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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 18:16
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«La vie de Voltaire doit être l'histoire des progrès que les arts ont dû à son génie, du pouvoir qu'il a exercé sur les opinions de son siècle ; enfin de cette longue guerre contre les préjugés, déclarée, dès sa jeunesse, et soutenue jusqu'à ses derniers moments» écrit Nicolas de CONDORCET (1743-1794), biographe et éditeur de Voltaire, après sa mort. La modernité et l'actualité des écrits indépassable des écrits ne souffrent d'aucune contestation sérieuse. En effet, icône de l’engagement intellectuel, de la tolérance et de la liberté de pensée au XVIIIème siècle, Voltaire est l’un des plus importants chefs de file du Siècle des Lumières «En ces temps-là, il était un Roi qui s’appelait Voltaire. Son royaume n’avait ni commencement, ni fin. Il fut sacré Roi de l’esprit humain à la cour de Prusse par son frère Frédéric II, dans cette belle Allemagne où Goethe a dit «Après avoir enfanté Voltaire, la Nature se reposa». Ses ministres furent tous les grands hommes : Diderot, D’Alembert, Buffon, Turgot, Condorcet. Voltaire n’est pas mort, il reviendra»  écrit, en 1858, Arsène HOUSSAYE dans son «Roi Voltaire». En effet, Voltaire incarne, à lui tout seul, la défense des principes de liberté et de tolérance, tant mis à mal par notre époque troublée, marquée par le triomphe d’une démocratie ethnique, les mensonges, les dissimulations et les instrumentalisations.
Voltaire ou l’anagramme d’AROUET, «Le Jeune», de son vrai nom François-Marie AROUET, est né, officiellement, le 21 novembre 1694, à Paris. Très chétif, il est doté d’une énergie hors norme. «Je suis né, tué» écrira-t-il. François de CASTAGNERES dit abbé CHATEAUNEUF (1650-1703), que certains pensent être son vrai père, un homme instruit et brillant, sera son parrain, et lui récite les fables de Jean de la FONTAINE. Voltaire, mort le 30 mai 1778, à Paris, à 84 ans, un âge très avancé à l’époque, a été très prolifique dans sa production littéraire. Appartenant à une famille aisée dont les ancêtres sont originaires du Poitou son père, François II AROUET (1649-1722), est notaire et conseiller du Roi. Il est le 5ème enfant de Marie-Marguerite DAUMARD (1660-1701). Le jeune Voltaire fait ses études au Lycée Louis Le Grand, à Paris, dirigé à l’époque par les Jésuites. Voltaire sera inscrit, par la suite, à la faculté de droit de Paris. Son père lui trouve une place dans un cabinet d’avocats, mais il préfère devenir écrivain et fréquente les salons littéraires parisiens. «Voltaire était au-dessous de la taille des grands hommes, c’est-à-dire un peu au-dessus de la médiocre. Il était maigre d’un tempérament sec ; il avait la bile brûlée, le visage décharné, l’air spirituel et caustique, les yeux étincelants et malins : tout le feu que vous trouverez dans ses ouvrages» écrit Elie HAREL. En dépit de son physique disgracieux, Voltaire avait du succès auprès des femmes. Sa dernière compagne, à partir de 1745, jusqu’à la fin de sa vie, a été sa nièce Marie Louise MIGNOT, dite Mme DENIS (1712-1790), qui sera sa gouvernante et sa légataire universelle.
Voltaire est né dans une période sombre de l’histoire de France d’absolutisme royal et de montée de l’intolérance. Ainsi, les temps anciens sont marqués par la bigoterie et les persécutions des faibles. En effet, Louis XIII dit «Le Juste» (1601-1643), a été un prince orageux, faible et dévot : «L’Europe était couverte de bandes d’intolérants, tous demandant la liberté de conscience, tous la refusant dès qu’ils étaient les plus forts. Ici, et au nom de Dieu, on égorgeait les Calvinistes, les Luthériens, tous ceux qui, sous quelque bannière qu’ils marchent, au courage de dire qu’il était honteux au Pape de faire payer au peuple, un infâme trafic d’indulgences, son luxe et ses plaisirs, joignaient l’imbécilité de croire que le Pape était le persécuteur de l’Antéchrist», écrit Théophile DUVERNET. En effet, Louis XIV (1638-1715), dit «le Grand» ou «le Roi Soleil», une monarchie absolue, de 1661 à 1679, tente de faire liquider le protestantisme de son royaume. Le 18 octobre 1685, il révoque l’Edit de Nantes promulgué le 13 avril 1598 par Henri IV, par des conversions forcées au catholicisme ; il fallait l’abjuration ou l’exil. «Sous le règne de Louis XIV, on osait même à peine penser, même dans le secret d’un intime ; le joug de l’autorité pesait sur les esprits» écrit Jean Le Rond D’ALEMBERT (1717-1783). Pendant le règne de Louis XV (1710-1774) dit le «Bien-aimé», et donc la Régence, on emprisonna, on exila et tourmenta ceux qu’on méprise. En effet, quand le «Grand roi» ou Louis XIV, un belliciste, meurt, et dans la joie de la délivrance, dans celle de la paix assurée, éclate la fête de la Régence. «Révolte contre la tristesse bigote et le lourd despotisme du dernier règne ; étalage débrayé de cynisme, de scepticisme et de débauche ; fureur de jeu, d’amour, de luxe ; bouillonnement hardi d’esprit, de rire et de satire ; mais aussi avidité d’argent et fièvre de spéculation : il faut de l’argent pour le plaisir ; pas de grand nom qui ne trafique et n’agiote» écrit Georges LANSON, en 1906, dans son «Voltaire». C’est pendant cette période de relâchement, au XVIIIème, que la bourgeoisie, une classe montante, par sa puissance matérielle et politique, est en train de prendre le dessus sur la royauté et la noblesse en ripaille. C’est dans ce vide du pouvoir politique, que se développe une révolution des mentalités aboutissant à remettre en cause l'Ancien Régime au profit de valeurs nouvelles, comme l'individualisme, la tolérance, la liberté, la croyance au progrès, la séparation des pouvoirs, l'égalité des hommes et la souveraineté du peuple.
Poète, philosophe, historien, épistolier, conteur et dramaturge, menacé à cause de ses critiques de l’Eglise et de l’absolutisme royal, Voltaire a été emprisonné à deux reprises à la Bastille (11 mois entre 1717 et 1718 et 2 semaines en 1726). En effet, Voltaire fréquentait, à Sceaux, le château Louise-Bénédicte de BOURBON (1676-1753), duchesse du Maine, petite-fille du Grand Condé, une coterie littéraire qui complotait contre le duc Philippe d’Orléans, le régent. A sortie de prison, il prend le nom de Voltaire : «Ne t’étonne pas ma chère de changement de nom : j’ai été malheureux avec l’autre que je veux voir si celui-ci m’apportera du bonheur» écrit-il à sa fiancée Olympe DUNOYER, dite Pimpette (1692-1769). Entre 1726 et 1729, Voltaire s’exile en Angleterre où la liberté d’expression est plus grande qu’en France. Esprit critique, Voltaire est un admirateur de John LOCKE (1632-1704), notamment son «essai sur l’entendement humain» et ses développements sur la liberté et la tolérance. En juin 1734, Voltaire, après la condamnation des «Lettres anglaises», part se réfugier à la campagne, au château de Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne, au Sud de Saint-Dizier), appartenant à Gabrielle Emilie Le TONNELIER de BRETEUIL, dite la marquise du CHATELET (1706-1749). Entre 1744 et 1755, esprit mobile et polygraphe, devenant courtisan, après la mort de la Marquise du CHATELET, il se met à fréquenter la cour des princes : «Ma destinée était de courir de roi en roi, bien que j’aimasse la liberté avec idolâtrie» dit-il. Après avoir été nommé historiographe du roi Louis XV dit «Le Bien-aimé» (1710-1774), il accepte l’invitation du roi de Prusse, Frédéric II (1712-1786), et s’installe pendant trois ans à Berlin. Frédéric II favorise le développement des sciences et des arts et prend l’avis des philosophes des Lumières. En 1758, Voltaire se retire à Ferney (département de l’Ain, région Auvergne-Rhône-Alpes), près de Genève, en Suisse : il peut alors écrire librement, il s’investit dans de nombreux combats contre l’injustice et l’intolérance, notamment l’affaire Jean CALAS.
Faisant l’éloge de l’imprimerie chinoise dans l’émergence de la liberté d’expression, déiste et admirateur de Confucius (551-479 avant JC), un sage et prophète, Voltaire est partisan d’un Dieu architecte et horloger. «Quiconque a écrit sur nos devoirs a bien écrit dans tous les pays du monde, parce qu’il n’a écrit qu’avec sa raison. Ils ont tous dit la même chose : Socrate et Épicure, Confucius et Cicéron, ont eu la même morale» écrit Voltaire, dans son «dictionnaire philosophique». En effet, Voltaire est un tenant d’un déisme tolérant, un sensualisme excluant tout matérialisme véritable, une référence constante au bon sens, à la vertu trouvée dans le cœur des hommes, pour gouverner sagement, un despotisme politique tranquille ou éclairé, et un intérêt particulier porté à l’éducation et à la culture. Ni apologie, ni diatribe, partisans et adversaires de Voltaire se sont affrontés à travers l’histoire littéraire de France. A tout le moins, on peut dire que Voltaire domine et incarne la XVIIIème siècle, par son génie et sa production littéraire prolifique : «Voltaire, c’est un siècle fait homme» écrit Alphonse de LAMARTINE (1790-1869). Voltaire est qualifié, parfois, de superficiel, railleur sans blesser, mondain ou volage, rancunier, polémiste, agitateur, audacieux et philosophe des Lumières. «Quelque merveilleux qu’ait été son esprit, Voltaire s’est montré en tout frivole pour qu’on doive le compter parmi les philosophes» écrit Edme NOURRISSON. En particulier, ses adversaires estiment que voulant briller, Voltaire ne dédaignait pas la lumière : «C’était un homme dévoré du besoin d’activité, du besoin de bruit, du besoin de gloire. Qu’on parlât de lui, sans cesse, partout infatigablement, c’était chez lui une soif inextinguible. C’était un homme qui a pour dix millions de gloire et qui en demande encore pour deux sous» écrit Emile FAGUET, académicien et critique littéraire. La majorité des critiques littéraires a fini par célébrer les éminentes qualités d’intellectuel de Voltaire,  reconnu pour être «le poète facile, léger et badin, l’écrivain spirituel alerte, beau rieur, le critique incisif, le polémiste infatigable, le penseur. Mais ce qu’il y a de meilleur et de plus grand en lui, c’est l’homme» écrit, en 1867, Edouard de POMPERY, dans «le vrai Voltaire : l’homme et le penseur». Voltaire, religieux à la façon de Socrate et Marc-Aurèle, déiste comme Denis DIDEROT (1713-1784), a su sonder le cœur et les aspirations profondes de la France du XVIIIème siècle, en y introduisant, avec d’autres idées, un concept novateur, celui de la Raison, prélude à la Révolution de 1789.
Eminent intellectuel du XVIIIème siècle, dénommé aussi Siècle des Lumières, Voltaire est l’un des grands propagateur d’idées nouvelles, principalement une immense soif de liberté. Après la chute de l’empire romain, «le Siècle des lumières mit un terme fatal aux anciennes constitutions, politiques et même religieuses de l’Europe. Tout l’édifice social ne subsistait en France que comme un vain simulacre : il s’écroula» écrit en 1821, François-Antoine-Joan MAZURE dans «la vie de Voltaire».  «Les libres penseurs se multiplièrent à sa voie dans toutes les classes de la société. Voltaire avait formé dans l’Europe entière une ligue dont il était l’âme et dont le cri de ralliement était raison et tolérance» écrit Nicolas de CONDORCET. En raison du grand développement intellectuel et culturel, les Lumières ont pour ambition d’éclairer les hommes en s’aidant de la Raison et des sciences. C’est une importante période de remise en question de l’ordre politique et les valeurs traditionnelles, notamment des religions révélées, en réclamant la liberté individuelle, l’égalité des droits, la liberté de pensée et de croyance. Aussi, Voltaire critique la monarchie absolu de droit divin et les privilèges excessifs des nobles et du clergé, et appelle à une société dans laquelle les hommes seraient libres et égaux. Cette «philosophie des lumières», ou «Enlightenment» en langue anglaise, «Aufklärung» en allemand, a pour ambition de sortir des ténèbres, de combattre l’ignorance et la superstition, en vue de guider vers la lumière, le plus grand nombre de personnes sur la manière de vivre heureux et de fonder une société juste.
La contribution littéraire de Voltaire, à travers sa philosophie, ses contes, ses poésies ou romans est riche et vaste. Ses œuvres principales sont, notamment en 1747,  «Zadig» un conte satirique, retraçant les mésaventures d’un jeune homme, victime d’injustice, qui fait l’expérience du monde, face aux dangers et à l’injustice de la société ; il est exposé à différentes mésaventures, de désespoir et de souffrance. En effet, Zadig entreprend son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal. Trahi par Sémire et Azora, déçu par l'amour, Zadig trouve refuge dans la Nature, qui est à l'image de Dieu. Remarqué par le roi d'Égypte Moabdar, il retourne dans le tourbillon du monde et devient Premier ministre. Séduit par la reine Astarté et menacé par la jalousie du roi, il fuit bientôt Babylone. C'est l'occasion pour lui d'un retour sur soi et d'une réflexion sur les caprices de la fatalité. A travers Candide, Voltaire s’insurge contre une justice royale expéditive et approximative qui broie les petites gens, épargne les grands, avec la bénédiction des curés. En effet, Zadig est accusé d’avoir volé un chien et un cheval de la Reine, sans aucune preuve tangible, en dehors du fait que ces animaux ont disparu. Il est condamné au fouet et à l’exil à vie. Mais c’est une justice cupide ne rechignant pas devant la corruption ou les flatteries. Cependant, ce conte a une morale, un idéal de Justice. Lorsque Zadig devient ministre du Roi, ses jugements ne sont non pas arbitraires ; ils sont fondés la Raison, tout idéal de justice à la base de la pensée des Lumières. L’influence de Voltaire, comme philosophe, peut se résumer d’un seul mot : «Il a refait l’éducation de l’esprit humain, en opposant le relatif à l’absolu, en substituant, dans tous les domaines de la philosophie, le point de vue critique au point de vue dogmatique» écrit, en 1908, Georges PELLISSIER dans son «Voltaire philosophe».
En 1749, Voltaire publie «Candide», un naïf, dans ce roman d'apprentissage, un jeune homme à la poursuite de sa chère Cunégonde, à travers une Europe dévastée, avec une verve satirique, permet à l’auteur de poursuivre une mission : lutter contre les abus de toute sorte, les superstitions, le fanatisme, les horreurs de la guerre. Au «meilleur des mondes possibles» proclamé par Pangloss, Voltaire oppose la conclusion de Candide, au terme de son initiation : «Il faut cultiver notre jardin». En effet, Candide est en particulier, un conte philosophique de dénonciation de la guerre. Au début, Voltaire présente la guerre, à travers les yeux de Candide, comme une parade, une fête. Puis dans un second temps, Voltaire expose la guerre dans toute sa laideur avec champ lexical de l'horreur : femmes égorgées, filles éventrées et des cervelles répandues sur la terre.
En 1763, Voltaire écrit un texte majeur, le «Traité sur la tolérance», une vigoureuse défense de  Jean CALAS (1698-1762), un marchand d’étoffes protestant de Toulouse accusé, en 1761, et exécuté le 10 mars 1762, pour avoir assassiné son fils, afin d’éviter qu’il ne se convertisse au christianisme. Voltaire invite à la tolérance entre les religions et dénonce le fanatisme religieux et les superstitions.
«Des souvenirs tels que Titus, Trajan, Marc-Aurèle, Henri IV, sont, sans doute de grands dons de la nature, mais un don plus grand encore est un vrai philosophe ; et sous ce titre, Voltaire est sans contredit, le plus beau présent ait encore fait aux Hommes» écrit en 1786, DUVERNET, dans «la vie de Voltaire». Voltaire est une immense gloire littéraire, dont l’importance historique a eu une influence considérable sur son époque, et nous interpelle encore, de nos jours, en début du XXIème siècle. En effet, Voltaire est un philosophe des Lumières et un écrivain engagé : il dénonce la guerre, il critique le roi et l’Eglise : il veut réformer les structures sociales et judiciaires de son époque : il combat l’injustice et l’intolérance religieuse, il défend la liberté de penser et d’expression. Il a joué un rôle important auprès des monarques éclairés, qui écoutaient ses avis. Ses écrits ont été un des phénomènes déclencheurs de la Révolution française de 1789.
Voltaire incarne, de nos jours, un puissant symbole de la lutte contre l’intolérance, le fanatisme religieux ou politique ainsi que l’arbitraire du pouvoir étatique. Aussi, pour examiner son héritage, à la lumière des préoccupations de notre temps, je m’en tiendrai, fort modestement, à deux thèmes qui nous interpellent encore : la Liberté et la tolérance. Ces deux sujets restent d’une grande actualité dans l’Histoire de notre siècle.
I – Voltaire, un partisan de la Liberté
«Plus les hommes sont éclairés, plus ils sont libres ; car il y a une nécessaire union des lumières et de la liberté» dit Voltaire. Voltaire, en libéral, a bien cerné la liberté et ses limites. Quelle est l’étendue, les risques mais aussi les abus possibles, de l’usage de la liberté ? Comment jouir des bienfaits de la liberté, tout en maitrisant ses inconvénients, notamment la calomnie ou les injures ?
Ecrivain prolifique, Voltaire est constamment harcelé par la censure et la répression. Aussi sous l’Ancien Régime, un pouvoir absolu voulant distinguer, le problème de la liberté de la presse est une question centrale de la lutte pour la conquête ou la conservation du pouvoir. Pragmatiques et rusés, les écrivains afin de survivre, dans ce monde hostile, avaient tendance à privilégier la flatterie. «Un homme a de la fausseté dans le cœur quand il s'est accoutumé à flatter et à se parer des sentiments qu'il n'a pas. Cette fausseté est pire que la dissimulation» écrit Voltaire en 1764, dans «Le dictionnaire philosophique». Voltaire a été audacieux, en avançant l’idée que les livres puissent devenir séditieux. L’esprit voltairien est «une arme dangereuse : de quelque côté qu’on la touche, on s’y blesse» écrit Arsène HOUSSAYE. En effet, Voltaire milite en faveur d’une confiance totale dans le monde des idées ou la République des lettres, soit un territoire sans police ni frontières et sans inégalités autres que celles des talents. N’importe qui pouvait s’y installer pour peu qu’il exerçât l’un des deux attributs de sa citoyenneté, à savoir l’écriture et la lecture. Aux écrivains de formuler des idées, aux lecteurs d’en apprécier le bien-fondé. «Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé ; je n’en connais point qui aient fait de mal réel» écrit-il dans son «Dictionnaire philosophique» tome 19, page 586. Seule la lecture sait exposer le paisible progrès : «Chaque citoyen peut parler par écrit à la nation, et chaque lecteur examine à loisir, et sans passion, ce que ce compatriote lui dit par la voie de la presse. Nos cercles peuvent quelquefois être tumultueux : ce n’est que dans le recueillement du cabinet qu’on peut bien juger» écrit Voltaire dans, «Questions sur les miracles», tome 25, page 419.
«Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion» écrit Voltaire. En farouche anticlérical, du temps où l’Eglise, le Tiers-Etat et la noblesse dominaient tout, Voltaire apparaît comme un héros des Lumières : «Si le christianisme a été une dégradation, s’il a fait l’homme pire qu’il n’était, Voltaire, en l’attaquant, a été un bienfaiteur de l’Humanité ; mais si c’est le contraire qui est vrai, le passage de Voltaire sur la terre chrétienne, a été une grande calamité» écrit ROYER-COLLARD. En effet, Voltaire a exposé la liberté de penser dans un monde encore largement dominé par les croyances religieuses : «La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage» ou encore «Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer» écrit-il.
«Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire» est une citation apocryphe attribuée à Voltaire. En fait, s’adressant le 6 février 1770, à l’abbé Le RICHE a écrit : «Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire».  La défense de la liberté d’expression est une réaction contre le système de la monarchie du de droit divin, agissant selon son bon vouloir, sans se préoccuper des besoins du peuple. En défendant la liberté d’expression pour tous, Voltaire fait acte d’opposition à la suprématie du pouvoir royal. «J’écris pour agir» dit Voltaire. Un philosophe engagé est comme un homme politique, il doit descendre dans l’arène afin de défendre les valeurs auxquelles il croit. Il agit en écrivant. Par conséquent, les hommes ont tous le droit de s’exprimer librement et il faut pouvoir faire preuve de tolérance envers les autres même lorsque leur avis nous déplait. Envisager de supprimer cette liberté d’expression, par la censure ou l’intimidation, porterait atteinte à la dignité de l’Homme.
C’est quoi donc la liberté, après plusieurs siècles d’esclavage, de colonisation, d’indépendance dans la dépendance, de mauvaise répartition des richesses, mais aussi de forte concentration des grands groupes de presse aux mains des nantis ?
Au début du XXème siècle, les artistes afro-américains, du groupe culturel dit «Harlem Renaissance» (Langston HUGUES, Richard WRIGHT, James BALDWIN, Joséphine BAKER), fuyant la ségrégation raciale Etats-Unis, sont venus se réfugier à Paris, symbole de liberté et de création artistique. C’est également à Paris que, sous l’impulsion de Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE, qu’est née la Négritude. Alioune DIOP a choisi, en 1947, de créer dans la capitale française sa maison d’édition et sa revue, Présence africaine.
En raison de la revendication des peuples colonisés à l’aspiration de la liberté et de l’indépendance, mais aussi des guerres coloniales contre les mouvements de libération nationale, notamment en Indochine et en Algérie, la censure et la torture ont pris le pas sur le pas sur cet esprit de liberté et de tolérance. L’éditeur engagé et solidaire avec les racisés, François MASPERO (1932-2015), à coups de condamnations judicaires, a fini par fermer, fort injustement, boutique. Certains auteurs, comme Yambo OUOLOGUEM (1940-2017) ou Calixte BEYALA ont même été accusés, à tort de plagiat, et sont maintenant réhabilités.
Il fut un temps où sous Charles de GAULLE (1890-1970), pourtant chef de la France Libre, la devise était «l’ORTF, c’est la voie de la France». François MITTERRAND (1916-1996)), en 1981, a libéré les ondes et organisé une extraordinaire liberté de la presse. Cependant, la multiplicité n’est pas toujours synonyme de liberté. En effet, la presse est de nos jours, pourtant plurielle, est standardisée, répétitive, insipide et fortement concentrée aux mains de certains groupes financiers, avec des calomnies, à longueur de journée, contre les racisés. «Nous avons assisté depuis quelques années à une poussée d’intolérance et de haine, vraiment surprenante dans notre pays fait de bon sens et de générosité. Les passions politiques, surexcitées par certains journaux, qui prennent le masque de la liberté de la parole pour cacher la pire des tyrannies, celle de la conscience, se sont déchaînées contre une race, contre une minorité religieuse, dont a voulu faire un bouc-émissaire de nos épreuves» écrivait déjà, en 1900, Gaston BONET-MAURY.
Depuis la fin de la Guerre froide, un concept est galvaudé, celui du Monde dit «libre» accaparant les matières premières des pays du tiers-monde, et sous prétexte de combattre le terrorisme ou l’islam, organise des guerres locales, pour défendre, non pas la sécurité des autres, mais ses propres intérêts. Les Occidentaux ferment les yeux sur les régimes autoritaires et dictatoriaux notamment africains, dès l’instant que ceux-ci servent leurs intérêts.
Victimes d’un matraquage idéologique et médiatique, les pays du tiers-monde, n’ont pas pu, jusqu’ici, décolonisé l’information, restant ainsi sous le joug de l’esclavage mental. Par ailleurs, une presse nationale africaine, souvent superficielle, cultivant le sensationnel ou l’anecdotique, n’a pas encore pu prendre toute sa place dans cette guerre idéologique entre le Nord et le Sud, et éduquer le peuple.
C’est ici, l’occasion de mettre en valeur et louer l’initiative de M. Edwy PLENEL, patron d’un journal en ligne, Médiapart. Chaque abonné dispose d’un blog ; toutes les publications sont diffusées, sans aucune censure ou modération, dans le Club Médiapart. Toute opinion peut s'y exprimer, librement, y compris en désaccord avec la ligne éditoriale du journal Médiapart ; naturellement le respect des autres est fondamental. La devise de Médiapart est «on peut tout acheter, sauf notre journal». Cette grande liberté suppose la responsabilité de tous ; aussi, pendant la campagne des présidentielles de 2022, et en raison des abus constatés, les écrits des blogs, auparavant confondus avec les articles des journalistes professionnels de Médiapart, ont été relégués en arrière-plan. Chacun doit rester à sa place. Point d’usurpation de fonctions. Il n’en reste pas moins que cette initiative unique et audacieuse de Médiapart devrait encouragée, défendue et valorisée et étendue à d’autres organes de presse, d’autant plus que cette grande et extraordinaire liberté de la presse est un espace appréciable d’expression pour les racisés, devenus presque invisibles dans cette montée des forces du Chaos.
II – Voltaire, un adversaire du préjugé et un promoteur de la Tolérance
Voltaire, dans son humanisme, s’est illustré par sa lutte contre le fanatisme religieux et la persécution des innocents condamnés. «Voltaire a fait un travail remarquable – il s’est fait le défenseur d’une personne injustement condamnée Sans parler de tant de préjugés sombres qu’il a anéantis, cette défense obstinée d’une affaire qui semblait sans espoir représente un véritable exploit. Il a compris qu’un homme doit être avant tout humain. Ce qui est primordial, c’est la justice» écrit Volodymyr  KOROLENKO (1853-1921), un auteur humaniste ukrainien.
Voltaire s’est fait l’apôtre de la liberté religieuse, contre toute forme de fanatisme, dans l’affaire Jean CALAS, un fait divers sur fond de conflit religieux entre protestants et catholiques. Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance. En effet, Jean CALAS (1698-1762), protestant, est soupçonné d’avoir assassiné son fils, Marc-Antoine, qui voulait se convertir au catholicisme. Il est condamné. Voltaire s’engage à obtenir la révision du procès en publiant, en 1763, son «Traité sur la tolérance». Voltaire a estimé que l’État devrait avoir une religion officielle, les autres devant seulement être tolérées. Il lutte cependant contre la persécution des mécréants et des croyants d’autres religions, à commencer par les protestants. En fait, le fils de Jean CALAS s’était suicidé. Calas fut condamné à mort et exécuté le 10 mars 1762. En avril 1762, Voltaire commence son action pour la révision du jugement. En 1765, grâce à ses efforts, Jean CALAS fut proclamé innocent à titre posthume et sa famille libérée des persécutions. «Vous me demandez pourquoi je m’intéresse si fort à ce Calas qu’on a roué :  c’est que je suis un homme» écrit-il en 1792 à Charles-Augustin de FERRIOL d’ARGENTAL (1700-1788).
«L’histoire de mes malheurs», relate que le chevalier François-Jean de la BARRE (1745-1766) et son ami Dominique Gaillard d’ETALLONDE (1748-1788) furent accusés d’avoir profané un crucifix et commis des actes impies et blasphématoires. Lors d’une perquisition, on trouva chez de la BARRE des livres licencieux, ainsi que «le Dictionnaire philosophique» de Voltaire. D’ETALLONDE s’enfuit, tandis que de la BARRE et un troisième accusé, MOISNEL, furent appréhendés. De la BARRE, bien qu’il n’eût été prouvé coupable que de blasphèmes, fut soumis à la «question extraordinaire» ou la torture ; il fut exécuté ; on lui coupa la tête et ensuite son corps fut jeté au bûcher. Voltaire essaya, sans succès, d’obtenir la réhabilitation de La BARRE, mais il parvint à arracher aux persécutions d’ETALLONDE, qui s'enfuit en Prusse, où il devint, en 1767, sous-lieutenant, grâce à l'intervention de Voltaire, auprès de Frédéric II. Il fut réhabilité par la Convention en 1793.
L’affaire Jean-Paul SIRVEN (1709-1777), un artisan et protestant de Castres avait également défrayé la chronique et provoqué l’intervention de Voltaire. Jean-Paul SIRVEN, est installé à Saint-Alby, près de Mazamet, avec son épouse Antoinette Légier et leurs trois filles, Anne, Elisabeth et Jeanne. Accusé d’avoir tué sa fille, Elisabeth, ayant disparu le 16 décembre 1761 et retrouvée morte le 4 janvier 1762, il est condamné à mort. Prévenu, il s’enfuit vers la Suisse et demande l’aide de Voltaire. Le 25 novembre 1771, la chambre criminelle de Toulouse réforme la sentence du 29 mars 1764 et restitue à Jean SIRVEN tous ses biens. «Il n’a fallu que deux heures pour condamner à mort cette vertueuse famille et il nous a fallu neuf ans pour lui rendre justice» dira Voltaire. Finalement, Voltaire, par la compassion et la défense des faibles, «en adoucissant les maux de quelques individus, sert en même l’humanité entière» écrit Nicolas de CONDORCET.
Les notions de tolérance et de liberté sont au cœur de la pensée philosophique de Voltaire qui s’est nourrie de diverses persécutions au cours des siècles, notamment contre les Juifs, Protestants, et des Catholiques après la Révolution. Tolérer c’est admettre chez l’autre une manière de penser ou d’agir différente de la sienne. C’est, par exemple, respecter la liberté d’autrui en matière de religion ou d’opinions politiques. Mais peut-on tout tolérer ?
Voltaire refuse la tolérance aux intolérants : «Si vous voulez qu’on tolère ici votre doctrine, commencez par n’être ni intolérants, ni intolérables» écrit-il «Traité sur la tolérance». Paradoxalement, Voltaire était athée et nourrissait une haine farouche à l'égard des religions, et plus particulièrement de l'Église catholique qu'il ne désignait jamais dans ses écrits que sous l'abrégé «l’Inf» ou  pour l'Infâme. Ses écrits abondent de dénonciations des abus du clergé. Voltaire, dans son indignation sélective, ne manquait jamais une occasion de dénoncer d'éventuels abus du clergé, mais se montrait indifférent à toutes les autres formes d'abus.
C’est dans le domaine de la tolérance que les thèses développées par Voltaire restent également d’une grande actualité, en raison de la forte poussée notamment des forces du Chaos en France, avec un racisme décomplexé à l’égard des Français issus de l’immigration. Par trois fois, le Rassemblement national, promoteur du racisme, est arrivé au deuxième tour des élections présidentielles (2002, 2017 et 2022). Sa progression constante, depuis 1974, menace gravement le bien-vivre ensemble.
Si la liberté de la presse doit être protégée, afin d’éviter les errements des années de GAULLE, une partie de la presse, sous prétexte de l’ironie, a choisi de cibler la communauté musulmane. L’ironie peut être parfois drôle, mais ce sont les mêmes qui sont ridiculisés, cela peut interpeler. Dieudonné et le groupe Black M. en savent quelque chose. En tout cas, pour certaines communautés, c’est l’intolérance zéro, le moindre écart, même sous forme humoristique, est sévèrement réprouvé et sanctionné.
Voltaire est un homme ambigu, et parfois plein de paradoxes. Prétentieux à souhait, riche, mondain, anticlérical et insolent, Voltaire a été décrit comme un libertin, dans un siècle aux mœurs corsetées et étriquées «frivole par nature et par système, il a fait l’éloge de la frivolité», écrit Alexandre VINET, dans son «histoire de la littérature française au XVIIIème siècle». Dans ses injonctions contradictoires, s’il a professé la tolérance, certains de ses écrits, en hiérarchisant les espèces humaines, sont manifestement à caractère raciste : «Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les Blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Chinois, les Américains ne soient des races entièrement différentes», écrit-il son «Essai sur les mœurs et l’esprit des nations». Dans un autre ouvrage, Voltaire, partisan de la théorie polygéniste, ne s’embrasse pas de détails : «s’il est clair pour tous que les poiriers, les sapins, les chênes, et les abricotiers ne viennent point d’un même arbre, il est tout aussi évident que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crin et les hommes sans barbe ne viennent pas du même homme» écrit-il dans son «traité de métaphysique». Voltaire rajoute que les Blancs sont supérieurs aux Noirs : «comme les nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce».
Dans un premier temps, cette théorie polygéniste donne l’occasion à Voltaire de légitimer l’esclavage. Suivant Voltaire, considérés, par nature inférieurs aux Blancs, les Noirs deviennent soumis et participent à leur servitude. Pour Voltaire, les Noirs participent d’ailleurs lucrativement à l’esclavage, puisqu’ils se vendent eux-mêmes : «celui qui se donne un maître était né pour en avoir» écrit-il. Par la suite, Voltaire rectifiera le tir, dans son «Candide», sera une condamnation, sans appel de l’esclavage. En effet, dans le chapitre 19, Candide demande à un Noir et esclave du Surinam, étendu par terre et vêtu seulement d’un caleçon, dont la jambe gauche et la main droite ont été amputées, que faisait-il là ? : «On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : «Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par-là la fortune de ton père et de ta mère». Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous ; les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germain. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible» lui répond l’esclave du Surinam.
Antisémite, sexiste et homophobe, Voltaire, s’il était encore vivant, serait un «Charlie» en raison de ses critiques féroces contre Mahomet, qualifié de «monstre», «imposteur», «barbare», «Arabe insolent», «brigand», «traître», «fourbe», «cruel», ne serait qu’un «novateur obscur, un vil séditieux» ; il ajoute : «Et de tous les tyrans c'est le plus criminel», écrit-il dans «le fanatisme ou Mahomet, le prophète, tragédie».
Voltaire revient, dans son livre, «le Siècle de Louis XIV» estimant que l’l’Histoire n’est pas seulement destinée qu’à flatter les grands hommes ; les faits passés doivent éclairer la conduite de chacune, en vue de la construction d’un avenir juste et fraternel. De notre temps, avec la montée des forces du Chaos en France, dès qu’on réclame l’égalité, aussitôt après des forces obscures, craignant pour leurs privilèges, vous qualifient de «communautariste», de «wokiste» ou «d’islamo-gauchiste». La meilleure défense, c’est l’attaque. En revanche, dans leur grande intolérance, assumée et revendiquée à l’encontre des racisés, ils seraient censés de représenter «la vraie France», avec son histoire de mille ans. De nos jours, les racisés sont devenus comme jadis les Protestants et les Juifs de France. Et pourtant, dans une société devenue multiculturelle, l’histoire de notre temps est celle du défi d’une société apaisée, en vue d’un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.
Il est curieux de constater que Voltaire, défenseur des Protestants, quand il est venu s’installer, à partir de 1755 en Suisse romande, entre Pragins, Genève et Lausanne, pays de Jean CALVIN (1509-1564), théologien de la Réforme, ayant proclamé la tolérance religieuse depuis 1760, certains Suisses étaient réticents de son séjour dans leur pays. Combattant de l’intolérance a donc été victime, une fois de plus, de l’intolérance. «Voltaire se faisaient d’ardents ennemis, ses adversaires multiplièrent leurs efforts pour le nuire. Ses ennemis ne manquaient pas de l’entourer d’intrigues et d’embarras de tous genres» écrit Jean GABEREL dans «Voltaire et les Genevois». A l’époque, les Catholiques ne pouvaient pas acquérir un bien immobilier en Suisse, Voltaire a dû recourir à des intermédiaires. Pour les Suisses, Voltaire confondrait le christianisme au fanatisme «Si Voltaire est grand, suivant son cœur, il travaille à la cause de l’humanité, il s’abaisse singulièrement lorsqu’il veut, par les efforts de son esprit, détruire les principes»  écrit Jean GABEREL. Aussi une partie de la presse et des philosophes suisses se mirent à harceler Voltaire. Il a été contraint, par la suite, de résider à Ferney.
Le 11 février 1778, Voltaire quitte Ferney construit à partir de 1758, pour venir s’installer à Paris chez le Marquis de la VILLETTE, devenue 27 quai Voltaire à Paris 7ème. «J’arrive mort, et je ne veux ressusciter que pour me jeter aux genoux de Mme La Marquise du Deffand» écrit-il. Le 26 mai 1778, il apprend que Thomas-Arthur de LALLY-TOLLENDAL (1702-1766), un militaire et haut fonctionnaire, condamné et exécuté injustement «pour avoir trahi les intérêts du Roi» (défaite de la guerre de 7 ans), qu’il avait défendu, a été réhabilité. Voltaire faisait grande usage du café, mais ce qui provoquait de graves insomnies, il prit à la place de l’opium. Gravement malade, il parlait difficilement et ne semblait plus rien entendre. Il a refusé au curé de Saint-Sulpice, l’abbé Louis GAUTIER (1746-1818), de se confesser, et suivant la légende, Voltaire lui dira : «Au nom de Dieu ne me parlez plus de cet homme (le Christ)» cité par Théophile DUVERNET. La grande ambition de Voltaire fut de vouloir guérir ses contemporains de la rage de la persécution des autres. Cependant, Voltaire, dans ses écrits, faisait transparaître son athéisme : «C’est un malheur et un crime, de n’avoir point de religion :  c’est une folie de s’en vanter. Mais le comble de la démence, c’est de répandre l’irréligion par ses discours et par ses écrits», écrit Jean-Jacques ROUSSEAU, dans une lettre à D’ALEMBERT.  Pourtant, à la fin de sa vie, Voltaire est resté serein «Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis et détestant la superstition» disait-il.
Finalement, Voltaire meurt, à Paris ; le 30 mai 1778, vers 23 heures, à 83 ans, 6 mois et 19 jours, comme il a vécu : «De tous les auteurs que l’irréligion a produit dans le monde, aucun ne peut se vanter d’avoir poussé l’impiété à un plus haut degré que Voltaire» écrit Elie HAREL. Le corps de Voltaire, est transporté par son neveu, l’abbé Vincent MIGNOT (1725-1791), à l’abbaye de Sellières, à Romilly-sur-Seine, dans l’Aube ; il est inscrit sur son cercueil : «Il vengea Calas, La Barre, Sirven et Mont-Bailly. Poète, philosophe, historien, il fait prendre grand essor à l’esprit humain ; il nous a préparé à devenir libres». Même mort et ne craignant donc plus de persécution, pourtant l’évêque de Troyes, l’abbé Claude-Mathias-Joseph de BARRAL (1714-1803), envoya une défense d’enterrer Voltaire, mais lorsque ses ordres arrivèrent, la cérémonie funéraire était déjà achevée. Défense est faite aux journaux, comme à l’Académie française, Voltaire étant membre de cette institution depuis le 2 mai 1746, de faire état de sa disparition. Cependant, Frédéric II, d’Allemagne, fait dire une messe. Catherine II, de Russie, achète toute une bibliothèque et fait construire, un château à l’image de celui de Ferney «Voilà l’homme à qui je dois tout ce que je sais et tout ce que je suis» dira-t-elle. Jean-François DUCIS (1733-1816), dramaturge et poète, élu au fauteuil 33, en 1778, à la réception le 4 mars 1779, fera tout de même l’éloge de Voltaire : «Il est des grands hommes à qui l’on succède, et que personne ne remplace. Leurs titres sont un héritage qui peut appartenir à tout le monde ; leurs talents, qui ont étonné l’univers, ne sont qu’à eux. C’est à la suite des siècles, seule, à remplir le vide immense qu’ils ont laissé. Il se livra donc aux lettres avec cette impétuosité que lui donnaient son génie, son caractère et son âge. En vain l’intérêt, la fortune, le pouvoir même le plus absolu s’unirent pour le détourner de sa route. M. de Voltaire était dans cet âge heureux où tout ce qui est grand frappe puissamment l’imagination, où la passion de la gloire ne mesure rien et franchit tout, où le génie comme la valeur s’absout de sa témérité par ses succès» dit-il. 
On lisait des pancartes : «Si l’homme est créé libre, il doit se gouverner. Si l’homme a des tyrans, il doit les détrôner». Une partie du corps de Voltaire ne transférée que le 11 juillet 1791, treize ans, après sa mort, au Panthéon, inauguré le 4 avril 1791, pour recevoir les «Grands Hommes». Lors de l’exhumation du corps pour être transféré à Paris, on trouva un cadavre décharné, desséché, mais entier. Il est inscrit sur son caveau au Panthéon : «Pète, historien, philosophe, il a agrandi l’esprit humain et lui a appris qu’il devait être libre». Au Panthéon, Voltaire est face de Jean-Jacques ROUSSEAU, son ennemi. Voltaire et ROUSSEAU sont deux génies, au Siècle des Lumières, une haine destructrice les oppose. De la Gauche radicale, rêveur solitaire, estimant que l’homme bon à l’état de nature, est corrompu par la société, ROUSSEAU préconise la démocratie et l'égalité de tous devant la loi, grâce à un contrat social placé sous l'égide du «peuple souverain». En revanche, Voltaire est un partisan de la monarchie éclairée, du raffinement aristocratique, ami des privilégiés et des souverains, il préconise le libéralisme. Voltaire accuse ROUSSEAU d’avoir abandonné ses cinq enfants se déchaîne contre lui, avec une ironie féroce, à la publication de son discours sur l’inégalité : «J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain ; je vous en remercie ; vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, et que vous ne les corrigerez pas. Vous peignez avec des couleurs bien vraies de la société humaines dont l’ignorance et la faiblesse se promettent tant de douceurs. On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage» écrit-il le 30 août 1755. En réponse à cette attaque, Jean-Jacques ROUSSEAU prit de la hauteur «Les injures de votre ennemi sont le cortège de votre gloire» dit-il.
Au Panthéon, il manque le cœur Voltaire, resté, un certain temps, au château de Ferney. «Son esprit est partout, son cœur est partout» dit le Marquis de la VILLETTE. En effet, à la mort de Voltaire, son ami, le Marquis Charles de la VILLETTE (1736-1793), ordonne d’extraire son cœur et rachète son château, pour l’y conserver et y restera jusqu’en 1785. Le château de Ferney étant été vendu, par la suite, le 16 décembre 1864, le cœur de Voltaire après différentes péripéties en 1924, 2010 et 2016, placé d’abord au département des Monnaies et Médailles, sera exposé, dans le salon d’honneur, à l’ancienne Bibliothèque nationale de France au 58 de la rue Richelieu, Paris 2ème, et sera placé, ainsi que le cerveau, dans le socle d’une statue du sculpteur, Jean-Antoine HOUDON (1741-1828), une statue exécutée en 1781, sur commande de Catherine II de Russie,(1796-1762).
En définitive, toute la moralité de l’action humaine a pour contrôle son utilité, la poursuite du Bien souverain. «Je suis un homme et rien de ce qui touche les hommes ne m’est étranger» disait Chrémès, un personnage d’une comédie latine de TERENCE (190-159 avant J-C). De sa souveraine et lumineuse clarté d’esprit, Voltaire en a fait une puissante arme pour combattre les ténèbres, au service de la grandeur de l’âme humaine. «Voltaire n’a pas tout vu ce qu’il a fait, mais il a fait tout ce que nous voyons» écrit Nicolas de CONDORCET. De son vivant, Voltaire sera écrasé, injurié, calomnié et persécuté, parce que toute sa contribution littéraire, en réaction à certains privilèges, tendait à défendre la liberté, la justice, la tolérance et l’humanité. «Après sa mort, Voltaire est encore plus consolateur et bienfaisant, comme il le fut pendant sa vie» écrit Edouard de POMPERY.
Bibliographie très sélective
1 – Ouvrages de Voltaire
Voltaire, Candide ou l’optimisme, Paris, Gallimard, Folio, 2015, 272 pages ;
Voltaire, Dictionnaire philosophique, rédacteur en chef Alain Pons, Paris, Gallimard, 2015, 560 pages ;
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Paris, Treuttel et Würtz, tome I, 1835, 516 pages, tome II, 486 pages ;
Voltaire, Le fanatisme ou Mahomet le prophète : tragédie, Amsterdam, Jacques Desbordes, 1741, 112  pages ;
Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, notes du Marquis de La Beaumelle, Paris, 1753, Vol I, 288 pages ;
Voltaire, Mémoires à servir à l’histoire de M. Voltaire, Amsterdam, Vol I, 1785, 263 pages ;
Voltaire, Nouvelles considérations sur l’histoire, Paris, 1744 nouvelle édition chez Gallimard, 1957, spéc pages 44-49 ;
Voltaire, Traité de métaphysique, Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1784, 596 pages ;
Voltaire, Traité sur la tolérance, enrichi par Jacques Van Den Heuvel, postface de Philippe Sollers, Paris, Gallimard, 2016, 160 pages ;
Voltaire, Zadig ou la destinée, Paris, Gallimard, Folio, 2015, 176 pages.
2 – Critiques de Voltaire
AL-BAZAZ (Farès), Tolérance religieuse chez les hommes de lettres du XVIIIème siècle, différence, interférence archaïsme, thèse sous la direction de Jean-Jacques Tatin-Gourier, Université François Rabelais de Tours, 29 juin 2011, 218 pages ;
BOISDEFFRE (Pierre, de), «Voltaire 78»,  Revue des Deux-Mondes, août 1978, pages 268-282 et II, pages 551-561 ;
BONET-MAURY (Gaston), Histoire de la liberté de conscience en France depuis l’Edit de Nantes jusqu’à juillet 1870, Paris, Félix Alcan, 1900, 263 pages ;
CHAMPION (Edme), Voltaire : études critiques, Paris, Ernest Flammarion, 1893, 273 pages ;
CONDORCET (Nicolas, de), La vie de Voltaire, Paris, Garnier, 1787, 463 pages ;
DESNOIRESTERRES (Gustave, Le Brisoys), Voltaire et la société française au XVIIIème siècle, Paris, Didier, 1867-1876, Vol I, la jeunesse de Voltaire 492 pages et Vol II, Voltaire et Frédéric, 519 pages Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, 516 pages ;
DUVERNET (Théophile, Imarigeon), La vie de Voltaire, Genève, 1786,  252 pages ;
FAGUET (Emile), Voltaire, Lecène Oudin, 1895, 237 pages ;
GABEREL (Jean), Voltaire et les Genevois, Paris, Joel Cherbuliez, 2ème édition, 1857, 172 pages ;
GALLO (Max), J’écris pour agir : La vie de Voltaire, Paris, Fayard, 2008, 257 pages ;
HAREL (Elie), Voltaire : Recueil particularités curieuses de sa vie et de sa mort, Paris, Jean Joseph Goetschy, 1781, 141 pages ;
HOUSSAYE (Arsène), Roi Voltaire, sa jeunesse, sa cour, ses ministres son peuple, ses conquêtes, sa mort, son Dieu, sa dynastie, Paris, Michèle Lévy, 1858, 226 pages ;
LANSON (Gustave), Voltaire, Paris, Hachette, 1906, 221 pages ;
LEBROCQUY (Guillaume), Voltaire peint par lui-même, Bruxelles, Comptoir universel d’imprimerie et de librairie, Paris, C. Dillay, 1868, 120 pages ;
LONGCHAMP, WAGNIERE, Mémoires de Voltaire et sur ses ouvrages, Paris, Imprimerie de Lebel, 1826, vol I, 515 pages vol II, 542 pages ;
MAYNARD (Michel, Ulysse), Voltaire, sa vie et ses oeuvres, Paris, Ambroise Bray, 1867, tome I, 500, tome II, 642 pages ;
MAZURE (François-Antoine-Joan), La vie de Voltaire, Paris, Alexis Emery, 1821, 345 pages ;
MILZA (Pierre), Voltaire, Paris, Perrin, 2007, 894 pages ;
NOEL (Eugène), Voltaire, sa vie, ses œuvres, sa lutte contre Rousseau, Paris, Maurice Dreyfous, 1878, 364 pages ;
NOURRISSON (Jean-Félix), Voltaire et le Voltairianisme, Paris, Lethielleux, 1896, 670 pages ;
PELLISSIER (Georges), Voltaire philosophe, Paris, Armand Colin, 1908, 304  pages ;
PIETRI (Gaston), De Voltaire à la liberté religieuse. De la tolérance à la vraie liberté, Paris, Salvator, 2012, 177 pages ;
POMPERY (Edouard, de), La vie de Voltaire. L’homme et son œuvre, Paris, Dentu, 1878, 277 pages ;
POMPERY (Edouard, de), Le vrai Voltaire : l’homme et le penseur, Paris, Agence générale de librairie, 1867, pages ;
PUJOL (Stéphane), Voltaire, entre la légende et l’histoire, Paris, Association pour la diffusion de la pensée française, 1994, 85 pages ;
RENARD (Georges, François), Vie de Voltaire, Paris, Charavay Frères, 1883,  256 pages ;
VINET (Alexandre), Histoire de la littérature au XVIIIème siècle, Paris, Chez les éditeurs, 1853, tome II, 378 pages, spéc sur Voltaire pages 1-130.
Paris, le 10 mai 2022, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
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