Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 19:46
«M. Marc-Antoine JAMET, maire de Val de Reuil partisan du bien-vivre ensemble et grand ennemi des racistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Tout au début, dimanche 5 septembre 2021, deux enfants, de moins de 10 ans, qui jouaient ensemble, autour d’un bac à sable, et qui, apparemment, se connaissaient, se battent. La mère de l’enfant métis va se renseigner auprès des Kurdes de l’incident, une femme kurde l’étrangle et déchire ses habits. Le père de l’enfant métis, revenu du travail, parti avec son frère voir les Kurdes, pour avoir des explications, se heurte à de nombreux autres Kurdes et cela dérape ; le père Kurde qui avait tabassé le métis, blessé à l’œil, porte plainte ; il est sorti de l’hôpital. Les Kurdes et le PKK encerclent le commissariat et font pression sur le commissariat de police pour accepter, semble-t-il, 130 plaintes des kurdes ; il paraît que c’est la troisième fois que le PKK vient en masse procéder à ce genre de pressions. La première fois c’était lors de l’interpellation d’un Kurde impliqué dans une bagarre et la seconde les faits concernaient un Kurde conduisant sans permis. La Police est venue chez la famille interpeler le mari Sénégalais et son frère. Le frère (Salif) a été libéré, mais le mari (Ibrahim) est toujours en détention. La mère du métis ainsi que son mari et beau-frère ont fini par porter plainte. Dans la relation des faits, ces familles se sont livrées à une justice privée ; or, le talion n’est pas acceptable.
A partir là l'irrationnel, les folles rumeurs, les fausses nouvelles, les instrumentalisations d’organisations extrémistes, les solidarités ethniques, affectives ou familiales conduisent à une escalade de la violence et sa dramaturgie.
En définitive, dans une ville calme et harmonieuse dans sa diversité, d'un conflit de voisinage, mal géré et instrumentalisé par d'obscures organisations extrémistes charriant de la boue dans les réseaux sociaux, tout dérape vers la récupération politicienne d'extrême-droite avec un communiqué de Marine LE PEN fustigeant la mixité et le multiculturalisme. Il s’agit de «manœuvres politiciennes perverses, inadmissibles, déconnectées des faits et extérieures à la ville, apportant du trouble et de la confusion. Le communiqué de Mme Marine LE PEN est infantile, puérile, et ferait rire si la situation n’était pas grave ; elle a multiplié des inexactitudes et mensonges, avec des fautes d’orthographe, avec une grande méconnaissance des réalités locales, pour tenter de réanimer sa campagne électorale moribonde. Son message d’intolérance n’a trouvé ici de relais que chez la fachosphère. J’invite Mme Marine LE PEN à s’occuper des problèmes qui la regarde, à garder ses leçons pour elle, notamment la torture en Algérie et les camps de concentration qui ne sont pas un détail» dit M. Marc-Antoine JAMET, dans sa déclaration du 8 septembre 2021. Dès le 6 septembre 2021, le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), une organisation séparatistes, kurde, a manifesté sur la dalle de l’hôtel de ville de Val de Reuil, avec des éléments fascisants, et surtout des slogans racistes, particulièrement menaçants : «Où sont les Noirs ?».
Par ailleurs, la véracité des faits a été sérieusement malmenée et travestie par la Ligue de Défense de la Race Noire, dont l'un des membres, méconnaissant manifestement la dimension humaniste du maire Marc-Antoine JAMET, dans une vidéo largement diffusée dans les réseaux sociaux, l'accuse, malhonnêtement, d'avoir pris fait et cause pour la communauté kurde de Val de Reuil. La Ligue de Défense de la Race Noire estime que si elle n’a pas été immédiatement reçue par le Maire, c’est que l’édile aurait pris fait et cause pour les Kurdes. Ils s’interrogent pourquoi le PKK avec des bâtons et slogans racistes ont pu manifester, sans autorisation, et escortés par les forces de l’ordre ; est-ce avec l’aval du Maire ?
Pour cette Ligue de Défense de la Race Noire, il y aurait de la négrophobie, parce que seulement les deux Sénégalais ont été interpellés. Les membres de l'organisation kurde (PKK), ayant proféré des attaques négrophobes, seraient restés impunis. Ces accusations légères sont mal fondées. En effet, on sait que ces questions relèvent du pouvoir de la Justice, de l’Etat, et ne sont donc pas de la compétence du Maire, qui a fait, promptement, son devoir, en faisant appel à la Police pour rétablir le calme. Le Maire, dans sa déclaration du 8 septembre 2021, de manière ferme, a condamné ces slogans racistes du PKK, et engagera des poursuites judiciaires contre ces racistes, s’ils sont identifiés : «Il faudrait l’appeler par leur nom, les injures, les menaces, les provocations racistes ne sont pas acceptables : «Où sont les Noirs ?». Qui peut parler comme cela dans notre pays ? Il n’y a que des Rivalois ; tous sont des visages différents, mais égaux. Si on menace l’un d’entre eux, on menace tous les autres. Les racistes sont mes ennemis. Je les combattrai comme tels. Ceux qui prônent cette idéologie d’exclusion, de méchanceté, de haine, n’ont rien à faire ici. Les racistes doivent être sévèrement punis. J’agirai avec la plus grande fermeté» dit-il.
Fait particulièrement condamnable et inacceptable, cette Ligue de Défense de la Race Noir, extrémiste et sans discernement dans ses actions, se disant défenseuse des Noirs, est venue, le samedi 11 septembre 2021, bousculer Mme Fadila AMARA, une adjointe au maire, perturber une cérémonie de mariage, casser une porte et enfariner l'humaniste maire du Val de Reuil, M. Marc-Antoine JAMET. Le droit de manifester et la liberté d'expression sont constitutionnellement reconnus dans ce pays. En revanche, la liberté et la responsabilité, dans un Etat droit sont indissociables. En la violence est répréhensible, et surtout quand il s'agit d'une colère mal dirigée à l’encontre d'un exceptionnel maire du bien-vivre ensemble qu'est M. Marc-Antoine JAMET et son équipe. Cette Ligue, dans son aveuglement, est en train de discréditer gravement les nobles combats antiracistes, et fait le jeu, objectivement, de la petite entreprise familiale LE PEN. Les extrêmes finissent toujours par se rejoindre. Aussi j'adresse au Maire de Val de Reuil et à son équipe, mon modeste et indéfectible soutien, et, par ma voix, le salut fraternel de maître Malick SALL, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, représentant du Chef de village de Danthiady au 20ème anniversaire du jumelage, de tous les habitants de Danthiady, ainsi que de l'Association des Ressortissants de Danthiady en France (A.R.D.F).
D'une affaire privée purement locale, cet incident de Val de Reuil, prend une tournure politique nationale, puisque M. Gérald DARMANIN, Ministre de l'Intérieur, envisage de dissoudre, je suppose sur le fondement de la loi sur le séparatisme, la Ligue de Défense de la Race Noire. J'espère, surtout aussi que M. le Ministre de l'intérieur interdira le Rassemblement national et rabattra le caquet à Éric ZEMMOUR, des partisans assumés de la haine. La République, c'est l'égalité de tous devant la Loi.
Il apparaît de cette relation des faits plusieurs remarques.
Tout d'abord nous vivons dans un pays encore démocratique ; il faudrait l’apprécier à juste valeur. Personne n'a le droit de se faire justice lui-même. La justice privée ou le talion, ne peut prospérer en France. En cas de différend, si on ne veut pas que sa raison soit perdue, mieux vaut recourir à la médiation ou à la Justice. Or, en faisant appel à la vengeance ou à des groupements n’y voyant pas clair, tout a fini par déraper. Je dis donc à la diversité, le respect de la loi, c’est qui nous protège ; c’est là une exigence fondamentale de Vérité. Au lieu d’enfoncer nos parents et amis, nous devrions les aider à bien comprendre les ressorts et mécanismes de la société française dans laquelle ils vivent. Plus que jamais, et je l'ai proposé à Mme Anne HIDALGO, nous avons besoin d'une Maison d’Afrique pour aider la Diaspora à mieux connaître la société française dans laquelle nous vivons, et afin, à armes égales, de réaliser, harmonieusement, le bien-vivre ensemble. Ces dérapages qui auraient pu être résolus par la médiation ou la Justice, vont pénaliser les protagonistes eux-mêmes et stigmatiser, fort injustement, leur ville, Val de Reuil, un modèle de bonne intégration, par la volonté de M. Marc-Antoine JAMET et son équipe municipale. Du statut de victimes, ces familles sont maintenant dans la difficulté en faisant recours à la violence, à la Justice privée.
Ensuite, en cas de tension, quand certains esprits sont surexcités, le rôle des différents acteurs associatifs, s'il sont responsables, bien intentionnés et de bonne foi, ce n'est pas de mettre de l'huile sur le feu, mais c'est tout faire pour un retour à la sérénité et au calme, dans l’intérêt de toutes les parties, en s’en tenant, objectivement, aux faits, au lieu, de colporter de la boue dans les réseaux sociaux ; ce qui peut être source de tensions dommageables, pour tous. Dans une déclaration adressée aux Rivalois, M. Marc-Antoine JAMET a recensé toutes les diligences qu'il a menées, pour un retour rapide au calme. M. JAMET s’est, immédiatement, mis en contact avec les autorités publiques (M. Gérald DARMANIN, Ministre de l’Intérieur qui l’a appelé, le Préfet de l'Eure et le DSSP) qu'il a remerciées. La Police assure la tranquillité dans Val de Reuil. Tout est revenu au calme. Seuls les agitateurs extrémistes, en mal de popularité, en quête d’une notoriété qui se mérite sur la base de causes justes, remuent encore de la merde, insultent, calomnient et agressent. «Si on crache, cela finira par vous retomber à la gueule» dit un dicton français. Pour le reste la Justice suit son cours, les responsabilités seront situées et chacun, quelle que soit son origine ethnique, doit répondre des faits répréhensibles dont il est coupable devant la Justice. Le Maire, M. Marc-Antoine JAMET, partisan du bien-vivre ensemble, lui ne connaît pas les couleurs ethniques ; il rassemble, depuis 2001, les citoyens de sa commune, différents mais tous égaux devant la Loi, autour du Bien commun.
Enfin M. Marc-Antoine JAMET l'a dit avec force «Je suis un ennemi du racisme». Val de Reuil une ville nouvelle, dans l'Eure, est depuis de 45 ans un conglomérat particulièrement harmonieux de différentes nationalités ; en dépit de la gesticulation maladroite du Rassemblement national, les idées racistes ou fascistes n’ont eu aucune prise dans cette ville. Ainsi, aux élections de 2014 sous le mandat difficile de François HOLLANDE, quand la Gauche a été laminée, à Val de Reuil, le maire Marc-Antoine JAMET a été réélu avec un score soviétique de 64,72%. Il l’emporte dès le 1er tour de juin 2020, avec 89,71%, contre 10,29% pour le R.N.
Si M. Marc-Antoine JAMET est constamment et brillamment réélu à chaque mandat, ce n'est pas un fait du hasard. Je connais personnellement depuis plus de 20 ans, M. Marc-Antoine JAMET et sa formidable équipe, c'est un partisan résolu du bien-vivre ensemble et un adversaire acharné du racisme et de la bêtise humaine. «Je préfère la Corrèze au Zambèze» avait dit Jean-Louis TIXIER-VIGNANCOUR (1907-1989), un leader d'extrême-droite. En revanche, la devise de Marc-Antoine JAMET est celle de la République affichée dans sa mairie et d'aucuns piétinent, avec des déclarations hypocrites, il est pour «La Liberté, L'Egalité et la Fraternité». M. Marc-Antoine JAMET accueille à bras ouvert tous dans sa commune, là où ailleurs les stigmatisations et l'exclusion sont de règles. Aussi, M. JAMET, est partisan de la coopération décentralisée et travaille, de bonne manière, avec toutes les associations de sa ville qui sont connues, concertées et reconnues. Ainsi mon village Danthiady est jumelée avec de nombreux projets de solidarité au Sénégal autour des questions d'eau d'assainissement de santé et d'éducation. Marc-Antoine JAMET est venu rendre visite Danthiady avec son équipe municipale. Maître Malick SALL Garde des Sceaux Ministre la Justice a été accueilli un 14 juillet à Val de Reuil. Mais je le redis pour être solidaire, il faut être à deux ; chacun doit y mettre du sien. Il faudrait être digne du bon accueil que l'on a reçu d'une commune par des actions citoyennes, en participant à la vie de la cité, en allant, en particulier, voter ; par son comportement et son exemplarité, il faudrait, activement, contribuer au rayonnement et à l’Harmonie, dans sa ville d’adoption. En dehors du concept étriqué de la nationalité, en réalité, «l’individu appartient au lieu de sa résidence» dit un dicton peul. Quand on habite durablement dans un pays, nous vivons ensemble, nous mourrons ensemble, nos destins sont solidaires.
Dans sa magistrale et solennelle déclaration du 8 septembre 2021, le Maire de Val de Reuil, M. Marc-Antoine JAMET a fortement réaffirmé sa politique municipale du bien-vivre ensemble fondée sur la tolérance et le respect dû à chacun «Je crois en la communauté une et indivisible ; c’est le vrai visage de Val de Reuil ; une communauté forte, solide et durable ; nous avons la capacité collective de vivre ensemble unis, sincères, heureux et rassemblés» dit-il.
Paris le 11 septembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«M. Marc-Antoine JAMET, maire de Val de Reuil partisan du bien-vivre ensemble et grand ennemi des racistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«M. Marc-Antoine JAMET, maire de Val de Reuil partisan du bien-vivre ensemble et grand ennemi des racistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«M. Marc-Antoine JAMET, maire de Val de Reuil partisan du bien-vivre ensemble et grand ennemi des racistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«M. Marc-Antoine JAMET, maire de Val de Reuil partisan du bien-vivre ensemble et grand ennemi des racistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«M. Marc-Antoine JAMET, maire de Val de Reuil partisan du bien-vivre ensemble et grand ennemi des racistes» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 19:42
Partager cet article
Repost0
5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 18:26
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Dans une déclaration, des militaires putschistes, réunis autour d’un Comité National du Rassemblement et du Développement, «en raison de la situation sociale et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions, l’instrumentalisation de la Justice, le piétinement des droits des citoyens, l’irrespect des principes démocratiques, le piétinement des droits des citoyens, la politisation à outrance de l’administration, la gabegie financière, la pauvreté et la corruption endémiques», la Constitution et les Institutions sont suspendues et les frontières fermées, «afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple». Dans une nouvelle conférence de presse du 6 septembre 2021, le colonel Mamadou DOUMBOUYA a tenu à rassurer : il n’y aura pas chasse aux sorcières, mais la justice passera. Il prévoit une transition et un gouvernement d’union nationale. Par ailleurs le colonel DOUMBOYA annonce la réouverture des frontières maritimes ; les compagnies minières n’ont pas s’inquiéter, les engagements seront tenus.
Qui est donc Mamady DOUMBOUYA, le tombeur d’Alpha CONDE et nouvel homme fort de la Guinée-Conakry ?
Mamady DOUMBOUYA est celui qui, il fut un temps, tenait le parasol du président Alpha CONDE. Raide comme un piquet, sa main n'était ni engourdie, ni défaillante. Il était si parfait et sincère dans ce rôle, qu'il a voulu être Calife à la place du Calife. Le président Alpha CONDE, derrière ses lunettes noires et qui lui tournait le dos, n'avait pas protégé ses arrière-gardes ; il n'a pas vu le coup venir, comme d'ailleurs François HOLLANDE dans sa relation avec Emmanuel MACRON. Il est vrai que le pouvoir corrompt et éblouit ; ce troisième mandat d'Alpha CONDE a été une aventure de trop. Le président Alpha CONDE, capturé par les militaires, était au pouvoir depuis 2010. Après avoir été un formidable opposant, il est devenu, avec l'appui de la Françafrique, notamment de Vincent BOLLORE, un des pires didactiques en Afrique de l'Ouest ; il s'était offert un troisième mandat anticonstitutionnel en marchant sur des morts. Alpha CONDE avait une haine incommensurable à l’égard du président Macky SALL, son ennemi juré. Par ailleurs, il avait mis en place, comme les «Microbes» de RCI, en Guinée, des groupes paramilitaires, avec des exactions contre la population. A l’annonce de la chute de Alpha CONDE, une bonne partie a manifesté, bruyamment sa joie, dans les rues. Ceux qui léchaient hier, ont lâché le président Alpha CONDE, et commencent à le lyncher, à travers ces manifestations populaires.
Le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA, né le 4 mars 1980 (41 ans), à Kankan, un Malinké, un légionnaire, formé en France, marié à une Française officier de gendarmerie, père de trois garçon, a été recruté par Alpha CONDE, en 2018, pour lutter contre diverses menaces (terrorisme, djihadisme). Mais le colonel DOUMBOUYA ne voulait pas se placer sous l’autorité du Ministre de la Défense ; il est devenu, de ce fait, un homme suspect. Le colonel Mamady DOUMBOUYA, connait bien Assimi GOITA, le putschiste d’août 2020, qui a déposé Ibrahima Boubacar KEITA, président du Mali. Où peut-on situer dans l’échiquier politique, le lieutenant-colonel DOUMBOUYA ? «En tant qu’officier guinéen, je viens témoigner de la perception des officiers français et étrangers servant dans les pays africains. Les camarades européens ou américains sont accueillis avec une grande fraternité d’arme, mais leur connaissance de l’Afrique nous semble soit trop théorique, fondée uniquement sur des ouvrages, soit réduite aux représentations télévisuelles bien souvent éloignées de la réalité. Sur le plan professionnel, les Français venant en Afrique se révèlent compétents. Ils connaissent leur sujet et leur travail, qu’ils exécutent avec professionnalisme. Mais leurs rapports privilégiés avec nos personnalités politiques nous posent problème» dit au cours d’une rencontre sur «la prise en compte de l’interculturalité dans les actions militaires» du 23 novembre 2017. Les gouvernants africains n’ont pas confiance aux militaires de leur pays «Nos gouvernants préfèrent en effet leur faire confiance plutôt qu’à nous, et les considèrent comme de véritables conseillers, fonctions que nous n’atteindrons jamais. Un Français, n’aura jamais l’occasion de parler avec son chef d’État, alors que le Français pourra le contacter dès son arrivée. Jamais un officier africain ne pourra accéder au président de la République française. De même, les Blancs détiennent un pouvoir inaccessible pour nous» poursuit-il. «De même, les Blancs détiennent un pouvoir inaccessible pour nous. Par exemple, j’ai demandé l’année dernière des munitions pour entraîner mes troupes au tir, mais ne les ai jamais reçues parce que mes dirigeants craignent que je m’en serve pour provoquer un coup d’État. En revanche, le Français qui viendra dispenser une formation à notre attention recevra immédiatement tout ce dont il a besoin de la part de notre gouvernement» ajoute-t-il.
La Guinée, un territoire de 246 000 Km2 et 13 millions d’habitants, dont les pays limitrophes sont le Sénégal, la Guinée-Bissau, le Mali, le Libéria, la Côte-d’Ivoire et la Sierra-Léone, un scandale géologique, avec toutes les ressources naturelles, les plus inimaginables (or, diamant, bauxite, bois, ressources hydrauliques) vit dans la grande pauvreté.
Le président Sékou TOURE (1922-1984), un syndicaliste et un nationaliste, avait voté NON au référendum de septembre 1958. «Nous préférons la liberté dans la pauvreté, à l’opulence dans l’esclavage» avait-il déclaré. Mais opposer un refus au Maître n’ayant pas l’habitude qu’on lui résiste, bien mal lui en a alors pris. La Françafrique a inondé son pays d'une fausse monnaie. Et à partir du Sénégal, la Françafrique avait engagé, contre lui, quatre coups d'état manqués. Résultats : Sékou TOURE est devenu paranoïaque ; il voyait partout des comploteurs, notamment les Peuls. Aussi le sinistre camp Mamadou Boiro est devenu une machine d'extermination. Curieux hasard de l’histoire, celui à longueur de journée et pendant des heures criait à la radio Guinéenne, «à bas l'impérialisme», est mort aux États-Unis, chez l'Oncle Sam.
La Guinée, depuis l’indépendance, est toujours face ses démons. Le président Lansana CONTE au pouvoir de 1984 à 2008, avait emprisonné, fort injustement, Alpha CONDE. Moussa Dadis CAMARA, président de 2008 à 2009, comme le promettent tous les putschistes militaires disait «Peuple de Guinée, la prise du pouvoir par ton armée est un acte de civisme qui répond à la volonté de sauver un peuple  en détresse». Sékouba KONATE, président de 2009 à 2010, disait aussi : «Les fastes du pouvoir ne m’intéresse pas. Si cela ne tenait qu’à moi, le CNDD aurait organisé les élections et remis le pouvoir aux civils dans un délai de 6 mois». Alpha CONDE, est le premier chef d'Etat élu de Guinée, dans des conditions particulièrement suspectes, avec l’appui de Vincent BOLLORE. En effet, au premier tour du 27 juin 2010, Alpha CONDE avait obtenu 20,67% et son challenger, Cellou Dalein DIALLO, 39,72%. Comment a-t-il pu renverser cette lourde tendance au 2ème tour du 7 novembre 2010 et gagner avec 52,52% ? Alpha CONDE disait, quand il était opposant : «Nous sommes venus pauvres au pouvoir. Si demain vous nous voyez avec des villas et des voitures, c’est que nous avons volé».  Depuis 11 ans, il avait pris goût au pouvoir, mais a finalement été éjecté par les militaires.
A ce stade, j’ai plusieurs interrogations.
1 - Ce nouveau coup d’Etat du 5 septembre 2021, non précédé d’un mouvement populaire,
peut-il débloquer la situation politique en Guinée ?
Le précédent malien, précédé d'un vaste désobéissance civile, est encourageant, à ce stade. Cependant, le processus malien de transition est encore en cours ; on ne sait pas encore comment il va se dénouer.
Globalement, en dehors de l’exception ghanéenne, les coups militaires ont été, en Afrique, des parenthèses ou reculs démocratiques en Afrique. Depuis 1950, l’Afrique a connu plus de 110 coups d’Etats. Les militaires prétendre venir pour sauver le pays, mais restent, par la suite, indéfiniment au pouvoir. Je suis fondamentalement attaché au caractère civil du pouvoir étatique.
2 - Comment vont réagir les forces du parti colonial, notamment Vincent BOLLORE établi également au Togo ?
Le président MACRON qui s'était, au cours de la campagne présidentielle de 2017, à mettre fin à la Françafrique, avec un diagnostic que je partage, a fait tout le contraire de ses contraire, avec une résurgence d'un Code l’Indigénat, à travers la loi sur le séparatisme. Il disait même, le temps d'un voyage à Alger, pendant cette campagne électorale des présidentielles, que le «colonialisme est un crime contre l’Humanité». Quand le candidat Emmanuel MACRON s'exprime, on a envie d'applaudir sans retenue, mais il agit, c'est la contestation.
Je pense que la Françafrique, telle que la concevaient le général Charles de GAULLE (1918-1970) et Jacques FOCCART (1913-1997), une indépendance dans la dépendance (accords de coopération, présidents africains pantins, monnaie de singe) a fait son temps. Il existe encore des bastions forts de cette Françafrique, avec des régimes dynastiques et monarchiques (Gabon, Togo, Tchad, RCI, Congo, Cameroun, Guinée Equatoriale). Pourtant, l'heure est de tourner la page de cette politique de violence, de prédation et de mépris des Africains.
En revanche, je suis fondamentalement attaché à une vraie politique de coopération avec la France en Afrique sur des bases d'avantages et de respect mutuels. Seule cette nouvelle orientation pourra sauvegarder les intérêts de la France, un pays qui a avec nous des liens historiques et culturels.
3 - C’est quoi le problème avec les Africains et leurs diasporas, 61 ans les indépendances ?
En Afrique, il y a manifestement quelque chose qui ne tourne pas rond. L’Afrique concentre, à elle seule, la quasi-totalité des matières premières, sans lesquelles les industries de l’Occident et la Chine ne pourront plus tourner. L’Afrique dispose d’une jeunesse valide et mieux éduquée. Et pourtant les Africains sont encore prisonniers de chaînes invisibles.
Pourtant, il serait manichéen et facile de dire que tout est entièrement de la faute aux autres. Nous portons sur nos épaules, une grande partie des malheurs dont nous souffrons. «L’Afrique est mal partie» disait René DUMONT, en 1960. Il est bien évident que les indépendances africaines ont été trahies par leurs gouvernants.
Tous les opposants ou presque, ont un beau discours, mais une fois au pouvoir, les belles promesses sont oubliées. Pourquoi ?
Les Etats africains ont accédé à l’indépendance avec de micro entités peu viables, sans début d’industrialisation. Sans aucune transformation des matières premières, et comme le dirait Samir AMIN (1931-2018, économiste, un des grands théoricien de la détérioration des termes de l’échange, les Africains, sans une agriculture viable, achètent des produits manufacturés plus coûteux.
Par conséquent, en Afrique, sans classe moyenne, ni industrialisation, la seule façon de s’enrichir, vite, c’est de faire de la politique. L’Etat est devenu la vache à lait non seulement pour les gouvernants, mais pour tout agent public qui manie les deniers publics. Les dirigeants craignant de tout perdre, s’ils lâchaient le pouvoir, verrouillent tout. Il s’y ajoute toute une série de groupes de pression ou de parasites pressurant l’Etat (enseignants, étudiants, marabouts), et plus grave encore l’électeur, qui ne croyant plus à un programme politique crédible, seul le billet de banque est érigé au rang de talisman. L’argent, l’incurie, l’incivisme et l’anarchie, ont tout corrompu et pourri, et allant même jusqu’à ruiner les valeurs fondamentales de la société (honneur, dignité, probité, humanité).
Que faire ?
Je n’ai pas de solution magique, mais je crois au fédéralisme, à la souveraineté et à une coopération équitable, le renforcement de l’agriculture, un début d’industrialisation et des formations adaptés à ces besoins.
Globalement, rien n’interdit à un gouvernement de bien gérer ses ressources et son pays. Quelle que soient les bonnes ou mauvaises relations avec la France, la population est fondée à exiger une bonne gouvernance. Ce n'est pas une question de couleur politique, mais une exigence fondamentale du résultat et de l'efficacité de nos gouvernants. On ne veut pas de blablas, mais des actes concrets qui changent la vie des gens. "Peu importe qu'un chat soit noir ou blanc, s'il attrape la souris, c'est un bon chat" disait DENG Xiao Ping (1904-1997). Ce pragmatisme, c'est ce que fait le président Macky SALL, un pharaon des temps modernes, en moins de 12 ans, alors  que les Socialistes ont été indolents pendant 40 ans, n’est pas parfait, mais c’est particulièrement honorable et appréciable. Un jour, aucun autre gouvernement ne pourra aller à l’encontre cette tendance.
Paris, le 5 septembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coup d’Etat militaire en Guinée-Conakry : le lieutenant-colonel Mamady DOUMBOUYA a renversé le président Alpha CONDE» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
3 septembre 2021 5 03 /09 /septembre /2021 18:27
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Chanteuse, nationaliste et comédienne égyptienne, Oum KALSOUM a «marqué les arts et la littérature par une tradition éthique de l’écoute et du respect du public, changeant ainsi la perception des chanteurs à travers l’histoire de la culture et des beaux-arts» écrit Mohamed ARAD, dans son livre, «Oum Kalthoum, l’histoire d’une passion». Dotée d’une voix intense, vibrante et fragile dans l’intonation, Oum KALSOUM, la cantatrice du peuple arabe, on considère au-dessus d’elle, il n’y a que le Coran «Aucune chanteuse n’a été adulée à l’égale d’Oum Kalsoum, aucune voix, si belle soit-elle, n’a incarné comme elle, l’âme de tout un peuple, au point d’être sacralisée de son vivant, non seulement en Egypte, mais dans tout le monde arabe» écrit Xavier VILLETARD. Chantant aussi bien l’Amour divin que l’Amour humain, ainsi que de la Patrie, Oum KALSOUM est considérée comme la plus grande artiste du «Tarab», le quart ton, le maximum de plaisir à tirer de la musique, «Le Tarab, c’est elle» écrit Naguib MAHFOUZ (1911-2006), Prix Nobel de littérature. Gamal Abdel NASSER la considérait comme la «Première dame d’Egypte», avant sa femme. «La Rossignol du Delta», «La Quatrième pyramide d’Egypte», «L’Etoile de l’Orient», «la Perle de l’art», «Le Souffle parfumé», Oum KALSOUM avait divers surnoms dont «l’Etoile de l’Orient» : «Sans doute parce que qu’inaccessible au commun des mortels, elle brillait pourtant dans le ciel de chacun» écrit Francis DORDOR. «Si on veut la décrire, on n'arrivera jamais à trouver son équivalent», disait Ahmed RAMI (1892-1981), poète et un de ses plus fameux paroliers. Oum KALSOUM est «El Sett» ou «La Dame», chantant debout au milieu des hommes, qui finit de s’imposer comme le symbole du féminisme arabe contre la misogynie. Féministe et libre, symbole de l’alliance entre la tradition et la modernité, Oum KALSOUM appelait les femmes, dans ses concerts, à se prendre en charge : «Vous êtes la moitié de l’humanité, prenez votre destin en main !» disait-elle. Perfectionniste, et ayant de l’autorité dans un monde d’hommes, elle prend seule les décisions. Figure, elle sollicite la participation des femmes à ses concerts et leur demande d’enlever leur voile «Dévoilez-vous mes sœurs, les forces productrices de nos sociétés ; nous pouvons garder la tête haute et nue» dit-elle. La gloire de Oum KALSOUM, c’est d’être à la fois une voix asexuée et une voix bisexuée. Dans sa voix, les femmes écoutaient l’homme, et les hommes la femme. «Politiquement, c'est une femme arabe libre, qui peut faire taire tous ceux qui voudraient que l'on se taise» estime Ghalia BENALI, une artiste tunisienne. Pour le poète et parolier d’Oum KALSOUM, qui lui a écrit 137 de ses 283 chansons, «si on veut la décrire, on n’arrivera jamais à trouver son équivalent» dit Ahmed RAMI (1892-1981) : «J’ai aimé les musiques et la voix d’Oum Kalsoum, la plus grande chanteuse de tous les temps, celle qui chanta le plus et le plus longtemps, devant le plus de monde. Les succès d’Elvis Presley ou de la Callas sont de petites choses à côté des siens. Sa musique me nourrit. Oum Kalsoum est profondément maternelle, maternelle comme les déesses du monde antique. Elle est la voix de millions d’êtres sans voix» dit Maurice BEJART (1927-2007).

Oum KALSOUM est issue d’une famille rurale, très pauvre et profondément religieuse. Son père voulait avoir un garçon, mais c’est une fille qu’il a eue ; il ouvre le Coran et tombe sur le nom d’Oum KALSOUM, le prénom de la nouvelle née est trouvé. Oum KALSOUM, dont l'artiste porte le prénom, est la troisième fille du Prophète Mohamed et de Khadîdja, Oumm KOULTHOUM (603-630), mariée une première fois, à un des fils à Abu Lahab, puis répudiée, se remariera au Calife Othman, quand sa sœur Ruqayya sera morte. Le prénom d’Oum KALSOUM, dans sa version française que j’ai adopté, a été orthographié de diverses manières «Umm Kultum» ou «Oum KALTHOUM», «Oumou KOULSOUM» ou «Umm KULTUM». En effet, Oum KALSOUM, surnommée «Souma», est la transcription anglaise de l'arabe, ou en dialecte égyptien. Elle se présentait avant tout comme «une femme, une paysanne, une Égyptienne».

Par ailleurs, la date de naissance de Oum KALSOUM est incertaine ; on la situe tantôt en 1898, 1895 ou 1902. J’ai retenu la date de naissance officielle du 18 décembre 1898, dans le petit village de Tunamel El Charqui, dans le Delta, dans Nord de l’Egypte. Issue d’une famille très pauvre de trois enfants, sa sœur aînée Sayyida est alors âgée de dix ans et son frère Khalid d’un an. Sa mère, Fatma AL-MALIJI, est femme au foyer et son père, Cheikh Ibrahim, est imam ; il psalmodiait des chants religieux pour faire vivre sa famille. En écoutant son père enseigner le chant à son grand frère, la jeune fille répétait à son tour en jouant à la poupée. «La première fois que mon père me demanda d’aller chanter avec lui, je lui ai dit non. J’allais vers 7 ans. Mon père était l’imam de la mosquée du village. Pour nous faire vivre, il donnait des récitals lors des fêtes religieuses. Mon frère Khaled l’accompagnait ; il voulait lui transmettre son art. En cachette, je retenais les psalmodies qu’il lui apprenait, et je les chantais en jouant avec ma poupée» dit-elle, dans ses mémoires radiophoniques. Son père comprit vite que sa fille, un «Rossignol du Delta», possédait un talent pour le chant ; il lui demanda alors de rejoindre sa petite troupe. «Un jour, mon père m’a surprise, et il s’est tu, jusqu’à ce que je termine de chanter. C’est alors qu’il m’a proposée de l’accompagner chez le chef de village. Et pour m’amadouer, il m’a dit qu’il me donnerait des sucreries et du flanc à la fleur d’oranger. Je suis têtue, mais gourmande. Finalement, j’ai accepté» dit-elle dans ses mémoires radiophoniques. Oum KALSOUM n’alla pas dans une école traditionnelle, mais au «Kutab» ; elle y apprit à lire et réciter le Coran. Mais l’apprentissage du Coran aide à mémoriser les textes et à façonner la voix. A cette époque, il n’y avait rien de sentimental dans ses nombreux chants religieux au sein de son village. Peu à peu sa notoriété grandie malgré son jeune âge. Ibrahim, craignant que l’on s’intéressât plus à son physique qu’à son chant, l’habillait d’une longue «Galabeyya», tel un garçon. Durant les fêtes religieuses ou les événements familiaux, en contrepartie de ses chansons, les villageois lui offraient un bol de riz et du lait. Fervente religieuse et submergée d’un culte voué à Dieu, «Son pays natal c’est le Coran. Sa foi n’est pas un refuge, mais sa raison de vivre» écrit Ysabel SAIAH-BAUDIS, une de ses biographes. À seize ans, Oum KALSOUM fut remarquée par un chanteur alors très célèbre, Cheikh Abou AL ILA MOHAMED (1872-1927), passé du chant religieux au chant profane, lui apprend la musique et le goût des mots ; en particulier il attira son attention sur la nécessité de comprendre les textes. «Quand je commençais à chanter, je ne comprenais rien ; j’étais comme un phonogramme ou un perroquet. On me disait de dire quelque chose, et je le répétais. Je ne réalisais même pas que j’avais un don pour le chant. Mon père avait besoin de nous faire vivre, il m’a poussée. Les gens étaient contents parce que j’étais une petite fille courageuse et que je chantais. Je suis devenue la vedette de la famille. C’est tout» dit-elle. Ainsi démarra la carrière d'une chanteuse hors du commun, d’une petite paysanne défavorisée, Oum KALSOUM, à travers les villages du Delta «Nous avons été partout, dans les villages et les fermes, des kilomètres à pied ou à dos d’âne. La première fois que j’ai pris le train, j’ai vu les arbres marcher. Je n’avais compris qu’ils reculaient. On commençait à chanter à 8 heures du soir, et on continuait jusqu’au matin. Et souvent, il y avait des bagarres. On attendait que les gens se calment pour recommencer à chanter. Un jour, il n’y a pas eu de bagarre et nous avons vite épuisé notre répertoire. Il a fallu qu’on enrichisse notre programme jusqu’au lever du jour» dit-elle. Pour perfectionner son art, Oum KALSOUM fut auditionnée par Zakaria AHMED (1896-1961), musicien, compositeur et chanteur, qui incita sa famille à s’installer au Caire.

Quand, Oum KALSOUM arrive, en septembre 1923, au Caire, le pays est en pleine effervescence politique ; le leader nationaliste, Saad ZAGHLOUL (1859-1927), du parti Wafd, a obtenu la fin du protectorat, mais avec une importance présence britannique aux affaires étrangères, à la défense, et donc au Canal de Suez. Oum KALSOUM hommage à ce nationaliste «Saad s’absente de l’Egypte». Oum KALSOUM aura eu une relative longue existe, et a vécu pendant une époque importante de l’histoire de l’Egypte et des pays arabes. En effet, en moins de trois quarts de siècle, Oum KALSOUM aura connu le protectorat britannique, l’émergence du nationalisme, les règnes des souverains FOUAD 1er (1868-1836) arrière-petit-fils de Méhémet Ali, et Farouk, ayant proclamé l’indépendance de l’Egypte le 15 mai 1932, mais en laissant le Canal de Suez aux Occidentaux, et de FAROUK (1920-1965), ainsi que la Révolution de 1952, les mandats de Gamal Abdel NASSER (1918-1970) et Anouar EL-SADATE (1918-1981), sans oublier les deux défaites face à Israël en 1948-49 et 1967.

Dans la capitale égyptienne, Oum KALSOUM devient lyrique et sentimentale dans ses chansons «J’ai abandonné tous mes amis les proches. J’ai préféré reste seule avec mon amour. Seuls mes yeux peuvent exprimer ce que je ressens, cette immense angoisse» chante-t-elle. En effet, le Caire, une ville tolérante et cosmopolite connaît en cette période, une puissante Renaissance culturelle, «l’Essor» ou «Al Nahda» autour du féminisme, du nationalisme, de la sociologie et de l’art ; un immense mouvement de protestation, contre l’occupation britannique, gronde à travers, notamment des chansons révolutionnaires. En paysanne, issue d’un milieu rural conservateur et corseté, et son père ne voulant pas qu’elle apparaisse en fille, Oum KALSOUM était décalée dans ce Caire de la Renaissance, et continuait à s’habiller en garçon. Aussi, on s’est donc moqué d’elle. «Le Caire, qu'on appelle la mère du monde, est une ville bouillonnante, sous domination étrangère. Oum Kalsoum commence à chanter des chansons très austères, alors qu'à l’époque, beaucoup de chanteuses sont très dénudées, et chantent des chansons grivoises. Elle, elle commence par l'austérité, mais sa voix fait des miracles», écrit Ysabel SAIAH-BAUDIS. Oum KALSOUM, dans sa ferveur religieuse, avait privilégié les chants sacrés, comme «Touba» ou le repentir : «Repenti je suis, mes larmes coulent de remord. Où est mon cœur des larmes du repentir ? Que ne me suis-je pas fondu de honte chaque fois. Que la largesse du Bienfaiteur renouvela le pardon. Dans mon cœur, le démon a enlacé le démon. Et je me suis inquiété de ceci et de cela. Les illusions m'ont submergé, j'ai invoqué Ton amour. Le pêché plana avec mon être, mais mon présent se jeta pour panser la douleur de mes blessures. J'ai délaissé le péché pour atteindre la paix» chante-t-elle. L’artiste a vite compris que si elle voulait conquérir la capitale, il fallait être moderne, plutôt qu’un répertoire musical sacré, il fallait s’orienter vers des chansons sentimentales : «Même s’il me tourmente, les larmes que l’Amour provoque, me sont douces. Je lui pardonne tout, alors qu’il est mon bourreau» chante-t-elle. Oum KALSOUM commence donc à s’habiller à l’occidentale et travaille le détail, l’ornementation du chant. Dans cette effervescence artistique et culturelle, Oum KALSOUM a été précédée au Caire par de prestigieuses militantes féministes et anticolonialistes, comme Hoda CHAARAOUI (1879-1947), fondatrice de l’Union féministe égyptienne en 1923 ou Ceza NABARAWI (1897-1985), rédactrice en chef d’un journal, «l’Egyptienne». L’élite intellectuelle choisit Oum KALSOUM comme «Quatrième pyramide d’Egypte», une idole du Renouveau culturel du Caire. L’autre mutation majeure, est l’arrivée de la TSF, avec des enregistrements et concerts à la radio égyptienne entre 1934 et 1960. Le contrat conclu avec la radio, c’est que Oum KALSOUM, dont les concerts sont retransmis dans tous les pays arabes, soit la mieux rémunérée. La radio est une nouveauté pour Oum KALSOUM qui avait l’habitude des concerts en public «Je peux dire que ce m’a le plus dérangée, c’est d’être avec toutes les lumières rouges et vertes, seule et isolée ; comme si je parlais toute seule à moi. C’était l’instant de surprise pour moi, je n’ai pas aimé. Et ensuite, les concerts ont été retransmis en direct, avec une interaction entre l’artiste et le public ; cela change tout» dit-elle.

En 1932, Oum KALSOUM entame une grande tournée à Damas, Bagdad, Beyrouth, Tunis, Haïfa et Jérusalem, et offre son cachet pour combattre l’occupant britannique et pour aider l’immigration juive. Oum KALSOUM, dans son ascension, et tenant compte de ambiance culturelle favorable, n’a pas négligé le cinéma. Elle aura été actrice de six films (Weddad en 1936, Le chant de l’espoir en 1937, Dananir en 1940, Aïda en 1942, Sallama en 1945 et Fatma en 1947). Dans ces films, autour du conte des Mille et une nuit, elle incarne aussi la fille du peuple, esclave, paysanne ou infirmière, parvenant à vaincre les pesanteurs de la société. Elle refuse d’embrasser l’acteur masculin, et demande à ce que la scène soit coupée quand celui-ci approche de ses lèvres.

Tenant compte de toutes ces mutations profondes de la société du Caire en chanteuse classique, dans un arabe littéraire ou populaire épuré, évitant les chansons grivoises, frivoles, vulgaires ou légères, Oum KALSOUM, l’idole de la classe populaire, a bouleversé les codes, par sa façon de chanter et son répertoire. Son concurrent, Ahmed ADAWIYA sera, par la suite, le chantre de la musique «Sha’abi» ou musique populaire, des habitants des bidonvilles du Caire, en évoquant les difficultés de la vie quotidienne, les problèmes d’argent et de sexe. Oum KALSOUM, dans sa jeunesse, exécutait des chansons sacrées «Oum Kalsoum a un don. Sa voix. Une voix qui libère. Rendue libre par son don, elle loue Dieu et l’amour. L’Amour et Dieu» écrit Isabel SAIAH-BAUDIS, une de ses biographes. Mais les chansons religieuses, dans un Caire en pleine mutation, n’attirent pas la foule. Apprenant vite des erreurs, Oum KALSOUM, dans son intelligence artistique, savait s’adapter. Pendant ses soixante ans de carrière, elle ne laissa rien au hasard. Chignon, foulard et lunettes noires, Oum KALSOUM, en grande professionnelle, sélectionna les poètes et les compositeurs, exigeant d'eux la quintessence de leur art ; elle devient également une cheffe d’orchestre exigeante et perfectionniste, dans les répétitions. Oum KALSOUM a une voix exceptionnelle, elle est également servie par la qualité des musiques et des textes qu’on lui compose. Ainsi, dans sa commande au poète, Ahmed RAMI, elle veut «une langue des journaux, comprise par tout le monde, qui ne soit ni vulgaire, ni hermétique» dit-elle. Aussi, Ahmed RAMI mélange le dialecte des chanteurs de variétés à la langue littéraire ; ce qui confère une puissance aux chansons d’Oum KALSOUM. «Si l’on choisit les paroles on peut avoir l’impression que ce que chante, on le vit, c’est le point le plus haut, se mettre dans la peau d’une personne heureuse, triste ou exaltée. Pour convaincre, par mes chansons, il faut que je sois convaincue. Il faut d’abord des paroles, des paroles qui ont un sens et un but précis» dit Oum KALSOUM, dans un entretien accordée à la radio égyptienne. Evitant d’être élitiste, tout en étant raffinée dans ses chansons, Oumou KALSOUM se voulait éducatrice «Grâce à elle, les paysans analphabètes récitent des vers raffinés, les nationalistes glorifient la langue, les mystiques entrent en transe et les femmes cloîtrées rêvent d’amour galant» écrit Naguib MAHFOUZ, Prix Nobel de littérature. Oum KALSOUM s’attache des services d’un grand compositeur et musicien, le plus influent de l’Egypte, Mohammed El QASABGI (1892-1966), qui devient également son mentor.

Oum KALSOUM, en ces années 20, avait de nombreuses concurrentes, comme Fathiyya AHMAD (1898-1975) et Mounira EL MAHDEAYA (1885-1975) ou la «Sultane de l’Extase», des chanteuses de cabarets, à la vie particulièrement dissolue, buvant l’alcool et collectionnant les amants. En revanche, Oum KALSOUM menait une vie sobre et recluse ; elle détestait les mondanités. Certaines mauvaises langues ont même fait courir, à son sujet, en raison de cette existence austère, des calomnies. Elle a été étiquetée d’avare, de lesbienne et même de droguée. Particulièrement discrète sur sa vie privée. Oum KALSOUM vivait dans une forteresse ; elle était elle-même coffre-fort blindé, et ne laissait personne devenir intime avec elle, mais celle savait communiquer avec toutes les classes sociales à travers son art. «S’éloigner des gens, cela créé chez l’auditeur quelque chose. Par exemple, si quelqu’un me voit, un jour, au cabaret, et m’écoute le lendemain en train de chanter en l’honneur du Prophète, comment va-t-il accepter ou comprendre ça. Une partie de notre art est d’avoir une bonne réputation pour les gens. Tu es mieux écoutée, si tu n’apparais pas partout et n’importe comment» dit-elle, dans ses mémoires radiophoniques. En effet, Oum KALSOUM «s’est faite respecter du public et lui a fait comprendre que la femme qu’il venait d’écouter n’était pas une courtisane, mais une véritable artiste» dit un journaliste égyptien. Elle s'est donnée à son art comme une religieuse s'offre à Dieu. L'enfant pauvre du delta du Nil, élevée dans une rigoureuse piété, qui n'avait commencé à chanter dans des mariages que pour donner du pain à sa famille, se glissa dans la peau d'une diva inflexible et pointilleuse, allant jusqu'à choisir un photographe personnel pour protéger son image. On ne lui connaisse aucune liaison, à l'exception de son mariage tardif en 1953, avec son médecin, Hassen EL-HAFNAOUI, en introduisant une clause de pouvoir prendre, l’initiative, si nécessaire de divorcer.

Comparée à Edith PIATH (1915-1963), à Bob DYLAN à Maria CALLAS (1923-1977) et Jean-Sébastien BACH (1685-1750) tous réunis, Oum KALSOUM avait un timbre de voix riche, une voix puissante et forte, faisant vibrer, une intensité et une amplitude sonore impressionnante dans différentes gammes et mélodies, une diction parfaite pour des poèmes qui ont parfois le même mètre et la même rime des temps anciens. «Oum KALSOUM se fit une place dans le cœur des gens grâce à sa prestance, son lyric et sa voix. Cette dernière resta à jamais gravée dans les esprits, profonde et puissante, elle comportait 14 000 vibrations par seconde. La voix d’Oum Kalthoum soulevait les foules, elle mettait le public et l’artiste dans un état d’extase comparable au nirvana» écrit Gihan ABDELHADI. En effet, Oum KALSOUM savait électriser l’audience, sur fond d’un délire collectif avec des «vagues de foules ardentes», une «hystérie» et des «Maazag» ou un «plaisir à son comble», une «intense volupté». En communion avec toutes les couches de la société, chantant tantôt en arabe classique tantôt en dialectal, «Lorsqu’elle chante, on est tous ensemble, on écoute la même chose et on nie un peu la réalité. On est dans l’ivresse de la nuit, on se sent bien, loin des yeux du pouvoir et des ennuis domestiques… C’est le Tarab, cette ivresse esthétique qui a quelque chose de très maternel, comme une espèce de ventre commun qu’on ne peut pas quitter» écrit Selim NASSIB, dans «Oum». Dans la tradition du soufisme, la quête de Dieu peut être soutenue et guidée par la musique ; l’acte d’écouter le Coran, un poème ou une musique spirituels, peut atteindre le «Wajd» ou «transe mystique». Sa voix aiguisée par sa relation au public, faite de mystère, de désir, de frustration, et de pur plaisir musical, peut jusqu'à déclencher le fameux «Tarab», cette émotion artistique d'intensité maximale. «En réalité, quand j’écoute le compositeur, je ne suis plus Oum Kalsoum. Je suis un être banal qui écoute. Les phrases musicales qui me touchent, sont celles que je reçois e auxquelles j’adhère. Dans le Tarab, j’aime beaucoup la composition, laquelle fait sentir le sens des mots. C’est primordial» dit-elle dans ses mémoires radiophoniques. Oum KALSOUM fut celle qui, le soir de ses concerts radiophoniques, tous les premiers jeudis du mois, plongeait Le Caire dans une atmosphère de fête. La voix d'Oum KALSOUM surgit des entrailles du Caire dans le tintamarre du crépuscule. Elle s'élève, brûlante comme le souffle de la nuit d'été qui se glisse entre les tables de bois du café. «Nuit, tes étoiles sont témoins de mes tourments, ô nuit ! Elles ont entendu mes plaintes et mes larmes, ô nuit ! Que de fois je t'ai confié mes insomnies. Que de fois je t'ai suppliée et que de souffrances j'ai endurées !» chante-t-elle. dans une posture hiératique, la voix et la fierté d’être Arabe, Oum KALSOUM, seule sur le devant de la scène, debout, pendant de longues heures, avait une capacité stupéfiante d'improviser des arabesques, avec une présence remplie de tendresse, de passion et de souffrance, de sentiments profanes et sacrés, ainsi qu'un nationalisme exacerbé. Oum KALSOUM pouvait chanter quatre heures de suite, soit la durée d'un opéra complet.

Oum KALSOUM est, avant tout, une diva de l’Amour, du Désir et de la Douleur. «Pourquoi mon Amour me fais-tu souffrir ? Pourquoi enlèves-tu le sommeil à mes yeux ? Qu’ai-je fais pour être malmené et abandonné au feu qui me brûle ?» chante-elle. Quand les jeunes tombent amoureux, ils découvrent la profondeur de ses textes et la puissance de sa voix, notamment à travers sa chanson «Enta Omri», ou «Tu es ma vie», composée par Mohamed ABDELWAHHAB (1902-1991) «Tes yeux m’ont ramené à mes jours passés Ils m’ont appris à regretter le passé et ses blessures. Tout ce que je voyais avant que mes yeux ne te voient était une vie gâchée. Comment pourraient-ils considérer cette part de ma vie ? Avec ta lumière, l’aube de ma vie a commencé. Pourquoi ne t’ai-je pas rencontrer longtemps avant ? Tout ce que j’ai vu avant que mes yeux ne te voient était une vie gâchée. Tu es ma vie qui commence à l’aube de ta lumière» chante-t-elle. C'est leur peine qu'elle chante quand elle exalte, inlassablement, le chagrin des amants délaissés et la nostalgie d'un âge harmonieux. En 1924, Oum KALSOUM enregistre «Al-Sabbou Tafdhahoubou Ouyounou» ou «L'amoureux est trahi par ses yeux», une chanson composée par Ahmed RAMI, et inspirée des vers persans d’Omar KHAYYAM (1048-1131), un poète de l’ivresse, de la transe et de l’Amour. Dans «Rubaiyat Al-Khayyam», les Quatrains d’Omar KHAYYAM sont une exhortation à éveiller sa pensée et son corps à ce qui est là. Ils invitent à habiter pleinement le présent, dans la conscience de la mort jamais loin et la joie immense de la vie qui brûle. «A l’aube fine et claire me parvint d’une voix douce et légère surgie des profondeurs inconnues l’appel au réveil de l’humanité endormie. Levez-vous emplissez de vos envies la coupe de vos désirs avant que ne remplisse le calice de la vie la main du destin. Gardez-vous des tourments du passé révolu et de la crainte du futur non encore abouti. Savourez du présent ses délices car est là la clarté du grand jour et il n’est point de quiétude dans la nature de la nuit» chante-t-elle, dans «Les Quatrains». La chanson «Alf Leila Wa Leila» ou «Mille et une nuits», connaît un succès en 1969 : «Mon amour, mon amour, mon amour Voici la nuit, son ciel, ses étoiles, sa lune et ses veillées. Toi et moi, mon amour à moi, tu es ma vie. Allons vivre dans les yeux de la nuit mon amour, allons-y, Et demandons au soleil de ne pas se lever pendant un an; pas avant un an au moins. Notre nuit d'amour est savoureuse comme mille et une nuits, vaut mille et une nuits, mille et une nuits, toute une vie, mais la vie n'est rien si elle ne ressemble pas à cette nuit, à cette nuit, à cette nuit». Les chansons sentimentales d’Oum KALSOUM, un «amour humain, proche de l’amour divin. Dans un monde miséreux et réprimé sexuellement, elle a fait croire que l’assouvissement de la chair était pauvre à côté d’un amour éternel» écrit Omar SHARIF (1932-2015). Ainsi, «Laylet Hob» ou «Une nuit d’Amour» est l’une des grandes chansons d’Oum KALSOUM : «Vous, qui n’avez jamais manqué un rendez-vous dans votre vie. Pourquoi cette nuit êtes-vous absent? Vous me rendez confus. Qu’est-ce qui vous maintient loin de moi ? C’est impossible que la vie vous tienne loin de moi J’attends avec espoir. Je reste éveillé… venez à moi. ma vie, que je puisse vous tenir éveillé. Mon amour, mon cœur battait et la lumière de ma vie. Souriant à l’imagination et les souvenirs de cette nuit. Le monde entier s’est arrêté et vous a attendu. Le monde entier est avec moi ici et vous regarde. Le printemps, la fleur, la rivière», chante-t-elle. L’Amour est inséparable des peines du cœur, aussi Oum KALSOUM chante souvent la douleur et la souffrance «En esprit, j’ai rompu avec toi. Et puis, je me suis réconciliée, et j’ai rompu à nouveau. Mais il est dur d’être éloignée de toi, quand la séparation s’éternise» chante-t-elle. «Je te parlerai de toi de ce qui cause mon insomnie. Je te parlerai de ce qui fait couler mes larmes. Et, je dis mon cœur, pourquoi tu te caches ? Et toi, mon âme, pourquoi tu me tiens ?» chante-t-elle. «Mon amour, et ma promesse d’un jour, la nuit et l’horloge qui tournent son tic-tac, éveille même la nuit» dit-elle.

Oum KALSOUM avait de nombreux concurrents (Mohamed ABDELWAHHAB (1901-1991), qui sera son allié, et Adel Halim HAFEZ (1929-1977), Ahmed ADAWEYIA (né en 1945), etc.). Cependant, elle s’est autoproclamée, dans ce rêve de la construction d’une nation arabe, comme étant «la voix du peuple». En effet, au début du XXème siècle, des revendications nationalistes et anticolonialistes se font jour en Egypte. Traditionaliste et fondamentalement pieuse, Oum KALSOUM se borne, dans un premier temps, à apporter son soutien à la monarchie ; elle savait flatter les gouvernants. Ainsi, elle chante à l’occasion de l’anniversaire du roi FAROUK, le 11 février 1937. Le 4 mai 1948, quand David BEN GOURION (1886-1973) proclame l’Etat d’Israël, la contre-attaque des pays arabes se solde par un cuisant échec, c’est la «Nakba» ou le désastre. Le 23 juillet 1952, le roi FAROUK, un monarque corrompu et libidineux et de souche albanaise, à la solde des Britanniques est renversé par le général Mohamed NEGUIB (1901-1984), président du 18 juin 1953 au 14 novembre 1954, qui sera démis de ses fonctions, par Gamal Abdel NASSER. C’est la première fois que l’Egypte, depuis le temps des Pharaons, est dirigée par un Egyptien. NASSER lance la réforme agraire, instaure le droit de vote des femmes, nationalise la Canal de Suez et initie une fédération entre l’Egypte, la Syrie et le Yémen. En pleine guerre froide, NASSER a besoin de Oum KALSOUM afin d’asseoir son autorité auprès des masses. Oum KALSOUM se rend à la radio et détruit, devant la presse, tous ses enregistrement du temps de l’Ancien régime. Cependant, le Directeur de la radio, bannit, un certain temps, l’artiste d’antenne. Elle sera vite réhabilitée «Les pyramides étaient déjà là du temps du roi, pourquoi ne vas pas les raser» dit NASSER au Directeur de la Radio. Oumou KALSOUM, conservatrice et réservée, avait besoin aussi de NASSER ; elle est propulsée au-devant de la scène en raison de ses concerts à la radio égyptienne. En effet, saisissant le profit politique à tirer du talent de chanteuse auprès des masses populaires, NASSER demande à Oum KALSOUM, d’inaugurer, en 1953 la nouvelle radio, «Sawt Al-Arab» ou «la Voix des Arabes», pour insuffler l’unité du peuple arabe et libérer les Palestiniens. Devenue la Diva du nationalisme arabe, et nouvelle alliée de NASSER, Oum KALSOUM a vu sa carrière boostée au somment. Aussi, elle chante, «Ana El-Sha’ab» ou «Je suis le peuple». Sa chanson, «Wallah Zaman Y Silahi» ou «Il y a longtemps mon arme» est devenue, depuis 1977, l’hymne national d’Egypte : «O jeunesse du Nil. O pilier de cette génération, l’Egypte vous appelle. Répondez à ses nobles ambitions. Consolidez sa gloire par la science, puis suivez chacun votre chemin. Nous sommes l’outil de la patrie ; prêts au sacrifice pour sa grandeur» chante-t-elle. Oum KALSOUM a chanté «Le Nashid El-Gala» ou «L’hymne à la liberté». La résistance à l’impérialisme et la cause palestinienne devrait être défendue par l’Egypte et par toutes les nations arabes «Asbah Andi Bunduqyia» ou «Et maintenant, j’ai un fusil», inspiré d’un poème de Nizzar QABBANI. Oum KALSOUM, épousant le nationalisme arabe et devenant l’arme secrète de NASSER, voulait «transformer la défaite en victoire». «Nous sommes des fedayins. Nous mourrons plutôt que de céder. Pas de trêve dans le combat» dit-elle. Oum KALSOUM chante un poème d’Ibrahim NAGI (1898-1953), «Al Atlal» ou «les ruines», les vestiges d’un Amour et le rêve d’un pays : «Mon cœur, ne me demande pas où notre amour s'en est allée. Ce n'était qu'une citadelle de mon imagination qui s'est effondrée. Étanche moi de ma soif, et laisse-moi boire sur ses ruines. Aussi longtemps que les larmes puissent étancher la soif. Raconte l'histoire en mon nom, dis leurs comment cet amour est devenue un passé. Comment il est devenu un objet de douleur. Oh toi qui ne dors plus et qui somnole. Qui se rappelle la promesse et qui se réveille. Sache que si une plaie commence à guérir. Une autre surgira du fond des souvenirs. Alors apprends à oublier. Et apprends à effacer» chante-t-elle.

Alliée invisible du projet idéologique de Gamal Abdel NASSER dans son nationalisme et son panarabisme, Oum KALSOUM a chanté, en 1960, «Wallahi Zaman Ya Sihabi» ou «Cela fait longtemps, ô arme qui est mienne». Une grande complicité et complémentarité entre eux : «Ça fait longtemps mon arme.. Tu m'as manqué lors de mon combat. Parle, dis : ” je suis prête. Ô la guerre! Ça fait longtemps”, L'Egypte libre, qui peut la défendre si ce n'est pas nous, par nos armes ? Oh l’Egypte, la terre de la révolution ! Nous n'épargnerons pas nos vies pour te protéger. l’Egypte, la terre de la révolution! Nous n'épargnerons pas nos vies pour te protéger. Le peuple émerge comme la lumière. Le peuple est une montagne, une mer. Le peuple érupte comme un volcan en colère, fend comme un tremblement de terre  chante-t-elle. Oum KALSOUM aura contribué à construire un pan de l’identité moderne arabe. A la guerre dite des Six jours, le 5 juin 1967, l’Egypte des Pharaons est vaincue par Israël. L’aviation égyptienne est détruite en 6 heures, et en 5 jours, Israël reprend le Sinaï, la bande de Gaza, le Cisjordanie et Jérusalem-Est. La Nation arabe, qu’Oum KALSOUM avait, par ses chansons, contribué à magnifié, est gravement humiliée. Aussi, en guise de réconfort, le 9 juin 1967, face à la démission de NASSER, la diva chante «Relève-toi et écoute mon cœur, car je suis le peuple. Reste, tu es la digue protectrice. Reste, tu es le seul espoir qui reste». NASSER revient sur sa démission. Oum KALSOUM offre ses bijoux pour renflouer les caisses de l’Etat et demande à tous de suivre son exemple. Oum KALSOUM entame une tournée international afin de participer à l’effort de guerre. Les 13 et 15 novembre 1967, à l’invitation de Bruno COQUATRIX (1910-1979), Oum KALSOUM chante pour la première fois et dernière fois, dans un pays occidental, à l'Olympia, à Paris. Elle a près de 70 ans. En cinquante ans de carrière, la France sera son unique escapade musicale hors du monde arabe. «Elle a été ma folie. C’était incroyable de voir ce public déchaîné qui l’accueillait en hurlant comme une bête sauvage domptée» dit Bruno COQUATRIC (1910-1979), Directeur de l’Olympia. A Paris, Oum KALSOUM chante «L’Amour de la Nation» et rend hommage à NASSER «Tu es le Bien, tu es la Lumière. Tu es la Patience face au destin». A la mort de NASSER, le 28 septembre 1970, des suites d’une crise cardiaque, Oum KALSOUM annule son concert à Moscou et retourne en Egypte. Anouar EL-ASSAD, arrivé au pouvoir, écarte Oumou KALSOUM de la scène artistique.

Oum KALSOUM, souffrant d’une néphrite aiguë et ne donnant plus de concert depuis 1973, est morte au Caire, le 3 février 1975 ; elle n’avait pas d’enfant. De nombreux suicides ont été enregistrés le jour de sa mort, et les funérailles gigantesques, dignes de celles de Gamal Abdel NASSER, avec plus de 2 millions de personnes, ont été impressionnantes. Après une cérémonie funéraire à la mosquée Omar Makran, Oum KALSOUM est enterrée au cimetière d’El Bassatine, au Caire auprès de ses parents et de son frère. «Oum Kalsoum était unique, sans pareille ; elle n’appartenait pas au commun des mortels ; elle aura incarné les rêves et les frustrations de millions d’Arabes» écrit Robert SOLE dans «Ils ont fait l’Egypte moderne».

De nos jours, rien qu'en Égypte, 300 000 cassettes et CD de la diva se vendent encore chaque année. 285 chansons répertoriées dans la discographie. Un couturier libanais a sorti une marque à son effigie et de nombreux produits dérivés, tirés de son image, sont abondamment commercialisés. En 2001, le gouvernement égyptien a inauguré le musée Kawkab Al-Sharq ou «Astre de l’Orient», en hommage à Oum KALSOUM. Si Oumou KALSOUM, loin d’être dépassée, est restée dans le cœur et la mémoire des Arabes, de toutes les catégories sociales, plus de 46 ans après sa mort, c’est qu’elle a reflété, à travers son art, une aspiration à l’unité, à l’indépendance et à la liberté. «Cela fait dix ans, cela fait un jour qu’elle est partie pour la nuit. Ses surnoms n’ont pas trouvé de remplaçantes dignes d’elle. Tout ce que faisait le personnage a disparu, mais Elle, elle demeure» écrit Omar SHARIF, dans la préface du livre d’Isabel SAIAH-BAUDIS. Tout en restant traditionnaliste, Oum KALSOUM est dans une large mesure une incarnation de la modernité, un refus de soumission aveugle aux valeurs occidentales, tout en rejetant un traditionalisme arabe passéiste et rétrograde. Oumou KALSOUM «allait être l’héritière de tout un art, elle l’a été. Mais héritière dernière, fruit, dernier fruit, et quel fruit !, comme il pouvait n’en exister qu’un seul éblouissant» écrit Sélim NASSIB.

 

Références bibliographiques
ABD AL-AZIZ (Muhammad), COLET (Sandrine), Chansons d’amour d’Egypte : Poèmes d’amour arabes chantés par Umm Kulthum, Zurich, Diwan, 2004, 133 pages ;
ABDELHADI (Gihan), «Oum Kalthoum, l’icône féministe du monde arabe», Mon Orient, 14 avril 2020 ;
ARTE, «Oum Kalthoum, la Voix du Caire», reportage de Arté, 2017, conduit par Xavier Villetard, durée de 55 minutes ;
AUBERT (Vianney), «Oum Kalsoum, la Diva du monde arabe», Le Figaro, 27 juillet 2007 ;
BAKRI (Mahammad), «Oum Kalthoum, voix de l’unité arabe ?», Langue et culture arabe, 2 novembre 2020 ;
BEN HAMED (Hammadi), Oum Kalsoum, Paris, éditions du Layeur, 2000, 48 pages ;
BIETRY-RIVIERE (Eric), «Oum Kalsoum au firmament arabe», Le Figaro, 1er août 2008 ;
BROUSSARD (Philippe), «Oum Kalsoum, une reine d’Egypte à Paris», Le Monde, 29 juillet 2016 ;
CARLE (Zoé), «Les étranges métamorphoses de la chanson arabe : d’Oum Kalsoum à Haïfa Wehbe, la musique orientale, entre commerce et politique»,  Revue du Crieur, 2015, vol 2, n°2, pages 102-111 ;
DANIELSON (Virginia), The Voice of Egypt : Umm Kulthum, Arabic Song, and Egyptian Society in the Twentieth Century, Chicago, The Chicago University Press, 1997, 288 pages ;
DUPONT (Anne-Laure), «Nahda, la Renaissance arabe», Le Monde diplomatique, août-septembre 2009, n°106 ;
France culture, «Oum Kalsoum, la Voix des Arabes», Les Nuits de France culture, par Philippe Garbit, 21 novembre 2019, durée 1 h 24 ;
HAMDANE (Halima), Oum Kalsoum, la grande chanteuse égyptienne, Paris, Cauris, 2016, 32 pages ;
HUSSEINI (Dima, El), Relations entre poésies et musiques arabes du XXème dans leurs rapports avec les influences occidentales, thèse sous la direction de Pierre Brunel, Paris Sorbonne, 2000, 105 et 148 pages ;
J. L., «Oum Kalthoum à Paris», Le Monde, 13 novembre 1967 ;
LABESSE (Patrick), MORTAIGNE (Véronique), «Oum Kalsoum règne encore sur la Méditerrannée», Le Monde, 17 mars 2012 ;
LAGRANGE (Frédéric), «Umm Kulṯūm est-elle une interprète de culture savante ? Réflexions à partir de séquences de concert improvisées», Annales Islamologiques de l’IFAO, 2019, n°53, 2020, pages 169-195 ;
LAURAS (Cécile), «Oum Kalthoum, voix de l’unité arabe», Les clés du Moyen-Orient, 8 octobre 2020 ;
LOHMAN (Laura), Umm Kultum : Artistic Agency and the Shaping of an Arab Legend, 1967-2007, Middletown, CT,  Wesleyan University Press, 2010, 229 pages ;
MEGALLY (Samir), sous la direction de, L’Egypte chantée 2 : Oum Kalsoum, illustrations Georges Bahgoury,  Paris, S. Megally, 2008, 205 pages ;
NASSIB (Sélim), Oum, le roman d’Oum Kalsom, Paris, Balland, 1994, 310 pages ;
NUC (Olivier), «Quand l'Orient chantait l'amour au féminin», Le Figaro, 12-13 juin 2021 ;
SAIAH-BAUDIS (Isabel), Oum Kalsoum : L’étoile de l’Orient, préface d’Omar Sharif, Paris, éditions du Rocher, 2016, 352 pages ;
SOLE (Robert), «Oum Kalsoum, la Voix des Arabes», in Ils ont fait l’Egypte moderne, Paris, 2017, 400 pages, spéc pages 243-256 ;
ZEINA (G. Halabi), “The literary Lives of Umm Kulthūm: Cossery, Ghaly, Negm and the Critique of Nasserism”, Middle Easter Literatures, 2016, vol. 19, n°1, pages 77-98.
Paris, le 3 septembre 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Oum KALSOUM (1898-1975), l’Etoile d’Orient, la Voix des Arabes, une Diva égyptienne nationaliste» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 15:56
«Transition au Mali : le premier ministre Choguel MAIGA a rencontré les partis politiques» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Le vendredi 27 août 2021, le premier ministre, Choguel MAIGA, a rencontré les représentants des partis politiques, pendant plus de 5 heures. Il est normal que les partis politiques, concourant au suffrage universel, soient concertés. Le succès de la transition dépendra, en large partie, de l'adhésion des Maliens aux orientations données à la Transition. M. Choguel MAIGA, sur un ton mesuré, calme, ouvert au dialogue et constructif, a conduit les débats de façon sereine. Pour le premier ministre, M. MAIGA, le consensus n'est pas l'unanimité. Mais la minorité ne peut pas tout bloquer, au seul motif qu’elle serait en désaccord sur certains points en discussion. Par conséquent, ceux qui ont des désaccords peuvent formuler des propositions, afin de faire avancer le débat.
Plusieurs questions ont fusé, durant un débat passionné, mais respectueux.
Les délais, si contraints, seront-ils tenus ? Certains disent qu'il ne faudrait pas bâcler ou transiger sur la transition ; en d'autres termes un travail en profondeur devrait être mené, en prenant le temps nécessaire. D'autres estiment que le Mali a déjà tenu suffisamment diverses rencontres de concertation et de dialogue, il n'y aurait qu'à les appliquer.
Quelle sera valeur juridique des conclusions des Assises de la Refondation, dans la hiérarchie des normes ; les décisions en émanant seraient-elles supérieures aux normes constitutionnelles ?
Faudrait-il rationaliser le nombre des partis politiques (200) au Mali et introduire une dose de proportionnelle dans le système électoral ? Il n'y a pas de petits ou grands partis. Chacun a vocation à faire entendre sa voix.
Est-ce que les membres des organes de transition (président ou premier ministre) pourront se présenter aux élections présidentielles de février 2022 ? Une question sensible et redoutable.
Le Premier ministre a tenu, d'emblée, à rappeler que les dignitaires de l’Ancien régime «ne seront pas jugés non pas sur ce qu'ils ont été, mais sur ce qu'ils ont fait». Il n'y aura donc pas de règlement de comptes ou de chasse aux sorcières.
La transition doit durer normalement 18 mois (31 octobre 2020 : élection référendaire ; 21 décembre 2020 : élections locales ; 17 février 2022 : 1er tour des présidentielles et des législatives regroupées). Or, à ce jour, dans ce schéma de la transition, 12 mois se sont déjà écoulés, et il n'en reste donc que 6. Aussi, les échanges ont porté sur la sécurité, l'organe unique de gestion des élections, les délais de transition et les Assises de la Refondation, qui pourraient se tenir fin septembre 2021 ou début octobre 2021.
Le thème du besoin de sécurité fait consensus au sein de la classe politique ; même s'il y a des appréciations divergentes sur les causes de l'insécurité, l'essentiel étant de s'atteler à un retour pour une paix durable.
Par ailleurs, il existe une aspiration profonde à la Justice et à une stabilité du pouvoir politique afin de résoudre, durablement, tous les maux gangrénant, structurellement, la société malienne.
Pour les membres du comité stratégique du M5 RFP, en 2020, des orientations ont été dégagées, et donc M. Choguel MAIGA, devenu premier ministre de transition, ne se dédira pas ; il dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit, à savoir :
- une gouvernance vertueuse ;
- des réformes politiques, administratives et institutionnelles profondes ;
- des élections transparentes et crédibles ;
- l'émergence de valeurs éthiques et morales, pour une bonne gouvernance ;
- la consolidation d'un État de droit ;
- l'amélioration, substantielle, des conditions de vie de la population, notamment pour les plus défavorisés, dans une démarche inclusive.
Pour le M5 RFP, si certaines questions font consensus, d'autres épineuses et clivantes, ne pourront être tranchées, de façon durable et acceptable, par la classe politique, que par l'organisation d'assises nationales. Il s'agit notamment :
- découpage administratif ou électoral. Ainsi, en l'état actuel de la situation, et dans le Nord, des zones, avec seulement 10 000 habitants, pourraient avoir 3 ou 4 députés, alors que dans d'autres circonscriptions, il faut, au moins, 600 000 habitants pour 1 député. Cela n'est ni acceptable, ni équitable.
- instaurer une carte biométrique, afin de lutter, efficacement, contre les fraudes électorales.
- et rationaliser le nombre des partis politiques, actuellement au nombre de 200.
En définitive, les Africains, en particulier, les Maliens, depuis les indépendances oscillent entre espoir, colère, ressentiment et scepticisme, à l’égard de la classe politique. En effet, les bourgeoisies nationales africaines, régnant souvent sur de micros entités, ont fait de l’Etat une vache à lait, un délicieux gâteau, pour s’enrichir vite. Qu’importe les belles et mirobolantes promesses, une fois au pouvoir, celles-ci sont souvent vite oubliées, la cupidité refaisant surface ; aussi, la classe politique africaine est largement discréditée.
M. Choguel MAIGA, premier ministre de transition, longtemps handicapé par l’étiquette de dinosaure de la politique, en raison de sa proximité avec le général Moussa TRAORE (1936-2020), rudement concurrencé, un certain temps, par Soumaïla CISSE (1949-2020), a eu la grande intelligence, de se refaire une jeunesse, et de renaître ainsi de ses cendres, tel un phénix. Son mouvement M5 FPR de juin 2020, alors que personne ne l’attendait, a su déboulonner, par une résistance pacifique, comme un Martin Luther KING (1929-1968), l’indolent et le discrédité, président Ibrahima Boubacar KEITA. La victoire de M. Choguel MAIGA a été volée, un certain temps, par les militaires, du fait du coup de force du 18 août 2020. Mais M. Choguel MAIGA, en raison de ses propositions émanant des aspirations profondes du peuple malien, est devenu une personnalité incontournable. Depuis qu’il a été nommé premier ministre de transition, le 7 juin 2020, M. Choguel MAIGA, dans le cadre d’un calendrier de transition, déjà validé, de 18 mois, n’a pas dévié de sa ligne et de ses propositions.
En dépit de ces éloges, fondés sur des faits tangibles, à l’égard de M. Choguel MAIGA, «Il ne faut pas vanter les mérites de la nuit, avant qu’il ne fasse jour» nous disait mon arrière-grand-mère, Dourma LY. Tout observateur attentif et honnête, pour l’instant, à travers ce qu’il dit et ce qu’il fait, M. Choguel MAIGA inspire confiance et fait renaître l’espoir et l’espérance.
Cette rencontre du 27 août 2021 de M. MAIGA avec les partis politiques, a été émaillée de débats passionnés, mais sereins, riches et centrés sur l’intérêt de son pays.
Plein succès à M. MAIGA dans cette transition, dans l’intérêt des Maliens !
Paris, le 29 août 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Transition au Mali : le premier ministre Choguel MAIGA a rencontré les partis politiques» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Transition au Mali : le premier ministre Choguel MAIGA a rencontré les partis politiques» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 11:11
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
L’existence, hors norme, d’Aoua KEITA ayant coïncidé, un certain temps avec le destin de l’Afrique, épouse les contours riches de multiples vies : sage-femme, femme de lettres, syndicaliste, féministe, indépendantiste, première femme députée au Mali, sociologue, voire historienne. «Aoua Kéita fait partie des figures de proue de l’histoire du Mali. En tant que femme leader politique, sa vie et ses activités se confondent avec tout un pan de l’histoire coloniale du Mali et la lutte pour les indépendances. Si Modibo Kéita et Mamadou Konaté sont célébrés comme les pères de l’indépendance, les avocats indéfectibles de la liberté et la démocratie, Aoua Kéita s’est distinguée comme l’une des vaillantes mères de l’indépendance» écrit Fatoumata KEITA. Cependant, Aoua KEITA n’est connue que de cercles restreints de spécialistes. Je crois que son engagement, sans concession, en faveur de l’indépendance, en pleine Guerre froide, avec des attaches communistes, y est pour quelque chose. Qualifiées de «femmes savantes» et de «frigidaires», mais reconnues comme pionnières du féminisme, certaines femmes africaines sont mondialement identifiées (Awa THIAM, Ken Bugul M’BAYE et Mariama BA). Aoua KEITA est, quant à elle, confinée dans une quasi clandestinité. Par ailleurs, la littérature concernant les femmes émane, tout début des indépendances, des hommes (SEMBENE Ousmane, Cheikh Anta DIOP) dont les écrits, en Afrique, véhiculent avec une image, sans être réductrice, focalisée sur le caractère maternel du continent noir. «Nombre d’Africaines d’origines et de conditions diverses se sont investies dans des actes de résistance et des luttes émancipatrices, mais leurs noms figurent trop rarement dans les livres d’histoire, (….) leurs efforts et leurs sacrifices n’ont pas été suffisamment transmis à la postérité, au risque de les murer dans l’oubli.(….). Même si cet engagement féminin est souvent éclipsé pour laisser aux seuls hommes la paternité d’actions produites collectivement, les femmes africaines savent ce que lutter signifie» écrit Irina BOKOVA, Directrice générale de l’UNESCO, dans la préface de «Femmes africaines, panafricanisme et Renaissance africaine».
Née le 12 juillet 1912, Aoua KEITA grandit à Bamako, une ville à l’époque de 8000 habitants, au Soudan, actuel Mali, qui faisait alors partie de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Son père Karamoko KEITA, originaire de Kouroussa en Guinée, s’est installé avec ses épouses, griots et serviteurs. Karamoko KEITA, un ancien tirailleur sénégalais de la Première guerre mondiale, est un agent reclassé au service d’hygiène. Sa mère, Mariam COULIBALY (Vers 1890-1965), également originaire de Guinée, est une mère-courage et besogneuse, une ménagère, cultivatrice de riz et tisseuse de coton. Dans les contes que lui raconte sa mère, une traditionnaliste, les femmes sont exhortées à être des bonnes épouses, à ne pas être jalouses des coépouses et d’être de bonnes ménagères obéissantes ; celles qui se marient, par amour, sont transgressives, individualistes ou n’acceptent pas la douleur, risquent d’affronter un mauvais sort. Sa mère terminait ses contes «en donnant des conseils de politesse, d’obéissance, de serviabilité, de respect envers les parents, les personnes âgées et les nécessiteux» écrit-elle. En effet, le rôle et la valeur de la femme dépendent de sa fécondité, de sa résilience et de son aptitude à se conformer à la tradition, fut elle parfois absurde ou surannée. Or, cette pression sociale, ces caractères stéréotypés maintiennent la femme dans un statut d’infériorité, et renforcent donc la domination de l’homme. «Les femmes intériorisent l’idéologie patriarcale dominante et contribuent à leur propre soumission» écrit Sophie BESSIS.
Allant à l’encontre de la volonté de sa femme, le père d’Aoua KEITA décide de la scolariser le 15 septembre 1923 au foyer des Métisses qui venait. En tant que fille aînée d’une fratrie de cinq sœurs, dont une veuve avec six enfants,  un jeune fils, (qui décédera le 13 juin 1958) Karamoko KEITA estime qu’Aoua se doit d’apprendre un métier qui lui permette de travailler pour l’administration coloniale afin de soutenir sa mère, une fois le chef de famille décédé. «L’avenir de ta mère constitue un gros souci pour moi. En effet, avec quatre filles qui iront construire d’autres foyers, que deviendra ta mère après ma mort ?» lui dit son père. En dépit des ruses et intimidations que sa mère emploie pour la garder auprès d'elle, Aoua KEITA, tenace et curieuse de tout ce qui est nouveau, quitte ainsi une éducation purement rituelle, pour fréquenter l’école française. Sa mère hostile à l’entrée de sa fille à l’école française lui dira : «Va-t’en t’occuper de tes papiers et crayons, c’est ce que tu donneras à manger à l’homme malheureux qui acceptera de te prendre» comme épouse. Après l’obtention du certificat d’études primaires en 1928, Aoua réussit le concours de l’école de médecine de l’Afrique Occidentale Française (AOF) de Dakar pour y être formée comme sage-femme. Diplômée en  novembre 1931, elle est affectée à Gao, dans le Nord, au grand regret de sa mère qui voyait d’un mauvais œil qu’une jeune femme célibataire effectue un tel voyage et habite seule dans une ville reculée «considérée comme un autre monde». Arrivée à Gao le 22 décembre 1931, une région septentrionale dont elle ne connait pas la langue, le Sonrai, Aoua KEITA, une Malinké, est, selon ses propres mots, «la seule jeune fille émancipée» ou la «Toubab», courtisée par les jeunes fonctionnaires, commerçants et notables de la ville. Sa maison devient rapidement un espace de sociabilité.
Le 17 novembre 1935, Aoua KEITA épouse Daouda DIAWARA, un médecin rencontré au Sénégal, aux côtés duquel elle s’initie au militantisme syndical et politique. Avec son époux, Aoua KEITA s’engage à l’Union Soudanaise – Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA). Tout en l’encourageant dans ses activités militantes et à lire des journaux, comme «Paris-Dakar», Daouda DIAWARA lui impose une posture de retenue silencieuse pour éviter les foudres des maris ne tolérant pas que leurs épouses s’occupent de politique. «Tu observes, tu t’occupes des camarades venus de Ségou au point de vue de la nourriture, tu nous représentes au bureau et tu votes. Ce sera déjà une grande contribution. Évite surtout de parler de politique» lui dit son mari. Par ailleurs, femme stérile, Aoua KEITA affronte la foudre de Malon CAMARA, sa belle-mère ; ses cinq enfants (quatre filles et un garçon) avaient tous des enfants, sauf Daouda. Aussi elle menace son fils «Je sais que tu tiens à Aoua. Mais si jamais ma mort se trouve dans l’union avec Aoua, tu seras malheureux le reste de ta vie. Je te maudirai même dans ta tombe» dit sa belle-mère à son fils. «Le manque d’estime de soi de ma belle-mère, se transforme en une véritable animosité dès qu’elle apprit mon incapacité d’avoir des enfants à la suite de ma dernière opération chirurgicale en septembre 1945. Mais ce qui rendit ma belle-mère furieuse par désespoir, ce fut l’attitude de mon mari. Il refusa en effet de prendre une deuxième épouse. Toute la famille m’imputa ce refus qui cependant était indépendant de ma volonté» écrit-elle. Après quatorze années de mariage, le couple divorce en 1949. Craignant la malédiction de sa mère, Daouda DIAWARA répudie Aoua KEITA «Tu peux prendre ta liberté. A partir d’aujourd’hui, je ne t’aime plus» lui dit-il. «J’accepte ma nouvelle avec courage et persévérance » lui réplique Aoua KEITA.
Aoua KEITA a été la femme députée au Mali, «Mon premier mandat de députée date du mois de mars 1959 et a été renouvelé en 1964. Je crois avoir été la première femme d’Afrique, sinon l’une des premières à accéder à un poste politique, c’est-à-dire être membre d’un Parlement. Ce geste de l’Union-Soudanaise RDA concrétise l’intérêt que notre parti accorde à l’émancipation de la femme, et à l’égalité de l’homme et de la femme dans tous les domaines» dit-elle, dans un entretien, de 1964, accordé au magazine féminin sénégalais, «Awa». Ce geste a été suivi par la Haute-Volta (Burkina-Faso), le Ghana, l’Algérie, la Guinée et le Sénégal. L’entrée en politique, des femmes au Mali, a été progressive «Depuis 1945, date à laquelle les peuples colonisés d’Afrique d’expression française ont eu le droit de participer à la vie politique, nous avons commencé à militer. Notre objectif était de soutenir un nos frères élu comme membre d’une assemblée nationale française. Il n’y avait pas d’indépendance, mais nous avons eu le droit de vote, le droit d’éligibilité. A partir d’octobre 1946, la lutte politique des femmes s’est bien définie, à partir du Congrès constitutif du RDA, à Bamako, du 18 au 21 octobre 1946. Depuis ce temps-là, j’ai milité, avec ferveur, pour la liberté des peuples qui seule, pouvait permettre aux femmes d’obtenir les droits auxquels elles aspiraient ; je me suis engagée, avec d’autres femmes, pour la libération des femmes» dit Aoua KEITA.
En 1955, Aoua KEITA n’avait encore gravi des échelons décisifs dans son parti, en dépit de ses luttes. En 1956, elle fonde à Bamako, avec l’institutrice Aïssata Sow, le Comité des femmes travailleuses qui prend le nom, deux ans plus tard, d’Inter-syndicat des femmes travailleuses. Ce n’est qu’au 5ème Congrès du Parti en août 1958 qu’elle est désignée une «commissaire à l’organisation des femmes». À ce titre, elle devient la seule femme membre du Bureau Politique. Elle est élue députée de la Fédération du Mali à Sikasso en 1959, devenant la première Africaine d’AOF à accéder à un tel poste. En 1962, Aoua KEITA participe avec d’autres militantes à l’élaboration d’un Code du Mariage promulgué en 1962, après l’indépendance du Mali. Si les militantes échouent à faire interdire la polygamie et l’excision, le consentement au mariage est instauré. Au Mali, elle devient responsable du comité de rédaction de la Commission Sociale des Femmes (CSF). Il s’agit d’un poste clef au sein de la section féminine du Parti créée en 1963, qui confère à Aoua KEITA la charge de la rédaction des textes de l’organisation. Sous la pression de la première dame, Mariam TRAVELE, écarte Aoua KEITA, considérée comme cadre modéré, du pouvoir. Aoua KEITA continue à militer dans la section féminine locale de son quartier de Bamako avant de rejoindre, en 1970, Djimé DIALLO, au Congo, un fonctionnaire de l’UNESCO, et ne rentra au Mali qu’en 1979, un an avant son décès à l’âge de 67 ans. Aoua KEITA disparaît le 7 mai 1980 à Bamako.
L’essentiel de mes sources repose, en grande partie, sur l’autobiographie de Aoua KEITA, publiée chez Présence africaine en 1975, et rééditée en 2014, avec une puissante et éclairante préface de Sophie BESSIS, et accompagnée d’un plan de présentation de l’éditeur. «Les mémoires d’Aoua Keita ont l’immense mérite d’être à la fois un témoignage personnel d’une des premières femmes diplômées d’Afrique de l’Ouest, d’une des premières responsables politiques féminines dans une région encore marquée par un indéracinable patriarcat, un livre d’histoire à la première personne sur la période coloniale. Mais il est avant tout le récit d’une vie entièrement consacrée à deux combats intimement mêlés, celui pour l’indépendance et celui pour l’émancipation des femmes» écrit Sophie BESSIS. Les mémoires, répartis en huit chapitres, couvrent la période de 1931 à 1960, soit jusqu’à l’éclatement de la Fédération du Mali et donc l’indépendance de son pays. «On n’en finit pas de regretter ait choisi de clore son récit en 1960 ; elle qui prit une part active sous la présidence de Modibo Keita. Qu’aurait-elle dit, celle qui mourut en 1980, si elle avait repris sa plume ?» s’interroge Sophie BESSIS. Et cela soulève de multiples questions.
Tout d’abord, est-ce que le refus d’évoquer les indépendances signifierait que celles-ci ont été trahies ? Ahmadou KOUROUMA avait dans «Soleil des indépendances» décrit ce phénomène  de «désenchantement national » en référence au titre d’un ouvrage de Hélé BEJI. L’US-RDA, sur une ligne dite «anticolonialiste» conduit le Mali à l’indépendance et l’engage dans la voie socialiste. Aoua KEITA ne se prononce pas dans ses mémoires, sur la politique de Modibo KEITA, caporalisant les organisations des femmes, dans le cadre d’un parti unique. En effet, la Commission sociale des femmes, créée en 1963, directement rattachée au Parti, est, en fait, dirigée par les épouses des responsables politiques, une sorte de caisse de résonance aux mots d’ordre du régime, et s’attachant peu  à l’amélioration ou au changement du statut de la femme. A la fin de son régime, il n’existait plus de femmes haut responsable dans les organes de l’Etat. Le général Moussa TRAORE, nommera une seule femme au gouvernement, Mme Inna SISSOKO CISSE, au poste de Secrétaire d’Etat en charge des affaires sociales.
Ensuite, en arrêtant ses mémoires à l’année 1960, Aoua KEITA refuse ainsi de se prononcer, lors de la sortie du Franc CFA, sur la liquidation, le 30 juin 1964, de Fily-Dabo SISSOKO (1900-1964), chef du Parti pour la Solidarité et le Progrès (PSP), de Hammadoun DICKO (1924-1964), chef de file des commerçants et El Hadji Kassoum TOURE dit Marba. Fily-Dabo SISSOKO, présenté par Aoua KEITA, dans ses mémoires, sous la colonisation, comme étant la bête noire de l’US-RDA et un allié des colons, était, en fait, en déclin, ne représentait plus une menace pour Modibo KEITA. Une commission, au Mali, étudie, en ce moment, les conditions de la réhabilitation de Fily-Dabo SISSOKO, proche du Parti socialiste français, un personnage beaucoup complexe dans son itinéraire, mais largement caricaturé par Aoua KEITA, dans ses mémoires.
Enfin, Aoua KEITA, témoin de l’Histoire, ne nous éclaire pas sur les circonstances de sa propre liquidation politique par Modibo KEITA. En effet, en 1966, Aoua KEITA part à la retraite, mais continue à siéger au Bureau politique, au titre de la Commission des Femmes, jusqu’au 22 août 1967, date de la «Révolution active» de l’US-RDA, où elle est totalement évincée du pouvoir. En effet, cette purge a été décidée par le «Comité national de défense de la Révolution» (CNDR) en vue d’un «sursaut patriotique», de fidélité aux engagements de l’indépendance du 22 septembre 1960. Le Bureau politique national, dont faisait partie Aoua KEITA, est dissout «Cette vague révolutionnaire, née de la volonté de l’ensemble des couches saines de notre pays de voir liquider rapidement les aspects négatifs de notre action politique, ne doit pas s’arrêter» dit Modibo KEITA. En fait, au-delà de cette grandiloquence, Le Mali procède à une forte dévaluation de la monnaie nationale et surtout, il accepte de conclure avec la France, en décembre 1967, trois accords monétaires qui sonnent le glas de l’exercice de la souveraineté monétaire, c’est le retour du franc CFA avec la réintégration du Mali dans l’Union monétaire ouest africaine. Aoua KEITA était-elle en désaccord avec ce double discours ? En tout cas, et en dépit, de son éviction du Bureau politique, Aoua KEITA refusera de collaborer avec le régime de Moussa TRAORE (1936-2020) ayant renversé Modibo KEITA le 19 novembre 1968.
Dans ses mémoires, Aoua KEITA, si elle parle longuement de la relation avec sa mère, est restée particulièrement discrète sur sa vie privée. Pour elle, l’amour et la vie privée en sont presque évincés, simple pudeur ou juste réalité. Maîtrisant son chagrin et sa solitude, après la séparation avec son premier mari, Aoua KEITA est une femme pleine de fierté et d’honneur. «Le récit autobiographique d’Aoua Keita, paru en 1975, est un livre assez difficile à classer, et il n’a pas eu l’audience qu’il méritait. Aoua Keita y retrace à la fois une existence singulière et exemplaire, qui se confond avec l’histoire du Mali, de la période coloniale à l’accession de l’indépendance» écrit Bernard MOURALIS. Je souscris pleinement à ce point de vue, et cela pour plusieurs raisons. Le livre de Aoua KEITA un pan de l’histoire africaine été récompensé en 1976 par le Grand prix littéraire d’Afrique noire et en 1977, pour son récit exceptionnel sur l’engagement professionnel et politique d’une sage-femme africaine à l’époque coloniale. Par ailleurs, pour l’essentiel, les écrits des Africains, après les indépendances sont des contributions de dénonciation du néocolonialisme ou traitant d’un thème éculé : les rapports entre tradition et modernité. A travers son vécu, Aoua KEITA nous a légué un précieux et irremplaçable témoigne sur l’Afrique au siècle dernier. Par ailleurs, la qualité de l’expression écrite d’Aoua KEITA, alliée à son talent de narration ou de conteuse, son souci pédagogique, avec de nombreuses interpellations du lecteur ou des parenthèses permettant de mieux saisir le contexte, sont autant de qualités fort appréciables. Aoua KEITA «possédait l’art de raconter, de restituer à touches vives l’ambiance d’une époque, de relever des faits significatifs dans le quotidien, en soulignant la gravité de moments historiques décisifs, avec l’humour d’un acteur-témoin» écrit Marie ELIOU. En dépit parfois de certaines formules ou slogans inspirés de la culture communiste, trahissant ses préférences politiques, abandonnant tout dogmatisme, et attachée à la Vérité, Aoua KEITA a conduit des investigations rigoureuses, nuancées et balancées. C’est à titre que dans ses mémoires, en grande sociologue ou historienne, Aoua KEITA donne des renseignements précieux notamment sur les diverses coutumes africaines, le sens à donner à certains contes ou maximes africaines, au regard du statut de la femme, le statut des chefs coutumiers ou de canton, des fonctionnaires coloniaux et leurs conditions de vie (Mutations disciplinaires, menaces, brimades, calomnies ou achat de conscience). Sa description de la vie ordinaire des Maliens dans la première moitié du XXème siècle (castes, habitation, nature, alimentation, moyens de communication, etc.) est remarquable.
I – Mme Aoua KEITA, sage-femme, syndicaliste et indépendantiste
Aoua KEITA a utilisé ses fonctions de sage-femme pour développer une activité syndicale et politique, contre la politique d’assimilation du colonisateur, et en vue de l’indépendance totale de son pays. «En narrant sa vie, elle se fait la porte-parole des masses sans voix et la porte-étendard de leur combat pour la liberté et la démocratie. Son combat devient celui de toute l’Afrique, et sa souffrance la leur. Face à la tyrannie de l’oppresseur, elle oppose une rhétorique guerrière digne d’une résistante qui ne recule devant rien avant d’atteindre sa mission de décolonisation politique et mentale des Africains» écrit Fatoumata KEITA. Au début, l’affectation de Aoua KEITA à Gao a été considérée, par sa famille, comme une sanction déguisée. Aoua KEITA se sentait honorée d’être utile aux femmes défavorisées de son pays «La jeune africaine tenait à mettre ses connaissances «Toubab», de savoir «blanc», au service de son peuple et de ces femmes qui, maintenant, à travers pauvreté, ignorance, exploitation et domination étrangère, le tissu social de leur communauté. C’est dans la relation éducative entre la sage-femme et les mères qu’elle assiste, que commence à se former, chez l’une chez les autres, la prise de conscience politique» écrit Marie ELIOU.
Durant ses deux séjours à Gao, (1er séjour de 1931 à 1937, 2ème séjour de 1950 à 1951) Aoua KEITA, transgressant l’ordre traditionnel conservateur et la domination coloniale, parvient à se faire adopter par la population en devenant un membre du «Gnaff Conde», l’organisation des jeunes femmes, à entrer dans les bonnes grâces des notabilités, et à créer pour, la ville de Gao, sa première maternité construite en 1934. Aoua KEITA a surtout officialisé une section féminine du RDA, et mit en place des comités de jeunes et pris en charge la propagande électorale pour le compte de son Parti, l’US-RDA. «J’ai profité de mes relations avec les femmes pour avancer dans le travail politique et c’est pour ces raisons qu’on m’avait expulsée. Au lieu de cela comme un martyr, j’en ai fait une gloire» dit-elle. A Gao, comme à Nara, Aoua KEITA se heurte aux autorités coloniales, dans sa lutte pour l’organisation des femmes et des élections régulières «Si vous hommes, vous avez peur, cela vous regarde, quant à nous femmes Sonraïs, Armas, Arabes et Touaregs, nos pagnes sont solidement serrés autour de nos reins. S’il le faut, nous achèterons des bandes de coton, pour les ceindre davantage, nous le ferons avec empressement, car nous en avons assez. Nous ne pouvons plus continuez à subir les vexations de ces brigands, qui ont arraché notre pays» écrit-elle. A Nara, Aoua KEITA est confrontée à l’arrogance, au sexisme et au mépris du chef de canton de Fogoty, un membre du Parti de la Solidarité et du Progrès (PSP), de Fily-Dabo SISSOKO, allié aux notabilités : «Depuis plus de dix ans, que je suis á la tête de cette population, jamais un homme ne m’a contrarié, jamais un homme ne m’a interrompu, même pas les Européens, à plus forte raison une femme» lui dit-il. Par ailleurs, et lors des élections du 8 avril 1959, Aoua KEITA est menacée par du chef de village de Singne qui lui refusa l’accès au bureau de vote : «Sors de mon village, femme audacieuse. Il faut que tu sois non seulement audacieuse, mais surtout effrontée pour essayer de te mesurer aux hommes en acceptant une place d’homme. C’est la faute des fous dirigeants du RDA qui bafouent les hommes de notre pays en faisant de toi leur égale. Moi, sergent-chef de l’Armée française, ayant combattu les Allemands, accepter d’être coiffé par une femme ? Jamais. Fous-moi le camp femme à langue mielleuse. Je me moque de toi, de tes paroles de diable et de Satan, ainsi que ton RDA. J’ai trois femmes, comme toi, qui me grattent le dos, tous les soirs, à tour de rôle. Retiens ta langue. Si tu continues à me parler, je te ferai bastonner par les femmes» dit-il.
En raison de son activité politique intense, considérée comme «sage-femme communiste» par l’administration coloniale, Aoua KEITA est mutée, à titre disciplinaire au Sénégal, à Bignona au lendemain de la victoire du RDA à Gao aux élections législatives du 17 juin 1951. En effet, à l’occasion de celles-ci, Aoua KEITA, membre d’un bureau, qui a bien étudié le Code électoral, a courageusement tenu tête au commandant de cercle qui incitait les militaires à voter contre son parti. Dans un premier temps, le commandant de cercle refuse de quitter le bureau de vote : «Je me moque totalement de vos procurations, je suis dans mon bureau et j’entends y demeurer tant que je le voudrai. Est-ce vous qui commandez Gao ou moi ?» dit-il. La réplique d’Aoua KEITA a été cinglante : «Monsieur, personne ne conteste votre commandement. Durant la journée d’aujourd’hui, cette salle appartient à ce peuple pour lequel vous n’avez aucune considération. Donc, monsieur, vous sortez ou je fais arrêter les opérations» dit Aoua KEITA.
Le colonisateur envisageait de la muter en Afrique équatoriale, puis s’est ravisé, en raison de la qualité de ses services. La mère d’Aoua KEITA qui la croyait révoquée, s’en est inquiétée. «Tranquillise-toi. Ces gens ne peuvent rien contre ta fille qui est protégée par tes ferventes bénédictions et par celles de son père. Ce n’est ni eux ni le gouverneur du Soudan qui m’ont donné mon diplôme. Donc, ils n’ont aucun moyen de me le retirer. Tout ce que le gouverneur de Gao peut faire, c’est me donner de mauvaises notes, afin de retarder mon avancement, ou encore demander mon affectation hors de ma colonie d’origine. Ce but est atteint, je suis expulsée du Soudan» écrit Aoua KEITA. En dépit de mesures d’éloignement, Aoua KEITA continue de militer dans chacun des postes, nombreux, où elle est affectée : Tougan, Kayes, Niono, Kokry, Markala, Bignona, Nara, et Bamako «J’ai été déportée. Nous avons eu des sœurs qui ont perdu leur situation, qui ont fait de la prison, mais cela ne faisait qu’aiguiser notre esprit de sacrifice national. Chaque fois qu’il m’arrivait un coup dur, c’est que mon parti a diminué la force de l’oppresseur et cela m’encourageait pour affronter nos difficultés. Nous savions que c’est avec l’indépendance seule que nous pouvions obtenir notre plein épanouissement. Pendant les moments, les plus difficiles, les déplacements, les exclusions s’abattaient sur tous les militants de l’US-RDA» dit-elle. Son intense activité politique n’a pas eu d’effets négatifs sur son couple «Ma vie n’a pas été affectée. Mon mari était un homme qui aimait la politique. J’étais marié à un homme premier responsable de l’US-RDA à Niono. Il a été investi en 1947 pour être sénateur de la République française» dit-elle. Aoua KEITA, une femme debout, transgressive, refusant la violence et la prédation des hommes et du colonialisme, n’a jamais plié. En effet, tous ses interlocuteurs, même les plus bienveillants, recommandent à Aoua KEITA d’abandonner la politique et de ne s’en tenir qu’à ses fonctions de sage-femme, un domaine dans lequel elle excelle. Ainsi, lors d’un bref séjour en Guinée-Bissau, un diplomate lui dit «Chère Madame, je vous donne un conseil d’aîné : retirez-vous de la politique, elle n’est pas bonne pour les hommes et elle peut être fatale pour une femme». A Bignona, au Sénégal, un inspecteur de la santé de l’AOF, lui conseille ceci «Je vous demande, Madame, de ne plus faire de la politique. Vous avez un métier qui vous permet de vous rendre très utile à votre pays. Mais surtout pas d’activités politiques !».
Communicative, combative, inflexible et animée d’une grande compassion, Aoua KEITA est également une sociologue et historien. Elle consacre une bonne partie de son temps à la lecture, au jardinage, à la couture et surtout à une observation fine de la société qui l’entoure (Mode de vie, culture, habitation, groupes ethniques, coutumes et mœurs, rapports avec les colons, rapports de forces politiques, notamment la place des femmes et des jeunes). En effet, ses séjours dans différentes contrées reculées «lui donnent l’occasion d’en décrire les coutumes, d’en critiquer les aspects néfastes. L’esclavage et le système des castes sont, entre autres, des données structurelles de l’organisation sociale, de même que le statut inférieur des femmes» écrit Sophie BESSIS. En effet, elle raconte, avec talent, la façon dont la médecine moderne fait irruption à la campagne, souvent avec des moyens dérisoires, le métier des matrones. Aoua KEITA pointe du doigt ce conflit entre tradition et modernité. A Nara, capitale des Soninkés, on apprend de la plume de Aoua KEITA, que la femme, suivant les accoucheuses traditionnelles, doit supporter les douleurs provoquées par les contractions utérines. Les «Magnamagan», initiatrices des jeunes mariées et conseillères conjugales, apprennent à la nouvelle mariée de limiter les rapports sexuels, de ne jamais manifester le désir d’être possédée. Trop de rapports sexuels engendreraient la stérilité, la lassitude de l’homme qui finira pas devenir polygame ou tromper sa femme. Elles enseignent la soumission aux parents du mari.
Aoua KEITA a évité, très soigneusement, d’évoquer les mutilations sexuelles, l’excision «On ne pourra regretter qu’Aoua Keita n’ait pas accordé une plus grande place à son expérience et à ses réflexions de sage-femme ayant pu observer, pendant des années, la rude condition faite aux femmes en milieu traditionnel. Ainsi, on ne trouvera dans l’ouvrage aucune allusion aux mutilations traditionnelles, qui ont pourtant une part considérable dans les souffrances et les difficultés endurées dans les accouchements» écrit Catherine MAZAURIC. En effet, Aoua KEITA, compte tenu de l’ampleur de la tâche, dans un pays encore conservateur, avance parfois avec prudence «Si Aoua Keita s’étend longuement sur certains de culture nocifs de son pays, elle ne dit mot sur les mutilations génitales qui touchent la quasi-totalité des Maliennes. On peut s’en étonner. Ce silence donne la mesure des forces qui ligotent sa société» écrit Sophie BESSIS.
Partout où passe Aoua KEITA, elle scrutin au tamis la société, sa population, ses coutumes et mœurs, les rapports de forces politiques. A Gao, une région conservatrice et féodale où existent encore les castes et l’esclavage, noble ne doit pas directement s’adresser à une assemblée, c’est un porte-parole, un casté ou un esclavage, qui relaie, à haute voix ce qu’il marmonne à voix basse. A Nara, Aoua KEITA créé une mutuelle de solidarité entre femmes. A Fogoty, une contrée rurale, à dominante peule, l’esclavage est encore vivace. «Les Dimadios (esclaves) continuaient à servir docilement leurs maîtres, en plein XXème siècle, plus de cent après l’abolition de l’esclavage. Il faut reconnaître et dire honnêtement que ces personnes ne subissaient aucune contrainte de la part de leurs maîtres» écrit-elle. En Casamance, lors de son séjour entre 1951 et 1953, Aoua KEITA note que les Sudistes ont un certain ressentiment à l’égard des habitants noirs des quatre communes, très tôt éduqués, et ont été féroces avec les Diolas ; ils se seraient «évertués à bafouer leur dignité, par un comportement révoltant» écrit-elle. En Guinée-Bissau, alors sous domination portugaise, le centre-ville de la capitale, propre, éclairé et moderne, n’est habité que des Blancs ou Métis. Les Noirs (Mandiaques, Peuls, Soudanais, Créoles), non éduqués, sont relégués à la périphérie, dans des zones insalubres et livrés à l’alcoolisme et à la violence. «La ville indigène semblait sale. L’odeur désagréable qui s’en dégageait témoignait un manque total d’hygiène. Les rues étaient poussiéreuses et mal entretenues» écrit-elle.
II – Mme Aoua KEITA, militante pour la promotion et l’émancipation de la femme
«L’évolution d’un pays est fonction de la place que les femmes occupent dans la vie de ce pays» dit Aoua KEITA. Le Mali, un vaste territoire enclavé, une population de 19,- millions d’habitant, est composé à majorité de femmes (51%) dont 73,4% sont en zone rurale et 82,3% n’ont pas été scolarisées. Les hommes désireux de maintenir la Femme dans un statut de minorité, adoptent le même point de vue que le colonisateur. En effet, l’autobiographie d’Aoua KEITA «apparaît comme un contre-discours hégémonique, afrocentré et ‘womaniste’ qui expose l’inhumanité, la dépersonnalisation et la violence du système colonial, tout en saluant la contribution des femmes dans la lutte contre la colonisation» écrit Fatoumata KEITA. Aussi, Aoua KEITA a pour ambition de lutter pour la promotion et l’émancipation de la Femme, notamment par l’accès à l’éducation, aux lieux de décisions, à la lutte contre la pauvreté et la participation aux décisions qui les concernent, notamment le droit de vote, bref de sortir de la tutelle, de la minorité, des différentes discriminations ou violences : «L’objectif d’un empowerment des femmes, terme difficile à traduire, qui exprime à la fois le renforcement du pouvoir politique, l’autonomie économique, la capacité à exercer pleinement des droits juridiquement reconnus et la maîtrise de la destinée, n’est pas une simple exigence de justice mais un moyen et une garantie de l’efficacité dans la lutte pour le développement et contre la pauvreté» écrit  M. BOZON. Cependant, la terreur inspirée par le colon, notamment à Gao, est encore considérable : «La crainte du Blanc était à son comble à cause du comportement barbare d’un officier du Rebaine. Ce colonel de l’armée française avait semé la terreur dans tout le cercle de Gao. Par ses lynchages, ses emprisonnements, ses tortures et ses assassinats […] Les difficultés du moment avaient, d’une manière révoltante, agit sur les moeurs. Les femmes se vendaient pour le prix d’un kilo de riz ou pour un mètre de tissu. Les soldats qui étaient presque tous ressortissants des autres colonies abusèrent consciemment ou non de leurs sœurs» écrit-elle. Aoua KEITA, en dépit de son courage, était confrontée aux structures traditionnelles pesantes, muselant les femmes.  Effet, dès que Aoua KEITA entamait des échanges politiques avec les femmes de sa communauté, leurs maris étaient réticents et ne voulaient pas que leurs épouses s’associent à elle. Ainsi, un mari dit à sa femme : «Tu ferais mieux d’aller faire ta cuisine au lieu de t’occuper de l’action d’autrui, la politique c’est l’affaire des hommes et non la tienne» dit-il. En raison du patriarcat, même quand elles s’engagent, les femmes ont dû mal à participer à la décision.
Où en est-on  sur ces combats d’Aoua KEITA ?
Mme Aoua KEITA reste, plus que jamais le modèle de référence du combat des Femmes au Mali et en Afrique. En effet, pendant la période coloniale, sous sa direction, les femmes maliennes étaient déjà organisées. Après l’indépendance, leur combat change de nature. Un grand bond en avant, a été franchi avec l’adoption, en 1962, du Code de mariage et de la tutelle, la création, en 1968, d’un Secrétariat aux affaires sociales, du Commissariat à la promotion de la femme en 1992  et du ministère en charge de la Promotion de la Femme de l’Enfant de la Famille, en 1997. Ensuite, sur le plan social, l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, sans oublier l’alphabétisation des femmes.
En dépit des progrès réalisés sur le plan économique et social, de nos jours, la femme malienne a encore du chemin à faire, face aux nombreuses pesanteurs sociales. L’accès à l’éducation des femmes a connu certes un essor considérable, mais l’enseignement des filles est surtout développé dans les villes. En revanche, dans les campagnes diverses pesanteurs sociales entravent l’émancipation des  femmes (groupes fondamentalistes, insécurité et abandon des services de l’éducation, insuffisance d’enseignants qualifiés et motivés, abandon scolaire, mariages précoces, pauvreté et obscurantisme). Le Mali est partie à la Convention pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) depuis septembre 1985 et a ratifié le protocole additionnel à ladite convention en septembre 2000. Pourtant, malgré la volonté des autorités d’améliorer la situation des femmes, les maliennes sont encore l’objet de discriminations de fait et de droit. En outre, la situation des femmes est conditionnée par la pauvreté, le Mali occupant la 174ème position pour développement humain, et par le poids de certaines traditions culturelles et religieuses. Bien que le Mali soit une République laïque, son paysage religieux reste dominé par l’islam avec environ 90% de la population malienne musulmane et moins de 10% de chrétiens et d’animistes. Les autorités maliennes invoquent souvent le fait religieux et des pratiques coutumières pour justifier son immobilisme à engager des réformes pour mettre fin aux discriminations à l'égard des femmes.
L’héritage le plus important, c’est que Aoua KEITA a voulu que les Femmes croient elles-mêmes, à condition de s’en donner les moyens, elles peuvent réussir. «Les femmes servent d’escalier aux hommes politiques pour grimper au sommet ou à la direction des affaires» dit un dicton malien. Il s’avère qu’à cause du poids des travaux domestiques, du faible accès à l’éducation formelle et non formelle, du manque de confiance en elles-mêmes, les femmes ont des difficultés à se forger une place de choix dans la vie publique notamment dans l’arène politique. Aoua KEITA, première femme députée du Mali, avait ouvert la voie. Femmes députées ont percé notamment, mais elles peuvent faire plus. Au Mali, la Femme est plus présente dans des instances de décisions que sous les Républiques précédentes. En effet, sous la IIIème République de 1992-1997 sur 116 députés, il y avait 3 femmes, soit 2,58%, et de 1997 à 2002, sur 147 députés, on comptait 18 femmes, soit 2,43%. Le 12 Novembre 2015 une loi instituant un quota de 30% aux femmes dans les postes électifs et nominatifs a été adoptée. Ce qui constitue une avancée non négligeable dans la promotion de l’égalité Femmes–Hommes. En 2017, 7 femmes sur 35 sont ministres soit 20%, 14 femmes parmi 147 députés soit 9,52% des sièges. Aux élections communales du 20 Novembre 2016, elles étaient à 25, 6%.
Dans ce combat pour l’égalité réelle, si l’on note de légères avancées, des obstacles perdurent. L’inclusion, la lutte contre la pauvreté, ainsi qu’une meilleure intégration des femmes dans les lieux de décision, tels sont désormais un des thèmes majeurs du nouveau gouvernement de transition de Choguel MAIGA. «Rome ne s’est pas fait en un seul jour» dit un diction. Aussi, le combat d’Aoua KEITA est d’une d’ampleur, qu’elle n’a pas pu s’attaquer, radicalement, à tous les fronts. C’est le cas de la question de la polygamie. Un nouveau Code de la famille est en chantier depuis 2002. La réglementation actuelle sur le droit de la famille est en grave  distorsion avec les engagements internationaux du Mali notamment les question d’abandon domicile, de succession avec une vieille loi de 1831, ainsi que l’application de diverses coutumes  musulmanes, comme le délai de viduité, 3 ou 4 mois, le mari chef de famille choisit le domicile conjugal, la dot est restituée de moitié, en cas de rupture des fiançailles, si le mariage n’est pas consommé.
Aoua KEITA a été honorée de plusieurs distinctions : Médaille d’or de l’indépendance du Mali, Ordre de la Perfection de la R.A.U., Mérite de la Croix-Rouge de l’Empire de l’Ethiopie, de plus elle a été élevée au rang de Grand Officier de l’Ordre National du Sénégal, de Grand Commandeur de l’Ordre de l’étoile d’Afrique du Libéria et d’Officier de l’Ordre National du Dahomey actuel Bénin. L’Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes (APDF) a créé le Prix Aoua KEITA, remis chaque année lors de la Journée panafricaine de la Femme, pour honorer «l'effort, le dévouement, et le courage des femmes et les hommes » pour la « promotion et la défense des droits de la femme». Un centre social, à Bamako, portant son nom, est étroitement associée au travail gouvernemental concernant l’amélioration de la condition des Femmes au Mali.
Références bibliographiques
1 – Contributions d’Aoua KEITA
KEITA (Aoua), «Qui êtes-vous Awa Kéita ?», entretien accordé à Marianne Sohai, Awa, novembre 1964, n°9, pages 10- 1 2 ;
KEITA (Aoua), Femme d’Afrique : la vie d’Aoua Keita, racontée par elle-même, préface de Sophie Bessis et résumé de l’éditeur, Paris, Présence africaine, 1975 et réédition en 2014, 397 pages.
2 – Critiques d’Aoua KEITA
ANGELO (Anaïs), «Afrique : ces femmes à la conquête du pouvoir», Le Point Afrique, du 18 août 2017 ;
ASDI, Agence Suédoise de coopération internationale au développement, Vers l’égalité des genres au Mali : le Sida, Stockholm, ASDI, novembre 2004, 64 pages, spéc pages 57-60 ;
Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes maliennes (APDF), Livre Blanc, Bamako, éditions Fredich Ebert Stiftung, 2000, 122 pages ;
BA KONARE (Adam), Dictionnaire des femmes célèbres du Mali, Bamako, Jamana, 1993, 520 pages ;
Barthelemy (Pascale), Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), préface de la professeure Catherine Coquery-Vidrovitch, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, Coll. Histoire, 2010, 344 pages ;
Barthelemy (Pascale), RILLON (Ophélie) «Notice Aoua Keita», Le Maitron, 25 février 2015, actualisé le 19 juin 2015 ;
BEJI (Hélé), Désenchantement national. Essai sur la décolonisation, Paris, Maspéro, 1982, 157 pages ;
BERIDOGO (Bréhima), THIERO (Diarra, Afoussatou), Rapport Final. Etude sur la Participation des Femmes à la Vie Publique au Mali : Contraintes et stratégies pour améliorer la situation, Bamako, Ministère de la promotion de la Femme, de l’enfant, de la famille, DNPF, RECOFEM, février 2006, 89 pages ;
BOYE (Abd-El Kader), sous la direction de, La condition juridique et sociale de la femme dans quatre pays du sahel : Burkina Faso, Mali, Niger, Sénégal, Dakar, éditions Institut du Sahel, 1987, 337 pages ;
BOZON (Michel), «Pékin : Utilités et limites d’une conférence mondiale», Chroniques du CEPED, octobre-décembre 1995, n°19, pages 4-6 ;
COQUERY-VIDROVITCH (Catherine), Les Africaines : Histoire des femmes d’Afrique noire, du XIXème au XXème siècle, Paris, La Découverte poche, n°381, 2013, 410 pages ;
DEMBELE (Tambadian), Egal accès des femmes et des hommes à la vie politique en France et au Sénégal, Paris, Sorbonne, 2017, 482 pages ;
DOUMBIA (Drissa), Regard croisé sur le mouvement féministe au Mali, Bamako (Mali), éditions G. Mounkoro, 2004, 43 pages ;
DOUMBIA (Saliha)  MEURS (Dominique), «Quelle égalité professionnelle entre les hommes et les femmes dans les entreprises du secteur moderne en Afrique ? L’exemple du Mali» Revue Internationale du Travail, 2003, vol. 142, n°3, pages 321-344 ;
ÉLIOU (Marie), “In Mémoriam : Aoua Kéita, une Femme d’Afrique”, Présence Africaine, 1980, vol 4, n°116, pages 302-305 ;
FIDH, Fédération internationale des droits de l’Homme, Mission internationale d’enquête : Note sur la situation des femmes au Mali, janvier 2006, n°438, 18 pages ;
GOERG (Odile), “Femmes africaines et politique : Les colonisées au féminin en Afrique Occidentale”, Clio, 1997, vol 6, pages 1-14 ;
KANE (Mohamadou), «Le féminisme dans le roman africain de langue française», Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Dakar, 1980, nº10, pages 141-200 ;
KEITA (Fatoumata), «La poétique de la résistance dans l’autobiographie d’Aoua Keita : Genèse d’un activisme politique au féminin», Revue semestrielle de l’université des lettres et sciences humaines de Bamako, 2018, n°2, pages 75-87 ;
KOUROUMA (Ahmadou), Les soleils des indépendances, Paris, Seuil, 1968, 216 pages ;
MAIGA (Fatoumata), Mali : 50 ans de parcours de femme, Edicef-media, 2011, 208 pages ;
MAZAURIC (Catherine), “Aoua Kéita, femme d’Afrique”, Notre Librairie, juillet-octobre 1984, nº75-76, pages 184-186 ;
Ministère de la promotion de la Femme, de l’enfant, de la famille, Politique nationale du genre du Mali (PGN-Mali), Bamako, date non indiquée, 96 pages ;
Ministère de la promotion de la Femme, de l’enfant, de la famille, Cinquième rapport national du Mali de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing de 1995, Bamako, juillet 2019,  51 pages ;
MOURALIS (Bernard), “Une parole autre, Aoua Kéita, Mariama Bâ et Awa Thiam”, Notre Librairie, 1994, nº 117, avril-juin, pages 21-27 ;
Nations Unies, Rapport de la quatrième conférence mondiale sur les femmes, Beijing (RP Chine), 4-5 septembre 1995, 240 pages ;
NIVELON (Valérie), «Aoua Keita, la voix des femmes indépendantes africaines», R.F.I, «La Marche du Monde», du 17 septembre 2020 ;
NYAKERY (Sarah, Arlène), Africaines rebelles : Léonie Abo, Aoua Keita, Simone Kaya, une exploration de l’héritage féministe des Canadiennes d’origine africaine, Masters of Arts, Faculté de Saint-Jean, Université d’Alberta (Canada), 79 pages, spéc pages 37-52 ;
O’BARR (Jean, F), “Making the Invisible Visible: African Women in Politics and Policy”,  African Studies Review, vol. 18, n°3, 1975, pages 19–27 ;
PNUD, Etude des sexes et autonomisation des femmes dans l’administration publique : étude de cas sur le Mali, PNUD, 2012, 51 pages ;
RILLON (Ophélie) Barthelemy (Pascale) «Il était une fois Aoua Keita, sage-femme, militante anticolonialiste et féministe», Le Monde, 19 septembre  et Le Point Afrique, du 18 septembre 2020 ;
RILLON (Ophélie), «Regard croisé sur deux générations de militantes maliennes (1954-1991). Entre engagement féministe et partisan», in Muriel GOMEZ-PEREZ, sous la direction de, Femmes, génération et agency en Afrique subsaharienne : vers de nouveaux défis, Paris, Karthala, 2016, pages 115-146 ;
SANANKOUA (Bintou), «Femmes et Parlement au Mali», Afrique contemporaine, 2004, vol 2, n°210,  pages 145-156 ;
SANANKOUA (Bintou), «Femmes, Islam et droit de la famille au Mali», in Colloque international, L’Islam dans les sociétés  de l’Afrique subsahariennes : Défis et réponses, Dakar, 4-5 février 2008, 13 pages ;
SERBIN (Sylvia) RAVAOMALALA (Rasoanaivo-Randrianmanojy), Femmes africaines, panafricanisme et Renaissance africaine, préface Irina Bokova, présentation d’Edouard Firmin Matoko, Paris, UNESCO, 2015, 136 pages, spéc pages 58-59 ;
SIDIBE (Oumou), Le rôle des femmes dans l’Union Soudanaise du  Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA) dans la lutte pour l’indépendance et pour le Code du mariage, mémoire de Master en histoire, sous la direction de Pierre Boilley, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, 2010, 99 pages, spéc pages 7-15 ;
SIRVENT RAMOS (Angeles), «L’Afrique noire en voix de femme : le féminisme précurseur d’Aoua Keita et de Mariama Bâ», Anales de Folologia Francesca, 2017, vol 25,  pages 207-226 ;
SMIRNOVA (Tatania), RILLON (Ophélie), «Quand des Maliennes regardaient vers l'URSS (1961-1991) Enjeux d'une coopération éducative au féminin»,  Cahiers d'études africaines, 2017, vol 226, pages 331-354 ;
TORNIERI (Francesco) MAIGA (Soyata), Etude analytique sur le statut de la femme et la loi au Mali, Bamako, Ministère de la promotion de la Femme, de l’enfant, de la famille, 2001, 85 pages ;
TURRITTIN (Jane), “Aoua Keita and the Nascent Women’s Movement in the French Soudan”, African Studies Review, 1993, vol 36, n°1, pages 58-59.
Paris, le 28 août 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
21 août 2021 6 21 /08 /août /2021 10:58
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Les élections locales, au Sénégal, auront lieu finalement le 23 janvier 2022. C'est à titre que la candidature de maître Malick SALL, Garde des Sceaux Ministre la Justice, est souhaitée et fortement attendue pour la commune de Ogo.
Maître Malick SALL est le plus que légitime pour briguer le mandat de maire à Ogo, en raison notamment du fait que c'est un poids de l'équipe du président Macky SALL. Il l'a montré aux dernières élections présidentielles, comme lors de la tournée triomphale récente du président Macky SALL, ce pharaon des temps modernes, avec un slogan «Fouta-Toro Fofti». Les habitants de Danthiady ont été particulièrement honorés, et ce n'était pas prévu, que le président Macky SALL s'arrête à Danthiady, une grande marque d'estime et de considération, mais aussi de reconnaissance de la qualité des services de maître Malick SALL au sein de l'équipe gouvernementale. En définitive, comme le dit un proverbe peul, «Ko Diom Borrou lopata Borrou Moum» en d’autres termes, il faudrait rendre à César ce qui est à César.

Il n'est pas inutile de rappeler, et bien avant son entrée au gouvernement, les éminentes qualités personnelles et morales de maître Malick SALL, et donc l'attention particulière qu'il porte aux personnes les plus démunies, notamment du Fouta-Toro ; tout cela augure de bonnes dispositions, si maître Malick SALL se présentait, dans sa grande compassion, pour qu’il devienne un maire attentif et attentionné aux besoins des populations, l’Homme qu’il faut, à la place qu’il faut.
A mon sens, et en raison de son sérieux et de sa rigueur maître Malick SALL, s'attachera, s'il était confirmé dans ses fonctions de candidat de la majorité présidentielle pour la commune de Ogo, de s'entourer d'une équipe qui rassemble et ressemble aux habitants de cette localité, en se fondant sur des critères de compétence, de probité, de compassion et de bonne gouvernance.
Une des fortes attentes est que les services soient dotés en personnels suffisants, compétents, pour une gestion rigoureuse de l'état civil, bien archivé et dématérialisé, une administration locale efficace, professionnalisée, rigoureuse et au service de tous.
Dans son grand professionnalisme, maître Malick SALL s'attachera à élaborer un projet audacieux, réaliste et co-construit avec les populations, notamment autour de divers questions encore non bien résolues :
- la gestion des terres, dans le respect du périmètre territorial de Ogo, afin de les mettre à disposition des agriculteurs, et une lutte, sans merci, contre la spéculation foncière ;

- la défense de l'environnement, dans une commune rurale marquée par un déficit pluviométrique et une avancée du désert (programme local de boisement renforcé, bassins de rétention d'eau ; limitation de l'usage du bois notamment pour les clôtures des champs ou la cuisine ; agriculture bio renforcée, énergie solaire, etc.) ;
- maintien du périmètre actuel de la commune de Ogo, avec un enjeu de bonne gouvernance et une saine gestion des ressources locales, sans conflit d'intérêts.
Nous poussons tous très fort pour que maître Malick SALL, Garde des Sceaux Ministre la Justice, se présente à ces élections communales à Ogo.
Paris le 20 août 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Une candidature souhaitable et attendue de maître Malick SALL Garde des Sceaux aux municipales, à la commune d'Ogo» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
17 août 2021 2 17 /08 /août /2021 16:28
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais enjeux» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Un des grands paradoxes de notre temps, marqué par une forte accumulation des connaissances censées faire reculer les ténèbres, la quantité n’étant pas forcément la qualité, est l'extraordinaire résurgence des forces du Chaos, notamment le complotisme, les mensonges et les instrumentalisations. En effet, c’est une époque du «mentir-vrai» en référence au titre d’une autobiographie de Louis ARAGON (1897-1982). Les gouvernants occidentaux agitent le chiffon rouge, en disant en substance «Les odieux Talibans ont pris le pouvoir, les femmes vont morfler, les attentats et les réfugiés arrivent en masse. Tremblez donc !». Il va de soi que le fondamentalisme, non seulement musulman, mais toutes les formes d’obscurantisme religieux ou politique, asservissent l’Homme. A mon sens, cette propagande est la plus grande escroquerie de notre temps. Loin de promouvoir le bien-être des faibles ou de lutter contre les dictatures et les fondamentalismes, les gouvernants occidentaux, fortement discrédités dans leurs politiques ultralibérales, ont entrepris, par une propagande particulièrement astucieuse, à noyer le poisson, à diluer leurs échecs graves en matière de politique intérieure, et à occulter leur vrai projet politique de domination des forts sur les exclus. Pour cela, l’opinion publique intérieure, par tous les moyens nécessaires, doit être détournée des vrais problèmes, par de faux débats, par la stigmatisation d’une partie de la population devenue l’ennemi intérieur ; mais ces mauvais vents qui soufflent fort devraient être combattus, énergiquement et lucidement : «Nous vivons des temps difficiles et ingrats, avec des débats où règnent la confusion, l'intolérance, l'agressivité, servant beaucoup à détourner l'attention sur les urgences sociales, l'aggravation des inégalités. Il faudrait sortir de ces périodes écrasantes. Il est toujours difficile de livrer bataille dans ces périodes sombres ; cela demande du courage. C'est un acte de dignité que de se battre et défendre ses convictions, et le faire, admirablement, malgré les cris, les meutes, sans céder à la facilité, à la lâcheté. C'est ainsi que la Politique résiste aux mauvais vents» dit Mme Christiane TAUBIRA.
L'actualité fourmille de faits divers tragiques qui en disent long sur la tragédie que nous vivons, et donc l'impuissance des forces de l’Harmonie à nous guider vers la Lumière et le Bien souverain. Ainsi tout récemment, au Sénégal, un camionneur malien, dans un accident de la route écrasant un taxi, avait causé la mort de 4 personnes. Cet incident dramatique a été suivi de scènes horribles et condamnables de lynchage forçant les gouvernants sénégalais et malien à appeler à la retenue et au calme.
En Algérie, à la suite d'importants feux de brousse en Kabylie, avec au moins 71 morts. Un jeune homme, Djamel, soupçonné d'être pyromane, a été battu à mort et brûlé par une foule déchaînée. Par ailleurs la cagnotte, sur Leetchi, ouverte par l'écrivain Yasmina KHADRA, pour venir en aide aux malades du Covid-19 (achat d'oxygène), a été sabotée.
Sur le plan politique on n'a pas compris que le président tunisien, M. Kais SAIED, en pleine crise grave du Covid-19, n'ait trouvé d'autre réponse que de suspendre le Parlement et remercier son premier ministre, ajoutant ainsi la crise à la crise. A Djibouti, un régime monarchique, le nettoyage ethnique continue et cette période récente est marquée par des massacres, avec une grande indifférence de la communauté internationale. «Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir» disait mon arrière-grand-mère Dourma LY.
Depuis longtemps l'Occident prétend défendre la démocratie, les droits de l'homme et lutter efficacement contre les forces du Mal qui ne peuvent être que le fondamentalisme musulman. Or, cette prétention, particulièrement honorable, est largement contredite par les faits. En effet, l'Afghanistan a d'abord été le terrain d'affrontement entre l’Occident et le monde communiste, sans aucune prise en compte des intérêts de la population, et notamment des femmes. Dans ce bourbier, les Russes, vaincus, ont fini par déguerpir.
Depuis plus de 20 ans, quatre gouvernements américains (2 équipes de  Démocrates et 2 équipes de Républicains) s'y sont cassés les dents. Leur préoccupation majeure ce n'était pas la défense de la démocratie ou des droits de la femme ; c'était bel et bien une opération de politique intérieure américaine punitive après l'odieux attentat du 11 septembre 2001 (2753 morts). Il n'a échappé à personne que la majorité des membres de ce commando, ce n'était pas des Afghans, mais des Saoudiens : Oussama BIN LADEN (1957-2011) et ses acolytes. L'Arabie Saoudite, avec son Wahhabisme et son islam rigoriste et le Qatar, sont les principales sources de financement du fondamentalisme. Mais ces pays sont du bon côté, celui du monde dit libre. Par conséquent, séparer la bonne graine de l'ivraie, est devenu la plus grande fumisterie de notre temps.
Par ailleurs, le premier président Afghan, Hamid KARZAI, comme Ashraf GHANI l'actuel président qui s'est vite sauvé, abandonnant lâchement son pays, sont des chefs d’Etat fantoches, qui ont installé une corruption généralisée ; il aurait vidé les caisses de l'Etat, et pris, avec lui, 169 millions de dollars. Dans un pays musulman conservateur, instituant une police des mœurs implacable contre les faibles, lapidant les femmes adultères et coupant les bras des voleurs, les Talibans, eux, et de longue date, sont des barons de la drogue ; personne n’a vraiment songé à mettre fin à cette entreprise criminelle. On sait aussi que la bourgeoisie des pays du Golf, aux mœurs rigides, viennent s’encanailler dans les hôtels de luxe en France (prostituées, drogue, alcool, jeux). Tout l’argent détourné dans ces pays, est généreusement accueilli, par les banques de nations de receleurs. C’est un parcours du combattant pour un étranger détenant une autorisation de séjour, pour ouvrir un compte courant en France. Ceux qui sont en situation régulière, les banques ne cessent de réclamer une multitude de documents, sous prétexte d’actualiser leur compte. Et même pour envoyer un mandat au pays, par Western Union, on ne cesse de vous réclamer une pièce d’identité. 
Finalement, les Occidentaux, avec leur armada militaire et leurs milliards, refusant de se battre au sol, ont délégué cette mission périlleuse aux Afghans qui, eux-mêmes n'ont opposé qu'une faible résistance aux Talibans. Dans cette débandade générale et honteuse, certains Afghans s'étant accrochés, au péril de leur vie, aux ailes des avions ; ils se sont sentis trahis et abandonnés. Les Occidentaux ont laissé derrière eux et sans protection particulière, tous leurs indics, interprètes et collaborateurs qui risquent leur vie et leur liberté, en raison de la victoire des Talibans. En dépit, de cette grande lâcheté, cette ingratitude ou trahison, les Occidentaux commencent en substance, à jouer sur les peurs irrationnelles : «Attention aux flots de réfugiés Afghans qui vont venir nous envahir !». M. Emmanuel MACRON, président des richesses, qui a entamé, très largement à la lepénisation de sa politique, a vu tout le profit à tirer de la situation, en faisant diversion sur le bilan de son mandat. En effet, M. MACRON s’inquiète d’éventuels «flux migratoires irréguliers» en provenance d’Afghanistan après la prise de pouvoir des talibans dans le pays.
Je l'ai souvent écrit, et je le redis encore au risque de me répéter, ces guerres locales, coûteuses, souvent sans mandat des Nations unies, sans objectifs atteignables, appellent de ma part plusieurs remarques :
1 - Abandonner le concept de démocratie ethnique
avec ses indignations à géométrie variable.
Quand j'entends certains dire : «Notre démocratie, notre civilisation». Foutaises que tout cela ! Ils s’en fichent de la femme afghane ou Ouïghour ; ce qui les intéresse, ce sont les profits de la haute finance, leur petite soupe.
Par conséquent, cette hypocrisie m'irrite au plus haut point, notamment après le matraquage des Gilets jaunes, des personnels hospitaliers et des retraités. Tous les peuples de la terre ont droit au bonheur, à la paix, à la sécurité et donc à la démocratie et aux droits de l’Homme, des concepts universels, un combat de chaque instant.
Pour une paix durable, il faudrait bannir ces gouvernements fantoches qui se sauvent, avec le magot de guerre, à la moindre étincelle, abandonnant ainsi lâchement leurs concitoyens. Ces scènes à l'aéroport de Kaboul, de personnes désespérées, en disent long sur l'immoralité dans la conduite des relations internationales.
2 - Fonder les relations internationales sur un ordre juste, à savoir sur des intérêts mutuellement avantageux, dans le respect mutuel, la justice et l'équité.
Des pays, jadis stables, ont été ruinés, et leurs populations sur le chemin de l'exil ou abandonnées dans la misère. Bachar AL-ASSAD, le président syrien, après plusieurs années de guerre, est toujours aux commandes d'un pays ruiné. Saddam HUSSEIN (1937-2006), en Irak et Mouammar KADHAFI (1942-2011), en Libye, ont été liquidés, fort injustement, et cela n'a fait qu'accroître l'insécurité dans le monde, avec son flot de réfugiés.
L'intervention de la France au Mali a fait empirer la situation.
C'est quoi donc tous ces coups de menton, ces mensonges et instrumentalisations ?
3 - Bâtir un «Monde d'après», plus juste et plus fraternel.
Tout ce discours ronflant sur la démocratie, la lutte contre le terrorisme et l'islamisme et ces guerres locales meurtrières, ne visent qu'à occulter les grands problèmes de notre temps. Cette pandémie nous invite, plus que jamais, à réévaluer nos valeurs.
Depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, l’Humanité n’a jamais connu une si longue période d’accalmie. Auparavant, il y avait ces 4 siècles d’esclavage avec 40 millions de victimes, la colonisation et ses guerres perdues d’avance, avec le nombre de ses victimes qu’il faudra un jour évaluer. En raison de la fin de la Guerre froide, tout ce qu’ont trouvé les pays riches, ce sont des guerres locales contre les faibles, souvent pour du pétrole ou une prétendue menace terroriste ou islamiste. Toutes ces guerres ont échoué. Les milliards dépensés dans des guerres inutiles, meurtrières et coûteuses, auraient pu servir à de nobles causes.
Dans les pays occidentaux, et notamment en France, sans vigilance des citoyens, je crois qu’après les élections présidentielles d’avril 2022, si par malheur les partisans du Chaos gagnaient, le chômage partiel sera immédiatement aboli, et toutes ces réformes scandaleuses (retraites, chômage) appliquées.
Pourtant ce ne sont pas les défis qui manquent : pouvoir d’achat, réindustrialisation et relocalisation des entreprises, grandes infrastructures pour les JO de 2024, et cette question du logement, avec ses pénuries récurrentes. Sur le front de la pandémie, qui est loin d’être finie, et au moment où des complotistes refusent de se faire vacciner, des personnes meurent, par milliers, faute de vaccins et d’oxygène en Afrique (Sénégal, Tunisie, Maroc, Algérie).
Paris, le 17 août 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Nous vivons une drôle et tragique époque : «le mentir-vrai» pour nous détourner des vrais sujets» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
15 août 2021 7 15 /08 /août /2021 13:56
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Qualifiée par Joseph ZOBEL de «marraine de la Négritude», Paulette NARDAL est une journaliste, écrivaine, femme de lettres, curieuse, militante de la cause de l’égalité réelle, professeure d’anglais, et même musicienne. Etudiantes à Paris, Paulette NARDAL et ses sœurs Jane et Anne, tiennent, à partir de 1929, au 7 rue Hébert, dans leur maison de Clamart, dans les Hauts-de-Seine, un salon littéraire, pour promouvoir «l’Internationalisme noir». S'y croisent des artistes qui portèrent la «Harlem Renaissance» (Claude McKAY (1889-1948), Langston HUGHES (1901-1967), Joséphine BAKER (1921-1975), le panafricaniste Marcus GARVEY (1887-1940), ainsi que Félix EBOUE (1884-1944), administrateur colonial et humaniste. Occultée, éclipsée et écrasée par la notoriété des pères fondateurs officiels de la Négritude, comme Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) ou Aimé CESAIRE (1913-2008), elle a eu une activité éditoriale décisive pour faire émerger «la conscience noire». Tanella BONI, évoquant les combats de Paulette NARDAL et de Suzanne ROUSSI épouse CESAIRE (1915-1966), écrit que «malgré la faiblesse supposée de leurs corps, elles ont été, leur vie durant, des résistantes et des battantes pour la cause des femmes mais aussi du point de vue de la pensée littéraire, artistique et philosophique. Si l’une et l’autre dénoncent l’assimilation qui, entre autres, produit une littérature et une poésie d’imitation, elles accordent une place de choix à la part africaine présente dans l’histoire des Caraïbes». Paulette NARDAL est désormais une figure reconnue et majeure de la cause de l’émancipation des offensés et des humiliés : «A l’occasion du premier festival mondial des Arts nègres, j’ai été amené à faire l’historique du mouvement de la Négritude. C’est ainsi que je me suis souvenu, qu’à côté des Négro-Américains et des Haïtiens, il y avait les Martiniquais et, parmi ceux-ci, votre initiative, si féconde, de la Revue du monde noir» écrit le président SENGHOR à Paulette NADAR, dans une lettre du 11 octobre 1966. En effet, Paulette NARDAL dira, par la suite, à propos de la négritude et de l’appropriation de cette idée, «Césaire et Senghor ont repris des idées que nous avons brandies, et les ont exprimées avec beaucoup plus d’étincelle, nous étions que des femmes, nous avons balisé la piste pour les hommes». Le président-poète sénégalais le reconnaît : «C’est grâce à Paulette Nardal, la Martiniquaise, fondatrice de la Revue du Monde Noir, dans les années 30, que j’ai rencontré Alain Locke et Mercer Cook» écrit-il dans «Liberté» vol 3, page 274. Le prédisent SENGHOR écrira «Elle nous conseillait dans notre combat pour la résurrection de la négritude». Dans ses mémoires, Paulette NADARL affirme qu’elle l’a aidé à s’inscrire à la Sorbonne. SENGHOR «est venu après les revues nègres. Au cours de ma première année en Sorbonne René Maran, reçoit le Prix Goncourt. C’est lui qui, à ma demande, a fait inscrire Senghor en Sorbonne ; il avait un ami au secrétariat» dit-elle. Aimé CESAIRE n’aimait que rarement au salon littéraire des NARDAL : «Deux Martiniquaises, les sœurs Nardal, tenaient alors un grand salon. Senghor le fréquentait régulièrement. Pour ma part, je n’aimais pas les salons, je ne les méprisais pas pour autant, et je ne m’y suis rendu qu’une ou deux fois, sans m’y attarder» écrit-il. Aimé CESAIRE, alors maire de Fort-de-France, le 22 mai 1975, au cours d’une cérémonie de l’esclavage, a rendu un vibrant hommage à Paulette NARDAL «pour sa contribution à la fierté noire».
Bien avant «Présence Africaine» en 1947, Paulette NARDAL est Secrétaire générale de «la Revue du Monde Noir», fondée en 1931 par le docteur SAJOUS, hébergée chez elle, une revue bilingue qu’elle traduit en anglais. L’objectif de cette revue dont est de donner à l’élite intellectuelle de la Race noire et aux Amis des Noirs, un organe où publier leurs œuvres, et de créer entre les Noirs du monde entier un lien intellectuel et moral. Par ce moyen, la Race noire contribuera, avec l’élite des autres races, «au perfectionnement matériel, intellectuel et moral de l’Humanité. En vue de former une grande Démocratie, prélude à la Démocratie universelle». Des noms prestigieux ont collaboré à cette revue comme Jean PRICE-MARS (1876-1969) ethnographe, diplomate et écrivain haïtien, Etienne LERO (1910-1939), martiniquais et fondateur du groupe «Légitime Défense», René MENIL (1907-2004), philosophe et grand penseur martiniquais, René MARAN (1887-1960), prix Goncourt de 1921, et Léo FROBENIUS (1873-1938), explorateur, ethnologue et archéologue allemand. La «Revue du Monde noir» n’a fait paraître que six numéros. Elle a été tout de suite interdite en Afrique et aux Antilles et les publications ont cessé faute de soutien financier «Nous avons pleinement conscience, de ce que nous devons à la culture blanche, et nous n’avons nullement l’intention de l’abandonner pour favoriser, je ne sais quel retour à l’obscurantisme. Sans elle, nous n’eussions pas pris conscience de ce que nous sommes. Mais nous entendions dépasser le cadre de cette culture pour chercher, à l’aide des savants de race blanche et de tous les amis des Noirs, à redonner à nos congénères la fierté d’appartenir à la race dont la civilisation est peut-être la plus ancienne du monde» dit-elle.
Née le 12 octobre 1896, au François, en Martinique, Paulette NARDAL est l’ainée d’une famille de sept sœurs : Emily (1898-1981), Alice (1900-2000), Jane (1902-1993), Lucie (1905-1998), Cécile (1903-1999), Andrée (1910-1935). Dans ses mémoires, Paul NARDAL affirme que Léopold Sédar SENGHOR, en 1935, qui préparait son diplôme d’études supérieures sur Jeanne Duval, avait demandé en mariage sa jeune sœur, Andrée, mais «elle était déjà fiancée à Roland Boisneuf, le fils du député de la Guadeloupe, qu’elle a épousé ; elle a eu huit jours de mariage, et elle est morte de méningite». Issue d’une famille bourgeoise et cultivée, son père, Paul NARDAL, (1864-1960), dont les parents avaient été esclaves, fut le premier le Martiniquais noir, après l’abolition de l’esclavage à avoir obtenir une bourse pour les Arts et métiers, dont il dont il sortira le premier ingénieur noir. Enseignant en physique et chimie, il terminera sa carrière en qualité de chef des eaux et assainissement. Ses grands-parents paternels sont des anciens esclaves : Joachim NARDAL, affranchi en 1854 et d’Alexandrine AVANET, affranchie en 1849. Ce qui caractérise son père, non politisé et refusant d’adhérer à la franc-maçonnerie, c’est sa grande droiture, son honnêteté, et la considération qu’il accorde à chacun, quelle que soit sa caste sociale. Sa mère, Louise ACHILLE (1869-1942), est institutrice et professeure de piano ; pieuse et charitable, elle est co-fondatrice et présidente de groupes mutualistes et charitables de femmes.  «Nous étions baignés dans la culture. J’étais toujours entourée de jeunes qui s’intéressaient à l’art, mes parents organisaient des concerts et animaient des stages de musique. Merci à nos parents, nous étions plongés dans une ambiance de foi et de beauté intérieure» dit Paulette NARDAL. Passionnée de musique comme sa mère, elle a chanté, en 1916, devant le président Théodore ROOSEVELT (1859-1919) en visite en Martinique. Paulette NARDAL est élevée dans l’admiration des grandes œuvres de la culture classique occidentale, mais également dans la fierté d’être noire, contre les stéréotypes de l’époque en Martinique.
Paulette NARDAL séjourne à Paris entre 1920 et 1939. Sa première résidence est une pension protestante, à la rue Boulard, à Paris 14ème, puis à la rue docteur Roux, dans le 15ème, avant de déménager à Clamart. C’est une époque où les étudiants noirs, encore peu nombreux en France, vivaient entre eux, en ghetto. «Nous trouvions qu’il y avait assez de quantités de qualités à acquérir au contact du peuple français. Ils se privaient d’un certain enrichissement en vivant comme cela entre eux» dit-elle dans ses mémoires. Paulette NARDAL est émue par le suicide de Roger SALENGRO (1890-1936), député du Nord et maire de Lille ; et, elle a apprécié la finesse de Léon BLUM (1872-1950), président du conseil et figure historique du socialisme. Les années 20, c’est surtout l’émergence des revues nègres de Joséphine BAKER, l’emballement pour l’art nègre qui a révélé Pablo PICASSO (1881-1973), bref une réhabilitation de l’homme noir. Par la suite, il y aura l’Exposition coloniale. Dans son article, «En exil» et publié en 1929, dans «La Dépêche africaine» puis sur sa contribution à un guide touristique de la Martinique qu’elle rédigea à la demande du ministère des Colonies pour l’Exposition coloniale internationale de 1931, ces contributions montrent, chez Paulette NARDAL, la permanence d’une approche intersectionnelle pour décrire la condition des femmes martiniquaises et d’une pensée qui articule la France comme «grande patrie» et la Martinique comme «petit pays». En effet, Paulette NARDAL milite pour une conception d’une citoyenneté plurielle franco-antillaise et donc fait émerger, bien avant Edouard GLISSANT (1928-2011), une vision nuancée et complexe de l’identité caribéenne, conçue comme un espace de convergences et d’influences multiculturelles. En effet, dans «Exil», Paulette NARDAL fait le récit de la vie dure d’une vendeuse martiniquaise, contrainte, pour nourrir sa famille, de s’exiler en métropole : «Ce pays ne convient vraiment pas à cette vieille négresse déjà alourdie par l’âge et percluse par les rhumatismes. Le regard lointain, elle se revoyait dans son bourg natal, en Sainte-Marie, où elle avait passé sa jeunesse» écrit-elle.
Pour l’éditeur PAYOT considère que le Noir n’est pas assez profond pour susciter un nombre de lecteurs capables d’intéresser un éditeur. Ce qui a frappé le plus Paulette NARDAL, c’est que les Français pouvaient vibrer devant les productions musicales noires et admirer les acteurs noirs de passage. «Nous étions étudiantes, complètement assimilées. C’est en France que j’ai pris conscience de ma différence. L’esclavage. C’est une révélation ! Nous faisions connaissance, là, en même temps avec l’histoire des Noirs ; car les Negro Spirituals sont l’aboutissement de toutes leurs souffrances ; nous faisions connaissance avec notre histoire. C’est à ce moment-là que nous avons ressenti de la fierté de ce que les Noirs, si décriés, ont apporté aux Blancs» écrit-elle.
Paulette NARDAL est la première femme noire inscrite à la Sorbonne, où elle étudie l’anglais. Elle consacre son mémoire de fin d’études à Harriet BEECHER STOWE (1811-1896), abolitionniste convaincue, philanthrope, et auteure, en 1852, de «La case de l’Oncle Tom». Paulette NARDAL avait voulu aborder le sujet sous l’angle racial ; ce qui a été refusé par la Sorbonne ; la version définitive est devenue : «The Work of Mrs. Beecher Stowe 1. Uncle Tom's Cabin ; 2. Puritanism in New England”. En effet, ce séjour en France est une révélation pour sa conscience de Noire «Certains sujets étaient tabous en Martinique. Malheur à qui osait y toucher : On ne pouvait parler ni d’esclavage, ni proclamer sa fierté d’être descendante de Noirs Africains, sans faire figure d’exaltée ou, tout au moins, d’originale. Cependant la conscience de race s’était éveillée chez certains Antillais, mais il leur avait fallu, pour cela, s’éloigner de leur patrie.  Le déracinement qu’ils ressentirent dans la métropole où le Noir n’a pas joui de considération leur avait fait une âme nègre» écrit-elle en 1932.
Militante féministe, Paulette NARDAL participe à l’animation de différentes revues «La Femme dans la cité» et la «Dépêche Africaine». Elle se battait pour la participation des femmes aux élections, pour elle, l’abstention est «un crime social». Paulette NARDAL a voulu secouer le cocotier, en remuant la conscience des femmes «J’en appelle à toutes les femmes qui, jusqu’ici sont restées indifférentes à la chose politique, mais qui trouvent néanmoins que tout va mal, à toutes celles qui ne votent pas. Vous avez la possibilité de changer tout cela. Vous n’avez pas conscience de votre valeur. Vous comptez pour rien dans la Nation. Le jour du scrutin vous serez les égales des hommes. Ce jour-là, les distinctions de classe seront abolies» écrit-elle en novembre 1946. Pour Eve GIANONCELLI, il s’agit de la naissance d’une «conscience noire genrée», la socialisation de l’individu doit être associée à sa capacité de révolte contre un ordre injuste. «Très sensible à la condition féminine, toujours, avant et surtout après mon séjour parisien. Si j’avais dit ce que je pensais réellement, j’aurais dressé tous les hommes de la Martinique contre moi. Fervente chrétienne, ce fut le choc des Negro Spirituals à Paris. Ayant perçu, avant les hommes, la nécessité d’une solidarité raciale, j’ai aussi voulu sensibiliser les femmes à la chose sociale et à la fierté noire, avant-guerre, dans de nombreuses publications, puis en Martinique» dit-elle. «En faisant de la Négritude, on s’occupait déjà du combat des femmes» dit-elle. Paulette NARDAL est à l’affût de tout stéréotype pouvant dévaloriser ou humilier l’Homme noir. Ainsi, dans son article «Guignol ouolof», en 1935, Paulette NARDAL, dans un café du Quartier Latin, est confronté à un Noir dans un accoutrement grotesque «Tout à coup s’interpose la silhouette d’un Noir immense. Costume de général d’opérette. Drap noir sur lequel éclatent des brandebourgs imposants, épaulettes, casque d’officier allemand, galonné d’or et de rouge, et détail encore plus inattendu, monocle à cordonnet noir, encastré dans l’arcade sourcilière gauche. Ce détail incongru, dans ce costume absurde, n’arrive pas à donner au long visage ouolof, l’effet grotesque recherché» écrit-elle. Ce Noir caricatural amuse les Blancs, mais faudrait-il pour autant participer à ce triste spectacle, du Noir léger, ne se prenant pas au sérieux, au détriment de la solidarité de couleur ? Est-ce pénible, pour ce guignol, de faire rire les autres ? Il répond, avec bon sens «Pas plus qu’un acteur comique au théâtre. J’ai d’ailleurs été acteur. J’aime autant faire ce métier ridicule que d’être chômeur ou vivre des femmes. Les Blancs veulent qu’on les fasse rire ; moi, je veux bien, au moins, je peux manger» répond le guignol ouolof. Dans le même numéro de 1935, de «l’Etudiant noir», Aimé CESAIRE est l’auteur d’un article sur «Négreries : jeunesse noire et assimilation». Il est bien question d’assimilation malencontreuse, un Nègre qui voulait devenir autre : «Un jour un Nègre s’empara de la cravate du Blanc, se saisit d’un chapeau melon, et repartit en riant. Ce n’était qu’un jeu, mais le Nègre se laissait prendre au jeu : il s’habitua si bien à la cravate et au chapeau melon qu’il finit par croire qu’il avait toujours portés ; il se moqua de ceux qui n’en portaient point et renia son père qui avait Esprit de brousse» écrit-il. Pour Aimé CESAIRE, le fou est toujours fou, en un certain sens, mais le Nègre qui tue en lui le Nègre n’a pas la foi en soi, et par là qu’il se sauve de la folie. C’est une sottise que de vouloir être assimilé ; c’est oublier nul ne peut changer de faune.
Paulette NARDAL a hérité de sa mère la fibre sociale, l’esprit religieux ainsi que les dimensions artistique et musicale. «J’ai appris le piano, j’ai fait 5 ans de violon. Il y a de ces impressions d’enfance, ces impressions qu’on garde, impressions d’enfance, ces choses qui vous reviennent plus tard» dit-elle dans ses mémoires. Institutrice, Paulette NARDAL, dans sa fibre sociale, s’intéressait à la médecine scolaire. En 1935, Paulette NARDAL se mobilise contre l’invasion de l’Ethiopie par l’Italie. En raison de cet esprit religieux et ses relations, cela lui a aussi ouvert les portes du journalisme, notamment dans diverses revues chrétiennes, comme «La Paix». En effet, c’est le père André FROSSARD (1915-1995), chroniqueur au Figaro, membre de l’Académie française et fils de Louis-Oscar FROISSARD (1889-1946), fondateur du Parti communiste, qui «m’a donné les quelques leçons de journalisme ; il m’a appris les leçons du journalisme ; ce que je faisais était synthétique. J’ai dû apprendre la sténographie et la dactylo. Je voulais vivre ; faire quelque chose d’autre. Il faut croire que j’avais une espèce de vocation. Plus tard, j’ai lancé la revue» dit-elle. Paulette NARDAL a également exercé des fonctions d’assistante parlementaire, d’abord de Joseph LAGROSILLIERE (1872-1950), député socialiste de la Martinique, puis du député du Sénégal, Mamadou N’Galandou DIOUF (1875-1941). Mais, elle a pu rencontrer de nombreuses personnalités grâce aux pères dominicains, dont les pères Denys GORCE (1890-1984) et DUCOTILLON, qui ont été ses directeurs de conscience. Ils étaient «libéraux et d’une grande générosité à l’égard des problèmes raciaux» dit-elle dans ses mémoires. Ainsi, Paulette NARDAL a publié des articles dans la revue du Cerf, notamment sur la situation économique aux Antilles, concernant la misère du peuple et les bas salaires. Assistante parlementaire du député du Sénégal, N’Galandou DIOUF, qui avait une femme peule, Paulette NARDAL avait un désir intense de connaître l’Afrique. N’Galandou DIOUF consultait souvent un marabout ou se faisait tirer des cartes qui prévoyaient un malheur, en cas de voyage de Paulette NARDAL en Afrique. Paulette NARDAL finira, en dépit de ces superstitions, par se rendre, pendant un mois et demi, au Sénégal avec N’Galandou DIOUF «Je me suis dit «Me voici en Afrique ! Me voici au pays de mes ancêtres !». N’Galandou DIOUF, un polygame, avait une deuxième femme au Sénégal et l’a faite visiter Saint-Louis qui «ressemble un peu à Fort-de-France» dit-elle. A Dakar, Paulette NARDAL habitait, avec les coloniaux, dans un hôtel et la journée devait se rendre, pour son travail à l’hôtel de ville ; le maire de l’époque était Alsacien. Ce que déplore Paulette NARDAL, c’est l’occidentalisation des hommes sénégalais et la solidarité familiale «Il suffit qu’un fils de famille ait été à l’école, qu’il ait acquis un petit grade quelconque ; il s’habille comme un métropolitain ; c’est le seul qui gagne de l’argent et toute la famille compte sur lui». Cependant, pour Paulette NARDAL les Africains n’ont pas le sens de la valeur de l’argent «C’est pourquoi, on dit qu’on ne peut pas leur confier une caisse. Ce qui est à toi est à moi. C’est cela la leçon de la colonisation». Cependant, Paulette NARDAL a salué l’existence d’un journal féminin au Sénégal : «Awa».
Femme jalouse de son indépendance et de sa liberté, profondément croyante, Paulette NARDAL, sans enfants, ne s’est jamais mariée : «J’aime bien les enfants, mais je suis affreusement lâche ! Je ne supporte pas la douleur physique. J’ai eu l’occasion, de me marier, j’ai dit non. L’affirmation de mon indépendance réside dans mon célibat. Je crois à la destinée ; je crois que le mariage n’était pas fait pour moi» dit-elle. Paulette NARDAL n'acceptait pas les préjugés et le défaitisme «Souvent, on a dit : «Ah ! c’est la plus foncée, mais c’est la plus intelligente ! . C’est ce «mais» que nous n’avons jamais admis» dit-elle. «Dieu nous a fait Noirs ! Il faut le supporter» une idée bien répandue, avec un sous-entendu, qu’il faudrait accepter son infériorité, cette noirceur inhérente à la barbarie. «En ces temps-là, la pauvreté, la laideur, la bêtise, voire la méchanceté, étaient imputées à la couleur noire. La noirceur de peau semblait aussi désavouable que l’esclavage et la traite, qu’on semblait lui faire grief d’avoir inspirés» écrit Joseph JOBEL dans «Et si la mer n’était pas bleue». Dans cet ouvrage, Joseph ZOBEL (1915-2006) a rendu hommage à la famille NARDAL «On lui savait gré d’avoir honoré la race. Les Nardal, ces gens-là, on a cru qu’ils faisaient exprès d’être Noirs comme ça. Les Nardal, on aurait dit une famille royale d’Afrique transplantée à la Martinique. Retranchée dans une manière d’être, ils sont dans une sorte d’entêtement à ne pas renier, ni oublier, ni déprécier. Être Noirs, comme l’étaient les Nardal, et habiter la rue Schoelcher ! Fallait y trou Ils ne voulaient faire partie de la bonne société de Fort de France. Les Nardal, elles avaient des allures de porte-drapeaux de la race» écrit-il. «Vous auriez pu être notre Jeanne d’Arc» lui dit un jour, un ami de N’Galandou DIOUF, député du Sénégal.
Paulette NARDAL a été victime d’un grave accident, en octobre 1939, à la suite du naufrage du bateau «Bretagne», le genou gauche est invalide à 65%. Enseignante pendant seize années, Paulette NARDAL sera également secrétaire particulière du militant pour les droits civiques, Ralph BUNCHE (1904-1971), politologue, compagnon de route de Martin Luther KING (1929-1968), diplomate afro-américain et prix Nobel de la paix,  puis sera déléguée à l'O.N.U. de 1946 à 1949, à la section des territoires autonomes. Paulette NARDAL s’installe, définitivement en Martinique. Paulette NARDAL disparait à Fort de France, en Martinique, le 16 février 1985.
Paulette NARDAL et ses soeurs «ont voulu être des intellectuelles. C’était en fait un domaine réservé aux hommes. Alors on ne leur permettait pas d’entrer dans ce terrain qui les fascinait» écrit Maryse CONDE, prix Nobel alternatif de littérature. La reconnaissance est finalement arrivée, de façon tardive. Le 3 décembre 1966, Paulette NARDAL, à 70 ans, est décorée de la distinction de Commandeur de l’Ordre National du Sénégal. «J’ai adressé, en ce soir mémorable de la remise de la décoration sénégalaise, une pensée émue à ma mère grande chrétienne qui, au-delà des œuvres de charité, nous a inculqué le sens du service social» dit-elle. En 2019, une Promenade, Paulette et Jane NARDAL, a été inauguré, 2 rue Huguette Schwartz, à Paris 14ème. A Fort-de-France, une place et un lycée portent son nom.
Références
1 – Contributions de Paulette NARDAL
NARDAL  (Paulette), «Éveil de la conscience de race», La Revue du Monde noir, 1932, n°6, pages 343-349 ;
NARDAL (Paulette), «A la Martinique», Les Annales coloniales, mars 1935, pages 30-31 ;
NARDAL (Paulette), «Cantiques de Noël. Notre folklore», La Femme dans la cité, n°43, janvier 1949 ;
NARDAL (Paulette), «En exil», La Dépêche africaine, n°19, 15 décembre 1929, page 6 ;
NARDAL (Paulette), «Guignol ouolof», L’Étudiant noir, mars 1935, n°1, pages 4-5 ;
NARDAL (Paulette), «L’hygiène scolaire et la médecine aux colonies», France Outre-mer, 1er mars 1936, page 14 ;
NARDAL (Paulette), «La Musique et les noirs», Martinique, n°4, décembre 1944 ;
NARDAL (Paulette), «Le Nouveau bal nègre de la Glacière», La Dépêche africaine, n°14, 30 mai 1929, page 3 ;
NARDAL (Paulette), «Une femme sculpteur noire», La Dépêche africaine, n° 27 et 28, septembre 1930 ;
NARDAL (Paulette), «Une noire parle à Cambridge et à Genève», La Revue du Monde noir, 1931, n°1, pages 40-41 ;
NARDAL (Paulette), Fiertés de femmes noires. Mémoires de Paulette Nardal, entretiens avec Philippe Grollemund entre 1974 et 1975, préface de Christiane Eda-Pierre, Paris L’Harmattan, 2018, 198 pages ;
NARDAL (Paulette), Martinique, Paris, Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales, 1931, 230 pages.
2 – Critiques de Paulette NARDAL
ACHILLE (Louis, T.), «In Memoriam, Paulette Nardal», Présence Africaine, 1985, vol I, n°133-134, pages 291-293 ;
BOITTIN (Jennifer-Anne), «In Black and White : Gender, Race Relations, and the Nardal Sister Interwar Paris”, French Colonial History, 2005, Vol 6, pages 119-135 ;
BONI (Tanella), «Femmes en négritude : Paulette Nardal et Suzanne Césaire», Rue Descartes, 2014, vol 4, n°83, pages 62-76 ;
CESAIRE (Aimé), «Négreries : jeunesse noire et assimilation», L’Étudiant noir, mars 1935, n°1, page 3 ;
COTTIAS (Myriam), FITTE-DUVAL (Anne), «Femme, famille et politique dans les Antilles françaises de 1828 à nos jours», Caribbean Studies, janvier-juin 1995, vol 28, n°1, pages 76-100 ;
DEWITTE (Philippe), «Le rouge et le nègre», Hommes et Migrations, sept-oct. 2005, pages 34-40 ;
FABRE (Michel), «Autour de René Maran», Présence Africaine, 1973, n°86, pages 165-172 ;
GIANONCELLI (Eve), La pensée conquise : contribution à une histoire intellectuelle transnationale des femmes et du genre au XXème siècle, thèse sous la direction d’Eleni Varika, Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis, 2016, 514 pages, spéc pages 24-49, 91-139, 286-306 et 389-461 ;
HOPQUIN (Benoît), «Les soeurs Nardal, aux avant-postes de la cause noire»», Le Monde, 24 juillet 2021 ;
 
JOSEPH-GABRIEL (Annette; K), «Paulette Nardal : Martinican Woman As Politicals Protagonists in The Overseas Department»», CLA Journal, septembre 2001, vol 45, n°1, 53-68 pages  ;
MUSIL CHURCH (Emily), «In search of seven sisters: A Biography of the Nardal Sisters of Martinique», Callaloo, printemps 2013, vol 36, n°2, pages 375-390
NARDAL (Andrée), «Étude sur la biguine créole», La Revue du Monde noir, n°2, 1931, pages 121-123 ;
NARDAL (Jane), «Pantins exotiques», La Dépêche africaine, n°8, octobre 1928 ;
NGAL (Georges), Aimé Césaire, un homme à la recherche d’une patrie, Paris, Présence Africaine, 2000, 328 pages, spéc pages 47-65 ;
RIPA (Yannick), «Le rouge et le nègre», Femmes d’exception, 2018, pages 201-21 ;
SIRINELLI (Jean-François), «Deux étudiants coloniaux à Paris, à l’aube des années trente», Vingtième siècle, avril-juin 1988, n°18, pages 77-88 ;
SMITH (Robert, P. Jr), «Black Like That : Paulette Nardal and the Negritude Salon»», Reimagining Liberation : How Black Women Transformed Citizenship in the French Empire, Champaign, Illinois University Press, 2019, 262, spéc pages 51-81 pages  ;
UMOREN (Imaobong, Denis), Race Women Internationalists : Activist-Intellectuals and Global Freedom Struggles,  Oakland (Californie), University of California Press, 2018, 193 pages ;
ZOBEL (Joseph), Et si la mer n’était pas bleue, Paris, Éditions caribéennes, 1982, 89 pages, spéc «Nardal» pages 80-89.
Paris, le 15 août 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paulette NARDAL (1896-1985), marraine et égérie de la Négritude» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
12 août 2021 4 12 /08 /août /2021 12:21
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le nom d’Alexandre Dumas est plus que français, il est européen ; il est plus qu’européen, il est universel ; il féconde les âmes, les cerveaux, les intelligences ; il crée la soif de lire» écrit Victor HUGO (1802-1885). Incarnant l’esprit de son temps et se confondant avec lui, Alexandre DUMAS fait partie, au XIXème siècle, l’âge d’or de la littérature française, d’un des grands noms emblématiques de cette époque : «Avec vous, nous avons rêvé. Et avec vous, nous rêvons encore. La République, aujourd'hui, ne se contente pas de rendre les honneurs au génie d'Alexandre DUMAS. Elle répare une injustice. Cette injustice qui a marqué DUMAS dès l'enfance, comme elle marquait déjà au fer la peau de ses ancêtres esclaves. L'œuvre profondément humaniste de DUMAS porte en elle un fragment de la France éternelle. Universelle, rayonnante et généreuse, elle permet à chacun de rêver en français et même de se sentir Français» dit le président Jacques CHIRAC (1932-2019), dans son discours du 30 novembre 2002, à l’occasion du transfert des cendres d’Alexandre DUMAS au Panthéon. Dramaturge, romancier, voyageur, chroniqueur, passionné de cuisine, de chasse et mondain, Alexandre DUMAS parcoure la vie à toute allure et avec allégresse ; à l’instar de ses personnages, tout est démesure chez lui : «Ce volcan en éruption de livres, qui se nommait Dumas» dit de lui Guy de MAUPASSANT (1850-1893). En effet, travailleur acharné et infatigable, il a écrit plus de trois cent ouvrages, dans tous les genres littéraires : essais, théâtres, autobiographies, dictionnaires, critique, récits de voyage «Vous êtes surhumain !» lui dit Alphonse de LAMARTINE (1790-1869).
Alexandre DUMAS est l’inventeur du roman historique : «L'histoire est un clou auquel j'accroche mes romans» écrit Alexandre DUMAS. Dans les conflits entre Royauté et République, il a retracé, merveilleusement, l'épopée d'une France éternelle, ombrageuse, batailleuse, héroïque et galante. En effet, dans ses récits, il s’est attelé aux grandes fresques historiques et aux romans de cape et d’épée qui font aujourd’hui encore sa célébrité, comme «Le Comte de Monte-Cristo», «Les Trois mousquetaires», «Joseph Balsamo» ou «La Reine Margot». Les œuvres à succès d’Alexandre DUMAS ont irrité, au plus haut point, les historiens et les écrivains plus conventionnels de son époque. Un jour, alors qu’on lui jette froidement : «Monsieur, vous violez l’Histoire !» et Alexandre DUMAS de répondre : «Certes, mais je lui fais de beaux enfants». En fait, ses personnages sont des mythes. «Ils parlent au cœur des Hommes dont ils expriment les rêves, les aspirations, les blessures» dit le président Jacques CHIRAC. «Vous avez plus appris d'Histoire au peuple que tous les historiens réunis. (…). Voyez-vous la race africaine, si gaie, si bonne, et si aimante ? Du jour de la Résurrection, à ce premier contact d’amour qu’elle eut avec la race blanche, elle fournit à celle-ci un accord extraordinaire des facultés font la force, un homme intarissable de sève. Un homme ? Non, un élément, comme un volcan inextinguible ou un grand fleuve d’Amérique. Jusqu’où n’eut-il pas été sans l’orgie  d’improvisation qu’il fait depuis 1827 ? Qu’importe, il n’en reste pas moins  et le plus puissant machiniste et le plus vivant dramaturge qui ait été depuis Shakespeare », dit l’historien Jules MICHELET (1798-1874). Il n’a jamais été membre de l’Académie française. Dans sa vie narcissique et tumultueuse, prolifique et féconde, ce génie hors norme, plein d’humour et de plaisanteries, n’était pas grand que par l’esprit ; il était également grand par la taille et doté d’une force de la nature : «C’était un géant, c’était un homme qui n’avait pas son pareil pour enfoncer les portes d’un coup d’épaule ou enlever les gens à bout de bras. Il dut à ce tempérament d’athlète quelques-unes des plus précieuses qualités qui le firent aimer par tous ceux qui l’approchaient : générosité, facilité, bonté de colosse joyeux» écrit René DOUMIC (1860-1937).
Alexandre DUMAS avait ses détracteurs, ses opposants résolus, avec des inquisitions haineuses ou des blâmes excessifs. Cependant, le thème concernant la question raciale et Alexandre DUMAS écrivain, a été très peu étudié ou occulté par les chercheurs, et plus personne ne fait attention, comme Alexandre POUCKHNIE, en Russie, que l’un des plus grands écrivains français, est d’ascendance africaine, et c’est en cela qu’il est devenu le mousquetaire de l’égalité réelle. La contribution littéraire d’Alexandre DUMAS est devenue si intemporelle et universelle, qu’on a fini, de nos jours par oublier, le lynchage dont il avait fait l’objet, en son temps, en raison de sa couleur. Pourtant, Eugène MERICOURT (1812-1880) lui avait reproché, au moment où en 1848 l’esclavage allait être aboli, d’avoir inventé un nouveau type d’esclavage : «le Nègre littéraire» (Ghost Writer, écrivain fantôme), en raison de sa collaboration avec Auguste MAQUET (1813-1888) un jeune professeur d’histoire. «Oui, monsieur Dumas, vous avez tué la littérature. Vous l’avez tuée, en rassemblant autour de vous des écrivains sans conscience qui répudient la dignité de la plume, qui se cachent honteusement sous l’anonyme, et auxquels, dès lors, il importe peu de jeter au sein des masses le levain du mauvais goût, les principes corrupteurs […] Aujourd’hui les bons livres passent inaperçus, le beau style est dépouillé de ses charmes, le vrai paraît fade, le naturel ennuie. Qu’on élabore un chef-d’œuvre, et l’on est sûr que la préférence sera donnée sans conteste au premier venu de vos feuilletons grotesque et menteur» dit Eugène de MERICOURT. En fait, à l’époque, il était courant de faire recours à un documentaliste débrouillant le terrain. Alexandre DUMAS, par son génie, retravaillait le texte, notamment à ses merveilleux dialogues. Auguste MAQUET son collaborateur était un bon chercheur, mais sans génie littéraire. Eugène de MERICOURT décrit, avec beaucoup de mépris, le père de DUMAS : «Très grivois de sa nature et très en appétit de cotillons. Grâce aux soins de la noire africaine qui lui avait donné l’être, l’enfant devint un homme à son tour et trouva quelque peu de légèreté dans la conduite paternelle» écrit-il. Le portrait qu’il dresse de DUMAS est carrément raciste : «Lèvres saillantes, nez africain, tête crépue, visage bronzé. Son origine est écrite d’un bout à l’autre de sa personne. Grattez de l’écorce de M. Dumas et vous trouverez le sauvage. Il tient du nègre et du marquis tout ensemble. Cependant, le marquis ne va au-delà de l’épiderme. Effacez un peu le fard (…) bientôt le nègre vous montrera ses dents», écrit Eugène de MERICOURT, qui sera condamné à six mois d’emprisonnement et une amende. Ses détracteurs, dans leur procès en illégitimité, qui le caricaturent, dans la presse, en Nègre, lui reprochent, en pleine expansion de l’idéologie coloniale, ses origines ethniques. En effet, petit-fils d’une esclave, Alexandre DUMAS est, en grande partie victime, des préjugés raciaux de son temps. Un jour, un journaliste lui pose cette question «Au fait, votre père était-il Noir ?». La réponse d’Alexandre DUMAS est cinglante : «Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ? Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit» rétorque Alexandre DUMAS. «Fils de mulâtre, sang mêlé de bleu et de noir, Alexandre DUMAS doit alors affronter les regards d'une société française qui, pour ne plus être une société d'Ancien Régime, demeure encore une société de castes. Elle lui fera grief de tout : son teint bistre, ses cheveux crépus, à quoi trop de caricaturistes de l'époque voudront le réduire, sa folle prodigalité aussi. Certains de ses contemporains iront même jusqu'à lui contester la paternité d'une œuvre étourdissante et son inépuisable fécondité littéraire qui tient du prodige» dit le président Jacques CHIRAC.
D’autres attaques contre Alexandre DUMAS sont concentrées sur son style «Bien des auteurs populaires à succès peuvent attirer sur eux, à un titre ou à un autre, la vindicte sociale, beaucoup parmi eux ont laissé une œuvre à la fois conforme et non conforme, mais Dumas focalise mieux qu’un autre les regards indignés ou méfiants de toutes les factions. Je me demande pourquoi. Je me demande sur quel terrain durable repose l’opprobre ou alors le malentendu. Je crois qu’il y a anguille sous roche. Mon soupçon est conforté par le fait que la rancœur critique s’en prend, presque systématiquement, au style de l’écrivain, au bâclage dont il fait montre, comme à l’odeur de fabrique qui distinguerait ses écrits : Dumas le grand copieur, Dumas le falsificateur, on ne se fait pas faute de le dire !» écrit Charles GRIVEL. En effet, écrivain narcissique, Alexandre DUMAS a été longtemps décrié, par certains auteurs, pour son style populaire. «Le style de Dumas est de ces styles qui prête à tous les sujets. Je ne lui connais qu’un défaut, il manque de conviction et vous presque toujours sur le qui-vive. On n’y sent pas la sincérité qui vous persuade ; mais en dehors de cette critique, d’ailleurs for grave quand il s’agit d’un écrivain que l’histoire passionne, ce style a, selon moi, tous les mérites ; il est propre à la narration, à la discussion, à la conversation surtout» écrit Henri BLAZE de BURY (1813-1888), critique littéraire. En fait, Alexandre DUMAS, s’il nous tient en haleine dans ses récits, c’est qu’il peut, dans sa verve, être ému quand il le faut, pittoresque, railleur et parfois même lyrique. Ses mémoires et autres écrits sont fertiles d’anecdotes «Être anecdotique et parler de soi dans des mémoires, rien de plus naturel. Ce qu’on a pu lui reprocher, c’est de faire partout ce qu’il fait dans ses mémoires et de ne pas pousser ni plus haut, ni plus loin que son personnage» écrit Henri BLAZE de BURY. «Le style n’est pas fameux, la psychologie bafouille, l’intrigue manque de rigueur, mais à force de mouvement, de panache et de vie, les héros sont inoubliables. Nous ne nous sommes jamais ennuyés avec eux» écrit Jean d’ORMESSON (1925-2017), académicien.
Par ailleurs, certains critiques n’ont pas pris au sérieux Alexandre DUMAS notamment, dans ses récits, pour ses invraisemblances : «C’est un des caractères du talent de Dumas de ne pouvoir respecter à aucun degré la vérité historique dans ses récits. Si peu qu’il en ait besoin, il n’en tient compte ; il n’est bon que dans les inventions et les hâbleries» écrit Charles-Augustin SAINTE-BEUVE (1804-169). «Ce n’est ni un penseur ni un écrivain original. Il a un style absolument factice, manquant de véritable haleine, empruntant une fausse chaleur à tout un système de phrases exclamatives» écrit Emile ZOLA (1840-1902). Si Victor HUGO, un contemporain et grand ami de l’auteur, par son génie est resté maître et seigneur par son style élitiste, en revanche, Alexandre DUMAS a choisi délibérément une littérature populaire : «franc du collier, populaire par le seul effort de sa dramaturgie et de ses talents, vibrant à l’intérêt commun du romantisme, battant la plaine et les buissons» écrit Henri BLAZE de BURY. Le goût est universel, et l’esthétique est une discipline dont les lois sont variables.
Alexandre DUMAS, homme de cœur et de talent, avait aussi ses partisans acharnés et inconditionnels : «M. Dumas est l’une des plus curieuses expression de l’époque actuelle. Passionné par tempérament, rusé par instinct, courageux par vanité, bon de cœur, faible raison, imprévoyant de caractère, c’est tout Antony pour l’amour. Superstitieux quand il pense, religieux quand il écrit, sceptique quand il parle ; Nègre d’origine et Français de naissance, son sang est une lave, sa pensée une étincelle ; aussi aimable, par ses défauts que par ses qualités ; plus séduisant par ses vices que par ses vertus : voilà M. Dumas, tel qu’on l’aime, tel qu’il est» écrit Louis-Henry LECOMTE (1844-1914), historien et biographe. Alexandre DUMAS savait qui il était ; aussi, dans «Georges», (1848), ce sont des Noirs tragiques qui ont pris les premiers rôles ; méprisés par les Blancs, haïs des Noirs, ils sont méprisés des Métis. En effet, dans ce roman, «Georges», Alexandre DUMAS retrace ici l’histoire d’une famille de mulâtres à l’île de France, les Munier. Ces derniers sont confrontés à l’esclavage, le racisme, le préjugé de couleur, l’assujettissement et le déracinement du pays natal. Même si la question raciale, a été occultée par les chercheurs dans l’œuvre d’Alexandre DUMAS, l’auteur a su trouver, en lui, les forces nécessaires pour résister à l’adversité : «Force de la littérature, force de la nature, comme son héros Porthos qu'il aimait tant, il choisit de vivre sa vie. Cette vie foisonnante, luxuriante, parfois criarde, jamais mesquine, tout entière habitée par une généreuse lumière» dit le président Jacques CHIRAC. En effet, Alexandre DUMAS a également été reconnu et célébré en son temps. «Alexandre Dumas a été véritablement le professeur d’Histoire des masses», écrivent les frères GONCOURT. «Vous êtes plus qu’un écrivain, vous êtes une force de la Nature ; et j’ai pour vous des sympathies profondes que j’ai pour elle-même» écrit Jules MICHELET le 23 mars 1851.
Alexandre DUMAS DAVY de la PAILLETERIE, père, à ne pas confondre avec son fils du même nom et auteur de «La Dame aux camélias», nait le 24 juillet 1802, à Villers-Cotterêts, «petite ville de l’Aisne, à deux pas de la rue de Noues, où mourut Demoustiers, à deux lieues de la Ferté-Milon, où naquit Racine, à sept lieues de Château-Thierry, où naquit la Fontaine. Je me présentais à la vie avec de grandes apparences de force et de vigueur» écrit-il dans ses mémoires. Petit-fils d’une esclave noire de Saint-Domingue, et victimes de nombreuses caricatures racistes, fils d’un général républicain ostracisé par Napoléon, il n’a que quatre ans lorsque son père mourut le 26 février 1806. «Vers la moitié de l’année 1805, mon père souffrant et se trouvant mal partout, quitta notre château, pour une maison à Antilly. Mon père s’affaiblit ; il sortit moins souvent ; il monta plus rarement à cheval ; il garda plus longuement la chambre ; il me prit tristement sur ses genoux. La veille, mon père, voulant vaincre la douleur, était monté à cheval. Mais cette-fois, le vainqueur avait été vaincu. Il avait, au bout d’une demi-heure, était forcé de revenir. A partir de ce moment, mon père se mit au lit, et ne se releva plus.» écrit-il. La famille, sans ressources, alla se réfugier chez les grands-parents encore vivants. Jeune et le soir, il lisait des ouvrages de Georges-Louis LECLER de BUFFON (1753-1788) : «Il en résulte que j’ai appris à lire, je ne sais trop comment, mais je puis dire pourquoi : c’était pour connaître l’histoire, les mœurs, les instincts des animaux. A l’âge où les enfants épèlent encore, j’avais lu tous les livres qui forment la bibliothèque du jeune âge» écrit-il.
Alexandre DUMAS évoque les préjugés ou injustices dont il a été victime, notamment sa prétendue bâtardise : «Je suis un des hommes de notre époque auxquels on a contesté le plus de choses. On m’a contesté jusqu’à mon nom de Davy de la Pailleterie» écrit-il dans ses mémoires. Sa mère, Marie-Louise-Elisabeth LABOURET (1769-1838), est la fille de Claude LABOURET (1743-1809), un commandant de la garde nationale et propriétaire de l’hôtel, «l’Ecu». Elle a rencontré le général Thomas Alexandre DUMAS (1762-1806), en 1789, envoyé à Villers-Cotterêts, pour rassurer la population pendant la Révolution, et ils se sont mariés le 28 novembre 1792. Son père, Thomas Alexandre DUMAS «était le fils du marquis Antoine-Alexandre Davy de la Pailleterie, colonel et commissaire général d’artillerie, auquel appartenait, par héritage, la terre de la Pailleterie, érigée en marquisat, par Louis XIV en 1707». Il dépeint son grand-père, Alexandre-Antoine DAVY de la PAILLETERIE (1714-1786), comme un «homme excellent et assez charitable, quoique avare». Son grand-père, suite à une brouille avec la royauté, vend sa propriété et part, en 1760, s’installer à Saint-Domingue. C’est là où nait son père, le 25 mars 1762, d’une mère esclave, Louise-Cessette DUMAS, décédée en 1772. Son grand-père, compagnon de Richelieu et du prince Conti, ne revient en France qu’en 1780, pour habiter à Saint Germain-en-Laye et a servi Louis XVI.
 
Alexandre DUMAS décrit son père comme étant «beau de visage, quoique son teint de mulâtre donnât un caractère étrange à sa physionomie ; élégant comme un créole, prodigieusement adroit à tous les exercices du corps. Mon père était créole, c’est-à-dire à la fois plein de nonchalance, d’impétuosité et d’inconstance» écrit-il. «La vie de Paris, sans argent, étant une sotte vie», écrit-il, alors son père s’engagea dans l’armée, en 1786, dans le régiment des Dragons de la Reine ; il sera nommé, le 11 septembre 1793, général en chef, en pleine Révolte des Chouans et guerre contre l’Espagne, la Prusse, la Toscane, le Piémont et la Hollande. Il aura participé à  la campagne d’Egypte de Napoléon. Il a choisi finalement le nom de son père «Je m’appelle Alexandre Dumas, et pas autrement. J’ai connu mon père, et je n’ai pas connu mon grand-père. Que penserai donc mon père, qui était venu me dire adieu au moment de sa mort, si je le reniais, lui, pour m’appeler comme mon grand-père ?» écrit-il dans ses mémoires.
Le jeune Alexandre lisait aussi les journaux et leurs faits divers, parfois terrifiants. Son tuteur, M. COLLARD, avait une Bible magnifique qu’il lisait et allait souvent au cimetière avec sa mère «A tout cela, j’ai dû un grand respect pour les choses saintes, une grande foi dans la Providence, un grand amour en Dieu. Je n’oserai pas dire que je suis sûr de l’immortalité de mon âme, mais je dirai que je l’espère. Mais je crois que la mort c’est l’oubli du passé, sans être la renonciation de l’avenir. Si l’on arrivait à donner une mémoire aux âmes, on aurait résolu un grand mystère dont Dieu garde le mot : les âmes se souviendraient, et l’immortalité serait révélée» écrit-il. Le jeune Alexandre s’intéresse tôt à la littérature (Les Mille et une nuit, Robinson Crusoé), mais sa mère avait décidé, comme sa sœur, qu’il sera musicien, un violoniste, mais il avait horreur du solfège. A dix, ans sa mère avait décidé de s’occuper de son éducation morale ; il sera séminariste, à Soissons, mais il s’évadera de là : «Ne sois pas inquiète de moi, bonne mère. Je me sauve parce que je ne veux pas être séminariste» écrit-il à sa mère. Il est inscrit au collège l’abbé GREGOIRE, à Villers-Cotterêts, «Un honnête, digne et saint homme ; un esprit élevé, un esprit juste» dit-il de lui. Alexandre DUMAS a appris l’équitation tout seul, «comme les Romains en montant à poil les premiers chevaux venus» écrit-il. Alexandre DUMAS n’est pas à l’aise pour les chiffres «J’ai toujours eu pour l’arithmétique une si profonde antipathie, que je n’ai pas pu dépasser la multiplication. Je suis incapable de faire la moindre multiplication» écrit-il. A 13 ans, Alexandre DUMAS fait sa communion avec l’abbé GREGOIRE «Je mets mon corps, mon cœur, mon âme aux pieds de sa miséricorde, mon humilité aux pieds de sa grandeur. Je le bénis dans le passé, je le glorifie dans le présent, et j’espère en Lui dans l’avenir» écrit-il. «J’ambitionne de gloire de faire parler de moi.  A la première leçon de l’abbé Grégoire, je le priais de m’apprendre à faire des vers français» dit-il. Et pour cela, Alexandre DUMAS devra lire Virgile et Tacite.
Très jeune, à 16 ans, Alexandre DUMAS se réveille aux idées politiques. «Bonapartistes, nous ! La chose était curieuse. Bonaparte nous avait disgraciés, exilés, ruinés ; Napoléon nous avait oubliés, laissés mourir de faim, et nous étions bonapartistes ! Waterloo était un désastre politique, mais un bonheur social» écrit-il. Fils d'un général bonapartiste trahi et abandonné par Napoléon, ami des Orléans, mais républicain, conservateur, mais révolutionnaire, DUMAS incarne la France dans ses contradictions les plus intimes. Dans cette opposition entre oppresseurs et oppressés, Alexandre DUMAS, un d’Artagnan de l’égalité réelle, sait que la République porte les valeurs qui émancipent. Qu'elle seule peut ouvrir l'avenir à tous ceux qui, comme lui, n'ont que leur travail, leur talent, leur mérite pour obtenir leur juste place dans la société française. Par ailleurs, lors de la Révolution de juillet 1830, par amour de la Liberté, il court le Paris des Trois Glorieuses en bel habit de chasse. Il fait le coup de feu contre les soldats du roi, prend d'assaut le musée de l'Artillerie et, heureux de sa prise de guerre, coiffe le casque de François 1er.  Le 27 février 1848, on le retrouve au pied de la Colonne de Juillet pour la proclamation de la nouvelle République. Il s'écrie alors : «ce que nous voyons est beau ; ce que nous voyons est grand. Car nous voyons une République, et jusqu'ici, nous n'avions vu que des révolutions» dit-il. Longtemps protégé par la famille d’Orléans, après le coup d’Etat de 1851, le Second Empire le persécutant, il s’exile d’abord en Belgique. Il reviendra toutefois dès 1853, puis voyagera beaucoup par la suite, en Angleterre, en Russie, en Italie, en Espagne. Alexandre DUMAS est un admirateur de Giuseppe GARIBALDI (1807-1882), l’unificateur de l’Italie, né à Nice.
Alexandre DUMAS commence à chasser avec un certain Hanniquet, surnommé Biche : «Personne n’a jamais distingué un lapin au gîte dans un buisson, un lièvre au jachère, comme Biche ; personne n’a jamais su, comme Biche, approcher nonchalamment de ce lapin ou de ce lièvre, et le tuer d’un coup de pierre ou d’un coup de bâton» écrit-il. Cependant, la marette et la pipée, la chasse une existence agréable, ne pouvant pas garantir un bel avenir au jeune Alexandre, sa mère le fait entrer dans une étude de notaire, en qualité de saute-ruisseau, un troisième clerc. Le notaire est un «homme d’esprit, brusque souvent, entêté toujours, voltairien enragé, et déjà républicain à une époque où personne ne l’était» écrit-il. Apparemment, il a pris du plaisir dans ses fonctions de clerc «L’apprentissage du notariat me fut assez doux. Quand les paysans ne pouvaient pas se déranger, c’était moi qui recevait la mission d’aller leur fait signer les actes à domicile. Si c’était au temps de la chasse j’avais un excellent compagnon de route, mon fusil» écrit-il. L’enfant commence à devenir un homme ; cette danse avec la nièce de l’abbé GREGOIRE réveille les premiers sentiments amoureux. Dans ce rude passage de l’enfance à la jeunesse, il a dû exploiter certains de ses atouts «J’avais les mains assez belles, les ongles bien faits, les dents fortes, mais blanches. J’ignorais tous ces avantages» dit-il. Certaines filles ou garçons de son entourage avaient fait un bon mariage «Je n’ai jamais envié ni la richesse d’un homme, ni la possession d’une chose» écrit-il. L’éveil au sentiment amoureux, dans cette aube de la puberté, le remplit d’ardentes passions : «cette charmante lutte de l’amour, qui demande sans cesse et qui ne se lasse pas d’un éternel refus ; cette conquête successives de petites faveurs, dont chacune, au moment où on l’obtient vous remplit de joie, période matinale et fugitive d’une vie, qui pareille à l’aurore plane au-dessus d’une vie» écrit-il.
Alexandre DUMAS commence à entrevoir une carrière d’écrivain lorsqu’il rencontre Adolphe de LEUVEN (1802-1884), dramaturge et directeur de théâtre français, qui l’initie à l’art de la poésie et aux codes de l’écriture pour le théâtre. Sa mère l’avait fait lire Corneille et Racine, «Mais je dois l’avouer, à ma honte, cette lecture m’avait prodigieusement ennuyé. J’ignorais à l’époque ce que c’était le style, ce que c’était la forme, ce que c’était le fond» écrit-il. La première fois qu’il vit une tragédie, «Hamlet» de Jean-François DUCIS (1733-1816) c’était à Soissons, la deuxième capitale de l’Aisne. Cette pièce étant une pâle imitation de l’original, le premier  réflexe d’Alexandre DUMAS est de se procurer l’ouvrage de William SHAKESPEARE «J’ai une si fatale mémoire, que je n’ai jamais pu l’oublier. Hamlet fut la première œuvre dramatique qui produisit une impression sur moi ; impression profonde, pleine de sensations inexplicables, de désirs sans but, de mystérieuses lueurs, aux clartés desquelles je ne voyais que le chaos» écrit-il.
A partir d’avril 1823, Alexandre DUMAS se rend à Paris et obtient un emploi dans la maison du Duc d’Orléans, au Palais-Royal, grâce à une recommandation d’un ami de son père, le général Maximilien Sébastien FOY (1775-1825). En raison de sa belle écriture et de sa curiosité, le jeune Alexandre, en autodidacte, y complète sa culture ; il lit notamment Schiller, Scott, Byron, Cooper et redécouvre aussi les classiques. Il fréquente à «l’Arsenal», de jeunes romantiques, comme Jean-Charles-Emmanuel NODIER (1780-1844), romancier et académicien, ainsi que Victor HUGO. Cet emploi permet à Alexandre DUMAS de commencer à écrire des pièces de théâtre, participant ainsi à la révolution romantique. En 1827, il écrivit un drame en vers «Stockholm, Fontainebleau et Rome !». Mais il ne connaissait ni l’histoire, ni l’art de rimer : «Je possédais alors cet effroyable aplomb qui accompagne toujours l’inexpérience et la suprême satisfaction de soi ; il m’a fallu bien du succès pour me guérir de mon amour-propre» reconnut-il. C’est son drame historique «Henri III et sa cour», joué en 1829, qui le consacre auteur à succès : «Peu d’hommes ont vu s’opérer dans leur vie un changement aussi rapide que celui qui s’était opéré dans la mienne, pendant les quatre heures que dura la représentation d’Henri III. Complètement inconnu le soir, le lendemain […] je faisais l’occupation de tout Paris», écrit-il dans ses «Mémoires». En 1831, avec «Antony» est  «peut-être le plus grand événement littéraire de son temps», selon Maxime du CAMP ; c’est la consécration ; ce héros deviendra le type même du héros ténébreux, brisé par une société qu’il rejette. Sa pièce, «Don Juan», en 1836, est saluée par les critiques «J’ai applaudi chaudement votre drame, j’y étais profondément émue. Vous avez emprunté tour à tour les couleurs de Goethe, de Shakespeare, de Dante et de Calderon» écrit George SAND (1804-1876), romancière et amie de la famille.
Pendant cette période faste, les conquêtes féminines se multiplient. Le 27 juillet 1824, Alexandre DUMAS a un fils, qu’il reconnaîtra, Alexandre DUMAS (1824-1895), junior, avec une voisine disposant d’un atelier de lingerie, Catherine Laure LABAY (1793-1868), une «Laborieuse, dévouée et jolie, elle est d’instruction nulle» écrit Henri BLAZE de BURY. La vie familiale et sentimentale d’Alexandre DUMAS fils, est largement dominée par la figure écrasante du père, à qui il voue un grand culte. DUMAS va nouer une relation avec l’actrice Belle KREILSAMER (1803-1875) qui lui donnera une fille, le 5 mars 1831, Marie-Alexandrine (1831-1878). Alexandre DUMAS se mariera, le 5 février 1844, avec Ida FERRIER (1811-1859), une comédienne et François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848) sera son témoin. Tout comme son œuvre romanesque, l’œuvre théâtrale d’Alexandre DUMAS frappe d’abord par son ampleur et sa variété. Plus d’une centaine de pièces, souvent écrites en collaboration, qui s’échelonnent de sa vingtième année jusqu’à sa mort en 1870 : drames romantiques, tragédies historiques, comédies de mœurs contemporaines, pièces sociales et politiques, le plus souvent en prose, mais pas exclusivement, Alexandre DUMAS aura expérimenté tous les genres, connu le succès, parfois l’échec, les foudres de la censure, les éloges et les moqueries de la critique.
Sans renoncer au théâtre, qui a fait sa célébrité, Alexandre DUMAS passe, avec succès, au roman historique, pour lequel, il est fortement influencé par Walter SCOTT (1771-1832), auteur «d’Invanhoé», qui «venait de jeter son regard d’aigle sur la période vers laquelle se dirigeait depuis trois ans tous les efforts de ma pensée ; tout est d’accord avec les lignes du plan qui s’ébauchait dans mon esprit» dit-il. Ses amis de l’époque sont notamment MICHELET, Victor HUGO, Prospère MERIMEE, Stendhal. Une nation qui croit en son avenir aime à connaître son passé. Le peuple n’aime pas les gros livres, il veut des sources plus attrayantes d’informations, semblables à ces enfants qu’on calme avec des sucettes. Aussi, dans sa recherche des passions humaines, Alexandre DUMAS a eu le génie, pour ses romans historiques, pourtant volumineux, de les faire paraître d’abord en feuilletons dans différents journaux de l’époque : Le Journal des Débats, La Presse, Le Siècle, Le Constitutionnel, la Revue des Deux Mondes, etc. Parmi ses romans à succès on peut notamment citer : «Les Trois Mousquetaires (1844), «Le Comte de Monte-Cristo» (1845), «La Reine Margot» (1845), «Joseph Balsamo» (1846-1848) ou «Le Collier de la reine» (1849-1850). Loin de participer à l’asservissement et à l’abrutissement de la foule, le vent soufflant du côté de l’histoire, va pour l’histoire qui s’empare des masses et aiguise la curiosité des enfants. L’étude de l’histoire n’appartient pas qu’aux historiens ; le romancier s’en empare et se l’approprie. En écrivain chaleureux, valeureux et primesautier, sans être archéologue, Alexandre DUMAS est un vulgarisateur exceptionnel de l’histoire de France. On prend Alexandre DUMAS pour un amuseur public, mais sa contribution littéraire recèle des moments d’élévation et de philosophie. «Doué d’une activité et d’une organisation exceptionnelles, il peut passer pour «le Juif errant» de la littérature et de son époque. Il marche, marche toujours, glisse parfois, mais se relève, grâce à une étincelle de sincérité et de cœur que tous ses travers n’ont pu éteindre» écrit Pierre LAROUSSE.
En définitive, conteur et dramaturge, vulgarisateur, compilateur et spécialiste du roman historique, certains de ses grandes œuvres d’Alexandre DUMAS, intemporelles et universelles, n’ont pas pris, après plus de deux siècles, une ride. On songe tout de suite aux «Trois mousquetaires», de 1844,  un des romans les plus lus et les plus traduits dans le monde entier. C’est une œuvre hors de l’espace et du temps, comme tous les grands chefs-d’œuvre. «Aux problèmes du temps que pose l’Histoire, la fiction romanesque apporte des réponses datées (Monarchie de Juillet, Révolution qui l’a suivie, marchepied pour Napoléon), en même temps que des réponses-fantasmes, universelles» écrit Jeanne BREM. Dans son romantisme, ses vrais héros sont de beaux seigneurs, des tempéraments insoumis ; ils vivent et meurent à volonté, et ne succombent jamais que parce qu’il faut que le roman ait une fin. Il transpire de cette création littéraire le ressentiment, la cruauté des gouvernants et donc la cause perdue du peuple ; ce qui donne une valeur à la fois héroïque et tragique des mousquetaires. Dans cette épopée, le héros préfère conserver de bonnes relations avec ses amis «Quoi que nous combattions pour des causes opposées, gardons-nous amis ; les ministres, les princes, les rois passeront comme un torrent, la guerre civile comme une flamme, mais nous, resterons-nous ? J’en ai le pressentiment» écrit Alexandre DUMAS. Contrairement à une idée reçue, les héros de Louis XIII et Richelieu ne sont pas trois, mais quatre mousquetaires : Porthos, le grossier pour la sensation, Athos, noble pour le sentiment, d’Artagnan, le fougueux, et Aramis, rusé pour la pensée. Les «Trois mousquetaires», une œuvre vigoureuse et fantastique, un roman de chevalerie. «Un pour tous, tous pour un» telle est leur devise ; ils ne forment «qu’une âme vouée à la réalisation de l’impossible» écrit Isabelle CANI. d’Artagnan appartient à l’histoire, comme le Don Quichotte de Miguel CERVANTES. «Les trois mousquetaires» sont un roman en quatre partie :
Dans la première partie du roman, cadet de Gascogne, le jeune d’Artagnan, tout juste 18 ans, rejoint la capitale avec sa lettre de recommandation afin d’entrer au service des mousquetaires du roi Louis XIII en cette année 1625. Toutefois, son voyage ne se passe pas comme prévu, après avoir provoqué involontairement, en duel les trois mousquetaires, il se retrouve à faire équipe contre des envoyés du cardinal de Richelieu qui veulent en découdre. De cette altercation naît une amitié indéfectible entre Athos, Porthos, Aramis et d’Artagnan. L’intrigue du roman repose sur la volonté des mousquetaires de sauver l’honneur de la reine de France Anne d’Autriche face aux complots ourdis par le cardinal de Richelieu aidé du comte de Rochefort et de Milady de Winter.
Dans la seconde partie, la reine de France s’est éprise du duc de Buckingham. Comme toute amoureuse, même si c’est son amant, elle lui a fait un cadeau, des ferrets qui lui appartenait et que le roi lui a demandé de porter au prochain bal, une demande peu anodine ;  le cardinal de Richelieu veut faire en sorte que la reine trahisse sa relation adultère. D’Artagnan est alors envoyé en Angleterre toutes affaires cessantes pour faire récupérer ses fameux ferrets afin de ne pas dévoiler le secret de la reine. D’Artagnan s’acquitte de sa mission arrive à revenir à temps au palais royal pour remettre à la reine de France ses ferrets afin qu’elle puisse paraître avec au prochain bal. L’honneur est sauf grâce à la sagacité de d’Artagnan.
Dans la troisième partie, d’Artagnan est épris de Constance Bonacieux, la lingère d’Anne d’Autriche mais celle-ci se fait enlever par les hommes du Cardinal de Richelieu. D’Artagnan rappelle ses trois amis, qui n’étaient plus trop dans l’optique des combats à l’épée, pour partir à la recherche de sa bien-aimée. Toutefois, le supérieur de d’Artagnan le somme de partir pour le siège de la Rochelle qu’il doit tenir. En contrepartie de son dévouement, le roi le fera nommer officiellement mousquetaire du roi, ce qu’il n’est pas encore. Lors des préparatifs, d’Artagnan provoque en duel le beau-frère de Milady de Winter. Il gagne son duel, mais l’épargne en échange d’une entrevue avec Milady de Winter, au cours de laquelle il va découvrir sur son épaule la marque infamante des voleurs. Milady ne supporte pas de voir son secret démasqué et se jure de tuer d’Artagnan pour cela. Après avoir filé le cardinal de Richelieu, Athos reconnaît en Milady son épouse répudiée. Athos arrive en dernier instant à lui voler le papier qui donnait l’autorisation à Milady de tuer d’Artagnan sans craindre d’être poursuivie par la justice.
Dans la quatrième partie, les mousquetaires se comportent en héros a siège de La Rochelle mais ils doivent continuer à démasquer les complots menés par Milady. Celle-ci, retenue prisonnière en Angleterre, parvient à séduire son geôlier et le convainc d’assassiner le duc de Buckingham. Milady arrive à quitter le pays et se réfugie en France dans un couvent, où est toujours enfermée Constance Bonacieux qui se fera assassiner par Milady. Toutefois, les trois mousquetaires arrivent à mettre la main sur la meurtrière. Il lui organise un simulacre de procès où la condamnation à la peine capitale, par décapitation. De retour à Paris, d’Artagnan, nommé mousquetaire, se réconcilie avec le Cardinal de Richelieu et avec Rochefort. Les mousquetaires retournent à une vie normale : Athos va vivre à la campagne, Porthos devient baron et Aramis rentre dans les ordres. Ainsi s’achève «Les trois Mousquetaires», mais on retrouve les mêmes personnages dans «Vingt ans après» et dans «le Vicomte de Bragelonne», deux suites qui eurent autant de succès que ce premier volume.
«Le Comte de Monte-Cristo», écrit en 1844, tient en cette formule du héros, Edmond Dantès «Attendre et espérer». Le comte de Monte-Cristo relate un thème intemporel et moderne, c’est un livre sur la vengeance, sur l'argent et l'intelligence. En effet, Edmond Dantès est face à trois hommes, chacun d'eux représentant la justice, l'argent et l'armée, trois hommes puissants donc, ont établi leur fortune et leur notoriété sur une dénonciation mensongère et diabolique. Ils représentent l'égoïsme, la cupidité et la haine. Ce roman est donc l'histoire d'une métamorphose, celle d'Edmond, un jeune homme vertueux qui après avoir subi une terrible injustice se mue en machine à punir. Fier marin sur le point d'être nommé capitaine et d'épouser sa bien-aimée, Mercédès, il est arrêté. Dénoncé comme bonapartiste il est enfermé au château d'If et attendra quatorze ans sa délivrance et sa vengeance. Elle sera terrible. Edmond Dantès est devenu riche et titré. Son vieux compagnon de cellule, l'abbé Faria, en lui révélant son secret, l'a fait comte de Monte-Cristo. Après sa spectaculaire évasion, les fortunes se font et se défont au gré de son implacable volonté. Dumas raconte ces aventures extraordinaires avec génie, «Il lui a fallu des excès de vie pour renouveler cet énorme foyer de vie», disait George SAND, admirative et amie de DUMAS.
Le roman historique, «Joseph Balsamo», écrit en 1853, se situe dans les dernières années du règne de Louis XIV, de 1770 à 1774. Le personnage de Joseph Balsamo veut apporter le bonheur aux hommes en sapant les monarchies du monde pour instaurer des gouvernements basés sur la souveraineté populaire, et cela en commençant par la monarchie française. Dans une dimension fantastique, faisant recours à un sorcier, et à un magnétiseur, il est à la tête de puissantes sociétés secrètes s'étendant à tous les continents et dont les membres appartiennent à toutes les couches sociales. Balsamo est accompagné de  son maître, l'alchimiste Althotas obsédé par la quête de l'ingrédient final d'un élixir de vie qui doit rallonger son existence et de son épouse, Lorenza Feliciani, qu'il a enlevée au couvent et dont il utilise le talent de médium pour ses fins personnelles. La route de Balsamo croise celle de la famille de Taverney le vieux baron, arriviste, orgueilleux et immoral, son fils Philippe, gentilhomme loyal empreint de philosophie, ce qui lui vaut l'exécration de son père, ainsi que sa fille Andrée, dont la beauté n'a d'égal que la vertu. C’est un ouvrage riche, dense, mêlant histoire, fiction et spiritualité, Alexandre DUMAS, un républicain relate l’agonie de la Monarchie et le prémisse du triomphe des idées révolutionnaires.
La «Reine margot», un roman historique écrit en 1845, est une sordide histoire d’intolérance, de complot, de machination et de meurtres. La France des guerres de religion est devenue le champ clos des grands seigneurs et des prétendants au trône. A Paris, le jeune roi protestant de Navarre, le futur Henri IV, vient d'épouser Marguerite de Valois, dite Margot ; mariage politique qui n'empêche pas les Guise et le roi Charles IX de fomenter les horreurs de la Saint-Barthélemy. Sur les pas du jeune comte de La Mole, dont s'éprend éperdument la belle Margot, et de son compagnon, le tonitruant Annibal de Coconnas, nous entrons dans ce labyrinthe d'intrigues, d'alliances, de trahisons. Les poignards luisent sous les pourpoints. René le Florentin fournit les poisons à l'implacable Catherine de Médicis. Le vieux Louvre avec ses fêtes brillantes, ses passages secrets, son peuple de soldats et de jolies femmes, est le théâtre où se déploient en mille péripéties les jeux de l'amour, de la politique, de la haine.
Grand voyageur, au croisement de plusieurs cultures, Alexandre DUMAS, homme de passion, dans sa contribution littéraire, connait les aspirations et les blessures des humiliés et des offensés, et a su se dresser contre toutes les formes d’injustices. Alexandre DUMAS amasse une fortune considérable, qu’il dépense aussitôt en voyages et en réceptions extraordinaires, en cadeaux pour les maîtresses qu’il collectionne. Alexandre DUMAS, un grand sociologue, au-delà, à l’époque, l’émerveillement, il s’attachait à décrire «ses impressions de voyage» dans une vingtaine de volumes, un tableau de mœurs ou un exposé du contexte social ou historique du pays visité. «Dandy génial, écrivain prolifique, historien chevronné, amoureux célèbre, amateur d'art éclairé, journaliste à la plume alerte, dramaturge de talent, voyageur infatigable, Alexandre Dumas fut tout cela» écrivent Christian BIET, Jean-Paul BRIGHELLI et Jean-Luc RASPAIL. A la fin de l’année 1846, il a visité l’Afrique du Nord, l’Algérie et la Tunisie. Il était accompagné de son fils, qui n’avait pas encore écrit «la Dame aux Camélias» et de son domestique Eau de BENJOIN, un Noir, d’ascendance éthiopienne. Le Bey de Tunis est qualifié «d’homme de progrès». La peine capitale est rarement prononcée, et il décrit la pendaison, souvent exécutée avec la protestation de la foule «Le condamné est placé sur un âne, la tête tournée vers le côté de la queue. On lui passe une corde au cou ; on le fait monter sur la porte ; on attache l’autre extrémité de la corde à un créneau, et on le lance dans l’espace» écrit-il. Tunis est décrit comme un ange de douceur, «presque jamais de vols, si ce n’est sur des Chrétiens ou des Juifs, ce qui ne compte pas» écrit-il. Les Arabes reprochent trois choses aux Occidentaux : «C’est d’embrasser nos chiens, de donner la main aux Juifs et de pisser debout» écrit-il. Les prix ne sont pas affichés à l’avance, il faut tout négocier, marchander. Dans ses conversations avec les Arabes, il a essayé, de façon hasardeuse, à décrypter le non-verbal «La vivacité de nos mouvements préoccupe toujours les Orientaux ; ils ne peuvent rien deviner d’après gestes, nos gestes vont plus vite que leur pensée» écrit-il. Alexandre DUMAS s’est prononcé sur le statut de la femme «la femme arabe n’est point une femme, mais une femelle, mais une femme coquette, coquette comme la chatte, comme l’hermine, comme la souris» écrit-il. Alexandre DUMAS a visité Carthage ou «cité neuve», ville d’Hanibal, rivale et ennemie de Rome, fondée en 1059 avant Jésus-Christ. Suivant la légende, Didon, fille de Bélus, roi de Tyr, devait, après la mort de son père, régner conjointement avec son frère Pygmalion, mais confisque le pouvoir à son profit. Aussi, Didon va se réfugier en Tunisie, et Carthage devait durer 8 siècles, avant d’être détruite par Scipion EMILIEN (185-129 avant J-C). Il a aussi visité le tombeau de Louis IX dit Saint-Louis (1214-1270), mort à Tunis «Les Arabes ne voyant point de différence entre le tombeau d’un Saint français et d’un Saint musulman, devaient respecter, l’un à l’égal de l’autre. Saint-Louis, est dans la Régence de Tunis, un marabout presque aussi vénéré que Sidi Fath-Allah ou Sidi Abdel-Kader» écrit-il. Dans ses «impressions de voyage en Russie», Alexandre DUMAS se fait notamment critique littéraire. Il évoque la tragédie de certains poètes qui meurent jeunes «On dirait que l’arbre de l’art n’est pas assez vigoureux, pour pousser ses fruits jusqu’à leur maturité : Pouchkine a été tué en duel à 48 ans, Lermontov à 44 ans» écrit-il.
Dans sa passion de l’aventure et son panache, Alexandre DUMAS est toujours resté mondialement connu et reconnu ; il a été adapté au cinéma, à la télévision ou les bandes dessinées. Fin gourmet, Alexandre DUMAS est l’auteur d’un imposant dictionnaire de cuisine de 1155 pages. Charles BEAUDELAIRE (1821-1867) s’y est essayé. On ne pourrait citer un plus grand esprit qui, interrompant ses travaux littéraires, s’est attelé à l’art de manger. «L’Homme reçut de son estomac, en naissant, l’ordre de manger, au moins trois fois par jour, pour réparer les forces que lui enlève le travail et, plus souvent encore, la paresse. Quelque part que l’Homme soit né, il faut qu’il mange, c’est à la fois la grande préoccupation de l’homme sauvage et de l’homme civilisé. Seulement, le sauvage, il mange par besoin. Civilisé, il mange par gourmandise. C’est pour l’homme civilisé que nous écrivons ce livre» écrit-il.
Ruiné et atteint d’une hydropisie qui le fait somnoler, Alexandre DUMAS part se réfugier chez son fils, à Puys, près de Dieppe. Se sentant faiblir, il demande la visite d’un prêtre «J’ai toujours un respect pour les choses saintes et un grand amour en Dieu » dit-il. Alexandre DUMAS meurt le 5 décembre 1870, dans l’indifférence la plus complète, en pleine invasion du nord de la France par les troupes prussiennes. «Il était le génie de la vie. Il n’a pas senti la mort. Il n’a peut-être pas su que l’ennemi était à sa porte et assistait à sa dernière heure, car on dit que Dieppe est occupée» écrit George SAND, dans son journal. DUMAS est alors enterré sur place, dans une sépulture provisoire, dans le cimetière de Neuville. Ce n’est que deux ans plus tard qu’Alexandre DUMAS reçoit les honneurs posthumes qui lui étaient dus. Le 16 avril 1872, sa dépouille est transférée dans sa ville natale, Villers-Cotterêts, dans l’Aisne. C'est dans le cimetière du lieu qu'était déjà enterré le père d'Alexandre DUMAS, le général de la PAILLETERIE. C'est là qu'il doit reposer à son tour. «Sympathique, nul ne l'a été plus parmi ses contemporains; il fut bon autant que grand ; son cœur était tout à tous, sa fortune celle de tout le monde. A chaque visite qu'il faisait dans son pays, il a répandu l'or comme il le répandait partout. Aussi est-on en droit de s'étonner de la mauvaise grâce que la municipalité de Villers-Cotterêts a laissé voir dans cette circonstance : pas un de ses membres n'assistait à la cérémonie, au moins officiellement; quant au maire, il avait pris soin de s'absenter dès la veille. Ainsi l'on peut dire que cette ville qu'il a faite illustre était absente de ses funérailles. Question d'amour-propre, assure-t-on; mais, en pareil cas, l'amour-propre qui ne sait pas désarmer s'appelle de l'ingratitude ! Qu'importe, au surplus ! Ce n'était plus une ville, c'était la France entière, représentée par l'élite de sa littérature, qui faisait cortège à l'illustre mort. Ils étaient là tous, ses amis, ses confrères, ayant en tête ceux qui furent ses collaborateurs, Maquet, de Leuven, Noël Parfait, Meurice; et aussi ces amis inconnus, ceux qu'il a charmés, qu'il charme encore tous les jours par ses fictions émouvantes ou ses récits enchantés» mentionne l’Univers illustré du 27 avril 1872.
Un vibrant hommage rendu à Alexandre DUMAS, après sa mort, intervient enfin le 4 novembre 1883 avec l’inauguration de sa statue place Malesherbes à Paris 17ème. Le point d’orgue de ces hommages sera surtout le 30 novembre 2002, lors du transfert de ses cendres au Panthéon, à Paris «Lorsque les portes de bronze du Panthéon se refermeront, Alexandre DUMAS trouvera enfin sa place aux côtés de Victor HUGO et d'Emile ZOLA, ses frères en littérature, ses frères en engagement, ses frères qui ont marqué et fait de leur plume l'Histoire de la République en défendant avec autant d'acharnement que de génie la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. La République aussi à ses mousquetaires» dira le président Jacques CHIRAC.
Bibliographie particulièrement sélective
1 – Contributions d’Alexandre Dumas
DUMAS (Alexandre), Ange Pitou, Paris, Michel Lévy, 1860, vol I, 339 pages, 1861, vol II, 445 pages ;
DUMAS (Alexandre), Georges, Paris, Gallimard, 2017, 512 pages ;
DUMAS (Alexandre), Grand dictionnaire de cuisine, Paris, Alphonse Lemerre, 1873, 1155 pages ;
DUMAS (Alexandre), Impressions de voyage à Tunis, texte présenté et annoté par Moncef  Cherfeddine, et préface de Mohamed Yalaoui, Paris, Alexandre Cadot et Bertinnet, 1848, 131 pages, en annexes croquis et photos ;
DUMAS (Alexandre), Impressions de voyage en Russie, Paris, Michel Lévy, 1866, 309 pages ;
DUMAS (Alexandre), Joseph Balsamo. Le collier de la Reine. Mémoires d’un médecin, préface Judith Lyon-Caen, Paris, Gallimard, 2012, 1600 pages ;
DUMAS (Alexandre), Mes mémoires, Paris, Michel Lévy, 1863-1884, 22 volumes ;
DUMAS (Alexandre), La Reine Margot, Paris, Flammarion, 2013, 800 pages et Paris, Gallimard, préface Jean Tulard, 1973, 690 pages ;
DUMAS (Alexandre), Le Comte de Monte-Cristo, Paris, Classiques Hâtier, 2003, 160 pages et Gallimard, préface Jean-Yves Tadié, Gilbert Sigaux, éditeur scientifique, 1998, 768 pages ;
DUMAS (Alexandre), Le théâtre, Paris, Gallimard, 2019, vol I, 900 pages ;
DUMAS (Alexandre), Les Trois mousquetaires, Paris, Furet du Nord, 2018, 303 pages.
2 – Critiques d’Alexandre Dumas
ARNAUD (Alain), «Alexandre Dumas, père et fils : relations familiales et hommages posthumes», Mémoires des fédérations de sociétés d’histoire et d’archéologie de l’Aisne, 1997, tome XLII, pages 299-318 ;
AKIKI (Karl), La recette du roman populaire, façon Alexandre Dumas, Paris III, Sorbonne Nouvelle, Sciences de l’Homme et Société, 2013, 337 pages ;
BEM (Jeanne), «D’Artagnan, et après. Lecture symbolique et historique de la trilogie de Dumas», Littérature, 1976, n°22, pages 13-29 ;
BIET (Christian), BRIGHELLI (Jean-Paul) RASPAIL (Jean-Luc), Alexandre Dumas ou les aventures d’un romancier, Paris, Gallimard, 1986, 128 pages ;
BLAZE de BURY (Henri), Alexandre Dumas, sa vie, son temps, son œuvre, Paris, Calmann-Lévy, 1885, 344 pages ;
BOREL (Pétrus), Alexandre Dumas, Alais, Imprimerie J. Martin, 1881, 72 pages ;
CLOUARD (Henri), Alexandre Dumas, Paris, Albin Michel, 1955, 437 pages ;
DOUMIC (René), «Alexandre Dumas, père», Revue des Deux-Mondes, 1902, t VII, pages 446-457 ;
GLINEL (Charles), Alexandre Dumas et son œuvre, Reims, F Michaud, 1884, 518 pages ;
GRIVEL (Charles), «Alexandre Dumas : mal écrire, bien écrire», in Fernande Bassan et Claude Shopp, éditeurs, Cent cinquante ans après, «Les Trois Mousquetaires» et «Le Comte de Monte-Cristo», Actes du colloque de Marly-le-Roi, 3-4 septembre 1994, Champflour éditeur, 1997, 271 pages, spéc pages 197-201 ;
JAN (Isabelle), Alexandre Dumas, romancier, Paris, éditions ouvrières, 1973, 166 pages ;
LECOMTE (Louis-Henry), Alexandre Dumas, 1802-1870. Sa vie intime. Ses oeuvres, Paris, J. Taillandier, 1902, 279 pages ;
LEDDA (Sylvain), Le théâtre d’André Dumas, Lausanne, Ides et Calendes, 2019, 128 pages ;
MAUREL (André), Les trois Dumas. Le général Dumas. Alexandre Dumas père. Alexandre Dumas fils, Paris, A la librairie illustrée, 1896, 292 pages, spéc pages 61-154  ;
MAUROIS (André), Les trois Dumas, Paris, Hachette, 1957, 499 pages ;
MERICOURT (Eugène, de), Fabrique de romans. Maison Alexandre Dumas et Cie, Paris, Chez tous les Marchands de Nouveautés, 1845, 64 pages ;
NET (Mariana), Alexandre Dumas, écrivain du XIXème ou l’impatience du lendemain, Paris, L’Harmattan, 2008, 316 pages ;
PARIGOT (Hyppolite), Alexandre Dumas, Paris, Armand Colin, Calmann-Lévy, 1897, 384 pages ;
PERRET (Margot), La littérature d’esclave : de l’engagement littéraire d’Alexandre Dumas dans «Georges» à la réflexion didactique pour une classe de collège, Grenoble, Université Stendhal III, 2012, 68 pages ;
RIBBE (Claude), Le diable noir, biographie du général Alexandre Dumas, 1762-1906, père de l’écrivain, Monaco, Paris, Alphée J-P Bertrand, 2008, 235 pages ;
SCHOPP (Claude), LEDDA (Sylvain), Les Dumas : bâtards magnifiques, Paris, Vuibert, 2018, 346 pages ;
SIMON (Gustave), Histoire d’une collaboration : Alexandre Dumas et Auguste Maquet, Paris, Georges Crès, 1919, 201 pages ;
TERRANOVA (Valérie), «Alexandre, le Très, Grand», Revue des Deux Mondes, janvier 2002, pages 106-111 ;
TROYAT (Henri), Alexandre Dumas, Paris, Grasset et Fasquelle, 2005, 512 pages ;
TULARD (Jean), Alexandre Dumas, Paris, PUF, 2008, 121 pages ;
WAGNER (Frank), «Lire les Trois mousquetaires aujourd’hui», Romantisme, 2002, n°115, pages 53-63 ;
ZIMMERMANN (Daniel), Alexandre Dumas, le grand : biographie, Paris, Julliard, 1993, 736 pages.
Paris, le 11 août 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Alexandre DUMAS (1802-1870), maître du roman historique, un mousquetaire, un d’Artagnan de l’égalité réelle» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0

Liens