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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 00:00
«Djibril Tamsir NIANE (1932-2021), conteur, universitaire, une immense gloire de l’histoire africaine» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/ 
«Je suis peiné d’apprendre le décès de Djibril Tamsir Niane, historien et écrivain de talent, auteur du célèbre ouvrage «Soundiata où l’épopée mandingue», écrit le président Macky SALL, à propos du décès de Djibril Tamsir NIANE survenu à Dakar le 8 mars 2021. Historien, conteur, dramaturge, panafricaniste et universitaire, Djibril Tamsir NIANE guinéen réfugié au Sénégal, est décédé du Covid-19, à l’âge de 89 ans à Dakar le lundi 8 mars 2021, presque en même temps que sa sœur jumelle, Yahyé NIANE. Le professeur Djibril Tamsir NIANE avait toujours souligné l’importance d’enseigner l’histoire, «de se pencher sur le passé et de montrer ce que nous avons en commun. La connaissance de l’Histoire est indispensable pour vraiment asseoir une Nation. Méconnaissant l’Histoire, on ne peut pas agir en commun» dit-il. Djibril Tamsir NIANE était aussi un éminent tenant de la tradition orale «La parole s’envole, les écrits restent» est une citation des Romains qui a contribué à forger l’opinion selon laquelle une source orale ne serait pas crédible : «Les peuples de l’oralité sont porteurs d’une culture aussi riche que celle des tenants de l’écriture. La tradition orale ne dit pas n’importe quoi, n’importe comment ; c’est une parole organisée, structurée, un immense réservoir de connaissances acquises par la collectivité, selon des canons bien déterminés. Aussi existe-t-il des spécialistes de la parole dont le rôle est de conserver et de transmettre les choses du passé : ce sont les griots. Les choses anciennes restent dans l’oreille» confie-t-il au Courrier de l’UNESCO en 2009.
Djibril Tamsir NIANE vit le 9 janvier 1932, officiellement, à Conakry, en Guinée. Si son acte d’état civil a été enregistré à la capitale guinéenne, en fait il est né à Dinguiraye, dans la région de Faranah (Guinée), à 545 km de la capitale. Ses grands-parents, d’authentiques peuls du Fouta-Toro, viennent du village de Séno-Palél, dans le département de Kanel, au Sénégal. Ils sont de la caste des «Diawando», les conseillers de l’aristocratie peule ; son père étant Daouda NIANE, un ouvrier des chemins de fer et sa mère Aïssata SAM, descendante peule d’Amadou Dieynaba SAM venant de Séno-Palél, un savant en sciences islamiques, et d’une mère mandingue, originaire de Dinguiraye. En effet, les ancêtres de Djibril Tamsir NIANE, dont Amadou Hamady NIANE, avaient suivi El Hadji Foutiyou Omar TALL (1794-1864), dans son Jihad, à Dinguiraye. En effet, El Hadji Omar TALL, qui avait suivi une partie de ses études coraniques, à Séno-Palél, chez le grand marabout Abdoul Karim DAFF (1727-1807), dont le foyer ardent est encore sanctuarisé, a recruté, dans son exil en Guinée de nombreux adeptes du département de Kanel, , comme Nially DAFF et Alpha Oumar Thierno Baïla WANE (1805-1863), son chef de guerre. Suivant, la tradition orale, El Hadji Omar Foutiyou TALL, fondateur de Dinguiraye, en mars 1849, aurait demandé à Sam Pollel de prospecter un lieu de résidence approprié ; celui-ci découvre un troupeau de buffles, de bœufs et d'antilopes sauvages dans un endroit qui est alors nommé «Dinguiraye» ou «parc de bœufs» en Peul.
Derrière chaque grand homme, se cache une Femme exceptionnelle. Mme Aïssatou DIALLO, une personne particulièrement discrète, a donné à Djibril Tamsir NIANE, cinq enfants : Daouda Tamsir NIANE né le 15 octobre 1959, reporter au Grand Horoya, Directeur de la Bibliothèque Tamsir NIANE et avait été en fonctions à la Présidence de la République guinéenne ; Khadiatou dite «Katoucha» née le 30 décembre 1960, une top modèle à Paris, disparue tragiquement et prématurément ; Raliatou Fifi NIANE COCHERY, née le 13 juin 1962, une artiste ; Fatou Tamsir NIANE POLNEAU née le 19 avril 1967, vivant en Côte-d’Ivoire ; Bachir Tamsir NIANE, né le 14 février 1969, écrivain et professeur de Lettres. La mort tragique, à Paris, de sa fille, Khadidiatou NIANE dite «Katoucha» (1960-2008) ou «La Princesse peule», l’un des premiers mannequins internationaux, l’avait profondément affecté. Egérie d’Yves SAINT-LAURENT (1936-2008), Thierry MUGLER, Paco RABANNE et de Christian LACROIX, dans ses révoltes contre l’excision et le viol, aimant la fête et les excès (sexe, alcool et drogue), Katoucha fréquentait des artistes de haut rang (Karl LAGERFELD, Roman POLANSKI, Serge GAINSBOURG). Katoucha, habitant une péniche, «La Petite vitesse», s’était rendue à une soirée. Portée disparue dans la nuit du 1er au 2 février 2008, son corps n’a été retrouvé que le 28 février 2008, dans la Seine, près du Pont du Garigliano, à Paris 16ème. Une mort mystérieuse, non encore élucidée. Elle avait trois enfants : Amy, restée au Sénégal, Alexandre, fils d’un photographe suisse, et une fille, avec un britannique Nigel CURTISS, nommée Aiden, née le 14 février 1998, à Londres, devenue elle aussi mannequin, collaborant avec de nombreuses agences dont Stella McCARTNEY et Dolce Gabbana.
Djibril Tamsir NIANE a une autre fille, Raliatou, dite «Fifi» qui a eu la chance, en raison de la notoriété de son père, de faire de belles rencontres (Maryse CONDE, Cheikh Hamidou KANE). Ex-épouse d’un ancien porte-parole de la présidence de la République guinéenne, M. Naby Youssouf Kiridi BANGOURA, elle s’est remariée à un ancien ambassadeur de Guinée de 2012 à 2016, Bertrand COCHERY, affecté au Tchad depuis 2019. Mme Aïssatou DIALLO, la mère de Fifi, avait fui la Guinée, pour le Sénégal, quand son époux a été emprisonné en novembre 1961 par Ahmed Sékou TOURE (1922-1984), président de la Guinée de 1958 à 1984 : «J’avais fui trois ou quatre ans, lorsque je l’ai vu pour la première fois. Il m’en reste une sensation de force, de mouvement autour de moi. Depuis, toute ma vie est liée à ce père intellectuel, dont on dit que je suis le portrait craché» dit Fifi. Créatrice d’un espace multiculturel, dans le quartier de La Minière, à Conakry, «Le Petit musée» en 1998, réalisatrice, peintre, comédienne, dramaturge, Fifi a des talents multiples. Fifi a collaboré avec le metteur en scène britannique, Peter BROOK, qui l’a faite jouer dans une pièce de théâtre, en 1985, «Le Mahabharata», une épopée indienne évoquant les conséquences d’une lutte dynastique ayant terrassé tout un peuple, et mettant en péril l’existence du monde même. Par son énergie, sa vitalité et sa créativité, Fifi a constamment su bousculer et domestiquer le destin. Grâce à Jean ROUCH (1917-2004), réalisateur et ethnologue du Musée de l’Homme à Paris, Fifi a eu l’opportunité de jouer dans plusieurs films, notamment dans «Dionysos», présenté au Festival de Venise en 1984. Fifi est la coréalisatrice, avec Jean ROUCH, en 1989, d’une pièce de théâtre «Bac ou mariage», coécrite avec Gérard NOYER.
Le jeune Djibril Tamsir passa sa scolarité à Kissoudougou, Faranah, Siguiri, Kankan et Baro, chez Mamadou CISSE, son beau-frère et instituteur. Ce périple enrichit Djibril Tamsir de divers contes et légendes de la brousse, de la connaissance de ce monde traditionnel, sa culture orale avec ses usages et coutumes. Après le certificat d’études primaires, Djibril Tamsir rejoint le domicile familial, à Conakry, et notamment son oncle, dont il porte les prénoms, Djibril Tamsir, qui résidera à rue Grasland, près du marché Sandaga, à Dakar. En 1954, après avoir terminé son cursus secondaire à Dakar, Djibril Tamsir NIANE s’inscrit à la Faculté des Lettres et d’histoire de Bordeaux, dont il sort en 1959, avec un diplôme d’études supérieures en histoire, mention Bien. Il enseigne ensuite à l'Institut polytechnique de Conakry, avant de rejoindre l'Institut fondamental d'Afrique noire à Dakar.
Djibril Tamsir NIANE, pourtant partisan de l’indépendance dès 1958, a été emprisonné par Sékou TOURE, entre 1961 et 1962, dans le «complot» dit des enseignants. En fait, devant la monnaie guinéenne qui dégringolait, provoquant ainsi des pénuries et ruptures de stocks, Sékou TOURE avait diminué, drastiquement, les salaires des fonctionnaires, qui ont protesté : «On était pour ou contre, et quand on était contre, on devenait un ennemi» dit Djibril Tamsir NIANE qui était, pourtant, revenu servir son pays. En effet, il a été professeur, puis proviseur du Lycée Classique de Donka, de 1959 à 1961, soutenant au départ, l’indépendance dès 1958.
Cependant, et en dépit de ces persécutions graves, Djibril Tamsir NIANE avait repris ses fonctions d’enseignant et de chercheur en Guinée. Ainsi, il a été de 1964 à 1968, enseignant à l’Institut Polytechnique de Conakry (IPC), doyen de la faculté des sciences sociales, Institut polytechnique, Gamal Abdel NASSER, à Conakry de 1968 à 1972.
La répression s’intensifiant en Guinée, et n’ayant pas eu les promotions escomptées, Djibril Tamsir NIANE finira par s’exiler au Sénégal. En effet, le 25 janvier 1971 est une date particulièrement tragique au sinistre Camp Mamadou Boiro, construit en 1912, et devenu une usine de la mort pour les prisonniers politiques. Les voisins et amis de Djibril Tamsir NIANE, plus d’une centaine de personnes sont condamnées à mort et exécutées, dont Ibrahima BARRY (1923-1971), Ministre du Plan et Ousmane BALDE (1924-1971), Ministre des finances et gouverneur de la banque de Guinée. «Richesse est venue en cachette. Et dans ta gibecière s’est logée. Près de moi resta Pauvreté. S’accordant sur Dignité. Et pourtant j’avais bien dit NON. Toi aussi d’ailleurs»  écrit Djibril Tamsir NIANE, un poème en protestation contre les années sanguinaires de Sékou TOURE. Aussi, Djibril Tamsir NIANE sombre dans la dépression et obtient, en 1972, la permission d’aller se soigner en Roumanie. Il fait partir, discrètement, au Sénégal, par la route, sa femme, Aïssatou DIALLO et sa fille, Raliatou dite Fifi, les autres, très jeunes, ont été confiés à leur oncle, Alpha Gamby. Djibril Tamsir les a rejoints au Sénégal, le 30 décembre 1972, pour demander l’asile au président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001). Kadiatou, dite «Katoucha», ne viendra au Sénégal que le 1er janvier 1973. Au Sénégal, sa seconde patrie, Djibril Tamsir exercera de nombreuses fonctions : de 1974 à 1977, conseiller Technique au Ministère de l’Education Nationale ; de 1974-78 Directeur Général de la Fondation Léopold Sédar Senghor ; de 1979 à 1981, conseiller Technique au Ministère de la Culture ; de 1981-1984, commissaire National aux Expositions d’Art à l’Etranger, et de 1985-89, Directeur National des Archives Culturelles du Sénégal.
Sous le président Alpha CONDE, séjournant régulièrement en Guinée, Djibril Tamsir NIANE est, depuis 1990, éditeur et fondateur d’une bibliothèque privée à Conakry. Il est aussi éditeur, avec la Société Africaine d’Edition et de Communication (SAEC), première maison d’édition privée de la Guinée.
La dernière fois que je rencontrais le professeur Djibril Tamsir NIANE, c’était lors du 70ème anniversaire des éditions Présence africaine, les 26 et 27 octobre 2019, à la Colonie, à Paris 10ème. Un des invités vedettes, marqué par l’âge, Djibril Tamsir NIANE lisait ses notes, avec une voix monocorde. Il avait dépassé son temps, mais l’assistance l’écoutait avec une attention religieuse et cérémonieuse. On l’oublie souvent, Djibril Tamsir NIANE est un dramaturge. Il est auteur de pièces de théâtre, comme «Les fiançailles tragiques», mais aussi de pièces historiques : «Sikasso ou la dernière citadelle» suivi de «Chaka». Dans ces écrits, les batailles sont au coeur des récits. Les divers protagonistes, Sounjata, mais surtout Chaka, sont animés par une incorrigible volonté de puissance. Souverains aux velléités ouvertement expansionnistes, ils constituent en permanence des menaces pour leurs voisins. Chaka, par exemple, ne nourrit pas seulement un goût excessif pour un pouvoir absolu et totalitaire. Il est essentiellement mû par le désir d’agrandir son territoire, car le prestige d’un souverain se détermine par l’étendue de son royaume et le nombre de ses vassaux.
Spécialiste de l’histoire médiévale africaine, avec Joseph KI-ZERBO (1922-2006), Amadou Hampâté BA (1901-1991) et Cheikh Anta DIOP (1923-1986), il a participé à l’écriture de l’Histoire générale de l’Afrique sous l’égide de l’UNESCO, le volume IV étant relatif aux grands empires africains du XIIème au XVIème siècle. Ce fut Cheikh Anta DIOP, rencontré à Paris en 1956, qui initiera Djibril Tamsir à l’histoire traditionnelle et l’encouragera à s’intéresser à la tradition orale ainsi qu’aux langues africaines, comme le Mandingue. Traditionnaliste, Djibril Tamsir NIANE a recueilli 26 contes de Guinée, le pays, ses hommes et ses animaux, avec une mise en scène des rois et des reines et des forces occultes. C’était au temps où l’on conversait avec les génies, où les hommes se mariaient avec les animaux, où les esprits pas toujours malveillants, mais pouvaient nous jouer parfois des tours. Dans ses fables, Jean de FONTAINE (1621-1695) a en réalité plagié Esope (620-564 avant J-C), esclave et fabuliste de la Grèce Antique, venu d’Afrique. En effet, Djibril Tamsir a publié, en 1985, ses «Contes d’hier et d’aujourd’hui», avec cette interrogation sur ce personnage du cavalier, appelé «Blissi», qui semait la terreur dans Ségou, capitale de l'Empire Bambara. Après l'illustre Da, son fils Monzon monta sur te trône acclamé par les Tondyons. Roi versatile qui a cependant laissé dans la mémoire des griots de grands actes de bravoure ; il ne sut jamais se mettre au-dessus des intrigues et des coteries. Ce conte «Le Temps des Chevaliers» et les dix autres des «Contes d'Hier et d'Aujourd'hui» témoignent de la richesse des thèmes développés par Djibril Tamsir NIANE, notamment «l’ombre de Kémé Bourama» relatant le siège en vain, par le jeune de frère de Samory TOURE (1830-1900), de la citadelle de Sikasso, tenu par Tiéba TRAORE (1866-1893). En 2006, dans ses «Contes de Guinée», Djibril Tamsir NIANE rend aussi un vibrant hommage aux historiens traditionnels de l’Afrique. Dans presque tous ses contes, le griot est omniprésent ; c’est lui le maître de la parole.
Djibril Tamsir NIANE est une immense gloire de l’histoire africaine. Il est reconnu mondialement comme étant le spécialiste du Mandingue, et en particulier de l’histoire de l’Empire du Mali au Moyen-âge, en valorisant la tradition orale, dans ses travaux de recherches : «Vous savez bien qu’il n’y a pas d’écrits, donc pas d’histoire du Moyen-âge» en Afrique lui avait dit son professeur d’histoire à Bordeaux, sceptique. Aussi, Djibril Tamsir NIANE retourna en Afrique questionner les maîtres de la parole que sont les griots, dépositaires de l’histoire ancestrale : «On disait alors qu’il n’en restait aucune trace puisque c’était une tradition orale. J’ai décidé d’aller à la source ; j’ai fait le tour des villages de la sous-région, j’ai écouté les récits des griots. Et c’est comme cela que j’ai écrit Soundjata» dit-il. «Soundjata», publié en 1960, est un récit sur la vie de Soundjata KEITA, fondateur du Mali, en se fondant sur le travail des griots. «Je travaille depuis longtemps sur Soundjata, puisque mes premières recherches datent de 1957-1958 ; j’ai donc pu accumuler une certaine documentation. J’ai eu d’abord mes premiers contacts avec le fameux Jeli Mamadu Kouyate, qui m’a donné la version intégrale de l’épopée mandingue. Je l’ai par écrit, elle ne fut pas enregistrée. J’ai aussi, en partie, la version de Fadama. Fadama, c’est le village d’Abou Condé, le griot qui a été enregistré par Camara Laye» dit Djibril Tamsir NIANE. De cette histoire de l’ancêtre du Grand Manding, Soundjata est «l’enfant-buffle» et «l’enfant-lion» ; le buffle, animal fabuleux, était le totem de sa mère, et le lion, totem des ancêtres des KEITA. Soundjata est «l’homme aux noms multiples contre qui les sortilèges n’ont rien pu» écrit-il. Il y a quelque chose de magique, de surnaturel dans la vie de Soundjata, dont la naissance est entourée de prodiges ; c’est l’Afrique animiste des forces de l’esprit. Sogolon fut enceinte pendant dix-sept ans et son bébé sortait de son ventre pour aller chercher du bois, puis retournait y dormir. Lorsque Soundjata se décida à sortir pour de bon, le ciel s'obscurcit en plein jour, le tonnerre gronda, les éclairs fulgurèrent et la pluie inonda la savane en pleine saison sèche. Soundiata KEITA, fils du roi Naré Maghan KEITA et de Sogolon KEDJOU, est né infirme. Les devins lui prédisent un grand avenir mais, persécuté par la femme du roi, il est obligé de quitter son pays natal. Adulte, il revient pour combattre le roi Soumahoro KANTE, génie du mal, et reconquérir son pays. Suite à un combat acharné, il deviendra roi des rois et fondera l'empire du Mali.
Le «Soundjata» de Djibril Tamsir NIANE est devenu une solide et incontestable référence mondiale. Cependant, et en gardien de la tradition orale, l’auteur rappelle, fort modestement, qu’il n’en est que le traducteur. «Ce livre est plutôt l’œuvre d’un obscur griot du village de Djéliba Koro, dans la circonscription de Siguiri, en Guinée» écrit-il, dans la préface. En fait, en perpétuant la tradition, et fixé, à tout jamais, un récit sur le point d’être altéré par la perte de crédibilité des griots de notre temps, sous l’influence des médias modernes, Djibril Tamsir, à travers son «Soundjata», a en réalité fait œuvre d’historien. Le griot, ce n’est pas les flatteurs modernes vivant de leur musique. Dans l’Afrique Antique, les griots enseignant la sagesse et l’histoire «étaient les conseillers des rois. Ils détenaient les Constitutions des royaumes par le seul travail de la mémoire ; chaque famille avait son griot préposé à la conservation de la tradition» écrit-il. En effet, «Djibril Tamsir Niane était très attaché au patrimoine africain, il était un gardien de la mémoire africaine. Parce qu’avec son ouvrage Soundjata ou l’épopée mandingue, un classique, il a fait connaitre à ceux qui ne connaissaient pas que l’Afrique avait une telle civilisation et une telle histoire» écrit Alioune Badara BEYE.  Dans son «Soundjata», Djibril Tamsir NIANE a fait recourt à la caution morale du griot Mamadou KOUYATE (mort en juin 1991, à Ouagadougou, Burkina-Faso), pour réitérer que la parole du griot est pure «dépouillée de tout mensonge» ; car les griots, «dépositaires des serments que les Anciens» ont prêté, ou juré «d’enseigner ce qui est à enseigner et de taire ce qui est à taire».
Le «Soundjata ou l’épopée mandingue», un récit épique, relate la vie d’un grand conquérant rassembleur de peuples, à l’image d’Alexandre le GRAND (356-323, avant J-C), le macédonien, désigné sous le nom islamisé de «Djoul Kara Naïni ». Un devin avait annoncé la venue de Soundjata, en le comparant à Alexandre LE GRAND «Je vois venir vers la ville deux chasseurs ; ils viennent de loin et une femme les accompagne. Oh, cette femme ! Elle est laide, elle est affreuse. Elle porte sur le dos une bosse qui la déforme, ses yeux exorbitants semblent posés sur son visage, mais, ô mystère des mystères, cette femme, roi, tu dois l’épouser car elle sera la mère de celui qui rendra le nom du Manding immortel à jamais, l’enfant sera le septième astre, le Septième Conquérant de la terre, il sera plus puissant que Djoulou Kara Naïn» écrit Djibril Tamsir NIANE. Pour le protéger, sa mère le conduit en exil loin de Niani, d’abord auprès du roi Cissé de Wagadou (Ghana). Soundjata a vécu au XIIème siècle, et depuis plus de 800 ans, il vit dans le souvenir de tous ceux qui rêvent d’un «Grand Manding Eternel». En effet, «Maghan Soundjata fut unique. De son temps, personne ne l’égala ; après lui, personne n’eut l’ambition de le surpasser. Il a marqué pour toujours le Manding, ses dio (ses interdits) guident encore les hommes dans leur conduite» écrit-il. Soundjata possède les caractéristiques de tout héros épique. Tout d’abord, il n’a jamais peur: «La peur entre dans le cœur de celui qui ignore son destin. Soundjata savait qu’il marchait vers un grand destin, il ne savait pas ce que c’était que la peur» écrit-il. Ensuite, Soundjata ne boude pas les honneurs «La modestie est le partage de l’homme moyen ; les hommes supérieurs ne connaissent pas l’humilité; Soundjata devint même exigeant, et plus il était exigeant, plus les serviteurs tremblaient devant lui» dit-il. Par ailleurs, sûr de lui, le doute ne le préoccupe pas «Dans la vie de chaque homme il y a un moment où le doute s’installe, l’homme s’interroge sur sa destinée, mais ce soir ce n’était pas encore le doute qui assaillait Djata» écrit-il. Enfin, Soundjata est conscient de sa mission de héros «Soundjata était très heureux de retrouver sa sœur et son griot; il avait maintenant le chantre qui, par sa parole, devait perpétuer sa mémoire. Il n’y aurait pas de héros si les actions étaient condamnées à l’oubli des hommes, car nous agissons pour soulever l’admiration de ceux qui vivent, et provoquer la vénération de ceux qui doivent venir» écrit-il.
En 2009, l’UNESCO a inscrit la Charte du Mandé dans le patrimoine immatériel de l’Humanité.  Bien des chercheurs poursuivront et approfondiront le travail de Djibril Tamsir NIANE, dont Camara LAYE (1928-1980) et Lilyan KESTELOOT (1931-2018). Une longue liste des différentes versions de Soundiata KEITA a été établie, en 1997 par Stephen BULMAN ; elle tient sur 21 pages, indiquant ainsi que Djibril Tamsir NIANE a bien ouvert la voie.
Par ailleurs, Djibril Tamsir NIANE s’est aussi intéressé, par la même occasion à la Charte du Mandé ou le «Kurukan Fuga» de 1236, après la bataille de Kirina, et redécouverte, en 1998, à Kankan, en Guinée. La «Magna Carta» ou Grande Charte de l’Angleterre, promulguée en 1297, n’a été appliquée qu’à partir de 1325, soit 89 ans après la Charte du Mandé. Par conséquent, Djibril Tamsir NIANE, à travers la Charte du Mandé, un document politique majeur, indiquant que l’Afrique antique, humaniste, est à la base de la théorie des droits de l’Homme : «L’Afrique se redécouvre à travers ses valeurs que les vicissitudes de l’histoire tendaient à couvrir d’un voile. Au plan des idées l’Afrique a du mal à se débarrasser des préjugés. Les clichés, à la vie tenace, faussent encore les jugements le continent et ses habitants» dit-il, dans sa conférence à l’université Gaston Berger. La Charte du Mandé a été transmise par la tradition orale «On entend par Charte un document écrit. Pour n’avoir pas de support du papier, les décisions du Kurukan Fugan n’en ont pas moins traversé les âges, pour parvenir jusqu’à nous, par la puissance de la transmission orale de la parole» dit-il.
Soundiata KEITA  (1190-1255) allait se recueillir à la colline de Kira-Koutou, à Kita, au Mali. Après avoir libéré son pays de Soumahoro KANTE, il convoqua une assemblée générale en y associant les chasseurs, pour adopter une nouvelle charte du pays. Première Déclaration des droits au monde, en 1236, énonçant des prescriptions en 44 points, statuant sur le devenir de la société, en posant des règles de vie commune fondées sur l’Harmonie, à savoir, la recherche d’une Paix juste et durable, la préservation de la Nature, l’Amour, la Liberté et la Fraternité, le respect de la vie et de la dignité humaine, le statut de la Femme, et interdisant toute discrimination et l’esclavage. Un principe général de liberté est posé «Chacun dispose désormais de sa personne. Chacun est libre de ses actes, dans le respect des interdits des lois de sa patrie» article 7. Elle la liberté d’agir et de penser : «L’homme en tant qu’individu, fait d’os et de chair, de moelle et de nerfs, de peau recouverte de poils et de cheveux, se nourrit d’aliments et de boissons. Mais son «âme», son esprit vit de trois choses : Voir qui il a envie de voir, Dire ce qu’il a envie de dire et faire ce qu’il a envie de faire. Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine, elle en souffrirait et s’étiolerait sûrement», article 7. La vie est sacrée «Une vie est une vie. Une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie», article 1er . Cette Charte avait introduit une sorte «d’Habeas Corpus» en édictant que «Chacun a droit à la vie et à la préservation de son intégrité physique» article 5. «Tu peux tuer ton ennemi, mais tu n’as pas le droit de l’humilier» article 41. C’est une codification de l’Afrique hospitalière et accueillante «Au Mandé, ne faites jamais de tort à l’étranger» article 23. C’est une Charte éminemment féministe «Les Femmes, en plus de leurs occupations quotidiennes, doivent être associées à tous nos gouvernements» article 16. L’Afrique est maternelle avait dit Cheikh Anta DIOP : «n’offensez jamais les Femmes, nos Mères» (article 14) et l’adultère est condamné (article 21).
Pour développer la tolérance (article 33), l’entente et la convivialité, une «parenté à plaisanterie» est instaurée à l’article 7 ; il faut respecter le droit d’aînesse (article 18) et sa parole d’honneur (article 20). Un système d’entraide, pour ceux qui sont dans le besoin, est posé à l’article 30. Le mutuel est la règle (article 7). Un Code moral est instauré «la vanité est signe de faiblesse et l’humilité, le signe de la grandeur» (article 22). Des règles de justice et d’équité sont posées «Que nul ne s'en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable. Le tort demande réparation». L’esclavage est proscrit «La faim n'est pas une bonne chose, l'esclavage n'est pas non plus une bonne chose. La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves ; c'est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu au Mandé, a fortiori mis à mort, parce qu'il est fils d'esclave» articles 5 et 6. L’immunité diplomatique est sanctifiée : «Au Mandé, le Messager, le Chargé de mission, ne doit pas être inquiété» article 24. L’éducation des enfants et la puissance paternelle incombe à toute la société (article 9). Après la défaite de SOUMAHORO, un roi injuste, féroce et belliqueux, Soundja KEITA voulait instaurer la paix, et surtout instaurer la prospérité, par une «système général de surveillance luttant contre l’oisiveté et la paresse» article 6. Les bases de la défense de l’environnement sont clarifiées «la brousse est notre bien le plus précieux, chacun se doit de la protéger et de la préserver pour le bonheur de tous» article 40.
Djibril Tamsir NIANE, dans le prolongement de son livre sur Soundjata, a tenté de localiser la capitale mythique de l’Empire du Mali : Niani. Il a été chef de la mission archéologique guinéo-polonaise de Niani, à Siguiri. En effet, depuis presque un siècle, l’emplacement de la capitale de l’Empire soulève des débats particulièrement passionnés, et non encore définitivement résolus. L’administrateur colonial, M. GAILLARD, s’était rendu, en décembre 1922, à Niani, cercle de Siguiri (Guinée), des fouilles ont été menées, et Niani a été désigné ce lieu comme étant la capitale impériale du Mali. Tout de suite après, une polémique s’est engagée entre Maurice DELAFOSSE, et cet administrateur colonial. Les fouilles réalisées par Djibril Tamsir NIANE en 1965, 1973 et 1972, ont permis de retrouver divers objets, une mosquée ou une salle d’audience d’un palais ont été mis à jour. Les maisons au Moyen-âge étant construites en banco, l’archéologie n’est pas toujours d’un grand secours en Afrique. Djibril Tamsir NIANE n’a pas manqué de faire appel, comme GAILLARD en son temps, à la tradition orale. Niani a été pillé par les Songhaï en 1545, et détruite par les Bambaras entre 1630 et 1645.
Djibril Tamsir NIANE a précisé les origines du Gabou, ancien royaume théocratique mandingue, restées jusqu’ici difficiles à cerner. Une telle lacune s'explique par le sort que le partage colonial a réservé à ce royaume. Il fut en effet partagé entre l'Angleterre, la France et le Portugal. Nous ne disposons pour ce faire que des seules traditions malinkés, mais celles-ci sont unanimes pour situer l'arrivée des Mandingues vers 1240, quand Soundjata lança ses armées à la conquête de l'Ouest. Ce royaume connaîtra cependant son vrai développement du XIIIe au XIXe siècle. Il englobait alors la région une partie de la Casamance, de la Gambie et de la Guinée-Bissau. L'affrontement final avec les Peuls, en 1867, fut fatal au Gabou, causant la chute de sa capitale, Kansala. Une des premières conséquences en fut le triomphe de l'Islam dans la région. Mais la victoire peule allait être suivie de près par les conquêtes coloniales et le partage du Gabou.
Djibril Tamsir NIANE menait de nombreux combats, notamment en invitant le monde culturel et artistique à achever le projet de film d’Ousmane SEMBENE (1923-2007) sur la réhabilitation de Samory TOURE (voir mon article sur ce cinéaste). En effet, pendant 30 années, SEMBENE Ousmane était venu, par quatre fois, en Guinée, et s’était rendu à consulter Djibril Tamsir NIANE, à son domicile, à l’avenue Bourguiba, à Dakar :  «Il venait me voir chez moi. Nous avons effectivement commencé le travail, moi historien et lui connaisseur du cinéma. Ce film n’a pas été réalisé, mais le scénario a été entièrement fait. Il m’avait demandé de traduire son œuvre en Malinké, la langue authentique de Samory. Je me suis mis à l’œuvre, j’ai traduit entièrement un scénario» dit-il.
Durant sa vie riche et foisonnante, Djibril Tamsir NIANE a inauguré, le 22 avril 2018, en présence du président Alpha CONDE, à Conakry, en face de sa maison, à Belle vue, dans son quartier de la Minerve, la première bibliothèque privée de Guinée, portant son nom. «Sans la culture, aucune société ne peut se développer» a dit le président guinéen. Cette bibliothèque a été rénovée suite à un incendie de février 2012, ayant 50 ans de documentations et d’archives du professeur Djibril Tamsir NIANE. Il est couvert d’honneurs et de distinctions : Chevalier, Officier et Commandeur de l’ordre national du Lion au Sénégal et Officier de l’ordre des arts et lettre du Sénégal ; Chevalier de la Légion d’honneur en France et professeur honoraire des universités de Howard à Washington, Sao Polo du Brésil et de Meiji à Tokyo, au Japon.
«C’est véritablement après sa disparition que l’homme de culture, le poète prend place dans les cœurs» disait Djibril Tamsir NIANE, en 2006, à l’occasion d’un symposium littéraire à Dakar. «Que la vie des anciens serve d’exemple, car le monde est vieux, et l’avenir sort du passé. Aujourd'hui est un jour semblable aux autres, mais aujourd'hui verra ce qu'aucun autre jour n'a vu» écrit-il dans son Soundjata. Son petit-fils et homonyme, Djibril Tamsir NIANE, s’est engagé à veiller sur son héritage, «en compensant la douleur par les bons souvenirs. C’est une perte énorme pour notre pays. Mais il a consigné, par écrit, son savoir. Et maintenant, c’est à nous de le transmettre, cet héritage». Professeur de Lettres à l’université de Conakry, il a marché sur les traces du grand-père qui l’a inspiré.
Merci à M. Bocar SAM et Ibrahima Diawando N’DJIM de Kanel, qui ont fait recours aux griots de Séno-Palél, afin de préciser la généalogie de Djibril Tamsir NIANE.
Référence bibliographique
1 – Contributions de Djibril Tamsir NIANE
NIANE (Djibril Tamsir), «De la nécessité de la solidarité», Présence africaine, 1981, 1er et 2ème trimestre, pages 38-43 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Dynamisme des foyers de culture africaine», Présence africaine, 1974, n°92, pages 122-138 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Histoire de la tradition historique du Mandingue», Présence africaine, 1974, n°89, pages 59-74 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Koly Tenguela et le Tekrour», Recherches africaines (études guinéennes), n°1 et 4, oct. déc., 1959, 1960, pages 35-46 et 32-36, n°1 janv.-mars, 1969, pages 58-68 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Le Mali et la deuxième expansion du Mandem», Histoire générale de l’Afrique, Paris, UNESCO-NEA, 1985, vol IV, «L’Afrique du XIIème au XVIème siècle», pages 141-196 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Les choses anciennes restent dans l’oreille», Monique Couratier, Courrier de l’UNESCO, août 2009, n°8, pages 11-13 ;
NIANE (Djibril Tamsir), «Recherches sur le Mali au Moyen-Age», Recherches africaines (études guinéennes), 1959, n°1 et 4 ;
NIANE (Djibril Tamsir), AUTRA (Ray), Sikasso ou la dernière citadelle. Suivi de Chaka, préface Ray Autra, Honfleur, PJ Oswald, 1971, 97 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Contes de Guinée, Conakry, Société africaine d’édition et de communication, 2006, 102 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Education civique : 7ème, 8ème, 9ème et 10ème années, Conakry, Société africaine d’édition et de communication, 1992, 60 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Histoire des Mandingues de l’Ouest. Le royaume de Gabou, Paris, Karthala, Arsan, 1989, 211 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), KAKE (Ibrahima, Baba), Histoire de la Guinée : 3ème et 4ème année, Conakry, Société africaine d’édition et de communication, 1984, 84 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Kouroukan Fouga : Soundjata et l’assemblée des peuples, la Charte du Mandé, NEI et CEDA, 2010, 175 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), La Charte de Kurakan Fuka. Aux sources de la pensée politique en Afrique, Saint-Louis, Université Gaston Berger, 2009, 41 pages ;
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NIANE (Djibril Tamsir), Le Soudan occidental au temps des grands empires : Xème – XVIème siècles, Paris, Présence africaine, 1975, 271 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Les contes d’hier et d’aujourd’hui, Paris, Présence africaine, 1985, 153 pages ;
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NIANE (Djibril Tamsir), Recherches sur l’empire du Mali au Moyen-âge. Suivi d’une mise en place des populations de la Haute Guinée, Paris, 1975, 112 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), Soundjata ou l’épopée mandingue, Paris, Présence Africaine, 1960 et L’Harmattan, 2005, 175 pages ;
NIANE (Djibril Tamsir), SURET-CANALE (Jean), Histoire de l’Afrique Occidentale, Paris, Présence africaine, 1961, 223 pages.
2 – Autres références
AMSELLE (Jean-Loup), «L’Afrique a-t-elle «inventé» les droits de l’Homme ?», Syllabus Review, 2011, pages 446-463 ;
BA (Ousmane, Ardo), Camp Boiro, sinistre geôle de Sékou Touré, Paris, L’Harmattan, 1986, 276 pages ;
BAH (Mamadou Kaba), Entretiens de Dinguiraye, tenant lieu de mémoires, Publibook, 2016, 62 pages ;
 
BULMAN (Stephen, ), «A Check List of Published Versions of Sunjata a Epic», Africa in History, 1997, vol 24, pages 71-94 ;
CAMARA (Laye), Le Maître de la parole, Kouma Lafôlô Kouma, Paris, Plon, 1978, 314 pages ;
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CONDE, (Djanka Tassey), CONRAD (David C.), Sunjata : A West African Epic of the Mande Peoples, Indianapolis, Hacket Publishing House, 2004, pages ;
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DIABATE (Massa Makan), Kata Jata, Paris, Présence africaine, 1970 et 2000, 110 pages ;
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KOUYATE (Mamadou), La variabilité dans quatre versions de l’épopée mandingue, thèse sous la direction de Alpha Omar Barry, Bordeaux, Université Bordeaux Montaigne, 2015, 674  pages ;
NIANE (Katoucha), Dans ma chair, Paris, Lafon, 2007, 325 pages ;
PAGEAUD (Robert), «Soundiata et la tradition orale, à propos du livre de Djibril Tamsir Niane : Soundjata ou l’épopée mandingue», Présence africaine, 1961, n°36, pages 51-71 ;
PERSON (Yves), «Nyaani Mansa Mamudu et la fin de l’empire du Mali», 2000 ans d’histoire africaine, le sol, la parole et l’écrit. Mélanges offerts à Raymond Mauny, vol II, 1981, pages 613-653 ;
SIDIBE (Modibo), L’épopée de Soundjata, d’après la tradition orale Malinké, Donniya, 2005, 22 pages ;
VIDAL (J), «Au sujet de l’emplacement de Mali (ou Melli),, capitale de l’ancien Mandingue», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1923, vol 2, pages 251-268 et pages 606-619 ;
VIDAL (J), «La légende officielle de Soundiata, fondateur de l’Empire du Mali», Bulletin du comité d’études historiques et scientifiques de l’AOF, 1924, vol 7, pages 317-325.
Paris, le 11 mars 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 21:17
«Shoki ALI SAID et son conte éthiopien, le voyage de la Reine de Saba» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Je suis noire, mais je suis belle. Ne me dédaignez pas parce que je suis un peu noire : c’est que le soleil m’a brûlée» mentionne le Cantique des Cantiques (II, 1-5 et 6), une série chants d’amour, à propos de la Reine de Saba, une monarque belle, indépendante, aristocratique, juste, intelligente, savante, généreuse et surtout féministe, avant l’heure. «Elle était noire. Elle était belle. L'Ancien et le Nouveau Testament ainsi que le Coran l'attestent. Grâce à elle, l'homme africain se marie à la mythologie de l'homme blanc. Contrairement aux reines grecques qui mettaient au défi leurs soupirants sur les champs de batailles, la reine de Saba met au défi le roi Salomon sur le champ de l'intelligence» écrit Marek HALTER dans sa «Reine de Saba». L’Afrique, un continent maternel, loin de la misogynie, a connu des reines fortes, de «Grandes royales» de femmes fortes, pour reprendre une expression d’un écrivain sénégalais, Cheikh Hamidou KANE, tirée de son «aventure ambiguë». Or, jusqu’ici l’Histoire a été écrite par les vainqueurs. Nos enfants ont tendance à ingurgiter et célébrer les séries des héros glorifiant parfois leur infériorité ou leur servitude, sans même s’en rendre compte : «Dans toutes les sociétés et au fil des temps, les contributions des femmes ont été occultées. Triplement victimes (colonisation/esclavage, idéologies d'infériorisation et domination mâle), de grandes figures féminines Africaines restent méconnues et/ou peu valorisées» écrit, en 2017, la sociologue Mme Aoua Bocar LY-TALL dans son livre «De la reine de Saba à Michelle Obama : africaines, héroïnes d'hier et d'aujourd'hui : à la lumière de l'œuvre de Cheikh Anta Diop». C’est dans cette droite ligne, qu’un conte éthiopien, «le voyage de la Reine de Saba» venant d’être publié par Souphian NOUH et Shoki ALI SAID, nous révèle qu’après avoir envoyé́ un parfum au roi Salomon, à Jérusalem, la Reine de Saba partit avec sa compagne sur une pirogue pour le rencontrer. Après un diner le roi invita Saba et sa compagne dans sa couche. «Une si belle princesse est venue me voir du bout du monde. Qui sait si Dieu ne me réserve pas une postérité par elle, comme il est dit dans le Livre des rois ?» se dit le Roi Salomon. De retour dans leur royaume, les deux femmes mirent au jour un enfant chacune. Baina- Lekhem, le fils juif de la Reine de Saba, retournera, à l’âge de 20 ans, revoir son père, le roi Salomon, en lui indiqua que sa mère a renoncé au polythéisme des Egyptiens, son peuple adore «le soleil, les arbres, les rochers, les idoles et de vains simulacres» dit «le Kebra Nagast». Eblouie par le Roi Salomon, la Reine Saba se convertie alors au monothéisme. Baina-Lekhem a donc demandé à son père la bénédiction du temple du grand prêtre : «L'histoire éthiopienne veut que Salomon ne se soit point contenté d'exaucer un désir si pieux. Afin de lier plus étroitement la fortune de son fils avec les destinées d’Israël, il aurait résolu d'élever avec des pompes de trônes et des titres de rois douze représentants des douze tribus jacobites au-dessus des provinces d'Ethiopie. Il aurait complété l'organisation qu'il créait en plaçant son propre fils, Baina-Lekhem, oint de Juda, au sommet de cette hiérarchie. Il l'aurait honoré du titre de Négus des Négus, c'est-à-dire de Roi des Rois. Ainsi cette dénomination correspond en somme» écrit, en 1917, Hugues LE ROUX. Par conséquent, un descendant de la Reine de Saba, Ménélik 1er, «le lion vainqueur de Judas», est à̀ l’origine d’une longue et royale lignée. Par la suite, la dynastie Salmonide a régné, sans discontinuité sur l’Ethiopie du XIIIème siècle, jusqu’en 1974, date de la chute de l’empereur Haïlé Sélassié (1892-1975), ou Ras Tafari Makonnen, considéré comme une divinité par les rastafaris, dont Bob MARLEY.
La Reine de Saba fait donc partie du cercle restreint des personnages féminins de l’Ancien testament comme Eve, Sarah, Hagar, Rebecca ou Suzanne, et figure dans la littérature religieuse judaïque, qui parle d’elle de façon élogieuse. En vertu du «droit au retour», Israël avait rapatrié, entre 1984 et 1991, sur son territoire 20 000 Juifs noirs éthiopiens (opérations Moïse et Salomon) appelés les «Falachas «Falashas» ou «Betas», exilés ou errants, ainsi que 17000 juifs christianisés. Les descendants de Salomon en Ethiopie ont conservé leur identité juive : «J’ai rencontré celles qui peuvent prétendre l’honneur d’avoir servi par leurs mains leurs aïeules l’amoureuse de Salomon. Je pense aux Béni-Israël que j’ai rencontrés dans l’Afrique méditerranéenne, où des Juifs qui ont renoncé au mosaïsme, continuent de se marier entre eux» écrit, en 1917, Hugues Le ROUX, dans son ouvrage «Chez la Reine de Saba». Cependant, ces Juifs noirs d’Ethiopie, rapatriés en Israël, ont été confrontés à de problèmes graves d’intégration, avec un taux de suicide élevé, certaines écoles ou communes refusant de les accueillir ; ils ont été refoulés à la périphérie, dans des bidonvilles. Le gouvernement israélien a admis qu’il avait instauré un système de contraception des femmes immigrées d’origine éthiopienne avant leur arrivée en Israël, une injection du Depo-provera.
En France, Charles GOUNOD (1818-1893) a composé le 28 février 1862, un opéra à la gloire de la Reine de Saba. Dans cet opéra, en quatre actes, méconnu, inspiré de récits bibliques, émerveillée par le génie de l'architecte Adoniram, Balkis, la Reine de Saba, pourtant promise à Soliman, tombe sous son charme. Mus par une passion réciproque, Balkis et Soliman décident de s'enfuir. Or, la vengeance effrénée des trois ouvriers d'Adoniram les en empêcheront. L'opéra s'inspire d'un texte en prose de Gérard de NERVAL, le livret est de Jules BARBIER et Michel CARRE, dans lequel cependant, la Reine de Saba, descendante d’Abraham et de Kétura, serait originaire du Yémen. Arthur RIMBAUD, est également arrivé le 13 décembre 1880, à vingt-sept ans, en Abyssinie, à Harar, aux confins désertiques de l'Est éthiopien.
Ce conte de Shoki ALI SAID s’inspire de la légendaire vie de la légendaire vie de la Reine de Saba qui a vécu au Xème siècle avant J-C, appelé Makéda en Ethiopie, dont le palais se situe à Aksoum. Le «Kebrä Nagast» ou «Gloire des rois», un texte éthiopien du XIVème siècle, dont les sources égyptienne, arabe et éthiopienne, ainsi que l’Ancien et le Nouveau Testament, a établi la biographie. Le «Kebra Nagast» relate, en détail, le voyage de la Reine de Saba, en Israël pour rencontrer le Roi Salomon, et la naissance du roi Mělník I, fondateur de la dynastie des Salomon, dont Haïlé Sélassié est l’héritier. Cette rencontre est présentée par le Coran, comme un acte de piété, de soumission à Dieu «Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même ; et avec Salomon, je me soumets à Dieu, le Maître du monde» Coran, Sourate 27, Verset 44 dite «Les Fourmis». En effet, la Reine de Saba est émerveillée par les pouvoirs magiques et spirituels du Roi  Salomon. Dans le récit biblique (I Rois, X, 1-13), la Reine de Saba se rend à Jérusalem accompagnée d’une caravane transportant de l’or, des pierres précieuses et des aromates. Le Roi Salomon étant considéré comme sage, la Reine de Saba lui soumet des énigmes à résoudre. Salomon, dit-on, comprenait le langage des animaux et des oiseaux.
Le Coran est également mentionne le nom de la Reine de Saba, désignée par Bilkis, et célèbre le triomphe de la diversité, du multiculturalisme et de la tolérance. «Si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. Mais il a voulu vous éprouver par le don qu’il vous a fait. Cherchez à vous surpasser les uns les autres par les bonnes actions. Votre retour à tous se fera à Dieu, il vous éclairera au sujet de vos différends», Coran, Sourate 48, Verset 5, dite «La Victoire». Par ailleurs, le Coran, loin de la misogynie que lui prête, présente cette femme monarque comme juste et éclairée. «En vérité, dit la Reine de Saba, lorsque des rois s’emparent d’une cité, ils y sèment la perversion et asservissent les meilleurs jusqu’à les rendre sans dignité aucune» Coran, Sourate 27 Verset 34. Loin du despotisme de ses contemporains mâles, la Reine de Saba est considérée comme juste, éclairée et équitable. Bien que dirigeante forte et puissante, la Reine de Saba consulte ses conseillers avant de prendre ses décisions empreintes de pondération et de sagesse : «Dignitaires ! dit la Reine, conseillez-moi dans cette affaire ; je ne prendrai aucune décision avant de prendre votre avis» Coran, Sourate 27, Verset 32.
Nous avons tous rêvé́ à l’aventure de la Reine de Saba, reine légendaire d’Arabie venue, selon la tradition, du royaume d’Ethiopie pour rendre visite au roi Salomon, fils et successeur du roi David, troisième roi des hébreux, au début du premier millénaire avant notre ère, qui fit construire le temple de Jérusalem.
L’Ethiopie est le seul pays africain qui n’a jamais été colonisé ; c’est en raison de cette aspect hautement symbolique, que Addis-Abeba, sa capitale, abrite le siège de l’Union africaine. Le roi Mélénik II (1889-1913), fondateur de l’Etat moderne éthiopien et descendant de la Reine de Saba, a vaincu le 2 mars 1896, à la bataille d’Adoua, les troupes coloniales italiennes. Bénito MUSSOLINI, en 1935, avait occupé, provisoirement, l’Ethiopie, de juin 1936 à mai 1941. Le président Léopold Sédar SENGHOR (1906-2001) a consacré un poème à la Reine de Saba. Inspiré des récits bibliques, le président-poète a chanté sa beauté, son intelligence, sa bravoure, sa sagesse et son sens de la Justice (extraits) :
O Mémoire, mémoire, qui brûle dans la nuit trop bleue, pour chanter le printemps souffle sur mes narines. Quand éclate l’écorce, et ma bouche est blanche de bave, odeur de la semence odeur de la parole. Que je me place sous ton dôme, étoile étincelante, pour guider mes pas sur la terre froide. Donc des caravaniers m’avaient dit sa beauté, fille de l’Éthiopie pays de l’opulence, de l’Arabie heureuse.
Je ne sais plus. Les hommes de vermeil y sont bien de quatre coudées, et les hommes d’ébène bleue Les hommes d’ambre et ceux d’olive mûre, et leurs cheveux sont noirs, et raides parfois. Ils m’ont dit les formes des femmes ainsi que des palmiers, et leur charme de gaze. Et la plus belle est la fille du Roi des rois, la Reine-Enfant, reine du Sud ombreux et du matin en l’an de l’ascension.
Son nom est cousu dans les bouches : j’en donne les masques mouvants. Elle a l’éclat du diamant noir et la fraîcheur de l’aube, et la légèreté du vent. Comme l’antilope volante elle bondit au-dessus des collines, et son talon clair dans l’air est un panache de grâce. Genoux noirs devant les jambes de cuivre rouge, élan souple du sloughi aux chasses de la saison Mouvement musique harmonie, que je vous chante de la voix d’or vert du dyâli ! Ils m’ont dit sa bravoure d’amazone, sa langue de soie fine, la poseuse d’énigmes.
Je retins mon cœur au bord du ravissement. Les six mois furent longs à ma poitrine. Jusqu’au jour où je confiai ma récade au Maître-des-Secrets : Gueule du Lion et Sourire du Sage. Elle attendit trois six mois, battant mon impatience mais son impatience. Et sa nourrice, noire comme la Grande-Prêtresse de Tanit, me remit deux écrins. Et j’ouvris la gueule du lion avec la clef parfumée du sourire. Et je souris au sourire du « Oui ! » striquant et modulant le cantique de joie : O Roi de la Sagesse, tu es bien plus subtil que le serpent Mais lion qui fais face et debout quand on te charge, lycaon qui dévores ta proie au galop. Tu es plus fort que l’arc bandé par l’Ethiopien ; ton odeur est forte à l’égal du lys Que tu es beau lorsque tu danses ! Tu virevoltes comme le papillon Comme l’oiseau royal les ailes déployées, tu tournes lentement. Lentement, non ! comme le possédé du Dieu qui le cherche à l’entour. Que tu es beau, soleil au zénith sur le silence sacré O mon Poète, ô qui danses penché sur les cordes hautes de ta kora ! De l’Abysse de sa sagesse, Nourrice qui m’a nourrie, m’apprenant à puiser d’un œil clair de guépard. Car tu es splendide en l’aurore juvénile, et jasmin sauvage au matin sonore. O mon Sage ô mon Poète, ô ! faisant danser tes doigts sur les cordes de ta kora».
Shoki ALI SAID de Villeurbanne, est un militant de la diversité, antiesclavagiste que je rencontre souvent le 10 mai au Jardin de Luxembourg, à Paris, lors des cérémonies de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Shoki ALI SAID est aussi un militant associatif de la solidarité internationale et de la coopération décentralisée. Par conséquent, une partie des bénéfices de ce conte éthiopien, sur la Reine de Saba, sera reversée à des projets solidaires en Ethiopie et à l’ Ecole Aba Johannes de Dire-Dawa qui accueille des enfants en situation de handicap.
Références bibliographiques,
NOUH (Souphian) ALI SAID (Shoki), Le voyage de la Reine de Saba, 2020 ; Vous pouvez commander chez «France-Éthiopie corne de l’Afrique», 58 rues Docteur Ollier, 69100 Villeurbanne Ou par mail : franceethiopie2008@gmail.com ;
BEYLOT (Robert), La Gloire des Rois ou l'Histoire de Salomon et de la reine de Saba, Brepols, 2008, 491 pages ;
COLIN (Gérard), La gloire des rois (Kebra Nagast). Épopée nationale de l'Éthiopie, Genève, Patrick Cramer, 2002, 117  pages ;
DERAMEY (J), «Reine de Saba», une traduction de la thèse de Ludolf Pretorius, Revue de l’histoire des religions, 1894, t 29-30, pages 296-328 ;
FRIEDMANN (Daniel), SANTAMARIA (Ulysses), Les enfants de la Reine de Saba : les Juifs d’Ethiopie (Falachas), histoire, exode, intégration,  Paris, éditions du Métailié, 1994, 411 pages ;
HALTER (Marek), La Reine de Saba, Paris, Robert Laffont, 2011, 234 pages ;
LE ROUX (Hugues), Chez la Reine de Saba, chroniques éthiopiennes, Paris, Ernest Le Roux, 1917, 299 pages, spéc pages 35-45 ;
LY-TALL (Aoua, Bocar), De la reine de Saba à Michelle Obama : africaines, héroïnes d'hier et d'aujourd'hui : à la lumière de l'œuvre de Cheikh Anta Diop, préface de Serge Bouchard, Paris, L’Harmattan, 2017, 257 pages ;
MAHLER (Samuel), Kebra Nagast, La Gloire des Rois d'Éthiopie, La boutique des artistes, 2007, 166 pages ;
MAR (Jakoub, Adol), Makéda ou la fabuleuse histoire de la Reine de Saba, avant-propos de Makéda Ketcham, Paris, Michel Lafon, 1997, 413 pages ;
MARDRUS (Joseph-Charles), La Reine de Saba, Paris, Charpentier et Fasquelle, 1918, 163 pages ;
NERVAL de (Gérard), Histoire de la reine du matin et de Soliman, prince des génies, Paris, Garnier, 1909, 156 pages et résumé Revue Nerval, 2017, n°1, pages 197-199 ;
PENNACCHIETTI (Fabrizio, Angelo), «La Reine de Saba, le pavé de cristal, le tronc flottant», Revue Arabica, 2002, t. XLIX, n°1, pages 1-26 ;
RENAN (Ernest), traduction de l’hébreu, Le Cantique des Cantiques, Paris, Calmann-Lévy, 1884, 5ème édition, 210 pages, spéc pages 152-153 ;
RICHELLE (Matthieu), «Les sources littéraires du Kebrä Nagäst», Journal of Eastern Christian Studies, 2012, vol 64, n°1-4, pages 41-52 ;
VOLKOFF (Charles), D’où vient la Reine de Saba ?, Paris, Institut français d’archéologie orientale, 1972, 71 pages.
Paris le 7 février 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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