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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 13:19

La réélection de Barack OBAMA aux Etats-Unis ou l’audace d’espérer en France, par M. Amadou Bal BA.

 

Je me réjouis pleinement de la victoire de OBAMA, et cela à plus d'un titre. D'aucuns croyaient que le premier mandat de OBAMA n'était qu'un accident de l'Histoire ; on avait voté, non pas pour OBAMA, mais contre M. BUSH. En fait s'il a été élu et réélu, au-delà de l'aspect symbolique de son appartenance ethnique, c'est parce que M. OBAMA a une vision claire, un choix de société à proposer aux Américains qui a été validé et confirmé. M. OBAMA a administré la preuve qu'avant d'être Noir, il était avant tout un être humain, un citoyen américain à part entière qui a des convictions à faire valoir et une ambition pour son pays.

Dans cette élection de 2012, nous avions deux camps qui s'affrontaient : une Droite dure représentée par M. ROMNEY, individualiste, secteur et belliqueuse qui voulait saccager les acquis sociaux, un Démocrate, M. OBAMA, fondamentalement optimiste pour l'avenir de son pays, non sectaire qui tendait la main à ses adversaires.

Cette victoire de M.  OBAMA me renvoie à des moments de bonheur intense qu'ont été l'élection de François MITTERRAND en 1981 et celle de François HOLLANDE en 2012. De toutes parts on s'interroge : peut-on avoir un OBAMA en France ?

C'est vrai que M. Harlem DESIR a été élu, même si c'est dans des conditions opaques, Premier Secrétaire du P.S. ; c'est une première pour mon parti qui pratique peu la diversité dans ses instances dirigeantes.

Il faut reconnaître que dans cette France républicaine qu'on aime tant, en dépit des progrès dans le mieux vivre ensemble, il y a encore, je m'autorise l'expression, des «points noirs» :

- on attend depuis 32 ans le droit de vote des étrangers aux élections locales ; apparemment la réforme tant promise a été reportée après les municipales de 2014 ; ce qui est un casius belli ;

- en dépit du contre discours de Dakar prononcé en octobre 2012 par M. HOLLANDE au Sénégal, la Francafrique sera t - elle vraiment remise en cause ?

- la haute administration ne reflète pas la société française dans sa diversité, notamment les cabinets ministériels ainsi les dirigeants des grandes institutions ; c'est bien d'avoir fait voter les emplois d'avenir pour nos jeunes en désespérance dans les cités, mais nous avons nos cadres qui aspirent avoir leur juste place dans la société française fondée sur le principe d'égalité, mais qui en est frileuse ;

- la régularisation des « sans-papiers » promise par le candidat HOLLANDE semble être oubliée.

 

Il ne faut pas «broyer du noir » en ce jour de joie et de bonheur ; je suis d'un pessimisme ensoleillé, et en référence à un ouvrage de M. Barack d'OBAMA, j’ai "l'audace d'espérer" que dans cette France républicaine, la condition des Noirs, avec François HOLLANDE, ne pourra que s'améliorer. Cependant, nous voulons, non pas des discours apaisants, comme très souvent on le fait au PS, mais des actes concrets ; car le changement ce n'est pas maintenant, c'est tout de suite qu’on le réclame.

 

M. Amadou BA Paris 19ème – 7 novembre 2012.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 20:37

On a souvent présenté les sociétés africaines, comme des sociétés sans histoire. On connaît même les formules «L’homme africain n’est pas entré dans l’histoire» ou il faudrait apprécier «les bienfaits de la colonisation». Or, l’histoire du Fouta-Toro qui a été racontée par la tradition orale et de nombreux textes écrits par des Arabes, des Portugais, des Anglais et des Français à partir du Xème siècle, se confond avec celle du Sénégal. Le Fouta-Toro est la première région islamisée du Sénégal dès le IXème siècle et a transmis cette religion au reste du pays. On sait que chaque religion est porteuse de valeurs, d’une culture de civilisation et de paix. Bien avant les Etats-Unis, le Fouta-Toro connaissait le concept d’Etat, un Etat théocratique, tolérant et démocratique, fondé sur éthique en politique. Le Fouta-Toro, fier de son histoire et de son passé, est le dernier territoire sénégalais à se plier au joug colonial en 1881. La résistance de El Hadji Omar TALL a été la plus longue, la plus significative et la plus perturbatrice du régime colonial dont la pénétration s’est étendue, principalement, entre 1500 à 1750.

Le Fouta-Toro c’est ce territoire du Sénégal chargé d’histoire qui comprend neuf provinces dirigées chacune par un Roi : le Damga (Kanel), le N’Guénar (Ouro-Sogui), le Toro (N’Dioum), le Bosséya (Thilogne), le Halaybé, le Yirlabé Hébiybabé (Saldé), le Lao (Cascas), et le Dimat (Thilé Boubacar). Dans ses «Souvenirs du Sénégal» datés de 1892, MARCEL a décrit la vie quotidienne dans le royaume du Toro. Le chef du Toro a le titre de Lam ; durant la saison sèche, sa capitale est Guédé, en d’autres temps à N’Dioum. «Le Lam est toujours accompagné d’un factotum, sorte d’idiot superbement vétu d’un boubou de soie jaune d’or, ce bizarre personnage port d’un air majestueux le sabre de son maître» dit-il. Le Lam habite une belle case carrée, construite en terre battue : «Devant la façade principale de ce primitif palais, une aire de quatre à cin mètres de côté, sert de salon de réception ; on s’y accroupit sur des nattes et seuls les principaux notables y ont accès. Pour arriver à ce sanctuaire, il faut suivre les dédales d’un véritable labyrinthe bordé de hauts murs en terre battue, troué de portes basses gardées par des sentinelles armées de longs fusils à pierre, à deux coups» écrit, en 1892, M. MARCEL. Le Roi du Toro a trois femmes et de nombreuses concubines. Le Premier ministre du Lam est un captif de case portant le titre de «Diagoudine». Il est chargé de rendre la justice et de percevoir les impôts. Le cheval étant trop rare, l’armée du Toro ne comporte que des fantassins. Ils battent essentiellement contre les incursions maures. «Le Diagoudine actuel est une bête brutale et sauvage ; mais joignant la finesse à la force, il déploie en toute occasion une énergie intelligente» dit MARCEL. Le Fouta est essentiellement aristocratique. A la tête de chaque village se trouve un guide la prière, un Elimane et un chef. Les chefs Peuls portent le titre de «Ardo». Le Toro a été rattaché à partir de 1863 à la France, par un traité de protectorat, conservant ainsi, un certain temps son Roi.

Le Fouta est dominé par les Peuls et les Toucouleurs (Hal Poularéen), mais on y compte des minorités comme les Oulofs, les Sérères, les Soninkés, les Malinkés, les Bambaras, diverses tribus Maures ou Haratines. Situé le long du fleuve Sénégal, le Fouta-Toro est limité par le Boundou, le Ferlo, et le Djolof, à l’Ouest par le Cayor, le N’Djambou et le Walo, à l’Est par le N’Galam. Le Fouta-Toro historique est, dans les faits, éclaté entre la Mauritanie et le Sénégal.

Initialement, les Arabes appelaient le Fouta-Toro sous le nom de Tékrour ; ce qui désignait les Noirs du Soudan et de l’Abyssinie, puis par extension, il a servi à nommer les Noirs musulmans du Fouta-Toro. Le Tékrour, empire du IXème siècle, qui vend de l’or et des esclaves, sera annexé au XIIème siècle par l’empire Soninké du Ghana, et au XVème siècle par l’empire mandingue du Mali. Les Ouolofs, par déformation du mot Tékrour, ont appelé les habitants du Fouta les Toucouleurs. Les premiers occupants du Fouta-Toro seraient des Peuls, des Sérères, des Ouolofs et des Soninkés. Le chef de la contrée vaincu par les Dia Ogo se voit contraint de parler la langue peul «Hal Poular», c’est-à-dire qu’il reçoit l’injonction de désormais parler Peul. C’est Coly Ténguélla BA, un grand guerrier peul déniankobé, qui, en 1512, a utilisé pour la première fois des chevaux plus rapides et efficace que bœufs ; il réalisa l’unité du pays qui va désormais s’appeler le Fouta-Toro. L’origine du nom «Fouta» a fait l’objet de plusieurs interprétations. Alvise CA DA MOSTO (1430-1883), un navigateur portugais ayant visité l’Afrique entre 1445 et 1447, avait trouvé une explication fantaisiste, Toucouleur viendrait de l’anglais «Two Couleurs» (deux couleurs). Pour Yaya WANE estime, dans donner une tentative d’explication, part du constat que tout établissement peul reçoit le nom de «Fout». C’est pour cela, selon lui, que l’on retrouve le Fouta-Kingui au Mali, le Fouta-Boundou au Sénégal oriental et le Fouta-Djalon en Guinée. Pour le capitaine STEFF, un administrateur de la colonie de Mauritanie, le Fouta s’appelait Namandir, c’est-à-dire pays de l’abondance en référence au bien-être procuré par la fertilité des cultures hivernales dans le «Diéri» et les décrues du fleuve dans le «Walo». Un texte en arabe, de Siré Abbas SOW, traduit en français par Henir GADEN, un administrateur colonial, le Fouta-Toro serait une déformation de Tôr ou Tour, nom donné par les Arabes à la presqu’île du Sinaï en Egypte.

I – Le Fouta a contribué, de façon décisive, à l’islamisation du Sénégal

L’histoire du Fouta-Toro est consubstantiellement liée à celle du Sénégal ; les principaux dignitaires religieux ou figures historiques du Sénégal ont une ascendance foutankaise. Ainsi, contrairement à la légende, N’Diadiane N’DIAYE qui est devenu l’ancêtre mythique des Ouolofs, était en fait en fait un métis, fils du chef de guerre berbère almoravide, Aboubacar Ben Omar et de la princesse peul, Fatima SALL, fille du roi de Guédé, qui porte le titre de Lamtoro. Ahmadou Bamba M’Backé (1853 – 19 juillet 1927), le fondateur du mouridisme, comme El Hadji Malick SY ou Maba Diakhou, étaient également d’ascendance peul. Les Ouolofs et les Sérères résidaient au Fouta et ont fini, à la suite de persécutions et dès le XVème siècle, fuir cette contrée. Des personnalités politiques issues du Fouta ont joué ou continuent de jouer un rôle considérable dans la vie politique sénégalaise : Mamadou DIA, premier ministre sous SENGHOR, Kalidou DIALLO, ministre de l’éducation nationale, sous Abdoulaye WADE, Malick SALL, avocat, originaire de Danthiady, et depuis le 25 mars 2012, M. Macky SALL, président du Sénégal. Pays laïc, les Sénégalais étant à 95% musulmans.

Le Sénégal est le premier pays à se convertir, en Afrique occidentale à l’islam, dès le XIème siècle. En contact avec les Almoravides, les Foutankais ont défendu, avec une grande ardeur et souvent au péril de leur vie, l’islamisation du Sénégal. Deux figures historiques du Fouta ont contribué de façon déterminante à l’islamisation : Souleymane BAL et El Hadji Omar Foutiyou TALL (1797 – à Halwar près de Podor – 1864 à Denguébéré, près de Bandiagara, Mali).

Le Fouta est profondément religieux et superstitieux. Le pouvoir spirituel du marabout est permanent du berceau au cimetière, on vit à son ombre tutélaire du marabout, aussi pour le choix du nom de l’enfant qui vient de naître, l’éducation, le mariage, la santé à recouvrer, etc. Les Foutankais ont créé diverses écoles religieuses réputées, notamment N’Guidjilone, Ganguel avec Cheikh Moussa CAMARA, Boki Diawé, Thilogne et aujourd’hui à Madina Gounasse avec la famille BA. Ils se sont rendus souvent en Mauritanie parfaire leurs connaissances pour mieux les diffuser.

II – Le Fouta un Etat théocratique, parlementaire, centralisé

Le Royaume du Tekrour aurait été fondé avant le Xème siècle. Il fut d’abord dirigé par la dynastie des Dia Ogo. A la fin du Xème siècle, le dernier roi de cette dynastie fut tué par War Diabi, qui prit le pouvoir et donna naissance à une nouvelle dynastie, celle des Manna. War Diabi se convertit à l’Islam et lança la guerre sainte contre ses voisins non-musulmans. Le Tékrour était alors la première région islamisée du Sénégal. Bien situé sur les routes transsahariennes et grâce au fleuve Sénégal navigable, le Tékrour participait activement au commerce de l’or et des esclaves. Il devint un pays riche et puissant mais tomba sous la domination successive du Ghana (XIème siècle), du Mali (XIIIème siècle) puis du Djolof (XIVème siècle). SOW Siré Abbasse, originaire du village de Diaba a tracé l’histoire des dynasties régnantes sur le Fouta-Toro de l’année 850 à 1559. Ces travaux ont été complétés par les remarquables recherches du professeur Oumar KANE qui fait désormais autorité en la matière :

Les «Diâ Ogo» ou Oukka venus du Nord Syrie, sont les premiers à introduire la culture du gros mil. Ce sont aussi les ancêtres de nos bijoutiers, selon Abdoulaye KANE. Leur dernier roi est tué par Wâr Diâbi fondateur de la dynastie Manna.

Les «Manna» seraient originaires de Diâra, des Diakité ayant étendu leur suzeraineté sur le Fouta. Leur roi Wâr Diâbi mort en 1040 est le premier islamisateur du Tékrour.

Les «Tondiong» (captifs de l’Empire Mandingue ?) vers 1300. Des Tondiong sont des Sérèr mélangés aux Diâ Ogo. Avec des Mandingues ils contribuèrent au renversement des Diakité de Diâra au profit des Diâwara. C’est à l’époque des Tondiong que furent introduits les titres d’origine mandingue (Farba) et que fut fondé l’Empire du Diolof.

Du Hodh (région de Néma, Mauritanie), au XVème siècle, arrivent les «Lâm Termès» (1400-1450) avec une troupe composée de Peuls, Soninkés, Mandingues. Ils mirent fin à la domination des Tondiong. Puis ce fut le règne des «Lâm Tâga», à la tête de la tribu Peul métissée de Maures. L’un de ces Lâm Tâga, Moûssa Eli Banâ, s’installant à Guédé, dont il fit sa capitale, devint le Lâm Tôro.

La dynastie des Déniyankôbé durera de  1512 à 1776. En effet, en 1559, l’unité politique n’était pas réalisée. En effet la rive droite sous la domination des Lâm Termès et des Lâm Tâga et la partie de la rive gauche aux mains des Lâm Tôro, tout le reste du Fouta-Toro était sous la domination des Diawara de Diara, qui, eux-mêmes après avoir échappé à la suzeraineté mandingue, étaient passés dans la mouvance de l’Empire Songoy.

Le chef Peul, Coly Ténguella BA, père de Coly, nomadisant au Kingui, est tué en 1512 par Amar Komdiago, frère de l’Askia Mohamed de Gâo. Au Badiar, les bandes se reforment sous le commandement de Coly, fils de Ténguella, au nord du Foûta Dialon. De là, conquête du Fouta-Toro et l’agrandissement au dépens du Kaniâga et de la partie orientale du Diolof. Au Bambouk, avec la défaite infligée par Mamadou II, Coly Tenguella domina le fleuve de Dagana à Bakel, pour former la dynastie des Déniankobé. «Déni», d’où est tiré Déniankobé, est la mare ou auraient campé les troupes de Coly avant d’entreprendre la conquête du Fouta-Toro. A la fin du XVème siècle, le Tekrour fut conquis par Coly Ténguélla BA, un chef peul portant le titre de «Satigui», qui lui redonna son indépendance et créa un nouveau royaume, le Fouta-Toro, et une nouvelle dynastie, les «Déniankobé».

Au XVIème siècle, le Fouta-Toro se lança dans des guerres de conquête et agrandit son territoire aux dépens de ses voisins : le Djolof et le Cayor. Par la suite, la dynastie des Déniankobé dut faire face à des guerres de succession et à des attaques extérieures.  Pendant longtemps, le Fouta-Toro a été gouverné par les Peuls, mais ce sont des animistes inspirés par un pouvoir arbitraire : «Les familles des Dénianké étaient en possession de l’autorité souveraine chez les Torodos quand ils devinrent maîtres du Fouta. Son chef exerçait le pouvoir suprême ; cette famille était païenne et se conduisait de la manière la plus tyrannique, notamment envers les mahométans. Une révolution causée par ce despotisme cruel amena dans la forme de ce gouvernement un changement en Afrique» écrit, en 1818, Gaspard-Théodore MOLLIEN (1796-1872). En effet, c’est au Fouta, entre 1770 et 1776 que le parti des marabouts, dirigé par Thierno Souleymane BAL a renversé le dernier Satigui, Soulèye N’DIAYE et a instauré un Etat théocratique, électif, que l’on a appelé l’Almamiyat entre 1776 et 1891. Quand l’Almamy remporte la victoire sur le Satigui et le fait prisonnier, il «l’expose un jour entier au soleil, puis le dépouille, publiquement, des marques de la royauté, et le fait entrer dans la condition de simple sujet» dit MOLLIEN.

Thierno Sileymane BAL qui fit de l’Islam le principe du pouvoir civil et céda le pouvoir à Almamy Abdoul Kader KANE qui devint le premier Almamy (commandeur des croyants). L’Islam progresse, le voilà victorieux avec la mise en place des Almamy, chefs religieux et politiques. On construit alors des mosquées, installe des imams. On porte la guerre sainte chez les Maures, au Walo, au Cayor, au Boundou, etc. Le premier Almami, cet arbitre, mieux, un père qui aime et châtie à l’occasion, est tué à Goûriki Samba Diôm (après 30 ans de règne). Les règnes de ses successeurs sont généralement courts. Au Fouta-Toro des Almamy (chef des croyants), les décisions sont prises après la concertation au sein d’une instance des grands notables, le «Batou» ; les décisions sont prises après consultations des Ministres, de l’assemblée des délégués et des grands dignitaires représentant les différentes couches sociales. Entre 1805 et 1881, plus de 50 Almamy se sont succédés au Fouta-Toro. Ce sont les Foutankais qui élisent «le futur Almamy et l’investissent du pouvoir qui n’est plus le privilége d’une maison particulière» écrit Cheikh Moussa CAMARA. L’Almamy doit remplir des qualités morales (générosité, courage, droiture, savoir islamique, sans discrimination concernant la caste). L’Almamy, qui est à la fois chef politique et religieux, était élu ; ce n’était pas un simple héritage familial, le titre devait revenir au musulman le plus noble, le plus intègre et donc le plus méritant. On ne connaissait pas le système de déclaration de patrimoine, mais l’Almamy qui s’enrichissait de trop était évincé du pouvoir et ses biens confisqués.

«Au Fouta, le gouvernement est théocratique et électif. Mais l’élection est soumise à certaines régles qui en restreignent l’exercice. La Nation, dans l’ordre politique, est formée par différentes familles ou tribus. Chaque tribu acclame un candidat. Il appartient au Conseil suprême de choisir sur cette liste. Ce Conseil, dont l’autorité s’exerce d’une façon permanente pendant la vie de l’Almamy, qui a le droit de réprimander, de déposer, même de condamnation à mort du souverain, est tout puissant pendant l’interrègne» écrit, en 1883, Jacques de CROZALS (1848-1915).  Le Fouta est dirigé par une oligarchie théocratique, chacun a une portion du territoire, mais exerce le pouvoir sous l’autorité de l’Almamy. Le Conseil composé de Cinq personnes «est aussi puissant que le Conseil des Dix l’était dans l’ancienne République de Venise», écrit Anne RAFFENEL (1809-1858).  Le nouvel Almamy intronisé porte un turban blanc, emblème de la souveraineté et un bâton noir orné d’une petite pomme d’argent, d’un tabala pour annoncer les grandes nouvelles et un cheval richement orné. Il doit jurer sur le Coran de conserver la religion intacte de ses ancêtres et de mener la guerre sainte contre les infidèles : «L’Almamy ne peut rien faire sans l’avis du conseil. Lorsqu’ils sont mécontents de ce chef, ils se retirent pendant la nuit dans un lieu élevé ; après une longue délibération, l’Almamy est renvoyé ; un autre est sur le champ élu à sa place ; ils le font venir devant eux et lui adressent ces mots : «Nous t’avons choisi pour gouverner notre pays avec sagesse» écrit MOLLIEN. Par conséquent, le Fouta-Toro ressemble à un régime parlementaire ; le souverain a des pouvoirs limités «Chaque Etat Foula constitue une République théocratique dont le chef, l’Almamy, n’exerce le pouvoir temporel et spirituel qu’avec l’aide des Anciens et des notables», Georges RAYNAUD, pour le Fouta-Djallon. «Lorsque la déposition de l’Almamy est prononcée, ce sont les enfants qui la lui annoncent en poussant des cris et en jetant des pierres et de la boue sur sa case ; alors il se retire, abandonnant toutes les marques de l’autorité. S’il n’obéit pas aux ordres de son successeur, il s’expose à être fustigé par ses anciens sujets» précise MOLLIEN. L’Almamy a des pouvoirs propres : celui de mener la guerre et de lever des impôts (dîmes sur les productions végétales, sur les marchandises traversant le royaume et sur le sel).

Les provinces du Fouta sont celles qui ont le plus longtemps et les plus vaillamment résisté à la pénétration coloniale.    Anne RAFFENEL qui a séjourné au Sénégal entre 1843 et 1844 témoigne une «situation insurrectionnelle» et parle au Fouta-Toro d’un «parti de la guerre. Tout le long des rives, de nombreuses bandes de Peuls et de Toucouleurs harcelaient la petite escadrille lui envoyant des cris de fureur et de balles». Le sentiment national est très développé au Fouta-Toro en raison de l’ancienneté de ces Etats : «Le Fouta est un Etat exclusivement turbulent, divisé, incapable de s’entendre, et de se réunir, un peu sérieusement pour soutenir une guerre, à moins qu’il ne s’agisse de religion ; alors le Fouta n’est plus qu’un seul homme» Louis FAIDHERBE. Comme on vient de le voir une longue tradition étatique et démocratique existait avant l’arrivée des colons français. Le colonisateur constate l’existence de ces Etats du Fouta : «A l’époque où nous avons entrepris  de modifier notre situation vis-à-vis des Etats riverains du Sénégal, le Fouta était un grand pays s’étendant depuis le Damga jusqu’au marigot de NGuérer». La France doit payer un impôt pour faire du commerce dans le Fouta et s’inquiète de la résistance de ces Etats en ces termes : «Ce vaste territoire habité par des populations fanatiques, ne se soumettent que difficilement à l’autorité du chef électif, qui le sous titre d’Almamy, était appelé à les gouverner et les maintenir dans l’ordre, pour les communications dans le fleuve et pour la sécurité de notre commerce, malgré les lourds tributs que nous y payons», «La question du Fouta», in Moniteur et dépendances du Sénégal, 18 avril 1865. Le colonisateur, préoccupé par ces troubles au Fouta-Toro, fait construire une tour à Matam, en 1858. En dépit premier traité en 1859 avec le Fouta central, les Bosséiabé alliés aux Maures d’Ould Eyba, opposent une résistance farouche, et le colonisateur le mentionne : «Cette séparation (du Fouta central en 1859), devant soulever et souleva, plus tard, en effet, une grande opposition des Bosséiabé surtout, qui mirent tout en œuvre pour reconquérir leurs droits et leurs privilèges sur les provinces devenues indépendantes».

Le colonisateur décrit cette résistance en ces termes : «Ces Bosséiabé sont aujourd’hui les seuls, de la Rive gauche, qui soient étroitement alliés avec les Maures, et qui, par suite, s’opposent à l’idée fondamentale de notre politique au Sénégal»,  in «La question du Fouta», op. cit. page 68. Un soulèvement général eut lieu en 1862, au Fouta, en dépit de l’expédition punitive du gouverneur JAUREGUIBERRY. Les Foutankais, fiers de patrimoine culturel, historique et religieux n’ont pas facilement accepté le fait colonial, «Le scrupule religieux les fait encore hésiter  quelquefois, lorsqu’il s’agit de nous obéir», souligne le colon, in Moniteur et dépendances du Sénégal, 18 avril 1865, n°473, op. cit. page 69. El Hadjoi Omar TALL qui a mené une guerre sainte contre le colonisateur ne s’est jamais soumis. Mais son flis Aguibou TALL collaborera avec le colonisateur à partir de 1894.

III – Le Fouta, ses valeurs morales et son patrimoine culturel inestimable

Le Fouta traditionnel est un mélange de théocratie, de parlementarisme, et aussi et surtout d’un grand conservatisme teinté de féodalité, mèmes si ces valeurs ont tendance à s’affaisser, elles subsistent, largement encore, à l’aubre du XXIème siècle. Tout en restant profondément attachés à l’unité du Sénégal, les Foutankais revendiquent très jalousement leur langue, leur identité et valeurs culturelles. En dépit du dynamisme de la langue dominante, le Ouolof, les Foutankais sont restés conservateurs. Ces valeurs culturelles, autour du peul ou du Poular, sont notamment une société religieuse et hiérarchisée, organisée autour de la famille et solidaire. Louis FAIDHERBE reconnaît certaines qualités aux Foutankais : «l’attachement à leur religion, leur patriotisme, leur haine de l’esclavage ; aucun citoyen du Fouta n’est jamais réduit en esclavage ; ils ne font d’esclaves que sur les infidèles. Leur amour du travail, et surtout de l’agriculture, qui est chez eux tout à fait en honneur» dit-il.

La société foutankaise, dans son caractère féodal, est fondamentalement, inégalitaire. L’individu appartient à un lignage (Légnol) et à un village.  Chaque individu appartient, par la naissance, à une caste, et le mariage étant endogamique, se fait à l’intérieur de chaque caste ; les castes sont aussi un régime de spécialisation professionnelle. Cependant, l’élevage et l’agriculture ne sont pas des activités castées.  Cette société est répartie en trois principales castes de personnes. Les Nobles (Rimbés) qui comprend les Peuls, les Torobés, les Sebbés (guerriers), les Soubalbés (pêcheurs) et les Jawambé (nobles, mais courtisans). Les Torobé sont les gardiens du savoir islamique, et ont été souvent des Almamy, la classe régnante. En réalité, les Torodo, très vaniteux et orgueilleux, sont exploités par les griots, les castés. Cette noblesse du sang, ne correspond à rien. Les artisans (Niégnembé) et artistes (tisserands, forgerons, cordonniers, bûcherons, griots, guitaristes). Les esclaves, au bas de l’échelle sont, comme leurs biens, attachés à une famille ; jusqu’à présent les mariages entre les Torodo et les esclavages ne sont pas encouragés.

L’individu n’a aucun espace ; le groupe décide de tout. En contrepartie, c’est la solidarité sans failles, mais cette solidarité s’étend à toute la famille dont les limites ne sont pas parfois aisée à déceler. C’est également la solidarité entre toutes les personnes qui parlent la langue Poular. Le Fouta a un héritage culturel riche. Dans la tradition artistique le «Pécane» des pêcheurs qui a été popularisé par Guélaye Ali FALL, est d’une inspiration ésotérique ; il chante le mystère des eaux, l’apparition d’être surnaturels qui peuvent aider à vaincre l’hippopotame ou le crocodile. Le «Pécane» peut célébrer l’honneur et la vertu, ainsi que l’équilibre du groupe social. Ainsi, «Séguou Bali», met sa vie en péril en affrontant «Le N’Gaari Nawlé», non pour conquérir une femme convoîtée, mais gagner davantage les faveurs de son épouse. Cependant, il arrive aussi que le «Pécane», célèbre le héros tragique, sacrifié pour le compte du groupe social, l’amour et la passion pouvant conduire au désastre. Ainsi, comme le montre Ibrahima WANE, dans l’histoire «Balla Diérel», le sacrifice de l’individu se justifie par les intérêts supérieurs du groupe social. Balla, l’étranger, qui séduit la fille du Dialtaabé, le maître pêcheur, au grand dam des autres soupirants, pourtant du même statut que la belle Fatimata, est châtié, humilié et renvoyé chez lui, avec la complicité des forces du fleuve. Le «Goumbala» des «Sébbé» est un chant de guerre, une littérature héroique, avec thèmes bellicistes qui exalte le mépris de la mort et de la douleur, et valorise la bravoure et toutes les formes de courage. Ce sont des chansons dédiées souvent à Coly Ténguélla BA ou à Samba Guéladio Diégui son descendant. Mais ces valeurs traditionnelles du Fouta n’ont pas nui à l’unité nationale et font partie désormais du patrimoine culturel du Sénégal.

Il faut souligner que certains artistes ont largement contribué à l’intégration dans la société sénégalaise, de ce Fouta-Toro ultra conservateur. Il s’agit, dès l’indépendance, du guitariste Samba DIOP à travers son «Lélé» qui était souvent chanté à la radio, qui a contribution à décloisonner la culture Hal Poularéen et à mieux à la faire accepter par les autres. Samba a souvent chanté le Fouta, la beauté de la nuit, le charme des rencontres amoureuses. Ensuite, Samba Diabaré SAMB un griot Ouolof, mais qui savait manier parfaitement le Poular. On connaît le dicton, en peul, qu’il a rendu célèbre de la légende de Samba Guéladio Diégui «L’éléphant n’a pas de berger». Mais c’est surtout Baba Maal, un casté faisant de la musique son métier, en rupture cette tradition hiérarchique des Hal Poularéen, et s’exprimant parfaitement en Ouolof, a largement contribué à décloisonner la culture peule.

Bibliographie sélective

AL-NAQAR (Umar), «Takrur, the History of the Name», The Journal of African History, 1969, vol 10 (3) pages 365-374 ; 

Anonyme, «La question du Fouta», Moniteur du Sénégal et dépendances, 18 avril 1865, n°473, pages 68-70 ;

 

BRIGAUD (F), «Les grandes fresques de l’histoire du Sénégal», La Cité, février 1970, pages 13-27 ;

 

CROZALS de (Jacques),  Les Peuls, étude d’ethnologie africaine, Paris, Maisonneuve, 1883, 271 pages, spéc sur le Fouta-Toro, pages 236-245 ;

DJENIDI (Abdallah), «Cheikh Moussa Kamara et sa réflexion sur l’exercice du pouvoir au Fouta-Toro», Annales de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, (Dakar), 1976, n°6, pages 308-316 ;

FAIDHERBE (Louis-Léon-César), «Populations noires des bassins du Sénégal et du Haut Niger», Bulletin de la Société de Géographie de Paris, mai et juin 1856, pages 281 – 300 ; 

HECQUARD (Hyacinthe), Voyage sur la côte et sur l’intérieur de l’Afrique Occidentale, Paris, Bernard et Cie, 1853, 409 pages,  spéc pages 253 (Fouta-Djalon) ;

KANE (Oumar) «Les unités territoriales du Fouta-Toro», Bulletin de IFAN n°3, 1973, pages 614 à 631 ;

KANE (Oumar), Le Fouta-Toro des Satigui aux Almani (1512 -1807), Dakar, thèse d’Etat, 1192 pages ;

MARTY (M.), Souvenirs du Sénégal, titres et parchemins des Nègres, Paris, S. Schaelber, 1892, 36 pages, spéc pages 3-12 (sur le Toro) ;

Mission d’aménagement du Fleuve Sénégal, Les hommes du Fouta-Toro : l’organisation sociale du Fouta-Toro, Dakar, texte dactylographie, juin 1960, 9 pages ;

MOLLIEN (Gaspard-Théodore), Découverte des sources du Sénégal et de la Gambie en 1818, précédée d’un récit inédit du naufrage de la Méduse, Paris, Charles Delagrave, 1889, 317 pages, spéc pages 170-178, sur le Fouta-Toro ;

RAFFENEL (Anne), Voyage dans l’Afrique Occidentale comprenant l’exploration du Sénégal (1843-1844), Paris, Arthus Bertrand, 1846, 511 pages, spéc 222-223 et 260-268 ;

RAYNAUD (Georges), «De l’exercice de la souveraineté chez les peuples africains», Bulletin de la Société d’Ethnographie, février 1890, 32ème année, 2ème série, n°38, pages 36-50 ;

ROBINSON (David), CURTIN (Philip D) et JOHNSON (James), «A Tentative of Chronology of Futa the Sixteenth through the Nighteenth Centuries», Cahiers d’Etudes Africaines, 1972, n°48 (12), pages 555-592 ;

SOH (Siré Abbas), originaire de Diaba, Chroniques du Fouta sénégalais, Paris Leroux, 1913, 358 pages texte en arabe traduit par Maurice DELAFOSSE et Henri GADEN ; 

SOW (Ibrahima), «Le monde des Soubalbé», Dakar, Bulletin de l’I.F.A.N., 1982, tome 44, série B, n°3-4,  pages 237-320 ;

STEFF (capitaine), «Histoire du Fouta-Toro», Dakar, IFAN, 1913, Fonds Brévié cahiers n°1-7 ; Fonds Gaden cahier n°1-338, 70 pages dactylographiées, spéc pages 26 à 53 ;

WANE (Ibrahima), «Amour et honneur dans le Pékaan (épopée des pêcheurs du Fouta-Toro)», Ethiopiques, n°84, 1er semestre 2010, pages 63-71 ;

WANE (Yaya), «La condition sociale de la femme Toucouleur (Fouta-Toro)», Dakar, Bulletin de l’I.F.A.N., 1966, tome 28, série B, n°3-4,  pages 771-839 ;

WANE (Yaya), «Le célibat en pays Toucouleur», Dakar, Bulletin de l’I.F.A.N., 1969, tome 31, série B, n°3,  pages 717-732 ;

WANE (Yaya), «Les Toucouleurs du Fouta-Toro : stratification familiale et structure sociale», Dakar, Collection Initiatives et études africaines, 1969, n°XXV, 250 pages ;

WANE (Yaya), «Réflexions sur la dimension sacrale chez les Toucouleurs», Dakar, Bulletin de l’I.F.A.N., 1977, tome 39, série B, n°2,  pages 386-484.

Paris le 14 décembre 2014, actualisé le 23 mars 2018, par Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/

«Histoire du Fouta-Toro (Sénégal», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Histoire du Fouta-Toro (Sénégal», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 17:14

La chartre déontologique du gouvernement français (17 mai 2012)

 

 Aussi bien au Sénégal, qu’en France, les républicains ont intérêt à observer l’application et la mise en œuvre d’une charte déontologique qui, si elle est mise en œuvre, pourrait contribuer à la moralisation de la vie publique.

 

Même en France, pays qui pratique la démocratie depuis plus de 2 siècles, les comportements de certains Ministres sous l’administration de M. SARKOZY avaient choqué : les cigares aux frais des contribuables, l’affrètement de jets privés pour certains déplacements, les conflits d’intérêts ont été très nombreux (M.; SARKOZY voulait nommer son fils au NEPAD, le Ministre des Finances Eric WOERTH, qui peut procéder à des redressements fiscaux, était le questeur de l’UMP ; certains Ministres, comme Mme ALLIOT MARIE, avaient accepté des invitations, pour des séjours privés à l’étranger (Egypte, Maroc, Tunisie) ; les cadeaux n’étaient pas remis aux domaines quand ils dépassaient un certain montant ou une certaine valeur). Ce sont surtout les frasques de M. SARKOZY qui ont gravement entamé la crédibilité de son gouvernement (dîners au Fouquet’s et CRILLON, croisière dans le yacht de BOLLORE, montres de luxe, lunettes noires, etc.).

 

En Afrique en général et au Sénégal en particulier, il y a de graves confusions entre les intérêts privés et ceux de l’Etat. Cette patrimonialisation du pouvoir qui est devenue une source de revenus, sans limites, a conduit maître WADE à se soustraire de l’inventaire de ses biens après l’alternance du 25 mars 2012. Le plus grave, lors de cette alternance, dans une cupidité sans limites, les palais de la République ont été dépouillés, les voitures officielles détournées.

 

Essayons de repartir sur un bon pied. Inspirons nous de cette charte déontologique en l’adaptant aux réalités du Sénégal, avec ces mécanismes de contrôle et de sanction, non seulement politiques, (éviction du gouvernement et inéligibilités), mais aussi judiciaires.

 

CHARTE DE DÉONTOLOGIE DES MEMBRES DU GOUVERNEMENT FRANCAIS - 17 mai 2012 quelques observations de M. Amadou Bal BA.


Le bon fonctionnement d’une démocratie passe par l’existence d’un lien de confiance entre les citoyens et ceux qui gouvernent. Cette confiance ne se confond pas avec la légitimité donnée, directement ou indirectement, par le suffrage universel. Elle
échappe d’ailleurs aux clivages politiques. Elle se construit jour après jour, au vu de l’action du gouvernement et de l’image donnée par ceux qui en sont membres. Un manquement isolé peut, à lui seul, suffire à l’entamer durablement.
C’est afin d’aider à la construction et à la préservation de ce lien de confiance qu’il a paru utile de rassembler, sous la forme d’une « charte de déontologie », quelques principes simples qui doivent guider le comportement des membres du gouvernement.

1. SOLIDARITÉ ET COLLEGIALITÉ


L’expression des points de vue, la confrontation des idées en toute confiance sont nécessaires pour assurer la vitalité d’un gouvernement. La délibération collégiale permet de rechercher les mesures les plus justes et d’éviter les erreurs. Chaque membre du gouvernement a le droit de s’exprimer dans le respect de la
confidentialité qui s’attache aux délibérations du gouvernement sur tout sujet, y compris les sujets extérieurs à ses attributions.


Une fois que la décision est prise, au besoin après arbitrage du chef du gouvernement, c’est le principe de solidarité qui s’applique. L’expression, directe ou indirecte, de désaccords ne peut qu’affaiblir le gouvernement et susciter le scepticisme des citoyens à l’égard de la crédibilité de l’action politique.


2. CONCERTATION ET TRANSPARENCE


Les membres du gouvernement doivent être à l’écoute des citoyens. Ils entretiennent des relations suivies avec l’ensemble des partenaires institutionnels de leur ministère. Ils recueillent leur avis sur les principales décisions.


Ces relations institutionnelles suivies doivent aller de pair avec un développement de la consultation du public en utilisant les possibilités offertes par l’internet.
Les projets de texte remis au Président de la République et au Premier ministre font apparaître les consultations menées, leur résultat et la façon dont elles ont conduit à amender le projet.
Plus généralement, le gouvernement a un devoir de transparence. Il respecte scrupuleusement les dispositions garantissant l’accès des citoyens aux documents administratifs. Il mène une action déterminée pour la mise à disposition gratuite et commode sur internet d’un grand nombre de données publiques.

3. IMPARTIALITÉ

Les membres du gouvernement sont au service de l’intérêt général. Ils doivent, non seulement faire preuve d’une parfaite impartialité, mais encore prévenir tout soupçon d’intérêt privé. C’est la raison pour laquelle ils remplissent et signent une déclaration d’intérêts lors de leur entrée en fonctions, déclaration qui est rendue publique, à l’exception des informations concernant des tiers. En outre, ils confient la gestion de leur patrimoine mobilier à un intermédiaire agréé, sur la base d’un mandat
garantissant qu’ils ne pourront intervenir directement dans cette gestion.


Les membres du gouvernement s’abstiennent de donner suite à toute invitation pour un séjour privé qui émanerait d’un gouvernement étranger ou de personnes physiques ou morales dont l’activité est en relation avec leur département ministériel.
Ils remettent au service des domaines, soit immédiatement, soit à l’issue de leurs fonctions, les cadeaux d’une valeur supérieure à 150 euros.
Ils renoncent à toute participation à un organisme, même à but non lucratif, dont l’activité intéresse leur ministère.


Ils s’abstiennent absolument de toute intervention concernant la situation d’un membre de leur famille ou d’un proche.


4. DISPONIBILITÉ


Les membres du gouvernement consacrent tout leur temps à l’exercice de leurs fonctions ministérielles. Ils doivent, de ce fait, renoncer aux mandats exécutifs locaux qu’ils peuvent détenir.


5. INTÉGRITÉ ET EXEMPLARITÉ


Les moyens mis à la disposition des ministres sont réservés à l’accomplissement de leur mission. Seules les dépenses directement liées à l’exercice des fonctions sont prises en charge par l’Etat.

Les membres du gouvernement disposant d’un logement de fonction déclarent l’avantage en nature correspondant.


Les membres du gouvernement privilégient le train pour les déplacements d’une durée inférieure à trois heures.


Sauf contrainte particulière justifiant une escorte motocycliste, leurs déplacements en automobile se font dans la discrétion et le respect des règles du code de la route.

 

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 13:26

L’enjeu des législatives au Sénégal du 1er juillet 2012 : consolider la démocratie et obtenir plus.

 

173 partis politiques rassemblés autour de 24 listes veulent briguer 150 siègent à l’Assemblée nationale ; le scrutin est mixte : une part de scrutin majoritaire et une part proportionnelle.

 

L’enjeu essentiel de ce scrutin est de donner une majorité de député à la coalition de centre gauche de M. Macky SALL qui inclut trois ministres socialistes. L’alternance ne sera complète que si le peuple sénégalais donne une majorité claire au gouvernement à l’Assemblée nationale pour appliquer, sans entraves, son programme.

 

J’ajouterais même il faut terminer, proprement, le travail entamé le 25 mars 2012 en dégageant Abdoulaye WADE ; il faudrait sanctionner, sévèrement, tous les députés du PDS qui ont eu une attitude anti-républicaine, dont les pseudo- marabouts comme Modou Kara.

 

L’enjeu de ces législatives c’est, en particulier, l’application des conclusions des Assises nationales. Sur le Net, certains, pas tous, ont la dent dure contre l’équipe de M. Macky SALL. Il est constant que c’est une tradition au Sénégal de critiquer, sans retenue et sans nuances. Certes, la critique est un élément de la vitalité d’une démocratie ; la citoyenneté n’est pas mise entre parenthèse entre les scrutins ; on doit pouvoir user de la liberté sans modération. Cependant, on ne peut pas raisonnablement critiquer quelqu’un qui n’a pas encore les moyens d’agir avec une majorité stable à l’Assemblée nationale.

 

Par ailleurs, toute critique doit être lucide, raisonnée en vue d’améliorer la situation. Les critiques stériles que l’on a pu recenser même si elles constituent une thérapie de groupe devant les attentes très fortes de la population, sont une perte d’énergie et donc ne mènent à rien. Les premiers éléments que l’on a observés, dans la pratique de la nouvelle équipe de Macky SALL, semblent aller dans le bon sens

-          La mobilisation des compétences au sein de l’équipe gouvernementale et de l’administration ; sous l’ancien régime n’importe qui pouvait être nommé Ministre ;

-          La négociation de la fin de la crise universitaire ; l’année blanche menaçait

-          La protection des ressources halieutiques ;

-          La déclaration et la publication du patrimoine du chef de l’Etat en vue d’une moralisation de la vie publique. M WADE doit faire sa déclaration de patrimoine à la sortie ; nous attendons les audits ;

-          La recherche de solutions contre la montée du prix des denrées de 1ère nécessité

Nous avions un objectif majeur : dégager Abdoulaye WADE ; c’est fait avec quel panache. Même si le gouvernement de M. SALL ne satisfait pas tout le monde, ce qui est impossible en démocratie, il constitue une étape très importante dans la consolidation de la démocratie sénégalaise. C’est pour cela les législatives du 1er juillet sont importantes pour arracher d’autres droits sur lesquels chaque citoyen devra être vigilant.

 

Par Amadou Bal BA Paris, le 13 mai 2012.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 12:21

L’alternance en France : François HOLL ANDE ou la promesse républicaine, par Amadou Bal BA - article publié dans Ferloo du 7 mai 2012

Date de mise en ligne : lundi 7 mai 2012

Je suis l’actualité politique depuis 1972, mais c’est la première fois que j’ai observé une campagne présidentielle aussi violente que dramatique. Tout a commencé d’abord, une tragédie de New York du 15 mai 2011, avec le feuilleton D.S.K. qui ne finit pas de rebondir. La crise financière a rajouté un relent nationaliste, anti-étranger qui a plongé la France dans un repli identitaire jamais observé jusqu’ici. Et, puis voila que les primaires des socialistes, avec 6 prétendants au trône, s’en mêle avec une lutte acharnée entre l’ancien et la nouvelle première secrétaire du Parti socialiste. Mais c’est surtout le candidat de la droite, M. SARKOZY entré en campagne, très tardivement, et utilisant d’abord les moyens de l’Etat qui s’est emparé des idées les moins reluisantes du Front national avec une promptitude déconcertante.

En 2007, M. SARKOZY, avec sa stratégie de la « droite décomplexée » avait réussi à écarter ses adversaires, neutraliser le Front National et a vaincu, par KO, notre fort sympathique Ségolène ROYAL. Le candidat de la droite a voulu en 2012 non seulement rééditer le même coup, mais aussi surtout décerner un brevet de respectabilité au Front National. Quand on est né de parents étrangers, on est nécessairement immigré qui ne mange que Halal, profite des allocations familiales et menace l’ordre public par sa confession, parfois même « d’apparence musulmane ». Cette droitisation de la campagne électorale a provoqué un revers inattendu. Au premier tour, le Front National est resté très haut va peser lourd sur les élections législatives de juin 2012 et sur les futures échéances électorales de 2014 (européennes, régionales et municipales). Les Français ont préféré l’original à la photocopie, mais le mal est fait, la lepénisation de la droite républicaine a provoqué une violente césure au sein de la France, pays des droits de l’homme. J’ai ravi de constater qu’en dépit des attaques violentes de M SARKOZY et de l’extrême droite contre les valeurs républicaines, certains hommes politiques, comme M. François BAYROU ou M. Dominique de VILLEPIN, ont dénoncé cette posture anti-démocratique et raciste. Pendant, que M. SARKOZY diffusait des idées nauséabondes, son venin et sa profonde haine de l’autre, par des outrances et des injures avec l’appui de son sinistre Ministre de l’Intérieur M. Claude GUEANT, M. François HOLLANDE, en provincial débonnaire, a choisi de rester un candidat normal. Il s’est d’abord fixé un premier défi : gagner les élections du Conseil général de la Corrèze, condition du maintien de sa candidature aux présidentielles. Puis, il a franchi brillamment l’obstacle des primaires, en dépit de la belle campagne de M. MONTEBOURG et la pugnacité de Mme AUBRY qui avait les ont été vaines. François HOLLANDE a gagné ses galons de chef incontesté de la gauche au meeting mémorable du Bourget en Seine Saint Denis, où il a présenté la Finance comme un ennemi de la République. Je dois avouer, après coup, que j’appréhendais, le débat télévisé entre M. François HOLLANDE et M. Nicolas SARKOZY. Mais quel soulagement quand, j’ai vu la sérénité, la solidité, la cohérence et la stature d’homme d’Etat de mon candidat. Ce débat de qualité a été un moment de vérité ou d’affrontement, mais des temps particulièrement forts sur l’équilibre des comptes publics, la conception européenne et la présidence de la France. Durant toute sa campagne électorale, M. François HOLLANDE, a été respectueux de ses adversaires, constant et cohérent dans son discours, il a souhaité rassembler les Français, instaurer la Justice et rétablir les valeurs républicaines. Pour lui, dans son discours de Toulouse « je serai le Président du candidat que j’ai été, un candidat normal, pour un président normal » qui respectera ses engagements. Moi, en tant que républicain, issu du continent noir, la victoire de M. François HOLLANDE m’intéresse, à plus d’un titre. Comme pour François MITTERRAND sur le sujet de la peine de mort qui risquait de le faire perdre des voix, un autre François, n’a pas reculé sur les thèmes de l’immigration et du droit de vote des étrangers en France et cela end dépit des attaques violentes de la droite. François HOLLANDE a bien compris les enjeux politiques en Afrique. Il souhaite, notamment mettre fin à la détestable « France – Afrique », encourager la démocratie et la paix, et surtout promouvoir le co-développement. Les Etats africains, de la zone franc, s’ils le souhaitent peuvent avoir leur monnaie nationale ou une monnaie de la sous-région. Le fait que l’artiste chanteur, Ministre de la Culture, M. Youssou N’DOUR, ait animé la soirée festive du 6 mai 2012, lors de cette victoire de François HOLLANDE, à la Bastille, n’est nullement pas innocent. Les Français ont apprécié la façon dont les Sénégalais, dans le calme et la sérénité, ont mis fin au pouvoir arbitraire de maître Abdoulaye WADE ; la démocratie est présentée comme un modèle en Afrique. J’invite à ce sujet, le Président François HOLLANDE à venir à Dakar, pour réaffirmer que « l’Homme africain est bien entré dans l’histoire depuis longtemps ». J’attends depuis longtemps que les cendres de Léopold Sédar SENGHOR soient transférés au Panthéon, en l’hommage à la profonde humanité du peuple sénégalais et à sa contribution déterminante, à travers la francophonie, au dialogue des cultures. Pour nous qui vivons en France, M. François HOLLANDE nous a délivré une promesse républicaine, pour plus de justice et d’égalité. La France est diverse, coloré, mais tous ses citoyens sont à égalité de droits et de devoirs.

M. BA Amadou

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 17:50

Un 1er mai de combat pour une défense, plus énergique, des valeurs de la République, hommage à Brahim BOUARRAM

 

Ce 1er mai 2012, entre 10 et 11 heures, une cérémonie émouvante d’hommage a été rendue à Brahim BOUARRAM sur le pont du Carrousel, à Paris en face du Louvre.

 

Etaient notamment présents :

-         Mme Eva Joly, accompagnée d’une forte délégation dont Cécile DUFLOT, Dominique BAUPIN et Yves CONTASSOT

-         M. Jean-Luc MELENCHON, du Front de Gauche

-         M. Rémi FERAUD, de la Fédération de Paris du Parti socialiste.

-         De nombreuses associations (MRAP, Ligue des droits de l’homme).

Auparavant, dans la matinée, M. DELANOE, maire de Paris, était venu déposer une gerbe de fleurs devant la plaque commémorative en l’honneur de toutes les victimes du racisme.


Lors cette cérémonie, je m’étonne de la discrétion de mon parti, le Parti socialiste, devant un événement aussi symbolique que l’assassinat de Brahim BOUARRAM par le FN, le 1er mai 1995, jeté dans la Seine. Ce n’est pas M. Rémi FERAUD qui est en cause ; notre secrétaire fédéral est quelqu’un de très estimable ; mais M. FERAUD n’est pas du même niveau que les représentants des autres partis politiques. Comme le disait Lucie AUBRAC «résister se conjugue au présent».

On va bientôt célébrer la loi PLEVEN du 1er juillet 1972, renforcée par la loi GAYSSOT du 13 juillet 1990, qui criminalise l’incitation à la haine raciale et pour la première fois de son histoire en France, le MRAP a déposé devant le juge des plaintes contre les plus hautes autorités de l’Etat qui continuent de distiller le poison qu’est le racisme dans ce pays des droits de l’Homme.


Non le racisme n’est pas une valeur politique ; il y a des idées qui tuent. La situation, loin de s’arranger a empiré, à la veille du 2ème tour des élections présidentielles le 6 mai 2012. M. SARKOZY estime que Mme LE PEN serait compatible avec la République.


Je me suis sidéré d’entendre que certains dirigeants considèrent qu’ils comprennent la souffrance des lepénistes ; mais ce dont souffrent les xénophobes, c’est de leur propre aversion pour l’autre ; il faut les soigner avec les valeurs de la République.

 

La France qu’on aime et chérit, ce n’est ni celle de GOBINEAU avec sa théorie sur l’inégalité des races, ni celle de Marine LE PEN, mais celle de Jean JAURES, et tous les républicains qui se battent depuis 1789, pour l’égalité, la justice et la fraternité.

 

Au lieu de cacher notre drapeau dans la poche, par frilosité ou calcul tacticien, les républicains doivent se battre sans relâche contre le racisme et le dire très fortement le 6 mai 2012, en votant massivement pour François HOLLANDE.

 

BA Amadou – Paris 19ème.

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 20:52

Sénégal : quelle place accorder à l’argent dans le jeu démocratique ?
par Amadou Bal BA


La démocratie sénégalaise est donnée comme un modèle ; il faut s’en réjouir pleinement. Cependant, pour consolider cette démocratie dans un pays sous-développé, il faudrait s’interroger, légitimement, sur la place de l’argent dans la sphère publique.

1 - Une corruption à grande échelle qui grangrène tout

Le plus grave dans notre pays, aux très faibles ressources, on a le sentiment que la corruption, dans notre société traditionnelle, serait une vertu et non crime contre le sous-développement. Un homme politique qui ne détourne pas les moyens de l’Etat pour secourir sa famille et ses amis, est considéré soit comme un idiot, soit un maudit, ou les deux.

A tous les étages, chaque dépositaire de l’autorité publique fait rentabiliser son «commerce». A l’occasion de n’importe quelle démarche administrative, c’est devenu normal de glisser un billet de banque pour accélérer la procédure. Parfois, même le citoyen devance le corrompu dans sa demande. Ainsi, le policier véreux qui réclame une liste, parfois, non exhaustive des pièces de la voiture, le douanier qui exige que toutes les valises soient descendues de la voiture, pour inspection, un billet de banque malencontreusement glissé dans la poche, met fin tout de suite aux tracasseries.

Nous devons être plus exigeants, et demander que chaque fonctionnaire s’acquitte convenablement de sa mission, dans le respect strict de la gratuité du service public.

2 – Des biens mal acquis

L’un des héritages incontestés de Léopold SENGHOR c’est de nous avoir légué un Etat qui fonctionne sur la base de a légitimité et de la légalité. Sous la mandature de WADE, ces principes républicains ont été mis à mal par une déliquescence morale ; au lieu d’être au service du Bien public, les libéraux ont préféré se servir dans les caisses de l’Etat. Ces biens mal acquis sont une des questions sensibles pour mesurer le degré de réussite de l’alternance. Il ne suffit pas de congédier, M WADE, il faut également éradiquer le Wadisme.

C’est justement cette question des valeurs et de la moralisation qui a scellé la rupture entre M. Macky SALL et Abdoulaye WADE et a conduit à l’alternance. Alors qu’il est élu président de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’évaluation des politiques publiques et du contrôle de l’action du gouvernement, M. SALL a souhaité auditionner Karim Wade, fils du président de la République, pour rendre compte de sa gestion de l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique. Ceci est considéré comme une «faute politique lourde» par la majorité PDS. Le comité directeur décide, le 16 novembre 2007 de supprimer le poste de numéro 2 du parti qu’il occupe. Le 22 septembre 2008, un amendement à l’article 62 de la Constitution est déposé visant à réduire de 5 à 1 année le mandat de président de l’Assemblée nationale avec effet immédiat, pour faire face à son refus de démissionner émis par le président de la République.

Le 9 novembre 2008, Macky Sall annonce sa démission du Parti démocratique sénégalais (PDS) et de tous les postes électifs conquis sous cette étiquette. Le 1er décembre 2008, il crée son parti politique, l’Alliance pour la République (APR – Yakaar). On connaît la suite.

On se souvient également du conflit entre WADE et son ex premier ministre, sur l’argent des chantiers de THIES. M. WADE avait dit que les grands bandits ont un Code d’honneur, «ils ne se battent que lors du partage du butin».

Mais ce qui a le plus choqué les Sénégalais, c’est lors de l’alternance du 25 mars 2012, M. Wade et ses Ministres, non contents d’avoir conservé tous les milliards qu’ils ont détournés, ont pillié les palais de la République, en toute impunité.

Les biens mal acquis doivent être restitués à l’Etat, sans délai. On sait que tous les anciens Ministres de maître WADE depuis 2000 ont souvent été nommés «Ministres Conseillers», mais ce sont souvent des emplois fictifs ; certains résidaient à Paris ou au Canada

3 – Un appel vibrant à la moralisation de la vie publique

Tous les Républicains et les Sénégalais sont en droit d’exiger, de la classe politique, la mise en place d’une vraie moralisation de la vie politique, en posant un minimum de règles :
- une déclaration de patrimoine à la prise de fonction et à la cessation de fonctions, aussi bien pour le chef de l’Etat, les Ministres, les grands dirigeants de sociétés nationales ; les hauts fonctionnaires et pour tout agent public qui gère des deniers publics dépassant un certain montant ;
- un financement des partis politiques (plus de 5% d’électeurs), dont le nombre doit être rationalisé ;
- une peine complémentaire, obligatoire de 10 ans d’inéligibilité, pour les personnes condamnées de corruption active ou passive ;
- la sanction très sévère de toute prise illégale d’intérêts (associer ses enfants, sa femme ou ses parents proches à la gestion des deniers publics ou conclure des contrats avec eux)
- un respect strict des règles sur les marchés publics et l’achat public.

Cependant, une vraie moralisation ne peut se faire, sans une justice indépendante. Très souvent, ce sont les hommes du pouvoir qui sont mis en cause, et là les pressions politiques peuvent surgir.

BA Amadou – Paris 19ème.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:44

Mes chers compatriotes de Danthiady,

Je viens d'apprendre la disparition d'un valeureux fils de notre village, Amadou SYLLA, président de de ADDA.

Je connaissais bien Amadou ; nous avons étudié ensemble à Matam. C'était un brillant esprit qui avait su mettre talent au service de tous.


Pendant l'été dernier, j'avais eu le privilège de lui parler au téléphone ; il était mission à Niamey, mais toujours plein de projets pour notre village et un enthousiasme débordant.

Ma première réaction fut celle de la colère et de la stupeur devant cette disparition prématurée et soudaine. Puis je me suis ravisé, je me suis souvenu pour tous les bienfaits qu'il nous a prodigués. Au sentiment révolte a succédé le témoignage de tout l'amour qu'il portait pour notre village. Alors, je me suis dit, merci Amadou SYLLA pour tout le dévouement que tu as témoigné pour les nôtres.

Amadou, tu vivras dans notre coeur, pour tous ces actes de sacrifice en faveur de notre village, Danthiady.


Veuillez transmettre mes condoléances à sa famille et à tous les habitants de Danthiady. C'est une perte inestimable pour notre village.

Je m'incline devant sa disparition immense.

Prions pour le repos de son âme.


Monsieur BA Amadou - Paris 19ème.

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:42

Halte au racisme : la bête immonde n'est pas morte

L'assassinat froid de trois enfants juifs, dans leur école, ainsi que leur enseignant, nous révolte tous. La motivation raciste de cet acte semble évident, quand on sait que apparemment c'est la même personne qui aurait assassiné des soldats français qui sont d'origine arabe et antillaise.

Ce n'est pas seulement une agression contre une partie de la communauté nationale, mais c'est un drame qui nous touche tous. Si on tue un Juif, un musulman, un Arabe ou si un agresse des militants politiques (cas de MONTEBOURG et de son amie), c'est un attentat contre la France, contre la République. Chacun doit se sentir concerné par le combat contre le racisme. Toutes mes condoléances et ma profonde sympathie aux familles des victimes.

Je dois rappeler, en dépit de la tréve politique, que ces dernières années il y a eu une libération extraordinaire de la parole raciste. Certains en ont fait leur fonds de commerce. Or, certains mots tuent. On se souvient de ce Norvégien, plein de haine, qui a tué plus de 80 personnes, de ces donneurs d'ordre qui ont tué plus de 55 personnes noires dont des enfants dans des incendies criminels à Paris, sans qu'aucune enquête sérieuse ne soit menées contre les donneurs d'ordre.

Ces événements tragiques nous rappelle un devoir de sens civique : le racisme doit être sévèrement réprimé. Or, il y a des hommes politiques, dont les plus hautes autorités de l'Etat (M. SARKOZY et son Ministre de l'Intérieur), qui déversent chaque jour leur haine sur les autres, impunément et c'est même devenu la mode de stigmatiser tout ce qui est différent.

Ensemble, quelle que soit notre origine, disons NON au racisme, disons OUI à la République qui signifie Liberté, Egalité et surtout Fraternité. Nous devons, tous, apprendre à vivre ensemble dans le respect mutuel et la Fraternité.


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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 10:37

Présidentielles française : la belle rencontre entre François HOLLANDE et la diversité dans le 19ème arrdt, pour une République de l'égalité.

Le samedi 10 mars 2012, François HOLLANDE a rencontré les ultramarins, dans le 19ème arrondissement précurseur et symbole de la diversité qui compte trois Noirs adjoints au Maire. Cette rencontre appelle d'autres mobilisations, dont celle spécifique de la communauté africaine, pour dire à François HOLLANDE que dans cette lutte pour l'égalité et la fraternité, le candidat socialiste représente un immense espoir pour que cela change maintenant (droit de vote aux élections locales, régularisation des clandestins, accès à la nationalité, fin de la France-Afrique, etc).

Il n'y a pas d'amour sans preuve d'amour. Après cette réunion François HOLLANDE est descendu dans l'arène ; là où certains dirigeants seraient enfui, François HOLLANDE a accepté de discuter avec chacun, dans une bousculade indescriptible, de poser pour les photos souvenirs, d'exprimer les mots qui réconfortent. Il a pris le temps de nous dire qu'il était là pour nous. Cette sincérité et cette proximité nous ont beaucoup touchés.
François HOLLANDE a su dire les mots justes qui vont droit au coeur : dans la République, il n'y a pas de place pour le mot "race", il n'y a que la race humaine, et il s'est engagé à supprimer le mot race de la Constitution.
Mieux, François HOLLANDE a exposé sa conception de la continuité du territoire et de que cela implique en termes de lutte contre toutes les discriminations (tarif du transport aérien et des communications téléphoniques entre la métropole et l'Outre-mer, subventions, prix des denrées de 1ère nécessité, maison des ultramarins en France, etc.). Il a pris non seulement d'écouter, mais aussi d'entendre les doléances légitimes des ultramarins.

On sait que l'homme du Fouquet's, lui n'aime pas ce qu'il ne comprend ; il a décidé de nous stigmatiser, de nous traiter de "racaille", de ramener la question de la diversité, à un cas d'immigration et d'insécurité.

Le 22 avril 2012 mobilisons nous pour votre massivement pour François HOLLANDE : "le changement c'est maintenant".

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