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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 20:45

Comment faire entendre les voix inaudibles ? Tel est le combat d’une vie d’Elikia M’BOKOLO. Le principal champ de recherche de M. M’BOKOLO est l’histoire moderne et contemporaine de l’Afrique. Le professeur M’BOKOLO est un historien rigoureux qui a su garder une distance critique : «Chez un historien, il y a beaucoup de ressenti, comme on dit, de surprise, d’étonnement. Il faut toujours essayer de tenir la bride à ces sentiments, expliquer, structurer les choses, même quand c’est tout à fait atroce. Comment, qui, pourquoi ? Les généralisations du genre «Les Blancs ou les Belges nous ont fait ça» n’éclairent pas l’histoire. Il y a un travail de tri, de raffinement. Il y a tellement d’atrocités,  qu’on en devient, non pas cynique, mais on parvient à mettre de la distance, à aborder les événements froidement» dit-il. Il a mis l’accent est mis sur l’évolution et les transformations politiques, en relations étroites avec les processus intellectuels, culturels et sociaux. Plus qu’aux péripéties du temps présent et à leur interprétation, l’attention est accordée à l’ensemble des phénomènes de durée plus longue, permanences et récurrences, ruptures et innovations, captations et réappropriations, dans leur interaction avec les dynamiques contemporaines. «La mémoire sera toujours l’objet d’une manipulation de la part des pouvoirs mais c’est à nous qu’il appartient de la restituer aux gens qui en ont besoin» écrit M’BOKOLO qui s’intéresse aussi aux problèmes et enjeux de mémoire, à l’histoire des «diasporas» africaines, en particulier en Europe et dans les Amériques, et à sa place, trop souvent méconnue et sous-estimée, dans l’histoire moderne et contemporaine de l’Afrique. A deux reprises, notre mouvement Equité qui lutte pour la diversité en politique, nous avons invité à l’Assemblée nationale, le professeur M’BOKOLO. Je découvre un homme à la fois savant, mais modeste et accessible, et surtout un grand militant de la cause africaine, «un passeur d’histoire».

Né le 23 décembre 1944, à Léopoldville (Kinshasa) en République démocratique du Congo, Elikia M’BOKOLO est un normalien, agrégé des universités de Paris. Elikia grandit un pays où règne la diversité où cohabitent diverses nationalités des Sénégalais, des «Popos» (Togolais, Ghanéens, Béninois, Nigérians,  bref les gens Golfe de Guinée)  des Swahilis. «L’Afrique noire de note enfance est celle des pères Blancs ou des missions étrangères qui venaient dans les écoles réciter l’Ave Maria en Swahili, en Ouolof ou encore celle de Tarzan incarné par Johny WESTMELLER», dit-il. Les livres étaient rares, il n’y avait que des extraits d’ouvrages. La relation avec les Etats-Unis était ancienne, avec de grands classiques de Hollywood, du Jazz et des négrospirituals. Son enfance baigne dans une atmosphère culturelle. En effet, sa mère institutrice et son père assistant médical, c’est le grade le plus élevé en médecine que les Noirs pouvaient obtenir pendant la période coloniale. Pendant la deuxième guerre mondiale, le Congo étant occupé par la Grande-Bretagne a participé à la guerre en Birmanie de 1944 à 1946, puis il s’est retrouvé à la fin de la guerre en Inde, pays qui venait de devenir indépendant. Il est revenu au Congo complètement transformé. A l’indépendance du Congo, les Belges étant partis précipitamment,  et avec un programme de l’Organisation mondiale de la santé, et afin d’acquérir un diplôme de médecine, son père est venu en 1961 avec sa famille en France. Sa mère étant restée au Congola, Elikia correspondait avec elle en Lingala. Sa grand-mère faisait du commerce d’alcool, mais ne savait pas écrire. Son grand-père était aveugle et lui demandait de décrire ce qu’il voyait. Aussi, dit-il «je savais parler et écrire pour les autres». Le jeune Elikia, alors lycéen à Léopoldville, avait un jour entendu le message de Patrice LUMUMBA, une référence intellectuelle : «une histoire écrite par les Congolais, pour les Congolais». Et c’est devenu une vocation de toute une vie. «Si j'ai opté finalement pour cette discipline plutôt que pour le droit ou la médecine, c'est qu'il y avait quelque part une réminiscence de ces propos», confie-t-il. Dérobé dans la bibliothèque paternelle, un ouvrage comme «Nations nègres et culture», de Cheikh Anta DIOP, fait aussi partie, des éblouissements du jeune. Il en tire en même temps la conviction que l'histoire de l'Afrique est encore à écrire. Admirateur de Cheikh Anta DIOP, le professeur M’BOKOLO a fait l’éloge de ce savant. «L’Afrique a produit, depuis plus d’un siècle, un nombre significatif et une variété remarquable  de talentueux historiens professionnels et philosophes de l’histoire. Mais aucun, assurément, n’a connu de son vivant, ni après sa mort, la notoriété de Cheikh Anta DIOP» écrit Elikia M’BOKOLO.

Le jeune Elikia s’installe en 1962 à Villeurbanne, près de Lyon, ville où règne un grand bouillonnement intellectuel et politique. «Je vis à Lyon, en France. Dans cette ville, la Deuxième Guerre mondiale est un point d’ancrage très fort, mais il n’efface pas les autres. Il y a le Lyon romain, le Lyon catholique, le Lyon qui a vécu de près la fin de la guerre d’Algérie où cohabitait une immigration ouvrière algérienne, arabe et kabyle, avec le retour des Français d’Algérie, en majorité juifs. Le tout dans une ville où la collaboration a été très active. Et puis, pour la jeunesse militante de gauche notamment, Lyon est aussi le terrain de luttes ouvrières très importantes au 19e siècle, avec des massacres terribles. On le voit, la mémoire est multiple. Comment la gérer ? C’est très compliqué. C’est à la fois une bombe à retardement et un lieu de rencontre» écrit M’BOKOLO. C’est là que résident de nombreux réfugiés espagnols qui ont la guerre civile et la dictature de Franco. On compte également dans cette ville de nombreux Algériens, partisans du FLN et du PCF et des Juifs français dont l’identité est forte, Lyon ayant été la base arrière de la Gestapo. Frantz FANON a séjourné dans cette ville, l’Union des Populations du Cameroun (U.P.C.), contre Amadou AHIDJO (1924-1989) du Cameroun y a installé ses bases. La Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) est fortement représentée dans cette ville.

Une fois le baccalauréat obtenu, en 1967, ses parents hésitent pour son orientation, mais finiront par lui dire «tu auras tout ce que tu voudras, tant que tu rechercheras l’excellence».

A Paris, il rencontre notamment Alpha CONDE (né le 4 mars 1938, président actuel de la Guinée), à la faculté de droit et Abdoulaye Yoro DIA vice-président du RDC. A la bibliothèque de l’école normale, il y avait d’excellents livres dont celui Onwuka K. DIKE «Trade and Politics in the Niger Delta 1830-1885». «Je suis tombé, un jour, sur le livre d'Onwuka Dike, le premier titulaire de la chaire d'histoire à l'université d'Ibadan, au Nigeria, qui n'a toujours pas été traduit en français cinquante ans après sa publication. J'ai passé trois jours et trois nuits à le dévorer littéralement. On y voit comment les Anglais et les Africains ont noué des relations de sympathie et de conflictualité, on y voit aussi la complexité des sociétés africaines. Ce n'est pas une Afrique des royaumes qu'il décrit, mais une Afrique de petites cités indépendantes dominées par une aristocratie marchande et se livrant au commerce de l'huile de palme. Ce n'est pas un livre de vulgate, c'est un modèle d'étude historique, un travail d'une grande minutie mêlant la connaissance du terrain, la voix des traditions orales et celle des archives» dit Elikia a comme professeurs Georges BALANDIER (1920-2016) et Paul MERCIER (1922-1976). Il aura comme enseignant Louis ALTHUSSER. Jacques Le GOFF et Denis WORONOFF l’encourage dans ses études. C’est la période agitée de mai 1968, la guerre au Vietnam, l’assassinat de Ché Guevara. La librairie François Maspéro étant ouverte jusqu’à 22 heures, le jeune Elikia y dévore tous les journaux qui lui tombent sous la main et achètent de nombreux livres : «je suis un homme, rien ne m’est étranger, je dois me cultiver». Dans sa grande boulimie de lecture, il dévore Henri de MONTHERLANT, François de MAURIAC et Jean-Paul SARTRE. «Je crois pouvoir dire que j'ai lu pratiquement toute la Comédie humaine» dit-il.

En 1971, Elikia réussit au concours d’agrégation d’histoire, il est le quatrième africain à l’obtenir après Joseph KI-ZERBO (1922-2006, Burkina), Christophe WONDJI (mort en 2015, ivorien) et Ibrahima Baba KAKE. C’est Ibrahima Baba KAKE (1932-1994) qui le coopte pour la radio, l’émission «Mémoire pour un continent». «Ibrahima m’a appris à causer, non pas comme un savant, mais comme un journaliste dans le bon sens du terme, à faire des phrases courtes et aller droit au but» dit-il. C’est l’époque un virage important se produit. L’éditeur François Maspéro voulait des gens compétents, en lien avec les questions du temps. L’Harmattan publie de jeunes auteurs. La problématique n’est plus aux grands débats stériles, mais qu’est-ce que nous avons à dire aux sociétés africaines actuelles.

 A l’école des hautes études en sciences Elikia a comme professeurs, Jacques LE GOFF (1924-2014) et Georges DUBUIS (1919-1996). Il soutient sa thèse en 1975 et va voir l’ambassadeur du Congo qui est un ami de son père ; celui-ci lui demande de rentrer au pays, «car il y a de l’argent à se faire», mais Elikia veut devenir un chercheur et écrire des livres.

L’université de Libreville venait d’ouvrir. Elikia est reçu à l’ambassade du Gabon. Il patiente d’abord, puisque ce sont les Blancs qui sont reçus par le diplomate gabonais. A 18 heures, l’ambassadeur recommande aux 6 candidats africains qui attendaient encore de venir directement au Gabon ; ce ne que ne fera pas naturellement Elikia qui va solliciter son directeur de thèse et obtient un poste d’assistant dans l’attente de trouver un emploi dans une université africaine.

Parallèlement à cet enseignement à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, il a formé des jeunes qui préparaient sciences politiques et l’ENA.  Puis, Sciences politiques lui demandera de faire des cours d’histoire. A Lyon, il connaissait les enfants de la bourgeoisie à qui il donnait des cours particuliers qui se déroulaient au salon, mais il  devait entrer par la porte de service réservée aux domestiques. A Sciences politiques, M’BOKOLO se retrouve professeur noir des enfants de la haute bourgeoisie. Il faut une approche critique et précise de l’histoire. «II faut montrer aux étudiants que l‘histoire n’est pas un fastfood où  l’on vient chercher une connaissance emballée qui ne prête pas à discussion et qui serait connue par tout le monde» dit M’BOKOLO.

 

Elikia M’BOKOLO est le Directeur du Comité scientifique composé de 39 historiens et plus de 350 spécialistes, qui a coordonné l’histoire générale de l’Afrique commandée par l’UNESCO. L’Afrique est le berceau de l’humanité, mais son histoire est méconnue. La colonisation c’est la défense de l’œuvre civilisatrice qui va de pair avec l’image qu’on donne des pays à civiliser. Les colons prétendent également avoir mis fin à l’esclavage. Effectivement, on nous présente cette Terre sauvage qui est, en outre, «ensauvagée» par les «Arabes». Et la propagande coloniale s’est beaucoup servie de cette question. Cette inégalité n’est pas explicitée à la manière de Gobineau, mais elle est sous-entendue. Ainsi, l’Africain est toujours ramené au rang d’animal, de quelqu’un à qui on peut faire un tas de choses. On se souvient de ce discours à Dakar, de Nicolas SARKOZY, «l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire». Un ouvrage collectif dirigé par Philippe REY y a répondu. Elikia M’BOKOLO dans un retentissant article a dégagé «les voies de l’émancipation». Le professeur M’BOKOLO a aussi produit un article de référence «Afrique, colonisation, décolonisation et post-colonialisme » dans l’ouvrage collectif «Qu’est-ce que la culture ?» d’Yves MICHAUD. Derrière «l’humanisme civilisateur» du colonisateur se cachait un appétit économique qui introduit la hiérarchisation des races : certaines seraient supérieures, d’autres inférieures.

 

Pourquoi l’Afrique doit écrire son histoire ? «Si tu ne sais pas d’où viens, comme sais-tu où tu dois aller» dit un dicton africain. «L'histoire de l'Afrique a été longtemps racontée sous le couvert de la colonisation, alignant une chronologie, une géographie ou encore une ethnologie, forcément réductrices. Je cherche à repenser l'histoire coloniale et à dépasser la manière dont elle est transmise. Mon travail se situe donc au coeur du débat actuel sur la mémoire de l'esclavage» dit Elikia M’BOKOLO. Les Etats africains estimaient qu'il fallait lutter contre l’amnésie et réparer une très grande injustice. «L’histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l’histoire qu’on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu’on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité», disait Patrice LUMUMBA, dans une lettre de novembre 1960 à sa femme Pauline. Pour la première fois, une Organisation intellectuelle et scientifique mondiale, l’UNESCO, détachée de toute contingence politique, se lance dans une aventure qui concerne un continent pour lequel beaucoup pensaient qu'il n'avait pas d'histoire. Le Comité devait répondre à deux préoccupations qui peuvent être antinomiques : donner la possibilité aux historiens africains de faire prévaloir la perspective qu'ils avaient de leur propre histoire sans pour autant tomber dans le piège de la ghettoïsation où seule la vision africaine seraient présente. Face au désastre de la grande guerre Paul VALERY avait dit : «Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles».  Il fallait la faire confronter avec la celle d'autres historiens venus d'ailleurs. Les Africains et les personnes d'ascendance africaine continuaient d'être les victimes d'au moins trois types de déni, hérités du temps de l'esclavagisme : le déni de dignité et d'humanité (pour les réduire à l'esclavage, il a fallu les bestialiser); le déni d'histoire et de culture (pour les bestialiser, il a fallu leur enlever ce qui faisait leur humanité, c'est-à-dire une histoire et une culture); le déni de citoyenneté (les afro-descendants n'avaient pas de statut de citoyen dans les pays où ils vivaient). Pour surmonter ces dénis, il fallait préparer une réponse scientifique, de manière méthodique et rigoureuse. L’objectif est de rompre avec l'ethnographie coloniale et avec la perspective historique coloniale. Il s’agissait aussi de faire appel à des historiens africains nourris avec toutes les traditions de lutte d'émancipation, et aux experts et des spécialistes non Africains qui voulaient rompre avec une certaine tradition européocentrique. C'est la jonction de ces dynamiques qui a donné naissance entre 1964 et 1999 à 10 000 pages réparties en 8 volumes. L’ambition est d’embrasser toute l'histoire de l'Afrique dans son ensemble, du Caire au Cap et de Djibouti à Dakar, sans oublier les îles des océans Indien et Atlantique, ni les extensions de l'Afrique vers les Caraïbes, les Amériques et au-delà de l'océan Indien. L'unité du continent africain repose avant tout sur son histoire et que l'identité africaine. En effet, les expériences de la traite négrière et de l'esclavage, et l'expérience de la colonisation sont devenues des facteurs d'unité qui ont facilité cette approche globale de l'histoire de l'Afrique. La colonisation, plus que d'un changement, il s'agit de la mort de civilisations, de cultures, de sociétés dans ce qu'elles avaient jusqu’alors d'original.

 

En dépit de cet immense travail sur l’histoire africaine, Elikia M’BOKOLO a formulé deux critiques. D’une part, plus de 57 ans après les indépendances, dans les faits, les Etats africains restent solidement amarrés aux anciennes puissances coloniales aussi bien financièrement et économiquement, que militairement et culturellement. Les savoirs faire ont été discrédités, les savoirs modernes distribués avec parcimonie. L’autoritarisme des puissances coloniales a engendre des économies de traite tournées vers l’Europe et des sociétés de pauvreté. Il a fallu diviser pour régner et faire croire aux peuples que leur principal ennemi était leur voisin, inoculer le virus de l’ethnicisme. «Mais qu’avons-nous fait de l’indépendance ?» s’interroge le professeur Elikia M’BOKOLO. Pendant la période coloniale, les élites africaines, au-delà du débat entre tradition et modernité, avec un consensus populaire autour d’un Etat national conçu comme l’émanation du peuple entier. Mais ce message a été trahi, dans les faits. Dans son ouvrage «l’Afrique convoitée», M’BOKOLO examine les causes du sous-développement persistant. C’est d’une part, une petite bourgeoisie régnante qui cherche à perpétuer ses privilèges, et d’autre part, la dispersion et l’inorganisation des exclus qui retardent le processus de maturation politique et la prise de conscience du pouvoir dont ils sont investis, pour la lutte et la conquête du pouvoir. Dans les esprits, c’est un mélange d’étonnement, de nostalgie, de perplexité et de désenchantement. D’autre part, « Il est frappant qu'aujourd'hui encore, malgré les avancées impressionnantes de la recherche historique, une bonne partie de notre documentation sur les quatre ou cinq derniers siècles de l'histoire de 1 'Afrique soit encore d'origine étrangère. Ce n'est pas, bien sûr, que les Africains aient été silencieux pendant cette période, ni qu'aucune de leurs voix ne nous soit parvenue» écrit le professeur M’BOKOLO.

 

Cependant, M. M’BOKOLO reste fondamentalement optimiste. Il nous a appris à ne pas désespérer du continent noir : «A Paris, on devait plus africain. Je suis de ceux qui croient à l’Afrique, c’est le continent le plus jeune et le moins exploité du monde. Il faut le dire aux jeunes, l’Afrique est un continent d’avenir» dit-il. Tous les processus de renaissance reposent sur une connaissance et une appropriation de l’histoire. Il s’intéresse à l’histoire immédiate et à la contribution de l’histoire au développement de l’Afrique. L’Histoire du temps présent ce n’est pas seulement l’histoire qui est en train de se passer aujourd’hui. C’est une histoire par rapport à laquelle nous, les historiens, sommes impliqués ou l’histoire par rapport à laquelle les gens qui vivent dans notre temps sont impliquées. L’histoire est une donnée fondamentale parce que les Etats africains sont des Etats jeunes qui veulent devenir des nations. Or on sait qu’il n’y a pas de nation s’il n’y a pas un minimum d’identité commune. Cette identité ne repose pas sur la race encore moins sur les ethnies parce qu’on sait que les ethnies sont des productions historiques qui changent avec le temps. Ça exige la connaissance de l’histoire pour inventer des choses nouvelles sans répéter simplement le passé même s’il a été glorieux. «Quand on parle de renaissance africaine, on suppose que l’Afrique a été grande dans le passé et qu’elle peut renaitre aujourd’hui. Tous les processus de renaissance (Europe, Japon, Chine, Brésil) reposent sur une très bonne connaissance et une appropriation de l’histoire. En ce sens, l’histoire n’est pas seulement les choses du passé qu’on connait. C’est également un savoir qu’on s’approprie, on le prend comme un bien qu’on peut utiliser, comme un outil qu’on peut mettre au service du développement» écrit M’BOKOLO.

Il faut libérer la parole collective et amplifier le pro­ces­sus de conti­nuité de l’afri­ca­nité. L’Afrique ne nous déce­vra pas. François RABELAIS, déjà le disait : «Toujours l’Afrique apporte quel­que chose de nou­veau».

Bibliographie sélective :

1 – Contributions de M. Elikia M’BOKOLO

M’BOKOLO (Elikia), Affonso 1er : le roi chrétien de l’ancien Congo,   Paris, ABC, Afrique Biblio-Club, 1975, 95 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Afrique noire : histoire et civilisations, Paris, Hâtier, Agence universitaire de la francophonie, tome 1, des origines jusqu’au XVIIIème, 2008, 496 pages ; tome 2, XIXème et XXème siècles, Paris, Hâtier, AUPELF, 1992, 576 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), AMSELLE (Jean-Loup), Au cœur de l’ethnie : ethnies, tribalisme et Etat en Afrique, Paris, La Découverte, 1985, 225 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), GARRAUD (Jean-Marie), Mirambo : un grand chef contre les trafiquants d’esclaves, Paris, ABC, 1976, 90 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), GRENIER (Isabelle), Résistances et messianismes : l’Afrique centrale au XIXème et au XXème siècle, Paris, Présence africaine, ACCT, 1988, 123 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), KABE (Ibrahima, Baba), Des missionnaires aux explorateurs, Paris, A.B.C., Afrique Biblio Club, 1977, 109 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), KABE (Ibrahima, Baba), L’Afrique coloniale de la conférence de Berlin, 1885, aux indépendances, Paris, A.B.C., Afrique Biblio Club, 1977, 135 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), KABE (Ibrahima, Baba), L’Afrique moderne : L’Afrique centrale et orientale du XVIème au XVIIIème siècles, Paris, A.B.C., Afrique Biblio Club, 1977, 125 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), KABE (Ibrahima, Baba), L’Afrique, berceau de l’humanité : préhistoire et Antiquité, Paris, A.B.C., Afrique Biblio Club, 1977, 112 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), KABE (Ibrahima, Baba), L’éveil du nationalisme : L’Est africain du XIXème au XXème siècle, Paris, A.B.C., Afrique Biblio Club, 1977, 131 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), KABE (Ibrahima, Baba), La dispersion des Bantous, Paris, A.B.C., Afrique Biblio Club, 1977, 135 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), L’Afrique dans tous ses états, Fontenay-sous-Bois, Sides, Ema, 2005 ;

M’BOKOLO (Elikia), L’Afrique au XXème siècle, le continent convoité, Paris, Seuil, 1980, 393 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), L’ère des calamités : l’Afrique australe au XIXème et au XXème siècle, Paris, Présence Africaine, ACCT, 1978, 127 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), LE CAELLENEC (Sophie), Afrique noire, histoire et civilisations jusqu’au XVIIIème siècle, Shaba, Paris, Hâtier, 1995, 496 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Médiations africaines : Omar Bongo et les défis diplomatiques d’un continent, Paris, Archipel, 2009, 400 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Msiri, bâtisseur de l’ancien royaume du Kantaga, Shaba, Paris, ABC, 1976, 94 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Noirs et Blancs en Afrique Equatoriale : les sociétés côtières et la pénétration française, vers 1820-1874, Paris, Ecoles des hautes études en sciences sociales, 1981, 302 pages ; 

M’BOKOLO (Elikia), SABAKINU (Kivilu), sous la direction de, Simon Kimbangu. Le Prophète de la Libération de l'Homme noir, Paris, L'Harmattan, t. 1, 2014 496 pages et t 2, 502 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), ROUZET (Bernard), Le roi Denis et la première tentative de modernisation du Gabon, Paris, ABC, Afrique Biblio-Club, 1977, 94 pages.

    1. – Autres contributions d’Elikia M’BOKOLO

2- 1 Articles, préfaces ou postfaces

M’BOKOLO (Elikia), «L’Afrique colonisation, décolonisation, post-colonialisme», in  MICHAUD (Yves), Qu’est-ce que la culture ?, Paris, Odile Jacob, 2006, 840 pages, spéc pages 128-145 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «L’Afrique noire», in Y. Fauchois, T. Grillet et T. Todorov sous la direction de, Lumières ! Un héritage pour demain, Paris, Bibliothèque nationale de France, 2006, pages 174-179 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «Historiens d’Afrique», Notre librairie. Revue des littératures du Sud (Histoire, vues littéraires), 2006  mars-mai, n°161, n°3, pages 2-6 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Travail forcé et esclavage», L’Histoire, Paris, 2005 nov. n°302, pages 66-71 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Les régimes politiques africains et La Baule», Afrique Annales, 2005, (La Baule ! Et puis après ?), 1e trim., n°8, pages 44-54 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «Conflictualités et conflits africains : une radioscopie», in I. Ndaywel E. NZIEM et J. Kilanga Musinde, sous la direction,  Mondialisation, cultures et développement, Paris, Maisonneuve et Larose, 2005, pages 273-281 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Quand les États africains contribuaient à la traite», Manière de voir, 2005 août-sept., n°82 pages 32-35 ;

M’BOKOLO (Elikia), 2005, «Le bâtisseur d’empire. Louis-Gustave Binger dans l’enfer vert de la forêt ivoirienne, 1887-1893» in  P. FOURNIE et S. de SIVRY, sous la direction de, Aventuriers du monde, Paris, Gallimard, 2005, pages 89-98 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Les problèmes de l’Afrique et du Mozambique», in, Latitudes. Cahiers Lusophones, Paris, n°25, 2005, pages 7-11 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «Introduction», in Le mouvement panafricaniste du XXe siècle. Textes de référence , Paris, Agence internationale de la francophonie, 2004, pages 2-22 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «Le visage changeant du racisme» in J. BINDE (dir.), Où vont les valeurs ?, Paris, Éd. de l’Unesco, Éd. Albin Michel, 2004, pages 119-122 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Traites et esclavages», in L’Afrique, Les Rendez-vous de l’Histoire, Nantes, Éd. Pleins Feux, 2004, pages 27-66 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Afrique centrale. Le temps des massacres», pp. 433-451 et “Les pratiques de l'apartheid »,  in M. Ferro (dir.), Le Livre noir du colonialisme. XVIe–XXIe siècles : De l'extermination à la repentance, Paris, Éd. Robert Laffont, 2003, pages 469-478 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Préface» in M. Turano et P. Vandepitte (dir.),  Pour une histoire de l’Afrique. Douze parcours, Lecce, ARGO, 2003, pages 4-7 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Césaire, penseur du politique», in TSHITENG LUBABU, Muitubile K., (dir.), Césaire et nous. Une rencontre entre l’Afrique et les Amériques au XXIe siècle, Paris, Cauris Éditions, 2003, pages 92-101 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Postface» in HACHEZ-LEROY, Florence, éditrice,   «Jacques Foccart, entre France et Afrique», Paris, Cahiers du Centre de Recherches Historiques, CRH-EHESS, n° 30, octobre 2002, 200 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Préface, FAUVELLE, François-Xavier, L’Afrique de Cheikh Anta Diop, histoire et idéologie, Paris, Karthala, Centre de Recherches Africaines, 1996, 237 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Préface, COLIN, Roland, Sénégal, notre pirogue : au soleil de la liberté, journal de bord, 1955-1980, Paris, Présence Africaine, 2007, 405 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Préface, BA, Konaré Adama et CLEMENT Catherine, Précis de remise à niveau sur l’histoire africaine, à l’usage du président Sarkozy, Paris, La Découverte, 2008, 347 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), Préface, MPISI, Jean, Antoine Gizenga, le combat de l’héritier de Patrice Lumumba, Paris, L’Harmattan, 2008, 750 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), «Postface» in  WESTERMANN Diedrich (éd.), Onze autobiographies, Paris, Lomé, Éd. Karthala, Haho-Les Presses de l’Université du Bénin, première éd. 1938, nouvelle éd. 2001, 321 pages, spéc pages 305-313 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «L’Afrique et le XXème siècle : dépossession, renaissance et incertitudes», Politique étrangère numéro spécial : «1900-2000 : Cent ans de relations internationales», Paris, 2000, n°3-4/2 pages 717-729 ;

M’BOKOLO (Elikia),  «L'Afrique entre deux millénaires. Conférence Marcel Mauss 2000», Journal des africanistes, Paris, 2000, 1-2, 70 pages 357-372 ;

M’BOKOLO (Elikia), «Introduction», in Bugomil Jewsiewcki (dir.), Naître et mourir au Zaïre : un demi-siècle d'histoire au quotidien, Paris, Karthala, Les Afriques, 261, spéc pages 17-41 ;

M’BOKOLO (Elikia) «Entretien avec Jean Copans», in Politique africaine, Paris, n°46, 1992, pages 155-159 ;

M’BOKOLO (Elikia), La France noire. Trois siècles de présences des Afriques, des Caraïbes, de l’océan indien et d’Océanie, sous la direction de Pascal Blanchard, en collaboration avec Sylvie Challaye, Eric Deroo et Dominic Thomas, préface d’Alain Mabanckou, Paris, La Découverte, 2011, 359 pages ;

M’BOKOLO (Elikia), «Préface», dans Philippe Biyoya Makutu Kahandja, Diplomatie congolaise régionale. Nouveaux fondements, défis et enjeux, Paris, L’Harmattan, 2011, p. 7-15 ;

REY (Philippe) sous la direction, L’Afrique répond à Sarkozy. Contre le discours de Dakar, 544 pages.

2- 2  - Productions audiovisuelles ou enregistrées

Productions audiovisuelles

  • 1990,  Grandes voix de l’histoire : Kwame Nkrumah, Barthélemy Boganda, Patrice Lumumba, Amilcar Cabral. Paris, Radio France Internationale, 1990.

  • 2004-2006, Mémoire d'un Continent, Émission d'histoire africaine (Producteur), hebdomadaire, Radio France Internationale.

  • 2003, Conférence Traites et esclavage. Diffusion de la 6e édition des Rendez-vous de l’Histoire à Blois 15-19.10. Vidéo en ligne. Production Université Louis Pasteur. Strasbourg. Durée : 1h7mn.

Interventions et communications enregistrées

  • 2006,  «Le panafricanisme et les études africaines : bilan et perspectives», Communication enregistrée. 1ère Rencontre nationale du Réseau des études africaines en France, Paris, CNRS, 29-30 novembre-1er décembre.

  • 2000, «Colonisation, décolonisation, post-colonialisme», Université de tous les savoirs. Vidéoconférence, le 3 novembre 86 min.

Paris, le 26 juin 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Elikia M’BOKOLO, un passeur d’Histoire, la quête du savoir et l’excellence contre l’amnésie et pour la réhabilitation de l’histoire africaine», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/5
«Elikia M’BOKOLO, un passeur d’Histoire, la quête du savoir et l’excellence contre l’amnésie et pour la réhabilitation de l’histoire africaine», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/5
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