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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 15:37

Je demandais dans mon post du 8 juin 2020, que tous les Républicains sincères dénoncent ce racisme institutionnel et systémique, ainsi que cette mentalité colonialiste et esclavagiste. Le dire, ce n’est pas mettre en cause tous nos Ancêtres les Gaulois. Loin de là. Les racistes ne sont pas nombreux, mais ils font beaucoup de bruit. Pour cette vaste majorité silencieuse de bons Républicains, ne rien dire, c'est être complice de ces crimes et délits : «A la fin, nous ne nous rappellerons pas les mots de nos ennemis, mais le silence de nos amis» avait dit, fort justement, Martin Luther KING.

Une partie de la classe politique ou de certains médias, loin du débat de fond, excelle dans les invectives, les insultes et les stigmatisations à l’égard des racisés, afin de créer un buzz, pour en récolte le profit politique. Le racisme, seulement à l’égard des Noirs et des Arabes, est donc devenu, dans cette France républicaine, non seulement une banalité, mais surtout un gigantesque fonds de commerce, sans que cela ne choque les bonnes âmes. La députée de la France Insoumise, Mme Danièle OBONO, vient d’en être la énième victime de ce lynchage digne de «Strange Fruit». Or, le racisme n'est pas une opinion, mais un crime, légitimant les violences policières ayant tué 113 de nos jeunes et 53 personnes ont été brûlées vives, dans des squats, à Paris entre 1983 et 2005, sans aucune enquête sérieuse. Par conséquent, il y a bien des mots qui tuent. Aux États-Unis, des suprématistes, amis de Donald TRUMP, avaient assassiné des Juifs pendant des offices religieux. Tout récemment, dans l'affaire du 23 août 2020, à Kenosha, dans le Wisconsin où, Jacob BLAKE, un jeune Noir a reçu 7 balles dans le dos, c'est un jeune partisan de Donald TRUMP qui a tué avec une arme de guerre 2 manifestants. Pas un seul mot de compassion de Donald TRUMP qui a passé son temps à dénigrer les manifestants qui réclamaient Justice. Pour lui, comme pour la Macronie et tous les esprits lepénisés, même quand nous sommes victimes de graves crimes, filmés et diffusés dans le monde entier, nous serions tous que des délinquants, des séparatistes.

En France, depuis l’affaire George FLOYD, on essaie de nous convaincre que la ségrégation raciale n'existerait qu'aux États-Unis ; car la France, pays des droits de l'homme avec son message universel, serait au-dessus de tout cela. Force est de constater que nous vivons dans une démocratie ethnique. La première barrière à tomber est la reconnaissance du Rassemblement national, comme parti respectable et qui inocule son venin de la haine à longueur de journée. Le plus grave est que cette libération de la parole raciste, s'est accompagnée d'un déni permanent de ce fléau, mais aussi de calomnies permanentes à l'égard des racisés. Des journaux satiriques se moquent de nous et de nos prophètes, mais ce n’est que l’humour, la liberté d’expression ou la défense de la laïcité.  Quand on nous insulte, on doit nous taire, et peut-être dire Amen. Ainsi, quand Lilian THURAM avait protesté contre ceux qui nous traitaient de singe dans les événements sportifs, il a tout de suite été qualifié de «raciste antiblanc». C'est le monde à l'envers. La députée, Danièle OBONO, faisant souvent l’objet d’attaques racistes en raison de son engagement pour la Justice et l’égalité réelle, a été aussi affublé du qualificatif de «singe bonobo», une attaque gratuite purement raciste : «Je reçois des insultes, des injures, mon nom est traîné dans la boue, à la moindre occasion. A chaque fois, il ne s’agit jamais de désaccords politiques. Jamais ces attaques n’ont porté sur le fond. Je suis constamment stigmatisée, dégradée et diffamée» dit Mme la Députée, Danièle OBONO.

Je n'oublierai jamais ce projet de loi sur la déchéance de la nationalité qu'avait initié François HOLLANDE, dont la responsabilité dans la dégradation des valeurs républicaines est lourde. Maintenant tout le monde nous tape dessus, sans retenue et sans aucune honte. Certains médias d'information continue, comme BFMTV et CNews, à longueur de journée, nous bavent dessus. Même si BFMTV a fait un sérieux et républicain effort d’investigation et de traitement équilibré de l’information, dans ces attaques ignobles contre la députée Danièle OBONO, qu’il faut saluer. «Le Point» et «Valeurs actuelles» ça pue le racisme. Oseraient-il, un seul instant, insulter ainsi la communauté juive ?

Pour le Directeur de «Valeurs actuelles», la stratégie était de montrer que  «les indigénistes», comme la députée Mme OBONO, cacheraient la responsabilité des Africains dans la traite des esclaves : «C’est le désarroi d’une certaine France, son incapacité à endosser les ombres de son histoire, sans tenter d’en transférer sur d’autres la responsabilité» écrit Léonora MIANO. En effet, ces écrits de «Valeurs actuelles», présentant Mme Danièle OBONO, comme une esclave, constituent une forme d’acquittement au bénéfice du doute du commerce triangulaire organisé par les Occidentaux, et au nom de la Chrétienté, de la supériorité de la culture européenne, «Valeurs actuelles» étant un journal d’extrême-droite, assumé. «Cette image (de Valeurs actuelles) est blessante ; c’est une souillure. Au-delà de ma personne qui est salie, c’est une certaine idée du débat républicain, qui n’a jamais eu lieu, qui est sali. Aujourd’hui, on se contente d’attaques, de mauvaises polémiques. Mon sentiment, au départ, est celui de la colère, mais aussi celui de la détermination. C’est précisément ce que nous combattons. Nous nous mobilisons pour un débat de fond dans ce pays, contre le racisme, la stigmatisation, la symbolique visuelle, d’une partie de la population» dit la Députée, Mme Danièle OBONO. En effet, cette députée de la France Insoumise s’est toujours située dans le débat de fond, et contre les attaques personnelles. «C’est une insulte à mes ancêtres, à la République. Je suis députée de la République. Une ligne rouge a été franchie» dit Mme Danièle OBONO.

Devant ce procès d’intention manifestement raciste, la condamnation de la classe politique est unanime, même le président MACRON qui avait cajolé Eric ZEMMOUR, a finalement téléphoné à Mme Danièle OBONO. Horrifié par son crime contre la République, le Directeur de Valeurs actuelles a présenté des excuses à la Députée Mme Danièle OBONO, mais le mal est déjà fait «J’ai l’impression que du côté de la Droite-extrême, on a perdu tous les repères des valeurs républicaines. Comment peut-on, quand on parle de l’esclavage, mettre une députée de la République en esclave ? On ne peut pas s’imaginer, quand on regarde la maquette, que cela va être l’humiliation, une blessure, quelque chose de terrible, pour l’intéressée ? C’est un retour en arrière. Il y a des limites au débat. Trop souvent, on a franchi les limites. Il y a une «trumpisation» du débat en France. C’est un retour en arrière» dit Laurent JOFFRIN, journaliste.

Je suis surtout scandalisé par la stratégie du président MACRON, élu en 2017 face à Marine LE PEN pour sauver la République, au lieu de rassembler, fait maintenant du LE PEN sans LE PEN, avec des calomnies et des stigmatisations. Le Gardien du temple de la République est devenu son profanateur. Son Ministre de l’Intérieur, Moussa DARMANI pourtant accusé de viol, parle «d’ensauvagement de la société». Il y a des criminels dans tous les camps dont peut-être le Ministre de l’Intérieur on verra à l’issue des procédures judiciaires, mais c’est une responsabilité individuelle. En effet, la majorité des racisés que je connais sont de bons citoyens, travailleurs et respectueux des lois républicaines, mais qui ont été écartés injustement, en raison de préjugés raciaux, de tous les lieux de décisions. Nous avons du mal, parfois, à franchir «cette montagne raciale» en référence à une expression d’un écrivain américain, Langston HUGUES (1902-1967) Même quand, ils atteignent les hautes sphères de l’Etat, les racisés sont en permanence lynchés ou menacés à mort, comme au temps de l’esclavage (Danièle OBONO, Christiane TAUBIRA Sibeth N’DIAYE, Joseph MBAYE). Nous attendons avec détermination son projet de loi sur le «séparatisme» annoncé par le premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. Pour notre président Emmanuel MACRON, qui participe à ce lynchage, ceux qui réclament l’égalité et la Justice, ne seraient des adversaires dans sa démocratie ethnique, que des «séparatistes». Pourtant nos revendications sont purement républicaines. Ni «indigénistes» ni indigènes de la République,  ce que nous réclamons est simple : c’est notre juste place dans cette société à égalité de droits et d’obligations, en qualité de citoyens de la République. Ni plus, mais ni moins. La promesse républicaine d’égalité réelle a été trahie. En raison du principe d’égalité inscrit dans la Déclaration de 1789, que le président MACRON, gardien de la Constitution, ferait mieux de défendre au lieu de stigmatiser les racisés : «Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les Hommes naissent égaux. Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une Nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère. Nous ne sommes pas satisfaits et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déversera comme un torrent et la droiture comme un fleuve puissant» avait dit Martin Luther KING (1929-1968).  

L’assimilation, ou la renonciation à notre identité, est largement, un concept colonial de hiérarchisation des cultures. Si l’assimilation veut dire prendre les bonnes choses de cette France républicaine, c’est le bon sens qui le commande. Si l’assimilation signifie, et ce que défendent les conservateurs et les racistes, rendre le tablier et dénigrer notre identité, c’est une hiérarchisation des cultures inacceptable que nous refuserons toujours. En effet, nous ne renonceront jamais à notre héritage culturel africain. Ce pays s’est enrichi de l’esclavage, de la colonisation, de la contribution décisive des Tirailleurs sénégalais à sa liberté, et de l’apport au sortir de la Guerre et pendant les Trente Glorieuses, pour sa survie et son redémarrage économique, des immigrants, qualifiés péjorativement, «d’indigénistes». La plupart des gens que je connais, et particulièrement, pendant cette pandémie, sont dans les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraite, et assurent comme les autres la survie de la Nation, dans un contexte difficile.

La diversité culturelle, dans le respect mutuel et la rencontre avec l’autre, est une richesse. Le bien-vivre ensemble n’est pas la confrontation, la stigmatisation, les calomnies et les injures permanentes, mais la recherche, constante, inaliénable, de l’égalité réelle, dans la Justice, la Fraternité et la Solidarité.

On connaît le titre de cet ouvrage de James BALDWIN «La prochaine fois le feu». Il n'y aura pas de paix dans la société sans la Justice. Nous sommes décidés, dans le cadre des lois républicaines et pacifiquement, à faire valoir nos droits de citoyens. Nous ne sommes pas des esclaves, comme le dit explicitement, Valeurs actuelles, à l’égard de la députée Mme Danièle OBONO. Finalement, cette représentation de Valeurs actuelles de Danièle OBONO, en esclave enchaîné, a eu au moins un grand mérite de nommer la chose : aux yeux de certains nous sommes encore des colonisés et des esclaves. C'est sans doute le sens profond de ce projet de loi sur le séparatisme de la Macronie, que dénonce Danièle OBONO dans l'interview qu'elle m'avait accordé le 16 juillet 2020, 4 ans après la mort d'Adama TRAORÉ. Nos jeunes on peut les tuer sans aucune conséquence, sans Justice, et c'est nous les séparatistes.

Si ces attaques racistes et ces meurtres impunis sont possibles, dans ce pays des droits de l’Homme, c’est que les racisés sont encore faibles dans la défense de leurs droits, sont fortement divisés et inorganisés, sont encore restés dans le verbiage et l’incantation. Par les mobilisations qu’elle a soulevées, Assa TRAORE a montré le chemin. Seule une démarche citoyenne résolue, peut contraindre les fachos à nous respecter. Aussi, une manifestation est prévue le samedi 5 septembre 2020, à 14 heures, devant le siège de Valeurs actuelles, 24 rue Georges Bizet, à Paris 16ème, métro Georges V, ligne 1.  Il faudrait aussi commencer à engager une action résolue contre CNEWS avec les prêches racistes d’Eric ZEMMOUR. Mme Danièle OBONO va engager une action judiciaire contre «Valeurs actuelles», tout le monde sera sur les ponts pour la soutenir, matériellement et moralement.

Pourquoi tant de haine et d’injustices à l’égard des racisés et des faibles ?

Si le privilège de l’Homme blanc perdure, c’est que le racisé n’a pas encore fait sa révolution mentale ; il a, en raison de son autolimitation, intégré cette mentalité colonialiste et esclavagiste qui le diminue : «L’obstacle dressé par l’hégémonie culturelle des Blancs est donc aussi intérieur : c’est un regard aliénant imprimé au fond de soi et dont il faut se défaire, ce qui exige une révolution mentale qu’il apparente à la difficile ascension d’une montagne escarpée» avait dit Langston HUGUES, dans son fameux article de 1926, sur «The Negro Artist and the Racial Mountain».

Albert MEMMI (1920-2020), un extraordinaire défenseur des opprimés et des dominés, et qui vient de nous quitter, a établi une relation très étroite entre le racisme et l’oppression, notamment coloniale : «Le racisme est la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression», écrit Albert MEMMI. En effet, le Ministre de l’intérieur, Moussa DARMANI, dans ses outrances verbales, devenu VRP du Rassemblement national, et pourtant accusé de viol, et pour se faire oublier, évoque «l’ensauvagement de la société». Lui, dont les ancêtres sont Algériens, n’a-t-il pas honte d’utiliser le vocabulaire des fachos ?

Il va falloir lutter pour une Maison d’Afrique à Paris afin d’accompagner les racisés sur les chemins de l’excellence, de sortir de l’exclusion et de la marginalisation. Aussi, je demande plus que jamais à tous les jeunes de s'inscrire sur les listes électorales. 2021 c'est l'année des régionales et 2022 c'est les présidentielles. Il faudrait combattre sans relâche ce racisme institutionnel et systémique ainsi que ces violences policières. «Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour laquelle il est prêt à mourir, il ne mériterait pas de vivre» disait Martin Luther KING. L’art doit être un moyen d’expression personnelle et un chemin vers l’élévation de l’esprit tandis que la propagande des dominants «perpétue la position d’infériorité d’un groupe alors même qu’elle la combat en ce qu’elle s’exprime dans l’ombre d’une majorité dominante qu’elle apostrophe, cajole, menace ou supplie» écrit Alain LOCKE dans son livre «Le rôle du Nègre dans la culture des Amériques».

Par conséquent, nous ne plierons pas, nous ne céderons pas, nous ne rendrons pas les armes, devant nos exigences légitimes, pour l’égalité réelle, la Justice, la Fraternité, la Solidarité et le bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

En fait, cet acharnement permanent contre les racisés occulte, gravement, les enjeux majeurs de notre temps, à savoir la violence et la prédation des gens du château à l’encontre de tous les faibles. Il n’y a pas si longtemps que cela, dans les différents mouvements sociaux, des Gilets Jaunes, pour la défense des retraités et des chômeurs, la Macronie inauthentique, dans ses réformes injustes, voulait davantage fragiliser les pauvres et cajoler les riches. Et voila qu’avec cette pandémie, les valeurs essentielles de la vie et la santé triomphent et les milliards, comme par enchantement sortent, à profusion. Plus de limites au déficit budgétaire !

Par conséquent, le vrai problème de notre temps, loin d’être les immigrés, les pauvres et les racisés, est celui de la construction d’une société plus juste, fraternelle, et harmonieuse, sans laquelle leurs profits s’envoleront, comme de la fumée. Nous avons donc, tous ensemble, de grands défis à relever dans cette belle France républicaine :

- vaincre cette cochonnerie qui menace la vie, la santé, l’économie et le risque de re-confinement, avec 12 millions d’enfants dans les écoles est grand avec un chômage de masse ; HITLER était venu au pouvoir en 1933, à la suite de la dépression de 1929, à l’époque les boucs-émissaires étaient les communistes, les invertis, les francs-maçons et les Juifs ;

- sauver l'économie et réindustrialiser ce pays en relocalisant les entreprises et aider à une agriculture performante, défendre et promouvoir l’environnement ; c'est dans ce contexte que la régularisation des sans-papiers a un sens. Cette crise a montré que ce pays ne pouvait pas produire, suffisamment, des masques, des produits hydroalcooliques, les respirateurs manquent dans les hôpitaux et les laboratoires pour les tests du COVID-19 sont débordés ;

- abroger toutes ces réformes injustes qui ne sont que suspendues ; Notre vie et notre santé vaut mieux que leurs millions ;

- mettre fin à ces guerres locales et coloniales ruineuses et injustes ; le cas du Mali est édifiant, l'opération Barkhane n'a fait que plonger davantage ce pays dans le Chaos ;

- réorienter la politique africaine de la France en Afrique dans le sens d'une coopération mutuellement avantageuse et en cessant de soutenir ces régimes monarchiques et préhistoriques qui font monter un sentiment antifrançais en Afrique. La France, concurrencée par la Chine, est un partenaire historique de l'Afrique et doit y rester ;

- promouvoir le bien-vivre ensemble dans le respect mutuel ; le multiculturalisme est une donnée majeure de notre temps. On ne partira pas, autant vivre ensemble harmonieusement.

Paris le 29 août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Solidarité avec Danièle OBONO : pour l'égalité réelle et contre ce racisme institutionnel et systémique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 16:22

Solidarité avec Danièle OBONO : contre ce racisme institutionnel et systémique

Je demandais dans mon post il y a de cela quelque temps que tous les Républicains sincères dénoncent ce racisme institutionnel et systémique ainsi que cette mentalité colonialiste et esclavagiste. Les racistes ne sont pas nombreux, mais ils font beaucoup de bruit. Pour cette vaste majorité de Républicains, ne rien dire, c'est être complice de ces crimes et délits : «A la fin, nous ne nous rappellerons pas les mots de nos ennemis, mais le silence de nos amis» avait dit, fort justement, Martin Luther KING.

En effet, le racisme n'est pas une opinion, mais un crime qui légitime les violences policières ayant tué 113 de nos jeunes et 53 personnes ont été brûlées vives, dans des squats, à Paris entre 1983 et 2005, sans aucune enquête sérieuse. Or il y a bien des mots qui tuent. Aux États-Unis, des suprématistes amis de Donald TRUMP avaient assassiné des Juifs pendant des offices religieux. Tout récemment dans l'affaire du 23 août 2020 à Kenosha dans le Wisconsin où, Jacob BLAKE, un jeune Noir a reçu 7 balles dans le dos, c'est un jeune partisan de Donald TRUMP qui a tué avec une arme de guerre 2 manifestants. Pas un seul mot de compassion de Donald TRUMP qui a passé son temps à dénigrer les manifestants qui réclamaient Justice.

En France, depuis l’affaire George FLOYD, on essaie de nous convaincre que la ségrégation raciale n'existerait qu'aux États-Unis ; car la France pays des droits de l'homme avec son message universel serait au-dessus de tout cela. Force est de constater que nous vivons dans une démocratie ethnique. La première barrière à tomber est la reconnaissance du Rassemblement national, comme parti respectable et qui inocule son venin de la haine à longueur de journée. Le plus grave est que cette libération de la parole raciste, s'est accompagnée d'un déni permanent de ce fléau, mais aussi de calomnies permanentes à l'égard des racisés. Ainsi, quand Lilian THURAM avait protesté contre ceux qui nous traitaient de singe dans les événements sportifs, il a tout de suite qualifié de «raciste antiblanc». C'est le monde à l'envers. La députée, Danièle OBONO, a été aussi affublé du qualificatif de «singe bonobo». Je n'oublierai jamais ce projet de loi sur la déchéance de la nationalité qu'avait initié François HOLLANDE, dont la responsabilité dans la dégradation des valeurs républicaines est lourde.

Maintenant tout le monde nous tape dessus, sans retenue et sans aucune honte. Certaines d'information comme BFMTV et CNews, à longueur de journée, nous bavent dessus. Le Point et Valeurs actuelles ça pue le racisme. Oseraient-il, un seul instant, insulter ainsi la communauté juive ?

Pour le Directeur de «Valeurs actuelles», la stratégie était de montrer que  «les indigénistes», comme la députée Mme OBONO, cacheraient la responsabilité des Africains dans la traite des esclaves. Ce qui constitue une forme d’acquittement au bénéfice du doute le commerce triangulaire organisé par les Occidentaux, et au nom de la Chrétienté, de la supériorité de la culture européenne, «Valeurs actuelles» étant un journal d’extrême-droite, assumé. Devant ce procès d’intention manifestement raciste, la condamnation de la classe politique est unanime, même le président MACRON qui avait cajolé Eric ZEMMOUR, a finalement téléphoné à Mme Danièle OBONO. En effet, cette députée de la France Insoumise s’est toujours située dans le débat de fond, et contre dans les attaques personnelles.

Je suis surtout scandalisé par la stratégie du président MACRON qu'on avait élu pour sauver la République et qui fait du LE PEN sans LE PEN. Nous attendons avec détermination son projet de loi sur le séparatisme. Ce que nous réclamons est simple, c’est note juste place dans cette société à égalité de droits et d’obligations. Ni plus, mais ni moins. L’assimilation, ou la renonciation à notre identité, est largement, un concept colonial de hiérarchisation des cultures. Nous ne renonceront jamais à notre héritage culturel africain. Ce pays s’est enrichi de l’esclavage, de la colonisation, de la contribution décisive des Tirailleurs sénégalais à sa liberté, et de l’apport au sortir de la Guerre et pendant les Trente Glorieuses, pour sa survie et son redémarrage économique. La diversité culturelle, dans le respect mutuel et la rencontre avec l’autre, est une richesse. Le bien-vivre ensemble n’est pas la confrontation, la stigmatisation, les calomnies et les injures permanentes, mais la recherche, constante, mais inaliénable, de l’égalité réelle, dans la Justice, la Fraternité et la Solidarité.

La plupart des gens que je connais, et particulièrement, pendant cette pandémie, sont dans les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraite, et assurent comme les autres la survie de la Nation, dans un contexte difficile.

On connaît le titre de cet ouvrage de James BALDWIN «La prochaine fois le feu». Il n'y aura pas de paix dans la société sans la Justice. Nous sommes décidés, dans le cadre des lois républicaines et pacifiquement, à faire valoir nos droits de citoyens. Nous sommes pas des esclaves, comme le dit explicitement, Valeurs actuelles, à l’égard de la députée Mme Danièle OBONO. Finalement, cette représentation de Valeurs actuelles de Danièle OBONO, en esclave enchaîné, a eu au moins un grand mérite de nommer la chose : aux yeux de certains nous sommes encore des colonisés et des esclaves. C'est sans doute le sens profond de ce projet de loi sur le séparatisme de la Macronie, que dénonce Danièle OBONO dans l'interview qu'elle m'avait accordé le 16 juillet 2020, 4 ans après la mort d'Adama TRAORÉ. Nos jeunes on peut les tuer sans aucune conséquence, sans Justice, et c'est nous les séparatistes.

Je demande plus que jamais à tous les jeunes de s'inscrire sur les listes électorales. 2021 c'est l'année des régionales et 2022 c'est les présidentielles. Il faudrait combattre sans relâche ce racisme institutionnel et systémique ainsi que ces violences policières. «Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour laquelle il est prêt à mourir, il ne mériterait pas de vivre» disait Martin Luther KING.

Pourquoi tant de haine et d’injustices à notre égard ?

Nous avons, tous ensemble, de grands défis à relever dans cette belle France républicaine :

- vaincre cette cochonnerie ; le risque de re-confinement, avec 12 millions d’enfants dans les écoles est grand ; tous les chiffres sont au rouge ;

- sauver l'économie et réindustrialiser ce pays en relocalisant les entreprises et aider à une agriculture performante, défendre et promouvoir l’environnement ; c'est dans ce contexte que la régularisation des sans-papiers a un sens ;

- abroger toutes ces réformes injustes qui ne sont que suspendues ;

- mettre fin à ces guerres locales et coloniales ruineuses et injustes ; le cas du Mali est édifiant, l'opération Barkhane n'a fait que plonger davantage ce pays dans le Chaos ;

- réorienter la politique africaine de la France en Afrique dans le sens d'une coopération mutuellement avantageuse et en cessant de soutenir ces régimes monarchiques et préhistoriques qui font monter un sentiment antifrançais en Afrique. La France, concurrencée par la Chine, est un partenaire historique de l'Afrique et doit y rester ;

- promouvoir le bien-vivre ensemble dans le respect mutuel ; le multiculturalisme est une donnée majeure de notre temps. On ne partira pas, autant vivre ensemble harmonieusement.

Paris le 29 août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 


 

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23 août 2020 7 23 /08 /août /2020 12:49

Le Révérend AL SHAPRTON et sa Marche à Washington du 28 août 2020 - Get your Knee off our Necks !

Le Révérend Al SHAPRTON, fortement engagé contre le racisme et pour les droits civiques, prépare une marche pour le 28 août 2020 à Washington ; celle-ci fait écho à la marche de Martin Luther KING en 1963. On se souvient de ce fameux «I have a Dream» en pleine lutte pour les droits civiques aux États-Unis. «Il y a un siècle de cela, un grand Américain qui nous couvre aujourd’hui de son ombre symbolique signait notre Proclamation d’Émancipation. Ce décret capital se dresse, comme un grand phare illuminant d’espérance les millions d’esclaves marqués au feu d’une brûlante injustice. Ce décret est venu comme une aube joyeuse terminer la longue nuit de leur captivité. Mais, cent ans plus tard, le Noir n’est toujours pas libre. Cent ans plus tard, la vie du Noir est encore terriblement handicapée par les menottes de la ségrégation et les chaînes de la discrimination. Cent ans plus tard, le Noir vit à l’écart sur son îlot de pauvreté au milieu d’un vaste océan de prospérité matérielle. Cent ans plus tard, le Noir languit encore dans les coins de la société américaine et se trouve exilé dans son propre pays» constatait Martin Luther KING. Il est évident que l’Amérique a manqué à ses devoirs à l’égard des Noirs qui refusent l’injustice raciale ; il n’y aura pas de paix jusque la Justice soit réalisée. «Je rêve que, un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux. Je rêve qu’un jour sur les collines rousses de Géorgie les fils d’anciens esclaves et ceux d’anciens propriétaires d’esclaves pourront s’asseoir ensemble à la table de la fraternité. Je rêve qu’un jour, même l’Etat du Mississippi, un Etat où brûlent les feux de l’injustice et de l’oppression, sera transformé en un oasis de liberté et de justice. Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère. Je fais aujourd’hui un rêve !» avait dit Martin Luther KING. Venu défendre des ouvriers grévistes à Memphis, et qui scandaient «I am a Man» (je suis un Homme), Martin Luther KING a été assassiné le 4 avril 1968. On a pensé que les deux mandats de Barack OBOMA (2004 à 2016) avaient réalisé le Rêve de Martin Luther KING, mais le premier Noir des Etats-Unis a été remplacé, en 2016, par Donald TRUMP, un président suprémaciste, raciste, homophobe, misogyne, sexiste et unilatéraliste. La mauvaise gestion de la pandémie par Donald TRUMP, plus de 176 000 morts, a affecté, de façon disproportionnée, les minorités ethniques, dont les Noirs.

Cependant cette année le contexte de la Marche du 28 août 2020 est très particulier. L'affaire George FLOYD a changé la face du monde. Un mouvement «Black Lives Matter» est né sous l'égide de Muriel BOWSER, maire de Washington. Joe BIDEN candidat démocrate est venu à l'occasion des funérailles de George FLOYD présenter ses condoléances à la famille et a choisi Kamala HARRIS, une métisse, comme colistière. Joe BIDEN, en raison de ses engagements pour la Justice, est fortement soutenu, notamment, par la communauté noire. «We know him, and he understands us» dit un sénateur noir du Sud, à propos de Joe BIDEN. Un vote massif en sa faveur est attendu le 3 novembre 2020, afin d’éviter l’expérience malheureuse de Hillary CLINTON, qui avait gagné en voix, mais avait perdu face à Donald TRUMP.

Le Révérend Al SHAPRTON a prononcé cet éloge mémorable : «ôtez votre genou de notre cou !» (Get your knee off our necks). On se souvient, tout récemment, et les télévisions du monde entier l’ont retransmis, c’est lui qui a prononcé l’éloge funèbre de George FLOYD (1973-2020), le 4 juin 2020, avec cette phrase choc «ôtez votre genou de notre cou !» et d’ajouter «Le combat commence maintenant, parce que, partout dans le monde, George, ils marchent en scandant ton nom. Le mouvement ne s'arrêtera pas tant que nous n'obtiendrons pas justice. Tu vas manquer à ta famille, George, mais ta nation n'oubliera jamais ton nom. Ta souffrance, c'est celle de nous tous. Va, et pars en paix, nous allons continuer la lutte» dit Al SHAPRTON. Ce thème de la Justice et de la Compassion est au cœur de la campagne des présidentielles américaines du 3 novembre 2020. Un hommage spécial a été rendu à John LEWIS (1940-2020) une des éminentes personnalités de la lutte pour les droits civiques, qui avait participé à la marche de Selma à Montgomery, le 7 mars 1965, et avait eu la tête fracassée. «La vie de John Lewis était, à tant d'égards, exceptionnelle. Engagé politiquement pour les démocrates, il s'est battu pour un meilleur contrôle des armes à feu et réduire les inégalités raciales. L'Amérique a été construite par des John Lewis. (...) Quand nous aurons terminé le voyage vers la liberté, John Lewis sera un père fondateur de cette Amérique meilleure et plus juste. Vous voulez rendre hommage à John ? Remettez en place la loi pour laquelle il était prêt à mourir. Nous pouvons encore voir notre gouvernement fédéral envoyer des agents utiliser du gaz lacrymogène et des matraques contre des manifestants pacifiques» dit Barack OBAMA, lors de son discours du 30 juillet 2020, en hommage à John LEWIS.

Le Révérend AL SHAPRTON veut rallumer la flamme de la Justice, mais il est peu connu du grand public en France et en Afrique, en raison des barrières de la langue. Mais c’est un formidable et infatigable combattant de la cause de l’Homme et de l’égalité réelle. Né le 3 octobre 1954, à Brooklyn, à New York, Al SHAPRTON, pasteur pentecôtiste, à 9 ans, faisait déjà partie des tournées de Mahalia JACKSON (1911-1972), la chanteuse de Gospel qui clôturait les meetings de Martin Luther KING par «We Shall Overcome». Il est ordonné pasteur pentecôtiste, à l’âge de 10 ans, à l’église de Dieu en Christ, à Washington. En 1969, AL SHAPRTON devient Directeur de la section jeunesse de la «Southern Christian Leadership Conference», à New York, dirigée par Jesse JACKSON, également un compagnon de route de Martin Luther KING (1929-1968). Le révérend Jessie Jackson lui confie les rênes de l'opération «panier de pain». Parallèlement à cela il a été le manager du chanteur James BROWN (1933-2006), de 1973 à 1980, qui va l’inspirer dans la lutte pour l’émancipation des Noirs «Il m'a dit «sois unique, défends ton peuple », il m'a même changé mon nom»,  dit AL SHAPRTON dans ses mémoires. Le 12 janvier 1991, alors qu'il se prépare pour une manifestation pour les droits civiques à Bensonhurst, à Brooklyn, AL SHAPRTON est poignardé grièvement dans la cour d'une école. Il fonde la «National Action Network» afin de mieux combattre l’injustice et les discriminations.

En 2004, candidat aux présidentielles pour l’investiture démocrate, AL SHAPRTON a terminé à une place honorable, en troisième position. Depuis lors, il a réorienté, fondamentalement, ses objectifs de vie : AL SHAPRTON, ce  formidable orateur, est cette une puissante voix dénonçant, constamment, une Amérique n’ayant pas honoré ses promesses, et donc confrontée à ses démons de l’esclavage et du racisme. C’est lui qui avait dirigé l’éloge funèbre de Michael JACKSON (1958-2009), le 7 juillet 2009 au Staple Center, à Los Angeles. En effet, pour AL SHAPRTON, le chanteur Michael JACKSON est «celui qui a contribué à briser les chaînes» de la communauté afro-américaine. Michael JACKSON est l’un des maillons ayant permis d’aboutir à l’élection de Barack OBAMA, premier président noir, ayant réalisé le «Rêve de Martin Luther KING». Je vous recommande de lire son autobiographie datant de 1996 : «Go and Tell Pharaoh»,

Cette marche du 28 août 2020 dépasse le cadre américain. En France, et dépit du déni du racisme systémique et institutionnel, ainsi que des violences policières, Jacques TOUBON, le Médiateur de la République a pris des décisions courageuses. Mme Assa TRAORÉ a mobilisé, massivement, les jeunes et personnes de toutes les couleurs pour un bien-vivre ensemble, pour que Justice soit aux familles des 113 jeunes étouffés à mort par les forces de l'ordre.

En dépit de cela, une Macronie lepénisée et vichyste, entend faire voter un projet sur le séparatisme. Diverses réformes injustes, qui ne sont que suspendues, peuvent être, à tout moment, réactivées. Les racisés seront plus que jamais mobilisés contre toutes les formes d'injustices. Assa TRAORE a soulevé un espoir en mobilisant les racisés contre les violences policières et les injustices, il faudrait que ce mouvement se structure et acquiert une dimension nationale, avec toutes les forces de progrès, pour le bien-vivre ensemble.

En Afrique, des mouvements populaires (Mali, Côte-d'Ivoire, Guinée Conakry) se sont levés pour chasser des régimes monarchiques et préhistoriques corrompus, à la solde de la Françafrique. Les Africains aussi réclament la Justice dans les relations, à la place de la violence, de la prédation et du fouet de la part de l’ancien colonisateur. Soucieux de vivre, dignement, dans la liberté et la souveraineté, en vue de sortir de la servitude, du paternalisme et de la minorité, les peuples africains crient : «Respect et coopération mutuellement avantageuse !». C’est en cela que leurs exigences de Justice rejoignent les combats que mènent les Noirs Américains, dont nous sommes profondément solidaires.

Notre époque lourde de menaces oscille entre le Chaos et la Lumière. La Justice et l'Harmonie vaincront les Ténèbres. Donald TRUMP et Emmanuel MACRON ne seront que les présidents d'un seul mandat.

Paris le 22  août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Le Révérend AL SHAPRTON et sa Marche à Washington du 28 août 2020 - Get your Knee off our Necks !» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 20:24

«Derrière l’œuvre cruciale de Gisèle Halimi, on trouve un principe clair : le combat pour la dignité humaine. Contre la répression coloniale en Algérie, elle s’illustra par son courage et la force de sa conviction. Son action déterminante contribua à éclairer les consciences sur les atrocités et l’illégitimité du colonialisme» écrit Jack LANG, ministre de la culture, sous François MITTERRAND (1916-1996). Le président Emmanuel MACRON a écrit «La France perd une républicaine passionnée qui, comme avocate, militante et élue, fut une grande combattante de l’émancipation des femmes». Les hommages rendus à Gisèle HALIMI sont, pour l’essentiel, saucissonnés, tronqués et centrés sur l’action de défense des droits de la femme, occultant ou éclipsant ainsi, gravement, le combat en faveur des colonisés. La prétention de la lutte féministe en France recèle de graves ambiguïtés. Si elle signifie libérer la femme, victime de divers asservissements et violences, on ne peut que partager et glorifier cette réclamation pour l'égalité, contre toutes formes de discriminations, comme l'avait dit Gisèle HALIMI : «La femme n'est pas une catégorie, pas plus que l'homme n'en est une. La femme est une moitié de l'humanité, l'homme en est l'autre moitié et, à l'intérieur de ces deux moitiés de l'humanité, il y a toutes les catégories, les jeunes, les immigrés, les vieux, les handicapés, etc. Ce qui compte, par conséquent, c'est de faire en sorte que la différence fondamentale entre ces deux moitiés, au lieu d'être une source d'infériorisation et d'une identité réductrice, soit au contraire une source d'enrichissement des hommes et des femmes» écrit Gisèle HALIMI, en 1995.

En réalité, et pour certaines personnes, comme Elisabeth BADINTER, le combat féministe, comme laïcité, sont devenus une bombe contre les racisés, une démarche paternaliste, et un outil haineux de stigmatisation des racisés, au service d'une hiérarchisation des cultures. La femme colonisée serait, en raison du patriarcat de l'Islamisme, par principe, soumise et craintive. Cette position de principe et idéologique, empêche ainsi de pointer du doigt toutes les violences faites aux femmes en Occident, dans ces sociétés, fondamentalement, machistes. Un Ministre de l'intérieur, Moussa DARMANIN, peut être accusé de viol, même s'il faudrait défendre, sans concession, le sacro-saint principe de présomption d'innocence, fouler aux pieds «la jurisprudence BALLADUR», écartant du gouvernement un ministre mis en cause. Le maintien de M. DARMANIN dans ses fonctions de 1er flic de France est un mauvais signal, une injure grave faite aux combats féministes que Gisèle HALIMI avait porté haut, et sans concession. Aussi, quelle sincérité et quelle authenticité faudrait-il accorder aux hommages du chef de l'Etat, à Gisèle HALIMI, qualifiée de «combattante de l'émancipation des femmes» ? Auparavant, le président MACRON avait évoqué, en termes peu respectueux, «le ventre des femmes africaines». Quand le chef de l’Etat parle de l'émancipation des femmes, de quelles femmes parle-t-il ? J'aime bien cette formule d'un homme politique intègre et sincère, Lionel JOSPIN : «on fait ce qu'on dit. On dit ce qu'on fait». N'est-ce pas Jean-Yves LE DRIAN, le Ministre des affaires étrangères, tout récemment, qui s'était trompé de destinataire de son SMS, au lieu de l'envoyer au président MACRON, l'a adressé, par erreur, à Ségolène ROYAL, qualifiée : «cette folle de Ségo» ?

Par ailleurs, Mazarine PINGEOT, la fille du président MITTERRAND, et une littéraire, a dénoncé cette victoire de l'extrémisme, au nom de l'éthique qui discrédite les combats féministes. Mazarine demande d'en finir avec le ressentiment, la vengeance, la délation et la vindicte. «Cette jeunesse, sans désir, est pleine de colère» écrit-elle dans une tribune du Monde, «ce mortel ennui qui me vient». Alors qu'on donne des leçons de féminisme aux racisés, certains grands prédateurs sexuels, avérés, n'ont jamais été inquiétés en France, comme ce réalisateur de cinéma, Roman POLANSKI, bien que condamné aux États-Unis, où il n'ose plus retourner, a été acclamé et honoré aux Champs-Elysées. Sans une enquête américaine, après l’affaire du Sofitel, il est probable que DSK aurait été, en 2012, président de ce pays. Dans le grand scandale causé par le prédateur sexuel, Jeffrey EPSTEIN (1953-2019), aux États-Unis, les victimes en France, attendent toujours une enquête sérieuse et un procès. Dans une autre affaire, Tarik RAMADAN est au gnouf, depuis longtemps, bien au chaud, en ces temps caniculaires. C'est donc encore, sur ce point, la persistance du privilège de l'homme blanc, s'il est puissant. Une question de classe sociale, ces violences, ce racisme institutionnel et systémique, à l'encontre des femmes, avec une indignation, toujours, particulièrement sélective.

Par conséquent, c'est ici l'occasion de mettre au centre du débat les vrais combats de Gisèle HALIMI qui était révoltée contre l’injustice, une question centrale de notre temps. «De la Tunisie à l’Algérie puis au Congo en passant par Bobigny (France)... Un bel itinéraire, non pas touristique mais professionnel, fait de droiture, de passion, de sens de la justice, de doutes aussi» écrit Martine BULARD, à propos de Gisèle HALIMI. «C’est une grande femme qui disparait aujourd’hui. Une combattante qui aura consacré sa vie à la défense des droits. Une vie de liberté, pour l’égalité et dans la fraternité. Gisèle Halimi était une figure, un modèle, indocile, rebelle, militante de toutes les causes qu’elle pensait justes, car la justice pour tous a toujours été le moteur de sa vie» écrit Mme Anne HIDALGO, maire de Paris. La presse algérienne lui a rendu un vibrant hommage : «Gisèle s’en est allée doucement, avec la grandeur et la générosité qui siéent aux femmes de sa trempe, avec la singularité qui la caractérisait, elle qui a fait de sa vie un combat de tous les jours pour les causes justes. Durant toute sa vie, Gisèle a mis un soin particulier à faire cohabiter le courage, l’intransigeance et la faculté d’aller au bout de ses actes» écrit Hamid TAHRI, dans «El Watan». «Le nom de Gisèle Halimi est lié au combat contre les oppressions et les injustice» écrit Nadia BOUZEGRHRANE, dans «El Watan». Gisèle HALIMI est une avocate engagée qui a «marqué des générations de femmes et d’hommes attachées aux valeurs universelles de liberté et d’égalité» et elle a défendu l’indépendance de son pays natal, la Tunisie » dit Kaïs SAIED, président de la Tunisie. En effet Gisèle HALIMI, de par ses origines très modestes tunisiennes et sa culture politique, était fortement engagée aux côtés des vaincus, de ceux qui souffrent et réclament Justice, dans une société fortement marquée par un esprit colonialiste et esclavagiste : «Gisèle HALIMI était cette trempe d’auteurs et de juristes de renom, d’hommes et de femmes, qui n’hésitaient pas à condamner la barbarie coloniale et les pratiques abjectes» dit Abdelmadjid TEBBOUNE, le président algérien.

Défenseuse des femmes, Gisèle HALIMI était aussi notre mère protectrice qui défendait la cause des colonisés : «J'ai voulu clore ce cycle par la Kahina. Dans son contexte historique, je l'ai fait vivre, aimer, guerroyer, mourir. Comme mon père Edouard-le magnifique, l'aurait peut-être imaginée. La Kahina était-elle son ancêtre ? Peut-être. L'ai-je aimée en la faisant revivre ? Oui. Passionnément» écrit Gisèle HALIMI dans la «Kahina», cette reine des Berbères dont l’histoire est magistralement racontée par Ibn KHALDOUN. «Mon grand-père paternel me racontait souvent, par bribes, l'épopée de la Kahina. Cette femme qui chevauchait à la tête de ses armées, les cheveux couleur de miel lui coulant jusqu'aux reins. Vêtue d'une tunique rouge - enfant, je l'imaginais ainsi -, d'une grande beauté, disent les historiens. [...] Devineresse, cette pasionaria berbère tint en échec, pendant cinq années, les troupes de l'Arabe Hassan» écrit Gisèle HALIMI, dans un récit autobiographie, en 1988, «Le lait de l’oranger». Féministe, oui, mais, Gisèle HALIMI a redonné vie à cette reine berbère de l'Aurès qui, au VIIème siècle, résista aux troupes du général arabe Hassan. Entre son amour pour Khaled, le neveu de son ennemi et son implacable désir de victoire, elle incarne le destin d'une femme exceptionnelle qui, jusqu'à la mort, commanda aux hommes, des montagnes de l'Aurès aux plaines de l'oued Nini. Gisèle HALIMI retrace cette tragédie romanesque avec passion et talent. En dépit des calomnies, des conspirations du silence, nous continuerons de réclamer l’égalité. Seules les femmes, largement encore discriminées, peuvent entendre et comprendre, nos aspirations légitimes pour une égalité réelle : «Ne vous résignez jamais !» tel est le titre d’un des ouvrages de Gisèle HALIMI. Evoquant son enfant elle dit dans un entretien accordé à «J’observais que les Tunisiens, finalement, étaient aussi méprisés que les femmes»

En «avocate irrespectueuse» de cette omerta des vainqueurs, Gisèle HALIMI c’était la Kahina des colonisés ; l’Afrique est fondamentalement maternelle. Dans «Fritna» (fortunée en arabe) Gisèle HALIMI nous conte l’essence même de l’amour maternel : «Ma mère ne m'aimait pas. Ne m'avait jamais aimée, me disais-je certains jours. Elle, dont je guettais le sourire -rare- et toujours adressé aux autres, la lumière noire de ses yeux de juive espagnole, elle dont j'admirais le maintien altier, la beauté immortalisée dans une photo accrochée au mur où dans des habits de bédouine, ses cheveux sombres glissant jusqu'aux reins, d'immenses anneaux aux oreilles (...), elle, ma mère dont je frôlais les mains, le visage pour qu'elle me touche, m'embrasse enfin, elle, ma mère ne m'aimait pas» écrit-elle. Dans la Tunisie sous protectorat français, Gisèle HALIMI avait fait l’expérience du racisme. Dès son enfance, Gisèle HALIMI est horrifiée par le racisme français à l’adresse des «Arabes», et à l’école, elle est confrontée à l’antisémitisme, sans parler du mépris grossier des garçons à l’égard des filles : «La Tunisie sous protectorat français offrait une assise privilégiée à la discrimination, à l’exclusion. Comme dans une construction qu’un architecte machiavélique aurait façonnée pour les besoins d’une politique, les maîtres européens dominaient Juifs et Arabes, séparés eux-mêmes les uns des autres par des cercles parallèles. Le Juif, français ou tunisien, tenant dans le plus parfait mépris l’Arabe, situé dans la partie inférieure» écrit-elle dans un article «mémoires du pays natal».

Avocate, femme politique et écrivaine, Gisèle HALIMI, décédée le 28 juillet 2020 à 93 ans, est née Zeiza Gisèle Elise TAIEB le 27 juillet 1927 dans une famille modeste à La Goulette, en Tunisie. D’une mère Séfarade, Fortunée METOUDI, dite Fritna, et d’un père d’origine berbère, Edouard TAIEB, un garçon de courses, dans un cabinet d’avocats et sera clerc de notaires, elle entre au barreau de Tunis en 1949 et poursuit sa carrière à Paris, à partir de 1956, à l’indépendance de la Tunisie. Mariée en premières noces à Paul HALIMI, un administrateur civil au ministère de l’agriculture, de 1949 à 1959, puis en secondes noces, le 21 février 1961 à Claude FAUX de 1961 à 2017, un ancien secrétaire de Jean-Paul SARTRE, avec comme témoins du mariage : Louis ARAGON et Jean LURCAT. La jeune Gisèle est attirée par les propos anticonformistes d’un oncle du côté paternel, qui est engagé au parti communiste tunisien. Gisèle HALIMI a le «malheur» de naître fille à une époque où ce genre est considéré comme une malédiction pour la famille. Enfant déjà, celle qui deviendra avocate ne supporte pas les injustices, et encore moins celles assignées aux petites filles. A 10 ans, elle entame une grève de la faim pour protester contre les tâches ménagères dont ses frères sont exemptés : «Pendant plus de huit jours, je ne mangeais rien. Je défaillais et ils ont eu très peur. Ma mère a fait venir ma grand-mère, qui était pour moi une icône, la tendresse. J'étais une inconditionnelle de ce qu'elle pouvait dire et conseiller. Et malgré cela, j'avais résisté. Alors ils ont cédé. Et je me souviens que ce soir-là, dans un petit cahier que j'appelais mon journal, j'avais mis : "J'ai gagné mon premier morceau de liberté» dit-elle. Les parents de la jeune Gisèle abdiquent : «première victoire féministe». Gisèle défie les sentiments religieux de sa famille juive en refusant d’embrasser la Mézouza avant d’aller en classe «Mon milieu était un milieu inculte, pauvre. Et comme [souvent] dans ces milieux incultes et pauvres, on se rabat sur la religion qui, toujours, asservit les femmes. La tradition, tout cela, faisait que les filles étaient là pour servir les garçons» dit-elle à Laure ADLER. A 16 ans, Gisèle décline un mariage arrangé, et peut aller faire ses études de droit et de philosophie en France. En 1949, Gisèle HALIMI  devient avocate et s'inscrit au barreau de Tunis. Elle est la première femme du pays à participer à un concours d'éloquence, qu'elle remporte brillamment avec un sujet pour le moins précurseur : «Le droit de supprimer la vie». Au barreau de Tunis, stagiaire, elle défend un légionnaire déserteur d’un jour, "bat’ d’Af." du bagne de Foum Tataouine, pour avoir volé un sac de 3 kg de pomme de terre données à une famille tunisienne. 6 mois d’emprisonnement, «c’est le tarif». Pour un autre «bat d’Af» de Tataouine, qui n’est pas rentré au bagne pour suivre l’accouchement de sa femme, elle arrache par les "circonstances atténuantes", un mois d’emprisonnement déjà couvert. En 1953, le procès de Moknine offre une anticipation en mineur des procès militaires d’Algérie. 53 Tunisiens ont été arrêtés pour avoir participé de près ou de loin à des affrontements avec des gendarmes le 23 janvier 1952 ; trois condamnations à mort.

Native d’un pays colonisé, Gisèle HALIMI s’est forgée une sensibilité envers les opprimés du système mondial. Gisèle HALIMI a été sympathisante de la cause de Habib BOURGUIBA (1903-2000), un nationaliste tunisien, et son avocate : «J'étais une toute jeune avocate en Tunisie à l'époque. Et ses avocats parisiens, comme Bourguiba était exilé au nord de la Tunisie m'ont demandé si je voulais leur servir de Cicérone, les guider un peu. Et c'est comme ça que j'ai rendu visite à Bourguiba en exil et que je suis devenue son avocate. [...] On peut reprocher beaucoup de faits d'atteintes aux libertés [à Bourguiba]. Mais pour les femmes, il a toujours été tellement en avance que par moments, il n'a pas été compris» dit-elle. Gisèle HALIMI a surtout été l’avocate de la cause des Algériens, pendant leur guerre de libération ; cela a été soigneusement passé sous silence dans les différents hommages qui lui sont maintenant rendus. «L’injustice m’est physiquement intolérable. Toute ma vie peut se résumer à ça. Tout a commencé par l’Arabe qu’on méprise, puis le Juif, puis le colonisé, puis la femme», dit-elle au «Journal du Dimanche» en 1988. Enfant, Gisèle est témoin de la répression sanglante à Tunis d’une manifestation favorable à l’émancipation des Tunisiens, un épisode qui la marquera durablement : «J’avais onze ans lorsque éclata, à Tunis, la grande répression du 9 avril 1938 [une date charnière dans l’histoire du mouvement nationaliste tunisien]. Des mitraillettes tiraient dans la rue, des tanks barraient le boulevard Bab-Benat, des soldats, beaucoup de Noirs, des Sénégalais, j’en avais été frappée, sillonnaient, l’arme au poing, les ruelles de la Médina.  Le sang coula, notamment à la Zitouna (université religieuse située alors dans la mosquée éponyme), où plusieurs étudiants furent abattus» écrit dans un article «Mémoires la Tunisie natale». Habib BOURGUIBA est arrêté et la répression fait 200 morts. La Tunisie voulait un Parlement, des libertés démocratiques, un gouvernement.

Gisèle HALIMI deviendra ainsi une des avocates emblématiques de la cause anticoloniale. Licenciée en droit et en philosophie à Paris, élève de Sciences Po, la jeune femme s’inscrit au barreau de Tunis en 1949 et défend des syndicalistes et des indépendantistes tunisiens. C’est là le premier volet de sa carrière professionnelle, poursuivi à Paris et en Algérie où elle devient l’une des principales avocates des militants du Front de libération nationale (FLN). Avocate à Tunis, Gisèle HALIMI a d’abord commencé à défendre les légionnaires déserteurs et les syndicalistes au Barreau de Paris à partir de 1956. Après l’assassinat, le 26 décembre 1956, du maire de Boufarik et président des maires d’Algérie, Amédée FROGER (1882-1956), avec l’avocat de gauche, Yves DECHEZELLES (1912-2007), elle assure la défense de celui que la police présente au tribunal militaire comme étant l’exécuteur : Badèche BENMADI, originaire de Bou Saâda, sans preuves autres que des aveux extorqués après 11 jours de tortures. En mai 1958, elle est arrêtée et détenue par les paras en Algérie. Gisèle HALIMI faisait partie du collectif de 26 avocats qui défendaient ce qu’on appelle les «porteurs de valises». En effet, le 5 septembre 1960, 23 personnes comparaissent devant le Tribunal permanent des forces armées de Paris pour «atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat». Ce réseau dit de porteurs de valises, réuni autour du philosophe Francis JEANSON (1922-2009), dont Hamada HADDAD, chef fédéral du FLN et Hamini ALIANE, engagé aux côtés de l’Algérie libre, logeait les membres du FLN et transportait vers le Maghreb des faux papiers ou des sommes d’argent. Le gouvernement croit sans doute vouer les accusés à l’opprobre et pourfendre spectaculairement la trahison. Mais au bout de quelques jours, la situation se trouve renversée et le procès se transforme en arène politique : «C’est le gouvernement, l’armée, leur politique, c’est la guerre d’Algérie tout entière dont le procès commence. Accusés, témoins, avocats, débordant un tribunal stupéfait, transforment le prétoire en tribune de l’opposition» écrit Marcel PEJU dans «le procès du réseau Jeanson»121 intellectuels, dont Maurice BLANCHOT (1907-2003) et Simone de BEAUVOIR (1908-1986), publient le 6 septembre 1960, «une Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie». Dans une lettre, Jean-Paul SARTRE (1905-1980), apporte aux «porteurs de valises» son soutien en ces termes : «Ce (que les porteurs de valises) représentent, c’est l’avenir de la France, et le pouvoir éphémère qui s’apprêtent à les rejuger ne représente rien». Cependant, au 8ème jour du procès, Gisèle HALIMI, en désaccord avec le concept de Jacques VERGES de «défense de rupture», fit une déclaration fracassante, pour annoncer qu’elle renonçait à  défendre sa cliente, France BINARD, dite Véra HAROLD, une poétesse et céramiste.

En rivalité avec Jacques VERGES (1924-2013) qui défendait d’autres indépendantistes, comme Djamila BOUHIRED, une autre affaire marquera, profondément, les faits d’armes et la gloire de Gisèle HALIMI, en qualité d’avocate des Algériens. Le 20 août 1955, dans le village d’El Halia, à quelques kilomètres de Philippeville (Skikda), des insurgés algériens s’en prennent aux habitations et à la mine, massacrant une trentaine d’Européens. S’ensuit aussitôt une terrible répression. Il faut des coupables. Un procès des auteurs présumés de ce massacre s’ouvrira le 17 février 1958 à Philippeville. Alors jeune avocate de 31 ans, Gisèle HALIMI assure la défense des accusés. Malgré le doute qui pèse ainsi sur le dossier d’accusation, le commissaire du gouvernement demande neuf condamnations à mort. Il en obtiendra quinze. Le 9 avril 1958, à Alger, procès en cassation : le jugement de Philippeville est annulé. Au cours du second procès, à Constantine, le commissaire du gouvernement déclare le 28 octobre 1958 que «les résultats de l’autopsie contredisent en tous points les aveux». En fait, trente-quatre accusés sont acquittés. Maîtres HALIMI et MATARASSO ont gagné un procès délicat. En 2001, les aveux de Paul AUSSARESSES (1918-2013) sur l'exécution sommaire des soixante suspects de la tuerie d'el-Halia, en 1955, conduisent maître HALIMI à réclamer la réouverture d'un des dossiers judiciaires les plus symboliques de la «sale guerre», la justice ayant été instrumentalisée par les militaires. Paul AUSSARESSES, sans fausse honte et sans complaisance, a osé dire une vérité raconter la torture et les exécutions sommaires en Algérie. En effet, Paul AUSSARESSES, informé de l'offensive du FLN visant Philippeville et d'autres villes et villages du Constantinois, reconnaît d'ailleurs l'avoir laissée se développer afin de pouvoir mieux la «contrôler» et l'étouffer dans le sang. De fait, ces affrontements et atrocités donnèrent l'occasion d'une répression sauvage. La troupe ratissa la contrée, incendiant au napalm, exécutant sommairement des centaines de personnes, faisant en quelques jours des milliers de victimes algériennes. Des mineurs d'el-Halia furent accusés d'avoir pris part en masse au massacre des Européens, arrêtés, mis au secret pendant onze mois, torturés par les enquêteurs militaires. Le général Paul AUSSARESSES a été condamné, le 25 janvier 2002, à 7 500 € d’amende par la 17e chambre correctionnelle de Paris, pour «apologie de crimes de guerre», après la publication, le 3 mai 2001, de son ouvrage, «Services spéciaux, Algérie, 1955-1957».

Début janvier 1957, Gisèle HALIMI, dénonçant la torture, les disparitions et les procès expéditifs conduisant à la guillotine, l’avocate est arrêtée à l’hôtel Aletti et expulsée d’Algérie sur ordre du secrétaire général de la préfecture de police d’Alger, Paul TEITGEN (1919-1991) ; celui-ci, quand lui-même aura démissionné en dénonçant les disparitions de détenus, lui en donnera la raison ; elle risquait la mort pour le lendemain, tant les menaces du milieu colonial activiste étaient précises. 3024 personnes disparaîtront après la bataille d’Alger, en 1957. En 1960, Gisèle HALIMI défend Djamila BOUPACHA, née en 1938, aide-soignante à Beni-Moussa, cette militante algérienne du FLN accusée d'avoir posé une bombe à Alger en 1959 et qui fut torturée et violée par des parachutistes français. Le 2 juin 1960, son amie Simone de BEAUVOIR (1908-1986) publie dans «Le Monde» une tribune «pour Djamila Boupacha» dans laquelle elle écrit : «ce qu'il y a de plus scandaleux dans le scandale c'est qu'on s'y habitue. Il semble pourtant impossible que l'opinion demeure indifférente à la tragédie qu'est en train de vivre une jeune fille de vingt-deux ans, Djamila Boupacha». En septembre 1959 une bombe, qu'on désamorça avant qu'elle eût explosé, fut placée à la Brasserie des Facultés d'Alger. Cinq mois plus tard Djamila BOUPACHA fut arrêtée. Son procès va s'ouvrir le 17 juin ; aucun témoin ne l'a identifiée, il n'existe pas contre elle l'ombre d'une preuve. Pour établir sa culpabilité il fallait des aveux : on les a obtenus. Dans la plainte en séquestration et tortures qu'elle vient de déposer, Djamila les rétracte et elle décrit les conditions dans lesquelles elle les a passés. Un grand nombre de témoins dont elle cite les noms et les adresses sont prêts à confirmer les faits qu'elle rapporte. La nuit du 10 au 11 février, une cinquantaine de gardes mobiles firent irruption dans le domicile où Djamila vivait avec ses parents. Ils la battirent ainsi que son père et son beau-frère, et ils emmenèrent les trois suspects à El-Biar. Là, les militaires, dont un capitaine parachutiste, piétinèrent Djamila et lui défoncèrent une côte. Cinq jours plus tard elle fut transférée à Hussein-Dey, où les forces de l’ordre lui administrèrent «le second degré». On lui fixa des électrodes au bout des seins avec du papier collant Scotch, puis on les appliqua aux jambes, à l'aine, au sexe, sur le visage. Des coups de poing et des brûlures de cigarettes alternaient avec la torture électrique. Ensuite on suspendit Djamila par un bâton au-dessus d'une baignoire et on l'immergea à plusieurs reprises.  «On ne va pas te violer, ça risquerait de te faire plaisir», lui dirent, les hommes qui la questionnaient. Et Djamila BOUPACHA précise : «On m'administra le supplice de la bouteille ; c'est la plus atroce des souffrances ; après m'avoir attachée dans une position spéciale, on m'enfonça dans le ventre le goulot d'une bouteille. Je hurlai et perdis connaissance pendant, je crois, deux jours» dit-elle. Face aux violences de l’Armée endurée par Djamila BOUPACHA, l’écrivaine, Simone de BEAUVOIR écrit : «Il est temps de leur prouver que dans cette Algérie qu'ils disent française ils ne peuvent pas violer impunément les lois de la France». Gisèle HALIMI,  révélera, plus tard, le rédacteur en chef adjoint du «Monde» avait censuré le mot «vagin» utilisé par Simone de BEAUVOIR dans ce texte afin de décrire le viol de Djamila BOUPACHA par le goulot d'une bouteille. L’affaire Djamila BOUPACHA est un témoignage accablant contre le colonialisme, ses crimes, la torture et la raison d'État : «Depuis, 1954, nous sommes tous complices d’un génocide qui, sous le nom de répression, puis de pacification, a fait plus d’un million de victimes» écrit Simone de BEAUVOIR dans la préface du livre consacré à Djamila BOUPACHA. Il y a des cœurs rétifs à la honte, mais ce livre est une violente dénonciation du mensonge sur la guerre d’Algérie. Quoi qu’il en soit, le procès a mobilisé l'opinion publique sur les exactions de l'armée française en Algérie. Djamila BOUPACHA est finalement jugée en France, à Caen, en 1961. En dépit de la brillante plaidoirie de Gisèle HALIMI, elle est condamnée à mort, mais sera amnistiée et libérée en 1962 après les accords d’Evian qui mettent fin à la guerre d’Algérie. Devenue avocate des causes difficiles, un jour opposé à Robert BADINTER, elle avait commencé sa plaidoirie en disant : «Je ne me laisserai pas renvoyer à mes fourneaux par le professeur Badinter».

Solidaire avec les dominés, Gisèle HALIMI disait «Je ne veux pas me taire», à propos de la Palestine et du sort de Gaza. Membre du collectif d'avocats de Marwan BARGHOUTI, l’avocate des sans-voix disait : «J’ai participé au premier tribunal Russell, celui que présidait Jean-Paul Sartre sur les crimes américains au Vietnam. Je me souviens du jour où le grand Bertrand Russell nous a convoqués à Londres et a dit : «Maintenant, cela suffit avec le crime de silence» J’espère que cette fois aussi nous réussirons à briser le silence". Quant à la solution ? "Quand on est là-bas, elle est une évidence : mettez fin à l'occupation israélienne, et l'aurore se lèvera. Si les troupes se retirent, les voix de la paix se feront entendre» disait-elle. Gisèle HALIMI a toujours défendu les Palestiniens «Le peuple palestinien est en train de se faire massacrer, une armé le tenant en otage. Pourquoi ? Quelle cause défend ce peuple et que lui oppose-t-on ? J’affirme que cette cause est juste et sera reconnue comme telle dans l’Histoire» dit Gisèle HALIMI. Elle ne veut pas se taire et se résigner devant de graves injustices : «Je veux crier fort pour ces voix qui se sont tues et celles que l’on ne veut pas entendre. L’Histoire jugera mais n’effacera pas le saccage des innocents. Le monde n’a-t-il pas espéré que la Shoah marquerait la fin définitive de la barbarie ?» dit Gisèle HALIMI. Même après les indépendances, Gisèle HALIMI poursuivra sa lutte anticolonialiste. En 1967, elle préside la commission d’enquête du Tribunal Russel sur les crimes de guerre américains au Vietnam. En 1973, elle va défendre au Congo-Brazzaville, des coopérants accusés de complot par les continuateurs des pratiques coloniales après les indépendances mêmes.

En définitive, Gisèle HALIMI témoigne, dans sa vie  femme d’un parcours original, à la fois cohérent et multidimensionnel, le refus de la soumission et du rôle des assignés, la dignité de l’Homme, les droits des femmes et la lutte contre les discriminations,  une trajectoire donc marquée par la constance et la radicalité. Députée socialiste en 1981,  de 1984 à 1985, chargée de mission par le Premier ministre et ambassadrice déléguée de la France auprès de l’Unesco, puis présidente du comité des conventions et des recommandations de l’Unesco jusqu’en 1987, Conseillère spéciale de la délégation française à l’Assemblée générale de l’ONU en 1989, rapporteuse pour la parité entre hommes et femmes dans la vie politique, Gisèle HALIMI aura mené d’intenses activités pour l’égalité réelle.

Parallèlement à cela, la contribution littéraire de Gisèle HALIMI particulièrement riche : une «écriture est liée à la vie : elle est un cri d’amour. Ecrire est aussi une révolte contre l’injustice jusqu’à l’infini, pour oublier le souvenir d’un manque parfois aussi douloureux mais salutaire dans la mesure où est-il exhibé» dit Nabila HASSANI. Mère de trois garçons (Serge HALIMI du Monde diplomatique, Yves HALIMI, avocat et Emmanuel FAUX, journaliste), Gisèle HALIMI a confié qu’elle aurait aimé avoir une fille pour «mettre à l’épreuve» son engagement féministe.

Les obsèques de Gisèle HALIMI auront lieu le jeudi 6 août 2020, au cimetière Père Lachaise, à Paris.

Références bibliographiques

1 – Contributions de Gisèle HALIMI

HALIMI (Gisèle), «Un procès dans l’Algérie française», Le Monde diplomatique, novembre 1988, page 12 ;

HALIMI (Gisèle), «Mémoire du pays natal», Le Monde diplomatique, août-septembre 2018 ;

HALIMI (Gisèle), «Le complot féministe», Le Monde diplomatique, août 2003, page 28 ;

HALIMI (Gisèle), «Reconquérir la dignité», Le Monde diplomatique, décembre 1996, page 21 ;

HALIMI (Gisèle), BEAUVOIR de (Simone), Djamila Bouchapa, avec un dessin de Pablo Picasso représentant Djamila Bouchapa, Paris, Gallimard, collection Blanche, 1962, 296 pages ;

HALIMI (Gisèle), Droits des hommes et droits des femmes : une autre démocratie, Paris, éditions Fides, 1995, 42 pages ;

HALIMI (Gisèle), Fritna, Paris, France Loisirs, 2001, 218 pages ;

HALIMI (Gisèle), Histoire d’une passion, Paris, Plon, 2011, 194 pages ;

HALIMI (Gisèle), L’autre moitié de l’humanité, Paris, Alice, 1999, 91 pages ;

HALIMI (Gisèle), La cause des femmes, Paris, Gallimard, 1992, 305 pages ;

HALIMI (Gisèle), La Kahina, Paris, Plon, 2006, 260 pages ;

HALIMI (Gisèle), La nouvelle cause des femmes, Paris, Seuil, 1997, 226 pages ;

HALIMI (Gisèle), Le lait de l’oranger, Paris, Interforum éditis, 2001, 439 pages ;

HALIMI (Gisèle), Le viol, le procès d’Aix-en-Provence, Paris, L’Harmattan, 212, 415 pages ;

HALIMI (Gisèle), Ne vous résignez jamais !, Paris, Place des éditeurs, 2010, 173 pages ;

HALIMI (Gisèle), SARTRE (Jean-Paul), Le procès de Burgos, Paris, Gallimard, 1971, 321 pages ;

HALIMI (Gisèle), Une avocate irrespectueuse, Paris, Interforum éditis, 2003, 275 pages ;

HALIMI (Gisèle), Une embellie perdue, Paris, Gallimard, 1994, 403 pages.

2 – Autres références

ADLER (Laure), «Gisèle Halimi, avocate, militante féministe et politique», entretien, accordée à France Culture, mars 2012 ;

ANGELOFF (Tania), MARUANI (Margaret), «Gisèle Halimi, la cause du féminisme», Travail, genre et sociétés, 2005, vol 2, n°14, pages 5-25 ;

ALLOUCHE-BENAYOUN (Joëlle), «La Kahina», Clio, 2009, n°30, pages 265-267 ;

AUSSARESSES (Paul), Services spéciaux Algérie 1955-1957, Paris, Perrin, 2001, 200 pages ;

BARBEZAT (Eugénie), «Gisèle Halimi, la rebelle éprise de justice et de liberté», L’Humanité, 29 juillet 2020 ;

BEAUVOIR de (Simone), «Le Manifeste des 343 salopes», Le Nouvel Observateur, n°334 du 5 avril 1971 ;

BEAUVOIR de (Simone), «Pour Djamila Bouchapa», Le Monde, 2 juin 1960 ;

BOUTAGHOU (Maya), «Trois puissantes femmes : Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Djamila Boupacha : entre lutte anticoloniale et combat féministe», Dalhousie French Studies, 2014, vol 103, pages 9-21 ;

GALLISSOT (René), «Gisèle Halimi, née TAEB Zeia», Le Maitron, 23 mai 2013, actualisé le 5 décembre 2016 ;

HAMON (Hervé) ROTMAN (Patrick), Les porteurs de valises : la résistance française à la guerre d’Algérie, Paris, Albin Michel, 1981, 432 pages ;

HASSANI (Nabila), «L’écriture autobiographique dans «Frina» de Gisèle HALIMI : l’intime et l’extime», Synergies (Algérie), 2010, n°11, pages 179-189 ;

Manifeste des 121, «Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie», Vérité-Liberté, 6 septembre 1960 ;

PEJU (Jeanson), Le procès du réseau Jeanson, postface de Jacques VERGES, Paris, 2002, 264 pages ;

PERRIN (Christophe) GAUNE (Laurence), Parcours d’avocats, Paris, Le cavalier bleu, 2010, 200 pages ;

RUSCIO (Alain) «Gisèle Halimi, la cause du féminisme», Travail, genre et sociétés, 2005, vol 2, n°14, pages 5-25 ;

SAVIGNEAU (Josiane), «Gisèle Halimi, défenseuse passionnée de la cause des femmes est morte», Le Monde, 28 juillet 2020 ;

TAHRI  (Hamid), «L’engagement des avocats et des intellectuels» in Les communistes et l’Algérie : des origines à l’indépendance (1920-1962), Paris, La Découverte, 2019, 662, spéc pages 458-478 ;

Paris, le 29 juillet 2020, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/


 

«Gisèle HALIMI (1927-2020), la Kahina solidaires des racisés et des colonisés : Ne vous résignez jamais !» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 
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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 14:28

La conférence et marche pour Adama TRAORE, le samedi 18 juillet 2020 de Persan à Beaumont, a mobilisé fortement. Le 19 juillet 2020 est l’anniversaire et la 4ème année de lutte pour la Justice que réclame la famille d’Adama TRAORÉ. Lors de cette manifestation, il n'y avait aucun policier ou ni gendarme pour le maintien de l'ordre et tout s'est parfaitement bien passé. Comme quoi les fouteurs de merde ne sont pas toujours ceux que l'on pense. C’est une grande détermination et une forte affluence, en dépit des problèmes de transport, notamment entre Saint-Denis et Sarcelles, la chaleur caniculaire avec un masque, il y avait de quoi étouffer, les gendarmes de Persan, savent de quoi je parle. Ce qui m’a frappé, c’est le mélange des gens de toutes les couleurs. En effet, Assa TRAORE a dépassé les clivages ethniques, il y avait des personnes de toutes les origines, comme aux marches devant le tribunal de Paris et à République «A quoi ça sert d’avoir une voix, si c’est pour se taire, quand il faudrait parler» dit une manifestante. La France républicaine était là, en masse et dans sa grande diversité. «Dès qu’on a rassemblé des milliers de personnes, tout de suite des témoins clés négligés depuis 4 ans, ont été entendus, de nouvelles investigations menées» me dit Assa TRAORE. S’il n’y avait pas eu cette forte et constante mobilisation «l’affaire Adama TRAORE serait enterrée» précise Assa TRAORE. Par conséquent, seule la mobilisation paie. Assa TRAORE réitère avec insistance vérité et justice ainsi qu’un procès équitable, «une requalification des faits». Nous avons été, lors du meeting de clôture, émus par la puissante voix de la mère d’Adama TRARORE, pleine de dignité et de détermination. La mère d’Adama en appelle à tous les témoins, pour la manifestation de la Vérité, aux gendarmes de Persan-Beaumont, au centre de ce drame sans nom, et maintenant de ce grave déni de justice : il faut qu’ils parlent pour soulager leur conscience, s’ils en ont une.

Finalement, cette marche du 18 juillet réchauffe le cœur. L’exigence de Justice et Vérité, en dépit du temps qui passe, depuis ce 19 juillet 2016, est non seulement intacte, mais est en train de prendre un élan, sans précédent dans le pays. Notre voix pour l’égalité réelle, jusqu’ici étouffée, a trouvé une leader charismatique en la personne d’Assa TRAORE, sachant rassemblée large sur des valeurs républicaines, au-delà du cas de son frère Adama. En effet, la marche a démarré devant la mairie de Persan avec des prises de parole. Le Comité a eu le grand mérite de mobiliser de nombreuses familles, dont les enfants ou parents ont été tués par les forces de l'ordre. Ainsi j'ai été ému par cette sénégalaise, Awa GUEYE, qui m'a raconté l'histoire de son frère, Babacar GUEYE, de 27 ans, tué le 3 décembre 2015, à Rennes. Babacar GUEYE, à 4 heures du matin, faisait une crise d’angoisse ; son ami a appelé les pompiers qui sont arrivés en bas de l’immeuble, mais ne sont pas montés. Huit policiers de la brigade anticriminelle sont arrivés ; ils ont asséné à Babacar 5 balles et menottés pendant une heure, en caleçon, en plein hiver. Aucune reconstitution des faits, à ce jour. La mère de Cédric CHOUVIAT était là également. C'est l'histoire de ce livreur étouffé à mort, au motif prétendu de rébellion, mais il se trouve que le téléphone de Cédric qui marchait a tout enregistré. La famille de Ibrahima BAH, mort à Villiers-le-Bel, réclame que les images de la vidéosurveillance soient communiquées. On connaît aussi les dossiers de Gaye CAMARA, de Shaoyo LIU, ce chinois abattu, à Aubervilliers, chez lui, devant ses enfants, Bouna et Zied en 2005, Zineb REDOUANE, Angelo GARAND, tué de 5 balles dans le thorax, mais déclaré mort par noyade, Gabriel, âgé de 14 ans, blessé à l’œil à Bondy, Usul, victime de violences policières, Dranca, 9 ans mutilée, Amine BENTOUNSI, abattu d’une balle dans le dos, le policier a été acquitté, Hakim à Grasse, Lamine DIENG, mort dans un fourgon de police dans le XXème, la fameuse affaire Théo violé au tonfa, mais maintenant victime d’intimidations de l’Etat (enquêtes sur la gestion des finances de son association). «Mon fils ne s’est pas suicidé, il l’ont plaqué, ils l’ont tué» me dit une mère de famille, désespérée. Je rappelle également ces familles africaines, à Paris, mortes dans des squats, dans les années 80. Les promoteurs avaient la solution pour les déloger très vite : un bidon d’essence, des morts, mais sans aucune enquête sérieuse. Nous réclamons justice pour ces graves et infâmes crimes d’étrangers, dans leur sommeil, dont des enfants. Aucune autorité ne s’est déplacée, aucune manifestation à République.

L’attitude de la Macronie, à l’égard des racisés et de nos revendications pour la Justice et l’égalité réelle, témoigne d’une grande perversité et d’une schizophrénie.  Le 14 juillet 2020, à la Fête nationale, la Macronie célébrait les 80 ans de Résistance de Charles de GAULLE contre le défaitisme de PETAIN et son pendant fascisant. Mais le 15 juillet 2020, dans son discours de politique générale, devant l’Assemblée nationale, le nouveau premier ministre Sarkozyste, après la débâche des municipales du 28 juin, Jean CASTEX, a annoncé un projet de loi sur ce que le président MACRON appelle, depuis son discours de Mulhouse, le «séparatisme». Le président MACRON vise, dans ses amalgames, tous les musulmans qui seraient, nécessairement, tous de dangereux islamistes. Les autres ont le droit de pratiquer leur religion, leurs écoles privées et associations religieuses fondamentalistes financées par des fonds publics, mais les racisés devraient abandonner leur culture et se plier au diktat de l’ethnie dominante. Les racisés,  réclamant l’égalité réelle ne serait que des communautaristes. Réclamer la Justice et la Vérité contre les violences policières et les discriminations, contester le privilège blanc, c’est du «séparatisme». On connaît la rhétorique de ce discours, manifestement, d’extrême-droite : «Le sentiment que la République n'était pas toujours au rendez-vous de ses promesses, c’est ce que vous m'avez dit tout à l'heure, quand on parle d'emploi, quand on parle d'éducation ou autre. Sentiment aussi qu'il y a des parties de la République qui veulent se séparer du reste, qui, au fond, ne se retrouvent plus dans ces lois, dans ses codes, ses règles que nous avons une partie de notre population qui se sépare du reste, en tout cas qui considérant peut-être qu'on l'a fait vivre longtemps derrière des murs, décide d'en bâtir de nouveaux et de le faire, c'est pour ça que toutes les choses se mélangent souvent dans notre débat public, au titre d'une religion dont elle déforme les aspirations profondes et en faisant de cette religion un projet politique et au nom de l'islam» dit le président MACRON, le 18 février 2020. C'est une opération visant à renforcer le Code de l'indigénat, ce racisme institutionnel et systémique, resté, jusqu'ici, hypocrite, dans les actes ou des circulaires. Jusqu'ici, dans le déni du racisme, l'ethnie dominante et les médias à ses bottes, prétendent que la France ce n'est ni l'Afrique du Sud, ni le Sud des États-Unis. Pourtant dès que Christophe CASTANER, ministre de l'intérieur, a évoqué les violences et le racisme d'une partie des policiers, il a été remercié par les syndicats de police. On réclame de déboulonner les statues de colonialiste et d’esclavagistes (Colbert et Faidherbe). Le président MACRON a déjà répondu «aucune statue ne sera déboulonnée». Pourtant le Défenseur des droits, M. Jacques TOUBON, a pointé du doigt ce racisme institutionnel et systémique. Pas besoin de statistiques ethniques, pour savoir que nous sommes écartés de tous les hauts lieux de décision. La France a organisé un système sophistiqué et hypocrite de ségrégation raciale, comme dans le Nord des Etats-Unis. Maintenant la France va se doter, officiellement, d'une loi ségrégationniste, digne de l'apartheid. Pourtant, dans cette France républicaine, il existe suffisamment de lois répressives ; il faut seulement les appliquer correctement, rigoureusement et non de façon sélective, à tous ceux qui enfreignent la loi. Tous les gens mauvais doivent répondre de leurs méfaits devant la justice. Cependant, aucune personne n’est au-dessus de la loi, quelle que soit sa couleur ou son statut social. Les accusations de viol, depuis 9 ans, par exemple, notamment à l’égard du premier flic de France, cela nécessiterait une enquête sérieuse. Notre combat concerne, justement, une application juste et égale de ces lois à tous, sans distinction. Aussi bien les racisés que l'ethnie dominante, tout le monde doit respecter la loi républicaine ; c'est qui nous protège tous.

Assa TRAORE a soulevé l’espoir et l’espérance d’une communauté assoupie qui avait baissé les bras, subissant ainsi le privilège de l’ethnie dominante. Nous réclamons, désormais, notre juste place dans la société, notre part du gâteau. Les revendications de l’égalité réelle, la Justice et la vérité sont de plus en plus audibles, c’est cela qui agace, inquiète et menace le privilège de l’homme Blanc. Assa TRAORE, elle-même, pleine de charme et de grâce, sachant communiquer, devenue une vedette des télévisions, a ses gardes du corps et ses groupies. Cependant, la mobilisation d’Assa TRAORE et l’espoir qu’elle soulève, s’inscrit dans un contexte de profonde lepénisation des esprits et heurte les avantages acquis de certains. J’entends souvent dire des Gaulois honnêtes reprendre, sans y faire attention à ces calomnies que véhicule fachosphère ou ces télévisions haineuses : «Assa TRAORE serait devenue une vedette ; elle se la pète, et ne roulerait que pour elle-même». Je dis, comme le Pape Jean-Paul II, à ces républicains sincères : «n’ayez pas peur, entrez dans l’espérance» ; il ne faudrait pas vous laisser intoxiquer par la puissante propagande des fachos : «Je suis là pour réclamer la Justice pour Adama et pour toutes les personnes victimes de violences policières ou racisme. C’est important d’être là, on ne lâchera rien là-dessus. C’est un combat nécessaire pour toute la société. Cette question de Justice peut toucher tout le monde ; il suffit qu’une seule personne soit niée dans ses droits, en raison de violences policières ou du racisme, que toute la société soit impactée» me dit Mme Danièle OBONO, députée de la France Insoumise. D’autres Gaulois, pourtant classés républicains, vous disent naïvement, «oui, mais les Frères Traoré, ce sont des voyous, les défendre va faire triompher, sans combat, Marine LE PEN».

En réalité, le fait d’avoir un casier judiciaire n’autorise, nullement, par ce seul motif, des contrôles d’identité au faciès, et ce n’est pas une permission générale de tuer. La peine de mort a été abolie depuis 1981. Si quelque a commis, ou est soupçonné d’un fait délictueux, qu’il ne soit pas tué, mais appréhendé et jugé, équitablement. Laisser la Police se transformer en escadron de la mort, uniquement pour les racisés, c’est transformer ce pays, encore républicain, en système ségrégationniste, digne de l’Apartheid.

Par ailleurs, il n’a échappé à personne que la Macronie, élue pourtant en 2017, pour sauver la République, a trahi son engagement de combattre LE PEN. En effet, ce projet de loi sur le séparatisme va encore amplifier les calomnies et les stigmatisations des racisés. Les digues sont tombées. Pendant, ce temps, vous observerez que Marine LE PEN est restée particulièrement discrète. Marine LE PEN sait que, non seulement le président MACRON vient de parachever sa dédiabolisation, rendant ainsi légales et légitimes ses idées racistes, mais en plus, il fait sa campagne électorale, gratuitement. Son compte de campagne ne sera pas déficitaire et pas besoin de faire appel, ni aux emplois fictifs, ni aux banques russes. Au moment du choix électorale «les Français préfèrent l’original à la photocopie» avait, fortement justement, Jean-Marie LE PEN.

En définitive, il faudrait sonner le tocsin et engager une vaste mobilisation contre ce projet de loi ségrégationniste de la Macronie sur le séparatisme. En fait, le séparatiste, c’est bien le président MACRON voulant perpétuer le privilège blanc : «Ce projet de loi n’est pas encore arrivé. On va voir ce qu’ils préparent. Cela n’augure rien de bon, étant donné, que ce serait la traduction d’une stratégie politique qui emprunte à l’extrême-droite non seulement son discours, sa rhétorique, mais aussi ses obsessions xénophobes et racistes. Cela risque en plus en termes juridiques d’être une espèce d’usine à gaz qui n’a aucun sens. L’objet de cette proposition de loi est de participer à stigmatiser encore davantage une partie de la population et alimenter tous les fantasmes xénophobes et racistes. Je n’en attends rien de bon. Par contre, je serai avec les autres députés de mon groupe bien entendu mobilisée contre ces nouvelles attaques antidémocratiques et antirépublicaines» me dit Mme Danièle OBONO, députée de la France insoumise. Nous scruterons, attentivement, les positions du Parti socialiste, de SOS-Racisme, du CRAN, et j’espère que Julien DRAY ne va pas encore parler de «progrès social», comme il l’avait dit à propos du Code noir. Pour Mme Rokhaya DIALLO sa présence à la manifestation se justifie par un devoir de commémorer la mémoire d’Adama TRAORE et celle de toutes les victimes des violences policières. Suivant Mme Rokhaya DIALLO les «séparatistes sont, en fait, ceux qui ne permettent pas à l’ensemble de la population d’accéder aux mêmes opportunités économiques et professionnelles, comme tout un chacun devrait y prétendre». Bref, nous voulons vivre mieux, dignement ; nous avons le droit au bonheur, comme chaque citoyen de la République. La nomination de Jean CASTEX, ce premier sarkozyste est une sorte de privilège de l’homme blanc, «une reproduction sociale, excluant une partie de la population, les femmes, les racisés, c’est une lourde tendance que l’on analyse et documente de longue date. Il faudrait un débat sur la place publique, pour la remise en cause du statu quo. Après les élections municipales, 80% des élus sont des hommes, cela devrait poser questions ; c’est dans le même ordre d’idées de remettre en cause le statu quo et de lutter contre les processus d’exclusion et de discrimination. Il y a des catégories de populations qui sont victimes de ces barrières raciales, de ces plafonds de verre, à tous les échelons», me dit Mme Danièle OBONO, député de la France insoumise.

Plus que jamais, nous refuseront le Code de l’indigénat, annoncé par Jean CASTEX, le premier ministre sarkozyste. La France est devenue, de façon irréversible, un Etat multiculturel, qu’on le veuille ou non ; c’est un fait majeur de notre temps. Nous ne partirons pas. Autant vivre ensemble. Que tous ceux combattent le séparatisme de la Macronie, le privilège blanc des lepénisés, restent plus que jamais mobilisés, pour faire valoir leurs droits de citoyens, afin de faire reculer ces mentalités colonialistes et esclavagistes, pour la Justice, l'égalité réelle, la Fraternité et le bien-vivre ensemble !

Noir ne signifie nullement sous-homme : «Les séparatistes vous emmerdent» disait une pancarte. «La Police bave, l’Etat essuie» disait une manifestante. Par conséquent, on continuera, plus que jamais, à réclamer la vérité et Justice pour tous ces 113 jeunes dont Bouna et Zied, ainsi que Adama TRAORE, étouffés à mort par les forces de l'ordre qui n'ont aucune permission générale de tuer nos enfants : «ôtez votre genou de notre cou» avait dit le révérend Al SHAPERTON.

Égalité réelle, Justice et Fraternité. Abrogation du Code de l'indigénat qui se met en place ! Ni plus ni moins.

On ne lâchera rien !

Paris le 18 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Adama TRAORE : 4 ans après. Vers la mise en place officielle d'un Code de l'indigénat en France» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 20:48

J’entends souvent dire des racisés : «moi je ne vote pas ; la politique ça ne sert à rien !», bref, «il faut cultiver son jardin» comme le dirait un personnage de Voltaire. Il est vrai que le spectacle de la vie politique peut décourager au point qu’on juge préférable de s’en désintéresser totalement. D’un autre côté l’histoire donne de nombreux exemples de catastrophes ayant leur source dans l’indifférence des citoyens pour les affaires publiques. Est-il alors possible de ne faire aucun cas de la politique ? Et si cela était possible, est-ce que ce serait une attitude légitime chez un être humain ? Finalement, la politique est-elle une activité facultative, liée à un intérêt personnel, ou bien un devoir inséparable de la condition d’homme ?

Ce qui est condamné et sent mauvais, c’est la Politique politicienne. Il n’y a pas si longtemps que cela, en 2017, Jupiter se voulait «ni de Droite, ni Gauche». Maintenant toute sa stratégie, dans cette droitisation, voire fascisation de la vie politique, c’est de faire du LE PEN sans LE PEN, et essayant ainsi de se présenter comme étant le dernier rempart de la démocratie, en 2022, contre cette entreprise familiale.

En réponse à la débâcle aux Municipales, le président MACRON a remplacé au poste de Premier, un homme de Droite par un Sarkozyste ; cela fait grincer les dents des Mormons, les Macronistes de la première heure. Sibeth N’DIAYE virée et M. Richard FERRAND, président de l’Assemblée nationale a dû publier un communiqué, pour préciser sa position. C'est ça «le nouveau chemin pour un même cap» encore un oxymore, pour un président qui a déjà perdu 20 députés. Ces derniers temps on voyait bien à travers les fausses indignations sur les écoutes téléphoniques de Paul BISMUTH, il fallait créer une affaire dans l’affaire, afin de légitimer le retour en politique de Nicolas SARKOZY, à travers Jean CARTEX. En effet, ce nabot est toujours dans les pattes du président MACRON, il fallait coûte que coûte le laver de tout soupçon, afin d’organiser, clandestinement, son retour en politique. Il aura sans doute face à lui, son ancien premier ministre Edouard PHILIPPE, ainsi qu’une Gauche plurielle renaissante et combattive.

Finalement, Christophe CASTANER, réclamant que les ripoux soient sanctionnés pour racisme et recommandant l’interdiction de la clé d’étranglement, et évincé de son poste, pour ce motif, à la demande des syndicats de police, comme s’il y avait une cogestion entre l’Etat et les syndicat de police. Après ce changement de gouvernement, Christophe CASTANER qui avait recruté le préfet Didier LALLEMENT, paraît finalement sympathique et estimable, à côté de son successeur, Gérald DARMIN, ex-lieutenant de SARKOZY, accusé de viol : «Les gens qui trahissent une fois, trahiront une seconde fois» prévient Christian JACOB.  Lors d'une audition libre, Gérald DARMANIN avait confirmé avoir eu une relation sexuelle avec Sophie PATTERSON-SPATZ, mais selon lui librement consentie et à l'initiative de la plaignante. Mais Sophie PATTERSON en réaction à la plainte, pour dénonciation calomnieuse, a porté plainte avec constitution de partie civile et la Cour de cassation a jugé sa requête recevable. Un délinquant en puissance est donc installé à l’Intérieur. A quoi sert finalement cette Haute autorité pour la transparence de la vie publique ?

Certes, il faut rappeler avec force la présomption d’innocence, mais il y avait la «jurisprudence Balladur», un Ministre mis en cause, était d’office écarté du gouvernement, dans l’attente d’une décision sur le fond. Les féministes ont déjà manifesté à la Place Beauvau en scandant :  «Darmanin à l'Intérieur, vous vous torchez avec nos plaintes. Un violeur à l'Intérieur, un complice à la Justice». Cette promotion est un mauvais signal et les obstacles injustifiés pour accuellir la plainte de l’intéressée ne sont pas acceptables : «Là, on est promu. C'est un message déplorable envoyé à l'ensemble des victimes qui déposent plainte» dit David CORMAND. On sent finalement une Justice à deux vitesses : faible avec les forts, méchante avec les faibles. On a vu Patrick BALKANY, libéré pour cause de santé, danser allègrement lors de la Fête de la musique. Johnny HALLYDAY, DSK et Harvey WEINSTEIN n’ont jamais été inquiétés par la justice française.

Après avoir arrosé les entreprises de milliards de subventions les plans de licenciements sont annoncés. Juste avant son départ, Edouard PHILIPPE a signé un décret du 2 juillet 2020 réformant le régime des congés bonifiés tous les 2 ans (31 jours au lieu des 65 concernant aussi les CDI et 12 mois pour faire valoir son droit et jusqu'en 2022 un régime transitoire). Edouard PHILIPPE c'est l'homme qui voulait retirer 5 € d'A.P.L aux pauvres. On dit que le nouveau premier ministre, le Sarkozyste Jean CARTEX est encore plus dur que lui. Ce que j’entends par «Politique» ici, c’est l’art de gérer la Cité, ou le bien-vivre ensemble, comme l’entendait Aristote. C’est en ce sens que la politique est une activité des plus nobles. Rien de plus respectable, en apparence, que de se soucier des affaires de la Cité et de s’efforcer de réaliser l’intérêt général, ce qui est l’essence même de la Politique.

Pour ma part, la Politique peut changer notre vie si nous décidons de prendre en charge notre destin. L’Affaire George FLOYD a été le catalyseur de ces 400 années de violences, de prédations, d’injustices, et cette demande constante d’égalité réelle et du bien-vivre ensemble. Le nouveau Garde des Sceaux, Ministre de la justice, insiste sur l’indépendance de la Justice, l’antiracisme et le respect des droits de l’homme, la France étant souvent condamnée par les instances internationales : «Mon Ministère sera celui de l’antiracisme et des droits de l’homme» dit Maître Eric DUPONT-MORETTI. Cela tombe bien avec l’affaire DARMANIN, ainsi que toutes ces violences et meurtres à l’égard des racisés restées sans réponses judiciaires satisfaisantes : Bouna et Zied, viol au tonfa de Théo, et surtout cette affaire emblématique d’Adama TRAORE ayant emporté Christophe CASTANER. Justice égale pour tous, ni plus, ni moins. Tout le monde doit respecter la loi.

Assa TRAORE a eu l’intelligence de faire le lien avec le système français, une démocratie ethnique, hypocrite, plombée un racisme institutionnel et systémique, ainsi que des violences policières illégitimes à l’égard des racisés. Je suis persuadé que les Partis traditionnels (Parti socialiste, les Ecologistes et la France insoumise) ne nous respecterons jamais, si nous ne nous respectons pas nous-même. Nous devons quitter le statut d’indigènes de la République, dans lequel on veut nous assigner, éternellement. Notre préoccupation majeure n’est pas de vivre de l’aumône, mais d’être partie intégrante de cette France républicaine, et d’être présents à tous les lieux de décisions (politique, économique, médiatique, culturel). C’est donc disons-le tout de suite, citoyens à part entière, nous réclamons notre part du gâteau. Une démocratie, sans ce partage du gâteau, est une escroquerie. Les racisés doivent abandonner les stratégies de survie pour s'engager à vivre pleinement. Pour arriver à cet objectif, refusons de nous laisser divertir par leurs calomnies et leur enfumage.

Restons concentrés sur nos préoccupations majeures (mémoires, souveraineté, présence sur les lieux de décision). En dépit des calomnies et du déni du racisme, la place des racisés reste importante dans de nombreux secteurs : hôtellerie, restauration, bâtiment, hôpitaux, maisons de retraite, travailleurs saisonniers au sein de l’agriculture. On a vu pendant le confinement la place des racisés pour le développement de l’agriculture, Sibeth NDIAYE voulant à l’époque faire appel aux enseignants. Dans le monde d’après, les racisés, comme nos ancêtres les Tirailleurs sénégalais, les ouvriers de l’industrie automobile des années 60, resteront disponibles pour la relance de l’économie.

Aussi, nous réclamons :

- L’abrogation de toutes ces réformes injustes (retraites, hôpital, chômage) ;

- La régularisation des sans-papiers en vue de les mobiliser pour relance économique et la relocalisation des entreprises ;

-La fin immédiate de ces guerres locales injustes et ruineuses à l’égard des pays faibles, drainant des flots de réfugiés ainsi que le terrorisme ;

- L’annulation de la hausse frais inscriptions prohibitifs des étudiants étrangers ;

 - Une Maison d’Afrique à Paris, pour l’apprentissage du bien-vivre ensemble ;

- Déboulonner les statues des esclavagistes et les ranger dans un musée des horreurs ;

- Créer des chairs de culture africaine et de la diaspora dans toutes les universités ;

-Mais, au préalable, tous les racisés sont invités à s’inscrire massivement sur les listes électorales.

En 2021, il y aura des élections régionales et en 2022 des présidentielles, dont la campagne a déjà démarré avec ce gouvernement Sarkozyste. Je rappelle deux rendez-vous majeurs à venir :

- La rencontre à Persan du 18 juillet 2020, Justice pour Adama TRAORE ;

- Suivons aussi la Marche du 28 juillet 2020 en hommage à George FLOYD et au «I Have a Dream» de Martin Luther KING.

Paris, le 6 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Que peut la Politique pour les Indigènes de la République, les Racisés face au racisme systémique et aux violences policières ?» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ #blacklivesmatter #Traore
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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:14

Mme Claire HEDON, présidente d'ATD-Quart Monde, ancienne journaliste et membre du Comité d’éthique,  a été nommée en tant que défenseure des droits en remplacement de Jacques TOUBON. «Je souhaiterais beaucoup, mais ce n'est pas à moi d'en décider, que le prochain Défenseur des droits soit UNE Défenseur des droits. Parce que je crois que ce serait un signal assez conséquent en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes» avait dit, auparavant, Jacques TOUBON. Le mandat du Défenseur des droits de 6 ans, ne peut pas être renouvelé, mais n'est pas révocable. Durant son mandat s’achevant le 16 juillet 2020, et notamment ces derniers temps, Jacques TOUBON s’est montré particulièrement critique à l’égard de la politique gouvernementale concernant les administrés. Il faut que «la République tienne les promesses qu’elle a faite à tous» écrit Jacques TOUBON. «Quelques coups de canifs ont été portés à nos droits» dit-il. 50% des plaintes pour racisme concernent le domaine de l’emploi. Les abus des forces répressives couvrent de nombreux domaines : les décès lors des interpellations, les vols de biens des racisés, le manque d’impartialité, les propos déplacés, les palpations ou fouilles abusives, les violences illégitimes, le défaut d’attention à l’état de santé, le refus d’intervention ou non-respect de la procédure : «Je ne sais pas s’il y a plus de mauvais comportements des forces de sécurité aujourd’hui, mais il y a une plus grande sensibilité des Français à ce sujet. Je vois cette sensibilité de façon positive. Je suis attaché à l’idée qu’il faut de la confiance entre la population et les personnes qui exercent une activité dans le domaine de la sécurité, en particulier en matière de Police» dit-il. Par ailleurs, le Défenseur des droits, Jacques TOUBON, qualifie de «discriminatoires» les pratiques, répétées sur plusieurs années, du commissariat du XIIe arrondissement de Paris à l’encontre d’un groupe de jeunes habitants noirs et arabes ou perçus comme tels. Ces observations interviennent dans le cadre d’une procédure civile lancée contre l’Etat en juillet 2019 par 18 mineurs à l’époque des faits. Ils dénoncent depuis 2015 des contrôles au faciès, des insultes et des violences répétées de la part des policiers. Dans cette affaire, trois agents avaient été condamnés au pénal en avril 2018, en première instance, à cinq mois d’emprisonnement avec sursis et des amendes. Sur ce volet pénal, un appel a été interjeté par les policiers. Dans sa décision, Jacques TOUBON conclut que «c’est ainsi la somme des pratiques constatées, la répétition des violations de procédures envers le groupe de jeunes gens du quartier d’origine maghrébine et africaine qui va conduire à la reconnaissance de la discrimination sous ses multiples formes qu’il s’agisse de discriminations directe, indirecte ou de harcèlement, créant un cadre où se déploie la discrimination systémique : l’effet cumulatif de ces comportements crée un climat d’exclusion et de discrimination» dit le Médiateur de la République dans sa décision du 12 mai 2020.

 

Jacques TOUBON a fini  son mandat, de façon honorable, à gauche du président MACRON, un chef de l’Etat qui se droitise de plus en plus, avec la nomination d’un premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. En effet, Jules PECNARD, journaliste au Figaro, parle d’une «étonnante mue de Jack Toubon». Dans son rapport de 2018, Jacques TOUBON écrit : «Près de cinq ans après que j’ai pris la fonction de Défenseur des droits, le double rôle que joue l’institution dans la société française m’apparait de plus en plus clairement : sismographe de la demande sociale, révélateur des craquements, des fractures d’un peuple écartelé entre la planète et le village ; alarme, porte-voix, témoin soucieux du déclin des droits fondamentaux et de leur inégale effectivité». En effet, Jacques TOUBON est devenu un lanceur d’alerte, une mauvaise conscience pour cette démocratie ethnique : «Le Défenseur des droits ne se contente pas d’observer, il prévient, aux deux sens de prévenir : empêcher d’advenir et avertir. Le Défenseur des droits ne prétend pas être Cassandre, dont les Troyens ont refusé d’écouter les adjurations, ce qui les conduisit à la défaite et à l’exil ; il n’entend faire la leçon à quiconque. Il continue à demander que personne ne détourne son regard de la réalité des hommes et des femmes qui vivent ici, qu’ils et elles soient entendus et écoutés dans leur demande d’effectivité des droits et que leur égale dignité soit sauvegardée» écrit-il dans son rapport de 2018. Jacques TOUBON a dénoncé «l'insuffisance des politiques publiques» sur les questions de discriminations à l'emploi, au logement, à l'éducation et aux contrôles et violences policières, et réclamé la création d'un «observatoire».

 

Classé à droite de l’échiquier politique, l’itinéraire de Jacques TOUBON indique que tout manichéisme devrait être écarté dans nos grilles de lecture de la vie publique. Pour ma part, le monde n’est pas divisé entre les gens de gauche ou de droite, chaque conviction républicaine est respectable, ni entre Blancs, Noirs ou Juifs ; il y a deux catégories d’individus : les Bons et les Mauvais. A la façon dont il s’est acquitté de sa mission de Défenseur des droits, Jacques TOUBON mérite notre administration, notre respect, ainsi que notre profonde gratitude. Jacques TOUBON, Homme de caractère et de conviction, indépendant et doté d’une éthique personnelle, Jacques TOUBON représente l’honneur de la France républicaine : «L’indépendance d’une personne en situation de responsabilité se mesure à son statut propre et aux obligations auxquelles elle doit se conformer, à celui de l’organisme qu’elle pilote, et, évidemment, à son éthique personnelle. Je m’attacherai jour après jour, à ce que mes actes soient conformes aux principes de moralité, de défense des plus vulnérables, de protection des droits qui ont présidé à la création de l’Institution» avait-il dit lors de son entretien d’embauche en 2014.

 

Successeur de Dominique BAUDIS, et nommé à la surprise générale par François HOLLANDE le 17 juillet 2014, s’est immédiatement posé en vigie intraitable et infatigable des libertés publiques, des droits fondamentaux et des discriminations. Pourtant au départ, les socialistes étaient sceptiques : «Jacques Toubon est proposé comme Défenseur des droits ? J'invite mes collègues de la commission des lois à rejeter cette proposition !», a écrit Alexis BACHELAY, député des Hauts-de-Seine. Yann GALUT, actuel maire de Bourges avait dit que c’est «cauchemar». «A l'heure où l'homophobie explose, où la parole raciste est complètement décomplexée en France et où la République a besoin d'être réaffirmée, les Jeunes Socialistes souhaitent que cette proposition de nomination soit revue» écrivent les Jeunes socialistes. Très proche de Jacques CHIRAC et incarnation de l'appareil RPR, né le 29 juin 1941 à Nice, juriste de formation, énarque et ayant démarré au Ministère de l’Outre-mer, député de 1981 à 1993, maire du 13e arrondissement de Paris de 1983 à 2001, ministre de la Culture et de la francophonie de 1993 à 1995, puis ministre de la Justice entre 1993 et 1997, député européen de 2004 à 2009, Jacques TOUBON a été le président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration de 2005 à 2014. Il a été aussi du Haut conseil à l’intégration et de la Haute autorité pour la diffusion pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI). Sa femme, Lise, la veuve de Michel STRAUSS, mort en 1970, est d’un soutien considérable. Jacques TOUBON a une sensibilité républicaine il avait voté, en 1981, pour l'article 1er prescrivant que la peine de mort est abolie. «Par conviction intime, je suis favorable à l'abolition de la peine de mort», avait-il déclaré. Par ailleurs, ancien maire d’un quartier populaire, le XIIIème arrondissement, il a conservé sa fibre sociale et a su convaincre par sa rigueur et son obstination : «C'est un bourreau de travail qui se donne à fond dans sa fonction. Après, c'est quelqu'un qui a toujours eu une fibre sociale prononcée. Il a été maire du XIIIe, à la fois bigarré et populaire. Et puis lui et son épouse, Lise, ont toujours été très proches des milieux artistiques, plutôt marqués à gauche» dit Jean-Pierre LECOQ, maire Les Républicains du VIème arrondissement. Dans son audition pour le poste de Défenseur des droits, il a clairement indiqué ses motivations : «J’ai le sentiment d’avoir été hier, en tant qu’élu et de pouvoir être, demain, comme Défenseur des droits, l’interprète des besoins et des demandes de ceux qui sont les plus démunis. Inspiré à la fois pour mes convictions humanistes, antiracistes et républicaines, et par mon expérience vécue dans le 13ème et partout en France, j’ai accompli pour faire connaître et reconnaître la place de l’immigration dans l’histoire de la France et des Français et le rôle qu’elle joue dans notre société d’aujourd’hui. Conjuguer République et diversité, respecter les origines pour contribuer à l’intégration, construire notre identité multiple. La triple passion de la dignité, de la culture et du droit peut être un levier puissant pour bâtir une plus grande égalité des droits pour tous» dit-il à la Commission des Lois. Jacques TOUBON a pour ambition de contribuer à l’égalité effective des droits, une meilleure cohésion sociale.

 

En définitive, Jacques TOUBON s’est révélé un défenseur intransigeant de l’égalité réelle : «rien n’est jamais acquis en matière de droits et de libertés, et leur fragilité suppose une vigilance constante» dit-il. Jacques Toubon : «Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais» dit-il. «Nous avons le joug sur la nuque et nous tirons la charrue jour et nuit hardiment» dit-il. En effet, dès sa prise de fonction et dans son rapport de 2015, Jacques TOUBON donne le ton : «Les réclamations que nous recevons ne représentent qu’une part des situations que le Défenseur des droits pourrait prendre en compte. Nous le savons bien, en particulier en ce qui concerne les discriminations et les droits des enfants. Ce que j’ai dénoncé, dès mon entrée en fonctions, comme le non-recours aux droits et aux services publics, et au Défenseur des droits qui constitue l’une des voies d’accès, fait l’objet de ma principale préoccupation» écrit-il, dans la préface. Il avait en particulier critiqué le régime des domiciliations des demandeurs d’asile, une procédure dérogatoire au droit commun de plus en plus contraignante, pour les associations humanitaires. Dans son rapport de 2017, Jacques TOUBON en appelle à un accueil humain de toutes les personnes en difficulté ou vulnérables. Pour lui, le Défenseur des droits est un porteur du principe d’égalité : «Les discriminations sont le résultat de structures, de mécanismes sociaux profonds et de l’existence de déséquilibres socio-économiques ou de hiérarchies sociales historiquement constitués qui contribuent à les entretenir. C’est pourquoi le Défenseur des droits s’engage aussi dans un combat pour l’égalité en s’attachant à objectiver les processus à l’origine des inégalités et discriminations et à déconstruire les stéréotypes, en particulier par l’éducation et la sensibilisation des secteurs économiques et sociaux» écrit-il dans son rapport de 2017.

 

Jacques TOUBON est désormais, à la fin de son mandat, l’un des héros de la gauche, des ONG et des associations de défense des droits humains : «J’y ai mis, ce que je suis» dit Jacques TOUBON. Face à une opinion largement lepénisée et aux hypocrites, Jacques TOUBON a toujours vigoureusement dénoncé que «la peur» et l'idée «fausse» d'une «submersion» migratoire «guident les opinions et les choix politiques». En effet, le Défenseur des droits avait vertement critiqué le projet de loi sur l’immigration et le droit d’asile : un «mélange deux choses incompatibles en droit» avait-il dit. «J'ai consacré dix ans de ma vie à l'histoire de l'immigration. (...) Nous avons, depuis la plus Haute Antiquité, une histoire d'échanges des peuples. Le principe des politiques migratoires qui sont menées actuellement par la France (...) c'est d'essayer de mettre un mur, un grillage, une barrière à l'entrée» dit-il. L’accès aux droits est devenu sa priorité : «Il y a un travail de pédagogie à faire en direction des journalistes pour qu’ils apprennent à déconstruire leur propre discours sur les discriminations. Depuis les attentats de 2015, on observe un climat de sidération dans l’opinion publique qui choisit systématiquement le point de vue sécuritaire et adopte, sur les étrangers et les migrants, le point de vue de la maîtrise des flux partagé par la droite comme par la gauche : il faut mettre davantage de barrières, bloquer les mouvements migratoires à la porte de l’Europe» dit Jacques TOUBON, dans un entretien accordé à «Hommes et Migrations». S’agissant des demandeurs d’asile et des mineurs, Jacques TOUBON a souligné le manquement de la République à ses droits : «Si j’ai accordé tant d’attention à la situation des mineurs non accompagnés, notamment ceux qui ont été évacués de Calais et des campements parisiens, c’est qu’elle illustre parfaitement les manquements de la République au titre d’au moins trois missions du Défenseur des droits : les droits fondamentaux des enfants en vertu de la Convention internationale, les insuffisances dans le fonctionnement des services publics, et le traitement discriminatoire des étrangers et des migrants dans des circonstances où, au mépris des droits universels, leur qualité d’étranger est prise en considération avant leur qualité d’usager, de malade, d’enfant, de demandeur d’emploi ou de logement» dit-il dans son rapport de 2016.

Par ailleurs, il a fustigé cette conception détournant la laïcité de son sens : «Le discours public est devenu largement identitaire depuis dix ans et indifférent à la lutte contre les inégalités. Le discours sur la laïcité est devenu un discours d’exclusion alors que la laïcité devrait, au contraire, mettre l’accent sur la liberté et les libertés» dit-il. Le concept de « statistiques ethniques » est entouré de graves confusions, volontairement, entretenues, et il a levé les ambiguïtés : «Il faut bien comprendre que l’on crée de la confusion à partir de l’expression «statistiques ethniques». Ce qui est interdit et doit le demeurer, ce sont des fichiers nominatifs fondés sur certaines caractéristiques, en l’occurrence ethniques. Mais, en revanche, que l’on tienne compte d’un certain nombre de caractéristiques dans les études et les recherches scientifiques, ce n’est pas la même chose et c’est admis. Nous y sommes favorables, car cela permet de mesurer les itinéraires des personnes susceptibles d’être victimes de discrimination. Le débat sur les statistiques ethniques a démarré sur une mauvaise base parce qu’on confond l’utilisation économique des statistiques ethniques et les travaux qui étudient les réalités, et font évoluer les attitudes et les lois» dit-il.

Créé à l’occasion de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Défenseur des droits regroupe, en 2011, différentes institutions (Médiateur, Défenseur des enfants, Commission nationale de déontologie et de sécurité et Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, HALDE). C’est un poste exigeant, mais il donne  le beau rôle en offrant un magistère moral, loin des contraintes politiques, d’autant plus que la Gauche, pendant cette période connaissait une crise profonde ; habité par un sens de l’Histoire, il a occupé le terrain, pour laisser sa trace indélébile. En effet, figure d’un contre-pouvoir tenace face à une Macronie arrogante et triomphante, Jacques TOUBON, en toute indépendance, face au déni du racisme institutionnel et systémique, a eu le courage de traiter des violences policières, notamment dans un quartier parisien : «Le cas particulier est celui d’un groupe de policiers dans un quartier parisien qui a eu pendant plusieurs années des comportements agressifs consistant à systématiquement pourchasser un groupe de jeunes. Nous avons dit que le comportement de ces policiers nous paraissait constituer une discrimination systémique. Nous ne pouvons pas dire que cette décision traduit une situation globale, mais en même temps dans ce cas d’espèce, elle a bien démontré le comportement discriminatoire» dit-il. En effet, les jeunes racisés ont 100 fois plus de chances d’être contrôlés par la Police. Ces contrôles au faciès sont discriminatoires : «On voit bien que les comportements individuels que nous traitons reposent sur des données sociales, sociologiques. Il faut corriger cette situation de défiance entre une partie de la police et une partie de la population. Pour cela, nous ne sommes pas des politiques ni des policiers, mais nous disons qu’il faut faire deux choses: avoir une traçabilité des contrôles et introduire la définition du contrôle discriminatoire dans le code de procédure pénale. Et je crois qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de motif à pouvoir refuser cette évolution. On est dans la philosophie du “ni vu ni connu”, mais “ni vu ni connu”, c’est une position qui est parfaitement contraire à ce que moi je suis chargé de défendre c’est-à-dire les droits fondamentaux et les droits de l’Homme. Mais j’ai le sentiment que les choses évoluent» dit-il. Les racisés ont du mal à faire reconnaître leur droit de manifester, comme les autres citoyens : «Une règle générale, c’est que la liberté de manifester comporte la compensation de respecter l’ordre public. Et cela peut motiver certaines interdictions. Mais il ne faut pas détourner les règles contre cette liberté» dit-il.

Le Défenseur des droits est un lieu d’observation privilégié des difficultés quotidiennes rencontrées par les Français. «Notre activité, sans cesse croissante, reflète et transcrit, comme un sismographe, maintes caractéristiques de notre société dans ses rapports avec les pouvoirs publics et dans la mise en œuvre de l’État de droit», écrit Jacques Toubondans son dernier rapport, rendu public ce lundi 8 juin 2020. Parmi les évolutions les plus spectaculaires notées dans ce rapport, «l’ampleur des effets délétères de l’évanescence des services publics sur les droits des usagers». Sur les 103 000 réclamations reçues par cette institution en 2019, 61 596, soit plus de la moitié, étaient liées aux relations avec les services publics. Particulièrement attaché à la défense des droits fondamentaux, il l’a rappelé : «Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! Si les droits fondamentaux sont caricaturaux, à ce moment-là, il y a un problème» avait-il dit en avril 2018 devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. Les droits fondamentaux ce n’est pas une question abstraite ; les discriminations sont une réalité persistante touchant inégalement les citoyens : «On n’est pas abstrait. […] Les droits fondamentaux, ça n’est pas dans l’éther, c’est sur les trottoirs du boulevard de la Villette» dit-il. Les discriminations dans l’emploi, fondées sur l’origine ethnique, à l’embauche, perdurent aussi dans le déroulement de carrière et au sein de l’environnement de travail. 

«Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences» proclame l’article 71-1 de la Constitution française. Par conséquent, le Défenseur des droits est chargé d’examiner les requêtes uniquement dirigées contre un organisme ayant en charge une mission de service, les intérêts de l’enfant, la lutte contre les discriminations directes ou indirectes ou le respect de la déontologie par les forces de sécurité (article 4 loi n°2011-333 du 29 mars 2011). En effet, dans ses missions, le Défenseur des droits, de respect des droits et libertés, le Défenseur des droits est amené à connaître des faits de discrimination raciale à travers les réclamations des indigènes de la République. Si le Défenseur des droits n’est pas compétent pour la lutte contre le racisme au sens de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ni pour les violences avec circonstances aggravantes telles que le racisme, en revanche, il peut examiner en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l'appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race, à une nation, à une religion, ou sur l'origine, telles que prévues par la loi n°2008-46 du 27 mai 2008. En 2017, le Défenseur des droits a reçu 5 405 saisines en raison de faits de discrimination. Cependant, la preuve en la matière est difficile à établir : «Le premier défi est de faire mieux connaître ces travaux sur les discriminations qui étaient jusque-là souvent tenus sous le boisseau. D’où la publication et la diffusion de guides qui permettent de mesurer et d’accompagner les interventions de prévention ou de lutte contre les discriminations» dit-il dans un entretien à la revue «Hommes et migrations» de 2016. Dans ces cas souvent compliqués, le Défenseur des droits intervient par la voie de la médiation. Ainsi, en 2016, les universités avaient voulu imposer aux étudiants musulmanes, l’obligation de composer visages et oreilles découverts. Jacques TOUBON a condamné cette interprétation abusive de la laïcité «l'exigence de neutralité des usagers du service public de l'éducation ne sauraient s'entendre au-delà du cadre légal ou s'appliquer à des tiers assimilés abusivement à des collaborateurs du service public» dit-il dans ses conclusions du colloque «racisme et discrimination raciale, à l’école et à l’université, 27 septembre 2018». Un quart des jeunes déclare avoir été victime de propos, comportement ou injure raciste au cours des 5 dernières années. 

Je rends un vibrant hommage à Jacques TOUBON, ainsi qu’à ses collaborateurs, pour l’avoir saisi à plusieurs reprises. Je peux vous dire que connaissant le monde politique, combien cette classe d’hommes et de femmes est parfois réticente pour accompagner les gens en difficultés. Les politiciens ne viennent serrer les paluches qu’à l’occasion des consultations électorales, une fois terminées, ils se barricadent dans leurs forteresses et deviennent inaccessibles. Ils ont horreur des sollicitations, il faut les laisser jouir, tranquillement, de leurs indemnités. Et quand on leur écrit, ils ont tendance, soit à ne pas vous répondre, soit à vous envoyer des attentes d’attente à la con. Ça les emmerde sérieusement d’intervenir efficacement, lorsqu’un administré est sérieusement confronté à des tracasseries administratives :«Le Défenseur des droits est chargé de deux grandes missions : une mission de protection des droits et une mission de promotion de l’égalité et de l’accès aux droits. La première consiste à rendre effectifs les droits pour un certain nombre de personnes qui considèrent en être privées» dit Jacques TOUBON.

Or l’administration est à la fois efficace, mais elle sait, par des normes bureaucratiques, se rendre odieuse à l’égard des faibles, notamment les racisés, pour leur pourrir la vie. En particulier, pour les racisés, plusieurs circulaires ont mis en place un racisme systémique et institutionnel, notamment des contrôles ciblés pour les allocations familiales, les retraits arbitraires de titres de séjour, les grandes difficultés pour les Français issus de l’immigration à faire enregistrer leur mariage à l’étranger ou faire transcrire les actes d’état civil de leurs enfants, les obstacles injustifiés au regroupement familial ou l’accès à la nationalité française, les délais indus pour la délivrance des pensions de réversion, les grandes difficultés des retraités parfois à faire renouveler leur carte de résident, la difficulté des personnes détentrices d’une autorisation provisoire d’un titre de séjour à ouvrir un compte bancaire, alors même qu’elles viennent de trouver un emploi. Par ailleurs, dans les restaurants, les banques, les assurances, les médias, les partis politiques, bref, dans tous les lieux de décisions, les racisés sont devenus, et sont encore, des hommes du sous-sol, maintenus, arbitrairement, dans l’invisibilité.

Je peux témoigner, à chaque fois que j’avais saisi Jacques TOUBON, Défenseur des droits, cela avait pris du temps, et c’est normal, dans ce déni permanent du racisme. Mais il a toujours agi, dans le bon sens. Je me souviens de mon oncle, Alpha DIJGO, ayant travaillé chez Renault pendant plus de 33 ans, décédé, en 2013, et ayant laissé au village 9 enfants, la CNAV n’avait cédé qu’en septembre 2018, et pour la deuxième épouse, l’accord d’une pension de réversion a été accordée, il y a de cela 3 mois, en janvier 2020. Idem pour Mamoudou BA, qui avait travaillé à Nice, confronté au renouvellement de sa carte de retraité, avec plus de 9 mois de tracasseries administratives. Le Préfet de Police a fini, sur insistance du Défenseur des droits, à renouveler sa carte de résident, mais il est mort, deux mois après cette grave injustice. A chaque fois donc, Jacques TOUBON a trouvé la bonne solution. Je ne peux pas évoquer ici, tous les nombreux dossiers, pendant ces 6 années et à chaque fois, dans un monde plombé par le racisme et les violences policières, Jacques TOUBON et ses services, ont représenté l’honneur de la France républicaine. Aussi nous leur disons MERCI.

En 2019, Jacques TOUBON, Défenseur des droits, a été saisi de 103 000 plaintes. A chaque fois, il s’est armé de trois principes : vérité, confiance, égalité «dire la vérité, parce que indépendant et libre, mais près de toutes et de tous, partout ; légitimer la confiance de la société dans le service public et dans celles et ceux qui l’incarnent ; garantir l’égalité et ainsi nourrir les sentiments d’appartenance et de justice» dit-il dans son rapport de 2019, une sorte de testament de son action depuis 6 ans.  Jacques TOUBON est resté, jusqu’au bout de sa mission, et en dépit du déni, très vigilant à l’égard du racisme systémique, des violences policières et des questions de justice : «Notre compétence exclusive dans la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité : contribution à la mise en œuvre de la discrimination systémique par les juridictions ; mise en lumière des discriminations» écrit-il dans son rapport de 2019.

Références bibliographiques

BERTHIER (Antony) «Interview de Jacques Toubon», Huffpost, 8 juin 2020 ;

Défenseur des droits, Défenseur des droits, un dispositif de protection, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, non daté, 32 pages ;

HALISSAT (Ismaël) «Le Défenseur des droits dénonce un cas de «discrimination systémique» par la Police», Libération, 2 juin 2020 ;

GUYON (Régis) «Entretien avec Jacques Toubon, connaître le droit, ses droits, une manière de mieux les faire appliquer», Diversité, 2ème trimestre 2017, n°188, pages 7-10 ;

MOUILLARD (Sylvain) KAUFFMANN (Philippe), «Jacques Toubon, fin de mandat d’un Défenseur inespéré», Libération, 30 juin 2020 ;

PECNARD (Jules) «L’étonnante mue de  Jacques Toubon, du RPR à la défense acharnée des migrants», Le Figaro, 13 avril 2018 ;

PERRAULT (Guillaume) «Jacques Toubon finit à gauche de Macron», Le Figaro, 19 décembre 2017 ;

POINSOT (Marie) «Entretien avec Jacques Toubon, Défenseur des droits», Hommes et Migrations, 2016,  n°1315, pages 82-87 ;

SAURAT (Pierre), Jacques Toubon, premier ministre de Jacques Chirac, Paris, édition Cinq-Diamants, 1986, 358 pages ;

TOUBON (Jacques), Jacques Toubon, audition en vue de la nomination aux fonctions de Défenseur des droits, Paris, Commission des lois constitutionnelles, 27 juin 2014, 17 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2015, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2016, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2017, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2018, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2018, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2019, 102 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2016, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2017, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2019, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2020, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Pour en finir avec la peur, Paris, Robert Laffont, 1984, 201 pages.

Paris, le 5 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Je rends un vibrant hommage à Jacques TOUBON, ainsi qu’à ses collaborateurs, pour l’avoir saisi à plusieurs reprises. Je peux vous dire que connaissant le monde politique, combien cette classe d’hommes et de femmes est parfois réticente pour accompagner les gens en difficultés. Les politiciens ne viennent serrer les paluches qu’à l’occasion des consultations électorales, une fois terminées, ils se barricadent dans leurs forteresses et deviennent inaccessibles. Ils ont horreur des sollicitations, il faut les laisser jouir, tranquillement, de leurs indemnités. Et quand on leur écrit, ils ont tendance, soit à ne pas vous répondre, soit à vous envoyer des attentes d’attente à la con. Ça les emmerde sérieusement d’intervenir efficacement, lorsqu’un administré est sérieusement confronté à des tracasseries administratives :«Le Défenseur des droits est chargé de deux grandes missions : une mission de protection des droits et une mission de promotion de l’égalité et de l’accès aux droits. La première consiste à rendre effectifs les droits pour un certain nombre de personnes qui considèrent en être privées» dit Jacques TOUBON.

Or l’administration est à la fois efficace, mais elle sait, par des normes bureaucratiques, se rendre odieuse à l’égard des faibles, notamment les racisés, pour leur pourrir la vie. En particulier, pour les racisés, plusieurs circulaires ont mis en place un racisme systémique et institutionnel, notamment des contrôles ciblés pour les allocations familiales, les retraits arbitraires de titres de séjour, les grandes difficultés pour les Français issus de l’immigration à faire enregistrer leur mariage à l’étranger ou faire transcrire les actes d’état civil de leurs enfants, les obstacles injustifiés au regroupement familial ou l’accès à la nationalité française, les délais indus pour la délivrance des pensions de réversion, les grandes difficultés des retraités parfois à faire renouveler leur carte de résident, la difficulté des personnes détentrices d’une autorisation provisoire d’un titre de séjour à ouvrir un compte bancaire, alors même qu’elles viennent de trouver un emploi. Par ailleurs, dans les restaurants, les banques, les assurances, les médias, les partis politiques, bref, dans tous les lieux de décisions, les racisés sont devenus, et sont encore, des hommes du sous-sol, maintenus, arbitrairement, dans l’invisibilité.

Je peux témoigner, à chaque fois que j’avais saisi Jacques TOUBON, Défenseur des droits, cela avait pris du temps, et c’est normal, dans ce déni permanent du racisme. Mais il a toujours agi, dans le bon sens. Je me souviens de mon oncle, Alpha DIJGO, ayant travaillé chez Renault pendant plus de 33 ans, décédé, en 2013, et ayant laissé au village 9 enfants, la CNAV n’avait cédé qu’en septembre 2018, et pour la deuxième épouse, l’accord d’une pension de réversion a été accordée, il y a de cela 3 mois, en janvier 2020. Idem pour Mamoudou BA, qui avait travaillé à Nice, confronté au renouvellement de sa carte de retraité, avec plus de 9 mois de tracasseries administratives. Le Préfet de Police a fini, sur insistance du Défenseur des droits, à renouveler sa carte de résident, mais il est mort, deux mois après cette grave injustice. A chaque fois donc, Jacques TOUBON a trouvé la bonne solution. Je ne peux pas évoquer ici, tous les nombreux dossiers, pendant ces 6 années et à chaque fois, dans un monde plombé par le racisme et les violences policières, Jacques TOUBON et ses services, ont représenté l’honneur de la France républicaine. Aussi nous leur disons MERCI.

En 2019, Jacques TOUBON, Défenseur des droits, a été saisi de 103 000 plaintes. A chaque fois, il s’est armé de trois principes : vérité, confiance, égalité «dire la vérité, parce que indépendant et libre, mais près de toutes et de tous, partout ; légitimer la confiance de la société dans le service public et dans celles et ceux qui l’incarnent ; garantir l’égalité et ainsi nourrir les sentiments d’appartenance et de justice» dit-il dans son rapport de 2019, une sorte de testament de son action depuis 6 ans.  Jacques TOUBON est resté, jusqu’au bout de sa mission, et en dépit du déni, très vigilant à l’égard du racisme systémique, des violences policières et des questions de justice : «Notre compétence exclusive dans la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité : contribution à la mise en œuvre de la discrimination systémique par les juridictions ; mise en lumière des discriminations» écrit-il dans son rapport de 2019.

Références bibliographiques

BERTHIER (Antony) «Interview de Jacques Toubon», Huffpost, 8 juin 2020 ;

Défenseur des droits, Défenseur des droits, un dispositif de protection, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, non daté, 32 pages ;

HALISSAT (Ismaël) «Le Défenseur des droits dénonce un cas de «discrimination systémique» par la Police», Libération, 2 juin 2020 ;

GUYON (Régis) «Entretien avec Jacques Toubon, connaître le droit, ses droits, une manière de mieux les faire appliquer», Diversité, 2ème trimestre 2017, n°188, pages 7-10 ;

MOUILLARD (Sylvain) KAUFFMANN (Philippe), «Jacques Toubon, fin de mandat d’un Défenseur inespéré», Libération, 30 juin 2020 ;

PECNARD (Jules) «L’étonnante mue de  Jacques Toubon, du RPR à la défense acharnée des migrants», Le Figaro, 13 avril 2018 ;

PERRAULT (Guillaume) «Jacques Toubon finit à gauche de Macron», Le Figaro, 19 décembre 2017 ;

POINSOT (Marie) «Entretien avec Jacques Toubon, Défenseur des droits», Hommes et Migrations, 2016,  n°1315, pages 82-87 ;

SAURAT (Pierre), Jacques Toubon, premier ministre de Jacques Chirac, Paris, édition Cinq-Diamants, 1986, 358 pages ;

TOUBON (Jacques), Jacques Toubon, audition en vue de la nomination aux fonctions de Défenseur des droits, Paris, Commission des lois constitutionnelles, 27 juin 2014, 17 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2015, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2016, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2017, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2018, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2018, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2019, 102 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2016, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2017, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2019, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2020, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Pour en finir avec la peur, Paris, Robert Laffont, 1984, 201 pages.

Paris, le 5 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr

«Jacques TOUBON, Défenseur des droits ou l’honneur de la France républicaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:14

Mme Claire HEDON, présidente d'ATD-Quart Monde, ancienne journaliste et membre du Comité d’éthique,  a été nommée en tant que défenseure des droits en remplacement de Jacques TOUBON. «Je souhaiterais beaucoup, mais ce n'est pas à moi d'en décider, que le prochain Défenseur des droits soit UNE Défenseur des droits. Parce que je crois que ce serait un signal assez conséquent en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes» avait dit, auparavant, Jacques TOUBON. Le mandat du Défenseur des droits de 6 ans, ne peut pas être renouvelé, mais n'est pas révocable. Durant son mandat s’achevant le 16 juillet 2020, et notamment ces derniers temps, Jacques TOUBON s’est montré particulièrement critique à l’égard de la politique gouvernementale concernant les administrés. Il faut que «la République tienne les promesses qu’elle a faite à tous» écrit Jacques TOUBON. «Quelques coups de canifs ont été portés à nos droits» dit-il. 50% des plaintes pour racisme concernent le domaine de l’emploi. Les abus des forces répressives couvrent de nombreux domaines : les décès lors des interpellations, les vols de biens des racisés, le manque d’impartialité, les propos déplacés, les palpations ou fouilles abusives, les violences illégitimes, le défaut d’attention à l’état de santé, le refus d’intervention ou non-respect de la procédure : «Je ne sais pas s’il y a plus de mauvais comportements des forces de sécurité aujourd’hui, mais il y a une plus grande sensibilité des Français à ce sujet. Je vois cette sensibilité de façon positive. Je suis attaché à l’idée qu’il faut de la confiance entre la population et les personnes qui exercent une activité dans le domaine de la sécurité, en particulier en matière de Police» dit-il. Par ailleurs, le Défenseur des droits, Jacques TOUBON, qualifie de «discriminatoires» les pratiques, répétées sur plusieurs années, du commissariat du XIIe arrondissement de Paris à l’encontre d’un groupe de jeunes habitants noirs et arabes ou perçus comme tels. Ces observations interviennent dans le cadre d’une procédure civile lancée contre l’Etat en juillet 2019 par 18 mineurs à l’époque des faits. Ils dénoncent depuis 2015 des contrôles au faciès, des insultes et des violences répétées de la part des policiers. Dans cette affaire, trois agents avaient été condamnés au pénal en avril 2018, en première instance, à cinq mois d’emprisonnement avec sursis et des amendes. Sur ce volet pénal, un appel a été interjeté par les policiers. Dans sa décision, Jacques TOUBON conclut que «c’est ainsi la somme des pratiques constatées, la répétition des violations de procédures envers le groupe de jeunes gens du quartier d’origine maghrébine et africaine qui va conduire à la reconnaissance de la discrimination sous ses multiples formes qu’il s’agisse de discriminations directe, indirecte ou de harcèlement, créant un cadre où se déploie la discrimination systémique : l’effet cumulatif de ces comportements crée un climat d’exclusion et de discrimination» dit le Médiateur de la République dans sa décision du 12 mai 2020.

 

Jacques TOUBON a fini  son mandat, de façon honorable, à gauche du président MACRON, un chef de l’Etat qui se droitise de plus en plus, avec la nomination d’un premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. En effet, Jules PECNARD, journaliste au Figaro, parle d’une «étonnante mue de Jack Toubon». Dans son rapport de 2018, Jacques TOUBON écrit : «Près de cinq ans après que j’ai pris la fonction de Défenseur des droits, le double rôle que joue l’institution dans la société française m’apparait de plus en plus clairement : sismographe de la demande sociale, révélateur des craquements, des fractures d’un peuple écartelé entre la planète et le village ; alarme, porte-voix, témoin soucieux du déclin des droits fondamentaux et de leur inégale effectivité». En effet, Jacques TOUBON est devenu un lanceur d’alerte, une mauvaise conscience pour cette démocratie ethnique : «Le Défenseur des droits ne se contente pas d’observer, il prévient, aux deux sens de prévenir : empêcher d’advenir et avertir. Le Défenseur des droits ne prétend pas être Cassandre, dont les Troyens ont refusé d’écouter les adjurations, ce qui les conduisit à la défaite et à l’exil ; il n’entend faire la leçon à quiconque. Il continue à demander que personne ne détourne son regard de la réalité des hommes et des femmes qui vivent ici, qu’ils et elles soient entendus et écoutés dans leur demande d’effectivité des droits et que leur égale dignité soit sauvegardée» écrit-il dans son rapport de 2018. Jacques TOUBON a dénoncé «l'insuffisance des politiques publiques» sur les questions de discriminations à l'emploi, au logement, à l'éducation et aux contrôles et violences policières, et réclamé la création d'un «observatoire».

 

Classé à droite de l’échiquier politique, l’itinéraire de Jacques TOUBON indique que tout manichéisme devrait être écarté dans nos grilles de lecture de la vie publique. Pour ma part, le monde n’est pas divisé entre les gens de gauche ou de droite, chaque conviction républicaine est respectable, ni entre Blancs, Noirs ou Juifs ; il y a deux catégories d’individus : les Bons et les Mauvais. A la façon dont il s’est acquitté de sa mission de Défenseur des droits, Jacques TOUBON mérite notre administration, notre respect, ainsi que notre profonde gratitude. Jacques TOUBON, Homme de caractère et de conviction, indépendant et doté d’une éthique personnelle, Jacques TOUBON représente l’honneur de la France républicaine : «L’indépendance d’une personne en situation de responsabilité se mesure à son statut propre et aux obligations auxquelles elle doit se conformer, à celui de l’organisme qu’elle pilote, et, évidemment, à son éthique personnelle. Je m’attacherai jour après jour, à ce que mes actes soient conformes aux principes de moralité, de défense des plus vulnérables, de protection des droits qui ont présidé à la création de l’Institution» avait-il dit lors de son entretien d’embauche en 2014.

 

Successeur de Dominique BAUDIS, et nommé à la surprise générale par François HOLLANDE le 17 juillet 2014, s’est immédiatement posé en vigie intraitable et infatigable des libertés publiques, des droits fondamentaux et des discriminations. Pourtant au départ, les socialistes étaient sceptiques : «Jacques Toubon est proposé comme Défenseur des droits ? J'invite mes collègues de la commission des lois à rejeter cette proposition !», a écrit Alexis BACHELAY, député des Hauts-de-Seine. Yann GALUT, actuel maire de Bourges avait dit que c’est «cauchemar». «A l'heure où l'homophobie explose, où la parole raciste est complètement décomplexée en France et où la République a besoin d'être réaffirmée, les Jeunes Socialistes souhaitent que cette proposition de nomination soit revue» écrivent les Jeunes socialistes. Très proche de Jacques CHIRAC et incarnation de l'appareil RPR, né le 29 juin 1941 à Nice, juriste de formation, énarque et ayant démarré au Ministère de l’Outre-mer, député de 1981 à 1993, maire du 13e arrondissement de Paris de 1983 à 2001, ministre de la Culture et de la francophonie de 1993 à 1995, puis ministre de la Justice entre 1993 et 1997, député européen de 2004 à 2009, Jacques TOUBON a été le président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration de 2005 à 2014. Il a été aussi du Haut conseil à l’intégration et de la Haute autorité pour la diffusion pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI). Sa femme, Lise, la veuve de Michel STRAUSS, mort en 1970, est d’un soutien considérable. Jacques TOUBON a une sensibilité républicaine il avait voté, en 1981, pour l'article 1er prescrivant que la peine de mort est abolie. «Par conviction intime, je suis favorable à l'abolition de la peine de mort», avait-il déclaré. Par ailleurs, ancien maire d’un quartier populaire, le XIIIème arrondissement, il a conservé sa fibre sociale et a su convaincre par sa rigueur et son obstination : «C'est un bourreau de travail qui se donne à fond dans sa fonction. Après, c'est quelqu'un qui a toujours eu une fibre sociale prononcée. Il a été maire du XIIIe, à la fois bigarré et populaire. Et puis lui et son épouse, Lise, ont toujours été très proches des milieux artistiques, plutôt marqués à gauche» dit Jean-Pierre LECOQ, maire Les Républicains du VIème arrondissement. Dans son audition pour le poste de Défenseur des droits, il a clairement indiqué ses motivations : «J’ai le sentiment d’avoir été hier, en tant qu’élu et de pouvoir être, demain, comme Défenseur des droits, l’interprète des besoins et des demandes de ceux qui sont les plus démunis. Inspiré à la fois pour mes convictions humanistes, antiracistes et républicaines, et par mon expérience vécue dans le 13ème et partout en France, j’ai accompli pour faire connaître et reconnaître la place de l’immigration dans l’histoire de la France et des Français et le rôle qu’elle joue dans notre société d’aujourd’hui. Conjuguer République et diversité, respecter les origines pour contribuer à l’intégration, construire notre identité multiple. La triple passion de la dignité, de la culture et du droit peut être un levier puissant pour bâtir une plus grande égalité des droits pour tous» dit-il à la Commission des Lois. Jacques TOUBON a pour ambition de contribuer à l’égalité effective des droits, une meilleure cohésion sociale.

 

En définitive, Jacques TOUBON s’est révélé un défenseur intransigeant de l’égalité réelle : «rien n’est jamais acquis en matière de droits et de libertés, et leur fragilité suppose une vigilance constante» dit-il. Jacques Toubon : «Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais» dit-il. «Nous avons le joug sur la nuque et nous tirons la charrue jour et nuit hardiment» dit-il. En effet, dès sa prise de fonction et dans son rapport de 2015, Jacques TOUBON donne le ton : «Les réclamations que nous recevons ne représentent qu’une part des situations que le Défenseur des droits pourrait prendre en compte. Nous le savons bien, en particulier en ce qui concerne les discriminations et les droits des enfants. Ce que j’ai dénoncé, dès mon entrée en fonctions, comme le non-recours aux droits et aux services publics, et au Défenseur des droits qui constitue l’une des voies d’accès, fait l’objet de ma principale préoccupation» écrit-il, dans la préface. Il avait en particulier critiqué le régime des domiciliations des demandeurs d’asile, une procédure dérogatoire au droit commun de plus en plus contraignante, pour les associations humanitaires. Dans son rapport de 2017, Jacques TOUBON en appelle à un accueil humain de toutes les personnes en difficulté ou vulnérables. Pour lui, le Défenseur des droits est un porteur du principe d’égalité : «Les discriminations sont le résultat de structures, de mécanismes sociaux profonds et de l’existence de déséquilibres socio-économiques ou de hiérarchies sociales historiquement constitués qui contribuent à les entretenir. C’est pourquoi le Défenseur des droits s’engage aussi dans un combat pour l’égalité en s’attachant à objectiver les processus à l’origine des inégalités et discriminations et à déconstruire les stéréotypes, en particulier par l’éducation et la sensibilisation des secteurs économiques et sociaux» écrit-il dans son rapport de 2017.

 

Jacques TOUBON est désormais, à la fin de son mandat, l’un des héros de la gauche, des ONG et des associations de défense des droits humains : «J’y ai mis, ce que je suis» dit Jacques TOUBON. Face à une opinion largement lepénisée et aux hypocrites, Jacques TOUBON a toujours vigoureusement dénoncé que «la peur» et l'idée «fausse» d'une «submersion» migratoire «guident les opinions et les choix politiques». En effet, le Défenseur des droits avait vertement critiqué le projet de loi sur l’immigration et le droit d’asile : un «mélange deux choses incompatibles en droit» avait-il dit. «J'ai consacré dix ans de ma vie à l'histoire de l'immigration. (...) Nous avons, depuis la plus Haute Antiquité, une histoire d'échanges des peuples. Le principe des politiques migratoires qui sont menées actuellement par la France (...) c'est d'essayer de mettre un mur, un grillage, une barrière à l'entrée» dit-il. L’accès aux droits est devenu sa priorité : «Il y a un travail de pédagogie à faire en direction des journalistes pour qu’ils apprennent à déconstruire leur propre discours sur les discriminations. Depuis les attentats de 2015, on observe un climat de sidération dans l’opinion publique qui choisit systématiquement le point de vue sécuritaire et adopte, sur les étrangers et les migrants, le point de vue de la maîtrise des flux partagé par la droite comme par la gauche : il faut mettre davantage de barrières, bloquer les mouvements migratoires à la porte de l’Europe» dit Jacques TOUBON, dans un entretien accordé à «Hommes et Migrations». S’agissant des demandeurs d’asile et des mineurs, Jacques TOUBON a souligné le manquement de la République à ses droits : «Si j’ai accordé tant d’attention à la situation des mineurs non accompagnés, notamment ceux qui ont été évacués de Calais et des campements parisiens, c’est qu’elle illustre parfaitement les manquements de la République au titre d’au moins trois missions du Défenseur des droits : les droits fondamentaux des enfants en vertu de la Convention internationale, les insuffisances dans le fonctionnement des services publics, et le traitement discriminatoire des étrangers et des migrants dans des circonstances où, au mépris des droits universels, leur qualité d’étranger est prise en considération avant leur qualité d’usager, de malade, d’enfant, de demandeur d’emploi ou de logement» dit-il dans son rapport de 2016.

Par ailleurs, il a fustigé cette conception détournant la laïcité de son sens : «Le discours public est devenu largement identitaire depuis dix ans et indifférent à la lutte contre les inégalités. Le discours sur la laïcité est devenu un discours d’exclusion alors que la laïcité devrait, au contraire, mettre l’accent sur la liberté et les libertés» dit-il. Le concept de « statistiques ethniques » est entouré de graves confusions, volontairement, entretenues, et il a levé les ambiguïtés : «Il faut bien comprendre que l’on crée de la confusion à partir de l’expression «statistiques ethniques». Ce qui est interdit et doit le demeurer, ce sont des fichiers nominatifs fondés sur certaines caractéristiques, en l’occurrence ethniques. Mais, en revanche, que l’on tienne compte d’un certain nombre de caractéristiques dans les études et les recherches scientifiques, ce n’est pas la même chose et c’est admis. Nous y sommes favorables, car cela permet de mesurer les itinéraires des personnes susceptibles d’être victimes de discrimination. Le débat sur les statistiques ethniques a démarré sur une mauvaise base parce qu’on confond l’utilisation économique des statistiques ethniques et les travaux qui étudient les réalités, et font évoluer les attitudes et les lois» dit-il.

Créé à l’occasion de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Défenseur des droits regroupe, en 2011, différentes institutions (Médiateur, Défenseur des enfants, Commission nationale de déontologie et de sécurité et Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, HALDE). C’est un poste exigeant, mais il donne  le beau rôle en offrant un magistère moral, loin des contraintes politiques, d’autant plus que la Gauche, pendant cette période connaissait une crise profonde ; habité par un sens de l’Histoire, il a occupé le terrain, pour laisser sa trace indélébile. En effet, figure d’un contre-pouvoir tenace face à une Macronie arrogante et triomphante, Jacques TOUBON, en toute indépendance, face au déni du racisme institutionnel et systémique, a eu le courage de traiter des violences policières, notamment dans un quartier parisien : «Le cas particulier est celui d’un groupe de policiers dans un quartier parisien qui a eu pendant plusieurs années des comportements agressifs consistant à systématiquement pourchasser un groupe de jeunes. Nous avons dit que le comportement de ces policiers nous paraissait constituer une discrimination systémique. Nous ne pouvons pas dire que cette décision traduit une situation globale, mais en même temps dans ce cas d’espèce, elle a bien démontré le comportement discriminatoire» dit-il. En effet, les jeunes racisés ont 100 fois plus de chances d’être contrôlés par la Police. Ces contrôles au faciès sont discriminatoires : «On voit bien que les comportements individuels que nous traitons reposent sur des données sociales, sociologiques. Il faut corriger cette situation de défiance entre une partie de la police et une partie de la population. Pour cela, nous ne sommes pas des politiques ni des policiers, mais nous disons qu’il faut faire deux choses: avoir une traçabilité des contrôles et introduire la définition du contrôle discriminatoire dans le code de procédure pénale. Et je crois qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de motif à pouvoir refuser cette évolution. On est dans la philosophie du “ni vu ni connu”, mais “ni vu ni connu”, c’est une position qui est parfaitement contraire à ce que moi je suis chargé de défendre c’est-à-dire les droits fondamentaux et les droits de l’Homme. Mais j’ai le sentiment que les choses évoluent» dit-il. Les racisés ont du mal à faire reconnaître leur droit de manifester, comme les autres citoyens : «Une règle générale, c’est que la liberté de manifester comporte la compensation de respecter l’ordre public. Et cela peut motiver certaines interdictions. Mais il ne faut pas détourner les règles contre cette liberté» dit-il.

Le Défenseur des droits est un lieu d’observation privilégié des difficultés quotidiennes rencontrées par les Français. «Notre activité, sans cesse croissante, reflète et transcrit, comme un sismographe, maintes caractéristiques de notre société dans ses rapports avec les pouvoirs publics et dans la mise en œuvre de l’État de droit», écrit Jacques Toubondans son dernier rapport, rendu public ce lundi 8 juin 2020. Parmi les évolutions les plus spectaculaires notées dans ce rapport, «l’ampleur des effets délétères de l’évanescence des services publics sur les droits des usagers». Sur les 103 000 réclamations reçues par cette institution en 2019, 61 596, soit plus de la moitié, étaient liées aux relations avec les services publics. Particulièrement attaché à la défense des droits fondamentaux, il l’a rappelé : «Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! Si les droits fondamentaux sont caricaturaux, à ce moment-là, il y a un problème» avait-il dit en avril 2018 devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. Les droits fondamentaux ce n’est pas une question abstraite ; les discriminations sont une réalité persistante touchant inégalement les citoyens : «On n’est pas abstrait. […] Les droits fondamentaux, ça n’est pas dans l’éther, c’est sur les trottoirs du boulevard de la Villette» dit-il. Les discriminations dans l’emploi, fondées sur l’origine ethnique, à l’embauche, perdurent aussi dans le déroulement de carrière et au sein de l’environnement de travail. 

«Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences» proclame l’article 71-1 de la Constitution française. Par conséquent, le Défenseur des droits est chargé d’examiner les requêtes uniquement dirigées contre un organisme ayant en charge une mission de service, les intérêts de l’enfant, la lutte contre les discriminations directes ou indirectes ou le respect de la déontologie par les forces de sécurité (article 4 loi n°2011-333 du 29 mars 2011). En effet, dans ses missions, le Défenseur des droits, de respect des droits et libertés, le Défenseur des droits est amené à connaître des faits de discrimination raciale à travers les réclamations des indigènes de la République. Si le Défenseur des droits n’est pas compétent pour la lutte contre le racisme au sens de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ni pour les violences avec circonstances aggravantes telles que le racisme, en revanche, il peut examiner en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l'appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race, à une nation, à une religion, ou sur l'origine, telles que prévues par la loi n°2008-46 du 27 mai 2008. En 2017, le Défenseur des droits a reçu 5 405 saisines en raison de faits de discrimination. Cependant, la preuve en la matière est difficile à établir : «Le premier défi est de faire mieux connaître ces travaux sur les discriminations qui étaient jusque-là souvent tenus sous le boisseau. D’où la publication et la diffusion de guides qui permettent de mesurer et d’accompagner les interventions de prévention ou de lutte contre les discriminations» dit-il dans un entretien à la revue «Hommes et migrations» de 2016. Dans ces cas souvent compliqués, le Défenseur des droits intervient par la voie de la médiation. Ainsi, en 2016, les universités avaient voulu imposer aux étudiants musulmanes, l’obligation de composer visages et oreilles découverts. Jacques TOUBON a condamné cette interprétation abusive de la laïcité «l'exigence de neutralité des usagers du service public de l'éducation ne sauraient s'entendre au-delà du cadre légal ou s'appliquer à des tiers assimilés abusivement à des collaborateurs du service public» dit-il dans ses conclusions du colloque «racisme et discrimination raciale, à l’école et à l’université, 27 septembre 2018». Un quart des jeunes déclare avoir été victime de propos, comportement ou injure raciste au cours des 5 dernières années. 

Je rends un vibrant hommage à Jacques TOUBON, ainsi qu’à ses collaborateurs, pour l’avoir saisi à plusieurs reprises. Je peux vous dire que connaissant le monde politique, combien cette classe d’hommes et de femmes est parfois réticente pour accompagner les gens en difficultés. Les politiciens ne viennent serrer les paluches qu’à l’occasion des consultations électorales, une fois terminées, ils se barricadent dans leurs forteresses et deviennent inaccessibles. Ils ont horreur des sollicitations, il faut les laisser jouir, tranquillement, de leurs indemnités. Et quand on leur écrit, ils ont tendance, soit à ne pas vous répondre, soit à vous envoyer des attentes d’attente à la con. Ça les emmerde sérieusement d’intervenir efficacement, lorsqu’un administré est sérieusement confronté à des tracasseries administratives :«Le Défenseur des droits est chargé de deux grandes missions : une mission de protection des droits et une mission de promotion de l’égalité et de l’accès aux droits. La première consiste à rendre effectifs les droits pour un certain nombre de personnes qui considèrent en être privées» dit Jacques TOUBON.

Or l’administration est à la fois efficace, mais elle sait, par des normes bureaucratiques, se rendre odieuse à l’égard des faibles, notamment les racisés, pour leur pourrir la vie. En particulier, pour les racisés, plusieurs circulaires ont mis en place un racisme systémique et institutionnel, notamment des contrôles ciblés pour les allocations familiales, les retraits arbitraires de titres de séjour, les grandes difficultés pour les Français issus de l’immigration à faire enregistrer leur mariage à l’étranger ou faire transcrire les actes d’état civil de leurs enfants, les obstacles injustifiés au regroupement familial ou l’accès à la nationalité française, les délais indus pour la délivrance des pensions de réversion, les grandes difficultés des retraités parfois à faire renouveler leur carte de résident, la difficulté des personnes détentrices d’une autorisation provisoire d’un titre de séjour à ouvrir un compte bancaire, alors même qu’elles viennent de trouver un emploi. Par ailleurs, dans les restaurants, les banques, les assurances, les médias, les partis politiques, bref, dans tous les lieux de décisions, les racisés sont devenus, et sont encore, des hommes du sous-sol, maintenus, arbitrairement, dans l’invisibilité.

Je peux témoigner, à chaque fois que j’avais saisi Jacques TOUBON, Défenseur des droits, cela avait pris du temps, et c’est normal, dans ce déni permanent du racisme. Mais il a toujours agi, dans le bon sens. Je me souviens de mon oncle, Alpha DIJGO, ayant travaillé chez Renault pendant plus de 33 ans, décédé, en 2013, et ayant laissé au village 9 enfants, la CNAV n’avait cédé qu’en septembre 2018, et pour la deuxième épouse, l’accord d’une pension de réversion a été accordée, il y a de cela 3 mois, en janvier 2020. Idem pour Mamoudou BA, qui avait travaillé à Nice, confronté au renouvellement de sa carte de retraité, avec plus de 9 mois de tracasseries administratives. Le Préfet de Police a fini, sur insistance du Défenseur des droits, à renouveler sa carte de résident, mais il est mort, deux mois après cette grave injustice. A chaque fois donc, Jacques TOUBON a trouvé la bonne solution. Je ne peux pas évoquer ici, tous les nombreux dossiers, pendant ces 6 années et à chaque fois, dans un monde plombé par le racisme et les violences policières, Jacques TOUBON et ses services, ont représenté l’honneur de la France républicaine. Aussi nous leur disons MERCI.

En 2019, Jacques TOUBON, Défenseur des droits, a été saisi de 103 000 plaintes. A chaque fois, il s’est armé de trois principes : vérité, confiance, égalité «dire la vérité, parce que indépendant et libre, mais près de toutes et de tous, partout ; légitimer la confiance de la société dans le service public et dans celles et ceux qui l’incarnent ; garantir l’égalité et ainsi nourrir les sentiments d’appartenance et de justice» dit-il dans son rapport de 2019, une sorte de testament de son action depuis 6 ans.  Jacques TOUBON est resté, jusqu’au bout de sa mission, et en dépit du déni, très vigilant à l’égard du racisme systémique, des violences policières et des questions de justice : «Notre compétence exclusive dans la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité : contribution à la mise en œuvre de la discrimination systémique par les juridictions ; mise en lumière des discriminations» écrit-il dans son rapport de 2019.

Références bibliographiques

BERTHIER (Antony) «Interview de Jacques Toubon», Huffpost, 8 juin 2020 ;

Défenseur des droits, Défenseur des droits, un dispositif de protection, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, non daté, 32 pages ;

HALISSAT (Ismaël) «Le Défenseur des droits dénonce un cas de «discrimination systémique» par la Police», Libération, 2 juin 2020 ;

GUYON (Régis) «Entretien avec Jacques Toubon, connaître le droit, ses droits, une manière de mieux les faire appliquer», Diversité, 2ème trimestre 2017, n°188, pages 7-10 ;

MOUILLARD (Sylvain) KAUFFMANN (Philippe), «Jacques Toubon, fin de mandat d’un Défenseur inespéré», Libération, 30 juin 2020 ;

PECNARD (Jules) «L’étonnante mue de  Jacques Toubon, du RPR à la défense acharnée des migrants», Le Figaro, 13 avril 2018 ;

PERRAULT (Guillaume) «Jacques Toubon finit à gauche de Macron», Le Figaro, 19 décembre 2017 ;

POINSOT (Marie) «Entretien avec Jacques Toubon, Défenseur des droits», Hommes et Migrations, 2016,  n°1315, pages 82-87 ;

SAURAT (Pierre), Jacques Toubon, premier ministre de Jacques Chirac, Paris, édition Cinq-Diamants, 1986, 358 pages ;

TOUBON (Jacques), Jacques Toubon, audition en vue de la nomination aux fonctions de Défenseur des droits, Paris, Commission des lois constitutionnelles, 27 juin 2014, 17 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2015, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2016, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2017, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2018, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2018, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2019, 102 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2016, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2017, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2019, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2020, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Pour en finir avec la peur, Paris, Robert Laffont, 1984, 201 pages.

Paris, le 5 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Je rends un vibrant hommage à Jacques TOUBON, ainsi qu’à ses collaborateurs, pour l’avoir saisi à plusieurs reprises. Je peux vous dire que connaissant le monde politique, combien cette classe d’hommes et de femmes est parfois réticente pour accompagner les gens en difficultés. Les politiciens ne viennent serrer les paluches qu’à l’occasion des consultations électorales, une fois terminées, ils se barricadent dans leurs forteresses et deviennent inaccessibles. Ils ont horreur des sollicitations, il faut les laisser jouir, tranquillement, de leurs indemnités. Et quand on leur écrit, ils ont tendance, soit à ne pas vous répondre, soit à vous envoyer des attentes d’attente à la con. Ça les emmerde sérieusement d’intervenir efficacement, lorsqu’un administré est sérieusement confronté à des tracasseries administratives :«Le Défenseur des droits est chargé de deux grandes missions : une mission de protection des droits et une mission de promotion de l’égalité et de l’accès aux droits. La première consiste à rendre effectifs les droits pour un certain nombre de personnes qui considèrent en être privées» dit Jacques TOUBON.

Or l’administration est à la fois efficace, mais elle sait, par des normes bureaucratiques, se rendre odieuse à l’égard des faibles, notamment les racisés, pour leur pourrir la vie. En particulier, pour les racisés, plusieurs circulaires ont mis en place un racisme systémique et institutionnel, notamment des contrôles ciblés pour les allocations familiales, les retraits arbitraires de titres de séjour, les grandes difficultés pour les Français issus de l’immigration à faire enregistrer leur mariage à l’étranger ou faire transcrire les actes d’état civil de leurs enfants, les obstacles injustifiés au regroupement familial ou l’accès à la nationalité française, les délais indus pour la délivrance des pensions de réversion, les grandes difficultés des retraités parfois à faire renouveler leur carte de résident, la difficulté des personnes détentrices d’une autorisation provisoire d’un titre de séjour à ouvrir un compte bancaire, alors même qu’elles viennent de trouver un emploi. Par ailleurs, dans les restaurants, les banques, les assurances, les médias, les partis politiques, bref, dans tous les lieux de décisions, les racisés sont devenus, et sont encore, des hommes du sous-sol, maintenus, arbitrairement, dans l’invisibilité.

Je peux témoigner, à chaque fois que j’avais saisi Jacques TOUBON, Défenseur des droits, cela avait pris du temps, et c’est normal, dans ce déni permanent du racisme. Mais il a toujours agi, dans le bon sens. Je me souviens de mon oncle, Alpha DIJGO, ayant travaillé chez Renault pendant plus de 33 ans, décédé, en 2013, et ayant laissé au village 9 enfants, la CNAV n’avait cédé qu’en septembre 2018, et pour la deuxième épouse, l’accord d’une pension de réversion a été accordée, il y a de cela 3 mois, en janvier 2020. Idem pour Mamoudou BA, qui avait travaillé à Nice, confronté au renouvellement de sa carte de retraité, avec plus de 9 mois de tracasseries administratives. Le Préfet de Police a fini, sur insistance du Défenseur des droits, à renouveler sa carte de résident, mais il est mort, deux mois après cette grave injustice. A chaque fois donc, Jacques TOUBON a trouvé la bonne solution. Je ne peux pas évoquer ici, tous les nombreux dossiers, pendant ces 6 années et à chaque fois, dans un monde plombé par le racisme et les violences policières, Jacques TOUBON et ses services, ont représenté l’honneur de la France républicaine. Aussi nous leur disons MERCI.

En 2019, Jacques TOUBON, Défenseur des droits, a été saisi de 103 000 plaintes. A chaque fois, il s’est armé de trois principes : vérité, confiance, égalité «dire la vérité, parce que indépendant et libre, mais près de toutes et de tous, partout ; légitimer la confiance de la société dans le service public et dans celles et ceux qui l’incarnent ; garantir l’égalité et ainsi nourrir les sentiments d’appartenance et de justice» dit-il dans son rapport de 2019, une sorte de testament de son action depuis 6 ans.  Jacques TOUBON est resté, jusqu’au bout de sa mission, et en dépit du déni, très vigilant à l’égard du racisme systémique, des violences policières et des questions de justice : «Notre compétence exclusive dans la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité : contribution à la mise en œuvre de la discrimination systémique par les juridictions ; mise en lumière des discriminations» écrit-il dans son rapport de 2019.

Références bibliographiques

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PERRAULT (Guillaume) «Jacques Toubon finit à gauche de Macron», Le Figaro, 19 décembre 2017 ;

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TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2015, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2016, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2017, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2018, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2018, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2019, 102 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2016, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2017, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2019, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2020, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Pour en finir avec la peur, Paris, Robert Laffont, 1984, 201 pages.

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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:14

Mme Claire HEDON, présidente d'ATD-Quart Monde, ancienne journaliste et membre du Comité d’éthique,  a été nommée en tant que défenseure des droits en remplacement de Jacques TOUBON. «Je souhaiterais beaucoup, mais ce n'est pas à moi d'en décider, que le prochain Défenseur des droits soit UNE Défenseur des droits. Parce que je crois que ce serait un signal assez conséquent en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes» avait dit, auparavant, Jacques TOUBON. Le mandat du Défenseur des droits de 6 ans, ne peut pas être renouvelé, mais n'est pas révocable. Durant son mandat s’achevant le 16 juillet 2020, et notamment ces derniers temps, Jacques TOUBON s’est montré particulièrement critique à l’égard de la politique gouvernementale concernant les administrés. Il faut que «la République tienne les promesses qu’elle a faite à tous» écrit Jacques TOUBON. «Quelques coups de canifs ont été portés à nos droits» dit-il. 50% des plaintes pour racisme concernent le domaine de l’emploi. Les abus des forces répressives couvrent de nombreux domaines : les décès lors des interpellations, les vols de biens des racisés, le manque d’impartialité, les propos déplacés, les palpations ou fouilles abusives, les violences illégitimes, le défaut d’attention à l’état de santé, le refus d’intervention ou non-respect de la procédure : «Je ne sais pas s’il y a plus de mauvais comportements des forces de sécurité aujourd’hui, mais il y a une plus grande sensibilité des Français à ce sujet. Je vois cette sensibilité de façon positive. Je suis attaché à l’idée qu’il faut de la confiance entre la population et les personnes qui exercent une activité dans le domaine de la sécurité, en particulier en matière de Police» dit-il. Par ailleurs, le Défenseur des droits, Jacques TOUBON, qualifie de «discriminatoires» les pratiques, répétées sur plusieurs années, du commissariat du XIIe arrondissement de Paris à l’encontre d’un groupe de jeunes habitants noirs et arabes ou perçus comme tels. Ces observations interviennent dans le cadre d’une procédure civile lancée contre l’Etat en juillet 2019 par 18 mineurs à l’époque des faits. Ils dénoncent depuis 2015 des contrôles au faciès, des insultes et des violences répétées de la part des policiers. Dans cette affaire, trois agents avaient été condamnés au pénal en avril 2018, en première instance, à cinq mois d’emprisonnement avec sursis et des amendes. Sur ce volet pénal, un appel a été interjeté par les policiers. Dans sa décision, Jacques TOUBON conclut que «c’est ainsi la somme des pratiques constatées, la répétition des violations de procédures envers le groupe de jeunes gens du quartier d’origine maghrébine et africaine qui va conduire à la reconnaissance de la discrimination sous ses multiples formes qu’il s’agisse de discriminations directe, indirecte ou de harcèlement, créant un cadre où se déploie la discrimination systémique : l’effet cumulatif de ces comportements crée un climat d’exclusion et de discrimination» dit le Médiateur de la République dans sa décision du 12 mai 2020.

 

Jacques TOUBON a fini  son mandat, de façon honorable, à gauche du président MACRON, un chef de l’Etat qui se droitise de plus en plus, avec la nomination d’un premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. En effet, Jules PECNARD, journaliste au Figaro, parle d’une «étonnante mue de Jack Toubon». Dans son rapport de 2018, Jacques TOUBON écrit : «Près de cinq ans après que j’ai pris la fonction de Défenseur des droits, le double rôle que joue l’institution dans la société française m’apparait de plus en plus clairement : sismographe de la demande sociale, révélateur des craquements, des fractures d’un peuple écartelé entre la planète et le village ; alarme, porte-voix, témoin soucieux du déclin des droits fondamentaux et de leur inégale effectivité». En effet, Jacques TOUBON est devenu un lanceur d’alerte, une mauvaise conscience pour cette démocratie ethnique : «Le Défenseur des droits ne se contente pas d’observer, il prévient, aux deux sens de prévenir : empêcher d’advenir et avertir. Le Défenseur des droits ne prétend pas être Cassandre, dont les Troyens ont refusé d’écouter les adjurations, ce qui les conduisit à la défaite et à l’exil ; il n’entend faire la leçon à quiconque. Il continue à demander que personne ne détourne son regard de la réalité des hommes et des femmes qui vivent ici, qu’ils et elles soient entendus et écoutés dans leur demande d’effectivité des droits et que leur égale dignité soit sauvegardée» écrit-il dans son rapport de 2018. Jacques TOUBON a dénoncé «l'insuffisance des politiques publiques» sur les questions de discriminations à l'emploi, au logement, à l'éducation et aux contrôles et violences policières, et réclamé la création d'un «observatoire».

 

Classé à droite de l’échiquier politique, l’itinéraire de Jacques TOUBON indique que tout manichéisme devrait être écarté dans nos grilles de lecture de la vie publique. Pour ma part, le monde n’est pas divisé entre les gens de gauche ou de droite, chaque conviction républicaine est respectable, ni entre Blancs, Noirs ou Juifs ; il y a deux catégories d’individus : les Bons et les Mauvais. A la façon dont il s’est acquitté de sa mission de Défenseur des droits, Jacques TOUBON mérite notre administration, notre respect, ainsi que notre profonde gratitude. Jacques TOUBON, Homme de caractère et de conviction, indépendant et doté d’une éthique personnelle, Jacques TOUBON représente l’honneur de la France républicaine : «L’indépendance d’une personne en situation de responsabilité se mesure à son statut propre et aux obligations auxquelles elle doit se conformer, à celui de l’organisme qu’elle pilote, et, évidemment, à son éthique personnelle. Je m’attacherai jour après jour, à ce que mes actes soient conformes aux principes de moralité, de défense des plus vulnérables, de protection des droits qui ont présidé à la création de l’Institution» avait-il dit lors de son entretien d’embauche en 2014.

 

Successeur de Dominique BAUDIS, et nommé à la surprise générale par François HOLLANDE le 17 juillet 2014, s’est immédiatement posé en vigie intraitable et infatigable des libertés publiques, des droits fondamentaux et des discriminations. Pourtant au départ, les socialistes étaient sceptiques : «Jacques Toubon est proposé comme Défenseur des droits ? J'invite mes collègues de la commission des lois à rejeter cette proposition !», a écrit Alexis BACHELAY, député des Hauts-de-Seine. Yann GALUT, actuel maire de Bourges avait dit que c’est «cauchemar». «A l'heure où l'homophobie explose, où la parole raciste est complètement décomplexée en France et où la République a besoin d'être réaffirmée, les Jeunes Socialistes souhaitent que cette proposition de nomination soit revue» écrivent les Jeunes socialistes. Très proche de Jacques CHIRAC et incarnation de l'appareil RPR, né le 29 juin 1941 à Nice, juriste de formation, énarque et ayant démarré au Ministère de l’Outre-mer, député de 1981 à 1993, maire du 13e arrondissement de Paris de 1983 à 2001, ministre de la Culture et de la francophonie de 1993 à 1995, puis ministre de la Justice entre 1993 et 1997, député européen de 2004 à 2009, Jacques TOUBON a été le président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration de 2005 à 2014. Il a été aussi du Haut conseil à l’intégration et de la Haute autorité pour la diffusion pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI). Sa femme, Lise, la veuve de Michel STRAUSS, mort en 1970, est d’un soutien considérable. Jacques TOUBON a une sensibilité républicaine il avait voté, en 1981, pour l'article 1er prescrivant que la peine de mort est abolie. «Par conviction intime, je suis favorable à l'abolition de la peine de mort», avait-il déclaré. Par ailleurs, ancien maire d’un quartier populaire, le XIIIème arrondissement, il a conservé sa fibre sociale et a su convaincre par sa rigueur et son obstination : «C'est un bourreau de travail qui se donne à fond dans sa fonction. Après, c'est quelqu'un qui a toujours eu une fibre sociale prononcée. Il a été maire du XIIIe, à la fois bigarré et populaire. Et puis lui et son épouse, Lise, ont toujours été très proches des milieux artistiques, plutôt marqués à gauche» dit Jean-Pierre LECOQ, maire Les Républicains du VIème arrondissement. Dans son audition pour le poste de Défenseur des droits, il a clairement indiqué ses motivations : «J’ai le sentiment d’avoir été hier, en tant qu’élu et de pouvoir être, demain, comme Défenseur des droits, l’interprète des besoins et des demandes de ceux qui sont les plus démunis. Inspiré à la fois pour mes convictions humanistes, antiracistes et républicaines, et par mon expérience vécue dans le 13ème et partout en France, j’ai accompli pour faire connaître et reconnaître la place de l’immigration dans l’histoire de la France et des Français et le rôle qu’elle joue dans notre société d’aujourd’hui. Conjuguer République et diversité, respecter les origines pour contribuer à l’intégration, construire notre identité multiple. La triple passion de la dignité, de la culture et du droit peut être un levier puissant pour bâtir une plus grande égalité des droits pour tous» dit-il à la Commission des Lois. Jacques TOUBON a pour ambition de contribuer à l’égalité effective des droits, une meilleure cohésion sociale.

 

En définitive, Jacques TOUBON s’est révélé un défenseur intransigeant de l’égalité réelle : «rien n’est jamais acquis en matière de droits et de libertés, et leur fragilité suppose une vigilance constante» dit-il. Jacques Toubon : «Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais» dit-il. «Nous avons le joug sur la nuque et nous tirons la charrue jour et nuit hardiment» dit-il. En effet, dès sa prise de fonction et dans son rapport de 2015, Jacques TOUBON donne le ton : «Les réclamations que nous recevons ne représentent qu’une part des situations que le Défenseur des droits pourrait prendre en compte. Nous le savons bien, en particulier en ce qui concerne les discriminations et les droits des enfants. Ce que j’ai dénoncé, dès mon entrée en fonctions, comme le non-recours aux droits et aux services publics, et au Défenseur des droits qui constitue l’une des voies d’accès, fait l’objet de ma principale préoccupation» écrit-il, dans la préface. Il avait en particulier critiqué le régime des domiciliations des demandeurs d’asile, une procédure dérogatoire au droit commun de plus en plus contraignante, pour les associations humanitaires. Dans son rapport de 2017, Jacques TOUBON en appelle à un accueil humain de toutes les personnes en difficulté ou vulnérables. Pour lui, le Défenseur des droits est un porteur du principe d’égalité : «Les discriminations sont le résultat de structures, de mécanismes sociaux profonds et de l’existence de déséquilibres socio-économiques ou de hiérarchies sociales historiquement constitués qui contribuent à les entretenir. C’est pourquoi le Défenseur des droits s’engage aussi dans un combat pour l’égalité en s’attachant à objectiver les processus à l’origine des inégalités et discriminations et à déconstruire les stéréotypes, en particulier par l’éducation et la sensibilisation des secteurs économiques et sociaux» écrit-il dans son rapport de 2017.

 

Jacques TOUBON est désormais, à la fin de son mandat, l’un des héros de la gauche, des ONG et des associations de défense des droits humains : «J’y ai mis, ce que je suis» dit Jacques TOUBON. Face à une opinion largement lepénisée et aux hypocrites, Jacques TOUBON a toujours vigoureusement dénoncé que «la peur» et l'idée «fausse» d'une «submersion» migratoire «guident les opinions et les choix politiques». En effet, le Défenseur des droits avait vertement critiqué le projet de loi sur l’immigration et le droit d’asile : un «mélange deux choses incompatibles en droit» avait-il dit. «J'ai consacré dix ans de ma vie à l'histoire de l'immigration. (...) Nous avons, depuis la plus Haute Antiquité, une histoire d'échanges des peuples. Le principe des politiques migratoires qui sont menées actuellement par la France (...) c'est d'essayer de mettre un mur, un grillage, une barrière à l'entrée» dit-il. L’accès aux droits est devenu sa priorité : «Il y a un travail de pédagogie à faire en direction des journalistes pour qu’ils apprennent à déconstruire leur propre discours sur les discriminations. Depuis les attentats de 2015, on observe un climat de sidération dans l’opinion publique qui choisit systématiquement le point de vue sécuritaire et adopte, sur les étrangers et les migrants, le point de vue de la maîtrise des flux partagé par la droite comme par la gauche : il faut mettre davantage de barrières, bloquer les mouvements migratoires à la porte de l’Europe» dit Jacques TOUBON, dans un entretien accordé à «Hommes et Migrations». S’agissant des demandeurs d’asile et des mineurs, Jacques TOUBON a souligné le manquement de la République à ses droits : «Si j’ai accordé tant d’attention à la situation des mineurs non accompagnés, notamment ceux qui ont été évacués de Calais et des campements parisiens, c’est qu’elle illustre parfaitement les manquements de la République au titre d’au moins trois missions du Défenseur des droits : les droits fondamentaux des enfants en vertu de la Convention internationale, les insuffisances dans le fonctionnement des services publics, et le traitement discriminatoire des étrangers et des migrants dans des circonstances où, au mépris des droits universels, leur qualité d’étranger est prise en considération avant leur qualité d’usager, de malade, d’enfant, de demandeur d’emploi ou de logement» dit-il dans son rapport de 2016.

Par ailleurs, il a fustigé cette conception détournant la laïcité de son sens : «Le discours public est devenu largement identitaire depuis dix ans et indifférent à la lutte contre les inégalités. Le discours sur la laïcité est devenu un discours d’exclusion alors que la laïcité devrait, au contraire, mettre l’accent sur la liberté et les libertés» dit-il. Le concept de « statistiques ethniques » est entouré de graves confusions, volontairement, entretenues, et il a levé les ambiguïtés : «Il faut bien comprendre que l’on crée de la confusion à partir de l’expression «statistiques ethniques». Ce qui est interdit et doit le demeurer, ce sont des fichiers nominatifs fondés sur certaines caractéristiques, en l’occurrence ethniques. Mais, en revanche, que l’on tienne compte d’un certain nombre de caractéristiques dans les études et les recherches scientifiques, ce n’est pas la même chose et c’est admis. Nous y sommes favorables, car cela permet de mesurer les itinéraires des personnes susceptibles d’être victimes de discrimination. Le débat sur les statistiques ethniques a démarré sur une mauvaise base parce qu’on confond l’utilisation économique des statistiques ethniques et les travaux qui étudient les réalités, et font évoluer les attitudes et les lois» dit-il.

Créé à l’occasion de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Défenseur des droits regroupe, en 2011, différentes institutions (Médiateur, Défenseur des enfants, Commission nationale de déontologie et de sécurité et Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, HALDE). C’est un poste exigeant, mais il donne  le beau rôle en offrant un magistère moral, loin des contraintes politiques, d’autant plus que la Gauche, pendant cette période connaissait une crise profonde ; habité par un sens de l’Histoire, il a occupé le terrain, pour laisser sa trace indélébile. En effet, figure d’un contre-pouvoir tenace face à une Macronie arrogante et triomphante, Jacques TOUBON, en toute indépendance, face au déni du racisme institutionnel et systémique, a eu le courage de traiter des violences policières, notamment dans un quartier parisien : «Le cas particulier est celui d’un groupe de policiers dans un quartier parisien qui a eu pendant plusieurs années des comportements agressifs consistant à systématiquement pourchasser un groupe de jeunes. Nous avons dit que le comportement de ces policiers nous paraissait constituer une discrimination systémique. Nous ne pouvons pas dire que cette décision traduit une situation globale, mais en même temps dans ce cas d’espèce, elle a bien démontré le comportement discriminatoire» dit-il. En effet, les jeunes racisés ont 100 fois plus de chances d’être contrôlés par la Police. Ces contrôles au faciès sont discriminatoires : «On voit bien que les comportements individuels que nous traitons reposent sur des données sociales, sociologiques. Il faut corriger cette situation de défiance entre une partie de la police et une partie de la population. Pour cela, nous ne sommes pas des politiques ni des policiers, mais nous disons qu’il faut faire deux choses: avoir une traçabilité des contrôles et introduire la définition du contrôle discriminatoire dans le code de procédure pénale. Et je crois qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de motif à pouvoir refuser cette évolution. On est dans la philosophie du “ni vu ni connu”, mais “ni vu ni connu”, c’est une position qui est parfaitement contraire à ce que moi je suis chargé de défendre c’est-à-dire les droits fondamentaux et les droits de l’Homme. Mais j’ai le sentiment que les choses évoluent» dit-il. Les racisés ont du mal à faire reconnaître leur droit de manifester, comme les autres citoyens : «Une règle générale, c’est que la liberté de manifester comporte la compensation de respecter l’ordre public. Et cela peut motiver certaines interdictions. Mais il ne faut pas détourner les règles contre cette liberté» dit-il.

Le Défenseur des droits est un lieu d’observation privilégié des difficultés quotidiennes rencontrées par les Français. «Notre activité, sans cesse croissante, reflète et transcrit, comme un sismographe, maintes caractéristiques de notre société dans ses rapports avec les pouvoirs publics et dans la mise en œuvre de l’État de droit», écrit Jacques Toubondans son dernier rapport, rendu public ce lundi 8 juin 2020. Parmi les évolutions les plus spectaculaires notées dans ce rapport, «l’ampleur des effets délétères de l’évanescence des services publics sur les droits des usagers». Sur les 103 000 réclamations reçues par cette institution en 2019, 61 596, soit plus de la moitié, étaient liées aux relations avec les services publics. Particulièrement attaché à la défense des droits fondamentaux, il l’a rappelé : «Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! Si les droits fondamentaux sont caricaturaux, à ce moment-là, il y a un problème» avait-il dit en avril 2018 devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. Les droits fondamentaux ce n’est pas une question abstraite ; les discriminations sont une réalité persistante touchant inégalement les citoyens : «On n’est pas abstrait. […] Les droits fondamentaux, ça n’est pas dans l’éther, c’est sur les trottoirs du boulevard de la Villette» dit-il. Les discriminations dans l’emploi, fondées sur l’origine ethnique, à l’embauche, perdurent aussi dans le déroulement de carrière et au sein de l’environnement de travail. 

«Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences» proclame l’article 71-1 de la Constitution française. Par conséquent, le Défenseur des droits est chargé d’examiner les requêtes uniquement dirigées contre un organisme ayant en charge une mission de service, les intérêts de l’enfant, la lutte contre les discriminations directes ou indirectes ou le respect de la déontologie par les forces de sécurité (article 4 loi n°2011-333 du 29 mars 2011). En effet, dans ses missions, le Défenseur des droits, de respect des droits et libertés, le Défenseur des droits est amené à connaître des faits de discrimination raciale à travers les réclamations des indigènes de la République. Si le Défenseur des droits n’est pas compétent pour la lutte contre le racisme au sens de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ni pour les violences avec circonstances aggravantes telles que le racisme, en revanche, il peut examiner en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l'appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race, à une nation, à une religion, ou sur l'origine, telles que prévues par la loi n°2008-46 du 27 mai 2008. En 2017, le Défenseur des droits a reçu 5 405 saisines en raison de faits de discrimination. Cependant, la preuve en la matière est difficile à établir : «Le premier défi est de faire mieux connaître ces travaux sur les discriminations qui étaient jusque-là souvent tenus sous le boisseau. D’où la publication et la diffusion de guides qui permettent de mesurer et d’accompagner les interventions de prévention ou de lutte contre les discriminations» dit-il dans un entretien à la revue «Hommes et migrations» de 2016. Dans ces cas souvent compliqués, le Défenseur des droits intervient par la voie de la médiation. Ainsi, en 2016, les universités avaient voulu imposer aux étudiants musulmanes, l’obligation de composer visages et oreilles découverts. Jacques TOUBON a condamné cette interprétation abusive de la laïcité «l'exigence de neutralité des usagers du service public de l'éducation ne sauraient s'entendre au-delà du cadre légal ou s'appliquer à des tiers assimilés abusivement à des collaborateurs du service public» dit-il dans ses conclusions du colloque «racisme et discrimination raciale, à l’école et à l’université, 27 septembre 2018». Un quart des jeunes déclare avoir été victime de propos, comportement ou injure raciste au cours des 5 dernières années. 

Je rends un vibrant hommage à Jacques TOUBON, ainsi qu’à ses collaborateurs, pour l’avoir saisi à plusieurs reprises. Je peux vous dire que connaissant le monde politique, combien cette classe d’hommes et de femmes est parfois réticente pour accompagner les gens en difficultés. Les politiciens ne viennent serrer les paluches qu’à l’occasion des consultations électorales, une fois terminées, ils se barricadent dans leurs forteresses et deviennent inaccessibles. Ils ont horreur des sollicitations, il faut les laisser jouir, tranquillement, de leurs indemnités. Et quand on leur écrit, ils ont tendance, soit à ne pas vous répondre, soit à vous envoyer des attentes d’attente à la con. Ça les emmerde sérieusement d’intervenir efficacement, lorsqu’un administré est sérieusement confronté à des tracasseries administratives :«Le Défenseur des droits est chargé de deux grandes missions : une mission de protection des droits et une mission de promotion de l’égalité et de l’accès aux droits. La première consiste à rendre effectifs les droits pour un certain nombre de personnes qui considèrent en être privées» dit Jacques TOUBON.

Or l’administration est à la fois efficace, mais elle sait, par des normes bureaucratiques, se rendre odieuse à l’égard des faibles, notamment les racisés, pour leur pourrir la vie. En particulier, pour les racisés, plusieurs circulaires ont mis en place un racisme systémique et institutionnel, notamment des contrôles ciblés pour les allocations familiales, les retraits arbitraires de titres de séjour, les grandes difficultés pour les Français issus de l’immigration à faire enregistrer leur mariage à l’étranger ou faire transcrire les actes d’état civil de leurs enfants, les obstacles injustifiés au regroupement familial ou l’accès à la nationalité française, les délais indus pour la délivrance des pensions de réversion, les grandes difficultés des retraités parfois à faire renouveler leur carte de résident, la difficulté des personnes détentrices d’une autorisation provisoire d’un titre de séjour à ouvrir un compte bancaire, alors même qu’elles viennent de trouver un emploi. Par ailleurs, dans les restaurants, les banques, les assurances, les médias, les partis politiques, bref, dans tous les lieux de décisions, les racisés sont devenus, et sont encore, des hommes du sous-sol, maintenus, arbitrairement, dans l’invisibilité.

Je peux témoigner, à chaque fois que j’avais saisi Jacques TOUBON, Défenseur des droits, cela avait pris du temps, et c’est normal, dans ce déni permanent du racisme. Mais il a toujours agi, dans le bon sens. Je me souviens de mon oncle, Alpha DIJGO, ayant travaillé chez Renault pendant plus de 33 ans, décédé, en 2013, et ayant laissé au village 9 enfants, la CNAV n’avait cédé qu’en septembre 2018, et pour la deuxième épouse, l’accord d’une pension de réversion a été accordée, il y a de cela 3 mois, en janvier 2020. Idem pour Mamoudou BA, qui avait travaillé à Nice, confronté au renouvellement de sa carte de retraité, avec plus de 9 mois de tracasseries administratives. Le Préfet de Police a fini, sur insistance du Défenseur des droits, à renouveler sa carte de résident, mais il est mort, deux mois après cette grave injustice. A chaque fois donc, Jacques TOUBON a trouvé la bonne solution. Je ne peux pas évoquer ici, tous les nombreux dossiers, pendant ces 6 années et à chaque fois, dans un monde plombé par le racisme et les violences policières, Jacques TOUBON et ses services, ont représenté l’honneur de la France républicaine. Aussi nous leur disons MERCI.

En 2019, Jacques TOUBON, Défenseur des droits, a été saisi de 103 000 plaintes. A chaque fois, il s’est armé de trois principes : vérité, confiance, égalité «dire la vérité, parce que indépendant et libre, mais près de toutes et de tous, partout ; légitimer la confiance de la société dans le service public et dans celles et ceux qui l’incarnent ; garantir l’égalité et ainsi nourrir les sentiments d’appartenance et de justice» dit-il dans son rapport de 2019, une sorte de testament de son action depuis 6 ans.  Jacques TOUBON est resté, jusqu’au bout de sa mission, et en dépit du déni, très vigilant à l’égard du racisme systémique, des violences policières et des questions de justice : «Notre compétence exclusive dans la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité : contribution à la mise en œuvre de la discrimination systémique par les juridictions ; mise en lumière des discriminations» écrit-il dans son rapport de 2019.

Références bibliographiques

BERTHIER (Antony) «Interview de Jacques Toubon», Huffpost, 8 juin 2020 ;

Défenseur des droits, Défenseur des droits, un dispositif de protection, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, non daté, 32 pages ;

HALISSAT (Ismaël) «Le Défenseur des droits dénonce un cas de «discrimination systémique» par la Police», Libération, 2 juin 2020 ;

GUYON (Régis) «Entretien avec Jacques Toubon, connaître le droit, ses droits, une manière de mieux les faire appliquer», Diversité, 2ème trimestre 2017, n°188, pages 7-10 ;

MOUILLARD (Sylvain) KAUFFMANN (Philippe), «Jacques Toubon, fin de mandat d’un Défenseur inespéré», Libération, 30 juin 2020 ;

PECNARD (Jules) «L’étonnante mue de  Jacques Toubon, du RPR à la défense acharnée des migrants», Le Figaro, 13 avril 2018 ;

PERRAULT (Guillaume) «Jacques Toubon finit à gauche de Macron», Le Figaro, 19 décembre 2017 ;

POINSOT (Marie) «Entretien avec Jacques Toubon, Défenseur des droits», Hommes et Migrations, 2016,  n°1315, pages 82-87 ;

SAURAT (Pierre), Jacques Toubon, premier ministre de Jacques Chirac, Paris, édition Cinq-Diamants, 1986, 358 pages ;

TOUBON (Jacques), Jacques Toubon, audition en vue de la nomination aux fonctions de Défenseur des droits, Paris, Commission des lois constitutionnelles, 27 juin 2014, 17 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2015, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2016, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2017, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2018, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2018, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2019, 102 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2016, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2017, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2019, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2020, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Pour en finir avec la peur, Paris, Robert Laffont, 1984, 201 pages.

Paris, le 5 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jacques TOUBON, Défenseur des droits ou l’honneur de la France républicaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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6 juillet 2020 1 06 /07 /juillet /2020 12:14

Mme Claire HEDON, présidente d'ATD-Quart Monde, ancienne journaliste et membre du Comité d’éthique,  a été nommée en tant que défenseure des droits en remplacement de Jacques TOUBON. «Je souhaiterais beaucoup, mais ce n'est pas à moi d'en décider, que le prochain Défenseur des droits soit UNE Défenseur des droits. Parce que je crois que ce serait un signal assez conséquent en faveur de l'égalité entre les femmes et les hommes» avait dit, auparavant, Jacques TOUBON. Le mandat du Défenseur des droits de 6 ans, ne peut pas être renouvelé, mais n'est pas révocable. Durant son mandat s’achevant le 16 juillet 2020, et notamment ces derniers temps, Jacques TOUBON s’est montré particulièrement critique à l’égard de la politique gouvernementale concernant les administrés. Il faut que «la République tienne les promesses qu’elle a faite à tous» écrit Jacques TOUBON. «Quelques coups de canifs ont été portés à nos droits» dit-il. 50% des plaintes pour racisme concernent le domaine de l’emploi. Les abus des forces répressives couvrent de nombreux domaines : les décès lors des interpellations, les vols de biens des racisés, le manque d’impartialité, les propos déplacés, les palpations ou fouilles abusives, les violences illégitimes, le défaut d’attention à l’état de santé, le refus d’intervention ou non-respect de la procédure : «Je ne sais pas s’il y a plus de mauvais comportements des forces de sécurité aujourd’hui, mais il y a une plus grande sensibilité des Français à ce sujet. Je vois cette sensibilité de façon positive. Je suis attaché à l’idée qu’il faut de la confiance entre la population et les personnes qui exercent une activité dans le domaine de la sécurité, en particulier en matière de Police» dit-il. Par ailleurs, le Défenseur des droits, Jacques TOUBON, qualifie de «discriminatoires» les pratiques, répétées sur plusieurs années, du commissariat du XIIe arrondissement de Paris à l’encontre d’un groupe de jeunes habitants noirs et arabes ou perçus comme tels. Ces observations interviennent dans le cadre d’une procédure civile lancée contre l’Etat en juillet 2019 par 18 mineurs à l’époque des faits. Ils dénoncent depuis 2015 des contrôles au faciès, des insultes et des violences répétées de la part des policiers. Dans cette affaire, trois agents avaient été condamnés au pénal en avril 2018, en première instance, à cinq mois d’emprisonnement avec sursis et des amendes. Sur ce volet pénal, un appel a été interjeté par les policiers. Dans sa décision, Jacques TOUBON conclut que «c’est ainsi la somme des pratiques constatées, la répétition des violations de procédures envers le groupe de jeunes gens du quartier d’origine maghrébine et africaine qui va conduire à la reconnaissance de la discrimination sous ses multiples formes qu’il s’agisse de discriminations directe, indirecte ou de harcèlement, créant un cadre où se déploie la discrimination systémique : l’effet cumulatif de ces comportements crée un climat d’exclusion et de discrimination» dit le Médiateur de la République dans sa décision du 12 mai 2020.

 

Jacques TOUBON a fini  son mandat, de façon honorable, à gauche du président MACRON, un chef de l’Etat qui se droitise de plus en plus, avec la nomination d’un premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. En effet, Jules PECNARD, journaliste au Figaro, parle d’une «étonnante mue de Jack Toubon». Dans son rapport de 2018, Jacques TOUBON écrit : «Près de cinq ans après que j’ai pris la fonction de Défenseur des droits, le double rôle que joue l’institution dans la société française m’apparait de plus en plus clairement : sismographe de la demande sociale, révélateur des craquements, des fractures d’un peuple écartelé entre la planète et le village ; alarme, porte-voix, témoin soucieux du déclin des droits fondamentaux et de leur inégale effectivité». En effet, Jacques TOUBON est devenu un lanceur d’alerte, une mauvaise conscience pour cette démocratie ethnique : «Le Défenseur des droits ne se contente pas d’observer, il prévient, aux deux sens de prévenir : empêcher d’advenir et avertir. Le Défenseur des droits ne prétend pas être Cassandre, dont les Troyens ont refusé d’écouter les adjurations, ce qui les conduisit à la défaite et à l’exil ; il n’entend faire la leçon à quiconque. Il continue à demander que personne ne détourne son regard de la réalité des hommes et des femmes qui vivent ici, qu’ils et elles soient entendus et écoutés dans leur demande d’effectivité des droits et que leur égale dignité soit sauvegardée» écrit-il dans son rapport de 2018. Jacques TOUBON a dénoncé «l'insuffisance des politiques publiques» sur les questions de discriminations à l'emploi, au logement, à l'éducation et aux contrôles et violences policières, et réclamé la création d'un «observatoire».

 

Classé à droite de l’échiquier politique, l’itinéraire de Jacques TOUBON indique que tout manichéisme devrait être écarté dans nos grilles de lecture de la vie publique. Pour ma part, le monde n’est pas divisé entre les gens de gauche ou de droite, chaque conviction républicaine est respectable, ni entre Blancs, Noirs ou Juifs ; il y a deux catégories d’individus : les Bons et les Mauvais. A la façon dont il s’est acquitté de sa mission de Défenseur des droits, Jacques TOUBON mérite notre administration, notre respect, ainsi que notre profonde gratitude. Jacques TOUBON, Homme de caractère et de conviction, indépendant et doté d’une éthique personnelle, Jacques TOUBON représente l’honneur de la France républicaine : «L’indépendance d’une personne en situation de responsabilité se mesure à son statut propre et aux obligations auxquelles elle doit se conformer, à celui de l’organisme qu’elle pilote, et, évidemment, à son éthique personnelle. Je m’attacherai jour après jour, à ce que mes actes soient conformes aux principes de moralité, de défense des plus vulnérables, de protection des droits qui ont présidé à la création de l’Institution» avait-il dit lors de son entretien d’embauche en 2014.

 

Successeur de Dominique BAUDIS, et nommé à la surprise générale par François HOLLANDE le 17 juillet 2014, s’est immédiatement posé en vigie intraitable et infatigable des libertés publiques, des droits fondamentaux et des discriminations. Pourtant au départ, les socialistes étaient sceptiques : «Jacques Toubon est proposé comme Défenseur des droits ? J'invite mes collègues de la commission des lois à rejeter cette proposition !», a écrit Alexis BACHELAY, député des Hauts-de-Seine. Yann GALUT, actuel maire de Bourges avait dit que c’est «cauchemar». «A l'heure où l'homophobie explose, où la parole raciste est complètement décomplexée en France et où la République a besoin d'être réaffirmée, les Jeunes Socialistes souhaitent que cette proposition de nomination soit revue» écrivent les Jeunes socialistes. Très proche de Jacques CHIRAC et incarnation de l'appareil RPR, né le 29 juin 1941 à Nice, juriste de formation, énarque et ayant démarré au Ministère de l’Outre-mer, député de 1981 à 1993, maire du 13e arrondissement de Paris de 1983 à 2001, ministre de la Culture et de la francophonie de 1993 à 1995, puis ministre de la Justice entre 1993 et 1997, député européen de 2004 à 2009, Jacques TOUBON a été le président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration de 2005 à 2014. Il a été aussi du Haut conseil à l’intégration et de la Haute autorité pour la diffusion pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI). Sa femme, Lise, la veuve de Michel STRAUSS, mort en 1970, est d’un soutien considérable. Jacques TOUBON a une sensibilité républicaine il avait voté, en 1981, pour l'article 1er prescrivant que la peine de mort est abolie. «Par conviction intime, je suis favorable à l'abolition de la peine de mort», avait-il déclaré. Par ailleurs, ancien maire d’un quartier populaire, le XIIIème arrondissement, il a conservé sa fibre sociale et a su convaincre par sa rigueur et son obstination : «C'est un bourreau de travail qui se donne à fond dans sa fonction. Après, c'est quelqu'un qui a toujours eu une fibre sociale prononcée. Il a été maire du XIIIe, à la fois bigarré et populaire. Et puis lui et son épouse, Lise, ont toujours été très proches des milieux artistiques, plutôt marqués à gauche» dit Jean-Pierre LECOQ, maire Les Républicains du VIème arrondissement. Dans son audition pour le poste de Défenseur des droits, il a clairement indiqué ses motivations : «J’ai le sentiment d’avoir été hier, en tant qu’élu et de pouvoir être, demain, comme Défenseur des droits, l’interprète des besoins et des demandes de ceux qui sont les plus démunis. Inspiré à la fois pour mes convictions humanistes, antiracistes et républicaines, et par mon expérience vécue dans le 13ème et partout en France, j’ai accompli pour faire connaître et reconnaître la place de l’immigration dans l’histoire de la France et des Français et le rôle qu’elle joue dans notre société d’aujourd’hui. Conjuguer République et diversité, respecter les origines pour contribuer à l’intégration, construire notre identité multiple. La triple passion de la dignité, de la culture et du droit peut être un levier puissant pour bâtir une plus grande égalité des droits pour tous» dit-il à la Commission des Lois. Jacques TOUBON a pour ambition de contribuer à l’égalité effective des droits, une meilleure cohésion sociale.

 

En définitive, Jacques TOUBON s’est révélé un défenseur intransigeant de l’égalité réelle : «rien n’est jamais acquis en matière de droits et de libertés, et leur fragilité suppose une vigilance constante» dit-il. Jacques Toubon : «Nous essayons d’être présents en un moment où les droits sont plus fondamentaux que jamais» dit-il. «Nous avons le joug sur la nuque et nous tirons la charrue jour et nuit hardiment» dit-il. En effet, dès sa prise de fonction et dans son rapport de 2015, Jacques TOUBON donne le ton : «Les réclamations que nous recevons ne représentent qu’une part des situations que le Défenseur des droits pourrait prendre en compte. Nous le savons bien, en particulier en ce qui concerne les discriminations et les droits des enfants. Ce que j’ai dénoncé, dès mon entrée en fonctions, comme le non-recours aux droits et aux services publics, et au Défenseur des droits qui constitue l’une des voies d’accès, fait l’objet de ma principale préoccupation» écrit-il, dans la préface. Il avait en particulier critiqué le régime des domiciliations des demandeurs d’asile, une procédure dérogatoire au droit commun de plus en plus contraignante, pour les associations humanitaires. Dans son rapport de 2017, Jacques TOUBON en appelle à un accueil humain de toutes les personnes en difficulté ou vulnérables. Pour lui, le Défenseur des droits est un porteur du principe d’égalité : «Les discriminations sont le résultat de structures, de mécanismes sociaux profonds et de l’existence de déséquilibres socio-économiques ou de hiérarchies sociales historiquement constitués qui contribuent à les entretenir. C’est pourquoi le Défenseur des droits s’engage aussi dans un combat pour l’égalité en s’attachant à objectiver les processus à l’origine des inégalités et discriminations et à déconstruire les stéréotypes, en particulier par l’éducation et la sensibilisation des secteurs économiques et sociaux» écrit-il dans son rapport de 2017.

 

Jacques TOUBON est désormais, à la fin de son mandat, l’un des héros de la gauche, des ONG et des associations de défense des droits humains : «J’y ai mis, ce que je suis» dit Jacques TOUBON. Face à une opinion largement lepénisée et aux hypocrites, Jacques TOUBON a toujours vigoureusement dénoncé que «la peur» et l'idée «fausse» d'une «submersion» migratoire «guident les opinions et les choix politiques». En effet, le Défenseur des droits avait vertement critiqué le projet de loi sur l’immigration et le droit d’asile : un «mélange deux choses incompatibles en droit» avait-il dit. «J'ai consacré dix ans de ma vie à l'histoire de l'immigration. (...) Nous avons, depuis la plus Haute Antiquité, une histoire d'échanges des peuples. Le principe des politiques migratoires qui sont menées actuellement par la France (...) c'est d'essayer de mettre un mur, un grillage, une barrière à l'entrée» dit-il. L’accès aux droits est devenu sa priorité : «Il y a un travail de pédagogie à faire en direction des journalistes pour qu’ils apprennent à déconstruire leur propre discours sur les discriminations. Depuis les attentats de 2015, on observe un climat de sidération dans l’opinion publique qui choisit systématiquement le point de vue sécuritaire et adopte, sur les étrangers et les migrants, le point de vue de la maîtrise des flux partagé par la droite comme par la gauche : il faut mettre davantage de barrières, bloquer les mouvements migratoires à la porte de l’Europe» dit Jacques TOUBON, dans un entretien accordé à «Hommes et Migrations». S’agissant des demandeurs d’asile et des mineurs, Jacques TOUBON a souligné le manquement de la République à ses droits : «Si j’ai accordé tant d’attention à la situation des mineurs non accompagnés, notamment ceux qui ont été évacués de Calais et des campements parisiens, c’est qu’elle illustre parfaitement les manquements de la République au titre d’au moins trois missions du Défenseur des droits : les droits fondamentaux des enfants en vertu de la Convention internationale, les insuffisances dans le fonctionnement des services publics, et le traitement discriminatoire des étrangers et des migrants dans des circonstances où, au mépris des droits universels, leur qualité d’étranger est prise en considération avant leur qualité d’usager, de malade, d’enfant, de demandeur d’emploi ou de logement» dit-il dans son rapport de 2016.

Par ailleurs, il a fustigé cette conception détournant la laïcité de son sens : «Le discours public est devenu largement identitaire depuis dix ans et indifférent à la lutte contre les inégalités. Le discours sur la laïcité est devenu un discours d’exclusion alors que la laïcité devrait, au contraire, mettre l’accent sur la liberté et les libertés» dit-il. Le concept de « statistiques ethniques » est entouré de graves confusions, volontairement, entretenues, et il a levé les ambiguïtés : «Il faut bien comprendre que l’on crée de la confusion à partir de l’expression «statistiques ethniques». Ce qui est interdit et doit le demeurer, ce sont des fichiers nominatifs fondés sur certaines caractéristiques, en l’occurrence ethniques. Mais, en revanche, que l’on tienne compte d’un certain nombre de caractéristiques dans les études et les recherches scientifiques, ce n’est pas la même chose et c’est admis. Nous y sommes favorables, car cela permet de mesurer les itinéraires des personnes susceptibles d’être victimes de discrimination. Le débat sur les statistiques ethniques a démarré sur une mauvaise base parce qu’on confond l’utilisation économique des statistiques ethniques et les travaux qui étudient les réalités, et font évoluer les attitudes et les lois» dit-il.

Créé à l’occasion de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, le Défenseur des droits regroupe, en 2011, différentes institutions (Médiateur, Défenseur des enfants, Commission nationale de déontologie et de sécurité et Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, HALDE). C’est un poste exigeant, mais il donne  le beau rôle en offrant un magistère moral, loin des contraintes politiques, d’autant plus que la Gauche, pendant cette période connaissait une crise profonde ; habité par un sens de l’Histoire, il a occupé le terrain, pour laisser sa trace indélébile. En effet, figure d’un contre-pouvoir tenace face à une Macronie arrogante et triomphante, Jacques TOUBON, en toute indépendance, face au déni du racisme institutionnel et systémique, a eu le courage de traiter des violences policières, notamment dans un quartier parisien : «Le cas particulier est celui d’un groupe de policiers dans un quartier parisien qui a eu pendant plusieurs années des comportements agressifs consistant à systématiquement pourchasser un groupe de jeunes. Nous avons dit que le comportement de ces policiers nous paraissait constituer une discrimination systémique. Nous ne pouvons pas dire que cette décision traduit une situation globale, mais en même temps dans ce cas d’espèce, elle a bien démontré le comportement discriminatoire» dit-il. En effet, les jeunes racisés ont 100 fois plus de chances d’être contrôlés par la Police. Ces contrôles au faciès sont discriminatoires : «On voit bien que les comportements individuels que nous traitons reposent sur des données sociales, sociologiques. Il faut corriger cette situation de défiance entre une partie de la police et une partie de la population. Pour cela, nous ne sommes pas des politiques ni des policiers, mais nous disons qu’il faut faire deux choses: avoir une traçabilité des contrôles et introduire la définition du contrôle discriminatoire dans le code de procédure pénale. Et je crois qu’il n’y a pas, aujourd’hui, de motif à pouvoir refuser cette évolution. On est dans la philosophie du “ni vu ni connu”, mais “ni vu ni connu”, c’est une position qui est parfaitement contraire à ce que moi je suis chargé de défendre c’est-à-dire les droits fondamentaux et les droits de l’Homme. Mais j’ai le sentiment que les choses évoluent» dit-il. Les racisés ont du mal à faire reconnaître leur droit de manifester, comme les autres citoyens : «Une règle générale, c’est que la liberté de manifester comporte la compensation de respecter l’ordre public. Et cela peut motiver certaines interdictions. Mais il ne faut pas détourner les règles contre cette liberté» dit-il.

Le Défenseur des droits est un lieu d’observation privilégié des difficultés quotidiennes rencontrées par les Français. «Notre activité, sans cesse croissante, reflète et transcrit, comme un sismographe, maintes caractéristiques de notre société dans ses rapports avec les pouvoirs publics et dans la mise en œuvre de l’État de droit», écrit Jacques Toubondans son dernier rapport, rendu public ce lundi 8 juin 2020. Parmi les évolutions les plus spectaculaires notées dans ce rapport, «l’ampleur des effets délétères de l’évanescence des services publics sur les droits des usagers». Sur les 103 000 réclamations reçues par cette institution en 2019, 61 596, soit plus de la moitié, étaient liées aux relations avec les services publics. Particulièrement attaché à la défense des droits fondamentaux, il l’a rappelé : «Il n’y a pas de caricature à proclamer les droits fondamentaux ! Si les droits fondamentaux sont caricaturaux, à ce moment-là, il y a un problème» avait-il dit en avril 2018 devant la commission des lois de l’Assemblée nationale. Les droits fondamentaux ce n’est pas une question abstraite ; les discriminations sont une réalité persistante touchant inégalement les citoyens : «On n’est pas abstrait. […] Les droits fondamentaux, ça n’est pas dans l’éther, c’est sur les trottoirs du boulevard de la Villette» dit-il. Les discriminations dans l’emploi, fondées sur l’origine ethnique, à l’embauche, perdurent aussi dans le déroulement de carrière et au sein de l’environnement de travail. 

«Le Défenseur des droits veille au respect des droits et libertés par les administrations de l’État, les collectivités territoriales, les établissements publics, ainsi que par tout organisme investi d’une mission de service public, ou à l’égard duquel la loi organique lui attribue des compétences» proclame l’article 71-1 de la Constitution française. Par conséquent, le Défenseur des droits est chargé d’examiner les requêtes uniquement dirigées contre un organisme ayant en charge une mission de service, les intérêts de l’enfant, la lutte contre les discriminations directes ou indirectes ou le respect de la déontologie par les forces de sécurité (article 4 loi n°2011-333 du 29 mars 2011). En effet, dans ses missions, le Défenseur des droits, de respect des droits et libertés, le Défenseur des droits est amené à connaître des faits de discrimination raciale à travers les réclamations des indigènes de la République. Si le Défenseur des droits n’est pas compétent pour la lutte contre le racisme au sens de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, ni pour les violences avec circonstances aggravantes telles que le racisme, en revanche, il peut examiner en matière de lutte contre les discriminations fondées sur l'appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une race, à une nation, à une religion, ou sur l'origine, telles que prévues par la loi n°2008-46 du 27 mai 2008. En 2017, le Défenseur des droits a reçu 5 405 saisines en raison de faits de discrimination. Cependant, la preuve en la matière est difficile à établir : «Le premier défi est de faire mieux connaître ces travaux sur les discriminations qui étaient jusque-là souvent tenus sous le boisseau. D’où la publication et la diffusion de guides qui permettent de mesurer et d’accompagner les interventions de prévention ou de lutte contre les discriminations» dit-il dans un entretien à la revue «Hommes et migrations» de 2016. Dans ces cas souvent compliqués, le Défenseur des droits intervient par la voie de la médiation. Ainsi, en 2016, les universités avaient voulu imposer aux étudiants musulmanes, l’obligation de composer visages et oreilles découverts. Jacques TOUBON a condamné cette interprétation abusive de la laïcité «l'exigence de neutralité des usagers du service public de l'éducation ne sauraient s'entendre au-delà du cadre légal ou s'appliquer à des tiers assimilés abusivement à des collaborateurs du service public» dit-il dans ses conclusions du colloque «racisme et discrimination raciale, à l’école et à l’université, 27 septembre 2018». Un quart des jeunes déclare avoir été victime de propos, comportement ou injure raciste au cours des 5 dernières années. 

Je rends un vibrant hommage à Jacques TOUBON, ainsi qu’à ses collaborateurs, pour l’avoir saisi à plusieurs reprises. Je peux vous dire que connaissant le monde politique, combien cette classe d’hommes et de femmes est parfois réticente pour accompagner les gens en difficultés. Les politiciens ne viennent serrer les paluches qu’à l’occasion des consultations électorales, une fois terminées, ils se barricadent dans leurs forteresses et deviennent inaccessibles. Ils ont horreur des sollicitations, il faut les laisser jouir, tranquillement, de leurs indemnités. Et quand on leur écrit, ils ont tendance, soit à ne pas vous répondre, soit à vous envoyer des attentes d’attente à la con. Ça les emmerde sérieusement d’intervenir efficacement, lorsqu’un administré est sérieusement confronté à des tracasseries administratives :«Le Défenseur des droits est chargé de deux grandes missions : une mission de protection des droits et une mission de promotion de l’égalité et de l’accès aux droits. La première consiste à rendre effectifs les droits pour un certain nombre de personnes qui considèrent en être privées» dit Jacques TOUBON.

Or l’administration est à la fois efficace, mais elle sait, par des normes bureaucratiques, se rendre odieuse à l’égard des faibles, notamment les racisés, pour leur pourrir la vie. En particulier, pour les racisés, plusieurs circulaires ont mis en place un racisme systémique et institutionnel, notamment des contrôles ciblés pour les allocations familiales, les retraits arbitraires de titres de séjour, les grandes difficultés pour les Français issus de l’immigration à faire enregistrer leur mariage à l’étranger ou faire transcrire les actes d’état civil de leurs enfants, les obstacles injustifiés au regroupement familial ou l’accès à la nationalité française, les délais indus pour la délivrance des pensions de réversion, les grandes difficultés des retraités parfois à faire renouveler leur carte de résident, la difficulté des personnes détentrices d’une autorisation provisoire d’un titre de séjour à ouvrir un compte bancaire, alors même qu’elles viennent de trouver un emploi. Par ailleurs, dans les restaurants, les banques, les assurances, les médias, les partis politiques, bref, dans tous les lieux de décisions, les racisés sont devenus, et sont encore, des hommes du sous-sol, maintenus, arbitrairement, dans l’invisibilité.

Je peux témoigner, à chaque fois que j’avais saisi Jacques TOUBON, Défenseur des droits, cela avait pris du temps, et c’est normal, dans ce déni permanent du racisme. Mais il a toujours agi, dans le bon sens. Je me souviens de mon oncle, Alpha DIJGO, ayant travaillé chez Renault pendant plus de 33 ans, décédé, en 2013, et ayant laissé au village 9 enfants, la CNAV n’avait cédé qu’en septembre 2018, et pour la deuxième épouse, l’accord d’une pension de réversion a été accordée, il y a de cela 3 mois, en janvier 2020. Idem pour Mamoudou BA, qui avait travaillé à Nice, confronté au renouvellement de sa carte de retraité, avec plus de 9 mois de tracasseries administratives. Le Préfet de Police a fini, sur insistance du Défenseur des droits, à renouveler sa carte de résident, mais il est mort, deux mois après cette grave injustice. A chaque fois donc, Jacques TOUBON a trouvé la bonne solution. Je ne peux pas évoquer ici, tous les nombreux dossiers, pendant ces 6 années et à chaque fois, dans un monde plombé par le racisme et les violences policières, Jacques TOUBON et ses services, ont représenté l’honneur de la France républicaine. Aussi nous leur disons MERCI.

En 2019, Jacques TOUBON, Défenseur des droits, a été saisi de 103 000 plaintes. A chaque fois, il s’est armé de trois principes : vérité, confiance, égalité «dire la vérité, parce que indépendant et libre, mais près de toutes et de tous, partout ; légitimer la confiance de la société dans le service public et dans celles et ceux qui l’incarnent ; garantir l’égalité et ainsi nourrir les sentiments d’appartenance et de justice» dit-il dans son rapport de 2019, une sorte de testament de son action depuis 6 ans.  Jacques TOUBON est resté, jusqu’au bout de sa mission, et en dépit du déni, très vigilant à l’égard du racisme systémique, des violences policières et des questions de justice : «Notre compétence exclusive dans la lutte contre les discriminations et pour la promotion de l’égalité : contribution à la mise en œuvre de la discrimination systémique par les juridictions ; mise en lumière des discriminations» écrit-il dans son rapport de 2019.

Références bibliographiques

BERTHIER (Antony) «Interview de Jacques Toubon», Huffpost, 8 juin 2020 ;

Défenseur des droits, Défenseur des droits, un dispositif de protection, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, non daté, 32 pages ;

HALISSAT (Ismaël) «Le Défenseur des droits dénonce un cas de «discrimination systémique» par la Police», Libération, 2 juin 2020 ;

GUYON (Régis) «Entretien avec Jacques Toubon, connaître le droit, ses droits, une manière de mieux les faire appliquer», Diversité, 2ème trimestre 2017, n°188, pages 7-10 ;

MOUILLARD (Sylvain) KAUFFMANN (Philippe), «Jacques Toubon, fin de mandat d’un Défenseur inespéré», Libération, 30 juin 2020 ;

PECNARD (Jules) «L’étonnante mue de  Jacques Toubon, du RPR à la défense acharnée des migrants», Le Figaro, 13 avril 2018 ;

PERRAULT (Guillaume) «Jacques Toubon finit à gauche de Macron», Le Figaro, 19 décembre 2017 ;

POINSOT (Marie) «Entretien avec Jacques Toubon, Défenseur des droits», Hommes et Migrations, 2016,  n°1315, pages 82-87 ;

SAURAT (Pierre), Jacques Toubon, premier ministre de Jacques Chirac, Paris, édition Cinq-Diamants, 1986, 358 pages ;

TOUBON (Jacques), Jacques Toubon, audition en vue de la nomination aux fonctions de Défenseur des droits, Paris, Commission des lois constitutionnelles, 27 juin 2014, 17 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2015, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2016, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2017, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2018, 128 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2018, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2019, 102 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2016, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2017, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Défenseur des droits, rapport d’activités de 2019, Paris, Imprimerie de la direction de l’impression légale et administrative, 2020, 146 pages ;

TOUBON (Jacques), Pour en finir avec la peur, Paris, Robert Laffont, 1984, 201 pages.

Paris, le 5 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jacques TOUBON, Défenseur des droits ou l’honneur de la France républicaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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