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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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29 avril 2022 5 29 /04 /avril /2022 23:16
«Honfleur, dans le Calvados, une pittoresque vieille ville de Normandie» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Située entre deux collines, Honfleur au pays d’Auge, non loin du Havre, de Rouen et de Trouville, chef-lieu du canton du Calvados, en Normandie, une ville médiévale est bien carte postale, intégralement conservée, pittoresque en raison de ses ruelles étroites pavées propices à la flânerie, de ses maisons à colombages, de son église médiévale du Xième siècle, son Café des artistes et de son port historique. «C’est entre les collines touffues et escarpées qui franchissent l’estuaire de la Seine qu’Honfleur a niché, en des rues tortueuses, ses maisons étroites et ses choppes rustiques aux façades sculptées en bois. Le port que les hommes ont creusé est la raison d’être de la cité» écrit en 1933, Raymond Jean LABEYRIE, dans «En parcourant Honfleur».
La signification du nom de cette ville, Honfleur, est incertaine : «L’origine de Honfleur est comme celle de beaucoup de villes en France, un mystère impénétrable à la sagacité humaine» écrit, en 1834, l’abbé Pierre VASTEL. dans son «Essai sur l’histoire de la ville de Honfleur». En effet, «Si cette ville, dont l’origine est inconnue, n’offre aucune curiosité, aucun monument digne de remarque, on ne peut refuser à ses environs, les plus rapprochés, un tribut de légitime admiration. Honfleur n’est plus rien depuis que le Havre est quelque chose. Cependant de grands travaux ont été entrepris pour améliorer son port et le rendre accessible. Ce port est en lutte continuelle avec un ennemi qui triomphe de tous les efforts de l’art. Cet ennemi, c’est la vase qui encombre et obstrue son chenal et oppose ainsi des difficultés incessantes à la navigation» écrit Joseph MORLENT. Les Armoricains commerçaient avec les Anglais, le cuivre, l’étain, les peaux de bêtes et les esclaves. Puis vinrent les invasions normandes du IXème siècle, le pays d’Auge fut rattaché à la Normandie. La fondation de Honfleur remonte-t-elle au Xième siècle ou bien avant ?
«L’acte de naissance est comme perdu. Les origines de Honfleur sont là, se dressant devant nous, comme une montagne infranchissable. Le Xème siècle est, pour nous, cette étoile qui commence, par sa lumière, à faire contraste avec les ténèbres du passé.» écrit, en 1867, un enfant de Honfleur dans son «histoire de Honfleur». Cependant, des théories audacieuses ont été échafaudées à d’expliquer l’origine du nom de la ville de Honfleur. THOMAS pense que la première dénomination de la ville serait «Ohn-flusst», un mot celte ; l’évêque DAVRANCHES estime que ce serait «Ohne-Flou» ou «Ohne-Fleu». Pour René LEPELLEY, linguiste, Honfleur aurait une consonnance viking, en ancien scandinave, «Hornfloth» signifierait «l’embouchure du tournant» en référence à l’estuaire de la Seine. Honfleur serait donc une dégradation en français de ces appellations. En 1104, Robert 1er, seigneur de Honfleur, à sa mort, fut remplacé par son fils, Guillaume II. Captif au Kent, qu’il voulait conquérir, y meurt en 1138. Honfleur fut alors annexé à la couronne d’Angleterre jusqu’en 1204. La ville fut fortifiée. Quand Jean Sans Terre fit assassiner à Rouen, son neveu, Arthur, Philippe AUGUSTE engagea la guerre contre les Anglais qui finiront par quitter la Normandie, jusqu’au milieu du XIVème siècle. Les RONCHEVILLE prirent le pouvoir à Honfleur. A l’extinction de cette dynastie, ils seront remplacés par la famille de LAROCHE-GUYON. En 1346 les troupes d’Edouard III prirent et pillèrent Honfleur. Un traité de paix sera conclu le 19 mai 1360, à Brétigny.
Au XVIIIème quand la paix et la stabilité seront retrouvées, grands navigateurs, les Honfleurais vont se livrer à un commerce sordide, celui de la traite négrière. L’opération consiste à envoyer des bateaux le long des côtes africaines, à les charger d’esclaves (capturés et vendus par les royaumes noirs) puis à aux Antilles ou aux Amériques, pour travailler dans les plantations de coton ou de sucre. En moyenne, quatre bateaux négriers quittent Honfleur par an et le rythme s’accélère. Au début de la Révolution, Honfleur se hisse au rang de 3ème port négrier de France, derrière Nantes et Le Havre. A partir de 1825, Honfleur est progressivement délaissé pour les Antilles où sévit l’esclavage et la culture du café ou de la canne à sucre. En effet, à l’abolition de l’esclavage, la ville de Honfleur entre dans une grande récession, accentuée par le développement du port du Havre. De nos jours, le tourisme est devenue une vraie manne financière pour Honfleur, une ville épargnée par les bombardements pendant la Deuxième guerre mondiale.
Honfleur, ville remontant au Xème siècle, avec ses franchises et privilèges, dispose d’archives bien tenues depuis 1450 : «On s’applique avec plus de goût et plus de soin à recueillir ce qui reste des temps anciens ; à conserver les souvenirs et touchants de ce qui a vieilli, à faire revivre ce qu’on a connu, aimé et perdu» écrit Charles BREARD (1839-1913), écrit, en 1900, «Vieilles rues et vieilles maison de Honfleur». Dès le 18 décembre 1627, d’occuper les rues ou places publiques, et donc de ne pas empêcher le libre passage. A partir de 1629, l’administration communale entreprit le nettoyage de celles-ci. Les effets vestimentaires au XVIIème siècle étaient rudimentaires «Honfleur est un pauvre ville de pêcheurs qui n’est guère remarquable que les vêtements bizarre, mais utiles, que portent les bonnes femmes. Ces vêtements sont des peaux d’ours ou d’autres animaux» John EVELYN (1620-1706), écrit en 1644, dans son journal. Les vestiges des murailles de Honfleur rappellent l’occupation pendant 33 ans de la Normandie par les Anglais, dont 10 ans, sous le règne de Charles VII dit «Le Victorieux» ou «Le Bien servi» (1403-1461). En 1562, à la suite de 2700 coups de canons, les fortifications s’effondrèrent. Les vieilles maisons ou certains édifices (Les tours, le Port, l’église Sainte-Catherine), datant du XVIème siècle, ont été largement conservées avec leur nom de rues. Pourtant, en ces temps reculés, «les habitants de Honfleur sont habitués à vivre de peu de choses. Ils se distinguent par une grande simplicité de mœurs. Les plaisirs essentiels sont la table, la chasse, la musique, les jeux de société et les bals» écrit, en 1853, Joseph MORLENT (1793-1861) dans «Nouveau guide du voyageur au Havre, à Honfleur». La réclamation de l’impôt ou autres taxes a été souvent une source de discorde. Les habitants de Honfleur n’ont jamais apprécié les percepteurs. Le curé de l’hôpital de Sainte-Catherine s’insurge contre les religieuses qui voulaient «se soustraire à son autorité spirituelle» écrit BREARD. Les marchés bien achalandés et attirant les paysans des alentours sont également une source de nuisance. Aussi, en 1683, les religieux réprimandent ces campagnards qui «viennent tous les jours, exposer dès minuit, dans le carrefour des Logettes, des cerises et autres fruits à noyau, ce qu’ils ne peuvent faire qu’en troublant, par leur grand bruit, à une heure indue, le repos de tous les bourgeois» écrit-il. Les cahiers de doléances des habitants de Honfleur, pendant la Révolution, s’attaquent aux prérogatives des officiers municipaux, mais, en même temps, permettent de juger de «l’énergie du corps municipal, pour conserver au Tiers-Etat, la libre expression de ses revendications et de ses vœux» écrit Albert BLOSSIER. En effet, avant la Révolution, le baillage agricole (pommiers et cidre, melon), de pêche, artisans et commerce (drapiers, merciers, cordonniers) de Honfleur avait un gouverneur et un lieutenant du Roi. En 1754, ville fortifiée il y avait encore un major, des aides-majors, un capitaine de portes et un porte-clés. Disposant d’un dépôt de sel, avec une juridiction du grenier du sel s’étendant sur 46 communes, il y avait un receveur, une brigade coiffée par un capitaine. Par ailleurs, de nombreux militaires y séjournent, comme un détachement du corps des Grenadiers de France, ainsi que des milices chargées de la sécurité de la population. Tout cela faisait que les habitants devaient s’acquitter de lourds impôts. L’accaparement des fermes et herbages, ainsi que différentes dimes issues de droits seigneuriaux, (garenne, gravage, pêche) faisaient que la mendicité est devenue un fléau à Honfleur. L’exemption de la taille est devenue une importante revendication.
En raison de l’ancienneté de cette ville, de son port et de sa gloire, d’illustres personnages ont séjourné ou visité Honfleur. Edouard III, Charlemagne, Louis XI, Louis XIII, Louis XVI, Napoléon se sont rendus à Honfleur. Françoise SAGAN (1935-20024) et Michel SERRAULT (1928-2007) font partie des grands admirateurs de Honfleur. Le président Emmanuel MACRON a pris l’habitude de s’y rendre lors du week-end de la Toussaint. Auparavant, c’est une ville tout d’abord réputée, au départ, comme étant un repaire de grands navires et de corsaires. Charles BREARD, dans un livre daté de 1897, a dressé une série de biographie de ces personnages historiques, comme BARBEL (1625-1680), Jean-Baptiste BAUSSARD (1752-1833), Pierre BERTHELOT (1600-1638), Elie CHAUDET (1540-1572), Pierre de CHAUVIN (1589-1603), Jean-Baptiste DEGAULLE (1732-1810). Samuel CHAMPLIN est celui a exploré l'académie et le Canada en 1608. «Nous n’avons pas le droit de revendiquer de grands hommes, mais des marins, des pilotes audacieux, de vaillants officieux. Avec eux, on eût certains triomphes de Louis IX ; avec eux on alla visiter le Brésil peut-être le Cap de Bonne-Espérance sous Louis XII ; explorer l’Amérique septentrionale, le golfe et les bouches du Saint-Laurent au temps des voyages de Jacques Cartier ; fonder le Québec, en 1608, au cours du second voyage de Champlain. Après leurs expéditions, on conçoit que les Honfleurais, tout en restant au second rang, aient joui d’une assez grande réputation» écrit Charles BREARD.
Sans doute le corsaire le plus célèbre est Jean-François DOUBLET (1655-1728). L’obscurité de sa date de naissance, calculée à partir de son embarquement clandestin, à 7 ans et 3 mois, pour accompagner son père au Canada, n’a pas permis d’établir, avec exactitude, ses descendants à Honfleur, suivant Charles BREARD. C’était l’un des 16 enfants, d’un bourgeois de Honfleur, dénommé François DOUBLET, un apothicaire devenu marchand. Sa mère, Madeleine FONTAINE, fille d’un tabellion royal en la vicomté d’Auge. Jean-François DOUBLET se maria, en 1692, à Saint-Malo, et eut une fille, Jeanne Rose, née 1693. Il a navigué dans les mers pendant plus de 50 ans. D’abord précieux auxiliaires des chefs d’escadre, pilote habile, il a travaillé avec Jean BART. Jean-Baptiste COLBERT le prit sous sa protection et le recommanda à l’abbé Guillaume DENYS, pour son école d’hydrographie, à Dieppe, pour les ports militaires et marchands. «Officier marinier et capitaine marchand, il trafiqua avec des chances diverses, corsaire et commandant de frégates, il fut l’adversaire redoutable du commerce ennemi» écrit Charles BREARD. Après la guerre contre les Anglais, devenu libre, Jean-François DOUBLET se mit au service des Espagnoles et des Portugais. Après 1711, il se retira à Honfleur. Ensuite, Honfleur est une ville d’artistes. Eugène BOUDIN est maintenant reconnu comme étant un artiste majeur et surtout précurseur de l'impressionnisme. Il a joué sur les différentes couleurs dans la journée. Aussi Honfleur lui a dédié un musée. Ainsi, André-Ernest-Modeste GRETRY (1741-1813), un Français d’origine liégeoise, maître de l’opéra-comique, y a composé, dans le presbytère de l’église Sainte-Catherine, en 1778, deux opéras : «Les amants jaloux» et «Les événements imprévus». L’académie de musique de Liège porte son nom.
Sans doute, le musicien le plus célèbre de cette ville est Erik SATIE (1866-1925), compositeur. Figure étrange, déroutante et originale, Erik SATIE «a pratiquement inventé un mode d’expression qui lui est propre. La seule clé de ce langage personnel est le caractère de l’artiste qui l’inventa. En effet, le plus souvent, l’analyse des partitions n’apporte guère d’éclairage sur la substantifique moelle de cette musique qui ne se laisse en aucun réduire à des catégories formelle ou autre considération de langage musical. Dilettante, obsessionnel, procédurier, imaginatif, pince-sans-rire, drôle, susceptible à l’excès, solitaire et précurseur malgré lui, pauvre et bon vivant, Satie compose une musique, mais non simpliste, néo-classique, sans être académique» écrit Rollo MYERS, un de ses biographes, en 1948. Ce musicien de gauche, désargenté et alcoolique, est né le 17 mai 1866, à Honfleur, de Jane Leslie ANTON (1838-1872), une londonienne d’origine écossaise ayant épousé Jules Alfred SATIE, un catholique et courtier maritime. C’est une fratrie de 5 enfants : Olga (1868-1948), Conrad (1869-1938) et Diane (1871-1872). Pour des questions religieuses, les grands-parents d’Erik désapprouvant ce mariage, son père s’installe en 1870, à Paris. A la suite de la mort de sa mère, en 1872, Olga est confiée à une famille du Havre, et Erik et son frère retourne à Honfleur, le père, déprimé, voyageant à travers l’Europe. Erik étant attiré par la musique, ses grands-parents l’inscrivent au cours de Gustave VINOT, organiste et maître de chapelle. En 1878, sa grand-mère meurt d’hydrocution à la plage de Vasouy, près de Honfleur, aussi le petit Erik repart vivre à Paris. Déscolarisé, il bénéficie de cours privés. Son père, se remarie, le 21 janvier 1879, à Eugénie BARNETCHE, enseignante, pianiste et compositrice ; la famille déménage dans le 8ème arrondissement, 2 rue Constantinople, près du conservatoire de musique et de déclamation. En 1887, Erik SATIE est engagé au Chat Noir, à Montmartre, en qualité de pianiste et y retrouve Alphonse ALLAIS, humoriste, conteur et poète, natif également de Honfleur. Il fréquente aussi, à Paris, d’autres établissements, comme l’Ane rouge, l’Auberge du Clou et se lie d’amitié avec Claude DEBUSSY, une amitié complexe et sulfureuse. Parmi ses œuvres célèbres, il y a en février 1888, les «Trois Gymnopédies», des fêtes à Sparte en l’honneur d’Apollon. Il y aura les «Ogives» et les «Sarabandes». Il participe à l’Exposition universelle du 5 au 31 octobre 1889, à Paris. Erik SATIE est mort, Arcueil, le 6 juillet 1925, d’une cirrhose.
L’historien, Charles BREARD (1839-1913), auquel je me réfère abondamment, a rendu un vibrant hommage à Honfleur, sa ville natale, à travers différents ouvrages, bien documentés, qui n’ont pas pris une ride. Je vous renvoie à la bibliographie. Stéphane MALLARME (1842-1898), poète, chef du mouvement symboliste, a résidé à Trouville et à Honfleur, à partir de 1892. «Vers de circonstance» paru en 1920, fait référence à ce séjour. «Honfleur est un pays merveilleux, jamais autant de verdure jointe à l’eau qui, sans être la mer du large, enchante : le vieux petit port normand, les eaux fortes. Si ma femme n’était pas malade, nous serions heureux ici» écrit-il le 7 août 1892, à James McNeill WHISLTER. D’autres écrivains célèbres ont vécu ou sont nés à Honfleur, comme Jean-Charles-Emmanuel NODIER (1780-1844), écrivain, romancier académicien, Henri de REGNIER (1864-1938), poète, essayiste et romancier, Gabriel REUILLARD (1885-1973), écrivain et journaliste de Rouen, Albert SOREL (1842-1906).
Lucie DELARUE-MARDRUS (1874-1945), poétesse, née à Honfleur le 8 novembre 1845 et morte à Château-Gontier, le 26 avril 1945, est la fille de Georges DELARUE (1841-1910) et de Marie-Louise JAZET (1841-1917). Surnommée «la prince Amande», le maréchal Philippe PETAIN voulait la marier, mais elle épousera, le 5 juin 1900, à Paris 2ème, Joseph-Charles MARDRUS (1868-1949), un poète, traducteur et orientaliste. Lucie DELARUE-MARDRUS-a rendu hommage à sa ville, Honfleur : «Honfleur, ma ville de naissance, que j’aime plus que de raison, je te reviens de l’horizon, ayant mené loin mon enfance. Je t’avais dans l’âme et la chair, et j’ai quitté ta jetée, ce n’est qu’à tout jamais hantée par ta grisaille sur la mer» écrit-elle, en 1908, dans le poème «Chant de retour». De nombreux auteurs poèmes sont dédiés à Honfleur, notamment le Port, Soir d’Honfleur. Mais le poème, «De Honfleur» est spécialement en hommage à sa ville : «Honfleur, ma ville, je te vois du haut de ta colline, ô pluvieuse, ô grise, entre les flots pressés de ta mer qui se brise et le moutonnement terrien de tes bois. Que de fois, devant d’autres villes, j’évoquais tes contours tout immatériels, parmi l’Afrique fauve et ses blancheurs faciles, te voici donc enfin devant mes yeux réels» écrit Lucie DELARUE-MARDRUS. L’auteure fait référence aussi au voyage, au désert, à l’Afrique, à la nostalgie notamment dans une série de poèmes intitulés «Premier Islam», «Paroles sur Carthage» ou «Barbaresque». Peuple de voyageurs, les Honfleurais connaissaient le continent noir : «Je m’en irai bien loin des villes où vous êtes, sans revoir et sans adieu. Je m’en irai hors de vos glas européens et vos fêtes, ouvrir mes yeux de Pharaon doré. L’Afrique où l’air a le goût des bananes ou des dattes, me tend ses sables éblouis. J’aimerai ce pays qui n’est pas mon pays. Je le posséderai dans mes mains musulmanes» écrit-elle dans «Aux Quittés». Née à Honfleur, au 44 rue des Capucins, devenu un hôtel, «Chez Lucie», la famille de Lucie DELARUE-MARDRUS est allée s’installer, partir de 1880, à Paris puis à Saint-Germain-en-Laye, mais la poétesse y revient régulièrement : «Honfleur, ma ville de naissance, que j’aime plus que de raison, je te reviens de l’horizon, ayant mené loin mon enfance. Ailleurs, il fait parfois bon vivre, mais toujours ville des prés verts, on est un peu ton marin ivre, qui tangue à travers l’univers. Quand on naît monarque, monarque on reste jusqu’au bout» écrit-elle dans «Chant de retour». Dans un autre ouvrage, «Souffles de tempête», paru en 1918, après la Première guerre mondiale, Lucie DELARUE-MARDRUS rend hommage à la richesse architecturale de Honfleur, sa Chapelle Notre-Dame de Grâce, l’église Sainte-Catherine, le Pavillon de la Reine : «Je n’ai jamais vu la fin de mes ravissements, Honfleur tout en ardoise, où pourtant je suis née, Oh ville riche d’éléments. Rien de bon, de pur, pour cette ville-ci ! Je l’aime simplement comme on aime son père et sa mère» écrit-elle dans le poème, «Honfleur».
Alphonse ALLAIS (1854-1905), écrivain, journaliste, conteurs et humoriste, est né le 20 octobre 1854, à Honfleur. Il ne voulait pas être pharmacien comme son père, Charles ALLAIS (1825-1895), et collabore avec le Chat noir, à Paris et publie de nombreuses nouvelles. Son recueil de 44 contes, publié en 1894, sous le titre «Rose et Pomme-vert», tout commence dans l’horreur. Dans un petit jardin contigu à la voie, un homme jeune encore était pendu à un arbre fruitier. Jonchant le sol, tout près, une dame en costume d'amazone, un revolver au poing, venait de se tuer, probablement pour ne pas survivre au monsieur pendu. À deux pas, sur le gazon, une femme entièrement nue, le ventre ouvert, les intestins au soleil, les yeux démesurément agrandis par la terreur. En fait, Alphonse ALLAIS ne cesse, dans «Rose et Pomme-vert» d’évoquer des scènes de la vie de sa ville natale, Honfleur. Candidat malheureux aux élections législatives d’août 1893, Albert Caperon, dit le Captain Cap, présente un programme résolument antibureaucratique et anti-européen. Il souhaite également transformer la place Pigalle en port de mer. Publié en 1902, Captain Cap, en fait un ami d’Alphonse ALLAIS, a été considéré comme l’un des grands chefs-d’œuvre de la littérature humoristique. En effet, «Le Captain Cap» est un personnage hallucinant, ancien aventurier des mers et du Far-West, qui rentre en France et se lance dans la politique pour lutter contre le mensonge, l'hypocrisie, la fraude et la bêtise. Armé d'un humour absurde et d'une batterie de cocktails antidépresseurs, il déboulonne les fausses valeurs de la France éternelle. Captain Cap affirme vouloir combattre la bureaucratie et être anti-européen. Et s'il part vers les Amériques, à l'âge de dix-huit ans, c'est parce qu'il est las de combattre en vain l'indécrottable esprit bureaucratique européen. Alphonse ALLAIS est un maître des écrits loufoques, acerbes, humoristiques, mais dont la verve est empreinte d'un sérieux proche de l'humour anglais. Le personnage de Captain Cap, homme créatif et probablement mégalomane, mythomane, mais si sympathique et cynique à la fois, fustige les mensonges, la mauvaise foi et les belles promesses de la classe politique. Alphonse ALLAIS est un véritable pince-sans-rire dont le fils naturel littéraire pourrait être Pierre DAC (1893-1975). «Avant d'éblouir le peuple en lui promettant de l'eau chaude, il faut lui fournir des récipients pour la recueillir» écrit-il dans «Le Captain Cap».
Charles BAUDELAIRE, (1821-1867), auteur des «Fleurs du Mal», précurseur du symbolisme, bien que natif de Paris, séjourne régulièrement à Honfleur, à partir de juin 1857. Sa mère, Caroline AUPICK née DUFAYS (1793-1871), après son remariage le 8 novembre 1928, avec le général Jacques AUPICK (1789-1857), un homme d’esprit étroit, a vu les relations de son fils, un rebelle, bohême et homosexuel, avec son beau-père, se dégrader, considérablement. La famille s’installe à Honfleur, à la rue de Neubourg, devenue rue Alphonse Allais, une demeure surnommée par Charles BAUDELAIRE, de «Maison joujou», achetée le 7 mars 1855. Il y compose le poème «voyage» : «J’ai fait un long poème à Maxim Ducamp, qui est à faire frémir la nature, et surtout les amateurs du progrès» écrit-il, à Honfleur, le 21 février 1859 à Charles ASSELINEAU. Il entretient une importante correspondance avec sa mère, à laquelle Charles BAUDELAIRE est particulièrement attaché.
 Je suis allé à plusieurs reprises à Honfleur,  à chaque fois c'est en coup de vent. Cette fois-ci j'ai décidé d'y rester quelques nuits pour flâner dans la ville, avec ses colombages est majestueux.  A l’hôtel l’Ecrin, un vieux manoir normand, 19 rue Eugène Boudin (hotel.ecrin@honfleur.com), on est accueillie comme un duc de Normandie.
Références bibliographiques
ALBERT-SOREL (Albert), Lucie Delarue-Mardrus, sirène de l'Estuaire née-native de Honfleur, Éditions de la Lieutenance, 1999, 125 pages ;
ALLAIS (Alphonse), Le Captain Cap : ses aventures, ses idées, ses breuvages, Paris, La Table ronde, 1997, 308 pages ;
ALLAIS (Alphonse), Rose et Pomme-vert, Paris, Ollendorff, 1894, 328 pages ;
BLOSSIER (Albert), Cahiers de doléances du baillage de Honfleur pour les Etats généraux de 1789, Caen, Imprimerie E. Adeline, G. Poisson, 1913,  207 pages ;
BREARD (Charles), Jean Doublet de Honfleur, lieutenant de frégate sous Louis XIV, Paris, Perrin, 1887, 302 pages ;
BREARD (Charles), Le vieux Honfleur et ses marins. Biographies et récits maritimes, Paris, Alphonse Picard, 1885, 421 pages ;
BREARD (Charles), Les archives de la ville de Honfleur. Notes historiques et analyses de documents, Rouen, Imprimerie Cagniard, 1897, 374 pages ;
BREARD (Charles), Vieilles rues et vieilles maisons de Honfleur du XVème siècle à nos jours, Honfleur, Société normande d’ethnographie et d’art populaire, 1900, 350 pages ;
CARADEC (François), Alphonse Allais, Paris, Belfond, 1994, 552 pages ;
CATHERINE (André), Histoire de la ville et du canton de Honfleur, 1864, 404 pages ;
CHOUARD (Robert), Lucie Delarue Mardrus, comtesse de Normandie, Lexo Imprimerie, 1994, 72 pages ;
COTE (Jean-François), Lucie Delarue-Mardrus. Femme de lettres oubliée, mémoire sous la direction de Alain Baudot et Marie-France Silver, Université York, Toronto, avril 1999,  97 pages ;
DELARUE-MARDRUS (Lucie), «Mes mémoires. Souvenirs littéraires», Revue des Deux-Mondes, mars 1938, tome XLIV, pages 71-107 et pages 385-414 ; doc BNF RF 56332, Paris, Gallimard, 1938, 329 pages, non réédité ;
DELARUE-MARDRUS (Lucie), Figure de proue, Paris, Bibliothèque Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1908, 294 pages ;
DELARUE-MARDRUS (Lucie), L’Ex-voto, Paris, Bibliothèque Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1922, 297 pages ;
DELARUE-MARDRUS (Lucie), Souffles de tempête. Poésies, Paris, Bibliothèque Charpentier, Eugène Fasquelle éditeur, 1918, 298 pages ;
DEVILLE (Etienne), Honfleur, Paris, H. Laurens, 1923, 64 pages ;
EVELYN (John), The Diary of John Evelyn. From 1641 to 1705, édités par William Bray,  Londres, W.W Gibbins, 1890, 619 pages, spéc page 56 ;
GINER (Bruno), Erik Satie, Paris, Bleu Nuit éditeur, 2016, 176 pages ;
HARRY (Miriam), Mon amie, Lucie Delarue Mardrus, Paris, éditions Ariane, 1946, 210 pages ;
HOUSSAYE (Henry), Honfleur, la ville sur le flot, petite histoire de la ville de Honfleur. Des origines à nos jours, Paris, 1964, 102 pages ;
JEAN-AUBRY (Georges), Un paysage littéraire : Baudelaire et Honfleur, Paris, Maison du Livre, 1917, 63 pages ;
LEROY-ALLAIS (Jeanne), Alphonse Allais, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Paris, Ernest Flammarion, préface d’Alfred Capus, 1913, 316 pages ;
MORLENT (Joseph), Nouveau guide du voyageur au Havre et dans les environs : promenades maritimes et pittoresques à Tancarville, Honfleur, Trouville, Etretat, Paris, Chez Mme Bertin, 1853, 202 pages, spéc pages  ;
MYERS (Rollo, H.), Erik Satie, traduit par Robert Le Masle, Paris, Gallimard, 1959, 200 pages ;
PLAT (Hélène), Lucie Delarue Mardrus, une femme de Lettres aux Années Folles, Paris, Grasset et Fasquelle, 1994, 305 pages ;
RAIMES (Gaston, de), Les croyances perdues, Paris, Alphonse Lemerre, 1882, 124 pages ;
SATIE (Erik), PICASSO (Pablo), Mémoires d’un amnésique, Paris, éditions Dynamo, 1953, 14 pages ;
TEMPLIER (Pierre-Daniel), Erik Satie, New York, Da Capo Press, 1980, 127 pages ;
THOMAS (Philippe-Pierre-Urbain), Histoire de la ville de Honfleur, Honfleur, 1840, E. Dupray,  432 pages ;
Un enfant de Honfleur, Histoire de Honfleur, Honfleur, Charles-François Libraire-éditeur, 1867, 274 pages ;
VASTEL (Pierre, abbé), Essai historique sur Honfleur, et la nouvelle chapelle de Notre-Dame de Grace, par LVCG, Le Havre, Imprimerie du Cercelet, 1833, 204 pages.
Honfleur, le 27 avril 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Honfleur, dans le Calvados, une pittoresque vieille ville de Normandie» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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