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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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27 octobre 2022 4 27 /10 /octobre /2022 20:45
«Universités européennes des Maisons des Potes à Paris 12ème du 26 octobre au 30 octobre 2022 : Unis pour l'Egalité» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Pour ces universités européennes des Maisons des Potes, son président Samuel THOMAS, a concocté un programme alléchant :
 
  • La politique d’accueil, de droit au séjour, d’intégration des immigrés, des demandeurs d’asile en France et en Europe. Quelle politique de régularisation ?
 
  • L’enjeu de la mémoire, des politiques racistes (esclavage, colonisation, lois antisémites, Apartheid) des luttes antiracistes (abolitionnisme, décolonisation, mouvement des droits civiques) l’éducation contre le racisme. Comment relancer la lutte les discriminations ? Comment combattre les partis d’extrême-droite ?
 
  • Les politiques contre les ségrégations et discriminations territoriales à l’encontre des habitants des quartiers défavorisés. Comment renforcer l’éducation populaire et la citoyenneté, pour une meilleure solidarité, fraternité et justice sociale ?
 
  • 50 ans après la loi Pléven, mieux lutter, devant le juge contre les discriminations. Quelle offensive culturelle et médiatique, contre le racisme, pour faire gagner les valeurs républicaines
La loi PLEVEN, du 1er juillet 1972, a mis la législation française en conformité avec la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, constitue la première grande loi contre le racisme et la première pierre du droit de la non-discrimination. 50 ans après, au pénal, les victimes voient généralement leurs plaintes classées sans suite et ce malgré l’existence des pôles anti-discrimination mis en place dans les parquets depuis 2007, la charge de la preuve reposant sur le discriminé. En cas de condamnation, une décision de justice qui reconnaît une pratique discriminatoire constitue une condamnation isolée, avec un impact financier minimal pour l’organisation concernée. Sans astreinte efficace, cette décision peu d’effet. Des hommes politiques, une certaine presse, ont fait du racisme un véritable de fonds de commerce devenu licite et rentable en voix électorale ou audimat.
La France, pays des droits de l’Homme, avec un message universel, respectueuse du droit d'asile, sous la poussée des forces du Chaos, est dans le plus grand déni de son multiculturalisme. Un projet de loi modifiant, pour la nième fois, la loi sur les étrangers, et mis en discussion, en janvier 2023, vise à accélérer la mise en exécution des décisions d'expulsion des étrangers en situation irrégulière.
Ce qui se passe concrètement c'est la mise en place progressive d'un Code de l'indigénat où les originaires des pays du tiers-monde ou les racisés, qui ne dit pas son nom.
Depuis longtemps, des pratiques ségrégationnistes sont déjà mises en place contre les personnes en situation régulière et ayant parfois la nationalité française, notamment en ce qui concerne les transcriptions de mariages à l'étranger, le regroupement familial ou la situation des enfants d'un Français nés en Afrique. Les procédures vexatoires peuvent prendre entre trois et six ans. Par ailleurs, les racisés étant parqués souvent dans des «zones de relégation» dans des villes déjà en difficulté, comme Grigny ou la Seine-Saint-Denis ; que Manuel VALLS, un grand humaniste, assimile un système d’Apartheid. Dans ce tri sélectif, les racisés sont écartés des principaux de lieux de décisions, notamment politiques, économiques ou culturel et en particulier de chaînes d’information continue, vomissant leur à longueur de journée ?
Par ailleurs et en raison de guerres locales injustes, coûteuses, et ayant toutes échoué, (Irak, Syrie, Libye, Afghanistan) et de la persistance de régimes dictatoriaux, monarchiques et dynastiques soutenus par la Françafrique, on assiste à un déplacement d'Africains, réprimés récemment à l'enclave espagnole de Ceuta et Mellila Auparavant et bien que l'Atlantique soit devenue le plus grand cimetière marin pour les exilés du tiers-monde, l'initiative de Frontex vise à les rejeter, au péril de leur vie. A Paris, un mur de honte a été érigé à la Porte de la Villette contre moins d’une centaine de réfugiés du tiers-monde, que ni l’Etat, ni la Ville de Paris ne veulent voir.
En août 2021, la Pologne avait décrété l'Etat d'urgence, et obtenu l'assistance de l'OTAN, pour s'opposer à l'entrée de réfugiés du tiers-monde sur son territoire. Subitement, plus de 6 millions de réfugiés ukrainiens, ont l’entrée, avec chiens et chats, ainsi un titre de séjour. Les dons affluent.
Pour les étrangers du tiers-monde, la dématérialisation des rendez-vous est un vrai Code de l’indigénat, fabriquant des sans-papiers. En effet, de nos jours, plusieurs préfectures dont celle de l’Essonne, refusent de recevoir des étrangers en situation régulière, pour le renouvellement de leur titre de séjour. Il est quasi impossible ou difficile d’obtenir un rdv. Les référés sont d’une efficacité limitée. En effet, les autorités publiques ont mis en place, par décret 2021-313 du 24 avril 2021, mais entré en vigueur progressivement, diverses mesures humiliantes, ségrégationnistes dignes de l'Apartheid, un véritable Code de l'indigénat. En effet, M. Gérald DARMANIN a imposé aux étrangers souhaitant obtenir un titre de séjour en France de déposer leur demande par Internet, via un téléservice, tout en prévoyant une entrée en vigueur progressive de ce nouveau dispositif, par Préfecture (décret n° 2021-313 du 24 mars 2021, arrêté du 27 avril 2021, arrêté du 19 mai 2021). Officiellement, il est mentionné sur le site notamment de la Préfecture de Police de Paris «Vous n’avez plus à vous déplacer pour effectuer vos demandes. Vous serez informé en temps réel sur votre espace personnel de l’avancée de votre dossier. En cas d’édition d’un titre de séjour, vous serez informé par SMS de la disponibilité de votre titre, à retirer en préfecture», mais cette belle prétention, que nous partageons dans son principe, ne correspond pas du tout à la réalité. Quand, M. Gérald DARMANIN que les étrangers devront prendre en charge leur dossier de régularisation, mais encore faudrait-il que la Préfecture réponde à leur demande. Par conséquent, j’alerte donc l’opinion publique de ce qui se passe. C’est un drame et un véritable cauchemar que vivent désormais les étrangers dans leurs démarches administratives. Le juge administratif a déjà sanctionné M. Gérald DARMANIN. En effet, dans sa décision du 3 juin 2022, requête n°452798 contre la CIMADE, la LDH, GISTI, et UNEF, le Conseil d’État fixe deux conditions pour que l’obligation d’utiliser un téléservice pour les demandes de titres de séjour soit légale. Tout d’abord, les usagers qui ne disposent pas d’un accès aux outils numériques, ou qui rencontrent des difficultés dans leur utilisation de l’outil, doivent pouvoir être accompagnés. Ensuite, s’il apparaît que certains usagers sont dans l’impossibilité, malgré cet accompagnement, de recourir au téléservice, pour des raisons tenant à sa conception ou à son mode de fonctionnement, l’administration doit leur garantir une solution de substitution. Le Conseil d’Etat a accompagné cette décision d’un avis du 3 juin 2022, n°461684, très circonstancié condamnant ces pratiques, dignes d’un Code de l’indigénat. Par conséquent, l’Etat a déjà été condamné à verser à la CIMADE s’acharne, dans son Code de l’Indigénat à priver les étrangers de leurs droits fondamentaux. Dès qu’on tape sur les étrangers, certains de nos Ancêtres les Gaulois applaudissent croient que l’Etat est sur la voie de combattre, efficacement, l’immigration clandestine. En réalité, dans différents domaines (renouvellement de pièces d’identité ou passeports, permis de conduire) que les lenteurs administratives, sans accueil humain, sont insupportables.
Pourquoi encore une énième nouvelle loi sur les étrangers, une inflation législative ?
La loi Gérard COLLOMB avait porté le délai de rétention à 90 jours et en cas d’obstruction au retour dans son pays, l’étranger peut rester, jusqu’à 3 ans en prison. Depuis 1945, il y a eu plus de 100 réformes de la loi sur les étrangers et l’asile politique qui n’ont rien résolu. Il y a toujours plus de répression et de stigmatisation des racisés. La France est obnubilée par l’amélioration du taux d’exécution des expulsions, pour ces demandeurs d’asile dont les pays ont été saccagés par les Occidentaux. En dépit de cette inflation législative, l'immigration n'est pas le problème numéro 1 de la France.
Une bonne politique d’immigration devrait reposer sur des critères, non pas discriminants, racistes et répressifs, mais humanistes, comme ce qui a été fait pour cette admission massive des Ukrainiens. Un étranger qui travaille et n'a commis aucun délit devrait régularisé, sans passer par l’employeur ; il est utile au pays.
Pour ma part, l'immigration est une «chance pour la France» en référence au titre d’un ouvrage, en 1992, de Bernard STASI (1930-2011). Une politique d'immigration sérieuse et se voulant efficace, devrait se fonder, non pas sur une idéologie raciste basée sur la couleur de peau, mais uniquement sur l'intérêt que présente la régularisation d'un étranger en France. Bien des étrangers, sans papiers, arrivant en France ont du talent, un potentiel, une force de travail pour certains métiers pénibles, et parfois une expérience professionnelle à valoriser. La crise sanitaire a bien montré qu'il y avait de très nombreux médecins d'origine africaine, notamment des Arabes ou Béninois, travaillant dans les hôpitaux français, mais maintenus, abusivement, dans une situation précaire, au motif que leur diplôme, obtenu en Afrique, n'a pas été homologué en France. Ils peuvent soigner les Français, mais leur diplôme africain n’aurait aucune valeur. On voit donc l'absurdité et toute l'imbécilité de ce Code de l’Indigénat qui ne dit pas son nom. En revanche, les médecins roumains, s’exprimaient très mal en français, avec un grave risque d'erreur de diagnostic, étaient immédiatement intégrés dans la fonction publique hospitalière. On sait que le rêve de nombreux infirmiers et médecins français est de s'expatrier en Suisse où ils gagneront 4 fois plus. Subitement, quand la crise du Covid-19 est arrivée, tous ces médecins africains ont été immédiatement déprécarisés et même logés. Par ailleurs, cette rentrée scolaire 2022-2023, a montré la grave pénurie en enseignants compétents notamment en ce qui concerne les disciplines scientifiques. Là aussi l'éducation nationale, comme ce fut le cas des médecins, maintient encore de nombreux Africains dans des statuts de maîtres auxiliaires, une logique encore du Code l'indigénat.
La perspective des Jeux Olympes de 2024, alors que l’hôtellerie, le bâtiment et l’agriculture manque déjà de la main-d’œuvre et les zones rurales se dépeuplent, va administrer l’urgence à régulariser les sans-papiers.
Paris, le 26 octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
«Universités européennes des Maisons des Potes à Paris 12ème du 26 octobre au 30 octobre 2022 : Unis pour l'Egalité» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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23 octobre 2022 7 23 /10 /octobre /2022 21:18
«Olympe BHELY-QUENUM, écrivain franco-béninois ou l’Afrique des profondeurs» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Grand Prix littéraire de l’Afrique noir en 1966, pour «Le chant du Lac», écrivain, sociologue, enseignant, directeur-rédacteur en chef du magazine «La Vie Africaine» de 1962 à 1964, cofondateur et directeur-rédacteur en chef du magazine bilingue «L’Afrique actuelle» de 1965-1969, diplomate, fonctionnaire international à l’UNESCO de 1968-1988, membre de la Société africaine de culture, expert de l’Union africaine, franc-maçon, Olympe BHELY-QUENUM est passionné de lettres classiques et de la tragédie grecque. «Olympe Bhêly-Quénum est sans nul doute l’écrivain le plus dense et le plus marquant de la littérature béninoise. Il en impose non seulement par le nombre de ses publications, mais aussi par la profondeur de sa réflexion sur les problèmes africains d’aujourd’hui. Naturellement, bien avant lui, des talents comme Paul Hazoumé ont illuminé quelques temps la vie culturelle béninoise avant de s’éteindre. Mais, jusqu’ici aucun de ces écrivains ne maîtrise sa plume autant que Bhêly-Quénum et aucun d’eux n’a atteint la rigueur, la cohérence et l’unité qui structurent sa vision du monde» écrit Pierre MEDEHOUEGNON. Il est largement influencé par ses lectures de Jean-Paul SARTRE, d’Albert CAMUS, de Franz KAFKA et Charles BAUDELAIRE. Militant mendésiste, puis socialiste, Olympe BHELY-QUEM est donc classé à gauche : «L’Africain largement octogénaire que je suis, désire que les Africains de nationalité française qui veulent que nos pays supposés indépendants disent NON ! NON à la politique que je ne cesse de dénoncer : ce système souligne à faire vomir le servilisme de nombre de chefs d’État de l’Afrique francophone ; très objectivement, c’est pire que «Oui, mon Commandant» dans L’Étrange Destin de Wangrin du très regretté Amadou Hampâté BA» dit-il.
En éminent représentant de la littérature africaine, plusieurs thèmes structurent la contribution littéraire d’Olympe BHELY-QUENUM : la négritude, l’authenticité et l’originalité de la culture nègre, la lutte contre la superstition au nom du progrès, l’antiracisme, la vie, l’amour, la mort, la rancune, la vengeance collective, le mysticisme, l’étrangeté, la sagesse des Anciens, les faits sociaux et de divers événements de la vie et l’Afrique des profondeurs : «Un romancier curieux et angoissant d’une grande actualité : il est le reflet de l’âme des peuples noirs qui prennent conscience de leur destin et de la grandeur de l’Homme» écrit Jean-Charles VARENNES, dans «L’Heure du Choix» en 1961. En effet, Olympe BHELY-QUENUM est l’incarnation même, dans sa contribution littéraire, de l’Afrique des forces de l’esprit. Un écrivain doit sonder et révéler les profondeurs de son peuple. Aussi, dans ses trois romans : le piège sans fin, le chant du lac et l’initié, on sent la présence du Vaudou et la puissance de l’animisme : «Les créations littéraires de l’écrivain béninois Olympe Bhêly-Quénum relèvent précisément de ce genre baroque et fantastique où l’étrange et le surréel font sans cesse irruption dans l’univers romanesque, où rêves, incohérences et horreurs sont pris en compte pour asseoir un monde où le lecteur hésite parfois à se situer dans la réalité. Intrigué, il avance avec prudence, s’interrogeant constamment sur les phénomènes et faits narrés, les lieux et personnages décrits. L’utilisation des croyances et récits populaires, du monde onirique, la maîtrise qu’ont les personnages des forces occultes par l’initiation et autres pratiques ésotériques constituent des ressorts narratifs omniprésents dans les créations romanesques d’Olympe Bhêly-Quénum» écrit Técla MIDIOHOUAN-GBIKPI. Cependant, s’il traite du Vaudou, Olympe BHELY-QUENUM est resté fondamentalement un chrétien fervent, sans rancune, hostile à l’injustice et aux pouvoirs corrompus africains «Quant aux dénigreurs, je déclare sincèrement le réflexe du talion, qui fait rendre le mal pour la mal, n’est pas mon fort. Je réfère à Saint-Luc : «Soyez fort !». Faire du bien à ceux qui nous haïssent, souhaiter du bien à ceux qui nous maudissent, prier pour ceux qui nous maltraitent» dit-il.
Olympe BHELY-QUENUM est un digne représentant de sa culture africaine et de ses valeurs «La littérature béninoise ?... Connais pas. Mais, si l’on se jetait à l’eau, en allant au plus profond des courants troubles qui arrosent le Bénin, peut-être remonterait-on en surface avec quelques provisions valables. En envisageant, d’entrée de jeu, la littérature africaine d’abord en tant qu’instrument d’appréhension de l’Afrique profonde, on se trouve face au truisme que voici : on recourt, de moins en moins, aux traditions et coutumes considérées comme les racines et fondements culturels de notre nature de Nègres» écrit-il dans le «Monde diplomatique» d’août 1981. Dans une démarche de réalisme, Olympe BHELY-QUENUM tire sa riche et savante inspiration, comme il aime à le souligner, de l’Afrique des profondeurs : «Serrant de près aussi bien les données historiques que les faits récents, le sociologue, ici, souligne ses constats : le Bénin doit, en partie, sa réputation au sérieux de ses anciens souverains, à leur sens de l’organisation, à leur art de la politique et de gouvernement comme à celui de l’administration et de la gestion des affaires : contes, légendes, récits historiques sont lourds des enseignements légués par le passé ancestral dont on abreuvait l’enfance des citoyens» écrit-il.
Olympe BHELY-QUENUM est né à Ouidah le 20 septembre 1926, Ouidah ou Gléxwé, au Dahomey, actuel Bénin. «Je suis censé être né le 26 septembre 1928, à Cotonou. Je naquis le 20 septembre 1926 ; non pas à Cotonou, mais à Gléxwé, c’est-à-dire Ouidah ; dans l’ethnie fon, Codjo est le prénom de tout garçon né un lundi» dit-il. Le roman, «la naissance d’Abikou», est largement autobiographique. Le voyage d’Abikou, quittant le monde, pour se rendra dans l’Au-delà, est allégorique, un fragment de la vie de l’auteur, et fait référence à «l’enfant qui est né pour mourir, qui est susceptible de revenir sous une autre enveloppe». En Afrique, comme pour sa famille, la mortalité infantile était trop élevée, sa mère ayant perdu ses enfants avant sa naissance. «Je suis, ce qu’en Yorouba, on appelle Egbé ; celui qui vit dans l’archiconfrérie des Abicous» écrit-il dans «Olympe Bhêly-Quénum, présenté par lui-même». Ouidah, sa ville natale, est fortement marquée par la traite de l’esclavage et le culte vaudou, maintenant pratiqué au Brésil et aux Antilles. La famille devenue QUENUM est répartie entre différents royaumes du Dahomey : Wèmè, Zado, Abomey, et surtout Ouidah, sa ville de naissance. La famille QUENUM, dans les luttes de pouvoir, avait pris fait et cause pour le prince Ahanhanzo-Glélé (1858-1889) contre Béhanzin (1845-1906, voir mon article). Ses deux parents sont béninois, mais d’ethnies différentes. Son père, Paul Kpossy GBHELY-HOUENOU, dont le nom francisé en POSSY-BERRY-QUENUM, puis BHELY-QUENUM, un catholique et instituteur, est de l’ethnie FON. «Je suis Béninois, puisque mon père l’était, et ma mère aussi ; mais ils appartenaient à deux ethnies différentes. D’un côté un Fon, originaire de Zado, de l’autre, une Pédah, née d’une Yoruba, originaire d’Abéokuta (Nigéria)» dit-il.
Olympe BHELY-QUENUM est fondamentalement attaché à son pays, le Bénin, fortement présent dans sa littérature : «Je ressens en moi, la permanence de mon pays. Je le sens, le Bénin reste une terre possessive, une femme tranquillement amoureuse qui vous épie. Moi, je l’aime ainsi. Et puis, j’y suis né ; j’y ai mes racines, aussi m’est-il difficile de m’en séparer, comme un fruit mûr ou pourri se détache de l’arbre qui le porte» dit à Jean-Norbert VIGNONDE et Bernard MAGNIER. «Ecrivain, sociologue et journaliste, j’ai essayé de dépasser le cadre de mon pays. Je suis un homme de l’éclosion» précise-t-il. Par ailleurs, Olympe BHELY-QUENUM a introduit de nombreux mots béninois dans ses romans écrits en français : «On peut regretter quelques recherches de vocabulaire qui sont à l’origine d’une certaine rigidité des dialogues. Cela créé parfois l’impression des façons de penser européennes exprimées par des personnages africains. Mais l’action s’anime ensuite, l’auteur fait preuve de réelles qualités de romancier» écrit Yves GUERMOND, dans «France-Forum» de décembre 1960. En réalité, pour l’auteur, la langue française est devenue un butin de guerre : «Il m’arrive d’être bloqué quand j’écris. Je ne trouve plus les mots français que je voulais employer, et auxquels se substituent obstinément des mots et des pensées Fon ou en Yorouba. J’écris en Fon ou en Yorouba, là où certaines pensées ne veulent pas être traduites ou véhiculées en langue française. Voilà, pour l’instant, ma façon d’écrire dans les langues africaines» dit-il.
Olympe BHELY-QUENUM a effectué ses études jusqu’au certificat de fin d’études primaires élémentaires au Bénin. Il a séjourné, à Accra au Ghana, pays anglophone, et il a été recruté au à Cotonou, en qualité d’aide-magasinier, chez John Walden, une firme d’Unilever. En raison de l’argent gagné, il part, en août 1948, pour la France poursuivre ses études. Son père, ayant 31 enfants ne pouvant pas financer son projet, mais l’approuve, dans son principe. Sa mère, Vicé-Dessin AGBO, morte en 1980, analphabète, mais une femme d’affaires avisée et cheffe d’un culte Vaudou, lui donne des conseils précieux comment bien gérer ses économies.
A son débarquement, d’abord à Marseille, il hésite entre Aix-en-Provence et Avranches, dans la Manche et fini par se rendre en Normandie, où il avait des connaissances. Il est admis au collège Littré d’Avranches et décroche son BEPC, puis son baccalauréat en Lettres classiques. Il se rend au lycée de Rennes, où il obtient le baccalauréat de Philosophie et prépare en Hypokhâgne le concours d’entrée à l’Ecole normale supérieure d’enseignement technique (l’ENSET) ; admissible, mais recalé à l’oral. Il revient en 1953, à Avranches épouse Maryvonne, une institutrice. Il obtient un poste de surveillant d’externat au lycée de Coutances, et s’inscrit, en 1956 à l’Université de Caen, en licence de lettres classiques. En 1957, il devient adjoint d’enseignement chargé de cours (français, latin et grec), et obtiendra, plus tard une licence en sciences humaines (sociologie) à la Sorbonne, avec mention. Entre 1958 et 1961, il sera muté en région parisienne (Lycée Paul Langevin à Suresnes, Lycée Decour à Saint-Denis, devenu Lycée Paul Eluard).
En 1961, à la suite de l’indépendance du Dahomey, il effectue à la demande d’Hubert MAGA, un stage en diplomatie. Cependant, en 1949, une rencontre avec André BRETON (1896-1966), père du surréalisme, au Quartier Latin, à qui il avait exposé son rêve, lui demande, avant de le transcrire, de lire Sigmund FREUD. Il écrit une nouvelle, «Promenade dans la forêt». Après avoir subi les refus d’une dizaine d’éditeurs, c’est chez Stock qu’il publie, en 1960, un premier roman intitulé : «Un piège sans fin», son meilleur roman, une sorte de tragédie grecque retranscrite à l’africaine. «Avec ce roman, nous entrons véritablement dans le monde noir, avec ses terreurs et ses passions, son tragique et sa farce, et cette confusion des contraires sur le plan supérieur, de sorte que les préoccupations contemporaines nous semblent bien provisoires» écrit, en octobre 1961, le sénégalais, Abdoulaye SADJI. Humaniste, décrivant un monde de passion et de jalousie, dans un style poétique et fantastique, Olympe BHELY-QUENUM, pour ce roman, à succès, s’est inspiré d’un fait divers. En effet, en 1938, l’auteur, encore jeune avait vu, à Ouidah, un cortège hargneux et un homme en croix, humilié devant la foule. Des années plus tard, à Avranches, en Normandie, cette image surgit sous la forme d’un cauchemar «Réveillé en nage, je prends un calepin et écris. Voilà la genèse de ce roman. Ma conception du roman, n’est ni une rédaction, ni une dissertation. L’imagination créatrice épaulait mes enquêtes. J’avais commencé à connaître les lieux, rencontré les témoins du suicide du père de celui que j’ai nommé Ahouna. Quand l’intelligence chevauche un bon cavalier, une cheval, même chétif, l’emmène où il veut» dit-il.
Dans «Un piège sans fin» un roman majeur, le héros du roman, Ahouna, soulève la question de l’existence de l’homme sans les forces de l’esprit, la croyance aux religions ancestrales. Il pense que les Dieux de l’animisme sont trop nombreux pour être efficaces et le Dieu des musulmans est indifférent aux malheurs des hommes. Ahouna oppose aux religions une vie de solitude et de bonheur. «Ce roman commence comme une églogue de Virgile et se termine telle une tragédie d’Eschyle» écrit Jacques CHEVRIER. En effet, dans «un piège sans fin», Olympe BHELY-QUENUM nous relate l’histoire tragique d’un héros Peul, éleveur-cultivateur musulman, épanoui dans sa vie, artiste et poète jouant de la flûte, mais son père affronte différentes adversités ; le choléra s’abat sur ses troupeaux, une invasion de criquets s’abat sur ses champs et récoltes. Le régime colonial condamne son père, Bakary, un ancien militaire ayant le sens de l’équité et de la justice, à effectuer des corvées, des travaux forcés réservés aux démunis ne pouvant pas s’acquitter de leurs impôts, excédés de cette accumulation de malheurs, cet homme digne et respecté se suicide, en se poignardant. Par conséquent, à ce stade, contrairement à «l’enfant noir» de Camara LAYE (1928-1980) chantant une Afrique intacte, idyllique et harmonieuse, sans influence extérieure, «un piège sans fin» est un roman rageusement anticolonialiste.
Dans sa vie personnelle, Ahouna, le héros du roman, vit un amour passionné et exclusif, à la suite d’une rencontre avec Anatou charmée par ses dons d’artiste et lui donne quatre enfants. «Un piège sans fin, nous fait vraiment entrer dans le monde de la passion. Il nous décrit la naissance d’un amour ardent et exclusif. La jalousie joue un rôle capital encore que bien étrange, fait unique du roman africain» écrit Francis FOUET, au colloque de Dakar. En effet, au milieu de ce bonheur, et sans raison, son épouse, dans une jalousie forcenée, sans doute inspirée par le démon, devient remplie d’une haine gratuite et implacable, en accusant, injustement Ahouna d’infidélité ; elle affirme avoir vu, «en rêve», son mari. Dans le souci d’éviter l’irréparable, Ahouna s’enfuit du domicile conjugal, mais halluciné par la faim et le désespoir, il poignarde une femme rencontrée par hasard, Kinhou, et dont le comportement insensé rappelle sa femme, Anatou. Par conséquent, en héros sartrien, et inspiré des théories existentialistes, Ahouna s’est déclaré libéré du fardeau de la superstition et de la jalousie «Je m’étais libéré de ce fardeau, qui m’étouffait encore quelques instant plus tôt ; j’ai enfin assumé mon destin et je me sens libre, extraordinairement libre» dit-il. Le héros, Ahouna, livré à la justice des hommes, à la prison et à l’opprobre, est victime d’une machination pendant sa détention. La famille de la victime, Kinhou, a juré par la perte d’Ahouna, et lui suggère un plan d’évasion de la prison. A sa fuite, Ahouna est victime d’un châtiment immédiat, il est brûlé sans comprendre ce qui lui arrive.
Dans ce roman, «piège sans fin», Olympe BHELY-QUENUM décrit un Dahomey multiculturel, avec des personnes de races, de religions, de caractères et de comportements différents. C’est un mode clos animé par une psychologie de la foule, avec ses superstitions, comme dans «Xala» de SEMBENE Ousmane (1923-2007, voir mon article), où règnent les solidarités familiales et surtout la vengeance collective ; c’est univers oscillant entre la révolte et résignation, l’opposition entre bourreau et victime, la vie et la mort. Ce roman, digne de la tragique est aussi un drame de la fatalité : «Né pour le bonheur simple, il vit jusqu’à la démence, l’horreur et la panique. Il ne comprend pas pourquoi son destin a brusquement changé de sens, il subit le courroux des Dieux, des êtres et des choses, et devant l’immanence de la mort, il n’aura pas un cri de haine, pas un mouvement de révolte. C’est la soumission inconditionnelle aux puissances cachées souveraines, si telle est leur volonté» écrit Roger MERCIER. Plusieurs thèmes jalonnent ce roman. Tout d’abord, celui du bonheur. En effet, dans sa recherche d’une Afrique des profondeurs, pour Olympe BHELY-QUENUM, le bonheur de l’Homme africain, est basé sur une harmonie avec les éléments de la Nature, les esprits cachés. L’Amour est, avant tout, un devoir, avant d’être un sentiment ou une passion. Ensuite, la jalousie, un des thèmes de ce livre, est destructrice. L’adultère est ici, un élément strictement onirique. L’amitié est un mélange de piété familiale et de tendresse. L’angoisse monte au fur et à mesure que la colère des Dieux est attisée ; on sent le soufre qui va déclencher une explosion. Ensuite, des scènes d’horreur se manifestent souvent dans la création littéraire d’Olympe BHELY-QUENUM. Enfin, d’autres thèmes, comme le destin, la mort, le sens du cosmique, et la place des traditions, sont au cœur de ce roman.
En 1960, «le piège sans fin» avait reçu un accueil enthousiaste des critiques littéraires. On peut dire, à ce moment qu’Olympe BHELY-QUENUM avait gravi la «montagne raciale» en référence à une expression de Langston HUGHES (1901-1967, voir mon article). En effet, pour Langston HUGHES, l’artiste noir devrait cesser de voir dans la culture des Blancs un idéal, se libérer de leur sentiment d’infériorité et célébrer sa culture, à sa juste valeur. L’artiste noir devrait ne pas être obsédé du désir de plaire aux autres, et se libérer donc de son esclavage mental, un regard aliénant imprimé au fond de soi et dont il faut se défaire, afin d’entamer la difficile ascension d’une montagne escarpée. «L’écrivain a toujours eu des difficultés s’il ne traite pas des problèmes que l’éditeur pourrait vendre rapidement ; les grands problèmes, notamment depuis les indépendances se trouvent, à de rares exceptions près, dans la coterie des critiques littéraires qui ostracisent nos ouvrages, quand nous égratignons leurs sensibilités, détrônons leurs préjugés ou nous nous attaquons aux problèmes franco-africains, en soulignant l’ancrage du néo-colonialisme. La confrérie des critiques a l’habitude de m’enfermer dans l’anthropologie du Vaudou et l’ésotérisme. N France, depuis plus d’un demi-siècle, j’affronte des problèmes essentiellement racistes ; mes enfants (métis), mes petits-enfants (quarterons), aussi ; les connaîtront aussi mes arrière-petits-enfants, quand ils entreront dans la vie. Le racisme est un rhizome» dit-il.
Dans «le piège sans fin», comme dans ses autres écrits, Olympes BHELY-QUENUM est en permanence à la recherche de l’Afrique des profondeurs, dont s’inspire sa contribution littéraire. «J’habite aux baobabs de l’autre côté des montagnes» dit un personnage de ce beau et tragique roman d’Olympe Bhêly-Quénum. Tout le livre de ce jeune écrivain du Dahomey est dans cette splendeur. Poésie et sortilèges, violences et gestes rituels, légendes ancestrales et tragédies de la chair : tout est enchantement et frisson dans ces 250 pages, parmi les plus chargées de magie. Le style d’une limpidité, d’une élégance exemplaire souligne encore ses charmes. Rien de plus délicieux, dans le fébrile !» écrit Alain BOSQUET dans «Combat» du 7 juillet 1960. Ce brillant roman, traduit en plusieurs langues, mais, de nos jours, avec peu de relais médiatique en France «Un Piège sans fin», repris en 2001, par les éditions Présence Africaine, est constamment réimprimé et au programme un peu partout en Afrique. «Le romancier va bien au-delà du message des lieux grâce à sa formation intellectuelle et à la sûreté de son langage. L'écrivain prend pied dans le monde des âmes en nous narrant une aventure qui se charge progressivement d'une signification inattendue, et ce roman demeure une fenêtre ouverte sur la vie intérieure de l'homme, sur sa solitude aussi, a quelque climat qu'il appartienne» écrit «Le Soir», un quotidien belge.
Dans son roman, «Le chant du Lac», paru en 1965, Prix de littérature d’Afrique noire, les Dieux vivaient encore. Beaucoup y croyaient, certains, craignaient leur colère et leur chant de mort, créant ainsi une sorte de palingénésie, de peur collective, obsessionnelle et paralysante. Une nuit, une femme animiste, l’héroïne du roman, tue les monstres anthophages qui terrorisaient la population ; elle a placé la défense de ses enfants au-dessus des tabous de sa tribu : «Les Dieux sont morts, des crimes ont souillé le lac. Le lac ne chantera plus» écrit-il. Dans ce conflit entre la tradition et la modernité, l’Afrique est un continent maternel, un amour maternel source de résistance et de révolte. «Ecoute le vrai secret est en chaque homme. Il suffit de savoir le chercher en soi. Qui vaincra ? Les Dieux mourront et les hommes poursuivront leur quête éternelle» écrit-il. André RETIF écrit, à propos du «Chant du lac», Olympe BHELY-QUENUM est «Un maître de la langue française à laquelle, il porte comme un culte. L’écriture est soignée, élégante, aristocratique». Le chant du lac, «par son action continue, tient en haleine au même titre que «Le vieil homme et la mer» de Hemingway» écrit le journal «Dialogues».
Dans «l’Initié» terminé en 1964, mais publié en 1979, Olympe BHELY-QUENUM, au carrefour de plusieurs civilisations (Animiste, chrétienne, musulmane, européenne, franc-maçonne) se donne l’objectif d’éclairer le lecteur sur un univers culturel dynamique faisant appel à un métissage culturel et la redéfinition de l’identité culturelle des Africains confrontés aux mythes fondateurs du fait colonial, dans un dépassement de l’opposition tradition-modernité. Dans sa pensée mobile et fluide entre différents espaces, et profondément humaniste, son roman, «l’initié» est une puissante apologie pour le multiculturalisme : «J’ai toujours été, je suis toujours curieux d’apprendre, de comprendre, de savoir et que je pose des questions», dit-il. En effet, ce roman est un rejet, sans concession, du repli identitaire. Le héros du roman, Kofi Marc Tingo «est une synthèse de beaucoup d’Africains connus initiés dans leur pays natal estimant qu’il existe une tête lucide entre deux choix» dit Olympe BHELY-QUENUM. Ce roman a une dimension autobiographique, puisque Kofi Marc Tingo, un médecin, est un Africain occidentalisé, un homme sûr de lui-même, lucide, rigoureux, toujours maître de soi, qui fait face aux Européens, et souvent, s'opposant à eux avec la force tranquille de ses convictions. Le tâche d’apprendre à concilier, en lui-même, les plus grandes contradictions. A la fin de ses études, il regagne son pays natal pour exercer son métier de médecin. Intellectuel et savant, initié, riche de sa diversité culturelle, il a la force de résister aux forces obscures et a gardé la maîtrise de soi, une énergie qu’il puise «dans deux traditions : celle, rationaliste, issue d'Europe ; l'autre, proprement africaine, fondée sur des connaissances d'un autre ordre, part de Dieu, force opératoire des noms premiers, et aussi pharmacopée africaine» écrit-il. Le héros, dans sa maîtrise des savoirs ancestraux et ceux de l’Homme blanc, maître de lui-même, a donc l’atout lui permettant de «réinventer le monde, au lieu de le subir» écrit-il. Faisant preuve de réalisme, il cherche à optimiser les richesses dont dispose l’Afrique. Promoteur de progrès et de liberté, il est en lutte contre l’oppression et les inégalités, ainsi que les traditions, quand elles sont rétrogrades, au service d’êtres monstrueux et malfaisants. Cependant, il valorise la tradition, dans la mesure où celle-ci peut contribuer à rendre le «monde vivable». Il reste vigilant pour une Afrique meilleure et indépendante et lance une mise en garde : «sous nos yeux s’ourdit le piège d’un avenir obscur où tout va concourir à nous éliminer de nos propres problèmes et à nous rayer de l’Afrique de demain» écrit Olympe BHELY-QUENUM.
Une cinquantaine de mémoires de Maîtrise, et plus de vingt thèses (doctorat 3éme cycle ou d’Etat ont été consacrés à la contribution littéraire d’Olympe BHELY-QUENUM. Il parle plusieurs langues (français, anglais, italien, Fon, Yoruba). Il voyage beaucoup, continue d’écrire, observe la société. Olympe BHELY-QUENU, né français, il est marié à une normande, Maryvonne LECERF, depuis 1953, est père de quatre enfants (Thierry, Tiphaine, Marie-Paule (1958-2020) et Jean-Gilles) ; ils ont 13 petits-enfants. Son fils, Jean-Gilles QUEM, né le 14 juillet 1961, à Enghien-les-Bains, en région parisienne, père de trois enfants et vivant dans le Gard, est un photographe, sculpteur et écrivain. «J’ai vécu longtemps en Normandie ma femme est Normande ; trois de nos quatre enfants sont nés le Cotentin. J’ai vécu à Avranches, à Coutance, à Granville, à Rennes et Garrigue-Sainte-Eulalie» dit-il. «On ne rate aucune occasion pour vous dire «On est chez nous ici !». Je ne m’intégrerai jamais, bien que j’aie de bons amis. D’ailleurs, que signifie «intégration» pour quelqu’un né Français, qui vit en France depuis 1948 et n’a pas de leçon de démocratie et de civisme à recevoir ? Intégration, synonyme d’assimilation ? Je n’ai en ai cure. Je suis ici, mais mes racines et autres rhizomes sont en Afrique, au Bénin ; les pulsations de mon cœur sont au Gléxwé» dit-il.
Son journal «Afrique Actuelle» n’a pu fonctionner que pendant cinq ans «C’est une folie que d’être à la fois un Nègre et le propriétaire d’un journal de qualité : j’ai vu beaucoup de portes se fermer devant moi et je me suis ruiné ; mais je suis heureux d’avoir tenté cette entreprise» dit-il. Olympe BHELY-QUENUM a conservé la nationalité béninoise. Il est Chevalier de l’Ordre national du Bénin. Il va léguer 10 000 livres aux enfants béninois auxquels vont s'ajouter 5000 livres de sa fille, Marie-Paule Akoua, décédée à Ales, dans le Gard, le 1er mars 2020. Olympe BHELY-QUENUM est un partisan d’une politique culturelle africaine vigoureuse, avec des critiques littéraires de valeur «Le grand problème, c’est que nos livres ne sont pas lus partout. En plus, nous n’avons pas de critiques. En tant qu’écrivain, on se sent étranger dans notre pays. Pour y remédier, il faut mettre en place une politique culturelle efficace, et cette même politique doit être menée par des experts et, en plus de ça, il faut que ces derniers soient cultivés. Car sans culture, il n’y aura pas de culture. Il faut qu’il ait aussi des critiques littéraires bien formés, qu’il ait une presse spécialisée ou du moins que des journaux consacrent des espaces pour rendre compte ce que écrivent les écrivains» dit-il. Les livres doivent être écrits dans les langues nationales africaines, mais pour qu’ils soient lus, il faudrait que l’enseignement en Afrique soit dans les langues nationales :«La littérature africaine existe dans sa version maternelle, c’est-à-dire celle écrite dans les langues africaines. Le problème auquel elles sont confrontées, c’est qu’elles n’ont pas de lecteurs. Quand on écrit en bambara, qu’est-ce qui lirait ce livre. Très peu, seulement ceux qui parle cette langue. Pour y remédier, il faut alphabétiser d’abord dans sa langue maternelle, il faut savoir l’écrire et la lire pour donner à l’écrivain plus de visibilité. Si ça ne peut se lire, ça ne peut pas se vendre» dit Olympe BHELY-QUENUM.

 

Brèves références bibliographiques
I – Contributions d’Olympe BHELY-QUENUM
I – 1 – Ouvrages d’Olympe BHELY-QUENUM
BHELY-QUENUM (Olympe), C’était à Tigony, Paris, Présence africaine, 2000, 385 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), GUIFFRAY (Roger), DELAMADELEINE (R.), Un enfant d’Afrique : roman pour les lecteurs et lectrices de dix à quatorze ans, Paris, Larousse, 1970, 256 pages et éditions Baudelaire, 2015, 290 pages, Présence africaine, 1997, 328 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), L’Afrique des profondeurs : 40ème anniversaire d’Un piège sans fin. Mélanges offerts à Olympe Bhêly-Quénum, Université nationale du Bénin, éditions Phénix Afrique, 2004, 255 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), L’initié, Paris, Présence africaine, 1979, 250 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), La naissance d’Abikou, Cotonou, éditions Phénix-Afrique, 1998, 338 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), Le chant du lac, Paris, Présence africaine, 1965, 152 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), Les années du bac de Kouglo, Cotonou, éditions Phénix-Afrique, 2003, 119 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), Les appels du Vaudou, Paris, L’Harmattan, 1994, 336 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), Liaison d’un été et autres récits, Paris, Sagerep, L’Afrique actuelle, 1968, 244 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), Promenade dans la forêt. Nouvelle, Achères, Monde Global, 2006, 265 pages ;
BHELY-QUENUM (Olympe), Un piège sans fin, Paris, Stock, 1960, Présence africaine, 2001, 284 pages.
I – 2 – Articles d’Olympe BHELY-QUENUM
BHELY-QUENUM (Olympe), «Africa and Human Rights», Transition, 1965, Vol 18, pages 18-19 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Entretien», accordé à la rédaction, Afrik.com, 9 septembre 2011 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Erotisme chez Léopold Sédar Senghor», 1983, sur le site : http://www.gnammankou.com/obq_senghor-erotisme.htm ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Être un écrivain africain francophone et un étranger dans la langue française», Présence africaine, 2007, Vol 176-177, n°1, pages 134-142 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Homage To Idrissa Ouédraogo», African Studies Review, septembre 1965, Vol 61, page 211 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Human Rights and The African», Africa Today, janvier 1965, Vol 12, n°1, pages 11-12 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Interview du président Senghor», L’Afrique actuelle, août-septembre 1966, n°10, pages 28-31 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Interview : le racisme est un rhizome», Les rencontres internationales du livre du Bénin, 4 juin 2020 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «L’écrivain béninois et son pays», Le Monde diplomatique, août 1981, page 19 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «L’Unesco et les besoins de ses Etats membres africains», Africa, décembre 1971, Vol 26, n°37, pages 525-532 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «La genèse de son célèbre roman «Un piège sans fin», entretien accordé à Esckil AGBO, Les rencontres internationales du livre du Bénin, 11 octobre 2020 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Le chant du lac», Présence africaine, 1964, Vol XLIV, n°1, pages 201-211 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Maximilien Possy-Berry-Quénum», Notre Librairie, octobre-décembre 1995, n°124, pages 76-81 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Où en est l’Afrique ?», La vie africaine, décembre 1964, page 5 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Première rencontre des écrivains africains et francophones», L’Afrique actuelle, mars 1967, n°16, pages 3-4 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Problèmes de l’enseignement en Afrique et à Madagascar, une interview exclusive de Joseph KI-ZERBO», L’Afrique actuelle, n°28, pages 26-31 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Quand tomba le Sigui», Présence africaine, 1996, Vol 154, n°2, pages 99-106 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «The Watchman (Metamorphosis of an African Object Art)», Callaloo, automne 1988, n°37, pages 697-707 ;
BHELY-QUENUM (Olympe), «Un cœur de nègre pour l’Apartheid», L’Afrique actuelle, février 1968, n°28, pages 2-3.
II – Critique d’Olympe BHELY-QUENUM
II – 1 – Ouvrages généraux sur Olympe BHELY-QUENUM
AMEGADZE (Philip, Senanu), Le concept de métissage culturel dans «l’aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou Kane et «l’initié» d’Olympe Bhêly-Quénum,  thèse, Kwame N’Krumah University of Science and Technology, juin 2009, 112 pages, spéc pages 77- 99 ;
APALOO (Edoh), Image de la femme dans Le Chant du Lac d’Olympe Bhêly-Quénum, Mémoire de Maîtrise, Université de Paris X Nanterre, février 1976, 122 pages ;
BHELY-QUENUM (Anicette), Récit initiatique et expression mystique dans la problématique et enjeux d’une combinatoire négro-africaine, thèse sous la direction de Beida Chiki, Université Paris-Sorbonne IV, 2008, 105 et 148 pages ;
CASE (Frederick Ivor), Espace et Temporalité dans la structure du roman africain chez Olympe Bhêly-Quénum, New College, Toronto, Canada, 241 pages ;
DAVID-WEST (Stella), Olympe Bhêly-Quénum : Romancier, Thèse de Doctorat 3ème cycle, Université de Talence-Bordeaux, 594 pages ;
DAVID-WEST (Stella), Olympe Bhêly-Quénum, romancier, thèse sous la direction de Michel Hausser, Bordeaux, Université Montaigne, 1979, 594 pages ;
DIXON-FYLE (Joyce, E.), Themes and Styles of The African Short Story : Olympe Bhêly-Quénum’s Liaison d’un Eté, Port Harcourt, Nigeria, 132 pages ;
DURAND (Jean-François), L’écriture et le sacré : Senghor, Césaire, Glissant et Chamoiseau, Montpellier III, Université Paul Valéry, 2002, 270 pages ;
FAURE (Stéphanie), La mémoire aux prises avec les désirs dans «un piège sans fin» d’Olympe Bhély-Quénum, «les fous de Grand Bassam» d’Anne Herbert, El sur d’Adélaida Garcia Morales, Limoges, faculté des Lettres et sciences humaines, 1998, 133 pages ;
GARNIER (Xavier), La magie dans le roman africain, Paris, P.U.F, 1999, 165 pages ;
GRELEF, Mélanges offerts à Olympe Bhêly-Quénum : l’appel de l’Afrique des profondeurs, Cotonou, GRELEF, 2001, 197 pages ;
HOUNMENOU (Jean-Claude), Défense et illustration de la culture africaine : Aspects de l’œuvre d’Olympe Bhêly-Quénum, Cotonou, éditions du Soleil, 1998, 109 pages ;
KAKPO (Mahougnon), Poétique baroque dans les littératures africaines tome I Olympe Bhêly-Quénum, Cotonou, éditions des Diasporas, 2007, 215 pages ;
LOZES (Guillaume), Initiation, ésotérisme et Vaudou en action dans l’œuvre d’Olympe Bhêly-Quénum, thèse sous la direction de Jean-Louis Joubert, Université Paris XIII, 2002, 476 pages ;
MEDEHOUEGNON (Pierre), Olympe Bhêly-Quénum, idéologie et esthétique, thèse sous la direction de Lilyan Kesteloot, Dakar, UCAD, 1979, 349 pages ;
MERCIER (Roger), BATTESTINI (Monique), BATTESTINI (Simon), Olympe Bhêly-Quénum, écrivain béninois, Paris, Fernand Nathan, 1964, 63 pages ;
MVE (Franck-Bernard), La symbolique du corps dans l’œuvre d’Olympe Bhêly-Quénum, thèse sous la direction de Françoise Susini-Anastopoulos, Université de Nancy II, 2009, 532 pages ;
OULAI (Pasquale), Le héros tragique dans le roman africain : L’exemple du «monde s’effondre» du nigérian Chinua Achebe, «un piège sans fin» du béninois Olympe Bhêly-Quénum, «Le cercle des tropiques» du guinéen Alioum Fantouré et «Fumée noire» du Burkinabé Boubacar Diallo, thèse sous la direction de Jean-Louis Joubert, Université Paris XIII, 2005, 105 et 148 pages ;
QUENUM (Anicette), Récit initiatique et expression mystique dans l’œuvre d’Olympe Bhêly-Quénum : problématique et enjeux d’une combinatoire entre spiritualité chrétienne et négro-africaine, thèse sous la direction de Beida Chiki, Paris, Université Sorbonne, 2008, 539 pages ;
QUENUM (Maximilien), Les ancêtres de la famille Quénum. Histoire de leur temps, Langres, éditions Dominique Guéniot, 1981, 192 pages.
II – Articles sur Olympe BHELY-QUENUM
ADECHINA (Emile), «Névrose et nécrose dans «Le chant du lac» d’Olympe Bhêly-Quénum», in Adrien Huannou, Repères pour comprendre la littérature béninoise, éditions Caarec, 2008, 78 pages, spéc pages 53-63 ;
BOGNIAHO (Ascension), «Oralité et écriture dans «le piège sans fin» d’Olympe Bhêly-Quénum», in L’Afrique des profondeurs : 40ème anniversaire d’Un piège sans fin. Mélanges offerts à Olympe Bhêly-Quenum, Université nationale du Bénin, éditions Phénix Afrique, 2004, 255 pages, spéc pages 33-52 ;
DA SILVA (José-Manuel, Salim), «L’étrange dans l’initié d’Olympe Bhêly-Quénum», Cahiers du GRELCEF, mai 2020, n°12, pages 111-127 ;
FEUSER (Wilfried, F.), «L’œuvre d’Olympe Bhêly-Quénum : de l’angoisse nègre à la maîtrise des forces obscures», Présence Africaine, 1983, Vol I, n°125, pages 186-201 ;
FEUSER (Wilfried, F.), «Le chant du lac d’Olympe Bhêly-Quénum», Le Français au Nigéria, septembre 1971, Vol 6, n°2, pages 7-9 ;
FEUSER (Wilfried, F.), «Olympe Bhêly-Quénum», in Anthologie négro-africaine, histoire et textes de 1918 à nos jours, Vanves, Edicef, 2001, page 307 ;
HAMMOND (Thomas, N.), «Olympe Bhêly-Quénum présenté par lui-même», The French Review, 1982, Vol 55, n°4, page 4 ;
HUANNOU (Adrien), «Olympe Bhêly-Quenum : de l’initiation africaine à la franc-maçonnerie», in Olympe Bhêly-Quenum, L’Appel de l’Afrique des profondeurs : Mélanges offerts à Olympe Bhêly-Quenum, op cit, pages 63-78 ;
KESTELOOT (Lilyan), «L’œuvre d’Olympe Bhêly-Quénum : de l’angoisse nègre à la maitrise des forces obscures», Présence africaine, 1983, Vol 125, n°1, pages 186-201 ;
LITTLE (Roger), «The Couple Domino» in the Writings of Olympe Bhêly-Quénum», African Studies Review, 1998, Vol 29, n°1, pages 211-213 ;
MEDEHOUEGNON (Pierre), «Littérature et art de couvent chez Bhêly-Quenum», in Adrien Huannou, sous la direction de, Littératures Art et Société, Cotonou, Flamboyant, 1999, pages. 66-67 ;
MEDEHOUEGNON (Pierre), «Olympe Bhêly-Quénum, entre l’animisme et le christianisme», Notre Librairie, octobre-décembre 1995, n°124, pages 100- 108 ;
MEDJIGBODO (Nicole), «Un enfant d’Afrique d’Olympe Bhêly-Quénum», Revue canadienne d’études africaines, 1976, Vol 10, n°3, pages 538-542 et Le Français au Nigéria, septembre 1971, Vol 6, n°2, pages 37-42 ;
MIJOHOUAN-GBIKPI (Técla), «Création baroque et littérature fantastique chez Olympe Bhêly-Quénum», in Jean-Cléo Godin, Nouvelles écritures francophones : vers un nouveau baroque ?, Presses de l’Université de Montréal, 2001, 445 pages, spéc pages 132-142 ;
SMITH (Robert, P.), «C’était à Togony. Olympe Bhêly-Quénum», World Literature Today, 2001, Vol 75, n°3-4, pages 119-120 ;
SMITH (Robert, P.), «Un enfant d’Afrique. Olympe Bhêly-Quénum», World Literature Today, 2001, Vol 72, n°3, page 668 ;
VIGNONDE (Jean-Norbert), «Aspects et limites de l’initiative créatrice chez Olympe Bhêly-Quénum», in Musanji Ngalasso-Mwatha, Linguistique et poétique, Presses de l’université de Bordeaux, 2008, 268 pages, spéc pages 89-97 ;
VIGNONDE (Jean-Norbert), «Aspects et limites et l’initiative créatrice chez Bhêly-Quénum», in Musanji Ngalasso-Mwatha, sous la direction de, Linguistique et poétique. L’énonciation littéraire francophone, Presses universitaires de Bordeaux, 2009, 266 pages, spéc pages 89-97 ;
VIGNONDE (Jean-Norbert), «De l’initié aux appels du Vaudou», Notre Librairie, octobre décembre 1995, n°124, pages 119-125 ;
VIGNONDE (Jean-Norbert), MAGNIER (Bernard), «Entretien avec Olympe Bhêly-Quénum», Notre Librairie, octobre décembre 1995, n°124, pages 109-118.
Paris, le 23 octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Olympe BHELY-QUENUM, écrivain franco-béninois ou l’Afrique des profondeurs» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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20 octobre 2022 4 20 /10 /octobre /2022 22:04
«Emmanuel MOUNIER (1905-1950), fondateur de la Revue Esprit, un engagement dans la défense de la cause des désespérés» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Emmanuel MOUNIER «est plus qu'un philosophe  et son œuvre ne s'adresse pas à notre seule intelligence, mais à notre personne tout entière qu'elle veut réveiller de l'intérieur, éduquer et former en toutes ses dimensions, disposer au choix et à l'engagement» écrit Jean CONILH, un de ses biographes. Homme de la génération de Jean-Paul SARTRE, fondateur du concept «d’engagement», Emmanuel MOUNIER, inspiré par le christianisme et la démarche anarcho-socialiste de Charles PEGUY (1873-1914) est le fondateur, en 1932, la Revue Esprit. Tout en célébrant, Charles PEGUY, il a innové dans sa démarche intellectuelle, dans la continuité et la rupture : «Il n’est pas un disciple qui n’ait, de quelque manière, trahi son Maître. Il n’en est pas un qui, ne nous apporte sur lui, quelque clarté nouvelle» écrit Emmanuel MOUNIER. Renonçant à l’apostolat, Emmanuel MOUNIER, en chrétien de gauche, a pour ambition de rechristianiser la société française en se fondant sur les vraies valeurs de l’Eglise. Il est «un chrétien fortement enraciné dans son temps, et dont la vie spirituelle se nourrit, non pas dans le rêve et la fuite, mais dans l’attention à la vie concrète, personnelle et collective : un style de sainteté qu’attend la modernité» écrit Guy COQ dans «Emmanuel Mounier et sa génération». Il a appris de Charles PEGUY, le refus de la «pensée toute faite» et des «âmes habituées» ainsi l’indignation devant la misère, exclusion scandaleuse qui détruit le pacte civil, la revendication de la justice sans laquelle la charité ne vaut rien, la réprobation de l’homme bourgeois asservi à l’argent et du «monde moderne» destructeur des anciennes vertus populaires, et l’idéal d’une révolution sociale «morale». Ce chrétien de gauche, loin d’être sectaire, travaillait avec tous, y compris avec des athées : «Chrétien, ancré dans la foi et la vie spirituelle qui gouvernaient sa vie, il choisit de travailler à la marge du milieu catholique qui l’avait formé, parmi des hommes qui n’étaient pas unis par l’appartenance religieuse et qui s’interdisaient mutuellement tout prosélytisme» écrit Bernard COMTE, dans «Le Maîtron». Sa philosophie dite du «personnalisme» était devenue un courant de pensée majeur, face à l’existentialisme de Jean-Paul SARTRE et d’Albert CAMUS et au Communisme triomphant après la Libération. Emmanuel MOUNIER, un défenseur ardent de la cause des désespérés, voulait soulever un mouvement révolutionnaire, porteur de l’espoir des pauvres et des exploités. Sa Revue Esprit «C’est le cri que vous écouterez puisque la parole ne déchire plus les cieux et les cœurs […]. Entendez ces mille voix en déroute. Leur appel à l’esprit […] est plus âpre que l’angoisse. Il sort de la faim et de la soif, de la colère du sang, de la détresse du cœur : voilà le calme que nous vous apportons» écrit-il en octobre 1932. Visionnaire, il avait condamné le stalinisme ; ce qui lui avait valu les foudres de Roger GARAUDY.
Penseur et homme d’action, il fustigeait le temps où les «intellectuels donnent l’exemple de l’aveuglement et les consciencieux de la lâcheté» et où l’esprit conservateur prétend chercher la sécurité et porte en ses flancs «la fureur de la mort» dit-il. Emmanuel MOUNIER appelait à l’engagement de tous : «Il faut d’abord que chacun apprenne à se tenir debout tout seul. La personne, c’est la puissance d’affronter le monde, l’opinion, la lâcheté collective. C’est la capacité de faire silence, de se recueillir, d’alterner la vie intérieure et la vie exposée ; c’est le goût du risque, le courage intellectuel, l’irréductible assurance de celui qui sait pour quoi, éventuellement, mourir» dit-il en 1949. En effet,  «Emmanuel Mounier veut à la fois s’écarter des lâches et des aveugles, des inhumains et des prétendus libéraux, afin de travailler à une compréhension meilleure entre les hommes et une cité meilleure» écrit Jean WAHL, dans le journal «Le Monde». Le nom d’Emmanuel MOUNIER est inséparable de sa revue Esprit qu’il a fondée en 1932, qui existe toujours, et fête, en 2022, ses 90 ans. Mort à l’âge de 45 ans, si les nouvelles générations le connaissent, les idées qu’il avaient agitées restent d’une très actualité. «Malgré sa mort prématurée, Emmanuel Mounier n’a pas fini d’être l’un des plus écoutés, des plus étudiés, des plus aimés parmi les écrivains pouvant aider l’Homme à se situer dans le monde moderne, à déchiffrer l’évènement. Mounier a clairement posé certaines morales, spirituelles, certaines valeurs qui nous importent» écrit Jacques CHARPENTREAU dans «l’esthétique personnaliste d’Emmanuel Mounier».
Dans sa contribution intellectuelle très riche, et plus que jamais d’actualité interpellant nos consciences, Emmanuel MOUNIER, l’eau dans ce lac de la montagne, a vécu dans la moitié du XXème siècle confrontée à divers désordres notamment aux guerres, à la paix, à la montée du fascisme, au colonialisme et ses guerres, à la crise de 1929 et son chômage, et déjà  aux signes annonciateurs du déclin du christianisme, le triomphe de l’individualisme et l’égoïsme. Chef de file de la philosophie du personnalisme, «soucieux de restaurer la primauté de la personne humaine broyée à la fois par le libéralisme et le totalitarisme, Mounier s’interrogea prophétiquement sur notre modèle de développement. Aujourd’hui, en de temps si comparables à la crise de civilisation qu’il diagnostiquait dans l’entre-deux-guerres, son appel à une «révolution spirituelle» comme alternative radicale retrouve toute sa pertinence» écrit Jean-Marie DOMENACH, son ami, disciple et biographe.
Qui est Emmanuel MOUNIER ?
Contemporain de Raymond ARON et de Jean-Paul SARTRE, Emmanuel MOUNIER est né le 1er avril 1905 d’une famille modeste dont les ancêtres sont des paysans et il en gardé les stigmates «Je suis un intellectuel. Mais souvent, je me retourne avec reconnaissance vers mes quatre grands-parents paysans, de vrais tous quatre, avec de la terre à leurs souliers, le lever à trois heures et la tranche de saucisson dans les doigts» écrit-il le 30 avril 1933. Son père, Paul MOUNIER, pharmacien-chimiste, n’avait pas assez d’argent pour acheter une pharmacie et il est d’une santé fragile. L’insécurité du lendemain est une hantise de sa famille : «Sa famille n’a pas de quoi lui offrir distractions, voyages et vacances, sinon dans les fermes des parents» écrit Jean-Marie DOMENACH. Sa seule prétention est de «rester fidèle à l’enfant que je fus» suivant une formule de Georges BERNANOS. Jeune, il perd un œil, suite à un accident à l’école, et une altération de l’audition le rend sourd d’une oreille. Il se consacre intensément à la lecture : «Ce qui va amplifier son fort penchant pour la vie intérieure et la méditation religieuse» écrit Jacques LE GOFF. Intellectuel, il a besoin d’un retour aux sources «Je suis montagnard» dit-il. Ses parents avaient envisagé qu’il devienne médecin. Mais il estime qu’il n’en a pas la vocation et estime que les années 1924-1927, à la faculté de Lettres sont perdues. En effet, il estime que ces «années sont fécondes», mais trop éloignées de la «géographie de son esprit». Emmanuel MOUNIER s’engage alors dans des études de philosophie à l’université de Grenoble, de 1924 à 1927, et devient l’élève de Jacques CHEVALIER (1882-1962 qui lui recommande Blaise PASCAL, René DESCARTES de Henri BERGSON (1859-1941. Il voulait s’engager dans l’apostolat, et obtient un diplôme d’études supérieures, avec un mémoire sur «Le conflit de l’anthropocentrisme et du théocentrisme dans la philosophie de Descartes».
Emmanuel MOUNIER débarque à Paris le 29 octobre 1927, et s’inscrit à la Sorbonne, et non à l’Ecole normale supérieure ; ses professeurs sont notamment BREHIER et BRUNSCHWIG. Cependant, mais il rejette l’idolâtrerie du système universitaire fait de gens assis sur leur fauteuil, «suffisants» et manquant de générosité. En 1928, il est reçu à l’agrégation, derrière Raymond ARON, Jean-Paul SARTRE ayant été recalé cette année-là. Après son étude en 1931 sur Charles PEGUY, en 1932, il va fonder sa revue Esprit. Il commence l’enseignement à Saint-Omer, à Versailles et au lycée français à Bruxelles de 1933 à 1939 ; il rencontre Paulette LECLERCQ dite Elsa (Bruxelles 4 mai 1905 – Paris 14ème, 13 mars 1991), qui deviendra sa femme le 20 juillet 1935 ; elle lui donnera trois filles.
Il s’insurge contre la guerre civile en Espagne et condamne l’attaque de l’Ethiopie par l’Italie. En 1941, sa revue Esprit est interdite ; il est arrêté le 15 janvier 1942 et emprisonné, parce que suspecté d’être l’intellectuel organique de la Résistance. Après une grève de la faim, il est libéré. Après la guerre, il réside à Paris 15ème à l’avenue Emile Zola, puis à partir de 1944 Châtenay-Malabry, jusqu’à sa mort. Il vivait en communauté, notamment avec Jean-Marie DOMENACH et Paul RICOEUR.
I – Emmanuel MOUNIER, l’actualité de ses principes et valeurs
à l’aube du 3ème millénaire
Une des questions majeures que s’était posée Emmanuel MOUNIER, ce n’est pas «comment», mais «vers quoi» et «pour qui» devons-nous orienter le développement économique social, politique et économique d’un Nation ?
Emmanuel MOUNIER est le théoricien d’une philosophie du personnalisme. «La visée du personnalisme, c’est la visée d’une civilisation», écrit Paul RICOEUR, un de ses disciples, qui avait vécu à la communauté de Chatenay-Malabry.
1 – Le combat contre les puissances d’argent et l’égoïsme
Artisan de la Deuxième Gauche, Emmanuel MOUNIER ne voulait ni du communisme ni de la Droite. Il voulait rassembler des catholiques, des protestants, des orthodoxes, des juifs et des athées et construire une synthèse de civilisation. Dans sa radicalité, il appelait à une «révision générale des nos valeurs et une volonté de liquider la faillite du monde moderne et réaliser un ordre nouveau fondé sur des valeurs spirituelles. La moisissure du monde moderne est si pourrie, si essentielle, qu’un écroulement préalable de tout le système est nécessaire, dans la perspective d’une reconstruction par la base de l’édifice social» dit-il.
S’agissant de l’économie, l’originalité d’Emmanuel MOUNIER, face à la crise de 1929, d’aller à ses causes les moins visibles, de descendre jusqu’à ce niveau infrastructurel de réalité où le «primat de l’argent» et du profit trouve sa clé explicative. Il dénonce l’injustice et l’oppression. C’est une «crise de civilisation». Emmanuel MOUNIER a donc dénoncé ce conservatrice ayant bâti une «démocratie d’esclaves en liberté». La crise de 1929 est avant tout celle de la folie des Hommes, dans leur égoïsme et leur cupidité sans limites, générant de graves injustices et des guerres.  Toutes ces richesses avilissent la personne humaine «Pendant des siècles, de domination bourgeoise, le rationalisme, l’individualisme et l’argent ont abîmé l’Homme, l’ont dissocié de la Nature, de la communauté de lui-même. Il n’a pas de solution partielle, il faut tout recommencer dans une neuve» écrit-il.
Il voulait refaire la Renaissance, en soustrayant la personne humaine de la tyrannie du profit et la frénésie de la consommation. La société d’abondance ne signifie nullement le bonheur. «La disparition de l’angoisse primitive, l’accès à de meilleures conditions de vie n’entrainent nullement pas infailliblement la libération de l’homme, mais plus communément, peut-être son embourgeoisement et sa dégradation spirituelle» écrit-il. Emmanuel MOUNIER voulait instituer une communauté universelle où personne ne sera négligé, et où les «besoins essentiels» sont pourvus. Emmanuel MOUNIER appelle à de valeurs nouvelles, ne signifiant pas le mépris de la Politique, au sens noble, mais la négation de tout ce qui est inconsistant, mensonges et une volonté de répondre aux besoins fondamentaux. L’Etat est un arbitre afin de pouvoir au Bien commun. Il veut réunir ce qui est séparé et a fondé sa propre communauté, à Châtenay-Malabry, dans la banlieue parisienne. Comme Friedrich NIETZSCHE, il ne croit pas qu’on puisse danser avoir appris à marcher.
Face à la primauté de l’argent, pour certains, il a voulu exhorter la charité fraternelle, appeler à l’espérance et placer la personne humaine au-dessus de tout. Pour lui, le personnalisme est l’homme, niant son individualité et en s’ouvrant à la communauté. «On ne se trouve qu’en perdant ; on ne possède que ce qu’on aime. On ne possède que ce qu’on donne» dit-il. Emmanuel MOUNIER voulait donc dynamiter l’édifice bourgeois. «L’amour fait exister chacun en particulier et tous ensemble» écrit-il. Se battant pour les opprimés, les pauvres et les écrasés, il a une conviction profonde de porter un nouveau projet de civilisation, ranimer le miracle par la primauté du spirituelle : «l’économique ne peut se résoudre séparément du politique et du spirituel auxquels il est intrinsèquement subordonné et, dans l’état normal des choses, il n’est qu’un ensemble de basses-œuvres à leur service».
Notre époque montre, avec éclat, qu’Emmanuel MOUNIER avait bien raison de dénoncer l’argent, et de faire l’éloge d’un «idéal de dépossession». Le capitalisme financier et prédateur, avec une délocalisation des entreprises, crée des guerres locales artificielles, pour s’accaparer des matières premières des pays du tiers-monde ou imposer le diktat américain sur le monde. Ces guerres ou ces courses aux superprofits provoquent une hausse des prix, mais sans aucun partage du gâteau. Et on veut imposer aux faibles des réformes injustes (retraites, chômage, loi sur l’immigration) et pour les défavorisés on ne propose que des miettes, la théorie du «ruissellement».
2 – Emmanuel MOUNIER un Républicain Antifasciste
Il est le premier, en 1933, à s’inquiéter de l’arrivée d’Adolphe HITLER au pouvoir. En septembre 1938, la capitulation de Munich a été un événement majeur. Le 6 février 1934, les ligues factieuses ont failli renverser la République (Croix de Feu, Action française). Emmanuel MOUNIER s’insurge contre la politique du mensonge, de corruption et d’impuissance. «Le caractère de notre vie exige l’engagement d’une condition d’humanisation» écrit-il. Lors de la guerre civile en Espagne, un moment dramatique opposant le Bien au Mal, il s’indigne de la décision de non-intervention du Front Populaire et les complicités d’une partie de l’Eglise.
Pour combattre le Nazisme, il fallait à travers son combat d’intellectuel redresser les cœurs et nourrir les esprits. Il entre dans la Résistance. Le journal «Esprit» est interdit en août 1941. Une partie de l’Eglise ayant collaboré avec les Nazis ou est restée neutre, il estime, face ce monde pourri, que le christianisme a été «dévirilisé. On ne peut être totalement chrétien aujourd’hui, si mal le soit-on, sans être révolté» dit-il. L’Italie avait connu Bénito MUSSOLINI (1883-1945), l’Espagne, Francisco FRANCO (1892-1975) et sa guerre civile, le Portugal, le régime de Antonio de OLIVEIRA SALAZAR (1889-1970), en Allemagne, Adolphe HITLER avait expérimenté la solution finale et la Grèce, avec sa prétention de berceau de la civilisation avait connu la «Dictature du 21 avril», appelée le régime des Colonels du 21 avril 1967 au 24 juillet 1974.
Jadis, la revue Esprit d’Emmanuel MOUNIER dénonçait la montée du fascisme : «Un beau matin, à leur réveil, les gens s’apercevaient tout à coup qu’ils puaient. Mais non pas des pieds ou des aisselles ou de tout autre endroit où ce phénomène se produit fréquemment ; non en un point déterminé entre la nuque et le crâne» ainsi dénonçait, en 1944, Alberto MORAVIA le fascisme italien, dans la revue Esprit de mars 1947.  De nos jours, l’Europe démocratique, dite libre, dénonçant maintenant et à juste titre, l’autocratie du Tsar des Russies, est en train de renouer avec ses vieux démons de la peste brune. En effet, en Italie, Mme Giorgia MELONI, la dirigeante de Fratelli d’Italia, un parti fasciste, avec 27% des voix, s’est imposée aux législatives comme la principale force d’opposition. Cette «épidémie» de la peste brune, qui se banalise, victorieuse en Hongrie, s’est étendue en Suède, un pays traditionnellement accueillant avec les étrangers. En France, l’extrême-droite ne représentait en 1983 que moins de 1%, est arrivée, par trois au 2ème tour, et s’est retrouvée avec 89 députés au Parlement. L’extrême-droite, cultivant la respectabilité, évite de s’attaquer à certaines communautés et ne s’en prenant qu’aux plus faibles et les moins organisés : les racisés, avance donc masquée.
Le point de commun de cette montée du fascisme est la montée du racisme, le rejet de l’arrivée des immigrants et des réfugiés du tiers-monde. Le BREXIT est ouvertement une réaction anti-immigrés, au moment où l’Europe accueille 6 millions d’Ukrainiens, avec leurs chiens et leurs chats. Pourtant ces racisés et pour l’essentiel soit leurs pays ont ravagés par des guerres locales injustes ou les ressources naturelles pillées depuis les temps de l’esclavage, le bonheur de certains étant fondé sur le malheur des autres. Ils ont le droit de venir chez nous, mais nous n’avons pas le droit d’aller chez eux.
«Vivre, c’est résister» disait le philosophe italien, Antonio GRAMSCI (1891-1937, voir mon article), emprisonné par les fascistes et mort en détention. Cette montée de la xénophobie vise, pour les gouvernements, à mieux occulter les enjeux internes d’industrialisation, de relocalisation des entreprises installées en Chine, de justice sociale. Cependant, pour certaines rien d’inquiétant ; c'est comme le nuage de Tchernobyl, le fascisme passera peut-être ailleurs, mais plus jamais au pays des droits de l’Homme avec son message universel. «Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom. Il rampe. Il flotte. Quand il montre du bout du nez, on dit "c'est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et, un jour, on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l'expulser» écrit Françoise GIROUD.
II – Emmanuel MOUNIER, son multiculturalisme et son attachement à l’Afrique
Emmanuel MOUNIER, dans une démarche de «Nouvelle gauche» est un intellectuel engagé sur les problèmes coloniaux : Madagascar, la Corée, l’Indochine, l’Union française, et le Maghreb avec notamment un dossier spécial dans sa Revue Esprit, d’avril 1947, «Prévenons la guerre d’Afrique du Nord». Le numéro du 1er avril 1950 de la revue Esprit s’intitule «Humanisme contre guerres coloniales» En effet, Emmanuel MOUNIER combattait l’aveuglement de la classe politique voulant pérenniser l’empire français il considérait que «les colonies ne sont pas la France».  Un numéro spécial de décembre 1935 porte un titre évocateur «la colonisation, son avenir, sa liquidation ». Pour Joseph FOLLIET, «le contact avec des «peuples supérieurs» jouissant d’une liberté supérieure, fait désirer cette liberté à ceux qui ne la possèdent pas» écrit-il. En particulier, pour Emmanuel MOUNIER, une civilisation eura-africaine est en train de naître écrit-il dans «l’éveil de l’Afrique noire».
Par ailleurs, en 1947, il s’est rendu pendant deux mois au Sénégal et en tiré, en 1948, un livre, «L’éveil de l’Afrique noire». Ami d’Alioune DIOP, un musulman converti au christianisme, Emmanuel MOUNIER fait partie, en 1947, du comité de soutien de Présence Africaine. «Un ami noir (Alioune DIOP) me conduit chez quelques camarades. Cela existe, en Afrique, six intellectuels noirs, qui cohabitent en camarades, parlent un français impeccable, pétillant, nuancé, et sont voués cependant à l'avenir de leur pays, joyeusement, sans airs farouches, sans haine, résolus. Ils s'apprêtent à éditer la première revue littéraire noire, Présence Africaine. Il leur semble que l'histoire commence un peu avec elle. Autour du punch, ils essayent de m'expliquer l'âme noire » écrit-il à propos du projet de Présence Africaine» écrit-il, en mars 1947. Emmanuel MOUNIER est, avec Maurice GENEVOIX, le parrain de Mariame BA (Voir mon article) qui sera par la suite l’auteure de «Une si longue lettre». Emmanuel MOUNIER s’est le 12 mars 1947, à Rufisque, une école normale de jeunes filles, formant de futures enseignantes et dirigée par Mme PAQUET, une connaissance de Romain ROLLAND : «Mariama Bâ est élève à l'École Normale de filles de Rufisque. On lui avait demandé, comme à ses camarades, de commenter, à l'aide de souvenirs personnels : «Combien j'ai douce souvenance - Du joli lieu de ma naissance.» Dans cette petite cour, trop petite, elles sont une centaine de tulipes noires, robes claires à carreaux bleus et blancs avec de larges épaulettes formant corolle autour des têtes crépues. Elles viennent de tous les points de la Fédération. Celles du Sud sont plus épaisses. Celles du Nord et les Dahoméennes ont les traits fins et de petits bustes menus. La plupart, comme Mariama, pilaient le mil dans leur enfance. Il n'est pas commode de dompter cette force sauvage. Il a fallu leur apprendre, un à un, chaque geste de la civilité» écrit-il.
Dans ce livre, en anticolonialiste radical, l’analyse d’Emmanuel MOUNIER sur l’Afrique reste d’une grande actualité. Il a très vite décelé, avec une étonnante capacité de discernement, voire d'anticipation en exprimant son inquiétude devant une Afrique qui ne saurait concilier modernité et richesses ancestrales, et déjà a dénoncé une élite tentée de n'être ni vraiment africaine ni vraiment européenne.
En grand sociologue et observateur attentif, Emmanuel MOUNIER fait une description étonnante du Sénégal en 1947 : «Pour Dakar, il faut encore traverser Médina, la ville indigène, il faut quand même faire le détour de deux siècles en arrière, longer ces rues sans lumière et ces masures sans espoir, être saisi à la gorge par une inoubliable odeur de crasse, de misère et de marée mêlées, et sitôt après les prouesses du colonisateur, sentir d'abord, pour ne pas l'oublier, l'odeur de son péché» écrit sur un quartier populaire de Dakar. Il décrit les Sénégalais comme «Un peuple gai. Un peuple matinal. Quel est pour eux le goût quotidien de la vie ? Nul d'entre nous ne le sait. Moins que personne, les Blancs, sûrs de leur supériorité, qui les croisent chaque jour, sans jamais les voir. À la Médina, l'odeur universelle de la misère.» écrit-il.
Partisan du personnalisme, Emmanuel MOUNIER est fasciné par les traditions africaines fondées sur la solidarité et la vie en communauté : «La clé du Noir c'est son absence totale d'individualisme. Il ne se sent jamais comme un moi seul devant les autres, seul devant soi. C'est à la fois sa supériorité et son infériorité. L'intimité, l'intériorité ne lui sont pas connues. Il est à chaque instant et dans chaque geste lié à toute une tradition, à toute une solidarité collective qui exige, de chacun de ses mouvements, un hommage. Jamais il ne cherche à courir une aventure personnelle, à se distinguer, à dépasser les autres : c'est pourquoi l'esprit bourgeois d'un côté, l'esprit d'aventure politique strictement individuel de l'autre lui sont étrangers. Le Noir cherche toujours à être en égalité avec l'égal, en réciprocité rigoureuse avec le prochain» écrit-il. Les coloniaux s’estimant des tuteurs généreux et vertueux, en revanche, n’hésitent pas de dénigrer et rabaisser les Africains qui mèneraient une vie stérile, parasite et contemplative  : «Le Noir enfin n'a pas de buts. La passion de découvrir, de forcer, de modifier la nature, la passion cartésienne et industrieuse de l'Occident blanc lui est étrangère. Il suit, par contrainte ou entraînement» lui dit Richard MOLLARD de l’IFAN. Emmanuel MOUNIER reste focalisé contre la pauvreté des Africains : «Le premier drame de l'Afrique, c'est le décalage des lignes de départ dans la lutte mondiale contre la misère. Il est probable, avec sa pauvreté naturelle, que la tâche titanesque de son équipement ne deviendra possible que le jour où le reste du monde cessera de s'épuiser en guerres et en budgets de guerre» écrit-il.
Après Sébikhotane, Emmanuel MOUNIER se rend du 16 au 17 mars 1947 à Saint-Louis, une ville différente du quartier populaire de la Médina de Dakar : «Saint-Louis s'allonge sur une île entre le fleuve Sénégal et la mer. On l'aborde par un pont de fer, destiné à l'Indochine, détourné parce qu'il était trop court pour son premier usage. La vieille ville historique dépérit lentement sur ses richesses passées. Mais que de charme, à côté de l'administrative Dakar ! Un air de Portugal passe sur les grands balcons de bois qui font le tour des maisons sous les toits débordants. À Saint-Louis, les siècles restent en place, à peine bousculés par les siècles qui suivent» écrit-il. A l’époque, le gouverneur du Sénégal est un martiniquais, Laurent Marcel VILCORD, en poste de 1947 à 1950. A Saint-Louis, Emmanuel MOUNIER fait le bilan d’étape, à savoir les rapports entre les coloniaux et les Africains «Les Africains ont vécu un équilibre de vie avant de connaître les Blancs. Ils en découvriront un autre le jour où se sera formée, par des voies encore imprévisibles, la civilisation eurafricaine. Le drame des générations intermédiaires qui vivent sous nos yeux est que, déjà déprises de l'Afrique historique, inadaptées à l'Europe blanche, attirées par elle et repoussées par ses mépris, elles restent irrémédiablement des générations déchirées. Les colons parlent très vite de l'orgueil du Noir, de sa suffisance, de son racisme à rebours. Ce qu'ils ne voient pas, c'est que cet orgueil, ce racisme, nous les avons cultivés, comme l'orgueil et le racisme juifs, par notre propre vanité raciale. Derrière ces réactions de supériorité puérile, frémit et implore un profond complexe d'infériorité. La plupart des Noirs ont honte d'être noirs, une honte secrète qu'ils ne font pas leur, mais qui hante jusqu'à leur fierté. Nous leur avons donné cette honte. Nous avons le devoir de la leur enlever. Mais elle existe. Le grand orgueil des Peuhls, c'est d'avoir des ancêtres «aux oreilles rouges» écrit-il.
Après cette étape du Sénégal, Emmanuel MOUNIER se rendra à Freetown, en Sierra-Léone, à Abidjan, en Côte-d’Ivoire, décrié comme le haut lieu du travail forcé dans les plantations, à Cotonou, au Dahomey (Bénin), à Monrovia, au Libéria, à Bamako, au Mali. Il reviendra au Sénégal, et ce pose cette question : L’Afrique devient-elle majeure ? «Le fait nouveau, c'est que l'Afrique noire commence à produire des cadres indigènes. Ce n'est en aucune façon un mouvement massif. On ne compte encore les «évolués» que par centaines, mais chaque année ils seront plus nombreux, meilleurs» écrit-il. Mais jusque-là, le colon avait refusé de créer une université africaine, ne désirant avoir que des cadres subalternes. «La capacité politique, technique ou intellectuelle de l'Afrique est encore basse. Rien ne nous autorise à parler d'une infériorité de race. Mais l'Africain subit encore les effets d'une nature exceptionnellement inhumaine. Cette génération est née africaine, elle le reste par de larges et vivantes attaches intérieures. En même temps, on lui donne la substance de l'Europe. Tirée de deux côtés à la fois, ce n'est pas-elle encore qui fera l'unité. Elle ne fera même pas son unité. Sa grandeur est une grandeur tragique et sacrifiée. Faire la démocratie en Afrique, c'est donner à partager aux Africains, progressivement et selon les capacités réelles, le pouvoir effectif, et non pas exporter la démagogie, la concussion, le mandarinat électoral, le bavardage de l'impuissance» précise-t-il.
À la veille d’être emporté par une crise cardiaque, victime d’un surmenage intensif, il confiait à son ami l’abbé André PIERRE, dans une lettre du 20 mars 1950, son intention de prendre de la distance avec les combats intellectuels pour se rendre plus proche des pauvres et porter plus directement témoignage, par son style de vie, de ses convictions et de ses intentions les plus profondes. En août 1949, Emmanuel MOUNIER, qui n’avait jamais été malade de sa vie, fut obligé de s’aliter. Son médecin diagnostiqua une anomalie cardiaque. Mais, Emmanuel MOUNIER refusa de se reposer continua son travail acharné. Le 22 mars 1950, dans son sommeil, il mourut, brusquement, d’une myocardite, due sans doute, à un surmenage. «Ce cœur qui avait tant aimé et tant souffert, s’est arrêté de battre. Une part de lui-même demeure, impérissable, dont il reste à nous inspirer. L’autre part appartient à nous tous, elle dépend de nous tous. Fidélité, la voie est tracée» écrit Jean-Marie DOMENACH, dans la revue Esprit du 1er avril 1950.
Ses obsèques, célébrées par l’abbé André DEPIERRE, son ami, eurent lieu le 24 mars 1950 à Châtenay-Malabry, notamment en présence de François MAURIAC. Il a été inhumé à Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine, en banlieue parisienne. Un «témoin persévérant de Dieu» comme l’a qualifié le père André DEPIERRE, une «puissance d’accueil» comme le souligne Paul FRAISSE, membre de sa communauté à Chatenay-Malabry, un «éducateur» pour Jean LACROIX. Suivant Paul RICOEUR, Emmanuel MOUNIER est un «philosophe personnaliste». Les témoignages de ses amis, numéro spécial d’Esprit du 1er décembre 1950 font 1079 pages.

 

Références bibliographiques
I – Contributions d’Emmanuel MOUNIER
MOUNIER (Emmanuel), «Pacifistes» ou «bellicistes» ? : le chrétien devant le problème de la paix, Paris, Les éditions du Cerf, 1940, 63 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Carnets de route, tome 1, Feu, la chrétienté, Paris, Seuil, 1950, 275 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Carnets de route, tome 2, Les certitudes difficiles, Paris, Seuil, 1951, 427 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Communisme anarchie et personnalisme, Paris, Seuil, 1966, 191, pages ;
MOUNIER (Emmanuel), De la propriété capitaliste à la propriété humaine, Paris, Desclée de Brouwer, 137 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Faut-il refaire la déclaration des droits de l’Homme ?, Paris, 1944, 11 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Introduction aux existentialismes, Paris, Gallimard, 1962, 189 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), L’affrontement chrétien, Paris, éditions du Seuil, La Baconnière, 1945, 101 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), L’éveil de l’Afrique noire, Paris, éditions du Seuil, 1948, 219 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), La pensée de Charles Péguy, Paris, Plon, Roseau d’Or, 1931, 311 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), La petite peur du XXème siècle, Paris, Seuil, 1948, 160 pages ;
 MOUNIER (Emmanuel), La révolution personnaliste et communautaire, Paris, Seuil, 1961, 334 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Liberté sous conditions, Paris, Seuil, 1946, 271 pages ; 
MOUNIER (Emmanuel), Manifeste au service du personnalisme, Paris, éditions Montaigne, 1936, pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Montalembert : choix de textes et préface, Paris, Egloff, 1945, 229 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Emmanuel Mounier et sa génération : lettres, paroles et carnets inédits, préface de Guy Coq, préambule de Paulette Mounier-Leclerc, Paris, éditions Paroles et Silence, 2000, 425 pages ;
MOUNIER (Emmanuel), Qu’est-ce que le personnalisme ?, Paris, Seuil, 1947, 105 pages ;
 MOUNIER (Emmanuel), «Refaire la Renaissance», Revue Esprit, octobre 1932, pages 5-47 ;  
MOUNIER (Emmanuel), Traité du caractère, Paris, Seuil, 1945, 771 pages.
II – Critiques d’Emmanuel MOUNIER
AMATO (Joseph, A.), Mounier and Maritain : a French Catholic Understanding of the Modern World, University of Alabama Press, 1975, 215 pages ;
Association des amis d’Emmanuel Mounier, sous la direction de Guy Coq, Emmanuel Mounier, l’actualité d’un grand témoin, Paris, Unesco, colloque du 5-6 octobre 2000, sous la présidence de Paul Ricoeur et Jacques Delors, Paris, Ean, Vol I, 2003, 274 pages, Vol II, 2006, 641 pages ;
BARLOW (Michel), Le socialisme d’Emmanuel Mounier, Paris, Privat, 1971, 174 pages ;
BEGUIN (Albert), «Emmanuel Mounier, missionnaire du personnalisme», Gazette de Lausanne du 11 avril 1950 ;
CHARPENTREAU (Jacques), ROCHER (Louis), L’esthétique personnaliste d’Emmanuel Mounier, Paris, les éditions ouvrières, 1966, 174 pages ;
CHEIGNE (Hervé), Emmanuel Mounier et le combat du juste, Bordeaux, Guy Ducros, 1968, 244 pages ;
COMPTE (Bernard), «Emmanuel Mounier, Hyppolite Henri», Maîtron, 4 avril 2013 actualisé le 6 janvier 2028 ;
CONILH (Jean), Emmanuel Mounier, sa vie, son œuvre avec un exposé de sa philosophie, Paris, Presses universitaires de France, 1966, 120 pages ;
COQ (Guy), Mounier, l’engagement politique, Paris, Michalon, Le Bien commun, 2008, 122 pages ;
GUISSARD (Lucien), Mounier, Paris, éditions universitaires, 1962, 123 pages ;
HANI (Daniel), La notion d’engagement dans le personnalisme communautaire d’Emmanuel Mounier. Les racines philosophiques de l’engagement de la personne humaine, thèse sous la direction de Michael Sherwin, Université de Fribourg (Suisse), 2012, 291 pages ;
LACROIX (Jean) DOMENACH (Jean-Marie), Emmanuel Mounier (1905-1950), Paris, Seuil, 1969, 19 pages et 2014, 189 pages ;
LE GOFF (Jacques), Emmanuel Mounier d’hier à aujourd’hui. L’actualité d’une pensée, entretiens avec Jean-Yves Boudehen, Presses universitaires de Rennes, 2021, 220 pages ;
LE GOFF (Jacques), Penser la crise avec Mounier, Presses universitaires de Rennes, 2011, 204 pages ;
LE GOFF (Jacques), «Emmanuel Mounier, notre contemporain», Revue Esprit, avril 2020, ;
LEBEL (Marie-Paule), Mounier ou l’audace d’une civilisation nouvelle, maîtrise en philosophie, Trois-Rivières, Université du Québec, novembre 1987, 322 pages ;
LESTAVEL (Jean), Introduction aux personnalismes, Paris, La vie nouvelle, 1961 55 pages ;
MOIX (Candide), Emmanuel Mounier : le penseur chrétien dans un monde moderne, Paris, Seuil, 1960, 352 pages ;
MOIX (Candide), La passion d’Emmanuel Mounier,  Paris, Seuil, 1960, 342 pages ;
MONGIN (Olivier), «Emmanuel Mounier et la Revue Esprit», Revue des revues, 2021, Vol 2, n°66, pages 98-113 ;
MOUNIER (Paulette, E.), Emmanuel Mounier : l’engagement de la foi, introduction de Guy Coq, avant-propos de Pierre Ganne, Paris,  Les Plans-sur-Bex, Parole et silence, 2005, 262 pages ;
SOLONKO (Nelli), «Sauver la dignité humaine : Péguy entre le Bergsonisme et le personnalisme», Etudes romanes de BRNO, 2020, Vol 41, n°1, pages 1-16 ;
MARITIN (Jacques), Emmanuel Mounier, Jacques Petit, Paris, Desclée de Brouwer, 1973, 203 pages ;
WAHL (Jean), «Le personnalisme d’Emmanuel», Le Monde du 18 avril 1950.
Paris, le 20 octobre 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
«Emmanuel MOUNIER (1905-1950), fondateur de la Revue Esprit, un engagement dans la défense de la cause des désespérés» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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16 octobre 2022 7 16 /10 /octobre /2022 18:13
«Boubacar Boris DIOP, un intellectuel sénégalais, panafricaniste, nationaliste et anticolonialiste, un écrivain de la mémoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Ecrivain majeur et subversif du Sénégal, professeur de littérature et de philosophie, universitaire, préfacier, traducteur, journaliste, historien, linguiste, éditeur, Boubacar Boris DIOP s'est particulièrement distingué dans ses combats pour la dignité des Africains, leurs valeurs et leur culture. Il faudrait apprendre à croire en soi et se respecter : «Notre asservissement date de la traite négrière, de la colonisation et en même temps, on a l’impression que ce n’est pas fini. Être Africain reste une circonstance aggravante, en raison de cette négrophobie, les Africains représentant une anomalie, à mépriser. Le continent africain est associé à la misère, à la mal-gouvernance et aux désordres» dit-il à Sada KANE sur 2S TV. Pourtant sa riche contribution littéraire, une méditation sur le destin d’une Afrique martyrisée à travers diverses tragédies (esclavage, colonialisme et ses massacres, régimes autocratiques) est aussi une espérance, qu’un jour, après la nuit, viendra l’aube, pour paraphraser Victor HUGO. En effet, il milite pour la souveraineté et une vraie indépendance des pays africains, avec une revalorisation des langues nationales. «La France se comporte dans ses anciennes colonies comme nulle part ailleurs» dit-il à «Jeune Afrique».
Miroir de l'âme et de la société par excellence, le roman, l'un des genres majeurs de la littérature, demeure un pont de soupir au relent thérapeutique. En effet, la production romanesque, de par sa polyphonie, est un espace de projection et un laboratoire d'expérimentation du vécu social. «L'œuvre de Boubacar Boris Diop tout entière se donne dans l'exploration des pouvoirs du langage, de ce paradoxal pouvoir du dire qui est aussi son impouvoir. Elle s'acharne à dire le monde, à exposer les blessures de l'Histoire, à reconstituer le puzzle laissé par la disjonction des temps et des espaces, à reconstruire une mémoire-refuge, mais elle sait avec certitude que, pendant ce temps, le mémorial de mots qu'elle tente de dresser contre l'oubli est d'une fragilité irrémédiable» écrit Ousmane N’GOM. Ainsi, c'est naturellement que «le Sénégalais Boubacar Boris Diop soucieux de juguler les maux dont souffrent le Sénégal, à savoir la prévarication utilise le roman pour dévoiler la logique des révoltes émergeant et contestant les idéologies du pouvoir dominant. En fait, la révolte sourde dans l'âme et l'esprit de tout individu houspillé et bafoué, requiert et exige vengeance et justice» écrit Thierno Boubacar BARRY.
Ecrivant aussi bien en français qu'en wolof, Boubacar Boris DIOP est, dans les deux langues, un auteur militant pour la conservation de la mémoire culturelle sénégalaise ou africaine (Murambi). En 2016, il a fondé un hebdomadaire en ligne, «Lu Défu Waxu», une école de langue en ligne, et surtout EJO éditions, une maison spécialisée dans la littérature écrite en Ouolof (Doomi Golo, Bammeelu Kocc Bqarma et Malaanum Lëndëm). «Ejo», un clin d’œil panafricaniste, est un mot rwandais signifiant à la fois hier et demain, le passé et le présent. Il a traduit en wolof de «Une saison au Congo», (Nawetu Deret), d’Aimé CESAIRE (voir mon article). Il a aussi créé, aux éditions Zulma, à Paris, «Céytu», une collection littéraire, en référence au village natal de Cheikh Anta DIOP, son mentor en politique.
On peut dire, avec une grande fierté, que Boubacar Boris DIOP représente un «ancrage local, mais avec une internationalisation de son œuvre» suivant Nathalie CARRE. «Qui sait se servir de sa langue, ne se trompera jamais de chemin» dit un dicton Ouolof. Son engagement anticolonialiste est bien affirmé. La Françafrique prétend se tenir aux côtés de ses alliés africains, pour défendre leur sécurité. En fait les Africains : « sont ses obligés ; faute de quoi, la France perdra toute influence en Afrique et dans le monde. C’est joliment dit, ça : «engagement global de sécurité». En fait, c’est la logique mafieuse du parrainage : «Je te protège, je garantis la survie de ton pouvoir, mais cela a un prix» dit-il à Fatoumata SECK. Boubacar Boris DIOP est considéré aujourd'hui comme un des porte-paroles du continent noir et un de ses meilleurs avocats pourfendeurs des discours néo-colonialistes, compte tenu d’une Françafrique défendue plus que jamais par le président Emmanuel MACRON, comme au temps de l’Empire. «La France n’a pas d’amis ; la France n’a que des intérêts. Le français et nous, de toute façon, c’est bientôt fini. Ce n’était pas un mariage d’amour, le divorce arrive» dit-il.
Boubacar Boris DIOP, par la portée qu'il a assignée à sa création romanesque, par son engagement, à travers la question de la mémoire, revendique, sans concession, la dignité de l'Afrique. «Lorsqu’un État-client comme le Rwanda de Habyarimana est menacé par une guérilla venue de l’Ouganda, il faut sortir le grand jeu. Parce que c’est ainsi que les rebelles du Front Patriotique Rwandais étaient perçus : comme des anglophones – ce qui était vrai, d’ailleurs. Il s’agissait de se porter au secours d’un bastion francophone coincé entre le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda. Et du coup, moi, cela me pose problème pour deux raisons : d’abord parce que je suis sénégalais et que mon pays fait partie de ces États-clients piégés par l’Empire français et son rêve de grandeur ; ensuite parce que plus d’un million de Rwandais sont morts dans cette défense de la langue française. Et cette langue française, elle est mon instrument de travail. Je me suis bien rendu compte que si les circonstances l’y obligeaient, Paris n’hésiterait pas à intervenir de manière aussi sanglante au Sénégal, directement ou non. Au Rwanda, je découvre aussi que, finalement, ce que nous appelons en Afrique, et peut-être même ailleurs, «la haine de l’autre», c’est surtout «la haine de soi» dit-il à Fatoumata SECK.
Enseignant de qualité, équilibré, réfléchi et profond dans ses analyses, résolu dans ses convictions, Boubacar Boris DIOP, dès son adolescence, voulait devenir écrivain. Dans son ambition littéraire, Boubacar DIOP estime que la meilleure façon de connaître une société, c’est d’exercer le métier de journaliste. «Je ne voulais ni être avocat, ni médecin ou autre. Je ne voulais pas faire de la politique. J’ai compris que pour être bon écrivain, il fallait bien comprendre sa communauté. Et pour cela, les journalistes sont les mieux placés. Quand on est critique littéraire, on apprend à éviter le futile, à bien rédiger, à exprimer sa pensée de manière concise ; ce qui donne de la nervosité aux écrits. Au moment d’écrire «Murambi», j’avais terminé ma formation de journaliste» dit-il. En effet, Boubacar Boris DIOP estime que pour être un bon écrivain, il ne suffisait pas de lire de bons auteurs ; il faudrait aussi passer par le journalisme, une recherche des faits, et donc de la Vérité. «I am both a journalist and a writer, and what I came to realise was that when I write a journalistic piece, the facts precede the text and, when I am writing a novel, the reverse is true. The text precedes the facts, which I can ‘work on’ at will. During my Rwandan experience I found myself at the edge of two worlds, the world of the journalist and that of the novelist» dit-il dans un entretien accordé à Véronique TADJO. Aussi, après l’école du journalisme, le CESTI, Boubacar Boris DIOP est devenu un critique littéraire, en commençant à la «Afrique Tribune» d’Ibrahima SIGNATE. Il a publié des articles notamment sur Cheikh Hamidou KANE, SEMBENE Ousmane et Cheikh Alioune N’DAO. «Les écrits de Diop, qui vont du compte rendu littéraire au reportage, en passant par l’interview et le dossier thématique, participent d’un processus de production du sens de la littérature africaine» écrit Serigne SEYE. Il a été Directeur de publication du mensuel d’analyses «Démocraties» de Pape Samba KANE et des quotidiens, «Le Matin» et «SenPlus». Auparavant, il avait participé à la création de «Sud»,  et y resté pendant 10 ans, de 1986 à 1996. Il continue encore à collaborer avec la presse internationale (La Neue Zürcher Zeitung, le Monde diplomatique, Internazionale, The African).
Boubacar Boris DIOP s'est illustré, depuis son entrée en littérature, par son engagement politique, en particulier, en 1994, dans l’affaire du génocide à l’encontre du peuple rwandais. Construit comme une enquête, avec une extraordinaire lucidité, «Murambi», en référence au massacre de Tutsis dans une école, le livre de Boubacar Boris DIOP nous éclaire sur l’ultime génocide du XXème siècle. «Ce roman est un miracle. Murambi, le livre des ossements, confirme ma certitude, qu’après un génocide, seul l’art peut essayer de redonner du sens. Avec Murambi, Boubacar Boris Diop nous offre un roman puissant, terrible et beau» écrit Toni MORRISON (1931-2019, Prix Nobel de littérature. Voir mon article). En effet, «Murambi», figurait sur la liste des 100 meilleurs livres africains du XXème siècle de la Foire internationale du livre du Zimbabwe. Après un crime de masse aussi odieux, il était nécessaire de dénoncer le Mal et se souvenir des victimes. Cependant, un véritable travail de mémoire consécutif à un crime de masse n’est possible qu’a la faveur d’une émotion politique désignant, sans ambiguïté, victimes et bourreaux. «La sérénité de l’historien peut- elle dire ce déchainement des passions humaines les plus folles ? Je ne le crois pas. Le roman, qui trouve le tueur sur son terrain, celui de l’émotion et de la falsification, me parait plus apte à remplir cette tâche» écrit Boubacar Boris DIOP.
Qui est Boubacar Boris DIOP ?
Boubacar DIOP est né le 26 octobre 1946, à la Médina, à la rue 5 Angle Blaise Daigne, en face du Stade Iba Mar Diop, dans un quartier populaire de Dakar. Il a suivi son père, affecté à Thiès et y a effectué ses études, à l’école Randuleen, puis au collège, jusqu’en classe de 4ème. Son père étant de nouveau en mobilité et logé, en sa qualité d’intendant ou «dépensier», au lycée Van Vollenhoven, il est revenu avec lui à Dakar. A l’époque, à deux exceptions près, tous les enseignants de ce lycée sont des Français, comme l’écrasante majorité des élèves. Boubacar a donc subi le racisme d’une partie de ces colons, et dont le plus odieux était Luc NEGRE, un nom qui ne s’invente pas. A l'âge de 15 ans, Boubacar a écrit son premier livre, «La Cloison», un titre faisant allusion à une sorte de séparation métaphorique entre deux mondes de dominants et dominés, en référence à cette barrière raciale que le colon imposait et faisait subir au peuple sénégalais, avec la complicité de Léopold Sédar SENGHOR.
Son père, Amadou Charles DIOP, natif en 1906, à Gorée, un comptable, endetté, un francophile et amoureux de la France, «la Mère-patrie», avait une grande bibliothèque richement dotée. C’est ce a qui accentué le goût de la lecture du petit Boris qui aimait jouer au football et chasser les moineaux. «J’étais trop jeune pour réaliser que la langue de ces livres se suffisait à elle-même, que leur contenu était quasi accessoire. J’ai réussi, par chance, à en faire bon usage. La bibliothèque paternelle était en parfaite résonance avec un système éducatif plus soucieux de formater que de former : enfant, il m’était interdit de parler wolof dans la cour de récréation et nos leçons de géographie me faisaient sinuer entre les plus petits ruisseaux de France et de Navarre» écrit Boubacar Boris DIOP. Il finira par découvrir Birago DIOP, Aimé CESAIRE, Mongo BETI, et surtout Jean-Paul SARTRE. En effet, pendant son enfance, Boubacar était d’un bégaiement sévère, mais qui a été soigné. Passionné du football, mais très réservé, casanier et taiseux, il s’est réfugié dans la lecture, notamment les ouvrages d’un philosophe français, Jean-Paul SARTRE (1905-1980). En particulier, il lisait plusieurs fois «Les chemins de la liberté», une trilogie (L’âge de raison, le sursis et la mort dans l’âme), et voulait s’identifier à Boris Serguine, le personnage central de ce livre, d’où son deuxième surnom «Boris». Ce livre, en trois volets, décrit la défaite de la France et son Occupation en 1940, une grande déroute. : «Ils sont vivants mais la mort les a touchés : quelque chose est fini ; la défaite a fait tomber du mur l'étagère aux valeurs. Paris, célèbre le triomphe de la mauvaise conscience, on fait l'inventaire des dégâts : Paix, Progrès, Raison, Droit, Démocratie, Patrie, tout est en miettes, on ne pourra jamais recoller les morceaux» écrit J-P SARTRE. Mais le personnage de Boris Serguine, à l’instar de Boubacar DIOP, en dépit des tragédies africaines, est habité par l’Espérance : «Ne désespérez pas ! Car le désespoir n’est pas seulement péché contre l’adorable bonté divine : les incroyants mêmes conviendront avec moi, que c’est un attentat de l’Homme contre lui-même et, si je puis dire, un suicide moral» écrit Jean-Paul SARTRE. En effet, comme Youssou N’DOUR (voir mon article), un artiste et chef d’entreprise avisé, Boubacar Boris DIOP a démontré que, même si la vie est difficile en Afrique, c’est un continent d’avenir ; on peut étudier, vivre au Sénégal, et en dépit des grandes contraintes sociales, être prolifique et assurer une production littéraire riche, variée et de qualité. En effet, contrairement aux gens de sa génération, Boubacar Boris DIOP, après son baccalauréat, a renoncé à une bourse pour se rendre à Lille, en France. Il a choisi de rester au Sénégal, par amour pour sa mère, Mme SALL, une Peule, et sa fratrie, afin de les aider avec sa bourse et divers petits boulots (cours dans les écoles privées, ouvrier à l’usine Bata de Rufisque, au port de Dakar, pour une société de transit, etc.). Boubacar Boris DIOP, dans les années 70, a été professeur en Lettres modernes, au Lycée Charles de GAULLE de Saint-Louis. Ensuite, il a enseigné la philosophie au lycée Abdoulaye Sadji de Rufisque. Sa mère, Mme SALL, lui racontait des contes la nuit. Dans son roman, «le cavalier et son ombre», il réhabilite la culture orale : «J’avais envie de faire un texte littéraire, un texte écrit qui prendrait en compte l’oralité. Je pense que c’est pour cette raison que le personnage principal de ce roman, Khadidja, est une conteuse. Et je dois dire que lorsque j’étais gamin, ce qui est à l’origine de ma vocation d’écrivain, c’est que j’entendais beaucoup de contes et qu’ils avaient sur moi un très fort impact. J’étais très impressionné par les contes que j’entendais et ces contes étaient dits par une conteuse, justement, par ma mère. Et voilà, j’ai eu envie de travailler sur ça. La frontière entre le monde de l’écriture et le monde de la parole» dit-il à Yolande BOUKA et Chantal THOMPSON.
Boubacar Boris DIOP est issu d’une famille, historiquement hostile, à la mouvance politique de Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001, voir mon article), premier président du Sénégal indépendant. En effet, sa grand-mère, Fa GUEYE BAFA, militante engagée auprès de la Section française de l’internationale ouvrière, la S.F.I.O. de Lamine GUEYE (voir mon article), combattait le Bloc démocratique du Sénégal (B.D.S.), le parti présidentiel. Classé sur l’échiquier politique à gauche, une gauche radicale, membre du Forum Social Africain, Boubacar Boris DIOP est fondamentalement un disciple de Cheikh Anta DIOP (1923-1986, anthropologue et égyptologue). «Dans les années 70, le chic gauchiste, c’était de se promener sur le campus de l’université de Dakar en tenant certains livres bien en vue : Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop, Mao Tsé-Toung, Cabral. Avides d’idées simples et de solutions brutales, nous étions, à vrai dire, peu de gens raisonnables» dit-il. Sa polémique, en septembre 2019, contre le professeur Souleymane Bachir DIAGNE, a été violente ; il lui a reproché d’être «animé de la pire des mauvaises foi et d’une pincée de cynisme. Pourquoi faire passer un vieil article de plus de vingt ans pour une récente interview ?». En effet, dans un article paru, en 2018, dans une revue sud-africaine, Chimurenga, en langue anglaise «In the Den of the Alchimist» ou «Dans l’antre de l’alchimiste», le professeur Souleymane Bachir DIAGNE décrivait Cheikh Anta DIOP comme un «solitaire quasi halluciné» et lui reprochait de vouloir imposer «une langue unique africaine». En quelle langue donc l’écrivain africain colonisé devrait-il s’adresser à sa société ou à son peuple et quel médium devrait-il utiliser pour une meilleure diffusion de sa contribution littéraire ?
Pour Cheikh Anta DIOP, dont l’université de Dakar porte le nom, l’Afrique, dans son unité culturelle, est le berceau de l’Humanité, avec sa civilisation négro-africaine, dont seraient issus les Peuls. Il va ainsi à l’encontre des thèses de Maurice DELAFOSSE (1870-1926, voir mon article) qui avait soutenu que les Peuls seraient d’origine juive. Cheikh Anta DIOP, un panafricaniste, est un grand avocat pour la défense des langues africaines. Privilégiant, de plus en plus en Ouolof, sans cesser d’écrire en français, l’artiste sénégalais ne pourrait-il pas être confronté à un risque de «schizophrénie» ? s'interroge Boubacar Boris DIOP. En effet, il est en conflit avec la langue de l’ancien colonisateur, qu'il maîtrise parfaitement, au passage. Son engagement en faveur des peuples du tiers-monde le pousse, désormais, à œuvrer à la promotion, en littérature, de sa langue maternelle : le Ouolof. Boubacar Boris DIOP a posé un mythe fondateur, à savoir que l’intérêt, pour les langues nationales, aurait commencé avec le livre, en 1954, de Cheikh Anta DIOP, «Nations nègres et culture» ; un groupe a été constitué en 1958, à Grenoble, pour la promotion de la langue Ouolof. Bien des auteurs (Cheikh N’DAO, Assane SYLLA, Massamba SARRE, Assane DIA, Mame Younousse DIENG, Arame FALL, Pathé DIAGNE, etc.), ont donc continué cette mission. En dépit de l’importance de ces dates, il faudrait nuancer ce propos. Pour ce qui est de la langue Wolof et du Sérère, c’est l’abbé Paul David BOILAT (1814-1901, voir mon article), un métis ne connaissant que le Cap-Vert, le premier à s’intéresser aux langues nationales. En particulier, en 1858, il a publié «la grammaire de la langue ouolofe» et chose tout à fait extraordinaire avec des maximums de Kocc Barma FALL. Auparavant, en 1825, Jean DARD (1789-1833) avait déjà publié un dictionnaire français - ouolof. C’est ici l’occasion de souligner, pour ce qui est du Peul, de l’extraordinaire travail accompli, par administrateur colonial de la Mauritanie, linguiste et traducteur, Henri GADEN (1867-1939, voir mon article), qui avait une femme peule, avec résidence à Saint-Louis et il y est enterré. En effet, Henri GADEN et Maurice DELAFOSSE (voir mon article) ont traduit du peul vers le français, en 1912, les «Chroniques du Fouta-Toro», une des bases essentielles de l’histoire du Sénégal, ainsi que la vie d’El Hadji Omar TALL (voir mon article) en 1935. Depuis lors, il existe de très nombreux dictionnaires en anglais ou en français du Ouolof ou du Peul. En France, il faudrait rendre un vibrant hommage à l’INALCO, Léopold Sédar SENGHOR, avant l’indépendance y avait enseigné des rudiments de Peul et Ouolof. Les éditions L’Harmattan, ont réalisé un excellent travail en faveur des langues des autres pays (voir ma bibliographie jointe). C'est quoi donc le problème ?
«Ceux qui écrivent en Wolof ou en Pulaar sont plus nombreux, mais peu connus ou reconnus» dit Boubacar Boris DIOP. En effet, de nos jours la langue peule, à travers une association, «Tabital Pulaaku International» ou «la Renaissance du Peul», a entrepris la rédaction d’un gigantesque dictionnaire et des livres d’alphabétisation (Yéro Doro DIALLO, Mamadou Samba DIOP dit Mourtouddo, Bathia BA, et son «Mandacratie», Thierno MONENEMBO, Abdourahmane N’GAIDE, Abass DIALLO aux Mureaux en France). En effet, une vaste zone géographique de l’Afrique (Guinée Conakry, Mali, Mauritanie, Niger, Burkina-Faso, Cameroun, Nigéria, Sierra-Léone, Guinée-Bissau, Gambie, Tchad, République centrafricaine, Soudan, etc.). Au Mali, il y a un festival annuel sur le Peul. «L’Afrique n’existe plus, elle a été dépossédée de son espace», dit Cheikh Hamidou KANE président de «Tabital Pulaku du Sénégal». Les Peuls sont minorités, mais ils sont présents dans une vingtaine de pays en Afrique et partout dans le monde, à travers leurs diasporas. On dit même que le premier homme, rencontré, en 1969, par que Neil ARMSTRONG (1930-1912) sur la lune, est un Peul. Si le Ouolof est largement parlé dans un espace restreint du Sénégal et de la Gambie, cette langue, comme le Peul, souffrent de défaut d’études linguistiques poussées, pour réduire leurs lacunes. En effet, dans les médias sénégalais beaucoup de mots en langue française se glissent encore dans les discours. Il serait judicieux, comme au Japon et en Chine, de diligenter des thèses de doctorat en Ouolof et en Peul, afin d’enrichir et de nationaliser davantage les langues sénégalaises.
A ce stade, il est indubitable que Boubacar Boris DIOP, en raison de son engagement, de sa visibilité au plan national et international, a considérablement mis en lumière et valorisé les langues africaines. En 1967, N’Gugi Wa Thiongo’, figure majeure de la littérature kenyane, a désormais fait le choix de n’écrire que dans sa langue maternelle, le Kikuyu. Abdilatif ABDALLA, un opposant kenyan, écrit en Swahili : «Le combat est le même, mais nos générations et nos contextes linguistiques diffèrent. Personne ne demande à N’Gugi wa Thiong’o de se battre pour le rayonnement de la langue anglaise. Nous sommes, nous francophones, des auteurs sous influence. Je ne pense pas, non plus, qu’il faille délégitimer la littérature africaine écrite en langues étrangères, qualifiée par N’Gugi d’«afro-européenne». Je préfère l’approche moins radicale de David Diop et de Cheikh Anta Diop, qui y voient une littérature de transition correspondant à un moment donné de notre évolution historique. Peut-être que N’Gugi Wa Thiong’o a un sentiment d’isolement plus grand que le mien, car au Sénégal la littérature en langues nationales, essentiellement en wolof et en Pulaar, est en plein essor» dit-il à Fatoumata SECK. Une partie des livres de Boubacar Boris DIOP a été traduite en langue anglaise (Murambi et Kaveena) et les éditions Philippe REY ont publié certains de ses livres. Il s’y ajoute que Boubacar Boris DIOP, éditeur et traducteur, s’engage aussi à publier les livres en Peul. On connait les objections contre la promotion des langues nationales africaines. Les Africains lisent peu, commentent des livres qu’ils n’ont jamais lus, et descendent en flèche les écrivains, au lieu de les soutenir, en s'abstenant d'acheter leurs livres. Ainsi, le professeur Iba Der THIAM (1937-2020, voir mon article), historien, comme Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021, ont été crucifiés par les forces du Chaos.
Qualifié de «mendiant du souvenir» par Hamidou DIA (1953-2018), dans la démarche de Boris DIOP sur la mémoire et l’identité, des thèmes surgissent : l'histoire de l'Afrique, la colonisation, les indépendances, les guerres civiles, le génocide rwandais. «Les romans de Boris DIOP doivent une grande part de leur originalité à la présence obsédante des discours de la mémoire et de l'histoire. Son esthétique s'inscrit dans une revisitation permanente des récits de l'historiographie. Cette écriture convoque le passé et l'investit comme matériau dans cette exploration des formes du roman. Une telle démarche scripturale semble être la pierre angulaire de cette fiction aux confluences desquelles se rencontrent et s'intègrent systématiquement, aussi bien les genres romanesques hétérogènes de l'oralité (contes, épopées, mythes), que des disciplines non romanesques» écrit Fodé SARR.
Les Africains sont au courant du moindre fait divers qui se passe dans les pays occidentaux. En revanche, peu d’Africains ont bien saisi ce qui s’est passé réellement, en 1994, au Rwanda : «Je me rappelle avoir entendu à la radio l’annonce de la mort, dans un attentat, des présidents rwandais et burundais, mais c’est à peu près tout. C’était trop loin. Qu’est-ce qui se passait là-bas exactement ? Un avion abattu, des massacres, des exécutions, des Hutus, des Tutsis Je ne savais pas vraiment ce que tout ça voulait dire. Dans ces cas-là, on se représente des ethnies qui s’opposent de manière sauvage depuis des millénaires. On ne fait pas dans le détail, car on n’a pas les clés. Au terme des cent jours qu’a duré le génocide, je n’avais toujours rien compris» dit-il à «Jeune Afrique». En fait, le génocide au Rwanda a décillé les yeux de l’écrivain et intellectuel Boubacar Boris DIOP et l’a aidé à nommer les choses. Il existe un colonialisme mental : «Si moi je n’avais rien compris, comment le Sénégalais moyen, moins équipé pour s’informer, aurait-il pu comprendre ? La profondeur de notre aliénation est telle que nous sommes parfois semblables à des zombies. Nous avons intégré une vision racialisée de notre histoire : le Rwanda, c’est moi, noir et africain, pareil pour la Centrafrique. Ce qui s’y déroule, ce sont des secrets de famille honteux à ne surtout pas exposer sur la place publique. Au final, nous nous percevons nous-mêmes avec les yeux des autres, car cette Afrique-là est plus un fantasme qu’une réalité. L’Afrique reste le continent des lieux lointains» dit-il.
Par conséquent, en 1998, dix écrivains et journalistes : Abdourahman WABERI, Véronique TADJIO, Koulsy LAMKO, Thierno MONEMEMBO, Nocky DJIDANOU, Monique ILDOUDO, Meja MWANGI et Boubacar Boris DIOP, se sont rendus, quatre ans après la tragédie de 1994, au Rwanda, pour enquêter : «Personnellement, j’y suis allé à reculons. Mais au bout d’une semaine sur place, j’ai pris conscience que je n’avais rien compris et que je n’en avais pas le droit. J’étais écrivain, journaliste, universitaire. Ce qui m’a aidé, c’est ma formation de journaliste : je sais écouter. Et là-bas, j’ai beaucoup écouté. Et j’entendais tout, même ce qui n’était pas formulé. Nous sommes restés deux mois. Mais après mon retour au Sénégal, j’ai eu besoin d’y revenir. J’ai écrit Murambi avec beaucoup de dépouillement et de simplicité. J’ai simplifié mon écriture» dit-il à «Jeune Afrique». Il y a eu plus d’un million de morts en majorité des Tutsis, dans ces massacres au Rwanda. «Nous sommes venus, en frères africains», écouter les victimes des massacres de 1994 et essayer, grâce à nos livres, de faire connaître leurs souffrances au monde entier, une initiative louable qui fut d’abord reçue avec méfiance par les autorités rwandaises, en raison de l’indifférence dont le monde a tristement fait preuve lors des événements de 1994. Notre groupe a été un pionnier, car quand nous allions au Rwanda en 1998, le sujet n’intéressait pas du tout le grand public. On continuait à voir dans le génocide des Tutsis de simples massacres interethniques. Mais après la publication des romans de témoignage, cela a radicalement changé la perception de cette tragédie» dit-il à Alice METOT, «Les Librairies» 24 mai 2011.
A partir de cette expérience au Rwanda, Boubacar Boris DIOP est devenu un autre homme : «Cela a transformé ma vision du monde ; j’ai su que je ne valais rien. J’ai commencé à écrire en Ouolof. L’écrivain doit être proche de sa communauté» dit-il. Son anticolonialisme s’est radicalisé, ainsi que son rapport l’écriture : «Une place importante est accordée au génocide des Tutsi du Rwanda que trop de gens cherchent à nier. J’ai mis l’accent sur l’implication de l’Etat français, parce que sa responsabilité, dans cette tragédie, via François Mitterrand, est aussi évidente ; les faits ne manquent pas pour l’étayer» dit-il. Dans «L’Afrique au-delà du miroir», Boubacar Boris DIOP estime que l'image que les médias donnent de l'Afrique ne correspond en aucune façon à la réalité. Cette propagande et ces calomnies visent surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. Ce n'est pas acceptable et la prise de parole est un impératif moral pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre. Par conséquent, Boubacar Boris DIOP a pour souci de dire et de raconter, en tant qu'intellectuel africain, sa part de vérité, notamment dans un contexte de négrophobie, d’islamophobie et de xénophobie grandissant. «Projeter le regard, au-delà du miroir, c’est essayer de montrer quels mensonges se dissimulent sous tant de lieux communs proférés au sujet de l’Afrique» écrit-il.
Après l’intervention française au Mali, Boubacar Boris DIOP a dénoncé «la gloire des imposteurs». Dans la propagande officielle, le succès de l’opération Serval au Nord-Mali en janvier 2013, quarante-neuvième intervention militaire de la France dans son pré-carré africain, aurait dépassé toutes les attentes. Ses soldats y auraient été accueillis en libérateurs, tandis que des intellectuels africains de renom, jusque-là peu suspects de complaisance à l’égard de la Françafrique, se sont bruyamment réjouis de son action, jugée énergique et courageuse. «C’est le plus beau jour de ma vie» avait dit, prématurément et imprudemment, le président François HOLLANDE. En fait, l’Histoire est un grand juge ; la Françafrique n’ayant rien réglé au Mali, a fini par y déguerpir. Finalement, les armes de ce combat pour la souveraineté africaine, sont devenus le combat à travers les écrits des intellectuels africains.
Boubacar Boris DIOP, dans ses écrits en langue française, sont sous forme de romans policiers, avec une grande interpellation de la conscience des Africains sur les problèmes majeurs de notre temps. Ainsi, dans «Kaveena», lorsque le colonel Asante Kroma, chef de la police, entre dans une maison solitaire, il fait une découverte stupéfiante, le président N’Zo Nikiema, en fuite, vient de mourir, dans un village isolé. Un mystère : qui a violé et tué autrefois la petite Kaveena, fille unique de Mumbi, artiste peintre et maîtresse du président défunt ? Nous sommes dans un pays africain qui pourrait bien être n'importe lequel et un coup d'état chasse l'autre. Le chef de la police découvre alors un bunker sous la maison et plusieurs documents, dont une sorte de journal intime ou plutôt une longue lettre de justification à l'intention de Mumbi, l’artiste. Enfermé dans la case pour un tête-à-tête macabre, le colonel va se remémorer le passé, refaire l'histoire de l'accession au pouvoir du président défunt. Le chef de la police n'a-t-il pas contribué à l'arrivée au pouvoir de ce président maintenant mort, et exécuté toutes ses sales besognes afin de maintenir au pouvoir ? N'a-t-il pas commis toutes les pires exactions pour la conservation du pouvoir ? L’ancien président, à l’image des gouvernants autocratiques africains, était un homme politique avide et corrompu, sans foi, ni scrupules. Par conséquent, «Kaveena», est un long monologue lucide, précis et désespéré, décrivant, sans ambiguïté, et avec force détails, l'histoire d'une Afrique doublement meurtrie et humiliée, par ses colonisateurs, ces hommes conscients «de représenter une race supérieure», avec la complicité d’hommes de paille africains, des dictateurs avides et sans pitié pour leurs ennemis et aussi pour ceux qui furent, un jours, leurs amis ou leurs alliés.
Dans «L’Afrique au-delà du miroir», Boubacar Boris DIOP estime que l'image que les médias donnent de l'Afrique ne correspond en aucune façon à la réalité. Elle vise surtout à faire honte à chaque Nègre de sa mémoire et de son identité. C'est surtout tirer la sonnette d'alarme, car on voit bien quel inquiétant projet politique se profile derrière la négrophobie triomphante. Aussi, dans son livre, «Négrophobie», Boubacar Boris DIOP dénonce cette information surveillée, filtrée, truffée de mensonges et d’instrumentalisations. En fait, ce discours pervers de négrophobie, jouant avec le feu du racisme, vise à mieux masquer la face honteuse de la Françafrique. Ce n'est pas acceptable ; face à ce discours nauséabond, la prise de parole des Africains est devenue un impératif moral, pour tous ceux qui ont la possibilité de se faire entendre.
Dans «Le cavalier et son ombre», c’est une vision d’horreur quand le narrateur s'apprêtant à porter la cuiller à sa bouche, voit apparaître un énorme cancrelat ébloui par la lumière et pas encore tout à fait assommé par la chaleur. Étourdi, le cancrelat se retrouvait parfois sur le dos et se débattait, les élytres péniblement entrouverts par moments. La bestiole s'agita un peu, se raidit, demeura inerte entre un morceau de manioc et un bout de piment. Morte : «Si vous n'avez jamais entendu un flic vous parler avec autant de naturel des goûts culinaires du cancrelat, vous ne savez rien de la vraie misère» écrit Boubacar Boris DIOP.
Dans ses trois romans, écrits en Ouolof, Boubacar Boris DIOP témoigne d’une grande détermination pour la défense et la dignité de l’Homme noir. Contrairement à ce qu’indique son titre, «Bàmmeelu Kocc Barma», ne traite pas de l’histoire et de la vie du philosophe ouolof, mais de la tragédie du bateau le «Joola», survenue le 26 septembre 2003. Ici, les 1863 victimes de ce naufrage, plus importantes que le Titanic (1500 morts en 1912), n’ont attiré, ni l’attention des cinéastes de Hollywood, ni de cette presse à sensation. Ces personnes gisent au fond la mer et accueillies par Birima FALL alias Kocc Barma FALL (N’Dande 1586-1655 à N’Dongué Fall), maître de la parole en ouolof, moraliste et poète, que Boubacar Boris DIOP assimile à une incarnation de la nation sénégalaise ; la mer est devenue la sépulture de ces victimes et Kocc Barma leur a accordé sa protection. Ce drame innommable du «Joola», survenu sous le mandat de maître Abdoulaye WADE, témoigne bien, parfois, des conséquences de l’incurie et de la mal-gouvernance des autorités publiques africaines. Or, Kocc Barma, né à N’Dande, près de Louga, par son imagination fertile, anticonformiste et insoumis à travers ses quatre touffes de cheveux refusant d’avoir la tête rasée devant le Roi, sa vivacité d'esprit et ses maximes métaphoriques, incarne la morale, la sagesse et le civisme. Il est surnommé «Suñu Màam Kocc» ou «Notre grand-père». Kocc Barma combattait l'injustice et la tyrannie des Damels ou roi du Cayor, envers leur peuple. «Le Roi n’est pas un parent» disait-il. Pour Kocc Barma, un Roi a pour obligation de bien administrer la Cité et gouverner convenablement son pays. Cheikh Anta DIOP a eu parfaitement raison de parler de l’unité culturelle de l’Afrique. En dépit de la diversité culturelle du Sénégal, la construction de la nation sénégalaise remonte bien loin. C’est ainsi que mon ancêtre, Thierno Sileymane BAL (voir mon article) avait bien posé, en 1776, une charte de bonne gouvernance, à savoir que le «Jagoordo», cette assemblée des notables peuls, pouvait, à tout moment, destituer un Almamy (chef spirituel et politique de l’Etat du Fouta-Toro), ayant abusé de son pouvoir ou s’étant enrichi illicitement. De nos jours, cette règle devrait une Constitution coutumière applicable à l’échelle du continent africain.
Son deuxième livre, en ouolof, «Doomi Golo», a déjà été traduit en français, «Les petits guenons». Certains critiques se sont gaussés : comment un écrivain, en guerre contre la langue française, peut-il capituler si vite, sous l’autel de la notoriété ?
En fait, le «Chaka» de Thomas MOFOLO (1876-1948, voir mon article) écrit en Sesotho en 1909, traduit par les religieux français au Lesotho en 1931, est maintenant devenu un grand classique, avec une version de nombreuses langues dont l’Afrikans. En effet, bien de grands écrivains n’ont pas été reconnus de leur vivant, mais la postérité a fini par les consacrer. L’écrivain est, en fait, un éclaireur, mais il doit rester, fondamentalement, proche de sa communauté et de son temps : «Au moment d’écrire en Ouolof, il faut considérer que l’on plante une graine pour l’avenir. L’Histoire de la littérature montre que les écrits sont pour la postérité, et se révèlent, parfois, même après des siècles et des siècles» dit Boubacar Boris DIOP.
En réalité, ce récit, «Doomi Golo», une fable politique et narration intimiste, revisite sans relâche un passé mythique pour éclairer une troublante modernité, la question de la mémoire. Au soir de sa vie, un très vieil homme, N’Guirane Faye, souffre d'être sans nouvelles de N’Guirane Faye, son petit-fils, émigré dans quelque lointain pays étranger. Ils ne se reverront plus, il le sait. Il décide alors de tout lui raconter dans sept Carnets que le jeune homme trouvera à son retour à Niarela. Mais ce qui devait être une simple relation de la vie quotidienne d'un quartier dakarois devient, peu à peu, une fiction foisonnante. N’Guirane Faye dresse le bilan de sa propre vie et nous fait découvrir, par un subtil croisement des récits, l'histoire de ses aïeux, les royaumes anciens, les grands écrivains wolofs et le Sénégal de notre temps.
Son dernier, et troisième livre, paru en février 2022, en Ouolof, «Malaanum Lëndëm» ou «récits nocturnes», «Aayawo Nibbéré» en Peul suivant Abdourahmane NGAIDE, commence justement à la tombée de la nuit. L’action se déroule au Nigéria «J’ai l’habitude de lire les journaux de là où je réside, et j’ai vécu dans plusieurs pays de presque tous les continents. Je ne lis pas l’actualité politique, que je ne comprends d’ailleurs pas, mais je lis les faits divers pour comprendre les marges de la société. Je voyais beaucoup de choses assez singulières, par exemple cette usine clandestine où on «fabrique» des bébés. On fait appel à des conjoints qui reçoivent des enfants qu’on vend ensuite. C’est illégal, mais ça se fait. Un des faits divers m’a inspiré Malaanum Lëndëm. Un milliardaire a perdu son père et a voulu lui offrir des funérailles et un dernier voyage exceptionnel. Il a commandé une tombe immense, une voiture de luxe, 16000 dollars comme argent de poche» dit-il au journal «Le Soleil».
Boubacar Boris DIOP a déjà remporté, en 1990, le Grand prix littéraire de la République sénégalaise, en 2000 le Grand prix littéraire d’Afrique noire, en 2019, Prix Harold et Ethel STELLFOX de l’université américaine Dickinson, en Pennsylvanie, après Mario VARGAS LLOSA, Prix Nobel de littérature. Boubacar Boris DIOP a été «reconnu comme l’un des écrivains les plus importants sur le plan artistique et philosophique de sa génération, avec des œuvres caractérisées par l’exploration et la réflexion sur la condition postcoloniale en Afrique» souligne l’université de Dickinson. Boubacar Boris DIOP sera, un jour, un prétendant très sérieux au Prix Nobel de littérature. En effet, il fait partie de ces Africains, «par un engagement constant et contre l’adversité âpre, construisent les pyramides du futur» écrit le collectif pour le Renouveau Africain, (CORA).
Professeur de «Creative Writing» ou cours d’écriture, Boubacar Boris DIOP, en dehors de ses romans à succès, est un éminent enseignant invité à diverses universités. Comment donc écrire et surtout bien écrire ?
Boubacar Boris DIOP, à l’instar de Rainer Maria RILKE (1875-1926, voir mon article), dans ses fameuses «Lettres à un jeune poète», a dégagé des pistes de réflexion. Pour lui, un intellectuel et écrivain devrait distinguer le politique et son projet d’écriture apporter «une parole réfléchie, nuancée et courageuse. On ne demande pas d’être pour un tel ou contre un tel, au contraire, il faut même oser être contre tout le monde si on pense que c’est cela qui est mieux. L’importance, c’est l’authenticité, la sincérité» dit-il à «SenPlus». Cependant, tout étant dans et hors de la société, pour paraphraser Sénèque, Boubacar Boris DIOP estime que l’écrivain n’en reste pas moins un citoyen et que la parole publique ne devrait pas rester l’exclusivité de la classe politique : «L’écrivain a le devoir de se positionner face aux conflits. Mon idée c’est qu’on n’a pas le droit de dire ah ! Cela ne me regarde pas, c’est ce que les gens appellent l’art pour l’art. Non seulement, on se positionne dans ses textes, mais aussi on prend position en tant que citoyen. Quand la société est interpellée, on ne se dit pas, moi je suis écrivain, cela ne me regarde pas, je laisse les hommes politiques parle» dit Boubacar Boris à «SenPlus».
«Si on veut devenir romancier, il faut lire des romans» dit-il. Admirateur de Jean-Paul SARTRE, il a lu notamment SEMBENE Ousmane, Mongo BETI, Olympe BHELY-QUENUM, Stendhal, Balzac, Ernesto SABATO. Ses romans ne sont pas des récits linéaires, mais on y décèle plusieurs voix, une polyphonie, digne de William FAULKNER et Virginia WOOLF.
Un bon écrivain devrait relire, au moins 43 fois, son texte, le mitonner, le faire reposer jusqu’à l’oublier, puis le reprendre. «Il n’y a pas d’écrivains nés ; il n’y a que d’écrivains qui ont de la retenue et d’autres qui n’en ont pas» dit-il à Pap SENE.
Références bibliographiques
I – Contributions de Boubacar Boris DIOP
1 – 1 – Ouvrages de Boubacar Boris DIOP
DIOP (Boubacar, Boris), Bammelu Kocc Barma, Dakar, éditions Ejo, 2017, 235 pages, texte Ouolof ;
DIOP (Boubacar, Boris), Doomi Golo : The Hidden Note Books, traduction de Vera Wulfing-Leckie et El Hadji Moustapha Diop, Michigan State University Press, 2016, 328 pages, texte en anglais ;
DIOP (Boubacar, Boris), Doomi Ngolo : Nettali, Dakar, éditions Papyrus Afrique, 2012, 283 pages, texte Ouolof ;
DIOP (Boubacar, Boris), Kaveena. L’impossible innocence, Paris, éditions Philippe Rey, 2006, 304 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Kaveena, traduction de Bhakti Shringarpure et Sara C. Hanaburgh, préface d’Ayo A. Coly, Bloomington, Indiana University Press, 2016, 246 pages, texte en anglais ;
DIOP (Boubacar, Boris), L’Afrique au-delà du miroir, Paris, Philippe Rey, 2013, 216 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Le temps de Tamango. Roman, préface de Mongo Béti, Monaco et Paris, Motifs n°158, 2010, 180 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Les petits guenons, Paris, éditions Philippe Rey, 2009, 442 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Les tambours de la mémoire, Paris, Nathan, 1987, 237 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Les traces de la meute. Roman, Paris, L’Harmattan, 1993, 269 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Murambi, le livre des ossements, Paris, Zulma, 2020, 224 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Murambi, The Book of Bones,  traduction de Fiona Mac Laughlin, préface de Eileen Julien, Bloomington, Indiana University Press, 2006,  228 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), TOBNER (Odile), VERSHAVE (François-Xavier), Négrophobie, Paris, Les Arènes, 2005, 201 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), GASSAMA (Makhily) et autres, L’Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, Paris, Philippe Rey, 2008, pages 480 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), TRAORE (Aminata, Dramane), La gloire des imposteurs, lettre sur le Mali et l’Afrique, Paris, Philippe Rey, 2014, 240 pages ;
DIOP (Boubacar, Boris), Malaanum Lëndëm, Dakar, éditions EJO, 2022, 261 pages.
1 – 2 – Articles, interviews et entrevues accordés par Boubacar Boris DIOP
DIOP (Boubacar Boris) «Quand la mémoire va ramasser du bois mort», in Nasrin Qader et Souleymane Bachir Diagne, Des mondes et des langues. L’écriture de Boubacar Boris Diop, Paris, Présence Africaine, 2014, page 26 ;
DIOP (Boubacar, Boris) «Une littérature de transition», entretien avec Lila Azam ZANGANEH, Le Monde, 14 avril 2010 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Au Sénégal, le français a perdu son pouvoir de séduction», entretien avec Fatoumata SECK, Le Monde Afrique, 17 mars 2019 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Boubacar Boris Diop parle de Cheikh Anta Diop», entretien accordé à Jotna TV, 7 février 2020, durée de 1 h 14 minutes et 33 secondes ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Boubacar Boris Diop, l’écrivain entre deux langues», entretien accordé à Sada KANE, 2S TV, 22 juillet 2019, durée de 1 h et 35 secondes ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Boubacar Diop, écrivain et panafricaniste» entretien accordé à Pap SENE, Héritages, 6 septembre 2020 durée 1h 33 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Dances with Wolofs», conversation avec Charles J. SUGNET, Transition, 25 janvier 2016, n°87, pages 138-159 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Entretien», accordé à Virginie BRINKER, La Plume francophone, 5 novembre 2009 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Entretien», avec Véronique TADJO, African Identities, 20 novembre 2010, Vol 8, n°4, pages 425-430 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Interview», Yolande BOUKA et Chantal THOMPSON, Lingua Romana, 2003, Vol 1, n°2 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «L’histoire est un éternel recommencement», entretien accordé à Rémi Armand TCHOKOTHE, Etudes littéraires africaines, 2018, n°46, pages 107-112 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «L’illusion d’être une grande puissance», entretien avec Maria MALAGARDIS, Libération, 5 janvier 2014 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La bibliothèque de mon père», Etudes françaises 2019, Vol 55 n°3, n°spécial, 200 pages, spéc pages 109-125 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La France se comporte dans ses anciennes colonies comme nulle part ailleur, entretien avec Bios DIALLO, Jeune Afrique, du 10 juin 2011 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La littérature ne fait plus peur», entretien avec Anne BOCANDE Africultures, 2016, Vol 1, n°105, pages 26-39 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «La vie en %£ ! : Why France is still Propping up Africa’s Dictators ?», Foreign Policy, juillet-août 2010, n°180, pages 102-103 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Le nouveau roman, Malaanum Lëndëm» accordé à Ousseynou BEYE, SenPlus, 20 avril 2022 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Les artistes sont les plus à même de réconcilier le monde», entretien Mamadou Oumar KAMARA, Le Soleil du 12 mars 2022 et All Africa, 15 mars 2022 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Mettre sa langue à la première place», entretien accordé à Fatoumata SECK, Etudes littéraires africaines, 2018, n°46, pages 91-105 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Montpellier, la Françafrique à bout de souffle», billet de blog, Médiapart, 8 octobre 2021 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Ne pas écrire couché», entretien accordé à Théo ANANISSOH, La CENE Littéraire, Genève, 16 juin 2018, durée de 2 h 33 ;
DIOP (Boubacar, Boris), «Un écrivain doit accepter de se mouiller», SenPlus, 30 juin 2022 ;
DIOP (Boubacar, Boris), SUGNET (Charles, J), «Dakar noir», Transition, 2001, pages 90-107.
II – Critiques de Boubacar Boris DIOP
2 – 1 Ouvrages généraux sur Boubacar Boris DIOP
2- 1 – 1 Dictionnaire, Grammaire, syntaxe et langues,
traductions en Ouolof ou en peul
BARRY (Abdoulaye, NGarra), CISSE (Moussa), SCHULTZ (Harald), Wolof, 2012, éditions Laaf, 31 pages ;
BOILAT (Paul, David, abbé), Grammaire de la langue Ouoloffe, Paris, L’Imprimerie nationale, 1858, 430 pages, spéc. les maximes, adages et proverbes Ouolof (Kothje Barma, Masséni et Biram Thiam), pages 371-404 ;
BOLAND (Bob), Wolof from English, CRE, Creative Relaxation Exercise, octobre 2003, 37 pages ;
CAVROIS (Benjamin),  Approche de la langue Wolof, de sa lexicologie, ainsi que ses particularités morphologiques et syntaxiques, Master II, Toulon (Var), Université du Sud, 2009, 188 pages ;
DARD (Jean), Dictionnaire Français-Wolof, Français-Bambara, suivi de dictionnaire Wolof-Français, Paris, Imprimerie Royale, 1825, 300 pages ;
DIAGNE (Pathé), Grammaire de Wolof moderne, Paris, Présence africaine, 1971, 229 pages ;
DIOUF (Jean-Léopold), YAGUELLO (Marina), J’apprends le Wolof, Paris, Karthala, 1991, 228 pages ;
FAL (Arame) SANTOS (Rosine), DONEUX (Jean, Leone),  Dictionnaire Wolof-français, suivi d’un index Français-Wolof, Paris, Karthala, 1990, 339 pages ;
GADEN (Henri), «Note sur le dialecte Foul, parlé par les Foulbé du Baguimi», Journal Asiatique, 1908, tome 11, janvier-février, 10ème série, pages 5-66 et Paris, Imprimerie Nationale, 1908, 70 pages ;
GADEN (Henri), Poular, dialecte Peul du Fouta, Paris, E. Leroux, 1912, tome 1, 338 pages et tome II 263 pages ;
GADEN (Henri), Proverbes et maximes peuls et toucouleurs, traduits, expliqués et annotés, Paris, Institut d’ethnologie, 1931, 368 pages ;
GAYE (Pape, Amadou), Practical Course in Wolof. An Audio-Aural Approach, Washington DC, Peace Corps, décembre 1980, 357 pages ;
GUERIN (Maximilien), Le syntagme nominal en Wolof. Une approche typologique, Mémoire sous la direction de Pollet Samvellian, Université de Paris III, 28 juin 2011, 168 pages ;
DIALO (Amadou), Eléments systématiques du Wolof contemporain, Dakar, UCAD, Centre de linguistique appliqué, 1983, 85 pages ;
JALLO (Ammadu), Naany Seetlu Lakku Wolof, Tostan, Unicef/Sénégal, Ministère du développement social, 1989, 80 pages ;
KANTOREK (Nyima), Wolof-English – English-Wolof. Dictionary and Phrase Book, New York, Hippocrene Books editions, 2006, 200 pages ;
KOBES (Aloyse, Monseigneur), Grammaire de langue volofe, Saint-Joseph de N’Gasobil, Imprimerie de la Mission, 1869, 360 pages ;
MALHERBE (Michel), SALL (Cheikh) Parlons ouolof. Langue et culture, Paris, L’Harmattan, 1989, 181 pages ;
MUNRO (Pamela), GAYE (Dieynaba), Ay Baati Wolof. A Wolof Dictionary, University of California, Department of Linguistics, UCLA, n°19, 1997, 362 pages ;
NGOM (Fallou), Wolof, Lincoln, Europa, The Langage of the World, Material 333, 2003, 111 pages ;
ROBERT (Stéphane), Approche énonciative du système verbal. Le cas du Wolof, Paris, éditions du CNRS, 1991, 352 pages ;
Société internationale de linguistique, Jangal Wolof. Syllabaire Wolof, Dakar, 6ème édition, Vol 3, 2010, 31  pages ;
SOH (Siré Abbas), Chroniques du Fouta sénégalais, traduites de deux manuscrits arabes inédits de Siré Abbas Soh, et accompagnées de notes, documents, annexes et commentaires, d’un glossaire et de cartes, par Maurice DELAFOSSE, avec la collaboration d’Henri GADEN, Paris, 1913, collection de la revue du monde musulman,  E. Leroux, 328 pages ;
TORRENCE (Harold), The Clause of Structure of Wolof Inside to the Left Periphery, Amsterdam, Philadelphia, John Benjamin Publishing Company, 1984, 289 pages ;
TYAM (Mohammadou Aliou), La vie d’El hadji Omar, Qacida en Poular, Paris, Institut d’ethnologie, transcription, traduction, notes et glossaire d’Henri GADEN, 1935, 289 pages.
2 – 1 – 2 – Autres références de fond
ALESSANDRI (Brigitte), L’école dans le roman africain, des premiers africains francographes à Boubacar Boris Diop, préface de Pierre Erny, Paris, L’Harmattan, 2005, 182 pages ;
BARRY (Thierno Boubacar), L’expression de la révolte dans «Le temps de Tamango» de Boubacar Boris Diop et Tout au contraire d’André Brink, Saint-Denis, Connaissances et Savoirs, Lettres et Langues, 2016, 114 pages ;
BECK (Rose, Marie), KRESSE (Kai), Abdilatif Abdallah : Poet in Politics, Dar-es-Salaam, Mkuki na Nyota, 2016, 154 pages ;
BOZOUZOUA (Larissa, Dogbo), Histoire, esthétique romanesque et identité culturelle : aux sources de l’imaginaire de Boubacar Boris Diop, thèse sous la direction d’Alain Michel-Boyer, 2014, 394 pages ;
CAMARA (Boubacar) N’GOM (Ousmane), sous la direction de, Boubacar Boris Diop : une écriture déroutante, Paris, L’Harmattan, Gell, hors-série, n°1, janvier 2019, 374 pages ;
COULIBALY (Youssouf), La technique de focalisation dans «Murambi, le livre des ossements», et dans «L’Aîné des orphelins» de Thierno Monémembo, mémoire de Master II, sous la direction d’Abdoulaye Berté, Dakar, Faculté des Lettres, 2016-2017, 126 pages ;
MACADAMS (Alison, Joyce), Secretly Numinous : The Role of Joseph Campbell's Monomyth in James Joyce's «Ulysses», Mário de Andrade's «Macunaíma», and Boubacar Boris Diop's «Le Cavalier et son ombre», Phd, Brandeis University, 2004, 190 pages  ;
NASRIN (Qader), DIAGNE (Souleymane Bachir), sous la direction de, Des mondes et des langues, l’écriture de Boubacar Boris Diop, Paris, Les Cahiers de Présence africaine, 2014, 222 pages ;
NISSIM (Liana), Boubacar Boris Diop, Lecce, Alliance française, 2010, 346 pages ;
NISSIM (Qader), Narratives of Catastrophe. Boris Diop, ben Jelloun, Khatibi, New York, Fordham University Press, 2009, 238 pages ;
SARR (Fodé), Histoire, fiction et mémoire dans l’œuvre de Boubacar Boris Diop, Université de Montréal, 2010, 326 pages ;
SOB (Jean), L’impératif romanesque de Boubacar Boris Diop, Ivry-sur-Seine, A3, Revue nouvelles du Sud, 2007, 249 pages ;
SOUMARE (Zakaria), Le génocide rwandais dans la littérature africaine francophone, Paris, L’Harmattan, «Critiques littéraires», 2013, 231 pages ;
THIEL (Mag, Veronika), Une voix ce n’est pas assez : la narration multiple dans trois romans, «Le temps de Tamango» de Boubacar Boris Diop, «L’amour, la fantasia» de Assia Djebbar, et «Solibo magnifique» de Patrick Chamoiseau, thèse sous la direction de Jorg Turschmann, Vienne, 11 décembre 2011, 306 pages, spéc pages 65-134 ;
THIOUNE (Birahim), Trois romanciers sénégalais devant l’histoire. Cheikh Hamidou Kane, Abdoulaye Élimane Kane et Boubacar Boris Diop, Paris, L’Harmattan 2013, 75 pages ;
THIOUNENA (Birahim), Trois romanciers sénégalais devant l’Histoire : Cheikh Hamidou Kane, Abdoulaye Elimane Kane et Boubacar Boris Diop, Paris, L’Harmattan, 2013, pages.
 
2 – 2 Articles sur Boubacar Boris DIOP
ALESSANDRI (Brigitte), «Un romancier contemporain sénégalais : Boubacar Boris Diop», dans L’école dans le roman africain. Des premiers écrivains francophones à Boubacar Boris Diop, préface de Pierre Erny, Paris, L’Harmattan, «Éducations et sociétés», 2004, pages 133-168 ;
AMIDOU (Ibrahim B.), «L’exotisme (philosophique) de l’Afrique et des Africains dans «Tamango» de Mérimée [Tamango]», Présence Africaine, 2003, Vol 1-2, n°167-168, pages 290-302 ;
BAZIÉ, Isaac, «Au seuil du chaos : Devoir de mémoire, indicible et piège du devoir dire», Présence Francophone, 2004, Vol. 63, pages 29-45 ;
CARRE (Nathalie), «Boubacar Boris Diop et ses publics, en français et en ouolof, ancrage local et internationalisation de l’oeuvre», Études littéraires africaines, 2018,  Vol 46, pages 73-89 ;
DIA (Hamidou), «Boubacar Boris Diop et le roman total», Éthiopiques, 2019, Vol 55, n°3, pages ;
DIOP (Cheikh, Mouhamadou, Soumoune), «Boubacar Boris Diop auteur, traducteur et éditeur en Ouolof», Études françaises, 2019, Vol 55, n°3, pages 109-125 ;
DIOP (Papa Samba), «Introduction à l’œuvre littéraire de Boubacar Boris Diop : du français au ouolof», Notre Librairie, Revue des Littératures du Sud, juillet 2005, vol. 159, pages 90-97 ;
DIOP (Papa Samba), «Voyages entre les langues : Pratiques plurilingues chez Patrice Nganang et Boubacar Boris Diop», Etudes littéraires africaines, 2018, Vol 46, pages 19-29 ;
DIOP (Papa, Samba), «Boubacar Boris Diop, entre langue de cérémonie et langue maternelle», Notre Librairie, Revue des Littératures du Sud, juillet 2004, pages 155-156 ;
DIOP (Papa, Samba), «L’histoire comme fiction et la fiction comme histoire : récit contestataire et contestation du récit dans les romans de Boubacar Boris Diop», in Jean Cléo Godin éditeur, Nouvelles écritures francophones : Vers un nouveau baroque ?, Montréal, Presses de l’université de Montréal, 2001, 439, spéc pages 242-253 ;
DIOUF (M’Baye), «Boubacar Boris Diop : Le Mendiant du souvenir», Études françaises, 1990, vol. 6, pages 112-34 ;
FAVRE (Isabelle), «Hannah Arendt, Boris Diop et le Rwanda : Correspondances et commencements», 2006, Présence Francophone, Vol. 66, pages 111-133 ;
GEHRMANN (Susanne), «Face à la meute : Narration et folie dans les romans de Boubacar Boris Diop», Présence francophone, 2004, Vol. 63, pages 145-159 ;
GEHRMANN (Susanne), «Written Orature in Senegal : From the Traditionalistic Tales of Birago Diop to the Subversive Novels of Boubacar Boris Diop», Matatu, Journal for African Culture and Society, 2005, Vol. 31-32, pages157-180 ;
GODIN (Jean-Cléo), «Le «Je» narrateur et la meute du pays», Études Françaises, 1995, Vol. 31, n°1, pages 39-50 ;
GUEYE (Papa), «L'Histoire comme fiction et la fiction comme histoire : Récit contestataire et contestation du récit dans les romans de Boubacar Boris Diop», in Jean Cléo Godin éditeur, Nouvelles écritures francophones : Vers un nouveau baroque ?, Montréal, Presses de l’université de Montréal, 2001, 439, spéc pages 242-253 ;
HERVIEU-WANE (Fabrice), «Boubacar Boris Diop. L’intellectuel engagé», Dakar l’insoumise, Paris, Autrement, 2008, 214 pages, spéc pages 192-199 ;
KING (Adèle), «Le Temps de Tamango : Eighteen Hundred Years of Solitude», Komparatistische Hefte, 1985, Vol. 12, pages 77-89 ;
LANG (Georges), «Deux non-classiques de la littérature africaine : V. Y. Mudimbe, L'Ecart et Boris Boubacar Diop, Le Temps de Tamango» in Edris Makward éditeur, The Growth of African Literature: Twenty-Five Years after Dakar and Fourah Bay, Trenton, African Literature Association, Africa World Press, 1998, 314 pages, spéc pages 105-113 ;
LE CARVENNEC (Ernest), «Figures et fiction dans Le Temps de Tamango de Boubacar Boris Diop», in Jean Bessière, Mythologie de l’écriture et roman, Paris, Minard, 1995, études romanesques n°3, 12 pages ;
LORIN (Marie), « Le cavalier et son ombre de Boubacar Boris Diop : le griot romancier face au devoir de mémoire», dans Abdoulaye Keïta sous la direction de, Au carrefour des littératures Afrique-Europe : hommage à Lilyan Kesteloot, Paris, Dakar, Karthala, IFAN, «Tradition orale», 2013, 372 pages, spéc pages 289-302 ;

MICHELMAN (Fredric), «From Tamango to Thiaroye : The Revolution Back on Course?», dans The Growth of African Literature : Twenty-Five Years after Dakar and Fourah Bay, Trenton, NJ, Africa World, 1998, Vol 314, pages 97-105 ;
MUDIMBE-BOYI (Elisabeth), «The State, the Writer, and the Politics of Memory», Studies in Twentieth Century Literature, 1999, Vol. 23, n°1, pp. 143-61;
N’DIAYE (Modou), «Les constructions corrélatives dans les Tambours de la mémoire», in Mélanges offerts au professeur Cheikh Ba, pages 795-810, doc UCAD  ;
N’DIAYE (Christiane), «De l'authenticité des mensonges chez Boubacar Boris Diop», dans Nouvelles écritures francophones : Vers un nouveau baroque ?, Sous la direction de Jean Cléo Godin, Montréal, QC PU, 2001, 439 pages, spéc pages 319-337 ;
N’GOM (Ousmane), «Peut-on se baigner deux fois dans le même fleuve ? A propos de l’autotraduction de «Doomi Golo» de Boubacar Boris Diop», Études littéraires africaines, 2018 Vol. 46, pages 45-57 ;
NISSIM (Liana) «Vivre et écrire dans l’odeur de la mort : L’Afrique au-delà du miroir et Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop», Altre Modernità, octobre 2010, n°4, page 211 ;
NISSIM (Liana), «Fables, énigmes, paraboles : les contes allégoriques des « Petits de la guenon», Etudes françaises, 2019, Vol 55, n°3, pages 73-90 ;
SARR (Bacary), «Boubacar Boris Diop et Henry Bauchau : Revisiter le mythe pour guérir de l'histoire?», Études de Lettres, 2008, Vol. I, 2008, pages 71-83 ;
SARR (Bacary), «Fiction et savoir dans l'œuvre romanesque de Boubacar Boris Diop», dans L'Afrique au miroir des littératures, des sciences de l'homme et de la société : Mélanges offerts à V. Y. Mudimbe, Paris : L’Harmattan, 2003, pages 429-439 ;
SEMUJANGA (Josias), «Boubacar Boris Diop, au-delà de la vanité d’écrire, Littérature française, 2019, Vol. 55, n°3, pages 13-26 ;
SEMUJANGA (Josias), «Murambi et Moisson de crânes ou comment la fiction raconte un génocide», Etudes françaises, 2019, Vol 55, n°3, pages 91-108 ;
SEMUJANGA (Josias), «Murambi le livre des ossements et la question du jugement», Présence francophone, 2006, Vol. 67, pages 92-113 ;
SEYE (Serigne), «Bammelu Kocc Barma de Boubacar ou comment écrire un roman postmoderne en ouolof», Etudes littéraires africaines, 2016, n°46, pages 31-43 ;
SEYE (Serigne), «De la solitude du personnage écrivain à la solidarité. L’engagement esthétique et politique dans les romans de Boubacar Diop [Le cavalier et son ombre]», dans Galyna Dranenko, Françoise Hanus et Nina Nazarova, sous la direction de, Solitaire et solidaire. Création et engagement à l’oeuvre dans la littérature, Paris, L’Harmattan, 2018, pages 115-128 ;
SEYE (Serigne), «La théâtralité du récit romanesque ou la tentation du théâtre chez Boubacar Diop», in textes réunis par Andrea Cali, Regards comparés sur la littérature, Alliance française, Lecce, 2017, n°21, pages 251-272, doc UCAD ;
SEYE (Serigne), «Le temps de Tamango de Boubacar Boris Diop. Une réécriture postcoloniale d’une nouvelle de Mérimée», in Cahiers Mérimée, 2017, n°9, pages 131-199, doc UCAD 
SEYE (Serigne), «Les écrits journalistiques de Boubacar Diop : un métadiscours sur la littérature africaine», Etudes littéraires africaines, 2019, n°48, pages 149-163 ;
SOB (Jean), «Fiction et savoir dans l'œuvre romanesque de Boubacar Boris Diop», in L'Afrique au miroir des littératures, des sciences de l'homme et de la société : Mélanges offerts à V. Y. Mudimbe, Paris, L’Harmattan, 2003, pages 429-439 ;
THIEL (Véronika), «L’autoréflexion dans Le Temps de Tamango entre relativisme postmoderne et urgence d’engagement», Boubacar Boris Diop, Lecce, Interculturel, Alliance Française, 2010, Vol 8, pages 127-148 ;
VOLET (Jean-Marie), «A l’écoute de Boubacar Boris Diop», Mots pluriels, février 1999, n°9 ;
WATTARA (Mamadou), «Murambi de Boubacar Boris Diop : l’écriture testimoniale», Nouvelles études francophones, printemps 2013, Vol 28, n°1, pages 102-116 ;
Paris, le 26 octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Boubacar Boris DIOP, un intellectuel sénégalais, panafricaniste, nationaliste et anticolonialiste, un écrivain de la mémoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Boubacar Boris DIOP, un intellectuel sénégalais, panafricaniste, nationaliste et anticolonialiste, un écrivain de la mémoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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«Boubacar Boris DIOP, un intellectuel sénégalais, panafricaniste, nationaliste et anticolonialiste, un écrivain de la mémoire» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 octobre 2022 6 08 /10 /octobre /2022 19:38
«Olivier D., chanteur dans le métro parisien et son «Mind Traveller»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Parisien de Danthiady, voyageur immobile, j'ai toujours été fasciné par le métro parisien, ses 14 lignes et ses 303 stations. Je ne parle pas de ce personnage de «Zazie dans le métro» de Raymond QUENEAU (1903-1976) et ses fréquentations douteuses, mais de cet extraordinaire lieu de vie où grouille un monde souterrain. Résidant dans le 19ème et travaillant dans le 12ème arrondissement, la station de métro République est un passage obligé. Loin d'être attiré par ce monde foisonnant et ses bousculades, j'aime observer ce monde du souterrain et ses rencontres aussi furtives parfois qu’insolites.
On entend au loin cette voix puissante et mélodieuse, de rockeur, digne d'un bluesman de Olivier D., un musicien souvent installé dans un couloir du métro République, sur la ligne 9. Olivier fait partie de cette minorité invisible, comme les quémandeurs, presque tout le monde passe sans les voir. Pourtant, Olivier D. a une voix qui porte et attire l’attention des passants.
Né à Marseille le 6 août 1980, Olivier D., dont le père est un militaire, après notamment Metz, Grenoble, Tahiti, ce «Mind Traveller», et des voyages, travers plus de 35 pays, plus de 200 concerts, s’est installé à Paris depuis 22 ans. Olivier, après un BTS en commercial international, avait commencé à monter des Start-up, autour du football. Cependant, sa grande passion, c’est la musique. Il appris l’anglais en regardant la série télévisée, «Friends», et a séjourné aux Etats-Unis. Sa femme étant ukrainienne, la principale langue de communication est de communication reste encore l’anglais. Naturellement, il a pris fait et cause pour le peuple ukrainien, dans cette guerre l’opposant au Tsar des Russies.
Olivier est doté d’un vaste répertoire en Rock : Rolling Stones, les Doors, Jimi Hendrix, etc et de Folk Lou Reed, Chris Isaak, Damien Rice, etc. Depuis 2014, il a sorti différents albums et en mars 2018, «See You In Another Life», sous le nom The Mind Traveller, dans un style Indie folk-rock. Il a sorti, en mai 2022, une nouvelle chanson, «The Red Butterfly».
Olivier chante depuis plus de 12 ans dans le métro parisien. «On me demande fréquemment, pourquoi je chante dans le métro. Une des principales raisons, en dehors du fait que j’y prends plaisir, est cela m’aide à financer les enregistrements de mes compositions originales. Bizarrement, je chante surtout des reprises dans le métro, parce qu’elles permettent de toucher, plus facilement, les passants» dit Olivier D.
Olivier a du talent. Aussi, l’émission de musique, «The Voice» a grand intérêt à auditionner, rapidement, cet artiste expérimenté et doté d’un grand et immense potentiel.
Paris, le 8 octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
«Olivier DOMENGIE, chanteur dans le métro parisien et son «Mind Traveller»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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6 octobre 2022 4 06 /10 /octobre /2022 21:41
«Annie ERNAUX, Prix Nobel de littérature. Entre Conformisme et Subversion» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Annie ERNAUX, une française, est récipiendaire du Prix Nobel de littérature 2022, «pour le courage et l’acuité avec laquelle elle découvre les racines, les éloignements et les contraintes collectives de la mémoire personnelle. Annie Ernaux croit en la force libératrice de l’écriture. Son travail est sans compromis et écrit dans une langue simple, épurée» écrit le jury Nobel. Au centre de ses obsessions, se situe la mémoire, c’est-à-dire ce qui reste de ce qui a été et qui n’est plus. Sans jugement, sans métaphore, écrire n’est pas seulement qu’une simple passion, c’est raconter et fournir un miroir de la réalité, dans un monde de différenciation sociale. : «Les trois premiers romans d’Annie Ernaux reviennent de façon remarquable sur cette double fin corrélée du peuple et du mythe ouvrier, et son remplacement par d’autres modèles» écrit Nelly WOLF. Dans un souci de mobilité sociale, il s’agit d’écrire la vie, tout en étant séparé des autres, d’être au milieu des autres. Chacun peut, à travers un destin singulier, se retrouver dans les écrits d’Annie ERNAUX : «Je suis traversée par les gens, leur existence, comme une putain» dit-elle «Soi-même, comme un autre» dit Paul RICOEUR (1913-2005). En effet, Annie ERNAUX remet en question la littérature académique, et l’ordre des choses que celle-ci présuppose, en intégrant les multiples registres de la culture, de la contre-culture ou des cultures parallèles et en entretenant la conscience du légitime et de l’illégitime. Entre conformisme et subversion, divers thèmes traversent sa contribution littéraire au carrefour de la sociologie, la politique et la culture : la faute, la culpabilité, le désir, la perte, la préservation, le salut, la dette, le don de soi, l’adultère, la peur, la liberté de ton et de style, la transgression, la déchéance physique ou mentale, les inégalités sociales, un féminisme atypique et le vide. «L’acquisition du savoir intellectuel allait, va toujours, avec certaines façons de parler, de se comporter, certains goûts, une distinction d’ordre social. Cette accession au savoir s’accompagne d’une séparation. Au fond, je ne m’y résous pas, à cette séparation, c’est peut-être pour ça que j’écris» dit-elle dans «le vrai lieu». Mère, femme, mariage malheureux et écrivaine, elle a dépassé et profondément transformé l’héritage de la philosophie existentialiste de Simone de BEAUVOIR (1908-1986), issue d’une bourgeoisie déclassée. Annie ERNAUX revendique un féminisme atypique, avec un constat de l’impuissance du discours philosophique ; elle met en valeur l’écriture de la vie, et met en place une vision de la condition féminine par le moyen d’une écriture narrative, autobiographique, appartenant à une gauche non-communiste, refusant une théorisation trop marquée, voire trop intellectualisée. Pour Elise HUGENY-LEGER, une de ses biographes, Annie ERNAUX est «avant tout transgressive, dans le sens où elle remet en question les frontières entre soi et les autres, mais aussi entre genres et codes culturels, autobiographie et invention, espaces publics et privés, individuel et collectif, réalité et fiction, émotion et retenue, histoire et Histoire, objectivité et subjectivité» écrit-elle.
Prix Renaudot, pour «la Place» en 1984, Annie ERNAUX, influencée dans une certaine mesure par Pierre BOURDIEU (1930-2002), à travers le concept de «mal-être social», est classée, dans l’échiquier politique, à gauche. Ce n’est pas un engagement au sens sartrien du terme ; sa littérature n’est pas instrumentalisée et réduite au service d’une cause. Cependant, Annie ERNAUX  «se met en gage pour dire le monde, c’est précisément en tant qu’écrivaine : dans la recherche, toujours renouvelée, d’une forme capable de modifier la perception du monde qui est le nôtre» écrivent Thomas HUNKELER et Marc-Henry SOULET. Entre littérature, sociologie et histoire, Pierre-Louis LEFORT, estime qu’Annie ERNAUX se situe dans «un engagement d’écriture». Ayant accueilli, favorablement, le concept de «racisé», appartenant à la Gauche non-communiste, elle avait soutenu, en 1981, François MITTERRAND (1916-1996), s’était rendue au Chili, sous Salvador ALLENDE (1908-1913), proche du mouvement des Gilets Jaunes, Annie ERNAUX a rendu un vibrant hommage à François MASPERO (1932-2015), un éditeur anticolonialiste (voir mon article). Très jeune, ses parents des commerçants ne voulaient entendre parler de politique, redoutant de perdre leurs clients. L’engagement politique est arrivé vers 18 ans, en 1958 : «Grâce à mon professeur de philosophie, Janine Bertier, une femme formidable qui avait emmené notre classe de 25 filles s’occuper d’une famille d’Algériens. Ils vivaient dans des baraquements à Rouen, la femme ne savait pas écrire ; elle a perdu encore une petite fille en bas âge. Notre professeur nous a faites comprendre que le mari versait une cotisation au FLN. C’est là que j’ai changé, du jour au lendemain. J’ai compris qu’ils avaient raison de se révolter. Ma politisation est passée par le concret, l’influence de cette prof à la fois catholique et marxiste. C’était une ouverture au monde» dit-elle au journal «L’Humanité». Lors du confinement, en 2020, le président Emmanuel MACRON avait promis à la sortie de la pandémie, d’engager un dialogue avec tous les acteurs de la société en vue d’un «Monde d’Après». Et comme les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent : «Prenez garde, Monsieur le Président, aux effets de ce temps de confinement, de bouleversement du cours des choses. C’est un temps propice à la réflexion, aux interrogations, un temps pour imaginer un nouveau monde. Pas celui que vous n’aviez de cesse de vanter et dont on peut redouter, à certains signes, la reprise sans délai» écrit-elle, dans «Monsieur le Président».
En particulier, dans ses écrits, Annie ERNAUX revendique sa proximité avec les vaincus et notamment les banlieusards : «Dans l'enfance j'ai vécu parmi ces gens- la, les exclus, les alcooliques. Il reste toujours cette peur. Moi aussi je pourrais retomber dans la pauvreté. Cela ne m'a jamais quitté. Qu'est-ce qui me sépare d'eux ? Tout le malheur du monde, vivre et non-vivre sont toujours présents en moi comme un reproche. Je n'arrive pas à ne pas les voir [les mendiants]. Je leur donne quelque chose quelquefois. Il y a aussi cet étonnement de m'en être sortie. Ces gens, ils sont proches de moi» dit-elle à Claire-Lise TONDEUR. Cependant, Annie ERNAUX se défend d’être une intellectuelle engagée «Je n'ai jamais pensé utiliser le terme «écrivain engagée» pour me d6finir, tellement il est clair qu'écrire est pour moi une activité qui a pour finalité une action sur le monde. Non pas enchanter les lecteurs, les transporter dans un univers insolite, inquiétant ou heureux, entrainer le lecteur dans «l’effarement du réel». Faire voir ce qu'on ne voyait pas et que moi-même je ne voyais pas avant d'écrire, dont l'impact réel m'échappe aussi. Mais l'important, c'est d'essayer d'apporter un peu plus de vérité» dit-elle à Pierre-Louis FORT. Issue d’un milieu relativement modeste, Annie ERNAUX, devenue une intellectuelle aisée, est persuadée que l’éducation et l’acquisition du savoir lui ont permis de saisir le fossé séparant les milieux dominants et dominés, ceci en tous points : langage, culture, savoir, ambitions, mais également rapports entre hommes et femmes.
Si elle a écrit quelques romans, les ouvrages d’Annie ERNAUX sont essentiellement autobiographiques : «J’ai cherché une forme littéraire qui contiendrait toute ma vie. Elle n’existait pas encore. Je récuse l’appartenance à un genre précis, roman et même autobiographie. Autofiction ne me convient pas non plus» dit-elle. Annie ERNAUX revendique, pourtant, de faire des «auto-sociographiques», dans une démarche de rénovation de la littérature. «Je ne cherche jamais à faire pleurer. J’écris sur des choses qui me touchent depuis longtemps, des thèmes, des questions, des douleurs, que la psychanalyse appellerait « indépassables » – que ce soit la mort d’un père, d’une mère, un avortement, un sentiment de honte… Ces choses sont enfouies et j’essaie de les mettre au jour, mais d’une façon qui ne soit pas seulement personnelle. Il s’agit de sortir de moi-même, de regarder ces choses et de les objectiver. Écrire, c’est rechercher le réel parce que le réel n’est pas donné d’emblée. C’est un acte politique» dit-elle à Raphaëlle REROLLE. En effet, «Écrire la vie. Non pas ma vie, ni sa vie, ni même une vie. La vie, avec ses contenus qui sont les mêmes pour tous mais que l'on éprouve de façon individuelle : le corps, l'éducation, l'appartenance et la condition sexuelles, la trajectoire sociale, l'existence des autres, la maladie, le deuil» écrit-elle. Annie ERNAUX, née DUCHESNE le 1er septembre 1940, à Lillebonne (Seine-Maritime), a passé toute sa jeunesse à Yvetot, en Normandie. Après l’école libre, le pensionnat de Yvetot, le lycée Jeanne d’Arc à Rouen, Annie ERNAUX poursuit des études de Lettres à Rouen et  à Bordeaux.
Dans les «Armoires vides» son premier roman, Annie ERNAUX évoque son enfance. Le titre est un clin à une citation «J’ai conservé de faux trésors dans une armoire vide » écrit de Paul ELUARD (1895-1952) dans «la chose publique». En effet «je crois que j’ai pensé très tôt que je ne resterais pas à Yvetot. Je rêvais de voyage, je rêvais de chaleur aussi. Le pays de Caux n’est pas très ensoleillé ; c’est beaucoup de pluie... Yvetot, c’était la pluie, le vent. Toutes mes vacances, jusqu’à 18 ans, je les ai passées à Yvetot. À lire, à «monter en ville» de temps en temps. À 15 ans, pour y rencontrer des garçons, entreprise risquée à cause de la surveillance parentale. Au fond, la solitude. La solitude dans ma chambre avec la lecture, pas grand-chose d’autre» dit-elle dans «le vrai lieu». Ses parents d’abord ouvriers, tiennent une épicerie et par la suite un café. La relation avec son père, Alphonse DUCHESNE (1899-1967), de culture ouvrière et paysanne, semble distendue, notamment à l’adolescence : «Il n’osait plus me raconter des histoires de son enfance. Je ne lui parlais plus de mes études. Sauf le latin, parce qu’il avait servi la messe, elles lui étaient incompréhensibles et il refusait de faire mine de s’y intéresser, à la différence de ma mère. l s’énervait de me voir à longueur de journée dans les livres, mettant sur leur compte mon visage fermé et ma mauvaise humeur. La lumière sous la porte de ma chambre le soir lui faisait dire que je m’usais la santé» écrit-elle. Son livre, «je ne suis pas sortie de ma nuit», est consacré à la relation de complicité avec sa mère, Blanche DUCHESNE (1906-1986). Sa mère, une femme progressiste, féministe et catholique, voulant s’élever lisait beaucoup. Ses belles-sœurs, qui ont fait de bons mariages avec des bourgeois, la considéraient comme une «fille d’usine». Tout en étant aimante et ouverte, sa mère était dure et autoritaire ; les claques, pour une moindre peccadille, arrivaient très vite. Après la mort de son père, Annie ERNAUX a recueilli sa mère chez elle, d’abord à Annecy puis à Cergy-Pontoise. Sa mère voyant le couple se déchirer et proche du divorce rentra en Normandie : «Ma mère a été atteinte de la maladie d'Alzheimer au début des années 80 et placée dans une maison de retraite. Quand je revenais de mes visites, il fallait que j'écrive sur elle, son corps, ses paroles, le lieu où elle se trouvait. Je ne savais pas que ce journal me conduirait vers sa mort, en 86» écrit-elle dans son roman, «La Place».
Agrégée de lettres modernes, Annie ERNAUX a enseigné à Bonneville Annecy, Pontoise et au Centre national d'enseignement à distance. Elle vit dans le Val-d'Oise, à Cergy. Mettant en scène une intimité et un quotidien vécu, dans une certaine démarche de sociologue et de journaliste, Annie ERNAUX dans le rapport Paris et sa banlieue, un espace où se dissolvent les antagonismes traditionnels entre la ville et la campagne, l’individu et la foule. Ainsi, dans son roman, «Regarde les lumières, mon amour», paru en 2014, pendant un an, Annie ERNAUX a tenu le journal de ses visites à l'hypermarché Auchan du centre commercial des Trois Fontaines situé en région parisienne. «Voir pour écrire, c'est voir autrement», écrit-elle. On redécouvre en effet à ses côtés le monde de la grande surface. Loin de se résumer à la corvée des courses, celle-ci prend dans ce livre un autre visage : elle devient un grand rendez-vous humain, un véritable spectacle. Avec ce relevé libre de sensations et d'observations, l'hypermarché, espace familier où tout le monde atteint la dignité de sujet littéraire. Dans «l’usage de la photo» Annie ERNAUX s’insurge contre la violence symbolique inhérente au voyeurisme dans le spectacle qu’offrent les émissions de télé réalité. Annie ERNAUX dresse des portraits en milieu prolétaires.
Dans son apprentissage à l’écriture, elle fait recours à l’immersion et a besoin de faire appel à la mémoire sensible «C’est par l’école et surtout les livres que j’ai acquis le français légitime, correct, le beau langage. J’écris avec ce langage-là, mais il me donne toujours un sentiment d’irréalité. Je voudrais qu’il y ait dans les mots de ce langage la même force, le même corps en somme, que dans le langage que j’ai abandonné. Celui de mon premier monde, du quartier. ’ai besoin, pour capter le réel, que les mots soient vraiment comme des choses, des objets» dit-elle.
Etudiant le rapport au temps et à l’écriture, dans son roman écrit à la première personne, «le jeune homme», paru en 2002, en quelques pages, à la première personne, Annie ERNAUX raconte une relation vécue avec un homme de trente ans de moins qu’elle. Une expérience qui la fit redevenir, l’espace de plusieurs mois, la «fille scandaleuse» de sa jeunesse. Un voyage dans le temps qui lui permit de franchir une étape décisive dans son écriture.
Mariée en 1964, à Philippe ERNAUX (1943-2009), un étudiant de Sciences Po, rencontré en 1963, le couple se sépare, en 1980, après 17 années de vie commune. Ils ont eu deux  fils, Éric et David ERNAUX-BRIOT, né en 1968, auteur d’un long métrage, «les années Super 8» concernant les archives filmées entre 1972 et 1981, de la famille.
Annie ERNAUX n’appréhende pas le temps qui passe. Vieillir, c’est un changement de regard sur son passé «Je suis heureuse d’exister en écrivaine» dit-elle.
 
Brèves références bibliographiques
I – Contribution littéraire d’Annie ERNAUX
ERNAUX (Annie), Ce qu’ils disent ou rien, Paris, Gallimard, 1977. 176 pages ;
ERNAUX (Annie), Une femme, Paris, Gallimard, 1987, 112 pages ;
ERNAUX (Annie), Ecrire la vie, Je ne suis pas sortie de ma vie, Paris, Gallimard, 1996 120 pages ;
ERNAUX (Annie), Hôtel Casanova et autres textes brefs, Paris, Gallimard, 2020, 96 pages ;
ERNAUX (Annie), Journal du dehors, Paris, Gallimard, 2016, 106 pages ;
ERNAUX (Annie), L’atelier noir, Paris, éditions des Busclats, 2015 et l’Atelier noir en 2022,  180 pages ;
ERNAUX (Annie), L’autre fille, Paris, Nil éditions, 2011, 80 pages ;
ERNAUX (Annie), L’écriture comme un couteau, entretien avec Pierre-Yves Jeannet, Paris, éditions Stock, 2003, 160 pages ;
ERNAUX (Annie), L’évènement, Paris, Gallimard, 2011, 128 pages ;
ERNAUX (Annie), L’usage de la photo, avec Marc Marie, Paris, Gallimard, 2005, 208 pages ;
ERNAUX (Annie), La femme gelée, Paris, Gallimard, 2011, 181 pages ;
ERNAUX (Annie), La honte, Paris, Gallimard, 1997, 141 pages ;
ERNAUX (Annie), La Place, Paris, Gallimard, 1984, 128 pages ;
ERNAUX (Annie), La vie extérieure. 1993-1999, Paris, Gallimard, 2000. 147 pages ;
ERNAUX (Annie), Le jeune homme, Paris, Gallimard, 2022, 48 pages ;
ERNAUX (Annie), Les Années, Paris, Gallimard, 2008, 253 pages ;
ERNAUX (Annie), Les armoires vides, Paris, Gallimard, 1974, 181 pages ;
ERNAUX (Annie), Mémoires de jeune fille, Paris, Gallimard, 2016, 160 pages ;
ERNAUX (Annie), Monsieur le Président, Paris, Gallimard, 2020, Tract de crise n°29, 9 pages ;
ERNAUX (Annie), Passion simple, Paris, Gallimard, 1994, 76 pages ;
ERNAUX (Annie), Regarde les lumières, mon amour, Paris, éditions Raconter la vie, 2014, 71 pages ;
ERNAUX (Annie), Retour à Yvetot, Paris, éditions du Mauconduit, 2013, 78 pages ;
ERNAUX (Annie), Se perdre, Paris, Gallimard, 2001, 376 pages ;
ERNAUX (Annie), Un vrai lieu, entretien avec Michelle Porte, Paris, Gallimard, 2014, 101 pages ;
ERNAUX (Annie), «Bourdieu, le chagrin», Le Monde, 6 février 2002.
II – Autres références
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Paris, le 6 octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 21:10
«Youssou NDOUR, musicien sénégalais, roi du M'Balax et artiste engagé» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Roi de la «World Music» et du «M'Balax», une musique sénégalaise ouolof mêlant tradition et modernité, sa voix magique et envoutante, Youssou NDOUR est un artiste porteur d’une espérance pour la jeunesse, un homme d'affaires très avisé, un patron de presse ; il est particulièrement engagé dans différentes causes politiques et humanitaires. Une des marques de fabrique de Youssou N'DOUR, c'est son grand professionnalisme, sa rigueur et son ardeur au travail, pour se hisser au sommet et se donner les moyens de s'y maintenir durablement. Par ailleurs, alors que pour l'essentiel les artistes sénégalais sont établis à l'étranger, Youssou N'DOUR ramène tout au Sénégal ; il a choisi de créer son studio de musique et d'avoir comme base principale le territoire sénégalais. Pour Youssou N’DOUR, «la plus belle voix» suivant Peter GABRIEL, croyant en l’Afrique, il est habité par une farouche détermination : résider dans son pays à Dakar, ne peut nullement être un obstacle insurmontable à la conquête du monde. «L'Afrique, ce n'est pas seulement la guerre, les maladies ou la famine, en Afrique, il y a des buildings, des belles voitures, des soirées, de la vie et du sourire» dit avec fierté, cet illustre sénégalais qu’est Youssou N’DOUR. En effet, pour lui, l’Afrique reste profondément maternelle «J’ai toujours eu besoin d’être auprès de ma mère. Je n’ai rien contre ceux qui sont partis de leur pays pour vivre ailleurs, certains ont ainsi réussi davantage, ils ont pris des raccourcis. Mais ma musique avait besoin du Sénégal. Et voir ma mère, ma famille, c’est le plus important. Dieu sait pourtant qu’il y a eu des tentations, des propositions. J’ai énormément voyagé, je fais toujours beaucoup d’allers et retours» dit Youssou N’DOURIl a donc «gravi la montagne raciale» en référence à un texte de Langston HUGHES (1902-1967, voit mon article), en restant au pays. Il est vrai aussi que ses rencontres avec Peter GABRIEL et en particulier, en 1994, avec Neneh Marianne KARLSONN, dite Neneh CHERRY, une artiste suédoise, notamment son tube «Seven Seconds» lui ont donné une visibilité et une notoriété internationales. «J’ai la chance de venir du Sénégal avec une musique populaire, presque traditionnelle, le mbalax, originaire du folklore, et que notre génération a modernisée, urbanisée. Et dès les années 1990, j’ai rencontré des artistes extraordinaires comme Peter Gabriel, Paul Simon, avec lesquels nous avons créé ce que l’on appelle la «world music». Il faut comprendre que celle-ci ne vient pas forcément d’Afrique. Elle est la jonction de beaucoup de musiques : africaines, anglo-saxonnes, asiatiques… J’ai donc mené deux carrières, avec ces deux courants, que je vis et crée avec la même passion» dit-il à Afrique Magazine.
Youssou N'DOUR, comme Baaba MAAL (voir mon article sur cet artiste peul), sont à la base d'une nationalisation de la musique sénégalaise. En effet, aux indépendances ce sont les musiques des Noirs américains, des Cubains, des Guinéens et des Maliens qui avaient monopolisé et colonisé la scène musicale sénégalaise. Laye M’BOUP (1937-1975), un artiste nationaliste de l'ère senghorienne (voir mon article, Laye M’BOUP, un musicien hors pair), disparu prématurément et tragiquement le 23 juin 1975, avait engagé de redonner, au riche folklore sénégalais, toutes ses lettres de noblesse. Youssou N'DOUR a donc repris ce flambeau de ce «Sénégal, un Grand petit pays», en référence au titre de mon troisième livre et l'a porté et maintenu encore très haut.
«Qu'est-ce qu'une vie réussie ?» s'interroge le philosophe français, Luc FERRY. «Qu’est-ce qu’une bonne vie ?» tel est aussi le titre d’un ouvrage de Judith BUTLER. Une vie réussie serait donc l’abolissement du temps en vivant ses rêves. Youssou N’DOUR, comme Baaba MAAL, très jeunes, ont abandonné les études, pour devenir musiciens. Si le Sénégal est un «Grand Petit Pays», c'est après tout dans grande diversité et sa tolérance, l'exceptionnelle qualité de sa population. «Nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons des idées» disait, fort malicieusement, le président Valéry GISCARD D'ESTAING. J'ai essayé de valoriser et de mettre exergue, dans mon livre, «le Sénégal, un Grand petit pays», que la principale richesse d'une Nation, sa grande valeur ajoutée, c'est la qualité de sa population. Le Sénégal, c'est le premier député à l'assemblée nationale française, ce sont Tirailleurs sénégalais qui ont porté le combat de l'égalité et l'émergence des idées d'indépendance, c’est Battling SIKKI, ou Amadou M’Barick FALL, le premier champion du monde de boxe en 1924, ce sont des académiciens, deux prix Goncourt, des champions d'Afrique, un Pharaon des temps modernes, une démocratie exemplaire avec des élections libres et transparentes à échéances régulières ainsi que déjà deux grandes alternances, etc. C'est pour cela que je me révolte parfois contre la critique facile, devant parfois des sujets complexes. Or, on a tendance dès que quelqu'un émerge, au de l'encourager et de le soutenir, à le dénigrer par des critiques simplistes et sans aucun intérêt.
En particulier, ce qui fait le rayonnement du Sénégal, c'est aussi, et surtout, la qualité exceptionnelle de ses artistes valorisant son patrimoine culturel et portant son message, à travers la musique à des endroits inaccessibles pour la classe politique. Partout, à travers le monde, on connait les noms des grands artistes sénégalais, mais il est probable que peu d’Occidentaux connaissent les noms et les prénoms du Président du Sénégal et de son Premier ministre. Encore que j’ai reçu beaucoup de félicitations, et de sollicitations à la nomination le 17 septembre 2022 de Amadou BA, premier ministre. Comment peut-on être Premier ministre du Sénégal avec résidence à Paris ? Youssou N’DOUR lui est une star planétaire.
Les principes et valeurs que défend Youssou N’DOUR à bien des égards me conviennent parfaitement. Né le 1er octobre 1959, à la Médina, un quartier populaire de Dakar, à force de travail et d'abnégation, Youssou N’DOUR, un autodidacte, est un exemple pour la jeunesse. «J’ai  étudié à l’école du monde» dit-il. Le talent est multiple, il n'y a pas que les diplômes ou l'exil qui permettent de s'en sortir et de réussir. Chaque dispose d'un potentiel et des capacités, à force de travail, de discipline et de rigueur, on peut s'en sortir. Mme Adja N'Dèye Sokhna M’BOUP, la mère de Youssou N’DOUR, une griotte métisse ouolofe et peule, lui a transmis le goût de la musique et la conservation des valeurs traditionnelles. Il a aussi apprécié sa cuisine et en a tiré en 2004, un livre. Son père Elimane NDOUR, un ouvrier, d'origine Sérère, a l'esprit ouvert, après des hésitations a bien fin par comprendre très tôt qu'il fallait encourager, le jeune Youssou, dans sa vocation naissante de musicien, à l’âge de 13 ans. après l’école primaire au camp militaire Samba Diéri Diallo et à Joal, décidant d'intégrer la troupe théâtrale «Sine Dramatique», il est remarqué par Pacheco,  un musicien du «Dounia Orchestra », qui le recommande auprès du «Diamono» de Charlie DIOP et attendra son heure de gloire. Alors qu’il est encore mineur, il rend à une tournée, en Gambie, avec le «Diamono», sans aviser ses parents. Sans le corriger, son père le sermonne sévèrement.
Youssou N’DOUR a réussi à vaincre les réticences de ses parents, très pieux, ne souhaitant pas que leur rejeton bascule dans une vie dissolue ; ils voulaient qu’il travaille dans un bureau : «Je viens d’une famille griotte, du côté de ma mère. Les griots sont des conteurs, des chanteurs. Il y avait un conflit, mon père voulait que je continue mes études car ni lui ni ma mère n’avaient eu cette opportunité. Mais j’avais cette passion de chanter. Et quand après, ça devient votre métier, «You are a happy man ! ». Même si cet héritage ne suffit pas, il faut beaucoup travailler. Et j’ai fait des rencontres extraordinaires, vécu des expériences, j’ai voyagé un peu partout au niveau sonore. Cela a enrichi ma musique» dit-il à Afrique Magazine. De 1975 à 1979, Youssou N’DOUR, démarre chez Ibra KASSE, au «Star Band». En 1979, avec El Hadji FAYE, ils montent le groupe «l’Etoile de Dakar» ; un de ses grands succès est «Xalis» ou l’argent. A la suite de dissensions, Youssou N’DOUR part en solo et créé le «Super Etoile» en référence à un compliment d’un animateur, Claude GUEYE, l’ayant qualifié de «Super Etoile».  Les succès distribués par les éditions Madingo,  s’enchaînent : «ventilateur», «Walo Walo», «Nadakaro», «Indépendance». Devenu homme d’affaires, il est propriétaire d’un Club, «le Thiossane». Sa venue en France a été tardive, en 1984, mais finalement fructueuse «La première fois que je suis venu en France, en 1984, j’étais invité par l’Association des chauffeurs de taxis sénégalais à Paris. Avec mon orchestre, nous avons donné un concert à la mairie du 14ème arrondissement. Je m’en souviens très bien ! Le lendemain, avec l’argent gagné, on a loué un studio d’enregistrement, et c’est là que j’ai enregistré mon premier album, Immigrés. Beaucoup d’artistes comme Jacques Higelin, Peter Gabriel l’ont écouté et adoré. Ils m’ont alors invité, j’ai découvert ce monde, jusqu’à ce que la world se crée autour de nous» dit-il. C’est en 2000 qu’il entame à New York puis à Paris la série des «grands bals», cette sorte de concerts géants où l’on danse comme dans une boîte de nuit, dans son club à Dakar, «Thiossane».
Youssou N’DOUR a modernisé et popularisé la musique «M’Balax» Cependant, d’une dimension festive, et parfois débridée, la musique de Youssou N’DOUR recèle de puissants messages. En effet, du lieu de capitaliser individuellement son succès, Youssou N’DOUR a fait de sa musique une véritable entreprise nationale au service de nombreuses initiatives humanitaires panafricaines. Le populaire, «Boy Dakar», Youssou Madjiguène, est fortement engagé dans différentes causes politiques, humanitaires et sociales. «La musique sert aussi à mener des combats» dit-il le 2 juillet 2022 au journal «Le Dauphiné libéré». Peu de gens ont prêté attention aux paroles de la chanson, «7 Seconds» qui l’a rendu célèbre : «J'assume les raisons qui nous poussent de changer tout. J'aimerais qu'on oublie leur couleur pour qu'ils espèrent. Beaucoup de sentiments de races qui font qu'ils désespèrent. Je veux les deux mains ouvertes. Des amis pour parler de leur peine, de leur joie. Pour qu'ils leur filent des infos qui ne divisent pas. Changer. Que ce qui est en toi est en moi, ce qui est en moi est là pour les aider. Voyous et ignorance. Nous devrions nous bouger, loin de ceux qui pratiquent les mauvais sorts. Pour le soleil et la pierre. Mauvais jusqu'au sang. La bataille n'est pas finie. Même quand elle est gagnée. Et quand un enfant naît dans ce monde. Il n'a aucun concept. Que la couleur de la peau déterminera son destin» chante Youssou N’DOUR en duo avec Neneh CHERRY.
«Le M’Balax, ça raconte notre société, ce que nous vivons» dit Youssou N’DOUR, évoquant dans ses chansons, les joies, les peines et les espérances d’un pays, d’un continent et ses diasporas. Artiste de renommée internationale, il ambitionne de faire passer, à l’Afrique et au monde, les messages qu’il juge essentiels et estime que sa culture n’est pas assez valorisée. En effet, «la musique c’est une force pour faire avancer les choses» dit-il à la Marseillaise. Aussi, dans sa chanson, «Set Setall», invitant chacun à balayer dans son cœur et sa rue, Youssou N’DOUR en appelle au civisme. Tous les Sénégalais sont embarqués dans la même pirogue, chacun devrait apporter sa pierre à l’édifice de la Nation. «Le Sénégal a besoin d’une Renaissance» dit-il. Dans sa chanson en peul, «Roku», vivre dans un même pays, «c’est prendre et donner». Abdourahmane NIANG, un de ses biographes, Youssou N’DOUR «est un patrimoine mondial qui a prêché par l’exemple en exerçant son leadership dans le domaine économique avec la création d’entreprises où de jeunes Sénégalais travaillent». Par ailleurs, tel un baobab, Youssou N’DOUE «s’enracine et fait montre de persévérance pour réussir tout ce qu’il entreprend ; il est un modèle, notamment de réussite sociale» dit M. NIANE. Youssou N’DOUR, dont le père est Sérère, valorisant les cousinage à plaisanterie avec les Peuls, dans «Sama Gammu», a chanté la dignité et la fierté de cette ethnie, à travers sa chanson «Pullo Ardo» : «C’est selon moi l’ethnie la plus nombreuse et la plus ancienne de l’Afrique, et ils sont très présents dans le nord du Sénégal. Je leur rends hommage. Car ils vivent une vie saine et simple, ils se contentent de peu, n’ont pas toutes ces choses modernes. Tout ce dont ils ont besoin, ils le trouvent sur leur terroir. Il y a des gens qui ont besoin de peu pour être contents» dit-il à Afrik.com.
Youssou N’DOUR, dans son engagement, à la base du mouvement «Fekké Maci Boolé», ou «je suis engagé», s’était engagé dans la bataille des présidentielles de 2012, contre un troisième mandat de Abdoulaye WADE. N’ayant pas pu obtenir les parrainages nécessaires, l’artiste a rallié Macky SALL. Aussi, il a été Ministre de la culture et du tourisme, du 4 avril 2012 au 29 octobre 2012 et Ministre du Tourisme et des loisirs du 29 octobre 2012 au 2 septembre 2013. Youssou N’DOUR est également un patron de presse. Il est le propriétaire du groupe Futurs Médias contrôlant l’Observateur, Radios Futurs Médias, une chaîne de télévisions et une imprimerie.
Youssou N’DOUR, le 13 février 2005, a été récompensé d’un Grammy Award, pour son album, «Egypt», meilleur musique du monde et a eu deux disques d’Or. Il a produit plus de 55 albums de musique. En dépit de son immense talent artistique, sa réussite sur le plan des affaires, Youssou N’DOUR, est resté fondamentalement lui-même, un homme discret, «cultivant son jardin», pour reprendre un expression de Candide de Voltaire. Loin de l’image de certains Sénégalais vaniteux, qui se la pètent, Youssou N’DOUR est resté fort humble en faisant un bilan critique de sa vie d’artiste. Pour lui, sa plus grande fierté, a été l’accueil du public, lors d’un concert en 1989, en Inde, à New Delhi. Il est en compétition, dans un concert de 100 000 personnes, avec de grands artistes comme Tracy CHAPMAN, Sting, Peter GABRIEL et Bruce SPRINGSTEEN : «Je n’étais pas connu dans ce pays. Je devais ouvrir le show. J’ai été agréablement surpris par la réaction du public. Cela m’a donné des frissons. Le lendemain, à la Une des journaux, j’avais ravi la vedette à cette brochette de stars. L’inconnu est devenu une star» dit-il. Youssou N’DOUR avait travaillé avec Elton JOHN, un chanson sur le film, «le Roi lion». A Los Angeles, après trois d’audition, il n’a pas retenu ; on a préféré des chanteurs déjà célèbres. Il a donc très déçu. Mais le succès viendra avec la chanson du film «Kirikou», un succès planétaire «C’est pourquoi, je dis aux jeunes que la déception peut être une source de motivation» dit Youssou N’DOUR.
Youssou N’DOUR, chante aussi bien en ouolof, en anglais qu’en français et même en Peul avec «Roku Mi Roka», affirme, Il dévoile sans complexe, ses convictions religieuses de musulman et mouride. Dans son album, «Egypte» commencé en 1998 et achevé en 2000, il est attaché à la diversité et à la tolérance religieuse : «Quand on parle de religion musulmane, les gens pensent aux Arabes, mais c’est une religion du monde entier, et elle est pratiquée, d’une manière tout à fait normale, chez nous au Sénégal. Je pense que l’Islam a besoin d’utiliser des créneaux, tels que la musique ou le cinéma, pour mieux se faire comprendre. Associer l’Islam au terrorisme, c’est injuste. Dans tout mouvement, il y a des extrémistes ; ces gens-là représentent une minorité» dit-il au «Courrier international». Il a été à l’école coranique ayant contribué à la mémorisation de ses chansons et à lui donner une voix de muezzin.
Youssou N’DOUR a eu deux enfants hors mariage, un garçon, Birane et une fille, Thioro. De son premier mariage, avec Manacoro dite Mamy CAMARA, ils ont eu quatre enfants (N’Dèye, Elimane, Saint-Louis et Vénus), avant de divorcer en 2007, après 17 ans de vie commune. En effet, Youssou N’DOUR avait une seconde épouse, depuis 2006, une franco-sénégalaise, Aïda COULIBALY qui lui a donné deux filles.
Youssou N’DOUR, un passionné du football, en dehors de certaines périodes de répétitions, reste le week-end, aux Almadies, un quartier huppé de Dakar, avec ses amis, sa famille et notamment ses enfants à qui il veut transmettre certaines valeurs «Des valeurs comme l’humilité, très importante. Le rôle d’un parent est de ne pas démissionner. De veiller, et rectifier ce qui ne fonctionne pas. D’abord par l’éducation à la maison, avec bien sûr le rôle primordial de leur maman. Après, il faut qu’ils aillent à l’école, acquièrent des connaissances, on s’assure qu’ils aillent le plus loin possible dans les études. Car moi, j’ai arrêté assez tôt. Il faut aussi savoir les écouter, échanger avec eux» dit-il.
Brèves références bibliographiques
I – Contributions de Youssou N’DOUR
A -  Entretiens ou interviews
N’DOUR (Youssou), Sénégal : la cuisine de ma mère, photographies de Isabelle Rosenbaum, Paris, Minerva, 2004, 187 pages ;
N’DOUR (Youssou), «Interview, Youssou N’Dour», Courrier international, 2 juin 2004 ;
N’DOUR (Youssou), «Youssou N’Dour je suis un homme libre», entretien avec Astrid Krivian, Afrique, Magazine, août 2019 ;
N’DOUR (Youssou), «Youssou N’Dour parle de sa plus grande joie et de ses déceptions dans sa carrière», entretien avec le journal Le Soleil, relayé par Kaolack Infos, 3 janvier 2022 ;
N’DOUR (Youssou), «Youssou N’Dour, la musique sert aussi à mener des combats», propos recueillis par Pascal Arvin-Bérod, Le Dauphiné Libéré du 2 juillet 2022 ;
N’DOUR (Youssou), «Youssou N’Dour, retour à l’essentiel», RFI Musique, 22 novembre 2021.
B - Discographie très sélective
Africa Rek
Respect
History
M’Balax
Le Grand Bal
Food for All
Ban La
Be Careful
Sénégal Rekk
Serigne Fallou
Save the Dream
Sénégal Super Star
Dakar – Kingston
I Bring What I Love
Xalis
Marley
The Guide
Joko, From Village to Town
Don’t Look Back
Birima
Rokku Mi Rokka
Cadizfornia
Badou
L’enfant nu, l’enfant noir
Set,
The Lion
Egypt
7 Seconds
Thalassa Cap-Vert Sénégal
Immigrés
Eyes Open
Djamil.
II – Critiques littéraires
ARNAUD (Gérald), Youssou N’Dour, un griot planétaire, Paris, éditions Demi-Lune, 2008, 160 pages ;
BADIANE (Saliou), Youssou N’DOUR : élogieux parcours, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 2018, 115 pages ;
BADIANE (Saliou), Youssou N’DOUR : un parcours à la fois épique et épineux, Dakar, Nouvelles éditions africaines, Amazon Digital Services, 2020, 90 pages ;
BORGEAUD (Pierre-Yves),  «Youssou N’Dour, Returns to Gorée», Film documentaire, 2006, 108 minutes ;
CAMARA (Samba),  «Youssou N’Dour, I Bring What I Love, as a Window to the Frictions Between Islam et Popular Music in Sénégal», Journal of African Studies, 27 septembre 2019 ;
CATHCART (Jenny), Notes from Africa : A Musical Journey with Youssou N’Dour, London, Unbound, 2019, 339 pages ;
CATHCART (Jenny), Hey You ! A Portrait of Youssou N’Dour, London, Fine Line Books, 1989,  134 pages ;
KHOURI-DAGHER (Nadia), «Youssou N’Dour, prendre et donner», Afrik.com, 30 octobre 2007 ;
LAHANA (Michelle), Youssou N’Dour : La voix de la Médina, Paris, Télémaque éditions, Patrick Robin collection, 2005, 213 pages ;
LOUPIAS (Bernard),  «Youssou N’Dour, le nouveau magicien de Dakar», Le Nouvel Observateur, 2 juillet 1992 ;
NIANG (Abdoulaye), Youssou N’DOUR : le baobab chantant, Thiès, Fama éditions, 2021, 180 pages ;
RFI Musique «Biographie de Youssou N’Dour», RFI Musique, mars 2020 ;
SANKARE (Oumar), Youssou N’DOUR : artiste et artisan du développement, Dakar, l’édition du livre universel, 2002, 72 pages.
SANKARE (Oumar), Youssou N’DOUR : le poète, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1998, 125 pages ;
SECK (Mamarame), Youssou N’DOUR A Cultural Icon and a Leader in Social Advocacy, New York, Peter Lang Publishing 2020,  158 pages ;
SENE (Majib), KOUE (Mamadou), THIAM (M’Baye), Youssou N’DOUR : le génie éternel, Dakar, Senesport, 2012, 98 pages.
Paris, le 1er octobre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
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2 octobre 2022 7 02 /10 /octobre /2022 21:09
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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 12:00
«Maître Malick SALL est nommé Secrétaire permanent du Comité d'orientation stratégique du pétrole et du gaz» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Par décision du 28 septembre 2022, le président Macky SALL a nommé maître Malick SALL, ancien Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, au poste de Secrétaire Permanent du Comité Stratégique du Pétrole et du Gaz, une instance placée auprès du chef de l’Etat.
En raison de la découverte d'importants gisements de pétrole et de gaz au Sénégal, dans un contexte mondial de pénurie liée à cette guerre en Ukraine, le poste ainsi confié à maître Malick SALL, loin d'être un maroquin, est une place, plus que stratégique, dans ce dispositif du Sénégal Emergent. L'argent est le nerf de la guerre.
Une partie de l'opposition, sans projet politique viable et alternatif, habitée exclusivement par la convoitise de l’odeur du pétrole, la cupidité, un profond ressentiment et une haine incommensurable, en veut au président Macky SALL, non seulement parce qu'il est Peul, mais parce qu'il est Président d'une nation, jusqu'ici ne produisant que des cacahuètes, subitement et potentiellement, au centre de toutes les attentions. C'est là le nœud de ces insultes, menaces et mêmes bagarres à l'Assemblée nationale. Ils sont devenus fous à lier, parce qu'ils ne sont pas aux commandes de l'Etat, à un moment décisif de l'Histoire du Sénégal.
Cependant, et c’est le titre de mon de 3ème livre, le Sénégal est un «Grand Petit Pays», en dépit de ces Fatwa et ces prévisions de Cassandre, le Sénégal ne cesse d’avancer, dans l’unité, le progrès, la démocratie et dans le bon sens. En effet, il revient au Président Macky SALL, ayant toujours appelé à «une gouvernance sobre et vertueuse», de faire en sorte que le Sénégal échappe à la malédiction du pétrole. Maître Malick SALL, un homme humaniste et toujours animé d'une grande compassion au service de l'intérêt général, dans ce dispositif stratégique, veillera, en relation avec le Chef de l’Etat, que les questions d'agriculture, de début d’industrialisation, de formation et d'emploi des jeunes et de pouvoir d'achat, soient les préoccupations principales.
Par conséquent, maître Malick SALL, en raison de sa nomination au Comité Stratégique du Pétrole et du Gaz, est l'Homme qu'il faut, à la place qu'il faut. Son souci constant, et bien avant ses fonctions gouvernementales, a été toujours agir, modestement, mais très efficacement pour le Bien commun. Dans son aveuglement et sa grande cécité, une partie de l'opposition refuse de reconnaître l'impact positif sur les plans économique, sociologique et culturel, des infrastructures créées, en 10 ans seulement, par le président Macky SALL, ce grand Pharaon des temps modernes. Le bon sens et la bonne foi indiquent que, sans infrastructures, sans logistique, la base de tout, on ne pourra avoir ni une économie viable, ni un début d’industrialisation. En effet, ces infrastructures sont donc une puissante rampe de lancement d'un Sénégal Emergent. «Ci Caanaam», ou «En avant», comme le diraient nos parents et amis, Ouolofs. C'est dans cette vision stratégique que les produits du pétrole et du gaz, pourront faire accéder au Sénégal à la modernité et au bien-être de tous.
J’observe, avec regret et tristesse, que des insulteurs publics ayant raté leur vie, dans une grande bassesse, des polémiques stériles du niveau du caniveau et des attaques en dessous de la ceinture, ne voyant dans la Politique que le dénigrement et la boue, dès que maître Malick SALL avait quitté le Ministère de la Justice, s'étaient trop vite réjouis et exposé, publiquement, leur vomissures et leur haine. Je leur dis, calmement et sereinement, que l'ambition de maître Malick SALL, ne s'étant présenté, ni aux élections locales ou aux législatives, est toujours d'être au service de la Nation sénégalaise, et, en particulier, des Foutankais et de leurs diasporas qui le connaissent, le reconnaissent et l’ont adoubé durant cette 21 jours de campagne des législatives dans le Nord.
Aussi, j'adresse mes très vives félicitations à maître Malick SALL et l'encourage à toujours rester lui-même, un homme généreux au service de tous, notamment des plus démunis. C'est cela qui fait sa marque de fabrique, un extraordinaire humaniste égaré en Politique.
«Ya Diogoro é Diaam», comme on le dit en Peul ou «plein succès», à maître Malick SALL en charge du Secrétariat Permanent du Gaz et du Pétrole !

Paris, le 29 septembre 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/


 
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29 septembre 2022 4 29 /09 /septembre /2022 11:59
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