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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 18:58
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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 18:43
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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 12:46
«La mort tragique d’Abdoulkarim DIAKITE (2001-2020) : en finir les gens du couteau, une violence crapuleuse, et prendre le chemin de l’Excellence, du bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
A Malakoff dans les Hauts-de-Seine, la famille d’Abdoulkarim DIAKITE, un jeune de 19 ans, originaire du XIVème arrondissement, poignardé mortellement le 21 octobre 2020, ses amis, des associatifs et des élus, ont participé, le 22 mai 2021, à une marche blanche, avec un seul slogan : «un ange parti parmi les anges. Mort pour rien». L’auteur des coups de couteau n’a pas encore été identifié et interpellé à ce jours. Abdoulkarim avait l’habitude de s’entraîner dans ce stade. Deux jours avant sa mort, un incident avait éclaté entre les jeunes de Malakoff et ceux du XIVème arrondissement. Les jeunes de Malakoff, arrivés en bande de plus de 20 personnes, ce 21 octobre 2020, ont fermé la seule issue du stade, et c’est ce guet-apens qui a conduit au drame. La mairie de Malakoff s’est engagée à mettre en place des patrouilles, des actions de médiation et de prévention. Abdoulkarim, sérieux avec un projet professionnel solide, avait eu son baccalauréat, et était en BTS, en première année de Management Commercial Opérationnel, M.C.O Management. Après cet assassinat, la Police avait interpellé 5 jeunes qui ont été relâchés ; cependant, l’enquête est toujours en cours.
Ce qui se passe est une tragédie sans nom ; ce sont des Noirs qui zigouillent d’autres Noirs. La Police, souvent décriée ou les trafics, ne sont nullement en cause dans ces différentes affaires. En effet, on assiste depuis quelques temps, entre jeunes issus de l’immigration et résidant des cités défavorisées, à la stratégie des gens du couteau, à la suite souvent d’une banale dispute, ils poignardent et tuent, bêtement, un de leur camarade. Ainsi, le lundi 22 février 2021, une jeune collégienne de 14 ans, qui tentait, à proximité de son collège, de s’interposer dans une rixe entre bandes rivales, a été poignardée, à Saint-Chéron, dans l’Essonne. Les mineurs impliqués ont été interpellés. A Ivry-sur-Seine, Marjorie, de 17 ans, une fille qualifiée de «studieuse», a été tuée, le 14 mai 2021, à coups de couteau, dans la cité Hoche, à Ivry-sur-Seine, au pied des tours de la cité Pierre-et-Marie-Curie de la ville après des «échanges véhéments» sur les réseaux sociaux. L’assassin de 14 ans, a été interpellé. Un jeune guadeloupéen, Andy (26 ans), a également été tué, en septembre 2018, à coup de couteau, à Malakoff ; son meurtrier, Nazim de 22 ans, a été retrouvé et condamné, par une cour d’assise, à 12 ans de réclusion. Le 23 mai 2015,  un jeune homme (20 ans) a été tué à coups de couteau, à la cité Youri-Gagarine à Villejuif (Val-de-Marne). Ses agresseurs étaient toujours recherchés dimanche. Le 3 octobre 2020, un jeune de 20 ans, dans le quartier de la Pierre-au-Prêtre Orly (Val-de-Marne) après avoir reçu plusieurs coups de couteau, est mort. La liste est longue de ces tragédies où tout se règle à coups de couteau.
Dans ces situations absurdes et tragiques, et à la marche du 22 mai 2021, à la mémoire d’Abdoulkarim DIAKITE, il faudrait l’esprit de responsabilité de la famille et des élus. Mme Carine PETIT, maire du XIVème arrondissement de Paris, les élus et les associatifs ont délivré un message de paix et de responsabilité. Tout le monde est dans l’apaisement et condamnant toute forme de vengeance pouvant faire déraper la situation. La famille, pour son deuil, demande aux autorités publiques, de rechercher le meurtrier, que ce fut de cas des autres nombreuses affaires que j’ai citées et qui ont été élucidées ; le meurtrier a été condamné par la justice.
Que faire pour éradiquer, durablement, cette violence crapuleuse et absurde, entre jeunes habitant des cités de relégation ?
Je reviens à cette proposition que j’ai faite à Mme Anne HIDALGO d’une Maison d’Afrique à Paris, et je fonde un ardent espoir qu’elle soit retenue. L’objet de cette Maison d’Afrique est de construire dans ce pays un esprit du bien-vivre ensemble dans le respect, d’en apprendre les codes et de prendre le chemin de l’excellence. Les autres communautés, notamment chinoise et juive, ont leurs différents réseaux et aident les gens à se construire et à se structurer. En revanche, ce qui caractérise les Africains et les Antillais, c’est l’éparpillement, la confrontation, les divisions stériles, et il n’y a pas de lieu où rechercher l’information stratégique, les bons exemples, pour s’en sortir.
Plusieurs axes pourront être enrichis et développés par tous.
L’aide à la parentalité et l’orientation des jeunes me paraît être un point fondamental. Bien des familles sont souvent dépassés par les événements et débordés par leurs enfants.
Le chemin de l’excellence n’est pas forcément celui de l’université ou des études, même si chacun ne peut pas devenir un Kylian M’BAPPE, le sport, l’apprentissage indiquent le talent peut être multiple. Omar SY est un exemple de jeune de Trappes qui a réussi. Une maison d’Afrique à Paris, pourrait être un point d’appui à ces jeunes pour les aider dans leur orientation professionnelle, à trouver un stage, un apprentissage ou une formation professionnelle.
Les loisirs et l’accès à la culture, parfois gratuits sont nombreux dans ce pays, la rencontre avec des mentors ou des personnes ayant réussi dans leur vie, peut dynamiser ces jeunes dans leur cité, ne suivant parfois que les mauvais exemples.
Je crois aussi à une Maison d’Afrique, en relation avec l’Etat, pour organiser un service civique d’une durée d’un an, en Afrique pour ces jeunes. Et je crois qu’au retour de cette expérience, ils se sentiront mieux, après avoir la réalité en Afrique, avec ses héros du quotidien.
Par ailleurs, en relation avec les collectivités territoriales, cette Maison d’Afrique pourraient davantage aider à monter des projets pour une coopération décentralisée en Afrique ou aux Antilles. De nos jours, il existe de nombreuses associations villageoises qui ont monté des projets audacieux (santé, éducation, solidarité) au pays. Mais cette première génération d’immigrants est maintenant âgée et les jeunes nés en France, ne sentent plus concernés par ces associations villageoises, pourtant efficaces et désintéressées. Financer la coopération décentralisée, c’est être sûr que les fonds iront directement aux populations concernées et ne seront pas détournés.
En dehors de ces tragédies du couteau, il faudrait s’en réjouir, la France compte de nombreux hauts cadres issus de l’immigration si j’en juge à mes nombreux contacts sur LinkedIn. Ces personnes peuvent être employées par les grandes sociétés françaises en Afrique, mais aussi mettre leurs compétences au service du pays d’origine de leur parents. Un des enjeux reste, pour les jeunes issus de l’immigration qui veulent se lancer dans l’entreprenariat. L’Afrique reste un continent d’opportunités.
La diaspora et les jeunes devraient s’intéresser aux questions de mémoires et d’identité et de défense des valeurs africaines. Il s’agit non pas d’un lieu de confrontation, mais tant qu’on ne sait pas qui est, il est difficile de savoir où est-ce qu’on va. C’est une des question centrale de notre temps. Il faudrait d’abord être en paix avec soi, pour mieux entrer en symbiose avec les autres, en vue «d’un rendez-vous du donner et du recevoir» comme le dirait Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). «Qu’il s`agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents, les uns les autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c`est cela qu`il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l`autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d`enrichissement mutuel. De même que la beauté d`un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde» écrivait Amadou Hampâté BA, le Sage de Bandiagara, dans sa «lettre à la jeunesse du monde», écrite dans les années 1980.
En particulier, je crois que la diaspora africaine, focalisée sur les questions de colonialisme, a négligé celle de l’esclavage. Une bataille devrait être engagée pour de vraies études africaines dans les universités afin de mieux cerner, d’évaluer les besoins et la bonne intégration de ces nouvelles populations africaines qui ne partiront pas d’ici. Autant donc vivre ensemble, dans le respect mutuel, au lieu que des Noirs continuent à poignarder d’autres Noirs.
Les jeunes ne devraient pas déserter l’action citoyenne et le droit de vote ; c’est leur avenir qui est en jeu. Ils doivent apprendre à être présents dans tous les lieux de décisions, notamment économiques et politiques. Tout ce qui se fait sans nous, est très souvent contre nous.
Traditionnellement, les jeunes sont l’incarnation de la générosité, de l’enthousiasme et du désir de valeurs nouvelles de solidarité et de changement. Or, je constate, avec grand regret,  que certains nos jeunes ne s’occupent que de leur quartier, de leur territoire ou de leur cage d’escalier. Un regard de travers ou un mot inadéquat, peut, à tout moment, faire basculer la situation dans la tragédie. «Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage» écrit Amadou Hampâté BA (1901-1991). Or, les questions de lutte contre le racisme, le droit au logement, la régularisation des sans-papiers, l’aide aux démarches administratives, et la solidarité ne sont pas la préoccupation majeure de nos jeunes ; ce sont nos Ancêtres les Gaulois qui ont pris en charge nos besoins fondamentaux. Quelle honte !
C’est ensemble, dans le respect mutuel, la solidarité, la justice, l’effort et le goût de l’excellence, que nous bâtirons un avenir meilleur. «Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. Jeunesse, jeunesse ! Sois toujours avec la justice. Si l’idée de justice s’obscurcissait en toi, tu irais à tous les périls. Et je ne te parle pas de la justice de nos Codes, qui n’est que la garantie des liens sociaux. Jeunesse, jeunesse ! Sois humaine, sois généreuse. Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, jetant au milieu de nos discordes la bravoure et l’espoir de nos vingt ans ? Nous allons à l’humanité, à la vérité, à la justice !» écrivait Emile ZOLA (1840-1902) dans son discours à la jeunesse. Un texte qui n’a pas pris une ride, depuis le 14 décembre 1897.
Paris le 23 mai 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«La mort tragique d’Abdoulkarim DIAKHITE (2001-2020) : en finir les gens du couteau, une violence crapuleuse, et prendre le chemin de l’Excellence, du bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 12:46
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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 22:15
«Gaston DEFFERRE dit «Gastounet» (1910-1986), Ministre d’Etat de la Décentralisation de François MITTERRAND et initiateur de la Loi-Cadre de 1956 sur l’Outre-mer» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Dans cette série d’articles, en hommage au 40ème anniversaire de la victoire du 10 mai 1981, de François MITTERRAND, le rôle de Gaston DEFFERRE, Ministre d’Etat de l’Intérieur de  ne peut pas être passé sous silence. Avocat au barreau de Marseille à partir de 1931, militant socialiste depuis 1933, Maire de Marseille en 1944, puis à partir de 1953, puis à partir de 1944, Directeur du Provençal, député puis sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône de 1945 à 1958, Ministre de la France d'outre-mer de 1956 à 1957 et Ministre de l'Intérieur de 1981 à 1984, Gaston DEFFERRE, ou «Gastounet», avec son accent du Sud est un personnage haut en couleur, le dernier à se battre en duel en France, le 21 avril 1967, contre le gaulliste, René RIBIERE.
Pendant deux siècles, la France est restée jacobine, centralisatrice. Dans son projet politique, la décentralisation est conçue comme une audace, un instrument de rupture avec ce lourd passé où les collectivités locales sont placées sous le statut de la minorité et du contrôle permanent de l’Etat. Charles de GAULLE a démissionné à la suite de l’échec de la régionalisation en 1969. Michel ROCARD appelait à : «Décoloniser la province». Suivant François MITTERRAND, «pour changer la vie», il faudrait décentraliser. «La décentralisation est une grande affaire d’un gouvernement de gauche, et le maître-mot d’une expérience de progrès», disait en 1977, François MITTERRAND. La Gauche doit être habitée par une exigence de «démocratie territoriale» ajoute-t-il. Dans cette «grande affaire du septennat» suivant Pierre MAUROY, la décentralisation, une des grandes réussites de François MITTERRAND, il s’agissait de mener une stratégie claire : la rapidité de la rupture pour éviter l'enlisement. La décentralisation «ne pourra réussir que si elle provoque d'emblée une rupture radicale de l'équilibre d'ensemble du système», disait en 1970, François MITTERRAND, un ancien élu local. Il faut que «les dossiers ne remontent plus à Paris» disait-on au Parti socialiste. Aussi, la loi du 2 mars 1982 sur la décentralisation, octroie aux élus locaux ainsi confortés, des pouvoirs étendus, en matière d'urbanisme ou d'action sociale et les moyens mis à leur disposition sont renforcés. Et, surtout, principale attente de ces élus, la tutelle de l'Etat sur les collectivités locales est supprimée ; le contrôle de l’Etat est devenu une surveillance à posteriori, devant le juge administratif, avant laquelle le Préfet, fait préalablement des observations. Cependant, les collectivités locales n’ont pas gagné le pouvoir fiscal escomptés et le «mille feuilles», cet empilement de structures locales, restent des défis de notre temps, avec notamment la suppression de la taxe d’habitation, ainsi que la réduction des dotations financières. Par ailleurs, à Paris, Lyon et Marseille, les mairies d’arrondissement n’ont pas eu les compétences escomptées, Gaston DEFFERRE, confronté dans sa ville à une opposition virulente, s’y était opposée. Et la question de l’extension des pouvoirs des maires d’arrondissement a refait surface.
Si François MITTERRAND dans sa stratégie gagnante s’est attaché de la collaboration de Gaston DEFFERRE, c’est en raison de sa carte de visite exceptionnelle. Tout d’abord Gaston DEFFERRE est la tête de l’une plus puissantes fédérations du Parti socialiste, celle des Bouches-du-Rhône, rivalisant avec celle du Nord. Résistant, protestant languedocien, patron de presse, Gaston DEFFERRE a été candidat aux présidentielles de 1965 contre le général de GAULLE, avant de s’allier avec François MITTERRAND.
Contrairement à une idée reçue, Gaston DEFFERRE n’est pas né à Marseille, à Marsillargues (Hérault), le 14 septembre 1910. Il était venu à Marseille pour son stage d’avocat, puis il est resté. Sa sœur, Marie-Louise DEFFERRE (1908-2009), mariée André CORDESSE (1898-1968), protestant et riche industriel, à la tête d’une importante entreprise d’huilerie-savonnerie, l’introduit dans le milieu des affaires.
Gaston DEFFERRE est le plus Africain de tous les ministres de François MITTERRAND. Fils d’Eugénie Suzanne CAUSSE (1882-1961) et de Paul DEFERRE (1882-1971), son père a été une éminente personnalité au Sénégal. Issu d’une famille bourgeoise protestante nîmoise, d’origine cévenole. Les Protestants ont connu les bûchers, les guerres de religion et l’accalmie de l’Edit de Nantes. Face aux brimades et aux vexations, Gaston DEFFERRE sait et notamment lors de la Deuxième mondiale, sait ce que cela veut dire, résister.
Son père, Paul DEFFERRE étant avoué, à Nîmes, le jeune Gaston partage sa vie entre Nîmes et Dakar, au Sénégal, où sa famille fut conduite à s’installer, à partir de 1918, son père ayant été ruiné par le jeu. On dit que Gaston DEFFERRE serait né à Dakar, mais que ses papiers auraient été falsifiés pour déclarer sa naissance à Martigues. Une certitude, Gaston a vécu à la rue Waguane Diouf, dans la maison familiale à Dakar. Il y a passé une bonne partie de son enfance, à partir de 1920 ; son père, avocat, a ouvert un cabinet à Dakar devenu florissant. «Pour Gaston, la vie redevient facile, la mer, les domestiques» écrit, Gérard UNGER, un de ses biographes. A défaut d’une école, les parents assurent l’éducation des enfants. L’été, toute la famille regagne la France. Mais au cours d’une excursion dans un casino, Paul DEFFERRE noue une liaison avec une jeune femme. Aussi son épouse le quitte et refuse et refuse de revenir au Sénégal. Paul DEFFERRE s’est présenté aux législatives de 1924 contre le député Blaise DIAGNE et a essuyé une défaite : «La masse indigène s’est liguée pour faire triompher le représentant de sa race. Elle a donné sa voix, non à l’homme, mais à l’épiderme» dira-t-il, amèrement. En raison de sa proximité avec l’Afrique, Gaston DEFFERRE, sous Guy MOLLET, avec l’appui de Félix HOUPHOUET-BOIGNY, et face aux guerres coloniales menaçant l’Empire français, aura le coup de génie de retard l’échéance de la dislocation en proposant la loi-cadre du 23 juin 1956, un début d’émancipation des pays africains, dans le cadre d’une autonomie interne, sans souveraineté internationale. Au sein de l’Union française, c’est un début d’africanisation des cadres, avec une assemblée territoriale dans chaque pays africain, et un premier ministre.
Gaston DEFFERRE s’est marié deux fois. Sa première épouse, Renée DEFFERRE-ABOUKER est une sympathisant communiste et l’union a duré de 1935 à 1945, puis la relation s’est distendue. Jouisseur et fréquentant les bordels et sans enfants, Gaston DEFFERRE finira par se ranger dès qu’il rencontre, Edmonde CHARLES-ROUX (1920-2016), résistante, muse de Louis ARAGON, amie d'Orson WELLES, prix Goncourt et décorée de la Croix de guerre. «C'était juste après mon Goncourt, j'étais descendue à Marseille à l'invitation de la municipalité, avec mon éditeur. Gaston Defferre me reçoit chez lui, avec sa femme ; on déjeune, on se baigne dans la piscine et je rentre à Paris. Le lendemain, je reçois ce télégramme : «J'arrive», c’est ainsi qu’Edmonde CHARLES-ROUX relate sa rencontre avec «Gastounet». Le jour de leur mariage, en 1973, Edmonde CHARLES-ROUX lui dira : «Tu n'auras le droit de me tromper qu'avec une seule femme: Marseille».
Egérie de la gauche anticonformiste et antiraciste, Edmonde CHARLES-ROUX est une femme anticonformiste qui cachait, sous ses allures de grande bourgeoise un cœur à gauche, une volonté de fer et les passions d'une rebelle. Elle s’implique auprès des légionnaires les plus démunis et reçoit en 2007 le grade de caporal d’honneur de la Légion étrangère. «On me dit gauche caviar. Pourquoi pas ? L'essentiel, c'est la gauche. Si le caviar vient avec, tant mieux ! Cela veut dire qu'on était destiné à vivre à droite et qu'on a le cœur à gauche», lançait-elle. Résistante pendant la guerre, Edmonde devient infirmière volontaire aux armées. Elle a 19 ans. Résistante à Marseille, elle est appelée par le général de LATTRE de TASSIGNY, rallié au général De Gaulle, et reste attachée à son cabinet jusqu'à la Libération. Blessée à deux reprises, Edmonde reçoit la Croix de guerre. Contrairement à l’avis de ses parents, Edmonde devient journaliste 1947 au jeune magazine Elle avec Françoise GIROUD et Hélène LAZAREFF. "Ma chance ? La journaliste qui devait couvrir la réouverture de la Scala tombe malade, on m'y envoie. C'est le retour de Toscanini après son exil. Je connaissais ses filles, j'ai été invitée dans sa loge", racontait-elle. Féministe et indépendance, Edmonde est une romancière talentueuse. En 1955, elle participe aussi à l'écriture de la saga historique à succès "Les Rois maudits" de Maurice DRUON. "J'ai été un de ses nègres en somme", s'amusait-elle. «Oublier Palerme», son premier roman, a connu un grand succès public et la consécration par le Prix Goncourt. «Oublier Palerme» raconte l'histoire de deux femmes, Babs et Gianna, qui travaillent dans la presse féminine, et l'histoire de deux mondes, New York qu’Edmonde critique et la Sicile dont elle loue les beautés. «D’un côté, Palerme, la Sicile de la poussière, de l’étouffement, de l’honneur, de la misère, des passions gratuites et violentes, de la mer... De l’autre, n’importe laquelle de nos métropoles de commerce, d’argent, avec leur façon de briser les vies par la hâte, la férocité... Et, voguant entre ces deux univers, d’une époque à l’autre, les émigrants, paysans ou seigneurs, nostalgiques ou avides de recommencer. Si ce roman nous apparaît aussi dense, riche, lourd de vraie vie et de tendresse, c’est qu’il a été écrit à côté des modes littéraires, en plein cœur des souvenirs et de l’imagination» souligne François NOURISSIER. «L’amour d’Edmonde Charles-Roux pour la Sicile, sa connaissance et son intuition du monde sicilien, de certaines de ses réalités et de ses profondeurs historico-culturelles m’ont fait retrouver dans Oublier Palerme des thèmes que je poursuis dans ma tentative de brosser un portrait au cinéma du Sud de l’Italie» ajoute Francesco ROSI. Dès sa parution Oublier Palerme obtint le Prix Goncourt et connut un succès mondial.
La disparition de Gaston DEFFERRE est tragique. Mis en minorité, lors d’une réunion de la fédération des Bouches-du-Rhône du Parti socialiste, face à Michel PEZET, le 6 mai 1986, Gaston DEFFERRE mourut, victime d’un malaise, le 7 mai 1986, à Marseille.
Indications bibliographiques très sommaires
ALEXANDRE (Philippe), L’adversaire du général Gaston Defferre, Paris, R Solar, 1964, 174 pages ;
COTTAT (Michèle), Les élections présidentielles de 1965, Paris, Crapouillot, 1966, 86 pages ;
FURLON (Murielle), Un socialiste face à la guerre d’Algérie : Gaston Defferre, 1992, 112 pages ;
MARION (Georges), Gaston Defferre, Paris, Albin Michel, 1989, 361 pages ;
ROCHU (Gilbert), Marseille, les années Gaston Defferre, Paris, éditions A Moreau, 1983, 271 pages ;
SUFFERT (Georges), De Defferre à Mitterrand, la campagne présidentielle, Paris, Seuil, 1966, 198 pages ;
UNGER (Gérard), Gaston Defferre, Paris, Fayard, 2011, 416 pages.
Paris le 22 mai 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Gaston DEFFERRE dit «Gastounet» (1910-1986), Ministre d’Etat de la Décentralisation de François MITTERRAND et initiateur de la Loi-Cadre de 1956 sur l’Outre-mer» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 22:14
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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 21:13
«Disparition d'un grand artiste Maabo sénégalais de N'Dendory : Demba Hamet GUISSÉ (1945-2021)» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Demba Hamet GUISSÉ, un artiste Maabo, originaire de N'Dendory, arrondissement de Ouro-Sidy, département de Kanel vient de disparaître le vendredi 21 mai 2021, à Dakar.
Demba Hamet GUISSÉ n'était pas comme ces nouveaux griots flatteurs vivant aux dépens des vaniteux. Il était un vrai musicien, un historien et grand spécialiste des épopées de El Hadji Omar Foutiyou TALL et Thierno Sileymane BAL. Son audience dépassait le Fouta-Toro traditionnel du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie ; il était un artiste international.
Ces grands gardiens de la tradition orale sont en train de quitter la scène sur la pointe des pieds (Boubou BA Bambado, Samba Diabaré SAMB). Il animait une émission du dimanche, en Poulaar, à la télévision 2 S TV avec Sally SECK de Horkédiéré, a donné à Omar KANE, lors de la préparation de sa thèse sur «le Fouta-Toro des Satigui aux Almamy», de précieux renseignements sur l’histoire du Fouta-Toro. Par conséquent, Sally SECK, un ami de Demba Hamet GUISSÉ, était également une vraie bibliothèque. Sally SECK, un généalogiste et historien, qui animait les journées culturelles de Horkédiéré, a eu une attaque subite, sur scène, et il en est mort. Avant sa naissance, les parents de Sally SECK fréquentaient de Abdou Salam KANE (1879-1955), chef de canton, avait prédit à ses parents qu’ils auraient un valeureux fils (Sally) dont la notoriété dépassera les frontières du Fouta-Toro. Je rappelle que c’est à Horokédiéré, un village ancien que la première assemblée des Foutankais (Battou) s’est réunie, pour désigner le 1er Almamy du Fouta-Toro. Demba Hamet GUISSÉ était un Maabo (caste des tisserands), mais il a surpassé les griots en raison de sa très grande proximité avec Sally SECK. «Les peuples de l’oralité sont porteurs d’une culture aussi riche que celle des tenants de l’écriture. La tradition orale ne dit pas n’importe quoi, n’importe comment ; c’est une parole organisée, structurée, un immense réservoir de connaissances acquises par la collectivité, selon des canons bien déterminés. Aussi existe-t-il des spécialistes de la parole dont le rôle est de conserver et de transmettre les choses du passé : ce sont les griots. Les choses anciennes restent dans l’oreille»  disait Djibril Tamsir NIANE.
Historien et attaché à la Vérité, le vrai griot est un artiste, un savant, un gardien des institutions, et c’est lui qui assure la cohésion de la société, à travers sa présence permanente à toutes les périodes de la vie (naissance, mariage, mariage, guerre, etc.). Le «Gaolo» (griot) avait un rôle social affirmé. Il était le mémorialiste attitré des grandes familles, détenteur du pouvoir politique et religieux. La collectivité n’avait nul historien, si ce n’était le seul «Gaolo». Celui-ci doit être présent à toutes les batailles livrées par son Prince, non seulement pour affermir de la voix le courage des combattants, ou négocier une trêve, voire une capitulation, le cas échéant, mais également, pour se documenter et transmettre ce qu’il a vu» écrit Yaya WANE, dans «Les Toucouleurs du Fouta-Toro». En effet, magiciens du verbe, «les griots sont les détenteurs de l’histoire orale, bardes, hérauts, panégyristes, généalogistes, moralistes, garants de la tradition, chanteurs et instrumentalistes» écrit Isabelle LEYMARIE.
Par conséquent, pour paraphraser Amadou Hampâté BA (1901-1991) «il ne faudrait pas que la bibliothèque brûle».
Paris le 21 mai 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Disparition d'un grand artiste sénégalais de N'Dendory : Demba Hamet GUISSÉ» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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21 mai 2021 5 21 /05 /mai /2021 21:12
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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 16:34
«Le 20ème anniversaire de la loi du 21 mai 2001 de Mme Christiane TAUBIRA, déclarant l’esclavage crime contre l’Humanité : entre Colère noire et Espoir» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le 21 mai 2001, Mme Christiane TAUBIRA, alors députée de la Guyane, fait reconnaître l’esclavage comme crime contre l’humanité, et fait entrer la mémoire de la traite et de l’esclavage dans le récit national, prenant en compte les victimes et les responsabilités des crimes commis par l’État. «Nous sommes là pour dire que la traite et l’esclavage furent et sont un crime contre l’humanité ; que les textes juridiques ou ecclésiastiques qui les ont autorisés, organisés percutent la morale universelle ; qu’il est juste d’énoncer que c’est dans nos idéaux de justice, de fraternité, de solidarité, que nous puisons les raisons de dire que le crime doit être qualifié. Et inscrit dans la loi parce que la loi seule dira la parole solennelle au nom du peuple français» disait le 18 février 1999, Mme Christiane TAUBIRA, dans la présentation de son projet de loi. La loi a mis deux ans avant d’être votée, certaines communautés estimant qu’elles avaient le monopole de la douleur et de la mémoire, et que la notion de «crime contre l’Humanité»  ne pouvant pas s’appliquer à la colonisation et à l’esclavage.
Mme Christiane TAUBIRA, avec l’énergie et la détermination que l’on connaît d’elle, a fini par vaincre moult obstacles : «Le sujet dont nous nous sommes emparés n’est pas un objet froid d’étude. Parce qu’il s’écoulera encore quelque temps avant que la paix et la sérénité ne viennent adoucir la blessure profonde qu’irrigue une émotivité inassouvie, parce qu’il peut être rude d’entendre décrire par le menu certains aspects de ce qui fut une tragédie longue et terrible, parce que l’histoire n’est pas une science exacte. Ce rapport n’est pas une thèse d’histoire. Il n’aspire à aucune exhaustivité, il ne vise à trancher aucune querelle de chiffres, il reprend les seules données qui ne font plus litige. Il n’est pas le script d’un film d’horreur, portant l’inventaire des chaînes, fers, carcans, entraves, menottes et fouets qui ont été conçus et perfectionnés pour déshumaniser. Il n’est pas non plus un acte d’accusation, parce que la culpabilité n’est pas héréditaire et parce que nos intentions ne sont pas de revanche. Il n’est pas une requête en repentance, parce que nul n’aurait l’idée de demander un acte de contrition à la République laïque, dont les valeurs fondatrices nourrissent le refus de l’injustice. Il n’est pas un exercice cathartique, parce que les arrachements intimes nous imposent de tenaces pudeurs. Il n’est pas non plus une profession de foi, parce que nous avons encore à ciseler notre cri de foule. Pourtant, nous allons décrire le crime, l’œuvre d’oubli, le silence, et dire les raisons de donner nom et statut à cette abomination» dit Mme TAUBIRA.
La traite des Nègres a duré 4 siècles et concerné plus de 70 millions de personnes, les bénéficiaires étant, essentiellement, les puissances européennes qui ont profité de «ce commerce, ce négoce, ce trafic dont les seuls mobiles sont l’or, l’argent, les épices. Elle a été impliquée après d’autres, avec d’autres, dans l’esclavage qui transforme l’homme en captif, qui en fait une bête de somme et la propriété d’un autre. Le Code noir, qui a séjourné dans le droit français pendant près de deux siècles, stipule que l’esclave est un meuble et que l’esclave affranchi doit un respect singulier à ses anciens maîtres, aux veuves et aux enfants» dit Mme TAUBIRA. On estime à plus de 40 millions morts en raison de cette traité. Rien qu’à Haïti, ses premiers habitants, les Amérindiens, alors qu’on on en dénombrait 11 millions le long des Amériques en 1519, n’étaient plus que 2,5 millions à la fin du XVIème siècle : «Le commerce triangulaire a été pratiqué à titre privé ou à titre public pour des intérêts particuliers ou pour la raison d’État. Cette violence et cette brutalité expliquent très probablement, pour une large part, le silence convergent des pouvoirs publics, qui voulaient faire oublier, et des descendants d’esclaves, qui voulaient oublier» dit Mme Christiane TAUBIRA.
Qualifié d’historique, le texte a fondé l’obligation de concéder «la place conséquente» que la traite négrière et l’esclavage méritent dans les programmes scolaires et de recherche. La loi TAUBIRA, déclarant l’esclavage «un crime contre l’Humanité», est une parole forte et officielle de la République. C’est une forme de réparation morale et symbolique et constitue, à ce titre, «une réparation symbolique, la première et sans doute la plus puissante de toutes. Mais elle induit une réparation politique en prenant en considération les fondements inégalitaires des sociétés d’outre-mer liées à l’esclavage, notamment aux indemnisations en faveur des colons qui ont suivi l’abolition. Elle suppose également une réparation morale qui propulse en pleine lumière la chaîne de refus qui a été tissée par ceux qui ont résisté en Afrique, par les marrons qui ont conduit les formes de résistance dans toutes les colonies. Elle suppose que cette réparation conjugue les efforts accomplis pour déraciner le racisme, pour dégager les racines des affrontements ethniques, pour affronter les injustices fabriquées. Elle suppose une réparation culturelle, notamment par la réhabilitation des lieux de mémoire» dit Mme Christiane TAUBIRA.
20 ans après la loi TAUBIRA de 2001, si la réparation «politique et mémorielle» a progressé en France de façon contrastée, en revanche, le dédommagement des anciens esclaves ou de leurs descendants, a été expressément exclu par ce texte, à la suite d’une manœuvre honteuse de dernière minute. On sait que les esclavagistes et les colons, qui avaient exploité et brimé cette population, ont reçu une forte compensation. «Ce débat est interminable parce que le crime en soi est irréparable, que personne ne peut ramener les vies perdues ni rembourser les générations de travail gratuit. Pour ouvrir ce débat en France, il faut une parole politique courageuse, intelligente, subtile (...) qui ait le courage de faire face à l’Histoire» a déclaré Mme Christiane TAUBIRA.
Dans ce bilan en demi-teinte, j’exprime, plus que jamais, mon immense colère, contre la progression des idées d’extrême-droite ne cessant de gagner du terrain, dans cette France Républicaine, avec son message universel des droits des droits de l’Homme. «Je me sens capable de hurler pour toujours contre ceux qui m’entourent et qui m’empêchent à jamais d’être un homme» disait Léon-Gontran DAMAS (1912-1978). En effet, et depuis plusieurs mois, de vents mauvais soufflent très fort dans notre chère France républicaine. J’ai parfois l’impression, de nos que le  Code Noir et celui de l’Indigénat, ont été sournoisement, rétablis dans ce pays. Devant cette affaissement grave des valeurs républicaines «la vigilance est en train de tomber» dit Mme Christiane TAUBIRA, et cela plusieurs points de vue.
Tout d’abord, quand Mme Christiane TAUBIRA a été nommée Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, j’ai été révulsé par le traitement carrément raciste dont elle a été l’objet par certains la qualifiant de «singe». Je n’ai pas entendu, à l’époque, une défense vigoureuse et énergique de la part des autorités publiques, en faveur de la Ministre, et contre ces propos ignobles ne relevant nullement de la liberté d’expression ; le racisme n’est pas une opinion, mais un délit qui aurait dû être poursuivi devant les tribunaux répressifs. De nombreuses autres personnalités publiques noires ont été lynchées (Lilian THURAM, Danièle OBONO, Sibeth N’DIAYE, Joseph M’BAYE, etc.), comme au temps de «Strange Fruit », sans que cela ne choque certaines autorités publiques.
Ensuite, je m’étonne, en dépit de la loi TAUBIRA déclarant l’esclavage «un crime contre l’Humanité», un refus opposé injustifié à débouler certaines statues, dont celle de Jean-Baptiste COLBERT. Pire, quand M. Franco LOLLIA, un militant anti-négrophobe, en légitime protestation, badigeonne cette statue de Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683), le promoteur du Code noir, il est poursuivi devant les tribunaux répressifs. Je rappelle quand même, c’est Napoléon BONAPARTE (1769-1821), en 1808, celui-là même qui avait rétabli l’esclavage en 1802, qui a érigé cette statue de Colbert devant la représentation nationale et qui nargue maintenant tous les Républicains. Par ailleurs, je suis horrifié par l’hommage national rendu à Napoléon, lors du bicentenaire de sa mort, le 5 mai 2021.
Enfin, le déni des violences policières et du racisme, ne cessant de progresser dans ce pays, la stratégie d’impunité à travers la loi sur le séparatisme, ainsi que les interdictions sélectives de manifester ne s’adressant qu’aux racisés, font que la loi de Mme Christiane TAUBIRA, par des techniques insidieuses est, progressivement, vidée de son contenu.
En définitive, n’ayons pas peur des mots, le président MACRON a rétabli le Code de l’indigénat abrogeant ainsi, implicitement, la loi de 2001 de Mme Christiane TAUBIRA déclarant l’esclavage un crime contre l’Humanité. Quand il y a une distorsion entre ce que dit et ce que fait une personne, je préfère juger cette personne à la lumière de ses actes. Il n’a échappé à personne que le 10 mai 2021, le chef de l’Etat qui s’est rendu au Jardin du Luxembourg, à l’occasion de cette cérémonie d’abolition de l’esclavage, mais est resté claustré dans un grand mutisme. A-t-il eu honte d’avoir célébré le bicentenaire de la mort de Napoléon ? «Un silence peut être solennel, ceci étant, il est quand même édifiant de constater que le président de la République n'a rien trouvé à dire sur plus de deux siècles de l'Histoire de France alors qu'il y a cinq jours, il (le président Macron) faisait des gammes sur Macron. On a le droit d'avoir les fascinations qu'on veut, ceci étant même lorsqu'on a le culte des héros, c'est une époque qui ne manque pas de figures héroïques. Il y a des personnalités qui se sont battues contre le rétablissement de l'esclavage et contre l'esclavage et qui y ont perdu leur vie (Toussaint-Louverture ou Solitude)», dit Mme Christiane TAUBIRA.
Par conséquent, le discours n’est pas seulement que le langue articulé, les faits aussi parlent ; ils peuvent être même parfois, très bavards. La nomination d’un premier ministre et d’un ministre de l’intérieur sarkozystes, ainsi que celle d’un Préfet ultra-répressif, maintenant assisté depuis justement le 10 mai 2021, par un préfet délégué à l’immigration, participent de cette politique de renoncement à la défense des valeurs des valeurs républicaines. Je m’étonne d’ailleurs que ce gouvernement, parfois féroce avec les faibles (chômeurs, étudiants étrangers et retraités) soit aussi faibles avec ces militaires séditieux, défiant publiquement l’autorité de l’Etat dans les journaux. Qui est donc vraiment séparatiste ?
Si la loi TAUBIRA a été arrachée de haute lutte, après plus de 2 ans de procédure, son maintien et sa survie, face à la montée en puissance de l’esprit colonialiste et esclavagiste, dépendra aussi de la volonté de chacun de faire triompher les valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité, pour un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.
En dépit de notre période sombre et ses dangereux errements, je reste profondément habité par l’espoir et l’espérance. Quand est citoyen, et que ses droits d’être humain et sa dignité sont bafoués, la République offre encore des armes redoutables : la démarche citoyenne et le droit de vote. Le philosophe allemand, Emmanuel KANT (1724-1804) avait raison de dire, que les Lumières, c’est la volonté de chacun, de s’émanciper, principalement de ses faiblesses individuelles, de la paresse et la lâcheté «qui empêchent l’individu de sortir de sa minorité, c’est-à-dire de se servir de son intelligence sans être dirigé par autrui». Ainsi, l’athlète noir américain, champion du monde aux JO de Mexico en 1968, Lee EVANS (1947-2021), avait refusé l’opprobre et la servitude, en levant le poing, contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis. La mort de George FLOYD a radicalement changé la donne aux Etats-Unis avec la défaite de Donald TRUMP et la victoire d’une équipe, BIDEN-HARRIS, que tout le monde encense, maintenant.
Les 20 et 27 juin 2021 aux régionales et départementales, sont un prélude à une alternance en 2022, en vue de la victoire d’une Femme présidente, Mme Anne HIDALGO. Allez donc voter massivement pour défendre la République !
Paris, le 21 mai 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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20 mai 2021 4 20 /05 /mai /2021 16:32
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