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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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10 septembre 2022 6 10 /09 /septembre /2022 22:03
«La Reine Élizabeth II (1926-2022) et l'Afrique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

La Reine est morte, vive le Roi ! «J’ai appris la triste nouvelle du décès de Sa Majesté, la reine Elizabeth II. Je salue la mémoire de l’Illustre défunte, au parcours exceptionnel» écrit le président Macky SALL, du Sénégal.  La Reine Victoria (1819-1901) est restée au pouvoir pendant plus de 63 ans 7 mois et 3 jours, et Élisabeth II, du 6 février 1952 au 8 août 2022, soit  plus de 70 ans, 7 mois et 2 jours. Aucun chef d'Etat, fût-il un grand dictateur n'a pas battu ce record de longévité. «Je ne connais pas de formule unique. Mais au fil des ans, j’ai observé que certains attributs du leadership sont universels et consistent souvent à trouver d’encourager les gens à combiner leurs efforts, leurs talents, leurs idées, leur enthousiasme et leur inspiration pour travailler ensemble» dit la Reine. En raison de ce règne exceptionnel, dans la durée, Elizabeth II a été témoin de grands événements et changements dans la société internationale : Guerre froide, sa fin et maintenant sa résurgence, adhésion de la Grande-Bretagne à l’Union européenne et son Brexit, montée du nationalisme africain, l’Apartheid, les massacres coloniaux notamment le massacre des Mau-Mau, des indépendances et consolidation du Commonwealth, le multipartisme en Afrique, les guerres locales notamment au Biafra (Nigéria), les phénomènes de l’immigration. «Vieillir fait partie de la vie et ça un avantage ; il ne faut pas se plaindre du temps qui passe. L’un des bonheurs de vivre longtemps, et ça un avantage ; c’est la reconnaissance d’un sens et d’un but que l’on doit donner à notre vie» dit la reine Elizabeth II.
Enfant, j'étais intrigué, dans mon Danthiady aux fins fond du Fouta-Toro, ma mère avait accroché deux photos dans notre case. J'avais fini par découvrir plusieurs qu'il s'agissait de Hassan II du Maroc (1929-1999), roi du Maroc et de la reine Élisabeth II. Le Maroc entretient depuis plus siècles de bonnes relations avec le Sénégal au point que le Roi du Maroc voulait revendiquer Saint-Louis comme faisant partie de son territoire. J'ai appris aussi qu'en 1968, la reine Élizabeth II avait rendu visite en 1968 au président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) pour inaugurer le centre culturel breton à Dakar. Ce qui clôt une vieille rivalité entre Français et Britanniques au Sénégal pendant la colonisation. En effet à plusieurs reprises les Britanniques avaient attaqué et occupé Gorée et Saint-Louis un certain temps. A la fin du XIXème siècle, les Britanniques avaient soutenu la révolte de Maba Diakhou BA (1809-1867, voir mon article), quand il a tué en 1867, une partie de sa famille s'est réfugiée en Gambie.
La relation d'Élisabeth II, avec l'Afrique est très ancienne. En effet, la future reine pour célébrer ses 21 ans, est venue en 1947 en Afrique. Miriam MAKEBA (1932-2008, voir mon article) dans ses mémoires relate avoir chanté à cette occasion en l'honneur de la Princesse. Les lois sur l’Apartheid allaient se mettre en place progressivement à partir de 1948. Si la Reine n’a fait aucune déclaration condamnant l’Apartheid Princesse attachée à la justice, ce premier voyage, en 1947,  en Afrique du Sud l’a marquée «Nous partageons le monde, mais nous n’avons pas les mêmes chances ; la société de solidarité fait progresser chacun de ses membres ; elle enrichit leur vie, en valorisant leur diversité. Ce qui kit, le plus solidairement deux Nations, ce sont souvent les contacts entre deux peuples. L’Afrique tient une place unique dans mon cœur» dit-elle à la BBC.
S’agissant de l’Afrique du Sud, la Reine a un pouvoir symbolique ; c’est le premier ministre qui détient le réel pouvoir en Grande-Bretagne, un régime parlementaire et a refusé de rendre en Afrique du Sud pendant les années d’Apartheid. Si l’Afrique du Sud a été exclue par la Reine du Commonwealth, en revanche sa couronne en diamants est sertie d’années de souffrances, de tortures et d’assassinats de militants antiapartheid, dont Nelson MANDELA resté 27 ans en prison. En effet, les différents gouvernements occidentaux, et surtout ceux de la Grande-Bretagne, au nom de la lutte contre le communisme, ont continué le commerce avec les tenants de l’Apartheid. Le concert de Bob GELDORF à Wembley, à Londres, du 11 juin 1988, pour les 70 ans de Nelson MANDELA (1918-2013, voir mon article) a été le point de départ de sa libération après 27 années de prison. Après de ce moment-là la Reine, que personne ne doit toucher, Jacques CHIRAC (1932-2019, voir mon article) le sait, changea d'attitude et acceptera même que Nelson MANDELA, devenu président puisse la tutoyer.
«I have to be seen, to be seen to be believed», la Reine estime que le contact avec le public notamment avec les pays du Commonwealth est un puissant outil pour renforcer la présence de la Grande-Bretagne dans le monde ainsi que le prestige et la monarchie. Aussi, la reine Elizabeth II a effectué 305 déplacements à l’étranger, dans 130 pays, mais sa première visite officielle a été réservée à un pays africain, la Libye, le 1er mai 1954, sous le règne du roi Mohamed Idris Al-Mahdi El-Sanussi (1889-1983).
En 1956, la Reine a eu la grande imprudence d’autoriser l’intervention de l’Armée britannique à la suite de la nationalisation du Canal de Suez par Gamal Abdel NASSER, d’Egypte. En revanche, le guerre des Malouines a redoré le blason de la Grande-Bretagne.
La Reine d'Angleterre a visité plus de 20 pays africains ; elle est venue le 9 novembre 1961 en visite officielle au Ghana de Kwame NKRUMAH (1909-1972, voir mon article), premier ministre du Ghana, deuxième pays africain indépendant en 1957, après le Soudan. La Reine a accepté de danser avec Kwame NKRUMAH. Auparavant, les Britanniques, sous Winston CHURCHILL, avaient tenté, vainement, de contrarier l’ascension de Kwame N’KRUMAH au pouvoir, en incitant les Ashanti au séparatisme. Les Ashanti ont été vaincus aux différents scrutins pour les législatives au Ghana.
La reine, Elizabeth II, en dépit de l’avis défavorable de la très conservatrice premier ministre, Margaret THATCHER (1925-2013), s’est rendue au sommet du Commonwealth, en 1979, en Zambie. La Reine a réaffirmé sa farouche hostilité aux inégalités et à la ségrégation raciale. Les pays du Commonwealth ont adopté, à cette occasion, la Déclaration de Lusaka, du 7 août 1979, sur le racisme et les discriminations et condamnant l’Apartheid. En effet, de à , la Reine, et en raison de l’Apartheid, avait refusé de se rendre en Afrique du Sud. En effet, depuis 1947, la Reine ne se rendra en Afrique du Sud que le 19 mars 1995, et a exhorté la jeunesse à reconstruire une nouvelle nation. Cependant, les hommages en Afrique du Sud ne sont pas unanimes «Nous ne pleurons pas la mort de la reine Elizabeth, puisqu’elle nous rappelle une période très tragique dans l’histoire de notre pays et de l’Afrique. Durant 70 ans de règne, la Reine n’a jamais reconnu les atrocités que sa famille a infligées aux peuples autochtones que la Grande-Bretagne a envahi à travers le monde», dit le Parti des Combattants de La Liberté, d’Afrique du Sud. Cependant, le président Sud-africain a rendu un vibrant hommage à Elizabeth II, une «personnalité publique extraordinaire et de renommée mondiale qui a eu une vie remarquable».
L'abdication de son oncle Edouard VIII (1894-1972) en 1936, plaçant son père George VI, sur le trône, a ainsi fait de la Princesse Elizabeth, l'héritière de la Couronne britannique. En effet, la Reine Elizabeth II, en voyage au Kenya, a appris, dans la nuit du 5 au 6 février 1952, à l’hôtel de Treetops, dans la forêt d’Aberdare, une zone d’observation des animaux sauvages, que son père, le roi George VI (1895-1952), est décédé d’un cancer du poumon, à l’âge de 57 ans. «Pour la première fois dans l’histoire du monde, une jeune fille monta un arbre, en tant que princesse et, après avoir vécu ce qu’elle a décrit comme son expérience la plus excitante, elle descendue de l’arbre le lendemain, étant Reine» écrit Jim CORBETT (1875-1955), officier britannique, chasseur et naturaliste. «Aucune formule magique ne peut transformer le chagrin en bonheur» dira la Reine. Elizabeth II ne sera couronnée que le 2 juin 1953.
Les relations avec le Kenya ont été tumultueuses après la révolte des Mau-Mau, en octobre 1952, ayant fait plus de 100 000 morts, et la lutte héroïque de Jomo KENYATTA (1897-1978). En dehors du whisky, de sa répartie, premier de Grande-Bretagne de 1940 à 1945 et de 1951 à 1955, Winston CHURCHILL, est arrivé au pouvoir en pleine montée du nationalisme africain et des idées pour les indépendances «J’ai été élevé à ce stade de la civilisation où tout le monde se plaisait à admettre que les hommes sont inégaux» revendiquant ainsi, fièrement, l’inégalité des races. Dans son anticommunisme notoire, il avait inventé le concept de «Iron curtain», de «rideau de fer». Entendez par-là, tout mouvement de libération nationale est potentiellement une menace pour l’empire britannique «Je suis un enfant de l’ère victorienne, une époque notre pays semblait solidement établi dans ses fondements, où notre domination sur le commerce et sur les mers, était incontestée, et où on ne cessait de se renforcer notre foi et notre devoir de le préserver» dit le premier ministre Winston CHURCHILL. Aussi, Winston CHURCHILL (1874-1965) confisque les terres fertiles des Kenyans pour les donner aux fermiers blancs, les indigènes étant placés dans des camps. C’est qui a provoqué le bain de sang au Kenya, à la suite de la révolte paysanne et anticoloniale des Mau-Mau, une société secrète des Kikouyous, dont le chef est Jomo KENYATTA qui est jeté en prison. L’état d’urgence, avec ses arrestations arbitraires, ses tortures et ses morts, durera de 1952 à 1960. Le Kenya est devenu indépendant en 1963, mais le gouvernement britannique ne s’excusera de ces massacres coloniaux de Winston CHURCHILL, anobli par la Reine, qu’en 2013 : «Le gouvernement britannique reconnaît que des Kényans ont été torturés ou ont subi d’autres formes de mauvais traitement aux mains de l’administration coloniale. Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces maltraitances aient eu lieu» dit devant la Chambre des communes, William HAGE, ministre des affaires étrangères. Ces excuses ont apaisé en grande partie les relations entre la Grande-Bretagne et le Kenya. Aussi, le président sortant Kenyan, Uhuru KENYATTA et son successeur, William RUIO, ont rendu hommage à la reine Elizabeth II, «une immense icône au service désintéressé de l’humanité».
Alors que sa fortune estimée à plus 425 millions d’euros, Élisabeth II était immensément riche et à un moment donné les Anglais ont appris qu'elle ne payait pas d'impôts ; cela a jeté un trouble dans l'esprit des Anglais globalement favorable à la royauté. Depuis 1993, comme les autres Anglais, la Reine payait ses impôts. Prisonnière de son palais, jeune femme devenue Reine, Elizabeth II a reçu le pouvoir, l'amour, l'infidélité, les affaires de famille et les complots en héritage. Femme implacable, radine et rigoriste, il y a eu l'affaire entre Lady Diana SPENCER (1961-1997) et Dodi AL-FAYED (1955-1997) et cette mort tragique au Pont de l'Alma, le 31 août 1997, mais aussi le divorce de Charles III. La reine, Elizabeth II, est restée pendant 8 jours au château de Balmoral, en Ecosse, dans aller à Londres, rendre hommage à la princesse Diana. Cela lui a été reproché. Ce n'est que le 5 septembre 1997 que la reine Elizabeth I a tenu un discours en hommage à Lady Diana. «Elle était un être humain exceptionnel et doué. Dans les bons moments comme dans les mauvais, elle n'a jamais perdu sa capacité à sourire, à rire ou à inspirer les autres avec sa chaleur et sa gentillesse. Je l'admirais et la respectais, surtout pour son dévouement à ses deux garçons», avait-elle déclaré. Des mots justes et touchants, mais qui sont arrivés bien tard pour la plupart des Britanniques. Les accusations à l'encontre du prince Andrew de prédateur sexuel, le mariage d'un de ses petits-enfants avec une femme qui a du sang noir, mais aussi le Brexit, tout cela a bien secoué le prestige de la très conservatrice royauté britannique. Touchée, mais pas coulée. «Comme toutes les meilleures familles, nous avons notre lot d’excentricités, de jeunes fougueux et capricieux et de mésententes familiales» dit Elizabeth II. En dépit de ces quelques égratignures de la vie, la Reine Élisabeth II a finalement tenu son rang ; les Britanniques sont restés attachés à la monarchie. «Je déclare devant vous tous, que toute ma vie, quelle soit longue ou courte, sera consacrée à votre service et au service de notre grande famille impériale à laquelle nous appartenons tous» avait déjà dit la princesse Elizabeth, le 21 avril 1947, en Afrique du Sud. 
En définitive, Elizabeth II, une femme timide, d’une beauté frêle, timide, au maintien modeste et à l'éducation sommaire, montée sur le trône en 1952 sans aucune préparation, a pu se hisser, pendant 7 décennies, au sommet du pays, en dépit des graves turbulences évoquées, sauvant ainsi la dynastie des WINDSOR. Comme le dirait Amadou Hampâté BA, à chaque fois qu’un «vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle». Par conséquent, cette longévité a été une source de sagesse, à l’africaine «Certains estiment qu’une longue vie apporte la sagesse ; je le crois ainsi ; une partie de ce paradoxe vient de la vie : la propension à répandre le Bien, ainsi que la capacité à faire le Mal» dit Elizabeth II à la BBC. En effet, partisane du goût de l’effort, de la résilience et du pragmatisme, la Reine Elizabeth II pense que cela aide à vaincre les obstacles «Quand la vie semble dure, les courageux ne se couchent pas et n’acceptent pas la défaite ; au contraire, ils sont d’autant plus déterminés à lutter pour un avenir meilleur» dit Elizabeth II. Cette petite femme, aristocrate de naissance, petite-bourgeoise dans ses goûts, a réussi, tant bien que mal à sauver la monarchie britannique, dans un monde en pleine mutation. Tout est possible dans la vie, si on a la sagesse d’apprendre. «J’ai vécu si longtemps, que je sais que rien ne reste immuable ; les choses changes et évoluent» dit Elizabeth II à la BBC. Considérée comme la dernière Reine, «Quand elle ne sera plus là, la monarchie continuera, mais sous une autre forme, moins éclatante» écrit Marc ROCH.
Elizabeth II est née le 21 avril 1926 à Londres. Sa mère est Elizabeth BOWES-LYON (1900-2002) : «Ma mère m’a toujours soutenue et encouragée ; elle a une joie débordante de vie et une extraordinaire capacité à apporter le bonheur aux autres» dit-elle. Son père est George VI, né Albert Frederick Arthur George (1895-1952), le second fils de George V. «Les valeurs préservées d’une famille heureuse sont d’un facteur immuable de l’existence humaine» dit Elizabeth II. Son père meurt relativement jeune et son oncle, George disparait pendant la Seconde guerre mondiale «Nous n’avons pas de chagrin, si nous n’avons pas d’amour» dit-elle. Elizabeth II sait aussi les devoirs de reine l’attendaient ; il fallait donc faire le job. «La foi, la famille et l’amitié sont des valeurs éternelles, mais aussi une source de réconfort et d’assurance de soi» dit Elizabeth II. La reine avait une grande estime pour son grand-père, George V, né George Frederic Albert (1865-1936), un roi optimiste : «Mon grand-père avait une grande foi en l’avenir ; ce qui lui donnait la confiance et le courage pour affronter les épreuves» dit la Reine.
La Reine disparaît le 8 septembre 2022 : «Nous sommes tous des visiteurs de notre époque de cette Terre. Nous ne faisons que passer. Notre but dans cette vie est d’observer, d’apprendre, de grandir, d’aimer. Ayant foi en la vie, et en ce qu’elle a de meilleur» avait-elle dit. Elizabeth II, parlant parfaitement la langue française, était mariée à Philippe MOUNTBATTEN de Grèce, Duc d’Edimbourg (1921-2021), le 20 novembre 1947. La Reine se dit favorable à l’institution du mariage «J’y suis favorable. Cette relation entre deux personnes doit de se développer et murir au fil des années. Il faut ainsi préserver la sérénité des relations familles. La tolérance est la clé d’un mariage heureux» dit-elle. Son mari, Philippe de Grèce est originaire de Corfou, et son père a failli être fusillé par les Grecs qui ont déposé la famille royale. Prince de Grèce et du Danemark, Philippe est le petit-fils de Georges Ier de Grèce (1845-1913), fils du prince André de Grèce (1882-1944) et la princesse Alice de BATTENBERG (1885-1969). Le prince déchu et désargenté, Philippe a grandi en France. Son père a abandonné la famille et sa sœur, Sophie (1914-2001) à un nazi. Philippe se fait naturalisé avec l’aide de Lord MOUNTBATTEN (1900-1979) et prend son nom. Le couple a eu Philippe, né le 14 novembre 1948, futur Roi, Anne, née l 15 août 1950, Andrew, né le 19 février 1960, Edward, né le 10 mars 1964. La Reine a eu 8 petits-enfants : Harry, fils de Diana, né le 15 septembre 1984, et marié à Meghan MARKLE, et père de 2 enfants (Lilibet et Archie) ; William, né le 21 juin 1982 ; Béatrice, née le 8 août 1988 ; Eugénie, née le 23 mars 1990 ; Zara née le 15 mai 1981 ; Peter, né le 15 novembre 1977 ; Louise, née le 8 novembre 2003 et James né en 2007. Autant dire que la succession sera bien assurée, mais pour quelle type de monarchie ?
Le futur roi Charles, devrait bien tenir compte des différentes évolutions de la société britannique. Il a divorcé de Diana et s’est remarié avec sa maîtresse Camilla PARKER BOWLES. Jadis le parlement britannique avait refusé à son oncle, Edouard VIII, un grand séducteur de se marier à une de ses conquêtes, Wallis SPENCER SIMPSON (1896-1986) une femme américaine divorcée ; il avait dû abdiquer. Autres temps, autres mœurs. Par conséquent, le roi Charles III saura-t-il faire évoluer la monarchie britannique vers la modernité du XXIème siècle ?
En Afrique, c’est connu et depuis plusieurs décennies, certains Etats comme des monarchies, sont dirigés de père en fils. Ainsi au Togo : Gnassingbé EYADEMA (1935-2005), après avoir assassiné Sylvanus OLYMPIO (1902-1963), qui voulait sortir du FCA, devant l’ambassade des Etats-Unis est resté au pouvoir de 1963 à 2005, et depuis lors remplacé par son fils, Faure Gnassingbé AYADEMA ;  Gabon : Omar BONGO (1935-2009), vice-président de 1966 à 1967, président de 1967 à 2009, a été remplacé par Ali BONGO depuis 2009 ; au Tchad, Idriss DEBY ITNO (1952-2021), président de 1990 à 2021, a été remplace depuis lors par son fils, Mahamat Idriss DEBY, né le 1er janvier 1984, et intronisé par la Françafrique, le 23 avril 2021. Au Cameroun, Paul BIYA est président depuis le 6 novembre 1982. Il a été premier ministre du Cameroun de 1975 à 1982. Ministre depuis 1962, Paul BIYA a été secrétaire général de la présidence du Cameroun de 1967 à 1975. 60 ans au pouvoir, bientôt Paul BIYA va tutoyer le record de la reine Victoria de 63 ans de règne. Dans les autres pays, le Chef de l’Etat et sa famille monopolisent le pouvoir au détriment du Parlement. «L’Etat, c’est moi» disait Louis XIV (1638-1715). Comment donc consolider la démocratie en Afrique ? Faudrait-il revenir au régime parlementaire en Afrique, le Chef de l’Etat n’ayant qu’un pouvoir symbolique, à l’instar de la monarchie britannique.
En France, certains appellent à une VIème république. Le général de GAULLE, avec l’élection du chef de l’Etat français au suffrage universel direct en fait un monarque républicain. François MITTERRAND qui avait parlé d’un «coup d’Etat permanent» arrivé au pouvoir en 1981, s’est bien accommodé de ce système présidentialiste.
Brèves références bibliographiques
BARTON-WOOD (Sara), Queen Elizabeth II : Monarch of our Time, London, Hodder Wayland, 2001, 48 pages ;
BEDEL SMITH (Sally), Elizabeth II : la vie d‘une monarque moderne, Paris, éditions des Equateurs, 2018, 586 pages ;
BUIJTENHUIJS (Robert), Le mouvement des «Mau-Mau» : une révolte paysanne et anticoloniale en Afrique noire, Paris, La Haye, Mouton, 1971, 428 pages ;
CAMPBELL (Judith), Queen Elizabeth II : a Biography, London, Artus, 1979, 194 pages ;
DOLBY (Karen), The Wicked Wit of Queen Elizabeth II : I have to be seen to be believed, London, Michael O’mara, 2015, 158 pages ;
HARDMAN (Robert), The Queen of our Times, London, Simon and Schuster, 2022, 448 pages ;
HARDMAN (Robert), The Queen of the World, London, Random House, 2018, 592 pages ;
IRVING (Clive), The Last Queen : Elizabeth II’s Seventy Year Battle to Save the House of Windsor, London, Pegasus House, 2021, 352 pages ;
KERSAUDY (François), Le monde selon Churchill, Paris, Tallandier, 2011, 304 pages ;
LACEY (Robert), Guerre royale : mensonge et trahison, Paris, Albin Michel, 2021, 480 pages ;
MEYER-STABLEY (Bertrand), Elizabeth II : Majesté, Paris, Pygmalion, 2012, 464 pages ;
MONSIGNY (Jacqueline) BERTRAND (Frank), Moi, Elizabeth II, Reine d’Angleterre, Paris, M. Lafon, 2005, pages ;
MOULIN (Joanny), Elizabeth II : une reine dans l’histoire, Paris, Flammarion, 2012, 368 pages ;
PALMER (Dean), The Queen and Mrs Thatcher : An Inconvenient Relationship, London, History Press, 2016, 320 pages ;
PIMLOTT (Ben), The Queen Elizabeth II and the Monarchy, London, Harper Collins, 2001, 780 pages ;
ROCHE (Marc), Elizabeth II : la dernière reine, Paris, Table ronde, 2007, 379 pages.
Paris, le 8 septembre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

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9 septembre 2022 5 09 /09 /septembre /2022 17:52
«Claude SERILLON, journaliste, écrivain-poète» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Animateur de l’émission Géopolis, journaliste vedette du 20 heures sur TF1 et Antenne 2, licencié en lettres, Claude SERILLON est recruté en qualité de pigiste, en 1970, chez «Presse Océan», un quotidien régional. Témoin d’un incendie, en 1972, de la cathédrale de Nantes, et capturant l’évènement, Claude SERILLON est subitement sorti de  l’ombre. En 1973, il intègre l’ORTF Ile-de-France, puis Antenne 2. Claude SERILLON présente le 20 heures de T.F.1 de 1984- 1985, puis d’Antenne 2 de 1986-1987 et 1998- 2001. En 2007, l’équipe de chroniqueurs chez Michel DRUCKER et continue de collaborer avec la presse régionale.
Mon tonton, Daouda N’DIAYE, journaliste, Directeur général de la télévision sénégalaise est un grand admirateur ce grand journaliste fidèle à sa passion, Claude SERILLON ; c’est son modèle. Ce qu’exige Claude SERILLON du journaliste, c’est de la rigueur. Aucune information n’est neutre ; toute information est colorée : « J’ai essayé de le dire et répéter quand j’étais sur Antenne 2 : il faut assumer nos choix. Nous ne devons pas être objectifs, nous devons travailler dans la subjectivité. Ensuite l’honnêteté, dans une très grande rigueur. d’abord parce que l’objectivité ça n’existe pas, c’était une grande illusion marxiste. Moi, j’ai ma morale, ma culture. Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt en disant : moi, je suis neutre. On n’est jamais neutre. On a des émotions. Il m’est arrivé lors d’une émission où il y avait des images d’une catastrophe de ne pas pouvoir m’empêcher de réagir. J’ai dit : « c’est dégueulasse ! » J’ai des engagements humanitaires, contre la peine de mort. Nous avons tous notre identité, notre subjectivité. Il ne faut pas se dissimuler. Simplement, ce que je demande c’est de la rigueur, de la hiérarchie de l’information, la plus grande honnêteté possible» dit-il. En effet, journaliste très indépendant, rigoureux, attaché aux faits, à la vérité et la liberté, Claude SERILLON a des principes et valeurs, une certaine éthique du métier de journaliste «Aujourd’hui, malheureusement, l’audiovisuel est fondé sur deux critères : l’émotion et l’immédiateté. On va au plus pressé, on est dans l’émotion, il faut faire pleurer. On est loin de la raison. Aujourd’hui la priorité ce n’est pas la rigueur de l’information, c’est d’être immédiatement celui qui transmet l’information. On est dans cette espèce de surenchère, de compétition médiatique qui évidemment est totalement contradictoire avec la rigueur scientifique» dit-il. Aussi, on ne dicte pas à Claude SERILLON sa conduite ; il n’obéit qu’à sa conscience ; Appliquant ces principes jusqu’au bout, il est arrivé, par trois qu’il en paie le prix fort. En effet, Claude SERILLON avait eu l’audace d’abord, à la télévision, dans une chaîne publique, «la Voix de la France», en 1979, sous Valéry GISCARD D’ESTAING (1926-2020), l’affaire des diamants de Jean-Bedel BOKASSA (1921-1996), un cadeau, en 1973, d’un valeur de un million de franc. Aussi, Claude SERILLON est licencié d’Antenne 2, pour cette audace.  En 1986, intégré, à nouveau, à la rédaction d’Antenne, il évoque au journal de 20 h, l’affaire de Malik OUSSEKINE (1964-1986), ce jeune étudiant, battu à mort, le 6 décembre 1986, à la rue Monsieur le Prince, au Quartier, une compagnie de «Voltigeurs». Le Préfet de police prétendait que Malik OUSSEKINE avait un casier judiciaire «C’est faux, donc je l’ai dit au début du journal de 20 h». Le soir même, le PDG de l’époque lui demande de partir. Cependant, le Ministre de l’éducation nationale, Alain DEVAQUET (1942-2018), est contraint à la démission, et la compagnie de Voltigeur dissoute. Cependant, pour la deuxième fois, Claude SERILLON, en raison de son indépendance d’esprit, son attachement à la Vérité et à la Justice, perd son poste. Claude SERILLON a aussi perdu, une troisième fois son poste, pour une interview qui a irrité à Lionel JOSPIN «J’ai fait une interview du Premier de l’époque (Jospin). Ça lui a déplu et comme à ce moment les sondages étaient très hauts pour Lionel Jospin, un des dirigeants de la Deux m’a dit «Il ne veut plus venir sur le journal télévisé de la Deux, donc tu comprends, c’est lui ou toi» dit-il.
Claude SERILLON a été pendant 16 mois, conseiller à l’Elysée du président François HOLLANDE. «Je suis lié d’amitié avec lui (François Hollande) depuis très longtemps. Il m’a fait la proposition de le rejoindre. Il me charge de contacts, de lui faire des notes. Je n’étais pas conseiller en communication. C’est très de participer, au plus haut niveau de l’Etat, j’ai côtoyé beaucoup de gens, dont Emmanuel Macron qui était mon voisin de palier» dit-il. Claude SERILLON a donc «franchi le mur» en référence à une scène dans un film de Woody ALLEN. Mais le monde la politique est féroce et violent : «Je ne suis pas un militant politique, je n’ai pas fait l’ENA, donc on se sent forcément décalé, un peu saltimbanque. C’était très dur. Les petits confrères ne m’ont pas loupé. Je ne sais pas ce qui s’est passé une semaine où l’on ne m’a pas prêté toutes les avanies possibles et imaginables de ce début de quinquennat. C’était assez violent» dit-il.
Vivant entre Paris et le Sud de la France, Claude SERILLON se consacre maintenant à ; il est déjà l’auteur de plus de 23 romans, essais et poésies. «Il me reste du temps pour aimer, des jours, des nuits pour fabriquer des rêves, des lunes claires, des étoiles en poche, si proches jusqu'à se noyer dans les grands espaces libres où les sentiments inattendus sont complices des désirs. Il me reste de quoi écrire des poèmes, de les laisser s'embarquer en vies canailles, en drôleries, folies de vieilles enfances. Les mots se sont assemblés, couchés, amants, s'amusent à me réciter des vers étranges et tendres, belles phrases où les larmes déchirent les sourires. Un jour avant l'autre je joue tous les rôles inscrits au grand répertoire sur une toile immense au-dessus du ciel. Il faut faire vite avant que le soleil cru n'apparaisse. La poésie se nourrit de l'essentiel de ce que nous sommes. Mais qui es-tu ?» écrit-il dans «Un jour avant l’autre».
Par son romans et essais plein de poésie, Claude SERILLON, en toute liberté, porte une relation distanciée par rapport à cette information parfois anecdotique, répétitive, rapide, voire superficielle. «Pendant plus d'une dizaine d'années, je me suis noirci le bout des doigts en feuilletant la presse et les dépêches d'agences. J'ai connu le privilège de vivre, au quotidien, toutes les pulsions du monde moderne. Je le fis avec émotion. C'est-à-dire avec des partis pris, des moments de joie ou de dégoût. Ce n'est pas un libelle de plus sur la télévision bien que ce milieu y occupe la place qui lui est due. J'ai simplement voulu, à ma manière, et sans m'exclure, esquisser un tableau de nos moeurs [...] Ce livre se veut prétexte à une réflexion ironique, et malgré tout optimiste, sur cette génération qui est la mienne» écrit Claude SERILLON, dans «De quoi, je me mêle». Observateur de la vie, de l’actualité, de notre temps et des valeurs qui l’anime, Claude SERILLON est un peintre avisé de l’actualité, de l’imaginaire et de la fiction. Qu’est-ce qui unit la valise, la pute et le comédien ? : «Les valises, ce sont celles que chacun, chacune porte, transporte, emplies de souvenirs, de désirs, de tristesse et de tendresse. Des valises dont on se débarrasse pour aller de l'avant, que l'on cherche à retrouver parce qu'elles sont pleines de moments personnels, de sentiments intimes. L'acteur : un monologue où l'acteur engage tout ce qu'il est bien en face du public. Il se raconte, raconte ce qu'est le jeu du théâtre, ce qu'il contient de mensonges et de beautés. comme deux vieilles putes, où deux femmes, l'une star de la télévision en mal de reconnaissance culturelle et l'autre comédienne étrangère au monde du média, vont sur un trottoir se mettre à jouer ensemble, à reconnaître ensemble ce qui les unit» écrit-il dans la «Valise».
En raison de la qualité de son expression écrite, son roman, «la Conversation», a été, en 2017, finaliste du Prix Goncourt de la Nouvelle :  «C’est inattendu. C’est troublant. Lui est troublé. Il ne le montre pas, aucun agacement ni mot précipité. Tout est contrôlé, pense-t-elle. Elle qui se sent intriguée, surprise. Elle redoute les surprises et regrette néanmoins que nul ne lui en fasse plus. Tout est tellement convenu ! Que va-t-il se passer ?» il entretient le suspense dans cette nouvelle.
Dans son roman historique, «un déjeuner», Claude SERILLON relate cette rencontre insolite, en décembre 1969, entre le général Charles de GAULLE (1890-1970), le chef de la Résistance, humilié après son référendum de 1969, et le général FRANCO, le Caudillo, un fasciste : «On sait que Charles Quint l’intéressait, Cervantès, Don Quichotte. Il ajoute à l’ambassadeur de France, que naturellement, il verrait Franco Stupéfaction totale. Franco est allé faire les saluts nazis fascistes à côté d’Hitler. Au fond, le réalisme de Gaulle qui va voir Franco, c’est peut-être aussi une leçon de modestie sur nos jugements à nous, journalistes. Immédiatement, on fait des camps, le Bien et le Mal. Mais il faut bien que les leaders discutent entre eux» dit-il.
L'année 2020 et la pandémie du Covid-19 depuis la grippe espagnole en 1918 avait fortement secoué l'humanité. Aussi, dans son «Journal 2020», Claude SERILLON y a puisé des réflexions sur la relation à l'autre et sur le sens d'y bien-vivre ensemble. «Tenir un journal est une aventure intime, une envie de curiosité partagée, une façon de conserver un lien avec l’extérieur, l’autre, l’inconnu bloqué quelque part, loin, près, en attente de nouvelles. Ce que les pages suivantes révèlent est du domaine personnel, une façon d’observer et de réagir, de se mettre dans la peau d’un spectateur certes mais surtout de quelqu’un qui se mêle de ce qu’il regarde. Les mois de cette année se sont laissés enfermer dans d’infernales consignes, règlements, interdictions, limitations et autres entraves aux libertés. Il en allait paraît-il de notre santé et il fut laissé croire que la mort pouvait être vaincue, que nous étions plus forts bouches cousues» écrit-il.
Dès le début de notre rencontre, tout-à-trac, la discussion commence, à bâtons rompus, sans préliminaires. Très curieux des autres, Claude SERILLON s’intéresse beaucoup à l’Afrique. Ainsi, au cours de nos échanges, à Paris, dans le 15ème arrondissement plusieurs sujets, d’une grande profondeur, loin de ces débats oiseux des chaînes de Vincent BOLLORE, ont surgi.
Tout d’abord, pour ce grand professionnel de l'information, écrivain et poète, les Français connaissent mal l'Afrique et ne cherchent même pas à la découvrir. Il est vrai qu'il existait depuis les temps de l'esclavage et de la colonisation une sorte d’universalisme ethnique ; la seule culture digne d'intérêt depuis la Renaissance serait la Raison et la Renaissance occidentale. Dans leur sentiment de supériorité, pendant la colonisation les colons n'ont même pas chercher et apprendre les langues africaines. De nos jours il n'existe pas d'études africaines dans les universités françaises pouvant contribuer à une meilleure connaissance des diasporas africaines vivant, en vue d'un «rendez-vous du donner et du recevoir» suivant une expression du président Léopold Sédar SENGHOR. En revanche, dans ce déséquilibre de l'information des chaînes françaises diffusent en direct l'actualité française au Sénégal. Les Sénégalais amateurs de football connaissent bien tous les clubs européens et leurs performances. Une chose curieuse on joue au Sénégal au tiercé de France. Les bons joueurs du hasard connaissent bien tous les champs de courses français, l'entraîneur le cheval, et la météo pouvant avoir des incidences les pronostics. Ne parlons pas de la classe politique française que chaque sénégalais reconnaît comme s'il faisait partie de la famille. Hervé BOURGES (1933-2020) avait bien écrit un remarquable livre «décoloniser l’information».
J’ajouterai à cela, tout en combattant le concept «d’assimilation», une démarche colonialiste, je milite pour le bien-vivre ensemble en France, c’est-à-dire, au-delà du concept étroit de la nationalité, tout individu, vivant dans ce pays, devrait en prendre les bonnes choses, bien sûr rejeter les mauvaises. Parmi les bonnes choses, SENGHOR parlait de la méthode et de l’organisation. J’y ajouterai le bénéfice de la dimension culturelle et l’esprit critique de nature à élever tout Africain vers l’autonomie et la prise en charge de ses intérêts fondamentaux. L’individualisme forcené et la pauvreté des relations sociales, même si cela favorise la lecture et la production intellectuelle, est fort dommageable, ainsi que l’abandon des personnes âgées et des déficients mentaux. La diaspora africaine vivant en France est habitée par le mythe du retour. Peu de gens se font enterrer en France ; il existe des associations villageoises pour rapatrier le corps du défunt au pays. En temps Peul, né avec une valise sur la tête, je me dis parfois, il est temps de se poser. Sans trahir le Sénégal, un dicton peul dit «l’individu appartient là où il habite». On remarquera que la première génération des immigrants sénégalais en France, maintenant retraitée, a essentiellement choisi finalement de rester en France ; leurs enfants y sont nés et y vivent ; ils sont eux-mêmes devenus des étrangers dans leur village d’origine au Fouta-Toro. Cela étant dit nos racines et notre culture africaine sont fondamentales. La diaspora devrait un puissant pont entre la France et l’Afrique.
Ensuite, Claude SERILLON a ajouté un sujet fondamental, l’incivisme en Afrique et les graves défaillances de l’Etat ayant notamment abouti à la tragédie du «Joola», un drame infiniment plus grand que celui du Titanic, mais dont la presse occidentale a peu fait état. En effet, le 26 décembre 2002, sous la présidence de maître Abdoulaye WADE, le bateau, «le Joola», reliant Dakar à Ziguinchor (Casamance), surchargé, mal-entretenu, sous mauvais temps, sombre en mer : 1900 morts dont 22 Français, et seulement 64 survivants. Le «Joola» était mal-entretenu. Auparavant, immobilisé pendant plus de 13 mois, il n’y a eu que des travaux de façade. Par conséquent, la négligence et l’incurie de l’Etat sont la cause de ce drame sans nom. Jusqu’à présent le juge sénégalais ne s’est pas prononcé sur les demandes d’indemnisation des familles. Nous avons connu tout récemment, l’incendie de l’hôpital de Tivaoune, 11 bébés ont péri dans un incendie (voir mon article du 26 mai 2022) ; les agents chargés de veiller sur eux, étaient absents ; comme si les bébés pouvaient se garder tout seuls.
Enfin, Claude SERILLON s’interroge sur les moyens juridiques en Afrique de mettre fin à ces régimes dynastiques et monarchiques en Afrique, souvent corrompus. Il disait en 2013 : «L’une des raisons pour lesquelles France 2 n’est plus diffusée en Tunisie, c’est que le président Ben Ali n’a pas supporté ce que nous avons montré de son pays dans Géopolis» disait-il à «Jeune Afrique». Pour ma part, et en temps que juriste, le droit est important, mais dans bien des pays africains, la Constitution a été tripatouillée comme en Guinée, en RCI, au Togo. Au Sénégal, la réforme Constitutionnelle du 20 mars 2020 ne concerne pas le mandat en cours du président Macky SALL. Le Sénégal est un «Grand petit pays» en référence au titre de mon troisième livre. Seul le Conseil constitutionnel et non l’opposition, est habilité à valider les candidatures à la présidentielle de 2024 et le peuple sénégalais, souverain, tranchera. Le débat politique au Sénégal, avec des relents ethnicistes, est souvent violent, mais en définitive, parce que c’est «un Grand petit pays», le résultat du scrutin finit par être accepté de tous. Nous avons de réels blocages démocratiques notamment au Cameroun, au Tchad, au Gabon, et en Guinée Equatoriale, c’est à leur peuple de refuser l’esclavage. Bien des régimes africains qui estimaient indéboulonnables ont été balayés par le vent de l’Histoire, notamment au Soudan, en Tunisie, etc. La résurgence des régimes militaires, avec des périodes transitoires qui s’allongent n’est pas encourageante.
La place de l’argent, qui a tout pourri dans les sociétés africaines est, pour ma part, un enjeu considérable. A l’indépendance, en 1960, les pays africains ont renoncé à constituer de grandes fédérations ; il y a eu ce qu’on appelle «la balkanisation» de l’Afrique. La fédération du Mali n’a tenu que quelques mois. Résultat, chacun des chefs d’Etat africain s’est retranché, comme dans un bunker, dans un minuscule territoire. «L’Afrique est mal partie» avait dit René DUMONT (1904-2001). Bien que les pays africains soient riches de matières premières, les termes d’un échange inégal, pour reprendre une expression de Samir AMIN (1931-2018, voir mon article), les rendus pauvres. En effet, sans aucun début d’industrialisations, nos matières premières ne sont pas transformées en Afrique, mais directement exportées en Occident et les produits finis revendus très chers aux Africains. Il s’y ajoute, on ne cultive même pas ce qu’on consomme au Sénégal, le riz. La population, notamment les jeunes et les paysans sont désœuvrés. Ce diagnostic est connu de tous ; en dehors du bla-bal rien n’est fait pour que cela change. Le résultat est dramatique : seul l’Etat est la vache à lait : les gouvernants, les fonctionnaires, les marabouts et bien d’autres parasites se servent. Le Sénégal est devenu un pays riche en pétrole et en gaz. L’opposition qui a perdu la boule, parce que c’est que Macky SALL, un Peul, qui est aux commandes ne parle que du pétrole et du gaz. Je dis là aussi, tant qu’on n’a pas changé les structures économiques : l’industrialisation, une agriculture et un modèle de consommation et l’émergence d’une bourgeoisie nationale, l’opposition au lieu de servir va se servir. Je sais que Macky SALL a réalisé d’importantes infrastructures, notamment un pont pour aller en Casamance qui n’existait du temps du drame du «Joola» ; cela est à mettre au crédit de ce Pharaon des temps modernes. Les revenus du pétrole ne devraient pas être une malédiction. Le Sénégal est un «Grand petit pays» et un consensus national sera trouvé pour «une gouvernance sobre et vertueuse» suivant un slogan du président Macky SALL.
Originaire de Nantes, Claude SERILLON est le  fils d’Yvette LE COZANNET (1919-2017) et son père, Paul SERILLON (1920-2010),  est un préparateur en pharmacie ; il a trois frères et une sœur : «Mon père était préparateur en pharmacie à Nantes. Tous les jeudis, j’avais le droit d’aller le chercher dans la pharmacie de son patron. Il était en blouse et je l’ai vu faire des préparations avec un mortier. Mais pour nous soigner, il y avait très peu de médicaments. On avait droit aux cataplasmes, aux ventouses ! Il y avait une approche des médicaments, pour ne pas dire de la santé, très prudente, très mesurée, très sage. Nous étions quatre enfants, il est vrai que nous n’avons pas eu de gros problèmes. Mais plusieurs amis de mon âge sont morts jeunes, donc j’ai été confronté très tôt à ce qu’était une vie, une durée de vie, l’hôpital» dit-il. Vivant en couple avec Catherine CEYLAC depuis plus de 38 ans, ancienne animatrice de «Thé ou Café », c’est elle qui connaît le mieux les qualités personnelles de Claude SERILLON «C’est quelqu’un qui échappe aux stéréotypes. J’ai senti que cet homme avait une exigence, une honnêteté et ça m’a sûrement à donner du sens à ma vie professionnelle » dit-elle à Paris-Match.
Références bibliographiques
SERILLON (Claude), De quoi je me mêle : essai, Paris, Ballan, 1987, 216 pages ;
SERILLON (Claude), Dire du mal, Paris, Descartes et Cie, 2015, 79 pages ;
SERILLON (Claude), Dis-moi je t’aime. Nouvelle, Paris, Balland, 2004, 184 pages ;
SERILLON (Claude), Journal 2020, Paris, Cent mille milliards, 2021, 173 pages ;
SERILLON (Claude), La conversation, Paris, Cent mille milliards, 2017, 192 pages ;
SERILLON (Claude), Le bureau. Roman, Paris, J-C Lattès, 1996, 239 pages ;
SERILLON (Claude), Les années 70, Paris, Chêne, 2006, 335 pages ;
SERILLON (Claude), Les années 90, Paris, Chêne, 2007, 335 pages ;
SERILLON (Claude), Les mots de l’actu, Paris, Marabout, 2009, 349 pages ;
SERILLON (Claude), Les valises. L’acteur. Comme deux vieilles putes, Paris, Cent mille milliards, 2018, 164 pages ;
SERILLON (Claude), PELTIER (Jean-Louis), Un certain sentiment d’injustice, Presses Pocket, 1989, 260 pages ;
SERILLON (Claude), Se donner rendez-vous, Paris, Ateliers Baie, 2022, 144 pages ;
SERILLON (Claude), Tu dors ? Non, je rêve, Paris, éditions du Panama, 2006, 201 pages ;
SERILLON (Claude), Un déjeuner à Madrid, Paris, Cherche Midi, 2018, 99 pages ;
SERILLON (Claude), Un jour d’avant l’autre, Paris, Cent mille milliards, 2020, 200 pages ;
SERILLON (Claude), Une femme coupable. Roman, Paris, Bernard Grasset, 1999, 228 pages ;
SERILLON (Claude), Vers à moi, Paris, Cent mille milliards, 2017, 186 pages ;
SERILLON (Claude), «Nous ne devons pas être objectifs», Les tribunes de la santé, 2012, Vol 1, n°4, pages ;
DE SAINT PERRIER (Laurent), «Claude Sérillon, «un Africain » à l’Elysée», Jeune Afrique, du 8 décembre 2013.
Paris, le 7 septembre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
 
«Claude SERILLON, journaliste, écrivain-poète» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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1 septembre 2022 4 01 /09 /septembre /2022 20:59
«Mikhaïl GORBATCHEV (1931-2022,) le communisme est-il réformable ?» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Prix Nobel de la paix en 1990, Mikhaïl GORBATCHEV, né le 2 mars 1931 à Privolnoïe, Kraï de Stravropol, dans le Caucase du Nord, est décédé le 30 août 2022. Son père, Sergei, est russe et sa mère, Marie, ukrainienne. Il était marié à Raïssa TITARENKO (1932-1999) qui lui a donné, en 1957, une fille, Irina ayant des études de médecine, et qui lui donnera deux petites-filles, Ksenia et Anastasia. Quel bilan de son empreinte ?
Homme patient, Mikhaïl GORBATCHEV a gravi les échelons de l’Etat, sans se précipiter ; il attendu le bon moment, pour saisir l’opportunité de prendre le pouvoir. Mikhaïl GORBATCHEV a dirigé l'URSS de 1985 à 1991. Initiateur du système dit de la «Perestroïka», (restructuration) et de la «Glasnost» (transparence), Mikhaïl GORBATCHEV est en rupture avec le système soviétique depuis la fin de l'ère stalinienne en 1953 marquée par le règne de grabataires, de la glaciation, un autoritarisme et un nationalisme conquérant assis sur la force de l’orthodoxie.
Le Pape Jean-Paul II (1920-2005) et Mikhaïl GORBATCHEV sont les liquidateurs du système communiste international. Curieusement cet effondrement s'est fait sans violence ou effusion de sang. Dans ses réformes, GORBATCHEV a mis fin au rôle du dirigeant du parti communiste, introduit l'élection dans certaines instances et une certaine liberté d'expression ; il a supprimé les camps de travail, les hôpitaux psychiatriques, libéré des dissidents et retiré les troupes soviétiques d'Afghanistan.
Très populaire en Occident, mais contesté en Russie, GORBATCHEV a été, de manière brève au pouvoir, mais il a pourtant considérablement secoué le système communiste. Le principal héritage de Mikhaïl GORBATCHEV est d’avoir mis fin à 70 ans de Guerre froide, en négociant la réduction de l'armement avec l'ultraconservateur président des Etats-Unis, Ronald REAGAN (1911-2004). Un fait majeur, et en dépit de la résistance du stalinien, Erich HONECKER (1912-1994) d'Allemagne de l'Est, GORBATCHEV a refusé toute intervention des troupes Soviétiques lors chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989. L’Allemagne, divisée depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a été réunifiée ; ce que n’avait pas apprécié François MITTERRAND (1916-1996), craignant que l’Allemagne, déjà forte en technologie, ne domine encore un plus la France par sa démographie la France.
Cependant, ces réformes ont conduit à la désintégration de l'URSS le 8 décembre 1991, pour céder la place à la fédération de Russie. De nombreux anciens pays de l’Est ont pu adhérer à l’Union européenne (Hongrie, Tchéquie, Roumanie, Lettonie, Lituanie, Pologne). La Nomenclatura et Boris YELTSIN (1931-2007), ainsi que la base confrontée à la dureté de la vie, l’ont violemment combattu.
Francis FUKUYAMA avait, s’inspirant d’Alexandre KOJEVE (1902-1968), annoncé, très hâtivement, la «fin de l'Histoire et le Dernier homme». Pour cet auteur, la fin de la Guerre froide serait le triomphe idéologique de la démocratie libérale et de ses idées. Or, si on a vu s'effondrer les derniers totalitarismes, on n'en a pas fini avec la violence, avec la guerre, avec l'injustice. Sans doute, et Francis FUUYAMA le sait bien, mais son propos est autre. Sa perspective est mondialiste. Nous savons que la révolution est terminée, qu'un cycle s'est achevé, et que le nouveau n'est peut-être que le retour du pire ou l'extension de ce qui existe. Il y aura donc toujours des raisons de se révolter contre l’injustice : «C’est quoi une vie d’homme ? C’est le combat entre l’ombre et la lumière. C’est une lutte entre l’espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur. Je suis du côté de l’espérance, mais une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté» écrit Aimé CESAIRE (1913-2008, voir mon article).
Une des conséquences majeures, pour les Africains, de la fin de la Guerre froide, de nombreux conflits, que l'on croyait insolubles, ont trouvé rapidement une issue. En effet, les Occidentaux qui nous bassinent à longueur de journée de concepts de «liberté» et de «démocratie», avaient toujours soutenu le régime de l’Apartheid, au nom de la lutte contre le communisme. Du même coup, Nelson MANDELA (1918-2013) a été libéré et l'Afrique du Sud a cessé de soutenir les rebelles en Angola et au Mozambique.
L'autre conséquence majeure, en Afrique, est l’espoir d’un monde nouveau, fondé sur le multilatéralisme et la justice dans la société internationale. Il y a eu, certes,  l'émergence du multipartisme et des conférences nationales en Afrique. Cependant, ces espoirs d'un monde nouveau ont été largement déçus. Le multiculturalisme ne signifie nullement pas la démocratie. Par ailleurs, là où on dénonce, et à juste titre les dictatures des pays communistes, en Afrique des régimes monarchiques et dynastiques sont protégés par la Françafrique. Bien des guerres locales injustes, coûteuses ont été engagées par les Occidentaux, et qu’ils ont toutes perdues. Ces guerres, comme dans le cas de la Libye, de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Syrie ont engendré l’expansion du terrorisme et des flots de réfugiés.
Comment évaluer l'avenir des pays dits communistes ?
«Gorbatchev, humaniste sincère et réformateur de bonne volonté, était d’abord le pur produit du système marxiste-léniniste : il lui était impossible de comprendre que le régime soviétique était irréformable. Irréformable parce que totalitaire» écrit Bernard LECOMTE. La démarche de GORBATCHEV est de changer le système, dans changer de système. Aussi, dès le début de son ère, de nombreuses questions avaient surgi : l’U.R.S.S est-elle réformable ? Comment va évoluer l’URSS et quelle ampleur les réformes économiques et sociales pourraient-elles prendre ?
Dans cette résurgence de la Guerre froide et les tensions autour du leadership mondial quelle, place de la Russie en Europe ?
A la suite de la Guerre contre l’Ukraine, on assiste à une résurgence de la Guerre froide qu’avait éteinte GORBATCHEV. Actuellement, la Russie rencontre partout la puissance américaine, acharnée à l’écarter du «grand jeu» énergétique et à la remplacer dans sa «zone d’intérêts». La Guerre en Ukraine n’est pas la nôtre, elle est celle du leadership entre les Etats-Unis, la Russie et la Chine.  Auparavant et après l’effondrement du régime communiste, la Russie avait tenté avec Boris ELTSTINE de «normaliser», sans succès, ses relations avec l’Occident. Tandis que Vladimir POUTINE, arrivé au pouvoir depuis le 7 mai 2000, a rendu puissance extérieure et fierté intérieure aux Russes, l’Occident se méfie de la Russie qu’il voit comme un pays où règne la corruption, peu regardant sur les droits de l’homme, en proie à de nombreux maux intérieurs et n’ayant pas renoncé à sa volonté de puissance extérieure. Vue de Russie, cette défiance est décourageante et inciterait le pouvoir russe à modérer ses efforts, pour plaire à l’Occident.
Pendant longtemps, et avant la fin de la Guerre froide, il y avait au sein du communisme international deux camps qui s'affrontaient : les prochinois et les pro-russes. La Chine a su préserver l’unité de son pays. Tout en affirmant l’attachement au système communiste, l’argent et la réussite sont devenus les nouveaux Dieux en Chine. On peut tout faire en Chine, sauf changer de système, en remettant en cause le système communiste.
Il est curieux de constater qu'en un temps record, la Chine a rattrapé son retard économique, au point même de concurrencer les États-Unis sur le plan du leadership mondial. En dépit des critiques des Occidentaux à l'encontre des Chinois, l'essentiel des entreprises occidentales, pour maximaliser leurs profits sont allées s'installer en Chinois. La Chine a même installé une nouvelle «route de la soie» et une coopérative avec de nombreuses pays africains en développant des infrastructures dans les pays du tiers-monde concurrençant ainsi les pré-carrés français et britanniques. La Chine qui a défendu la Corée du Nord, récupéré Hongkong n'a pas encore pu mettre la main sur Taïwan, premier grand pays de production de composantes électroniques au monde.
Tout au début de la pandémie du Covid-19, on avait assisté à une résurgence grave de la Guerre froide. En effet, la Chine avait été mise en difficulté par Donald TRUMP, au sujet des manipulations au laboratoire de Wuhan qui auraient conduit à cette catastrophe mondiale. Il semblerait que ce laboratoire avait été construit par la Chine en collaboration avec la France et les États-Unis ; quand les recherches ont été un peu avancées, la Chine s'est séparée de ses alliés Occidentaux. Erreur tragique.
Dans la gestion de cette crise sanitaire, l'Europe et les États-Unis ont été gravement touchés par cette pandémie. La démarche autoritaire de la Chine du confinement lui avait donné un avantage commercial sur les États-Unis. En effet, Donald TRUMP dans sa stratégie complotiste et gérant mal la pandémie a failli mener son pays au désastre humain et économique. Sans la santé rien ne va, notamment pour le business. De nos jours, la Chine, dans son entêtement d'une stratégie du zéro Covid-19, est en train de mener son pays à la perte. Par conséquent, sur le plan économique, et pour le leadership mondial, les États-Unis ont repris du poil de la bête.
Notre crise actuelle au plan international se situe donc à ce niveau : les États-Unis ont entrepris de s'imposer comme les maîtres du monde. Autre point sensible dans cette concurrence des grands pays du monde, la guerre en Ukraine est devenue un facteur de rapprochement entre la Chine et la Russie. Il est bien évident que ce qui se passe en Ukraine n'a rien à voir avec la défense de la liberté. Pendant longtemps, les différents présidents ukrainiens, notamment Petro POROCHENKO, président du 7 mai 2014 au 19 mai 2019, étaient des pro-russes. Les États-Unis ont appuyé la candidature de Volodymyr ZELENSKY, un comédien ayant planqué ses sous et sa famille à l’étranger, devenu président ukrainien depuis le 20 mai 2019. Cependant, et contrairement à leurs promesses, redoutant la réaction du Tsar des Russies, les Occidentaux ont tardé à faire adhérer l'Ukraine à l'OTAN et à l’Union européenne. C’est ce manque de résolution qui a déclenché cette invasion par la Russie de l'Ukraine.
Les risques d'une troisième guerre mondiale, à l'ère nucléaire, ne sont pas négligeables en raison de cette alliance entre la Chine et la Russie, et aucun Tirailleur ne viendra à la rescousse. Cette guerre en Ukraine, un pays abritant des centrales nucléaires dont celle de Tchernobyl ayant explosé, dans la nuit du 25 au 26 octobre 1986, du temps de GORBATCHEV, montre que le monde est au bord du gouffre. Face à ces menaces graves sur la paix mondiale, c'est quoi ce rêve des Occidentaux d'un «monde dit Global» ? En particulier, quelle est la place des pays du tiers-monde dans ce monde global ?
A tout le moins, la cherté de la vie et la dépendance au gaz russe, sont des signaux que l’interdépendance appelle à la négociation. «Nous vivons dans un environnement globalisé, nous ne l’avons cependant pas encore tout à fait compris. Nous n’avons pas appris non plus comment il nous est possible d’y vivre bien, d’y vivre tous. Cela me préoccupe depuis un certain temps déjà. Nous repérons trop tard les risques qui nous menacent. Et, lorsque nous finissons par les identifier, nous n’osons pas agir. La politique est lente face aux très rapides transformations qui nous affectent. J’ai été au pouvoir à une époque où mon pays et le reste du globe étaient mûrs pour d’immenses transformations. Nous avons relevé ces défis. Nous nous sommes parfois trompés dans nos évaluations et nous avons commis des erreurs. Mais nous avons su penser des changements d’ampleur historique de manière pacifique» écrit Michaïl GORBATCHEV dans «le futur du monde global».
«L'Europe de l'Atlantique à l'Oural» avait dit, à juste titre, le général Charles de GAULLE (1890-1970). L’alignement inconditionnel des Européens sur les Etats-Unis est incompréhensible. La Russie, intégrée un temps au G7, fait partie de L'Europe, comme l'Ukraine ces deux pays devraient rejoindre l'Union européenne. Bien d'anciens pays du bloc de l'Est sont déjà membres de l'union européenne, dont deux gouvernements autocritiques : la Pologne et la Hongrie. Rapprocher la Russie de l'union européenne, c'est réduire toutes ces tensions, en engageant une coopération plus juste et équitable au sein de la société internationale.
J'ai toujours pensé que toutes ces guerres, depuis les temps immémoriaux, loin de faire avancer l'humanité ne peuvent être que de considérables reculs. La paix, la négociation et la coopération sur des bases mutuellement avantageuses sont préférables à la confrontation. Cependant, ce discours de vérité et de réalisme politique est combattu par une puissante propagande des Occidentaux. En temps de guerre, même froide, la propagande et désinformation sont une arme «La première victime d’une guerre, c’est toujours la Vérité» avait Rudyard KIPLI NG (1865-1936), Prix Nobel de littérature. Quelle place occupe la morale dans la société internationale ? Les Occidentaux, drapés dans leur démocratie ethnique, luttent-ils vraiment pour la liberté, quand leurs entreprises sont installées massivement en Chine ? Quelle est la place du réalisme politique quand qu'ils ont besoin du gaz et du blé russe ainsi que la docilité des dictatures africaines afin de continuer à piller les matières premières du continent noir ? Pourquoi on déroule le tapis rouge pour les saoudiens ?
Jusqu’ici, ce qui avait fait la grande originalité de la France, c'est sa culture et son esprit critique source du progrès de l'esprit humain. C'est sur cette base qu'avait surgi la Révolution française contre tous les conservatismes. Au sortir de la Guerre, la France tout en restant attachée au libéralisme s'est dotée, sur la base des «Jours Heureux» d'un pacte social, qu'aucun gouvernement n'a fondamentalement mis en cause. Par conséquent, dans ce débat entre l’Occident et les pays communistes, c'est comment ici en France devrait concilier l'efficacité économique et la justice sociale. Un équilibre à trouver.
Or, une forte concentration des médias, notamment aux mains de puissants groupes financiers, empêche d'y voir clair et diminue, chaque jour, l'esprit critique des Français, au point que les enjeux fondamentaux sont noyés, dans d'autres considérations secondaires ou périphériques, comme les détails vestimentaires des musulmans ou l’immigration ; pendant ce temps le Rassemblement national, un ennemi de la République, ne cesse de progresser.
J'ai même entendu tout récemment un concept fumeux de notre jeune Président qui commence avoir des cheveux blancs : «la fin de l'abondance». Mais pour qui ? En 2021, et en pleine pandémie, 134 milliards profits ont été distribués. Cette guerre en Ukraine est une exceptionnelle aubaine pour les grands groupes financiers qui ont accumulé 174 milliards de profits ; et on veut imposer une énième réforme des retraites aux plus faibles.
En dépit de la fin de la Guerre froide depuis GORBATCHEV, la Françafrique continue d'agiter, dans son pré-carré, le chiffon rouge. L'Afrique, c'est encore sa chose. Pour le Français moyen, sans esprit critique, la France en Afrique défend les droits de l'homme et protège les Africains contre les Russes, les Chinois, l'islamisme, le terrorisme. Sans la France tout s'effondrerait. Pendant que la France défend vigoureusement l'indépendance de l'Ukraine, on a oublié que, depuis plus de 62 ans, la Françafrique a fait «Mains basses sur l'Afrique», en référence au titre d'un ouvrage de Mongo BETI (1932-2001, voir mon article).
La persistance d’une Françafrique arrogante et sûre d’elle-même est l’un des points de friction majeur de notre temps. «L'empire qui ne veut pas mourir : une histoire de la Françafrique» tel est le titre d'un ouvrage de mon ami Amzat BOUKARI-YABARA sur la Françafrique. Le bonheur des uns fait le malheur des autres ; la Françafrique ne veut naturellement pas lâcher le succulent gâteau que sont les matières premières africaines. Le système de la Françafrique (Voir mon article Charles de Gaulle et l’Afrique), cette indépendance dans la dépendance pour continuer à s'accaparer des matières premières africaines, est soigneusement occulté. Or les jeunesses africaines et l'opinion publique africaine réclament la Justice, l’Equité et une coopération mutuellement avantageuse. Par conséquent, s'entêter à ne pas remettre en cause cette Françafrique d’un autre âge, c'est sacrifier, à court ou moyen terme, les intérêts de la France en Afrique.
Indications bibliographiques
ABRAMOVIC (Roman), Histoire de l’Ukraine et de la Russie : Pourquoi la Russie envahit-elle l’Ukraine et que veut Poutine ?, Paris éditions Auto-édité, 2022, 87 pages ;
BORREL (Thomas), BOUKARI-YABARA (Amzat), COLLOMBAT (Benoît) DELTOMBE (Thomas), L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique. Guerre, pillages, racisme, coups d’Etat, corruption, assassinat, Paris, Seuil, octobre 2021, 101 pages ;
CARRERE-D’ENCAUSSE (Hélène), La Russie entre deux mondes, Paris, Fayard, 327 pages ;
GLASER (Antoine), Arrogant comme un Français en Afrique, Paris, Fayard, 2016, 192 pages ;
GORBATCHEV (Mikhaïl), Avant-Mémoires, Paris, Odile Jacob, 1993, 432 pages ;
GORBATCHEV (Mikhaïl), Le futur du monde global : le testament politique de Gorbatchev, traduit par François Mancip-Renaudie et Olivier Mannoni, Paris, Flammarion, 2019, 118 pages ;
GORBATCHEV (Mikhaïl), Mémoires : une vie et des réformes, traduction de Galia Ackermann, Michel Secinsky, Pierre Lorrain, Monaco, Le Rocher, Paris, P. Bertrand, 1997, 937 pages ;
GRATCHEV (Andreï), Gorbatchev, le pari perdu ? De la Perestroïka à l’implosion de l’URSS, préface d’Hubert Védrine, Paris, Armand Colin, 2011, 285 pages ;
FUKUYAMA (Francis), La fin de l’histoire et le Grand Homme, Paris, Flammarion, 2018, 656 pages ;
HELLER (Michel), 70 ans qui ébranlèrent le monde. Histoire de la politique de l’Union soviétique, traduit par Anne Coldefy-Faucard, Paris, Calmann-Lévy, 1988, 159 pages ;
KERBLAY (Basile), La Russie de Gorbatchev, Lyon, La Manufacture, 235 pages ;
LECOMTE (Bernard), Gorbatchev, Paris, Perrin, Tempus, 2014, 622 pages ;
LECOMTE (Bernard), Jean-Paul II et Gorbatchev, Paris, Perrin, Histoire, 2012, 19 pages ;
MANDRILLON (Marie-Hélène), «Trois questions sur l’URSS de Gorbatchev», Vingtième siècle, revue d’histoire, juillet-septembre 1989, n°23, pages 133-138 ;
SERINA (Guillaume), Reagan – Gorbatchev : Reykjavik, 1986 : le sommet de tous les espoirs, Paris, l’Archipel, 2016, 194 pages ;
TATU (Michel), Gorbatchev : l’URSS va-t-elle changer ?, Paris, Le Centurion, Le Monde, 1987, 269 pages ;
VERSCHAVE (François-Xavier), La Françafrique : le plus long scandale de la République, Paris, Stock, 1998, 384 pages ;
PIGEAUD (Fanny) N’DONGO (Samba, Sylla), L’arme invisible de la Françafrique : une histoire du Franc CFA, Paris, La Découverte,  2018, 227 pages ;
WERTH (Nicolas), Histoire de l’Union soviétique de Khrouchtchev à Gorbatchev : 1953-1985, Paris, PUF, Que sais-je ? 1995, 127 pages.
Paris, le 31 août 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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28 août 2022 7 28 /08 /août /2022 21:20
«Lilyan KESTELOOT (1931-2018), universitaire, citoyenne de l’universel et promotrice de la Négritude», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Lilyan KESTELOOT habitait à la rue Linné à Paris 5ème et moi, à l'époque, à la rue perpendiculaire, à la rue des Boulangers, au métro Jussieu. On se rencontrait souvent au bouquiniste, qui existe toujours, jouxtant son immeuble et où habitait également Georges PEREC (1936-1982), un écrivain et verbicruciste français, un ami de François MASPERO (1931-2015, voir mon article). Une femme accessible, spontanée et très curieuse des autres, loin de mettre la distance, comme certaines personnes superficielles et hautaines, on sentait, en Lilyan KESTELOOT, cette grandeur d'esprit, ce besoin de rencontrer l'autre, d'échanger et d'entrer en lui. L'autre l'Africain est devenu une part essentielle de son histoire et de sa vie. Au-delà de cette proximité géographique, je voyais régulièrement la professeure Lilyan KESTELOOT dans différents cercles littéraires parisiens souvent en compagnie du très sympathique Henri SENGHOR ou parfois seule, notamment au Musée Dapper, 35 bis rue Paul Valéry, à Paris 16ème, maintenant fermé depuis le 17 juin 2017, au Collège de France les 17 et 18 mars 2016, avec le triomphe d'Alain MABANCKOU, aux universités de Présence Africaine à la Colonie, à Paris 10ème, un lieu magique créé par Kader ATTIAS.
J'étais sous le choc, quand j'avais, le 28 février 2018, la disparition à Paris de Lilyan KESTELOOT. La carrière universitaire et la vie de la professeure Lilyan KESTELOOT universitaire belge, passionnée de l’Afrique et de ses cultures, se confondent avec l’histoire littéraire africaine. «Le créateur est non seulement producteur de sens mais surtout producteur de connaissances. En effet, elle aura fait connaître la quasi-totalité de la production littéraire du continent noir où se mêlent écriture et oralité» écrit la revue «le Nouvelliste». L’Afrique a pu, en dépit du contact avec les autres, une civilisation qui lui est spécifique estime Lilyan KESTELOOT. «La littérature est un art, mais c’est aussi une grande famille. Pour exister pleinement, elle a besoin de trois groupes interdépendants : les créateurs, les passeurs et les lecteurs. L’entreprise de fondation de la littérature négro-africaine, celle des pionniers de la négritude, n’aurait pas connu l’éclat qui est le sien sans le concours permanent, viscéral et fraternel de Lilyan Kesteloot» écrit Abdourahman WABERI. «Paradoxalement, c'est cette Européenne ayant connu une enfance coloniale dans le Congo belge qui m'a fait comprendre ce qu'était réellement la littérature africaine : un riche héritage traditionnel en langues africaines, le talent des premiers écrivains de langue française, l'histoire du mouvement de la négritude, ainsi que le foisonnement de la production contemporaine» écrit Véronique TADJO. En effet, Jean-Pierre ORBAN a posé cette question redoutable «comment est née sa vocation africaine ?». Pourquoi une femme belge, blanche, renonçant à l’européocentrisme ambiant, s’est-elle résolument, passionnée, en pionnière, pour la littérature de la négritude, au point d’en avoir fait le sens de sa vie ?
La professeure Lilyan KESTELOOT, qui écrivait sur l’Afrique, une femme modeste, est restée particulièrement discrète sur sa vie personnelle. «Elle (Lilyan Kesteloot) a longtemps refusé mes avances. Elle se méfiait de l'intrusion dans l'intime, avait ferraillé contre les biographes d'Aimé Césaire, qu'elle avait connu de près mais dont elle ne voulait rien révéler de personnel. Seuls comptaient l'œuvre et ce que l'auteur avait voulu y mettre. Le reste, surtout porté par les médias, c'était comme fouiller dans les tiroirs, sortir le linge, pas toujours très net» écrit Jean-Pierre ORBAN. Investie pour la liberté et la dignité de l’Afrique, Lilyan KESTELOOT a été choquée par les événements tragiques de 1989 entre la Mauritanie et le Sénégal ; des tueries ont eu lieu de part et d’autre de la frontière. Lilyan KESTELOOT découvre que même au pays de la Téranga, des violences intolérables peuvent advenir «J’avais l’impression d’avoir une blessure au ventre, comme si j’avais été ouverte là, par le milieu» dit-elle à Ari GOUNONGBE. C’est ce racisme latent qui a décidé finalement Lilyan KESTELOOT, quasi dépressive, à se confier à Ari GOUNONGBE, son biographe : «Tu voulais que je parle de moi, je suis d’accord et prête maintenant, peut-être que cela me fera du bien, comme une psychanalyse» dit-elle à Ari GOUNONGBE. En effet, Lilyan KESTELOOT, en Africaine authentique, se battait pour une Afrique libre et indépendante ; mais elle sent que cette perspective est désormais lointaine : «J’ai pris conscience que le mouvement de l’histoire ascendante de l’Afrique, dans lequel je croyais mettre inscrite, va dans l’autre sens et que nous sommes en situation de désintégration sur tous les plans. Je ne verrai donc pas, ce que j’ai souhaité pour ce continent» dit-elle à Ari GOUNONGBE.
Aussi, les documents concernant sa biographie sont rares. En 2013, et sous la direction d’Abdoulaye KEITA, un hommage, sans biographie, a été rendu à l’extraordinaire contribution littéraire de Lilyan KESTELOOT, chez Karthala, sous le titre : «Au carrefour des littératures Afrique-Europe». Nous disposons bien sûr du remarquable article de Jean-Pierre ORBAN paru dans «le Point Afrique», mais aussi de la biographie de Ari GOUNONGBE éditée par l’Harmattan en 2021. Naturellement, la principale source se sont aussi les écrits de cette exceptionnelle universitaire sur la culture africaine.
Après la soutenance de sa thèse, Lilyan KESTELOOT voulait retourner en Afrique, mais sous une perspective nouvelle «Repartir en Afrique, et cette fois, dans un autre esprit, pour y faire autre chose» dit-elle à Ari GOUNONGBE. Dans une logique de réparation et de culpabilité, Lilyan KESTELOOT s’engage à fond aux côtés des Africains : «Elle ne pouvait plus dire cette fois qu’elle ne savait pas que ce continent (africain) était opprimé, que cette oppression générait des frustrations, ressentiments, colères et révoltes. Elle ne pouvait plus faire comme si un tort profond n’avait pas été causé avec cette colonisation et son lot d’aliénation, de domination. Elle voulait contribuer à ce ça change, s’engage à détruire le racisme, à faire tomber les préjugés et les barrières, à épanouir» écrit Ari GOUNONGBE.
I – La professeure, Lilyan KESTELOOT, Citoyenne de l’Universel

La professeure KESTELOOT qui vivait entre Dakar et Paris, avec une maison secondaire en Auvergne, avait séjourné notamment au Congo, au Cameroun, en RCI et au Sénégal à partir de 1971, pendant plus de 20 ans. Elle a rencontré les grands écrivains de la négritude, notamment pour la préparation de sa thèse. Professeure à la faculté de Lettres à l'université de Cheikh Anta DIOP, puis directrice de recherches à l'IFAN, au laboratoire de littératures et civilisations africaines qu’elle avait fondé, Lilyan KESTELOOT est une grande spécialiste de SENGHOR, de la tradition orale, des récits épiques et de la Négritude. La professeure KESTELOOT a formé, et appuyé pour leur promotion, de grands universitaires sénégalais, ainsi que de nombreux étudiants. Cheffe de file pour une littérature africaine audacieuse et originale, elle s’est surtout distinguée par sa générosité, l’envie de partager son immense savoir ; c’est cela qui me semble, surtout, caractériser sa grandeur et sa noblesse d’esprit.
Quand on demande au professeur KESTELOOT pourquoi elle s'est intéressée aux écrivains africains et à la littérature orale de ce continent, elle n'a pas d'autre réponse que le silence de l'évidence. Dans conditions comment comprendre que la professeure Lilyan KESTELOOT, issue d'une famille de colons belges ségrégationnistes soit devenue une sénégalaise, une citoyenne de l'universel promotrice de la Négritude, et donc des valeurs culturelles africaines, et en a fait un objectif majeur de sa vie personnelle et professionnelle ? Comment donc J'ai essayé de savoir pourquoi une Belge ayant grandi au Congo, sous la domination coloniale, avec ses parents des colons, a épousé la cause de l'Afrique au point de s'identifier à sa culture et à ses traditions.
Immense figure de la Négritude, la professeure Lilyan KESTELOOT, née le 5 février 1931 à Bruxelles, son patronyme viendrait d’une variante du flamand de Castelot ou petit château, mais elle a grandi au Congo Kinshasa, le pays de Patrice LUMUMBA. «Savais-tu que j’ai grandi au Congo ? J’ai grandi dans le ventre du Congo. Je suis une vieille congolaise, une fille de l’Equateur, des forêts» dit-elle à Ari GOUNONGBE, son biographe. Son père, un colon, était au Congo, un capitaine de navigation avec «Steamer», un bateau à roue. La jeune Lilyan était sur le pont du bateau, et les Noirs, étaient, comme au temps de l’esclavage, au fond de la cale, avec les marchandises. Lilyan n'avait pas conscience de ce système de domination et de hiérarchisation des cultures et ne remettait pas en cause ce système d’Apartheid : «Je ne savais pas que cette séparation portait un nom : la ségrégation» dit Lilyan KESTELOOT.  Certes, ses parents traitaient bien leurs employés, en paternalistes, mais ils s’inscrivaient bien dans cette logique coloniale de la domination d’un peuple sur un autre, en l’exploitant. Pour ses parents, les Africains «ont d’autres mœurs, d’autres habitudes, d’autres goûts. De plus, ils n’ont pas les mêmes besoins que nous ; ils sont très heureux dans leur case». La jeune Lilyan, sans sentiment de culpabilité, ne se posait pas de question sur le système colonial : «Ma vision de mon enfance en Afrique : épatante. Oui, épatante. Je ne me posais pas de question et on ne me posait pas de problème. Les rapports avec les indigènes, comme on disait, étaient détendus. Et on avait bien sûr les préjugés des colons : on était là pour éduquer, soigner les Africains, avec une mission civilisatrice, missionnaire» dit-elle à Jean-Pierre ORBAN.
Ses parents, des colons belges, originaire d’Ostende, sont arrivés au Congo en 1928 «Son grand-père possédait une briqueterie. Un jour, il a tout lâché et s'en est allé voyager, laissant sa femme et ses deux fils. Le père de Lilyan a suivi des études de capitaine au long cours. Quand il s'est marié, il a cherché un emploi qui conciliait travail et vie de famille et s'est fait engager par la compagnie parastatale, l'Otraco, qui gérait les transports dans la colonie belge du Congo» écrit Jean-Pierre ORBAN. Conçue au Congo, Lilyan KESTELOOT est née à Bruxelles. Cependant, la jeune Lilyan est revenue vivre au Congo, avec ces parents jusqu’à ses 19 ans et repart en Belgique vers 1950. Jeune enfant, c'est sa mère qui lui apprend à lire et à écrire. «Tout, résume-t-elle. Je n'ai été à l'école qu'à 8 ans, quand je suis devenue pensionnaire pendant un an dans une institution catholique à la capitale Léopoldville» dit Lilyan KESTELOOT.
Curieusement, au départ, Lilyan KESTELOOT entame des études de droit pendant deux ans, puis s’oriente vers une carrière d’enseignante, en Lettres, à l’université catholique de Louvain, et rédige en maîtrise un mémoire sur Georges BERNANOS (1888-1948), un écrivain anticonformiste qui voulait secouer la doctrine de l’Eglise : « J’avais en moi, un profond besoin de changer le monde, mais pas de façon anarchique, peut-être réformiste ; c’est affreux, je sais pour les révolutionnaires d’être réformiste » dit-elle à Ari GOUNONGBE. Par conséquent, c’est l’anticolonialisme en gestation : «Il y avait un côté rebelle, anti-bourgeois, voire anarchiste, chez lui que j'aimais. Il crachait sur les tièdes, comme on disait. Et, sur le plan religieux, je passais par une crise et je commençais à ruer dans les brancards. Bernanos luttait contre les faux chrétiens qui affichent une religion et pratiquent le contraire, notamment sur le racisme» dit-elle à Jean-Pierre ORBAN. A Bruxelles, Lilyan KESTELOOT fréquente le Centre International de la rue Belliard, siège de l’Association des Amis de Présence Africaine. A la librairie, «Le Livre africain», elle découvre le «Cahier du retour au pays natal» d’Aimé CESAIRE. «Lilyan Kesteloot associera toujours Afrique noire et Antilles sous ce qui les réunit à ses yeux : la négritude. De ce moment-là, sans doute, elle ne poursuivra qu'une chose : décrire l'identité littéraire nègre, née en Afrique et essaimée dans les Amériques. À ce moment-là aussi resurgit le désir d'Afrique, l'envie du retour non pas au pays natal, mais au continent où elle a été conçue et formée» dit Jean-Pierre ORBAN. Mariée à 23 ans, à Marc LAGNEAU, un philosophe de formation le couple fréquentait, en Belgique, des cercles d’intellectuels favorables à l’indépendance de l’Afrique. Son premier mari était irascible, possessif et d’une jalousie maladive ; ils se sont donc séparés. Ils avaient eu un fils, Georges, disparu en été 1996. C’est Marc LAGNEAU qui a vraiment fait son éducation intellectuelle et lui recommande de faire une thèse sur la littérature négro-africaine. «Il n'y a pas de littérature africaine !» dira le professeur Joseph HANSE (1902-1992), grammairien. Aussi, Lilyan KESTELOOT se rend à Paris et rencontre Georges BALLANDIER (1920-2016) ethnologue et sociologue, qui l’aide à bien cadrer son questionnaire aux intellectuels et écrivains africains en France. «Nous sommes des Noirs et nous voulons avoir aussi notre place dans les trains que vous exaltez, le train de la liberté, le train de l’égalité, le train de la fraternité» tel est le slogan du congrès des écrivains et artistes noirs, organisé par Alioune DIOP, de Présence africaine, à Rome du 26 mars au 1er avril 1959. Lilyan KESTELOOT soutiendra sa thèse, «les auteurs noirs de langue française» en 1961 et sera publiée en 1963 sous le titre «Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature».
Par conséquent en fréquentant les dirigeants de la revue Esprit et de Présence africaine, une mutation idéologique profonde se produit en Lilyan KESTELOOT ; elle devient la plus ardente défenseuse de la cause africaine : «Après la Guerre, toute ma génération a pris conscience de certaines choses, entre autres, la notion de responsabilité collective et celle de l’illégitimité radicale de l’impérialisme occidental» dit-elle.
Enseignante au Cameroun, elle s’y remariera, après plusieurs années de vie commune, à Siméon FONGANG (1964-2000) ; le couple aura un fils, Frantz qui lui donnera une petite-fille, Louisiana et un petit-fils, Raphaël.
Lilyan KESTELLOT travaillera au Mali, à Madagascar et en Côte-d’Ivoire, où un ambassadeur français l’a faite licencier, la considérant comme subversive ou communiste, parce qu’elle enseignait la Négritude. La dernière étape sera le Sénégal, où Lilyan KESTELOOT est nommée d’abord par le président SENGHOR en qualité de conseillère du Ministère de la culture. Femme chercheuse indépendante, «elle a fait pour se soustraire à cette obligation. Elle ne s’y sentait pas bien, pas libre, pas autonome ; quelque peu aliénée. La servilité, le «larbinisme», ce n’est pas pour elle» écrit Ari GOUNONGBE. Lilyan KESTELOOT réussit à convaincre le président SENGHOR que sa place à l’université de Dakar où elle s’imposera comme la pionnière des études africaines. Par conséquent, Lilyan KESTELOOT a pris le chemin inverse de ces «Pieds-noirs» et Harkis, ces ressortissants français ou Algériens ayant choisi le camp français ; chassés d'Algérie en 1962, une partie d'entre eux ont provoqué un profond ressentiment à l'encontre des racisés. Jean-Marie LE PEN, l'OAS, les bombes et la torture sont le socle de l'idéologie raciste du Front national devenu rassemblement national, avec maintenant ses 89 députés à l'assemblée nationale française. En revanche, la Belgique vient de restituer les restes du corps de Patrice LUMUMBA (1925-1961, voir mon article) à sa famille et présenté ses excuses au peuple congolais. En revanche en France en 2021, le bicentenaire de la mort de Napoléon, celui avait rétabli l'esclavage en 1802, a été célébré en grandes pompes et la statue de Jean-Baptiste COLBERT et son Code noir, que Napoléon avait fait installer devant l'assemblée nationale, nous nargue toujours. Naturellement, les études africaines sont presque absentes des universités françaises. Bien des universitaires français issus de l'immigration se font d'abord recruter dans les universités américaines pour pouvoir par la suite être reconnus en France. En effet, Alain MABANCKOU avait triomphé en 2016 au Collège de France devant Lilyan KESTELOOT et Henri SENGHOR ; le grand auditorium, plein à craquer rejetait du monde (voir mon article Alain MABANCKOU triomphe au Collège de France sur Médiapart et Ferloo).
Femme libre et indépendante, Lilyan KESTELOOT finira par s’investir, toute sa vie, pour «l’Afrique, son indépendance, son émancipation. Une Afrique libre, forte, digne, organisée, cela son idéologie. Elle a cru à son avènement intellectuel, à sa restauration» écrit Ari GOUNONGBE, dans «Lilyan KESTELOOT, femme au cœur de la négritude». En effet, Lilyan KESTELOOT est conquise par la Mère-Afrique, «J’en avais fait un mythe, j’ai marché dans leurs mythes, j’ai vraiment fait partie de ce groupe de la Négritude de façon intime. J’ai été colonisée à mon tour ou alors était-ce aussi le geste de l’Amour» dit Lilyan KESTELOOT. En effet, elle estime que les nouveaux écrivains ont démissionné dans ce combat pour l’Afrique ; ils se sont désengagés, ne délivrent plus de messages d’espérance et ne parlent que pour leur promotion personnelle, et le reste «ils s’en foutent» dit-elle.
C’est Léopold Sédar SENGHOR qui a suggéré à Mme KESTELOOT de venir au Sénégal. Dans sa contribution littéraire, le professeur KESTELOOT s’est faite l’avocate passionnée de la Négritude dont les deux figures de proue sont Aimé CESAIRE et Léopold Sédar SENGHOR. En effet, le mouvement de la Négritude a mobilisé les intellectuels noirs d'Afrique et d'Amérique entre 1932 et 1960, pour protester contre le racisme, la ségrégation et la colonisation. Le pont sur l'Atlantique fut alors virtuellement réalisé, reliant l'Afrique à ses diasporas de l'autre rive, dans la prise de conscience de leur destin par les intellectuels noirs de toute provenance. Mme KESTELOOT a saisi l’occasion de cette ambiance culturelle pour rencontrer les plus grands écrivains noirs, notamment aux congrès de Paris en 1956 et à Rome. «La négritude n’aurait pas connu un tel éclat, sans Lilyan KESTELOOT» écrit Abdourahman WABERI, dans le journal Le Monde daté du 2 mars 2018.
II – Lilyan KESTELOOT, Promotrice de la Négritude

Une bibliographie de Lilyan KESTELOOT c’est surtout et avant tout, ses écrits sur la Négritude. En effet, la solidarité de Lilyan KESTELOOT, au-delà de sa vie personnelle, s'exprime avant tout à travers sa contribution littéraire, marquant ainsi son affection et sa grande estime pour l'Afrique et ses diasporas. «J'ai toujours été fascinée par ceux qui font le choix de l'Afrique, consciemment et pour la vie. Des hommes, des femmes qui se sont écartés de leur destin tracé d'avance pour s'aventurer sur une terre étrangère afin d'en épouser les causes, les aspirations, les joies et les défaites. Dans le cas de Lilyan Kesteloot, c'était sans doute parce qu'elle avait un sens profond du métissage et de l'interdépendance entre les cultures du monde entier» écrit Véronique TADJO.
Je découvre que la professeure Lilyan KESTELOOT est passionnée de la culture peule. Un jour, elle me dit qu’est-ce que cela veut dire «le Camaaba», ce crocodile mythique ? En effet, la professeure Lilyan KESTELOOT avait bien une connaissance très approfondie des mythes, les contes et les grandes épopées. Son livre «Kaïdara», un conte initiatique transcrit du peul et adapté en français avec Ahmadou Hampaté BA (1901-1990, voir mon article), est resté un grand classique. En fait, il y avait une grande proximité entre Amadou Hampâté BA, un africaniste sans concession, mais qui avait de nombreux amis occidentaux, donc un homme ouvert aux autres, tolérant. En effet, et même au Mali, Amadou BA, un Peul, vivait en symbiose avec la Bambara, les Dogon et les Sonraï. «Il nous appris qu’on peut être infiniment ouvert et disponible, tout en restant soi-même. Il résista d’autant mieux à la fascination de l’Occident qu’il le connaissait bien. Il fit ce que lui conseilla son père, il prit le bon et laissa le reste. Ses propres valeurs demeurèrent prioritaires. Il ne douta point de sa culture, ni de sa religion, mais il avait acquis, pour juger les hommes, cette philosophie souriante, sceptique et impartiale, qui lui permit, en toute circonstance, de garder la mesure et l’équité» écrit Lilyan KESTELOOT. J’ai envie de rajouter que ce sont là les vraies valeurs de «Neddo Ko Bandoum» ou la piété filiale des Peuls.
Dans «Soundiata l’enfant-lion», Lilyan KESTELOOT spécialiste de l’oralité africaine, a chanté les louanges des griots africains : «Ils ne savent pas lire, mais ils ont une excellente mémoire, et ils retiennent tout : les noms des rois, leur généalogie, les guerres et les héros, les lieux où ils combattirent, les villes conquises, les butins et les partages ; et puis aussi les fêtes, les mariages, les deuils et les héritages. Les griots sont des livres vivants» écrit-elle. En effet, la civilisation orale africaine transmise de génération en génération lors des veillées familiales ou les griots «n'a toujours cessé d'exister, même pendant la colonisation, d'animer les cours des chefferies, ni de proliférer avec une liberté et une virulence échappant au contrôle des étrangers ignorant d'habitude les langues indigènes» écrit Lilyan et dans son «Anthologie négro-africaine». Cependant, dans sa démarche, Lilyan KESTELOOT fait appel aussi aux écrits en arabe et dans les langues africaines (Swahili, Peul, Yoruba, Ouolof, Sotho, etc.) : «On désigne habituellement sous le nom de littérature négro-africaine ou africaine les oeuvres écrites en français, en anglais, en portugais par les Africains noirs. Il convient d’y englober les auteurs antillais et noirs américains entre les années 1920 et 1960, car le mouvement de la négritude a réuni les Noirs, ceux du continent comme ceux de la diaspora, dans un même effort de redressement de la race pour la conquête de sa liberté» écrit-elle en 2014, dans son «Précis de littérature africaine et antillaise».
Cependant, la littérature orale a ses limites «Si on ne lui (le griot) demande pas d'analyser ni de critiquer, on lui demande par contre une mémoire sans d6faut ; et de raconter intégralement ce qu'il est chargé de transmettre» écrit Lilyan KESTELOOT. Le griot a pour fonction de frapper l’imagination en racontant une histoire ; il s’agit de plaire et de rendre mythique l’Histoire «son but est esthétique ; ses qualités ne seront pas la pr6cision ni l'exactitude, mais le beau langage» dit-elle. Cependant, des valeurs africaines et universelles sous-tendent ces histoires : le courage, l’honneur, la dignité, l’orgueil, l’intelligence, la réprobation de l’injustice et la subtilité.
«La colonisation fonde sa légitimité sur une absence de culture et d’histoire des colonisés. La politique d’assimilation prétend y remédier en inculquant à ces populations «notre culture» et «notre histoire». Ce que réalise l’école coloniale qui enseigne dans toute l’Afrique la seule histoire de l’Europe, celle de «nos ancêtres les Gaulois» écrit Lilyan KESTELOOT en 2012, dans «la littérature négro-africaine face à l’histoire». Par conséquent, Lilyan KESTELOOT recommande aux écrivains d’éviter tout repli national trop étriqué, d’avoir une démarche panafricaniste. Certains même vont plus loin, le rôle de l’écrivain aurait changé, et ne devrait plus se réclamer no de la négritude ni même de l’africanité ;  un auteur devrait se positionner comme «écrivain à part entière», sans détermination de couleur, d’histoire ou de continent. Il appartiendrait à une «Littérature-monde». Il est normal que les écrivains de notre temps, n’aient pas les mêmes angles d’attaques que ceux de la Négritude. Cependant, «C’est une littérature de refus de révolte qui poursuit. Les nouveaux auteurs sont témoins de leur temps, de leurs congénères, de leurs misères ; comme eux enfin, ils essaient par l’écriture, d’exorciser un destin insupportable » écrit Lilyan KESTELOOT dans «l’écrivain africain aujourd’hui».  En effet, comme le dit TCHIKAYA U Tam’si (1931-1988) : «Je suis nègre, cela prend le sens d’une déception. Tant pis pour le faible, le pauvre, l’étranger, le Noir… il est dur de vivre à côté des Blancs et de leur assurance, il faut avoir les nerfs bien accrochés pour ne pas sombrer, une force surhumaine qu’on n’a pas, de supporter le poids de nos conditions, de notre être qu’ils ont dépecé» écrit-il.
Lilyan KESTELOOT a posé les termes du débat dans son «Anthologie négro-africaine» dont l'ambition est de présenter l'ensemble des œuvres littéraires orales et écrites exprimant la vision du monde de l'Afrique et ses diasporas. L'Afrique n'est pas qu'une référence géographique, elle est avant tout une référence culturelle majeure. Cette dimension culturelle intègre les chants, les danses, les masques, les proses, les poèmes et le théâtre ; bref toute œuvre de l'esprit dans laquelle se manifeste le génie africain.
Lilyan KESTELOOT fait état aussi de la littérature négro-africaine écrite moderne dans sa manifestation d'une culture ; c'est-à-dire au moment où «les Noirs ont exprimé leur propre culture et non plus celle de leurs maîtres Occidentaux. Or, cette désaliénation de l'expression littéraire n'a pu se faire, chez les Noirs, qu'à lumière d'une prise de conscience douloureuse de leur situation socio-politique», écrit Lilyan KESTELOOT. Par conséquent, la littérature noire s'est construite dans le déchirement et le combat pour la dignité et la liberté. La Négritude porte les stigmates de cette orientation littéraire et devient, pour les Noirs, une «manière de vivre, de voir, de comprendre, d'agir sur l'univers qui les entoure ; leur façon bien à eux, de penser, de s'exprimer, de parler, de sculpter, de raconter des histoires, de faire de la musique comme de faire de la politique ; bref, une authenticité retrouvée» écrit Lilyan KESTELOOT.
Dans ce panorama de la littérature négro-africaine de 1918 à 1981, bien que «l'Afrique-Mère», soit le berceau et la source de cette civilisation, Lilyan KESTELOOT a eu le génie de montrer ce mouvement de va-et-vient entre l'Afrique et ses diasporas des Amériques, des Antilles et de l'Europe. En effet, Lilyan KESTELOOT brosse avant tout l'histoire littéraire venant du «vent de l'Amérique noire», le combat de ces grands intellectuels afro-américains, des anciens esclaves qui n'ont pas oublié leurs racines américaines, WEB du BOIS avec ses «âmes du peuple noir» le mouvement de «Harlem Renaissance» (Langston HUGHES, Claude McKAY ou Countee CULLEN) ainsi que l'école Haïtienne notamment avec Jacques ROUMAIN.
Lily KESTELOOT finira présenter les tenants de la Négritude originelle que sont Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) et Aimé CESAIRE (1913-2008). «La négritude est la simple reconnaissance du fait d'être Noir, et l'acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture» écrit en 1939, Aimé CESAIRE dans le «Cahier d'un retour au pays natal».  A la Négritude, Lilyan KESTELOOT y associera un grand oublié de l'Histoire, le poète guyanais Léon-Gontran DAMAS (1912-1978) : «Nous n'avons pas besoin d’être trois pères pour créer un mot. Il n’est pas nécessaire de conjuguer l’effort de trois Nègres pour lui donner jour» dira Léon-Gontran DAMAS. Cette Anthologie couvre les différentes aires géographiques et historiques aussi l'Afrique francophone qu'anglophone, avant et après les indépendances. En particulier, Lilyan KESTELOOT fait de «l'aventure ambiguë» du sénégalais Cheikh Hamidou KANE, un roman de 1961 exposant un conflit de valeurs. Le héros du roman, Samba DIALLO, un aristocrate peul du Fouta-Toro, musulman et inscrit à l'école coranique ou «le foyer ardent», doit-il aussi aller à l'aube des indépendances à l'école française ? L'école française apprend «à vaincre sans avoir raison» mais elle fait aussi des élites africaines des déracinés et des décérébrés. Pour Cheikh Hamidou KANE, à travers son «aventure ambiguë», ce n'est pas une question de «races» mais de différences culturelles. Dans la Négritude, l'Africain doit faire une bonne synthèse entre le cultures occidentale et africaine, ou bien il périra. Il faudrait donc prendre les bonnes choses de chaque côté. Le choix que «la Grande Royale», dans «L’Aventure ambiguë», fait pour son peuple, est celui d’une formation dont l’objectif majeur est d’aguerrir les jeunes dans la quête du savoir, en vue de leur réussite dans la vie.
Lilyan KESTELOOT a consacré une biographie à Aimé CESAIRE, «un grand poète noir» de la décolonisation, un surréaliste, comme l’avait surnommé André BRETON, dont le thème centrale de la contribution littéraire est la Négritude. Il faut assumer sa négritude, ne pas avoir honte d’être Noir et revendiquer, fièrement, ses attaches africaines. En grand humaniste et universaliste, CESAIRE a pris fait et cause pour les humiliés et les offensés. Certains reprochent à CESAIRE d’avoir un style hermétique, difficile «Le lui reprocher est absurde : le problème est, pour un vrai poète, n’étant pas de plaire, ni de choisir son langage selon le goût d’autrui, mais de découvrir et d’expulser les mots, les vrais mots qui expriment ce qu’il ressent, qui lui permettent de mieux coïncider avec lui-même, d’exorciser ses obsessions et de les dépasser, d’abolir ses contradictions, ne fut-ce que le temps d’un poème à l’autre» écrit Lilyan KESTELOOT. Certes, CESAIRE, utilisant souvent des symboles ambigus ou polysémiques, est difficile d’accès, mais si on prend ses poèmes un à un, «si on les lit et les relit avec attention, on est presque frappé par un éclair qui nous en livre la signification majeure» précise Lilyan KESTELOOT. La vie de CESAIRE est un crocodile patient, la montagne Pelé de la Martinique et son volcan endormi.
Aimé CESAIRE a écrit «le cahier d’un retour au pays natal» entre 1935 et 1938, un texte inclassable, oscillant entre poème, monologue, journal, pamphlet ou essai. Un document fondamental dans la mutation idéologique de Lilyan KESTELOOT. Dans ce texte, influencé notamment RIMBAUD, VERLAINE ou BAUDELAIRE, Aimé CESAIRE accumule des néologismes bâtis sur le latin et le grec, des mots techniques relevant la médecine, de l’anthropologie, de la zoologie, de la botanique ou de la géographie, avec des allusions à l’histoire ou aux dialectes des Antilles. «Ce Cahier n’est pas né directement de la situation coloniale ; il est né d’abord de parents droits et exigeants, pour eux-mêmes comme pour les autres» écrit Lilyan KESTELOOT.
Lilyan KESTELOOT, par son séjour prolongé en Afrique et sa proximité avec la Négritude, s’est intéressée aux forces de l’esprit. Ce qui caractérise l’Afrique, c’est sa profonde religiosité. «On ne peut étudier un écrivain de la Négritude en évacuant totalement son idéologie. Celle de Senghor est fortement imprégnée de sa métaphysique. Il s’est toujours présenté comme un catholique pratiquant. La religion est en effet pour Senghor une source d’inspiration féconde. La mort et la religion sont les deux thèmes qui dominent fréquemment ses élégies» écrit Lilyan KESTELOOT le 20 octobre 1986, dans «Senghor et la religion. Ambivalence et ambiguïté». Cependant, le monde sérère n’a pas totalement abandonné certains cultes animistes. En effet, tout jeune, il avait accompagné son oncle maternel, Wally, au bois sacré où il nourrissait les serpents de famille. Par ailleurs, les marabouts sénégalais sont débordants de prophéties et généreux en bénédictions et les sorciers en gris-gris,
A la suite de la disparition de la professeure Lilyan KESTELOOT, le 28 février 2019, Kathleen GISSELS, de l’université d’Anvers écrira, en hommage : «Elle vient de traverser le pont pour Dakar : Lilyan KESTELOOT a rejoint l’Afrique». Femme hautement indépendante Lilyan KESTELOOT estime avoir bien rempli sa mission «J’ai fait, à peu près, ce que je voulais dans ma vie et ce n’est pas parce que je suis une femme que je ne suis pas arrivée à tel ou tel sommet social, mais parce que j’ai un caractère difficilement intégrable ; je n’ai pas le caractère qu’il faut pour grimper haut» dit-elle à Ari GOUNONGBE. «Lilyan souhaitait terminer sa vie comme un bon apprenti consciencieux de la vérité du monde» dit Ari GOUNONGBE.
Indications bibliographiques
I – Contributions de Lilyan Kesteloot
KESTELOOT (Lilyan) BA (Mamadou-Souley), HÉNANE (René), Introduction à Moi, laminaire d’Aimé Césaire, Paris, L’Harmattan, 2012, 275 pages ;
KESTELOOT (Lilyan) DIAGNE (Andrée-Marie), Précis de littérature africaine et antillaise. Histoire, œuvres et auteursDakar, IFAN-UCAD, UCAD-FASTEF, 2014 et 2019, 96 pages ;
KESTELOOT (Lilyan) DIENG (Bassirou), DIOF (Jean-Léopold), Du Tiéddo au Talibé : contes et mythes ouolofs, Paris, L’Harmattan, 2015, 250 pages ;
KESTELOOT (Lilyan) GOUNONGBE (Ari), Les grandes figures de la négritude-Paroles privéesL’Harmattan, 2007, 164 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), «Acteurs et valeurs dans l’épopée bambara de Ségou», Revue canadienne des études africaines, 1972, Vol 6, n°1, pages 29-41 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Amadou Hampâté Ba : de l’initié peul à l’humaniste œcuménique», Littérature peule, 2005 n°5, pages 15-20 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Césaire et les ambiguïtés du métissage», in Claire Mestre, Hélène Asensi,  Marie-Rose Moro, Vivre c’est résister. Textes pour Germaine Tillion et Aimé CésaireParis, La Pensée Sauvage, collection Petite bibliothèque de l’autre, 2010, 200 pages, spéc pages 189-193 ;  
KESTELOOT (Lilyan), «Correra Issagha, Samba Guéladio. Epopée peule du Fuuta Tooro, Texte Pulaar par Amadou Kamara», Revue française d’histoire d’Outre-mer, 3ème trimestre 1994, tome 81, n°304, pages 373 ;
KESTELOOT (Lilyan), «De l’intérêt et des aléas de l’édition critique de Césaire et autres poètes», Présence africaine, 2014, Vol 189, n°1, pages 183-193 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Diawara (Mamadou) : la graine de la parole. Dimension sociale et politique des traditions orales du royaume de Jaara (Mali) du XVème au milieu du XIXème siècle», Revue française d’histoire d’Outre-mer, 1992, Vol 799, n°295, pages 266-268 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Du pouvoir à la métaphysique dans le mythe de Seth et Horus», Présence africaine, 1989, Vol 1-2, n°149-150, pages 193-202 ;
KESTELOOT (Lilyan), «L’écrivain africain aujourd’hui : mise au point», Présence africaine, 2010, Vol 1-2, n°181-182, pages 275-379 ;
KESTELOOT (Lilyan), «La littérature négro-africaine face à l’histoire de l’Afrique», Afrique contemporaine, 2012, Vol 1, n°241, pages 43-53 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Les épopées de l’Ouest-africain», Présence africaine, 1966, Vol 2, n°58, pages 204-209 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Mythe, religion et pouvoir dans les épopées du groupe mandingue», 13 pages, texte en ligne ;
KESTELOOT (Lilyan), «Négritude et créolité», Christiane Albert, sous la direction de, Francophonie et identités culturelles, Paris, Karthala, 1999, 338 pages, spéc pages 39-48 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Senghor et la religion. Ambivalence et ambiguïté», Littératures, 1986, Vol 15, n°1, pages 161-165 ;
KESTELOOT (Lilyan), «Une épopée peule : «Silamaka» (traduction. Amadou Hampâté Ba», L’Homme, janvier-mars 1968, Vol 8, n°1, pages 5-36 ;
KESTELOOT (Lilyan), Anthologie négro-africaine : Critique des poétes, prosateurs, poètes et dramaturges noirs du XXème siècle, Paris, Marabout, 1978, 430 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), BA (Mamadou, Soulèye), HENANE (René), Introduction à Moi, Laminaire, d’Aimé Césaire, étude critique, Paris, L’Harmattan, 2012, 278 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Biton Koulibaly, fondateur de l’empire de Ségou, Dakar, Abidjan, Lomé, Nouvelles éditions africaines, 1983, 96 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Césaire et Senghor, un pont sur l’Atlantique, Paris, L’Harmattan, 2006, 200 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Chaka Zoulou, fils du Ciel, Paris, Casterman, 2010, 91 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Comprendre cahier d’un retour au pays natal, Paris, L’Harmattan, 2008, 128 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Comprendre les poèmes de L.S Senghor, Paris, L’Harmattan, 2008, 144 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), CONDE (Maryse), TIROLIEN (Guy), Dieu nous l’a donné. Pièce en 5 actes, Paris, P.J Oswald, 1972, 75 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Contes fables et récits du Sénégal, Paris, Karthala, 2006, 202 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), DIENG (Bassirou), Contes et mythes Ouolofs du Tiéddo au Talibé, Paris, Présence Africaine, ACCT, Dakar, IFAN, 2015, 250 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), DIENG (Bassirou), Les épopées noires, Paris, Karthala, UNESCO, 1997, 626 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Dieu du Sahel, voyage à travers les mythes du Seth à Tyamaba, Paris, L’Harmattan, 2007, 328 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), GOUNONGBE (Ari), «Réalités et fantasmes chez les romancières sénégalaises», Fatou Sow, sous la direction de, La recherche féministe francophone : langue, identité et enjeux, Paris, Karthala, 2009, 686 pages, spéc pages 205-215 ;
KESTELOOT (Lilyan), GOUNONGBE (Ari), Les grandes figures de la Négritude, paroles privées, Paris, L’Harmattan, 2007, 164 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Histoire de la littérature négro-africaine, Paris, Karthala, AUF, 2001, 386 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Intellectual Origins of the African Revolution, Washington, Black Orpheus Press, 1972, 128 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), KOTCHY (Barthélémy), Aimé Césaire : l’homme et l’œuvre, précédé d’un texte de Michel Leiris, Paris, Présence Africaine, 1973, 280 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), KOTCHY (Barthélémy), LEIRIS (Michel), Aimé Césaire : l’homme et l’œuvre, Paris, Présence africaine, 1973, 258 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), L’épopée Bambara de Ségou, recueillie et traduite en collaboration avec Amadou Traoré et Jean-Baptiste Traoré, Paris, Orizons, 2010, 328 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), L’épopée traditionnelle, Paris, Fernand Nathan, 1971, 63 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), La poésie traditionnelle, Paris, Fernand Nathan, 1971, 63 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Les écrivains noirs de langue française : naissance d’une littérature, Bruxelles, éditions de l’université de Bruxelles, 1967, 343 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Mémento de la littérature africaine et antillaise, histoire, auteurs et ouvrages, Versailles, Les Classiques africains, Dakar, CAEC-Khoudia, 1995, 61 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Négritude africaine, négritude caraïbe, Centre d’études francophones, Université Paris-Nord, Nivelles (Belgique), Éditions de la Francité, 1973, pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Négritude et situation coloniale, Yaoundé, éditions CLE, 2010, 124 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Neuf poèmes camerounais, anthologie, Yaoundé, Clé, 1971, 111 pages ;
KESTELOOT (Lilyan), Soundiata, l’enfant-lion, Bruxelles, Casterman, 2010, 112 pages.
II – Critiques de Lilyan Kesteloot
Anonyme, «Lilyan Kesteloot à fond dans son rôle de passeur», Le Nouvelliste du 16 mars 2018, en ligne ;
Association internationale de climatologie, Institut de géographie, En hommage à Siméon Fongang, Panagiotis Maheras éditeur scientifique, Dakar, 12ème colloque international de climatologie des 16-18 novembre 1999, Thessaloniki, département de météorologie, Aix-en-Provence, 2000, 498 pages ;
BA (Mamadou), «A propos de Lilyan Kesteloot», Carnets de littérature africaine, 2018, vol 46, pages 113-126 ;
BENARAB (Abdelkader), Fanon, l’homme de rupture, préface de Lilyan Kesteloot, Constantine, Bahaeddine éditions, Paris, Alfabarre, 2011, 82 pages ;
DERIVE (Jean), «Lilyan Kesteloot (1931-2018), mon amie, tu nous manques», Journal de la société des africanistes, 2018, vol 88, n°2, pages 129-133 ;
EDWIN (Jahiel), «Aimé Césaire, Lilyan Kesteloot», Book Abroad, 1963, vol 37, n°4, page 410 ;
GOUNONGBE (Ari), Lilyan Kesteloot, femme au cœur de la Négritude, Paris, L’Harmattan, 2021, 147 pages ;
GYSSELS (Kathleen), «Hommage à Lilyan Kesteloot (1931-2018)», Nouvelles études francophones, University of Nebraska, 2019, vol 34, n°2, pages 1-4 ;
GYSSELS (Kathleen), «Lilyan Kesteloot’s Long-Lasting Imprint on Afrodiasporic Studies. An Obtuary, February 15, 1931 – February 28, 2018», The Journal of Haitian Studies, 2019, Vol 25, n°1, pages 86-94 ;
KEITA (Abdoulaye) sous la direction de, Au carrefour des littératures Afrique-Europe, Paris, Karthala, Dakar, IFAN, 2013, 372 pages ;
LABURTHE-TOLRA (Philippe), «Kesteloot, Lilyan, Dieux d'eau du Sahel. Voyage à travers les mythes de Seth à Tyamaba», Journal des africanistes, 2008, Vol 78 n°1-2, pages 347-348 ;
LAGNEAU (Marc), Philosophie et politique. La polémique entre Marx et Stirner, Université catholique de Louvain, 17 mars 1967, 88 pages ;
LANGLEY (J. Ayodele), «Négritude et situation coloniale, Lilyan Kesteloot», Journal of Religion in Africa, 1971, vol 4, n°1, pages 74-76 ;
LY (Amadou), «Lilyan Kesteloot, in Memoriam», L’AS, du 6 mars 2018 ;
LY (Amadou), «Lilyan Kesteloot, une pionnière à l’université de Dakar», Etudes de littérature africaine, 2018, vol 46, pages 113-116 ;
MARIN LA MESLEE (Valérie), «Lilyan Kesteloot : la grande défricheuse des littératures africaines s’en est allée», Le Point Afrique, du 1er mars 2018 ;
MATESO (Losa), La littérature africaine et sa critique, Paris, A.C.C.T-Karthala, 1986, 400 pages ;
MIDIOHOUAN (Guy-Ossito), «Lilyan Kesteloot et l’histoire de la littérature négro-africaine», Nottingham French Studies, automne 2003, Vol 42, n°2, pages 113-127 ;
ORBAN (Jean-Pierre), «Comment est née sa vocation africaine ?», Le Point Afrique, du 15 mars 2018 ;
RFI, «Lilyan Kesteloot, une grande pionnière des études africaines», 20 novembre 2013 ;
SARR (Felwine), «Lilyan Kesteloot, la pioche jusqu’au bout», Etudes littéraires africaines, 2018, vol 46, pages 117-118 ;
SEBASONI (S.), «Négritude et situation coloniale. Lilyan Kesteloot», Civilisations, 1969, vol 19, n°2, pages 272-273 ;
TADJO (Véronique), «Lilyan Kesteloot, le choix de l’Afrique», Le Point Afrique, du 2 mars 2018 ;
Université Cheikh Anta Diop, «Colloque international en hommage à Lilyan Kesteloot», Dakar, UCAD, du 15 au 17 janvier 2019 ;
WABERI (Abdourahman), «Négritude n’aurait pas connu un tel éclat sans Lilyan Kesteloot», Le Monde Afrique, du 2 mars 2018.
Paris, le 1er mars 2018, actualisé le 17 août 2022, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
«Lilyan KESTELOOT (1931-2018), universitaire, citoyenne de l’universel et promotrice de la Négritude», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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26 août 2022 5 26 /08 /août /2022 23:00
«La Côte d'Azur, un lieu de villégiature, de souvenir, d'inspiration des écrivains et artistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Tout ici rayonne, tout fleurit, tout chante. Le soleil, la femme, l'amour, sont chez eux. J'en ai encore le resplendissement dans les yeux, dans l'âme» écrit Victor HUGO (1802-1885) à propos de la Côte d'Azur. La Côte d'Azur, haut lieu de villégiature, symbolise, à elle seule, la grande beauté et la diversité de la France. On trouve dans ce pays, la mer, la montagne, et même le désert à travers la dune du Pilat. «La France est le plus beau royaume, après celui du Ciel» écrit Hugo GROTUIS (1583-1645), un jurisconsulte hollandais. En effet, les grands écrivains ont célébré la beauté des paysages, de la pierre, de la mer ou de la lumière de la Côte d'Azur, une grande source d'inspiration pour une création littéraire ou artistique. Guy de MAUPASSANT (1850-1893, voir mon article) séjournait souvent à Golfe-Juan, à Antibes et à Cannes et parcourait la mer au bord de son bateau, Bel-Ami «L’âme a la couleur du regard. L’âme seule porte en elle du rêve ; elle a pris son azur aux flot et à l’espace» écrit-il. La Côte d'Azur, son beau temps et son esprit carte postale, est avant tout perçue comme un lieu de fête avec parfois ses extravagances et ses excès. «A partir de novembre, pour les clochards, il n’y a que deux solutions : la Côte d’Azur ou la prison» dit Michel AUDIARD (1920-1985).
Si j'ai choisi Cannes, c'est en raison de son emplacement géographique pour pouvoir me déplacer facilement sur la Côte d'Azur et le Var tout proche. Jean-Philippe, un grand supporter du PSG, redoute d'aller à Marseille. Aussi, on est allé l'île de Porquerolles, dans le Var. Pas si simple de se rendre de Cannes à l’Ile de Porquerolles ;  il fallait un train pour Toulon, un autre pour Hyères, et delà prendre un bus 67 direction  «La Tour Fondue» ; un bateau vous transporte sur cette île Porquerolles qui vaut bien le détour. Les déplacements à Porquerolles se font souvent à vélo. Sylvia FOURNIER (1887-1971) est la pionnière du tourisme à Porquerolles et sa famille a attiré de nombreux ouvriers venus d’Italie. François-Ferdinand FOURNIER (1857-1935) est un homme qui est parti de rien. Né dans une cale de bateau, il était destiné à évoluer dans la misère. Mais il a eu envie de plus. Il est donc allé travailler dans un laboratoire, puis il a pris la mer pour explorer de nouvelles contrées. C’est au Mexique qu’il fait fortune. Après 5 années de recherches infructueuses, il découvre une mine d’or. La Veta Verde, la mine la plus riche du pays. François Ferdinand Fournier en extraira 96 tonnes d’or fin. C’est grâce à cette fortune qu’il pourra acquérir, en 1912, l’île de Porquerolles à son retour en France. L’île de Porquerolles, dévastée par un incendie, le couple FOURNIER travailla durement afin de la rendre agréable à vivre et propice au tourisme.
Cannes anciennement appelée Canoas en ligurien, signifie «sommet» ou «hauteur », en référence au village fortifié sur la colline. De là, on l'a appelé Canua, Canoïs, Canue et Cano, prendra, en 1793, son nom définitif, Cannes. C’était un tout petit village de pêcheurs depuis le IXème siècle jusqu’à ce que la gentry anglaise, notamment Lord Henry Peter BROUGHAM (1778-1868), découvre ce coin charmant maintenant mondialement connu grâce au festival du cinéma et à la Croisette et ses grands hôtels, le Majestic, le Carleton et le Martinez.
Ce qu'on sait le moins de Cannes, c'est que Galandou DIOUF (1875-1941), le député du Sénégal à l'assemblée nationale française y avait vécu et est mort dans cette ville, comme d'ailleurs Prosper MERIMEE (1803-1870). Galandou DIOUF avait remplacé en 1934, Blaise DIAGNE (1872-1934, voir mon article) depuis de 1914 jusqu'à sa mort. Galandou DIOUF avait comme assistante parlementaire Paulette NARDAL (1896-1935 voir mon article). Il y avait un salon littéraire chez les sœurs NARDAL dans les Hauts-de-Seine et le jeune Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) convoitait une des sœurs NARDAL qui «l'avait frappé le bâton » un terme ouolof, équivalent à repousser ses avances. Paulette NARDAL qui voulait découvrir l'Afrique est allée au Sénégal avec Galandou DIOUF voir sa famille à Dakar, à Rufisque et à Saint-Louis et le raconte dans ses mémoires. Si l'histoire n'a pas retenu l'histoire n'a pas retenu le nom de Galandou DIOUF il fait partie des députés qui avaient voté les pleins pouvoirs au maréchal Philippe PETAIN (1856-1951).
Signalons que des Sénégalais privilégiés résident à Cannes, le footballeur Patrick VIEIRA au Cannet. Il faudrait aussi rendre un vibrant hommage à deux monstres sacrés du cinéma sénégalais qui ont eu leur heure de gloire à Cannes : SEMBENE Ousmane (1923-2007, voir mon article) notamment avec ses films «Moolaadé» un titre en peul signifiant réfugié, «Borom Charrette» et «La Noire de ...» et Djibril Diop Mambéty (1945-1998), son fameux «Touki Bouki» et «Hyènes».
Au-delà des cotillons et des paillettes de la Côte d'Azur, il y a aussi ces «Hommes du souterrain» un clin d’œil à un roman de Fiodor DOSTOIEVESKI (1821-1881), ces héros du quotidien, ces hommes invisibles venus d'Afrique. En effet, dans une certaine mesure, et de nos jours, le Sénégal est toujours présent à Cannes. D'une part, il existe de nombreux «Banabana» ou commerçants ambulants, souvent des Ouolofs qui vendent des chapeaux ou des lunettes de soleil sur la Croisette. D’autre part, J'ai vu aussi des Sénégalaises faire des tresses aux Européennes, les scandinaves en raffolent. L’industrie de l’hôtellerie et de la restauration, très florissante sur la Côte d’Azur, emploie de nombreux Africain travaillant, en dehors du gardiennage, non pas en salle ou en qualité de bagagistes, mais dans les caves ou les sous-sols. Une minorité invisible.
Pour l'instant, destination Vintimille et par la suite Monaco, c'est là où est enterrée Joséphine BAKER (1906-1975, voir mon article). Le président MACRON a fait apposer au Panthéon une plaque en la mémoire de cette première grande artiste noire internationale au début du XXème siècle.
Saint-Tropez, dans le Var, est à 1 heure 15 en bateau de Cannes ; par la route, c'est bien compliqué. Toutes les stars dont Brigitte BARDOT, Nicolas SARKOZY, Brad PITT et Johnny DEPP, y habitent. La série des gendarmes avec Louis de FUNES (1914-1983), y a été tournée. De son vivant Eddy BARCLEY (1921-2005) et Johnny HALLYDAY (1943-2017, voir mon article) donnaient de grandes fêtes à Saint-Tropez.
La Côte d’Azur n'est pas seulement pour moi qu'un instant estival de répit ; c'est pour moi, dans les temps anciens, de bons souvenirs qui remontent à la surface. Oui, je me rappelle bien de Juan-les-Pins, l'avenue Guy de Maupassant, juste devant la plage, oncle Samba Daouda NDIAYE, y possédait un restaurant. Pendant les grandes et petites vacances, le soir quand Oncle Samba repartait sur Nice, la nuit ne faisait que commencer. Un soir, en allant à la discothèque «Whisky à Gogo», j'entends une meute d'homme courir et escorter quelques qui se dirigeait vers la scène du festival de Jazz, installée sur la mer ; je réalisais subitement que c'était Miles DAVIS (1926-1991). Hélas, ce n'était pas l'époque des portables et je n'avais pas pu immortaliser cet instant magique. Plusieurs décennies après cette musique de Jazz ne cesse de résonner dans ma tête, comme la madeleine de la tante Léonie de Marcel PROUST. Ai-je rêvé ou bien vécu cette époque ?
Claude NOBS (1936-2013), l’initiateur par la suite du festival de Montreux, a créé le 7 juillet 1960, le festival de Jazz d’Antibes-Juan-les-Pins. Miles DAVIS est venu pour la première fois, en 1963, un concert à Juan-les-Pins, une ville balnéaire crée en 1882 «A Antibes, une immense affiche de moi est placardée près de mon hôtel. J’ai pensé : c’est pas quand même un monde. On ne donne pas la même chose à New York, mais ici, 10 000 personnes se déplacent spécialement pour écouter et communiquer leur fraternité» dit Miles DAVIS. D’éminents jazzman sont venus produire au Square Jay Gould, à Antibes : Louis ARMSTRONG, John COLTRANE, Ella FITZGERALD, Ray CHARLES, George BENSON ou Sara VAUGHAN.
Francis SCOTT FITGERALD (1896-1940) et sa femme Zelda, ont séjourné à Juan-les-Pins. «Tendre la nuit» ou «Gatsby le Magnifique» relatent en partie cette invitation à la fête de la Côte d'Azur. «A cette époque, Scott et Zelda étaient des familiers du lieu. Scott, avec sa faculté d’adoration, se mit à porter un culte à Gerald et Sara. Le couple doré que Scott et Zelda rêvaient de faire (à travers le roman «tendre est la nuit»), existait réellement. Les Murphy étaient riches. Ils étaient beaux. Ils s’habillaient avec brio. Ils connaissaient les arts. Ils avaient un don pour les réceptions. Ils avaient des enfants adorables. Ils avaient atteint le barreau supérieur de l’échelle humaine. C’était la fortune personnifiée» écrit John DOS PASSOS (1896-1970) dans la «Belle vie».
La Rivera est un haut lieu de rencontres mondains, où la musique, l'alcool, le sexe ou la drogue peuvent être parfois des adjuvants à la création littéraire ou artistique. Zelda et Francis SCOTT FITGERALD habitaient «la villa Saint-Louis» au Cap d'Antibes devenue Hôtel Belles Rives. Après Hyères et l'île Porquerolles, au Cap d'Antibes, c'est le bonheur infini : «Alors que nous revenons dans la jolie villa de cette Riviera que j'aime ; je suis le plus heureux que j'ai été depuis des années. C'est un de ces moments étranges, précieux, éphémères surtout, quand tout dans la vie semble aller bien» dit le 15 mars 1926 Francis SCOTT FITZGERALD. En effet, dans les années 20, une Amérique ségrégationniste, conservatrice et puritaine, empêtrée dans la prohibition, étouffant la vie et la création artistique. Ainsi, les artistes et écrivains, noirs comme blancs, immigrent vers la France, symbole de liberté, d'amour et de fantaisie : «Le meilleur de l'Amérique s'en va à Paris. Les Américains de Paris sont les meilleurs. C'est plus amusant pour une personne amusante de vivre dans un pays intelligent. La France possède les deux seules choses qui nous attirent quand nous nous vieillissons : l'intelligence et les bonnes manières» dit Francis SCOTT FITGERALD dans une interview en avril 1927, accordée au New York World.
Nice, ville de Giuseppe GARIBALDI (1807-1882) le fondateur de l’Italie, sa colline, sa vieille ville et sa Promenade des Anglais, est la ville que je connais le mieux sur la Côte d’Azur. «Sur le port flottait un nuage d’odeurs exquises qui faisaient battre le cœur de tout jeune garçon rêvant d’aventure» écrit Jean-Marie-Gustave LE CLEZIO, un écrivain niçois, Prix Renaudot de 1963. Nice où mon tonton Samba Daouda NDIAYE avait possédé un restaurant, «le Dakar», à côté de la Porte Fausse et Mamoudou Mody BA travaillait au Negresco, est une cité, pendant longtemps sous la coupe de la dynastie des MEDECIN. En effet, Jean MEDECIN (1890-1965), la principale avenue porte son nom, député de 1945 à 1962 et maire de ville Nice de 1928 à 1943, puis de 1947 à 1965, a cédé son fauteuil à son fils, Jacques MEDECIN (1998), député-maire de 1966 à 1990. Il a dû s’enfuir pour mourir au Paraguay à la suite d’un scandale financier. «Une belle courtisane, mollement couchée au bord de son miroir d’azur, à l’ombre de ses orangers en fleurs, avec ces longs cheveux abandonnés aux brises de la mer, et dont les flots viendraient mouiller ses pieds nus, car Nice, c’est la ville de la douce paresse et des plaisirs faciles» écrit, en 1841, Alexandre DUMAS (1802-1870 voir mon article) dans «Une année à Florence». Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) venait soigner ses rhumatismes à Nice. Il séjourna dans la maison la plus ancienne de Eze et retrouva l'inspiration pour rédiger «Ainsi parlait Zarathoustra». Il dira «lors de mes promenades dans ces coins cachets et les hauteurs silencieuses dans les paysages de Nice ont été sanctifiés pour moi par des moments inoubliables» dit Friedrich NIETZSCHE dans «Ecce Homo». En effet, «Beaucoup de coins cachés et de hauteurs silencieuses dans le paysage de Noce ont été sacrifiés pour moi par des moments inoubliables» écrit Friedrich NIETZSCHE dans «Ecce Homo». Il séjournera à Nice du 2 décembre 1880 au 20 avril 1884, soit pendant 5 ans. Quand il arrive à Nice son moral est au plus bas : ses livres se vendent mal, il vient de se brouiller avec Richard WAGNER, s'est fait éconduire par Lou Andreas Salomé : «Ici (Côte-d’Azur) je crois au soleil, comme la plante y croit» dit-il. Aussi NIETZSCHE se promène dans Eze et la Côte-d’Azur, le climat et les paysages lui redonnent le moral «L'agilité des muscles fut toujours la plus grande pour moi, lorsque la puissance créatrice était la plus forte. Le corps est enthousiasmé. Je pouvais alors, sans avoir la notion de fatigue être en route pour ces montagnes pendant huit ou sept heures. Je dormais bien. Je riais beaucoup. J'étais dans un parfait état de vigueur et de patience» dit Friedrich NIETZSCHE.
Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918), un poète précurseur du surréalisme, a étudié au collège Stanislas d'Antibes et au lycée Masséna de Nice ; il est l'auteur de poèmes à Lou, dédiés à Louise de COLIGNY-CHATILLON, sa muse, une aristocrate devenue prostituée dans un bordel à Nice. «C'est Lou, qu'on la nomme. Il est des loups de toute sorte. Je connais le plus inhumain. Mon cœur, que le diable l'emporte, et qu'il le dépose à sa porte, n'est plus que le jouet dans sa main». Dans un autre poème il écrit «Je pense à toi, ton cœur est ma caserne ; ton souvenir est ma luzerne. Je t'aime. Tes mains et mes souvenirs font sonner à toute heure la fanfare. Ta bouche est une blessure ardente du courage. Tes cheveux sont fauves comme le feu d'un obus qui éclate au Nord ».
Comme Marcel PROUST, issu d'une moyenne bourgeoisie déclassée, reluquant du côté de la haute société, le Foutankais, le Parisien de Danthiady, est retourné en pèlerinage à Juan-les-Pins et à Antibes, escortés de mes deux poussins, nous avons longé l'avenue du maréchal Juin, sur les bords de bords jusqu’au Cap d'Antibes, en passant devant l'hôtel Saint Roch, les stars de cinéma du festival de Cannes comme les musiciens de Jazz y logent.
Après le Cap d'Antibes, les plages, le marché et la murailles, la ballade au sein de la vieille ville d'Antibes a permis de découvrir à travers différentes plaques que des artistes et écrivains y avaient résidé. Je tombe nez à nez avec Mme Alice BOTERO, de la rue de la Pompe, une ancienne coiffeuse pendant 44 ans qui me raconte que sa tante, Marie GRASSINI, avait été la femme de ménage de Pablo PICASSO (1881-1973, voir mon article. «Dommage qu'elle n'ait pas conservé tous les mots qu'il lui laissait, des instructions pour son travail» me dit-elle. Marie BOTTERO était là voisine de l'artiste peintre et photographe japonais Eiichi AOKI, (1948-2015).
Cannes, le 19 août 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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18 août 2022 4 18 /08 /août /2022 15:21
«El Hadji Oumar TALL (1794-1864), le mystique, le temporel et le spirituel,  un prophète armé» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
El Hadji Omar TALL, un géant de l’Histoire, propagateur de l’Islam en Afrique de l’Ouest et créateur du plus grand empire en Afrique noire (1848-1897), si méconnu et délégitimé, était un Saint, un organisateur, un stratège, un savant et un anticolonialiste. El Hadji Omar Foutiyou TALL, chef de la confrérie tidjane pour toute l’Afrique de l’Ouest, une tendance soufie, mystique et ascétique, aura contribué, de façon décisive, à l’islamisation du continent noir. Si son empire s’est effondré avec sa mort, correspondant ainsi avec la montée du colonialisme, en revanche, son influence sur l’Islam et le rayonnement de sa confrérie Tidjane sont demeurés, plus que jamais, vivaces.
On est donc étonné qu’au Sénégal, peu d’établissements, de rues ou d’universités portent son nom. Pourtant, Mohamadou Aliou THIAM, originaire de Aéré Lao, compagnon d’El Hadj Omar dès 1846, décrit, dans son «Qacida en Poular»,  l’ensemble des épisodes de la guerre sainte, ainsi que le voyage à la Mecque d’Omar Foutiyou TALL. Le Qacida, écrit en prose, en Peul, avec l’alphabet arabe, puis retranscrit, traduit en français et annoté par Henri GADEN (1867-1939), est un témoignage fidèle de la tradition orale ; c’est une véritable œuvre d’historien, d’un disciple de la première heure, ayant suivi pendant dix ans El Hadji Omar à Diégounko, dans l’Ouest de la région de Faranah, au Fouta Djallon, en Guinée. Mohamadou THIAM se retrouvera à Ségou avec Amadou Cheikhou, avant de mourir en 1911 au Fouta-Toro. Mamadi Aïssa DIAKITE, cadi et président du tribunal de la province de Nioro, a également retracé cette tradition historique et légendaire, dans un ouvrage traduit par Maurice DELAFOSSE. Cheikh Moussa CAMARA (1864-1945), de Ganguel, lui a consacré une bibliographie. Tout en reconnaissant la sainteté et le vaste savoir d’El Hadji Omar, Cheikh Moussa nie qu’il soit un descendant du Prophète Mohamed. Thierno Mountaga TALL (1914-2007), un descendant d’El Hadji Omar TALL, est l’auteur d’une biographie sur son ancêtre. Il est regrettable, qu’en dépit de ses connaissances et de la documentation transmise par les autorités françaises, que cet ouvrage, «El Hadji Oumar TALL, l’aigle de Alwar», se limite à la dimension mystique et ésotérique de son arrière-grand-père. Mountaga TALL a aussi annoté l’ouvrage de Fernand DUMONT : «El Hadji Omar sultan de l’Etat tidjanite», traduit de l’arabe. Oumar BA a eu le grand mérite de restituer, fidèlement, «la chronométrie du destin d’El Hadji Omar».
«Beaucoup de ce qu’on a pu écrire, en France, surtout sur El Hadj Omar et Ahmadou, est entaché de parti pris, parfois même de partialité haineuse et chauvine, marque une époque où l’on vengeait sur le Niger les insultes subis sur le Rhin» écrit Yves SAINT-MARTIN dans son ouvrage sur «L’empire toucouleur». Si la Bibliothèque nationale de France a choisi de l’ignorer, seules quelques références bibliographiques lui sont consacrées, nous avons, pourtant, différents témoignages d’administrateurs coloniaux. Dans ce fatras de littérature coloniale, souvent plein de calomnies et de haine, l’ouvrage d’Eugène MAGE (1837-1867), un contemporain d’El Hadji Omar et envoyé spécial de Faidherbe à Ségou, renferme de précieux témoignages, souvent tirés de témoignages et de la tradition orale «Je crois, pour qu’il soit mieux compris, devoir donner ici l’histoire d’El Hadj Omar, non peut-être telle que le ferait l’Européen, s’il s’en trouvait qui eût été mis à même de la connaître dans toute son exactitude, du moins telle que El Hadj a voulu qu’elle soit divulguée, telle surtout qu’on la racontait à Ségou» écrit Eugène MAGE. Un éminent africaniste, Maurice DELAFOSSE (1870-1926) s’est intéressé à cet illustre Fountankais. Certains témoignages, sans nuances, puent la propagande coloniale ; El Hadj Omar est présenté comme un fanatique et ambitieux. D’autres, même dans leur mépris souverain, intimidés par la sainteté du personnage, sont nuancés : «Il se distingua, dès sa jeunesse par une dévotion exaltée ; avant d’entreprendre le voyage qu’il a fait à la Mecque, il avait déjà des élèves qui lui attribuaient le pouvoir des miracles ; quelques marabouts de Saint-Louis tiennent, à grand honneur d’avoir été ses disciples. C’est un homme d’une figure remarquable, sur laquelle se peignent une vive intelligence, un sentiment de méditation et de calcul, reflet de sa profonde ambition» écrivent Frédéric CARRERE et Paul HOLLE. En effet, Paul HOLLE (1807-1862), qui l’affrontera en 1857, lors du siège de Médine, relate qu’El Hadji Omar a rencontré, en août 1847, à Bakel, le gouverneur Ernest BOURDON de GRAMMONT (1805-1847) et à Saint-Louis, en 1846, le lieutenant-colonel CAILLE, directeur des affaires politiques, à qui il dira son intention de pacifier le Sénégal, de rétablir l’harmonie entre les différentes races, le commerce et la sécurité de tous les pays. El Hadji Omar souhaitait commercer avec les Français : «Je suis l’ami des Blancs, je déteste l’injure. Je veux la paix ; Quand un Chrétien a payé la coutume, il doit pouvoir commercer avec sécurité. Lorsque je serai l’Almamy du Fouta, vous devriez me construire un fort ; je disciplinerai le pays, et des relations complètement amicales s’établiraient entre vous et moi» dit El Hadji Omar.
Initialement, El Hadj Omar ne voulait pas engager une guerre contre les Français, mais étendre l’Islam en Afrique de l’Ouest ; sa guerre sainte ne visait, officiellement, que les mécréants, pour «balayer et nettoyer les pays du paganisme» dit-il. En gage de bonne foi, El Hadji Omar avait remis à GIRARDOT, commandant des forces de Sénoudébou, un de ses fils comme otage, mais qualifié, par les Français, d’espion. Cependant, les raisons du dissentiment avec les Français sont multiples.
D’une part, jusqu’à la moitié du XIXème siècle, n’ayant pas les forces nécessaires pour s’y opposer, le colonisateur français était dans la résignation, dans l’attente de jours meilleurs. En effet, El Hadji Omar, avec ses nombreux partisans de Dinguiraye, au Fouta-Djalon, a réussi à islamiser notamment le Kaarta, le Ségou, le Cayor, le Baol, le Sine et le Saloum, ainsi que de nombreux territoires jusqu’au Tchad. Le colonialisme étant une entreprise de domination d’un peuple sur un autre ne pouvait pas tolérer les victoires d’El Hadj, fussent-elles purement religieuses : «Nos prétentions à la domination du Sénégal par un commencement d’exécution à la prise de Podor, en 1854, devaient bientôt nous mettre aux prises avec ce fanatique» écrit le colon, dans Sénégal et dépendances de 1861. Dans sa tactique, depuis les échecs à Médine et à Matam, El Hadji Omar, préférera ne plus affronter, directement les colons ; il mènera ses guerres vers le Bambouk, Farabana et Makhana. Les Français furent obligés de mobiliser 12 000 hommes à Farabana, pour tout en continuant de négocier avec El Hadj Omar.
D’autre part, le second élément de dissentiment, c’est que cet état de guerre menaçait les intérêts des traitants français. «Partout où on voulait faire du commerce, il fallait d’abord payer, sous le nom de coutumes, des droits au chefs indigènes, avant même de savoir si l’on ferait des affaires» écrit Faidherbe. «Les Blancs ne sont que des marchands ; Qu’ils apportent des marchandises dans leurs bateaux, qu’ils me paient un fort tribut lorsque je serai le maître des Noirs, et je vivrai en paix avec eux» déclare El Hadj Omar.
Par ailleurs, la France voulait entreprendre un chemin de fer Dakar-Niger, ce que contrarient, fortement, les conquêtes et l’ascension fulgurantes d’El Hadji Omar. Ainsi, lors de son séjour à N’Dar (Saint-Louis), El Hadj Omar a fait une déclaration qui a inquiété les autorités coloniales «Maintenant que je me sers de la force, et je ne cesserai que lorsque la paix me sera demandée par votre tyran (Le Gouverneur français du Sénégal) qui devra se soumettre à moi, suivant ces paroles de notre maître : Fais la guerre aux gens qui ne croient ni en Dieu, ni au Jugement dernier, ou qui ne se conforment aux ordres de Dieu, au sujet des choses défendues, ou qui ayant reçu une révélation, ne suivent pas la vraie religion, jusqu’à ce qu’ils paient le tribut religieux par la force et qu’ils soient humiliés. Quant à vous enfants de N’Dar, Dieu vous défend de vous réunir à eux ; il vous a déclaré que celui qui se réunira à eux, est un infidèle comme eux». El Hadi Omar envoie un ordre au Goy, au Boundou et aux Foutankais, pour bloquer les colons français à Podor et à Bakel. A partir de cet instant, El Hadji Omar est considéré comme un ennemi dangereux pour les Français «Les nouveaux ennemis que nous allons combattre étaient les plus redoutables de tous. Les guerres de religion sont impitoyables et le fanatisme inspire un courage qui ne recule devant rien, puisque ceux qui en sont animés, la mort elle-même, est regardée comme un bien» écrit la revue Sénégal et dépendance. Faidherbe a désigné El Hadji Omar comme étant l’ennemi n°1 des Français «Ce danger, El Hadji Omar en était l’incarnation vivante. (…) Intelligent, ambitieux, mais cruel, Omar El Hadji rêvait de devenir une sorte de Mahomet sénégalais ; il réussit à devenir un homme composé d’un Mahomet, d’un Abdel Kader et d’un brigand» écrit Henri CYRAL.
En 1856, Louis FAIDHERBE (1818-1889) confia une mission à Eugène-Abdon MAGE (1837-1869) et au docteur QUINTIN, en vue de l’expansion de la France vers l’Est, jusqu’au Niger en passant par le Mali dominé par l’empire fondé par El Hadji Omar : «Votre mission consiste à explorer la ligne qui joint nos établissements du Haut-Sénégal avec le Haut-Niger et spécialement avec Bamako, qui paraît le point le plus rapproché, en aval duquel le Niger ne présente plus d’obstacles à la navigation» écrit Faidherbe. MAGE se rendit le 12 octobre 1863 à Ségou, après un long voyage, il n’arrivera à destination que le 28 février 1864, El Hadji Omar était déjà mort. MAGE a recueilli la tradition orale sur la vie d’El Hadj Omar. Ahmadou signe un traité de commerce avec la France. Le colonel BRIERE de l’ISLE arrivé au Sénégal, en 1878, continuera cette politique d’expansion de la France.
El Hadj Omar TALL est né, suivant Thierno Mountaga TALL, le 21 mars 1794, à Halwar, un vendredi, premier jour du Ramadan. Sa date de naissance comporte des incertitudes, les auteurs ont retenu l’année 1797, j’ai opté la précision donnée par Mohamadou Aliou THIAM et confirmée par Thierno Mountaga TALL : «El Hadj Omar est né, non vers 1797, en 1794 ou 1795», les Peuls et Toucouleurs comptent, non pas par années, mais par saisons de pluies, précise Henri GADEN, le traducteur de Qacida. Son village natal, signifie une ville délicieuse en arabe, habitée par des hommes de principe : «Un qui ne faiblira pas, qui est sorti d’un village, celui-là béni de notre Fouta que l’on nomme Halwar, rendu brillant qui ne sera pas obscur» écrit Mohamadou Aliou THIAM. Halwar est situé dans l’actuelle région de Podor, à 18 km de N’Dioum et 30 km de la ville de Podor. Fils de Saidou TALL, un polygame père de douze enfants, il est le 8ème et dernier enfant de sa mère, Adama Aïssé Bint Elimane Ciré Samba Demba Aly Moctar THIAM. Les griots appellent souvent, El Hadj Omar, «Kodda» (cadet) Adama Aïssé, une mère d’une soumission légendaire, «la purifiée qui ne sera pas souillée. (..) Possédant les pleines lumières de la religion au-dedans et au-dehors, elle est un onguent au musc dont le parfum ne se dissipe pas» précise Mohamadou Aliou THIAM. El Hadi Omar a aussi reçu le surnom de «Oumaroul Foutiyou», ou Oumar le Foutankais ; il est issu de la caste des nobles, les Torodos, détenteurs du savoir. Il commence ses études coraniques d’abord avec son père, un dévot et savant, critique vis-à-vis de la confrérie Qadriyya encore dominante : «Une dispute s’était élevée entre mes parents et les habitants de Halwar, au sujet d’une mosquée que mon père voulait construire dans sa maison, pour ne pas être troublé dans ses prières. Les gens du village la lui rasèrent et le bâtirent, disant qu’il devait venir faire sa prière à la mosquée. Et, comme il refusait, ses adversaires le traduisirent en justice devant un autre marabout très renommé. Je l’accompagnai au village où devait se prononcer le jugement. Quand il eut entendu l’affaire l’Almamy Youssouf réfléchit, et me prenant par la main, dit aux deux parties : «Que vous sert-il de se disputer ? Rester en paix ; rentrez chez vous, et surtout, regardez bien cet enfant, car il vous commandera un jour» raconte El Hadj Omar. Il va approfondir ses études coraniques auprès des Maures Ida-Ou-Ali de tendance Tidjane, et reçu l’influence d’un marabout maure, Maouloud FALL. Il se rend aussi en Guinée, et aura comme maître, Abd el-Kérim ben Naguib, un lettré musulman originaire du Fouta-Djalon, membre de la confrérie Tidjaniya. Il reviendra plus tard en Guinée qui sera la base du lancement de son empire et son Jihad.
Les Français l’appellent «El Hadj» c’est-à-dire le pèlerin ; il a été à la Mecque à l’époque où les pèlerins vivaient de la mendicité, avec des périodes de longues pauses ; la plupart meurent avant d’arriver et beaucoup restent établis sur la route ne sentant pas le courage de revenir, ni d’aller plus loin. El Hadji Omar a accompli cet exploit, sans grandes difficultés, grâce à son éducation. La tradition orale veut que pour son départ à la Mecque, El Hadji Omar TALL n’avait comme viatique que trois épis de maïs «ces trois épis ne sont rien comparés aux bénédictions d’une mère et je suis armé de celles de ma mère» aurait-il dit. En 1827, et avec l’aide financière des Saint-Louisiens, il entreprend un pèlerinage à la Mecque, en passant par le Bornou, le Haoussa, le Ouadai et le Darfour et l’Egypte. Omar promet à Mohamadou BELLO (1781-1837), fils d’Ousmane Dan Fodio (1754-1817), un peul du Sokoto, au Nigéria, mais dont les ancêtres sont fountankais, à son retour, de marier sa fille. En fait, il s’agissait de jumelles : Omar mariera avec Ramatoulaye, et son frère, Alpha Amadou, prendra Hassinatou comme épouse. La tradition orale soutient que pendant son long séjour au Nigéria il a enseigné le Coran aux hommes et aux Djins (les esprits). Il s’est aussi marié avec Mariétou, la fille de Omar, sultan de Bornou ; elle lui donnera comme enfant, Aguibou (1843-1907). Durant ce périple de 17 ans, El Hadji Omar visitera le Niger, l’université Al-Azar au Caire, le Bornou et Jérusalem. Il séjourne à Médine de 1828 à 1831, ce qui lui permet d’approfondir ses connaissances du Coran, de la culture coranique et de l’arabe. Sa fille, Madinatou, est née à Médine. El Hadji Omar aura 28 femmes et 50 enfants.
Pendant son séjour, dans les lieux saints de l’islam, El Hadj Omar fait la connaissance du Khalife, Cheikh Muhammad Al Ghali, disciple d’Ahmad Al Tidjani, qui va exercer sur lui une influence déterminante : «Il donna à Cheikh Omar une autorisation sainte, c’est-à-dire complète. Il le fit Moqadem et même Khalifa pour les pays noirs Son «mentor» lui décernera le titre de khalife des Tidianes. Il lui enseigna en même temps un Istikhâra (divination) qui ne deviendra pas obscur, c’est-à-dire qui devrait lui dicter clairement ses décisions» écrit Mohamadou Aliou THIAM. Il revient sur ses pas en passant par le Caire, à son université religieuse, Jérusalem, le Bornou et le Haoussa. En raison de sa longue absence, son grand-frère Alpha Amadou vient le chercher et ils repartent ensemble au Sénégal, en 1838.
Après avoir échappé à une tentative d’assassinat, au Macina de la part du sultan Cheikh Amadou Lobbo (1776-1845), il sera mis au fer par le roi de Ségou, Tiéfolo DIARRA, pendant trois mois, et ne sera libéré que suite à une intervention de la sœur de ce roi, Nia DIARRA. Cette expérience douloureuse lui a peut-être inspiré un mépris des souverains despotiques païens, appelés «Kaffir». Il fera halte, pendant six mois, dans le royaume du Mandé, à Kankaba, et repartit en passant par Kankan. El Hadj Omar quitte le Soudan en 1840.
En 1841, c’est donc auréolé d’un prestige certain qu’El Hadj Omar va au Soudan en passant par le Nigeria, puis du Mali, il se rend en Guinée, à Diégounko, chez Mohamadou DIA, avant de retourner au Fouta-Toro, en passant par le Boundou, la Gambie, la haute Casamance, le RIP, le Saloum, le Sine, le Baol, le Cayor et le Oualo. Dans l’Etat peul Firdou, région de Kolda, Alpha Yaya BALDE, se convertit au Tidjanisme, il est le père de Moussa Mollo BALDE, (1846-1931) d’abord collaborateur du colonialisme, puis résistant. En 1846, à Saint-Louis, il bénit la mosquée Lodo ; il rencontre l’interprète Bou El Mogdad SECK (1826-1880), ainsi que CAILLE, directeur des affaires politiques de la colonie. Il s’entretiendra, en 1847, à Bakel avec le gouverneur, Ernest BOURDON de GRAMMONT (1805-1847). Les Socés de la Gambie l’accueillent avec bienveillance.
Lors de l’étape en Guinée, au Fouta-Djalon, Omar s’installe d’abord à Fodéagui, puis à Diégounko, près de Timbo, avec l’aide de l’Almamy Bocar, et y fonde une école religieuse (Zaouia). Mais El Hadji Omar, surveillé par l’aristocratie de Timbo et de Labé, n’y acquiert qu’une renommée fort modeste. Entre 1844 et 1845, il met à profit cette période de répit, pour rédiger son livre Ar Rimah, «Les Lances», invitant les musulmans à adopter la voie Tidjane, une connaissance approfondie de Dieu, une retraite intérieure et un ascétisme : «Tout sage qui désire se livrer, tôt ou tard, de ses mauvais penchants, doit se faire guider par un Cheikh, un directeur spirituel, très instruit, ayant une profonde connaissance de ses défauts et de leurs remèdes. Il se fera diriger par lui et se pliera à ses ordres avec une parfaite obéissance. Le disciple doit être à la disposition de son Cheikh, comme le cadavre est à la disposition du laveur» écrit-il. El Hadj Omar distribua de nombreux exemplaires de son livre aux notables du Fouta-Toro. En 1846, à son retour au Fouta-Toro, au lieu de s’y fixer, El Hadj Omar, en passant par Bakel et le Boundou de l’Almamy Bocar Sada, revient vers le Sud et fonde Dinguiraye, en Guinée, terrain à l’époque non habité et acheté au roi Guimba, jetant ainsi les prémisses de ce qui allait devenir, par la suite, un vaste empire musulman. «Une fois installé, il instruisait ses disciples, matin et soir. Lorsqu’il trouvait à acheter des armes, soit des fusils, soit des sabres, soit des flèches, soit des lances, il achetait toutes les armes qu’il trouvait» écrit Mamadi Aïssa. A chaque étape, il engrange de nouveaux partisans pour sa cause. Sa pensée religieuse s’affirme de plus en plus. Il écrit aux notables du Fouta-Toro «pour leur ordonner de faire la guerre sainte aux infidèles» précise Mamadi Aïssa. El Hadji Omar laisse le commandement de Dinguiraye à Ousmane Diawando, et s’engage, à partir du 21 mai 1854, résolument, dans la guerre sainte.
A la fin de sa vie, El Hadji Omar a été trahi par les Kounta de Tombouctou et les gens du Macina, qui se sont ligués contre lui. Les Bambara animistes et polygames étaient mécontents de la limitation du nombre des femmes par l’Islam à quatre : «C’était la coutume, chez les Bambara, que rien ne limitât le nombre des femmes de chacun en dehors de l’étendue de ses moyens, et il arrivait qu’un seul homme eût quarante épouses» écrit Mamadi Aïssa. Alpha Oumar Thierno Baïla WANE devait se faire remettre les femmes en surnombre et les envoyer à El Hadj Omar comme butins de guerre. Par ailleurs,  «lors de l’entrée du Marabout, Amadou Lobbo et Abdou Salam, dépossédés par leur neveu, Amadou Mo Amadou, avaient espéré trouver, dans son invasion, l’occasion de reprendre leur pouvoir ; aussi n’avaient-ils rien fait pour empêcher la mort de leur infortuné neveu. Cependant, dès que ces chefs eurent perdu l’espoir de se voir conférer par El Hadj le rang qu’ils convoitaient ; dès qu’ils surent que ce dernier avait manifesté l’intention de remettre à son fils Amadou le gouvernement du pays, ils commencèrent à former un complot de révolte» écrit Eugène MAGE. Tous ces princes, ainsi que le roi de Ségou, Ali DIARRA mis au fer, finiront par être exécutés ; ce sang des princes et roi du Mali qui a trop coulé, a fini par créer un profond mécontentement des populations maliennes. Si Moustapha, un esclave gérant le Nioro a été sage, en revanche, les nouveaux impôts de Amadou Cheikou à Ségou ont mis le feu aux poudres. Ahmed El-Bekkai, chef des Kounta de Tombouctou et les gens du Macina d’Amadou Lobbo, organisèrent un blocus contre El Hadj Omar, «si solide que les assiégés en furent réduits à manger des morts» écrit Mamadi Aïssa. Les renforts de Bandiagara, de Tidjani, fils d’Alpha Amadou, son frère, tardant à venir, El Hadji Omar est allé se réfugier dans une grotte, dans les montagnes, entre Hamdallahi et Bandiagara. Suivant Thierno Mountaga TALL, El Hadj disparaît le mercredi 28 février 1864. D’autres auteurs estiment qu’El Hadji Omar est mort le 12 février 1864 : «Il venait juste de terminer la prière de l’après-midi (Takoussaan). La poudre explosa. C’était une maladresse que l’un de ses hommes renversa des braises dessus», estime Mountaga TALL. Pour Mamadi Aïssa, El Hadji Omar est mort en septembre 1864, ce qui correspond aux dates indiquées par Eugène MAGE. Pour Mamadi Aïssa, les Foutankais lassés d’attendre les renforts de Tidjani, avaient commencé à trahir El Hadji Omar. C’est ainsi que les coalisés, les Kounta et les gens du Macina, ont pu engager une attaque dans la grotte, et «combattirent, avec acharnement, jusqu’à ce que le feu ayant été mis à de la poudre qui avait été répandue, il se produisit une explosion dans la grotte ; et, c’est ainsi que se termina la carrière d’El Hadji Omar» écrit-il. Le commandant LARTIGUE donne une version peu plausible, pour un musulman, celle du suicide : «Il dut se faire sauter dans une grotte, avec les tonneaux de poudre que portaient ses enfants, pour ne pas tomber entre les mains de ceux qui le poursuivaient». Une autre légende, recueillie par Paul SOLEILLET auprès de la population musulmane, consiste à soutenir qu’El Hadji Omar, cerné par l’ennemi, se retira dans une haute montagne, et qu’il y fut enlevé au Paradis. «Cheikh Oumar s’éclipse des falaises de Bandiagara, définitivement, aux yeux des hommes. Il fut ainsi le troisième homme à être élevé dans les cieux, après le Prophète Issa (Jésus) et Seydina Ali Ibn Abi Talib» écrit Thierno Mountaga TALL. Suivant, Mohamadou Aliou THIAM, après avoir vaincu les Kounta et les gens du Macina, Tidjani retourna à la montagne : «Les corps avaient été mis en pièces par l’explosion de la réserve de poudre et aucun ne put être reconnu. Il fit rassembler ces restes et les apporta à Bandiagara où il les fit enterrer».
I – El Hadji Omar et l’Islamisation de l’Afrique de l’Ouest
A – El Hadji Omar TALL, le savant et le miraculeux
L’épopée qui magnifie El Hadji Omar TALL accentue son côté combattant de la foi en y intégrant miracles et magie noire. Seule compte l’image du «gigantesque cavalier entouré d’un halo de lumière qui galope sur son destrier, pour disparaître à l’horizon» écrit Emile DUCOUDRAY. Les écrits de Cheikh Moussa CAMARA et de Mamadou Aliou THIAM ont renforcé cette dimension mystique d’El Hadji Omar TALL, le «Waliyou» (miraculeux et savant). Lors de son séjour à l’université Al Azar, en Egypte, sous Méhémet ALI (1769-1849) ses hôtes furent surpris par l’étendue de ses connaissances : «Le bélier universel à la tache noire à la tête, a compris toutes les sciences. (..) Tant enfin ils furent saisis de ces prodiges que fut la façon dont répondit le Cheikh à ces questions profondes, ardues, qui ne sont pas faciles. C’est un savant qui a compris toute chose qu’il a lue. C’est un homme qui excelle en connaissance profonde, il ne se trompe jamais» écrit Mohamadou Aliou THIAM.
D’une grande simplicité et généreux, El Hadji Omar, grand communicateur, les griots du Mali lui ont consacré une chanson traditionnelle, désormais attachée à son nom : «Tara» ; cette chanson était initialement un éloge funèbre, mais ses origines lointaines sont peules et se rattachent à l’histoire d’un chant ancien, le Yééla. Les qualités personnelles d’El Hadji Omar TALL ont été reconnues de tous : «Cet homme à qui on s’accorde à reconnaître une  grande éloquence, n’eût pas de peine à se faire passer aux yeux des Noirs du Sénégal, pour un être extraordinaire, doué d’un pouvoir surnaturel ; on croyait toute espèce de miracle possible de sa part ; on en racontait déjà» écrit la Revue Sénégal et dépendances de 1861. Paul SOLEILLET (1842-1886) a décrit El Hadj Omar. Ses yeux étaient expressifs, ses traits réguliers. Sans moustache, sa barbe était noire, soyeuse, partagée au menton. Il ne parut jamais avoir plus de trente ans. Personne ne l’avait jamais vu se moucher, cracher, suer, ni avoir chaud, ni avoir froid. Il pouvait rester indéfiniment sans manger, ni boire. Ses mains et ses pieds étaient parfaits. Il ne parut jamais fatigué de marcher, d’être à cheval ou immobile sur une natte. Sa voix était douce et s’entendait distinctement aussi bien de loin que de près. Il n’a jamais ri, ni pleuré, jamais il ne s’est mis en colère. Son visage était toujours calme et souriant. «La Justice est le droit de l’Homme, dans ce monde et dans l’autre ; là où la justice des hommes aura été en faute, celle de Dieu ne faillira» dit El Hadji Omar.
Homme modeste, érudit et doté de vastes connaissances, on prête à El Hadji Omar de nombreux miracles. Il aurait fait le Ramadan le premier jour de sa naissance : «Quand il naquit il refusa d’être allaité, les gens pensèrent qu’il était malade. (..) Les sages dirent : «ce bébé n’est pas souffrant, mais peut-être qu’il a en lui quelque chose de mystérieux. Peut-être que c’est un Saint» écrit Samba DIOP dans «Epopée africaine». Dès l’âge de quatre ans, son maître coranique a avoué qu’il est en avance sur lui.  A huit ans, il savait par cœur tout le Coran qu’il avait mémorisé. Talibé, il ne va quémander la pitance, mais à l’heure de présentation de la sébile, la sienne est bien achalandée. Aux champs, il refuse de cultiver, mais les parties dont il a la charge sont dégagées de toutes mauvaises herbes. Il traverse le fleuve, comme le Moïse de la Bible. Dans tout ce qu’il faisait, il semblait avoir le soutien des génies qui lui avaient prédit qu’il n’aura pas de funérailles. Il vaincra les païens, mais les «incirconcis aux oreilles rouges» domineront le continent noir. En Syrie, Omar guérit l’enfant handicapé d’un roi, Ibrahim Pacha (1789-1848). Dans son histoire du Sokoto, El Hadj Saïdou relate qu’il a sauvé de la soif une expédition menée contre le Gober en faisant venir, par ses prières l’eau dans un puit à sec, sans qu’une goutte d’eau ne se perdît à l’extérieur des murailles.
Omar TALL avait de l’éloquence et de la finesse. Ainsi, au Caire, les chefs religieux étaient sceptiques, un Noir pouvait-il en savoir autant qu’eux ? Ils le convoquèrent pour l’interroger et sonder ses connaissances théologiques. Un rhéteur malicieux lui lance, sournoisement, cette attaque : «O Miracles, exagération descendant du Prophète, rhétorique science toute splendeur que tu sois, mon âme se dégoûtera de toi si tu t’enveloppes de noir» lui dit un de ses détracteurs. La tradition orale défendue par Mahamadou Aliou THIAM, rapporte qu’El Omar répondit, brillamment, et triompha de tous les pièges, en leur clouant le bec : «L’enveloppe n’a jamais amoindri la valeur du trésor qui s’y trouve enfermé, Donc Ȏ poète inconséquent, ne tourne plus autour de la Kaaba, maison sacrée d’Allah, car elle est enveloppée de noir. Ȏ poète inattentif, ne lis donc plus le Coran, car ses versets sont écrits en noir. Ne réponds donc plus à l’appel de la prière, car le premier ton, fut donné, et sur l’ordre de Mohammed notre modèle par l’abyssin Bilal, donc un noir.  Hâte-toi de renoncer à ta tête couverte de cheveux noirs. N’oublie pas que c’est avec l’irremplaçable prunelle noire que l’œil parvient à discerner. Chez moi, dans le Tekrour, tout noirs que nous soyons, l’art de la grossièreté n’est cultivé que par les esclaves et les bouffons».
Né au temps des Almamy du Fouta-Toro qui ont instauré une République théocratique depuis 1776, El Hadj Omar TALL n’a pas été accepté facilement dans son pays. Le Jihad qu’il préconise et les troupes qu’il veut lever au Fouta-Toro, ainsi que la tentative de conciliation avec le colonisateur, ont été des sources de dissentiment avec les Almamy antiesclavagistes et résolument en guerre contre l’occupant français. Par ailleurs, El Hadj Omar a introduit la confrérie Tijiania en Afrique de l’Afrique de l’Ouest. Or les Almamy du Fouta-Toro sont d’une autre confrérie, celle des Qadriyya, dont le fondateur, au XIIème siècle, est l’iranien Abdel Kader El Jilani (1079-1166). Le tidjanisme omarien rejette toute hiérarchie sociale et prône l'égalité de tous les hommes, et «allait devenir une africanité, une négritude avant la lettre» écrit Gérard CHENET En effet, les adeptes du Tidjanisme, se fondent le Coran et la tradition prophétique, et se réfèrent, en particulier, tous à son fondateur, Cheikh Amet Tidjani, par la grâce et sainteté que lui a accordées le Seigneur, clôt l’arrivée de tout prophète ou envoyé de Dieu. Le Tidjanisme introduit le Wird (invocations obligatoires pour tout affilié), les Hizbs (prières écrites ou conseillées par le fondateur), le Wazifa (série de litanies et de prières spécifiques à réciter chaque jour), et respectent les 23 règles fondamentales de la confrérie, dont le Maouloud ou la célébration de l’anniversaire du Prophète, Mohamet.
A la suite de l’assassinat de l’Almamy, Abdoul Kader KANE le 4 avril 1807, en raison des rivalités et des dissensions entre les familles nobles, le Fouta-Toro est plongé dans une crise morale très profonde. El Hadji a dénoncé, avec virulence, l’affaissement de ces valeurs morales au Fouta-Toro, contraires, selon lui, à l’Islam : «Vous êtes comme des infidèles, buvant et mangeant l’injustice, et vos chefs violent la loi de Dieu, en opprimant les faibles» dit-il. Cependant, «nul n’étant prophète dans son pays» comme le dit un adage, El Hadji Omar TALL a failli être assassiné suite à un complot ourdi par Boubacar Aly Doundé, fils d’un chef des Bosséyabé. Avant de repartir en Guinée, il envoya ce message aux chefs du Fouta-Toro : «Vous avez refusé de me suivre pour travailler avec moi, à la conversion des infidèles. Mais, dans un temps, qui n’est pas éloigné,  vous accourez tous, sans que je vous appelle» écrit-il. 
Cheikh Moussa CAMARA, un des biographes d’El Hadji Oumar, a rappelé qu’il n’est pas un descendant du Prophète Mohamet. Il réitère le caractère fondamentalement peul d’El Hadji Oumar qui a renversé les royaumes Bambaras, jadis ennemis jurés des Toucouleurs. Pour Cheikh Moussa CAMARA, en dépit de ses grandes qualités, El Hadji Oumar est un mortel ; cependant, il a un pouvoir spirituel immense. Ainsi, pendant son voyage à la Mecque, il s’était engagé sur le chemin de terre fort dangereux et infesté de brigands. Il récitait pendant ses prières «Celui qui a ouvert ce qui avait été fermé» et il a échappé à tous les désagréments.
B – El Hadji Omar, le Jihadiste : balayer et nettoyer les pays du paganisme
A son retour de la Mecque, El Hadj Omar est devenu «un homme mûr et grave, instruit par ses lectures, ses conversations et ses nombreux voyages. Si la science de Dieu a été sa principale préoccupation, on peut penser qu’il avait aussi gardé les yeux ouverts sur le monde profane» écrit Yves SAINT-MARTIN. En effet, El Hadji Omar repart en Guinée, au Fouta-Djalon, et s’installe à Dinguiraye, en 1849, avec l’accord Yimba SAKHO, chef animiste des Diallonké de Tamba, qu’il paie en or, pour préparer la guerre sainte. «S’exiler, c’est s’enrichir» avait-il coutume de dire. «Un homme extraordinaire, de race Foulah, prenait une grande influence sur ses compatriotes. (…) Son renom de sainteté attirait autour de lui un si grand nombre de disciples qu’il put songer à en faire une armée» écrit J. PINCHON. «El Hadj achète, vend de la poudre d’or qu’il tire du Bouré, arme ses élèves, cultive, remplit ses greniers de mil et se fortifie. Possédant déjà une véritable armée qui chaque jour, grossissait» écrit Eugène MAGE. Il fait bâtir cette mosquée, en forme de meule, ressemblant à une grande case, avec l’aide d’Ousmane Diawando, ainsi qu’un «Tata» (fortification). A partir de ce moment, le colonisateur considéra qu’il menaçait ses intérêts : «Un plus redoutable adversaire se rencontra dans un marabout Toucouleur, Cheikh El Hadji Omar. (…) Etablit en 1848, entre les deux fleuves, à Dinguiraye, il se transporta au Nord du Sénégal, dans le Kaarta, pillant nos traitants et proclamant même qu’il conduirait ses troupes à Saint-Louis» écrit Henri WALLON. Dans la guerre sainte qu’il prépare, El Hadji Omar commence d’abord par avoir un territoire, des munitions et une armée solide dirigée par Alpha Oumar Thierno Baïla WANE, de Kanel dans le Damga, un fidèle des fidèles du «Sultan des Saints», comme le surnomment les Fountankais. Alpha Oumar lui achète le fameux cheval surnommé «M’Bollou», à Bokar Yéro Mody de Galoya. Il recrute notamment Thierno Mollé du Bosséya, fait Moqaddem. El Ehadji se fait assister, pour le génie militaire, par Samba BATHILY dit Samba N’DIAYE, d’origine Soninké et ancien otage pendant vingt ans à Saint-Louis.
Dans son appel à la guerre sainte, El Hadji Omar se remémore le passé prestigieux des Foutankais, flattant ainsi leurs égos : «Les fils du Fouta sont tels que nos premiers ancêtres ; laborieux et forts, la fine fleur de l’humanité et des droits. Fils du Fouta, retournez à vos origines : le Jihad contre les ennemis d’Allah (…). Le Mont Sinaï est à votre berceau à cause du Jihad. Fils du Fouta soyez dignes de vos ancêtres» dit El Hadji Omar. Il est sans doute influencé par la guerre sainte, au Nigéria, initiée par Ousmane DAN FODIO (1754-1817), sultan du Sokoto. El Hadj Omar voulait lancer la restauration et la réforme de l’Islam, en recourant au Jihad, estimant qu’il est investi, dans cette mission, par le Seigneur, la rétribution étant le paradis. El Hadji Omar se fonde explicitement sur un mysticisme inspiré de la Tidianiya, mettant l’accent sur la mortification et l’observation rigoureuse de l’Islam, par une série de rites. La tradition orale soutient qu’El Hadji Omar, un Mahdi investi d’une mission divine, serait le continuateur de l’action de Mahomet (571-632) : «Auparavant, je n’avais été autorisé par Mahomet et Cheikh Ahmet Tidjane qu’à rallier les incroyants à l’Islam et à les guider sur la voie correcte (…) ; puis j’ai été chargé de lancer le Jihad. (…) L’autorisation m’en a été donnée par une voix divine qui m’a dit : «Tu as maintenant la permission de conduire le Jihad. Cela se passerait le 6 septembre 1852» affirme El Hadji Omar. Mamadou Aliou THIAM affirme que l’autorisation de faire le Jihad aurait été donnée, pendant le voyage à la Mecque, par Mohamed El-GHALI : «Va balayer les pays ; c’est-à-dire va les nettoyer du paganisme. C’est là une mission de propagation de la foi par la guerre sainte» écrit THIAM. Mamadou Aïssata DIAKITE, petit-fils d’un Soninké disciple d’El Hadji, dans sa biographie, n’effleure que ce thème. «Le vieux monde africain, regénéré par la demi-civilisation musulmane, galvanisé par le fanatisme pressent que c’est par le fanatisme et par cette brèche de la vallée du Sénégal, que la race européenne, avec son cortège d’idées et d’institutions, pénétrera, avant peu, jusqu’au cœur de ce continent arriéré, il cherche à se défendre de cette invasion» écrit Louis FAIDHERBE. Naturellement, le colonisateur s’est évertué à démontrer que le Jihad est proscrit par les temps modernes : «Parmi les populations indigènes que nous avons eu à coloniser, il y a une ethnique qui n’acceptera jamais notre domination. Et il se trouve que cette ethnie est très répandue sur notre espace de colonisation. Il est urgent et impératif, pour notre présence en Afrique, de réussir à la diviser et leur opposer les autres ethnies moins rebelles. Car le jour où les Peuls se regrouperont, ils peuvent balayer sur leur passage toutes les forces coloniales» écrit FAIDHERBE.
A Dinguiraye, il prépare le Jihad (guerre sainte). Il acquiert une réputation de saint et rassemble de nombreux disciples qui formeront les cadres de son armée. Son armée, équipée d’armes légères européennes reçues de trafiquants britanniques de Sierra-Leone, s’attaque d’abord à Tamba, dont le chef, Yimba SAKHO, avait une réputation de cruauté terrible ; on l’accusait de donner des captifs en pâture aux vautours sacrés de son village. Par ailleurs le roi de Tamba, outre l’armement d’El Hadji qui l’inquiétait, est mécontent de la conversion à l’islam d’un de ses sujets : Diély Moussa DIABAKATE.  El Hadji Omar inflige en même temps une sévère défaite à Labata, un village allié et à Bandiougou KEITA, un descendant de Soundiata venu soutenir Tamba, lors du siège de six mois. Cette victoire lui ouvre l’accès au cours supérieur du Bafing et contrôlant ainsi les voies des mines d’or du Haut-Falémé, du Bambouk et du Bouré. Quittant la Guinée, il laisse la direction de Dinguiraye à une de ses filles, Aguibou. De 1850 à 1857, il s’empare du Bambouk et du Kaarta. Il occupe, quelques années plus tard, le Nioro, alors capitale du royaume païen des peuples bambaras, fondant ainsi un empire s’étendant du Haut-Sénégal à la Gambie. Il occupe, sans difficulté, les territoires du Mandingue et du Bambouk en 1853, avec leurs mines d’or. Il campe près du poste de Sénoudebou, et fait connaître au gouverneur de Bakel son intention de rester en paix avec les Français et propose, avec de l’or, de leur acheter des fusils et canons. Le gouverneur du Sénégal, Auguste-Léopold PROTET (1808-1862) rejette cette offre. El Hadji Omar attaque alors Makhana, chef lieu du Kaméra, et fait décapiter tous les hommes. Faidherbe fait fortifier Bakel, ce qui dissuadera les incursions d’El Hadji Omar.
El Hadi Omar affronte les Bambaras Massassi dont il prend la capitale Nioro et Ségou entre 1854 et 1861. En 1856, il annexe le royaume bambara du Kaarta et réprime sévèrement les révoltes. Luttant contre l’armée coloniale française, il fait construire, une fortification, à Koniakary non loin de Kayes. El Hadji Omar est rejoint par Alpha Oumar Thierno Baïla WANE. «Rien dans le Soudan occidental ne pouvait plus résister à El Hadj ; ceux qui auraient voulu se défendre étaient à la tête d’esclaves trop démoralisés pour résister à des hommes libres et fanatiques» écrit Eugène MAGE.
En avril 1857, il déclare la guerre contre le royaume du Khasso et assiège le fort de Médine, point stratégique pour le contrôle des routes menant vers la Mauritanie, la Guinée, la Gambie et le Sud-Ouest du Sénégal. Jusqu’à Podor, tout commerce, pour le colonisateur français était devenu impossible. Des villages entiers du Fouta, du Boundou et du Dimat sont sous ses ordres. Faidherbe met en place un poste de défense en septembre 1855 à Médine, car Bakel, est en révolte. Le 20 avril 1857, El Hadji Omar TALL attaque Médine, défendu par Paul HOLLE, un mulâtre saint-Louisien, avec 7 Européens 22 Sénégalais et 36 matelots. Mais ces faibles troupes n’auraient pas suffi à repousser les 20 000 fantassins d’El Hadji Omar. La défaite d’El Hadj est due, en partie, à l’indiscipline de Hamat Kouro WANE dit «Hadé Wadda» (celui qui fait ce qu’on lui défend). L’absence du stratège militaire, Alpha Oumar Thierno Baïla, qui n’était pas de l’expédition, resté au commandement du Nioro et Kaarta, a pénalisé El Hadj Omar. Par ailleurs, en grand stratège, Faidherbe a rassemblé à Médine tous les éléments, issus du Logo et du Kasso, hostiles à El Hadj Omar. Le gouverneur du Sénégal a mobilisé au total 580 hommes, avec des fusils, munitions et des barils de poudre, ainsi que divers alliés africains à la botte du colonisateur, : Fara Penda M’BODJ, nommé chef du Oualo, Boubacar Sada du Boundou, Babacar Ould Souedi Amet, chef des Douaich, des Maures. Pour faire face au Jihad d’El Hadji Omar, Faidherbe va conclure divers traités de paix : le 20 mai 1858 avec le Trarza, le 10 juin 1858 avec les Maures Brakna, le 18 août 1858, avec l’Almamy du Boundou et les chefs du Bambouk, le 19 août 1858 avec les chefs du Guoy, le 18 avril 1859 avec le Toro, le 10 septembre 1859 avec le Damga, une province du Fouta, particulièrement rebelle.
C’était l’époque où la domination française commençait à s’affirmer sur tout le Sénégal. En 1857, les troupes de Faidherbe et celles d’El Hadj Omar s’affrontèrent à Médine, puis à Matam du 13 au 16 avril 1859. C’est en août 1860, à Bakel, qu’un traité de paix fut signé entre Thierno Moussa, représentant d’El Hadji Omar, et les Français dont l’autorité est reconnue sur la rive gauche du fleuve, et la rive droite restant sous influence d’El Hadji Omar. «Tout pillage, toute expédition de guerre cessera d’un côté, comme de l’autre. Les sujets de l’un des pays n’iront pas en armes dans l’autre pays. Le commerce se fera librement entre les deux pays ; nous vendrons à El Hadj tout ce qu’il nous demandera», points 4 et 5 du traité.
Entre 1859 et 1862, El Hadji Omar remporte ses conquêtes sur le Niger et brise la résistance des Diawara en installant les Toucouleurs sur le Kingui. Marcoïa est pris le 20 novembre 1859 et le 22 mai 1860, les Bambaras venus au secours des Diawara connaissent une défaite à N’Ganno. Niamina, ville commerçante du Niger est conquise le 25 mai 1860.
El Hadj Oumar TALL s’attaqua aux royaumes bambaras de Kaarta et de Ségou, dirigés par les Diarra. En entrant dans Ségou, le 10 mars 1861, «il prenait possession du palais et des trésors accumulés depuis des siècles par les divers rois qui s’étaient succédés dans ce pays. Les différents chefs captifs écrirent, par des marabouts de l’intérieur, qu’ils voulaient se rendre à El Hadj. (…) Il imposait à tous de se raser la tête, de ne plus boire de liqueurs fermentées, de faire le Salam, de ne plus manger de chien, de chevaux, ni d’animaux morts de maladie ; il prenait des otages pour en faire des soldats», écrit Eugène MAGE. Les fétiches et temples païens sont détruits. En 1862, il confie Ségou à son fils Ahmadou, pour partir à la conquête d’Hamdallaye, capitale de l’Empire peul du Macina qui tombera le 16 mars 1862. Il est curieux de constater qu’El Hadji Omar ait fait la guerre contre Amadou Mo Amadou (Amadou fils d’Amadou, en Peul), petit-fils du fondateur du Macina, qui n’était pas un idolâtre, mais un musulman jugé hypocrite et non sincère : «il est notre petit-fils, son père est notre fils, et son grand-père est notre oncle et ami. (…) L’action est plus éloquente que la parole. Lorsque la parole et l’action divergent, prends en considération l’action» dit El Hadji Omar.
En effet, Amadou Mo Amadou avait préconisé à El Hadj Omar de ne pas poursuivre Ali DIARRA, le roi de Ségou en fuite qui cherchait à reprendre son trône «Si je t’ai demandé la paix, c’est que les gens de mon pays le désiraient ; Quant à moi, j’ai toujours souhaité me battre contre toi, si tu ne viens pas m’attaquer, je marcherai contre toi» dit Amadou Mo Amadou.  Après plusieurs échanges de lettres, El Hadji Omar finira par se défendre contre les attaques d’Amadou Mo Amadou, qui sera capturé après sa fuite et décapité le 15 mai 1862. Les trésors d’Amadou Mo Amadou entassés à Tombouctou furent récupérés. La vie d’Ali DIARRA, roi de Ségou est épargnée, mais il est mis aux fers.
Le 16 mai 1862, El Hadj Omar prend la capitale du Macina : Hamdallaye «Trois jours après son entrée à Hamdallaye, tout le Macina, chefs en tête, venait faire sa soumission au marabout, qui se trouve ainsi maître de la plus vaste étendue de territoire qu’un chef nègre n’eut jamais eu en son pouvoir. De Médine à Tombouctou, et de Trengela au Sahara, tout était soumis à sa loi» écrit Eugène MAGE. En 1864, c’est dans le Macina qu’une révolte va bloquer El Hadji Omar. En effet, le Macina est vaincu, mais non soumis. Les Qadiri de Cheikh Bécaye complotent et pactisent avec la France. La conspiration entre les gens du Macina, les Bambaras et les Kounta de Tombouctou. Replié dans une grotte à Déguembéré, El Hadji Omar attend les secours de son neveu, Tidjani, qui arriveront, tardivement.
II – El Hadji Omar et son héritage contrasté
A - El Hadji Omar, l’échec et la dislocation de son empire théocratique
Jusqu’en 1864, la France n’avait aucune maîtrise du territoire appelé alors le Soudan ; son dernier poste militaire s’arrêtait à Bakel. En effet, l’autorité d’El Hadj Omar dépassait, de son vivant cette zone, elle couvrait le Fouta-Toro, le Boundou et une partie de la Guinée : «La rapide extension des Foulahs et leur domination politique dans une grande partie du Soudan, depuis la haute région où le Kouara (Djoliba ou Niger et le Sénégal ont leurs sources jusqu’au fort au-delà du Tchad ; cette extension est un des phénomènes historiques les plus remarquables des temps modernes» écrit Jules BELIN de LAUNAY (1814-1883) dans l’introduction de l’ouvrage d’Eugène MAGE. Les colons ont été confrontés au pillage des maures à la résistance des anciens royaumes, et surtout au puissant empire mis en place par El Hadji Omar. Depuis la chute d’El Hadji Omar, la colonisation n’a cessé de remporter des victoires dans son entreprise de domination de l’Afrique. «L’histoire de la conquête, et surtout de l’occupation du cercle de Nioro est intimement lié à la destruction de l’empire toucouleur qui, lui-même comprenait la totalité du Soudan actuel» écrit le commandant de LARTIGUE. 
El Hadj Omar, de son vivant ne voulait pas assumer le pouvoir temporel ; il avait confié cette mission, à partir de 1860, à son fils, Ahmadou Cheikou (21 juin 1836, Sokoto- 15 décembre 1897, Sokoto), réformateur lettré et mystique, devenu le «Lamiddo Dioulbé», le commandeur des croyants, avec comme capitale Hamdallaye (Loué soit Dieu). Si Moustapha, un esclave gérant le Nioro a été sage, en revanche, les nouveaux impôts de Amadou Cheikou à Ségou ont déclenché la révolte. «A première vue, j’avais donné à Ahmadou dix-neuf ou vingt ans ; en réalité, il en avait trente ; il est plutôt grand et il est bien fait. Sa figure est très douce, son regard calme, il a l’air intelligent. Il bégaie un peu en parlant, il parle bas et très doucement. Il a l’œil grand, le profil du nez droit, les narines peu développées. (..)  Il est coiffé d’un bonnet bleu. (..) Il tenait à la main un chapelet, dont il défilait les graines en marmottant par les intervalles de la conversation. Devant lui, sur sa peau de chèvre, étaient posés un livre en arabe et des sandales ainsi que son sabre», écrit Eugène MAGE lors de son entrevue du 28 février 1864. «La théocratie fondée en 1818 au Macina par Cheikou Ahmadou, à son apogée en 1830, s’étendait du Nord au Sud entre Tomboctou et Djenné et à l’Ouest, les rives du Bani et du Niger» écrit Robert CORNEVIN.
Les Français estiment que cette République islamique très vaste, menace leurs intérêts. Ils entreprirent alors de liquider toutes les personnes censées contrarier la colonisation. «Dans la campagne de 1891-1892, le colonel Archinard avait planté notre drapeau et porté un nouveau coup à la puissance toucouleur. La campagne de 1892-1893 avait un double but : détruire la puissance d’Ahmadou, qui tentait de reconstituer son empire dans le Macina et refouler Samory qui continuait à inquiéter la région Sud de la colonie» écrivent les Renseignements coloniaux de 1896. Dans son rapport, le colonel ARCHINARD précise ces menaces : «Ahmadou, toujours hostile, profitant de ce qui lui restait de force et d’autorité, nous faisait attaquer dans le Nord de Sansanding et à l’Est de Ségou. (…) Ma conviction s’est faite et que je regardais Ahmadou comme l’âme de toutes les révoltes contre nous. (…) Il fallait enlever à Ahmadou l’ombre du prestige dont il jouissait encore, et pour cela le chasser du dernier royaume créé par son père et le priver du concours des Toucouleurs que le fanatisme musulman, l’orgueil vis-à-vis des autres Noirs et la haine contre nous, tenaient encore groupés autour de lui» écrit le colonel Louis ARCHINARD. En effet, Ahmadou avait entrepris de s’allier avec les forces de Samory TOURE (1830-1900). Ahmadou Cheikou, outre les Français, avaient de nombreux ennemis dont les Peuls du Macina, les Bambaras et une partie de sa famille contestait sa légitimité notamment à Ségou, le Bélédougou, le Mandingue et le Kaarta. En 1881, les Français s’installent à Kita.
Les Français ont appliqué une vieille recette «Diviser pour mieux régner», en exploitant, au maximum, les dissensions au sein des héritiers d’El Hadj Omar, pour mieux liquider Ahmadou Cheikou, moins conciliant ; cela préfigure, peut-être ce qu’allait être la Françafrique : installer des hommes de paille en Afrique. Aussi, le colon s’est attaché la collaboration d’Aguibou TALL (1843-1907), plus malléable et avide d’honneurs : «Aguibou n’avait hérité du fanatisme religieux de son père. Il semble bien qu’Aguibou ait assez faible caractère et que ses penchants de collectionneur l’aient rendu, plus que de raison, avide de cadeaux. Ce goût pour les présents le rendra docile aux arguments des commandants supérieurs du Soudan» écrit Yves SAINT-MARTIN. En effet, Aguibou avait d’abord hérité de la province autonome de Dinguiraye, une création de son père, à la conquête coloniale qui sera d’abord rattachée au Soudan, puis à la Guinée. «J’avais permis à Aguibou de recevoir tout le monde et d’accepter tous les témoignages d’attachement qui lui seront donnés» écrit Louis ARCHINARD (1850-1932). Il y avait un lourd contentieux entre Aguibou et Amadou Cheikhou. En effet, pendant qu’Ahmadou guerroyait dans le Kaarta, entre 1870 et 1874, Aguibou avait exercé la régence et géré le royaume en bon père de famille. A son retour, Ahmadou ne tint compte de cette bonne gestion, et remis Aguibou, brutalement, dans le rang. Il lui confisqua une partie de ses biens et de ses femmes, d’où le grand ressentiment d’Aguibou, qui se croyait d’ascendance plus noble que son demi-frère : «Mon frère, Ahmadou, m’a pris ma femme, Assa Coulibaly, avec seize autres femmes, deux captifs et mille gros d’or. C’est pour cette affaire entre Ahmadou et moi, que je suis passé au service des Français» écrit Aguibou dans une lettre de 1891 au colonel HUMBERT. Un parti se forma, tant à Dinguiraye, qu’à Ségou, pour demander l’accession d’Aguibou au pouvoir, mais Aguibou nommé à Dinguiraye, fut ainsi écarté, provisoirement, du centre de décision.
Aguibou décide, par le traité du 12 mars 1887, de placer Dinguiraye sous protectorat français, et devient un serviteur docile du colon. Le 6 avril 1890, Louis ARCHINARD prit la ville de Ségou à Madani qui alla se réfugier, chez son père à Nioro et dans le Kaarta. Ahmadou Cheikhou, confronté à des révoltes presque permanentes et des guerres de succession, se sentant menacé, sans se soumettre, Ahmadou émigra en 1893 à Sokoto, pour y répandre la Tidjianiyya, et il y meurt le 15 décembre 1897.
Louis ARCHINARD voulait, coûte que coûte briser la domination toucouleur et mis à la tête de Ségou de 1887 à 1892, Mari DIARRA, qui s’est révélé peu malléable ; il sera assassiné par les colons. En mars 1891, Sansanding est confié à Mademba DY (1842-1918), un ancien postier sénégalais et chef de la brigade télégraphique du Soudan. ARCHINARD exigea d’Aguibou une remise de la province autonome de Dinguiraye, comme tous les autres royaumes d’El Hadj Omar, annexés par la France. Aguibou s’exécuta, se déclara Français et prêt à se rendre partout où le gouverneur  lui dirait d’aller. Sous la menace des Sofas de Samory TOURE, Aguibou TALL ira, en 1892, se réfugier auprès de Louis ARCHINARD. Maky, le fils d’Aguibou, qui exerçait la régence à Dinguiraye est destitué et exilé à Kayes, en mars 1899 ; son cousin, Baba TALL est érigé, au rang, non pas de roi de Dinguiraye, mais de simple chef coutumier. Seule la Mosquée de Dinguiraye a résisté à la loi du temps. Le 4 mai 1893, ARCHINARD élève Aguibou TALL, au rang de «Fama», un roi fantoche du Macina, à Bandiagara, «en récompense de la fidélité et des bons sentiments témoignés par Aguibou à la France». Le 12 février 1903, la résidence de Bandiagara fut transformée en chef-lieu de cercle, un administrateur civil européen nommé. Aguibou perd son statut de roi, pour devenir un simple chef coutumier ; il meurt en 1907. Ainsi, prit fin l’empire d’El Hadj Omar, et commença la collaboration de ses héritiers, dont El Hadj Saïdou Nourou TALL (1882-1980), avec l’occupant français.
En définitive, El Hadji Omar a tenté de réaliser l’unité africaine, s’il n’avait pas été arrêté dans sa progression vers le Niger, en 1864. Au Fouta-Toro, le dernier Almamy, Ciré Baba Ly fut élu en 1880. Depuis 1877, le Fouta est morcelé avec le traité de Galoya. Et l’Almamy Babaly ne fut pas remplacé à sa mort, en 1890.
B – El Hadji Omar et le fabuleux destin de la confrérie Tidjaniyya,
El Hadji Omar est le continuateur, en Afrique de l’Ouest, de l’action de Cheikh Ahmed Tidjani (1737-1815), originaire de Ain Mahdi, dans le Sud algérien et mort, à Fès, au Maroc. Ce mouvement de Tajdîd ou «renouveau», fondé en 1781, se caractérise par le surgissement de figures, de réseaux, de structures, qui, par-delà leur diversité, ont en commun une forte démarche éducative, missionnaire et militante, et une révérence particulière à l’égard du Prophète, de son modèle et de son enseignement. C’est à la fois une continuité et une rupture avec le passé. El Hadji Omar a d’abord été initié au Tidjanisme par son maître Abdel Karim du Fouta-Djalon. Mais lors de son séjour à la Mecque, il rencontre Sidi Mohamed El GHALI qui le nomma Khalife général de la confrérie Tidjaniyya pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Si l’empire toucouleur d’El Hadji Omar s’est disloqué à sa mort, en revanche, le destin et la survie du Tidjanisme sont exceptionnels. Ce message de rénovation des valeurs de l’Islam est plus que jamais vivace. Ainsi, Amat BA dit Maba Diakhou BA (1809-1867), du RIP, Almamy du Saloum et un descendant de Coly Tenguella BA, dont les ancêtres sont originaires de M’Bantou, près de Podor, rencontre El Hadj Omar en 1846, à Kabakoto. El Hadji Omar lui donne le Wird des Tidjanes et l’investit comme représentant de sa confrérie dans le Saloum. Il engage la guerre sainte en 1861 à la suite d’un différend avec le roi du Sine. Par son prestige, Maba Diakou BA installe, dans le Nioro du Rip, de nombreuses personnalités dont : Mame Mor Anta Sally M’Backé, père Cheikh Ahmadou Bamba M’Backé, fondateur du mouridisme ; et Mohamed NIASSE (1881-1959), aïeul de Cheikh Ibrahima NIASSE dit Baye NIASSE, installé à Taïba Niassène. Fodé Kaba DOUMBOYA (1818-1901), chef musulman diakhanké de Casamance. Maba Diakou BA offrira l’asile politique à Alboury N’DIAYE (1842-1898), bourba du Diolof, et à Lat-Dior DIOP (1842-1886), damel du Cayor, qui va se convertir à l’Islam, en 1864, son royaume étant resté longtemps animiste et esclavagiste. Un des héritages d’El Hadji Omar est donc l’islamisation massive des Ouolofs, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, tous les grands marabouts étant d’ascendance peule. En raison de son Jihad, une continuation de l’œuvre d’El Hadj Omar, il est déclaré ennemi n°1 par les colons et sera tué le 18 juillet 1867, à Somb, région de Fatick, dans une bataille contre Coumba N’Doffène DIOUF (1810-1871), le bourba du Sine. C’est la famille des NIASSE, à Kaolack, qui donnera, en 1920, le Wird et le Maouloud des Tidjane, à mon village, Danthiady et à Seddo, dans la région de Matam.
Continuateur de l’action d’El Hadji Omar TALL, au Sénégal, El Malik SY (1855-1922) a consacré un poème à son mentor : «Qui rendra ma vie heureuse après la disparition de mon maître Omar ? J’ai perdu celui qui refusait l’injustice, celui qui avait l’habitude de faire périr ceux qui altéraient la religion et les païens» écrit El Hadj Malick SY. En effet, El Hadji Omar a élevé El Hadj Malick SY, avant sa naissance, lors de son retour à la Mecque, à Oré Fondé, par l’intermédiaire de son oncle maternel Alpha Mayoro WELLE, au rang de Khalife général des Tidjanes. Par sa chaîne spirituelle, ainsi que par ses études, ses écrits et son pèlerinage, El Hadj Malick SY était devenu un des grands personnages de la vie religieuse au Sénégal. Cependant, contrairement à son mentor, El Hadji Malick SY, s’il est resté adepte du tidjanisme, était un collaborateur de la colonisation, il avait condamné le Jihad. Pour Cheikh Moussa CAMARA, un spécialiste de l’histoire des grandes familles du Fouta-Toro, les lointains ancêtres d’El Hadji Malick SY sont originaires du Boundou, du clan de la famille SY, des Almamy de cette contrée.
Mamadou Lamine DRAME (1840-1887) est l’un des partisans d’El Hadj Omar. Il rêvait de rétablir l’empire d’El Hadj Omar, discrédité, selon lui, par ses successeurs, en recréant le Wagadou, un territoire historique des Soninkés répartis entre le Sénégal, le Niger, le Fouta-Djalon, la Gambie. Après sa victoire sur le Boundou, la France ayant senti le danger, le combattit ; il succombera de ses blessures après un affrontement avec les forces de Joseph GALLIENI (1849-1916), le 9 décembre 1887.
EL Hadji Mamadou Saïdou BA (1900-1981) de Madina Gounasse (Haute-Casamance), et son Dakka, réunit les adeptes du Tidjanisme, notamment du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire, de la Gambie où vivent une partie des descendants de Maba BA, de la Guinée-Bissau, du Mali et de la Mauritanie.
Finalement, l’héritage d’El Hadji Omar, concernant le Tidjanisme, est encore le plus vivace que jamais. Les grands hommes ne naissent que quand ils meurent. En ce sens, El Hadji Omar a toujours refusé de mourir, il a su résister à l’oubli du temps. Dans son «Qacida en Poular», Mohamadou Aliou THIAM raconte qu’au «jour de la Résurrection, le Bélier (Cheikh Ahmed Tidjani), conduira El Hadj Omar et ses disciples devant le Prophète Mahomet qui les introduira au 7ème ciel où les attendent les délices». En attendant cette lointaine échéance, la France a rendu, en 1994, au Sénégal, les archives de la famille d’El Hadj Omar TALL ; son sabre, ses sandales et son livre de Coran, confisqués par Louis ARCHINARD et rapatriés aux Invalides à Paris, sont, désormais, exposés, à Dakar, au Musée des civilisations noires, depuis le jeudi 6 décembre 2018. El Hadji Omar est donc, dans une certaine mesure, de retour parmi nous.
Bibliographie
1 – Contribution de El Hadji Oumar TALL
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2 – Critiques de El Hadji Oumar TALL
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SOLEILLET (Paul), Voyage à Ségou (1878-1879), rédigé par Gabriel Gravier, 1887, 513 pages, spéc pages 317-363 ;
TALL (Thierno Mountaga), El Hadji Oumar Tall : l’aigle de Alwar, préface de Mamadou Racine Kassé, Dakar, L’Harmattan, 2017, 95 pages ;
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WILLIS (John), In the Path of Allah : The Passion of Al-Hajji Umar : An Essay in the Nature of Charisma in Islam, Frank Cass, 1989 et 2013, 276 pages.

Paris, le 14 mars 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«El Hadji Oumar TALL (1794-1864), le mystique, le temporel et le spirituel,  un prophète armé» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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17 août 2022 3 17 /08 /août /2022 21:06
«Marie-Lyne CHAMPIGNEUL, ses combats inlassables pour la Mémoire et le Bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Mme Marie-Lyne CHAMPIGNEUL organise un colloque international des 6, 7, 8 octobre 2022 à l'auditorium de la médiathèque de Saint-André sur «l'histoire des systèmes carcéraux : les conditions de détention dans la zone océan indien». Le dimanche 9 octobre 2022 à Terre-Sainte, à Saint-Pierre (La Réunion), une table ronde «réparation-réconciliation» qui sera précédée d'un film documentaire, de 2016, du guadeloupéen Franck SALIN, «citoyens bois d'ébène».
En contact sur Facebook de très longue date avec Marie-Lyne CHAMPIGNEUL, je n'avais eu l’occasion de rencontrer cette «amie virtuelle», que pendant ce mois d'août 2022. Je me suis rendu compte, qu'en dépit de la distance, Marie-Lyne CHAMPIGNEUL résidant à la Réunion, beaucoup de choses nous rapprochent, notamment sa grande proximité avec la Chine, le Sénégal et le Bénin.
En particulier, Marie-Lyne CHAMPIGNEUL est connue et reconnue pour ses combats pour la continuation de l'action de l'historien et universitaire de la Réunion, Sudel FUMA (1952-2014), disparu, tragiquement, à la suite d'une embarcation de pêche ayant chaviré. Sudel FUMA s'était battu pour que l'ancienne prison, Juliette Dodu, ne soit pas transformée en bureaux ou appartements d'habitation. «Pour moi, il s'agit d'un deuxième crime contre ce haut lieu de mémoire de l'esclavage et de l'engagisme» avait dit Sudel FUMA. Le «premier crime» fut celui de la destruction des archives de la prison Juliette Dodu, en 1996, notamment les documents d'affranchissement ou les rapports sur le marronage. Construite en 1771, détruire cette prison Juliette Dodu, serait enlever l'âme de ce lieu, «un des symboles de la résistance des esclaves» dit Sudel FUMA. Par ailleurs, cette prison, Juliette Dodu, était aussi une lieu de détention des engagés qui avaient osé réclamer leur dû ou exigé une amélioration de leurs conditions de travail. Par conséquent, Sudel FUMA s'était farouchement opposé à la transformation de cette prison Juliette Dodu en logements ou en bureaux ; elle «est un condensé de l'histoire réunionnaise, de la domination et de la souffrance coloniales» avait dit Sudel FUMA.
Sudel FUMA est l'auteur d'une thèse, à Aix Marseille, sur «les mutations économiques et sociologiques à la Réunion au XIXÈME siècle». Il a aussi dirigé 6 thèses sur l'histoire de l'île Bourbon, devenue Île de la Réunion. Professeur d'histoire contemporaine à l'université de la Réunion et titulaire de chaire à l'UNESCO, Sudel FUMA avait relaté «le miracle créole». En effet, les anciens esclaves étaient, dans leur écrasante majorité (plus de 79%), des cultivateurs, mais ils ont légué aux générations futures, une langue, un patrimoine culturel et des coutumes.
Le combat que mène Marie-Lyne CHAMPIGNEUL est d'autant plus honorable, en dehors de la distance de l'Hexagone et du manque de moyens, on est confronté à une certaine petite musique qui démobilise : «l'esclavage et la colonisation, c'est du passé. Arrêtez d'en parler, sinon vous allez renforcer les forces du Chaos ou peut-être que seriez des citoyens déloyaux à l'égard de la République, qui ne s'occupe pas de la couleur. Rompez les rangs ! Déposez les armes, et devenez des citoyens, comme les autres !».
Oui, bien sûr, et comme René MARAN (1887-1970, voir mon article), Prix Goncourt de 1921, nous aurions aimé être des «citoyens pareils aux autres», en référence au titre d'un de ses romans. Cependant, ce sont autres, et dans leur hiérarchisation permanente des valeurs de la vie, qui nous renvoient en permanence à nos origines. Un Code de l'indigénat, qui ne dit pas son nom, est en train de se mettre en place.
Par conséquent, un des grands défis de notre temps, les chaînes de l'esclavage ayant disparu, officiellement de longue date, à mon sens, il existe désormais des chaînes invisibles : l'esclavage mental. En effet, 62 ans après les indépendances africaines, il y a encore de très solides chaînes invisibles qui ligotent l'Afrique et ses diasporas. Dans certaines d'informations continue ou dans le discours politique, chaque mot débité est une sorte d'insanité à l'encontre des racisés et de la Raison ; les coups de fouet claquent très fort à longueur de journée.
Je loue, sans retenue, la pugnacité et la détermination de Mme Marie-Lyne CHAMPIGNEUL, constamment mobilisée dans ses combats pour la Mémoire et la transmission. "Si tu ne sais pas qui tu es, ne sauras jamais où est-ce que tu vas" dit en substance un proverbe africain. J'invite donc tous à soutenir, très activement, ce colloque de Marie-Lyne CHAMPIGNEUL, à la Réunion.
Je rappelle aussi le colloque que la Fondation sur la Mémoire de l'esclavage va organiser, en novembre 2022, à Dakar, au Sénégal. L'objet de colloque international est de répertorier et rassembler les chercheurs francophones travaillant sur l'histoire, la culture et la citoyenneté dans leurs espaces géographiques.
Cette initiative de la Fondation pour la Mémoire de l'esclavage est d'autant plus importante que la question de l'esclavage est sous-estimée ou inexistante en Afrique. En dehors du combat mené par notre ami Doudou DIENE, cette question de l'esclavage reste largement portée par les Antillais, dont certains ont, à tort, un ressentiment à l'égard des Africains, estimant qu'ils auraient été vendus par leurs frères du continent noir.
Dans la production littéraire et artistique Africaine ce qui domine, ce sont les questions d'indépendance et de lutte contre la Françafrique. Or, et à modeste avis, la question de l'esclavage est primordiale. En effet, le colonisateur, l'avait bien compris, sans rétablir officiellement l'esclavage aboli en 1848, il avait mis en place un Code de l'indigénat, un système de réification du colonisé, faisant de lui, en fait, un esclave, à travers le travail forcé et cette justice indigène échappant à tout contrôle d'un juge (Maître Amadou Lamine Coura GUEYE (1891-1968), celui a abrogé le Code de l’indigénat, voir mon article.
De nos jours, en France, les diasporas africaines et Antillaises sont confrontées à cette résurgence d'un Code l'indigénat clandestin ; ils sont écartés des principaux lieux de décisions et soumis, en permanence, à la haine, à la stigmatisation et au lynchage des chaînes d'information continue de Vincent BOLLORE.
Mais le plus grave, c'est que ces diasporas restent passives devant la montée des forces du Chaos. Le plus dur des esclavages est l'esclavage mental ; il s’agit d’une servitude volontaire crainte ou ambition. On s'applique soi-même un sceau sur les lèvres pour empêcher une vérité utile de s'en échapper, une manière de vendre son âme au diable, disait en substance Ernest LEGOUVE (1807-1903) : «Emancipez-vous de l’esclavage mental ! Personne d’autre que nous, ne peut libérer nos esprits» disait Bob MARLEY (1945-1981, voir mon article).
Paris, le 17 août 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
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15 août 2022 1 15 /08 /août /2022 20:27
«François MASPERO (1932-2015), écrivain et éditeur militant anticolonialiste» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le nom de François MASPERO est incontestablement associé à ses fonctions de libraire et d’éditeur. Libraire à Paris, à «l’Escalier» de 1955 à 1957, puis à «La Joie de Lire», de 1957 à 1974, éditeur et directeur des éditions François MASPERO de 1959 à 1982, Directeur de la revue «Partisans» de 1961 à 1972, de l’édition française «Tricontinental» de 1969 à 1971, et de «l’Alternative» de 1979 à 1985, traducteur, journaliste, écrivain, voyageur et militant de la Gauche radicale,  François MASPERO est l’un des grands passeurs de la pensée de l’héritage communiste et anticolonialiste de l’après-guerre, une référence incontournable de l’édition critique. Précédé dans ce travail par les éditions «Présence Africaines» d’Alioune DIOP (1910-1980, voir mon article) de la rue des écoles, François MASPERO étant au cœur du Quartier Latin, à l’époque un quartier populaire accueillant des immigrés et des étudiants africains, est entré en contact, très vite, avec les ressortissants du tiers-monde : «J’ai eu, dans ma première librairie, rue Monsieur-le-Prince, l’occasion de rencontrer des lecteurs de «Présence Africaine», des militants des colonies portugaises, dont Mario de Andrade, Amilcar Cabral, et plus généralement anticolonialistes, et des visiteurs aussi divers que Césaire (alors député), Senghor (alors sénateur) et Léon-Gontran Damas. Grâce à Mario de Andrade, je suis entré en contact avec Fanon» dit-il, en septembre 2014, à la revue «Période». A 24 ans, le jeune François MASPERO assiste au 1er Congrès, du 19 au 22 septembre 1956, des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne qu’organise Alioune DIOP, et c’est la révélation : «Ce premier Congrès a été un grand départ pour moi ; je me suis ouvert au monde du large. J’ai vu jaillir toute une culture, non pas bafouée, mais sous-estimée, sinon niée»  dit, en 2014, François MASPERO, à France-Culture.
François MASPERO est donc le créateur d’une maison d’édition curieuse des autres, combattive et solidaire. Il a implanté au centre du Quartier Latin ses librairies, en pleine ascension des idées pour l’indépendance (Ghana et Guinée), ou des guerres coloniales (Indochine, Algérie). Aussi, de la production littéraire qu’il diffuse, foisonnent des idées séditieuses racontant toutes formes de lutte, à l’usine, dans les prisons ou pour la justice sociale. En effet, François MASPERO n’était pas un éditeur comme les autres. D’une part, il est en rupture par rapport à l’aspect industriel des maisons classiques d’édition : «Presque toutes les anciennes maisons d'édition appartiennent maintenant à des groupes financiers. Tout d'un coup, on tombe sur des technocrates qui n'ont pas le sens de l'histoire de la maison. Ils ne savent même pas ce qui a été publié. Ils ne s'intéressent pas au contenu des livres. C'est terrifiant» dit-il. D’autre part, et surtout,  François MASPERO a enjambé les frontières littéraires et cassé les barrières idéologiques d’une édition jusque-là bien sage. Il avait envie de «respirer l'air du large et le faire respirer aux autres» dit-on. François MASPERO publia à la fois TOGLIATI et Mao, des traités de philosophie, mais aussi des études militantes de tiers-mondistes. Il se démarque ainsi des éditions «Minuit» afin d’opter, radicalement, pour un projet d’éducation populaire propre à lui, une sorte de culture populaire, pour se placer au centre du combat idéologique de son temps où «le fond de l’air était rouge», en référence du film de Chris MARKER, «les mots ont un sens» de 1970. «François Maspero était un grand éditeur, très différent de ceux de la place de Paris car il avait d'emblée posé son regard sur ce qui se passait ailleurs, ce qu'on appelait alors le Tiers-Monde. Ses choix ne se faisaient jamais en fonction de la rentabilité des livres» dit l’écrivain franco-marocain, Tahar Ben JELLOUN, dont le recueil de poésie, «les cicatrices du soleil» a été publié en 1972 par François MASPERO. François MASPERO a aussi publié les auteurs afro-américains, dont WEB de DUBOIS, son ami Abdou MOUMOUNI, mais aussi les écrits politiques de James BALDWIN, Malcolm X, de Che GUEVARA. Il connaissait Sally N’DONGO de l’Union générale des travailleurs sénégalais. En dépit de cette orientation anticapitaliste et anticolonialiste, François MASPERO était attaché à une rigueur intellectuel et à une certaine esthétique des livres qu’il publiait. En effet, François MASPERO a été foncièrement anticolonialiste. Il a su mettre en pratique «la morale de Kant», en  Conjuguant éthique et politique : «J’ai été mis abruptement devant le fait colonial, cela m’a beaucoup marqué.  Mon père avait déjà tracé la voie. Dès l’âge de 22 ans j’ai travaillé pour une imprimerie, puis je suis devenu libraire. Pour l’Indochine j’étais trop jeune, mais pour la guerre d’Algérie, j’étais en pleine action. La guerre d’Algérie m’a conduit à produire des textes, pas seulement de réprobation morale, comme les Editions de Minuit, mais des textes qui donnaient vraiment la parole aux Algériens, j’ai eu la chance de pouvoir publier Frantz Fanon et bien d’autres livres» dit François MASPERO. Il apprécie chez KATEB Yacine, c’est celui dont l’héritage littéraire, un «butin de guerre», «viole la langue (française), transfigure le réel, le sublime en mythologie hallucinée, convoque la tragédie du peuple et oblige le lecteur à faire corps avec le texte» dit François MASPERO. Il a eu l’audace de faire publier «L’An V de la Révolution» de Frantz FANON (1925-1961, voir mon article), aussitôt interdit : «Ça s’est passé très simplement, en 1959. Frantz Fanon avait écrit ce livre, mais aucun éditeur français ne voulait le publier. Je l’ai su, je lui ai écrit à Tunis. J’étais débutant dans le métier (je n’avais encore publié que deux livres !). Il m’a fait aussitôt parvenir le manuscrit. Je l’ai édité. Le livre a été interdit, j’ai été inculpé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, je l’ai réédité, nouvelles descentes de police, etc. L’important pour moi, c’est que Fanon ait manifesté une telle confiance envers un inconnu et qu’il m’ait écrit ensuite : «Il faut que je vous dise merci, non seulement pour ce que vous faites, mais pour ce que vous êtes.» J’en reste toujours à cette phrase de lui : «Ô mon corps, fais de moi toujours un homme qui s’interroge» dit-il à un journal algérien, «El Wattan». En mai 1968, il donnera la parole aux femmes, aux étudiants et aux syndicalistes et à la gauche radicale, avec parfois des tensions entre trotskystes et maoïstes. «Nous avions bricolé un système de distribution des livres interdits concernant l'Algérie avec les éditeurs étrangers La Cité de Nils Andersson, à Lausanne, ou Feltrinelli, à Milan», dit Jean-Philippe TALBO-BERNIGAUD.
En 1956, à travers «la joie de lire», François MASPERO s’adresse «aux paysages humains, à des cultures et réalités différentes» dit Edwy PLENEL de Médiapart. En effet, François MASPERO dénonce l’injustice de la colonisation, les tortures, les ratonnades, les coups d’Etat militaires, l’assassinat ou la disparition ou l’enlèvement d’opposants, comme Medhi BEN BARKA (Né en 1920 et disparu à Fontenay-le-Vicomte le 29 octobre 1965). «J’ai des sentiments extrêmement simples de révolte et d’indignation. La dérive libérale est la plus terrible des utopies. Elle est aussi plus terrifiante que d’autres, car on n’en voit pas la fin. Je crois donc à la lutte, sinon il n'y a plus d’histoire et peut-être plus d’humanité» dit-il. Sa librairie fut plastiquée lors des «Nuits bleues» de l’Organisation de l’Armée Secrète (O.A.S.). François MASPERO est particulièrement sensible aux luttes des peuples colonisés pour retrouver leur liberté et leur dignité «Il faut savoir que les choses sans espoir sont sans espoir, et être pourtant déterminé à les changer» écrit Francis SCOTT FITZGERALD (1896-1940), dans «la fêlure». Il se lie d’amitié avec des intellectuels noirs, comme Amical CABRAL (1924-1973), un dirigeant de la Guinée-Bissau. Il signe la déclaration du 1er janvier 1961 sur le droit à l’insoumission.
En définitive, François MASPERO est à la fois un éditeur tiers-mondiste, mais aussi un écrivain tourné vers le monde, en fraternité avec les vaincus.
I – François MASPERO, un éditeur tiers-mondiste, internationaliste
François MASPERO, un nationaliste, tout aimant son pays, la France des droits de l’Homme avec son message universel, témoigne d’un puissant engagement internationaliste. Aimer son pays, c’est aussi avoir envers sa patrie une exigence de vérité et de cohérence : «Il y a un point qui me tracasse, c'est ma quasi-absence de réponse à votre question sur l'amour de mon pays. Répondre par la France des Lumières est évidemment trop court. En y repensant, je me dis que si j'ai du mal à m'expliquer, c'est que je suis de la dernière génération qui peut se souvenir de la France envahie et opprimée, et de la lutte pour la libérer. On peut aimer son pays d'une façon jugée aujourd'hui irrationnelle sans être un nationaliste. Je suis, je crois, profondément internationaliste. Disons que, là encore, il y a le cœur et la raison, qui ne s'opposent pas forcément. Aimer le pays - comme la langue - où l'on est né, c'est aussi être exigeant envers lui, plus qu'envers tout autre» dit François MASPERO. Il ouvre des tribunes éditoriales de la décolonisation, en rupture avec l’ethnocentrisme légendaire des éditeurs français ; il fait parler du tiers-monde et de ses dirigeants. Toujours assidu dans la défense de ses auteurs, il se rend en Bolivie pour aider Régis DEBRAY avec le cinéaste Chris MARKER, seul à oser l’accompagner. Rompant avec la stigmatisation et l’ostracisation des racisés, François MASPERO s’est transporté, pendant de longs mois, le long du RER B, en 1992, à la rencontre des immigrés de la banlieue parisienne. Naquit alors «Paris bout du monde», projet commun avec la photographe Anaïck FRANTZ.
François MASPERO revendique haut et fort sa grande solidarité avec les racisés : «J'ai, à une époque où la pensée et la littérature restaient repliées sur les nations de la Vieille Europe et de l'Amérique blanche, cherché d'autres pensées et d'autres littératures. Plus d'un tiers de l'humanité, ces années-là, ' émergeait ' avec les nouvelles indépendances. Il fallait lui donner la parole. Ce n'était pas le cas alors. Je revendique ma faible part de ce travail-là» écrit-il dans «les abeilles et la guêpe». Il faudrait louer le courage et la lucidité de François MASPERO d’avoir choisi de rester solidaire avec les combattants de l’indépendance algérienne, au moment où, en France, les partisans de l’Algérie française étaient majoritaires et imposaient leur diktat : «Il faut saisir qu’à l’époque l’idée de «l’Algérie française» était dominante, exprimée à haute voix ou pensée en silence. Dans l’autre camp, ils n’étaient pas des milliers, mais l’histoire retiendra leur justesse et leur humanité. L’engagement de Maspero pour l’émancipation du peuple algérien ne fut pas de tout repos ; il dut faire face aux menaces et sabotages» écrit Mohamad YEFSAH. Par conséquent, François MASPERO est bien un «maquisard au fusil chargé d’encre», comme l’a surnommé, Mohamad YEFSAH.
En grand humaniste, François MASPERO a toujours milité pour un monde de tolérance et de fraternité, fondé sur le multiculturalisme : «Finalement, qu'ai-je tenté d'autre que ce que fit don Pedro d'Alfaroubeira, qui, avec ses quatre dromadaires, courut le monde et l'admira ? Il est encore permis de rêver d'un monde sillonné d'innombrables dromadaires conduits par des hommes occupés, le temps de leur passage sur terre, à l'admirer plutôt qu'à le détruire» écrit François MASPERO dans «les abeilles et la guêpe». Il résulte de ses combats que les éditions François Maspero, véritables boîte à outils, une université pour tous, une porte ouverte sur le monde, ont été au carrefour des interrogations, des espérances et des combats pour la construction d'un monde meilleur. Dans «La Quinzaine littéraire», un clin d’œil aux «Cahiers de la quinzaine» de Charles PEGUY (1873-1914), il refuse tout contrôle de la parole par certains groupes financiers. «Ces cahiers auront contre eux tous les menteurs et tous les salauds, c’est-à-dire l’immense majorité de tous les partis» écrit-il. «Une multitude de maisons étaient nées en 1945, parmi lesquelles Minuit, née dans la Résistance et poursuivie par Jérôme Lindon, Seghers, Laffont, ou Julliard, mais beaucoup avaient rapidement disparu, et il a fallu attendre 1968 pour voir surgir un nouveau type d’éditeurs, liés à un véritable projet de société» dit en 2005, François MASPERO.
En définitive, François MASPERO a été l’un des grands passeurs de la pensée et de l’héritage communiste et anticolonialiste de l’après-guerre. Ses éditions, constituant une solidarité sans failles avec les colonisés, ont été le théâtre de débats importants, en jouant un rôle pionnier sur de nombreux plans. «Ma conception de l’histoire, de la société et de la vie est surtout affective, probablement du fait d’avoir baigné dès l’enfance et l’adolescence dans une famille de résistants. Cette conception, à partir de ce que j’ai connu de la guerre et de toutes celles qui ont suivi. Disons aussi que je dois beaucoup à Sartre pour la conception de la liberté, et que je n’ai jamais renié Camus» dit-il. En particulier, il considère que l’échange inégal entre les pays riches et les pays pauvres, tel que l’a décrit Samir AMIN (1931-2018, voir mon article), est une forme d’esclavage moderne : «Pendant vingt-trois ans, mon métier d’éditeur a consisté à donner la parole à d’autres, plus compétents que moi, en fabriquant leurs livres que, à tort ou à raison, je trouvais intéressant. «l’échange inégal » (de Samir Amin), titre d’un livre que j’ai jadis édité, n’a jamais été aussi inégal. Que la ségrégation des classes à l’échelle mondiale a atteint un niveau tel qu’on peut se demander si la situation des parias qui errent dans le monde, chassés de chez eux par le capitalisme sauvage, n’est pas pire que celle des esclaves de jadis qui, au moins, étaient nourris par leurs maîtres» dit François MASPERO.
Né le 19 janvier 1932 au 45 rue Scheffer, à Paris 16ème, mort le 11 avril 2015 au 44 rue Saint-Maur, à Paris 11ème. A la Libération, après avoir échoué quatre fois au baccalauréat, François MASPERO s’inscrit donc en licence d’ethnologie au Musée de l’Homme. Si François MASPERO est internationaliste et solidaire avec les vaincus, il est toutefois issu d’une famille d’intellectuels aisés. Il a donc trahi la bourgeoisie et l’a bien trahie, en référence à une idée chère à Paul NIZAN (1905-1940), dans son roman, «les chiens de garde» paru en 1932 : «Je ne vois, dans ce défilé [d’aïeux], aucun travailleur manuel. J’aurais aimé évoquer un oncle ouvrier, ou au moins quelque artisan tonnelier, charpentier, qui aurait chaleureusement guidé ma main, droite ou gauche : mais rien» écrit-il dans «les abeilles et la guêpe». Son grand-père, Gaston MASPERO (1846-1916) est égyptologue ; son père, Henri MASPERO (1883-1945), est sinologue membre de l’École française d’Extrême Orient (ÉFEO), professeur au Collège de France et président de l’Académie des Belles Lettres et Inscriptions. Sa mère, Hélène MASPERO-LECLERC (1899-1997), une historienne de la Révolution, est la fille d’Antonin LECLERC (1871-1954), un médecin, spécialiste en cardiologie. Hélène MASPERO, une femme discrète, mais belle et intelligente, avait posé pour des magazines de modes dans les années 20 ; elle a surtout été déportée à Ravensbrück où elle avait fait la connaissance de Germaine TILLION (1907-2008). Jean MASPERO (1925-1944), le frère aîné de François MASPERO, un jeune homme brillant, a été tué le 10 septembre 1944, à l'âge de 19 ans, alors qu'il avait rejoint un régiment américain. Membre des FTP (Francs-tireurs et partisans), Jean MASPERO a abattu un officier allemand et a été dénoncé. En représailles, son père et sa mère sont déportés le 15 août 1944, l'un à Buchenwald, où il meurt, l'autre à Ravensbrück. Seule sa mère reviendra. «J’aurais voulu faire quelque chose de convenable pour la mémoire de mon père. Pour un homme qui a toute une nuit attendu calmement la Gestapo en rangeant ses papiers (mais il en avait tant !) parce qu’il pensait qu’en ne fuyant pas il nous éviterait, à ma mère et à moi, d’être également arrêtés» écrit-il dans «l’abeille et la guêpe».
François MASPERO transforme ce fardeau de l’Histoire par un ardent désir, pendant toute sa vie, d’en découdre avec les formes d’injustices de la société, en particulier, ce que certains appellent «la Raison d’Etat» : «Comment organiser la transmission de cette brisure existentielle, quand, succédant à la confiscation de la mémoire adultérée par les témoins directs, se fait jour la pression de l’âge qui enjoint le fils et frère de répondre à son tour en garant, de se réapproprier la dignité des morts pour mieux les libérer des gangues narratives exogènes» écrit-il dans «l’abeille et la guêpe». Par conséquent, François MASPERO puise son engagement, sa conception de la vie et de l’Histoire, dans son environnement familial marqué par la Résistance et la tragédie. Dans les «Abeilles et la guêpe» en 2002, chez Seuil, «François Maspero tente d’élucider ce qu’ont été la vie et la mort de son père au camp de Buchenwald. Mais il faut se méfier de ce qui s’énonce facilement parce qu’en réalité François Maspero déploie, pour atteindre son but au plus près, une démarche très originale : il ne fait ni œuvre d’historien, ni œuvre d’écrivain. Il marche sur la ligne de crête, la ligne de partage des eaux entre ces territoires a priori si différents» Laurent DOUZOU. Dans cet ouvrage, les «Abeilles et la guêpe» François MASPERO fait un récit qui établit un lien directe entre la résistance de ses parents, sa révolte, son combat et son engagement anticolonialiste en solidarité avec les pays du tiers-monde : «J'ai vécu mon adolescence dans une imprégnation de la Résistance. Il m'en est toujours resté quelque chose. Plus tard, quand je me suis battu pour l'Algérie indépendante aux côtés des réseaux de soutien au F.L.N., les souvenirs de cette époque remontaient en moi : les partisans de l'Algérie française nous considéraient comme des traîtres qu'il fallait liquider avec douze balles dans la peau. Nous étions l'anti-France» dit-il. Aussi, François MASPERO a choisi d’entrer en résistance «du côté de la vie», en donnant du sens à ces piqures d’abeilles. «Les morts que l'on a aimés ne sont pas morts pour rien» écrit-il.
En définitive, en sa qualité d’éditeur engagé, François MASPERO aura fait publier plus 1200 livres par ses éditions, et ne regrette que quelques erreurs de jeunesse : deux ou trois ouvrages maoïstes sur la Révolution culturelle chinoise, des bréviaires militants sur l'Albanie du dictateur Enver HOXHA (1908-1985). Bien de ces écrivains sont devenus ses amis. François MASPERO ayant vécu une période troublée avec des engagements politiques, est tout de même très lucide et critique dans sa façon de concevoir le militantisme, notamment au Parti communiste : «De fin 1955 à fin 1956, dans la foulée du «Dégel», j’ai adhéré au parti communiste, dont j’ai été exclu pour avoir protesté simultanément contre Budapest et les réticences du parti communiste à s’engager réellement contre la guerre d’Algérie : je me suis fait reprocher par André Tollet (membre du comité central) de «dégueuler sur le parti» dit-il. François MASPERO avait soutenu la lutte de tous les peuples colonisés pour leur indépendance : «J’ai toujours été sensible aux luttes des peuples pour leur liberté et concerné par cet axiome : «un peuple qui en opprime un autre ne peut être un peuple libre» dit-il. Cependant, il a très vite perçu que ces indépendances ont été trahies par les bourgeoisies nationales africaines. Il s’est battu «pour défendre cette mémoire des vaincus, ceux qui ont été exclus du banquet des indépendances, mais n'a épousé la cause de ces faux dieux. Il avait envisagé les échecs possibles des indépendances, leurs prévarications, leurs confiscations par les nouvelles classes dirigeantes qui épouseraient les réflexes de la domination précédente» dit Edwy PLENEL, patron de Médiapart. En particulier, et en dépit d’une lutte pour l’indépendance, avec plusieurs morts, la liberté algérienne a été confisquée par l’Armée. François MASPERO a été fasciné par Che GUEVARA (1928-1967) «J'ai foncé dans la révolution cubaine. C'était un tel enthousiasme populaire, une telle libération dans le contexte de la guerre froide. Il n'y avait pas de raison d'y résister. Che GUEVARA : «L'une des grandes rencontres de ma vie. Rien à voir avec l'icône, avec cette star de tee-shirts qu'on en a fait ensuite. Au nom de la «pureté révolutionnaire», le Che était un personnage d'une exigence terrible, d'une grande dureté avec lui-même et avec ses compagnons. Mais il y avait aussi, chez lui, ce côté argentin, très sympathique... Il était plein d'humour, il aimait la poésie» dit François MASPERO. Il a été déçu mort de Che GUEVARA de la tournure de la révolution cubaine : «J’ai mis beaucoup d’espérance dans les débuts de la révolution cubaine, et j’ai pris mes distances après la mort du Che, étant allé moi-même par deux fois en Bolivie» dit-il. Il reste donc critique à l’égard du communisme : «Si j’ai été marqué par un philosophe, c’est par Sartre. C’est à Sartre que je dois l’apprentissage de la liberté et ma conception du rôle de mes éditions : donner à lire, à connaître, et laisser ensuite chacun libre de se déterminer. J’ai toujours vu le marxisme comme une grille de lecture de l’histoire et des rapports sociaux. Pas une science, un savoir. Ce qui était enseigné dans les pays prétendument communistes était la plus obscurantiste des religions. Et finalement un parfait antimarxisme, puisque ne permettant aucune pensée dialectique, aucune pensée vivante, ce qui est quand même, si j’ai bien compris, l’essence de la pensée de Marx» dit-il.
II – François MASPERO, traducteur et écrivain humaniste de la Fraternité
Avant de fermer boutique, le dernier livre que François MASPERO a publié est celui de Mongo BETI (1932-2001, voir mon article), «la France contre l’Afrique», un réquisitoire, plus que jamais d’actualité, compte tenu de l’omniprésence d’une Françafrique arrogante et méprisante, comme au bon vieux temps colonial. Longtemps, jusqu'à la fin des années soixante-dix, il fut entendu en France que le développement des pays de l'Afrique «francophone» allait bon train. Et soudain, depuis la deuxième moitié des années quatre-vingt, on annonce partout le désastre : ces pays sont sinistrés, économiquement, financièrement, socialement, politiquement. On appelle cela «l'afro-pessimisme». La faute aux Africains ? Ce livre de Mongo BETI est un récit concret, passionnant, qui part de la vie quotidienne des femmes et des enfants dans la brousse, se poursuit dans les grandes villes rongées par le chômage et la misère, et se termine par une mise en cause radicale de la corruption des élites tenues à bout de bras par l'État français. Car si l'Afrique francophone implose aujourd'hui, souvent dans le sang et la violence, c'est bien la «coopération française» qui en est principalement responsable : pour maintenir son rêve de grande puissance, la France a soutenu dictateurs et partis uniques et bloqué toute perspective d'une prise en charge autonome de leur propre développement par les populations africaine. Ce livre de Mongo BETI, alors qu’il a la nationalité a été censuré par le ministre de l’intérieur, Raymond MARCELLIN (1914-2004), au motif que ce serait une «publication étrangère».
En 1974, épuisé, François MASPERO doit revendre sa librairie, «dans un tourbillon d'imprécations et une marée de merde», écrit-il dans «les Abeilles et la Guêpe». En effet, François MASPERO, en raison de la censure, subira dix-sept condamnations, avec de lourdes amendes. En 1960, «L’An V de la révolution algérienne», de Franz FANON avait déjà été interdit. S'intéressant de trop près aux dictatures africaines, François MASPERO se voit «accablé de procès et de condamnations (dont l'une pour avoir insulté un grand ami de la France, Mobutu) à des sommes énormes, à la privation de mes droits civiques et même à trois mois de prison (que je n'ai pas faits grâce à la mort de Pompidou, Giscard ayant eu la bonne idée de déclarer une amnistie pour les petites peines)» dit-il dans la revue Période. En effet, quant à la librairie «la Joie de lire», l’Extrême droite s’en prend à lui, mais aussi des groupes maoïstes qui lui reprochent d'être un «commerçant permanent de la Révolution» et certains lui volent à grande échelle ses livres. En 1982, il cède sa maison d’éditions pour un franc symbolique à François GEZE, qui la rebaptisera bientôt «Editions La Découverte
Homme drôle, sévère, pudique et réservé, à l’élocution particulièrement difficile, à partir de 1984, François MASPERO entreprend une seconde vie : celle d’un écrivain et de traducteur. Dans la proximité avec les livres, il a trouvé sa voie, celle d’écrivain.  «J’ai posé avec mes éditions les questions auxquelles était confronté déjà l’adolescent de 1944. Avec mes éditions, j’ai essayé de comprendre et de donner aux autres la possibilité de m’expliquer, j’ai lutté pour les faire s’exprimer sur des problèmes auxquels j’avais été confronté dès le début de ma vie» dit-il.  En effet, François MASPERO ne renonce jamais «Les salauds de tous les partis ont sans doute crié victoire quand en 1982, ils ont vu François Maspero renoncer à son métier d’éditeur. Mais ils se sont réjouis trop vite : ils avaient oublié l’auteur. L’inquiétude qui est l’antichambre de l’espérance, ne cessera jamais d’animer notre bonheur» écrit Edwy PLENEL dans la préface de «l’honneur de Saint-Arnaud» de François MASPERO. Traducteur, pour lui, les mots ont un sens : «Traduire n’est pas seulement, restituer un sens, une forme littéraire ; le texte d’un auteur, c’est du sens, du souffle, de la respiration ; c’est un rythme. C’est un ensemble qui fait qu’un écrivain a une écriture singulière. Le travail du traducteur, c’est de restituer ce qu’un auteur fait à sa langue ; son travail de traduction est aussi un travail de réécriture» dit Annie ERNAUX, de chez Seuil. Ce travail de traducteur a été très profitable à François MASPERO dans la rédaction de ses propres romans. En militant de la Fraternité, il a choisi une écriture intime, mais qui, loin d’être un exhibitionnisme, est radicalement tournée vers les autres : «Maspero restera cet homme dont la Gestapo a broyé toute la famille. Il fut ce héros malgré lui, qui eût aimé une vie obscure au fond de sa petite librairie et s'est retrouvé à devoir la défendre, les armes à la main, contre les tueurs de l'OAS. Et c’est cet homme qui a dû tout reconstruire, dans les livres encore, mais en les écrivant. La littérature est la grande victoire des perdants. Les grands écrivains sont des politiques ratés» écrit Aymeric MONVILLE, dans Médiapart sur «les deux morts de François Maspero». Devenir écrivain, c’est un long travail sur soi-même, parfois une souffrance «Il y a un découragement qui vous prend à chaque page et qui peut être mortel. Il faudrait toujours rester en éveil, à construire quelque chose ; c’est un chemin de croix» dit François MASPERO. Et, il ajoute «J’ai connu deux moments d’apprentissage de l’écriture. Le premier se situe en 1977. À l’époque, comme beaucoup de monde, j’étais dans une déprime absolue, je n’arrivais plus à me lever pour aller au travail, la carcasse refusait de suivre le mouvement. Si je m’en suis sorti, c’est en devenant pour la première fois écrivain, et rien que cela, pendant quatre mois. J’ai écrit un très mauvais roman, Mort au premier tour. Ce livre a été avant tout une manière de pouvoir continuer à vivre» dit François MASPERO.
Pour écrire, François MASPERO a choisi les éditions Seuil : «Et si la vocation première de François Maspero avait été d’être écrivain ? A peine après avoir quitté sa maison d’édition, François Maspero a pris la plume, pour ne plus la poser. Il livre une part de lui-même restée cachée sous les livres des autres et donne enfin libre cours à ce qu’il avait voulu faire : écrire» dit Annie MORVAN. En effet, il se consacre à l'écriture, notamment avec le très autobiographique en 1984, «Sourire du chat», en 1990, «les Passagers du Roissy-Express», en 1997 «Balkans-transit», ou en 2002 encore «les Abeilles et la guêpe». Dans son premier roman, «le sourire du chat», François MASPERO se situe dans le «royaume de son enfance» suivant une expression de Léopold Sédar SENGHOR, une autobiographie qu’il a poursuivie dans d’autres romans. En effet, «Le chat» est un garçon de 13 ans qui assiste impuissant à la disparition de son frère résistant, à l'arrestation et à la déportation de ses parents. Tout en pudeur, François MASPERO livre les clés de sa propre enfance. Sans diplôme, sans rien, avec juste la vente de l'appartement de sa grand-mère pour s'acheter sa première librairie, «une boutique à l'abandon qui sentait le pipi de chat». Dans ce roman, le héros, Luc, son surnom c'est le Chat, vit à Paris avec sa famille. C'est la guerre, mais il n'en est pas trop conscient. Son frère est résistant et recherché par la Gestapo. Son père est un célèbre sinologue, mais il est aussi engagé dans la Résistance avec sa femme. le Chat collectionne les tracts et journaux résistants que ramène sa famille à la maison. Dans une écriture poétique, imagée, fluide et bouleversante, un mélange de modernité et de classicisme, François MASPERO raconte ses années de guerre, vues par un enfant ; sa vision n'est pas celle des résistants dans les maquis ou des soldats dans l'Armée, mais celle d'un enfant émerveillé par les avions des alliés, d'un enfant qui se cache pour observer les chars ou collectionne les tracs alliés, d'un enfant fasciné par son grand frère, cultivé et actif dans la Résistance de Paris. L’enfant est heureux et ne se pose pas de questions et du jour au lendemain, tout bascule dans la dramaturgie. «Mon frère, il parlait beaucoup de la liberté. Et de la révolution. Ça lui fait une belle jambe, maintenant» dit le personnage du Chat.
 
Son roman, «Le Figuier» récit d’un homme retrace l’histoire de la librairie, mais aussi l’histoire de grands combats de son époque, les procès, les condamnations, les attentats, les années antifascistes, anticolonialistes ou anticapitalistes. «Le Figuier» décrit un atelier d’imprimerie, dans une ruelle proche de la Seine. Un homme solitaire, y édite en poète amoureux de son labeur, des mots qu’il compose, qui fait «couler du soleil dans le plomb». Ce livre commence en 1957, sur fond de guerre d’Algérie, et s’achève dix ans plus tard en Amérique centrale. «Mon figuier est un figuier de barbarie» écrit-il. Dans «le Figuier», François MASPERO y expose clairement le sens de l’engagement et du témoignage. Editer et témoigner en temps de guerre a-t-il un sens ? Editer est-ce résister ?
A travers, son roman, «l’Honneur perdu de Saint Arnaud», une anti-biographie d’un maréchal de France qui fit sa carrière durant la conquête de l’Algérie, on retrouve François MASPERO, le porteur de valises, l’anticolonialiste viscéral. Il voulait rétablir la vérité sur cette face sombre de l’histoire de France : «Mais «l’Honneur de Saint Arnaud» n’est pas seulement un livre du passé : il est hélas, dans l’ignominie du personnage dans et la démonstration des falsifications de l’Histoire officielle» écrit Annie MORVAN.
François MASPERO est également un grand voyageur, pour découvrir l’autre : «La plus belle récompense d’un voyage extraordinaire est bien de rencontrer des gens extraordinaires. Des gens qui ont traversé comme ils l’ont pu, sans faire d’histoires et sans faire l’Histoire, des évènements pas ordinaires» écrit-il dans «Balkans-Transit».  Dans les « passagers du Roissy-Express », le décor se situe dans la banlieue parisienne, le trafic de drogue a été refoulé vers la périphérie. L’Etat loin de combattre les inégalités, a développé une politique de stigmatisation et de féroces répression des personnes d’origine africaine et maghrébine, les enfonçant un plus dans ces zones de relégation.
Par ailleurs, François MASPERO s’est souvent senti en exil, dans son propre pays, la France. Des militants d’extrême-droite, avaient accusé ce «porteur de valises», pendant la guerre d’Algérie, d’avoir tiré sur le dos des soldats français. Par conséquent, «l’exil» c’est la situation d’une personne qui ne trouve pas sa place dans son pays. «Toute ma vie, j’ai cru au progrès, le sens de l’Histoire éclairait notre attente et même nos mélancoliques nuits étrangères. Comment le nier, je sens ici que mon monde à moi est détruit» fait-il au personnage d’Alberto dans la «Plage noire». «Quand je regarde le catalogue des éditions, je me dis que je peux être satisfait : Frantz Fanon, Tahar Ben Jelloun, et beaucoup d’autres» dit François MASPERO. «J’ai beaucoup vécu par les autres. Sans eux, les auteurs, les amis, les militants, rien n’aurait été possible» dit-il. La «plage noire» est le roman le plus universel des oeuvres de François MASPERO : «contrairement aux autres romans, on ne sait pas où se situe le lieu, la date ; la seule indication, c’est un pays qui sort de la dictature, et qui retourne à la démocratie, mais une démocratie qui n’est pas gagnée ; le Mal rôde toujours» dit Annie ERNAUX.
François MASPERO a été marié trois fois. Il a épousé en premières noces Marie-Thérèse SENES, le 4 août 1953 ; ils divorceront le 22 août 1965. Il s’est remarié, en secondes noces, le 16 décembre 1965, à Francita GONZALEZ-BATTLE, une traductrice ; ils divorceront le 4 décembre 1996. Sa troisième, et dernière épouse, mariée le 25 février 1999, sera Zaneta ZAPRIANOVA OUZOUNA, qui lui donnera deux enfants : Brigitte MASPERO (1954-2007) et Louis MASPERO, écrivain.
François MASPERO est mort à Paris 11ème, le 11 avril 2015 : «Alerté par une fuite d'eau, on l'a découvert dimanche mort dans sa baignoire. Il avait passé la journée du vendredi 10 avec moi, qui l'avais amené dans une clinique de banlieue où il a subi un examen radiologique demandé par le spécialiste qui le suivait» écrit dans Médiapart, le rhumatologue et ami, Marcel-Francis KAHN. «François Maspero est une légende qui incarne les vertus d’un engagement radical» dit Jack LANG, Ministre de la culture de François MITTERRAND. Il a toujours «voulu bousculer le monde» dira le président François HOLLANDE. «François Maspero m’a appris la liberté. Pour ma génération, François Maspero restera comme le nom emblématique de ce que la France peut avoir de meilleur : un homme qui a su toujours dire non, à l’injustice, à l’imposture, au mensonge. En ces temps où la régression ultra, réactionnaire et conservatrice, menace, plus que jamais, son exemple nous aide à redresser la tête, à faire face et à tenir bon» écrit Edwy PLENEL, patron de Médiapart et de ses grands amis. «Il fut l'un des intellectuels les plus brillants de ma génération. Même s'il s'était éloigné de la politique ces dernières années, Maspero appartient à la légende de la gauche. Il y laissera une trace indélébile. Dans le travail, il était à la fois d'une grande rigueur et d'un grand humanisme. C'était impossible de ne pas bien s'entendre avec lui» dit Luis SEPULVDA, écrivain chilien, dont les livres ont été traduits par François MASPERO.  
En définitive, François MASPERO est resté habité par l’espérance : «Plus j’avance, dans le temps qui me reste à vivre, plus je pense que je choisis   «résistant». Je suis reconnaissant d’être né dans une famille de résistants de la première heure. Avec tout ce que cela a comporté… la mort de mon frère au combat à 19 ans, la mort de mon père à Buchenwald et le retour de ma mère de déportation. Cela compte beaucoup pour moi, et, bizarrement, aujourd’hui plus que jamais. Oui, je choisis «résistant» plutôt «qu’homme livre» car cela me réduirait  sur une pratique de lecture qu’il conviendrait  d’élargir» disait François MASPERO. «Je ne crois pas aux utopies, je fais une différence énorme entre le rêve et l’utopie. Je pense qu’un individu qui n’a pas de rêve, qui ne rêve pas un destin, qui ne rêve pas quelque chose pour la société, manque à sa vocation d’être humain. Il y a une rigidité dans l’utopie qui est dévastatrice. En revanche le rêve, rêver l’avenir, il faut y croire. Même si je sais bien que l’avenir, c’est comme l’histoire de la ligne d’horizon : elle recule au fur et à mesure qu’on avance» disait-il, en décembre 2014, dans un entretien accordé au journal Bron Magazine. François MASPERO, toute sa vie est resté fidèle à ses rêves et ses engagements,, à une époque où la majorité de l’élite s’est engouffrée dans chemin du renoncement. Il a semé la graine dans le champ de la révolte et les conservateurs n’auront pas le dernier mot : «Tu peux serrer une abeille dans ta main jusqu’à ce qu’elle étouffe, elle n’étouffera pas sans t’avoir piqué, c’est peu de chose, mais si elle ne te piquait pas, il y a longtemps qu’il n’y aurait plus d’abeille» dit Jean PAULHAN (1884-1968).
Bibliographie très sélective
I – Contribution de François Maspero
MASPERO (François), «Entretien avec François Maspero, quelques malentendus», accordé à Stella Magliani-Belkacem, Revue Période, 18 septembre 2014 ;
MASPERO (François), «Entretien, les chemins de la liberté», accordé au journal  Bron Magazine du 5 décembre 2014, et relayé par Médiapart du 10 décembre 2014 ;
MASPERO (François), «Entretien» accordé à Didier Daeninckx, dans «l’œil de la Lettre», réalisé par la librairie Les Cahiers de Colette, septembre 1994, n°16 ;
MASPERO (François), «Entretien», accordé à la Revue période du 18 septembre 2014, et relayé par Médiapart du 24 décembre 2014 ;
MASPERO (François), «François Maspero et les paysages humains», entretien accordé à Jean-Marc Luquet, Silence, octobre 2009, n°372, pages 33-35 ;
MASPERO (François), «François Maspero, sa recherche acharnée de fraternité», entretien accordé à Sadek Aissat, El Wattan, du 6 février 2010 ;
MASPERO (François), «L’édition laminée», accordé à Bertrand Leclair, Lignes, 2006, n°20, pages 171-178 et la Quinzaine littéraire, n°919 du 16 au 31 mars 2005  ;
MASPERO (François), Balkans-Transit, Paris, Seuil, 1997, 400 pages ;
MASPERO (François), DUMONT (René) MEILLASSOUX (Claude), BENOT (Yves), La France contre l’Afrique, Paris, François Maspero, 1981, 271 pages ;
MASPERO (François), L’honneur de Saint-Arnaud, préface d’Edwy Plenel, Paris, Seuil, 2012, 416 pages ;
MASPERO (François), La plage noire, Paris, Seuil, 1995, 160 pages ;
MASPERO (François), Le Figuier, Paris, Seuil, 1988, 379 pages ;
MASPERO (François), Le sourire du chat, Paris, Seuil, 1984, 320 pages ;
MASPERO (François), Le temps des Italiens, Paris, Seuil, 1994, 144 pages ;
MASPERO (François), Le vol de la mésange, Paris, Seuil, 2006, 236 pages ;
MASPERO (François), Les abeilles et la guêpe, Paris, Seuil, 2002, 288 pages ;
MASPERO (François), Les passagers du Roissy Express, Paris, Seuil, 1990, 336 pages ;
MASPERO (François), Les saisons au bord de la mer, Paris, Seuil, 2009, 192 pages ;
MASPERO (François), Parti pris : Les Québécois, préface de Jacques Berque, Paris, Collection cahiers libres, 1967, 301 pages.
II – Critique de François Maspero
AMIN (Samir),  ARRIGHI (Giovanni), GUNDER (André), WALLERSTEIN (Frank), MASPERO (François), La crise, quelle crise ?, Paris, François Maspero, 1982, 240 pages ;
AMROUCHE (Taos), Le grain magique. Contes poèmes, proverbes berbères de Kabylie, Paris, La Découverte, 2007, 250 pages ;
ANDERSSON (Nils), «Maspero, poétiques de résistance», Médiapart, billet de blog du 5 septembre 2016 ;
AUBERT (Antoine), Devenirs révolutionnaires : Enquêtes sur les intellectuels «marxistes» en France (années 68 – années 90) : contribution à une histoire sociale des idées, Paris, Université Panthéon Sorbonne I, 2020, 848 pages, spéc pages 15-18 ;
BENOT (Yves), Les massacres coloniaux, préface de François Maspero, Paris, Hachette, collection pluriel intervention, 1994, 404 pages ;
CAMILLE (Joseph), «François Maspero et la typographie de l’édition politique», Mémoires du livre, 2011, Vol 3, n°1, pages 1-31 ;
DAVID (Elisabeth), Gaston Maspero 1846-1916. Le gentleman égyptologue, Paris, Pygmallion, 1999, 322 pages ;
DEVEVEY (Eléonore), «Présence africaine/François Maspero, enquête sur deux aventures éditoriales», Malfini, ENS, Lyon, en ligne ;
DESVARIEUX (Claire), «Maspero François, hérault de toutes les luttes», Libération, 13 avril 2015 ;
DOUZOU (Laurent), «François Maspero ou le rapport intime à l’histoire» in Imagination et histoire, Rennes, presses universitaires de Rennes, 2014, pages 77-84 ;
DUNETON (Claude), «Maspero François chroniques de la langue parlée», France culture, 1984, durée 59 minutes et 44 secondes ;
FANON (Frantz), Ecrits sur l’aliénation et la liberté, Paris, La Découverte, 2018, 832 pages, spéc 4ème partie, pages 673-690 sur les correspondances avec François Maspero ;
GRUAU (Elise), «François Maspero (1932-2015), passeur de présent», France Culture, Une vie une œuvre du 23 avril 2014, durée 58 minutes et 48 secondes  ;
GUICHARD (Bruno), HAGE (Julien) LEGER (Alain), François Maspero et les paysages humains, Lyon, La Fosse aux Ours,  2009, 311 pages ;
HAGE (Julien), «La génération des éditeurs protagonistes de la décolonisation, radicalités, rigueurs et richesses de l’engagement éditorial», Bibliodiversity, février 2016, pages 9-16 ;
HAGE (Julien), «Maspero François, homme protée et éditeur protagoniste (1932-2015)», La revue du projet, n°49, septembre 2015 ;
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HUBERT (Nicolas), Editeurs et éditions pendant la guerre d’Algérie 1954-1962, Paris, Bouchene, 2012, 523 pages ;
JALLON (Hugues), PLENEL (Edwy), «En souvenir de François Maspero», Revue du Crieur, 2015, Vol 1, n°1, page 1 ;
JOSEH (Camille), «Charisme et souffrance de l’éditeur politique : François Maspero», Théologiques, 2009, Vol 17, n°1, pages 79-93 ;
KENYATTA (Jomo), Au pied du Mont Kenya, préface de Georges Balandier, Paris, François Maspero, «Les textes à l’appui», 1960, 241 pages ;
KERVRAN (Perrine), «François Maspero, retour à Cuba», 1999, France culture, durée 1 h 15 ;
KRIVINE (Alain), «Hommage à François Maspero», Hebdo l’Anticapitaliste, 16 avril 2016 ;
LEFORT-FAVREAU (Julien), «Mai 68 littéraire de François Maspéro. L’éditeur comme relais intellectuel», Etudes françaises, 2018, Vol 54, n°1, pages 37-58 ;
MAMMERI (Mouloud), Poèmes Kabyles anciens, textes berbères et français, Paris, La Découverte, 2001, 467 pages ;
MARKER (Chris), «Les mots ont un sens», avec François Maspero et Fanchita Maspero,  1970, durée 20 minutes ;
MASPERO (Hélène), Un journaliste contre-révolutionnaire. Jean-Gabriel Peltier (1760-1825), Paris, Société des études robespierriennes, 1973, 341 pages ;
MONVILLE (Aymeric), «Les deux morts de François Maspero», Médiapart, billet de blog du 4 octobre 2016 ;
MORVAN (Annie), «La vocation secrète François Maspero», Médiapart, billet de blog dy 25 octobre 2016 ;
NADEL (Siegfried, Frederick), Byzance noire. Le royaume des Nupes au Nigéria, Paris, François Maspero, 1971, 616 pages ;
PAQUOT (Thierry), «Maspero François (1932-2015)», Hermès, 2015, Vol 72, n°2, pages 251-256 ;
PIVOT (Bernard), «L’alternative de Maspero», Apostrophes n°2, Antenne 2, diffusion du 28 octobre 1984 ;
PINHAS (Luc), «François Maspero, le passeur engagé», Documentation et bibliothèques, 2010, Vol 56, n°4, pages 187-194 ;
PLENEL (Edwy), «Maspero, ce résistant», Médiapart, billet de blog du 13 avril 2015 ;
SEPULVEDA (Luis), Le vieux qui lisait des romans d’amour, traduit de l’espagnol par François Maspero, Paris, A-M Métaille, 1992, 130 pages ;
YEFSAH (Mohamad), «François Maspero, : Le maquisard au fusil chargé d’encre», Médiapart, billet de blog du 1er février 2010 et Madinya du 12 juin 2015.
Paris, 15 août 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«François MASPERO (1932-2015), écrivain et éditeur militant anticolonialiste» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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10 août 2022 3 10 /08 /août /2022 23:12

«Nancy CUNARD (1896-1965), écrivaine, muse, avant-gardiste, antiraciste et antifasciste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Que dois-je dire de moi-même ? J’aime : la paix, la campagne, l’Espagne républicaine et l’Italie antifasciste, les Noirs et leur culture africaine et afro-américaine, toute l’Amérique latine que je connais, la musique, la peinture, la poésie et le journalisme. J’ai toujours vécu en France depuis que j’en ai eu la possibilité en 1920. Je hais : le fascisme […]. Et le snobisme et tout ce qui va avec» écrit, en 1944, Nancy CUNARD, dans la préface des «poèmes pour la France» qui seront traduits en 1945 par les éditions Seghers. «Grande fille du temps» comme la surnommait Louis ARAGON, elle était de toutes les luttes, en guerre contre l’hypocrisie des classes possédantes, l’injustice et combattait toutes formes d’oppression et de racisme : «Très cher André (Breton) bonne poignée de main sur la couleur. Nancy» telle est la dédicace que Nancy CUNARD adresse à André BRETON (1896-1966), le pape du surréalisme, pour son livre, paru en 1931 «Black Man, White Lady». Autant de projets modernistes et avant-gardistes, plus que jamais d’actualité de nos jours, dans un monde où règnent encore largement, l’intolérance, la stigmatisation, la prédation et la violence à l’encontre des racisés. En 1935, dans ses écrits de journaliste, Nancy CUNARD, dotée de fortes convictions, s’oppose à l’annexion de l’Ethiopie par l’Italie. En Espagne, elle fonde avec Pablo NERUDA, une revue «Les poètes du monde défendent le peuple espagnol».  Son engagement, pour les Républicains espagnol, est donc total  : «Pour tout intellectuel honnête, il est à tout à fait impossible d’être profasciste» dit-elle. Par ailleurs, et bien avant l’engouement pour les arts premiers, Nancy CUNARD, à travers son amour pour les arts africains, avait donné plus de visibilité à la culture africaine. Les deux grandes guerres ont montré, selon elle, que les barbares ne sont pas ceux qu’on croit : «In Africa, you say ‘the Negro is a savage, he has produced nothing, he has no history’. It is certainly true he has not got himself mixed up with machinery and science to fly the Atlantic, turnout engines, run up skyscrapers and continue Holocausts» écrit, en 1934, Nancy CUNARD, dans l’Anthologie noire. En évoquant les combats de Nancy CUNARD, un mot juste est apparu : «One of Them, but White» écrit Carole SWEENEY. Elle est bien des nôtres.

Anglaise issue d’une de famille aristocratique et fille unique, Nancy CUNARD est née le 10 mars 1896 dans un château médiéval, à Nevill-Holt (district de Harborough dans le Leicestershire), au Royaume-Uni. Son père, Sir Bache CUNARD (1851-1925), un homme effacé et passionné de chasse, est un héritier de la «Cunard Line», une entreprise maritime florissante. En effet, son grand-père, Samuel CUNARD (1787 à Halifax 1865, à Londres), fondateur de la première compagnie de paquebots transatlantiques, né aux Etats-Unis, a été anobli par la reine Victoria. Sa mère, Maud Alice BURKE (1872-1948), est une américaine, originaire de San Francisco ; son père, James BURKE (1811-1872), un avocat dont l’origine de la fortune est restée obscure ; sa mère, une femme fantasque, Alice VALENTINE (1845-1905) une franco-irlandaise, s’est remariée deux fois. A la mort de son mari, Maud Alice, la mère de Nancy CUNARD, prendra pour amant, un romancier George MOORE (1852-1933) qui va initier sa fille à la littérature. Vers 1910, la famille quitte Nevill-Holt, pour s’installer à Londres. Excentrique et d’une réputation sulfureuse, la jeune Nancy fréquente notamment le groupe de «Bloomsbury» et rencontre Léonard WOOLF (1880-1969) et Virginia WOOLF (1883-1946). Nancy CUNARD épouse Sidney FAIRBAIRN (1892-1943) mais le mariage ne durera que de 1916 à 1925.

Tour à tour, poète, éditrice, écrivaine, journaliste, militante politique et contre le racisme, collectionneuse d’art, muse Nancy CUNARD est romancière, poète, dramaturge critique d’art. Inspirée par George MOORE (1852-1933), Aldous HUXLEY, Ezra POUND, James JOYCE et les surréalistes, notamment Tristan TZARA, elle rencontrera de nombreux écrivains ou artistes dont Langston HUGHES, WEB du BOIS, Joséphine BAKER et George PADMORE. Immortalisée par le photographe Man RAY (1890-1976), sa beauté, ses audaces, son goût pour l’excès, son appétit pour les hommes et pour les femmes, avaient provoqué une multitude de scandales et de réprobations de la société aristocratique. Amante de Louis ARAGON de 1926 à 1928, ce poète français, fasciné et inquiet, devant Nancy CUNARD la considère comme «une fille grande ouverte à l’avenir, félonne et féline» écrit-il, en 1926, dans la «Défense de l’Infini».

Issue de la très haute bourgeoisie anglaise, blonde aux yeux de fauve spectaculaires aux iris bleu glacier, élégante et androgyne, en révolte contre l’ordre établi, une femme debout en lutte contre toutes les formes d’oppression peu conventionnelle, collectionnant l’art et les bracelets africains, ainsi que des amants, Nancy CUNARD était en conflit contre sa mère. «Je suis l’inconnue, l’étrangère. Hors la Loi, rejetée par les règles de la vie, fidèle à une loi unique, une logique personnelle, qui ne se mêle à rien, et refuse de s’incliner devant les règles générales» écrit-elle, en 1921, dans son recueil de poèmes, «Outlaw». En effet, bien que sa mère, Maud Alice BURKE, soit une icône de la vie artistique et mondaine, à Londres, et sa fille, Nancy CUNARD, une véritable mythe dans les milieux d'avant-garde de la France d'entre-deux-guerres, elle n’a jamais accepté sa relation avec un musicien de Jazz noir. En septembre 1931, Nancy CUNARD publie, dans «The Crisis», un pamphlet contre sa mère «Does Anyone Know Any Negroes ? A Gentlewoman of England Attacks the Social Colour Line» ; c’est la brouille jusqu’à la fin de la vie de cette dernière, mais Nancy ne sera pas déshéritée. Nancy CUNARD «a du chien, la Cunard. On l'admire pour sa liberté de penser et d'être. Pour cet entêtement à faire un pied de nez aristocratique à la bien-pensance» écrit Eric BIETRY-RIVIERE du Figaro. 

Parisienne de cœur, une ville considérée comme un espace de liberté, Nancy CUNARD, fragile et inflexible, résidera en France de 1920 à 1965, avec des périodes d’interruption. Habillée souvent par Sonia DELAUNAY ou Coco CHANEL, elle mènera une vie de Bohême et résidera à Paris, à l’hôtel Ritz et à l’Ile Saint-Louis, à Boulogne-sur-Mer, Biarritz et à Deauville. A partir de 1927 et pour 10 ans, à la Chapelle-Réauville, département de l’Eure, en Normandie, où elle fonde, en 1928, avec Louis ARAGON, une maison d’éditions, «Hours Press», pour «défendre l’innovation» dit -elle. Michel LEIRIS lui donne le goût des statuettes  et masques africains. Le premier livre paru au «Puits carré» : est celui de Norman DOUGLAS (1868-1952) sur les «carrières de pierre des Iles Lipari». Maître de la prose moderne, iconoclaste et qualifié de «resplendissant humaniste», Norman DOUGLAS est un grand ami de Nancy CUNARD qui lui consacrera une biographie «I like to taste my friends, but not to eat them» écrit-elle dans la préface. Nancy CUNARD fait traduire Lewis CARROLL (1868-1952), «La chasse au Snark» ; elle publiera «Les Cantos» de Ezra POUND (1885-1972) et  en 1930, «Whoroscope»  d’un jeune et brillant écrivain, Samuel BECKETT (1906-1989), futur prix Nobel de littérature ; il participera activement à l’Anthologie noire. Un recueil de poèmes de Louis ARAGON, ainsi que d’autres livres concernant les causes qu’elle défend : celles des Noirs et un mouvement antifranquiste, seront également édités en Normandie. En juillet 1936, quand la Guerre civile éclate en Espagne, elle part pour Barcelone en solidarité avec les Républicains et y rencontre Ernest HEMINGWAY et Pablo NERUDA. Nancy CUNARD avait fait publier un livre «Authors Take Sides on Spanish Civil War». Pour elle cette guerre civile en Espagne est un enjeu majeur «It is clear to many of us throughout the whole world that now, were determined or compelled, to take sides. The equivocal, detachment, the Ivory Tower, the paradoxial, the ironic detachment, will never longer do» écrit-elle à la préface. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sa maison d’abord occupée par les Allemands, sera pillée par la suite par les habitants de Chapelle-Réanville A partir de 1950, Nancy CUNARD habitera aussi, en Dordogne, à Creysse, Carennac, Souillac, et Lamothe-Fénélon.

Avant Elsa TRIOLET (1896-1970), c’est Nancy CUNARD qui était le grand amour et le soutien financier, du plus grand poète et romancier français, Louis ARAGON (Voir mon article). ARAGON poursuivait «la Défense de l’Infini» entamé en 1923 et se sentait épanoui «Je suis continûment heureux, pour la première fois de ma vie» écrit-il à Jacques DOUCET. Le personnage de Armand, dans «Défense de l’Infini» faisant allusion à cette rencontre avec Nancy CUNARD, décrit ainsi la femme dont il est tombé amoureux : «Une fille grande, ouverte à l’avenir, félonne et féline, délicieuse lumière, femme du temps». En effet, Louis ARAGON prédisait que dans l’histoire intellectuelle de la France, Nancy CUNARD laisserait une empreinte indélébile :  «On connaît en France Nancy Cunard. Elle y a passé la majeure partie de sa vie et plus tard on ne pourra faire, sans parler d’elle, l’histoire intellectuelle d’une part de ce siècle», écrit, en 1960, Louis ARAGON. dans «Les lettres françaises». «Blanche ou l’oubli», paru en 1967, relate, de façon romanesque, la relation entre Louis ARAGON et Nancy CUNARD, entre 1926 et 1928, qui s’est terminée à Venise. Nancy a préféré partir avec un Jazz man noir, Henry CROWDER. Dernière œuvre de Louis ARAGON, «Blanche ou l’oubli», un récit polyphonique sur la guerre et les peines du cœur, ce roman est axé autour du souvenir et de la mémoire. Le narrateur de «Blanche ou l’oubli» s’appelle Geoffroy Gaiffier, linguiste et traducteur à la retraite. Il réfléchit aux raisons de l’échec de sa relation amoureuse avec Blanche, son ex-femme ; celle-ci l’a quitté depuis dix-huit ans déjà. Il essaie de reconstituer, par sa mémoire, un personnage proche de cette femme, qu’il nomme Marie-Noire «Le souvenir est périssable» écrit Louis ARAGON, qui tente de cerner ce qui lui échappe. Il n’est pas seulement que d’une débâcle lors de la Deuxième, mais aussi une défaite amoureuse dans la conquête amoureuse de Nancy CUNARD. Louis ARAGON, après avoir été abandonné a voulu se suicider. ARAGON «allait comme une âme en peine, dormait dans des hôtels, au hasard, errant dans ses propres ruines, déboussolé» écrit Georges SADOUL. Ces peines du cœur disparurent à la suite de la rencontre, en novembre 1928, à la Coupole, avec Elsa TRIOLET.

A Venise, Nancy CUNARD sera amoureuse d’un musicien de jazz noir, Henry CROWDER (1890-1955) ; sa mère, se considérant pourtant comme avant-gardiste n’apprécie pas cette relation avec un Noir. Elle se rendra, le 2 mai 1932, avec lui à New York, en pleine ségrégation raciale et s’installera à l’hôtel Grampion de Harlem. Harlem «est dur et robuste, sa froideur, ses cris et ses couleurs sont ainsi. Et la nostalgie est violente également : la radio pénètre tout, à chaque heure du jour et de la nuit. Comme partout, les vrais gens dans la rue» écrit Nancy CUNARD. Henry CROWDER, qui est en fait marié, sensibilise Nancy CUNARD, cette grande bourgeoise anglaise, sur les questions d’esclavage et de ségrégation raciale aux Etats-Unis, ainsi que les lynchages des Noirs. Aussi, Nancy CUNARD liquide, en 1931, sa maison d’édition des «Hours Press», pour se consacrer entièrement à la dénonciation de la pensée raciste et de ses méfaits.

L’Anthologie noire entreprise par Nancy CUNARD, qui a eu la relation la plus durable et la sincère entre 1928 et 1935 avec Henry CROWDER, loin d’être un fait anecdotique d’une rencontre avec un étalon noir, est avant tout une belle histoire d’Amour. Nancy CUNARD, une croqueuse d’hommes a eu de nombreux amants. A leur séparation Henry CROWDER écrira à Nancy CUNARD : «I am blue and sorry. Can you forgive me for last evening ?». A la belle mort d’Henry CROWDER, en 1955, sa femme écrira à Nancy CUNARD pour lui dire elle est le grand amour de son mari. Nancy CUNARD était encore à la recherche d’un sens à donner à sa vie ; elle voulait accomplir sa vie. Henry CROWDER, né à Gainsville, en Géorgie, dans le Sud, d’un famille pauvre, un autodidacte, après de petits boulots, mal rémunérés, jouait au piano dans des maisons closes. Son groupe était en tournée, en 1928, pour 8 semaines, quand il a rencontré Nancy CUNARD, venue rendre visite, à un de ses cousins, Victor CUNARD, en compagnie de Louis ARAGON. Il était mariée, une couturière, et collaboratrice d’Eleanor ROOSEVLT. 

Nancy CUNARD, une femme, blanche, de la gentry anglaise, vivant à Paris, au temps de la montée du fascisme, intransigeante et sans compromis, fera rédiger une anthologie noire «From early youth, she (Nancy Cunard), she had shown a dramatic capacity to stir controversy, but itw as «Negro», compiled primarily for the black race and dedicated to «one of them» that brought her career to an explosive climax» écrit dans l’introduction, Charles Henri FORD (1908-2002). En effet, cette anthologie est dédicacée à son amant noir Henry CROWDER, qu’elle désigne comme son «First Negro friend». L’Anthologie fait état des violences commises contre 14 millions de Noirs, victimes de la ségrégation raciale aux Etats-Unis. Mais ils sont déterminés «à abattre cette montagne de tyrannie» écrit Nancy CUNARD dans la préface. En effet, les Noirs ont de la littérature une arme dans leur combat contre la ségrégation raciale «In his struggle for a better way of life, the Negro has, born in his great desire to become au full-fledge citizen of the United States» écrit en 1944, dans la préface Sylvestre C. WATKINS de son «Anthology of Negro Literature». Nancy CUNARD consacre un article à Harlem, et dans la première partie, il est notamment question de l’histoire des Noirs aux Etats-Unis, jusqu’à l’abolition de l’esclavage, de Nat TURNER, un révolutionnaire, de trous grandes femmes noires, de la proclamation de l’abolition de l’esclavage, de grands hommes noirs, comme Frédéric DOUGLAS et Booker T. WASHINGTON, des émeutes et des lynchages et des expressions argotiques des Noirs. Cette entreprise monumentale, fait écho, au «The Souls of Black Folk» de W. E. B. Du BOIS (1868-1963), paru en 1903, à l’Anthologie «New Negro» d’Alain LOCKE (1886-1954) datant 1925, ou à «l’Anthology of American Negro Literature» de 1929 de Victor Francis CALVERTON (1900-1940). Cependant, l’Anthologie noire, par sa dimension mondiale, dépasse, de très loin, toutes les initiatives passées, ainsi que celle qui ont vu le jour par la suite (Blaise CENDRAS, Léopold Sédar SENGHOR, Léon-Gontran DAMAS, Edouard GLISSANT), comme celle de Lilyan KESTELOOT (1931-2018, voir mon article). «Alain Locke et Nancy Cunard, révolutionnent profondément la forme anthologique et la pratique du discours noir. Littérature et sciences sociales vont en effet de pair, dans une visée encyclopédique et selon un modèle orchestral et polyphonique du discours probablement inspiré par les musiques noires» écrit Anthony MANGEON. Loin d’être une littérature ethnique, cette Anthologie noire de Nancy CUNARD, est une «pièce-maîtresse» écrit Kathleen GYSSELS. Il a été souvent été reproché aux anthologies d’être superficielles et de ne constituer qu’un survol rapide des sujets. Ici, Nancy CUNARD a livré une œuvre monumentale d’une grande envergure.

En vue de son Anthologie noire, Nancy CUNARD lance des appels à contributions, en avril 1931 à 171 écrivains, artistes, militants, anthropologues, juristes, ou journalistes ou encore musiciens. «L’idée de votre livre m’enthousiasme, bien sûr, parce que je crois, à en juger par votre attitude et l’angle que vous avez choisi, si je les comprends bien, que vous produirez quelque chose de neuf et de très stimulant d’un point de vue artistique. Nous autres pauvres Nègres sommes, me semble-t-il, littéralement écrasés sous des tonnes de clichés rebattus et rassis dont nous gratifient nos amis, nos champions moraux, et dont nous nous gratifions nous-mêmes, sans jamais réussir à toucher quelqu’un. La plupart d’entre nous vivons dans la peur de nous-mêmes, des faits qui nous concernent. Nous sommes bien en peine de rendre la vérité artistique de nos propres vies telle que nous la connaissons et la ressentons ; mais il serait inimaginable que vous vous laissiez entraver par les réactions sociales et raciales qui nous handicapent, parfois même inconsciemment. C’est pourquoi j’espère que ce que vous publierez sera une révélation et une inspiration» lui répond, Claude McKAY (1889-1948), un écrivain jamaïcain, mais qui ne participera pas à cette Anthologie.

En définitive, 150 personnes répondront à son appel, en déposant 250 articles et 385 illustrations. «Il fallait écrire ce livre, et sous cette forme je pense, une Anthologie de quelque 150 voix des deux races, pour garder la trace des luttes et des accomplissements des peuples noirs, de leurs persécutions et de leurs révoltes contre ces persécutions» écrit Nancy CUNARD, dans la préface de cet ouvrage collectif. L’Anthologie noire «conserve d’abord des traces singulières, des visages, des noms, des dates, des histoires qui sont, une fois cette somme parcourue, inoubliables. Un autre aspect bouleversant du livre consiste en sa capacité à faire surgir des fantômes que sont les chants, les masques, les statues d’Afrique, présents non derrière des vitres et enfermées dans un musée, mais en relation avec le reste des productions artistiques humaines, qu’elles viennent de Noirs ou de Blancs» écrit, en 2018, dans Médiapart, «Aux Amis de la Négro Anthologie», Pierre BENETTI. L’objectif, au-delà de l’aspect documentaire, est de conduire une «contre-ethnographie de la modernité noire», écrit, dans la préface, l’historien sénégalais, Mamadou DIOUF, un enseignant à l’université de Columbia. C’est une véritable plaidoirie pour la justice raciale, une dénonciation de l’oppression des Noirs et un hymne pour leur liberté et leur dignité. Nancy CUNARD veut faire de son «Anthologie noire» un livre de combat qui s’assume comme tel : «Il était nécessaire de faire ce livre […] pour que soit conservée la trace des luttes et des victoires des populations noires, des persécutions et des révoltes auxquelles elles ont fait face», écrit Nancy CUNARD, dans l’introduction de l’édition de 1934. En effet, Nancy CUNARD, de la gauche radicale, prônait une riposte antiraciste, la diversité culturelle, l’égalité des races, l’égalité des sexes et l’égalité des classes. L’ambition de Nancy CUNARD, était de voir dans la défense de l’africanité un moyen de régénérer la culture occidentale jugée stérile. L’objectif de cette Anthologie noire est donc de «démontrer que le préjugé racial ne repose sur aucune justification […], que les Noirs ont derrière eux une longue histoire sociale et culturelle, et que ceux qui les rejettent comme des sous-hommes ignorent tout de leur histoire passée, de leur civilisation, de leurs luttes», écrit Raymond MICHELET.

Certains critiques ont voulu dévaloriser cette Anthologie en la ramenant à la simple défense du primitivisme noir, en faisant fi de l’authenticité et la diversité culturelles qui y sont pourtant célébrées. En fait, Nancy CUNARD est amoureuse de l’Afrique, mais elle n’avait visité que la Tunisie «I seem to be thinking of Africa, all the time» écrit-elle dans l’Anthologie. En effet, cette Anthologie est une  «significant rupture in the literary and socio-political worlds of the interwar era. This collection of symbolized an important breach in Black radical literature at that time» écrit Thabisile GRIFFIN. Il est incontestable que la richesse, l’originalité, la variété et la hardiesse des thèmes traités, touchent à la poésie, à l’ethnographie, à l’art, à l’histoire, à la musique et aux proverbes des Africains et de leurs diasporas : «Negro Anthology» est d’une très grande originalité «une synthèse majeure unique et originale de la diversité des discours scientifiques, politiques et culturels des Noirs et sur les Noirs dans les années 1930» écrit Sarah FIOUX-SALGAS, à la base de l’exposition à Paris sur Nancy CUNARD au Musée Jacques CHIRAC à Paris, du 4 mars 2014 au 18 mai 2014. «Negro Anthology» est le reflet d’une histoire intellectuelle et politique de son temps. Celle-ci révèle à la fois le caractère transnational et multiforme des combats antiracistes et anticolonialistes des années 30» écrit Sarah FIOUX-SALGAS.

En pleine période de ségrégation raciale aux Etats-Unis et de colonisation, l’Anthologie noire démontre que les Noirs, tout autant que les Blancs, ont une Histoire, des Arts, une Culture. En effet, l’Anthologie noire relate les violences contre les Noirs, valorise et célèbre les cultures de l’Afrique et ses diasporas. Les thèmes divisés en sept parties géographiques, sont variés et concernent l’identité noire à travers les contributions de WEB du BOIS évoquant l’Amérique noire (Black America), Jomo KENYATTA, au sujet de l’indépendance du Kenya mais aussi l’autonomie des Antilles traitée par Andrée NARDAL, sœur de Paulette NARDAL, fondatrice de la Revue du monde noir, voir mon article), de la Renaissance de Harlem, avec Langston HUGHES (voir mon article), ainsi que les écrits des communistes engagés pour la cause africaine (James W FORD, Raymond MICHELET). Tous militent pour un monde multiculturel fondé sur la diversité : «Rien n’est trop vieux, ni trop neuf pour lui, ni trop proche ou exotique, ni élitiste, ni vulgaire. Dieu et le diable vont de concert» écrit Zora Neale HURSTON. On y évoque, l’affaire des Garçons de Scottsboro de 1931, neuf jeunes afro-américains sont accusés de viol de deux jeunes femmes. L’un des accusés ne sortira de prison qu’en 1976. Il est bien question de la musique noire dans cette anthologie, notamment «The Negro Songs of Protest», la musique étant un espace de résistance à l’oppression ; c’est les arts, notamment la musique et le sport que les Noirs ont abattu toutes les barrières raciales. En particulier, les Blancs ont apprécié le Blues et le Jazz. Henry CROWDER lui-même, comme d’autres musiciens célèbres jouaient dans des endroits détenus par la mafia. En pleine ségrégation, Henry CROWDER a pu tout de même se rendre en Italie et rencontrer Nancy CROWDER. L’Anthologie, parue en 1934, ne pouvait pas faire de la performance aux jeux olympiques de Munich, Jesse OWENS (1913-1980, voir mon article) y ayant défié le Nazisme. Plus tard, Billie HOLLIDAY (1915-1959, voir mon article), à travers son «Strange Fruit» dénoncera violemment l’oppression des Noirs.

C’est quoi l’Afrique ?, s’interroge, dans la préface, Nancy CUNARD. «What is Africa ? A continent in the iron grip of its several imperialist oppressors» écrit-elle, sans détours. Les Africains, considérés par les colons, comme des «cannibales » et des «sauvages » ont une culture : «The Negro has a superb and individual sens of form and equal genius in his execution» écrit Nancy CUNARD. L’Anthologie noire, si elle passe sous silence, curieusement, la Négritude, est un ouvrage à dimensions panafricanistes, compile des articles (les explorateurs, l’ethnographie, la présence du christianisme…), des recueils de proverbes Ewe ou Baronga, des échantillons d’écriture Haoussa, mais aussi une multitude de photographies et de dessins dans le long chapitre consacré à la sculpture. Par ailleurs, c’est une dénonciation des relations de la Grande-Bretagne avec ses colonies, l’esclavage et le Libéria, l’expérience des missionnaires, l’impérialisme français, la terreur en Afrique du Sud. A travers cette dénonciation de la colonisation, il est mis en avant que  l’homme blanc est en train de tuer l’Afrique, à travers le vol des terres, fiscalité, travail forcé, enrôlement militaire, missions religieuses, justice impérialiste, le travail forcé, etc. Cela a été dit depuis 1934, la colonisation est bien, à travers son Code de l’indigénat, un crime contre l’Humanité. Ezra POUND (1885-1972), anthropologue anticolonialiste, parle de l’ethnologue et sociologue allemand, Léo FROBENIUS (1873-1938) qui s’est rendu 27 fois en Afrique, entre 1904 et 1918. Olga COMMA, poétesse de Trinidad, célèbre la culture cosmopolite de son pays et les surréalistes français. Raymond MICHELET évoque les anciens empires et de la civilisation africaine, un thème tabou à l’époque, puisque l’Afrique n’ayant pas d’histoire, aurait été «découverte» par les Occidentaux. «It’is widely believed that the history of Africa consist of the strife between a few petit tyrans and of an endless series of massacres, that various civilisations may have followed, one another, but never progressed beyond  a wild state of barabarism. Nothing could be further  from the truth» écrit Raymond MICHELET. Aussi, cet auteur brosse les histoires de l’empire du Ghana (IVème XIIIème siècle), l’empire Songhai de Gao (VIIème, 16ème siècle), l’empire du Mali (Xième, XVIIème siècle), l’empire peul du Macina XVIIème XIXème siècle) l’empire bambara de Ségou (17ème XIXème siècle), les empires du Tékrur et du Fouta-Toro, ainsi que les empires Haoussa,, du Bornou, du Kanem, du Barguimi et du Oudaï.

Longtemps, cette anthologie noire, publiée le 15 février 1934 qui n’est ni une encyclopédie, ni un dictionnaire, peu diffusée, à l’époque, avec 1000 exemplaires seulement en anglais et non rééditée, est restée confinée dans la confidentialité, pour les spécialistes ; l’Anthologie noire a fini par devenir mythique. Tout le monde parle et presque personne ne l’a lue. Par ailleurs, et alors que Nancy CUNARD, qui parlait français avait vécu l’essentiel de sa vie, l’Anthologie noire n’a été traduite, par les Nouvelles éditions, en France qu’à partir de 2016, soit 81 années après sa parution, et au prix de 119 €. «Negro participe, à sa manière, à l’entreprise de re-civilisation du monde à partir de la contribution noire, pour endiguer les effets dé-civilisateurs des aventures impériales, en archivant la présence noire sur la scène du monde, sous toutes ses formes,, musicale, artistique littéraire et culturelle. En procédant à une archéologie complète du temps du monde, Cunard restructure l’architecture de la «Bibliothèque humaine» dont était absente la poutre faîtière noire» écrit dans la préface, le professeur Mamadou DIOUF. Cependant, ce livre, déjà épuisé, n’est plus réédité aux Nouvelles éditions. Cependant, une autre édition de l’Anthologie noire est programmée par les éditions du Sandre, pour le 22 septembre 2022. Tout fini par arriver, pour qui sait attendre. Cet ouvrage reste encore d’un grand intérêt historique pour le débat intellectuel : «Il serait bien difficile de faire de la «Negro» un livre extérieur aux combats noirs. Nancy Cunard et ses amis ne mènent pas une révolution de salon, mais prennent clairement position dans les débats de leur époque, avec une audace qui ferait bondir aujourd’hui : que ce soit en faveur de l’autodétermination de la «Black Belt» défendue par les communistes américains (une sécession d’États majoritairement peuplés de Noirs) ou contre l’embourgeoisement progressif de la lutte pour les droits civiques» écrit Pierre BENETTI. Par ailleurs cette Anthologie, est à bien des égards d’une grande actualité : «Son effet au présent se révèle finalement d’autant plus puissant au gré de certains de ses décalages temporels. Il donne l’impression d’une projection illuminée vers notre contemporain, car ses auteurs défendent avec vigueur une vision du monde transfrontalière et transnationale qui ne cherche à définir aucune périphérie. On en est loin… mais la Negro Anthology encourage et donne foi dans les formes à inventer au service de la critique, capables de restituer un grand tout à partir de la mémoire des souffrances et des luttes» poursuit Pierre BENETTI.

Nancy CUNARD, traductrice pour la Résistance, a chanté la France à travers un recueil de poèmes, dont un du 14 juillet, un autre intitulé «France» ou «The Relève and the Maquis». Par ailleurs et après la Libération, Nancy CUNARD s’est engagée dans un combat pour la restitution de biens culturels volés à la France, en étudiant les cas des musées de l’Homme à Paris, Labit à Toulouse et de 17 toiles de Pablo PICASSO volées à Paris.

Qualifiée par Louis ARAGON de «délicieux tombeau», la vie de Nancy CUNARD, une femme indomptable, imprévisible, radicalement militante et avant-gardiste, est faite de passions et d’excès (alcool, drogue, les fêtes et les longues nuits blanches) : «Vivre sans passion, sans coup de folie, est, pour elle, totalement inconcevable» écrit François BUOT, un de ses biographes. Dans son appartement de l’Ile Saint-Louis, à Paris, cette femme indomptable d’une beauté farouche écrit des poèmes sur sa vie «Je suis l’inconnue, l’étrangère, Hors la loi, rejetée par les lois de la vie, fidèle à une loi unique, une logique personnelle» dit-elle. Nancy CUNARD, incarnant les idées et les forces contraires de son temps, a toujours dénoncé ce «monde inquisiteur» notamment dans son recueil de poésie, Parallax «Moi qui suis graine, racine et noyau, enterrés dans le Présent, moi qui soutire à chaque heure sa plénitude, à présent, je te dis Prends tout, prends. Comprends qu’on ne laisse pas le choix» écrit-elle. Nancy CUNARD a célébré les échos de l’éphémère «seul le vin permet de penser, moins pesamment, et si on l’on a presque tout oublié, il y aura toujours demain, quand quelque chose vous triture, douloureusement le cerveau, et ne faut-il pas l’excuser» écrit-elle. Nancy CUNARD s’insurge contre cette société corsetée et raciste de sa mère et revendique le droit d’aimer un Noir : «Tous deux crachons, tous deux, sur ce que nous avons aimé. Crachons sur l’amour, sur nos lits défaits.» écrit meurtri, en 1929, Louis ARAGON, dans «poème à crier dans les ruines», du recueil «la Grande gaité».

Ne se nourrissant que peu, devenue faible, dépressive et paranoïaque, Nancy CUNARD, meurt à Paris, à l’hôpital Cochin, le 16 mars 1965, ses cendres reposent au Père-Lachaise. Ses amis ont naturellement rendue hommage, à cette muse et bourgeoise qui avait été devenue combattante de l’antiracisme, de l’anticolonialisme et de l’antifascisme : «Quels que soient les motifs de toutes ces quêtes mystérieuses, il me semble qu’elles n’étaient pas motivées par l’ambition, le snobisme, le confort matériel ou par un simple caprice. La connaissant bien, je pense que cela correspond à un désir de reconnaissance ; elle voulait accomplir sa vie» dit sa grande amie, Iris TREE (1897-1968), poétesse et actrice anglaise. «Mon amie, Nancy Cunard, est morte à Paris ; c’est là qu’elle ferma ses magnifiques yeux pour toujours. Elle était consumée par une longue bataille contre l’injustice du monde. Elle souhaitait qu’on retienne d’elle trois choses essentielles : Egalité de races, égalité des sexes et égalité des classes. Je suis toujours en accord avec tous les individus, de tous les pays, qui ressentent la même chose, et agissent en conséquence» dit d’elle, son ami, Pablo NERUDA (1904-1973), un poète et diplomate chilien. «S’il y eut jamais, dans ce siècle, une Lady, une grande dans le vrai sens du terme, et son désintéressement, ce fut Nancy Cunard» écrit en 1968, Georges SADOUL.

Références bibliographiques
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Paris, le 10 août 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nancy CUNARD (1896-1965), écrivaine, muse, avant-gardiste, antiraciste et antifasciste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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