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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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1 juillet 2017 6 01 /07 /juillet /2017 20:05

Cet article a été publié dans le journal Ferloo, édition du 1er juillet 2017

«Travaille comme si tu ne devais jamais mourir, et prie comme si tu devais mourir demain",  telle est la devise de Cheikh Ahmadou Bamba qui a vécu 75 ans dont 33 ans en privation de liberté. Le colonisateur français croyait, par ses vexations, l’anéantir, mais l’humiliation peut être une source de résistance et d’affirmation de soi. Le règne de l’arbitraire, quand il touche aux choses de l’esprit, n’a fait que renforcer la détermination des populations qui ont pris conscience de leur honneur bafoué. En effet, en raison de ses hautes qualités morales, sa grande probité, sa rigueur, son goût du travail bien fait, Cheikh Ahmadou Bamba a triomphé face aux adversités. «Par sa vie exemplaire et par son œuvre écrite édifiante, Cheikh Ahmadou Bamba nous a démontré deux choses d'une importance vitale pour notre temps : 1) Que le mode de vie du Prophète Mohammed, sa sounna, n'est pas caduque, contrairement à ce que laissent entendre les "réformateurs" de l'Islam, qui font déteindre les valeurs - somme toute décadentes - de l'Occident matérialiste, sur cette religion. 2) Que la non-violence n'est pas incompatible avec l'Islam, mais qu'elle en constitue l'essence première ainsi que son expression la plus parfaite, à l'opposé des fanatismes qui tendent à réduire toute religion à un simple outil temporel, voir uniquement politique» écrit El Hadji Alioune M’BACKE.

Bien avant que le Mahatma GANDHI (1869-1944, voir mon post) n’ait théorisé et pratiqué la non-violence, et contrairement à El Hadji Omar TALL (1797-1864) et à Maba Diakhou BA, partisans de la guerre sainte, Cheikh Ahmadou Bamba, en humaniste émancipateur, a refusé tout recours à la violence. «Même si le Mahdi descend sur terre, je ne l'aiderai pas. Je ne tuerai ni scorpion, ni serpent ni âme qui vit. Avec la route que j'ai prise  (…) si je prends des armes ma mission sera perdue» dit Cheikh Ahmadou Bamba.  En effet, comme El Hadji Malick SY (1855-1922), le guide spirituel des Mourides fait appel au «Jihad du cœur». Ainsi, Bamba inaugure, avant l’heure, une forme de désobéissance civile, à la Mahatma GANDHI (1869-1944). Les chefs de canton se plaignirent de n’être plus obéis, ni écoutés par les Mourides, et une partie de la population refusa de payer l’impôt. «Le groupement dans une seule main de plusieurs milliers d’hommes entièrement soumis à leur Cheikh local et au Serigne suprême, et qui, sur un mot d’ordre de ce chef, pourraient troubler très gravement la tranquillité publique, aboutirait à l’anarchie publique» estime le colonisateur.

 

Cheikh Ahmadou Bamba M’BACKE a su déterminer une nouvelle vision aux yeux de ses contemporains en formulant d'une façon très claire des idées novatrices capables de faire bouger le peuple. Pour Bamba, le temporel ne saurait ruiner le spirituel, et donc le pouvoir colonial qui recherche l’évangélisation des Sénégalais, finira par être vaincu. Le Mouridisme, contrairement à ce que le colonisateur n'est pas «une secte», mais une école de spiritualité par laquelle Bamba revendique le droit de pratiquer sa religion et de le faire avec toute la richesse de la culture africaine.

 

Considéré comme un Saint par ses talibés, et d’une grande sobriété, pour Bamba Dieu doit être la seule préoccupation. Aussi, la grande dévotion et le fanatisme des Mourides à l’égard de leur guide spirituel est légendaire : «Il s’entoure d’un rigoureux protocole. Il fait réciter journellement plusieurs fois le Coran et de nombreuses formalités précèdent les prières : c’est le seul moment où Amadou soit visible. Les audiences privées constituent les rares faveurs, et quand, par hasard, il parle, c’est toujours an nom d’Allah.  Il donne sa bénédiction en crachant sur la tête et les mains de ses adorateurs prosternés. L’eau de ses ablutions est précieusement recueillie, et le sable qui en absorbe les éclaboussures sert d’amulettes revendues par les talibés», écrit le 27 septembre 1907, l’administrateur de Louga. 

Le Mouride signifie «l’aspirant» le «postulant» en somme le «Talibé» qui désire être uni à Dieu. Par extension, les Mourides sont les adeptes de la confrérie de Cheikh Ahmadou Bamba. Le Mouridisme c’est l’ensemble des doctrines religieuses, des prescriptions morales et des pratiques culturelles de cette confrérie. On appelle Cheikh Bamba soit «Serigne Touba» (le Marabout de Touba) soit «Khadimoul Rassoul» (l’Envoyé du Prophète). Par conséquent, le Mouridisme repose tout entier sur la personne d’Ahmadou Bamba, par sa sainteté, par sa science et ses valeurs morales, continue de drainer des foules à Touba. Dès le début, le colonisateur s’est méfié du Mouridisme qu’il a persisté à qualifier de «secte». «Nous ne devons négliger aucune occasion de combattre un prosélytisme ardent, hostile à notre influence, et en général, à la domination européenne» écrit le gouverneur de l’A.O.F. dans son rapport de 1911.

En définitive, un personnage historique, comme Bamba, peut exprimer, sans s’en rendre compte, les conditions sociales et les besoins de son époque. Le message délivré par Bamba répond à une crise morale de la société sénégalaise en vue de mobiliser son génie créateur. C’est en cela que la posture de Bamba est révolutionnaire, subversive, il venait de proposer à son pays un facteur de résistance et de cohésion sociale face à un colonialisme qui détruit les structures traditionnelles et les royautés.

 

I – Cheikh Ahmadou Bamba, un nationaliste irréductible

 

A – Cheikh Ahmadou Bamba est un nationaliste

 

Cheikh Ahmadou Bamba est un nationaliste, son opposition politique à la domination coloniale prit alors une coloration religieuse. «Le captif de Dieu et ne reconnaissait d'autre maître que lui et ne rendait hommage qu'à lui seul» écrit Bamba. En effet si toute obéissance va à Dieu, et ne peut aller qu'à lui, car lui seul a droit de commandement sur terre, Bamba en conclut «qu'il n'est d'autre autorité que celle de Dieu. Et s'il faut obéir à ceux qui détiennent le commandement on doit toujours ajouter que c'est à condition que l'ordre soit en parfaite conformité avec la loi coranique». Dès lors comment obéir à des autorités coloniales dont la légitimité ne repose que sur la force brutale alors que fondamentalement l'islam rejette ce qui s'appuie sur le despotisme. Tous ceux qui étaient en quête d'absolu ou refusaient de s'accommoder de la situation coloniale  choisirent Bamba comme maître spirituel. On y trouvait des marabouts, d'anciens guerriers Tieddo en chômage du fait de la conquête, des chefs destitués, des esclaves en rupture de ban, des anciens cadres de la société traditionnelle, bref la plupart des individus que l'ordre colonial avait plongés dans une profonde détresse. La présence de ces mécontents dans le mouvement donna à la confrérie mouride l'aspect d'un abri où se réfugièrent tous les ennemis de l'administration coloniale. C'est eux, anciens cadres de la société traditionnelle, qui infléchirent le mouvement dans cette direction au point de rendre possible l'équation selon laquelle l'appartenance à la confrérie impliquait l'hostilité à la France.

 

Cheikh Ahmadou Bamba est un soufi qui appelait à la rénovation des valeurs morales, seule susceptible de régénérer la société sénégalaise. La vie terrestre est illusoire, ce serait de la folie que d’y accrocher. «Je n’ai jamais de toute ma vie accompli un acte dont mon discipline puisse avoir honte, aussi n’aimerais-je pas que mes disciples se comportent d’une façon qui me fasse honte» dit-il «Evitez l’autosatisfaction et la vanité», ajoute Bamba. Cheikh Ahmadou Bamba est un Saint reconnu de tous avec une dimension mystique amplifiée par la tradition orale. «Ahmadou Bamba ayant posé les bases, ses disciples immédiats, les Cheikhs consacrés par lui, les ont développés avec l’ardeur et l’extravagance des néophytes ; la mentalité noire a fait le reste» écrit dédaigneusement Paul MARTY (administrateur colonial, 1882-1938)). Certaines sources orales particulièrement enthousiastes manquent de distance critique. Ainsi, on attribue à Cheikh Ahmadou Bamba de nombreux miracles. On dit que lors de ses exils, Amadou Bamba pria sur les eaux alors que les colons voulaient l’empêcher de s’exécuter sur le navire qui le menait au Gabon ; il réussit également à endormir un lion, que les colons avaient envoyé dans sa cellule à Saint-Louis, en lui récitant des prières. Le témoignage d’un militaire français est cependant troublant : «Au cours d’une nouvelle visite à Cheikh Bamba, il me fut donné l’occasion d’éprouver la valeur de son gris-gris. A mon retour au poste (militaire), je fus accueilli par une vive fusillade de deux goumiers révoltés. Bien que les énergumènes m’aient envoyé une centaine de balles à 30 mètres de distance, pas une ne nous toucha» écrit Eugène DEVAUX dans les Annales Coloniales du 20 octobre 1927.  Il est difficile d’ignorer totalement la tradition orale, mais celle-ci est faite souvent d’exagération et de fanatisme, de nature à faire douter de sa fiabilité. En conséquence, je privilégierai donc les écrits de Cheikh Ahmadou Bamba qui, en homme humble, a refusé toute forme d’idolâtrie de sa personne.

 

B – Cheikh Ahmadou Bamba est un Peul de culture Ouolof

 

De son patronyme BA, comme les Peulhs Dényankobé, les ascendants de Cheikh Ahmadou Bamba sont des Foutankais, même s’il est lui-même de culture Ouolof. «La tradition conserve le souvenir d’une lointaine ascendance : à la quatrième génération, l’aïeul portait le nom d’honneur de BA qui dénote des origines de Peuls noirs. Bien entendu ce fut un Toucouleur Wolofisé, fixé, marié, naturalisé en pays Ouolof» dit Vincent MONTEIL. «Le quatrième ascendant d’Ahmadou Bamba était un Toucouleur et originaire du Fouta. C’est lui le premier vient s’établir en pays Ouolof, s’y maria avec une femme du pays et adopta les mœurs et usages du pays» écrit Paul MARTY, un administrateur colonial contemporain de Cheikh Ahmadou Bamba. Sa mère, Mariame Diarra Bousso LY (1833-1866) est une peule originaire de Golléré, dans le département de Podor. Elle est décédée à Porokane, dans le Nioro du Rip, dans la région de Kaolack, dans le fief de Maba Diakhou BA. D’une piété incommensurable, les Mourides lui vouent un grand culte : «Celui qui, ayant acquis le savoir, ne s’emploie pas à conformer ses comportements et conduites à ses connaissances, est comparable à un âne qui ploie sous le faix d’un lourd chargement de livres savants  et qui, bien entendu, ne saurait profiter de tant de sciences" écrit Bamba. Aussi, un pèlerinage annuel des Mourides est dédié à Diarra Bousso LY. Ce sont des marabouts Toucouleurs, issus de la famille de sa mère,  qui ont donné une éducation religieuse à Cheikh Ahmadou : Mohamadou Bousso et Samba KA.  Cheikh Bamba a eu également une grande proximité avec Cheikh Sidya, un marabout mauritanien.  

 

Le patronyme «M’Backé» est, en fait, tiré du nom village fondé par ses ancêtres dans le Baol en 1802, dans une parcelle de terre donnée à Maharam, par le 2ème Damel du Cayor, Amary N’Goné Sobel FALL. Le grand-père de Cheikh Ahmadou Bamba, Balla M’Backé, fonda à la fin du XVIIIème siècle le village de M’Backé. C’est là que naquit son fils, Momar Anta Saly qui fit ses études avec un grand marabout nommé Ahmadou Bamba. C’est pour cela que Momar donna le nom d’Ahmadou Bamba, à son deuxième fils né vers 1852, qui deviendra le guide des Mourides. Par conséquent, Bamba est né sous Auguste Léopold PROTET, gouverneur du Sénégal de 1850 à 1854. Au cours des invasions de Maba Diakhou BA (1809-1867), un disciple de El Hadji Omar TALL, la région du Baol fut dévastée, le grand-père, Balla M’Backé fut tué et son père Momar Anta Saly fut déporté au Saloum, à Prokhane. Momar Anta Saly, pour assurer sa survie, donne des enseignements coraniques et devient le percepteur des enfants de Maba Diakhou BA et assure les fonctions de Cadi. C’est là que le jeune Ahmadou Bamba fit la connaissance du Damel du Cayor, Lat-Dior, qui maria sa sœur Thioro DIOP à Momar Anta Saly. Dans son Jihad, Maba Diakhou avait accueilli Lat-Dior DIOP, l’a converti à l’Islam en 1864, et a refusé de le remettre aux autorités coloniales. Mais avec la duplicité du Bour du Sine, Coumba N’Doffène DIOUF, Maba Diakkou fut tué à Somb, le 18 juillet 1867.  N’ayant plus de protecteur, Lat-Dior avec sa soumission au colonisateur fut réintégré comme Damel du Cayor en 1871 et la famille de Cheikh Ahmadou le suivi. Le père Bamba devait mourir dans le Cayor en 1882, à M’Backé Cayor. Bamba refusa le poste de Cadi c'est-à-dire chef du service judiciaire du Cayor en disant : «j'ai honte que les anges me voient porter mes pas auprès d'un roi autre qu'Allah». Cette conduite irréprochable vis-à-vis des détenteurs du pouvoir temporel lui attira l'affection de beaucoup d'éléments de la population.

 

Samba Laobé FALL et Lat-Dior DIOP seront vaincus définitivement par le colonisateur en octobre 1886 et le Cayor démembré ; ce qui oblige Ahmadou Bamba à revenir s’installer à M’Backé dans le Baol, un village fondé par son grand-père. Ahmadou Bamba va lui-même ériger un nouveau village du nom de Touba. Mais à cette époque, le Baol est une province livrée à l’anarchie et au désordre. Les chefs du parti Thiéddo furent mis à mort et Tanor GAYE, un ami et protecteur de Cheikh Ahmadou Bamba, devient le Tègne du Baol de 1890 à 1895. Bamba crée alors sa voie du Mouridisme «Quiconque m’accompagne pour la seule et simple raison de s’instruire, peut désormais chercher ailleurs, mais quiconque partage mon ambition et ma volonté peut me suivre dans la nouvelle Voie que j’ai tracée». En 1886, Cheikh Bamba fait une déclaration de fondation du Mouridisme «J’ai reçu de mon Seigneur l’ordre de mener les Hommes vers Dieu. Ceux qui veulent prendre cette voie n’ont qu’à me suivre. Quant aux autres qui ne désirent que l’instruction, le pays dispose assez de lettrés. Allez auprès de qui vous voulez !». ll veut réhabiliter les valeurs culturelles de base de l’Islam : «Je n’ai point fondé une confrérie, j’ai plutôt trouvé la voie qu’avait scrupuleusement suivie le Prophète, je l’ai défrichée plus proprement je l’ai rénovée dans toute son originalité» dit Bamba. La seule chose qui soit à la portée de l’homme n’est pas de «devenir»  un avec Dieu, mais seulement de se sentir «un» avec son Seigneur. La société occidentale a tué Dieu et l’homme est devenu son propre Dieu. C’est pendant cette période faste et à partir de 1888, que les disciples affluent autour de Cheikh Ahmadou Bamba, et cela commence à inquiéter le colonisateur français. Il s’installe dans la brousse du bas-Ferloo entre le Djolof, le Cayor et le Baol. Les chefferies traditionnelles alliées au colonisateur y virent une menace pour leur autorité et leur pouvoir. Clément THOMAS, gouverneur de 1888 à 1890, hésite entre l’hostilité et la fermeté. Le gouverneur demande à Bamba de renvoyer chez eux ses talibés et lui offre des livres de Coran. Si certains Mourides sous la direction d’Ibra SARR, appellent à la guerre sainte, Cheikh Ahmadou Bamba écrit au gouverneur en juillet 1889, pour lui dire qu’il «n’avait besoin de rien en ce bas monde futile et périssable». De 1891 à 1895, le Baol jouit d’une tranquillité absolue.

 

C – Cheikh Ahmadou Bamba a organisé une résistance passive

 

En 1895, avec la mort du Tègne du Baol, Tanor DIENG, la dislocation de cette province désormais sous administration directe du colonisateur, Alboury N’DIAYE, le Bourba du Djolof étant malade, faible et déconsidéré, Cheikh Ahmadou Bamba fonda un nouveau village, dans le canton de Bakkal, dans le Djolof, avec 500 de ses talibés qu’il appela Touba (Djolof). Aussitôt, ses anciens amis, les soldats de Lat-Dior et du Bourba Alboury, les déserteurs, les chefs révoqués, les Peulhs fanatisés affluent auprès de Bamba. En mai 1895, Samba Laobé FALL, le Damel du Cayor, déclare sa conversion au mouridisme. Les populations rechignent à payer l’impôt au colonisateur français. Cheikh Ahmadou Bamba est arrêté le 10 août 1895. Condamné à l’internement politique par décision du 5 septembre 1895, Cheikh Ahmadou Bamba fut déporté de 1895 à 1902, forêt inhospitalière de Mayumba, au Gabon. «Si l’on n’a pas pu relever contre Amadou Bamba aucun fait de prédication de guerre sainte bien évident, son attitude, ses agissements, surtout ceux de ses principaux élèves sont de tous points suspects» dit le Conseil privé qui «après avoir entendu la lecture des rapports de Messieurs Merlin et Leclerc et fait comparaitre Ahmadou Bamba a été d'avis, à l'unanimité, qu'il y avait lieu de l'interner au Gabon, jusqu'à ce que l'agitation causée par ses enseignements soit oubliée au Sénégal», séance du 5 septembre 1895. Le Directeur des Affaires politiques considère que l’ambition d’Amadou Bamba était de devenir, par personne interposée, le véritable chef du Baol, puis du Djolof. «Ahmadou Bamba nous a échappés en 1892 en protestant de ses bonnes intentions mais en réalité comme tous les chefs musulmans c’est un djihadiste et cette fois-ci il ne faut pas qu’il nous échappe, il faut qu’on s’empare de lui et qu’on règle son problème définitivement» dit LECLERC. Lors de ce procès, Cheikh Ahmadou Bamba fit une prière de deux rakkas dans le bureau du Gouverneur avant d'adresser la parole au Conseil pour lui signifier sa ferme intention de ne se soumettre qu'à Dieu. Par cette prière symbolique et cette prise de position téméraire devant le colonisateur, Cheikh Ahmadou Bamba venait de commencer sa résistance passive.


Cheikh Ahmadou Bamba voit dans son exil, une volonté de Dieu en vue de réaliser une mission qui lui est assignée : «Le motif de mon départ (en exil), est la volonté que Allah a eu d’élever mon rang et de faire de moi l’intercesseur des miens et le Serviteur du Prophète». Le colonisateur pensait, avec l’éloignement de Cheikh Ahmadou Bamba, son influence sur les populations allait disparaître. Cheikh Ahmadou Bamba embarqua pour le Gabon le samedi 21 septembre 1895 à bord du paquebot «Ville de Pernambouc» sur lequel il aura à affronter d’autres épreuves dont : l’hostilité affichée de l’équipage, la ruée d’un taureau déchaîné vers sa sainte personne et dont il fut miraculeusement préservé. Il sera contraint, suivant la tradition orale, de faire la prière sur la mer. «Ils m’ont jeté sur la mer par refus de la volonté divine et par haine, Le Généreux m’y a incontestablement comblé de grâce. Ils ont voulu m’humilier en me jetant sur la mer, heureusement que mon Seigneur a dompté pour moi la houleuse des mers» écrit Cheikh Ahmadou Bamba, dans son autobiographie.

 

Durant son exil au Gabon, Cheikh Ahmadou Bamba a rencontré de nombreuses personnalités dont Blaise DIAGNE (1872-1934), alors fonctionnaire des douanes, et futur député du Sénégal. Bamba s’investira dans la campagne victorieuse de 1914 de Blaise DIAGNE ; c’est la première fois qu’un Africain noir est élu député du Sénégal à l’Assemblée nationale française. Son frère et disciple Mame Cheikh Anta M’Backé a entrepris un périlleux voyage au Gabon pour lui rendre visite. Cheikh Ahmadou Bamba a entretenu une importante correspondance avec le résistant guinéen, Samory TOURE (1830-1902), déporté également à Noja au Gabon de 1899 au 2 juin 1900, date de sa mort. Lorsqu’il apprit la nouvelle, Cheikh Ahmadou Bamba effectua la prière des morts à son intention depuis Lambaréné. Il retrouva l’ex-Bourba du Djolof qui l’avait soutenu, Samba Laobé Peinda N’DIAYE, exilé au Gabon pour 5 mois. 

 

Cheikh Ibrahima FALL (1855-1930) réussit à convaincre le député du Sénégal, François CARPOT (1862-1936, député du Sénégal de 1902 à 1914) de l’innocence de Cheikh Ahmadou Bamba. Celui-ci s’engagea à réhabiliter Cheikh Bamba après son élection. Il est vrai aussi que depuis le départ de Bamba, avec la révolte des talibés, la production arachidière avait drastiquement baissé ; ce qui mettait en péril les affaires de la bourgeoisie saint-louisienne. Dès son retour en novembre 1902, les talibés accourent autour de Bamba, des dons énormes lui sont versés. En mai 1903, convoqué respectivement par le commandant de cercle de Thiès et par le gouverneur à Saint-Louis, Cheikh Ahmadou Bamba refusa d’y déférer «Je vous fais savoir que je suis le captif de Dieu, et ne reconnaît pas d’autres autorités que lui» dit-il. Il est arrêté à nouveau le 13 juin 1903 et déporté en Mauritanie dans l’une des Zaouia de Cheikh Sidya, un de ses amis, à Souet El Ma. Cependant, les talibés continuèrent de le suivre, même en Mauritanie et veulent organiser une violente révolte. Cheikh Ahmadou Bamba s’y oppose en ces termes : «Je n’espère le soutien d’aucun ami, ni ne crains l’agression d’un ennemi, je me suis entièrement soumis à Dieu». En avril 1907, le Commissaire du gouvernement général en Mauritanie, ayant fait remarquer l’attitude correcte de Bamba depuis 4 ans et sa conduite irréprochable, demanda et obtint son retour au Sénégal.

 

En avril 1907, Bamba est assigné à résidence à Thiéyène (Diolof, Louga). Un domaine de 4 km2 lui est concédé, pour son installation, celle de sa famille et leur culture. Mais cet endroit isolé échappe en fait à la surveillance du colonisateur et les visites des talibés ainsi que leurs dons n’ont fait que doubler. C’est pour cela que le colonisateur fixa une nouvelle résidence à Diourbel à partir du 16 janvier 1912. Sur son chemin les talibés scandaient «Notre Allah revient». A Diourbel, Bamba est soumis au départ à un régime sévère : «Amadou Bamba paraît avoir renoncé à retourner dans son village, M’Backé. La surveillance étroite à laquelle il était soumis était, dans la réalité peu efficace, mais avait, par contre, des côtés vexatoires qui, joint au caractère provisoire des paillotes qu’il habitait» note le rapport général du gouverneur de 1913. Les conditions de surveillance ont été par la suite assouplies : «Un libre accès auprès de lui a été accordé à tous ; notre surveillance s’est faite discrète ; ce qui ne l’empêche pas de s’exercer. En même temps, un vaste emplacement limitrophe de l’escale de Diourbel a été affecté au Serigne. Il s’y est fait construire une maison en pierres».

En 1919, Bamba avait acheté une voiture Peugeot 10 HP, mais il ne l’utilisait pratiquement pas. Cheikh Ahmadou Bamba est mort le 19 juillet 1927 à Diourbel. Un rapport mentionne ainsi les circonstances de ce décès : «Le marabout s’éteignit, sans témoin, à une heure qui n’a pas été déterminée. Il fut découvert, étendu sans vie, sur le sable d’une case où il aimait à se retirer pour ses méditations, par son fils et héritier de prédication, Mamadou Moustapha. (…). L’administrateur jugea plus prudent de faire transporter le corps à Touba, aussi discrètement que possible et de l’y faire ensevelir provisoirement». Même mort, le colon le redoutait. Mais les talibés, dans la douleur de cette grande perte de leur guide spirituel, sont restés dignes et calmes.

II  – Cheikh Ahmadou Bamba, une autorité spirituelle

A – La morale et la doctrine de Bamba : une rénovation de l’Islam

1 – Le Jihad du cœur, la guerre sainte aux âmes

Cheikh Ahmadou Bamba a écrit une vingtaine d’ouvrages dont certains ont été traduits en langue française, dont la «Barque de la confiance», «Les clés qui ferment l’Enfer et ouvrent le Paradis», «Les Jardins des Vertus», ainsi que des poèmes à la gloire de Dieu et des louanges au Prophète Mohamed. Il recommande les prières nocturnes, de fuir les réunions des gens négligents et d’adorer, sans limites, Dieu. «Je n’ai pas été plus particulièrement frappé par le fanatisme dont vous estimez que sont empreints les écrits attribués à Amadou Bamba. Ils ne m’ont pas paru présenter un caractère d’hostilité plus marqué que la plupart des écrits de ce genre. Le vocabulaire imagé et symbolique et toujours abscons, dont se servent, avec une recherche laborieusement étudiée, les musulmans engagés dans une Voie, doit, sans doute, retenir notre attention, mais je ne pense pas qu’il faille en exagérer la portée» écrit William PONTY le 8 novembre 1912. En fait, «tous s’accordent à le considérer comme un saint homme, pieux, charitable, de mœurs très pures, convaincu de la mission de réformation islamique dont il est investi» écrit Paul MARTY.

Cheikh Ahmadou Bamba a exposé sa morale, en particulier, dans son ouvrage «Les verrous de l’enfer et les clés du paradis» : «Apprends à prier pour plaire à Dieu ; n’apprends à prier pour le faire avec ostentation. Celui qui garde pour lui tout seul ses biens et ne fait pas charité aux pauvres, celui-là sera malheureux avant sa mort. Il faut faire la guerre sainte aux âmes» ou encore dit-il «Et que tout homme sensé ou sot sache que quiconque se rebelle contre la Vérité, est un maudit». Pour les qualités intellectuelles et morales, Bamba recommande la pudeur, le scrupule et la générosité, et prohibe le mensonge, la médisance, la calomnie, l’orgueil, la cupidité, l’ostentation, l’amour du renom, la haine, la jalousie et la précellence. Bamba condamne la sécheresse des cœurs et la corruption des esprits. Il consacre des thèmes sur le savoir afin d’obtenir le salut par la droiture, et les objectifs de la connaissance sont de sortir de l’ignorance et d’être utile aux autres. Il faut respecter, servir et honorer son maître. Bamba recommande d’abandonner les choses vaines et insignifiantes et de «s’adonner, continuellement, à la contemplation de Dieu, car cela mène à une fin heureuse».

 

Dans son «Viatique à la jeunesse» Bamba exhorte la jeunesse de se hâter vers la recherche du savoir et de combattre ses âmes charnelles. Dans les «Itinéraires du Paradis», Bamba revient sur les défauts graves que sont l’orgueil, la fierté, la méchanceté, la pleurnicherie, la passion pour ce bas monde, le mauvais caractère et le défaut d’impatience. A ceux qui sont tentés par la violence, Bamba est très clair : «il est interdit de l’écrire, de l’écouter quand on en parle, notamment de le pratiquer, ainsi que de verser le sang ou d’utiliser illégitimement le bien d’un musulman ou d’un semblable». Il incite de «fréquenter les gens du Bien en suivant leur exemple».

 

Cheikh Moussa Camara (1864-1945) (voir mon post), El Hadji Malick SY (1855-1922) ainsi que Seydina Limamou Laye THIAW (1843-1909) rejettent le recours à la violence et prônent, comme Ahmadou Bamba, le Jihad du coeur. Cependant, contrairement au guide spirituel des Mourides, El Hadji Malick SY prêchait la collaboration avec le colonisateur : «Les Français se sont imposés à nous par leurs bienfaits de justice, la sécurité intérieure, la paix générale, le développement des transactions et du bien-être, et le respect de notre religion» dit El Hadji Malick. Conquis par ses talents d’éducateur et sa probité, Alboury N’DIAYE, le roi du Djolof, invite Bamba à prendre les armes contre le colonisateur français. «Je ne suis pas venu sur terre pour verser le sang de mes semblables. Je suis le serviteur du Prophète (Paix soit sur lui), le vivificateur de son enseignement et le libérateur des Hommes. J’extirperai la haine des cœurs et j’affranchirai mon peuple des chaînes de l’esclavage, des tentations de Satan et des futilités de ce bas monde. Chaque homme sera le frère de l’autre et le culte ne sera rendu qu’à Dieu» répond Cheikh Ahmadou Bamba.

Cette doctrine du Jihad du cœur de Cheikh Ahmadou Bamba, nous interpelle plus que jamais à notre époque. En effet, Felwin SARR, un professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, a eu raison, dans son ouvrage «Dahij», de rappeler ce que signifie réellement le Jihad au XXIème siècle : «Ce livre est un Jihad. Une guerre intérieure. Un Jihad pour sortir de moi-même, de ma race, de mon sexe, de ma religion, de mes déterminations. Un Jihad pour aller vers moi-même. C’est un désir de naissance, donc de mort». M. SARR précise encore sa pensée, le Jihad est : «maîtrise de soi», «effort intense. Endurer l’exigence vis-à-vis de soi à chaque instant». On peut même dire, avec Socrate (voir le post que je lui ai consacré) que notre lutte et notre existence doivent tendre vers le Bien commun, la Justice. Dans ce contexte, «la justice consiste en ce que chacun fasse ce qu’il a à faire» dit Socrate. Par conséquent, la justice n’est pas qu’une conception négative, s’abstenir de faire du tord aux autres, mais c’est une conception active et positive, qui exige encore «que nous fassions pour eux ce qui leur est dû» précise Socrate. En s’appuyant sur ce grand philosophe, on pourrait dire que notre Jihad, c’est la poursuite inlassable pour la Justice, pour l’harmonie de l’âme, c’est-à-dire la perfection qui résulte de la concorde, de l’ordre, de l’accord parfait de toutes les parties de l’âme, la raison, le sentiment et la volonté. Bref, le Jihad c’est l’idée du Bien qui doit régler notre conduite, la compassion et l’Amour des autres. «On ne peut vivre qu’en cherchant à devenir meilleur, ni plus agréablement qu’en ayant la pleine conscience de son amélioration» nous dit Socrate.

Cette doctrine du Jihad du cœur est à rapprocher du Soufisme que professait Cheikh Bamba : «J’affirme continuellement l’Unité Divine, la Jurisprudence islamique et le Soufisme très glorieux» dit-il. En effet, sans être affilié aux Quadri ou aux Tidjianes, Cheikh Ahmadou Bamba a ouvert une troisième voie. «Le Soufisme, c’est la science qui concerne tout ce qui s’attache à la relation entre Dieu et l’être humain, en prenant en compte le cœur comme moyen d’étude et d’analyse» dit Bamba. Pour les Soufis, «le bonheur consiste dans l’oubli de soi». Cheikh Ahmadou pense que les vertus essentielles du Mouride sont la purification, le renoncement aux satisfactions temporelles et l’oubli de soi.

2 – La prière par le travail ou la religion de l’effort

La valeur travail a été incorporée à la doctrine mystique de Cheikh Ahmadou Bamba. «Travailler, c’est prier. Travaillez pour moi, je prierai pour vous», cette citation a été attribuée à Bamba. En tout cas quelle que soit l’authenticité de cette formule, celle-ci sanctifie le travail, valorise l’esprit d’initiative et condamne, par la même occasion, l’oisiveté. Pour Abdoulaye WADE : «Le Mouridisme et le protestantisme sont les deux seules religions qui définissent une telle attitude (sanctification du travail) à l’égard de l’économie» et WADE ajoute «travailler fait partie de l’action de suivre Dieu». Il en conclut que «le potentiel doctrinal du Mouridisme est un important capital capable de nourrir un interminable bond en avant». Les Mourides sont initialement des agriculteurs ; ils cultivent l’arachide, une denrée servant à nourrir les esclaves et qui a été introduite au Sénégal en 1840. Les Mourides travaillent leurs champs en psalmodiant des prières. Pour Bamba, le «travail fait partie de la religion». Le Mouridisme s’inspire dans sa valeur travail de la tradition musulmane, d’un Hadith du Prophète : «Nul n’a jamais consommé une meilleure nourriture que celle qu’il a gagnée par le travail de sa main. Travaille pour ce monde comme si tu devais vivre éternellement, et travaille pour l’Au-delà, comme si tu devais mourir demain !».  Il n'était pas indigne d'un homme, quel que fût son statut social, de gagner sa nourriture à la sueur de son corps et par le travail de ses mains. Les Mourides acquirent progressivement la religion de l'effort, car ils finirent par se rendre compte que seul l'amour du travail pouvait leur permettre de créer la personnalité appropriée à leurs besoins.

 

B – Cheikh Ahmadou Bamba et la postérité

Le colonisateur a fini par comprendre, mais tardivement, que les mesures de restrictions de la liberté de Cheikh Bamba sont contreproductives pour l’économie arachidière. Il fallait un compromis entre le politique et le religieux. Par conséquent, l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba oscille entre une grande fidélité à la tradition, et dans une certaine mesure, une trahison à son message.

«Le vrai Mouride, c’est celui aime toujours son chef», Cheikh Ahmadou Bamba est un personnage charismatique «la simple vue d’Ahmadou Bamba en prières ou bénissant, le jet de sa salive sur les fidèles prosternés, plongent certains dans des crises hystériques où tous veulent participer. On se roule aux pieds du Saint, on baise ses babouches, le bas de son boubou, on lui tend les mains» écrit Paul MARTY. Aussi, le Magal est créée, en mémoire d’Ahmadou Bamba, ce grand pèlerinage annuel de Touba, est le plus rassemblement Mouride. C’est Mamadou Moustapha qui l’a inauguré en 1928 ; il est fixé en 1946 par le Khalife Falilou au 18 du mois lunaire de Safar, anniversaire du retour de Cheikh Bamba à Diourbel et sa vision prophétique décisive.

Cheikh Ahmadou Bamba rejetait le culte de la personnalité et demandait d’adorer exclusivement Dieu. «Celui qui se retranche loin des vanités, est du nombre de ceux qui sont intelligents» dit Cheikh Bamba. Certaines dérives du Magal soulèvent des interrogations. Pendant cette cérémonie le Sénégal est bloqué et l’Etat n’a aucun droit de regard (drogue ou prostitution, marchandises illicites) de tout ce qui passe dans Touba, la capitale religieuse. En observant le décalage entre les agissements de certains Mourides fanatisés et les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, il est permis de croire que nous sommes sans doute frappés d’un autre fléau du siècle : l’ignorance.

 

Cependant, le message de Cheikh Ahmadou est resté vivant, puisque sa descendance est assurée, il a eu quatre femmes et de nombreux enfants. Paul MARTY note que Cheikh Ahmadou Bamba avait entre 75 et 80 femmes. Depuis 1927, soit en 90 ans, 7 Khalifes des Mourides se sont succédé après la disparition de Cheikh Ahmadou Bamba : Modou Moustapha de 1927 à 1945, Fallou de 1945 à 1968, Abdoul Ahad, de 1968 à 1989, Abdoul Khadre de 1989 à 1990, Salihou de 1990 à 2007 et Mouhamadou Lamine Bara, de 2007 à 2010 et depuis 2010, Sidy Mokhtar.

Durant toute sa vie, Cheikh Ahmadou Bamba s’est tenu à l’écart du pouvoir politique et des choses de ce «bas monde» ; il s’est cantonné, strictement, dans le domaine religieux et n’a cherché d’autre gloire que celle d’un saint de l’Islam, en pratiquant la générosité et la charité. Tout ce qu’il recevait en dons, il le redistribuait aux pauvres. Certes, il était nationaliste, un politique particulièrement habile, et s’est constamment opposé au colonisateur français en regroupant autour de lui les familles régnantes du Sénégal celles de Lat Dior DIOP, Samba Laobé FALL, Maba Diakhou BA et Alboury N’DIAYE. Cheikh Ahmadou fuyait le pouvoir politique.

La relation des successeurs d’Ahmadou Bamba avec le pouvoir politique est particulièrement ambiguë, au point de se transformer parfois en charité business. En effet, plusieurs familles maraboutiques se partagent le gâteau : les Kounta à N’Diassène, les SY à Tivaoune, les Thiaw (Layène) dans le Cap-Vert, les Niasse à Kaolack, les BA à Madina Gounasse, les SECK à Thiénaba, les SALL à Louga. Mais sans doute la famille la plus emblématique est celle des M’BACKé à Touba et ses environs. Parmi les 36 associations religieuses reconnues, aucune n’opère dans le domaine social ou culturel, mais elles organisent des chants religieux à longueur d’année et perturbent parfois gravement le sommeil des voisins.

Il a été reconnu à Cheikh Ahmadou son intégrité et sa grande probité. Il a tenu à rester à l’écart des Européens. Charitable et désintéressé Bamba ne s’intéressait qu’aux affaires spirituelles. Il recommande aux Mourides de se détacher des biens de ce bas monde en les abandonnant par la charité au Seigneur, c’est la meilleure façon de ne pas succomber aux tentations. Il est à noter que dès le départ, son frère Cheikh Anta avait une grande proximité avec les milieux d’affaires. Considéré comme le «mauvais génie» de la famille, Cheikh Anta a été surnommé le «caissier du mouvement». Il a noué des relations étroites avec des hommes politiques, des agents d’affaires et des commerçants. Cheikh Ibra FALL, a donné naissance aux Baye Fall qui seraient presque des hérétiques ne pratiquant pas le jeûn.

Plusieurs autres dérives, mais qui sont le fait des gouvernants, qui pour conforter leur pouvoir, ont recherché l’appui de la communauté mouride. Ainsi, Léopold Sédar SENGHOR, un président chrétien (1960-1980) avait bénéficié du double soutien des Tidjanes et des Mourides. Le président Abdou DIOUF (président de 1981 à 2000, voir mon post), face à un scrutin difficile, avait sollicité lors des élections présidentielles 1988 le N’Diguël, (une consigne de vote) auprès des Mourides. Son amitié avec Abdou Lahad est bien connue de tous. «Originellement, le N’diguël, c'est une injonction, c'est plus fort qu'un ordre. Dans la confrérie mouride, lorsque quelqu'un s'y inscrit pour la première fois, il s'agenouille devant le marabout et lui dit “ je vous confie ma vie ici et dans l'au-delà”. A partir de ce moment-là, vous êtes sous la tutelle du marabout. C'est lui votre tuteur, ici et ailleurs. Il est donc en droit de vous donner des injonctions. Et vous, vous êtes dans une logique d'obéissance absolue à toute injonction qu'il vous donne» écrit Djibril DIAKHATE, un sociologue. Durant sa magistrature, maître Abdoulaye WADE (président de 2000 à 2012, voir mon post) a multiplié les signes d’appartenance au Mouridisme. Il est même allé se prosterner devant le chef religieux mouride, puis il s’est s’agenouillé, baissé la tête et tendu les mains pour recueillir les bénédictions de celui-ci. Ce qui avait soulevé d’importantes polémiques autour de la laïcité. «Je suis allé à Touba en disciple mouride, et non en ma qualité de chef de l’État» avance-t-il, sans convaincre. Le président de la République étant un symbole de l’Etat, cette attitude a marqué les esprits. En 2012, les campagnes électorales de Macky SALL et Abdoulaye WADE ont démarré à Touba ; ce qui constitue une sollicitation implicite du N’Diguël. Sous Macky SALL (président depuis 2012), le référendum du 20 mars 2012 sur les institutions (voir mon post) avait soulevé de vives passions. Certains Mourides lors des prêches du vendredi avaient appelé à voter contre ce projet de loi constitutionnelle réformant les institutions. Dans ces législatives du 30 juillet 2017, le président Macky SALL, en homme politique avisé, s’est attaché du soutien des Mourides les plus populaires.  Christian COULON, dans son ouvrage «Le marabout et le prince» a résumé cette transgression de l’héritage de Cheikh Ahmadou Bamba «si nous voulons comprendre le politique dans les différents lieux où il s’inscrit, il faut renoncer à voir dans le sacré un discours immature, piégé et archaïque. L’islam sénégalais donne sa substance et sa forme au politique, (…) parce que les Sénégalais ont trouvé en lui la parole qui semblait convenir à leurs expériences, à leurs problèmes et à leurs espoirs, justement parce que sa plasticité offrait une gamme extraordinaire de système d’action et d’interprétation». M. COULON nous invite donc à réintroduire la culture islamique dans le champ d’analyse de la Politique.

Depuis que notre guide spirituel nous a quittés, les données ont changé. L’arachide contrôlée par le colon, mais maintenant marginalisée dans l’économie mondiale, va céder sa place au pétrole et au gaz. Le peuple sénégalais aspire, plus que jamais, à maîtriser davantage son destin, et pour une répartition équitable de ces nouvelles richesses. Dans ces conditions, le nationalisme et le Mouridisme, tels que le concevait Cheikh Ahmadou revêt toute son importance. Par conséquent, il faudrait redonner au Mouridisme son message initial, celui que lui avait conféré Cheikh Ahmadou Bamba, un appel pour l’éthique et la morale, pour un monde de paix, d’amour pour le Bien souverain et de justice sociale, pour un Sénégal indépendant et prospère, dans la compassion et la bienveillance, notamment pour les exclus. En définitive, et pour ma part, Cheikh Ahmadou Bamba BA, n’appartient pas seulement qu’à la communauté Mouride, il fait désormais partie du patrimoine culturel et religieux de l’ensemble du Sénégal. J’espère qu’en 2027, lors du 100ème anniversaire de sa disparition, l’ensemble des Sénégalais, qu’ils soient croyants ou non, lui rendront un hommage exceptionnel. Paix soit Cheikh Ahmadou Bamba BA, et «A Diaraama !».

Bibliographie sélective :

1 – Contribution de Cheikh Ahmadou Bamba

1 - 1 Ouvrages généraux

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou Bamba), Le Wird Mouride (Ma’Houz), traduction Serigne Sam M’Baye, Dakar, Drouss, Lectures numériques Mourides, 2013, 45 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou Bamba), Les itinéraires du paradis, traité du soufisme (Massalik Al Jinan), traduction Serigne Sam M’Baye, Dakar, Drouss, Lectures numériques Mourides, 136 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), La prière sur la mer, par Serigne Sam M’Baye, traduit et transcrit par Papa Sall, préface de Mody Niang, Dakar, 1995 et 2014, 73 pages ;

 M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Les verrous de l’Enfer et les clés du Paradis (Maghâliqu-N-Nîrân wa Mafâtihul Jinan, Perfectionnement spirituel), par Serigne Saam M’Baye, Dakar, non daté, 14 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Traité de théologie, de jurisprudence, de perfectionnement spirituel (Tazawwudu-Sh-Shubban, le viatique de la jeunesse), traduction de Serigne Sam M’Baye, Dakar, 44 pages.

2 – 2 - Poésie

 M’BACKE (Cheikh, Ahmadou Bamba), Recueil des poèmes en sciences religieuses de Cheikh Ahmadou Bamba : Tazauwud As-Sagar, le joyau précieux, le viatique des adolescents, 1989, vol 1, 462 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Poèmes : Gabd al-qulub, Dakar, éditions Hilal, 42 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Poèmes : Innani Houztou, Dakar, éditions Hilal, 23 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Poèmes : Innani Houztou, traduction d’Amar Samb, Dakar, éditions Hilal, 23 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Poèmes : Jaawartou, Dakar, éditions Hilal, 1976, 14 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Poèmes : Sabhoune Taqi Nafahani, traduction d’Amar Samb, Dakar, éditions Hilal, 16 pages ;

M’BACKE (Cheikh, Ahmadou, Bamba), Poèmes : Wajjhatou, traduction d’Amar Samb, Dakar, éditions Hilal, 16 pages.

2 – Critiques de Cheikh Ahmadou Bamba

ARNAUD (Robert), «L’islam et la politique française en AOF», Afrique française, Renseignements coloniaux, 1912, pages 3-20 et pages 115-154 ;

BA (Oumar), Ahmadou Bamba face aux autorités coloniales (1889-1927), Dakar, Archives du Sénégal, 1982, 250 pages ;

BA (Oumar), Cheikh Ahmadou Bamba et la France, Verf, 1932, 32 pages ;

BABOU (Cheikh Anta), Le Jihad de l’âme, Ahmadou Bamba et la fondation de la Mouridiyya au Sénégal (1853-1913), Paris, Karthala, 2011, 348 pages ;

BAVA (Sophie) et GUEYE (Cheikh), «Le grand Magal de Touba. Exil prophétique, migration et pèlerinage au sein du mouridisme», Social Compass, 2001, vol. 48, n°3, pp. 421-438 ;

BOURLON (Abel), «Les Mourides et le Mouridisme», L’Afrique et l’Asie, 1959, n°46, pages 10-30 ;

CRUISE (O’Brien Donald), «Le taalibé mouride : la soumission dans une confrérie religieuse sénégalaise», Cahiers d’Etudes Africaines, 1970, vol X, n°40, pp. 562-578 ;

COMPANS (Jean), Les marabouts de l’arachide : la confrérie mouride et les paysans du Sénégal, Paris, L’Harmattan, 1980, 280 pages ;

COULON, (Christian), Le marabout et le prince, Islam et pouvoir au Sénégal, Paris, CNRS, Pedone, 1981, 317 pages ;

COUTY (Philippe), «Les Mourides et l’arachide du Sénégal», Revue Tiers-Monde, 1982, vol 23, n°90, pages 311-314 ;

DIEYE (Abdoulaye), L’exil de Cheikh Ahmadou Bamba en Mauritanie, Ecole du Vénéré Maitre, Cercle Islamique des Mourides de l’Océan Indien, 2001, 144 pages ;

DUMONT (Fernand), La pensée religieuse de Amadou Bamba, fondateur du Mouridisme, Paris, L’Harmattan, 1975, 376 pages ;

GUEYE (Cheikh), Touba, capitale des Mourides, Paris, Karthala, 2002, 536 pages ;

JUILLET (Alain), Cheikh Ahmadou Bamba : le Mouridisme, Touba et Diourbel, le Sénégal, éditions Alain Juillet 2008, 67 pages ;

M’BACKE (Béchir, Sérigne), Les bienfaits de l’éternel, ou, la biographie de Cheikh Ahmadou Bamba M’Backé, Dakar, IFAN, Cheikh Anta Diop, 1995, 439 pages ;

 M’BACKE (El Hajj, Alioune), Vie et enseignements du Cheikh Ahmadou Bamba : maître fondateur de la voie mouride, Al-Bouraq, 1998, 336 pages ;

MARTY (Paul), L’Islam au Sénégal, Paris, Ernest Leroux, 1917, vol 1, chapitre 5, pages 219-232 ;

MONTEIL (Vincent), «Une confrérie musulmane : Les Mourides du Sénégal» Archives de sociologie des religions, 1962, 14, pages 77-102 ;

NEKKACH (Lucien, lieutenant), Le Mouridisme depuis 1912, Saint-Louis 1952, rapport dactylographié ;

ROBINSON (David), TRIAUD (Jean-Louis), Le temps des marabouts : itinéraires et stratégies islamiques en Afrique Occidentale Française 1880-1960, Paris, Karthala, 2012, 584 pages ;

SAMB (Mustapha), Ahmadou Bamba : le missionnaire universel, Paris, Nègre international éditions, 2010, 138 pages ;

SOW (Cheikh, Mar), La pensée de Cheikh Ahmadou Bamba face aux défis africains, Paris, L’Harmattan, 2016, 235 pages ;

SY (Cheikh Tidjane), L’odyssée extraordinaire du soufi Ahmadou Bamba, fondateur de la confrérie du Sénégal des Mourides, Congrès internationales des Africanistes, 1967, 27 pages ;

THIAM (Médoune), Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du Mouridisme : 1850-1927, Imprimerie Nationale Patrice Lumumba, 1964, 32 pages ;

THIOUNE (Birahim), Cheikh Ahmadou Bamba, 1895, destination Mayumbé et Lambaréné, les discours coloniaux de l’exil, Paris, Dakar, L’Harmattan du Sénégal, 2016, 76 pages ;

WADE (Abdoulaye), La doctrine économique du Mouridisme, Paris, L’Interafricaine éditions, 1970, 35 pages ;

WADE (Madiké), Le destin du Mouridisme, éditeur non précisé, 337 pages ;

WANE (Colonel, Birane), L’islam au Sénégal, le poids des confréries, l’émiettement de l’autorité spirituelle, Thèse de sociologie et d’anthropologie, sous la direction de Papa Samba Diop et Boubacar Ly, Université de Paris-Est, 2010, 280 pages, spéc pages 152-157 et pages 213-234.

Paris, le 2 juillet 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Cheikh Ahmadou Bamba (1852-1927), le guide spirituel des Mourides, pacifique et subversif», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 14:39

L’objectif du festival, à l’initiative du collectif Mwasi programmé au 14 avenue Parmentier, dans le 11ème arrondissement, dans des locaux appartenant à la ville de Paris : "Nous voulons construire des stratégies et des solidarités durables, et pour cela il est important de se rencontrer, pour partager, échanger, faire avancer nos combats. Pour cette première édition nous avons choisi de mettre l’accent sur l’organisation de nos résistances en tant que mouvements afroféministes". NYANSAPO, est un adinkra (symboles visuels, créés par les Ashanti du Ghana et les Gyaman de la Côte d'Ivoire) qui signifie nœud de la sagesse, ingénuité, intelligence. La capacité de choisir le meilleur moyen pour atteindre son but, utiliser la connaissance et l'expérience à des fins pratiques. Le festival est divisé en quatre parties :

  • Espace non mixte : femmes noires (80% du festival) : débats et construction d'une stratégie et d'un agenda politiques, groupes de paroles, réflexions sur les théories afroféministes et care ;
  • Espace non mixte personnes noires : Réflexions autour de la communauté noire, et les luttes afros ;
  • Espace non mixte femmes racisées : Échanges sur les féminismes décoloniaux ;
  • Espace ouvert à tou.te.s : Tables rondes, showcases et expositions.

Ce sont ces espaces non-mixtes qui ont suscité les demandes du Front National et de la LICRA, relayées par la Maire de Paris d’interdiction de ce festival.

 

A la rencontre à la Sorbonne du 22 avril 2017, je n’avais accordé une attention particulière, à ces femmes revendiquant leurs orientations sexuelles de lesbiennes, Bisexuelles et Transexuelles, et recommandant contre l’excision, le droit de se masturber à haute dose. Leurs arguments et notamment l’exposé de Sabreen Al’Rassace, m’avaient paru si simplistes et radicaux, que je me suis dit, il ne fallait pas leur prêter plus d’importance qu’elles n’en valaient. En effet, elles soutenaient que si les femmes étaient victimes de violences, notamment de l’excision et le mariage forcé, c’est à cause du colonialisme. Et comme elles le disaient à la Sorbonne, qui avait accueilli en 1957, à l’invitation d’Alioune DIOP, un colloque mondiale des artistes et écrivains noirs, j’étais rassuré, à l’idée que la France est un grand pays de liberté ; on tolère presque tout. La liberté d’expression est largement protégée dans ce pays. C’est au nom de cette liberté d’expression que le pays avait justifié les caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Naturellement, tout ce qui est excessif n’a pas de signification, je ne partage pas le point de vue de ces femmes noires. Je me bats pour le bien-vivre ensemble. Je me bats aussi, pour la tolérance, et à l’instar de ce que disait François-Marie AROUET, dit Voltaire : «Je ne partage pas vos idées mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous puissiez les exprimer».

 

Aussi, quand j’ai entendu que le Front National souhaite dans cette affaire imposer à nouveau son diktat et qu’il a été appuyé et conforté dans cette initiative, par un attelage surprenant, par le président de la LICRA et la Maire de Paris, j’ai sauté jusqu’au plafond. Comment ceux qui étaient censés défendre les libertés s’associent-il avec le Diable incarné ? Pourquoi on s’empresse si vite à massacrer une seule catégorie de personnes, les Français issus de l’immigration ?

M. Alain JAKUBOWITZ, président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, qui ne défend que sa communauté, s’illustre, paradoxalement par certaines de ses déclarations à caractère raciste. Ainsi, dans l’affaire Théo, un jeune noir, à l’occasion d’un contrôle au faciès, que M. Omar SY, Yannick NOAH et Eric CANTONNA, qui défendaient ce jeune dans une tribune de Libération : «c’est des noms pas très français». M. Alain JAKUBOWITZ a presque excusé au bénéfice du doute les déclarations honteuses de ce représentant syndical policier expliquant que “bamboula, ça reste convenable”, puis celles cet ancien avocat général près la cour d’appel de Paris, M. Philippe BILGER, disant que «bamboula», c’était, dans sa jeunesse, «un terme affectueux». Par ailleurs, pour M. JAKUBOWITZ, particulièrement hostile aux musulmans de France, il faudrait "reprendre le combat contre cette imposture qu'est le concept d'islamophobie».

La LICRA a longtemps compté comme membre de son «comité d'honneur» Alain FINKIELKRAULT, un négrophobe et raciste assumé, comme membre de son bureau exécutif elle compte des habitués des propos racistes. La LICRA n’a jamais songé à interdire d’antenne ni Alain FINKIELKRAULT, ni Eric ZEMMOUR qui déversent à longueur de journée des insanités sur les Noirs. La LICRA invite à ses rencontres des personnalités ouvertement racistes : «Ces chiens de Roms, vont jusqu’à vendre leurs enfants. Qu’on ne vienne pas me traiter de raciste, c’est trop facile» écrit Jean-Paul NEY, un membre de la LICRA. Ou encore dit Jean-Paul NEY, «Les petits Noirs racistes, des imbéciles heureux. Faut leur parler leur langue, ils comprennent». Finalement dans sa défense de l’égalité de M. JAKUBOWITZ, on sent deux poids, deux mesures. En sa qualité d’un mouvement qui combattrait le racisme et l’antisémitisme, le tri sélectif de M JAKUBOWITZ est inacceptable et relève du manichéisme qui discrédite son organisation. L’intolérance, d’où quelle vienne mériterait d’être condamnée, sans réserve. Nous devrions être solidaires contre toute forme d’intolérance ou d’extrémisme, d’où qu’elle vienne.

 

Faisant suite aux pressions du FN et de la LICRA, Mme Anne HIDALGO, maire de paris, envisage de demander au Préfet de police de Paris d’interdire cette manifestation. Les mouvements politiques traditionnels ont-ils réellement songé à interdire le Front National, dont l’idéologie et les principes politiques, sont manifestement contraires aux principes républicains, notamment d’égalité ?

 

Le groupe ethnique majoritaire, nos ancêtre les Gaulois, pratique largement l’entre-soi, et donc l’exclusion, de fait des autres groupes ethniques. Dans certains départements, comme la Seine-Saint-Denis, la mixité est devenue un leurre. Dans les lieux de décisions, notamment, la haute administration parisienne ou le conseil de Paris, alors que Paris compte plus de 116 nationalités, comment se traduit la représentation de la diversité ? Dans les années 80, presque la totalité des éboueurs parisiens étaient des Noirs, originaires notamment du Mali. Vous constaterez «une théorie du remplacement», ce sont nos ancêtres les Gaulois qui occupent ces postes, même peu qualifiés, dans notre belle capitale.

 

A Paris et dans d’autres villes, où les demandes de permis de construire des mosquées sont systématiquement attaquées, bloquées et retardées indéfiniment, au nom du principe de la laïcité, d’autres communautés construisent des lieux de culte, des écoles et crèches confessionnelles, à grands coups de subventions Ainsi, à Paris, les crèches et écoles construites un mouvement religieux intégriste, les Loubavitch, sont massivement subventionnées avec les deniers des Parisiens. A ce que je sache, aucun Gaulois, encore moins un Noir, Arabe ne peut y envoyer ses enfants. La ségrégation y est de rigueur.

Dans l’affaire Brahim BOUARRAM jeté dans la Seine, aucun dignitaire du Parti socialiste socialiste digne de ce nom, n’est venu, jusqu’à sa présent honorer le 1er mai, ce martyre. C’est le président MACRON qui est venu pour la première fois, le 1er mai 2017 au Pont du Carrousel. Depuis le 1er mai 1996, à l’initiative de M. Mouloud AOUNITT, d’Aubervilliers aujourd’hui décédé, nous n’étions que quelques personnes présentes à cette cérémonie.

Finalement, la classe politique traditionnelle, affirme de beaux principes républicains, de belles déclarations sur l’égalité. Mais dans les faits, l’égalité réelle, pour les Français issus de l’immigration est loin d’être la préoccupation principale. Quand il y a une grave distorsion entre la parole et les actes, cet ordre ancien est condamné à périr en raison de ses dissimulations, de son double discours et de ses mensonges. C’est une démarche coloniale qui relègue certains citoyens de la République au rang d’indigènes de la République. C’est pour cette raison que le candidat Emmanuel MACRON, avait eu raison de qualifier la «colonisation de crime contre l’humanité». Chaque jour l’injuste continue sous des formes sournoises et hypocrites. Une partie de la communauté française s’est vite organisée et en prétendant que ce concept de «crime contre l’humanité» ne pouvait être réservée qu’à l’holocauste. Mais de quel droit les souffrances de certains seraient plus légitimes que celles des autres, à moins d’établir une hiérarchie inacceptable entre les individus ?

 

Christiane TAUBIRA nous a raconté le comment diverses forces obscures avaient tenté de mettre en échec, au nom de l’exclusivité de la souffrance, son projet de loi qualifiant l’esclavage de «crime contre l’Humanité».

En définitive, je préfère le bien-vivre ensemble. Dans cette polémique stérile et dangereuse, on a donné à ce groupe féministe marginal, une publicité qu’elles ne méritaient pas. L’extrémisme est une voie sans issue. La seule orientation qui vaille, c’est la solidarité de tous les Républicains, quelles que soient leurs origines ethniques, contre la montée de l’intolérance. Nous avons en commun, au-delà de nos différentes apparentes, les valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et du bien-vivre ensemble.

Pourquoi, pendant tous ce septennat de M. HOLLANDE ces polémiques oiseuses sur les détails vestimentaires (Burqa, Burkini) comme si la laïcité était devenue une arme de guerre contre tous les musulmans ? Pourquoi ce funeste projet de déchéance de la nationalité, comme s’il y avait deux catégories de citoyens ?

Il ne faudrait pas confondre intégration et assimilation. Chaque groupe ethnique a droit de vivre en accord avec ses principes, pourvu de ne pas troubler l’ordre public ou vouloir imposer ses règles aux autres. Par conséquent, le bien-vivre ensemble n’a de sens que si le groupe ethnique majoritaire, en l’espèce nos Ancêtres les Gaulois, n’impose pas son diktat aux autres. C’est ainsi que dans les conquêtes démocratiques, divers groupes ethniques, tout en respectant les lois générales, ont pu affirmer leur identité. C’est le cas d’abord des ouvriers, à travers les syndicats et les partis de Gauche, pour défendre des conquêtes sociales, puis des Femmes blanches, pour le droit de vote et la parité, des jeunes, enfin des Gays et lesbiennes, des handicapés, etc. Dans ces conditions vouloir réprimer, systématiquement et sans discernement, les revendications des Français issus de l’immigration, les ravaler au rang de citoyens de seconde zone, c’est avoir une démarche ségrégationniste et colonialiste, qu’il faut condamner.

A travers, cette initiative du 1er festival Afroféministe, ces femmes d’origine africaines revendiquent leur homosexualité et souhaitent faire le point entre elles des conditions de leurs existences et de leur liberté. Avant 1981, l’homosexualité était un délit. Aujourd’hui, dans Paris, et au Marais, on a des bars presque réservés à ces populations. Lors de la campagne des municipales à Paris, certains esprits étriqués disaient que jamais un Gay ne pourrait être Maire de Paris, et pourtant M. DELANOE a été un exceptionnel maire de Paris, dont Mme HIDALGO est l’héritière.

J’invite les organisations noires, comme le CRAN, à réorienter leurs actions vers des actions plus fondamentales pour l’égalité réelle, la justice sociale et la solidarité avec tous, et à aider à ramener le débat sur le terrain républicain sur les valeurs qui nous réunissent et non celles qui divisent. Chaque citoyenneté et notamment les Français issus de l’immigration, devrait abandonner le repli sur soi et réinvestir les combats nobles pour les valeurs républicaines contre cette intolérance qui ne cesse de nous diviser, au point de douter de nous-mêmes.

«Le problème du XXème siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs» avait prédit un intellectuel américain (voir mon post) W.EB du BOIS. A l’aube du XXIème siècle on continue à renvoyer les citoyens Français issus de l’immigration à leurs origines ethniques. Pour ma part la ligne de partage reste et restera entre les gens sincères et non pas hypocrites, de Bien, ceux qui luttent résolument contre la montée du Front National et la lépenisation des esprits qui gangrène l’esprit des Républicains. Il y a le Bien souverain et le Mal. Rejetant toute forme de sectarisme, solidaire avec tous les exclus et ceux qui souffrent : «J’ai décidé d’opter pour l’Amour. La haine est un fardeau trop lourd à porter» disait Martin Luther KING.

Paris, le 3 juin 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Faut-il interdire le 1er Festival Afroféministe dit NYANSAPO Fest, organisé à Paris du 28 au 30 juillet 2017 ?», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Faut-il interdire le 1er Festival Afroféministe dit NYANSAPO Fest, organisé à Paris du 28 au 30 juillet 2017 ?», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 14:28
 
Quand j'étais étudiant, et que je résidais à la rue des Boulangers dans le 5eme arrondissement à Paris, j'avais un médecin traitant à la rue Monge, juste à côté de chez moi.
 
Toujours attentif, à l'écoute et particulièrement bienveillant, pendant les moments de dèche, je ne sais pas comment il l'avait deviné il ne me faisait pas payer la consultation.
 
Et voilà que plus tard de 22 ans plus tard je le rencontre, par hasard, à l'avenue des Gobelins dans le 13ème arrondissement.
 
Je voudrais que vous puissiez admirer le visage incarné de cette France tolérante et généreuse.
 
Le billet d'Erik ORSENNA dans le journal Le Monde dénonçant l'attitude méprisante du gouvernement de JOSPIN qui avait boudé les obsèques du président poète sénégalais, Léopold Sédar SENGHOR, un grand défenseur de la langue française et ami inconditionnel de la France, m'avait rassuré ce pays grand et ses humanistes. On voyait bien déjà que les partis traditionnels étaient à côté de la plaque, et bien avant le phénomène MACRON, ils représentaient déjà l'ordre ancien. Derrière leur arrogance et leur mépris, ils avaient déjà creusé une tombe qui ensevelira leurs privilèges.
 
Je me suis enthousiasmé pour Maurice DELAFOSSE, un éminent africaniste (voir mon post) administrateur colonial en Côte d'Ivoire et au Sénégal, qui a été persécuté en raison de sa défense pour les cultures traditionnelles africaines. J'ai été subjugué par l'itinéraire d'Albert SWCHEITZER, un médecin et musicologue (voir mon post), promu à un brillant avenir, qui a tout abandonné pour se consacrer aux lépreux dans l'Ogoué, au Gabon.
 
Le monde du travail peut etre parfois violent, pourtant j'en avais connu des maires, une DGS, une DGA, des collègues de bureau, qui se passionnaient pour les autres de façon désintéressée.
 
Les immigrés sont souvent pourchassés et stigmatisés et criminalises cependant j'en ai vus des Européens les défendre sans relâche. J'ai observé aussi le peu d'enthousiasme de la diaspora à s'investir dans ces secteurs.
 
Cependant, l'attitude de ce médecin resté dans l'anonymat, m'a touché. En effet, la relation avec le médecin est fondée avant tout la confiance. Et s'il ajoutait de la compassion et de la bienveillance, face à un monde où l'étroitesse d'esprit ne cesse de se développer, au mettre en cause l'accord climat de Paris concernant l'humanité entière. Vous comprenez pourquoi l'émotion m'a submergé de revoir ce médecin au grand coeur.
 
Finalement, le manichéisme et la simplification devraient être abandonnés. Le monde oppose, en fait, deux catégories d'individus : ceux qui sont partisans du Bien souverain et qui ceux qui éprouvent une jouissance secrète à faire du Mal aux autres et qui abusent parfois de leur pouvoir. Aux seconds, je les plains, ils doivent aller consulter, sans tarder, un médecin. Ils doivent être bien malheureux, le matin quand ils s'observent devant leur miroir et contemplent l'étendue des dégâts qu'ils ont commis, bêtement et méchamment, sans aucune justification particulière. Et aux premiers, ils expriment leur vrai sens de notre mission ici bas : se rendre utile à soi-même, à sa famille et aux autres. En effet, l'amour restera toujours plus fort que la haine.
 
Paris, le 27 mai 2017, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
"Un médecin au grand coeur" par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 15:49

Pelé, c’est l’incroyable ascension de la légende du football, qui, grâce à un style hors norme et à force de détermination, triompha de tous les obstacles, pour devenir l’inspiration d’un pays tout entier, et le changer à jamais. Pelé a forcé le destin et en rompant les chaînes de son enfance dans les favelas, avec son entrée dans le club du FC Santos, son talent le mènera jusqu’à la Coupe du Monde 1958 où, alors âgé de 17 ans seulement, il marqua le but décisif qui couronna le Brésil du titre mondial. Sacré joueur du XXe siècle par la FIFA, meilleur joueur de la Coupe du Monde 1970, Pelé a disputé 831 matches officiels pour 767 buts. Selon la FIFA, qui comptabilise également tous ses matches amicaux, il aurait disputé 1363 matches et inscrit 1281 buts (dont 6 quintuplés, 30 quadruplés et 92 triplés). En Coupe du Monde, Pelé a marqué 12 buts en 14 matches et a inscrit au moins 1 but lors de 4 éditions. Pélé a gagné 3 fois la Coupe du Monde en 1958, 1962 et 1970. Pélé a débuté pour FC Santos en 1ère division à 16 ans et a joué pour la Sélection brésilienne à 18 ans, inscrivant un but à son premier match le 7 juillet 1957. L’année suivante en Coupe du Monde à Stockholm, en Suède, il était le plus jeune participant, le plus jeune buteur er le plus jeune vainqueur. A la coupe du monde en 1958, en Suède, Pelé marqua 3 buts en demi-finale contre la France et 2 en finale, contre le pays hôte, la Suède. Un an après ce titre, en 1974, après 18 ans avec le FC Santos, à 34 ans, il se retira du football international. Mais il ne put résister à l’appel du Cosmos de New York, pour lequel il joua pendant 3 saisons : il fut une des raisons qui assurèrent le développement du football en Amérique du Nord.


Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, né le 23 octobre 1940 à Três Corações, est un footballeur brésilien évoluant au poste d'attaquant et de meneur de jeu du milieu des années 1950 au milieu des années 1970. Le football est devenu son métier, et ce métier l’a changé comme joueur et comme homme. Pelé est un enfant pauvre des favelas qui a réussi à s’en sortir. «Si je ferme les yeux, je peux encore voir mon premier ballon de football. En fait, il s’agissait d’une simple boule de chaussettes nouées ensemble, que mes copains et moi, «empruntions» sur les cordes à linge de nos voisins. (…) Nous étions fous de football et trop pauvres à nous payer autre chose. Et, puis les chaussettes retrouvaient toujours leur propriétaire légitime, peut-être un peu plus sales que lorsque nous les avions prises», dit Pelé dans son autobiographie, «Ma vie de footballeur».

 

Le football a changé depuis la Coupe du monde de 1950, qui a eu lieu au Brésil quand Pelé avait neuf ans. Ainsi, en 1958, les Brésiliens ont dû attendre, parfois un mois, pour voir au cinéma les images de la finale entre le Brésil et la Suède : «Je m’émerveille aussi, dans l’ensemble, que le monde ait évolué pour le mieux. Comme pauvre garçon noir de la campagne brésilienne qui a grandi en tapant dans une boule de chaussettes. (…). Le football rassemble les communautés, et en donnant aux gosses défavorisés, comme moi, un but et une source de fierté, et a permis de rendre le monde quelque peu meilleur» dit Pelé. Alors qu’il avait 9 ans, sa petite ville de Bauru perchée sur le plateau de l’intérieur de l’Etat de Sao Paulo, semblait éloignée à mille lieues des plages prestigieuses de la capitale, Rio, où se déroulait la coupe du monde de 1950. A cette époque, Pelé n’avait jamais vu l’océan, encore moins une fille en bikini. Le Brésil où vit la plus grande communauté de la Diaspora en dehors de l’Afrique (plus de 80 millions de Noirs), est un pays marqué par de très fortes inégalités, une vraie fracture sociale. En effet, le Brésil, généreux par bien des aspects, riche de son or et de son pétrole, de son café et de ses nombreux trésors, est composé de deux pays parfaitement opposés. D’un côté les magnats et politiciens de la capitale, Rio, avec leurs belles demeures à la française, leurs hippodromes et les vacances à la mer, de l’autre, près d’un Brésilien sur deux ne mangeait pas à sa faim. Un sur trois ne savait pas lire correctement. «Mon frère, ma sœur et moi, faisions partie de la moitie de la population qui allait nu-pieds. Ces inégalités étaient ancrées dans notre politique, notre culture et notre histoire» dit Pelé.


 

Pelé a été fortement impression par sa rencontre avec Nelson MANDELA : «Parmi toutes les célébrités que j’ai eu l’honneur de croiser (des papes, des présidents des rois, des stars d’Hollywood) aucune ne m’a plus forte impression que lui» dit Pelé. Nelson MANDELA a interpellé Pelé en ces termes : «Ici, en Afrique du Sud, il y a tant d’ethnies différentes, qui parlent bien des langues différentes, mais vous au Brésil, vous possédez toutes les richesses et une seule langue, le portugais. Alors pourquoi votre pays n’est pas riche ? Pourquoi votre pays n’est-il pas uni ?». Pelé comprendra, avec du recul, le sens de cette question. En effet, le football a un pouvoir magique d’unifier un peuple, ne serait-ce que le temps d’un match, «le pouvoir de nous réjouir ensemble, de souffrir ensemble, comme une seule nation» dit Pelé.

 

Pelé voue une grande admiration à son père qui était également passionné du football. «J'ai toujours eu une philosophie que je tiens de mon père. Il avait l'habitude de dire : "Écoute. Dieu t'as donné le don de jouer au football. C'est un cadeau de Dieu. Si tu fais attention à ta santé, si tu es tout le temps en bonne forme, avec ton cadeau de Dieu, personne ne t'arrêtera. Mais tu dois être prêt» dit-il. En effet, son père, Joao Ramos do Nascimento dit Dondinho, originaire d’une petite ville de l’Etat de Minas (mines générales), d’où provenait une grande partie de l’or du Brésil, a rencontré sa mère, Céleste, alors âgée de 15 ans, quand il faisait son service militaire. Ses parents l’ont surnommé Thomas EDISON, car en 1940, c’est l’année de la première ampoule électrique dans sa ville. Son père voulait devenir footballeur professionnel. Mais au cours d’un match, son père a percuté un défenseur adverse ; ce qui jeta sa famille dans le dénuement le plus complet. «Mon frère (Jair), ma sœur (Maria) et moi portions des vêtements d’occasion, parfois cousus dans des sacs pour transporter le blé, et nous n’avions pas d’argent pour acheter des chaussures. Certains jours, la seule chose que maman pouvait nous donner à manger, c’était un morceau de pain avec une tranche de banane. (…) Quiconque a été aussi pauvre, vous dira que cette incertitude, cette peur, une fois qu’elle prend possession de vous, est une pensée glaçante qui ne vous quitte jamais» dit Pelé. Sa famille déménagea à Bauru, en Amazonie. Cette ville est un melting-pot «le football nous faisait oublier nos différences» dit Pelé. «Bauru est une belle leçon d’ouverture au monde, qui a éveillé, très tôt chez moi, un appétit des cultures différentes» précise Pelé. Les conditions de vie de sa famille s’améliorèrent un peu. En effet, son père a trouvé un emploi à l’épicerie générale. En semaine, il travaillait comme commis pour faire le café et le servir, livrer du courrier. Le week-end, il faisait du football à l’Atletico Clube (BAC). Dans la ville de Bauru, tout le monde connaissait son père et l’appréciait, mais à quoi être bon être célèbre si on ne peut pas nourrir, décemment sa famille ?

 

Aussi, son père a placé sous ses espoirs en lui, et lui a appris tous les rudiments du football. «Sur le terrain, quand il était en forme, mon père laisser entrevoir le génie qui l’avait autrefois mené, si près de la victoire» dit Pelé. Cependant et contrairement à son père mesurant 1m82, Pelé reconnaît qu’il fallait compenser son absence d’ascendant physique sur le terrain : «Comme je ne pouvais pas pousser les autres joueurs hors de mon chemin ou sauter plus haut qu’eux, il a fallu simplement que je sois le plus doué. J’ai dû apprendre à faire du ballon un prolongement de moi-même» dit-il.

 

Sa mère, Dona Celeste, redoutait de voir son fils devenir footballeur, à l’époque les salaires des sportifs étant misérables. Pour sa mère, le football serait une impasse, un chemin direct vers la grande pauvreté. «Pour ma part, je n’ai jamais rien ressenti de tel. La simple vérité, c’est que j’aimais le football. J’adorais le contact du ballon sur mon pied, le soleil sur mon visage, la camaraderie du bon travail d’équipe, l’électricité qui courait dans mes veines quand je marquais un but. Par-dessus tout, tout j’aimais le temps passé avec mon père» écrit Pelé. Cet amour du football, est pour Pelé comme une «religion, une langue maternelle». Pelé ne fréquente guerre l'école étant enfant, préférant taper dans un ballon. S’agissant de l’école, justement, «sur ce terrain-là, je dois avouer que mes performances étaient loin d’être aussi remarquables. Mon enthousiasme pour le football faisait de moi un élève difficile et souvent rebelle» confesse-t-il. Pelé réservait une bonne partie de son énergie au football : «C’est un endroit où l’on pouvait oublier la pauvreté ou la tragédie» écrit Pelé.


Les entrainements de son père finiront par porter leurs fruits. Pelé gagnait ses tournois avec ses amis avec scores élevés de 12-3 ou 20-6. Aussi, tous les enfants refusaient de jouer contre lui. Ses parents l’avaient surnommé «Dido», mais à cette époque, que ses amis le surnomment «Pelé».


«J’ai eu de la chance. Je dois beaucoup à beaucoup de gens qui m’ont aidé sur ma route. Je les remercie et je remercie aussi le football, ce jeu merveilleux, d’avoir permis à un petit garçon nommé Edson de vivre la vie de Pelé» dit le footballeur. Son talent ne reste pas longtemps dans l'ombre, il intègre dès ses 16 ans l'équipe du Bauru, et ce jusqu'en 1956. Il quitte alors sa famille et suit son mentor, l'entraîneur Waldemar de Brito, pour le club de Santos FC. Il devient alors joueur professionnel.


Son premier but officiel est marqué lors d'une rencontre amicale au sein de cette équipe. Au vu de son jeu dynamique et imprévisible, l'équipe du Brésil le repère et le fait jouer le 7 juillet 1957 contre l'équipe d'Argentine. L'équipe du Brésil le titularise dès le lendemain. Sa carrière est lancée, il gagne ses titres d'honneur en finissant meilleur butteur de l'Etat de Sao Paulo, ce qui lui donne son ticket d'entrée pour la Coupe du Monde en Suède. Quand Pelé fait des promesses, il s’y tient. Le 16 juillet 1950, le Brésil, pays hôte de la Coupe du Monde, s’incline en finale face à l’Uruguay. Certains auteurs, comme Filho Mario, dans son livre «Les Noirs dans le football», estiment que les Brésiliens mettaient cette défaite sur le compte de «l’infériorité raciale», et suivant cet auteur «une nation noire, avec des joueurs noirs, n’ira jamais loin», et comme par hasard deux joueurs noirs brésiliens étaient impliqués, malencontreusement dans les deux buts de l’Uruguay. Or, l’Uruguay est le seul pays qui avait recours massivement à des joueurs noirs depuis 1910. Pour Pelé, sur le terrain, il n’y avait pas de riches, de Noirs ou de pauvres, «il fallait juste jouer». La nation, meurtrie, et son père pleure à chaudes larmes. Pelé aussi. Face à l’incommensurable détresse paternelle, il prononcera la phrase suivante : "Je la gagnerai (cette coupe du monde), je te le promets".


 

Pelé est resté modeste et explique son succès en soulignant qu’en matière de football : «La tête parle au cœur et le cœur parle aux pieds». Pelé glorifie le travail et l’effort «Le succès ne vient pas par accident. C'est du travail intense, de la persévérance, de l'apprentissage, de l'étude, du sacrifice et plus que tout, c'est de la passion pour ce que vous faites ou ce que vous êtes en train d'apprendre». Il faut croire en son destin et se passionner pour la cause que l’on défend : «L'enthousiasme est tout. Il doit être tendu et vibrant comme une corde de guitare». Pelé rend surtout hommage à ses équipiers «Une équipe n'est pas faite d'individualités isolées. Il faut toujours rester dans le jeu, ne pas être passif. Le football est un jeu d'équipe, personne ne joue tout seul. Le succès dépend de toute votre équipe comme seule unité».

 

Pelé devenu une vedette mondial, est courtisé par tous les clubs, si bien que le Brésil le déclare en 2014, «trésor national non exportable». Cependant, Pelé disputant un nombre impressionnant de matchs, les blessures se sont accumulées avec les années, rendant la pratique du sport de plus en plus dangereuse. Il prend donc une retraite anticipée en 1977 et s'investit alors dans des causes humanitaires.


Pelé a cassé tous les codes raciaux au Brésil. En effet, il épouse en 1966 avec une blanche Rosemeri dos Reis Cholbi qui lui donne trois enfants, deux filles Kelly Cristina et Jennifer et un fils Edinho. Puis il rencontre Assiria Lemos Seixas qu'il épouse en avril 1994. En septembre 1996, ils acceuillent les jumeaux Joshua et Céleste. Depuis, Pelé partage la vie d'une chef d'entreprise d'origine japonaise, Marcia Cibele Aoki, de 25 ans sa cadette.


Bibliographie

WINTER (Brian), Pelé, ma vie de footballeur, Paris, 2013, école du loisir, 314 pages ;

GOMES (Daniel), Eduardo Galéano, Le football, ombre et lumière, Montréal, Lux éditeur, 2014, 310 pages ;

LEITE (Lopes José Sergio), FAGUER (Jean-Pierre). «L'invention du style brésilien [Sport, journalisme et politique au Brésil]», in Actes de la recherche en sciences sociales, juin 1994 vil 103, Les enjeux du football. pages 27-35 ;

 

FILHO (Mario Rodriguez), O negro no futebol brasileiro (Le Noir dans le football brésilien), préface de Gilberto FREYRO, 1947, Pongetti, 1947. Apud : WISNIK, José Miguel. Veneno remédio: o futebol e o Brasil, São Paulo, Companhia das Letras, 2008, 242 pages ;

RASPAUD (Michel), Histoire du football au Brésil, Paris, Chandeigne, 2010, 246 pages, spéc page 127-146.

Paris, le 13 mai 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Pelé, une gloire mondiale du football.
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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 18:38
Cet article a été publié dans Ferloo, édition du 1er mai 2017.
 
En cette veille de 2ème tour des élections présidentielles, le 1er mai 2017 revêt, plus que jamais, une dimension hautement symbolique, les digues sont tombées. Il faut sonner le tocsin et défendre plus énergiquement la République. Le 1er mai, censé être la fête du travail, a été accaparé par le Front National. Les syndicats partent en ordre dispersé, les consignes de vote de la France Insoumise, censée combattre le FN, ne sont pas claires. Et du même coup le poison du doute est semé. Pourtant, le Front de Gauche est régulièrement présent chaque 1er mai à l’hommage de Brahim BOUAARRAM. M. MELENCHON et Mme Eva JOLY étaient là en 2012. Cette année Danielle SIMONNET est encore présente. On a aussi retrouvé Monseigneur GAILLOT.
 
Il est grand de temps de sonner le tocsin. En effet le 1er mai 1995, Brahim BOUARRAM, un jeune d'origine marocaine de 29 ans, profitait d’une journée ensoleillée sous le Pont du Carrousel, en face du Louvre. Il ne savait pas que des militants du Front National allait le précipiter dans la Seine. Le Front National pour se dédouaner, avant l’idée qu’il s’agirait d’un phénomène isolé de Skinheads. Aujourd’hui, encore, on entend cette petite musique que le Front National serait sous Marine LE PEN, un parti respectable. Pourquoi donc cette terrible déclaration de Marine LE PEN sur le Vel d’Hiv ? Si le FN dans sa tentative de dédiabolisation a fondamentalement changé pourquoi ses dirigeants qui ont tenu des propos négationnistes ont été récemment limogés ?
 
Au-delà du vernis, l’idéologie du FN est fondamentalement stigmatisante, raciste et xénophobe. Mme LE PEN avance masquée en utilisant un message apaisant. Mme LE PEN prétend, en réaction contre l’ordre établi, défendre la France qui souffre et qui travaille, en gommant les aspérités et en vampirisant les mots et en phagocytant les mots de la France Insoumise et les idées de M. FILLON. En fait, le masque est tombé, dans ses 144 propositions, en faisant référence aux concepts de «préférence nationale», le Front a un projet politique inspiré des méthodes de l’Apartheid.
 
Il a distillé son venin dans la société française, à tel point que même les Républicains finissent par l’excuser au bénéfice du doute. Pourtant le FN a une conception ethniciste et colonialiste de la nationalité, et ne considère comme Français que l’ethnie dominante. Les Français issus de l’immigration, en particulier les Noirs et les Blancs, ne seraient que des étrangers, des indigènes de la République ou des citoyens de seconde zone, à qui on peut retirer la nationalité, au moins prétexte. On dit que le FN à changé. "Chassez le naturel il revient toujours au galop" dit un dicton français. On devrait graver dans le marbre dans la Constitution le respect, sous menace de dissolution, pour chasue parti politique, des principes républicains d'égalité de liberté et de fraternité.
 
Cette lepénisation des esprits a même gagné une partie de la Gauche, avec le projet funeste de HOLLANDE et VALLS sur la déchéance de la nationalité ainsi que l’interdiction du concert Black M. Dans son projet de 2017, Mme LE PEN envisage d’interdire le regroupement famille, non pas des Canadiens, Australiens ou Américains, mais toujours des Africains et des Arabes. Le FN veut aussi réserver l’emploi, la protection sociale ainsi que l’éducation des enfants aux nationaux. Lors des graves violences policières récentes, notamment le viol à la matraque de Théo, Mme LE PEN a dit que, par principe, en cas de bavure policière, elle est du côté des forces de l’ordre à qui elle va attribuer la légitime défense préventive. Dans ses meetings, les militants du FN ne cessent d’entonner «on est chez nous», ce qui est manifestement une revendication d’une idéologie fondamentalement raciste. Il ne faut jamais oublier que Marine LE PEN est l’héritière d’un parti de son père qui assume, ouvertement, les tortures en Algérie. Les jeunes générations doivent se souvenir des massacres d’Algériens en octobre 1961, jetés à la Seine, ni du massacre au métro Charonne. On se remémore aussi d'Ibrahim, ce jeune français d'origine comorienne tué a Marseille, en 1997, par un colleur s'affiche du FN.
 
La lepénisation des esprits est devenue une donnée majeure de la vie politique française. Le FN ne cesse de progresser à toutes les élections et son idéologie dépasse largement son camp. Pour la première fois, le FN a trouvé un allié, «Debout la France» de M. DUPONT-AIGNAN, dans un 2ème tour, et les amis de FILLON de «Sens Commun» sont fondamentalement d’extrême-droite. Et auparavant, le concept de «Droite décomplexée» de M. SARKOZY et de M. COPE ont fait tombé les digues, légitimé le racisme. Et libéré de manière inconsidérée la parole raciste. Par conséquent, la bête immonde a inoculé son poison dans une grande partie de la société française, à tel point que les électeurs non encartés s’interrogent s’il est opportun ou non d’aller voter à ce deuxième tour.
 
Ce 1er mai 2017, c’est la première fois qu’un candidat aux élections présidentielles, M. MACRON, est venu se recueillir devant la plaque à la mémoire de Brahim BOUARRAM. A l"initiative de Mouloud ANOUIT d'Aubervillers et maintenant décédé et depuis 1996, j’assiste à la commémoration de cet événement. Il n’y avait que quelques personnes. La ville de Paris a attendu 2003 pour poser cette plaque. J’avais interpellé M. DELANOE venu inaugurer la plaque pour le Quai François MITTERAND. Le parti socialiste qui dépose chaque année, à la sauvette, une gerbe de fleurs, est resté en retrait dans ce combat, le laissant caporalisé par des organisations gauchistes. La Gauche devrait se battre pour une hégémonie des idées républicaines.
 
Saïd, le fils de Brahim qui n’avait que quelques années en 1995, est devenu un adulte ; il habite le 19ème arrondissement et vient d’avoir une petite fille.
 
Cet assassinat de Brahim BOUARRAM peut se reproduire. Ce ne sont pas seulement les Skineads qui ont tué Brahim, il y a des paroles qui tuent. Ces paroles de la haine du FN ne cessent de s’emparer des cœurs des gens souvent de bonne foi. Il est grand temps de sonner le tocsin et de défendre plus énergiquement la République, en votant massivement, le 7 mai 2017 pour Emmanuel MACRON. Le FN c'est un ticket sans retour contre la liberté et l'égalité, son projet n'est pas de résoudre les difficultés et les colères, mais de les exploiter comme fonds de commerce.
 
Au 1er tour on avait voté par convictions, au 2ème tour, on élimine et on sauvegarde la République. Ce n’est pas reniement. Les convictions politiques de chacun seront au cœur des législatives de juin 2017.
 
Paris, le 1er mai 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Un 1er mai 2017 hautement symbolique : Les digues sont tombées ; il faut sonner le tocsin et défendre la République», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 12:39

Le constat serait que l'Afrique est patriarcale et que les hommes, par le pouvoir dont ils disposent, ont asservi la femme (excision, culte de la virginité, discriminations et refus de permettre à la femme de choisir son orientation sexuelle, mariages forcés et violences faites aux femmes). Les femmes ont été exclues de l'espace politique et public.

Ces dérives résulteraient aussi de l'héritage colonial (cheveux frisés décoloration de la peau). Mais cette démarche victimaire n’explique pas tout, même si la colonisation a eu des impacts négatifs. L'Europe est aussi un espace de liberté qui peut aider à travers la diaspora aux femmes noires de se libérer.

Pourtant, même si la situation de la femme est loin s'être enviable en Afrique, il y a des raisons d'espérer.

Tout d'abord, le professeur Cheikh Anta DIOP considère que l'Afrique est fondamentalement maternelle. Les femmes étaient considérées comme magiciennes parce qu'elles ont le pouvoir de donner la vie et de donner l'amour infini. En Afrique, un homme qui a réussi dans la vie, pense qu'il le doit à sa mère. Par ailleurs, les femmes ont un pouvoir occulte : celui de l'oreiller. En effet, Les femmes ont un important pouvoir d'influence de l'homme dans la sphère privée.

Ensuite, au sein de la diaspora ce sont les femmes qui ont réussi à le mieux percer dans la sphère politique (Ramata YADE à Droite, Sibeth N’DIAYE avec MACRON et Aïssata SECK avec Benoît HAMON).
 

Enfin, les femmes de la diaspora sont les plus combatives pour défendre leurs droits et réussir dans leurs études.

Finalement la femme doit regagner l'estime de soi. On n'est pas noire, mais on est une femme avant tout court, pour défendre sa dignité, face à cet ordre masculin.

Le féminisme est une vision révolutionnaire pour transformer la société ; il faut être en cohérence avec soi rompre avec le conformisme et l'oppression La femme doit prendre toute la place qui est lui est dans la société. Il faut bâtir une société fondée sur l'égalité et la justice pour libérer la femme de l'oppression.
 

Restons debout l'avenir appartient aux femmes. La libération des femmes est une exigence du futur.

Paris le 22 avril 2017 par M. Amadou Bal BA  - http://baamadou.over-blog.fr/

«Les féminismes en Afrique, Paris, ADEAS, La Sorbonne», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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13 février 2017 1 13 /02 /février /2017 20:09

Le rassemblement pacifique, devant le Tribunal de Bobigny, le dimanche 11 février 2017, ne visait qu’un seul objectif : la justice pour Théo, violé et brutalisé le 2 février 2017, par ceux-là mêmes dont la mission était de protéger la population. Ces policiers véreux et criminels qui ont sali leur noble tenue, et déshonoré notre Police républicaine que nous respectons. L’affaire Théo, victime de graves brutalités policières, à Aulnay-sous-Bois, comme celle d’Adama TRAORE, mort étouffé par des gendarmes, nous invite à méditer, sérieusement, sur ce message de Martin Luther KING : «notre vie commencera à s’arrêter le jour où nous gardons le silence sur les choses graves».


Dans un Etat démocratique chaque individu, fut-il un citoyen issu de l’immigration, doit être respecté dans son intégrité physique et sa dignité. Or, dans le traitement de cette affaire, j’entends plusieurs petites musiques dissonantes, éloignées des lois républicaines d’égale dignité pour tous. En effet, il est regrettable que la presse ait passé sous silence le caractère singulièrement pacifique cette réunion de Bobigny qui réclamait la justice pour Théo. Les débordements ont eu lieu à la fin de la manifestation, par une minorité, dont nous désolidarisons et dont nous condamnons les actes. Depuis quelques jours avec une complaisance médiatique incroyable, Mme LE PEN, et son entreprise familiale, distille son venin et se déclare, «par principe solidaire de la police». On peut comprendre, par là que le FN, s’il arrivait au pouvoir, donnerait la permission de violer, de brutaliser et d’étouffer nos enfants, sans que justice ne soit rendue. Les Français issus de l’immigration, qui seraient tentés de s’abstenir aux élections présidentielles, sont prévenus ; ils ne pourraient pas dire : «je ne savais pas». Auparavant, on voit bien dans ce dossier de Théo, que c’est un jeune bien sage, très bien inséré dans la société, mais dont le contrôle d’identité au faciès a abouti à son viol. En dépit de ce crime, Théo et sa famille ne cessent d’appeler au calme et s’en remette à notre justice. Un syndicaliste de la police, Luc POIGNANT, qualifie les Noirs de «bamboulas». Pour lui, c’est un terme acceptable. Aurait-il été acceptable qu’on lui enfonce une matraque dans le derrière ?


Nous avons un terrible besoin d'être traités comme des êtres humains, d'un minimum de considération et respect. Or, on se rend compte, avec les affaires Théo et Adama TRAORÉ, que la barbarie est possible, même dans une démocratie qui se veut exemplaire. Pire encore certains vont même jusqu'à nier, justifier, excuser, faire l'apologie, ou nous insulter comme cet odieux syndicaliste, Luc POIGNANT, de la SGP, pourtant en charge de la communication qui nous a qualifiés de "Bamboula". Le plus insupportable encore, à défaut de valoriser l'action de ceux qui situent leur démarche dans le cadre de la légalité républicaine en réclamant justice, on minore, on discrédite ou passe sous silence une telle belle démarche. Lors de ce rassemblement du 11 février 2017, un jeune manifestant de 16 ans, Emmanuel TOULA, a sauvé un enfant oublié par sa mère dans une voiture qui allait prendre feu. La Police avait tenté, vainement, dans un premier temps, de récupérer ce geste noble à son profit, puis a fini par rendre hommage, sous la pression et la vigilance des internautes, à ce valeureux jeune manifestant.


Je dis ici, tranquillement, mais avec toute la fermeté désirable, il ne faudrait pas espérer une paix durable, dans une société où règnent l’injustice, l’arbitraire et le racisme. Plus de 113 jeunes ont été étouffés à mort, ces dernières années, sans enquête sérieuse. Dans son ouvrage, "La prochaine fois, le feu", James BALDWIN, nous a mis en garde contre l'intolérance : le racisme est aussi meurtrier que suicidaire. Cet ouvrage est un avertissement implacable pour ceux qui distillent la haine. Nous ne continuerons pas à aller à l’abattoir, tranquillement. La vie de chacun de nos enfants est aussi précieuse que celle des autres. Un égal UN : «Je ne plierai pas, je ne m’en irai pas en silence. Je ne me soumettrai pas. Je ne me retournerai pas. Je ne me conformerai pas. Je ne me coucherai pas. Je ne me tairai pas. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; ce n’est pas subir la loi du mensonge triomphant» nous disait Jean JAURES.


Pour l’instant, nous continuerons à faire confiance à la justice et c’est le sens de ce rassemblement pacifique du 11 février 2017 devant le Tribunal de Bobigny. Mais comme le dirait ma grand-mère, «je suis un aveugle, je ne vois que ce je touche». Nous serons très attentifs au traitement judiciaire des affaires Théo et Adama TRAORE. En effet, devant ces odieuses injustices, le pasteur Martin Luther KING nous rappelle notre devoir d’homme : «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai». Nous avons un cœur tendre, mais un esprit ferme.

 

Nous ne sommes pas des indigènes de la République. Nous sommes aussi la France, les vrais Patriotes, au même titre que ceux aiment, vraiment cette France républicaine et citoyenne.


Restons fortement mobilisés pour ces élections présidentielles et législatives à venir, qui sont lourdes de menaces pour les valeurs républicaines.


Pour ma part, je souhaiterais, avec M. Benoît HAMON, qui a pris des engagements clairs pour le bien-vivre ensemble, faire battre le cœur de la France.


Devant la menace de la peste brune, il est urgent, au préalable, que la gauche se rassemble autour d'un projet cohérent et concerté. Avec le doute et le discrédit de la candidature de M. FILLON et la candidature cosmétique de M. MACRON, si on n'y prenait pas garde, LE PEN peut être élue dès le 1er tour. En effet avant le 2ème tour il y a toujours un 1er tour. Ce n'est jamais arrivé, mais ça peut nous tomber sur la tête. A tout le moins, ce serait un comble de refuser la main tendue de Benoît HAMON et d'aller voter, par la suite, pour M. MACRON, soit disant pour défendre la République.


Par conséquent, l'enjeu est clair et connu de tous : divisés c'est le désastre assuré, mais réunis la Gauche installe une dynamique de la victoire. Chacun au-delà du verbiage traditionnel, devra prendre ses responsabilités devant le Tribunal de l'Histoire. En l'état actuel d'éparpillement des forces de gauche : c'est ou MACRON ou LE PEN. Je préfère que ce soit la Gauche. Je n'ai pas envie, comme en 2002, aller encore faire une marche à la République, ni voter pour un candidat de droite. J'ai choisi avec Benoît HAMON de faire battre le coeur de la France.

 

Paris, le 12 février 2017, par M. Amadou Bal BA, - http://baamadou.over-blog.fr/

 

"Justice pour Théo et Adama TRAORE et pour tous ceux qui ont été étouffés à mort ou brutalisés lors des contrôles d’identité au faciès", par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr
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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 00:35
Cet article a été publié dans le journal XALISMAN édition du 7 février 2017
 
L’affaire Théo, victime de graves brutalités policières, à Aulnay-sous-Bois, comme celle d’Adama TRAORE, mort étouffé par des gendarmes, nous invite à méditer, sérieusement, sur ce message de Martin Luther KING : «notre vie commencera à s’arrêter le jour où nous gardons le silence sur les choses graves». Le jeune homme, qui s'est vu prescrire soixante jours d'ITT après une opération consécutive à une déchirure à l'anus de 10 cm de long, reste, lui, toujours hospitalisé. Ce jour-là, alors qu'il se rend auprès d'une amie de sa sœur pour lui remettre un sac de chaussures, Théo, 22 ans, aperçoit des amis du quartier : «Je vais pour leur serrer la main comme d'habitude et lorsque j'arrive, les policiers arrivent aussi et disent : Tous contre le mur. A leur façon de parler, j'ai compris qu'ils n'étaient pas là pour rigoler», dit-il et ajoute : «Il me met un coup, et là je savais que, dans ce coin, il n'y avait pas de caméra et qu'il fallait que je me débatte pour que j’aille devant les caméras. J'ai réussi à me débattre. Ils me saisissent à trois, ils me tirent. Que des insultes, des insultes, tous les noms. Un policier tire sur tout ce qui est là avec du gaz lacrymogène, il revient vers moi et il m'insulte». Théo poursuit son récit : «A lui aussi je dis : Mais pourquoi faites-vous ça, monsieur ? Le policier, là, il me regarde. Moi, j'étais de dos, de trois quarts, donc je voyais ce qu'il faisait derrière moi. Je l'ai vu prendre sa matraque et il me l'a enfoncée dans les fesses, volontairement. Dès qu'il m'a fait ça, je suis tombé sur le ventre et là ils m'ont dit : Assieds-toi maintenant. J'ai dit : J'arrive pas à m'asseoir, je ne sens plus mes fesses. Et ils m'ont mis du gaz lacrymogène sur la tête, dans la bouche. Un coup de matraque en pleine tête. J'entends un policier dire : Attends, ici y a les caméras, on va l'emmener derrière le mur, on va lui faire sa fête. Mon pantalon était baissé. Ils m'emmènent derrière le mur et ils commencent à me passer à tabac encore. Ils me frappent, ils me frappent».
 
Le FN soutient, par principe ces bavures policières et promet de mettre en place la "légitime défense préventive". En fait, il ressort de ces faits criminels, car le viol est un crime passible de la Cour d’assises, que les enjeux de ces élections posent brutalement la place, en France, des citoyens issus de l'immigration. Ainsi, dans l'affaire Théo, ce jeune d'Aulnay-sous-Bois, violé par des policiers avec une matraque, le jeudi 2 février 2017 (Vidéo du Parisien, ci-contre), les policiers mis en cause sont libérés Aucune détention préventive. Souvenez-vous des violences urbaines de 2005 ces deux jeunes mineurs (Bouna et Zied) étaient poursuivis par des forces de l'ordre et ils n'ont eu d'autre choix que de se réfugier dans une armoire électrique, avec toutes les conséquences tragiques. On comprend mieux, dans l'affaire Théo, les risques encourus quand on se fait attraper par certaines brutes. Bouna, Zied, Amadou Koumé, Adama TRAORE et bien d'autres sont morts pour la France républicaine. En effet, j'estime que ce sont des combattants pour le bien-vivre ensemble. Vivant dans des zones de relégation, que M. VALLS avait qualifiées, fort justement, d'Apartheid, ces parias sont souvent victimes de violences arbitraires, de la part des forces de l'ordre, au mépris des règles de droit. Ce sont des indigènes de la République, qui sont, tous, potentiellement, des terroristes et des délinquants, d’où ces contrôles d’identité au faciès, et dont le sort intéresse peu de personnes. Benoît HAMON réclame justice, avec toute la célérité désirable.
 
Luc POIGNANT chargé de communication au syndicat de la police SGP commentant cette affaire estime que "bamboula" ça convenable. Devant ces odieuses injustices, le pasteur Martin Luther KING nous rappelle notre devoir d’homme «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai».
 
En dépit des faits incontestables qui ont été filmés et de la matérialité des blessures de Théo, ainsi que la solidité des témoignages et des enquêtes de la presse, les policiers contestent ce viol et ces bavures, et affirment même que ce sont eux qui ont été agressés. On subodore même que le contrôle de police ne concernant les guetteurs de trafic de drogue, les dégâts collatéraux commis par les forces de l'ordre seraient excusables, voire légitimes. Par conséquent, circulez, il n’y a rien à voir ! Comme s’il y avait une hiérarchie de valeur entre différentes vies, nos dignités. Pour ma part, UN égale UN, à égalité de droits et dans le respect mutuel.
 
Les policiers mis en examen ont été libérés et placés sous contrôle judiciaire. D"autres délinquants en col blanc, comme Mme Christine LAGARDE ont été dispensés de peine. Personne n'a encore été condamné dans l'affaire Bigmalion. 2 poids, 2 mesures. Pour ceux qui voulaient construire plus de places en prison à qui sont-elles destinées ?
 
Luc POIGNANT, un chargé de la communication du syndicat de police SGP, estime que le mot "Bamboula" serait convenable. Mais est ce qu'il serait convenable qu'on enfonce à M. POIGNANT une matraque dans le derrière ?
 
Pour l'écrasante majorité des policiers, le métier est exercé dans le respect des lois républicaines. J'ai une profonde estime pour notre Police. Cependant, ces crapules qui violent brutalisent ou étouffent nos jeunes, et de surcroît nous insultent publiquement, comme M Luc POIGNANT, je n'ai que du dégoût et un profond mépris. Ces ripoux déshonorent notre chère police républicaine que tout le monde devrait défendre et honorer. Porter la tenue de policier, c'est un honneur et un privilège confère plus d'obligations que de droits. Luc POIGNANT devrait être déféré devant un tribunal ; le racisme n'est pas une opinion mais un délit.
 
Mme LAGARDE condamnée, mais dispensée de peine et continue son travail au FMI ; M. FILLON reconnaît son erreur dans son népotisme à tout-va, mais poursuit sa campagne, en dépit des révélations quotidiennes ; les policiers mis en cause sont rentrés dormir tranquillement chez eux, mais les jeunes, ainsi que les parents d'Adama TRAORE, qui protestaient contre ces violences arbitraires, sont jugés en comparution immédiate. 2 poids 2 mesures. Il faut en finir avec le Code de l'indigénat !
 
Je suis encore traumatisé par les violences urbaines de novembre 2005 qui avaient vu l'assassinat de Bouna et Zied, sans que justice ne soit rendue. Encore, plus près de nous, en été 2016, l'affaire Adama TRAORE demeure, sous la mandature de M. HOLLANDE, la plus grave injustice des temps modernes. Le président de la République n'a pas daigné répondre à la lettre de la famille d'Adama TRAORE. Pire encore les membres de la famille d'Adama TRAORE qui manifestaient pour que justice soit faite, ont été condamnés, fort injustement, pour rébellion. Par ailleurs, le Procureur de la République qui avait menti dans cette affaire, n'a pas été sanctionné. Au contraire, il a été gratifié d'une affectation à Paris. Plus de 113 jeunes issus de l'immigration, sont morts dans des conditions particulièrement suspectes, sans que justice ne soit rendue. Dans le passé, plus de 55 personnes sont mortes dans des incendies criminels à Paris, sans enquête sérieuse. Tout récemment, des incendies suspects ont été déclarés dans des zones abritant des réfugiés. Aucune enquête sérieuse. Maintenant dans le débat politique apparaît le concept de "légitime défense préventive" pour les forces de l'ordre que le front national a érigé en argument de campagne. Avec cette permission de tuer tout ce qui est différent, sans discernement, on peut dire que la chasse est ouverte. Mais comme le dirait, JAMES BALDWIN, un auteur américain, dans une société où règnent l'injustice et la discrimination, on ne peut pas s'attendre à une paix durable. "La prochaine fois, le feu", tel est le titre d'un ouvrage de James BALDWIN.
 
Vous remarquerez quand un individu est victime d’une injustice dans certaines communication toute la classe politique française accourt, sans délai, avec des déclarations fracassantes de solidarité, et des visages éplorés. Mais quand un Noir ou un Arabe meurt ou est violé par ceux là qui étaient censés nous protéger, c’est le mutisme le plus total. M. HOLLANDE parle de République, d'égalité et de fraternité ; il s'est montré, durant son mandat, comme le plus grand hypocrite des temps modernes. Oubliant sa promesse du droit de vote des étrangers aux élections locales, sa seule réponse, à notre égard, a été son projet funeste de déchéance de la nationalité. Cependant, devant les preuves accumulées contre les policiers et la condamnation de l’opinion publique, et pour la première fois, le président de la République est venu rendre visite à Théo. Il faut l’en féliciter. Nous aurions aimé également qu’il réponde à la famille d’Adama TRAORE, qui réclame justice ; ce jeune Adama est mort étouffé par les gendarmes en juillet 2016.
 
De vents mauvais soufflent depuis quelques temps sur le monde (BREXIT, Donald TRUMP, montée des extrémistes). Ainsi, ce dimanche 5 février 2017, dans un meeting à Lyon, du FN, des frontistes criaient : "On est chez nous. Rentrez chez vous !". Mme LE PEN, à la tête d'une entreprise familiale, a détourné des fonds européens pour employer son compagnon. Pour le FN, les Français musulmans ne sont que des étrangers, des criminels, des profiteurs de la sécurité sociale, qu'il faut expulser à tour de bras. C'est une grande escroquerie et une imposture de faire croire que les Français musulmans sont des étrangers pouvant être exclus et discriminés, à volonté. Nous sommes aussi la France. Nous sommes également chez nous et nous ne bougerons pas d'ici. Et nous nous battrons farouchement, pour notre juste place dans la société.
 
Jamais une élection présidentielle n'a été aussi incertaine et pleine de menaces pour la démocratie et la République. Pourtant, les Français issus de l'immigration, comme frappés de léthargie, ont choisi massivement de s'abstenir aux différentes consultations électorales. Il n'a échappé à personne qu'ils sont au coeur du débat politique et risquent gros si un gouvernement de droite dure ou frontiste venait au pouvoir.
 
On parle d'intégration, mais, en fait, quand on évoque la situation des Français issus de l’immigration, c'est la stigmatisation et l'exclusion qui sont mises en avant. Aujourd'hui, des Français issus de l'immigration ont toutes les peines du monde à faire venir leur famille en France ou à faire transcrire les actes d'Etat civil de leurs enfants nés à l'étranger. Le droit au regroupement familial est, en fait, abrogé par des circulaires, avant même la prise de pouvoir du FN. Par ailleurs, l'accès à la nationalité est devenu un parcours du combattant pour ceux qui vivent légalement en France. Les retraités, qui ont travaillé en France, toute leur vie, ont toutes les peines du monde à renouveler leur titre de séjour. En cas de décès, leur famille est confrontée à des tracasseries administratives pour la pension de réversion. Cette affaire de jeune Théo, de 22 ans, violé à Aulnay-sous-Bois, comme l'assassinat d'Adama TRAORE, de Bouna, Zied, Amadou Koumé, et de bien d'autres, atteste que le délit de faciès est devenu la règle.
 
Dans la classe politique républicaine, ceux qui ont défendu, courageusement, le bien-vivre ensemble ont été affublés de prénoms musulmans ("Ali" JUPPE et "Bilal" HAMON). Je me réjouis que M. Benoît HAMON, pour l'honneur des socialistes, ait défendu une vraie ligne de gauche, dans laquelle il réaffirme la place des Français musulmans, non pas en temps qu'indigènes de la République, comme citoyens à part entière, à égalité de droits et d'obligations. En particulier, et contrairement à la laïcité stigmatisante (déchéance nationalité approbation des arrêtés antiburkini, etc.) de Messieurs HOLLANDE et VALLS, notre candidat victorieux, M. HAMON a, courageusement, indiqué la voie que la laïcité n'est pas une bombe pas contre les Français issus de l'immigration pour les stigmatiser. La laïcité est un outil, dans le respect de la conscience de chacun, de croire ou de ne pas croire, pour le bien-vivre ensemble. La diversité, c'est le patrimoine génétique de la France.
 
C'est pour cela que je serai présent à la Semaine anticoloniale et antiraciste du 4 au 20 mars 2017, à la Bellevilloise, 21 rue Boyer Paris, 20ème. Comme Jean JAURES, le vrai insoumis, «Je ne plierai pas, je ne m’en irai pas en silence. Je ne me soumettrai pas. Je ne me retournerai pas. Je ne me conformerai pas. Je ne me coucherai pas. Je ne me tairai pas. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; ce n’est pas subir la loi du mensonge triomphant».
 
Le 6 février 1936, de Ligues factieuses avaient tenté de renverser la République. Soyons vigilants pour défendre la République à l’occasion de ces présidentielles de 2017. En effet, dans ces élections, tous les Français musulmans, au lieu de se comporter en spectateur passif, devraient s’engager, très activement, pour une défense énergique de de la citoyenneté et du bien-vivre ensemble ; il faut en finir avec le Code de l'indigénat dont ils sont l'objet. Personne ne pourra dire, comme lors de la 2ème guerre mondiale, «je ne savais pas». Certains même osent pousser le cynisme jusqu’à dire : «Pourquoi pas le FN ? les élites ayant échoué».
 
Loin de défendre la France des "Oubliés" et du "peuple français", le Front National qui cajole nos Ancêtres les Gaulois et les Juifs, avance masqué. Son projet ethniciste est fondamentalement dangereux pour la République. Rappelons-nous d'HITLER prétendant défendre le peuple allemand, qui a, finalement, plongé l'Humanité dans la plus grande catastrophe. Cette «entreprise familiale» qu’est le F.N., sous des aspects apparemment lénifiants et anesthésiants, représente le grave danger pour la République. Nous sommes aussi la France, les vrais Patriotes, au même titre que ceux aiment, vraiment ce pays.
 
A tous les jeunes dont la vie est brisée, fort injustement, comme Théo, Adama TRAORE, et bien d'autres, je dédie ce poème écrit en 1910 de Rudyard KIPLING,"If", (Si, tu seras un homme, mon fils) :

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard KIPLING.

 

Paris, le 6 février 2017, par M. Amadou Bal BA, - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

"Elections présidentielles de 2017 : en finir avec le Code de l'indigénat, justice pour Théo", par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr
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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 22:38

 

Artiste à la destinée d’exception Jacques BREL est avant tout un humaniste. En effet, on est bouleversé, en temps de fêtes de fin d’année, quand on relit encore ses vœux de Nouvel An du 1er janvier 1968, sur Europe 1, pleins de poésie et chargés de sens :

«Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.

Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.

Je vous souhaite des passions, je vous souhaite des silences.

Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.

Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.

Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.

Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure, à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.

Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable».

Prodigieux interprète, parolier, chanteur et musicien autodidacte, Jacques BREL est aussi un poète. En effet, ses biographes, d’abord Jean CLUZET, puis Bruno HONGRE et Paul LIDSKY, ont exposé, avec brio, l’approche poétique de Jacques BREL. En effet, quelles que soient la richesse, la diversité et la complexité de la personnalité de cet artiste, Jacques BREL ne serait pas n'existerait pas s'il n'avait pas écrit. Il fut certes excellent acteur, bon pilote, homme de mouvement, d'intelligence et de tendresse. Il fut certes un très grand chanteur, tantôt prince de la scène subjuguant le public, tantôt animal blessé vivant l'éternel psychodrame des destinées humaines. Mais le génial interprète n'aurait pas eu un tel écho s'il n'avait été porteur d'un univers personnel patiemment tissé avec des mots. Il a chanté et écrit la vie, la mort et l’amour. Parce qu'en effet, un univers est sans limite, parce qu'il est rempli d'étoiles, parce qu'il est à la fois fortement structuré et toujours en mouvement, nous pensons que le mot "univers" convient particulièrement à l'oeuvre poétique de Jacques BREL. Tout d’abord, Jacques BREL se considère comme un artisan des mots, qui travaille ses textes sans relâche, et en fait varier le sens selon ses interprétations, comme c’est le cas pour «Les Bonbons». Ensuite, on peut appliquer à Jacques BREL le même terme de «sympathie poétique» que l’on applique déjà aux poètes lyriques : il a «mal aux autres», il entre en résonance avec les maux de la terre. Le public refuse toutefois de reconnaître son propre mal dans leur expression, d’où un malentendu, une certaine solitude pour le chanteur. Jacques BREL est, de plus, sensible à la contradiction qui règne entre l’intimité de ses sentiments et la nécessité de les exhiber : lorsque l’interprète met son énergie au service du poète, il permet au public de partager son univers, mais il le trahit inévitablement en l’extériorisant. Enfin, le rôle de la quête, du mouvement, est fondamental dans l’univers de Jacques BREL, qui a besoin d’aller vers les autres pour exprimer ce qu’il y a au fond de lui, qui a besoin de s’étonner de tout et de nous étonner.

Poète, chanteur, rêveur, cinéaste, acteur, artiste et passionné, Jacques BREL est un des plus grands mythes de la chanson francophone. Elevé jusqu'au rang d'idole, il séduit un large public en mettant en musique et en voix l'émotion de vivre, les valeurs et les sentiments. Magicien des mots de BREL évoque sur les contrastes de la société, les travers de chacun, la vieillesse, la force de l'amitié, les souffrances et joies de l'amour, le bonheur des enfants, les femmes, les mères et les maîtresses, la beauté des villes, la chaleur des souvenirs ou l'ironie de la vie et de la mort.

Jacques Romain Georges BREL, un artiste compositeur belge qui a composé et interprété des chansons, est né le lundi 8 avril 1929, à Schaerbeek, à Bruxelles. Attaché au pays plat, Jacques BREL avait inventé «la Belgitude».

Son père, Romain BREL (1883-1964), un flamand francophone libéral, est associé à une entreprise de cartonnerie familiale, VANESTE-BREL. Romain BREL a séjourné en Afrique, au Congo belge, de 1911 à 1919 et semble être acquis aux idées colonialiste : «un Noir c’est gentil, mais ça reste un Noir» dit-il. Romain BREL est un homme calme, taiseux, ponctuel et aime à travailler debout. Il est libéral en politique, défend le conservatisme ferme dans sa modération, mais c’est un partisan de religion sans foi. En fait, quand Jacques BREL vitupère contre le bigotisme et les bourgeois, il songe à la famille VANESTE, les associés de son père qui «ne doutent jamais de Dieu, de la Monarchie et de l’ordre» dit Jean TODD. Il a fustigé les «Flamandes» et les «Bourgeois». N’étant ni Voltaire, ni Casanova, il a pour ambition de rester lui-même.

Jacques reçoit une éducation rigide et catholique ; il fréquente des écoles privées. Rebelle contre l’autorité, il chahute en classe et redouble plusieurs fois de classe. Cette enfance étouffante a été adoucie par une bienveillante attention de la mère, Elisabeth LAMBERTINE, dite Lisette, un francophone belge. Jacques BREL tient de sa mère l’extraordinaire de l’énergie qu’il dégage et le silence de son père.

Jacques BREL, après l’école, s’inscrit à un mouvement de jeunesse Scoute, «La France Coudée» s’occupant d’enfants des quartiers pauvres. Ce mouvement antiallemand et patriote, insiste sur la perfectibilité de l’homme, la discipline et persévérance ainsi que l’altruisme. Il commence à chanter dans les kermesses et fêtes paroissiales. Ce mouvement aura une influence considérable sur lui ; Jacques BREL se révolte contre le conformisme et l’étroitesse d’esprit de son milieu bourgeois et embrasse une démarche idéaliste, avec un souci constant de se dépasser. Il devient anticlérical et antimilitariste. C’est dans ce mouvement, que BREL rencontre Thérèse MICHIELSON, dite Miche, qu’il épousera le 1er juin 1950, et qui lui donnera trois filles : Chantal née le 6 décembre 1951, France née 1953, date de son immigration en France, et Isabelle, née en 1958.

Jacques BREL débarque le 20 juin 1953 à Paris pour rencontrer un découvreur de talent français, Jacques CANETTI. Notre artiste avait un léger préjugé sur les Français qui seraient «chauvins et les Parisiens insulaires». Pourtant, il est réaliste : «il faut que je reste à Paris car c’est ici que tout se joue» dit-il. Il s’installe à Montreuil-sous-Bois, au numéro 71 de la rue du Moulin-à-Vent, dans la proche banlieue parisienne. Le succès n’étant pas au rendez-vous. Cependant, l’artiste pense qu’il n’y a pas de génie, le vrai succès, avant de devenir une valeur commerciale, s’enracine dans le travail, BREL étant un autodidacte, François RAUBER a été toutefois, son mentor musical. Jacques CANETTI propose à BREL de composer une chanson d’amour. Le tube «Quand on n’a que l’amour» le sort de l’anonymat et connaît un succès immédiat. BREL commence à mener une double vie, à la suite d’une rencontre avec Suzanne GRABIELLO. Quand sa femme le découvre c’est naturellement la crise. Jacques BREL compose une chanson autobiographie «Ne me quitte pas». Les paroles de cette chanson s’adressent-elles à sa femme ou à sa maîtresse ? :

«Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s'oublier
Qui s'enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus et le temps perdu
À savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois à coups de pourquoi
Le cœur du bonheur (…)».

Suzanne GRAVIELLO va le quitter et Jacques BREL ne divorcera jamais tout en continuant à mener cette double vie ; il a admis ses «faiblesses coupables».

Jacques BREL est conscient qu’il n’est pas un beau garçon. Il est même laid comme un pou. «J’ai toujours considéré, à juste titre, que j’avais une sale tête», admet-il. Mais l’artiste se fixe d’autres buts à sa vie : «on s’aperçoit, très vite quand on n’est pas beau, ce n’est pas du tout un complexe, mais un constat, l’intérêt qu’on peut avoir n’est pas en soi, mais dans l’apport que l’on peut faire aux autres» dit-il. Il s’estime, cependant, satisfait de sa vie : «je trouve que j’ai eu une vie formidable et que je n’espérais pas du tout du fond de moi, quand j’ai eu l’âge de la raison. Je n’ai jamais espéré avoir eu la vie que j’ai eue. Je considère cela comme un cadeau. Encore, je suis ébloui chaque matin». Jacques BREL a toujours aimé vivre intensément sa vie : «La folie n’est-elle pas de voir la vie telle qu’elle est, et non telle qu’elle devrait être» nous dit BREL qui veut savourer chaque instant : «L’important c’est de faire, d’aller, d’être au pied du mur».

Proche du Parti Socialiste Unifié, fonde par Michel ROCARD, Jacques BREL, une tumultueuse et prodigieuse énergie, n’est heureux que dans le mouvement perpétuel. Il veut vivre avant tout sans une logique financière. Libertaire, désireux de voyages, d’évasions, d’amour, ivre de lui-même et des autres, Jacques BREL avait la rage de vivre. «Dans le fond, la vie ça ne sert à rien, mais qu’est-ce c’est passionnant» dit-il. Jacques BREL qui ne chantait jamais en playback et un artiste qui ne trichait pas. Ainsi, le 3 octobre 1966, BREL annonce, après une tournée d’adieu qu’il va quitter la scène, après quinze années d’activités. Il donnera son dernier spectacle 16 mai 1967 à Roubaix. Il part en Suisse et obtient le 17 avril 1970, un brevet de pilote d’avion, sans nouvelle passion. En 1971, il entamera une carrière cinématographique et rencontre Lino VENTURA et Claude LELOUCHE. Le film «l’aventure, c’est l’aventure» connaît un succès. En revanche, le public boude «Farwest».

Dépité, il achète un bateau et part avec le 24 juillet 1974, avec sa fille, et Maddly, rencontrée lors du tournage du film «l’aventure, c’est l’aventure» faire le tour du monde. Jacques BREL décrète «il est urgent de vivre». Il a chanté ce désir d’évasion : «rêver un impossible rêve. Porter le chagrin des départs. Brûler d’une possible fièvre. Partir où personne ne part» dit-il. L’aventure commence le 24 juillet 1974, à Anvers, Jacques BREL largue les amarres de l’Askoy, son voilier, pour un voyage vers cette «île en partance» dont il rêvait «depuis l’enfance».

Le 20 octobre 1974, arrivé aux Canaries, il sent des douleurs intenses à la poitrine. Rapatrié, discrètement, en Suisse, les médecins diagnostiquent un cancer du poumon. Jacques BREL fumait plus de quatre paquets de cigarettes par jour et menait une vie faite d’excès. Le 6 novembre 1974, avec Maddy, il est opéré à Bruxelles. Il arrive le 20 juin 1975 aux Antilles, mais sa fille regagne l’Europe. Bientôt seul avec sa compagne Maddly BAMY, il traverse le Pacifique et jette l’ancre aux Marquises, à Hiva Oa dont Stevenson assurait que c’était «l’île la plus jolie et de loin l’endroit le plus inquiétant au mode». Arrivé en septembre 1975 aux Iles Marquises, Jacques BREL contribue à adoucir la vie des habitants de cette île isolée. Il fait venir des médecins, achète un avion et s’occupe de l’acheminent du courrier ainsi que des malades, à titre gratuit. Il implante une salle de cinéma.

Ce devait être une simple escale : ce sera sa dernière demeure, soixante-quinze ans après Gauguin. BREL arrête les traitements en 1978. Mais il sera rapatrié d’urgence en France le 6 octobre 1978. Fuyant les paparazzi, il va se réfugier un instant en Suisse, mais très faible, il sera contraint de revenir en France, dans une clinique de Neuilly. Sa carrière exceptionnelle n’aura durée que quelques années ; il est décédé à l’hôpital Avicenne, le lundi 9 octobre 1978, à Bobigny, à l’âge de 49 ans et six mois. Il sera inhumé le 13 octobre 1978 à Hiva Oa, non loin de la tombe Paul GAUGUIN. Bien après sa disparition, l'œuvre de Jacques BREL continue d'influencer profondément la chanson française. De Benjamin Biolay à Noir Désir, nombre d'artistes se réfèrent à lui. Jacques BREL est moderne, justement parce qu'il ne l'a jamais été, parce qu'il ne comprenait rien aux modes et qu'il ne s'en souciait guère, il a construit une œuvre intemporelle. Bien qu’il a enregistré la plupart de ses chansons en français, Jacques BREL est devenu une influence majeure sur les auteurs-compositeurs anglophones et des artistes tels que David BOWIE, Alex HARVEY, Marc ALMOND et Léonard COHEN. En parcourant Paris, j’entends parfois, les murs de ma capitale chanter BREL. En fait, «le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants» disait Jean COCTEAU.

Bibliographie très sélective

BREL (Jacques), LEFEBVRE (Gabriel), Jacques Brel, Paris, Renaissance du Livre, 2001, 141 pages ;

BATON (Patrick), Jacques Brel, éditions Labor, 1990, 212 pages ;

CLUZET (Jean), Jacques Brel, introduction de Chantal Derycke, Paris, Seghers, 1984, 201 pages ;

HIDALGO (Frédéric), Jacques Brel, l’aventure commence à l’aurore, Archipoche, 2014, 456 pages ;

HONGRE (Bruno), LIDSKY (Paul), L’univers poétique de Jacques BREL, Paris, L’Harmattan, 1998, 126 pages ;

MONESTIER (Martin), Jacques Brel : le livre du souvenir, Tchou, 1978, 253 pages ;

RICHARD (Jean-Yves), Jacques Brel, une île au large du désespoir, éditions France-Québec, 1968, 116 pages ;
 

TODD (Olivier), Jacques Brel, une vie, Paris, Robert Laffont, 2003, 464 pages.

VASSAL (Jacques), Jacques Brel, vivre debout, Place des éditeurs, 2013, 254 pages.

Paris, le 24 décembre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Jacques BREL (1929-1978), un artiste et un poète inspiré d’un impossible rêve», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 23:30

Qui se souvient encore de Joséphine BAKER ?

Joséphine BAKER qui démarre sa carrière dans la revue Nègre, en 1925, à 19 ans, est un mélange d’exotisme et d’érotisme, avec tous les clichés coloniaux de l’époque, l’archétype de la femme noire sauvage ou apprivoisée. L’histoire de Joséphine BAKER est celle de la déconstruction de l’image de cette danseuse subversive à une période coloniale teintée d’une mentalité paternaliste. Dépassant la célébrité d'une meneuse de revue, Joséphine BAKER est parvenue au stade du mythe. Icône de l'exotisme et symbole d'émancipation sexuelle, sa renommée a progressivement glissé vers d'autres registres. Elle fut patriote, ralliée à la France libre pendant la seconde guerre mondiale, et surtout militante antiraciste acharnée, au point d'adopter douze enfants aux origines les plus diverses : son village du monde absorba toutes ses forces jusqu'à la ruine. Devenue la plus française des américaines, Joséphine BAKER déployait une énergie, qui après cinquante ans de carrière, l'a conduite à mourir quasiment sur scène.

Glamourisée, mythifiée et démonisée, on a souvent caricaturé Joséphine BAKER, en la ramenant à cette femme noire et libre dans la France des «Années Folles» à cette danseuse nue avec ses bananes. On se souvient de ces images qui ont fait le tour du monde : la panthère noire croquée par Paul COLIN (1892-1985), la diva moulée dans des robes de strass, coiffée de diadèmes et de plumes. Joséphine entre en scène, le 2 octobre 1925, dans la Revue Nègre, dans une tenue composée d’une simple ceinture de bananes autour des hanches en chantant «moi j’aime les bananes, parce qu’il n’y a pas d’os dedans». Ces bananes plantains venant des Antilles, longs et gros, se redressant de façon provocante, étaient des symboles phalliques ; elles ont choqué les âmes puritaines.

Les Années folles, antidote à la Grande Guerre, ou  «Roaring Twenties » de Broadway dépeintes par SCOT FITZGERALD aux États-Unis, sont symbolisées en France par le scandale de la Revue nègre : les Français cherchent à oublier et s’engouffrent dans une course frénétique à la consommation et à la modernité. Depuis le début du siècle, le traditionnel café-concert s’est peu à peu mué en music-hall. Les revues des grandes salles parisiennes rivalisent par l’appel à l’exotisme, le luxe affiché des décors et l’originalité des programmes musicaux et des rythmes dansés.

Au moment où Joséphine débarque à Paris, le cosmopolitisme de la capitale est indéniable, mais cette ouverture sur les autres s’accompagne d’une montée des populismes. Ainsi, à Paris, les ballets russes de Diaghilev ont régné sur Paris de 1909 à 1929. L’extrême-droite dénonce l’envahissement de Paris par les étrangers. L’assassinat du président Paul DOUMER (1857-1932), tué par un russe, Paul Gorguloff (1895-1932), déclenche une vague sans précédent de xénophobie, «Les étrangers absolument indésirables, dangereux pour la sécurité publique, sont devenus un véritable fléau » souligne un rapport de police en date du 6 mai 1932. L’assassinat du Ministre des affaires étrangères, Louis BARTHOU (1862-1934), déclenche une vague de xénophobie violente en France. Joséphine BAKER apprécie l’accueil de la capitale française : «Je suis française noire. Et j’aime Paris. Votre pays est le seul où l’on puisse vivre tranquillement» dit-elle.

En fait, sous les paillettes et les costumes extravagants de Joséphine, star de la chanson et de la danse, se cache une femme de cœur et de courage. Elle chantera l'amour, la liberté et son profond humanisme, jusqu'à son dernier souffle. «I never was a Red. I’m just part of the brotherhood of mankind» dit-elle. La "petite négrillonne", comme l'appellera Mistinguett, va gravir tous les échelons, pour se hisser en haut de l’affiche. Danseuse, chanteuse, actrice, militante de la cause de l’égalité et humaniste, Joséphine se passionnera pour les nobles causes. Un peu ostentatoire dans ses goûts, amoureuse des plaisirs du corps, mais aussi à l'écoute des souffrances humaines auxquelles ses années d'enfance misérable à Saint Louis l'ont sensibilisée, Joséphine sera une combattante inlassable pour l’égalité et contre la ségrégation dont sont victimes ses frères noirs américains.

Les mémoires de Joséphine BAKER, recueillis pendant plus de vingt ans par le grand journaliste de l'entre-deux-guerres Marcel SAUVAGE, rendent hommage cette «Vénus noire», cette femme hors du commun, célébrée dans le monde entier et racontent la difficulté de ses premiers pas dans une société raciste, son arrivée en France, ses débuts à Paris, son triomphe aux Folies-Bergère, ses amours, son engagement dans les services de renseignement et son action aux côtés du général de GAULLE.

Qui était donc Joséphine BAKER ?

Joséphine BAKER, de son vrai nom, Freda Joséphine Mac DONALD, est née le 3 juin 1906 à Saint-Louis, aux Etats-Unis (Missouri), d'une mère célibataire métisse noire et indienne, Carrie Mc DONALD et d'un Blanc, d’origine espagnole, Eddie CARSON. Vivant dans la misère et en conflit permanent avec sa mère, elle se marie, une première fois avec Willie Wells BAKER, à 13 ans. Joséphine BAKER a débuté sur scène dans le music hall new yorkais en 1921, dans la revue Shuffle Along. Fuyant ces conditions de vie difficiles, Joséphine BAKER a 19 ans quand elle débarque en France, le 22 septembre1925. Elle se fait remarquer par Caroline DUDLEY, une américaine amoureuse du jazz, qui entend monter à Paris une revue noire. «Dotée d’une forte personnalité, ambitieuse, audacieuse et talentueuse, Joséphine BAKER est consciente de sa valeur. (…). Bien que naïve, elle a néanmoins une idée claire de son avenir : elle veut être riche et célèbre» dit Charles ONANA un de ses biographes.

Paris est une ville pleine de promesses et traditionnellement les danseuses noires doivent céder aux désirs sexuels des clients. Mais Joséphine a de l’aplomb, du courage et de la détermination. Le 2 octobre 1925, au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, Joséphine déclenche l’enthousiasme avec le premier spectacle de la Revue Nègre devant des personnalités comme Robert DESNOS, Blaise CENDRAS. Certaines critiques sont élogieuses : «c’est elle de son trémoussement forcé, de ses dislocations téméraires, de ses mouvements lancés qu’émane le jet rythmique. (…) La musique naît de la danse, et quelle danse !», s’exclame André LEVINSON dans la revue des arts et spectacle Comoedia du 12 octobre 1925. Robert de FLERS, du Figaro, n’a pas hésité de descendre carrément, Joséphine dont le spectacle est considéré comme l’offense la plus directe qu’ait jamais reçu le goût français » et il poursuit «la Revue Nègre est un lamentable exhibitionnisme transatlantique qui nous fait remonter au singe» et il parle «d’obscénité puérile». Mais la force de Joséphine c’est son courage, son esprit d’initiative, et surtout son goût du travail et son sens de l’effort. Et puis, la petite danseuse nue afro-américaine devient la coqueluche des Années Folles, fascinant aussi bien Picasso que Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans un parfum de scandale, les années 1930 la voient devenir la première star noire mondiale, de Buenos Aires à Vienne, de Londres à Tunis.

Joséphine crée en 1926, le Bakerfix, une pommade employée pour des cheveux cours=ts gominés. En plein Paris, colonial, Joséphine a conquis la capitale. « A partir de minuit, tout le monde est sauvage, là-haut, à Montmartre » dit-elle dans ses mémoires. Alors, Joséphine ouvre son bistrot, « Chez Joséphine », rue Pigalle, le 14 décembre 1926. Entre 1928 et 1930, Joséphine va faire la tournée dans différents pays européens, soutenu par son compagnon et producteur Pépito. En Autriche, des groupes d’extrême-droite se mobilisent pour interdire son spectacle. On lui reproche d’être noire, de danser dénudée et de gagner beaucoup d’argent. En 1929, à Munich, son spectacle est interdit pour atteinte à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

A son retour, Joséphine connaît la consécration avec son arrivée au Casino de Paris. La rencontre avec Henri VARNA la propulse au rang de vedette du music-hall. C’est VARNA qui lui a enseigné les ficelles du métier.

Joséphine BAKER entame une carrière cinématographique et tourne dans «Zouzou» de Marc ALLEGRET, en 1934 avec Jean GABIN, et y incarne une blanchisseuse parisienne. Elle aura des rôles dans «Princesse tam-tam » en 1935 et la «Sirène des tropiques» en 1927. «Le cinéma s’est servi d’elle, mais ne l’a pas servi» dit un journaliste.

En 1931, Joséphine BAKER participe à Vincennes, à l’exposition coloniale organisée par le président Paul REYNAUD. C’est la même année que Vincent SCOTTO compose pour elle «j’ai deux amours, mon pays et Paris».

Le 30 novembre 1937, Joséphine prend la nationalité française, en épousant l’industriel français Jean LION, fils de Maurice LION, un courtier en sucre. Leur rencontre a eu lieu au Bois de Boulogne ; tous les deux sont passionnés d’équitation.

Sentant la montée du fascisme et de l’intolérance, elle n’a pas manqué de souligner : «I’ll say it’s getting darker and darker».  Engagée dans la résistance pendant la guerre, dans les services de renseignements de la France Libre, avec le grade de lieutenant, la chanteuse est consacrée Compagnon de la Libération par le général de Gaulle. Joséphine chante pour les victimes de guerre et milite pour les droits civiques des Noirs américains confrontés au racisme.

Joséphine incarne les valeurs de tolérance et d’humanisme ; elle rêve d’une Nation française en arc-en-ciel. Dès les années 1950, installée dans le Château des Milandes, en Dordogne, avec son dernier mari Jo BOUILLON, l’artiste se partage entre sa carrière et l’éducation de sa Tribu Arc en Ciel : 12 orphelins de nationalités différentes qu’elle adopte, en écho à son idéal de réconciliation des races.

En 1968, ruinée, elle parvient à sauver sa famille grâce à Brigitte BARDOT et Grace KELLY.

En 1966, Joséphine BAKER participe au 1er festival des arts nègres à Dakar et anime la nuit des Antilles.

Joséphine BAKER meurt le 12 avril 1975, à Paris, dans le 13ème arrondissement, au lendemain de son spectacle à Bobino, après 50 ans de scène. Une piscine, à côté de la garde d’Austerlitz, porte son nom.

Bibliographie sélective

1 – Contributions de Joséphine Baker

BAKER (Joséphine), Joséphine, Paris, Robert Laffont, 1976, 414 pages ;

BAKER (Joséphine), LECACHE (Bernard), Le soleil brillera aussi pour vous, Paris, 1957, LICRA, 16 pages ;

BAKER (Joséphine), Les Milandes, Castelnau-Fayrae, Chez l’auteur, 1959, 32 pages ;

BAKER (Joséphine), SAUVAGE (Michel), Les mémoires de Joséphine Baker, Paris, éditions CRA, 1927, 189 pages, Paris, Corréa, 1949, 352 pages et Paris, Dilecta 2006, illustration de Paul Colin, 298 pages ;

BAKER (Joséphine), BOUILLON (Jo), Joséphine, Harper and Row, 1977, 302 pages (en anglais).

2 – Critiques de Joséphine Baker

2 – 1 Critiques en langue française

ABTEY (Jacques), La guerre secrète de Joséphine Baker, Paris, Siboney, 324 pages ;

BAKER (Jean-Claude), Joséphine, une vie mise à nu, Paris, A Contrario, 1995, 469 pages ;

BOUILLON-BAKER (Jean-Claude), Château sur la lune, le rêve brisé de Joséphine Baker, 2012, Paris, Hors Collection, 276 pages ;

BAKER (Brian), TRICHARD (Gilles), Joséphine Baker : Le regard d’un fils, Paris, Robin, 2006, 190 pages ;

BARBIER (Michèle), Tumpie dite Joséphine Baker, Paris, Alan Sutton, 158 pages ;

BOCQUET (José-Louis), Joséphine Baker, Castermann, 2016, 568 pages ;

BONINI (Emmanuel), Joséphine Baker, cent images pour une légende, Périgueux, La Lauze, 2001, 160 pages ;

BONINI (Emmanuel), La véritable Joséphine Baker, Paris, Pygmallion-Gérard Watelet, 2000, 368 pages ;

COHEN (Evelyne), Paris dans l’imaginaire national dans l’entre-deux-guerres, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, 396 pages, spéc. pages 106 à 107 ;

La guerre secrète de Joséphine Baker, avec une lettre autogr. du général de Gaulle, Siboney, 1948, 323 pages ;

CRUCHAUDET (Chloé), Joséphine Baker, Paris, Nocturne, 2006, 36 pages ;

DUBOIS (Régis), Les Noirs dans le cinéma français, Paris, 2016, Lettmotif, 246 pages, spéc pages 21 à 26 ;

DUFRESNE (Jean-Claude), Il était une fois Joséphine Baker, Paris, Lafon, 2006, 281 pages ;

EHRET (Marie-Florence), Joséphine Baker – des trottoirs de Saint-Louis aux marches du Panthéon, Paris, La Différence, 2016, 102 pages ;

FOURNY (Marc), 12 scandaleuses qui ont changé l’histoire, Paris, Pygmalion, 2015, 376 pages ;

MACRELL (Judith), Josephine’s Story,  Pan MacMillan, 2013, 80 pages ;

MONTAIGNAC (Katya), Chez Joséphine Baker, Arles, 2002, 72 pages ;

ONANA (Charles), Joséphine Baker contre Hitler, la star noire de la  France libre, Paris, éditions Duboiris, 2006 et 2016, 189 pages ;

ORY (Pascal), Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France, Paris, Robert Laffont, Bouquins Ségher, 2013, 1357 pages, voir la lettre B ;  

HRUBY POWELL (Patricia) Joséphine : Joséphine Baker, la danse, la résistance et les enfants, illustration de Christian Robinson, traduction de  Laurana Serres-Giardi, Voisins-Le-Bretonneux, Rue du Monde, 2015, 101 pages ;

ROSE (Phyllis), Joséphine Baker, une américaine à Paris, Paris, Fayard, 1990, 392 pages ;

WOOD (Ean), La folie Joséphine Baker, Paris, Le Serpent à plûmes, 2001, 362 pages.

2-2 – Critique en langue anglaise,

BENETTA (Jules-Rosette), Josephine in Art and Life : The Icon and the Image, University of Illinois Press, 2007, 368 pages ;

CHICAGO REVIEW PRESS, “The Many Faces of Josephine Baker, Dancer, Singer, Activist, Spy”, Chicago Review Press, 1er février 2015, 208 pages ;

COLIN (Paul), GATES (Henry, Louis), DALTON (Karen, C.C.), Josephine Baker and La Revue Nègre : Paul Colin’s Lithographs of the Tumulte Noir in Paris 1927, H.N. Abrahms, 1998, 64 pages ;

DIOP (Aminata), Josephine Baker : A Phenomenon in France, 1978, éditeur inconnu, 78 pages ;

EZRA (Elisabeth), The Colonial Unconscious : Race and Culture in Interwwar France, Cornell University Press, 2000, 173 pages, spec pages 97-100 ;  

GUILD (Leo), Josephine Baker, Holloway House, 1976, 223 pages

HRUBY POWELL (Patricia), Josephine : the Dazzling Life of Josephine Baker, Chronicle Books, 2014, 104 pages ;

PRATT GUTERL (Matthew), Josephine Baker and The Rainbow Tribe, Harward University Press, 31 mars 2014, 250 pages ;

STJEPANOVIC-PAULY (Marianne), Joséphine Baker, la danse libérée, illustration de Pauline Sciot, Paris, A Dos d’Ane, 2011, 45 pages ;

SWEENEY (Carole), From Fetish to Subject : Race, Modernism, and Primitism, 1919-1935, Greenwood Publishinh Group, 2004, 160 pages, spec37-51 ;

WOOD (Ean), The Josephine Baker Story, Omnibus Press, 2010 et  Sanctuary, 2002, 415 pages.

Paris, le 5 décembre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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