Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

1 février 2023 3 01 /02 /février /2023 19:51
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Ecrivain, dramaturge, chroniqueur, traducteur, nouvelliste et biographe, Stephan ZWEIG, contrairement à bien de grands écrivains, peu reconnus de leur vivant, a été auréolé d’un immense succès, bien avant sa mort tragique, à Petrópolis, au Brésil. Prolifique, d’une œuvre dense et diversifiée, par la sereine puissance de son élégante et sobre expression écrite, la pureté de sa prose, Stefan ZWEIG n’a jamais connu de Purgatoire, et a même éclipsé de grands écrivains contemporains. «J'admire l'art avec lequel votre langue épouse les pensées, tout comme les vêtements que l'on imagine transparents épousent le corps de certaines statues antiques» lui écrit Sigmund FREUD. De nos jours, plus de 80 ans sa mort, la vente de ses livres témoigne d’un grand engouement encore jamais démenti. Auteur le plus lu, ses livres inspirent des réalisateurs de cinéma. «Ce parfait homme de lettres en apparence est un artiste qu’attire la foudre – les folies d’Amok ou les tabous de la vie des femmes, que celles-ci osent à peine s’avouer à elles-mêmes, leurs voluptés secrètes. Ami de Romain Rolland, d’Emile Verhaeren, de Thomas Mann, de Joseph Roth, tous grands Européens qui croyaient comme lui à la paix, à l’amitié, dans un monde ouvert et concilié, cet écrivain raffiné, choyé par les élites, aurait pu demeurer comme l’archétype d’une civilisation disparue. On aime son style, rapide et sûr. Sa compassion, inégalable. Sa sensibilité d’écorché vif. Peut-être aussi les lueurs sombres, les fumées délétères de son œuvre, qui correspondent si bien à nos angoisses, à nos tourments contemporains» écrit Dominique BONA, un de ses biographes. Héritier d’Emmanuel KANT (1724-1804), précurseur de l’idéal européen, visionnaire, il voulait mettre son talent littéraire, au service de la Raison, à rebours des idées dominantes, pour un monde de paix, de fraternité et du multiculturalisme. «Les idées n’ont pas véritablement de patrie sur terre, elles flottent dans l’air entre les peuples» dit Stephan ZWEIG. Tout ce qui encore largement défaut à notre époque, avec la résurgence des forces du Chaos. «Stefan Zweig appartient à une espèce qui n’est peut-être pas en voie de disparaître, du moins, je l’espère, mais qui est sérieusement menacée par les conditions actuelles, et qui ne se perpétue qu’à travers toutes sortes de difficultés : celles de grands Européens» disait déjà en 1939, Jules ROMAINS (1885-1972).
Ame inquiète et sensible, séducteur, mélancolique, hyperactif, animé d’une passion intérieure, disséquant les moindres recoins émotionnels de ses personnages, entre biographies et fictions, Stefan ZWEIG, c’est du FREUD en littérature, une contribution littéraire psychologique, un voyage dans les zones inexplorées et obscures de l’esprit humain, au carrefour de la souffrance, de la solitude et de l’incompréhension. «J'appartiens à cette génération d'esprits qui n'est redevable presque à personne autant qu'à vous en matière de connaissance, et je sens, avec cette génération, que l'heure est proche où votre exploration de l'âme, d'une si considérable importance, deviendra un bien universel, une science de dimension européenne» écrivait Stefan ZWEIG à Sigmund FREUD. En effet, sa contribution littéraire est dominée par le déchirement de ses personnages par de fortes émotions, une explosion et un déchirement intérieur, des douleurs, à peine contenues, et, dans son pessimisme, une faible lueur d’espoir dans cette exploration de l’âme humaine. Il associe l’inquiétude à la curiosité et à la création intellectuelles «Qui éprouve de vifs sentiments observe peu. Les gens heureux sont de mauvais psychologues. Seul un individu inquiet aiguise ses sens au maximum. L’instinct du danger lui insuffle une perspicacité qui dépasse de loin celle qui est naturelle» dit Stefan ZWEIG. En particulier, homme anxieux, voire dépressif et s’insurgeant contre toutes les formes d’intolérance des esprits étriqués, Stefan ZWEIG a célébré Baudelaire et Nietzsche, des destinées fulgurantes et sombres, où les éclairs du génie créateur illuminent des vies brèves, en proie à l’excès, à la démesure, parfois à la folie. «On peut tout fuir, sauf sa conscience» dit-il. Stefan ZWEIG est, dit-on, à la littérature ce que Johannes VERMEER (1632-1675) est à la peinture : des oeuvres de petit format, rares et délicates, où l'on voit entrer la lumière par un puits invraisemblablement limpide et se poser comme un voile de gaze sur les personnages pour délimiter leurs courbes en clair-obscur et laisser suggérer le reste.
Les mémoires de Stefan ZWEIG ont un titre évocateur : «Le monde d’hier, souvenirs d’un Européen», une réflexion prémonitoire et pessimiste du triomphe du fascisme. «Même la plus pure vérité, quand on l’impose par la violence, devient un pêché contre l’esprit» écrit Stefan ZWEIG. Ayant connu la Première guerre mondiale qui a ruiné l’empire Austro-hongrois, il s’est insurgé contre la montée du nazisme «J’ai été le témoin de la plus effrayante défaite de la Raison et du plus sauvage triomphe de la brutalité qu’atteste la chronique des temps» écrit-il. «Le sentiment provisoire domine ma vie» écrit-il dans ses mémoires. Stephan ZWEIG est célèbre pour ses nouvelles. Ses écrits, d’une rare concision, avec une grande profondeur, relate les tourments intérieurs «Cette voix, c’est d’abord une écriture sobre, élégante et fluide, qui a l’air de couler de source» écrit Dominique BONA. Homme discret et silencieux, Stefan ZWEIG, un cosmopolite, d’une grande curiosité, est surtout d’une redoutable efficacité narrative ; il sait constamment captiver l’attention du lecteur.  
Stephan ZWEIG est moins connu en sa qualité de biographe. Et pourtant, au carrefour de l’histoire, de la littérature et de la philosophie, c’est un excellent portraitiste (Cicéron, Baudelaire, Balzac, Dostoïevski, Erasme, Fouché, Marie-Antoinette, etc.). Stefan ZWEIG est un intellectuel et un humaniste qui a consacré sa vie à la paix et à la conciliation à travers ses discours et ses œuvres littéraires. Dans la biographie qu’il a consacrée à Erasme, il condamne les esprits étriqués et haineux : «Au lieu d’écarter les vaines prétentions des roitelets, des sectateurs et des égoïsmes nationaux, la mission de l’Européen est au contraire d’insister sur ce qui lie et unit les peuples, d’affirmer la prépondérance de l’européen sur le national». Erasme est l’humaniste qui a subi, sous LUTHER, les mêmes avanies que les humanistes allemands sous Adolphe HITLER. Aussi, ZWEIG veut proposer une analogie, donc une haine du fanatisme, des visions nationalistes et revanchardes ; c’est un visionnaire, un Européen avant la lettre.
Second fils de la riche bourgeoisie juive viennoise, Stefan ZWEIG né le 28 novembre 1881, à Vienne, alors capitale de l’empire austro-hongrois. Son père, Moritz ZWEIG (1845-1926), originaire de Moravie, a donc fait fortune comme fabricant de tissus, un homme distingué et modeste ; Stefan hérite de lui le goût de la discrétion. Sa mère, Ida BRETTAUER (1854-1938), est la fille de banquiers suisses allemands, originaires d’Ancône (Région des Marches, Italie), et réinstallés à Vienne. Stefan ZWEIG n’a pas repris l’entreprise familiale. Sa situation de fortune le délivrant des préoccupations matérielles, c’est la seule curiosité qui guide ses études. Curieux, Stefan ZWEIG l’est à la fois de philosophie et de belles-lettres, d’histoire et de voyages, à la découverte des littératures étrangères. Il voulait «donner à son existence l’amplitude, la plénitude, la force et la connaissance, de la lier aussi à l’essentiel et à la profondeur des choses». Par conséquent, né avant la Première guerre mondiale, le jeune Stefan a vécu dans son enfance, dans une ère de paix et de prospérité et habité, avec sa famille, les beaux quartiers de Vienne, une ville multiculturelle légère, une capitale des arts et lettres. En dehors de banales «taquineries occasionnelles», il se souviendra, dans ses mémoires, avec beaucoup de nostalgie, que personne alors ne lui a jamais «suscité le moindre embarras ou témoigné du mépris, parce qu’il était Juif». Après le lycée, il est entré à l’université. Mais ce qui a le plus séduit à Vienne, ce sont ses cafés, hauts de rencontres et de bouillonnement culturel. Jeune adolescent timide et réservé ses lectures de Johann Wolfgang Von GOETHE (1749-1832) et de Friedrich Von SCHILLER (1759-1805) ont fait naître en lui une ambition littéraire. A Vienne, il fera de belles rencontres avec de nombreux artistes, notamment avec Johannes BRAHMS (1833-1897), Arnold SCHOENBERG (1874-1951), Rainer-Maria RILKE (1875-1928, voir mon article). Il commence en 1900 par faire éditer des poèmes, «Les cordes d’argent» et en 1907, «Les guirlandes précoces». Il écrit aussi des nouvelles dès ses débuts, qui seront ses chefs d'œuvre. Mais les éditeurs les ont refusées, sauf l'une «Dans la neige» relatant l'histoire tragique d'une communauté juive. Cette nouvelle paraît dans «Die Welt» un journal viennois sioniste, fondé par Théodor HERZL (1860-1904) fondateur, au congrès de Bâle (Suisse), du mouvement sioniste, dont l’objectif  de rassembler les Juifs du monde entier, et créer pour eux un Etat.
A Berlin, Stefan ZWEIG découvre les romans du russe Féodor DOSTOEIVSKI (1821-1881), spécialiste du roman psychologique, et lui consacrera une biographie. Zweig s’identifie souvent aux personnages sur lesquels il écrit, retrouvant en eux des similitudes avec sa propre personne, ou bien admirant les qualités de l’un, enviant le courage d’un autre. Les qualités humaines priment à ses yeux, les héros peuvent être de nature différentes. Les trois biographies de Balzac, Dickens et Dostoïevski, représentent des types de constructeurs épiques de l’univers, qui, dans le «cosmos» de leurs romans, juxtaposent une seconde réalité à celle existante. La route que suivent ces trois auteurs ne conduit pas comme chez les précédents dans le monde réel ou dans l’infini, mais elle les ramène simplement à eux-mêmes. Ils sentent instinctivement que la mission essentielle de leur art n’est pas de dépeindre le macrocosme, la plénitude de la vie, mais de dérouler devant le monde le microcosme de leur vie.
Stefan ZWEIG soutiendra à Vienne, une thèse de doctorat sur l’historien et philosophe français, Hyppolite TAINE (1828-1893). Aussi, d’une famille aisée, Stefan ZWEIG entame une série de voyages à travers l’Europe et le monde entier. Polyglotte, outre l’allemand, l’anglais et l’italien, Stefan ZWEIG a étudié le grec et le latin, et a une grande appétence pour la langue française qu’il parle et l’écrit couramment. Il est «un pèlerin passionné et toujours en voyage, parcourant tous les champs de la civilisation» écrit Joseph GIUDICIANNI. Stefan ZWEIG découvre donc Paris, la ville lumière et de culture qu’il affectionne, «ce Paris de ma jeunesse» et fréquente Café Vachette, 27 boulevard Saint-Michel, Paris 5ème, aujourd’hui disparu, où le poète Paul VERLAINE (1844-1896) consommait l'absinthe. En 1910, il écrira une biographie sur cet artiste français et fera traduire ses ouvrages en allemand. En février 1911, il fera la connaissance de Romain ROLLAND (1866-1944, voir mon article), résidant à l’époque, au 162 boulevard de Montparnasse, à Paris 14ème ; ils partagent le même idéal de paix et de fraternité entre les peuples.
Entre 1919 et 1934, Stefan ZWEIG s’installe à Salzbourg ; C’est là qu’il écrit quelques-unes des nouvelles qui lui apportent une célébrité mondiale : (Amok en 1922, la Confusion des sentiments en 1926, les Heures étoilées de l’humanité en 1928, Vingt-Quatre Heures de la vie d’une femme en 1934, Freud, la guérison par l’esprit en 1931). Avec la nouvelle, Stefan trouve  voie et s’affirme bientôt comme le peintre minutieux et magistral des drames de l’être intime. Parallèlement, il fait œuvre de biographe et d’essayiste avec, en 1919, Trois maîtres (Dostoïevski, Balzac, Dickens), en 1925 la Lutte avec le démon (Kleist, Hölderlin, Nietzsche). Lorsqu’il interroge la vie de ces écrivains, il mêle librement le portrait clinique à la biographie et, par l’analyse des tourments et des motivations intérieurs, tente d’éclairer les mécanismes de la création. Son goût pour l’histoire lui inspire encore des vies de Fouché, de Marie-Antoinette, de Marie Stuart. Plus que par le rôle historique qu’ont joué ces personnages, Stefan ZWEIG explore ces figures pathétiques ou leurs destins d’exception.
En 1934, Stefan ZWEIG vient s’établir à Londres pour y poursuivre les recherches préparatoires à sa vie de Marie Stuart. Son voyage n’a aucun motif politique, mais bientôt l’invasion de l’Autriche par les troupes d’Adolphe HITLER et sa réunion à l’Allemagne nazie dissuadent l’écrivain de rentrer dans son pays. C’est durant cet exil qu’il écrit Brûlant Secret (1938) et son unique roman, la Pitié dangereuse (1939). En 1940, il devient sujet britannique.
Au début de la Deuxième guerre mondiale, en compagnie de sa seconde femme, Lotte, il quitte l’Angleterre pour les États-Unis et réside quelques mois dans la banlieue de New York. Puis, en août 1941, il décide de s’installer au Brésil, un pays multiculturel. «Ici, l’absurdité de toute différence faite entre les races est démontrée quotidiennement avec une évidence absolue qui chaque jour nous semble également merveilleuse. Dans l’armée, à l’école, dans l’administration, des Noirs, des gens de couleur et des Blancs, joyeusement mélangés, pas de honte, de la fierté même à avoir en soi le sang d’Indiens, et même de Noirs. Le Brésil est la plus grande expérience de notre époque en la matière» écrit-il dans le «Brésil, un pays d’avenir». C’est à Petrópolis qu’il achève de rédiger son autobiographie, le Monde d’hier, portrait de l’Europe d’avant 1914, vue avec le regard enchanté de la mémoire.
Stefan ZWEIG, intellectuel cosmopolite, menant sa vie à grandes brides, fut un aristocrate de l'esprit ; Juif, pacifiste, détesté des nazis qui organisèrent un autodafé de ses oeuvres à Berlin, il dut s'exiler au Brésil, où il se suicida. Dans sa vie, en grand séducteur, Stefan ZWEIG mènera d’abord une vie de Dandy, avec de nombreuses liaisons passagères. Il sera marié deux fois. D’abord, en 1920 avec Fritzi BURGER (1882-1971), une écrivaine, journaliste et traductrice, qu’elle connaissait depuis 1912, puis après une longue liaison, en 1939, avec Elizabeth Charlotte dit Lotte ALTMANN (1908-1942), originaire de Catovice (Silésie, Pologne), petite-fille d’un rabbin de Francfort ; elle était sa secrétaire et amie, depuis 1934. Ils se sont suicidés ensemble, au Brésil. En effet, le 22 février 1942, avec son épouse Lotte, atteinte d'une maladie grave, Stefan ZWEIG, se donnera la mort en absorbant du véronal, à Petrópolis, sur les hauteurs de Rio, pendant le carnaval. Il avait appris la chute de Singapour. «Maintenant que le monde de mon langage a disparu et que ma patrie spirituelle, l'Europe, s'est détruite elle-même [...] mes forces sont épuisées par les longues années d'errance. Je pense qu'il vaut mieux mettre fin à temps et la tête haute à une existence où le travail intellectuel a toujours été la joie la plus pure et la liberté individuelle le bien suprême de ce monde. Je salue tous mes amis. Puissent-ils voir encore l'aurore après la longue nuit. Moi je suis trop impatient, je pars avant eux» écrit-il. «On peut appartenir à son peuple, mais quand les peuples sont devenus fous, on est pas obligé de l’être en même temps qu’eux» disait Stefan ZWEIG.
Par conséquent, Stefan ZWEIG est resté essentiellement pessimiste : «N'allez pas croire que j'aie foi en une amélioration prochaine de l'humanité, ce visqueux monstre aux mille têtes. Mais ne s'améliorera-t-elle pas, l'humanité, que si l'on cesse de lui répéter qu'elle a emprunté quelque voie mystérieuse, alors qu'elle ne fait vraisemblablement que s'entortiller autour de son propre axe ? Allez, «l’illusion» fait partie intégrante de la mixture magique de l'existence» disait-il. «La plus volontaire mort, c’est la plus belle. La vie dépend de la volonté d’autrui, la mort de la nôtre» dit Stefan ZWEIG. Evoquant la vie d’Empédocle (Vème siècle avant J-C) qui s’était jeté dans l’Etna, il parle d’une magnifique apothéose, d’une fin privilégiée, d’une chute héroïque «La douleur du génie est un plus haut trésor, qui n’appartient déjà plus à lui-même, cette souffrance est «sacrée» ; «la douleur des dieux n’appartient qu’à eux seuls» écrit-il dans «le combat avec le démon». La geste désespérée de Stefan ZWEIG n’est pas inutile ou vaine, et nous interpelle à ce moment précis où, dans cette démocratie ethnique, essentiellement celle de l’Homme blanc, les racisés sont devenus les Juifs d’Europe. «I am a Man» disait Martin Luther KING (1929-1968) qui a été crucifié. Habités par l’Espoir et l’Espérance, je considère que le suicide Stefan ZWEIG, pour un monde meilleur, ne sera vain «On croit que tout est fini, mais il y a toujours un rouge-gorge qui se met à chanter» disait Paul CLAUDEL (1868-1955). Dans cet affrontement en Ukraine, avec des interventions à peine déguisées des Occidentaux, ces guerres locales injustes contre les faibles, la troisième guerre mondiale nucléaire, n’aura pas lieu, et nous apprendrons à vivre ensemble, dans la difficulté certes, mais dans le respect mutuel.
I – Stefan ZWEIG, un portraitiste et maître à penser de la Cité
Stefan ZWEIG, moins célèbre pour ses biographies, pourtant s’y révèle, merveilleusement bien comme un guide, un directeur de conscience. Sa contribution littéraire fait de lui un maître à penser de la Cité, annonciateur de la construction européenne, un monde fondé sur le multiculturalisme. Agissant en maître à penser de la Cité, traumatisé par la Première guerre, une faillite de la Raison humaine, Stefan ZWEIG veut rapprocher les peuples européens. Educateur de la liberté, NIETZSCHE estime «qu’être grand, c’est donner une direction». La vocation de l’artiste est l’appel pour un monde de justice, de paix et de fraternité «Ceux-là seuls croient au divin, qui sont eux-mêmes divins» dit Friedrich HOLDERLIN. Après tant de ruines, de larmes et de guerres, il faudrait reconstruire une immense cathédrale spirituelle «mon but serait un jour de devenir non un grand critique, une célébrité littéraire, mais une autorité morale», écrit-il le 21 janvier 1918, à Romain ROLLAND. En directeur de conscience, Stefan ZWEIG s’est fixé une orientation pour sa contribution littéraire : «Il me fallait, par la parole, aider à surmonter le désastre. Alors que j’étais superflu pendant le conflit, il me semblait qu’après la défaite ma véritable place était là. (…) Il ne restait qu’un parti à prendre : travailler à son œuvre dans le silence et la retraite» dit-il. Aussi, il va s’attacher, à travers diverses biographies, dans lesquelles, il se reconnait en termes de valeurs d’humanisme, de tolérance, de fraternité et d’amour de la paix ainsi que la compréhension entre les peuples. «Toute vie qui ne se voue pas à un but déterminé est une erreur» dit Stefan ZWEIG.
Critique littéraire et biographe, Stefan ZWEIG a consacré de nombreux écrits à ses amis, un culte de l’amitié. En effet, c’est la rencontre avec le poète flamand belge d’expression française, Emile VERHAEREN (1855-1916) qui le conforte dans son ambition littéraire «J’avais environ vingt ans lorsque je fis la connaissance de Verhaeren : il fut le premier grand poète que je connus en tant qu’homme. J’éprouvais la plus grande envie de me trouver face à face, «âme à âme», avec un véritable poète dont l’exemple fût pour moi décisif. C’est ainsi que cet être merveilleux fit un jour irruption dans ma vie au moment propice et devint la bonne étoile de ma jeunesse» écrit-il dans «Ses souvenirs». Jusqu’ici, prisonnier de son monde et de son temps, il s’en libéra pour la création littéraire. Il est fasciné par le personnage du musicien, Arturo TOSCANINI (1867-1957), en raison de la très exigence qu’il a envers lui-même : «Toscanini hait la conciliation sous toutes ses formes, il abhorre dans l’art comme dans la vie la résignation facile, la modération complaisante, le compromis. Semblable au héros démoniaque de Balzac, il passera sa vie dans la «recherche de l’absolu». Mais toute volonté qui s’efforce constamment d’atteindre l’inaccessible, de rendre possible l’impossible, acquiert une force irrésistible : seul l’excès est productif, la modération jamais» écrit-il dans «Ses souvenirs». GOETHE fait dire à son «Faust» : «J’aime celui qui désire l’impossible» et l’art est un élément vital pour cet auteur allemand «La poésie lui est tout aussi indispensable et naturelle pour l’interprétation permanente de sa vie que le rayonnement à la lumière et la croissance à l’arbre. Elle est pour lui un phénomène organique, une fonction de l’élément Goethe, une activité dont il ne peut se passer» dit Stefan ZWEIG de GOETHE. Le mystique Rainer Maria RILKE fait partie de ses idoles, «car il était l’unique d’entre nous chez qui le verbe fût véritablement mélodie. Son verbe créateur savait exprimer toute la multiplicité des choses, toutes les formes de la vie se reflétaient dans le miroir sonore de ses vers, et la mort, la mort elle-même, surgissait, grandiose, tangible, de ses poèmes, comme la plus nette, la plus absolue des réalités» écrit-il dans «Ses souvenirs».
Au cours de la préparation de sa thèse, Stefan ZWEIG découvre que Romain ROLLAND (1866-1944)  et Ernest RENAN (1823-1892) avaient une affinité d’esprit et affective avec Hyppolite TAINE (1828-1893). Stefan ZWEIG aime la France et ses intellectuels. Ernest RENAN «faisait partie de la conscience française, européenne et mondiale qui résiste au déferlement violent de la haine par le simple fait qu'elle existe et persiste» écrit Stefan ZWEIG dans «Ses souvenirs». En effet, pendant longtemps Allemands et Français s’étaient combattus, et pourtant, des intellectuels du juste milieu, comme Ernest RENAN, prônaient la fraternité : «Renan n’a point énoncé de dogme, n’en a combattu aucun ; sa nature compréhensive, conciliante, mettait en lumière les différences entre les langues et les civilisations non pour en souligner les contrastes, mais pour prouver l’éternelle unité de l’esprit qui revêt toutes les formes, dieu invisible que chaque nation, chaque époque façonne à sa propre image. Il demeurait en dehors de toute religion, mais se penchait au-dessus de chacune, proche de toutes, les aimant toutes, quoique dénonçant leurs faiblesses et leurs imperfections. Il passa toute sa vie dans le temple du dieu inconnu. Encore une fois pour fuir ces heures déchirantes il se réfugie dans le royaume de l’esprit qui ne connaît ni provinces ni luttes fratricides, royaume de l’éternelle concorde pour qui sait voir les liens entre les choses les plus différentes» écrit-il dans ses «souvenirs».
Il a célébré le poète maudit, Arthur RIMBAUD (1854-1891) : «La poésie n’était rien pour lui qu’une tentative de libération, une soupape pour déverser l’excès de vitalité qui l’oppressait. La force jaillit de lui comme un blasphème. Il essaie d’user cette force. Tel un malade à qui la douleur tord les entrailles, qui court, grimpe, danse, gesticule, entreprend des choses insensées, Rimbaud prend sa course à travers le monde. A l’aventure, comme s’il s’évadait d’une prison, toujours plus loin vers les grands espaces, vers la liberté» écrit-il dans «Ses souvenirs».
Stefan ZWEIG admire chez Michel de MONTAIGNE (1533-1592), son attitude face à la vie, comme celle de tous les libres penseurs, aboutissant à la tolérance. Il n'est pas de croyance ou d'opinion qu'il refuse de prime abord, et son jugement ne se laisse troubler par aucun préjugé : «Je n'ai point cette erreur commune de juger d'un autre selon que je suis». Il met en garde contre la violence et la force brutale qui, plus que tout, peuvent gâter et insensibiliser une âme en soi bien faite. «Montaigne a fait la tentative la plus difficile qui soit sur terre : vivre par soi-même, être libre et le devenir toujours» écrit Stefan ZWEIG. «Il n’y a qu’une chose qui ne se donne pas, une chose essentielle : sa liberté. Car il n’existe pas de liberté humaine sans responsabilité. Il n’y a qu’une chose, rester soi-même», dit MONTAIGNE.
Pour Stefan ZWEIG, Honoré de BALZAC (1799-1850) est un génie universel qui observe et analyse la société, pour mieux cerner «La comédie humaine». Il sait «séparer l’essentiel de l’embrouillamini des choses insignifiantes» écrit-il. BALZAC connait bien le monde et la puissance, ainsi que les rudesses et les mesquineries de la vie quotidienne : «C’est parce qu’il a, dans sa jeunesse, passé par tant de métiers différents et tiré au clair leur contexte intime qu’il a pu vraiment peindre son temps» écrit Stefan ZWEIG. En effet, BALZAC comprime le réel et en arrive à l’essence des choses.  C’est cela  «Comédie Humaine» ; non seulement les personnages se complètent pour reformer entre eux la totalité du genre humain, mais les romans s’emboîtent également les uns dans les autres, le but étant toujours la description de l’univers dans sa globalité. «Constructeur du monde», Honoré de BALZAC, doté d’une immense imagination, la plus fertile, la plus dense entrainait, avec lui, la puissance créatrice et le rêve. En raison de sa prodigalité, des nombreux créanciers qui le poursuivaient «Balzac qui doit payer tous ses rêves de bonheur d’un lourd tribut dans la vie réelle, la malédiction s’abat de nouveau. Il restera pour l’éternité non seulement l’auteur, mais le héros douloureux des «Illusions perdues» écrit Stefan ZWEIG.
Stefan ZWEIG, qui voulait être poète, s’est intéressé à des artistes maudits, comme Charles BAUDELAIRE (1821-1867) «Baudelaire, qui réglait tout de même ses vers pour qu’ils provoquent un effet puissant, n’a rien de commun, dans sa retenue élégante, avec ce romanichel génial et pervers qu’était Paul Verlaine. C’est seulement dans les motifs les plus cachés que les racines de leurs natures entrent en contact : dans la nostalgie de l’individu, cette nostalgie fatiguée par la civilisation et qui cherche vainement à échapper à une époque sans nerfs, décadente et malade, parce qu’il se sent comme son enfant le plus propre et le reflet le plus fidèle» écrit Stefan ZWEIG. A côté de Victor HUGO, le poète à la main puissante, au rythme ferme et sonore, l’artiste d’une poésie de combat, se dresse Charles BAUDELAIRE. Ce poète, cet artiste de la beauté mélancolique, fait partie est des gens «qui ont reçu en don, à leur naissance, une autre nature et une autre humeur que le commun des hommes, leur cœur est plus vaste et leur sang plus impétueux, leurs désirs plus profonds, leurs passions plus violentes, plus sauvages et plus brûlantes que chez ceux qui portent communément le nom de noblesse.» écrit-il à propos de BAUDELAIRE.
Stefan ZWEIG, un nationaliste, a toujours refusé de prendre parti dans le débat politique. «La raison et la politique suivent rarement le même chemin» dit-il. «Quand un homme intelligent, mais pas très courageux, est confronté à quelqu’un de plus fort que lui, la plus sage des réactions qu’il puisse avoir, c’est de se mettre à l’écart, et d’attendre sans aucune honte le moment où il aura de nou­veau le champ libre» écrit-il dans sa biographie sur Cicéron. Cette attitude de distanciation, du juste milieu, ne signifie nullement qu’il s’intéresse pas aux grands enjeux de son temps. En 1934, pour justifier son silence face au nazisme, Stefan ZWIEG publie un essai historique sur Érasme (1466-1536), une véritable apologie. Par contre, Luther (1483-1546), l’irréductible opposant d’Érasme, disparaît presque entièrement sous la figure de Hitler, et n’a guère de consistance historique. Pour Stefan ZWEIG l’intellectuel doit rester impartial «L’intellectuel ne doit pas prendre parti, son domaine est l’équité laquelle plane toujours au-dessus de la discorde», écrit-il. Un intellectuel devrait rester dans le juste milieu, mais ne devrait pas fuir le champ bataille, il doit rechercher à instaurer la paix, à réconcilier les opposés, soit «Apaiser les conflits par une bienveillante compréhension mutuelle, éclaircir ce qui est trouble, démêler ce qui est embrouillé, raccommoder ce qui est déchiré» écrit-il. Dans la montée du racisme, raisonnable et rationaliste, Erasme est «affranchi de tous les préjugés de race», il est citoyen du monde, ennemi de tout débordement passionnel. En particulier, Stefan ZWEIG voyait dans «l’intolérance le mal héréditaire de notre société». Défenseur de la paix, Erasme est un adversaire résolu de l’emprisonnement de l’intelligence, de toutes les formes de fanatismes religieux, national ou philosophique.
Stefan ZWEIG oppose, par contraste, le personnage craintif et de sceptique d’Erasme, à la nature bouillante et volcanique du théologien Martin LUTHER un «fils de mineur et descendant d’une famille de paysans, Luther est plein de santé, débordant même ; il est doué d’une vitalité dont il se réjouit grossièrement. “Je mange comme un Bohémien et je bois comme un Allemand” ; toute la vie, l’élan, la brutalité d’un peuple se trouvent amassés dans cette nature trop riche, prête à éclater. Quand il élève la voix, on croirait entendre mugir un orgue» écrit-il à propos de LUTHER.  Dans sa colère, LUTHER n’a aucune compassion pour ses victimes : «On retrouve encore cette fureur, cette haine effroyable sous sa plume lorsqu’il tourne celle-ci contre Érasme [...] la colère de Luther se transforme en rage» écrit Stefan ZWEIG. Dans ce combat entre le religieux et l’humaniste, Erasme finira au bûcher. LUTHER, grand orateur et réformateur, est cependant, l’incarnation du fanatisme et le produit des forces les plus obscures du peuple allemand.
La biographie de Stefan ZWEIG consacrée la reine Marie-Antoinette, d’origine autrichienne, tranche avec celle des Goncourt datant de 1858, une vaste peinture de la société de la fin de l'Ancien Régime réduisant la Reine,  à un corps féminin, comme un objet uniquement sexuel. «La vie particulière, ses agréments, ses attachements sont défendus aux souverains. Leur plaisir doit être grand et royal, leurs amitiés hautes et sans confidences. Leur cœur même ne leur appartient pas. Cette reconnaissance fut longue et douloureuse chez Marie-Antoinette, elle fut la perte d’une illusion» écrivent les frères Goncourt. En 1932, Stefan ZWEIG publie une brillante biographie psychologique sur Marie-Antoinette, une femme moyenne et médiocre «l'Histoire  ne cesse de harceler  cette âme molle et faible, d'éprouver cette femme dans son corps pour la proposer  en exemple à la postérité» écrit-il. «Écrire l'histoire de Marie-Antoinette, c'est reprendre un procès plus que séculaire, où accusateurs et défenseurs se contredisent avec violence. Le ton passionné de la discussion vient des accusateurs. Pour atteindre la royauté, la Révolution devait attaquer la reine, et dans la reine la femme. Or, la vérité et la politique habitent rarement sous le même toit, et là où l'on veut dessiner une figure avec l'intention de plaire à la multitude, il y a peu de justice à attendre des serviteurs complaisants de l'opinion publique. On n'épargna à Marie-Antoinette aucune calomnie, on usa de tous les moyens pour la conduire à la guillotine» écrit Stefan ZWEIG. La Marie-Antoinette de Stefan ZWEIG est avant tout un corps sensuel et sexuel, exposé et souffrant, non divinisé :  «La vérité psychologique, comme c'est le cas le plus souvent, se rapproche ici du juste milieu. Marie-Antoinette n'était ni la grande sainte du royalisme ni la grande «grue» de la Révolution, mais un être moyen, une femme en somme ordinaire, pas trop intelligente, pas trop niaise, un être ni de feu ni de glace, sans inclination pour le bien, sans le moindre amour du mal, la femme moyenne d'hier, d'aujourd'hui et de demain, sans penchant démoniaque, sans soif d'héroïsme, assez peu semblable à une héroïne de tragédie» écrit Stefan ZWEIG. Sous le poids du malheur et de l'Histoire, Marie-Antoinette se révèle à elle-même et se rachète, passant de l'ombre de la jouissance à la lumière de la souffrance. «Mais le destin, parfois, sait bouleverser ces natures moyennes et de sa poigne impérieuse les sortir de leur médiocrité ; la vie de Marie-Antoinette en est peut-être un des plus éclatants exemples de l'Histoire. C'est dans le malheur qu'on sent davantage ce qu'on est. Et grâce à cette conscience d'un devoir supérieur à remplir son caractère grandit au-delà de lui-même. A la toute dernière heure, Marie-Antoinette, nature moyenne, atteint au tragique et devient égale à son destin».
Stefan ZWEIG est l’auteur d’une remarquable biographie, «Sigmund FREUD. La guérison par l’esprit» et pose souvent la question des tourments intérieurs dans ses écrits «C'est la souffrance tout d'abord qui a créé chez l'homme le sentiment de la religion, l'idée de Dieu. La santé étant l'état normal de l'homme ne s'explique pas et ne demande pas à être expliquée. Mais tout être qui souffre cherche à découvrir le sens de sa souffrance. Lutter pour la santé, aux premiers âges de l'humanité, ne signifie donc pas combattre sa maladie, mais lutter pour conquérir Dieu. Toute médecine au début n'est que théologie, culte, rite, magie, réaction psychique de l'homme devant l'épreuve envoyée par Dieu.» écrit-il. Sigmund FREUD, médecin de l’âme, propose une guérison psychique ; il a vu pendant toute sa carrière la souffrance humaine. «Ce regard qui contemple l'humanité est sombre ; seul le côté triste et aboulique de l'humanité est apparu inexorablement à cet homme durant toute une vie» écrit Stefan ZWEIG, à propos de son maître. Finalement, contre tous ses détracteurs, FREUD a réussi à administrateur la preuve scientifique qu’il existe des «forces curatives de l'âme, la «volonté de la santé» : elle est née de la conviction qu'en dehors de l'arsenic et du camphre on peut injecter à l'organisme humain des reconstituants purement spirituels comme le courage, la confiance en soi, la confiance en Dieu, l'optimisme actif» écrit-il. «Grâce à Freud on s'est rendu compte pour la première fois dans un sens nouveau et actif de l'importance de l'individu, de la valeur unique et irremplaçable de toute âme humaine» dit Stefan ZWEIG, chargé de l’oraison funèbre de FREUD.
La biographie sur Cicéron (106-43 avant J-C), est une réflexion profonde et humaniste sur le rôle de l’homme de lettres face au pouvoir et à la barbarie. En effet, Cicéron, un avocat et philosophe, un défenseur de la République, symbole universel de la lutte tragique menée par l’humanisme contre la dictature, a été assassiné. Dans un contexte de haine et de violence, «fatigué de la vie», il s’était retiré de l’action publique, pour se consacrer à la réflexion et à l’écriture. Le Cicéron de Stefan ZWEIG est une tentative de décrire et de comprendre la folie des temps antiques comme de sa propre époque. La description du peuple romain, oppressé, peut ainsi, s’appliquer à tout peuple victime d’une dictature, en particulier ceux sous le joug du régime nazi, mais aussi à la Françafrique et aux démocraties devenues ethniques européennes. L’Afrique est un continent riche, mais habitée par des populations pauvres martyrisées.
Stefan ZWEIG, en 1925, dans son livre, «combat avec le démon» écrit à Salzbourg, rassemble trois grands penseurs : Heinrich Von KLEIST (1777-1811), poète maudit et dramaturge allemand qui s’est suicidé, utilisant la psychanalyse ses personnages ayant déconcerté ses contemporains, Friedrich HOLDERLIN (1770-1843), un luthérien, discret, vivant en ermite que Friedrich NIETZSCHE (1844-1900) fera sortir du purgatoire,  et Léon TOLSTOI (1828-1910, voir mon article), une force de la nature, écrivain désespéré, à qui la vie a tout donné, le génie, la gloire, l'amour, la santé, est constamment hanté par l'idée de la mort : «Si dans nos livres nous avons coutume de rapprocher certains portraits, c’est uniquement à la manière du peintre, qui choisit pour ses oeuvres la place favorable, où, sous l’action réciproque de la lumière et de l’ombre et par une disposition symétrique, se manifeste avec évidence l’analogie, d’abord cachée, du type. La comparaison nous a toujours paru un élément fécond, créateur, et nous l’aimons en tant que méthode parce qu’elle s’applique sans violence. Elle enrichit dans la mesure où la formule appauvrit ; elle rehausse toutes les valeurs en provoquant des clartés par des reflets inattendus et en enveloppant d’espace profond, comme d’un cadre, le portrait qui se dégage. Psychologue par passion, créateur volontaire, nous n’exerçons notre art qu’au gré de nos affinités profondes» écrit Stefan ZWEIG. Il décrit ainsi trois artistes, et héros tragiques, possédés par le démon, un esprit supérieur, poussant ces êtres supérieurs, dans un tourbillon, une ivresse, une exaltation, une exagération et une démesure, à se dépasser, et donc à réaliser une création littéraire féconde, hors du commun : «Nous appelons démon l’inquiétude primordiale et inhérente à tout homme qui le fait sortir de lui-même et se jeter dans l’infini. Tout esprit créateur est donc inévitablement amené à entrer en lutte avec son démon, et c’est toujours un combat passionné, héroïque, le plus magnifique de tous les combats. Souvent cette lutte grandiose et mystérieuse dure toute une vie. Elle prend sa forme visible dans l’œuvre de l’artiste, où vibre le souffle ardent des noces de l’esprit et de son éternel séducteur. C’est chez le créateur qui lui a succombé que le démon réussit à se dégager de l’ombre, devient verbe et lumière»  écrit Stefan ZWEIG.
«Je fais cas d’un philosophe dans la mesure où il est capable de fournir un exemple» écrit ZWEIG. Friedrich NIETZSCHE, ce philosophe hors du commun, est resté un lutteur solitaire et malade : «Pas un seul humain n’ose se risquer à entrer pleinement dans le cercle intérieur de cette destinée ; Nietzsche parle toujours, lutte toujours, souffre toujours pour lui seul. Il n’adresse la parole à personne et personne ne lui répond. Et, ce qui est encore plus terrible, personne ne l’écoute» écrit Stefan ZWEIG. Mais dans cette tragédie, NIETZSCHE n’est ni un spectateur, ni un auditeur, face à lui-même, il est resté une voix singulière du XIXème siècle, entonnant le chant de la grandeur de l’Homme, la posture du «Surhomme». Génie des oppositions violentes et contradictoire, la psychologie, l’intellectualité de NIETZSCHE «poussent  l’homme impressionnable vers la souffrance et jusque dans l’abîme du désespoir ; mais la psychologie, l’esprit, le ramènent à la santé. Comme sa maladie, la guérison de Nietzsche vient de la connaissance profonde qu’il a de lui-même. La psychologie devient ici une thérapeutique» écrit Stefan ZWEIG. La création littéraire devient, pour ce traqueur du domaine de la connaissance solitaire, un amour de la vérité, un amour honnête, durable, tout à fait fidèle. Amoraliste et athée, par ses questionnements NIETZSCHE a bien secoué les cocotiers du conservatisme. Ce qui domine sa philosophie, c’est le retour à soi : «Deviens qui tu es» dit-il.
Stefan ZWEIG est l’auteur d’un biographie sur Léon TOLSTOI (1828-1910, voir mon article). «Il n’y a rien qui produise une aussi forte impression et qui unisse aussi impérieusement tous les hommes dans le même sentiment, que l’œuvre d’une vie, et finalement toute une vie humaine» dit Léon TOLSTOI. Homme riche et comblé par sa famille et ses 700 serfs, TOLSTOI, subitement et à cinquième année, devient acariâtre, sombre et irritable. Il a subitement «aperçu l’immense néant comme étant sa destinée et celle de tout homme. Jamais un homme n’a entrepris avec une force aussi gigantesque la lutte contre l’indicible, contre l’angoisse primitive» écrit Stefan ZWEIG. En effet, TOLSTOI s’est fixé une nouvelle direction dans sa vie : sauver, non seulement sa propre personne, mais encore toute l’humanité, par sa lutte pour la Vérité. Il veut tout abandonner, ses biens et sa famille, et c’est en cours de route qu’il va mourir.
Stefan ZWEIG est également le biographe de Fiodor DOSTOIEVSKI (1821-1881), dont les personnages sont tourmentés. Peintre de la vie intérieure, avec son œuvre unique, puissante et immense, lointaine et effrayante : «Rien de gracieux n’y arrête notre regard, rarement une heure paisible nous incite au repos. Un crépuscule mystique du sentiment, tout chargé d’éclairs, alterne avec un esprit d’une lucidité froide et souvent glaciale ; au lieu d’un soleil qui nous réchauffe, une aurore boréale et sanglante illumine le ciel. En pénétrant dans l’univers de Dostoïevski on découvre un paysage antédiluvien, un monde mystique, primitif et virginal : une douce angoisse vous étreint comme à l’approche de forces élémentaires et éternelles ; bientôt l’admiration et la foi vous incitent à rester» écrit Stefan ZWEIG.
II – Stefan ZWEIG, un nouvelliste du drame intérieur et psychologique
Abandonnant la poésie, Stefan ZWEIG, très prolifique, s’est essayé au théâtre (Jérémie en 1916, l’Agneau du pauvre en 1930 et Volpone en 1927), Brûlant secret, connaîtra la consécration littéraire avec ses nouvelles, les plus célèbres étant écrites à Salzbourg. Son style bref et épuré a conquis les lecteurs. Ses nouvelles restant une partie vivante et moderne de sa création,  il a livré le secret de la conception de son art : «Le désir répété de résumer le destin d'un individu dans un minimum d'espace et à l'exemple de Maupassant, l'effort fait en vue de donner dans une nouvelle la substance d'un livre» dit Stefan ZWEIG. Conteur et poète, il sait dans ses nouvelles, exprimer les instants fugaces pour les rendre impérissables. Stefan ZWEIG est peintre minutieux et extraordinaire des drames de l’âme humaine. «Chaque livre est une harmonie, calculée et réalisée avec un art précis et raffiné. Rien de plus exceptionnel, à notre époque d’incohérence naturelle ou voulue, d’impromptus et d’impressions heurtées. Ce haut et fin sens musical, que ne remarque pas assez l’oreille tumultueuse du temps, est ce qui m’attache le plus à l’œuvre de Zweig. Et je tiens à le mettre en lumière» écrit Romain ROLLAND, dans la préface d’Amok. Le destin, sans être d’origine surnaturelle, occupe un grand rôle dans ses récits. Fidèle disciple de Sigmund FREUD, dans sa contribution littéraire, Stefan ZWEIG explore le processus de  fatalité dont ses personnages sont victimes, avec une grande dose de déterminisme de l’inconscient.
«Brûlant secret», une nouvelle de 1908, est une exploration du désir et de la passion enracinés au fond de chaque être, pouvant le révéler à lui-même et bouleverser son destin. Dans cette nouvelle, un jeune fonctionnaire en villégiature dans une station du Semmering se languit de Vienne et de ses plaisirs. L’exercice de la séduction offrant un dérivatif à son ennui, il jette son dévolu sur une jeune femme qui réside dans le même hôtel, en compagnie de son fils, Edgar, un garçon d’une douzaine d’années venu fortifier sa constitution chétive au grand air des montagnes. Comme le ferait tout bon séducteur, il se lie avec l'enfant, qui est très content d'avoir un ami adulte, pour mieux approcher la mère qui ne se montre guère farouche. Son rayonnement est tel qu'il séduit autant l'enfant que la mère. Mais, bientôt, Edgar devient une gêne pour le couple qui voudrait des tête-à-tête plus tranquilles. Ils en viennent donc à mentir, et l'enfant sent qu'il y a là un secret qu'il ne comprend pas. Il les épie donc, allant jusqu'à les suivre dans une promenade nocturne en forêt. Soudain, il entend sa mère protester, s'imagine que son grand ami est en fait un criminel et fait du bruit. Inquiets, les amants rentrent à l'hôtel sans avoir découvert la présence de l'enfant. Lorsqu'il entend sa mère passer devant sa chambre sans s'y arrêter, il se précipite dans le noir, frappe l'homme au hasard tandis que sa mère s'esquive. Le lendemain, elle exige de son fils qu'il écrive une lettre d'excuses à leur ami qui a quitté l'hôtel. Il refuse et prend le train pour trouver refuge chez sa grand-mère. Le soir même, il est retrouvé par ses parents. Sa mère a vite donné l'alarme et son père est là qui demande l'explication d'une telle conduite. Par-dessus l'épaule de son père, il perçoit la prière muette de sa mère : qu'il ne dise rien de ce qui s'est passé à l'hôtel. Il exulte : il est maintenant dépositaire d'un terrible secret par lequel il possède sa mère qui désormais n'appartiendra plus qu'à lui. «Alors commença le rêve profond de sa vie.»  
Dans «Amok, ou le fou de Malaisie», la pathologie étant donc une source d’inspiration féconde, flotte un désir, un volupté, une passion destructrice et irrésistible, semblable à la folie des thèmes traités dans deux autres nouvelles («Joueur d'échecs», «La Confusion des sentiments»). Sur le pont du transatlantique qui doit le ramener de Calcutta en Europe, le narrateur est brusquement arraché à sa rêverie par la présence quasi fantomatique d'un autre passager, qui se décide, lors d'une seconde rencontre, à lui confier le secret qui le torture. Amok, «avec son odeur de fièvre, de sang, de passion et de délire malais est des plus lucides tragédies de la vie moderne, de l’éternelle humanité» écrit Romain ROLLAND. Amok est l'enfer de la passion au fond duquel se tord, brûlé, mais éclairé par les flammes de l'abîme, l'être essentiel, la vie cachée. «Amok», une ardente curiosité psychologique, avec tous les caractères d’une «passion charnelle», est publié quelques années après la Première guerre mondiale, «La faim (de culture) s’est réveillée plus vive, et, les frontières rouvertes, elle a accepté de toutes mains, les aliments. Cette jeune vie vorace, qui renaît, est un heureux symptôme, qui rappelle l’ardente curiosité européenne de la génération française. Le trait le plus frappant de sa personnalité d’artiste est la passion de connaître, la curiosité sans relâche et jamais apaisée, ce démon de voir et de savoir et de vivre toutes les vies» écrit Romain ROLLAND, dans la préface de l’édition française de 1926. L'Amok, en Malaisie, est celui qui, prix de frénésie sanguinaire, court devant lui, détruisant hommes et choses, sans qu'on puisse rien faire pour le sauver. Le narrateur rencontre sur un paquebot un malheureux en proie à cette forme mystérieuse de démence. «Je voudrais vous raconter quelque chose. Je sais, je sais combien il est absurde, de ma part, de m’adresser ainsi à la première personne qui me rencontre, mais je suis dans un état psychique terrible. J’en suis à un point où il faut absolument que je parle à quelqu’un, sinon je suis perdu» dit l’inconnu ; un médecin qui avait détourné de l’argent pour une histoire de femme, ruinant ainsi sa réputation. Amok relate la puissance démoniaque, dans la vie de l'être humain, cette force psychique qu’est la passion, poussant l'individu à se mettre dans des situations pénibles et parfois périlleuses. Mais la passion peut faire de l'homme dominateur et méprisant, un être humilié et ridiculisé.
La «Peur», en 1925 relate les plus subtils mouvements de l'âme et de l'esprit de cette grande bourgeoise qui trompe son mari et qui est habitée par la peur. Irène, mariée à un avocat aisé, s'ennuie et, prend un amant. Pourtant, chaque fois qu'elle quitte la chambre de celui-ci, elle est en proie à une terrible peur. Un jour, son anxiété se justifie : une femme particulièrement vulgaire l'arrête sur le palier, dit être l'ancienne maîtresse du jeune homme et lui réclame de l'argent à titre de dédommagement. Irène lui en donne. Mais, dévorée par l'angoisse, elle s'enferme chez elle et envoie une lettre de rupture à son amant. Mais elle continue d’être victime de remords, de chantage et hésite, dans la conduite cohérente et efficace à tenir. Observateur de génie, dans une analyse psychologique des comportements humains, Stefan ZWEIG incarne «ce démon de voir, de savoir et de vivre toutes les vies, qui a fait de lui un pèlerin passionné, et toujours en voyage» écrit Romain ROLLAND.
Dans le «joueur d’échec», une dénonciation du nazisme, écrit en 1941 et publié  à titre posthume en 1943, sur le grand paquebot devant quitter New York à destination de Buenos-Aires, le narrateur apprend que se trouve Mirko Czentovic, le champion mondial des échecs. Il a traversé les États-Unis d’est en ouest, sortant vainqueur de tous les tournois, et maintenant il s’en va cueillir de nouveaux lauriers en Argentine. Czentovic, orphelin à l’âge de 12 ans, adopté par le curé du village, qui lui a apprend le jeu d’échecs, est champion d’échecs très orgueilleux, jusqu’ici enchaine des victoires. Un personnage mystérieux intervient dans la partie et amène les amateurs du jeu au match nul. Ce génie du jeu d’échecs s’efface rapidement en prononçant cette phrase énigmatique «il y a vingt ou vingt-cinq ans que je n’ai pas vu d’échiquier». L'orgueil de Czentovic est blessé : il explique qu'il a conduit à une partie nulle pour ménager ses adversaires. Cette excuse met le groupe de joueurs hors de lui, et déterminé à écraser le champion. Ils sont marqués par le contraste entre la modestie de l'homme pâle et l'arrogance de Czentovic, et veulent absolument provoquer une partie entre les deux génies. L’inconnu accepte une partie avec Czentovic ; il raconte au narrateur sa vie et sa relation avec les échecs. Il appartenait à une riche famille viennoise d'administrateurs de biens dont la discrétion protégeait leurs clients, membres de congrégations religieuses. Les nazis voulurent s’approprier ces biens et trompèrent leur vigilance par un espion à leur solde. «La veille du jour où Hitler entrait à Vienne», il fut arrêté «par des hommes de la SS». Il fut enfermé à l’hôtel “Métropole”, seul dans une chambre où il fut soumis à un isolement absolu, bientôt irrégulièrement interrompu par des interrogatoires de la Gestapo. Après quelques mois de ce traitement, alors qu'il se sentait sombrer dans la folie, il avait pu dérober, dans la poche d'un officier, un livre qui se révéla être un manuel d'échecs. Sa détention fut alors plus douce en jouant seul contre lui-même aux échecs. Atteint d'un dédoublement de personnalité dû à sa pratique solitaire des échecs, il avait agressé un de ses gardiens et s'était blessé en cassant une vitre. Le médecin comprit son problème, usa de son influence pour qu'il fut libéré et lui recommanda de ne plus jamais jouer aux échecs. L’inconnu gagne la partie contre Czentovic. Le champion réclame une revanche que l’inconnu (M. B), qui avait pourtant assuré n’en vouloir faire qu'une, accepte avec précipitation. Mais le champion, ayant perçu la faiblesse de son adversaire, joue très lentement. Hors de lui, recommençant à jouer contre lui-même, continuant dans sa tête une partie fictive au lieu de s'en tenir à son jeu sur un échiquier bien réel, oubliant la partie qui est en train de se dérouler, l’inconnu revient à ses errances hystériques, devient violent. Le narrateur l'interrompt et lui rappelle ses excès passés. La partie cesse. Le champion daigne admettre que son adversaire était «très remarquablement doué».
Références bibliographiques
I – Contributions de Stefan ZWEIG
ZWEIG (Stefan), Amok ou le fou de Malaisie, traduction d’Alzir Hella, Paris, Le livre de Poche, 2013, 128 pages ;
ZWEIG (Stefan), Balzac : le roman de sa vie, traduction de Fernand Delmas, Paris, Le Livre de poche, 1996, 508 pages ;
ZWEIG (Stefan), Baudelaire et autres poètes, traduction d’Olivier Mannoni, Paris, Payot et Rivages, 2021, 125 pages ;
ZWEIG (Stefan), Brésil, terre d’avenir, traduction de Jean Longville, New York, éditions de la Maison française, 1942, 379 pages ;
ZWEIG (Stefan), Brûlant secret, traduction d’Alzir Hella, Paris, Le livre de Poche, 2019, 112 pages ;
ZWEIG (Stefan), Cicéron, préface et traduction de Michel Magniez, Paris, Payot et Rivages, 2020, 90 pages ;
ZWEIG (Stefan), Conscience contre violence ou Castillon contre Calvin, traductrice Alzir Hella, préface de Hervé Le Tellier, postface de Sylvain Reiner, Paris, Le livre de Poche, 2010, 290 pages ;
ZWEIG (Stefan), Dostoïevski, bibliothèque russe et slave, 1928 et 2019, 88 pages ;
ZWEIG (Stefan), Ecrits littéraires d’Homère à Tolstoï, avant-propos et traduction de Brigitte Cain-Hérudent, Paris, Albin Michel, 2021,  368 pages ;
ZWEIG (Stefan), Emile Verhaerhen, sa vie, son œuvre, traduction Paul Morisse et Henri Chervet, Paris, Mercure de France, 3ème édition, 1910, 352 pages ;
ZWEIG (Stefan), Erasme, grandeur et décadence d’une idée, traduction d’Alzir Ella, Verlag, 1935, Paris, Le Livre de poche, Bernard Grasset, 1996, 185 pages ;
ZWEIG (Stefan), Essais, Isabelle Hausser-Duclos, éditrice scientifique, Paris, Le livre de Poche, 1996, Vol III, 1273 pages ;
ZWEIG (Stefan), Hommes et destins, préface de Hélène Denis-Jeanroy, traduction de Raymond Jeanroy,  Paris, Belfond, 1999, 218 pages ;
ZWEIG (Stefan), Joseph Fouché, traduction d’Alzir Ella et Olivier Bournac, Paris, Le Livre de poche, 2000, 284 pages ;
ZWEIG (Stefan), L’amour inquiet, correspondances 1912-1942, traduction de Jacques Legrand, Paris, Des Femmes, 1987, 497 pages ;
ZWEIG (Stefan), La confusion des sentiments, Paris, Le Livre de poche, 1992, 160 pages ;
ZWEIG (Stefan), La fuite dans l’immortalité, traduction d’Olivier Mannoni, Paris, Payot et Rivages, 2019, 96 pages ;
ZWEIG (Stefan), La peur, traduction d’Alzir Hella, Paris, Le Livre de poche, 2002, 250 pages ;
ZWEIG (Stefan), La pitié dangereuse, traduction d’Alzir Hella, Paris, Le livre de Poche, 2012, 504 pages ;
ZWEIG (Stefan), Le combat avec le démon : Kleist, Holderlin, Nietzsche, traduction d’Alzir Hella, Paris, Le livre de poche, 2004, 340 pages ;
ZWEIG (Stefan), Le joueur d’échecs, traduction de Brigitte Verne-Cain et Gérard Rudent, Paris, Le livre de Poche, 1991, 94 pages ;
ZWEIG (Stefan), Le monde d’hier : souvenirs d’un Européen, traduction de Serge Niémetz, Paris, Belfond, 1993, 531 pages ;
ZWEIG (Stefan), Lettre d’une inconnue, traductrices Alzir Hella et Elsa Zylberstein, Paris, Stock, 2009, 105 pages ;
ZWEIG (Stefan), Magellan, Paris, Le Livre de poche, 2012, 288 pages ;
ZWEIG (Stefan), Marie-Antoinette, portrait d’un caractère moyen, Paris, Bernard Grasset, 1932, 520 pages ;
ZWEIG (Stefan), Montaigne, traduction de Corinna Gepner, introduction d’Olivier Philiponnat, Paris, Librairie générale française, 2019, 144 pages ;
ZWEIG (Stefan), Pas de défaite pour l’esprit libre, préface de Laurent Seksik, Paris, Le livre de Poche, 2022, 448 pages ;
ZWEIG (Stefan), Paul Verlaine, traduction de Corinna Gepner, introduction d’Olivier Philiponnat, Le Pré-Saint-Gervais, Le Castor Astral, 2015, 160 pages ;
ZWEIG (Stefan), Pays, villes et voyages, traduction de Hélène Denis-Jeanroy, préface de Raymond Jeanroy, Paris, Le Livre de poche, 1998, 250 pages ;
ZWEIG (Stefan), Romans, et nouvelles, Brigitte Verne-Cain et Gérard Rudent, éditeurs scientifiques, traducteurs Alzir Hella, Olivier Bournac et Manfred Schenker, Paris, Le livre de Poche, 1991, Vol I, 1340 pages ;
ZWEIG (Stefan), Romans, et nouvelles, traducteurs Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris, Le livre de Poche, 2011, 126 pages ;
ZWEIG (Stefan), Romans, nouvelles et théâtres, Brigitte Verne-Cain et Gérard Rudent, éditeurs scientifiques, Paris, Le livre de Poche, 1995, Vol II, 1340 pages ;
ZWEIG (Stefan), Seuls les vivants créent le monde, traduction de David Sanson, Paris, Robert Laffont, 2018, 165 pages ;
ZWEIG (Stefan), Sigmund Freud, la guérison par l’esprit, traduction d’Alzir Ella et Hélène Denis-Jeanroy, Paris, Le Livre de poche, 2010, 160 pages ;
ZWEIG (Stefan), Souvenirs et rencontres, traduction d’Alzir Hella, Paris, Bernard Grasset, 2005, 252 pages ;
ZWEIG (Stefan), Tolstoï, traduction d’Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris et Neuchâtel, Victor Attinger, 1928, 233 pages ;
ZWEIG (Stefan), Trois poètes : Stendhal, Casanova, Tolstoï, traduction d’Alzir Hella, Paris, Le Livre de poche, pages ;
ZWEIG (Stefan), Vienne, ville de rêve, traduction d’Alzir Hella, David Sanson et Guillaume Ollendorf, Paris, Bouquins, 2021, 430 pages ;
ZWEIG (Stefan), Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme, traduction d’Alzir Hella et Olivier Bournac, Paris, Le livre de Poche, 2003, 128 pages.
II – Critiques de Stefan ZWEIG
ALLDAY (Elizabeth), Stefan Zweig, a Critical Biography, Chicago, J-P O’hara, 1972, 258 pages ;
ARENS (Hanns), Stefan Zweig : A Tribute to his Life and Work, Londres, W.H Allen, 1951, 191 pages ;
ARNOLD (Matthieu), «Érasme et Luther selon Stefan Zweig : un antagonisme irréductible», SEY, avril-juin 2002, n°2, pages 123-145 ;
AYCARD (Mathilde), VALLAUD (Pierre), Stefan Zweig : l’impossible renoncement, Paris, Fayard, 2022, 448 pages ;
BENJOWSKI (Regina), «Stefan Zweig et Ernest Renan», Études Rénaniennes, 1er trimestre 1994, n°97, pages 3-8 ;
BENJOWSKI (Regina), Romain Rolland et Stefan Zweig, Paris, Klincksiek, 1970, 389 pages ;
BERLY (Cécile), «Le corps écrit de Marie-Antoinette : entre jeux biographiques et enjeux historiographiques», Cahiers Edmond et
Jules de Goncourt
, 2005, n°12, pages 61-77 ;
BONA (Dominique), Stefan Zweig, Paris, Grasset et Fasquelle, 2010, 472 pages ;
BOTT (François), CLEMENT (Jean-Yves), Sur la planète des sentiments : Portraits littéraires d’Emmanuel Berl à Stefan Zweig, Paris, Le Cherche Midi, 1998, 260 pages ;
CELS (Jacques), Stefan Zweig, un écrivain dans la Cité, Tournai (Belgique), La Renaissance du livre, 2003, 55 pages ;
DESHUSSES (Pierre), coordonnateur, «Stefan Zweig, l’Européen de cœur», Le Monde des livres, 6 octobre 2022, 126 pages ;
Dossier «Stefan Zweig, écrivain européen», Le Magazine Littéraire, février 1997, n°351, 106 pages ;
Dossier, «Stefan Zweig, le chasseur d’âmes», Le Magazine Littéraire, septembre 1987, n°245, 98 pages ;
Dossier, «Stefan Zweig, le dernier des Européens, sa vie, ses œuvres clé», Le Magazine Lire, 28 avril 2016, n°445, 108 pages ;
DOUVILLE VIGANT (Francis), Sociologie du Dandysme, biographie sociologique de Stefan Zweig, Maîtrise ès Sciences et arts, Université de Montréal, juillet 2016, 97 pages ;
DUMONT (Robert), Le théâtre de Stefan Zweig, Paris et Rouen, Presses universitaires de France, 1976, 161 pages ;
DUMONT (Robert), Stefan Zweig et la France, Paris, Didier, 1967, 435 pages ;
FREUD (Sigmund) ZWEIG (Stefan), Correspondance, préface de Roland Jaccard, Marseille, Bibliothèque Rivages, 1991, 142 pages ;
GIUDICIANNI (Joseph), Stefan Zweig, le voyageur de l’infini, Paris, éditions de l’Infini, 2010, 364 pages ;
GODE (Maurice) «Innovation littéraire et stéréotypes sociaux dans la nouvelle de Stefan Zweig Angst (1925)», Cahiers d'Études Germaniques, 1990, n°19, pages 171-179 ;
HUSTER (Francis), L’énigme de Stefan Zweig, préface d’Eric-Emmanuel Schmitt, Paris, Le Passeur, 2015, 224  pages ;
KLEMENS (Raynoldner), HIDLMAR (Holl), PETER (Karlhuber), éditeurs scientifiques, Stefan Zweig : instants d’une vie, Paris, Stock, 1994, 223 pages ;
LAFAYE (Jean-Jacques), Stefan Zweig, un aristocrate Juif au cœur de l’Europe, Paris, Hermann, 2010, 141 pages ;
LAPAQUE (Sébastien), «La mort au Brésil de Stefan Zweig», La Revue-des-Deux-Mondes, 4 janvier 2022 ;
LECORCHEY (Virginie), Stefan Zweig et l’histoire à travers la littérature : les rapports entre biographies historiques et l’histoire, thèse sous la direction de Denis Bousch, Université de Paris-Est-Créteil, 2018, 467 pages ;
NEDELJKOVIC (Dragan) «Romain Rolland et Stefan Zweig», Littératures, numéro spécial 1, 1979, pages 217-228 ;
NIMIETZ (Serge), Stefan Zweig, le voyageur et ses mondes, Paris, Belfond, 2011, 622 pages ;
PRATER (Donald), Stefan Zweig, traduction de Pascale de Mezamat, éditions Lacombe, La Table ronde, 1999, 416 pages ;
ROMAINS (Jules), Stefan Zweig : Grand Européen, Paris, éditions de la Maison française, 1941, 52 pages ;
RUBERCY de (Eryck), «La biographie, Stefan Zweig, un maître de la biographie», Revue des Deux Mondes, juillet 2010, pages 101-107 ;
SAUVAT (Catherine), Stefan Zweig, Paris, Gallimard, 2006, 228 pages ;
SEKSIK (Laurent), «La mélancolie de Stefan Zweig», La Revue-des-Deux-Mondes, 7 décembre 2021 ;
SEYES (Pascale, «Sigmund Freud et Stefan Zweig, Correspondance, Préface de Roland Jaccard», Revue Philosophique de Louvain, 1992, tome 90, n°88, pages 582-583 ;
SPANGENBERG (Bastian), Stefan Zweig et l’autre, la représentation et la construction des étrangers, thèse sous la direction de Bernard Banoun, Université Paris-Sorbonne, 2021, 474 pages ;
TURNER (David), «The Function of the Narrative Frame in the «Novellen»  Stefan Zweig», The Modern Language Review, janvier 1981, Vol 76, n°1, pages 116-128 ;
VANWESENBEEK (Birger) GELBER (Mark, H.), Stefan Zweig and World Literature, Rockchester, Camden House, 2017, 278 pages ;
WALD  LASOWSKI (Alioska), coordonnateur, «Stefan Zweig, l’écrivain et ses mondes», Le Magazine Littéraire, mai 2013, n°531, pages 48-83 ;
ZARINI (Marie-Emmanuelle), L’idée d’Europe chez Stefan Zweig, thèse sous la direction de Michel Grunwald, Université de Metz, 1999, 451 pages ;
ZWEIG (Friderike), Stefan Zweig, traduction en anglais d’Erna MacArthur, Londres, W. H Allen, 1946, 277 pages.
Paris, le 31 janvier 2023, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Stefan ZWEIG (1881-1942) cosmopolite, humaniste, un lumineux et tragique portraitiste du déchirement intérieur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
21 janvier 2023 6 21 /01 /janvier /2023 16:51
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Son nom est peu connu en France, mais l'influence de Zora Neale Hurston sur la littérature américaine a été considérable. Toni Morrison, prix Nobel de littérature, n'a cessé de proclamer sa dette à l'égard de celle qu'elle considère comme sa mère en littérature. Cela n'a rien de surprenant, puisque tout l'œuvre de Hurston s'était donné pour tâche de restituer la richesse et l'originalité de la culture noire des Etats-Unis, celle de son enfance, et d'en transmettre l'héritage. [...] Un des plus beaux hommages jamais rendus à la culture de ceux que, bon gré mal gré, elle considérait comme «son peuple», écrit Didier ERIBON dans le «Nouvel Observateur». Michel FABRE est beaucoup réservé, estimant, et sans le démontrer, que la réputation de Zora Neale HURSTON serait surfaite «Zora Neal Hurston fait figure de champion de la femme noire, pleine de ressource et de robuste volonté, sinon toujours libérée des contraintes communautaires et de la tyrannie masculine. Revendiquée comme figure de proue par Alice Walker après trente ans de purgatoire immérité, elle jouit aujourd'hui d'une réputation presque exagérée» écrit-il, dans «Notre Librairie» d’avril 1994. Il faut dire, qu’en dépit de ces éloges de Didier ERIBON, les quelques ouvrages de Zora Neale HURSTON, traduits en français (Barracoon, l’histoire de la dernière cargaison, Des pas dans la poussière, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu ou Spunk, traduction de l’Anthologie noire de Nancy Cunard avec des articles de Zora Neale, Une femme noire), n’ont pas été réédités ; et sont  donc commercialisés par des collectionneurs ou par Amazon. Par conséquent, et pour l’essentiel, la contribution littéraire de Zora Neale HURSTON est en langue anglaise, et donc demeure encore, pour les lecteurs francophones, notamment africains, dans la stricte confidentialité des initiés.
Robert ELLISON (1914-1994) avait posé, en 1947, cette interrogation, au cœur de la contribution littéraire de Zora Neale HURSTON :  «Homme invisible pour qui chantes-tu ?». En effet, ce roman, «Invisible Man» relate l’histoire, à la première personne, d’un jeune homme pauvre et méritant qui lutte dans un monde hostile, et qui, de péripétie en péripétie, atteint au succès ou, du moins, à la sagesse. Cependant, ce héros picaresque n’échappe pas à son destin. Il est exclu que, dans une société qui offre au talent et à l’effort des un homme jeune, énergique, et, comme disent les Américains, «charismatique», n’arrive pas à se hisser à un degré enviable de l’échelle, et ne connaisse pas, tôt ou tard, outre la sécurité financière, la notoriété et l’amour des femmes. Le héros, un jeune Noir à la recherche de son identité, ne lutte pas à armes égales contre la société. D’entrée de jeu, les dés sont pipés. L’enchère est en monnaie de singe, le chemin du succès mène à une impasse, la sortie est piégée. Car ni l’argent, ni la notoriété, ni l’amour des belles Blanches un peu mûres en quête de sensations primitives ne comblent le héros de ce roman. C’est là sa noblesse. Le succès individuel ne saurait le satisfaire. C’est la race noire tout entière qui devrait être, en même temps que lui-même, arrachée à son statut minoritaire et promue à l’égalité des chances. «On disait alors que les difficultés sociales du Noir provenaient de son trop haut degré de visibilité. L’ironie, c’est que mon personnage est invisible non seulement pour les autres, mais pour lui-même. Le Noir, dans une société blanche où il est nié, éprouve nécessairement une grande difficulté à être, et partant, à se voir. L’image du Blanc, telle qu’elle se forme dans sa conscience dès son plus jeune âge, est si irrésistiblement puissante, et si terriblement oppressive, que le Noir est réduit à se voir avec les yeux du Blanc, c’est-à-dire, à se haïr, à se mépriser, à se nier lui-même. Le regard qu’il tourne sur soi est pure négativité, un miroir docile.» dit Robert ELLISON. Ni intégré, ni séparé du reste de la communauté, le héros attend que les yeux de tous les républicains se décillent. «Je n’admire pas du tout le courage du dompteur. Une fois dans la cage aux lions, il est du moins à l’abri des hommes» disait, l’écrivain britannique, George Bernard SHAW (1856-1950).
Anthropologue, conteuse, folkloriste, dramaturge, spécialiste du «Black english», ce vernaculaire des Afro-américains, enseignante à l’université de Barnard College de 1925 à 1928 et à Columbia de 1928 à 1930, Zora Neale HURSTON, une féministe, a marqué l’histoire littéraire, en particulier au sein du mouvement Harlem Renaissance. «Y a pas une loi sur terre qui peut faire d'un homme un gars décent s'il a pas ça en lui. Y a plein dtypes qui prennent femme comme on prend un bout dcanne à suc'. C'est rond, juteux et sucré quand y la prennent. Mais y pressent et y broient, y pressent et y broient, et y tordent jusqu'à c-qu'ils en tirent la dernière goutte de plaisir. Quand y sont convaincus qu'elle est tordue-essorée, y la traitent comme on fait d'une mâchouillure de canne. Y la jettent. Y savent c-qu'y font au moment même, et y sdétestent de lfaire, mais y s'accrochent à elle jusqu'à c-qu'elle est vide. Après, y la détestent pas qu'elle est qu'une mâchouillure de canne sur leur chemin» dans «Spunk» avec un langage vernaculaire des Afro-Américains, Zora Neale HURSTON s’insurge violemment contre la misogynie, la société patriarcale, et les nègres sont considérées par les hommes, noirs ou blancs, comme des «mules» chargées de porter leur fardeau. Première femme noire à s’engager dans le combat du féminisme, dans ce chemin exigeant leur autonomie, Zora Neale HURSTON exhortait à  «Frapper droit avec un bâton tordu.». Cette orientation littéraire, jugée «folklorique» ou d’anthropologie, a été très mal comprise par certains écrivains afro-africains estimant que Zora Neale HURSTON ramait à contre-courant ; la priorité sera, selon les maîtres à penser de Harlem Renaissance, est le roman social ou contestataire, et donc l’apologie de la littérature combat pour les droits civiques, contre la ségrégation raciale. Loin d’être ces anthropologues du début, mesurant la boîte crânienne des Noirs, Zora a été audacieuse et innovante, dans sa recherche du patrimoine culturel du Noirs et de leur langage vernaculaire : «Au début et au milieu de sa carrière, Zora était une révolutionnaire culturelle simplement parce qu’elle était elle-même. Son travail était si vigoureux parmi les productions plutôt pâles de ses nombreux contemporains issus du peuple noir. Durant ses dernières années, pour des raisons révélées pour la première fois, dans son œuvre monumentale (comme tant c’est !), elle  prend peur de la vie qu’elle a toujours osée courageusement expérimenter auparavant» écrit Alice WALKER dans la préface de l’ouvrage de Robert HEMENWAY.
Considérée comme une artiste mineure pendant la période de Harlem Renaissance, une époque voulant faire émerger un «New Negro» Zora Neale a reçu les coups de foudre d’Alain LOCKE (1885-1954) : «C’est de la fiction folklorique à son meilleur, que nous acceptons avec gratitude comme un remplacement attendu depuis longtemps pour tant de fiction locale défectueuse sur les Noirs. Mais quand le romancier noir de maturité, qui sait raconter une histoire de manière convaincante – qui est le cadeau de berceau de Mlle Hurston – s’attaquera-t-il à la fiction de documents sociaux ? La fiction progressiste du Sud a déjà banni la légende de ces pseudo-primitifs divertissants avec lesquels le public de lecteurs aime toujours rire, tisser et envier. Après nous être débarrassés de la condescendance, dépassons maintenant la simplification excessive!» écrit-il dans «Opportunity» du 1er juin 1938.  Les tenants de la ligne dure de Harlem Renaissance ont reproché à Zora Neale HURSTON, dans ses écrits, une vision pastorale ou folklorique, en sous-estimant les dures réalités de la ségrégation raciale, de l’exploitation et de la misère. Aussi, Zora est entrée également en conflit avec Richard WRIGHT, (1908-1960, voir mon article) de la gauche radicale, qu’elle accusait de «misérabilisme». En effet, Richard WRIGHT a estimé que le roman de Zora, «They Eyes Were Watching God», «poursuit volontairement la tradition imposée au nègre au théâtre, c’est-à-dire la technique du ménestrel qui fait rire les Blancs. Son roman ne s’adresse pas au Nègre, mais à un public blanc, dont elle sait satisfaire les goûts chauvins. Ses personnages mangent, rient, pleurent, travaillent et tuent ; ils se balancent éternellement comme un pendule dans cette orbite sûre et étroite dans laquelle l’Amérique aime voir vivre des Noirs : Entre rires et larmes» écrit Richard WRIGHT. En effet, le féminisme controversé et novateur de Zora Neale HURSTON, son audace et esprit d’indépendance a remis en cause le patriarcat blanc comme noir, «Je n'appartiens à aucune race, ni à aucun temps. Je suis l'éternel féminin avec son collier de perles» écrit-elle. Cette vision novatrice de Zora avait suscité l’ire de Langston HUGHES «Dans sa jeunesse, elle recevait toujours des bourses, des aides sociales et des choses de riches Blancs, dont certains la payaient simplement juste pour s’asseoir et représenter la race noire pour eux, elle l’a fait d’une manière si racée à beaucoup de ses amis blancs, sans aucun doute, elle était une parfaite «Darkie», dans le sens agréable qu’ils donnent au terme, qui est un nègre naïf, enfantin, doux, humoristique et très coloré» écrit-il dans «The Big Sea».
Par conséquent, Zora Neale HURSTON a parfois croisé le fer avec cette gauche américaine radicale «Je n'appartiens pas à l'école larmoyante de la négritude, qui prétend que la nature a bien mal traité le Noir et qui se contente d'en souffrir. Non pas, je suis bien trop occupée à affûter mon couteau à huîtres» écrit-elle dans «How It feels To Be Colored Me». En réponse à ces diatribes, Zora Neale HURSTON opposait, comme les tenants de Harlem Renaissance, qu’elle dépeignait un mode de comportement propre à une communauté qui, au sortir de l’esclavage, avait appris à se protéger, subtilement, et de façon codifiée, des méfaits de l’oppression raciale. Par conséquent, refusant de s’aligner, sur ce qu’elle appelait, «l’école sanglotante de la Négritude», Zora soutenait que la libération des Noirs passe aussi par «la célébration de leur culture et de leurs propres institutions. Dépeindre une culture populaire vivante et riche, où l’on chante, aime et rit, comme tout le monde, faire le portrait de personnages «complets, complexes et non diminués», servait bien mieux son peuple que de s’aligner sur les critères esthétiques de la culture dominante» écrit Françoise BRODSKY, dans l’introduction d’une «Femme noire». Par ailleurs, Zora Neale, dans ses mémoires, traite à sa manière, la question raciale, omniprésente dans sa contribution littéraire «Mon peuple ! Mon peuple ! Dès les premiers balancements de mon berceau, j’ai entendu ce cri monter aux lèvres des miens. Il s’échappe pour exprimer la pitié, le mépris et une résignation exaspérée. Il est suscité par ce qu’une certaine catégorie de gens de couleur pense des faits et gestes d’une autre branche de la fraternité noire. Ainsi, les Noirs bien élevés gémissent lorsqu’ils montent dans un train ou un bus et y aperçoivent leurs congénères déchaussés, se bourrant de poisson frit, de bananes et de cacahuètes et jetant les déchets par terre. Et ces gens-là ne se contentent pas seulement de manger et de boire. Les coupables radiodiffusent largement, sans rien cacher de leur vie intime, et cela, d’une voix qui englobe le wagon tout entier. Le Noir bien habillé se ratatine sur son siège, secoue la tête et soupire : Mon peuple ! Mon peuple !» écrit-elle dans «Des pas dans la poussière». Zora Neale a voulu sortir du manichéisme des clichés raciaux et faire mettre en exergue la complexité de la vie : «J’appris qu’on ne juge pas les gens à leur couleur. Et les clichés raciaux perdirent toute signification. Je commençai à me moquer de tous ceux, Noirs ou Blancs, qui se croyaient bénis d’appartenir à leur race. Ce n’était pas une malédiction d’être noir, ou un atout d’être blanc» écrit-elle dans ses mémoires. «Parfois, je me sens discriminé, mais cela ne me met pas en colère. Elle m'étonne tout simplement. Comment peut-on se priver du plaisir de ma compagnie ? Cela me dépasse» dit-elle.
En définitive, et pendant toute sa vie, Zora Neale HURSTON s’est battue contre des moulins à vent, des procès en sorcellerie ou en illégitimité. L’artiste ne luttait pas que contre sa communauté, mais aussi tentait de survivre contre la pression des éditeurs, la manipulation des mécènes, les exigences des présidents de fondations, tous issus de la communauté blanche et voulait contrôler ou censurer ses écrits. Ecrivaine au sommet au sommet de son art, quand la seconde guerre éclate, ses droits d’auteurs sont gelés :  «Tout comme la roche froide et apparemment sans vie, j’ai enfoui en moi des souvenirs issus des matériaux qui m’ont moulée. Temps et Lieu ont leur mot à dire. Il vous faudra donc apprendre d’où je viens, de quel endroit, de quelle époque, pour que vous puissiez interpréter les incidents de ma vie et la direction qu’elle a prise» écrit Zora Neale HURSTON. En fait, entre Zora Neale HURSTON et Langston HUGHES, c’est une histoire d’amitié et de trahison. Ils se sont rencontrés à New York entre 1925 et 1931, date de leur rupture. Ils se sont appréciés, sans relations sexuelles, collaboré à la revue Fire et participé au mouvement Harlem Renaissance. «Leur amitié, tour à tour chaleureuse, engageante, inspirante, intellectuelle, adoratrice, jalouse, enflammée et condamnée, a informé pratiquement tout ce qu’ils ont écrit pendant ces années, la littérature afro-américaine tout à fait différente de toutes celles qui l’avaient précédée» écrit Yuval TAYLOR. Mais deux artistes avaient des caractères diamétralement opposés : «De nombreux auteurs ont qualifié Langston de naïf. Zora est généralement soit une caractérielle, soit une femme noire forte stéréotypée. Ceux-ci représentent les extrêmes de leurs caractéristiques. Langston ne laissait aucune femme entrer dans son intimité. Zora était passionnée, jalouse, têtue et n’hésitait jamais à dire ce qu’elle pensait, quelles qu’en soient les conséquences» ajoute Yval TAYLOR.
La plume de Zora Neale HURSTON se fait enfantine, superstitieuse, ironique, compatissante, joyeuse, et étudie dans la modernité l’ethnicité, le langage vernaculaire, le folklore et les traditions des Afro-américains. Dans sa démarche assertive, Zora a adopté une attitude littéraire engagée, une posture d'affirmation de soi tout en respectant l'autre. «L'engouement dont l'œuvre de Zora Neale Hurston fait l'objet aujourd'hui constitue le meilleur témoignage de son apport à l'éveil de la conscience afro-américaine. Sans doute, sa formation d'anthropologue, ses origines rurales ainsi que les années fastes de la renaissance de Harlem à laquelle elle prit part ont-elles détermine ses engagements d’artiste et d'intellectuelle noire. Quant au destin plutôt terne de sa carrière, il s'explique surtout par le contexte socio-politique et littéraire de la grande dépression qui la place au centre de sollicitations multiples dues aux pressions éditoriales et a l'apologie d'une littérature de combat par les nationalistes noirs et les communistes» écrit, dans sa thèse, Jean-Louis NDAMA. En effet, Zora Neale HURSTON «a cet esprit qui a été particulièrement dévolu à certaines femmes. Quoi qu’elle porte sa peau noire avec aisance, et puisse grâce à elle, pénétrer dans des cercles dont aucun homme blanc ne peut forcer l’entrée, elle semble être capable de se tenir en dehors de sa race et de la regarder objectivement, tout en la comprenant, puisqu’elle en fait partie» écrit, en 1946, Kiffin R. HAYES.
Le travail de Zora sur le folklore des Noirs, et donc leur identité, notamment les récits de vie, les contes, et les expressions de l’oralité des Noirs, l’ont marqué au fer rouge dans certains milieux, notamment les mécènes, fondations ou éditeurs. En particulier, l’engagement littéraire, dans la mouvance de Harlem Renaissance, aux côtés de Langston HUGHES (1901-1967, voir mon article), a été sans ambiguïté. En 2022, la traduction en français, de «l’Anthologie noire» de Nancy CUNARD (1896-1965, voir mon article), a rendu accessible à un plus large public, toute une série d’articles de Zora Neale HURSTON remontant à l’année 1934. Choisie entre 130 contributeurs, dont Langston HUGHES et Alain LOCKE, ainsi que WEB Du BOIS, pour cette Anthologie noire, Zora Neale HURSTON est alors reconnue comme l’un des marqueurs importants de Harlem Renaissance. Dans l’Anthologie noire, le thème général traité ce sont les caractéristiques de l’expression nègre : «La capacité universelle d’imitation du Nègre n’est pas tant une chose en soi que la preuve de ce qui parcourt tout son être. Et, cette chose-là, c’est le théâtre. La langue, c’est comme de l’argent. La  vie du Nègre est hautement dramatique. Tout est théâtralisé» écrit-elle. Zora y traite, avec une grande hauteur de point, n’ayant pas encore prise une seule ride, des conversions et visions (retraite spirituelle, le Shouting (Survivance de la possession des dieux animistes africains), le sermon (les blessures de Jésus), Mère Catherine, L’Oncle lundi (médecin guérisseur Vaudou). C’est en ce sens que Maya ANGELOU (1928-2014, voir mon article) et Toni MORRISON (1931-2019, voir mon article) ont une importante dette à son égard. Zora Neale HURSON «l'un des plus grands écrivains de notre époque» dit Toni MORRISON, auteure de «L’œil le plus bleu». Pour Maya ANGELOU, ««Zora Neale Hurston a choisi d’écrire sa propre version de la vie dans «Dust Tracks on a Road». Grâce à ses images, on apprend rapidement que l’auteur est né pour errer, écouter et raconter une variété d’histoires. Une curiosité active l’a conduite à travers le Sud, où elle a recueilli les sentiments et les paroles de son peuple comme un agriculteur exigeant pourrait ramasser des œufs. Quand elle a commencé à écrire, elle a utilisé tous les sites qu’elle avait vus, toutes les personnes qu’elle avait rencontrées et les exploits auxquels elle avait survécu. Une lecture de Hurston suffit à convaincre le lecteur que Hurston a eu des aventures dramatiques et était un survivant par excellence» écrit-elle dans la préface de «Dust Tracks on a Road». «Zora Neale Hurston était un KO dans sa vie, un écrivain merveilleux et une personne fabuleuse. Diablement drôle et académiquement solide : délicieux mélange» ajoute MAYA ANGELOU.
Zora Neale Hurston nait le 7 janvier 1891 à Notasulga (Alabama, Etats-Unis) et porte les prénoms d’une amie de sa mère qui est Lucy Ann POTTS épouse HURSTON (1866-1904), institutrice. Zora est la cinquième d’une fratrie de huit enfants et la deuxième fille de son père meurt qui accidentellement le 10 août 1918, fauché par un train. «Mon père menaçait sans cesse de me briser, même s'il devait me tuer au passage. Ma mère s'interposait à chaque fois. Elle me savait effrontée et prompte à la réplique, mais elle ne voulait pas briser mon «ardorité», de peur de me voir devenir une doucereuse poupée de son» écrit-elle. Son père, John HURSTON (1861-1918), prêcheur baptiste, devenu veuf en 1904, se remarie, rapidement, en 1905 à Mattie MOGE, née 1885, alors âgée de 20 ans, probablement sa maîtresse bien avant cela. Lorsque Zora a trois ans, sa famille déménage à Eatonville, en Floride, dans une communauté d’Afro-américains dont son père deviendra, pour deux mandats de 1897 à 1916, maire de la ville. Zora décrira plus tard Eatonville, créée le 18 août 1866, comme une seconde naissance, un lieu où les Afro-américains pouvaient vivre, comme ils le souhaitaient, indépendamment de la société blanche, essentiellement des Nordistes plus tolérants que les Sudistes. Jeune, elle se passionne déjà pour la littérature. En 1904, sa mère décède et son père se remarie presque immédiatement. Ses parents l’envoient dans une école baptiste à Jacksonville.  Ils finissent par arrêter d’en payer les frais, et la jeune fille est renvoyée de l’école. Par la suite, Zora travaille quelques temps comme domestique pour une compagnie théâtrale. En 1917, se faisant passer pour née en 1901, elle s’inscrit au Morgan College et obtient son diplôme en 1918. Zora fait ensuite des études à l’université Howard puis au Barnard College où elle est diplômée d’anthropologie en 1928. Intéressée par le folklore noir-américain et le vaudou haïtien, elle participe à la Renaissance de Harlem Renaissance ou «Renouveau de la culture afro-américaine», en produisant le magazine littéraire «Fire !!». Par la suite, Zora a écrit des articles pour divers journaux, travaille dans une bibliothèque puis comme professeure remplaçante.
La contribution littéraire a pour ambition de restituer la richesse et l'originalité de la culture noire des Etats-Unis, celle de son enfance, et d'en transmettre l'héritage. Aussi, dans son autobiographie, «Des pas dans la poussière» ou «Dust Tracks on The Roads», écrit en 1942, cette écrivaine, première afro-américaine diplômée en anthropologie, relate son enfance une petite ville de Floride ayant la particularité d'être composée uniquement de Noirs aussi bien en termes d'habitants que de direction, dans toutes les instances politiques et administratives. Contre toute attente dans cette partie de l’Amérique, Blancs et Noirs vivent en excellents termes ; la petite Zora, pendant cette période, n’en a pas ressenti de discrimination. Cette vision idyllique a été écornée par la traductrice de ses mémoires en France «Lorsque Bertram Linppicott lui demande de rédiger son autobiographie, elle s’exécute avec répugnance. Elle s’y présente avec une fausse naïveté sous les traits d’une petite fille pauvre, mais intelligente, poussée par un besoin impérieux de réussir et que le racisme n’a guère touchée ; mais elle dissimule des pans entiers de son passé. Elle insiste sur la bonté des Blancs qui, depuis sa naissance, l’ont toujours aidée, mais ne parle pas de conflits avec ses mécènes ou n’y fait allusion que pour s’excuser», écrit François BRODSKY, dans la postface «Des pas dans la poussière». Cette interprétation est contestée par Alice WALKER : «Zora a grandi dans une communauté de Noirs qui avaient un énorme respect pour eux-mêmes et pour leur capacité à se gouverner eux-mêmes. Son propre père avait rédigé les lois de la ville d’Eatonville. Cette communauté affirme le droit d’exister. Pour beaucoup d’autres Noirs américains, est-ce vrai ? Dans sa facilité d’acceptation, Zora ressemblait plus à une Africaine non colonisée que ses contemporains noirs américains ; leur noirceur semblait, à eux, étrange» écrit Alice WALKER dans la préface de l’ouvrage de Robert HEMENWAY.
Par conséquent étant née dans le Sud, Zora se fait observatrice attentive de cette société harmonise et se mêle aux adultes, écoute toutes les conversations, s'en imprègne. Elle utilisera tous ces souvenirs et en fera des matériaux, lorsqu'adulte, elle sillonnera-voyagera notamment pour Franz BOAS (1859-942), père fondateur de l'anthropologie au musée d'Histoire naturelle de New York puis à l'université Columbia. Zora Neale HURSTON met en place un groupe de danse folklorique concernant la culture du Sud des États-Unis puis part en Haïti pour y conduire des recherches sur la culture locale. Ses travaux ont une importance majeure, notamment en ce qui concerne l’utilisation des drogues durant les cérémonies Vaudou comme moyen d’entrer en transe. En parallèle, Zora entreprend l’écriture de nouvelles et d’articles. En 1954, Zora est envoyée à Jacksonville pour couvrir le procès pour meurtre de Ruby McCOLLUM (1909-1992), une femme noire qui avait tué, en 1952, C. Leroy ADAMS, un médecin blanc qu’elle accusait de viols à répétition. L’affaire connait une couverture médiatique. Zora participe également à la rédaction de «Woman in the Suwannee Jail», un livre de William Bradford HUIE (1910-1986), journaliste et défenseur des droits civiques. En dépit de la qualité de sa production littéraire, («Mules and Men» en 1935, «They Eyes Were Watching God» en 1937), le succès commercial, de son vivant, n’avait pas été au rendez-vous, notamment ce qui concerne la transcription du folklore des Noirs, en fait une commande de mécènes blancs : «Amère du rejet de la valeur du folklore, en particulier dans la communauté noire, frustrant ce qu’elle estimait être son échec à convertir la vision du monde afro-américaine en formes de fiction en prose, Hurston a finalement abandonné» écrit Robert HEMENWAY.
 Les thèmes récurrents et structurant la contribution littéraire de Zora Neale HURSTON sont notamment la race, le genre, le féminisme, l’esclavage et la mémoire, la croyance religieuse, les forces de l’esprit, en somme un projet du bien-vivre ensemble, dans la tolérance. Son livre, «They Eyes Were Watching God», publié en 1937, a été traduit sous le titre «Mais leurs yeux dardaient sur Dieu» chez Zulma ou «une femme noire» chez Le Castor Astral. C’est le premier roman d’une afro-américaine, revendiquant, sans détours, son féminisme. Dans ce roman initiatique, le personnage central, Janie Crawford, s’engage à se soustraire d’une vie tracée où l’homme blanc jette aux Noirs, qui, à leur tour, veulent se décharger sur la femme noire. Cependant, Janie refuse de devenir «la mule» de son mari, et s’engage dans un voyage métaphorique pour la libération des femmes. «Dans la littérature féminine noire contemporaine, les femmes apparaissent souvent comme les piliers de la communauté, sa matrice culturelle, son ciment. Dotées d’une grande force de caractère, elles revendiquent que leur culture propre face aux critères esthétiques blancs, leur identité face à l’oppression masculine» écrit Françoise Brodsky, dans la préface d’une «Femme noire». En effet, dans ce roman, Janie retourne à Eatonville, en Floride, suite au décès de son mari, un vieux paysan, Tea Cake. Alors qu’elle revient sous le soleil couchant, les habitants ont un sentiment mitigé à son égard. Ils font des remarques à la limite calomnieuses ou moqueuses à son égard on parle de son âge, de son accoutrement, de ses cheveux ; d’autres pensent que son mari n’est pas mort, mais l’aurait abandonnée. Dans ce roman, plusieurs thèmes sont évoqués, notamment la race ; Zora Neale HURSTON semble se demander si la race n’est pas, après tout, socialement construite, que c’est-à-dire des catégories non basées sur la biologie mais sur des concepts imaginés par l’homme. Nanny, la grand-mère de Janie, joue un rôle très important. Elle représente le passé esclavagiste, la libération, mais aussi le désordre qui a accompagné l’émancipation. En tant qu’esclave, elle a une expérience typique de terreur et d’oppression, et elle est exploitée sexuellement par le maître, portant son enfant. Le statut d’esclave de Nanny dans une plantation est transmis culturellement à Janie. Beaucoup des peurs et des préoccupations de Nanny, qui affectent Janie, sont nées pendant son temps en tant qu’esclave. La grand-mère essaie de donc de protéger sa petite-fille du monde réel nappé de prédation et de violence, notamment à l’égard des rumeurs et commérages. Le roman traite la question du conflit de classe, Janie semble aux yeux de certains, être affectée d’une déchéance, à travers ses effets vestimentaires. Lorsque Janie revient à Eatonville, elle porte une combinaison, le type de vêtements que porteraient les ouvriers ou agriculteurs. Les femmes qui regardent remarquent à quel point c’est tout un changement par rapport à la belle robe de satin qu’elle portait quand elle avait quitté la ville des années plus tôt. Il est aussi question, dans ce roman, de religion, question également traitée dans un autre ouvrage «Tous les dieux qu'on vénère sont cruels. Tous les dieux prodiguent une souffrance sans raison. Sinon on ne les adorerait pas. A travers la souffrance aveugle, l'homme connaît la peur et la peur est la plus divine des émotions. C'est la pierre de l'autel et le début de la sagesse. Les demi-dieux se vénèrent dans le vin et les fleurs. Les vrais dieux exigent du sang» écrit Zora, dans «une femme noire». A l’occasion de la survenance d’un ouragan, c’est une référence au titre de l’ouvrage, Zora Neale HURSTON écrit  «Ils semblaient regarder l’obscurité, mais leurs yeux regardaient Dieu». En d’autres termes, la puissance de Dieu se manifeste dans l’ouragan ; en même temps, ils sont à la merci de Dieu, plutôt impuissants et vulnérables. Ici, face à l’ouragan, un tournant dans le roman, au milieu de tous les nombreux choix de vie de Janie, en fin de compte, Dieu, ou plus généralement le monde naturel, détermine le destin ou le destin d’une personne. Dans ce langage littéraire symbolique ou métaphorique, la grand-mère, Nanny, représente une figure spirituelle, dont le but principal dans la vie, est de mettre sa petite-fille sur la bonne voie. «Dieu déchirait le monde ancien chaque soir pour en fabriquer un autre avant le lever du jour. C’était merveilleux de le voir prendre forme dans le soleil pour émerger des poussières grises. Les choses et les êtres familiers lui avaient failli, alors Janie se penchait pardessus la barrière et scrutait la route au lointain. Elle savait maintenant que le mariage ne faisait pas l’amour. Ainsi mourut le premier rêve de Janie, ainsi devint-elle femme» écrit Zora.
Dans «Mules and Men» de 1935, le texte reflète bien le travail d’anthropologiste, de folkloriste en relation avec la tradition orale collectée par Zora Neale HURSTON, avec une préface de Franz BOAS. Dans la confrontation entre l’esclavage et la liberté, le thème central évoque la guerre civile et ses horreurs, ainsi que l’Acte d’émancipation des Noirs. Ainsi, l’esclave John défie et terrasse son maître par ses capacités physiques et intellectuelles, illustrant l’idée que les Noirs ne sont pas inférieurs aux Blancs. En tant que tel, le personnage de Jean et sa prévalence dans ces contes peuvent refléter un fantasme d’accomplissement de souhaits pour les esclaves qui ont concocté ces contes à l’origine: Bien qu’ils aient pu être physiquement emprisonnés par leurs maîtres leurs esprits étaient libres de créer de grands fantasmes d’évasion ou de victoire sur leurs oppresseurs. Zora y traite de la question du genre, de cette relation femme-homme. Dans son travail d’anthropologue Zora a remarqué les femmes sont souvent reléguées au second rang. En revanche, ses contes, empreints de féminisme, valorisent le pouvoir et les capacités des femmes de trouver des moyens de conquérir leur indépendance et l’égalité. Il est bien question dans ce roman de Vaudou,  de la prestidigitation, du pouvoir des forces de l’esprit, une religion traditionnelle africaine, à changer le cours du destin. Dans la pensée des Noirs, la Nature occupe une place primordiale. L’Homme est en fusion avec la Nature, dont il dépend pour sa vie et sa survie. La mule est peut-être la plus importante symbole de la nature, car il fait partie intégrante du titre du livre. Le titre «Mules and Men» implique qu’il y a deux forces distinctes à venir en jeu ici, représentés par ces deux entités, la mule et l’homme. En fait, ces deux symboles ont des similitudes, les animaux agissant comme des hommes et les hommes agissant comme des animaux. En dépit, d’une représentation ou d’une opposition artificielle, les deux entités sont complémentaires et interdépendantes.
Dans son livre, «Barracoon : The Story of the Last «Black Cargo», traduit en français par «Barracoon : l'histoire de la dernière «cargaison noire», il s’agit du récit du dernier esclave. En décembre 1927, Zora Neale HURSTON avait recueilli, à Mobile (Alabama) l’histoire de Cudjo LEWIS (1841-1935), de l’ethnie Yorouba, du village de Banté, au Dahomey, actuel Bénin, dans sa traversée de l’Atlantique, avec 115 autres captifs africains. Olualé KOSSOLA, de son nom africain, alors âgé de 19 ans, embarqua en 1859 à bord du dernier navire négrier américain, le «Clotilda», au départ de Ouidah, sur les rives du Bénin. L’esclavage était interdit depuis 1807, l’ethnie Fon, du Dahomey avait poursuivi ce commerce estimé lucratif ; le roi Ghézo (1818-1858) du Dahomey reprit ainsi ses guerres et ses razzias en 1857. Codjo évoqua l’assaut de son village par les femmes guerrières du roi du Dahomey, la marche forcée de trois mois qui s’ensuivit, puis le séjour dans les baraques de Ouidah. Ces bâtiments servaient au confinement des Africains destinés à être exportés vers l’Europe et les Amériques. Le terme espagnol «barracó» peut se traduire par «caserne» et vient à l’origine du mot catalan «barraca», la «cabane», des «abri à esclaves» en contrastes avec les imposantes maisons ou châteaux des maîtres blancs, avec leurs colonnes, des domestiques et les grandes fêtes : «Je ne suis pas sûre qu’il ait jamais existé ouvrage plus difficile à lire pour ceux d’entre nous qui avons le devoir de porter les ancêtres, d’œuvrer pour eux au quotidien, tandis que nous menons nos vies dans les différents lieux du monde où ils ont été conduits dans les fers. Ces lieux où, esclaves de maîtres blancs (à de rares exceptions près) cruels, ou curieux, ou indifférents, ils ont mené une existence précaire et suspendue, coupée de leur vraie vie, et où nous-mêmes avons dû lutter pour défendre notre humanité et connaître les joies de la vie malgré tout le mal dont nous avons été témoins, ou qu’on nous a fait subir» écrit Alice WALKER, dans l’avant-propos de «Barracoon». Après l’éprouvante traversée de l’Atlantique, Kossola raconte sa vie d’esclave dans l’Alabama, de 1860 à la fin de la guerre de Sécession. Affranchis, lui et les siens ont fondé, non sans difficulté, Africatown, un village aujourd’hui appelé Plateau, en Alabama. La question de l’esclavage, et donc de la mémoire, loin d’être «un détail de l’Histoire» ou une «concurrence des mémoires», est un point central : c’est un crime contre l’Humanité, ayant précédé et justifié la colonisation. «Le fait incontestable qui me resta en travers de la gorge était celui-ci : ceux de mon peuple m’avaient vendue, et les Blancs m’avaient achetée. (…) Cela m’a permis de saisir la nature universelle de l’avidité et du désir de gloire» écrit Zora Neale HURSTON, à l’entame de ce témoignage poignant. Face à certaines polémiques misérables des partisans du Code de l’indigénat, et leur haine, toujours prompts à faire claquer le fouet : «Ceux qui nous aiment ne nous laissent jamais seuls avec notre chagrin» écrit Zora Neale HURSTON. C’est un livre, par rapport aux esprits confusionnistes, voulant mettre en cause soit les complicités, patentes, avérées, des Arabes ou des chefs traditionnels africains, afin de mieux acquitter au bénéfice du doute, ceux qui ont organisé ce commerce infâme pendant quatre siècles, a remis les choses à l’endroit : «Qu’on ne s’y trompe pas : la lecture de ce livre est une épreuve. On nous y montre les blessures. Néanmoins, une fois encore, le génie de Zora Hurston produit là un absolu chef-d’œuvre, ou plutôt une œuvre maîtresse. Qu’est-ce qui caractérise une œuvre maîtresse ? C’est la présence d’un point de vue ou d’un élément narratif féminin dans la construction de l’édifice, qu’il soit de pierre ou de fiction, sans lequel l’édifice tout entier ne serait qu’un mensonge. Et des mensonges, on nous en a servi tellement : les Africains n’étaient que des victimes de la traite négrière, pas des participants» écrit Alice WALKER. Devenu libre et loin de son Afrique des profondeurs, le message que nous livre le personnage de Cudjo LEWIS est celui de la sagesse et de l’Espérance : «Son bonheur d’être «libre», comment il a participé à la création d’une communauté, d’une église, comment il a bâti sa maison de ses mains Les morts tragiques qui ont suivi. Nous voyons un homme qui se sent terriblement seul loin de l’Afrique et sans les siens. Et alors l’évidence nous frappe : ce qu’il nomme là, c’est cette chose que nous faisons tant d’efforts pour étouffer, à quel point nous aussi nous nous sentons seuls dans ce pays qui nous est toujours étranger. Combien nous manquent notre vraie culture, notre peuple, notre lien singulier avec une autre vision de l’univers. Nous comprenons aussi que tout ce qui nous manque, comme c’était le cas de Cudjo Lewis, a disparu à tout jamais. Mais nous percevons autre chose, alors : la noblesse d’une âme qui a souffert quasiment jusqu’au point d’être annihilée, mais qui continue de se battre pour être complète, présente, généreuse. Animée d’un amour grandissant, d’une compréhension sans cesse approfondie des choses. La sagesse de Cudjo devient si évidente, à la fin de sa vie, que ses voisins viennent lui demander de leur parler en paraboles. Ce qu’il fait. Offrant la paix autour de lui. Là est le remède» écrit Alice WALKER.
En dépit de la qualité de sa production littéraire, femme forte et de caractère, Zora Neale HURSTON a été malheureuse dans sa vie privée, puisque ses trois mariages se sont soldés par un échec. Le 19 mai 1927, Zora Neale HURSTON épouse Herbert Arnold SHEEN (1897-1976), musicien de jazz âgé de moins de six que l’artiste ; ils divorceront le 7 juillet 1931, mais sont restés en bons termes. C’est à cette période que Zora entame de rédiger la biographie sur Codjo LEWIS, et un ouragan fauche la vie de 1800 migrants en situation irrégulière. Zora s’est remariée à Albert PRICE III (1891) du 27 juin 1939 au 9 novembre 1943, puis se remarie à James Howell PITTS (1892-1969) le 18 janvier 1944 et divorce le 31 octobre 1944. Son dernier mari voulait qu’elle abandonne son statut d’écrivaine. Alice WALKER s’est insurgée contre certains critiques ou biographes ayant attaqué injustement sa vie privée. «Les critiques n’aiment même pas «les foulards» sur sa tête. Ils n’aiment pas sa sensualité apparente : la façon dont elle avait tendance à épouser ou à ne pas épouser un homme, mais à les apprécier quand même, tout en ne manquant jamais à ses devoirs d’artiste. Ils ont sournoisement laissé entendre que Zora serait gay, ou du moins bisexuelle.  L’accusation est devenue humoristique, et bien sûr hors de propos, quand on considère que ce que j’écris était l’un des amours hétérosexuels les plus sains de notre littérature» écrit-elle. Mais ses déboires amoureux ont été à la source d’une partie de sa création littéraire, restée largement autobiographique  «They Eyes Were Watching God» est une histoire d’amour (avec Percy PUNTER). L’inspiration pour ce roman est venue de la liaison de Zora avec un homme d’origine antillaise qu’elle avait rencontré pour la première fois à New York en 1935. La relation était orageuse, peut-être vouée à l’échec dès le début.  L’homme ne soutenait pas son ambition littéraire, mais elle ne pouvait pas rompre, on plus. Son voyage de collecte, avec Lomax et sa bourse Guggheim étaient tous deux destinés à rompre la relation, à «modérer» ses sentiments» écrit Robert HEMENWAY, un de ses meilleurs biographes. «They Eyes are Watching God», roman écrit à Haïti, sera publié en septembre 1937. Zora a admis ces interférences dans sa vie privée et l’ont conduite à une création littéraire distanciée : «L’intrigue du roman est loin de ces circonstances, mais j’ai essayé d’embaumer toute la tendresse de ma passion pour lui dans «Ils regardaient Dieu» dit-elle. Les critiques ont salué ce roman comme une apologique du féminisme : «Parce que Hurston a placé Janie sur le chemin de la réalisation de soi, de l’autonomie, et l’indépendance, «Leurs yeux regardaient Dieu» a été salué comme un roman féministe. Que Hurston le voie de cette façon ou non, elle a transmis un puissant messages : les femmes sont les égales de les hommes à tous points de vue, et que leur vie intérieure est infiniment riche et digne d’attention» écrit Valérie BOYD.
En 1949, accusée à tort d’avoir molesté un garçon de dix ans et relaxée en 1949, plus aucun éditeur ne veut plus publier Zora, et sa carrière littéraire est ruinée par ce mensonge. Alors que Zora souffrait gravement de problèmes cardiaques, dans une lettre du 16 janvier 1959, elle écrit à l’un de ses éditeurs, Harper and Brothers, pour lui faire savoir qu’elle travaillait sur un projet de livre sur «Harod The Great». Le 28 janvier 1960, à Fort Pierce (Comté de Sainte Lucie, Floride), Zora Neale HURSTON décède d’une attaque cardiaque ; elle est enterrée dans une tombe anonyme. Comme Billie HOLIDAY (1915-1959, voir mon article), musicienne et Betty SMITH (1896-1972), écrivaine, Zora «était maintenant malade et seule, sans le sou et oubliée, sans la renommée ou la richesse qu’une telle carrière aurait pu procurer» écrit Alice WALKER dans la préface de l’ouvrage de Robert HEMENWAY. L’université de Yale lui avait rendu, en 1961, vite oublié : «À la vie, à son peuple, elle a laissé un legs de belle écriture et le souvenir d’une personnalité irisée de nombreuses couleurs. Sa courte étagère d’écrits mérite d’être conservée. Sans aucun doute, sa mémoire restera dans l’esprit et le cœur de ses amis. Nous nous réjouissons qu’elle soit passée de cette façon si brillamment mais hélas, trop brièvement» dit Fanny HURST.
De son vivant, sept ouvrages ont été publiés et les autres à titre posthume. Quelle postérité donc pour Zora Neale HURSTON ?
«Personnellement, Zora était une femme complexe avec une grande prédisposition pour les contradictions. Elle pouvait parfois manipuler les gens pour booster sa carrière et elle était une actrice naturelle qui pouvait jouer de nombreux rôles. Physiquement, c’était une personne énergique, capable d’un travail intense pendant de longues périodes, dotée d’une effervescence personnelle. Elle avait un instinct pour la publicité et elle était capable de populariser commercialement la culture noire.» écrit Robert HEMENWAY. «Ce que sera tout mon travail, je ne le sais pas non plus ; chaque heure être un étranger pour vous jusqu’à ce que vous le viviez. Je veux une vie bien remplie, un esprit juste et une mort en temps opportun» a écrit Zora Neale HURSTON dans «Dust Trucks on Road». Après la disparition de Zora Neale HURSTON, dans un certain dénuement, Alice WALKER prend l’initiative, en 1973, avec d’autres, de faire inscrire sur sa tombe l’épitaphe, à Fort Pierce : «Zora Neale Hurston. A Genius of the South, Novelist, Folklorist, Anthropologist (1901-1960)». Depuis 1989, il existe un festival des arts à Eatonville en hommage à l’écrivaine, presque canonisée. En 1994, Zora Neale HURSTON est inscrite au National Women’s Hall Fame. Par conséquent, ce n’est qu’après la parution, en 1975, de l’article de l’universitaire, Alice WALKER, Prix Pulitzer pour son roman, «La couleur pourpre», née le 9 février 1944, à Eatonton (Géorgie), à ne pas confondre avec Eatonville (Floride), «In Search of Zora Neale Hurston» ou «À la recherche de Zora Neale Hurston», que l’œuvre de Zora connait un regain d’intérêt et l’a ainsi expurgée de ce long et in injuste Purgatoire : «Condamnée à vie à une île déserte, avec un viatique de dix livres, je choisirais, sans hésitation, deux livres de Zora : «Mules and Men», parce que j’aurais besoin de pouvoir transmettre aux jeunes générations la vie des Noirs américains comme légende et mythe, et «Leurs yeux dardaient Dieu», parce que je voudrais m’amuser tout en m’identifiant à l’héroïne noire, Janie Crawford, alors qu’elle jouait de nombreux rôles dans une variété de contextes, et fonctionnait (avec des résultats spectaculaires!) dans l’amour romantique et sensuel. Il n’y a pas de livre plus important pour moi que celui-ci» écrit Alice WALKER. On sent l’influence de Zora Neale HURSTON, dans sa façon de concevoir Dieu, à travers le personnage de Janie, révérer le Seigneur doit être une attitude active et non passive : «Ils étaient assis en compagnie d’autres dans d’autres bidonvilles, leurs yeux tendus contre des murs grossiers et leurs âmes demandant s’il voulait mesurer leur puissance chétive contre la sienne. Ils semblaient regarder fixement dans l’obscurité, mais leurs yeux regardaient Dieu» écrit-elle. Alice WALKER adopte la même conception de Dieu, dans son roman, «La couleur pourpre». Dans l’espérance, on s’approche de Dieu, non seulement dans les ténèbres, mais en regardant, à travers les ténèbres, pour voir Dieu là où les autres voient la noirceur. Ce faisant, on a une sorte de vision déifiant les ténèbres, remplaçant le vide par la présence, la présence dans la noirceur. On a la même vision de Toni MORRISON dans «Paradis» ; on vient à Dieu non pas par la lumière, mais par la capacité de voir dans l’obscurité. En définitive, «si Hurston n’avait pas créé une «Janie» et une «Phoeby», par exemple, il n’aurait peut-être pas été possible pour Toni Morrison de produire un «Sula» et un «Nel», ou pour Alice Walker de créer un «Celie» et  «un Shug». En d’autres termes, parce que Hurston a écrit ce qu’elle a écrit et a publié les livres qu’elle a publiés, la littérature américaine a été modifiée en bien» écrit Valérie BOYD, une de ses biographes.
En 1990, Joan MANSON-GRANT de l’université de l’Ontario, est revenue sur la contribution majeure de Zora Neale HURSTON à l’affirmation de la culture noire et à sa contribution à l’universel : «L’œuvre complète de la nouvelliste/essayiste/folkloriste Zora Neale Hurston a récemment été tirée, avec amour, du trou noir de l'oubli littéraire. Ce sauvetage a eu lieu durant une période où une attention accrue est portée à l'art marginal et ses divers discours théoriques. Cette coïncidence historique et théoriquement m’a poussée à m'interroger sur la constante relégation de l'œuvre de Hurston au royaume du «genre littéraire» et sur la quasi-absence de toute exploration de son contenu anthropologique. Je crois que le travail de Hurston donne un exemple du «champ» de plus en plus complexe à l'intérieur duquel les anthropologues écrivent la culture, pour ainsi alimenter l'actuelle remise en question du processus, du produit et du statut de l'écriture ethnographique. Ses écrits sur la culture vont et viennent de manière fascinante entre la fiction et la non-fiction, la culture blanche et la culture noire, la classe urbaine riche et la classe rurale pauvre. En retraçant la manière avec laquelle l'œuvre de Hurston traite avec complexité de simples oppositions de type «nous-eux» et la recherche d'une voix unique, j'affirme que les approfondissements théoriques delà déconstruction viennent grandement éclairer les politiques de représentation à l'œuvre oins les textes hétérogènes de Hurston, et qu'ils nous aident à repenser leur statut de «représentatifs» écrit-elle.
 
Références bibliographiques
I – Contributions de Zora Neale HURSTON
HURSTON (Zora, Neale)«Communications», The Journal of Negro History, octobre 1927, Vol 12, n°4, pages 664-669 ;
HURSTON (Zora, Neale), «Caractéristiques de l’expression nègre», Anthologie noire, 1ère édition de 1934 de Nancy Cunard et 2022, éditions du Sandre, pages 63-90 ;
HURSTON (Zora, Neale), «Cudjo's Own Story of the Last African Slaver», The Journal of Negro History, octobre 1927, Vol. 12, n°4,‎ pages 648-663 ;
HURSTON (Zora, Neale), «Dance Songs and Tales from the Bahamas», The Journal of American Folklore, juillet-septembre 1930, Vol. 43, n°169,‎  pages 294-312 ;
HURSTON (Zora, Neale), «Hoodoo in America», The Journal of American Folklore, octobre-décembre 1931, Vol. 44, n°174,‎ pages 317-417 ;
HURSTON (Zora, Neale), Barracoon : l'histoire de la dernière «cargaison noire» ou Barracoon : The Story of the Last «Black Cargo», préface d’Alice Walker, traduction de Fabienne Kanor et David Faukemberg, Paris, Jean-Claude Lattès, 240 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Des pas dans la poussière. Autobiographie d’une petite-fille d’esclaves, traduction, préface et note de Françoise Brodsky, La Tour d’Aigues, éditions de l’Aube, 1999, 343 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Une femme noire (Dust Tracks on the Road), traduction, préface et note de Françoise Brodsky, Le Pré-Saint-Gervais, Le Castor Astral, 1993, 201 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Dust Tracks on a Road, préface de Maya Angelou, Harper Colins, 1942, réédité en 1971 et 1992, 352 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Folklore, Memoirs and Others Writings. Mule and Men. Telle Me House. Selected Articles, préface de Maya Angelou, Harper Colins, 1995, 1001 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Mais leurs yeux dardaient sur Dieu ou They Eyes Were Watching God, traduction de Sika Farambi, Paris et Honfleur, Calvados, Zulma, 2018 et 2020, 320 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Spunk, Selected Short Stories, traduction de Françoise Brodsky, Cadeilhan, Gers, Zulma, 1ère édition 1993, réimpression, 1ère édiction 2002, 2004, L’Aube, 1998, 138 pages ;
HURSTON (Zora, Neale), Zora Neale Hurston : A Life in Letters, Carla Kaplan, éditrice, New York, Doubleday, 2002, 880 pages.
II – Critiques de Zora Neale HURSTON
BLANC (Carline), Ecrire le folklore : subversions épistémiques chez Zora Neale Hurston et Toni Morrison, thèse sous la direction de Jean-Paul Rocci, Université Paris-Est, Marne-la-Vallée, 8 décembre 2017, 454 pages ;
BLOOM (Harold), Zora Neale Hurston, New York, Chelsea House, 1986 et Bloom’s Modern Critical Views, 2007, 247 pages ;
BONTEMPS (Arna), «From Eatonville, Florida, to Harlem : Zora Hurston Has Always Had What It Takes and Lots of It», New York Herald Tribune, décembre 1942 ;
BOYD (Valerie), Wrapped in Rainbows The Life of Zora Neale Hurston, New York, London, Scribner, 2004, 544 pages ;
BRACKS (Lean’tin, L) SMITH (Jessie, Carney) éditeurs, Women of the Harlem Renaissance Era, Lanham, New York, Rowman and Littlefield, 2014, 304 pages, spéc pages 122-127 ;
BRODSKY (Françoise), «La traduction du vernaculaire noir : L’exemple de Zora Neale Hurston», TTR 1996, Vol 9, n°2, pages 165-177  ;
COTERA (Maria, Eugenia), Natives Speakers : Ella Deloria, Zora Neale Hurston, Jovita Gonzalez, and the Poetics of Culture, Austin, University of Texas Press, 2008, 300 pages ;
CRABTREE (Claire), «The Confluence of Folklore, Feminism and Black Self-Determination in Zora Neale Hurston’s Their Eyes Were Watching God», The Southern Literary Journal, printemps 1985, Vol 17, n°2, pages 54-66 ;
DAVIS (Rose, Parkman), Zora Neale Hurston : An annotated Bibliography and Reference Guide, Wesport (Connecticut), London, Greenwood Press, 1997, 292 pages ;
ELLISON (Ralph), Homme invisible pour qui chantes-tu ?, traduction de Magali et Robert Merle, préface de Robert Merle, Paris, Grasset, Les cahiers rouge, 1969, 548 pages ;
FOX-GENOVESE (Elizabeth), «Myth and History : Discourse of Origins in Zora Neale Hurston and Maya Angelou», 20th Century Autobiography, été 1990, pages 221-235 ;
FRADIN (Dennis, Brindell) FRADIN (Judith, Bloom), The Life of Zora Neale Hurston, Boston, New York, Clarion Books, 2012, 192 pages ;
GATES (Henry, Louis), APPIAH (Anthony), éditeurs, Zora Neale Hurston : Critical Perspective, Past and Present, New York, Amistad, 1993, 330 pages ;
GLOSTER (Hugues, M.), «Zora Neale Hurston, Novelist and Folklorist», Phylon, 1943, Vol 4, n°2, pages 153-157 ;
HAYES (Kifins, R.), «Les écrivains nègres d’Amérique», traduction de Sylvie Luneau, Istanbul, jeudi 21 mars 1946, page 6 ;
HEMENWAY (Robert), «Zora Neale Hurston and the Eatonville Anthology», in Arna Bontemps, The Harlem Renaissance Remembered, New York, Dodd, Mead, 1972, spéc pages 190-214 ;
HEMENWAY (Robert), Zora Neale Hurston : A Literary Biography, introduction d’Alice Walker, Urbana, University Illinois Press, 1977, 371 pages ;
HOWARD (Lillie, P.), Alice Walker and Zora Neale Hurston : The Common Bond, Westport, Connecticut, Londres, Greenwood, 1993, 146 pages ;
HOWARD (Lillie, P.), Zora Neale Hurston, Boston, Twayne, 1980, 192 pages ;
HURST (Fanny), «Zora Neale Hurston, A Personality Sketch», Yale University Library Gazette, Yale University, 1961, Vol 35, page 17 ;
JACOBS (Ronald) éditeur, African-American Literary Investigations, Vol I, Ayana I Karanja, «Zora Neale Hurston, The Breath of Her Voice», New York, Peter Lang, 175 pages ;
JENKINS (Joyce, O.), To Make a Black Woman : A Critical Analysis of the Women Characters in the Fiction and Folklore of Zora Neale Hurston, Bowling Green State University, août 1978, 216 pages ;
JONES (Sharon, Lynette),  Rereading The Harlem Renaissance : Race, Class and Gender, in The Fiction of Jessie Fauset, Zora Neale Hurston, and Dorothy West, Westport, Connecticut, Londres, Greenwood Press, 2002, 158 pages, spéc pages 67-116 ;
JONES (Sharon, Lynette), Zora Neale Hurston : A Literary Reference To Her Life and Work, New York, Facts on File, 2009, 288 pages ;
JORDAN (June), «On Richard Wright and Zora Neale Hurston : Notes Toward a Balancing of Love and Hatred», Black World/Negro Digest, août 1974, Vol 23, n°5, pages 4-8 ;
KEFI (Meriem), Les femmes dans la résistance : une étude de trois femmes de Harlem Renaissance : Nella Larsen, Jessie Redmon Fauset et Zora Neale Hurston, thèse sous la direction de Paule Lévy, Université de Paris-Saclay, 2020, 305 pages ;
KING (Sigrid), «Naming and Power in Zora Neale Hurston’s Their Eyes Were Watching God», Black American Literature Forum, hiver 1990, Vol 24, n°4, pages 683-696 ;
KONZETT (Delia, Kaparoso), Ethnic Modernisms : Anzia Zora Neale Hurston, Jean Rhys, And The Aesthetics Dislocation, New York, Palgrave MacMillan, 2002, 202 pages, spéc 69-126 ;
LANGSTON (Hughes) BONTEMPS (Arna), The Book of Negro Folklore, New York, Dod, Mead and Cie, 1959, 624 pages ;
LI (Stephanie), Zora Neale Hurston : A Life in American History, Santa Barbara (Californie), ABC Clio, 2020, 220 pages ;
LOCKE (Alain), «Zora Neale Hurston Novels and Stories», Opportunity, 1er juin 1938 ;
LUPTON (Mary, Jane), «Zora Neale  Hurston and  The Survival of the Female», The Southern Literary Journal, 1982, Vol 15, n°1, pages 45-54 ;
MANSON-GRANT (Joan), «Zora Neale Hurston Writing Culture», Culture, Vol 10, n°1, 1990, pages 49-60 ;
MARKS (Donald, R), «Sex, Violence and Organic Consciousness in Zora Neale Hurston’s Their Eyes Were Watching God», Black American Literature Forum, 1985, Vol 19, pages 152-157 ;
MEISENHELDER (Suzan), «Conflict and Resistance in Zora Neale Hurston’s Mule and Men», The Journal of American Folklore, été 1996, Vol 109, n°433, pages 267-288 ;
NDAMA (Jean-Louis), La contribution de Zora Neale Hurston à la conscience afro-américaine, thèse sous la direction d’Elisabeth Béranger, Université Bordeaux Montaigne, 1995, 105 et 108 pages ;
NEWSON (Adele, S.), Zora Neale Hurston : A Reference Guide, Boston, K. G Hall, 1987, 90 pages ;
OTEY (Frank M.), Eatonville, Florida : A Brief History of One of America’s First Freedmen’s Towns, Winter Park, (Floride) Four–G, 1989, 87 pages ;
PATTERSON (Tiffany, Ruby), Zora Neale Hurston : And A History Southern Life, Philadelphie, Temple University Press, 2005, 229 pages ;
PHILIPPE (Elisabeth), «Barracoon» le récit du dernier esclave noir américain», Le Nouvel Observateur, 3 juin 2019 ;
PLANT (Deborag, G.), Zora Neale Hurston : A Biography of the Spirit, Wesport (Connecticut), London, Praeger, 2007, 241 pages ;
RACINE (Maria, J.), «Voice and Interiority in Zora Neale Hurston’s Their Eyes Were Watching God», African American Review, été 1994, Vol 28, n°2, pages 283-292 ;
RIBEIRO (Orquidéa), Lying Her Way Through Fiction. Folklore in the Work of  Zora Neal Hurston, Centro De Estudos EM Lettras, Universidade De Tras-Os-Montes E Alto Duro, 2014, pages 274 pages ;
STORY (Ralph, D.), «Gender and Ambition : Zora Neale Hurston in Harlem Renaissance», The Black Scholar, 1989, Vol 20, n°3-4, pages 25-31 ;
TAYLOR (Yuval), Zora and Langston. A Story of Friendship and Betrayal, New York, Londres, W. W. W. Norton, 2019, 304 pages ;
VIDAL (Bernard), «Le vernaculaire noir américain : ses enjeux pour la traduction à travers deux œuvres d’écrivains noirs  Zora Neale Hurston et Alice Walker», Traduire les sociolectes, 2ème semestre 1994, Vol 7, n°2, pages 165-207 ;
WALKER (Alice), «In Search Zora Neale Hurston», Miss Magazine, 1975, pages 74-89 ;
WALKER (Alice), I Love Myself When I Am Laughing, And Then When I Am Looking Mean and Impressive : A Zora Neale Hurston Reader, préface de Marie Helen Washington, New York ; The Feminist Press at Cuny, 1979, 313 pages ;
WASHINGTON (Mary, Helen), «Zora Neale Hurston The Black Woman‘s Search for Identity», Black World/Negro Digest, août 1972, Vol 21, n°10, pages 68-75 ;
WEST (M. Geneviève), Zora Neale Hurston and American Literature Culture, Gainsville, Miami, University Press of Florida, 2005, 292 pages ;
WRIGHT (Richard), “Between Laughter and Tears”, New Masses, 5 octobre 1937, pages 22-25.
Paris, le 19 janvier 2023, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Zora Neale HURSTON (1891-1960), Egérie du mouvement Harlem Renaissance, féministe, conteuse, anthropologue, dramaturge et épistolière» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 08:56
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
Dès qu'on parle de «réformes» en France, ce mot est bien connoté et potentiellement chargé d'injustices ou de mauvais coups portés contre les plus faibles. Les nantis, que l’on cajole, ont planqué leur pognon ; on demande aux autres, et toujours les mêmes, des «efforts». En effet, «Serrez-vous la ceinture» disait déjà le premier ministre Raymond BARRE (1924-2007), dans ses politiques d’austérité ; et, sans son embonpoint, il avait du mal, justement à entrer dans ses pantalons. «Serrez- vous la ceinture encore 5 ans ! Après : Vous serez habitués !», disait Coluche (1944-1986).
Cette nième réforme des retraites est chargée d'une puissance hautement symbolique et toxique : elle concentre, à elle seule, tous autres attentats contre l'esprit humain. L'essentiel des réformes qui se succèdent sont une casse sociale ou des mesures disciplinaires contre les vaincus (Assurance chômage, droit des étrangers, retraites). Tout s’est fait, à dose homéopathique, sur le long terme et quand les effets désastreux, avec la diminution du montant des pensions, se fait sentir, c’est trop tard pour se révolter. Par conséquent, cette logique réformiste, pour ce qui est des régimes de retraite, imposée même aux métiers pénibles, c'est de travailler plus et de gagner moins, sans avoir la certitude d'en profiter longtemps, en raison de la faible espérance de vie pour certains. François MITTERRAND (1916-1996) avait fixé, en 1981, l’âge légal de la retraite à 60 ans ; un rapport commandé par Michel ROCARD (1930-2016), un réformiste, en 1991, jugé explosif, de nature à faire sauter 40 gouvernements, a été mis sous le boisseau. En effet, En 1993, M. Edouard BALLADUR a «réformé» le régime général : le nombre d’années de cotisation passe de 37,5 à 40, de façon progressive entre 1994 et 2003 ; on ne prend plus en compte les 10 meilleures années de salaire mais les 25 meilleures (de façon progressive entre 1994 et 2008) ; et les pensions sont désormais indexées sur l’inflation et non plus sur l’augmentation des salaires. En novembre 1995, M. Alain JUPPE, avait proposé une réforme globale de la Sécurité sociale, dont la généralisation des mesures de la réforme BALLADUR aux fonctionnaires et entreprises publiques. Une grève massive, à partir du 5 décembre 1995, a fait capoter cette réforme. En raison du blocage des transports, c’est à ce moment que les Parisiens ont commencé à prendre le vélo. La réforme de François FILLON, en 2003, allonge progressivement, jusqu’en 2012, la durée de cotisation à 41 ans, avec un système de décote (minoration) et de surcote. Entre 2007 et 2010, le président Nicolas SARKOZY a conduit deux réformes des retraites. D’une part, les régimes spécifiques des sociétés de service public (EDF, GDF, SNCF, RATP, Banque de France, etc.) ainsi que les professions à statut particulier (clercs de notaires, élus et employés parlementaires) leur durée de cotisation, alignée sur celui du régime général est passée à 40 ans. En 2010, la réforme d’Eric WOERTH, repousse l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans ainsi que l’âge du taux plein passant à 67 ans en 2022. En 2012, le réformisme de François HOLLANDE, avec Mme Marisol TOURAINE, allonge encore l’obtention d’une retraite à taux plein qui est relevée d’un trimestre tous les trois ans de 2020 à 2035 pour atteindre 172 trimestres (43 ans) pour les générations 1973. Un compte personnel de pénibilité (4 trimestres seulement) est instauré pour les départs anticipés, sur une liste d’emplois contestables.
Le discours est rodé depuis 2003, il faut travailler plus longtemps pour sauver le régime des retraites qui serait menacé dans son équilibre. Or, force est de constater que toutes réformes, depuis 30 ans, ont échoué. Quel est donc le bon diagnostic ?
I - De quelles marges de manœuvre financières dispose-t-on hors et dans le système des retraites actuel ?
Quand les Gilets jaunes, à juste titre et bien avant ces crapules qui se sucrent maintenant sur le dos des consommateurs, le républicain et très professionnel préfet de Police, M. Michel DELPECH, pour être remplacé par un préfet répressif et éborgneur, maintenant dans un placard doré, à la suite de ses mensonges et bourdes dans l'affaire calamiteuse du stade ; Jupiter a dû se sauver, avant même le début de cette finale de la coupe d'Europe.
A chaque fois on nous sert un discours rôdé : «On ne peut pas faire autrement» ; donc il faut faire les faibles doivent trinquer, sans broncher ; c’est pour leur bien. On a vu que pendant le Covid-19, plus personne ne parlait de la limite du déficit à 3% et subitement les milliards pleuvaient. Il y a d'autant de marges financières si l'on compte l'évasion et la fraude fiscale (900 milliards d'euros) ainsi que ces cent de France les plus riches, «nos amis de la Samaritaine» qui ont dû financer des campagnes électorales. Mais il faudrait qu'il y ait retour d'investissement mais sur le dos des gens pauvres qui devront travailler jusqu'à la mort, est-ce acceptable ?
Des guerres locales injustes et fort coûteuses et ayant toutes échoué depuis Diên Biên Phu en passant par l'Afghanistan, la Libye le Mali et maintenant l'Ukraine, engloutissent des milliards et des milliards. Tout cet argent aurait ou bien servir à autre chose ; car cette guerre en Ukraine, loin de se terminer ce n'est pas la nôtre ; c'est celle du leadership entre l'Amérique et la Russie, pour tenter de mettre fin au régime du Tsar.
J'avoue qu'en 2017, lorsque le candidat Emmanuel MACRON, un bébé HOLLANDE et de la banque ROTSCHILD, avant qu'il ne se transforme en Jupiter, parlait de «colonisation crime contre l'humanité» ou de «Ni de droite, ni de gauche» dans ma naïveté infinie, je me suis dit donnons-lui une chance et jugeons-le aux actes. Pendant, le Crise sanitaire, le président MACRON distribuant des milliards, avait évoqué, le temps d'un discours télévisé, une concertation nationale sur «Le Monde d'après». Je n'ai pas compris pourquoi, pour son dernier mandat, libéré de toute menace de non-réélection, qu'il n'ait pas songe sur des problèmes de société complexes comme la retraite, l'immigration ou le chômage, d'avoir une démarche prenant de la hauteur et afin d'entrer dans l'Histoire. Dans tous ces «cadavres» qu'exhume le président des riches, on voit bien et jusqu'au bout, qu'il entend, dans un esprit de caste, défendre, jusqu'au bout, les privilèges de ses amis de la Samaritaine.
Est-ce pour autant dire, très hâtivement, que la France serait : «non réformable» ?
A mon sens, une réforme juste, équitable et avec des objectifs atteignables et mesurables aurait des chances de réussir à la place des oukases, des 49-3 ou du «régime disciplinaire» à l'encontre des vaincus.
II - Plusieurs pistes d'une réforme des retraites peuvent être évoquées.
La grande urgence est de lutter contre ce capitalisme financier des amis de la Samaritaine en relocalisant en France, les entreprises établies en France, avec une politique industrielle de nature à créer des emplois et régulariser ces clandestins travaillant au noir. Tout cela pourrait être une manne financière pour les retraites.
Par ailleurs, les élus, qui auraient dû montrer l’exemple, ont le taux d’imposition le plus et le plus dérisoire de France, et 15 mandats, ils ont une retraite équivalente à 40 années d’années pour un salarié et pour leur complémentaire (FONPEL ou CAREL), les élus locaux s’ils cotisent 8%, la collectivité doit cotiser, pour eux gratuitement, le même montant.
Ce qui me frappe le plus, dans ce système bureautique et paperassier, c'est l'empilement du nombre de Caisses, 42 agences et bien sûr des salariés derrière gérant des régimes parfois différents. Songez seulement que les agents de l'Etat, leurs ouvriers et la fonction publique territoriale sont gérés par trois structures différentes et à chaque fois une retraite de base et une complémentaire. Dans ce pays de laïcité, à géométrie variable, même les curés ont leurs caisses de retraite à part. Aussi dans ce maquis administratif que raffole notre chère France, et pour les personnes ayant travaillé dans différents secteurs (administratif, privé, professions libérales, agricultures,) découvriront, à joie, les tracasseries. Pourquoi donc faire simple, quand on peut faire compliqué et coûteux ?
Parfois le ridicule côtoie la tragédie comédie. On sait qu'il existe maintenant des relevés de carrière informatisés, récapitulant les trimestres cotisés par les salariés. En dépit de cette avancée l'assurance retraite (retraite de base pour les contractuels) continue encore à envoyer l'employeur un bulletin de liaison signé et tampon, à renvoyer non pas par mail mais par fax ou voie postale. L'Ircantec (complémentaire des contractuels du secteur public et faisant partie de la Caisse des dépôts) détient, comme l'employeur public, le relevé de carrière, mais jusqu'à présent on continue d'exiger un relevé de carrière à envoyer également par voie postale. Vous voyez bien parfois la saine occupation de nos agents de caisses de retraite.
Il existe plusieurs d'autres absurdités bureaucratiques ou réglementaires que je trouve insupportables ; et puisqu'on est dans cette logique purement comptable, ces complications administratives ont on coût financier, humain et social ; mais, il faudrait pouvoir justifier de son salaire.
Le système de la retraite pour invalidité a été un peu simplifié cette année 2022, puisque la Commission de réforme et le Comité médical ont été réunis en une seule instance : le Conseil médical. Et pourtant, pour obtenir une retraite pour invalidité c’est encore le parcours du combattant : certificat médical du médecin traitant, avis du conseil médical et surtout décision de la Caisse des dépôts. Le tout peut prendre entre 7 et 9 mois. Si l’agent a épuisé des droits à congé de maladie entre-temps, l’employeur doit lui payer des indemnités de coordination (demi-traitement), dans l’attente de la décision de la Caisse des dépôts.
III - Allonger l'âge légal mais pour qui ? Et quid de la pénibilité ?
Dans le projet de loi sur les retraites, les générations concernées celles des personnes nées à partir du 1er septembre 1961 et 1968, trois mois de cotisations sont ajoutés jusqu’en 2030, pour arriver à un âge légal de départ à la retraite à 64 ans.
Il faudrait établir de manière rigoureuse et objective la notion de «pénibilité» en particulier dans le domaine des métiers manuels comme le bâtiment la restauration ou l'entretien. Allonger la durée de l'âge légal pour ces métiers c'est en fait faire financer la retraite par les employeurs puisque les salariés, usés par le travail se mettront en maladie.
Le système de la pension de réversion pose une grave question d'équité et de justice : pourquoi avoir posé la condition de 55 ans pour le conjoint survivant et une limite trop basse du niveau des ressources étant que le défunt a bien cotisé et c'est un revenu de remplacement pour sa famille.
Cette question de la pension de réversion pour les immigrants confrontés, de leur vivant, pendant leur période d'activité à un éloignement un isolement, à des travaux pénibles et mal rémunérés, à leur décès leurs familles confrontées à des tracasseries administratives insupportables. D'une part, et très souvent quand l'assurance daigne après plusieurs mois de silence de réponde c'est souvent pour rejeter leur demande au motif que l'orthographe du nom du conjoint serait inexact. D'autre part et pour le Sénégal que je connais le mieux l'IPRES, organisme de gestion des retraites au Sénégal est souvent peu diligente et réclame même plusieurs fois des documentaires déjà transmis.
Je ne comprends pas, pour les étrangers régularisés, que les cotisations versées avant cette période, ne soient pas comptabilisées pour leur retraite ; c'est tout simplement du vol, du banditisme à l'égard de petites gens laborieuses et honnêtes.
Par ailleurs, faire croire, qu'avec cette réforme, que le montant de la retraite sera à 1200 euros, c'est une escroquerie. N’obtiendrons ce montant, que ceux qui ont les annuités nécessaires, ne cessant, justement, de s'allonger, et pour certains, jusqu'à la tombe.
En raison de la forte mobilisation attendue contre cette réforme des retraites punitive, il y a des chances qu'elle se retrouve, avec ses initiateurs, à la poubelle de l’Histoire. «No Pasaran», comme le dirait, la pasionaria espagnole, Dolorès IBARRURI GOMES (1895-1989).
Pour l'instant, le jour de la grève, c'est la fuite à Varennes, le Roi ayant décidé de s'envoler pour l'Espagne, mais au retour, il va falloir bien affronter cette colère noire qui va s’exprimer dans la rue.
Paris, le 17 janvier 2023 par Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
 
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
«La réforme des retraites cristallise, à elle seule, les ressentiments, les injustices, mais aussi les Espérances. Quelle issue ?» par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr
Partager cet article
Repost0
16 janvier 2023 1 16 /01 /janvier /2023 21:46
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Poète en prose, de la modernité, précurseur du symbolisme, artiste maudit, de la décadence, Charles BAUDELAIRE a traité de nombreux thèmes, comme le voyage, le scandale, la mélancolie, la beauté et l’horreur, l’idéal inaccessible et a fait le lien entre le Mal et la Beauté. En alchimiste, BAUDELAIRE a la prétention de transformer la laideur du réel en beauté «J’ai pétri de la boue et j’en ai fait de l’or»  écrit-il dans le poème «Orgueil».
Le Beau est toujours bizarre : «Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ! Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau» écrit-il. BAUDELAIRE, un des poètes les plus célèbres au monde, «il y a du Dante dans l’auteur des «Fleurs du Mal», c’est du Dante athée et moderne, du Dante venu après Voltaire, dans un temps qui n’aura pas de Saint-Thomas» écrit Jules BARBEY d’AUREVILLY. En effet, «parfait magicien des lettres françaises, Baudelaire devient un artiste qui cisèle et lime, l’orfèvre des émaux et d’autres camées. Son problème était non seulement de se distinguer, à tout prix de l’ensemble des grands poètes exceptionnellement réunis dans la même époque, tous en pleine vigueur, d’être un grand poète, mais de n’être ni Lamartine, ni Hugo, ni Musset. Tous les instruments de la sorcellerie évocatoire sont employés dans un seul dessein ; l’invitation au voyage, le goût de la forme fixe poussé jusqu’à la gageure d’un pantoum français, l’allitération, la rime, l’écho vocalique» écrit Théophile GAUTIER (1811-1872) ami et biographe de BAUDELAIRE. Critique littéraire et d’art, BAUDELAIRE vénérait Eugène DELACROIX (1798-1863), même s’il le trouvait égoïste «Cet homme si frêle et si opiniâtre, si nerveux et si vaillant, cet homme unique dans l’histoire de l’art européen, a été emporté par une de ces fluxions de poitrine» écrit BAUDELAIRE, le 1er mars 1864.
Théoricien du rire et de l’éreintage de ses contemporains, BAUDELAIRE croyait, comme Denis DIDEROT (1713-1784) pouvoir vivre du journalisme : «Le ténébreux auteur des Fleurs du Mal, le plus lu des poètes français, fut d’abord le fils de la presse. Jeune dandy, il y a fait ses premières armes ; jusqu’à la fin de sa vie, il y a publié ses écrits en tous genres ; n’étant lié à aucun journal, il a collaboré à tous, et exprimé sous les formes les plus variées ses convictions d’artiste et son farouche mépris des bien-pensants» écrit Alain VAILLANT dans «Baudelaire, journaliste». Humaniste, cosmopolite ne visant qu’une gloire littéraire, BAUDELAIRE s’intéresse cependant à la Révolution de 1848, en termes de liberté de pensée «Mon ivresse en 1848. De quelle nature était cette ivresse ? Goût de la vengeance ; plaisir naturel de la démolition, ivresse littéraire ; souvenirs lectures. Il y a dans tout changement quelque chose d’infâme et d’agréable à la fois, quelque chose qui tient à l’infidélité. 1848 ne fut charmant que parce que chacun y faisait des utopies comme des châteaux en Espagne» dit-il. En religion, comme en politique, il y a quelque chose de libertaire en ce poète, sans parti, qui a appelé à fusiller son beau-père, le général AUPICK. Critique d’art, passionné des musiciens et des peintres, il est un grand admirateur de Richard WAGNER (1813-1883) : «Je vous dois la plus grande jouissance médicale» lui dira BAUDELAIRE. Il est resté étrangement silencieux sur l’abolition de l’esclavage : «Alors que la plupart de ses amis exaltent les vertus d’une abolition annoncée et encensent un certain Victor Schoelcher, Charles s’enfonce dans le mutisme. Pourtant, il est bien le seul d’entre eux à savoir de quoi il en retournait, hormis peut-être Manet qui s’était aventuré à Rio de Janeiro où il n’avait pas manqué de voir de ses yeux vu les méfaits de cette ignoble institution qu’est l’esclavage» écrit Raphaël CONFIANT. Finalement, il décidera d’être un poète «Le poète est semblable au prince des nuées qui hante la tempête et se rit de l’archer ; exilé sur le sol au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchent de marcher» écrit-il dans «L’Albatros». Il confère au poète un rôle de prophète «Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance, comme un divin remède à nos impuretés. Je sais que vous gardez une place au Poète Dans les rangs bienheureux des saintes Légions, et que vous l’inviterez à l’éternelle fête» écrit dans son poème «Bénédiction». Cependant, dans son ambition littéraire, BAUDELAIRE voulait se distinguer des autres, en écrasant les gloires littéraires de son époque «Dans les domaines de la création, qui sont aussi les domaines de l’orgueil, le besoin, le devoir, la fonction de se distinguer, sont indivisibles de l’existence même» écrit Paul VALERY. Il est donc contraint à s’opposer aux idées dominantes : le romantisme ou le mysticisme de l’art pour l’art : «S’il y a quelque gloire à n’être pas compris, ou à ne l’être que très peu, je peux dire sans vanterie que, par ce petit livre, je l’ai acquise et méritée d’un seul coup» écrit Charles BAUDELAIRE dans son projet de préface des «Fleurs du Mal». Cependant, BAUDELAIRE est subjugué par la capacité de Victor HUGO de concilier le travail et la distraction, son don prodigieux le faisant régner sur le Parnasse : «Depuis bien des années déjà Victor Hugo n’est plus parmi nous. Je me souviens d’un temps où sa figure était une des plus rencontrées parmi la foule ; et bien des fois je me suis demandé, en le voyant si souvent apparaître dans la turbulence des fêtes ou dans le silence des lieux solitaires, comment il pouvait concilier les nécessités de son travail assidu avec ce goût sublime, mais dangereux, des promenades et des rêveries ? Cette apparente contradiction est évidemment le résultat d’une existence bien réglée et d’une forte constitution spirituelle qui lui permet de travailler en marchant, ou plutôt de ne pouvoir marcher qu’en travaillant» écrit BAUDELAIRE.
Génie double, tiraillé entre le spleen et l'idéal, la fange et la grâce, l'admiration, la tendresse, l'humour, la pitié mêlant leurs couleurs contrastées, la pluralité de son talent, BAUDELAIRE, poète nonchalant, insouciant, veut procrastiner, profiter de chaque instant, en dandy. «Il faut toujours être ivre. Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps qui brise vos épaules, il faut s’enivrer sans trêve, de vin, de poésie ou de vertu à votre guise. Mais enivrez-vous !» écrit-il. BAUDELAIRE est l’incarnation de l’enfance sans défense et humiliée, la folie, la mort, la difficile survie dans un monde où règne une certaine dose de violence, la figure délibérément dérisoire du bouffon, du fou, du débauché, du saltimbanque, du bizarre, du mime ou du jongleur, ou du «paresseux nerveux» comme il se définit lui-même. Il a «le plaisir d’étonner et la satisfaction orgueilleuse de ne jamais être étonné» dit-il. «Si l'œuvre éblouit, l'homme était détestable. Charles Baudelaire ne respectait rien, ne supportait aucune obligation envers qui que ce soit, déversait sur tous ceux qui l'approchaient les pires insanités. Drogué jusqu'à la moelle, dandy halluciné, il n'eut jamais d'autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Dans ses vers qu'il travaillait sans relâche, il a voulu réunir dans une même musique l'ignoble et le sublime. Il a écrit cent poèmes qu'il a jetés à la face de l'humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé le destin de la poésie française» écrit Jean TEULE (1953-2022). Homme de gauche, humaniste et cosmopolite, fervent partisan de la Révolution de 1848, contre les monarchistes, Charles BAUDELAIRE exprimait, ouvertement, sa colère. «Baudelaire, qui réglait tout de même ses vers pour qu’ils provoquent un effet puissant, n’a rien de commun, dans sa retenue élégante, avec ce romanichel génial et pervers qu’était Paul Verlaine. C’est seulement dans les motifs les plus cachés que les racines de leurs natures entrent en contact : dans la nostalgie de l’individu, cette nostalgie fatiguée par la civilisation et qui cherche vainement à échapper à une époque sans nerfs, décadente et malade, parce qu’il se sent comme son enfant le plus propre et le reflet le plus fidèle» écrit Stefan ZWEIG. Homme aux contradictions déchirantes, célébrant les vertus du travail et la fainéantise, rêvant d’ordre et de luxe, il mène une vie de «chien mouillé» suivant Marie-Christine NATTA, une de ses biographes.  Dans sa quête de «l’Infini, dans le fini», Charles BAUDELAIRE, poète maudit, érudit, est aussi, et surtout, un écrivain talentueux reconnu, de son vivant, uniquement par une quantité microscopique de gens «Si jamais le mot séduction put être appliqué à un être humain, ce fut bien à lui, car il avait bien la noblesse, la fierté, l’élégance, la beauté à la fois enfantine et virile, l’enchantement d’une voix rythmique, bien timbrée, et la plus persuasive éloquence, due à un profond rassemblement de son être ; ses yeux, débordant de vie et de pensée parlaient en même temps que ses épaisses et fines lèvres de pourpre, et je ne sais quel frisson intelligent courrait dans sa longue, épaisse et soyeuse chevelure noire» écrit, en 1882, Théodore de BANVILLE (1823-1891) dans ses «Souvenirs».
L’œuvre de BAUDELAIRE «est bien lui-même ; mais il n’y est pas tout entier. Derrière l’œuvre écrite et publiée, il y a toute une œuvre parlée, agile, vécue, qu’il importe de connaître, parce qu’elle explique l’autre et en contient, comme il l’eût dit lui-même, la genèse. Curieux, contemplateur, analyseur, l’œuvre était ainsi le résumé de la vie, ou plutôt en était la fleur» écrit Charles ASSELINEAU. Charles BAUDELAIRE, dont les ancêtres viennent de Neuville-au-Pont (Marne, Grand Est) vit le jour le 9 avril 1821, au 13 de l’étroite rue Hautefeuille, à Paris 6ème, dans une vieille maison à tourelles, démolie lors du percement du boulevard Saint-Germain, par le baron HAUSSMANN. Nostalgique du vieux Paris, il a déménagé plus de 40 fois dans la capitale, il écrit «La vraie civilisation n’est pas dans le gaz, ni dans la vapeur, ni dans les tables tournantes, elle est dans la diminution des traces du péché originel. Paris change. Mais rien dans ma mélancolie n’a changé». Enfant d’un vieillard, en raison d’âge de 34 ans ses parents, son père, Joseph François BAUDELAIRE (1759-1827) mourut quand il n’avait que six ans, et sa mère, Caroline ARACHENBAUT DEFAYES (1793-1871) se remaria une année après. Le petit Charles reçut son éducation au Collège royal de Lyon, tout d’abord, puis, en 1836, il fut admis au prestigieux Lycée Louis Grand, à Paris, réservé à l’élite française. Là, Charles se distingua en composition latine ; si bien, même, qu’il obtint un prix au concours général. Son baccalauréat en poche, en 1839, alors âgé de 18 ans, ses parents le poussèrent vers des études de droit. Enfant, Charles voulait être comédien. Cette fantaisie est très sérieuse : elle révèle toute l’importance que BAUDELAIRE accorde à l’artifice, l’élément fondateur de son dandysme. Loin d’être une mode frivole ou juvénile, le dandysme représente pour lui une philosophie qu’il revendique et manifeste autant par sa vie que par son œuvre. Par conséquent, au lieu d’aller d’étudier, le jeune Charles mène une vie dissolue, si dissolue que ses parents en viennent à l’apprendre. En conflit avec son beau-père qui voulait qu’il devienne militaire ou diplomate, le jeune est resté toute sa vie attaché à sa mère «Il y a eu dans mon enfance une époque d’amour passionné pour toi. Je me souviens d’une promenade en fiacre, des quais qui étaient si tristes le soir ; ça a été moi le bon temps des tendresses maternelles. Tu étais à la fois une idole et un camarade» écrit-il. Ayant contracté une maladie vénérienne, ses parents, inquiets de ses fréquentations, l’envoyèrent découvrir le monde, le 9 juin 1841, à bord du paquebot-des-mers-du-Sud, en commençant par l’Inde. Mais, faisant escale à l’Île Maurice durant le voyage, BAUDELAIRE décida que rien d’intéressant ne pouvait l’attendre en Inde ; il insista pour prendre un autre bateau faisant retour en France. Mais tout de même, ce court voyage produisit un changement chez ce jeune qui ne voulait en faire qu’à sa tête ; un changement décisif, car c’est au même moment qu’il commence d’écrire les «Fleurs du Mal», un recueil de poèmes qui deviendra la plus célèbre de ses œuvres. Viendront ensuite les «Paradis artificiels» du vin et du haschich, était-il fou ou se servait-il de ces psychotropes pour sa création artistique et de la fréquentation de Jeanne DUVAL ?
Charles BAUDELAIRE dilapide sa fortune et, par dérision, s'enferme dans le jeu d'un dandysme satanique. Les femmes ont joué un rôle déterminant dans l’inspiration de cet artiste hors pair qui a eu trois muses (Marie DAUBRUN ou «La fille aux yeux verts», Apollonia SABATIER dite Aglaé SAVATIER, ou «Ange gardien» et Jeanne DUVAL ou «La Vénus noire»). Pour la postérité, le nom de Jeanne Prospère Caroline LEMER dite Jeanne DUVAL (1827-1870), demeurant rue Regrattier à Paris 4ème, reste lié à celui de Charles BAUDELAIRE. Par conséquent, c’est Jeanne DUVAL, rencontrée en 1842, qui a plus marqué l’histoire littéraire : «Une certaine Jeanne Duval lui apportait des Antilles une ardeur dont il a eu particulièrement à souffrir et qu’il traduisit en vers douloureux» écrit Jean-Yves LE DANTEC. Pendant longtemps, le statut de muse, de BAUDELAIRE, attribué à Jeanne DUVAL, femme noire, métisse, semble être réduit à celui d'intrigante, de prostituée, de scandaleuse et d'illettrée et celle qui lui aurait refilé la syphilis. Curieusement, on sait peu de chose de cette figure centrale qu’est Jeanne DUVAL, d’une origine nationale non encore tranchée (Haïti, Réunion, Ile Maurice, Les Mascareignes, l’Inde, Afrique du Sud ou Saint-Barthélemy). Sa photo de Félix TOURNACHON dit NADAR (1820-1910), une toile de Gustave COURBET (1819-1877), d’Edouard MANET (1832-1884) et un croquis de BAUDELAIRE lui-même nous sont parvenus. A partir de 1842, le poète habitait avec sa muse, à Paris, dans l’Ile Saint-Louis, quai d’Anjou, à l’hôtel Pimodan : «En lisant les vers de Baudelaire, ce poète, en réalité, n’aima qu’une seule femme ; cette Jeanne, qu’il a toujours et si magnifiquement chantée. C’était une fille de couleur, d’une très haute taille, qui portait bien sa brune tête ingénue et superbe, couronnée d’une chevelure violemment crespelée, et dont la démarche de reine, pleine d’une grâce farouche, avait quelque chose à la fois de divin et de bestial. Le hasard fit que l’ayant plusieurs fois rencontrée, chez des amis à elle, je la connus avant d’avoir jamais vu le poète qui devait plus tard l’immortaliser. (…) Parfois, ce contemplateur faisait asseoir Jeanne devant lui dans un grand fauteuil ; il la regardait avec amour et l’admirait longuement, ou lui disait des vers écrits, dans une langue qu’elle ne savait pas. C’est peut-être là, le meilleur moyen de causer avec une femme, dont les paroles détonneraient sans doute dans l’enivrante symphonie que chante sa beauté» écrit Théodore de BANVILLE dans ses «Souvenirs», pages 74-75. Frappée d’hémiplégie, handicapée et marchant avec des béquilles, BAUDELAIRE n’a jamais abandonné sa «Vénus noire». Victime du racisme de la bourgeoisie, la mère de BAUDELAIRE était hostile à cette liaison. «Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne, O vase de tristesse, ô grande taciturne... Je m'avance à l’attaque et je grimpe aux assauts, comme après un cadavre un chœur de vermisseaux, et je chéris, ô bête implacable et cruelle, jusqu'à cette froideur par où tu m'es plus belle !» écrit-il.
Si Charles BAUDELAIRE la nomme sa «gloire», les historiens ou critiques d'art n'ont retenu d'elle que la «maîtresse» exotique. En fait, Jeanne DUVAL, venue de Haïti, fit découvrir à BAUDELAIRE un monde insoupçonné de sensualité, et un adjuvant à la création littéraire. C’est cette passion torride, délétère et sublime : «L’amour, c’est le goût de la prostitution. Il n’est même pas de plaisir noble qui ne puisse être ramené à la Prostitution» écrit-il dans son journal intime, «Fusée». C’est donc cette femme, Jeanne DUVAL, qui fut la source d’inspiration de ses poèmes de la première période, aujourd’hui connue sous le nom de «période de la Vénus noire», et qui sont aujourd’hui considérés comme les plus beaux poèmes érotiques de la littérature française. Et c’est aussi durant cette période de 1842 à 1867, où Charles BAUDELAIRE put jouir d’insouciance et de liberté et ne jamais avoir à s’inquiéter de quoi que ce soit, qu’il écrivit la large majorité des poèmes qui composent «les Fleurs du mal», c’est-à-dire les poèmes lesbiens, ceux de révolte et de décadence, et ceux qui sont érotiques. Charles PEGUY attribue le génie littéraire de Charles BAUDELAIRE uniquement par l’influence d’Edgar Alan POE, en mettant sous silence l’influence de Jeanne DUVAL «Le démon de la lucidité, le génie de l’analyse, et l’inventeur des combinaisons les plus neuves et les plus séduisantes de la logique avec l’imagination, de la mysticité avec le calcul, le psychologue de l’exception, l’ingénieur littéraire qui approfondit et utilise toutes les ressources de l’art, lui apparaissent et l’émerveillent. Tant de vues originales et de promesses extraordinaires l’ensorcellent. Son talent en est transformé, sa destinée en est magnifiquement changée !» écrit Paul VALERY. Si BAUDELAIRE est conquis par Edgar POE, c’est qu’il aurai une connaissance insuffisante de la langue et de la littérature anglaises dit Peter Michael WETHERILL. Certains auteurs sont manifestement hostiles à la personne, voire à la race de Jeanne DUVAL «Cette Jeanne, c’est la maître noire, le vase de tristesse, la grande taciturne, la sorcière, la nymphe ténébreuse et chaude des «Fleurs du Mal». Or, il paraît bien qu’elle n’avait, à part sa race, rien de remarquable» écrit Jules LEMAITRE.
Pendant longtemps, Jeanne Duval «n’existe qu’à travers le racisme et la misogynie de ses contemporains» écrit YSLAIRE. Jean TEULE explique que cette indifférence ou hostilité à l’égard de Jeanne DUVAL, caricaturée sous les traits d'une femme vénale et violente, viendrait qu’on la blâme d’être à l’origine de la chute du poète. Ce portrait, résolument à charge, puise ici dans l'encre vénéneuse des écrits de la mère du poète, Caroline AUPICK, convaincue que Jeanne DUVAL avait transmis la syphilis à son fils. «Au fond, le cas de Baudelaire est simple, humilié, dans son intelligence, d’avoir lié sa destinée à une femme indigne de lui, honteux de lui avoir livré ses sens, quand son âme était si haute, il a voulu que la joie intellectuelle de la composition lui restituât, embelli par l’imagination, le plaisir qui l’avait écœuré, tout en lui permettant de maudire intérieurement sa faiblesse ou de crier très haut son indignité. Il s’est vengé de sa honte proclamant, et ce n’est pas une preuve d’humilité que d’étaler le spectacle de sa déchéance» écrit, en 1929, René FERNANDA. En effet, certains auteurs ne voient dans Jeanne DUVAL que la prostituée, à la poitrine généreuse, morbide et fatale, un puits de souffrances. «Il vivait en concubinage avec Jeanne Duval, et depuis qu’il la connaissait avait sondé jusque dans leur profondeur l’animalité de ce sang mêlé. Seuls restaient, malgré l’envoutement qu’exerçait sur lu son vampire avec un curieux besoin d’expiation, le remords de la dégradation où le maintenait sa passion avilissante» écrit, en 1941, Albert FEUILLERAT. Les préjugés carrément racistes sont tenaces «Jeanne Duval présentait sous les défauts que l’on dit être ceux des métisses. Sournoise, menteuse, débauchée, dépensière, alcoolique, et par surcroit ignorante et stupide, elle se fut, peut-être mieux trouvée à sa place dans le monde de la prostitution que dans la compagnie des artistes» écrit Pascal PIA. «Jeanne Duval régna sur les sens et l’imagination de Baudelaire que par l’incantation de sa volupté pénétrante et le charme magique de son étrangeté. La fille de Saint-Domingue n’empruntait sa beauté qu’à l’image poétique dont Baudelaire se plaisait à l’auréoler, dans son triste cœur. La passion des liqueurs fortes, la méchanceté sournoise des races de couleur, des infidélités quotidiennes en des crises d’hystérie bestiale, autant de raison qui, loin de détourner Baudelaire d’une liaison fantasque, fortifièrent son penchant pour la Vénus noire. Lui-même se l’avouait, elle était son inspiratrice ; ce n’est qu’une inspiration indirecte et lointaine. Il l’aimait de lui faire souvenir des pays parfumés que le soleil caresse et de l’invraisemblable décors des tropiques brûlants» écrit, en 1903, Féli GAUTIER. «Cette courtisane de bas étage, en qui reparut bientôt la passivité de la prostituée, cette infidèle et alcoolique, fut pour Baudelaire, durant des années, l’aspect tangible de l’Idéal. Moralement, elle était ignoble, nous ne parlons pas de la facilité de ses mœurs, naturelle à sa race, mais de la sécheresse de son cœur, de sa méchanceté calculée qui, par éclairs, l’égalait aux coquettes de nos climats» écrit Pierre FLOTTES. On ne voit chez Jeanne DUVAL que celle qui a ruiné BAUDELAIRE «Il fit des dettes et s’y enfonce de plus en plus ; cette liaison est faite surtout pour lui, de violente et tyrannique attraction. Pour cette créature banale, cupide et vicieuse, il fut indulgent et pitoyable. Il savait ce qu’elle valait, mais ne pouvait s’en passer» écrit Camille MAUCLAIR.
Cependant, il est indubitable que solitaire mélancolique, ministre du savoir et de la modernité, BAUDELAIRE est devenu BAUDELAIRE grâce  à sa muse, Jeanne DUVAL et grâce aussi à sa puissance créatrice consacrée par la postérité. En effet, ignorée, diabolisée, ange et démon, Jeanne DUVAL (1827-1862), est pour Charles BAUDELAIRE, dans son inspiration littéraire, le symbole de la femme sensuelle et tentatrice, dangereuse.  BAUDELAIRE a une curieuse conception de l’amour comparé à une charogne «Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme, ce matin d’été si doux : au détour d’un sentier une charogne infâme sur un lit semé de cailloux. Et pourtant, vous êtes semblable à cette ordure, à cette horrible infection, étoile de mes yeux, soleil de ma nature, vous, mon ange et ma passion» écrit-il. En effet, BAUDELAIRE, dans sa prose, est à la fois mystique et libertin, plutôt que sensuel. «Baudelaire a aimé, mais à sa manière. De peur d’être tyrannisé par la passion, il se traça une règle de conduite, dont il ne se départit jamais. Il fit à l’amour une large part à sa vie, mais il ne laissa jamais subjugué ni son cœur, si sa pensée» écrit Eugène CREPET. Selon Théophile GAUTUER, durant les dix de voyages à la Réunion, BAUDELAIRE avait déjà eu des aventures sexuelles avec des femmes noires.
Entre amour et répulsion, dans cette liaison impétueuse, avec Jeanne, faite de volupté, d’inspiration littéraire, de trahisons et d’infidélités réciproques, de ruptures et de retrouvailles, plusieurs fois ils ont rompu, et ils se sont rabibochés autant. C’est pendant cette période que BAUDELAIRE est au sommet de son art. «Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique, piétinant dans la boue, et cherchant, l'œil hagard, les cocotiers absents de la superbe Afrique, derrière la muraille immense du brouillard» écrit-il dans le «Cygne». Il reste avéré que Jeanne DUVAL a bien inspiré au moins 17 poèmes des «Fleurs du Mal», à partir de divers poèmes : Le poison, Sed Non Satiata, un hémisphère dans une chevelure, le parfum exotique, le Léthé, les bijoux, le serpent qui danse, le balcon, je t’adore à l’égal de la voute nocturne. «La Vénus noire» dans les poèmes des «Fleurs du Mal» évoque l’exotisme, l’érotisme, l’amour sensuel, la volupté, l’évasion, le paradis artificiel et la beauté brune, à travers sa chevelure. «Bizarre déité, brune comme les nuits, au parfum mélangé de musc et de havane, œuvre de quelque obi, le Faust de la savane, sorcière au flanc d'ébène, enfant des noirs minuits, je préfère au constance, à l'opium, au nuits, l'élixir de ta bouche où l'amour se pavane ; Quand vers toi mes désirs partent en caravane, tes yeux sont la citerne où boivent mes ennuis. Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton âme, O démon sans pitié ! verse-moi moins de flamme ; Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois» écrit dans «Sed Non Satiata», un désir, une passion torride, une allusion Messaline, la femme de l’empereur romain, Claude, toujours dans ses désirs sexuels, non satisfaite. «Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure ! Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure Des souvenirs dormant dans cette chevelure, Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir ! La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum» écrit-il dans «La chevelure», un port, un voyage vers l’ailleurs, un univers sensuel fait de l’ailleurs, de pays lointains, comme l’Asie et l’Afrique, la mer et le soleil, un monde spirituel, de profondeur, de fécondité et de paresse, source de création, un monde d’évasion, de souvenir et de résurrection. «Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco» écrit-il dans «Hémisphère dans une chevelure». Dans le poème «Poison», les délices de la vie, comme le vin ou l’opium : «Tout cela ne vaut pas le poison qui découle de tes yeux, de tes yeux verts, lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers. Mes songes viennent en foule pour se désaltérer à ces gouffres amers. Tout cela ne vaut pas le terrible prodige de ta salive qui mord, qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord, et, charriant le vertige, la roule défaillante aux rives de la mort !» écrit-il. BAUDELAIRE est franchement conquis par Jeanne DUVAL «La très chère était nue, et, connaissant mon cœur, elle n'avait gardé que ses bijoux sonores, dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures. Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, ce monde rayonnant de métal et de pierre me ravit en extase, et j'aime à la fureur les choses où le son se mêle à la lumière» écrit-il dans «Les bijoux».
Refusés par divers éditeurs, et conçus sous différents titres (Lesbiennes, Catéchisme de la femme aimée ou Corsaire-Satan), des extraits des « Fleurs du Mal» sont d’abord diffusés par la Revue des Deux-Monde du 1er juin 1855, puis intégralement publiés le 21 juin 1857, par Auguste POULET-MALASSIS (1825-1878), un imprimeur persécuté, emprisonné pour dettes et déporté lors de la Révolution de 1848 : «C’est le seul être dont le rire ait allégé mes tristesses en Belgique» écrit BAUDELAIRE. Il a placé son livre sous la protection des «Tragiques» de Théodore Agrippa d’AUBIGNE (1552-1630) pour qui «Il faut couler les exécrables choses dans le puits de l’oubli et que les esprits le mal ressuscité infectera les mœurs de la Postérité. Mais le vice n’a point pour mère la science et la vertu n’est pas la fille de l’ignorance». Et il précise «Dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon cœur, toute ma tendresse, toute ma religion (travestie), toute ma haine. Il est vrai que j’écrirai le contraire, que je jurerai mes grands dieux que c’est livre d’art pur, de singeries, de jongleries ; et je mentirai comme un arracheur de dents» écrit-il. Les «fleurs du Mal» resteront marquées par l’aura de scandale découlant du procès et de la condamnation du poète auquel s’attachait, par ailleurs, une légende négative tenace. «La sottise, l’erreur, le péché, occupent nos esprits et travaillent notre corps. Nos péchés sont têtus, nos repentir sont lâches. Sur l’oreiller, c’est Satan Trismégiste qui berce longuement notre esprit enchanté. C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent» écrit-il, en direction du lecteur. C’est Gustave BOURDIN, dans un article publié dans le «Figaro», qui a sonné l’hallali, une commande du Ministre de l’Intérieur, Adolphe-Augustin-Marie BILLAULT (1805-1863), en vue de la censure pour atteinte aux bonnes mœurs : «Il y a des moments où l’on doute de l’état mental de M. Baudelaire ; il y en a où l’on n’en doute plus. L’odieux y coudoie l’ignoble ; le repoussant s’y allie à l’infect. Jamais on ne vit mordre et même mâcher autant de seins dans si peu de pages ; jamais on n’assiste à une semblable revue de démons, de fœtus, de diables, de chloroses, de chats et de vermine. Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l’esprit, à toutes les putridités du cœur ; encore si c’était pour les guérir, mais elles sont incurables» écrit-il le 5 juillet 1857. «Toutes ces horreurs de charniers ouverts à froid, ses abîmes d’immondices fouillées à deux mains et les manches retroussées devaient moisir dans un tiroir maudit. Et voilà, qu’au grand jour l’aigle s’est transformé en mouche, l’idole est pourrie et les adorateurs fuient en se bouchant le nez» ajoute Gustave BOURDIN. En plein Second Empire, sous Napoléon III (1808-1873), dernier monarque de la France de 1852 à 1870, BAUDELAIRE avait décidé de défier cette société ultraconservatrice «Le goût obstiné de Baudelaire pour la mystification a été moins dû peut-être à une manie du sarcasme, à une anomalie spirituelle, à un mépris maladif qu’à une propension à défier la société» écrit dans la préface de l’édition de 1923, Camille MAUCLAIR (1872-1940).  «L'auteur des Fleurs du Mal se cassait constamment le cerveau pour se rendre absolument insupportable et il y parvenait. Il nous choquait presque tous, disons le mot, nous assommait, par son insupportable vanité, sa manie de poser, l'aplomb imperturbable avec lequel il débitait, sans en penser un mot, les sottises les moins divertissantes» renchérit Ernest FEYDEAU. Par conséquent, la vie de BAUDELAIRE, ce garçon raté, fut jonchée d’attaques sur son œuvre et sa personne, ainsi que de problèmes financiers. «Ce procès causa à Baudelaire un étonnement naïf. Il ne pouvait pas comprendre qu’un ouvrage de si haute spiritualité pût faire l’objet d’une poursuite judiciaire. Il se sentit blessé dans sa dignité de poète» écrit Charles ASSELINEAU. En effet, le 20 août 1857, BAUDELAIRE fut condamné à payer une amende de 300 francs et à supprimer six poèmes de son livre (Les bijoux, Le Léthé, A celle qui est trop gaie, Lesbos, Les femmes damnées, Les Métamorphoses du vampire). «Vos fleurs rayonnent et éblouissent comme des étoiles. Une des rares décorations que le régime actuel peut vous accorder, vous venez la recevoir. La justice vous condamne au nom de ce qu’elle appelle sa morale ; c’est une couronne de plus» dit lui en réconfort, Victor HUGO. Le sulfureux recueil de poèmes, «Les Fleurs du Mal», mutilé par la justice impériale «Je me moque de tous ces imbéciles, et je sais que ce volume, avec ses qualités et ses défauts, fera son chemin dans la mémoire du public lettré» écrit-il. Remanié en 1861, avec une dédicace à son ami Théophile GAUTIER, constamment enrichi au fil des années, ce recueil de poèmes n’a été réhabilité qu’en mai 1949, par décision de la cour d’appel de Paris ; la censure de la publication des six poèmes manquants des «Fleurs du Mal» fut levée, et la sentence du 20 août 1857 prononcée contre Charles BAUDELAIRE fut déclarée «nulle et non avenue», comme si elle n’avait jamais existé. Le poète fut complètement réhabilité.
Révolutionnaire dans sa poésie et dans son approche de l'art et de la musique, défenseur farouche de la liberté des moeurs, BAUDELAIRE dénigre le progrès et méprise le peuple. Sa vie, à la fois fastueuse et misérable, dissolue et magnifique, pitoyable et éblouissante, est celle d'un «paria de génie» écrit Jean-Baptiste BARONIAN. Mais BAUDELAIRE a déjà indiqué sa conception de l’art pour l’art «Si le poète a poursuivi un but moral, il a diminué sa force poétique, et il n'est pas imprudent de parier que son œuvre sera mauvaise. Aucun poème ne sera si grand, si noble, si véritablement digne du nom de poème que celui qui aura été écrit uniquement pour le plaisir d'écrire un poème» écrit-il. Pendant longtemps, entre ange et démon, génie et dandy, jugé «tantôt comme un sévère éducateur d'âmes et tantôt pour un apôtre malfaisant» ; les partialités dans l'enthousiasme et le dénigrement étaient, à son propos, de règle» écrit Ernest RAYNAUD (1864-1936), dans la préface de l’édition de 1921 des «Fleurs du Mal». Ce qu’on appelle le style décadent «n’est autre chose que l’art arrivé à ce point de maturité extrême que déterminent à leurs soleils obliques les civilisations qui déclinent : un style ingénieux compliqué, s’efforçant de rendre à la pensée ce qu’elle a plus ineffable. Ce n’est pas chose aisée que ce style méprisé des pédants, car il exprime des idées neuves avec des formes nouvelles et des mots qu’on n’a pas encore entendus» écrit Théophile GAUTIER.
Cet ouvrage est divisé en 6 parties, dont le Spleen de Paris ou petits poèmes en prose, un recueil posthume publié en 1869, est un manifeste de la modernité urbaine et industrielle, un moment décisif de l’histoire littéraire, une démarche singulièrement nouvelle, rejetant la versification. «Baudelaire est une origine. Il créé une poésie française après des siècles de fadeurs et de discours. Sa création annonce la grande mutation des valeurs, du rationnel à l’irrationnel, du prosaïsme de la pensée, au mystère de l’invention», écrit Pierre Jean JOUVE.  Le dandysme s’incarne surtout dans la figure du poète maudit, qui sans cesse recherche le beau autour de lui et tente de le transmettre à ses contemporains, tandis que ceux-ci refusent de l’entendre et rejettent l’art au profit du matérialisme. En effet, au XIXème siècle, la bourgeoisie, nouvelle couche sociale, grande gagnante de l'industrialisation cherchent dans le passé la réponse aux besoins du présent et impose un académisme afin de légitimer son pouvoir, en passant des commandes aux artistes. Rejetant ces principes, BAUDELAIRE, dans sa modernité et son esthétique, traite de la vie quotidienne et non pas de la Nature ; il incarne le poète-peintre de la société dans  sa fugitivité et ses métamorphoses. «Arrière la muse académique ! Je n'ai que faire de cette vieille bégueule. J'invoque la muse familière, la citadine, la vivante» écrit-il. Aussi, BAUDELAIRE s'intéresse aux êtres rejetés, mal-aimés, exclus, en traitant de l’évasion, du rêve, du voyage, de la femme, de l’amour, des déshérités, de la ville, de la foule et du temps. L’irrégularité, le péché, la maladie ou la mort, ce qui est difforme, n’est pas nécessairement, le Mal, mais l’incarnation de la beauté. Le Spleen de Paris fait référence à une mélancolie sans cause apparente et pouvant aller de l'ennui, la tristesse vague au dégoût de l'existence, le coup de cafard, neurasthénie, mais il ne s’agit pas d’une apologie du  Mal, mais d’une puissante célébration de la rage de vivre ; l'Idéal est un monde d'ordre, de sens et de beauté vers lequel le poète tend. Dans son humanisme, BAUDELAIRE évoque la solitude des gens solitaires, avec le manque que l'on ne peut combler. Des thèmes déjà présents dans ses «Fleurs du mal».  
Criblé de dettes, BAUDELAIRE s’installe, à partir d’avril 1864, en Belgique pour tenter de donner de gagner sa vie en donnant des conférences et publier une version définitive de ses oeuvres. A la suite d’une chute, devenu aphasique, sa mère le rapatrie en France. Le 31 août 1867, à quarante-six ans, Charles BAUDELAIRE s’éteint, de la syphilis, à Paris. Ironie du destin, il est enterré dans le même caveau que son beau-père, le général AUPICK, au cimetière de Montparnasse. «Charles Baudelaire est mort dans la force de l’âge, et sa robuste intelligence a résisté jusqu’au bout aux assauts d’une horrible névrose qui ne lui permettait plus l’usage de la parole. L’art dont le culte ardent a dévoré la vie de Baudelaire, fait en sa personne une perte considérable et dont l’étendue ne sera mesurée que plus tard lorsque l’histoire littéraire aura marqué sa vraie place à l’auteur des «Fleurs du Mal», cet étrange et magnifique bouquet de malédictions byroniennes, écrites dans une langue qui n’analogue que celle du Dante» écrit Auguste VITU, dans «l’Etendard» des 3 et 4 septembre 1867. «De son vivant même son œuvre avait été brillamment acclamée par les esprits supérieurs de la poésie et de la critique, en même temps qu’elle était durement contestée par les hommes qui contestent tout ce qui est beau. Mais tour à tour louée et dénigrée, elle s’imposait au public par une puissance virtuelle, à laquelle nul n’a pu résister. L'avenir prochain le dira d'une façon définitive, si «Les Fleurs du mal» sont l'œuvre, non pas d'un poète de talent, mais d'un poète de génie ; et de jour en jour on verra mieux quelle grande place tient dans notre époque tourmentée et souffrante cette œuvre essentiellement française, essentiellement originale, essentiellement nouvelle» écrit Théodore de BANVILLE, dans «l’Etendard». «Si la gloire commence aujourd’hui pour Charles Baudelaire, l’histoire commence aussi avec elle. Devant cette tombe, la vérité réclame ses droits» écrit Charles ASSELINEAU, dans son oraison funèbre.
Prenant le contrepied de la doxa, fasciné par la mort, un ultime voyage, BAUDELAIRE avait consacré le dernier chapitre des «Fleurs du Mal» à ce thème «ô mort, vieux capitaine, il est temps ! Levons l’encre ! Verse-nous ton poison pour qu’il nous réconforte ! Nous voulons, tant ce feu nous brûle le cerveau, le plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau» écrit-il. Ainsi, l’artiste rappelle la fin inéluctable de chacun et considérée comme libératrice des turpitudes de la vie, de ce bas-monde porteur de vice, et elle permet de vivre dans la lumière du paradis. Cependant, dans son dernier voyage, balloté entre le Ciel et l’Enfer, BAUDELAIRE faisait une prière, non pas à Dieu, mais à Satan, incarnation du Mal, pour qui a de l’empathie, en raison de sa misère, mais aussi de sa puissance négatrice le réhaussant au rang de créateur ; il rejette le divin et la nature, et fait de la damnation volontaire une condition d’un art nouveau, du Beau et du Bien : «ô toi, le plus savant et le plus beau des ange, Dieu trahi par le sort et privé de louange ! ô Satan prends pitié de ma longue misère» écrit-il. BAUDELAIRE a lui-même autopsié ce qui se passe dans sa tête «J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans. C’est une pyramide, un immense caveau qui contient plus de morts que la fosse commune. Je suis un cimetière abhorré de la lune où comme des remords trainent de longs vers qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus proches» écrit-il dans le Spleen de Paris. «C’est fini. Il est mort hier, à onze heures du matin, après une longue agonie, mais douce et sans souffrance. Il était d’ailleurs si faible qu’il ne luttait plus» écrit Théophile GAUTIER, son ami. Quelques mois plus tard, une seconde notice est publiée. Théophile GAUTIER y rend un magnifique hommage à BAUDELAIRE ; avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse, et un talent évident pour les portraits littéraires, il a fait entrer dans l’intimité de l’immortel poète de tous les temps. «Charles Baudelaire, ne craignons pas de le dire, est, après les grands maîtres de 1830, le seul écrivain de ce temps, à propos duquel on ait pu prononcer fans ridicule le mot de génie» écrit Charles ASSELINEAU (1820-1874) un contemporain et biographe de BAUDELAIRE.

 
Demeuré largement incompris pendant longtemps, après une longue période de purgatoire, quelle est la place de BAUDELAIRE dans la postérité ?
Charles BAUDELAIRE avait ses détracteurs, dont, ZOLA et VALLES et plus tard, SARTRE, AYME, MAURIAC, CAMUS, mais surtout des admirateurs (Gautier, Asselineau, Huysmans, Daudet, France, Gide, Proust, Valéry, Benjamin, Bonnefoy). «Ayant relu les «Fleurs du Mal», j’y ai plus de plaisir que je n’en attendais, et j’ai été contraint de reconnaître, quoi qu’en aient dit des gens habiles, l’irréductible originalité de cet esprit incomplet. (…) Son influence, après sa mort, a été grande. Le baudelairisme n’est, peut-être pas, une fantaisie négligeable dans l’histoire littéraire. Victor Hugo, lui-même, n’a guère été répandu hors de France que par ses romans. Mais avec Baudelaire la poésie sort enfin des frontières de la nation. Elle s’impose même comme la poésie de la modernité. S’il est des poètes, plus puissamment doué que Baudelaire, il n’en est point de plus important» écrit l’académicien, Jules LEMAITRE (1853-1914).  Cependant, devant cette prétendue morale conservatrice outragée, l’Histoire est un grand juge. BAUDELAIRE est maintenant, du haut son Olympe de la Postérité, loin de ces procès en sorcellerie ; il est autre chose que la «réponse frondeuse aux convenances du monde qui oppriment sa jeunesse. Baudelaire n 'est pas un ascète ; Il a connu des hommes et des femmes, il s'est modifié à leur contact, depuis l'enfance jusqu'à la mort» écrit Pierre FLOTTES (1895-1994), un de ses biographes. Il fut un initiateur pour les symbolistes (surtout Mallarmé), Rimbaud et les surréalistes. Il est aujourd'hui un des poètes les plus appréciés, est reconnu comme un écrivain majeur de l'histoire de la poésie mondiale, est devenu un classique. C’est comme traducteur d’Edgar POE que BAUDELAIRE fut surtout apprécié de son vivant. «Baudelaire est au comble de sa gloire. Ce petit volume des «Fleurs du Mal» balance dans l’estime des lettrés les œuvres les plus illustres, les plus vastes. Il a été traduit dans la plupart des langues européennes» écrit Paul VALERY. «Baudelaire a prouvé qu’en dehors des cloîtres, il n’y a d’autre attitude pour le chrétien que la révolte. Les «Fleurs du Mal» ont proclamé la défaite de l’Homme devant la férocité des hommes, férocité qui semble avoir été pire depuis qu’elle s’enveloppe du bruit de tant de mensongères promesses» écrit John CHARPENTIER.
La vengeance de BAUDELAIRE est tardive, puisque le centenaire de sa mort a été dignement célébré en 1967, notamment avec un numéro spécial de la Revue d’histoire littéraire de France d’avril 1967.  «Il a libéré les énergies éparses d'une poésie restée romantique, encore contenue, sentimentale, décente. Prisonnier de contradictions qui lui devinrent fatales, Baudelaire, privé d'amour, écrasé par la force d'inertie d'un siècle matérialiste, n'a certes pas maîtrisé sa vie. Mais il a mis tout son courage à habiter son œuvre, et à y chercher sa vérité» écrit Pierre BOISDEFFRE. Le bicentenaire de la naissance de BAUDELAIRE, le 9 avril 2021 a été célébré avec un grand faste. «Le temps détruit tout, et ses ravages sont rapides : mais il n’a aucun pouvoir sur ceux que la sagesse a rendu sacrés : rien ne peut leur nuire ; aucune durée n’en effacera, ni n’en affaiblira le souvenir ; et le siècle qui la suivra, et les siècles qui s’accumuleront les uns sur les autres, en feront qu’ajouter encore à la vénération qu’on aura pour eux» écrit Sénèque dans son «Traité de la brièveté de la vie», écrit Sénèque, dans son traité sur «la brièveté de la vie ». Pendant longtemps, Jeanne DUVAL est tombée dans les oubliettes «C’est toute une mémoire interdite, ou du moins qui ne transparaît jamais. Mémoire opaque qu’on ne peut évoquer sans susciter le soupçon de ces dieux que la France d’aujourd’hui : le journaliste aux ordres, l’historien oublieux, le politicien cauteleux, le sociologue doucereux, le présentateur de télévision précautionneux, le philosophe sérieux. C'est la dormeuse Duval, celle dont on ne parle jamais ou presque, noyée dans le sommeil de France, perdue dans la nuit du temps. Mémoire dormante, parole de nuit, eau profonde»,  écrit, en 2010, Michaël FERRIER, dans «Sympathie pour un fantôme». Le film de Régine ABADIA, diffusé au Musée d’Orsay, «La femme sans nom. Histoire de Jeanne et Baudelaire» a réveillé la Vénus noire encore plongée dans un long sommeil. Il est indéniable, que ces temps-ci, Jeanne DUVAL, par la création de nombreux écrivains, après deux siècles, comme une sans-papiers, est sortie de sa clandestinité : Raphaël CONFIANT, «La muse ténébreuse de Charles Baudelaire», Jean TEULE, «Crénom, Baudelaire !», Angela CARTER, «Vénus Noire», Michel FERRIER «Sympathie pour un fantôme», Karine EDOWIZA, «Jeanne Duval, l’aimée de Charles Baudelaire», IZLAIRE, «Mademoiselle Baudelaire», Emmanuel RICHON, «Jeanne Duval et Charles Baudelaire. Belle d’abandon», et bien sûr cette modeste contribution de votre serviteur que vous partagerez, sans modération.
Brèves références bibliographiques
I – Contributions de Charles BAUDELAIRE
BAUDELAIRE (Charles), Baudelaire journaliste, textes choisis par Alain Vaillant, Paris, GF Flammarion, 2011,  384 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Carnet, introduction et notes de Féli Gautier, Paris, J Chevrel, 1911, 59 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Cinquante et une lettres à sa mère, Mme Aupic 1844-1866, Paris, BNF, 1844 à 1866, 175 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), De l’amour, Paris, 1919, société anonyme d’édition et de librairie, 185 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Fusée : Première partie des journaux intimes, Paris, Flammarion, 2012, 68 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Journaux intimes. Fusées. Mon cœur mis à nu, préface Ad Van Bever, Paris, G Crès, 1920, 189 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), L’art romantique, Paris, Calmann-Lévy, 1863 et 1885, 75 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Le Spleen de Paris, poèmes en prose, Paris, Emile Paul, 1917, 181 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Les fleurs du mal, 1ère édition, Paris, Auguste Poulet-Malassis et de Broise, 1857, 248 pages ; 2ème édition 1861,  préface et annotations d’Ernest Raynaud, Paris, Garnier, 1921, 332 pages, Paris, Cercle Grolier, présentation et annotations de Camille Mauclair, 1923, 345 pages et Préface de Paul Valéry, Paris Payot, 1928, 347 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Les paradis artificiels, réédité sous la direction de Claude Pichois, chez Gallimard, Paris, édition originale de 1860, 78 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Œuvres complètes : petits poèmes en prose. Les paradis artificiels, Paris, Calmann-Lévy, 1877, Vol IV, 468 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Œuvres complètes, Paris, Robert Laffont, 1980, 1003 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Réflexions sur quelques-uns de mes contemporains, Paris, Calmann-Lévy, 1885, et FB éditions 2014, 56 pages ;
BAUDELAIRE (Charles), Souvenirs, correspondances, Paris, René Pincebourde, 1872, 208 pages.
II – Critiques de Charles BAUDELAIRE
AMIOT (Anne-Marie), Les Fleurs du Mal. Baudelaire. Un romantisme fondateur de la modernité poétique, Paris, Ellipses, coll. Textes fondateurs, 2002, 256 pages ;
AMPROMOZ (Alexandre, T.), «La relativité de l’interprétant poétique : l’exemple de parfum poétique de Charles Baudelaire», Semiotica, 1986, Vol 60, n°3-4, pages 259-277 ;
APPOLINAIRE (Guillaume), L’œuvre poétique de Charles Baudelaire, Paris, Bibliothèque des Curieux, 1917,  206 pages  ;
ASSELINEAU (Charles), «Un genre nouveau de littérature», Bulletin du bibliophile et du bibliothécaire, 1869, pages 364-375 ;
ASSELINEAU (Charles), Charles Baudelaire, sa vie et son œuvre, Paris, Alphonse Lemerre, 1869, 109 pages  ;
AUSTIN (Lloyd, James), L’univers poétique de Baudelaire, symbolisme et symbolique, Paris, Mercure de France, 1956, 334 pages ;
AVICE, Jean-Paul, «Histoire d’auréole ou le sacrifice de la beauté», L’Année Baudelaire, 1995, n°1, pages 17-26 ;
BANDY (W.T.), «Baudelaire, d’après Valéry», Dalhousie French Studies, octobre 1983, Vol 5, pages 3-11 ;
BANVILLE de (Théodore), Petite étude. Mes souvenirs : Victor Hugo, Henri Heine, Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, etc., Paris, G. Charpentier, 1882, 466 pages, spéc pages 73-88 ;
BARONIAN (Jean-Baptiste), Baudelaire, Paris, Gallimard, 2006, 272 pages ;
BARRES (Maurice), La folie de Charles Baudelaire, Paris, Les Ecrivains réunis, 1926, 105 pages ;
BARTHOU (Louis), Autour de Baudelaire, le procès des Fleurs du Mal, Victor Hugo et Baudelaire, Paris, Maison du livre, 1917, 59 pages ;
BOISDEFFRE de (Pierre), «Le centenaire de Baudelaire», Revue-des-Mondes, novembre 2016, pages 338-355 ;
BORGAL (Clément), Charles Baudelaire, Paris, éditions universitaires, 1967, 128 pages ;
BOURGET (Paul), Essai de psychologie contemporaine : Baudelaire, Renan, Flaubert, Taine, Stendhal, Paris, Alphonse Lemerre, 3ème édition, 1885 ;  326 pages, spéc pages  3-32 ;
CARTER (Angela), Vénus noire, traduction d’Isabelle Delord-Philippe, Paris, Christian Bourgois, 2000, 204 pages ;
CHARPENTIER (John), Baudelaire, Paris, Tallandier, 1937, 252 pages, spéc pages 89-100 ;
CHRISTOPHE (Marc-A), «Jeanne Duval : Baudelaire’s Black Venus or Baudelaire’s Demon», College Langage Association Journal, juin 1990, Vol 33, n°4, pages 428-439 ;
CONFIANT (Raphaël), La muse ténébreuse de Charles Baudelaire, Paris, Le Mercure de France, 2021, 272, pages ;
CREPET (Eugène), «Lettre ouverte à Léon Deschamps (sur l’origine de Saint-Domingue de Jeanne Duval)», La Plume, 15 avril 1898 ;
CREPET (Eugène), Baudelaire, étude biographique, préface Jacques Crepet, Paris, éditions Messein, 1887, 466 pages, spéc pages 52-67 ;
DARUTY de GRANDPRE, «Baudelaire et Jeanne Duval», La Plume, 1er et 15 août 1893 ;
EDOWIZA (Karine), Jeanne Duval, l’aimée de Charles Baudelaire. Une Muse haïtienne à Paris, Amazon Digital Service, 2017, 87 pages ;
ESCHAPASSE (Baudoin), «Le fou amour de Baudelaire», Le Point, 16 avril 2021 ;
FERRIER (Michaël), Sympathie pour le fantôme, Gallimard, 2010, 257 pages ;
FEUILLERAT (Albert), Baudelaire et la Belle aux cheveux d’or, Paris, José Corti en 1941, 96 pages ;
FEUILLERAT (Albert), Baudelaire et sa mère, Paris, Montréal, les éditions Variétés, 1944, 226 pages ;
FEYDEAU (Ernest), Charles Baudelaire, Paris, Ronald Davis, 1921, 21 pages ;
FLOTTES (Pierre), Baudelaire, l’homme et le poète, Paris, Perrin, 1922, 229 pages, spéc p 110-118 ;
FREEMAN (G. Henry), Le message humaniste des Fleurs du Mal : essai sur la création onomastico-thématique chez Baudelaire, Paris, Nizet, 1984, 230 pages ;
GAUTIER (Féli), «La vie amoureuse de Baudelaire», Mercure de France, janvier 1903, n°157, pages 46-86 ;
GAUTIER (Féli), Portraits et souvenirs littéraires, Paris, La Plume, 1903, 95 pages, spéc pages 21-33 ;
GAUTIER (Théophile), Portraits et souvenirs littéraires, Paris, Lévy, 1875, 319 pages, spéc chapitre IV sur Charles Baudelaire, pages 131- 308 ;
GODOY (Armand), Baudelaire (1821-1867), Paris, éditions de l’Aigle, 1946, 40 pages ;
GONZAGUE de (Charles), Charles Baudelaire, Paris, Genève, éditions Slatkine, 1993, 417 pages ;
HUGHES (Randolph), «Baudelaire et Balzac», Mercure de France, 1er novembre 1934, Vol 255, n°871, pages 476-518 ;
JOUVE (Pierre, Jean), Tombeau de Baudelaire, Paris, Seuil, 1958, 175 pages ;
JUSSERAND (Patrick), Charles Baudelaire, un poète, Paris, Gallimard, 1984,  143 pages ;
KERNEL (Brigitte), Baudelaire et Jeanne l’amour fou, Paris, Ecritures, collection Passion littéraire, 2021, 300 pages ;
KYENO EDOWIZA (Karine), Jeanne Duval, l’aimée de Charles Baudelaire, une muse haïtienne à Paris, Publication indépendante, 2017, 87 pages ;
LABARTHE (Patrick), «Joseph Delorme ou «Les Fleurs du Mal de la veille», Cahiers de l’association internationale des études françaises, 2005, n°57, pages 241-255 ;
LE DANTEC (Yves-Gérard), Baudelaire : vie et œuvre, Paris, La République des Lettres, 2012, 44 pages ;
LEMAITRE (Jules), Les contemporains, études et portraits littéraires, Paris, Librairies H. Lecène et H. Oudin, 1889, 342 pages, spéc pages 17- 32 ;
MAUCLAIR (Camille), Charles Baudelaire, sa vie, son art, sa légende, Paris, Maison du Livre, 1917, 262 pages ;
MAUCLAIR (Camille), La vie amoureuse de Baudelaire, Paris, Flammarion, 1927, 185 pages ;
MAUROUARD (Elvire), Les beautés noires de Baudelaire, préface de Jean Poirier, Paris, Karthala, 2005, 217 pages ;
MICHEL (Nicolas), «La muse noire de Charles Baudelaire», Jeune Afrique, 19 septembre 2021 ;
NADAR ou TOURNACHON (Félix), Charles Baudelaire intime : le poète vierge, Paris, A Blaizot, 1911, 100 pages ;
NNADI (Joseph, Emmanuel), Les négresses de Baudelaire, Paris, éditions des Plaines, 1994, 173 pages ;
PASQUET (Fabienne), L'Ombre de Baudelaire, Arles, Actes Sud, 1996, 224 pages ;
PIA (Pascal), Baudelaire par lui-même, Paris, éditions du Seuil, 1952, 191 pages ;
PICHOIS (Claude), Auguste Poulet-Malassis : l’éditeur de Baudelaire, Paris Fayard, 1996, 286 pages ;
PICHOIS (Claude), Baudelaire devant ses contemporains, Mayenne, Klincksiek, 1995, 202 pages ;
PICHOIS (Claude), Charles Baudelaire, Paris, Hachette, 1967, 167 pages ;
PORCHE (François), Vie douloureuse de Charles Baudelaire, Paris, Plon, 1926, 304 pages ;
POULET (Georges), Qui était Baudelaire ? essai critique, Paris, Skira, 1969, 190 pages ;
RATERMANIS (Janis, Bernards), Etude linguistique sur le style de Baudelaire, d’après «Les fleurs du mal» et les petits poèmes en prose, Badé, éditions art et science, 1949, 496 pages ;
RAYNAUD (Ernest), Charles Baudelaire, étude biographique et critique, Paris, Garnier, 1922, 407 pages ;
RICHON (Emmanuel), Jeanne Duval et Charles Baudelaire : La Belle d'abandon, Paris Harmattan, 1998, 488 pages ;
ROYERE (Jean), Poèmes d’amour de Charles Baudelaire : le génie mystique, Paris, Albin Michel,  1927, 253 pages ;
SARTRE (Jean-Paul), Baudelaire, préface Michel Leiris, Paris, Gallimard, 1988, 178 pages ;
SCHELLINO (Andrea), La pensée de la décadence de Baudelaire à Paris, Classiques Garnier, 2020, 655 pages ;
TABARANT (Alfred), La vie artistique au temps de Baudelaire, Paris, Mercure de France, 1942, 514 pages, spéc sur Jeanne Duval pages 58-60 ;
TEULE (Jean), Crénom, Baudelaire !, Paris, Mialet-Barrault, 2020, 432 pages ;
TROYAT (Alexandre), Baudelaire, Paris, Flammarion, 1994,  414 pages ;
VAILLANT (Alain), Baudelaire, journaliste, articles et chroniques, Paris, Flammarion, 2011, 381 pages ;
VALERY (Paul), Situation de Baudelaire, Monaco, Société de conférences, 19 février 1924, 31 pages ;
WETHERILL (Peter, Michael), Charles Baudelaire et la poésie d’Edgar Allan Poe, Paris, Nizet, 1962, 244 pages ;
YSLAIRE, Mademoiselle Baudelaire. La série de BD, Paris, Dupuis, 2021, 151 pages.
Paris, le 14 janvier 2023, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles BAUDELAIRE (1821-1867) ses «Fleurs du Mal» et sa Vénus noire, sa muse, Jeanne DUVAL» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
9 janvier 2023 1 09 /01 /janvier /2023 17:37
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Nous avons quitté Paris, le 19 décembre 2022, en pleine vague de froid (entre moins 3 et 5 degrés), subitement, en arrivant à la Petite côte, la chaleur de l'accueil d'un grand bienfaiteur, que je ne nommerai pas, mais il se reconnaîtra, m'a prêté sa villa, parc, jardin et piscine. Les noms des rues de ce quartier aux villas huppées, sont évocateurs : rue du paradis ou rue des milliardaires. Curieusement, les routes ne sont pas bitumées dans cette zone et les vaches broutent dans les hautes herbes.
Avant de revenir au pays de mes ancêtres, j'avais comparé les prix des agences de voyage. Air France représente la sécurité et la qualité, mais les prix étaient élevés. Air Sénégal est également dans ces fourchettes, avec en prime parfois des retards, en raison d'une flotte plus limitée ou des pannes pénalisantes. Dans ce partage inégal du gâteau, Royal Air Maroc s'est taillé la part du lion ; 90% des voyageurs de notre vol aérien, dans cette compagnie marocaine, sont des Sénégalais. Par conséquent, le tourisme se portant bien à destination du Sénégal, aussi bien Air France qu’Air Sénégal, ont donc des parts de marchés à conquérir, en faisant un effort sur les prix.
Ce qui frappe à M’Bour-Saly Portudal, dans cette Côte d'Azur sénégalaise, ce sont ces villas somptueuses, rappelant celles du Cap d'Antibes. Cependant et contrairement aux galets de la fameuse plage de Nice longeant la Promenade des Anglais, ou ce sable artificiel de la Croisette de Cannes, ici, au Sénégal, les cocotiers, comme le sable, sont dans l'authenticité. On peut marcher sur des kilomètres de plages chaudes, de M’Bour jusqu’à la Somone. Cependant, la mer avance et ravage sur son passage tout ce qui a été construit de trop près sur la côte. Le Lac rose n’est plus rose, il est devenu bleu. Des constructions sont progressivement installées sur ses rivages du Lac rose, et son sel aurait-il été exploité abusivement ?
J'ai été enchanté par les îles du Saloum, avec sa mangrove et ses oiseaux du Parc de Djoudj ou même d'Europe, pour passer l'hiver au chaud. Dans cette ballade apaisante en pirogue a été bienfaisante. C'est la pêche aux crevettes ou les huîtres dans la mangrove. Un grand bol d’air. La rencontre, dans les villages, avec mes «esclaves» ou cousins à plaisanterie, les Sérères, des pêcheurs, cultivateurs et éleveurs, avec un bien-vivre ensemble entre musulmans chrétiens et animistes, est marquante. J'ai appris que les brûlures de la méduse se guérissaient rapidement avec les urines.
«Tout ce qui est neuf est beau, sauf une tombe» disait mon arrière-grand-mère Dourma LY. Et pourtant le cimetière de Fadiouth de coquillages, où reposent ensemble musulmans et chrétiens, est un bijou artistique. A 120 km au Sud-Ouest de la capitale, Joal, la ville natale de Léopold Sédar SENGHOR, jouxte Fadiouth, une île desservie par un pont en bois. Les touristes passent en abondance, mais s’arrêtent peu dans le village de Fadiouth. L’essentiel du commerce, ce sont des masques ou bracelets standardisés. Là aussi, en termes de restauration et d’hébergement, Fadiouth a un coup à jouer. L’alimentation en eau douce est l’un des enjeux majeurs de merveilleux village de Fadiouth, avec son immense baobab, ses églises, ses belles ruelles, sans voitures, ses charrettes, ses moutons, ses cochons, sa lutte traditionnelle, et au loin, ses mangroves. A Joal, la maison natale de Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001, voir mon article) a été transformée en musée. «Joal ! Je me rappelle. Je me rappelle les Signares à l’ombre verte des vérandas, les Signares aux yeux surréels comme un clair de lune sur la grève. Je me rappelle les fastes du Couchant où Koumba N´Doffène voulait faire tailler son manteau royal. Je me rappelle les festins funèbres fumant du sang des troupeaux égorgés, du bruit des querelles, des rhapsodies des griots. Je me rappelle les voix païennes rythmant le Tantum Ergo et les processions et les palmes et les arcs de triomphe» écrit SENGHOR.
Si le Sénégal est un «Grand pays» de 196 712 km2 et 17 millions d’habitants, c'est que les différents gouvernants qui s'y sont succédés en ont fait une nation stable, démocratique, tolérante et accueillante. Léopold Sédar SENGHOR, dans la prudence, est le fondateur de cette belle nation sénégalaise, respectée et enviée de tous. Le président Abdou DIOUF, à travers la liberté des partis et de la presse, en acceptant spontanément la première alternance de 2000, a élargi et consolidé la nation sénégalaise. Le président Macky SALL, avec son Sénégal Émergent, un Pharaon des temps modernes, a mis en place des infrastructures ayant couvert tout le pays. En dépit des fortes inégalités, une classe moyenne est en train d’émerger, timidement au Sénégal. Partout les chantiers poussent comme des champignons. La première fois que je vins à MBour, en 1988, Saly Portudal n'était qu'un minuscule village de pêcheurs au bord de la mer ; pour y accéder, il fallait marcher plus de quatre kilomètres dans les bois. De nos jours, en raison de l'aéroport Blaise DIAGNE et de l’autoroute, de l'arrivée prochaine du TER, MBOUR et Saly Portudal devenues attrayantes, se touchent ; une zone qui ne cesse de s'étendre vers Joal.
Si les cars rapides depuis 1960, une longévité exceptionnelle et qu'il faudrait ouvrir un musée pour ces antiquités, le Sénégal est en pleine mutation. Tout va si vite qu'on est pétrifié par ces changements à grande vitesse. Les grands gagnants de cet exceptionnel dynamisme de la Petite côte sont les grands magasins français, notamment Carrefour et Casino, les hôtels et la BICIS, une filiale de la BNP, et le tourisme français bien présent, en grande masse. Arsinoé et Jean-Philippe, dans leur goût du luxe, apprécient d'aller déjeuner chaque jour au Safari restaurant sur la plage, son père Noël, dans un pays musulman, plastronnant sur la piscine. Les chats de l'hôtel Blue Africa, où nous allons dîner quelquefois, savent combien Arsinoé les apprécient.
Si l’on recherche un bon «Thiébou Dieun» ou riz au poisson, agrémenté d’un «Thiakiri» ou semoule de mil napée de lait, il est curieux de constater la difficulté de trouver parfois de restaurants sénégalais intermédiaires entre les grands restaurants et les bouis-bouis peu regardant sur les règles d'hygiène. Je ne parle même pas d’un bon café accompagné d’un petit déjeuner correct. Par conséquent, pour les Sénégalais, il y a là des parts de marchés à prendre. Entre le grand luxe et les restaurants misérables et crasseux, les Sénégalais peuvent mettre en place une restauration et des hébergements corrects intermédiaires. A mon sens, l'Etat devrait être stratège, en encourageant les petites entreprises à décoller dans ce dynamisme économique sans précédent. Les Chinois, après les infrastructures, lorgnent du côté du bâtiment, un secteur en plein boom. Combien de fois, j'ai vu les Sénégalais, avec leurs charrettes et leurs chevaux malheureux, livrer de lourds sacs de ciments, sous un soleil de plomb, à travers des sentiers cahoteux.
Seydou, un héros du quotidien, notre taxi attiré, venu de sa Casamance, pendant l'été est cultivateur de riz ; il a récolté cette année 150 sacs de riz ; et pour les neuf mois de printemps, il est maçon et taximan. Il faut dire que certains policiers véreux guettent les taxis aux axes stratégiques de la ville pour les rançonner : 6000 CFA à débourser. Reconnaissons aussi, qu'il existe des "clandos" circulant parfois sans assurance, ni permis de conduire ou ne respectant pas les règles du Code de la route. Par ailleurs, si les infrastructures sont bonnes et permettent de se déplacer très rapidement à travers tout le Sénégal, en raison les canalisations défectueuses ou absentes, les trottoirs envahis par le sable, ne permettent pas une circulation fluide.
Un deuil national de trois jours a été décrété, à partir du 9 janvier 2023, au Sénégal, à la suite d'un accident de la route grave, une tragédie sans son nom : 40 morts et 85 blessés hauteur de Gniby (département de Kaffrine), un choc frontal entre deux autocars. Ici, manifestement, le comportement des deux conducteurs est en cause. D'une manière générale, les causes de ces drames sont liées au non-respect des règles de la sécurité routière, l'incivisme, l'état de délabrement avancé de certaines épaves, des tombeaux à ciel ouvert, ou des routes, la police préférant rançonner les conducteurs que de faire son travail de prévention, sont une part de ce problème récurrent, fauchant régulièrement des vies, notamment lors du Magal de Touba (33 morts en 2022). En moyenne, 700 personnes meurent chaque année des accidents de la route au Sénégal et 90% de ces sinistres sont liés au comportement du conducteur (Non-respect du Code la route, téléphone au volant, drogue ou alcool).
MBour et Saly Portudal, c'est le haut lieu où les fonctionnaires ont choisi, régulièrement, de se rencontrer dans des hôtels luxueux, pour organiser des ateliers débats de réflexion. Une bonne partie du budget de la fonction publique y passe. C'est quasiment un moyen légal de gaspiller ou de détourner les deniers publics, pour compléter son traitement. Il va falloir organiser des ateliers pour expertiser l'utilité de ces rencontres, disait, en substance, maître Abdoulaye WADE.
Parmi les autres axes de progrès figurent notamment la fracture numérique avec un Internet de faible débit ou de qualité médiocre. Envoyer des vidéos ou photos par WhatsApp, là où cela prend quelques secondes à Paris, peut se révéler au Sénégal, une souffrance au Sénégal.
Les retrouvailles, avec les membres de la famille, ont été enrichissantes et émouvantes ; chacun veut revoir les enfants qui ont grandi. Mais si je cédais à toutes les aimables invitations, je passerai toutes les vacances à ces visites de courtoisie. Aussi, pour une dizaine de jours de vacances, les choix ont été douloureux. Pour certaines personnes, et c'est peu satisfaisant, l'échange a eu lieu par téléphone. C'est le cas notamment avec le journaliste à la 2STV, de M. Sada KANE. L'entretien téléphonique aimable qu'il a bien voulu m'accorder a duré plus de 53 minutes. On ne présente pas Sada KANE et ce n'est qu'un rappel, il a été présentateur au journal de 20 h 30 pendant plus de 33 ans. Venu de la presse écrite Sada KANE a désormais choisi, à travers ses émissions, de faire la promotion de la littérature. Sada KANE a promu à sa prochaine visite à Paris que l'on se rencontre, avec mon ami et frère, Majid BA du 18ème arrondissement. Il s’est aussi engagé à écrire ses mémoires. «Chose promue, chose due» dit un dicton français.
Après les plages ensoleillées, les cocotiers, c'est l'heure de quitter mon Sénégal, solidement accroché à mon cœur. Retour à Paris, avec sa grisaille, ses pluies et ses basses températures. Mais «Paris est une fête» avait dit Ernest HEMINGWAY (1889-1961, voir mon article).
M’Bour-Saly Portudal, le 27 décembre 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Vacances au Sénégal, un Grand petit pays, au cœur» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
8 janvier 2023 7 08 /01 /janvier /2023 21:23
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
Le film, Tirailleurs de Mathieu VADEPIED, avec Omar SY comme acteur principal, sur la Première guerre mondiale, sorti le mercredi 4 janvier 2023, démarre très fort, avec déjà plus de 55000 d'entrées, en moins de trois jours. Omar SY y interprète Bakary DIALLO, un quadragénaire sénégalais ayant décidé d’accompagner son fils, Thierno (Alassane DIONG, fils de la grande-sœur d’Omar SY, donc son neveu) à peine sorti de l’adolescence et enrôlé de force dans l’armée française, pour aller se battre en 1917 dans les tranchées de Verdun. Alors qu’il est berger peul, au Fouta-Toro, Bakary déplore que son fils, Thierno, est capturé par les colons pour l’envoyer combattre en France. Bakary protégeant son fils, finira se sacrifier, pour le sauver ; à la fin du film, le héros lancera ce message plein de sens : «Souvenons-vous de moi», des espoirs d’intégration trahis. Le Sénégal est alors une colonie française, et l’histoire des tirailleurs est très mal connue, comme le rappelle une phrase dès le générique : 200 000 hommes venus de lointaines colonies pour monter au front dans l’enfer de 1914-1918. Plus 29000 Tirailleurs sénégalais sont morts lors de cette Première guerre mondiale.
Cependant, une polémique misérable, entretenue artificiellement, par une certaine presse de la Françafrique, tente de faire diversion, afin de discréditer Omar SY. Interrogé sur les atrocités de la guerre, et notamment en Ukraine, Omar SY aurait répondu au journal Le Parisien «Une guerre, c’est l’humanité qui sombre, même quand c’est à l’autre bout du monde. On se rappelle que l’homme est capable d’envahir, d’attaquer des civils, des enfants. On a l’impression qu’il faut attendre l’Ukraine pour s’en rendre compte. Oh, les copains ? Je vois ça depuis que je suis petit. Quand c’est loin, on se dit que là-bas, ce sont des sauvages, nous, on ne fait plus ça. Comme le Covid, au début, on a dit : c’est que les Chinois. Quand (la guerre) est en Afrique, vous êtes moins atteints» dit-il en décembre 2021. Jadis, et pour se moquer des tirailleurs sénégalais, on disait qu’ils avaient tendance à «Tirer ailleurs». Dans le cas de Omar SY, c’est devenu une mauvais habitude des fachos, par principe, de sortir le fouet, pour le lyncher. Ainsi, Nathalie LOISON, une ancienne ministre du président MACRON parle de 58 députés français morts au Mali, à la suite de l’assassinat de KADHAFI par SARKOZY ayant répandu des islamistes au Sahel, un visiteur du soir à l’Elysée. Charles COSSIGNY, des Républicains, un parti lepénisé, parle de «propos abominables» et preuve d’une «ingratitude odieuse» d’un «exilé fiscal». Et pourtant, 5 millions de réfugiés ukrainiens, avec leurs chiens et chats, là les ressortissants sénégalais sont qualifiés abusivement et indistinctement de trafiquants de drogue ou de «Français de papiers» par Valérie PECRESSE, sont accueillis massivement en France ; les dons affluent. On sait ce que disait l'ancien Ministre de l'intérieur, Charles PASQUA ; quand on ne veut pas parler sérieusement et à fond d'un sujet dérangeant, on créé, un problème dans le problème, afin de noyer le poisson. Omar SY a répondu à ces attaques en dessous de la ceinture : «Ce n’est pas vraiment ce que je dis le problème, mais ce que je suis. Je refuse de me justifier car je ne dois rien à personne, je suis Français !», dit l’artiste.
Omar SY, un acteur engagé talentueux, connu et reconnu, avait déjà abordé de nombreux sujets épineux, comme la question de l'immigration (voir mon article). Omar SY, à travers son Lupin, un succès planétaire, a aussi démontré, qu'en sa qualité de citoyen à part entière et non entièrement à part, qu'il est à même d'incarner n'importe quel personnage. Il a donc «gravi la montagne raciale», suivant une expression de Langston HUGHES (voir mon article).
Ici, et le Tirailleurs l'indique bien, Omar SY revient, dans un contexte de montée des forces du Chaos, sur une question ancienne que l'Empire français, encore imbu de sa hiérarchisation des valeurs de la vie, ne veut pas aborder frontalement. La Françafrique biaise et accorde des concessions mineures, pour faire oublier, par tous les moyens, les graves crimes, les massacres coloniaux, le Code de l'indigénat ou les injustices commises au nom de l'Empire coloniale. Ainsi, des cérémonies sont désormais organisées à l'Arc de triomphe, quelques noms de rues sont rebaptisées ; on permet au peu d’anciens Tirailleurs restant de regagner leur pays, pour le peu de jours leur restant encore à vivre pour, enfin, toucher une pension faiblement revalorisée.
C'est quoi donc cette histoire de Tirailleurs sénégalais dont on ne veut pas parler sérieusement ?
Initialement le corps de Tirailleurs sénégalais, créé par Louis-Léon FAIDHERBE, (voir mon article) n'avait pas la glorieuse réputation que valorise maintenant Omar SY. C'était un bataillon destiné à réprimer les révoltes des puissants empires ou résistants africains. Jusqu’à présent, à Madagascar, quand un enfant pleure, pour le réduire au silence, on lui dit : «On va appeler les (Tirailleurs) Sénégalais !». L'Empire colonial français, bien que présent au Sénégal depuis 1365, et détenant les armes à feu, en infériorité numérique, était confiné dans les zones côtières ; sa présence, à travers le système dit des «comptoirs», était soumise à diverses taxes à payer aux empires africains solidement installés (États du Fouta-Toro, du Djolof, du Cayor, etc). Les différents administrateurs coloniaux, de la très haute aristocratie française, qui se sont succédés au Sénégal, n'avaient pas une vision stratégique de leur mission de coloniale. C'est Louis-Léon FAIDHERBE (1818-1889), un polytechnicien originaire de Lille, qui a considérablement changé la donne, à travers son bataillon des Tirailleurs sénégalais, crée par Napoléon en 1857. Entre 1850 et 1890, Louis-Léon FAIDHERBE, avec ses tirailleurs sénégalais, ont organisé, méthodiquement, ce que le parti colonial appelle «la pacification», par des massacres de populations ou des déportations de résistants, comme Elhadji Omar TALL, Maba Diakhou BA, BEHANZIN, SAMORY (voir mes articles sur ces personnages de l’histoire africaine). Les successeurs de Léon FAIDHERBE ont développé et conforté cette stratégie de prédation et de répression de l'empire colonial français, notamment en Indochine, en Algérie et à Madagascar, des crimes contre l'humanité sans images. Les premiers soldats noirs à servir la France sont d'anciens esclaves de confiance, les «laptots», recrutés, au XVIIIème siècle, pour assurer la sécurité des navires de la Compagnie générale des Indes qui commerce avec l'Afrique. Entre 1914 et 1918, les Tirailleurs sénégalais interviennent sur différents théâtres d'opération, notamment aux Dardanelles, à Verdun ou sur la Somme, sur l'Aisne, tandis que les autres servent Outre-mer. Durant la Seconde Guerre mondiale, ils participent aussi bien à la bataille en France métropolitaine, qu'à l'ensemble des combats menés par la France Libre, intervenant notamment au Gabon, à Bir Hakeim (Libye), en particulier, en 1944, lors du débarquement en Provence avec la 1re armée. Les Tirailleurs sénégalais sont les premiers à être envoyés au front, contre les Allemands, les 19 et 20 juin 1940. A la bataille de Chasselay, les Allemands sont séparés les Blancs et les Africains. Les Tirailleurs sénégalais, du 25ème régiment, massacrés parfois écrasés avec des chars, ont été enterrés au cimetière, Tata sénégalais de Chasselay. Des tirailleurs interviennent également lors des deux grands conflits coloniaux, en Indochine entre 1945 et 1954 et en Algérie entre 1954 et 1962.  Cependant, les Tirailleurs Sénégalais devant les injustices ou les atrocités, ont fini, à Cayennes, par se révolter en 1946.
C'est à la Première guerre mondiale que les Tirailleurs sénégalais ont fait irruption sur la scène politique, par leurs revendications d'égalité et de justice, préludes à la négritude et au mouvement pour l'indépendance. En effet, Blaise DIAGNE (1872-1934, voir mon article), un personnage ambigu, élu premier député africain, le 10 mai 1914, à la veille de la Première guerre mondiale, sur un programme de rupture, a retourné sa veste. C'est, le général Charles MANGIN, (1866-1925) et son livre, «La force noire», qui a persuadé Georges CLEMENCEAU (1841-1929, président du Conseil de 1906 à 1909 et de 1917 à 1920, qu'il fallait recruter, massivement, des Africains, pourtant encore des sujets français, pour servir de chair à canon, afin de défendre «La Mère-Patrie». Pour Charles MANGIN, les qualités des Tirailleurs sénégalais, depuis 1857, sont notamment lors des luttes contre les résistants musulmans, la facilité d’instruction, la discipline, le dévouement au chef, l’endurance, la résistance au choc et la ténacité dans les longues luttes. Devant la résistance des Africains aux recrutements forcés, encore sujets français, sauf les habitants des quatre communes (Dakar, Gorée, Rufisque et Saint-Louis), à aller mourir pour un Empire les soumettant au Code de l’Indigénat, Blaise DIAGNE, sans y croire vraiment, a promis la nationalité française aux Tirailleurs. En fait, le Code de l'indigénat ne sera, officiellement, aboli qu’en 1946, avec la Loi Lamine GUEYE (voir mon article).
Par conséquent, cette entrée sur la scène politique des Tirailleurs sénégalais a conduit à des conséquences incalculables que le système colonial n'avait pas pu envisager. En effet, au sortir des première et seconde guerre mondiales, les Tirailleurs sénégalais, dont les pensions ont été gelées avec des montants modiques, ont commencé à se révolter. Ainsi, mon grand-père maternel, Harouna Samba NDIAYE (1892-1975), combattant de la Seconde guerre mondiale, avait, jusqu’à sa mort, une pension trimestrielle de 70 FCA (10,68 centimes d'euros). Il nous a raconté, à la Libération, que Charles de GAULLE ne voulant pas que des Noirs viennent défiler avec lui, aux Champs-Elysées, leur bataillon avait été confiné au foyer AFTAM, au Havre. Dans ses mémoires, Abdoulaye BATHILY (voir mon article) indique son père qui avait fait les deux guerres mondiales, n'avait une pension trimestrielle de 1500 F (2,29 euros). A la Première guerre mondiale, les Tirailleurs sénégalais, venus au secours du colonisateur, qu’ils croyaient invincible, l’ont vu humilié par les Allemands ; ce qui a démystifié le système colonial. Après la guerre, bon nombre d’entre eux, et pour ceux qui ont survécu, gazés, n’ont pas eu la même pension que leurs frères d’armes blancs. Par ailleurs, une publicité raciste, «Ya Bon Banania» sur le chocolat présentait les Africains, notamment les Tirailleurs sénégalais comme de grands enfants. Ce qui a déclenché la colère, une blessure profonde chez Léopold Sédar SENGHOR : «Vous (Tirailleurs) n’êtes pas des pauvres aux poches vides, sans honneur ; mais je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France» écrit-il dans le recueil «Hosties noires».
Un Tirailleur sénégalais, un berger d’origine peule, de M’Bala (Podor), Bakary DIALLO (1892-1979), est le premier, en 1926, à avoir écrit un livre sur son expérience amère de la Première guerre mondiale, «Force-Bonté».  A l'époque, les colonialistes, qui n’avaient même pas lu ce livre, se sont moqués de lui «Tant de gens, de critiques, n'ont jamais encore eu ce texte en mains, ou n'en parlent qu'à travers des allusions embarrassées ou des jugements à l'emporte-pièce, s'ils ne l'ignorent pas tout bonnement !» écrit Mohamadou KANE, en 1985, dans la préface de la réédition de l’ouvrage de 1926. A Saint-Louis, Bakary DIALLO s'engage dans l'armée française le 4 février 1911. Dès l'abord, il déborde d'admiration pour l'armée, la puissance coloniales. Forme hâtivement, il est envoyé, le 2 mai 1911, combattre au Maroc où la France s'emploie à éteindre les derniers foyers de résistance à sa présence. En 1914, Bakary DIALLO se trouve sur le front métropolitain contre l'Allemagne. Il aura la mâchoire fracassée, à la bataille de la Marne, et ira désormais d'hôpital en hôpital. Il obtient la nationalité française en 1920. Bakary DIALLO est un admirateur de la France : «Il a une connaissance plus intime du peuple français qui ajoute à son admiration. Il croit fermement en l'amitié entre les peuples et ne perçoit nullement la colonisation comme un mal» écrit Mohamadou KANE. Le tirailleur, Bakary DIALLO, retourne au Sénégal, en février 1928 et exerce différents emplois pour l’administration coloniale (Messager, chef de canton, interprète) et prend sa retraite en 1953. Bakary DIALLO «admire, naturellement, l'ordre, la force et, par-dessus tout, l'efficience. Il joue en toute simplicité la carte de la colonisation. Le conformisme de sa vision, les rapports de la France et de ses colonies étonnent. En fait, la culture élémentaire de Bakary Diallo et sa qualité de «tirailleur sénégalais» le prédisposent à cette attitude. C'est comme si, dès le départ, il a pris le parti d'admirer ce qu'il ne comprend pas, d'adhérer à ce qui de toute évidence à la faveur des maitres» précise Mohamadou KANE. Bakary DIALLO, en « bon nègre » fait l’apologie de la France coloniale ayant «pacifié» l’Afrique et créé les conditions de sa prospérité ; certains donc ont émis des doutes sur la paternité de cet ouvrage qui serait écrit par des colonialistes. Il n’est pas moins que Bakary DIALLO est le premier romancier sénégalais, teinté de paternalisme, et donc naturellement encensé par les forces du Chaos : «Son titre de gloire, c'est d'être l'initiateur du roman africain biographique. Par la création littéraire, il porte témoignage, il fait part de son initiation, il adhère à une idéologie. Il dit, encore une fois en toute simplicité, pour ne pas dire générosité, son rapport au monde colonial. Il n'est cependant pas question d'engagement. Dans son esprit, un Noir de bon sens ne peut qu'adhérer à l'idéologie coloniale» écrit Mohamadou KANE. A l’époque, les Africains ne réclamaient l’indépendance, mais l’égalité des droits, notamment l’accès à la nationalité française. C’est donc Lamine SENGHOR (1889-1927, voir mon article), qui a vécu à Paris, le premier grand pourfendeur du système colonial, notamment à travers son livre en 1927, «La violation d'un pays» et «le Paria», sa revue. «Ce fut, précisément, parce qu’il (Lamine Senghor) ne réussit point, à obtenir en tant que blessé de guerre, ni la citoyenneté française, ni une pension semblable à celle de ses camarades combattants européens qu’il réalisa le caractère inique et révoltant du système en vigueur et s’installa, résolument dans la contestation de l’ordre colonial» écrit Iba Der THIAM. En effet, Lamine SENGHOR est révolté par le manque de considération accordé aux Noirs vivant en France. «La France nous connaît lorsqu’elle a besoin de nos soldats, mais elle continue à nous traiter comme des êtres inférieurs lorsque le danger est passé. C’est ce lâche traitement de la civilisation européenne qui fait naître la haine chez les Nègres dont les efforts doivent tendre à imprimer un essor nouveau à notre race» dit-il. «A travers l’immonde marchand de chair noire, c’est l’impérialisme français qu’il aurait fallu traîner aux assises» écrit Lamine SENGHOR. Il est le premier tirailleur sénégalais à appeler à l’indépendance, un mot tabou en son temps, à briser les chaînes de l’esclavage ; il veut «protester contre les abus, contre les méfaits et les injustices qui se commettent, journellement, dans toutes les colonies. Sous prétexte d’exporter la civilisation occidentale dans les pays d’Orient, la France a conquis, par la violence, un vaste empire colonial dont l’étendue et la population dépassent celles de la métropole. En réalité, la raison de ces conquêtes successives est tout autre ; Pour alimenter son industrie la France a besoin de matières premières, qu’elle tire de ces pays qui sont en même temps ses débouchés pour ses produits manufacturés qu’elle ne peut consommer sur place. Elle a également besoin de ses colonies pour sa défense nationale» dit-il. «L’Africain a ses coutumes et ses traditions séculaires, il a son histoire, tandis que les Gaulais et les Germains n’étaient que des barbares, resplendissait déjà sur les bords du Nil une belle civilisation qui a laissé des empreintes profondes dans le processus de transformation des sociétés européennes. Dans de pareilles conditions, il est logique, il est légitime pour les Nègres de poser la question de leur liberté et de leur indépendance, d’aspirer à une vie nationale propre. Du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tous les Nègres d’Afrique en font désormais leur mot d’ordre de combat» écrit-il dans la revue de la race nègre de septembre 1927. Dans «frères d’âme» de David DIOP, on voit initialement le personnage du capitaine Arnaud envoyer à la mort ses tirailleurs sénégalais. Dans le film «Tirailleurs», en 2022, la hiérarchie militaire n’hésite pas d’envoyer au casse-pipe les tirailleurs, pour la conquête d’une colline.
SEMBENE Ousmane (1923-2007 voir mon article) eu le courage et la lucidité, avec son film, interdit en France, «Camp de Thiaroye», sorti le 6 septembre 1988, de dénoncer ce crime grave, ce massacre à l'arme lourde du 1er décembre 1944, plus de 300 morts. Les autorités Sénégalaises, conciliantes avec la Françafrique depuis l'indépendance; ne se mouillent pas trop sur ce sujet délicat ; ce sont curieusement des chercheurs français (Mme Armelle MABON et M. Martin MOURRE) depuis des décennies qui tentent de secouer le cocotier. Mais jusqu'ici la Françafrique est restée droite dans ses bottes, refusant de rouvrir le procès et les archives françaises. Pourtant, ces Tirailleurs sénégalais, ayant échappé aux camps nazis, revenus au pays, ne réclamaient que leur solde. Pour punir cette audace de réclamer un droit et en représailles, les valeureux Tirailleurs qualifiés «d'insurgés» ont été massacrés et ensevelis dans une fosse commune. Pour le général qui avait donné l’ordre d’ouvrir le feu, avec de la mitrailleuse lourde, «Ma conviction était formelle : tout le détachement était en état de rébellion. Il était nécessaire de rétablir la discipline et l’obéissance par d’autres moyens que les discours et la persuasion. Tout est rentré tragiquement dans l’ordre» écrit le général Marcel DAGNAN (1885-1978). Pour le lieutenant-colonel Jean Alain LE BERRE, qui sera décoré de la légion d’honneur, c’est une simple «opération de maintien de l’ordre». En fait, loin d’être une «mutinerie», il s’agit bien d’une paix des cimetières, d’un véritable crime contre l’Humanité. Redoutant des émeutes à Dakar, les colons ont envoyé El Hadji Seydou Nourou TALL (1862-1980) apaiser la population. «Des hommes qui avaient combattu pour la France, avaient été prisonniers en France, avaient par miracle échappé à la mort. Quand ils sont revenus sur le sol natal, au moment de revoir leur foyer et leur famille, ils ont été tués par des balles françaises, pour une misérable question de sous» dira Lamine GUEYE. Léopold Sédar SENGHOR, qui était hors du Sénégal, lui aussi prisonnier de guerre, écrira ce poème «Tyaroye» : «Prisonniers noirs je dis bien prisonniers français, est-ce donc vrai que la France n'est plus la France ? Est-ce donc vrai que l'ennemi lui a dérobé son visage ? Est-ce donc vrai que la haine des banquiers a acheté ses bras d'acier ? Et votre sang n'a-t-il pas ablué la nation oublieuse de sa mission d'hier ? Dites, votre sang ne s'est-il pas mêlé au sang lustral de ses martyrs ?» écrit-il, en 1948, dans le recueil «Hosties noires».
En définitive, je comprends bien la colère des forces du Chaos contre le film, Tirailleurs d’Omar SY ; Omar SY ne «tire pas ailleurs», il a bien visé juste : l’Empire colonial «ne veut pas mourir» un clin d’œil à un ouvrage collectif signé par notre ami, Amzat BOUKARI YABARA. A longueur de journée, il est affirmé que la France et son universalisme défendrait sans concession les valeurs républicaines. On voit bien que s’agissant justement des Ukrainiens, qu’il faut protéger contre la guerre du Tsar des Russies, les réfugiés du tiers-monde dont les pays ont été ravagés par des guerres injustes ou la Françafrique n’ont pas eu le même traitement. Dans une conception ethnique de la démocratie, à chaque fois que l’on réclame la Justice, l’égalité, la fraternité, on nous renvoie à nos origines. A ce titre, le film d’Omar SY pose trois questions fondamentales s’adressant à la classe politique française, aux dirigeants africains et à leurs diasporas :
1 - Les questions mémorielles : bien ensemble dans nos différences et le respect mutuel
«Si on ne sait pas on est on ne saura jamais où est ce qu'on va» dit en substance un dicton africain. La question de la mémoire et donc de l'identité sont au cœur de l'indépendance et du développement d'un pays. Les nations comme la Chine, l'Inde et le Japon, se sont appuyées sur leur culture, leur mémoire, leur histoire, leur langue pour bâtir un modèle de développement économique et de consommation. L'assimilation dans le sens du renoncement à son passé est mortifère.
Omar SY, se sacrifiant pour son fils termine son film, «Tirailleurs» par cette phrase prophétique : «Souvenons-vous de moi !». Plus d'un siècle après de combat pour la mémoire et la révolte contre l'injustice les Africains et leurs diasporas font du surplace. Le parti colonial n'a rien cédé sur sa logique de violence et de prédation. Bien au contraire, les idées vichystes et nauséabondes sont devenues un fonds de commerce faisant du Rassemblement national une force politique à la porte du pouvoir.
On ne peut rien construire de bon et de durable sur le ressentiment, mon propos a toujours été et reste que sans reconnaissance de ces crimes coloniaux qui se perpétuent, il n'aura pas de réconciliation et d'apaisement. On peut pardonner, sans naturellement jamais oublier, à condition, comme pour l'esclavage que ces crimes comme d'ailleurs ces violences policières ou ces incendies criminels à Paris soient reconnus. A Alger, le candidat aux présidentielles Emmanuel MACRON, en 2017, avait dit, à juste titre, que la colonisation est «une crime contre l’Humanité». Yves BENOT, dans un remarquable livre, en 1999, a bien recensé et documenté ces crimes coloniaux.
A la façon dont les fachos et la presse de la Françafrique ont réagi contre le film Tirailleurs on peut estimer que loin de faire acte de contrition, le parti colonial glorifie ces crimes. Mais peut-il en être autrement ?
Le combat pour la mémoire en France, pays possédant encore des colonies, est encore difficile en ce que le malheur des uns est fondé sur le bonheur des autres. En effet d'une part l'Empire colonial exploitant le gâteau juteux des matières de son pré-carré africain ne veut rien lâcher. D'autre part, et pour l'essentiel les Français issus de l’immigration, réduits au rang d'indigènes de la République, se désintéressent carrément de leur sort.
Et pourtant cette initiative d'Omar SY est capable de faire bouger. Pour ma part, l'esclavage, un puissant lavage de cerveau, est avant mental, fait de chaînes invisibles. Il faudrait donc se battre avec les forces républicaines et de progrès en France, établir une jonction des luttes concernant ces funestes réformes (retraites, chômage, nième loi sur les étrangers) afin de faire émerger «une hégémonie culturelle» pour reprendre une expression d'Antonio GRAMSCI (1891-1937, voir mon article) du bien-vivre ensemble.
Aussi, j’invite tous à aller voir les spectacles ou les films des artistes engagés ou à acheter leurs livres. C’est la meilleure façon de faire progresser les idées du bien-vivre ensemble.
2 - Les questions de citoyenneté et d'engagement dans la cité
Dans ce débat sur le film, Tirailleurs d’Omar SY a émergé la question centrale de la citoyenneté. Jadis les Tirailleurs sénégalais gazés, dont les modiques pensions ont été gelées est venus se battre pour la «Mère-Patrie» dont ils n'avaient même pas la nationalité ; ils étaient des sujets français. En 2022, le regard du parti colonial sur les racisés n'a pas changé. Omar SY n'est pas vu comme un citoyen français mais renvoyé à ses origines ethniques de Peul sénégalais. Dans ce racisme institutionnel et systémique, Omar SY a eu raison de fustiger le traitement différencié entre les Africains entre les racisés et les Africains. Naturellement que les Ukrainiens sont soumis aux horreurs de la guerre et doivent bénéficier asile, secours et protection. La question n'est pas là ; elle est dans le traitement différencié des racisés. Quand on est un pays des droits de l’Homme avec son universalisme, justement on ne peut pas saucissonner les droits de l'homme avec une géométrie variable, en fonction de la couleur.
Aussi je réitère ma demande de régularisation des étrangers utiles à la France dans la perspective des Jeux olympiques de 2024, une relocalisation des entreprises françaises installées en Chine, de vrais exilés fiscaux et combler les secteurs sous tension où l'on manque cruellement de main-d'œuvre.
Au moment, où le Parti socialiste va désigner son Premier secrétaire, je crois qu'il faudrait définitivement abandonner le discours hypocrite de la Baule de François MITTERRAND. Tous les candidats à la présidentielle se sont engagés à liquider la Françafrique et aussitôt après être élu ils ont appliqué aux racisés la logique du Code de l'indigénat. Jusqu’ici le Parti socialiste fuyant les luttes sociales, a choisi une clientèle électorale spécifique les cadres, les communautés gays et juives, en marginalisant et infantilisant les racisés militants avertis. Or, la stratégie de Jean-Luc MELENCHON, dont Omar SY, comme Annie ERNAUX sont des soutiens, vise à un large rassemblement notamment en direction des racisés. La logique réformiste du Parti socialiste qui a déjà échoué, car les réformistes ont été récupérés par me président Emmanuel MACRON, est une voie sans issue.
Je demeure persuadé que le salut ne viendra des autres. Le parti colonial qui nous méprise ne fera qu'enfoncer les racisés. «Le salut en vous» disait Léon TOLSTOI. Quand on est citoyen de la République on se bat pour ses droits comme l'ont fait les Noirs américains dans l'affaire George FLOYD. Au-delà de cette voie de responsabilité, et non plus de consommation et de spectateur, point n'est de salut !
3 - La juste et équitable coopération entre la France et l’Afrique,
dans le respect et la considération
Omar SY, est né à Trappes dans les Yvelines, mais ses parents sont des Peuls, originaires de Bakel vers la frontière avec le Mali. Les dialogues de son film Tirailleurs sont en Peul, sous-titrés en français. Il parle donc correctement cette langue. En fait, c’est un point d’histoire, pour l’essentiel étaient de la campagne et n’avaient pas le droit sous la colonisation d’aller à l’école. Aussi, pendant les deux guerres mondiales, le colonisateur, face à diverses ethnies ne parlant pas les mêmes langues, était obligés de faire appel à de nombreux interprètes. Le Ministère des armées a publié un ouvrage sur le français, de survie, des Tirailleurs sénégalais. Je considère que cette diaspora africaine est une pont de solidarité et de richesse pour la France afin de développer une coopération harmonieuse équitable et équilibre avec l'Afrique et en abandonnant, 63 ans après les indépendances cette logique du parti colonial de prédation et de violence.
J'ai été au Sénégal en décembre 2022, après huit années d'abord. Le Sénégal a considérablement changé et semble respirer une bonne santé économique. Les travaux poussent comme des champignons et les touristes français, comme parfois anglais allemands et même Tchèques sont présents massivement. Cependant un des grands paradoxes de l'Afrique, un continent riche, ses populations toujours dans la dépendance et la consommation, sont restées pauvres. Partout où on passe le billet de banque, comme le mandat à la fin du mois doivent sortir.
Ce qui s'est passé en 2021, lors de l'affaire Adji SARR, travaillant dans un salon de massage accusant M. Ousmane SONKO de viol, est un précédent fâcheux pour le parti colonial français. Des enseignes françaises (Casino, Carrefour, la banque BICIS (BNP), stations d'essence) ont été pillées et brûlées, des touristes français molestés et dépouillés de leurs biens. Ce sentiment anti-français exploité par une partie de l’opposition devrait inciter le Parti colonial en France dans la perspective des élections présidentielles de 2024 à abandonner cette orientation de Françafrique et à s'orienter vers une coopération avec le Sénégal mutuellement avantageuse.
Pour ma part, ces présidentielles au Sénégal de 2024 sont particulièrement lourdes de menaces.
Personne ne pourra empêcher le président Macky SALL de se présenter à ces présenter à ces présidentielles en raison du principe de non-rétroactivité des lois, le mandat en cours de 7 ans ne compte pas. En revanche, le Sénégal étant une grande démocratie, c'est au Sénégalais de décider qui sera le nouveau président en 2024.
Si le président Macky SALL, un pharaon des temps modernes, gagne et ce que je souhaite très vivement, car le Sénégal a changé en bien ces 12 dernières années, les troubles comme en 2021, ne sont pas à exclure.
Si le défenseur d'une ligne islamiste, ethniciste anti-peule et anti-française qui gagnait, par malheur, le parti colonial agrippé à ses privilèges, prendra-t-il, comme au temps de l'Empire, d'organiser au Sénégal, un pays ayant toujours pour un gouvernement civil, un coup d'état ? Les Sénégalais, épris de liberté et de démocratie de longue date, ne se laisseront pas faire. Jamais !
Gouverner, c'est prévenir.
Brèves références bibliographiques
ABADIE (Maurice), La défense des colonies. Résumé historique, Paris, Lavauzelle, 1937, 320 pages ;
ALEXANDRE (Rodolphe), La révolte des Tirailleurs sénégalais à Cayenne, 24-25 février 1946, Paris, Harmattan, 1995, 1960 pages ;
Anonyme, Le français tel que le parlent nos Tirailleurs sénégalais, Paris, Imprimerie universelle militaire, L. Fournier, 1916, 46 pages ;
BA (Amadou), Les «Sénégalais» à Madagascar. Militaires Ouest-africains dans la conquête et la colonisation de la Grande Ile (1895-1960), Paris, Harmattan, 2012, 320 pages ;
BA (Amadou, Bal), «Faidherbe, des statues à déboulonner», Médiapart, 23 juin 2020 ;
BA (Amadou, Bal), «L’esclavage est un crime contre l’Humanité», Médiapart, 10 mai 2019 ;
BA (Amadou, Bal), «La colonisation, un crime contre l’Humanité», Médiapart, 18 octobre 2018 ;
BA (Amadou, Bal), «La vie d’un Sénégalais illustre Blaise DIAGNE (1872-1934), premier député africain à l’Assemblée nationale française», Overblog 25 août 2011 ;
BA (Amadou, Bal), «Lamine GUEYE, avocat des grandes causes», Médiapart, 17 juillet 2022 ;
BA (Amadou, Bal), «Lamine SENGHOR (1889-1927), un militant anticolonialiste», Overblog 30 août 2011 ;
BA (Amadou, Bal), «Omar SY, un Arsène Lupin planétaire», Médiapart, 25 juin 2021 ;
BA (Amadou, Bal), «Ousmane Sembène (1923-2007), centenaire d’un cinéaste sénégalais», Médiapart 5 janvier 2023 ;
BENOT (Yves), Les massacres coloniaux : 1944-1950, Paris, La Découverte, 1999, 224 pages ;
BILE (Serge), Noirs dans les camps nazis, Paris, Monaco, Serpent à plumes, éditions du Rocher, 2005, 157 pages ;
BOISBOISSEL (Yves, de), «Un siècle d’héroïsme au service de la France : le centenaire des Tirailleurs sénégalais», Revue des troupes coloniales, juin 1957, Vol 55, pages 22-25 ;
BOUCHE (Denise), «Le retour de l’AOF dans la lutte contre l’ennemi aux côtés des Alliés», Revue d’histoire de la Deuxième guerre mondiale, 1979, Vol 29, pages 41-68 ;
BORREL (Thomas), BOUKARI YABARA (Amzat), COLLOMBAT (Denis), DELTOMBE (Thomas), L’empire qui ne veut pas mourir, une histoire de la Françafrique, Paris, Seuil, 2021, 1008, pages ;
BOURLET (Mélanie), «Bakary Diallo, poète cosmopolitique», Belin, 2015, Vol 3, n°153-154, pages 31-42 ;
BOUVIER (Pierre), La longue marche des Tirailleurs sénégalais : de la Grande guerre aux indépendances, Paris, Belin, 2018, 257 pages ;
BRUGE (Roger), Les combattants de 18, Vol I, le sang versé, Paris, Fayard, 1982, 652 pages ;
BUTON (Philippe), MICHEL (Marc), sous la direction de, Combattants de l’Empire, les troupes coloniales dans la Grande guerre, Paris, Vendémiaire, 2018, 384 pages ;
CHAPOUTOT (Yohann), VIGREUX (Jean), sous la direction de, Les soldats noirs face au Reich : massacres de 1940, Paris, PUF, 2015, 184 pages ;
DESJARDINS (R), Avec les Tirailleurs sénégalais, par-delà l’Euphrate, Paris, Calmann-Lévy, 1925, 304 pages ;
DIALLO (Bakary), Force-Bonté, édition d’origine, Paris 1926, préface de Jean-Richard Bloch,  et réédition, préface de Mohamadou Kane, Paris Dakar, NEA, 1985, 171 pages ;
DIOP (David), Frère d’âme, Paris, Seuil, 2018, 160 pages ;
ECHENBERG (Myron), Colonial Conscript. The Tirailleurs sénégalais in French West Africa, 1857-1960, London, James Curry, 1991, 234 pages ;
FARGETAS (Julien), Les Tirailleurs sénégalais : les soldats noirs entre légendes et réalités, 1939-1945, Paris, Tallandier, 2012, 380 pages ;
FARGETTAS (A. S), «La révolte des Tirailleurs sénégalais de Tiaroye entre reconstructions mémorielles et histoire», Vingtième siècle, octobre-déembre 2006, n°92, pages 117-130
GUEYE (M’Baye), «Le décembre 1944 à Thiaroye ou le massacre des Tirailleurs sénégalais, anciens prisonniers de guerre», Revue Sénégalaise d’Histoire, 1995, n°1, pages 3-23 ;
GUYON (Anthony), Les Tirailleurs sénégalais : de l’indigène au soldat, de 1857 à nos jours, Paris, Perrin, Ministère des Armées, 2022, 380 pages ;
KANYA-FORSTNER (A. S), «Tirailleurs sénégalais», The Journal of African History, 1993, Vol 34, n°3, pages 511-513 ;
LESPES (René), Les troupes indigènes de l’Algérie au service de la France, Alger, Imprimerie Minerva, 1919, 64 pages ;
M’BAJUM (Samuel), Les combattants africains dit Tirailleurs sénégalais au secours de la France, 1857-1945, Paris, éditions Riveneuves, 2013, 524 pages ;
MABON (Armelle), «La tragédie de Thiaroye, symbole du déni d’égalité», Hommes et Migrations, 2002, n°1335, pages 86-95 ;
MABON (Armelle), «Le massacre des ex-prisonniers de guerre coloniaux le 1er décembre 1944, à Thiaroye», in Lorin Amaury et Taraud Christelle, Nouvelle histoire des colonisations européennes, (XIXème-XXème siècles), Paris, P.U.F, 2013, 244 pages, spéc pages 197-209 ;
MABON (Armelle), «Une singulière captivité des prisonniers de guerre coloniaux durant la Seconde guerre mondiale», French Colonial History, 2006, vol 7, pages 187-197 ;
MANGIN (Charles), La Force noire, Paris, Hachette, dédicace de Louis Archinard, 1910, 364 pages ;
MICHEL (Marc), «Bakary Diallo, berger peulh et soldat écrivain», France-Eurafriquemars 1979, no 289, pages 37-39 ;
MOURRE (Martin), «La répression de Thiaroye, décrire les différents degrés de la violence coloniale», Les Temps Modernes, 2017, Vol 2-3, n°693-694, pages 87-110 ;
Paris, le 7 janvier 2023, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
«Omar SY et son film «Tirailleurs», les questions de mémoire, d'égalité, de justice, de coopération équitable et de bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA- http://baamadou.over-blog.fr
Partager cet article
Repost0
5 janvier 2023 4 05 /01 /janvier /2023 20:18
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ #presenceafricaine
SEMBENE Ousmane fait partie de ces exceptionnels citoyens qui ont fait du Sénégal «Un Grand petit» en référence au titre de mon troisième livre, une Nation prospère, respectée de tous, une démocratie stable, une diversité inspirée par la tolérance et l'hospitalité. «Sembène Ousmane est le premier écrivain africain qui ose porter sur sa société un regard lucide, délivré de la nostalgie et des rêveries à l’occidentale. Fermement, il s’attaque au grand mythe : celui de l’Afrique précoloniale, l’Afrique-d’Avant-les-Blancs, que SENGHOR et ses thuriféraires ont figé dans sa grandeur et son émotion» écrit Maryse CONDE. En effet, SEMBENE est un directeur de conscience d’une Afrique qui se cherche encore : «Il est un auteur, un créateur, qui se distingue par son réalisme et son engagement. Ses personnages, les tranches de vie, les événements qu’il décrit ou met en scène s’éloignent peu du vraisemblable. Chacune de ses œuvres, chacune de ses productions comporte, par ailleurs, un message qui s’écarte peu de son engagement personnel, du sens qu’il a donné à ses combats. Sa démarche est pédagogique, même s’il ne cherche pas à s’ériger en donneur de leçons» dit Amadou-Mahtar M’BOW, ancien Directeur général de l’UNESCO.
Fils de pêcheurs, né le 1er janvier 1923 à Ziguinchor, dans le Sud du pays, en Casamance, SEMBENE aurait eu cette année 100 ans. Je suis persuadé que les générations futures célèbreront encore des siècles et des siècles la contribution artistique de cet exceptionnel et illustre Sénégalais. SEMBENE est issu d’un père pêcheur, Moussa SEMBENE, Wolof, un Lébou originaire de Dakar qui l’a déclaré en mairie le 8 janvier 1923. Sa mère, Ramatoulaye N’DIAYE est une Ouolofe, originaire de Saint-Louis. SEMBENE est un fils de pêcheur, destiné à reprendre le métier de son père, mais il s’avère qu’il a le mal de mer lors de la pêche en haute mer. «Mon père qui était analphabète en français, possédait la nationalité française. C’était un homme ouvert», dit SEMBENE, mais farouchement attaché à sa liberté : «La seule fierté de mon père, était de me répéter, je ne serai jamais l’employé d’un Blanc», précise SEMBENE. Issu d’un milieu populaire, il appartient à la catégorie des déshérités qu’il n’a jamais cessé de défendre. Un grand-oncle et instituteur, qui en 1923 a ouvert à Marsassoum la première école en langue française, l’inscrit à l’école française. Cependant, dans sa jeunesse, son activité favorite était le vagabondage. «Mon enfance s’est passée entre l’eau, les arbres, la pêche et l’école coranique», dit SEMBENE.
En 1936, SEMBENE rejoint Dakar, après la mort de son oncle, pour préparer le certificat d’études primaires. En 1937, il est renvoyé de l’école pour avoir battu le directeur, Pierre PERARLDI, qui l’accusait, à tort, d’avoir fait disparaître le livre d’un autre élève. SEMBENE a été puni pour l’exemple, en raison de son indiscipline fréquente. Aucune école publique ou privée ne voulant l’accueillir, SEMBENE s’adonne, à partir de 1938, à de petits boulots, notamment d’apprenti mécanicien, de plombier, de maçon, d’aide cuisinier ou de ferrailleur. Pendant un certain temps, SEMBENE suit des cours du soir, s’adonne à la natation. Il connaît une crise de mysticisme de 1938 à 1940. «Il devient musulman croyant à la recherche de la pureté, il se rase la tête et s’abime à la prière», souligne Paulin Soumanou VIEYRA (1925-1987), un de ses biographes.
Diplômé de l’école buissonnière, c’est en autodidacte inscrit à l’école de la vie que SEMBENE a complété et développé son savoir. Les prémices d’une conscience politique et syndicale ont déjà été enregistrées au Sénégal, avant son séjour en France. En effet, SEMBENE subit l’influence de Samba DERIGON, un vendeur de journaux qui lui en offre, et qui lui parle de la nécessité de l’indépendance nationale. Durant toute sa vie, SEMBENE sera un lecteur assidu de la presse, et va s’inspirer des faits divers pour alimenter sa réflexion. SEMBENE commence à fréquenter les milieux syndicaux et contestataires, notamment au marché de Sandaga, à DAKAR. SEMBENE renoue également avec les gardiens de la tradition africaine, comme Yahi LAHO, qui auront forte résonnance dans son orientation nationaliste. Après de nombreuses péripéties et quelques petits boulots nécessaires à sa survie, le jeune Sembène intègre un régiment de tirailleurs sénégalais. Engagé volontaire dans l’armée coloniale, au 6ème régiment d’Infanterie, en 1942 à 1946, il est envoyé au Niger, au Tchad, en Afrique du Nord, à Marseille, puis à Baden-Baden, en Allemagne. Cette expérience lui fera réfléchir, par la suite, sur sa condition de colonisé. «Ousmane Sembène est venu au cinéma par la littérature et à la littérature par l’action syndicale à Marseille» écrit Paulin Soumanou VIEYRA.
Ce qui me vient d'abord à l'esprit, ce que SEMBENE, un autodidacte, trouve, en 1949, un métier de docker au port de Marseille, qu’il exercera pendant 10 ans. «Être docker à Marseille, c’est un métier très dur, mais on formait une famille qui m’a permis de découvrir, non pas la France, mais le peuple de France», dira SEMBENE. C’est dans cette ville que le destin de SEMBENE bascule. La transmutation se produit, tant sur le plan intellectuel, idéologique que professionnel. «Je n’ai pas fait d’études, et c’est la France qui m’a appris tout ce que je sais», reconnaît SEMBENE. Par sa fréquentation de l'école du Parti et de la bibliothèque de la CGT, à force de bonnes lectures et de travail, il est devenu l'un des écrivains majeurs et grand témoin du XXème siècle. SEMBENE est donc une leçon de vie pour les vaincus et les désespérés. L'Homme, en dépit des contraintes et des difficultés, conserve une grande part toute latitude pour agir sur la voie qu'il se tracer, une sorte d’existentialisme à la Jean-Paul SARTRE (1905-1980. Nous pouvons si nous voulons. Dans la recherche à la réalisation de son épanouissement de l’Homme, rien n’est écrit à l’avance ; l’Homme devient ce qu'il a décidé d'être et crée son existence en se choisissant sa voie. L’Homme dans son projet de dépassement de soi, estimant qu’il n’y a d’autre législateur que lui-même, est «condamné à être libre, cela signifie qu'on ne saurait trouver à ma liberté d'autres limites qu'elle-même» dit Jean-Paul SARTRE.
Ensuite, l’artiste dominant le cinéma africain, a fait un choix déterminant : «Il a pris le pari de la littérature et du cinéma pour pouvoir vivre et agir dans l’Afrique postcoloniale» écrit Valérie BERTY, dans sa biographie «Sembène, un homme debout». De quelque côté se tourne SEMBENE, il s’aperçoit que la création littéraire sur l’Afrique est dominée par les Européens. «Les gens d’autres cultures, surtout «nos parents» Européens, et plus particulièrement nos «cousins» français décrivent les Africains comme des insectes. Ce sont des «anthropologues» du continent africain. Ils sont légion à se pencher sur le devenir de l’Afrique et des Africains. La force de leurs médias a une influence négative sur les mentalités africaines. Cette puissance d’aliénation date de très longtemps. A mesure que les films influencent et marquent les «assimilés», la classe ouvrière et les syndicalistes font de la salle de cinéma un lieu de meeting. Les cinémas d’Afrique noire sont les fils aînés de la littérature anticolonialiste. C’est même «une école du soir» ; malgré le lourd handicap qui la frappe, son existence est héroïque. En ce début du 3ème millénaire, la nouvelle génération s’approprie de son histoire et s’affirme «libre». Le combat entre nous (Africains) et le combat contre les «donneurs de leçons» seront plus difficiles, plus durs que toutes les luttes passées», dit SEMBENE. En raison de la puissance de l’image, SEMBENE a abordé le cinéma en termes d’éducation, de formation à la conscience, une sorte de cinéma de «double contre-ethnographie» suivant Jean JONASSAINT. En effet, SEMBENE est convaincu que la meilleure façon de toucher les grandes masses, c’est outre le livre, mais c’est surtout le cinéma. En nationaliste, SEMBENE Ousmane, dans ses films, a privilégié les langues nationales notamment le Ouolof afin de mieux entrer en symbiose avec les populations sénégalaises non alphabétisées. «Un cinéaste, qu'il soit de cinéma ou de télévision, du monde de l'image en somme, se réclame d'un héritage très ancien mais toujours vivant : l’oralité. L'image rejoint l'oralité dans la mesure où elle s'adresse à une masse de gens qui, dans le tiers monde et particulièrement en Afrique, n'ont pas les moyens, ni même parfois le temps, de lire. L'image est vraiment un raccourci» dit-il. En effet, si SEMBENE préfère de loin la littérature au cinéma, mais pour lui, la littérature est un luxe pour la grande masse des Africains. Le cinéma, puissant véhicule de la tradition orale, peut-être un formidable outil de communication avec les masses. Aussi SEMBENE est allé, en 1962, à Moscou, aux studios Maxim GORKI, apprendre les techniques cinématographiques. Pour lui, un artiste n’est jamais neutre : «Il m’importe pour ma part d’endosser cette responsabilité liée à la prise de parole qu’implique le cinéma. Il s’agit pour moi d’assumer la conscience de mon peuple et de proposer un projet d’avenir. Avec mes films, je cherche à susciter une réflexion, à générer des questions» dit-il.
Artiste engagé, SEMBENE estime que l'Afrique, par ses dimensions pouvant contenir l'Europe et l'Amérique et ses matières premières, n'est pas la périphérie mais le centre. Le colon est resté plus de 5 siècles en Afrique mais a refusé d'apprendre les langues du pays. En revanche lui, un polyglotte maîtrise plusieurs langues, notamment le français. La fonction essentielle de l'artiste n'est pas seulement que de divertir, mais surtout d'éduquer le peuple. «L'art est politique. Pas la politique politicienne, bien sûr, mais l'art joue un rôle en politique. Qu'est-ce que l'art, ou la culture, sinon ce dont l'homme est enveloppé, de sa naissance à sa mort, de la layette au linceul ? Ainsi, dans la tradition africaine, le cinéma est une réalité qui enveloppe l'homme tout entier» dit SEMBENE. Le cinéma devrait être, non pas folklorique, mais une écoute de soi de sa culture, de ses préoccupations pour sa dignité et son bien-être : «A l'époque coloniale, le cinéma était une distraction pour étrangers. Le monde africain, le monde noir, n'y existait qu'à travers les bananiers ou les cocotiers, à travers les personnages de bons boys, de braves domestiques. Mais depuis, les cinéastes africains posent de vrais problèmes tant bien que mal, mais ils les posent quand même. Alors les gens commencent à s'identifier lentement à leur histoire. Et le cinéma devient une réalité» dit SEMBENE. Le cinéma est une conscience qui éclaire les peuples africains «Ousmane Sembene était un militant de la liberté qui a usé de sa plume et surtout de sa caméra comme arme de combat." En outre, c'était un homme qui avait une foi irréductible dans la vertu rédemptrice de l'art qui, de par sa nature créatrice, permettait seul à l'homme à la fois de douter de Dieu et de se rapprocher de LUI en même temps. Ainsi, pour lui, l'homme doit être responsable de son propre destin et de celui de sa société. L'homme (la femme) de culture est celui (celle) qui doit exprimer les défis et les rêves les plus intimes de ses contemporains. Il ne doit pas seulement être «engagé» mais «embarqué» dans tous combats de ses contemporains» dit Samba GADJIGO, un des biographes de SEMBENE.
Enfin, en 1963, SEMBENE retourne définitivement au Sénégal et fonde une maison de production, «La Filmi DOMIREEW» (le Fils du Pays). Les thèmes abordés dans ses films par SEMBENE sont nombreux et riches : le rôle et la place de la femme dans la société, la dénonciation de la bourgeoisie bureaucratique corrompue et éloignée des préoccupations du peuple, le poids des traditions sociales, culturelles et religieuses entravant l’épanouissement de l’individu, et donc la vraie indépendance et le développement de l’Afrique, la quête d’une identité authentiquement africaine, les perversions sexuelles. Effet, aîné des Anciens et maître du cinéma africain, plusieurs thèmes traversent la contribution artistique de SEMBENE Ousmane. Aussi, il a dénoncé avec vigueur, mais avec lucidité, la colonisation, la cupidité et la vanité des hommes, les religions catholique et musulmane, la duperie de l’aide internationale, les inégalités sociales, l’excision, etc. Homme de son temps, il a été obsédé par les questions d'indépendance, de souverain nationale et d'unité de l'Afrique. «L'héritage de l'Afrique noire est lourd à porter. A peine avions-nous commencé à former des Etats, encore embryonnaires et imparfaits, que nous avons eu l'esclavage, la traite à laquelle certains Noirs ont, d'ailleurs, participé. Des chefs noirs ont été complices, pendant quatre ou cinq siècles, de cette monstruosité. Puis ce fut la colonisation. Peut-être ce qui nous est arrivé de pire. Les colonisateurs ont formé des cadres, mais ce n'étaient que des auxiliaires, incapables de gouverner par eux-mêmes. La présence du maître était devenue nécessaire ! Enfin, nous avons lutté pour l'indépendance. Nous ne savions pas ce que c'était. Nous ne savions même pas qui nous étions» dit SEMBENE.
En définitive, SEMBENE est un cinéaste politiquement et socialement engagé pour que les consciences s’éveillent. «Comme les autres, je fais partie du monde, ma place je ne permets à personne de l’occuper, et je ne permets à personne de parler à ma place», souligne SEMBENE dans son voyage à l’intérieur de lui-même. «Le cinéma est nécessaire dans toute l'Afrique, parce que nous sommes en retard dans la connaissance de notre propre histoire», précise SEMBENE estime que le rôle de l’artiste est hautement important : «Les gens l'écoutent, attendent qu'il leur parle. Aucun créateur n'a autant de responsabilité dans l'histoire que le romancier et le cinéaste. Et là, nous retrouvons une antique tradition africaine : le griot. Tout le monde sait que le griot est cinglé : dans tous les villages, il y a le simple d'esprit qui ose dire tout haut ce que d'autres ne font que murmurer dans la solitude de leur case. On en rit, mais on reconnaît qu'après tout, il a raison, le fou» dit SEMBENE. Mais SEMBENE ne départit jamais de son humour, une source d’espérance : «Nous avons beaucoup de misère, mais nous avons le sens de l’humour le plus aigu, même à notre détriment. Ce n’est pas une faiblesse, c’est une force. Nous rions de nous-mêmes. Ça aussi, c’est notre culture. Imaginez la misère qu’il y a en Afrique : si les Africains, avec cette misère, ces maladies devenaient tristes, mais ce serait la fin de tous les peuples africains» dit-il.
En particulier, symbole d’un homme de refus, jaloux de sa liberté absolue, guerrier inflexible à l'esprit caustique, SEMBENE est un adversaire résolu de la Françafrique, son film, «Ceddo», a été interdit par Léopold Sédar SENGHOR, et son «Camp de Thiaroye» banni en France : «A l'extérieur, nous avons des adversaires, comme nous avons des alliés. Je dirais que les ennemis de l'Afrique, ses ennemis permanents, se trouvent à l'intérieur. Pour aller de l'avant, nous devons donc régler nos propres affaires et compter, d'abord, sur nous-mêmes. Au fond, nous avons trois priorités : soigner nos maux avec nos moyens propres, même s'ils sont limités, développer la scolarité, assurer du travail à la population» dit SEMBENE. Ce film «Ceddo» affirme la liberté et la résistance à de l’Homme africain : «À l’origine, il s’agissait d’un groupe d’individus qui se sont opposés à la pénétration de l’islam pour ne pas perdre leur identité culturelle. Ces premiers hommes qui refusèrent de se convertir à l’Islam étaient appelés Ceddo, «gens du dehors». Il s’agit vraisemblablement d’un mot Poular. Le Ceddo est un homme de refus. C’est ce refus qui est demeuré à travers les siècles, et qui a donné au mot sa signification. Le Ceddo, c’est avoir l’esprit caustique, être jaloux de sa liberté absolue. Être Ceddo, c’est aussi être guerrier : parfois combattant pour des causes justes, parfois mercenaire. Le Ceddo n’est ni une ethnie, ni une religion, c’est une manière d’être, avec des règle» écrit Guy HENNEBELLE. Dans «Emitaï», il ne s’agit pas seulement d’un film à la gloire de la femme dans sa détermination sans faille, mais c’est aussi de résistance. Ce sont les femmes qui tout au long de la lutte ont l’attitude la plus résolue et unanime face à l’armée française venue chercher le riz, pour les troupes combattant en Europe les Allemands. En particulier, l’anticolonialisme de SEMBENE est flagrant dans le film «Camp de Thiaroye», une charge violente contre tous les massacres coloniaux (Sétif en Algérie le 8 mai 1945, Madagascar 1947, Indochine, Cameroun) et le fait dire, par un de ses personnages noir s’adressant à des militaires : «Vous insultez des soldats (les Tirailleurs sénégalais), qui étaient de toutes les batailles. Ils étaient de la première armée libre. Où étiez-vous en 1940 ?». Dans «le Camp de Thiaroye», SEMBENE relate les revendications des tirailleurs sénégalais confinés dans la banlieue de Dakar, lors de leur retour d’Europe le 1er décembre 1944, juste avant à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Ils ont été massacrés à l’arme lourde et considérés comme des «insurgés». C’est donc SEMBENE qui a porté l’attention de l’opinion sur ce grave crime contre l’Humanité et la Françafrique, refusant de rouvrir les archives et de réviser ce procès, fait toujours la sourde oreille.
SEMBENE dénonce, notamment dans «Xala» sans modération, tous ces régimes autoritaires et corrompus africains qui ont reproduit des comportements pires que le colonisateur. «Xala» est un sort jeté au héros du film, devenu impuissant et ne pouvant donc honorer sa jeune épouse. Il s’agit d’une métaphore concernant ces indépendances factices des pays africains, une indépendance dans la dépendance (Voir mon article De Gaulle et l’Afrique). «Je dénonce effectivement une classe, non pas une classe, une couche de population, qui se trouve en situation objective de privilèges indécents, de privilèges condamnables, parce qu’ils pervertissent le progrès social, inhibent les efforts du peuple vers le progrès, c’est-à-dire vers la réalisation de ses aspirations naturelles au mieux-être et au mieux-vivre», souligne SEMBENE. En effet, après la décolonisation une bourgeoisie bureaucratique a pris la place des Blancs, sans se préoccuper du sort des exclus. Les Africains ont les qualités de leurs défauts. Ils n’ont jamais eu le monopole de la vertu, ni avant, ni de nos jours. A la fin de «Xala » et afin d’échapper à l’impuissance, tous les gueux de Dakar sont venus cracher sur le héros du film «Pour nous, [Xala,] c’est un mythe sur la lutte des classes, et la lutte que la masse doit faire pour renverser la classe bourgeoise. La masse doit aller jusqu’au bout, ce que symbolisent les crachats. En fait, la vraie traduction n’est pas cracher, c’est plutôt vomir, sortir sa bile le mot exact, c’est la bile : il faut « dé-biler» sur la bourgeoisie» dit SEMBENE. Le film, «Mandat-Bi» ou le mandat est une attaque en règle contre la bourgeoisie bureaucratique, tatillonne et peu respectueuse du droit des administrés.
Dans son cinéma militant, SEMBENE Ousmane a valorisé «L’héroïsme au quotidien», notamment dans «Borom Sarret» en 1963, premier court métrage de l’Afrique occidentale indépendante. «Borom Sarret» relate l'histoire d'un pauvre homme qui essaie de gagner sa vie comme charretier à Dakar. Bien qu'il s'attende à être payé pour ses services, il ne le dit jamais clairement, de sorte que lorsqu'on ne le paie pas, il se sent souvent déçu et abusé. Parmi les gens qu'il rencontre, il y a un homme qui amène son enfant mort au cimetière. Lorsque l'homme n'est pas autorisé à entrer parce qu'il n'a pas les bons papiers, le charretier abandonne le corps sur le sol et laisse l'homme se plaindre de sa perte. Dans une autre séquence, un individu, bien habillé, demande à être emmené dans le quartier français le plus huppé de la ville, mais interdit les charrettes tirées par des chevaux ; un policier lui inflige une amende au conducteur, confisque sa médaille et sa charrette ; dépouillé de sa recette du jour par un griot, le cocher rentre, seul, avec son cheval, sans le sou et n’a qu’une noix de colas pour déjeuner «Le même sang coule dans mes veines, ce n’est pas parce que la vie moderne m’a réduit en esclave que je ne suis pas noble, comme mes Ancêtres» dit le cocher. Sa femme décide alors de prendre seule les choses en main. Féministe, dans «Fatou Kiné», l’Afrique reste profondément maternelle. «Notre société, la société africaine est plus féminine que masculine. Défendre la femme, protéger la femme, c’est protéger le substrat culturel d’une société comme l’Afrique. Les femmes africaines ont subi beaucoup plus les méfaits de l’esclavage, de la colonisation, du néo-colonialisme et de la mainmise des hommes, sans compter le poids des religions. Ce sont elles-mêmes qui se révoltent. Ce n’est pas qu’elles sont femmes, mais elles sont capables de nous montrer autre chose de plus paisible, de plus sociable. Le monde n’a rien d’autre que ça, la sociabilité. Aujourd’hui, nous sommes dans les villes où la seule valeur, c’est l’argent. Et ces femmes travaillent, nourrissent leurs enfants, les amènent à l’école, les soignent» dit-il.
SEMBENE, en sociologue, ne cesse de plaider pour une profonde rénovation des valeurs morales et spirituelles du Sénégal. Ainsi, «Guelwaar», en 1992, le dernier film de SEMBENE, est un pamphlet extraordinaire sur le chaos moral, religieux et administratif de l'Afrique de notre époque. En effet, «Guelwaar», catholique et grand défenseur de l'auto-détermination de l'Afrique a été éliminé parce que ses paroles dérangeaient. On s'aperçoit le matin de ses obsèques que son corps a disparu et l'éloge funèbre se fait autour d'un cercueil vide. À la suite d'une erreur administrative, c'est une puissante famille musulmane qui l'a enterré et qui ne veut rien révéler pour ne pas perdre la face. Les deux communautés religieuses vont se dresser face à face en évoquant le souvenir de ce curieux personnage qui faisait trembler les autorités en fustigeant le détournement, à grande échelle, par les gouvernants africains, des aides internationales. «Les dons alimentaires et les crédits destinés aux paysans ont été détournés. Ces magots, volés au peuple, ont servi à une minorité de dirigeants à acquérir des villas, des châteaux et des appartements en Europe. (…). Des sommes énormes, dérobées au peuple, dorment dans les banques en Europe. Tous ces avoirs, mal acquis, dépassent même les dettes de leur pays» dit SEMBENE. Comme dans son «Borom Sarret», SEMBENE a établi le langage cinématographique africain, la vraie noblesse n’est pas celle de la naissance, mais celle du cœur et de l’esprit. La honte, de la mendicité et l'asservissement, ainsi que la corruption sont des maux dont souffre l’Afrique. L'esprit chevaleresque des preux de l'Afrique d'antan, qui survit encore dans une Afrique pourtant en pleine mutation.
Dans son testament, SEMBENE recommande aux jeunes cinéastes de s’ouvrir aux autres, mais de rester profondément Africains : «Ne pas oublier le passé, mais s’ouvrir aux autres. Le problème qui se pose aux jeunes cinéastes africains se pose de la même façon aux cinéastes européens. Quel que soit le cinéaste, il faut faire de l’argent. Moi, je dis : il ne faut pas en perdre, mais il faut faire des films qui s’intéressent à votre société. La société et la communauté. Ça mettra du temps, mais les gens vont regarder les films. C’est aussi une façon de susciter une prise de conscience, de leur faire comprendre que notre avenir est entre nos mains, car ce n’est ni l’Europe, ni l’Amérique, ni la Chine qui feront de nous des hommes, mais c’est nous-mêmes. Voilà l’important. Il n’y a rien d’autre, rien d’extraordinaire, rien d’autre» dit SEMBENE.
SEMBENE a vécu de 1974, jusqu’à sa mort, le samedi 9 juin 2007, avec une américaine, Carrie Dailey MOORE, spécialistes des littératures et cultures d’Afrique, mais aussi costumière, dans son film «Ceddo». Il a eu trois enfants, Alain, un ingénieur des travaux publics, né à Marseille en 1957, enfant d’une Française et Mame Moussa, issu de son premier mariage avec une sénégalaise. «Le père… Ça été un père extrêmement dur. C’était quelqu’un qui était dur. Donc, dans ma vie, il y a eu beaucoup de clashes, de disputes. Il était dur mais, avec lui-même. L’image que j’ai de lui, c’est quelqu’un d’intègre et qui savait là où il voulait aller et là où il ne voulait pas. Il a toujours dirigé sa vie comme il l’entendait. Il a gardé le cap avec courage et abnégation» dit Alain SEMBENE.
Initiateur du FESPACO, au Burkina-Faso une statue et une avenue sont dédiés à SEMBENE Ousmane hommage à cet artiste hors du commun et la chambre où il logeait pendant le FESPACO a été transformée en musée. Pour le centenaire de sa naissance, SEMBENE sera honoré, à titre posthume, au festival de Cannes du 16 au 27 mai 2023. Il a reçu, de son vivant,  le Prix «Un certain regard» à Cannes en 2004, pour son film, «Moolaadé» (réfugié en peul) s'attaquant à la tyrannie masculine en dépeignant le combat et le martyre d'une femme luttant contre les mutilations sexuelles. Son film, «La Noire de…», premier long métrage réalisé par un Africain, a été présenté au premier festival mondial des Arts nègres de 1966 et a obtenu le prix Jean Vigo à Paris, ainsi que le Grand prix du festival des Arts nègres. «Ousmane Sembène a marqué les arts africains de manière indélébile. Il est un monument incontournable du monde des créateurs africains. Il appartient au Sénégal, mais aussi à l’Afrique et au-delà au patrimoine commun de l’humanité. Des hommes comme lui, dont l’œuvre est étudiée dans les écoles, lycées et universités de l’univers entier sont les penseurs de l’Afrique nouvelle et les véritables ambassadeurs de leur continent. Grâce à eux, l’Afrique debout, réveillée, est consciente d’elle-même et du monde» écrit Daouda MAR, dans «Africultures».
Références bibliographiques très sommaires
I – Contribution de SEMBENE
1 – Œuvres littéraires
SEMBENE (Ousmane), God’s Bits of Wood : A Novel of the Independence Struggle in French, introduction de A Adu Boahen, Oxford, 2008, 256 pages ;
SEMBENE (Ousmane), L’Harmattan, Paris, Présence Africaine, 1964, 299 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Le dernier de l’Empire, Paris, Présence Africaine, 1985, 438 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Le docker noir, Paris, Présence Africaine, 1973, 219 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Le mandat précédé de Véhi Ciosane Blanche-Génèse, Paris, Présence Africaine, 1966, 190 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Les bouts de bois de Dieu, Paris, Press Pocket, 2002, 379 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Niiwam suivi de Taaw, Paris, Présence Africaine, 2001, 189 pages ;
SEMBENE (Ousmane), O pays, mon beau peuple, Paris, Pocket, 1975, 187 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Voltaïque, la Noire de …, Paris, Pocket, 2001, 215 pages ;
SEMBENE (Ousmane), Xala, Paris, Présence Africaine, 1995, 192 pages.
2 - Filmographie
1962- Borom Sarret
1963- L'empire Songhay
1964- Niaye
1966- La Noire de …
1968- Mandabi
1969- Traumatisme de la femme face à la polygamie
1969- Les dérives du chômage
1970- Taaw
1971- Emitaï
1972- L'Afrique aux olympiades, Basket africain aux J.O de Munich RFA
1975- Xala
1977- Ceddo
1987- Camp de Thiaroye
1992- Guelwaar
1999 - Héroïsme au Quotidien
2000- Faat-Kiné
2004- Mooladé.
II – Critiques de SEMBENE Ousmane
AKPADOMONYE, (Laurent, P.), «Sembene Ousmane, héritier critique de la technique romanesque occidentale», CLA Journal, septembre 1995, Vol 39, n°1, pages 116-125 ;
Anonyme, «Entretien avec Sembène Ousmane, griot africain», Courrier de l’Unesco, janvier 1990, pages 4-7 ;
BENSALAH (Mohamed), «Ousmane Sembène, une conscience africaine, un destin hors du commun», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 50-53 ;
BERTY (Valérie), Sembène Ousmane, un homme debout, Paris, Présence Africaine, 2019, 240 pages ;
BESTMAN (Martin, T.), Sembène Ousmane et l’esthétique du roman négro-africain, Québec, Naaman, 1981, 349 pages ;
BOVE (Bruno), «Ousmane Sembène, (1923-2007), une biographie», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 28-49 ;
BUSCH (Annett), ANNAS (Max), éditeurs, Sembène Ousmane : Interviews, University of Mississippi, 2008, 255 pages ;
CHAM (Baboucar Mbaye), «Ousmane Sembene and the Aesthetics of African Oral Traditions», Africana Journal, 1982, vol. 13, n° 1-4, pages 24-38 ;
CHEVRIER, (Jacques), «Sembene Ousmane, écrivain», L'Afrique Littéraire et artistique, 1985, n°76 pages 12-16 ;
CHREACHIN (Firinn, Ni), Sembene in Senegal : Radical Art in Neocolonial Society, University of Birmingham, décembre 1997, 249 pages ;
DIA (Thierno, I), «Ousmane Sembène, l’aîné des anciens», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 8-13 ;
DIAGNE (Ismaïla), Lire et relire Sembène Ousmane, Paris, Dakar, Harmattan, 2014, 226 pages ;
DIOP (Ousseynou), CHARLES (Danièle) «Entretien avec Ousmane Sembène», Ciné-Bulles, 1993, Vol 12, n°4, pages 28-31 ;
DOUIN (Jean-Luc), «Ousmane Sembène, cinéaste sénégalais», Le Monde, 12 juin 2007 ;
FONKUA (Romuald-Blaise), «Trente d’écriture filmiques en Afrique d’Ousmane Sembène à Jean-Pierre Bekolo», Notre Librairie, octobre-décembre 2002, n°149, pages 10- 16 ;
GADJIGO (Samba), Ousmane Sembène, une conscience africaine, préface d’Amadou-Mahtar M’Bow, Paris, Présence africaine, 2013, 252 pages ;
GUGLER (Josef) DIOP (Chérif Omar), «Ousmane Sembene’s Xala : The Novel, the Film, and Their Audiences», Research in African Literatures, 1998, Vol. 29, n°2, pages 146-158 ;
HENNEBELLE (Guy) «Sembène parle de ses films», L'Afrique Littéraire et artistique,  1985, n°76, pages 25-29 ;
HENNEBELLE (Guy), «Sembène Ousmane parle de ses films», CinémAction, 1985, n°34 pages 25-31 ;
HERZBERGER-FOFANA, (Pierrette) «Sembene Ousmane, forgeron de caractère : une interview avec le romancier et cinéaste sénégalais», Sonderdruck, Heft, 1983, 8, pages 55-63 ;
JAY (S), «Sénégal Xala par Sembene Ousmane», Figures noires, 2010, Vol 31, n°2, pages 341-286 ;
JONASSINT (Jean) «Le cinéma de Sembène, une double contre ethnographie», Ethnologies, 2010, Vol 31 n°2, pages 241-286 ;
LEE (Sonia), «The Awakening of the Self in the Heroines of Sembene Ousmane», Studies in Contemporary Fiction, 1975, pages 17-25 ;
MAR (Doudou), «Ousmane Sembène, théoricien et praticien du genre romanesque et de la cinématographie en Afrique», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 173-191 ;
MESTAOUI (Lobna), «Ousmane Sembène, entre littérature et cinéma», Babel, 2011, Vol 4, pages 245-256 ;
MINYONO-NKODO (Mathieu-François), Comprendre Les bouts de bois de Dieu de Sembène Ousmane, Issy-les-Moulineaux, Les classiques africains, 1979, 95 pages ;
MOORE (Carrie, Dailey), Evolution of African Artist : Social Realism, in the Works of Sembene Ousmane, Indiana University, 1973, 289 pages ;
MORTIMER (Robert, A), «Ousmane Sembene, and the Cinema of Decolonization», African Arts, janvier 1972, Vol 5, n°3, pages 26-27, 64, 68, 84 ;
MOWITT (John), «Sembene Ousmane’s Xala : Postcoloniality and Foreign Languages», Camera Obscura, 1999, n° 31 pages 73-94 ;
MUKENDU (Ntite), «Comment le cinéma peut œuvrer à l’indépendance et l’autorité culturelle africaine», Présence Africaine, 1974, n°90, pages 99-122 ;
NIANG (Sada), «An Interview with Ousmane Sembène», Contribution in Black Studies, 1993, Vol II, pages 75-94 ;
OYORTA (Jamila), «Les femmes dans l’œuvre littéraire de Sembène», Présence Africaine, 1969, Vol 3, nos71, pages 69-77 ;
PARE (José) ANNY (Dominique, Curtius), «Le mandat de Sembène Ousmane ou la dialectique d’une double herméneutique», Littérature et cinéma en Afrique francophone. Ousmane Sembène et Assia Djebar, Paris, L’Harmattan, 1996 pages 139-148 ;
POMVOR (Ekpe, Komlavi), «Sembène Ousmane ou l’héroïsme féminin au quotidien», Annales Aequatoria, 2008, Vol 29, pages 365-379 ;
SERCEAU (Daniel), Sembène Ousmane, L’Afrique littéraire n°76, CinémAction, septembre 1985, n°34 96 pages ;
SERCEAU (Michel), «Le cinéma d’Afrique noire face au modèle occidental : la rançon du refus», Francophonie plurielle, Montréal, HMH, 1995, pages 397-405 ;
SERCEAU (Michel), «Xala : une fable sur la bourgeoisie africaine», L’Afrique Littéraire, n° 1985, n°76, pages 46-50 ;
SIKOUNMO (Hilaire), Ousmane Sembène : écrivain populaire, Paris, Harmattan, 2010, 298 pages ;
SISSOKO (Oumar), «Ainsi parle Sembène», Notre Librairie, octobre-décembre 2002, n°149, pages 44-45 ;
TINE, A., «Wolof ou français - le choix de Sembène», Notre Librairie, 1989, n°81, pages 43-50 ;
TULLY-SITCHET (Christine), «Ousmane Sembène», Africultures, 2009, Vol I, n°76, pages 173- 172 ;
URU LYAM (David), «The Silent Revolutionaries, Ousmane Sembene’s Emitaï, Xala and Ceddo», The African Studies Review, décembre 1986, Vol 29, n°4, pages 79-87 ;
VANNIA-SIHVOLA (Aline), «Paroles intemporelles, entretien avec Ousmane Sembène», Archives cinémathèque, 26 avril 2006 ;
VIEYRA (Paulin, Soumanou), Sembène Ousmane, cinéaste, Paris, Présence africaine, 2012, 244 pages ;
VIEYRA (Soumanou Paulin), «Le cinéma et la Révolution Africaine», Présence Africaine, 1961, nos34-35, pages 92-103 ;
VRANCKREN (Maria, Do, Ceu, Oliveira), Images de la femme dans l’œuvre littéraire de Sembène, maîtrise de Lettres sous la direction du Dr A Vynohank, Université du Cap, 31 janvier 1981, 172 pages.
Paris, le 4 janvier 2023, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le centenaire de la naissance de SEMBENE Ousmane (1923-2007), un Illustre Sénégalais et Africain, père du cinéma africain ou l'aîné des Anciens» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
18 décembre 2022 7 18 /12 /décembre /2022 19:57
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 

Obsédé par le bien-vivre ensemble, la contribution littéraire de Taha HUSSEIN, bien restée confinée aux cercles des initiés, m'interpelle plus que jamais à l'heure de cette montée des forces du Chaos. Comme Erasme, Gibelin pour les Guelfes, Guelfes pour les Gibelins, les Sénégalais qualifient souvent trop rapidement leurs expatriés de «complexés», de «lâches» de «faibles» ou même «d’ignares» de la réalité de leur pays d’origine. Valérie PECRESSE nous a affublés du titre de «Français de papiers». Quand on vit dans un monde globalisé, multiculturel, et Taha HUSSEIN a soulevé cette redoutable question : où se situer ?

En paix avec moi-même et avec les autres, comme Taha HUSSEIN, droit dans mes bottes, chacun a le droit de rester sur son quant-à-soi. «Si je me comparais à quelque chose, ce serait à cette terre humide des bords du Nil, en Haute-Égypte, qu'on ne peut pas toucher, même légèrement, sans en faire jaillir de l'eau» avait dit Taha HUSSEIN. Aucune capitulation, ni dans un sens, ni dans l’autre : «We Shall Never Surrender» comme l'avait dit, le 4 juin 1940, Winston CHURCHILL (1874-1965), dans la guerre contre le nazisme. Les Africains et leurs diasporas, connaissent «l'aventure ambiguë» de Cheikh Hamidou KANE (voir mon article), un roman de 1961 exposant un conflit de valeurs. Le héros du roman, Samba DIALLO, un aristocrate peul du Fouta-Toro, musulman et inscrit à l'école coranique ou «le foyer ardent», doit-il aussi aller à l'aube des indépendances à l'école française ? L'école française apprend «à vaincre sans avoir raison» mais elle fait aussi des élites africaines des déracinés et des décérébrés. Pour Cheikh Hamidou KANE, à travers son «aventure ambiguë», ce n'est pas une question de «races» mais de différences culturelles. Dans la Négritude, l'Africain doit faire une bonne synthèse entre le cultures occidentale et africaine, ou bien il périra. Il faudrait donc prendre les bonnes choses de chaque côté. Le choix que «la Grande Royale», dans «L’Aventure ambiguë», fait pour son peuple, est celui d’une formation dont l’objectif majeur est d’aguerrir les jeunes dans la quête du savoir, en vue de leur réussite dans la vie. Taha HUSSEIN est quant à lui, bien instruit de la civilisation ancienne égyptienne et des grands classiques arabes. Ainsi, il a beaucoup appris de l’archéologue Ahmad KAMAL (1851-1923) sur Ramsès, Akhénaton et bien d’autres pharaons. Les orientalistes, comme l’italien Carlo Alfonso NALLINO (1872-1928), lui ont enseigné, en arabe, l’histoire de la littérature et de la poésie des Omeyyades, ainsi que l’histoire de l’astronomie. Houfni NASIF (1856-1919) enseignait la description de l’Afrique, ses différentes contrées, son climat, sa politique, mais aussi la littérature arabe ancienne.

Sans apostasie, ni infidélité, esprit libre et très critique, Taha HUSSEIN a su garder «un œil à l'intérieur, l'autre à l'extérieur» écrit le 20 juillet 2020, dans le «Courrier de l'Atlas», Malika EL KETTANI. Sa pensée, d’une extrême liberté, d’une très grande audace dans un pays où le rigorisme religieux interdit souvent toute initiative spirituelle quelque peu hardie, n’a cessé de se manifester avec une sorte de souveraine et désinvolte ironie. «La civilisation arabe entre réellement avec lui dans le concert des grandes civilisations ; il sait la faire comprendre à l'étranger sans qu'elle cesse d'être compréhensible à ceux qui de droit en sont les porteurs» écrit Roger ARNALDEZ. Dans son rapport à l’autre c’est «un Occident approprié, maîtrisé qu'il entend ramener aux siens. Cet Occident-là, de même qu'il l'accueille au fond de lui-même, il se plaît à le reconnaître au tond du classicisme arabe» écrit Jacques BERQUE, «Dans au-delà du Nil». Peu connu des Sénégalais et éclipsé par son compatriote, Naguib MAHFOUZ (1911-2006), seul Prix Nobel de littéraire d’origine arabe, Taha HUSSEIN, en 1926, et bien avant Cheikh Hamidou KANE, avait soulevé ce conflit de cultures entre l'Occident et l'Afrique, la tradition et la modernité, à travers ses mémoires, «Le Livre des jours» ou «Al-Ayyam» en arabe. Ecrivain, enseignant, Ministre, romancier, essayiste, humaniste, critique littéraire et grand voyageur, Taha HUSSEIN entendait rattacher l'Égypte à ses racines antiques et à son héritage méditerranéen. Chef de file de la renaissance littéraire en Egypte, «La Nahda», à son époque, l’Égypte était très marquée par l’échec de la révolution et l’occupation britannique de 1882. «Taha Hussein Bey est, parmi les écrivains égyptiens contemporains, le représentant le plus éminent du mouvement qui se manifeste depuis quelques années en Egypte, lequel tend à libérer la littérature arabe des entraves imposées par le classicisme traditionnel et à lui insuffler une vie nouvelle, en harmonie avec les conditions et les exigences du siècle» écrit Josée SEKALY.

Fils d'une terre pauvre, élevé dans la tradition religieuse et coranique, Taha HUSSEIN est né en milieu rural, en Moyenne-Égypte à l’écart de Izbat Al-Kilu, non loin de Maghagha, le 14 novembre 1889, à 300 km au Sud du Caire. Cependant, ses parents déménageront par la suite, dans le Sud ; ses parents l’oublient dans une gare. Dans ses mémoires, le narrateur, curieusement parle de lui à troisième personne «Tout enfant, il avait commencé par être d'une curiosité ingénue, qui ne s'inquiétait guère des obstacles du chemin et s'élançait à la découverte de l'inconnu" écrit-il dans «Le Livre des jours». Taha est le septième de treize enfants du même père, le cinquième de onze de la mère et sentait qu'il avait une position particulière au sein de sa famille. Chez sa mère, il ressentait la tendresse et l'indulgence et chez son père ; il trouvait douceur et bonté ; de la part de ses frères, il y avait de la sollicitude parfois de la brusquerie, parfois avec une pitié mélangée de mépris. En effet, à l’âge de trois ans en raison d’une conjonctivite mal soignée, il devient aveugle ; le barbier du village, venu pour le guérir, a versé du liquide chaud et brûlant dans ses yeux. Avant cet accident, il lui reste de ce souvenir clair et distinct, ne laissant aucune prise de doute, «c’est celui d’une barrière devant lui de roseaux. Le premier de ses souvenirs est celui d’une haire illimitée et infranchissable. Il envie alors la liberté des lapins, mais il doit vivre avec cette clôture» écrit-il dans «Les jours». Son grand-père aveugle récite les prières Soufis. Enfant, déjà, il était insurgé contre ce coup du sort et contre l’enseignement coranique (kuttab) archaïque, en se montrant réticent aux méthodes d’enseignement traditionnel. Pourtant, à neuf ans, il connaissait le Coran par cœur, ce qui lui permit, à treize ans, d’obtenir le droit d’accompagner, en 1902 son frère aîné au Caire. Son frère, promis à de brillantes études en médecine, meurt lors d’une épidémie de choléra «Cela a laissé dans mon cœur et dans toute ma vie, la plus affreuse des marques» écrit-il dans ses mémoires. La douleur le marquera aussi à la mort de sa petite-sœur.

Taha HUSSEIN a su observer, très finement, son pays en ébullition, mais aussi sa société rurale marquée par des traditions rigides, la superstition et les séances d'exorcisme, pour protéger le jeune Taha du Mal : «Sa mère avait vécu dans la terreur, hantée par la crainte du mauvais œil ; Elle avait rassemblé dans une casserole des braises sur lesquelles elle jetait divers parfums», écrit-il. Sa famille consultait aussi un grand imam de la Mosquée en recherchant pour lui la Baraka et le succès dans sa vie. Le Rif égyptien est une population de «vivait dans un monde coloré par une profonde vie intérieure, bien à elle, tissu de simplicité et de mystères, de mysticisme et de naïveté» écrit-il. Son père et sa mère appartiennent à la même confrérie religieuse. Aussi, c'est un monde marqué par la bienveillance et l'hospitalité. Les hôtes sont dignement honorés: «On tuait les brebis, on étalait le sol de nappes pour recevoir les plats» écrit-il. A la fin du repas, il arrive que l'on demande à un enfant de réciter le Coran, mais gare à lui si sa langue fourchait «Fils de chien ! Qu'Allah maudisse vos pères et les pères de vos pères jusqu'à Adam ! Vous voulez donc mettre en ruine la maison de cet homme», s'écrit l'hôte un bouillant Cheikh.

Taha HUSSEIN manifesta bientôt un insatiable désir de s'instruire. Il fréquentait l'école communale, et, le soir, travaillait à la maison, se faisant lire ce qu'il désirait apprendre. Il sut rapidement par cœur le Coran tout entier. En dépit de sa cécité, Taha HUSSEIN, doté d'une mémoire prodigieuse, savait réciter tout le livre du Coran à l'âge de 9 ans de neuf ans, était d'une rare curiosité. Il appris à connaître beaucoup de jeux d'enfants, sans y prendre aucune part, à écouter les contes et légendes, la récitation du poète, les conversations de sa famille notamment les expéditions et conquêtes de l'Islam, les chants et les complaintes des femmes, les récitations du Coran de son grand-père. Il absorbait tout le gardait en mémoire. «Il aimait par-dessus tout, entendre la récitation du poète, la conversation des hommes avec son père ou celle des femmes avec sa mère. Il apprit à goûter au plaisir d’entendre» écrit-il dans ses mémoires. Affublé du titre de «Cheikh», celui qui savait le Coran, Taha, resté humble, avec une distance critique qui le caractérisera estime que l'existence est un «tissu d'iniquités et d’impostures» et qu'il fallait rester à «l'abri de cet esprit de fausseté et de vanité ; l'orgueil abusait l'âme de ses parents» écrit-il dans ses mémoires. Grand observateur de la société de son temps, il a fustigé les vices et les méchancetés de ses maîtres coraniques, leurs vilaines histoires de cupidité ainsi que leurs méthodes archaïques d'enseigner la religion musulmane. Dans les écoles religieuses, les enseignants supposés être des savants, «parlent, et peuvent parler longtemps, avec de copieuses digressions, sans que personne ne s'y intéresse, sauf peut-être leurs élèves» écrit-il. En effet, il a appris tout le Coran par cœur, sans bien en comprendre le sens ou en retirer un quelconque bénéfice. Étudiant, à El Azhar, il devait réciter un chapitre de «Al-Fiyya» d'Ibn Malik, à un Cadi, un juge musulman. Il apprendra de ce jurisconsulte, de fuir l'égarement et l'orgueil : «Celui qui s'abaisse, Allah l'élèvera» lui dit-il.

Ses notes brillantes lui valurent d'être admis comme boursier à la Faculté religieuse et de lettres d’abord à Al-Azhar. Les révoltes contre les Britanniques qui suivent l’incident de Denshawi en 1906 permettent l’ouverture, le 21 décembre 1908 de l’Université Nationale du Caire, laïque. Taha HUSSEIN profite de cette opportunité pour quitter El-Azhar, dont l’enseignement trop rigide lui déplait. Au Caire, il soutient une thèse sur le poète et philosophe, né et mort à Ma’arrat Al-Numan (Syrie du Nord), Abu-Alala’ AL-MA’ARI (973-1057) qui l’a considérablement influencé : «Combien de fois, il lut et relut la poésie et la prose d’Abou l Ala. Cette œuvre fit sur lui une telle impression, il y crut si fort, qu’il se persuada que la seule façon de vivre, c’était d’Abou l Ala, et c’était sur lui qu’il devait prendre pour modèle » écrit-il dans «La traversée intérieure». Aussi, Taha HUSSEIN développe, par conséquent, de nouvelles idées, découvrant la philosophie islamique et l’histoire de l’Égypte ancienne. «La cécité est une honte» disait Al-MA’ARI. Mais il écrivait aussi : «La cécité t’a fait un don précieux, car tes yeux voyaient la génération présente, ta prunelle n’apercevrait pas un seul homme». Taha HUSSEIN, comme AL-MA’ARI, c’est le refus d’un destin injuste en poussant les possibilités de la langue jusqu’à leur extrême limite. Ce poète antéislamique, un aveugle végétarien, d’une grande virtuosité dans son art et d’une profondeur de sa pensée, athée, pessimiste, ascétique, retiré du monde, confiné dans sa demeure, vivait uniquement entouré de ses intimes. Sceptique,  pessimiste, plein de mélancolie et d’inquiétude, AL-MA-ARI considère que la vie ne serait que peine, labeur et souffrance. En effet, Abu-Alala’ AL-MA’ARI, un doublement reclus, rejetait fondamentalement le caractère dogmatique de la religion, à savoir l’infaillibilité et l’impeccabilité des imans chargés de son interprétation : «Une dynastie orgueilleuse et puissante, a été vaincue par une dynastie nouvelle, qui est elle-même prisonnière de ses erreurs. Cette dynastie prétend que certaines personnes sont infaillibles et impeccables, mais moi je jure qu'il n'en est rien» écrit-il à propos des Fatimides. Poète des philosophes et philosophe des poètes, AL-MA’ARI est un précurseur d’Omar KHAYAM (1048-1131), un poète athée, entre le monde physique et métaphysique, a choisi un troisième lieu : «Ah ! Ma barbe a balayé le seuil de la taverne ! J'ai dit adieu au bien et au mal des deux mondes s'ils tombent dans ma rue comme deux balles tu me trouveras, si tu me cherches, dormant du sommeil de l'ivrogne» écrit Omar KHAYYAM. Le poète AL-MA’ARI est aussi, dit-on, l’inspirateur de la «Divine comédie» de Dante.

Personnage singulier, grand et sévère artiste, essentiellement volontaire d’une intelligence rare, vive, inquiète et fine, AL-MA’ARI, orgueilleux, est d’une grande rigueur morale. Aussi, les thèmes de la nuit, l’insomnie, l’encerclement, la précarité, la mort et la protestation contre les limites, sont omniprésents dans l’œuvre littéraire de Taha HUSSEIN. Dans sa cécité, Taha HUSSEIN a repris aussi les suggestions positives de son maître, à savoir l’approfondissement solitaire, l’écoute des ténèbres et l’exploration du destin. En effet,  AL-MA’ARI est partisan d’une «peine qui purifie l’âme sans la corrompre, un plaisir qui élève l’âme, sans l’abaisser, qui la renforce sans l’affaiblir», écrit Taha HUSSEIN. Pour AL-MA’ARI le vrai croyant n’a affaire qu’à Dieu, au regard duquel, il n’est de subterfuges, d’escamotages, ni d’apparences. «Les lois révélées ont semé la haine en nous, et nus ont légué des serpents de rancœur» dit-il. AL-MA’ARI était habité par le pouvoir incommensurable de la Raison «Les gens attendent qu’un Imam apparaisse, et parle au milieu des silencieux. Or, il n’y a d’autre Imam que notre raison, pour nous guider le matin et le soir» dit-il. Taha HUSSEIN le compare au personnage de Degas, décrit par Paul VALERY (1871-1945), dont il est également un grand admirateur. Dans son dégoût de la vie, AL-MA’ARI, se dit prisonnier de trois prisons «Je me trouve en une triple prison, mais nulle mauvaise nouvelle, sinon que j’ai perdu la vue, que je vis reclus, et que mon âme est dans un méchant corps détendu» écrit le poète et sage. Pour Taha HUSSEIN, dans son infirmité et sa mélancolie, blâmant le monde, AL-MA’ARI a inventé «la prison philosophique», en consacrant le reste de sa vie à la réflexion et à la production intellectuelle. «La vertu de la mort est bien un soulagement pour le corps» dit AL-MA’ARI. Dans son œuvre exigeante et sentant le soufre, AL-MA’AR y exprime, en «un style de virtuose, une vision pessimiste de l’existence, avec une hauteur de vue et une liberté de ton rares» écrit Taha HUSSEIN. AL-MA’ARI était un adversaire de la procréation ; car, pour lui, procréer c’est augmenter la somme du Mal dans le monde en offrant de nouvelles victimes à de nouvelles souffrances. Il recommande le jeûne, la prière, l’aumône et offre sa conduite comme un exemple de rectitude et de dignité morale. La vraie religion, dans son essence, c’est la pitié et la poursuite du bien souverain «J'ai beaucoup voyagé. Mais je n'ai acquis aucun bien matériel ou spirituel. Je n'ai trouvé, à mon retour, que la sottise et la faiblesse. Dieu ne marchandera pas ses dons à l'homme qui lui témoigne une piété sincère, quand bien même cet homme se tournerait-il, pour prier, vers le soleil levant» écrit-il.

La première découverte de Taha HUSSEIN de la culture française a commencé relativement tard, à l’âge de dix-neuf ans, quand il choisit le français comme langue étrangère et entreprit de suivre avec assiduité les cours que Louis MASSIGNON dispensait à l’Université du Caire. Le Cheikh GAWICH qui lui a inspiré l’idée d’aller en France. L’université a rejeté par trois fois sa demande de bourse pour la France en y mettant une condition : soutenir d’abord sa thèse ; ce qui fut fait le mardi 5 mai 1914, avec la mention très bien. Premier docteur égyptien, il part donc pour la France le 14 novembre 1914. Penseur inclassable, épris de liberté et de tolérance, il fut séduit par la culture occidentale «J’étais semblable à ce Cheikh ; j’estimais qu’aller en France était un acte d’infidélité ou tout au moins d’apostasie» dit-il. En novembre 1914, Taha HUSSEIN obtient une bourse pour partir étudier en France, ravagée par la guerre, il séjournera par deux fois en France, à Montpellier et à Paris, de novembre 1914 à septembre 1915 et de décembre 1915 à octobre 1919. Il aimait à la situation culturelle à Paris qu’il compare à Athènes à son apogée. Il étudie en France ces sciences nouvelles qu’étaient la psychologie et la sociologie, et y compose une thèse sur la philosophie sociale d’Ibn KHALDOUN, partiellement dirigée par Émile DURKHEIM (1858-1917) qu’il soutient, en 1917, à la Sorbonne. «Plus qu’historien, Taha Hussein est un philosophe, psychologue et moraliste de l’histoire» écrit Raymond FRANCIS, dans l’introduction de «L’appel de Karaouan». Après une année de droit civil il décide en 1919, de rentrer en Egypte. En France, à Montpellier, il rencontre Suzanne BRESSEAU (1895-1989) originaire de Lusigny-sur-Ouche (Côte-d’Or, Bourgogne), qu’il épouse le 9 août 1917 à Paris. «Nous nous sommes vus pour la première fois le 12 mai 1915, à Montpellier. Rien ne m'a avertie que mon destin se décidait ; ma mère, qui m'accompagnait, ne pouvait imaginer chose pareille» écrit Suzanne BRESSEAU. C’est une nouvelle vie qui commence et fait «de son infortune un bonheur, de son désespoir une espérance et de ses ténèbres une lumière» écrit-il dans «La traversée intérieure». En effet, cette rencontre est décisive pour son avenir «Voici qu’à présent une voix douce chassait de son âme tout ce que Abou l Ala y avait versé de tristesse et de mélancolie. Il vécut une seconde naissance. La voix douce lui avait fait découvrir les merveilles de la littérature française» écrit-il dans «La traversée intérieure». Suzanne a été «mon professeure de latin. Grâce à elle, je suis le premier égyptien qui ait passé une licence dans la langue de Tacite» dit Taha HUSSEIN. Ils ont eu deux enfants, dont l’un a un prénom chrétien, Claude-Moénis (8-9-1921 au Caire – 27 novembre 2003, à Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine), l’autre un prénom musulman, Marguerite-Amina, née à Montpellier le 5 juin 1918.

A son retour en Egypte, son pays est en pleine révolte contre les Britanniques, Taha HUSSEIN commence à enseigner l’histoire de l’Antiquité à l’Université nationale du Caire. Il a pour ambition de moderniser la vie culturelle de l’Egypte. «L’Egypte a toujours été une partie de l’Europe dans tout ce qui est lié à la vie de la raison et à la culture» dit Taha HUSSEIN. En 1922, à la Protectorat britannique, la déclaration d’indépendance et une nouvelle constitution en 1924, l’Université nationale du Caire est créée en 1915. Taha HUSSEIN, nommé professeur de littérature arabe, sera promu, en 1928, doyen de la faculté des lettres du Caire ; il est surnommé alors «Doyen de la littérature arabe». Dans ses fonctions de professeur en littérature arabe, Taha HUSSEIN apprit à ses élèves à aborder tous les problèmes d'une façon objective. C'était là une méthode insolite dans cette Egypte où jusqu'alors on attendait des étudiants qu'ils crussent aveuglément aux dogmes transmis par la tradition. Avant lui, les récits mythiques du folklore égyptien le plus reculé étaient considérés comme vérités intangibles. Taha HUSSEIN dressa contre lui le fanatisme religieux en publiant un livre dans lequel il affirmait que bon nombre des croyances traditionnelles de l'Islam n'étaient que légendes. Il est créé en 1942 l’université d’Alexandrie, dont Taha HUSSEIN est devenu le recteur. C’est l’époque aussi d’une ascension politique, il sera nommé, après la victoire du WALD, en 1950, Ministre de l’Éducation nationale, secteur qu’il a profondément rénovée en défendant, une éducation libre et gratuite pour tous, et non confinée aux familles possédantes et a transformé les écoles coraniques en écoles primaires laïques : «L’éduction est (nécessaire) comme l’eau et l’air» écrit-il dans «Le livre des jours». Dans son inspiration hellénique et du modèle français de l’école républicaine, Taha HUSSEIN a l'accent mis sur l'enseignement élémentaire, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, l'exaltation du rôle de l'instituteur, et, par-dessus tout, la conception de l'école comme lieu unique de la transmission des valeurs de civilisation ; faire de l'École le seul foyer de diffusion des Lumières. «J'ai compris, que l'unique moyen d'instaurer en Egypte la véritable démocratie consiste à répandre l'instruction dans le peuple. Le droit des citoyens à l'enseignement gratuit peut nous paraître une idée inoffensive, mais dans le Proche-Orient elle passait alors, et passe encore dans certaines régions, pour révolutionnaire» écrit-il. Démissionné, Taha HUSSEIN sera réintégré en 1933, à la suite de la non-reconduction dans ses fonctions de SIDKY. Le 12 octobre 1944, il est forcé de démissionner de l’université d’Alexandrie ; mais pendant les années 1944-1950, abandonnant les disputes inutiles, Taha HUSSEIN, par une écriture fastueuse et rugueuse, se consacre exclusivement à sa production littéraire, une époque à l’apogée de son art. Un jury de critiques littéraires décernera, en 1946, à Taha HUSSEIN, le prix Fouad 1er, que l’auteur refusera.

Le projet littéraire de Taha HUSSEIN est un Islam méditerranéen où la fidélité à la tradition et l’approfondissement de l’identité égyptienne vont de pair, avec l’aspiration à la rencontre et au dialogue avec l’Occident. Pour Taha HUSSEIN, l’Islam est le devoir de faire le Bien dans la Liberté. Cette religion a laissé au croyant une Raison pour discerner, un cœur pour se remémorer, assumer la rectitude, l’intérêt général. «Il a simplement ordonné l’équité, la bienfaisance, la liberté envers les proches et interdit la turpitude, les actes odieux et l’injustice» écrit-il dans «La grande épreuve». Armé d’un doute cartésien, un rationalisme, il fait œuvre d’historien et de sociologue, pour éveiller la conscience de la Nation arabe, afin de la conduire vers la Lumière «L’égalité sociale est l’expression de l’un des deux piliers de l’Islam, à savoir : l’Unité de Dieu et la Justice» écrit-il dans la «Grande épreuve». Dans sa démarche intellectuelle subversive, Taha HUSSEIN estime que deux siècles avant la Révélation du Coran, une première révolution linguistique et poétique avait agité le monde arabe au contact avec la Perse et Byzance. Taha HUSSEIN plaide contre le complexe d’infériorité dans la confrontation du monde arabe avec l’Occident. Dans l’enracinement et l’ouverture, il considère que les deux univers se complètent. L’Egypte doit rester elle-même, tout en s’enrichissant des apports extérieurs. Aussi, le poète sénégalais, chantre de la civilisation de l’universel, était son grand ami. Pour Taha HUSSEIN, la culture égyptienne est construite autour de trois apports : tout d’abord l’élément autochtone, le Nil, le désert et les pharaons, ensuite, l’élément arabe, sa langue et sa religion, et enfin l’élément étranger. Entre tout cela, l’Egypte doit garder une distance et un équilibre. Dans son universalisme, il plaide pour un heureux mélange refusant les faux-semblants et veut imprimer, dans le général, son empreinte, à travers sa contribution littéraire. «Ecrire, c’est aussi agir ; chaque écrivain, chaque artiste ne peut avancer qu’avec honnêteté» dit-il.

Les fondamentalistes considèrent que Taha HUSSEIN est inspiré d’un excès de l’Occidentalisme ou d’un irrespect de la religion musulmane. Taha HUSSEIN a été forcé, en 1928, de démissionner de ses fonctions de doyen, par Ismaël SIDQI (1875-1950). En effet, les écrits de Taha HUSSEIN, en 1926, sur la poésie préislamique, publiés en langue française sous le titre, «Dans la prison d’Aboul-Ala» ont soulevé d’importantes polémiques en Egypte. En effet, à travers le récit concernant, AL-MAARI (973-1057), un poète syrien, Taha HUSSEI relate une Arabie païenne, irréligieuse, obscure et barbare «Toutes les religions se valent, dans l’égarement. Les habitant de la terre se divisent en deux : ceux qui ont un cerveau et pas de religion et ceux qui sont une religion, mais pas de cerveau» écrit AL-MAARI, dans son recueil de poèmes «L’étincelle d’Amadou». En effet, pour Taha HUSSEIN, dans l’héritage Coran on retrouve des traces du paganisme «Le Coran est le reflet le plus authentique de l’époque de la Jâhiliyya. Je l’étudie aussi dans la poésie de ceux qui sont venus plus tard mais qui étaient encore influencés par les idées et le mode de vie de leurs pères qui ont vécu avant la venue de l’islam. Je l’étudie même dans la poésie omeyyade elle-même» écrit-il. Suivant Taha HUSSEIN, le dire ce n’est pas une hérésie : «J’ai dit : «Ceux qui ont été ravis à l’écoute des versets coraniques n’ont pu les apprécier que parce qu’il y avait quelque chose de commun entre eux et la musicalité coranique. Le Coran, de par son style et son contenu, était un livre arabe. Sa langue était la langue littéraire usitée à son époque, c’est-à-dire à l’époque Jâhiliyenne. Et il y a dans le Coran des réponses adressés aux idolâtres au sujet de leurs croyances païennes. Et l’on y trouve une réponse aux juifs, aux chrétiens, aux Sabéens, et aux manichéens, non pas en général, mais des juifs arabes, des chrétiens arabes, des Sabéens arabes et des manichéens arabes qui représentent ces religions en pays arabe» écrit-il. Taha HUSSEIN, «Dans la prison d’Aboul-Ala», y exprime, en un style virtuose, une vision pessimiste de l'existence, avec une hauteur de vue et une liberté de ton rares. C'est non seulement le logis où le poète désespéré s'enferma pendant la majeure partie de sa vie, mais aussi la cécité qu'ils eurent tous deux en partage. Taha HUSSEIN prouve que certaines œuvres dites préislamiques sont apocryphes. Il est alors jugé pour apostasie, mais innocenté. «Il ne convient pas de tenir pour véridique une partie de l’histoire et de refuser une autre, uniquement parce que la première vous plaît et que la seconde vous blesse» écrit-il.

En 1938, promoteur d’idées nouvelles, dans son ouvrage «L’Avenir de la culture en Égypte», Taha HUSSEIN y encourage ses concitoyens à s’ouvrir sur les pays de la rive occidentale de la Méditerranée. Les conservateurs musulmans, en lutte contre le colonisateur britannique sont naturellement hostiles à cette ouverture vers l’Occident. Admirateur des Grecs et des auteurs classiques français connus grâce à des orientalistes en Egypte, Taha HUSSEIN a traduit la Constitution des Athéniens d'Aristote, et formulé, de la manière la plus précise, ce rapport organique liant le monde arabe et l'hellénisme. Il est apprécié en France, avait été attaqué par des fondamentalistes musulmans, pour sa francophilie : «Ce militant de la modernité véritable, cet adversaire de tous les immobilismes, de toutes les suffisances, n'a jamais rien abdiqué de son identité personnelle ou collective. Affamé du vaste monde, il n'a jamais déserté en esprit son limon natal. La nouveauté en lui s'est voulue gardienne de l'authenticité, et il fait résider une part de cette dernière dans un dialogue de civilisations. Ce message ne sera pas inutile, croyons-nous, aux débats de notre temps» écrit Jacques BERQUE.

 

Taha HUSSEIN, c’est une contribution littéraire massive et importante de 65 volumes. «Une écriture précise, simple et musicale, faite de vieux de neuf. Elle possède à la fois la rigueur et le déroulement du classicisme et une mise en cause des formes figées. Elle a parfois une manie du détail, du mot juste, de ces petites choses qui donnent du relief au quotidien» écrit Bruno RONFARD dans «Taha Hussein, les cultures en dialogue». Dans ce conflit entre anciens et modernes, réformateur particulièrement critique, Taha HUSSEIN a revitalisé la langue arabe

Taha HUSSEIN entreprend de traduire en arabe de grands classiques occidentaux comme Sophocle, Racine et André GIDE. Cependant, quand Taha HUSSEIN a voulu traduire en Arabe le livre «Les portes étroites» d’André GIDE, ce dernier s’est montré condescendant et paternaliste «J’ai souvent et longtemps vécu en compagnie d’arabisant et d’islamisés, et ne serait sans doute pas le même, si je ne m’étais pas attardé sous l’ombre des palmiers, après avoir goûté jusqu’à l’extase l’âpre brûlure du désert. (…). Une traduction de mes livres en votre langue, à quel lecteur pourra-t-elle s’adresser ? Ai-je mis dans ma «Porte étroite», assez d’humanité authentique et commune, assez d’amour, pour émouvoir ceux qu’une instruction différente aura su maintenir à l’abri de semblables tourments ?» écrit André GIDE, dans une lettre du 5 juillet 1945. La réponse de Taha HUSSEIN est cinglante «Mais non, vous ne vous trompez pas, tout en faisant erreur. Loin d’inviter à la tranquillité, l’Islam pousse l’esprit à la réflexion, la plus profonde et suscite l’inquiétude la plus tourmentée. Vos rapports avec Musulmans et Arabisants, ne vous ont pas permis de voir l’angoisse que l’Islam a soulevée dans toute l’Arabie, pendant les deux premiers siècles de l’Hégire, angoisse qui a donné à la littérature mondiale la poésie amoureuse la plus lyrique et la plus mystique. L’Islam donne plus qu’il en reçoit, il a donné parce qu’il a reçu. Il mérite votre confiance, cet Orient arabe qui répand votre message, comme il l’a fait jadis des maîtres de l’Antiquité» écrit-il dans sa réponse du 5 janvier 1946.

C’est dans cette tempête que Taha HUSSEIN entreprend d’écrire ses mémoires en 1927 et traduits en français en 1947, «Livre de l'émotion nue, vécue, dicté par une grande sensibilité et l'exigence d'authenticité. Il dit l'Égypte de la pauvreté et de l'espoir. Il la dit dans sa vie quotidienne, dans son histoire, dans ses éclats de rire. Taha Hussein cherchera à sortir du milieu rural comme toute sa vie il tournera le dos aux ténèbres qui l'ont tôt encerclé» écrit Tahar BEN JELLOUN. Bien plus qu’une autobiographie, l’ouvrage est un récit de vie, limpide, subtilement initiatique et le narrateur parle de lui à troisième personne. «J’ai lu votre beau livre avec une émotion bien vive. Il respire de part en part, un sentiment d’humanité de sympathie profonde, fraternelle, qui trouve aussitôt écho dans mon cœur» écrit André GIDE dans sa lettre du 16 mars 1939. Dans «le livre des jours», il y décrit longuement les années d’enfance et d’apprentissage à l’école. «La mémoire des enfants est fantasque, lorsqu’il essaie d’interroger l’histoire de son enfance» écrit-il dans «Le Livre des jours». C’est un livre de sagesse, respirant l’art de vivre des Anciens, mais dans un style novateur, une musicalité de la langue, du rythme, et surtout un éveil à la modernité. «Il se dégage de ces pages, une atmosphère et un caractère qui en font un chef-d’œuvre de la littérature, dont les autres récits ne parviennent pas à égaler la puissance» écrit Bruno RONFARD, un de ses biographes. Refusant la disgrâce des ténèbres, la cécité est devenue une force de volonté, animant une solide ambition littéraire. «Le livre des jours» est un défi relevé par Taha HUSSEIN qui a réussi à surmonter les handicaps de sa cécité. La lumière, égale à la fuite des jours, il la poursuit toute son existence pour vaincre les obstacles de la vie.

Dans le premier volume du «livre des jours», il décrit son enfance jusqu’à l’âge de 13 ans, une histoire naïve, touchante, à la découverte du monde extérieur. «Aucun ouvrage n’exprime mieux le charme de la campagne égyptienne ; aucun ne peut apporter aux Européens une documentation plus exacte sur les habitudes de vie et l’âme du Fellah» écrit Josée SEKALY. Son infirmité lui tenant lieu de vocation, l’enfant y est placé pour apprendre à devenir récitateur du Coran. «Il nous peint ce monde qu’il ne peut voir, et dont il ne prendra connaissance que par les multiples petites blessures qu’il en reçoit» écrit dans la préface André GIDE. La lumière, au centre de ses mémoires, une petite musique composée par un homme contraint de vivre dans la nuit, témoigne «d’un dépaysement de la pensée. Il s’y ajoute une autre étrangeté : c’est l’œuvre d’un aveugle. Il est sans cesse attentif à ne pas laisser transparaître sur son visage cette disgrâce des ténèbres qui, si souvent, obscurcit la physionomie des aveugles. Emmuré dans sa cécité, il ne peut participer aux amusements des autres enfants. Mais cet isolement et ce repli involontaires développeront à son insu les qualités les plus rares de moraliste, de critique et de poète. C’est l’exemple d’une réussite d’un triomphe de la volonté, d’une patiente victoire de la lumière spirituelle sur les ténèbres ; par quoi, ce livre exotique et inactuel est si noble, si réconfortant», écrit, en 1947, dans la préface André GIDE du «Livre des jours». Donnant accès à l’univers d’un enfant pauvre et aveugle, cette illumine le genre humain. «J’admirais la pertinence de ses critiques et tout à la fois la générosité de ses enthousiasmes et la violence de ses oppositions. Entre toutes choses de lui, j’aimais son rire ; pur, amusé, joyeux, comme le rire des enfants» écrit André GIDE.

 

La deuxième partie du «livre des jours», l’enfant, devenu adolescent, s’en va à El Azhar, une cité d’étudiants pauvres, mal nourris. Il ne cessa de réciter la Sourate de Ya Sin, pour obtenir la grâce de Dieu. Au Caire, il se souvient des moindres aspérités ou ruelles de la ville, ses bruits, odeurs, chaque heure de la vie quotidienne et en a dressé une galerie de portraits. L’enfant devenant adulte, il est confronté à la solitude, à la fuite des jours «Dans cette chambre-là, il a vécu en exilé, coupé des hommes et des choses, oppressé jusqu’en cet air pesant où, loin de respirer le calme et la vie même, il ne trouvait qu’ennui et douleur» écrit-il. A El-Azhar, il étouffait ; il voulait découvrir la littérature et connut la vérité et révisa une partie de ses jugements. «Il voulait vouer toute sa vie entière pour cueillir le plus possible, les fruits de la science ; il était venu au Caire, à El Azhar pour se plonger dans cet océan, il ne boirait ce qu’il pourrait, quitte à s’y noyer» écrit-il. Au Caire, il décrit sa résidence, son quartier et le corps professoral conservateur, en dehors de l’imam Mohammad ABDO (1849-1905), fondateur du modernisme égyptien. «Ce n’est plus l’enfant guidé par un compagnon chargé de lui éviter les aspérités du chemin. C’est notre guide, et c’est avec lui que nous découvrons, que nous voyons cette chambre, cet immeuble, ces ruelles. El Azar est le trait d’union de tous les tableaux ; c’est le personnage principal» écrit Gaston WIET. Dans sa soif de connaissance, il a une devise «travaille avec zèle tu réussiras !». Le désir de son père était pour lui de faire commerce de ses connaissances en Coran, mais Taha HUSSEIN devenir homme de lettres, poète ou prosateur. Or, il est très déçu de l’enseignement à El Azhar qui l’écrasait de tout son poids de conservatisme, dune nuit noire, gorgées de nuages sombres et de pensées obscures. En effet, il ne recevait, dans cette université-mosquée, que des leçons ennuyeuses de droit, de grammaire et de logique : «Il perdit son temps cette année-là ; il n’acquit aucune connaissance nouvelle à l’université ; il ne profita que des livres qu’il étudia de sa propre initiative et des conversations avec ses camarades» écrit-il. Aussi, Taha HUSSEIN commence à publier des chroniques dans le journal «El Garida», un organe du parti modéré, «El Oumma», dirigé par Ahmad Loutfi SAYYID (1872-1963). Mais ses articles frondeurs et enflammés, il les publiait au journal du parti nationaliste, «Le Drapeau» ou El Alam d’Abdelaziz GAWICH. Taha HUSSEIN, dans son plaisir d’écrire, a très vite acquis la réputation d’impertinence, d’esprit libre et de frondeur. En effet,  grand témoin des secousses politiques et sociales ayant agité l’Egypte, ses chroniques sont féroces quand il le faut, agressive parfois et ironiques.

 

Taha HUSSEIN annonçait à la fin du «livre des jours» une suite de ses mémoires «Laissons là, le jeune homme engagé dans cette lutte entre les anciens et les modernes ; à savoir le vieil esprit d’El Azhar d’une part, de l’autre le modernisme. Qui sait ? nous le retrouverons» peut-être écrit-il. Le deuxième volume de ses mémoire, intitulé «La traversée intérieure»,  fait référence à la traversée de la Méditerranée et donc son séjour en France, mais aussi toutes les mutations profondes qui ont bouleversé sa vie. Il y relate les dernières étapes de sa formation, tout d'abord à l'Université du Caire, qui vient tout juste d'être créée, puis à Montpellier, plus tard à la Sorbonne, et le retour en Égypte, où le protagoniste est nommé professeur d'université.
«L’aveugle qui indique la voie», suivant Robert SOLE, porteur de rêves de la modernité, plein d’humour et de verve, la tête haute, le caractère entier, transgressif, une volonté d’être, la rage de réussir, Taha HUSSEIN a toujours entendu se rattacher à son héritage culturel arabe. «Les livres du docteur Taha sont restés le point de départ et la source des études littéraires contemporaines. L’histoire de la littérature arabe n’a pas connu de secousse qui ressemble à une révolution, ni à un mouvement proche du renouveau que cette secousse qu’ont fait jaillir les recherches du docteur et ses opinions» dit Sukri FAYSAL au colloque de Bordeaux. Taha HUSSEIEN, «ce militant de la modernité véritable, cet adversaire de tous les immobilisme, de toutes les suffisances, n’a jamais rien abdiquer de son identité personnelle et collective. Affamé du vaste monde, il n’a jamais déserté son limon natal. La nouveauté, en lui, s’est voulue gardienne de l’authenticité, et il fait résider une part de cette dernière dans un dialogue des civilisations» écrit Jacques BERQUE dans «Au-delà du Nil».  Cité à trois reprises, dans l’obtenir, pour le Prix Nobel de littéraire, nommé président de l’Académie de la langue arabe, sous Gamal Abdel NASSER, Grand collier de l’Ordre du Nil, en 1961, il est opéré des vertèbres cervicales. Taha HUSSEIN meurt le 28 octobre 1973, au Caire ; sa maison, Ramatane, dans laquelle il vivait depuis 1956, est devenue un Musée. «On ne vit pas pour être heureux : on vit pour accomplir ce qui vous a été demandé. Nous étions à la limite du désespoir, et je pensais, «non, pas pour être heureux, pas même pour rendre les autres heureux. J'avais tort. Tu as donné de la joie. Tu as donné le courage, la foi, qui étaient en toi» écrit Suzanne TAHA-HUSSEIN, décédée le 26 juillet 1989 au Caire. «Il y a de nombreuses personnes qui meurent et qu’on enterre, mais peu nombreuses sont celles qui meurent vivantes, et qui restent vivantes après leur enterrement» écrit Youssef IDRISS (1927-1991), un écrivain égyptien. «La Vérité a guidé les pas de Taha Hussein dans sa marche à l’écoute de la lumière. Il ne s’est pas dérobé aux exigences de sa tâche et de son temps. Et il en a payé le prix. Il a donné, avec générosité, un élan nouveau au monde arabe. Ses recherches ont favorisé aussi un retour aux sources qu’un renouvellement de la langue critique. Il a montré un chemin de fidélité à ses contemporains, fait de liberté et de contrainte. IL y a du Pascal chez cet Homme. Un style de feu. Une même rigueur. Un même regard exigeant et sévère sur l’Homme, ses grandeurs et ses misères» écrit Bruno RONFARD.
Références bibliographiques
I – La contribution de Taha HUSSEIN
HUSSEIN (Taha),  Au-delà du Nil, traduction de Jacques Berque, Michel, Hayek, Anouar Louca et André Miquel, Paris, Gallimard / Unesco, 1990, pages ;
 HUSSEIN (Taha), «The Modern Renaissance of Arabic Literature», Books Abroad, hiver 1955, Vol 29, n°1, pages 4-18 ;
HUSSEIN (Taha), Adib ou l’Aventure occidentale, traduction d’Amina et Moénis Taha Hussein, Paris, Clancier-Guénaud, collection Archipel, 1988, 223 pages ;
HUSSEIN (Taha), Dans la prison d’Aboul-Ala, Paris, Milelli, 2009, 178 pages ;
HUSSEIN (Taha), Etude analytique et critique de la philosophie sociale d’Ibn Khaldoun, Paris, Pedone, 1918, 222 pages ;
HUSSEIN (Taha), Future of Culture in Egypt, Hippocren Books, 1969, 287 pages ;
HUSSEIN (Taha), La grande épreuve : Uthman, Paris, Vrin, études romanes, 1974, 164 pages ;
HUSSEIN (Taha), L’arbre de la misère, traduction de Gaston Wiet, Le Caire, Dar Al-Maaref, 1964, 261 pages ;
HUSSEIN (Taha), La Traversée intérieure, préface d’Etiemble, traduction de l’arabe par Guy Rocheblave, Paris, Gallimard, 1992, 224 pages ;
HUSSEIN (Taha), Le Livre des jours, préface d’André Gide, traduit de l’arabe par Jean  Lecerf, et Gaston Wiet, Paris, Gallimard, collection «L’Imaginaire», 1984, 264 pages ;
HUSSEIN (Taha), Shéhérazade ou la clef des songes, traduction de Lefèvre, Paris, Dialogues éditions, 1997, pages.
II – Les critiques de Taha HUSSEIN
AHMAD (Hussam, R.), The Last Nahdawi, Taha Hussein and Institution Building Egypt, Stanford University Press, 2021, 287 pages ;
Anonyme, «L’aveugle qui donne la Lumière à l’Egypte», Le Louis Braille, juillet 1954, n°40, pages 3-4 ;
AVON (Dominique), «Les origines de la Nahda, au crible de l’orientalisme», Perspectives, octobre 2004, pages 195-223 et 238-239 ;
AVON (Dominique), ELIAS (Amin), «L’identité nationale, comme dépassement du confessionnalisme : L’Egypte, selon Taha Hussein», Facteurs d’identité, 2012, pages 263-283 et 3-6 ;
BARBULESCO (Luc), «L’itinéraire hellénique de Tâhâ Husayn», Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, avril 2002, n°92-98, pages 297-306 ;
BEN JELLOUN (Tahar), «Taha Hussein, Doyen des lettres arabes», Le Monde du 21 juillet 1978 ;
BERQUE (Jacques), «L’Islam vu Taha Hussein», Mélanges offerts à Henri Laoust, 1977, Vol I, pages 65-72 ;
BERQUE (Jacques), Relire le Coran, Paris, Albin Michel, 1993, 140 pages ;
BRUNEL (Pierre), «Taha Hussein et la France», Horizons maghrébins, 1992, n°18-19, pages 192-202 ;
BORNECQ (Jacques-Henry), «Les littératures égyptiennes», Revue-des-Deux-Mondes, 1er août 1973, pages 470-478 et octobre 1973, pages 228-237 ;
BOUVET (Rachel), «Le livre des jours de Taha Hussein, quelques réflexions», Revue de littérature comparée, 2005, Vol 3, n°315, pages 311-325 ;
CELARENT (Barbara), «La philosophie sociale de Ibn Khaldoun by Taha Hussein», American Journal of Sociology, novembre 2013, Vol. 119, n°3, pages 894-902 ;
CHETTOUH (Kania), «Taha Hussein ou l’exemple d’une rencontre culturelle entre l’Egypte et la France», Revue annales du patrimoine, Université de Mostaganem, septembre 2009, n°9, pages 31-44  ;
E’TESSAM-ZADEH, traducteur et préfacier, Les Rubayat d’Omar Khayyam, Paris, Maurice Artois, 1934, 72 pages ;
FRANCIS (Raymond), Aspects de la littérature arabe contemporaine, Le Caire, Dar Al-Maaref, 1963, 343 pages ;
GALAL (Abdel Fattah) «Taha Hussein, (1889-1973)», Prospects : the Quarterly Review of Comparative Education, Paris, UNESCO, 1993,  Vol XXII, n°3-4, pages 687-710 ;
GROLLEAU (Charles), introduction et notes, Les quatrains d’Omar Khayyâm, Paris, Charles Carrington, 1902, 158 pages ;
GAZZALI (Lahouari), Taha Husayn, Casablanca, Centre culturel du livre, édition distribution, 2021, 126 pages ;
KHOURY (R. G), «Taha Husayn (1889-1973) et la France. Notes bibliographiques commentées», Arabica, 1975, Vol XXII pages 249-254 ;
HAAS (Didier), «Un grand intellectuel aveugle : Taha Hussein», Le Valentin Haüy, septembre 2007, page 38 ;
JOMIER (Jacques), «Taha Hussein, historien», Horizons maghrébins, 1992, n°18-19, pages 192-202 ;
LACHESE (Jean-Philippe), «Taha Hussein et André Gide», Bulletin des amis d'André Gide, 1985, Vol 13, n°65, pages 58-67 ;
LANGHADE (Jacques), BUNHOUR (Abdallah), Taha Hussein, colloque de Bordeaux, 15, 16 et 17 décembre 1989, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 1991, 210 pages ;
LAOUST (Henri), «La vie et la philosophie d’Abou-l-Ala Al-Ma’ari», Bulletin d’études orientales, 1943-1944, T 10, pages 119-157 ;
LOUCA (Leila.), «Le Discours Autobiographique de Taha Hussein selon la Clôture du Livre des Jours», Arabica, 1992, Vol 39, n°3, pages 346– 57 ;
MAHMOUDI (Mahmoudi), Taha Husain’s Education from the Azhar to the Sorbonne, Richmond, Surrey, Curzon Press, 1998, 267 pages ;
MALTI-DOUGLAS (Fedwa), Blindness and autobiography Al-Ayyam of Taha Ifusayn, Princeton University Press, 1948 et 2014, 216 pages ;
MARGOLIOUTH (David, Samuel), The Letters of Abu’l–’Ala, Oxford, The Clarendon Press, 1898, 357 pages ;
MOKDAD AL-JEMNI (Omar), «Taha Husayn et Ernest Renan», Etudes Rénaniennes, décembre 1996, n°102, pages 38-54 ;
MONTEIL (Vincent), Anthologie bilingue de la littérature comparée arabe, Beyrouth, Imprimerie catholique, 1961, 267 pages ;
NICOLAS (Jean-Baptiste), traducteur et préfacier, Les quatrains de Khyème. Rubaïyat d’Omar Khayyam, Paris, Imprimerie de l’Empereur, 1867, 202 pages ;
RONFARD (Bruno), Taha Hussein, les cultures en dialogue, Paris, Desclée de Brouwer, 1990, 90 pages ;
ROUSSEAUX (André), «Les livres de Taha Hussein», France-Illustration, 3 septembre 1949, page 243 ;
SALMON (Georges), traducteur et préfacier, Le poète aveugle : un précurseur d’Omar Kayyam : extraits des poèmes et des lettres d’Aboû’l A ’lâ-Al-Ma’arî, Paris, Charles Carrington, 1904, 164 pages ;
SEKALY (Josée), «Les lettres égyptiennes, visite à Taha Hussein», Les Nouvelles littéraires, 27 février 1937, page 9 ;
SFAR (Mondher), «Taha Hussein et le Coran», Le Matin d’Alger, 26 mai 2016 ;
SOLE (Robert), «Taha Hussein, l’aveugle qui montre la voie», Ils ont fait l’Egypte moderne, Paris, Perrin, 2017, pages 193-205 ;
TAHA -HUSSEIN (Claude-Moënis), «André Gide, lettres à Taha Hussein et sa famille», Bulletin des amis d’André Gide, avril-juillet 1997, Vol XXV, n°114-115 pages 145-171 ;
TAHA -HUSSEIN (Moënis), Présence de l’Islam dans la littérature romanesque en France, Université de Paris, 1960, 515 pages ;
TAHA-HUSSEIN (Suzanne), Avec toi, de la France à l’Egypte : un extraordinaire amour, Paris, Cerf, L’Histoire à vif, préface Amina Taha Hussein-Okada, annotations de Zyna Weigan et préface de Bruno Ronfard, 2011, 376 pages ;
TOMICHE (Nadia), Histoire de la littérature romanesque de l’Egypte moderne, préface de Jacques Berque, Paris, Maisonneuve et Larose, 1981, 254 pages ;
WIET (Gaston), Introduction à la littérature arabe, préface de Jacques Berque, Paris, Maisonneuve et Larose, 1966, 333 pages.
Paris, le 17 décembre 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Taha HUSSEIN (1899-1973), doyen de la littérature arabe, écrivain égyptien de la révolte, de la Lumière et ses mémoires : «Le livre des jours»» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/