Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 10:51
"Si vous avez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visités par la suite, Paris ne vous quitte plus, car Paris est une fête mobile", écrit Ernest HEMINGWAY (voir mon post). Dans cette atmosphère tristounette des présidentielles de 2017, Paris est arrosé en ce 12 avril 2017, par un soleil radieux ; ce qui a illuminé mon cœur. Et subitement en traversant le Jardin de Luxembourg, je fus envahi par une joie immense, sans que je sache sa provenance. Comme Marcel PROUST (voir mon post) je fis appel à ma mémoire involontaire. En fait, le Jardin du Luxembourg me rappelle bien des événements heureux, tristes, mais surtout de la joie et de l’espérance. Combien de fois, pendant mes années d’étudiant en droit à Paris 2 Assas, j’avais traversé ce jardin pour aller de la rue d’Assas au Panthéon ou vis-versa. Dans les jours heureux, il y a eu, cette rencontre furtive, Emmanuelle, une étudiante grecque, qui m’a appris à bien distinguer les différentes catégories de fleurs dans ce beau jardin du Luxembourg. Dans les moments de tristesse, je me rappelle aussi de ce coup de fil, d’un cousin Alpha DJIGO, qui résidait à l’époque dans le 6ème arrondissement, en m’apprenant la mort de mon oncle Demba Harouna N’DIAYE. J’avais séché mes cours de l’après-midi, inconsolable. Devant un tel drame qui venait de frapper à nouveau, la famille de ma mère, presque décimée, je suis allé sangloter au Jardin du Luxembourg. Dans mon pitoyable état, une dame âgée, croyant que j’étais sans domicile fixe, me donna un billet de 100 F. Cette attention particulière m’a profonde touché devant la grande indifférence des passants.

 
Plus tard, le Jardin de Luxembourg, sera devenu un terrain de jeux, parfois coûteux, pour mes enfants, Jean-Philippe et Arsinoé. La balançoire, l’aire de jeux, le théâtre, et la ballade en poney, la location des petits bateaux, à chaque fois, il faut sortir le porte-monnaie. Mais quelle immense joie de me retourner ainsi en enfance !
Le Jardin du Luxembourg, c’est aussi, la présidence de Gaston MONNERVILLE (1897-1991), du Parti radical. Et oui, peu de gens le savent, un Noir a été président du Sénat au Palais du Luxembourg, pendant 22 ans. En effet, Gaston MONNERVILLE a été vice-président du Conseil de la République de 1946 à 1947, président de cette institution de 1947 à 1958, et président du Sénat de 1959 à 1968 (voir mon post du 25 janvier 2015). Il a eu l’honneur et le courage de s’opposer aux référendums putschistes du général de Gaulle.
J’ai aussi été submergé d’un bonheur immense, le samedi 1er octobre 2011, jour de l’intronisation de M. Jean-Pierre BEL, 1er président socialiste au Sénat (voir mon post) qui m’avait invité pour cette cérémonie au Sénat. Pour la première fois de l’histoire, la Gauche avait tous les pouvoirs, au plan local et national, et on attendait le droit de vote des étrangers aux élections locales depuis 1981. Passée cette joie immense d’un moment, je fus envahi par la colère contre ceux qui avaient les yeux rivés sur les sondages, et, en fait, ne défendaient que leur petite soupe. Quelle trahison de Jean JAURÈS !

 
Le 10 mai, n’est pas seulement que la victoire de François MITTERRAND aux élections de 1981, ni celle de Blaise DIAGNE, 1er député noir du Sénégal, aux législatives de 1914, mais c’est aussi et surtout, la célébration de l’abolition de l’esclavage, déclaré «crime contre l’humanité», chaque année, au Jardin du Luxembourg. Cet événement majeur nous le devons à Mme Christiane TAUBIRA, une grande dame qui s’est dressée contre la déchéance de la nationalité.

 
Acquis par Marie de MÉDICIS, la superficie actuelle du domaine du Luxembourg, 25 hectares environ, équivaut à peu près à celle des acquisitions initiales, mais sa configuration a totalement changé. Ce n'est qu'à la fin du Second Empire que le jardin s'est installé dans ses limites actuelles. En 1611, lorsque commence l'histoire du Jardin, le faubourg qui s'étendait au sud des portes Saint-Michel et Saint-Germain, sur la rive gauche de la Seine, était devenu un quartier mondain et campagnard à la fois. La reine, Marie de MDECICIS aimait ce faubourg tranquille, plus salubre que le quartier du Louvre et où demeuraient des membres éminents de son entourage italien. Aussi est-ce là qu'elle songea à élire domicile lorsqu'elle manifesta son désir, après l'assassinat d'Henri IV, de quitter le Louvre. Elle se préoccupa donc d'acquérir un terrain assez vaste pour y édifier une demeure inspirée des palais florentins et un parc rappelant les jardins de Boboli. Le palais et le jardin doivent leur nom à François de Luxembourg, un duc, lointain descendant du premier comte du Grand-Duché. En 1581, il se fit construire un bel hôtel avec un parc de 8 ha, rue de Vaugirard, à Paris. La reine mère, Marie de MEDICIS, veuve d’Henri IV (1553-1610), eut un coup de coeur en voyant le palais du duc et le lui racheta en 1611. Elle voulait à tout prix fuir le palais du Louvre qu’elle trouvait trop sale. Marie de MEDICIS s’offrit aussi 16 ha supplémentaires alentour pour agrandir le parc. Ainsi acquis, ce patrimoine passa de main en main royale au fil du temps : le duc Gaston d’Orléans, Louis XIV, Louis XVI ou le comte de Provence, futur Louis XVIII.
Ce fut la première acquisition d'une longue série, car malgré ses embarras financiers, la Reine mère mena pratiquement jusqu'à son départ pour l'exil en 1631 des transactions complexes. Le jardin du Luxembourg subit de nombreuses modifications, jusqu'aux travaux d'Haussmann, qui lui donnent son tracé actuel.
Le domaine demeura en l'état jusqu'à ce que le Palais du Luxembourg fût donné en apanage au Comte de Provence. Afin de payer la remise en état du Palais, on vendit l'extrémité occidentale des jardins du côté Notre-Dame-des-Champs. Dix hectares environ furent cédés en 1782, et fut percée la rue de Luxembourg, future rue Guynemer. Les allées sacrifiées comprenaient la «Vallée des Philosophes» où Rousseau, hôte en 1741 de l'Hôtel Saint-Quentin, rue Victor-Cousin, se promenait tous les matins en exerçant sa mémoire récalcitrante sur les églogues de Virgile, ainsi que l'allée des Soupirs, au nom éloquent.
Le Jardin était désormais orienté du nord au sud, comme le Palais, et sa superficie considérablement augmentée : son extrémité touchait presque au boulevard du Montparnasse. Dès le lendemain de la condamnation à mort du Maréchal Michel NEY, duc d’Enghein (1769-1815) par la Chambre des Pairs, un fiacre l'emmena à 8 heures du matin, le 7 décembre 1815, du Palais, dans les combles duquel il était détenu, à l'Observatoire où il fut passé par les armes. Les aménagements d'Haussmann se firent largement aux dépens du parc, qui fut, dans un premier temps rogné par l'élargissement de la rue de Vaugirard et l'ouverture du boulevard Saint-Michel. Il fut décidé en 1865 de limiter au sud le jardin par une rue ouverte dans le prolongement de la rue de l'Abbé-de-l'Epée, et de lotir la pépinière et le jardin botanique.

 
Cette décision souleva à l'époque une levée de boucliers et suscita des pétitions, dont l'une atteignit 12.000 signatures. Dans un de ses contes, Guy de MAUPASSANT donne de la pépinière une description qui justifie cette indignation : "C'était comme un jardin oublié de l'autre siècle, un jardin joli comme un doux sourire de vieille. Des haies touffues séparaient les allées étroites et régulières, allées calmes entre deux murs de feuillages taillés avec méthode. Les grands ciseaux du jardinier alignaient sans relâche les cloisons de branches; de place en place on rencontrait des parterres de fleurs, des plates-bandes de petits arbres rangés comme des collégiens en promenade, des sociétés de rosiers magnifiques et des régiments d'arbres à fruits".
La reine, née à Florence, demande à Salomon de BROSSE, de s’inspirer du Palais Pitti de son enfance, mais l’architecte davantage à la tradition française qu’au modèle italien. Quant au jardin limité au Sud par l’enclos des Chartreux, elle en confie la composition à Boyceau de la BARAUDERIE pour les parterres à Thomas FRANCINE pour les terrasses et fontaines qui seront alimentées en eau grâce à la construction de l’aqueduc d’Arcueil. A la «Journée des Dupes», en novembre 1630, qui consacre le pouvoir de Richelieu, Louis XIII contraint sa mère à l’exil. Marie MEDICIS meurt à Cologne en 1642.

 
En 1635, André Le NOTRE réaménage les parterres, ne pouvant dérouler la grande perspective souhaitée vers le sud du fait de la persistance du couvent des Chartreux. Après la mort de Marie de MEDICIS, en 1642, le palais du Luxembourg et son jardin changent de mains à de maintes reprises.
Après la Révolution, le palais abrita successivement une prison, la préfecture de la Seine et le Palais du Luxembourg est affecté depuis le 22 juillet 1879 au Sénat qui a en charge son entretien, ainsi que celui de son Jardin. Sous la Vème République, le Sénat compte 348 sénateurs, renouvelés par moitie, tous les 3 ans.
L’émotion et la joie que j’ai ressenties, ce matin du 12 avril 2017 au Jardin du Luxembourg, dans ce pays riche d’histoire et de promesses, tranche bien avec la sinistrose ambiante. Dans ce beau pays qu’est la France, riche en patrimoine culturel et plein de promesses, je plains ceux qui ont le cœur rempli de haine. "Laissez la haine à ceux qui sont trop faibles pour aimer" nous avait dit Martin LUTHER KING.
Je ne l’avais pas bien remarqué, mais aujourd’hui, j’ai pris le temps d’admirer les 20 statues qui représentent une série de Reines de France et des femmes illustres. A l’exception de Marguerite d’Anjou, commandée en 1874, ces sculptures somptueuses ont été commandées entre 1843 et 1846. Les parterres furent réaménagés par l’architecte Alphonse de GISORS. On peut naturellement admirer au Jardin de Luxembourg, les sculptures notamment de Marie de MEDICIS (1573-1642), de Sainte Clotilde (545) de Blanche de Castille (1188-1252), de Sainte-Geneviève (423-512), patronne de patronne de Paris.
Mais le Jardin de Luxembourg est aussi, un hommage à des artistes et écrivains ou œuvres originales, comme Ludwig von BEETHOVEN, Stefan SWEIG, Charles BEAUDELAIRE (1821-1887). On y trouve une sculpture représentant le «Triomphe de Silène», père nourricier de Dionysos, dieu de la vigne et du vin, réalisée par Aimé Jules DALOU (1878-1912), de Paul VERLAINE (1844-1896) d’Edouard BRANLY (1844-1940), celui a découvert les radios conducteurs menant à la télégraphie et au télémécanique sans fil, la Comtesse de Sévigné, née Rostopchine (1799-1874). Je redécouvre surtout cette réplique en miniature de la statue de la «Liberté éclatant le monde» offerte au musée Luxembourg par Auguste BARTHOLDI et placée dans le jardin en 1906 et remplacée par une réplique en 2012. On est admiratif de l’œuvre d’Ossip ZADKINE (1890-1967) en hommage au poète Paul ELUARD (1895-1952) de l’hommage rendu à George SAND et Eugène DELACROIX, etc.
Je tenais à rendre hommage aussi, à ces ouvriers anonymes qui font partie de la minorité invisible, qui se consacrent actuellement, aux travaux de rénovation de ce jardin.
Le Musée du Luxembourg abrite de nombreuses expositions. Vous pourrez y admirer une exposition du PISSARO du 16 mars 2017 au 9 juillet 2017. On peut s’arrêter à la cafétaria Angélina, fondée en 1903. Les gâteaux sont magnifiques et artistiques et témoignent là aussi du savoir-faire et raffinement de la France, mais je ne pouvais pas en manger.
Depuis plusieurs années, je n’entends que cette petite musique de la classe politique traditionnelle : «ce pays est en crise, on ne peut rien pour vous». Mais devant ce défaitisme qui ne s’attaque pas pourtant aux privilèges de cette caste des régnants, j’entends également dire un candidat, M. Benoît HAMON, «on vous dit à chaque fois que ce n’est pas possible, jusqu’au jour où je vous dirai : on l’a fait !», en référence à un slogan de Nelson MANDELA.
Habité par l’optimisme et l’espérance, je vous dis soyons fier de ce pays, encore républicain, et croyons fermement à un futur désirable, pour faire battre le cœur de la France. Votez pour vous !

Paris, le 12 avril 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.

Le Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 14:04

Œuvre de huit siècles, le Louvre est aussi le miroir d'une France qui a enraciné en ce lieu sa force, son unité et son rayonnement culturel. «Il est des monuments presque aussi célèbres que les grandes villes qui les renferment, parce qu'ils personnifient l'un des aspects les plus saillants du génie de leur peuple : le Capitule et le Vatican à Rome, Westminster à Londres, le Kremlin à Moscou, le Louvre à Paris. Le Louvre a ce caractère spécial, qu'il ne symbolise pas seulement la puissance, mais l'intelligence et l'art» nous dit Albert BABEAU. Quand a l’immense honneur d’habiter à Paris, on passe parfois, sans vraiment s’en rendre compte, à côté du privilège de faire partie de cette ville-musée. Pourtant, chaque jour un flot incessant de touristes nous rappelle que nous côtoyons des lieux hautement chargés d’histoire. Si les murs du Louvre pouvaient parler ! Ma petite Arsinoé ne cesse de me répéter qu’elle s’intéresse, du haut de huit années, à la mythologie grecque. Qu’à ne cela tienne, une visite au Musée du Louvre pourrait bien être instructive, en ces temps de fête. En effet, pour l’auteur américain, Ernest HEMINGWAY, «Paris est une fête».

«J’ai été tenté, bien des fois, de rien dire du Louvre, et même ai-je en assez de peine à surmonter cette tentation ; car, enfin, les commencements en sont cachés, les progrès sont si incertains et si différents, tous les plans sont si souvent changés et remués qu’il n’y a pas grand honneur à entreprendre une histoire si controversée et ignorée, tout ensemble, si généralement» disait Henri SAUVAL, en 1724, un contemporain de Louis XIV. En effet, cet édifice s'est appelé successivement Museum de la République française (1793), Musée central des arts (1799), Musée Napoléon (1804), Musée royal (1815), Musée national du Louvre (1848), Musée impérial du Louvre (1852), Musée national du Louvre (1870), Le Grand Louvre témoigne d’un riche passé. On y suit les phases de l'histoire de France, qui oscille de la force à l'idée : c'est successivement un château fort, un palais, une réunion d'académies, un musée, une forteresse, un château, une demeure des rois, un musée et un jardin est d’une prodigieuse histoire si controversée et ignorée. «De tous les actes, le plus complexe est celui de construire. Une œuvre demande de l’amour, la méditation, l’obéissance à ta plus belle pensée, l’invention des lois par ton âme, et bien d’autres choses qu’elle tire merveilleusement de toi-même» disait Paul VALERY.

Jusqu’à Henri SAUVAL (1623-1676), les historiens n’ont consacré au Louvre que de brèves et rares mentions, et sans indiquer leurs sources. Henri SAUVAL, essaya, le premier, de rassembler des éléments épars et de leur appliquer un système de classification et d’analyse. Certains avaient voulu faire remonter le Louvre à l’Antiquité, à l’époque du Roi CHILDEBERT (524-558). Cependant, Grégoire de TOURS (538-594), un historien, contemporain et spécialiste de cette époque, ne mentionne pas ce fait. «Ce château n’était autrefois qu’un logis de campagne, où nos rois allaient prendre de l’air, ou bien encore une forteresse destinée à commander la rivière et tenir en bride les Parisiens» dit Henri SAUVAL, dont les travaux ont été publiés à titre posthume, en 1724.

 

L’histoire du Louvre est celle de ses métamorphoses, cette perpétuelle transfiguration. C’est un bâtiment étroitement lié à l’histoire de France de Philippe AUGUSTE à François MITTERRAND vingt monarques et trente et cinq architectes se sont succédé. Le Louvre est un musée, la cause est entendue. Mais il est, d’abord et fondamentalement, un palais où le pouvoir s’est donné à voir depuis plus de huit siècles. Un palais intimement lié à l’histoire de la monarchie capétienne qui a fait la France, avec Philippe Auguste, son fondateur en 1204. Un palais consubstantiel également à l’histoire de Paris, dont il a façonné tout le développement vers l’ouest, avec son double disparu, le château des Tuileries. Aussi le domaine du Louvre incarne-t-il dans la pierre l’image du pouvoir et participe encore aujourd’hui au rayonnement de la France.

Le Louvre est donc un musée dans un palais : cet étonnant défi, lancé par Louis XVI au début de son règne, n’a cessé de façonner l’édifice pour l’adapter à son nouveau rôle. Investi d’une mission politique par la Révolution, annexé par chaque régime pour servir sa cause, revisité par des architectes chargés de magnifier le génie du lieu tout au long des XIXe et XXe siècles, le Louvre est devenu au fil des temps un palimpseste redoutable. Pour démêler cette complexité, pour parcourir ces huit cents ans d’histoire, il faut revenir à la chronologie et aux documents, qui illustrent magnifiquement cette tension entre la pierre et le pouvoir.

Forteresse défensive érigée par Philippe AUGUSTE (1165-1223) en 1204, il s’agissait de faire face à divers périls menaçant les Parisiens. La "grosse tour" dressée est le centre de la féodalité française. Tantôt, il s’agissait de menaces d’invasions des rois anglo-normands (Plantagenêts, Richard Cœur de Lion, Jean Sans Terre) ou de troubles de l’ordre public interne (révolte des commerçants sous la houlette d’Etienne Marcel, événements de la Commune). Philippe AUGUSTE y résida et y enferma ses prisonniers à la suite de la bataille des Bouvines (Fernand de Portugal comte de Flandres). «Le Louvre est le pôle d’affermissement de l’Etat français » dit Pierre QUONIAM. C’est à partir du Louvre que les Capétiens vont procéder à des mutations de l’Etat et de l’art.

Le Louvre devient, au XIVème siècle, une agréable résidence servant épisodiquement de demeure royale. Charles V (1338-1380), préfigurant de la vocation esthétique et savante du Louvre, y installe sa bibliothèque dans la tour de la Fauconnerie. Tout en conservant son aspect médiéval, Charles V, en bon et sage monarque, avait résolu de faire du Louvre un palais de résidence de la Cour royale. La rudesse des mœurs s’étant estompée, les idées de bien-être et d’élégance ont favorisé le progrès des arts. Le château fut agrandi jusqu’au Tuileries. La Grande salle de Saint-Louis fut rénovée. Il fit disposer des jardins dans les dépendances du Louvre.

Charles VI (1368-1422) et Isabelle y firent de courts séjours. Louis XI, Charles VIII et Louis XII restèrent fidèles au Loure.

A la Renaissance, François 1er (1515-1547) vaincu de la bataille de Marignan décide en 1528, de restaurer le Louvre en sa gloire qui devient la résidence officielle royale. Il charge Pierre LESCOT, un architecte, de restaurer le château médiéval.

Catherine de MEDICIS (1519-1589), épouse d’Henri II, pour qui les «tableaux étaient devenus un luxe nécessaire» suivant VITET. Catherine de Médicis ajoute les Tuileries. Le drame de la Saint-Barthélemy est une tache sanglante au milieu des fêtes somptueuses et des bals costumés.

Henri IV (1553-1610) en fin politique, ne s’est pas tenu à l’écart des idées nouvelles et progrès de l’art. A peine installé à Paris, Henri IV décide de réunir le Louvre aux Tuileries et construit la Grande Galerie où les artistes de l'époque exposent leurs œuvres : il vient d'inventer les musées.

Louis XIII (1601-1643) lance les travaux de la Cour carrée.

En raison de l’insécurité, et notamment de la Fronde, Anne d’Autriche et le jeune Roi, Louis XIV (1638-1715) regagnèrent Paris en 1652. Louis XIV charge Louis LE VAU de restaurer le Louvre et André LE NOTRE de réhabiliter le jardin des Tuileries. En 1664, Colbert fit appel à des artistes italiens pour compléter ce travail. Une Académie de peinture s’installe dans la salle des Caryatides et le salon des artistes s’ouvre en 1699 dans la Grande galerie. Louis XIV a le temps de voir s'élever la colonnade et de contempler les jardins de Le Nôtre aux Tuileries avant de transférer le centre du pouvoir à Versailles. Pendant près d'un siècle, le double palais devient un "squat" d'artistes et de nobles ruinés. La Cour à Versailles, les monarques se désintéressent du Louvre.

Le Louvre ressuscite à la Révolution qui proclame la République aux Tuileries et transforme le Louvre en musée de la Nation. Devenu musée en 1793, le Louvre est depuis dédié à la conservation et à la présentation de milliers d'œuvres d'art et de témoins des civilisations passées.

Napoléon 1er (1769-1821) n'a de cesse de l'agrandir et de l'enrichir, notamment les quatre ailes du Vieux Louvre. Après Waterloo, les trophées de guerre repartent, mais la Vénus de Milo, les antiquités égyptiennes et les œuvres d'artistes vivants comblent les vides. La place manque. Napoléon III rénove le Vieux Louvre, puis édifie de nouveaux bâtiments le long de la rue de Rivoli. Le "premier grand Louvre" est tout juste achevé lorsque les incendies de la Commune détruisent le palais des Tuileries.

Au début du XIXe siècle, les souverains transforment les intérieurs mais construisent peu. Mais à partir du milieu du XIXe siècle, le Louvre connaît la phase d'extension la plus importante de son histoire. Napoléon III (1803-1873) achève l'unification des Tuileries et du Louvre par la construction, côté Seine, de l'aile Denon et l'achèvement de l'aile Richelieu, coté rue de Rivoli. En 1871, les Tuileries sont incendiées. Le Louvre s'ouvre désormais sur la grande perspective de l'ouest parisien.

Le projet Grand Louvre, initiative du président François MITTERRAND (1916-1996), un pharaon, qui a entrepris de grands travaux, en 1981, modernise le musée et l'agrandit en inaugurant en 1993, l'aile Richelieu qui abritait jusqu'alors le ministère des Finances. A la fin du XXe siècle, la pyramide de Peï et les galeries souterraines du Carrousel font du "second grand Louvre", voulu par François Mitterrand, l'un des plus grands musées du monde. Réorganisé, le Grand Louvre qui abrite l'une des plus éblouissantes collections d'œuvres d'art existant au monde, une incarnation de l’idéal de tous les peuples : «Le Beau a ici son temple et l’on peut y admirer ses manifestations les plus diverses. Au milieu de l’immense capitale, le musée est comme le camée qui renferme un bracelet de pierres précieuses. L’art y a posé son cachet suprême» souligne Théophile GAUTIER. Un autre auteur, A. LEMAITRE est élogieux à l’égard du Louvre «de tous nos grands monuments historiques, le plus digne d’admiration et de respect, sans contredit, c’est le Louvre».

C’est au Louvre qu’on peut admirer les œuvres DAVID, GERICAULT, POUSSIN, INGRES, DELACROIX. La peinture italienne est bien représentée dans ce musée. La Joconde, volée en 1911 et retrouvée en 1912, est sérieusement gardée sous un verre blindé. En dépit de sa petite dimension, c’est l’une des plus grandes attractions au Louvre. Léonard de VINCI a mis quatre années, entre 1503 et 1506, pour réaliser cette Mona Lisa. Pendant les séances des musiciens exécutaient des morceaux pour égayer le beau modèle. Jamais l’idéal féminin n’a revêtu de formes plus inéluctablement séduisantes, souriante avec une moquerie de volupté.

Les Grecs ont eu l’heureuse idée de représenter la victoire de Samothrace, en 190 avant Jésus-Christ, sous les traits de la déesse Niké, une femme ailée messagère de Zeus. C’est 1863 que Charles CHAMPOISEAU mit le jour le monument de Samothrace, une île du Nord-Est de la mer Egée.

La Vénus de Milo est découverte en avril 1820 dans l’archipel des Cyclades en Grèce et la statue représenterait la déesse Aphrodite que les Romains appelaient Vénus. Cette statue est datée 120 avant J-C.

En l'espace de quelques années, le Louvre est devenu le plus grand, peut-être le plus beau musée du monde. A l'origine de cette transformation, François Mitterrand qui confie à Emile BIASINI la responsabilité de l'entreprise et qui choisit Ieoh Ming PEI, l'architecte sud-américain, pour en être le maître d'œuvre.

Alors que le Grand Louvre, créé il y a vingt-six ans, attire aujourd'hui dix millions de visiteurs par an, voit ses collections s'enrichir constamment par achats et donations (création du département des Arts de l'Islam en 2012) et connaît un rayonnement international remarquable (installation d'une succursale à Abou Dhabi), il était temps de lui consacrer une histoire digne de son nom.

Bibliographie sélective :

AULANIER (Christiane), Le musée de Charles X et le département des antiquités égyptiennes, Paris, éditions des Musées nationaux, 1961, 119 pages ;

BABEAU (Albert), Le Louvre et son histoire, Paris, Firmin-Didot, 1895, 319 pages ;

BEAUCHAL (Ch), Le Louvre et les Tuileries, précis historique et critique de la construction de ces palais jusqu’au commencement du XIXème siècle, Paris, Veuve A. Morel et Cie, 1882, 78 pages ;

BEUVE de (Charles), Le Louvre depuis son origine jusqu’à Louis Napoléon, Paris, Ledoyen, Palais-Royal, 1852, 84 pages ;

BEZOMBES (Dominique), BALLOT (Jean-Christophe), MITTERRAND (François), Le Grand Louvre : histoire d’un projet, Paris, Le Moniteur, 1994, 215 pages ;

BRESC-BAUTIER (Geneviève) LINTZ (Yannick), MARDRUZ (Françoise), FONKENELL (Guillaume), sous la direction de, Histoire du Louvre, Paris, Fayard, 2016, vol 1 768 pages, vol 2 776 pages et vol 3 448 pages ;

CLARAC de (Charles, Othon, Frédéric, Jean-Baptiste), Description du musée royal des antiques du Louvre, Paris, 1830, Vinchon, 350 pages ;

CARMONA (Michel), Le Louvre et les Tuileries : huit siècles d’histoire, Paris, La Martinière, 2004, 423 pages ;

CHESNEAU (Ernest), La vérité sur le musée Napoléon III et les artistes industriels, Paris, E. Dentu, 1802, 48 pages ;

COURAJOD (Louis, Charles, Jean), La sculpture moderne au musée du Louvre, Paris, Ernest Leroux, 1894, 266 pages ;

FORT (Frédéric), Paris brûlé, Paris, 1871, E. Lachaud, 144 pages, spéc. sur le Louvre, pages 53 à 63 ;

GADY (Alexandre), Le Louvre et les Tuileries, la fabrique d’un chef-d’œuvre, Paris, Musée du Louvre Le Passage, 2015, 320 pages ;

GAUTIER (Théophile), Guide de l’amateur du musée du Louvre, suivi de la vie et les œuvres de quelques peintres, Paris, Charpentier, 1882, 356 pages ;

GUIFFREY (Jean), Le musée du Louvre, la peinture, les dessins et la chalcographie, Paris 1909, Renouard, 202 pages ;

HAUTECOEUR (Louis), Histoire du Louvre, le château, le palais, le musée, des origines à nos jours, 1200 à 1928, Paris, L’Illustration, 119 pages ;

LAVEISSIERE (Sylvain), LENTZ (Thierry), LEROY-JAY (Isabelle), DION-TENENBAUM (Anne), sous la direction de, Le Louvre et Napoléon, Paris, Fayard, 2004, 255 pages ;

LAUGIER (Ludovic), Les antiques du Louvre : une histoire du goût, d’Henri IV à Napoléon 1er, Paris, Fayard, 2004, 239 pages ;

LE GUILLOU (Jean-Claude), Le Louvre : 800 ans d’histoire à Paris, Paris, édition des Deux Coqs d’Or, 1990, 94 pages ;

LEMAITRE (A.), Le Louvre, monument et musée, depuis leurs origines jusqu’à nos jours, Paris, Société française de numismatique, 1877, 474 pages ;

Les Grands Magasins du Louvre, Les chefs d’œuvre du Louvre, Paris, P. Mouillot, 120 pages ;

Musée national du Louvre, Histoire des collections de peinture au musée du Louvre, Paris, Musées nationaux, 1930, 107 pages ;

ORHAND (Arthur), Les musées expliqués : Le Louvre, peinture, préface Léon Riotor, Paris, éditions L. Leleu, 1912, 679 pages ;

PEI (Ieoh, Ming), BIASINI (Emile) LACOUTURE (Jean), L’invention du Grand Louvre, Paris, Odile Jacob, 2001, 288 pages ;

POISSON (Georges), La grande histoire du Louvre, Paris, ED18, 2013, 545 pages ;

PRASTEAU (Jean), Il était une fois le Louvre, Paris, Pygmalion, 1993, 299 pages ;

QUONIAM (Pierre), Histoire du palais du Louvre, Paris, La Réunion des musées nationaux, 1989, 24 pages ;

ROSENBERG (Pierre), Dictionnaire amoureux du Louvre, Paris, 2010, ED18, 570 pages ;

SAUNIER (Charles), Les conquêtes artistiques de la Révolution et de l’Empire ; reprises et abandons des Alliés en 1815, leurs conséquences sur les musées d’Europe, Paris, H. Laurens, 11902, 260 pages ;

SAUVAL (Henri), Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, Charles Moette, Jacques Chardon, 1794, tome 2, 759 et 32 pages, spéc sur le Louvre, Livre VII, pages 7 à 62 ;

VITET de (L), Le Louvre et le nouveau Louvre, Paris, Calmann-Lévy, 1853, 1866 et 1882, 370 pages ;

THOMAZO (Renaud), Les hauts lieux de l’histoire de France, Paris, 2010, Larousse, 96 pages.

Paris, le 1er janvier 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 23:01

Le président Jacques CHIRAC en créant en 2006 le Musée du Quai Branly, à Paris dans le 7ème arrondissement, dédié aux arts primitifs, a réalisé un vieux rêve d’André MALRAUX, Ministre de la Culture du général de Gaulle. Cet engouement pour les arts primitifs, même s’il est resté pendant longtemps minoritaire, vient de loin. En effet, c’est au Grand Palais, en 1906 qu’eut lieu la première «Exposition coloniale de Paris», avec un «Salon colonial des beaux-arts». Cette même année, Georges BRAQUE (1882-1963) achetait un masque Tsogho du Gabon, André LHOTE (1885-1962), un masque Wé de Côte-d’Ivoire. André DERAIN (1880-1953) se porte acquéreur de statuettes africaines. Pablo PICASSO fut influencé, dans sa peinture, par l’art africain. Après le Festival mondial des arts nègres de Dakar, en 1966, et sous l’impulsion d’André MALRAUX (1901-1976), une grande exposition eut lieu au Grand Palais sur le thème «L’Art nègre, sources évolution et expansion». «Les cultures se changent en s’échangeant, et s’échangent en se changeant», souligne Edouard GLISSANT. Le Quai Branly est un musée «où dialoguent les cultures» en référence à une expression de Léopold Sédar SENGHOR.

Des esprits étriqués, comme Pierre ROSENBERG, ont estimé que le Louvre, à la différence du Metropolitan Museum de New York, devrait être consacré, uniquement, à l’art occidental et à ses sources. Amoureux érudit et discret des combats de Sumo, du Japon, de la Chine, des arts Inuits, africains et précolombiens, Jacques CHIRAC plaide pour le multiculturalisme : «alors que le monde voit se mêler les nations comme jamais dans l’histoire, il est nécessaire d’imaginer un lieu original qui rende justice à l’infinie la diversité des cultures, un lieu qui manifeste un autre regard sur le génie des peuples et des civilisations d’Afrique, d’Océanie et des Amériques», dit-il dans son discours du 20 juin 2006, à l’occasion de l’inauguration du Quai Branly. Le président CHIRAC précise encore sa pensée «au cœur de notre démarche, il y a le refus de l’ethnocentrisme, de cette prétention déraisonnable et inacceptable de l’Occident à porter, à lui seul, le destin de l’humanité». Ce sont là des préjugés absurdes et choquants. Ils doivent être combattus. Nommer les choses n’est jamais innocent. En effet, Jacques CHIRAC prend soin de nommer la vocation de ce Musée : il ne s’agit pas d’un espace dédié aux arts «primitifs», concept folklorique qui renvoie à la hiérarchie des civilisations, mais aux «arts premiers». En raison de leur valeur éminente, ces civilisations doivent être préservées : «car ces peuples dit premiers, sont riches d’intelligence, de culture, d’histoire. Ils sont dépositaires de sagesses ancestrales, d’un imaginaire raffiné, peuple de mythes merveilleux, de hautes expressions artistiques n’ont rien à envier aux plus belles productions de l’art occidental».

A l’occasion de son dixième anniversaire, le Musée du Quai Branly abrite du 4 octobre 2016 au 15 janvier 2017, une exposition «The Color Line : les artistes afro-américains et la ségrégation». Pour W.E.B du BOIS, dans son ouvrage «Les âmes du peuple noir», avec une lumineuse préface du professeur Nathalie BESSONE, «le problème du XXème siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs» (voir mon post sur du BOIS). Il est indubitable que l’art a joué un rôle majeur dans la quête d’égalité et d’affirmation de l’identité noire dans l’Amérique de la ségrégation. L’exposition du Quai Branly rend hommage aux artistes et penseurs afro-américains qui ont contribué, pendant plus de 150 ans, à estomper cette «ligne de couleur» discriminatoire. Si à la fin de la guerre de sécession en 1865 l’esclavage a été aboli, la ligne de démarcation raciale a été instaurée notamment dans les Etats du Sud à travers des lois dites «Jim CROW». Instaurées en 1876, les lois dites Jim Crow créent un nouvel ordre social dans le sud des Etats-Unis : la ségrégation raciale. Ces textes interviennent pour hiérarchiser et ré organiser la société sudiste après l’abolition de l’esclavage et la guerre de Sécession. Ils légalisent la ségrégation raciale : les écoles, les églises, les transports, les restaurants, les lieux publics comme les parcs et jardins, doivent être séparés. Les lois dites Jim CROW indiquent que les citoyens doivent être «separate but equal», mais dans la réalité, ils cantonnent les Noirs à une infériorité de rigueur dans tous les instants de la vie publique et privée. Dès lors, le système ségrégationniste remplace le système esclavagiste. La majorité des lois Jim Crow resteront en vigueur jusqu’au vote du «Civil Rights Act» en 1964. Dans ce contexte, les lynchages, devenus monnaie courante, ont inspiré la chanson mythique de Billie HOLIDAY (1915-1959) : «Strange Fruit» (voir mon post sur Billie).

Harlem est considéré entre 1918 et 1937, comme la capitale mondiale  de la culture noire, avec le mouvement «Harlem Renaissance» (New Negro) dirigé notamment par Langston HUGUES (1902-1967), Claude McKAY, (1889-1948), Richard WRIGHT (1908-1960) Alain LOCKE (1885-1954), Louis AMSTRONG (1901-1971) et Duke ELLINGTON (1889-1974). Même si le mouvement évolue dans plusieurs domaines de création, c'est en littérature qu'il s'épanouit le plus. En effet, il est porté par une jeune génération d'écrivains noirs qui s'inscrivent spécifiquement dans trois directions complémentaires : la volonté de s'approprier leur héritage africain, la revendication de leur identité américaine et la dénonciation des conditions déplorables des Noirs aux États-Unis. La marginalisation devient donc une force pour cette communauté depuis longtemps rejetée socialement, qui y trouve une énergie artistique productive, affirmée et collective. Harlem devient attractif, tout comme la communauté noire elle-même qui impose, à sa façon, sa place au sein de la société américaine. «Harlem Renaissance» se définit aussi et surtout par cet accès aux savoirs et aux connaissances pour les populations marginalisées. Le retournement de la situation discriminatoire et l'idéal d'égalité sont donc ici portés par l'enseignement et la scolarisation en études supérieures, représentée comme une première étape pour accéder aux plus hautes sphères de la société.  «Harlem Renaissance» influença directement la Négritude, portée par Aimé CESAIRE et Léopold Sédar SENGHOR à Paris, dessina les prémices du «Black Power», forma les idées du Panafricanisme de Marcus GARVEY (1887-1940). Mais les Noirs pour trouver leur propre moyen d'affirmation pour exister personnellement et collectivement, devront à la suite de ce mouvement entamer un travail sur la vie politique, les recherches universitaires ou encore par la création artistique et culturelle. Et ainsi affirmer, comme le scandait si bien Jesse JACKSON au festival de Wattstax : «I am somebody». Dans les manifestations pour l’égalité des pancartes indiquaient : «The New Negro has no fear».

Cependant et à progressivement, à partir de 1965, Harlem devient  le ghetto noir. «I Am a Man», est une photo géante qui plastronne à l’entrée du Musée Quai Branly. Si vous venez visiter ce musée, observez attentivement cette photo qui symbolise les souffrances du peuple noir aux Etats-Unis. En effet, mort en martyr le 4 avril 1968, à Memphis, dans le Tennessee, Martin Luther KING (Atlanta, 15 janvier 1929 – Memphis, 4 avril 1968) est venu soutenir la grève du Syndicat des égoutiers et des éboueurs, essentiellement composés des Noirs, réclamant une revalorisation salariale. Ces ouvriers victimes, une fois de plus, de brutalités policières, scandaient un slogan : «I am a man», (Je suis un homme). Le regard que Martin Luther KING porte sur la société américaine en ce milieu du XXème siècle est particulièrement sévère. «Ce qui caractérise principalement la vie d’un Noir, c’est la souffrance, une souffrance si ancienne et si profonde qu’elle fait partie de presque tous les instants de sa vie», souligne t-il. Homme d’Eglise, puisant dans la tradition noire américaine, Martin Luther KING a dépassé les frontières ethniques pour se projeter dans l’action, et réclamer l’égalité des droits pour toutes les personnes défavorisées. En effet, Martin Luther KING avait un rêve, partiellement réalisé par OBAMA dont les deux mandats n’ont pas totalement aboli la ségrégation raciale : un mouvement est né face aux meurtres des  Noirs par des policiers «Black Lives Matter» et Ta-Nehesi COATES a écrit un best-seller : «Une colère noire» (voir mes posts sur ce mouvement et sur le livre de COATES).

Cette exposition au Musée du Quai Branly, «The Color Line», s’adresse aussi aux Républicains en France face au désastre qui s’annonce pour les présidentielles de 2017. La bête immonde qu'est le racisme n'est pas encore morte. Ainsi, aux Etats-Unis, la poussée des idées racistes d’un candidat blanc aux présidentielles du 8 novembre 2016, devrait interpeler chaque démocrate, quelque soit l’issue du scrutin. Cette libération de la parole raciste dans les grandes démocraties occidentales, est un sujet de préoccupation majeure. En effet, «La Color Line», telle que la décrivait WEB du BOIS, est toujours omniprésente. En effet, la démocratie est une belle idée que les Occidentaux ont élaborée, mais une démocratie sans égalité réelle n’est qu’une savante escroquerie. Il n’y a pas de paix durable dans une société fondée sur les inégalités et l’injustice. «La prochaine fois, le feu», avait prévenu James BALDWIN. Par conséquent, nous devons rester vigilants et défendre, sans failles, la République et l’égalité réelle. «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luther KING. Comme Nelson MANDELA, face à l’injustice, je reprendrai à mon compte le poème «Invictus» de William Ernest HENLEY (1843-1903) :

«Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n'ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme
».

Indications bibliographiques :

MARTIN (Stéphane), Musée du Quai Branly, là où dialoguent les cultures, Paris, Découvertes Gallimard, Culture et Société, 2011, 127 pages ;

ABERJHANI (Sandra, L. West), Encyclopedia of the Harlem Renaissance, Infobase Pushing, 2003, 449 pages ;

BESSONE (Magali), «Le peuple noir s’est couvert des principes de la grande République : WEB du Bois et la réalisation de l’idéal américain de sympathie», in RAISONS POLITIQUES, 2006, n°24, pages 33-53 ;

Du BOIS (William Edward Burghardt), Les Ames du peuple noir, traduction Jean-Jacques Fol, Paris, Présence Africaine, 1959, 232 pages ; traduction, annotations et postface de Magali BESSONE, Paris, éditions rue d'Ulm, 2004, 339 pages et éditions la Découverte, 2007, 339 pages, avec une nouvelle introduction de Nathalie BESSONE.

DUALE (Christine), Harlem Blues : Langston Hugues et la poétique de la Renaissance afro-américaine, Paris, L’Harmattan, études diasporiques, 2014, 171 pages ;

KILIGOWSKI (David, Anothony, Stéphanie), Langston Hugues : Harlem Renaissance Writer, Teacher Created Materials, 2011, 32 pages ;

LOCKE (Alain), The New Negro, Simon and Schusters, 1925, 452 pages ;

LOCKE, (Alain), Le rôle du nègre dans la culture des Amériques, Paris, l’Harmattan, 2009, traduction Alain MANGEON, 240 pages ;

McKAY (Claude), Home to Harlem, UNPE, 1928, 340 pages ;

MANGEON (Anthony), «Who and What is “Negro” ?, La littérature nègre en débat, de la Harlem Renaissance à la négritude parisienne», Actes du Colloque du Quai Branly, Exposition sur «Présence Africaine» du 29 janvier 2010, in Littératures Noires, mise en ligne le 26 avril 2011 ;

MOURALIS (Bernard), Littérature et développement : essai sur le statut, fonction et représentation de la littérature négro-africaine d’expression française, Paris, Silex, 1984, 572 pages ;

WRIGHT (Richard), Native Son, And How Bigger Was Born, Buccaneer Books, 1993, 594 pages.

Paris, le 29 octobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 19:56
Paris est décidément la capitale mondiale des arts et de la culture. En effet, ce samedi 22 octobre 2016, avec un temps ensoleillé et clément, je me suis rendu, avec ma petite Arsinoé, à la Fondation Louis VUITTON, dans le Bois de Boulogne, qui jouxte le Jardin d’acclimatation de Paris. En effet, dans le cadre du programme de «l’Année franco-russe 2016-2017 du tourisme culturel», une collection mythique d’œuvres d’art s'installe à la Fondation Louis VUITTON du 22 octobre au 20 février 2017. Il s'agit de l'œuvre d'un seul homme, Sergueï CHTCHOUKINE (Moscou 27 mai 1854-Paris 10 janvier 1936), un homme d'affaires qui a été l'un des tous premiers collectionneurs d'art de l'avant-garde française. Il a réuni 264 tableaux dont 16 GAUGUIN, 38 MATISSE, 50 PICASSO, sans parler des MONET, MANET, Van GOGH, et autres CEZANNE collectionnés entre 1898 et 1914. Dans la période où tous ces artistes français étaient décriés, méprisés, rejetés en France, Sergueï CHTCHOUKINE collectionnait leurs chefs-d'oeuvre, pour tapisser les murs de son palais à Moscou : le palais Troubetskoï. Lorsqu'il s’est rendu compte qu'il n'y avait plus de place sur ses murs, CHTCHOUKINE a déménagé et il a ouvert son palais Troubetskoï au public, créant ainsi le premier musée d'art moderne du XXème siècle. Aujourd'hui, le palais est devenu le lieu de réception du ministère de la défense russe. Mais on peut découvrir la façade jaune, à condition de ne pas trop s’approcher. Le palais Troubetskoï a été construit sous Catherine II de Russie. Il est au fond d’une impasse, près de la bibliothèque Lénine et de l'institut d'art russe, à Moscou. Il est extrêmement bien gardé.
 
Visionnaire de l’art moderne du XXème siècle, c’est à partir de 1898 que Sergeï CHTCHOUNIE, grand industriel moscovite, entre en contact avec les marchands Paul DURAND-RUEL, Ambroise VOLLARD puis Berthe WEILL et d’autres amateurs d’art. Sa relation, et sa complicité artistique de sept années avec Henri MATISSE et sa passion pour Pablo PICASSO, influencent fortement la formation de sa collection exemplaire de l’art le plus radical de son temps. Grâce à la généreuse participation du Musée d’Etat de l’Ermitage et du Musée d’Etat des Beaux-Arts Pouchkine, qui ont contribué à l’élaboration du projet, l’exposition présente un ensemble significatif de 130 chefs-d’œuvre des maîtres impressionnistes, postimpressionnistes et modernes de la collection CHTCHOUKINE, tout particulièrement représentatifs de l’art de MONET, CEZANNE, GAUGUIN, ROUSSEAU, DERAIN, MATISSE ou PICASSO, mais aussi de DEGAS, RENOIR, TOULOUSE-LAUTREC ou Van GOGH. L’exposition traite de l’impact de la collection CHTCHOUKINE sur la formation des mouvements cubofuturistes, suprématistes et constructivistes, à travers un ensemble de 30 œuvres (28 peintures, papiers collés, constructions et reliefs, et 2 sculptures) des artistes majeurs de l’avant-garde russe (Galerie Tretyakov, Musée d’art contemporain de Thessalonique, Musée Pouchkine, Stedeljik Museum, Musée Thyssen, MoMA). Des chefs-d'œuvre des maîtres, tels que MALEVITCH, RODTCHENKO, LARIONOV, TATLINE, POPOVA ou ROZANOVA, sont ainsi réunis.
 
Sergueï CHTCHOUKINE épouse en 1884 une des plus belles femmes de Moscou : Lydia Grigorievna KORENEVA, sa famille a fait fortune dans les mines du Donbass en Ukraine. Le couple donne vite naissance à un premier fils, Ivan (1886-1975) ; deux autres suivront Grigori (1887-1910) et Sergueï (1888-1905), puis une fille Ekaterina (1890-1977). Sergueï CHTCHOUKINE dispose d’une magnifique demeure à deux pas du Kremlin. Naturellement il va s’orienter vers ce qui est, à l’époque, un autre brevet de réussite sociale et économique : la collection d’art. De son temps, CHTCHOUKINE était considéré comme un fou. En 1918, après la Révolution d'octobre, sa collection fut nationalisée. Et toute exposition de cette collection interdite. Le 8 novembre 1918 un décret du Conseil des commissaires du peuple, signé LENINE, proclame «La galerie d’art de Sergueï Ivanovitch CHTCHOUKINE, propriété publique de la République socialiste fédérative de Russie considérant que par sa très grande valeur artistique elle présente en matière d’éducation populaire un intérêt national». Dépossédé, Sergueï CHTCHOUKINE fut contraint à l’exil. Et c’est à Paris qu’il trouva refuge. C’est aussi là qu’il est mort, en 1936 à l'âge de 81 ans, loin de sa collection qui restera longtemps invisible du public. Il faudra attendre le dégel des années 70 pour que la collection CHTCHOUKINE soit de nouveau, petit à petit, exposée en Russie. Elle est aujourd’hui répartie entre les deux plus importants musées russes : le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg et le musée Pouchkine à Moscou.
 
La fondation Louis VUITTON a été inaugurée le 27 octobre 2014. L’architecte américano-canadien, admirateur de PROUST et de LE CORBUSIER, pape du «déconstructivisme», a eu pour ambition «de concevoir à Paris un vaisseau magnifique qui symbolise la vocation culturelle de la France». Il a imaginé un bâtiment unique, emblématique, audacieux qui est une réplique de la Fondation PINAULT installée à Venise. «Nous avons souhaité offrir à Paris un lieu d’exception pour l’art et la création» dit Bernard ARNAULT, patron de LVMH. Cette structure deviendra la propriété de la ville de Paris en 2062.
 
Avec les mêmes billets de la Fondation Louis VUITTON on peut se rendre au jardin d’acclimatation. Mais certains manèges, de ce jardin sont payants. Le Jardin d’Acclimatation, réalisé par l’ingénieur Jean-Charles ALPHAND et l’architecte Gabriel DAVIOUD, est le plus ancien parc d’attractions de France. Inauguré le samedi 6 octobre 1860, en présence de Napoléon III et de sa femme Eugénie de MONTIJO, mais également de BERLIOZ, OFFENBACH, MERIMEE, Alexandre DUMAS ou Théophile GAUTIER, ce jardin à l’anglaise, s’étend sur 20 hectares, alors principalement dédiés à la zoologie et à la botanique. A cette même époque, le célèbre zoologiste Isidore Geoffroy SAINT-HILAIRE, recherche un lieu une large variété d’animaux, car la Ménagerie du Muséum du Jardin des Plantes ne suffit plus. Très vite, il devint une promenade appréciée de l’aristocratie parisienne ou étrangère (Neuilly est tout près). C’est seulement après la première guerre mondiale qu’il perdit le qualificatif de "zoologique", pour devenir un parc d’attractions faisant la part belle aux manèges et aux divertissements. C’est un lieu singulier et sinistre, qui avait servi, dans le passé à un «Zoo humain» (Ashantis, Cosaques, Canaques, Nubiens, Inuits, Indiens, Hindous, Somaliens, etc.) de 1877 à 1931. Sanctuaire de la déshumanisation en France, on y avait exhibé des êtres humains comme des bêtes de foire pour le plaisir et le divertissement de la masse européenne. De nos jours, le jardin d’acclimatation est plus fréquentable, pour les enfants et leurs familles, en devenant, à la fois lieu de promenade, zoo et parc d’attractions. C’est pour cette raison que pendant longtemps j’avais hésité de visiter cet endroit. Nous avons une grande patience et une faculté de pardonner, mais de ne jamais oublier cette blessure du passé. Mais cette grande largesse d’esprit «ne signifie pas une aptitude infinie ou naïve des peuples noirs à la patience» dit Wolé SOYINKA, Prix Nobel de littérature.
 
Fondation Louis VUITTON, 8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75016 Paris. Métro Sablons, ligne n°1, prendre la rue des Sablons (10 minutes à pied) ou une navette. Prix du billet 16 €.
 
Paris, le 22 octobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:22

Ma petite Arsinoé, dans ses projets, souhaite devenir une danseuse étoile. A force de m’entretenir de cette haute et exigeante ambition, j’ai fini de lui proposer une visite au Palais Garnier, à l’Opéra de Paris. Il est vrai que quand on a l’immense privilège d’habiter dans la cité mondiale des arts et de la culture qu’est Paris, il faudrait apprendre à s’éloigner de certains vacarmes de la vie, savourer chaque instant et respirer, à plein poumons, ces moments intenses de répit.

L'ancêtre de l’Opéra de Paris, l’Académie royale de Musique est fondée, en 1669, à l'instigation de Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683). Le Roi lui octroie un privilège : le monopole de la représentation des pièces de théâtre en musique. De 1672 à 1687, Jean-Baptiste LULLY (1632-1687) est directeur de cette Académie. Evènement fondateur de l’histoire de l’art lyrique en France, la création de l'Académie royale de Musique fait aussi date dans l’histoire du Ballet. L’art chorégraphique, jusqu’alors dévolu au divertissement de la Cour, dispose désormais d’une scène : la troupe danse dans les intermèdes des opéras. Peu à peu, le Ballet conquiert son indépendance jusqu’à avoir son propre répertoire au XIXe siècle, à l’époque des grands ballets romantiques. De prestigieux artistes se sont produits dans cet Opéra de Paris, comme Wolfang Amadeus MOZART, Christoph Willibald GLUCK, Luigi CHERUBINI, Gioacchino ROSSINI, Daniel-François-Esprit AUBER, Gaetano DONIZETTI, Jacques Fromental HALEVY, Giuseppe VERDI, Charles GOUNO, Richard WAGNER, etc. Dans le domaine de la danse les ballets russes de Serge de DIAGHILEV (1872-1929) ainsi que la prestation de Rudolph NOUREEV ont fait sensation. NOUREEV (1938-1993) d'origine tartare musulmane de Russie est arrivé en France en 1961. Il a sollicité l'asile politique et deviendra en 1983 directeur de la Danse à l'Opéra de Paris et sera emporté par l'épidémie du SIDA.

Les deux siècles suivant sa création voient l'Opéra changer onze fois de lieu. L’Opéra de Paris occupe ainsi les salles de la Bouteille (1670-1672), du Jeu de paume (1672-1673), du Palais-Royal (1673-1763), des Machines (1764-1770), la seconde salle du Palais-Royal (1770-1781), des Menus-Plaisirs (1781), de la Porte Saint-Martin (1781-1794), de la rue de Richelieu (1794-1820), le Théâtre Louvois (1820), les salles Favart (1820-1821) et Le Peletier (1821-1873).

Le 14 janvier 1858, alors que Charles Louis Napoléon BONAPARTE dit Napoléon III (1808-1873) se rend en carrosse à l’Opéra, des anarchistes italiens à la solde de Félice ORSINI lancent des bombes sur la foule. L’Empereur et son épouse réchappent miraculeusement de cet attentat qui fait huit morts et près de cent-cinquante blessés. Après ce drame, le 29 septembre 1860, Napoléon III décrétait la construction d'un nouvel opéra afin de remplacer celui de la rue Le Peletier, édifice provisoire trop étroit et situé dans un quartier encombré. Un concours était ouvert en décembre rassemblant 171 candidats. Parmi les candidats, le méconnu Charles GARNIER (Paris, 6 novembre 1825 - Paris, 3 août 1898), alors âgé de 35 ans. Son projet tente de répondre à ce qu’il pense être le problème crucial de l’art de son temps : l’impossibilité de diffuser la création artistique pour le plus grand nombre. Il est proclamé vainqueur le 30 mai 1861. CharlesGARNIER, pendant quatorze années, celui-ci se consacra presque quotidiennement au prestigieux chantier. Dans la nuit du 28 au 29 novembre 1873, la salle Le Peletier est anéantie dans un incendie de plus de vingt-quatre heures et dont les causes demeurent indéterminées. En attendant l’ouverture du Palais Garnier, l’Opéra s’installe provisoirement salle VENTADOUR. La façade fut inaugurée officiellement le 15 août 1867 au milieu des fastes de l'Exposition universelle, mais l'inauguration de l'ensemble n'eut lieu qu'après la chute de l'Empire en 1875.

C’est ce nouvel opéra qui fit sa renommée, Charles GARNIER ; celui-ci s'affirmait comme le créateur du style Second Empire. A l'Impératrice Eugénie de MONTIJO (1826-1920) qui s'étonnait du manque d'unité de l'ensemble : «Qu'est-ce que ce style ? Ce n'est pas un style, ce n'est pas du grec, ni du Louis XVI», l'architecte aurait répondu : «Non, ces styles ont fait leur temps. C'est du Napoléon III». Par son éclectisme et son exubérance décorative, le monument est en effet devenu le symbole du régime impérial. Intégré dans le nouvel urbanisme parisien, l'Opéra est paradoxalement à l'opposé de ses caractéristiques stylistiques : courbes baroques, profusion ornementale et polychromie éclatante tranchent singulièrement face à la régularité et à la grise austérité des conceptions architecturales haussmanniennes.

Le plan, véritable chef-d'oeuvre de fonctionnalisme, est particulièrement lisible de l'extérieur dans la répartition des différents volumes : le vestibule d'accueil surmonté du foyer et desservi par l'escalier d'honneur, la salle, la scène prolongée du foyer de la danse et la partie réservée à l'administration. La façade extérieure, synthèse baroque de différents styles, est rythmée par une colonnade corinthienne en pierre de Ravières surmontée d'un attique décoré de masques à l'antique de KLAGMANN.

De grandes comme de petites histoires se sont produites à l’Opéra de Paris. En 1861, Richard WAGNER (1813-1883) fait son entrée à l’Opéra de Paris avec perte et fracas. La première de «Tannhaüser» déclenche dans la salle une nouvelle bataille d’Hernani. L’administration cède en annulant les représentations et le compositeur quitte Paris précipitamment. Qu’importe, dira Charles BAUDELAIRE qui prend la défense du génie : l’idée est lancée, la trouée est faite, c’est l’important. En 1929, un ancien danseur des Ballets russes de Serge de DIAGHILEV (1872-1929), Serge LIFAR est invité à créer un ballet pour l’Opéra : «Les Créatures de Prométhée», sur la musique de Beethoven. L’année suivante, il devient Maître de Ballet et prend les rênes de la Compagnie à laquelle il consacrera plus de trente années de sa vie. Il crée une classe d’adage, qui permet aux danseurs de n’être plus les simples faire-valoir des ballerines, et développe son style néoclassique qui imprègnera Roland PETIT (1924-2011) et Maurice BEJART (1927-2007). En 1945, Reynaldo HAHN (1874-1947), compositeur, chef d’orchestre et critique musical, compagnon et ami de Marcel PROUST (1871-1922), devient directeur de l'Opéra de Paris. En 1982, jugeant la jauge du Palais Garnier insuffisante, le président François MITTERRAND (1916-1996), un pharaon des temps modernes, décide de la construction d'un nouvel opéra, «moderne et populaire», dans Paris, à la Bastille qui sera inauguré le 13 juillet 1989, dans le cadre des manifestations du Bicentenaire de la Révolution française.

Un des lieux souterrains qui alimente la légende de l'Opéra est le réservoir souterrain, surnommé le Lac, sorte de monstre du Lochness parisien à la sombre légende. En effet, une nappe phréatique importante, alimentée par un bras préhistorique de la Seine, provoquait une inondation permanente pendant les travaux de l’Opéra. Il a fallu la réalisation d'un cuvelage destiné à contenir les infiltrations souterraines.  En effet, l'importante quantité contenue dans la cuve de ciment et de béton, et son emplacement stratégique, donnent aux pompiers la possibilité de circonscrire plus rapidement et plus efficacement un départ éventuel départ d'incendie. Les sous-sols de l'Opéra abritaient également, dans leurs caves, une gigantesque usine de production d’électricité. L’Opéra est l’un des premiers établissements parisiens à expérimenter l’éclairage à l’électricité, à la place du gaz. Par ailleurs, sous la Commune de Paris (18 mars 1871 au 28 mai 1871), les révolutionnaires transformèrent les salles en entrepôts, et lorsque les Versaillais  pénétrèrent dans Paris le 21 mai 1871, les souterrains servirent de cachots et des Communards y furent exécutés. De quoi alimenter la sombre légende des sous-sols de l’Opéra de Paris.

Mais les sous-sols de l'Opéra recèlent encore d'autres surprises : Une initiative étonnante est prise en 1907 et réitérée en 1912. Au cours d'une cérémonie solennelle, Alfred CLARK, le président de la compagnie française du Gramophone enfouit des enregistrements  composés de vingt-quatre disques dans des urnes scellées pour 100 ans et qui seront enterrées dans les sous-sols de l'Opéra, sans oublier le gramophone, au cas où la technique d'écoute ne serait plus connue un siècle plus tard. Ces enregistrements étaient destinés à transmettre aux hommes du futur l’état des machines parlantes ainsi que les voix et interprétations des principaux chanteurs de l'époque.  Lors de cet enfouissement, un mystérieux cadavre fut découvert dans les sous-sols de l'Opéra, dont la presse se fit l'écho, et que l'écrivain Gaston LEROUX identifia comme celui du fantôme de l’Opéra. On connaît l’histoire de ce film tiré d’un roman, «le fantôme de l’Opéra». Mais d’où vient réellement cette légende parisienne ? Tout commence le 28 octobre 1873 : un jeune pianiste aurait eu le visage brûlé dans l’incendie du conservatoire de la rue Le Peletier. Sa fiancée, une ballerine du conservatoire, y aurait alors perdu la vie. Inconsolable et défiguré, il aurait trouvé refuge dans les souterrains de l’Opéra Garnier, alors en pleine construction. C’est donc à l’intérieur du palais Garnier que l’homme, Ernest, séjourna jusqu’à sa mort. Celui ci aurait d’ailleurs vécu à proximité du lac d’eau présent sous l’Opéra et servant de réserve d’eau en cas d’incendie. Il consacra la fin de sa vie à son art et à l’achèvement de son œuvre, un hymne à amour et à la mort. Celui-ci serait mort dans les sous-sols. Son cadavre n’ayant jamais été retrouvé on pense qu’il fut confondu avec les corps des communards
Mais l’histoire du fantôme de l'Opéra va prendre un autre tournant en 1916. Un écrivain, Gaston LEROUX, s’inspire alors de la légende et de plusieurs évènements troublants pour écrire son célèbre roman : Le Fantôme de l’Opéra. Dans l’avant-propos de ce roman, Gaston LEROUX mentionne que le fantôme de l’Opéra a existé. Erik a réellement vécu. Ce ne fut point, comme on l’a cru longtemps, une inspiration d’artistes, une superstition de directeurs, la création falote des cervelles excitées de ces demoiselles du corps du ballet, et précise ceci : «On se rappelle que dernièrement, en creusant le sous-sol de l’Opéra pour y enterrer les voix phonographiées des artistes, le pic des ouvriers a mis à nu un cadavre. Or, j’ai eu tout de suite la preuve que ce cadavre était celui du Fantôme de l’Opéra ! J’ai fait toucher cette preuve, de la main, à l’administrateur lui-même, et maintenant il m’est indifférent que les journaux racontent qu’on a trouvé là une victime de la commune». Le 20 mai 1896, dans les fastes du Palais Garnier, le grand lustre de la salle se décroche et tue un spectateur pendant une représentation du Faust de Gounod. La légende rapporte que ce spectateur était assis à la place numéro 13. Le film, fantastique américain, réalisé par Arthur LUBIN en 1943 et tiré de ce roman, est gravé dans nos mémoires. Dans ce film, Claudin vient d'être licencié de son emploi de premier violon de l'Opéra de Paris. Cette situation l'affecte beaucoup car elle va l'empêcher de continuer à payer les leçons de chant de Christine, la doublure de la diva BIANCARELLI, dont il est secrètement amoureux. En tuant un éditeur de musique qui refuse d'acheter ses partitions, Claudin se fait défigurer par une cuvette d'acide. Se cachant dans les sous-sols de l'Opéra, il décide d'enlever Christine en pleine représentation. Celle-ci devait interpréter un rôle très prestigieux. Un jeune ami de la belle découvre qu'un passage mène, par les égouts, aux anciennes caves de l'opéra, désaffectées, et qu'une vengeance implacable s'y trame.

L’Opéra de Paris, essentiellement dédié à la musique, à la danse et à la poésie lyrique, est placé sous la protection du dieu grec, Apollon et sa lyre, un instrument musique à cordes. Le groupe d’Apollon (hauteur 7.5 m, largeur 4 m) sculpté par Aimé MILLET (1819-1891), fondu en bronze en 1869, a été mis en place au sommet du pignon de la scène de l’opéra en 1870. Apollon, les épaules couvertes d’une légère draperie qui retombe derrière lui, élève, des deux mains, la lyre au-dessus de sa tête. À droite, la Poésie assise, complètement drapée, la tête légèrement tournée à gauche, tient le style de la main droite levée, prête à écrire, et une tablette de la main gauche. À gauche, la Musique, la tête de face, assise, la jambe droite repliée, appuie la main gauche sur un tambour de basque qu’elle tient, de la main droite, posé sur le genou droit. Elle est vêtue de la tunique laconienne fendue ; les jambes nues sont chaussées de cothurnes.

Charles GARNIER, artiste de génie et talentueux, prix de Rome en 1848, avait une conception élitiste de l’art. Les dirigeants de notre époque de l’Opéra tentent, tant bien que mal de combattre ce préjugé ancien et tenace. L’Opéra n’est pas toujours plein, et sur le million de billets à vendre chaque saison, quelques dizaines de milliers restent disponibles jusqu’au lever de rideau. «L’art n’est pas réservé à une élite. Pour apprécier le spectacle, pour ressentir une émotion, il n’est nul besoin de tout comprendre, de lire la musique, d’être un expert de l’entrechat» dit Stéphane LISSNER. «Il n’y a pas d’autre mur et barrière pour l’homme que le ciel. Tout ce qui est de la terre en terre lui appartient pour marcher dessus et il est inadmissible qu’il en soit d’aucune parcelle forclos» dit Paul CLAUDEL dans le «Soulier de satin».

La programmation de l’Opéra de Paris 2016-2017 combine les grands classiques attendus du public avec les créations contemporaines. Certains opéras sont joués au Palais Garnier (Iphigénie en Tauride, Tudor Millepied, Cosi Fan Tutte, Béatrice et Benedict, La Cenerentola), mais la plupart c’est à l’opéra Bastille. Ainsi, restent des têtes d’affiche la «Damnation de Faust» de BERLIOZ, «La Tosca» de Giacomo PUCCINI, «Samson et Dalila», un conte biblique et érotique de Camille SAINT-SAENS. Les éclairs brillent dans le ciel quand Dalila déclare sa flamme à Samson : «mon cœur s’ouvre à ta voix comme s’ouvrent les fleurs aux baisers de l’aurore». C’est une beauté envoûtante mais trompeuse. Quand le tonnerre gronde enfin, Dalila trahit Samson en le livrant à ses ennemis.

Dans «Lucia Di Lammermoor» de Gaetano DONIZETTI, et dans les collines de Lammermuir, au Sud de l’Ecosse, la belle Lucia retrouve à chaque aurore un mystérieux jeune homme dont elle est amoureuse. Mais comme dans "Roméo et Juliette" de William SHAKESPEARE, les amants sont issus de deux familles en guerre et n’ont pas le droit de s’aimer. Cet opéra romantique chante un air de folie. Lucia est interprétée par une artiste Sud-africaine, Pretty YENDE. Artiste lyrique, née le 6 mars 1985 à Piet Retief, Pretty YENDE étudie à l'académie lyrique de La Scala et remporte plusieurs concours internationaux de chant lyrique, dont le concours Operalia en 2011. Pretty YENDE, avec son timbre corsé, exerce une séduction immédiate ; elle revient cette saison 2016-2017, à Bastille dans un rôle dramatique que les plus illustres cantatrices ont interprété avant elle, dans le rôle d’une Lucia, espiègle et piquante dans l’opéra de «Lucia di Lammermoor» de DONIZETTI. «Dès sa première note, le son est à la fois issu d'une gorge bouillonnante de chaleur et un filin puissant comme l'acier. Ses notes douces sont assurées et d'une parfaite justesse, depuis l'émission jusqu'à la résonance. Sa ligne vocale pourrait être disséquée, ralentie à l'extrême, elle ferait entendre alors toutes les hauteurs de la gamme, toutes parfaitement assurées et d'une richesse seulement comparable à la note suivante. Ses graves rendraient jalouse une mezzo-soprano dramatique et sa voix suraiguë est une lance jetée en plein cœur sans qu'elle ne se départisse de son sourire amoureux qui se change en rictus de folie. Sa voix est un souffle absolu qui reste homogène et éloquent en permanence» dit Charles ARDEN.

«Les contes d’Hoffmann» de Jacques OFFENBACH sont une synthèse inouïe, à la fois drôle, grave et fantastique de l’opéra-bouffe. Le narrateur et héros raconte trois amours : Olympia, Antonia et Giulietta et expose le génie mélancolique d’un homme marqué par le sort de la vie.

«Lohengrin» de Richard WAGNER, apparaît dans une barque tirée par un cygne dans une lumière bleu argent. Il vient sauver Elsa, accusée du meurtre de son frère, et lui fait promettre de ne jamais lui demander son nom. C’est un manifeste esthétique et politique qui interroge la place du génie dans la société.

«La Flûte enchantée» de Wolfgang Amadeus MOZART est un feu d’artifice en forme de conte initiatique. S’y côtoient le prince d’un pays lointain à la recherche d’une princesse, légèrement suicidaire, un serpent géant, un oiseleur fanfaron, une Reine de la nuit, et un grand prêtre, moins ténébreux qu’il n’y paraît, imposant d’étranges rites de passage. C’est une œuvre féérique, dramatique et une méditation sur la vie et la mort.


"Cosi Fan Tutte» de Wolfgang Amadeus MOZART est une collaboration entre MOZART et Lorenzo DA PONTE. Provoqué par Don ALFONSO, vieux philosophe et cynique, deux jeunes idéalistes décident de mettre à l’épreuve la fidélité de leurs amantes. L’amour leur infligera une amère leçon : ceux qui se croyaient phénix et déesses se découvriront corps désirants. Cette musique souriante et pourtant d’une mélancolie sacrale nous fait accepter la perte de l’être aimé, perte du paradis, perte de la jeunesse, pour dessiner un monde où tout se transforme, tout est mouvement.

«Carmen» de Georges BIZET est résumé par cette célèbre phrase «L’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser». Dans un sulfureux déhanchement aux accents andalous, la belle cigarière jette son dévolu sur un soldat : Don José. Le drame se met en marche.

Que serait l’Opéra Garnier à Paris sans le plafond de la grande salle, une toile monumentale de 220 m² signée Marc CHAGALL (1887-1985) ? Voulue par André MALRAUX (1901-1976), cette réalisation fut pourtant très décriée quand CHAGALL la dévoila, le 23 septembre 1964. Lumineuse, colorée, elle traduit tout l’amour du peintre pour la musique et pour la vie.

Bibliographie sélective

GARNIER (Charles), Le nouvel Opéra de Paris, Paris, Ducher, 1878, vol I, 422 pages ;

GARNIER (Charles), Le nouvel Opéra de Paris, Paris, Ducher, 1881, vol II, 367 pages ;

GARNIER (Charles), Allons à Rome, Paris, Chez tous les Libraires, 1861, 28 pages ;

LEROUX (Gaston), Le fantôme de l’Opéra, Erik, Paris, société d’éditions et de publications, 1916, 78 pages ;

LOYER (François), A travers les arts, précédée de Les ambiguïtés de Charles Garnier, Paris, Picard 1985, 280 pages ;

GIRVEAU (Bruno) sous la direction, Charles Garnier, un architecte pour un empire, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, , 352 pages ;

LISSNER (Stéphane), Opéra national de Paris, saison 2016-2017, Paris, 206 pages ;

LENIAUD (Jean-Michel), Charles Garnier, Paris, éditions du Patrimoine, 2003, 200 pages ;

NUITTER (Charles), Le nouvel opéra de Paris, Paris, Hachette, 1875, 255 pages.

Paris, le 15 octobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Paris, ville musée et son Opéra GARNIER, un des symboles de puissance magique et envoûtante», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, ville musée et son Opéra GARNIER, un des symboles de puissance magique et envoûtante», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, ville musée et son Opéra GARNIER, un des symboles de puissance magique et envoûtante», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 21:46

Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, en région Occitanie, la cité de Jean-Auguste-Dominique INGRES et d’Antoine BOURDELLE, a une très ancienne histoire et un patrimoine architectural exceptionnel. Montauban a été fondée par Alfonse JOURDAIN, Comte de Toulouse et lui donna le nom de Montalba, le "Mont des Saules" ou "Mont Blanc", par opposition au nom de l'abbaye voisine de Montauriol, le "Mont Doré". La ville fût construite, comme toutes les bastides, sur un plan régulier dont les rues coupées à angle droit se rejoignent au coeur de la ville sous les "Couverts", l'actuelle Place Nationale ou Place Royale. La charte de 1135 donne une municipalité annuelle à la ville. Tentée par le catharisme, Montauban reste fidèle au Comte de Toulouse, lors de la croisade contre les Albigeois, malgré une période d'occupation par Simon de Monfort.

C'est à partir du Moyen Âge que Montauban connaît à la fois un premier essor économique et ses premiers déchirements religieux, avec la crise albigeoise. La Guerre de Cent ans n'épargne pas non plus la cité, ainsi que les épidémies telle la célèbre peste noire de 1348 et ses nombreuses résurgences. Mais Montauban entre surtout dans l'histoire avec l'avènement du protestantisme. «Montauban a été un de ces morceaux les plus réfractaires, les plus tard venus à la famille française» dit UTHANE. Ville protestante, le huguenot désigne un homme qui va droit son chemin, simple et stoïque, féru de la sainteté de la discipline et en même passionné des libertés traditionnelles. Les Montalbanais ont possédé ces qualités dès la fondation de leur ville, et en révolte contre les moines despotes et l’autorité du comte de Toulouse. Lorsque les remparts ont été démolis la ville a perdu ses privilèges et s’est soumise aux lois françaises.

La seconde moitié du XIIIème siècle est une époque de prospérité qui confirme l'essor commercial déjà présent au XIIème siècle : Le riche bourgeois Guillaume AMIEL commerce avec l'Angleterre, et les marchands montalbanais sont en relation avec les foires de Champagne.


C'est alors que sont lancés de grands travaux publics : l'église Saint-Jacques achevée en 1280 et le Pont Vieux bâti de 1304 à 1335. Au début du XIVème siècle, Montauban est en pleine expansion économique. La guerre de Cent Ans et le peste noire vont freiner brutalement cet essor. "Clef de Pays et chef de duché de Guyenne", Montauban est une ville frontière qu'Anglais et Français vont se disputer âprement. Dès 1368, la ville, à nouveau française, ne garde plus qu'un souvenir de l'occupation : la belle salle du Prince Noir aux immenses voûtes d'ogives situées dans l'actuel Musée Ingres.

A partir de 1561, au temps des guerres de religions, la ville devient une des capitales du protestantisme français avec La Rochelle. Henry de Navarre, le futur Henri IV, y fera de fréquents séjours. La ville affirme sa grandeur en reconstruisant à partir de 1614, les couverts de la belle Place Nationale. Mais, en 1629, après la prise de La Rochelle, Montauban doit se soumettre: Richelieu entre dans la ville et rétablit le culte catholique à l'église Saint-Jacques.


La ville devient alors une capitale régionale, chef-lieu d'intendance en 1633 et d'un tribunal des Finances, la cour des Aides en 1661. Elle atteint son apogée économique au XVIIIème: minoteries, tissages de la soie et de la laine.

L'apogée économique des XVIIème et XVIIIème siècles, qui suit la période trouble des guerres de religion au cours de laquelle Montauban s'illustre comme place forte du protestantisme français, est l'occasion d'une reconstruction générale et du développement des faubourgs.

Le XIXe siècle est, pour Montauban, le commencement du déclin économique et administratif. À l'instar d'un certain nombre de villes méridionales, industrielles ou commerçantes, qui ont connu un brillant XVIIIe siècle, la ville connaît également un déclin démographique au siècle suivant. À l'écart de la révolution industrielle, Montauban subit tout au contraire une lente mais irréversible désindustrialisation : le textile est en crise, le chômage provoque des émeutes, la disette menace. L'arrivée du chemin de fer en 1857 ne changera rien : la deuxième moitié du XIXe siècle ne fait que confirmer, voire amplifier la désindustrialisation de Montauban. Déclin agricole et déclin industriel vont, d'ailleurs, de pair : l'absence de banques, la stagnation des mentalités sont également des facteurs à ne pas négliger. Elle compte alors 30 000 habitants face aux 48 000 toulousains. Pourtant, il faudra attendre 1808, pour que Napoléon crée un nouveau département, le Tarn et Garonne, dont Montauban devient le chef-lieu.

La ville est demeurée un centre administratif et agricole. Ville d'art et de culture, souriante cité de briques roses, Montauban voit ses vieux quartiers restaurés, sa population augmenter et de nouvelles implantations naître, saisissant les opportunités économiques de sa position de carrefour régional et européen.

De son riche et tumultueux passé, Montauban a hérité d'un remarquable patrimoine architectural, dont la brique, omniprésente, lui vaut l'appellation de "plus rose des villes roses". Servis par une brillante culture architecturale, édifices civils et religieux rivalisent de splendeur : la Place Nationale ou Place Royale, sa double rangée d'arcades et ses façades harmonieuses ; le Palais des Evêques ; le Collège des Jésuites ; les Hôtels Particuliers des riches bourgeois et, exception symbolique de pierre et de cuivre, la Cathédrale, affirmation de la reconquête catholique et royale.

Le musée d’Ingres abrite des œuvres de Bourdelle. Je vous propose un post que j’avais consacré à Ingres, un peintre, dessinateur et musicien, qui est au cœur de la renaissance de la ville de Montauban.

«INGRES Jean-Auguste-Dominique, (29 août 1780 Montauban, 14 janvier 1867 à Paris), peintre du néo-classicisme et symbole de la modernité», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

Ingres fut-il un homme hors normes et, comme sa création, irréductible aux schémas traditionnels en cours au XIXe siècle ? Ou bien une image fabriquée de son vivant, ensuite au fil des décennies, puis après sa mort par une historiographie abondante et zélée?

Ce qui caractérise cette gloire de France, dont la longue vie a été entièrement vouée à l’art, c’est la finesse du contour ; INGRES est un dompteur infatigable de la forme, et un modèle d’une justesse et d’une fermeté extraordinaire. «A toutes les pages, presque à toutes les lignes, il rejette la nécessité de copier scrupuleusement la nature», souligne Raymond COGNIAT. Pour INGRES, être artiste c’est un sacerdoce : «l’art n’est pas seulement une profession, c’est aussi un apostolat», dit-il. «Les œuvres d’INGRES sont de telle nature qu’elles commandent le respect. C’est la forme la plus exquise trouvée par un esprit éminent pour la révélation de sa fantaisie», s’exclame Gustave PLANCHE un critique d’art.

Le prestige d'Ingres s'impose de façon définitive sous le règne de Louis-Philippe (cartons des vitraux de la chapelle Saint-Ferdinand à Paris) comme sous le Second Empire (composition pour l'Hôtel de Ville). Il fait figure de peintre officiel.

À l'Exposition universelle de 1855, une salle entière est consacrée à ses œuvres et marque l'apogée de sa gloire. Les somptueux portraits de cette époque, la Baronne de Rothschild (1848), Madame Moitessier (1856), ont une richesse un peu lourde, une incroyable perfection technique, mais reflètent l'ennui qu'éprouve le peintre à ces travaux. Son unique apport dans le domaine de la décoration murale, l'Âge d'or, commandé par le duc de Luynes pour Dampierre, est resté inachevé, mais témoigne de ce goût exclusif pour les «formes pures du bel âge», dont la Source (1856) fut en son temps l'exemple le plus apprécié.

Durant cette dernière période, outre ces commandes de décorations monumentales et de portraits, INGRES peint aussi des tableaux religieux, mais surtout, trois tableaux de nus couronnent son oeuvre : Vénus Anadyomène, commencée à Rome dès 1808 mais seulement achevée en 1848, à Paris, la Source et le Bain turc (1862).

La reconnaissance est venue du vivant même d’INGRES. Louis-Philippe a demandé à ce que INGRES fasse le portrait de son fils, le duc d’Orléans. INGRES fut nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 1824, membre de l’Institut en 1826, officier de la Légion d’honneur en 1841, Commandeur en 1845, Grand officier en 1855, sénateur en 1862, membre du conseil impérial de l’Instruction publique.

Les artistes des générations suivantes, Degas, Seurat, Matisse, indifférents à la grande querelle du romantisme et du classicisme, apprécieront chez Ingres non pas les compositions historiques et religieuses, Jeanne d'Arc, Vierge à l'hostie, tant admirées par les contemporains, mais la géométrie de Virgile lisant l'Énéide (1819), la musicalité de l'Odalisque à l'esclave (1839), l'érotisme intellectuel du Bain turc, testament esthétique où s'affirment l'amour de l'arabesque et la recherche de l'abstraction.

L'art d'Ingres a doublement influencé la peinture en agissant d'une part, à court terme, sur les élèves de son atelier (le plus important du siècle après celui de David) et sur des imitateurs médiocres, d'autre part, à plus longue échéance, sur tous ceux qui rêvent d'ascèse et de style.

L'autorité de son enseignement, «le dessin est la probité de l'art», ou «il faut vivre des antiques», aboutit à un système où la doctrine ingriste impose sa froideur, mais non cette étrangeté qui faisait son génie et dont seul Chassériau, disciple infidèle bientôt attiré par le romantisme d'un Delacroix, utilisera les charmes ambigus.

La plupart des élèves d'Ingres (Victor Mottez, 1809-1897 ; Hyppoylite Flandrin ; Jean-Louis Janmot, 1814-1892) seront des portraitistes appréciés, mais participeront surtout à un renouveau de la peinture murale religieuse, encouragé par la présence à l'Inspection des beaux-arts de l'architecte Victor Baltard leur condisciple à la Villa Médicis. Parallèlement à cette peinture à tendance idéaliste se développe un courant néogrec représenté par des artistes tels que Léon Gérome et Charles Glyere avec lesquels s'édulcorent les grands principes «ingristes».

Mais la véritable filiation d'Ingres se trouve chez ceux qui surent assimiler son obsession de la ligne, comme Puvis de Chavanes et Degas, sa volonté de synthèse, comme Gauguin et Maurice Denis, sa méthode intellectuelle, comme les peintres cubistes, qui, de Picasso à La Fresnaye et Lhote, ont toujours admiré la rigueur de son vocabulaire plastique.

Les tableaux et les dessins d'Ingres, souvent admirés pour leur apparente fidélité à la réalité, contiennent, dans les déformations plastiques qu'ils suggèrent, la simplification de leur modelé, l'audace de leurs coloris, des ferments novateurs qui choquèrent à son époque et dont s'emparèrent les créateurs de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle. Successivement les fauves (Derain, Matisse), les cubistes (Picasso) et les surréalistes (Dali, Mirô, Man Ray) empruntent au maître. Le domaine du nu et celui du portrait sont les plus favorisés, avec des interprétations tantôt fidèles, tantôt audacieuses. Les artistes les plus exigeants de la seconde moitié du xxe siècle, Larry Rivers, Francis Bacon, Robert Rauschenberg, Martial Raysse, s'emparent aussi des créations d'Ingres. Les contemporains, y compris les plus jeunes, se passionnent aujourd'hui pour le maître de Montauban dans tous les pays, jusqu'à la Russie, la Corée et le Japon. Tous font partie de ces " modernes " qui, passionnés par le travail d'Ingres, en donnent des images parfois violentes ou bien ludiques, délibérément érotiques, contestataires ou revendicatives, en particulier pour ce qui concerne les combats raciaux ou féministes.

Ingres est le défenseur d'une permanence classique, face aux violences cérébrales et plastiques du romantisme. Son art apparaît cependant curieusement diversifié selon que l'on étudie les tableaux d'histoire, les portraits ou les nus. Si les premiers obéissent à une inspiration souvent académique, les seconds atteignent, au-delà d'une ressemblance parfaite, le caractère psychologique du sujet, affirmation de l'individualité accompagnée pourtant d'une soumission du modèle à l'idéal ingresque, où la souplesse de la ligne dessine des gestes arrondis, des plis moelleux, des yeux en amande. Les nus sont l'aboutissement de cette fascination de la ligne qui semble la substance même de l'art d'Ingres.

Ingres a laissé un ensemble d'écrits et de propos, rédigés ou recueillis au fil des circonstances, qui constituent un précieux témoignage de sa pensée artistique et de sa personnalité. Il y exprime ses "bonnes doctrines" avec une foi ardente et ce ton tour à tour impérieux, naïf ou batailleur qui le caractérise. Elève de David, Ingres se conforme à la tradition d'un art classique idéaliste, fondé sur l'imitation des Anciens, le primat de la peinture d'histoire et du dessin sur la couleur. Dès ses débuts, cependant, il renouvelle et subvertit cette tradition en se référant non au "beau idéal", mais à une conception personnelle de la beauté, nourrie de références nouvelles, notamment à l'art de la Renaissance italienne et surtout inspirée de l'étude éblouie des formes vivantes. Ces textes permettent de suivre la complexité d'une pensée partagée entre la tentation doctrinale et la vivante réflexion issue de la pratique. Ils sont assortis de commentaires critiques dus à Baudelaire, Théophile Silvestre ou André Lhote, tour à tour virulents ou admiratifs, mais toujours éclairants. INGRES est à la fois un symbole du classicisme et, paradoxalement, une figure tutélaire de la modernité.

I – INGRES, une longue vie vouée à l’art

INGRES est né le 29 août 1780, à Montauban, dans le Tarn, de Jean-Baptiste INGRES, originaire de Toulouse, sculpteur et musicien et d’Anne MOULON. A 5 ans, son père l’inscrivit à l’Institut des Frères de la doctrine chrétienne, pour son enseignement religieux. «Il était docile, laborieux, intelligent et d’une régularité de conduite peu commune à son âge», écrit Rey BARTHELEMY.

1 – INGRES, un admirateur de Raphaël

Son père, Joseph INGRES (1755-1814), peintre, sculpteur, ornemaniste, aussi habile à modeler des statues pour les parcs languedociens qu'à décorer un plafond ou à réaliser les grandes mises en scène des fêtes publiques, prend très tôt conscience des dispositions artistiques de son fils. Il lui enseigne le violon, le dessin, lui donne à copier des estampes, puis le confie à ses confrères toulousains : le sculpteur Jean-Pierre Vigan († 1829), le paysagiste Jean Briant (1760-1799), organisateur du musée des Grands-Augustins, Joseph Roques (1754-1847), ancien condisciple de David. Ce dernier règne alors sur les beaux-arts européens, auxquels il impose la théorie du «beau idéal».

INGRES savait jouer de la musique. En effet, il avait une seconde passion artistique, puisqu'il consacrait ses moments libres à jouer du violon, et avec un certain talent, puisqu'il devint même deuxième violon à l'orchestre du Capitole de Toulouse. C'est ainsi que, depuis le début du XXe siècle, avoir un violon d'Ingres s'emploie à propos d'une personne qui pratique une activité non professionnelle avec une certaine passion. Charles Gounod qui avait fait la connaissance d'Ingres à Rome; relate la passion d’Ingres pour la musique : "Monsieur Ingres était fou de musique ; il aimait par-dessus tout Haydn, Mozart, Beethoven et peut être plus particulièrement Glück... Nous restions souvent une partie de la nuit à nous entretenir des grands maîtres".

INGRES fréquentait les petits théâtres de Montauban. Il étudia les rôles de César, de Mahomet et de Britanicus.

A 12 ans, INGRES obtient le grand prix de l’Académie. «J'ai été élevé dans le crayon rouge. Mon père me destinait à la peinture, tout en m'enseignant la musique comme passe-temps», dit-il. INGRES est un grand admirateur de Raphaël. «Mes progrès en peinture furent rapides. Une copie de la Vierge à la chaise ramenée d’Italie par mon maître, fît tomber le voile de mes yeux ; Raphaël m’était révélé. Je fondis en larmes», souligne Ingres.

Né sous Louis XVI, INGRES arrive à Paris au lendemain de la Révolution. INGRES séjournera à Paris sur trois périodes de 1796 à 1806, de 1824 à 1834 et de 1841 à sa mort. En 1796, INGRES se rend à Paris et s’inscrit à l’atelier de Louis DAVID, chargé, à l’époque, de restaurer l’art en France, en y faisant revivre le goût des beautés antiques. David s’est fait remarquer par ses ardeurs républicaines. Il se fait remarquer par «la candeur de son caractère et sa disposition à l’isolement», MONTROND un de ses biographes. Il a un fond d’honnêteté rude qui «ne transige rien d’injuste et de mal», précise l’auteur. L'atelier de David est alors partagé en plusieurs factions : les «romains», partisans d'un strict néoclassicisme ; les « muscadins », royalistes, catholiques et adeptes d'une peinture historique à caractère national ; les «barbus» ou «primitifs», dont le chef Maurice Quay (1779-1804) prône le style « procession », c'est-à-dire le linéarisme des figures tracées sur les vases grecs, dont s'inspire John Flaxman Outre-Manche. L'Iliade illustrée par celui-ci connaît un grand succès en France. INGRES sera rempli de fierté lorsque l'artiste anglais déclarera trouver «préférable à tout ce qu'il a vu de l'école française contemporaine » les Ambassadeurs d'Agamemnon (1801, École nationale des beaux-arts), tableau très davidien avec lequel Ingres vient de remporter le premier prix de Rome. Ingres sembla d'abord destiné à reprendre le flambeau de son maître David, dans l'art à la fois du portrait et de la peinture historique. En 1799, il remporta au concours général, le 2ème prix de peinture. Il conquit le 1er prix en 1802. . Les difficultés financières du gouvernement retarderont jusqu'en 1806 le départ des lauréats pour la Ville éternelle.

Pour son premier voyage, INGRES séjournera en Italie, de 1806 à 1820. Le deuxième voyage s’étalera de 1834 à 1841. En Italie, il commença par étudier, de façon approfondie, son peintre favori, Raphaël, maître de la rectitude idéale de la ligne. Mais Ingres s'émancipa très vite. Il n'avait que 25 ans lorsqu'il peignit les portraits de la famille Rivière. Ils révèlent un talent original et un goût pour la composition non dépourvu d'un certain maniérisme, mais celui-ci est plein de charme, et le raffinement des lignes ondulantes est aussi éloigné que possible du réalisme simple et légèrement brutal qui fait la force des portraits de David. Ses rivaux ne se laissèrent pas abuser : ils tournèrent en dérision son style archaïque et singulier en le surnommant «Le Gothique » ou «Le Chinois ». Cependant, durant le Salon de 1824 qui suivit son retour d'Italie, Ingres fut promu chef de file du style académique, par opposition au nouveau courant romantique mené par Delacroix. En 1834, il fut nommé directeur de l'Ecole française de Rome, où il demeura 7 ans. Puis, à peine rentré au pays, il fut à nouveau acclamé comme le maître des valeurs traditionnelles, et s'en alla finir ses jours dans sa ville natale du Sud de la France. La plus grande contradiction dans la carrière d'Ingres est son titre de gardien des règles et des préceptes classiques, alors qu'une certaine excentricité est bien perceptible dans les plus belles de ses oeuvres. Un cuistre, observant le dos de la Grande Odalisque et diverses exagérations de forme dans Le Bain turc, fit remarquer les indignes erreurs commises par le dessinateur. Mais ne sont-elles pas simplement le moyen par lequel un grand artiste, doté d'une sensibilité extrême, interprète sa passion pour le corps magnifique de la femme ? Lorsqu'il voulut réunir un grand nombre de personnages dans une oeuvre monumentale telle que L'Apothéose d'Homère, Ingres n'atteignit jamais l'aisance, la souplesse, la vie ni l'unité que nous admirons dans les magnifiques compositions de Delacroix. Il procède par accumulation et juxtaposition. Pourtant, il sait faire preuve d'une grande assurance, d'un goût original et d'une imagination fertile lorsqu'il s'agit de tableaux n'impliquant que deux ou trois personnages, et mieux encore dans ceux où il glorifie un corps féminin, debout ou allongé, qui fut l'enchantement et le doux tourment de toute sa vie.

Il ne faut pas négliger ces années d'attente. Le jeune artiste vit difficilement, mais sa réputation grandit, attestée par les commandes d'un portrait du Premier Consul (1803), destiné à la ville de Liège, et d'un Napoléon Ier sur son trône (1806) pour le Corps législatif.

Ingres se détache de David, se lie plus intimement avec des préromantiques comme Antoine Gros et François Granet, partage l'admiration de son ami, le sculpteur florentin Lorezo Bartolini, pour le quattrocento, fréquente le salon de François Gérard où il retrouve toute l'intelligentsia de sa génération et se passionne comme celle-ci pour les poèmes prétendument ossianiques de Macpherson.

Enfin, il a l'occasion de pouvoir étudier au Louvre les nombreux chefs-d'œuvre soustraits aux galeries européennes par les troupes de Bonaparte : « C'est en se rendant familières les inventions des autres qu'on apprend à inventer soi-même », assurera-t-il plus tard.

2 - INGRES et les influences italiennes.

Dans les portraits de la famille Rivière, œuvres majeures de cette première période parisienne, se lisent ses admirations : reproduction de la Vierge à la chaise de Raphaël, négligemment posée près du bras de Monsieur Rivière, utilisation d'un fragment de paysage emprunté à l'Amour sacré et l'Amour profane de Titien dans le fond du portrait de Mademoiselle Rivière, celle-ci ayant d'ailleurs la pose d'un autre Titien (la Dame à la fourrure), mais se détachant à mi-corps en clair sur clair comme la Vierge à la prairie de Raphaël.

L'autorité picturale d'Ingres, tempérament peu imaginatif et toujours dépendant du modèle, vivant ou peint, est cependant telle que les emprunts s'amalgament totalement à son propre style. Au Salon de 1806, le public et la critique reprochent aux portraits des Rivière et à l'autoportrait du musée de Chantilly d'imiter Van Eyck avec extravagance. De Rome, Ingres s'indigne : « Du gothique dans Madame Rivière, sa fille, je me perds, je ne les entends plus… ».

Les carnets du maître, sa correspondance, les souvenirs recueillis plus tard par ses élèves dévoilent son caractère intransigeant (« l'admiration tiède d'une belle chose est une infamie ») ; ses lectures (Dante, Homère, Ossian, lady Montagu) trahissent ses passions : « les Grecs divins », Raphaël, Poussin, Masaccio, mais aussi les maniéristes toscans et les primitifs (il possédait un panneau de Masolino da Panicale).

Respectueux de la hiérarchie des genres, Ingres n'exploite pas ses dons de paysagiste, mais le Casino de Raphaël (1806-1807) et les fonds des portraits dessinés ont une concision et une clarté qui préludent à celles des Corots d'Italie.

3 – INGRES, un artiste sensible

INGRES est un artiste pudique, mais d’une grande sensibilité. On a le sentiment que ses premiers biographes n’ont connu sa vie que la façade. «Celui qu’on a accusé de froideur, fut un homme, entre tous, sensible», dit Henri LAPAUZE, un de ses biographes.

La vie d’INGRES est mouvementée, fertile en imprévus. En 1802, INGRES remporte le prix de Rome, mais il ne pourra regagner l’Italie qu’en 1806. C’est pendant cette période qu’il fréquenta la famille d’un magistrat parisien qui résidait au quai Malaquais, dans le 6ème arrondissement. Anne-Marie Julie Forestier avait 17 ans, et lui 26 ans. INGRES déclare à sa Julie, sa fougue : «Je vous aime beaucoup pour être raisonnable. Je vous aime, tour à tour, comme épouse, sœur et amie», dit-il.

La tradition de l’époque voulait que le père demande, pour le compte de son fils, les fiançailles.

INGRES aimait sa Julie, mais il adore son art. Il part en Italie, et y séjourne trop longtemps et les fiançailles seront rompues. Julie Forestier ne se mariera jamais : «quan on a eu l’honneur d’être fiançée à INGRES, on ne se marie pas».

Avant de se marier, à sa première épouse Madeleine Chapelle, INGRES aimait en Italie, Laure Zoëga, une fille d’antiquaire. Mais Laure aimait danser. Un jour elle disparut avec un cuirassier.

Ce sont des amis d’INGRES qui l’ont mis en relation avec sa future épouse. Madeleine Chapelle qui tenait un magasin de mode et de lingerie, à Guéret, en Creuse, consentie de rejoindre INGRES en Italie. Le mariage est célébré le 4 décembre 1813. Madeleine décédera le 27 juillet 1849.

A 72 ans, INGRES se remarie, à Paris, avec Delphine Ramel (43 ans), le jeudi 15 avril 1852.

II – Ingres, peintre du réalisme et de la nudité

1 – INGRES, la nudité et la recherche de la ligne juste :

Entre ses deux envois officiels de la Villa Médicis Œdipe et le Sphinx (1808), où le modèle a la pose de l'un des Bergers d'Arcadie de Poussin, et Jupiter et Thétis (1811), où la déesse est inspirée d'un dessin de Flaxman, mais avec une volupté très personnelle, l'imagerie ingresque se précise, atteint une étrangeté linéaire qui déroute les contemporains.

Dix-huit ans d'Italie (il ne quittera pas Rome à la fin de son séjour à la Villa Médicis) isolent Ingres de l'évolution parisienne. Il n'est cependant pas insensible au romantisme : allure byronienne du portrait de Granet (1807), surréalité du Songe d'Ossian (1812-1813) commandé par le préfet de Rome pour la chambre de Napoléon au Quirinal, style troubadour de Paolo et Francesca (1819), à propos duquel, à la fin du siècle, Odilon Redon s'étonnera : « Mais c'est Ingres qui fait des monstres». La première version de ce tableau date de 1814 ; il en existe quatre autres, Ingres aimant reprendre à de longues années d'intervalle ses thèmes favoris, qui, pour la plupart, apparaissent au cours de ce premier séjour romain : Vénus Anadyomène, Stratonice, les odalisques.

La Baigneuse de dos (1807) et la Baigneuse de la collection Valpinçon (1808) inaugurent un jeu subtil entre la ligne et le ton local, dont l'allongement maniériste et la pâleur élégante de la Grande Odalisque (1814) sont l'apothéose. Exposée en 1819, 1846, 1855, cette dernière œuvre fut incomprise d'un public insensible à ses beautés intellectuelles.

2 – INGRES, portraitiste, réaliste et champion du néoclassicisme.

Un réalisme plus accessible apparaît dans les nombreux portraits commandés par les fonctionnaires impériaux avec lesquels il s'est lié : les Marcotte, les Bochet, les Panckouke, les Lauréal (dont il épousera en 1813 une cousine, Madeleine Chapelle, modiste à Guéret). En 1815, la chute de l’Empire le prive de cette clientèle, mais Ingres, qui a travaillé pour Napoléon, pour les Murat, pour Lucien Bonaparte, n'est pas pressé de regagner Paris. Les admirables portraits à la mine de plomb évoquant si souvent les traits de ses amis (individuellement : Charles François Mallet, 1809 ; ou collectivement : la Famille Stamaty, 1818) deviennent sa principale ressource jusqu'à son départ pour Florence (1820), où l'attire la présence de Bartolini.

Ingres passe quatre ans en Toscane, très occupé par la conception et la réalisation du Vœu de Louis XIII, commandé pour la cathédrale de Montauban grâce à l'intervention de son ami Jean-François Gilibert. Il rentre en France pour présenter au Salon de 1824 cette œuvre assez magistrale malgré la disparité des sources (Raphaël et Champaigne). Le succès fut général et l'approbation unanime, même de la part du jeune Delacroix qui expose les Massacres de Scio.

INGRES se conforme à la tradition d'un art classique idéaliste, fondé sur l'imitation des Anciens, le primat de la peinture d'histoire et du dessin sur la couleur. Dès ses débuts, cependant, il renouvelle et subvertit cette tradition en se référant non au "beau idéal", mais à une conception personnelle de la beauté, nourrie de références nouvelles, notamment à l'art de la Renaissance italienne et surtout inspirée de l'étude éblouie des formes vivantes. « INGRES est un élève de David. Or, tous ceux qui ont étudié l’histoire de la peinture, il est hors de doute que l’élève est supérieur à son maître», souligne Gustave PLANCHE.

Charles X décore INGRES de la légion d’honneur. En effer, de 1824 à 1835, une pluie d'honneurs s'abat sur l'artiste : Légion d'honneur, fauteuil à l'Institut, professorat à l'École nationale des beaux-arts, dont il devient président en 1834. La Monarchie de Juillet lui accorde des égards à sa mesure : il peint le Duc d’Orléans, chez lui. Louis-Philippe le nommera Directeur de l’Académie à Rome.

Simultanément, ses amis commencent à l'imposer comme le champion du classicisme face au romantisme, et lui-même adopte cette attitude intransigeante. Avec austérité, il enseigne aux élèves de son atelier (créé en 1825) une stylisation, une simplification inspirées de Raphaël et de Poussin, qu'illustrent le schéma pyramidal et les attitudes figées de l'Apothéose d'Homère (1827) et du Martyre de saint Symphorien (cathédrale d'Autun).

Le portrait de Monsieur Bertin (1832), symbole de la bourgeoisie triomphante, échappe à cette doctrine par son caractère sociologique, comme lui échappe en un autre sens la mise en page décentrée de l'Intérieur de harem (1828).

Parti étudier les grands maîtres italiens, il se fixe à Rome puis à Florence, d’où il produit notamment Raphaël et la Fornarina, Le sommeil d’Ossian ou L’Odalisque couchée, ce dernier tableau, commandé par la reine de Naples, lui valant un retour en grâce auprès des critiques français. Ingres revient à Paris en novembre 1824 ; suite à un discret complot des cercles d’influence de l’art parisien, défenseurs du classicisme, Ingres apparaît alors comme le sauveur de la tradition qui renouvelle l’art sans le détruire ce qui l’oppose aux jeunes romantiques. Il expose au Salon quelques sujets «Troubadours» et le Vœu de Louis XIII, grand tableau commandé pour la cathédrale de Montauban.

Décoré de la Légion d’honneur en 1824, Ingres est admis en 1825 à l’Institut. Mais son travail continue de déchaîner les passions et il repart pour Rome prendre la direction de la Villa Médicis en 1834. Son second retour de Rome sera celui de la gloire officielle. Les commandes affluent, parmi lesquelles des peintures destinées à la Chambre des Pairs de la Monarchie de Juillet. Survient le Second Empire. Ingres, qui avait en 1804 composé un Portrait du Premier Consul et un Portrait de l’Empereur représente au plafond de l’Hôtel de Ville de Paris l’Apothéose de Napoléon 1er, avec cette légende: In nepote redivivus (Réincarné dans le neveu - Napoléon III était le neveu de Napoléon 1er). Appelé en mai 1862 à siéger au Sénat impérial, Ingres y vote jusqu’à sa mort pour la ligne gouvernementale".

Le tableau, «Le Vœu de Louis XIII» dont les sources d’inspiration sont à chercher tant chez Raphaël que dans la tradition baroque française et italienne étudiée à Toulouse mêle théâtralité et réalisme, est un abandon temporaire aux références antiques.

L’influence d’INGRES sur l’art français est considérable. Elle débute de sa nomination en 1825. Son tableau « L’Apothéose d’Homère», déchaîne les passions. «Non seulement la jeune génération subit l’ascendant du maître, mais les maîtres eux-mêmes n’y purent échapper», dit Gustave PLANCHE.

Il s’empresse de retrouver ces références antiques dans cette commande pour un plafond du Louvre qui reprend le schéma classique de L‘Ecole d’Athènes de Raphaël au Vatican. Tout y apparaît comme une démonstration de ses convictions esthétiques : Homère est couronné au milieu d’un choix d’artistes, écrivains, poètes, musiciens, peintres, philosophes, se réclamant tous de la tradition homérique : les grands auteurs et penseurs grecs, Eschyle, Hérodote, Sophocle, Euripide, Aristote, Socrate, Platon et Hésiode ; quelques Romains comme Horace et Virgile ; les grands auteurs classiques français, tels Molière, Racine, Corneille, Boileau, La Fontaine, Fénelon ; un Anglais, Shakespeare, deux Italiens, Dante et Le Tasse. Les beaux-arts sont quant à eux représentés par un nombre peu élevé de personnalités : Apelle et Phidias pour l’Antiquité, Poussin et Raphaël pour les temps modernes - David, envisagé un moment, a disparu ; et seulement deux musiciens : Mozart et Gluck.

Le Martyre de saint Symphorien : Pendant près de 10 ans, Ingres travaillera à la réalisation de ce tableau pour la cathédrale d’Autun. Il a multiplié les études au crayon et à l’huile de la composition, des personnages et des accessoires. Il s’attache à restituer la plus grande réalité historique et archéologique, s’arrêtant même à Autun pour étudier les lieux et l’architecture locale. Exposé au Salon de 1834, cette œuvre incomprise sera fortement critiquée.

Il peint le 1er Consul en habits rouges et cette peinture est exposée en 1855, puis cédée à la ville de Liège.

INGRES est l’artiste le plus chrétien de son époque. «Nulle part la réaction d’INGRES ne s’est accomplie avec plus de grandeur et d’utilité que dans la peinture religieuse », souligne Gustave Planche.

INGRES représente l’harmonie linéaire, la pureté des formes ; chez lui l’expression du beau et du vrai, est l’essence de l’art.

INGRES meurt le 14 janvier 1867, dans son appartement Quai Voltaire, à Paris. « J’ai beaucoup connu INGRES et sereine vieillesse. Il avait conservé toute sa lucidité et la maîtrise suprême de son art, dont il parlait avec un enthousiasme juvénile», confiera la Comtesse Georges Mniszech, née Hanska, fille de Mme Honoré de Balzac.

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

1 – Sur l’histoire de Montauban

LICOU (Daniel), sous la direction de, Histoire de Montauban, Toulouse, Privat, 1984, 354 pages ;

UTHANE (Urbain), Essai sur Montauban et le Tarn et Garonne, géographique, historique, économique, Montauban, Georges Forestier, 1908, 421 pages, spéc sur Montauban, pages 191-305 ;

MARY-LAFON (Jean-Bernard, Marie), Histoire d’une ville protestante, Paris, Amiot, 1862, 316 pages ;

LE BRET (Henri), Histoire de Montauban, Montauban, Chez Rethoré, 1841, vol 1 432 pages ;

ROME (Catherine), Bourgeois de Montauban au XVIIème siècle, thèse sous la direction de Jean-Pierre Amalric, Toulouse, 1997, 2 vol 622 pages ;

2 – Contributions d’INGRES

INGRES (Jean-Auguste-Dominique), Les cahiers littéraires inédits de JAD Ingres, Paris, PUF, 1956, 96 pages ;

INGRES (J.A.D.), Ingres raconté par lui-même et par ses amis, Venesav Genève, P. Cailler, vol. I, 1947, 190 pages ;

INGRES (JAD), Pensées, éditions de la Sirène, 1922, 172 pages ;

INGRES (J.A.D), Catalogue des tableaux, études peintes, dessins et croquis, Paris, typographie de A D Laine et J. Havard, 1867, 67 pages ;

INGRES (JAD), Ecrits sur l’art : dessins d’Ingres, Paris, la Bibliothèque des Arts, 1994, 99 pages ;

2 – Contributions sur INGRES :

AMAURY-DUVAL, L’atelier d’Ingres, souvenirs, Paris, Charpentier, 1878, 288 pages (doc BNF, cote 8V) ;

BARBILLON (Claire), DUREY (Philippe), FLEKNER (Uwe), Ingres, homme à part ? : une carrière et un mythe : actes du colloque, Ecole de Louvre, 25-28 avril 2009, Paris, Ecole du Louvre, 2009, 453 pages.

BLANC (Charles, critique d’art) et FLAMENG (Léopold), Ingres, sa vie et ses ouvrages, Paris, J. Renouard, 1870, 247 pages ;

BROETEG (Michael), Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1969, 164 pages ;

COGNIAT (Raymond), Ecrits sur l’art, la Jeune Parque, 1947, 85 pages ;

Contributions en langue anglaise :

CUZIN (Jean-Pierre), SALMON (Dimitri), VIGIER-DUTHEIL (Florence), Ingres et les modernes, Musée national des beaux-arts de Québec, Musée Ingres, Somogy, 2008, 335 pages ;

DELABORDE (Le Vte Henri), Ingres : sa vie, ses travaux, sa doctrine, d’après les notes manuscrites et les lettres du maître, Paris, Plon, 1870, 379 pages (doc. BNF cote 8Ln27 25452) ;

GOETZ (Adrien), préface de, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Paris, Grasset, 2013, 133 pages ;

GRIMME (Karin H), Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1780-1867, Taschen, 2006, 96 pages (texte en anglais) ;

JOVER (Manuel), Ecrits et propos sur l’art, Jean-Auguste-Dominique Ingres, éditions Herman, 2006, 177 pages ;

Laboratoire secret CRDP de l’Académie d’Aix-Marseille, Ingres et l’Antique, 2006, 62 pages ;

LAPAUZE (Henri), Ingres, sa vie, son œuvre, (1780-1867), d’après des documents inédits, Paris, G Petit, 1911, 584 pages ;

LAPAUZE (Henri), Le roman d’amour de M. Ingres, Paris, Pierre Lafitte, 1910, 336 pages ;

MEOPHLE (Sylvestre), Jean-Auguste-Dominique Ingres, Paris, Litres, 2014 80 pages ;

MERSON (Olivier), Ingres : sa vie, son œuvre, J. Hetzel, 1867, 123 pages ;

MERSON (Olivier), Ingres, sa vie et ses œuvres, son portrait photographie par Légé et Bergeron, et le catalogue des œuvres du maîtres par Emile Bellier de la Chavignerie, Paris, J. Hetzel, 1867, 123 pages ;

MICHEL (André), Notes sur l’art moderne (Corot, Ingres, Eugène Delacroix, Raffet Meissonnier, Puvis de Chavannes, à travers les salons), Paris, Armand Colin, 1896, 320 pages ;

MIRECOURT (Eugène), Ingres, 1856, G Havard, 95 pages ;

MIRECOURT de (Eugène), Ingres, Paris, Gustave Havard, 1856, 95 pages (doc. BNF);

MONTROND de (Maxime), Ingres, étude biographique et historique, Lille, Paris, Librairie Gérant, 1868, 138 pages (doc BNF, cote Ln 27 24S26 – 13293) ;

PICON (Gaëtan), Jean-Aguste-Dominique Ingres, Genève, 1980, éditions d’art Albert Srika, collection découverte du XXème siècle, 156 pages ;

PLANCHE (Gustave), «Les œuvres d’Ingres», Revue des Deux Mondes, 1851 (tome 12), pages 119-1135 ;

REY (M. Barthélémy), Biographie d’Ingres : hommage au conseil général de Tarn-et-Garonne et au conseil municipal de la ville de Montauban, Toulouse, Montauban, Paris, éditions J B Dumoulin, 1867, 12 pages ;

RITKIN (Adrien), Ingres : Then, and Now, Routledge, 2005, 176 pages.

ROSENBLUM (Robert), Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1990, Harry N Abrahms, 128 pages ;

TOUSSAINT (Hélène), Les portraits d’Ingres : peinture des musées nationaux, Paris, Ministère de la Culture, éditions Réunions des Musées nationaux, 1985, 141 pages ;

Albi, le 26 juillet 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Montauban, cité d’histoire et d’art», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 17:58

Lisle-sur-Tarn domine la rivière qui a donné son nom au département. Au Moyen-Age, le village s'appelait Lisle-en-Albigeois. La cité médiévale comptait alors deux ports. Le commerce du vin et du pastel, les droits de passage, ont assuré la prospérité de cette ville nouvelle. Raymond VII, comte de Toulouse, a fondé Lisle-sur-Tarn en 1248 et il en fut son seigneur. Des chartes de 1192 et 1228 mentionnent plusieurs chevaliers portant le nom de Insula ou Illa. Au milieu du XIIIe siècle, Lisle-sur-Tarn était déjà administrée par quatre consuls et sa fondation remontait à plusieurs années. L’abbé de Moissac se plaint en effet en 1249 que le village et l’église de Lapeyrière soient depuis quinze ans gouvernés par le bayle de l’Isle-sur-Tarn. L’incendie de 1535 des archives communales explique sans doute la perte de la charte de coutumes et des documents qui nous auraient permis de connaître avec certitude la date de fondation de l’Isle-sur-Tarn. Jusqu'à présent, on estimait que Lisle était née immédiatement après le démantèlement de Montégut, en 1229, par les croisés de Simon de Montfort. Gérard VEYRIES indique lui que Montégut a survécu à son démantèlement et qu'à partir de 1234 et surtout 1248, les deux sites, la ville haute, Montégut et la ville basse, Lisle, se sont développés.

Première bastide du Tarne, mot désignant un centre de peuplement fortifié, fut bâtie, après la croisade des Albigeois, probablement à partir de 1229. Elle en possède les attributs essentiels, un plan géométrique articulé autour d’une place centrale, lieu de marché. En effet, Lisle possède la plus grande place à couverts du Sud-ouest. Au milieu, un joyau: le Griffoul, la fontaine offerte par Jeanne de Toulouse et Alphonse de Poitiers.

En déambulant dans les rues, le visiteur peut admirer de multiples maisons, à pans de bois, à encorbellement. Certaines ont conservé les «pountets», des passages couverts permettant de communiquer, à partir du premier étage, entre les maisons. Etonnantes aussi les quelques maisons en terre crues. Citons également ses hôtels particuliers - la mairie est installée dans l'un d'eux qui a appartenu à la famille Boisset - l'église Notre Dame de La Jonquière. Par conséquent, les principaux monuments sont la place Paul Saissac, l’hôtel de ville, le «Griffoul», l’église Notre-Dame, le musée Raymond Lafage ainsi que celui de la chocolaterie.

La place aux couverts, (place Paul Saissac), autour de laquelle fut organisé le tracé en «damier» des rues, est le cœur de la bastide. C’est la plus grande place à couverts du Sud Ouest (4425m²). Elle était et reste le centre économique et social de la cité : Hôtel de Ville, Office de Tourisme, salle des fêtes, musée du chocolat, banques, commerces, marché dominical, animations.

L’Hôtel de ville – Construit au XVIIIe siècle par la famille de Boisset, ce bel édifice appartient à la commune depuis 1936.

Le Griffoul (au centre de la place) est une fontaine, classée monument historique, offerte à la ville par Jeanne de Toulouse (Fille de Raimond VII) et son époux Alphonse de Poitiers (Frère de Louis IX). La frise qui orne la vasque, en alliage de plomb de 8m de circonférence, est parfois interrompue par la croix occitane et la fleur de lys qui symbolisaient l’union du comté de Toulouse et de la couronne de France.Cette vasque, datant du XIIIème siècle est surplombée d'une fontaine à Angelots, en bronze, fondue en 1611.

L’église Notre Dame de la Jonquière d’art gothique fut construite, au XIIIe et XIVe siècles, sur l’emplacement d’une église d’art roman dont subsistent seulement un portail et quelques fenêtres sur la façade latérale. Elle a été classée monument historique le 12 juillet 1886.

Lisle, c'est aussi Raymond LAFAGE, célébre dessinateur du XVIIe siècle a son musée. On peut y voir des dessins et gravures de l'enfant terrible et doué du pays lequel a croqué de multiples scènes de bacchanales. Il est vrai que l'on se trouve ici dans une terre de vignoble. Une autre salle présente une collection de verres de la Grésigne. Parmi ces verres, citons quelques curiosités : une cloche à melon, un tire-lait, un gobe-mouches.

Ouvert il y a peu, le musée du chocolat propose de délicieuses gourmandises artistiques. Le chocolatier Michel THOMASO-DEFOS et l'artiste Casimir FERRER ont uni leur talent pour la réalisation de superbes sculptures en chocolat. En fait, le cacao est produit à plus de 52% en Afrique (Côte-d’Ivoire, Ghana, Nigéria), mais ce sont les chocolatiers belges, suisses et français qui ont raflé la mise. Il est vrai que leur savoir-faire relève de l’art.

La palette des plaisirs offerte par Lisle s'enrichit avec le lac de Bellevue et ses multiples activités nautiques et de plein air: pédalos, bateaux électriques, pêche, VTT, randonnée, découverte de la faune et de la flore dans la forêt de Sivens complètent ces loisirs de pleine nature.

Indications bibliographiques

VEYRIES (Gérard), De Montégut à Lisle en Albigeois, remise en question d’un mythe historique à partir de documents inédits, Lisle-sur-Tarn, mairie de Lisle-sur-Tarn, 1998, 239 pages ;

VEYRIES (Gérard), Les guerres de religions en terre albigeoise : Lisle-sur-Tarn aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles, Toulouse, Les Auteurs de l’Occitanie, 2007, 330 pages ;

HIGOUNET (Charles), Paysages et villages neufs du Moyen Age, préface Charles Samaran, Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 1975, 492 pages, spéc sur les bastides pages 243-397 ;

ROSSIGNOL (Elie-A), Monographies communales ou études statistique, historique et monumentale du Tarn, Toulouse, Delboy, Paris, E. Dentu, Albi, Chaillol, 1864-1866, vol 1, 288 pages, vol 2 239 pages, vol 3 429 pages et spéc sur Lisle sur Tarn, vol. 383 pages ;

Albi, le 23 juillet par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«LISLE sur TARN, son éblouissante bastide et ses belles maisons», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:41

La ville de Gaillac ou Galhac en occitan, est à une vingtaine de kilomètres d’Albi. L’étymologie de Gaillac semble issue «d’Ager Gallacus», nom d’origine romaine signifiant le champ de Gallacus. Nous trouvons le nom de Gaillac, en 972, mentionné dans le testament de Raymond 1er, comte du Rouergue. «Le testament de Saint-Didier, évêque de Cahors, qui donne à son église le lieu de Gaillac est le plus ancien titre qui soit parlé de cette ville» dit Alfred CRAVEN-CACHIN (1839-1903). Selon lui, les sarcophages du cimetière de Gravas, découverts en 1887, datent de l’époque franque et de la période mérovingienne.

Ce qui domine, au loin, c’est son abbaye, Saint-Michel qui remonte au Xème siècle. Situé sur la rive droite du Tarn, le monastère Saint-Michel surplombant le Tarn est doté d’une église qui a été consacrée en 972, par Frotaire, évêque d’Albi. Gaillac étant devenu un gros bourg, les moins créent au XIIème siècle, une nouvelle paroisse dans l’église abbatiale. Les guerres de religions dévastèrent les églises de Gaillac. Durant les croisades contre les Albigeois, la victoire royale imposa à la ville la reconstruction des églises Saint-Pierre et Saint-Michel en 1271 et celle d’un pont sur le Tarn. Pendant, la Renaissance, Gaillac, seconde ville de l’Albigeois, enrichie par le vin, le pastel et le commerce sur le Tarn, connaît un début de siècle brillant, malgré une épidémie de peste. Les abbés de Saint-Michel s’employèrent à restaurer l’abbatiale durant les XVIIème et XVIIIème siècles. Avec la Révolution de 1789 ; l’abbaye fut de nouveau saccagée. Au XIXème siècle, sous la Restauration, on donne à la nef un aspect néo-classique, les murs sont peints en trompe-l’œil, et en 1849, un portail néo-roman est plaqué sur la façade occidentale.

Gaillac est situé au centre d’une plaine qui paraît-il produit d’excellents vins forts et puissants, avec une appellation d’origine contrôlée (A.O.C.), Gaillac. On raconte aussi que François 1er (1494-1547) fit cadeaux de cinquante barriques à Henri VIII d’Angleterre qui prit l’habitude de s’approvisionner en vin de Gaillac. Un musée, dédié au vin, jouxte l’abbaye de Saint-Michel. Gaillac est un des plus anciens vignobles de Gaule. La culture de la vigne, importée en Gaule par les Phéniciens quatre siècles avant J-C. Suite à la chute de l'empire romain, la ville de Gaillac est détruite, les campagnes sont dépeuplées par les expéditions de capture d'esclaves, la forêt regagne du terrain et les cultures deviennent essentiellement vivrières. La refondation de Gaillac, pour se doter la nouvelle abbaye Saint-Michel, de nouveaux moyens de subsistance, s’organise autour de la production de vin, par les moines bénédictins. L’essor du vin de Gaillac s’explique par les conditions climatiques très favorables au développement de la vigne, la confirmation de la présence très ancienne de vitis vinifera sauvage dans la forêt voisine de Grésigne, et enfin un facteur essentiel : la situation géographique. La ville de Gaillac est implantée sur la partie inférieure du Tarn au début de la zone navigable qui, rejoignant la Garonne, conduit à Bordeaux. Elle est également au carrefour de routes importantes, notamment celle de Toulouse-Rodez, vers Lyon. A la Révolution, le domaine ecclésiastique de l’abbaye Saint-Michel de Gaillac est vendu comme bien national. Mais la démocratisation du vin au début du XIXème et sa vente aux commerçants locaux fera repartir les affaires. Robert PLAGEOLES explorant les cépages gaillacois historiques (Le Mauzac), aux cépages d'appoint d'origine non gaillacoise, les cépages blancs, et les cépages noirs, rouges ou gris, nous retrace, avec photos à l’appui, une histoire riche des vignobles de ce pays.

Gaillac abrite un Musée des Beaux Arts et un Muséum d’Histoire Naturelle. Le musée des Beaux-Arts possède des peintures dont de nombreuses œuvres de Firmin Salabert, un élève d'Ingres et des sculptures des XIXe et XXe siècles. Il est installé dans le Château de Foucaud, conçu comme une villa dans la seconde moitié du XIIème. Il est entouré de magnifiques jardins à la française et à l’italienne qui descendent vers le Tarn.

Le Muséum d’Histoire Naturelle ou Musée Philadelphe Thomas a été créé à partir des collections du docteur Jacques Julien PHILADELPHE-THOMAS (1826-1912). Il se trouve dans sa propre maison et présente des collections de zoologie, paléontologie, géologie, botanique et préhistoire.

Venant du XIXème, avec une rue d’Hautpoul, non loin du parc des Buttes-Chaumont, je découvre une place dédiée à Gaillac à ce héros de la Révolution et de l’Empire. En effet, Jean-Joseph Ange d’Hautpoul est le 13 mai 1754, à Cahuzac-sur-Vère (Tarn). Il fait ses études à Albi. Engagé volontaire dans la légion corse de la cavalerie, il se fait distinguer à la bataille de Valmy qui lui valut le grade de colonel et quand la Convention le suspecte et le menace d'arrestation en février 1794, ses hommes obtiennent son maintien au cri de «point d'Hautpoul, point de 6e chasseurs». Austerlitz, où il charge à la tête de ses 4.000 cavaliers et écrase l'infanterie russe, ce qui lui vaut un titre de sénateur et la Grand Croix de la Légion d'honneur. Blessé d’Eylau, il meurt à Vornen, en février 1807, en Pologne.

Des manifestations ont eu lieu contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, notamment à Gaillac, à la suite du décès de Rémi FRAISSE, un militant écologiste, tué le 26 novembre 2014, par une grenade offensive. Grégoire SOUCHAY et Marc LAIME ont exposé cette histoire qui a secoué la France et mobilisé le Tarn.

Indications bibliographiques

CARAVEN-CACHIN (Alfred), Les origines de Gaillac : le cimetière mérovingien de Grave, Gaillac, imprimerie P. Dugourc, 1891, 60 pages ;

COUSTEAUX (Fernand), Les vins de Gaillac : 2000 ans d’histoire, Toulouse, Privat, 2000, 125 pages ;

PLAGEOLES (Robert), La saga des cépages gaillacois et tarnais en 2000 ans d’histoire, Paris, J.-P Rocher, 2009, 130 pages ;

BOILEAU, Eloge historique du général d’Hautpoul, Paris, A Bertrand, 1807.

SOUCHAY (Grégoire) LAIME (Marc), Sivens : le barrage de trop, préface Hervé Kempf, Paris, Seuil, 2015, 134 pages.

Albi, le 23 juillet par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.
Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.

Gallaic, dans le Tarn, ses musées et soon vin.

Partager cet article
Repost0
1 juin 2016 3 01 /06 /juin /2016 21:51

Cet article a été publié dans le journal Ferloo, édition du 2 juin 2016.

«On ne se baigne jamais dans le même marigot» proclame un dicton africain. Habitant à Paris de longue date, chaque jour, je m’aperçois que le charme de notre belle capitale réside dans les surprises qu’elle nous réserve. Les grands monuments sont connus de tous, y compris à l’étranger. En revanche, il existe un Paris mystérieux, inattendu, qui nous comble souvent d’un ravissement. En effet, c’est à la faveur d’une invitation de Mme Maboula SOUMAHORO (Enseignante d'anglais de l'université François-Rabelais à Tours, spécialiste en études états-uniennes, afro-américaines et de la diaspora noire/africaine, co-fondatrice et co-organisatrice du festival Black History Month/Africana, membre du Comité National pour la Mémoire et l'Histoire de l'Esclavage), que je me suis rendu, pour la première fois, le 7 mai 2016, au Musée Dapper, lors de la présentation du livre d’Achille M’BEMBé sur «Politiques de l’inimitié» (Consulter mon compte rendu de lecture). Le professeur Alain MABANCKOU était là, mes nombreux livres à dédicacer, également. On est frappé par la qualité de l'accueil du personnel, toujours attentif et aux petits soins pour les visiteurs du Musée Dapper.

1 – Le Musée Dapper, un espace de dialogue des cultures

La grande fonction des musées, concernant la mémoire et l’identité, est ainsi résumée : «Quand les hommes sont morts, ils entrent dans l’histoire. Quand les statues sont mortes, elles entrent dans l’art. Cette botanique de la mort, c’est ce que nous appelons la culture» dit une voix off du film d’Alain RENAIS, «les statues meurent aussi» (1953), réalisé avec l’appui d’Alioune DIOP, directeur de Présence africaine. Ce film subversif, pendant longtemps frappé de censure, est d’une étonnante actualité, puisque le Musée Dapper, en pleine obsession identitaire de la France, rappelle que la diversité est un bien précieux.

La fondation Dapper jette un pont de fraternité entre diverses cultures, et promène une extraordinaire lanterne pour nos consciences, en ces temps obscurs où les revendications identitaires brouillent nos esprits. C’est un Musée qui symbolise un hommage vibrant à la diversité culturelle. Le multiculturalisme n’est pas un Mal, mais un Bien. En revanche, l’assimilation et l’uniformisme sont des formes d’intolérance. Amadou Hampâté BA, 1901-1991, (consulter mon post sur cet extraordinaire traditionnaliste), dans sa fameuse lettre à la jeunesse, en 1985, milite, ardemment, au-delà des différences culturelles, pour la compréhension mutuelle. «Certes, qu’il s’agisse des individus, des nations, des races ou des cultures, nous sommes tous différents les uns des autres ; mais nous avons tous quelque chose de semblable aussi, et c’est cela qu’il faut chercher pour pouvoir se reconnaître en l’autre et dialoguer avec lui. Alors nos différences, au lieu de nous séparer, deviendront complémentarité et source d’enrichissement mutuel. De même que la beauté d’un tapis tient à la variété de ses couleurs, la diversité des hommes, des cultures et des civilisations fait la beauté et la richesse du monde» dit-il. Amadou Hampâté BA a commencé par chercher en lui-même, se donnant beaucoup de peine «pour se découvrir et bien se connaître, afin de pouvoir ensuite se reconnaître en son prochain et l’aimer en conséquence». Il souhaiterait que chacun de vous en fasse autant, en faisant un pas vers l’autre : «À notre époque si grosse de menaces de toutes sortes, les hommes doivent mettre l’accent non plus sur ce qui les sépare, mais sur ce qu’ils ont de commun, dans le respect de l’identité de chacun. La rencontre et l’écoute de l’autre est toujours plus enrichissante, même pour l’épanouissement de sa propre identité, que les conflits ou les discussions stériles pour imposer son propre point de vue. Un vieux maître d’Afrique disait : il y a «ma» vérité et «ta» vérité, qui ne se rencontreront jamais. «La» Vérité se trouve au milieu. Pour s’en approcher, chacun doit se dégager un peu de «sa» vérité pour faire un pas vers l’autre». Le Dapper est de ce point de vue, une ardente invitation au «dialogue des cultures», avec un «rendez-vous du donner et du recevoir», un thème cher au président Léopold Sédar SENGHOR (Consulter mon post sur cet exceptionnel homme de culture).

«La Gare du Nord, c’est l’Afrique» disait, le 27 mai 2016, dans sa sottise légendaire, Nadine MORANO. C’est cette même avocate de la haine qui avait estimé, en 2015, que «la France est un pays judéo-chrétien de race blanche». Dans son exceptionnelle lettre à la jeunesse du 14 décembre 1897, Emile ZOLA (1840-1902) invitait la jeunesse d’aller «à l’humanité, à la vérité, à la justice». Martin Luther KING (1929-1968) ne disait-il pas que l’Amérique avait besoin «d’extrémistes créateurs», car «Jésus Christ était un extrémiste de l’amour, de la vérité et du bien, et s’était ainsi élevé au-dessus de son entourage». A ce titre, le Musée Dapper atteste plutôt que Paris est capitale culturelle de l’Afrique, non pas dans le sens de la confrontation, mais dans un esprit de dialogue harmonieux de toutes les cultures. On peut donc vivre ensemble, dans nos différences et dans le respect mutuel. En effet, le Musée Dapper est un espace d’arts et de cultures pour l’Afrique, les Caraïbes et leurs diasporas. De nombreuses expositions y ont eu lieu. Créée à Amsterdam en 1983, par Michel LEVEAU, la fondation Olfert DAPPER, transférée à Paris en 1986, à l’avenue Victor Hugo, est un organisme à but non-lucratif dont le but est l’organisation d’expositions et l’attribution de bourses de recherche, la connaissance et la préservation du patrimoine artistique de l’Afrique subsaharienne. Olfer DAPPER (1639-1689) était un humaniste hollandais qui publia en 1668, sans avoir quitté son pays, une encyclopédique sur la description de l’Afrique, une référence pour les africanistes. Du point de vue des études africanistes, l’ouvrage de DAPPER présente une synthèse complète des connaissances que l’Europe, au XVIIème siècle, avait de l’Afrique. Humaniste curieux et sans a priori, DAPPER s’est sérieusement documenté dans un souci pluridisciplinaire. Médecin de formation, il a fait œuvre d’ethnologue, et a considéré que les objets rituels africains ont une dimension artistique.

Grand collectionneur d’art, Michel LEVEAU n’avait pas obtenu le soutien de la France pour créer cette fondation : «J’avais contacté la Fondation de France mais ils n’ont pas compris que je veuille rester à la tête de la société qui finance la fondation» dit-il. LEVEAU s’intéresse au Center For African Art à New York, notamment de 1984-1989. Né le 30 novembre 1930, Neuilly-sur-Seine, et ami d’Ousmane SOW, un sculpteur sénégalais, Michel LEVEAU aussi puissant que discret, est décédé le 14 novembre 2012, sur l’île de Gorée au Sénégal. Formé à Polytechnique et à l’école des Mines, passionné de l’Afrique, M. LEVEAU préparait à Gorée, ancien lieu de la traite des esclaves, deux expositions, qui devaient ouvrir le 9 décembre 2012 sur l'île. La première concerne les masques africains, la seconde, "Mémoires", présente des œuvres d'artistes contemporains des Caraïbes et de la Réunion autour de la question de l'esclavage.

Emanation de la fondation, le musée Dapper, en concurrence avec le Musée du Quai Branly, est désormais installé, depuis 2000, dans un hôtel particulier, au 35 bis rue Paul Valéry dans le 16e arrondissement de Paris. C’est au numéro 40 de cette rue, juste en face du Musée Dapper, que vécut et mourut l’écrivain français, Paul VALERY, de 1871 à 1945. La Fondation est dirigée, depuis 1986, par Christiane FALGAYRETTES-LEVEAU, l’épouse de Michel LEVEAU, ancienne journaliste de RFI et originaire de Guyane. Après des études de Lettres moderne, un travail dans l’édition, Mme FALGAYRETTES-LEVEAU, co-fondatrice du Musée Dapper, se spécialise dans les littératures d’expression française, et est membre depuis 2004 du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage. Auteure de nombreux ouvrages, notamment sur l’Art, Mme FALGAYRETTES-LEVEAU a continué, à travers le Musée Dapper, à maintenir des liens étroits avec le Sénégal. Ainsi, en 2012-2013, deux expositions, «Mémoires» (art contemporain) et «Masques» (art traditionnel) furent présentées à Gorée. Cette année, le gagnant de Dapper Afrique 2016 est Bibi SECK pour son projet de réhabilitation de la place du marché des jeunes filles, à Gorée.

2 – Le Musée Dapper et l’éclairage des travaux de Mme FALGAYRETTES-LEVEAU

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?" disait Alphonse de LAMARTINE (1790-1869) qui résume, sous cette brillante citation, l'éclairage que Mme FALGAYRETTES-LEVEAU donne du Musée Dapper.

Dans son livre paru, en 2007, intitulé «Animal», Mme FALGAYRETTES-LEVEAU estime que de tout temps, les animaux dialoguent de façon ininterrompue avec les hommes. Dans la plupart des sociétés de l'Afrique subsaharienne, la littérature orale s'appuie sur un large bestiaire où le lion, le léopard, l'éléphant, le buffle, le serpent, l'antilope, et bien d'autres encore, prêtent leurs qualités et leurs défauts aux humains. Ces mêmes animaux, considérés comme des référents majeurs, investissent fortement l'univers du sacré. En effet, l'initiation, moyen privilégié de transmission des connaissances de génération en génération, les pratiques thérapeutiques, les activités de subsistance, chasse, pêche et agriculture, les fondements de l'organisation sociale, recourent sans cesse au monde animal. Les relations étroites, directes ou symboliques, qui unissent bêtes et hommes constituent une source d'inspiration inépuisable pour les sculpteurs, les fondeurs et les ivoiriers. Si les statues, figurines, insignes de dignité, objets usuels, intègrent des formes animales, ce sont surtout les masques qui offrent la plus grande diversité. De la figuration naturaliste aux compositions complexes et stylisées, la représentation animalière dans les arts africains bouscule souvent les repères et ébranle les certitudes. Anthropologues, ethnologues, historiens de l'art, préhistorien et écrivain, auteurs connus, chercheurs émérites, se penchent sur les comportements, interrogent les systèmes de pensée, fouillent les imaginaires.

Dans «Gabon, présence des esprits», Mme Christiane FALGAYRETTES-LEVEAU donne une vision d'ensemble des modes d'expression témoins de savoirs ancestraux et des pratiques comptant parmi les plus aboutis des arts africains. Au cœur des relations qui unissent les vivants et les morts, le culte des ancêtres s'appuie sur un objet essentiel, le reliquaire surmonté d'une figure de gardien. Les Fang et les Kota en ont été les sculpteurs les plus inspirés. Les masques, dont les manifestations sont diversifiées, occupent également une place centrale chez la plupart des peuples du bassin de l'Ogooué, Punu, Lumbu, Njabi, Vuvi, Fang, Kota, etc. Utilisés lors de cérémonies cultuelles ou au quotidien, d'autres types d'objets, instruments de musique, cuillers, couteaux, parures diverses, traduisent tout autant la créativité des peuples du Gabon et la richesse de leur patrimoine culturel ancien.

Dans le «Geste Kôngo», Mme FALGAYRETTES-LEVEAU nous brosse des personnages impressionnants, hérissés de clous ou de lames en fer, aux statuettes d'un naturalisme raffiné, les œuvres Kôngo illustrent parfaitement la thématique du geste dans la statuaire. Les figures sont tantôt debout, avec un bras levé ou les mains sur les hanches, tantôt assises, jambes croisées en tailleur, ou agenouillées. Les doigts effleurent la joue, la bouche, le menton, se joignent derrière la tête ou se posent sur les cuisses. Ces différents modes d'expression traduisent quelques-unes des multiples fonctions assurées par des pièces sélectionnées pour leur attitude représentative, mais aussi pour la qualité ou l'originalité de leur facture. Utilisés dans les techniques de communication avec l'au-delà, voués à la protection personnelle ou collective, destinés à intervenir dans le règlement de litiges individuels ou communautaires, à gérer des désordres, les maladies ou la mort causés par des forces occultes, ces objets, d'une grande diversité stylistique, constituent les meilleurs témoins de pratiques fort anciennes. Celles-ci sont largement répandues au sein de plusieurs sociétés, au Congo, en République démocratique du Congo et en Angola. Les peuples kôngo, qui regroupent principalement les Vili, les Lâri, les Sûndi, les Woyo, les Yombé, les Bêmbé et les Kôngo proprement dits, possèdent en commun, avec des groupes voisins, dont les Punu et les Téké, de nombreuses traditions et croyances. Langage qui transmet l'héritage culturel, la gestuelle ouvre à la compréhension du monde et de soi-même.

Dans «Parures de tête», Mme FALGAYRETTES-LEVEAU décrit l'art d'arranger la chevelure, de l'orner, magnifie la tête des hommes et des femmes qui ont créé en Afrique, des coiffures. Des pharaons aux rois en passant par les devins et les nomades soudanais, chacun se singularise par sa parure de tête. Une centaine d'oeuvres (masques, statues, sculptures) représentant ces coiffes ont été sélectionnées.

3 - Exposition du 30 septembre 2015 au 17 juillet 2016, sur les chefs d’œuvre d’Afrique, en hommage à Michel LEVEAU, fondateur du Musée Dapper.

Cette exposition est un hommage, à un humaniste, Michel LEVEAU (1930-2012) créateur de la Fondation Dapper. Esthète, mais guidé par la rigueur scientifique, il s'était attaché à acquérir pour son institution des oeuvres exceptionnelles. Certaines d'entre elles avaient appartenu auparavant à de grands noms qui ont marqué la reconnaissance des arts non occidentaux, Charles RATTON (1895-1986), Paul GUILLAUME (1891-1934), Jacob EPSTEIN (1880-1959) etc. Le but de LEVEAU : contribuer à une meilleure connaissance des arts traditionnels de l'Afrique subsaharienne et sensibiliser un large public.

Cette exposition du fonds du musée Dapper se caractérise par la diversité des provenances géographiques et par l'ancienneté. L'exposition, qui comprend quelque 130 pièces, présente des oeuvres majeures, des statuettes Dogon, Baoulé, Fang ou Kongo. Certaines sont uniques et n'ont aucun équivalent dans le monde, telles des sculptures du Gabon (Fang, Kota, Punu, etc.), du Cameroun (Bangwa), du Bénin (Fon), ou encore du Mali (Dogon, Soninké).

On est admiratif et ébloui par ce trésor de statuettes et masques de toute beauté. En «voyageur immobile» et en référence à un titre d’un ouvrage de Jean GIONO, on est transporté au Cameroun au Congo en passant par le Mali ou la Côte d'Ivoire. Des œuvres de bois, auquel s'ajoutent aussi le cuivre et le laiton, par exemple, pour les œuvres Kota du Gabon, sans compter les bijoux en or des Akan du Ghana, qui incarnent le pouvoir politique et spirituel.

Ce sont des «œuvres qui racontent une vie» dit-on au Musée Dapper. Ainsi, pour les masques blancs du bassin de l’Ogooué, au Gabon, le danseur juché sur des échasses intervenait lors de la naissance, l’initiation des adolescents pour les funérailles. Chez les Kôngo, en République démocratique du Congo, les objets sont munis d’une charge et sont habités d’une force invisible. Les arts des Dogon du Mali ou du Burkina Faso ont une dimension spirituelle ; ils sont objet de savoir pour la formation des hommes tout au long de la vie.

Masques, statues, statuettes, parures et insignes et bien d’autres objets étaient utilisés soit dans le cadre d’initiation ou de cultes en hommage aux ancêtres. Le culte des ancêtres permet aux vivants d’entrer en contact avec leurs défunts. Les rites étaient organisés pour obtenir leur protection avant toute décision essentielle touchant aux alliances, aux activités de subsistance, à la guerre ou à la guérison. Cette relation se renforce grâce aux offrandes.

Après avoir visité le Musée Dapper, et j’y reviendrai, je reprends à mon compte cette exhortation de Jacques BREL, lors de ses vœux du 1er janvier 1968 : «Je vous souhaite de résister à l'enlisement, à l'indifférence et aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l'aventure, à la vie, à l'amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille».

4 - RAPPEL AUX FUTURS VISITEURS DU Musée Dapper.

Musée Dapper : 35 bis, rue Paul Valéry, 75116 Paris (métro Victor Hugo ou Charles de Gaulle Etoîle) ouvert tous les jours de 11 h à 19h fermé le mardi et le jeudi et hors exposition. Tarif 6 €, tarif réduit 4 €, gratuit le dernier mercredi de chaque mois.

5 - BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

5- 1 – Sur Olfer Dapper

DAPPER (Olfer), Description de l’Afrique contenant les noms, la situation et les confins de toutes les parties, leurs rivières, leurs villes et leurs habitations, leurs plantes et leurs animaux, les mœurs, les coutumes, la langue, les richesses, la religion, et le gouvernement des peuples, Amsterdam, 1668, éditions Wolfgang, Waesberg, Boom et van Someren, 534 pages document BNF, cote

DAPPER (Olfer), Objets interdits, description de l’Afrique, Paris, Fondation Dapper, 1989, 375 pages ;

PERROIS (Louis), «Dapper, Olfer, objets interdits, description de l’Afrique», in REVUE FRANCAISE D’OUTRE-MER, 1992, tome 79, n°296, 3ème trimestre, pages 412-413.

5-2 – Sur Michel Leveau

«La mort de Michel LEVEAU, fondateur du Musée Dapper», Le Monde du 15 novembre 2012, La Croix du 15 novembre 2012, un article de Sabine GIGNOUX.

TISSEYRE (Sarah) «Chefs d’œuvre d’Afrique, un hommage à Michel LEVEAU», in RFI Afrique, 15 octobre 2015.

5-3 – Sur Christiane FALGAYRETTES-LEVEAU

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), sous la direction de, Chefs-d’œuvre d’Afrique (exposition du 30 septembre 2015 au 17 juillet 2016), Paris, Musée Dapper, 2015, 320 pages ;

PAGET (Christophe), «Christiane Falgeyrettes-Leveau, Directrice du Musée Dapper», in RFI, Les Voix du Monde, 28 novembre 2010 ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Animal, Paris, Musée Dapper, 2007, 497 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Corps sublimes, Paris, Musée Dapper, 1994, 280 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), LE FUR (Yves), TAVY (D. Aherne) Au fil de la parole (exposition du 18 au 25 mai 1995, Paris, Musée Dapper, 1995, 202 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Chasseurs et guerriers, Paris, Musée Dapper, 1998 ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Femmes dans les arts d’Afrique, Paris, Musée Dapper, 2008, 413 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Van CUTSEM (Anne), L’art d’être un homme, Afrique, Océanie, Paris, Musée Dapper, 2009, 328 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Gabon, présence des esprits, Paris, Musée Dapper, 2006, 205 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), DIANTEILL (Erwan) Brésil, l’héritage africain, Paris, Musée Dapper, 2005, 252 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Gabon, présence des esprits, Paris, Musée Dapper, 2006, 205 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Le geste Kôngo, Paris, Musée Dapper, 2002, 222 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), LABURTHE-TOLRA (Philippe), TESSMANN (Günter), Fang, Paris, Musée Dapper, 1991, 324 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Support de rêves, Paris, Musée Dapper, 1989, 127 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Lam, métis, Paris, Musée Dapper, 2001, 261 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Design en Afrique : s’asseoir, se coucher et rêver Paris, Musée Dapper, 2012, 181 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Initiés : bassin du Congo, Paris, Musée Dapper, 2013, 268 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Parures de tête : exposition du 25 septembre 2003 au 11 juillet 2004, Paris, Musée Dapper, 2003, 272 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane), Aethiopia, vestiges de gloire Paris, Musée Dapper, 1987, 80 pages ;

FALGAYRETTES-LEVEAU (Christiane) et autres, Mascarades et Carnaval : exposition du 5 octobre 2011 au 15 juillet 2012, Paris, Musée Dapper, 2011, 325 pages ;

Paris, le 2 juin2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

fr/

«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Musée Dapper, à Paris 16ème, un pont de fraternité entre l’Europe et l’Afrique»  par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 11:47

Cette escapade à Eurodisney Paris, avec ma petite Arsinoé et à la faveur d’une invitation de cousins qui y travaillent, est un rêve d’un retour à l’enfance. Inspiré du personnage de Peter PAN, je n’ai jamais voulu grandir. "Ce Royaume de l'enfance", comme le dirait le président Léopold Sédar SENGHOR, est hanté par de multiples songes, un retour à l'innocence et à la générosité. Les rêves de ma petite Arsinoé, comme ceux de tous les enfants du monde, sont peuplés de princes, d’amour parfois presque impossible. Dans cet univers onirique, le sortilège finira toujours, après diverses épreuves, par être vaincu par la baguette magique d’une fée. Le Bien triomphe toujours du Mal. "Je ne suis pas ici pour la haine. Je suis ici pour l'amour", fait dire Sophocle à Antigone.

Songez seulement qu’en une seule journée, j’ai rencontré les personnages de la «Belle au bois dormant», «Raiponce», «Cendrillon», «Aladin», «Blanche-Neige», «Tarzan», «le livre de la jungle», «Pinocchio», «Peter Pan», «la Petite sirène» etc. Que d'émotion de traverser ainsi différentes époques et cultures. Ce majestueux château de la «Belle au bois dormant» inspiré en hommage à l’auteur français Charles PERRAULT (1628-1703) plastronne au milieu du parc d’attraction. Ces contes sont une ouverture au monde à travers cette littérature enfantine arabe des "Mille et une nuits", ou d’auteurs comme Edgar Rice BURROUGHS, Rudyard KIPLING, l’italien Carlo COLLODI, l’écossais James Matthew BARRIE, les frères Jacob et Wilhelm GRIMM, le danois Hans Christian ANDERSEN.

Aladin, issu d’une famille pauvre, un vieillard riche demanda de lui rapporter enfouie dans une grotte. Cette lampe merveilleuse renfermait un génie et qui obéit à tous ses ordres. A partir de ce jour, Aladin et sa mère ne manquèrent plus de rien. Quels que fussent leurs désirs, le génie les exauçait sur le champs. Ils devinrent même les personnes les plus riches et les plus généreuses de la région. Les années passèrent. Aladin était maintenant un grand et beau jeune homme. Un matin, au marché, il croisa Badroulboudour, la fille du Sultan. Il en tomba fou amoureux. Après l'avoir mis à l'épreuve, le Sultan finit par accorder la main de la princesse à Aladin. Il y eut un somptueux mariage, puis Aladin et Badroulboudour s'en allèrent habiter un magnifique palais que le génie avait fait surgir dans la nuit. Un jour que la princesse était seul au palais, un étrange marchand s'arrêta sous sa fenêtre.

Charles PERRAULT avec sa «Belle au bois dormant» nous sommes en plein dans le domaine de l’enchantement. Ainsi, un roi et une reine ont une fille unique et leur plus cher désir est qu’elle soit la plus parfaite. Ils organisèrent une fête magnifique. Alors qu'elle touchait à sa fin, les fées offrirent à l'enfant de fabuleux cadeaux : l'une la vertu, l'autre la beauté, la troisième la richesse et ainsi de suite, tout ce qui est désirable au monde. Comme onze des fées venaient d'agir ainsi, la treizième survint tout à coup. Elle voulait se venger de n'avoir pas été invitée.

La première fée lui offre la beauté, la deuxième, l’intelligence, la troisième, la grâce, la quatrième l’art de la danse, la cinquième, l’art du chant, la sixième, l’art de la musique ; la vieille fée prédit qu’elle se piquera avec un fuseau et qu’elle en mourra ; la jeune fée confirme la piqûre mais affirme que la princesse se réveillera après un long sommeil de cent ans.


Pour éviter que ce destin ne se réalise, le roi proclame une loi interdisant tout fuseau dans la région. Seize ans plus tard, alors que ses parents sont absents, la jeune princesse découvre dans le palais l’existence d’une vieille servante qui, ignorante de l’édit du roi, filait. Curieuse, la princesse veut apprendre à se servir de cet objet si nouveau pour elle, elle se pique et tombe endormie. La jeune fée qui avait annoncé son réveil accoure et pour que la princesse ne soit pas seule et perdue à son réveil, elle décide d’endormir tous les habitants du château, (hommes, femmes, animaux), sauf ses parents. Elle prend soin de faire pousser autour du château une végétation abondante pour protéger le château de toute agression extérieure.


Cent ans plus tard, comme c'était prévu, un jeune et beau prince, de retour de la chasse aperçoit le château et va délivrer la Belle endormie. Le jour même ils se marient. de cette union naissent deux enfants, un fille Aurore et un fils, Jour. Pendant deux ans, le couple vit heureux mais quand son père meurt, le prince doit succéder à son père et retourne vivre avec sa famille dans le palais paternel. Or il se trouve que le prince a pour mère une ogresse et qu'il lui avait caché son mariage et la naissance de ses enfants de peur qu'elle ne les mangeât.


Or il arriva qu'un roi voisin lui déclara la guerre et il dut s'absenter pour se défendre. L'ogresse en profita pour mener la Belle et ses enfants à la campagne, pour assouvir plus tranquillement ses appétits féroces. Mais le cuisinier, par trois fois réussit à la berner en lui cuisinant, un agneau, un chevreau, une biche, au lieu des enfants et de leur mère, et il prit soin de les cacher chez lui. Mais un jours alors que l'ogresse se promenait, elle reconnut la voix des enfants, découvrit alors le piège dans lequel elle était tombée et décida de se venger sur le champ en faisant préparer au milieu de la cour un gros chaudron rempli de serpents et de crapauds, pour y jeter les enfants et leur mère. Mais le jeune roi revient à temps pour sauver sa famille. de rage, l'ogresse se précipita dans le chaudron et mourut.

Les frères GRIMM, Jacob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) nous ont enchanté encore avec «Cendrillon». Après la mort de sa mère, une jeune fille se trouve livrée aux méchancetés de sa belle-mère et de ses deux filles. Chargée des plus viles occupations de la maison, elle se couche le soir auprès des cendres, d'où son nom de Cendrillon. Lorsque le fils du roi donne un bal, elle s'y rend grâce à sa marraine, une fée, qui la pare d'une robe d'or et de pantoufles de verre, puis transforme pour elle une citrouille en carrosse. Une seule condition : Cendrillon devra rentrer avant minuit. Le fils du roi est immédiatement séduit par la belle inconnue qui disparaît au premier des douze coups. N'ayant pour retrouver sa trace que la petite pantoufle qu'elle a perdue en s'enfuyant, il décide de la faire essayer à toutes les jeunes filles : il épousera celle dont le pied y entrera sans peine. Après toutes les dames de la cour, Cendrillon l'essaie à son tour : la pantoufle lui va à ravir. C'est donc elle qui épouse le prince, au grand étonnement de ses soeurs à qui elle pardonne de bon coeur leurs méchancetés.

Dans un «Raiponce», un conte populaire allemand des frères GRIMM, une jeune femme enceinte, ayant envie de manger de la raiponce (légume-racine), envoie son mari chez sa voisine la sorcière. Mais celle-ci prend le pauvre mari en flagrant délit de vol. Elle le laissera repartir avec les plantes s'il accepte de lui donner le nouveau né. La sorcière emmène donc le bébé dans un château secret puis dans une haute tour où personne ne peut la voir. Raiponce, une belle jeune fille aux longs cheveux, vit de pui son plus jeune âge dans une tour isolée, avec la perfide Mère Gothel qui la kidnappée à sa naissance. Ses vrais parents le Roi et la Reine, envoient chaque année pour son anniversaire des centaines de lanternes dans le ciel, espérant le retour de leur enfant. Mais la jeune fille ignore tout de son passé et du monde extérieur. Jusqu'au jour où le brigand Flynn vient, par hasard, à sa rencontre.

Les frères GRIMM ont nous ont légué un conte populaire, «Blanche-Neige et les sept nains». Une princesse nommée Blanche-Neige échappe de justesse à la vengeance de sa belle-mère, la Reine, jalouse de sa beauté. À l'insu de la Reine qui la croit morte, elle trouve refuge dans une petite maison de la forêt où habitent sept nains. La Reine ayant appris par son miroir magique que Blanche-Neige n'était pas morte, qu'elle vivait dans une maison à l'orée de la forêt ! La Reine se présente alors là-bas déguisée en vielle femme et lui offre une pomme empoisonnée puis Blanche-Neige meurt et seul un baiser du prince charmant peu la réveiller.

Rudyard KIPLING (1865-1936) prix Nobel de littérature sur le thème du bon sauvage, est l’auteur du «Livre de la jungle» paru en 1894. Mowgli, un bébé orphelin laissé seul dans la jungle de l’Inde, se voit recueilli et élevé par une meute de loups. Passant son enfance dans cette jungle, il apprendra à connaître les animaux, à ses faire des amis (tels que Baloo l'ours, Bagherra la panthère noire ou Kaa le python) mais également des ennemis (le peuple des singes, Shere Kahn le tigre, ou Tabaqui la hyène) qui ne veulent que sa perte et le dévorer.

Mowgli grandit parmi les louveteaux et devient un vrai petit sauvage un peu rebelle. Un jour le chef du clan décide de l’exiler soit disant pour le sauver mais en réalité, il a peur que Shere Khan le tigre s’en prennent aux loups pour retrouver le petit homme. Bel esprit de famille.

Bagheera décide donc d’emmener le petit dans un village pour qu’il vive enfin parmi les siens. Mais Mowgli refuse de quitter la jungle. Il rencontre alors Baloo qui estime qu’il en faut peu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, et qui est d’accord de le garder avec lui. Deux petites minutes après, Mowgli se fait enlever par des singes qui l’emmènent voir le Roi Louie. En fait le King il veut apprendre à faire du feu et à marcher comme nous ouhouhou. Mais Mowgli ne connaît pas le feu ! Alors ils se mettent à danser tous ensemble.

Le gros Baloo avoue à Mowgli qu’il doit aller chez les hommes, ça serait quand même plus logique qu’il aille apprendre à faire du feu au lieu de faire joue-joue avec des singes. L’autre fait une drôle de tête genre : « tu m’as menti, fourbe » et s’enfuit. Toute la jungle le cherche parce que Shere Khan traine dans les parages et que ce n’est pas franchement malin de se promener tout seul. Bagheera demande même au Colonel Hathi de mettre sa brigade de bras cassés (jamais vu des éléphants avec des tronches pareils) sur le coup.

Mowgli finit par tomber sur Kaa, le gentil python, qui a aussi envie de le dévorer.Il arrive à se défaire des griffes du serpent et continue à déambuler. Il tombe sur des vautours qui se demandent ce qu’ils ont envie de faire. Et alors que tout semble aller pour le mieux, qui c’est qui arrive ? Suspens…

Shere Khan ! Après une bataille qui se conclue bizarrement par une victoire des gentils, Mowgli, Baloo et Bagheera décident de ne plus jamais se quitter. C’était sans compter l’arrivée d’une jolie petite fille avec un regard de coquine. Mowgli, appelé par ses hormones qui font des claquettes, la suit et disparait avec elle dans le village.

Carlo LORENZINI qui a pris le pseudonyme de COLLODI (1816-1890), nom de son village, journaliste et écrivain italien, est l’auteur de la touchante histoire de Pinnochio celui dont le nez s’allonge à chaque fois qu’il ment. Dans un petit village très calme vit un honnête menuisier au nom de Gépetto. Son rêve le plus cher est d'avoir un fils. D'une souche d'arbre, il en fait un petit pantin de bois qu'il appelle Pinocchio. Comme il a fait pour toutes ses marionnettes. Par une belle nuit, la Fée Bleue apparaît dans sa demeure et exauce le voeu de Gepetto: elle donne vie à ce petit pantin. Elle lui fait une promesse qu'il deviendra un vrai petit garçon s'il est digne de l'être. Elle recommande à Jiminy Criquet de veiller sur lui et de l'éduquer. A son réveil, Gépetto est ravi de voir bouger son pantin de bois et le traite comme un vrai garçon, il l'envoie à l'école.


Sur le chemin, il rencontre Grand Coquin et Gédéon, deux prétentieux personnages ne pensant qu'à l'argent, qui vont le persuader d'abandonner l'école pour faire carrière dans le théâtre et ainsi devenir en grand artiste. Jiminy proteste mais Pinocchio ne l'écoute pas, il rejoint la troupe de Stromboli, un marionnetiste cruel. Pour son premier essai, il danse avec d'autres pantins de bois mais eux, ils bougent grâce aux fils! Fier de cette nouvelle acquisition et pensant à la fortune qu'il se fera, Stromboli l'enferme dans une cage.


Pinocchio est triste, il pense à son père. La Fée Bleue lui apparaît et lui parle. Pinocchio lui ment mais ceci le trompera car chaque mensonge fait allonger son nez. Finalement, il lui raconte la vérité, son nez retrouve sa forme initiale. Il promet à la Fée Bleue de ne plus désobéir et elle l'aide à s'échapper.


Mais encore une fois, sur le chemin, il tombe sur Grand Coquin et Gédéon qui, cette fois, le persuadent plus facilement d'accompagner d'autres enfants à l'Ile des Plaisirs, une île où il fait bon vivre: pas d'école, que des jeux... Ces deux mécréants se sont fait récompenser d'une belle somme d'argent. Les enfants ne se soucient et sont fous de joie de pouvoir s'amuser à leur bon gré.


Arrivés sur l'île, ils s'adonnent aux pires vices: bagarre, ivresse,... Mais quand il s'agit de prendre le toboggan sur l'eau, leur arrivée est plus silencieuse. En effet, Pinocchio et son ami prennent le petit bateau, passent sous une cascade dont ils boivent un peu l'eau. Cette eau est magique, elle a pour effet de transformer les petits enfants en ... ânes! Ces ânes font la fortune du maître de l'île qui les revend au plus offrant! Grâce à Jiminy Criquet, Pinocchio parvient à s'échapper mais avec des séquelles : des oreilles et une queue d'âne.


Arrivé chez lui, il cherche Gépetto. Il n'est pas là. Il apprend qu'il est parti en bâteau avec son poisson rouge, Cléo, et son chat Figaro à la recherche de l'Ile des Plaisirs pour sauver Pinocchio et que sa quête s'est achevé dans le ventre de la baleine Monstro. Pinocchio part à son secours sur une petite barque, cherche Monstro et se laisse avaler. Il retrouve dans son ventre Gépetto, toujours vivant.


Après avoir mis feu aux débris de sa barque, Pinocchio rejoint sa petite famille sur un radeau. Monstro, étouffé par la fumée qui se dégage de son propre ventre, tousse et involontairement, expulse le radeau vers l'extérieur. Personne n'est blessé. Tout le monde retourne au village.


Une nouvelle vie commence pour Pinocchio puisque la Fée Bleue a tenu promesse, Pinocchio est devenu un vrai petit garçon. Il s'amuse avec le garçon qu'il a connu à l'Ile des Plaisirs. Mais qui dit que Pinocchio restera sage? Maintenant qu'il est un petit garçon, il pourrait bien être un petit chenapan !

James Mathew BARRIE (1860-1937), un dramaturge écossais est l’auteur de Peter Pan, un petit garçon, sans ombre, qui refuse de grandir. Un jour, Peter Pan rend visite à Wendy dans le cœur de Londres. Peter Pan est un petit garçon bien étrange. Il est vêtu de feuilles, ne connaît pas son âge, et ignore ce qu'est un baiser. Wendy qui ne croyait pas aux fées, est intriguée par ce petit bonhomme qui lui rend visite la nuit, accompagné d'une lumière tintinnabulante de la jalouse fée Clochette (Tinker Bell). D’où viens-tu lui demande Wendy ? «Je me suis enfui le jour de ma naissance», répond Peter Pan. «Je ne veux pas devenir un adulte, alors depuis, je vis au pays des fées. Sais-tu d'où viennent les fées ? Lorsque le premier de tous les bébés se mit à rire pour la première fois, son rire se brisa en milliers de morceaux, et chaque morceau devint une fée». Peter Pan convainc Wendy de venir, avec ses frères, dans le pays imaginaire (Neverland). C’est là-bas que vivent les enfants perdus, la fée clochette et le redoutable Capitaine Crochet, l’ennemi juré de Peter !

Hans Christian ANDERSEN (1805-1875), un romancier, dramaturge et conteur danois, nous a éblouis avec sa «Petite sirène». Ariel est une jeune sirène qui vit au royaume de son père : l'océan. Elle n'a pas de pieds mais une queue de poisson. Elle est passionnée par le monde des humains et impatiente de les voir. Un soir, à l’âge de 15 ans, Arielle découvre un grand navire et y voit un jeune prince. Une tempête éclate. Le bateau coule et le prince est en train de se noyer. La petite sirène le sauve en le déposant sur la plage où il est recueilli par des jeunes filles. La petite sirène regagne tristement le fond de l'océan. Elle rêve de devenir humaine et éternelle grâce à l'amour d'un homme. Une sorcière accepte de l'aider en échange de sa voix mélodieuse. Mais elle va souffrir et sa transformation sera définitive. De plus elle mourra si le prince ne l'épouse pas. Arielle boit la potion magique et devient humaine. Elle retrouve le prince qui l'invite dans son palais mais il est amoureux d'une autre jeune fille. Il décide d'épouser cette dernière ce qui signifie la mort pour la petite sirène ? Ses soeurs tentent de la sauver en voulant tuer le prince, mais la petite sirène refuse car elle veut donner sa vie pour l'amour du prince. Arielle se jette à l'eau et devient un ange.

"Little Word" est un passage obligé qui fait de la différence une formidable richesse et une source constante d'émerveillement à chaque visite.

Il est vrai que certains espaces sont fermés pour travaux, mais pour la bonne cause, en raison du 25ème anniversaire qui sera célébré en grande pompe en 2017.

Le spectacle, «La Forêt de l’enchantement, une aventure musicale», dans l’espace «Frontierland», en valait la chandelle. Ma petite Arsinoé qui connaissait les chansons et les personnages, était aux anges. Et surtout, il y avait Raiponce, sa préférée.

Indications bibliographiques

ANDERSEN (Hans, Christian), Conte d’Andersen, traduits par S. Soldi, notice biographique de Max Marmier, Paris, Hachette, 1853, 334 pages, spéc. pour «La Petite sirène», pages 230-262 ;

BARRIE (James, Matthew), Peter Pan, Piccolia, 2015, 64 pages ;

COLLODI (Carlo), Les aventures de Pinocchio, histoire d’une marionnette, traduit de l’italien par Claudio Sartirano, Bibliothèque électronique du Québec, volume 886, Collection A tous les vents, 287 pages ;

GRIMM (Jacob) et GRIMM (Wilhelm), Contes merveilleux, éditions du groupe Ebooks libres et gratuits, volume I, «Blanche-Neige», pages 15-205, «Cendrillon» pages 35-51 ; volume II, «Raiponce» pages 129-133 ; «Le Petit Chaperon rouge», pages 81-89 ;

KIPLING (Rudyard) Le livre de la jungle, éditions du groupe Ebooks libres et gratuits, juillet 2004, 200 pages ;

PERRAULT (Charles), Les contes, Paris, Garnier, 81 pages, spéc. «La Belle au bois dormant», pages 13-21, «Cendrillon» pages 25-32, «Le Petit chaperon rouge» pages 1-3, «Le Petit poucet» pages 39-49 et «Le Chat botté» pages 21-26 et SAUVEUR (Lambert), Contes merveilleux des frères Grimm, Charles Perrault, Xavier Saintine, suivi d’une étude sur l’étymologie et la synonymie des mots, Boston, Carl Schoenof, 1881, 107 pages, spéc. «La Belle au bois dormant», pages 295-302 et «Le Chat botté» pages 223-228.

Paris, le 25 avril 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Escapade : une journée à Eurodisney ou le retour au Royaume de l’enfance», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Partager cet article
Repost0

Liens