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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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28 août 2021 6 28 /08 /août /2021 11:11
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
L’existence, hors norme, d’Aoua KEITA ayant coïncidé, un certain temps avec le destin de l’Afrique, épouse les contours riches de multiples vies : sage-femme, femme de lettres, syndicaliste, féministe, indépendantiste, première femme députée au Mali, sociologue, voire historienne. «Aoua Kéita fait partie des figures de proue de l’histoire du Mali. En tant que femme leader politique, sa vie et ses activités se confondent avec tout un pan de l’histoire coloniale du Mali et la lutte pour les indépendances. Si Modibo Kéita et Mamadou Konaté sont célébrés comme les pères de l’indépendance, les avocats indéfectibles de la liberté et la démocratie, Aoua Kéita s’est distinguée comme l’une des vaillantes mères de l’indépendance» écrit Fatoumata KEITA. Cependant, Aoua KEITA n’est connue que de cercles restreints de spécialistes. Je crois que son engagement, sans concession, en faveur de l’indépendance, en pleine Guerre froide, avec des attaches communistes, y est pour quelque chose. Qualifiées de «femmes savantes» et de «frigidaires», mais reconnues comme pionnières du féminisme, certaines femmes africaines sont mondialement identifiées (Awa THIAM, Ken Bugul M’BAYE et Mariama BA). Aoua KEITA est, quant à elle, confinée dans une quasi clandestinité. Par ailleurs, la littérature concernant les femmes émane, tout début des indépendances, des hommes (SEMBENE Ousmane, Cheikh Anta DIOP) dont les écrits, en Afrique, véhiculent avec une image, sans être réductrice, focalisée sur le caractère maternel du continent noir. «Nombre d’Africaines d’origines et de conditions diverses se sont investies dans des actes de résistance et des luttes émancipatrices, mais leurs noms figurent trop rarement dans les livres d’histoire, (….) leurs efforts et leurs sacrifices n’ont pas été suffisamment transmis à la postérité, au risque de les murer dans l’oubli.(….). Même si cet engagement féminin est souvent éclipsé pour laisser aux seuls hommes la paternité d’actions produites collectivement, les femmes africaines savent ce que lutter signifie» écrit Irina BOKOVA, Directrice générale de l’UNESCO, dans la préface de «Femmes africaines, panafricanisme et Renaissance africaine».
Née le 12 juillet 1912, Aoua KEITA grandit à Bamako, une ville à l’époque de 8000 habitants, au Soudan, actuel Mali, qui faisait alors partie de l’Afrique Occidentale Française (AOF). Son père Karamoko KEITA, originaire de Kouroussa en Guinée, s’est installé avec ses épouses, griots et serviteurs. Karamoko KEITA, un ancien tirailleur sénégalais de la Première guerre mondiale, est un agent reclassé au service d’hygiène. Sa mère, Mariam COULIBALY (Vers 1890-1965), également originaire de Guinée, est une mère-courage et besogneuse, une ménagère, cultivatrice de riz et tisseuse de coton. Dans les contes que lui raconte sa mère, une traditionnaliste, les femmes sont exhortées à être des bonnes épouses, à ne pas être jalouses des coépouses et d’être de bonnes ménagères obéissantes ; celles qui se marient, par amour, sont transgressives, individualistes ou n’acceptent pas la douleur, risquent d’affronter un mauvais sort. Sa mère terminait ses contes «en donnant des conseils de politesse, d’obéissance, de serviabilité, de respect envers les parents, les personnes âgées et les nécessiteux» écrit-elle. En effet, le rôle et la valeur de la femme dépendent de sa fécondité, de sa résilience et de son aptitude à se conformer à la tradition, fut elle parfois absurde ou surannée. Or, cette pression sociale, ces caractères stéréotypés maintiennent la femme dans un statut d’infériorité, et renforcent donc la domination de l’homme. «Les femmes intériorisent l’idéologie patriarcale dominante et contribuent à leur propre soumission» écrit Sophie BESSIS.
Allant à l’encontre de la volonté de sa femme, le père d’Aoua KEITA décide de la scolariser le 15 septembre 1923 au foyer des Métisses qui venait. En tant que fille aînée d’une fratrie de cinq sœurs, dont une veuve avec six enfants,  un jeune fils, (qui décédera le 13 juin 1958) Karamoko KEITA estime qu’Aoua se doit d’apprendre un métier qui lui permette de travailler pour l’administration coloniale afin de soutenir sa mère, une fois le chef de famille décédé. «L’avenir de ta mère constitue un gros souci pour moi. En effet, avec quatre filles qui iront construire d’autres foyers, que deviendra ta mère après ma mort ?» lui dit son père. En dépit des ruses et intimidations que sa mère emploie pour la garder auprès d'elle, Aoua KEITA, tenace et curieuse de tout ce qui est nouveau, quitte ainsi une éducation purement rituelle, pour fréquenter l’école française. Sa mère hostile à l’entrée de sa fille à l’école française lui dira : «Va-t’en t’occuper de tes papiers et crayons, c’est ce que tu donneras à manger à l’homme malheureux qui acceptera de te prendre» comme épouse. Après l’obtention du certificat d’études primaires en 1928, Aoua réussit le concours de l’école de médecine de l’Afrique Occidentale Française (AOF) de Dakar pour y être formée comme sage-femme. Diplômée en  novembre 1931, elle est affectée à Gao, dans le Nord, au grand regret de sa mère qui voyait d’un mauvais œil qu’une jeune femme célibataire effectue un tel voyage et habite seule dans une ville reculée «considérée comme un autre monde». Arrivée à Gao le 22 décembre 1931, une région septentrionale dont elle ne connait pas la langue, le Sonrai, Aoua KEITA, une Malinké, est, selon ses propres mots, «la seule jeune fille émancipée» ou la «Toubab», courtisée par les jeunes fonctionnaires, commerçants et notables de la ville. Sa maison devient rapidement un espace de sociabilité.
Le 17 novembre 1935, Aoua KEITA épouse Daouda DIAWARA, un médecin rencontré au Sénégal, aux côtés duquel elle s’initie au militantisme syndical et politique. Avec son époux, Aoua KEITA s’engage à l’Union Soudanaise – Rassemblement Démocratique Africain (US-RDA). Tout en l’encourageant dans ses activités militantes et à lire des journaux, comme «Paris-Dakar», Daouda DIAWARA lui impose une posture de retenue silencieuse pour éviter les foudres des maris ne tolérant pas que leurs épouses s’occupent de politique. «Tu observes, tu t’occupes des camarades venus de Ségou au point de vue de la nourriture, tu nous représentes au bureau et tu votes. Ce sera déjà une grande contribution. Évite surtout de parler de politique» lui dit son mari. Par ailleurs, femme stérile, Aoua KEITA affronte la foudre de Malon CAMARA, sa belle-mère ; ses cinq enfants (quatre filles et un garçon) avaient tous des enfants, sauf Daouda. Aussi elle menace son fils «Je sais que tu tiens à Aoua. Mais si jamais ma mort se trouve dans l’union avec Aoua, tu seras malheureux le reste de ta vie. Je te maudirai même dans ta tombe» dit sa belle-mère à son fils. «Le manque d’estime de soi de ma belle-mère, se transforme en une véritable animosité dès qu’elle apprit mon incapacité d’avoir des enfants à la suite de ma dernière opération chirurgicale en septembre 1945. Mais ce qui rendit ma belle-mère furieuse par désespoir, ce fut l’attitude de mon mari. Il refusa en effet de prendre une deuxième épouse. Toute la famille m’imputa ce refus qui cependant était indépendant de ma volonté» écrit-elle. Après quatorze années de mariage, le couple divorce en 1949. Craignant la malédiction de sa mère, Daouda DIAWARA répudie Aoua KEITA «Tu peux prendre ta liberté. A partir d’aujourd’hui, je ne t’aime plus» lui dit-il. «J’accepte ma nouvelle avec courage et persévérance » lui réplique Aoua KEITA.
Aoua KEITA a été la femme députée au Mali, «Mon premier mandat de députée date du mois de mars 1959 et a été renouvelé en 1964. Je crois avoir été la première femme d’Afrique, sinon l’une des premières à accéder à un poste politique, c’est-à-dire être membre d’un Parlement. Ce geste de l’Union-Soudanaise RDA concrétise l’intérêt que notre parti accorde à l’émancipation de la femme, et à l’égalité de l’homme et de la femme dans tous les domaines» dit-elle, dans un entretien, de 1964, accordé au magazine féminin sénégalais, «Awa». Ce geste a été suivi par la Haute-Volta (Burkina-Faso), le Ghana, l’Algérie, la Guinée et le Sénégal. L’entrée en politique, des femmes au Mali, a été progressive «Depuis 1945, date à laquelle les peuples colonisés d’Afrique d’expression française ont eu le droit de participer à la vie politique, nous avons commencé à militer. Notre objectif était de soutenir un nos frères élu comme membre d’une assemblée nationale française. Il n’y avait pas d’indépendance, mais nous avons eu le droit de vote, le droit d’éligibilité. A partir d’octobre 1946, la lutte politique des femmes s’est bien définie, à partir du Congrès constitutif du RDA, à Bamako, du 18 au 21 octobre 1946. Depuis ce temps-là, j’ai milité, avec ferveur, pour la liberté des peuples qui seule, pouvait permettre aux femmes d’obtenir les droits auxquels elles aspiraient ; je me suis engagée, avec d’autres femmes, pour la libération des femmes» dit Aoua KEITA.
En 1955, Aoua KEITA n’avait encore gravi des échelons décisifs dans son parti, en dépit de ses luttes. En 1956, elle fonde à Bamako, avec l’institutrice Aïssata Sow, le Comité des femmes travailleuses qui prend le nom, deux ans plus tard, d’Inter-syndicat des femmes travailleuses. Ce n’est qu’au 5ème Congrès du Parti en août 1958 qu’elle est désignée une «commissaire à l’organisation des femmes». À ce titre, elle devient la seule femme membre du Bureau Politique. Elle est élue députée de la Fédération du Mali à Sikasso en 1959, devenant la première Africaine d’AOF à accéder à un tel poste. En 1962, Aoua KEITA participe avec d’autres militantes à l’élaboration d’un Code du Mariage promulgué en 1962, après l’indépendance du Mali. Si les militantes échouent à faire interdire la polygamie et l’excision, le consentement au mariage est instauré. Au Mali, elle devient responsable du comité de rédaction de la Commission Sociale des Femmes (CSF). Il s’agit d’un poste clef au sein de la section féminine du Parti créée en 1963, qui confère à Aoua KEITA la charge de la rédaction des textes de l’organisation. Sous la pression de la première dame, Mariam TRAVELE, écarte Aoua KEITA, considérée comme cadre modéré, du pouvoir. Aoua KEITA continue à militer dans la section féminine locale de son quartier de Bamako avant de rejoindre, en 1970, Djimé DIALLO, au Congo, un fonctionnaire de l’UNESCO, et ne rentra au Mali qu’en 1979, un an avant son décès à l’âge de 67 ans. Aoua KEITA disparaît le 7 mai 1980 à Bamako.
L’essentiel de mes sources repose, en grande partie, sur l’autobiographie de Aoua KEITA, publiée chez Présence africaine en 1975, et rééditée en 2014, avec une puissante et éclairante préface de Sophie BESSIS, et accompagnée d’un plan de présentation de l’éditeur. «Les mémoires d’Aoua Keita ont l’immense mérite d’être à la fois un témoignage personnel d’une des premières femmes diplômées d’Afrique de l’Ouest, d’une des premières responsables politiques féminines dans une région encore marquée par un indéracinable patriarcat, un livre d’histoire à la première personne sur la période coloniale. Mais il est avant tout le récit d’une vie entièrement consacrée à deux combats intimement mêlés, celui pour l’indépendance et celui pour l’émancipation des femmes» écrit Sophie BESSIS. Les mémoires, répartis en huit chapitres, couvrent la période de 1931 à 1960, soit jusqu’à l’éclatement de la Fédération du Mali et donc l’indépendance de son pays. «On n’en finit pas de regretter ait choisi de clore son récit en 1960 ; elle qui prit une part active sous la présidence de Modibo Keita. Qu’aurait-elle dit, celle qui mourut en 1980, si elle avait repris sa plume ?» s’interroge Sophie BESSIS. Et cela soulève de multiples questions.
Tout d’abord, est-ce que le refus d’évoquer les indépendances signifierait que celles-ci ont été trahies ? Ahmadou KOUROUMA avait dans «Soleil des indépendances» décrit ce phénomène  de «désenchantement national » en référence au titre d’un ouvrage de Hélé BEJI. L’US-RDA, sur une ligne dite «anticolonialiste» conduit le Mali à l’indépendance et l’engage dans la voie socialiste. Aoua KEITA ne se prononce pas dans ses mémoires, sur la politique de Modibo KEITA, caporalisant les organisations des femmes, dans le cadre d’un parti unique. En effet, la Commission sociale des femmes, créée en 1963, directement rattachée au Parti, est, en fait, dirigée par les épouses des responsables politiques, une sorte de caisse de résonance aux mots d’ordre du régime, et s’attachant peu  à l’amélioration ou au changement du statut de la femme. A la fin de son régime, il n’existait plus de femmes haut responsable dans les organes de l’Etat. Le général Moussa TRAORE, nommera une seule femme au gouvernement, Mme Inna SISSOKO CISSE, au poste de Secrétaire d’Etat en charge des affaires sociales.
Ensuite, en arrêtant ses mémoires à l’année 1960, Aoua KEITA refuse ainsi de se prononcer, lors de la sortie du Franc CFA, sur la liquidation, le 30 juin 1964, de Fily-Dabo SISSOKO (1900-1964), chef du Parti pour la Solidarité et le Progrès (PSP), de Hammadoun DICKO (1924-1964), chef de file des commerçants et El Hadji Kassoum TOURE dit Marba. Fily-Dabo SISSOKO, présenté par Aoua KEITA, dans ses mémoires, sous la colonisation, comme étant la bête noire de l’US-RDA et un allié des colons, était, en fait, en déclin, ne représentait plus une menace pour Modibo KEITA. Une commission, au Mali, étudie, en ce moment, les conditions de la réhabilitation de Fily-Dabo SISSOKO, proche du Parti socialiste français, un personnage beaucoup complexe dans son itinéraire, mais largement caricaturé par Aoua KEITA, dans ses mémoires.
Enfin, Aoua KEITA, témoin de l’Histoire, ne nous éclaire pas sur les circonstances de sa propre liquidation politique par Modibo KEITA. En effet, en 1966, Aoua KEITA part à la retraite, mais continue à siéger au Bureau politique, au titre de la Commission des Femmes, jusqu’au 22 août 1967, date de la «Révolution active» de l’US-RDA, où elle est totalement évincée du pouvoir. En effet, cette purge a été décidée par le «Comité national de défense de la Révolution» (CNDR) en vue d’un «sursaut patriotique», de fidélité aux engagements de l’indépendance du 22 septembre 1960. Le Bureau politique national, dont faisait partie Aoua KEITA, est dissout «Cette vague révolutionnaire, née de la volonté de l’ensemble des couches saines de notre pays de voir liquider rapidement les aspects négatifs de notre action politique, ne doit pas s’arrêter» dit Modibo KEITA. En fait, au-delà de cette grandiloquence, Le Mali procède à une forte dévaluation de la monnaie nationale et surtout, il accepte de conclure avec la France, en décembre 1967, trois accords monétaires qui sonnent le glas de l’exercice de la souveraineté monétaire, c’est le retour du franc CFA avec la réintégration du Mali dans l’Union monétaire ouest africaine. Aoua KEITA était-elle en désaccord avec ce double discours ? En tout cas, et en dépit, de son éviction du Bureau politique, Aoua KEITA refusera de collaborer avec le régime de Moussa TRAORE (1936-2020) ayant renversé Modibo KEITA le 19 novembre 1968.
Dans ses mémoires, Aoua KEITA, si elle parle longuement de la relation avec sa mère, est restée particulièrement discrète sur sa vie privée. Pour elle, l’amour et la vie privée en sont presque évincés, simple pudeur ou juste réalité. Maîtrisant son chagrin et sa solitude, après la séparation avec son premier mari, Aoua KEITA est une femme pleine de fierté et d’honneur. «Le récit autobiographique d’Aoua Keita, paru en 1975, est un livre assez difficile à classer, et il n’a pas eu l’audience qu’il méritait. Aoua Keita y retrace à la fois une existence singulière et exemplaire, qui se confond avec l’histoire du Mali, de la période coloniale à l’accession de l’indépendance» écrit Bernard MOURALIS. Je souscris pleinement à ce point de vue, et cela pour plusieurs raisons. Le livre de Aoua KEITA un pan de l’histoire africaine été récompensé en 1976 par le Grand prix littéraire d’Afrique noire et en 1977, pour son récit exceptionnel sur l’engagement professionnel et politique d’une sage-femme africaine à l’époque coloniale. Par ailleurs, pour l’essentiel, les écrits des Africains, après les indépendances sont des contributions de dénonciation du néocolonialisme ou traitant d’un thème éculé : les rapports entre tradition et modernité. A travers son vécu, Aoua KEITA nous a légué un précieux et irremplaçable témoigne sur l’Afrique au siècle dernier. Par ailleurs, la qualité de l’expression écrite d’Aoua KEITA, alliée à son talent de narration ou de conteuse, son souci pédagogique, avec de nombreuses interpellations du lecteur ou des parenthèses permettant de mieux saisir le contexte, sont autant de qualités fort appréciables. Aoua KEITA «possédait l’art de raconter, de restituer à touches vives l’ambiance d’une époque, de relever des faits significatifs dans le quotidien, en soulignant la gravité de moments historiques décisifs, avec l’humour d’un acteur-témoin» écrit Marie ELIOU. En dépit parfois de certaines formules ou slogans inspirés de la culture communiste, trahissant ses préférences politiques, abandonnant tout dogmatisme, et attachée à la Vérité, Aoua KEITA a conduit des investigations rigoureuses, nuancées et balancées. C’est à titre que dans ses mémoires, en grande sociologue ou historienne, Aoua KEITA donne des renseignements précieux notamment sur les diverses coutumes africaines, le sens à donner à certains contes ou maximes africaines, au regard du statut de la femme, le statut des chefs coutumiers ou de canton, des fonctionnaires coloniaux et leurs conditions de vie (Mutations disciplinaires, menaces, brimades, calomnies ou achat de conscience). Sa description de la vie ordinaire des Maliens dans la première moitié du XXème siècle (castes, habitation, nature, alimentation, moyens de communication, etc.) est remarquable.
I – Mme Aoua KEITA, sage-femme, syndicaliste et indépendantiste
Aoua KEITA a utilisé ses fonctions de sage-femme pour développer une activité syndicale et politique, contre la politique d’assimilation du colonisateur, et en vue de l’indépendance totale de son pays. «En narrant sa vie, elle se fait la porte-parole des masses sans voix et la porte-étendard de leur combat pour la liberté et la démocratie. Son combat devient celui de toute l’Afrique, et sa souffrance la leur. Face à la tyrannie de l’oppresseur, elle oppose une rhétorique guerrière digne d’une résistante qui ne recule devant rien avant d’atteindre sa mission de décolonisation politique et mentale des Africains» écrit Fatoumata KEITA. Au début, l’affectation de Aoua KEITA à Gao a été considérée, par sa famille, comme une sanction déguisée. Aoua KEITA se sentait honorée d’être utile aux femmes défavorisées de son pays «La jeune africaine tenait à mettre ses connaissances «Toubab», de savoir «blanc», au service de son peuple et de ces femmes qui, maintenant, à travers pauvreté, ignorance, exploitation et domination étrangère, le tissu social de leur communauté. C’est dans la relation éducative entre la sage-femme et les mères qu’elle assiste, que commence à se former, chez l’une chez les autres, la prise de conscience politique» écrit Marie ELIOU.
Durant ses deux séjours à Gao, (1er séjour de 1931 à 1937, 2ème séjour de 1950 à 1951) Aoua KEITA, transgressant l’ordre traditionnel conservateur et la domination coloniale, parvient à se faire adopter par la population en devenant un membre du «Gnaff Conde», l’organisation des jeunes femmes, à entrer dans les bonnes grâces des notabilités, et à créer pour, la ville de Gao, sa première maternité construite en 1934. Aoua KEITA a surtout officialisé une section féminine du RDA, et mit en place des comités de jeunes et pris en charge la propagande électorale pour le compte de son Parti, l’US-RDA. «J’ai profité de mes relations avec les femmes pour avancer dans le travail politique et c’est pour ces raisons qu’on m’avait expulsée. Au lieu de cela comme un martyr, j’en ai fait une gloire» dit-elle. A Gao, comme à Nara, Aoua KEITA se heurte aux autorités coloniales, dans sa lutte pour l’organisation des femmes et des élections régulières «Si vous hommes, vous avez peur, cela vous regarde, quant à nous femmes Sonraïs, Armas, Arabes et Touaregs, nos pagnes sont solidement serrés autour de nos reins. S’il le faut, nous achèterons des bandes de coton, pour les ceindre davantage, nous le ferons avec empressement, car nous en avons assez. Nous ne pouvons plus continuez à subir les vexations de ces brigands, qui ont arraché notre pays» écrit-elle. A Nara, Aoua KEITA est confrontée à l’arrogance, au sexisme et au mépris du chef de canton de Fogoty, un membre du Parti de la Solidarité et du Progrès (PSP), de Fily-Dabo SISSOKO, allié aux notabilités : «Depuis plus de dix ans, que je suis á la tête de cette population, jamais un homme ne m’a contrarié, jamais un homme ne m’a interrompu, même pas les Européens, à plus forte raison une femme» lui dit-il. Par ailleurs, et lors des élections du 8 avril 1959, Aoua KEITA est menacée par du chef de village de Singne qui lui refusa l’accès au bureau de vote : «Sors de mon village, femme audacieuse. Il faut que tu sois non seulement audacieuse, mais surtout effrontée pour essayer de te mesurer aux hommes en acceptant une place d’homme. C’est la faute des fous dirigeants du RDA qui bafouent les hommes de notre pays en faisant de toi leur égale. Moi, sergent-chef de l’Armée française, ayant combattu les Allemands, accepter d’être coiffé par une femme ? Jamais. Fous-moi le camp femme à langue mielleuse. Je me moque de toi, de tes paroles de diable et de Satan, ainsi que ton RDA. J’ai trois femmes, comme toi, qui me grattent le dos, tous les soirs, à tour de rôle. Retiens ta langue. Si tu continues à me parler, je te ferai bastonner par les femmes» dit-il.
En raison de son activité politique intense, considérée comme «sage-femme communiste» par l’administration coloniale, Aoua KEITA est mutée, à titre disciplinaire au Sénégal, à Bignona au lendemain de la victoire du RDA à Gao aux élections législatives du 17 juin 1951. En effet, à l’occasion de celles-ci, Aoua KEITA, membre d’un bureau, qui a bien étudié le Code électoral, a courageusement tenu tête au commandant de cercle qui incitait les militaires à voter contre son parti. Dans un premier temps, le commandant de cercle refuse de quitter le bureau de vote : «Je me moque totalement de vos procurations, je suis dans mon bureau et j’entends y demeurer tant que je le voudrai. Est-ce vous qui commandez Gao ou moi ?» dit-il. La réplique d’Aoua KEITA a été cinglante : «Monsieur, personne ne conteste votre commandement. Durant la journée d’aujourd’hui, cette salle appartient à ce peuple pour lequel vous n’avez aucune considération. Donc, monsieur, vous sortez ou je fais arrêter les opérations» dit Aoua KEITA.
Le colonisateur envisageait de la muter en Afrique équatoriale, puis s’est ravisé, en raison de la qualité de ses services. La mère d’Aoua KEITA qui la croyait révoquée, s’en est inquiétée. «Tranquillise-toi. Ces gens ne peuvent rien contre ta fille qui est protégée par tes ferventes bénédictions et par celles de son père. Ce n’est ni eux ni le gouverneur du Soudan qui m’ont donné mon diplôme. Donc, ils n’ont aucun moyen de me le retirer. Tout ce que le gouverneur de Gao peut faire, c’est me donner de mauvaises notes, afin de retarder mon avancement, ou encore demander mon affectation hors de ma colonie d’origine. Ce but est atteint, je suis expulsée du Soudan» écrit Aoua KEITA. En dépit de mesures d’éloignement, Aoua KEITA continue de militer dans chacun des postes, nombreux, où elle est affectée : Tougan, Kayes, Niono, Kokry, Markala, Bignona, Nara, et Bamako «J’ai été déportée. Nous avons eu des sœurs qui ont perdu leur situation, qui ont fait de la prison, mais cela ne faisait qu’aiguiser notre esprit de sacrifice national. Chaque fois qu’il m’arrivait un coup dur, c’est que mon parti a diminué la force de l’oppresseur et cela m’encourageait pour affronter nos difficultés. Nous savions que c’est avec l’indépendance seule que nous pouvions obtenir notre plein épanouissement. Pendant les moments, les plus difficiles, les déplacements, les exclusions s’abattaient sur tous les militants de l’US-RDA» dit-elle. Son intense activité politique n’a pas eu d’effets négatifs sur son couple «Ma vie n’a pas été affectée. Mon mari était un homme qui aimait la politique. J’étais marié à un homme premier responsable de l’US-RDA à Niono. Il a été investi en 1947 pour être sénateur de la République française» dit-elle. Aoua KEITA, une femme debout, transgressive, refusant la violence et la prédation des hommes et du colonialisme, n’a jamais plié. En effet, tous ses interlocuteurs, même les plus bienveillants, recommandent à Aoua KEITA d’abandonner la politique et de ne s’en tenir qu’à ses fonctions de sage-femme, un domaine dans lequel elle excelle. Ainsi, lors d’un bref séjour en Guinée-Bissau, un diplomate lui dit «Chère Madame, je vous donne un conseil d’aîné : retirez-vous de la politique, elle n’est pas bonne pour les hommes et elle peut être fatale pour une femme». A Bignona, au Sénégal, un inspecteur de la santé de l’AOF, lui conseille ceci «Je vous demande, Madame, de ne plus faire de la politique. Vous avez un métier qui vous permet de vous rendre très utile à votre pays. Mais surtout pas d’activités politiques !».
Communicative, combative, inflexible et animée d’une grande compassion, Aoua KEITA est également une sociologue et historien. Elle consacre une bonne partie de son temps à la lecture, au jardinage, à la couture et surtout à une observation fine de la société qui l’entoure (Mode de vie, culture, habitation, groupes ethniques, coutumes et mœurs, rapports avec les colons, rapports de forces politiques, notamment la place des femmes et des jeunes). En effet, ses séjours dans différentes contrées reculées «lui donnent l’occasion d’en décrire les coutumes, d’en critiquer les aspects néfastes. L’esclavage et le système des castes sont, entre autres, des données structurelles de l’organisation sociale, de même que le statut inférieur des femmes» écrit Sophie BESSIS. En effet, elle raconte, avec talent, la façon dont la médecine moderne fait irruption à la campagne, souvent avec des moyens dérisoires, le métier des matrones. Aoua KEITA pointe du doigt ce conflit entre tradition et modernité. A Nara, capitale des Soninkés, on apprend de la plume de Aoua KEITA, que la femme, suivant les accoucheuses traditionnelles, doit supporter les douleurs provoquées par les contractions utérines. Les «Magnamagan», initiatrices des jeunes mariées et conseillères conjugales, apprennent à la nouvelle mariée de limiter les rapports sexuels, de ne jamais manifester le désir d’être possédée. Trop de rapports sexuels engendreraient la stérilité, la lassitude de l’homme qui finira pas devenir polygame ou tromper sa femme. Elles enseignent la soumission aux parents du mari.
Aoua KEITA a évité, très soigneusement, d’évoquer les mutilations sexuelles, l’excision «On ne pourra regretter qu’Aoua Keita n’ait pas accordé une plus grande place à son expérience et à ses réflexions de sage-femme ayant pu observer, pendant des années, la rude condition faite aux femmes en milieu traditionnel. Ainsi, on ne trouvera dans l’ouvrage aucune allusion aux mutilations traditionnelles, qui ont pourtant une part considérable dans les souffrances et les difficultés endurées dans les accouchements» écrit Catherine MAZAURIC. En effet, Aoua KEITA, compte tenu de l’ampleur de la tâche, dans un pays encore conservateur, avance parfois avec prudence «Si Aoua Keita s’étend longuement sur certains de culture nocifs de son pays, elle ne dit mot sur les mutilations génitales qui touchent la quasi-totalité des Maliennes. On peut s’en étonner. Ce silence donne la mesure des forces qui ligotent sa société» écrit Sophie BESSIS.
Partout où passe Aoua KEITA, elle scrutin au tamis la société, sa population, ses coutumes et mœurs, les rapports de forces politiques. A Gao, une région conservatrice et féodale où existent encore les castes et l’esclavage, noble ne doit pas directement s’adresser à une assemblée, c’est un porte-parole, un casté ou un esclavage, qui relaie, à haute voix ce qu’il marmonne à voix basse. A Nara, Aoua KEITA créé une mutuelle de solidarité entre femmes. A Fogoty, une contrée rurale, à dominante peule, l’esclavage est encore vivace. «Les Dimadios (esclaves) continuaient à servir docilement leurs maîtres, en plein XXème siècle, plus de cent après l’abolition de l’esclavage. Il faut reconnaître et dire honnêtement que ces personnes ne subissaient aucune contrainte de la part de leurs maîtres» écrit-elle. En Casamance, lors de son séjour entre 1951 et 1953, Aoua KEITA note que les Sudistes ont un certain ressentiment à l’égard des habitants noirs des quatre communes, très tôt éduqués, et ont été féroces avec les Diolas ; ils se seraient «évertués à bafouer leur dignité, par un comportement révoltant» écrit-elle. En Guinée-Bissau, alors sous domination portugaise, le centre-ville de la capitale, propre, éclairé et moderne, n’est habité que des Blancs ou Métis. Les Noirs (Mandiaques, Peuls, Soudanais, Créoles), non éduqués, sont relégués à la périphérie, dans des zones insalubres et livrés à l’alcoolisme et à la violence. «La ville indigène semblait sale. L’odeur désagréable qui s’en dégageait témoignait un manque total d’hygiène. Les rues étaient poussiéreuses et mal entretenues» écrit-elle.
II – Mme Aoua KEITA, militante pour la promotion et l’émancipation de la femme
«L’évolution d’un pays est fonction de la place que les femmes occupent dans la vie de ce pays» dit Aoua KEITA. Le Mali, un vaste territoire enclavé, une population de 19,- millions d’habitant, est composé à majorité de femmes (51%) dont 73,4% sont en zone rurale et 82,3% n’ont pas été scolarisées. Les hommes désireux de maintenir la Femme dans un statut de minorité, adoptent le même point de vue que le colonisateur. En effet, l’autobiographie d’Aoua KEITA «apparaît comme un contre-discours hégémonique, afrocentré et ‘womaniste’ qui expose l’inhumanité, la dépersonnalisation et la violence du système colonial, tout en saluant la contribution des femmes dans la lutte contre la colonisation» écrit Fatoumata KEITA. Aussi, Aoua KEITA a pour ambition de lutter pour la promotion et l’émancipation de la Femme, notamment par l’accès à l’éducation, aux lieux de décisions, à la lutte contre la pauvreté et la participation aux décisions qui les concernent, notamment le droit de vote, bref de sortir de la tutelle, de la minorité, des différentes discriminations ou violences : «L’objectif d’un empowerment des femmes, terme difficile à traduire, qui exprime à la fois le renforcement du pouvoir politique, l’autonomie économique, la capacité à exercer pleinement des droits juridiquement reconnus et la maîtrise de la destinée, n’est pas une simple exigence de justice mais un moyen et une garantie de l’efficacité dans la lutte pour le développement et contre la pauvreté» écrit  M. BOZON. Cependant, la terreur inspirée par le colon, notamment à Gao, est encore considérable : «La crainte du Blanc était à son comble à cause du comportement barbare d’un officier du Rebaine. Ce colonel de l’armée française avait semé la terreur dans tout le cercle de Gao. Par ses lynchages, ses emprisonnements, ses tortures et ses assassinats […] Les difficultés du moment avaient, d’une manière révoltante, agit sur les moeurs. Les femmes se vendaient pour le prix d’un kilo de riz ou pour un mètre de tissu. Les soldats qui étaient presque tous ressortissants des autres colonies abusèrent consciemment ou non de leurs sœurs» écrit-elle. Aoua KEITA, en dépit de son courage, était confrontée aux structures traditionnelles pesantes, muselant les femmes.  Effet, dès que Aoua KEITA entamait des échanges politiques avec les femmes de sa communauté, leurs maris étaient réticents et ne voulaient pas que leurs épouses s’associent à elle. Ainsi, un mari dit à sa femme : «Tu ferais mieux d’aller faire ta cuisine au lieu de t’occuper de l’action d’autrui, la politique c’est l’affaire des hommes et non la tienne» dit-il. En raison du patriarcat, même quand elles s’engagent, les femmes ont dû mal à participer à la décision.
Où en est-on  sur ces combats d’Aoua KEITA ?
Mme Aoua KEITA reste, plus que jamais le modèle de référence du combat des Femmes au Mali et en Afrique. En effet, pendant la période coloniale, sous sa direction, les femmes maliennes étaient déjà organisées. Après l’indépendance, leur combat change de nature. Un grand bond en avant, a été franchi avec l’adoption, en 1962, du Code de mariage et de la tutelle, la création, en 1968, d’un Secrétariat aux affaires sociales, du Commissariat à la promotion de la femme en 1992  et du ministère en charge de la Promotion de la Femme de l’Enfant de la Famille, en 1997. Ensuite, sur le plan social, l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, sans oublier l’alphabétisation des femmes.
En dépit des progrès réalisés sur le plan économique et social, de nos jours, la femme malienne a encore du chemin à faire, face aux nombreuses pesanteurs sociales. L’accès à l’éducation des femmes a connu certes un essor considérable, mais l’enseignement des filles est surtout développé dans les villes. En revanche, dans les campagnes diverses pesanteurs sociales entravent l’émancipation des  femmes (groupes fondamentalistes, insécurité et abandon des services de l’éducation, insuffisance d’enseignants qualifiés et motivés, abandon scolaire, mariages précoces, pauvreté et obscurantisme). Le Mali est partie à la Convention pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) depuis septembre 1985 et a ratifié le protocole additionnel à ladite convention en septembre 2000. Pourtant, malgré la volonté des autorités d’améliorer la situation des femmes, les maliennes sont encore l’objet de discriminations de fait et de droit. En outre, la situation des femmes est conditionnée par la pauvreté, le Mali occupant la 174ème position pour développement humain, et par le poids de certaines traditions culturelles et religieuses. Bien que le Mali soit une République laïque, son paysage religieux reste dominé par l’islam avec environ 90% de la population malienne musulmane et moins de 10% de chrétiens et d’animistes. Les autorités maliennes invoquent souvent le fait religieux et des pratiques coutumières pour justifier son immobilisme à engager des réformes pour mettre fin aux discriminations à l'égard des femmes.
L’héritage le plus important, c’est que Aoua KEITA a voulu que les Femmes croient elles-mêmes, à condition de s’en donner les moyens, elles peuvent réussir. «Les femmes servent d’escalier aux hommes politiques pour grimper au sommet ou à la direction des affaires» dit un dicton malien. Il s’avère qu’à cause du poids des travaux domestiques, du faible accès à l’éducation formelle et non formelle, du manque de confiance en elles-mêmes, les femmes ont des difficultés à se forger une place de choix dans la vie publique notamment dans l’arène politique. Aoua KEITA, première femme députée du Mali, avait ouvert la voie. Femmes députées ont percé notamment, mais elles peuvent faire plus. Au Mali, la Femme est plus présente dans des instances de décisions que sous les Républiques précédentes. En effet, sous la IIIème République de 1992-1997 sur 116 députés, il y avait 3 femmes, soit 2,58%, et de 1997 à 2002, sur 147 députés, on comptait 18 femmes, soit 2,43%. Le 12 Novembre 2015 une loi instituant un quota de 30% aux femmes dans les postes électifs et nominatifs a été adoptée. Ce qui constitue une avancée non négligeable dans la promotion de l’égalité Femmes–Hommes. En 2017, 7 femmes sur 35 sont ministres soit 20%, 14 femmes parmi 147 députés soit 9,52% des sièges. Aux élections communales du 20 Novembre 2016, elles étaient à 25, 6%.
Dans ce combat pour l’égalité réelle, si l’on note de légères avancées, des obstacles perdurent. L’inclusion, la lutte contre la pauvreté, ainsi qu’une meilleure intégration des femmes dans les lieux de décision, tels sont désormais un des thèmes majeurs du nouveau gouvernement de transition de Choguel MAIGA. «Rome ne s’est pas fait en un seul jour» dit un diction. Aussi, le combat d’Aoua KEITA est d’une d’ampleur, qu’elle n’a pas pu s’attaquer, radicalement, à tous les fronts. C’est le cas de la question de la polygamie. Un nouveau Code de la famille est en chantier depuis 2002. La réglementation actuelle sur le droit de la famille est en grave  distorsion avec les engagements internationaux du Mali notamment les question d’abandon domicile, de succession avec une vieille loi de 1831, ainsi que l’application de diverses coutumes  musulmanes, comme le délai de viduité, 3 ou 4 mois, le mari chef de famille choisit le domicile conjugal, la dot est restituée de moitié, en cas de rupture des fiançailles, si le mariage n’est pas consommé.
Aoua KEITA a été honorée de plusieurs distinctions : Médaille d’or de l’indépendance du Mali, Ordre de la Perfection de la R.A.U., Mérite de la Croix-Rouge de l’Empire de l’Ethiopie, de plus elle a été élevée au rang de Grand Officier de l’Ordre National du Sénégal, de Grand Commandeur de l’Ordre de l’étoile d’Afrique du Libéria et d’Officier de l’Ordre National du Dahomey actuel Bénin. L’Association pour le Progrès et la Défense des Droits des Femmes (APDF) a créé le Prix Aoua KEITA, remis chaque année lors de la Journée panafricaine de la Femme, pour honorer «l'effort, le dévouement, et le courage des femmes et les hommes » pour la « promotion et la défense des droits de la femme». Un centre social, à Bamako, portant son nom, est étroitement associée au travail gouvernemental concernant l’amélioration de la condition des Femmes au Mali.
Références bibliographiques
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2 – Critiques d’Aoua KEITA
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Paris, le 28 août 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Aoua KEITA (1912-1980), une sage-femme malienne lettrée, rebelle, syndicaliste et militante de l’indépendance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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