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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 18:11

A l’initiative du mouvement national EQUITE qui a rassemblé à Nantes le 24 mars 2012, les organisations dont les noms suivent : Mouvement Equité (Association militant pour la diversité au sein de la gauche), le Centre d’Information, Formation, Recherche et Développement pour les Originaires d’Outre-Mer (CIFORDOM), le Centre Louis Delgrès de Nantes, et les Citoyens français , militants politiques, élus, Présidents d’Associations ci-dessous désignés, présents à Nantes le 25 mars dernier à l’occasion de l’Inauguration  du Mémorial de l’abolition de l’esclavage :


Octave CESTOR conseiller municipal de Nantes, membre fondateur des Associations : « les Anneaux de la Mémoire », «Mémoire de l’Outre-Mer»,  la Maison de l’Outre-Mer de Nantes, l’Espace Louis Delgrès, du Mouvement Citoyen pour la Diversité et l’Egalité des Chances, de « 1905 et Plus » et à l’Initiative  du Mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes,

 

Louis Mohamed SEYE adjoint au Maire de Fontenay-sous- Bois, Secrétaire général du Mouvement Equité, membre du Bureau national de la FNESR Délégué aux Services publics, chargé du codéveloppement dans l’équipe de campagne de François HOLLANDE ,

 

José PENTOSCROPE Ancien Délégué National à l’Outre-Mer du Parti Socialiste, Président de la Fédération des Associations et Organisations d’Intérêt pour les Originaires des Antilles-Guyane (F.A.A.G), Président du Centre d’Information, Formation, Recherche et Développement pour les Originaires d’Outre-Mer (CIFORDOM), Initiateur du Prix Littéraire FETKANN !, Mémoire des Pays du Sud, Mémoire de l’Humanité, Initiateur du « Concept dédiscriminer »

 

Amadou BA Ancien conseiller municipal d’arrondissement du 19ème arrondissement de Paris, membre d’Equité et de France Républicaine et Citoyenne (Paris 19ème),

 

Béatricre GEMIEUX conseillère municipale de Saint-Herblain (44)

 

Alex ADINARAYANIN  conseiller municipal de Pellerin (44)

 

Plilippe MILIA, conseiller à la mairie d’Aubervilliers (93)

 

Emmanuel BIANG conseiller municipal  de Saint-Herblain (44)

 

Michel COCOTIER Président de  Mémoire de l’Outre-Mer

 

Christian VAGAO Administrateur de Mémoire de l’Outre-Mer

Léonce LEBRUN  Président de l’AFCAM ;

 

Michel ROSE membre d’Equité,

 

Rédigent et présentent l’appel suivant :

 

«Appel de Nantes aux dirigeants des partis politiques de France»

 

Depuis la proclamation des droits de l’homme en 1789, la France se veut un modèle universel de justice et de démocratie. L’article 6 de la Constitution proclame que « Tous les Citoyens étant égaux aux yeux de la loi, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».

Fidèle à cet esprit, malgré de longues hésitations, la France s’est montrée capable de reconnaître les pages sombres de son histoire, tant celles qui relèvent de la période de Vichy, que celles qui renvoient à l’esclavage, dénoncé comme crime contre l’Humanité par la loi Taubira promulguée en 2001. Il reste à extirper de l’oubli et de l’occultation les crimes commis sous la colonisation qui ne furent pas « positifs » mais, dans la même veine que l’esclavage,  des freins pour le développement et l’émancipation des peuples colonisés. Ces prises en compte sont nécessaires pour que les Français issus de l’immigration et des DOM-TOM trouvent leur place dans le récit du roman national.

L’édification à Nantes d’un Mémorial de l’Abolition de l’esclavage (mars 2012) est une nouvelle étape importante sur cette voie.

Mais encore faudrait-il désormais aller plus loin dans le processus d’une reconnaissance, qui ne doit pas en rester au seul stade symbolique et institutionnel. C’est pourquoi nous attendons des dirigeants des partis républicains qu’ils s’engagent à mettre en œuvre, y compris dans leurs propres rangs, une politique de « dédiscrimination », mettant fin aux mises à l’écart systématiques des Français de toutes origines et de toutes appartenances, issus de la colonisation, mises à l’écart oubliant la part que leurs parents ont prise dans l’édification et dans les luttes de notre pays, notamment pour la période de la Libération.

N’est-il pas temps de prendre en compte le fait que la France du XXI ème siècle est une France métissée et multiculturelle, dont toutes les composantes aspirent à son égal développement ? Les citoyens dit de « la diversité » construisent, façonnent et participent au rayonnement culturel et économique de notre pays dans le monde. Le moment est venu pour notre peuple de se voir, se regarder et s’accepter dans la réalité de sa composante pour marquer son unité et son attachement aux valeurs de la République.

Les élections présidentielles en cours, et toutes celles à venir, sont l’occasion de reconnaitre la pleine citoyenneté et l’égalité de tous les français, qu’ils soient ou non issus de l’immigration. L’existence et le travail militant des citoyens «  issus de la diversité » doivent-être enfin reconnus. Leur présence en nombre sur les listes électorales en position éligible s’impose aujourd’hui dans notre pays dont le caractère métissé et multiculturel ne peut plus être contesté.

Mesdames, Messieurs les candidats à la Présidence de la République, Mesdames, Messieurs les Responsables de Partis politiques, La République de demain se doit d’être dans tous les domaines la République du : « A compétences égales, chances égales ».

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 18:08

Tout le monde a loué la démocratie sénégalaise qui est devenue un modèle pour les pays africains. Mais dès qu’on s’interroge sur la place de la religion dans la sphère publique, les avis sont partagés. Le nouveau chef de l’Etat, M. Macky SALL, a choisi, juste après sa prise de fonction, de rendre visite aux chefs religieux ; ce qui a provoqué de violentes polémiques sur le Net. S’agit il d’un acte d’allégeance et de soumission de l’Etat au pouvoir religieux ? Ou s’agit - il d’une visite de courtoisie en vue de consolider la Nation sénégalaise, les principaux chefs religieux ayant refusé de donner des consignes de vote lors des élections présidentielles ?

En dépit du fait que 97% des Sénégalais sont musulmans, ce pays a choisi la voie de la laïcité. Mais contrairement, à la France avec de fortes tendances anti-cléricales et anti-musulmanes, le Sénégal a adopté une laïcité participative ; le pouvoir religieux a souvent accompagné le politique et en a même tiré un grand profit. Ainsi, sous la colonisation, les curés précédaient les colons. En réaction contre cette orientation des dirigeants religieux, inspirés par un nationalisme certain (El Hadji Omar TALL Cheikh Amadou Bamba), avaient combattu l’occupation française.

 

Actuellement, loin de rejeter le pouvoir religieux, la classe politique sénégalaise a délibérément choisi de rester sous la bénédiction des marabouts ; chaque chef politique a son marabout. Mais c’est incontestablement maître Abdoulaye WADE (président de 2000 – 2012) qui a poussé le plus loin cette allégeance du politique au religieux ; sa prosternation alors qu’il était chef de l’Etat, devant un dignitaire mouride avait particulièrement choqué tous les démocrates. On sait maintenant que sous WADE, les grandes familles maraboutiques, selon leur rang, avaient entre 20 et 25 millions  (38 500 €), par mois ; ces familles ne payaient ni impôts, ni factures d’électricité, et avaient droit à des passeports diplomatiques. Ces marabouts avaient leur quota de Ministres, d’heures de propagande à la TV. En marge de cette déliquescence de la République, des ligues factieuses s’étaient développées sans retenue (fermetures de rue avec des prières toute la nuit, sans autorisation administrative, escortes policières lors de leurs déplacements, agressions contre les récalcitrants, etc.). Nous espérons que ces pratiques occultes seront bannies à jamais, dans une démocratie exemplaire qui recherche à optimiser ses faibles moyens financiers.

 

Nous républicains et militants de la démocratie, nous pensons que

-         la religion doit rester dans la sphère privée et qu’elle n’a pas à s’immiscer dans les affaires de l’Etat ; un éventuel financement des pouvoirs religieux devrait être débattu au Parlement et validé par une loi ; la France anti-cléricale finance, tout de même, les Eglises qui sont classées monuments historiques, c'est-à-dire l’écrasante majorité d’entre elles ;

-         - la laïcité, socle essentiel de la démocratie, permet de garantir le vouloir vivre ensemble et consolider la Nation.

 

BA Amadou – Paris 19ème.

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 18:07

La promesse républicaine : comment bien vivre ensemble, dans le respect mutuel, la justice, la solidarité et l’égalité réelle ? comment donner plus à ceux qui ont moins ?

 

« A chaque fois que je vois l’injustice et l’intolérance avancer, je pense que c’est la République qui recule», François MITTERRAND

 

«Je n’ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans lesquelles, elles ne sont qu’un vain mot», Jean JAURES.

 

I – L’emploi :

 

Constat : des jeunes diplômés ou des jeunes sortis très tôt du dispositif scolaire ne trouvent pas un travail.

 

Comment mieux intégrer les jeunes dans le monde du travail, et réussir le contrat de génération ?

 

-         l’orientation et la formation professionnelle (orienter les jeunes vers les secteurs qui recrutent ; formations qualifiantes) ;

 

-         comment accéder au premier emploi (formation pour aider repérer les concours de la fonction publique, à les passer avec succès; la fonction publique doit refléter la diversité de la population ce serait un atout pour la police et la diplomatie ; trouver des fonds ou une garantie pour monter son affaire ; aider à passer le permis de conduire, gage de mobilité et de disponibilité) ;

 

-         Il ne suffit pas d’accéder à un emploi, il faut pouvoir le conserver et progresser dans sa vie professionnelle ; (Coaching pendant le premier emploi pour comprendre l’environnement du travail et ses codes).

 

 

II – Le bien vivre ensemble:

 

Le constat : Le bien vivre ensemble est fait de droits, mais aussi de devoirs ; il n’y a pas de droits sans obligations. Les devoirs sont la contrepartie des droits qui s’attachent à la qualité de citoyen.

 

-         Service civique d’un an à l’étranger, notamment en Afrique ou au Maghreb en vue de sensibiliser les jeunes sur certaines valeurs (solidarité, connaissance de l’autre et de soi-même, mieux apprécier au retour en France des acquis ce pays) ;

 

 

 

 

 

 

-         Mixité sociale ; la situation actuelle est une ghettoïsation dans certains quartiers et de suppression de certains services ; afin de favoriser la mixité sociale (dans le même lotissement mélanger l’accession à la propriété et le locatif ; permettre à ceux ont occuper un logement social depuis plus de 15 ans de le racheter moyennant un prix qui tienne compte du loyer déjà versé ; un avantage fiscal pour certains métiers installés dans les quartier sensibles, etc.)

 

-         Education  (place des orthophonistes à l’école élémentaire ; aide aux devoirs par des enseignants expérimentés ou à la retraite au collège et au lycée, par un système d’heures supplémentaires ; enseigner la mémoire sur certains événements esclavage, colonialisme, connaissance des grandes œuvres littéraires : objectif savoir qui on est pour mieux s’intégrer ; aide à la parentalité des mères célibataires).

 

-         Respect de l’ordre public (récompenser les jeunes qui respecter les règles du jeu et qui ont choisi d’étudier ou de se former par des bourses, des distinctions, des séjours en France ou à l’étranger seul ou avec leurs parents ; travail d’intérêt général en priorité pour les diverses incivilités ; droit à la sécurité pour les habitants des quartiers difficiles qui sont les premières victimes de l’insécurité ; développement de la télésurveillance et du contrôle du train de vie de certaines personnes ; mettre les forces de l’ordre dans tous les grands lieux publics) ;

 

-         Une politique d’immigration équilibrée (régulariser les personnes qui ont séjour paisible et qui travaillent ; intégrer dans la nationalité française après 5 ans de séjour régulier ; l’accès à la nationalité est devenu un parcours du combattant ; avoir une vision pragmatique à l’égard des étrangers qui peuvent être utiles à la France ; tolérance zéro pour ceux qui ne respectent pas les lois de la République).

 

III – La diversité en politique

 

Constat : le Parti socialiste et la haute administration ne reflètent pas la diversité de la société française ; la société doit être aux couleurs de la France par une représentation équitable :

 

-         aux hautes instances du PS (bureau politique, fédération) ;

-         au gouvernement à des postes régaliens, et au Parlement ;

-         dans la haute administration ou les postes à discrétion des grandes entreprises ;

-         dans les collectivités locales (maires adjoints, vice présidents, etc)

 

Ce large panel permet de mieux intégrer la diversité en se fondant, notamment, sur les critères suivants :

-         le militantisme avéré, et non pas sur la diversité «cosmétique» ou choisie qui dévalorise l’action des cooptés ;

-         d’ancienneté dans le parti.

 

On doit donner à ce militant de vraies responsabilités et moyens de réussir sa mission ; nous refusons la diversité «alibi».

 

 

 

 

V – Pour une revalorisation du pouvoir d’achat

 

Constat : comment revaloriser le pouvoir d’achat sans creuser les déficits :

 

-         modifier le système des tickets repas (défiscalisation, avantage social en vue d’acquérir des biens culturels ou de consommation)

 

-         élargir le système des logements à utilité de service (parc de logements de l’Etat ou des collectivités locales) ;

 

-         des bons d’essence, remboursés par les employeurs, pour ceux qui utilisent leur véhicule pour aller travailler ;

 

IV – Des relations internationales plus justes

 

Constat : certes les Etats sont guidés par des intérêts, mais il ne serait opportun d’introduire certaines valeurs dans les relations internationales (respect du droit, de la démocratie, du commerce équitable) ; ces valeurs sont le message universel de la France

 

-         respect et prime à la démocratie (pour le bien des peuples concernés, pas de développement sans démocratie ; les désordres de certains Etats conduisent à une affluence d’immigrés et de réfugiés en Europe) ;

 

-         aide au développement économique en privilégiant la coopération décentralisée ; on est sûr que l’aide de la France ira directement aux populations nécessiteuses et qu’elle favorisera des projets utiles au pays (écoles, hôpitaux, etc) ; cette aide n’est pas forcément financière, même si elle a un coût ; elle peut se manifester par l’envoi de médecins, d’enseignants,

 

-         mettre fin à la France Afrique en réinvestissant, sur la base de relations équilibrées, la présence de la France en Afrique (présence massive des Chinois et des Américains au détriment de la France).

 

M. BA Amadou,

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 18:03

J’ai assisté à une série de débats (10 avril 2012 à la mairie du 13ème ardt sous la présidence de Joseph YAKETE, le 11 avril dans le 19ème ardt sous la présidence de M ; J-C CAMBADELIS et de François DAGNAUD et 14 avril 2012 à Aubervilliers avec Jacques SALVATORE, maire) menés par M Louis Mohamed SEYE et M. Thomas MELONIO, représentants spéciaux de François HOLLANDE. Je voudrais vous faire partager ces échanges particulièrement riches.

 

I – Mettre fin à la «France – Afrique»

 

Constat général : il faut moraliser les rapports entre la France et le continent noir.

 

Avec la Gauche, M. François MITTERRAND avec son discours à la Baule avait soulevé un immense espoir et favorisé l’émergence dans les années 1990, de la démocratie multi-partisane en Afrique. Mais très vite, Jean – Pierre COT qui voulait rétablir certaines valeurs fut remercié, et un fils MITTERRAND rétablit la «France – Afrique ». Il est vrai que M. MITTERRAND a été Ministre des Colonies sous la IVème République, et a mâté dans le sang la révolte algérienne.

 

M. JOSPIN, premier ministre entre 1997-2002, a été animé d’un souci de bien faire, mais n’a pas eu d’influence décisive, avec la cohabitation.

 

Le bilan de M. SARKOZY se passe de tout commentaire ; il a rétabli les anciens réseaux de M. Jacques FOCART, et a nommé un «Monsieur Afrique», tristement célèbre : M Robert BOURGI qui a été décoré pour les «services rendus». M. SARKOZY, dans son mépris pour les Africains, est cohérent avec lui-même. L’Homme africain n’étant pas entré dans l’Histoire, les relations entre la France et l’Afrique se limitent aux questions d’immigration : l’aide internationale est subordonnée à la reprise des immigrants illégaux qui eux-mêmes rapportent plus à leur Etat que cette aumône.

 

Nous faisons confiance à M. François HOLLANDE, un homme neuf, en vue  créer une synergie et une cohérence, en vue de donner du sens aux relations entre la France et l’Afrique. Nous attendons de lui que les biens mal acquis de certains dirigeants africains soient restitués à nos Etats.

Le Mouvement Equité, qui milite pour l’égalité au sein du PS, diverses personnalités, comme Yannick NOAH, Pape DIOUF, Calixte BEYALA, font confiance à François HOLLANDE.

 

II – Promouvoir le «co-développement»

 

Jusqu’ici les relations entre la France et l’Afrique se limitaient, essentiellement, à deux axes : l’aspect humanitaire, notamment la lutte contre la faim et la mainmise sur les matières premières, sans un juste prix.

 

Le co-développement est une tentative d’embarrasser les différentes facettes de la coopération sur une base plus équitable :

 

-         Revaloriser place de la langue française ; la France déserte l’Afrique au profit des Etats-Unis et de la Chine ; transférer les cendres de Léoopold Sédar SENGHOR au Panthéon ;

-         Les immigrés de la seconde génération vivant en France sont une chance pour le co-développement ; pour un service civique de un an en Afrique

-         la coopération institutionnelle (l’Agence Française de Développement ; fonds européens) devrait être réorientée vers les intérêts de l’Afrique (cas du Sénégal, indépendance énergétique avec le solaire ou la biomasse, soutien de la pêche artisanale, tourisme de masse ; projets pour les jeunes diplômées, etc.)

-          la coopération décentralisée, notamment avec les associations villageoises implantées en France  (eau, écoles, hôpitaux, etc.).

 

III – Tout dépend des Africains

 

Le développement c’est avant tout l’affaire des Africains, mais pour cela nous devons être vigilants sur plusieurs points :

-         Promouvoir la démocratie, pas de développement sans démocratie,

Les régimes autoritaires doivent être combattus ; François HOLLANDE a promis, le soutien financier, la logistique et le renseignement pour les interventions de la CEDEAO en vue de rétablir l’ordre constitutionnel, notamment au Mali et a condamné, sans réserves, la partition de ce pays.

L’expérience démocratique sénégalaise a été exemplaire et peut servir de modèle. M. Macky SALL, nouveau président du Sénégal, se rend à Paris le 18 avril à l’invitation de M. SARKOZY. Nous demandons qu’il rencontre également François HOLLANDE le futur président de la République française, le 6 mai 2012.

-         Optimiser les ressources humaines ; comme le dirait quelqu’un « nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées » ; la principale richesse d’un pays ce sont ses ressources humaines.

BA Amadou – Paris 19ème.

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 11:58

Sénégal présidentielles de 2012 : Texte de l’arrêt du Conseil constitutionnel arrêtant et publiant la liste des candidats à l’élection présidentielle du 26 février 2012.

Sénégal : élections présidentielles, une décision d'un juge constitutionnel aux ordres (CC 27 janvier 2012).

Youssou N'DOUR, candidat indépendant avait bien plus de 12 936 signatures ; le juge invalide sa candidature, au motif prétendu que "seules  8911 signatures ont pu être identifiés et leurs signatures validées".

Le texte de la Constitution en son article 27 interdit bien de se présenter de plus d'une fois. Or, le Conseil constitutionnel déclare recevable la candidature de maître WADE sans la discuter. On sait que des juristes qui ont participé à la rédaction de cette Constitution et qui ont exhibé les annotations manuscrites de maître WADE sur le projet constitutionnel, maître WADE a lui-même donné son interprétation, Macky SALL, Premier Ministre de l'Epoque, le futur Président de la République, François HOLLANDE, le peuple sénégalais dans son immense majorité, estiment tous que maître WADE ne pouvait pas se représenter  en 2012.

Pourquoi le juge constitutionnel a t il refusé de motiver la recevabilité de la candidature de maître WADE ? Pourquoi a t il invalidé, aussi légèrement, certaines signatures présentées par Youssou N'DOUR ?

Deux poids, deux mesures ; on est bien face d'un juge constitutionnel aux ordres qui s'est souvent déclaré incompétent sur les questions épineuses. Et c'est là tout le problème de la démocratie sénégalaise. Peut - on organiser des élections libres et transparentes au Sénégal, si le rôle du juge constitutionnel est de justifier l'injustifiable ?

Le Conseil constitutionnel

Séance du 27 janvier 2012
Matière électorale
Affaire N° /E/2012
Publication de la liste des candidats à l’élection du président de la République du 26 février 2012
DECISION
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL En sa séance du 27 janvier 2012 statuant en matière électorale décide d’arrêter et de publier la liste des candidats à l’élection du Président de la République dont le premier tour du scrutin a été fixé au 26 Février 2012 ;
Vu la Constitution, notamment en ses articles 28,29 et 30 ; Vu les articles LO 1L115 à LO 122 du code électoral ;
Vu la loi organique n" 92-23 du 30 M.ai 1992 sur le Conseil constitutionnel, modifiée ;
Vu le décret n° 2010-1"519 du L5 Novembre 2010 portant fixation de la date de l’élection présidentielle au 26 février 2012 ;
Vu le décret n" 201L-1-976 du 20 Décembre 2011 portant convocation du corps électoral ;
Vu les pièces produites et jointes aux déclarations de candidature ; Le rapporteur entendu en son rapport.
1/CONSIDERANT qu’aux termes de l’article 28 de la Constitution « tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques et âgé de 35 ans au moins le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle » ;
2/CONSIDERANT qu’en application de l’article 29 de la Constitution, ‘’toute candidature, pour être recevable, doit être présentée par un parti politique ou une coalition de partis légalement constitués ou être accompagnée de la signature d’électeurs représentant au moins dix mille inscrits domiciliés dans six régions à raison de cinq cents au moins par région.
Les candidats indépendants, comme les partis politiques, sont tenus de se conformer à l’article 4 de la Constitution. Chaque parti ou coalition de partis politiques ne peut présenter qu’une seule candidature ».
3/CONSIDERANT que l’article 27 de la Constitution dispose que la durée du mandat du Président de la République est de sept ans... le mandat est renouvelable une seule fois ; que l’article L04 de la Constitution prévoit que le Président de la République en fonction poursuit son mandat jusqu’à son terme ; toutes les autres dispositions de la présente Constitution lui sont applicables ;
4/CONSIDERANT qu’aux termes de l’article 30 de la Constitution, le Conseil constitutionnel arrête et publie la liste des candidats vingt neuf (29) jours avant le premier tour du scrutin ;
5/CONSIDERANT que le 04 janvier 2012, Moustapha NIASSE, né en 1939 à Keur Madiabel, administrateur civil, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture de la coalition Benno Siggil Sénégaal ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur verte avec bordure jaune et, pour symbole, six mains se tenant par le poignet et formant un cercle sur fond jaune.
6/ CONSIDERANT que le 19 janvier 2012, Macky SALL, né le 11 décembre 1961 à Fatick, Ingénieur, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture de la coalition ’’Macky 2012’’ ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur marron et beige, et, pour symbole, la tête de cheval.
7/CONSIDERANT que le 20 janvier 2012, Idrissa SECK né le 9 août 1959, à Thiès, Auditeur Consultant, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture de la coalition ’’Idy 4 Président’’ ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur orange aux 3/4 et le bleu clair au ÿ4, et pour symbole, une orange sur une branche avec deux feuilles ;
8/CONSIDERANT que le 24 janvier 2012 Abdourahmane SARR, né le 26 mars 1968 à Paris, domicilié au lot L5, Zone des Almadies a lait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat indépendant à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a recueilli dix mille (10.000) signatures d’électeurs inscrits domiciliés dans six régions à raison de cinq cents (500) au moins par région ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur bleu gris et, pour symbole une colombe avec une vague bleue grise et en dessous de la vague Abdourahmane en majuscules et en petits caractères, puis SARR en majuscules et en gros caractères avec quatre (4) étoiles en dessous.
9/CONSIDERANT que le 24 janvier 2012, Abdoulaye WADE, né le 29 mai 1926 à Saint- Louis a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et de la coalition des Forces Alliées 2072 ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur jaune, écriture bleue et, pour symbole un épi de mil.
10/CONSIDERANT que le 24 janvier 2012, Mor DIENG, né le 6 septembre 1958 à Mbacké Expert comptable, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle da26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture du Parti de l’Espoir YAAKAAR ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur violette et, pour symbole, une orange frappée de l’initiale Y en violet entourée de blanc avec une feuille verte au sommet de l’orange ainsi que le sigle YAAKAAR Parti de l’Espoir en violet et orange ;
11/CONSIDERANT que le24 janvier 2072 Cheikh Tidiane GADIO, né le 16 septembre 1956 à Saint-Louis, Professeur en communication, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel, une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle da 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture du parti dénommé : Mouvement Politique Citoyen Luy ]ot |otna ; qu’il est soutenu par la coalition ’’Gadio Président’’ ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur terre et, pour symbole, une main ouverte dans laquelle est incrustée une carte de l’Afrique ;
12/ -ICONSIDERANT que le 25 janvier 2012, Cheikh Mamadou Abiboulaye DIEYE né le 12 novembre 1965 à Saint- louis, ingénieur des travaux publics a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture du parti Front pour le Socialisme et la Démocratie/Benno jubël GSDÆD) ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur blanche avec des écrifures noires et, pour symbole, un cercle vert avec dessus en noir et blanc une main fermée dont l’index est levé, cercle entouré d’un anneau de couleur blanche avec une bordure intérieure et extérieure de couleur noire avec à l’intérieur l’inscription en noir de : Front pour le Socialisme et la DémocratidBenno, jubël ; au dessus du symbole l’inscription : Benno ]ubël et en bas : FSD-B) ;

13/CONSIDERANT que le 25 janvier 2012, Doudou NDOYE, né le 4 août 1944 à Dakar, avocat, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture du parti Union Pour la République ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur vert blanc et, pour symbole, le mot JAMMO au dessus de trois cercles entrelacés ;
14/CONSIDERANT que le 25 janvier 2012, Djibril NGOM, né le 3L mars 1952 à Dakar, Docteur en économie, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture du parti TAXAWLI ASKAN Wi (T.A. W) ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur blanche et, pour symbole, une étoile bleue ;
IS/CONSIDERANT que le 25 janvier 2012, Ibrahima FALL, né en 1942 à Tivaouane, professeur a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2A12 ; qu’il a reçu l’investiture de la coalition Taxaw Temm ak Ibrahima FALL ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur jaune et le noir, et, pour symbole, un cercle contenant deux mains qui se saluent sous deux feuilles de plante verte illuminée par le soleil ;
1.6/CONSIDERANT que le 25 janvier 2012, Kéba KEINDE né le L4 janvier 1967 à Dakar, a déposé au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat indépendant à l’élection présidentielle da 26 février 2012) qu’il a recueilli au moins dix mille signatures d’électeurs inscrits domiciliés dans six régions, à raison de cinq cents (500) au moins par région ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur blanche et, pour symbole, un coeur mauve dans lequel est inscrit en blanc et en lettres capitales « J’AIME MON PAYS » précédé de sa photo ;
17/CONSIDERANT que le 25 janvier 2A12, Youssou NDOUR né le 1er octobre 1959 à Dakar, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration par laquelle il est candidat indépendant à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a recueilli au moins dix mille signatures d’électeurs inscrits domiciliés dans six régions, à raison de cinq cents (500) au moins ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur « noir et blanc » et, pour symbole la poignée de la main droite avec l’index légèrement soulevé ;
18/ CONSIDERANT que le 26 janvier 2012, Ousmane Tanor DIENG né le 2 janvier 1947 à Nguéniéne, a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2012 ; qu’il a reçu l’investiture de la coalition Benno ak Tanor ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur « vert » et, pour symbole une étoile rouge à cinq branches avec une écriture rouge ;
I9/CONSIDERANT que le 26 Janvier 2012 Diouma DIAKHATE, née le 03 décembre 1947 à Rufisque a fait déposer au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle elle a fait acte de candidature à l’élection présidentielle da 26 février 2012i qu’elle a reçu l’investiture du parti politique Initiative Démocratique Jubël (IDD i qu’elle a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur bleue pour une partie et blanche et verte pour une autre partie, et pour symbole un oiseau blanc en survol tenant en bec la lettre L ;
20/ CONSIDERANT que le 26 janvier 2012, Oumar Hassimiou DIA né le 24 février 1964 à Sokone, a déposé au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration aux termes de laquelle il est candidat à l’élection présidentielle du 26 février 2A12 ; qu’il a reçu l’investiture du Parti Humaniste ; qu’il a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur Orange et pour symbole le signe « Infini » accompagné de sa photo ;
21/CONSIDERANT que le 26 janvier 2012, AMSATOU SOW SIDIBE née le 14 octobre 1953 à Dakar, a déposé au greffe du Conseil constitutionnel une déclaration par laquelle elle a fait acte de candidature à l’élection présidentielle du 26 février 2012 i qu’elle a reçu l’investiture du Parti Pour la Démocratie et la Citoyenneté (PDC) i qu’elle a choisi pour l’impression de ses bulletins de vote la couleur jaune et mauve pour symbole, un soleil jaune ;
22/CONSIDERANT qu’aux termes de l’article LO LL6 du Code Electoral, la déclaration de candidature indépendante doit être accompagnée, notamment d’une liste d’électeurs représentant au moins dix mille (10.000) inscrits domiciliés dans six (6) régions à raison de cinq cents (500) au moins par région comportant les prénoms, nom, date et lieu de naissance, indication de la liste électorale d’inscription et signature des intéressés ;
23/CONSIDERANT qu’il résulte des vérifications auxquelles il a été procédé conformément aux dispositions de l’article LO 120 du Code Electoral, que Abdourahmane SARR a produit une liste de L0 000 électeurs appuyant sa candidature dont seuls huit mille cents (8100) ont pu être identifiés et leurs signatures validées ; que dès lors, sa candidature qui ne répond pas aux prescriptions de l’article LO 116 doit être déclarée irrecevable ;
24ICONSIDERANT que Kéba KEINDE candidat indépendant a produit une liste de12100 électeurs appuyant sa candidature dont seuls 8154 ont pu être identifiés et leurs signatures validées ; que dès lors, sa candidature qui ne répond pas aux prescriptions de l’article LO 1L6 doit être déclarée irrecevable ;
25/CONSIDERANT que Youssou NDOUR candidat indépendant a produit une liste de 12 936 électeurs appuyant sa candidature dont seuls 8911 ont pu être identifiés et leurs signatures validées ; que dès lors, sa candidature qui ne répond pas aux prescriptions de l’article LO 115 doit être déclarée irrecevable. DECIDE
ARTICLE PREMIER : La candidature de Abdourahmane SARR est déclarée irrecevable. Article 2:La candidature de Youssou Ndour est déclarée irrecevable ; Article 3 : la candidature de KEBA KEINDE est déclarée irrecevable ; Article 4:La liste des candidats au premier tour de l’élection du Président de la République du 26 février 2012 est arrêtée dans l’ordre du dépôt des candidatures comme suit :
  Moustapha NIASSE ;
  Macky SALL ;
  Idrissa SECK ;
  Abdoulaye WADE ;
  Mor DIENG ;
  Cheikh Tidiane GADIO ;
  Cheikh Mamadou Abiboulaye DIEYE ;
  Doudou NDOYE ;
  Djibril NGOM ;
  Ibrahima FALL ;
  Ousmane Tanor DIENG ;
  Diouma DIAKHATE ;
  Oumar Hassimou DIA ;
  Amsatou Sow SIDIBE ;
Article 5 : La présente décision sera affichée au greffe du Conseil Constitutionnel et publiée sans délai au journal officiel. Délibéré par le Conseil constitutionnel en sa séance du 27 janvier 2012 à laquelle siégeaient :
  Monsieur Cheikh Tidiane DIAKHATE, Président ;
  Monsieur Isaac Yankhoba NDIAYE, Vice-Président ;
  Monsieur Siricondy DIALLO Membre ;
  Monsieur Chimère Malick DIOUF, Membre ;
  Monsieur Mohamed SONKO, Membre ;

Avec l’assistance de Maître Maréma DIOP, Greffier en Chef. En foi de quoi, la présente décision a été signée par le Président, le Vice -Président,les autres membres du Conseil et le Greffier en Chef.
Le Président : Cheikh Tidiane DIAKHATE Le Vice-Président : lsaac Yankhoba NDIAYE Membre : Siricondy DIALLO
Membre : Chimère Malick DIOUF Membre : Mohamed SONKO
Le Greffier en Chef : Me Maréma DIOP

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 14:15

Sénégal présidentielles de 2012 : Les risques graves de dérapages, dûs à l’honneur perdu de Abdoulaye WADE, par Amadou Bal BA

Le 27 janvier 2012, le Conseil constitutionnel n’a pas validé trois candidatures de
-    Youssou N’DOUR, le chanteur
-    Kéba KEINDE,
-    et Abdourahmane SARR.

Mais l’arrêt du Conseil constitutionnel ne comporte pas de motivation de ces rejets. Il semble que le Conseil constitutionnel reproche à Youssou N’DOUR de n’avoir pas suffisamment de signatures. Ces candidats recalés disposent donc de toute la journée du 28 janvier 2012 pour déposer leurs réclamations au Conseil constitutionnel.

Au final, sur les 17 candidatures déposées, 14 seront finalement déclarées recevables. Il s’agit de :
- maître Abdoulaye WADE, président en exercice, depuis le 19 avril 2000, réélu en 2007, il sollicite un troisième mandat fortement contesté par les juristes et la population ; le Conseil constitutionnel n’a pas motivé sa décision
- Macky SALL, ancien Premier Ministre de WADE, et ancien Président de l’Assemblée Nationale sous WADE
- Idrissa SECK, ancien Premier Ministre de WADE
- Cheikh Tidiane GADIO, ancien Ministre des Affaires étrangères de WADE
- Moustapha NIASSE, plusieurs fois Ministre sous Senghor et Abdou DIOUF, suite à des dissensions en 1996 au sein du PS, il a contribué à la chute du PS et l’arrivée de WADE au pouvoir, dont il a été le Premier Ministre ;
- Cheikh Bamba DIEYE,
- maître Doudou N’DOYE,
-Ousmane Tanor DIENG, Secrétaire Général du Parti Socialiste qui a servi sous les gouvernement de SENGHOR et Abdou DIOUF
-Diouma DIAKHATE,
-Amsatou SOW SIDIBE, professeur à l’Université Cheikh Anta DIOP
- Mor DIENG,
- Djibril N’GOM,
- Ibrahima FALL, professeur de droit public, ancien Ministre des affaires étrangères sous SENGHOR, et fonctionnaire aux Nations Unies
- et Oumar Khassimou DIA.

Quelques brèves observations sur cette décision du Conseil constitutionnel :

On s’attend à de grave troubles de l’ordre public interne dus à l’obstination de maître WADE à présenter sa candidature pour un troisième mandat et pour avoir fort injustement écarté Youssou N’DOUR de la présidentielle.

Une marche sur le palais présidentielle, à Dakar, est prévue le samedi 28 janvier 2012, à 15 heures, heure française. L’opposition conteste vigoureusement la candidature de WADE pour un troisième mandat. On sait que le 23 juin 2011, à la suite du projet de M. WADE de modifier la Constitution (institution d’un poste de Vice-Président pour son fils Karim WADE ; 25% pour être élu au 1er tour), les jeunes s’étaient massés devant l’Assemblée Nationale, et menaçaient d’aller égorger les députés. Le Ministre de l’Intérieur avaient donné l’ordre de tirer sur les jeunes s’ils franchissaient les grilles de cette institution. C’est grâce au sang-froid des dirigeants socialistes, qui ont calmé les jeunes, que le bain de sang a été évité.

Mais cette fois-ci l’atmosphère est lourde. Le Président WADE est le gardien de la Constitution ; il s’est lui-même placé volontairement au-dessus de la loi suprême qu’il était censé faire respecter. Contrairement aux ingérences inacceptables de l’Ambassade des Etats-Unis sur les affaires intérieures du Sénégal, le peuple a un droit de résistance à l’oppression. WADE a transformé l’alternance en un pouvoir personnel corrompu, avec des tentations monarchiques ; il a raté une bonne occasion de rentrer dans l’Histoire et s’accroche désespérément à 89 ans au pouvoir.

Le constat général, largement partagé, est le suivant : après 12 années d’une gouvernance calamiteuse due à l’incompétence notoire de M. Abdoulaye WADE, les libéraux ont lamentablement échoué, leur système politique n’est pas amendable ; ce qui est pourri ne peut que déchoir dans la putréfaction. Les libéraux n’ont pas été à même de préserver les acquis démocratiques, économiques et sociaux légués par le Parti Socialiste. Les échecs patents des libéraux se situent, notamment, à plusieurs niveaux :
-    les libéraux ont provoqué une crise de valeurs entraînant une perte de repères, et ont une tendance dangereuse à instrumentaliser l’Etat et la religion au risque de conduire à de graves déchirures au sein de la Nation ;
-    les libéraux ont accentué la concentration du pouvoir aux mains du chef de l’Etat ; ce qui a donné naissance à un pouvoir personnel et patrimonial, avec de graves déviances comme la corruption, le clientélisme, la prise illégale d’intérêts et une tentation ostensible pour un pouvoir monarchique ;
-    les libéraux ont accentué la pauvreté et occasionné de fortes inégalités et injustices sociales ;
-    la mauvaise politique agricole des libéraux est caractérisée par la non-planification, les improvisations et l’absence d’objectifs réalistes. Résultat : l’agriculture qui représentait 28% en 1981, a vu sa contribution au P.I.B. réduite à 13,8% en 2006 ;
-    dans le domaine de l’énergie, avec les libéraux, l’absence d’une réelle capacité de réaction efficace aux situations de crise a conduit à la pénurie, aux nombreuses coupures d’électricité et à un désastre économique ;

-    dans le domaine touristique, en dépit des fortes potentialités du Sénégal, ce secteur a généré des effets très négatifs comme la dégradation des mœurs, la spéculation foncière, le non-respect des normes d’environnement ;

-    en matière de recherche, les libéraux se sont illustrés par une absence d’une ligne directrice de la politique nationale ;

-    le système éducatif des libéraux est fondé sur une obsession de la quantité au détriment du souci de qualité ; dans le secteur de la santé, on note des disparités graves entre la capitale et le reste du pays, une absence de médecine spécialisée dans les régions, et surtout des coûts de prestations prohibitifs qui mettent en danger la vie des plus démunis ;

-    l’aménagement du territoire par les libéraux a entraîné la concentration des deux tiers de la population de 12 millions sur moins de 1/5ème du territoire, avec une spéculation outrancière, une ségrégation sociale et une dégradation de l’environnement.

C’est en raison de ces échecs patents que le peuple sénégalais ne veut plus de WADE et de son système. Par conséquent, il ne s’agit pas de rectifier l’alternance, ni de restaurer l’ancien régime socialiste, mais de conduire vers un changement radical, de mener une politique de rupture avec le libéralisme en vue d’instaurer un Etat démocratique, laïque, respectueux des libertés individuelles, solidaire et vertueux sur le plan écologique.

Le Sénégal pratique de longue date la démocratie, personne la confisquera pour son intérêt propre. On nous tue, mais on ne nous déshonore pas disait un héros du Sénégal Lat-Dior.

Le Président WADE en s’accrochant honteusement au pouvoir, risque de finir comme KHADADI, dans le déshonneur et la honte. Il est grand temps que WADE dégage.

Amadou Bal BA le 28 janvier 2012.

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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 16:55
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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:41

François HOLLANDE, un Président normal, par Amadou Bal BA

 

 

La victoire le 16 octobre 2011 de François HOLLANDE aux primaires des socialistes français que nous avons appelé de tous nos vœux, est celle de la gauche toute entière impatiente d’en découdre avec une droite raciste et xénophobe. Cette victoire donne plus de devoirs que de droits ; elle impose au Parti socialiste de réussir non seulement l’échéance du 6 mai 2012 en faisant élire un président de gauche, mais aussi d’instaurer une «présidence normale» en France.  La Gauche, dans ces primaires socialistes, a mis en avant les principes et les valeurs humanistes de la République, l’égalité, la fraternité et le respect de la dignité humaine. François HOLLANDE souhaite rétablir une «présidence normale». Sans doute que pour être Président de la République, faut-il des qualités exceptionnelles. Etre un «Président normal» ne veut pas dire un Président ordinaire, mais un Président qui remettra de la stabilité, de la cohérence, de la constance, du respect de l’exemplarité dans l’exercice de ses fonctions. Tout en restant un homme simple, François HOLLANDE a dégagé une haute conception de la fonction présidentielle.

 

Le 16 octobre 2011, au soir de sa désignation en qualité de candidat du Parti socialiste François HOLLANDE a déclaré : «Ce soir j’ai reçu un mandat du peuple de Gauche. J’y consacrerai toutes mes forces, toute mon énergie. J’ai la volonté de réussir le changement. Je ferai en sorte d’y parvenir en convainquant de la justesse de ma démarche, de la force de notre approche».  Quels enseignements pour la France et pour le Sénégal sur cette «volonté de réussir le changement » ?

 

La Droite avait ironisé sur cette primaire, croyant naïvement qu’elle a été organisée parce qu’aucun candidat ne se dégageait du lot, et que de toute façon, les socialistes allaient s’entredéchirer, que ce serait un fiasco. La Droite avait tenté de saboter les primaires en faisant ressortir une polémique très légère sur un possible fichage des électeurs par le Parti socialiste. Mais les garanties données par le PS, par un contrôle des huissiers et la destruction de ces fichiers, a convaincu une participation massive des citoyens. Cette primaire a même permis, avec la participation d’un 1 €uro, de dégager un bénéfice de plus d’un 1 000 000 €uros pour la campagne de François HOLLANDE. La primaire a permis au PS d’occuper le terrain politique, avec un débat de fond, sans abîmer considérablement l’image du candidat ; ce qui a fortement inquiété M. SARKOZY qui a organisé depuis le 18 octobre 2011 une contre-offensive médiatique. Apparemment, la Droite organisera des primaires, mais pour les présidentielles de 2012, et pour les élections municipales de 2014, à Paris, des pétitions circulent déjà pour réclamer ce mode de sélection.

 

L’engagement de M. François HOLLANDE de «réussir le changement» ; il ne suffit pas de le dire, mais il faudra le faire. Pour nous qui sommes des citoyens français originaires d’Afrique, nous serons vigilants sur plusieurs points : l’application de la diversité en politique, le droit de vote des étrangers aux élections locales, et l’abolition de la «France-Afrique».

 

1 – Le Parti socialiste devra appliquer une diversité réelle en politique et rejeter toute forme de «diversité cosmétique».

 

Au sein du Parti socialiste, des militants noirs réunis au sein d’un dénommé «Mouvement Equité», ont dénoncé la situation actuelle qui est particulièrement inéquitable et proche de la ségrégation raciale.

 

Alors que sous la IVe République d’importantes personnalités noires ont pu accéder à des responsabilités ministérielles (SENGHOR, HOUPHOUET-BOIGNY), sous la Ve République, la classe politique, y compris le Parti socialiste, a choisi une logique d’exclusion. Ainsi, aucun militant noir n’est élu au conseil national, au bureau politique et dans les fédérations. Or, dans ces lieux de décisions que s’opère «le partage du gâteau», longtemps à l’avance. Ainsi, pour les législatives de 2012, les différents courants se sont déjà répartis les postes, de telle sorte quand les appels de candidatures seront lancés plus tard, les circonscriptions gagnables sont déjà pourvues. On fait semblant de lâcher du lest mais en refilant aux femmes et aux Nègres, des lieux où ils n’ont aucune chance de succès.

 

Pour se donner bonne conscience, les dirigeants socialistes, quelle que soit leur sensibilité, ont préféré appliquer la «diversité cosmétique », c'est-à-dire choisir «un Nègre de service », peu dérangeant, au détriment surtout des militants de longue date qui ont la preuve de leur fidélité et de leur efficacité. Ainsi, à Paris, les exemples de ce qu’il ne faut pas faire sont nombreux. Koko LONSI, un Français d’origine congolaise avait réussi à battre Anne HIDALGO, pourtant première adjointe au Maire de Paris, dans sa section du 15ème arrondissement. Mais cette « promotion », s’il était un Blanc l’aurait conduit à des responsabilités nouvelles. Rien de tout cela. Il a été licencié de son emploi à la ville de Paris, puis on a repris en mains la section François Mitterrand du 15ème arrondissement. Soulèye DIAWARA, responsable de la section du 17ème arrondissement aurait être sénateur à Paris, mais il a été mis sur une position non éligible.

 

Aux élections législatives de 2007, divers militants noirs se sont présentés à l’investiture de notre Parti, mais ont été laminés par le vote des militants. Comment peut-il en être autrement, si on est minoritaires (invisibles) dans une société à dominante blanche ?

 

Il est vrai que la liste des circonscriptions réservées à la diversité n’a été diffusée qu’après la clôture du dépôt des candidatures aux législatives. Et c’est bien regrettable.

 

Maintenant que le Parti socialiste dirige la majorité des communes, des départements, des régions, le Sénat, et va accéder à la Présidence de la République, sans regarder tout le temps dans le rétroviseur, je souhaiterais formuler les propositions suivantes :

 

Première proposition : à défaut d’une représentation à l’Assemblée Nationale, équitable, il serait plus juste, si nous gagnons les présidentielles que les cadres issus de la diversité soient bien représentés, sous réserve naturellement d’un critère de compétence, dans la Haute Administration (cabinets ministériels, dirigeants de sociétés nationales, missions diplomatiques, corps préfectoral, bref dans tous les postes à discrétion).

 

Deuxième proposition : exiger des municipalités, des conseils généraux et régionaux, pour les élections de 2014, que les candidats issus de la diversité, puissent accéder à de vrais postes à responsabilité (maire adjoint, président ou vice-président d’une commission),

 

Troisième proposition : créer une Maison d’Afrique et des Caraïbes qui constituera un lieu de mémoire, de culture, de rencontre, et d’apprentissage des valeurs républicaines, de la tolérance et du respect mutuel, de la démocratie et de la citoyenneté.

 

 

 

Quatrième proposition : la diversité devrait être présente dans toutes les instances de décisions du Parti socialiste (fédérations, conseil national, bureau politique) ; c’est une question d’équité et de justice conforme aux valeurs de la République et à la volonté de François HOLLANDE de «réussir le changement».

 

2 – Le Parti socialiste devra veiller à ce que la promesse de 1981 de François MITTERRAND sur le droit de vote des étrangers soit enfin appliquée, et notamment pour les élections locales de 2014.

 

Par rapport à cette volonté de changement affichée par François HOLLANDE de réussir le changement, nous attendons depuis plus de 30 ans, le droit de vote des étrangers aux élections locales

 

Au congrès du 24 janvier 1981, à CRETEIL à l’investiture de François MITTERRAND en qualité de candidat socialiste, j’avais applaudi à tout rompre sa 80ème proposition visant à accorder le droit des étrangers aux élections locales, après 5 ans de résidence en France. Le 9 août 1981, Claude CHEYSSON, alors Ministre des relations extérieures, en visite à Alger, annonce même un projet de loi en préparation. Le 5 novembre 1984, Pierre JOXE, Ministre de l’intérieur et de la décentralisation souscrit à cette démarche. Mais le 6 juin 1985, Georgina DUFOIX, Ministre des affaires sociales, dans une interview au journal Le Monde, estime que cette initiative est prématurée. Les étrangers d’origine peuvent voter aux élections locales depuis une résolution du Parlement européen du 14 février 1989, mais Michel ROCARD, dans une déclaration en date du 6 octobre estime qu’il faudra réviser, au préalable, la Constitution. Lionel JOSPIN, premier secrétaire du PS, que j’avais interpellé en 1984, à la Sorbonne, à l’amphithéâtre Richelieu, se raccroche à cette manœuvre dilatoire. François MITTERRAND tout se déclarant toujours partisan de cette mesure, a fini par avouer que «la société française n’y est pas prête».

 

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2000, à l’initiative des Verts, l’Assemblée nationale adopte en première lecture une proposition de loi constitutionnelle relative au droit de vote et à l’éligibilité des étrangers non communautaires aux élections locales.

 

La Droitepopulaire dirigée par Thierry MARIANY de l’UMP, agite déjà le chiffon rouge dans l’édition du journal Minute du 19 octobre 2011, qui est un organe de presse d’extrême-droite. Pourtant, le 25 novembre 2005, M. SARKOZY, d’origine hongroise, alors qu’il était Ministre de l’intérieur de la France, avait surpris en déclarant être favorable à cette réforme en ces termes : «A titre personnel, je considère qu’il ne serait pas anormal qu’un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins 10 ans en France, puisse voter aux élections municipales». On sait que depuis le 24 septembre 2011, le Sénat a basculé à gauche et que l’argument constitutionnel n’est plus tenable.

 

Lors des primaires des socialistes, il n’y a pas eu de voix dissonantes. Tout le monde est pour ce nouveau droit. Cependant, comme le dirait ma grand-mère Dourma LY, «je suis un aveugle, je ne vois que ce je touche ». On veut des actes, et non pas seulement des paroles apaisantes.

 

3 – Le Parti socialiste devra abolir la détestable «France-Afrique».

 

Dans cette ferme volonté de réussir le changement nous attendons l’abolition de la « France-Afrique », qui est devenue synonyme de rapports paternalistes et néo-coloniaux.

 

François HOLLANDE souhaite, s’il est Président de la République, clarifier les rapports avec l’Afrique, et ceux-ci doivent se fonder sur trois principes. Tout d’abord, le principe de légitimité, les états sont reconnus et les démocraties sont respectées. Ensuite, les relations sont renforcées, en termes d’aide notamment, l’Afrique est considéré comme un «continent d’avenir». Il faudrait enfin faire confiance aux Africains pour régler les questions qui les concernent directement ; la médiation africaine doit être privilégiée pour régler les crises. Bref, le discours de Dakar de M.SARKOZY, sur l’homme africain, est condamné. François HOLLANDE souhaite en finir avec les rapports de domination, d’influence et d’affairisme pour les amis du pouvoir. La France devra cesser de donner des leçons aux Africains et défendra l’idée que la démocratie, les valeurs de progrès et de liberté valent partout dans le monde et notamment en Afrique.

 

Il veut continuer de défendre l’immigration familiale ; le droit de mener une vie familiale normale est un «droit reconnu » à tout individu quelque soit sa nationalité. Les étudiants étrangers sont considérés comme étant «une chance » pour la France. S’agissant de l’immigration économique, François HOLLANDE dit qu’il proposera un «débat au Parlement pour fixer un volume de cette immigration économique, en liaison avec les secteurs professionnels concernés».

 

Lors du débat sur la primaire, les candidats à la candidature ont réaffirmé la volonté, en 2012, de régulariser les clandestins sur la base de critères, notamment familiaux, et sur l’ancienneté séjour. Arnaud MONTEBOURG avait même parlé de «critères larges et généreux» de régularisation.

 

Toutes ces propositions ne pourront être mises en œuvre que si François HOLLANDE est élu Président de la République le 6 mai 2012. Nous avons tous remarqué, avec un grand regret, lors de ces «Primaires citoyennes», que les ouvriers et les jeunes issus des banlieues n’ont pas participé à ce scrutin. J’invite tous ceux qui ont la nationalité française de s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2011. Le droit de vote que nos parents étrangers attendent depuis si longtemps, est déjà accessible à tous les nationaux de souche étrangère. Si l’on est citoyen on doit pouvoir défendre ses droits, démocratiquement, pour notre dignité et le respect du principe d’égalité.  Pendant ces années du sarkozysme la Droite n’a pas cessé de stigmatiser les personnes de souche étrangère. Aujourd’hui, il existe des ponts entre le parti de M. SARKOZY, l’UMP, et le Front national ; il s’agit du Parti populaire de Thierry MARIANI. Il n’est pas inconcevable que l’UMP, qui n’a pas de réserves de voix, s’allie avec le Front national. Tous les Républicains, doivent être vigilants pour que la situation du 22 avril 2002 ne se reproduise plus.

 

En définitive ces primaires socialistes ont été un grand succès et ont réhabilité la politique. Au Sénégal, avec plus de 190 partis politiques, il serait utile d’instaurer des primaires pour départager les deux principaux camps. On voit que du côté du BENNO SIGGIL, cette procédure aurait pu constituer un referendum pour le départ de Abdoulaye WADE. Dans le camp des libéraux, le trop de candidatures et d’ambitions personnelles entre Idrissa SECK et l’héritier du régime, Karim WADE, aurait pu clarifier les enjeux.

 

Amadou Bal BA, Paris le 24 octobre 2011.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:32

Ousmane Tanor DIENG, un Président éthique et moral, par Amadou Bal BA cet article a été publié dans www.ferloo.com, site du Parti socialiste du Sénégal et Socialisme et République.

Ousmane Tanor DIENG, Secrétaire Général du Parti socialiste sénégalais, s’il est désigné par BENNO SIGGIL SENEGAAL, sera immanquablement un Président éthique et moral. La coalition des partis de l’opposition au Sénégal, dénommée BENNO SIGGIL Sénégal, examine sous la haute autorité d’un comité de Sages, la candidature commune aux élections du 16 février 2012, mais avec des critères précis. Le Bureau National du parti socialiste a désigné, à l’unanimité, Ousmane Tanor DIENG candidat à la candidature unique de BENNO SIGGIL. De mon point de vue, Tanor, comme on l’appelle affectueusement, est le seul à remplir les quatre principales conditions posées par BENNO SIGGIL.

Le premier critère est celui de la représentativité du parti qui présente le candidat. Je ne ferai l’injure à personne de rappeler que le Parti socialiste (P.S) a gouverné le Sénégal pendant plus de 40 ans, sa représentativité électorale ne peut pas mise en doute au vu des différents scrutins nationaux et locaux. Par ailleurs, la seule formation politique qui est dignement représentée, non seulement dans toutes les régions et localités les plus reculées du Sénégal, mais aussi et surtout à l’étranger avec deux puissantes coordinations en France et aux Etats-Unis, c’est le PS. Sans être désobligeant vis-à-vis des partenaires du PS, qu’il faut respecter, pour l’essentiel il s’agit de formations à représentativité particulièrement limitée que d’aucuns appellent «partis de cabines téléphoniques». Deux formations émergent de conglomérat : l’A.F.P et le P.S. L’A.F.P. de Moustapha NIASSE est implantée essentiellement à Kaolack, et ne regroupe qu’une élite intellectuelle. Seul le Parti socialiste est massivement représenté dans toutes les couches de la société sénégalaise, notamment chez les jeunes, les ouvriers, les intellectuels et les paysans.

Le second critère est celui de la constance dans l’opposition au régime libéral. Il est indubitable que Ousmane Tanor DIENG n’a jamais été compromis avec le gouvernement libéral de Abdoulaye WADE. On sait que depuis 2000, le PDS qui n’avait pas de cadres, a pioché dans les effectifs du Parti socialiste. En dépit de ce phénomène dit de «transhumance» ; certains sont «allés à la soupe», mais Ousmane Tanor DIENG est resté «pour garder la vieille maison», en référence à une expression de Léon BLUM au congrès de Tours quand les communistes ont quitté en 1920 la S.F.I.O. Par ailleurs, si Abdoulaye WADE a pu conquérir le pouvoir, avec le bilan désastreux qu’on connaît, c’est parce qu’il a pu bénéficier, hélas, d’appuis de certains ex- socialistes, dont Djibo KA et Moutaspha NIASSE. C’est un fait indéniable que Moustapha NIASSE porte une partie de la responsabilité du bilan désastreux des libéraux. En revanche, et en dépit des adversités recensées, Ousmane Tanor DIENG représente l’honneur en politique ; il n’a jamais cédé à la tentation du diable, sa constance dans l’opposition au régime libéral ne peut être mise en doute.

Je rappelle également que d’autres leaders qui recherchent une virginité en politique, ne sont pas non plus des hommes neufs ; M. Macky SALL, Président de l’A.P.R, ex-premier Ministre de Abdoulaye WADE, n’est pas un homme neuf. En effet, M. Macky SALL a été Président de l’Assemblée Nationale à des moments tragiques de la vie nationale, avec le vote de la loi Ezzan du 17 février 2005, d’amnistie des assassins de maître SEYE.

Macky SALL revendique ouvertement son appartenance à la doctrine du libéralisme, et ne remplit donc pas manifestement le critère de constance dans l’opposition au régime libéral ; Conscient de cette tare congénitale, Macky SALL a pris les devants en présentant sa candidature pour le 1er tour des élections du 16 février 2012.

Le troisième critère est celui de la compétence et de l’expérience des ressources humaines du parti qui présente le candidat ; Il n’a pas échappé aux libéraux, qui sont nos adversaires, que le Parti socialiste est un vivier inépuisable de compétences et d’expériences en ressources humaines, à tel point que les principaux cadres actuels du régime sont issus du Parti socialiste. Cependant, et en dépit de cette hémorragie, le Parti socialiste reste puissamment doté de fortes personnalités au sein de ses instances comme le Bureau national et le Comité central assisté de plusieurs commissions. Pour se doter d’une telle organisation particulièrement hiérarchisée et structurée, il faut avoir le personnel politique compétent pour la faire fonctionner Les autres partis de BENNO sont étroitement liés à la personnalité de leur leader ; si celui-ci disparaît tout s’écroule. En revanche, le Parti socialiste est bien implanté dans la société sénégalaise et bénéficie de fortes et nombreuses compétences, tant politiques que techniques.

En France, le PS dispose d’une organisation dénommée «Vision socialiste» qui regroupe les cadres du Parti socialiste au sein de la Coordination de France ; à elle seule, et sans faire appel à la Coordination de France, «Vision socialiste» est un très puissant réseau de cadres, capable d’alimenter la formation de plusieurs gouvernements et de ses cabinets ministériels.

Ousmane Tanor DIENG, comme l’indique le titre de cet article sera un Président éthique et moral. Tanor, que d’aucun qualifient injustement «d’austère» ou de «monstre froid», est un homme particulièrement pudique, il ne veut pas qu’on parle de lui ; cependant, je vais égratigner sérieusement la modestie de cet homme d’Etat. En effet, Tanor a perdu très tôt sa mère ; il est probable que son caractère, parfois taciturne, vient cette blessure de l’enfance. Tenace, obstiné, prudent, particulièrement avisé, doué pour la littérature et la philosophie, très attaché au respect du secret professionnel, Tanor a en horreur que ceux qui dévoilent les affaires de l’Etat. On le dit souvent «ceux qui parlent ne savent pas et ceux qui savent ne parlent pas». Sorti de l’ENAM, il est nommé d’abord conseiller des affaires étrangères entre 1976 et 1978. Le Président SENGHOR, qui ne veut s’entourer que des meilleurs, a repéré les qualités de Tanor, et le nomme son conseiller diplomatique entre 1978 et 1981 ; Tanor exercera cette fonction auprès d’Abdou DIOUF entre 1981 et 1988. En 1988, Tanor est nommé Directeur de cabinet, puis Ministre-directeur de cabinet auprès du Président Abdou DIOUF, poste qu’il occupera jusqu’en 1993, année où il est nommé Ministre d’Etat, Ministres des services et affaires présidentiels. Par conséquent, si BENNO a posé le critère de «compétence et de ressources humaines», les fonctions exercées par Ousmane Tanor DIENG répondent parfaitement à ces exigences.

J’ajouterai que dès 1988, Tanor est devenu membre du bureau politique du Parti socialiste. En 1995, il prend la coordination départementale de M’Bour, l’Union des coordinations de M’Bour et l’Union régionale de Thiès. C’est en mars 1996 que Tanor est nommé Secrétaire général du PS et Secrétaire national aux relations extérieures, et depuis septembre 1996, il est Vice-président de l’Internationale socialiste.

Par conséquent, Tanor a exercé de très hautes responsabilités au sein de l’Etat ; il a su, en dépit des adversités et toutes les tentations, préserver le Parti socialiste de l’implosion que Abdoulaye WADE avait prédite dès le premier conseil des ministres en 2000.

Le quatrième critère est le poids politique au sein de BENNO SIGGIL. Certains partis, comme le P.I.T, ont déclaré qu’ils ne présenteront pas de candidat. La Ligue démocratique est une formation à audience particulièrement restreinte. Finalement, il ne reste que deux partis en lice : le Parti socialiste représenté par Ousmane DIENG et l’AFP de Moustapha NIASSE. Sur le plan idéologique, Moustapha NIASSE qui était responsable des Jeunesses socialistes et longtemps Ministre des Affaires étrangères sous SENGHOR, aurait pu s’entendre avec Tanor sur une candidature unique du Parti socialiste. Le poids du Parti socialiste et de son idéologie au sein de BENNO est particulièrement prépondérant. Moustapha NIASSE ne remplit pas les trois autres critères énoncés ; une désignation d’un candidat autre que Tanor, serait une logique de machine à perdre.

Par ailleurs, j’ajouterai deux autres critères qui font que la candidature de Tanor est la plus crédible.

D’une part, Ousmane Tanor DIENG est un porteur de valeurs républicaines. On sait que l’un des héritages de Léopold SENGHOR c’est de nous avoir légué un Etat qui fonctionne sur la base de la légitimité et de la légalité. Sous la mandature de WADE, ces principes républicains ont été mis à mal par une déliquescence morale ; au lieu d’être au service du Bien public, les libéraux ont préféré se servir dans les caisses de l’Etat. Avec WADE c’est le seul pays, où les anciens ministres, même après perdu leurs fonctions officielles continuent, sans limites, de percevoir leurs émoluments. Les crimes d’Etat, comme dans l’affaire SEYE, ont été amnistiés ; la Justice a été mise aux ordres, puisque le Conseil Constitutionnel ne rend que des décisions d’incompétence. Des groupements privés et des autorités religieuses, en dépit du principe de laïcité, dictent à l’Etat, la conduite à tenir. Pire encore, on a vu l’émergence d’une police politique, la Division des Investigations Criminelles (D.I.C) qui persécute la moindre opposition au régime. Avec la DIC, faire de la politique au Sénégal est devenu un crime de droit commun.

Grand commis de l’Etat, Ousmane Tanor DIENG saura, avec le PS et BENNO, remettre les choses à l’endroit, dans le respect des valeurs républicaines. Les crimes commis au nom de la raison d’Etat devront être jugés ; ceux qui ont eu des biens mal acquis devront rendre compte à la Justice dont l’indépendance devra être préservée en toutes circonstances ; la D.I.C, compte tenu de ses procès politiques, devrait être dissoute sans tarder. L’Etat qui procède de la République c'est-à-dire de la chose de tous, devra être rendu aux citoyens.

D’autre part, Ousmane Tanor DIENG a une vision stratégique, démocratique et un projet axé sur le progrès. Il existe de nombreuses exigences, à l’alternance de 2012, que seul le Parti socialiste et Tanor prendront efficacement en compte :

-       L’exigence de vérité ; les libéraux qui vont même jusqu’à financer les campagnes de certains partis politiques en France, laisseront les caisses de l’Etat vides ; l’exigence de vérité recommande de dire aux Sénégalais que tout ne sera pas facile, nous devront retrousser nos manches, pour affronter les nombreux défis, dont celui de l’optimisation de nos ressources humaines et financières. Il ne sera pas facile de modifier les mauvaises habitudes des libéraux qui ont confondu les finances de l’Etat avec leurs biens personnels.

-       L’exigence de Justice dans ses facettes multiples ; chacun participera à l’effort national en fonction de ses facultés contributives ; il faudra rééquilibrer la ville et la campagne, avec un nouveau souffle à la décentralisation ; les privilèges accumulés par les libéraux seront abolis, les gouvernants seront justiciables au même titre que les citoyens ordinaires, bref l’égalité devant la loi sera le principe qui animera l’action des pouvoirs publics ;

-       L’exigence de répondre à certaines urgences, notamment en termes d’indépendance énergétique, de rénovation de l’école sénégalaise paralysée par des grèves et des mouvements sociaux qui remettent en cause l’avenir de notre jeunesse, de nouvelles perspectives à notre paysannerie qui sombrent dans l’endettement, de sauvegarder de ce qui nous reste de notre industrie locale qui a été bradée aux intérêts étrangers ;

- l’exigence de redonner l’espérance aux Sénégalais ; comme l’a dit Jean JAURES, il faut aller à l’idéal en comprenant le réel ; aujourd’hui, avec les libéraux, le Sénégalais ont sombré dans le désespoir ; avec Tanor, il s’agit de redonner espoir à tout un chacun ;

-       L’exigence de promouvoir la construction africaine et des rapports internationaux plus justes, fondés sur l’égalité, l’interdépendance et une rémunération plus équitable de nos matières premières.

Paris le 24 octobre 2011.

Amadou Bal BA

 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 21:20
Les poèmes de David DIOP s’inscrivent dans le cadre de la décolonisation de l’Afrique et la recherche de la dignité du peuple Noir. C’est un cri de révolte contre le colonialisme et contre ses méfaits multiples (violence, assimilation, abâtardissement, aliénation, etc.) et une revendication du droit à la différence à la «reconnaissance» et à l’identité culturelle africaine.  «Coups de pilon», son œuvre poétique unique, s'organise autour de trois thèmes principaux : dénonciation du colonialisme, réhabilitation du continent noir et appel des opprimés à la lutte. Ces trois moments de la démarche correspondent aussi aux divisions du temps : le passé, le présent et l'avenir. L'évocation du passé prend fin avec l'arrivée des colonisateurs qui font subir le présent à l'Afrique. L'avenir ne commencera que le jour où l'homme noir aura triomphé de l'oppression et retrouvé son identité. La contribution littéraire de David DIOP vise à inciter les opprimés à se regrouper, et singulièrement le peuple noir, en vue d’amorcer, sans plus tarder, sa longue marche vers la libération, condition essentielle de la prise en main de son avenir. Ce qui fait dire à Ambroise KOM que David DIOP est un «poète de la libération». Par conséquent, la mission de l’artiste noir est de «pousser d’une telle raideur le grand cri nègre que les assises du monde en seront ébranlées» estime Aimé CESAIRE, le mentor de David DIOP. Le travail de l’artiste est de redonner la dignité «à ceux qui n’ont rien inventé» et que l’esclavage et la colonisation avaient réduits au silence. «L'esclavage ne peut pas être une école de liberté […]. La décolonisation vraie ne peut se faire que par rupture, cela accroît encore et définit plus complètement nos responsabilités d'hommes de culture. Car au sein même de l'époque coloniale, c'est l'homme de culture qui doit faire faire à son peuple l'économie de l'apprentissage de la liberté» estime Aimé CESAIRE, dans «L’homme de culture et ses responsabilités» au Congrès de 1956. Suivant, Léopold Sédar SENGHOR, tenant pourtant de la poésie contemplative, «l’art nègre n’est réellement esthétique que dans la mesure de son utilité, de son caractère fonctionnel». En effet, pour le poète-président sénégalais, le rôle du poète est de faire découvrir «les choses essentielles».
 
David DIOP, en intitulant son recueil de poèmes, «Coups de pilon» choisit une démarche partisane, «laissait deviner ses intentions d’engager une polémique acharnée contre la civilisation occidentale» écrit Sana CAMARA. «Coups de pilon» comporte trois parties qui s’intitulent, respectivement, Coups de pilons, édition originale comprenant 17 poèmes ; Cinq poèmes et enfin des poèmes retrouvés renfermant 21 pièces. Ainsi, l’ensemble des poèmes du recueil de l’édition Présence Africaine, 1973, s’élève à 43. Ce recueil, de par son titre, indique bien qu’il s’agit d’une poésie militante. Le « pilon » servant à transformer le mil en farine, est une métaphore appelant les Africaines à passer à la transformation ; le poète va puiser ses ressources  avec une ambition  de changer la situation du colonisé. En effet, les titres de certains poèmes indiquent bien sa volonté d’en découdre avec le colonialisme : «Vautours», «Hyènes», «Bêtes», «Monstres», etc. Partisan de la Gauche radicale, il considère que «la colonisation qui, lorsqu’elle ne parvient plus à maintenir ses sujets en esclavage, en fait des intellectuels dociles aux modes littéraires occidentales». Cependant, SENGHOR, un homme modéré, sans une grande proximité idéologique avec David DIOP, a dénoncé son accent âpre et rêche, son ton brutal et dur «Senghor, déjà consacré champion de la poésie africaine, ne supporta pas la fougue virile de ces poèmes qui ne s'embarrassaient point de pardon à l'ennemi et d'esprit de réconciliation» écrit Guy Ossito MIDIOHOUAN. En effet, le poète-président considère que DIOP n’est pas assez nègre, trop belliqueux, pour un Nègre «Ces derniers (poèmes de Diop) sont l’expression violente d’une conscience raciale aiguë. Sans nul romantisme dans l’expression. Ce qui les caractérise, c’est la sobre vigueur du vers et un humour qui cingle comme un coup de fouet, bref. Nous ne doutons pas qu’avec l’âge, David Diop n’aille s’humanisant. Il comprendra que ce qui fait la négritude du poème, c’est moins le thème que le style, la chaleur émotionnelle qui donne vie aux mots, qui transmue la parole en verbe» écrit Léopold Sédar SENGHOR, dans son «Anthologie de poésie nègre et malgache». L’œuvre de David DIOP se manifeste en deux versants : l’opulence image et l’ascétisme en politique. Suivant Lilyan KESTELOOT, David DIOP était un des espoirs de la poésie africaine «La violence et la simplicité de son langage faisaient de ses poèmes de véritables coups de poing dont l’efficacité, en cette période de lutte, était incontestable». Le professeur KESTELOOT ne semblait pas apprécier cette poésie engagée et militante, inspirée de Jacques ROUMAIN, elle préférait ses poèmes qui chantent «Souffre pauvre nègre, le fouet siffle, siffle sur ton dos de sueur et de sang, pauvre nègre» écrit-elle.
 
En dépit de cette polémique, le recueil de poèmes sera édité en 1973 : «Que le poète puise dans le meilleur de lui-même ce que reflète les valeurs essentielles de son pays, et sa poésie sera nationale. (..) De cette liberté l’Afrique noire fut systématiquement privée La Colonisation, en effet, s’empara de ses richesses matérielles, disloqua les vieilles communautés et fit table rase de son passé culturel au nom d’une civilisation décrétée «universelle» pour la circonstance. (..) Le poète africain conscient de sa mission, refuse à la fois l’assimilation et l’africanisme facile», un texte annexé au recueil de poèmes. «Il est rare que s'allient la maîtrise du verbe et la profondeur de l'émotion que s'accordent la distance et le don. En cette harmonie paradoxale le meilleur se révèle. La parole de David Diop témoigne de ce lieu admirable et difficile. David Diop savait l'Afrique par coeur, au plus profond d'elle-même, en ses sources vives, en son peuple, c'est-à-dire en sa vérité. Il la connaissait en sa fragilité et en ses caricatures, avatars d'une Afrique vendue et exploitée aux marchés de l'Histoire» indique l’éditeur. Simon MPONDO et Frank JONES ont traduit ces poèmes en langue anglaise sous le titre de «Hammer Blows». S Ruth SIMMONS a défendu «la pertinence» de la poésie de David DIOP pour les jeunes Noirs aux Etats-Unis. Inscrit aux programmes scolaires en Afrique, et ayant gagné une grande notoriété, on s’aperçoit que David DIOP est loin d’être un «poète mineur». Il sort ainsi de 30 ans de purgatoire dans lequel l’avait enfermé SENGHOR. Ainsi, donc, Guy Ossito emploie un terme christique, et parle de «résurrection de David Diop». En effet, désormais, les Africains et la diaspora «vibrent au rythme de sa passion et découvrent en lui le plus grand poète africain de la période coloniale. On s'aperçoit alors de l'injustice des historiographes de la littérature africaine d'expression française à son égard qui, se fondant essentiellement sur le jugement émis par Senghor» précise Guy Ossito MIDIOHOUAN.
 
Amadou Aly DIENG, partisan d’une littérature engagée, est élogieux à l’égard de David DIOP : «Il y a eu David Diop, qui a opéré le premier l’éclatement d’une certaine conception de la poésie négro-africaine incapable de manifester un engagement révolutionnaire authentique. David Diop, lui dont la pensée, l’existence, le comportement social demeurent un exemple de volonté, de capacité et de dignité, est sans le plus grand poète négro-africain. Investi par l’histoire du peuple d’Afrique, l’œuvre si expressive de David Diop, bien que séparée de son auteur, ne saurait se placer dans l’obscurité puisqu’elle reçoit son sens à partir de l’histoire africaine elle-même, en toute liberté», écrit-il. Digne représentant de la Négritude et défenseur de l’identité culturelle africaine, David Léon Mandessi DIOP nous a laissé un recueil qualifié par Théophile OBENGA de «mince, mais émouvant». Amady Aly DIENG estime que cet ouvrage est «plein de densité et de chaleur humaine», et considère l’auteur comme étant «l’exemple d’une vie dévouée à la cause de l’émancipation africaine». Par conséquent, David DIOP c’est le «Vladimir Maïakovski de la Révolution africaine», avec lui nous entendons la voie d’une marche pour la liberté, celle d’une génération qui veut recouvrer son identité et sa dignité. Abdellah HAMMOUTI pense que les poèmes de David DIOP sont un «cri de révolte contre le colonialisme et ses méfaits».  Enid RHODE qualifie David DIOP de «poète de la passion».
 
A l’opposé de SENGHOR, David DIOP, un poète militant, s’inscrit dans le cadre d’une littérature nationale, à la recherche de «l’authenticité» en référence à un terme d’Aimé CESAIRE. En effet, le poète antillais en opposition aux théories de Louis ARAGON sur la littérature nationale, est contre «Le larbinisme» poétique, cette volonté d’assimilation qui fait fi de l’héritage africain pour privilégier, exclusivement, le fonds français. L’écrivain noir doit apprendre à «marronner», à se libérer, face à la tutelle de ceux qui veulent le soumettre à diverses injonctions théoriques. Reprenant à son compte les idées de CESAIRE, avec des nuances, David DIOP, en nationaliste et patriote, exige du poète d’abandonner l’individualisme formel, pour donner le meilleur de lui-même : «Que nous importe alors que son chant, ample et dur, chante en alexandrins ou en vers libres ; pourvu qu’il crève les tympans de ceux qui ne veulent pas l’entendre et claque comme des coups de verge sur les égoïsmes et les conformismes de l’ordre. La forme n’est là que pour servir l’idée» écrit DIOP dans un article «Contribution au débat sur la poésie nationale».  Bernard DADIE va dans le même sens, «Le fond importe plus». Finalement, le poète est investi d’un rôle majeur, celui d’écrire une page de l’histoire africaine, tant calomniée et falsifiée. Mais cette démarche identitaire n’est pas un rejet des autres ; la différence n’est pas un repli sur soi, «à se replier sur soi-même, une culture s’étiole et meure» écrit Aimé CESAIRE. Dans sa défense d’une littérature nationale, David DIOP s’inscrit aussi dans la même démarche de Chinua ACHEBE qui a parlé du «fardeau de l’écrivain noir». En effet, ACHEBE estime que, si dans l’Afrique soumise, il appartient à l’écrivain africain de s’attaquer à l’injustice coloniale, dans l’Afrique indépendante, l’écrivain doit continuer de dénoncer l’injustice partout où il la voit, même s’il s’agit d’une injustice commise par les Africains contre d’autres Africains : «Nous ne devons jamais renoncer à notre droit d’être traités comme des membres à part entière de la famille humaine. Nous devons aspirer à la liberté d’exprimer notre pensée et nos sentiments, même contre nous-mêmes, sans nous inquiéter de savoir si ce que nous allons dire risque d’être retenu comme une preuve contre notre race» dit ACHEBE. Dans ses conclusions, le Colloque de la Sorbonne du 19-22 septembre 1956, invitait au réalisme littéraire, l’artiste devant traduire l’originalité de l’identité africaine et faire de «la culture une puissance de libération et de solidarité, en même temps que le chant de notre intime personnalité».

 

Une légende, savamment entretenue par les mouvements maoïstes, veut que David DIOP, poète engagé, à la carrière littéraire très prometteuse, mais à la vie courte, ait produit des poèmes émouvants sur l’Afrique, sans jamais connaître le Sénégal. Cette fable s’appuie sur un des poèmes de David DIOP qui s’intitule «Afrique mon Afrique» et qui démarre ainsi «Afrique, je ne t’ai jamais connue». Par ailleurs, son poème, «J’ai la mémoire», a, peut-être, induit en erreur les spécialistes de la poésie : «Je n’ai pas oublié, ma mémoire n’est pas courte. (…) Ma mémoire est celle de mon peuple qui a souffert, tout le temps». Ainsi, Lilyan KESTELOOT a même accrédité cette idée de la méconnaissance de l’Afrique, en écrivant que «David Diop connaissait mal l’Afrique, ayant été élevé en France». Jacques CHEVRIER abonde également dans le même sens : «Longtemps éloigné de l’Afrique, David Diop n’en manifeste pas moins, son attachement profond à un continent dont il entend garder fidèlement la mémoire».
 
En réalité, David DIOP avait de solides attaches avec le Sénégal, dès sa naissance et même au moment de sa mort. Il était enseignant en Guinée, au moment de sa disparition au large de Dakar, il revenait de ses vacances à Paris, mais avec un voyage payé par son employeur. «David Diop savait l’Afrique par cœur, au plus profond d’elle-même, en ses sources vives, en son peuple, c’est-à-dire la vérité. Il la connaissait en sa fragilité et ses caricatures, avatars d’une Afrique vendue et exploitées aux marchés de l’Histoire» écrit l’éditeur.
 
David DIOP, dans ses poèmes, part en guerre contre l’aliénation culturelle qui aboutit à la dépersonnalisation, au mépris. Pour le colonisateur, ses sujets sont comme une forme de transparence : «Il n’y a pas personne» renchérit Bernard DADIE. Il fustige les valeurs de l’assimilation que lui oppose le Maître : «Nos ancêtres les Gaulois.
 
Très tôt orphelin de père, né pendant une période trouble et de guerre, de santé fragile, il a baigné dans une ambiance intellectuelle, et a été bien entouré par une mère-courage, ingénieuse et débrouillarde, ainsi qu’un beau-frère, Alioune DIOP l’éditeur de Présence africaine (Voir mon article). Par conséquent, David DIOP, est un poète au carrefour de plusieurs civilisations.
 
I – David DIOP, un poète au carrefour
de plusieurs civilisations.
 
David DIOP est né le 9 juillet 1927, à trois heures, au n°44, rue Fondège à Bordeaux, dans la Gironde, en France. Cette naissance a été dignement fêtée au Sénégal par la grand-mère maternelle, Mame Yandé N’DIAYE, qui appelait son petit-fils «Gorgui». Des prières ont été dites à la grande mosquée de Dakar. «Le nouveau-né était vigoureux. C’était un bébé gourmand qui ne cessait  de réclamer son biberon avant l’heure prescrite» écrit Maria DIOP dans sa biographie. Le 20 juillet 1927, Blaise DIAGNE, député du Sénégal, a adressé une lettre de félicitation à la famille pour cette naissance «Je renouvelle à Madame Diop, et à toi-même, nos affectueuses félicitations pour l’heureuse venue de votre enfant. Nous lui souhaitons, dans la vie, le meilleur des bonheurs en tout et pour tout» écrit DIAGNE. Deux mois après sa naissance, sa famille vient s’installer à Paris, au 32 rue des Ecoles, non loin de l’emplacement actuel de Présence africaine, dans un appartement loué par Lamine SENGHOR, un journaliste. Ce qui rythme la vie des parents ce sont les promenades aux jardins du Luxembourg ou des Plantes.
 
La mère de David DIOP, Maria Mandessi BELL (1896 - 1990), une protestante, une aristocrate descendante du roi Sawa, dynastie régnante à Douala depuis 1770, est une Camerounaise. Maria Mandessi BELL est la fille de David Mandessi BELL, décédé le 14 novembre 1936, et qui est le fils adoptif du roi N’dumbe Lobé. La biographie faite par Maria DIOP sur David, est dédiée au fondateur de Présence africaine «Alioune Diop a consacré sa vie, avec toute son âme, à la cause de l’Afrique, son pays. En créant, en 1947, la Revue culturelle Présence Africaine, il a donné la chance aux Africains noirs de pouvoir enfin écrire et s’exprimer» écrit Maria DIOP. Par conséquent, David DIOP porte le prénom de son grand-père maternel camerounais. Le palais des rois  Manga BELL, construit en 1904, surnommé «La Pagode», est situé dans le quartier administratif de Bonanjo, à Douala. Ce surnom de «Pagode» vient de l’écrivain français Louis FERDINAND DESTOUCHES, plus connu sous le nom de Céline, qui a séjourné à Douala entre 1916 et 1917, et qui le désigne ainsi dans son roman «Voyage au bout de la nuit». David Manga BELL, le grand-père paternel était le plus gros exportateur de bananes ; en raison de sa richesse, il avait envoyé sa fille, donc la mère de David DIOP, étudier en Allemagne. A cette mère courage qui va éduquer toute seule ses cinq enfants, David DIOP consacrera plus tard un poème intitulé «Fête des mères» :
«Celle qui brise la nuit pour le jour d’un enfant
Celle qui parcourut des siècles de sacrifices
Celle qui s’appelle douceur d’aimer,
C’est toi, maman
Celle qui me berce dans les soirs de caprice,
Celle qui souhaite la mort pour la vie d’un enfant
Celle qui s’appelle mon sac de patience
C’est toi, maman,
Celle qui s’élance à l’appel de mes peines,
Celle qui s’appelle Amour des autres
Celle qui s’illumine au bonheur d’un enfant
C’est toi, maman,
La Mère au regard de paix».
Le père de David DIOP s’appelle Mamadou Yandé DIOP, un ancien tirailleur sénégalais, un cousin du Président Léopold SENGHOR ; il avait la nationalité française. Après la guerre de 1914, Mamadou DIOP est venu travailler aux chemins de fer du Cameroun ; il y rencontra, Maria, la mère de David DIOP et l’épousa en secondes noces. Le père de David DIOP avait droit à un congé tous les deux ans, soit en France, soit au Sénégal. Le congé de 1927 tombait au moment où les parents de David DIOP séjournaient en France. Voila donc pourquoi David DIOP est né à Bordeaux, en France.
 
Contrairement à la légende entretenue, David DIOP a séjourné plusieurs fois, et dès son jeune âge, au Sénégal, où il a passé une bonne partie de son enfance jusqu’au 14 septembre 1938. A la fin de l’année 1927, la famille partit pour le Sénégal «A notre arrivée à Dakar, la grand-mère sénégalaise de David accouru, prit le bébé dans ses bras et pria. Ensuite, elle offrit des cadeaux, des pagnes et des gris-gris qu’elle noua autour du cou et des reins du bébé. Le climat de Dakar réussissait au petit David» écrit Maria DIOP. Par conséquent, quelques mois après sa naissance, David DIOP a séjourné, brièvement, avec ses parents au Sénégal. Puis, la famille repartit pour Douala, au Cameroun. A deux ans, David s’exprime bien, et il reçut en cadeau un vélo. A quatre ans, et pendant les congés des parents de 1931 et 1932, David DIOP est retourné avec ses parents au Sénégal, avec de fréquentes promenades à l’Ile de Gorée. David est circoncis par le docteur Joseph SENGHOR, et semble en être fier «Maman, je suis un homme maintenant» dit-il. David DIOP a été scolarisé au Sénégal, d’abord au jardin d’enfants du Cours secondaire de la rue Thiers devenue rue Assane N’Doye. C’est un élève appliqué, le père de David DIOP ayant rejoint son poste au Cameroun, David DIOP poursuit ses études à Dakar, et est inscrit au cours moyen. «Il travaillait aussi bien qu’il était bagarreur» écrit Maria DIOP.
 
Cependant, le père David DIOP (Mamadou Yandé DIOP) tombe malade au Cameroun ; il est rapatrié en France et y décède le 17 août 1935 ; notre futur poète n’avait à cette époque que 8 ans. Cet événement bouleverse la vie de David DIOP qui est confié à la famille d’Emmanuel DIAS. Il étudiera entre 1936 et 1938 au lycée Faidherbe, à Saint-Louis, avec l’aide d’Aimé PROM. Il a bonnes notes, et est passionné par le football.
 
Le 14 septembre 1938, la mère de David DIOP quitte le Sénégal avec ses cinq enfants, pour s’installer en France, à Nîmes, dans le Gard. David DIOP s’inscrit au lycée de Nîmes, fait du latin et du grec, travaille bien à l’école, mais il est également repéré comme un élève bagarreur. Il fréquentait l’Ecole du Dimanche Protestante et le Mouvement des Eclaireurs et a reçu sa première communion.
 
Il se passion toujours pour le football et rencontre, lors d’un entraînement, Raoul DIAGNE, le fils du député du Sénégal. Souffrant d’une ostéomyélite, David DIOP a été opéré trois fois de la jambe gauche ; la plaie de ces opérations ne s’était toujours pas cicatrisée en raison d’une fistule, la mère de David DIOP décide alors, en décembre 1943, de quitter Nîmes pour venir s’installer dans la région parisienne. Avec l’aide de Léopold Sédar SENGHOR, à l’époque professeur au lycée Marcellin-Berthelot, à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), la famille trouve, en décembre 1943, un appartement à Joinville-Le-Pont. En raison de la proximité des villes, le jeune David DIOP, à 18 ans, va fréquenter le lycée Marcellin-Berthelot où enseigne son oncle Léopold Sédar SENGHOR. Il forme avec des amis, pendant cette période de guerre, un mouvement de résistance contre l’ennemi allemand ; ce sont les prémices d’une conscience politique qui s’éveille.
 
A la Libération, en 1945, tout en poursuivant ses études, en seconde, au lycée Marcellin-Berthelot, David DIOP et sa famille viennent s’installer au n°32 de la rue des Ecoles, à Paris, dans le 5ème arrondissement, au Quartier Latin. Il obtient la première partie de son baccalauréat en candidat libre. En 1945, il va par la suite s’inscrire au lycée Louis Le Grand,  rue Saint-Jacques, à Paris, à quelques pas de chez lui. Elève studieux et passionné de philosophie, il obtient la deuxième partie de son baccalauréat avec mention, en juin 1945. Garçon sociable, David avaient beaucoup d’amis Africains et français.
 
En 1946, il entame des études en médecine, grâce à une bourse du Sénégal. Il noue une liaison avec une amie de la clinique, avec laquelle ils auront un enfant nommé Emmanuel, deuxième prénom de son frère Adrien. Pendant ses études David sera opéré en raison d’un abcès froid, et c’est durant son séjour à l’hôpital qu’il commence à écrire ses poèmes qui seront édités par Présence africaine en 1948, et en 1956 paraissent les «Coups de pilon». En raison de ces épreuves de la vie, David qui lisait beaucoup, s’aguerrit, mûrit et prend conscience de sa condition de colonisé «Il prenait une conscience des injustices commises par le colonialisme en Afrique Sa révolte était grande» écrit Maria DIOP.
 
Avec beaucoup de sollicitude et de délicatesse, Léopold Sédar SENGHOR venait chaque semaine rendre visite à la famille de David DIOP. Un jour, il se fit accompagner par un jeune Sénégalais du nom de Alioune DIOP que la sœur de David DIOP trouva «beau, élégant et surtout courtois». Le 5 novembre 1945, Alioune DIOP, le fondateur de «Présence Africaine», se marie à la deuxième sœur de David DIOP, Christiane DIOP. Leur premier fils, dénommé David également, sera parrainé par David DIOP. Christiane DIOP est la première Noire qui dirige, depuis 1980, une maison d’édition en France, «Présence Africaine», fondée par son mari en 1947. Il faut rappeler que David DIOP a trois sœurs et un frère : Suzanne, Christiane, Adrien et Thérèse. David DIOP a également un demi frère, Iwiyé Kalla Lobé (1917-1991), issu du premier mariage au Cameroun de sa mère, Maria Mandessi BELL. Ce demi-frère, journaliste, marié à une Princesse, a été le secrétaire particulier du roi Sawa, Alexandre DUALA-MANGA-BELL et administrateur du Festival mondial des Arts Nègres en 1966 et en 1977. C’est à ce demi-frère que David DIOP consacrera, plus tard, un poème «Ensemble», dans son recueil «Coups de pilon».
 
Par conséquent, David DIOP fréquente un monde littéraire et artistique qui aura une forte influence sur notre futur poète : Léopold Sédar SENGHOR, son oncle qui a été son professeur ; Alioune DIOP son beau-frère, éditeur et sénateur du Sénégal, ainsi que les amis de celui-ci. On citera, dans l’entourage de Alioune DIOP notamment Aimé CESAIRE, Jean-paul SARTRE, Michel LEIRIS, Théodore MONOT, fondateur de l’I.F.A.N., Léon GONTRAN-DAMAS, Bernard DADIE etc.
 
D’une santé fragile, David DIOP subira, en 1950, une cinquième opération, l’ablation du poumon gauche. David abandonne ses études de médecine. Après la convalescence, David DIOP abandonna la médecine pour s’inscrire en licence de lettres, à Grenoble, dans l’Isère. Il rencontre une cousine sénégalaise Virginie CAMARA et se marie en été 1952. Le témoin du mariage sera Alioune DIOP. Le couple va s’installer à Montpellier, dans l’Hérault, et aura trois enfants : David Mamadou, Pierre Gaspard Ismaël et Maryandé. Après sa licence à Grenoble, David vient s’installer, avec son épouse à la Cité Universitaire d’Antony, dans les Hauts-de-Seine, près de Paris, pour préparer le Diplôme d’études supérieures et ensuite l’agrégation. Une intervention chirurgicale sera nécessaire une sixième fois.
David DIOP, après ses études, obtient, en 1957, un poste d’enseignant de Lettres classiques, au Lycée Maurice Delafosse, à Dakar, au Sénégal. David DIOP se sépare de son épouse Virginie CAMARA. Au Sénégal, au départ, il est hébergé par des membres de sa famille, puis l’administration lui alloue un logement de fonction à la Fleurus, à Dakar. C’est à ce moment que David DIOP, membre du Mouvement de la Jeunesse sénégalaise pour l’Indépendance d’obédience communiste, rencontre Yvette MEISIREL, une secrétaire. Durant cette période, David DIOP adhère au Mouvement de la Jeunesse sénégalaise pour l’Indépendance. En 1958, la Guinée de Sékou TOURE qui a dit «Non» à la France, est devenue indépendante et recherche des enseignants africains. A l’appel du Parti africain de l’indépendance (PAI), le jeune David DIOP quitte précipitamment le Sénégal pour la Guinée ; il est affecté à l’école normale de Kindia. Dans une lettre adressée à Alioune DIOP, son beau-frère, et reproduite dans «Coups de pilon» David DIOP justifie sa décision de partir en Guinée : «Je pars pour la Guinée au début de la semaine prochaine en compagnie de Abdou Moumouni, de Joseph Ki-Zerbo et quatre autres professeurs africains. Comme je l’ai écrit, il est des cas où celui qui se prétend intellectuel ne doit plus se contenter de vœux pieux et de déclaration d’intention mais donner à ses écrits un prolongement concret. Seule, une question de famille m’a fait hésiter quelque temps ; mais après mûre réflexion, ce problème ne m’a pas paru être un obstacle à mon départ ». C’est à Conakry, la capitale de la Guinée, qu’aura lieu, à Conakry, la cérémonie de son deuxième mariage avec Yvette qui lui donnera deux enfants : Christiane Aminata, François Alioune Massamba. David DIOP produit en Guinée une étude «Autour de la Réforme de l’Enseignement en Guinée». Il estime que le régime colonial, «reposant sur l’exploitation économique et la falsification historique», est fondé sur l’assimilation. Le colonisateur a toujours fait primer ses valeurs sur celles du colonisé : «Hypocrisie donc que de parler de symbiose de civilisations, de profits réciproques dans une communauté dont les universités ignorent jusqu’aux noms de nos grands penseurs et passent sous silence l’histoire de nos empires. Seuls peuvent s’en accommoder les tenants d’un cosmopolitisme culturel habillé d’oripeaux exotiques».
Chaque année, David DIOP a droit à un congé. Pour les vacances scolaires de 1960 et en pleine crise de la Fédération du Mali, il a choisi d’aller à Paris avec Yvette ; son beau-frère Alioune DIOP a prêté son appartement. Il confie à sa mère, restée à Dakar, ses jeunes enfants.
 
Le 29 août 1960, sur le chemin de retour sur le Sénégal, l’avion de David DIOP pris dans une tornade sombre en face des Almadies, au large de Dakar. 52 des 63 corps seront repêchés, dont celui de David DIOP qui est inhumé au cimetière catholique de Bel-Air, à Dakar.
 
Disparu à l’âge de 33 ans, avec son épouse, David DIOP père de 6 enfants, nous a légué un merveilleux recueil de poèmes intitulé «Coups de pilon» nous révélant un poète engagé et révolutionnaire. Dans «A une danseuse noire», DIOP chante l’Afrique comparée à une femme désirable, avec une grande sensualité, à l’assaut des chimères : «Négresse, ma chaude rumeur d’Afrique, ma terre d’énigme et mon fruit de raison, tu es danse pour la joie nue de ton sourire. Par l’offrande de tes seins et tes secrets pouvoirs, tu es danse par les légendes d’or des nuits nuptiales, par les temps nouveaux et le rythmes séculaires. Tu es l’idée du Tout et la voix de l’Ancien. Lancée grave à l’assaut des chimères, tu es le verbe qui explose, en gerbes miraculeuses sur les côtes de l’oubli».
II - David DIOP, poète engagé et révolutionnaire
 
Si David DIOP a subi l’influence des aînés, il s’en est vite dégagé ou à tout le moins, il a rejeté certaines influences pour ne garder que les bonnes qui ont contribué à donner à son art une grande résonance parmi les jeunes intellectuels africains. Il s’est très vite affirmé contre son oncle et professeur Léopold Sédar SENGHOR, sans outrance de langage, en s’engageant dans la poésie militante et en abandonnant à d’autres élites le soin, de ce que Amady Aly DIENG appelle, «les exercices de style et les discussions formelles».
 
Si Léopold Sédar SENGHOR vénère la langue française, au point même de la considérer comme la langue des dieux, David DIOP estime que cette langue n’est qu’un moyen d’expression provisoire, imposé provisoirement par la réalité coloniale et historiquement condamné. En effet, il existe une différence fondamentale entre la poésie de David DIOP et celle de SENGHOR. David DIOP est le poète de la radicalité qui a opté pour une démarche contestataire que certains qualifient de «révolutionnaire». Ce qui signifie que la poésie n’est pas seulement une parole esthétique, mais essentiellement une parole privilégiée qui consacre la liberté du poète. Ce qui fait dire à Théophile OBENGA que la poésie révolutionnaire de David DIOP «est un procès, c'est-à-dire une entreprise soutenue par la liberté et la générosité du poète, entreprise qui va au-delà de la dénonciation du poète d’un état de fait, au simple écoeurement faces aux blessures profondes qui arrosent la terre d'Afrique».
Pour David DIOP la poésie est un engagement et une incarnation, c’est une force qui se libère en libérant ; cette force libre qui libère, David DIOP en donne pleinement la mesure dans l’engagement révolutionnaire de ses poèmes. Dans tous ses écrits, David DIOP lutte pour la fin du régime colonial, et considère comme indispensable la renaissance des cultures nationales. Par conséquent, contrairement à la démarche de Léopold Sédar SENGHOR et des tenants de la position assimilationniste, le combat n’est pas seulement culturel, c’est une lutte de libération. David DIOP est un partisan fervent de la Négritude, mais il a pris une voie radicalement différente de son oncle SENGHOR. Il a magnifié l’Afrique traditionnelle, «l’Afrique des fiers guerriers». Ecoutez ce chant bouleversant qui s’intitule «Afrique, mon Afrique» :
«Afrique mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t`ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de I` esclavage
L`esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l’humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
Splendidement seul au milieu des fleurs
Blanches et fanées
C’est I` Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L’amère saveur de la liberté».
David DIOP est le poète de l’avenir qui refuse l’assimilation et l’africanisme stérile. Dans cette perspective, la Négritude est un puissant outil sur le chemin de la redécouverte de soi. Il va même jusqu’à se moquer ouvertement des assimilationnistes, proche des idées de CESAIRE, il manifeste, avec énergie, son engagement littéraire, dans son poème Le Rénégat : «Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite. Mon frère aux lunettes d’or, sur tes yeux rendus bleus par la parole du Maître, mon pauvre frère au smoking à revers de soie, piaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendance, tu nous fais pitié». Ruth SIMMONS estime, à propos de David DIOP : "qu’il s’agisse d’un poème qui exprime son amour respectueux de la femme africaine, ou d’une attaque cinglante contre l’impérialisme et l’inhumanité yankee, qu’il s’agisse d’une attaque mordante contre le Noir assimilationniste ou d’un appel émouvant à l’action, la voix de David Diop est infailliblement celle d’un poète africain qui plaide pour la cause de son peuple".
En effet, David DIOP magnifie les grandes figures africaines : «Je vois Soundiata l’oublié, et Chaka l’indomptable, enfouis au fond des mers avec les contes de soi et de feu, je vois tout cela» écrit-il dans «le Nègre clochard». Il rend hommage aux Ancêtres : «J’aiguise pour les sillons futurs. Pour toi, nous referons Ghana et Tombouctou, à grands coups de pilons sonores» écrit-il dans «Le Nègre clochard». La femme aimée symbolise l’Afrique, et elle participera, un jour à l’émancipation de ce continent : «Me plaît ton regard fauve. Et ta bouche à la saveur de mangue. Ton corps est le piment noir qui fait chanter le désir. Rama Kam». David DIOP témoigne sa grande solidarité avec tous les peuples opprimés : «Je pense au Vietnam couché dans la rizière, au forçat du Congo, du lynché d’Atlanta. Entendez-vous bruire la sève souterraine ? C’est la chanson des morts, la chanson qui porte aux jardins de la vie» écrit-il «L’Agonie des chaînes». David DIOP chante dans ses poèmes l’espoir et l’espérance, la liberté pour ceux qui sont encore dans les chaînes : «De l’esclave d’hier, un combattant est né. Et le docker de Suez, et le Coolie d’Hanoi. Tous ceux qu’on intoxiqua de fatalité lancent leur chant immense au milieu des vagues, les vagues furieuses de la liberté, qui claquent, qui claquent sur la Bête affolée» écrit-il dans «Vagues». Un mouvement s’est levé, celui de la marche vers la dignité : «C’est de l’Aurore, le signe fraternel qui viendra nourrir le rêve des hommes» écrit dans «Ecoutez camarades !».
 
Les héros africains, comme Soundiata KEITA ou Chaka, sont invoqués pour combattre l’injustice. David DIOP est un champion de la poésie de la libération humaine, dans «L’agonie des chaînes» :
«Et des savanes aux jungles
Nos mains crispées dans l’étreinte de combat
Montrent à ceux qui planent dans les élites de l’avenir
Dimbokro Poulo Condor
Entendez vous bruire la sève souterraine,
C’est la chanson des morts
La chanson qui nous porte aux jardins de la vie».
Dans son engagement et son militantisme, David DIOP est resté fidèle à Aimé CESAIRE ; le poète doit donner le meilleur de lui-même ; ce que CESAIRE appelle «l’authenticité». Dans les traditions africaines, les griots, par leur parole et leur chant, galvanisent les énergies des guerriers, symboles de la vertu et de l’honneur. Or justement les chants de David DIOP évoquent un jeu admirable et sincère, le chant du poète populaire, son dynamisme et son caractère éminemment instructif. L’Afrique que chante David DIOP, est une Afrique déterminée, souffrante et brûlée par les années, victime de l’exploitation étrangère.
David DIOP a produit un poème symbolique, «Les Vautours» qui est une violente dénonciation de la colonisation de l’Afrique, des souffrances des Africains, mais avec un espoir de libération. Le colon est désigné, sous la métaphore de «Vautours» :
«En ce temps-la
A coups de gueule de civilisation,
A coup de gueule d’eau bénite sur les fronts domestiqués
Les vautours construisaient à l’ombre de leurs serres
Le sanglant monument de l’ère tutélaire
En ce temps – là
Les rires agonisaient dans l’enfer métallique des routes
Et le rythme monotone des Pater-Noster
Couvrait les hurlements des plantations à profit
O le souvenir acide des baisers arrachés
Les promesses mutilées au choc des mitrailleuses
Hommes étranges qui n’étiez pas des hommes
Vous saviez tous les livres, vous ne saviez pas l’Amour
Et les mains qui fécondent le ventre de la terre
Les racines de nos mains profondes comme la révolte
Malgré nos chants d’orgueil au milieu des charniers
Les villages désolés, l’Afrique écartelée
L’espoir vivant en nous comme une citadelle
Et des mines du Swaziland à la sueur lourde
Des usines d’Europe
Le printemps prendra chair sous nos pas de clarté.»
On sent à travers ces passages un des thèmes majeurs de la poésie de David DIOP : la colère que certains qualifient de haine. Cette colère, suivant des théories élaborées par les psychologues, serait un facteur de stabilisation de la personnalité de l’opprimé. En effet, l’opprimé développe ses propres mécanismes de défense contre le mépris du Blanc, et il attaque ce dernier en portant atteinte à sa fierté raciale. L’objet de la colère est le Mal, et non pas le Blanc en tant que tel. David DIOP préfère qu’on meure «noblement» et qu’on affronte «l’ennemi commun».
 
Par conséquent, David DIOP ne rejette pas en bloc la culture occidentale. Dans sa conception de la Négritude ; David DIOP veut arracher à l’homme blanc la reconnaissance de la spécificité de la culture noire ; il ne se contente pas d’exiger la reconnaissance de l’homme noir lui-même, c’est-à-dire l’acceptation de sa différence. David DIOP est habité par la tolérance, l’altérité ainsi que le souci de nouer le dialogue avec l’autre, pour une rencontre fructueuse «Derrière son dire poétique surgit autrui : sa parole ne porte pas sur autrui, elle ne décrit pas autrui, mais elle s’adresse à autrui comme liberté, sollicite autrui comme liberté. David Diop jouit d’une connaissance intime de la littérature orale africaine, sait que le verbe africain est accueil, dialogue, hospitalité : du coup, il ne cherche pas à circonscrire autrui, mais au contraire appelle autrui à se manifester dans sa vérité. Un tel appel invite immédiatement au dialogue.» écrit Amady Aly DIENG.
 
David DIOP, dans sa poésie militante qui révèle un cri de douleur et un sentiment de révolte, s’est préoccupé des déshérités, de «celui qui a tout perdu»
«Le soleil brillait dans ma case
Et mes femmes étaient belles et souples
Comme des palmiers sous la brise des soirs
Mes enfants glissaient sous le grand fleuve
Aux profondeurs de la mort
Et mes pirogues luttaient avec les crocodiles
La lune, maternelle, accompagnait nos danses
Le rythme frénétique et lourd du tam-tam
Tam-tam de la joie, tam-tam de l’insouciance,
Au milieu des feux de la liberté ».
Puis un jour, le Silence,
Les rayons de soleil semblèrent s’éteindre
Dans ma case vide de sens
Mes femmes écrasèrent leurs bouches rougies
Sur les lèvres minces et dures des conquérants aux yeux d’acier
Et mes enfants quittèrent leur nudité paisible
Pour l’uniforme de fer et de sang
Votre voix s’est éteinte aussi
Les fers de l’esclavage ont déchiré mon cœur
Tam-tams de mes nuits, tam-tams de mes pères.»
 
En définitive, dans sa poésie du refus de la soumission, David DIOP exhorte à la transformation sociale à travers les thèmes traités : nostalgie, tentative de ressourcement, tout est matière à réflexion. Il appelle à la prise de conscience, à l’affirmation de l’identité africaine, à la révolte et à l’action. «Où étiez-vous quand je souffrais, quand je cherchais la vérité, entendez-vous la vérité, vous dansiez sous la paille de rire ?» écrit-il. DIOP invoque le passé glorieux de l’Afrique, berceau de civilisation (Ghâna, Tombouctou, Congo), et magnifie les peuples africains (les bantous, les Soudanais, les Guinéens, les Togolais). Il est féministe, la femme, qu’elle soit mère, sœur, épouse ou bien aimée, chanteuse ou danseuse, est actrice de la révolution. La femme africaine, symbolisant son continent, digne d’être aimée, belle, forte et féconde, a été corrompue par le système colonial. Il examine les différentes postures de l’homme noir, qu’il soit compagnon de route dans la lutte pour la libération de l’Afrique, martyre, ou renégat, qu’il soit enfant ou adulte, nègre des bars, clochard ou héros d’épopée. Mais c’est une poésie optimiste, pleine de promesses d’avenir, pour la Renaissance africaine, en vue de la conquête de la liberté, dans la dignité. Aussi, invite les Africains à la reconstruction d’une nouvelle Afrique : «Pour toi nous referons Ghâna et Tombouctou» Ses poèmes sont un puissant antidote contre l’afro-pessimisme : «Nous referons l’Afrique et ses purs cris d’amour à travers les savanes, l’Afrique qui s’éveille au chant puissant de l’Avenir». Hamidou DIA a rendu hommage à DIOP : «Nous devons approfondir la pensée et l’action de cet homme qui, dans la clameur et la confusion des années d’indépendance, sut garder intacte sa volonté de progrès. Son compagnonnage nous est utile en périodes troublées mais porteuses de nouvelles espérances» écrit-il.
Bibliographie sélective sur David DIOP
 
1 – Contribution de David Diop
 
DIOP (David), «Autour de la réforme de l’enseignement en Guinée», Présence africaine, décembre 1959, janvier 1960, n°29, pages 105-108 ;
 
DIOP (David), «Contribution au débat sur la poésie nationale», Présence africaine, février-mars 1956, n°6, pages 113-115 et Présence africaine, 2002, n°165-166, page 247-249 ;
 
DIOP (David), «Le temps du martyr», Présence africaine, janvier 1948, n°2, page 235 ;
 
DIOP (David), «Rythmes et chants d’Afrique», Présence africaine, 1949, n°7, page 235 ;
 
DIOP David, Coups de pilon, Paris, Présence Africaine, 2008, 5ème édition, 83 pages.
 
2 – Critiques de David Diop
 
ACHEBE (Chinua), «Le fardeau de l’écrivain noir», Présence africaine, 3ème trimestre 1966, n°59, pages 142-147 ;
 
Anonyme, «David Diop est mort», Présence africaine, Nouvelle série, juin-septembre 1960, n°32-33, page 216 ;
 
Anonyme, «En mémoire d’un poète trop tôt disparu, à ma mère», Présence africaine, Nouvelle série, juin-septembre 1960, n°32-33, page 139 ;
 
ARAGON (Louis), Journal d’une poésie nationale, Lyon, Les Ecrivains réunis, Armand Henneuse, 1954, 163 pages ;
 
BRODESKY (Richard, L.), «Poetry and History in David Diop’s «Coups de Pilon», South Atlantic Bulletin, Novembre 1974, Vol 39, n°4, pages 121-125 ;
 
CAMARA (Sana), La poésie sénégalaise d'expression française, 1945-1982, Paris, L'Harmattan, 2011, 201 pages, spéc pages 119-214 ;
 
CESAIRE (Aimé), «L’homme de culture et ses responsabilités», Présence africaine, février-mai 1959, n°24-25, pages 116-122 ;
 
CESAIRE (Aimé), «Réponse à Depestre, poète haïtien, éléments d’un art poétique», Présence africaine, n°1-2, avril-juillet 1955, pages 113-115 et in La Poésie, Paris Seuil, 1994,  «Le verbe marronner. À René Depestre, poète haïtien» ;
 
CESAIRE (Aimé), «Sur la poésie nationale», Présence africaine, 2002, n°165-166, pages 221-223 ;
 
CHEVRIER (Jacques), Anthologie africaine d’expression française, Paris, Hâtier, collection Monde noir, 2002 et 2007, vol 2, La poésie, 1994, 221 pages, spéc pages 40-46 ;
 
DADIE (Bernard), «Le fond importe plus», Présence africaine, 2002, n°165-166, pages 251-253 ;
 
DEPESTRE (René), «Points de vue sur la poésie nationale», Présence africaine, 2002, n°165-166, pages 259-269 et «Réponse à Aimé Césaire», pages 225-242  ;
 
DIA (Hamidou), «Le verbe supplicié de David DIOP (1927-1960)», in Xalisman.com du 31 août 2010 ;
 
DIA (Hamidou), éditeur scientifique, Poètes d’Afrique et des Antilles d’expression française : de la naissance à nos jours, anthologie, Paris, La Table Ronde, 2002, 523 pages ;
 
DIA (Hamidou), Poésie africaine et engagement, en hommage à David Diop, Paris, L’Harmattan, 2009, 154 pages, spéc pages 97-136 ;
 
DIALLO (Amadou), «Coups de pilon de David DIOP ou l’espoir d’un renouveau africain», in Ethiopiques, 1er semestre 2011 ;
 
DIENG (Amady Aly), «Hommage à David DIOP», in Les étudiants africains et la littérature négro-africaine d’expression française, Michigan State University, African Books, 2009, 166 pages, spéc  pages 117 à 126 ;
 
DIOP (Christiane, Yandé), «Allocution au colloque international Alioune Diop», Présence africaine, 1er et 2ème semestre 2010, n°181-182, pages 35-37 ;
 
DIOP (Maria), Biographie de David Léon Mandessi DIOP, Paris, Présence Africaine, 1980, 36 pages ;
 
HAMMOUTI (Abdallah) ; «Coups de pilon de David DIOP ou la poésie militante», in Ethiopiques n°76, 1er semestre 2006 ;
 
IYE (Kala, Lobé), Duala Manga Bell : un héros de la résistance Douala, Paris, ABC (Afrique Biblio Club), Dakar, Abidjan, N.E.A, collection «Les Grandes figures africaines», 1977, 109 pages ;
 
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M’PONDO (Simon), JONES (Frank), traducteurs et éditeurs, Hammer Blows and Others Writings. David Diop, Bloomington, Indiana Press, 1973, 88 pages ;
 
MAKOUTA-MBOUKOU (Pierre), Les grands traits  de la poésie négro-africaine : historiques poétiques significations, Abidjan, Dakar, Lomé, N.E.A, 1985, 347 pages ;
 
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MIDIOHOUAN (Guy Ossito), «La résurrection de David Diop», Peuples Noirs, Peuples africains, 1983, Vol 6, n°35, pages 86-90 ;
 
MOURALIS (Bernard), «L’évolution du concept de littérature nationale en Afrique», Research in African Literatures, automne 1987, Vol 18, n°3, pages 272-279 ;
 
MPONDO (Simon), «David Mandessi Diop : An Assessment», Présence africaine, 3ème trimestre 1970, n°75, pages 97-107 ;
 
NDIADE (Mama, Yatassaye), David Diop et la poésie engagée, mémoire de maîtrise sous la direction de Didier Béatrice, Université de Paris VIII, 1973, 55 pages ;
 
NGWE (Raphaël), «Poésie africaine et écriture de l’histoire», Pour la Poésie, 2016, 480 pages, spéc pages 237-258 ;
 
OBENGA (Théophile), «Hommage à David Diop», Présence africaine, Nouvelle série, 1966, n°57, pages 49-52 ;
 
OBENGA (Théophile), «La signification révolutionnaire de la poésie de David DIOP», in Les étudiants africains et la littérature négro-africaine, spéc  pages 115-122 ;
 
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SAPIRO (Gisèle), «La politique littéraire nationale d'Aragon : de la “contrebande poétique” au CNE», in Mireille Hilsum, Carine Trévisan, Maryse Vassevière (sous la direction de), Lire Aragon, Paris, Champion, 2000, spéc pages 311-329 ;
 
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SENGHOR (Léopold, Sédar), Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, préface de Jean-Paul Sartre, Paris, P.U.F., 2015, 276 pages, spéc pages 173 ;
 
SIMMONS (Ruth), «La pertinence de la poésie de David Diop pour les jeunes Noirs aux Etats-Unis», Présence africaine, Nouvelle série, 3ème trimestre 1970, n°75, page 91-96 ;
 
Société de Culture Africaine, David DIOP – 1927 – 1960, témoignages, études, Paris, Présence Africaine, 1983, 412 pages ;
 
WADE (Amadou, Moustapha), «Autour d’une poésie nationale», Présence africaine, n°165-166, pages 247-249 ;
 
YESUFU (Abdul, R.), «L’espoir vivait en nous : David Diop and the Poetry of Hope», New Literature Review, 1988, n°16.
Paris, le 20 octobre 2018, par M. Amadou Bal BA, baamadou.over-blog.fr/
«La vie d’un Sénégalais illustre : David DIOP (Bordeaux 9 juillet 1927 – Dakar, 29 août 1960), poète engagé», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.
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