Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

4 août 2020 2 04 /08 /août /2020 15:07

«Professeur émérite, Moustapha SOURANG était un homme de foi et un homme d'État. D'une discrétion exemplaire, il a servi avec dévouement la Nation» écrit le président Macky SALL. Né à Saint-Louis le 24 juillet 1949, le doyen Moustapha SOURANG nous a quittés le 4 août 2020, à l'âge de 71 ans.

Universitaire, doyen de la faculté de droit, recteur de l'université Cheikh Anta DIOP et ministre, lors de mon séjour au Sénégal, en qualité d’assistant en droit public pendant quelques années, j'avais connu, personnellement, le professeur Moustapha SOURANG.

En dépit de son impressionnant C.V., de ses titres universitaires, de son vaste savoir, le professeur Moustapha SOURANG était un homme particulièrement discret, voire effacé. Affable, d'une grande courtoisie, il était à l'écoute de tous. Par son charisme, son aménité, sa prescience et son sens de l’équité, il savait fédérer et mobiliser toutes les énergies, sans jamais élever la voix.

Descendant de Cheikh Ahmadou Bamba BA, le guide spirituel des Mourides, en raison de ses éminentes qualités morales et intellectuelles, le doyen Moustapha SOURANG a transcendé les clivages politiques, pour mettre ses compétences au service de la Nation sénégalaise. Aussi, et en toute logique, il a été ministre sous Maître Abdoulaye WADE. Le président Macky SALL lui avait chargé un dossier sur la réforme foncière qu'il lui a remis le 20 avril 2017.

Autant dire que le doyen Moustapha SOURANG, un homme d'une grande sérénité, de consensus et de dialogue, est un digne fils du Sénégal. Mission accomplie !

Aussi, j'adresse mes sincères condoléances à la communauté universitaire du Sénégal, et à la famille du défunt, ainsi qu'au Sénégal tout entier.

Paris le 4 août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 


 

«Disparition du professeur Moustapha SOURANG (1949-2020), un digne fils du Sénégal» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Disparition du professeur Moustapha SOURANG (1949-2020), un digne fils du Sénégal» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Disparition du professeur Moustapha SOURANG (1949-2020), un digne fils du Sénégal» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Disparition du professeur Moustapha SOURANG (1949-2020), un digne fils du Sénégal» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Disparition du professeur Moustapha SOURANG (1949-2020), un digne fils du Sénégal» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 18:34

Si pour les forces du Chaos et de la Discorde, le Noir symbolise l'effrayant et le repoussoir, les publicitaires français qui, pendant longtemps ont ignoré les mérites de cette France métissée, tant redoutée, s'y intéressent désormais.

Certes, nos ancêtres les Gaulois ont toujours eu une image positive du Noir américain, en raison d'un complexe d'infériorité à l'égard de l'Amérique. En revanche, les Français issus de l'immigration sont restés cette minorité invisible, une valeur, en termes d'image, peu marchande et donc ils traités en indigènes de la République, conformément à cette idéologie de la Case de «l'Oncle Tom». Ils n'étaient pas présentables comme valeur esthétique et commerciale, dignes de figurer notamment dans les slogans publicitaires. Du moins, les anciennes publicités, notamment de lessive ou de chocolat avaient une connotation raciste, assumée.

Cette idéologie coloniale, même si elle est persistante et vivace dans le monde politique, à travers listes électorales des municipales où on ne nous donne que des miettes, le monde de la publicité est en train d'évoluer. Il faut savoir détecter les signaux forts ou faibles d'évolution d'une société. Quand ces signaux semblent aller dans le bon sens, même s'il s'agit de mobiles mercantiles, faut le signaler et s'en réjouir.

En effet, les publicitaires ont quitté une partie du cliché ne présentant le Noir que sous l'angle du dominé, de l'exotisme, du sexe et de la force brutale ; ils arrivent maintenant, à travers affiches du métro ou dans les spots à la télévision, à mieux percevoir les qualités de l'homme, sa dimension esthétique et mettent de la couleur dans leurs messages, pour en tirer au plan commercial. Par ailleurs, le Noir est devenu une clientèle cible, un consommateur que le capitalisme ne peut plus ignorer en termes de profit, à réaliser.

Black is Beautiful. Say it Loud : I am Black and Proud”, comme le dirait James BROWN. L'émergence d'une race de capitaines d'industrie, de Français issus de l'immigration a aussi valorisé le potentiel de richesse et de créativité du continent noir et de sa diaspora. Il appartient aux Français issus de l'immigration, au lieu de baisser la tête, de travailler et de s'engager dans les batailles culturelles et de communication, pour affirmer et réaffirmer leur place d'Hommes, dans cette société encore pleine de préjugés.

Vive la diversité culturelle et artistique, pour le bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel !

Paris, le 22 octobre 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Black is Beautiful» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 20:53

Jean-Michel MARTIAL est un acteur, metteur en scène et réalisateur français, né le 1ᵉʳ janvier 1952, à Madagascar, de parents originaires de Guadeloupe, et mort le 17 octobre 2019 à Paris. Docteur en chirurgie dentaire 1978, il fut lauréat au Concours National de Déontologie en 1977, champion de France universitaire d’aviron 1976, mais c’est dans le domaine des arts qu’il trouve sa juste place. Passionné par le théâtre, ii suivit l’enseignement de Sarah SANDERS et d’Andréas WOUTSINAS. En 1997 il fonde la compagnie «L’Autre Souffle» et questionne les grands mythes de l’humanité. Il a voulu questionné de l’identité théâtrale de la Caraïbe. Le projet, est simple, réunir un corpus de pièces parmi les plus emblématiques de la Caraïbe. En 1983, il ferme son cabinet de chirurgien dentaire à Cayenne, pour entamer une carrière de comédien. Il est remarqué au Festival de Cannes en 1993 dans «L'homme sur les quais» de Raoul PECK. «Jean-Michel Martial était un grand acteur, un des rares ultramarins qui ait percé au niveau national tant au théâtre qu’au cinéma. C’était aussi un citoyen engagé, qui n’hésitait pas à participer à la vie collective» a dit George PAU-LANGEVIN députée de Paris et ancienne ministre des colonies.

Ancien président du Conseil Représentatif des Français d’Outre-mer (CREFOM), et fils de Jacques MARTIAL, président du Mémorial ACTE, Jean-Michel MARTIAL était un artiste engagé : «Le CREFOM transcende les clivages politiques, moi je veux être au-delà ! Cela demande une vraie réflexion et les mots ont leur importance. Il faut respecter les populations, à savoir moi et vous, mais également les élus qui défendent les intérêts de la population» dit Jean-Michel. Il militait activement dans le Comité pour la mémoire de l’abolition de l’esclavage : «Apprendre de l’histoire et avancer ensemble. Faire la paix avec soi, avec l’autre, définir un projet commun et avancer, ça passe par l’hommage aux victimes et par la réconciliation» dit-il.  En effet, Jean-Michel était l’incarnation même d’une colère sourde qui gronde contre l’injustice. La vie reflète le cœur de l'individu. Ce qu'on fait est le discours implicite que l'on porte, c'est le reflet de la bonté de son cœur. Jean-Michel est «un homme de cœur et de convictions, libre et soucieux de tous et de chacun. Epris d’humanité et d’égalité, Jean-Michel s’est toujours battu contre l’injustice. Avec les mots et les actes» écrit Anne HIDALGO, maire de Paris. A chaque manifestation, à Paris, contre le Code de l'indigénat, j'avais l'habitude de le rencontrer. Contrairement à certaines vedettes qui ont la grosse tête et qui snobent les autres, il était accessible et prenait le temps d'échanger avec vous. «Il était le visage connu et une personnalité aimée, artiste populaire, militant engagé», dit Jean-Marc AYRAULT, ancien premier ministre et en charge du Comité pour la mémoire de l’esclavage. On était en contact sur Facebook. Il avait mis sa notoriété, à l'inverse certains artistes qui ne s'intéressent qu'à eux-mêmes ou qui se battent dans les halls des aéroports, au service du bien-vivre ensemble.  Fondateur de la compagnie, «L’Autre Souffle», Jean-Michel a produit et mis en scène notamment «La Force d’Aimer» de Martin Luther KING.

Ne pas abandonner ses morts, et gérer leur devenir par divers rites funéraires, les honorer, est l'activité humaine la plus chargée en valeur symbolique, tant au niveau de l'individu que du groupe, qui distingue l'Homme de tous les autres êtres vivants. Récemment, la Plume antillaise avec l’animation d’Eléonore BASSOP, ainsi que le Collectif James Baldwin, ont rendu un vibrant hommage à Toni MORRISON.

Les autres groupes ethniques ne s'y sont pas trompés, les plaques devant les écoles, les hommages à Johnny HALLYDAY depuis plus de 2 ans, tout cela participe de l’idée que respecter ses morts, c'est s'honorer soi-même. S’abstenir d’honorer ses morts, participer, indirectement, à la hiérarchisation de la valeur de la vie. C’est faire croire que certaines vies sont plus importantes que d’autres. C’est renforcer, sans en être conscients, ce Code de l’indigénat qui ne dit pas son nom.

Or, un poète sénégalais, comme d’ailleurs Toni MORRISON, sont attachés aux forces de l’esprit. «Les morts ne sont pas morts. Ceux qui sont morts ne sont jamais partis. (..) C’est le souffle des ancêtres» écrit Birago DIOP. Dans la mythologie égyptienne, AKHENATON, est la réincarnation de son ancêtre. Pour les Africains, la mort est la prolongation de la vie dans le monde de l'invisible. Par-là, Birago DIOP, exprime de façon limpide, le lourd pacte qui unit les Anciens aux Vivants. Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents, dans la mémoire des vivants . «Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés» dit un proverbe malgache. L’existence d’un individu se poursuit dans le souvenir des autres. Il est le dernier rempart contre le néant absolu, c'est pourquoi il faut le cultiver.

Jean-Michel, comme je le disais, était présent à toutes les marches contre l’injustice et la bêtise humaine. Nous lui témoignerons toujours notre gratitude, notre estime et notre profonde reconnaissance. «Les vivants ferment les yeux des morts ; les morts ouvrent les yeux des vivants» dit un proverbe bulgare.

Jean-Michel, tu vivras parmi nous, à travers ta solidarité avec les forces en lutte pour l’égalité et la fraternité, le bien-vivre ensemble !

La cérémonie funéraire aura lieu le 23 octobre 2019, à 10 h 30 en l’église Saint-Roch, 296 rue Saint-Honoré, au 1er ardt de Paris, la crémation à 13 h 30 à la Coupole du Père Lachaise et 19 à 22 h, un hommage lui sera rendu au Conseil régional d’IDF, 33 rue Barbet de Jouy, à Paris 7ème.

Paris, le 19 octobre 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jean-Michel MARTIAL (1952-2019) nous honorons nos morts» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 19:26


Mme Madina GUISSE, membre du groupe M.T.M Europe vient de nous informer que ses deux neveux de 3 ans, Maya, et 6 ans, Léo, ont été égorgés, le 9 mai 2019, à Dresde, en Allemagne, par leur père.

La mère, Mariéta Sadio GUISSé, qui avait tenté de sauver ses enfants, est blessée, mais ses jours ne sont pas en danger.

Le père, M. FOIN, qui a commis ce forfait, un Français vivant en Allemagne, ne supportait pas la séparation avec sa femme, Mariéta GUISSé, originaire de Thilogne, dans le Fouta-Toro. Il avait proféré de nombreux propos à caractère raciste. Les histoires de couple sont souvent complexes, nous n’avons pas tous les tenants et les aboutissants. Mais de là, à attenter à la vie de ses enfants, on est saisi par l’effroi et la stupeur en raison de ce drame familial monstrueux.

Comment en est-on arrivé là ? De l'amour, à la haine, puis à cette folie. Chacun, Ponce-Pilate, devant les convulsions qui secouent nos sociétés se dit "Je m'en lave les mains". D'autres par un parti-pris aveugle, sans avoir toutes les données complexes d'un couple, sont dans le jugement : "Le mari serait violent et raciste" ou la femme serait une "profiteuse et machiavélique". Notre rôle, à nous tous, en tant que citoyens, c'est d'essayer dans la mesure de nos moyens, de contribuer à l'édification d'une société apaisée, fondée sur la justice et l'Amour, pour quitter le Chaos et aller vers l'Harmonie.

Au nom de Faty Abass DIALLO, présidente de MTM France, de Maître Malick SALL, Garde des Sceaux Ministre de la Justice et fondateur de «Malick pour Tous et Tous pour Macky» (M.T.M), et de tous les Danthiadynabé de France, nous adressons nos sincères condoléances à Mme Madina GUISSE.

Paris, le 10 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Un drame familial épouvantable.

Un drame familial épouvantable.

Partager cet article

Repost0
25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 15:14

Georges GAZEILLES s'est éteint à l'âge de 95 ans, le 17 décembre 2018, à l'hôpital Lariboisière, à Paris. J'avais tenté, à Noël dernier, de le joindre, comme chaque année, pour un déjeuner. Ça ne répondait pas aussi bien sur le fixe que sur le portable. J'ai fini par me rendre chez lui, à la rue Archereau, dans le 19ème. Aucune réponse. Notre amie commune, Claudine NIOGRET, n'avait pas non plus de ses nouvelles. J'ai également essayé d'obtenir des renseignements par l'intermédiaire du docteur Daniel MARCOVITCH, qui a été longtemps son médecin traitant, Inbox sur sa page Facebook. Pas de réponse. C'est finalement, M. François DAGNAUD, maire du 19ème, qui m'a confirmé la mort de Georges.

Mon ami, Georges GAZEILLES, est parti comme il a vécu, en toute discrétion, sur la pointe des pieds. Georges fuyait la lumière, et ses rares photos sont des images volées. Il ne voulait pas d'hommage à ses funérailles.

Georges était complètement détaché des choses matérielles de la vie, des honneurs et des vanités de ce bas monde. De son vivant, son modeste appartement était peint en blanc, sans gravures, ni photos. Il n'avait ni famille, ni enfants, il appréciait les livres. Homme de grande culture, il m'épatait ; dès qu'il commençait à engager une conversation, on avait du mal, par suite, à la conclure. Il avait toujours quelque chose d'intéressant à raconter, compte tenu de sa longue vie riche de ses différentes expériences.

Georges GAZEILLES, en dépit de sa vaste culture, n'aimait pas se confier sur sa vie privée. Je suis revenu, à plusieurs reprises à l'assaut, mais il est resté, constamment, avare en confidences. Tout ce qu'il m'a dit, c'est que né à Perpignan, son père est mort très tôt. Il a dû abandonner ses études pour subvenir aux besoins de sa mère. Le métier de comptable l'a conduit en région parisienne, où il a fini par s'installer, et en particulier dans le 19ème arrondissement. En fait, l'essentiel de la vie de cet homme ce n'était pas son histoire personnelle ; c'est la trajectoire qu'il s'était fixée : rester constamment au service des autres.

Georges nous a administré une grande leçon de morale que pose cette interrogation majeure de nos futiles et éphémères existences : qu'est-ce qu'une vie bien remplie, une vie réussie ?

Georges a vécu en harmonie avec les idées qu'il a toujours défendues : se consacrer aux autres, aux plus démunis, et en particulier aux étrangers confrontés aux tracasseries administratives (CAF, Préfecture, CNAV). La première fois que j'ai rencontré Georges cela faisait bientôt plus de 40 ans, c'était à mon université Paris 2, Panthéon-Assas. En effet, notre association d'étudiants, INTERCAPA, était confrontée à des refus massifs de titres de séjour pour les étudiants étrangers, en application d'une loi scélérate giscardienne, dite "sécurité et liberté", avec des contrôles d'identité au faciès, des fouilles et palpations, uniquement pour les Nègres et les Arabes. L'arrivée de François MITTERRAND, avec la régularisation de sans-papiers, nous avait causé trois mois d'insomnies. Georges a été hospitalisé un temps, en raison de cette activité intense. Et pourtant quand, il y a eu, plus tard, un afflux de réfugiés Algériens, dans les années 90, Georges était toujours là, pendant plus de 2 ans, pour faire face à cet afflux exceptionnel de demandeurs d'asile.

Quand j'ai déménagé, dans le 19ème arrondissement, nos chemins se sont croisés, à nouveau, dans le cadre d'une association AIDEMA, que nous avions montée et qui existe toujours. La mairie du 19ème arrondissement, et en particulier le député Jean-Christophe CAMBADELIS, avait bien voulu nous prêter son bureau, un certain temps. Georges créera, par la suite, une association FASTI, qui avait ses permanences à la rue Fessart, à quelques mètres de chez moi.

Georges aurait pu se dire je termine ma vie tranquillement. Pourtant à un âge, pourtant très avancé, Georges tenait encore ses permanences. Du haut de son 1 m 42, on finit, par s'apercevoir, que la grandeur d'un homme, ce n'est pas seulement que dans la taille. Dans une société où les forces du Chaos et de la Discorde ne cessent d'avancer, je m'incline, très respectueusement, devant la mémoire de ce grand homme humaniste, désintéressé, animé de Compassion, de Fraternité et de Solidarité envers les autres, sans rien attendre en contrepartie des autres.

L'Afrique devrait honorer ces humanistes anonymes. La République française, se prétendant inspirée de principes universalistes et humanistes, devrait ériger des statuts, des stèles, des boulevards, et même des cathédrales, pour reconnaître et célébrer tous ces bénévoles, ces associatifs humanitaires anonymes qui entretiennent et consolident le Bien-vivre ensemble.

Aussi, à la suite de la disparition de mon ami Georges, j'adresse mes sincères condoléances à ceux qui font avancer l'esprit humain, ceux qui sont convaincus de la dignité et du caractère sacré de la personne humaine, de la valeur essentielle qu'est l'altérité.

Mon très Georges tu es parti, sur la pointe des pieds, sans dire au revoir à tes nombreux amis qui sont, en fait, l'humanité entière. Je te dis que tu vivras, à jamais, dans le coeur de tous ceux qui croient à la supériorité du Bien souverain sur le Mal.

Repose en paix, mon Pote !

Paris, le 24 avril 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Georges GAZEILLES, (1923-2018) une vie au service des autres.

Georges GAZEILLES, (1923-2018) une vie au service des autres.

Partager cet article

Repost0
28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 23:32

El Hadji Omar TALL, un géant de l’Histoire, propagateur de l’Islam en Afrique de l’Ouest et créateur du plus grand empire en Afrique noire (1848-1897), si méconnu et délégitimé, était un Saint, un organisateur, un stratège, un savant et un anticolonialiste. El Hadji Omar Foutiyou TALL, chef de la confrérie tidjane pour toute l’Afrique de l’Ouest, une tendance soufie, mystique et ascétique, aura contribué, de façon décisive, à l’islamisation du continent noir. Si son empire s’est effondré avec sa mort, correspondant ainsi avec la montée du colonialisme, en revanche, son influence sur l’Islam et le rayonnement de sa confrérie Tidjane sont demeurés, plus que jamais, vivaces.

On est donc étonné qu’au Sénégal, peu d’établissements, de rues ou d’universités portent son nom. Pourtant, Mohamadou Aliou THIAM, originaire de Aéré Lao, compagnon d’El Hadj Omar dès 1846, décrit, dans son «Qacida en Poular»,  l’ensemble des épisodes de la guerre sainte, ainsi que le voyage à la Mecque d’Omar Foutiyou TALL. Le Qacida, écrit en prose, en Peul, avec l’alphabet arabe, puis retranscrit, traduit en français et annoté par Henri GADEN (1867-1939), est un témoignage fidèle de la tradition orale ; c’est une véritable œuvre d’historien, d’un disciple de la première heure, ayant suivi pendant dix ans El Hadji Omar à Diégounko, dans l’Ouest de la région de Faranah, au Fouta Djallon, en Guinée. Mohamadou THIAM se retrouvera à Ségou avec Amadou Cheikhou, avant de mourir en 1911 au Fouta-Toro. Mamadi Aïssa DIAKITE, cadi et président du tribunal de la province de Nioro, a également retracé cette tradition historique et légendaire, dans un ouvrage traduit par Maurice DELAFOSSE. Cheikh Moussa CAMARA (1864-1945), de Ganguel, lui a consacré une bibliographie. Tout en reconnaissant la sainteté et le vaste savoir d’El Hadji Omar, Cheikh Moussa nie qu’il soit un descendant du Prophète Mohamed. Thierno Mountaga TALL (1914-2007), un descendant d’El Hadji Omar TALL, est l’auteur d’une biographie sur son ancêtre. Il est regrettable, qu’en dépit de ses connaissances et de la documentation transmise par les autorités françaises, que cet ouvrage, «El Hadji Oumar TALL, l’aigle de Alwar», se limite à la dimension mystique et ésotérique de son arrière-grand-père. Mountaga TALL a aussi annoté l’ouvrage de Fernand DUMONT : «El Hadji Omar sultan de l’Etat tidjanite», traduit de l’arabe. Oumar BA a eu le grand mérite de restituer, fidèlement, «la chronométrie du destin d’El Hadji Omar».

«Beaucoup de ce qu’on a pu écrire, en France, surtout sur El Hadj Omar et Ahmadou, est entaché de parti pris, parfois même de partialité haineuse et chauvine, marque une époque où l’on vengeait sur le Niger les insultes subis sur le Rhin» écrit Yves SAINT-MARTIN dans son ouvrage sur «L’empire toucouleur». Si la Bibliothèque nationale de France a choisi de l’ignorer, seules quelques références bibliographiques lui sont consacrées, nous avons, pourtant, différents témoignages d’administrateurs coloniaux. Dans ce fatras de littérature coloniale, souvent plein de calomnies et de haine, l’ouvrage d’Eugène MAGE (1837-1867), un contemporain d’El Hadji Omar et envoyé spécial de Faidherbe à Ségou, renferme de précieux témoignages, souvent tirés de témoignages et de la tradition orale «Je crois, pour qu’il soit mieux compris, devoir donner ici l’histoire d’El Hadj Omar, non peut-être telle que le ferait l’Européen, s’il s’en trouvait qui eût été mis à même de la connaître dans toute son exactitude, du moins telle que El Hadj a voulu qu’elle soit divulguée, telle surtout qu’on la racontait à Ségou» écrit Eugène MAGE. Un éminent africaniste, Maurice DELAFOSSE (1870-1926) s’est intéressé à cet illustre Fountankais. Certains témoignages, sans nuances, puent la propagande coloniale ; El Hadj Omar est présenté comme un fanatique et ambitieux. D’autres, même dans leur mépris souverain, intimidés par la sainteté du personnage, sont nuancés : «Il se distingua, dès sa jeunesse par une dévotion exaltée ; avant d’entreprendre le voyage qu’il a fait à la Mecque, il avait déjà des élèves qui lui attribuaient le pouvoir des miracles ; quelques marabouts de Saint-Louis tiennent, à grand honneur d’avoir été ses disciples. C’est un homme d’une figure remarquable, sur laquelle se peignent une vive intelligence, un sentiment de méditation et de calcul, reflet de sa profonde ambition» écrivent Frédéric CARRERE et Paul HOLLE. En effet, Paul HOLLE (1807-1862), qui l’affrontera en 1857, lors du siège de Médine, relate qu’El Hadji Omar a rencontré, en août 1847, à Bakel, le gouverneur Ernest BOURDON de GRAMMONT (1805-1847) et à Saint-Louis, en 1846, le lieutenant-colonel CAILLE, directeur des affaires politiques, à qui il dira son intention de pacifier le Sénégal, de rétablir l’harmonie entre les différentes races, le commerce et la sécurité de tous les pays. El Hadji Omar souhaitait commercer avec les Français : «Je suis l’ami des Blancs, je déteste l’injure. Je veux la paix ; Quand un Chrétien a payé la coutume, il doit pouvoir commercer avec sécurité. Lorsque je serai l’Almamy du Fouta, vous devriez me construire un fort ; je disciplinerai le pays, et des relations complètement amicales s’établiraient entre vous et moi» dit El Hadji Omar.

Initialement, El Hadj Omar ne voulait pas engager une guerre contre les Français, mais étendre l’Islam en Afrique de l’Ouest ; sa guerre sainte ne visait, officiellement, que les mécréants, pour «balayer et nettoyer les pays du paganisme» dit-il. En gage de bonne foi, El Hadji Omar avait remis à GIRARDOT, commandant des forces de Sénoudébou, un de ses fils comme otage, mais qualifié, par les Français, d’espion. Cependant, les raisons du dissentiment avec les Français sont multiples.

D’une part, jusqu’à la moitié du XIXème siècle, n’ayant pas les forces nécessaires pour s’y opposer, le colonisateur français était dans la résignation, dans l’attente de jours meilleurs. En effet, El Hadji Omar, avec ses nombreux partisans de Dinguiraye, au Fouta-Djalon, a réussi à islamiser notamment le Kaarta, le Ségou, le Cayor, le Baol, le Sine et le Saloum, ainsi que de nombreux territoires jusqu’au Tchad. Le colonialisme étant une entreprise de domination d’un peuple sur un autre ne pouvait pas tolérer les victoires d’El Hadj, fussent-elles purement religieuses : «Nos prétentions à la domination du Sénégal par un commencement d’exécution à la prise de Podor, en 1854, devaient bientôt nous mettre aux prises avec ce fanatique» écrit le colon, dans Sénégal et dépendances de 1861. Dans sa tactique, depuis les échecs à Médine et à Matam, El Hadji Omar, préférera ne plus affronter, directement les colons ; il mènera ses guerres vers le Bambouk, Farabana et Makhana. Les Français furent obligés de mobiliser 12 000 hommes à Farabana, pour tout en continuant de négocier avec El Hadj Omar.

D’autre part, le second élément de dissentiment, c’est que cet état de guerre menaçait les intérêts des traitants français. «Partout où on voulait faire du commerce, il fallait d’abord payer, sous le nom de coutumes, des droits au chefs indigènes, avant même de savoir si l’on ferait des affaires» écrit Faidherbe. «Les Blancs ne sont que des marchands ; Qu’ils apportent des marchandises dans leurs bateaux, qu’ils me paient un fort tribut lorsque je serai le maître des Noirs, et je vivrai en paix avec eux» déclare El Hadj Omar.

Par ailleurs, la France voulait entreprendre un chemin de fer Dakar-Niger, ce que contrarient, fortement, les conquêtes et l’ascension fulgurantes d’El Hadji Omar. Ainsi, lors de son séjour à N’Dar (Saint-Louis), El Hadj Omar a fait une déclaration qui a inquiété les autorités coloniales «Maintenant que je me sers de la force, et je ne cesserai que lorsque la paix me sera demandée par votre tyran (Le Gouverneur français du Sénégal) qui devra se soumettre à moi, suivant ces paroles de notre maître : Fais la guerre aux gens qui ne croient ni en Dieu, ni au Jugement dernier, ou qui ne se conforment aux ordres de Dieu, au sujet des choses défendues, ou qui ayant reçu une révélation, ne suivent pas la vraie religion, jusqu’à ce qu’ils paient le tribut religieux par la force et qu’ils soient humiliés. Quant à vous enfants de N’Dar, Dieu vous défend de vous réunir à eux ; il vous a déclaré que celui qui se réunira à eux, est un infidèle comme eux». El Hadi Omar envoie un ordre au Goy, au Boundou et aux Foutankais, pour bloquer les colons français à Podor et à Bakel. A partir de cet instant, El Hadji Omar est considéré comme un ennemi dangereux pour les Français «Les nouveaux ennemis que nous allons combattre étaient les plus redoutables de tous. Les guerres de religion sont impitoyables et le fanatisme inspire un courage qui ne recule devant rien, puisque ceux qui en sont animés, la mort elle-même, est regardée comme un bien» écrit la revue Sénégal et dépendance. Faidherbe a désigné El Hadji Omar comme étant l’ennemi n°1 des Français «Ce danger, El Hadji Omar en était l’incarnation vivante. (…) Intelligent, ambitieux, mais cruel, Omar El Hadji rêvait de devenir une sorte de Mahomet sénégalais ; il réussit à devenir un homme composé d’un Mahomet, d’un Abdel Kader et d’un brigand» écrit Henri CYRAL.

En 1856, Louis FAIDHERBE (1818-1889) confia une mission à Eugène-Abdon MAGE (1837-1869) et au docteur QUINTIN, en vue de l’expansion de la France vers l’Est, jusqu’au Niger en passant par le Mali dominé par l’empire fondé par El Hadji Omar : «Votre mission consiste à explorer la ligne qui joint nos établissements du Haut-Sénégal avec le Haut-Niger et spécialement avec Bamako, qui paraît le point le plus rapproché, en aval duquel le Niger ne présente plus d’obstacles à la navigation» écrit Faidherbe. MAGE se rendit le 12 octobre 1863 à Ségou, après un long voyage, il n’arrivera à destination que le 28 février 1864, El Hadji Omar était déjà mort. MAGE a recueilli la tradition orale sur la vie d’El Hadj Omar. Ahmadou signe un traité de commerce avec la France. Le colonel BRIERE de l’ISLE arrivé au Sénégal, en 1878, continuera cette politique d’expansion de la France.

El Hadj Omar TALL est né, suivant Thierno Mountaga TALL, le 21 mars 1794, à Halwar, un vendredi, premier jour du Ramadan. Sa date de naissance comporte des incertitudes, les auteurs ont retenu l’année 1797, j’ai opté la précision donnée par Mohamadou Aliou THIAM et confirmée par Thierno Mountaga TALL : «El Hadj Omar est né, non vers 1797, en 1794 ou 1795», les Peuls et Toucouleurs comptent, non pas par années, mais par saisons de pluies, précise Henri GADEN, le traducteur de Qacida. Son village natal, signifie une ville délicieuse en arabe, habitée par des hommes de principe : «Un qui ne faiblira pas, qui est sorti d’un village, celui-là béni de notre Fouta que l’on nomme Halwar, rendu brillant qui ne sera pas obscur» écrit Mohamadou Aliou THIAM. Halwar est situé dans l’actuelle région de Podor, à 18 km de N’Dioum et 30 km de la ville de Podor. Fils de Saidou TALL, un polygame père de douze enfants, il est le 8ème et dernier enfant de sa mère, Adama Aïssé Bint Elimane Ciré Samba Demba Aly Moctar THIAM. Les griots appellent souvent, El Hadj Omar, «Kodda» (cadet) Adama Aïssé, une mère d’une soumission légendaire, «la purifiée qui ne sera pas souillée. (..) Possédant les pleines lumières de la religion au-dedans et au-dehors, elle est un onguent au musc dont le parfum ne se dissipe pas» précise Mohamadou Aliou THIAM. El Hadi Omar a aussi reçu le surnom de «Oumaroul Foutiyou», ou Oumar le Foutankais ; il est issu de la caste des nobles, les Torodos, détenteurs du savoir. Il commence ses études coraniques d’abord avec son père, un dévot et savant, critique vis-à-vis de la confrérie Qadriyya encore dominante : «Une dispute s’était élevée entre mes parents et les habitants de Halwar, au sujet d’une mosquée que mon père voulait construire dans sa maison, pour ne pas être troublé dans ses prières. Les gens du village la lui rasèrent et le bâtirent, disant qu’il devait venir faire sa prière à la mosquée. Et, comme il refusait, ses adversaires le traduisirent en justice devant un autre marabout très renommé. Je l’accompagnai au village où devait se prononcer le jugement. Quand il eut entendu l’affaire l’Almamy Youssouf réfléchit, et me prenant par la main, dit aux deux parties : «Que vous sert-il de se disputer ? Rester en paix ; rentrez chez vous, et surtout, regardez bien cet enfant, car il vous commandera un jour» raconte El Hadj Omar. Il va approfondir ses études coraniques auprès des Maures Ida-Ou-Ali de tendance Tidjane, et reçu l’influence d’un marabout maure, Maouloud FALL. Il se rend aussi en Guinée, et aura comme maître, Abd el-Kérim ben Naguib, un lettré musulman originaire du Fouta-Djalon, membre de la confrérie Tidjaniya. Il reviendra plus tard en Guinée qui sera la base du lancement de son empire et son Jihad.

Les Français l’appellent «El Hadj» c’est-à-dire le pèlerin ; il a été à la Mecque à l’époque où les pèlerins vivaient de la mendicité, avec des périodes de longues pauses ; la plupart meurent avant d’arriver et beaucoup restent établis sur la route ne sentant pas le courage de revenir, ni d’aller plus loin. El Hadji Omar a accompli cet exploit, sans grandes difficultés, grâce à son éducation. La tradition orale veut que pour son départ à la Mecque, El Hadji Omar TALL n’avait comme viatique que trois épis de maïs «ces trois épis ne sont rien comparés aux bénédictions d’une mère et je suis armé de celles de ma mère» aurait-il dit. En 1827, et avec l’aide financière des Saint-Louisiens, il entreprend un pèlerinage à la Mecque, en passant par le Bornou, le Haoussa, le Ouadai et le Darfour et l’Egypte. Omar promet à Mohamadou BELLO (1781-1837), fils d’Ousmane Dan Fodio (1754-1817), un peul du Sokoto, au Nigéria, mais dont les ancêtres sont fountankais, à son retour, de marier sa fille. En fait, il s’agissait de jumelles : Omar mariera avec Ramatoulaye, et son frère, Alpha Amadou, prendra Hassinatou comme épouse. La tradition orale soutient que pendant son long séjour au Nigéria il a enseigné le Coran aux hommes et aux Djins (les esprits). Il s’est aussi marié avec Mariétou, la fille de Omar, sultan de Bornou ; elle lui donnera comme enfant, Aguibou (1843-1907). Durant ce périple de 17 ans, El Hadji Omar visitera le Niger, l’université Al-Azar au Caire, le Bornou et Jérusalem. Il séjourne à Médine de 1828 à 1831, ce qui lui permet d’approfondir ses connaissances du Coran, de la culture coranique et de l’arabe. Sa fille, Madinatou, est née à Médine. El Hadji Omar aura 28 femmes et 50 enfants.

Pendant son séjour, dans les lieux saints de l’islam, El Hadj Omar fait la connaissance du Khalife, Cheikh Muhammad Al Ghali, disciple d’Ahmad Al Tidjani, qui va exercer sur lui une influence déterminante : «Il donna à Cheikh Omar une autorisation sainte, c’est-à-dire complète. Il le fit Moqadem et même Khalifa pour les pays noirs Son «mentor» lui décernera le titre de khalife des Tidianes. Il lui enseigna en même temps un Istikhâra (divination) qui ne deviendra pas obscur, c’est-à-dire qui devrait lui dicter clairement ses décisions» écrit Mohamadou Aliou THIAM. Il revient sur ses pas en passant par le Caire, à son université religieuse, Jérusalem, le Bornou et le Haoussa. En raison de sa longue absence, son grand-frère Alpha Amadou vient le chercher et ils repartent ensemble au Sénégal, en 1838.

Après avoir échappé à une tentative d’assassinat, au Macina de la part du sultan Cheikh Amadou Lobbo (1776-1845), il sera mis au fer par le roi de Ségou, Tiéfolo DIARRA, pendant trois mois, et ne sera libéré que suite à une intervention de la sœur de ce roi, Nia DIARRA. Cette expérience douloureuse lui a peut-être inspiré un mépris des souverains despotiques païens, appelés «Kaffir». Il fera halte, pendant six mois, dans le royaume du Mandé, à Kankaba, et repartit en passant par Kankan. El Hadj Omar quitte le Soudan en 1840.

En 1841, c’est donc auréolé d’un prestige certain qu’El Hadj Omar va au Soudan en passant par le Nigeria, puis du Mali, il se rend en Guinée, à Diégounko, chez Mohamadou DIA, avant de retourner au Fouta-Toro, en passant par le Boundou, la Gambie, la haute Casamance, le RIP, le Saloum, le Sine, le Baol, le Cayor et le Oualo. Dans l’Etat peul Firdou, région de Kolda, Alpha Yaya BALDE, se convertit au Tidjanisme, il est le père de Moussa Mollo BALDE, (1846-1931) d’abord collaborateur du colonialisme, puis résistant. En 1846, à Saint-Louis, il bénit la mosquée Lodo ; il rencontre l’interprète Bou El Mogdad SECK (1826-1880), ainsi que CAILLE, directeur des affaires politiques de la colonie. Il s’entretiendra, en 1847, à Bakel avec le gouverneur, Ernest BOURDON de GRAMMONT (1805-1847). Les Socés de la Gambie l’accueillent avec bienveillance.

Lors de l’étape en Guinée, au Fouta-Djalon, Omar s’installe d’abord à Fodéagui, puis à Diégounko, près de Timbo, avec l’aide de l’Almamy Bocar, et y fonde une école religieuse (Zaouia). Mais El Hadji Omar, surveillé par l’aristocratie de Timbo et de Labé, n’y acquiert qu’une renommée fort modeste. Entre 1844 et 1845, il met à profit cette période de répit, pour rédiger son livre Ar Rimah, «Les Lances», invitant les musulmans à adopter la voie Tidjane, une connaissance approfondie de Dieu, une retraite intérieure et un ascétisme : «Tout sage qui désire se livrer, tôt ou tard, de ses mauvais penchants, doit se faire guider par un Cheikh, un directeur spirituel, très instruit, ayant une profonde connaissance de ses défauts et de leurs remèdes. Il se fera diriger par lui et se pliera à ses ordres avec une parfaite obéissance. Le disciple doit être à la disposition de son Cheikh, comme le cadavre est à la disposition du laveur» écrit-il. El Hadj Omar distribua de nombreux exemplaires de son livre aux notables du Fouta-Toro. En 1846, à son retour au Fouta-Toro, au lieu de s’y fixer, El Hadj Omar, en passant par Bakel et le Boundou de l’Almamy Bocar Sada, revient vers le Sud et fonde Dinguiraye, en Guinée, terrain à l’époque non habité et acheté au roi Guimba, jetant ainsi les prémisses de ce qui allait devenir, par la suite, un vaste empire musulman. «Une fois installé, il instruisait ses disciples, matin et soir. Lorsqu’il trouvait à acheter des armes, soit des fusils, soit des sabres, soit des flèches, soit des lances, il achetait toutes les armes qu’il trouvait» écrit Mamadi Aïssa. A chaque étape, il engrange de nouveaux partisans pour sa cause. Sa pensée religieuse s’affirme de plus en plus. Il écrit aux notables du Fouta-Toro «pour leur ordonner de faire la guerre sainte aux infidèles» précise Mamadi Aïssa. El Hadji Omar laisse le commandement de Dinguiraye à Ousmane Diawando, et s’engage, à partir du 21 mai 1854, résolument, dans la guerre sainte.

A la fin de sa vie, El Hadji Omar a été trahi par les Kounta de Tombouctou et les gens du Macina, qui se sont ligués contre lui. Les Bambara animistes et polygames étaient mécontents de la limitation du nombre des femmes par l’Islam à quatre : «C’était la coutume, chez les Bambara, que rien ne limitât le nombre des femmes de chacun en dehors de l’étendue de ses moyens, et il arrivait qu’un seul homme eût quarante épouses» écrit Mamadi Aïssa. Alpha Oumar Thierno Baïla WANE devait se faire remettre les femmes en surnombre et les envoyer à El Hadj Omar comme butins de guerre. Par ailleurs,  «lors de l’entrée du Marabout, Amadou Lobbo et Abdou Salam, dépossédés par leur neveu, Amadou Mo Amadou, avaient espéré trouver, dans son invasion, l’occasion de reprendre leur pouvoir ; aussi n’avaient-ils rien fait pour empêcher la mort de leur infortuné neveu. Cependant, dès que ces chefs eurent perdu l’espoir de se voir conférer par El Hadj le rang qu’ils convoitaient ; dès qu’ils surent que ce dernier avait manifesté l’intention de remettre à son fils Amadou le gouvernement du pays, ils commencèrent à former un complot de révolte» écrit Eugène MAGE. Tous ces princes, ainsi que le roi de Ségou, Ali DIARRA mis au fer, finiront par être exécutés ; ce sang des princes et roi du Mali qui a trop coulé, a fini par créer un profond mécontentement des populations maliennes. Si Moustapha, un esclave gérant le Nioro a été sage, en revanche, les nouveaux impôts de Amadou Cheikou à Ségou ont mis le feu aux poudres. Ahmed El-Bekkai, chef des Kounta de Tombouctou et les gens du Macina d’Amadou Lobbo, organisèrent un blocus contre El Hadj Omar, «si solide que les assiégés en furent réduits à manger des morts» écrit Mamadi Aïssa. Les renforts de Bandiagara, de Tidjani, fils d’Alpha Amadou, son frère, tardant à venir, El Hadji Omar est allé se réfugier dans une grotte, dans les montagnes, entre Hamdallahi et Bandiagara. Suivant Thierno Mountaga TALL, El Hadj disparaît le mercredi 28 février 1864. D’autres auteurs estiment qu’El Hadji Omar est mort le 12 février 1864 : «Il venait juste de terminer la prière de l’après-midi (Takoussaan). La poudre explosa. C’était une maladresse que l’un de ses hommes renversa des braises dessus», estime Mountaga TALL. Pour Mamadi Aïssa, El Hadji Omar est mort en septembre 1864, ce qui correspond aux dates indiquées par Eugène MAGE. Pour Mamadi Aïssa, les Foutankais lassés d’attendre les renforts de Tidjani, avaient commencé à trahir El Hadji Omar. C’est ainsi que les coalisés, les Kounta et les gens du Macina, ont pu engager une attaque dans la grotte, et «combattirent, avec acharnement, jusqu’à ce que le feu ayant été mis à de la poudre qui avait été répandue, il se produisit une explosion dans la grotte ; et, c’est ainsi que se termina la carrière d’El Hadji Omar» écrit-il. Le commandant LARTIGUE donne une version peu plausible, pour un musulman, celle du suicide : «Il dut se faire sauter dans une grotte, avec les tonneaux de poudre que portaient ses enfants, pour ne pas tomber entre les mains de ceux qui le poursuivaient». Une autre légende, recueillie par Paul SOLEILLET auprès de la population musulmane, consiste à soutenir qu’El Hadji Omar, cerné par l’ennemi, se retira dans une haute montagne, et qu’il y fut enlevé au Paradis. «Cheikh Oumar s’éclipse des falaises de Bandiagara, définitivement, aux yeux des hommes. Il fut ainsi le troisième homme à être élevé dans les cieux, après le Prophète Issa (Jésus) et Seydina Ali Ibn Abi Talib» écrit Thierno Mountaga TALL. Suivant, Mohamadou Aliou THIAM, après avoir vaincu les Kounta et les gens du Macina, Tidjani retourna à la montagne : «Les corps avaient été mis en pièces par l’explosion de la réserve de poudre et aucun ne put être reconnu. Il fit rassembler ces restes et les apporta à Bandiagara où il les fit enterrer».

I – El Hadji Omar et l’Islamisation de l’Afrique de l’Ouest

A – El Hadji Omar TALL, le savant et le miraculeux

L’épopée qui magnifie El Hadji Omar TALL accentue son côté combattant de la foi en y intégrant miracles et magie noire. Seule compte l’image du «gigantesque cavalier entouré d’un halo de lumière qui galope sur son destrier, pour disparaître à l’horizon» écrit Emile DUCOUDRAY. Les écrits de Cheikh Moussa CAMARA et de Mamadou Aliou THIAM ont renforcé cette dimension mystique d’El Hadji Omar TALL, le «Waliyou» (miraculeux et savant). Lors de son séjour à l’université Al Azar, en Egypte, sous Méhémet ALI (1769-1849) ses hôtes furent surpris par l’étendue de ses connaissances : «Le bélier universel à la tache noire à la tête, a compris toutes les sciences. (..) Tant enfin ils furent saisis de ces prodiges que fut la façon dont répondit le Cheikh à ces questions profondes, ardues, qui ne sont pas faciles. C’est un savant qui a compris toute chose qu’il a lue. C’est un homme qui excelle en connaissance profonde, il ne se trompe jamais» écrit Mohamadou Aliou THIAM.

D’une grande simplicité et généreux, El Hadji Omar, grand communicateur, les griots du Mali lui ont consacré une chanson traditionnelle, désormais attachée à son nom : «Tara» ; cette chanson était initialement un éloge funèbre, mais ses origines lointaines sont peules et se rattachent à l’histoire d’un chant ancien, le Yééla. Les qualités personnelles d’El Hadji Omar TALL ont été reconnues de tous : «Cet homme à qui on s’accorde à reconnaître une  grande éloquence, n’eût pas de peine à se faire passer aux yeux des Noirs du Sénégal, pour un être extraordinaire, doué d’un pouvoir surnaturel ; on croyait toute espèce de miracle possible de sa part ; on en racontait déjà» écrit la Revue Sénégal et dépendances de 1861. Paul SOLEILLET (1842-1886) a décrit El Hadj Omar. Ses yeux étaient expressifs, ses traits réguliers. Sans moustache, sa barbe était noire, soyeuse, partagée au menton. Il ne parut jamais avoir plus de trente ans. Personne ne l’avait jamais vu se moucher, cracher, suer, ni avoir chaud, ni avoir froid. Il pouvait rester indéfiniment sans manger, ni boire. Ses mains et ses pieds étaient parfaits. Il ne parut jamais fatigué de marcher, d’être à cheval ou immobile sur une natte. Sa voix était douce et s’entendait distinctement aussi bien de loin que de près. Il n’a jamais ri, ni pleuré, jamais il ne s’est mis en colère. Son visage était toujours calme et souriant. «La Justice est le droit de l’Homme, dans ce monde et dans l’autre ; là où la justice des hommes aura été en faute, celle de Dieu ne faillira» dit El Hadji Omar.

Homme modeste, érudit et doté de vastes connaissances, on prête à El Hadji Omar de nombreux miracles. Il aurait fait le Ramadan le premier jour de sa naissance : «Quand il naquit il refusa d’être allaité, les gens pensèrent qu’il était malade. (..) Les sages dirent : «ce bébé n’est pas souffrant, mais peut-être qu’il a en lui quelque chose de mystérieux. Peut-être que c’est un Saint» écrit Samba DIOP dans «Epopée africaine». Dès l’âge de quatre ans, son maître coranique a avoué qu’il est en avance sur lui.  A huit ans, il savait par cœur tout le Coran qu’il avait mémorisé. Talibé, il ne va quémander la pitance, mais à l’heure de présentation de la sébile, la sienne est bien achalandée. Aux champs, il refuse de cultiver, mais les parties dont il a la charge sont dégagées de toutes mauvaises herbes. Il traverse le fleuve, comme le Moïse de la Bible. Dans tout ce qu’il faisait, il semblait avoir le soutien des génies qui lui avaient prédit qu’il n’aura pas de funérailles. Il vaincra les païens, mais les «incirconcis aux oreilles rouges» domineront le continent noir. En Syrie, Omar guérit l’enfant handicapé d’un roi, Ibrahim Pacha (1789-1848). Dans son histoire du Sokoto, El Hadj Saïdou relate qu’il a sauvé de la soif une expédition menée contre le Gober en faisant venir, par ses prières l’eau dans un puit à sec, sans qu’une goutte d’eau ne se perdît à l’extérieur des murailles.

Omar TALL avait de l’éloquence et de la finesse. Ainsi, au Caire, les chefs religieux étaient sceptiques, un Noir pouvait-il en savoir autant qu’eux ? Ils le convoquèrent pour l’interroger et sonder ses connaissances théologiques. Un rhéteur malicieux lui lance, sournoisement, cette attaque : «O Miracles, exagération descendant du Prophète, rhétorique science toute splendeur que tu sois, mon âme se dégoûtera de toi si tu t’enveloppes de noir» lui dit un de ses détracteurs. La tradition orale défendue par Mahamadou Aliou THIAM, rapporte qu’El Omar répondit, brillamment, et triompha de tous les pièges, en leur clouant le bec : «L’enveloppe n’a jamais amoindri la valeur du trésor qui s’y trouve enfermé, Donc Ȏ poète inconséquent, ne tourne plus autour de la Kaaba, maison sacrée d’Allah, car elle est enveloppée de noir. Ȏ poète inattentif, ne lis donc plus le Coran, car ses versets sont écrits en noir. Ne réponds donc plus à l’appel de la prière, car le premier ton, fut donné, et sur l’ordre de Mohammed notre modèle par l’abyssin Bilal, donc un noir.  Hâte-toi de renoncer à ta tête couverte de cheveux noirs. N’oublie pas que c’est avec l’irremplaçable prunelle noire que l’œil parvient à discerner. Chez moi, dans le Tekrour, tout noirs que nous soyons, l’art de la grossièreté n’est cultivé que par les esclaves et les bouffons».

Né au temps des Almamy du Fouta-Toro qui ont instauré une République théocratique depuis 1776, El Hadj Omar TALL n’a pas été accepté facilement dans son pays. Le Jihad qu’il préconise et les troupes qu’il veut lever au Fouta-Toro, ainsi que la tentative de conciliation avec le colonisateur, ont été des sources de dissentiment avec les Almamy antiesclavagistes et résolument en guerre contre l’occupant français. Par ailleurs, El Hadj Omar a introduit la confrérie Tijiania en Afrique de l’Afrique de l’Ouest. Or les Almamy du Fouta-Toro sont d’une autre confrérie, celle des Qadriyya, dont le fondateur, au XIIème siècle, est l’iranien Abdel Kader El Jilani (1079-1166). Le tidjanisme omarien rejette toute hiérarchie sociale et prône l'égalité de tous les hommes, et «allait devenir une africanité, une négritude avant la lettre» écrit Gérard CHENET En effet, les adeptes du Tidjanisme, se fondent le Coran et la tradition prophétique, et se réfèrent, en particulier, tous à son fondateur, Cheikh Amet Tidjani, par la grâce et sainteté que lui a accordées le Seigneur, clôt l’arrivée de tout prophète ou envoyé de Dieu. Le Tidjanisme introduit le Wird (invocations obligatoires pour tout affilié), les Hizbs (prières écrites ou conseillées par le fondateur), le Wazifa (série de litanies et de prières spécifiques à réciter chaque jour), et respectent les 23 règles fondamentales de la confrérie, dont le Maouloud ou la célébration de l’anniversaire du Prophète, Mohamet.

A la suite de l’assassinat de l’Almamy, Abdoul Kader KANE le 4 avril 1807, en raison des rivalités et des dissensions entre les familles nobles, le Fouta-Toro est plongé dans une crise morale très profonde. El Hadji a dénoncé, avec virulence, l’affaissement de ces valeurs morales au Fouta-Toro, contraires, selon lui, à l’Islam : «Vous êtes comme des infidèles, buvant et mangeant l’injustice, et vos chefs violent la loi de Dieu, en opprimant les faibles» dit-il. Cependant, «nul n’étant prophète dans son pays» comme le dit un adage, El Hadji Omar TALL a failli être assassiné suite à un complot ourdi par Boubacar Aly Doundé, fils d’un chef des Bosséyabé. Avant de repartir en Guinée, il envoya ce message aux chefs du Fouta-Toro : «Vous avez refusé de me suivre pour travailler avec moi, à la conversion des infidèles. Mais, dans un temps, qui n’est pas éloigné,  vous accourez tous, sans que je vous appelle» écrit-il. 

Cheikh Moussa CAMARA, un des biographes d’El Hadji Oumar, a rappelé qu’il n’est pas un descendant du Prophète Mohamet. Il réitère le caractère fondamentalement peul d’El Hadji Oumar qui a renversé les royaumes Bambaras, jadis ennemis jurés des Toucouleurs. Pour Cheikh Moussa CAMARA, en dépit de ses grandes qualités, El Hadji Oumar est un mortel ; cependant, il a un pouvoir spirituel immense. Ainsi, pendant son voyage à la Mecque, il s’était engagé sur le chemin de terre fort dangereux et infesté de brigands. Il récitait pendant ses prières «Celui qui a ouvert ce qui avait été fermé» et il a échappé à tous les désagréments.

B – El Hadji Omar, le Jihadiste : balayer et nettoyer les pays du paganisme

A son retour de la Mecque, El Hadj Omar est devenu «un homme mûr et grave, instruit par ses lectures, ses conversations et ses nombreux voyages. Si la science de Dieu a été sa principale préoccupation, on peut penser qu’il avait aussi gardé les yeux ouverts sur le monde profane» écrit Yves SAINT-MARTIN. En effet, El Hadji Omar repart en Guinée, au Fouta-Djalon, et s’installe à Dinguiraye, en 1849, avec l’accord Yimba SAKHO, chef animiste des Diallonké de Tamba, qu’il paie en or, pour préparer la guerre sainte. «S’exiler, c’est s’enrichir» avait-il coutume de dire. «Un homme extraordinaire, de race Foulah, prenait une grande influence sur ses compatriotes. (…) Son renom de sainteté attirait autour de lui un si grand nombre de disciples qu’il put songer à en faire une armée» écrit J. PINCHON. «El Hadj achète, vend de la poudre d’or qu’il tire du Bouré, arme ses élèves, cultive, remplit ses greniers de mil et se fortifie. Possédant déjà une véritable armée qui chaque jour, grossissait» écrit Eugène MAGE. Il fait bâtir cette mosquée, en forme de meule, ressemblant à une grande case, avec l’aide d’Ousmane Diawando, ainsi qu’un «Tata» (fortification). A partir de ce moment, le colonisateur considéra qu’il menaçait ses intérêts : «Un plus redoutable adversaire se rencontra dans un marabout Toucouleur, Cheikh El Hadji Omar. (…) Etablit en 1848, entre les deux fleuves, à Dinguiraye, il se transporta au Nord du Sénégal, dans le Kaarta, pillant nos traitants et proclamant même qu’il conduirait ses troupes à Saint-Louis» écrit Henri WALLON. Dans la guerre sainte qu’il prépare, El Hadji Omar commence d’abord par avoir un territoire, des munitions et une armée solide dirigée par Alpha Oumar Thierno Baïla WANE, de Kanel dans le Damga, un fidèle des fidèles du «Sultan des Saints», comme le surnomment les Fountankais. Alpha Oumar lui achète le fameux cheval surnommé «M’Bollou», à Bokar Yéro Mody de Galoya. Il recrute notamment Thierno Mollé du Bosséya, fait Moqaddem. El Ehadji se fait assister, pour le génie militaire, par Samba BATHILY dit Samba N’DIAYE, d’origine Soninké et ancien otage pendant vingt ans à Saint-Louis.

Dans son appel à la guerre sainte, El Hadji Omar se remémore le passé prestigieux des Foutankais, flattant ainsi leurs égos : «Les fils du Fouta sont tels que nos premiers ancêtres ; laborieux et forts, la fine fleur de l’humanité et des droits. Fils du Fouta, retournez à vos origines : le Jihad contre les ennemis d’Allah (…). Le Mont Sinaï est à votre berceau à cause du Jihad. Fils du Fouta soyez dignes de vos ancêtres» dit El Hadji Omar. Il est sans doute influencé par la guerre sainte, au Nigéria, initiée par Ousmane DAN FODIO (1754-1817), sultan du Sokoto. El Hadj Omar voulait lancer la restauration et la réforme de l’Islam, en recourant au Jihad, estimant qu’il est investi, dans cette mission, par le Seigneur, la rétribution étant le paradis. El Hadji Omar se fonde explicitement sur un mysticisme inspiré de la Tidianiya, mettant l’accent sur la mortification et l’observation rigoureuse de l’Islam, par une série de rites. La tradition orale soutient qu’El Hadji Omar, un Mahdi investi d’une mission divine, serait le continuateur de l’action de Mahomet (571-632) : «Auparavant, je n’avais été autorisé par Mahomet et Cheikh Ahmet Tidjane qu’à rallier les incroyants à l’Islam et à les guider sur la voie correcte (…) ; puis j’ai été chargé de lancer le Jihad. (…) L’autorisation m’en a été donnée par une voix divine qui m’a dit : «Tu as maintenant la permission de conduire le Jihad. Cela se passerait le 6 septembre 1852» affirme El Hadji Omar. Mamadou Aliou THIAM affirme que l’autorisation de faire le Jihad aurait été donnée, pendant le voyage à la Mecque, par Mohamed El-GHALI : «Va balayer les pays ; c’est-à-dire va les nettoyer du paganisme. C’est là une mission de propagation de la foi par la guerre sainte» écrit THIAM. Mamadou Aïssata DIAKITE, petit-fils d’un Soninké disciple d’El Hadji, dans sa biographie, n’effleure que ce thème. «Le vieux monde africain, regénéré par la demi-civilisation musulmane, galvanisé par le fanatisme pressent que c’est par le fanatisme et par cette brèche de la vallée du Sénégal, que la race européenne, avec son cortège d’idées et d’institutions, pénétrera, avant peu, jusqu’au cœur de ce continent arriéré, il cherche à se défendre de cette invasion» écrit Louis FAIDHERBE. Naturellement, le colonisateur s’est évertué à démontrer que le Jihad est proscrit par les temps modernes : «Parmi les populations indigènes que nous avons eu à coloniser, il y a une ethnique qui n’acceptera jamais notre domination. Et il se trouve que cette ethnie est très répandue sur notre espace de colonisation. Il est urgent et impératif, pour notre présence en Afrique, de réussir à la diviser et leur opposer les autres ethnies moins rebelles. Car le jour où les Peuls se regrouperont, ils peuvent balayer sur leur passage toutes les forces coloniales» écrit FAIDHERBE.

A Dinguiraye, il prépare le Jihad (guerre sainte). Il acquiert une réputation de saint et rassemble de nombreux disciples qui formeront les cadres de son armée. Son armée, équipée d’armes légères européennes reçues de trafiquants britanniques de Sierra-Leone, s’attaque d’abord à Tamba, dont le chef, Yimba SAKHO, avait une réputation de cruauté terrible ; on l’accusait de donner des captifs en pâture aux vautours sacrés de son village. Par ailleurs le roi de Tamba, outre l’armement d’El Hadji qui l’inquiétait, est mécontent de la conversion à l’islam d’un de ses sujets : Diély Moussa DIABAKATE.  El Hadji Omar inflige en même temps une sévère défaite à Labata, un village allié et à Bandiougou KEITA, un descendant de Soundiata venu soutenir Tamba, lors du siège de six mois. Cette victoire lui ouvre l’accès au cours supérieur du Bafing et contrôlant ainsi les voies des mines d’or du Haut-Falémé, du Bambouk et du Bouré. Quittant la Guinée, il laisse la direction de Dinguiraye à une de ses filles, Aguibou. De 1850 à 1857, il s’empare du Bambouk et du Kaarta. Il occupe, quelques années plus tard, le Nioro, alors capitale du royaume païen des peuples bambaras, fondant ainsi un empire s’étendant du Haut-Sénégal à la Gambie. Il occupe, sans difficulté, les territoires du Mandingue et du Bambouk en 1853, avec leurs mines d’or. Il campe près du poste de Sénoudebou, et fait connaître au gouverneur de Bakel son intention de rester en paix avec les Français et propose, avec de l’or, de leur acheter des fusils et canons. Le gouverneur du Sénégal, Auguste-Léopold PROTET (1808-1862) rejette cette offre. El Hadji Omar attaque alors Makhana, chef lieu du Kaméra, et fait décapiter tous les hommes. Faidherbe fait fortifier Bakel, ce qui dissuadera les incursions d’El Hadji Omar.

El Hadi Omar affronte les Bambaras Massassi dont il prend la capitale Nioro et Ségou entre 1854 et 1861. En 1856, il annexe le royaume bambara du Kaarta et réprime sévèrement les révoltes. Luttant contre l’armée coloniale française, il fait construire, une fortification, à Koniakary non loin de Kayes. El Hadji Omar est rejoint par Alpha Oumar Thierno Baïla WANE. «Rien dans le Soudan occidental ne pouvait plus résister à El Hadj ; ceux qui auraient voulu se défendre étaient à la tête d’esclaves trop démoralisés pour résister à des hommes libres et fanatiques» écrit Eugène MAGE.

En avril 1857, il déclare la guerre contre le royaume du Khasso et assiège le fort de Médine, point stratégique pour le contrôle des routes menant vers la Mauritanie, la Guinée, la Gambie et le Sud-Ouest du Sénégal. Jusqu’à Podor, tout commerce, pour le colonisateur français était devenu impossible. Des villages entiers du Fouta, du Boundou et du Dimat sont sous ses ordres. Faidherbe met en place un poste de défense en septembre 1855 à Médine, car Bakel, est en révolte. Le 20 avril 1857, El Hadji Omar TALL attaque Médine, défendu par Paul HOLLE, un mulâtre saint-Louisien, avec 7 Européens 22 Sénégalais et 36 matelots. Mais ces faibles troupes n’auraient pas suffi à repousser les 20 000 fantassins d’El Hadji Omar. La défaite d’El Hadj est due, en partie, à l’indiscipline de Hamat Kouro WANE dit «Hadé Wadda» (celui qui fait ce qu’on lui défend). L’absence du stratège militaire, Alpha Oumar Thierno Baïla, qui n’était pas de l’expédition, resté au commandement du Nioro et Kaarta, a pénalisé El Hadj Omar. Par ailleurs, en grand stratège, Faidherbe a rassemblé à Médine tous les éléments, issus du Logo et du Kasso, hostiles à El Hadj Omar. Le gouverneur du Sénégal a mobilisé au total 580 hommes, avec des fusils, munitions et des barils de poudre, ainsi que divers alliés africains à la botte du colonisateur, : Fara Penda M’BODJ, nommé chef du Oualo, Boubacar Sada du Boundou, Babacar Ould Souedi Amet, chef des Douaich, des Maures. Pour faire face au Jihad d’El Hadji Omar, Faidherbe va conclure divers traités de paix : le 20 mai 1858 avec le Trarza, le 10 juin 1858 avec les Maures Brakna, le 18 août 1858, avec l’Almamy du Boundou et les chefs du Bambouk, le 19 août 1858 avec les chefs du Guoy, le 18 avril 1859 avec le Toro, le 10 septembre 1859 avec le Damga, une province du Fouta, particulièrement rebelle.

C’était l’époque où la domination française commençait à s’affirmer sur tout le Sénégal. En 1857, les troupes de Faidherbe et celles d’El Hadj Omar s’affrontèrent à Médine, puis à Matam du 13 au 16 avril 1859. C’est en août 1860, à Bakel, qu’un traité de paix fut signé entre Thierno Moussa, représentant d’El Hadji Omar, et les Français dont l’autorité est reconnue sur la rive gauche du fleuve, et la rive droite restant sous influence d’El Hadji Omar. «Tout pillage, toute expédition de guerre cessera d’un côté, comme de l’autre. Les sujets de l’un des pays n’iront pas en armes dans l’autre pays. Le commerce se fera librement entre les deux pays ; nous vendrons à El Hadj tout ce qu’il nous demandera», points 4 et 5 du traité.

Entre 1859 et 1862, El Hadji Omar remporte ses conquêtes sur le Niger et brise la résistance des Diawara en installant les Toucouleurs sur le Kingui. Marcoïa est pris le 20 novembre 1859 et le 22 mai 1860, les Bambaras venus au secours des Diawara connaissent une défaite à N’Ganno. Niamina, ville commerçante du Niger est conquise le 25 mai 1860.

El Hadj Oumar TALL s’attaqua aux royaumes bambaras de Kaarta et de Ségou, dirigés par les Diarra. En entrant dans Ségou, le 10 mars 1861, «il prenait possession du palais et des trésors accumulés depuis des siècles par les divers rois qui s’étaient succédés dans ce pays. Les différents chefs captifs écrirent, par des marabouts de l’intérieur, qu’ils voulaient se rendre à El Hadj. (…) Il imposait à tous de se raser la tête, de ne plus boire de liqueurs fermentées, de faire le Salam, de ne plus manger de chien, de chevaux, ni d’animaux morts de maladie ; il prenait des otages pour en faire des soldats», écrit Eugène MAGE. Les fétiches et temples païens sont détruits. En 1862, il confie Ségou à son fils Ahmadou, pour partir à la conquête d’Hamdallaye, capitale de l’Empire peul du Macina qui tombera le 16 mars 1862. Il est curieux de constater qu’El Hadji Omar ait fait la guerre contre Amadou Mo Amadou (Amadou fils d’Amadou, en Peul), petit-fils du fondateur du Macina, qui n’était pas un idolâtre, mais un musulman jugé hypocrite et non sincère : «il est notre petit-fils, son père est notre fils, et son grand-père est notre oncle et ami. (…) L’action est plus éloquente que la parole. Lorsque la parole et l’action divergent, prends en considération l’action» dit El Hadji Omar.

En effet, Amadou Mo Amadou avait préconisé à El Hadj Omar de ne pas poursuivre Ali DIARRA, le roi de Ségou en fuite qui cherchait à reprendre son trône «Si je t’ai demandé la paix, c’est que les gens de mon pays le désiraient ; Quant à moi, j’ai toujours souhaité me battre contre toi, si tu ne viens pas m’attaquer, je marcherai contre toi» dit Amadou Mo Amadou.  Après plusieurs échanges de lettres, El Hadji Omar finira par se défendre contre les attaques d’Amadou Mo Amadou, qui sera capturé après sa fuite et décapité le 15 mai 1862. Les trésors d’Amadou Mo Amadou entassés à Tombouctou furent récupérés. La vie d’Ali DIARRA, roi de Ségou est épargnée, mais il est mis aux fers.

Le 16 mai 1862, El Hadj Omar prend la capitale du Macina : Hamdallaye «Trois jours après son entrée à Hamdallaye, tout le Macina, chefs en tête, venait faire sa soumission au marabout, qui se trouve ainsi maître de la plus vaste étendue de territoire qu’un chef nègre n’eut jamais eu en son pouvoir. De Médine à Tombouctou, et de Trengela au Sahara, tout était soumis à sa loi» écrit Eugène MAGE. En 1864, c’est dans le Macina qu’une révolte va bloquer El Hadji Omar. En effet, le Macina est vaincu, mais non soumis. Les Qadiri de Cheikh Bécaye complotent et pactisent avec la France. La conspiration entre les gens du Macina, les Bambaras et les Kounta de Tombouctou. Replié dans une grotte à Déguembéré, El Hadji Omar attend les secours de son neveu, Tidjani, qui arriveront, tardivement.

II – El Hadji Omar et son héritage contrasté

A - El Hadji Omar, l’échec et la dislocation de son empire théocratique

Jusqu’en 1864, la France n’avait aucune maîtrise du territoire appelé alors le Soudan ; son dernier poste militaire s’arrêtait à Bakel. En effet, l’autorité d’El Hadj Omar dépassait, de son vivant cette zone, elle couvrait le Fouta-Toro, le Boundou et une partie de la Guinée : «La rapide extension des Foulahs et leur domination politique dans une grande partie du Soudan, depuis la haute région où le Kouara (Djoliba ou Niger et le Sénégal ont leurs sources jusqu’au fort au-delà du Tchad ; cette extension est un des phénomènes historiques les plus remarquables des temps modernes» écrit Jules BELIN de LAUNAY (1814-1883) dans l’introduction de l’ouvrage d’Eugène MAGE. Les colons ont été confrontés au pillage des maures à la résistance des anciens royaumes, et surtout au puissant empire mis en place par El Hadji Omar. Depuis la chute d’El Hadji Omar, la colonisation n’a cessé de remporter des victoires dans son entreprise de domination de l’Afrique. «L’histoire de la conquête, et surtout de l’occupation du cercle de Nioro est intimement lié à la destruction de l’empire toucouleur qui, lui-même comprenait la totalité du Soudan actuel» écrit le commandant de LARTIGUE. 

El Hadj Omar, de son vivant ne voulait pas assumer le pouvoir temporel ; il avait confié cette mission, à partir de 1860, à son fils, Ahmadou Cheikou (21 juin 1836, Sokoto- 15 décembre 1897, Sokoto), réformateur lettré et mystique, devenu le «Lamiddo Dioulbé», le commandeur des croyants, avec comme capitale Hamdallaye (Loué soit Dieu). Si Moustapha, un esclave gérant le Nioro a été sage, en revanche, les nouveaux impôts de Amadou Cheikou à Ségou ont déclenché la révolte. «A première vue, j’avais donné à Ahmadou dix-neuf ou vingt ans ; en réalité, il en avait trente ; il est plutôt grand et il est bien fait. Sa figure est très douce, son regard calme, il a l’air intelligent. Il bégaie un peu en parlant, il parle bas et très doucement. Il a l’œil grand, le profil du nez droit, les narines peu développées. (..)  Il est coiffé d’un bonnet bleu. (..) Il tenait à la main un chapelet, dont il défilait les graines en marmottant par les intervalles de la conversation. Devant lui, sur sa peau de chèvre, étaient posés un livre en arabe et des sandales ainsi que son sabre», écrit Eugène MAGE lors de son entrevue du 28 février 1864. «La théocratie fondée en 1818 au Macina par Cheikou Ahmadou, à son apogée en 1830, s’étendait du Nord au Sud entre Tomboctou et Djenné et à l’Ouest, les rives du Bani et du Niger» écrit Robert CORNEVIN.

Les Français estiment que cette République islamique très vaste, menace leurs intérêts. Ils entreprirent alors de liquider toutes les personnes censées contrarier la colonisation. «Dans la campagne de 1891-1892, le colonel Archinard avait planté notre drapeau et porté un nouveau coup à la puissance toucouleur. La campagne de 1892-1893 avait un double but : détruire la puissance d’Ahmadou, qui tentait de reconstituer son empire dans le Macina et refouler Samory qui continuait à inquiéter la région Sud de la colonie» écrivent les Renseignements coloniaux de 1896. Dans son rapport, le colonel ARCHINARD précise ces menaces : «Ahmadou, toujours hostile, profitant de ce qui lui restait de force et d’autorité, nous faisait attaquer dans le Nord de Sansanding et à l’Est de Ségou. (…) Ma conviction s’est faite et que je regardais Ahmadou comme l’âme de toutes les révoltes contre nous. (…) Il fallait enlever à Ahmadou l’ombre du prestige dont il jouissait encore, et pour cela le chasser du dernier royaume créé par son père et le priver du concours des Toucouleurs que le fanatisme musulman, l’orgueil vis-à-vis des autres Noirs et la haine contre nous, tenaient encore groupés autour de lui» écrit le colonel Louis ARCHINARD. En effet, Ahmadou avait entrepris de s’allier avec les forces de Samory TOURE (1830-1900). Ahmadou Cheikou, outre les Français, avaient de nombreux ennemis dont les Peuls du Macina, les Bambaras et une partie de sa famille contestait sa légitimité notamment à Ségou, le Bélédougou, le Mandingue et le Kaarta. En 1881, les Français s’installent à Kita.

Les Français ont appliqué une vieille recette «Diviser pour mieux régner», en exploitant, au maximum, les dissensions au sein des héritiers d’El Hadj Omar, pour mieux liquider Ahmadou Cheikou, moins conciliant ; cela préfigure, peut-être ce qu’allait être la Françafrique : installer des hommes de paille en Afrique. Aussi, le colon s’est attaché la collaboration d’Aguibou TALL (1843-1907), plus malléable et avide d’honneurs : «Aguibou n’avait hérité du fanatisme religieux de son père. Il semble bien qu’Aguibou ait assez faible caractère et que ses penchants de collectionneur l’aient rendu, plus que de raison, avide de cadeaux. Ce goût pour les présents le rendra docile aux arguments des commandants supérieurs du Soudan» écrit Yves SAINT-MARTIN. En effet, Aguibou avait d’abord hérité de la province autonome de Dinguiraye, une création de son père, à la conquête coloniale qui sera d’abord rattachée au Soudan, puis à la Guinée. «J’avais permis à Aguibou de recevoir tout le monde et d’accepter tous les témoignages d’attachement qui lui seront donnés» écrit Louis ARCHINARD (1850-1932). Il y avait un lourd contentieux entre Aguibou et Amadou Cheikhou. En effet, pendant qu’Ahmadou guerroyait dans le Kaarta, entre 1870 et 1874, Aguibou avait exercé la régence et géré le royaume en bon père de famille. A son retour, Ahmadou ne tint compte de cette bonne gestion, et remis Aguibou, brutalement, dans le rang. Il lui confisqua une partie de ses biens et de ses femmes, d’où le grand ressentiment d’Aguibou, qui se croyait d’ascendance plus noble que son demi-frère : «Mon frère, Ahmadou, m’a pris ma femme, Assa Coulibaly, avec seize autres femmes, deux captifs et mille gros d’or. C’est pour cette affaire entre Ahmadou et moi, que je suis passé au service des Français» écrit Aguibou dans une lettre de 1891 au colonel HUMBERT. Un parti se forma, tant à Dinguiraye, qu’à Ségou, pour demander l’accession d’Aguibou au pouvoir, mais Aguibou nommé à Dinguiraye, fut ainsi écarté, provisoirement, du centre de décision.

Aguibou décide, par le traité du 12 mars 1887, de placer Dinguiraye sous protectorat français, et devient un serviteur docile du colon. Le 6 avril 1890, Louis ARCHINARD prit la ville de Ségou à Madani qui alla se réfugier, chez son père à Nioro et dans le Kaarta. Ahmadou Cheikhou, confronté à des révoltes presque permanentes et des guerres de succession, se sentant menacé, sans se soumettre, Ahmadou émigra en 1893 à Sokoto, pour y répandre la Tidjianiyya, et il y meurt le 15 décembre 1897.

Louis ARCHINARD voulait, coûte que coûte briser la domination toucouleur et mis à la tête de Ségou de 1887 à 1892, Mari DIARRA, qui s’est révélé peu malléable ; il sera assassiné par les colons. En mars 1891, Sansanding est confié à Mademba DY (1842-1918), un ancien postier sénégalais et chef de la brigade télégraphique du Soudan. ARCHINARD exigea d’Aguibou une remise de la province autonome de Dinguiraye, comme tous les autres royaumes d’El Hadj Omar, annexés par la France. Aguibou s’exécuta, se déclara Français et prêt à se rendre partout où le gouverneur  lui dirait d’aller. Sous la menace des Sofas de Samory TOURE, Aguibou TALL ira, en 1892, se réfugier auprès de Louis ARCHINARD. Maky, le fils d’Aguibou, qui exerçait la régence à Dinguiraye est destitué et exilé à Kayes, en mars 1899 ; son cousin, Baba TALL est érigé, au rang, non pas de roi de Dinguiraye, mais de simple chef coutumier. Seule la Mosquée de Dinguiraye a résisté à la loi du temps. Le 4 mai 1893, ARCHINARD élève Aguibou TALL, au rang de «Fama», un roi fantoche du Macina, à Bandiagara, «en récompense de la fidélité et des bons sentiments témoignés par Aguibou à la France». Le 12 février 1903, la résidence de Bandiagara fut transformée en chef-lieu de cercle, un administrateur civil européen nommé. Aguibou perd son statut de roi, pour devenir un simple chef coutumier ; il meurt en 1907. Ainsi, prit fin l’empire d’El Hadj Omar, et commença la collaboration de ses héritiers, dont El Hadj Saïdou Nourou TALL (1882-1980), avec l’occupant français.

En définitive, El Hadji Omar a tenté de réaliser l’unité africaine, s’il n’avait pas été arrêté dans sa progression vers le Niger, en 1864. Au Fouta-Toro, le dernier Almamy, Ciré Baba Ly fut élu en 1880. Depuis 1877, le Fouta est morcelé avec le traité de Galoya. Et l’Almamy Babaly ne fut pas remplacé à sa mort, en 1890.

B – El Hadji Omar et le fabuleux destin de la confrérie Tidjaniyya,

El Hadji Omar est le continuateur, en Afrique de l’Ouest, de l’action de Cheikh Ahmed Tidjani (1737-1815), originaire de Ain Mahdi, dans le Sud algérien et mort, à Fès, au Maroc. Ce mouvement de Tajdîd ou «renouveau», fondé en 1781, se caractérise par le surgissement de figures, de réseaux, de structures, qui, par-delà leur diversité, ont en commun une forte démarche éducative, missionnaire et militante, et une révérence particulière à l’égard du Prophète, de son modèle et de son enseignement. C’est à la fois une continuité et une rupture avec le passé. El Hadji Omar a d’abord été initié au Tidjanisme par son maître Abdel Karim du Fouta-Djalon. Mais lors de son séjour à la Mecque, il rencontre Sidi Mohamed El GHALI qui le nomma Khalife général de la confrérie Tidjaniyya pour toute l’Afrique de l’Ouest.

Si l’empire toucouleur d’El Hadji Omar s’est disloqué à sa mort, en revanche, le destin et la survie du Tidjanisme sont exceptionnels. Ce message de rénovation des valeurs de l’Islam est plus que jamais vivace. Ainsi, Amat BA dit Maba Diakhou BA (1809-1867), du RIP, Almamy du Saloum et un descendant de Coly Tenguella BA, dont les ancêtres sont originaires de M’Bantou, près de Podor, rencontre El Hadj Omar en 1846, à Kabakoto. El Hadji Omar lui donne le Wird des Tidjanes et l’investit comme représentant de sa confrérie dans le Saloum. Il engage la guerre sainte en 1861 à la suite d’un différend avec le roi du Sine. Par son prestige, Maba Diakou BA installe, dans le Nioro du Rip, de nombreuses personnalités dont : Mame Mor Anta Sally M’Backé, père Cheikh Ahmadou Bamba M’Backé, fondateur du mouridisme ; et Mohamed NIASSE (1881-1959), aïeul de Cheikh Ibrahima NIASSE dit Baye NIASSE, installé à Taïba Niassène. Fodé Kaba DOUMBOYA (1818-1901), chef musulman diakhanké de Casamance. Maba Diakou BA offrira l’asile politique à Alboury N’DIAYE (1842-1898), bourba du Diolof, et à Lat-Dior DIOP (1842-1886), damel du Cayor, qui va se convertir à l’Islam, en 1864, son royaume étant resté longtemps animiste et esclavagiste. Un des héritages d’El Hadji Omar est donc l’islamisation massive des Ouolofs, dans la deuxième moitié du XIXème siècle, tous les grands marabouts étant d’ascendance peule. En raison de son Jihad, une continuation de l’œuvre d’El Hadj Omar, il est déclaré ennemi n°1 par les colons et sera tué le 18 juillet 1867, à Somb, région de Fatick, dans une bataille contre Coumba N’Doffène DIOUF (1810-1871), le bourba du Sine. C’est la famille des NIASSE, à Kaolack, qui donnera, en 1920, le Wird et le Maouloud des Tidjane, à mon village, Danthiady et à Seddo, dans la région de Matam.

Continuateur de l’action d’El Hadji Omar TALL, au Sénégal, El Malik SY (1855-1922) a consacré un poème à son mentor : «Qui rendra ma vie heureuse après la disparition de mon maître Omar ? J’ai perdu celui qui refusait l’injustice, celui qui avait l’habitude de faire périr ceux qui altéraient la religion et les païens» écrit El Hadj Malick SY. En effet, El Hadji Omar a élevé El Hadj Malick SY, avant sa naissance, lors de son retour à la Mecque, à Oré Fondé, par l’intermédiaire de son oncle maternel Alpha Mayoro WELLE, au rang de Khalife général des Tidjanes. Par sa chaîne spirituelle, ainsi que par ses études, ses écrits et son pèlerinage, El Hadj Malick SY était devenu un des grands personnages de la vie religieuse au Sénégal. Cependant, contrairement à son mentor, El Hadji Malick SY, s’il est resté adepte du tidjanisme, était un collaborateur de la colonisation, il avait condamné le Jihad. Pour Cheikh Moussa CAMARA, un spécialiste de l’histoire des grandes familles du Fouta-Toro, les lointains ancêtres d’El Hadji Malick SY sont originaires du Boundou, du clan de la famille SY, des Almamy de cette contrée.

Mamadou Lamine DRAME (1840-1887) est l’un des partisans d’El Hadj Omar. Il rêvait de rétablir l’empire d’El Hadj Omar, discrédité, selon lui, par ses successeurs, en recréant le Wagadou, un territoire historique des Soninkés répartis entre le Sénégal, le Niger, le Fouta-Djalon, la Gambie. Après sa victoire sur le Boundou, la France ayant senti le danger, le combattit ; il succombera de ses blessures après un affrontement avec les forces de Joseph GALLIENI (1849-1916), le 9 décembre 1887.

EL Hadji Mamadou Saïdou BA (1900-1981) de Madina Gounasse (Haute-Casamance), et son Dakka, réunit les adeptes du Tidjanisme, notamment du Sénégal, de la Côte-d’Ivoire, de la Gambie où vivent une partie des descendants de Maba BA, de la Guinée-Bissau, du Mali et de la Mauritanie.

Finalement, l’héritage d’El Hadji Omar, concernant le Tidjanisme, est encore le plus vivace que jamais. Les grands hommes ne naissent que quand ils meurent. En ce sens, El Hadji Omar a toujours refusé de mourir, il a su résister à l’oubli du temps. Dans son «Qacida en Poular», Mohamadou Aliou THIAM raconte qu’au «jour de la Résurrection, le Bélier (Cheikh Ahmed Tidjani), conduira El Hadj Omar et ses disciples devant le Prophète Mahomet qui les introduira au 7ème ciel où les attendent les délices». En attendant cette lointaine échéance, la France a rendu, en 1994, au Sénégal, les archives de la famille d’El Hadj Omar TALL ; son sabre, ses sandales et son livre de Coran, confisqués par Louis ARCHINARD et rapatriés aux Invalides à Paris, sont, désormais, exposés, à Dakar, au Musée des civilisations noires, depuis le jeudi 6 décembre 2018. El Hadji Omar est donc, dans une certaine mesure, de retour parmi nous.

Bibliographie

1 – Contribution de El Hadji Oumar TALL

TALL (El Hadji Oumar), Les Rimâh, traité des sciences religieuses musulmanes, Maurice Puech éditeur scientifique, préface de Samba Dieng, Beyrouth, Albouraq, Paris, Soddil, 2017, 235 pages ;

TALL (El Hadji Oumar), Voila ce qui est arrivé, plaidoyer pour une guerre sainte en Afrique de l’Ouest, Sidi Mohamed Mahibou et Jean-Louis Triaud, Paris, édition du C.N.R.S, 1983, 261 pages.

2 – Critiques de El Hadji Oumar TALL

AISSA (Mamadi), Traditions historiques et légendaires du Soudan Occidental, traduction d’un manuscrit arabe par Maurice Delafosse, Paris, Publication du Comité de l’Afrique française, 1913, 104 pages, spéc «Histoire d’El Hadj Omar», pages 61-87 ;

AL-HAFIZ AL-TIDJANI (Muhammad), Al-Hadji Omar Tall (1794-1864), sultan de l’Etat tidjanite de l’Afrique occidentale, préface et traduit de l’arabe par Fernand Dumond, Dakar, Nouvelles éditions africaines, 1983, 191 pages ;

Anonyme, «Guerre contre El Hadj Omar et ses adhérents», Annuaire Sénégal et dépendances, 1861, pages 178-232 ;

ARCHINARD (Louis, colonel), «La campagne 1892-1893 au Soudan français»,  Renseignements coloniaux, supplément au Bulletin du comité de l’Afrique française, janvier 1896, pages 1-40 ;

BA (Amadou, Hampâté), DAGET (Jacques), L’empire peul du Macina, Paris, Mouton, Vol 1 (1818-1953), 1962, 306 pages ;

BA (Oumar), «Chronométrie du destin d’El Hadji Omar», Présence africaine, 1er semestre 1998, n°157, pages 181-191 ;

BATRAN (Aziz), «Les révolutions islamiques du XIXème siècle en Afrique de l’Ouest», in UNESCO, Histoire générale de l’Afrique, Vol VI, chapitre 21, pages 579-597 ;

BOUSBINA (Saïd), «El-Hajj Malick Sy, sa chaîne spirituelle dans la Tijaniyya et sa position à l’égard de la présence française», David Robinson, éditeur, Le temps des marabouts : itinéraires et stratégies en Afrique Occidentale, Paris, Karthala, 1997, pages 181-197 ;

CARRERE (Frédéric), HOLLE (Paul), De la Sénégambie française, Firmin Didot, 1855, 396 pages, spéc Chapitre XXX, «De Al Aguy Oumar», pages 191- 208 ;

CHENET (Gérard), El Hadji Oumar, la grande épopée des Toucouleurs, préface de Jean-Fernand Brierre, Paris, l’Harmattan, 2009, 174 pages ;

CORNEVIN (Robert), CORNEVIN (Marianne), Histoire générale de l’Afrique : L’Afrique précoloniale, du tournant du XVIème siècle au tournant du XXème siècle, Paris, Payot, 1966, vol 2, 638 pages, spéc sur El Hadji Omar TALL, pages 250-253 ;

COUTOULY de (François), «La ville toucouleur de la Guinée française, Dinguiray», Renseignements coloniaux, supplément juillet 1913, n°7, pages 241-245 ;

DELAFOSSE (Maurice), «Histoire d’El Hadj Omar», Renseignements coloniaux, août 1913, n°10, pages 355-367 ;

DELAFOSSE (Maurice), Le Haut-Niger (Soudan français), préface du gouverneur Clozel, Paris, Larose, 1912, 438 pages, spéc sur El Hadji Omar, Chapitre XI, pages 305-323 ;

DIARRASSOUBA (Chiaka), La grande épopée d’Al Hadji Omar, Bamako, (Mali), Les Métamorphoses, 1982, 73 pages ;

DIENG (Samba), Le geste de El Hadji Omar Tall et l’islamisation et l’épopée peule, Paris, Karthala, 2018, 478 pages ;

DIOP (Samba), Epopées africaines : NDiadiane N’Diaye et El Hadji Omar Tall, préface de Jacques Chevrier, Paris, L’Harmattan, 2003, 201 pages

DUCOUDRAY (Emile), KAKE (Ibrahima, Baba Kaké), El Hadji Omar, le prophète armé, Dakar, NEA, 1984, 75 pages ;

DUMOND (Fernand), L’Anti-sultan ou Al-Hajj Omar Tal du Fouta combattant de la foi (1794-1864), Dakar-Abidjan, NEA, 1974, 244 pages ;

Institut d’études africaines, Bicentenaire de la naissance du Cheikh El Hadji Oumar Al-Futi Tall, 1797-1998, colloque international 14-19 décembre 1998, 2001, 237 pages ;

KAMARA (Cheikh Moussa), La vie d’El-Hadji Omar, Dakar, éditions Hilal, 1975, 188 pages ;

KANE (Moustapha), FAGERBERG-DIALLO (Sonia), ROBINSON (David), «Une vision iconoclaste de la guerre sainte d’El Hajj Umar Taal», Cahiers d’études africaines, 1994, Vol 34, n°1-3, pages 385-417 ;

KANI (A. M.), The Intellectual Origin of the Sokoto Jihad, Ibadan (Nigéria) Imam, 1404H, 1984, 112 pages ;

KESTELOOT (Lilyan), DIENG (Bassirou), Les épopées d’Afrique Noire, Paris, Karthala, 2009, 626 pages, spéc sur l’épopée d’El Hadji Omar, pages 362-370 ;

LARTIGUE de (Commandant de la région du Sahel), «Notice historique sur la région du Sahel», Renseignements coloniaux, avril 1898, n°4, pages 69-101 ;

LE CHATELIER (Alfred), L’islam dans l’Afrique Occidentale française, Paris, G. Steinhel, 1899, 376 pages, spéc pages 167-189 et Annales de géographie, 1900, tome IX, pages 269-273 ; 

LY-TALL (Madina), Islam, pouvoirs traditionnels et pénétration française en Afrique de l’Ouest : Le mouvement omarien et ses relations avec la colonie du Sénégal (1796-1862), thèse sous la direction de Jean Devisse, Université Cheikh Anta Diop, faculté des lettres et sciences humaines, 1988, Vol I, 430 pages et Vol II, 853 pages ;

MAGE (Eugène-Abdon), Voyage dans le Soudan Occidental (Sénégambie, Niger) 1863-1866, Paris, Hachette, 1868, 307 pages, spéc Chapitre IV pages 86-119 pages ;

PINCHON (J), «Le Sénégal et le Soudan français, V, exploration et conquête du Haut Sénégal», Bulletin de la société de géographie de Saint-Quentin, nov-déc 1888, n°3, pages 45-49 ;

QUINTIN (Louis, docteur), «Etudes ethnographique sur les pays entre le Sénégal et le Niger», Bulletin de la société de géographie, septembre 1881, pages 177-218 et 303-333, spéc sur El Hadji Omar pages 319-331 ;

ROBINSON (David), «La question des sources dans le Jihad d’Al-Hajj Umar»,  Revue française d’histoire d’Outre-mer, 4ème trimestre 1985, n°269, pages 405-434 ;

ROBINSON (David), La guerre sainte d’Al-Hajji Umar : le Soudan Occidental au milieu du XIXème siècle, traduction de Henry Tourneux et Jean-Claude Vuillemin, Paris, Karthala, 1988, 413 pages ;

SAINT-MARTIN (Yves), «Un fils d’El Hadji Omar : Aguibou, roi de Dinguiray et du Macina (1843-1907)», Cahiers d’études africaines, 1968, n°9, vol 29, pages 144-178 ;

SAINT-MARTIN (Yves), L’empire toucouleur, 1848-1897, Paris, Le Livre africain, 1970, 189 pages, spéc sur El Hadj Omar et ses successeurs pages 29-106 ;

SALENC (Jules), «La vie d’El Hadj Omar», B.C.E.H.A.O.F., 1918, pages 405-431 ;

SOLEILLET (Paul), Voyage à Ségou (1878-1879), rédigé par Gabriel Gravier, 1887, 513 pages, spéc pages 317-363 ;

TALL (Thierno Mountaga), El Hadji Oumar Tall : l’aigle de Alwar, préface de Mamadou Racine Kassé, Dakar, L’Harmattan, 2017, 95 pages ;

TYAM (Mohammadou, Aliou), La vie d’El Hadji Omar, Qacida en Poular, transcription, traduction, notes et glossaire de Henri Gaden, Paris, Musée d’Histoire naturelle, Institut d’Ethnologie, 1935, 290 pages ;

WALLON (Henri), «Notice sur la vie et les travaux de Louis-Léon-César Faidherbe» J.O.R.F, 21 novembre 1892, pages 8-15 ;

WILLIS (John), In the Path of Allah : The Passion of Al-Hajji Umar : An Essay in the Nature of Charisma in Islam, Frank Cass, 1989 et 2013, 276 pages.

Paris, le 28 mars 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«El Hadji Oumar Foutiyou TALL (1794-1864), un géant de l’Histoire» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 20:39

Au sein de l’association des ressortissants de Danthiady en France (A.R.D.F.), on savait l’énorme dette que les Foutankais et la France doivent aux immigrés. Héros du quotidien, ces immigrants de la première génération, tout droit sortis de leur campagne du Fouta-Toro, sans être allés à l’école, ont occupé en France, pays alors en plein boom économique, après la guerre, des emplois ingrats, peu qualifiés et mal rémunérés. Ils sont restés solidaires avec leur famille restée au village, par un soutien financier, sans faille, «Neddo Ko Bandoum» (solidarité ou piété familiale). Par ailleurs, ces immigrants, à travers des associations villageoises, ont monté des projets de développement (eau, éducation, santé, énergie, etc.) pour pallier aux graves défaillances de l’Etat. Cette première génération, en raison de l’âge, est partie à la retraite ou en train de disparaître. On s’interrogeait sur les voies et moyens afin de poursuivre leurs actions glorieuses.

 

En effet, pour la seconde génération, les jeunes nés en France, on était dans l’appréhension ou l’expectative. En effet, ces jeunes Français issus de l’immigration allaient-ils continuer l’action des Anciens ou vont-ils rompre tout lien avec le Sénégal ? En d’autres termes, comment rester citoyen français, sans renier sa culture africaine ? Pour ces jeunes, l’Afrique c’est le continent de leurs parents, mais le centre de leurs intérêts c’est la France. Leur vie étant ici, comment les convaincre de l’utilité de ces associations villageoises en charge de projets de développement, dans un pays qui n’est pas le leur ?

Fatimata KANE a résolu, cette «aventure ambiguë» (voir mon article), cette question d’identité multiple, de façon harmonieuse : «Je crois en la force de la volonté. Quand on veut, vraiment on peut ! Et ce malgré toutes les difficultés, il n’y a pas de petites actions. Je crois au respect et à l’empathie, ce sont des valeurs essentielles pour construire une société solide et  solidaire» dit-elle.

Contrairement, à la première génération d’immigrants, la seconde génération née en France est éduquée et diplômée, comme en témoigne le parcours scolaire et universitaire de Fatimata KANE. Après l’obtention de son BAC littéraire en 2012, Mademoiselle KANE a intégré une classe préparatoire aux grandes écoles au sein du lycée Chateaubriand à Rennes. Son objectif était d’être admise à l’I.S.I.T. (Institut Supérieur de Management et de Communication Interculturelle) grâce au concours, qui est la seule école de son genre en France formant des traducteurs et des interprètes, avec une dimension très entrepreneuriale. Melle KANE a finalement pu intégrer l’ISIT au bout d’un an grâce aux sélections sur dossier. L’ISIT est une école très professionnalisante où les stages et les expériences à l’étranger sont obligatoires. Melle KANE a donc fait un premier stage de trois mois en hôtellerie en Allemagne de juillet à septembre 2014. Melle KANE a ensuite poursuivi avec un semestre Erasmus, toujours en Allemagne, entre octobre et décembre 2014.

Bien des jeunes issus de l’immigration n’ont pas de projet professionnel clair et cohérent. Ils font des études d’abord et s’interrogent, après coup, sur le métier qu’ils vont convoiter. Melle Fatimata KANE, d’une maturité précoce, veut être un pont entre l’Europe et l’Afrique, la diaspora, riche de sa diversité culturelle, étant une chance pour la France : «Pour réfléchir davantage à mon projet professionnel que je voulais connecté à l’Afrique, j’ai pris une année de césure entre ma première année et ma deuxième année de master (2016-2017). Cela m’a permis d’avoir une expérience de 6 mois en tant que chargée de communication dans une entreprise spécialisée dans la monétique (Leixem Africa) à Dakar et une expérience de 3 mois en tant que chargée de projet et de communication dans une ONG (Africa Unite), à Cape Town» dit Melle KANE.

Par ailleurs, dans le cadre de ses études, Melle KANE a également pu intégrer le parcours «entreprendre de l’ISIT», qui lui a permis de co-créer Frog’Eat : «C’est une plate-forme de foodsharing qui permet aux étudiants de mon école qui n’aiment pas ou qui n’ont pas le temps de cuisiner, de commander les plats préparés par d’autres étudiants de l’école. Comme mon école n’avait pas de cantine, c’est une solution plus abordable et plus saine que les fast-foods et les distributeurs automatiques» précise-t-elle.

Mme Fatimata KANE est diplômée d’un Master Communication Interculturelle et Traduction depuis le 12 janvier 2019.

En raison de ses hautes qualifications, Melle KANE a obtenu un emploi chez P.S.A. Allemagne depuis le 7 janvier 2019, de Chargée de projet événementiel dans le cadre d’un contrat VIE (Volontariat international en entreprise), de deux ans. Pour les jeunes Français issus de l’immigration, les grands groupes industriels français (Total, Elf, Orange, Eiffage, etc.), qui ont des contrats juteux en Afrique, rechignant encore à leur donner une chance, ont intérêt à les employer. En effet, ces jeunes sont qualifiés et connaissent parfaitement l’environnement culturel de l’Afrique, ce qui est un atout non négligeable, pour le développement de ces entreprises.

Fatimata KANE se projette dans un avenir à moyen ou long terme ; elle souhaiterait, un jour, avoir une expérience professionnelle dans un pays d’Afrique anglophone.

Pour Melle KANE, l’objectif final est de pouvoir, grâce à son expertise internationale, entreprendre au Sénégal, en  créant de l’emploi dans une dimension panafricaine. «J’ai envie de m’engager avant tout pour l’éducation, car je crois que c’est grâce à une éducation enracinée dans les valeurs et l’histoire de l’Afrique que nous réussirons à nous décoloniser mentalement et à faire avancer notre continent» dit-elle.

Souhaitons plein succès à Fatimata KANE, dans son projet professionnel, et que les jeunes issus de l’immigration sachent aussi, qu’avec l’école, l’effort et la rigueur, on peut, tout en étant ouvert aux autres, rester soi-même, épanoui et serein pour l’avenir.

Paris, le 13 janvier 2019, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«Fatimata KANE, un modèle pour la seconde génération des Danthiadynabé de France» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
16 août 2018 4 16 /08 /août /2018 15:18

La réussite du bien-vivre ensemble dépend, pour une large part, de l’émergence d’une bourgeoisie noire en France. Les Chinois et la communauté juive ont indiqué le chemin. La réussite économique fera reculer, considérablement, le racisme, cette conception ethnique et racisée de la démocratie ne voyant en nous, que des indigènes de la République, d’éternels immigrants, voués aux travaux ingrats.

Pour l’instant, la communauté noire en France, encore très liée à l’Afrique, consacre l’essentiel de ses ressources à la consommation et à la solidarité avec les parents restés au pays ; ce qui empêche la constitution d’un capital pour l’accès aux affaires. Pourtant, les Français issus de l’immigration sont présents dans de nombreux secteurs, comme l’entretien, la sécurité et différents services d’aide à la personne. Ils restent d’éternels employés et n’arrivent pas à créer des entreprises, dans des secteurs où ils ont des compétences indéniables.

Dans ce tableau noir, si je puis m’exprimer ainsi, il y a de timides lueurs d’espoir, à valoriser. Ce sont des points d’appui pour envisager l’avenir avec plus d’optimisme. J’avais évoqué, dans mon article sur le marché de Château-rouge, ces restaurants sénégalais dans le 18ème arrondissement de Paris, ainsi que l’ascension de J.A. Le Bachelor, ce grand couturier franco-congolais qui envisage même d’étendre sa création au Sénégal.

Je passe chaque jour, à la rue de la Villette, dans le 19ème arrondissement, pour me rendre au Parc des Buttes-Chaumont (voir mon post sur l’histoire de ce parc entre tragédie et féérie), mon attention a été attirée par l’originalité et l’esthétique de la boutique de Bélinda, avec de belles robes et sacs à main faits à base de tissu de Wax. Quand je vois que les attaques des adversaires de la République sont concentrés sur les détails vestimentaires des Africains (Burqa, Burkini, voile, etc.), et la qualité de la création de Bélinda, qui allie la modernité et la tradition, je me suis dit que c’est une business woman à encourager, pour sa contribution au bien-vivre ensemble. Bélinda, qui ne veut pas s’enfermer dans le folklore et l’ethnicité, vise les Africains, mais aussi, et sur les Européens. Son souhait le plus grand, c’est que tout le monde puisse porter ses habits pour aller au bureau ou se promener aux Champs-Elysées.

De par sa formation et son expérience professionnelle, rien ne destinait, initialement, Bélinda, une franco-congolaise, aux affaires. Diplômée en finances et comptabilité à Montpellier, Bélinda a travaillé dans un cabinet comptable, puis a obtenu un master en comptabilité ; elle a travaillé au ministère de l’agriculture et dans le secteur privé. Mais Bélinda avait son rêve qui l’habitait toujours : monter une entreprise de haute couture. En effet, sa marraine lui a transmise le goût de la création artistique. Bélinda est dans le milieu des affaires depuis 2013. Cependant, pour préparer ses arrières-gardes, elle n’avait pas complètement lâché son activité salariée, pendant un certain temps. En 2014, sentant qu’elle a trouvé sa voie, Bélinda se consacre, désormais, exclusivement, à ses affaires. Bélinda, qui vient de la finance, a été utilement secondée, initialement, par une amie modéliste, et qui lui a apprise ainsi le métier (choix des tissus, coupes, faisabilité des modèles, couture). Elles ont fait ensemble, pendant deux ans, des marchés, des salons de créateurs. 

Pour trouver les fonds de démarrage, Bélinda a bénéficié de l’aide de sa famille, les banques étant frileuses quand il n’y a pas de garanties solides. Les salons étant chers, et les locaux hors de prix à Paris, Bélinda a d’abord loué un petit local de 15 mètres carrés dans le 17ème arrondissement, pour présenter sa collection, pendant deux ans. Afin de réduire les frais, comme le font les médecins et avocats, Bélinda a eu l’idée de partager son local avec d’autres créateurs ayant le même besoin, qu’elle avait rencontrés dans les salons. Une des difficultés, quand on est à plusieurs, c’est la gestion des permanences. Bélinda a fini par opter pour le concept des «boutiques éphémères» qui sont louées pour 2 ou 3 mois, sans garantie, sans caution. C’est facile à gérer, chacun vient avec sa clientèle, et il n’y a pas de frais fixes. Tout le monde y trouve son compte.

Bélinda a choisi de faire des produits de qualité, faits mains, originaux, et s’adapte aux demandes sa clientèle, souvent en recherche d’un cadeau original. Son souci c’est de proposer des produits qu’on ne trouve pas ailleurs, des produits uniques, non industrialisés ; le client peut demander à adapter le produit à ses goûts (couleur, tissu, détail supplémentaire). Le Wax est devenu à la mode, un produit aussi bien pour les hommes que les femmes et les enfants, quelle que soit l’origine ethnique. Les prix pratiqués sont abordables : aucun article ne dépasse les 100 €.

Les défis de Bélinda, c’est, en permanence, de créer, susciter et anticiper la demande, proposer des produits de qualité, pas seulement en France, mais aussi ailleurs (Londres, Amérique, Canada, Etats-Unis, Afrique). Si ses produits sont essentiellement fabriqués en France, Bélinda a aussi développé la solidarité avec les créateurs africains.

Finalement, le monde des affaires, c’est difficile et exigeant, mais chacun doit pouvoir poursuivre ses rêves et ses passions, comme le fait Bélinda. Réussir dans le business, c’est possible, si l’on quitte le terrain des lamentations et des incantations.

Contact permanent : My Bélinda Paris 06-52-35-78-66, infomybelinda@gmail.com Instagram My Belinda Paris – Contact temporaire «Boutique éphémère» au n°72, rue de la Villette, à Paris 19ème.

Paris, le 16 août 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«My Bélinda Paris, une mode africaine ambitieuse, entre tradition et modernité», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 20:08

Ce samedi, j’avais rendez-vous, avec un cousin de passage à Paris, le professeur Abdoulaye N’DIAYE, un éminent entomologiste et enseignant à l’université Cheikh Anta DIOP de Dakar. Il découvrait, pour la première fois, le marché africain de Château-Rouge, à la Goutte-d’Or, à Paris 18ème. Situé non loin de Barbès, ce marché appelé aussi «le Quartier africain». On a déjeuné dans un restaurant sénégalais, rue Ernestine, «La Différence», le bien-nommé. Auparavant, et en raison de la forte chaleur africaine de l’été 2018, nous avons pris une boisson, pour nous rafraîchir, au bar musical, «Vivre ensemble, avec nos différences», à la rue Doudeauville. Tout un symbole. A Bruxelles, il y a aussi le quartier de Matongé, métro Porte de Namur, qui tient son nom d’une place de Kinshasa, un marché pour les Congolais, et à Berlin, le marché de Maybachufer pour les Turcs.

Le marché africain de Château-Rouge qui existe depuis plus de 30 ans, appelé aussi avec une connotation péjorative, «marché exotique», c’est l’Afrique à Paris. On y trouve des produits alimentaires adaptés aux goûts africains, des textiles, des restaurants, des boucheries. Pour se dépayser, il n’est pas nécessaire d’aller à Sandaga, Soumbédioune ou Colobane, des marchés populaires à Dakar. Il suffit seulement de prendre un ticket de métro, et de descendre à la station Château-Rouge, sur la ligne 4, le folklore, dans la bonne ambiance et la sécurité sont garanties. On y croise des personnes aux costumes bigarrés, ces tissus de Wax venant, non pas du Sénégal, mais de la Hollande, les rabatteurs pour les salons de coiffure ; il n’y manque pas des produits cosmétiques, de la téléphonie, des publicitaires pour les marabouts et charlatans, des vendeurs de maïs, parfois des prostituées ou des drogués vous sollicitent. On trouve aussi des flâneurs, des glandeurs, assis là, par terre, à deviser sur le monde, avec dès fois, des discussions oiseuses. C’est tout un monde pittoresque, nonchalant, qui prend le temps de l’échange, de la découverte et du partage. Rien ne presse. Le grand-père, Doro Khady N’DIAYE, un savant en sciences occultes, recommandait d’aller, régulièrement, dans tous les lieux où se rassemblent des personnes (marché, arbre à palabre), le flux d’idées qui s’y dégagent ouvre l’esprit et rend favorable la sociabilité.

Il est curieux de constater que les employés de ces échoppes sont des Africains, mais les patrons sont, en général, des Asiatiques et qui connaissent bien les produits africains, par leur nom Ouolof. Certes, on a vu une boutique «Lampe Fall» avec un drapeau sénégalais. Mais pour l’essentiel, les Africains, qui sont les consommateurs de ce marché du Château-Rouge, ils ne sont pas, à quelques exceptions près, les propriétaires de ces boutiques. On comprend dès lors, comment la colonisation a été possible, avec ce manque de dynamisme. Au Sénégal, et ce début du XXIème siècle, la population se plaint que tous les secteurs du commerce soient pris par les étrangers, mais ne s’interroge jamais du comment pour occuper ces secteurs, notamment du rôle de l’Etat et des banques, pour financer leurs projets, notamment dans le commerce et l’agriculture. Le racisme n’est pas essentiellement une couleur de peau, mais une question économique. Le respect des autres viendra si les Africains, comme les Chinois et les Juifs à Paris, occupent des places fortes de l’économie. Un boxeur noir américain a bien résumé la situation : «Je ne suis plus Noir, parce que je suis maintenant riche» dit Mike TYSON.

Ce dynamisme du Marché de Château-Rouge s’explique, non seulement par l’offre de consommation adaptée, à bon marché, avec des produits frais, pour ces Français issus de l’immigration ainsi que les Antillais, mais aussi par l’accessibilité, la centralité, de cet endroit du Nord de Paris. En effet, la ligne 4 du métro, refaite à neuf, ainsi que les Gares du Nord et de l’Est, drainent facilement, des populations venues de la banlieue. Les Parisiens ne représentent que 40% des clients de ce marché. 60% des clients de ce marché, appelé pourtant «Quartier africain», viennent de la banlieue. Un commissariat a été installé dans le quartier qui a été rénové ces dernières années ; les taudis ont presque disparu.

Pourtant, le marché africain de Château-Rouge est gravement menacé. Paris, qui se boboïse sans cesse, est partagé entre un océan de richesses, et des îlots de relégation que les bonnes âmes ne veulent plus voir. Notre présence, à elle seule, même en qualité de consommateurs, les importune. En effet, la gentifrication résidentielle, vers les hauteurs de Montmartre, touche une bonne partie du XVIIIème arrondissement, habitée par des écrivains célèbrent comme Alain MABANCKOU qui a «mis le feu» au Collège de France, par ses lumineuses interventions en 2016, Jean ANOUILH (1910-1987), l’historien guinéen, Ibrahima Baba Kaké (1932-1994), des artistes, Dalida (1933-1987) ainsi que de nombreux peintres, Anne ROUMANOV, etc.

Château-Rouge, la partie populaire et démunie, donc jugée hideuse du 18ème arrondissement, est devenue une zone particulièrement convoitée par les promoteurs immobiliers, mais les activités commerciales de ce marché africain contrarient, considérablement, leurs projets juteux. Du même coup, cédant aux pressions des puissances d’argent, aux gens du château, la mairie de Paris n’a pas encore renoncé à bouter en banlieue, le marché du Château-Rouge à un site, très périphérique et inhospitalier, de la gare des Mines, à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. «Le foi et la viande ne se mélangent pas» (Kettel méméta Kégnel) dit, littéralement, un proverbe peul, en d’autres termes, «entre riches et pauvres, nous n’avons pas les mêmes valeurs». En effet, Lyne COHEN-SOLAL, adjointe au Maire de Paris, chargée du commerce, avait le 18 novembre 2002, justifié ce projet de transfert, par des arguments nauséabonds : «Tout est mis en oeuvre pour que (ce) quartier (...) soit rendu à ses habitants le plus rapidement possible». Mais de quels «habitants» nous parle-t-elle ?

Les réactions négatives que suscitent ce quartier qualifié de marché africain, attestent que nous vivons dans une société racisée et ethnicisée. En effet, ce qu’oublie de dire Mme COHEN-SOLAL, c’est qu’il y a d’autres commerces ethniques dans Paris, certes, ce ne sont pas des Noirs qu’on ne veut pas voir, mais leurs particularismes et leur communautarisation sont souligner. Ainsi, les Asiatiques sont présents à Belleville, dans le quartier du Sentier et dans le XIIIème arrondissement, les Juifs ont colonisé la rue Manin, dans le XIXème arrondissement, et surtout, les grands bourgeois, nos ancêtres les Gaulois, se cachent dans les quartiers huppés du XIVème, 5ème, 6ème, 7ème, 8ème et 16ème, et en particulier une bonne partie de Montmartre. Ils ne veulent pas de la mixité sociale. On est là au Marché de Château-Rouge, on s’y sent bien. «Nou pas bouger» a chanté Salif KEITA. On ne bougera pas d’ici. Nous sommes aussi de la France, nous faisons partie de ses habitants, n’est-ce pas Mme COHEN-SOLAL ?

Le Code de l’indigénat, c’est fini. L’Apartheid, aussi. Citoyens de la République, nous mettrons de la couleur dans ce pays, y compris à Paris, pour la mixité sociale et le bien-vivre ensemble !

La stratégie consiste à ne pas renouveler les baux des commerçants qui partent, pour tuer ce marché à petit feu. Dans le passé, il y avait eu des attaques contre les commerçants chinois, dans le Sentier à Paris (contrôles fiscaux, d'hygiène et de papiers), mais ils ont résisté vaillamment, et sont même partis, avec succès, à la conquête des tabacs parisiens, anciennement détenus par des bougnats. Dans cette jungle, à Château-rouge, entre différentes nationalités qui se concurrencent et se jalousent, il appartient aux commerçants africains de mieux s'organiser, et se concerter autour d'une association afin mieux défendre leurs intérêts.

Le quartier du Château-Rouge est hautement symbolique. Il concentre, de façon extraordinaire, toutes ces calomnies et ce mépris que nous vouent certains. Ainsi, la mosquée de la rue Polonceau a été fermée et rasée sous prétexte qu'il y aurait des prières de rue. L'islam est devenu la 2ème religion de France, mais toute construction ou rénovation d’une mosquée s'accompagne, ipso facto, de dénigrements et d'attaques devant le juge du permis de construire. On connaît le seul motif de ces calomnies : «avant on vivait mieux dans ce quartier bourgeois» disent les haineux. Pendant ce temps les autres lieux de culte fleurissent, et sans aucune menace judiciaire sur leur permis de construire, et on dépêche même des forces de Vigipirate pour les protéger.

Pourtant, Château-rouge un lieu de vie et de rencontres. On y a tenu de nombreuses réunions autour d'un repas à l'issue de nos débats au sein de la fédération du parti socialiste du Sénégal. Le Dibi, chez Aïda, 46 rue Polonceau, était bien le lieu indiqué. Coumba, la patronne du restaurant la «Différence» à la rue Ernestine, fait un excellent Thieboudieun (riz au poisson) aussi bon que celui de Saint-Louis, et dans un cadre familial et chaleureux. On s’installe et les échanges vont bon train, sans préalable, ni présentation. Si nos ancêtres les Gaulois ont leurs magnifiques cafés, nous aussi, nous avons la rue et la spontanéité. Le restaurant «Le Nioumré» qui a déménagé, est toujours dans le quartier, au numéro 7 de la rue des Poissonniers.

Endroits pittoresques, Château-Rouge et la Goutte-d’Or inspirent les romanciers, confortant ainsi le cosmopolitisme dans cette ville de Paris, aux 116 nationalités différentes. 70% des habitants de la capitale, ne sont pas nés à Paris. La Goutte-d’OR, quartier populaire et ouvrière, avant l’arrivée des Africains, était un lieu de brassage de population, avec l’arrivée de Juifs d’Europe de l’Est. Dans son roman, «Château-rouge», Henri ZELNIK raconte l'arrivée de ses parents, réfugiés russes, dans un Paris d’antan. Dans le quartier de Château-Rouge, les exilés de tous bords se réunissent, tentant de comprendre cette culture française, et de survivre, en raison de la nostalgie de leur pays d’origine. La prostitution était déjà présente ; aussi sa mère n’aimait pas attendre seule dans la rue et elle fit des reproches à son père : «elle était accostée par des hommes grossiers qui pensaient qu'elle faisait du racolage et devenaient furieux parce qu'elle ne répondait pas à leurs propositions» écrit-il. Les bandes de voyous faisant régner leurs lois étaient là : «C'étaient la bande à Gaston ou la bande à Maurice, ou bien celle de la rue Laghouat qui était très redoutée en raison de ses coups dans le quartier». Le commerce pittoresque, assurant la mixité sociale, était au service des habitants : «Il y avait une épicerie-laiterie, une boulangerie parisienne avec ses merveilleuses baguettes croustillantes et ses croissants, uniques au monde, également une boulangerie juive avec pain au cumin, pain brioché tressé avec des graines de pavot et pâtisseries aux noix avec du miel. Des boucheries, dont une kascher, une charcuterie, un marchand de vin, une blanchisserie, une mercerie, un quincailler, une menuiserie, un plombier, etc. et de nombreux cafés» écrit-il.

Le roman d’Alain MABANCKOU, «Black bazar», paru chez Seuil en 2009, en plein quartier de Château-rouge, a pour narrateur un surnommé «fessologue», en raison de sa connaissance des derrières de femmes ; c’est un sapeur congolais, un dandy amoureux des cols italiens et des chaussures Weston, victime de déconvenues amoureuses. «Il y a de la joie dans la peine, c'est comme ça dans mon petit pays» dit le narrateur. C’est un monde masculin en manque de présence féminine : «Mes personnages masculins sont des gens en quête : debout dans un bar, ils recherchent les femmes qui passent, ils vont dans les boîtes de nuit, etc. C'est la recherche de la belle aimée. Mais comment et où la trouver ? La seule femme qui traverse le livre de bout en bout, c'est Couleur d'origine, partie avec le joueur de tam-tam» dit Alain MABANCKOU. L’auteur, qui s’intéresse aux petites gens, restitue, admirablement, ce petit monde clos, avec ses espérances, ses jalousies, ses haines, la médiocrité et la douleur des exclus. C’est aussi une description de la vie quotidienne de ces parias, avec leurs logements miteux, exigus et obscurs, avec ses odeurs. Alain MABANCKOU nous invite à une promenade dans ce marché, avec une inspiration de la Négritude et de l’unité africaine. «Je suis présent dans chacun des personnages. La part d'autobiographie réside peut-être davantage dans le destin du narrateur, où je mets des choses que je puise à droite et à gauche de ma propre expérience. Le narrateur de Black Bazar est un apprenti écrivain, c'est un Congolais comme moi, et il aime les cols à trois boutons: je porte toujours des cols à trois boutons! Le rapprochement est vite fait» dit MABANCKOU. Le bazar, en lui-même, est constitué dans l’originalité de la vie des personnages qui fréquentent des lieux prisés par la communauté noire : le Jip’s, les boîtes de nuit, l’Alizée, le Cœur samba. Donc ce sont des personnages qui suivent l’itinéraire du monde noir à Paris, et puis aussi la contemplation de Château Rouge. Ce roman est une enquête sérieuse sur le regard nouveau à porter sur la condition de l’immigré en France, et spécialement à Paris. L’auteur s’interroge, de façon parfois polémique, sur les rapports entre Africains, Antillais et Arabes à Paris, et sur la place de la communauté noire dans le Paris en ce début du XXIème siècle ; et il chahute, au passage, bien des clichés : «Il y a une espèce de non-dit et une espèce de racisme qui existent parfois entre ces deux communautés et qu’on n’a jamais souvent rappelé. Vous verrez des Antillais qui vont reprocher aux Africains de les avoir vendus avec la complicité des Chefs de leurs tribus et vous verrez des Africains qui vont dire que les Antillais essaient de devenir comme des Blancs et traitent les Africains comme des barbares. Et ce type de rapport de conflit et de racisme fait de sorte que nous assistons parfois à une haine qui est même plus forte que celle que voue un racisme blanc à un Noir» dit Alain MABANCKOU. Sous le vernis drôle et facile, ce roman comique et tendre raconte tout plein d'histoires qui nous mettent le bazar de l'optimisme. Et l'on rit de tout avec le fessologue, du trou de la sécu, des allocations, de la colonisation, de la migration des femmes de toutes les couleurs et de lui-même. L’obsession de la femme et de leurs fesses, revient sans cesse. Le narrateur finira par conquérir la femme à la face B la plus expressive qu'il connaisse, surnommée «Couleur d'origine». Le dandy découvre sa vocation littéraire au détour d’un chagrin d’amour. En effet, depuis que sa compagne l'a quitté pour un joueur de tam-tam en emmenant leur petite fille, tente de surmonter sa colère en écrivant un journal sur une vieille machine à écrire, un livre intitulé «Black Bazar». Le narrateur «observe la communauté noire vivre, se confondre, si on peut le dire ainsi, avec la communauté blanche. Peut-être à travers ce livre, il essaie de revisiter les préjugés ou les questions que nous avons du colonialisme, du communautarisme ? Et beaucoup de ces questions qui minent aujourd’hui le monde noir sont traitées à l’intérieur de «Black bazar», dit MABANCKOU.

Achille N’GOYE, est le premier Africain à avoir été publié dans la «Noire» de Gallimard, avec son roman policier, «Ballet noir à Château-rouge» paru en 2001. «Avec le polar, j’avais une liberté de langage, et il n’y avait pas beaucoup d’auteurs africains sur le créneau. C’était pour moi une façon de parler de l’Afrique, et donc de moi-même. Mes personnages, même s’ils mènent l’enquête, ne sont pas des détectives au sens propre du mot, ce sont des messieurs Tout-le-Monde» dit Achille N’GOYE. Dans l’Est parisien, le les logements vétustes et délabrés qui avaient subsisté, notamment dans le quartier de la Goutte-Or, ont permis dans le cadre de cette urbanisation rapide, d’accueillir de nouvelles populations, notamment immigrées. Ces quartiers populaires défendus, jadis par des artistes et ouvriers, la présence des Africains est ressentie par la population autochtone comme une menace. Achille N’GOYE fait partie de ces auteurs, dans une volonté de réalisme, de parti-pris, de témoignage et d’engagement, qui défendent, à travers leur création littéraire, la légitimité de la présence de ces immigrés à Château-rouge. A côté des anciens habitants, comme les Juifs d’Europe de l’Est désormais bien intégrés, Achille N’GOYE s’intéresse aux Africains de Château-rouge : «Agglutinées sur le même trottoir que lui, au coin des rues Dejean et Poulet une poignée d’Africaines tentaient de fourguer des légumes déshydratées à un gogo de la même farine. Les commères caquetaient au point que d’autres congénères, alertées par leurs cris, rappliquaient pour soûler le pigeon, qui du petit linge, qui avec de la viande boucanée, qui avec des produits de beauté, le tout à un prix prétendument sans concurrence. Arnaque impitoyable. Classique chez les ACC, code secret des citoyens angolais, congolais et leurs cousins, ex-zaïrois, dont les pays, tirés à hue et à dia par des placiers de la faucille et du marteau, inculquent à leurs populations la culture de la débrouille sauvage. Le détective traversa le marché Dejean, immense dépotoir de cartons et cageots éventrés, de produits avariés et de gadoue que le service de nettoyage, expurgé de ses éléments de couleur, bichonnait et javellisait à coups de pompes d’eau (…) Myrha le réconciliait avec lui-même. Elle reflétait un pan de son univers. Par sa vétusté. Ses odeurs. Ses bruits. Ses ombres. Son effervescence continue : des zozos allaient et venaient, s’attroupaient, causaient gravement ou de manière relax» écrit-il. Achille a développé «l’ethno polar», suivant une expression de Françoise NAUDILLON. Ainsi, dans ce polar, Kalogun est chargé de retrouver l’auteur des malheurs qui ont frappé la vie de Djeli Diawara, soudainement disparu à la suite de contrôles dérangeants. Une photo le représentant, en compagnie d’une cinquantaine d’Africains, regroupés sur le parvis de l’église Saint-Bernard à Paris, sert de premier indice à une enquête pour le moins mouvementée, ponctuée d'embûches et jonchée de cadavres. Cet «ethno polar»  a reçu ses lettres de noblesse avec l’écrivain noir américain, Chester HIMES (1909-1984) : «Lorsque je décris Harlem et la vie qui s’y déroule, dans la misère et le dénuement moral, mais aussi dans une indubitable joie de vivre de tous les instants, bon nombre de mes personnages sont des délinquants, des victimes ou des criminels. Mais la plupart n’ont qu’une vision confuse de l’oppression qu’ils subissent, de ses mécanismes et des rapports entre l’exploitation économique et le racisme... Tout cela fait partie de leur vie quotidienne, mais ils n’y pensent pas tous les jours de façon précise et claire; ils sont trop occupés à survivre, à vivre comme tout un chacun, manger, boire, faire l’amour, passer du bon temps avec les  copains, courir les filles... Ils sont essentiellement humains» écrit HIMES.

Dans le roman de Khadi HANE, «des fourmis dans la bouche» paru en 2011 chez Denoël, on retrouve la vie quotidienne à Château-rouge, au marché Dejean, toute une faune bien particulière : gratteurs d'écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d'un camion, hommes à tout faire d'un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l'hydroquinone censés procurer aux nègres l'éclat d'une peau blanche, la leur ne faisant plus l'affaire. L’héroïne du roman, Khadîja, née au Mali, élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane, mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis. Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu'aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l'injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus. En effet, les conditions de Khadîdja, dans son quartier de Château-Rouge, deviennent l’enfer : non seulement l’assistante sociale ne donne plus rien, ni l’épicier arabe, non seulement l’amant blanc ne la loge plus gratuitement et ne quittera jamais sa femme pour elle, mais un de ses fils devient trafiquant de drogue. Ses quatre enfants la jugent mal à cause de sa liaison avec un Européen et disent qu’elle est une pute. Les voisines africaines s’attaquent à celle qui a désobéi au destin que la tradition assigne aux femmes et cherchent à voir l’enfant métis forcément un dégénéré. Les Sages du foyer Sonacotra organisent une sorte de procès pour la condamner, ils lui crachent dessus. Khadi HANE a bien décrit la condition de ces Africains qui vivent misérablement à Paris, mal payés mais ponctionnés par leurs familles en Afrique, et qui continuent pourtant à faire croire à leurs pays d’origine qu’ils vivent dans l’opulence, paradant lorsqu’ils reviennent au pays. Ce roman met particulièrement en relief un non-dit concernant les conditions de vie des Africains en Occident : ce non-dit continue à nourrir le fantasme des pauvres Africains qu’en France on vit comme des rois. Ce roman a reçu, en 2012, Prix Thyde MONNIER de la société des gens de lettres.

Château-rouge est aussi un haut lieu de la mode africaine. Les tailleurs sénégalais font des merveilles avec le Wax ou le Bazin. A côté de cette couture traditionnelle, le grand couturier franco-africain, pour les sapeurs, Jocelyn Armel, dit Le Bachelor, est installé dans le quartier de Château-Rouge, 12 rue de Panama : «Lorsque j'ai ouvert ma boutique ici en 2005, on m'a dit : Tu es fou de t'installer là-bas, au milieu des vendeurs à la sauvette et d'un marché principalement alimentaire. Certains Africains qui avaient réussi n'assumaient pas la population de ce quartier» dit Bachelor. Aujourd’hui, Bachelor est devenu célèbre ; il habille l’écrivain franco-congolais Alain MABANCKOU, dont certains romans évoquent ce monde des «Sapeurs» du 18èment arrondissement ; il a été le couturier de Papa WEMBA (1949-2016), et s’occupe de nombreuses célébrités parisiennes comme Vincent PEREZ et Ariel WIZMAN.

J.A BACHELOR requinqué par son succès à Château-rouge veut même étendre ses activités au Sénégal. Il est vrai que Château-Rouge est le seul endroit où toutes les nationalités africaines se côtoient. Les communautés sénégalaises et congolaises sont fortement présentes à Château-rouge.

Bibliographie très sélective

BACQUE (Marie-Hélène), FIJALOW (Yanté), «En attendant sa gentrification : discours et politique à la Goutte-d’Or (1982-2000)», Sociétés contemporaines, 2007, n°63, pages 63-84 ;

BARRERE (Céline) FIJALKOV (Yankel), «Le polar de Paris, une mise en scène des changements urbains de l’est parisien», Lieux communs, 2013, pages 75-95

BOULY de LESDAIN (Sophie), Château-Rouge, une centralité africaine à Paris, Paris, Paris, P.U.F, 1999, spéc pages 86-99 ;

CHABROL (Marie), «Evolution récente des quartiers d’immigration à Paris : l’exemple du «quartier africain» de Château-Rouge», Hommes et Migrations, 2014, n°1308, pages 87-95 ;

DOUMA (Jean-Baptiste), L’immigration congolaise en France : entre crise et recherche d’identité, Paris, L’Harmattan, 2003, 343 pages, spéc page 230 ;

GALISSOT (René), MOULIN (Brigitte), Les quartiers de la ségrégation : Tiers-monde ou Quart-monde ?, Paris, Karthala, 1995, 323 pages ;

HANAPPE (Florence), ESPONDA (Marc), coordonnateurs, Commerces et espace public à Château-Rouge, Paris, avril 2003, 58 pages ;

HANE (Khadi), Des fourmis dans la bouche, Paris, Denoël, 2011, 160 pages ;

MABANCKOU (Alain), Black Bazar, Paris, Seuil, 2009, 265 pages ;

N’GOYE (Achille), Ballet noir à Château-Rouge, Paris, Gallimard, série noire, 2001, 256 pages ;

NAUDILLON (Françoise), «Black polar», Présence francophone, 2003, vol 60, n°1, pages 98-112 ;

PINçON (Michel), PINçON-CHARLOT (Monique), Sociologie de Paris, Paris, Repères n°400, éditions La Découverte, 2014, 128 pages ;

TOUBON (Jean-Claude), MESSAMAH (Khélifa), Centralité immigrée : le quartier de la Goutte d’Or : dynamisme d’un espace pluri-ethnique : succession, compétition, cohabitation, Paris, L’Harmattan / C.I.E.M., 1990, tome I et II, 764 pages ;


ZELNIK (Henri), Château-Rouge, Paris, Naïve, 2011, 343 pages.


Paris, le samedi 4 août 2018, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le marché africain de Château-Rouge, à Paris 18ème, un îlot dynamique de la diversité qui gêne», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 15:16

Ce jeudi 10 mai 2018, je suis au Jardin de Luxembourg à Paris pour une cérémonie sous le patronage du Premier ministre, M. Edouard PHILIPPE.

Le 10 mai est, pour moi, hautement symbolique ; ce n'est pas seulement que la journée de la mémoire, c'est avant tout le 10 mai 1914 la victoire de Blaise DIAGNE, premier député africain à l'assemblée nationale française, et c'est aussi le 10 mai 1981 que François MITTERRAND, un socialiste, provoquait la première alternance, sous la 5ème République.

Le monde reste encore profondément divisé entre deux camps : les vainqueurs et les vaincus.

De nos jours, l'esclavage revêt des formes plus insidieuses ; on a parfois du mal à cerner et combattre ces chaînes invisibles qui nous maintiennent encore dans la servitude et l'exploitation. 170 ans, après l'abolition de l'esclavage, à travers les discriminations, la servitude est plus que d'actualité. La liberté et l'égalité ne devraient pas seulement être que des prétentions théoriques, mais des actes concrets. L'affaire Naomi MUSENGA, moquée par les services d'urgence et morte sans secours, atteste de la gravité de la situation. La famille d'Adama TRAORÉ (jeune étouffé à mort lors d'un banal contrôle d'identité) est menacée de poursuites pour avoir protesté contre ce meurtre raciste. On nous maintient dans un statut d'indigènes de la République, assimilable à l'esclavage.

L'Afrique, riche de ses matières premières et de ses populations, devrait mettre fin à cette Françafrique, retrouver sa souveraineté, sa liberté et sa dignité.

La Diaspora devrait combattre ce statut d'indigène de la République auquel il est confiné, pour jouir pleinement de sa citoyenneté en vue du bien-vivre ensemble. Une maison pour l'abolition de l'esclavage est un bon début, mais il faut aller plus loin ; il faut une égalité réelle. Beaucoup d'élus de droite refusent encore d'honorer le devoir de mémoire. Esclaves d'hier, migrants d'aujourd'hui !

Par conséquent, il faudrait en finir avec la mentalité colonialiste et esclavagiste, en fondant une société plus juste, plus fraternelle.

Était-il opportun d'inaugurer une place de l'Europe à Gorée ? Cette décision du maire de Gorée est une bourde monumentale, à corriger rapidement.

Pourquoi maintenir, 58 ans après l'indépendance, des noms de rue dédiés aux esclavagistes et colonialistes en centre ville de Dakar ?

"Emancipez-vous de l'esclavage mental. Personne d'autre que nous ne peut libérer nos esprits" avait chanté, fort justement, Bob MARLEY, disparu le 11 mai 1981.

 

Paris le 10 mai 2018 par M. Amadou Bal BA baamadou.overblog.fr

 

"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0

Liens