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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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26 mai 2019 7 26 /05 /mai /2019 21:03

D'élections en élections, les partisans de la haine, de la Discorde nationale, ne cessent de progresser dans ce pays des droits de l'homme, au point de devenir la première force politique. Le Rassemblement national n'est plus un parti protestataire infréquentable. Maintenant un parti respectable, sur tous les plateaux de télévision, le Rassemblement national est à la porte du pouvoir. Pourtant au cœur de la République, nous avons encore gravés en lettres d’or les principes d’égalité et de fraternité. En dépit de cette prétention universaliste des droits de l’homme et en raison d’un lourd héritage colonialiste et esclavagiste, de la trahison des partis traditionnels, et surtout de l’indifférence des Français issus de l’immigration, la France est devenue une démocratie ethnique, et l’assume, fièrement. En effet, les résultats des élections montre qu’aucun Français issu de l’immigration n’a été élu ; les rares candidats ont été relégués à des places inéligibles ; c’est cela en fait un Apartheid institutionnalisé, une valeur partagée par toute la classe politique : «Lorsque je jette mon regard tout autour, je rencontre les ruines d’une orgueilleuse civilisation qui s’écroulent et s’éparpillent en vastes amas de futilité. Pourtant, je ne céderai pas au péché mortel de perdre confiance en l’homme : je fixerai plutôt mon regard vers le prologue d’un nouveau chapitre dans son histoire, une fois que le cataclysme sera terminé et que l’atmosphère sera rendue limpide avec l’esprit de service et de sacrifice. Ce nouveau jour pointera peut-être sur cet horizon, à l’Est, où se lève le soleil. Un jour viendra où l’homme, cet insoumis, retracera sa marche de conquête malgré toutes les barrières afin de retrouver son héritage humain égaré» écrit Rabindranath TAGORE son discours sur la «crise de civilisation».

La haine est devenue une valeur politique respectable, dans ce monde où l'hypocrisie s'est évanouie. Plus personne n'a honte de revendiquer, publiquement, son appartenance au Rassemblement national. La capacité d'indignation s'est évanouie devant la candidate de Moscou. Fini, dans les années 80 où au moins rassemblement du FN, les militants de gauche venaient protester, bruyamment. A ce résultat du 26 mai 2019, personne n’a appelé à un rassemblement à la Place de la République. Tout le monde est convaincu qu’il n’y aucune menace de la démocratie, dès l’instant que ce sont les Arabes et les Nègres qui sont seulement vilipendés. Pourtant, et je le dis à mes potes les Juifs, qui sont ménagés par Marine LE PEN, on n’est ou n’est pas raciste. Personne n’est raciste à 50%. C’est comme ces salopards, qui vous disent «toi, un homme formidable, tu n’es pas comme les autres Nègres. Je t’aime bien». Pourtant, la France est devenue multiculturelle ; il faut apprendre à vivre ensemble, dans le respect mutuel : «Restez humains en vous-mêmes, en votre âme et conscience. Ne devenez pas des choses, des choses humaines qui se plient à la volonté des masses et battent des pieds et des mains à leur mesure !» avait dit Albert SCHWEITZER.

Le président MACRON, qui avait agité les peurs irrationnelles, espérant un vote pour lui par défaut, a été sévèrement sanctionné. En président des riches, sourd à la colère qui gronde dans ce pays, le président MACRON, droit dans ses bottes, entend poursuivre sa politique de casse sociale. Bien fait pour lui, en attendant qu'il dégage, le plus vite possible !

Dans ces européennes du 26 mai 2019, un tournant majeur dans la vie politique français, mais accueilli avec indifférence, si les Verts s'en tirent bien, globalement les partis traditionnels, de droite comme de gauche, ont été conte-performants.

Les Républicains, lepénisés par leur dirigeant, Laurent WAUQUIEZ, ayant donc vendu leur âme au diable, ont sombré dans le déshonneur. «Je préfère l’original à la photocopie» avait fort justement, Jean-Marie LE PEN. Les ténors de la droite ont sorti les couteaux. Entre la tentation d'une droite dure ou forte et une droite modérée dont le créneau est occupé par le machinisme quelle ligne politique audible ?

Les partis de gauche, divisés, atomisés, doivent cesser de nous mentir, en permanence : ils doivent ce qu'ils font et faire ce qu'ils disent, dans le respect de la diversité française, tant niée et redoutée. On parle d’égalité et de République, mais pour nous un projet de déchéance de la nationalité, ainsi que le bébé MACRON. Il faut abandonner ces politiques libérales qui font souffrir les plus démunis.

Merci à François HOLLANDE, le liquidateur du Parti socialiste et à Manuel VALLS qui a ramassé une gamelle à Barcelone avec 13%. Il y a des places pour les frontistes aux prochaines municipales. Peut-être que VALLS reviendra en France.

Lutteur dans l'arène, je reste éternellement habité par l'espoir et l'espérance que la République est plus forte que tout. Face à l’avancée importante du populisme, les Français issus de l’immigration ont choisi de se désintéresser de la vie publique. Or si on ne s’occupe pas de la politique, la politique s’occupera de vous. Comme Antonio GRAMSCI, ce philosophe italien, je hais l’indifférence : : «Je hais les indifférents.  Je crois que «vivre signifie être partisans». Il ne peut exister seulement des hommes, des étrangers à la cité. Celui qui vit vraiment ne peut qu’être citoyen, et prendre parti. L’indifférence c’est l’aboulie, le parasitisme, la lâcheté, ce n’est pas la vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. (..) Je vis, je suis partisan. C’est pourquoi je hais qui ne prend pas parti. Je hais les indifférents», écrit GRAMSCI.

Face à ce désastre électoral, je ne rendrai pas les armes, je continuerai à réclamer, avec chacun d'entre d'entre-vous, la défense la République, le bien-vivre ensemble, dans le respect ensemble.

Qu'attendent donc les Français issus pour s'organiser et se défendre contre cette montée du racisme et pour le bien-vivre ensemble ?

Paris, le 26 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Défendre la République contre l'avancé de la peste, refuser de rendre les armes.

Défendre la République contre l'avancé de la peste, refuser de rendre les armes.

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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 17:17

Ce qui marque, indubitablement, l’histoire immédiate, c’est le réveil lent, mais résolu, des peuples africains à recouvrer, pleinement, leur liberté, leur souveraineté, dans la dignité. Voila presque 60 ans que nous sommes théoriquement indépendants, mais une indépendance dans la dépendance. L’Afrique riche de ses matières premières, a vu son indépendance, rapidement, confisquée par des régimes militaires et des régimes monarchiques et dynastiques. Les peuples africains las de ces barbaries, de ces régimes fainéants qui vivent sur le dos des démunis, se mis subitement à se révolter. Notre destin n’est ni l’exil de nos jeunes, ni le maintien, en permanence dans les chaînes de l’esclavage et du colonialisme. On nous dit souvent que n’aurions ni histoire, ni avenir économique et nous serions voués à la marginalisation.

Pourtant, une colère sourde gronde. Ainsi, le vaillant peuple togolais réclame, avec une grande insistance, des élections libres et transparentes. La commission électorale togolaise a fixé la tenue des prochaines élections locales au Togo au 30 juin 2019. Sauf que, ce n’est pas la première fois que des calendriers sont établis sans jamais être respectés. D’ailleurs, depuis 32 ans, le Togo n’a plus connu d‘élections ; les maires règnent avec des délégations spéciales. En 2013 et en 2016, l’opposition avait réclamé, vainement, des élections locales, promises le 16 décembre 2018, puis reportées. Pourtant,  l’article 141 de la Constitution de 1992 indique, en effet, que la République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de la décentralisation dans le respect de l’unité nationale. Lesquelles collectivités sont dirigées par des conseils élus au suffrage universel. S’agissant du mandat du président du chef de l’Etat togolais, le 8 mai 2018, une révision constitutionnelle prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels est adoptée, mais cette révision autorise à l’actuel président, Faure Gnassingbé, de se représenter aux deux prochains scrutins, en 2020 et 2025. Les présidentielles qui auront donc lieu en 2020 ont déjà été reportées à plusieurs reprises. Or, la dynastie EYADEMA, à la suite de l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, est au pouvoir au Togo depuis 52 ans.

L’Afrique, ayant perdu une bonne partie de la maîtrise de son destin, reste encore l’objet de convoitises des Chinois, des Français, des Italiens et des Allemands, chaque puissance, comme au temps colonial, réclamant sa part du gâteau.

Les points durs, dans la reconquête de l’Afrique de sa souveraineté et de sa liberté restent notamment la Guinée, où Alpha CONDE qui avait volé sa victoire avec la complicité de la Françafrique et le groupe Vincent BOLLORE, se livre, comme au temps de Sékou TOURE, à des massacres de Peuls. Le Tchad, la Guinée équatoriale et la Mauritanie sont des attentats à la dignité humaine.  Au Cameroun, où Paul BIYA, avec ses longs séjours en Suisse, aux frais des contribuables, Maurice KAMTO, le principal opposant est en prison, pour délit d’opinion. Le printemps arabe, récupéré par des régimes forts et des islamistes, a été dévoyé et a largement déçu. La prétendue lutte contre l’islamisme, est en grande partie une reconquête coloniale. Ainsi, au Mali, c’est le génocide contre les Peuls. Le Gabon reste encore dirigé par Ali BONGO, un président fantôme, héritier d’un régime au pouvoir depuis le

Dans ce tableau noir, si je puis utiliser ce terme, le peuple algérien, sans violence a dégagé Abdelaziz BOUTEFLIKA, ainsi que son frère Saïd, mais 77 candidats s’affronteront le 4 juillet 2019. Au Soudan, l’Armée tente de confisquer la victoire du peuple. Patrice TALON, au Bénin, un pays affairiste, dans un pays démocratique, des interrogations subsistent. L’opposition n’a pas pu participer aux législatives du 28 avril 2019, émaillée de graves violences. «Le Bénin aujourd’hui est un pays sinistré où démocratie, état de droit, droits de l’homme sont en état avancé de putréfaction. Il mérite une concentration des efforts de la communauté internationale», dit un opposant béninois.

Au Sénégal, et pour son deuxième et dernier mandat, le président Macky SALL souhaite aller vite «le Fast Track», pour faire avance encore plus le Plan Sénégal Emergent. En dépit, les relents nauséabonds de la haine contre les Peuls, le président Macky SALL, a invité au dialogue national, afin de réconcilier le Sénégal avec lui-même. Face aux critiques féroces de ses adversaires, le président Macky SALL, se comportant comme Sénèque en stoïcien, méprise les insultes et a pris de la hauteur, pour tenir son rang : «Offenses, insultes, affronts, avanies de toute nature, supportez cela comme les cris de l’ennemi, comme les traits lancés de trop loin et les pierres qui, sans vous blesser, crépitent, autour de votre casque. Quand aux injures endurez-les, comme les coups dont les uns percent vos armes, les autres votre poitrine, sans tomber, même sans reculer. Et vous vous sentez accablés sous la violence de l’attaque, songez encore qu’il est honteux de lâcher pied. Défendez le poste que vous assigné la nature. Vous demandez quel poste ? Celui d’Homme. Le sage a lui une autre ressource, opposée à la précédente. Car vous êtes en pleine action, alors qu’il tient déjà la victoire. Ne soyez pas rebelle à votre bien. En attendant d’atteindre la vérité, nourrissez-en l’espoir nos âmes, accueillez de bonne grâce les maximes salutaires et de toute votre volonté, de toute votre foi, aidez-vous qu’il y ait des êtres invincibles, des caractères contre lesquels la Fortune ne puisse rien. C’est l’intérêt de la République même», écrit Sénèque. En pharaon des temps moderne, le président Macky SALL, en force tranquille, continue de réaliser ses réformes majeures, pour le bien-être des Sénégalais, dans l’unité et la fraternité.

Paris, le 25 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Le réveil des peuples africains

Le réveil des peuples africains

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24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 23:18

Ces élections du 26 mai 2019, si elles restent européennes, comportent de nombreux enjeux de politique interne française.

Tout d’abord, il s’agit d’un référendum pour sanctionner la politique du président des riches. Confronté à la plus grave sociale, la plus longue de l’histoire de France, le président MACRON n’a pas répondu aux principales sociales des Gilets jaunes, des plus démunis. Il a réaffirmé et défendu sa politique de casse sociale qu’il entend poursuivre et amplifier, en cajolant les riches et en maltraitant les plus fragiles (stigmatisation des chômeurs, suppression des congés bonifiés, atteinte au statut de la fonction publique, etc.). Il fait parfois du Rassemblement national, sans l’entreprise familiale LE PEN.

Ensuite, le Droite s’est lepénisée (Républicains et Debout la France) ; égarée dans les méandres de la Discorde nationale, les héritiers de Charles de GAULLE ont capitulé devant l’avancée du populisme. Comme le dirait Jean-Marie, «les Français préfèrent l’original à la photocopie».

Enfin, la Gauche divisée, ces 34 listes, ainsi que ce vent du dégagisme qui souffle encore très fort, font que les partisans de la République et de la Concorde nationale hésitent à aller voter le 26 mai 2019.

Pourtant, depuis les présidentielles de 2017, c’est la première fois qu’on va mesurer l’état des rapports de force, dans un paysage politique sans repères. Ces européennes, en raison d’un avantage psychologique procuré, vont avoir des incidences sur les municipales de 2020.

Par ailleurs, si le populisme a avancé dans le monde, rien n’est perdu. Les Socialistes ont regagné du terrain en Espagne et en Autriche ; Thérésa MAY a échoué dans son Brexit. «C’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses» dit une maxime. Devant l’avancé des gens aux idées courtes, Françoise GIROUD a bien résumé comment meurent les démocraties «Ainsi commence le fascisme. Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout du nez, on dit : «C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis, un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser» écrit-elle. Hannah ARENDT s'interroge donc sur les moyens de se préserver contre la tentation totalitaire, d’où qu’elle vienne. «Rien n’est plus dangereux que d’arrêter de penser. Le danger consiste en ce que nous devenions de véritables habitants du désert et que nous nous sentions bien chez lui» dit-elle. Hannah ARENDT recommande d’abandonner cette vie contemplative, et de militer pour la réhabilitation de l’action politique. Hannah ARENDT estime que «les hommes ne sont pas nés pour mourir, mais pour innover». Elle invite, constamment à l’action : «redonner à la politique sa raison d’être qui est la liberté et dont le domaine d’expérience est l’action».

Aussi, mon fils, Jean-Philippe, grand supporter du Paris Germain, avec ses 18 ans, a décidé d’aller voter, pour la première fois, le dimanche 26 mai 2019.

La politique, au sens noble du terme, comme l’entendait Aristote, c’est la défense du Bien contre le Mal. Oui à la République. Non à la Discorde Nationale.

Paris, le 24 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Voter aux européennes du 26 mai 2019, pour défendre la République et la Concorde nationale

Voter aux européennes du 26 mai 2019, pour défendre la République et la Concorde nationale

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16 mai 2019 4 16 /05 /mai /2019 17:36

Le 15 mai 1993, au lendemain de la publication des élections législatives au Sénégal, sous un régime socialiste, maître Babacar SEYE, ancien député maire de Saint-Louis, vice-président du Conseil constitutionnel, est lâchement assassiné, par balles, à bord de sa voiture.

M. Abdou Latif COULIBALY, après une enquête sérieuse et circonstanciée avait écrit un ouvrage «meurtre sur commande» sitôt censuré par Abdoulaye WADE, arrivé au pouvoir en mars 2000. M. Madické NIANG est l'auteur, sur ce point, de deux ouvrages «Pour que triomphe la vérité : l'assassinat de maître Babacar SEYE» et «Sénégal : affaire Maître Sèye, les pièges de l'acharnement». Pour Latif COULIBALY cet assassinat a été commandité par maître Abdoulaye WADE.

Les assassins ont été retrouvés (Amadou Clédor SENE, Assane DIOP et Pape Ibrahima DIAKHATé), et condamnés par la Cour d’Assises, le 30 septembre 1994, à des peines allant de 18 à 20 ans de travaux forcés.

Cependant, les assassins de maître SEYE ont été libérés à la suite d'une grâce présidentielle, à l’alternance, de maître Abdoulaye WADE, en février 2002.

La loi d'amnistie des assassins de Maître Babacar SEYE, dite Ibrahima Isidore EZZAN, votée par l'assemblée nationale le 7 février 2005, a été promulguée le 17 février 2005 par Abdoulaye WADE.

Pour les partisans de Maître Abdoulaye WADE cette loi EZZAN viserait à «éviter l'exploitation politicienne de certaines affaires». En revanche, selon M. Ababacar Khalifa SALL, membre du Parti socialiste et maire de Dakar, à l'époque : «Cette loi garantit l'impunité des voyous et des bandits». La loi EZZAN «d'amnistie n'est pas faite pour apaiser le peuple Sénégalais» estime l'Alliance pour les Forces de Progrès. La Fédération internationale des droits de l'homme parle «d'un véritable déni de justice».

Finalement la loi EZZAN interdit de rechercher les mobiles du crime pour remonter aux commanditaires qui eux se sont protégés. 26 ans après cet odieux et inqualifiable assassinat politique, la famille de la victime ne lâche rien : «Tourner la page, c’est se taire sur les injustices qui ont été commises. En voulant assujettir le pouvoir judiciaire pour de intérêts bassement matériels, on veut légitimer un assassinat. L’assassinat de mon père était organisé et légitimé. Tourner la page c’est à la limite accepter que des mafiosi continuent à sévir au Sénégal. On ne tournera pas la page aussi facilement tant que l’affaire ne sera pas élucidée», estime Abdou SEYE, le fils de Maître Babacar SEYE.

Quand l’opposition nous rabâche, à longueur de journée, de nos jours, la prétendue instrumentalisation de la justice et les menaces sur son indépendance de la Justice de qui se moque-t-on ?

L'opposition bavarde et pleurnicharde est, comme par hasard, amnésique sur ce double attentat contre la République et la démocratie.

Paris, le 15 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

L'assassinat de maître Babacar SEYE, un crime politique odieux et barbare.

L'assassinat de maître Babacar SEYE, un crime politique odieux et barbare.

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13 mai 2019 1 13 /05 /mai /2019 21:52

«Tout acte posé par un homme doit entrer dans l’histoire» dit un dicton du Dahomey. Héros national et résistant, Béhanzin-Hossou-Bowélé (le germe du monde) a été le 10ème et dernier roi du Dahomey du 6 janvier 1890 au 15 janvier 1894, un règne bref, mais qui a marqué les esprits. Son règne est «sans conteste le plus éclatant à cause de l'exemplarité de son combat pour l'intégrité territoriale et la liberté de la patrie» dit Jean Roger AYOYO. «C’est une vérité d’expérience banale que l’imagination populaire déforme l’histoire. Les personnages qui l’émeuvent ou excitent sa curiosité, elle les exagère, les grandit, parfois même démesurément, en fait des types surhumains. Le recul des siècles aidant, le mythe divinise le héros. Il ne s’agit pas ici de faire de Béhanzin un Priam, ou un Xerxès vaincu. On voudrait seulement le replacer dans le cadre de la vérité historique» écrit, fort justement, Daniel MASSE. Né vers 1845, sous le nom d’Ahokponou Gnacadja, il prend, en 1875, le titre de prince Kondo et décèdera, en exil, à Blida, en Algérie, le 10 décembre 1906. Son corps n’a été rapatrié au Bénin, à Djimé (Abomey), que le 9 mars 1928. Son nom, «Gbéhanzin Aïdjré» signifie «l’univers porte l’œuf que la terre désire». Béhanzin est arrivé au trône, dans un contexte particulier. Depuis le début du XVIème siècle, le royaume du Dahomey vivait en partie de l’huile de palme, mais aussi du trafic des esclaves. Or, en 1888, le Brésil, un ancien allié du Dahomey, a aboli l’esclavage. Les ancêtres de Béhanzin négociaient avec les Européens, d’égal à égal, sur la base des traités de commerce. En effet, le roi du Dahomey a témoigné, par ses actes, d’un grand esprit d’indépendance : «Le dédain avec lequel le Dahomey a, de tout temps, considéré les puissances européennes est un trait saillant de la fierté indigène» écrit Alain FOA. Cependant, à partir de 1885, les Européens se sont partagés l’Afrique ; le colonialisme est triomphant. Les Français, en particulier, avec peu de moyens militaires au départ, ont mis en place une stratégie, qu’ils appliqueront après l’indépendance, à travers la Françafrique, entreprendre, progressivement, la conquête du Dahomey, par les royaumes côtiers. Le roi de Porto-Novo, Toffa, est jugé accommodant et servile et a signé un traité de protectorat avec les Français. Glélé, le père de Béhanzin, alors malade, avait tenté de résister contre cette prédation. Béhanzin, peu malléable, nourri de cet héritage de résistance au colonialisme, a poursuivi et amplifié, vainement, l’action de son père. Le roi requin, avait déclaré la guerre aux Français sous forme d’allégorie «Le requin audacieux a troublé la barre». Béhanzin s’est toujours déclaré ami de la France et voulait le commerce avec ce pays, mais la donne avait changé, la France ne reconnaissant que ses serviteurs dociles, pour conforter son projet de conquête coloniale. «Un certain nombre de petits chefs de peuplades voisines des côtes, entre autres le roi Toffa, s’étaient mis sous le protectorat français. Or, le roi du Dahomey, habitué à être considéré comme le plus puissant souverain des parages, fut sans doute fort mécontent de nous voir établir aussi près de son territoire» écrit François DESPLANTES. Par conséquent, «la mise en dépendance», pour longtemps, de l’Afrique, avait bien commencé, pour reprendre une expression du professeur Catherine COQUERY-VIDROVITCH.

La littérature des administrateurs coloniaux ou des voyageurs européens, est pleine de préjugés, de caricatures et d’instrumentalisations à l’égard du royaume de Béhanzin, tant attaché à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Dahomey. La résistance et l’esprit d’indépendance de Béhanzin ont été occultés ou minimisés. En effet, tout en reconnaissant la valeur et l’adresse dans les combats des guerriers dahoméens, tant redoutés, le colonisateur considérait que la nation de Béhanzin, avec ses sacrifices humaines, l’esclavage et le fétichisme, serait uniquement un pays barbare : «Sous cet odieux despote, comme  sous les rois Glélé et Guézo, le pays était le théâtre des faits de cruauté les plus révoltants, le sang coulait à flot certains jours» écrit la Semaine des familles du 21 mars 1896. Cette renommée insultante et outrageuse à l’égard de Béhanzin est largement imméritée. Béhanzin est capable de générosité et bienveillance, notamment à l’égard de ses hôtes et prisonniers Européens. Il a tout simplement défendu courageusement la souveraineté de son pays, face à l’expansion coloniale. Pour ce fait, il a été déporté et mort en exil. «Ce n’est pas par raison d’humanité qu’on lui (Béhanzin) a fait la guerre. On a bien invoqué, pour faire accepter par l’opinion l’entreprise guerrière qui devait aboutir à la spoliation qu’on sait, le prétexte larmoyant de l’œuvre de civilisation contre des potentats qui se baignaient dans le sang. La vérité, il nous gênait dans notre désir d’expansion coloniale ; il nous barrait la route» écrit Daniel MASSE. En effet, Béhanzin, par sa bravoure et sa résistance, est comparé à Vercingétorix : «L’un et l’autre se sont opposés à l’envahisseur et à domination de leur pays. Tous les deux méritent également l’admiration de l’Histoire. Les Français considèrent Vercingétorix comme un héros national. Au nom de quoi commettrions-nous la grossièreté de considérer Béhanzin et Samory comme des Nègres sauvages et poltrons incapables de résister à César ?» écrit Albert TEVOEDJRE. Par conséquent, contrairement à cette propagande coloniale, le Dahomey est un peuple fier, guerrier et discipliné. Dans ce combat entre oppresseurs et opprimés, entre tondeurs et tondus, vainqueurs et vaincus, le pays de Béhanzin a traversé les siècles, et témoigne d’une histoire glorieuse : «Le royaume du Dahomey mériterait l’honneur de tenir la première place parmi les peuplades. Par son organisation, vraiment extraordinaire pour un pays noir, il les avait déjà surpassés de beaucoup. Ses rois, dont l’autorité justement redoutée ne s’employait pas uniquement à un arbitraire brutal et irraisonné, avait su lui donner une administration fortement hiérarchisée, une armée permanente et des embryons de services douanier et de justice» écrit Auguste LE HERISSE. Un prisonnier de Béhanzin pendant trois mois, E. CHAUDOIN, a reconnu ses qualités de diplomates : «Le Dahoméen, sous son masque noir, cache un profond politique. Diplomate consommé, avant d’attaquer une question, il l’étudie à fond, en voit le pour et le contre, la tourne de tous les côtés pour en connaître les points faibles et pouvoir répondre et parer à toutes les questions qui peuvent lui être posées».

Akaba (règne 1679-1708) fondateur du Royaume du Danxomé, un ancêtre du Roi Béhanzin, un roi jugé apathique et indolent, est le premier roi à avoir introduit le fusil dans son pays et entrer en contact avec les Européens. Son successeur, Agaja (règne du 1708-1728) étendit le Dahomey jusqu’à la côte, y compris Ouidah. Appelé d’abord par les Français «Côte des esclaves», puis Dahomey, lors de la fondation de cette colonie le 22 juin 1894, à la suite d’une campagne militaire des Français, ce pays, devenu République populaire du Bénin en 1975, pour réconciliation entre Fons et Yorubas, est coincé entre le Nigéria et le Togo ; sa partie septentrionale borde le Niger à l’Est et le Burkina Faso à l’Ouest. Les Fons, peuple guerrier et discipliné, ont conquis, progressivement, leurs voisins. Le Danxomé, ou Dahomey, avec comme capitale Abomey et ne formant qu’un cinquième du territoire, va progressivement vassaliser Allada ou Adanwssa dont Sawi est la capitale, ainsi Xweda ou Ouida. En effet, l’ancien royaume du Dahomey, Abomey avait une devise : «faire un Danhomé toujours plus grand» ; ce sont des guerriers aussi braves que fourbes, particulièrement attachés à leur pays. Le royaume du Dahomey «fondé par la ruse et la trahison, agrandi par une suite de guerres, enrichi par le pillage, maintenu par la violence, a été pendant deux siècles la terreur de ses voisins, comme le roi lui-même a été la terreur de ses voisins» écrit E. LEVASSEUR, dans la préface de l’ouvrage d’Alain FOA. L’histoire a retenu le nom du premier roi, Dako (règne vers 1625-1640). Il surprit son ennemi, Aïzonou-Dénou, en train de préparer l’indigo. Il le tua, mit son corps dans une jarre à indigo qu’il fit rouler ensuite sur le sol. Le deuxième roi est Ouegbaja, de 1650 à 1680. Au début du XVIIème siècle le peuple Fon avait un roi, dénommé Dan (serpent en langue Fon, règne de 1640-1650), détenteur du «Gongon» ou cloche sacrée, respecté par ses sujets. A la guerre, bien que peu nombreux, ce roi électrisait ses sujets, triomphait même quand il avait l’infériorité du numérique, et revenait de la guerre avec de nombreux prisonniers et un riche butin. En effet, Ago ou encore Tacoudonou, à qui Dan avait accordé l’asile, a obtenu du roi, toutes les faveurs qu’il demandait, sauf la cloche sacrée : «Vous me demandez un objet sacré que personne ne peut obtenir que mon successeur ; demain vous voudrez régner à ma place, et bientôt vous me demanderez mon ventre pour bâtir dessus votre maison !» dit Dan à Ago. Le roi Dan subira une première défaite devant Tacoudonou, un ancêtre de Béhanzin, à qui il avait accordé asile qui l’a trahi, emprisonné et fait décapiter : «Vous m’avez donné un territoire, j’en ferai un immense royaume ; vous m’avez refusé votre cloche en fer, je l’ai prise, elle m’appartient de droit, je vous demande votre ventre, pour y bâtir, non ma maison, mais les murs de ma capitale. Nous l’appellerons Dahomê», dit-il. En violation des règles de l’hospitalité, «il mit à mort Dan, suivant le serment qu’il avait fait de l’éventrer, et plaça son corps sur le toit du palais qu’il fit construire à Abomey, en mémoire de sa victoire» écrit Charles WALKENAER. Littéralement, «Dahomey» signifie «Dan» (roi des Fons), et «Homê» ventre de Dan, ou le ventre du serpent. L’usage modifiera la prononciation, des noms primitifs surgirent Dahomey et Abomey.

Béhanzin devient donc monarque après la mort de son père survenue le 28 décembre 1890. «Il fait nuit sur le royaume !» telle est la formule annonçant la mort d’un Roi. Le demi-frère du prince Kondo, Ahanhanzo, héritier direct, est mort dans des circonstances non élucidées, sans nul doute empoisonné par Béhanzin, seul fils de sa mère, mais il n’était pas l’aîné de son père, un polygame. Son père, Glélé, avait régné de 1858 à 1889, et excellait dans les allégories ; il se comparait «au lionceau qui sème partout la terreur aussitôt que ses dents ont poussé». Glélé vendait à prix d’or, comme esclaves les princes vaincus ainsi que tous ses prisonniers, notamment aux maisons françaises Victor Régis et Cyprien Fabre de Marseille, qui faisaient fonction de consuls. Glélé a fait nommer, en 1880, un Portugais, un «Yévogan», Juliao Felix DA SOUZA (1832-1887), comme Premier Chacha, en qualité de conseiller.

Le règne de Béhanzin démarre, dans la tradition du Dahomey, avec des sacrifices humains ; il faut honorer les ancêtres, à date fixe, chaque année ; ces fêtes ont été baptisées «coutumes» et les Dahoméens les appellent «funérailles du Roi». Dans une des grandes salles du palais étaient agenouillés, prisonniers de guerre ou condamnés à mort, les mains liées derrière le dos, cinquante hommes et cinquante femmes, ayant auprès d’eux un soldat le sabre nu. «Sur le geste du souverain tout puissant, les cent têtes roulèrent sur le pavé» écrit Alfred BARBOU. Les cérémonies pour célébrer l’avènement du nouveau roi et honorer la mémoire du monarque défunt, durent trois semaines : «Le roi, entouré d’un nombreux cortège, se rendit près de la tombe de son père, sur laquelle fut aussitôt amené un messager bâillonné, garrotté, que l’on décapita, afin qu’il allât, sans retard, annoncer au monarque défunt le commencement des réjouissances» écrit Alfred BARBOU qui considère que cette année 1890 est une des «plus belle et une des plus célèbre». Si ces coutumes, qui nous glacent le sang de nos jours, apparaissent comme des fêtes religieuses en l’honneur des morts et de la dynastie régnante, leur signification déborde largement du cadre guerrier ou religieux proprement dit ; elles expriment la civilisation dahoméenne dans sa totalité. Les jugements des administrateurs coloniaux s’avèrent parfois totalement erronés : «L’étude des coutumes et des mœurs du pays n’était pas la spécialité de ces colonisateurs qui se contentaient de donner un avis, sans prétendre faire œuvre d’ethnologue» écrit Théodore MONOD. La richesse et la munificence qui présidaient aux fêtes faisaient l’admiration des visiteurs de la cour de Béhanzin. Ces fêtes, à la fois d’intronisation et de funérailles, revêtent une dimension nationaliste. On enseigne à tous, l’histoire du Dahomey, les noms des fondateurs de la dynastie, leurs grandes conquêtes, leur bonté et générosité à l’égard du peuple, ainsi que les punitions à l’égard des méchants. Ainsi, cette leçon sur l’identité nationale entretient l’orgueil, cimente la bravoure et la résistance face aux envahisseurs.

Béhanzin, roi-dieu adulé et vénéré, dégageait une aura qui faisait trembler Blancs et Noirs. Le roi du Dahomey, un être sacré, porte plusieurs titres, notamment : «Dada», père de toute la Nation, le «Dokounnon», détenteur et dispensateur de biens, le «Sèmèdo», maître du monde, «l’Aïnon», maître de la terre, le «Jèhossou», maître des perles. Le Roi a «une autorité absolue, despotique même, ayant droit de vie et de mort sur tous les sujets. Ce qui pousse un attachement de ses sujets jusqu’à la vénération» écrit Eduard DUNGLAS. «La vie et la fortune de tous les habitants appartiennent, sans restriction, au Roi, qui est une espèce de Dieu, pour ses sujets» écrit Adolphe BADIN. Le nationalisme et la puissance de Béhanzin découlent de la conception dahoméenne du pouvoir monarchique. Le roi, dans la plénitude de sa souveraineté, n’écoute que sa volonté. Il tient entre ses mains capricieuses et la tranquillité de tous les sujets. «Le roi n’est plus un homme : c’est un dieu tout-puissant, et qui est plus triste encore, un dieu malfaisant, sans remords, ni conscience. Il règne par la crainte, et, malgré tout, par le respect. C’est un être sacré, enveloppé d’une atmosphère surnaturelle et de fétichisme», écrit Alain FOA qui a résidé au Dahomey de juin 1886 à mai 1890. Béhanzin est un roi qui a su garder, en toutes circonstances, son rang et sa dignité : «Les Européens mêmes, qu’il devrait accueillir avec affabilité, en raison de l’argent et des cadeaux, sont reçus avec froideur et indifférence ; il a l’air de craindre que toute gracieuseté de sa part soit reçue comme une reconnaissance tacite de son infériorité. Il ordonne à ses représentants de faire sentir son pouvoir aux Européens, dans toutes les occasions, et son royaume est devenu une souricière, où tout le monde est libre d’entrer, mais dont personne ne sort sans sa permission» écrit Alain FOA. Nous avons de nombreuses photos authentiques de Béhanzin, dans lesquels on le voit, souvent, abrité par un immense parasol, avec sa longue pipe en argent, son costume traditionnel, ses sandales. Fumeur, il crache dans un vase d’argent porté par une de ses femmes. Béhanzin est décrit comme «un beau nègre, quoi que de taille moyenne. La physionomie paraît intelligente, le regard est droit et luisant, comme un éclair d’acier. Il est habillé simplement à la façon des guerriers de son pays. Il fume la pipe qu’il garde à la bouche en parlant» écrit le père DORGERE qui a été son prisonnier. Si la production littéraire et historique des ouvrages français est empreinte de partis-pris, de préjugés et de censures, les nombreuses lettres de Béhanzin, avec un style inimitable, ont été reproduites par ces témoins directs. Une partie de ses correspondances a été regroupée par la Fondation Zinsou, en 2017. On y entend, de façon intelligible et sans intercesseur, la voix de ce héros et grand nationaliste dahoméen.

La cour de Béhanzin est «aussi aristocratiquement, aussi hiérarchiquement, aussi féodalement ordonnée que celle d’un Louis XIV ou d’un François 1er» écrit Louis NOIR. «Le Dahomey constituait un royaume parfaitement organisé, possédant tout ce qui fait le prestige d’une monarchie» écrit le révérend père DORGERE (séjour au Dahomey en 1881 à 1896). Le roi a, à sa disposition, le «Mingan», ministre de la justice et grand prêtre du fétichisme, le «Méhou», ministre du commerce et des douanes, le «Cambodé», trésorier, le «Gaôu», général en chef, le chef des eunuques, ainsi que les «Cabécères» ou «Agorigans», des conseillers ou chefs supérieurs, résidant dans chaque ville à la Gore (Préfecture, mairie et palais de justice), en charge de l’administration subalterne. Les interprètes, les domestiques et les espions jouent un rôle non-négligeable : «Lorsque les ministres du Roi communiquent avec lui (le dignitaire), ils se traînent jusqu’au trône et, quand ils y sont arrivés, ils se jettent à plat ventre, embrassent la terre, couvrent leur tête de poussière et, après avoir fait craquer leurs doigts à trois reprises, attendent dans la plus humble posture que le Roi daigne leur parler» écrit Jean BAYOL qui a connu Béhanzin. Il authentifiait ses messagers en leur procurant un «Makpo», une récade, un spectre royal en forme de crosse ou de hache pour garantir l’authenticité du message du souverain.

L’esprit de résistance et le nationalisme de Béhanzin sont peut-être inspirés de la mythologie de son pays. «Le Roi, quoi que maître absolu de ses sujets, est lui-même esclave des coutumes et des ministres du fétichisme : un empoisonnement serait à craindre s’il s’écartait de cette ligne de conduite» écrit Eduard DUNGLAS. En effet, le Dahomey des temps anciens, c’est le règne des forces de l’esprit, de l’animisme, ou la force du destin. Dans la cosmogonie dahoméenne, on raconte qu’à la création du monde, Blancs et Noirs eurent à choisir entre le pays de l’or et «Celui où on lit les livres». Les Noirs choisirent le pays de l’or croyant que c’était le meilleur. Depuis lors, les Africains doivent lutter en permanence contre la domination des Blancs. Quand Armand DUBARRY écrit que «La religion du nègre est comme sa vie, décousue et insensée», c’est une méconnaissance profonde de la cosmogonie chez Béhanzin. En effet, les Dahoméens croient au Bien ou le «Maou», mais aussi au Mal (maladie, haine, vengeance, démon, jalousie), le «Vaudou». Obala ou Onsé, fils du Ciel, est le dieu créateur et le justicier ; il rend des oracles et prédit l’avenir. «Chango», ou «Hévioso» chez les Fons, le tonnerre, est la divinité la plus redoutée. Pour punir les méchants, Chango charge son fils, Ara, la foudre, d’aller châtier ceux qui le méritent. «Ifa», dieu du mariage et de l’accouchement, est consulté pour tous les événements de la vie. Chez Béhanzin, l’Afrique est maternelle ; «Odoudoua» la terre, la mère des êtres, déesse de la maternité. Les Dahoméens, comme les anciens grecs, ont de nombreuses autres divinités (Olokun dieu de la mer, Olossa, la lagune, Oké, les montagnes, Oko, agriculture, Odjo, la pluie, Tchamana, la petite vérole, Kpaté, naufrage, Ogoun, médecine et guerre, Ogoungoun, dieu des morts, Eléda, intelligence, Djaoun, nourriture, Ipousi, la marche, etc.). Le «Dangbé» ou Dieu serpent, est le plus aimé, après la divinité du Créateur. La famille royale qui a conservé son statut coutumier et religieux, est garante de la religion du Vaudou, un culte du paganisme, qui s’est transporté aux Antilles et à Haïti. Des prêtres du fétichisme, mot venant du portugais, «fetiço» ou charme, ont un rôle primordial dans le royaume de Béhanzin. Lorsque la guerre est déclarée, il appartient au grand féticheur d’apaiser les esprits pour une issue heureuse et écarter les maléfices. Il pratique aussi la médecine traditionnelle ou fabriquer du poison. «Ces histoires de fétiches et de féticheuses, c’est bel et bien bon ; mais que, pour expliquer la résistance acharnée des troupes de Béhanzin» écrit BADIN.

Devant les rivalités et les confrontations entre les Français, les Anglais, les Portugais et les Allemands, Béhanzin entend préserver l’indépendance de son pays et fait monter les enchères entre ces puissances, en essayant de les dresser les unes contre les autres. En effet, à la fin du XIXème siècle, les puissances européennes s’évertuent à vouloir contrôler et assujettir le Dahomey, en contrôlant d’abord les royaumes côtiers, à travers un système du protectorat. «Le peuple dahoméen vivait de rapines et surtout de razzias d’esclaves, métier lucratif quand il se trouvait dans les comptoirs de la côte des traitants européens toujours prêts à acheter cette marchandise» écrit Alain FOA.  L’huile de palme du Dahomey se vend à Marseille et au Havre pour la fabrication des bougies et du savon. L’histoire du pays de Béhanzin est liée aux convoitises des Marranes portugais, installés à Cotonou et à Ouidah, sur l’huile de palme et les esclaves, «Un père vendra son fils pour une bouteille de rhum, un fils livrera son père ou sa mère à un marchand d’esclaves pour le même prix» écrit Armand DUBARRY dans «Voyage au Dahomey». Anglais et Français se concurrencent à Porto-Novo. Béhanzin est éduqué par un père national et jaloux de la souveraineté du Dahomey : «Les Blancs ont leur roi et moi je suis le roi des Africains. Il est bien que V.M. s’oppose à ce que les Blancs viennent s’emparer des terres des Africains. Si les Européens continuent de la sorte, les Africains sauront bientôt fabriquer de l’eau-de-vie, des tissus, du genièvre, de la verroterie et autres articles qu’ils transporteront là où les Européens vendent leurs articles. Il vaut mieux que chaque nation gouverne ses terres, les Blancs dans les leurs avec leur roi et moi, Roi du Dahomey, avec les miennes. Les Blancs ont pris les terres des Nègres, mais ceux-ci ne peuvent pas faire de même» écrit Glélé à Dom Louis, roi du Portugal, le 16 juillet 1887. Le père de Béhanzin ne reconnaît que la démarche de coopération, à travers l’accord commercial de 1841. Béhanzin, associé au pouvoir, avant de devenir roi, hérite de cette fibre nationaliste de son père, et défendra, tout au long de son règne, la souveraineté de son pays : «Cotonou appartient à mes pères. Je ne puis le céder à qui que ce soit, car ce serait un grand malheur pour moi : d’autant plus que, cédant ce territoire, le tonnerre tuerait tous ceux qui l’habiteraient, ce n’est pas possible» dit-il.

Dans la période de 1851 à 1884, un traité de commerce du 1er juillet 1851 est conclu entre la France et le roi d’Abomey, Ghézo (règne de 1818 à 1858) ; la France paye des impôts et taxes au Roi du Dahomey. Un traité du 19 mai 1868 avec le Roi du Dahomey cède à la France le territoire de Cotonou. Ce traité de 1868 est confirmé par un autre en date du 19 avril 1878, avec liberté pour la France de s’installer dans les ports. Cependant, les Français n’ayant encore suffisamment de forces armées, continuent de verser des taxes au Roi du Dahomey et la justice est rendue en son nom. La seule exception notable c’est que les sujets français sont dispensés d’assister aux cérémonies de sacrifices humains. Dans les racines de ce dissentiment avec le colonisateur, Béhanzin a pour ennemi le roi Toffa Houenou Baba Dassy de Porto-Novo, (1850-1908). Les Français ont surnommé Toffa, «Le Doux». Il est malléable et accommodant. Pour Alexandre d’ALBECA, «ce Noir n’avait pas la même morgue belliqueuse de son parent Glélé». Le roi Sodji conclut un traité de protectorat du 23 février 1863 avec la France pour échapper aux pays des Anglais qui ont bombardé son pays.  Fils du Sodji (1848-1864), Toffa doit s’exiler lorsque Mikpon s’empare du pouvoir en 1864. En dépit, des recommandations des Anglais, Toffa transige avec Da Glélé Kini-Kini, le père de Béhanzin. Quand le roi, Toffa, très favorable aux Français, arriva au pouvoir en 1875, confirma l’accord de 1863 plaçant Cotonou sous le protectorat français, Glélé considérant que ce territoire vassal relevant de sa souveraineté, contestera alors les nouveaux droits de douane imposés par le colonisateur : «Toffa, roi de Porto-Novo, pour se mettre à l’abri des incursions des Dahoméens, ses turbulents voisins, avait sollicité notre protectorat. Ceux-ci n’avaient pas vu d’un bon œil cette alliance d’un roi nègre avec les blancs exécrés, cette main mise sur le royaume de Porto-Novo» écrit le père DORGERE. Lorsque Victor BAYOL, représentant de la France, se rend à Abomey, Glélé refuse de lui accorder une audience privée. Il est seulement reçu par le prince Kondo, le futur Béhanzin. Par ailleurs, Toffa se méfiant des Anglais et du roi d’Abomey qui le maintient dans la suzeraineté, signe le 8 février 1882, un traité avec les Français, les dynasties régnantes de Dangbo et Kétenou, sont déportées à Gorée, au Sénégal. Toffa déclare céder dans Porto-Novo, le 13 mai 1883 «le titre et le pouvoir d’agent intérimaire de la République française et du chef de protectorat de mon royaume, sont transmis, à ce jour, à M. Henri GUILMIN».

Pour le royaume du Dahomey Porto-Novo relève de sa juridiction : «Les habitants, de famille Fon, avaient origine commune. Les souverains étaient cousins, et un lien de vassalité subordonnait Porto-Novo au Roi d’Abomey» écrit Alexandre d’ALBECA. En mars 1887, quand Toffa exerce des tracasseries et vexations sur les Dahoméens, Glélé riposte par l’envoi de son armée et Toffa s’enfuit au Nigeria. Béhanzin rejette, fermement, le protectorat français qui risque d’aboutir à la perte de souveraineté de son pays, et donc à la confiscation de ses terres, ainsi que la suppression d’une partie importante de ses revenus découlant des taxes en application du traité du 1er juillet 1851. C’est donc cette intrusion des Français qui provoquera, en avril 1889, un raid du royaume de Dahomey, contre Porto-Novo, dont Toffa est devenu le jouet du colon. En effet, les troupes dahoméennes se trouvent dans les environs de Porto-Novo, Toffa s’enfuit de son palais pour se réfugier en territoire britannique. Après un calme relatif, Toffa regagne Porto-Novo. Entre-temps, à la mort du roi Glélé, il est remplacé par son fils, Béhanzin. Les Français sont contraints de renégocier cet accord, avec le prince Kondo en 1889, le futur Béhanzin. Le 25 mars 1889, le roi du Dahomey attaque : «un feu terrible de l’ennemi assaillit la compagnie Lemoine et abattit quatorze hommes, dont trois mortellement atteints. Le commandant ne dut son salut qu’au dévouement de son ordonnance» écrit AUBLET dans «Guerre au Dahomey».

 Jean BAYOL profitant du passage du commandant TERRILLON, avec 400 tirailleurs sénégalais, convoque le 21 février 1890, des chefs indigènes Dahoméens, qui furent arrêtés et expédiés, immédiatement auprès de Toffa qui sera d’une grande brutalité à l’égard de ceux-ci. L’orgueil de Béhanzin en fut blessé ; il voua une haine féroce à Jean BAYOL. Notre amitié avec la France a toujours été grande (…) C’est M. Jean Bayol qui a fait la guerre de Cotonou, poussé par le roi Toffa. (…) Toffa est le roi de Porto-Novo à cause de nous. Son peuple ne voulait pas l’accepter, et sur notre message qu’il est monté sur le trône» écrit Béhanzin, le 30 avril 1890. Ce fut la guerre. L’Amazone, Nausica, la favorite de Béhanzin, est tuée pendant ces combats. Béhanzin prend en otages huit Français, et parfaitement au courant des règles internationales de la diplomatie, il refuse de s’en prendre aux autres nationalités. Béhanzin qui se déclare encore ami de la France n’en veut qu’à Toffa et Jean BAYOL. Il écrit directement au président de la République, pour tenter de négocier : «Jean Bayol est venu de la capitale du Dahomey pour faire un contrat touchant la question de Cotonou, et quand, pour la première fois, nous avons causé ensemble, le même Jean Bayol m’a raconté que les deux contrats qui se trouvaient au pouvoir de la France, avaient été reconnus comme entachés de fourberies. (…) J’ai capturé huit Européens et j’attendrais que Jean Bayol ait élargi mes autorités pour mettre également en liberté les prisonniers. J’attendrai que Votre Excellence justifie cette façon d’agir de Jean Bayol vis-à-vis de moi. Je regrette, qu’étant antique ami de la France, on ne m’ait pas transmis de sentiments de condoléance en ce qui regarde la perte de mon père» écrit-il, le 17 avril 1890 à Sadi CARNOT.

Béhanzin attaque à nouveau Toffa qui sera sauvé par les Français. Compte tenu des rapports de forces encore favorables au Dahomey, la France envoie, le 11 mai 1890, le père DORGERE négocier une paix précaire, une paix armée. Béhanzin estime que les Français sont venus troubler la paix de son royaume «Dieu, dans le principe, a créé le Noir et le Blanc, chacun pour habiter la terre qui lui a été désignée. Le Blanc s’occupe de commerce et le Noir doit faire commerce avec le Blanc, que les Noirs ne font aucun mal aux Blancs, et de même que les Blancs ne doivent faire aucun mal aux Noirs» écrit Béhanzin, le 18 août 1890, à l’Amiral de CURVILLE. A partir de janvier 1890 de nombreux navires français investirent la côte de Cotonou. De plus, des espions de Béhanzin avaient surpris des conversations des Blancs où il était clairement question d’arracher au Dahomey le contrôle de Cotonou. Béhanzin, avec le soutien des Allemands, attaque en février 1890, les postes français de Cotonou. Comble de la provocation, Jean BAYOL (1849-1905) ordonna l’enlèvement de deux chefs territoriaux de Cotonou et de Ouidah. Excédé par cet énième affront, Béhanzin, jusque-là patient, réunit son conseil et décida de partir en guerre malgré la désapprobation de l’oracle. Les Français avaient commencé à raser Cotonou et à en brûler les cases. Béhanzin et ses troupes composées de plusieurs milliers de guerriers et d’Amazones décidèrent enfin de riposter. Ses troupes séquestrèrent un groupe de français à Ouidah avant de lancer une violente attaque contre les installations françaises le 4 mars 1890 à Cotonou. La bataille fut sanglante : on compte 600 morts et plus de 1000 blessés dans les deux camps. Terrifiés par la violence de la riposte, Jean BAYOL et le commandant Sébastien TERRILLON (1846-1917) réclamèrent des renforts pour pallier à toutes attaques futures. Forts de leurs nouveaux renforts, les français revinrent à la charge et brûlèrent plusieurs villages des rives de l’Ouémé. Le 4 avril 1890 la France décrète un blocus à l’encontre du Dahomey.

S’avançant dangereusement vers Dahomey, les Français rencontrèrent une résistance si farouche que Oulard, le capitaine du navire bombardier commandé par TERRILON, en perdit la vie. Ce nouvel échec provoqua la chute du sulfureux Jean BAYOL et de Sébastien TERRILLON. Mais leurs successeurs toujours aussi passionnés par la guerre lancèrent de nouvelles attaques. Béhanzin riposta cette fois-ci en attaquant le 25 Avril 1890 un territoire Porto-Novien, Atchoukpa. La défaite infligée aux troupes françaises bien que aidées des guerriers de Toffa fut cinglante. La bataille terminée, Béhanzin se servit des otages français enlevés à Ouidah et emprisonnés à Allada, pour obtenir une trêve : «Tant que les otages ne nous sont pas rendus, nos troupes dévasteront les palmiers du territoire» écrit, le 2 mai 1890 Béhanzin à Victor BALLOT (1853-1939), administrateur de Porto-Novo. Aussi se lia-t-il d’amitié avec le père Alexandre DORGERE, l’un des otages qui, opposé aux velléités colonisatrices de la France, décida de négocier la paix entre Dahomey et le gouvernement français.

L’Armée dahoméenne est repoussée, mais les Français sont obligés de signer un accord du 3 octobre 1890 avec Béhanzin au terme duquel, le Dahomey s’engage à respecter le protectorat français du royaume de Porto-Novo. En contrepartie, le blocus est levé et la France s’engage, à titre compensatoire, pour l’occupation définitive de Cotonou, de verser, annuellement, 20 000 F (or ou argent) au Roi du Dahomey. Mais cet accord ne sera pas ratifié par le parlement français à la suite d’une polémique en métropole. «Le Dahomey a une fois de plus occupé la chambre. Il s’agissait de ratifier le traité conclu avec Béhanzin, monarque de ce pays. D’après ce traité, nous avons encore à lui verser annuellement une somme de 20 000 F. Quelques députés trouvaient ce cadeau inutile et ils avaient raison. Qu’avons-nous à gagner avec le Dahomey ? Rien, mais rien, absolument. Nous favorisons simplement les intérêts de deux ou trois grosses maisons de Marseille. (..) Nous avons des milliers d’ouvriers mineurs qui luttent pour obtenir un salaire leur permettant de vivre, et c’est à ce roitelet africain, sans importance, qu’on pense à envoyer de l’argent, au lieu de secourir les nôtres !» écrit L. SOURDILLON, dans le journal, «Le Cri du peuple». Le Parlement ayant refusé de ratifier le traité (108 pour, 389 contre), Sadi CARNOT ne payera pas la somme exigée par Béhanzin, considérée comme «un tribut payé à la France au roi du Dahomey et une marque de vasselage». C’est donc une grande crise entre la France et le Dahomey.

A la suite du départ de l’amiral CAVELIER de CURVILLE du Dahomey, une mission AUDEOUD est dépêchée auprès de Béhanzin. Le roi du Dahomey demande si les 20 000 F lui seraient payés et quand ? Béhanzin réclame la restitution du trésor en cauris de Cotonou. Béhanzin se prépare à la guerre en achetant des armes aux Allemands et aux Anglais, et en se constituant un trésor de guerre avec la vente d’esclaves, à la suite de l’expédition d’Abeokuta de juin 1891. Les Français décident, le 27 septembre 1891, de construire aussi un port à Cotonou, une base logistique pour leurs expéditions militaires contre Béhanzin. Le Secrétaire d’Etat aux colonies avait déjà fait voter, les 12 et 13 avril 1891, des crédits de 3 millions, en prévision de cette guerre : «Une opération sur Abomey pouvait seule mener au but, c’est-à-dire la puissance Béhanzin et assurer la sécurité de nos possessions du Bénin» mentionne un rapport, du 15 avril 1891. Dès le 3 mai 1891, une compagnie de 144 tirailleurs sénégalais avait déjà débarqué à Cotonou. Le 30 avril 1891, le colonel DODDS est pressenti en qualité de commandant supérieur au Bénin, avec des pouvoirs civils et militaires. «Ces gens-là se battent bien et ne craignent pas la mort. Il faudra du monde, beaucoup de monde, un corps expéditionnaire nombreux pour réduire le Dahomey» dit le colonel TERRILLON.

Astucieux, vindicatif, très attaché à la souveraineté de son pays, d’un fort caractère et résolu, Béhanzin, le requin résistera, vaillamment, au colonisateur français. Béhanzin adresse aux Français des provocations et injures : «Est-ce que j’ai été quelque fois faire la guerre contre vous ? Moi, je reste dans mon pays. (..) Je suis le roi des Noirs et les Blancs n’ont rien à voir à ce que je fais. Les villages dont vous parlez sont bien à moi, ils m’appartiennent et voulaient être indépendants, alors que j’ai envoyé les détruire et vous venez toujours vous plaindre. Je désirerai savoir combien de villages français indépendants ont été brisés par moi ? roi du Dahomey» dit-il. En septembre 1891, Béhanzin reprend ses incursions dans les territoires dépendant de Porto-Novo ainsi que dans les pays des Watchis sous influence française. Le Résident français proteste, mollement, dans une lettre du 21 septembre 1891. En novembre et décembre 1891, Béhanzin attaque la région d’Athiémé et de Grand-Popo. C’est la grande panique parmi les commerçants français. Le Résident français lance, le 10 décembre 1891, une mise en garde au Roi d’Abomey : «Vos soldats viennent encore de piller Ouatchicomé, un pays des Ouatchis avec lequel le Dahomey n’a rien à faire. La France  commence à se fatiguer de votre manière de faire et vous nous forcez à déchirer le traité, ce sera très mauvais pour vous». Dans sa réponse datée du 2 janvier 1892, Béhanzin écrit : «Obligé de vous demander une explication sur ce qu’on parle là et qui vous a obligé de m’écrire une lettre semblable. Alors, je suis le roi de tous les Noirs, et si quelconque de cette nation m’offense et que je veuille le punir, serait-il nécessaire que je donne satisfaction aux Blancs ? On a parlé beaucoup que je veux piller Grand-Popo et le territoire de Béta. Grand-Popo est mon pays. Je ne suis pas de votre égalité pour me faire une semblable insulte. Je trouve mieux, votre Excellence, rester à Porto-Novo tranquillet et faire commerce et de me laisser et ne me déranger plus».

En mars 1892, Victor BALLOT est nommé lieutenant-gouverneur du Dahomey et adresse une lettre de protestation, du 28 mars 1892, à Béhanzin à la suite de l’attaque de Porto-Novo : «Nous n’avons dû notre salut qu’à la bravoure de nos soldats et à la maladresse de  nos guerriers»  et enjoint de s’abstenir de toute nouvelle incursion, dans ce territoire, relevant du «drapeau français». Dans sa réponse du 31 mars 1892, Béhanzin estime que ce territoire est dahoméen : «Est-ce que j’ai été quelquefois en France faire la guerre contre vous ? Moi, je reste dans mon pays, et toutes les fois qu’une nation africaine me fait mal, je suis en droit de la punir. Cela ne vous regarde pas» dit-il. Béhanzin écrit à nouveau : «Je suis le roi des Noirs et les Blancs n’ont rien à voir à ce que je fais. Les villages dont vous parlez sont bien à moi» lettre du 19 avril 1892 au lieutenant-gouverneur, Victor BALLOT. Désormais, les colons qui préparent la guerre, refusent de répondre aux différentes lettres de Béhanzin.

Victor BALLOT monte l’expédition dirigée par Alfred Amédée DODDS (6 février 1842 à Saint-Louis – 18 juillet 1922, à Paris), un métis franco-sénégalais par ses deux parents (père Emery et mère, une Signare, Marie-Charlotte BILLAUD), qui débarque à Cotonou avec sept compagnies d’infanterie de 15 000 personnes, 800 légionnaires et escadrons de Spahis Sénégalais ; ce qui va changer, considérablement, la donne. Alfred DODDS, arrivé le 28 mai 1892, écrit à Béhanzin en sa qualité de commandant supérieur, pour l’enjoindre de libérer les trois otages français détenus à Ouidah. DODDS conteste les limites territoriales du royaume de Dahomey, telles que le conçoit Béhanzin : «La première fois, je ne savais pas faire la guerre, maintenant je sais. Si vous commencez la guerre, j’ai des troupes prêtes pour cela. J’ai tant d’hommes qu’on dirait des Vers qui sortent des trous. Je suis le Roi des Noirs et les Blancs n’ont rien à voir à ce que je fais» écrit Béhanzin. Dans une lettre du 2 juin 1892, DODDS intime l’ordre à Béhanzin de libérer les otages et retirer ses troupes de Cotonou et divers endroits. Béhanzin accepte l’échange de prisonniers, mais réaffirme sa souveraineté sur le Dahomey : «Je vous ai déjà dit que ce pays est le mien. Je l’ai fortifié car j’ai appris que la France veut en secret, faire la guerre au Dahomey» dit-il dans une lettre du 10 juin 1892. Les colons posent un blocus complet, à compter du 18 juin 1892. Alfred DODDS hausse le ton : «Nous sommes en droit de ne plus attacher plus d’importance à vos prétendus droits de propriété sur le Bas-Ouémé» écrit-il. Le 16 juillet 1892, le Ministre des colonies accorde à DODDS les renforts en effectifs demandés. Le 9 août 1892, par mesure de diversion, DODDS attaque par la côte et l’ouest de Cotonou.

Les Français déclareront la guerre à Béhanzin, son armée est composée de 22 000 combattants, sans cavalerie, avec un élément permanent les femmes, appelées Amazones, et tous les sujets du Roi sont appelés au moment de la guerre : «Chose étrange, c’est dans le pays où la polygamie est telle que le Roi peut avoir trois ou quatre mille épouses, c’est la région où elle est la plus maltraitée que la femme occupe la plus haute et la plus redoutable mission. (…) Les Amazones passent, à bon droit, pour le meilleur élément de l’armée dahomane, et leur roi avoue volontiers, que sans elles il ne gagnerait toujours pas des victoires» écrit Armand DUBARRY. Les Amazones en référence à la mythologie, encore appelés «Les Minos», «nos mères» ou femmes du Roi, en langue Fon, sont des vestales renonçant aux plaisirs de la vie, comme les vierges antiques de Thémiscyre, et se vouant entièrement à la guerre. «Les Amazones du Dahomey n’a rien à voir avec celle de l’Antiquité ; on les recrute parmi les pires mégères du pays. Une femme est-elle débauchée, acariâtre, indocile, insupportable, son époux ou ses parents en font cadeau au Roi qui l’enrégimente aussitôt» prétend Alfred BARBOU. En fait, contrairement à cette propagande coloniale, l’origine de ces troupes de femmes remonte au XVIIIème siècle, sous le roi Agadja (1673-1740) confronté à un manque d’effectifs masculins. Pour Alain FOA, les origines de cette armée permanente, composée de femmes, remontent au règne de Ghézou, traumatisé par la révolte populaire qui avait détrôné le roi Adonozan, las de sa tyrannie et de ses cruautés. Une armée stable rendrait le Roi maître de la situation. Le roi Ghézo en fit une troupe d’élite. Elles sont recrutées soit parmi les enfants des chefs, soit parmi les jeunes captives confiées aux femmes du Roi. Ces Amazones, garde d’honneur accompagnant le Roi, ont un statut sacré et sont conditionnées pour résister à la douleur et ignorent la pitié. Les Amazones doivent rester vierges, et leur amant est aussitôt décapité, et généralement, «elles ont la voix abominablement rauque, une voix de rogomme. Elles fument la pipe comme de vieux troupiers» écrit Adolphe BADIN. Equipées d’un fusil et de longues machettes tranchantes, elles décapitent leurs ennemis et exhibent leur tête tranchée ; ce qui peut démobiliser l’adversaire. «Ce sont elles qui ont lutté avec le plus d’énergie contre nos troupes, et il a fallu souvent les tuer à coups de baïonnette pour leur faire abandonner le malheureux soldat sur lequel elles s’acharnaient, au cours d’une bataille » écrit Jean BAYOL. En effet, la bravoure et surtout la loyauté des Dahoméens est reconnu par les colons : «Tout sait que pendant la campagne de 1893, nos troupes ne rencontrèrent pas d’adversaires plus redoutables, plus vaillants, plus tenaces, que les bataillons féminins dont plusieurs accomplirent de vrais prodiges de bravoure» écrit Paul MIMANDE. Un prisonnier des Dahoméens raconte, une scène au cours de laquelle son régiment avait fait prisonnier une Amazone, qui se débattait et d’un coup de dent enleva la moitié du nez d’un soldat français : «Mais, tuez-là donc ! », nous cria le capitaine. Les fusils s’abaissèrent. Elle nous regarda fixement et tomba morte sous les balles, sans avoir seulement sourcillé. Elle avait sur la tête, celle-là, une sorte de bonnet rouge bordé de jaune, avec une tête d’animal fantastique dessiné grossièrement et surmontée d’une paire de cornes. Je regrette même de ne l’avoir pas ramassé, ce bonnet, attendu que j’avais promis à ma fiancée de lui en rapporter un» écrit Adolphe BADIN. Les Amazones ont leur chanson préférée «Dahomey ! Dahomey ! Tes filles sont plus courageuses que les hommes. Les lionnes sont plus terribles que les lions, car elles ont leurs petits à défendre. Et, nous les Amazones, nous avons à défendre, le Roi, notre Roi et notre Dieu».

Désormais, les forces françaises allaient se heurter à l'armée de cet État africain fortement organisé et dont les troupes d'élite étaient composées de femmes-soldats, les amazones. «Vaincre ou mourir» telle est la devise des Amazones. «Le courage indomptable des guerriers et des Amazones, l’orgueil du roi Béhanzin, ont fait que l’armée dahoméenne a toujours tenu tête à nos troupes» écrit Jean BAYOL. Elles se battent «comme de véritables furies, en donnant à leur compagnon, l’exemple du courage et de la férocité. Leur rôle, à elles, est de viser l’ennemi aux jambes, puis de bondir sur les blessés, et de les achever en les égorgeant» écrit Adolphe BADIN. En effet, au mépris de la supériorité du feu français, elles se ruent à l’assaut. Certaines passent les lignes en rampant par terre sous les tirs pour chercher le corps-à-corps dans lequel elles excellent. «Ces amazones sont des prodiges de valeur, elles viennent se faire tuer à 30 mètres de nos carrés», écrira le capitaine JOUVELET dans ses mémoires. Avec lui, tous les hommes qui les ont combattues, impressionnés, saluent «l’extrême vaillance», «l’indomptable audace» de ces guerrières. «Les guerriers du Dahomey ont une grande confiance en eux, n’ayant que très rarement subis d’échec contre les Noirs» écrit Eduard DUNGLAS. «Il y a quelques bons tireurs ; on les appelle les chasseurs d’éléphant et ce sont eux qu’on fait monter en haut des arbres pour mieux viser et canarder nos officiers. Leur arme véritable, l’arme nationale du Dahoméen, c’est le couteau-manchette. D’un coup, ils abattent la tête d’un homme avec la même facilité qu’un simple bambou. Ce sont de véritables soldats, très bien entraînés. Ils sont organisés méthodiquement et formés en bataillons» écrit Alain BADIN. Le colonisateur, conscient de la grande valeur professionnelle des soldats dahoméens, les enrôlera dans son armée, une fois Béhanzin déchu de son titre. Ils ont «résisté avec un héroïsme farouche aux troupes courageuses du général Dodds» écrit Jean BAYOL.

Le courage des Amazones ne peut pourtant suffire à lutter contre les fusils et les pièces de canon de l’armée coloniale. Le 20 septembre 1892, Béhanzin attaque, mais ses troupes laissent sur le terrain 130 morts. En novembre 1892, les troupes d’Alfred DODDS se mettent en route sur Abomey et les Dahoméens, en dépit de l’inégalité des moyens, ont résisté : «Les Dahoméens tiennent bon cependant. Les pertes sont : tués, le lieutenant Mercier, un légionnaire, deux tirailleurs ; blessés : trois artilleurs, deux soldats d’infanterie de marine, dix légionnaires, sept tirailleurs», écrit Edouard AUBLET pour la journée du 2 novembre 1892. Cet auteur signale, pour la journée du 3 novembre 1892 «Trois heures durant, le carré résiste à chaque attaque générale sur toutes les faces qui sont enfilées et prises à revers, l’intérieur du camp est couvert de projectiles, le capitaine Rouget et le lieutenant Jacquot tombent blessés. L’acharnement mis par les soldats de Béhanzin  dans leur attaque a été grand. (..) Béhanzin a encore assez de prestige et d’autorité pour lancer ses troupes à l’assaut des Blancs et de la défensive opiniâtre repasser à l’offensive la plus audacieuse». Les pertes du côté français  : tués deux artilleurs et deux légionnaires ; blessés : un capitaine, un médecin, deux lieutenants, 25 Européens et 29 Tirailleurs.

Le colonel DODDS, nommé général de brigade le 9 novembre 1892, après avoir quelques jours hésité à entrer dans Abomey, engage des pourparlers avec Béhanzin. L’arrivée des Français, le 17 novembre 1892, dans Abomey, sonne le glas de ces combattantes de légende que sont les Amazones. Le général DODDS proclame, dans une note du 18 novembre 1892 que «les intérêts du peuple dahoméen sont désormais entre les mains de la France». Béhanzin est déchu de son titre de monarque : «En vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, déclarons que le roi Béhanzin-Ahy-Djéré est déchu du trône de Dahomey et banni à jamais de ce pays ; le royaume de Dahomey est, et demeure placé sous le protectorat exclusif de la France» écrit, à Porto-Novo, le 3 décembre 1892, le général Alfred DODDS. Les conditions de la paix jugées inacceptables, Béhanzin met le feu à Abomey et se retire vers le Nord.

Les Français ont installé, le 15 janvier 1894, le prince Goutchili, intronisé sous le nom d’Agoli-Agbo (1850-1950), un frère de Béhanzin, en qualité de roi fantoche ; il restera au pouvoir jusqu’en 1900. Goutichilli sera, par la suite déporté au Gabon. Le royaume du Dahomey fut morcelé en cercles administratifs, placés sous l’autorité d’administrateurs coloniaux. La résignation obséquieuse du nouveau roi, est perçue par les Dahoméens, comme un désastre national : «Prends garde Dahomey, Allada a trébuché, mais n’est pas tombé grâce aux Français !». Réfugié dans la forêt, Béhanzin a échappé un certain temps aux poursuites d’Alfred DODDS. La tradition orale veut que le roi du Dahomey ait été protégé, pendant ce temps, par des pouvoirs magiques, il aurait emporté avec lui, l’amulette du Dahomey, un bétyle aux grands pouvoirs. Le prince Goutchili dévoile aux Français la cache de Béhanzin qui se rend à Alfred DODDS. Béhanzin «fut livré par un de ses frères, ancien général en chef de son armée, qui n’hésita pas entre l’offre qu’on lui fît de le proclamer roi et la trahison» écrit Paul MIMANDE. Sur les indications de Goutchili, Béhanzin est capturé, dans la nuit du 25 au 26 janvier 1894, au village d’Acachapca. Le traité du 29 janvier 1894 marque la fin du conflit. La déclaration de réédition de Béhanzin, homme de culture et talentueux, est émouvante : «Compagnons d’infortune, derniers amis fidèles, vous savez dans quelles circonstances, lorsque les Français voulurent accaparer la terre de nos aïeux, nous avons décidé de lutter. Nous avions la certitude de conduire notre armée à la victoire. Quand mes guerriers se levèrent, par milliers, pour défendre le Danhomé et son Roi, j’ai connu avec fierté, la même bravoure que manifestaient ceux d’Agadjia, de Tegbessou, de Ghézo et de Glélé. Dans toutes les batailles, j’étais à leurs côtés. Malgré la justesse de notre cause et notre vaillance, nos troupes compactes furent décimées en un instant. Elles n’ont pu défaire les ennemis blancs dont nous louons aussi le courage et la discipline. Et déjà ma voie éplorée n’éveille plus d’écho. Où sont maintenant les ardentes Amazones qu’enflammait une sainte colère ? Où, leurs chefs indomptables : Goudémé, Yéwé, Kétungan ? Où, leurs robustes capitaines : Godogbé, Chachabloukou, Godjila ? Qui chantera leurs splendides sacrifices ? Qui dira leur générosité ? Puisqu’ils ont scellé dans leur sang le pacte suprême de fidélité, comment accepterais-je, sans eux, une quelconque abdication ? Comment oserais-je me présenter devant vous, braves guerriers, si je signais le papier du Général ? Non ! A mon destin, je ne tournerai plus le dos. Je ferai face et je marcherai. Car la plus belle victoire sur une armée ennemie ou des adversaires condamnés au silence du cachot. Est victorieux, l’Homme resté seul et qui continue de lutter dans son cœur. Je ne veux pas qu’aux portes du pays des morts, le douanier trouve des souillures à mes pieds. Quand je vous reverrai, je veux que mon ventre s’ouvre de joie. Maintenant advienne de moi ce qui plaira à Dieu ! Qui suis-je pour que ma disparition soit une lacune pour la terre ? Partez-vous aussi, derniers compagnons vivants. Rejoignez Abomey où les nouveaux maîtres promettent une douce alliance, la vie sauve et, paraît-il la liberté. Là-bas, on dit que déjà renaît la joie, il paraît que les Blancs vous seront aussi favorables que la pluie qui drape les flamboyants de velours rouge ou le soleil qui dore la barbe soyeuse des épis. Compagnons disparus, héros inconnus d’une tragique épopée, voici l’offrande du souvenir : un peu d’huile, un peu de farine et du sang de taureau. Voici le pacte renouvelé avant le grand départ. Adieu, soldat, adieu !».

Béhanzin, toujours attaché à l’amitié avec la France, on lui a fait croire qu’il allait à Paris, négocier avec Sadi CARNOT. En fait, de 1894 à 1906, il a été déporté sur l'île de la Martinique où, avec sa famille et sa suite, il résidait au Fort Tartenson. Le budget pour les dépenses de son installation et l’entretien quotidien de sa cour a été progressivement diminué. Il sera transféré dans une autre villa. En 1897, il licencie son interprète et, en 1899, à la mort de son secrétaire, son fils, Ouanilo, devient son secrétaire particulier. Pendant cet exil de douze années, Béhanzin entreprend alors d’écrire aux autorités françaises afin de lui permettre de revenir au Dahomey. Béhanzin, qui se présente comme un «ami de la France» abusée par le roi Toffa, ne cesse d’écrire aux autorités françaises pour solliciter son retour au Dahomey : «Depuis mon départ du Dahomey, les climats étrangers ont fatigué ma santé. Mes sentiments ne doivent pas rester inconnus après une si longue absence. (…) Il me tarde à rendre à mon père les honneurs funéraires qui sont dus aux Rois de mon pays» écrit-il le 17 octobre 1898 au président français. Il écrit aussi, le 10 octobre 1902, au député de la Guadeloupe Gaston REACHE-GERVILLE (1854-1908) considéré comme «influent» et «généreux» ; les huit années d’exil ont ruiné sa santé. Il écrit aussi au gouverneur du Dahomey en invoquant son entière ?? dans son humanité et son esprit de justice et relate que sa santé décline. «Je serai pour la France, pour la politique française un agent dévoué et un fidèle ami, propagateur de ses idées» écrit-il au gouverneur le 28 février 1903. Il adressera également une lettre le 10 août 1903 au gouverneur du Dahomey.

Agé, malade et après des interventions du député Gaston REACHE-GERVILLE, Béhanzin reçoit un appui du député Gaston GERVILLE-REACHE et Hildevert-Adolphe LARA, directeur d’un journal. Mais Victor BALLOT, consulté, émet à chaque fois, un avis défavorable pour le retour de Béhanzin au Dahomey. Cependant, la France décide de le renvoyer, en 1906, en Algérie, en passant par l’Exposition coloniale de Marseille. L’abbé DUCROCQ a écrit un ouvrage sur le séjour en Algérie intitulé «Béhanzin s’ennui». Suivant cet auteur : «Malgré ses pipes, malgré ses alcools, malgré ses femmes, malgré sa cour, malgré mille divertissements organisés en son honneur, le Roi se déprime, il dépérit. D’aucuns prétendent l’avoir entendu fredonner l’air fameux : Rendez-moi ma patrie ! ou laissez-moi mourir !» écrit-il. Béhanzin meurt d’une pneumonie le 10 décembre 1906, à l’âge de 64 ans, à Blida, en Algérie. Sa dépouille retrouve le sol ancestral : il est solennellement inhumé à Djimé (Abomey), le 9 mars 1928.

Lors de la réédition de Béhanzin, les objets saisis par l’armée arrivent sur le territoire français, mais aucun inventaire ne permet de connaître l’étendue du «butin de guerre». Certaines collections privées et publiques attestent toutefois une grande dispersion des objets, dans l’espace et dans le temps, après le retour des officiers français. Entre 1893 et 1895, le général DODDS et le capitaine FONSSAGRIVES donnent au musée d’Ethnographie du Trocadéro à Paris vingt-sept objets pris pendant la conquête coloniale du nouveau Dahomey (Statues en fer du dieu Gou, le siège royal saisi à Cana). Ces objets ont été transférés, par la suite au Musée Jacques CHIRAC, Quai Branly. A l’occasion du centenaire de la mort de Béhanzin, une exposition, en collaboration du Musée du Quai Branly et la Fondation Zinzou, s’est tenue à Paris, pendant trois mois, en 2006-2007, autour du thème : «Béhanzin, roi d’Abomey». 275 000 visiteurs sont venus honorer cet événement. La France refuse toujours de restituer ce trésor au Bénin : «Les biens que vous évoquez ont été intégrés de longue date, parfois depuis plus d’un siècle, au domaine public mobilier de l’Etat français» estime la France.

Le «Dowomé», le palais de Béhanzin a été rénové, en 2006, en coopération avec le Japon et l’UNESCO, et déclaré patrimoine mondiale de l’humanité, en hommage à sa résistance au colonialisme. «L’Adoxo» ou la tombe de Béhanzin est dans la troisième cour. Un problème majeur de notre temps, reste celui de la souveraineté des Etats africains, riches en matières premières, mais maintenus encore en esclavage.

Le message marquant de son action anticoloniale est représenté par sa statue, érigée sur la place Goho à Abomey, au Bénin ; cette statue représente Béhanzin, drapé dans son pagne royal, la main tendue vers l'avant intimant l'arrêt. Ce monument se trouvant à l'entrée de la ville d'Abomey, représente la résistance face au colon ainsi que le refus de laisser sa patrie aux mains de l'étranger. «Le Requin se rend. Mais, les fils du Requin ne trahiront pas», tel est son message testament. «GBÊHANZIN, le combattant de la liberté, est plus grand que son vainqueur, plus grand couché que debout. Il a acquis sa stature de héros en affrontant l'armée d'un Etat puissant, la France, comme Toussaint LOUVERTURE, le champion de l'indépendance de Haïti, originaire du Danxomé, qui tint tête aux troupes de NAPOLÉON 1er» dira Jean PLIYA,

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D’ALBECA (Alexandre), La France au Dahomey, Paris, Hachette, 1895, 234 pages, spéc chapitre XI, pages 177-212 ;

DA SILVA (Karim), Béhanzin face à l’envahisseur, Cotonou, éditions Silva, 1974, 50 pages ;

DESPLANTES (François), Le général Dodds et l’expédition du Dahomey, Rouen, Mégard, 1894, 224 pages ;

DJIVO (Joseph, Adrien), Le protectorat du Dahomey : Agoli-Agbo, 1894-1900 (la fin de la monarchie du Danxome), Abomey-Calavi, Université nationale du Bénin, Département d’histoire et d’archéologie, 1985, 122 pages ;

DJIVO (Joseph, Adrien), Le refus de la colonisation dans l’ancien royaume de Danxome, Paris, L’Harmattan, 2013, 2 volumes, 418 et 328 pages ;

DUBARRY (Armand), Voyage au Dahomey, Paris, Maurice Dreyfous, 1879, 282 pages, spéc pages 134-204 ;

DUCROCQ (Louis, abbé), Béhanzin s’ennuie, Arras, Sueur-Charruey, 1907, 20 pages ;

DUNGLAS (Edouard), «L’histoire dahoméenne de la fin du XIXème siècle à travers les textes», préface de Théodore Monod, Etudes dahoméennes, 1953, tome IX, 156 pages ;

DUNGLAS (Edouard), Contribution à l’histoire du moyen Dahomey (royaumes d’Abomey, de Kétouh et Ouidah), Porto-Novo, I.F.A.N, 1957, 2 vol, 185 et 152 pages ;

ETIENNE (Abel), Le R.P Dorgère, ancien missionnaire au Dahomey, préface du vice-amiral de Curville, Toulon, J. Alté, 1909, 331 pages ;

FOA (Edouard), Le Dahomey, histoire, géographie, mœurs, coutumes, commerce, industrie, expéditions françaises (1891-1894), préface de M. E. Levasseur, Paris, A. Hennuyer, 1895, 429 pages, spéc pages 1-54 ;

Fondation ZINSOU, Les cahiers de la Fondation, Béhanzin, correspondances et discours, coordonnateur professeur Joseph Adrien Djivo, Cotonou, 8 janvier 2017, 39 pages ;

FONSSAGRIVES (Jean-Baptiste), Notice sur le Dahomey publiée à l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, Paris, 1900, 406 pages, spéc pages 9-34 ;

GANIER (Germaine), «Notes sur Jean Bayol (1849-1905)», Cahiers d’études africaines, 1975, vol 15, n°58, pages 287-301, spéc pages 295-298 ;

GOUDEZKI (Jean), La soumission de Béhanzin, Paris, Georges Ondet, 1895, 8 pages ;

Gouverneur général de l’AOF, «Le Dahomey», in Exposition coloniale de Marseille, Paris, Emile Larose, 1906, 354 pages, spéc pages 19-24 ;

Gouverneur général de l’AOF, «Le Dahomey», in Exposition coloniale internationale de 1931, Paris, Société d’éditions géographiques, maritimes et coloniales,  1933, 151 pages, spéc pages 1-9 ;

GOYAU (Georges), «L’activité pacificatrice d’un missionnaire : le père Dorgère», Revue d’histoire des missions, décembre 1937, pages 417-434 et 1938, pages 1-13 ;

GLEGLE (Maurice, Ahanhanzo), Le Danxome : Du pouvoir Aja à la nation Fon, Paris, Nubia, 1974, 282 pages ;

KAWADA (Unzô) sous la direction de, La restauration du palais du roi Gbéhanzin, palais royaux d’Abomey, un bien du patrimoine mondial, préface de Koïchoro MAATSURA, Villefontaine, Cratère-Enzag, Unesco, 2007, 28 pages ;

LE HERISSE (Auguste), L’ancien royaume du Dahomey, mœurs, religion, histoire, Paris, Emile Larose, 1911, 381 pages, spéc pages 338-352 ;

LOUIS (Patrice), Le roi Béhanzin : Du Dahomey à la Martinique, Paris, Arléa, 2011, 136 pages ;

MAIRE (Victor Louis), Dahomey : Abomey décembre 1893, Besançon, Abel Cariage, 1905, 102 pages, spéc pages 13-52 ;

MASSE (Daniel), «Béhanzin et le Dahomey», La revue hebdomadaire, 5 janvier 1907, pages 30-45 ;

MESSANVI GARCIA (Luc), «Archives et tradition orale : A propos d’une enquête sur la politique du royaume du Dahomey à la fin du XIXème siècle», Cahiers d’études africaines, 1976, vol 16, n°61-62, pages 189-206 ;

MICHEL (Michel), La campagne du Dahomey, 1893-1894 : La reddition de Béhanzin, présentation Jacques Serre, Paris, L’Harmattan, 2001, 147 pages ;

MIMANDE (Paul), L’héritage de Béhanzin, Paris, Perrin, 1898, 291 pages ;

MONTSERRAT (Palau-Marti), «A propos d’un ancien récit de voyage au Dahomey (1797)», Revue française d’histoire d’Outre-mer, 1er trimestre 1963, tome 50, n°178, pages 53-63 ;

NICOLAS (Victor), L’expédition du Dahomey en 1890, un aperçu géographique et historique, Paris, Limoges, Henri Charles-Lavauzelles, 1892, 152 pages ;

NOIR (Louis), Une amazone de Dahomey, Paris, A Fayard, 1892, 154 pages, spéc chapitre V, sur la cour de Béhanzin, pages 71-87 ;

PEHAUT (Yves), «L’histoire du Dahomey», Les cahiers d’Outre-mer, 1964, pages 106-109 ;

PLIYA (Jean), AHOYO (Jean Roger), Hommage au roi Gbéhanzin, héros national, Abomey, 2006, 39 pages ;

POIRIER (Jules), Campagne du Dahomey, précédée d’une étude géographique et historique de ce pays, préface de Henri Lavertujon, Paris, Limoges, Henri Charles-Lavauzelle, 1895, 370 pages, spéc pages 57-240 ;

SALINIS (A. de Le P), Protectorat français sur la Côte des esclaves (1889-1990), préface du vice-amiral de Cuverville, 1908, 565 pages, spéc pages 304 à 314 ;

SARR (Felwine) SAVOY (Bénédicte), Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle, Paris, novembre 2018, 232 pages, spéc pages 44-45 ;

SCHELAMEUR (Frédéric), Souvenirs de la campagne du Dahomey, Paris, Limoges, Henri Charles-Lavauzelle, 1896,  266 pages, spéc pages 240-255 ;

SNELGRAVE (William), A New Account of Some Parts of Guinea and the Slave Trade, London, James John and Paul Knapton, 1734, 288 pages ;

TEVOEDJRE (Alfred), L’Afrique révoltée, Paris, Présence Africaine, 1958 et 2011, 157 pages, spéc pages 145-146 ;

WAHL (Maurice), «Le Dahomey», La France aux colonies, Paris, Librairies imprimeries réunies, 1896, 304 pages, spéc pages 168-177 ;

WALKENAER (Charles, Athanase), Collection des voyages par terre et par mer : en différentes parties de l’Afrique depuis 1400 jusqu’à nos jours, Paris, Chez l’Editeur, imprimerie Auguste Desrez, 1842, tome XI, 560 pages, spéc pages 234-245.

Paris, le 13 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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4 mai 2019 6 04 /05 /mai /2019 20:06

L’assemblée nationale a adopté une loi constitutionnelle supprimant le poste de Premier Ministre par 124 voix, 7 contre et 7 abstentions. Les 3/5èmes requis, c’est 74 voix.

C'était le baptême de feu, à l'assemblée nationale, pour Maître Malick SALL Garde des Sceaux Ministre de la Justice, venu défendre le projet de loi constitutionnelle visant à supprimer le poste de premier Ministre, actuellement occupé par M. Mohamed Boun Abdallah DIONE.

Une opposition peu républicaine, mauvaise perdante et qui a encore du mal à diriger sa lourde défaite le 24 février 2019, au 1er tour, face à Macky SALL, ce pharaon des temps modernes, est encore dans le deuil et les procès en sorcellerie. Maître Malick SALL Garde des Sceaux Ministre de la Justice compatissant, leur adresse un mot de réconfort : "N'Deyssaane".

Les arguments de l'opposition sont divers : il n'y a pas eu de concertation, il faudrait pour cette réforme un référendum, cela va renforcer les pouvoirs du président de la République, qu'en est-il de la suppléance ? Et peut-être que le chef de l'État aurait un agenda caché visant soit à faire échec à l'opposition si elle était majoritaire à l'assemblée nationale en 2022 ou c'est un projet d'ethnicisation du Sénégal.

Pour qu'il y ait concertation, il faut être à deux. Or, jusqu'ici, cette opposition pleurnicharde et bavarde, n'a rien à proposer, et pratique systématiquement la chaise vide.

Depuis, 1963, il y a eu 41 réformes constitutionnelles, mais deux seulement ont été référendaires, les autres sont passées par la voie législative. Le chef de l'Etat a l'opportunité et le pouvoir légal de choisir la voie législative ; c'est son pouvoir constitutionnel.

Cette réforme ne renforce en rien les pouvoirs du président de la République. Il a actuellement un droit de "vie et de mort" sur la fonction du premier Ministre qui peut être révoqué à tout moment. De partcette réforme, une séparation stricte des pouvoirs, avec un régime présidentiel, est instaurée : le Président ne pourra plus dissoudre l'assemblée nationale et celle-ci ne pourra plus censurer le gouvernement. Mais l'assemblée nationale conservera l'intégralité de ses pouvoirs constitutionnels, y compris les questions au gouvernement.

Dès l'entrée en vigueur de cette réforme, un député qui entrera au gouvernement pourra, automatiquement, récupérer son mandat de parlementaire dès sa sortie de l'équipe gouvernementale.

Une réforme constitutionnelle pourquoi donc faire ?

Le chef de l'État a été clair, lors de son discours d'investiture : il n'a que 5 ans, pour son deuxième et dernier mandat ; il veut accélérer la cadence, et être responsable directement devant les Sénégalais, pour des résultats tangibles, dans des délais aussi courts. Tout le reste n'est que supputation et verbiages.

Par conséquent, le président Macky SALL, n'a pas de temps à perdre. Habité par un sens de l'histoire, il veut faire gagner le Sénégal dans la Concorde et l'Unité, dans le temps qui lui est imparti.

Souhaitons bonne chance au Sénégal !

Paris, le 4 mai 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Suppression du poste de Premier Ministre au Sénégal, Macky SALL veut aller vite.
Suppression du poste de Premier Ministre au Sénégal, Macky SALL veut aller vite.
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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 21:05

Le Sénégal, comme le reste du continent noir, se caractérise, essentiellement, par l’extrême jeunesse de sa population. Ainsi, en 2015, avec une population de 14 356 575 habitants, contre 3 400 000 en 1960 et 240 000 en 1848, pour 192 712 km2, la densité du Sénégal est de 82 habitants au km2. Dans cette progression importante de la population, la jeunesse occupe une part importante. 10 916 845 Sénégalais ont moins de 35 ans, soit 76,04% de la population. 42% de la population a moins de 15 ans, et les plus de 60 ans ne représentent que 6% des Sénégalais. C’est donc tout à fait symbolique outre les performances du gouvernement que les jeux olympiques de la jeunesse en 2022 se tiennent, pour la première fois au Sénégal.

«Les jeunes n’ont pas forcément une pleine conscience du monde dans lequel nous entrons» avait dit, avec une dose de sinistrose, M. Emmanuel MACRON. Nous rêvons de quitter notre dure condition pour l’améliorer, sans cesse ; cette utopie au cœur du désir de vivre : «Je dois ajouter que ce temps de rêves et de chimères fut le plus heureux de ma vie» écrit Alexandre DUMAS dans «Les mémoires d'une aveugle».

A quoi donc rêve la jeunesse sénégalaise ?

Les ambitions et les rêves de la jeunesse sénégalaise balancent entre l’instinct de survie, le désir de vivre, et l’appel pour une transformation profonde du monde.

I – La jeunesse sénégalaise, l’instinct de survie, la castration,

Mon esprit a été tourneboulé et torturé par ces jeunes africains qui traversent le désert, escaladent avec des échelles les barbelés à l’enclave espagnole de CEUTA et MELLILA, risquent d’être réduits en esclavage, affrontent la Méditerranée au péril de leur vie, et ne sont maintenant accueillis nulle part. Ceux qui ont pu échapper à ce parcours terriblement dangereux, sont enfermés dans des camps, parfois dignes d’une démarche génocidaire. Les immigrants qui ont été régularisés, au terme d’un long et chaotique chemin d’embûches et de tracasseries administratives, exécutent des tâches ingrates, mal rémunérées, avec toutes les brimades qui vont avec. Comble de la situation, ces migrants deviennent des esclaves de leurs familles restées au pays, à qui, chaque mois, il faut envoyer un mandat. Plus vous envoyez de l’argent, plus ils pensent que vous pouvez donner plus, la reconnaissance ne fait pas partie de nos traditions, c’est un devoir de venir en aide aux siens. Par ailleurs, les sollicitations d’autres personnes sont nombreuses et incessantes. Une fois revenus au pays, pour de courtes vacances, les économies de 2 ou 3 années sont dilapidées en quelques semaines au cours de cérémonies fastueuses.

Cette vie de chien et de misère du migrant n’est rien par rapport aux humiliations, au racisme et au lynchage et parfois au meurtre, en raison de la montée du populisme dans certains pays européens. Mais le plus grave, c’est le manque de réaction adéquate des gouvernements africains devant ces brimades et ces exodes de jeunes africains. L’Afrique, contrairement à une idée reçue, est riche de ses matières premières, de sa population jeune et dynamique, capable de traverser le désert et les océans.

A quoi donc rêve la jeunesse africaine en ce début du XXIème ?

Ce qui semble dominer, pour les jeunes de notre temps, ce sont ces revendications alimentaires, ces grèves estudiantines pour les bourses et les cantines, bref de ce besoin de se complaire dans le statut d’étudiant professionnel. On brûle et on saccage tout, à coup d’années blanches. Emile ZOLA (1840-1902), dans sa lettre à la jeunesse de 1897 interpellait ainsi ces comportements désincarnés : «Où allez-vous, jeunes gens, où allez-vous, étudiants, qui courez en bandes par les rues, manifestant au nom de vos colères et de vos enthousiasmes, éprouvant l'impérieux besoin de jeter publiquement le cri de vos consciences indignées ? Allez-vous protester contre quelque abus du pouvoir, a-t-on offensé le besoin de vérité et d'équité, brûlant encore dans vos âmes neuves, ignorantes des accommodements politiques et des lâchetés quotidiennes de la vie ?».

On est frappé par la double castration de cette jeunesse africaine qui semble déserter le combat pour les hauts principes et valeurs d’une vie exigeante de liberté, de fraternité et de justice. Ce qui domine, à mon sens, ce sont les stratégies de survie, les revendications alimentaires, notamment pour le paiement des bourses en temps utile. Loin de mépriser ces réclamations nécessaires pour le succès des études, on a le sentiment qu’être étudiant au Sénégal, est devenu un métier qui procure une bourse, non pas pour étudier, mais uniquement pour vivre. L’avenir de l’éducation, et donc des jeunes, leur orientation, la qualité des enseignements, leur finalité ne sont plus des enjeux fondamentaux qui préoccupent la jeunesse sénégalaise. Faire des grèves, saccager les locaux et les archives et accepter d’être phagocytés par une opposition en panne de projet alternatif crédible, semblent satisfaire la jeunesse. Bref, c’est tout un système éducatif qui se délite, à coup de grèves répétitives et endémiques. Pourtant, l’éducation est un enjeu majeur pour l’avenir de cette jeunesse hédoniste, orientée, essentiellement, vers la consommation.

En réalité, les causes de cette démission de la jeunesse sont profondes ; l’anesthésie opère à deux niveaux. La première forme de castration de la jeunesse africaine, résulte d’un grand gâchis où les ressources humaines ne sont pas optimisées et exploitées de façon maximale pour le bien-être de la population. Les jeunes cadres, souvent bien formés à l’étranger, ne sont pas toujours employés au niveau de leurs compétences. Les diplômés, s’ils ne sont pas chômeurs, attendent de longues années pour la reconstitution de leur carrière et le rappel des échelons ou le paiement des heures supplémentaires ou des frais de déplacement. L’administration, principal employeur, manque de moyens matériels et humains ; ce qui n’est pas source de motivation. Ces facteurs créent en Afrique, une fuite massive des cerveaux vers l’Europe.

II – La jeunesse sénégalaise, l’ambition de conquérir et transformer le monde,

Il ne faut jamais cesser de rêver, «Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve une réalité» disait Antoine de SAINT-EXUPERY.  Ainsi, Amadou Hampâté BA invitait la jeunesse de la diaspora à cultiver la fraternité et à admirer la diversité du monde : «Quil s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l’autre et dialoguer avec lui. Alors nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentarité et source d’enrichissement mutuel. De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde». Ce grand sage africain, sans nier les différences, insistait sur la complémentarité : «À notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre est toujours plus enrichissante, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. L’interdépendance même des États impose une complémentarité indispensable des hommes et des cultures». Amadou Hampâté recommandait l’enracinement et l’ouverture «Soyez, jeunes gens, ce bon jardinier qui sait que, pour croître en hauteur et étendre ses branches dans toutes les directions de l’espace, un arbre a besoin de profondes et puissantes racines. Ainsi, bien enracinés en vous-mêmes, vous pourrez sans crainte et sans dommage vous ouvrir vers l’extérieur, à la fois pour donner et pour recevoir».

Des ambitions légitimes se manifestent, et on veut conquérir le monde : «Pensées d'amour et de jeunesse, éteignez-vous comme ces flambeaux, et laissez la place aux rêves d'ambition!", Michel ZEVACO dans «Les Pardaillan». Le rêve de gloire, de s’élever dans la hiérarchie sociale, est un sentiment noble que la jeunesse caresse, sans cesse. Il arrive parfois que c’est difficile, on veut renoncer et battre en retraite : «Il faudrait dire adieu à tous mes rêves de gloire, abdiquer l'avenir de mon nom, renoncer à l'art qui vit de liberté et de puissance», écrit Alexandre DUMAS dans «Ascanio». De mon temps, né dans une contrée particulièrement défavorisée, j’avais vu ma petite sœur mourir de la coqueluche. Aussi, initialement, je voulais être médecin, pour soigner tous les maux dont souffrait mon Fouta-Toro. Fasciné par le sacrifice et le dévouement de mes instituteurs, je rêvais de devenir enseignant pour combattre l’ombre et faire jaillir la lumière, favoriser plus d’égalité. Mes années d’étudiant en France m’ont révolté contre le sort des migrants ; c’est ainsi qu’est né cette posture de lutteur dans l’arène, pour un bien-vivre ensemble. Mes enfants ne rêvent que de tablettes, d’ordinateurs, de séries télévisées et de football. Le Paris Saint-Germain est partout dans la maison, et cela finit par devenir étouffant et agaçant.

La jeunesse africaine est traversée, depuis longtemps, par ce profond désir et ce rêve, pour agir sur le monde, le transformer, en vue de le rendre meilleur et plus juste. Jean JAURES, dans son fameux discours à la jeunesse, prononcé à Albi en 1903, disait que le courage, «c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques». C’est ainsi qu’au début du XXème siècle, la jeunesse africaine et la diaspora, en pleine colonisation, avait réclamé plus d’humanisme, fraternité et d’égalité. Ainsi, dans leur contribution littéraire pour l’émergence de la Négritude, Léopold Sédar SENGHOR et Aimé CESAIRE invitaient la jeunesse africaine à retrouver sa fierté et sa dignité d’homme. Les Tirailleurs sénégalais, sitôt sortis des tranchées de la Première guerre mondiale, ont posé, tout de suite, sur la scène politique, la revendication de la citoyenneté. Lamine SENGHOR, dans ses écrits, est le premier à dénoncer, avec une grande virulence, le système colonial. Bien avant eux, Thierno Souleymane BAL (1776-1890) et les Almamy du Fouta qui ont refusé l’esclavage, El Hadji Oumar TALL (1797-1864), Maba Diakhou BA (1809-1867), Cheikh Ahmadou Bamba BA (1853-1927) et Samory TOURE (1830-1900), dans leur contestation du système colonial qui se mettait en place progressivement, revendiquaient le droit des Africains de vivre souverains, dans leur propre pays. Dans les années 50, les syndicats étudiants, en pleine guerres coloniales, ont rejeté la proposition d’autonomie interne, et ont posé, d’emblée, la question de l’indépendance. Le mouvement de Mai 68 au Sénégal, au-delà de la revendication des bourses, était une réaction politique, contre une société sénégalaise corsetée et verrouillée depuis que Mamadou DIA et ses amis ont été mis en prison, et que toute opposition était interdite ou réprimée. Le 23 juin 2011, le peuple sénégalais, la société civile et la jeunesse, en particulier, ont posé une ligne rouge à ne pas franchir dans la démocratie sénégalaise, à savoir l’interdiction absolue de toute tentation monarchique, et l’introduction dans la sphère publique, de principes et de valeurs visant à moraliser l’action de nos gouvernants, pour une «gouvernance sobre et vertueuse», tel que l’avait bien formulait Macky SALL.

En définitive, la jeunesse, le rêve et l’utopie sont des choses indissociables. En fait, c’est pendant notre jeunesse que nos espoirs, notre espérance et notre imagination sont sans limites. Nous rêvons d’amour et d’harmonie, de princes et de princesses : «La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, et vous aurez vécu si vous avez aimé» écrit Alfred de MUSSET dans «A quoi rêvent les jeunes filles ?». Le rêve est lui-même la vie qui doit s’accomplir : «Il n'y a que deux conduites avec la vie : Ou on la rêve ou on l'accomplit» disait René CHAR. Une bonne partie de la jeunesse rêve d’être bien formée et pouvoir vivre, décemment, au Sénégal, dans un pays uni, tolérant, prospère, avec un cadre de vie confortable et agréable, dans un environnement sain. «Je suis fier de notre jeunesse dynamique qui a de l’ambition pour notre pays. Le Plan Sénégal Emergent n’est plus une promesse, mais bien une réalité, investir dans l’avenir, voici ma priorité» déclare le président Macky SALL.

La grandeur de notre continent et de sa diaspora, c’est le combat de sa jeunesse pour la liberté, la souveraineté, la démocratie, un monde de paix, plus juste et plus fraternel, pour un bien-vivre ensemble. «Quelle excuse aurait la jeunesse, si les idées d'humanité et de justice se trouvaient obscurcies un instant en elle !» s’interroge Emile ZOLA.

II – Le Sénégal et l’avenir de sa jeunesse sénégalaise

Cette jeunesse galopante est à la fois une source d’inquiétude et d’espoir. Si rien n’est fait pour envisager l’avenir, l’explosion de la natalité deviendra une bombe à retardement. De ce point de vue, il ne faudrait pas rejeter, d’un revers de main, les théories des afro-pessimistes européens ne voyant l’Afrique qu’en termes d’immigration.

Cependant, la Politique, au sens du noble du terme, c’est une volonté, vouloir c’est pouvoir. En effet, si nos gouvernants quittaient le terrain de l’incantation et celui du statut de spectateur et de commentateur, on peut considérer que la principale richesse d’une Nation, c’est la qualité de sa population. La jeunesse, loin d’être d’un handicap, est un atout et une partie des difficultés que l’on rencontre : «Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées» affirme Valérie GISCARD d’ESTAING. Les pays émergents, comme la Chine, l’Inde et le Brésil, sont des Etats ayant une importante natalité. Mais quelles pistes de solutions ?

A – La place centrale de l’éducation et de la formation,

C’est l’un des points qui nécessiterait un large consensus national de toutes les forces vives de la Nation. Les grèves récurrentes, hormis certaines revendications fort légitimes, comme les arriérés de salaires pour les enseignants du primaire et du secondaire, sont instrumentalisées par l’opposition.

Nous avons besoin d’une éducation en lien avec la vie sociale et culturelle du Sénégal, débarrassée de la mentalité colonialiste et esclavagiste et orientée vers les besoins fondamentaux de notre pays (agriculture, pêche, tourisme, pétrole et gaz). Les défis sont multiples et importants ; il faudrait un projet éducatif innovant, de nature à sauvegarder la souveraineté et l’indépendance, et à promouvoir un début d’industrialisation du Sénégal :

- en 1960, il n’y avait qu’un lycée par région, maintenant il y’en a partout, ainsi des collèges, mais il faut les faire fonctionner et les entretenir ; l’entretien des bâtiments publics est le secteur le plus négligé au Sénégal ; une fois qu’un ouvrage est érigé, on a l’impression qu’il devrait être fonctionnel, tout seul, et sans entretien ; les métiers de l’entretien des bâtiments publics et privés sont à privilégier ;

- dans les universités ¾ des étudiants sont en Lettres ou en droit, au détriment des filières scientifiques ; outre le fait qu’une bonne partie sont des cartouchards et de vieux étudiants, ce sont souvent de futurs diplômés qui deviennent chômeurs ; quel gâchis !

- la formation professionnelle, et en particulier, pour cette masse de jeunes déscolarisés ou diplômés chômeurs, est à développer dans les secteurs de la pêche, de l’agriculture, du tourisme et du bâtiment en pleine expansion ; cette main-d’oeuvre disponible ne demande qu’à  être formée pour accéder au statut d’ouvriers qualifiés ; les filles en particulier, sont envoyées dans des voies de garage (couture, secrétariat) ; or, la politique des ressources humaines est un atout, et non un handicap, dans la mondialisation, la Chine et l’Inde l’ont compris pour sortir du sous-développement en moins de 30 ans ;

- de nouveaux secteurs émergent (pétrole, ports, chemins de fer, autoroutes, aéronautiques avec une compagnie nationale et 2 aéroports) ; il faudrait anticiper la formation sur ces filières d’avenir ;

- dans l’élémentaire des salles bondées, parfois plus de 100 élèves par classe, et des enseignants vacataires à former, revaloriser les enseignants (échelons, avancements de grade et promotions interne, avec effet immédiat sur le salaire), mettre fin aux abris provisoires, et créer de nouvelles classes, etc. Le niveau scolaire est devenu si bas, que cela met en danger l’avenir de la société sénégalaise ;

- avec la fuite des cerveaux, mobiliser la diaspora, avec ses compétences. A la fin de la seconde guerre mondiale, les Américains n’ont pas hésité à recueillir les savants allemands. Aujourd’hui, de nombreux Sénégalais à l’extérieur, dans des secteurs de pointe, ou des ouvriers qualifiés, sont à l’extérieur ; il faudrait une politique publique pour les inciter à revenir au pays.

B – Développer la valeur travail et mobiliser,

plus énergiquement toutes nos ressources humaines

1 – Un Etat stratège qui appuie et aide les jeunes

Nous avons besoin d’un Etat-stratège qui indique une direction, impulse des projets de développement. Sans coup de pouce, il est quasi-impossible pour les jeunes de bien démarrer dans la vie. Contrairement à une idée reçue et aux directives de l’ultra-libéralisme triomphant, dans les pays occidentaux, chaque Etat défend ses intérêts, à travers diverses subventions directes ou indirectes. Nous avons besoin d’un Etat qui puissent assurer, pour les jeunes, notamment des garanties bancaires, sur la base de projets fiables, pour démarrer d’abord à travers des modestes structures, et être accompagnés, par la suite, sur la base de résultats tangibles, pour s’agrandir et se développer.

Dans divers secteurs, les méthodes et outils de travail sont restés encore artisanaux, comme au temps ancestral. Ainsi, dans le domaine de la pêche, les pirogues devraient être, dans un cadre coopératif, être remplacées par des chaloupes, même d’occasion, plus performantes.

Si les autoroutes se développent au Sénégal, le train arrive et les aéroports régionaux seront en réfection, il est donc possible de favoriser un tourisme de masse, chez l’habitant, avec un minimum de confort et de sécurité. Ce tourisme de masse pourra viser la diaspora africaine aux Etats-Unis, en Europe, mais aussi la bourgeoisie africaine et sénégalaise. Pour l’instant, le tourisme de luxe a peu de valeur ajoutée pour le Sénégal.

La jeunesse qui fuit les travaux ingrats des champs, pourrait retourner à la terre. Tout ce que nous consommons vient de l’étranger. Un modèle de consommation est à réinventer. Les géants de l’agro-business ont senti qu’il y a des parts de marchés à prendre, dans un Etat dont les ressources vont s’améliorer avec les revenus du pétrole et du gaz, à venir. Par conséquent, dans ce domaine de l’agriculture, l’Etat devrait, dans un premier temps, aider à viabiliser des terrains, permettre, s’il faut par des forages et l’énergie solaire, l’accès à l’eau, en toute saison, et remettre, sur la base de résultats tangibles, de petits tracteurs comme ceux utilisés par les paysans chinois, aux paysans.

2 – Des jeunes se prenant en charge

«Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays» avait dit, fort justement, John Fitzgerald KENNEDY. On entend souvent, à l’occasion de ces grévitudes, les manifestants se plaindre que les groupes étrangers prennent tout. La question est : qu’est-ce qui les empêche de prendre ces parts de marchés ?

On ne peut tout attendre de l’Etat ou de la famille. Chaque individu a une grande part dans la construction de son destin, avec un certain degré de créativité, d’autonomie et de responsabilité. Le président Macky SALL a eu raison de mettre l’accent sur le civisme et le sens patriotique des Sénégalais «La citoyenneté n’est pas que droits et libertés. Elle est aussi devoirs et responsabilités. C’est l’essence même du contrat social qui fonde le vivre-ensemble dans un Etat de droit. la discipline individuelle et collective est un facteur de compétitivité et de croissance économique».

La valeur travail est à réintroduire dans la société sénégalaise, outre les fêtes religieuses et scolaires, les jeunes sont souvent plus à la mosquée qu’à s’occuper utilement. Tous les pays émergents, comme la Chine et l’Inde, ont fait de la force de travail de leur population un atout majeur. Ainsi, les commerçants chinois, à Paris, qui travaillent sept jours sur sept, ont fini par conquérir presque tous les cafés de la capitale française.  On pourrait, au Sénégal, introduire dans les marchés publics, deux clauses importantes : d’une part l’obligation de transfert technologique et d’autre d’employer un certain pourcentage de jeunes sénégalais et à les former. Les grands groupes étrangers, déjà implantés dans le pays, au lieu de venir avec tout leur personnel, devrait embaucher, en priorité des jeunes ou être taxés, à défaut de remplir ce quota.

Nos produits artisanaux restent encore rudimentaires, voire archaïque et donc intéressent peu les Sénégalais et encore moins le marché international. Si la créativité dépend de chaque Sénégalais, en revanche, la formation et la modernisation des outils de travail dépend de chaque individu. L’Afrique regorge de matières premières, de potentiel culturel et artistique non encore exploité et développé par les nationaux, mais que d’autres ne cessent de piller. Je crois aux comités stratégiques et aux mentors, notamment au sein de la diaspora, pour accompagner ces jeunes dans leurs projets de création artistique.

Paris, le 13 avril 2019, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

«A quoi rêve la jeunesse sénégalaise ?» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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12 avril 2019 5 12 /04 /avril /2019 21:01

Au pouvoir depuis 1989, la colère populaire a fini par emporter Omar El-Bechir, président du Soudan, après 4 mois de contestation. Mais l'Armée reste omniprésente ; c'est que rejettent les manifestants.

Tout récemment c'est Abdel Aziz BOUTEFLIKA que les Algériens ont contraint à renoncer à un 5ème mandat. Mais ce n'est qu'un début pour éjecter tous les parasites et les mafieux, pour une vraie démocratie. Après le légume algérien c'est un mort-vivant qui est censé diriger le Gabon.

D'autres régimes barbares sont déjà tombés au Zimbabwe, en Gambie et au Burkina Faso. Plus rien ne pourra arrêter cette lame de fond en faveur de la liberté. "Il est temps de mettre à la raison, ces Négres qui croient que la Révolution ça consiste à prendre la place des Blancs et à continuer, en lieu et place, je veux dire sur le dos des Négres, à faire le Blanc" écrit Aimé CÉSAIRE.

Les peuples africains, longtemps maintenus dans les chaînes, depuis la nuit des temps par l'esclavage, le colonialisme et des régimes historiques et monarchiques à la solde des intérêts de la grande finance internationale, ont fini par comprendre que s'ils ne se prennent pas en main, leurs malheurs continueront encore des siècles.

Quand un peuple est en colère, et qu'il réclame justice, liberté et souveraineté, aucun char, aucun accord de coopération ne peut l'arrêter. Quand on a raison, et que sa survie en dépende, on est délivré de la peur, et on est animé d'une force irrésistible qui va balayer toutes ces crapules à la solde de ceux qui nous asservissent.

Il reste encore du travail à faire, notamment au Tchad, au Cameroun, en Guinée équatoriale, au Togo, au Congo et au Gabon. Alpha CONDE est féroce à l'égard des Peuls et de ses opposants, la Mauritanie pratique encire l'esclavage.

L'Afrique, riche de ses populations et de ses matières premières, finira par se débarrasser de tous ces régimes monarchiques et préhistoriques pour engager son unité, pour retrouver sa liberté, sa souveraineté et sa dignité.

Paris, le 10 avril 2019 par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr

"La chute d'Omar El-Bechir du Soudan : le début de la fin de ces régimes monarchiques et dynastiques" par Amadou Bal BA baamadou.over-blog.fr

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 00:02

Maître Malick SALL, avocat d’affaires international depuis 1982, est nommé Garde des Sceaux et Ministre de la Justice du Sénégal. Autant dire qu'il connaît parfaitement le monde du droit et ses arcanes ; il a du métier, comme on le dit familièrement, dans un contexte où l'indépendance de la Justice, à tort ou à raison, est devenue le cheval de bataille des mauvais perdants.

Sa contribution à la victoire du président Macky SALL, à travers son mouvement «M.T.M, Malick pour Tous, Tous pour Macky», a été déterminante en Casamance, dans le secteur des Mourides, au sein de la diaspora, et en particulier au Fouta-Toro avec un score soviétique de 90%.

C’est la deuxième fois, après M. Kalidou DIALLO, Ministre de l'Éducation sous maître Abdoulaye WADE, que mon village, Danthiady, au Fouta-Toro, obtient un poste de Ministre au sein du gouvernement du Sénégal.

Si les Foutankais ont plébiscité maître Malick SALL, c'est non seulement en raison de son discours neuf et de sa façon de faire neuve la politique, sans langue de bois, mais aussi et surtout, pour sa compassion et sa bienveillance auprès des déshérités. C'est pour cela que maître Malick SALL, dans son Jihad du cœur, au plus près des besoins de la population, sera particulièrement utile pour les échéances électorales à venir, notamment les élections locales de novembre et décembre 2019.

Derrière la réussite de chaque homme se cache toute une équipe dynamique et combative ; je ne vais pas les nommer de peur d'un oubli désastreux.  Je veux louer, ici, la contribution d’une épouse discrète qui donne beaucoup d'elle-même et d'amour, je parle de Maimouna SYLLA SALL.

Aussi, j'adresse mes voeux de plein succès à maître Malick SALL. Comme on le dit en Peul : «YA DIOGORO DIAM !».

La nomination des membres du gouvernement résulte de différents dosages en tenant compte des considérations politiques, géographiques et cognitives, ainsi que les priorités des Sénégalais (économie numérique, économie sociale et solidaire, emploi des jeunes) : 50% de nouveaux ministres, 25% de femmes, au moins un représentant par région, le nombre des Ministres passe de 39 à 32, davantage de jeunes, c’est un élan pour un Sénégal pour tous.

Nouvelle équipe gouvernementale :

Ministre des Forces Armées : Sidiki KABA ;
Ministre de l’Intérieur : Aly N’Gouille N’DIAYE ;

Ministre des Finances : Abdoulaye Daouda DIALLO ;
Ministre des Affaires Étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur : Amadou BA ;
Garde des Sceaux, Ministre de la Justice : maître Malick SALL ;
Ministre du Développement Communautaire, de l’Équité Sociale et Territoriale : Mansour FAYE ;

Ministre des Pétrole et des Énergies : Mouhamadou Makhtar CISSE ;
Ministre de la Fonction Publique et de la Rationalisation des effectifs : Mariama SARR ;
Ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement : Oumar YOUM ;
Ministre de l’Économie, du Plan et de Coopération : Amadou HOTT ;
Ministre de la Santé et de l’Action Sociale : Abdoulaye Diouf SARR ;
Ministre de l’Agriculture et l’Équipement rural : Moussa BALDE ;

Ministre de l’Eau et de l’Assainissement : Serigne Mbaye THIAM ;

Ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection de l’Enfant : Ndeye Saly Diop DIENG ;

Ministre du Tourisme et des Transports Aériens : Alioune SARR ;

Ministre des Pêches et l’Économie maritime : Aminata Mbengue N’DAIYE ;
Ministre de l’Éducation Nationale : Mamadou TALLA ;

Ministre des Collectivités territoriales et de l’Aménagement : Oumar GUEYE ;
Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et des Innovations : Cheikhou Oumar HANNE ;

Ministre du Développement Industriel et des PMI : Moustapha DIOP ;
Ministre de l’Environnement et du Développement durable : Abdou Karim SALL ;

Ministre des Mines et de la Géologie : Sophie Gladima SIBY ;
Ministre des Sports : Matar BA ;

Ministre de l’Élevage et des Productions animales : Samba Ndiobène KA ;
Ministre du Travail, du Dialogue Sociale, des Organisations Professionnelles et des Relations avec les Institutions : Samba SY ;

Ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène publique : Abdou Karim FOFANA ;

Ministre du Commerce et des PME : Aminata Assome DIATTA ;
Ministre de la Culture et de la Communication : Abdoulaye DIOP ;
Ministre de la Jeunesse : Ndéné Fatoumata TALL ;

Ministre de la Microfinance et l’Économie sociale solidaire : Zahra Iyane THIAM ;
Ministre de l’Emploi, de la Formation professionnelle et de l’Artisanat : Dame DIOP ;

Ministre de l’Économie numérique et des Télécommunications : Ndeye Diké Ndiaye DIOP.

M. Moïse Diégane SARR est Secrétaire d’Etat chargé des Sénégalais de l’extérieur et M. Mamadou Saliou SOW, secrétaire d’Etat chargé de la Promotion des droits humains et de la Bonne gouvernance.

Ont quitté le gouvernement :

Mme M’Baye NIANG

Latif COULIBALY

Ismaïla Madior FALL

Aminata Angélique MANGA

Maïmouna N’DOYE SECK

Yaya Abdou KANE

Marie Tew NIANE

Souleymane Jules DIOP

Dième Farba SARR

Mame Thierno

Abdou N’Dène SALL

Pape Gorgui N’DONG.

Paris, le 7 avril 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Maître Malick SALL, nommé Garde des Sceaux, Ministre de la justice du Sénégal» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 19:15

Macky SALL prête serment pour son deuxième et dernier mandat présidentiel, pour entrer dans l'Histoire. Son bilan est flatteur et il a une vision claire et stratégique pour l'avenir. Ce pharaon des temps modernes peut encore nous surprendre, agréablement.

En ce premier jour de son mandat, et à travers les fortes délégations africaines présentes, le président Macky SALL a montré une belle image du Sénégal, en paix avec lui-même et avec les autres, un Sénégal démocratique, tolérant, stable et émergent.

Le président Macky SALL a fixé ses priorités et s'est engagé à tout mettre en oeuvre «pour la réalisation des rêves de bonheur, de prospérité, de justice et de sécurité» pour les Sénégalais. La jeunesse, 65% ayant moins de 24 ans, reste pour le président Macky SALL une grande priorité.

Jeudi 4 avril 2019, c'est la fête nationale du Sénégal, pays indépendant depuis 59 ans. Le président Macky SALL a réaffirmé sa position de principe pour le panafricanisme en invitant 18 présidents et 52 chefs de gouvernement à son investiture.

On ne peut être indépendant que si travaille pour le développement de notre patrie. En effet, un pays doit défendre sa liberté et promouvoir son développement, sans lesquels nous ne resteront d’éternels colonisés. La souveraineté, c’est maîtriser notre destin, réveiller la conscience des Sénégalais, pour leur identité et la défense des valeurs. Les gouvernants doivent être exemplaires, en pratiquant l’inclusion sociale. Le président Macky SALL, élu pour son dernier mandat, n’ayant pas plus de temps à perdre, est libéré de toute contrainte. Il avait un bon diagnostic des maux dont souffre le Sénégal, à savoir «l’Etat avant le parti», mais aussi «une gouvernance sobre et vertueuse», ainsi que l’équité territoriale, une économie décentrée, une grande transparence dans la gestion de nos ressources. Le président Macky SALL, une force tranquille, ne devrait pas s’égarer dans des débats oiseux, la campagne électorale est terminée, il doit prendre de la hauteur et faire passer le plan Sénégal Emergent à une étape supérieure, pour lutter contre le laxisme et l’indiscipline, pour entrer dans l’Histoire.

Le président Macky SALL a annoncé que les 5 premiers volumes de l’histoire générale du Sénégal, sous la direction d’Iba Der THIAM, vont paraître prochainement : «Cette œuvre monumentale de 25 volumes, sur laquelle travaille depuis plusieurs années une équipe pluridisciplinaire d’éminents historiens et chercheurs sénégalais, est la première du genre pour notre pays» dit Macky. Le développement ne peut être conduit efficacement que si que si les citoyens sont conscients de leur identité de Sénégalais et défendent efficacement leur patrie contre toutes les logiques de prédation et de violence. Il faut lutter contre la mentalité colonialiste et esclavagiste, cause essentielle de notre sous-développement. C’est «l’âme des peuples, ce qui fait leur force et leur grandeur, s’incarne dans leur histoire», dit Macky SALL. La vocation du peuple sénégalais, c’est de rester libre et souverain : «L’asservissement des peuples par l’esclavage et la colonisation, a toujours reposé sur la négation absolue de leur histoire, de leur culture et de leur civilisation», dit Macky.

Par ailleurs, le président Macky SALL a rendu hommage à notre armée, présente sur tous les fronts à l’étranger pour maintenir la paix, et sur le plan intérieur, les forces armées sont un ciment de l’unité nationale, dans la diversité. C’est une armée républicaine, sans coup d’Etat depuis 1960. La richesse du Sénégal vient de sa diversité ethnique, et l’espérance qui habite chacun d’entre nous que le citoyen a les moyens de contraindre les gouvernants à faire mieux.

En définitive, pendant qu’une opposition bavarde, pleurnicharde et peu républicaine, continue à refaire le match des présidentielles déjà perdues, en mettant en avant le superflu et le dérisoire, en revanche, le président Macky SALL, en visionnaire, continue de dérouler son plan Sénégal Emergent, qui va au-delà de son mandat, jusqu’en 2035. Le président Macky SALL, en pharaon des temps modernes, reste, fondamentalement, attaché à l’essentiel, le bien-être, la sécurité, la souveraineté et l’unité du Sénégal.

Pour la mise en œuvre de la phase 2 du plan Sénégal Emergent, M. Mahammad Boun Abdallah DIONNE, premier ministre depuis 2014 est reconduit Premier ministre et Ministre d’Etat Secrétaire général de la Présidence de la République. Il s’agit d’un «recentrage» du gouvernement. On va vers une présidentialisation de l’Etat, avec la suppression du poste de Premier ministre, pour la souplesse, la performance, l’efficacité, la lisibilité et la clarté des échelles de responsabilités. Le Président de la République qui sera le chef, va décider ; il veut aller vite. Le Président commande et les autres exécutent ; ceux qui cour-cuitaient le Premier ministre n’auront plus d’alibi. Dans un régime présidentielle, le Premier ministre n'a pas de valeur ajoutée, mais c'est plutôt une source de complications.

Le Président Macky SALL ne souhaite pas que son dernier mandat ne soit pollué par des ambitieux qui ne pensent qu'à la succession pour les présidentielles de 2024. Il veut réussir son quinquennat et avoir des résultats tangibles avant la fin de son dernier mandat.

M. Maxim Jean Simon N’DIAYE, auparavant Secrétaire de la Présidence de la République, est nommé Secrétaire général du gouvernement. Il est mis fin aux fonctions aux fonctions de Seydou GUEYE, ancien Secrétaire du gouvernement.

La nomination des membres du gouvernement dépendra de différents dosages en tenant compte des considérations politiques, géographiques et cognitives, en prenant en compte les priorités des Sénégalais.

Paris, les 3 et 6 avril 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Macky SALL, un nouveau mandat pour marquer l'Histoire du Sénégal» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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