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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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27 mai 2022 5 27 /05 /mai /2022 23:02
«Amiens, capitale de la Picardie, et sa cathédrale» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
C’est la première fois, pour un voyage éclair, que je me rends à Amiens : «La découverte d’Amiens ressemble à un parcours initiatique. Au fil du regard, du temps, des rues, des saisons, la capitale de la Picardie offre différents visages à ceux qui prennent le temps de s’arrêter. De la splendeur gothique à la modestie de Saint Leu, de la végétation du Parc Saint-Pierre aux reflets du soleil dans l’eau des hortillonnages, des rues étudiantes aux monuments historiques, Amiens offre aux voyageurs et aux curieux un formidable choix de promenades et de découvertes. Notre ville est belle des hommes qui l’ont construite génération après génération» écrit Gilles de ROBIEN, ancien député-maire de la ville, dans la préface du livre de Michel CURIE.
Capitale de la Picardie, Amiens une ville du Nord, se situe dans la région les Hauts de France. On dit que sa cathédrale gothique Notre-Dame et son beffroi médiéval, édifiée entre 1220 et 1288, est plus grande et plus majestueuse que les cathédrales de Paris et Reims. On est fortement impressionné par son riche et varié ornement : «La cathédrale d’Amiens est considérée, avec raison, comme le prototype des édifices vulgairement appelés gothiques, est le chef-d’œuvre de l’architecture du Moyen-Age. En effet, il est peu de temps de ce genre qui offrent autant de grandeur, d’unité de style et d’élégance dans l’ensemble et les détails» écrit, en 1833, Antoine-Pierre-Marie GILBERT. La cathédrale d’Amiens, détruite en 1218, à la suite d’un incendie, sera reconstruite en plus grandiose. Eugène VIOLLET-LE-DUC (1814-1879), architecte, a pu de la cathédrale d’Amiens qu’elle était «l’église ogivale par excellence».
C’est en préparant un article sur Marcel PROUST que je découvre que sa vocation littéraire est en grande partie liée à son entreprise de traduction de la «Bible d’Amiens», en 1904 du philosophe et esthète anglais, John RUSKIN (1819-1900) : «mon admiration pour RUSKIN donnait une telle importance aux choses qu’elles semblaient chargée d’une plus grande valeur que celles de la vie» écrit Marcel PROUST. Cette bible d’Amiens éclaire, non seulement la pensée de RUSKIN, mais aussi la pensée de PROUST, notamment au regard de sa conception de l’art, sa recherche du temps perdu. John RUSKIN est venu, à plusieurs reprises à Amiens, en 1844, 1849, 1854, 1856, 1868 et 1880. Cette cathédrale qu’il trouvait, au début mièvre, trouve ses origines dans l’installation des Francs dans cette ville et son évangélisation.
L’histoire de la ville d’Amiens a été brillamment relatée par le vicomte Albéric CALONNE D’AVESNE (1843-1915) en trois volumes, Aimé DUTHOIT (1803-1869), Louis-François DAIRE (1713-1792), Antoine GOZE (1803-1874), Léon PAUL (1874-1962) ou Hyacinthe DUSEVELE (1796-1881). On dit que jadis, Amiens était habitée par les Ambiens, tribu belge venue s'installer au bord de la Gaulle. La ville est ensuite conquise par les armées de Jules César en 57 av. JC. et connait une longue période de paix jusqu'à l'invasion des Francs au IVe siècle de notre ère. A cette époque, Saint FIRMIN, venu de Pamplune en Espagne, évangélise Amiens. Au VIe siècle, le royaume des Francs est divisé en plusieurs parties, le nord de la France, dont Paris et Soissons, se trouvant rattaché à la Neustrie où Charlemagne règnera en 768. En 860 les Normands prennent Amiens et les pillages s'y succéderont pendant près d'un demi-siècle. Après cette période d’insécurité, Amiens souffre du désaccord qui règne entre l'évêque et les premiers chefs féodaux, en particulier Enguerrand de BOVES, censés représenter l'autorité royale. Cette situation prend fin avec la prise de la forteresse de Castillon par le roi de France, Louis le Gros, venu au secours de l'évêque Geoffroy. Amiens se voit alors attribuer une chartre de franchises. Cette charte est confirmée par Philippe Auguste successivement en 1185 et en 1209 et la ville connaît depuis lors une période de grande prospérité. L'industrie y est florissante, notamment celle de la draperie , dont les teintes pastel sont tirées de la Waide , plante tinctoriale. Le commerce n'est pas moins prospère , ainsi que le prouve l'appartenance d'Amiens à la Hanse, groupement commercial et bancaire de l'Europe du Nord et septentrionale , aux XIII-XVème siècles. Les noms des rues tels que la rue des Orfèvres, des Parcheminiers, des Gantiers, des Tanneurs, des Huchers, attestent de la diversité des corporations établies à cette époque qui est aussi l'époque de l'édification de la cathédrale (1220-1280). En 1337 débute la guerre de Cent Ans, conséquences des difficultés liées à la succession de Philippe le Bel revendiquée par Philippe de Valois son neveu et Edouard III d'Angleterre son petit-fils. L'occupation anglaise prend fin à Amiens en 1437 avec la venue de Charles VII ; une réception grandiose lui est offerte en la cathédrale illuminée de mille cierges. Les armées anglaises reviendront à Amiens en 1475 pour y rester jusqu'au traité de Picquigny signé par Louis XI et Edouard VII. Devenue foyer protestant, Amiens va connaître, sous le règne de Charles IX , trente ans de guerre de religions qui prennent fin en 1597 grâce à Henri IV. En 1658 une terrible inondation ravage Amiens ; dix ans après, c'est la peste qui cause plus de 20.000 morts. Pendant la Révolution, la cathédrale est transformée en «Temple de la Déesse Raison» : elle est le théâtre de la fête de l'Etre Suprême, mais le monument ne subit qu'une faible détérioration. En 1802, la paix signée à Amiens entre la France, l'Angleterre et la Hollande restaure le calme en Europe, dans le pays et dans la ville. Cette paix sera pourtant rompue dès 1803. Pendant la guerre de 1870, la citadelle, sous les ordres du capitaine Vogel, résiste héroïquement aux Prussiens. En 1914, Amiens est occupée temporairement par les Allemands, lesquels de replient après la bataille de la Marne et de fixent à une trentaine de kilomètres. A partir de mars 1918, lors de la bataille de Picardie, la ville subit de nombreux bombardements. Lors de la Seconde Guerre mondiale, Amiens est sinistrée à 60 %, notamment du fait des bombardements et incendies provoqués durant la bataille de la Somme. La cathédrale n'en sera que peu endommagée. Depuis l'après-guerre Amiens et son agglomération doivent faire face à une progression démographique continue, passant de moins de 85.000 habitants en 1947 à plus de 132.000 au dernier recensement. Parallèlement la ville connaît un important essor économique. La fabrication du célèbre velours d'Amiens mérite toujours sa réputation, et la création d'une zone industrielle permet l'implantation de nombreuses industries nouvelles françaises et étrangères.
Tout au début, cette ville était celle de féodalités, de châtelains, de princes et de barons, comme les FLIXECOURT et les VIGNACOURT. Les premiers sujets connus de l’illustre et antique race des Amiens sont la noblesse, dont un certain Adam d’AMIENS ou Guy d’AMIENS, son fils et successeur. C’est une famille d’artistes auteurs de chansons et de fabliaux, Thibaud d’AMIENS au XIIème et XIIIème siècle, de poète et conteurs, Girardin d’AMIENS.
Des personnalités célèbres sont originaires d’Amiens, comme Edouard BRANLY, (1844-1940), le président Emmanuel MACRON, M. Jean-Pierre PERNOT(1950-2022), Laurent DELAHOUSSE. Jules VERNE, bien que né à Nantes, a épousé, le 10 janvier 1857, Paris 10ème, une résidente d’Amiens, Honorine du FRAYSNE de VIANE (1829-1910), originaire de Vesoul. Il a vécu à 2 rue Charles -Dubois à Amiens et il y est mort le 16 mars 1905 et enterré. Le couple aura trois enfants, Michel, Suzanne et Valentine. Par conséquent, Jules VERNE, dont la maison est devenue un Musée à Amiens, occupe une place importante dans cette ville où il a résidé pendant 34 années. L’auteur a été membre du conseil municipal de cette ville pendant 16 ans, de 1888 à 1904, initialement sous le mandat du maire, Frédéric PETIT (1836-1895). Jules VERNE a milité activement dans le milieu associatif. Ainsi, en 1872, il a été reçu à l’Académie d’Amiens, en 1895 nommé administrateur à la Caisse d’épargne et de 1898 à 1904, membre du conseil directeur de cet organisme. En 1889, il adhère à la Société industrielle d’Amiens.
L’œuvre de Pierre PUIS de CHAVANNES (1824-1898), un tenant de l’impressionnisme et ses peintures murales, a été magnifiée par le musée de Picardie, à Amiens. Gustave SCHIED lui a consacré, en 1907, un ouvrage.
Référence bibliographiques
CALONNE D’AVESNE (Albéric, Vicomte de), Histoire de la ville d’Amiens, Amiens et Paris, Piteux et Picard, Tome I, 1899, 501 pages, Tome II, 1900, 621 pages et Tome III,  1906, 467 pages ;
CURIE (Michel), Amiens au fil du regard, préface de Gilles de Robien, Amiens, La Martelle, 1999, 111 pages ;
DAIRE (Louis-François, Abbé), Histoire littéraire de la ville d’Amiens, Paris, Firmin Didot, 1782, 665 pages ;
DARRAS (Jacques), PIOCHE (Jacqueline), DEBRIE (René) IVART (Pierre), La forêt invisible, Amiens, édition des Trois Cailloux, Amiens, 1985, 482 pages ;
DUSEVEL (Hyacinthe), Histoire de la ville d’Amiens : depuis les Gaulois jusqu’en 1830, Amiens, Imprimerie R. Machart, 1832, 566 pages ;
DUTHOIT (Aimé et Louis), Le vieil Amiens, Amiens, T Jeunet, 1874, 137 pages ;
GILBERT (Antoine-Pierre-Marie), Description historique de l’église cathédrale de Notre-Dame d’Amiens, Amiens, Caron-Vitet, 1833, 377 pages ;
GOZE (Antoine, Michel), Histoire des rues d’Amiens, Amiens, Alfred Caron, 1854 en 4 volumes, et édition de la Tour Gilles, 1995, 869 pages ;
GOZE (Antoine, Michel), Nouvelle description de la cathédrale d’Amiens, Amiens, Alfred Caron, 1847, 215  pages ;
LEON (Paul), Amiens, la cathédrale, Paris, L’art et les artistes, 1918, 46 pages ;
MORLIERE (Adrien, de la), Les antiquités, histoires et choses remarquables de la ville d’Amiens,  Paris, Sébastien Cramoisy, 1642, 402 pages ;
NOULENS (Joseph), Maison d’Amiens. Histoire généalogique, Paris, Picard, 1888, 516 pages ;
PINCHEMEL (Philippe), GODARD (J), NORMAND (René), LAMY-LASSALLE (Colette), Visages de la Picardie, Éditions des Horizons de France, collection Les Provinciales, Paris, 1949, 177 pages ;
RUSKIN (John), La Bible d’Amiens, traduction, avant-propos et préface de Marcel Proust, Paris, 1904, Mercure de France, 347 pages ;
SCHIED (G. Gustave), L’œuvre de Puis de Chavannes à Amiens, Amiens, Office d’édition des musées et des arts, 1907, 68 pages.
Amiens, le 27 mai 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 15:20
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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 12:37
«Hôpital de Tivaoune (Sénégal) : 11 bébés meurent dans un incendie. La question de la sécurité et de la qualité des soins dans les établissements de santé» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Le mercredi 25 mai 2022, onze nouveau-nés meurent dans un incendie à Tivaoune, capitale religieuse de la confrérie Tidiane, à l’ouest du Sénégal, non loin de Thiès, une ville fondée par El Hadji Malick SY (1855-1922). Trois bébés ont été sauvés. «Je viens d’apprendre avec douleur et consternation le décès de onze nouveau-nés dans l’incendie survenu au service de néonatalogie de l’hôpital. A leurs mamans et à leurs familles, j’exprime ma profonde compassion», a tweeté le président Macky SALL. C’est donc une tragédie sans nom au Sénégal. Mes sincères et émues condoléances aux familles et au peuple Sénégalais.

J’attends un communiqué de ces organisations, promptes à sortir le fouet à l’encontre des racisés, notamment à l’égard de Idrissa Gana GUEYE et Pap N’DIAYE. Dans leurs indignations sélectives, si ces donneurs de leçon ne diront rien, en forme de solidarité avec le Sénégal, et ce que je crois, et si je me base sur leur raisonnement manichéen, à l'encontre de Idrissa Gana GUEYE : «Qui ne dit mot consent». Le silence, pour eux, est nécessairement coupable. Leur conception de la solidarité est souvent à sens unique : il faut lécher l’arrière-train du Maître, sucer leur banane. A ces forces du Chaos, n’ayant pas compris que la solidarité et le respect doivent rester à doubler sens, je leur administrerai bien une torgnole, là où il faut, aux législatives des 12 et 19 juin 2022.

Le problème de la sécurité et de la qualité des soins, en particulier, dans les hôpitaux publics, est posé. On indiqué à ce stade que l’hôpital Abdoulaziz SY Dabakh, à Tivaoune, est récent et a été rénové ; le sinistre serait causé par «un court-circuit et le feu s’est propagé très vite», précise M. Demba DIOP dit Diop SY, député-maire de Tivaoune. Les autorités sénégalaises ont annoncé l’ouverture d’une enquête : «Cette situation est très regrettable et extrêmement douloureuse. L’enquête est en cours pour voir ce qui s’est passé «  dit M. Abdoulaye DIOUF SARR, Ministre de la santé en déplacement à l’étranger. Deux hauts responsables sont rendus sur les lieux, à savoir  M. Ousmane DIA, Directeur des établissements publics de santé et M. Antoine Félix Abdoulaye DIOME, Ministre de l’intérieur.

Des élections législatives auront lieu au Sénégal le 31 juillet 2022, dans un contexte de tension politique où une liste départementale de l’opposition a été invalidée, pour non-respect des règles sur la parité. En raison de la vive émotion suscité par ce drame, c’est dans ce contexte que le gouvernement sénégalais a, à cœur, d’éteindre cet «incendie» ; l’opposition tire, à boulets rouges, sur le gouvernement concernant la question de la sécurité dans les établissements de santé, en dénonçant de graves carences. «Encore des bébés brûlés dans un hôpital public. C’est inacceptable Macky Sall», a tweeté un député de l’opposition, Mamadou Lamine DIALLO.

L’enquête pour l’affaire de Tivaouane est en cours ; cependant dans le passé des défaillances humaines dues à l’incivisme, à la désinvolture ou au manque du sens des responsabilités ont été pointées. A chaque drame, on se ressaisit un certain temps, et puis on retombe dans le relâchement. Ainsi, le 7 avril 2022, un autre drame avait ému considérablement le peuple sénégalais. En effet, à Louga, dans le Nord-Ouest du pays, une femme enceinte de neuf mois, Astou Sokhna, une femme de 34 ans est morte faute d’assistance du personnel médical ; elle avait réclamé, en vain, dans une grande souffrance, pendant plus de 20 heures, une césarienne. Le personnel avait indiqué que cette opération n’était pas programmée et que si Astou Sokhna insistait, elle serait chassée de l’hôpital. «Ma colère est adressée au personnel soignant de l’hôpital car ils ont été négligents. Ils n’ont aucune considération envers l’être humain» a déclaré sa mère Maimouna BA, son accompagnante. M. Abdoulaye DIOUF SARR, Ministre de la santé, regrettant ce grave dysfonctionnement, a indiqué le 14 avril 2022, que cette tragédie aurait pu être évitée. Les trois sage-femmes de garde à l’époque, ont été condamnées, le 11 mai 2022, à six d’emprisonnement, avec sursis, pour «non-assistance de personne en danger». Le 25 avril 2021, à salle néonatalogie de l’hôpital Maguette LO, à Linguère, quatre nouveau-nés avaient péri dans un incendie. M. Aly N’Gouille N’DIAYE, maire de la ville et ancien ministre de l’intérieur, avait évoqué un dysfonctionnement électrique d’une unité de climatisation. «Ce matin, nous avons eu un incendie apparemment d’origine électrique, en attendant d’avoir le rapport définitif, au niveau de la salle de néonatologie de l’Hôpital Maguette Lo de Linguère. Malheureusement, nous avons perdu quelques bébés. (…) Il faut qu’on aille dans les détails pour savoir quelles sont les raisons» avait déclaré M. Aly N’Gouille N’DIAYE. Dans une autre ville, à Kaolack, dans le Sine-Saloum, à 200 km de Dakar, un nourrisson, avait été déclaré mort, le 8 mai 2022, par une infirmière, puis déposé dans une morgue ; son père le retrouvera vivant, mais le bébé décède quelques instants après. Le parquet a requis contre l’infirmière six d’emprisonnement fermes.

L'incendie de Tivaoune a cramé le Ministre de la santé, Abdoulaye DIOUF SARR, remplacé par le docteur Marie Kemesse N’DIAYE NGOM. On avait tendance à dire «responsable, mais pas coupable». Cependant, et en dépit de ce limogeage du Ministre de la santé, les problèmes de fond demeurent ; il va falloir les résoudre durablement et convenablement. Les comportements déviants et irresponsables des Sénégalais devraient être châtiés, à la mesure de leurs négligences coupables et compte tenu des moyens mis à leur disposition. Une tragédie c'est aussi l'occasion de ne plus répéter les mêmes erreurs.

Au-delà, des responsabilités individuelles patentes, il est urgent de rechercher et surtout remédier aux dysfonctionnements graves et indéniables des services de santé. Je suppose que les établissements recevant du public, notamment les hôpitaux, sont bien entretenus, notamment au regard des installations électriques et des détecteurs d’incendie : un système de gardiennage, d’évacuation efficace et rapide, est organisé, sans failles, au regard de la fragilité et de la dépendance des personnes accueillies. Le établissements de santé doivent être dotés en personnels suffisants, bien formés, ainsi que des moyens matériels et financiers adéquats : «Le premier point c’est les formations pour les personnels de santé, c’est la déontologie mais aussi, nous allons réellement mettre l’accent sur les sanctions, pour faire craindre à ces personnes les mauvais comportements» a dit M. Ousmane DIA, Directeur des établissements publics du Sénégal.  Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire ; ici et maintenant. Les moyens mis à la disposition des hôpitaux tardent souvent à venir, et quand ils arrivent, ils sont parfois détournés, par un système élaboré de surfacturation ou de notes de frais disproportionnés. Par ailleurs des sommes importantes versées à des parasites, comme les différentes confréries religieuses ou à des «mendiants», peuvent mis, notamment, à disposition des établissements de santé ou de projets innovants.

En définitive, c’est toute la politique de santé du Sénégal qu’il faudrait revoir, rapidement et durablement. Les belles paroles, rassurantes et pleines de compassion ne suffiront pas. En effet, pour entrer dans certains hôpitaux du Sénégal, il faut s’acquitter d’un droit d’entrée pour des personnes sans ressources ; c’est la famille qui apporte souvent à manger. Par ailleurs, les médecins, propriétaires souvent leurs cliniques à côté, peu disponibles pour bien encadrer le personnel soignant, se contentent de délivrer diverses ordonnances ou analyses médicales. Il faudrait sérieusement limiter les cumuls d’emplois dans ce secteur, et surtout sanctionner les graves conflits d’intérêts. En raison de ce système quasi-mafieux, nous, la diaspora, la pompe à fric, nous sommes en permanence sollicité pour les frais des soins de parents et amis restés au Sénégal. Si on n’a pas d’aide financière des parents, au Sénégal, on meurt, faute de soins adéquats. Par ailleurs, les responsables politiques ou les nantis, n’ayant pas confiance au système de santé du pays, vont se soigner en France, et y meurent fréquemment : Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) Jacques DIOUF (1938-2019), Lamine DIACK (1933-2021), Ousmane Tanor DIENG (1947-2019), etc., voir mes articles. La diaspora, pour suppléer aux carences de l’Etat, construit des dispensaires ruraux, notamment dans mon village, Danthiady, dans le Fouta-Toro, avec l’aide de M. Marc-Antoine JAMET, maire du Val-de-Reuil et de la Normandie. Un accord avec les hôpitaux et facultés de médecine de France serait utile pour le personnel hospitalier du Sénégal, en vue d’une formation adéquate du personnel hospitalier et des accords de recherche.

D’une manière générale, la question de la sécurité est posée au Sénégal. La sécurité routière est un l’un des grands enjeux au Sénégal à l’aube du XXIème siècle (conduite sans permis ou assurance, valides, non-respect du Code de la route, circulation de charrettes ou de véhicules très lents sur les voies rapides, enfants livrés à eux-mêmes dans des voies où circulent des véhicules à moteur, etc.). La sécurité dans les transactions immobilières est un autre sujet. Il arrive parfois que l’on vende un même terrain immobilier à différentes personnes en même temps.

Je renouvelle mes sincères condoléances au peuple sénégalais et aux familles des victimes.

En dépit de ce deuil incommensurable, j’adresse mes chaleureux vœux de bonne fête de l'Ascension à mes amis et frères Chrétiens. Profitez bien de ce long week-end !

Paris, le 26 mai 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 
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22 mai 2022 7 22 /05 /mai /2022 20:21
«Idrissa Gana GUEYE, footballeur, ce racisme institutionnel et systémique : entre Liberté et Tolérance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Idrissa Gana GUEYE, marié à une française, avec des enfants métis, milieu de terrain du Paris Saint-Germain, champion d’Afrique, n’a pas souhaité jouer à l’occasion de la journée de lutte contre l’homophobie. Son absence, le samedi 14 mai 2022, au match PSG contre Montpellier (4-0), a déclenché de violentes polémiques dans les réseaux sociaux.

Alors que Gana GUEYE n’a rien dit et ne s’abritant que derrière la liberté d’expression et de conscience que garantie la loi française, il est subitement frappé d’une Fatwa ; son silence, considéré comme coupable, est interprété, abusivement, comme étant de l’homophobie : «En ne participant pas à cette opération, vous validez le comportement discriminatoire, le refus de l’autre et pas seulement de la communauté LGBTQI. Nous devons tous nous sentir concernés par toutes les discriminations et pas seulement celles qui nous touchent personnellement», écrit Patrick ANTON du Conseil national de l'Ethique. Par conséquent, Idrissa Gana GUEYE est sommé, de façon comminatoire, de sortir du silence et faire immédiatement acte de contrition : «Je soutiens Idrissa Gana Gueye. Ses convictions religieuses doivent être respectées» écrit le président Macky SALL, dans un tweet.

Valérie PECRESSE, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, candidate ciottisée et lepénisée aux présidentielles de 2022, malmenée par Nicolas SARKOZY, a raté une occasion de se taire : «Les joueurs d’un club de football, et ceux du PSG en particulier, sont des figures d’identification pour nos jeunes. Ils ont un devoir d’exemplarité. Un refus d’Idrissa Gana Gueye de s’associer à la lutte contre l’homophobie ne pourrait rester sans sanction !» écrit Valérie PECRESSE dans un tweet.

Ce qu’on demande à Idrissa Gana GUEYE c’est d’être un bon footballeur, et il l’est à Paris et il l’est aussi au Sénégal, puisqu’il est champion d’Afrique. Vous remarquerez que même quand Gana GUEYE sort le PSG du pétrin dans le match, en septembre 2021, contre Manchester, la presse tait son nom ; on ne parle que de Lionel MESSI : «Quand on signe [un contrat avec un club], c'est pour jouer au foot, ce n'est pas pour faire la promotion de quoi que ce soit ou mettre de côté ses convictions» dit M. Matar BA, Ministre des Sports du Sénégal.

Idrissa Gana GUEYE aurait franchi la ligne rouge, s’il avait fait une déclaration homophobe ; ce qui n’est pas du tout le cas. En effet, si la liberté d’expression est garantie en France, en revanche, le fait de stigmatiser quelqu’un à raison, notamment, de son orientation sexuelle, serait punissable par la réglementation (Article 34 de la loi de 1881). Dans mon 19ème arrondissement, Musulmans, Gays, Lesbiennes, Chrétiens, Orthodoxes, Juifs et non-croyants vivent en harmonie. Divers partis politiques et les chaînes d'information continue de Vincent BOLLORE nous calomnient. Face à ce lynchage permanent qui a levé le petit doigt pour s'insurger contre ces discriminations ?

Par conséquent, la polémique soulevée par cette affaire Gana GUEYE, avec ses indignations sélectives, pose deux questions essentielles : c’est quoi la liberté et ses limites ? C’est quoi aussi la tolérance ?
 
I – La défense de la liberté dans la responsabilité

 
Comme François Marie AROUET, dit Voltaire, à qui j’ai consacré un article, je suis un défenseur de la liberté, mais dans la responsabilité. Toute liberté est conditionnée.

Par conséquent, Idrissa Gana GUEYE ayant choisi de n’écouter que sa conscience et sa liberté, n’a pas à être livré, à je ne sais quel Tribunal de l'Inquisition, comme au temps des Croisés. Il n’a échappé à personne que l’Histoire de notre temps est pleine d’indignations sélectives. Oui, condamnons fermement toutes formes de discriminations, y compris bien sûr l’homophobie, mais soyons cohérents. En effet, Pap N’DIAYE, en raison seulement de ses origines ethniques, a été livré aux chiens, alors même qu’il n’a pas encore commencé à exercer ses fonctions ministérielles. Il n’y a pas si longtemps que cela, pendant la campagne des élections présidentielles, on a vu le traitement, très différencié, des réfugiés du tiers-monde, abandonnés sous les ponts et livrés à la drogue, tandis que des communes qui ne voulaient pas voir les racisés se sont empressées d’accueillir les réfugiés Ukrainiens. C’est Mohamed ZEMMOUR qui a qualifié tous les Sénégalais de «délinquants». Valérie PECRESSE, qui ramène maintenant sa fraise, avait qualifié les Français issus de l’immigration de «Français de papiers». Quelle organisation ou association de défense des droits l'homme est montée au créneau pour condamner ces propos ignominieux ? Pourquoi cette hiérarchisation des valeurs de la vie ? Est-ce pour autant leur silence serait une légitimation du racisme ?

Idrissa Gana GUEYE a lui-même répondu à Valérie PECRESSE, une dirigeante lepénisée ayant ramassé une gamelle aux présidentielles : «Je suis le fils d'un Peuple qui a ses principes, ses convictions et son humanité. Mes choix vous ont choqués. Ils font ma fierté. J'ai joué avec des chrétiens, des Juifs, et des animistes. Je n'ai jamais jugé. Je vis de mes principes et vous me jugez ! Vous me taxez d’homophobe, alors que vous êtes xénophobe ! Quand on nous insulte dans les stades, vous restez fades. Alors, respecte mes convictions et garde les tiennes !» dit Gana GUEYE.

 
II – La défense résolue de la tolérance

 
Quand une polémique surgit, j’ai tendance à dire que la Vérité n’est ni Blanche, ni Noire ; elle est souvent Grise. Par principe, et suivant, Edgar MORIN, les choses, si on veut éviter d’être manichéen, sont souvent complexes.
Le Sénégal, «un Grand Petit pays», en référence au titre de mon 3ème livre, devrait conserver, intégralement, et non partiellement, sa marque de fabrique, son rayonnement travers le monde entier, à savoir un pays de liberté, mais aussi, et surtout, de tolérance.

Or, à certains égards, je ne partage pas et condamne vigoureusement, le sort fait au Sénégal aux homosexuels, aux francs-maçons, et cette ethnicité à l’encontre des Peuls.


Au Sénégal, pays musulman à 95%, et de longue date, les francs-maçons sont persécutés. Ainsi, Blaise DIAGNE (1872-1934), député du Sénégal, n’a pas été enterré dans le cimetière musulman de la Médina, à côté de FANN, à Dakar, mais à l’extérieur. Pendant longtemps, maître Abdoulaye WADE a été poursuivi, calomnié et vilipendé par des réseaux complotistes ou conservateurs.
Le sort des homosexuels, «Les Goor Jiguéen» (Homme-femme), suivant une expression ouolofe, est peu enviable au Sénégal. Ce sont de vrais parias, puisque l’homosexualité est criminalisée au Sénégal depuis l'époque de SENGHOR qui avait pris le pouvoir en 1962, en embastillant Mamadou DIA (1910-2009) avec la complicité des marabouts. En effet, les relations sexuelles entre personnes du même sexe sont passibles d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans et une amende de 1 500 000 F CA (2 290€), suivant l'article 319 alinéa 3, du Code pénal, dans sa version issue de la loi n°66-16 du 12 février 1966. Une proposition avait été déposée, par le collectif «And Samm Jikko Yi», fondé par l'ONG islamique «Jamr», le 22 décembre 2021, à l’Assemblée nationale en vue de durcir les sanctions pénales homophobes. Par ailleurs, les conservateurs ont réclamé, en vain, lors d'une manifestation, le 20 février 2022, le doublement de cette peine de prison à l’encontre des Gays. Actuellement, une milice et police religieuse des moeurs, dite «Dahira Safinatoul Amane», a décidé de mener la chasse, la persécution et le lynchage des homosexuels.
Mohamed M’Bougar SARR, dans son livre, paru en 2018, «les Hommes purs», a eu parfaitement raison de dénoncer cette homophobie au Sénégal instrumentalisée par certains milieux religieux. Ce roman audacieux et courageux de Mohamed M’Bougar SARR relate comment le cadavre d'un homme est déterré, puis traîné hors d'un cimetière par une foule haineuse et hystérique. Une vidéo virale circule alors dans les réseaux. Dès qu'il la visionne, naît chez Ndéné GUEYE, jeune professeur de lettres déçu par l'enseignement et fatigué de l'hypocrisie morale de sa société, un intérêt, voire une obsession, pour cet événement. Qui était cet homme ? Pourquoi a-t-on exhumé son corps ? Au fond, la société sénégalaise ne serait-elle pas hypocrite ? C’est quoi être un homme pur, dans un société plombée par l'hypocrisie ?
Personnellement, et je le revendique, nous avons besoin d’une religion qui libère, éloignée de l’obscurantisme, de l’ostentation, de la cupidité ou de la libido. Mes ancêtres, Thierno Sileymane BAL et les Almamy du Fouta-Toro (voir mon article), tout en récusant la théocratie de nos jours, avaient avancé des principes essentiels : la lutte contre l’esclavage, la promotion de la bonne gouvernance et une charte des droits de l’Homme. De nos jours, une partie des confréries religieuses au Sénégal, à travers leurs Dahiras, sont devenus des moyens légaux de soutirer de l’argent à l’Etat. Un véritable business.

Il est curieux de constater que lorsque Mohamed M’Bougar SARR a obtenu son prix Goncourt en 2021, les réseaux sociaux conservateurs qui n’avaient manifestement pas lu son livre, se sont encore déchaînés (voir mon article sur la réception de ce prix Goncourt).

A échéances régulières, le président Macky SALL, pourtant un Pharaon des temps modernes, ayant considérablement, depuis 2012, modifié le visage du Sénégal par de nombreuses infrastructures, est parfois renvoyé à ses origines ethniques peules : «Neddo Ko Bandoum» ; toutes ses nominations ne seraient que du pur népotisme. Pourtant, même si ses ancêtres viennent du Fouta-Toro, Macky SALL, de culture ouolofe, né en pays sérère, a épousé une Mouride. Le Sénégal doit donc rester libre et tolérant ; c’est cela sa force.

La France, on aime à le revendiquer, c’est le pays des droits de l’Homme et de la Liberté ; celui de Voltaire (voir mon article). Tous les courants de pensée, littéraires ou artistiques ou les grands combats pour l’indépendance de l’Afrique sont nés à Paris. Il y a ce qu’on appelle un «universalisme républicain» qui devrait être protégé et défendu. Or tous les signaux de notre temps attestent le contraire ; cette démocratie est devenue, très largement, ethnique ; on s’acharne, comme le montre l’affaire Gana GUEYE, sur les racisés ; on excuse ou passe sous silence les méfaits des adversaires de la liberté et de la tolérance. C’est devenu normal et banal, dès qu'on lynche un racisé, frappé du Code de l’indigénat, qui ne dit pas son nom, certains, pourtant grands donneurs de leçon, détournent le regard et se taisent.
 
Les sportifs noirs sont, régulièrement, dans les installations sportives, qualifiés de singes. Les anciens joueurs, les plus talentueux, n’ont pas toujours les promotions qu’ils mériteraient (arbitres, présidents de clubs, entraîneurs ou commentateurs dans les télévisions).

Dans l’affaire George FLOYD (1973-2020), dans nos combats pour déboulonner les statues d’esclavagistes en France, ainsi que la justice devant être rendue aux familles des 113 jeunes étouffés à mort par les forces de l’ordre, on n'a pas eu la solidarité de ces lobbies donneurs de leçon, et ne pensant qu'à eux-mêmes.

L’Islam est devenu la 2ème religion de France, mais depuis plus 45 ans, les Musulmans de France sont relégués au rang d’une minorité invisible. Aussi lors des fêtes musulmanes, aucune présence du Ministre des cultes, peu ou absence de messages officiels. Il est vrai que cette islamophobie est ancienne et date de la colonisation. Bien des religieux ont été persécutés, exilés ou tués en Afrique : Ahmédou Hamahoullah, dit Cheikh Hamallah (1883-1943), chef du Nioro au Mali, au Sénégal : Maba Diakhou BA (1809-1867), El Hadji Omar TALL Foutiyou (1794-1864), Cheikh Ahmadou Bamba BA (1853-1927) et en Guinée Samory TOURE (1830-1900) voir mes articles sur ces personnages. De nos jours, ce sont les détails vestimentaires des Musulmans qui sont devenus la focalisation d’une obsession identitaire de ce pays.

Le point commun du Sénégal et de la France, ce sont des pays multiculturels, par suite, la liberté et la tolérance sont au cœur du bien-vivre ensemble.

En définitive, dans cette affaire Gana GUEYE, un excellent footballeur, joueur de 33 ans, né à Dakar, a débuté en 2008, à Lille, puis il est passé à Aston Villa et à Everton. Il est depuis 2019, à Paris Saint-Germain. Marié à une Française, Gana fait le job au PSG. Pourquoi on veut le discréditer, comme on tente de le faire maintenant avec Pap NDIAYE ? Hier c'était Rama YADE, Christiane TAUBIRA, Audrey PULVAR, Sibeth N’DIAYE ; et demain c'est à qui le tour ? A chaque fois qu’un racisé émerge, des coupeurs de tête prenne le sabre.

A ces forces du Chaos, nous donnant des injonctions paternalistes, je dis : «Nous n'irons pas à Canossa !».

Les 12 et 19 juin 2022 aux législatives il faut que cela change et vraiment, pour une cohabitation à Gauche et une citoyenneté nouvelle !

Par conséquent, il ne faudrait pas saucissonner la défense des droits de l’Homme, un combat nécessitant la vigilance de tous, chaque instant ; car le combat pour la liberté et la tolérance est une affaire de tous, pour un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

Paris le 22 mai 2022 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
«Idrissa Gana GUEYE, footballeur, ce racisme institutionnel et systémique : entre Liberté et Tolérance» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/î
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20 mai 2022 5 20 /05 /mai /2022 21:24
«Pap N’DIAYE, Ministre de l’Education nationale de France» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
M. Pap N’DIAYE, professeur à l’Institut d’études politiques, précédemment, à partir de mars 2021, à la tête du Musée national de l’histoire de l’immigration, vient d'être nommé, le 20 mai 2022, Ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en remplacement de M. Jean-Michel BLANQUER.
Pap N’DIAYE étant d’ascendance sénégalaise, sa nomination au Ministère de l’éducation nationale de la France confirme que le Sénégal est bien un «grand petit pays», en référence au titre de mon troisième ouvrage. En effet, il y aura eu Blaise DIAGNE (1872-1934) et N’Galandou DIOUF (1875-1941) députés à l'assemblée nationale française, Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001), ministre sous la IV République, Alioune DIOP (1910-1980), fondateur de Présence africaine, Amadou M’Barick FALL dit Battling Siki (1897-1925), champion du monde en 1924 contre Georges CARPENTIER, Pap DIOUF (1951-2020) président du football club de Marseille, Rama YADE, Sibeth N’DIAYE porte-parole du gouvernement, Oumar SY, artiste, Marie N’DIAYE, la sœur de Pape N’DIAYE, prix Goncourt en 2009, et Mohamed M’Bougar SARR, prix Goncourt 2021. Les choix qui lui appartiennent, et n'ont pas être discutés de Idrissa Gana GUEYE, joueur à Paris Saint-Germain, ont déclenché les foudres injustes de la fachosphère. Et pourtant Gana GUEYE fait partie de la fierté du Sénégal par son talent de footballeur.
Cependant, la nomination Pap N’DIAYE, au poste de Ministre de l'éducation nationale et de jeunesse, est hautement symbolique et focalise, à elle seule, les débats de notre temps entre le Bien et le Mal. Partisans de la République et des idées nauséabondes, d'un racisme arrogant et décomplexé, s'affrontent. La Gauche, la NUPES, à travers son programme, si elle remportait les élections des 12 et 19 juin 2022, se propose d'abolir le Code de l’indigénat qui est en train de se mettre en place, en vue de développer, notamment au sein de l'éducation nationale, des valeurs républicaines du bien-vivre ensemble, pour un respect mutuel. Aussi, M. Jean-Luc MELENCHON, chef de file de la NUPES, qui a critiqué le gouvernement de Mme Elisabeth BORNE, a épargné Pap N’DAYE, sa nomination étant considérée comme «une audace». Pour les syndicats de l’éducation nationale, la promotion de Pap N’DIAYE est «Un symbole de rupture qui va plutôt dans le bon sens. Mais on ne gouverne pas l'Éducation nationale à coups de symboles, on la gouverne par des actes», dit Mme Sophie VENITITAY, Secrétaire générale du Snes-FSU.
Pap N’DIAYE est à l'opposé de son prédécesseur, Jean-Michel BLANQUER, contaminé par les forces du Chaos, qui voulait lutter contre ce qu'il appelle «l’indigénisme» le «Wokisme», ou la lutte contre les inégalités et les discriminations, la «Cancel Culture», dénonçant et bannissant les personnes dites «problématiques» ;  selon l’ancien Ministre de l’Education nationale, un assimilationniste, ces concepts de lutte contre le racisme seraient «déstabilisateurs de notre civilisation» et donc contraires aux valeurs républicaines : «C’est finalement une pensée qui cherche d’abord et avant tout à définir les gens par leur identité supposée et qui met cela avant. Ce que nous, nous mettons en avant c’est-à-dire le fait que tous les hommes naissent libres et égaux en droits. On a besoin d’une société diverse où l’on se respecte et où l’on ne se définit pas par son degré de victimisation ou par son identité supposée, mais tout simplement comme citoyen » dit Jean-Michel BLANQUER, en octobre 2021. En revanche, Pap N’DIAYE est particulièrement attaché à l’égalité réelle et à l’excellence à l’école chemin de la réussite : «Mes premières pensées vont vers le monde enseignant, qui est le mien depuis longtemps.  Je suis le pur produit de la méritocratie républicaine dont l’école est le pilier. Je suis le symbole de la méritocratie et de la diversité. Je n’en tire aucune fierté, mais le sens du devoir et des responsabilités.  Le dialogue avec la communauté éducative sera aussi important» a déclaré M. Pap N’DIAYE.
Aigrie et haineuse, l’Extrême-droite qui l'a mauvaise, est vent debout :  «La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé, à l’éducation nationale est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir» a déclaré Marine LE PEN du Rassemblement national. Pour Mohamed ZEMMOUR, le nouveau ministre est serait un indigéniste : «Emmanuel Macron avait dit qu'il fallait déconstruire l'Histoire de France. Pap Ndiaye va s'en charger. Il a participé à des réunions interdites aux blancs, c'est un vrai intellectuel indigéniste, un vrai ; c'est toute l'histoire de France qui va être revisitée à l'aune de l'indigénisme, de l'idéologie Woke et de l'islamo-gauchisme. Ilva être chargé de reformater les esprits des petits Français pour leur apprendre que les Blancs sont éternellement coupables, que les Noirs sont victimes et que nous sommes une terre d'immigration et que nous devons surtout continuer à l'être» dit Mohamed ZEMMOUR, du parti Reconquête.
Par conséquent, le lynchage a bien commencé, et quelle sera donc, dans la question d’une éducation pour un bien-vivre ensemble, la place de la lutte contre les discrimination dans une société fracturée, où la parole raciste s’est considérablement libérée ?
«Laissons la haine à ceux qui sont faibles pour aimer» disait Martin Luther KING (1929-1968). Dans ce racisme institutionnel et systémique, ses procès en incompétence ou en illégitimité à l’encontre des racisés, il y a déjà une fatwa de l'extrême-Droite à l'encontre de Pap N’DIAYE, avant même qu'il n'ait pris ses fonctions. Il faudrait combattre énergiquement cette grande hypocrisie qu'est cet universalisme ethnique. En fait, le seul universalisme authentique, c'est l'universalisme républicain ; la diversité n'est pas un mal mais une richesse. Il va falloir tout de même réconcilier et apaiser cette société française au bord de la rupture après ces présidentielles consacrant une forte montée du fascisme dans ce pays niant sa diversité, son multiculturalisme, une réalité irréversible. Il est donc urgent de promouvoir une éducation de la liberté dans la tolérance (voir mon article du Voltaire). Jamais dans l’histoire de l’Humanité, la haine n’a jamais triomphé, durablement, sur l’Amour, vecteur de progrès et de cohésion sociale.
«Je m’assume tel quel avec ma couleur de peau. J’ai un rôle civique à jouer. Il faut absolument préserver l’universalisme et faire en sorte qu’il soit valable pour tout le monde» avait dit Pap N’DIAYE, en juin 2021. En effet, une démocratie sans partage du pouvoir est une escroquerie. Les racisés aspirent comme les autres au bonheur, à l’égalité réelle, la visibilité et à la représentativité dans tous les lieux de décision. «Le génie français cache souvent un universalisme chauvin, d'homme, blanc, hétérosexuel. Il y a une double volonté d'invisibilité et de visibilité chez les personnes issues de l'immigration. Elles veulent être invisibles face aux institutions et reconnues pour leur apport culturel à ce qui fait la France» dit Pap N’DIAYE.
Le Musée de l'immigration que vient de quitter Pap N’DIAYE, devrait être transformé, à mon sens, en une Maison d'Afrique à Paris de promouvoir le bien-vivre ensemble, pour réconcilier et rassembler autour d’un projet républicain. De nos jours, pour Pap N’DIAYE, qui a travaillé sur les questions d’égalité et de lutte contre les discriminations, la «condition noire» désigne «une situation sociale qui n’est celle ni d’une classe, d’une caste ou d’une communauté, mais d’une minorité, c’est-à-dire d’un groupe de personnes ayant en partage l’expérience sociale d’être généralement considérées comme noires» écrit-il dans «la condition noire». Or, les questions raciales, de colonisation ou d’esclavage, sont encore tabous en France, la République, avec son message universel, pourtant obnubilée par l’immigration et l’Islam et ses détails vestimentaires, serait indifférente aux couleurs ; c’est le déni permanent du racisme institutionnel et systémique : «Si l’on veut déracialiser la société, il faudrait commencer par en parler» rétorque Pap N’DIAYE, un membre fondateur du CRAN. Les autres nous renvoient, en permanence, à nos origines ethniques ou à nos croyances religieuses, à travers cette question pernicieuse : «Tu viens d’où ?».
Ni crispé, ni frustré, sans aucune rancune, apaisé et conciliateur, Pap N’DIAYE, un spécialiste de l’histoire des minorités, est un homme serein assumant ses identités multiples, dans un esprit de dialogue des cultures, de «rendez-vous du donner et recevoir» suivant une belle expression du président SENGHOR (1906-2001). Né le 25 octobre 1965 à Antony, dans les Hauts-de-Seine, dans la proche banlieue parisienne, d'une mère française, Simone, professeure de sciences naturelles, et d'un père sénégalais, Tidiane N’DIAYE, premier ingénieur des Ponts et chaussées, Pap N’DIAYE est un spécialiste de la condition noire. Enfant, il passe ses vacances à la ferme de ses grands-parents, dans la Beauce. Son père rentre au Sénégal alors qu’il n’a que deux ans et ne reviendra que dix ans plus tard. «Papa est parti depuis si longtemps que personne n'espère plus son retour. Mais voilà que Papa revient, voilà que Papa exige de rentrer, sûr de son bon droit, dans la vie qu'il a fuie dix ans auparavant. Qui aime encore Papa ? Qui peut prétendre avoir besoin de lui ? Il a les apparences de la richesse et d'une jeunesse improbable. Il resplendit d'un éclat peu commun à Courbevoie. Surtout, il sait ce qu'on lui doit, même si ce n'est pas justifié, et qu'on l'aime encore, qu'on l'aimera toujours» écrit Marie N’DIAYE dans sa pièce, déjà inscrite au répertoire de la Comédie française «Papa doit manger». Pap N’DIAYE est père de deux enfants, Rose et Lucien, dont la mère est Jeanne LAZARUS, une sociologue à Sciences politiques et écrivaine, une spécialiste de l’économie des ménages et des politiques bancaires.
Sa petite sœur, Marie N’DIAYE, née le 4 juin 1967, à Pithiviers (Loiret) est allée vivre en Allemagne, avec son mari, l’écrivain Jean-Yves CENDREY, en protestation contre la politique de l’identité nationale développée, à l’époque, par le nouveau président, Nicolas SARKOZY. «Nous sommes partis juste après les élections, en grande partie à cause de Sarkozy. Je trouve détestable cette atmosphère de flicage. Besson, Hortefeux, tous ces gens, je les trouve monstrueux. Pour moi, ces gens-là, représentent une forme de mort, d’abêtissement de la réflexion, un refus d’une différence possible» disait, en 2009, Marie N'DIAYE. En effet, Marie N’DIAYE, admiratrice de William FAULKNER (1897-1962 voir mon article), une des grandes voix de la littérature contemporaine française, écrit des romans, des pièces de théâtre, des pièces radiophoniques, des scénarios et des livres d'enfants. Marie N’DIAYE a obtenu le Prix Femina en 2001 pour son roman «Rosie Carpe» et pose ces questions : «Où est ma famille ? Où sont mes enfants ?». Décalé et hanté par une culpabilité insondable, le personnage principal chez Marie N’DIAYE se trouve souvent en butte à l’hostilité d’un monde qui le rejette. Dans une langue musicale, Marie N’DIAYE, une métisse élevée par une mère seule, vivant maintenant entre Berlin et la Gironde, dépeint dans sa contribution littéraire des personnages mobiles, déclassés, sans appartenance et en butte dans le rapport aux autres, à un environnement étrange et menaçant. Ces personnages hors normes finissent par triompher en raison de leur résilience exceptionnelle.
Marie N’DIAYE a aussi reçu le Prix Goncourt, en 2009, pour son roman «Trois femmes puissantes». Dans «Trois femmes puissantes», le roman fait des allers et retours entre l'Afrique et la France, c'est la première fois que Marie N’DIAYE en évoquant ses origines sénégalaises ; elle met en scène sa propre géographie familiale. La première héroïne, Norah, vient au Sénégal où son abominable père l'appelle. En fait, c’est à 22 ans, que Marie N’DIAYE a revu son père cours de son premier voyage au Sénégal : «Mon père est rentré en Afrique quand j’avais un an. Je n’ai jamais vécu avec lui. J’ai grandi en banlieue, je suis 100 % française, avec les vacances dans la Beauce... On pense à tort que j’ai la double nationalité, la double culture. Mais je ne suis pas gênée que l’on dise de moi que je suis africaine. J’ai dû voir mon père trois fois et pas depuis au moins vingt ans. Mon vrai père est bien plus insignifiant que dans le roman. Ce n’est pas une figure, mon père, mais un homme terne» dit-elle.
Par conséquent, les N’DIAYE, un patronyme également de ma mère, sont une famille en or, comme il y en a beaucoup d'autres dans ce pays qu'on continue de calomnier et vilipender, à tort. Il y a des pépites d'Or dans cette France multicolore. Pap N’DIAYE en est la parfaite illustration. En effet, Maitre de conférences, Pap N’DIAYE a longtemps enseigné aux États-Unis. La première fois que je le rencontrais c'était au Collège de France avec le triomphe d'Alain MABANCKOU, professeur d'université également aux Etats-Unis. J'ai comme l'impression, pour les racisés en France, pour être reconnu dans ce pays, il faudrait d'abord traverser l'Atlantique à la nage.
Maintenant que Pap N’DIAYE est devenu Ministre de l’éducation nationale, il est urgent que des chairs d'études africaines fleurissent en France, comme aux États-Unis. La question du bien-vivre ensemble passe, non pas par des lois ségrégationnistes comme la loi sur le séparatisme, mais par une étude minutieuse du multiculturalisme et de la citoyenneté. Comment on doit-on apprendre à vivre ensemble, en encourageant à tous les lieux de décisions, au lieu de les enfoncer, toutes les personnes méritantes, comme le professeur Pap N’DIAYE ?
Pap N’DIAYE siège au comité scientifique de la Fondation pour la mémoire de l'esclavage. On sait aussi que dans son «Et en même temps» le président MACRON a déjà célébré en grande pompe en mai 2021, le bicentenaire de la mort de Napoléon ; celui-là justement qui avait rétabli l'esclavage. Le chef de l’Etat, qui avait déclaré à Alger, le temps d’un voyage, que la colonisation est un «crime contre l’Humanité», refuse également de déboulonner les statues des colonialistes et des esclavagistes. Tout est communication !
Par conséquent, quelle marge de manœuvre aurait le professeur Pap N’DIAYE au Ministère de l’éducation, lui qui connaît bien les questions de discrimination et de citoyenneté ?
Le professeur Pap N’DIAYE est un historien et sociologue rigoureux, avisé. Mes souhaits les plus ardents c'est que tous les talents de ce pays, comme Omar SY, Mory et bien d'autres, puissent pleinement s'exprimer, pour un bien-vivre ensemble dans le respect mutuel. Celui qui perce ne doit pas se contenter de dire, égoïstement, «je suis le premier noir à avoir été nommé à ce poste», mais faire en sorte que son bon exemple fasse tache d’huile. Ne jamais oublier d’où on vient.
Il va falloir que Pap N’DIAYE, dans un secteur aussi explosif et clivant que celui de l’Education, puisse tenir bon et prendre les bonnes décisions. Depuis plusieurs décennies, chaque Ministre de l’éducation vient avec sa réforme voulant «dégraisser le Grand mammouth» en référence à une expression de Claude ALLEGRE. On a connu le désastre provoqué par Alain DEVAQUET (1942-2018) avec la mort de Malik OUSSEKINE (1964-1986) battu à mort, le 6 décembre 1986n par la brigade des «Voltigeurs». L’application de certains protocoles sanitaires du Covid-19 fluctuants, sans concertation, avaient soulevé l’ire des enseignants, peu reconnus dans leur métier. Les grands enjeux de l’éducation nationale sont pourtant connus : «Nous affirmons très clairement qu'il doit y avoir zéro décrocheur et que pour avoir un service public de qualité il est indispensable de recruter des personnels en nombre et de réduire le nombre d'élèves par classe» déclarent les partisans de la NUPES, pour une école de l’égalité et de l’émancipation, dont le programme tient en trois axes prioritaires : lutter contre la ségrégation scolaire, renforcer l'enseignement professionnel et revaloriser les personnels Education Nationale. Quelle place de la francophonie en relation avec cette décision scandaleuse du président MACRON d’augmentation injustifiée et discriminante des droits d’inscription des étudiants africains (3770 € au lieu 277 €) ? Le gouvernement va-t-il comme dans le système anglo-saxon, privatiser les universités françaises avec des droits d’inscription à 6000 € ?
D’une part, il va falloir que M. Pap N’DIAYE puisse affronter les vents contraires venant l’extérieur, dans ce contexte de droitisation grave de la vie politique, à laquelle le président MACRON porte une part importante de responsabilité. En dans le passé on connaît le lynchage, digne de «Strange Fruit», qui s'était abattu notamment Mme Rama YADE, Mme Christiane TAUBIRA et Mme Sibeth N’DIAYE. Dès que quelqu’un émerge parmi les racisés, les forces du Chaos s'abattent sur lui en raison d'une logique du Code de l’indigénat ; comme au temps de l’esclavage, un racisé ne serait pas légitime d'occuper la place qui lui revient. Il doit se contenter de rester une diversité alibi, un pot de fleurs pour mettre de la couleur dans le paysage politique.
D’autre part, et jusqu'ici, dans sa méthode de verticalité du pouvoir, la diversité telle que la conçoit le président MACRON est une «diversité alibi», pour mettre de la couleur par saupoudrage. Pour le président MACRON, qui n’est pas dans le faire, tout est communication. En effet, tous les députés noirs promus à l'assemblée (Joseph M’BAYE, Hervé BERVILLE, Laetitia AVIA, Patrice ANATO, Sira SYLLA) ont été bâillonnés, marginalisés, humiliés et vilipendés, sans avoir les moyens de leurs ambitions. Bref, la Macronie et ses élus issus de la diversité, c’est encore la célébration de l’esprit de la «Case de l’Oncle Tom».
En tout cas, je renouvelle mes vœux de plein succès à Pap N’DIAYE, un éminent universitaire réfléchi et pondéré, pouvant se révéler être un bon ministre l'éducation nationale. C’est aux actes que l’on jugera.

Indications bibliographiques
N’DIAYE (Pap) et autres, «Les Noirs de France : une invention utile ?», Esprit, n°335, juin 2007, pages 86-98 ;
N’DIAYE (Pap), «Pour une histoire des populations noires en France, préalables théoriques», Mouvement social, n°213, octobre-déc. 2005, pages 91-108 ;
N’DIAYE (Pap), DIAMOND (Andrew), Histoire de Chicago, Paris, Fayard, 2013, 450 pages ; ;

N’DIAYE (Pap), Du nylon et des bombes : du Pont de Nemours, le marché et l’Etat américain, 1900-1970, Paris, Belin, 2001, 390 pages ;
N’DIAYE (Pap), La condition noire : essai sur une minorité française, Paris, Calmann-Lévy, 2008, 440 pages ;
N’DIAYE (Pap), Les Noirs américains : en marche pour l’égalité, Paris, Gallimard, 2009, 159 pages ;
N’DIAYE (Pap), MADINIER (Louise), Le modèle Noir de Géricault à Matisse, la chronologie, Paris, Musée d’Orsay, 2019 95 pages ;
BOUYACOUB (Asma), L’enfant originel et original chez Violette Leduc et Marie N’Diaye, Université de Toulouse Mirail, Toulouse II, 2019, 418 pages ;
N’DIAYE (Marie), Rosie carpe, Paris, éditions de Minuit, 2001, 344 pages ;
N’DIAYE (Marie), Papa doit manger, Paris, éditions de Minuit, 2003, 96 pages ;

N’DIAYE (Marie), Trois femmes puissantes, Paris, Gallimard, 2009, 320 pages ;
LAZARUS (Jeanne), Les politiques l’argent, Paris, PUF, 2022, 288 pages.
Paris, le 20 mai 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
«Pap N’DIAYE, Ministre de l’Education nationale de France» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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16 mai 2022 1 16 /05 /mai /2022 20:50
«Mme Élisabeth BORNE : Première ministre éphémère et de transition avant la cohabitation de juin 2022» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Tout ça pour ça ! Trois semaines pour un casting que l’on promettait original. «So Much Ado about Nothing» ou «Beaucoup de bruit pour rien» tel est le titre d'une pièce de William SHAKESPEARE (1564-1616). La montagne a donc accouché d'une souris. Je me félicite, qu'après l'expérience tentée, de mai 1991 à avril 1992, par François MITTERRAND, avec Mme Édith CRESSON, qu'une Femme soit nommée, 31 ans après, pour la deuxième fois Première ministre. Aucune femme n'a jamais été présidente aux Etats-Unis ou en France. On aime parler de la femme Ouighours, afghane ou des banlieues, mais la classe politique française, dure avec les racisés, reste encore très largement misogyne. C’est pour cela que je me sens solidaire avec toutes les Femmes du monde.

Cependant, et compte tenu de la dynamique enclenchée par la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale, NUPES, la Gauche a le vent en poupe et conserve encore de sérieuses chances de remporter les législatives des 12 et 19 juin 2022.

Une femme Première Ministre, mais pour quoi faire ?

Mme BORNE est née le 18 avril 1961 à Paris 15ème, de Joseph BORNE (1924-1972), un père un Juif d'origine russe et résistant et d'une mère normande, Marguerite LESCENE (1920-2015), pharmacienne du Calvados. Elle a été pupille de la Nation à 11 ans. Mariée de 1989 à  2008 avec d'Olivier ALLIX, un universitaire et ingénieur, ils ont eu un fils, Nathan ALLIX, né en 1995 et enseignant à Paris 2 Assas.

Venue de la Gauche réformiste, des cabinets ministériels Jacques LANG, Lionel JOSPIN et de Ségolène ROYAL, puis avec Bertrand DELANOE à Ville de Paris, Elisabeth BORNE a viré à Droite, va-t-elle inverser la vapeur ?

«Le peuple n'a pas prolongé le mandat qui s'achève. Le peuple a confié à un président nouveau un mandat nouveau» avait dit, le 7 mai 2022, le président MACRON, s’engageant à ce que son deuxième mandat ne pas uniquement la continuité du premier. En effet, le président MACRON avait dit qu'il donnera une autre tonalité à son deuxième mandat. Pinocchio avait bien un nez qui s'allonge à chaque fois qu'il mentait.

Mme Margaret THATCHER (1925-2013), première ultraconservatrice de Grande-Bretagne, n'a pas été un symbole de progrès humain. Mme Élisabeth BORNE est une femme terne, technocrate,8 polytechnicienne, peu charismatique, réservée, un peu revêche ou rigide. Travailleuse, surnommée «Burn Out», Mme BORNE écoute attentivement ses interlocuteurs, mais reste droite dans ses bottes ; elle ne dévie jamais de sa ligne. En effet, Mme BORNE, favorable à la retraite à 65 ans, a réalisé deux grandes réformes de casse sociale : la SNCF et l'assurance chômage avec la baisse des droits. Plusieurs fois ministre, Mme BORNE incarne la continuité d'un «Monde ancien», dans un pays divisé et fracturé par les forces du Chaos.

Finalement, Mme Élisabeth BORNE a été envoyée au casse-pipe, pour un contrat à durée déterminée, borné à 1 mois. Un vent de dégagisme commence à souffler, très fort. Bon courage Mme la Première ministre pour la fosse aux Lions !

Mobilisation de tous, notamment des racisés, pour un troisième tour des présidentielles, en vue d'une cohabitation de Gauche, avec la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale !

Paris, le 16 mai 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 

 
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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 18:16
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«La vie de Voltaire doit être l'histoire des progrès que les arts ont dû à son génie, du pouvoir qu'il a exercé sur les opinions de son siècle ; enfin de cette longue guerre contre les préjugés, déclarée, dès sa jeunesse, et soutenue jusqu'à ses derniers moments» écrit Nicolas de CONDORCET (1743-1794), biographe et éditeur de Voltaire, après sa mort. La modernité et l'actualité des écrits indépassable des écrits ne souffrent d'aucune contestation sérieuse. En effet, icône de l’engagement intellectuel, de la tolérance et de la liberté de pensée au XVIIIème siècle, Voltaire est l’un des plus importants chefs de file du Siècle des Lumières «En ces temps-là, il était un Roi qui s’appelait Voltaire. Son royaume n’avait ni commencement, ni fin. Il fut sacré Roi de l’esprit humain à la cour de Prusse par son frère Frédéric II, dans cette belle Allemagne où Goethe a dit «Après avoir enfanté Voltaire, la Nature se reposa». Ses ministres furent tous les grands hommes : Diderot, D’Alembert, Buffon, Turgot, Condorcet. Voltaire n’est pas mort, il reviendra»  écrit, en 1858, Arsène HOUSSAYE dans son «Roi Voltaire». En effet, Voltaire incarne, à lui tout seul, la défense des principes de liberté et de tolérance, tant mis à mal par notre époque troublée, marquée par le triomphe d’une démocratie ethnique, les mensonges, les dissimulations et les instrumentalisations.
Voltaire ou l’anagramme d’AROUET, «Le Jeune», de son vrai nom François-Marie AROUET, est né, officiellement, le 21 novembre 1694, à Paris. Très chétif, il est doté d’une énergie hors norme. «Je suis né, tué» écrira-t-il. François de CASTAGNERES dit abbé CHATEAUNEUF (1650-1703), que certains pensent être son vrai père, un homme instruit et brillant, sera son parrain, et lui récite les fables de Jean de la FONTAINE. Voltaire, mort le 30 mai 1778, à Paris, à 84 ans, un âge très avancé à l’époque, a été très prolifique dans sa production littéraire. Appartenant à une famille aisée dont les ancêtres sont originaires du Poitou son père, François II AROUET (1649-1722), est notaire et conseiller du Roi. Il est le 5ème enfant de Marie-Marguerite DAUMARD (1660-1701). Le jeune Voltaire fait ses études au Lycée Louis Le Grand, à Paris, dirigé à l’époque par les Jésuites. Voltaire sera inscrit, par la suite, à la faculté de droit de Paris. Son père lui trouve une place dans un cabinet d’avocats, mais il préfère devenir écrivain et fréquente les salons littéraires parisiens. «Voltaire était au-dessous de la taille des grands hommes, c’est-à-dire un peu au-dessus de la médiocre. Il était maigre d’un tempérament sec ; il avait la bile brûlée, le visage décharné, l’air spirituel et caustique, les yeux étincelants et malins : tout le feu que vous trouverez dans ses ouvrages» écrit Elie HAREL. En dépit de son physique disgracieux, Voltaire avait du succès auprès des femmes. Sa dernière compagne, à partir de 1745, jusqu’à la fin de sa vie, a été sa nièce Marie Louise MIGNOT, dite Mme DENIS (1712-1790), qui sera sa gouvernante et sa légataire universelle.
Voltaire est né dans une période sombre de l’histoire de France d’absolutisme royal et de montée de l’intolérance. Ainsi, les temps anciens sont marqués par la bigoterie et les persécutions des faibles. En effet, Louis XIII dit «Le Juste» (1601-1643), a été un prince orageux, faible et dévot : «L’Europe était couverte de bandes d’intolérants, tous demandant la liberté de conscience, tous la refusant dès qu’ils étaient les plus forts. Ici, et au nom de Dieu, on égorgeait les Calvinistes, les Luthériens, tous ceux qui, sous quelque bannière qu’ils marchent, au courage de dire qu’il était honteux au Pape de faire payer au peuple, un infâme trafic d’indulgences, son luxe et ses plaisirs, joignaient l’imbécilité de croire que le Pape était le persécuteur de l’Antéchrist», écrit Théophile DUVERNET. En effet, Louis XIV (1638-1715), dit «le Grand» ou «le Roi Soleil», une monarchie absolue, de 1661 à 1679, tente de faire liquider le protestantisme de son royaume. Le 18 octobre 1685, il révoque l’Edit de Nantes promulgué le 13 avril 1598 par Henri IV, par des conversions forcées au catholicisme ; il fallait l’abjuration ou l’exil. «Sous le règne de Louis XIV, on osait même à peine penser, même dans le secret d’un intime ; le joug de l’autorité pesait sur les esprits» écrit Jean Le Rond D’ALEMBERT (1717-1783). Pendant le règne de Louis XV (1710-1774) dit le «Bien-aimé», et donc la Régence, on emprisonna, on exila et tourmenta ceux qu’on méprise. En effet, quand le «Grand roi» ou Louis XIV, un belliciste, meurt, et dans la joie de la délivrance, dans celle de la paix assurée, éclate la fête de la Régence. «Révolte contre la tristesse bigote et le lourd despotisme du dernier règne ; étalage débrayé de cynisme, de scepticisme et de débauche ; fureur de jeu, d’amour, de luxe ; bouillonnement hardi d’esprit, de rire et de satire ; mais aussi avidité d’argent et fièvre de spéculation : il faut de l’argent pour le plaisir ; pas de grand nom qui ne trafique et n’agiote» écrit Georges LANSON, en 1906, dans son «Voltaire». C’est pendant cette période de relâchement, au XVIIIème, que la bourgeoisie, une classe montante, par sa puissance matérielle et politique, est en train de prendre le dessus sur la royauté et la noblesse en ripaille. C’est dans ce vide du pouvoir politique, que se développe une révolution des mentalités aboutissant à remettre en cause l'Ancien Régime au profit de valeurs nouvelles, comme l'individualisme, la tolérance, la liberté, la croyance au progrès, la séparation des pouvoirs, l'égalité des hommes et la souveraineté du peuple.
Poète, philosophe, historien, épistolier, conteur et dramaturge, menacé à cause de ses critiques de l’Eglise et de l’absolutisme royal, Voltaire a été emprisonné à deux reprises à la Bastille (11 mois entre 1717 et 1718 et 2 semaines en 1726). En effet, Voltaire fréquentait, à Sceaux, le château Louise-Bénédicte de BOURBON (1676-1753), duchesse du Maine, petite-fille du Grand Condé, une coterie littéraire qui complotait contre le duc Philippe d’Orléans, le régent. A sortie de prison, il prend le nom de Voltaire : «Ne t’étonne pas ma chère de changement de nom : j’ai été malheureux avec l’autre que je veux voir si celui-ci m’apportera du bonheur» écrit-il à sa fiancée Olympe DUNOYER, dite Pimpette (1692-1769). Entre 1726 et 1729, Voltaire s’exile en Angleterre où la liberté d’expression est plus grande qu’en France. Esprit critique, Voltaire est un admirateur de John LOCKE (1632-1704), notamment son «essai sur l’entendement humain» et ses développements sur la liberté et la tolérance. En juin 1734, Voltaire, après la condamnation des «Lettres anglaises», part se réfugier à la campagne, au château de Cirey-sur-Blaise (Haute-Marne, au Sud de Saint-Dizier), appartenant à Gabrielle Emilie Le TONNELIER de BRETEUIL, dite la marquise du CHATELET (1706-1749). Entre 1744 et 1755, esprit mobile et polygraphe, devenant courtisan, après la mort de la Marquise du CHATELET, il se met à fréquenter la cour des princes : «Ma destinée était de courir de roi en roi, bien que j’aimasse la liberté avec idolâtrie» dit-il. Après avoir été nommé historiographe du roi Louis XV dit «Le Bien-aimé» (1710-1774), il accepte l’invitation du roi de Prusse, Frédéric II (1712-1786), et s’installe pendant trois ans à Berlin. Frédéric II favorise le développement des sciences et des arts et prend l’avis des philosophes des Lumières. En 1758, Voltaire se retire à Ferney (département de l’Ain, région Auvergne-Rhône-Alpes), près de Genève, en Suisse : il peut alors écrire librement, il s’investit dans de nombreux combats contre l’injustice et l’intolérance, notamment l’affaire Jean CALAS.
Faisant l’éloge de l’imprimerie chinoise dans l’émergence de la liberté d’expression, déiste et admirateur de Confucius (551-479 avant JC), un sage et prophète, Voltaire est partisan d’un Dieu architecte et horloger. «Quiconque a écrit sur nos devoirs a bien écrit dans tous les pays du monde, parce qu’il n’a écrit qu’avec sa raison. Ils ont tous dit la même chose : Socrate et Épicure, Confucius et Cicéron, ont eu la même morale» écrit Voltaire, dans son «dictionnaire philosophique». En effet, Voltaire est un tenant d’un déisme tolérant, un sensualisme excluant tout matérialisme véritable, une référence constante au bon sens, à la vertu trouvée dans le cœur des hommes, pour gouverner sagement, un despotisme politique tranquille ou éclairé, et un intérêt particulier porté à l’éducation et à la culture. Ni apologie, ni diatribe, partisans et adversaires de Voltaire se sont affrontés à travers l’histoire littéraire de France. A tout le moins, on peut dire que Voltaire domine et incarne la XVIIIème siècle, par son génie et sa production littéraire prolifique : «Voltaire, c’est un siècle fait homme» écrit Alphonse de LAMARTINE (1790-1869). Voltaire est qualifié, parfois, de superficiel, railleur sans blesser, mondain ou volage, rancunier, polémiste, agitateur, audacieux et philosophe des Lumières. «Quelque merveilleux qu’ait été son esprit, Voltaire s’est montré en tout frivole pour qu’on doive le compter parmi les philosophes» écrit Edme NOURRISSON. En particulier, ses adversaires estiment que voulant briller, Voltaire ne dédaignait pas la lumière : «C’était un homme dévoré du besoin d’activité, du besoin de bruit, du besoin de gloire. Qu’on parlât de lui, sans cesse, partout infatigablement, c’était chez lui une soif inextinguible. C’était un homme qui a pour dix millions de gloire et qui en demande encore pour deux sous» écrit Emile FAGUET, académicien et critique littéraire. La majorité des critiques littéraires a fini par célébrer les éminentes qualités d’intellectuel de Voltaire,  reconnu pour être «le poète facile, léger et badin, l’écrivain spirituel alerte, beau rieur, le critique incisif, le polémiste infatigable, le penseur. Mais ce qu’il y a de meilleur et de plus grand en lui, c’est l’homme» écrit, en 1867, Edouard de POMPERY, dans «le vrai Voltaire : l’homme et le penseur». Voltaire, religieux à la façon de Socrate et Marc-Aurèle, déiste comme Denis DIDEROT (1713-1784), a su sonder le cœur et les aspirations profondes de la France du XVIIIème siècle, en y introduisant, avec d’autres idées, un concept novateur, celui de la Raison, prélude à la Révolution de 1789.
Eminent intellectuel du XVIIIème siècle, dénommé aussi Siècle des Lumières, Voltaire est l’un des grands propagateur d’idées nouvelles, principalement une immense soif de liberté. Après la chute de l’empire romain, «le Siècle des lumières mit un terme fatal aux anciennes constitutions, politiques et même religieuses de l’Europe. Tout l’édifice social ne subsistait en France que comme un vain simulacre : il s’écroula» écrit en 1821, François-Antoine-Joan MAZURE dans «la vie de Voltaire».  «Les libres penseurs se multiplièrent à sa voie dans toutes les classes de la société. Voltaire avait formé dans l’Europe entière une ligue dont il était l’âme et dont le cri de ralliement était raison et tolérance» écrit Nicolas de CONDORCET. En raison du grand développement intellectuel et culturel, les Lumières ont pour ambition d’éclairer les hommes en s’aidant de la Raison et des sciences. C’est une importante période de remise en question de l’ordre politique et les valeurs traditionnelles, notamment des religions révélées, en réclamant la liberté individuelle, l’égalité des droits, la liberté de pensée et de croyance. Aussi, Voltaire critique la monarchie absolu de droit divin et les privilèges excessifs des nobles et du clergé, et appelle à une société dans laquelle les hommes seraient libres et égaux. Cette «philosophie des lumières», ou «Enlightenment» en langue anglaise, «Aufklärung» en allemand, a pour ambition de sortir des ténèbres, de combattre l’ignorance et la superstition, en vue de guider vers la lumière, le plus grand nombre de personnes sur la manière de vivre heureux et de fonder une société juste.
La contribution littéraire de Voltaire, à travers sa philosophie, ses contes, ses poésies ou romans est riche et vaste. Ses œuvres principales sont, notamment en 1747,  «Zadig» un conte satirique, retraçant les mésaventures d’un jeune homme, victime d’injustice, qui fait l’expérience du monde, face aux dangers et à l’injustice de la société ; il est exposé à différentes mésaventures, de désespoir et de souffrance. En effet, Zadig entreprend son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal. Trahi par Sémire et Azora, déçu par l'amour, Zadig trouve refuge dans la Nature, qui est à l'image de Dieu. Remarqué par le roi d'Égypte Moabdar, il retourne dans le tourbillon du monde et devient Premier ministre. Séduit par la reine Astarté et menacé par la jalousie du roi, il fuit bientôt Babylone. C'est l'occasion pour lui d'un retour sur soi et d'une réflexion sur les caprices de la fatalité. A travers Candide, Voltaire s’insurge contre une justice royale expéditive et approximative qui broie les petites gens, épargne les grands, avec la bénédiction des curés. En effet, Zadig est accusé d’avoir volé un chien et un cheval de la Reine, sans aucune preuve tangible, en dehors du fait que ces animaux ont disparu. Il est condamné au fouet et à l’exil à vie. Mais c’est une justice cupide ne rechignant pas devant la corruption ou les flatteries. Cependant, ce conte a une morale, un idéal de Justice. Lorsque Zadig devient ministre du Roi, ses jugements ne sont non pas arbitraires ; ils sont fondés la Raison, tout idéal de justice à la base de la pensée des Lumières. L’influence de Voltaire, comme philosophe, peut se résumer d’un seul mot : «Il a refait l’éducation de l’esprit humain, en opposant le relatif à l’absolu, en substituant, dans tous les domaines de la philosophie, le point de vue critique au point de vue dogmatique» écrit, en 1908, Georges PELLISSIER dans son «Voltaire philosophe».
En 1749, Voltaire publie «Candide», un naïf, dans ce roman d'apprentissage, un jeune homme à la poursuite de sa chère Cunégonde, à travers une Europe dévastée, avec une verve satirique, permet à l’auteur de poursuivre une mission : lutter contre les abus de toute sorte, les superstitions, le fanatisme, les horreurs de la guerre. Au «meilleur des mondes possibles» proclamé par Pangloss, Voltaire oppose la conclusion de Candide, au terme de son initiation : «Il faut cultiver notre jardin». En effet, Candide est en particulier, un conte philosophique de dénonciation de la guerre. Au début, Voltaire présente la guerre, à travers les yeux de Candide, comme une parade, une fête. Puis dans un second temps, Voltaire expose la guerre dans toute sa laideur avec champ lexical de l'horreur : femmes égorgées, filles éventrées et des cervelles répandues sur la terre.
En 1763, Voltaire écrit un texte majeur, le «Traité sur la tolérance», une vigoureuse défense de  Jean CALAS (1698-1762), un marchand d’étoffes protestant de Toulouse accusé, en 1761, et exécuté le 10 mars 1762, pour avoir assassiné son fils, afin d’éviter qu’il ne se convertisse au christianisme. Voltaire invite à la tolérance entre les religions et dénonce le fanatisme religieux et les superstitions.
«Des souvenirs tels que Titus, Trajan, Marc-Aurèle, Henri IV, sont, sans doute de grands dons de la nature, mais un don plus grand encore est un vrai philosophe ; et sous ce titre, Voltaire est sans contredit, le plus beau présent ait encore fait aux Hommes» écrit en 1786, DUVERNET, dans «la vie de Voltaire». Voltaire est une immense gloire littéraire, dont l’importance historique a eu une influence considérable sur son époque, et nous interpelle encore, de nos jours, en début du XXIème siècle. En effet, Voltaire est un philosophe des Lumières et un écrivain engagé : il dénonce la guerre, il critique le roi et l’Eglise : il veut réformer les structures sociales et judiciaires de son époque : il combat l’injustice et l’intolérance religieuse, il défend la liberté de penser et d’expression. Il a joué un rôle important auprès des monarques éclairés, qui écoutaient ses avis. Ses écrits ont été un des phénomènes déclencheurs de la Révolution française de 1789.
Voltaire incarne, de nos jours, un puissant symbole de la lutte contre l’intolérance, le fanatisme religieux ou politique ainsi que l’arbitraire du pouvoir étatique. Aussi, pour examiner son héritage, à la lumière des préoccupations de notre temps, je m’en tiendrai, fort modestement, à deux thèmes qui nous interpellent encore : la Liberté et la tolérance. Ces deux sujets restent d’une grande actualité dans l’Histoire de notre siècle.
I – Voltaire, un partisan de la Liberté
«Plus les hommes sont éclairés, plus ils sont libres ; car il y a une nécessaire union des lumières et de la liberté» dit Voltaire. Voltaire, en libéral, a bien cerné la liberté et ses limites. Quelle est l’étendue, les risques mais aussi les abus possibles, de l’usage de la liberté ? Comment jouir des bienfaits de la liberté, tout en maitrisant ses inconvénients, notamment la calomnie ou les injures ?
Ecrivain prolifique, Voltaire est constamment harcelé par la censure et la répression. Aussi sous l’Ancien Régime, un pouvoir absolu voulant distinguer, le problème de la liberté de la presse est une question centrale de la lutte pour la conquête ou la conservation du pouvoir. Pragmatiques et rusés, les écrivains afin de survivre, dans ce monde hostile, avaient tendance à privilégier la flatterie. «Un homme a de la fausseté dans le cœur quand il s'est accoutumé à flatter et à se parer des sentiments qu'il n'a pas. Cette fausseté est pire que la dissimulation» écrit Voltaire en 1764, dans «Le dictionnaire philosophique». Voltaire a été audacieux, en avançant l’idée que les livres puissent devenir séditieux. L’esprit voltairien est «une arme dangereuse : de quelque côté qu’on la touche, on s’y blesse» écrit Arsène HOUSSAYE. En effet, Voltaire milite en faveur d’une confiance totale dans le monde des idées ou la République des lettres, soit un territoire sans police ni frontières et sans inégalités autres que celles des talents. N’importe qui pouvait s’y installer pour peu qu’il exerçât l’un des deux attributs de sa citoyenneté, à savoir l’écriture et la lecture. Aux écrivains de formuler des idées, aux lecteurs d’en apprécier le bien-fondé. «Je connais beaucoup de livres qui ont ennuyé ; je n’en connais point qui aient fait de mal réel» écrit-il dans son «Dictionnaire philosophique» tome 19, page 586. Seule la lecture sait exposer le paisible progrès : «Chaque citoyen peut parler par écrit à la nation, et chaque lecteur examine à loisir, et sans passion, ce que ce compatriote lui dit par la voie de la presse. Nos cercles peuvent quelquefois être tumultueux : ce n’est que dans le recueillement du cabinet qu’on peut bien juger» écrit Voltaire dans, «Questions sur les miracles», tome 25, page 419.
«Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion» écrit Voltaire. En farouche anticlérical, du temps où l’Eglise, le Tiers-Etat et la noblesse dominaient tout, Voltaire apparaît comme un héros des Lumières : «Si le christianisme a été une dégradation, s’il a fait l’homme pire qu’il n’était, Voltaire, en l’attaquant, a été un bienfaiteur de l’Humanité ; mais si c’est le contraire qui est vrai, le passage de Voltaire sur la terre chrétienne, a été une grande calamité» écrit ROYER-COLLARD. En effet, Voltaire a exposé la liberté de penser dans un monde encore largement dominé par les croyances religieuses : «La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage» ou encore «Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer» écrit-il.
«Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire» est une citation apocryphe attribuée à Voltaire. En fait, s’adressant le 6 février 1770, à l’abbé Le RICHE a écrit : «Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire».  La défense de la liberté d’expression est une réaction contre le système de la monarchie du de droit divin, agissant selon son bon vouloir, sans se préoccuper des besoins du peuple. En défendant la liberté d’expression pour tous, Voltaire fait acte d’opposition à la suprématie du pouvoir royal. «J’écris pour agir» dit Voltaire. Un philosophe engagé est comme un homme politique, il doit descendre dans l’arène afin de défendre les valeurs auxquelles il croit. Il agit en écrivant. Par conséquent, les hommes ont tous le droit de s’exprimer librement et il faut pouvoir faire preuve de tolérance envers les autres même lorsque leur avis nous déplait. Envisager de supprimer cette liberté d’expression, par la censure ou l’intimidation, porterait atteinte à la dignité de l’Homme.
C’est quoi donc la liberté, après plusieurs siècles d’esclavage, de colonisation, d’indépendance dans la dépendance, de mauvaise répartition des richesses, mais aussi de forte concentration des grands groupes de presse aux mains des nantis ?
Au début du XXème siècle, les artistes afro-américains, du groupe culturel dit «Harlem Renaissance» (Langston HUGUES, Richard WRIGHT, James BALDWIN, Joséphine BAKER), fuyant la ségrégation raciale Etats-Unis, sont venus se réfugier à Paris, symbole de liberté et de création artistique. C’est également à Paris que, sous l’impulsion de Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE, qu’est née la Négritude. Alioune DIOP a choisi, en 1947, de créer dans la capitale française sa maison d’édition et sa revue, Présence africaine.
En raison de la revendication des peuples colonisés à l’aspiration de la liberté et de l’indépendance, mais aussi des guerres coloniales contre les mouvements de libération nationale, notamment en Indochine et en Algérie, la censure et la torture ont pris le pas sur le pas sur cet esprit de liberté et de tolérance. L’éditeur engagé et solidaire avec les racisés, François MASPERO (1932-2015), à coups de condamnations judicaires, a fini par fermer, fort injustement, boutique. Certains auteurs, comme Yambo OUOLOGUEM (1940-2017) ou Calixte BEYALA ont même été accusés, à tort de plagiat, et sont maintenant réhabilités.
Il fut un temps où sous Charles de GAULLE (1890-1970), pourtant chef de la France Libre, la devise était «l’ORTF, c’est la voie de la France». François MITTERRAND (1916-1996)), en 1981, a libéré les ondes et organisé une extraordinaire liberté de la presse. Cependant, la multiplicité n’est pas toujours synonyme de liberté. En effet, la presse est de nos jours, pourtant plurielle, est standardisée, répétitive, insipide et fortement concentrée aux mains de certains groupes financiers, avec des calomnies, à longueur de journée, contre les racisés. «Nous avons assisté depuis quelques années à une poussée d’intolérance et de haine, vraiment surprenante dans notre pays fait de bon sens et de générosité. Les passions politiques, surexcitées par certains journaux, qui prennent le masque de la liberté de la parole pour cacher la pire des tyrannies, celle de la conscience, se sont déchaînées contre une race, contre une minorité religieuse, dont a voulu faire un bouc-émissaire de nos épreuves» écrivait déjà, en 1900, Gaston BONET-MAURY.
Depuis la fin de la Guerre froide, un concept est galvaudé, celui du Monde dit «libre» accaparant les matières premières des pays du tiers-monde, et sous prétexte de combattre le terrorisme ou l’islam, organise des guerres locales, pour défendre, non pas la sécurité des autres, mais ses propres intérêts. Les Occidentaux ferment les yeux sur les régimes autoritaires et dictatoriaux notamment africains, dès l’instant que ceux-ci servent leurs intérêts.
Victimes d’un matraquage idéologique et médiatique, les pays du tiers-monde, n’ont pas pu, jusqu’ici, décolonisé l’information, restant ainsi sous le joug de l’esclavage mental. Par ailleurs, une presse nationale africaine, souvent superficielle, cultivant le sensationnel ou l’anecdotique, n’a pas encore pu prendre toute sa place dans cette guerre idéologique entre le Nord et le Sud, et éduquer le peuple.
C’est ici, l’occasion de mettre en valeur et louer l’initiative de M. Edwy PLENEL, patron d’un journal en ligne, Médiapart. Chaque abonné dispose d’un blog ; toutes les publications sont diffusées, sans aucune censure ou modération, dans le Club Médiapart. Toute opinion peut s'y exprimer, librement, y compris en désaccord avec la ligne éditoriale du journal Médiapart ; naturellement le respect des autres est fondamental. La devise de Médiapart est «on peut tout acheter, sauf notre journal». Cette grande liberté suppose la responsabilité de tous ; aussi, pendant la campagne des présidentielles de 2022, et en raison des abus constatés, les écrits des blogs, auparavant confondus avec les articles des journalistes professionnels de Médiapart, ont été relégués en arrière-plan. Chacun doit rester à sa place. Point d’usurpation de fonctions. Il n’en reste pas moins que cette initiative unique et audacieuse de Médiapart devrait encouragée, défendue et valorisée et étendue à d’autres organes de presse, d’autant plus que cette grande et extraordinaire liberté de la presse est un espace appréciable d’expression pour les racisés, devenus presque invisibles dans cette montée des forces du Chaos.
II – Voltaire, un adversaire du préjugé et un promoteur de la Tolérance
Voltaire, dans son humanisme, s’est illustré par sa lutte contre le fanatisme religieux et la persécution des innocents condamnés. «Voltaire a fait un travail remarquable – il s’est fait le défenseur d’une personne injustement condamnée Sans parler de tant de préjugés sombres qu’il a anéantis, cette défense obstinée d’une affaire qui semblait sans espoir représente un véritable exploit. Il a compris qu’un homme doit être avant tout humain. Ce qui est primordial, c’est la justice» écrit Volodymyr  KOROLENKO (1853-1921), un auteur humaniste ukrainien.
Voltaire s’est fait l’apôtre de la liberté religieuse, contre toute forme de fanatisme, dans l’affaire Jean CALAS, un fait divers sur fond de conflit religieux entre protestants et catholiques. Voltaire met sa plume au service de la justice pour demander sa réhabilitation. Avec une ironie mordante et un style inimitable, l'écrivain plaide pour le respect des croyances et l'esprit de tolérance. En effet, Jean CALAS (1698-1762), protestant, est soupçonné d’avoir assassiné son fils, Marc-Antoine, qui voulait se convertir au catholicisme. Il est condamné. Voltaire s’engage à obtenir la révision du procès en publiant, en 1763, son «Traité sur la tolérance». Voltaire a estimé que l’État devrait avoir une religion officielle, les autres devant seulement être tolérées. Il lutte cependant contre la persécution des mécréants et des croyants d’autres religions, à commencer par les protestants. En fait, le fils de Jean CALAS s’était suicidé. Calas fut condamné à mort et exécuté le 10 mars 1762. En avril 1762, Voltaire commence son action pour la révision du jugement. En 1765, grâce à ses efforts, Jean CALAS fut proclamé innocent à titre posthume et sa famille libérée des persécutions. «Vous me demandez pourquoi je m’intéresse si fort à ce Calas qu’on a roué :  c’est que je suis un homme» écrit-il en 1792 à Charles-Augustin de FERRIOL d’ARGENTAL (1700-1788).
«L’histoire de mes malheurs», relate que le chevalier François-Jean de la BARRE (1745-1766) et son ami Dominique Gaillard d’ETALLONDE (1748-1788) furent accusés d’avoir profané un crucifix et commis des actes impies et blasphématoires. Lors d’une perquisition, on trouva chez de la BARRE des livres licencieux, ainsi que «le Dictionnaire philosophique» de Voltaire. D’ETALLONDE s’enfuit, tandis que de la BARRE et un troisième accusé, MOISNEL, furent appréhendés. De la BARRE, bien qu’il n’eût été prouvé coupable que de blasphèmes, fut soumis à la «question extraordinaire» ou la torture ; il fut exécuté ; on lui coupa la tête et ensuite son corps fut jeté au bûcher. Voltaire essaya, sans succès, d’obtenir la réhabilitation de La BARRE, mais il parvint à arracher aux persécutions d’ETALLONDE, qui s'enfuit en Prusse, où il devint, en 1767, sous-lieutenant, grâce à l'intervention de Voltaire, auprès de Frédéric II. Il fut réhabilité par la Convention en 1793.
L’affaire Jean-Paul SIRVEN (1709-1777), un artisan et protestant de Castres avait également défrayé la chronique et provoqué l’intervention de Voltaire. Jean-Paul SIRVEN, est installé à Saint-Alby, près de Mazamet, avec son épouse Antoinette Légier et leurs trois filles, Anne, Elisabeth et Jeanne. Accusé d’avoir tué sa fille, Elisabeth, ayant disparu le 16 décembre 1761 et retrouvée morte le 4 janvier 1762, il est condamné à mort. Prévenu, il s’enfuit vers la Suisse et demande l’aide de Voltaire. Le 25 novembre 1771, la chambre criminelle de Toulouse réforme la sentence du 29 mars 1764 et restitue à Jean SIRVEN tous ses biens. «Il n’a fallu que deux heures pour condamner à mort cette vertueuse famille et il nous a fallu neuf ans pour lui rendre justice» dira Voltaire. Finalement, Voltaire, par la compassion et la défense des faibles, «en adoucissant les maux de quelques individus, sert en même l’humanité entière» écrit Nicolas de CONDORCET.
Les notions de tolérance et de liberté sont au cœur de la pensée philosophique de Voltaire qui s’est nourrie de diverses persécutions au cours des siècles, notamment contre les Juifs, Protestants, et des Catholiques après la Révolution. Tolérer c’est admettre chez l’autre une manière de penser ou d’agir différente de la sienne. C’est, par exemple, respecter la liberté d’autrui en matière de religion ou d’opinions politiques. Mais peut-on tout tolérer ?
Voltaire refuse la tolérance aux intolérants : «Si vous voulez qu’on tolère ici votre doctrine, commencez par n’être ni intolérants, ni intolérables» écrit-il «Traité sur la tolérance». Paradoxalement, Voltaire était athée et nourrissait une haine farouche à l'égard des religions, et plus particulièrement de l'Église catholique qu'il ne désignait jamais dans ses écrits que sous l'abrégé «l’Inf» ou  pour l'Infâme. Ses écrits abondent de dénonciations des abus du clergé. Voltaire, dans son indignation sélective, ne manquait jamais une occasion de dénoncer d'éventuels abus du clergé, mais se montrait indifférent à toutes les autres formes d'abus.
C’est dans le domaine de la tolérance que les thèses développées par Voltaire restent également d’une grande actualité, en raison de la forte poussée notamment des forces du Chaos en France, avec un racisme décomplexé à l’égard des Français issus de l’immigration. Par trois fois, le Rassemblement national, promoteur du racisme, est arrivé au deuxième tour des élections présidentielles (2002, 2017 et 2022). Sa progression constante, depuis 1974, menace gravement le bien-vivre ensemble.
Si la liberté de la presse doit être protégée, afin d’éviter les errements des années de GAULLE, une partie de la presse, sous prétexte de l’ironie, a choisi de cibler la communauté musulmane. L’ironie peut être parfois drôle, mais ce sont les mêmes qui sont ridiculisés, cela peut interpeler. Dieudonné et le groupe Black M. en savent quelque chose. En tout cas, pour certaines communautés, c’est l’intolérance zéro, le moindre écart, même sous forme humoristique, est sévèrement réprouvé et sanctionné.
Voltaire est un homme ambigu, et parfois plein de paradoxes. Prétentieux à souhait, riche, mondain, anticlérical et insolent, Voltaire a été décrit comme un libertin, dans un siècle aux mœurs corsetées et étriquées «frivole par nature et par système, il a fait l’éloge de la frivolité», écrit Alexandre VINET, dans son «histoire de la littérature française au XVIIIème siècle». Dans ses injonctions contradictoires, s’il a professé la tolérance, certains de ses écrits, en hiérarchisant les espèces humaines, sont manifestement à caractère raciste : «Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les Blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Chinois, les Américains ne soient des races entièrement différentes», écrit-il son «Essai sur les mœurs et l’esprit des nations». Dans un autre ouvrage, Voltaire, partisan de la théorie polygéniste, ne s’embrasse pas de détails : «s’il est clair pour tous que les poiriers, les sapins, les chênes, et les abricotiers ne viennent point d’un même arbre, il est tout aussi évident que les blancs barbus, les nègres portant laine, les jaunes portant crin et les hommes sans barbe ne viennent pas du même homme» écrit-il dans son «traité de métaphysique». Voltaire rajoute que les Blancs sont supérieurs aux Noirs : «comme les nègres le sont aux singes, et comme les singes le sont aux huîtres et aux autres animaux de cette espèce».
Dans un premier temps, cette théorie polygéniste donne l’occasion à Voltaire de légitimer l’esclavage. Suivant Voltaire, considérés, par nature inférieurs aux Blancs, les Noirs deviennent soumis et participent à leur servitude. Pour Voltaire, les Noirs participent d’ailleurs lucrativement à l’esclavage, puisqu’ils se vendent eux-mêmes : «celui qui se donne un maître était né pour en avoir» écrit-il. Par la suite, Voltaire rectifiera le tir, dans son «Candide», sera une condamnation, sans appel de l’esclavage. En effet, dans le chapitre 19, Candide demande à un Noir et esclave du Surinam, étendu par terre et vêtu seulement d’un caleçon, dont la jambe gauche et la main droite ont été amputées, que faisait-il là ? : «On nous donne un caleçon de toile pour tout vêtement deux fois l'année. Quand nous travaillons aux sucreries, et que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe la main ; quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les deux cas. C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe. Cependant, lorsque ma mère me vendit dix écus patagons sur la côte de Guinée, elle me disait : «Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore-les toujours, ils te feront vivre heureux ; tu as l'honneur d'être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par-là la fortune de ton père et de ta mère». Hélas ! je ne sais pas si j'ai fait leur fortune, mais ils n'ont pas fait la mienne. Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux que nous ; les fétiches hollandais qui m'ont converti me disent tous les dimanches que nous sommes tous enfants d'Adam, blancs et noirs. Je ne suis pas généalogiste ; mais si ces prêcheurs disent vrai, nous sommes tous cousins issus de germain. Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user avec ses parents d'une manière plus horrible» lui répond l’esclave du Surinam.
Antisémite, sexiste et homophobe, Voltaire, s’il était encore vivant, serait un «Charlie» en raison de ses critiques féroces contre Mahomet, qualifié de «monstre», «imposteur», «barbare», «Arabe insolent», «brigand», «traître», «fourbe», «cruel», ne serait qu’un «novateur obscur, un vil séditieux» ; il ajoute : «Et de tous les tyrans c'est le plus criminel», écrit-il dans «le fanatisme ou Mahomet, le prophète, tragédie».
Voltaire revient, dans son livre, «le Siècle de Louis XIV» estimant que l’l’Histoire n’est pas seulement destinée qu’à flatter les grands hommes ; les faits passés doivent éclairer la conduite de chacune, en vue de la construction d’un avenir juste et fraternel. De notre temps, avec la montée des forces du Chaos en France, dès qu’on réclame l’égalité, aussitôt après des forces obscures, craignant pour leurs privilèges, vous qualifient de «communautariste», de «wokiste» ou «d’islamo-gauchiste». La meilleure défense, c’est l’attaque. En revanche, dans leur grande intolérance, assumée et revendiquée à l’encontre des racisés, ils seraient censés de représenter «la vraie France», avec son histoire de mille ans. De nos jours, les racisés sont devenus comme jadis les Protestants et les Juifs de France. Et pourtant, dans une société devenue multiculturelle, l’histoire de notre temps est celle du défi d’une société apaisée, en vue d’un bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.
Il est curieux de constater que Voltaire, défenseur des Protestants, quand il est venu s’installer, à partir de 1755 en Suisse romande, entre Pragins, Genève et Lausanne, pays de Jean CALVIN (1509-1564), théologien de la Réforme, ayant proclamé la tolérance religieuse depuis 1760, certains Suisses étaient réticents de son séjour dans leur pays. Combattant de l’intolérance a donc été victime, une fois de plus, de l’intolérance. «Voltaire se faisaient d’ardents ennemis, ses adversaires multiplièrent leurs efforts pour le nuire. Ses ennemis ne manquaient pas de l’entourer d’intrigues et d’embarras de tous genres» écrit Jean GABEREL dans «Voltaire et les Genevois». A l’époque, les Catholiques ne pouvaient pas acquérir un bien immobilier en Suisse, Voltaire a dû recourir à des intermédiaires. Pour les Suisses, Voltaire confondrait le christianisme au fanatisme «Si Voltaire est grand, suivant son cœur, il travaille à la cause de l’humanité, il s’abaisse singulièrement lorsqu’il veut, par les efforts de son esprit, détruire les principes»  écrit Jean GABEREL. Aussi une partie de la presse et des philosophes suisses se mirent à harceler Voltaire. Il a été contraint, par la suite, de résider à Ferney.
Le 11 février 1778, Voltaire quitte Ferney construit à partir de 1758, pour venir s’installer à Paris chez le Marquis de la VILLETTE, devenue 27 quai Voltaire à Paris 7ème. «J’arrive mort, et je ne veux ressusciter que pour me jeter aux genoux de Mme La Marquise du Deffand» écrit-il. Le 26 mai 1778, il apprend que Thomas-Arthur de LALLY-TOLLENDAL (1702-1766), un militaire et haut fonctionnaire, condamné et exécuté injustement «pour avoir trahi les intérêts du Roi» (défaite de la guerre de 7 ans), qu’il avait défendu, a été réhabilité. Voltaire faisait grande usage du café, mais ce qui provoquait de graves insomnies, il prit à la place de l’opium. Gravement malade, il parlait difficilement et ne semblait plus rien entendre. Il a refusé au curé de Saint-Sulpice, l’abbé Louis GAUTIER (1746-1818), de se confesser, et suivant la légende, Voltaire lui dira : «Au nom de Dieu ne me parlez plus de cet homme (le Christ)» cité par Théophile DUVERNET. La grande ambition de Voltaire fut de vouloir guérir ses contemporains de la rage de la persécution des autres. Cependant, Voltaire, dans ses écrits, faisait transparaître son athéisme : «C’est un malheur et un crime, de n’avoir point de religion :  c’est une folie de s’en vanter. Mais le comble de la démence, c’est de répandre l’irréligion par ses discours et par ses écrits», écrit Jean-Jacques ROUSSEAU, dans une lettre à D’ALEMBERT.  Pourtant, à la fin de sa vie, Voltaire est resté serein «Je meurs en adorant Dieu, en aimant mes amis, en ne haïssant pas mes ennemis et détestant la superstition» disait-il.
Finalement, Voltaire meurt, à Paris ; le 30 mai 1778, vers 23 heures, à 83 ans, 6 mois et 19 jours, comme il a vécu : «De tous les auteurs que l’irréligion a produit dans le monde, aucun ne peut se vanter d’avoir poussé l’impiété à un plus haut degré que Voltaire» écrit Elie HAREL. Le corps de Voltaire, est transporté par son neveu, l’abbé Vincent MIGNOT (1725-1791), à l’abbaye de Sellières, à Romilly-sur-Seine, dans l’Aube ; il est inscrit sur son cercueil : «Il vengea Calas, La Barre, Sirven et Mont-Bailly. Poète, philosophe, historien, il fait prendre grand essor à l’esprit humain ; il nous a préparé à devenir libres». Même mort et ne craignant donc plus de persécution, pourtant l’évêque de Troyes, l’abbé Claude-Mathias-Joseph de BARRAL (1714-1803), envoya une défense d’enterrer Voltaire, mais lorsque ses ordres arrivèrent, la cérémonie funéraire était déjà achevée. Défense est faite aux journaux, comme à l’Académie française, Voltaire étant membre de cette institution depuis le 2 mai 1746, de faire état de sa disparition. Cependant, Frédéric II, d’Allemagne, fait dire une messe. Catherine II, de Russie, achète toute une bibliothèque et fait construire, un château à l’image de celui de Ferney «Voilà l’homme à qui je dois tout ce que je sais et tout ce que je suis» dira-t-elle. Jean-François DUCIS (1733-1816), dramaturge et poète, élu au fauteuil 33, en 1778, à la réception le 4 mars 1779, fera tout de même l’éloge de Voltaire : «Il est des grands hommes à qui l’on succède, et que personne ne remplace. Leurs titres sont un héritage qui peut appartenir à tout le monde ; leurs talents, qui ont étonné l’univers, ne sont qu’à eux. C’est à la suite des siècles, seule, à remplir le vide immense qu’ils ont laissé. Il se livra donc aux lettres avec cette impétuosité que lui donnaient son génie, son caractère et son âge. En vain l’intérêt, la fortune, le pouvoir même le plus absolu s’unirent pour le détourner de sa route. M. de Voltaire était dans cet âge heureux où tout ce qui est grand frappe puissamment l’imagination, où la passion de la gloire ne mesure rien et franchit tout, où le génie comme la valeur s’absout de sa témérité par ses succès» dit-il. 
On lisait des pancartes : «Si l’homme est créé libre, il doit se gouverner. Si l’homme a des tyrans, il doit les détrôner». Une partie du corps de Voltaire ne transférée que le 11 juillet 1791, treize ans, après sa mort, au Panthéon, inauguré le 4 avril 1791, pour recevoir les «Grands Hommes». Lors de l’exhumation du corps pour être transféré à Paris, on trouva un cadavre décharné, desséché, mais entier. Il est inscrit sur son caveau au Panthéon : «Pète, historien, philosophe, il a agrandi l’esprit humain et lui a appris qu’il devait être libre». Au Panthéon, Voltaire est face de Jean-Jacques ROUSSEAU, son ennemi. Voltaire et ROUSSEAU sont deux génies, au Siècle des Lumières, une haine destructrice les oppose. De la Gauche radicale, rêveur solitaire, estimant que l’homme bon à l’état de nature, est corrompu par la société, ROUSSEAU préconise la démocratie et l'égalité de tous devant la loi, grâce à un contrat social placé sous l'égide du «peuple souverain». En revanche, Voltaire est un partisan de la monarchie éclairée, du raffinement aristocratique, ami des privilégiés et des souverains, il préconise le libéralisme. Voltaire accuse ROUSSEAU d’avoir abandonné ses cinq enfants se déchaîne contre lui, avec une ironie féroce, à la publication de son discours sur l’inégalité : «J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain ; je vous en remercie ; vous plairez aux hommes à qui vous dites leurs vérités, et que vous ne les corrigerez pas. Vous peignez avec des couleurs bien vraies de la société humaines dont l’ignorance et la faiblesse se promettent tant de douceurs. On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre Bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage» écrit-il le 30 août 1755. En réponse à cette attaque, Jean-Jacques ROUSSEAU prit de la hauteur «Les injures de votre ennemi sont le cortège de votre gloire» dit-il.
Au Panthéon, il manque le cœur Voltaire, resté, un certain temps, au château de Ferney. «Son esprit est partout, son cœur est partout» dit le Marquis de la VILLETTE. En effet, à la mort de Voltaire, son ami, le Marquis Charles de la VILLETTE (1736-1793), ordonne d’extraire son cœur et rachète son château, pour l’y conserver et y restera jusqu’en 1785. Le château de Ferney étant été vendu, par la suite, le 16 décembre 1864, le cœur de Voltaire après différentes péripéties en 1924, 2010 et 2016, placé d’abord au département des Monnaies et Médailles, sera exposé, dans le salon d’honneur, à l’ancienne Bibliothèque nationale de France au 58 de la rue Richelieu, Paris 2ème, et sera placé, ainsi que le cerveau, dans le socle d’une statue du sculpteur, Jean-Antoine HOUDON (1741-1828), une statue exécutée en 1781, sur commande de Catherine II de Russie,(1796-1762).
En définitive, toute la moralité de l’action humaine a pour contrôle son utilité, la poursuite du Bien souverain. «Je suis un homme et rien de ce qui touche les hommes ne m’est étranger» disait Chrémès, un personnage d’une comédie latine de TERENCE (190-159 avant J-C). De sa souveraine et lumineuse clarté d’esprit, Voltaire en a fait une puissante arme pour combattre les ténèbres, au service de la grandeur de l’âme humaine. «Voltaire n’a pas tout vu ce qu’il a fait, mais il a fait tout ce que nous voyons» écrit Nicolas de CONDORCET. De son vivant, Voltaire sera écrasé, injurié, calomnié et persécuté, parce que toute sa contribution littéraire, en réaction à certains privilèges, tendait à défendre la liberté, la justice, la tolérance et l’humanité. «Après sa mort, Voltaire est encore plus consolateur et bienfaisant, comme il le fut pendant sa vie» écrit Edouard de POMPERY.
Bibliographie très sélective
1 – Ouvrages de Voltaire
Voltaire, Candide ou l’optimisme, Paris, Gallimard, Folio, 2015, 272 pages ;
Voltaire, Dictionnaire philosophique, rédacteur en chef Alain Pons, Paris, Gallimard, 2015, 560 pages ;
Voltaire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, Paris, Treuttel et Würtz, tome I, 1835, 516 pages, tome II, 486 pages ;
Voltaire, Le fanatisme ou Mahomet le prophète : tragédie, Amsterdam, Jacques Desbordes, 1741, 112  pages ;
Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, notes du Marquis de La Beaumelle, Paris, 1753, Vol I, 288 pages ;
Voltaire, Mémoires à servir à l’histoire de M. Voltaire, Amsterdam, Vol I, 1785, 263 pages ;
Voltaire, Nouvelles considérations sur l’histoire, Paris, 1744 nouvelle édition chez Gallimard, 1957, spéc pages 44-49 ;
Voltaire, Traité de métaphysique, Paris, Antoine-Augustin Renouard, 1784, 596 pages ;
Voltaire, Traité sur la tolérance, enrichi par Jacques Van Den Heuvel, postface de Philippe Sollers, Paris, Gallimard, 2016, 160 pages ;
Voltaire, Zadig ou la destinée, Paris, Gallimard, Folio, 2015, 176 pages.
2 – Critiques de Voltaire
AL-BAZAZ (Farès), Tolérance religieuse chez les hommes de lettres du XVIIIème siècle, différence, interférence archaïsme, thèse sous la direction de Jean-Jacques Tatin-Gourier, Université François Rabelais de Tours, 29 juin 2011, 218 pages ;
BOISDEFFRE (Pierre, de), «Voltaire 78»,  Revue des Deux-Mondes, août 1978, pages 268-282 et II, pages 551-561 ;
BONET-MAURY (Gaston), Histoire de la liberté de conscience en France depuis l’Edit de Nantes jusqu’à juillet 1870, Paris, Félix Alcan, 1900, 263 pages ;
CHAMPION (Edme), Voltaire : études critiques, Paris, Ernest Flammarion, 1893, 273 pages ;
CONDORCET (Nicolas, de), La vie de Voltaire, Paris, Garnier, 1787, 463 pages ;
DESNOIRESTERRES (Gustave, Le Brisoys), Voltaire et la société française au XVIIIème siècle, Paris, Didier, 1867-1876, Vol I, la jeunesse de Voltaire 492 pages et Vol II, Voltaire et Frédéric, 519 pages Voltaire et Jean-Jacques Rousseau, 516 pages ;
DUVERNET (Théophile, Imarigeon), La vie de Voltaire, Genève, 1786,  252 pages ;
FAGUET (Emile), Voltaire, Lecène Oudin, 1895, 237 pages ;
GABEREL (Jean), Voltaire et les Genevois, Paris, Joel Cherbuliez, 2ème édition, 1857, 172 pages ;
GALLO (Max), J’écris pour agir : La vie de Voltaire, Paris, Fayard, 2008, 257 pages ;
HAREL (Elie), Voltaire : Recueil particularités curieuses de sa vie et de sa mort, Paris, Jean Joseph Goetschy, 1781, 141 pages ;
HOUSSAYE (Arsène), Roi Voltaire, sa jeunesse, sa cour, ses ministres son peuple, ses conquêtes, sa mort, son Dieu, sa dynastie, Paris, Michèle Lévy, 1858, 226 pages ;
LANSON (Gustave), Voltaire, Paris, Hachette, 1906, 221 pages ;
LEBROCQUY (Guillaume), Voltaire peint par lui-même, Bruxelles, Comptoir universel d’imprimerie et de librairie, Paris, C. Dillay, 1868, 120 pages ;
LONGCHAMP, WAGNIERE, Mémoires de Voltaire et sur ses ouvrages, Paris, Imprimerie de Lebel, 1826, vol I, 515 pages vol II, 542 pages ;
MAYNARD (Michel, Ulysse), Voltaire, sa vie et ses oeuvres, Paris, Ambroise Bray, 1867, tome I, 500, tome II, 642 pages ;
MAZURE (François-Antoine-Joan), La vie de Voltaire, Paris, Alexis Emery, 1821, 345 pages ;
MILZA (Pierre), Voltaire, Paris, Perrin, 2007, 894 pages ;
NOEL (Eugène), Voltaire, sa vie, ses œuvres, sa lutte contre Rousseau, Paris, Maurice Dreyfous, 1878, 364 pages ;
NOURRISSON (Jean-Félix), Voltaire et le Voltairianisme, Paris, Lethielleux, 1896, 670 pages ;
PELLISSIER (Georges), Voltaire philosophe, Paris, Armand Colin, 1908, 304  pages ;
PIETRI (Gaston), De Voltaire à la liberté religieuse. De la tolérance à la vraie liberté, Paris, Salvator, 2012, 177 pages ;
POMPERY (Edouard, de), La vie de Voltaire. L’homme et son œuvre, Paris, Dentu, 1878, 277 pages ;
POMPERY (Edouard, de), Le vrai Voltaire : l’homme et le penseur, Paris, Agence générale de librairie, 1867, pages ;
PUJOL (Stéphane), Voltaire, entre la légende et l’histoire, Paris, Association pour la diffusion de la pensée française, 1994, 85 pages ;
RENARD (Georges, François), Vie de Voltaire, Paris, Charavay Frères, 1883,  256 pages ;
VINET (Alexandre), Histoire de la littérature au XVIIIème siècle, Paris, Chez les éditeurs, 1853, tome II, 378 pages, spéc sur Voltaire pages 1-130.
Paris, le 10 mai 2022, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
«Voltaire (1694-1778), symbole du Siècle des Lumières, entre Liberté et Tolérance», par  Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
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7 mai 2022 6 07 /05 /mai /2022 18:18
«Législatives : Abrogation de la Loi sur le Séparatisme, le Code de l’Indigénat» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Je reviendrai sur chacune des propositions de «La Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale» ou N.U.P.E.S. Jadis, la Gauche, et comme en réponse à la poussée des Ligues factieuses en 1934, avait doublement réagi pour défendre la République, d’abord au Front populaire en 1936, puis au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, dans un contexte de chômage de masse, par le programme des Jours Heureux. De notre temps, les valeurs républicaines sont, de nouveau, gravement menacées, par une forte progression des forces du Chaos, et une convergence ou une collusion des esprits confusionnistes, soi-disant réformistes, mais qui sont ralliés aux idées dominantes de l’ultra-libéralisme.
L’accord du 4 mai 2022, négocié au siège de la France insoumise avec les Socialistes, dénommé «La Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale» ou N.U.P.E.S., créé une dynamique de la victoire aux législatives, en vue d'une cohabitation de Gauche.  Le philosophe italien, Antonio GRAMSCI (1891-1937), dans ses «Cahiers de prison» (voir mon article), avait théorisé le concept de «l'hégémonie culturelle» suivant lequel, la conquête du pouvoir présuppose celle de l'opinion publique. La politique se joue autant dans les esprits que dans les luttes sociales ou les urnes. Edwy PLENEL, patron de Médiapart, se réjouit de ces dynamiques positives, rassembleuses qui ne seraient pas dans les querelles de chapelles. «La responsabilité pour les gens de Gauche, c’est de passer de petites différences, pour aller à l’essentiel. Le piège est tendu, si les Gauches ne sont pas au rendez-vous du rassemblement, de ce moment historique. Au fond, le temps presse ; c’est un moment grave, toutes ces menaces qui pèsent sur la démocratie française, qui est immensément fragile. S’il n’y a pas ce sursaut, cette dynamique, l’extrême-droite sera au pouvoir» dit M. Edwy PLENEL.
Militant du bien-vivre ensemble,  deux propositions tendent vers l’abrogation d’un Code de l’Indigénat qui ne dit pas son nom. La Gauche, d’une manière générale, s’engage pour la défense de la République laïque et universaliste, la protection de la liberté́ de conscience et d’expression, une action résolue contre le racisme, l’antisémitisme et toute forme de discrimination et le combat contre les communautarismes et l’usage politique des religions.
En particulier, la Gauche s’engage pour l’abrogation de la loi du 24 août 2021 sur le séparatisme et sécurité globale portant atteinte à nos libertés individuelles, et initiatrice, en elle, une logique ségrégationniste ; en ne visant les Français issus de l’immigration, cette loi sur le séparatisme, légitimant la poussée des idées d’extrême-droite en France, rétablit, en fait, sans le dire, le Code de l’Indigénat, comme au vieux bon temps colonial ou esclavagiste. En effet, le président MACRON s’est empressé de célébrer les 200 ans de la mort de Napoléon. On réclamera l’amnistie d’un militant, Franco, qui a été condamné, pour avoir tagué une statue de Jean-Baptiste Colbert, le promoteur du Code noir.
L’Islam est devenue la deuxième religion de France et pourtant, les lieux de culte pour les musulmans manquent terriblement dans ce pays. A chaque vendredi ou fête musulmane, les fidèles se bousculent ou doivent une deuxième ou troisième fournée, pour pouvoir prier. Pendant, des mairies en France, arrosent à coup de millions de subventions des associations intégristes d’une autre religion ; tant pis si c’est une entorse grave au principe de laïcité. Le plus grave, les autorités gouvernementales ne souhaitent pas aux Musulmans une bonne fête de l’Aïd. Quand certains parlent de «laïcité», un concept très noble pour le bien-vivre ensemble, c’est souvent pour le dévoyer de son sens, pour en faire une arme de guerre contre les racisés.
La nième réforme du Code des étrangers par le président MACRON a allongé considérablement les délais de rétention passant de 45 à 90 jours. Par ailleurs, le président a augmenter déraisonnablement et de façon discriminante, les droits d’inscription des étudiants africains, passant de 277 € à 377 €. A abroger, sans délai ! La crise ukrainienne, montre au grand jour, ce Code de l’Indigénat : les réfugiés ukrainiens sont accueillis à bras ouverts et une aide financière, tandis que ceux du tiers-monde, dont parfois, les pays ont été ravagés, sont sous les ponts et livrés à la drogue.
Le plus grave dans tout cela, tous les demandes de rendez-vous en vue de renouveler les titres de séjour des personnes en situation régulière, sont dématérialisés, et les sites des préfectures fonctionnent. Il faut s’acharner, jour et nuit, pour obtenir un rd, et même quand le titre de séjour est prêt, c’est la croix et la bannière, pour le retire. Par conséquent, dans son Code de l’indigénat qui ne dit pas son nom, le président MACRON fabrique, artificiellement, des sans-papiers. En effet, pendant ces longs délais d’attente du renouvellement du titre du séjour, la CAF suspend les aides, l’intéressé ne peut pas voyager, avoir un travail ou effectuer certaines opérations bancaires.
Par ailleurs, ce Code de l’indigénat, remonte à loin, par des circulaires qu’il faudrait traquer et abroger. C’est ainsi que sous François HOLLANDE, encore lui, avec son projet de loi sur la déchéance de nationalité, que les étrangers, travaillant en France, ont perdu leur CAF et parts fiscales, si leurs enfants ne résident pas en France. En cas de décès, les banques mettent des obstacles injustifiés pour les héritiers récupèrent les avoirs du de cujus, ne parlons même pas de la pension de réversion, l’assurance retraite fait le mort ; c’est le cas de le dire. Je rappelle que François HOLLANDE avait annulé le concert de Black M, et n’avait pas honoré sa promesse du droit de vote des étrangers, alors que pour la première fois, la Gauche était majoritaire, à l’Assemblée nationale, mais surtout au Sénat.
Les Français issus de l’immigration, sont devenus des Indigènes de la République ; ils sont parqués dans certaines zones qualifiées de «système d’Apartheid» par Manuel VALLS. Il est grand temps de favoriser la mixité sociale, par un accès à la propriété, en raison aux logements sociaux qu’aux plus démunis.
Par ailleurs, dans ces zones de relégation où s’applique le Code de l’indigénat, les jeunes racisés sont soumis aux contrôles d’identité de faciès et parfois aux violences policières, masquées sous forme de légitime défense. L’affaire Michel ZECLER a été édifiante, les policiers ripoux avaient déjà préparé un faux rapport de légitime défense. C’est l’occasion de réaffirmer que la République, c’est l’égalité de tous devant la justice. 113 jeunes ont été étouffés à mort par les forces de l’ordre, dont notamment Bouna et Zied, ainsi que l’affaire emblématique d’Adama TRAORE. On ne lâchera rien ! Justice, ici et maintenant !
Dans ce Code de l’indigénat, avec une grave hiérarchisation de la valeur des vie, 53 personnes d’origine africaine, dans les années 80 ont péri dans des incendies de squat, à Paris. Aucune enquête criminelle sérieuse n’a été engagée contre les propriétés de ces biens immobiliers, qui n’ont pas hésité, à chaque fois, d’utiliser le bidon d’essence, comme technique d’expulsion de ces logements. Là aussi, on réclame Justice !
Je rappelle aussi que Français issus de l’immigration, quand ils se marient à l’étranger, ont toutes les peines du monde à obtenir le regroupement familial ou à faire transcrire l’état civil de leurs enfants nés à l’étranger. Les Britanniques sortis de l’Union européennes, comme d’ailleurs maintenant les Ukrainiens, ont tout de suite les papiers qu’il faut, et certains même viennent avec leurs animaux domestiques.
Ici l’occasion d’insister sur notre opposition ferme contre ces guerres locales  injustes et fondamentalement inefficaces, qui ont toute échoué, que les Occidentaux imposent aux pays du tiers-monde. Actuellement, la Russie, et à juste titre, est considérée comme un pays agresseur contre l’Ukraine. Mais qu’en est-il des agresseurs contre la Libye, l’Irak et l’Afghanistan ? Comment les jihadistes de Libye sont-ils venus au Mali ? Pour quel résultat ? Plus de 70 après le déclenchement de la guerre en Ukraine, avec ses 6 millions de réfugiés, ces milliards en armement, maintenant, tous redoutent le déclenchement d’une troisième guerre mondiale.
Un grand marqueur du Code de l’indigénat, cette indépendance, dans la dépendance. Depuis 1960, l’Afrique et les Africains, en raison de ses matières premières, c’est la chose du grand capital français. Tous les présidents français, y M. MACRON, s’étaient engagés à abolir la Françafrique, ce système de colonisation, transformant les pays africains en provinces françaises. Sitôt élus, ils ont été les promoteurs de régimes monarchiques et dynastiques ; cela développe un grave sentiment antifrançais en Afrique et fait progresser la Chine et la Russie en Afrique. La France, en raison de la communauté de langue (abolir la hausse des droits d’inscription des étudiants africains) et d’histoire, a encore sa place en Afrique, à condition de respecter les Africains. Les jeunes avaient dit à Montpellier au président MACRON, la Françafrique est devenue comme une «marmite sale» et qu’il fallait la récurer.
Pour mettre fin au Code de l’Indigénat, il faudrait mieux intégrer les Français issus de l’immigration, discriminés, calomniés et ostracisés. Il faudrait qu’ils soient, non pas des citoyens de seconde zone, mais des Français à part entière. Par conséquent, j’insiste particulièrement une vieille réclamation, que j’avais soumise à Mme Anne HIDALGO : Maison d’Afrique. Le Musée de l’Immigration, à Paris, pour être rebaptisé et réorienté dans ce sens. Le rôle de cette Maison d’Afrique serait, en s’inspirant des communautés juive et asiatique en France, en vue de l’apprentissage du bien-vivre ensemble, bien s’intégrer, accéder au pouvoir économique, culturel et politique, s’enrichir mutuellement. La double appartenance est une chance, comme l’a montré, tout récemment, Mohamed M’Bougar SARR, Prix Goncourt 2021.
Il faudrait réformer, très sérieusement, l’Institut du Monde Arabe, mais aussi la Fondation de l’esclavage dont la mission n’est pas seulement que de parler des routes de l’esclavage ou du marronage, mais de lutter contre l’esclavage mental, pour un réel devoir de mémoire. A ce titre, il faudrait ouvrir les archives coloniales (Camp de Thiaroye, Sétif 8 mai 1945, massacres à Madagascar en 1947, Algériens jetés à la Seine, torture pendant la guerre d’Algérie, etc.).
Les ultramarins, en grève depuis plusieurs mois, ont voté au premier tour, massivement à Gauche et au deuxième tour, en protestation pour Marine LE MEN. Ils feront le bon choix aux législatives. Dans le cadre de Code de l’indigénat, au lieu d’écouter et d’entendre leurs doléances, le président MACRON, comme il sait le faire avec les Gilets jaunes et les personnels hospitaliers et qui a failli supprimer les congés bonifiés, a envoyé les gendarmes, la matraque, et a radié les non-vaccinés. De très longue date, les ultramarins estiment que les biens sont confisqués par les Békés, ils n’ont pas le droit à un environnement sain (algues, eau potable) et ils exigent la continuité territoriale ainsi que le travail, notamment pour les jeunes.
Tout cela ne sera possible, si la Gauche gagnait largement aux législatives des 12 et 19 juin 2022 pour dérouler son programme. A chaque fois qu’on réclame l’égalité réelle, la justice et la fraternité, il y des forces obscures, qui ne viennent pas seulement que de l’extrême-droite ; pour eux, les antiracistes ne seraient que les partisans du Wokisme, du communautarisme ou des islamo-gauchistes. Naturellement, une bonne partie des Socialistes dit réformistes qui critiquent violemment M. Olivier FAURE, Premier secrétaire du Parti socialiste, ne défendent pas le progrès social ou l’égalité réelle, mais leurs propres avantages personnels ; ils s’étaient partagés les postes de députés, depuis longtemps. Mais voilà, leurs calculs sont tombés à l’eau et patatras ! Qu’ils ailleurs à la République en Marche, devenue Renaissance !
Et le président MACRON va vous dire, «maintenant que vous m’avez réélu, donnez-moi une majorité», mais pourquoi donc faire ? Continuer à appliquer et renforcer votre Code de l’Indigénat ?
Bien des racisés avaient voté massivement pour la Gauche, amplifiez ce mouvement aux législatives de juin 2022, pour une cohabitation de Gauche. Ça a bien marché avec Lionel JOSPIN.
Paris, le 7 mai 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Législatives : Abrogation de la Loi sur le Séparatisme, le Code de l’Indigénat» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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4 mai 2022 3 04 /05 /mai /2022 20:39
«Législatives : la Gauche en ordre de marche : une dynamique en vue d'une possible cohabitation» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Au 1er tour des présidentielles du 10 avril 2022, la Gauche désunie avait donné une mauvaise image d'elle-même, conduisant au deuxième tour du 24 avril 2022, à l'enfermement, dans une logique de l'échec, comme en 2017, dans le piège du «vote barrage contre Marine LE PEN».
Cet accord du 4 mai 2022, négocié au siège de la France insoumise avec les Socialistes, dénommé «La Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale» ou N.U.P.E.S., créé une dynamique de la victoire aux législatives, en vue d'une cohabitation de Gauche.  Les électeurs de gauche qui avaient voté utile au 1er tour pour M. MELENCHON, sont massivement en faveur d’une union des forces de progrès. Je le disais souvent «la Gauche n'a pas encore dit son dernier mot». Le philosophe italien, Antonio GRAMSCI (1891-1937), dans ses «Cahiers de prison» (voir mon article), avait théorisé le concept de «l'hégémonie culturelle» suivant lequel, la conquête du pouvoir présuppose celle de l'opinion publique. La politique se joue autant dans les esprits que dans les luttes sociales ou les urnes. La Gauche semble, avec cet accord, reprendre le dessus sur cette tendance lourde à la droitisation de la vie politique, en vue de l’inverser aux législatives des 12 et 19 juin 2022, pour une cohabitation de Gauche.
Dans la législature 2017-2022, le rapport de forces au sein de l’Assemblée nationale est le suivant : 263 députés de la République en Marche, 101 les Républicains, 52 Modem, 28 Socialistes et 17 de la France Insoumise.
En vue des législatives de juin 2022, l’accord de Gauche réserve 326 circonscriptions à la France Insoumise, 100 aux Ecologistes, 70 aux Socialistes et 50 aux Communistes.
L’accord entre la France Insoumise et les Socialistes du 4 mai 2022 est fondé sur les principes suivants :
• La revalorisation du SMIC à 1 400 euros nets et l’organisation d’une conférence sociale sur les salaires, la formation, les conditions de travail et les retraites ;
• La création d’une allocation d’autonomie jeunesse et une garantie dignité ;
• Le droit à la retraite à 60 ans pour toutes et tous avec une attention particulière pour les carrières longues, discontinues et les métiers pénibles ;
• Le blocage des prix des produits de 1ère nécessité ;
• Le renforcement et la généralisation de la représentation des salariés dans les conseils d’administration ;
• L’abrogation de la loi El Khomri, des contre-réformes du code du travail et de l’assurance chômage et la lutte contre l’ubérisation du travail avec la présomption de salariat pour les travailleuses et travailleurs des plateformes ;
• L’affirmation d’un impératif de justice écologique, qui se décline à travers une démarche de planification, pilotée par de nouveaux indicateurs de progrès humain ainsi que la règle verte ;
• La fin de la monarchie présidentielle avec la 6ème République et le référendum d’initiative citoyenne, et un nouveau rôle pour les collectivités locales et les mouvements sociaux, syndicaux et associatifs ;
• Le développement des services publics, le refus de leur privatisation ou de leur ouverture à la concurrence, la création d’un service public de la petite enfance et de l’accompagnement du grand âge ;
• L’imposition de l’égalité salariale, consacrer 1 milliard d’euros à la lutte contre les violences faites aux femmes, allonger la durée du congé parental, et en particulier du congé paternité ;
• La mise en place d’une fiscalité plus juste avec notamment le rétablissement de l’ISF et l’abrogation de la flat tax ;
• L’abrogation des lois séparatisme et sécurité globale qui portent atteinte à nos libertés individuelles ;
• La défense de la République laïque et universaliste, la protection de la liberté́ de conscience et d’expression, une action résolue contre le racisme, l’antisémitisme et toute forme de discrimination et le combat contre les communautarismes et l’usage politique des religions ;
• L’égalité réelle dans les territoires ultramarins, le droit à l’eau et la mise en avant des Outre-Mer comme les avant-postes de la bifurcation écologique et solidaire :
• L’adoption d’un bouclier logement afin de limiter la part des revenus consacrée à se loger, notamment par l’encadrement des loyers à la baisse sur tout le territoire et la production de logements sociaux ;
• 1% du PIB dédié à la culture, des budgets alloués sur cinq ans, sur tout le territoire national, afin de donner une nouvelle ambition aux politiques culturelles ;
• La reconstruction d’une école globale pour l’égalité et l’émancipation, avec la revalorisation et le recrutement des personnels, l’école du zéro décrocheur, la suppression de la réforme du bac et de Parcoursup, la mobilisation contre le harcèlement scolaire ;
• L’allongement de l’espérance de vie en bonne santé et la réduction des inégalités : la garantie de l’accès aux soins, le développement des actions de prévention, la lutte contre les déserts médicaux ;
• L’ouverture de nouveaux droits comme celui du droit de choisir sa fin de vie.
En particulier, et sur l’Union européenne, l’objectif commun est de mettre «fin au cours libéral et productiviste et construire un nouveau projet au service de la bifurcation écologique et solidaire» et de «désobéir pour les uns, de déroger de manière transitoire pour les autres, mais nous visons le même objectif : être en capacité d’appliquer pleinement le programme partagé de gouvernement et respecter ainsi le mandat que nous aurons donnés les Français». Il ne s’agit ni de la sortie de l’Union européenne, ni de la monnaie unique, mais de contribuer «à réorienter les politiques européennes et à modifier durablement les règles et traités européens incompatibles avec notre ambition sociale et écologique légitimée par le peuple».
Par conséquent y a-t-il vraiment des «Gauches irréconciliables» et cette idée que la Macronie, dans sa théorie fumeuse «Ni de Droite, ni de Gauche», allait provoquer une recomposition de la vie politique ?
Le Parti socialiste est traversé de différentes sensibilités politiques : une aile radicale et une partie dite «réformiste», et très modérée, que peu de choses distinguent de la Droite libérale. Jean-Luc MELENCHON  vient, lui-même, du Parti socialiste. Une des figures de l’aile gauche, M. MELENCHON entre au Parti socialiste en 1976, conseiller municipal de Massy, puis conseiller général de l’Essonne en 1985, il a été sénateur de ce département en 1985. Jean-Luc MELENCHON sera de 2000 à 2002, Ministre délégué à la formation professionnelle dans le gouvernement de Lionel JOSPIN. M. MELENCHON a fondé son propre parti en 2008, et a tenu bon sur cette ligne radicale, en dépit des tentatives de le discréditer, venant essentiellement de certains lobbies, eux-mêmes communautarisés, et tapant sans retenue sur les racisés. La grave crise, au sein du Parti, vient également du refus des réformistes hollandais, de soutenir Benoît HAMON, victorieux à la Primaire du Parti socialiste des 22 et 29 janvier 2017. Une bonne partie des réformistes socialistes avaient rejoint le président MACRON en 2017 et d’autres ont suivi en 2022.
L’accord entre le Parti Socialiste et la France Insoumise, soutenu par Martine AUBRY et Anne HIDALGO, fait grincer les dents de l’aile réformiste du PS. François HOLLANDE, Carole DELGA, Michael DELAFOSSE, Bernard CAZENEUVE ou Stéphane LE FOLL annoncent s’opposer à toute alliance avec la France Insoumise. Olivier FAURE, signataire de l’accord avec la France Insoumise, défend sa position, dans un parti affaibli à 1,75%, mais avec un ancrage dans les collectivités locales : «C’est allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source, disait Jean Jaurès» écrit-il dans un tweet. Aussitôt l’aile droite du Parti socialiste se déchaîne contre M. FAURE «oui, et en trahissant, on va où ?» écrit Julien DRAY, un un hollandais ayant trahi toutes les valeurs de gauche, un chroniqueur sur les chaînes de Vincent BOLLORE, celui qui faisait l’éloge de Jean-Baptiste COLBERT, le promoteur du Code noir. «Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin, elle se brise, dit un auteur du XVème siècle», cité, dans un tweet par Maître Macronard. La Fédération du PS de Paris est hostile à cet accord, ainsi que d’autres éléphants du PS, dits réformistes.
Créé en 1905, et rénové en 1971 par François MITTERRAND, ce nouveau cycle d’Epinay-sur-Seine, d’un Parti socialiste hégémonique, dominant la vie politique, à gauche est terminé. En effet, dans cette tempête de l’accord avec la France Insoumise, il est probable qu’une bonne partie de l’aile droite du Parti socialiste pourrait rejoindre le président MACRON, un «Bébé Hollande». Cette partie réformiste des Socialistes, peu solidaire avec les grandes luttes sociales, ignorant ou combattant les racisés (Attaques racistes, violences policières, accueil indigne des réfugiés du tiers-monde, loi sur le séparatisme rétablissant le Code de l’indigénat, célébration de Napoléon, Colbert), se disant «parti de gouvernement», est souvent disposée à accepter des réformes injustes. «Le changement, c’est maintenant» disait, en 2012, François HOLLANDE. le changement est bien arrivé, mais pas celui qu’on attendait. Affublé d’un Manuel VALLS, après la défaite de 2014 aux municipales et d’un projet de loi sur la déchéance de la nationalité, le Parti socialiste qui avait 253 députés, pour la première fois de l’histoire de la Gauche une majorité au Sénat, a eu en héritage, Emmanuel MACRON. Cette partie réformiste du Parti socialiste, se dit partisane de l’Europe ; ce qui avait profondément divisé les Socialistes, lors du référendum de 2005. Cette logique libérale de rigueur budgétaire (pas plus de 3% de déficit) a pourtant volé en éclats lors de la crise sanitaire. Un «Monde d’Après», fondé sur la Fraternité, la Justice, l’arrêt des guerres locales injustes et une coopération respectueuse avec les pays africains, est possible avec les forces de Gauche. C’est finalement une bonne nouvelle, la perspective de départ, de cette partie réformiste au Parti socialiste. Qu’ils s’en aillent, très vite, vers la Macronie ! Mais là-bas, en raison de la verticalité, c’est silence radio ; seul Jupiter a voix au chapitre.
Dans ces législatives, et c’est leur problème, les Républicains, qui n’ont de Républicains que de nom, ont vendu leur âme au diable. Ils ont des boulets qu’ils trainent avec leur eux, comme Bruno ROTAILLEAU et Eric CIOTTI. L’ancien premier ministre et maire du Havre, Edouard PHILIPPE, un transfuge de la Droite, est à l’affût pour les présidentielles de 2027. Aussi, la République en Marche est fébrile. L’ancien président de la République, Nicolas SARKOZY, qui avait refusé de soutenir Valérie PECRESSE, fait encore partie des visiteurs du soir à l’Elysée.
Dans cette prolifération des forces du Chaos, Marine LE PEN est désormais concurrencée par Mohamed ZEMMOUR. Que les crocodiles se dévorent entre eux et une bonne dégustation  !
Après la confusion introduite par la Macronie, on a désormais, dans le jeu politique, une grande clarification idéologique : le bloc de Gauche, les forces du Chaos et la Droite. Jupiter, président des riches va encore nous jouer du violon, après le vote barrage au Rassemblement national, il va nous dire : «donnez-moi une majorité, pour appliquer ma politique». Mais pendant son mandat, on a vu le bilan du président MACRON et il a annoncé la couleur pour la suite : toujours cajoler les gens qui vont bien et matraquer les faibles. On connaît maintenant qui est vraiment Jupiter. On ne va pas, quand même, se faire avoir deux fois.
Aux présidentielles, le débat n’avait vraiment pas eu lieu ; du moins, il a été confisqué par les instituts de sondage et la presse de Vincent BOLLORE. La campagne des législatives des 12 et 19 juin 2022 promet donc d’être animée, un véritable troisième tour des présidentielles. Ceux qui avaient voté par défaut au 2ème tour, auront maintenant le choix pour une cohabitation. Lionel JOSPIN, au cours de la cohabitation de 1997 à 2002, a bien montré que ce système est viable et d’importantes réformes justes et appréciables ont été réalisées.
Paris, le 4 mai 2022, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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1 mai 2022 7 01 /05 /mai /2022 13:41
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