne n’a compté le nombre de morts vietnamiens. Un afflux massif de boat-people débarquera en France, pour s’installer, notamment au XIIIème arrondissement de Paris. Ces guerres locales allumées ou entretenues par les Occidentaux finissent toujours par se retourner contre eux. La guerre du Vietnam a coûté en vies humaines, mais aussi beaucoup d’argent, inutilement. Martin Luther KING (1929-1968) avait, dans son sermon du 30 avril 1967, dénoncé violemment la guerre du Vietnam : «Permettez-moi de préciser d’emblée que je considère cette guerre comme injuste, mauvaise et vaine. Je prêche aujourd’hui devant vous sur cette guerre parce que ma conscience ne me laisse pas d’autre choix. Il est temps que l’Amérique entende la vérité sur ce conflit tragique. Dans les conflits internationaux, la vérité a de la peine à se faire jour car la plupart des nations se trompent sur leur propre compte. Les rationalisations et la recherche incessante de boucs émissaires nous rendent aveugles à nos péchés. (…)Et l’esprit humain a énormément de peine à secouer toute l’apathie de sa pensée conformiste et de celle du monde qui l’entoure. Une des difficultés à parler aujourd’hui provient du fait qu’il y a des gens qui cherchent à assimiler le désaccord à la déloyauté. (…) Il existe un rapport évident et presque simpliste entre la guerre et la lutte que je mène avec d’autres en Amérique. (…)on estime à 500 000 de dollars le coût de chaque soldat ennemi tué alors que nous ne dépensons que cinquante-trois dollars pour chaque personne rangée parmi les pauvres et que l’essentiel de ces cinquante-trois dollars est destiné au salaire de personnes qui ne sont pas pauvres. Aussi, j’ai été de plus en plus obligé de considérer la guerre comme une ennemie des pauvres et de m’y opposer pour cette raison» dit-il. Peut-être, pour cette position lucide et courageuse, Martin Luther KING a été assassiné le 4 avril 1968.
Pendant l’insurrection de l’U.P.C au Cameroun, n’ont seulement les résistants ont été massacrés (Ruben UM NYOBE, Woungly KISSAMBA) mais aussi la population a été gazée au napalm. Déjà le 8 août 1914, les Allemands avaient pendu, pour rébellion, Rudolph Duala Manga Bell, fils du roi Manga Bell. Les militants de l’indépendance ont été pourchassés et tués, comme le cas, en 1960, de Félix MOUMIE empoisonné à Genève par un agent des services secrets français. Sous Ahmadou AHIDJO et Paul BIYA, des pions importants de la France, une chape de plomb et une répression féroce se sont abattues sur le Cameroun menacé d’implosion en raison de ces régimes dictatoriaux et préhistoriques aux ordres de l’ancienne puissance coloniale.
Même après l’indépendance, la colonisation a continué de faire des victimes. Le tout premier à en faire les frais fut Patrice LUMUMBA (1925-1961) (Voir mon article), premier ministre du Congo. Depuis lors, son pays, pourtant riche en matières premières, a subi une guerre civile et reste encore destabilisé. Le général de GAULLE (voir mon article), dans sa décolonisation pacifique, a mis en place un régime d’indépendance, dans la dépendance, ce qu’on appelle la «Françafrique» et qui perdure encore, à travers des régimes africains aux ordres (Congo, Gabon, Cameroun, Togo, Guinée Equatoriale, Tchad, etc.). Plusieurs chefs d'Etat africains ont été tués parce qu'ils sont censés représenter une menace pour les intérêts de la France, dont Thomas SANKARA. Pas moins de quatre attentats manqués contre Sékou TOURE (1922-1984) de la Guinée, avec la complicité de SENGHOR. Les Occidentaux n'hésitent pas de liquider les personnes qui contrarient leurs affaires, l'affaire Jamal KHASHOGGI (octobre 2018), ce journaliste saoudien, est un exemple récent.
Pendant la campagne des présidentielles de 2017, le candidat Emmanuel MACRON, en  la visite en Algérie, avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». Des organisations bien intentionnées ont crié au loup, à la concurrence mémorielle et il a reculé. «La colonisation, c’est du passé» dira-t-il à un jeune. Le président MACRON cherche même à rapatrier en Algérie, Harkis, ceux qui étaient du côté des colons pendant la guerre d’indépendance, et de ce fait ont trahi leur pays.
Cependant, le président Emmanuel MACRON a accompli un pas important. Le militant communiste, Maurice AUDIN (1932-1957) a bien été assassiné par l’armée française en juin 1957. Maurice AUDIN «est mort sous la torture du fait du système institué alors en Algérie par la France». Le président MACRON a annoncé l’ouverture des archives. Mais cette reconnaissance est partielle, elle ne concerne pas les disparus et les ressortissants algériens victimes également de ces tortures, notamment par un certain Jean-Marie LE PEN, devenu respectable.
Finalement, la colonisation est bien un crime contre l’humanité. Et pour apaiser les esprits, en d’une meilleure compréhension, entre  les peuples, ainsi qu’un bien-vivre ensemble, il est demandé au gouvernement français :
- d’ouvrir les archives, pour l’ensemble des guerres coloniales, y compris le massacre au Camp de Thiaroye en 1944 ;
- de reconnaître que la colonisation est un crime contre l’humanité ; ce qui est demandé ce n’est pas la repentance, mais la reconnaissance de ces crimes d’Etat ; d’apposer une stèle à Saint-Michel en raison du génocide du 17 octobre 1961 ;
- et d’indemniser les victimes de ces génocides du colonialisme.
Indications sommaires bibliographiques
Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples africains, sous la direction de François Arzalier et Jean Suret-Canale, Madagascar 1947 : la tragédie oubliée, colloque Asfa des 9, 10 et 11 octobre 1997, Université Paris VIII, Saint-Denis, Temps des Cérises, 1999, 250 pages ;
BANCEL (Nicolas), BLANCHARD (Pascal) GERVEREAU (Laurent), sous la direction de, Images et colonies, Paris, BDIC, et ACHAC, 1993, 304 pages ;
BANCEL (Nicolas), BLANCHARD, Zoos humains, XIXème et XXème siècles, Paris, LA Découverte, 2002, 479 pages ;
BIGEARD (Marcel), Ma guerre d’Indochine, Paris, Hachette, 1994, 160 pages ;
BLANCHARD (Pascal), Zoos humains : l’invention du sauvage, Arles, Actes Sud, Beaux Arts, hors collection, 2011, 384  pages ;
BOSA (Bastien), Itinéraires aborigènes : Histoire des relations raciales dans le Sud-Est autralien, Paris, Karthala, 2012, 657 pages ;
BRAECKMAN (Colette), Lumumba : un crime d’Etat, Bruxelles, Aden, collection sur des Charbons ardents, 2002, 110 pages ;
BRASSINE de BUISSIERE (Jacques), KESTERGAT (Jean), Qui a tué Patrice Lumumba ?, Louvain-La-Neuve, Paris, Duculot, 1961, 228 pages ;
BRASSINE de la BUISSIERE (Jacques), Enquêtes sur la mort de Patrice Lumumba, thèse de doctorat, Bruxelles, 1991,  volumes 1 et 2, 601 pages et volume sur «les témoignages» ;
BRUNET (Jean-Paul), Police contre FLN,  Le drame d'octobre 1961, Paris, Flammarion, 1999, 345 pages ;
CASTEJON (Vanessa), Les Aborigènes et l’Apartheid australien, Paris, L’Harmattan, 2005, 269 pages ;
CAZEMAJOU (Jean), La guerre du Vietnam et l’opinion publique américaine 1963-1973, Paris, Presse Sorbonne Nouvelle, 2018, 200 pages ;
CESAIRE (Aimé), Discours sur le colonialisme, suivi de discours sur la Négritude, Paris, Présence africaine, 2013, 92 pages ;
COLLOMB (Gérard), «La photographie et son double. Les Kaliña et le «droit de regard» de l’Occident»,  L’Autre et nous, éd. Syros-Achac, 1995, pages 151-157 ;
COULON (Paul), «Le fardeau de l’homme blanc (The White Man’s Burden)», Histoires et Missions Chrétiennes, 2012, Vol 1, n°21, pages 3-4 ;
DE WITTE (Ludo), L’assassinat de Patrice Lumumba, Paris, Karthala, 2000, 412 pages ;
EINAUDI (Jean-Luc), La bataille de Paris, Paris, Seuil, 2007, 432 pages ;
FLEURY (Georges), La guerre en Indochine, Paris, Perrin, 2003, 690 pages ;
FREMIGACCI (Jean), «Madagascar, insurrection de 1947, ce que révèlent les reconstitutions historiques», Etudes coloniales, 19 avril 2007 ;
GARRIGUES (Emmanuel), Villages noirs, Zoos humains, L’Entretemps éditions, 2003, 235 pages ;
KANE (Cheikh Hamidou), L’aventure ambiguë, préface de Vincent-Mansour Monteil, Paris, R. Julliard, 1961, 207 pages ; 1971, Paris, Union générale d’éditions, 192 pages, et 1993, Paris, Union générale d’éditions, 191 pages et 1998, 191 pages ;
KANE (Cheikh Hamidou), Les gardiens du temple, Paris, Stock, 1995, 337 pages ;
KIPLING (Rudyard), «The White Man’s Burden (Le fardeau de l’homme blanc)», McClure’s Magazine, février 1899, traduction de A.M Sohn et Jacques Bouillon, Le XIXème siècle et ses racines, Histoire/Seconde, Paris, Bordas, 1981, page 345 ;
LE QUANG (Van, Don), La guerre américaine d’Indochine : 1964-1973, Paris, éditions Universitaires, 1973, 221 pages ;
LEMKIN (Raphaël), «Genocide : A Modern Crime», Free World, avril 1945, vol 4, pages 39-43 ;
LEROY (Roland), «Guerre d’Algérie, l’erreur des pouvoirs spéciaux», entretien avec Jean-Paul Monferran, L’Humanité, 8 juin 2001, rubrique Monde ;
MBEMBE (Joseph-Achille), U’m Nyobe Ruben : le problème national Kamerunais, Paris, L’Harmattan, 1984, 444 pages ; 
MBEMBE (Joseph-Achille), U’m Nyobe Ruben, écrits sous maquis, Paris, L’Harmattan, 1989, 296 pages ;
PORTES (Jacques), Les Américains et la guerre du Vietnam, Paris, éditions complexe, 1993, 358 pages ;
RABEARIMANANA (Lucile), FREMIGACCI (Jean), RAZAFIMBELO (Célestin), éditeurs scientifiques, L’insurrection de 1947 et la décolonisation de Madagascar : à travers les régions  «où il ne s’est rien passé», Antanarivo, (Madagascar), éditions Tsipika, 2008, 453 pages ;
RABINBACH (Ansom), «Raphaël Lemkin et le concept de génocide», traduction de Claire Devon, Revue d’Histoire de la Shoah, 2008, Vol 2, n°189, pages 511-554 ;
SCHAMBERGER (Beate), Camp de Thiaroye, éditions universitaires européennes, EUE, 2018, 144 pages ;
STORA (Benjamin), Les mots de la guerre d’Algérie, Presses universitaires du Mirail, 2005, 127 pages ;
TERNON (Yves), L’Etat criminel : les génocides au XXème siècle, Paris, Seuil, 1995, 456 pages ;
TOCQUEVILLE de (Alexis), De la démocratie en Amérique, introduction et notes de Philippe Reynaud, Paris, Flammarion, G.F. n°1443, Philosophie, 2010, 304 pages ;
TOCQUEVILLE de (Alexis), Quinze jours au désert, suivi de Course au Lac Oneida, préface de Claude Corbo, Paris, éd. Le Passager clandestin, 2011, 112 pages ;
TRAN (Van, Don), Les guerres du Vietnam : Un quart de siècle au Vietnam du Sud, Paris, FeniXX, Vertiges publications, 1985, 422 pages ;
TRONCHON (Jacques), L’insurrection malgache de 1947, Paris, Karthala, 1986, 398 pages ;
VALETTE (Jacques), La guerre d’Indochine, 1945-1954, Paris, Armand Colin, collection Histoire, 1994, 432 pages ;
WILLAME (Jean-Claude), Patrice Lumumba : la crise congolais revisitée, Paris, Karthala, 1990, 496 pages.
Paris, le 17 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 15:07
Du 13 au 14 octobre 2018 se sont tenues les universités de la Rentrée des éditions Présence Africaine, à «La Colonie», près de la Gare du Nord, à Paris. Le thème général a porté sur "les identités afro-diasporiques". Comment articuler tous les discours sur le terme «Afro», avec ses diverses déclinaisons (afropéen, afropolitain, afrofuturiste, afro-féministe, afro-descendant, afrotopia, afro-européen, afro-caribéen, etc.), pour agir, profondément, sur les identités plurielles, éclatées tendues entre plusieurs imaginaires, lieux et appartenances ?
«Le racisme est la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression», écrit Albert MEMMI. Par conséquent, les Noirs et leurs diasporas, dans un contexte de discriminations raciales, de violences, de mémoires coloniales non apaisées, ont besoin de s’affirmer et se réaffirmer, pour se reconstruire, dans un contexte de montée des extrêmes et du populisme. Les Universités de la rentrée de Présence africaine ont été organisées autour de 8 tables rondes.
Première table ronde : «Comment articuler les afro-déclinaisons» : intervenants : Marie-Inaya MUNZA,  Nadia Yala KISUKIDI, Valérie CADIGNAN, Véronique KANOR et Christian DZELLAT. Modératrice Adiaratou DIARRASSOUBA.
Pour les Antillais, immigrés en France métropolitaine, l’objectif des parents travaillant souvent à la Poste, dans les hôpitaux ou à la Douane, est que leurs enfants s’intègrent dans la société française, qu’ils oublient leur langue et leur culture. Finalement, ces enfants sont «freinés», ils restent au fond de la cale, leur créole devient une langue abîmée et martyrisée. Cependant, ils finissent, un jour, par découvrir le racisme, et partent à la recherche de leur identité. Il y a plusieurs façons d’être Noir en France, mais cela veut dire quoi, exactement ?
Les Antillais cultivant du mépris à l’égard des Africains, ont eu du mal à admettre qu’ils sont des afro-descendants ; ils ont subi un grand lavage de cerveau. Dans l’idéologie coloniale, pour être un Homme, il faut être un Blanc, et donc l’Afrique ne ferait pas partie de l’identité des Antillais. Etre Noir en France, c’est relever de la minorité, et donc lutter en permanence contre les injustices.
Pour les Français, nés en Afrique, mais qui ont grandi en France, certains concepts nouveaux ont été inventés, comme «Afro-européens». Il faut assumer deux cultures : africaine et française. Dans l’esprit colonial, inspiré de l’assimilation, ces personnes sont sommées de faire un seul choix : la culture gauloise. Le Noir, ne s’interroge pas au début sur le racisme, il découvre progressivement sa condition de colonisé dans les actes de la vie courante (Recherche d’un logement ou d’un emploi) ; c’est la société qui lui renvoie cette image souvent négative. Il ne faudrait pas adopter une attitude négative et se replier sur soi ; il faudrait s’inscrire dans son développement personnel, optimiser ses compétences. La double culture n’est pas une tare, mais une formidable richesse. Il faut pouvoir bien se sentir dans les deux cultures ; il n’y a pas lieu de «rougir» de sa peau. Tout au contraire. Il faut se mobiliser et s’organiser pour reconquérir son identité, faire évoluer les mentalités, déconstruire les préjugés et les stéréotypes.
Les choses ont mis du temps à bouger à travers les siècles d’esclavage et de colonisation, et subitement, dans les luttes de reconquête des identités, le vocabulaire s’est enrichi (Afro-descendants, racisés, Afro-européens, Afro-Carabéens, etc.). L’objectif n’est pas de s’autolimiter, mais d’explorer toutes les potentialités. Car les identités des Noirs sont multiples et complexes, comme le sont celles des Blancs. On n’a pas à obéir aux injonctions des autres en vue de nous autolimiter, nous assimiler, nous restreindre à une seule culture ; l’identité qui nous est renvoyée est celle que veut nous imposer la colonialité. Il faudrait pouvoir explorer toutes les potentialités que nous offrent la citoyenneté et la démocratie. «La richesse, c’est l’ouverture d’esprit» dit-on.
Noir, c’est un Code, on est fier d’être Noir, mais qu’est-ce qu’on en fait après ? Il faut refuser l’hégémonisme excluant, ne pas se laisser diminuer. Certains sont habités par un désir ardent de s’intégrer, de se dissoudre dans la société française, et ainsi de s’oublier. Mais, il faut pouvoir s’organiser et agir, utilement, contre les discriminations et les violences. Revendiquer son identité n’est pas une agression contre les autres. Tout au contraire. C’est une démarche pour être en paix avec soi-même, afin de bien-vivre avec les autres. Si on ne sait pas qui est on et où est-ce qu’on va, on s’est souvent rempli de mal-être et de colères stériles. Par conséquent, la recherche de son identité est une voie vers l’apaisement et l’harmonie.
La société coloniale a mis en place, dans les institutions, un discours d’effacement de la parole des Noirs. Notre communauté manque de leader charismatique qui parle pour les autres. Il y a des personnalités qui émergent de temps en temps, mais elles sont autocentrées, par un désir de promotion personnelle. Il y a toujours ce souci d’autocélébration en disant : «J’ai été le premier Noir à avoir fait ceci ou cela». Il faudrait donc décoloniser les modèles censés représenter les Noirs en France. Nos organisations noires, au lieu de faire uniquement la promotion de leurs dirigeants, devraient aider notre communauté à se recentrer sur ses objectifs stratégiques (Travail, logement, citoyenneté, luttes contre les violences et discriminations, bien-vivre ensemble).
Deuxième table ronde : «la fin des utopies collectives ?». Intervenants : Amzat BOUKARI-YABARA et Sakiko NAKAO, modérateur, Joao GABRIELL.
Au XXème siècle, le panafricanisme a constitué un vaste mouvement intellectuel, politique et culturel ayant privilégié les rencontres, les luttes et les échanges, afin de mettre fin aux barrières mentales et géographiques. «Sans l’Afrique, les diasporas n’ont pas d’identité, sans les diasporas, l’Afrique perdrait de vue aussi l’ampleur de sa contribution passée et actuelle à notre monde, que l’étendue mondiale de ses responsabilités» écrit Elikia M’BOKOLO. Le panafricanisme est donc une façon de «penser l’Afrique» suivant Amzat BOUKARI. Cependant, actuellement, les grandes utopies politiques collectives sont à bout de souffle. Par conséquent, le panafricanisme est le dernier grand récit à avoir eu l’ambition politique de faire du continent africain à la fois une identité commune et un même rêve politique, cet objectif, de nos jours, semble complètement délaissé. Pour l’instant, le grand récit identitaire des Noirs reste encore le panafricanisme, avec ses ambitions politiques :
- le panafricanisme en Afrique a été le souci de retrouver la souveraineté, et donc de décoloniser le continent noir ; le combat pour la souveraineté (Franc CFA, Françafrique) reste plus que d’actualité ;
- le panafricanisme, pour la Diaspora, a pour objectif de reconstruire l’Afrique là où elle existe ; le «Black to Africa» ne signifie pas, nécessairement, un retour physique en Afrique, mais une sauvegarde des valeurs culturelles africaines, là où on habite ;
- le panafricanisme, de Diaspora à Diaspora, mène un combat mémoriel et pour la réparation des dégâts commis l’esclavage et la colonisation.
Les récits de ce début du XXIème siècle des Noirs concernent la lutte contre la négrophobie, le racisme et les violences. Par conséquent, pour retrouver son identité et son humanité, il faut décoloniser les esprits. A ce titre, les nouveaux concepts «d’Afro-européen» sont à condamner, c’est une apologie, soft, de l’assimilation, au sens l’entend la colonialité. La communauté des Noirs doit rester un espace de dialogue en vue de combattre le racisme et les préjugés. L’Afro-business s’est développé autour de la création des Noirs, mais des logiques de prédation et de dépolitisation des grands mythes du panafricanisme.
Troisième table ronde : «Les nouvelles identités dans la littérature jeunesse». Intervenants : Laura NSAFOU, Madina GUISSé, Michel BAGOé, Marie-Dominique IGOHO PAPAL, et modératrice, Carole BENEBA.
La littérature jeunesse ne colle pas toujours à la réalité de ses lecteurs. La diversité culturelle africaine encore trop souvent absente, est cruciale, car elle joue un rôle clé dans le développement de l’enfant. Les jeunes lecteurs originaires d'autres cultures ne trouvent pas assez de modèles qui leur ressemblent.
Qu’est-ce qu’être Noir en France ? C’est être en accord avec soi et se réapproprier son patrimoine culturel. Nous vivons, certes, un globalisé qui a tendance à tout uniformiser par la logique du libéralisme, en niant les différences, donc nos identités et la diversité. Mais nous devons nous libérer de ce diktat colonial, entamer un devoir de mémoire, assembler ce puzzle pour reconquérir nos identités, pour un bien-vivre ensemble avec toutes les composantes de la société.
La deuxième génération a une conception fantasmée, déformée et même dévalorisée de l’Afrique. En effet, les enfants regardent des bandes dessinées occidentales ou japonaises ; ils s’identifient aux personnages qu’ils regardent, sans prêter attention aux stéréotypes qu’ils véhiculent à l’encontre des dominés. Tout en refusant d’isoler les enfants du reste de la création artistique mondiale, il faudrait s’ouvrir aux autres, nos enfants devraient s’émanciper de toute idéologie dominatrice et regarder les bandes dessinées qui leur ressemblent. En effet, la production artistique, notamment les bandes dessinées produites par les Noirs, devraient démanteler les stéréotypes, constituer un espace de déconstruction, pour nous réconcilier avec nos racines africaines. Il n’est pas facile pour ces auteurs de se faire publier par les maisons d’éditions, dont le souci premier est la rentabilité financière. L’avenir est, peut-être, dans l’auto-édition afin de diffuser, largement, ces bandes dessinées qui racontent notre histoire.
Quatrième table ronde : «Nouvelles identités, nouvelles sexualités». Intervenants : Jo GUSTIN, Stéphane GERARD, Eric FASSIN et Sophie BESSIS. Modérateur Mohamed M’Bougar SARR.
Les mouvements L.G.B.T.Q.I. ont été passés sous silence dans les réflexions identitaires des diasporas africaines, comme si une gêne persistait encore au moment de les aborder. Marginalisés, occultés, combattus ou discriminés, les pratiques et choix sexuels de ces communautés font, pourtant, partie de l’identité des Noirs qui subissent encore des discriminations multiples et variée. Un slogan est entrain de monter en puissance : «l’intersectionnalité», à savoir la nécessité de mener, de façon énergique et prioritaire, des luttes résolues contre toutes les formes de discriminations, y compris quand elles touchent aux orientations sexuelles. Pour ces mouvements, comment être pleinement soi, sans se trahir, ni  se mentir, et quel qu’en soit le prix ?
Dans les sociétés occidentales, il faut dénoncer les logiques de violence, l’islamophobie, la négrophobie, le sexisme, l’homophobie et toutes ces logiques coloniales et racistes, pour réclamer une société fondée sur l’égalité, la justice et la tolérance.
Dans les pays africains, au Maghreb, et notamment dans les sociétés dominées par les religions monothéistes ont toujours condamné les sexualités non orientées vers la procréation. Ces orientations sexuelles existent de longue date dans les sociétés africaines, à défaut, d’être acceptées, elles n’étaient que tolérées. Après les indépendances, il y a eu basculement : l’homosexualité est devenue une maladie importée d’Occident. Une thèse complotiste a même vu le jour : l’homosexualité introduite par les Occidentaux, traumatisés par la natalité galopante en Afrique, viserait à faire diminuer la population du continent noir, qui serait une menace. La Grèce Antique, à travers l’homosexualité masculine, partait de l’idée que le véritable amour ne pouvait pas concerner la femme, reléguée au rang de la procréation ; ce qui constitue une forme de sexisme et de misogynie.
Par conséquent, s’est développée en Afrique, une logique de répression des homosexuels, sauf dans quelques rares Etats (Afrique du Sud, Cap-Vert). La Tunisie a posé le débat, tout récemment, non pas sous l’angle de l’orientation sexuelle, mais celui de la défense des droits humains.
D’une manière générale, même les organisations progressistes, la lutte contre les discriminations dont sont victimes les Gays et Lesbiennes, n’est pas une priorité. Pourtant, il faudrait une convergence des luttes, une intersectionnalité, une alliance de toutes les personnes victimes de la violence, des marginalisations et du racisme. En effet, un racisme entraine toujours un autre racisme.
«Au Sénégal, un bon homosexuel est soit caché, soit drôle, soit mort» écrit Mohamed M’Bougar SARR dans «De purs hommes». Pourtant, on peut être musulman et être Gay, rien dans le dogme ne l’interdit. Les francs-maçons comme les homosexuels sont persécutés au Sénégal. «En nous taisant sur l’homophobie au Sénégal, nous entérinons l’idée que toutes les vies ne se valent pas» précise M. SARR.
5ème table ronde : «Autour de 8 ans de pouvoir» : Intervenants : Ta-Nehesi COATES et Abd Al Malik. Modérateur, Pap N’DIAYE, historien. Avec la participation de Black History Month.
Le livre de Ta-Nehisi COATES, «Autour de 8 ans de pouvoir», traduit chez Présence Africaine, évoquant les deux mandats de Barack OBAMA, s’insurge contre les violences faites aux Noirs aux Etats-Unis. Il sera aussi question de la réussite «Noire». Les débats engagés le 12 novembre au Musée Jacques CHIRAC ont continué le 13 octobre 2018 à la Colonie.
Ta-Nehisi COATES, essayiste et journaliste à «The Atlantic», est né le 30 septembre 1975, à Baltimore (Maryland), une des villes les plus violentes d’Amérique. «Etre Noir, dans Baltimore de ma jeunesse, c’était comme être nu face aux éléments, face aux armes à feu, aux coups de poing, aux couteaux, au crack, au viol, à la maladie». Pourtant, et pour COATES, cette nudité n’a rien d’une erreur, rien de pathologique elle n’est que le résultat logique et volontaire d’une politique, la conséquence prévisible de ces siècles passés à vivre dans la peur. «C’est le système qui fait de ton corps un objet destructible» dit-il. Né dans un monde noir, entouré de la prospérité, les images que lui renvoyaient les mass médias, dans sa jeunesse, sont une déformation de la réalité. Sa mère est enseignante et son père, membre des «Blacks Panthers», un éditeur, lui a inculqué l’estime de soi et la défense des valeurs culturelles de l’Afrique, dans un pays plombé par la ségrégation raciale, 400 ans d’esclavage, et une violence inouïe à l’égard des Noirs.
«Pendant les huit années de la première présidence noire, une période de « bon gouvernement noir», OBAMA est apparu comme le gardien de l’ordre et comme un architecte soucieux de l’équilibre» écrit COATES. Les deux mandats, hautement symboliques, de Barack OBAMA n’ont pas mis fin à la violence policière contre les Noirs. Certains pensent que c’est la violence des Noirs qui serait même à l’origine de la terreur de l’Amérique blanche. OBAMA, pourtant un président poli, éduqué, vertueux, «un bon Nègre», a été remplacé par un Blanc suprémaciste, Donald TRUMP : «C’est  la peur qui a donné aux symboles du racisme, déployés par Donald Trump, suffisamment de force pour qu’il devienne président et soit ainsi en position de nuire au monde entier» écrit COATES. Pour certains, seuls les Blancs auraient un pouvoir légitime de gouverner le pays. En effet, l’Amérique, tout en appréciant la musique noire ainsi que leur force de travail, est restée, fondamentalement, esclavagiste. L’Amérique est un pouvoir fondé sur l’oppression et la violence contre les Noirs. Par ailleurs, le droit de vote des Noirs aux Etats-Unis est remis en cause par divers procédés (Fermetures de nombreux bureaux de vote, radiations suite à condamnations, influence négative de la jurisprudence de la Cour suprême maintenant dominée par les suprémacistes).
M. COATES ne connaît que l’Afrique fantasmée, son séjour en France, lui a permis de découvrir la condition des Noirs, une situation de colonisés. Il remercie Présence africaine pour son combat en faveur du panafricanisme et de la conscience noire. Les Européens Blancs, alors qu’ils traitent leurs Noirs en indigènes de la République, sont fascinés par Barack OBAMA. Il est probable, suivant COATES, c’est une manière de soulager leur mauvaise conscience au regard des pratiques colonialistes en France.
5ème table ronde : "Légitime défense, légitime violences" : Michaël NERJAT, Abd Al Malik, Assa TRAORE et Françoise VERGES. Modératrice, Stéphanie HARTMANN.
L’affirmation des droits politiques, c’est aussi et surtout un droit légitime du citoyen de résister contre les violences de l’Etat ayant mis en place un système d’oppression, notamment contre les jeunes issus de l’immigration (affaires Adama TRAORE et Théo). Les violences policières persistent, et quand on n’a pas la bonne couleur de peau, on ne peut pas se promener, sereinement. On a l’impression que contre les racisés, les forces de l’ordre auraient un permis de tuer, en toute impunité. Ces violences de l’Etat ne sont pas seulement que physiques, elles peuvent se manifester par des mensonges, des calomnies, des instrumentalisations, un déni de droits administrations (régularisation des sans-papiers, regroupement familial, retraites) à l’encontre des racisés. Le colonialisme et l’impérialisme organisent la prédation, à travers des guerres locales qui sont des sources d’asservissement, et il faut «ajouter la fabrication économique de vies vulnérables et fragiles» écrit Françoise VERGES dans «L’homme prédateur». Humilier, déshonorer et tuer. L’esclavage et le colonialisme ramènent aux questions de vulnérabilité, de fragilité, de lâche, mais aussi au courage de leurs victimes de se dresser contre l’injustice.
Le racisé, ce n’est pas «le dernier des Français» suivant le titre d’un ouvrage d’Abd Al Malik ; c’est avant tout un citoyen de la République qui a entendu parler de «Liberté, Egalité et Fraternité». Les Noirs sont aussi la France. Abd Al Malik prêche pour une spiritualité républicaine : «Ma démarche est apolitique, au sens de partisane ou de politique politicienne. Je ne recherche pas le pouvoir et ne briguerai jamais aucun mandat. Voici simplement ma parole, celle d’un citoyen concerné, comme des millions d’autres, par le présent et l’avenir de son pays. Celle d’un artiste qui ne vit pas en périphérie, mais en plein milieu d’une douleur que seule la fraternité véritable pourra guérir» écrit-il. Le Noir, être hybride et dominé, inspiré par un humanisme républicain, ne demande pas vengeance dans sa rencontre avec l’oppresseur, mais justice, égalité, fraternité et bien-vivre ensemble.
Face aux injustices, il peut se battre pour être rétabli dans ses droits. C’est un appel à la révolte, à la résistance contre l’oppression, contre ces violences illégitimes ; il y a des vies à protéger. Le droit à la résistance à l’oppression est expressément consacré à l’article 2 de la Déclaration du 26 août 1789. Or, l’Etat a tendance à criminaliser l’autodéfense. Les familles des victimes de ces violences sont devenues, malgré eux des soldats ; elles n’ont pas pourtant demandé à mener cette lutte pour la justice et la vérité. C’est une bataille médiatique et judiciaire. L’Etat n’a pas le droit de tuer les jeunes de banlieue marginalisés et stigmatisés, sous prétexte qu’ils auraient un casier judiciaire. «Quand une catastrophe vient de se produire, il y a l’instant qui suit. (…) Je ne lutte plus, je connais plus la peur. Je suis au-delà. Cet étrange silence me procure même un étrange sentiment d’apesanteur, qui me place entre deux mondes. Celui des vivants et celui des morts» écrit Assa TRAORE, dans «Lettre à Adama».
6ème table ronde : "Les langues de l'identité", intervenants : Rafael LUCAS, Stéphie ROSE, NYOT NYOT et  Gabriel OKOUNDJI. Modérateur, Ousmane N’DIAYE
La langue est un puissant symbole d’identité. La langue française a été présentée, pendant longtemps, comme un instrument de domination et de discrimination coloniales, un instrument de la Françafrique. Au XIXème siècle, lorsque le mot «francophonie» avait été conçu par le géographe Onésime RECLUS, il s'agissait alors, dans son esprit, de créer un ensemble plus vaste, pour ne pas dire de se lancer dans une véritable expansion coloniale. Cependant, progressivement, elle est devenue «un butin de guerre» suivant KATEB Yacine. Ainsi, des auteurs, comme Ahmadou KOUROUMA, ont enrichi la langue française avec des expressions Malinké. Des auteurs se battent pour écrire dans leur langue nationale (L’Association Dentaal Fouta-Toro est entrain de créer un dictionnaire Peul, N’Gugi Wa Thiongo au Kenya et Boubacar Boris DIOP au Sénégal). Les jeunes issus de l’immigration peuvent prendre des cours à l’INALCO.  De nouvelles application, notamment Babélio peuvent être téléchargées pour apprendre les langues. Les maisons d’édition à défaut de soutenir les écrivains en langues nationales, l’auto-édition pourrait se développer. Il faudrait aussi encourager la traduction des grands classiques de la littérature mondiale dans les langues nationales africaines.
7ème table ronde : "Artistes, à vos cartes d'identité", intervenants : Khalid LYAMLAHY, Emo de MEDEIROS, Julie ABISSEGUE et  Alexis PESKINE, modératrice, Aminata AIDARA.
L’écriture est une souffrance, mais aussi c’est un chemin  vers la découverte de son identité. En raison de cette «aventure ambiguë » en référence au titre d’un ouvrage de Cheikh Hamidou KANE, de cette double-appartenance : comment être d’ici et de là-bas sans que ces deux identités entrent en conflit ?
Ce qu’on croyait autre est aussi soi, l’ailleurs est également le lieu qu’on habite. Les artistes africains redessinent les cartes des identités.
7ème table ronde : "Les Afros aux fourneaux et à la mode". Intervenants : Nelly WANDJI (Galerie Nelly Wandji), Youssouf FOFANA (Maison Château Rouge), Rudy LAINE (New Soul Food) et Christian ABEGAN. Modératrice Hortense ASSAGA.
La gastronomie et la mode africaine sont de plus en plus mis en valeur pour une nouvelle génération d’entrepreneurs issus de l’immigration. Des marques se font jour, comme «Maison Château-Rouge» de Youssouf FOFANA. Chefs étoilés, créateurs en vogue, restaurants aux cartes réinventées, stylistes originaux, défilés, livres, expositions, etc. L’assiette, le cheveu, le vêtement ne sont pas qu’esthétiques ou gustatifs ; ils disent quelque chose d’une identité qu’on cherche à retrouver, à réinventer ou à sauver de l’oubli et de l’uniformisation.
Les entrepreneurs issus de l’immigration ouvrent des galeries et des restaurants, lancent des marques. Ils sont partis d’un rêve, d’une passion, d’une vision qu’ils veulent partager avec les autres. Ils insistent  sur la nécessité de recouvrir l’identité par la créativité africaine, par dès fois une reconquête de produits oubliés, comme le Wax, la qualité culinaire. Ils ont lancé des pistes de réflexion pour créer son entreprise :
- partir d’abord, de l’autofinancement, avec des fonds modestes, lancer une collecte avec la participation de la famille ou d’amis ; solliciter une banque dès l’expérience est concluante ;
- connaître les ficelles du métier dans lequel on souhaite s’engager, notamment en évitant les marques ethniques ; faire de la qualité ; le Wax ne pouvant se porter en hiver, quel produit de substitution pendant cette période ?
- partir au début de la vente sur Internet ou choisir les «Boutiques éphémères» ; collaborer avec les grands groupes.
 
8ème table ronde : "Représenter l'identité". Intervenants : Jean FALL  (CINEWAX), Virginie EHONIAN (NOORU BOX), Martial ZE BELINGA et  Michel BAMPELY. Modératrice, Douce DIBONDO.
Le succès immense qu’il a eu et l’enthousiasme qu’il a suscité dans les communautés africaines ont fait de «Black Panther» un symbole : pour la première fois, avec cette ampleur, un super héros noir africain était mis en valeur et à l’honneur au cinéma. On a beaucoup mis en avant la possibilité, pour la jeunesse surtout, de s’identifier à un héros issu de leur communauté.
Après de nombreuses luttes, les industries de l’art et de la pop culture semblent vouloir accorder une plus grande place à la représentation des noirs. Ceux-ci sont non seulement plus visibles, mais encore, montrés sous un jour qui évite l’écueil de la caricature. Il est devenu urgent de construire une image pour évoluer dans la société française. «Cinéwax» une association de Jean FALL, est un outil de promotion du cinéma africain. La culture urbaine qui avait mobilisé les jeunes de banlieue dans les années 80, est sur le point d’être récupérée par le libéralisme, dans une perspective purement commerciale.
Clôture : "Lectures de textes" par le groupe «Poetry Afrikanista».

En 2019, les Universités de la rentrée, célébreront les 70 ans de Présence africaine.
Indications bibliographiques très sélectives
ABD AL Malik, Camus, l’art de la révolte, Paris, Fayard, 2016, 178 pages ;
ABD AL Malik, La guerre des banlieues n’aura pas lieu, préface Mazarine Pingeot, Paris, Le Cherche Midi, 2012, 219 pages ;
ABD AL Malik, Le dernier des Français, Paris, Le Cherche Midi, 2010, 174 pages ;
ABD AL Malik, Place de la République, pour une spiritualité laïque, Paris, Indigènes éditions, 2015 28 pages ;
ABD AL Malik, Qu’Allah bénisse la France, Paris, Albin Michel, collection espaces libres, 2007, 224 pages ;
BOUKARI-YARABA (Amzat), Unite ! Une histoire du panafricanisme, Paris, La Découverte, 2014 et 2017, 371 pages ;
COATES (Ta-Nehesi), Huit ans au pouvoir : une tragédie américaine, traduction de Diana Hochraich, Paris, Présence africaine,  2018, 303 pages ;
COATES (Ta-Nehisi), Le grand combat, traduit par Karine Lalechère, Paris, éditions autrement, 2017, 267 pages ;
COATES (Ta-Nehisi), Une colère noire, lettre à mon fils (Between the World and Me), traduit de l’anglais par Thomas Chaumont, préface d’Alain Mabanckou, Paris, Autrement, 2016, 202 pages ;
GUISSé (Madina), Neiba Je-sais-tout ou presque : Tu sais garder un secret ?, Paris, Publishroom, 2017, 70 pages ;
KANOR (Véronique), Combien de solitudes, Paris, Présence africaine,  2013, 65 pages ;
KISUKIDI (Nadia, Yala), Bergson ou l’humanité créatrice, Paris, CNRS éditions,  2013, 305 pages ;
SARR (Mohamed, M’Bougar), De purs hommes, Paris, Philippe Rey, Dakar, Jimsaan,  2018, 190 pages ;TRAORE (Assa), VIGOUROUX (Elsa), Lettre à Adama : Vérité et Justice, Paris, Seuil, 2017, 187 pages ;
VERGES (Françoise), L’homme prédateur : ce que nous enseigne l’esclavage sur notre temps, Paris, Albin Michel, Bibliothèque idées,  2011, 220 pages ;
ZE BELINGA (Martial), «In-Dépendances» : Discours sur le colonialisme après la colonie, Paris, Teham, 2012, 143 pages ;
ZE BELINGA (Martial), NUBUKPO (Kako), TINEL (Bruno), DEMBELE (Demba, Moussa), Sortir l’Afrique de la servitude monétaire : à qui profite le Franc CFA ?, Paris, La Dispute, 2016, 243 pages.
Paris, les 13 et 14 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Retrouver son identité, pour être en paix avec soi-même et les autre, pour un bien-vivre ensemble.
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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 16:43
Avant même la proclamation des résultats des présidentielles du Cameroun du 7 octobre 2018, Maurice KAMTO, un opposant, avait revendiqué, déjà, la victoire. Mais les égos surdimensionnés, l'ethnicité, le racisme et l'absence d'une alternative crédible ont empêché l'opposition de s'unir et de créer ainsi une dynamique pour l'alternance face au régime préhistorique et monarchique de Paul BIYA (85 ans), au pouvoir depuis plus de 36 ans, et qui repart pour un 7ème mandat de 7 ans. En effet, Paul BIYA, sûr de sa victoire, ne s’était donné la peine de faire campagne, n'effectuant aucun discours ou déplacement à travers le pays, il s’est contenté de faire afficher son slogan : «La force de l’expérience». Neuf candidatures ont été validées pour ces élections. Le Conseil constitutionnel a rejeté les recours intentés. Paul BIYA est donc proclamé vainqueur avec un score soviétique de 71,28%, Maurice KAMTO arrive en deuxième position avec 14,23% et Cabral LIBII recueille 6,28%, les 6 autres candidats (Joshua OSIH, Adamou Ndam NJOYA, Garga Hamam ADJI, Ndifor Afanwi FRANKLIN, Serge Espoir MATOMBA et Akéré MUNA) se partagent les 8,21% restants.
Cependant, Maurice KAMTO ne s’avoue pas vaincu, et se considère toujours comme étant le vainqueur du scrutin du 7 octobre 2018. Les différentes tentatives de manifestation du 22 octobre ont été étouffées dans l’œuf.  Maurice KAMTO, contestant, fortement la victoire de Paul BIYA, envisage de lancer une campagne de désobéissance civile ; ce qui pourrait alimenter des tensions et des troubles permanents, notamment en vue de la succession de Paul BIYA, compte tenu de son âge avancé. Le climat est donc lourd, les Bamilékés, dont est issu Maurice KAMTO, estimant qu’ils sont ostracisés depuis l’indépendance. En effet, l’ethnicisation de la vie politique, la guerre de sécession dans les provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, l’abstention des électeurs, ainsi que la poussée des fondamentalistes religieux dans la partie septentrionale sont autant de facteurs destabilisants.
John FRU NDI, qui ne se présentait pas à cette élection, avait déjà dénoncé le cocktail des scrutins frauduleux, des haines ethniques attisées et de la criminalisation de l'économie : «un jour, le pays va exploser» avait-il déclaré le 10 octobre 1997 au journal Libération. En effet, Paul BIYA a su utiliser, pleinement, l’arme de l’ethnicité et surtout la corruption, la compétition entre anglophones et francophones, pour opposer les uns aux autres, et entretenir ainsi une haine artificielle. La haine, l’ostracisme, un discours sectaire, ainsi que «l’obsession du complot Bamiliké», les détenteurs du pouvoir économique, suivant Jean-Claude SHANDA TONME, sont au cœur de la gouvernance de Paul BIYA, du groupe ethnique Béti.
Les Français ordinaires connaissent bien le Cameroun de Samuel ETO'O, de Roger MILLA et des "Lions indomptables". C'est une grande nation du football ; ce qu'ils connaissent moins, c'est la tragédie de ce vaillant peuple qui se bat de longue date pour sa liberté et sa dignité. Déjà, le 8 août 1914, les Allemands avaient pendu, pour rébellion, Rudolph Duala Manga BELL, fils du roi Manga BELL. La lutte armée de l’U.P.C. a été matée dans le sang par les Français. De 1960 à 1982, le président AHIDJO avait réprimé sans relâche les opposants. Et maintenant, Paul BIYA, un grand mammouth de la Françafrique, Premier ministre de 1975 à 1982, puis, officiellement, président depuis le 6 novembre 1982 (43 ans aux hautes responsabilités), a mis en place un régime ethniciste, autoritaire et sanguinaire.
Dès le 6 avril 1984, une tentative de putsch est déjouée et le même jour, révèle Célestin MONGA, les mutins sont exécutés, sans jugement. La Ligue des droits de l’homme du Cameroun fait état d’une «réalité banale de la torture et de l’impunité systématique» : Adolphe EWANE, journaliste à la radio de Yaoundé, tué d’une balle dans le dos ; L’abbé Joseph MBASSI, tué d’une balle dans la nuque ; Maître Toussaint Antoine NGONGO OTTOU, battu à mort chez lui ; et d'autres opposants morts en détention ; de 1984 à 1989, 26 opposants sont morts en prison à la suite de torture, 35 ont été condamnés à mort ou contraints au suicide, etc. Par ailleurs, l’épouse du président, Jeanne-Irène BIYA (1935-1992), ainsi que d’autres opposants sont morts, dans des conditions très suspectes. En effet, le 29 juillet 1992, Jeanne-Irène est déclarée, officiellement, décédée, à la suite d’une «courte maladie». Bien des observateurs avertis estiment qu’il s’agirait d’un assassinat. La réalité est que la Jeanne-Irène avait été abattue par balles. Le jour de sa mort, elle avait reçu deux religieuses françaises qui furent toutes retrouvées mortes, violées et jetées dans les broussailles, non loin de leur congrégation à Djoum. L’Abbé AMOUGOU qui avait célébré la messe des obsèques fut retrouvé mort. Une missionnaire de l’église catholique qui avait lavé le corps de la dépouille de Jeanne-Irène Biya fut aussi abattue. Le père Engelbert MVENG, confident de Jeanne-Irène, fut retrouvé nu, assassiné et le corps positionné en signe de croix, sur son lit. Le médecin légiste qui avait constaté le genre de mort fut éliminé. Le cercueil de la Première dame qui devait pourtant être ouvert pour la messe de requiem, fut scellé. Le capitaine Roger MOTAZE, aide de camp du chef de l’État, à qui Jeanne-Irène BIYA avait confié d’organiser sa fuite du Cameroun, fut tué dans un accident de voiture, après avoir déjeuné avec le Président BIYA.
Le silence qui entoure les crimes commis par Paul BIYA est à la mesure des services qu’il rend à la «Françafrique» (Voir mon post, De Gaulle et l’Afrique). Ces grands groupes industriels n’hésitent pas de faire liquider les opposants par l’intermédiaire des régimes africains aux ordres, dès l’instant que leurs intérêts seraient menacés. Ces exécutions ont commencé sous Ahmadou AHIDJO, Félix MOUMIE (1926-1960) ayant été assassiné, avec du poison, par un agent français à Genève. Des opposants, ainsi que des populations civiles, ont été gazés au napalm. Le pouvoir de Paul BIYA, comme tous ces régimes africains totalitaires et sans conscience sociale, ont favorisé un libéralisme sauvage, compromettant ainsi gravement les intérêts de leur pays. C’est pour cela que Georges COURADE, dans un ouvrage, parle de «désarroi des Camerounais», à l’épreuve de l’économie-monde : «L'ouverture à marche forcée de l'économie camerounaise aux préceptes de l'actuelle économie-monde (démocratie libérale, économie de marché, retrait de l'Etat) a créé un véritable choc. Le pays n'y était pas préparé. Les risques sociaux ou économiques habituels se sont aggravés touchant l'ensemble du corps social. Chacun a pu mesurer sa vulnérabilité et ses faibles capacités à faire face tant les règles du jeu économique, politique et social et les comportements individuels avaient été modifiés. En arriver là après avoir goûté à un début d'abondance, l'espace de quelques années, explique le désarroi actuel qui habite citadins et ruraux et inhibe leur mobilisation collective ou communautaire» écrit COURADE. Ce qui favorise "Les mains basses" du colonisateur sur cette partie de l'Afrique, en référence au titre d'un grand classique de Mongo BETI.
Pourtant, l’Afrique n’est pas pauvre, c’est un continent riche en matières premières. Le Cameroun occupe une position centrale dans le Golfe de Guinée, paradis des compagnies pétrolières et minières. Le Cameroun est doté d’un accès à la mer, des terres extrêmement fertiles dans des climats diversifiés et de grandes ressources naturelles et humaines. En dépit de ces atouts, les performances économiques et sociales de ce pays sont médiocres. «L’incapacité du Cameroun à relever le défi économique n’est pas due au hasard ou à une conjoncture économique défavorable, elle est liée aux conditions désastreuses de son accession à l’indépendance» écrit Claire PIGEAUD. Ahmadou AHIDJO avait une gestion autoritaire et patrimoniale. Paul BIYA a introduit d’autres handicaps : «une grave tendance à l’incurie, à l’inertie et à la criminalisation» précise Claire PIGEAUD. Ce régime autoritaire a conduit à la mise à l’écart de la pensée, une sorte de castration des intellectuels, une société délitée, une démobilisation, une résistance et une fuite des cerveaux, des complicités, avec des gabegies, et donc un système économique, peu performant, voire improductif. Par conséquent, ce sont ces régimes dictatoriaux qui ont réduit notre souveraineté et notre liberté à néant. L'Afrique, berceau de l'humanité, mérite mieux que cela ! Nous devrions tous lutter, fermement, pour la démocratie, la liberté et la souveraineté, et surtout l'unité de l'Afrique. Le professeur Samir AMIN (Voir mon post), récemment disparu, a préconisé pour les Africains de rechercher de nouvelles voies de développement par la «déconnexion». Samir AMIN, qui ne recommande ni le capitalisme, ni le communisme, demande aux Etats africains de recherches des solutions originales, conformes aux intérêts de leur pays, respectueuses de leur souveraineté.
Je suis particulièrement surpris que certaines personnes soutiennent, publiquement et énergiquement, ces régimes abominables qui dilapident nos ressources, et font souffrir nos populations. Certains n’hésitent pas de faire l’éloge de Paul BIYA, sans aucune distance critique : «Jaillissant, à la surprise générale, de la succession d'Ahmadou Ahidjo, le président Paul Biya a bravé un parcours de turbulences que peu d'acteurs politiques contemporains peuvent s'autoriser : retournement spectaculaire de la parole de son prédécesseur, deux tentatives de coup d'Etat, une crise économique féroce, la désobéissance civile, la violence de la rue, une opposition insurrectionnelle appelant à la guerre civile armée, les trahisons des fidèles, les annonces de décès, le tir groupé de la presse depuis une quinzaine d'années, les manœuvres des partisans et des adversaires qui parfois deviennent des ennemis. Depuis 1982, Paul Biya a traversé ces épreuves à la surprise générale, confondant les sceptiques et renaissant, comme l'animal de la légende, chaque jour du néant où certains l'avaient trop vite barricadé» écrit un de façon dithyrambique Michel Roger EMVANA. Pour Zacharie NGNIMAN, Paul BIYA serait l’incarnation d’un régime présidentiel «apaisé» en raison de ses traits de caractères et de ses ressources morales ; jeune, Paul BIYA a été un modèle qui n’a utilisé ni injure, ni diffamation.
En fait, Paul BIYA est arrivé au pouvoir par la force en chassant, avec la complicité des Français, Ahmadou AHIDJO, mort en exil au Sénégal. En effet, en raison de manipulations des services secrets français, Ahmadou AHIDJIO, qui se croyait gravement malade, avait remis volontairement le pouvoir, le 4 novembre 1984, à Paul BIYA. Il en a profité pour se maintenir au pouvoir par les larmes et le sang. Le professeur Achille MBEMBE, un universitaire rigoureux et intègre, a démontré, depuis l’ère AHIDJIO, puis sous BIYA, comment des opposants ont été liquidés, froidement. Cependant, Paul BIYA n’a pas seulement employé que la violence ; il n’est pas dénué de toute habilité. Au sommet de l’art de la manipulation, de la désinformation et de l’intimidation, adepte de la magie noire et des sciences occultes, suivant Daniel EBALE ANGOUNOU, le président Paul BIYA est devenu «un cauchemar» pour les Camerounais. Il sait récompenser, généreusement, ses partisans, mais aussi punir, sévèrement, toute personne censée le trahir. Par essence, ce qui empêche toute sécurité ou droits acquis dans une dictature, c’est ce caractère obsessionnel et capricieux de l’exercice du pouvoir. Par conséquent, personne, y compris dans les rangs de son groupe ethnique ou de sa famille comme sa précédente femme, n’est à l’abri, de façon certaine et définitive, d’une décision arbitraire. «Le mal du Cameroun est-il le président Paul BIYA ?», s’interroge Marc MONGBET-LAMARE. «Au Cameroun, pays que l'on dit démocratique parce qu'il renferme plusieurs partis politiques, le pouvoir est exercé de façon absolue par une seule classe politique depuis environ trente ans et qui ne montre aucun signe d'alternance. Alors que ce pouvoir prêche la démocratie mais sert la dictature, la voix du peuple est muselée qui aspire à une démocratie vraie et réelle» écrit Dieunedort ESSOME.
Les élections au Cameroun, comme au Congo, au Tchad, en Guinée équatoriale, au Gabon et au Togo, comportent des enjeux majeurs pour une Afrique souveraine, libre, démocratique et unie. Il appartient, certes, à chaque peuple de désigner, souverainement, ses dirigeants. Cependant, en cas d’abus manifeste de pouvoir, notamment en ce qui concerne ces régimes africains dictatoriaux et préhistoriques, chaque Africain est investi d’un devoir d’ingérence. Il est tout à fait vain de dénoncer et vilipender à longueur de journée le colonisateur français qui nous opprime de façon continuelle. La France a sa grande responsabilité dans ce passé et ce présent remettant en cause nos souverainetés. 17 chefs d’Etats africains ont perdu la vie dès qu’on a estimé qu’ils avaient quitté «le bon chemin». Mais si cela est possible et continue encore, c’est que les Africains aussi devraient, 60 ans après les indépendances, faire leur profond examen de conscience. Qu’avons-nous donc fait de nos indépendances, pour rester éternellement misérables, alors que nos pays sont riches en matières premières ? Sommes-nous maudits, idiots ou inconscients à ce point ? «Et j’ai pendant longtemps idéalisé mon pays. Il a fallu que je revienne au Cameroun, que j’y vive, pour découvrir l’autre vision de l’Afrique. (…). C’était un peu la Case de l’oncle Tom : le bon Noir opprimé par le méchant Blanc, puisque pour nous, même les chefs d’Etat postcoloniaux étaient des marionnettes des Blancs. Donc la situation coloniale et esclavagiste continuait. Et c’est lorsque je suis retourné en Afrique, que je me suis aperçu que nous sommes pour moitié responsables de nos malheurs» écrit Mongo BETI, un écrivain camerounais (voir mon post).
Mongo BETI avait déjà donné la recette. La France qui profite de la situation, n’a aucun intérêt à mettre fin à la Françafrique. Les Etats n’ont que des intérêts, les sentiments et la morale occupent une faible place dans les relations internationales. Par conséquent, il appartient aux Africains, eux-mêmes, de prendre en charge leur destin : «L’Afrique n’est pas encore perdue. J’affirme que l’Afrique peut se développer, qu’elle va se développer, si du moins elle a le courage de combattre contre cette humiliation. Il faudra, certes, très longtemps, sans doute plusieurs décennies, pour extirper le cancer de la corruption» écrit Mongo BETI.
Je rappelle à mes amis Camerounais que je ne suis ni, pour ni contre telle ethnie. Je suis simplement un militant de la cause africaine et des droits de l'homme. L'homme noir doit se battre pour son identité, mais aussi, et surtout, pour sa dignité. Ceux qui s'évertuent à soutenir, ou à faire l'apologie de ces dictateurs, sont des complices de ces forfaitures ; ils font honte aussi à notre continent.
On dénonce le colonialisme et le néocolonialisme à juste titre, mais que faisons-nous pour retrouver notre dignité ?
Si nous sommes dominés par les autres, c'est que nous avons des tares et des faiblesses à travers ces complices qui soutiennent, aveuglement, ces dictateurs. Le Cameroun est un exemple emblématique de ce qui se passe, notamment au Gabon, en Guinée équatoriale au Tchad au Congo et au Togo. Tous les Africains devraient se battre pour notre souveraineté et l'unité de l'Afrique. Si dans le monde, l'homme noir est le plus méprisé de tous, ce n'est pas fondamentalement une question de couleur, mais c'est à cause de ces logiques de prédation et de violence qui nous ont dépouillés de nos richesses. Le continent noir spolié est loin d'être pauvre.
Vive la liberté, la démocratie, la souveraineté, et pour l'unité de l'Afrique !
Indications bibliographiques
COURADE (Georges), Le désarroi des Camerounais, Paris, Karthala, 2000, 283 pages ;
DELTOMBE (Thomas), DOMERGUE (Manuel) TATISTA (Jacob), La guerre du Cameroun, l’invention de la Françafrique (1948-1971), préface d’Achille MBembé, Paris, La Découverte, 2016, 200 pages ; 
EBALE ANGOUNOU (Daniel), Paul Biya, le cauchemar de ma vie, ou, confession d’un faussaire, Paris, Le Messager, 1992, 118 pages ;
EBALE ANGOUNOU (Daniel, Saint-Yves), Le vrai visage de Paul Biya, la mort de Jeanne-Irène, le pacte avec Ahidjo, 2001, non publié, mais de larges extraits dans le Messager ;
EMVANA (Michel Roger), Paul Biya : les secrets du pouvoir, préface Gervais Mendo Ze, Paris, Karthala, 2005, 290 pages ;
ESSOME (Dieunedort), Paul Biya : le pouvoir en clan, Abidjan, Harmattan, RCI, 2014, 256 pages ;
FOUMAN-AKAME (Jean) ETOGA EILY (F), Paul Biya ou l’incarnation de la rigueur, essai biographique sur le deuxième président de la République unie du Cameroun, Sopecam, 1983, 293 pages ;
GNWANE (George), «Opposition Politics and Electoral Democracy in Cameroon : 1992-2007», Afrique et développement, 2014, vol 39, n°2, pages 103-116 ;
HEUTCHING (Paul), Ci-gît le Cameroun, Paul Biya, son roi dictateur à vie, son fossoyeur : 50 ans de crimes permanents contre le peuple camerounais, Créteil, Auteurs du Monde, 2014, 395 pages ;
LEVINE (Victor, T.), Le Cameroun : du mandat à l’indépendance, Paris, éditions Internationales, 1970, 2 vol, 239 et 184 pages ;
Ligue camerounaise des droits de l’homme, Le bourreau tortionnaire, assassin, sanguinaire, Paul Biya, face à ses victimes, Bruxelles, 9 et 10 décembre 2003, Paris, 14 et février 2004, 35 pages ;
M’BEMBE (Joseph-Achille), Naissance du maquis dans le Sud Cameroun, 1920-1960, histoire des usages de la raison en colonie, Paris, Karthala, 1996, 438 pages ;
MATTEI (François), Les codes de Paul Biya, Paris, Balland, 2009, 365 pages ;
MBEMBE (Joseph-Achille), U’m Nyobe Ruben : le problème national Kamerunais, Paris, L’Harmattan, 1984, 444 pages ; 
MBEMBE (Joseph-Achille), U’m Nyobe Ruben, écrits sous maquis, Paris, L’Harmattan, 1989, 296 pages ;
MESSI (Léonard), Les sept péchés capitaux du régime Biya, Paris, L’Harmattan, 215, 259 pages ;
MONGA (Célestin), Cameroun : Quel avenir ?, Paris, Silex, 1985, 315 pages ;
MONGBET-LAMARE (Marc), Le mal du Cameroun est-il le président Paul Biya ?, éditions Mol, 1995, 118 pages ;
MONGO (Béti), Mains basses sur l’Afrique : autopsie d’une décolonisation, Paris, La Découverte, 2003, 269 pages ;
MOUICHE (Ibrahim), «Ethnicité et pouvoir au Nord-Cameroun», Law and Politics in Africa, Asia and Latin America, 1997, vol 30, n°2, pages 182-216 ;
NGNIMAN (Zacharie), Paul Biya, une magistrature présidentielle apaisée ?, Paris, Edi’Action,  1998, 2019, 219 pages ;
NGUONG MOUSSAVOU (Ernest), Françafrique : ces monstres qui nous gouvernent (Omar Bongo, Paul Biya, Teodore Obiang Nguema, Blaise Compaoré, Paul Kagamé, Mouammar Khadafi, Idriss Déby, Denis Sassou N’Guesso, Mamadou Tandja), Paris, L’Harmattan, collection Points de vue, 2012, 122 pages ;
NYAMNJOH (Francis, B.), «Commentary : Cameroon : A Country United by Ethnic Ambition adn Difference», African Affairs, 1999, vol 98, n°390, pages 101-118 ;
OKALA (Jean-Tobie), La décennie Biya au Cameroun : de la grâce à la disgrâce, Paris, L’Harmattan, collection Points de vue, 1996, 206 pages ;
Peuples Noirs, Peuples Africains, Le Cameroun de Paul Biya  Autopsie d’un chaos annoncé, 1987, 528 pages ;
PIGEAUD (Fanny), Au Cameroun de Paul Biya, Paris, Karthala, 2011, 276 pages ;
SHANDA TONME (Jean-Claude), L’obsession du complot Bamiléké, ma rencontre avec Jean Foshivé, mémoire des années de braise au Cameroun, fragments autobiographique politique, Paris, L’Harmattan, 2018, 266 pages ; 
SOCPA (Antoine), «L’hégémonie ethnique cyclique au Nord-Cameroun», Afrique et développement, 1999, vol 24, n°1-2, pages 57-81 ;
WANG (Sonné), «Cameroun : Pourquoi les noms des grandes figures historiques des années 50 sont-ils tabous dans la bouche du président Paul Biya ?», Afrique et développement, 1997, vol 22, n°2, pages 131-149 ;
WOUNGLY-MASSAGA, Où va le Kamerun ?, Paris, L’Harmattan, collection Points de vue, 1984, 291 pages ;
ZOGNONG (Dieudonné), «La question Bamiléké pendant l’ouverture démocratique au Cameroun», Gestion des transformations sociales, MOST, n°61 17, pages.
Paris, le 8 octobre 2018, actualisé le 23 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Présidentielles du Cameroun 2018 : enjeux pour une Afrique libre, souveraine et démocratique» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 21:40
Le Comité international olympique (CIO) a désigné le Sénégal comme hôte de la 4ème édition des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ 2022), ce 8 octobre 2018 à Buenos Aires. Les villes de Dakar, Diamniadio et Saly devraient accueillir les compétitions de cet événement réservé aux athlètes âgés de 15 à 18 ans. Les autres candidats étaient le Botswana, le Nigeria et la Tunisie.
C’est une première en Afrique. Le président Macky SALL s’est félicité de cette décision qui honore «notre pays et notre continent» et le président sénégalais s'est  «réjoui de savoir que dans le package de la candidature sénégalaise, le CIO a pris en compte le Plan Sénégal Emergent (PSE), notre stratégie de développement économique et sociale».
C'est une victoire de l'Afrique, du Sénégal et indubitablement un succès personnel pour le président Macky SALL. Les infrastructures, la stabilité de la démocratie sénégalaise ont joué dans la décision du CIO.
Le président du Sénégal, Macky SALL, qui a fait le déplacement en Argentine pour plaider la cause du Sénégal a estimé que : "Le Sénégal et sa jeunesse sont fiers de l’honneur que vous nous faites, en confiant à notre pays l’organisation des Jeux olympiques de la Jeunesse de 2022. En définitive, c’est toute l’Afrique, berceau de l’humanité par l’histoire et plus jeune continent par sa démographie, qui donne rendez-vous à la jeunesse sportive du monde en 2022".
Paris, le 8 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr
«C’est confirmé : le Sénégal organisera les JO de la Jeunesse en 2022» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 20:47
Lauréat de nombreuses distinctions (Chevalier de la Légion d’honneur, Prix Sakharov, Prix des droits de l’homme de la République française, Prix Olof Palme, Clinton Global Citizen Award et Docteur honoris causa de nombreuses universités, etc.), le docteur congolais, Denis MUKWEGE est, enfin, depuis le 5 octobre 2018, Prix Nobel de Paix. Cette distinction d’un Africain, bien méritée, est un encouragement pour tous les humanistes et républicains qui se battent «courageusement contre les crimes de guerre et en demandant justice pour les victimes». Dieu soit loué, Donald TRUMP n’a pas été primé pour ses efforts de paix avec la Corée du Nord !
Constamment menacé dans sa sécurité personnelle, révolté contre les crimes dont l’objet sont les femmes, toute l’action de Denis MEKWEGE est «un plaidoyer pour la vie» en référence au titre de son ouvrage. Il est habité par l’espoir et l’espérance : «Notre pays est malade, mais ensemble, avec nos amis de par le monde, nous pouvons et nous allons le soigner» dit-il. Le docteur MUKWEGE a constamment lutté contre la barbarie et les viols en temps de guerre, notamment : «Cette femme avait été violée à cinq cents mètres de l'hôpital. J'ignorais que ce serait le début d'une série de plus de quarante mille victimes. (...) Dans toute guerre, quand il n'y a plus de noyau familial, plus de cohésion sociale, la communauté ne peut plus se défendre. Quand votre propre famille est désintégrée, comment pouvez-vous vous battre pour celle des autres ? Le terrain est alors abandonné aux chefs de guerre qui exploitent les gisements et les gens... Ceux qui ne quittent pas le village finissent au travail dans les mines et paient la taxe aux seigneurs locaux» écrit-il.
Le docteur MUKWEGE, né le 1er mars 1955 au Congo, un gynécologue et humaniste congolais, est surnommé «l’homme qui répare les femmes», en référence au titre d’un ouvrage de Colette BRAECKMAN. Fils d’un pasteur pentecôtiste, il est diplômé en biochimie ; il s’inscrit à la faculté de médecine au Burundi. Après son diplôme de médecine, il poursuit une spécialisation en gynécologie à l’Université d’Angers, en France, mais est resté solidaire avec son pays. Après son doctorat, sur «L’Étiologie, classification et traitement des fistules traumatiques uro-génitales et génito-digestives» obtenu en 2015, il décide de retourner au Congo, où il devient le Directeur de l’hôpital de Lemera. En 1996, il est traumatisé par un drame qui se produit dans son établissement : une partie du personnel et des malades sont tués ; il se réfugie un certain temps au Kenya. Mais, il décide de retourner, finalement, au Congo, pour fonder l’hôpital Panzi à Bukavu et prendre en charge les mutilations génitales dont sont victimes les femmes pendant cette guerre civile. «Non, la haine et la violence ne sont pas inscrites dans les gènes des peuples des Grands Lacs ! Mais que penser de ces images en provenance de l'Est du Congo, de cette guerre qui a pris un nouveau visage, celui de la barbarie, de la cruauté gratuite ? Avec les femmes comme principales victimes : violées, mutilées, terrorisées... Depuis quinze ans, Denis Mukwege, médecin-chef à l'hôpital de Panzi (Sud-Kivu), fait face à une urgence qui dure : vagins détruits et âmes mortes. Le gynécologue coud et répare. A mains nues, il se bat contre le viol, cette arme de guerre qui mine toute une société» écrit Colette BRAECKMAN. En effet, les viols et les agressions sexuelles, devenus une «arme de guerre» causent d’importantes lésions physiques et psychologiques aux femmes sur le terrain des conflits locaux. «Le premier cas que nous avons opéré ensemble, Denis et moi, fut l'un des pires jamais rencontrés. Ce n'était pas seulement une fistule, la totalité de la paroi avait été détruite. (...) Un soldat ivre lui a introduit un pieu en bois dans le vagin, provoquant de telles blessures qu'elle en venait à dégager une odeur atroce. (...) Au lieu de l'achever, ils l'ont relâchée sur la route près du village, afin qu'elle serve d'avertissement aux autres. (...) Nous sommes en 2014 et, pourtant, l'éducation, la richesse, les nouvelles technologies n'ont pas vaincu l'ignorance et la superstition» écrit-il.
Dans un monde plombé par les égoïsmes, le repli sur soi, l'individualisme forcené, la cupidité, l’indifférence aux malheurs des autres, la violence et les peurs irrationnelles, le combat et la compassion du docteur MUKWEGE se révèlent être une sorte de résistance, une invitation permanente, à chacun d’entre nous, en fonction de ses moyens, d’être aux côtés de ceux qui souffrent. Pour le docteur MUKWEGE, sauver les plus faibles d'entre nous est une manière d'exister et de vivre.
Le docteur MUKWEGE a reçu ce prix avec la militante Yézidie, Nadia MURAD, d’origine irakienne. Dans son pays, en guerre, les jeunes filles et les femmes sont réduites en esclavage, promises à une vie de tortures et de viols. Nadia MURAD, alors qu’elle avait 21 ans, était parmi elles. Après avoir été emmenée de force à Mossoul, Nadia MURAD a été vendue, revendue, violée et torturée. Avec le concours d’une famille musulmane de la ville, elle parvient, comme de trop rares jeunes femmes Yézidies, à échapper à ses bourreaux. Elle traverse les lignes de front et trouve refuge au Kurdistan irakien. Nadia MURAD, une femme musulmane, a eu le courage et la force de dénoncer, vigoureusement, cet esclavage sexuel dans les zones de conflits. Le prix Nobel «signifie beaucoup» pour elle. «Pas seulement pour moi mais pour toutes ces femmes en Irak et dans le monde entier» qui ont été victimes de violences sexuelles.
Avec ce Prix Nobel de la paix, qu’est-ce qui caractérise finalement notre époque, à l’aube du XXIème siècle ?

En dépit des progrès technologiques et des formidables moyens de communication, ce qui caractérise essentiellement notre époque c'est la prédation, l'intolérance, et surtout la violence et les conflits, au detriment de la poursuite du Bien souverain. Il n’y a plus, fort heureusement, depuis 1945, de guerre mondiale, mais des conflits locaux empoisonnant la paix dans le monde. Ce qui avait dominé, un certain temps, ce furent les guerres coloniales, l’Apartheid et le conflit israélo-arabe. Ainsi, des Africains ont déjà été primés d’un Prix Nobel de paix. Ce fut le cas, en 1960, d’Albert John LUTHILI, chef Zoulou et président de l’A.N.C., une organisation interdite à l’époque en Afrique. En 1984, l’archevêque sud-africain, Desmond TUTU, avait été récipiendaire de ce prix. Cependant, les Occidentaux avaient continué à défendre l’Apartheid, jusqu’en 1989. Pour son combat pour «une nation en arc-en-ciel» en Afrique du Sud, Nelson MANDELA a été Prix Nobel de la paix en 1993. En 1978, le président égyptien, Anouar EL-SADAT avait reçu ce prix, mais il sera assassiné. Depuis, tous les efforts de paix entre Palestiniens et Israéliens ont été réduits à néant. Pire, le président Donald TRUMP souffle sur les braises. Et pourtant, seule la négociation est le chemin qui vaille.

Désormais, ces conflits locaux ont pris deux formes hideuses et violentes. C’est d’une part, depuis la fin de la guerre froide, un conflit entre l’Occident et l’Orient, entre l’Islam et la Chrétienté, entre les forts et les faibles. Les Occidentaux qui sont aussi des marchands de canon, sous prétexte de combattre l’islamisme ou certains régimes autoritaires qui ne leur sont pas favorables, ont engagé des guerres injustes qui s’enlisent, avec leurs lots d’horreurs. Ainsi, dans le pays de Nadia MURAD, l’Irak, la guerre a été déclenchée par Georges BUSH sous un prétexte fallacieux d’armes chimiques. On a la même logique du mensonge, de l’instrumentalisation dans les guerres en Afghanistan, au Yémen, en Libye et en Syrie. En 2001, dans ses efforts de réformer les Nations Unies (conflits locaux, démocratie, écologie), le ghanéen et secrétaire général des Nations Unies, Kofi ANNAN a été primé (voir mon post). En 2004, la Kényane Wangari MAATAI, le prix Nobel de la paix récompense cette militante écologiste pour «sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix». En 2011, la présidente Libérienne Ellen JOHNSON SIRLEAF est prix Nobel de la paix pour son combat en faveur de la sécurité et des droits des femmes dans leur pays.
Ce que dénonce le docteur MUKWEGE ce sont des choses affreuses. Mais il s'agit malheureusement de faits authentiques. Le docteur MUKWEGE, honneur de son pays et une conscience pour l’humanité, homme social, s’insurge contre des atrocités dont les causes sont essentiellement politiques et économiques. Son travail est à la lisière de la politique. En effet, il existe d’autres formes de violences insidieuses, vestiges du colonialisme qui perdurent, et n’ont été prises en compte, suffisamment, par le Prix Nobel de la Paix. Ainsi, dans le cas du Congo du docteur MUKWEGE, le conflit, dès l’indépendance, a pris des tournures d’une guerre coloniale pour contrôler les matières premières de l’Afrique. En effet, Patrice LUMUMBA (voir mon post) a été assassiné et les Etats-Unis sont intervenus insidieusement, sans mandat des Nations Unies. Depuis lors, le Congo est déstabilisé. Tout le monde célèbre, en France, les 60 ans de la République. En fait, pour les Africains, De GAULLE a mis en place un ingénieux système dit de la «Françafrique», avec des régimes dynastiques et préhistoriques en vue de contrôler nos matières premières. Ce qui créé un afflux de réfugiés dans les pays Occidentaux, avec une résurgence de l’esclavage. Ces questions de démocratie, de souveraineté et de droits de l’homme sont au cœur de ces violences faites aux femmes. Par ailleurs, on dénonce les méfaits du tourisme sexuel dans les pays du tiers-monde, ainsi que les viols perpétrés par les hommes d’église ou les troupes de maintien de la paix en Afrique. Le Rwanda a mis en lumière ces pratiques odieuses : «Depuis vingt ans, une violence inouïe frappe cette région. Si toute guerre fait des ravages parmi les populations civiles, les femmes paient ici le plus lourd tribut. Une situation cauchemardesque qui a pris racine sur les collines rwandaises en 1994, l’année du génocide. Le viol, tacitement accepté sur les champs de bataille depuis la nuit des temps, y a pris une dimension nouvelle : désormais utilisé à des fins stratégiques, il est devenu une véritable arme de guerre. Conquête des terres, exploitation des minerais, exutoire pour un Rwanda surpeuplé, volonté d’éradiquer une population..., autant de raisons qui expliquent cette barbarie sexuelle» écrit un collectif d’auteurs. Le docteur MUKWEGE est persuadé qu’il n’y aura pas de paix durable au Congo, sans les femmes.
Les organisations humanitaires qui défendent les réfugiés et les personnes déplacées en raison de conflits locaux, ainsi que les opposants à ces régimes fantoches et autoritaires en Afrique, mériteraient bien un Prix Nobel de la Paix.
Pour ma part, une paix durable, dans le monde et à l’intérieur des frontières n’est possible que dans une société fondée sur la justice, l’égalité, la fraternité et le bien vivre-ensemble.
Indications bibliographiques
1 – Contributions du docteur Denis Mukwege
MUKWEGE (Denis), «Congo, No Peace Without Women», Journal of International Affairs, hiver 2013, vol 67, n°1, pages 205-209 ;
MUKWEGE (Denis), CADIERE (Guy-Bernard), Panzi, Paris, éditions du Moment, 2014, 100 pages ;
MUKWEGE (Denis), Plaidoyer pour la vie, Paris, L’Archipel, 2016, 290 pages.
2 – Critiques du docteur Denis Mukwege
BRAECKMAN (Colette), L’homme qui répare les femmes : violences sexuelles au Congo, le combat du docteur Mukwege, Paris, Grip, 2012, 156 pages ;
COHEN (Dara, Kay), Rape During Civil War, Ithaca, Cornell University Press, 2016,  288 pages ;
Collectif, Le viol, une arme de terreur : dans le sillage du combat du docteur Mukwege, Mardaga, 2015, 160 pages ;
DUVAL (Armand), Docteur Mukwege : un homme au grand coeur, Create Space Independant Publishing Platform, 2015, 95 pages ;
MURHULA-BASAM (Adelard, Bashimbe), Denis Mukwege : homme social ou politique ? Entre ambivalences, nuances et équivalences, Paris, Edilivres, 2017, 251 pages.
Paris, le 8 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Denis MUKWEGE, un Africain Prix Nobel de la Paix» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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