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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 16:01

"Projet de charte de formation" par Amadou Bal BA.

PREAMBULE :

 

Les collectivités territoriales sont confrontées à un environnement en perpétuelle évolution, notamment l’exigence accrue d’un service public de qualité, les effets de la réforme des retraites sur l’allongement de la durée de vie au travail, la contrainte budgétaire, la modernisation des services municipaux, la gestion et le développement de projets complexes. Ces évolutions requièrent une employabilité des agents tout au long de leur carrière professionnelle, ainsi qu’une gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences.

 

La formation est l’un des outils de gestion des ressources humaines permettant d’améliorer la qualité du service rendu à la population par l’acquisition, le maintien, le développement et la valorisation des compétences des agents.

 

 

ARTICLE 1er : Dispositions générales.

 

La présente charte précise et complète, dans le domaine de la formation, les droits et obligations des agents tels qu’ils sont énoncés par la réglementation en vigueur, ainsi que le règlement intérieur du personnel.

 

L’objectif de cette charte est de permettre, à chaque agent, de mieux connaître ses droits et ses obligations en matière de formation, les différentes actions de formation auxquelles il peut prétendre ainsi que leurs conditions et modalités d’exercice.

 

ARTICLE 1er : Cadre juridique de la charte

 

Les textes législatifs et réglementaires de référence, en matière d’action de formation sont, notamment :

-        La loi n°83-634 du 13 juillet 1983, modifiée, portant droits et obligations des fonctionnaires, notamment ses articles 21 et 22 ;

-        La loi n°84-53 du 26 janvier 1984 modifiée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, notamment son article 57 – 6°, 6° Bis, 6° Bis et 7° ;

-        La loi n°84-594 du 12 juillet 1984 modifiée, relative à la formation des agents de la fonction publique territoriale et complétant la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 susmentionnée ;

-        La loi n°2007-148 du 2 février 2007, modifiée, de modernisation de la fonction publique, notamment ses articles 1 à 9 sur la formation professionnelle des agents publics tout au long de la vie ;

-        La loi n°2007-209 du 19 février 2007, modifiée, relative à la fonction publique territoriale notamment ses articles 1 à 7 sur la formation professionnelle des agents territoriaux

-        L’article 221-1 du Code de la route (différents permis de conduire de véhicules ou d’engins) ;

-        Le Code général des collectivités territoriale, notamment son article L. 412-54 (formation des policiers municipaux) ;

-        Le Code de l’action sociale et des familles, notamment ses articles R. 227-12 et suivantes ;

-        Le décret n°85-552 du 22 mai 1985, relatif à l’attribution aux agents de la fonction publique territoriale de congé pour formation syndicale ;

-        Le décret n°85-603 du 10 juillet 1985, modifié, relatif à l’hygiène et à la sécurité au travail, ainsi qu’à la médecine professionnelle et préventive dans la fonction publique territoriale, notamment son titre II, articles 6 à 9 (formation en matière d’hygiène et de sécurité) ;

-        Le décret n°88-1056 du 14 novembre 1988, pris pour l’exécution des dispositions du livre II Code du travail (titre III hygiène, sécurité et conditions de travail) en ce qui concerne la protection des travailleurs dans les établissements qui mettent en œuvre des courants électriques), notamment son article 46 qui prescrit une obligation de «formation suffisante»  et son article 56 formation en premiers soins ;

-        Le décret n°2006-1391 du 17 novembre 2006, portant statut particulier du cadre d’emplois des agents de police municipale, notamment son article 5 alinéa 2 (6 mois de formation obligatoire en début de stage) ;

-        Le décret n°2007-1340 du 11 septembre 2007, relatif à la qualification initiale et à la formation continue des conducteurs de certains véhicules affectés aux transports routiers de marchandises ou de voyageurs, notamment ses articles 8 à 12 ;

-        Le décret n°2007-1845 du 26 décembre 2007, relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie professionnelle des agents de la fonction publique territoriale ;

-        Le décret n°2008-512 du 29 mai 2008, relatif à la formation statutaire obligatoire des fonctionnaires territoriaux (formation d’intégration et de professionnalisation) ;

-        L’arrêté interministériel du 3 mai 2002 relatif à la formation préalable à la prise de fonction et à la formation continue des A.C.M.O (agents de prévention) dans la fonction publique territoriale ;

-        L’arrêté du 9 février 2007 fixant les titres et diplômes permettant d’exercer les fonctions d’animation et de direction en séjour de vacances, en accueils sans hébergement et en accueil de scoutisme ;

-        La délibération du conseil municipal en date du 19 décembre 2007 relative aux indemnités de déplacement du personnel communal ;

-        Le règlement intérieur du personnel validé par la délibération n°2 du  conseil municipal du 24 octobre 2012, et par la délibération du conseil d’administration du CCAS du 25 octobre 2012.

 

Cette liste n’est pas exhaustive, les statuts particuliers des différents cadres d’emplois devant également être pris en considération.

 

ARTICLE 3 : Les bénéficiaires du droit à la formation.

 

D’une manière générale, tous les agents, quel que soit leur statut (titulaire ou non titulaire, indiciaire ou horaire, à temps complet ou non-complet), bénéficient d’un droit à la formation.

 

Il est précisé que certaines formations, par leur nature, ne concernent que certaines catégories d’agents, exemple les formations d’intégration, de professionnalisation ou les formations initiales. Les agents stagiaires ne peuvent pas suivre les formations facultatives.

 

Cependant, il appartient à la collectivité, en application du principe de libre administration et conformément à la réglementation en vigueur, de fixer la priorité, quant aux départs en formation. 

 

Dans tous les cas, les départs en formation facultative sont subordonnés aux nécessités de service. Pourront également être prises en compte les orientations dégagées dans le plan de formation de la collectivité et ses disponibilités budgétaires.

 

ARTICLE 4 : La formation d’intégration.

 

Cette action de formation obligatoire vise à l’acquisition des connaissances relatives à l’environnement territorial dans lequel les agents exercent leurs missions. Elle n’entre pas dans le cadre du droit individuel à la formation.

 

La formation d’intégration est dispensée au cours de la première année qui suit la nomination du fonctionnaire dans son cadre d’emplois, y compris les agents dispensés de stage de catégorie C, et dure 5 jours, pour tous les cadres d’emplois.

 

La titularisation est subordonnée au respect de l’obligation de suivi de cette formation.

 

Toutefois, une dispense, totale ou partielle, peut être accordée, compte tenu des formations en adéquation avec les missions définies par le statut particulier de l’agent, des bilans de compétences, de l’obtention d’un diplôme d’Etat ou expérience professionnelle d’au moins de 3 ans. La demande de dispense peut être présentée au CNFPT, par l’autorité territoriale, après concertation avec l’agent.

 

Les policiers municipaux sont, eux, à un dispositif spécial énoncé à l’article 7 de la présente charte.

 

Par ailleurs, cette formation d’intégration ne concerne pas les agents recrutés par promotion interne.

 

ARTICLE 5 : La formation de professionnalisation, individualisée.

 

La formation obligatoire, individualisée, vise à assurer l’adaptation des agents l’évolution de leur emploi et le maintien à niveau de leurs compétences. Elle intervient, pour les agents statutaires, à différents niveaux :

 

-        Premier emploi,

La formation est suivie, le cas échéant, après la formation d’intégration, dans les deux ans qui suivent la nomination dans le cadre d’emplois. Elle dure stage entre 5 et 10 jours pour les catégories A et B, et entre 3 jours et 10 jours pour les catégories C.

 

-        Tout au long de la carrière,

La formation est, pour tous les agents statutaires, d’une durée de 2 à 10 jours, par période de 5 ans. La première période débutant à l’issue du délai de 2 ans, au terme duquel la formation de professionnalisation au premier emploi doit être achevée.

 

-        Suite à l’affectation sur un poste à responsabilité :

 

La formation intervient, dans les 6 mois suivant l’affectation sur un poste à responsabilité : emplois fonctionnels, emplois comportant des fonctions de direction, d’encadrement, assortis de responsabilités particulières, éligibles à la NBI en vertu de l’article 1er de l’annexe du décret n°2006-799 du 3 juillet 2006 ; emplois déclarés comme « postes à responsabilités », par l’autorité territoriale après avis du C.T.P.

 

La durée de cette formation est comprise entre 3 et 10 jours, selon les emplois.

Le fonctionnaire qui suit une telle formation est dispensée, pour la période en cours, de la formation de professionnalisation tout au long de la carrière. Une telle période de formation de professionnalisation, toute au long de la carrière, débute à l’issue des 6 mois.

 

Des dispenses totales ou partielles, de formation peuvent être accordées par le CNFPT aux fonctionnaires ayant accompli des formations professionnelles en adéquation avec leurs missions définies par le statut particulier ou des bilans de compétences. Les demandes de dispense sont présentées au CNFPT par la collectivité, après concertation avec les fonctionnaires concernés.

 

Des dispenses, totales ou partielles, de formation de professionnalisation au 1er emploi, peuvent également être accordées aux fonctionnaires justifiant d’une formation sanctionnée par un titre ou un diplôme reconnu par l’Etat ou d’une expérience professionnelle d’au moins 3 ans.

 

Les policiers municipaux sont, eux, soumis à un dispositif spécial énoncé à l’article 7 de la présente charte.

 

ARTICLE 6 : Les formations obligatoires résultant du Code du travail.

 

La collectivité doit assurer une formation à la sécurité générale, des formations techniques spécifiques liées aux postes de travail ou aux matériels utilisés, une formation particulière pour les membres du comité d’hygiène et de sécurité. Cette obligation peut prendre plusieurs formes :

 

-        Une habilitation électrique (art 4544-9 et R 4544-11 du Code du travail): l’agent reçoit une formation avant l’habilitation qui n’a pas pour but d’enseigner l’électricité, mais de faire comprendre les risques encourus ainsi  que les méthodes à acquérir pour les prévenir ; un avis médical auprès du médecin de travail est requis avec des points de vigilance sur les  troubles musculo-squelettique, les problèmes cardiovasculaires et les problèmes visuels en particulier ; le titre d’habilité est délivré par l’autorité territoriale ;

 

-        Une formation pour les certificats d’aptitude à la conduite en sécurité (C.A.C.E.S.), pour la conduite d’engins mobiles, automoteurs de chantiers (durée maximale de 10 ans) et d’équipement de levage (durée maximale de 5 ans) ; cette exigence requiert, un examen d’aptitude médicale réalisée par le médecin du travail, un contrôle des connaissances et du savoir-faire du conducteur pour la conduite en sécurité et une connaissance des lieux et des instructions à respecter.

 

-        Une formation pour l’assistant de prévention (ex ACMO) – 3 jours préalable avant la prise de fonction, une formation minimale de 2 jours à l’issue de la 1ère année et d’un jour par an, les années suivantes ;

 

-        La présence d’un sauveteur secouriste du travail, avec un recyclage tous les 24 mois, est obligatoire dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux ou dans chaque chantier occupant 20 personnes, au moins, pendant plus de 15 jours, où sont effectués des travaux dangereux (article R 4224-15 du Code du travail). Le rôle du sauveteur est de pouvoir porter assistance à toute victime d’un accident du travail ou d’un malaise, dans l’attente de secours spécialisés. Leur formation est régulièrement mise à jour.

 

-        Les équipiers d’intervention incendie (article R 4227-39 du Code du travail) ; ils interviennent quand l’incendie se déclenche et avec trois niveaux de qualifications : pour l’ensemble du personnel, chaque agent doit être en mesure de combattre tout départ d’incendie, les équipiers de 1ère intervention avec une formation plus complète sur la démarche coordonnée d’intervention, et les équipiers de seconde intervention ayant reçu une formation plus complète et qualifiante et qui peuvent mettre en œuvre tout type d’équipement d’extinction ;

 

-        Les membres du Comité d’hygiène et de sécurité ou à défaut, les membres du Comité technique paritaire, ont droit à une formation d’une durée minimale de 5 jours, en début de mandat.

 

ARTICLE 7 : Les différents permis de conduire

 

L’agent doit être titulaire, en toute circonstance, de la catégorie de permis de conduire exigée par la réglementation, au moment où il conduit un véhicule ou un engin administratif.

 

Des formations spéciales sont requises pour la conduite de certains véhicules, d’une durée de 35 heures sur 5 jours, tous les 5 ans. Le centre agréé remet une attestation provisoire de réussite, puis la Préfecture délivre une carte de qualification de conducteur :

 

-        Un permis E (b) (B + remorque), est nécessaire pour la conduite de véhicules relevant de la catégorie B, attelés d’une remorque dont le poids total autorisé en charge (PTAC) excède 750 kg, lorsque le PTAC de la remorque est supérieur au poids à vide du véhicule tracteur ou lorsque le total des PTAC (véhicule + tracteur) est supérieur à 3 500 kg ;

 

-        Un permis C (camion), est nécessaire pour la conduite de véhicules isolés autres que ceux de la catégorie D, dont le poids total autorisé en charge excède 3500 kg. Aux véhicules de cette catégorie peut être attelée une remorque dont le poids total autorisé en charge n’excède pas 750 kg ;

 

-        Un permis D (autocar, autobus), est nécessaire pour la conduite de véhicules affectés au transport de personnes comportant plus de 8 places assises, outre le siège du conducteur ou transport de plus de 8 personnes, non compris le conducteur. Aux véhicules de cette catégorie peut être attelée une remorque dont le poids autorisé en charge n’excède pas 750 kg ;

 

-        Un permis E (d) (D + remorque), est nécessaire pour la conduite de véhicules couplés dont le véhicule tracteur entre dans la catégorie D, attelé d’une remorque dont le poids autorisé en charge n’excède pas 750 kg.

 

Par ailleurs, conformément aux dispositions de l’article 5 du décret du 22 décembre 2006 portant statut particulier des adjoints techniques, un agent en charge de la conduite de véhicules administratifs, doit subir des tests psychotechniques et des examens médicaux appropriés.

 

ARTICLE 8 : Les formations obligatoires spécifiques aux policiers municipaux

 

Les agents de police municipale suivent une formation initiale, obligatoire, avant leur titularisation dont la durée globale est de :

-        6 mois, pour les agents de police municipale ;

-        4, 6 ou 9 mois et selon leur ancienneté pour les chefs de service de police municipale.

 

Ils sont également soumis à une formation continue, obligatoire, qui conditionne leur avancement de grade et dont la durée est variable :

-        10 jours, tous les 5 ans, pour les agents de police municipale ;

-        10 jours tous les 3 ans,  pour les chefs de service de police municipale.

 

ARTICLE 9 : La formation des Directeurs de centres de loisirs

 

La collectivité a une obligation de formation des agents d’animation, dont 50% des effectifs doit être des agents diplômés.

 

Les Directeurs de centres de loisirs qui doivent être titulaires, au moins d’un Brevet d’aptitude aux fonctions de directeur d’accueil collectif de mineurs, peuvent exercer leurs fonctions pendant 5 ans. A l’issue de ce délai, l’autorisation d’exercer doit être renouvelée par la Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports.

 

L’obtention de ce diplôme est subordonnée à des sessions de formation en quatre étapes :

-        Une session de formation générale (9 jours consécutifs) ;

-        Un stage pratique de 14 jours consécutifs ;

-        Un stage de perfectionnement de 6 jours au minimum ;

-        Et un deuxième stage pratique de perfectionnement de 14 jours consécutifs.

-         

ARTICLE 10 : La formation de perfectionnement

 

Cette action de formation qui concerne les fonctionnaires, les agents non-titulaires et les assistants maternels et familiaux, n’est pas obligatoire.

 

Elle est dispensée en cours de carrière, à la demande de l’employeur ou de l’agent, dans le but de développer les compétences ou d’en acquérir de nouvelles.

 

Lorsqu’elle est sollicitée par l’agent, elle est accordée sous réserve des nécessités de service, l’autorité territoriale pouvant opposer deux refus successifs qu’après avis de la commission administrative paritaire.

 

Les agents sont, en revanche, tenus de suivre les actions de formation de perfectionnement demandées par l’employeur et justifiées par l’intérêt du service.

 

Un agent ayant déjà bénéficié d’une action de formation de perfectionnement de préparation aux concours et examens professionnels pendant les heures de service, ne peut prétendre au bénéfice d’une action de formation ayant le même objet pendant une période de 12 mois, à compter de la fin de la session de formation considérée, sauf si la durée effective de l’action de formation suivie était inférieure à 8 jours ouvrés, fractionnés ou non.

 

Les personnes en congé de maladie, de maternité ou accident de travail, n’ont pas accès à la formation de perfectionnement.

 

ARTICLE 11 : La préparation aux concours et examens professionnels de la fonction publique,

 

Cette action de formation doit être inscrite dans le plan de formation et les agents peuvent demander qu’elle relève du droit individuel à la formation (DIF). Elle est accordée, sous réserve des nécessités de service et concerne les fonctionnaires, les agents non-titulaires ainsi que les assistants maternels et familiaux.

 

L’initiative de la demande résulte, soit de l’agent, soit de la collectivité, lorsque le concours ou examen concerné est en lien avec les compétences de l’agent et les besoins de la collectivité.

 

L’inscription à la préparation est distincte de l’inscription au concours ou examen professionnel. Il appartient à chaque agent de constituer son dossier à la préparation et d’envoyer les pièces du dossier à l’organisme qui organise le concours ou l’examen professionnel, dans les délais impartis.

 

La Direction des Ressources Humaines a un rôle d’information et de conseil concernant le calendrier, les conditions à remplir pour participer aux concours et examens et de communiquer à l’agent les états de services renseignés, qu’éventuellement, une copie des pièces de son dossier administratif. Il faudrait pour les candidats, prévoir un délai suffisant afin que leurs états de servir soient signés par l’autorité territoriale.

 

L’inscription ces préparations ne vaut pas engagement de la collectivité à nommer l’agent en cas de réussite à ces concours ou examens.

 

ARTICLE 12 : La formation personnelle facultative.

 

La formation est suivie à l’initiative de l’agent afin d’étendre et de parfaire sa formation en vue de satisfaire des projets personnels ou professionnels.

 

Elle est accordée aux fonctionnaires, agents non-titulaires et aux assistants maternels et familiaux, sous réserve des nécessités de service, l’autorité territoriale ne pouvant s’opposer à deux refus successifs qu’après avis de la CAP.

 

A ce titre,  peut être accordé à l’agent :

-        Une décharge partielle de service ;

-        Une mise en disponibilité (pour les titulaires 3 ans, renouvelables une fois, pour effectuer des études ou des recherches présentant un caractère d’intérêt général ; pour convenances personnelles, dans la limite de 10 ans) ;

-        un congé de formation professionnelle

-        un  congé de bilan de compétences

-        un congé de validation des acquis de l’expérience.

 

ARTICLE 13 : La lutte contre l’illettrisme et pour l’apprentissage de la langue française.

 

Tous les agents ne maîtrisant pas les savoirs de base : lire, écrire, calculer, comprendre un et émettre un message oral simple, se repérer dans l’espace et dans le temps, sont concernés par cette formation, qui a un impact sur la vie quotidienne, professionnelle, sociale et citoyenne.

 

Cette action de formation est accordée aux fonctionnaires, agents non-titulaires et aux assistants maternels et familiaux, sous réserve des nécessités de service, l’autorité territoriale ne pouvant opposer deux refus successifs qu’après avis de la CAP.

 

ARTICLE 14 : Le droit individuel à la formation (D.I.F.).

 

Ce droit concerne les fonctionnaires titulaires, ainsi que les agents non-titulaires occupant un emploi permanent et comptant, au moins, 1 an de services effectifs, dans la même collectivité ou le même établissement.

 

Le DIF peut être invoqué pour suivre des formations ayant une utilité pour la collectivité, c’est-à-dire des formations inscrites au plan de formation de la collectivité et relevant, soit de la formation de perfectionnement en cours de carrière, soit de la formation de préparation aux concours et examens professionnels de la fonction publique.

 

Les agents intéressés disposent d’un DIF de 20 heures, par an, pouvant être cumulées pendant 6 ans. Aux termes de cette durée, et à défaut de son utilisation, en tout ou partie, le DIF reste plafonné à 120 heures.

 

Pour les agents travaillant à temps partiel, et les agents nommés à temps non-complet, cette durée est calculée au prorata du temps de travail.

 

Le DIF concerne les formations ayant une utilité pour la collectivité, c’est-à-dire les formations de perfectionnement ainsi que les préparations aux concours et examens professionnels.

 

Le DIF est mis en œuvre à l’initiative de l’agent, en accord avec son administration. L’absence de réponse à la demande de l’agent, qui doit être écrite, pendant deux mois au moins, équivaut à une acceptation tacite.

 

Les frais de formation sont à la charge de la collectivité. Lorsque la formation est exercée hors du temps de travail, l’agent bénéficie d’une allocation de formation égale à 50% de son traitement horaire.

 

ARTICLE 15 : La validation des acquis de l’expérience (V.A.E.).

 

La VAE permettant de faire reconnaître, officiellement, ses compétences professionnelles et personnelles par l’obtention d’un diplôme à finalité professionnelle, est ouverte à tous les agents, statutaires ou non titulaires, à condition d’avoir exercé l’activité en rapport avec le titre ou diplôme souhaité pendant une durée, continue ou non, d’au moins 3 ans.

 

Les compétences acquises, dans l’exercice d’un mandat syndical, sont prises en compte, au titre des acquis de l’expérience professionnelle (article 15 de la loi du 5 juillet 2010, dite de rénovation du dialogue social).

 

La demande de VAE est adressée par l’agent à l’organisme certificateur, dans les formes et délais que celui-ci a fixés. Il doit constituer un dossier, appelé à être examiné par un jury susceptible de délivrer une validation totale, partielle ou une décision de refus de validation.

 

La demande de congé doit être formulée 60 jours, au moins, avant la date de début des épreuves de VAE. A réception de la demande, l’autorité territoriale dispose d’un délai de 30 jours pour accorder le congé, le refuser ou en reporter la demande, et, le cas échéant, répondre à la demande de prise en charge.

 

En cas de refus du congé, la décision doit être motivée. Le congé pour VAE est accordé sous réserve des nécessités de service. L’autorité territoriale ne peut opposer deux refus consécutifs qu’après avis de la CAP.

 

La collectivité peut participer, sur demande de l’agent, à la prise en charge financière des frais relatifs à la VAE, si elle l’estime celle-ci nécessaire à l’évolution de la carrière de l’agent.

     

ARTICLE 16 : Le bilan de compétences

 

Le congé de bilan de compétences, d’une durée maximale de 24 heures, est destiné à analyser les compétences professionnelles et personnelles, ainsi que des aptitudes et motivations de l’agent, en vue de bâtir un projet professionnel.

 

Pour en bénéficier, les agents statutaires ou non titulaires, doivent justifier d’au moins de 10 ans de services effectifs dans la fonction publique.

 

L’agent ne peut pas prétendre à plus de 2 bilans de compétences au cours de sa carrière. Le deuxième bilan de compétences ne peut être demandé qu’au moins, 5 ans, après le premier.

 

L’agent peut bénéficier, en outre d’un bilan de compétences sur proposition de la collectivité.

 

Le congé de bilan de compétences doit être demandé, de manière écrite, au moins 60 jours avant la date du début du bilan. L’administration dispose de 30 jours pour accorder, refuser ou reporter le congé, suivant la date de la demande. Elle ne peut opposer deux refus consécutifs, motivés par des nécessités de service, qu’après avis de la CAP.

 

A l’issue du congé, l’agent remet à son administration une attestation de présence délivrée par l’organisme prestataire.

 

Sur demande de l’agent, présentée en même temps que sa demande de congé, la collectivité peut prendre en charge intégralement ou partiellement, les frais de réalisation du bilan de compétences, notamment dans les métiers en forte évolution qui nécessitent une réorientation professionnelle ou en cas de souhait de mobilité ou de reclassement.

 

ARTICLE 17 : La reconnaissance de l’expérience professionnelle (REP),

 

La R.E.P est la faculté offerte aux agents, justifiant de 3 années d’ancienneté dans la même catégorie socio-professionnelle, pour accéder aux concours de la fonction publique et se distingue de la VAE sur quatre domaines :

-        Dispense de diplôme pour l’accès à un concours exigeant un titre particulier (REP équivalence de diplôme) ; la demande d’équivalence de diplôme est à adresser à l’organisme qui organise le concours, en règle générale auprès du CNFPT ou du Ministère de l’Intérieur pour l’équivalence d’un diplôme étranger ou européen ;

-        Dispense de module de formation obligatoire (REP, formation) ; cette procédure s’applique uniquement aux formations d’intégration ; la demande est à adresser au CNFPT par l’intermédiaire de l’autorité territoriale ;

-        Prise en compte pour la promotion interne et l’avancement de grade.

 

ARTICLE 18 : Le congé de formation professionnelle

 

Ce congé de formation relève de la formation personnelle, évoquée à l’article 12 de la présente charte.

 

Il est ouvert aux fonctionnaires titulaires ayant accompli, au moins 3 ans de services effectifs dans la fonction publique. Les agents non-titulaires doivent, eux, justifier d’au moins 36 mois de services publics effectifs, dont au moins 12 moins dans la collectivité.

 

La durée maximale du congé est de 3 ans sur l’ensemble de la carrière de l’intéressé.

 

La demande écrite de congé doit être présentée à l’autorité territoriale, au moins 3 mois, avant le début de la formation. A réception, la collectivité dispose de 30 jours pour y répondre, le congé de formation professionnelle étant accordé sous réserve des nécessités de service. L’administration ne peut, toutefois, opposer deux refus consécutifs à une demande de congé qu’après avis de la CAP.

 

L’agent bénéficiaire d’un congé de formation professionnelle est rémunéré à raison d’une indemnité équivalente à 85% du traitement du traitement brut et de l’indemnité de résidence qu’il percevait avant la mise en congé. Ce, pendant les 12 premiers mois du congé.

 

Il s’engage, par ailleurs, à servir dans la fonction publique pendant une période égale à 3 fois celle pendant laquelle il a perçu des indemnités. En cas de non-respect de cet engagement, il est tenu de rembourser les indemnités perçues au prorata du temps de service non effectué.

 

ARTICLE 19 : Le congé de formation syndicale.

 

Le fonctionnaire et les agents non-titulaires ont droit à un congé de formation syndicale pour effectuer un stage ou suivre une session, dans l’un des centres ou instituts agréés, d’une durée qui ne peut excéder 12 jours ouvrables par an.

 

Ce congé est accordé dans la limite de 5% de l’effectif réel de la collectivité et si les nécessités du service le permettent.

 

La demande est formulée, au moins 1 mois avant la date de début de la formation et à défaut de réponse expresse, au plus tard le quinzième jour qui précède le début du stage ou de la session, le congé est réputé accordé.

 

Après le stage, lors de la reprise de ses fonctions, le bénéficiaire de la formation doit produire une attestation d’assiduité à la collectivité.

 

ARTICLE 20 : La formation des apprentis et des contrats aidés,

 

La formation des agents bénéficiaires d’un contrat d’accompagnement dans l’emploi (CAE) n’est pas obligatoire, mais elle est recommandée.

 

En revanche, la formation d’agents bénéficiaires d’un contrat d’avenir, qui cotisent pour 0,5% du CNFPT, est obligatoire. Le CNFPT s’est engagé à les former sur l’environnement des collectivités territoriales. Le tutorat est obligatoire.

 

Dans le cadre de l’apprentissage, la collectivité, s’engage avec un tuteur, à assurer la formation professionnelle du jeune travailleur qui a également des formations dans un centre.

Paris, le 27 avril 2013.

 
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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 12:25

PROJET de charte informatique  par Amadou Bal Ba

 

PREAMBULE :

 

Nos organisations mettent à la disposition du personnel et des élus des moyens informatiques : ordinateurs, accès internet, compte e-mail, téléphone portable, tablette.

 

Ces outils offrent de nombreuses potentialités techniques et organisationnelles, et sont devenus indispensables pour le bon fonctionnement des services, notamment en termes de raccourcissement des temps de communication, de limitation des déplacements, de réactivité, de travail collaboratif facilité, d’échange et de diffusion de l’information.

 

Cependant, mal maîtrisés ou utilisés à mauvais escient, ces moyens informatiques peuvent alors devenir un outil perturbant le bon fonctionnement de la collectivité (Court-circuiter la hiérarchie, attiser ou développer les conflits, générer des décisions précipitées ou superficielles, favoriser une surcharge d’informations superficielles, provoquer une dictature de l’immédiateté ; or, les décisions sont complexes, et les rapports humains doivent être privilégiés).

 

Une mauvaise utilisation des technologies de l’information et de la communication peut augmenter les risques d’atteinte à la confidentialité, de mise en jeu de responsabilité, d’atteinte à l’intégrité et à la sécurité des fichiers de données personnelles (virus, intrusions sur le réseau, vols de données). Elle peut également être source de perte de productivité.

 

L’objectif de la présente charte est de formaliser les règles d’utilisation des systèmes d’information et de communication, au sein de la commune de la Queue en Brie et de son Secteur Social, et d’encourager les utilisateurs à adopter un comportement responsable, en vue d’améliorer la qualité du service rendu à la population, ainsi que les conditions de travail des agents, dans le respect de la vie privée, la confidentialité, la convivialité et la sécurité des données informatiques.

 

ARTICLE 1er : Dispositions générales.

 

Article 1.1  Application de la charte,

 

Les outils informatiques et de communication sont mis à la disposition des utilisateurs, pour l’exercice de leurs fonctions et activités professionnelles. Leur usage raisonnable et occasionnel, à des fins personnelles, est toutefois toléré, à condition de respecter les dispositions de la présente charte et d’être limité, dans le temps et par son objet.

 

La présente charte s’applique à l’ensemble du personnel de la commune et de son Secteur Social, tous les statuts confondus, aux élus, aux stagiaires et, plus précisément, à tout utilisateur des moyens informatiques et téléphoniques de la commune et de son secteur social.

 

 

 

 

Article 1.2  Objet de la charte,

 

La présente charte précise et complète, s’agissant de l’utilisation des technologies de l’information, les droits et obligations des utilisateurs tels qu’issus des lois et règlements en vigueur, du règlement intérieur du personnel communal et du Secteur Social et du livret d’accueil.

 

Les principaux textes législatifs et réglementaires définissant, entre autres, les droits et obligations des personnes utilisant les moyens informatiques sont :

 

-         la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés ;

-        loi n°78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d’amélioration des relations entre l’administration et le public, diverses dispositions d’ordre administratif, social et fiscal ;

-        la loi n°83-634 du 13 juillet 1983, modifiée, portant droits et obligations des fonctionnaires, notamment ses chapitres II (garanties) et IV (obligations) ;

-        la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 modifiée, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;

-        la loi n°91-646 du 10 juillet 1991 relative au secret des correspondances émises par voie de télécommunications ;

-        la loi n°94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ;

-        le Code civil, notamment son article 9 relatif au respect de la vie privée ;

-        le Code pénal, notamment ses articles 323-1 à 323-7 visant les atteintes aux systèmes de traitement automatisé des données, ses articles 226-15 et 432-9, relatifs au secret des correspondances et son article 226-13 sur le secret professionnel ;

-        le Code de la propreté intellectuelle ;

-        le décret n°88-145 du 15 février 1988, modifié, pris pour l’application de l’article 136 de la loi du 26 janvier 1984, modifiée, relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale ;

-        l’ordonnance n°2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre usagers et autorités administratives et entre les autorités administratives.

 

Tout manquement à ces règles, selon le degré de gravité ou son caractère répétitif, est susceptible d’entraîner, pour l’agent, des sanctions disciplinaires.

 

Des mesures conservatoires, dans l’intérêt du service, peuvent être prises, dans l’attente de l’instruction d’une affaire, en vue de suspendre l’accès aux ressources informatiques ou à certains services.

 

ARTICLE 2 : Un droit d’accès fonctionnel et responsable.

 

Chaque utilisateur dispose d’un droit d’accès au système informatique en fonction des missions qui lui sont confiées. Ce droit d’accès fonctionnel est strictement personnel et incessible.

 

Chaque utilisateur est responsable de l’usage du système informatique mis à sa disposition qu’il doit utiliser à des fins strictement professionnelles, dans le respect des règles de sécurité, de confidentialité et de convivialité.

 

En conséquence, l’agent doit s’abstenir de toute activité contraire à l’intérêt de la commune ou du Secteur Social, prohibée ou dangereuse pour la sécurité des données informatiques, notamment :

   

-        La divulgation d’informations confidentielles ;

-        La diffusion de messages susceptibles de porter atteinte à la dignité ou à l’honneur d’autrui (diffamation, injure) ;

-        Les téléchargements illégaux, l’usage de la messagerie instantanée «Tchatche», le fait de faire ses courses personnelles, de façon prolongée, sur Internet, etc. ;

-        L’introduction de ressources extérieures matérielles ou logicielles pouvant porter atteinte à la sécurité des données informatiques ;

-        L’ouverture de courriels suspects ou indésirables, comme les SPAM ;

-        L’envoi, le stockage ou la réception de documents susceptibles de mettre en danger la sécurité du réseau ou de la dotation informatique, etc.

 

Cette liste est indicative ; l’utilisateur s’engage à avoir un comportement responsable, orienté vers la mission de service public qui lui est confiée.

 

Pour éviter des abus, l’autorité territoriale peut procéder, à tout moment, au contrôle des connexions entrantes et sortantes, et à des sites les plus visités et les restreindre ou les supprimer.

 

ARTICLE 3 : Le respect des règles hiérarchiques.

 

Si l’usage du courrier électronique réduit les barrières hiérarchiques, facilite la communication verticale, permet une meilleure implication et une motivation des collaborateurs, il n’en reste pas moins que cet outil ne devrait pas être utilisé comme un moyen de court-circuiter la voie hiérarchique. En effet, la hiérarchie doit être impliquée tout au long du processus décisionnel.

 

Plus généralement, l’usage des outils informatiques et de communication ne modifie en rien les obligations de validation et d’information de la hiérarchie.

 

ARTICLE 4 : La continuité et les nécessités du service.

 

La continuité du service étant la priorité, les informations doivent être accessibles à la hiérarchie même lorsque l’utilisateur est momentanément indisponible.

 

L’utilisateur s’interdit, par conséquent, d’appliquer des mesures de sécurité non validées par la Direction générale et qui auraient pour conséquence de rendre inaccessibles des informations intéressant l’activité du service ou le bon fonctionnement de la collectivité (chiffrement ou production d’un fichier à l’aide d’un mot de passe non communiqué au supérieur hiérarchique par exemple).

 

Si les nécessités du service le commandent, les droits d’accès d’utilisateur ou d’administrateur peuvent être modifiés (restrictions ou extensions), ou retirés, à tout moment ; en tout état de cause, ces droits prennent fin lors de la cessation de l’activité professionnelle.

 

ARTICLE 5 : L’utilisation en bon père de famille des moyens informatiques.

  Un ensemble de «matériels – système d’exploitation - logiciels» est mis à disposition de l’utilisateur.  

L’utilisateur ne doit pas installer sur son poste ou sur son matériel informatique des logiciels ou clés USB, ou tout support extérieur à la collectivité, sans la validation du Responsable informatique.

 

En cas d’absence, même momentanée et afin de sauvegarder la confidentialité des données, l’utilisateur doit verrouiller son ordinateur ou le moyen informatique mis à sa disposition.

 

A la fin de la journée, l’utilisateur doit quitter les applications, arrêter le système par arrêt logiciel, éteindre l’écran et l’imprimante.

 

La mise en œuvre du système de sécurité comporte un dispositif de sauvegarde, régulier des informations.

 

L’utilisateur doit signaler tout dysfonctionnement ou anomalie au Responsable informatique par la voie, notamment, du système dit du gestionnaire libre du parc informatique (G.L.P.I.).

 

L’utilisateur doit procéder, régulièrement, à l’élimination des fichiers non utilisés et à l’archivage des données dans le but de préserver la capacité de mémoire.

 

ARTICLE 6 : L’usage de la messagerie

 

L’utilisation de la messagerie est réservée à des fins professionnelles. Est, néanmoins, tolérée un usage modéré de celle-ci pour des besoins personnels ponctuels. Tout abus peut être sanctionné, après un rappel à l’ordre infructueux.

 

ARTICLE 6.1 : Le caractère professionnel des courriels et respect de la vie privée dans l’exercice de ses fonctions ou de son mandat.

 

Tout courrier électronique est réputé professionnel, et est donc susceptible d’être ouvert par l’autorité territoriale, ou sur délégation, par le Responsable Informatique. Pour autant, l’utilisateur a droit, même durant son temps de travail ou d’activité pour la commune ou le secteur social, au respect de sa vie privée. Celle-ci implique, en particulier, le secret des correspondances.

 

L’autorité territoriale ne peut, sans violation de cette liberté fondamentale, prendre connaissance des messages personnels, émis ou reçus par l’utilisateur, grâce à un outil informatique mis à sa disposition. Les courriers à caractère privé et personnel doivent, expressément, porter la mention «personnel», ou «privé» ou « personnel et confidentiel» ou «privé et confidentiel», dans leur objet.

 

Il ne peut être dérogé à cette interdiction que pour des raisons exceptionnelles de sauvegarde de la sécurité ou de la prévention des risques de manquement à la loi ou aux droits des tiers.

 

Par ailleurs, aucune information, concernant personnellement un utilisateur ou un candidat à un emploi ou une fonction, ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté, préalablement, à sa connaissance.

 

ARTICLE 6.2 : Gestion de l’envoi des messages électroniques : un point d’appui à la priorité aux rapports humains, au dialogue et à l’échange.

 

Avant l’envoi d’un message, l’utilisateur doit s’interroger, de bonne foi, sur la pertinence du média utilisé d’une part, et d’autre part, s’abstenir d’utiliser la messagerie à des fins personnelles ou pour des motifs prohibés par la loi.

 

La messagerie électronique n’est pas, non plus, un outil pour régler ses comptes avec ses collègues ou sa hiérarchie.

Le dépôt, par voie électronique, d’une demande de congé, de RTT, de récupération ou toute absence, doit préalablement être discuté avec l’unité de travail et le supérieur hiérarchique direct. La gestion dématérialisée des congés n’est qu’un outil prévisionnel et comptable, qui ne supprime pas en rien la concertation et le dialogue, préalables et nécessaires, entre les collègues et la hiérarchie.

 

En conséquence, les agents privilégieront la restauration des rapports humains et amélioreront le travail collaboratif entre les équipes. En toutes circonstances, tout doit être mis en œuvre afin de modérer l’isolement et dépersonnaliser les échanges.

 

L’effort, avec les technologies de l’information, est de limiter la perte de temps et la surcharge informationnelle, et tempérer le déclenchement ou l’escalade du conflit.

 

ARTICLE 6.3 : Le contenu et les destinataires des messages.

 

Le contenu du message doit indiquer, de façon explicite, son objet. L’agent doit s’obliger à une rigueur formelle dans la rédaction d’un message et ne pas utiliser, abusivement, des pièces jointes ou des abréviations ou sigles.

 

Tout message électronique doit être signé par son auteur, ce qui implique obligatoirement l’indication de ses nom et prénom, de son service de rattachement et des coordonnées de la collectivité.

 

Les destinataires du message doivent, en outre, être identifiés ; l’utilisation de la copie cachée, sauf pour des raisons de confidentialité de l’adresse du destinataire, est à proscrire.

 

La diffusion du message doit être limitée aux personnes directement concernées par le message. L’utilisateur doit, donc, vérifier la liste des destinataires et respecter les circuits de décision de l’organisation ou de la voie hiérarchique.

 

L’agent doit s’interroger sur le moment le plus opportun pour l’envoi du message.

 

Par ailleurs, l’utilisateur doit s’assurer du bon fonctionnement de son courriel jusqu’à son destinataire. A ce titre, il doit :

- veiller aux difficultés de coordination et de décodage du langage ;

- s’assurer que le destinataire a bien reçu le message ;

- en cas de silence prolongé du destinataire ou d’absence de celui-ci, rechercher un mode de communication plus adapté.

 

ARTICLE 6.4 : Le traitement des courriels.

 

Avant de répondre à un message :

-        Eviter tout traitement précipité du message, notamment dans un contexte de conflit ;

-        Appréhender le niveau de complexité de la réponse ;

-        S’interroger sur la pertinence pour répliquer sur la liste de diffusion utilisée par l’expéditeur, ainsi que sur l’opportunité de répondre par courrier électronique.

 

Dans tous les cas, il faudrait définir une stratégie de conservation des messages.

 

L’utilisateur s’engage à consulter et traiter, régulièrement, sa messagerie et à supprimer les messages inutiles afin d’éviter une surcharge inutile du réseau. 

 

 

 

 

 

ARTICLE 7 : Un usage raisonné et raisonnable des moyens informatiques,

 

L’autorité territoriale a choisi de mettre en place un usage raisonné d’Internet ; un dispositif de filtrage de sites non-autorisés, associé au pare-feu, permettra de limiter l’usage de l’Internet à des fins non-professionnelles.

 

L’utilisation de la messagerie professionnelle pour envoyer ou recevoir, dans des proportions raisonnables et pour un temps très court, un message à caractère personnel, correspond à un usage généralement et socialement admis. Tout abus de cette tolérance, après mise en demeure infructueuse, peut être sanctionné.

 

ARTICLE 8 : Le rôle des administrateurs informatiques.

 

Les administrateurs qui doivent veiller à assurer le fonctionnement normal et la sécurité des réseaux et systèmes, sont conduits, par leurs fonctions, à avoir accès à l’ensemble des informations relatives aux utilisateurs, y compris celles qui sont enregistrées sur le disque dur. Un tel accès n’est pas contraire à la réglementation en vigueur. Mais ce moyen n’est en aucune façon, une opportunité d’intrusion dans la vie privée des agents.

 

De même, l’utilisation, par les administrateurs informatiques, de logiciels de télémaintenance qui permettent de détecter et de réparer les pannes à distance ou de prendre le contrôle, à distance, du poste de travail d’un agent, n’est pas prohibée par la réglementation.

 

Cependant, les pouvoirs des administrateurs font l’objet de diverses limitations.

 

Tout d’abord, et d’une manière générale, les administrateurs de réseaux et de systèmes, sont tenus à de très fortes obligations de réserve, de discrétion et de neutralité professionnelles ; ils ne doivent, en aucune façon, divulguer les informations qui ne mettent pas en cause le bon fonctionnement technique des applications, leur sécurité ou l’intérêt de la collectivité. Ils sont astreints au secret de la vie privée et des correspondances.

 

Ensuite, l’accès aux données enregistrées par les agents, dans leur environnement informatique, qui sont parfois de nature personnelle, ne peut être justifié que dans les cas où le bon fonctionnement des systèmes informatiques ne pourrait être assuré par d’autres moyens moins intrusifs.

 

Enfin, aucune exploitation à des fins, autres que celles liées au bon fonctionnement à la sécurité des applications informatiques, ne saurait être opérée, même sur ordre hiérarchique.

 

ARTICLE 9  : L’utilisation à des fins syndicales

 

ARTICLE 9.1  : Objet et champ d’application

 

L’Administration met à disposition des organisations syndicales des moyens informatiques dans des conditions permettant de faciliter et de préserver, tout à la fois, le droit à l’expression syndicale, l’égalité de traitement des différents partenaires sociaux, l’intégrité de l’outil de travail, la sécurité et le bon fonctionnement du réseau, ainsi que la propriété de l’institution.

 

Ces moyens mis à la disposition des organisations syndicales s’ajoutent à ceux déjà existants.

 

 

ARTICLE 9.2  : La messagerie électronique

 

Chaque organisation syndicale dispose d’une messagerie électronique qui fait apparaître explicitement sa dénomination. Seule cette adresse doit être utilisée pour permettre au destinataire du message d’en connaître la provenance. Ce droit d’information préalable implique, en outre, la mention, dans l’objet du courriel, de ce que celui-ci revêt un caractère syndical.

 

L’accès à la messagerie syndicale est autorisé depuis tout poste de travail,  et le cas échéant depuis un poste mis à disposition par la collectivité.

 

Les boîtes électroniques syndicales doivent être utilisées, prioritairement, pour la vie interne des syndicats (correspondances entre différents adhérents et syndicats). Elles peuvent, toutefois, être utilisées pour des échanges avec un agent, dans le cas où celui-ci en fait la demande expresse.

 

Pour toute diffusion d’informations syndicales à caractère général, l’organisation syndicale utilise, non pas les listes de diffusion des personnels, mais l’emplacement qui lui est réservé sur l’espace intranet.

 

Chaque organisation syndicale a la faculté d’établir, sous sa responsabilité, et avec l’accord exprès préalable des intéressés une liste de diffusion. En tout état de cause, les adresses de messagerie électronique ne peuvent être utilisées par les organisations syndicales pour des raisons d’autres raisons que l’action syndicale.

 

Les destinataires des messages provenant des organisations syndicales doivent être en mesure de se désabonner de leur liste de diffusion respective. Cette faculté, ainsi que ses modalités d’exercice doivent, systématiquement, être rappelées, afin de permettre aux intéressés de manifester leur volonté de s’opposer à la réception de messages à caractère syndical. L’organisation syndicale qui gère la liste de diffusion est tenue de faire droit à toute demande de désabonnement qui lui serait présentée.

 

 

ARTICLE 9.3  : L’accès à l’intranet pour les organisations syndicales,

 

La collectivité s’engage, dès sa mise en place, à mettre à la disposition de chaque organisation syndicale, sur sa demande, un espace de publication sur son intranet.

 

L’accès aux applications métiers (Ressources humaines, comptabilité, Etat civil, secteur social, Enfance, Petite enfance, Jeunesse, Sport, Culture, etc.), ainsi que les autres ressources informatiques de la ville et du Secteur Social, pour les organisations syndicales, est rigoureusement interdit.

 

ARTICLE 9.4  : Les utilisations fautives,

 

Les organisations syndicales et leurs représentants doivent respecter la présente charte.

Sont, en outre prohibés, les messages électroniques et E-tracts :

-        de nature politique ;

-        à caractère vexatoire ou blessants, contenant des critiques violentes ou des attaques personnelles ;

-        contenant des expressions injurieuses, outrageantes ou diffamatoires ;

-        contraires aux obligations de discrétion et de secret professionnels ;

-        ayant une incidence perturbatrice ou dommageable sur le fonctionnement des services municipaux ou du Secteur social ;

-        dont le contenu présenterait un caractère pornographique, raciste ou illicite ;

-        dont le contenu serait susceptible de porter atteinte à l’intégrité ou à la sensibilité d’un autre internaute ou de porter atteinte à l’image de la commune ou de son Secteur social ;

-        révélant un harcèlement sexuel ou moral.

Paris le 27 avril 2013

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 10:30
"Projet de charte du management" par Amadou Bal BA.

 

PREAMBULE :

 

Le service public étant le fondement de l’action de notre collectivité, celle-ci s’appuie, comme toute organisation, sur des principes et méthodes d’action qui sont notamment managériaux.

 

La contrainte budgétaire, les mutations en cours en termes de modernisation des services municipaux et d’optimisation de toutes nos ressources, la complexité de la décision, la contrainte du statut, l’exigence accrue des citoyens pour un service public de qualité à un coût optimal, les aspirations nouvelles des agents, rendent plus que nécessaire encore la mobilisation de tous.

 

Pour relever ces défis, notre collectivité doit s’adapter en permanence, en recherchant une plus grande efficacité, en prenant en compte les demandes des usagers, tout en respectant le statut des agents et leurs aspirations.

 

De ce fait, le rôle de l’encadrant, véritable manager soumis à ce défi quotidien, est de rassurer, de donner confiance à ses collaborateurs pour qu’ils s’engagent à la mesure de tous leurs talents. Au-delà de l’exemplarité dont il doit faire preuve, le manager doit pouvoir s’appuyer sur des outils concrets et simples, comme la charte de management, afin de :

-        Donner du sens à l’action municipale ; les collaborateurs attendent des dirigeants qu’ils indiquent une vision de l’avenir et mobilisent toutes les énergies, tout en respectant la conciliation de la vie privée et familiale, de donner la priorité au travail, et à l’intérêt du service plutôt qu’à l’intérêt individuel. L’objectif de la charte est de faire partager les valeurs sous-tendues par le projet de la municipalité. Ces valeurs sont, notamment, la défense du  service public, l’équité, la transparence, l’efficience et l’efficacité, etc. ;

-        Donner des repères à l’action municipale ; il s’agit de dégager un cadre clair aux agents et aux managers afin qu’ils puissent exercer leurs missions en toute transparence et cohérence. Ainsi, les valeurs essentielles fixant certaines règles du jeu sont celles relatives aux modalités de la prise de décision (management participatif fondé sur l’exemplarité) et aux modes de concertation, au bon fonctionnement de la collectivité et à l’organisation du travail, à la reconnaissance des mérites et à l’évaluation des compétences.

-        S’appuyer sur de bonnes pratiques en vue d’une démarche d’amélioration constante de la qualité du service rendu à la population. Non seulement les comportements et les actes professionnels doivent être en cohérence avec les valeurs qui sous-tendent notre action, mais les managers sont, aussi et surtout, invités à s’inspirer de bonnes pratiques professionnelles. Notre ambition est donc de doter notre collectivité de principes managériaux conçus comme étant des processus continus.

 

Dans ce contexte, le rôle du manager est d’atteindre les objectifs qui lui sont assignés par sa hiérarchie, de traduire concrètement les orientations dans son action, d’aider à la décision, et si possible, d’innover et d’étonner. L’encadrant doit animer, évaluer, communiquer et hiérarchiser les missions de son équipe.

 

 

ARTICLE 1er : Objet de la charte de management.

 

La présente charte est un outil de communication interne par lequel notre collectivité entend expliciter sa politique managériale et donc les principes d’action et les valeurs auxquels devront se référer les services municipaux ; c’est un document de référence pour chaque manager.

 

La démarche d’élaboration de la présente charte a pour objectifs de :

-        Fédérer et harmoniser les pratiques managériales au sein de notre collectivité ;

-        Développer le management par objectifs ;

-        Mettre en place des projets de service et développer leur appropriation,

-        Constituer un socle de connaissances et de compétences pour aboutir à une culture commune et partagée du management.

 

ARTICLE 2 : Un management fondé sur des valeurs communes.

 

Les valeurs essentielles de notre collectivité sont, notamment :

-        La responsabilité,

-        L’écoute, le respect,

-        L’exigence,

-        La loyauté, la solidarité,

-        Le courage,

-        L’équité,

-        La transparence,

-        La reconnaissance,

-        L’aptitude à la conduite du changement ;

-        Le sens de l’innovation

-        Le partage et le développement de la transversalité.

 

ARTICLE 3 : Un management fondé sur la responsabilité.

 

La responsabilité suppose un engagement en vue de faire aboutir les projets, une concertation des décisions afin qu’elles soient comprises et appliquées, des objectifs clairs avec des moyens et un échéancier pour y parvenir.

 

La municipalité doit donner les moyens à chaque collaborateur de se sentir responsable, à son niveau, de la réussite du service public municipal.

 

La municipalité assume ses décisions et les conséquences de ses actes et engagements et fait appel à l’évaluation pour rectifier les erreurs et améliorer constamment le service rendu à la population.

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Prendre une décision et l’assumer ; arbitrer, écouter, fonder ses choix et agir

-        Assumer les résultats, les échecs et les expliquer, évaluer, contrôler les résultats et rendre compte ;

-        Etre une force de propositions ;

-        Fixer des objectifs réalistes, définir les moyens en concertation avec son équipe et en contrôler la mise en œuvre ;

-        Déléguer au niveau de responsabilité le plus pertinent ;

-        Concerter et bien communiquer ;

-        Optimiser les moyens à sa disposition ;

-        Mettre en place des outils de pilotage utiles pour son équipe et la direction ;

-        S’adapter, faire confiance

-        Etre acteur du changement.

 

ARTICLE 4 : Un management fondé sur l’écoute et le respect.

 

L’écoute et le respect supposent que le manager soit attentif à l’autre quel que soit son grade, sa fonction ; il doit adapter sa communication en fonction de son interlocuteur et créer les conditions d’un dialogue constructif, y compris dans les situations difficiles ou conflictuelles.

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Tenir compte des avis exprimés et des souhaits, des contraintes et difficultés, quel que soit l’interlocuteur, même s’il a un avis divergent ;

-        Donner l’opportunité à chacun de s’exprimer, prendre le temps d’écouter, reformuler afin de s’assurer de la bonne compréhension mutuelle

-        Organiser son temps pour se rendre disponible en vue d’écouter ses collaborateurs et pouvoir prendre une décision opportune ;

-        S’engager à donner une réponse ou des directives, lorsqu’on est consulté ou saisi d’une demande ;

-        Préparer, suivre et contrôler le relevé de décisions des réunions et des entretiens d’évaluation ;

-        Créer un réseau d’échanges professionnels.

 

ARTICLE 5 : Un management fondé sur l’exigence.

 

L’exigence requiert que chaque agent donne le meilleur de lui-même. Pour cela chaque manager doit être exemplaire dans son discours et son comportement. Tout doit être mis en œuvre afin d’atteindre les objectifs fixés par l’organisation.

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Rechercher l’efficacité, l’efficience,

-        Vérifier les résultats, évaluer l’action, s’adapter, relancer, persévérer, et ne jamais renoncer même si c’est parfois difficile ;

-        Rester à l’écoute des difficultés des agents, sans compromettre les objectifs de l’organisation ;

-        Faire respecter les droits et devoirs de ses collaborateurs ; traiter de manière égale des situations égales ; dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit ; assurer un équilibre entre les fonctions managériales et les fonctions d’expertise ou opérationnelles ;

-        Savoir décider en temps opportun ; aller à l’essentiel, se fixer des priorités, et bien gérer son temps ;

-        Se remettre en cause, chercher à développer ses connaissances, favoriser l’échange avec les autres services municipaux et la direction générale en vue de développer une intelligence collective.

 

ARTICLE 6 : Un management fondé sur la loyauté.

 

La loyauté c’est le respect des règles communes de l’organisation, notamment les principes régissant le service public. Le manager agit, décide et arbitre d’abord au regard de l’intérêt de la collectivité qui l’emploie. Le manager soutient les orientations dégagées par la municipalité et, tout en conservant un esprit critique et une force de proposition, en vue de faire évoluer, très favorablement, les objectifs qui lui sont assignés.

 

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Respecter et appliquer les obligations  légales et réglementaires auxquelles est soumise l’organisation ;

-        S’astreindre à un devoir de réserve, de neutralité, de discrétion et de grande confidentialité ;

-        Faire preuve d’honnêteté intellectuelle, c’est-à-dire donner tous les éléments, favorables ou défavorables, d’un dossier soumis à arbitrage ;

-        Exprimer son avis, son désaccord ou ses réserves ou propositions lors de l’élaboration de la décision, mais respecter celle-ci, la porter et l’assumer, une fois que les arbitrages ont été rendus ;

-        Etre fiable et fidèle par rapport aux engagements pris, mais refuser les décisions susceptibles de contrevenir à la loi, l’intérêt de la collectivité ou les droits des tiers.

 

ARTICLE 7 : Un management fondé sur le courage.

 

Le courage est le souci constant de répondre de nos actes et de nos décisions. Le manager, tout en conservant on esprit d’humanité, son tact, sa lucidité et sa prudence, doit faire preuve de fermeté et d’engagement, même face à une situation difficile. Il doit, en particulier, endosser les actions que ses collaborateurs ont engagées, les rectifier si besoin est, et en tirer toutes les leçons afin d’améliorer le bon fonctionnement de l’organisation.

 

Le courage c’est également savoir de dire non, alerter, proposer ou mettre en garde.

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Etre capable de tenir une position ferme, notamment en matière de gestion du personnel (évaluation, récompense, sanction, etc.) ;

-        Assumer, personnellement, ses décisions, reconnaître ses manquements, savoir dire non et accepter d’être impopulaire si l’intérêt de la collectivité le commande, tenir le cap ;

-        Défendre son équipe, en cas de difficultés, mais savoir lui dire à ce qu’on équipe ce qui est attendu d’elle, savoir engager le débat, régler des situations conflictuelles et prendre les décisions qui s’imposent, le moment venu ;

-        Alerter sa hiérarchie que la décision prise n’est pas la bonne, mais défendre les objectifs qu’on a acceptés, prendre des initiatives, innover, expérimenter, évaluer.

 

ARTICLE 8 : Un management fondé sur l’équité.

 

L’équité c’est, à circonstances et conditions équivalentes, assurer les mêmes règles. Autrement dit «à situations égales traitement égal».

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Etre en mesure de prendre des décisions à partir de règles claires et connues ; la décision ne doit pas être «capricieuse» ou prise en fonction de considérations injustifiables ;

-        Refuser les traitements arbitraires ou discriminants.

 

ARTICLE 9 : Un management fondé sur la transparence.

 

La transparence c’est le fait d’agir en fonction de règles du jeu établies et accessibles à tous. Les décisions sont motivées et l’information est accessible.

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Afficher des règles claires de gestion, les communiquer, les appliquer dans son équipe ;

-        Etre en capacité d’expliquer, rationnellement, une décision non-conforme à ces règles au vue de circonstances pertinentes

-        Partager ses connaissances, les orientations municipales, permettre un accès à celles-ci, les structurer et leur donner du sens, dans un langage compréhensible ; rendre compte de ce qu’on fait à la direction générale et l’élu de secteur ;

-        Bien traiter ses messages et cibler ses réponses.

 

ARTICLE 10 : Un management fondé sur la reconnaissance.

 

La reconnaissance c’est la valorisation et la prise en compte, le moment venu, du travail et des résultats de ses collaborateurs. Ceux-ci doivent être associés aux réussites collectives. Le manager doit encourager ses collaborateurs à progresser dans leurs pratiques professionnelles et leur carrière et en fonction de leur niveau.

 

Dans sa fonction d’encadrement, le manager doit :

-        Marquer de l’attention, faire preuve de gratitude, féliciter, remercier, transmettre les remerciements, prendre le temps de le faire, dire ce qui va et ce qui ne va pas ; accepter la contradiction, reconnaître ses erreurs et savoir changer d’avis ;

-        Respecter le travail de ses collaborateurs, les associer aux décisions liées à leur champ d’intervention, valoriser leur investissement vis-à-vis de l’équipe et de la hiérarchie ;

-        Garantir la cohésion de l’équipe et rechercher des solutions aux difficultés rencontrées ;

-        Encourager le projet professionnel et l’évolution de carrière, ainsi que les formations de professionnalisation ou les préparations de concours.

 

ARTICLE 11 : Un management fondé sur le respect.

 

Le respect consiste à porter intérêt au travail d’autrui et aux contraintes liées à son environnement. C’est aussi :

-        Faire confiance et déléguer ;

-        Etre courtois et veiller aux règles de courtoisie au sein de l’équipe ;

-        Instaurer et maintenir un climat de confiance par un comportement d’écoute et d’ouverture ;

-        Reconnaître le travail effectué et le valoriser par des actes concrets.

 

ARTICLE 12 : Un management fondé sur la conduite du changement.

 

Initier, conduire et accompagner le changement, c’est concevoir, inventer, proposer, expérimenter et mettre en place des actions ou procédés nouveaux.

 

Le manager doit être en capacité de :

-        Anticiper le changement, notamment en ayant recours au diagnostic partagé ;

-        Expliquer la démarche et le contexte à ses collaborateurs et à tous les acteurs, en vue de faciliter l’adhésion et la nécessité du changement ;

-        Evaluer les actions et restituer le changement aux personnes qui y ont participé.

 

ARTICLE 13 : Un management fondé sur l’anticipation rationnelle

 

Le manager doit pouvoir percevoir les évolutions, imaginer et anticiper, rationnellement, les évolutions afin d’ajuster ses objectifs et ses comportements en conséquence.

 

Le manager doit être en capacité de :

-        Proposer et construire de nouveaux modes de fonctionnement et d’organisation dans un monde complexe en perpétuelles mutations ;

-        Veiller à la cohérence, à long terme, de ses actions au quotidien ;

-        Développer la capacité d’initiative et d’innovation de chaque collaborateur, en sollicitant et valorisant ses préconisations ;

-        Apprécier une situation, alerter et être force de propositions.

 

ARTICLE 14 : Un management fondé sur le partage et le développement de la transversalité.

 

Chaque manager doit avoir pour ambition commune, de partager des connaissances et des expériences afin de progresser, collectivement.

 

Le manager doit être en capacité de :

-        Relier, en permanence, de façon claire, les orientations municipales à ses actions au quotidien ;

-        Développer des réflexes de coopération, travailler et faire travailler son équipe avec les élus, les services municipaux, la population et les divers partenaires de la collectivité.

Paris le 27 avril 2013.
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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 09:10

Le président HOLLANDE face à la neutralisation de diverses forces : comment rebondir ? par Amadou Bal BA.



Dans l’affaire CAHUZAC, le PS a été presque aphone ; on n’a pas eu une défense vigoureuse de cette organisation manifestement déconnectée du gouvernement et du travail des parlementaires socialistes. Il est vrai que M. Harlem DESIR, qui a été choisi premier secrétaire par défaut, bloque avec son cabinet toutes les initiatives des Hollandais qui se sentent ligotés par les autres courants du PS ; une colère sourde des «Hollandais» gronde. Par

Ailleurs, Harlem DESIR que certains appellent, de façon désobligeante, le « Bounty », c’est-à-dire Noir à l’extérieur mais Blanc à l’intérieur, a choisi d’ignorer superbement la communauté noire et ne s’occupe que de sa carrière.

 

Mme AUBRY qui est silencieuse, mais a bien placé ses amis à des postes stratégiques ; elle attend, probablement, le moment opportun pour renaître de ses cendres. M. CAMBADELIS, en grand professionnel de la politique, une expérience incontestable, s’estime fort injustement dépossédé du trône, et attend un jour son heure. Le président Hollande, quand il était premier secrétaire, n’avait pas voulu créer un courant à lui. Une fois au pouvoir, M. HOLLANDE a choisi, dans une démarche de République irréprochable, de ne plus se mêler des affaires du Parti et n’a pas désigné un de ses partisans à la tête du PS. Or, le Président a besoin d’un soutien, sans failles, d’un parti dynamique et non pas léthargique, qui constitue une force de propositions, et assure une défense énergique des projets du gouvernement bien malmené dans l’opinion publique. Comment donc s’en sortir de forces concurrentes qui neutralisent le PS ? Les Hollandais disposent d’une association « Répondre à Gauche » ; faut-il la réactiver dans la perspective des municipales et renouer ainsi un dialogue direct avec le peuple et les forces vives de ce pays ? Cette échéance de 2014, jusqu’à son terme, n’est pas favorable à la reprise en mains du P.S. Qui pourrait parmi les Hollandais, au moment opportun, diriger le PS ? En dehors de M. Stéphane LE FOLL qui a la confiance du Président, le courage et la clairvoyance nécessaire pour ce genre de mission, le casting pourrait être laborieux.

Dans le fonctionnement du gouvernement, les Hollandais estiment que le Premier Ministre manque d’autorité et ne se fait pas toujours respecter par ses Ministres ; pour eux c’est la source principale de tous ces dysfonctionnements. Par ailleurs, le Président, dans la distribution des prébendes, aurait été sévère avec ses amis et les a oubliés. Qui pourrait un jour remplacer M. HERAULT ? M. VALLS ? Il a de l’énergie, c’est un bon communiquant, il est populaire, mais il est perçu comme un homme pressé. M. François REBSAMEN, le maire de Dijon et président du groupe socialiste au Sénat, un homme de réseaux ? Il a la confiance du Président et le talent nécessaire. Mais un seul homme peut décider du moment et de la personne : M. HOLLANDE.



Le Parti de Gauche a entamé, contre le Président de la République, des polémiques inutiles, comme les « 16 salopards» ou la menace de procéder à un «grand coup de balai». Et pourtant, un dépit de ce verbiage, il va falloir se retrouver, ensemble, aux municipales de 2014. M. MELENCHON qui avait fait une excellente campagne des présidentielles de 2012, a complètement raté, ses législatives ; il aurait pu être député sur une autre circonscription et faire valoir son talent de tribun à l’Assemblée Nationale. Le Parti socialiste n’a rien à voir avec son erreur d’appréciation. L’injure et l’invective devraient être bannis dans le débat d’idées, surtout quand on est des alliés.



Les Verts, plus modérés, appellent le Président, face aux graves interrogations, à délivrer des «réponses fortes», sans préciser lesquelles.

 

Le Front national se sent requinqué en vue de prochaines élections municipales et européennes de 2014. La Droite attend l’heure de sa revanche et fait de ces élections un test pour son retour aux affaires ; elle confirme sa ligne de droite dure décomplexée et raciste. Englué dans ses difficultés, le Parti socialiste a oublié sa promesse de droite de vote des étrangers aux élections locales, et la diversité est très mal représentée aux instances dirigeantes du Parti socialiste et dans la haute administration. Ces frustrations de la communauté noire risquent d’engendrer une abstention massive en 2014 et renforcer ainsi, de fait, l’Extrême-droite.


Le chef de l’Etat a montré, tout le courage qui l’anime en engageant des réformes pour l’équilibre des comptes publics et cela en dépit d’une opinion publique qui doute.

Dans tous les cas, le chef de l’Etat a besoin du soutien de tous, dans les diverses batailles qu’il mène (équilibre des comptes publics, lutte contre le chômage, moralisation de la vie publique, etc.). D’autres projets audacieux sont en cours, ou sont à venir (mariage pour tous, réforme des retraites, etc.). M. HOLLANDE a besoin du temps, pour engranger les fruits de tous ces efforts qui sont équitablement répartis. C’est un fin stratège qui sait où il va. Il n’est pas «faible», il a de l’autorité nécessaire, mais il a son style, sa manière, non conflictuelle, de résoudre des difficultés, y compris les plus graves. Quand on a été premier secrétaire du PS, pendant plus de 11 ans et qu’on ait survécu, après des primaires sanglantes au parti socialiste, pour devenir Président de la République, c’est qu’on est visionnaire, on a de la ressource, du recul nécessaire pour bien rebondir.

 

Paris le 21 avril 2013.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 08:11

Prières pour le printemps d'une République irréprochable
Il fait gris et moche, l'hiver s'incruste et démoralise ; le printemps se fait attendre.
Les présidents François HOLLANDE, en France, comme Macky SALL, au Sénégal, souffrent le martyr. Ils ont pris le pouvoir après des régimes de droite dure qui ont saccagé les acquis de la République et vidé les caisses de l'Etat. Les attentes de ceux qui souffrent sont importantes, mais il faut, au préalable, assainir les finances et les moeurs de la vie publique. Depuis le 17 avril 2013, Karim WADE, le fils de l'ancien président du Sénégal et ancien Ministre sous le régime de son père de président, est en prison pour avoir détourné plus de 1000 000 000 €. L'affaire CAHUZAC continue de faire des vagues. Pour ma part, la Politique c'est quelque chose de noble : c'est refuser de se servir et être au service des autres. Les présidents HOLLANDE et SALL sont honnêtes, et ont entrepris de redresser la situation ; ils ont besoin du temps et du soutien de tous ;  ils représentent, par conséquent, l'honneur en politique. Prions pour le retour du printemps.

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 13:46
Mme Anne HIDALDO, a entamé ses ateliers thématiques : «Paris aujourd’hui et demain : oser la ville»

Mme HIDALGO, Première adjointe au Maire de Paris, candidate pour les municipales à Paris en 2014, a tenu le samedi 6 avril 2013, au Quartier Latin, un atelier intitulé «la ville qui ose » avec les interrogations suivantes :
- Quelle place pour la nature dans la ville ?
- Quels différents usages de l’espace public ?
- Comment mieux gérer les déchets et les valoriser ?
- Quels projets d’urbanisme pour Paris, pour le périphérique ?
- Tous mobiles, pouvons-nous mieux partager la rue ?
- La Métropole parisienne : comment ? pourquoi faire ?

Pour Mme HIDALGO « La ville qui ose », ce n’est pas un simple slogan ou un gadget. Depuis 2001, Paris a changé et le mode de vie des parisiens a changé. Paris est devenue une ville mondiale qui évolue vite, mais cette dimension ne doit pas faire oublier que tout le monde ne peut pas avancer au même rythme ; la bienveillance à l’égard de certaines personnes (jeunes, handicapés, aînés, étrangers), sera la marque de fabrique de Mme HIDALGO.

C’est au niveau de la Métropole que seront réglés certaines questions comme le logement, le transport, l’environnement, les équipements collectifs. Avant la création de cette métropole, il faudrait faire émerger les conditions de son identité. Mais comment passer d’une identité des communes à une identité commune ? Il faudrait valoriser le patrimoine industriel, culturel des villes environnantes et entamer un partage des grands équipements avec des tarifs harmonisés. Il a été recommandé de créer une université et un marathon de la Métropole parisienne, et engager un débat sur l’élection du 1er maire de cette métropole en 2020.

Dans cette perspective, Mme HIDALGO a annoncé une importante rencontre le 19 avril 2013 entre la ville de Paris et les communes environnantes, en vue de trouver des espaces fonciers qui pourront contribuer à résoudre la question aiguë de la crise du logement.

Paris a un important patrimoine bâti, avec une création artistique notable, en 2014, il sera poursuivi et engagé une transformation urbaine. Rien n’empêche d’envisager la construction en hauteur ; une densification n’est pas à écarter pour résoudre cette crise du logement et favoriser des espaces verts pour les espaces communs.

On a noté, à Paris, un sentiment de malpropreté lié à l’espace public dégradé, les encombrants et les incivilités. On a également observé un usage déviant de l’espace public : prières dans les rues, SDF, prostitutions, mendicité, marchands ambulants, trafiquants de drogue, prostitution, etc. L’espace n’est qu’un lieu de passage, mais c’est également un lieu de vie : quelle place particulière pour les tout petits, les jeunes, les handicapés, d ans un esprit de «bienveillance», cher à Mme HIDALGO, vivre notre idéal d’égalité et de solidarité.
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 22:35
Coly Tenguella  BA (Fin XVème - XVIème siècles), unificateur du Fouta-Toro et fondateur de la dynastie des Déniyankobé
La négligence a fait tomber dans l’oubli, un valeureux peul Déniyanké, Coly Tenguella Diadié BA ou «Coly Poulo», l’unificateur du Fouta-Toro au début XVIème. Cet empire «s’étendait de l’Atlantique aux confins du domaine du Songhay. Il s’est édifié à partir du royaume du Fouta-Toro où régnait, depuis le début du XVIème siècle, la dynastie des Déniyankoobé, fondée par le conquérant peul, Koli Tengela. Cet empire était alors le plus vaste du Soudan occidental» écrit Jean BOULANGUE. Coly Tenguella BA est aussi le fondateur de la dynastie peule et animiste des Déniyankobé ayant régné, presque sur presque trois siècles, sur cet Etat jusqu’en 1776, avec l’avènement de la Révolution des Torodo, un Etat théocratique. Les peuls Déniyankobé de Coly Tenguella prirent la province du Toro, restée jusqu’ici à majorité Ouolof, et repoussèrent les Maures d’une bonne partie du Fouta-Toro. Etat centralisé, le Fouta-Toro est divisé par le Satigui en 7 différentes provinces (Dimat, Toro et Halaybé, Lao, Yirlaabé et Hébbyabé, Bosséya, Damga et N’Guénar), dont les chefs sont nommés par le Roi, et doivent participer à l’effort de guerre, en cas d’agression extérieure. Coly a libéré le Namandir de la domination du Bourba de Djolof avec l’aide des Sérères qui habitaient, à l’époque, le Fouta. Cette ascension de Coly Tenguella va donc correspondre avec la lente et progressive dislocation de l’empire du Djolof habité par des Peuls et des Ouolofs. En effet, l’empire du Djolof s'effondra en 1549, avec la mort du dernier empereur du Djolof, Lélé Fouli Fak NDIAYE, tué par Amari N’Goné Sobel FALL, lors de la bataille de Danki, près de Diourbel.
On sait peu de choses sur la vie de Coly Tenguella, du moins sur les causes de sa conquête du Fouta-Toro. Coly Tenguella BA est un véritable personnage de légende autour duquel ont été brodés divers mythes. Le colonisateur français fait démarrer l’histoire du Sénégal à l’année 1365, date de l’arrivée des commerçants dieppois. Jean BOULEGUE ne s’appuie que sur les écrits de JACQUEMIN et TEIXIERA DA MOTA. Cependant, il existe nombreuses autres sources arabes et françaises, dont les contributions de Cheikh Moussa CAMARA et Oumar KANE, ainsi que des documents inexploités de l’IFAN (Samba Alassane BA et Yaya WANE) auxquels j’ai pu accéder, révèlent donc la nécessité de réécrire l’histoire du Sénégal : «Quand la chèvre est présente, il ne faut pas bêler à la place de la chèvre» disait Amadou Hampâté BA.  Les études menées sur ce personnage majeur de l’histoire du Sénégal sont souvent approximatives et redondantes. Les sources arabes transcrites en français, portugaises, françaises et ou issues des traditions orales sont parfois divergentes sur les causes de son départ du Mali, sur l’itinéraire (Guinée, Gambie) qu’il a emprunté pour arriver au Fouta-Toro, et même sur ses origines ethniques, la durée du règne ou l’ordre de succession des Satigui.
Un point est constant : son père, Tenguella BA résidait à Kingui, province de Diâra, dans le Nioro, actuel Mali. Les sources écrites portugaises ont voulu attribuer à Coly Tenguella  des origines judéo-chrétiennes. Suivant Alavares d’ALAMADA, les Peuls ayant la peau claire, ce qui les prédestinait à commander les Nègres. On perçoit là toute l’idéologie qui tentait de justifier la domination coloniale. Certaines sources orales, sur lesquelles on ne va pas s’attarder, prétendent que Coly Tenguella serait un descendant du Mansa, Soundiata KEITA, de par sa mère qui s’appelle Nana KEITA. «Coly vient du pays mandingue, son nom était KEITA, qui équivaut au BA des Foulbé» écrit Samba Alassane BA.
Il est certain que Coly a fait ses premières armes en pays malinké «Dans sa jeunesse, Koli était berger, et la recherche de pâturages l’amenait à voyager loin dans la brousse. Ses camarades bergers, le prirent pour chef», note Siré Abbas SOH, dans ses «Chronique du Fouta». Son père était Peul, du clan des BA, donc originaire du Fouta-Toro, comme l’a établi Cheikh Moussa CAMARA, un spécialiste de la généalogie des familles du Fouta. Il n’est donc ni Malinké, ni Bambara. Tenguella Guédal BA, père également du guerrier Nima, était un peul, et ne descendait ni de Bilal, l’esclave et muezzin du Prophète Mohamet, ni de Soundiata KEITA.
Au début du XVIème siècle, loin des frontières actuelles artificielles héritées de la colonisation, le Mali dominait encore tous les territoires voisins, y compris le Fouta-Toro. «Les Peuls sont des alliés turbulents et versatiles qui deviennent bientôt des ennemis pour les empereurs Malinkés du Nord» écrit André ARCIN. On s’accorde à dire que Coly Tenguella BA est le fils d’un roi, à Kingui, dans le Diâra, battu et tué le 19 janvier 1512. A partir de là, nous avons des versions nuancées de cette tragédie. Soutenu probablement par l’Empereur du Manding, Tenguella Guéda BA prêcha la révolte contre l’Askia et fit la guerre au roi de Diâra parce que celui-ci a accepté la suzeraineté du Songhaï ; c’est ce qui causa la perte du père de Coly. «L’Armée de Askia, commandée par son frère, Amar, marche contre Tenguella, et le poursuivit jusqu’à Diâra, où elle le défît et le tua en 1512. Les bandes du chef Peul (Tenguella), sous le commandement de son fils, Koly, se réfugièrent dans le Badiar, au Nord du Fouta-Djallon» écrit Maurice DELAFOSSE dans «les Noirs de l’Afrique». En effet, pour Abderrahman Al-Sadi (1596-1665) auteur de «Tarikh Es-Soudan», un document arabe popularisé par l’explorateur, linguiste, géographe et ethnologue, Heinrich BARTH (1821-1865), relatant l’histoire du Soudan jusqu’en 1656, c’est Askia Mohamed (1443-1538), premier Askia de Gao et chef des Songhaï, qui a exécuté Tenguella BA. C’est la version la plus répandue. Suivant ES-SADI, Coly s’enfuit alors du Mali, pour rejoindre le Fouta-Toro. En effet, «le 19 mars 1512, Askia El Hadji Mohammed, entreprit son expédition contre «Le Maudit», le faux prophète, Tayenda (Tenguella) et le tua à Zara. Les circonstances voulurent que, à ce moment, Kalo (Coly), le fils de Tayenda, fût en expédition et absent de son père. Quand, il apprit ce qui venait d’arriver à son père, il s’enfuit avec les troupes qu’il avait avec lui, et alla se réfugier au Fouta» écrit Abderrahm AL-SADI dans «Tarikh Es-Soudan», un texte arabe traduit par Octave HOUDAS (1840-1916). Le «Tarikh Es-Soudan» précise «qu’il (Coly) à cet endroit (Le Fouta) et, après avoir machiné une trahison contre le Sultan, réussit à s’emparer de sa personne et le mit à mort. Kalo devient un puissant sultan avec de forces considérables» mentionne «Le Tarikh Es-Soudan».
Une autre source, non importante et très sérieuse, est «Le Tarikh El-Fettâch», entamé en 1519 par Mahmoud KATI (1468-1658), un ami de Askia Mohamed, mais achevé en 1665 par son petit-fils. Ce texte, retrouvé en 1911 par Albert BONNEL de MEZIERES (1870-1942), a été traduit en français, en 1913, par Octave HOUDAS (1840-1916) et Maurice DELAFOSSE (1870-1926). «Le Tarikh El-Fettâch» donne une autre version des faits. Le Fouta du Kingui venait d’être conquis par Coly, son père adoptif de Tenguella s’était séparé de lui, pour se porter roi, dans le Diâra, chef-lieu du Kingui, (cercle de Nioro, région de Kayes). Pour Mohamed KATI, ce n’est donc pas Askia Mohamed qui a tué Tenguella, mais Amar Komdiago, ou Koumfari Oumar, «Fari» étant un titre militaire de Gourma dans la région de Tombouctou : «C’est le 19 mars 1513 que fut tué l’imposteur, Téniedda (Tenguella) qui se prétendait être prophète et envoyé de Dieu. C’est le Kanfari, Amar Komdiago qui le tua sans que l’Askia lui eût donné l’ordre» écrit Mahmoud KATI.
Le père de Coly est décrit comme un prince puissant, valeureux, brave, doté d’envergure et enclin à la révolte. Il était venu dans le Kingui et s’y est proclamé roi. Suivant «Le Tarikh El-Fettâch», le motif de cette guerre serait une dispute entre Tenguella et Amar, «des querelles, des froissements et des rivalités» au cours desquelles, Tenguella, doté d’une armée puissante et bien entraînée, avait juré de «ruiner la capitale de son adversaire et d’en faire un désert».
Mohamed KATI donne une autre version du conflit également, à savoir qu’un Songhay partait chaque année au Fouta où il faisait du commerce. Tenguella BA ayant entendu parler de lui, l’avait capturé et confisqué ses biens. Ce Songhay s’est réfugié chez le Kurumina Fari, auprès duquel il porta plainte. A la suite de la chute de Tenguella, son vainqueur, Amar a ramassé un énorme butin et rapporta à Tindirma (cercle de Diré, région de Tombouctou), la tête de Tenguella, où elle fut enterrée.
Suivant la version de Mamadi Aïssa, s’inspirant de la tradition orale «Il y avait dans le Fouta, un prince appelé Satigui. Il marcha sur Diâra avec son armée et fit la guerre aux gens de Diâra. Mahmoudou vainquit les assaillants, les poursuivit depuis le territoire du Kingui jusqu’à celui du Fouta où il les atteignit, et les combattit dans ce pays. Mahmoudou fut tué dans cette guerre. Son armée revint à la ville, et on proclama roi son fils».
Les écrits des coloniaux sont inconsistants, mais donnent des bribes d’information sur l’itinéraire de Coly. En effet, avant d’arriver au Fouta-Toro, Coly Tenguella est passé par la Guinée, la Gambie et le Sine-Saloum. Coly avait séjourné en Guinée, dans une forteresse, dont il ne reste de nos jours que des ruines, à savoir la grotte de Guémé Sagan, dans la communauté rurale de Sinta, préfecture de Télimélé. André ARCIN est l’un des rares écrivains français, à avoir relaté cet itinéraire. Aidé par les Dialonké, les Koniagui et les Bassari, Coly Tenguella «avait réussi à acquérir une solide armée. Il avait, dit la légende, le pouvoir qui lui permettait de changer de forme et se rendre invisible, à son gré (Nibbi Nirké, en Peul). Il s’avance vers le Fouladou, mais n’entre pas dans le Mandingue. Il entra dans le massif montagneux du Fouta-Djallon et s’établit dans le Kébou, où il fonda sa capitale à Sangan, la montagne des Kan et des San. Il organisa un vaste royaume sur la plateau du Labé, un royaume des Koliyabé» écrit   André ARCIN dans son «Histoire de la Guinée». C’est Donald R WRIGHT qui a décrit le passage de Coly Tenguella BA en Gambie. Coly est arrivé en Gambie escorté de ses frères Boubou, Pathé, Yéro et Laba Tenguella. Il a installé son campement sous un grand baobab (Bankere, la force), dans l’un des 12 royaumes de la Gambie, le Niumi ou Barra. A cette époque, le Niumi, un Etat vassal du Saloum, devait s’acquitter, chaque année d’un tribut lourd. Coly Tenguela, en alliance avec Amary SONKO, s’insurgea contre cette domination et attaqua le Saloum. Des descendants de Coly Tenguella, les BA, vivent encore de nos jours en Gambie.
André ARCIN a  retracé le chemin suivi par Coly Tenguella à l’intérieur du Sénégal «Face à la confédération Sérère-Diola, ses guerriers eurent raison. Les Sérères furent rejetés dans leur habitat actuel, ainsi que les Diolas. Cependant, le conquérant traita avec les Sérères-Sine, et devint gendre de leur Roi, les enfants issus de son union, devant être des Guelwar» écrit-il. C’est à ce moment, que Coly Tenguella se dirigea vers le Fouta-Toro. Suivant Abdoulaye KANE, continuant sa route, Coly s’arrêta sur conseil de son guide, nommé Fouta, qui l’empêcha d’aller plus loin, son armée risquant d’être confrontée à un manque d’eau : «D’après les uns, c’est un peul, Dialalo, du nom de Oboss Diambel qui aurait suivi le perroquet, mais d’après une autre version, ce serait Fouta, le guide de Coly, qui le suit en trois étapes, jusqu’au Bosséya, où il prit quelques grappes de mil et revient jusqu’à l’endroit où il avait laissé Coly» écrit Abdoulaye KANE. Cette légende est également relatée dans par Siré Abbas SOH «Un jour que Koli était assis sous un arbre, en train de causer avec ses familiers, une perruche qui avait son nid sur cet arbre vint donner la becquée à ses petits et laisse tomber un grain de mil. Koli donna l’ordre de suivre la perruche. Un Peul alla jusqu’au bout, sans la perdre de vue. Elle les conduisit au milieu des champs du Fouta» écrit-il.
Le Peul, répondant au nom de Fouta, un courtisan de Coly, grand chasseur et connaisseur de la brousse, revient vers Coly et lui dit «J’ai vu un pays dont les plaines sont presque entièrement inondées. C’est là le pays dans lequel on doit vivre dans la paix et l’abondance». Suivant, Siré Abbas SOH, Coly avait une armée de 999 hommes, à son arrivée au Fouta-Toro, une partie des habitants effrayés s’enfuirent vers le Diolof. Il ne resta que les Farba et le Lam-Toro ; ils étaient les chefs du pays.  Devenu maître du pays, qui s’appelait Namandir (pays de l’abondance), il rebaptisa en «l’honneur de Fouta, cet homme qui l’avait découvert par son intelligence et sa bravoure» écrit Siré Abbas SOH.
L’empire Dénianké était animiste : «si la majorité de la population était fétichiste, une minorité de musulmans, remuante et active, sapait, sans cesse, l’autorité des Dénianké» écrit André ARCIN. C’est donc, en 1776 que la Révolution des Torodos, conduite par Thierno, Souleymane BAL, après 70 ans de crise dynastique des Déniyankobé, allait renverser le dernier Satigui.
I – Coly Tenguella BA, l’unificateur du Fouta-Toro
Pour quelles raisons, après le Mali, Coly Tenguella est-il venu au Fouta-Toro ?
Les raisons économiques sont, en partie, à la base de la conquête du Fouta-Toro par Coly Tenguella. En effet, il  est venu au Fouta-Toro pour rechercher un territoire plus propice, où il fait bon vivre ; le Fouta regorge de mil, de maïs, de niébé, de patates douces, coton et pastèques. Hormis l’assassinat de son père, la famine commençait à sévir sur le territoire du Mandé, au Mali.
Léon FAIDHERBE (1818-1889), gouverneur du Sénégal, donne deux versions, peu plausibles, de l’émergence de Coly Tenguella BA ; il «vint avec sa famille chez les Sérères-Sine, et où il fut parfaitement accueilli par le roi, qui épousa sa sœur. Koli-Teneba, devenu ambitieux, fit, avec l’aide de son beau-frère, la conquête du Toro. Voilà donc une tradition sur l’origine des Torodo». L’autre version consiste à soutenir que Coly serait originaire du «Foula-Dougou. Koly fit la conquête de tout le pays, depuis le Damga jusqu’aux frontières du Oualo. Les Socés du Damga furent sans doute refoulé dans le Ouli. Les Oulofs, qui ne voulaient pas subir la conquête, se réfugièrent dans les pays ouolofs de la côte» dit-il. Suivant Anne RAFFENEL (1809-1858), un explorateur, Coly Tenguella, dans son long voyage, arrivé entre le Bambouk et le Fouta-Djallon, ne savait pas quelle direction prendre, quand assis sous un arbre, un oiseau laisse tomber un grain de mil d’une rare grosseur : «Peu de temps après, la perruche ayant pris son vol vers le Nord-Ouest, Koli et son armée se mirent en route pour le suivre» écrit-il. «C’est à la fin du XVème siècle que s’opéra cette émigration des Dénianké arrivant au pays des Toucousors ou Toukourols, d’où ils chassèrent la tribu des Mandingues des Soussous ou Sossés, qui étaient établie dans ce pays depuis le commencement du XIIIème siècle, c’est-à-dire moins de 200 ans. Quand les Peuls arrivèrent dans ce pays, ils étaient sous le commandement du Satiric ou Satighi Koli» écrit le docteur L. QUENTIN.
Au début du XVIème siècle, Coly Tenguella BA libère le Tékrour de dominations externes, et rebaptise le pays, Fouta-Toro, du nom de la contrée dont il est originaire. Il existe donc désormais trois pays portant le nom de Fouta : Fouta Djallon, Fouta Kingui et Fouta-Toro, s’étendant à l’époque sur une partie du territoire mauritanien et sur le Boundou.
Comment alors expliquer le succès de Coly Tenguella, qui vient d’ailleurs, pour l’unification du Fouta-Toro ?
Sur le plan interne, face aux appétits de pouvoir, aux attaques incessantes des Maures, en raison de l’insécurité générale, surgit alors un personnage hors norme, Coly Tenguella, qui a su réunifier le Fouta-Toro. En ce début du XVIème siècle, le Fouta-Toro était déchiré par des divisions et des guerres intestines secouaient en permanence les différentes royautés. Les succès militaires de Coly militaires de Coly Tenguella viennent aussi de la longue et permanente lassitude des Foutankais victimes de l’anarchie, de l’insécurité et de guerres ancestrales. En effet, le Fouta-Toro, appelé anciennement le Tékrour, étaient par diverses populations hétérogènes : Peuls, Berbères ou Maures, Malinkés, Mandingues, Soninkés, Ouolofs et Sérères. Certains royaumes, notamment les Farba de Diowol et Farmabaal, ne cessaient de se battre entre eux. De nouveaux régnants ont pris le pouvoir, après la chute des Laam Termesse, mais les Maures se livrent à des razzias incessantes et la colonisation, qui est restée côtière, tente de s’infiltrer à l’intérieur du pays. A l’époque, le Fouta-Toro était un agrégat de peuples soumis à un pouvoir monarchique, mais avec d’importantes zones de turbulences et de révoltes : «Le Tékrour atteste l’anarchie permanente, due aux guerres sans trêve, qu’affrontaient des peuples voisins, mais ennemis. Le pouvoir procédait, avant tout, de la force, le conquérant de la veille cédant la place à celui du lendemain, et ainsi de suite» écrit Yaya WANE. La conquête du Fouta a été longue, compte tenu des résistances. Les dignitaires du Fouta, bien que divisés, par orgueil et méfiance, n’ont pas cédé facilement aux assauts de Coly.
Avant les Satiguis, sept dynasties (2 arabo-berbères, 1 Malinké, 1  Soninké et 3 Peul) se sont succédées au Fouta-Toro, dénommé auparavant, Tékrour ou Namandir. Les «Dia-Ogos», des arabo-berbères, pauvres, cultivaient la terre, travaillaient le fer ; ils étaient fétichistes. Ils ont été supplantés par la dynastie mandingue, «Les Manna», puis par les Diallonké, des Peuls appelés «les Tondiong», chassés par les Sarakollé, les «Tuge», eux-mêmes vaincus par les «Lam-Termesse», enfin éliminés par les «Lam-Taga».
En grand communicant, Coly Tenguella, un Peul, s’est présenté aux Fountankais, non pas comme un conquérant, mais un retour au pays de ses ancêtres, afin de retrouver le Paradis perdu. Par ailleurs, le retour au Fouta, pays de ses ancêtres, est pour Coly et ses armées une réussie tentative de retrouver le paradis perdu. En effet, pour  Mohamed KATI, dans son «Tarikh El-Fettach», le Nord du Mali, et notamment la dynastie des Askia, de Gao, était d’ascendance peule, des Torodos originaires du Fouta-Toro : «L’expression «Torodo» désigne proprement en Peul un individu appartement à une sorte de caste ou plutôt de parti politique qui s’est fondé au Fouta sénégalais ; chez les Maure et au Soudan pour désigner tout musulman originaire du Fouta-Toro. L’Askia El Hadji Mohammed n’était pas né au Fouta, mais sa famille était originaire de cette province» écrit dans un commentaire Octave HOUDAS.
En effet, Coly s’est présenté aux Foutankais, comme le libérateur de ses ancêtres du joug des Malinkés : «Ses frères vivaient en nomades, soumis à la tyrannie des empereurs Malinké et Songhay. Comme le Gaulois, Sigovèse entra en Germanie sous la conduite d’un aigle, Koli traversa le Ferlo à la suite d’une perruche et attaqua les Socé qui dominaient le Damga et le Boundou, peuples de nombreux Peuls. Les Ouolofs se soumirent en masse, les réfractaires étant rejetés vers l’Ouest, dans la région maritime» écrit André ARCIN. En tout cas, à son arrivée au Fouta-Toro certaines familles se rallièrent à sa cause, dont les N’DIAYE, d’ascendance Ouolof «Les N’Diaye étaient des Ouolofs et furent appelés, par la suite des Sebbé» écrit Abdoulaye KANE dans son «histoire des familles du Fouta».
Sur le plan externe, il est à noter qu’avant l’avant l’arrivée des Satigui sur le Fouta-Toro, une partie de ce territoire était sous le joug de l’Empire du Mali dont les représentants étaient les Farba. En effet, entre les XIème et XVIème siècles, le Tékrour anarchique sera finalement dominé par l’empire Soninké du Ghana, puis, par la suite annexé par l’empire mandingue du Ghana, à la suite d’une sanglante conquête. Le Ardo de Guédé et différents Farba dépendaient du Bourba de Djolof ; une partie du Fouta était donc sous la domination Ouolof. Coly Tenguella a su capter les souffrances et les espérances des Peuls qui étaient un peu partout minoritaires en Afrique Occidentale ; ils étaient persécutés au Mali, en Guinée et Fouta-Toro, dont une large partie était dominée par le Bourba du Djolof.
Si Coly Tenguella BA a vaincu et unifié le Fouta-Toro, il le doit aussi à son courage, son génie militaire. Dans sa conquête du Fouta-Toro, Coly Tenguella BA, allié des Sérères et accompagné d’une partie de sa famille, suivant Yaya WAGNE, avait une armée de 3333 hommes, dont une bonne partie se composait de ces vaillants et fidèles partisans guerriers : les «Sebbé Colyyaabé», (Tiéddo, au singulier). Les succès militaires sont dus, en grande partie, à la détermination de Coly Tenguella, un fin stratège, sa puissante armée, bien entraînée, était mobile avec des chevaux, il utilisait des arcs et des flèches. Les Foutankais, eux, se battaient souvent au couteau, au sabre ou à mains nues et à pied ; ils se déplaçaient difficilement avec leurs taureaux, moins mobiles et peu adaptés au terrain de combat. Coly a réorganisé, discipliné et hiérarchisé son armée autour de 7 commandants principaux dont les fameux Niima et Gata Coumba. Puis, il a élargi, par la suite, son commandement militaire aux descendants de certaines familles royales dont celle de Sawa Dondé. Sur le champ de bataille, Coly Tenguella a su galvaniser ses troupes en se faisant accompagner de «Bawdi Almari», tam-tams et de griots vantant la bravoure de ses «Djambarébé» (guerriers) ; un vrai guerrier peul, dans ses codes d’honneur, préfère mourir sur le terrain de combat que sur son lit. Durant les combats, les griots entonnent, notamment le «Yella», un chant de guerre. Les guerriers, abreuvés au code l’honneur de la bravoure, choisissent alors de donner leur chair aux vautours plutôt que de se rendre. Les forgerons sont mis à contribution pour fournir les armes et les pillages permettent d’assurer, efficacement la logistique et l’intendance.
Par ailleurs, pour pacifier le Fouta-Toro, Coly Tenguella épousait les filles et veuves de ses victimes, et distribuait les prébendes aux personnes ralliées à sa cause. La légende raconte que Coly demanda à ses sujets «comment son père faisait-il pour épouser ses femmes ?» ; on lui répondit : «Il payait la dot aux femmes qu’il voulait épouser». Coly rétorqua à cela : «Moi je tuerai leurs parents et les épouserai». Coly, en stratège, a donc associé ses victimes au pouvoir par les liens du mariage, et a ainsi conforté sa domination.
Cette attitude de conciliation à l’endroit des peuples conquis, rendait moins lourde la domination des Peuls et faisait participer réellement à l’exercice du pouvoir les vaincus. Cependant, Coly Tenguella sait aussi user de la force ou de méthodes déloyales, pour vaincre de certaines résistances, c’est un tueur politique. Ainsi, il a fait assassiner le Lam-Toro, après avoir conclu un traité de paix qu’il avait lui-même proposé. Il a fait assassiner le Farmabaal grâce à la trahison de son frère. Un autre Ardo a été tué à la suite de la trahison de sa femme ; il fit décapiter cette femme par la suite.
Coly Tenguella, durant son règne, eut le génie de structurer son administration pour la confier à des fidèles, notamment furent nommés : son frère Ameth Ali El Bana, chef du Toro à Guédé, neveu, Niobdi, chef des Irlabbé Hébbyabé, son fils Moussé Bassé, chef du Bossoya, son frère Ali Malliga, chef du Damga, etc. Les affaires entre particuliers étaient réglées par les chefs de province dont les décisions étaient irrévocables. Mais pour consolider son règne, il était obligé régulièrement de mener des guerres.
La conquête du Fouta n’a pas été de tout repos. Ainsi le N’Guénar a résisté, dit-on, pendant 7 ans, le Damga n’a cédé qu’au bout d’un an, le Bossoya, le Lao et le Toro n’ont été vaincus qu’après plus de 3 ans de combats acharnés. Démarrés vers 1520, la conquête et l’unification du Fouta ne seraient terminées que vers 1532.
Coly Tenguella établit sa capitale à Silla, suivant Yaya WANE, à Toumbéré Guingui, à côté de Kaédi, en Mauritanie, selon Cheikh Moussa CAMARA, il se transportera par la suite à Orkodiéré. Coly Tenguella BA mourut d’une fièvre, à Lamboussa, pays dont on ne connaît pas l’emplacement actuel. Yaya WANE situe sa mort en 1586.
II – Coly Tenguella, le Satigui, fondateur de la dynastie peule des Déniyankobé
Coly Tenguella est donc le fondateur de la dynastie des Déniyankobé ayant unifié le Fouta-Toro. Le mot «Déniyankobé» a été interprété de différentes manières. Pour André ARCIN, Dénianké sera issu de «Dénia», une région côtière du Maroc. En Malinké, «Dénia» est le diminutif de «Déniouma» désignant «le joli enfant» ou «l’enfant béni». En effet, pour Samba Alassane BA, Déniankobé, signifierait «chefs, une famille de guerriers venant du Dolo». Les Peuls Déniyanké sont «les habitants de «Déni», un village peul du Macina, au Mali. Ce terme est plus célèbre comme désignant la tribu peule dont étaient originaires Coly Tenguella BA et ses conquérants» écrit, en 1969, Yaya WANE, dans sa magistrale «histoire des Toucouleurs du Fouta-Toro».
Coly Tenguella a pris le titre dynastique de «Satigui». Jean-Baptiste LABAT (1663-1738) ou d’autres voyageurs emploient, par corruption du terme, le mot de «Satirique» ou «Siratic». Ce voyageur écrit que «Le milieu du lac de Cajor sépare les Etats de Jaloffes et des Foules, ou le royaume des Brac ou Satirique». Pour Yaya WANE, «Satigui» signifie «le Guide». Cheikh Moussa CAMARA pense, sans être affirmatif, que «Silatigi est, peut-être, le nom d’un ancêtre ou un titre royal».
Henri GADEN a donné l’explication la plus crédible, que je reprends à compte, à savoir que les Peuls étant des voyageurs et éleveurs, Tenguella avait pris les titres d’Ardo (chef peul), puis celui de «Saltigui», un terme mandingue, ou «Satigui» en Peul, signifiant «maître de la route» ou «chef de la migration», ou encore «celui qui ouvre le chemin», et donc celui ayant connaissance des choses pastorales et de la brousse, investi du culte des ancêtres et de leur génie.
A - La longévité et la relative bonne gouvernance de la dynastie des Déniyankobé
Coly Tenguella est resté dans la postérité en raison, notamment de la longévité de la dynastie des Déniyankobé qui ont régné sur le Fouta-Toro, du début du XVIème siècle jusqu’en 1776. Coly Tenguella  a effacé le nom de diverses dynasties qui avaient gouverné, auparavant, au Fouta-Toro. Abdoulaye KANE estime que la première capitale des Déniyanké était d’abord Agnam Godo ; elle sera par la suite transférée, au gré des circonstances, notamment à Diowol et à Orkodiéré. En revanche, Moussa CAMARA dit la première capitale se situerait à Toumbéré Guingui, dans l’actuelle Mauritanie.
Ce qui a marqué les esprits ce sont les 70 dernières années du règne des Satigui, en raison des guerres de la succession au trône, qui avaient plongé le Fouta-Toro, dans le Chaos, en raisin de cette crise dynastique et des pillages. Cependant, et hormis cette période sombre, et contrairement, à une idée reçue, les Satigui des temps anciens étaient attachés à une certaine bonne gouvernance, et respectés par la population. Jean-Baptiste LABAT a décrit, avec l’aide des notes d’André BRUE (1654-1738), lors de ses différents séjours au Sénégal entre 1697 et 1720, la grande vénération dont bénéficie le Satigui auprès de la part de la population : «Rien n’est plus respectueux que la posture où ils sont quand ils viennent demander justice ; ils sont à genoux, ils ôtent leur bonnet, leurs sandales. Ils entrent dans la salle, ils se prosternent le visage contre terre, au premier pas qu’ils font. Se jettent de la poussière sur la tête, jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à une distance où le roi et ses conseillers les puissent entendre commodément» écrit LABAT. En effet, les hautes qualités morales de certains Satigui ont été louées par les historiens. Ainsi, Guéladio Tabara est considéré comme «un homme bon, vertueux et juste» par Mohamed KATI dans son «Tarik El-Fettâch».
Si le règne de Sawa Lammou a durée entre 30 et  37 ans, c’est probablement qu’il avait fait l’unanimité, pour ses qualités morales et son leadership, fondé sur l’équité. Pendant son règne, Abou Bakr, a «interdit l’injustice» dit Mohamed KATI. Il y a eu, tout de même, en 1707, Sawa Dondé qui a été tué par son frère Bocar Siré Sawa Lammou ; celui qui a commis ce parricide sera vite chassé du pouvoir. Cheikh Moussa CAMARA dit du Satigui Boubou Moussa (1721-1731), qu’il vainquit tous ses ennemis, refusant de fréquenter les injustes, sa parole est écoutée de tous. Claude JEANNEQUIN (1601-1660) est un des rares Occidentaux à s’être rendu au Fouta-Toro, lors de son voyage en 1638, au Sénégal, du temps de Sawa Lammou. A cette époque, le Satigui régnait sur un vaste territoire composé de 19 provinces englobant tout le Fouta-Toro, mais aussi le Boundou, le Wagadou et le N’Galam. Manuel TEIXERA DA MOTA (1666-1758) a recensé 18 provinces. Claude JEANNEQUIN nous relate un témoignage inestimable, notamment sur la vie quotidienne, les règles de succession et la justice.
Lorsqu’un Satigui décède, ses enfants sont contraints de quitter, momentanément le pays. Une enquête de mœurs est alors diligentée à l’effet de savoir si le défunt avait «moralement vécu», et s’il avait «mal vécu», ses enfants sont alors bannis, à jamais du pays. Un nouveau Satigui est élu, par un conseil de notables issus de l’aristocratie peule. Si la dynastie des Déniyankobé était animiste, le Fouta-Toro était déjà islamisé, même en cas de crime grave, le marabout ou le chef de village, ne pouvait que prononcer le bannissement. La peine de mort est réservée pour les assassinats ou complots contre le Roi. Cependant, le souverain peut les commuer en exil perpétuel. Il n’y a pas d’appel, le jugement est exécuté immédiatement.
Dans ses mémoires, André BRUE, retranscrits par LABAT, fait ainsi une description du Satigui : «Le roi Siratic était alors âgé de 56 ans. Il était d’une taille médiocre assez remplie ; ses cheveux et sa barbe commençaient à grisonner, chose extraordinaire parmi les Nègres à qui cela n’arrive que dans une vieillesse assez avancée. Il avait le nez aquilin et bien fait, la bouche toute petite, de belles dents, quoiqu’il eut les yeux petits. Rien de plus simple que son habit ; car il n’avait sur ses culottes qu’une chemise de toile de coton noir, avec un bonnet de même étoffe».
A l’époque, sans aucune emprise sur le Sénégal morcelé entre différents royaumes, les Français avaient établi des liens de coopération mutuellement avantageux avec le Fouta-Toro : «Laborieux, ils cultivent leurs terres avec soin, font de récoltes abondantes, de gros et petits mils, de coton, de tabac, de pois, et ils élèvent une quantité prodigieuse de bestiaux, de toutes espèces. (..) C’est dans leur pays que la Compagnie tire les plus beaux cuirs à meilleur marché. Ils aiment la chasse, et sont forts adroits», écrit LABAT. Les Européens achetaient aux Satigui de la gomme arabique et des défenses d’éléphant, et devaient s’acquitter de droits de douane (coutumes) pour faire du commerce au Fouta-Toro.
Il subsiste de graves incertitudes sur la datation, la durée et l’ordre du règne des différents Satigui, dont celui de Coly Tenguella, ainsi que le nombre des rois Satiguis. Ainsi, s’il est certain que le père de Coly, Tenguella, été tué le 19 janvier 1493, au Mali, David ROBINSON situe le règne de Coly Tenguella entre 1495 et 1512 (17 ans). En revanche, pour Oumar KANE la dynastie des Satigui s’étend entre 1512 et 1537 (25 ans). La durée du règne des Satigui est également entourée de graves flottements. En effet, Abdoulaye KANE a recensé 19 Satigui, dont les quatre premiers sont Guéladio Tabara, Ndiaye Houlèye, Sawa Lammou et Yéro Diam II. Sans établir de datation, Abdoulaye KANE estime que la durée totale du règne des Satigui serait de 243 années et 45 jours. Le plus court règne est de 45 jours pour Anta Coumba et les plus longs de 30 ans, respectivement pour Sawa Dondé, Guéladio Dondé et Soulèye N’DIAYE 1er. Abdoulaye KANE n’attribue que 2 ans au pouvoir pour Sawa Lammou, pourtant un des piliers de cette dynastie. Le manuscrit de Thierno Ciwol que cite Maurice DELAFOSSE, dans les «Chroniques du Fouta» de Ciré Abass SOH indique les Satigui auraient régné pendant 378 ans, pour Ciré Abass, cette durée serait de 381 ans. Ciré Abass SOH recense 22 Satigui, sans une date précise, et Maurice DELAFOSSE en a trouvé 28, pour un total de 264 années au pouvoir, si l’on compte «entre l’avènement de Koli, en 1512, au plutôt et celui de l’Imam Abdelkader en 1776» écrit-il dans ses notes. Les plus longs règnes sont attribués, respectivement, à Sawa Lammou 37 ans, Bocar Tabakali 33 ans et Laba 27 ans. Pour Abdoulaye KANE les 25 Satigui ont régné pour 313 ans.
Le Capitaine STEFF et Samba Alassane BA, ont fourni des listes incomplètes de Satigui et sans datation. Pour Oumar KANE aussi, la dynastie Déniyankobé, des Peuls Yalalbé ou Saybobé, a régné sur le Fouta-Toro, de 1512 environ à 1776, soit pendant 264 ans, si nous admettons que le Fouta-Toro a été conquis par Coly dès 1512, c’est-à-dire juste après la mort de son père Tenguella.
Le «Tarikh Es-Soudan» de ES-SADI, un contemporain des Satigui, et Cheikh Moussa CAMARA l’a repris à son compte, indique le premier successeur de Coly Tenguella, c’est son fils, Yéro Diam : «A sa mort, Kalo eut pour successeur son fils, Yoroyim (Yéro Diam). Quand ce dernier mourut, il fut remplacé par Kalaya-Tabara, un homme éminent, bon, juste et dont l’équité n’eût de pareil, excepté Kanka Moussa. A sa mort, c’est Kota, le fils de Yoroyim qui prit le pouvoir. Il eût lui-même pour successeur, son frère, Sanba-Lâm (Sawa Lammou), qui s’appliqua à faire régner la justice, et régna 37 ans. C’est son fils Abou-Bekr qui prit le pouvoir» note le «Tarikh Es-Soudan».
Cheikh Moussa CAMARA estime que Yéro Diam n’était pas le fils, mais le frère de Coly Tenguella : «Tenguella était le père de Coly, de Yéro Tenguella qu’on appelait Yéro Diam et Yéro Sarki. Il était aussi le père de Guéladio Tabara et Nima» écrit-il dans son «Florilège». Cheikh Moussa CAMARA a établi un ordre de succession suivant : Yéro Diam, Gata Yéro Diam, Sawa Lammou, Bocar Sawa Lammou (1640-1669), Ciré Sawa Lammou (1669-1702, devenu aveugle, Samba Bocar Sawa Lammou (1702-1707), Guéladio Bocar ou Guéladio Diégui (1710-1718), Boubou Moussa (1721-1731), Konko Boubou Moussa, Soulèye Boubou Moussa, Ciré Boubou Moussa, Bocar Boubou Moussa, Boubou Guayssiri ou Boubou Mody Bocar Sawa Lammou (1747-1749). Konko Boubou Moussa entre en conflit avec Samba Guéladio Diégui qui l’aurait assassiné, par un pêcheur de Dondou, appelé Boubou BOYE. Ce fut la lente descente dans les enfers de la dynastie des Déniyankobé. Samba Guéladio Diégui est le premier à faire appel aux Maures, dans cette guerre de succession. Pendant cette époque, André BRUE vend des armes aux Cayor et à tous les protagonistes de la guerre de succession des Satigui. A la mort de Samba Guéladio, à Diam Wélli, Konko Boubou Moussa se convertit à l’Islam et abdique à ses fonctions de Satigui. Soulèye N’DIAYE ou Soulèye Boubou (1745-1751), en raison de l’insécurité générale et de l’avancée de l’Islam perd toute estime de la population, mais il continue sa lutte contre certains Peuls, les Saybobé. Aly Mamoudou LY, appelé Thierno Mollé de Thilogne, est tué entre N’Douloumadji Founébé et N’Douloumadji Dembbé. Les Foutankais, las de ces désordres et de la famine, iront se réfugier au Boundou, au Diolof ou au Saloum.
Yaya WANE, se fondant sur la tradition orale, «Les Tarikh El Futiyu», des textes en Ajami, transcrivant le Peul en arabe, établis par des marabouts savants du Fouta-Toro, estime que le premier Satigui serait Labba Tenguella, succédant à son père pour trois ans, et Coly Tenguella n’a été intronisé qu’en deuxième position. Yaya WANE établit une liste de 27 Satiguis ayant régné sur le Fouta «Ce qui représente plus de quatre siècles, si l’on tient compte des quelques 64 années qu’aura durée le règne du fondateur de la dynastie. Or, ces quatre siècles de pouvoir des Déniankobé constituent presque le double de l’approximation la plus répandue, qui limite la présence des Satigi, soit au plus, à deux siècles et demi» écrit Yaya WANE.
David ROBINSON a établi un travail rigoureux avec une datation sur la base d’une liste de 37 Satigui entre 1495 et 1776, soit 281 ans, de longévité pour cette dynastie. Il est vrai que certains Satigui ont été, plusieurs fois au pouvoir, comme Boubacar Ciré (3 fois) Boubou Moussa (3 fois), Konko Boubou Moussa (2 fois), Samba Guéladio Diégui (2 fois), Soulèye N’DIAYE, l’Ancien (3 fois). Pour David ROBINSON, c’est Laba Tenguella, son frère qui a pris le pouvoir de 1532 à 1535. Yéro Diam, le fils de Coly, a pris, par la suite, le relais de 1535 à 1539, Guéladio Bambi de 1539-1563, Guéladio Tabara de 1563 à 1579, Guéladio Gayssiri de 1579 à 1580, Yéro Diam Coly, de 1580 à 1586, Diadié Garmi en 1586, Gata Coumba de 1586 à 1600, Sawa Lammou de 1600 à 1640 (30 ans), Bocar Tabakaly de 1640 à 1649, Ciré Takaly de 1669 à 1702, Samba Boly de 1702 à 1707, Samba Dondou de 1707 à 1709, Boubacar Ciré Sawa Lammou de 1709 à 1710, Guéladio Diégui de 1710 à 1718, Boubacar Ciré (Second règne) de 1718 à 1721, Boubou Moussa (1er règne) de 1718 à 1722, Boubacar Ciré (3ème règne) de 1722 à 1723, Boubou Moussa (2ème règne) de 1723 à 1724, Samba Ciré Sawa Lammou, en 1724, Boubou Moussa (3ème règne) de 1724 à 1725, Samba Guéladio Diégui (1er règne) de 1725 à 1726, Konko Boubou Moussa (1er règne)  de 1726 à 1738, Samba Guéladio Diégui (2ème règne) de 1738 à 1740, Konko Boubou Moussa (2ème règne) de 1741 à 1743, Soulèye N’DIAYE, l’Ancien, (1er règne) de 1743 à 1747, Boubacar Guayssiri.
B – Splendeur et décadence de la dynastie des Déniyankobé
La dynastie des Déniyankobé est héréditaire ou gérontocratique. Cette incertitude des règles de succession aura, par la suite, de lourdes conséquences sur sa survie : «Au début le pouvoir est certainement héréditaire, c’est-à-dire dévolu du père au fils aîné, ou bien de l’aîné au cadet. Mais la famille de Coly s’élargissant par la suite, il est probable que le pouvoir aura subi d’importantes rotations, puisqu’il aura pu être transmissible à l’aîné de l’ensemble des descendants mâles du premier Satigui ; ce qui équivaut, en somme, à une sorte de monarchie gérontocratique tournante» écrit Yaya WANE.
La famille royale, au cours d’un conseil privé, désigne le plus âgé ou le valeureux. C’est à ce titre que Laba Tenguella en raison de ses nombreuses victoires dont celle contre les Ouolof qui attaquaient le Fouta-Toro, a été désigné Satigui. Labba fut tué à Agnam, par un Damel qui avait fait une incursion dans le Fouta-Toro. Samba Tenguella, frère de Coly, succéda à Labba ; il n’a rien changé aux règles de gouvernement établies par Coly. Samba Tenguella a continué de livrer bataille aux Maures et aux Ouolof qui voulaient assujettir le Fouta. Mais les Satigui sont, en général, des souverains fainéants et pillards. Samba Tenguella fut vaincu et tué au cours d’une de ses expéditions.
Guéladio Tabara, fils de Coly, succéda alors à Samba, son oncle. Il mourut de maladie et fut remplacé par Sawa Lammou qui n’a régné que deux ans, pour être remplacé par son fils, Ciré Sawa Lammou ; ce dernier a régné pendant 30 ans sur le Fouta-Toro. Bokar Samba Lammou fut nommé Satigui, en remplacement de son père et régna pendant 20 ans et fut remplacé par Guéladio Dikoui, qui lui-même, à sa mort, a été remplacé par Guéladio Diégui (père de Samba Guéladio Diégui). En raison de sa très grande sévérité, Guéladio Diégui s’aliéna du soutien du Fouta et d’une bonne partie de sa famille royale. A la suite d’une révolte, Guéladio Diégui fut destitué au profit de Birame Boubou Moussa.
Guéladio Diégui qui était réfugié à Tiabou, près de Bakel, y mourut et la même nuit, le Satigui Birame Boubou Moussa succomba de maladie à Toumbéré Guingué, la capitale des Satigui. Boubou Moussa prit alors le pouvoir.
Boubou Moussa a régné pendant 23 ans, et a eu un réel soutien populaire en raison de la paix et la justice qui régnaient dans le pays. Cependant, de grandes dissensions eurent lieu concernant le partage du pouvoir. En effet, il distribua toutes les charges aux différents princes, sauf à Samba Guéladio Diégui ; celui-ci, absent du pays lors de la distribution des charges, se trouva affligé qu’aucune place ne lui avait été réservée et entra donc en conflit contre son oncle pourtant légitimement nommé Satigui.
Au sein de la dynastie des Satigui, le nom de Samba Guéladio Dégui nous est parvenu, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Samba Guéladio a soulevé la question de la Justice. L’histoire de Samba Guéladio Dégui est liée à des règles de succession qui ont, à un certain moment donné, mal fonctionné sous le règne de Boubou Moussa. Boubou Moussa, neveu de Guéladio Diégui. Boubou Moussa a opéré un changement dans le fonctionnement du royaume de Fouta-Toro qui va déclencher une guerre de succession et faire entrer Samba Guéladio Diégui en scène. En effet, il a eu la malencontreuse idée de créer des charges qu’il réserve aux dignitaires Déniyankobé et aux percepteurs d’impôts. Toutes les charges furent distribuées sans en réserver aucune pour Samba Guéladio Diégui, fils de son oncle Guéladio Dégui, ancien Satigui. Samba alla réclamer au Roi sa part, mais celui-ci lui répondit que la distribution est déjà faite, mais qu’il pouvait prendre tout ce qui est nécessaire pour vivre. Victime de l’usurpation du pouvoir par son oncle, le récit magnifie ce prince peul qui mena une longue guerre de succession pour le royaume des Déniankobé. «La fascination qu’exerce l’épopée de Samba Guéladio sur des générations de chercheurs est due beaucoup plus à l’ambiguïté du personnage qu’à l’originalité de la geste» écrivent Lilyan KESTELOOT et Bassirou DIENG dans «Les épopées d’Afrique noire».
Ensuite, Samba Guéladio Diégui concentre, à tout seul, les valeurs culturelles d’une époque : celles de l’Islam, mais aussi de l’animisme et de la féodalité des Peuls. «Le génie créateur d’un peuple se manifeste de différentes façons, mais reflète toujours dans ses manifestations la culture de ce peuple» écrit le professeur Amadou LY.
Samba affirme son indépendance, exhibe sa bravoure, indomptable, invincible et orgueilleux, il veut incarner l’indépendance du Fouta-Toro. Ceux que chantent les griots doivent se signaler par leur courage, leur intelligence, leur droiture, leur sens de l’honneur. En effet, le père Jean-Pierre LABAT fait remarquer le souci d’indépendance de Samba Guéladio : «La première chose qu’il fit, dès qu’il fut monté au trône, fut de chasser les Maures tous les endroits de ses Etats où il était établi, comme le seul moyen de conserver le Royaume de ses ancêtres». Chassé du trône, et sa mère humiliée, dans une version tirée des manuels scolaires, Samba séjourne dans un village, dans une contrée terrorisée par un monstre, «le Tiamaba», un redoutable caïman ou le «Guinârou», un animal mythique, alors qu’il n’avait que 6 ans, et épouse la fille du Roi.  Suivant une autre version du capitaine STEFF, n’ayant pas réussi à détrôner son oncle Boumoussa qui l’avait écarté, injustement, des charges princières, Samba Guéladio s’exile, pendant plus de sept ans, chez les Maures, dans le Macina. Les habitants de ce pays manquaient d’eau et ne possédaient qu’une seule source gardée par un lion, le «Niamara Dallal» à qui il fallait sacrifier, une fois toutes les trois semaines, une jeune fille. Arrivé dans la contrée, Samba fut hébergé par une pauvre femme qui lui servit une eau de mauvaise qualité et lui raconta le calvaire du village. Samba Guéladio tua le lion, SENGHOR parle de «M’Bardi Lalo», un lion, et coupa sa patte droite comme preuve. Le roi maure, Ellène Ben Zikri, promit une forte récompense à celui qui a tué le lion. Samba prouva que c’est lui qui avait tué le lion. Les hypocrites jaloux de la soudaine notoriété du nouveau venu, ont demandé au roi maure de soumettre Samba à une autre épreuve : débarrasser les Maures de Birama Gouroury, fils de Ardo Gouroury, roi du Macina, qui venait souvent piller les vaches blanches des Maures. Une version, proposée par Blaise CENDRARS (1887-1961), tirée de la tradition orale, les principaux personnages de la légende sont : le griot, Séwi Mallal, le captif Doungourou, Oummoulatôma, le cheval de Samba, Boussalarbi, le fusil magique, la mère de Samba N’Diorgual est une infirme en référence à la légende de Soundiata KEITA. En toile de fond on retrouve la contestation de la légitimité du pouvoir de l’oncle de Samba et réclame aux Maures une armée pour reconquérir le pouvoir.
Enfin, il est reproché à Samba Guéladio d’avoir fait assassiner son oncle Boubou Moussa, réintroduit le désordre et le chaos au Fouta-Toro, à travers son alliance avec les Maures. «Les cris d’alerte des hommes, les pleurs de femmes et des enfants, et les chansons des griots» apprirent aux Foutankais la disparition de leur vénéré Satigui, Boumoussa. Samba Guéladio entre à Gallé en triomphateur et se proclame Satigui, sans une intronisation de l’assemblée des notables. Depuis lors, on a coutume de dire, il est comme un lion au milieu d’un troupeau de moutons, sans berger. «Gniwa ala Gayanoko» disent les Peuls, en d’autres termes : «L’éléphant n’a pas de berger». Ivre de joie, Samba se livre à son activité favorite : le pillage. Il rançonne les Foutankais, sont devenus ses sujets. Samba a la gâchette facile. Il tue ceux qui lui résistent ou portent atteinte à son honneur. Il va même jusqu’à assassiner Guéladio Hindé, un très fidèle compagnon qu’il avait surpris avec sa femme. Mais ce meurtre annonce la fin du règne de Samba Guéladio et le déclin du règne des Déniyankobé.
Cependant, et sans nul doute, c’est la poussée de l’Islam qui a donné un coup de grâce à la dynastie des Déniyankobé : «Pendant longtemps, ces derniers (les Marabouts), vécurent misérables et de la charité publique pour ainsi dire, se contentant, comme tout marabout, de faire des prières et de mépriser les travailleurs» écrit le docteur QUENTIN.
En effet, les Déniyankobé sont des Peuls païens. Or, l’Islam ne cesse de progresser, sous l’effet de grandes confréries Quadriaya et Tidjiana, soutenues par les Touaregs qui veulent étendre et sécuriser leur commerce à toute l’Afrique occidentale : «Les Déniyanké eurent bientôt le tort, qu’ils avaient eu, de leur laisser prendre tant d’influence dans le pays et voulurent, mais trop tard, les traiter en esclaves. Peu à peu, le nombre de fidèles augmenta, et pendant deux ans, leur marabout tint en échec l’armée du Siratic» écrit L. QUENTIN.
En définitive, la dernière période de pouvoir des Satiguis aura été plutôt conciliante à l’égard de l’Islam. Certains Satiguis, abjurant le paganisme, se convertirent à l’Islam, comme Silèye N’DIAYE, le Jeune. Ils concédèrent de gigantesques propriétés terriennes, notamment à Thierno Sidiki DAFF à Kanel et Séno-Palél. Ils ont même donné pour épouse, leur propre fille richement doté, à Tapsirou Hamat WANE de Kanel. L’Islam, une religion ancienne au Fouta-Toro, commence à prendre de l’ampleur, les Musulmans devenant progressivement majoritaires, prennent conscience de leurs forces, et se révoltent contre le pouvoir arbitraire et les graves injustices des Satiguis. La guerre entre le parti des Torodo et les Satiguis, commencée vers 1750, allait durer plus de 26 ans. En effet, la Révolution menée par Thierno Souleymane BAL en 1776 a eu raison de la dynastie des Satiguis. Un Etat théocratique, fondé par Thierno Sileymane BAL, basé sur des règles de succession transparentes, sur la bonne gouvernance, et dont le souverain prenait le titre d’Almamy, vint alors remplacer la dynastie fondée par Coly Tenguella.
En dépit, de cette chute des Déniyankobé, le souvenir de leur règne est encore resté vivace et gravé à jamais dans le souvenir des Foutankobé.
 
 
Bibliographie sélective
AISSA (Mamadou), Traditions historiques et légendaires du Soudan Occidental, traduction de Maurice Delafosse, Paris, Comité de l’Afrique française, 1913, 104 pages, spéc page 45 ;
ARCIN (André), Histoire de la Guinée française, préface de Joseph Chailley, Paris, Augustin Challamel, 1911, 752 pages, spéc pages 9-15 et 62-68 ;
AWENENGO (Séverine) BARTHELEMY (Pascale), Ecrire l’histoire de l’Afrique autrement ?, Paris La Découverte, 2005, 282 pages ;
BA (Ibrahima), De l’origine des Fulbé, Peuls, à l’empire des Satigui, Déniyanké, Paris, l’Harmattan,  2014, 112 pages ;
BA (Oumar), Le Fouta-Toro à travers leur tradition nationale, orale et écrite, thèse de doctorat, Paris, La Sorbonne, 1973, 4 vol 1724 pages ;
BA (Samba, Alassane), Historique de la famille des Dénianké et des Almamy avant et après la pénétration française, Saint-Louis, MS, CRDS, Fonds GADEN, Cahier n°5, IFAN, manuscrit, non daté, de 12 pages (Merci au professeur Abdoulaye Baïla N’DIAYE, Directeur de l’IFAN) ;
BOULEGUE (Jean), «Empire Peul dans le Soudan Occidental au début du XVIIème siècle», in 2000 ans d’histoire, le sol, la parole et l’écrit, Mélanges en l’honneur de Raymond Mauny, Paris, Société française d’histoire d’Outre-mer, 1981, tome 2, pages 699-706 ;
CENDRARS (Blaise), Anthologie nègre, Paris, Sans Pareil, 1927, 336 pages, spéc chapitre X – 37 intitulé «La geste de Samba Guéladio Dégui», pages 133-147 ;
CHAVANE, Bruno, Villages de l’ancien Tekrour, Paris, Karthala, 1985, 188 pages ;
CISSOKO (Sékéné, Mody), SAMBOU (Kaoussou), Recueil des traditions orales des Mandingues de Gambie et de Casamance, Niger, Centre régional de documentation pour la tradition orale, avril 1974, 269 pages, spéc sur Coly, pages 8-11 ;
CORRERA (Issagha) KAMARA (Amadou), Samba Guéladio Diégui, texte Pulaar par Amadou Kamara traduit par Issagha Corréa, Dakar, IFAN, 1992, 257 pages ;
CROZALS (Jean--Marie), «Trois  Etats Foulbé du Soudan Occidental et Central : Le Fouta, le Macina, l’Adamaou», Annales de l’université de Grenoble, 1896, pages 257-279 ;
DELAFOSSE (Maurice), Les Noirs de l’Afrique, Paris, Payot, 1922, 139 pages, spéc pages 67-68 ;
EQUILBECQ (François-Victor), Essai sur la littérature merveilleuse des nègres suivie de contes indigènes de l’Ouest-Africain, Paris, E Leroux, 1913, 314 pages, spéc pages 94-96 ;
EQUILBECQ (François-Victor), La légende de Samba Guélâdio Dêgui, Prince du Fouta, Paris, NEA, 1997, 348 pages ;
ES-SA DI (Abderrahman), Tarikh Es-Soudan, traduction Octave Houdas, Paris, Alain Maisonneuve, 1913, réédité en 1981, 537 pages, spéc 127-128 ;
FAIDHERBE (Louis), Grammaire et vocabulaire de la langue Poul, Paris, Maisonneuve, 1882, 164 pages, spéc pages 16-17 ;
HALLE (Claude), «Notes sur Koly Tenguela», Recherches africaines, janvier-mars, 1960, n°1, pages 37-42 ;
JANNEQUIN (Claude), Voyage de Libye au royaume de Sénéga, Paris, Charles Roüillard, 1643, 228 pages, spéc 79-135 ; 
KAMARA (Shaykh Muusa), Florilège au jardin de l’histoire des Noirs, Zuhur Al-Basatin. L’aristocratie peule et la Révolution des clercs musulmans (Vallée du Sénégal), sous la direction et préface de Jean Schmitz, traduction de Saïd Bousbina, 1998, CNRS et ORSTOM, 460 pages, spéc sur les Satigui pages 93-130 ;
KANE (Abdoulaye), «Histoire origine des familles du Fouta-Toro», Bulletin du Comité des études historiques et scientifiques de l’AOF, 1916, pages 325-343, spéc sur les Satigui pages 330-333 ;
KANE (Oumar), «Essai de chronologie des Satigui du XVIIIème siècle», Bulletin de l’IFAN, 1970 (32) n°3, pages 755 – 765 ;
KANE (Oumar), «Samba Gélajo-Jégi», Bulletin IFAN, 1970 (32), n°4, pages 911-926 ;
KANE (Oumar), La première hégémonie peule : Le Fuuta Tooro de Koli  Tenella à Almaami Abdul, préface de Ahmadou Makhtar M’Bow, Paris, Karthala, Presses universitaires de Dakar, 2005, 672, spéc chapitre V, pages 159-216 ; thèse disponible également sur la bibliothèque numérique de l’UCAD, spéc pages 527 à  537 ;
KANE (Oumar), Le Fuuta-Toro des Satigi aux Almaami (1512 – 1807), Thèse d’Etat, Dakar, 1986, sous la direction de J DEVISSE, 3 volumes, 1124 pages,
KATI (Sidi, Mahmoud), Tarikh El-Fettâch ou chronique du chercheur, pour servir à l’histoire des villes, des armées et des principaux personnages du Tekrour, traduction de Octave Houdas et Maurice Delafosse, Paris, Leroux, 1913, 361 pages, spéc pages 72-73 et pages 145-147 ;
KESTELOOT (Lilyan) et DIENG (Bassirou), Les épopées d’Afrique Noire, Paris, Khartala, 2009, 626 pages, spéc pages 301-310 ;
LABAT (Jean-Baptiste 1663 1738), Nouvelle relation de l’Afrique occidentale contenant une description exacte du Sénégal, Paris, Pierre-François Giffart, 1728, 387 pages, tome III, intitulé du «royaume des Foulles ou des Siratique», spéc chapitres V et VI, pages 168- 279, et spéc chapitre XI pages 196-211, intitulé du «royaume des Foulles ou des Siratique» ;
LY (Amadou), L’épopée de Samba Guéladio Diégui : une version inédite, thèse de 3ème cycle, sous la direction de Lilyan Kesteloot, Dakar, Université de Dakar, 560 pages  (doc UCAD LTH 102) ;
NIANE (Djibril, Tamsir), «Koly Tenguella et le Tékrour», Recherches Africaines (études guinéennes), octobre-décembre 1959, pages 35-46, 1960, pages 32-36 et 1969, pages 58-68 ;
QUENTIN (L. Dr), «Etude ethnographique sur les pays entre le Sénégal et le Niger», Bulletin de la société de géographie, juillet-décembre 1881, pages 177-218 (étude sur les Satigui) et pages 303-333 ;
RAFFENEL (Anne), Nouveau voyage dans le pays des nègres, suivi d’études sur la colonie du Sénégal et de documents historiques, Paris, Imprimerie et librairie centrale des chemins de fer de Napoléon Chaix, 1856, vol II, 456 pages, spéc pages 317- 321 ;
ROBINSON (David), CURTIN (Philipp, D.) JOHNSON (James), “A Tentative Chronology of Futa Toro from the Sixteenth through the Nineteenth Centuries”, Cahiers d’Etudes Africaines, 1972, vol 12, n°48, pages 555-592 ;
SCHMITZ (Jean), Essai de généalogie historique, territorialité, segmentarisé et différenciation sociale dans la moyenne vallée du Sénégal, Paris, Orstom, non daté, 95 pages spéc pages  2, 18, 36-39 et 54-58 ;
SENGHOR (Léopold, Sédar), «Ballade de Samba Foul», Poèmes, Paris, Seuil, 1964 et 1990, pages 420-427 ;
SOH (Siré, Abbas), Histoire du Fouta-Toro, traduction et annotations de Maurice Delafosse et Henri Gaden, Paris, Leroux, 1913, pages 120-123, 139-140, 142-151, spéc, «tableau généalogique des Dénianké», pages 151-172 ;
STEFF (Capitaine), Histoire du Fouta-Toro, Dakar, IFAN, 1913, Fonds Brévié cahiers n°1-7 ; Fonds Gaden cahier n°1-338, 70 pages dactylographiées, spéc pages 26-50 ;
TAUTIN (L), «Etude critique sur l’ethnologie et l’ethnographie des peuples du bassin du Sénégal», Revue d’ethnographie, 1885, pages 61-80, spéc III, les «Foulbé» pages 137-147 et 260-261 ;
TEXEIRA DA MOTA (Avelino) éditeur scientifique, Un document nouveau pour l’histoire des Peuls au Sénégal pendant les XVème et XIVème siècles, Antonio Emilio Campos, traducteur Lisbonne, Junta de Investigações do Ultramar, 1969, n°83, 150 pages, un extrait du Boletim cultural da Guiné Portuguesa, Vol. XXIV, Outubro 1969, vol. XXIV, n°96, pages 781-860 ;
VIDAL (M.), Rapport sur la tenure des terres indigènes au Fouta, dans la Moyenne Vallée du Sénégal, Saint-Louis, MAS, Bulletin, 1924, n°72, 125 pages  ;
WANE (Yaya), «Les Toucouleurs du Fouta-Toro : stratification familiale et structure sociale», Dakar, Collection Initiatives et études africaines, 1969, n°XXV, 369 pages, spéc pages 14-18 ;
WRIGHT (Donald, R.), «Koli Tenguela in Sonko Traditions of Origin : An Example in Mandinka Oral Tradition», History of Africa, 1978, vol 5, pages 257-271.
Paris le 1er avril 2013, actualisé, le 15 novembre 2020, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Coly Tenguella  BA (Fin XVème - XVIème siècles), unificateur du Fouta-Toro et fondateur de la dynastie des Déniyankobé» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 22:04

Pourquoi il faut faire confiance au Président François HOLLANDE ?
Le président Hollande est élu pour 5 ans et il n'est là que depuis 10 mois ; il a besoin du temps pour que les mesures prises puissent porter leurs fruits. Deux ans d'effort et trois ans pour mieux vivre.
La Gauche a trouvé la France en piteux état en 2012 (chômage et déficits massifs) ; il est courageux, de sa part, de tout mettre en oeuvre pour rétablir l'équilibre des comptes publics, dans la justice fiscale, en vue de l'efficacité économique et le maintien de notre modèle social exemplaire. Etre rigoureux mais refuser l'austérité, voila une ligne de conduite stratégique.
Les mesures prises découlent toutes de ses engagements lors de la campagne électorale de 2012, dans le souci d'apaiser et pour l'égalité réelle ; il fait ce qu'il dit et il dit ce qu'il fait ; c'est l'honneur de la politique que de restaurer la sincérité de la parole publique. Il n'est pas que dans le constat, mais dans l'action pour que cela change réellement.
Avec la guerre au Mali, la France est passée du statut de colonisateur à celui de libérateur. Un bon travail est fait en matière de sécurité, de natalité. Il s'engage à un non-cumul des mandats applicable avant la fin du quinquennat.
Le président Hollande a de l'autorité, mais il n'est pas autoritaire ; il a le sang froid, du recul, c'est un stratège qui sait où il va ; il est en ordre de bataille pour le retour de la confiance de la France en elle-même, pour une République exemplaire et apaisée.

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:46
La cathédrale Notre – Dame de Paris fête ses 850 ans (1 163 – 2 013), ça vaut détour par Amadou Bal BA
 

Notre-Dame de Paris, le monument le plus visité de France (14 000 000 de visiteurs par an), et c’est gratuit, fête ses 850 ans. Afin de restituer le paysage sonore du XVIIIème siècle,  la vieille dame, qui a fait peau neuve avec d’importants travaux de rénovation (grande orgue, travaux de transmissions informatiques, réaménagement du trésor,  restauration de la châsse Sainte-Geneviève, des murs et des statuettes, éclairage intérieur, etc.), s’est dotée, en ce printemps 2013, de 8 nouvelles cloches qui remplacent les 4 anciennes cloches, installée en 1856. Outre, les sonneries d’office, c’est une nouvelle interprétation des heures qui verra le jour avec des thèmes appropriés à chaque temps liturgique. Les 8 nouvelles cloches ont été conçues à la fonderie Cornille-Havard en France et le Bourdon Marie aux Pays-Bas. Une dizaine concerts sont prévus à l’occasion de jubilé des 850 ans.

 

Rappelons que c’est l’évêque Maurice de SULLY sur Loire (né en 1105 à Sully sur Loire, Orléans, mort à Paris le 11 septembre 1196) qui, en 1163, décida la construction d’un grandiose édifice, chef d’œuvre du Moyen Age, en remplacement des églises Notre-Dame et Saint-Étienne qui dataient du VIe siècle. C’est à Marie, la mère de Dieu, que l’évêque Maurice SULLY a voulu dédier la cathédrale toute entière, elle lui est consacrée, Notre-Dame de Paris ! On ne compte d’ailleurs pas moins de 37 représentations de la Vierge (sculptures, peintures, vitraux…).Selon Grégoire de Tours, l’ancienne église Notre-Dame serait construite par CLOVIS après la guérison de son fils CHILDEBERT. Commencés en 1163, sous Louis VII, les travaux de Notre-Dame de Paris, allaient durer jusqu’en 1330 environ. L’architecte de génie qui bâtit la cathédrale, initialement, sur un style gothique, demeure inconnu ; son œuvre va recevoir différentes retouches de différents architectes entre le XIIIe et le XIVe siècle (Jean de CHELLES, Pierre de MONTREUIL, Jean RAVY, Jean Le BOUTEILLER, etc.). Au cours des siècles, la cathédrale subira différentes transformations. Ainsi, en 1699 Louis XIV confie à Robert de Cotte la réalisation des travaux pour respecter le voeu de Louis XIII. Il en résultera la destruction du jubé, des stalles et du maître-autel. Quant aux murs, ils seront badigeonnés de blanc.

Pendant la Révolution, l’intérieur est pillé ; l’autel devient celui de la «Déesse de la Raison» et Notre-Dame sera ensuite transformée en entrepôt. L’église subit des sorts divers, et il n’en restait guère qu’un squelette effrité, avant d’être solennellement rendue au culte en 1802. Le fameux livre de Victor HUGO, Notre-Dame de Paris, paru en 1831, qui exprimait, à sa façon, le retour au Gothique, créa un mouvement qui aboutit en 1844, au décret de Louis-Philippe prescrivant la restauration, confiée à Jean-Baptiste LASSUS (décédé un peu tôt en 1857) et Eugène VIOLLET-le-DUC (1814-1879). Ces architectes refirent, avec une grande habilité, le décor d’antan. Les travaux intérieurs achevés, Mgr DARBOY avait consacré la cathédrale, le 31 mars 1864, cérémonie qui n’avait pas eu lieu au Moyen Age. La commune de Paris de 1871, en tuant l’archevêque, faillit aussi anéantir l’édifice qui n’échappa à l’incendie qu’au dernier moment. Depuis 1988, l’architecte Bernard FONQUERNIE a pris la direction des travaux de rénovation de Notre-Dame, qui se poursuivent encore.

Depuis sa construction, Notre-Dame est l’un des grands symboles de Paris et de la France. De grands évènements religieux et politiques s’y sont déroulés ce qui a fait dire à l’historien MICHELET que «Notre-Dame est à elle seule un livre d’histoire ». De faits marquants de l’histoire de France s’y déroulent : 1229, le jeudi saint, Raymond VII de Toulouse fait amende honorable; 1239, le roi Saint Louis, pieds nus, porte la couronne d'épines, les Parisiens y ont veillé le corps du roi Saint Louis qui était mort à Tunis ;  en 1302 le roi Philippe le Bel y a ouvert les premiers Etats Généraux du Royaume de France ;1430, Henri VI d'Angleterre est couronné roi de France; en 1455, début du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc ; Charles VII célèbre par un Te Deum la reprise de Paris ; le très politique mariage de la catholique Marguerite de Valois et du huguenot Henri de Navarre sera célébré dans la cathédrale en 1572. Ce dernier devra rester à la porte au cours de la cérémonie : "Paris vaut bien une messe" dira-t-il à cette occasion; 1590, les chefs de la Ligue jurent de ne jamais reconnaître le huguenot Henri IV ; en 1660, c'est le Te Deum célébré à l'occasion du mariage de Louis XIV ; c'est LUXEMBOURG - le tapissier de Notre-Dame - qui porte ici les drapeaux ennemis ; en 1668 Turenne abjure; le 10 mars 1687 Bossuet prononcera ici l'un des plus beaux textes de la littérature française, l'oraison funèbre du prince de Condé. Au XVIIIe - malgré Versailles, Notre-Dame garde encore sa place, et c'est là que les reines - Marie Leczynska, Marie-Antoinette, - viennent prier à leurs relevailles (cérémonie religieuse de bénédiction des femmes après leurs couches) ; le 2 décembre 1804, c'est le sacre de NAPOLEON, le sacre peint par Jacques-Louis DAVID et ses drapeaux d'Austerlitz «tapissent» eux aussi Notre-Dame en 1805 ; en 1811, baptême du roi de Rome ; 30 janvier 1853 mariage de Napoléon III ; le baptême du prince impérial en 1856.

Depuis 1918, la vieille église semble avoir plus que jamais repris sa place, avec les funérailles nationales de Maurice BARRES (1923), de FOCH (1929), du maréchal JOFFRE (1931), du président Raymond POINCARE (1934), du général LECLERC (1947), du maréchal de LATTRE de TASSIGNY (janvier 1952), de l’écrivain Paul CLAUDEL (février 1955), du maréchal JUIN (février 1967), et surtout la cérémonie de la Libération, le 26 août 1944, et le Te Deum de la Victoire, le 9 mai 1945 (Te deum cantique pour rendre grâce à Dieu d'une victoire ou de quelque autre événement heureux). Le 12 novembre 1970, en présence de nombreux chefs d'Etat étrangers, eurent lieu les obsèques officielles du général de Gaulle, alors que le même jour à Colombey-Les-Deux-Eglises se déroulait la cérémonie privée suivie de l'inhumation. Une cérémonie religieuse est également consacrée à François MITTERRAND le 11 janvier 1996 ; JEAN-PAUL II y est venu deux fois en 1980 et 1997, pour les journées mondiales de la jeunesse, etc.

Pour ceux qui ont la chance d’habiter en région parisienne, je vous invite à voir ou revoir ce joyeux de l’architecture gothique qui est placé plein cœur du Quartier Latin et sur les bords de la Seine, le jubilé se déroulera du 12 décembre 2012 au 11 décembre 2013. C’est Paris, c’est magique et c’est gratuit.

Paris le 24 mars 2013.

 

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:28

Quand on parle à un Occidental, et précisément à un Français, du Mali, ce qui lui vient, tout de suite, à l’esprit c’est naturellement la guerre actuelle contre les islamistes. Le Mali est également l’un des pays du plus pauvre, sur le plan économique, au monde. Tout cela est exact, mais le Mali c’est aussi autre chose : un pays d’une richesse culturelle et artistique inestimable.

 

Tout d’abord, le Mali, c’est un pays avec une histoire glorieuse. Les origines de l’Empire du Mali se perdent dans la légende. Suivant la tradition orale, son fondateur, Soundiata KEITA, (Le Lion du Mali) serait un enfant paralysé qui aurait réussi, un jour à marcher et gagner une guerre contre un peuple voisin, grâce à ses talents de chef militaire. Après sa victoire l’assemblée du peuple du Mali lui aurait donné le titre de «Mansa», c’est-à-dire de Roi des Rois en Mandingue. Entre le XIIème et le XIVème siècles, l’Empire Mandingue connaît son apogée notamment sous le règne de Kankan Moussa (1312-1337). Le Mali est alors un empire riche qui vit de son agriculture, du commerce de l’Or, du sel et du cuivre et fixe sa capitale à Niani. Le Mansa, à la suite de son fameux pèlerinage à la Mecque en 1324, diffuse l’Islam dans le pays en construisant de nombreuses mosquées, dont celles de GAO et TOMBOUCTOU. Le Mansa développe les rapports commerciaux avec le monde arabo-musulman et fait venir à sa cour un savant arabe, Ibn BATTUTA (né à Tanger, au Maroc 1304 – mort au Maroc en 1377) qui a séjourné au Mali entre 1352 et 1353. Dans son récit de voyage intitulé «Rihla», Ibn BATTUTA, a laissé un témoignage écrit sur la splendeur de l’Empire du Mali et sur l’honnêteté légendaire des gens de ce pays. A la fin du XIVème siècle, confrontés à des problèmes successions, le Mali est envahi par les Touaregs.

 

C’est au XVème siècle, sous le règne de Soni ALI (1464-1492) que l’empire du Mali reprend son souffle, les Touaregs sont battus. Après sa mort, son fils, Mouhammad TOURE, musulman, fonde la dynastie des Askia, fait un pèlerinage à la Mecque, fonde la nécropole royale à GAO et fait appel à des juristes et savants arabes pour son gouvernement. Tombouctou devient la capitale intellectuelle, religieuse et commerciale de l’Empire ; une université réputée y est créée. Les relations commerciales sont développées avec les Portugais autour de l’or, les esclavages et l’échange des chevaux. A la fin du XVIème siècle, les armées du Sultan du Maroc qui convoitent les routes commerciales et les mines de sel, après la défaite du 12 avril 1591, envahissent l’Empire du Mali et c’est le début du déclin de l’Empire du Songhai.

 

Le français, René CAILLIE (19-11-1799 – 17 mai 1838), fils d’un boulanger des Deux-Sèvres, est le premier à faire une description précise de Tomboctou, dans son journal intitulé « journal d’un voyage à Tombouctou». Il quitte Bordeaux pour le Sénégal, le 27 avril 1816, avec escadrille de 5 navires, dont la frégate La Méduse qui a sombré au large de Dakar. Le gouverneur du Sénégal, le baron ROGER, tente de le dissuader. Un an après son départ du Sénégal, il a le bonheur de toucher au but. Bonheur immédiatement terni par la réalité. C'était donc cela, Tombouctou ? Une ville africaine assoupie entre le fleuve et le désert. Aucune trace des richesses espérées (toits en or, dallages...) ni d'une quelconque effervescence intellectuelle et religieuse. Le 5 décembre 1828, à Paris, en présence de l'illustre paléontologue Georges Cuvier, la Société de Géographie lui fait fête et lui remet la somme de 10.000 francs promise au premier Européen qui ramènerait une description de Tombouctou. René Caillié publie son Journal d'un voyage à Tombouctou. C'est aussitôt un grand succès de librairie. L'explorateur peut désormais se reposer. Il revient dans sa région natale où il meurt d’épuisement le 17 mai 1838.

Ensuite, le Mali a vu naître et se développer la civilisation des Dogons, qui ont résisté à l’Islam et aux envahisseurs Touaregs. Les Dogons sont une mosaïque de peuples (Malinkés, Soninkés) qui ont refusé de se convertir à l’Islam, pour s’installer, notamment dans les falaises de Bandiagara. Ils ont pu ainsi préserver leur culture. Le sociologue français, Marcel GRIAULE, à travers son fameux ouvrage, «Le Dieu de l’eau», a popularisé leur histoire.  C’est dans les falaises de Bandiagara que le marabout El Hadji Omar TALL, qui résistait contre la pénétration coloniale française a disparu en 1864.

 

Ne l’oublions jamais et gardons-le toujours à l’esprit, le Mali, c’est le pays de Amadou Hampâté BA (né vers 1900, à Bandiagara, au Mali, décédé le 15 mai 1991 à Abidjan, RCI) qui avait mené un combat inlassable au service des cultures orales et du dialogue et la tolérance entre les Hommes. C’est lui qui avait prononcé cette phrase célèbre à l’UNESCO «En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est comme une bibliothèque du brûle». Il a nous a laissé, à travers ses ouvrages que je vous invite à lire ou relire, des témoignages éblouissants sur les traditions et cultures africaines, notamment dans Amkoullel, l’enfant peul, Oui, mon commandant, l’étrange destin de Wangrin, vie et enseignement de Thierno Bocar, contes initiatiques peuls.

 

Paris le 24 mars 2013, par M. Amadou Bal BA, baamadou.over-blog.fr

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