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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 12:46
«La mort tragique d’Abdoulkarim DIAKITE (2001-2020) : en finir les gens du couteau, une violence crapuleuse, et prendre le chemin de l’Excellence, du bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
A Malakoff dans les Hauts-de-Seine, la famille d’Abdoulkarim DIAKITE, un jeune de 19 ans, originaire du XIVème arrondissement, poignardé mortellement le 21 octobre 2020, ses amis, des associatifs et des élus, ont participé, le 22 mai 2021, à une marche blanche, avec un seul slogan : «un ange parti parmi les anges. Mort pour rien». L’auteur des coups de couteau n’a pas encore été identifié et interpellé à ce jours. Abdoulkarim avait l’habitude de s’entraîner dans ce stade. Deux jours avant sa mort, un incident avait éclaté entre les jeunes de Malakoff et ceux du XIVème arrondissement. Les jeunes de Malakoff, arrivés en bande de plus de 20 personnes, ce 21 octobre 2020, ont fermé la seule issue du stade, et c’est ce guet-apens qui a conduit au drame. La mairie de Malakoff s’est engagée à mettre en place des patrouilles, des actions de médiation et de prévention. Abdoulkarim, sérieux avec un projet professionnel solide, avait eu son baccalauréat, et était en BTS, en première année de Management Commercial Opérationnel, M.C.O Management. Après cet assassinat, la Police avait interpellé 5 jeunes qui ont été relâchés ; cependant, l’enquête est toujours en cours.
Ce qui se passe est une tragédie sans nom ; ce sont des Noirs qui zigouillent d’autres Noirs. La Police, souvent décriée ou les trafics, ne sont nullement en cause dans ces différentes affaires. En effet, on assiste depuis quelques temps, entre jeunes issus de l’immigration et résidant des cités défavorisées, à la stratégie des gens du couteau, à la suite souvent d’une banale dispute, ils poignardent et tuent, bêtement, un de leur camarade. Ainsi, le lundi 22 février 2021, une jeune collégienne de 14 ans, qui tentait, à proximité de son collège, de s’interposer dans une rixe entre bandes rivales, a été poignardée, à Saint-Chéron, dans l’Essonne. Les mineurs impliqués ont été interpellés. A Ivry-sur-Seine, Marjorie, de 17 ans, une fille qualifiée de «studieuse», a été tuée, le 14 mai 2021, à coups de couteau, dans la cité Hoche, à Ivry-sur-Seine, au pied des tours de la cité Pierre-et-Marie-Curie de la ville après des «échanges véhéments» sur les réseaux sociaux. L’assassin de 14 ans, a été interpellé. Un jeune guadeloupéen, Andy (26 ans), a également été tué, en septembre 2018, à coup de couteau, à Malakoff ; son meurtrier, Nazim de 22 ans, a été retrouvé et condamné, par une cour d’assise, à 12 ans de réclusion. Le 23 mai 2015,  un jeune homme (20 ans) a été tué à coups de couteau, à la cité Youri-Gagarine à Villejuif (Val-de-Marne). Ses agresseurs étaient toujours recherchés dimanche. Le 3 octobre 2020, un jeune de 20 ans, dans le quartier de la Pierre-au-Prêtre Orly (Val-de-Marne) après avoir reçu plusieurs coups de couteau, est mort. La liste est longue de ces tragédies où tout se règle à coups de couteau.
Dans ces situations absurdes et tragiques, et à la marche du 22 mai 2021, à la mémoire d’Abdoulkarim DIAKITE, il faudrait l’esprit de responsabilité de la famille et des élus. Mme Carine PETIT, maire du XIVème arrondissement de Paris, les élus et les associatifs ont délivré un message de paix et de responsabilité. Tout le monde est dans l’apaisement et condamnant toute forme de vengeance pouvant faire déraper la situation. La famille, pour son deuil, demande aux autorités publiques, de rechercher le meurtrier, que ce fut de cas des autres nombreuses affaires que j’ai citées et qui ont été élucidées ; le meurtrier a été condamné par la justice.
Que faire pour éradiquer, durablement, cette violence crapuleuse et absurde, entre jeunes habitant des cités de relégation ?
Je reviens à cette proposition que j’ai faite à Mme Anne HIDALGO d’une Maison d’Afrique à Paris, et je fonde un ardent espoir qu’elle soit retenue. L’objet de cette Maison d’Afrique est de construire dans ce pays un esprit du bien-vivre ensemble dans le respect, d’en apprendre les codes et de prendre le chemin de l’excellence. Les autres communautés, notamment chinoise et juive, ont leurs différents réseaux et aident les gens à se construire et à se structurer. En revanche, ce qui caractérise les Africains et les Antillais, c’est l’éparpillement, la confrontation, les divisions stériles, et il n’y a pas de lieu où rechercher l’information stratégique, les bons exemples, pour s’en sortir.
Plusieurs axes pourront être enrichis et développés par tous.
L’aide à la parentalité et l’orientation des jeunes me paraît être un point fondamental. Bien des familles sont souvent dépassés par les événements et débordés par leurs enfants.
Le chemin de l’excellence n’est pas forcément celui de l’université ou des études, même si chacun ne peut pas devenir un Kylian M’BAPPE, le sport, l’apprentissage indiquent le talent peut être multiple. Omar SY est un exemple de jeune de Trappes qui a réussi. Une maison d’Afrique à Paris, pourrait être un point d’appui à ces jeunes pour les aider dans leur orientation professionnelle, à trouver un stage, un apprentissage ou une formation professionnelle.
Les loisirs et l’accès à la culture, parfois gratuits sont nombreux dans ce pays, la rencontre avec des mentors ou des personnes ayant réussi dans leur vie, peut dynamiser ces jeunes dans leur cité, ne suivant parfois que les mauvais exemples.
Je crois aussi à une Maison d’Afrique, en relation avec l’Etat, pour organiser un service civique d’une durée d’un an, en Afrique pour ces jeunes. Et je crois qu’au retour de cette expérience, ils se sentiront mieux, après avoir la réalité en Afrique, avec ses héros du quotidien.
Par ailleurs, en relation avec les collectivités territoriales, cette Maison d’Afrique pourraient davantage aider à monter des projets pour une coopération décentralisée en Afrique ou aux Antilles. De nos jours, il existe de nombreuses associations villageoises qui ont monté des projets audacieux (santé, éducation, solidarité) au pays. Mais cette première génération d’immigrants est maintenant âgée et les jeunes nés en France, ne sentent plus concernés par ces associations villageoises, pourtant efficaces et désintéressées. Financer la coopération décentralisée, c’est être sûr que les fonds iront directement aux populations concernées et ne seront pas détournés.
En dehors de ces tragédies du couteau, il faudrait s’en réjouir, la France compte de nombreux hauts cadres issus de l’immigration si j’en juge à mes nombreux contacts sur LinkedIn. Ces personnes peuvent être employées par les grandes sociétés françaises en Afrique, mais aussi mettre leurs compétences au service du pays d’origine de leur parents. Un des enjeux reste, pour les jeunes issus de l’immigration qui veulent se lancer dans l’entreprenariat. L’Afrique reste un continent d’opportunités.
La diaspora et les jeunes devraient s’intéresser aux questions de mémoires et d’identité et de défense des valeurs africaines. Il s’agit non pas d’un lieu de confrontation, mais tant qu’on ne sait pas qui est, il est difficile de savoir où est-ce qu’on va. C’est une des question centrale de notre temps. Il faudrait d’abord être en paix avec soi, pour mieux entrer en symbiose avec les autres, en vue «d’un rendez-vous du donner et du recevoir» comme le dirait Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). «Qu’il s`agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents, les uns les autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c`est cela qu`il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l`autre et dialoguer avec lui. Alors, nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentaires et sources d`enrichissement mutuel. De même que la beauté d`un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde» écrivait Amadou Hampâté BA, le Sage de Bandiagara, dans sa «lettre à la jeunesse du monde», écrite dans les années 1980.
En particulier, je crois que la diaspora africaine, focalisée sur les questions de colonialisme, a négligé celle de l’esclavage. Une bataille devrait être engagée pour de vraies études africaines dans les universités afin de mieux cerner, d’évaluer les besoins et la bonne intégration de ces nouvelles populations africaines qui ne partiront pas d’ici. Autant donc vivre ensemble, dans le respect mutuel, au lieu que des Noirs continuent à poignarder d’autres Noirs.
Les jeunes ne devraient pas déserter l’action citoyenne et le droit de vote ; c’est leur avenir qui est en jeu. Ils doivent apprendre à être présents dans tous les lieux de décisions, notamment économiques et politiques. Tout ce qui se fait sans nous, est très souvent contre nous.
Traditionnellement, les jeunes sont l’incarnation de la générosité, de l’enthousiasme et du désir de valeurs nouvelles de solidarité et de changement. Or, je constate, avec grand regret,  que certains nos jeunes ne s’occupent que de leur quartier, de leur territoire ou de leur cage d’escalier. Un regard de travers ou un mot inadéquat, peut, à tout moment, faire basculer la situation dans la tragédie. «Dans les tourbillons qui vous emporteront, souvenez-vous de nos vieilles valeurs de communauté, de solidarité et de partage» écrit Amadou Hampâté BA (1901-1991). Or, les questions de lutte contre le racisme, le droit au logement, la régularisation des sans-papiers, l’aide aux démarches administratives, et la solidarité ne sont pas la préoccupation majeure de nos jeunes ; ce sont nos Ancêtres les Gaulois qui ont pris en charge nos besoins fondamentaux. Quelle honte !
C’est ensemble, dans le respect mutuel, la solidarité, la justice, l’effort et le goût de l’excellence, que nous bâtirons un avenir meilleur. «Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. Jeunesse, jeunesse ! Sois toujours avec la justice. Si l’idée de justice s’obscurcissait en toi, tu irais à tous les périls. Et je ne te parle pas de la justice de nos Codes, qui n’est que la garantie des liens sociaux. Jeunesse, jeunesse ! Sois humaine, sois généreuse. Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, jetant au milieu de nos discordes la bravoure et l’espoir de nos vingt ans ? Nous allons à l’humanité, à la vérité, à la justice !» écrivait Emile ZOLA (1840-1902) dans son discours à la jeunesse. Un texte qui n’a pas pris une ride, depuis le 14 décembre 1897.
Paris le 23 mai 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«La mort tragique d’Abdoulkarim DIAKHITE (2001-2020) : en finir les gens du couteau, une violence crapuleuse, et prendre le chemin de l’Excellence, du bien-vivre ensemble» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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