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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE FRANCE) Bnf Gallica
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  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA
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4 octobre 2017 3 04 /10 /octobre /2017 16:29

Rǔshān est une ville-district de la province du Shandong en Chine, placée sous la juridiction de la ville-préfecture de Weihai. Sa population est de 601 000 habitants en 2014. Rushan, comme toutes les villes chinoises sont standardisées, avec les mêmes constructions en hauteur, comportant des immeubles parfois de plus de 60 étages. A Paris, ville à dimensions géographiques réduites, avec une forte demande en logement,, il existe un débat intense entre les Verts et la majorité municipale, sur le niveau et la densité des immeubles en hauteur. S’il est vrai que la construction de tours en région parisienne est hideuse et inadéquate, il serait utile de se pencher sérieusement les immeubles en hauteur avec des espaces verts. Au Sénégal, petit à dimensions réduites avec une démographie galopante, la gestion des terres et de l’espace dans les grands centres urbains pourrait s’inspirer cette expérience des constructions en hauteur à la chinoise. En Chine, les immeubles sont équipés de tout le confort nécessaire et sont sécurisés. Cependant, dans les quartiers populaires, il n’est pas rare de trouver des immeubles de 7 ou étages sans ascenseur, et dont les parties communes sont dégradées. Il est étonnant de constater que l’intérieur de ces appartements est cossu et parfaitement bien entretenu. On est impressionné par l’état des routes dans les villes en Chine, bordées d’arbres et de fleurs ; ce sont souvent, même dans les villes, des autoroutes à trois voies, avec de nombreux ponts. Les Chinois, apparemment, n’apprécient pas beaucoup les ronds-points ; à la moindre occasion, on peut faire demi-tour, sans que cela ne suscite un concert de klaxons de réprobation des autres automobilistes. La voiture, avec les nombreuses autoroutes à péage, ainsi que l’avion, contrairement au train, sont des moyens commodes de déplacement, de ce pays qui est à lui seul presque un continent.  Dans les villes, comme à la campagne, les petites boutiques témoignent de l’esprit d’entreprise, en dépit de l’idéologie communiste. Dans ces boutiques, les marchandises sont en vrac et les vitrines ne mettent pas en valeur les produits. Parfois, on a la nostalgie des cafés et des commerces parisiens, dans leur raffinement.

La ville Rushan est entourée de villages, dont Oujiagov un village, un exemple de l’habitat traditionnel chinois depuis des générations : des maisons basses, avec des tuiles, sans chauffage, des canalisations à ciel ouvert, sans machine à laver ou frigo, et les toilettes à la turque. Chaque maison est gardée par un ou plusieurs chiens, il s’y ajoute souvent une vidéo-surveillance reliée à un portable. La cuisinière encore traditionnelle réchauffe le lit sur lequel on déjeune. Les moustiques et les mouches pullulent en été en raison des écarts de température. Les étés sont courts, mais avec de fortes chaleurs et les hivers longs et rigoureux. On est admiratif devant les portes de ces maisons villageoises bien décorées, concentrant, à elles seules cet art millénaire chinois qui mériterait à lui seul un objet d’étude. Devant l’avancée de l’urbanisation, l’UNESCO devrait protéger ces maisons et cette culture anciennes qui font partie du patrimoine culturel mondial.

Que ce soit à la ville, comme à la campagne, c’est un acquis majeur en Chine, chacun a sa maison ; c’est la révolution maoïste avait misé, à juste titre, sur le monde rural, pilier essentiel de la société et de l’économie chinoise. En effet, dans la tradition chinoise, un homme ne peut pas se marier s’il n’a pas de maison. Aussi, les parents de chaque garçon, aussi pauvres soient-ils, économisent toute leur vie dans la perspective du mariage de leur fils pour lui offrir une maison. En effet, les Chinois préfèrent avoir un garçon qu’une fille et en raison de ce déséquilibre démographique, les paysans pauvres de la campagne ont du mal, parfois, à trouver une épouse.

On est frappé par la grande sécurité qui règne en Chine ; on n’est pas obnubilé, comme à Belleville à Paris ou comme dans les grandes villes du Sénégal, par le risque de vol à la tire ou d’agression physique. Le régime chinois pratique le régime pénal de zéro tolérance ; l’application de la loi répressive est stricte.  

On est surpris par certaines pratiques ou coutumes chinoises. Ainsi, les étrangers ne peuvent pas loger dans certains hôtels réservés aux nationaux. Indisciplinés, ils n’aiment pas faire la queue et n’hésitent pas de vous bousculer pour passer devant vous. Les Chinois aiment cracher, y compris dans les restaurants et dans la rue, et détestent faire la bise. En effet, ils sont très pudiques La prostitution est cachée dans les grands hôtels et les salons de massage. Les hommes riches ont souvent une concubine souvent connue par leur famille. Curieux de tout, quand on les connaît, ce sont des personnes chaleureuses et particulièrement attachantes. Teigneux, procéduriers et parfois enquiquinants, les Chinois pensent, devant une difficulté, ils pensent que tout se résoudre par la corruption ou l’intervention d’une personne haut placée. Quand ils sont dans le leur bon droit, ils peuvent violemment élever le ton et ou se battre physiquement. Possédés par le jeu qui ne concerne pas seulement que la haute société, ils ont  cette passion dévorante qui concerne tout le monde. «Ils sont si joueurs, que lorsqu’ils n’ont plus d’autre enjeu, ils hasardent volontiers leur vie sur un coup» dit un dicton de l’Antiquité. Si l'on est invité chez eux, il ne faut pas arriver après 17 H 30. Les Chinois dînent tôt et se couchent tôt. Il est préférable de ne pas arriver les mains vides. Dès que le repas est servi, ils aiment les liqueurs très fortes, boire la bière de Qindao, et parler avec grand bruit et volubilité. Les Chinois préfèrent boire de l’eau chaude et du thé, et c’est connu, ils mangent avec des baguettes. Aussi, avant de partir en Chine, il ne faudrait pas oublier de se munir de son pot de Nescafé, de sa fourchette et de son couteau. Les Chinois prennent le petit déjeuner avec un copieux repas à base de soupe de riz, de lait de soja, de galettes, de petits pains farcis cuits à la vapeur, de nouilles et même des restes réchauffés du repas de la veille. Les plats du déjeuner sont variés et riches. On trouve de tous produits alimentaires en Chine et ils mangent de tous notamment le chien, l’âne, le serpent, poissons, les fruits de mer, les légumes, et particulièrement la viande de porc.

L’agriculture chinoise est performante ; elle nourrit un 1 milliard de personnes. C’est donc une performance que ce pays, surpeuplé, en moins de 30 ans,  ait éradiqué la famine. «Le Grand bond en avant» de Mao avait commis d’importants dégâts en matière d’équilibre alimentaire. Contrairement aux Africains qui se nourrissent de produits importés, les Chinois consomment essentiellement, ce qu’ils produisent. Leur modèle de consommation autocentré est donc un des piliers essentiel du miracle économique chinois. On trouve en Chine bien sûr du riz et des pates, mais aussi l’arachide, le sorgho, le Kandié (mafé), la patate douce et toutes sortes de fruits ou de légumes inconnus en Europe. Peuple ingénieux, les paysans chinois ont des méthodes traditionnelles de conservation des aliments entre trois et quatre ans, et vendent, directement à la population, le surplus de leurs produits aux marchés des villes environnantes. Les paysans chinois utilisent des moyens de travail adaptés, souvent de petits tracteurs et tricycles fabriqués dans le pays. Ils déplacent souvent avec ces mêmes moyens, en bicyclette ou à moto.

La Chine étant un pays montagneux, les paysages à la campagne sont somptueux ; les couchers de soleils sont admirables et l’air peu pollué.

I – La Chine et ses traditions millénaires imprégnées de superstitions

La Chine, un pays communiste inspiré de la tradition de Confucius, reste fondamentalement influencée par les traditions, et les superstitions sont encore vivaces. En effet, comme les Africains, les Chinois, sont fondamentalement superstitieux, mais ils sont d’un grand pragmatisme. Leur religion, telle qu’interprétée par Confucius n’est pas tournée vers l’au-delà, mais elle tend à la perfection de l’individu. Les Chinois ont interprété la doctrine de Confucius dans le sens où cette perfection devrait se traduire par le bonheur sur terre, la richesse matérielle. Ainsi, au Sénégal pays musulman avec de fortes croyances animistes, la religion est tournée vers la mort ; elle annihile tout désir de vivre ici bas. «Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle» dit l’Evangile selon Saint Jean qui se rapproche de ce point de vue de la doctrine traditionnelle de l’Islam (Voir mon post sur l’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane). Orienté constamment vers la recherche du Paradis, le Sénégalais a perdu de vue la doctrine initiale d’Ahmadou Bamba (voir mon post) qui a été  trahie, à savoir «travailler comme si on ne devait jamais mourir, et prier comme si on devait mourir demain». Ainsi, au Sénégal, on pense que célébrer une fête religieuse un vendredi peut porter malheur aux  gouvernants. Certains dirigeants de l’opposition pensent même que les succès électoraux du président Macky SALL seraient dus à un maraboutage de ses adversaires. Pour les paysans du Fouta-Toro, cultiver la terre le jeudi, ou voyager un mercredi peuvent être sources de contrariétés ou de malheur. En revanche, Chine, toutes les superstitions sont  orientées vers la recherche du bonheur matériel, la recherche de l’argent auquel les Chinois vouent un culte presque divin. En effet, on croit en Chine que les superstitions reposent sur l’idée qu’il y a une résonance entre le ciel et la terre. Ceci remonte au système politique de l’époque de l’empire selon lequel le pouvoir était attribué par le ciel. Le paradoxe c’est que, historiquement, le concept de «superstition» est entré en Chine, via le Japon, grâce aux Occidentaux à l’époque de la Modernisation, à la chute de l’empire. La «superstition» a été définie par opposition à la religion. Pour la naissance, les vieilles coutumes disent que la mère ne doit pas sortir de chez elle le mois suivant l’accouchement car elle est considérée comme impure.

Les Chinois éprouvent une aversion ou peur du chiffre 4. Aussi, ils n’aiment pas habiter au 4ème étage. Les Japonais et les Coréens partagent également cette tétraphobie, ce qui explique la renommée de cette superstition. Le chiffre 4, c’est un peu l’équivalent de la superstition occidentale du nombre 13, sauf que celle-ci a une origine purement phonétique : en effet, le chiffre est 4 (Si en Chinois) a une prononciation quasi identique au mot Mort. De quoi  effrayer plus d’un et de nourrir les croyances populaires. À l’inverse, le chiffre 8 (BA se prononce PA)  signifie faire fortune, s’enrichir  (Fa cai), ce qui en fait le roi des chiffres convoité et prisé. D’une manière moindre mais toute aussi importante, le chiffre 6 (LIU) porte également chance : en effet, sa prononciation se rapproche de celle de l’adjectif Fluide ou lisse il signifie ainsi que les gens ont une vie favorable et prospère. En Chine, chaque caractère du prénom a une signification, et beaucoup croient encore que le choix du caractère aura une influence sur la vie entière de l’enfant qui le portera chance ou non. Ainsi, CHENG et WEN sont des caractères de prénom très populaires, puisqu’ils signifient respectivement, pour l’un, l’accomplissement et la réussite, pour l’autre l’élégance, la douceur, le raffinement, soit autant de valeurs fortes que les parents souhaitent transmettre à leurs enfants.

Dans la pensée populaire, les Chinois croient au diable et au démon «Mogui» (se prononce Moguouï) ; les esprits malfaisants nuisent au bien-être des familles, engendrent des maladies, l’envoûtement, et attirent toutes sortes d’adversités. Les Chinois n’aiment pas les cheminées dans les maisons ; elles peuvent attirer le diable. Dans les temps anciens, sous Confucius, il existait des chasseurs de diable (T’siang-T’ong-tse) dont la profession est de prendre et pourchasser les mauvais esprits, en brûlant de l’encens ou en procédant à la vaporisation du vinaigre. Le renard est un animal diabolique, invisible le jour, c’est la nuit qu’il exécute ses sales besognes. Le dragon animal fabuleux est mythique comme le phénix ou la licorne, il a un esprit humanisé. La légende veut que le jour de la naissance de Confucius, on vit deux dragons enlacés autour du toit de sa maison. En cas de sécheresse, les paysans moulent un dragon en argile et le promène en procession, pour avoir de la pluie. Le tigre, réputé pour sa férocité, est un épouvantail tout trouvé pour effrayer les diables, et protéger les faibles humains leur adversité. Les coqs de montagne ou faisans rouges sont censés protéger contre les incendies. Pendant la construction d’une nouvelle maison ou lors d’un déménagement, les Chinois procèdent aux offrandes, l’encens ou les inscriptions superstitieuses, dans le but d’obtenir la richesse et d’éloigner tout malheur. Si une femme enceinte venait à passer par là, il n’y aura pas de contrariété. Dans certaines contrées, on souffle dans ses mains au sortir des toilettes, afin d’éviter les incendies dans la maison. La tortue est le symbole de l’Eternité.

Les Chinois attachent une importance particulière à leur habitat, haut lieu de toutes les superstitions. En effet, le «Feng Shui», l’étude du vent et de l’eau, enseigne une méthode ancestrale d’atteindre la plénitude physique, morale et intellectuelle en agissant sur l’aménagement judicieux de notre milieu de vie. Il révèle les éléments communs qui fondent l’homme à la nature et conseille des moyens adéquats afin de nous permettre d’agir sur l’environnement immédiat. L’habitation ainsi que les locaux commerciaux doivent être aménagés de sorte à favoriser la santé, le bien-être et la prospérité. Il est recommandé de bouger, régulièrement, les meubles pour renouveler l’énergie de la maison.

Le calendrier chinois est lunaire et il concentre en lui toutes les superstitions du peuple chinois. La date de naissance peut déterminer l’avenir de la personne, la compatibilité ou non d’humeur avec d’autres personnes. Ils se préoccupent beaucoup de la divination astrale. Le jour de chaque mois peut autoriser à faire ou ne pas faire quelque chose. Ainsi, le 10 du premier mois célébrant la naissance du Bouddha, on orne les lanternes plantées aux portes des maisons. Le Nouvel An chinois s’étale du 1er au 15 du mois. Si le 21ème jour est considéré comme néfaste, en revanche, le 24 jour porte bonne chance pour entamer la construction d’une nouvelle maison ou déménager. Au deuxième mois, il est recommandé du 1er au 19ème jour d’observer l’abstinence. Le 5ème jour peut porter malheur si on déménage. Les 5ème, 24ème et 28 jours sont des dates de malchance. En revanche,  il est recommandé d’entamer les travaux agraires ou les bâtisses le 10ème jour et de prendre des bains le 11ème jour, pour guérir d’une maladie. Au 2ème jour du 3ème mois, on peut cueillir des feuilles du pêcher, les sécher, ce qui peut guérir les maladies du cœur. Les 17ème et 24 jours ne sont pas favorables pour voyager ou déménager. Le 4ème est plein d’interdictions : 9ème (journée périlleuse) 24ème (ne pas coudre des habits), 27ème (ne pas prendre de bain) et 29ème jour (ne pas planter des arbres). Le 5ème comporte des jours fastes : 2ème jour (travaux intellectuels ou manuels), 6ème jour (enterrements) 17ème jour (conclure une affaire) 19ème jour (réparer une route), 24ème jour (consulter un médecin). En revanche, il faudrait éviter les 23ème (éviter les semis et plantations d’arbres) et 24ème jour (ne pas labourer ou remuer la terre) de ce mois. Au 6ème mois, les périodes favorables sont : 5ème (se raser et prendre le bain), 7ème (travaux d’agriculture, réparation des bâtiments), 8ème (recours à un tribunal supérieur), 12ème (visite des parents, voyages), 14ème (balayer maison, ablutions, sacrifices), 16ème jour (mariage et fiançailles), 17ème jour (chasse et bains, mais ne pas déménager) 20ème jour (bonheur pour toute entreprise), 21ème, 22ème et 30ème jours (sacrifices), 27ème (travaux des champs, voyages) et 28ème jour (adoption d’un enfant). Le 23ème jour est maléfique pour la plantation des arbres. Au 6ème mois certaines dates sont favorables : 5ème jour (se raser et prendre les bains), 7ème jour (travaux d’agriculture et réparation des bâtiments), 8ème jour (recours devant un tribunal), 12ème jour (visite aux parents et voyages), 16ème jour (fiançailles, mariage), 17ème (chasse, bain, mais éviter le déménagement), 27ème jour (travaux champs, voyages), 30ème jour (sacrifices). Mais le 18ème jour est néfaste, il est troublé par l’influence pernicieuse de la lune. Il faut observer l’abstinence du 1er au 19ème jour. Le 7ème mois est le mois des morts, mais certains jours sont favorables : 5ème jour (se raser et prendre les bains), 7ème jour (travaux d’agriculture, réparation des bâtiments), 8ème jour (recours devant un tribunal), 12ème jour (visite des parents, voyages), 14ème jour (balayer maisons, ablutions et sacrifices), 16ème jour (fiançailles, mariages), 17ème (chasse, bains, mais ne pas déménager), 20ème (favorable pour toute entreprise), 20ème, 21ème et 30ème (sacrifices), 27ème (travaux, voyages), 28ème (adopter un enfant) . Il faut observer l’abstinence du 1er au 19ème jour. Le 18ème jour est néfaste. Au 15ème jour du 8ème mois, c’est la fête de la lune ; c’est l’anniversaire de Confucius, né le 27 de ce mois. Les 8ème et 18èmes jours sont néfastes et le 19ème jour les voyages sont interdits. Le 28ème jour est favorable pour les offrandes. Le 9ème mois c’est la naissance du Dieu des épidémies, le 3ème jour, et le 16ème jour le Dieu des tisserands, le 18 la naissance du principe de l’univers. Le 8 du mois est un jour faste pour adopter un enfant ou entreprendre une action commerciale. Au 10ème mois, certains jours sont néfastes comme le 4ème jour (démolir un mur ou voyager), le 7ème (ne pas déménager), le 14ème jour (ne pas voyager ou entreprendre des travaux agricoles), 24ème jour (ne pas déménager, éviter les bains et le rasage). En revanche, le 9ème est très favorable pour toute nouvelle initiative et le 21ème jour pour se marier. Au 11ème, naissance du génie des eaux le 14, et fête de la félicitation du Ciel le 25, le 15ème jour porte chance (enterrement, mariage, bâtisse, visite, travaux d’aiguille, commerce, prise de fonction d’un emploi), les jours de sacrifice préférables sont les 2, 5 et 16. Le 16ème jour porte chance pour les mariages. Le 9ème jour porte chance en tout, ainsi que le 25ème jour, sauf pour les voyages. En  revanche, le 28ème jour est néfaste. Le 12ème mois dont le 14ème jour est la fête du Génie, faire des prières le 1er jour, le 3ème jour est favorable pour l’entrée en charge officielle, le 7ème pour choisir un enterrement, les 15ème et 17ème jours pour les sacrifices, le 19ème pour dire la bonne aventure, le 26ème pour toute initiative. En revanche, le 10ème jour est néfaste, sauf pour les sacrifices et le 28 jour pour les déménagements.

 

La maternité est aussi entourée d’une enveloppe épaisse de superstitions. En effet, un couple qui désire obtenir un enfant, peut déposer au pied de la déesse Koan Ying Pou-Sah, un soulier emprunté aux voisins. Une fois l’enfant né, on remplace ce soulier par une paire de chaussures neuve. Si l’accouchement est laborieux, il faut brûler de l’encens. Au 3ème jour de la naissance, l’enfant est déposé dans un bain et lavé soigneusement. Si on craint le mauvais génie, il faut préparer des flèches en bois de pécher. Les enfants peuvent porter une chaînette en argent et un cadenas, gage d’une vie longue et heureuse, destiné à les enchaîner, pour ainsi dire, à l’existence. Les enfants peuvent enfiler autour du cou, une ou plusieurs sapèques, gages de protection pour un avenir prospère, riche et dans l’aisance.

La famille, au sens où l’entendait Confucius avec son concept de piété familiale, est également le creuset des traditions ancestrales chinoises, notamment à la campagne. Sans doute que de nos jours, les jeunes se rencontrent, pour un mariage, sur le lieu de travail, à l’université, dans le quartier ou à travers les réseaux sociaux. Cependant, il n’est pas rare que le futur couple se rencontre par l’intermédiaire d’entremetteurs. Le mariage reste encore, pour une large part, notamment à la campagne, une affaire entre deux familles. Il arrive même que des paysans esseulés achètent une femme. Les familles fixent le mois où aura lieu le mariage et le jour de noces, en consultant très souvent le calendrier astral. Chaque personne invitée doit venir avec une enveloppe rouge contenant de l’argent et en contrepartie, le couple paie le repas de noces. Le rouge est le symbole du bonheur ; les habits de la mariée sont en rouge. Les Chinois sont généreux avec leurs familles et amis. Mais les cadeaux se font, comme en Afrique, en argent sous enveloppe rouge.

Si le Confucius (voir mon post sur cet extraordinaire penseur) n’est pas une religion, l’art funéraire est un mélange de superstitions et de traditions chinoises. En effet, il faut éviter que le moribond ne vienne à expirer  sur le lit de famille, qui serait hanté. Dans le cas, il mourrait ce lit, la croyance populaire estime qu’il sera condamné à porter des briques de terre sèche. Les habits et les effets personnels du défunt sont brûlés ; aucune trace de lui ne doit subsister dans la maison. Les Chinois ont une aversion pour les objets d’occasion, notamment les brocantes ; ils pensent qu’ils ont peut-être appartenu à des morts et peuvent, donc de fait, porter malheur. Le deuil en Chine dure trois ans deuil, alors que dans la religion musulmane le délai de viduité, ne s’imposant qu’à la femme non enceinte, est de 4 mois et 10 jours. Pendant qu’on dépose le cercueil par terre, ou lors de la visite au cimetière, il est brûlé du papier de monnaie, pour secourir le mort ; car sans argent, le défunt sera en difficulté dans l’autre vie ; il est possible de jouer la musique et faire exploser des pétards. A la campagne, la tombe est souvent recouverte de paille ou d’herbe sauvage. Une stèle ou des briques marquent l’emplacement de la tombe. Au troisième jour, après l’enterrement, il est offert un repas. Le blanc est symbole du deuil qui dure trois ans. Une personne en deuil, ne doit célébrer ni son anniversaire, ni rendre visite aux parents et amis ; cela pourrait porter malheur.

 

II – Les Chinois, un culte divin voué à l’argent

Confucius a inculqué, par sa doctrine, aux Chinois, l’idée de devoirs, d’efforts sur soi-même, de perfection, il faut se fixer un objectif dans la vie et tout faire pour l’atteindre. Mais l’héritage de Confucius pourrait se résumer en ce le bonheur et l’harmonie sont synonymes de réussite matérielle. En effet, l’argent roi, tout s’achète et ce n’est qu’une question de prix. Les paysans chinois ont montré, par leur force de travail, leur rigueur et abnégation, leur contribution décisive au développement de la Chine, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

A l’intérieur du pays, les campagnards Chinois, les «Mingongs» sont le moteur essentiel, du miracle économique ce pays. En effet, en rupture avec l’idéologie maoïste qui les contraignait de vivre dans leur région, ces campagnards issus des régions les plus défavorisées, ont émigré, massivement, dans les villes, sous Zhou Enlai (1898-1976), promoteur du libéralisme en Chine. C’est une armée d’esclaves qui a contribué massivement à la victoire de la Chine dans la mondialisation. Ces ouvriers corvéables à souhait, avec des salaires très bas, peu syndiqués, souvent rémunérés à la pièce, ont peu de congés et de repos hebdomadaire, sauf pendant les quinze jours nouvel An chinois. Les salaires versés aux travailleurs chinois sont dégrevés des frais de logement, d’habillement et de nourriture, ce qui le diminue substantiellement, jusqu’à 50% de son montant, et ce bien que les conditions de logement soient précaires. Les «Mingongs» ne possèdent pas le «Hoku» citadin, et donc peu de droits sociaux en ville. Certains d’entre eux ont été spoliés de leurs terres ou de leurs maisons, en faveur de grandes entreprises étrangères.

A l’extérieur de la Chine, la diaspora chinoise est d’un dynamisme exceptionnel. En effet, ce sont ces campagnards chinois qui ont immigré essentiellement aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Afrique et en France. On estime que 600 000 Chinois vivent en France. Les relations diplomatiques entre la France et la Chine ont établies par le général le 27 janvier 1964. Il existe des personnes de souche chinoise, mais originaires du Vietnam et du Cambodge, les «boat-people» qui sont établies en France depuis les années 1970, notamment dans le XIIIème arrondissement de Paris. L’arrivée massive des Chinois de Chine est plus récente et date des années 1990.

Nous avons de deux catégories de Chinois vivant en France. On retrouve là aussi cette division de la campagne et des villes. Cette césure sociologique est la suivante : nous avons d’une part les riches commerçants des provinces du Sud-Est de Zheijiang dont la capitale est Wenzhou, et d’autre part, les paysans de la campagne paupérisée. Il existe une solidarité entre ces deux catégories sociales, fondée sur le pragmatisme de Confucius. Les commerçants chinois, souvent bien intégrés et ayant la nationalité française, font recours à ces nouveaux venus, pour optimiser leurs marges bénéficiaires. C’est un capitalisme féroce, fondé sur la loi du silence, mais chacun semble y trouver son intérêt. En règle générale, l’employé travaille 6 jours sur 7, et n’a que le lundi, le jour de fermeture de l’entreprise. Peu d’heures sont déclarées, le reste est payé en liquide. N’ayant pas souvent de titre séjour pour ouvrir un compte bancaire, ces vaillants travailleurs paient tout en liquide. Certains voyous n’hésitent pas à les agresser, même de jour. On retrouve là le courage et la résistance au travail des Chinois qui forcent une grande admiration. Si les entreprises chinoises à Paris sont particulièrement dynamiques c’est en raison de cette armée d’esclaves que sont les immigrants venus de la campagne. L’itinéraire du nouvel immigrant chinois, sans papier, est bien balisé. Contrairement aux Africains qui empruntent des embarcations dangereuses et paient des fortunes au risque de leur vie, les Chinois arrivent, le plus légalement avec un visa de court séjour. Dans la première étape, ils sollicitent l’asile politique ; ils consultent les annonces écrites en chinois pour le logement et le travail, et quand il s’agit d’une femme, recherchent un époux de nationalité française, de préférence un Européen.

On retrouve cette solidarité d’intérêts et ce pragmatisme de Confucius dans les différents services offerts aux sans-papiers par leur communauté. Ainsi, pour la garde des enfants, les Chinois, à Paris, font peu appel aux crèches municipales. Les Chinois en situation régulière, au lieu de louer un appartement, préfèrent dès le départ, même quand ils ont de modestes revenus, acheter un pavillon ou un grand appartement, et occupent une seul chambre, ils sous-louent les pièces restantes. Ce sont donc les sous-locataires, souvent en situation irrégulière, qui payent, en fait, les traites bancaires. Le repas, collectif est préparé à tour de rôle et un des sans-papiers s’occupe de la garde des enfants. Communauté travailleuse, discrète et paisible, sans petite délinquance, cette sous-location est mutuellement profitable à tous. Par le biais d’annonces en chinois, différents services (taxis, coiffure, accompagnement dans les démarches administratives, annonces matrimoniales, locaux commerciaux, offres d’emplois, etc.), sont proposés à toute la communauté, mais seulement à la communauté. Cette solidarité, fondée sur des intérêts mutuels, manquent cruellement aux Africains victimes d’un lavage de cerveau colonial, fondé sur l’assimilation. En effet, il n’y a pas de communauté noire en France. L’esprit colonial dénonce un soit-disant «communautarisme». Dans les faits, les Européens, les Juifs et les Asiatiques sont particulièrement bien organisés entre eux avec des retours d’ascenseurs. Cette division et cette compartimentation de la communauté africaine en France est dramatique pour la diaspora, marginalisée sur le plan politique, économique et social. A mon sens, la communauté, telle que la vie les Chinois, n’est pas le rejet des autres, mais c’est un haut lieu d’entraide, de solidarité et de socialibilité, dans le respect mutuel. Tout en coopérant ensemble, les Chinois sont appréciés et respectés par les Français pour leur dynamisme et la vitalité de leur engagement dans l’économie française. En revanche, les Africains terrorisés et caporalisés par l’esprit colonial ont été marginalisés et relégués dans certaines zones, souvent contraints à verser dans la petite délinquance.

Les Chinois qui immigrent viennent souvent avec leur famille ou demandent le regroupement familial. La piété familiale, au sens de Confucius, est devenue aussi un élément de performance et d’efficacité. Chaque membre de la famille contribue à la réussite matérielle du groupe. En revanche, l’immigration africaine traditionnelle vivant dans les foyers, la famille, restée au pays, est un lourd fardeau à travers les mandats chaque mois qui sont consommés et non investis.

Les Chinois ont un goût du luxe prononcé. Même les immigrants des contrées pauvres aiment à afficher «leurs richesses» (sacs Louis VUITTON pour les femmes, ceinture Dior et montres Rolex pour les hommes). Il existe un concept important chez les Chinois, plein de dignité et de sens de l’honneur en toute circonstance, il faut «sauver la face». Plein de dignité et de sens de l’honneur, les Chinois estiment qu’il ne faudrait pas se ridiculiser, ne pas reculer devant les autres, c'est un point capital. C’est pour cela qu’il n’est pas aisé de saisir réellement ce que pense le Chinois ; il peut dire à son  interlocuteur ce qu’il veut entendre ou ce qui lui permettra de sauver la face. Par conséquent, il ne faut pas croire que le sourire est toujours signe de joie ou de bien être chez un Chinois. En effet, il arrive que lorsqu'ils sont embarrassés ou soucieux, ils donnent l'impression de satisfaction. Perdre la face est la pire des choses qui puisse arriver à un Chinois. Faire perdre la face à quelqu'un est considéré comme un comportement d'une gravité extrême. C'est une des raisons pour lesquelles les chinois n'expriment que très peu leurs sentiments directement et ouvertement. Comme les Africains respectueux des aînés, les Chinois font preuve de courtoisie, car ils sont très attachés aux usages. On devra respecter l'âge, la position sociale et la dignité de chacun, de même être très ponctuel.

Discrète, travailleuse, la société chinoise en France, apparemment fermée, ne s’intéresse ni à la politique, ni aux autres questions de société. Par cet isolement, les immigrants sont rançonnés par les associations chinoises, pour tout qui concerne leurs démarches administratives. Les Chinois n’ont aucun complexe à dire qu’ils n’aiment ni les Arabes, ni les Noirs. S’ils sont confrontés à des agressions physiques en raison des agressions constatées, il n’en reste pas moins que la Chine, contrairement à la France, n’a pas officiellement d’idéologie colonialiste ou esclavagiste base du racisme et peu d’Africains séjournent encore dans ce pays. Dans le passé, à la suite des guerres sur l’opium en 1855, une Chine partie de la Chine a été colonisée par la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et le Japon. L’Empereur qui considérait les étrangers comme étant le «diable» avait ordonné de les massacrer, sans succès. De nos jours, les Chinois sont présents massivement en Afrique, notamment au Sénégal. En raison de ces liens commerciaux, la Chine est devenue pourtant la deuxième destination pour les étudiants africains. A la conférence de Bandung en 1955, la Chine avait lancé le concept de pays «non—alignés» et relance actuellement sa solidarité avec le tiers-monde. On est donc surpris par ce racisme primaire à l’égard des Africains. Mon explication c’est qu’il serait fondé, essentiellement, sur la méconnaissance du continent noir. En effet, les Chinois, même s’il n’est pas facile de gagner leur confiance, sont curieux de tout ; si les Chinois sont pour nous un objet de curiosité, ils nous regardent avec délectation. Dès que la conversation est engagée, ils n’hésitent pas en quelques minutes de vous poser les questions les plus indiscrètes. Dès que le contact est établi, toutes les barrières tombent.

En définitive, on est admiratif et respectueux de ce peuple en raison de sa valeur travail, l’efficacité, l’énergie qu’ils déploient pour atteindre leurs objectifs afin d’améliorer, constamment leurs conditions de vie. Comme l’a recommandé Confucius, les Chinois savent se fixer objectif pour réussir leur vie. Même les grands barons de la drogue ou de la prostitution ont intégré cette logique de la réussite par l’accumulation de l’argent. Aussi, à Paris, les commerçants Wenzhou ont acheté la plupart des tabacs et les grands magasins ont recruté des personnes d’origine chinoise. En raison de ce respect qu’ils ont gagné par leur force de travail et leur sérieux, les Chinois obtiennent plus facilement la naturalisation ou la régularisation, et le racisme à leur encontre a reculé. C’est un exemple à méditer pour la communauté africaine en France.

Bonne fête, à nos amis Chinois, de «Zhonqiujie» ou fête de la lune, encore appelée fête de la réunion ou de la mi-automne. Cette fête traditionnelle est célébrée le 15ème jour du 8ème mois lunaire ; en 2017, elle tombe, le 4 octobre. La lune, cette nuit-là, est particulièrement brillante, plus ronde et plus belle que le reste de l'année. Les Chinois considèrent la pleine lune comme symbole de la réunion familiale, à cette occasion, les Chinois mangent un gâteau de lune.

Bibliographie sélective :

BONACOSSI (Comte Alexandre), La Chine et les Chinois, Paris, Imprimerie Giraudet et Jouaust, 1847, 388 pages, spéc pages 102-147 ;

CORDIER (Henri), La Chine, Paris, Payot, 1921, 162 pages ;

D’ESCAYERAC de LAUTURE (Comte de), La Chine et les Chinois, Paris, Adolphe Delahaye, 1877, 100 pages, spéc 19 et suivantes ;

DORE (Henri), Popularisation du Confucéisme, du Bouddhisme et du Taoisme en Chine, Shanghai, Imprimerie de Tou-Sé-Wé, 1918, tome XIII, 448 pages ;

DORE (Henri), Recherches sur les superstitions en Chine, Shanghai, Imprimerie de Tou-Sé-Wé, 1911, tome 1 «Les pratiques superstitieuses», 1911, pages 1-146 ; tome 2 «Les talismans» 1911, pages 147-216 pages ; tome 3 «La bonne aventure, la divination», 1912, pages 217-322 et tome 4 «diable, sorcellerie, encens» pages 323-488 ; 

MONTFORT (Aguste François Marie), Voyage en Chine, Paris, Victor Lecou, 1854, 366 pages, spéc pages   171-195 ;

KWOK (Man-Ho), The Chinese Horoscope Library, Prentice Hall, Canada, Scarborough, Ontario, 1994, 50 pages ;

SEMEDO (Alvaro), MARTINI (Martino), Histoire universelle de la Chine, Paris, 1667, Hiérosme Prost, spéc pages 136-141.

Paris, le 4 octobre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 16:25

La province du Shandong, dont la capitale est la ville de Jinan, jadis appelée Tsinan, se situe dans la partie orientale de la  Chine et sur le cours inférieur du fleuve Jaune. La ville de Rennes, en France, est jumelée avec Jinan qui compte 3 500 000 habitants. Le poète LI Bai (701-762), alias LI Po, originaire de Jinan, surnommé le poète immortel, est considéré comme étant le plus grand poète de tous les temps. Il était l’incarnation de la poésie classique de la dynastie Tang. De nombreux dirigeants des dynasties s’y installèrent louant ses paysages naturels et ses reliques culturels. Jinan est en effet un condensé de paysage naturel avec des montagnes, des sources thermales, des rivières et des lacs et de vestiges historiques avec d’anciennes reliques, une mosquée et des pagodes.

Entourée de montagnes et parsemée de lacs,  ville historique avec une histoire, Jinan recèle de nombreux vestiges comme le site antique de Longshan et les sculptures colorées de la dynastie des Song (960-1279) dans le Temple Lingyan, une multitude de statues bouddhiques sculptées sur les falaises rocheuses sur la montagne 1000 Bouddhas.

Le Lac Daming et les Sources Baotu, en centre ville, sont des attractions à ne pas manquer.

I – Le lac Daming ou la «Grande splendeur»

Au nord de la ville, s’étend le parc du lac Daming, ou «La Grande splendeur», un grand lac naturel qui couvre une superficie de 46 hectares. Le lac accueille 9 îlots sur lesquels ont été construits de jolis pavillons. Le lac bordé d’une riche végétation et de nombreux pavillons offrent un panorama remarquable. Ce Lac est l’un des sites naturels et culturels majeurs de la ville de Jinan. Depuis 1500 ans déjà, le lac fut l’une des grandes inspirations des poètes et écrivains chinois. Dans le recueil de Shu Jing Zhu, intitulé «Commentaire sur l’eau classique», l’auteur y décrit la conception traditionnelle et géographique des cours d’eau et des canaux du lac. Ce recueil fut plagié par Li Daoyan à l’époque de la Dynastie des Wei (386 – 534), et repris plus tard par Marco Polo.

Au Lac Daming, avec ses neuf petites îles, ses pavillons, ses six jardins traditionnels et ses innombrables étangs couverts de fleurs de lotus, se côtoient avec harmonie et sont une invitation à la flânerie et au rêve. Les temples et pavillons du Lac Daming reposent sur une architecture surprenante.

Le temple Beiji  est l’un des plus grands temples taoïste de Jinan couvrant une superficie de 1078 m². Sur la rive nord du lac, il a été construit durant la dynastie Yuan (1271-1368) et fut restauré de nombreuses fois. On y découvre la statue dorée du dieu taoïste Zhenwu et 18 autres statues faites de boue en hommage aux dieux du vent, de la pluie, du tonnerre etc. L’édifice abrite également une tour de tambour et une grande cloche.

Le pavillon Lixiating, situé sur la plus grande île du lac, fait en bois avec des piliers rouges et des tuiles grises, était le lieu de rassemblement des hommes de lettres pendant la dynastie Qing, tels les célèbres poètes Tang et Du Fu. Ce pavillon fut détruit et restauré au cours du règne de l’empereur Kangxi qui y a laissé quelques inscriptions calligraphiées.      

La tour Huibolou, uu nord-est du lac, tour était un lieu de prédilection pour les visiteurs, mais aussi un lieu où l’on faisait de grands festins et où les poètes s’afféraient dans leur écriture. Cette tour a été détruite pendant les guerres avant la libération puis reconstruite en 1982.

La salle ancestrale Tiegongci, située sur le côté ouest de la rive nord du lac Daming.  Tiegongci, a été construite en 1792 sous le règne de l’empereur Qianlong de la dynastie Qing. C’est une cour qui couvre plus de 6 000 m² avec une allée ornée de tortues. On y trouve également trois salles ancestrales et un grenier.

Le jardin de Xiaocanglang, se trouvant à proximité de Tiegongci, a été érigé sous la dynastie des Qing. Celui-ci est célèbre pour son étang parsemé des fameux lotus et bordé de saules pleureurs.

II – Le parc des sources Baotu.

La source d'eau de Baotu, le symbole de Jinan, est située au sud-ouest de Jinan. Elle a une histoire de plus de 3500 ans ; elle est entourée de paysages artificiels, de jolis pavillons et de couloirs de promenade. Elle est dominée par un pavillon, abritant un monument aux morts et qui surplombe la ville.

La Source de Baotu est une source de karst artésienne, une source d’eau chaude, mentionnée dans les livres anciens «Le printemps et l'automne Annales», soit l'un des Cinq Classiques de la littérature chinoise, et a été déclarée «La première source sous le ciel» par l'empereur Qianlong sous la dynastie des Qing.

 Cette source d'eau est la plus connu des 72 sources de Jinan, elle est caractérisée par trois voies de sortie d'eaux et parfois sous pression elles peuvent donner des petits jets d'eaux pouvant atteindre les 26 mètres de hauteur et l'eau qui retombe, donne une très belle et spectaculaire vision. La Source de Baotu est alimentée par une eau calcaire, le volume de l'eau peut atteindre jusqu'à 1,6 m3 par seconde. En hiver, comme il provient des profondeurs de la terre, l'eau de la source garde toujours une température constante de 18 à  19 degrés, ce qui provoque de la vapeur d'eau et des brouillards, qui restent en suspension ou flotte à la surface de l'eau, ce qui donnent avec son environnement coloré, son paysage, ses pavillons et son eau limpide des vues pittoresque comme un paradis sur terre.

L'eau de la source, riche en goût et très doux est également très apprécier pour faire le thé.

Paris, le 25 septembre 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Jinan, capitale du Shandong, en Chine, avec son Lac Daming et sa Source Daotu.
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29 avril 2017 6 29 /04 /avril /2017 18:53

"On ne se baigne jamais dans le même marigot" dit un proverbe africain. Paris est une ville qui nous réserve sans cesse des surprises. On croit connaître cette merveilleuse ville, puis subitement, et au détour d'une escapade le charme infini vous saisit et vous envoûte. Du même coup, on se met à vadrouiller, comme s'il s'agissait d'une première découverte de notre belle capitale.

En effet, venu assister à une rencontre au Musée Dapper, dans le 16ème arrondissement, sur l'artiste sénégalais, Ousmane SOW, je n'ai pas pu obtenir une place. Contrarié, j'improvise une promenade dans les beaux quartiers. Je tombe d'abord sur la place des États-Unis, ses statues en bronze, ses demeures huppées et le musée Cristal.

Ensuite, dans ma randonnée désordonnée, j'aperçois le Palais Galliera, musée de la Mode Paris, où sont exposées actuellement 110 robes de la chanteuse Dalida. J’avais rencontré Dalida, sur le plateau de Canal Plus, lors d’une émission animée par Philippe GILDAS. Il y avait déjà en 1987, cette vague d’incendies à Paris, qui visait des squats occupés par des immigrants. Un bidon d’essence, et pas besoin de recourir aux frais d’huissier pour expulser ces indésirables. Puis, Dalida, au carrefour de plusieurs cultures, avec sa voie mélodieuse, s’est donnée la mort une semaine plus tard. Je n’arrêtais pas d’écouter ses chansons, pendant de nombreuses décennies. J’entends toujours le son de sa musique résonner dans mes souvenirs.

Le Palais Galliera, d’inspiration Renaissance italienne, abrite le musée de la mode de la ville de Paris, construit par l’architecte Léon GINAIN pour accueillir les collections de Maria BRIGNOLE-SALE, Duchesse de Galliera (1811-1888). Cette dernière légua ses biens à la ville de Gênes, mais fit don du Palais à la ville de Paris.

Le 15 avril 1878, la duchesse de Galliera manifeste son intention de laisser à l’Etat français sa collection d’œuvres d’art à la condition que cette dernière soit exposée au public dans un musée spécialement construit à cet effet. Musée qu’elle se propose de financer sur un vaste terrain lui appartenant. Ses exigences sont claires : l’ensemble se composera d’un musée entouré d’un square et, de chaque côté, sera percée une voie créant ainsi deux rues baptisées Brignole et de Galliera. Le musée, prendra, quant à lui le nom de Brignole-Galliera.

Le 11 juillet 1878, le conseil municipal accepte avec reconnaissance la donation, et le 31 octobre la duchesse ratifie devant son notaire sa proposition par une donation en règle. Cependant il demeure stipulé que la duchesse jouira sa vie durant de l’édifice à l’usage de Musée et des bâtiments de service qu’elle s’engage à faire élever. L’Etat ne pouvant disposer de l’ensemble qu’à son décès.

Le décès de la duchesse de Galliera, le 9 décembre 1888, marque l’arrêt des travaux déjà très avancés qui sont repris par l’architecte Paul-René-Léon GINAIN jusqu’à l’achèvement de l’édifice le 27 février 1894.

Depuis son inauguration en 1895, le Palais Galliera a connu plusieurs affectations avant d’être définitivement consacré à la mode, en 1977, par la Mairie de Paris.

Le 19 décembre 1895, le sort du musée est fixé : il est inauguré en tant que musée d’Art Industriel. De nombreuses expositions d’arts décoratifs y sont organisées permettant au lieu de trouver son public désireux de découvrir cette nouvelle forme d’art.

Au début du XXe siècle, l’art appliqué à l’industrie est considéré comme mineur face aux arts majeurs – architecture, sculpture, peinture –. Pour lutter contre ce préjugé, Maurice Quentin-Bauchart demande à la Ville de Paris de créer une programmation d’expositions d’art industriel au Palais Galliera.

En 1954, le Palais Galliera ouvre ses salles aux expositions annuelles du Salon des peintres témoins de leur temps. À cette occasion, il est spécialement aménagé pour offrir une meilleure présentation des œuvres d’art. Les plus grands artistes contemporains du moment se rencontrent dans les salles de Galliera : Utrillo, Rouault, Matisse, Chagall, Buffet, Picasso ou encore Léger, Braque, Kisling, et Gromaire. Chaque année un thème est imposé, en rapport avec l’Homme et son environnement, comme L’Homme dans la ville en 1954, Le pain et le vin en 1965 ou encore La vie des choses en 1973. Seuls les artistes figuratifs sont invités à en livrer leurs visions.

En 1977, changeant à la fois de nom et d’adresse, le musée du Costume devient le musée de la Mode et du Costume de la Ville de Paris en s’installant au Palais Galliera. Autonome, le musée hérite des collections de costumes et d’accessoires jusqu’alors conservées au musée Carnavalet et rejoint ainsi le réseau des musées de la Ville de Paris qui comptent alors 14 établissements.

Situé sur une ancienne carrière de calcaire à ciel ouvert, le sol de la parcelle fut consolidé. Le jardin a fait l’objet d’une rénovation profonde en 2003 et de replantation en 2005. La fontaine de l’Avril (1916), ornée d’une statue en bronze de Pierre ROCHE, les sculptures Dieu Pan et un Tigre (1897) de Jules BECQUET et Enfance de Bacchus (1875) de Jean PERRAUD, agrémentent ce jeu. Dans ce jardin écologique sont plantés des tilleuls, sophoras et marronniers.

Le Musée Galliera est entouré par le palais de Tokyo et le musée d'art moderne de la ville de Paris.

Non loin de là plastronne la tour Eiffel. J’y fais une rencontre furtive avec ces vendeurs à la sauvette, venus du Sénégal. Ces immigrés, tant vilipendés par certains et qui suscitent parfois la défiance et la peur, sont en fait des héros du quotidien. La noblesse ne vient ni de la fortune, ni de la couleur de peau, mais de l’aptitude résolue, de chaque individu, de sauvegarder sa dignité par le travail, d’être utile aux siens et à la société.

Enfin, et avant de reprendre le bus 72 pour aller à l'hôtel j'ai admiré la Seine et ses bateaux mouches.

Je constate que la "flamme de la liberté", sous le pont l'Alma, est fait devenu un lieu de pèlerinage à la mémoire de la princesse Diana.

Palais Galliera-musée de la mode de la ville de Paris, 10 avenue Pierre-1er-de-Serbie, Paris XVIe. Jusqu'au 13 août du mardi au dimanche, de 10 à 18 heures. Nocturne les jeudis et vendredis jusqu'à 21 heures.

Tarifs : 12 euros, 9 euros, gratuit pour les moins de 18 ans

Tél. 01.56.52.86.00.

Paris, le 29 avril 2017, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 10:51

"Si vous avez eu la chance de vivre à Paris quand vous étiez jeune, quels que soient les lieux visités par la suite, Paris ne vous quitte plus, car Paris est une fête mobile", écrit Ernest HEMINGWAY (voir mon post). Dans cette atmosphère tristounette des présidentielles de 2017, Paris est arrosé en ce 12 avril 2017, par un soleil radieux ; ce qui a illuminé mon cœur. Et subitement en traversant le Jardin de Luxembourg, je fus envahi par une joie immense, sans que je sache sa provenance. Comme Marcel PROUST (voir mon post) je fis appel à ma mémoire involontaire. En fait, le Jardin du Luxembourg me rappelle bien des événements heureux, tristes, mais surtout de la joie et de l’espérance. Combien de fois, pendant mes années d’étudiant en droit à Paris 2 Assas, j’avais traversé ce jardin pour aller de la rue d’Assas au Panthéon ou vis-versa. Dans les jours heureux, il y a eu, cette rencontre furtive, Emmanuelle, une étudiante grecque, qui m’a appris à bien distinguer les différentes catégories de fleurs dans ce beau jardin du Luxembourg. Dans les moments de tristesse, je me rappelle aussi de ce coup de fil, d’un cousin Alpha DJIGO, qui résidait à l’époque dans le 6ème arrondissement, en m’apprenant la mort de mon oncle Demba Harouna N’DIAYE. J’avais séché mes cours de l’après-midi, inconsolable. Devant un tel drame qui venait de frapper à nouveau, la famille de ma mère, presque décimée, je suis allé sangloter au Jardin du Luxembourg. Dans mon pitoyable état, une dame âgée, croyant que j’étais sans domicile fixe, me donna un billet de 100 F. Cette attention particulière m’a profonde touché devant la grande indifférence des passants.


 

Plus tard, le Jardin de Luxembourg, sera devenu un terrain de jeux, parfois coûteux, pour mes enfants, Jean-Philippe et Arsinoé. La balançoire, l’aire de jeux, le théâtre, et la ballade en poney, la location des petits bateaux, à chaque fois, il faut sortir le porte-monnaie. Mais quelle immense joie de me retourner ainsi en enfance !

Le Jardin du Luxembourg, c’est aussi, la présidence de Gaston MONNERVILLE (1897-1991), du Parti radical. Et oui, peu de gens le savent, un Noir a été président du Sénat au Palais du Luxembourg, pendant 22 ans. En effet, Gaston MONNERVILLE a été vice-président du Conseil de la République de 1946 à 1947, président de cette institution de 1947 à 1958, et président du Sénat de 1959 à 1968 (voir mon post du 25 janvier 2015). Il a eu l’honneur et le courage de s’opposer aux référendums putschistes du général de Gaulle.

J’ai aussi été submergé d’un bonheur immense, le samedi 1er octobre 2011, jour de l’intronisation de M. Jean-Pierre BEL, 1er président socialiste au Sénat (voir mon post) qui m’avait invité pour cette cérémonie au Sénat. Pour la première fois de l’histoire, la Gauche avait tous les pouvoirs, au plan local et national, et on attendait le droit de vote des étrangers aux élections locales depuis 1981. Passée cette joie immense d’un moment, je fus envahi par la colère contre ceux qui avaient les yeux rivés sur les sondages, et, en fait, ne défendaient que leur petite soupe. Quelle trahison de Jean JAURÈS !


 

Le 10 mai, n’est pas seulement que la victoire de François MITTERRAND aux élections de 1981, ni celle de Blaise DIAGNE, 1er député noir du Sénégal, aux législatives de 1914, mais c’est aussi et surtout, la célébration de l’abolition de l’esclavage, déclaré «crime contre l’humanité», chaque année, au Jardin du Luxembourg. Cet événement majeur nous le devons à Mme Christiane TAUBIRA, une grande dame qui s’est dressée contre la déchéance de la nationalité.


 

Acquis par Marie de MÉDICIS, la superficie actuelle du domaine du Luxembourg, 25 hectares environ, équivaut à peu près à celle des acquisitions initiales, mais sa configuration a totalement changé. Ce n'est qu'à la fin du Second Empire que le jardin s'est installé dans ses limites actuelles. En 1611, lorsque commence l'histoire du Jardin, le faubourg qui s'étendait au sud des portes Saint-Michel et Saint-Germain, sur la rive gauche de la Seine, était devenu un quartier mondain et campagnard à la fois. La reine, Marie de MDECICIS aimait ce faubourg tranquille, plus salubre que le quartier du Louvre et où demeuraient des membres éminents de son entourage italien. Aussi est-ce là qu'elle songea à élire domicile lorsqu'elle manifesta son désir, après l'assassinat d'Henri IV, de quitter le Louvre. Elle se préoccupa donc d'acquérir un terrain assez vaste pour y édifier une demeure inspirée des palais florentins et un parc rappelant les jardins de Boboli. Le palais et le jardin doivent leur nom à François de Luxembourg, un duc, lointain descendant du premier comte du Grand-Duché. En 1581, il se fit construire un bel hôtel avec un parc de 8 ha, rue de Vaugirard, à Paris. La reine mère, Marie de MEDICIS, veuve d’Henri IV (1553-1610), eut un coup de coeur en voyant le palais du duc et le lui racheta en 1611. Elle voulait à tout prix fuir le palais du Louvre qu’elle trouvait trop sale. Marie de MEDICIS s’offrit aussi 16 ha supplémentaires alentour pour agrandir le parc. Ainsi acquis, ce patrimoine passa de main en main royale au fil du temps : le duc Gaston d’Orléans, Louis XIV, Louis XVI ou le comte de Provence, futur Louis XVIII.

Ce fut la première acquisition d'une longue série, car malgré ses embarras financiers, la Reine mère mena pratiquement jusqu'à son départ pour l'exil en 1631 des transactions complexes. Le jardin du Luxembourg subit de nombreuses modifications, jusqu'aux travaux d'Haussmann, qui lui donnent son tracé actuel.

Le domaine demeura en l'état jusqu'à ce que le Palais du Luxembourg fût donné en apanage au Comte de Provence. Afin de payer la remise en état du Palais, on vendit l'extrémité occidentale des jardins du côté Notre-Dame-des-Champs. Dix hectares environ furent cédés en 1782, et fut percée la rue de Luxembourg, future rue Guynemer. Les allées sacrifiées comprenaient la «Vallée des Philosophes» où Rousseau, hôte en 1741 de l'Hôtel Saint-Quentin, rue Victor-Cousin, se promenait tous les matins en exerçant sa mémoire récalcitrante sur les églogues de Virgile, ainsi que l'allée des Soupirs, au nom éloquent.

Le Jardin était désormais orienté du nord au sud, comme le Palais, et sa superficie considérablement augmentée : son extrémité touchait presque au boulevard du Montparnasse. Dès le lendemain de la condamnation à mort du Maréchal Michel NEY, duc d’Enghein (1769-1815) par la Chambre des Pairs, un fiacre l'emmena à 8 heures du matin, le 7 décembre 1815, du Palais, dans les combles duquel il était détenu, à l'Observatoire où il fut passé par les armes. Les aménagements d'Haussmann se firent largement aux dépens du parc, qui fut, dans un premier temps rogné par l'élargissement de la rue de Vaugirard et l'ouverture du boulevard Saint-Michel. Il fut décidé en 1865 de limiter au sud le jardin par une rue ouverte dans le prolongement de la rue de l'Abbé-de-l'Epée, et de lotir la pépinière et le jardin botanique.


 

Cette décision souleva à l'époque une levée de boucliers et suscita des pétitions, dont l'une atteignit 12.000 signatures. Dans un de ses contes, Guy de MAUPASSANT donne de la pépinière une description qui justifie cette indignation : "C'était comme un jardin oublié de l'autre siècle, un jardin joli comme un doux sourire de vieille. Des haies touffues séparaient les allées étroites et régulières, allées calmes entre deux murs de feuillages taillés avec méthode. Les grands ciseaux du jardinier alignaient sans relâche les cloisons de branches; de place en place on rencontrait des parterres de fleurs, des plates-bandes de petits arbres rangés comme des collégiens en promenade, des sociétés de rosiers magnifiques et des régiments d'arbres à fruits".

La reine, née à Florence, demande à Salomon de BROSSE, de s’inspirer du Palais Pitti de son enfance, mais l’architecte davantage à la tradition française qu’au modèle italien. Quant au jardin limité au Sud par l’enclos des Chartreux, elle en confie la composition à Boyceau de la BARAUDERIE pour les parterres à Thomas FRANCINE pour les terrasses et fontaines qui seront alimentées en eau grâce à la construction de l’aqueduc d’Arcueil. A la «Journée des Dupes», en novembre 1630, qui consacre le pouvoir de Richelieu, Louis XIII contraint sa mère à l’exil. Marie MEDICIS meurt à Cologne en 1642.


 

En 1635, André Le NOTRE réaménage les parterres, ne pouvant dérouler la grande perspective souhaitée vers le sud du fait de la persistance du couvent des Chartreux. Après la mort de Marie de MEDICIS, en 1642, le palais du Luxembourg et son jardin changent de mains à de maintes reprises.

Après la Révolution, le palais abrita successivement une prison, la préfecture de la Seine et le Palais du Luxembourg est affecté depuis le 22 juillet 1879 au Sénat qui a en charge son entretien, ainsi que celui de son Jardin. Sous la Vème République, le Sénat compte 348 sénateurs, renouvelés par moitie, tous les 3 ans.

L’émotion et la joie que j’ai ressenties, ce matin du 12 avril 2017 au Jardin du Luxembourg, dans ce pays riche d’histoire et de promesses, tranche bien avec la sinistrose ambiante. Dans ce beau pays qu’est la France, riche en patrimoine culturel et plein de promesses, je plains ceux qui ont le cœur rempli de haine. "Laissez la haine à ceux qui sont trop faibles pour aimer" nous avait dit Martin LUTHER KING.

Je ne l’avais pas bien remarqué, mais aujourd’hui, j’ai pris le temps d’admirer les 20 statues qui représentent une série de Reines de France et des femmes illustres. A l’exception de Marguerite d’Anjou, commandée en 1874, ces sculptures somptueuses ont été commandées entre 1843 et 1846. Les parterres furent réaménagés par l’architecte Alphonse de GISORS. On peut naturellement admirer au Jardin de Luxembourg, les sculptures notamment de Marie de MEDICIS (1573-1642), de Sainte Clotilde (545) de Blanche de Castille (1188-1252), de Sainte-Geneviève (423-512), patronne de patronne de Paris.

Mais le Jardin de Luxembourg est aussi, un hommage à des artistes et écrivains ou œuvres originales, comme Ludwig von BEETHOVEN, Stefan SWEIG, Charles BEAUDELAIRE (1821-1887). On y trouve une sculpture représentant le «Triomphe de Silène», père nourricier de Dionysos, dieu de la vigne et du vin, réalisée par Aimé Jules DALOU (1878-1912), de Paul VERLAINE (1844-1896) d’Edouard BRANLY (1844-1940), celui a découvert les radios conducteurs menant à la télégraphie et au télémécanique sans fil, la Comtesse de Sévigné, née Rostopchine (1799-1874). Je redécouvre surtout cette réplique en miniature de la statue de la «Liberté éclatant le monde» offerte au musée Luxembourg par Auguste BARTHOLDI et placée dans le jardin en 1906 et remplacée par une réplique en 2012. On est admiratif de l’œuvre d’Ossip ZADKINE (1890-1967) en hommage au poète Paul ELUARD (1895-1952) de l’hommage rendu à George SAND et Eugène DELACROIX, etc.

Je tenais à rendre hommage aussi, à ces ouvriers anonymes qui font partie de la minorité invisible, qui se consacrent actuellement, aux travaux de rénovation de ce jardin.

Le Musée du Luxembourg abrite de nombreuses expositions. Vous pourrez y admirer une exposition du PISSARO du 16 mars 2017 au 9 juillet 2017. On peut s’arrêter à la cafétaria Angélina, fondée en 1903. Les gâteaux sont magnifiques et artistiques et témoignent là aussi du savoir-faire et raffinement de la France, mais je ne pouvais pas en manger.

Depuis plusieurs années, je n’entends que cette petite musique de la classe politique traditionnelle : «ce pays est en crise, on ne peut rien pour vous». Mais devant ce défaitisme qui ne s’attaque pas pourtant aux privilèges de cette caste des régnants, j’entends également dire un candidat, M. Benoît HAMON, «on vous dit à chaque fois que ce n’est pas possible, jusqu’au jour où je vous dirai : on l’a fait !», en référence à un slogan de Nelson MANDELA.

Habité par l’optimisme et l’espérance, je vous dis soyons fier de ce pays, encore républicain, et croyons fermement à un futur désirable, pour faire battre le cœur de la France. Votez pour vous !


Paris, le 12 avril 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

Le  Jardin du Luxembourg, un merveilleux endroit en plein Quartier Latin.
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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 14:04

Œuvre de huit siècles, le Louvre est aussi le miroir d'une France qui a enraciné en ce lieu sa force, son unité et son rayonnement culturel. «Il est des monuments presque aussi célèbres que les grandes villes qui les renferment, parce qu'ils personnifient l'un des aspects les plus saillants du génie de leur peuple : le Capitule et le Vatican à Rome, Westminster à Londres, le Kremlin à Moscou, le Louvre à Paris. Le Louvre a ce caractère spécial, qu'il ne symbolise pas seulement la puissance, mais l'intelligence et l'art» nous dit Albert BABEAU. Quand a l’immense honneur d’habiter à Paris, on passe parfois, sans vraiment s’en rendre compte, à côté du privilège de faire partie de cette ville-musée. Pourtant, chaque jour un flot incessant de touristes nous rappelle que nous côtoyons des lieux hautement chargés d’histoire. Si les murs du Louvre pouvaient parler ! Ma petite Arsinoé ne cesse de me répéter qu’elle s’intéresse, du haut de huit années, à la mythologie grecque. Qu’à ne cela tienne, une visite au Musée du Louvre pourrait bien être instructive, en ces temps de fête. En effet, pour l’auteur américain, Ernest HEMINGWAY, «Paris est une fête».

«J’ai été tenté, bien des fois, de rien dire du Louvre, et même ai-je en assez de peine à surmonter cette tentation ; car, enfin, les commencements en sont cachés, les progrès sont si incertains et si différents, tous les plans sont si souvent changés et remués qu’il n’y a pas grand honneur à entreprendre une histoire si controversée et ignorée, tout ensemble, si généralement» disait Henri SAUVAL, en 1724, un contemporain de Louis XIV. En effet, cet édifice s'est appelé successivement Museum de la République française (1793), Musée central des arts (1799), Musée Napoléon (1804), Musée royal (1815), Musée national du Louvre (1848), Musée impérial du Louvre (1852), Musée national du Louvre (1870), Le Grand Louvre témoigne d’un riche passé. On y suit les phases de l'histoire de France, qui oscille de la force à l'idée : c'est successivement un château fort, un palais, une réunion d'académies, un musée, une forteresse, un château, une demeure des rois, un musée et un jardin est d’une prodigieuse histoire si controversée et ignorée. «De tous les actes, le plus complexe est celui de construire. Une œuvre demande de l’amour, la méditation, l’obéissance à ta plus belle pensée, l’invention des lois par ton âme, et bien d’autres choses qu’elle tire merveilleusement de toi-même» disait Paul VALERY.

Jusqu’à Henri SAUVAL (1623-1676), les historiens n’ont consacré au Louvre que de brèves et rares mentions, et sans indiquer leurs sources. Henri SAUVAL, essaya, le premier, de rassembler des éléments épars et de leur appliquer un système de classification et d’analyse. Certains avaient voulu faire remonter le Louvre à l’Antiquité, à l’époque du Roi CHILDEBERT (524-558). Cependant, Grégoire de TOURS (538-594), un historien, contemporain et spécialiste de cette époque, ne mentionne pas ce fait. «Ce château n’était autrefois qu’un logis de campagne, où nos rois allaient prendre de l’air, ou bien encore une forteresse destinée à commander la rivière et tenir en bride les Parisiens» dit Henri SAUVAL, dont les travaux ont été publiés à titre posthume, en 1724.

 

L’histoire du Louvre est celle de ses métamorphoses, cette perpétuelle transfiguration. C’est un bâtiment étroitement lié à l’histoire de France de Philippe AUGUSTE à François MITTERRAND vingt monarques et trente et cinq architectes se sont succédé. Le Louvre est un musée, la cause est entendue. Mais il est, d’abord et fondamentalement, un palais où le pouvoir s’est donné à voir depuis plus de huit siècles. Un palais intimement lié à l’histoire de la monarchie capétienne qui a fait la France, avec Philippe Auguste, son fondateur en 1204. Un palais consubstantiel également à l’histoire de Paris, dont il a façonné tout le développement vers l’ouest, avec son double disparu, le château des Tuileries. Aussi le domaine du Louvre incarne-t-il dans la pierre l’image du pouvoir et participe encore aujourd’hui au rayonnement de la France.

Le Louvre est donc un musée dans un palais : cet étonnant défi, lancé par Louis XVI au début de son règne, n’a cessé de façonner l’édifice pour l’adapter à son nouveau rôle. Investi d’une mission politique par la Révolution, annexé par chaque régime pour servir sa cause, revisité par des architectes chargés de magnifier le génie du lieu tout au long des XIXe et XXe siècles, le Louvre est devenu au fil des temps un palimpseste redoutable. Pour démêler cette complexité, pour parcourir ces huit cents ans d’histoire, il faut revenir à la chronologie et aux documents, qui illustrent magnifiquement cette tension entre la pierre et le pouvoir.

Forteresse défensive érigée par Philippe AUGUSTE (1165-1223) en 1204, il s’agissait de faire face à divers périls menaçant les Parisiens. La "grosse tour" dressée est le centre de la féodalité française. Tantôt, il s’agissait de menaces d’invasions des rois anglo-normands (Plantagenêts, Richard Cœur de Lion, Jean Sans Terre) ou de troubles de l’ordre public interne (révolte des commerçants sous la houlette d’Etienne Marcel, événements de la Commune). Philippe AUGUSTE y résida et y enferma ses prisonniers à la suite de la bataille des Bouvines (Fernand de Portugal comte de Flandres). «Le Louvre est le pôle d’affermissement de l’Etat français » dit Pierre QUONIAM. C’est à partir du Louvre que les Capétiens vont procéder à des mutations de l’Etat et de l’art.

Le Louvre devient, au XIVème siècle, une agréable résidence servant épisodiquement de demeure royale. Charles V (1338-1380), préfigurant de la vocation esthétique et savante du Louvre, y installe sa bibliothèque dans la tour de la Fauconnerie. Tout en conservant son aspect médiéval, Charles V, en bon et sage monarque, avait résolu de faire du Louvre un palais de résidence de la Cour royale. La rudesse des mœurs s’étant estompée, les idées de bien-être et d’élégance ont favorisé le progrès des arts. Le château fut agrandi jusqu’au Tuileries. La Grande salle de Saint-Louis fut rénovée. Il fit disposer des jardins dans les dépendances du Louvre.

Charles VI (1368-1422) et Isabelle y firent de courts séjours. Louis XI, Charles VIII et Louis XII restèrent fidèles au Loure.

A la Renaissance, François 1er (1515-1547) vaincu de la bataille de Marignan décide en 1528, de restaurer le Louvre en sa gloire qui devient la résidence officielle royale. Il charge Pierre LESCOT, un architecte, de restaurer le château médiéval.

Catherine de MEDICIS (1519-1589), épouse d’Henri II, pour qui les «tableaux étaient devenus un luxe nécessaire» suivant VITET. Catherine de Médicis ajoute les Tuileries. Le drame de la Saint-Barthélemy est une tache sanglante au milieu des fêtes somptueuses et des bals costumés.

Henri IV (1553-1610) en fin politique, ne s’est pas tenu à l’écart des idées nouvelles et progrès de l’art. A peine installé à Paris, Henri IV décide de réunir le Louvre aux Tuileries et construit la Grande Galerie où les artistes de l'époque exposent leurs œuvres : il vient d'inventer les musées.

Louis XIII (1601-1643) lance les travaux de la Cour carrée.

En raison de l’insécurité, et notamment de la Fronde, Anne d’Autriche et le jeune Roi, Louis XIV (1638-1715) regagnèrent Paris en 1652. Louis XIV charge Louis LE VAU de restaurer le Louvre et André LE NOTRE de réhabiliter le jardin des Tuileries. En 1664, Colbert fit appel à des artistes italiens pour compléter ce travail. Une Académie de peinture s’installe dans la salle des Caryatides et le salon des artistes s’ouvre en 1699 dans la Grande galerie. Louis XIV a le temps de voir s'élever la colonnade et de contempler les jardins de Le Nôtre aux Tuileries avant de transférer le centre du pouvoir à Versailles. Pendant près d'un siècle, le double palais devient un "squat" d'artistes et de nobles ruinés. La Cour à Versailles, les monarques se désintéressent du Louvre.

Le Louvre ressuscite à la Révolution qui proclame la République aux Tuileries et transforme le Louvre en musée de la Nation. Devenu musée en 1793, le Louvre est depuis dédié à la conservation et à la présentation de milliers d'œuvres d'art et de témoins des civilisations passées.

Napoléon 1er (1769-1821) n'a de cesse de l'agrandir et de l'enrichir, notamment les quatre ailes du Vieux Louvre. Après Waterloo, les trophées de guerre repartent, mais la Vénus de Milo, les antiquités égyptiennes et les œuvres d'artistes vivants comblent les vides. La place manque. Napoléon III rénove le Vieux Louvre, puis édifie de nouveaux bâtiments le long de la rue de Rivoli. Le "premier grand Louvre" est tout juste achevé lorsque les incendies de la Commune détruisent le palais des Tuileries.

Au début du XIXe siècle, les souverains transforment les intérieurs mais construisent peu. Mais à partir du milieu du XIXe siècle, le Louvre connaît la phase d'extension la plus importante de son histoire. Napoléon III (1803-1873) achève l'unification des Tuileries et du Louvre par la construction, côté Seine, de l'aile Denon et l'achèvement de l'aile Richelieu, coté rue de Rivoli. En 1871, les Tuileries sont incendiées. Le Louvre s'ouvre désormais sur la grande perspective de l'ouest parisien.

Le projet Grand Louvre, initiative du président François MITTERRAND (1916-1996), un pharaon, qui a entrepris de grands travaux, en 1981, modernise le musée et l'agrandit en inaugurant en 1993, l'aile Richelieu qui abritait jusqu'alors le ministère des Finances. A la fin du XXe siècle, la pyramide de Peï et les galeries souterraines du Carrousel font du "second grand Louvre", voulu par François Mitterrand, l'un des plus grands musées du monde. Réorganisé, le Grand Louvre qui abrite l'une des plus éblouissantes collections d'œuvres d'art existant au monde, une incarnation de l’idéal de tous les peuples : «Le Beau a ici son temple et l’on peut y admirer ses manifestations les plus diverses. Au milieu de l’immense capitale, le musée est comme le camée qui renferme un bracelet de pierres précieuses. L’art y a posé son cachet suprême» souligne Théophile GAUTIER. Un autre auteur, A. LEMAITRE est élogieux à l’égard du Louvre «de tous nos grands monuments historiques, le plus digne d’admiration et de respect, sans contredit, c’est le Louvre».

C’est au Louvre qu’on peut admirer les œuvres DAVID, GERICAULT, POUSSIN, INGRES, DELACROIX. La peinture italienne est bien représentée dans ce musée. La Joconde, volée en 1911 et retrouvée en 1912, est sérieusement gardée sous un verre blindé. En dépit de sa petite dimension, c’est l’une des plus grandes attractions au Louvre. Léonard de VINCI a mis quatre années, entre 1503 et 1506, pour réaliser cette Mona Lisa. Pendant les séances des musiciens exécutaient des morceaux pour égayer le beau modèle. Jamais l’idéal féminin n’a revêtu de formes plus inéluctablement séduisantes, souriante avec une moquerie de volupté.

Les Grecs ont eu l’heureuse idée de représenter la victoire de Samothrace, en 190 avant Jésus-Christ, sous les traits de la déesse Niké, une femme ailée messagère de Zeus. C’est 1863 que Charles CHAMPOISEAU mit le jour le monument de Samothrace, une île du Nord-Est de la mer Egée.

La Vénus de Milo est découverte en avril 1820 dans l’archipel des Cyclades en Grèce et la statue représenterait la déesse Aphrodite que les Romains appelaient Vénus. Cette statue est datée 120 avant J-C.

En l'espace de quelques années, le Louvre est devenu le plus grand, peut-être le plus beau musée du monde. A l'origine de cette transformation, François Mitterrand qui confie à Emile BIASINI la responsabilité de l'entreprise et qui choisit Ieoh Ming PEI, l'architecte sud-américain, pour en être le maître d'œuvre.

Alors que le Grand Louvre, créé il y a vingt-six ans, attire aujourd'hui dix millions de visiteurs par an, voit ses collections s'enrichir constamment par achats et donations (création du département des Arts de l'Islam en 2012) et connaît un rayonnement international remarquable (installation d'une succursale à Abou Dhabi), il était temps de lui consacrer une histoire digne de son nom.

Bibliographie sélective :

AULANIER (Christiane), Le musée de Charles X et le département des antiquités égyptiennes, Paris, éditions des Musées nationaux, 1961, 119 pages ;

BABEAU (Albert), Le Louvre et son histoire, Paris, Firmin-Didot, 1895, 319 pages ;

BEAUCHAL (Ch), Le Louvre et les Tuileries, précis historique et critique de la construction de ces palais jusqu’au commencement du XIXème siècle, Paris, Veuve A. Morel et Cie, 1882, 78 pages ;

BEUVE de (Charles), Le Louvre depuis son origine jusqu’à Louis Napoléon, Paris, Ledoyen, Palais-Royal, 1852, 84 pages ;

BEZOMBES (Dominique), BALLOT (Jean-Christophe), MITTERRAND (François), Le Grand Louvre : histoire d’un projet, Paris, Le Moniteur, 1994, 215 pages ;

BRESC-BAUTIER (Geneviève) LINTZ (Yannick), MARDRUZ (Françoise), FONKENELL (Guillaume), sous la direction de, Histoire du Louvre, Paris, Fayard, 2016, vol 1 768 pages, vol 2 776 pages et vol 3 448 pages ;

CLARAC de (Charles, Othon, Frédéric, Jean-Baptiste), Description du musée royal des antiques du Louvre, Paris, 1830, Vinchon, 350 pages ;

CARMONA (Michel), Le Louvre et les Tuileries : huit siècles d’histoire, Paris, La Martinière, 2004, 423 pages ;

CHESNEAU (Ernest), La vérité sur le musée Napoléon III et les artistes industriels, Paris, E. Dentu, 1802, 48 pages ;

COURAJOD (Louis, Charles, Jean), La sculpture moderne au musée du Louvre, Paris, Ernest Leroux, 1894, 266 pages ;

FORT (Frédéric), Paris brûlé, Paris, 1871, E. Lachaud, 144 pages, spéc. sur le Louvre, pages 53 à 63 ;

GADY (Alexandre), Le Louvre et les Tuileries, la fabrique d’un chef-d’œuvre, Paris, Musée du Louvre Le Passage, 2015, 320 pages ;

GAUTIER (Théophile), Guide de l’amateur du musée du Louvre, suivi de la vie et les œuvres de quelques peintres, Paris, Charpentier, 1882, 356 pages ;

GUIFFREY (Jean), Le musée du Louvre, la peinture, les dessins et la chalcographie, Paris 1909, Renouard, 202 pages ;

HAUTECOEUR (Louis), Histoire du Louvre, le château, le palais, le musée, des origines à nos jours, 1200 à 1928, Paris, L’Illustration, 119 pages ;

LAVEISSIERE (Sylvain), LENTZ (Thierry), LEROY-JAY (Isabelle), DION-TENENBAUM (Anne), sous la direction de, Le Louvre et Napoléon, Paris, Fayard, 2004, 255 pages ;

LAUGIER (Ludovic), Les antiques du Louvre : une histoire du goût, d’Henri IV à Napoléon 1er, Paris, Fayard, 2004, 239 pages ;

LE GUILLOU (Jean-Claude), Le Louvre : 800 ans d’histoire à Paris, Paris, édition des Deux Coqs d’Or, 1990, 94 pages ;

LEMAITRE (A.), Le Louvre, monument et musée, depuis leurs origines jusqu’à nos jours, Paris, Société française de numismatique, 1877, 474 pages ;

Les Grands Magasins du Louvre, Les chefs d’œuvre du Louvre, Paris, P. Mouillot, 120 pages ;

Musée national du Louvre, Histoire des collections de peinture au musée du Louvre, Paris, Musées nationaux, 1930, 107 pages ;

ORHAND (Arthur), Les musées expliqués : Le Louvre, peinture, préface Léon Riotor, Paris, éditions L. Leleu, 1912, 679 pages ;

PEI (Ieoh, Ming), BIASINI (Emile) LACOUTURE (Jean), L’invention du Grand Louvre, Paris, Odile Jacob, 2001, 288 pages ;

POISSON (Georges), La grande histoire du Louvre, Paris, ED18, 2013, 545 pages ;

PRASTEAU (Jean), Il était une fois le Louvre, Paris, Pygmalion, 1993, 299 pages ;

QUONIAM (Pierre), Histoire du palais du Louvre, Paris, La Réunion des musées nationaux, 1989, 24 pages ;

ROSENBERG (Pierre), Dictionnaire amoureux du Louvre, Paris, 2010, ED18, 570 pages ;

SAUNIER (Charles), Les conquêtes artistiques de la Révolution et de l’Empire ; reprises et abandons des Alliés en 1815, leurs conséquences sur les musées d’Europe, Paris, H. Laurens, 11902, 260 pages ;

SAUVAL (Henri), Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, Charles Moette, Jacques Chardon, 1794, tome 2, 759 et 32 pages, spéc sur le Louvre, Livre VII, pages 7 à 62 ;

VITET de (L), Le Louvre et le nouveau Louvre, Paris, Calmann-Lévy, 1853, 1866 et 1882, 370 pages ;

THOMAZO (Renaud), Les hauts lieux de l’histoire de France, Paris, 2010, Larousse, 96 pages.

Paris, le 1er janvier 2017 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Le Musée du Grand Louvre : un puissant symbole du génie, du raffinement et de l’art français», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 23:01

Le président Jacques CHIRAC en créant en 2006 le Musée du Quai Branly, à Paris dans le 7ème arrondissement, dédié aux arts primitifs, a réalisé un vieux rêve d’André MALRAUX, Ministre de la Culture du général de Gaulle. Cet engouement pour les arts primitifs, même s’il est resté pendant longtemps minoritaire, vient de loin. En effet, c’est au Grand Palais, en 1906 qu’eut lieu la première «Exposition coloniale de Paris», avec un «Salon colonial des beaux-arts». Cette même année, Georges BRAQUE (1882-1963) achetait un masque Tsogho du Gabon, André LHOTE (1885-1962), un masque Wé de Côte-d’Ivoire. André DERAIN (1880-1953) se porte acquéreur de statuettes africaines. Pablo PICASSO fut influencé, dans sa peinture, par l’art africain. Après le Festival mondial des arts nègres de Dakar, en 1966, et sous l’impulsion d’André MALRAUX (1901-1976), une grande exposition eut lieu au Grand Palais sur le thème «L’Art nègre, sources évolution et expansion». «Les cultures se changent en s’échangeant, et s’échangent en se changeant», souligne Edouard GLISSANT. Le Quai Branly est un musée «où dialoguent les cultures» en référence à une expression de Léopold Sédar SENGHOR.

Des esprits étriqués, comme Pierre ROSENBERG, ont estimé que le Louvre, à la différence du Metropolitan Museum de New York, devrait être consacré, uniquement, à l’art occidental et à ses sources. Amoureux érudit et discret des combats de Sumo, du Japon, de la Chine, des arts Inuits, africains et précolombiens, Jacques CHIRAC plaide pour le multiculturalisme : «alors que le monde voit se mêler les nations comme jamais dans l’histoire, il est nécessaire d’imaginer un lieu original qui rende justice à l’infinie la diversité des cultures, un lieu qui manifeste un autre regard sur le génie des peuples et des civilisations d’Afrique, d’Océanie et des Amériques», dit-il dans son discours du 20 juin 2006, à l’occasion de l’inauguration du Quai Branly. Le président CHIRAC précise encore sa pensée «au cœur de notre démarche, il y a le refus de l’ethnocentrisme, de cette prétention déraisonnable et inacceptable de l’Occident à porter, à lui seul, le destin de l’humanité». Ce sont là des préjugés absurdes et choquants. Ils doivent être combattus. Nommer les choses n’est jamais innocent. En effet, Jacques CHIRAC prend soin de nommer la vocation de ce Musée : il ne s’agit pas d’un espace dédié aux arts «primitifs», concept folklorique qui renvoie à la hiérarchie des civilisations, mais aux «arts premiers». En raison de leur valeur éminente, ces civilisations doivent être préservées : «car ces peuples dit premiers, sont riches d’intelligence, de culture, d’histoire. Ils sont dépositaires de sagesses ancestrales, d’un imaginaire raffiné, peuple de mythes merveilleux, de hautes expressions artistiques n’ont rien à envier aux plus belles productions de l’art occidental».

A l’occasion de son dixième anniversaire, le Musée du Quai Branly abrite du 4 octobre 2016 au 15 janvier 2017, une exposition «The Color Line : les artistes afro-américains et la ségrégation». Pour W.E.B du BOIS, dans son ouvrage «Les âmes du peuple noir», avec une lumineuse préface du professeur Nathalie BESSONE, «le problème du XXème siècle est le problème de la ligne de partage des couleurs» (voir mon post sur du BOIS). Il est indubitable que l’art a joué un rôle majeur dans la quête d’égalité et d’affirmation de l’identité noire dans l’Amérique de la ségrégation. L’exposition du Quai Branly rend hommage aux artistes et penseurs afro-américains qui ont contribué, pendant plus de 150 ans, à estomper cette «ligne de couleur» discriminatoire. Si à la fin de la guerre de sécession en 1865 l’esclavage a été aboli, la ligne de démarcation raciale a été instaurée notamment dans les Etats du Sud à travers des lois dites «Jim CROW». Instaurées en 1876, les lois dites Jim Crow créent un nouvel ordre social dans le sud des Etats-Unis : la ségrégation raciale. Ces textes interviennent pour hiérarchiser et ré organiser la société sudiste après l’abolition de l’esclavage et la guerre de Sécession. Ils légalisent la ségrégation raciale : les écoles, les églises, les transports, les restaurants, les lieux publics comme les parcs et jardins, doivent être séparés. Les lois dites Jim CROW indiquent que les citoyens doivent être «separate but equal», mais dans la réalité, ils cantonnent les Noirs à une infériorité de rigueur dans tous les instants de la vie publique et privée. Dès lors, le système ségrégationniste remplace le système esclavagiste. La majorité des lois Jim Crow resteront en vigueur jusqu’au vote du «Civil Rights Act» en 1964. Dans ce contexte, les lynchages, devenus monnaie courante, ont inspiré la chanson mythique de Billie HOLIDAY (1915-1959) : «Strange Fruit» (voir mon post sur Billie).

Harlem est considéré entre 1918 et 1937, comme la capitale mondiale  de la culture noire, avec le mouvement «Harlem Renaissance» (New Negro) dirigé notamment par Langston HUGUES (1902-1967), Claude McKAY, (1889-1948), Richard WRIGHT (1908-1960) Alain LOCKE (1885-1954), Louis AMSTRONG (1901-1971) et Duke ELLINGTON (1889-1974). Même si le mouvement évolue dans plusieurs domaines de création, c'est en littérature qu'il s'épanouit le plus. En effet, il est porté par une jeune génération d'écrivains noirs qui s'inscrivent spécifiquement dans trois directions complémentaires : la volonté de s'approprier leur héritage africain, la revendication de leur identité américaine et la dénonciation des conditions déplorables des Noirs aux États-Unis. La marginalisation devient donc une force pour cette communauté depuis longtemps rejetée socialement, qui y trouve une énergie artistique productive, affirmée et collective. Harlem devient attractif, tout comme la communauté noire elle-même qui impose, à sa façon, sa place au sein de la société américaine. «Harlem Renaissance» se définit aussi et surtout par cet accès aux savoirs et aux connaissances pour les populations marginalisées. Le retournement de la situation discriminatoire et l'idéal d'égalité sont donc ici portés par l'enseignement et la scolarisation en études supérieures, représentée comme une première étape pour accéder aux plus hautes sphères de la société.  «Harlem Renaissance» influença directement la Négritude, portée par Aimé CESAIRE et Léopold Sédar SENGHOR à Paris, dessina les prémices du «Black Power», forma les idées du Panafricanisme de Marcus GARVEY (1887-1940). Mais les Noirs pour trouver leur propre moyen d'affirmation pour exister personnellement et collectivement, devront à la suite de ce mouvement entamer un travail sur la vie politique, les recherches universitaires ou encore par la création artistique et culturelle. Et ainsi affirmer, comme le scandait si bien Jesse JACKSON au festival de Wattstax : «I am somebody». Dans les manifestations pour l’égalité des pancartes indiquaient : «The New Negro has no fear».

Cependant et à progressivement, à partir de 1965, Harlem devient  le ghetto noir. «I Am a Man», est une photo géante qui plastronne à l’entrée du Musée Quai Branly. Si vous venez visiter ce musée, observez attentivement cette photo qui symbolise les souffrances du peuple noir aux Etats-Unis. En effet, mort en martyr le 4 avril 1968, à Memphis, dans le Tennessee, Martin Luther KING (Atlanta, 15 janvier 1929 – Memphis, 4 avril 1968) est venu soutenir la grève du Syndicat des égoutiers et des éboueurs, essentiellement composés des Noirs, réclamant une revalorisation salariale. Ces ouvriers victimes, une fois de plus, de brutalités policières, scandaient un slogan : «I am a man», (Je suis un homme). Le regard que Martin Luther KING porte sur la société américaine en ce milieu du XXème siècle est particulièrement sévère. «Ce qui caractérise principalement la vie d’un Noir, c’est la souffrance, une souffrance si ancienne et si profonde qu’elle fait partie de presque tous les instants de sa vie», souligne t-il. Homme d’Eglise, puisant dans la tradition noire américaine, Martin Luther KING a dépassé les frontières ethniques pour se projeter dans l’action, et réclamer l’égalité des droits pour toutes les personnes défavorisées. En effet, Martin Luther KING avait un rêve, partiellement réalisé par OBAMA dont les deux mandats n’ont pas totalement aboli la ségrégation raciale : un mouvement est né face aux meurtres des  Noirs par des policiers «Black Lives Matter» et Ta-Nehesi COATES a écrit un best-seller : «Une colère noire» (voir mes posts sur ce mouvement et sur le livre de COATES).

Cette exposition au Musée du Quai Branly, «The Color Line», s’adresse aussi aux Républicains en France face au désastre qui s’annonce pour les présidentielles de 2017. La bête immonde qu'est le racisme n'est pas encore morte. Ainsi, aux Etats-Unis, la poussée des idées racistes d’un candidat blanc aux présidentielles du 8 novembre 2016, devrait interpeler chaque démocrate, quelque soit l’issue du scrutin. Cette libération de la parole raciste dans les grandes démocraties occidentales, est un sujet de préoccupation majeure. En effet, «La Color Line», telle que la décrivait WEB du BOIS, est toujours omniprésente. En effet, la démocratie est une belle idée que les Occidentaux ont élaborée, mais une démocratie sans égalité réelle n’est qu’une savante escroquerie. Il n’y a pas de paix durable dans une société fondée sur les inégalités et l’injustice. «La prochaine fois, le feu», avait prévenu James BALDWIN. Par conséquent, nous devons rester vigilants et défendre, sans failles, la République et l’égalité réelle. «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luther KING. Comme Nelson MANDELA, face à l’injustice, je reprendrai à mon compte le poème «Invictus» de William Ernest HENLEY (1843-1903) :

«Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n'ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme
».

Indications bibliographiques :

MARTIN (Stéphane), Musée du Quai Branly, là où dialoguent les cultures, Paris, Découvertes Gallimard, Culture et Société, 2011, 127 pages ;

ABERJHANI (Sandra, L. West), Encyclopedia of the Harlem Renaissance, Infobase Pushing, 2003, 449 pages ;

BESSONE (Magali), «Le peuple noir s’est couvert des principes de la grande République : WEB du Bois et la réalisation de l’idéal américain de sympathie», in RAISONS POLITIQUES, 2006, n°24, pages 33-53 ;

Du BOIS (William Edward Burghardt), Les Ames du peuple noir, traduction Jean-Jacques Fol, Paris, Présence Africaine, 1959, 232 pages ; traduction, annotations et postface de Magali BESSONE, Paris, éditions rue d'Ulm, 2004, 339 pages et éditions la Découverte, 2007, 339 pages, avec une nouvelle introduction de Nathalie BESSONE.

DUALE (Christine), Harlem Blues : Langston Hugues et la poétique de la Renaissance afro-américaine, Paris, L’Harmattan, études diasporiques, 2014, 171 pages ;

KILIGOWSKI (David, Anothony, Stéphanie), Langston Hugues : Harlem Renaissance Writer, Teacher Created Materials, 2011, 32 pages ;

LOCKE (Alain), The New Negro, Simon and Schusters, 1925, 452 pages ;

LOCKE, (Alain), Le rôle du nègre dans la culture des Amériques, Paris, l’Harmattan, 2009, traduction Alain MANGEON, 240 pages ;

McKAY (Claude), Home to Harlem, UNPE, 1928, 340 pages ;

MANGEON (Anthony), «Who and What is “Negro” ?, La littérature nègre en débat, de la Harlem Renaissance à la négritude parisienne», Actes du Colloque du Quai Branly, Exposition sur «Présence Africaine» du 29 janvier 2010, in Littératures Noires, mise en ligne le 26 avril 2011 ;

MOURALIS (Bernard), Littérature et développement : essai sur le statut, fonction et représentation de la littérature négro-africaine d’expression française, Paris, Silex, 1984, 572 pages ;

WRIGHT (Richard), Native Son, And How Bigger Was Born, Buccaneer Books, 1993, 594 pages.

Paris, le 29 octobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jacques CHIRAC et son musée du Quai Branly,  qui fête ses 10 ans», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 18:34


 

 

 

 

 

 

Né, à Nine Miles, le 6 février 1945 d'une mère noire jamaïcaine et d'un père blanc Bob Marley a propulsé sur la scène mondiale le reggae comme symbole de révolte et de conscientisation du peuple noir. Nesta Robert MARLEY est né et élevé dans un hameau des collines à une heure de route de la côte nord de la Jamaïque. Sa mère Cedella MALCOLM dont le père est un paysan chrétien et rebouteux, cède un temps aux avances du capitaine Norval MARLEY, qui a plus de cinquante ans et supervise à cheval des travaux dans la campagne. Puis pour suivre les préceptes de l'église, Cedella exige le mariage et se refuse à lui. Après des semaines, elle finit par céder et à la naissance de l'enfant, elle n'a que dix-sept ans. Le capitaine accepte le mariage contre l'avis de sa famille de planteurs jamaïcains d'origine britannique, qui le déshérite : un Blanc n'épouse pas une Noire. Norval prénomme son fils Nestor, avec en deuxième prénom Robert, du nom de son frère. Il disparaît bientôt et sombre dans la boisson pour ne réapparaître cinq ans après. Rongé par la culpabilité, il promet alors une éducation décente pour son fils, qui le rejoint à la capitale en bus. Mais le petit Nesta, sa mère écrit ainsi le prénom, qui lit l'avenir dans la paume des mains au village, ne connaîtra jamais son père. En 1957 après avoir tenu une petite échoppe de vendeuse de fruits en bord de route, la mère de Nesta emménage à Kingston et devient femme de ménage. Elle s'installe dans le ghetto urbain très dur, pauvre et violent de Trench Town. C’est là où il rencontre Bunny WAILER, son futur associé.

En 1963, il forme avec Junior Braithwaite, Peter TOSH et Bunny WAILER le groupe The Wailing Wailers. Il leur faudra 10 ans pour devenir connus. Bob MARLEY, au tout début de sa carrière est un joueur de rock steady et de ska, mais il peine à se faire connaître par le public. Il va changer d’orientation musicale pour un style plus lent et chaloupé : le Reggae qui est la musique de sa Jamaïque natale, et qu’il va faire découvrir au monde entier. Ce style de musique sera en vogue durant les années 70. Il a collaboré avec Bunny WAILER et Peter TOSH au sein des Wailers, qui l’accompagne sur ses tournées et enregistre avec lui ses albums et ses plus grands succès.  Le 3 décembre 1976 à Kingston, peu avant le grand concert en plein air "Smile Jamaica", Bob Marley échappe à une fusillade déclenchée à son domicile par six hommes armés. Il reçoit une balle dans le bras, une dans la poitrine et cinq dans la cuisse tandis qu'une autre touche Rita à la tête mais sans la tuer (elle s'en sort miraculeusement). Don TAYLOR, leur manager américain, en sort très gravement blessé de six balles. Il ne se sent plus en sécurité en Jamaïque et part en exil en janvier 1977 pour Londres. Il y enregistre les albums à succès «Exodus» et «Kaya». Les titres Jamming, Waiting in Vain notamment sont des tubes mondiaux. 

Dans sa révolte pour la justice et l'égalité Bob Marley a puisé dans l'histoire de la Jamaïque, de la musique noire américaine et caribéenne ainsi que le mouvement panafricain. La musique peut rendre les hommes meilleurs et libres. La fierté noire et le retour aux racines africaines ont constitué son premier message. Il voulait toucher ainsi une diaspora noire à travers le monde. Dans une démarche quasi mystique, il a élevé l’empereur éthiopien, Hailé Sélassié au rang de divinité, un Jah. En effet, 1966, Bob Marley devient rasta. Comme de nombreux jeunes jamaïcains, il voue un culte au Ras Tafari Mekonnen, couronné en 1930, roi d’Ethiopie, sous le nom de Haïlé Sélassié. Ce dernier est accueilli triomphalement en Jamaïque en juillet 1966, deux mois après que Bob MARLEY s’est embarqué pour le Delaware. Une absence que les adeptes du rastafarisme peinent à comprendre. Marley se rattrape, notamment en 1976, année de la sortie de son album Rastaman Vibration. Le titre War reprend le discours de Haïlé Sélassié prononcé devant l’ONU en 1963.  

Apôtre du Panafricanisme, il a sorti en 1978 un titre Africa Unite. Bob MARLEY exprime son souhait de voir le continent s’unir. Prônant le retour des Caribéens en Afrique, il s’y rend pour la première fois cette même année. Après un passage au Kenya, il découvre l’Ethiopie ravagée par la guerre. Il sera particulièrement choqué en découvrant que Haïlé Sélassié, mort en disgrâce en 1975, a été inhumé dans une tombe anonyme. Il fera un concert en 1980, à l’invitation de Pascaline BONGO, fille d’Omar BONGO. Dans le cadre des fêtes de l’Indépendance du Zimbabwe du 18 avril 1980, Bob Marley donne un concert à Harare, au Zimbabwé.

Exprimant à l’origine l’affirmation de la dignité et la valorisation d’une identité noire pour son peuple bafoué par des siècles d’esclavage (Slave Driver, Redemption Song), de colonialisme (Music Lesson, Crazy Baldhead) et d’oppression économique (Revolution), Bob MARLEY incarne avec le mouvement rastafarien (Positive Vibration, War) l’éveil de son peuple à une révolution spirituelle contre un oppresseur qu’il décrit d’abord comme étant le fruit d’une imposture (Get Up, Stand Up), capitaliste (Rat Race), corrompu, raciste et hypocrite (Who the Cap Fit) à la fois. Les slogans que lance Bob MARLEY sont clairs et suggestifs : «Emanticipe yourself from mental slavery» ou «Get up stand for your right», «Africa Unite for the benefit of your children». Ce Rastafarian et ce faux dur, a un cœur tendre ; il a chanté l’amour avec une grande passion à travers ses chansons «No Woman No Cry», «One Love» ou «Three Little Birds». Révolté contre une autorité injuste et arbitraire, il a de façon symbolique tué le Shériff : «I Shot The Sheriff».

En mai 1977, une blessure au gros orteil faite en jouant au football se rouvre lors d'un match amical à l'hôtel Hilton de Paris. Le médecin lui suggère des analyses. Le diagnostic est réalisé à Londres : Bob Marley souffre d'un mélanome malin, un cancer de la peau. On lui prescrit une amputation urgente de l'orteil, mais un mélange de superstition de son entourage, la religion Rastafari interdisant toute amputation et de pression en pleine tournée européenne où il rencontre enfin son public contribuent à retarder l'opération. En 1980, après une perte de connaissance lors d'un jogging à New York, MARLEY passe un examen aux rayons X où l'on voit cinq tumeurs, trois au cerveau, une aux poumons et une à l'estomac. Il ne dit rien à son entourage et joue un dernier concert enregistré à Pittsburgh, le 23 septembre. MARLEY part ensuite pour une clinique de Bavière où il suit un traitement original avec un médecin allemand, qui prolonge sa vie au prix de dures souffrances. Le cancer se généralise. MARLEY souhaitait mourir en Jamaïque mais décède à Miami le 11 mai 1981, trop faible pour faire le voyage en avion jusqu'à Kingston.

Disparu trop tôt, cette étoile filante qu'est Bob MARLEY à travers sa musique engagée et son mouvement rastafari, nous rappelle à chaque instant que "ceux qui s'emploient à rendre le monde encore plus mauvais ne sont jamais en vacance". Jean-Philippe de TONNAC nous dit dans la biographie dédiée à MARLEY "Et nous voilà descendu à quelques profondeurs au-dessous du niveau des mers où les bateaux négriers poursuivent inlassablement leur obsédante et obscène ritournelle".

Décédé en pleine victoire de François MITTERRAND aux élections présidentielles, le 11 mai 1981, à l'âge de 36 ans, je m’étais aperçu toute de suite de cette immense perte. J’étais au Quartier Latin, dans l’euphorie de la victoire de la gauche. Icône du Tiers-Monde, MARLEY a déployé, dans sa contribution artistique, une énergie rédemptrice qui ne cesse de susciter louange et administration de tous les parias de la terre. Bob MARLEY ne peut disparaître, il avait conscience que son destin dépassait sa propre personne. Il a été le porte-voix et la conscience de toute une époque. Un lion ne meurt jamais, il dort. Bob MARLEY nous a légués des succès planétaires qui sont notamment :

1 - Africa Unite

2 - Buffalo Soldier

3 - Concrete Jungle

4 - Could you be loved

5 - Don't Rock My Boat

6 - Easy skanking

7 - Get up stand up

8 - I shot the sheriff

9 - Iron lion zion

10 - Is this love

11 -Jammin

12 - Kaya

13 - Kinky reggae

14 - Lively Up Yourself

15 - Natty dread

16 - Natural mystic

17 - No woman no cry

18 - One Love

19- Redemption song

20 - Satisfy my soul

21 - So much trouble in the world

22 - Stir it up

23 - Stop that train

24 - Sun Is Shining

25 - Three little birds

26 - Trenchtown rock

27 - Turn your lights down low

28 - Waiting in vain

29 – War.

Bibliographie
TONNAC de (Jean-Philippe), Bob Marley, Paris, Gallimard, collection Folio, 2010, 353 pages.

Paris, le 21 ocobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Bob MARLEY (1945-1981) : un rebelle lumineux et symbole universel de la conscience noire" par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 19:56
Paris est décidément la capitale mondiale des arts et de la culture. En effet, ce samedi 22 octobre 2016, avec un temps ensoleillé et clément, je me suis rendu, avec ma petite Arsinoé, à la Fondation Louis VUITTON, dans le Bois de Boulogne, qui jouxte le Jardin d’acclimatation de Paris. En effet, dans le cadre du programme de «l’Année franco-russe 2016-2017 du tourisme culturel», une collection mythique d’œuvres d’art s'installe à la Fondation Louis VUITTON du 22 octobre au 20 février 2017. Il s'agit de l'œuvre d'un seul homme, Sergueï CHTCHOUKINE (Moscou 27 mai 1854-Paris 10 janvier 1936), un homme d'affaires qui a été l'un des tous premiers collectionneurs d'art de l'avant-garde française. Il a réuni 264 tableaux dont 16 GAUGUIN, 38 MATISSE, 50 PICASSO, sans parler des MONET, MANET, Van GOGH, et autres CEZANNE collectionnés entre 1898 et 1914. Dans la période où tous ces artistes français étaient décriés, méprisés, rejetés en France, Sergueï CHTCHOUKINE collectionnait leurs chefs-d'oeuvre, pour tapisser les murs de son palais à Moscou : le palais Troubetskoï. Lorsqu'il s’est rendu compte qu'il n'y avait plus de place sur ses murs, CHTCHOUKINE a déménagé et il a ouvert son palais Troubetskoï au public, créant ainsi le premier musée d'art moderne du XXème siècle. Aujourd'hui, le palais est devenu le lieu de réception du ministère de la défense russe. Mais on peut découvrir la façade jaune, à condition de ne pas trop s’approcher. Le palais Troubetskoï a été construit sous Catherine II de Russie. Il est au fond d’une impasse, près de la bibliothèque Lénine et de l'institut d'art russe, à Moscou. Il est extrêmement bien gardé.
 
Visionnaire de l’art moderne du XXème siècle, c’est à partir de 1898 que Sergeï CHTCHOUNIE, grand industriel moscovite, entre en contact avec les marchands Paul DURAND-RUEL, Ambroise VOLLARD puis Berthe WEILL et d’autres amateurs d’art. Sa relation, et sa complicité artistique de sept années avec Henri MATISSE et sa passion pour Pablo PICASSO, influencent fortement la formation de sa collection exemplaire de l’art le plus radical de son temps. Grâce à la généreuse participation du Musée d’Etat de l’Ermitage et du Musée d’Etat des Beaux-Arts Pouchkine, qui ont contribué à l’élaboration du projet, l’exposition présente un ensemble significatif de 130 chefs-d’œuvre des maîtres impressionnistes, postimpressionnistes et modernes de la collection CHTCHOUKINE, tout particulièrement représentatifs de l’art de MONET, CEZANNE, GAUGUIN, ROUSSEAU, DERAIN, MATISSE ou PICASSO, mais aussi de DEGAS, RENOIR, TOULOUSE-LAUTREC ou Van GOGH. L’exposition traite de l’impact de la collection CHTCHOUKINE sur la formation des mouvements cubofuturistes, suprématistes et constructivistes, à travers un ensemble de 30 œuvres (28 peintures, papiers collés, constructions et reliefs, et 2 sculptures) des artistes majeurs de l’avant-garde russe (Galerie Tretyakov, Musée d’art contemporain de Thessalonique, Musée Pouchkine, Stedeljik Museum, Musée Thyssen, MoMA). Des chefs-d'œuvre des maîtres, tels que MALEVITCH, RODTCHENKO, LARIONOV, TATLINE, POPOVA ou ROZANOVA, sont ainsi réunis.
 
Sergueï CHTCHOUKINE épouse en 1884 une des plus belles femmes de Moscou : Lydia Grigorievna KORENEVA, sa famille a fait fortune dans les mines du Donbass en Ukraine. Le couple donne vite naissance à un premier fils, Ivan (1886-1975) ; deux autres suivront Grigori (1887-1910) et Sergueï (1888-1905), puis une fille Ekaterina (1890-1977). Sergueï CHTCHOUKINE dispose d’une magnifique demeure à deux pas du Kremlin. Naturellement il va s’orienter vers ce qui est, à l’époque, un autre brevet de réussite sociale et économique : la collection d’art. De son temps, CHTCHOUKINE était considéré comme un fou. En 1918, après la Révolution d'octobre, sa collection fut nationalisée. Et toute exposition de cette collection interdite. Le 8 novembre 1918 un décret du Conseil des commissaires du peuple, signé LENINE, proclame «La galerie d’art de Sergueï Ivanovitch CHTCHOUKINE, propriété publique de la République socialiste fédérative de Russie considérant que par sa très grande valeur artistique elle présente en matière d’éducation populaire un intérêt national». Dépossédé, Sergueï CHTCHOUKINE fut contraint à l’exil. Et c’est à Paris qu’il trouva refuge. C’est aussi là qu’il est mort, en 1936 à l'âge de 81 ans, loin de sa collection qui restera longtemps invisible du public. Il faudra attendre le dégel des années 70 pour que la collection CHTCHOUKINE soit de nouveau, petit à petit, exposée en Russie. Elle est aujourd’hui répartie entre les deux plus importants musées russes : le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg et le musée Pouchkine à Moscou.
 
La fondation Louis VUITTON a été inaugurée le 27 octobre 2014. L’architecte américano-canadien, admirateur de PROUST et de LE CORBUSIER, pape du «déconstructivisme», a eu pour ambition «de concevoir à Paris un vaisseau magnifique qui symbolise la vocation culturelle de la France». Il a imaginé un bâtiment unique, emblématique, audacieux qui est une réplique de la Fondation PINAULT installée à Venise. «Nous avons souhaité offrir à Paris un lieu d’exception pour l’art et la création» dit Bernard ARNAULT, patron de LVMH. Cette structure deviendra la propriété de la ville de Paris en 2062.
 
Avec les mêmes billets de la Fondation Louis VUITTON on peut se rendre au jardin d’acclimatation. Mais certains manèges, de ce jardin sont payants. Le Jardin d’Acclimatation, réalisé par l’ingénieur Jean-Charles ALPHAND et l’architecte Gabriel DAVIOUD, est le plus ancien parc d’attractions de France. Inauguré le samedi 6 octobre 1860, en présence de Napoléon III et de sa femme Eugénie de MONTIJO, mais également de BERLIOZ, OFFENBACH, MERIMEE, Alexandre DUMAS ou Théophile GAUTIER, ce jardin à l’anglaise, s’étend sur 20 hectares, alors principalement dédiés à la zoologie et à la botanique. A cette même époque, le célèbre zoologiste Isidore Geoffroy SAINT-HILAIRE, recherche un lieu une large variété d’animaux, car la Ménagerie du Muséum du Jardin des Plantes ne suffit plus. Très vite, il devint une promenade appréciée de l’aristocratie parisienne ou étrangère (Neuilly est tout près). C’est seulement après la première guerre mondiale qu’il perdit le qualificatif de "zoologique", pour devenir un parc d’attractions faisant la part belle aux manèges et aux divertissements. C’est un lieu singulier et sinistre, qui avait servi, dans le passé à un «Zoo humain» (Ashantis, Cosaques, Canaques, Nubiens, Inuits, Indiens, Hindous, Somaliens, etc.) de 1877 à 1931. Sanctuaire de la déshumanisation en France, on y avait exhibé des êtres humains comme des bêtes de foire pour le plaisir et le divertissement de la masse européenne. De nos jours, le jardin d’acclimatation est plus fréquentable, pour les enfants et leurs familles, en devenant, à la fois lieu de promenade, zoo et parc d’attractions. C’est pour cette raison que pendant longtemps j’avais hésité de visiter cet endroit. Nous avons une grande patience et une faculté de pardonner, mais de ne jamais oublier cette blessure du passé. Mais cette grande largesse d’esprit «ne signifie pas une aptitude infinie ou naïve des peuples noirs à la patience» dit Wolé SOYINKA, Prix Nobel de littérature.
 
Fondation Louis VUITTON, 8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75016 Paris. Métro Sablons, ligne n°1, prendre la rue des Sablons (10 minutes à pied) ou une navette. Prix du billet 16 €.
 
Paris, le 22 octobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Fondation Louis VUITTON, à Paris 16ème : icônes de l’art moderne, la collection CHTCHOUKINE»  par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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Published by Le blog de BA Amadou - dans Escapades
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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:22

Ma petite Arsinoé, dans ses projets, souhaite devenir une danseuse étoile. A force de m’entretenir de cette haute et exigeante ambition, j’ai fini de lui proposer une visite au Palais Garnier, à l’Opéra de Paris. Il est vrai que quand on a l’immense privilège d’habiter dans la cité mondiale des arts et de la culture qu’est Paris, il faudrait apprendre à s’éloigner de certains vacarmes de la vie, savourer chaque instant et respirer, à plein poumons, ces moments intenses de répit.

L'ancêtre de l’Opéra de Paris, l’Académie royale de Musique est fondée, en 1669, à l'instigation de Jean-Baptiste COLBERT (1619-1683). Le Roi lui octroie un privilège : le monopole de la représentation des pièces de théâtre en musique. De 1672 à 1687, Jean-Baptiste LULLY (1632-1687) est directeur de cette Académie. Evènement fondateur de l’histoire de l’art lyrique en France, la création de l'Académie royale de Musique fait aussi date dans l’histoire du Ballet. L’art chorégraphique, jusqu’alors dévolu au divertissement de la Cour, dispose désormais d’une scène : la troupe danse dans les intermèdes des opéras. Peu à peu, le Ballet conquiert son indépendance jusqu’à avoir son propre répertoire au XIXe siècle, à l’époque des grands ballets romantiques. De prestigieux artistes se sont produits dans cet Opéra de Paris, comme Wolfang Amadeus MOZART, Christoph Willibald GLUCK, Luigi CHERUBINI, Gioacchino ROSSINI, Daniel-François-Esprit AUBER, Gaetano DONIZETTI, Jacques Fromental HALEVY, Giuseppe VERDI, Charles GOUNO, Richard WAGNER, etc. Dans le domaine de la danse les ballets russes de Serge de DIAGHILEV (1872-1929) ainsi que la prestation de Rudolph NOUREEV ont fait sensation. NOUREEV (1938-1993) d'origine tartare musulmane de Russie est arrivé en France en 1961. Il a sollicité l'asile politique et deviendra en 1983 directeur de la Danse à l'Opéra de Paris et sera emporté par l'épidémie du SIDA.

Les deux siècles suivant sa création voient l'Opéra changer onze fois de lieu. L’Opéra de Paris occupe ainsi les salles de la Bouteille (1670-1672), du Jeu de paume (1672-1673), du Palais-Royal (1673-1763), des Machines (1764-1770), la seconde salle du Palais-Royal (1770-1781), des Menus-Plaisirs (1781), de la Porte Saint-Martin (1781-1794), de la rue de Richelieu (1794-1820), le Théâtre Louvois (1820), les salles Favart (1820-1821) et Le Peletier (1821-1873).

Le 14 janvier 1858, alors que Charles Louis Napoléon BONAPARTE dit Napoléon III (1808-1873) se rend en carrosse à l’Opéra, des anarchistes italiens à la solde de Félice ORSINI lancent des bombes sur la foule. L’Empereur et son épouse réchappent miraculeusement de cet attentat qui fait huit morts et près de cent-cinquante blessés. Après ce drame, le 29 septembre 1860, Napoléon III décrétait la construction d'un nouvel opéra afin de remplacer celui de la rue Le Peletier, édifice provisoire trop étroit et situé dans un quartier encombré. Un concours était ouvert en décembre rassemblant 171 candidats. Parmi les candidats, le méconnu Charles GARNIER (Paris, 6 novembre 1825 - Paris, 3 août 1898), alors âgé de 35 ans. Son projet tente de répondre à ce qu’il pense être le problème crucial de l’art de son temps : l’impossibilité de diffuser la création artistique pour le plus grand nombre. Il est proclamé vainqueur le 30 mai 1861. CharlesGARNIER, pendant quatorze années, celui-ci se consacra presque quotidiennement au prestigieux chantier. Dans la nuit du 28 au 29 novembre 1873, la salle Le Peletier est anéantie dans un incendie de plus de vingt-quatre heures et dont les causes demeurent indéterminées. En attendant l’ouverture du Palais Garnier, l’Opéra s’installe provisoirement salle VENTADOUR. La façade fut inaugurée officiellement le 15 août 1867 au milieu des fastes de l'Exposition universelle, mais l'inauguration de l'ensemble n'eut lieu qu'après la chute de l'Empire en 1875.

C’est ce nouvel opéra qui fit sa renommée, Charles GARNIER ; celui-ci s'affirmait comme le créateur du style Second Empire. A l'Impératrice Eugénie de MONTIJO (1826-1920) qui s'étonnait du manque d'unité de l'ensemble : «Qu'est-ce que ce style ? Ce n'est pas un style, ce n'est pas du grec, ni du Louis XVI», l'architecte aurait répondu : «Non, ces styles ont fait leur temps. C'est du Napoléon III». Par son éclectisme et son exubérance décorative, le monument est en effet devenu le symbole du régime impérial. Intégré dans le nouvel urbanisme parisien, l'Opéra est paradoxalement à l'opposé de ses caractéristiques stylistiques : courbes baroques, profusion ornementale et polychromie éclatante tranchent singulièrement face à la régularité et à la grise austérité des conceptions architecturales haussmanniennes.

Le plan, véritable chef-d'oeuvre de fonctionnalisme, est particulièrement lisible de l'extérieur dans la répartition des différents volumes : le vestibule d'accueil surmonté du foyer et desservi par l'escalier d'honneur, la salle, la scène prolongée du foyer de la danse et la partie réservée à l'administration. La façade extérieure, synthèse baroque de différents styles, est rythmée par une colonnade corinthienne en pierre de Ravières surmontée d'un attique décoré de masques à l'antique de KLAGMANN.

De grandes comme de petites histoires se sont produites à l’Opéra de Paris. En 1861, Richard WAGNER (1813-1883) fait son entrée à l’Opéra de Paris avec perte et fracas. La première de «Tannhaüser» déclenche dans la salle une nouvelle bataille d’Hernani. L’administration cède en annulant les représentations et le compositeur quitte Paris précipitamment. Qu’importe, dira Charles BAUDELAIRE qui prend la défense du génie : l’idée est lancée, la trouée est faite, c’est l’important. En 1929, un ancien danseur des Ballets russes de Serge de DIAGHILEV (1872-1929), Serge LIFAR est invité à créer un ballet pour l’Opéra : «Les Créatures de Prométhée», sur la musique de Beethoven. L’année suivante, il devient Maître de Ballet et prend les rênes de la Compagnie à laquelle il consacrera plus de trente années de sa vie. Il crée une classe d’adage, qui permet aux danseurs de n’être plus les simples faire-valoir des ballerines, et développe son style néoclassique qui imprègnera Roland PETIT (1924-2011) et Maurice BEJART (1927-2007). En 1945, Reynaldo HAHN (1874-1947), compositeur, chef d’orchestre et critique musical, compagnon et ami de Marcel PROUST (1871-1922), devient directeur de l'Opéra de Paris. En 1982, jugeant la jauge du Palais Garnier insuffisante, le président François MITTERRAND (1916-1996), un pharaon des temps modernes, décide de la construction d'un nouvel opéra, «moderne et populaire», dans Paris, à la Bastille qui sera inauguré le 13 juillet 1989, dans le cadre des manifestations du Bicentenaire de la Révolution française.

Un des lieux souterrains qui alimente la légende de l'Opéra est le réservoir souterrain, surnommé le Lac, sorte de monstre du Lochness parisien à la sombre légende. En effet, une nappe phréatique importante, alimentée par un bras préhistorique de la Seine, provoquait une inondation permanente pendant les travaux de l’Opéra. Il a fallu la réalisation d'un cuvelage destiné à contenir les infiltrations souterraines.  En effet, l'importante quantité contenue dans la cuve de ciment et de béton, et son emplacement stratégique, donnent aux pompiers la possibilité de circonscrire plus rapidement et plus efficacement un départ éventuel départ d'incendie. Les sous-sols de l'Opéra abritaient également, dans leurs caves, une gigantesque usine de production d’électricité. L’Opéra est l’un des premiers établissements parisiens à expérimenter l’éclairage à l’électricité, à la place du gaz. Par ailleurs, sous la Commune de Paris (18 mars 1871 au 28 mai 1871), les révolutionnaires transformèrent les salles en entrepôts, et lorsque les Versaillais  pénétrèrent dans Paris le 21 mai 1871, les souterrains servirent de cachots et des Communards y furent exécutés. De quoi alimenter la sombre légende des sous-sols de l’Opéra de Paris.

Mais les sous-sols de l'Opéra recèlent encore d'autres surprises : Une initiative étonnante est prise en 1907 et réitérée en 1912. Au cours d'une cérémonie solennelle, Alfred CLARK, le président de la compagnie française du Gramophone enfouit des enregistrements  composés de vingt-quatre disques dans des urnes scellées pour 100 ans et qui seront enterrées dans les sous-sols de l'Opéra, sans oublier le gramophone, au cas où la technique d'écoute ne serait plus connue un siècle plus tard. Ces enregistrements étaient destinés à transmettre aux hommes du futur l’état des machines parlantes ainsi que les voix et interprétations des principaux chanteurs de l'époque.  Lors de cet enfouissement, un mystérieux cadavre fut découvert dans les sous-sols de l'Opéra, dont la presse se fit l'écho, et que l'écrivain Gaston LEROUX identifia comme celui du fantôme de l’Opéra. On connaît l’histoire de ce film tiré d’un roman, «le fantôme de l’Opéra». Mais d’où vient réellement cette légende parisienne ? Tout commence le 28 octobre 1873 : un jeune pianiste aurait eu le visage brûlé dans l’incendie du conservatoire de la rue Le Peletier. Sa fiancée, une ballerine du conservatoire, y aurait alors perdu la vie. Inconsolable et défiguré, il aurait trouvé refuge dans les souterrains de l’Opéra Garnier, alors en pleine construction. C’est donc à l’intérieur du palais Garnier que l’homme, Ernest, séjourna jusqu’à sa mort. Celui ci aurait d’ailleurs vécu à proximité du lac d’eau présent sous l’Opéra et servant de réserve d’eau en cas d’incendie. Il consacra la fin de sa vie à son art et à l’achèvement de son œuvre, un hymne à amour et à la mort. Celui-ci serait mort dans les sous-sols. Son cadavre n’ayant jamais été retrouvé on pense qu’il fut confondu avec les corps des communards
Mais l’histoire du fantôme de l'Opéra va prendre un autre tournant en 1916. Un écrivain, Gaston LEROUX, s’inspire alors de la légende et de plusieurs évènements troublants pour écrire son célèbre roman : Le Fantôme de l’Opéra. Dans l’avant-propos de ce roman, Gaston LEROUX mentionne que le fantôme de l’Opéra a existé. Erik a réellement vécu. Ce ne fut point, comme on l’a cru longtemps, une inspiration d’artistes, une superstition de directeurs, la création falote des cervelles excitées de ces demoiselles du corps du ballet, et précise ceci : «On se rappelle que dernièrement, en creusant le sous-sol de l’Opéra pour y enterrer les voix phonographiées des artistes, le pic des ouvriers a mis à nu un cadavre. Or, j’ai eu tout de suite la preuve que ce cadavre était celui du Fantôme de l’Opéra ! J’ai fait toucher cette preuve, de la main, à l’administrateur lui-même, et maintenant il m’est indifférent que les journaux racontent qu’on a trouvé là une victime de la commune». Le 20 mai 1896, dans les fastes du Palais Garnier, le grand lustre de la salle se décroche et tue un spectateur pendant une représentation du Faust de Gounod. La légende rapporte que ce spectateur était assis à la place numéro 13. Le film, fantastique américain, réalisé par Arthur LUBIN en 1943 et tiré de ce roman, est gravé dans nos mémoires. Dans ce film, Claudin vient d'être licencié de son emploi de premier violon de l'Opéra de Paris. Cette situation l'affecte beaucoup car elle va l'empêcher de continuer à payer les leçons de chant de Christine, la doublure de la diva BIANCARELLI, dont il est secrètement amoureux. En tuant un éditeur de musique qui refuse d'acheter ses partitions, Claudin se fait défigurer par une cuvette d'acide. Se cachant dans les sous-sols de l'Opéra, il décide d'enlever Christine en pleine représentation. Celle-ci devait interpréter un rôle très prestigieux. Un jeune ami de la belle découvre qu'un passage mène, par les égouts, aux anciennes caves de l'opéra, désaffectées, et qu'une vengeance implacable s'y trame.

L’Opéra de Paris, essentiellement dédié à la musique, à la danse et à la poésie lyrique, est placé sous la protection du dieu grec, Apollon et sa lyre, un instrument musique à cordes. Le groupe d’Apollon (hauteur 7.5 m, largeur 4 m) sculpté par Aimé MILLET (1819-1891), fondu en bronze en 1869, a été mis en place au sommet du pignon de la scène de l’opéra en 1870. Apollon, les épaules couvertes d’une légère draperie qui retombe derrière lui, élève, des deux mains, la lyre au-dessus de sa tête. À droite, la Poésie assise, complètement drapée, la tête légèrement tournée à gauche, tient le style de la main droite levée, prête à écrire, et une tablette de la main gauche. À gauche, la Musique, la tête de face, assise, la jambe droite repliée, appuie la main gauche sur un tambour de basque qu’elle tient, de la main droite, posé sur le genou droit. Elle est vêtue de la tunique laconienne fendue ; les jambes nues sont chaussées de cothurnes.

Charles GARNIER, artiste de génie et talentueux, prix de Rome en 1848, avait une conception élitiste de l’art. Les dirigeants de notre époque de l’Opéra tentent, tant bien que mal de combattre ce préjugé ancien et tenace. L’Opéra n’est pas toujours plein, et sur le million de billets à vendre chaque saison, quelques dizaines de milliers restent disponibles jusqu’au lever de rideau. «L’art n’est pas réservé à une élite. Pour apprécier le spectacle, pour ressentir une émotion, il n’est nul besoin de tout comprendre, de lire la musique, d’être un expert de l’entrechat» dit Stéphane LISSNER. «Il n’y a pas d’autre mur et barrière pour l’homme que le ciel. Tout ce qui est de la terre en terre lui appartient pour marcher dessus et il est inadmissible qu’il en soit d’aucune parcelle forclos» dit Paul CLAUDEL dans le «Soulier de satin».

La programmation de l’Opéra de Paris 2016-2017 combine les grands classiques attendus du public avec les créations contemporaines. Certains opéras sont joués au Palais Garnier (Iphigénie en Tauride, Tudor Millepied, Cosi Fan Tutte, Béatrice et Benedict, La Cenerentola), mais la plupart c’est à l’opéra Bastille. Ainsi, restent des têtes d’affiche la «Damnation de Faust» de BERLIOZ, «La Tosca» de Giacomo PUCCINI, «Samson et Dalila», un conte biblique et érotique de Camille SAINT-SAENS. Les éclairs brillent dans le ciel quand Dalila déclare sa flamme à Samson : «mon cœur s’ouvre à ta voix comme s’ouvrent les fleurs aux baisers de l’aurore». C’est une beauté envoûtante mais trompeuse. Quand le tonnerre gronde enfin, Dalila trahit Samson en le livrant à ses ennemis.

Dans «Lucia Di Lammermoor» de Gaetano DONIZETTI, et dans les collines de Lammermuir, au Sud de l’Ecosse, la belle Lucia retrouve à chaque aurore un mystérieux jeune homme dont elle est amoureuse. Mais comme dans "Roméo et Juliette" de William SHAKESPEARE, les amants sont issus de deux familles en guerre et n’ont pas le droit de s’aimer. Cet opéra romantique chante un air de folie. Lucia est interprétée par une artiste Sud-africaine, Pretty YENDE. Artiste lyrique, née le 6 mars 1985 à Piet Retief, Pretty YENDE étudie à l'académie lyrique de La Scala et remporte plusieurs concours internationaux de chant lyrique, dont le concours Operalia en 2011. Pretty YENDE, avec son timbre corsé, exerce une séduction immédiate ; elle revient cette saison 2016-2017, à Bastille dans un rôle dramatique que les plus illustres cantatrices ont interprété avant elle, dans le rôle d’une Lucia, espiègle et piquante dans l’opéra de «Lucia di Lammermoor» de DONIZETTI. «Dès sa première note, le son est à la fois issu d'une gorge bouillonnante de chaleur et un filin puissant comme l'acier. Ses notes douces sont assurées et d'une parfaite justesse, depuis l'émission jusqu'à la résonance. Sa ligne vocale pourrait être disséquée, ralentie à l'extrême, elle ferait entendre alors toutes les hauteurs de la gamme, toutes parfaitement assurées et d'une richesse seulement comparable à la note suivante. Ses graves rendraient jalouse une mezzo-soprano dramatique et sa voix suraiguë est une lance jetée en plein cœur sans qu'elle ne se départisse de son sourire amoureux qui se change en rictus de folie. Sa voix est un souffle absolu qui reste homogène et éloquent en permanence» dit Charles ARDEN.

«Les contes d’Hoffmann» de Jacques OFFENBACH sont une synthèse inouïe, à la fois drôle, grave et fantastique de l’opéra-bouffe. Le narrateur et héros raconte trois amours : Olympia, Antonia et Giulietta et expose le génie mélancolique d’un homme marqué par le sort de la vie.

«Lohengrin» de Richard WAGNER, apparaît dans une barque tirée par un cygne dans une lumière bleu argent. Il vient sauver Elsa, accusée du meurtre de son frère, et lui fait promettre de ne jamais lui demander son nom. C’est un manifeste esthétique et politique qui interroge la place du génie dans la société.

«La Flûte enchantée» de Wolfgang Amadeus MOZART est un feu d’artifice en forme de conte initiatique. S’y côtoient le prince d’un pays lointain à la recherche d’une princesse, légèrement suicidaire, un serpent géant, un oiseleur fanfaron, une Reine de la nuit, et un grand prêtre, moins ténébreux qu’il n’y paraît, imposant d’étranges rites de passage. C’est une œuvre féérique, dramatique et une méditation sur la vie et la mort.


"Cosi Fan Tutte» de Wolfgang Amadeus MOZART est une collaboration entre MOZART et Lorenzo DA PONTE. Provoqué par Don ALFONSO, vieux philosophe et cynique, deux jeunes idéalistes décident de mettre à l’épreuve la fidélité de leurs amantes. L’amour leur infligera une amère leçon : ceux qui se croyaient phénix et déesses se découvriront corps désirants. Cette musique souriante et pourtant d’une mélancolie sacrale nous fait accepter la perte de l’être aimé, perte du paradis, perte de la jeunesse, pour dessiner un monde où tout se transforme, tout est mouvement.

«Carmen» de Georges BIZET est résumé par cette célèbre phrase «L’amour est un oiseau rebelle que nul ne peut apprivoiser». Dans un sulfureux déhanchement aux accents andalous, la belle cigarière jette son dévolu sur un soldat : Don José. Le drame se met en marche.

Que serait l’Opéra Garnier à Paris sans le plafond de la grande salle, une toile monumentale de 220 m² signée Marc CHAGALL (1887-1985) ? Voulue par André MALRAUX (1901-1976), cette réalisation fut pourtant très décriée quand CHAGALL la dévoila, le 23 septembre 1964. Lumineuse, colorée, elle traduit tout l’amour du peintre pour la musique et pour la vie.

Bibliographie sélective

GARNIER (Charles), Le nouvel Opéra de Paris, Paris, Ducher, 1878, vol I, 422 pages ;

GARNIER (Charles), Le nouvel Opéra de Paris, Paris, Ducher, 1881, vol II, 367 pages ;

GARNIER (Charles), Allons à Rome, Paris, Chez tous les Libraires, 1861, 28 pages ;

LEROUX (Gaston), Le fantôme de l’Opéra, Erik, Paris, société d’éditions et de publications, 1916, 78 pages ;

LOYER (François), A travers les arts, précédée de Les ambiguïtés de Charles Garnier, Paris, Picard 1985, 280 pages ;

GIRVEAU (Bruno) sous la direction, Charles Garnier, un architecte pour un empire, Paris, École nationale supérieure des beaux-arts, , 352 pages ;

LISSNER (Stéphane), Opéra national de Paris, saison 2016-2017, Paris, 206 pages ;

LENIAUD (Jean-Michel), Charles Garnier, Paris, éditions du Patrimoine, 2003, 200 pages ;

NUITTER (Charles), Le nouvel opéra de Paris, Paris, Hachette, 1875, 255 pages.

Paris, le 15 octobre 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Paris, ville musée et son Opéra GARNIER, un des symboles de puissance magique et envoûtante», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 21:46

Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, en région Occitanie, la cité de Jean-Auguste-Dominique INGRES et d’Antoine BOURDELLE, a une très ancienne histoire et un patrimoine architectural exceptionnel. Montauban a été fondée par Alfonse JOURDAIN, Comte de Toulouse et lui donna le nom de Montalba, le "Mont des Saules" ou "Mont Blanc", par opposition au nom de l'abbaye voisine de Montauriol, le "Mont Doré". La ville fût construite, comme toutes les bastides, sur un plan régulier dont les rues coupées à angle droit se rejoignent au coeur de la ville sous les "Couverts", l'actuelle Place Nationale ou Place Royale. La charte de 1135 donne une municipalité annuelle à la ville. Tentée par le catharisme, Montauban reste fidèle au Comte de Toulouse, lors de la croisade contre les Albigeois, malgré une période d'occupation par Simon de Monfort.

C'est à partir du Moyen Âge que Montauban connaît à la fois un premier essor économique et ses premiers déchirements religieux, avec la crise albigeoise. La Guerre de Cent ans n'épargne pas non plus la cité, ainsi que les épidémies telle la célèbre peste noire de 1348 et ses nombreuses résurgences. Mais Montauban entre surtout dans l'histoire avec l'avènement du protestantisme. «Montauban a été un de ces morceaux les plus réfractaires, les plus tard venus à la famille française» dit UTHANE. Ville protestante, le huguenot désigne un homme qui va droit son chemin, simple et stoïque, féru de la sainteté de la discipline et en même passionné des libertés traditionnelles. Les Montalbanais ont possédé ces qualités dès la fondation de leur ville, et en révolte contre les moines despotes et l’autorité du comte de Toulouse. Lorsque les remparts ont été démolis la ville a perdu ses privilèges et s’est soumise aux lois françaises.

La seconde moitié du XIIIème siècle est une époque de prospérité qui confirme l'essor commercial déjà présent au XIIème siècle : Le riche bourgeois Guillaume AMIEL commerce avec l'Angleterre, et les marchands montalbanais sont en relation avec les foires de Champagne.


C'est alors que sont lancés de grands travaux publics : l'église Saint-Jacques achevée en 1280 et le Pont Vieux bâti de 1304 à 1335. Au début du XIVème siècle, Montauban est en pleine expansion économique. La guerre de Cent Ans et le peste noire vont freiner brutalement cet essor. "Clef de Pays et chef de duché de Guyenne", Montauban est une ville frontière qu'Anglais et Français vont se disputer âprement. Dès 1368, la ville, à nouveau française, ne garde plus qu'un souvenir de l'occupation : la belle salle du Prince Noir aux immenses voûtes d'ogives situées dans l'actuel Musée Ingres.

A partir de 1561, au temps des guerres de religions, la ville devient une des capitales du protestantisme français avec La Rochelle. Henry de Navarre, le futur Henri IV, y fera de fréquents séjours. La ville affirme sa grandeur en reconstruisant à partir de 1614, les couverts de la belle Place Nationale. Mais, en 1629, après la prise de La Rochelle, Montauban doit se soumettre: Richelieu entre dans la ville et rétablit le culte catholique à l'église Saint-Jacques.


La ville devient alors une capitale régionale, chef-lieu d'intendance en 1633 et d'un tribunal des Finances, la cour des Aides en 1661. Elle atteint son apogée économique au XVIIIème: minoteries, tissages de la soie et de la laine.

L'apogée économique des XVIIème et XVIIIème siècles, qui suit la période trouble des guerres de religion au cours de laquelle Montauban s'illustre comme place forte du protestantisme français, est l'occasion d'une reconstruction générale et du développement des faubourgs.

Le XIXe siècle est, pour Montauban, le commencement du déclin économique et administratif. À l'instar d'un certain nombre de villes méridionales, industrielles ou commerçantes, qui ont connu un brillant XVIIIe siècle, la ville connaît également un déclin démographique au siècle suivant. À l'écart de la révolution industrielle, Montauban subit tout au contraire une lente mais irréversible désindustrialisation : le textile est en crise, le chômage provoque des émeutes, la disette menace. L'arrivée du chemin de fer en 1857 ne changera rien : la deuxième moitié du XIXe siècle ne fait que confirmer, voire amplifier la désindustrialisation de Montauban. Déclin agricole et déclin industriel vont, d'ailleurs, de pair : l'absence de banques, la stagnation des mentalités sont également des facteurs à ne pas négliger. Elle compte alors 30 000 habitants face aux 48 000 toulousains. Pourtant, il faudra attendre 1808, pour que Napoléon crée un nouveau département, le Tarn et Garonne, dont Montauban devient le chef-lieu.

La ville est demeurée un centre administratif et agricole. Ville d'art et de culture, souriante cité de briques roses, Montauban voit ses vieux quartiers restaurés, sa population augmenter et de nouvelles implantations naître, saisissant les opportunités économiques de sa position de carrefour régional et européen.

De son riche et tumultueux passé, Montauban a hérité d'un remarquable patrimoine architectural, dont la brique, omniprésente, lui vaut l'appellation de "plus rose des villes roses". Servis par une brillante culture architecturale, édifices civils et religieux rivalisent de splendeur : la Place Nationale ou Place Royale, sa double rangée d'arcades et ses façades harmonieuses ; le Palais des Evêques ; le Collège des Jésuites ; les Hôtels Particuliers des riches bourgeois et, exception symbolique de pierre et de cuivre, la Cathédrale, affirmation de la reconquête catholique et royale.

Le musée d’Ingres abrite des œuvres de Bourdelle. Je vous propose un post que j’avais consacré à Ingres, un peintre, dessinateur et musicien, qui est au cœur de la renaissance de la ville de Montauban.

«INGRES Jean-Auguste-Dominique, (29 août 1780 Montauban, 14 janvier 1867 à Paris), peintre du néo-classicisme et symbole de la modernité», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

Ingres fut-il un homme hors normes et, comme sa création, irréductible aux schémas traditionnels en cours au XIXe siècle ? Ou bien une image fabriquée de son vivant, ensuite au fil des décennies, puis après sa mort par une historiographie abondante et zélée?

Ce qui caractérise cette gloire de France, dont la longue vie a été entièrement vouée à l’art, c’est la finesse du contour ; INGRES est un dompteur infatigable de la forme, et un modèle d’une justesse et d’une fermeté extraordinaire. «A toutes les pages, presque à toutes les lignes, il rejette la nécessité de copier scrupuleusement la nature», souligne Raymond COGNIAT. Pour INGRES, être artiste c’est un sacerdoce : «l’art n’est pas seulement une profession, c’est aussi un apostolat», dit-il. «Les œuvres d’INGRES sont de telle nature qu’elles commandent le respect. C’est la forme la plus exquise trouvée par un esprit éminent pour la révélation de sa fantaisie», s’exclame Gustave PLANCHE un critique d’art.

Le prestige d'Ingres s'impose de façon définitive sous le règne de Louis-Philippe (cartons des vitraux de la chapelle Saint-Ferdinand à Paris) comme sous le Second Empire (composition pour l'Hôtel de Ville). Il fait figure de peintre officiel.

À l'Exposition universelle de 1855, une salle entière est consacrée à ses œuvres et marque l'apogée de sa gloire. Les somptueux portraits de cette époque, la Baronne de Rothschild (1848), Madame Moitessier (1856), ont une richesse un peu lourde, une incroyable perfection technique, mais reflètent l'ennui qu'éprouve le peintre à ces travaux. Son unique apport dans le domaine de la décoration murale, l'Âge d'or, commandé par le duc de Luynes pour Dampierre, est resté inachevé, mais témoigne de ce goût exclusif pour les «formes pures du bel âge», dont la Source (1856) fut en son temps l'exemple le plus apprécié.

Durant cette dernière période, outre ces commandes de décorations monumentales et de portraits, INGRES peint aussi des tableaux religieux, mais surtout, trois tableaux de nus couronnent son oeuvre : Vénus Anadyomène, commencée à Rome dès 1808 mais seulement achevée en 1848, à Paris, la Source et le Bain turc (1862).

La reconnaissance est venue du vivant même d’INGRES. Louis-Philippe a demandé à ce que INGRES fasse le portrait de son fils, le duc d’Orléans. INGRES fut nommé Chevalier de la Légion d’honneur en 1824, membre de l’Institut en 1826, officier de la Légion d’honneur en 1841, Commandeur en 1845, Grand officier en 1855, sénateur en 1862, membre du conseil impérial de l’Instruction publique.

Les artistes des générations suivantes, Degas, Seurat, Matisse, indifférents à la grande querelle du romantisme et du classicisme, apprécieront chez Ingres non pas les compositions historiques et religieuses, Jeanne d'Arc, Vierge à l'hostie, tant admirées par les contemporains, mais la géométrie de Virgile lisant l'Énéide (1819), la musicalité de l'Odalisque à l'esclave (1839), l'érotisme intellectuel du Bain turc, testament esthétique où s'affirment l'amour de l'arabesque et la recherche de l'abstraction.

L'art d'Ingres a doublement influencé la peinture en agissant d'une part, à court terme, sur les élèves de son atelier (le plus important du siècle après celui de David) et sur des imitateurs médiocres, d'autre part, à plus longue échéance, sur tous ceux qui rêvent d'ascèse et de style.

L'autorité de son enseignement, «le dessin est la probité de l'art», ou «il faut vivre des antiques», aboutit à un système où la doctrine ingriste impose sa froideur, mais non cette étrangeté qui faisait son génie et dont seul Chassériau, disciple infidèle bientôt attiré par le romantisme d'un Delacroix, utilisera les charmes ambigus.

La plupart des élèves d'Ingres (Victor Mottez, 1809-1897 ; Hyppoylite Flandrin ; Jean-Louis Janmot, 1814-1892) seront des portraitistes appréciés, mais participeront surtout à un renouveau de la peinture murale religieuse, encouragé par la présence à l'Inspection des beaux-arts de l'architecte Victor Baltard leur condisciple à la Villa Médicis. Parallèlement à cette peinture à tendance idéaliste se développe un courant néogrec représenté par des artistes tels que Léon Gérome et Charles Glyere avec lesquels s'édulcorent les grands principes «ingristes».

Mais la véritable filiation d'Ingres se trouve chez ceux qui surent assimiler son obsession de la ligne, comme Puvis de Chavanes et Degas, sa volonté de synthèse, comme Gauguin et Maurice Denis, sa méthode intellectuelle, comme les peintres cubistes, qui, de Picasso à La Fresnaye et Lhote, ont toujours admiré la rigueur de son vocabulaire plastique.

Les tableaux et les dessins d'Ingres, souvent admirés pour leur apparente fidélité à la réalité, contiennent, dans les déformations plastiques qu'ils suggèrent, la simplification de leur modelé, l'audace de leurs coloris, des ferments novateurs qui choquèrent à son époque et dont s'emparèrent les créateurs de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle. Successivement les fauves (Derain, Matisse), les cubistes (Picasso) et les surréalistes (Dali, Mirô, Man Ray) empruntent au maître. Le domaine du nu et celui du portrait sont les plus favorisés, avec des interprétations tantôt fidèles, tantôt audacieuses. Les artistes les plus exigeants de la seconde moitié du xxe siècle, Larry Rivers, Francis Bacon, Robert Rauschenberg, Martial Raysse, s'emparent aussi des créations d'Ingres. Les contemporains, y compris les plus jeunes, se passionnent aujourd'hui pour le maître de Montauban dans tous les pays, jusqu'à la Russie, la Corée et le Japon. Tous font partie de ces " modernes " qui, passionnés par le travail d'Ingres, en donnent des images parfois violentes ou bien ludiques, délibérément érotiques, contestataires ou revendicatives, en particulier pour ce qui concerne les combats raciaux ou féministes.

Ingres est le défenseur d'une permanence classique, face aux violences cérébrales et plastiques du romantisme. Son art apparaît cependant curieusement diversifié selon que l'on étudie les tableaux d'histoire, les portraits ou les nus. Si les premiers obéissent à une inspiration souvent académique, les seconds atteignent, au-delà d'une ressemblance parfaite, le caractère psychologique du sujet, affirmation de l'individualité accompagnée pourtant d'une soumission du modèle à l'idéal ingresque, où la souplesse de la ligne dessine des gestes arrondis, des plis moelleux, des yeux en amande. Les nus sont l'aboutissement de cette fascination de la ligne qui semble la substance même de l'art d'Ingres.

Ingres a laissé un ensemble d'écrits et de propos, rédigés ou recueillis au fil des circonstances, qui constituent un précieux témoignage de sa pensée artistique et de sa personnalité. Il y exprime ses "bonnes doctrines" avec une foi ardente et ce ton tour à tour impérieux, naïf ou batailleur qui le caractérise. Elève de David, Ingres se conforme à la tradition d'un art classique idéaliste, fondé sur l'imitation des Anciens, le primat de la peinture d'histoire et du dessin sur la couleur. Dès ses débuts, cependant, il renouvelle et subvertit cette tradition en se référant non au "beau idéal", mais à une conception personnelle de la beauté, nourrie de références nouvelles, notamment à l'art de la Renaissance italienne et surtout inspirée de l'étude éblouie des formes vivantes. Ces textes permettent de suivre la complexité d'une pensée partagée entre la tentation doctrinale et la vivante réflexion issue de la pratique. Ils sont assortis de commentaires critiques dus à Baudelaire, Théophile Silvestre ou André Lhote, tour à tour virulents ou admiratifs, mais toujours éclairants. INGRES est à la fois un symbole du classicisme et, paradoxalement, une figure tutélaire de la modernité.

I – INGRES, une longue vie vouée à l’art

INGRES est né le 29 août 1780, à Montauban, dans le Tarn, de Jean-Baptiste INGRES, originaire de Toulouse, sculpteur et musicien et d’Anne MOULON. A 5 ans, son père l’inscrivit à l’Institut des Frères de la doctrine chrétienne, pour son enseignement religieux. «Il était docile, laborieux, intelligent et d’une régularité de conduite peu commune à son âge», écrit Rey BARTHELEMY.

1 – INGRES, un admirateur de Raphaël

Son père, Joseph INGRES (1755-1814), peintre, sculpteur, ornemaniste, aussi habile à modeler des statues pour les parcs languedociens qu'à décorer un plafond ou à réaliser les grandes mises en scène des fêtes publiques, prend très tôt conscience des dispositions artistiques de son fils. Il lui enseigne le violon, le dessin, lui donne à copier des estampes, puis le confie à ses confrères toulousains : le sculpteur Jean-Pierre Vigan († 1829), le paysagiste Jean Briant (1760-1799), organisateur du musée des Grands-Augustins, Joseph Roques (1754-1847), ancien condisciple de David. Ce dernier règne alors sur les beaux-arts européens, auxquels il impose la théorie du «beau idéal».

INGRES savait jouer de la musique. En effet, il avait une seconde passion artistique, puisqu'il consacrait ses moments libres à jouer du violon, et avec un certain talent, puisqu'il devint même deuxième violon à l'orchestre du Capitole de Toulouse. C'est ainsi que, depuis le début du XXe siècle, avoir un violon d'Ingres s'emploie à propos d'une personne qui pratique une activité non professionnelle avec une certaine passion. Charles Gounod qui avait fait la connaissance d'Ingres à Rome; relate la passion d’Ingres pour la musique : "Monsieur Ingres était fou de musique ; il aimait par-dessus tout Haydn, Mozart, Beethoven et peut être plus particulièrement Glück... Nous restions souvent une partie de la nuit à nous entretenir des grands maîtres".

INGRES fréquentait les petits théâtres de Montauban. Il étudia les rôles de César, de Mahomet et de Britanicus.

A 12 ans, INGRES obtient le grand prix de l’Académie. «J'ai été élevé dans le crayon rouge. Mon père me destinait à la peinture, tout en m'enseignant la musique comme passe-temps», dit-il. INGRES est un grand admirateur de Raphaël. «Mes progrès en peinture furent rapides. Une copie de la Vierge à la chaise ramenée d’Italie par mon maître, fît tomber le voile de mes yeux ; Raphaël m’était révélé. Je fondis en larmes», souligne Ingres.

Né sous Louis XVI, INGRES arrive à Paris au lendemain de la Révolution. INGRES séjournera à Paris sur trois périodes de 1796 à 1806, de 1824 à 1834 et de 1841 à sa mort. En 1796, INGRES se rend à Paris et s’inscrit à l’atelier de Louis DAVID, chargé, à l’époque, de restaurer l’art en France, en y faisant revivre le goût des beautés antiques. David s’est fait remarquer par ses ardeurs républicaines. Il se fait remarquer par «la candeur de son caractère et sa disposition à l’isolement», MONTROND un de ses biographes. Il a un fond d’honnêteté rude qui «ne transige rien d’injuste et de mal», précise l’auteur. L'atelier de David est alors partagé en plusieurs factions : les «romains», partisans d'un strict néoclassicisme ; les « muscadins », royalistes, catholiques et adeptes d'une peinture historique à caractère national ; les «barbus» ou «primitifs», dont le chef Maurice Quay (1779-1804) prône le style « procession », c'est-à-dire le linéarisme des figures tracées sur les vases grecs, dont s'inspire John Flaxman Outre-Manche. L'Iliade illustrée par celui-ci connaît un grand succès en France. INGRES sera rempli de fierté lorsque l'artiste anglais déclarera trouver «préférable à tout ce qu'il a vu de l'école française contemporaine » les Ambassadeurs d'Agamemnon (1801, École nationale des beaux-arts), tableau très davidien avec lequel Ingres vient de remporter le premier prix de Rome. Ingres sembla d'abord destiné à reprendre le flambeau de son maître David, dans l'art à la fois du portrait et de la peinture historique. En 1799, il remporta au concours général, le 2ème prix de peinture. Il conquit le 1er prix en 1802. . Les difficultés financières du gouvernement retarderont jusqu'en 1806 le départ des lauréats pour la Ville éternelle.

Pour son premier voyage, INGRES séjournera en Italie, de 1806 à 1820. Le deuxième voyage s’étalera de 1834 à 1841. En Italie, il commença par étudier, de façon approfondie, son peintre favori, Raphaël, maître de la rectitude idéale de la ligne. Mais Ingres s'émancipa très vite. Il n'avait que 25 ans lorsqu'il peignit les portraits de la famille Rivière. Ils révèlent un talent original et un goût pour la composition non dépourvu d'un certain maniérisme, mais celui-ci est plein de charme, et le raffinement des lignes ondulantes est aussi éloigné que possible du réalisme simple et légèrement brutal qui fait la force des portraits de David. Ses rivaux ne se laissèrent pas abuser : ils tournèrent en dérision son style archaïque et singulier en le surnommant «Le Gothique » ou «Le Chinois ». Cependant, durant le Salon de 1824 qui suivit son retour d'Italie, Ingres fut promu chef de file du style académique, par opposition au nouveau courant romantique mené par Delacroix. En 1834, il fut nommé directeur de l'Ecole française de Rome, où il demeura 7 ans. Puis, à peine rentré au pays, il fut à nouveau acclamé comme le maître des valeurs traditionnelles, et s'en alla finir ses jours dans sa ville natale du Sud de la France. La plus grande contradiction dans la carrière d'Ingres est son titre de gardien des règles et des préceptes classiques, alors qu'une certaine excentricité est bien perceptible dans les plus belles de ses oeuvres. Un cuistre, observant le dos de la Grande Odalisque et diverses exagérations de forme dans Le Bain turc, fit remarquer les indignes erreurs commises par le dessinateur. Mais ne sont-elles pas simplement le moyen par lequel un grand artiste, doté d'une sensibilité extrême, interprète sa passion pour le corps magnifique de la femme ? Lorsqu'il voulut réunir un grand nombre de personnages dans une oeuvre monumentale telle que L'Apothéose d'Homère, Ingres n'atteignit jamais l'aisance, la souplesse, la vie ni l'unité que nous admirons dans les magnifiques compositions de Delacroix. Il procède par accumulation et juxtaposition. Pourtant, il sait faire preuve d'une grande assurance, d'un goût original et d'une imagination fertile lorsqu'il s'agit de tableaux n'impliquant que deux ou trois personnages, et mieux encore dans ceux où il glorifie un corps féminin, debout ou allongé, qui fut l'enchantement et le doux tourment de toute sa vie.

Il ne faut pas négliger ces années d'attente. Le jeune artiste vit difficilement, mais sa réputation grandit, attestée par les commandes d'un portrait du Premier Consul (1803), destiné à la ville de Liège, et d'un Napoléon Ier sur son trône (1806) pour le Corps législatif.

Ingres se détache de David, se lie plus intimement avec des préromantiques comme Antoine Gros et François Granet, partage l'admiration de son ami, le sculpteur florentin Lorezo Bartolini, pour le quattrocento, fréquente le salon de François Gérard où il retrouve toute l'intelligentsia de sa génération et se passionne comme celle-ci pour les poèmes prétendument ossianiques de Macpherson.

Enfin, il a l'occasion de pouvoir étudier au Louvre les nombreux chefs-d'œuvre soustraits aux galeries européennes par les troupes de Bonaparte : « C'est en se rendant familières les inventions des autres qu'on apprend à inventer soi-même », assurera-t-il plus tard.

2 - INGRES et les influences italiennes.

Dans les portraits de la famille Rivière, œuvres majeures de cette première période parisienne, se lisent ses admirations : reproduction de la Vierge à la chaise de Raphaël, négligemment posée près du bras de Monsieur Rivière, utilisation d'un fragment de paysage emprunté à l'Amour sacré et l'Amour profane de Titien dans le fond du portrait de Mademoiselle Rivière, celle-ci ayant d'ailleurs la pose d'un autre Titien (la Dame à la fourrure), mais se détachant à mi-corps en clair sur clair comme la Vierge à la prairie de Raphaël.

L'autorité picturale d'Ingres, tempérament peu imaginatif et toujours dépendant du modèle, vivant ou peint, est cependant telle que les emprunts s'amalgament totalement à son propre style. Au Salon de 1806, le public et la critique reprochent aux portraits des Rivière et à l'autoportrait du musée de Chantilly d'imiter Van Eyck avec extravagance. De Rome, Ingres s'indigne : « Du gothique dans Madame Rivière, sa fille, je me perds, je ne les entends plus… ».

Les carnets du maître, sa correspondance, les souvenirs recueillis plus tard par ses élèves dévoilent son caractère intransigeant (« l'admiration tiède d'une belle chose est une infamie ») ; ses lectures (Dante, Homère, Ossian, lady Montagu) trahissent ses passions : « les Grecs divins », Raphaël, Poussin, Masaccio, mais aussi les maniéristes toscans et les primitifs (il possédait un panneau de Masolino da Panicale).

Respectueux de la hiérarchie des genres, Ingres n'exploite pas ses dons de paysagiste, mais le Casino de Raphaël (1806-1807) et les fonds des portraits dessinés ont une concision et une clarté qui préludent à celles des Corots d'Italie.

3 – INGRES, un artiste sensible

INGRES est un artiste pudique, mais d’une grande sensibilité. On a le sentiment que ses premiers biographes n’ont connu sa vie que la façade. «Celui qu’on a accusé de froideur, fut un homme, entre tous, sensible», dit Henri LAPAUZE, un de ses biographes.

La vie d’INGRES est mouvementée, fertile en imprévus. En 1802, INGRES remporte le prix de Rome, mais il ne pourra regagner l’Italie qu’en 1806. C’est pendant cette période qu’il fréquenta la famille d’un magistrat parisien qui résidait au quai Malaquais, dans le 6ème arrondissement. Anne-Marie Julie Forestier avait 17 ans, et lui 26 ans. INGRES déclare à sa Julie, sa fougue : «Je vous aime beaucoup pour être raisonnable. Je vous aime, tour à tour, comme épouse, sœur et amie», dit-il.

La tradition de l’époque voulait que le père demande, pour le compte de son fils, les fiançailles.

INGRES aimait sa Julie, mais il adore son art. Il part en Italie, et y séjourne trop longtemps et les fiançailles seront rompues. Julie Forestier ne se mariera jamais : «quan on a eu l’honneur d’être fiançée à INGRES, on ne se marie pas».

Avant de se marier, à sa première épouse Madeleine Chapelle, INGRES aimait en Italie, Laure Zoëga, une fille d’antiquaire. Mais Laure aimait danser. Un jour elle disparut avec un cuirassier.

Ce sont des amis d’INGRES qui l’ont mis en relation avec sa future épouse. Madeleine Chapelle qui tenait un magasin de mode et de lingerie, à Guéret, en Creuse, consentie de rejoindre INGRES en Italie. Le mariage est célébré le 4 décembre 1813. Madeleine décédera le 27 juillet 1849.

A 72 ans, INGRES se remarie, à Paris, avec Delphine Ramel (43 ans), le jeudi 15 avril 1852.

II – Ingres, peintre du réalisme et de la nudité

1 – INGRES, la nudité et la recherche de la ligne juste :

Entre ses deux envois officiels de la Villa Médicis Œdipe et le Sphinx (1808), où le modèle a la pose de l'un des Bergers d'Arcadie de Poussin, et Jupiter et Thétis (1811), où la déesse est inspirée d'un dessin de Flaxman, mais avec une volupté très personnelle, l'imagerie ingresque se précise, atteint une étrangeté linéaire qui déroute les contemporains.

Dix-huit ans d'Italie (il ne quittera pas Rome à la fin de son séjour à la Villa Médicis) isolent Ingres de l'évolution parisienne. Il n'est cependant pas insensible au romantisme : allure byronienne du portrait de Granet (1807), surréalité du Songe d'Ossian (1812-1813) commandé par le préfet de Rome pour la chambre de Napoléon au Quirinal, style troubadour de Paolo et Francesca (1819), à propos duquel, à la fin du siècle, Odilon Redon s'étonnera : « Mais c'est Ingres qui fait des monstres». La première version de ce tableau date de 1814 ; il en existe quatre autres, Ingres aimant reprendre à de longues années d'intervalle ses thèmes favoris, qui, pour la plupart, apparaissent au cours de ce premier séjour romain : Vénus Anadyomène, Stratonice, les odalisques.

La Baigneuse de dos (1807) et la Baigneuse de la collection Valpinçon (1808) inaugurent un jeu subtil entre la ligne et le ton local, dont l'allongement maniériste et la pâleur élégante de la Grande Odalisque (1814) sont l'apothéose. Exposée en 1819, 1846, 1855, cette dernière œuvre fut incomprise d'un public insensible à ses beautés intellectuelles.

2 – INGRES, portraitiste, réaliste et champion du néoclassicisme.

Un réalisme plus accessible apparaît dans les nombreux portraits commandés par les fonctionnaires impériaux avec lesquels il s'est lié : les Marcotte, les Bochet, les Panckouke, les Lauréal (dont il épousera en 1813 une cousine, Madeleine Chapelle, modiste à Guéret). En 1815, la chute de l’Empire le prive de cette clientèle, mais Ingres, qui a travaillé pour Napoléon, pour les Murat, pour Lucien Bonaparte, n'est pas pressé de regagner Paris. Les admirables portraits à la mine de plomb évoquant si souvent les traits de ses amis (individuellement : Charles François Mallet, 1809 ; ou collectivement : la Famille Stamaty, 1818) deviennent sa principale ressource jusqu'à son départ pour Florence (1820), où l'attire la présence de Bartolini.

Ingres passe quatre ans en Toscane, très occupé par la conception et la réalisation du Vœu de Louis XIII, commandé pour la cathédrale de Montauban grâce à l'intervention de son ami Jean-François Gilibert. Il rentre en France pour présenter au Salon de 1824 cette œuvre assez magistrale malgré la disparité des sources (Raphaël et Champaigne). Le succès fut général et l'approbation unanime, même de la part du jeune Delacroix qui expose les Massacres de Scio.

INGRES se conforme à la tradition d'un art classique idéaliste, fondé sur l'imitation des Anciens, le primat de la peinture d'histoire et du dessin sur la couleur. Dès ses débuts, cependant, il renouvelle et subvertit cette tradition en se référant non au "beau idéal", mais à une conception personnelle de la beauté, nourrie de références nouvelles, notamment à l'art de la Renaissance italienne et surtout inspirée de l'étude éblouie des formes vivantes. « INGRES est un élève de David. Or, tous ceux qui ont étudié l’histoire de la peinture, il est hors de doute que l’élève est supérieur à son maître», souligne Gustave PLANCHE.

Charles X décore INGRES de la légion d’honneur. En effer, de 1824 à 1835, une pluie d'honneurs s'abat sur l'artiste : Légion d'honneur, fauteuil à l'Institut, professorat à l'École nationale des beaux-arts, dont il devient président en 1834. La Monarchie de Juillet lui accorde des égards à sa mesure : il peint le Duc d’Orléans, chez lui. Louis-Philippe le nommera Directeur de l’Académie à Rome.

Simultanément, ses amis commencent à l'imposer comme le champion du classicisme face au romantisme, et lui-même adopte cette attitude intransigeante. Avec austérité, il enseigne aux élèves de son atelier (créé en 1825) une stylisation, une simplification inspirées de Raphaël et de Poussin, qu'illustrent le schéma pyramidal et les attitudes figées de l'Apothéose d'Homère (1827) et du Martyre de saint Symphorien (cathédrale d'Autun).

Le portrait de Monsieur Bertin (1832), symbole de la bourgeoisie triomphante, échappe à cette doctrine par son caractère sociologique, comme lui échappe en un autre sens la mise en page décentrée de l'Intérieur de harem (1828).

Parti étudier les grands maîtres italiens, il se fixe à Rome puis à Florence, d’où il produit notamment Raphaël et la Fornarina, Le sommeil d’Ossian ou L’Odalisque couchée, ce dernier tableau, commandé par la reine de Naples, lui valant un retour en grâce auprès des critiques français. Ingres revient à Paris en novembre 1824 ; suite à un discret complot des cercles d’influence de l’art parisien, défenseurs du classicisme, Ingres apparaît alors comme le sauveur de la tradition qui renouvelle l’art sans le détruire ce qui l’oppose aux jeunes romantiques. Il expose au Salon quelques sujets «Troubadours» et le Vœu de Louis XIII, grand tableau commandé pour la cathédrale de Montauban.

Décoré de la Légion d’honneur en 1824, Ingres est admis en 1825 à l’Institut. Mais son travail continue de déchaîner les passions et il repart pour Rome prendre la direction de la Villa Médicis en 1834. Son second retour de Rome sera celui de la gloire officielle. Les commandes affluent, parmi lesquelles des peintures destinées à la Chambre des Pairs de la Monarchie de Juillet. Survient le Second Empire. Ingres, qui avait en 1804 composé un Portrait du Premier Consul et un Portrait de l’Empereur représente au plafond de l’Hôtel de Ville de Paris l’Apothéose de Napoléon 1er, avec cette légende: In nepote redivivus (Réincarné dans le neveu - Napoléon III était le neveu de Napoléon 1er). Appelé en mai 1862 à siéger au Sénat impérial, Ingres y vote jusqu’à sa mort pour la ligne gouvernementale".

Le tableau, «Le Vœu de Louis XIII» dont les sources d’inspiration sont à chercher tant chez Raphaël que dans la tradition baroque française et italienne étudiée à Toulouse mêle théâtralité et réalisme, est un abandon temporaire aux références antiques.

L’influence d’INGRES sur l’art français est considérable. Elle débute de sa nomination en 1825. Son tableau « L’Apothéose d’Homère», déchaîne les passions. «Non seulement la jeune génération subit l’ascendant du maître, mais les maîtres eux-mêmes n’y purent échapper», dit Gustave PLANCHE.

Il s’empresse de retrouver ces références antiques dans cette commande pour un plafond du Louvre qui reprend le schéma classique de L‘Ecole d’Athènes de Raphaël au Vatican. Tout y apparaît comme une démonstration de ses convictions esthétiques : Homère est couronné au milieu d’un choix d’artistes, écrivains, poètes, musiciens, peintres, philosophes, se réclamant tous de la tradition homérique : les grands auteurs et penseurs grecs, Eschyle, Hérodote, Sophocle, Euripide, Aristote, Socrate, Platon et Hésiode ; quelques Romains comme Horace et Virgile ; les grands auteurs classiques français, tels Molière, Racine, Corneille, Boileau, La Fontaine, Fénelon ; un Anglais, Shakespeare, deux Italiens, Dante et Le Tasse. Les beaux-arts sont quant à eux représentés par un nombre peu élevé de personnalités : Apelle et Phidias pour l’Antiquité, Poussin et Raphaël pour les temps modernes - David, envisagé un moment, a disparu ; et seulement deux musiciens : Mozart et Gluck.

Le Martyre de saint Symphorien : Pendant près de 10 ans, Ingres travaillera à la réalisation de ce tableau pour la cathédrale d’Autun. Il a multiplié les études au crayon et à l’huile de la composition, des personnages et des accessoires. Il s’attache à restituer la plus grande réalité historique et archéologique, s’arrêtant même à Autun pour étudier les lieux et l’architecture locale. Exposé au Salon de 1834, cette œuvre incomprise sera fortement critiquée.

Il peint le 1er Consul en habits rouges et cette peinture est exposée en 1855, puis cédée à la ville de Liège.

INGRES est l’artiste le plus chrétien de son époque. «Nulle part la réaction d’INGRES ne s’est accomplie avec plus de grandeur et d’utilité que dans la peinture religieuse », souligne Gustave Planche.

INGRES représente l’harmonie linéaire, la pureté des formes ; chez lui l’expression du beau et du vrai, est l’essence de l’art.

INGRES meurt le 14 janvier 1867, dans son appartement Quai Voltaire, à Paris. « J’ai beaucoup connu INGRES et sereine vieillesse. Il avait conservé toute sa lucidité et la maîtrise suprême de son art, dont il parlait avec un enthousiasme juvénile», confiera la Comtesse Georges Mniszech, née Hanska, fille de Mme Honoré de Balzac.

BIBLIOGRAPHIE SELECTIVE

1 – Sur l’histoire de Montauban

LICOU (Daniel), sous la direction de, Histoire de Montauban, Toulouse, Privat, 1984, 354 pages ;

UTHANE (Urbain), Essai sur Montauban et le Tarn et Garonne, géographique, historique, économique, Montauban, Georges Forestier, 1908, 421 pages, spéc sur Montauban, pages 191-305 ;

MARY-LAFON (Jean-Bernard, Marie), Histoire d’une ville protestante, Paris, Amiot, 1862, 316 pages ;

LE BRET (Henri), Histoire de Montauban, Montauban, Chez Rethoré, 1841, vol 1 432 pages ;

ROME (Catherine), Bourgeois de Montauban au XVIIème siècle, thèse sous la direction de Jean-Pierre Amalric, Toulouse, 1997, 2 vol 622 pages ;

2 – Contributions d’INGRES

INGRES (Jean-Auguste-Dominique), Les cahiers littéraires inédits de JAD Ingres, Paris, PUF, 1956, 96 pages ;

INGRES (J.A.D.), Ingres raconté par lui-même et par ses amis, Venesav Genève, P. Cailler, vol. I, 1947, 190 pages ;

INGRES (JAD), Pensées, éditions de la Sirène, 1922, 172 pages ;

INGRES (J.A.D), Catalogue des tableaux, études peintes, dessins et croquis, Paris, typographie de A D Laine et J. Havard, 1867, 67 pages ;

INGRES (JAD), Ecrits sur l’art : dessins d’Ingres, Paris, la Bibliothèque des Arts, 1994, 99 pages ;

2 – Contributions sur INGRES :

AMAURY-DUVAL, L’atelier d’Ingres, souvenirs, Paris, Charpentier, 1878, 288 pages (doc BNF, cote 8V) ;

BARBILLON (Claire), DUREY (Philippe), FLEKNER (Uwe), Ingres, homme à part ? : une carrière et un mythe : actes du colloque, Ecole de Louvre, 25-28 avril 2009, Paris, Ecole du Louvre, 2009, 453 pages.

BLANC (Charles, critique d’art) et FLAMENG (Léopold), Ingres, sa vie et ses ouvrages, Paris, J. Renouard, 1870, 247 pages ;

BROETEG (Michael), Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1969, 164 pages ;

COGNIAT (Raymond), Ecrits sur l’art, la Jeune Parque, 1947, 85 pages ;

Contributions en langue anglaise :

CUZIN (Jean-Pierre), SALMON (Dimitri), VIGIER-DUTHEIL (Florence), Ingres et les modernes, Musée national des beaux-arts de Québec, Musée Ingres, Somogy, 2008, 335 pages ;

DELABORDE (Le Vte Henri), Ingres : sa vie, ses travaux, sa doctrine, d’après les notes manuscrites et les lettres du maître, Paris, Plon, 1870, 379 pages (doc. BNF cote 8Ln27 25452) ;

GOETZ (Adrien), préface de, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), Paris, Grasset, 2013, 133 pages ;

GRIMME (Karin H), Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1780-1867, Taschen, 2006, 96 pages (texte en anglais) ;

JOVER (Manuel), Ecrits et propos sur l’art, Jean-Auguste-Dominique Ingres, éditions Herman, 2006, 177 pages ;

Laboratoire secret CRDP de l’Académie d’Aix-Marseille, Ingres et l’Antique, 2006, 62 pages ;

LAPAUZE (Henri), Ingres, sa vie, son œuvre, (1780-1867), d’après des documents inédits, Paris, G Petit, 1911, 584 pages ;

LAPAUZE (Henri), Le roman d’amour de M. Ingres, Paris, Pierre Lafitte, 1910, 336 pages ;

MEOPHLE (Sylvestre), Jean-Auguste-Dominique Ingres, Paris, Litres, 2014 80 pages ;

MERSON (Olivier), Ingres : sa vie, son œuvre, J. Hetzel, 1867, 123 pages ;

MERSON (Olivier), Ingres, sa vie et ses œuvres, son portrait photographie par Légé et Bergeron, et le catalogue des œuvres du maîtres par Emile Bellier de la Chavignerie, Paris, J. Hetzel, 1867, 123 pages ;

MICHEL (André), Notes sur l’art moderne (Corot, Ingres, Eugène Delacroix, Raffet Meissonnier, Puvis de Chavannes, à travers les salons), Paris, Armand Colin, 1896, 320 pages ;

MIRECOURT (Eugène), Ingres, 1856, G Havard, 95 pages ;

MIRECOURT de (Eugène), Ingres, Paris, Gustave Havard, 1856, 95 pages (doc. BNF);

MONTROND de (Maxime), Ingres, étude biographique et historique, Lille, Paris, Librairie Gérant, 1868, 138 pages (doc BNF, cote Ln 27 24S26 – 13293) ;

PICON (Gaëtan), Jean-Aguste-Dominique Ingres, Genève, 1980, éditions d’art Albert Srika, collection découverte du XXème siècle, 156 pages ;

PLANCHE (Gustave), «Les œuvres d’Ingres», Revue des Deux Mondes, 1851 (tome 12), pages 119-1135 ;

REY (M. Barthélémy), Biographie d’Ingres : hommage au conseil général de Tarn-et-Garonne et au conseil municipal de la ville de Montauban, Toulouse, Montauban, Paris, éditions J B Dumoulin, 1867, 12 pages ;

RITKIN (Adrien), Ingres : Then, and Now, Routledge, 2005, 176 pages.

ROSENBLUM (Robert), Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1990, Harry N Abrahms, 128 pages ;

TOUSSAINT (Hélène), Les portraits d’Ingres : peinture des musées nationaux, Paris, Ministère de la Culture, éditions Réunions des Musées nationaux, 1985, 141 pages ;

Albi, le 26 juillet 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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