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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 18:53

Je suis saisi par un sentiment d'horreur, à la suite de la décapitation d'Hervé-Pierre GOURDEL. Je dénie, avec la dernière énergie, à ces barbares, de se réclamer de ma religion. Comment peux--t-on justifier un lâche assassinat, au nom de la religion, de personnes innocentes comme un journaliste, un humanitaire ou un paisible randonneur ?

Il se trouve si M GOURDEL s'est rendu en Algérie s'est parce qu'il comptait de nombreux amis, et qu'il aime les gens défavorisés. Cela ajoute encore de la condamnation la plus ferme. Tant il est vrai, quelque soit les idées ou les affinités de chacun, la vie de chaque être sur terre est sacrée, unique et irremplaçable.

Je ne trouve pas les mots pour exprimer ma colère devant ce genre d'actes qui constituent, non seulement un attentat contre la France, mais contre toute l'humanité entière. Ce n'est pas une guerre de l'Occident contre l'Orient, c'est une guerre de la démocratie et de l'humanisme contre le fondamentalisme et l'intolérance. Dans les faits, les principales victimes de ces barbares, en grand nombre, ce ne sont pas des Occidentaux, mais des musulmans et les minorités ethniques dans les pays arabes, avec une médiatisation moindre. Cependant, la mise en scène de l'exécution des Occidentaux marque les esprits et témoigne d'une grande cruauté faisant froid dans le dos. Par conséquent, ce sont des crimes odieux qui font mal aux vrais musulmans et font reculer le bien-vivre ensemble si fragile en France et ailleurs. On aspire à vivre ensemble dans la paix, la concorde, la fraternité et le respect mutuel.

Ces criminels ne sont ni Musulmans, ni des êtres humains. Comme le diraient les Britanniques : "Not in My Name". Nous devrions aller manifester à la Place de la République, le vendredi, après la prière vers 18 heures. Peu importe combien nous serons, l'essentiel c'est d'entamer un long mouvement citoyen. Tous les musulmans de France doivent réaffirmer, fortement, leur engagement pour la dignité humaine et leur attachement aux valeurs républicaines. Nous sommes aussi la France, contrairement à ceux qui construisent leur fonds de commerce électoral sur la peur de l'autre.

Toute la communauté nationale doit rester solidaire face à cette barbarie innommable. Tout doit être fait pour mieux intégrer les musulmans de France et encore isoler davantage ces malades d'un autre âge. Tout doit aussi être fait, pour faire progresser la démocratie, la justice et coopération internationales, afin de faire reculer, durablement, l'indescriptible (voir mon post du 15 septembre 2014).

Je vais animer une conférence le samedi 26 septembre 2014, à la ville de Plaisir, dans les Yvelines, à partir de 15 h 30. Vous y êtes cordialement invités.

Paris, le 24 septembre 2014, baamadou.over-blog.fr.

Hervé GOURDEL, lâchement décapité par des barbares fondamentalistes "Not in My Name".

Hervé GOURDEL, lâchement décapité par des barbares fondamentalistes "Not in My Name".

"Not in My Name", Indignation, solidarité, justice et démocratie, face à la barbarie de la décapitation d'Hervé-Pierre GOURDEL, par Amadou Bal BA - baamadou.over-blog.fr
Hervé GOURDEL, lâchement décapité par des barbares.

Hervé GOURDEL, lâchement décapité par des barbares.

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 11:52

N.B. article publié dans le journal FERLOO, en date du 19 septembre 2014.

Laurent MAUDUIT publie, à partir du jeudi 18 septembre 2014, un livre intitulé «A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient», chez Don Quichotte, 444 pages, au prix de 19,90 €. Ce brûlot pourrait encore déstabiliser, un peu plus, les Socialistes. En effet, cofondateur de Médiapart, le journaliste dénonce la politique menée par François Hollande depuis son élection à la présidence de la République, ainsi que l'évolution récente des partis de droite et de gauche, et fait des propositions pour la relance de la France.

M. MAUDUIT analyse «le marasme à nul autre pareil dans lequel la France est enlisée» depuis l'élection de François Hollande. Jamais un président de la République n'aura si brutalement tourné casaque et jeté par-dessus bord ses engagements de campagne, au risque de faire exploser son parti et de désespérer l'électorat qui l'a élu. Allant plus loin dans l’analyse, M. MAUDUIT affirme que M. HOLLANDE avait «volontairement caché au pays la politique qu’une fois, élu, il prétendait vouloir mener». Bref, c’est de la duplicité, un hold-up. Il note que «cette situation est sans précédent. Dans la longue histoire de la gauche française, c’est peu dire qu’il y a des pages peu glorieuses, entachées de promesses bafouées, de reniements, de volte-face et même de trahisons». M. MAUDUIT ajoute ce jugement sévère à l’égard de M. HOLLANDE : «Jamais dans le passé, un gouvernement de gauche n’avait ainsi tourné casaque, le jour même où il accédé au pouvoir. Jamais il ne s’est appliqué, dans le plus grand désordre mais avec obstination, à désespérer chaque jour celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir, à mettre en chantier les réformes réactionnaires concoctées par le camp d’en face ou dictées par les cénacles de la haute finance».

Suivant M. MAUDUIT, ce naufrage de la gauche se double du naufrage d’une génération, celle de Messieurs VALLS, CAMDADELIS, et LE GUEN, inspirée de l'affairisme et du néolibéralisme. Cet essai est aussi une longue enquête sur des responsables clés du pouvoir socialiste aujourd'hui, avec des informations qui pourraient provoquer des procès en diffamation. «C’est du grand n’importe quoi», dit M. Jean-Christophe CAMBADELIS, premier secrétaire du PS, avec lequel je suis entièrement solidaire. En effet, selon M MAUDUIT, le gouvernement désavoué aux municipales, est resté sourd à la colère du pays, puisque M. VALLS qui «incarne jusqu’à la caricature, la politique d’austérité», a été nommé premier ministre. M. MACRON, ancien associé gérant de la Banque de Rothschild, et ex-rapport de la Commission Attali, est nommé au Ministère de l’économie. Selon, M MAUDUIT, «toutes les digues qui séparaient, autrefois la droite et l’extrême-droite, ont rompu ; tandis que la gauche est parfois contaminée par ce douteux raz-de-marée».

On serait tenté de dire, avec tel titre, le lynchage continue. En effet, dès le départ, M. HOLLANDE gouverne sou le signe de l'orage. Le jugement de Laurent MAUDUIT, cofondateur de Médiapart, auparavant chef du service économique de Libération et Directeur-adjoint de la rédaction du Monde, est fait. «Après l’espoir du changement, la rigueur ou la pause ! Et, en bout de course, l’inévitable défaite», entonne M. MAUDUIT. «Je dois le confesser, c’est bien un sentiment d’indignation et de colère qui m’a poussé, dans un premier élan, à prendre la plume», précise-t-il. C’est vrai qu’on a été sanctionné à toutes les législatives partielles depuis 2012, aux municipales et aux européennes de 2014.

Cependant, le témoignage de M. MAUDUIT ne devrait pas être rejeté d’un revers de main. M. MAUDUIT m’est apparu, à travers ses écrits, comme un homme de conviction attaché aux valeurs de gauche qui cherche à comprendre les raisons de la débâcle annoncée et à l’éviter. En effet, M. MAUDUIT a pris le soin de préciser qu’il vote, jusqu’ici, toujours à gauche. C’est «J’ai tour à tour voté pour différents partis de gauche, au premier tour. Mais, au second, j’ai toujours voté socialiste, même si, de plus en plus souvent au fil du temps, je l’ai fait en maugréant, voire à contrecoeur. Mais je l’ai fait tout de même», dit M. MAUDUIT. L’auteur a pris soin de préciser qu’il est animé d’un souci «d’honnêteté et de transparence». M. MAUDUIT avait rejoint, un certain temps le Parti Socialiste, puis l’a quitté : «La vie interne du PS m’a révulsé : je n’avais aucun goût à me dépenser en d’interminables intrigues pour m’imposer énième de liste au prochain scrutin». C’est un parti «friand des joutes de courants ou de coteries que de véritables débats d’idées», précise-t-il.

Mais rassurez-vous mes chers amis, ces coups de boutoir contre les Socialistes, c’est pour leur bien : «Mon humble ambition est de nous permettre de réfléchir, sans anathème, ni invective. Et d’en appeler à la raison, jeter des ponts, pour chercher un nouveau cours», dit M. MAUDUIT.

Evoquant nos difficultés actuelles, mon secrétaire de section, qui convoque une assemblée générale pour le 1er octobre 2014, n’y va pas du dos de la cuiller : «Disons-le nous, sans détour, cette rentrée politique est calamiteuse, et interpelle chacun des militants que nous sommes». Il est tout à fait légitime de s’interroger, après plus de 2 ans au pouvoir, sans résultats tangibles et un changement de cap majeur, où allons-nous ?

J’ai besoin de comprendre pourquoi, un homme aussi intelligent, courageux, avisé et qui a du sens et de l’expérience politiques suscitent autant de remous ? «Ne pas rire, ni se lamenter, ni haïr, mais comprendre», dit Hegel que cite M. MAUDUIT. Notre Président est un brillant orateur et réussit ses conférences de presse, même si on oublie vite sa performance. Sa politique étrangère, est jusqu’ici, incontestablement, un succès. Pourquoi tant de difficultés sur le plan de la politique intérieure ?

Quels rapports entretenons-nous avec le pouvoir ? Pourquoi après de si importantes ponctions fiscales et aides aux entreprises, les déficits continuent de se creuser, le chômage ne cesse de monter ?

Le Parti Socialiste est le pilier essentiel de la Gauche, sans lui aucun espoir de transformation sociale n'est possible. Si la débâche annoncée survenait, ce serait une menace grave pour la République, et l'avènement de la peste brune. C'est pour cela que j'ai envie de comprendre ce qui se passe au sein de mon parti.

Pourra-t-on redresser la barre avant 2017 ? Et quelles conséquences pour les cantonales et régionales de 2017 ?

La lecture de l’ouvrage de M. MAUDUIT est terminée hier nuit. Je vous en ferai un compte rendu complet, dans les meilleurs délais.

Paris, le 17 septembre 2014 – Baamadou.over-blog.fr.

Laurent MAUDUIT, journaliste, auteur d'un ouvrage "A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient", Paris 2014, 444 pages.
Laurent MAUDUIT, journaliste, auteur d'un ouvrage "A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient", Paris 2014, 444 pages.

Laurent MAUDUIT, journaliste, auteur d'un ouvrage "A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient", Paris 2014, 444 pages.

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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 20:37

Depuis plusieurs décennies, quelle soit la couleur politique du gouvernement, c’est le même leitmotiv : le patronat réclame, sans arrêt, la baisse des charges et des avantages fiscaux. La surenchère vient de prendre une nouvelle tournure. Le patronat, pour créer des emplois, exige de supprimer les 35 heures, le SMIC et deux jours fériés, ainsi que «toutes les contraintes qui pèsent sur les entreprises». Jadis, M. SARKOZY, dans sa grande déférence à l’égard des puissances d’argent, avait, travers son fameux «bouclier fiscal», octroyé, sans contrepartie, d’importantes cadeaux à ses amis, les patrons. Aujourd’hui encore, notre gouvernement, pourtant élu sur un discours de gauche, (politique de la demande) a amorcé, sans complexe et ostensiblement, un virage libéral (politique de l’offre), en versant de substantiels avantages aux entreprises. Le discours du Bourget de François HOLLANDE en 2012, "mon ennemi c'est la finance", est devenu avec M. VALLS, "mon ami, c'est la finance". Le MEDEF avait applaudi à deux mains, lors d’une visite du 27 août 2014, le Premier Ministre, de cette politique énergique de l’offre, accompagnée, par la suite, d’un discours de stigmatisation de certaines catégories sociales, comme les demandeurs d’emploi. Force est de constater, qu’en dépit de ces aides et de cette câlinothérapie du patronat, le chômage continue toujours sa hausse, et les déficits se creusent. Je crois que le patronat va bientôt demander aux salariés de venir travailler, gratuitement, pour les entreprises, en chantant, tels des griots, les louanges du patron.

J’entends souvent dire, de façon péremptoire, en matière d’orientation économique : «il n’y a pas d’autre choix». A mon sens, la Politique prime sur l’Economique. La Politique est un engagement, une volonté. L’Economique n’est que la traduction de cette orientation. Si le Roi veut, il peut. Je suis fondamentalement, optimiste, il ne faut sous-estimer la capacité de l'innovation humaine, pour surmonter nos difficultés économiques, par l'investissement et de technologies audacieuses. Par ailleurs, bien qu’elle régisse une bonne partie de notre vie, l’économie n’est pas une science exacte. L’économie est, donc par nature, traversée par des zones d’incertitudes, divers courants, parfois contradictoires. Ainsi, ce débat, entre l’offre et la demande, revêt une dimension hautement polémique, irréaliste et doctrinaire, sur le rôle et la place de l’Etat dans la société. Les libéraux inspirés de la politique de l’offre, ont une vision tragique de l’Etat qui ne devrait pas intervenir dans le secteur économique. En revanche, les tenants de la demande, dont s’inspire la Gauche, considèrent que l’intervention de l’Etat est une nécessité économique, notamment en cas de surchauffe. Le vrai débat idéologique est le suivant : faut-il moins d’Etat ou mieux d’Etat ?

I – Moins d’Etat, ou une politique économique des libéraux fondée sur l’offre,

Pour le patronat, il est difficile pour la France de vendre des produits bas de gamme rendus plus chers par le poids des charges. Il faut donc baisser le coût du travail pour redonner de la compétitivité aux produits français. Une démarche de l’offre, nous conduit au fameux de «Pacte de compétitivité». En effet, les entreprises françaises ont du mal à vendre leurs produits, notamment à l'étranger, parce qu'elles se positionnent dans notre pays, sur des secteurs hautement concurrentiels. La France n’est pas une nation industrielle, et son capitalisme est, de surcroît, orienté vers la spéculation. En revanche, les Allemands, eux tournés vers l’innovation et l’investissement, exportent très facilement leurs produits ; ils sont innovants, de bonne qualité et solides. Pourquoi ? Les coûts de production sont, certes, moins élevés qu’en France, mais les libéraux ont occulté des faits majeurs : la protection sociale est moins élevée, et surtout les documents administratifs sont tous payants (mariage, acte de naissance, etc.). La charge est reportée sur le citoyen quelle que soit, sa capacité contributive ; ce qui génère de graves inégalités.

La théorie de l’offre est fondée sur la doctrine orthodoxe, libérale. C’est Adam SMITH (1723-1790), un économiste écossais, maître à penser de l’école classique, qui a jeté les prémisses de cette théorie de la non-intervention de l’Etat. Il invente la théorie de la «main invisible» suivant laquelle, la cupidité, la recherche du profit individuel, dans un contexte de division du travail, qui est le moteur du capitalisme, pousse le producteur à rendre son offre meilleure, et donc à servir l’intérêt général. L’Etat, en dehors de ses missions régaliennes, n’a pas à intervenir dans ce processus économique. Les grands économistes, Jean-Baptiste SAY, David RICARDO et Stuart MILLS, pousseront et préciseront cette doctrine libérale de l’offre, du «laisser-faire, laisser-passer».

Contrairement à ce qu’avancent les libéraux, l’Etat reste une institution irremplaçable pour prendre en charge les dépenses lourdes et peu rentables. Par ailleurs, les impôts sont une pompe qui aspire et qui refoule. Ainsi, les entreprises ont déjà reçu 40 milliards, sans créer d’emplois. Ces impôts servent à créer des services publics utiles et gratuits pour les entreprises, comme les routes, ports, aéroports, la sécurité, justice pour faire respecter les contrats, les aides aux personnes en difficulté pour préserver la paix sociale, propice au développement des affaires, etc. Par ailleurs, l’Etat est une institution irremplaçable pour fixer les règles du jeu et assurer une saine concurrence entre les acteurs économiques. L’Etat, par ses interventions, sur la scène internationale, aussi bien diplomatiques que militaires, protège les intérêts des entreprises. Sur le plan interne, le fait que les entreprises françaises fassent appel, constamment à l’Etat, prouve avec éclat que cette institution, est pour l’instant majeure dans le développement du capitalisme.

Les tenants de l’offre avancent masqués. Ils veulent, naturellement, abolir le pacte républicain, dénommé «Les Jours Heureux» issu du Conseil National de la résistance. Et, un auteur conservateur résume bien cette idée : "Les pauvres sont devenus gras et heureux, les riches se sont appauvris. C'est pour ça que nous sommes dans un tel pétrin. Tout le monde veut être pauvre, parce que ça présente tellement d'avantages ! ", souligne Jude WANNISKI, un journaliste politique et économique américain. En fait, l’équilibre dans une société n’est pas une simple donnée comptable et mathématique, c’est un équilibre général, dans lequel, chacun doit trouver sa juste place. C’est donc un équilibre économique, mais aussi social et politique qui permet une harmonie au sein de la société. C’est le sens des thèses développées par John Maynard KEYNES, pour un mieux d’Etat.

II – Mieux d’Etat, ou une politique économique Keynésienne fondée sur la demande

L’anglais John Maynard KEYNES (1883-1946) est le grand promoteur de l’intervention de l’Etat, c’est-à-dire de la politique de la demande. KEYNES est, probablement, l’économiste le plus influent du XXe siècle. KEYNES est un des penseurs auxquels tout économiste fait inévitablement référence, soit pour interpréter et prolonger sa théorie, soit pour l’infirmer. En rupture avec les théories libérales, il avance l’idée révolutionnaire que pour faire sortir le marché de son inertie, l’État augmente les dépenses publiques, et diminue l'imposition fiscale afin de donner un coup de fouet à la consommation. En injectant de l'argent dans l'économie le gouvernement permet également de stimuler la production, ce qui aboutit à un retour au plein emploi. «Le gouvernement devrait payer les gens à creuser des trous dans le sol, pour ensuite mieux les remplir», dit KEYNES. En effet, pour KEYNES, l’État doit intervenir dans l'économie, et cette intervention doit se faire par un soutien de la demande agrégée. L’État doit, pour cela, investir dans de nouveaux projets et aider financièrement les familles les plus démunies. Pour KEYNES, le gouvernement a, donc, comme devoir, d'intervenir pour aplanir les difficultés économiques du pays. En effet, les politiques keynésiennes avaient connu du succès, après la guerre, dans un monde en reconstruction qui avait besoin d’importants investissements et la mobilisation de tous. Les Etats-Unis, pourtant champions du libéralisme, avaient fait recours à de gigantesques interventions de l’Etat dénommés au plan interne «New deal» et au plan international «Plan Marshall».

Les théories néolibérales, dans les années 80, des présidents REAGAN et THATCHER, sous l’effet de l’inflation, ont mis remis en cause la doctrine de KEYNES. Cette révolution néolibérale est essentiellement, fondée sur les travaux de Friedrich Auguste HAYEK (1899-1992), notamment sur son ouvrage, «la route de la servitude», publié en 1944. Cet ouvrage politique et polémique est manifeste libéral dénonçant les totalitarismes du XXe siècle. Selon Friedrich A. HAYEK, il n’y a pas de différence de nature entre hitlérisme et stalinisme et il n’y a qu’une simple différence de degré entre la social-démocratie, le socialisme et le communisme, car toutes ces idéologies portent en elles une menace envers les libertés individuelles et publiques. «Si nous voulons construire un monde meilleur, nous devons trouver le courage de prendre un départ nouveau même si cela signifie reculer pour mieux sauter» conclut-il. Il nous faut donc abandonner «la route de la servitude», dénoncée dans l’ouvrage et s’engager sur celle de la liberté.

Aujourd’hui, le patronat et le gouvernement s’inspirent de cette doctrine néolibérale qui pourtant, nous a légué une face hideuse de la société industrielle : le capitalisme financier et la mondialisation. L’objectif du capitalisme financier n’est pas, de produire et de créer des emplois, mais de maximaliser le profit. Je rappelle que, les spéculations financières qui ont provoqué la grave crise de 2008 dont on a encore du mal à juguler, continuent encore. Les aides qui ont été données aux entreprises, n’ont servi encore à rien, sinon à redistribuer les bénéfices aux actionnaires. Nous aussi, nous aimons les entreprises. Mais les entreprises ne se confondent pas avec l’entreprise ; elles se développent, aussi et surtout, grâce à des hommes et femmes qui y consacrent leur intelligence et leur force de travail. La principale richesse d’une organisation, ce n’est ni ses machines, si son capital financier, mais son capital humain, seule valeur ajoutée de nature à réaliser l’innovation. KEYNES insiste sur le fait que les salaires ne constituent pas uniquement un coût de production, mais jouent également un rôle important sur la demande. De plus il démontre que les salaires nominaux ne sont pas pleinement flexibles. Les travailleurs refusent le plus souvent une baisse de leur rémunération, qui leur est garantie par contrat. Il n’est par ailleurs pas souhaitable que cette baisse se produise car elle déprimerait la demande et risquerait d’enclencher une spirale déflationniste. La seule façon d’ajuster les salaires trop élevés est donc de jouer sur l’inflation, qui permet d’abaisser les salaires réels. Enfin KEYNES, en démontrant qu’une demande trop faible (ou des anticipations trop pessimistes) risque d’entraîner une sous-production, atteste qu’il peut exister un chômage involontaire issu de ce déséquilibre. Il s’oppose encore en cela aux économistes classiques pour qui le chômage était uniquement volontaire et dû au refus des salariés d’offrir leur travail au prix d’équilibre de celui-ci.

La politique de la demande reste, pour ma part, encore d’actualité. Contrairement à ce qui est parfois énoncé, KEYNES ne préconise pas aux pouvoirs publics de mener une politique économique active en toutes circonstances. Il estime notamment que les comptes budgétaires doivent être équilibrés sur le long terme. En revanche, il soutient l’idée d’une intervention conjoncturelle, pour soutenir la demande et surtout pour stimuler l’investissement (ce qui implique une baisse des taux d’intérêt). Pour lui l’État, par son intervention, «est en mesure de rétablir les équilibres fondamentaux». Il n’est pas, en revanche, question de porter atteinte à l’autonomie de l’entreprise privée. En effet, la crise que nous traversons est si profonde et si déroutante, qu’un infléchissement de la politique économique, est nécessaire dans plusieurs domaines (logements, infrastructures, emploi et recherches, promotion des atouts de notre pays notamment dans le domaine du tourisme de la téléphonie et des transports, mode, agriculture, énergies renouvelables, services à la personne, etc.).

Cependant, cette politique de la demande, pour juguler cette crise qui ne passe pas, ne s’oppose nullement, à une bonne réforme de l’Etat. Il faudrait s’entendre sur ce qu’on appelle la «réforme» quand elle est menée par un gouvernement de gauche, dans une perspective keynésienne. Réformer ne signifie nullement saccager le service public et démanteler les acquis sociaux. Pour ma part, bien réformer c’est résoudre, favorablement et durablement, les grands problèmes auxquels nous confrontés, pour un «mieux d’Etat», en vue du progrès social et de l’efficacité des entreprises. Les gouvernements, quelle que soit leur couleur politique n’ont pas osé aller jusqu’au bout de leur logique. Ainsi, en dépit de ses incantations et de son verbiage, pendant les 10 ans qu’elle était au pouvoir de 2002 à 2012, la Droite n’a jamais osé supprimer les 35 heures, notamment à l’hôpital et dans les petites entreprises. Dans les grandes entreprises, les 35 heures sont un élément de flexibilité, et pour les salariés c’est devenu un acquis social. Les différentes réformes engagées, aussi bien sous la Droite que sous la Gauche, insistent, exclusivement sur la durée et le montant des cotisations. Pourtant, les 147 caisses de retraites, les différentes administrations étant particulièrement coûteuses et contreproductives. Ira-ton jusqu’à supprimer, complètement, les «mille feuilles» de l’administration territoriale, au risque de se mettre à dos les baronnies locales ? L’Etat, lui-même génère des institutions ou des normes superflues, qui retardent les activités économiques ou engendrent une pléthore d’agents publics. Ainsi, le droit de l’urbanisme est si compliqué, qu’entre le moment de la conception du projet et le jour où les logements sont livrés, il peut s’écouler entre 10 et 15 ans. Dans le droit de la fonction publique, notamment le régime de la retraite, la carrière, les indisponibilités ou le régime indemnitaire, tout est compliqué et devenu affaire de spécialistes ; ce qui multiplie le nombre d’agents publics. Ainsi, pour mettre à la retraite pour invalidité un agent déclaré pourtant inapte définitif selon un avis de son médecin traitant, il faut d’abord saisir le Comité médical, puis la Commission de Réforme, et en dernier ressort la Caisse de retraite, et attendre la décision finale de cette dernière. Pendant, ce temps, le traitement de l’agent doit être servi. La variété de primes, en principe fondée sur le principe de parité entre l’Etat et les collectivités territoriales, est un autre casse-tête. L’Etat ne publie pas de façon exhaustive ses primes ; celles-ci sont si nombreuses et difficiles à mettre en œuvre compte divers critères (en fonction de la filière, du grade et dès fois de l’échelon ou de la nature des missions de l’agent, des autres primes perçues, du service effectif, etc.), que les contrôles du Percepteur, de l’URSSAF, pour les avantages en nature, et en dernière ressort de la Chambre régionale ou de la Cour des comptes, sont devenus tatillons. Réformer, oui, mais bien réformer, pour un mieux d’Etat.

Bibliographie sélective :

KEYNES (John Maynard), Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, Paris, Payot, 1977, 386 pages ;

DOMARCHI (John), La pensée économique de John Maynard Keynes, son influence en Angleterre, Paris, Domat-Montchrétien, 1943, 188 pages ;

MAURESSON (Patrick), présentation d’un ouvrage collectif, La théorie générale de John Maynard Keynes : un cinquantenaire, Paris, L’Harmattan, 1986, 246 pages ;

DELATOUR (Albert), Adam SMITH, sa vie, ses travaux, ses doctrines, Paris, Guillaumin et Cie, 1886, 325 pages ;

PEAUCELLE (Jean-Louis), Adam SMITH et la division du travail : la naissance d’une idée fausse, Parvis, L’Harmattan, 2007, 271 pages ;

HAYEK (Friedrich, Auguste), La route de la servitude, Paris, PUF, 2013, 276 pages, réimpression de l’édition de 1944 ;

HAYEK (Friedrich, Auguste), Constitution de la liberté, Paris, Litec, 1993, 289 pages ;

HAYEK (Friedrich, Auguste), Prix et Production, Paris, Calmann-Levy, 1975, 2ème édition ;

HAYEK (Friedrich, Auguste), Law, Legislation and Liberty, University of Chicago Press, 1973, 184 pages, pour la version française Droit, législation et liberté, Paris, PUF, 1995, 3 volumes.

Paris, le 15 septembre 2014, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

Manuel VALLS, premier ministre, applaudi par le MEDEF, John Mynard KEYNES, Friedrich A. HAYEK, économistes.
Manuel VALLS, premier ministre, applaudi par le MEDEF, John Mynard KEYNES, Friedrich A. HAYEK, économistes.
Manuel VALLS, premier ministre, applaudi par le MEDEF, John Mynard KEYNES, Friedrich A. HAYEK, économistes.

Manuel VALLS, premier ministre, applaudi par le MEDEF, John Mynard KEYNES, Friedrich A. HAYEK, économistes.

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 18:35

Une escapade dans Paris pour chasser le coup de cafard du dimanche après-midi, par Amadou Bal BA - Baamadou.over-blog.fr

Depuis longtemps, le dimanche après-midi me fait ruminer des idées noires, et c’est le cas de le dire. Les Français revendicatifs et moroses, cultivent, parfois, à l’excès la sinistrose. L’autre jour, lors du débat public sur le budget participatif, pour la Ville de Paris, à la Place de la République, un agité voulait faire capoter la rencontre. Et, Anne HIDALGO, lui a lancé cette formule : «détendez-vous !». Soudain, la sérénité présida à la rencontre. Quel slogan magique qui, depuis lors, a été repris par Mme Martine AUBRY ! Moi, face à la tension interne, j’ai trouvé la parade : une petite escapade dans Paris, pour me ressourcer un peu. Mon Jean-Philippe, du haut de ses 14 ans, estimant que je suis devenu un vieux schnock, évite de se montrer avec son papa en ville. Seule ma petite Arsinoé, avec ses 6 ans, est restée, pour l’instant, fidèle à nos amours pour Paris.

En ce samedi 13 septembre 2014, notre ballade commence encore la Place de la République. Une foule compacte de jeunes, sortie de nulle part, se met à crier : «Nous ne sommes plus tous seuls !». Ma petite Arsinoé, prit peur et se réfugia dans mes bras. Mais on comprit, très vite, que ce n’était pas une manifestation de colère. Ces jeunes étaient seulement heureux d’être là, ensemble, en ce jour ensoleillé, dans une Place de la République, formidablement rénovée par la Ville de Paris. Nous avons marché jusqu’à l’Hôtel de ville. Au BHV, on a découvert, sur le mur, une panthère. Même pas peur ma petite Arsinoé ; elle a posé, royalement. Au retour, dans le XXème ardt, on assiste à une danse du ventre, près de la rue des Rigoles.

Dimanche rebelote. La ballade commence dans mon quartier du Hameau de Belleville. Il y avait un vide-grenier. Quel délice de feuilleter ces livres d’occasion. J’en ai acheté quelques uns. Je repère une autobiographie de Billie HOLLIDAY (1915-1959), «Lady Sings the Blues». Avant de succomber à l’abus d’alcool et de stupéfiants, cette voix emblématique de la musique noire, dont les morceaux illustrent superbement certaines publicités, nous a léguée une autobiographie, apparemment émouvante. «Papa et maman étaient des mômes à leur mariage : lui 18 ans, elle seize ans ; moi, j’en avais trois. Maman travaillait comme bonne chez des Blancs. Quand ils se sont aperçus qu’elle était enceinte, ils l’ont foutue à la porte», c’est ainsi que débute ce témoignage que je n’ai pas encore achevé de lire. Billie HOLLIDAY, c’est une existence faite d’épreuves que ponctuent le viol, la misère, la prostitution, la prison, la drogue et l’alcool, et toujours le racisme. Je tombe sur un livre de Jean CHESNEAUX, «Jules Verne, une lecture politique». Mais, Jules VERNE, c’est «un bon petit bourgeois tranquille, friand de boudin blanc et de lard nantais», suivant une expression d’Aristide BRIAND. Il voulait faire du droit, en quoi sa littérature témoigne-t-elle d’un message politique caché ? Pour Jean CHESNAUX, derrière la rassurante façade bourgeoise de Jules VERNE, se cacherait, secrètement, «un moi non conformiste, sinon progressiste». Etonnant, non ? Par ailleurs, au centre de la Place de la République, à Paris, j’ai toujours été intrigué par cette colonne qui ne célèbre pas la Révolution de 1789, mais celle de juillet 1830. J’ai sauté sur une occasion de Louis BONALD, «Réflexions sur la Révolution de Juillet 1830, et autres inédits». Quand, je faisais mon droit, à Assas, on m’avait dit que BONALD et MAISTRE, c’est des tenants du conservatisme. Mais voila que ce campagnard de l’Aveyron, qu’est BONALD, est révélé sous un jour inattendu. Il fait l’éloge d’une Révolution qui traite de la condition ouvrière et du régime parlementaire. Au moment où la peste brune menace, et pour ma conférence, sur le «Bien-vivre ensemble», le samedi 27 septembre 2014, l’ouvrage de Gabriel BONNET, «La France et l’intolérance», a suscité ma curiosité. Ce livre couvre la période de la Révolution jusqu’à la IVème République, avec une attention particulière pour cette dernière, avec ses deux guerres mondiales. «L’intolérance, grande pourvoyeuse des cimetières de l’histoire, devient avec la peste le fléau du genre humain», dit-il d’entrée.

Le point commun des cultures africaine et occidentale, c’est la vénération de l’ancien.

Paris, me fascine, parce que l’ancienneté et la richesse de son histoire, font l’admiration du monde entier. Mais, pour les Asiatiques, l’ancien, tout ce qui vient des brocantes, et donc les livres d’occasion, rappelle l’au-delà. Ces objets avaient, peut-être, appartenus à des morts ; cela porte malheur. Pour les Chinois, si quelqu’un disparaît, ses effets personnels sont brûlés. Face ce conflit culturel récurrent, comment donc ramener mes livres d’occasion à la maison, sans déclencher, une énième guerre nucléaire ? Courageux, mais pas téméraire, j’ai appelé sur le fixe. Il n’y avait personne à la maison. Soulagé, je me suis dépêché de dissimuler, mes trophées dans ma bibliothèque. Une bonne glace pour ma petite Arsinoé, suffit, jusqu’ici, pour un achat de conscience ; elle ne dira rien sur mes forfaitures. Mais, avec l’âge, les prix risquent de monter. Je compte sur vous pour ne me dénoncer. Sinon, point de posts sur Facebook sur ces livres d’occasion.

Paris, le 14 septembre 2014, par Amadou Bal BA – baamadou.over-blog.fr.

Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.
Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.

Ballades dans Paris, 13 et 14 septembre 2014.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 11:57

L'Etat a décidé de geler la plupart des retraites. Ce n'est pas juste.

On sait que depuis la réforme des retraites, notamment en 2003, pour les agents publics, diverses mesures successives, ont largement contribué à dégrader le taux de retour (Recul de l'âge de la retraite, augmentation progressive du nombre de trimestres pour prétendre à une retraite à taux plein, avec des pénalités, cotisations ouvrières en hausse, suppression de la condition des 3 enfants pour les femmes pour partir avant l'âge légal, conditions plus strictes du minimum retraite, etc.).

La Gauche n'a pas amélioré, substantiellement, cet état de fait, et s’est même placée sur le terrain de la continuité. Le compte pénibilité, censé donner un coup de pouce à certains futurs retraités, peine à voir le jour, et ne rapportera qu'un trimestre. Quelle désolation d'une Gauche censée être bienveillante !
La vraie aurait été d'abolir les régimes, et de faire disparaître les 147 caisses de retraite qui génèrent des dépenses inutiles. Mais l'équilibre des comptes de la retraite ne peut se réaliser que si on arrête la progression du chômage.

En définitive, des personnes travaillent toute leur vie, mais au moment du départ à la retraite, se retrouvent en difficulté du fait de la faiblesse de leur pension. Dans le secteur public, on avait accepté de gagner moins, sous réserve de s'espérer à une retraite décente, permettant d'attendre, sereinement, le grand voyage sans retour. Mais cette promesse républicaine s'est révélée être un chèque en bois. Le contrat moral est donc gravement rompu. Les pensionnés de la fonction publique sont devenus des "Sans-Dents". Ainsi, les agents de catégorie C, représentant 85% des effectifs de la fonction publique, ne peuvent espérer, après 25 ans de services, plus de 800 € de retraite mensuelle. Au meilleur des cas, et même après plus de 35 ans de cotisation, la pension dépasse, très rarement les 1200 €.

La situation des cadres, loin d'être des privilégiés, est moins réjouissante qu'on ne le pense. En effet, 35%, en moyenne, de leurs revenus sont constitués de primes qui n'entrent pas en compte dans le calcul de la retraite de base, mais au titre de la RAFP. De surcroît, cette retraite additionnelle est à un taux faible et elle est plafonnée (5% de cotisation, sur 20% maximum du traitement de base). Les premières retraites additionnelles, au titre de la RAFP, sont entre 25 et 30 € par mois. Par conséquent, la chute est brutale pour les cadres. Ils sont fortement déclassés à la retraite. Pourquoi, pour les fonctionnaires, dont le point d’indice est gelé depuis juillet 20110, n'a-t-on pas pris en compte les primes, dans le calcul de la retraite de base, comme c'est le cas du régime général de retraite ?

Au moment où de substantiels cadeaux fiscaux sont accordés aux entreprises, sans résultats tangibles, et où la spéculation et la surenchère continuent, il est temps d'accorder une attention particulière à ceux qui souffrent. Les retraités ayant travaillé toute leur vie, ne demandent qu’un minimum de justice sociale et d’équité. La justice et l'équité, c'est bien cela le sens de notre engagement de socialiste. Les mots mielleux ne suffisent plus. Nous voulons des actes et des résultats. La poursuite de la duplicité nous réservera d'autres sanctions électorales encore plus brutales. Nous aurions du mal, par la suite, en nous relever. Car la peste brune rôde à la porte du pouvoir.

Paris le 13 septembre 2014 - par Amadou Bal BA - Baamadou.over-blog.fr.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 09:01

Comment bien vivre ensemble dans le respect mutuel ? Conférence du samedi 27 septembre 2014, à la Ville de Plaisir (Yvelines), par Amadou Bal BA baamadou.over-blog-blog.fr.

La décapitation d’Hervé GOURDEL, par des fondamentalistes religieux, précédée et suivie de ces odieux actes, porte un coup sévère au bien-vivre ensemble, par les amalgames insupportables qu’elle suscite, immanquablement. «Calomnie, calomnie, il en reste toujours quelque chose», disait Beaumarchais. Au moment où le Front National, parti xénophobe, ne cesse dans l’opinion publique et sur le plan électoral, tout acte barbare, de cette nature, alimente les peurs, les plus irrationnelles, et donc favorise le rejet de l’autre. Comment en est-on arrivé là ?

Quand on examine le bien-vivre ensemble, on a le sentiment de contempler un phénomène de schizophrénie : deux conceptions de la Nation française s’affrontent.

D’un côté, on a la France républicaine, celles Lumières, des droits de l’homme, et donc de la tolérance, qui a posé une règle de base de sa Nation : l’égalité de tous ses citoyens, quelle que soit leurs origines ethnique ou religieuse. Ernest RENAN (1823-1892) a définit la Nation française comme étant «c’est le sentiment de vouloir-vivre en commun». En effet, la nationalité n’est pas une question ethnique, mais elle est essentiellement fondée sur l’acceptation de principes fondamentaux qui régissent le bien-vivre ensemble. Pour moi c’est la seule et vraie France.

De l’autre, des xénophobes, inspirés d’une idéologie assimilationniste, esclavagiste et colonialiste, ont tenté de brouiller ce message universaliste de la France, en ramenant l’identité française à des considérations religieuses, régionales ou ethniques. C’est ce qui explique les tensions autour des régionalismes corse, basque breton, du sort tragique des Protestants à la suite de la révocation de l’édit de Nantes, de celui Juifs dont la nationalité française a été longtemps déniée et des différentes rafles dont ils ont été l’objet lors de la 2ème guerre mondiale. Les immigrants d’origine européenne, après la guerre civile en Espagne ou les dictatures du Portugal, avaient soulevé de grandes polémiques. Certains disaient, de façon péremptoire, que le catholicisme des Polonais est si particulier que jamais on ne pourra les intégrer.

Les xénophobes s’inspirent de l’idéologie assimilationniste, puis ils ont dévoyé le terme d’intégration de sa signification originale. L’assimilation est une idéologie colonialiste qui nie la différence, dévalorise la culture des autres, et met des obstacles au bien-vivre ensemble. C’est le processus de transformation culturelle que subissent les groupes sociaux minoritaires, au contact du groupe majoritaire, jusqu’à la progressive disparition de tous traits culturels initiaux. La différence n’est pas un mal, mais une richesse. En particulier, le concept de laïcité qui intègre la diversité, en reléguant les croyances religieuses dans la sphère privée, est opérationnel pour le bien-vivre ensemble. L’intégration, dans la démarche d’Emile DURKHEIM, s’oppose à l’anomie ; elle signifie des rapports sociaux harmonieux. Mais la notion d’intégration ne s’applique plus à la société dans son ensemble, mais à l’individu. L’individu est intégré quand il est «englobé» par ses différents groupes d’appartenance. Cependant, ce concept noble d’intégration, a été dévoyé actuellement de son sens, par le courant assimilationniste. En effet, dans le discours xénophobe et raciste, l’intégration qui ne vise que les étrangers ou les immigrants ; les étrangers sont sommés de s’intégrer, mais rien n’est pas fait concrètement, pour les aider à le faire. Bien au contraire, la stigmatisation et la libération de la parole raciste ont atteint en France, un niveau, jamais égalé.

Cette montée de l’intolérance en France trouve ses racines, en grande partie, par un contexte de crise économique durable et par l’histoire colonialiste et esclavagiste de ce pays. En effet, la France est confrontée à une immigration massive venue du Tiers-monde, au départ, pendant les 30 glorieuses, autour du boom de la construction des automobiles. Depuis lors, les tensions autour du vivre ensemble s’expliquent par le fait que l’Empire colonial s’est disloqué, la crise a provoqué un chômage de masse, la construction de l’Europe ainsi que la mondialisation ont réduit considérablement la place de la France dans le monde. Vivre ensemble est devenu l'enjeu incontournable de notre société en pleine mutation. Nous quittons un monde sans savoir véritablement où nous allons. Dans ce contexte, les politiques peinent à définir les règles du vivre ensemble. Chacun cherche refuge dans son identité ou dans une communauté homogène, nous en venons inévitablement à rejeter l'Autre dont la différence apparaît vite comme une menace. Comment vivre ensemble aujourd'hui ? Dans un monde en crise, comment établir et maintenir une relation avec l'autre ?

  • Qu’est-ce qu’être Français en France au XXIème siècle ? Comment voulons-nous vivre ensemble ?
  • Qu’est-ce qu’être Français en Europe ? Quelle Europe voulons-nous ?
  • Qu’est-ce qu’être Français dans le monde ? Quel rôle voulons-nous tenir dans la mondialisation ?
  • Comment vivre ensemble à la fois égaux et différents ?

Je suis d’un pessimisme ensoleillé. On peut recenser dans le vivre ensemble, à la fois des éléments de défiance, qui peuvent nous rendre pessimistes, mais aussi, et surtout, des éléments de confiance en l’avenir, qui inspirent à l’optimisme.

I – Vivre ensemble, les éléments de défiance

Diverses tensions, des peurs irrationnelles et plusieurs indicateurs montrent que nous sommes au bord de la rupture :

1 – La France est le pays le plus pessimiste du monde,

La France, ce beau pays première destination touristique, est devenue le pays le plus pessimiste du monde. Les Français craignent de nouveau, pour leur avenir et pour celui de leurs enfants. Ce pays traverse une grave crise d’identité ; les inégalités s’accroissent et la distance entre les hommes se creusent, et l’intolérance s’installe.

2 – La montée des extrémismes et de l’intolérance

La montée des extrémismes et de l’intolérance chacun tire la couverture à lui et rejette l’autre. L’idéologie d’extrême-droite bouscule les partis républicains. La présence durable, dans le paysage politique français, d’un parti d’extrême-droite, dont le fonds de commerce repose sur la stigmatisation, est une donnée majeure. Jean-Marie LE PEN, aux présidentielles de 1974 n’avait fait que 0,74%, mais le FN a fait une percée aux municipales de Dreux en 1983. Le candidat socialiste, a été éliminé au 1er tour des présidentielles du 21 avril 2002, au profit du représentant du FN. Aux élections européennes de 2014, le FN, avec ses 25%, est devenu le 1er parti de France. Aux sénatoriales de septembre 2014, et pour la premières, le FN a deux députés. L’influence du FN dépasse, largement, son électorat. En attendant l’arrivée, toujours possible, de cette peste brune, la parole raciste a été libérée de façon extraordinaire en France, ce qui sape, considérablement, le vivre-ensemble. Je repose la question de la place du Front National, dans le système politique français. Les cas allemands en 1933, avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir, algérien en 1992, égyptien en 2013, avec la poussée des fondamentalistes, ont bien montré qu’un parti, hostile à l’égalité, une des bases essentielles de la démocratie, n’a pas sa place dans la République. Tout parti, souhaitant recueillir le suffrage des électeurs, devrait signer une déclaration minimale de respect des valeurs républicaines, comme la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité, ainsi que la forme civile du gouvernement.

Les fanatismes religieux, notamment le fondamentalisme et son terrorisme sont insupportables et donnent le sentiment d’une guerre entre l’Occident et l’Orient. Ce fondamentalisme cause de grands dommages au bien-vivre ensemble et fait progresser le FN. Nous musulmans de France, nous devons réagir énergiquement contre ces intégristes qui ne représentent pas l’Islam. Ce sont des barbares. «Not in My Name».

Un système social et d’indemnisation des chômeurs généreux, des groupes de pression, des minorités agissantes, (groupes sociaux ou professionnels), qui obtiennent des avantages, créent des frustrations et portent atteinte au bien-vivre ensemble.

  1. – L’affaissement des valeurs morales et politiques

L’affaissement des valeurs morales et politiques, notamment la perte de confiance en la parole publique, le climat détestable des «affaires» et l’exposition de la richesse ou du train de vie de certaines catégories sociales aisées, sont autant d’indices qui portent atteint au bien-vivre ensemble. Le slogan « tous pourris », a fait reculer les valeurs de gauche d’égalité, de bienveillance, de diversité, au profit des valeurs d’extrême-droite fondées sur l’identité nationale, le discours xénophobe, normalement un délit, mais érigé capital politique.

Sous l’effet de la crise et de l’affaissement des valeurs politiques et morales, il en découle un individualisme et un repli sur, «l’entre soi » entre arrogance et ignorance. Le communautarisme politique se consolide. Les élites sont entre elles et gardent jalousement leurs privilèges. Le communautarisme territorial s’accentue. Les gens dits «bien», quittent certains départements comme la Seine-Saint-Denis. Les zones rurales se sentent abandonnées. Certaines catégories sociales fragiles sont stigmatisées (chômeurs, retraités, bénéficiaires de minas sociaux, etc.).

4 – Le sentiment d’impunité ou d’insécurité

La montée de la violence crapuleuse ou des incivilités provoque un sentiment d’impunité et dévalorise la valeur travail. M. SARKOZY, dans sa rhétorique parfois outrancière, avait promis de «nettoyer tout cela au Karcher». La lâcheté et la couardise nous empêchent de porter plainte. Même quand se déplace au commissariat pour porter plainte, cela les ennuie les agents de police qui préconisent une simple main courante, souvent classée sans suite. Deux points constituent une agression contre le bien-vivre ensemble :

C’est d’une part, les incivilités de ces «sauvageons» qui brûlent les voitures de leurs voisins, dégradent pourrissent la vie dans la cité, ce n’est pas acceptable. On ne s’agglutine pas, on ne crache pas devant les immeubles. Encore moins, on ne dégrade pas les équipements publics qui sont les biens les précieux pour les plus démunis. On ne fraude pas les transports. Bref, en citoyen rationnel, chacun devrait s’abstenir de tout comportement indigne susceptible de dégrader la relation à l’autre d’un citoyen. Je trouve qu’on ne dit pas assez fort que les incivilités, le manque de savoir-vivre, ne font pas partie de nos valeurs culturelles. Tous les faits qui relèvent, non pas de la révolte sociale, mais d’infractions crapuleuses (contrebande, trafic de drogue, troubles de voisinage, fraude à la sécurité sociale, dégradations de biens publics ou privés, agressions), doivent être sévèrement sanctionnés. L’origine ethnique ou les difficultés sociales ne sont nullement une excuse.

C’est d’autre part la délinquance des mineurs qui soulève un équilibre à trouver entre protection nécessaire et souci du bien-vivre ensemble. En France, certains mineurs pensent que leur statut les autorise à enfreindre la Loi, en toute impunité. En Afrique, quand un jeune manque du respect à un Ancien, il reçoit immédiatement une correction, et on lui fait la leçon après. C’est l’une des faiblesses de la démocratie française, sa grande permissivité. Des parents qui exercent la moindre pression sur leur enfant sont convoqués devant la justice et sont privés de leur autorité parentale. Je ne suis pas un père fouettard. Je ne réclame pas des châtiments corporels à tout-va. Mais les parents ont le devoir de veiller l’éducation morale de leurs enfants et fixer des limites à ne pas dépasser.

L’Etat républicain est, revanche, particulièrement, dur contre cette majorité paisible qui ne demande qu’à vivre légalement en France. L’Etat s’il doit traiter les troubles à l’ordre public, doit également, les causes profondes de ceux-ci et y apporter des solutions adéquates. Ainsi, les lieux de cultes des musulmans sont découragés.

Les collectivités locales, pour acheter la paix sociale, pendant les vacances, organisent des séjours pour les trouble-fêtes. Sans doute qu’il faille miser sur la rédemption, toujours possible, de l’Homme. Il faut donner une chance, même à ceux qui ont fauté. Cet optimisme, sans limites, de la France, en la capacité de tout individu de s’amender, me va très bien. Mais de là à organiser des villégiatures pour ceux qui nous pourrissent la vie, je ne peux qu’exprimer le plus grand désaccord. En revanche, on devrait organiser un système de récompense, notamment, pour les élèves méritants dans les écoles. Cet encouragement peut se manifester, notamment, par des dotations en livres, en chèques vacances, ou en aide à trouver un stage, un apprentissage, un emploi d’avenir, un job d’été, passer le permis de conduire, financer une préparation d’un concours, etc. Comment donc bien vivre ensemble, dans le respect mutuel ? Comment s’en sortir ?

II – Vivre ensemble, les éléments de la confiance

Le vivre ensemble est une construction dans le temps, qui exige un effort de chacun.

1 – Se respecter, respecter les autres pour se faire respecter :

Les Français issus de l’immigration, ont des droits, mais aussi des obligations. Droits et obligations sont inséparables ; chacun étant la facette de l’autre. Chaque citoyen conscient de ses droits doit d’abord connaître qui il est, et se respecter. On ne peut pas exiger des autres le respect, si on ne se veut se faire respecter. Et, pour cela, il est requis de chacun d’observer un minimum de contraintes du vivre-ensemble ensemble.

A mes ancêtres les Gaulois, je rappelle que dans la République, le racisme n’est pas une opinion, mais un délit. Par ailleurs, ceux qu’on appelle «les immigrés», ce sont des Français issus de l’immigration, ils ne partiront pas. En conséquence, il faudrait, tous, apprendre à vivre ensemble dans le respect mutuel.

2 – L’intégration par l’école républicaine :

Le racisme est né de la peur et de l’ignorance des autres. L’école, puissant moyen d’intégration au sein de la société, véhicule des valeurs d’égalité et d’intégration. Le racisme est, fondamentalement, la méconnaissance de l’autre. Les sondages montrent que les Blancs n’aimeraient pas avoir pour gendre un Noir et un Arabe, à plus de 70%. Cependant, dès qu’un Blanc connaît un Noir ou un Arabe, il s’empresse parfois de lui dire : «mais toi tu es intelligent, ou sympa, mais ce sont les autres qui nous pourrissent la vie». Nous devons donc lutter, farouchement, pour l’éducation, la scolarisation et la formation de nos enfants. La clé de l’intégration est, en fait, non seulement dans l’exemplarité de notre comportement, mais aussi et surtout, dans notre cœur. «L’enfer ce n’est pas les autres», c’est l’idée que l’on se fait, parfois, d’un sentiment permanent de persécution.

Mais l’éducation c’est aussi l’affaire de chaque famille qui doit inculquer à ses enfants, des principes et valeurs du vivre-ensemble. Après la suppression d’une Armée professionnelle, un service civique, d’un an, en Afrique ou au Maghreb, pour ces jeunes désoeuvrés, leur fera découvrir ce que c’est le sous-développement. Ils apprécieront mieux après de vivre en France. La presse a un rôle éducatif, mais on n’invite souvent aux médias que de soit-disant spécialistes du Tiers-monde, mais qui ne connaissent pas vraiment le fonctionnement des différentes communautés établies en France. Il faudrait plutôt mobiliser la majorité silencieuse, pour cette éducation, en faisant appel aux dignitaires religieux et aux associations (port du voile intégral, délinquance, islamisme, etc.).

3 – Une France plus forte et plus solidaire : la promesse républicaine d’égalité

La grande invention des Occidentaux, qu’il faut préserver et consolider, est le concept de «démocratie et des droits de l’homme». Mais la démocratie est largement insatisfaisante, si l’Etat ne combat pas la pauvreté et l’injustice sociale (plein emploi, logement et mixité sociale, équilibre entre les territoires). Car ce sont là des causes profondes, de l’inquiétude et de la peur, qui sapent le bien-vivre ensemble. La promesse républicaine d’égalité, Gambetta : «La République, ce n’est pas de reconnaître des égaux, mais d’en faire». Les discriminations subsistent et frappent de plein fouet ceux qui sont déjà les plus défavorisés socialement. Le combat pour le vivre-ensemble n’est ni communautaire, ni identitaire, il est républicain réussir l’égalité réelle. Lutter contre les inégalités économiques et sociales, que la promotion de la diversité n’est pas une question ethnique, mais c’est d’abord, et avant tout, une question sociale. En conséquence, il faudrait favoriser la mixité et l’ascension sociale :

Le logement est au cœur du bien-vivre ensemble. Pour l’instant les gens, même s’ils sont issus de l’immigration, dès qu’ils le peuvent, ne cherchent qu’à fuir les quartiers à forte concentration d’exclus. Tout le monde appelle de ses vœux la mixité sociale. On craint pourtant les logements sociaux synonymes, pour les frileux, de relégation, d’immigration, de pauvreté, de délinquance et d’assistanat. La fracture sociale devient de plus en plus grande. La rénovation, régulière, de parc de logement social, est une nécessité pour que ces territoires ne soient pas synonymes d’exclusion. L’accès à la propriété pour ces logements sociaux et le mélange social et accès à la propriété sont peut être, une des solutions.

Le travail est un facteur un puissant facteur d’intégration. Plus de 3 millions de chômeurs, la situation est difficile pour tout le monde. Elle l’est encore plus pour les jeunes issus de l’immigration qui accumulent plusieurs handicaps. Ils sont, de plus en plus diplômés, sous-estiment ou méconnaissent les opportunités qu’offre l’entrée dans le secteur public. Le concours c’est l’égalité parfaite ; on ne peut pas suspecter, raisonnablement, les autres de discrimination. Quand, on est diplômé, il suffit de s’y préparer, méthodiquement, pour maximaliser ses chances. Pour ceux qui veulent se destiner au secteur privé, les formations qu’ils entreprennent sont souvent inadéquates aux besoins des entreprises. Ce qui m’a le plus frappé c’est que ces jeunes ne savent pas ne savent pas se vendre sur le marché du travail (Comportements inadéquats, ne pouvant qu’inciter, fortement, au rejet de la candidature ; une grande innocence et une grande naïveté dans certaines réponses ; méconnaissance de l’environnement du travail, des valeurs ou références culturelles). L’Etat, les associations et la famille ont un rôle stratégique et prééminent, dans l’orientation, l’information des opportunités.

La diversité en politique reste nécessaire, parce qu’hautement symbolique, et permettant donc de briser des tabous. Pour ce qui est de la haute administration (Etat et entreprises publiques), où les nominations sont discrétionnaires, le gouvernement, dans un souci d’équité, devrait nommer les personnes issues de la diversité à certains postes. Ces signaux positifs peuvent stimuler ceux qui sont enclins à sinistrose et au pessimisme. L’espoir est au cœur de la vie ; c’est un puissant facteur de mobilisation des énergies qui sommeillent en nous. Là aussi, même dans cette politique de discrimination positive et pour ne pas justement, la décrédibiliser, le critère de compétence doit rester le point nodal.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales qu’on attend depuis 34 ans est une occasion manquée pour une éducation à la démocratie et une consolidation de l’intégration, et donc du bien-vivre ensemble.

L’Etat, au lieu de diminuer les ressources, ferait mieux de renforcer les services publics, notamment dans les zones rurales.

4 – Un monde de paix, de démocratie et de justice

La mondialisation et l’Europe inquiètent. La plupart des convulsions du monde ont des incidences sur le bien-vivre ensemble en France (guerres au Moyen-Orient ; pauvreté, épidémie et conflits locaux qui engendrent des exodes de populations). Toutes les guerres passées et qui se déroulent sous nos yeux, ne suppriment pas, les menaces contre la France si nous, si on ne s’attaque pas aux causes profondes de ces violences. La violence engendre la violence, mais ne la résout nullement. Nous avons besoin d’un monde de paix, de démocratie et de justice, seul capable de lutter contre les extrémismes et les peurs irrationnelles.

5 – La confiance en la France républicaine avec ses nombreux atouts

En dépit de la sinistrose, j’ai profondément confiance en ce beau pays, et cette rencontre, à la Ville de Plaisir, en date du 27 septembre 2014, est une vraie satisfaction, un plaisir. La France est la 5ème puissance du monde ; elle a de nombreux atouts (Tourisme, mode, TVG, téléphonie, gastronomie), mais sa classe politique n’est pas à la hauteur de la crise et ne fait pas rêver. La France, la vraie, reste républicaine. Le vivre ensemble a progressé, ceux qu’on appelle les immigrés ne partiront pas ; opportunités à saisir, écoles formations, sports, arts ; pirogues qui veulent venir en France. Je fier d’être ici, c’est un choix du cœur que j’assume pleinement, mais la France que j’aime c’est la France républicaine et tolérante et qui reprend confiance en elle-même. Il faudra désormais admettre et faire comprendre qu’on peut aimer la France, être citoyen français et assumer la plénitude d’une identité plurielle.

Bibliographie sélective :

RENAN (Ernest), Qu’est-ce qu’une Nation ?, conférence prononcée le 11 mars 1882 à la Sorbonne, Paris, Pierre Bordas et Fils, 1991, 63 pages ;

LOT (Francis), Fondements ethniques, sociologiques et politiques de la Nation française, Paris, A. Fayard, 1947, 594 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Vivre ensemble : entre confiance et défiance Paris, 1-2 décembre 2011, 175 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Entre temps court et temps long : les forums du CESE sur le vivre ensemble, Paris, P.U.F., 2013, 235 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Vivre ensemble : entre richesse et pauvreté Paris, 5 décembre 2013 ;

TOURAINE (Alain) Pourrons-nous vivre ensemble ? égaux mais différents, Paris, Fayard, 1997, 396 pages ;

BARRAL-BARON (André), Vivre ensemble avec nos conflits, Paris, éditions de l’Atelier, 1995, 172 pages ;

CARPENTIER (Claudine), Vivre ensemble et éducation dans les sociétés multiculturelles Paris, l’Harmattan, 2010, 224 pages ;

DACHEUX (Eric), sous la direction de, Vivre ensemble aujourd’hui : le lien social dans les démocraties plurielles, Paris, l’Harmattan, 2010, 291 pages ;

ALOUANI (Salah), Le patrimoine culturel au service du vivre ensemble : l’exemple de la Grande mosquée de Paris, une approche historique et patrimoniale, Paris, éditions universitaires européennes, 2012, 168 pages ;

PERRATON (Charles) et BONENFANT (Maude), Vivre ensemble, dans l’espace public, Presses universitaires du Québec, 2009, 224 pages ;

Parti socialiste, Conseil national, Convention égalité réelle, Paris, 9 novembre 2010, 46 pages ;

Conseil économique, social et environnemental, Construire l’avenir par une France plus forte et plus solidaire, Paris, 5 février 2010, note de synthèse 5 pages ; rapport complet 238 pages ;

BONNET (Gabriel), La France et l’intolérance, de la Révolution de 1789 à la fin de la IV République, Paris, Roblot Edimaf, 1982, 176 pages ;

PLENEL (Edwy) et ROLLAT (Alain), La République menacée, dix ans d’effet Le Pen, Paris, Le Monde éditions, Collection Actualité, 1992, 387 pages.

Paris, le 27 septembre 2014, par Amadou Bal BA, baamadou.over-blog.fr.

Conférence, du 27 février 2014, sur le bien-vivre ensemble à la Ville de Plaisir (Yvelines).
Conférence, du 27 février 2014, sur le bien-vivre ensemble à la Ville de Plaisir (Yvelines).

Conférence, du 27 février 2014, sur le bien-vivre ensemble à la Ville de Plaisir (Yvelines).

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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 15:28

Démocratie, sécurité, paix durable, défense de la Justice et de l’Equité dans la société internationale, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

N.B. Cet article a été publié dans le journal Ferloo, édition du 14 septembre 2014.

Au moment où des bruits de botte résonnent très fort sur la scène internationale, je me demande si l’on a tiré toutes les leçons des guerres passées. Juifs et Palestiniens s’affrontent depuis plus de 2000 ans. Chaque guerre, supposée être la dernière, ne fait que raviver la tension et les affrontements, avec son lot de désolation pour toutes les parties. Ce conflit, paradoxalement, a renforcé le Hamas, et marginalisé les Palestiniens modérés. En Israël, où les partisans de la paix sont plus nombreux qu’on ne le pense, les belliqueux ont trouvé, dans cette tension permanente, leur fonds de commerce. En Afghanistan, Russes et Occidentaux, depuis plus 35 ans, se sont embourbés dans une guerre sans fin. En dépit, de cette formidable coalition, les Russes et certains pays occidentaux ont fini, devant leur impuissance, à plier bagage. En Libye et en Egypte les dictateurs ont été chassés, mais la violence et le fondamentalisme sont encore plus que jamais présents. Il y a de cela 20 ans, les Etats-Unis, première puissance militaire du monde, étaient déjà venus avec leur armada, écraser et pendre Saddam HUSSEIN. Pourtant, l’Irak est devenu le pays le plus dangereux du monde et manque de tout, y compris le pétrole. Et c’est encore reparti pour la guerre. Ces guerres perçues comme un affrontement entre l’Occident et l’Orient, attisent, immanquablement, la haine, les provocations, la répression, la barbarie, la solidarité. Et puis, c’est un cycle infernal de violence, sans fin.

Par ailleurs, les objectifs de chaque guerre et les moyens de les atteindre (rétablir la paix ? partage du gâteau ? opération humanitaire ou punitive ?), devraient être précisés et connus de tous, afin d’en vérifier la légitimité et la légalité. Un des grands objectifs des Occidentaux, lorsque les Russes avaient envahi l’Afghanistan (1979-1989), était de lutter contre le communisme, en aidant les «Moudjahidines» (guerriers saints), des combattants religieux. Le résultat est désastreux, puisque le fondamentalisme, jusqu’ici groupusculaire et léthargique, s’est développé, et a pris une ampleur sans précédent, avec Al-Qaïda (la Base) dirigé par Oussama Ben Laden (1957-2011). Par ailleurs, les Etats occidentaux ont mal à avouer que la guerre est un moyen de défendre leurs intérêts économiques, pour l’accès aux matières premières stratégiques (pétrole au Moyen-Orient, ou iranium au Mali). Par conséquent, la dissimulation ou le non-dit, dans la conduite de la guerre, sont fréquents dans ce domaine. Ainsi, la conduite de la guerre, sur le plan international, n’est pas souvent dépourvue d’arrière-pensées politiques, sur le plan interne. Il est indubitable que la guerre est tributaire des données internes. Tuer et dépenser sans compter, pour obtenir le soutien d’une partie de l’opinion publique ou pour se refaire une légitimité politique, quelle horreur absolue !

Peut-on vaincre, durablement, les extrémistes islamistes, s’ils sont dispersés partout dans le monde, et si on ne s’est pas attaqué aux causes de cette folie humaine sans précédent ?

Une réponse énergique au fondamentalisme est, sans doute, nécessaire. Musulman, je dénie, violemment, à ces «fous de Dieu» qui assassinent des innocents, de s’exprimer en notre nom. Le mot «Islam», c’est la paix, intérieure qu’extérieure, l’obéissance stricte aux prescriptions de Dieu. Le seul fait d’avoir de mauvaises intentions, est déjà un début de transgression de ces règles. Par conséquent, la tolérance, la fraternité et le respect des autres sont au cœur de cette religion. Du temps de Mahomet, Juifs et Chrétiens d’Orient, devaient être protégés, et non persécutés. Par ailleurs, les fondamentalistes poursuivent, non pas des objectifs religieux, mais la conquête du pouvoir politique. Or, l’Islam est une communauté de croyants, ce n’est une société politique. Depuis le VIIème Siècle, la guerre religieuse, «Jihad», vouée à l’échec, n’est donc plus légitime. Nous sommes les otages de ces «fous de Dieu», qui ont provoqué le développement d’une islamophobie grandissante et une forte poussée de l’extrême-droite dans les pays occidentaux. Mon Dieu à moi, même si son message et son message ont été brouillés par une propagande insidieuse de certains et des activités criminelles d’autres malades mentaux, reste et restera une divinité de la Miséricorde, de la Bienveillance, du Bien souverain, et de surtout de l’Amour et de la Fraternité entre les Hommes. Nous devons, tous, apprendre à vivre ensemble, dans le respect mutuel. Les politiques fondées, notamment sur la duplicité, le tokénisme, la brutalité et la violence, n’ont aucun avenir, durable, dans le monde. J’ai la faiblesse de croire, même si la Mal, incarné par la violence peut se maintenir, momentanément, le Bien suprême, dans ses manifestations à travers la paix et la justice, finira toujours par triompher. C’est le sens de l’Histoire orientée vers le progrès humain.

C’est sur la scène internationale que l’action de François HOLLANDE recueille la quasi unanimité adhésion de tous. Je suis persuadé qu’une paix durable suppose, aussi et surtout, une recherche soutenue et vigoureuse de la démocratie, la défense énergique de la justice et de l’équité dans la société internationale. Pourquoi les gouvernements iranien et syrien, qui étaient infréquentables, sont devenus, subitement, le moindre Mal ? Il faudrait moraliser la société internationale. Je reconnais que la poursuite et la réalisation de ces objectifs ne sont pas faciles. En effet, les régimes autoritaires, comme celui de la Syrie aujourd’hui, comme celui de la Tunisie de BEN Ali hier, sont parfois un rempart contre le fondamentalisme. Cependant, la contrepartie de cette complicité internationale a un coût prohibitif : la destruction des forces démocratiques. Seuls l’Armée et les fondamentalistes religieux, dans les pays autocrates, sont restés des forces politiques viables. Quand, les soulèvements populaires balaient ces dictatures, les Occidentaux installent des gouvernements fantoches, qui eux-mêmes alimentent encore le fondamentalisme et l’instabilité.

Les Etats ont, sans doute, des intérêts économiques à protéger, et c’est légitime. Mais la défense des intérêts des Occidentaux, sur le long terme, n’est efficace que dans la démocratie et la justice dans la société internationale. La moralisation de la société internationale est un objectif exigeant. Mais c’est le seul combat qui vaille. Jadis, les Européens qui se sont affrontés, pendant des siècles, autour de guerres meurtrières, dont deux guerres mondiales particulièrement sanglantes, ont fini par comprendre, que la réconciliation, autour de la démocratie et de la coopération économique, est le seul chemin viable. Cette stratégie de la construction européenne, autour de la paix, est une indication majeure, de la façon efficace, de solutionner les différends internationaux. Le génie de Nelson MANDELA, et la puissance du message qu'il nous a laissé, dans une Afrique du Sud engluée dans le racisme et le génocide contre les Noirs, est que l'Amour est plus fort que la haine. Seul l'Amour nous permet de vivre ensemble, durablement, dans le respect mutuel, dans le cadre d'un Etat sud-africain multiracial et démocratique.

La démocratie est possible dans les pays du Tiers-monde. L’exemple du Sénégal le prouve, avec éclat. Et, c’est la démocratie qui sera le seul puissant vecteur de développement et donc d’une vitalité du commerce international avec l’Afrique. Ce n’est pas un hasard que l’essentiel des activités économiques se réalisent avec les pays démocratiques. L’aide la plus précieuse qui pourrait être apportée aux Africains, c’est bien sûr la paix. Le président HOLLANDE a raison d’insister sur ce point. J’ajouterai que nous avons surtout besoin de démocratie. Sans la démocratie, aucun projet politique, dans l’intérêt des populations, n’est possible. Pire encore, nos maigres ressources sont détournées, et les conflits ethniques attisés. C’est la politique de la machette. On tue exécute son voisin, sans savoir pourquoi. Nous attendons, avec le grand intérêt, l’engagement de M. HOLLANDE de mettre fin à la Françafrique. Les dictatures alimentent l’immigration, les guerres et la mal gouvernance. Ainsi, divers chefs d’Etat africains préparent la modification de leur Constitution, afin de se maintenir, à vie, comme président (Joseph KABILA au Congo, Blaise COMPAORE au Burkina Faso, Ali BONGO au Gabon, Faure EYADEMA au Togo, etc.). Car la plupart, de ces pays évoqués sont riches. Cependant, leurs ressources sont pillées par des gouvernements autoritaires et corrompus. Au Mali, on parle de découverte de pétrole et de gisements d’uranium nécessaire pour faire fonctionner les centrales nucléaires françaises. Les gisements du Niger sont presque épuisés. Sans la démocratie et la paix qui assurent la stabilité du commerce international, si ces informations sont avérées, cela va attiser des convoitises et des guerres, comme jadis au Nigéria, et maintenant dans divers Etats comme le Congo.

Dans un contexte de crise, s’interroger sur l’efficacité de la dépense publique est encore plus légitime que par le passé. Un sou est un sou. Chaque centime dépensé devrait être utile. En effet, une bonne partie de toutes ces dépenses militaires colossales aurait pu servir à réduire la pauvreté au plan interne et dans le monde, notamment en Afrique, et à engager de vrais projets de développement, pour promouvoir la paix et la démocratie. Ainsi, la guerre en Irak, aurait déjà coûté 815 milliards de dollars. Si on y inclut l’indemnisation des familles pour les militaires morts ou blessés au combat, cette guerre aurait déjà coûté, dans un contexte de contrainte budgétaire, 4 000 milliards de dollars aux Américains. En raison du manque de transparence dans ce secteur, les chiffres avancés sont peu fiables. On parle de 400 000 € ou d’1 million d’€uros de dépenses par jour pour la France, pour ses opérations militaires au Mali. Il serait utile de savoir combien ont coûté les guerres en Afghanistan, et en Libye, et pour quels résultats ?

Ma voix dissonante n’appelle pas à l’inaction face à la menace terroriste. Loin de là. Mais il s’agit de retrouver la noblesse et l'efficacité durable de l’action sur la scène internationale. L’immense richesse que les Occidentaux ont légué donnée au monde, ce n’est pas, à mon sens, la richesse matérielle, mais est la démocratie. Cependant, cette démocratie restera inachevée tant que, aussi sur le plan interne qu’internationale, la guerre n'est pas déclarée, de façon énergique, contre les inégalités et les injustices. C’est le de mon engagement en qualité de Socialiste : l’Homme est la mesure de toute chose. "Nos vies valent bien vos millions", disait un slogan politique contre le libéralisme sauvage. Je ne comprends pas parfois, le cynisme et la cécité des acteurs politiques, face de tels défis, alors qu'on a les moyens de les résoudre. Pourquoi s'entêter dans l'erreur ? En effet, nous avons besoin en Afrique d’une solidarité, pour améliorer la vie quotidienne des politiques (accès eau potable, éducation, nourriture de base, santé, infrastructures défectueuses qui causent des accidents ou des maladies, etc.). C'est ce grand dénuement qui est la cause de certaines grandes épidémies menaçantes, comme le virus Ebola. Mais j’ai le sentiment que cette épidémie, qui guette tous les pays, n’a pas été prise au sérieux, à la mesure des dangers qu’elle fait peser sur la santé de tous. Les grandes épidémies, contrairement, au fameux nuage nucléaire de Tchernobyl censé s’arrêter à la frontière, traverseront les frontières.

Paris le 12 septembre 2014. M. Amadou BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Démocratie, sécurité, paix durable, défense de la Justice et de l’Equité dans la société internationale, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.
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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 17:15

M. Nicolas SARKOZY déclare son retour en politique, mais était-il vraiment parti ? Revenir, mais pourquoi faire ? par M. Amadou Bal BA – Baamadou.over-blog.fr.

M. SARKOZY qui n’avait jamais quitté la politique, veut y revenir. C'est un grand retour vers le passé. 60% des Français pensent que le retour de M. SARKOZY n'est ni utile, ni souhaitable.

Est-ce pour se protéger de ses avanies judiciaires ? En effet, M. Jean-François COPE va soutenir, M. Nicolas SARKOZY, dans la course aux présidentielles de 2017. Compte tenu de l'affaire Big Millions non encore élucidée, du gouffre de 83 millions creusé dans les finances de l'UMP, et du manque de transparence des comptes de ce parti, notamment du sort des 10 millions de quête des militants pour effacer l'ardoise laissée par M. SARKOZY aux dernières présidentielles, c'est une véritable association de malfaiteurs. Conscient de ses forfaits de nature crapuleuse, M. Copé se cache, et ne s'exprime désormais que par communiqué. Il évoque un "choix de cohérence". Oui, en effet, c'est un choix d'une ligne politique lepénisée, quasi mafieuse, qui a déjà échoué en 2012, sans aucun inventaire critique du bilan de M. SARKOZY.

A-t-il vraiment changé ? à bientôt 60 ans, avec son ami, Patrick BUISSON, M. SARKOZY a contribué à une forte lepénisation de la France. La fascination de M. SARKOZY pour l'argent, ses transgressions, ses déclarations outrancières et racistes ("L'homme africain n'est pas entré dans l'histoire", le débat sur l'identité nationale, "Je vais tout nettoyer au Kärcher", etc.), et la peopolisation de la vie publique, ont contribué, de façon décisive, à la montée et à la crédibilité du Front national. Quant à M. Copé, outre ses "casseroles" qui l'attendent, il s'est montré d'une arrogance et d'une intolérance dont même le Front National n'a jamais usé (Polémique sur le "pain au chocolat", attaques honteuses contre Mme TAUBIRA, etc.). On est bien loin des principes républicains du vrai Gaullisme qui auraient dû animer l'action de ces malfrats.

«Son bilan, c’est son boulet», dit M. CAMBADELIS, premier secrétaire du PS à propos du retour de l’ancien président de la République. M. SARKOZY c'est le ministère de la parole, or parler n'est pas agir. La Droite a été au pouvoir pendant 10 ans, même si cela ne justifie pas nos difficultés actuelles, ceci explique largement cela. François HOLLANDE s’est révélé le vrai réformateur. Il a engagé des réformes que M. SARKOZY des réformes que la Droite n’avait jamais osé mettre en œuvre (pacte de responsabilité, seuils sociaux dans les entreprises, travail le dimanche, austérité, etc.).

Comment un "couple", qui a aussi mal géré le pays et son parti, sans aucun examen de conscience, divisé la France, et fait reculer les valeurs républicaines, a t-il l'outrecuidance de nous narguer encore ?

Ce retour en politique est ce l’acte de décès de l’UMP, avec toutes les ardoises que M. SARKOZY a laissées à cette organisation politique ?

M. SARKOZY se déclare candidat à la présidence de sa famille politique : «Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d’un nouveau et vaste rassemblement qui s’adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd’hui à la moindre réalité".

M. SARKOZY a confirmé qu'il veut changer le nom de l'UMP "Je vais changer le nom du parti, mettre en place une nouvelle organisation, installer une relève et faire revenir les adhérents et donateurs pour redresser les comptes", a-t-il déclaré. "Si je réussi cette nouvelle formation, ils (Juppé et Fillon) ne pourront plus me rattraper", a estimé l'ancien chef de l'Etat.

M. SARKOZY veut promouvoir un "vaste rassemblement", avec "une ambition de renouveau". Comment peut-il rassembler, lui qui est si clivant ?

Le vrai projet politique de M. SARKOZY s’est de pouvoir trouver des idées nouvelles pour survivre à tous les actes délictueux qu’il a commis, dans un pays qui considérablement changé, avec son parti qui est en lambeaux.

67% des Français pensent qu'il n'a pas changé et qu'il a fait diversion en chassant sur les terres du F.N. le fait de surfer sur un antihollandisme primaire ne sera pas suffisant. Il faudrait à M. SARKOZY un projet alternatif crédible, mais lequel ? Celui d'hier, avec M. Patrick BUISSON qui a lamentablement échoué ? Une poursuite ou une aggravation de la rigueur que les Français ont sanctionné aux dernières élections ?

J'espère que le retour de M. SARKOZY n'étouffera pas la voix des "frondeurs" du Parti Socialiste qui sont utiles, dans le débat interne au gouvernement.

Texte du 19 septembre 2014 de retour de M. SARKOZY publié sur son compte Facebook.

Mes chers Amis,

Le 6 mai 2012, au soir de l’élection présidentielle, j’ai remercié les Français de l’honneur qu’ils m’avaient accordé en me permettant de conduire les destinées de notre pays durant cinq années. Je leur ai dit ma volonté de me retirer de toute activité publique.

Depuis, j’ai pris le temps de la réflexion après toutes ces années d’activités intenses. J’ai pu prendre le recul indispensable pour analyser le déroulement de mon mandat, en tirer les leçons, revenir sur ce que fut notre histoire commune, mesurer la vanité de certains sentiments, écarter tout esprit de revanche ou d’affrontement.

J’ai pu échanger avec les Français, sans le poids du pouvoir qui déforme les rapports humains. Ils m’ont dit leurs espoirs, leurs incompréhensions et parfois aussi leurs déceptions.
J’ai vu monter comme une marée inexorable le désarroi, le rejet, la colère à l’endroit du pouvoir, de sa majorité mais plus largement de tout ce qui touche de près ou de loin à la politique.

J’ai senti chez beaucoup de Français la tentation de ne plus croire en rien ni en personne, comme si tout se valait, ou plutôt comme si plus rien ne valait quoi que ce soit.

Cette absence de tout espoir si spécifique à la France d’aujourd’hui nous oblige à nous réinventer profondément.

Je me suis interrogé sans concession sur l’opportunité d’un retour à la vie politique que j’avais arrêtée sans amertume et sans regret.

C’est au terme d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de proposer aux Français un nouveau choix politique.

Car, au fond, ce serait une forme d’abandon que de rester spectateur de la situation dans laquelle se trouve la France, devant le délitement du débat politique, et la persistance de divisions si dérisoires au sein de l’opposition.

Je suis candidat à la présidence de ma famille politique. Je proposerai de la transformer de fond en comble, de façon à créer, dans un délai de trois mois, les conditions d’un nouveau et vaste rassemblement qui s’adressera à tous les Français, sans aucun esprit partisan, dépassant les clivages traditionnels qui ne correspondent plus aujourd’hui à la moindre réalité.


Ce vaste rassemblement se dotera d’un nouveau projet, d’un nouveau mode de fonctionnement adapté au siècle qui est le nôtre et d’une nouvelle équipe qui portera l’ambition d’un renouveau si nécessaire à notre vie politique.

J’aime trop la France ; je suis trop passionné par le débat public et l’avenir de mes compatriotes pour les voir condamnés à choisir entre le spectacle désespérant d’aujourd’hui et la perspective d’un isolement sans issue. Je ne peux me résoudre à voir s’installer dans le monde l’idée que la France pourrait n’avoir qu’une voix secondaire.

Nous devons faire émerger de nouvelles réponses face aux inquiétudes des Français, à leur interrogation sur la pérennité de la France, à la nécessité d’affirmer sa personnalité singulière, à la promotion de son message culturel qui est sans doute la plus belle part de notre héritage.

On ne fait rien de grand sans l’unité de la nation. On ne fait rien de grand sans espérance, sans perspective.

Pour construire une alternative crédible, il nous faut donc bâtir la formation politique du XXIème siècle. Je le ferai avec le souci du plus large rassemblement, la volonté d’apaiser les tensions, et en même temps de susciter l’intérêt passionné de tous ceux qui ne peuvent se résoudre à l’abaissement de la France. Nous aurons besoin de toutes les intelligences, de toutes les énergies, de toutes les bonnes volontés. Il nous faut tourner la page des divisions et des rancunes afin que chacun puisse s’inscrire dans un projet, par nature, collectif.

Je connais les difficultés qui nous attendent. Mais l’enjeu nous dépasse tellement, les perspectives sont si exaltantes, le redressement si nécessaire qu’à mes yeux les obstacles paraissent dérisoires.

Ensemble, par la force de notre engagement, par notre conscience commune de la gravité des enjeux, nous rendrons possible le sursaut dont nul ne peut douter de la nécessité et de l’urgence.

Que chacun soit convaincu de la force et de la sincérité de mon engagement au service de la France.

Paris, le 19 septembre 2014, Baamadou.over-blog.fr.

M. Nicolas SARKOZY déclare son retour en politique, mais était-il vraiment parti ? Pourquoi faire ? par M. Amadou Bal BA – Baamadou.over-blog.fr.
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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 07:09

Valérie TRIERWEILER : une puissance médiatique dévastatrice, par Amadou Bal BA - Baamadou.over-blog.fr.

N.B. Cet texte a été publié dans le journal Ferloo, édition du 11 septembre 2014.

Comme tout le monde, face au déchainement médiatique du livre de Valérie TRIERWEILER, «Merci pour ce moment», je m’étais dit que je ne vais pas lire ce règlement de comptes. Puis je me ravisé. Ce n’est pas seulement que de la curiosité malsaine. Tout d’abord, le témoignage d’une ancienne compagne d’un Président, même si on doit en prendre connaissance avec une distance critique, sans se faire instrumentaliser, est une information non négligeable. Mme TRIERWEILER, en sa qualité de journaliste politique suit, notamment le Parti socialiste, depuis 1988. C’est à cette occasion qu’elle a côtoyé François HOLLANDE, puis est devenue sa compagne, après une longue hésitation, dit-elle, à partir du 14 avril 2005. Par conséquent, même s’il est à charge, c’est un réquisitoire, de premier choix. Ensuite, il serait réducteur de n’y voir qu’un déballage d’affaires privées. Le fait qu’un chef de parti choisisse une compagne, journaliste politique, l’abandonne quelque temps après où il accède à la présidence, ce sont des faits privés. J’en conviens. Cependant ces faits privés ont de fortes répercussions politiques. La vie du chef de l’Etat donne lieu à des scandales à répétition, alors que pendant la campagne électorale François HOLLANDE, sur le slogan «Moi, Président de la République», s’était engagé, très fortement, à séparer la vie publique et la vie privée, en vue d’une «République exemplaire et irréprochable». Mme TRIERWEILER, en femme qui s’est sentie répudiée, sans élégance, avec une grande dose de goujaterie et de cruauté, a accumulé d’importantes informations, et non des moindres, sur la vie politique depuis 1988. Je ne suis pas sûre qu’elle ait tout dit. Peut-on raisonnablement penser qu’une journaliste politique, blessée de surcroît, observe, durablement, le silence et la retenue ? Comment pourrait t-on trier le vrai du faux ? Il se peut que cet ouvrage ne soit qu’une entrée en matière, pour de futures secousses politiques. Ça va saigner. Enfin, j’ajoute que j’ai une aversion profonde pour les préjugés. En effet, si on n’a pas lu un ouvrage comment peut-on apprécier sa vraie valeur ?

Une Fatwa est posée : il serait vil de lire l’ouvrage de Mme TRIERWEILER, une femme éconduite, séduite, puis abandonnée, et terriblement jalouse. Les propos de Mme TRIERWEILER, relatant des histoires d’alcôve, inspirés par un désir manifeste de vengeance, n’auraient aucune signification politique, et ne seraient, en aucune façon, fiables. Je m’insurge contre cette lecture politique simpliste de la situation. En effet, il ne faut pas perdre de vue que les données privées, dans ce feuilleton dramatique, ont de très fortes répercussions politiques. Et cela, pour deux raisons essentielles.

D’une part, la qualité particulière des protagonistes (un Président en exercice, une éminente femme politique qu’est Ségolène prétendante au perchoir, mais devenue Ministre, et une journaliste politique), donne au récit de Mme TRIERWEILER un éclairage politique sur le drame qui se trame chaque jour sous nos yeux. Jamais la confusion des genres n’a atteint un tel sommet. L’affaire Julie GAYET, ce vaudeville, cette affaire de cœur, de casque intégral et de dérobades à scooter, a abîmé, encore plus, l’image du Président HOLLANDE. Par ailleurs, la présence dans le paysage politique, d’une grande dame, aussi charismatique que Ségolène qui a eu des enfants avec le Premier secrétaire du PS, lui-même devenu président de la République, est un fait majeur où le public se mêle privé. Ségolène, première femme qui a battu les phallocrates socialistes aux primaires de 2006, a réalisé un score honorable aux présidentielles de 2007. Ségolène devenue, à ce titre, un personnage politique incontournable, alors que son compagnon l’a humiliée en privé, avait toutes les raisons de s’emporter. Cependant, elle est restée digne, comme une Sénégalaise de Ouakam. Elle a gardé tout son sens politique et son l’honneur. De surcroît, Mme ROYAL a rallié, de façon décisive, François HOLLANDE aux primaires de 2011, et a conclu un pacte avec lui pour devenir présidente de l’Assemblée nationale. Mme TRIERWEILER, en fine journaliste politique, n’ignore pas l’envoûtement de Ségolène qui a conquis le cœur des Français. Mme TRIERWEILER s’est toujours sentie illégitime et menacée dans son rôle de première dame.

D’autre part, si on ne devrait s’intéresser qu’aux contributions désincarnées, n’existant que par elles-mêmes, notre champ de lecture serait terriblement réduit ou inexistant. En effet, peu de choses, aussi bien dans la sphère publique que privée, sont innocentes. Ainsi, quand je lis le Figaro, un journal conservateur, je sais que cet organe de presse valorise, sans nuances, les activités de la Droite, et pour le gouvernement de Gauche, il appuie sur ce qui fait mal. Mais le Figaro n’est jamais inintéressant. En conséquence, pour décoder un message, Aristote, dans sa Rhétorique, a soulevé différentes interrogations, toujours d’actualité : Qui parle ? Pourquoi parle t-on ? Devant qui parle t-on ? Il faudrait donc prendre connaissance de l’ouvrage de Mme TRIERWELER, souffrant de sa très mauvaise image auprès des Français, dans un contexte de séparation difficile. Même si cet ouvrage est la vérité de Mme TRIERWEILER, c’est une part de vérité qu’il ne faudrait ni sous-estimer, ni négliger. C’est bien connu que certaines informations importantes sont lâchées, sous le coup de la colère, par un entourage aigri ou humilié (licenciement humiliant d’un collaborateur, femme divorcée). Ainsi, les emplois fictifs de la ville de Paris sous l’ère CHIRAC et l’affaire CAHUZAC résultent d’une dénonciation. Moralement, la délation est condamnable, et pourtant, ces délateurs ont dit la vérité. La question que je me suis posée est la suivante : comment un homme politique aussi avisé que M. HOLLANDE, que j’ai soutenu et que je soutiendrai, avec des réserves sur l’attention à porter aux exclus et à la diversité, a-t-il pu désespérer la Gauche, en si peu de temps, au point de rendre crédible l’arrivée du FN au pouvoir ?

Les hommes politiques portent souvent une carapace pour se protéger, et c’est normal. Et pour la première fois, qu’une journaliste politique nous livre, de l’intérieur, ses appréciations après avoir séjourné avec le Président à l’Elysée pendant 23 mois, il est légitime d’examiner, avec sans doute des précautions, son voyage inédit au cœur du pouvoir politique. François HOLLANDE, dont l’honnêteté est incontestable, voulait une «République exemplaire». Il est perçu comme un homme accessible, sympathique et n’aime pas les riches. Et voila qu’un doute sérieux s’insinue sur ces formules dont l’authenticité n’est pas encore démontrée : la famille de Mme TRIERWEILER serait appelée des «pas jojo» et les pauvres qualifiés de «Sans-dents». Et si Mme TRIERWEILER disait la vérité ? Personne ne peut contester la puissance médiatique dévastatrice de Mme TRIERWEILER. Sa capacité de nuisance, notamment à travers son tweet soutenant Olivier FALORNI un adversaire aux législatives de Ségolène, et maintenant ce brûlot contre M. HOLLANDE, ont fait l’effet d’un cataclysme. Militant de longue date au Parti socialiste, je suis gravement troublé. Faut-il attendre le prochain ouvrage d’Arnaud MONTEBOURG pour en avoir le cœur net ? C’est en tout cas, le moment où Martine AUBRY, représentante de l’aile gauche du PS et principale challenger de François HOLLANDE, qui avait gardé le silence pendant plus de 2 ans, choisit de peser sur le débat politique.

Ma Gauche à moi, c’est celle qui est morale, défend l’égalité, les exclus et la diversité. Tous ne sont pas pourris. Tant mieux pour notre démocratie. Mais certains personnages (Jérôme CAHUZAC, Aquilino MORELLE, Mme Yamina BENGUIGUI, et maintenant Thomas THEVENOUD) ont abîmé, durablement et gravement, l’image de mon parti. Je leur en veux terriblement. Force est de reconnaître que nous vivons une ambiance délétère, une ère du soupçon et du doute. Nous Socialistes, nous avons des idées généreuses, mais le rapport que nous entretenons avec le pouvoir est souvent dramatique. Ainsi, après le gouvernement de Léon BLUM, certains de nos députés ont voté pour les pleins pouvoirs au Maréchal PETAIN. Après le virage à droite, en 1983, le Front National s’est installé, pour longtemps, dans le paysage politique, au point d’être «à la porte du pouvoir», suivant une expression du premier ministre Manuel VALLS. Après la débâcle des législatives de 1993, sur fond de lynchage médiatique autour d’une «Gauche caviar», l’ancien premier ministre Pierre BEREGOVOY s’est donné la mort. En 2002, l’élimination au premier tour de notre candidat Lionel JOSPIN, au profit du Front National avait sonné comme un tremblement de terre. A chaque fois, on répète «Plus jamais ça». Mais encore plus que jamais, aujourd’hui, la peste brune menace. Même si l’ouvrage de Mme TRIERWEILER tombe au pire moment pour François HOLLANDE, il faut convenir qu’il existe un décalage saisissant entre le discours du Bourget, fondé sur une flétrissure de la finance, et la pratique gouvernementale actuelle inspirée d’un libéralisme assumé. «Le changement a eu lieu. Pas le changement qu’on attendait», dit Mme TRIERWEILER évoquant dans son ouvrage l’irrésolution de François HOLLANDE, notamment à travers les affaires CAHUZAC et Léonarda. La gestion calamiteuse des affaires publiques, comme privées, de notre chef de l’Etat, est devenue une grande préoccupation au point que le Front National réclame immédiatement le pouvoir. Il y a quelque chose de dramatique et de tragique qui se trame. Je redoute l’issue fatale.

Certains aspects de l’ouvrage de Mme TRIERWEILER soulèvent un grave problème moral et éthique. J’en conviens. En effet, Mme TRIERWEILER est une femme blessée qui charge un maximum son ancien compagnon, président en exercice, de surcroît. En tant que journaliste politique, qui suivait le Parti socialiste de longue date, Mme TRIERWEILER n’est pas une novice en politique ; elle connaît la portée dévastatrice de sa puissance médiatique. Elle a choisi d’enfoncer François HOLLANDE au pire des moments. Comment peut-on cracher sur ce qu’on avait adoré ? En effet, François HOLLANDE est présenté, notamment comme un cynique, un menteur, un colérique, incapable d’être attentionné et défendre la femme qui l’aime. «Le silence de l’être aimé est un crime tranquille», dit Tahar Ben JELLOUN que cite Mme TRIERWEILER. Par ailleurs, bien qu’elle ait conquis M. HOLLANDE, la lecture de cet ouvrage m’a donné le sentiment d’une femme dévorée par la jalousie, peu sûre d’elle-même, obsédée par le magnétisme et l’hypothétique retour de Ségolène ROYAL. La France est un pays de couples recomposés. Ce sont des drames personnels fréquents. Des femmes célèbres sont restées d’une grande dignité, et c’est à leur honneur (Mmes Danielle MITTERRAND, Hilary CLINTON, Anne SINCLAIR, Anne-Anémone GISCARD d’D’ESTAING, Ségolène ROYAL). Pourquoi ce grand déballage au moment où M. HOLLANDE est très fragile ? Pourquoi le président HOLLANDE a-t-il mal géré cette séparation au risque de s’exposer à des révélations d’une journaliste politique devenue une ex compagne ? Comment se fait t-il que l’Elysée ne soit pas au courant de cet ouvrage explosif, et n’ait pas pu déminer, au préalable, cette bombe politique ?

A d’autres égards, c’est un ouvrage qui est plus riche que ne le dit la presse à sensation. Tout d’abord, il est captivant et se lit aisément. Je l’ai acheté vendredi après-midi et viens de finir le lire le samedi vers 14 heures. Ensuite, j’ai appris beaucoup de choses sur Mme TRIERWEILER que je ne connaissais pas vraiment. La première fois que j’ai entendu parler de Mme TRIERWEILER c’était en janvier 2007. Yaya, un chauffeur au Parti socialiste, alors que Ségolène, au sommet de sa gloire, venait d’être désignée comme candidate socialiste aux présidentielles, me dit tout de go : «Hollande a nouvelle amie». Je n’ai apporté aucun crédit à cette indiscrétion. J’avais vu Ségolène et Hollande au local du PS dans le 18ème, à la suite d’une victoire aux législatives partielles d’Annick LEPETIT. Leur entente me paraissait parfaite. Pendant l’été 2012, le palais de l’Elysée est ouvert, je fais la queue, un dimanche matin, avec mon fils, Jean-Philippe depuis 6 heures du matin. Arrivé au niveau de la grille du parc de l’Elysée une voiture s’arrête, François HOLLANDE en sort et vient, spontanément, nous saluer. Mme TRIERWEILER est restée en retrait. Je lui lance cet appel : «Valérie vient nous dire bonjour». Elle est venue, avec joie, suivre le Président qui adore les bains de foule. Enfin, dans cet ouvrage, j’ai apprécié la sincérité de cette femme de la ZUP Nord d’Angers, venant d’un milieu modeste, socialiste de gauche, antiraciste, passionnée pour l’humanitaire, qui crie son amour. Mme TRIERWEILER dresse une galerie de portraits détonants et sans nuances : elle apprécie ou elle massacre. On sent une femme qui souffre d’avoir été abandonnée et que les Français ne l’apprécient pas. «Ma seule manière de reprendre le contrôle de ma vie était de la raconter. J’ai souffert de n’avoir pas été comprise, d’avoir été trop salie», dit-elle. Mme TRIERWEILER, à travers ses écrits, est une femme combative affirmant son indépendance, en quête de notoriété, elle veut se reconstruire. Ce livre est une thérapie, une forme d’exorcisation d’un présent douloureux blindé de somnifères. Mme TRIERWEILER estime que le portrait qui est fait d’elle lui ressemble peu, avec des miroirs déformants, décalés, construits avec des supputations. «Cette femme avait mon nom, mon visage, pourtant je ne l’ai pas reconnue», précise-t-elle. «J’ai trop besoin de vérité. Ecrire est devenu vital», confesse-t-elle.

L’ouvrage comporte, parfois des redites, une structuration perfectible, des contradictions sur certains points, ou un manque de discernement provoqué par la colère, mais demeure un témoignage exceptionnel sur une période politique troublée, et dont l’issue pourrait être tragique pour la République. C’est le récit d’une femme outragée, fidèle à ses origines sociales modestes, qui voulait s’élever au rang de première dame de France. Comme Icare, dans la mythologie grecque, Mme TRIERWEILER qui voulait accéder à la lumière, a fait une lourde chute pour s’être approchée du Soleil. C’est aussi une remarquable description des mœurs politiques au moment où le public et le privé s’entrelacent, les valeurs morales s’affaissent, le cynisme, la duplicité et le double langage triomphent. Ce conflit du Bien et du Mal, du respect de la parole donnée, dans un contexte de crise, nous dirige au bord du gouffre, dans l’inconscience générale, de la menace de la peste brune.

I – Valérie TRIERWEILER, une femme de la ZUP Nord d’Angers

qui voulait devenir Première Dame de France

1 – Une journaliste politique spécialiste du Parti Socialiste,

Titulaire d’un D.E.S.S. de communication politique et sociale de la Sorbonne, née Valérie MASSONNEAU le 16 janvier 1965 à Angers (Maine et Loire), Mme TRIERWEILER est arrivée à Paris, en 1988, à l’âge de 23 ans, pour suivre son premier conjoint, Franck THURIEAU, un ami de jeunesse. A l’époque c’est une provinciale qui n’a jamais ni pris l’avion, ni vu la mer, et n’a été au théâtre qu’une fois. Mme TRIERWEILER confesse, qu’à ses débuts de journaliste, elle ne connaissait ni le monde politique, ni ses codes et ses dîners en ville, et n’avait pas une vaste culture. Elle a dû travailler dur pour rattraper le retard : «Lire m’a ouvert tous les horizons et les possibles», dit-elle. Dès 1988, elle débute en qualité de journaliste politique à la revue «Profession politique», et rencontre, de façon incidente, François MITTERRAND, en 1988, à la Maison d’Amérique Latine, venu fêter sa victoire. Journaliste politique, son premier reportage sera la «résurgence des vieux courants au Parti socialiste». Mme TRIERWEILER se sent en affinité avec le courant de Jacques DELORS, dont M HOLLANDE fait partie. Evoquant les différentes rencontres de Socialistes «La gaité c’est François qui la met, comme partout où il se trouve. J’aime son contact. François aime les journalistes, et je ne tarde pas à devenir sa journaliste préférée». Leur relation se limitera, pendant longtemps, sur le plan professionnel. Mariée deux fois et divorcée deux fois, Mme TRIERWEILER a trois enfants.

Mme TRIERWEILER est engagée en 1989, chez «Paris-Match», en qualité de pigiste, et contrairement aux dires de certains, non pas en raison de ses charmes, mais uniquement sur recommandations de Mme Laurence MASUREL. Son travail est d’être reportrice sur le terrain, et en particulier de suivre le Parti Socialiste. C’est là elle où rencontre Denis TRIERWEILER, son deuxième mari, qu’elle décrit comme «beau, intelligent, mais sombre». Il est d’une «culture pointue». Valérie conservera le nom de son second époux, pour ses enfants et parce qu’elle est, désormais, mieux connue sous ce nom, que celui de MASSONNEAU, son nom de jeune fille.

Jusqu’à ce jour du 14 avril 2005, à Limoges, Mme TRIERWEILER affirme qu’il ne se passe rien entre elle et le Premier secrétaire du Parti socialiste : «François HOLLANDE n’a jamais de paroles ou de comportements déplacés à mon égard, contrairement à bien d’autres hommes politiques». Le 21 avril 1993, c’est la bérézina pour le PS qui ne conserve que 52 députés. M. HOLLANDE est sonné et envisage d’abandonner la Corrèze une terre électorale difficile pour la Gauche. «S’il me donne des tuyaux, il m’arrive aussi de l’informer car je connais bien le Parti Socialiste», dit Mme TRIERWEILER.

2 – Une femme indépendante, militante de gauche, fidèle à ses origines modestes.

Mme TRIERWEILER revendique fièrement son indépendance. Une indépendance professionnelle, morale, financière et intellectuelle, conquise de haute lutte. Mme TRIERWEILER se définit comme une femme indépendante, antiraciste et résolument de gauche. «L’argent n’a jamais été mon moteur, mais j’ai peur du lendemain, c’est viscéral. Sa mère avant de trouver un emploi de caissière dépendait de mon père. Je me suis construite sur ce rejet : jamais je ne dépendrai de personne». Aux municipales de 2014, Mme TRIERWEILER confesse ceci : «je viens de voter à Gauche, et je pense à ma famille, ce brillant mari et ces garçons magnifiques que j’ai quittés pour François ».

Alain BOURMAUD et Nadia LE BRUN décrivent Mme TRIERWEILER comme une femme au caractère bien trempé, une personnalité plurielle et complexe ; ce qui permet de comprendre comment cette habitante de la ZUP Nord d’Angers s’est construite un destin exceptionnel. Mme TRIERWEILER, dans sa grande franchise, nous donne plusieurs éléments d’appréciation sur son itinéraire. Son père, grand invalide de guerre, qualifié de «tyrannique», a perdu une jambe, à la suite d’un éclat d’obus en 1944. Sa mère, qui n’a que son certificat d’études primaires, a eu six enfants en quatre ans et demi. C’est une mère courage incarnant l’héroïsme au quotidien, d’abord sans profession, elle a dû prendre un emploi de caissière pour subvenir aux besoins de sa famille nombreuse. Sa mère «est belle et personne n’a eu meilleure mère», que nous dit-elle.

Fille d'un père invalide et d'une mère caissière, Mme TRIERWEILER a grandi dans une cité populaire. Est-ce là l'origine de ce cocktail explosif, unissant volonté de fer et tempérament de feu ? Mme TRIERWEILER est une femme de gauche qui n’a jamais renié ses origines modestes. Ses parents habitent la ZUP Nord d’Angers. «L’injustice, je l’ai ressentie très tôt. Lorsqu’une de mes camarades me confie que ses parents ne veulent plus que je vienne la voir chez elle : je n’habite pas du bon côté. J’ai mal vécu cette histoire, elle m’a poursuivie tout au long de ma vie. J’exècre toute forme de racisme, mais on l’oublie trop souvent le racisme social ». Mme TRIERWEILER a désormais un fort engagement humanitaire, notamment auprès du Secours populaire.

3 – Femme amoureuse qui aurait pris des risques

Cette histoire d’amour, telle qu’elle est contée par Mme TRIERWEILER, ressemble au roman d’Albert COHEN, «Belle du Seigneur». La tragédie sentimentale se déroule en trois actes : la séduction, la conquête et enfin la destruction. «Je me sens coupable. Il y a neuf ans, j’ai sacrifié ma famille pour un homme qui s’est débarrassé de moi à la première occasion», dit Mme TRIERWEILER. Evoquant le communiqué de rupture entre Ségolène et François HOLLANDE (J’ai demandé à François de quitter le domicile conjugal), Mme TRIERWEILER fait référence, en fait, à sa situation personnelle avance ceci : «Je comprends aujourd’hui à quel point la trahison peut apporter au ressentiment».

Mme TRIERWEILER a participé à l’ascension de M. HOLLANDE, alors que personne ne misait sur lui, au départ : «Personne ne croyait en lui, je n’avais aucun rêve secret d’Elysée. Jamais nous n’avons évoqué le fait. Rien d’autre que l’amour». Cette assertion recèle une grande part de vérité, mais manque de nuances. A la période où Mme TRIERWEILER commence une vie privée avec M. HOLLANDE (14 avril 2005), le Premier secrétaire du PS est sur une phase ascendante. En effet, M. HOLLANDE a gagné les élections régionales de 2004. Le parti Socialiste, après les douloureuses défaites de 1993 et de 2002, sort de sa grande léthargie. Mme TRIEWEILER a participé à une réunion très secrète, en début 2011 pour aborder la façon dont M. HOLLANDE va annoncer sa candidature aux présidentielles de 2012. Une interview dans la presse régionale ne lui paraît pas une bonne idée, Mme TRIERWEILER suggère, et c’est retenu, une déclaration depuis le fief de François HOLLANDE à Tulle, en Corrèze. Dans l’adversité, alors que les sondages, pour la présidentielle de 2012 n’étaient pas favorables (3%), Mme TRIERWEILER a reconnu que M. HOLLANDE a fait preuve d’une grande détermination. Mme TRIERWEILER affirme accompagner M. HOLLANDE dans ses rencontres avec des élus pour rallier sa cause pour les présidentielles de 2012. Mme TRIERWEILER prétend que M. Aquilino, «l’homme aux souliers cirés», suivant son expression, n’aurait pas rédigé le discours du grand meeting du Bourget pour François HOLLANDE. Le candidat s’est enfermé, pendant trois jours, à leur domicile du 15ème arrondissement, pour le concevoir. Mme TRIERWEILER l’a aidé à l’accoucher. Elle en serait «sa petite main».

On sent dans ses écrits que c’est une femme profondément amoureuse, et dotée d’un désir de rayonner, de briller, une volonté de puissance. Née sous le signe astral du Soleil, représentant la création, l’activité et le rayonnement, Mme TREIRWEILER a une grande soif de reconnaissance. Mme TRIERWEILER reproche à François HOLLANDE de ne pas être attentif, et de surcroît, de ne pas la protéger quand elle fait l’objet d’attaques injustes. Plusieurs passages de l’ouvrage de Mme TRIERWEILER attestent de cette demande d’affection, et donc de sortir de l’ombre : «C’est un introverti, incapable de montrer en public ce qu’il ressent. Trop habité par son fonction, comment le pouvoir a-t-il pu étouffer cet amour si fort, si violent ?». Mme TRIEWEILER qui animait l’émission «Itinéraires», sur la télévision Direct8, est stupéfaite que M. HOLLANDE ne connaisse pas celle-ci, et ne lit pas ses chroniques littéraires à «Paris-Match». Apparemment, M. HOLLANDE ne s’intéresse, dit-elle qu’aux journalistes : «J’avais tellement d’importance à ses yeux autrefois quand j’étais journaliste politique. Rien ne passionne François en dehors de la politique. Rien ni personne». Pendant cette période de campagne électorale, François HOLLANDE reste dans un état de concentration extrême de maîtrise totale de lui-même. Lorsqu’il est élu président de la République Mme TRIERWEILER dira : «Ce président sait garder son sang-froid et prendre de la distance ». Et ajoute, «il est devenu trop dur, tellement différent, indifférent, et j’ai le sentiment qu’il ne m’aime plus».

4 – Une roturière qui ne connaît pas les codes du pouvoir politique

La France est l’un des rares Etats à s’enorgueillir de faire référence, dans ses institutions, à un statut de «Première dame». Mais ce rôle, incertain et flou, a des contours non définis. Mme TRIERWEILER est fortement impressionnée par Michelle OBAMA, «elle a du charisme, c’est palpable. Elle dégage une aura qui en impose». Elle se lie d’amitié avec la femme du président du Mali, Mintou TRAORE. Mme TRIERWEILER estime que dans son voyage social, en qualité de première dame de France, elle s’est toujours sentie illégitime, et s’est heurtée à un «plafond de verre». Elle est éprise d’un homme qui s’éloigne d’elle avec le succès : «Le pouvoir agit comme un acide, il a miné notre amour de l’intérieur». Bien que journaliste politique, et sûre de ses sentiments pour le Président, Mme TRIERWEILER ne connaissait pas, en fait, les codes du pouvoir politique. En 17 ans de journalisme, elle ne découvre, pour la première fois, le bureau présidentiel, qu’en mai 2012. Mme TRIERWEILER, mal préparée, est propulsée première dame, un rôle indéfini, et sans statut officiel : «Je dois m’adapter à ce carcan, mais je ne le comprends encore». Mme TRIERWEILER précise ce saut dans l’inconnu : «Ce monde nouveau n’était pas fait pour moi. Je suis entière et spontanée, je dis ce que je pense, j’ai grandi dans un milieu où l’on ne dissimule rien. Dans le sérail, on est habitué aux non-dits, on sourit à ceux qu’on méprise, on médit dans l’ombre». De surcroît, M. HOLLANDE placerait Mme TRIERWEILER dans un état d’insécurité permanente par ses mensonges, ses mystères et ses cachoteries : «François cloisonne tout, et je sens qu’il ne veut pas de moi dans sa vie politique, qu’il met soudain de la distance», dit-elle.

François HOLLANDE redoute que la mauvaise image de Mme TRIERWEILER auprès des Français ne déteigne sur lui. «Tu te souviens où en était ton image quand je t’ai aimé ? Si j’avais dû m’arrêter à ta popularité, je ne serai pas amoureuse de toi». Elle ajoute ceci : «Il se moque du sort qui m’est réservé, et cherche d’abord à préserver son propre capital de sympathie qui fond à vue d’œil». En effet, différentes biographies donnent une très mauvaise image de Mme TRIERWEILER auprès de l’opinion publique. Mme TRIERWEILER estime que être piégée par certains biographes, et que d’autres déforment, brodent, inventent et attaquent. Ainsi, Alix BOULHAIGUET et Christophe JAKUBYSZYN, dans l’ouvrage, «La frondeuse», décrivent Mme TRIERWEILER comme une personne tourmentée, une femme de feu, qui ne connaît pas les codes de l’Elysée, en dépit d’une mise en garde de Carla BRUNI. M. JAKUBYSZYN adressera, par la suite, une lettre d’excuses à Mme TRIERWEILER. Laurent GREILMER, dans une autre biographie, «La favorite», brosse le portrait d’une première dame angoissée, aveuglée par son ambition, sa jalousie, ses réflexes, sa volonté de contrôle : «As-tu conscience de jouer à la Pompadour roturière des Lumières ? Eclairée et détestée ?», lancent-ils méchamment.

Mme TRIERWEILR estime qu’elle n’est pas la femme qu’on décrit, une voleuse de mari, destructrice de famille, rancunière, colérique, hystérique, une sorcière méchante qui mélange vie publique et vie privée. «Ils ont commencé à faire le portrait d’une femme qui me ressemblait si peu», dit-elle. Ainsi, un journaliste de «Paris-Match», qualifie Mme TRIERWEILER de «Rottweiler» de François HOLLANDE. D’autres injurient Mme TRIERWEILER, qualifiée de «Première pute de France ». Ce sont des «miroirs déformants, décalés, construits avec des supputations. Cette femme avait mon nom, mon visage et pourtant je ne l’ai pas reconnue», dit-elle. Mme TRIERWEILER avance, qu’en raison de cette étiquette : «Je reste souvent en retrait, ce qui me vaut la réputation de froideur et de fille hautaine qui ne m’a jamais quittée». Déjà à l’université, elle met des jupes et des vestes acquises aux puces. «Cette allure ne fait que renforcer mon image de dureté et de femme dédaigneuse».

5 - C’est une personne entière ; ce qui rend crédible ce qu’elle dit.

Mme TRIERWEILER est une femme sincère. Il faut donc accorder un certain crédit à cet ouvrage. «Elle est cash. Ce qu’elle pense, elle le dit. Si elle ne t’aime pas tu le sais. Elle ne fait pas mystère de ses ressentis», dit une de ses amies. Pendant la séparation avec M. HOLLANDE, Mme TRIERWEILER a apprécié, les mots d’amitié d’Aurélie FILIPPETTI, Yamina BENGUIGUI, Benoît HAMON et Pascal CANFIN. Les autres sont aux abonnés absents. Mme TRIERWEILER déplore le cynisme du monde des amis politiques «Manuel VALLS et Pierre MOSCOVICI, dont on me disait si proche, n’ont pas dû se souvenir de mon numéro de téléphone». Manifestement, M. Aquilino MORELLE ne fait pas partie de ses amis. «Je me méfie d’Aquilino MORELLE. Je n’aime pas la duplicité. En mai 2014, je me réjouis de sa démission forcée». Mme TRIERWEILER avait vu juste puisque M. MORELLE qualifie, dans une édition du Point en date du 11 septembre 2014, son éviction de «purification ethnique» orchestrée par la Tchéka de la Hollandie. Suivant, Mme TRIERWEILER, le président HOLLANDE aurait perdu sa clairvoyance et sa lucidité qui ont été sa force jusque-là. Le président HOLLANDE ne fait pas la différence entre ceux qui sont à ses côtés pour lui et pour servir l’Etat, et ceux qui l’ont rejoint pour leur propre carrière et pour se servir de son influence. Martine AUBRY serait décrite, par le président François HOLLANDE, comme une «folle et instable ».

Mme TRIERWEILER reproche à M. HOLLANDE ses erreurs de casting, dans la nomination, notamment de ses Ministres : «La plupart des Ministres n’ont pas le niveau. Je suis affligée de ce que j’entends. Je les observe en silence, en me demandant comment tel ou tel Ministre a pu être nommé. Equilibre de courants, de sexe, équilibre régional ou de parti». Mme TRIERWEILER n’apprécie pas M. Manuel VALLS. Lorsque M HOLLANDE évoque l’idée de remplacer M. AYRAULT au poste de Premier Ministre par M. VALLS, la première dame lance cette mise en garde : «Tu sais bien que si tu prends VALLS, tu lui donnes la voiture et les clés. Et il va se tirer avec. Si en 2017, tu es en état de faiblesse, il exigera des primaires pour se présenter». Laurent GREILSAMER dans son ouvrage, «La favorite», posait déjà cette question redoutable : peut-on se vouloir femme indépendante, journaliste, libre d’exprimer ses convictions et humeurs personnelles ?

Ce mélange de vie publique et vie privée est au cœur de l’ouvrage de Mme TRIERWEILER, mais ce qu’elle dit comporte, indéniablement, d’importantes significations politiques.

II – Valérie TRIERWEILER relate un savant mélange de vie publique et vie privée, avec une signification politique singulière.

  1. - Mme TRIERWEILER dresse un sombre portrait du président HOLLANDE

Nous avons besoin de comprendre comment fonctionnent nos dirigeants, les déterminants qui les poussent à agir ou ne pas agir. Et de ce point de vue, leur personnalité permet d’appréhender comment ils conçoivent la politique, et donc la façon dont ils gèrent notre quotidien et notre avenir. Le président de la République française gouverne sur la 5ème nation industrielle du monde, dotée d’un feu nucléaire avec des interventions extérieures pour son armée classique. Qui a-t-on réellement élu à l’Elysée le 6 mai 2014 ? Compte tenu de la l’absence de résultats et au virage politique vers le libéralisme, y’aurait-il erreur sur la personne ?

Personnalité complexe et ambiguë, François HOLLANDE est décrit comme un brillant politique de gauche, proche des gens, sympathique, d’une rare intelligence, drôle, mais dépeint comme flou, inconsistant, sans charisme et qui préfère la synthèse à l’affrontement. Dans quelle mesure le portrait que brosse Mme TRIERWEILER du Président de la République correspond t-il à ces idées reçues, et quelles conséquences pour l’avenir de celui-ci ?

Mme TRIERWEILER dresse un portrait peu flatteur de M. HOLLANDE considéré comme un dirigeant froid, cynique, cassant, calculateur, opportuniste, machiste et mufle, et surtout déshumanisé. Mme TRIERWEILER ajoute même une terrible description de François HOLLANDE. Elle qui l’avait connu sensible, capables de mots apaisants et tendres, aurait subi une métamorphose. Le président HOLLANDE serait devenu un bloc de métal insensible et tranchant, cynique qui cherche la phrase qui fait mal. «Je n’aime pas les handicapés qui font commerce avec leur handicap» aurait lâché M. HOLLANDE (rendez-vous avec Philippe CROIZON). Accusation plus grave encore, Mme TRIERWEILER affirme que M. HOLLANDE, qui prétend aimer les gens, se moquerait des pauvres qualifiés de «Sans-dents». «Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches. En réalité, le Président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé, les sans-dents, très fier de son trait d’humour». Mme TRIERWEILER ajoute qu’au sortir d’un repas de Noël passé chez sa mère à Angers, M. HOLLANDE aurait lâché, avec un petit rire de mépris : «elle n’est pas quand même jojo la famille MASSONNEAU».

On se souvient que le président HOLLANDE, parfois appelé «Monsieur Petite Blague», avait dit, lors de sa première visite au Sénégal, le 12 octobre 2012, devant les députés : «Un Africain n’a pas de manteau». Une autre blague lors d’un déplacement de M. Manuel VALLS, Ministre de l’Intérieur en Algérie, avait provoqué un sérieux incident diplomatique : «M. VALLS revient d’Algérie, sain et sauf, c’est déjà beaucoup». Mais après avoir éclairci les circonstances de ces deux blagues extraites de leur contexte et malencontreuses, tout est revenu dans l’ordre. Les propos que rapportent Mme TRIERWEILER ont t-ils été prononcés ? Et dans quelles circonstances ? S’agit-il d’une simple maladresse, comme dans les affaires sénégalaise et algérienne ? Qui dit vrai ? Qui ment ?

«Calomnie, calomnie, il en restera toujours quelque chose», disait BEAUMARCHAIS. M. HOLLANDE, en fin politique, a senti le danger politique que représente pour lui cette polémique (62% des Français sont favorables pour sa démission). Le chef de l’Etat a déjà démenti cette révélation dans sa conférence de presse depuis l’Irlande, lors du sommet de l’OTAN. Ce commentaire sur la politique intérieure, à l’étranger, est inhabituel, dans la tradition républicaine française. Et il est revenu sur ce sujet, dans une édition du 11 septembre 2014 du Nouvel Observateur : "cette attaque sur les pauvres, les démunis, je l'ai vécue comme un coup porté à ma vie tout entière", dit-il. "Je sais d'où je viens". Il ajoute : «Je ne veux pas qu'on puisse dire ou écrire que je me moque de la douleur sociale, car c'est un mensonge qui me blesse". On est loin de la ligne de défense initiale du président HOLLANDE «les affaires privées doivent se traiter en privé». C’est donc que le livre de Mme TRIERWEILER revêt une grande signification politique et que sa puissance médiatique comporte d’importantes conséquences politiques.

Toujours dans le registre de la duplicité ou de la légèreté, Mme TRIERWEILER affirme que M. HOLLANDE savait que M. CAHUZAC a menti, mais ne l’a pas démissionné. «Le Président n’a vu rien venir. C’est pourtant un des rares sujets pour lequel, je suis montée plusieurs fois au créneau, juste après les premiers articles. En vain, il ne veut rien entendre», dit Mme TRIERWEILER. Jérôme CAHUZAC serait venu, un dimanche (janvier 2013 ?), déranger François HOLLANDE à son domicile du 15ème arrondissement. Mme TRIERWEILER estime que le président HOLLANDE a raté de sceller son sort, à ce moment là, pour devancer l’événement. François HOLLANDE n’aime pas les affaires de police, les dossiers et les rumeurs. M. CAHUZAC démissionnera deux mois et demi plus tard, soit le 19 mars 2013. François HOLLANDE reconnaîtra que Mme TRIERWEILER avait été intuitive. «Je ne comprends pas son aveuglement ou sa naïveté», dit Mme TRIERWEILER. Maintenant, le dossier de Thomas THEVENOUD, démissionné pour ses arriérés de loyers et d’impôts, en dépit du précédent de CAHUZAC, montre bien qu’il existe une part de vérité dans ce que dit Mme TRIERWEILER. L’Etat n’est pas assez vigilant avant de confirmer la nomination de ses Ministres.

Dans un contexte de séparation difficile, Mme TRIERWEILER dresse également de nombreux défauts de M. HOLLANDE. Il ne connaît la banlieue, ni le prix des choses. Il n’est pas pourtant flambeur. Son apparence lui importe peu. Les hommes de pouvoir perdent très vite, le sens des limites, c’est ce que les psychiatres appellent le «syndrome gagnant». Mme TRIERWEILER décrit le président HOLLANDE, dans l’affaire Léonarda, comme quelqu’un d’hésitant, irrésolu et qui change de stratégie de façon brutale et dangereuse. Cette famille doit-elle être expulsée ou maintenue sur le territoire ? Il y a une différence d’appréciation entre le Premier Ministre (M. AYRAULT) et le Ministre de l’Intérieur (M. VALLS). Le président HOLLANDE esquive, puis intervient, maladroitement, dans ce bras de fer. M. Eric BESSON a ajouté deux autres graves défauts : «Il a une énorme confiance en lui, et une assez faible confiance en la nature humaine. Il ne fait pas vraiment confiance et ne fait pas de la politique en bande. Il gère des cercles distincts dont il est le seul point commun». Selon M. BESSON, M. HOLLANDE a un «caractère bordélique». Et il conclut, «Son incapacité à gérer une organisation et ses ressources humaines. Son refus systématique de décider. Il ne tranche jamais. C’est parfois insupportable. Il est doté d’une confiance en lui extraordinaire, mais qui finit par l’aveugler». Arnaud MONTEBOURG est encore plus laconique et sanglant, alors qu’il était porte-parole de Mme ROYAL, il lâche à Canal Plus ceci : «Ségolène ROYAL n’a qu’un seul défaut, c’est son compagnon».

Pour Mme TRIERWEILER, le bilan de M. HOLLANDE est maigre. Il ne laissera dans l’histoire que «le mariage pour tous». Mme TRIEWEILER met en exergue la duplicité de M. HOLLANDE, qualifié de «roi du double langage, de l’ambiguïté et du mensonge permanent. Le mensonge est ancré en lui, comme le lierre se mêle à l’arbre». Ainsi, dans l’affaire Julie GAYET, et au moment où M HOLLANDE la voit depuis plus d’un an et nie cette relation, le Président aurait demandé à sa compagne de lui faire un enfant. M. François HOLLANDE a abandonné tous les marqueurs de gauche, notamment le droit de vote des étrangers aux élections locales. Jean-Luc MELENCHON recense, dès 2007, dans son ouvrage «En quête de gauche après la défaite», ce qui est censé être le logiciel de gauche. Sans arbitrer cette violente polémique, qui fera du tort à M. HOLLANDE, personne ne peut contester que la politique libérale du gouvernement loin de rétablir l’égalité, a provoqué de graves dégâts sociaux, au point de rendre crédible l’arrivée du Front National au pouvoir. En dépit d’une hausse d’impôts, les déficits se creusent et le chômage ne cesse d’augmenter. Bref, deux ans après, le changement a eu lieu. «Pas celui que nous attendions», dit Mme TRIERWEILER. On pourrait même résumer la nouvelle ligne politique comme suit : «mon ami, c’est la finance». On aime les entreprises et le patronat applaudit le Premier Ministre à deux mains.

Mme TRIERWEILER reconnaît au président HOLLANDE de nombreuses qualités. Il ne faudrait donc pas les occulter. Il est vif et drôle. «Il me fait rire. Je suis épatée par son intelligence, sa vivacité. Il va tellement vite dans ses réflexions. A la moindre question, la réponse fuse, limpide, avec une pointe d’esprit», l’humour c’est son bouclier et son masque. C’est un politique maître de ses paroles. Il a une force de persuasion nucléaire. En cas de crise, «il a une immense qualité de regarder d’abord devant et de ne jamais s’attarder sur qui est fait. Comment fait-on pour sortir de la situation ? ». Il a cette qualité immense de ne voir que le positif. Il dévore la vie avec un optimisme hors norme, et une capacité d’entraînement étonnante. M. HOLLANDE n’écoute jamais, les mauvais bruits de la ville, surtout quand, il s’agit de salir. M. Eric BESSON, dans son ouvrage a complété les qualités du président HOLLANDE «Quand, il est dans l’impasse, il a des pirouettes de génie. Ajoutez un sens aigu des rapports de force, une connaissance méticuleuse de l’histoire de France et du Parti socialiste, une capacité de synthèse phénoménale. Un don pour la réplique. Une capacité à vous voler vos meilleures idées et à les reprendre à son compte, mais en mieux». M. BESSON ajoute ceci : «Il croit en sa bonne étoile. De fait, il se rétablit dans des situations apocalyptiques. Mais la contrepartie, il joue en solo».

  1. – La présence royale de Ségolène dans le jeu politique perturbe Mme TRIERWEILER.

Compagne longtemps cachée de 2005 à 2008, Mme TRIERWEILER a un complexe de «2ème femme», qui craint de ne jamais voir la lumière. Mme TRIERWEILER affirme avoir aussitôt informé son mari de sa liaison avec François HOLLANDE, mais ce dernier ne dira rien avec sa compagne. Bref, François HOLLANDE, parti tranquillement en vacance, pendant l’été 2005, avec sa famille, serait un menteur, un cachotier. Ségolène finira par l’apprendre en septembre 2005 et sa candidature à la Primaire socialiste de 2006, s’expliquerait par cet événement privé. Mme TRIERWEILER est obsédée par le charisme de Mme ROYAL et sa présence dans le paysage politique français. «De facto, dans l’inconscient des Français, et sans doute dans le mien, le couple c’est elle et lui. La femme illégitime c’est moi». Tantôt, ils s’affrontent, tantôt ils se servent l’un de l’autre comme un marchepied : «Ce jeu politique n’a pas de fin, c’est un labyrinthe dans lequel je me suis perdue», dit-elle. Ce mélange entre vie publique et vie privée est bien décrit, dès 2007, par Claude BARTOLONE, un fabusien, président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis et actuel président de l’Assemblée nationale, dans son ouvrage «une élection imperdable» : «Les relations personnelles entre Ségolène et François, c’est un triangle des Bermudes. Tout le monde préfère un détour». Et il ajoute : «La seule chose que je retiens, c’est une hypothèse pour les chances de la Gauche et l’avenir de notre pays au gré des hauts et des bas de sa vie privée. Ce n’est ni responsable, ni estimable». François HOLLANDE, est «entre deux feux, un président, deux femmes, une histoire d’amours», en référence à un titre d’un ouvrage d’Anna CABANA et Anne ROSENCHER. Ces deux journalistes citent une phrase qui résume la grande appréhension de Mme TRIERWEILER, «Si elle (Ségolène en 2007) gagne, elle me laminera, rien ne l’arrêtera». Apparemment, Ségolène a tenté, en vain, de la faire licencier de chez «Paris-Match».

Jusqu’ici, je n’avais pas saisi, pourquoi, en 2007, François HOLLANDE, alors premier secrétaire du PS ne s’était pas présenté à l’élection présidentielle ? Pourquoi s’est fait doublé par sa concubine ?

Mme TRIERWEILER avance l’idée que la candidature de Mme ROYAL en 2007, était une façon de contraindre François HOLLANDE à choisir entre deux femmes. En effet, Ségolène aurait demandé à François HOLLANDE de quitter Mme TRIERWEILER et en contrepartie, elle retirera sa candidature aux présidentielles de 2007. Cette thèse semble correspondre avec le constat dressé par mesdames Raphaëlle BACQUE et Ariane CHEMIN, dans leur livre, sur Ségolène, «La femme fatale». Evoquant la candidature aux présidentielles de 2007, elles mentionnent ceci : «Aiguillonnée par une blessure secrète, débarrassée de ses scrupules, investie d’une mission, elle (Ségolène), a choisi de contourner le PS et François HOLLANDE». Ségolène s’inquiète, à l’époque, disent-elles, de voir François HOLLANDE «trop préoccupé d’une journaliste, belle, blonde et vive, chargée de suivre le P.S.». Marie-Noëlle LIENEMANN qui relate l’élection présidentielle de 2007, montre bien le charisme, le magnétisme, et la très forte personnalité de Ségolène. M. HOLLANDE, qui est à l’époque premier secrétaire du Parti socialiste, n’a pas vu venir la candidature de Ségolène, HOLLANDE «est voué à une fonction administrative. Il devient le laborieux, celui qui tient la boutique». Par transitivité, grâce à son compagnon, Ségolène devient, potentiellement, l’un des leaders du Parti. « Avec le recul, on peut dire qu’elle le vampirise», dit Mme LINEMANN.

Mme TRIERWEILER, dés le départ, bien qu’elle vive avec François HOLLANDE, est obsédée par la présence de Ségolène ROYAL, dans le paysage politique et notamment lorsqu’elle a été désignée candidate socialiste aux présidentielles de 2007 : «Puis, Ségolène ROYAL est désignée haut la main. Je suis assommée. Je veux cesser notre relation. Je ne veux pas participer au mensonge médiatique du couple uni qui s’épaule dans la course de l’Elysée. J’ai l’impression d’entrer dans un mauvais film, dont la fin ne pourra être que tragique», dit Mme TRIERWEILER. Après une période brouille avec M. HOLLANDE, la perspective d’une défaite de Ségolène aux présidentielles, retient Mme TRIERWEILER.

Quand, la relation avec François HOLLANDE a été rendue publique, en 2008, Mme TRIERWEILER a continué de développer un complexe d’infériorité à l’égard de Ségolène, et craint de ne pas être à sa hauteur. Ainsi, lors du meeting à Rennes, pendant la campagne des présidentielles de 2012, Mme TRIERWEILER demande à M. HOLLANDE de ne pas apparaître sur scène avec Ségolène. L’échange est tendu dans la loge. Le ton monte. Suivant Mme TRIERWEILER, sa rivale Ségolène «ne peut pas résister devant une si belle occasion de partager la lumière et de réaffirmer sa lumière». Mme TRIERWEILER reconnaît qu’elle a perdu le contrôle de ses émotions et qu’elle n’a ni les ressources, ni une confiance suffisante en elle, pour affronter cette présence, je dirai royale, de Ségolène sur la scène politique. Mme TRIERWEILER affirme qu’elle n’est pas à la base de l’éviction des images de Ségolène, candidate aux présidentielles 2007, dans le film diffusé au meeting du Bourget en 2012. Après cet épisode de Rennes qu’elle a nous conté, avec une grande franchise qui la caractérise, je suis dubitatif. Ségolène n’a pas été invitée à la cérémonie d’investiture, à l’Elysée de François HOLLANDE.

Mme TRIERWEILER reproche, à M. HOLLANDE, d’être un cachotier, son incapacité d’aborder les choses clairement, même les plus simples. Ainsi, Mme TRIERWEILER affirme avoir appris, par la radio, au volant de sa voiture, que M. HOLLANDE, pour les primaires et les présidentielles de 2012, a conclu un accord avec Mme ROYAL : «Je suis si stupéfaite que je suis à deux doigts de heurter le véhicule qui me précède. Il ne m’a rien dit». Mais dans cet accord, pour que Ségolène, qui n’est pas parlementaire, puisse devenir présidente de l’Assemblée Nationale, il fallait, au préalable, qu’elle soit élue députée. Un tweet de Mme TRIERWEILER soutenant Olivier FARLONI, un concurrent de Mme ROYAL, a fait capoter ce deal. Mme TRIERWEILER est donc manifestement sortie de son rôle de première dame, pour s’immiscer dans une affaire politique sensible : «L’éventuelle accession de Ségolène ROYAL au perchoir de l’Assemblée relancerait le roman médiatique du trio amoureux» dit Mme TRIERWEILER. «Je ne vois pas où serait pas ma place. Elle est déjà tellement difficile à trouver. On ne lance pas une bombe qui vous explose à la figure sans raison». Mme TRIERWEILER reconnaît non seulement sa jalousie, mais son impulsivité. En effet, évoquant une dépêche de l’AFP du président HOLLANDE soutenant Mme ROYAL, elle note ceci : «La dépêche agit sur moi comme un coup de poignard. Aveuglée par le mensonge du Président, je me suis jetée dans la gueule du loup». Evoquant cette affaire de tweet, M. HOLLANDE dira : «elle a fait beaucoup mal. Peut-être aurions-nous dû nous séparer à ce moment là». Mme TRIERWEILER prétend qu’elle a proposé des excuses publiques, mais le président HOLLANDE ne veut pas qu’elle s’exprime : «Je ne m’exonère pas de cette faute. J’en ai supporté les conséquences, elle me poursuit encore aujourd’hui, donc je sais que j’ai eu tort».

Curieusement, Mme TRIERWEILER affirme que ce tweet aurait rendu service à M. HOLLANDE dont encore la duplicité est évidente. M. HOLLANDE ne serait pas favorable à ce que Ségolène devienne présidente de l’AN «C’est avec certitude de polémiques sans fin. François le sait, mais il laisse Ségolène ROYAL à son rêve. Je suis soulagé que le spectre d’une cohabitation ingérable s’éloigne». La présence de Ségolène ROYAL, dans le paysage politique, «rend les choses encore plus complexes pour François et moi. J’ai servi de paratonnerre au Président. Sans mon tweet, c’est lui qui seraient abattues les foudres de la presse puisqu’il soutenait son ex compagne», dit-elle. M. HOLLANDE a négocié le ralliement de Mme ROYAL. Mais officieusement, il n’en veut pas comme troisième personnage de l’Etat. «Cette duplicité ne m’étonne pas», dit Mme TRIERWEILER. Selon elle, M. HOLLANDE ne décourage jamais un candidat, mais organise en sous main des opérations de barrage à l’élection mais en faisant porter le chapeau à quelqu’un d’autre : «C’est un politique, par toutes les fibres son corps. La tactique est une seconde nature». Ce témoignage, sur le caractère manœuvrier de M. HOLLANDE, semble concorder avec celui d’Eric BESSON, dans son ouvrage «Qui connaît Madame ROYAL ?». Selon M BESSON, M. HOLLANDE est un ami, «mais un ami très complexe. Son amitié s’adapte au terrain. Il se laisse des libertés manœuvrières colossales en fonctions des événements. Mais quand on l’aime beaucoup, et quand on croit en son talent particulier, c’est compliqué de travailler avec lui».

J’attends avec impatience le prochain ouvrage de Mme TRIERWEILER.

Bibliographie sélective,

TRIERWEILER (Valérie), Merci pour ce moment, Paris, Editions des Arènes, 2014, 316 pages, au prix de 20 € ;

BOURMAUD (Alain), LE BRUN (Nadia), Valérie TRIERWEILER, la dame de pique, Paris, Edi8, First Editions, 2012, 161 pages ;

BOUILHAGUET (Alix), JAKUBYSZYN (Christophe), La frondeuse, Paris, éditions du Moment, 2012, 187 pages ;

GREILSAMER (Laurent), La favorite, Paris, Fayard, 2012, 112 pages ;

CABANA (Anna) et ROSENCHER (Anne), Entre deux feux, un Président, deux femmes, une histoire d’amours, Paris, Grasset, 2012, 2008 pages ;

BESSON (Eric), Qui connaît Mme ROYAL, entretiens avec Claude ASKOLOVITCH, Paris, Grasset, 2007, 164 pages ;

KARLIN (Elise), Le président qui voulait vivre ses vies, les coulisses d’un vaudeville d’Etat, Paris, Fayard, 2014, 180 pages ;

SANCHEZ (Suzanne), Le Président et ses femmes ou le triangle dramatique, étude astrologique, Lille, TheBookEdition, 2013, 200 pages ;

BACQUE (Raphaëlle) et CHEMIN (Ariane), La femme fatale, Paris, Albin Michel, 2007, 229 pages ;

LIENEMANN (Marie-Noëlle) et COHEN (Philippe), Au revoir Madame ROYAL. Pourquoi la Gauche en est arrivée là. Pourquoi, il ne faut pas désespérer, Paris, Perrin, 2007, 184 pages ;

MELENCHON (Jean-Luc), En quête de Gauche, après la défaite, entretiens avec Michel SOUDAIS, Paris, 2007, Balland, 313 pages ;

BARTOLONE (Claude), Une élection imperdable, entretiens avec Gérard LECLERC, Paris, L’Archipel, 2007, 162 pages ;

Paris, le 11 août 2014, par Amadou Bal BA – Baamadou.over-blog.fr.

Mme Valérie TRIERWEILER, ex Première Dame de France.
Mme Valérie TRIERWEILER, ex Première Dame de France.
Mme Valérie TRIERWEILER, ex Première Dame de France.
Mme Valérie TRIERWEILER, ex Première Dame de France.
Mme Valérie TRIERWEILER, ex Première Dame de France.

Mme Valérie TRIERWEILER, ex Première Dame de France.

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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 10:33

La Maire de Paris et son équipe abordent avec inquiétude la rentrée à propos des finances de la Ville. Sont en cause plusieurs actions du gouvernement Valls ayant une incidence directe sur le budget municipal : la réduction des dotations de l’État, la charge de solidarité avec les autres départements franciliens, le sort de la taxe de séjour perçue par la Ville, le financement de la Philharmonie de Paris (salle de concert ultra-moderne située à La Villette et devant être inaugurée en janvier 2015). Mme Anne HIDALGO est attachée au respect de la parole et souhaite mettre en œuvre, intégralement, pour la Capitale.

Cette première rentrée pour la nouvelle Maire de Paris est placée sous le sceau de la grande contrainte budgétaire. Alors que la Maire de Paris, a mis son mandat sous le signe d’un programme ambitieux d’investissements, "pour une ville bienveillante", (un total de 8,5 milliards d’euros sur six ans, avec une priorité pour le logement social), Mme Anne Hidalgo est confrontée à une série de problèmes liés à la politique d’austérité du Gouvernement.

La baisse de la dotation de l’État tout d’abord, qui affecte l’ensemble des collectivités locales mais qui touche particulièrement Paris. Par son double statut de commune et de département, la Capitale est en effet affectée deux fois par cette baisse.

Paris recevait jusqu’à présent chaque année de 1,2 à 1,3 milliard d’euros. Elle perd 100 millions cette année, sans doute près de 200 millions en 2015. «Dans les trois ans à venir, les concours de l’État devraient être diminués par deux» précise la Maire de Syndicat Unsa Attachés Paris.

Anne Hidalgo a demandé en juillet une baisse moins « brutale » de ces dotations, et compte voter en ce sens une motion que l’Association des Maires de France (AMF) a encouragé toutes les communes de France à signer.

Paris est et restera solidaire avec les autres collectivités de l’Ile-de-France, mais ne sera pas avec l’austérité imposée par l’Etat «une vache à lait».
Autre point de discorde avec le gouvernement de Manuel Valls : les prélèvements opérés sur les finances de la Capitale pour être redistribués à des départements et à des communes pauvres. Au vu des mesures déjà votées par le Parlement, cette contribution devrait augmenter de 60 millions en 2015 pour avoisiner les 450 millions. « Il faut en rester là » estime la Mairie. « La Ville de Paris reste une collectivité riche par rapport aux autres, on en est tout à fait conscient. On soutient la réduction des inégalités entre les territoires » mais celle-ci « va un petit peu vite». «Paris ne sera pas une vache à lait» avait déjà déclaré Anne Hidalgo le 11 avril dernier en recevant les syndicats de la Ville.

Autre dossier qui fâche : la remise en cause par le Gouvernement de la hausse de la taxe de séjour votée par le Parlement en juillet et qui devait rapporter 60 millions à la Mairie de Paris. Il était en effet prévu de déplafonner la taxe et de la faire passer de 1 € à 5 € par nuitée pour les hôtels 3 étoiles et de 1,5 € à 8 € par nuitée pour les hôtels 4 et 5 étoiles (ex-4 étoiles luxe).

« À Paris, on est très en dessous de ce qui se pratique ailleurs » précise Jean-François Martins, adjoint à la Maire chargé du Sport et du Tourisme. «Pour un palace où les chambres sont parfois à quatre chiffres, on ne paye que 1,5 euros. À Bruxelles, c’est 9 euros la nuit. À Berlin, la taxe représente 5 % de la nuitée ».

La bataille est engagée pour que l’Etat finance la Philarmonie, à hauteur de ses promesses. Le problème de la Philharmonie de Paris s’ajoute à cette liste de dossiers conflictuels. Située à La Villette, cette salle ultra-moderne de 2 400 places doit être inaugurée en janvier 2015. Bertrand Delanoë s’était engagé à participer au financement pour moitié, l’État apportant l’autre moitié. Mais le coût de l’opération se monte à présent aux environs de 380 millions d’euros, soit 45 millions de plus que prévu, et la Mairie de Paris refuse de verser la rallonge provoquée par ce dépassement.

Par-dessus tout, Paris tient à préserver sa capacité à financer près de 80 % de ses investissements par elle-même. Pour Anne Hidalgo, il est hors de question de renoncer à son programme d’investissement ou d’augmenter les impôts locaux. Pour l’équipe municipale, « il faut trouver le bon dosage pour ne pas affaiblir économiquement la Capitale».

Souhaitons plein succès à Mme HIDALGO et à ses équipes.

Paris le 1er septembre 2014. M. Amadou BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Mme Anne HIDALGO, première femme maire de PARIS.

Mme Anne HIDALGO, première femme maire de PARIS.

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