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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 20:21
«Idrissa Gana GUEYE, footballeur, ce racisme institutionnel et systémique : entre Liberté et Tolérance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Idrissa Gana GUEYE, marié à une française, avec des enfants métis, milieu de terrain du Paris Saint-Germain, champion d’Afrique, n’a pas souhaité jouer à l’occasion de la journée de lutte contre l’homophobie. Son absence, le samedi 14 mai 2022, au match PSG contre Montpellier (4-0), a déclenché de violentes polémiques dans les réseaux sociaux.

Alors que Gana GUEYE n’a rien dit et ne s’abritant que derrière la liberté d’expression et de conscience que garantie la loi française, il est subitement frappé d’une Fatwa ; son silence, considéré comme coupable, est interprété, abusivement, comme étant de l’homophobie : «En ne participant pas à cette opération, vous validez le comportement discriminatoire, le refus de l’autre et pas seulement de la communauté LGBTQI. Nous devons tous nous sentir concernés par toutes les discriminations et pas seulement celles qui nous touchent personnellement», écrit Patrick ANTON du Conseil national de l'Ethique. Par conséquent, Idrissa Gana GUEYE est sommé, de façon comminatoire, de sortir du silence et faire immédiatement acte de contrition : «Je soutiens Idrissa Gana Gueye. Ses convictions religieuses doivent être respectées» écrit le président Macky SALL, dans un tweet.

Valérie PECRESSE, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, candidate ciottisée et lepénisée aux présidentielles de 2022, malmenée par Nicolas SARKOZY, a raté une occasion de se taire : «Les joueurs d’un club de football, et ceux du PSG en particulier, sont des figures d’identification pour nos jeunes. Ils ont un devoir d’exemplarité. Un refus d’Idrissa Gana Gueye de s’associer à la lutte contre l’homophobie ne pourrait rester sans sanction !» écrit Valérie PECRESSE dans un tweet.

Ce qu’on demande à Idrissa Gana GUEYE c’est d’être un bon footballeur, et il l’est à Paris et il l’est aussi au Sénégal, puisqu’il est champion d’Afrique. Vous remarquerez que même quand Gana GUEYE sort le PSG du pétrin dans le match, en septembre 2021, contre Manchester, la presse tait son nom ; on ne parle que de Lionel MESSI : «Quand on signe [un contrat avec un club], c'est pour jouer au foot, ce n'est pas pour faire la promotion de quoi que ce soit ou mettre de côté ses convictions» dit M. Matar BA, Ministre des Sports du Sénégal.

Idrissa Gana GUEYE aurait franchi la ligne rouge, s’il avait fait une déclaration homophobe ; ce qui n’est pas du tout le cas. En effet, si la liberté d’expression est garantie en France, en revanche, le fait de stigmatiser quelqu’un à raison, notamment, de son orientation sexuelle, serait punissable par la réglementation (Article 34 de la loi de 1881). Dans mon 19ème arrondissement, Musulmans, Gays, Lesbiennes, Chrétiens, Orthodoxes, Juifs et non-croyants vivent en harmonie. Divers partis politiques et les chaînes d'information continue de Vincent BOLLORE nous calomnient. Face à ce lynchage permanent qui a levé le petit doigt pour s'insurger contre ces discriminations ?

Par conséquent, la polémique soulevée par cette affaire Gana GUEYE, avec ses indignations sélectives, pose deux questions essentielles : c’est quoi la liberté et ses limites ? C’est quoi aussi la tolérance ?
 
I – La défense de la liberté dans la responsabilité

 
Comme François Marie AROUET, dit Voltaire, à qui j’ai consacré un article, je suis un défenseur de la liberté, mais dans la responsabilité. Toute liberté est conditionnée.

Par conséquent, Idrissa Gana GUEYE ayant choisi de n’écouter que sa conscience et sa liberté, n’a pas à être livré, à je ne sais quel Tribunal de l'Inquisition, comme au temps des Croisés. Il n’a échappé à personne que l’Histoire de notre temps est pleine d’indignations sélectives. Oui, condamnons fermement toutes formes de discriminations, y compris bien sûr l’homophobie, mais soyons cohérents. En effet, Pap N’DIAYE, en raison seulement de ses origines ethniques, a été livré aux chiens, alors même qu’il n’a pas encore commencé à exercer ses fonctions ministérielles. Il n’y a pas si longtemps que cela, pendant la campagne des élections présidentielles, on a vu le traitement, très différencié, des réfugiés du tiers-monde, abandonnés sous les ponts et livrés à la drogue, tandis que des communes qui ne voulaient pas voir les racisés se sont empressées d’accueillir les réfugiés Ukrainiens. C’est Mohamed ZEMMOUR qui a qualifié tous les Sénégalais de «délinquants». Valérie PECRESSE, qui ramène maintenant sa fraise, avait qualifié les Français issus de l’immigration de «Français de papiers». Quelle organisation ou association de défense des droits l'homme est montée au créneau pour condamner ces propos ignominieux ? Pourquoi cette hiérarchisation des valeurs de la vie ? Est-ce pour autant leur silence serait une légitimation du racisme ?

Idrissa Gana GUEYE a lui-même répondu à Valérie PECRESSE, une dirigeante lepénisée ayant ramassé une gamelle aux présidentielles : «Je suis le fils d'un Peuple qui a ses principes, ses convictions et son humanité. Mes choix vous ont choqués. Ils font ma fierté. J'ai joué avec des chrétiens, des Juifs, et des animistes. Je n'ai jamais jugé. Je vis de mes principes et vous me jugez ! Vous me taxez d’homophobe, alors que vous êtes xénophobe ! Quand on nous insulte dans les stades, vous restez fades. Alors, respecte mes convictions et garde les tiennes !» dit Gana GUEYE.

 
II – La défense résolue de la tolérance

 
Quand une polémique surgit, j’ai tendance à dire que la Vérité n’est ni Blanche, ni Noire ; elle est souvent Grise. Par principe, et suivant, Edgar MORIN, les choses, si on veut éviter d’être manichéen, sont souvent complexes.
Le Sénégal, «un Grand Petit pays», en référence au titre de mon 3ème livre, devrait conserver, intégralement, et non partiellement, sa marque de fabrique, son rayonnement travers le monde entier, à savoir un pays de liberté, mais aussi, et surtout, de tolérance.

Or, à certains égards, je ne partage pas et condamne vigoureusement, le sort fait au Sénégal aux homosexuels, aux francs-maçons, et cette ethnicité à l’encontre des Peuls.


Au Sénégal, pays musulman à 95%, et de longue date, les francs-maçons sont persécutés. Ainsi, Blaise DIAGNE (1872-1934), député du Sénégal, n’a pas été enterré dans le cimetière musulman de la Médina, à côté de FANN, à Dakar, mais à l’extérieur. Pendant longtemps, maître Abdoulaye WADE a été poursuivi, calomnié et vilipendé par des réseaux complotistes ou conservateurs.
Le sort des homosexuels, «Les Goor Jiguéen» (Homme-femme), suivant une expression ouolofe, est peu enviable au Sénégal. Ce sont de vrais parias, puisque l’homosexualité est criminalisée au Sénégal depuis l'époque de SENGHOR qui avait pris le pouvoir en 1962, en embastillant Mamadou DIA (1910-2009) avec la complicité des marabouts. En effet, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont passibles d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans et une amende de 1 500 000 F CA (2 290€), suivant l'article 319 alinéa 3, du Code pénal, dans sa version issue de la loi n°66-16 du 12 février 1966. Une proposition avait été déposée, par le collectif «And Samm Jikko Yi», fondé par l'ONG islamique «Jamr», le 22 décembre 2021, à l’Assemblée nationale en vue de durcir les sanctions pénales homophobes. Par ailleurs, les conservateurs ont réclamé, en vain, lors d'une manifestation, le 20 février 2022, le doublement de cette peine de prison à l’encontre des Gays. Actuellement, une milice et police religieuse des moeurs, dite «Dahira Safinatoul Amane», a décidé de mener la chasse, la persécution et le lynchage des homosexuels.
Mohamed M’Bougar SARR, dans son livre, paru en 2018, «les Hommes purs», a eu parfaitement raison de dénoncer cette homophobie au Sénégal instrumentalisée par certains milieux religieux. Ce roman audacieux et courageux de Mohamed M’Bougar SARR relate comment le cadavre d'un homme est déterré, puis traîné hors d'un cimetière par une foule haineuse et hystérique. Une vidéo virale circule alors dans les réseaux. Dès qu'il la visionne, naît chez Ndéné GUEYE, jeune professeur de lettres déçu par l'enseignement et fatigué de l'hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obsession, pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi a-t-on exhumé son corps ? Au fond, la société sénégalaise ne serait-elle pas hypocrite ? C’est quoi être un homme pur, dans un société plombée par l'hypocrisie ?
Personnellement, et je le revendique, nous avons besoin d’une religion qui libère, éloignée de l’obscurantisme, de l’ostentation, de la cupidité ou de la libido. Mes ancêtres, Thierno Sileymane BAL et les Almamy du Fouta-Toro (voir mon article), tout en récusant la théocratie de nos jours, avaient avancé des principes essentiels : la lutte contre l’esclavage, la promotion de la bonne gouvernance et une charte des droits de l’Homme. De nos jours, une partie des confréries religieuses au Sénégal, à travers leurs Dahiras, sont devenus des moyens légaux de soutirer de l’argent à l’Etat. Un véritable business.

Il est curieux de constater que lorsque Mohamed M’Bougar SARR a obtenu son prix Goncourt en 2021, les réseaux sociaux conservateurs qui n’avaient manifestement pas lu son livre, se sont encore déchaînés (voir mon article sur la réception de ce prix Goncourt).

A échéances régulières, le président Macky SALL, pourtant un Pharaon des temps modernes, ayant considérablement, depuis 2012, modifié le visage du Sénégal par de nombreuses infrastructures, est parfois renvoyé à ses origines ethniques peules : «Neddo Ko Bandoum» ; toutes ses nominations ne seraient que du pur népotisme. Pourtant, même si ses ancêtres viennent du Fouta-Toro, Macky SALL, de culture ouolofe, né en pays sérère, a épousé une Mouride. Le Sénégal doit donc rester libre et tolérant ; c’est cela sa force.

La France, on aime à le revendiquer, c’est le pays des droits de l’Homme et de la Liberté ; celui de Voltaire (voir mon article). Tous les courants de pensée, littéraires ou artistiques ou les grands combats pour l’indépendance de l’Afrique sont nés à Paris. Il y a ce qu’on appelle un «universalisme républicain» qui devrait être protégé et défendu. Or tous les signaux de notre temps attestent le contraire ; cette démocratie est devenue, très largement, ethnique ; on s’acharne, comme le montre l’affaire Gana GUEYE, sur les racisés ; on excuse ou passe sous silence les méfaits des adversaires de la liberté et de la tolérance. C’est devenu normal et banal, dès qu'on lynche un racisé, frappé du Code de l’indigénat, qui ne dit pas son nom, certains, pourtant grands donneurs de leçon, détournent le regard et se taisent.
 
Les sportifs noirs sont, régulièrement, dans les installations sportives, qualifiés de singes. Les anciens joueurs, les plus talentueux, n’ont pas toujours les promotions qu’ils mériteraient (arbitres, présidents de clubs, entraîneurs ou commentateurs dans les télévisions).

Dans l’affaire George FLOYD (1973-2020), dans nos combats pour déboulonner les statues d’esclavagistes en France, ainsi que la justice devant être rendue aux familles des 113 jeunes étouffés à mort par les forces de l’ordre, on n'a pas eu la solidarité de ces lobbies donneurs de leçon, et ne pensant qu'à eux-mêmes.

L’Islam est devenu la 2ème religion de France, mais depuis plus 45 ans, les Musulmans de France sont relégués au rang d’une minorité invisible. Aussi lors des fêtes musulmanes, aucune présence du Ministre des cultes, peu ou absence de messages officiels. Il est vrai que cette islamophobie est ancienne et date de la colonisation. Bien des religieux ont été persécutés, exilés ou tués en Afrique : Ahmédou Hamahoullah, dit Cheikh Hamallah (1883-1943), chef du Nioro au Mali, au Sénégal : Maba Diakhou BA (1809-1867), El Hadji Omar TALL Foutiyou (1794-1864), Cheikh Ahmadou Bamba BA (1853-1927) et en Guinée Samory TOURE (1830-1900) voir mes articles sur ces personnages. De nos jours, ce sont les détails vestimentaires des Musulmans qui sont devenus la focalisation d’une obsession identitaire de ce pays.

Le point commun du Sénégal et de la France, ce sont des pays multiculturels, par suite, la liberté et la tolérance sont au cœur du bien-vivre ensemble.

En définitive, dans cette affaire Gana GUEYE, un excellent footballeur, joueur de 33 ans, né à Dakar, a débuté en 2008, à Lille, puis il est passé à Aston Villa et à Everton. Il est depuis 2019, à Paris Saint-Germain. Marié à une Française, Gana fait le job au PSG. Pourquoi on veut le discréditer, comme on tente de le faire maintenant avec Pap NDIAYE ? Hier c'était Rama YADE, Christiane TAUBIRA, Audrey PULVAR, Sibeth N’DIAYE ; et demain c'est à qui le tour ? A chaque fois qu’un racisé émerge, des coupeurs de tête prenne le sabre.

A ces forces du Chaos, nous donnant des injonctions paternalistes, je dis : «Nous n'irons pas à Canossa !».

Les 12 et 19 juin 2022 aux législatives il faut que cela change et vraiment, pour une cohabitation à Gauche et une citoyenneté nouvelle !

Par conséquent, il ne faudrait pas saucissonner la défense des droits de l’Homme, un combat nécessitant la vigilance de tous, chaque instant ; car le combat pour la liberté et la tolérance est une affaire de tous, pour un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

Paris le 22 mai 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
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