Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 15:29

Mon cousin et ami, Amadou BA, professeur d’université au Canada, vient de produire un remarquable post sur les préjugés qui sont tenaces. Je viens d'avoir la confirmation d’un contact sur Facebook, que la polygamie est autorisée en République centrafricaine, aussi bien aux musulmans qu’aux non-musulmans. En effet, le nouveau président centrafricain, M. Faustin Archange TOUADERA, un chrétien, vient de se marier, officiellement, le 25 mars 2016, avec ses deux épouses. La loi centrafricaine, qui codifie la coutume de polygamie, pour toutes les confessions religieuses, autorise jusqu’à 4 épouses. «La liberté de choix du régime matrimonial en Centrafrique repose sur un constat simple. Le mariage polygamique est autorisé pour laisser aux citoyens, le libre choix de leur régime matrimonial. Ainsi donc, le code civil centrafricain offre 2 options en matière de régime matrimonial : la monogamie ou la polygamie» souligne une juriste, Reine-Prudence SONDA BOUIH.

Contrairement à une idée reçue, et même si cela n'est pas rassurant, la polygamie ou les «doubles foyers», sont largement pratiqués en Afrique centrale ou de l’Est. Le père de Nelson MANDELA, le leader historique de l'ANC, était polygame. La polygamie est pratiquée par des groupes ethniques non musulmans notamment au Madagascar, au Cameroun et au Congo. Et même, curieusement, aux Antilles qui sont encore sous la juridiction française, les "doubles" ou "multiples foyers" sont fréquents. Les allocations familiales découlant de ces unions multiples sont appelées aux Antilles "la paie braguette".

Au Sénégal, le père de Léopold Sédar SENGHOR, pourtant un chrétien, Basile Diogoye SENGHOR, était polygame. Il avait 5 épouses et 41 enfants. La mère de Léopold était sa troisième épouse. On comprend dès lors pourquoi le président SENGOR est resté, très discret, sur la question de la polygamie au Sénégal. Le président SENGHOR, catholique, a divorcé de Ginette EBOUE, fille de Félix EBOUE, à la suite de relations qu’il entretenait avec sa secrétaire, devenue son épouse, une normande, Colette. Sa réforme du Code civil sénégalais est pourtant audacieuse : quand un musulman opte pour la monogamie, ce choix est irrévocable. Ce qui peut limiter la polygamie.

Nos ancêtres les Gaulois, pourtant particulièrement attachés au statut de la femme, sont loin d’être exemplaires, au-delà d’un discours moralisateur. En effet, Mme Laurence ROSSIGNOL, socialiste et Ministre des Familles, de l’Enfance et des droits de la Femme, c’est sous prétexte de défendre la femme musulmane, qu’elle a proféré, en toute impunité, des monstruosités. Mieux, certains esprits «éclairés», tentent même de la disculper au bénéfice du doute ; elle aurait agi pour la bonne cause, l’égalité des sexes.

Pendant la colonisation, le législateur français avait restreint, pour les Africains, appelés «indigènes», l’accès à la nationalité française, à la condition de renoncer à la polygamie. Pourtant, les Européens qui vivaient en Afrique, même s’ils étaient mariés dans l’hexagone, avaient le droit de contracter des mariages dit «coloniaux» qui étaient, automatiquement, nuls et non avenus dès qu’ils quittaient la colonie. Ainsi, Maurice DELAFOSSE (voir mon blog baamadou.over-blog.fr) pendant son séjour en Côte-d’Ivoire, avait contracté un mariage avec une africaine, Amoin KRE, avec qui il a eu deux enfants (Henri et Jean). Maurice DELAFOSSE est marié également en France avec Alice HOUDAS, la fille d’Octave HOUDAS, un éminent orientaliste.

C’est vrai que nos ancêtres gaulois, quand ils ont plusieurs femmes, ce n’est pas de la polygamie, c’est du concubinage. Pourtant, au-delà de la sémantique et de l’hypocrisie, la France c’est le pays champion des couples recomposés. C’est que donc, il se passe quelque chose. N’ayant pas peur des mots. Il y a le mot et la chose. Mais la chose (plusieurs partenaires, pour un homme) est nommée différemment, selon la zone géographique ou les références culturelles. En Afrique, cela ne peut être que la polygamie qui opprime les femmes. Mais en Europe, en raison de la liberté des mœurs, tout homme a le droit d’avoir plusieurs femmes, mais ce ne sont pas coépouses, mais des «maîtresses». Tant pis, si la première épouse en souffre. C’est ce qui a perdu Jérôme CAHUZAC qui a été dénoncé par sa première épouse pour son compte bancaire à l’étranger.

Certains hommes politiques ne donnent pas l’exemple en matière d’égalité Femmes-Hommes. Ainsi, le 16 janvier 1899, le président Félix FAURE, succombe à une fellation de sa maîtresse, Marguerite STEINHEIL, au Palais de l’Elysée. Elle met trop de cœur à l’ouvrage.

Le président Valérie GISCARD-D’ESTAING assume ses plaisirs extraconjugaux, dans l'un de ses livres "Nathalie, la belle et superbe Nathalie, y mettait la même ardeur et y ajoutait à certains moments, un mystérieux besoin de soumission. Sa peau est tiède, sous la laine, et extraordinairement douce, presque fragile. Nathalie réagit par un frémissement défensif à l'envahissement de mes lèvres".

François MITTERRAND, un artiste de la politique, avait même fait supporter, par les finances publiques, la charge de sa «deuxième famille», en les logeant au Quai Branly. Qui dit mieux !

DSK, pourtant promu à un destin national, a brisé sa carrière politique et dilapidé sa fortune ; son couple s’est fracassé sur un lit de l’hôtel Sofitel, à New York.

De nos jours, nos dirigeants se déplacent, pour les visites galantes parfois en scooter. Mais il faut, à certain moment donné enlever le casque. C'est là que ma supercherie et le double discours sont mis à nu. Le courroux de la femme abandonnée peut être violent, à travers un livre féroce de règlement de compte.

Pour les hommes ordinaires, les hôtels de passe ne désemplissent pas, à certaines heures de la journée.

Je repose ma question : la polygamie est-elle consubstantiellement liée au droit musulman qui opprimerait la Femme ? Le droit des femmes, pour l’égalité, est-il à géométrie variable De qui se moque t-on ?

«Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà», a-t-on coutume de dire, avec Pascal. Pour ma part, la défense de l’égalité réelle n'est pas à géométrie variable, mais devrait rester, solidement, un principe universel. Je connais les méfaits et les désastres que représente la polygamie. Le combat pour l'égalité réelle est une lutte, sans relâche, de chaque instant.

Paris, le 3 avril 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Marguerite STEINHEIL, maîtresse du président Félix FAURE par qui le scandale arrive.

Marguerite STEINHEIL, maîtresse du président Félix FAURE par qui le scandale arrive.

Partager cet article

Repost0
2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 22:22

Seydou KEITA (Bamako, 1921 – Paris 2001), photographe malien, est exposé au Grand Paris du 31 mars 2016 au 11 juillet 2016. Cette exposition, consacrée à la photographie de Seydou KEITA, au Grand Palais jouxtant les Champs-Elysées, témoigne de la beauté, de la fierté, de la force, de l’élégance, de la prestance et de l’authenticité de sa création artistique. Les visages, attentifs et vivants, interpellent le visiteur qui admire les photos de Seydou. A travers son immense talent, il a réalisé une étonnante galerie, immortalisé une société urbaine malienne qui aspire à la liberté et à la modernité. Au-delà la multitude d’instants saisis, Seydou offre dignité et visibilité du peuple noir, au siècle dernier, en route pour l’indépendance. Grand témoin de son temps, considéré comme le père de la photographie en Afrique, les productions de Seydou KEITA, plus 15 000 clichés entre 1948 et 1963, sont une véritable représentation sociologique d’une Afrique encore préservée du modernisme. «Ces modèles, dont l’élégance autant que l’expression dégagent une intense poésie, posent avec recherche et fierté sous l’objectif de KEITA» souligne Sylvie HUBAC.

Seydou KEITA disparu en 2001, à Paris est un cadavre exquis. En effet, André MANGIN, spécialiste de l’art africain et Jean-Marc PATRAS, galériste parisien, prétendaient être, chacun, l’agent exclusif de Seydou KEITA. Après sept années de conflit judiciaire, le tribunal de grande instance de Paris, dans un jugement du 9 avril 2016, a tranché en faveur d’André MANGIN qui a invoqué un moyen tiré de la période coloniale. En effet, il a prétendu avoir «découvert», en 1991, Seydou KEITA, pourtant né en 1921, grâce à une photographe François HUGUIER qui le connaissait depuis 1950, et l’avoir rendu célèbre dans le monde entier.

En effet, photographe officiel du gouvernement malien à l’indépendance le 22 septembre 1960, Seydou KEITA, retraité depuis 1977, avait rangé ses négatifs. En 1991, Jean PIGOZZI tombe sur des photos anonymes exposées au Center For African Art, à New York qu’il faxe à André MANGIN. Parti aussitôt à Bamako, André MANGIN retrouve et identifie, rapidement, Seydou KEITA. La première exposition personnelle de Seydou KEITA eut lieu en 1994 à Paris à la Fondation Cartier, dans le cadre du mois de la photo. Cette exposition, qui marque le premier séjour de KEITA en France, rencontre un succès médiatique et public inattendu. Elle est suivie de nombreuses autres dans divers musées, fondations et galeries du monde entier. «Vous n’avez pas idée de ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai vu mes négatifs tirés en grand format, propres et parfaits, sans une seule tache. Je savais à ce moment-là que mon travail était vraiment très bon. Dans mes photos. Dans mes photos, les gens ont l’air si vivants, on dirait presqu’ils sont là, debout devant moi», dit Seydou KEITA. Il est aujourd’hui unanimement reconnu comme le père de la photographie africaine et l’un des plus grands photographes du XXème siècle.

C’est la première fois qu’un photographe noir est exposé au Grand Palais. Jusqu’ici les expositions dans cette prestigieuse maison sont marquées par le sceau de l’ethnocentrisme ; c’est-à-dire blanc et blanc. Pourtant, c’est au Grand Palais, en 1906 qu’eut lieu la première «Exposition coloniale de Paris», avec un «Salon colonial des beaux-arts». Cette même année, Georges BRAQUE achetait un masque Tsogho du Gabon, André LHOTE, un masque Wé de Côte-d’Ivoire. DERAIN se porte acquéreur de statuettes africaines. Pablo PICASSO fut influencé, dans sa peinture, par l’art africain. Après le Festival mondial des arts nègres de Dakar, en 1966, et sous l’impulsion d’André MALRAUX, une grande exposition eut lieu au Grand Palais sur le thème «L’Art nègre, sources évolution et expansion». «Les cultures se changent en s’échangeant, et s’échangent en se changeant», souligne Edouard GLISSANT. L’art africain revient à la mode dans les années 90. Ainsi, en 1994, la Fondation Cartier pour l’art contemporain a organisé à Paris, une exposition des photos de Seydou KEITA. En 2005, le Centre Pompidou consacre une exposition consacrée à quatre-vingt artistes africains, dit «Africa Remix». Pour l’exposition des photos de Seydou KEITA, en cette année 2016, le contexte a changé ; ce n’est pas celui d’une Afrique traditionnelle confrontée à la modernité, mais en plein dans la mondialisation. Cependant, cette exposition de photos est loin d’être décalée. Seydou KEITA est à la fois authentiquement africain et pleinement universel. Seydou n’est ni le chantre d’une vision étriquée de la Négritude, ni le bon sauvage qui cherche à plaire aux Occidentaux. Il est tout simplement un artiste talentueux. «Je dois reconnaître que ma véritable passion pour la photographie est née de ma rencontre avec Seydou KEITA, à Bamako, en 1991», dit André MANGIN, le conseiller scientifique de l’exposition au Grand Palais. Le débat qui pollue la vie française sur l’identité et la déchéance de la nationalité devient, ainsi, complètement anachronique.

Le souffle poétique qui traverse les photos de Seydou KEITA atteste parfaitement bien que le Grand Palais a eu raison de s’ouvrir à cette Afrique de la création. La ville de Paris confirme, décidément, sa place imprenable de capitale culturelle de l’Afrique. Alain MABANCKOU, un franco-congolais, spécialiste de la "littéraire migrante", est titulaire, cette année, de la chaire de création artistique au Collège de France. Ousmane SOW, artiste, sculpteur sénégalais, après sa phénoménale exposition, en 1999, sur le Pont des Arts, à Paris, est membre de l’Académie des Beaux Arts, depuis décembre 2013. Dany LAFERRIERE est membre de l’Académie française depuis 2013. En cette année 2016, la Ville de Paris a donné le nom de Rosa PARKS, une militante noire américaine des droits civiques, à une gare du RER E, dans un quartier du XIXème arrondissement. Un centre d’animation, à la rue Buzenval, à Paris 20ème porte le nom d’un écrivain nigérian, leader de l’ethnie Ogoni, Ken SARO-WIWA, injustement pendu. Après la passerelle, près du Louvre, une Place dans le 17ème arrondissement, où avait résidé le poète Léopold Sédar SENGHOR, porte son nom. Mon ami, Pédro Kouyaté, musicien originaire du Mali et qui réside à Paris 19ème est maintenant connu et reconnu. Romuald FONKUA, un français d'origine camerounaise, est professeur à la Sorbonne.

Seydou KEITA ouvre son studio de photographe portraitiste en 1948. Son oncle, de retour du Sénégal, qui lui a offert, avant-guerre, un appareil Kodak-Brownie, a déclenché sa vocation. Autodidacte, il bénéficie des conseils de son voisin, Mountaga DEMEBELE, photographe et instituteur malien et de la fréquentation du magasin-studio photo, d’un Français, Pierre GARNIER. Situé dans la parcelle familiale où il réalise le plus grand nombre de ses photographies à la lumière naturelle. Proche de la gare de Bamako et de nombreux lieux d’attraction de la ville, il sait bénéficier du flux de voyageurs de l’Afrique de l’Ouest, et séduit, très vite, la jeunesse urbaine qui devient sa principale clientèle.

Seydou KEITA devient, rapidement, célèbre grâce à son sens de la mise en scène, de la pose, et de la qualité de ses tirages. Il réalise l’essentiel de ses portraits en une seule prise, à la chambre 13X18, qu’il développe en contact au même format. «Se faire photographier, était un grand événement, il fallait arriver à donner la meilleure image possible de la personne. Souvent ils prenaient un air sérieux, mais je crois qu’ils étaient aussi intimidés par l’appareil, c’était nouveau», dit Seydou KEITA. Son succès tient également aux nombreux accessoires mis à la disposition de ses clients dans son studio : costumes européens, chapeaux, cravates, montres, bijoux, stylos, Vespa, etc. Ces accessoires contribuent à la projection d’une identité visuelle et sociale, réelle ou idéalisée, émanant d’une société qui aspire à la modernité.

La photographie de Seydou KEITA est en rupture avec la représentation coloniale des Noirs ; Seydou ouvre l’ère d’une photographie africaine qui affirme son identité. En effet, là où les indigènes étaient représentés par les colons comme des échantillons anthropologiques d’une tribu ou d’une population, Seydou KEITA magnifie et met en valeur ses clients qui ne sont pas des sujets, mais des êtres humains à part entière. Ses clients devenant ainsi les modèles actifs de sa démarche artistique. Ce qui fait l’esthétique de la photographie de Seydou c’est qu’il apporte un soin à chaque détail, avec une telle finesse que l’image toute entière nous donne l’impression d’une indéfinissable beauté. «J’ai tellement aimé la photo que j’ai toujours voulu donner la plus belle image de mes clients. Je crois que c’est pour cela que mes photos sont de l’art» dit-il.

Il est rare que l’intégrité esthétique repose sur un désintéressement total. Ce n’est pas l’amour pur de la photo qui a attiré Seydou à ce métier. Il y avait une motivation économique qui s’est transformée ensuite en un intérêt authentique et qui a abouti sur une véritable passion pour l’art de la photographie. En effet, compagnon menuisier travaillant pour son père fabricant de mobilier, Seydou KEITA, autodidacte, a abordé la photographie avec pragmatisme. «A vrai dire, nous travaillons ici pour gagner notre pain quotidien. Quand vous êtes chef de famille, votre responsabilité est de gagner de l’argent pour le ménage», confesse Seydou KEITA.

Seydou KEITA travaille sur commande, en lumière naturelle, en noir et blanc. Excellent portraitiste, il trouve des modèles parmi sa famille, ses amis et les gens de la ville. Il a du vaincre les réticences et les superstitions. En effet, dans un pays musulman, comme le Mali, photographier quelqu’un pourrait être considéré comme lui ravir son «double vital». Il représente aussi le monde de la nuit, les boites de nuit, les rues sombres et l’atmosphère des bars, la jeunesse. «Les jeunes générations, ma principale clientèle, aimaient vraiment mes photos, à cause de leur qualité, de leur netteté, de leur précision. Il y en avait qui disaient, même le poil qui pousse là, on le voit» dit Seydou KEITA. Seydou apprécie la radio, les voitures, la femme africaine respectueuse de la tradition. Il choisit les arrière-plans neutres, des rideaux de couleur sobre qui concentrent l’attention sur le modèle photographié. Seydou KEITA utilise aussi des arrière-plans de tissus à motifs fleur, avec des ornements abstraits. Le grand talent de Seydou KEITA est d’avoir anticipé les désirs de ses clients ; il leur donnait ce qu’ils voulaient. C’est ce qui fera sa réputation. En effet, «les accessoires qu’ils utilisent permettent aux clients de montrer qu’ils sont au fait des dernières tendances de la mode, d’étaler les richesses qu’ils n’ont toujours pas, et parfois de prétendre être ce qu’ils ne sont pas», dit Dan LEERS. Les accessoires créent une image que les clients veulent cultiver, mais ne possèdent pas nécessairement.

Le portraitiste, dont la maîtrise de la mise en scène et du cadrage est saluée par tous, fait preuve d’un grand sens esthétique. Quand un sujet pose pour un portrait, Seydou cherche généralement à donner la meilleure image de lui-même. «La technique de la photo est simple, mais ce qui faisait la différence, c’est que je savais pour chacun la bonne position, je ne me trompais jamais», affirme Seydou KEITA. Traditionnellement, cela signifie qu’il revêt ses plus beaux habits, qu’il se pare d’accessoires choisis et qu’il adopte une pose flatteuse dans un décor qui le met en valeur. Il intègre des objets dans l’image : sac à main, poste de radio, voiture, bicyclette, téléphone, Vespa, etc. qui représentent, à l’époque, des désirs de liberté et de modernité. Il possédait en plus, tout un arsenal d’objets, comme les costumes, chapeaux, pochettes, montres, stylos, que les clients pouvaient choisir la plus belle pose. «La technique de la photo est simple, mais ce qui faisait la différence, c’est que je savais trouver la bonne position, je ne me trompais jamais. Le visage à peine tourné, le regard vraiment important, l’emplacement des mains, etc. J’étais capable d’embellir quelqu’un. A la fin, la photo était très belle. C’est à cause de ça que je dis que c’est de l’Art» dit Seydou KEITA. En effet, les images que choisit Seydou sont devenues iconiques, sa mission est de les embellir et qu’ils soient satisfaits. «Leur habillement, leurs parures et surtout les positions leur donnent fière allure, inspire de la dignité, affirment leur personnalité avec un parfait naturel. Ils se découvrent élégants. Tout est à leur avantage. Une sorte de magie a opéré», dit André MANGIN. Sans excentricité, tout est fait pour mettre en valeur le sujet, lui conférer une grâce qui touche la poésie. «Le visage à peine tourné, le regard vraiment important, l’emplacement, la position des mains. J’étais capable d’embellir quelqu’un. A la fin, la photo était très belle. C’est pour cela que c’est de l’art», précise Seydou KEITA.

A travers l’objectif du photographe malien, c’est toute l’Afrique qui est à l’honneur à Paris, redevenue capitale du continent noir. Paris renoue ainsi avec la Belle époque, quand le jazz et Joséphine BAKER animaient la ville. Des faits culturels majeurs se sont tenus à Paris, comme le mouvement de la Négritude dans les années 30, la création de la revue Présence Africaine, en 1947, le premier congrès des artistes et écrivains noirs à la Sorbonne en 1956. Et maintenant, en 2016, Alain MABANCKOU a allumé le feu de la connaissance et de la passion au Collège de France.

Que l’aventure continue, dans ce bon sens !

Le Grand Palais, du 31 mars au 11 juillet 2016. Ouverture de 10h à 20h les lundis, jeudi, vendredi, samedi et dimanche. Nocturne de 10 h à 22h tous les mercredis. Fermé tous les mardis. Adulte 10 €, tarif réduit 7 €.

Bibliographie sélective

GLASBERG (Isabelle), Seydou Keita, photographies, Bamako, Mali, 1948-1963, Stadtdlangin, 2011, 440 pages ;

MANGIN (André) Seydou Keita, Youssouf Cissé, Zurich, Scalo, 1997, 286 pages ;

Réunion des Musées Nationaux, Grand Palais, Seydou Keita, préface de Sylvie Hubac, Paris, 223 pages ;

LAMUNIERE (Michèle), Photographe malien : Seydou Keita, Google Books, 2010, 24 pages ;

DORING (Julie, Alexandra), Seydou Keita : Making People more Beautiful, University of North Carolina, 1999, 104 pages ;

CISSE (T. Youssouf), Seydou Keita, Paris, Actes Sud, 2014, 114 pages ;

PATRAS (Jean-Marc), Seydou Keita : A Restrospective, Zurich, Scalo Verlag, 2006, 2006 pages ;

The Portrait Photograph : Seydou Keita and Malick Sidibé, Harward University Art Museum, 2001, 116 pages.

Paris, le 2 avril 2016 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Paris, capitale culturelle de l’Afrique : Seydou KEITA, photographe malien au Grand Palais», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 20:05

Ce post a été publié dans le journal Ferloo édition du 30 mars 2016.

Autour du thème «Nos mythologies américaines», Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE ont délivré une brillante prestation, sur les identités incertaines, le 19 mars 2016, au salon du livre, à Paris. Entre soumission et esprit de revolte, jusque dans les années 90, l'esclavage, la colonisation ou l'indépendance ont dominé la littérature noire. Désormais, dans un monde globalisé, le regard de la diaspora, un groupe tiraillé entre plusieurs cultures, charrie une nouvelle littérature noire appelée "littérature migrante". En effet, en se dispersant dans le monde, les Africains créent d'autres Afriques et tentent de valoriser la culture noire. "Mon sanglot de l'homme noir était un mélange de Peau noire, Masques blancs. Je ne veux pas être prisonnier de mon histoire, je veux avoir la liberté de pouvoir me critiquer et critiquer l'autre. Frantz FANON et James BALDWIN sont, pour moi, les deux intellectuels qui symbolisent la pensée noire dans sa diversité et dans son indépendance" souligne Alain MABANCKOU qui est un tenant de la littérature migrante. Alain MABANCKOU lorgne du côté des nouvelles générations issues de la diaspora qui n'ont pas connu la colonisation. "Ce sont les nouvelles plantes qui m'intéressent, cette quête des feuilles détachées de l'arbre. Elles ont leur histoire à raconter et cette histoire qui se retrouve dans les romans contemporains africains" dit-il. Les deux écrivains, grands amis qui se sont rencontrés, justement, au Salon du livre à Paris, en 1999, considèrent que James BALDWIN, écrivain majeur américain, a ouvert les yeux sur le sens de la mesure et de la tolérance. L'Amérique ne peut être libérée du racisme que par le culte de l'amour et le refus, par tous, de s'enfermer dans une identité stérile et étriquée. La colère ne résout rien.

En cette semaine de la francophonie, Alain MABANCKOU est à l’honneur puisqu’il vient de dispenser sa leçon inaugurale au Collège de France, le 17 mars 2016. Cette prestigieuse institution, créée en 1530, a confié à Alain MABANCKOU, un écrivain, poète et enseignant, franco-congolais, la chaire de création artistique, pour l’année 2015-2016. C’est la première fois qu’un Africain est choisi au collège de France. «Si j’ai été nommé au Collège de France, ce n’est parce que je suis un écrivain noir, mais parce que je suis un écrivain tout court», dit-il. En effet, la désignation d’Alain MABANCKOU témoigne de son talent littéraire et surtout sa façon d’utiliser sa contribution littéraire de façon non victimaire. «Les Français doivent comprendre qu’il n’y a pas plus Français que ceux qu’ils ont colonisés, puisqu’on a appris au pied de la lettre» dit Alain MABANCKOU qui est fier de sa double culture. «J'ai décidé que la géographie importait peu, qu'il faut s'efforcer de vivre bien là où l'on est» prend t-il le soin de préciser. Son livre, «le sanglot de l’homme noir», est un refus catégorique de la littérature de la victimisation. Mongo BETI lui a lui ouvert les yeux sur la recherche de son identité : «C’est peut-être en France que je me sens le plus Africain. Et aux Etats-Unis, je me sens Européen. Que va-t-il se passer si je pars en Asie ?», s’interroge t-il. Alain MABANCKOU est agacé, par cette tendance en France, de considérer les Français issus de l’immigration comme des étrangers. «Tandis qu'à l'étranger, en Inde, en Algérie, en Angleterre ou au Nigéria, je suis présenté comme un écrivain français, on continue en France à me cataloguer ''francophone'', dit-il. Selon lui, il faudrait en finir avec la stratégie victimaire des Africains et l’ostracisme des Blancs. «C'est à nous (Les Africains), nés ailleurs, de rompre ces barrières, sans nous contenter du périmètre carré où on nous confine» entonne MABANCKOU. Il précise aussi que "l'histoire de France est cousue de fil noir".

La leçon inaugurale du 17 mars 2016, au Collège de France, qui a drainé une importante affluence répartie finalement en deux amphithéâtres, a porté sur «Les lettres noires : des ténèbres à la lumière». Par la suite, les cours d’Alain MABANCKOU auront lieu le mardi à 14 heures, suivis de séminaires à 15 heures, du 29 mars au 31 mai. Il y sera notamment question :

- de «La négritude après SENGHOR, CESAIRE et DAMAS» ;

- des «grandes thématiques de la littérature d’Afrique noire francophone» ;

- «des études dites postcoloniales», avec un invité le philosophe Achille MBEMBé ;

- «des écritures noires francophones» avec Dominic THOMAS ;

- de «commémorer les abolitions de l’esclavage», avec Françoise VERGES ;

- «écrire après le génocide des Tutsi au Rwanda» ;

- rapports entre «peinture sociale et "griotisme" dans les deux Congo» ;

- d’un colloque intitulé : «Penser et écrire l’Afrique noire» le 2 mai 2016 de 9 h 30 à 17 heures, auquel devraient participer Achille M’BEMBé, les Sénégalais Souleymane Bachir DIAGNE et Pape N’DIAYE, Sami TCHAK, Françoise VERGES, ainsi que Dany LAFERRIERE, académicien.

La saison s'achèvera sur un face-à-face, à propos de «l'histoire congolaise», entre David Van REYBROUCK et Jean BOFANE, écrivain congolais.

Eclectique, ouvert, cosmopolite, conteur et sensible aux différents courants de la «World Literature», et sans partir en quête d’une authenticité culturelle africaine, Alain MABANCKOU témoigne d’une nostalgie du pays natal, dans un attachement à la mère comme source d’inspiration. C’est à la figure maternelle, Pauline KENGUé, que sont associés la langue et les récits de l’enfance.

Né au Congo le 24 février 1966, avec un baccalauréat de lettres et philosophie, MABANCKOU a, en 1989, entrepris des études de droit à Paris. Il a renoncé, par la suite, à un «emploi alimentaire» de conseiller juridique à la Lyonnaise des Eaux. C’est l’histoire douloureuse de l’esclavage, de la colonisation et du racisme, qui a poussé Alain MABANCKOU à retrouver la passion des mots, le désir de raconter et de se raconter, et ainsi de prendre la parole, à travers l’écriture. Dans sa production littéraire, Alain MABANCKOU aborde différents thèmes, comme le déracinement, l’incertitude identitaire, l’expression de toute expérience identitaire, qui sont au cœur de la littérature migrante. Pour lui, la recherche d’une identité suppose le dépassement des frontières géographiques, sociologiques ou politiques. Il faudrait se placer dans le cadre de la francophonie, de la littérature d’expression française. «En tant qu’écrivain d’origine africaine, les ressorts de ma révolte contre la langue française académique, sont liés à mon histoire personnelle et académique», dit-il.

Alain MABANCKOU n’est pas un idéologue, mais un conteur, un amoureux de la langue française et de la vie. Pour lui, le roman est un enchevêtrement d’idées et d’anecdotes. Il revendique à la fois l’enracinement, mais aussi l’ouverture aux autres, et surtout le sens de mesure. «Je ne critique pas nécessairement l'autofiction, mais je crains qu'il lui manque une part de générosité. Lorsque je lis les romans de Patrick MODIANO, je m'y reconnais. Bien que l'action se passe à Paris, ils sont ouverts au monde. MODIANO sait me parler, même lorsqu'il parle de son intimité ou de l'intimité d'une ville. Ce n'est pas le cas de certains romans où l'égocentrisme se mêle à un égoïsme tellement surdimensionné que ça étouffe la vocation de courtoisie que devrait charrier la littérature», dit-il.

Le 29 mars 2016, Alain MABANCKOU va consacrer sa leçon au Collège de France, sur le thème : «La Négritude après SENGHOR, CESAIRE et DAMAS». Dans son discours à l’Académie française, Dany LAFERRIERE fait référence aux pères fondateurs de la Négritude qui ont rendu aux Noirs leur dignité en ces termes : «Pour moi ce fut d’abord ce trio qui a inscrit la dignité nègre au fronton de Paris : le Martiniquais Aimé CÉSAIRE, le Guyanais Léon-Gontran DAMAS, et le Sénégalais Léopold Sédar SENGHOR. Ce dernier a occupé pendant dix-huit ans le fauteuil numéro 16. C’est lui qui nous permit de passer, sans heurt, de la négritude à la francophonie. Chaque fois qu’un écrivain, né ailleurs, entre sous cette Coupole, un simple effort d’imagination pourra nous faire voir le cortège d’ombres protectrices qui l’accompagnent».

Cependant, l’Amérique haïtienne de LAFERRIERE réfute tout nationalisme culturel et identitaire. «On nous emmerde avec l’identité depuis cinquante ans» dit-il. LAFERRIERE proclame même, dans l’un de ses romans, «je suis japonais». «Quand les gens parlent d’identité, ils veulent dire que vous venez d’un endroit, minoritaire, du tiers-monde, donc vous êtes un écrivain de l’exil, donc de la mémoire», dit-il. Pour lui, il ne faut pas être enfermé dans son univers. Notre vie est entre nos mains. «Je ne parle pas d’identité raciale, nationale ou autre connerie de genre. Je parle d’identité profonde. Est-il animal ou humain ? Je n’ai, moi, aucun parti pris, ni pour le Nègre, ni pour le Blanc» proclame LAFERRIERE. Il refuse tout aspect réducteur de la quête de soi. «Pour moi, le rapport Nord-Sud n’est pas un rapport d’affrontement. Je n’ai pas une vision arrêtée du monde, j’essaie de montrer, sans juger. C’est important d’élargir l’univers romanesque au-delà des rapports idéologiques de classe ou de race», dit-il.

Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE ont réussi, jusqu’ici, leur vie et cela suscite l’admiration, parfois de la jalousie avec des critiques acerbes. Ainsi, on a reproché à ces deux auteurs mondains, mais talentueux, d’écrire pour les Blancs, sur commande ; ils auraient, ainsi, perdu leur âme, et seraient donc acculturés. Ils sont absous par Calixte BEYALA : «on n’écrit jamais pour un continent. C’est une ambition malsaine».

Les deux auteurs refusent toute catégorisation géographique, leurs contributions littéraires transcendent les frontières et les identités. «J’avoue en avoir marre de toutes ces étiquettes, parce qu’elles ne servent à rien, c’est à dire qu’elles ne servent qu’à la personne qui les propose, et pour un temps seulement. En réalité cependant, les étiquettes littéraires et politiques se contaminent facilement et brouillent les pistes ; c’est souvent le cas, en particulier, pour les littératures migrantes», dit LAFERRIERE né à Haïti, exilé dans un premier temps au Canada, et maintenant, académicien à Paris et universitaire aux Etats-Unis. Il prend soin d’ajouter : «Mon écriture ratisse large, essaie de rendre toutes sortes d’émotions de gens différents, également Haïtiens et exilés. Leurs expériences sont mises à contribution dans mes œuvres. Je donne toujours priorité au livre ; quand j’ai envie de réfléchir sérieusement à quelque chose, j’écris un livre. Cela me permet d’explorer plusieurs angles de la question, parce que la vie est un kaléidoscope».

Pour LAFERRIERE, il y a un aspect universel de la littérature. Les sentiments, les émotions, la résistance individuelle, depuis Antigone de Sophocle sont au cœur de ses attentions. Quand Antigone dit : «Je ne suis pas ici pour la haine, je suis ici pour l’amour», c’est un peu ce que dit LAFERRIERE dans tous ses livres.

I – Alain MABANCKOU, une identité brouillée mais riche

Citoyen français d’origine congolaise, professeur de littérature francophone depuis 2001, d’abord à Michigan, maintenant à Los Angeles, Alain MABANCKOU a publié son premier recueil de poèmes, «Au jour, le jour», à compte d’auteur, en 1993. En 1998, il reçoit le Grand Prix de littérature d’Afrique Noire, pour «Bleu, Blanc, Rouge». Le succès auprès du grand public est venu en 2005 avec «Verre cassé» et la consécration en 2006, avec «mémoires de porc-épic» couronné du prix Renaudot.

Alain MABANCKOU a tendance, dans ses écrits, à faire un clin d’œil aux écrivains qu’il aime. Il a été influencé, notamment par Amadou KOUROUMA qui a abordé la question de l’indépendance et des conflits en Afrique noire et par Mongo BETI, pendant la période coloniale, qui a produit des œuvres marquantes. Il apprécie les écrivains antillais, comme CESAIRE et DAMAS, les classiques de la littérature anglaise (DICKENS et Charlotte BRONTE), mais aussi la nouvelle génération d’écrivains, comme la sénégalaise Fatou DIOME. "Le monde est une addition, une multiplication, non une soustraction ou une division" dit-il.

La littérature est considérée, par Alain MABANCKOU, comme un grand roman. «Tout ce que j’écris, tourne autour du rapport entre l’homme et le livre», dit-il. «La littérature est une façon de comprendre le monde et même d’essayer de corriger ses aspérités. Les romanciers essayent toujours de modifier, de réécrire les choses» affirme MABANCKOU. En raison de sa forte notoriété et des sujets qu’il traite, comme la question de l’identité, Alain MABANCKOU est à la périphérie de la politique et de la littérature. «Je pense que toute publication est forcément politique, puisque l’auteur livre au lecteur une vision singulière du monde. Mais il y a assez de gens qui ont du génie politique pour que je m’abstienne de venir occuper la scène pour le plaisir du pouvoir» dit-il.

Dans ses écrits, Alain MABANCKOU qui navigue, notamment, entre trois pays (Congo, France, Etats-Unis), est attentif à la fantaisie, au rêve et aux questions de justice et d’égalité, à l’instar de Raymond ARON et Marcel AYME. «Je suis une sorte de passe-muraille entre les frontières et les barrières. Mais je me souviens toujours d’où je viens, de ce que je dois à tel territoire, et pourquoi je me trouve dans tel autre» dit-il. L’identité brouillée d’Alain MABANCKOU est bourrée d’une polysémie porteuse de sens et d’ambiguïté à éclaircir. «L’avenir de l’homme noir, c’est de se dire qu’il se construit là où il vit», précise t-il.

En dépit de cette identité incertaine, Alain MABANCKOU a su rendre sa différence, dans sa contribution littéraire, un puissant atout, une richesse extraordinaire. Dans ses romans, il décrit des sujets graves et particulièrement sensibles sur le ton de l’exagération, de la cocasserie ou de l’ironie. «Quand j’étais à l’école, j’étais très heureux quand on faisait une leçon d’Histoire qui avait des accents d’anecdotes. En cours de philosophie, ce qui nous intéressait, c’était de se demander pourquoi tel philosophe se promène dans la journée avec une lampe, dort dans une sorte de fût, c’est toujours plus palpitant. Je pense que la littérature doit emprunter cette sorte de narration dans laquelle l’Histoire est en bas. Et puis, n’oublions pas que la vraie Histoire n’est pas faite toujours par les grands personnages, les Napoléons, les ceci. L’Histoire est faite par des petites gens, et ce sont ces petites gens qui forment vraiment le roman», précise t-il. De la lecture de ses livres se dégage un cocktail de poésie et d’humour. On se sent vivant et qu’on a des frères dans le monde, à travers cette musique qui guide son écriture.

1 – MABANCKOU, une part d’autobiographie avec une mère source d’inspiration

Dans «Lumière de Pointe-Noire», MABANCKOU écrit : «J’ai longtemps laissé croire que ma mère était encore en vie. Je m’évertue désormais à rétablir la vérité dans l’espoir de me départir de ce mensonge qui ne m’aura permis jusqu’alors que d’atermoyer le deuil». Après vingt-trois ans d’absence, Alain MABANCKOU retourne à Pointe-Noire, ville portuaire du Congo. Entre-temps, sa mère est morte, en 1995. Puis son père adoptif, peu d’années après. Le fils unique ne s’est rendu aux obsèques ni de l’un, ni de l’autre. Entre le surnaturel et l’enchantement, l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des années de l’enfance et de l’adolescence dans ses lieux d’origine. Au moment de repartir, il se rend compte qu’il n’est pas allé au cimetière. Sans doute était-ce inutile. Car c’est ce livre qui tient lieu, aussi, de tombeau. Et de résurrection.

C’est un roman qui parle de l'Afrique traditionnelle, de la mort et du rapport aux morts. MABANCKOU revient sur les croyances, les coutumes et les superstitions de son pays. Quand il retrouve sa famille, chacun attend de lui qu'il donne un cadeau. Il ne doit pas regarder l'hôpital, ni visiter ceux qui y sont, car cela porte malheur. Sur la parcelle de sa mère, deux chaises vides sont disposées, une cousine lui chuchote à l'oreille : «c'est ton père et ta mère qui sont assis sur ces deux chaises».

«Demain j’aurais vingt ans» est un récit de son enfance dans lequel il évoque le Congo-Brazzaville des années 1970-80, la radio qui portait les rumeurs du monde, les voyous qui prenaient les surnoms d'Amin Dada ou Bokassa Ier, et surtout sa famille qui n'était «ni riche ni très pauvre», mais partagée entre sa «maman Pauline» et sa «maman Martine», l'autre femme de son père. «C'est un homme très secret. On a accès difficilement à lui. La mort de sa mère l'a détruit. Il n'a de cesse de lui redonner vie. C'est pourquoi il a dû être si heureux et si malheureux en écrivant ''Demain j'aurai vingt ans''. Je n'ose imaginer ce qu'il a dû traverser. Alain ne rit jamais dans son cœur. C'est un homme très triste, très seul. Son univers n'est pas surpeuplé. Il a une femme, un ami, une passion (l'écriture) et sa mère. Pour le reste, il joue», souligne Dany LAFERRIERE.

Dans «Black Bazar», comme dans la plupart de ses romans, il y a une part d’autobiographie. «Dans la plupart de mes livres, je suis présent dans chacun des personnages. La part d'autobiographie réside peut-être davantage dans le destin du narrateur, où je mets des choses que je puise à droite et à gauche de ma propre expérience. Le narrateur de Black Bazar est un apprenti écrivain, c'est un Congolais comme moi, et il aime les cols à trois boutons: je porte toujours des cols à trois boutons», confesse Alain MABANCKOU.

Dans son dernier roman «Petit Piment», Alain MABANCKOU, enfant unique, raconte, avec humour et vivacité, l’enfance d’un orphelin à Pointe-Noire dans les années 60- 70, pendant la révolution socialiste et les débuts de l’indépendance congolaise.

2 – MABANCKOU, une description de l’Afrique dans son authenticité, mais sans complaisance

Dans «Mémoires d’un porc-épic», Alain MABANCKOU revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaines, avec amour, humour et dérision. Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède son double animal, il nous livre dans ce récit l'histoire d'un étonnant porc-épic, chargé par son alter ego humain, un certain Kibandi, d'accomplir à l'aide de ses redoutables piquants toute une série de meurtres rocambolesques. Malheur aux villageois qui se retrouvent sur la route de Kibandi, car son ami porc-épic est prêt à tout pour satisfaire la folie sanguinaire de son «maître» ! En détournant avec brio et malice les codes narratifs de la fable, Alain MABANCKOU renouvelle les formes traditionnelles du conte africain dans un récit truculent et picaresque où se retrouvent l'art de l'ironie et la verve inventive qui font de lui une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.

«Verre cassé» est un vieil ivrogne, la soixantaine, qui sous l'impulsion de l'Escargot entêté, le patron du Crédit a voyagé, raconte les chroniques de la clientèle du bar. Par la plume du vieil instituteur, toute une horde de personnages apparait devant nous. L'histoire «très horrifique» du Crédit a voyagé, un bar congolais des plus crasseux, nous est, ici, contée par l'un de ses clients les plus assidus, Verre Cassé, à qui le patron a confié le soin d'en faire le geste, en immortalisant dans un cahier de fortune, les prouesses étonnantes de la troupe d'éclopés fantastiques qui le fréquentent.

Dans «verre cassé» Alain MABANCKOU témoigne de son affection pour les personnages anonymes, les marginaux et atypiques. «African psycho» relate également un sérial killer, un looser, victime de la rumeur publique, avec des informations exagérées et déformées. «Quand je vais au cinéma, je suis toujours fasciné par les personnages secondaires. Je pense que la vraie vie n'est pas celle des personnages principaux. J'aime les existences cabossées. J'ai plus de choses à dire sur quelqu'un qui est à la marge. Je sais que, derrière la marginalité, se cache la joie de vivre. C'est ce que je cherche en eux : l'étincelle de joie» dit-il. Ou encore MABANCKOU précise son propos : «Je suis persuadé que dans mon roman, les « importants » sont ces petits personnages de rien du tout, les éclopés, les gens de l’orphelinat, les petites prostituées, etc. Ils ont créé une certaine vie. L’Histoire de la société congolaise n’est pas forcément que politique, elle peut être aussi commerciale, sociale, etc. Et peut-être aussi que c’est ça qui fait la beauté de la littérature : prendre des petites vies pour les rajouter à la grande Histoire. La grande Histoire n’existe que parce que des «petites» personnes ont additionné leur vies, leurs souffrances, leurs joies pour accompagner le cycle de la vie».

«Les petits-fils Nègres de Vercingétorix» est un hommage aux femmes et à la richesse de la diversité culturelle du Congo. Dans ce roman, une ancienne colonie d'Afrique centrale, la République du Viétongo, est en proie à une terrible guerre civile. Le président Kabouya a perdu le pouvoir après un coup d'Etat, et Vercingétorix, le chef rebelle, se lance dans une entreprise de reconquête. Fuyant les violences avec sa fille, Hortense Iloki relate dans son journal les événements de cette guerre et reconstitue son passé en miettes. Une histoire effroyable écrite avec un ton beaucoup plus calme. On sent respirer dans chaque mot, chaque phrase, chaque paragraphe, chaque page la peine de cette femme en fuite. Hortense a commis une bévue, c'est celle d'avoir épousée un sudiste alors qu'elle est nordiste. La guerre éclate au pays, elle est prise au piège. Là-bas au sud. Ni elle, ni son mari, ni sa fille, ni qui que ce soit ne peut rien contre les nouvelles lois qui régissent le pays. «C'est un livre axé sur la femme. La plupart du temps, des guerres civiles les médias ont tendance à ne nous montrer que les milices, donc les hommes. Mais on ne souligne jamais assez le rôle important que jouent les femmes en temps de guerre. Le plus souvent, ce sont elles qui essayent, par leur courage, par leur dignité, de juguler notre barbarie, de freiner notre instinct de tuer pour tuer. J'ai voulu par ce livre rendre hommage aux femmes, notamment celles qui vivent dans des "couples mixtes" entre Nordistes et Sudistes, et surtout à cette amitié entre Hortense et Christiane qui transcende les ethnies. La leçon qu'il faudra retenir de ce roman est à mon avis celle-ci : le Congo est un très beau pays, qui a vécu pendant longtemps avec sa diversité ethnique» souligne Alain MABANCKOU.

3 – MABANCKOU, la vie des Africains en France : l’égalité réelle et le refus du communautarisme

Dans «Le sanglot de l’homme noir», Alain MABANCKOU dénonce la tentative, trop facile, des Noirs à ériger leurs souffrances en signe d’identité. «Je suis noir, et forcément ça se voit. Du coup les Noirs que je croise à Paris m’appellent «mon frère». Le sommes nous vraiment ? Qu’ont en commun un Antillais, un Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d’être constamment réduits ?» s’interroge Alain MABANCKOU. Et il rajoute «J’oublie évidemment la généalogie qu’ils se sont forgée, celle du malheur et de l’humiliation – traite négrière, colonisation, conditions de vie des immigrés, etc. Car par-delà la peau, ce qui les réunit, ce sont leurs sanglots».

«Je ne conteste pas les souffrances qu’ont subies et que subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à ériger ces souffrances en signe d’identité. Je suis né au Congo Brazzaville, j’ai étudié en France, j’enseigne désormais en Californie. Je suis noir, muni d’un passeport français et d’une carte verte. Qui suis-je ? J’aurais bien du mal à le dire. Mais je refuse de me définir par les larmes et le ressentiment», dit-il.

Dans «Bleu, Blanc, Rouge», Alain MABANCKOU décrit un personnage central, «Moki», un parisien, originaire du Congo, un dandy et «sapeur», dont les affaires, des trafics en tout genre (faux papiers, agent immobilier à prix fort de squat, bref un marchand de rêve), sont profitables, jusqu’au jour où un Ministre de l’intérieur, Charles PASQUA, inaugure des «charters». MABANCKOU s’interroge à haute voix sur les rapports entre l’Afrique et la France : «Sans pour autant avoir des concertations préalables sur ce que nous écrivons dans nos romans, nous étudions le destin d´individus dans la société française en pleine mutation. Quelle est la place de l´écrivain face à la montée du racisme, face à l´immigration, à la déliquescence de la société française ? Pourquoi dans ce siècle les Africains continuent-ils de vouer une fascination à l´Europe, et en particulier à la France ? A travers ces questions, j´ai campé des personnages qui partent de l'Afrique en Europe et vice-versa, en essayant d´étudier ce phénomène. Qu'est-ce qui pousse les Africains, aujourd´hui encore, à venir en France ? Est- ce l'apparat ? La richesse ? L'accoutrement ? Que se passe-t-il lorsqu'un Africain arrive en France ? Est-ce dans le but de poursuivre des études ou bien plonge-t-il dans le milieu de la pègre ? Tous ces personnages sont recensés selon leurs caractères dans le roman». Dans ce roman, Alain MABANCKOU pose la question de l’égalité réelle en ces termes : «L'écrivain regarde le siècle s'achever avec son cortège de souffrances, avec ses problèmes d´immigration qui sont toujours courants. Cependant, je pense qu'il existe une note d'espoir, car au fur et à mesure que nous avançons, nous voyons des gens qui luttent pour les droits de la personne».

Dans «Tais-toi et meurs», quittant le Congo, Julien Makambo arrive en France sous le nom de José Montfort. Il est accueilli à Paris par Pédro, figure de proue du milieu congolais de la capitale. Sapeur à la pointe des tendances et «homme d’affaires» au bras long, Pédro prend Julien sous son aile et l’initie au monde des combines souterraines. Les affaires tournent, Julien a la vie belle et festive, jusqu’à ce vendredi 13 maudit, où il se retrouve malgré lui mêlé à la défenestration d’une jeune femme. En prison, il écrit son histoire, celle d’un jeune homme confronté à son destin : Makambo en lingala signifie «les ennuis». Et face aux ennuis, une règle d’or règne ici en maître : Tais-toi et meurs.

«Black Bazar » raconte les déboires d'un dandy congolais, surnommé «Fessologue», qui vient d'être plaqué par sa femme, Couleur d'origine, partie avec un obscur joueur de tam-tam. Cette histoire un peu tragique et bien comique, à des égards, permet à Alain MABANCKOU de s'interroger sur la place de la communauté noire dans le Paris d'aujourd'hui et de chahuter, au passage, bien des clichés. En effet, dans ce roman «Black Bazar», MABANCKOU pose la question du racisme notamment entre Antillais et Africains. Hippocrate est un concierge antillais ouvertement raciste, il n’aime pas les Congolais. «Avec ce personnage, j'ai voulu déplacer les clichés en posant une question fondamentale, celle du racisme qui peut se manifester au sein de la même race. Vous avez d'un côté les Africains qui reprochent aux Antillais de trop se prendre pour des Blancs, et les Antillais qui reprochent aux Africains de les avoir vendus avec leurs chefs de tribu pendant la colonisation. Donc, dans la mesure où vous avez une communauté dite «noire», et que cette population n'est pas homogène, un conflit couve à l'intérieur même de ce groupe de population qui n'est fondé que sur la couleur de la peau et non sur une identité de revendications. Monsieur Hippocrate symbolise en quelque sorte l'opposition actuelle au sein de cette population noire très éclatée, où les gens ont des différences très marquées» précise MABANCKOU.

La communauté noire en France est hétéroclite d’où la difficulté de la mobiliser sur le plan politique. «La communauté noire qui peut exister en France est celle qui va se fonder sur la lutte contre les injustices sociales subies sur le territoire français», souligne Alain MABANCKOU. Il va encore plus loin : «Parce que pour changer l’Afrique, on pense toujours qu’il ne faut changer que les Africains, mais il faut changer aussi le regard de l’Occident sur l’Afrique. Qu’on arrête de nous voir comme des anciens colonisés, qu’on arrête de nous bassiner parce que nous avons «une certaine malédiction», comme nous sommes nés «du côté obscur des choses». Non, l’obscurité, c’est peut-être les égoïsmes que nous avons, le manque d’hospitalité, la haine de l’étranger, la peur de l’immigré, les politiques de fermeture des frontières».

II – Dany LAFERRIERE, académicien et spécialiste de la littérature migrante,

Élu à l’Académie française, le 12 décembre 2013, au fauteuil d’Hector Bianciotti, né à Port-au-Prince le 13 avril 1953 d’un père intellectuel et homme politique, et d’une mère archiviste à la mairie de Port-au-Prince, Dany LAFERRIERE passa son enfance avec sa grand-mère, Vava, à Petit-Goâve, dans cet univers dominé par les libellules, les papillons, les fourmis, les montagnes bleues, la mer turquoise de la Caraïbe et l’amour fou pour Vava. Tous ses livres sont passionnants, cri d'amour à ses parents, sa grand-mère, et à Haïti, dont nous comprenons la tragique histoire depuis son exil jusqu'à son retour. Ces épisodes heureux sont relatés dans deux de ses romans : L’Odeur du café et Le Charme des après-midi sans fin.

Dans l’écriture de Dany LAFERRIERE, visions et épisodes s’enchaînent avec une grande liberté en ne respectant qu’un seul principe : l’harmonie Des visions à la fois douces et frappantes, pleines de couleurs. Elles passent assez fugitivement et de temps à autres, refont surface, dans des circonstances diverses du quotidien, pour se rappeler à notre bon souvenir. Ce sont des personnages et des situations qui restent gravés, profondément dans notre mémoire. Cette littérature migrante de la diversité et des différences culturelles est un puissant hymne pour le respect des identités des autres et l’égalité.

1 – Dany LAFERRIERE, une enfance délicieuse en Haïti

Dans «l’Odeur du Café», par bribes, et avec des anecdotes savoureuses, Dany LAFERRIERE nous raconte son enfance à Petit-Goâve, près de sa grand-mère Da. Celle-ci est toujours assise à côté de lui sur la galerie, buvant son café, le café dont l'odeur marque son enfance. Au fil des passages, on découvre la réalité de cet enfant de dix ans au cœur de son village, sa famille, ses amis, sa maison au toit éblouissant, Vava qui fait battre son cœur, et se révèle du même coup toute une culture racontée via les souvenirs. «Je suis le fils aîné de la fille aînée. Le premier enfant de la maison. La mer des Caraïbes se trouve au bout de ma rue. Nous avons un chien. Mais il est si maigre et si laid que je fais semblant de ne pas le connaître. Vava habite en haut de la pente. Elle porte une robe jaune. Des fois, elle me donne l’impression d’être un cerf-volant. Je la sens si proche. Montventre se met à bouillir. Je vais mourir. Un jour, j’ai demandé à ma grand-mère de m’expliquer le paradis. Elle m’a montré sa cafetière. C’est le café des Palmes que Da préfère, surtout à cause de sont odeur. Da boit son café. J’observe les fourmis. Le temps n’existe pas», ainsi démarre ce roman. Au cours de ce récit, il y a l'enfance. Celle d'un petit garçon passant chez Da, sa grand-mère, et accompagné de la chaleureuse vigilance de ses tantes. Un peu de fièvre, et le voici privé de jeux avec ses camarades. Alors il reste sur la terrasse de bois, à côté de Da qui se balance dans le rocking-chair, avec toujours une tasse de café à portée de la main pour les passants et les voisins. Le long des lattes de bois, l'enfant regarde les fourmis, les gouttes de pluie marquant le sol, regarde et écoute les adultes s'occuper et parler, respire les odeurs de la vie. Chronique des sensations enfantines, L'Odeur du café est un livre envoûtant, le récit d'un voyage au temps si fragile et si merveilleux de l'enfance.

«Le charme des après-midi sans fin», est, sans doute, le roman de Dany LAFERRIERE, le plus autobiographique, nous conte une jeunesse haïtienne en une succession de brefs tableaux sur le cours des jours à Petit Goâve. On retrouve une magnifique grand-mère, femme protectrice et tolérante. Tour à tour, drôle, attachant, touchant, ce roman, délicieusement nostalgique, est un hymne à la liberté, à l'insouciance de l'enfance écrit dans une langue riche et colorée. Manifeste d’amour adressé par l’auteur à Da, la grand-mère qui l’a élevé, mais aussi, sur fond de crise politique haïtienne, roman initiatique de l’adolescence, ce livre nous émeut par sa tendresse et sa justesse. Dany LAFERRIERE fait de la joie de vivre une épine plantée dans le pied des dictatures. Au lieu de nous ennuyer avec une documentation lourde et méticuleuse, LAFERRIERE, sur un ton léger, lit, flâne et flotte, c’est le bon moyen de se glisser partout, de démasquer les parades des uns et des autres. «Les mères passent leur temps à venir voir si leur fille n’est pas dans les parages du port. Comme toujours, les mères n’ont aucune idée de la façon donc cela se passe. Car si un type veut embrasser une fille; tu peux être sur qu’il ne restera pas sur le port avec elle. Mais les mères n’ont aucune idée de la réalité» souligne l’auteur. Vieux Os, un été de son adolescence en Haïti, vit tranquillement, entouré de ses amis, de ses voisins, de filles qu’il guette, d’animaux qu’il observe, de rêves ou de cauchemars qui le hantent. Ce roman retrace avec tendresse l'enfance : les bagarres, les aventures et les amours de Rico, Frantz et Vieux Os, les petites manies des habitants de la ville, leurs bonheurs et leurs soucis de tous les jours. Mais la crise politique finit par atteindre Petit-Goâve, marquant la fin de l'enfance pour Vieux Os et les adieux à la ville de Da.

Si Le Charme des après-midi sans fin se termine sur des adieux, «Le pays sans chapeau» débute avec des retrouvailles. De retour à Haïti après de longues années d'absence et plusieurs livres, Vieux Os retrouve cette même odeur du café, mais aussi la puanteur de la pauvreté, des "près de cent mille personnes concentrées dans un espace restreint sans eau courante". Da n'est plus, sans pour autant être partie. Elle est bien là, dans sa chambre restée inoccupée, dans sa petite robe grise accrochée sur le mur, la tasse de café qu'on lui sert tous les matins. Les morts observent les faits et gestes de l'écrivain. Car à côté de ce "Pays réel", il existe un "Pays rêvé", le Haïti des zombis et des esprits que Vieux Os redécouvre après toutes ces années "là-bas". Tout comme ces mots créoles restés en désuétude trop longtemps, qu'il faut de nouveau mastiquer et goûter. Ailleurs, Dany LAFERRIEE :"En écrivant en français, je tue ma langue, le créole. Et personne ne m'a jamais dit : Mes condoléances". Dany LAFERRIERE peint Haïti et ses couleurs par petits tableaux, instants d'émotion ou de souvenir, entre les odeurs retrouvées et les questions inquiètes de la mère :"Qu'est-ce que tu as mangé pendant ces vingt ans ?" A la joie des retrouvailles se mêle parfois une pointe d'amertume, le pays n'est plus tout à fait le même. Mais on retiendra surtout la leçon de Da :"Comment peux-tu aller dans la vie sans même prendre une tasse de café !"

2 – Dany LAFERRIERE une plaidoirie pour la tolérance

et la promotion de la diversité culturelle

À la suite de l’assassinat de son ami Gasner Raymond, trouvé sur la plage de Braches, à Léogâne, le 1er juin 1976, il quitte précipitamment Port-au-Prince pour Montréal. Cet évènement sera raconté dans son roman «Le Cri des oiseaux fous».

Dixième roman de Dany LAFERRIERE, «Le cri des oiseaux fous» est aussi l'ultime récit de sa vaste "autobiographie américaine". Le narrateur apprend que les tontons macoutes ont tué son ami, que lui-même est sur la liste, que cette nuit sera sa dernière nuit en Haïti, celle du départ. LAFERRIERE, le héros de son roman raconte comment il est venu à quitter sa terre natale, journaliste, il est affecté aux chroniques culturelles. Avant de s’exiler, il fait le tour de ses amis, sans les prévenir de son départ. Tout le récit coule des yeux et des pensées, des peurs et des méditations de ce jeune homme de vingt-trois ans confronté au crime et forcé à l'exil.

Comment se sentir citoyen d'un pays qui veut votre mort ? «L'exil est pire que la mort pour celui qui reste. L'exilé est toujours vivant bien qu'il ne possède aucun poids physique dans le monde réel», dit-il. Ce roman est une ultime insurrection contre la dictature et l’intolérance, un droit de parler de culture sans parler de politique. D'avoir des désirs qui lui sont propres. «Et l'indifférence que j'ai toujours manifestée pour le pouvoir et sa propagande diabolisante ne jouerait pas en ma faveur. Car le rêve de tout pouvoir est qu'on s'intéresse à lui», dit-il.

Dans «le cri des oiseaux fous», les thèmes abordés sont variés : l’amour et la sexualité, l’amitié, la mort et le sentiment de l’absurdité, la construction de l’identité, par rapport au père et à la mère. Le développement du roman, loin d’être narcissique, se construit sur les adieux que Dany LAFERRIERE fait à ses amis. Comme, il fréquente le monde de la culture, ce roman est particulièrement instructif de la vitalité littéraire et artistique d’Haïti. On ne se croirait pas dans un pays sous-développé. Les artistes compensent la pauvreté de ce pays par leur créativité et leur énergie débordante. Dany LAFERRIERE rencontre aussi les prostituées qu’il a fréquentées. Il ne s’en cache pas et n’est pas complaisant. Il fait ressortir les qualités de cœur des Haïtiens. On sent que LAFERRIERE voue une grande affection pour son entourage et son pays. Parallèlement à cette déchirure, se profile la vie politique haïtienne d’une grande brutalité. Finalement, ce roman relate la vie quotidienne des Haïtiens, confrontés à diverses difficultés, mais qui ont su garder leur héroïsme et leur noblesse d’esprit.

LAFERRIERE fait publier en 1985, le roman «Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer», qui a connu un succès retentissant. Il se familiarise avec le cinéma. «Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer ?», est un roman constitué d’une succession de brefs chapitres proposant chacun une petite scène à connotation sexuelle. LAFERRIERE déploie style sec, aux phrases juxtaposées, dont le rythme haché rappelle celui du jazz. Il y expose des lieux communs, certes, sur les Noirs et sur les Blanches mais présentés toujours avec un humour à la fois cru, sain et jubilatoire. C’est une satire féroce sur les stéréotypes et les clichés racistes, dans laquelle deux jeunes Noirs oisifs partagent un appartement dans un quartier pauvre de Montréal. L'un d'entre eux, le narrateur, projette d'écrire un roman et, pour s’occuper, connaît diverses aventures féminines en dissertant sur la trilogie Blanc-Blanche-Nègre. Car c'est un juste retour des choses, après avoir souffert de l'esclavage, que de séduire toutes ces jeunes donzelles innocentes ou curieuses. Quant à son compère, Bouba, il dort, dort, dort. Et philosophe en lisant et relisant le Coran, sur des airs de jazz.

«Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer ?» fait ressortir la complexité des sens propres à la littérature migrante qui puise dans le pays d’origine et celui du lieu de résidence. Les sens multiples doivent être analysés à la lumière des codes culturels, à la communication entre divers univers et leur enrichissement réciproque. En effet, LAFERRIERE, durant son exil au Canada se positionne comme un écrivain québécois qui porte, cependant, un puissant témoignage sur ses souvenirs d’immigrant. Ce roman, marqué par la polyphonie, outre son caractère ironique, provocateur et exotique, est une réflexion profonde sur la littérature migrante, sur l’altérité, sur les différences culturelles. En l’occurrence, les Noirs sont souvent de culture occidentale, mais ils jouent, parfois, au Nègre pour draguer les Blanches. A travers, la parodie, LAFERRIERE renverse la perception de la Négritude qu’il désacralise. Par conséquence, l’aliénation et la recherche d’une nouvelle identité sont au coeur de ce roman. Il fait référence aux filles anglaises que tente de séduire le héros de son roman, qui sont censées, par rapport aux francophones, être supérieures et «disciplinées». Par ailleurs, ce roman est bourré de clins d’œil littéraires. En effet, c’est durant son exil qu’il met à lire des auteurs comme Hemingway, Miller, Diderot, Tanizaki, Gombrowicz, Borges, Marie Chauvet, Bukowski, Boulgakov, Baldwin, Cendrars, Mishima, Marquez, Vargas Llosa, Salinger, Grass, Calvino, Roumain, Ducharme, Virginia Woolf, etc. En 1986, meurt Jorge Luis BORGES, un écrivain aveugle argentin, pour qui LAFERRIERE voue une grande admiration. BORGES est un spécialiste de l’art de la nuance. «Tous les pouvoirs ont peur de la nuance. Seule la nuance est subversive», dit-il. LAFERRIERE cite, dans ce roman, James BALDWIN, un auteur noir, homosexuel qui a vécu en exil en France.

Dany LAFERRIERE est l’auteur d’autres romans, comme «l’Enigme du retour», «L’Art presque perdu de ne rien faire», «Journal d’un écrivain en pyjama», ou «Tout bouge autour de moi».

Bibliographie très sélective

1 – Contributions d’Alain MABANCKOU

MABANCKOU (Alain), Petit piment Paris, Seuil, Collection «Fiction», 2015, 288 pages ;

MABANCKOU (Alain), Demain, quand j’aurai vingt ans, Paris, Gallimard, collection «Blanche», 2010, 384 pages ;

MABANCKOU (Alain), Black Bazar, Paris, Seuil, Cadre rouge, 2009, 252 pages ;

MABANCKOU (Alain), Mémoire de porc-épic, Paris, Seuil, Cadre rouge, 2006, 230 pages ;

MABANCKOU (Alain), Bleu blanc rouge, Paris, Présence africaine, 2000, 224 pages ;

MABANCKOU (Alain), African psycho, Paris, Points, 2006, 224 pages ;

MABANCKOU (Alain), Verre cassé, Paris, Seuil, Cadre rouge, 2005, 208 pages ;

MABANCKOU (Alain), Tais-toi et meurs, Paris, Pocket, Triller, 2014, 216 pages ;

MABANCKOU (Alain), Lumières de Pointe-Noire, Paris, Seuil, Fiction, 2013, 304 pages ;

MABANCKOU (Alain), Le sanglot de l’homme noir, Paris, Fayard, 2012, 184 pages ;

MABANCKOU (Alain), Lettre à Jimmy, Paris, Fayard, 2007, 192 pages ;

MABANCKOU (Alain), Ma sœur étoile, Paris, Seuil, Album de jeunesse, 2010, 326 pages ;

MABANCKOU (Alain), Les petits-fils Nègres de Vercingétorix, Paris, Le Serpent à Plûmes, 2002 et 2016 ;

MABANCKOU (Alain), Tant que les hommes s’enracineront dans la terre, Paris, Points, 2007, 320 pages ;

MABANCKOU (Alain), Et Dieu seul sait comment je dors, Paris, Présence africaine, 2001, 246 pages.

2 – Contributions de Dany LAFERRIERE

LAFERRIERE (Dany), L’odeur du café, Les éditions la Bagniole et la Soulière, 2014, 160 pages ;

LAFERRIERE (Dany), Le charme des après-midi sans fin, Rocher/Motif, 2011, 296 pages ;

LAFERRIERE (Dany), Pays sans chapeau, Boréal, 2006, 275 pages ;

LAFERRIERE (Dany), Le cri des oiseaux fous, Lanctôt, 2000, 319 pages ;

LAFERRIERE (Dany), Comment faire l’amour avec un Nègre, sans se fatiguer, Le Serpent à plumes, 2014, 166 pages ;

LAFERRIERE (Dany), J’écris comme je vis, Boréal, 2010, 257 pages

LAFERRIERE (Dany), Chronique de la dérive douce, Paris, Grasset, 2012, 224 pages

LAFERRIERE (Dany), Tout bouge autour de moi, Paris, Grasset, 2011, 224 pages

LAFERRIERE (Dany), Je suis un écrivain japonais, Paris, Grasset, 2008, 270 pages

LAFERRIERE (Dany), Vers le Sud, Paris, Grasset, 2006, 256 pages

LAFERRIERE (Dany), Le goût des jeunes filles, Paris, Grasset, 2005, 400 pages

LAFERRIERE (Dany), Un art de vivre par temps de catastrophe, University of Alberta, 2010, 51 pages.

Paris le 19 mars 2016 par M. Amadou Bal BA – http://baamadou.over-blog.fr/

«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Rencontre avec deux grands universitaires spécialistes de la littérature migrante : Alain MABANCKOU et Dany LAFERRIERE», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 21:49

«Les Buttes-Chaumont lavaient en nous un mirage commun sur lequel nous sentions tous trois la même prise. Toute la noirceur se dissipait, sous un espoir immense et naïf. Enfin, devant nous s’ouvrait une chasse miraculeuse, un terrain d’expériences où il n’était pas possible que nous n’eussions mille surprises, et qui sait ? Une grande révélation qui transformait la vie et  le destin» écrit Louis ARAGON dans «Le paysan de Paris». Comme un paysan ouvrant de grands yeux, ARAGON nous apprend à voir Paris d'un regard neuf, dans une démarche surréaliste et poétique. L’extrait sur  «Le Sentiment de la nature aux Buttes-Chaumont» donne l'éveil à «la lumière moderne de l'insolite». Inauguré le 13 avril 1867, le Parc des Buttes-Chaumont a célébré, en 2017, ses 150 ans. Dans les dernières années du Second Empire, l'empereur Napoléon III (1808-1873) qui connaissait de nombreux jardins, dont Hyde Park, prend Londres en exemple et veut aérer la capitale. C’est l’époque aussi des grandes expositions universelles, Napoléon III voulait éblouir le monde. Pour l’acquisition des terrains, il est décidé, par une loi du 16 juin 1859, que Paris composé de 12 arrondissements, annexera notamment la commune de Belleville. Ce parc des Buttes-Chaumont de 25 hectares fait suite à l’acquisition d’un terrain en 1863 et Napoléon III décide d’y créer le grand parc de l’Est parisien. Napoléon III, un roi bâtisseur, a légué de nombreux parcs et bois à la ville de Paris (Jardin d’Acclimatation, Monceau, Montsouris, Ranelagh, Bois de Boulogne, Vincennes, etc.). La ville de Paris achète les terrains en 1862. Les travaux, commencés en 1864 se sont achevés en 1867, année de l’Exposition universelle, ont coûté 3 422 620,30 Francs.

Le parc des Buttes-Chaumont apparaît comme un lieu toujours un peu paradoxal, tenant au double visage d’espace naturel et de performance technologique que présente cette réalisation sans équivalent parmi les autres parcs et jardins créés sous le Second Empire par le Baron Georges Eugène HAUSSMANN (1809-1891) et ses ingénieurs. Mais cette impression de naturel repose sur un socle de techniques de génie civil et de construction. Les Buttes-Chaumont ont été rendues possibles par des procédés de stabilisation et des remblais qui ne doivent pas grand-chose à la nature. Toutes les eaux du parc sont artificielles, à commencer par la cascade et le lac. Avec un pont en maçonnerie, une passerelle suspendue et un pont métallique, le parc décline les principaux types d’ouvrage d’art qui existaient à l’époque de son établissement. Par-dessus tout, le ciment et le béton armé y sont présents sous toutes les formes : radier de fondation, parois artificielles, jardinières, rocaillages, emmarchements et garde-corps. Jean DARCEL (1823-1906), est en charge de la falaise, la grotte et les cascades. Le béton y est partout. Visible tout d'abord dans la grotte avec ses fausses stalactites (dont le mur du fond cache l'entrée de la carrière souterraine), mais aussi dans la majorité des «rochers» Il est omniprésent dans tout le sous-sol pour consolider les carrières. Pour Jean DARCEL, un jardin est un relief travaillé au moyen de remblais et de déblais et animé par les eaux, un système de circulations, des plantations enfin ; il fonde l’art des jardins sur le génie civil, sur le remuement des terres, la maîtrise des eaux, la construction de chaussées, la réalisation d’ouvrages d’art. Un parc est une image idéalisée de la circulation des personnes pour leurs loisirs. Les 
meilleurs spécialistes s’attaquèrent à un projet
 d’une ambition folle : assainir la décharge ne fut qu’un épisode pénible du chantier. Eugène BELGRAND (1810-1878), qui s’était déjà distingué en concevant l’hydraulique du bois de Boulogne, trouva le moyen de pomper l’eau du canal Saint-Martin. L’architecte Gabriel DAVIOUD (1824-1881), se chargea quant à lui des charmantes maisons de garde, et posa au sommet de l’île le temple de la Sibylle, reproduction du temple de Vesta de Tivoli. Enfin, deux ponts furent édifiés pour permettre d’accéder à l’île, dont une passerelle suspendue qui à elle seule donne aux Buttes-Chaumont des airs de tropiques sauvages.

«Le parc apparaît aujourd’hui encore comme le produit d’une ambition démiurgique consistant à transformer un endroit des plus désolés en un jardin emblématique du nouveau Paris de Napoléon III et d’Haussmann» écrit Antoine PICON. Les anciennes carrières avec une histoire funeste et douloureuse, sont transformées en lieu agréable de promenade ; c’est une nature aride, repoussante, qui est domestiquée et mise en spectacle. George SAND, suggère de condamner leur caractère factice de la distinction entre le réel et le convenu, «entre l’art et la nature, un milieu nécessaire à la jouissance sédentaire du grand nombre» est nécessaire dit-elle. Ainsi, c’est à Jean-Pierre BARILLET-DESCHAMPS (1824-1873), assisté par Édouard ANDRE (1840-1911) alors au début de sa carrière, que l’on doit très probablement la détermination précise du tracé des allées, en plan mais surtout en profil, suivant le principe d’encaissement exposé dans les traités de l’époque, ainsi que le système des plantations. La prouesse des ingénieurs est d’avoir créé divers ouvrages tout en respectant l’équilibre naturel. On créa un lac artificiel alimenté par une cascade, celle de la grotte et deux «ruisseaux». L'eau provenait du canal de l'Ourcq et était refoulée vers un réservoir en demi-cercle situé au dessus de la rue Botzaris qui alimentait aussi les abattoirs de la Villette. Dés 1867 les ennuis commencent : il y a eu 9 fois des effondrements des galeries sous le lac et 4 fois des effondrements sous les pelouses. Le pont  Fessart (avenue du général St Martin)  doit être détruit  et reconstruit à l'aide d'un tablier métallique de récupération. L’alimentation de la cascade se rompt en 1869 et la grotte s'éboule en 1890.

I – L’Ancien Parc des Buttes-Chaumont : un lieu mal famé

Initialement, les Buttes-Chaumont, localisés entre les rues Crimée, Botzaris et Manin, n’étaient que de vastes espaces de terrains âpres, bossués, incultes, tachés de glaises vertes et de marnes blanchâtres, tout sillonnés de petits sentiers, et coupés de ravins et de fondrières vagues, incultes et occupés en partie par des réfugiés allemands. Le quartier quasiment inhabité comptait une guinguette. «Heureux les peuples qui n’ont pas d’histoire» a-t-on coutume de dire, les peuples oui, mais les Buttes-Chaumont, certainement pas. Les Buttes-Chaumont devinrent un lieu insalubre et malfamé, réservé à l’équarrissage, fut aussi une carrière de gypse depuis la Révolution, avant de devenir une décharge. L’origine du nom des Buttes-Chaumont a soulevé l’enthousiasme et l’imagination des chercheurs. Suivant certains, Buttes-Chaumont tirent leur nom de «Chauvemont» ou «Mons Calvus» en latin, en raison de l’aridité des terrains : «Leurs têtes blanchies, leurs épaules drapées d’un linceul  de chaux grisâtre les font ressembler à une troupe de fantômes échoués dans leurs courses échevelées au fond des vallons toujours verts et riants» écrit Amédée PONTHIEU. Pour le père LONG, les Buttes-Chaumont doivent leur dénomination à «Chauxmont», une montagne de chaux. On parle de l’existence d’une chapelle Saint-Chaumont, au milieu du VIIème siècle qui fut parrain de Clotaire III et évêque de Lyon. D’autres attribuent le nom du Parc à la famille Saint-Chaumont qui habitait les voisinages. Les Parisiens de jadis, ne pouvant tirer aucun profit de ces buttes stériles, les avaient utilisées en les peuplant de moulins à vent.

Quand on se promène paisiblement avec ravissement en début du XXIème siècle, on n’a pas conscience du drame et des atrocités qui se sont déroulés, dans le passé, au Buttes-Chaumont. Si ce rocher aride et les arbres centenaires des Buttes-Chaumont pouvaient raconter les horreurs dont ils étaient témoins, on en serait plus que bouleversé. «Les siècles révèlent leur esprit à la postérité par le caractère de leurs monuments et de leurs fondations. Pour ceux qui savent étudier la voix des événements dans le domaine des faits, quoi de plus attachant que les annales de ce nouveau parc des Buttes-Chaumont» écrit en 1867, Germaine BOUE. En effet, l’ancien parc des Buttes-Chaumont avait une très mauvaise réputation : «Vers le Nord de Paris, adossés aux plateaux où s’assied Belleville, il était autrefois des lieux âpres, affreux, où tout homme de bien n’osait jeter les yeux (…) Jamais aucun oiseau n’y construisit son nid. Le chant du rossignol jamais n’y retentit», écrit, en 1870, Marius REYNAUD dans son «Les Buttes-Chaumont ou Saint-Chaumont, les temps anciens, les temps modernes». REYNAUD précise encore : «Le hâve équarisseur, entouré de corbeaux, y dérobait leurs proies à de hideux tombeaux. Le soir vagabond, rebut de la grand’ville, dans de grands souterrains plaçait son domicile. Le voleur, à l’œil louche, y cachait ses larcins ; il y fraternisait avec les assassins». Les Buttes-Chaumont appartenaient bien à un quartier défavorisé : «Comparez ce quartier avec celui de la bourse, et mesurez la distance qui sépare d’aussi frappants contrastes ; là-bas la richesse, le luxe, tout ce que la ville renferme de plus gracieux, de plus séduisant, de plus animé ; ici, la misère, l’infection, la pourriture, la mort ; là-bas, Paris : ici, le résidu de Paris» écrit, en 1840, PERROT, dans ses impressions de Paris. Les carrières des Buttes-Chaumont servent de retraites nocturnes aux malfaiteurs, aux vagabonds, aux mendiants sans asile ; pendant l’été, ils y trouvent une fraîcheur agréable, en hiver, ils s’étendent sur les fours à plâtre. C’est un endroit, pendant longtemps infréquentable : «Malheur aux fillettes téméraires qui s’égareraient seulettes, le soir, sous ces délicates ramelles où des satures malins, hôtes invisibles de ces bosquets, viennent lutiner ces nymphes fugitives aux pâles rayons de la lune» écrit, en 1867, Amédée PONTHIEU dans ses «légendes du vieux Paris».  Cette image désastreuse du parc était encore perceptible au début du XXème siècle : «cette grande oasis dans un quartier populaire, zone louche ou règne un fameux jour d’assassinats, cette aire folle née dans la tête d’un architecte du conflit de Jean Jacques Rousseau et des conditions économiques de l’existence parisienne» écrit, en 1926, Louis ARAGON dans «Le paysan de Paris».

Dans son histoire lointaine, le parc des Buttes-Chaumont symbolise le moyen-âge, par ses tragiques et lugubres histoires, la Renaissance avec ses guerres civiles et le XIXème siècle où la société moderne triomphe sur le règne de la force brutale, l’oppression et l’égoïsme. En effet, le 24 novembre 885, les Normands qui ont envahi Paris et causé la ruine, s’étaient réfugiés dans les hauteurs de Belleville et de Montfaucon, emplacement actuel du parc des Buttes-Chaumont. Le comte Eudes (852-898), Comte de Paris, en dépit de la lâcheté de l’empereur carolingien Charles III le Gros, repousse l’attaque des Normands et deviendra  roi de France.

 «On sait que le parc des Buttes-Chaumont occupe l'emplacement du gibet légendaire de Montfaucon, de sa voirie et des carrières à plâtre voisines, jadis le repaire des pires bohèmes parisiens. On a eu l'idée d'utiliser la superficie profondément accidentée de  ce lieu ou tout était repoussant ou sinistre, en y établissant une promenade pittoresque» écrit Adolphe ALPHAND (1817-1891) dans «L’art des jardins». Au XIIIème, et à l’emplacement actuel des Buttes-Chaumont, se dressait le sinistre «gibet de Montfaucon» ; les dessous de ce lugubre édifice étaient occupés par un vaste souterrain où l’on entassait les cadavres décrochés de ce monument du crime et de l’infamie. Les magiciens venaient récupérer parfois les corps des suppliciés. Le gibet est à distinguer du pilori ou des échelles qui n’étaient employées qu’à exposer les délinquants, non coupables de crimes, et donc de peine capitale, à être exposés à une place publique. En revanche, s’agissant du gibet, les criminels étaient pendus aux fourches patibulaires, ou lorsque l’exécution ayant été faite ailleurs, on les y exposait à la vue des passants. Il arrive souvent que les corps des suppliciés, pendus à ces fourches patibulaires, soient laissés à l’air libre, décharnés, déchirés par les corbeaux ou desséchés par les rayons de soleil. Dressé, du XIVème au XVIIème siècle, l’épouvantable gibet, est conçu pour la pendaison simultanée de soixante condamnés. «Ecrire tous les lieux où jadis on exécutait serait une rude besogne : chaque pavé de notre ville de Paris est rouge» dit Firmin MAILLARD. Parmi les suppliciés, on peut citer Enguerrand de Marigny (1260-1315), comte de Longueville, grand chambellan, premier ministre et coadjudicateur sous Philippe le Bel. Il avait fait installer le gibet de Montfaucon, et y fut pendu. Homme dur, fier, sans pitié, haï des grands à cause de son orgueil, détesté du peuple à cause de ses rapines, ennemi du Comte de Valois, il fut pendu aux Buttes-Chaumont la veille de l’Ascension de 1315. Henri TAPPEREL, prévôt de Paris de 1316-1320, fut pendu pour détournement de deniers publics. Charles-le-Bel fait pendre de nombreux de ses collaborateurs en délicatesse avec les finances. Jean de MONTAIGU, fils d’un notaire parisien, exécuté aux Halles le 17 octobre 1409, son corps fut exhibé à Montfaucon. Après la mort de l’amiral Gaspard II de Coligny (1519-1572), Catherine de Médicis est venue, le 28 août 1572, avec toute la cour et Charles IX, rendre visite à son cadavre, pendu par les pieds à l’un de ces crocs de Montfaucon, faute de tête. Coligny avait été, auparavant, sauvagement assassiné pendant la Saint-Barthélémy, et jeté par la fenêtre. Jacques de SEMBLANCAY (1465-1527), baron de Beaune, surintendant de Charles VIII, Louis XII et François 1er, y fut pendu. Il avait été condamné le 9 août 1527, fut exécuté aux Buttes-Chaumont le 14 août 1527, après 6 heures d’attente à Montfaucon. Son cadavre fut exposé au public pendant 5 jours. Son corps fut, par la suite exhumé, Louise de Savoie s’approprie ses meubles et François 1er renie le pouvoir qu’il lui avait octroyé en 1518. Par son esprit d’ordre, sa droiture et son intégrité, SEMBLANCAY avait refusé d’accorder à la duchesse d’Angoulême, 400 000 écus pour la solde des militaires en Italie. Clément MAROT l’a immortalisé à travers un poème. C’est dans cet emplacement que sont enterrés les suppliciés. Au XVème siècle, François VILLON (1431-463), poète, incarcéré au Châtelet, se voyant promis à Montfaucon, composa sa fameuse «Ballade des pendus» qui émut Charles d’Orléans et lui valut sa grâce.

La Révolution détruisit le gibet, mais ce lieu devint le réceptacle de toutes les immondices. De 1778 à 1850, on trouvait une arène en bois où se déroulait des «spectacles» cruels de combats d’animaux (ours contre porc, loup contre chien, etc) ; ce qui n’aida pas à la réputation de la butte. Le creusement des carrières sur la Butte Chaumont commença après la Révolution jusqu’en 1860 ; la précieuse matière était acheminée aux Etats-Unis, ce qui a valu au quartier son nom de «Quartier Amérique».

Si Montmartre désignait le nom de Mont des Martyrs, les Buttes-Chaumont sont à la fois un lieu de tragédie et d’héroïsme. Ainsi, c'est aux Buttes-Chaumont que,  le 30 mars 1814, se déroula un épisode de la bataille de Paris, opposant les forces européennes à Napoléon 1er, où les marins de la garde, les élèves de polytechnique et des soldats de ligne opposèrent (généraux Marmont, Compans et Pelleport), en vain, une résistance de plusieurs heures à toute l'armée européenne coalisée. La capitulation sera signée par Marmont à la Villette.

Durant le siège de Paris en 1870, et pendant les événements de la Commune, il y eut un incendie monstre produit par des barils de pétrole qui y étaient stockés. Durant la Commune, en 1871, il y aura un parc d’artillerie dans le parc, 300 communards y seront fusillés durant la semaine sanglante et leurs cadavres d’abord jetés dans le lac, avant d’être enterrés à la hâte dans les carrières d’Amérique.

 

Les Buttes-Chaumont et le Père Lachaise furent les derniers points de résistance des communards ; ils sont appuyés par la mairie du XXème arrondissement localisée en face de l’actuelle église de Jourdain. Au cours des journées du vendredi 26, samedi 27, et dimanche 28 mai 1871, plusieurs bataillons Versaillais, parvenus par la route stratégique à la rue de Crimée, sont arrêtés dans leur progression. En effet, trois canons des communards aux Buttes-Chaumont, ainsi que ceux de la Place des fêtes résistent vaillamment. Cinq artilleurs seulement servirent ces pièces toute la journée, n'ayant besoin ni d'ordre ni de chef. A quatre heures, les canons des Buttes-Chaumont se taisent faute de munitions; leurs servants vont rejoindre les tirailleurs des rues Meynadier, Fessart et des Annelets. Les Versaillais fusillent 300 prisonniers : «Le sol était jonché de leurs cadavres ; ce spectacle affreux servira de leçon» télégraphie Adolphe THIERS (1797-1877) aux préfets. En raison de ce grand nombre de morts, initialement les corps sont jetés dans le lac des Buttes-Chaumont, puis les cadavres, ballonnés, sont remontés diffusant leurs effluves fétides. On dressa, alors, aux Buttes-Chaumont, un bûcher colossal inondé de pétrole, et pendant des journées, une fumée épaisse, pestilentielle, empanacha les massifs et ses environs. La défaite des communards aux Buttes-Chaumont est également une victoire des Versaillais : «Habitants de Paris, l’Armée de la France est venue vous sauver. Nos soldats ont enlevé à quatre heures les dernières positions occupées par les insurgés. Aujourd’hui, la lutte est terminée, l’ordre, le travail et la sécurité vont renaître» écrit, le 28 mai 1871, le maréchal Mac-MAHON.

On notera également la présence en bordure du parc des studios de cinéma Gaumont, dits studios des Buttes Chaumont, installés ici à l’âge d’or du muet et rachetés par la RTF en 1952 et qui opéra ici jusque dans les années 80 de célèbres émissions de télévision comme celles des époux CARPENTIER, de Jean Christophe AVERTY ou «Le grand Echiquier» de Jacques CHANCEL. Les studios furent rachetés par Bouygues et totalement détruits en 1994.

Initialement, et au XIXème siècle, le parc des Buttes Chaumont ne comportait, comme tous les jardins du second Empire, aucun emplacement pour des jeux collectifs pour les enfants. Une aire d'activités fut  logiquement située du coté de l'entrée principale face à la  mairie près de laquelle un  kiosque à musique est implanté sur le lac  en 1878 .On y installa ensuite un manège des balançoires et des baraques de vente. Deux guignols (deux castelets) furent ensuite créés en 1892, l’un au Nord, l’autre au Sud-Ouest.

Le nom des Buttes-Chaumont, est aussi attaché à celui des frères Chérif et Saïd KOUACHI qui ont perpétré un attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 1915, avec 12 victimes.

II – Le nouveau Parc des Buttes-Chaumont, un parc du bien-vivre ensemble

Le Parc des Buttes-Chaumont, inauguré en même temps que l’Exposition universelle de 1867, au Champs de mars, commençait sérieusement à se dégrader en ce début du XXIème siècle. Déjà en 1956 l'état du parc était le suivant :

- lac à sec, situé dans une partie de l’ancienne carrière à ciel ouvert ;

- la masse rocheuse est coiffée d’un temple de la Sybille œuvre de DAVIOUD datant de 1869, identique à celui de Vincennes, c’est une réplique de Tivoli, près de Rome ; ce temple de la Vesta est une déesse des fêtes et des foyers domestiques ;

- cascade de 32 mètres de chute, elle  conduit jusqu’à la grotte, entrée d’une ancienne carrière souterraine,  de 20 mètres décorée de fausses stalactites ; l’eau provient du Canal de l’Ourcq ;

- deux ponts : le «pont suspendu» en métal et le «pont des suicidés» en briques, mais tous interdits au public ;

- l’installation de centres d’animation, de trois restaurants, deux guignols, un kiosque à musique et des airs de jeux.

La voie ferrée de la petite ceinture avec sa station des Buttes-Chaumont est désaffectée. On venait avant aux Buttes-Chaumont par ce petit train.


Un guide de 1900 relate : «la semaine le parc est à peu près désert, Le dimanche il appartient au bon public populaire des quartiers voisins : La Villette et Belleville». Ce public n’était pas respectueux de son parc ; il arrachait les fleurs et même utilisait les épines de pin pour des tisanes.

Par ailleurs, était sérieusement dégradé à la fin du XXème siècle : les chaussées étaient déformées et dangereuses ; le Palais Rose sera détruit en 1967. Il doit peut être sa survie à sa faible fréquentation et au manque d’intérêt des élus. Aux élections de 2008, le parc des Buttes-Chaumont étant en état de délabrement avancé, j’avais proposé sa profonde rénovation. Cette idée a été reprise par l’équipe municipale du XIXème. Aux élections municipales de 2008, alors que j’étais élu parisien, j’avais suggéré à la mairie du XIXème d’entreprendre des travaux de rénovation du Parc des Buttes-Chaumont. Mes deux enfants étant nés dans le XIXème arrondissement et à proximité de ce parc, j’ai vu progressivement l’état de délabrement de ce lieu. Aussi, la Ville de Paris, sous l’impulsion de François DAGNAUD, maire du XIXème arrondissement, a engagé, en janvier 2015, d’importants travaux visant à rénover, notamment le système hydraulique et les allées.

L’ancien parc des Buttes-Chaumont, un secteur misérable, insalubre, mal desservi et fréquenté par une population paupérisée, est devenu, progressivement, un haut lieu de sociabilité, de bien-vivre ensemble et d’écologie. «De toutes les fleurs, la fleur humaine est celle qui a le plus besoin de soleil» écrit un écrivain. Depuis bien longtemps, la classe politique considère que les fléaux qui attaquent les villes frappent toujours les quartiers habités par les classes pauvres. Depuis l’annexion de Belleville à Paris en 1860, les élus ne pouvaient pas laisser subsister dans la nouvelle ville ainsi agrandie, un lieu, comme les Buttes-Chaumont, aussi désert, dangereux et malsain. «Rendons justice à nos édiles parisiens aussitôt l’annexion suburbaine faite, ils ont couru droit à l’ennemi en embellissant et aérant ces quartiers déshérités et que le peuple désigne sous le nom pittoresque de quartiers souffrants» écrit Amédée PONTHIEU. Le quartier de Belleville est devenu un «lieu de plaisir» et de solidarité pour la classe ouvrière. Les fêtes de bienfaisance, données annuellement, aux Buttes-Chaumont, entre 1878 et 1905, comptent parmi les plus anecdotiques, mais non parmi les plus délectables des histoires nocturnes parisiennes.

Ce parc est devenu un lieu de refuge, avec un souci de recherche de la nature. Entre les falaises, les grottes, les arbres et la nature domestiquée par des prouesses technologiques, le vallonnement, les rues bien tracées et agréables, le parc des Buttes-Chaumont est devenu un lieu de vie qui nous charme, à tout instant. Les Buttes-Chaumont, le temps d’une escapade, c’est la vie sauvage dans une capitale bousculée par les voitures, les nuisances sonores et visuelles et par la pollution : «Paris est pour un riche un pays de Cocagne : Sans sortir de la ville, il trouve la campagne ; Il peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts,  Recéler le printemps au milieu des hivers ; Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries, Aller entretenir ses douces rêveries» écrit, en 1636, Nicolas BOILEAU dans son poème les embarras de Paris. «Le jardin correspond à un état de civilisation : une habitation en plein air» une recherche de bien-être et du calme dans un endroit clos, écrit, en 1875, Jean DARCEL. Tout conspirant à troubler le repos dans cette capitale, les parisiens se mirent à rechercher de la verdure et de la tranquillité. Abandonnant cette démarche de construction de fortifications, Paris se met à former une véritable ceinture hygiénique, une écologie avant l’heure. Déjà au moyen-âge, les bourgeois allaient se promener sous les saules du quai des Grands Augustins, aux Champs-Elysées, au cours de la Reine (Place des Vosges), dans les prés de l’abbaye Saint-Germain et les plus riches montaient sur leurs mules pour se rendre en proche banlieue, notamment à Belleville : «Les vieilles Buttes-Chaumont se tapissent de verdure, mettent des fleurs à leur corsage, et vont abriter des naïades craintives sous leurs sombres grottes de leurs pittoresques fontaines» écrit Amédée PONTHIEU.

Au XXème siècle, la Droite qui avait pendant longtemps dirigée la ville de Paris, avait fait des quartiers de l’Ouest (18ème 19ème et 20ème arrondissements) des lieux de relégation, sans équipements de proximité, avec une forte concentration de foyers de travailleurs immigrés et de logements sociaux (38% par rapport aux quartiers riches). Le jardin est étymologiquement un espace clos. Sa vocation première est nourricière, c’est traditionnellement des vergers et potagers. Mais le jardin est également devenu une mise en scène de la nature. D’un Mont Chauve mal famé d’où l’on extrayait du gypse, a surgi le parc des Buttes-Chaumont, le plus romantique de la capitale, surnommé «Les Tuileries du peuple». En effet, le parc des Buttes-Chaumont renvoie à la volonté de transcender les clivages entre classes sociales au moyen de leur commune participation à une vie urbaine fondée sur la domestication de la nature. L’idée d’un meilleur équilibre entre les parcs et jardins de l’est et de l’ouest parisiens était déjà présente dans les préoccupations du XIXème siècle. Les Buttes-Chaumont apparaissent comme une manifestation de cette volonté de rééquilibrage où entre un souci de pacification sociale.  Il s’agit de mettre toutes les classes sociales au contact de la nature qui doit permettre d’atténuer leur confrontation. «C’est qu’en vérité, je ne sais point de ville au monde où la rêverie ambulatoire soit plus agréable qu’à Paris. Si le piéton y rencontre le froid ou le chaud, des tribulations sans nombre, il faut lui faire avouer aussi que, dans les beaux jours du printemps et de l’automne, il est, s’il connaît son bonheur, un mortel privilégié. (…) Si nos enfants voient comment la nature procède, ils ne la goûteront que mieux, et ils se rappelleront les rocailles de Longchamp, de Monceau et des Buttes-Chaumont, comme on se rappelle avec plaisir et tendresse de la petite grêle que l’on a cultivée sous sa fenêtre, et que l’on voit, puissante et grandiose, s’épanouir dans sa patrie», écrit George SAND dans son article «La rêverie à Paris».

Le Parc des Buttes-Chaumont est surtout un lieu de mixité sociale. Les enfants des écoles du XIXème, viennent régulièrement, faire du sport dans ce parc ou découvrir des objets cachés par leur enseignant. En effet, combien de fois ma petite Arsinoé m’a présenté ses amis de classe accompagnés de leurs parents. A chaque fois que j’y rencontre mon ami, Dramane KEITA, un agent de la ville de Paris, originaire de Ouakam, et qui soutient Idrissa SECK, nul n’est parfait, les discussions politiques vont bon train. Toutes les catégories sociales s’y côtoient. Ainsi, de par sa grande mixité, le quartier abrite la plus importante communauté juive du d’Europe qui vient déambuler dans ce lieu pendant le Sabat et trois grands foyers de travailleurs immigrés sont à proximité (Laumière, Hautpoul et David d’Aanger). Par ailleurs, «Le Pavillon du Lac», en face du pont suspendu et devant le lac artificiel ; restauré accueille traditionnellement les familles. En revanche, le pavillon très chic et style napoléonien «Puebla» perché sur une petite colline, est un lieu du rendez-vous de la haute société. Dominique STRAUSS-KHAN avait l’habitude d’y célébrer ses anniversaires. J’y ai aperçu François HOLLANDE, président de la République française de 2012 à 2017 avec sa compagne Julie GAYET. Accompagné seulement de deux gardes du corps, en raison de l’affluence des curieux, l’intervention des surveillants du parc a été nécessaire. Le café,  «Rosa Bonheur », du côté de l’entrée de la rue Botzaris, plus populaire et ouvert aux gays et lesbiennes les samedis et dimanches. Il est vrai que le restaurant «Rosa Bonheur», draine un nombre considérable de personnes les week-ends. Mme Anne HIDALGO est venue, un dimanche, pendant la campagne des municipales de mars 2014, dédicacer, dans ce café, son livre. Mme HIDALGO est revenue, pendant ces municipales de 2014, pour un pic-nic géant dans ce parc.

Les pelouses, les allées des promenades, les espaces pour le sport, sont, sans doute, les plus hauts lieux de mixité sociale. On y rencontre les personnes de toutes les races, confessions religieuses, les nationaux comme les touristes, de plus en plus nombreux dans ce parc. Les habitants du XIXème, comme ceux des autres arrondissements sont conquis par les Buttes-Chaumont, de jour, comme de nuit. On est bien loin des peurs irrationnelles des temps anciens qu’inspirait cet endroit. Il faut reconnaître que ce Parc des Buttes-Chaumont est si merveilleux ; c’est un moment important de respiration, un grand bol d'air, on ne s’en lasse jamais.

C’est jardin à la mode anglo-chinoise, riche en espèces botaniques connues notamment par les orientaux, pour leur valeur médicinale, leur utilité en ébénisterie ou menuiserie. Les jardiniers du parc font un remarquable travail. En effet, on peut y admirer, au moins, 65 espèces d’arbres, dont la plupart viennent d’Asie (Chine, Japon et Corée), du Proche-Orient, d’Asie mineure, d’Amérique, du Canada, ou comme les marronniers de Grèce ou d’Albanie. Les cèdres du Liban, connus pour leur taille et envergure, de longues branches, sont aussi des symboles royaux. Le majestueux Séquoia de plus de 40 mètres qui veille sur ce Parc depuis 1867, est vénéré par les Indiens Cherokee et porte le nom de leur chef, en raison de sa force et de sa persévérance ; pouvant atteindre 80 mètres, il protège du feu. Le marronnier d’Inde, ses graines contiennent des substances tanniques et de la férule, avec un effet vomitif, ses marrons broyés peuvent servir de savon. L’acajou de Chine (cèdre de chine) dont les pousses sont consommées en Chine, est une plante aromatique avec un usage contre le cancer. L’ailant ou faux vernis du Japon est une plante médicinale chinoise servant aussi à nourrir les vers à soie et s’adapte aux sols pauvres et pollués. L’If, plante sempervirente et pouvant vivre jusqu’à 2000 ans, un symbole de vie éternelle et de mort, avec son bois dur et résistant, sans résine, est utilisé pour les charpentes, l’ébénisterie, la confection d’arcs (Longbow anglais) ; c’est une plante médicinale contre le cancer du sein, de l’ovaire, des poumons. L’érable champêtre, avec son écorce en décoction, a une action astringente. L’écorce du saule tortueux a des vertus curatives pour soulager les douleurs et les fièvres (l’aspirine a été fabriquée à base de la poudre d’écorce de cet arbre). Le frêne commun dont les feuilles servent de fourrage, a une écorce amère est astringente (Quinquinia) et ses feuilles laxatives sont antirhumatismales. Les fruits de l’alisier blanc ou alouchier, peuvent être utilisés contre les diarrhées et les dysenteries chroniques ; c’est un antiscorbutique et diurétique. Le sureau noir, plante médicinale, associé à la mort, ses fleurs se cuisent en beignets, on en fait du vin, du sirop (enlever les pédoncules de fleurs auparavant) ; le concentré de jus de baie de sureau peut soigner la grippe, la bronchite et les toux rebelles, et ses fruits sont un colorant naturel. Le chêne de Hongrie, l’ehretia ou cabrillet, l’aubépine, arbre épineux, ses baies sont astringentes servent contre les maux de gorge, tonique du cœur, antispasmodique et apaisent la tension. Le mûrier blanc de Chine, pour cultiver les vers à soie, ses feuilles sont consommées et ont une valeur médicinale pour la régulation de la tension.  Le filaire (Alavert), ses feuillages et ses baies sont utilisés pour leurs propriétés astringente, antiseptique et fébrifuge en cataplasme sur les plaies.

Le tilleul argenté, provenant de l’hémisphère Nord, résistant à la sécheresse et aux pollutions, ses écorces étaient utilisées par les Grecs pour faire du papier, des nattes, des tissus et cordages. Le tilleul à grandes feuilles, dont les feuilles sont en forme de cœur, est le symbole de l’amour et de la fidélité ; ses fleurs sont utilisées en parfumerie. L’érable sycomore, précieux pour la menuiserie, le bois de chauffage, peut servir à la fabrication de sabots. Le Sophora produit des fruits qui sont des gousses pétioles. Le faux poirier ou clavalier, avec ses épines, peut servir de haies défensives. Le tulipier de Virginie est connu en ébénisterie, pour bois de placage. Le févier d’Amérique, produisant du bois dur de bonne qualité, est utilisé pour les poteaux électriques et les traverses de chemin de fer. L’arbre aux 40 écus (Ginkgbo Biloba, abricot d’argent), dioïque, produit des fruits rouges ressemblant aux mirabelles. L’olivier de bohème (Chalef), espèce vigoureuse pouvant se fixer sur les sables, en bord de mer, ses fruits sont consommés en sorbet au Proche-Orient. Le magnolia craint les hivers rigoureux, mais a su s’adapter. Le Micocoulier produit des fruits charnus (drupes) comestibles ; proche de l’orme, son bois résistant est employé en charronnerie, menuiserie et sculpture, fabrication de cravaches, son feuillage sert de fourrage et sa racine produit une teinture jaune. L’aulne de Corse est utilisé pour reboiser les terres incultes. Le platane à feuille d’érable produit un bois dur et résistant. On trouve d’autres espèces : le poirier d’ornement, le hêtre pourpre ; l’aulne lacinié, le pin noir d’Autriche ; le palmier de Chine résistant aux très basses températures ; le plaqueminier ; le noyer apprécié en ébénisterie ; le robinier, d’une croissance rapide pour stabiliser les talus, favorise le miel et est utile pour la parfumerie ; l’oranger des Osages dont la pulpe de fruit produit une teinture jaune ; l’érable d’Italie, rustique, résistant à la sécheresse et au calcaire ; le virgilier à bois jaune ; le kaki avec son bois dur rappelant l’ébène et ses fruits murs riches en vitamine C, en minéraux et fibres ; le chicot du Canada, ses graines étaient torréfiés comme du café ; l’orme de Sibérie, le chêne vert, le savonnier d’Asie ; le prunier pourpre d’Iran, utile pour les haies ; le noisetier de Byzance, arbre d’alignement, il sert à la fabrication de cannés et de tuyaux de pipes, l’érable plane ; le citronnier épineux est un agrume utilisé pour le vin et les confitures, le paulownia, avec des propriétés médicinales, sert à la fabrication de meubles et comme fertilisant ; le mûrier à papier sert à la fabrication de papier ; le catalpa, le marronnier rouge ; le mélia ou lilas de Perse est un insecticide naturel ses feuilles repoussant de nombreux insectes, ses graines comportant un trou sont utilisées pour les chapelets ; l’orme champêtre ou l’ormeau des îles britanniques est un bois de travail pour des vis, roues, sabots, coques de bateaux ; le cornouiller mâle ou sauvage, cèdre de l’Himalaya ; le chêne commun ses glands servent de café ou de farine ; le chêne d’Amérique dont le bois est utilisé en charpente, tonnellerie, ébénisterie et menuiserie ; le chêne chevelu ou lombard dont les glands sont appréciés par les geais et les pigeons et parfois par les écureuils ; l’érable de Montpellier ; le peuplier blanc sert en caisserie et papeterie, et pour stabiliser les sols ; le bouleau blanc utile en ébénisterie et menuiserie, sert aussi à fabriquer des balais, l’écorce distillée fournit du goudron.

Dans mon quartier, nous sommes fiers de notre église de Jourdain, mais aussi de notre merveilleux parc des Buttes-Chaumont qui a une âme ; les Parisiens, les banlieusards et les touristes l’ont adopté. En début du XXIème siècle, le Parc des Buttes-Chaument connaît un succès populaire considérable ; ses pelouses sont envahies par les familles. Les amateurs de gymnastique chinoise peuplent  la hauteur Sud-Est et les joggeurs font inlassablement le tour du parc.

Ouvert chaque jour à 7 heures et fermé à certaines périodes de l’année à 20 heures, 21 heures ou 22 heures, le Parc des Buttes-Chaumont est victime de son immense succès. La population demande notamment une extension des ouvertures de nuit, hors périodes de tempêtes, dans le respect des règles de sécurité. C’est un parc maintenant ouvert 24 heures sur 24 pendant l’été, et c’est là une contribution majeure de la Gauche au bien-être et à la lutte contre la pollution dans notre capitale. A mon sens, il serait utile, compte tenu de ce succès d’ouvrir les Buttes-Chaumont, même en hiver, de nuit, du vendredi au dimanche, jusqu’à 1 heure du matin et le reste de la semaine, jusqu’à 22 h.

Parc gratuit entrées principales : 1-7 rue Botzaris Paris 19ème, 2-6b rue Manin, 55 rue de Crimée, 42 avenue Simon Bolivar, métros Botzaris ou Buttes-Chaumont ligne 7 BIS, Jourdain ligne 11, Laumière ligne 5. Bus lignes 75, 60 et 48.

Bibliographie sélective :

ALPHAND (Adolphe), Les Promenades de Paris, histoire, description des embellissements dépenses de création et d’entretien, dessins de E. Hochereau, Paris, J. Rothschild éditeur, 1867-1873, 246 pages et annexes, notamment l’arboretum, spéc sur les Buttes-Chaumont pages   198-204 ;

ALPHAND (Adolphe), Les Promenades de Paris, histoire, description des embellissements dépenses de création et d’entretien, dessins de E. Hochereau, Paris, J. Rothschild éditeur, 1867-1873, 246 pages et annexes, notamment l’arboretum, spéc sur les Buttes-Chaumont pages   198-204 ;

ANDRÉ (Edouard), L’Art des jardins : traité général de la composition des parcs et jardins, Paris, G. Masson, 1879, 888 pages ;

ARAGON (Louis), Le paysan de Paris, Paris, Gallimard, collection blanche, 1926, 264 pages ;

BOUE (Germaine), Les Buttes-Chaumont, note historique et descriptive, Paris, 1867, PAUI, Chez tous les libraires, 36 pages ;

CASSELLE (Pierre), sous la direction de, Rapport à l’Empereur Napoléon III : Commission des embellissements de Paris, rédigé par le comte Henri Siméon, avant-propos Michel Fleury, Paris,  décembre 1853, 205 pages ;

DARCEL (Jean), Etudes sur l’architecture des jardins, Paris, Dunod, 1875, 100 pages et annexes ;

 

DELVAU (Alfred), Histoire anecdotique des barrières de Paris, E. Dentu, 1865, 301 pages, spéc (bataille du 30 mars 1814 aux Buttes-Chaumont), pages 115-116 ;

DESLYS (Charles), Les Buttes-Chaumont, Paris, Marpon et E. Flammarion,  Hachette, 1890, 250 pages ;

ERNOUF (Baron), L’art des jardins, revu par Adolphe Alphand, Paris, Rothschild, 1886, 364 pages, spéc. pages 312 ;

FAVRE (Edouard), Eudes, comte de Paris et roi de France (882-898), Paris, E. Bouillon, 1893, 284 pages, spéc pages 106-108 ;

GAUTHIER (Hyppolite), Les curiosités de l’Exposition universelle de 1867, Paris, Charles Delagrave, 1867, 203 pages, spéc 196-201 ;

GAZAN de la PEYRIERE (Comte de), Le Paris de Napoléon III, Paris, E. Dentu, 1870, 220 pages, spéc pages 200 ;

HAMON (Françoise), «Les Buttes-Chaumont», in Simon Texier, Les Parcs et jardins dans l’urbanisme parisien XIXe-XXe siècle, Délégation à l’Action Artistique de la Ville de Paris, 2001, 293 pages, spéc pages 99-100 ;

KOMARA (Ann), «Concrete and the engineered picturesque. The Parc des Buttes-Chaumont (Paris 1867)», Journal of Architectural Education, 2004, vol. 58, pages 5-12 ;

LIMIDO (Luisa), L’art du jardin sous le Second Empire : Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1837), Seyssel, Champ Vallon, 2002, 282 pages ;

LISSARAGAY (Prosper-Olivier), Histoire de la commune de 1871, Paris, E. Dentu, 1896, 576 pages, spéc sur la bataille des Buttes-Chaumont pages 379-383 ;

LISSARAGAY (Prosper-Olivier), Les huit dernières journées de mai derrière les barricades, Bruxelles, Bureau du Petit journal, 1871, 322 pages, spéc sur la bataille des Buttes-Chaumont pages 126-150 ;

MAILLARD (Firmin), Le gibet de Montfaucon, étude sur le vieux Paris, gibets, échelles, piloris, marques de haute justice, droit d’asile, les fourches patibulaires, Paris, Auguste Aubry, 1863, 98 pages ;

MARGUERITE (Paul) MARGUERITE (Victor), La Commune, Paris, Plon Nourrit, 1904, 639 pages ;

MATHIS (Suzy), «Les Buttes-Chaumont», Dimanche de la femme,  2 juin 1935, 14ème année, n°691, page 3 ;

NOUAIL VILLEGILLE, de (Paul, Arthur), Des anciennes fourches patibulaires de Montfaucon, Paris, Techner, 1836, 116 pages ;

PERROT (Ingénieur à Rouen), Impressions de voyage. Montfaucon, son gibet, sa voirie, son écorcherie, description topographique, historique et industrielle, Paris, Chez l’Editeur, 1840, 190 pages, spéc 109 et suivantes ;

PICON (Antoine), «Nature et ingénierie : le parc des Buttes-Chaumont», Romantisme, 2010 (4)  n°150, pages 35-49 ;

PLAZY (Gilles), LEGRAIN (Arnaud), Le Parc des Buttes-Chaumont, Paris, Flammarion, 2000, 152 pages ;

PONTHIEU (Amédée), Légendes du vieux Paris, Bachelin-Delflorenne, 1867, 382 pages spéc sur les buttes pages 344-345 et pages 353-361 ;

REYNAUD (Marius), Les Buttes-Chaumont ou Saint Chaumont, les temps anciens et les temps modernes, Châtellerault, Imprimerie Bichon et Frères, 1830, 40 pages ;

SAND (George), «Les Promenades dans Paris. La Rêverie à Paris», dans Paris guide, Librairie Internationale, 1867, t. 2, page 1202 ;

SPONT (Alfred), Semblançay, la bourgeoisie financière au début du XVIème siècle, Paris, Hachette, 1895, 324 pages, spéc (procès et exécution de Semblançay)  235-264 ;

VACHEROT (Jules), Les Parcs et jardins au commencement du XXe siècle. École française (Barillet-Deschamps), Paris, 1908, Octave Doin, Librairie agricole, 501 pages, spéc, pages  202-203.

Paris, le 14 avril 2017, actualisé le 5 juillet 2018, par M. Amadou Bal BA , http://baamadou.over-blog.fr/

«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
«Le Parc des Buttes-Chaumont à Paris : entre tragédie et ravissement», par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.
Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.

Le merveilleux parc des Buttes-Chaumont, à Paris 19ème.

Partager cet article

Repost0
21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 21:44

Leçons et perspectives du référendum du 20 mars 2016, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Ce post a été publié dans le journal Ferloo édition du 22 mars 2016.

"Je ne suis pas ici pour la haine. Je suis ici pour l'amour", fait dire Sophocle à Antigone. La violente et hystérique campagne électorale du référendum étant terminée, ne nous attardons pas aux considérations amères des mauvais perdants. Seul le peuple sénégalais est vraiment sorti victorieux de cet historique scrutin qui consolide la démocratie sénégalaise.

A travers ce vote du OUI, le Sénégal confirme son statut de pays démocratique et de véritable nation laïque et pluriethnique, fondée sur une coexistence pacifique entre plusieurs religions et groupes ethniques. C’est un échec cuisant pour les marabouts affairistes qui entretenaient un mythe, suivant lequel, ils pouvaient faire et défaire la classe politique. Les politiciens qui avaient joué la carte ethnique, mais qui cachaient mal leurs ambitions personnelles en ont pris pour leur grade, et pour bien longtemps. Une action politique doit être fondée sur un projet politique cohérent susceptible de rassembler tous les Sénégalais, quelque soient leur confession religieuse ou leur appartenance ethnique. De ce point de vue, il faudrait se féliciter de l’héritage du président SENGHOR, dans contribution décisive de l'édification d’une nation sénégalaise unie dans la diversité, autour de principes et valeurs républicains de tolérance et du bien-vivre ensemble. Toute méconnaissance de cette donnée majeure, dans le jeu politique, ne pourrait que rencontrer incompréhension et échec.

Le vote en faveur du OUI, à 62%, est indubitablement un succès pour le président Macky SALL, même s’il ne s’agissait pas d’un scrutin plébiscitaire. M. SALL après trois années au pouvoir, a conservé l’essentiel de sa légitimité de 2012 qui se situait à 65% ; ce qui est rare dans un contexte de crise et de violente guerre électorale avec ce référendum du 20 mars 2016. M. SALL est incontestablement entré dans l’histoire. En effet, les Sénégalais votent depuis la fin du XIXème siècle. De grands événements ont marqué la vie politique sénégalaise, comme la victoire de Blaise DAIGNE en 1914 contre CARPOT, l’indépendance en 1960, le multipartisme illimité sous Abdou DIOUF, les alternances en 2000 et 2012. Ce référendum a suscité de fortes passions qui relèvent parfois de l'hystérie ou de la malveillance, que tout échec aurait gravement nuit à la carrière politique du président Macky SALL. Par conséquent, tout succès est aussi à mettre aussi à son crédit. La future campagne des présidentielles, en son temps, ne pourra pas être valablement polluée par la question de la durée du mandat présidentiel. Ce sera programme contre programme.


C'est aussi une victoire de M Ousmane Tanor DIENG, premier secrétaire du Parti socialiste, qui a tenu bon, en dépit d'une ambiance délétère, dans sa stratégie de défense résolue de l'intérêt national. Il ne fallait pas confondre les questions de leadership au Parti socialiste et le référendum modernisant la vie politique sénégalaise. Les ambitions personnelles sont légitimes, mais chaque chose en son temps.

En définitive, l’adoption de ce référendum constitutionnel ouvre de grandes perspectives pour le Sénégal.


Tout d’abord une étape incertaine, de tentation de monarchisation du pouvoir politique, est close. Cette question de la durée du mandat présidentiel a considérablement empoisonné la vie politique sénégalaise, qu’on s'est finalement délivré d’un lourd fardeau. Le Sénégal peut affirmer, avec une grande fierté, qu’il reste une grande nation démocratique et républicaine servant de modèle en Afrique.


Ensuite, le grand chantier concernant la rationalisation et le financement des partis politiques, ainsi que le statut de l’opposition, peut commencer. Qu’entend t-on exactement par le «concept de statut de l’opposition», en termes de droits et d’obligations ?


Comment, dans une démocratie, juguler et maîtriser les forces politiques qui se situent en dehors ou à la périphérie des partis politiques ?


Certaines personnalités se réclament de la «société civile» et s’érigent en forces indépendantes. S’agit-il d’un phénomène d’auto-proclamation qui vise à masquer l’absence d’une assise politique ? ou est-ce que c’est une autre manière de faire de la politique, sans l’avouer ?


Divers groupes de pression interviennent dans le champ politique, et risquent de rester en dehors du champ de la future réglementation sur les partis politiques. C’est le cas notamment des pouvoirs religieux.

Au moment où on a découvert du pétrole et du gaz au Sénégal, les puissances économiques, et en particulier les multinationales, interfèrent dans le champ politique.

Le président Macky SALL devrait équilibrer les tendances à sein de son parti, organisation très jeune qu'il faudrait professionnaliser.

Enfin, les Sénégalais de l’extérieur attendent, avec un grand intérêt, un système de représentation, mais surtout efficace de défense de leurs intérêts. Les sujets de mécontentement ne manquent pas. Ainsi, en France le sort des retraités, le respect de la convention d’établissement (droit à la sécurité sociale, droit au séjour et regroupement familial, tarif des communications internationales ou des billets d'avion, place dans le champ économique au pays, etc.), l'efficacité et la disponibilité de nos représentations diplomatiques à l'égard de nos nationaux, sont autant de points de friction.

Je retiens de cet épisode politique au Fouta-Toro, le grand besoin des Foutankais d’être mieux représenté dans les instances politiques et étatiques. En effet, jusqu’ici, alors que le Fouta est resté légitimiste à l’égard de tous les gouvernants, ses représentants se sont révélés de piètres hommes politiques. Les Foutankais ne veulent plus de Farba N’GOM qui a gravement terni l’image de la Politique. Ils souhaitent avoir une représentation digne qui défende énergiquement leurs intérêts.


En effet, dans ce besoin d’une meilleure gouvernance, ce référendum a fait émerger, sur un point modeste, mais important, l’irruption de l’intelligentsia de mon village, Danthiady, dans la scène politique sénégalaise. Le OUI a triomphé, massivement, à Danthiady, à plus de 93%.


En effet, la déclaration de M. Kalidou Diallo, ancien ministre, pour le Oui, maître Malick Sall, un avocat d'affaires très influent, connu et reconnu, a animé de grands meetings à Ogo, à Danthiady et dans le Fouta-Toro. Il a été accompagné d'une forte délégation :


Des journalistes de renom :

M. Daouda N'DIAYE,

M. Alassane Diallo,


D'éminents universitaires :

M. Harouna BAL dit Chita Bal,

M. Abdoulaye Ndiaye,


Des enseignants chevronnés :

M. Amadou Ndiaye, proviseur au lycée de Ouro-sogui,

M. Amadou Harouna Ndiaye dit "Soda", enseignant.


Le village de Danthiady bénéficie, à travers de son important et exceptionnel réseau de cadres, d'une force d'influence dans le jeu politique au Fouta-Toro et dans le pays.

Vive le Sénégal et vive la République !


Paris, le 20 mars 2016 par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/

Leçons et perspectives du référendum du 20 mars 2016 au Sénégal, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0
21 mars 2016 1 21 /03 /mars /2016 21:41

M. Amadou Mahtar M'BOW, dont la contribution particulièrement discrète, mais déterminante à la consolidation de la démocratie sénégalaise, est un grand Sage dont les recommandations ont abouti au référendum du 20 mars 2016, rénovant, profondément la démocratie sénégalaise. Ce référendum est aussi un hommage à cet homme hors du commun qui a choisi de mettre l'intérêt de l'Afrique hors des contingences politiciennes. En effet, en 2012, le président Macky SALL nomme M. M'BOW à une mission en charge de rénovation des institutions de la République. M. M'BOW avait aussi présidé les Assises Nationales qui ont été publiées chez l’Harmattan. Le rapport général des Assises nationales ouvertes le 1er juin 2008, a fait le bilan des cinquante ans d'indépendance et trace les perspectives de refondation de la nation sur des bases nouvelles. Le président Macky SALL a eu raison, dans ces moments importants de la vie politique sénégalaise, de faire confiance à une conscience morale constante représentée par le doyen Amadou Mahtar M'BOW.

Cet homme d’Etat a toujours été un insoumis et un rebelle, réclamant sans cesse et de manière résolue, la dignité pour les Africains. Ainsi, M. M’BOW a été un des leaders de la F.E.A.N.F., un syndicat étudiant exigeant l’indépendance immédiate de l’Afrique ; cette  activité syndicale intense lui a valu d’être exilé, par les autorités coloniales, à Rosso en Mauritanie. M. M’BOW a une connaissance pointue du milieu rural et des questions d’éducation. Il a produit entre 1953 et 1957 diverses enquêtes qui couvrent des villages représentatifs du Sénégal. En 1958, avec Abdoulaye LY et Assane SECK (1919-2012), autour du Parti du Regroupement Africain, (P.R.A), Amadou Mahtar M’BOW réclame l’indépendance immédiate du Sénégal, et refuse donc l’autonomie interne. Sa production intellectuelle entre 1963 et 1970 couvre également des questions d’histoire et d’éducation, ainsi que de grands dossiers sur l’Afrique.

Pendant son mandat de Directeur général de l’UNESCO, M. M’BOW a fait entendre la voix des opprimés, à travers une plaidoirie pour plus de justice, d’égalité et de fraternité, dans une société internationale fondée sur le multilatéralisme et le respect des différences. C’est ainsi qu’il a produit, notamment, des contributions déterminantes sur le nouvel ordre économique international, la solidarité des nations, le temps des nations.  Dans son ouvrage, «Le temps des peuples», M. M’BOW a recensé ses principaux discours et ses combats à l’UNESCO pour faire entendre la voix des pays du tiers-monde. Les thèmes abordés sont variés : le monde et la solidarité, problèmes d'hier et d'aujourd'hui, les périls, races et racisme, les droits de l'homme, colonialisme, la paix et le désarmement, le développement, la culture, l'Afrique en changement, le nouvel ordre économique international, l'information, la communication, la préservation du patrimoine de l'humanité, la vocation de l'UNESCO. M. M’BOW avance que «Le temps des peuples» ne serait pas alors seulement celui dont disposent les uns pour «envahir l'aire culturelle et de communication» des autres, mais aussi celui qui permet d'aboutir à ce rééquilibrage de la société internationale, dans le sens de la justice et de l’égalité. L’UNESCO étant devenue la tribune des peuples opprimés, cela n’a pas manqué d’agacer, très fortement l’Oncle Sam.

Son indépendance d'esprit, sa lucidité, sa grande bienveillance, forcent l'admiration. Il n'a pas échappé à tous les Africains que durant son glorieux mandat, en qualité de Directeur Général de l'UNESCO (1974-1987), il a exercé une influence décisive pour la promotion des valeurs culturelles de notre continent. «Il faut guider le navire : promouvoir la justice et la concorde entre les hommes, donner à chacun, par l’éducation, la possibilité d’exercer pleinement sa responsabilité d’homme, faire en sorte que la science serve à dompter le chaos des forces naturelles, que la culture, enfin, crée l’atmosphère propice à l’épanouissement des plus nobles capacités humaines» dit-il lors de son discours d’investiture du 19 novembre 1974. En effet, M. M’BOW a été sous-directeur de l’UNESCO de 1970 à 1974, puis Directeur Général de l’UNESCO de 1974 à 1987. Dans un ouvrage, il plaide pour l’entre-aide internationale, l’égalité de traitement entre tous les pays, le respect des particularismes culturels, la liberté de l’information et la juste répartition des moyens de communication. Les Etats-Unis ont quitté un certain temps l’UNESCO, pour protester contre cette politique tiers-monde de M. M’BOW.

Amadou-Mahtar M’BOW est né le 20 mars 1921, à Dakar (Sénégal), dans une maternité où vivait à cette époque son grand-père, Amadou CASSET, un tirailleur sénégalais de la Première guerre mondiale, devenu par la suite employé au service d’hygiène de la ville de Dakar. Enfant, on était tellement fier de notre Amadou-Mahtar, qu'on avait bâti une légende suivant laquelle ses origines lointaines seraient des ancêtres peuls, des forgerons, originaires de Bélinaïdé, un village situé à 10 km de Danthiady, mon village natal. «Mes parents étaient originaires du Oualo, qui était une zone de contact entre les Ouolofs, les Maures, les Peuls et les Toucouleurs. Mon père vivait à Louga. Il est difficile de savoir d’où venaient mes ancêtres les plus lointains» dit-il. Amadou-Mahtar, de culture Ouolof, ayant grandi au sein de l’ancien empire du Cayor, parle le Peul qu’il a appris de sa grand-mère. L’origine des Peuls remonte à l’Egypte, suivant Cheikh Anta DIOP. De là son goût pour l’histoire «L’enfance d’entre nous a été bercée par des récits qui n’avaient rien de commun avec l’histoire telle qu’elle était enseignée dans les écoles coloniales et missionnaires» dit-il.

Son père, Fara N’DIAYE - M’BOW (Né vers 1870), agriculteur et artisan, maître de la parole, connu pour sa grande probité et son intégrité, un érudit de l’oralité, avec trois enfants (Amadou-Mahtar, Peinda et Gami), avait la responsabilité d’une grande famille. «Mon père était unanimement respecté, parce qu’il a toujours été d’une grande droiture. C’était un homme profondément religieux. Il avait un grand sens de l’équité et en même temps de la responsabilité. Il voulait préparer les hommes à être des hommes (…). Il nous exhortait à la modestie, l’humilité, au respect des personnes âgées, à la compassion à l’égard des humbles, des plus pauvres, des infirmes, des femmes sans défense. (…) Il considérait aussi que l’homme devait constamment s’efforcer de s’élever à un niveau toujours plus haut dans l’ordre du savoir, de la spiritualité. Il priait beaucoup, mais n’a jamais été détaché des choses de la vie.» dit M’BOW. Son père, Fara, un notable local, né à Dialakhar, mais dont la naissance a été déclarée à Saint-Louis, avait la nationalité française et faisait partie de la délégation sénégalaise à l’Exposition universelle, à Paris, de 1900 ; il fut ébloui par l’électricité, la Tour Eiffel et le métro parisien, l’inauguration duquel il assista. Il avait deux épouses (Awa SECK DIAGNE et Yony SOW), mais sans enfants,  en 1920, il songea, à 50 ans passés, d’avoir une troisième épouse, N’Goné CASSET (1901-1933 ?), la mère d’Amadou-Mahtar. Enfant désiré, Mahtar signifie «le choisi».

Enfant, choyé, il fut élevé par les deux autres épouses de son père : «Je n’ai pas eu une seule mère, j’en ai eu plusieurs. Comme ma sœur cadette et mon jeune frère, j’ai été élevé par une des femmes de mon père : Yoni Sow, qui, elle aussi, m’a considéré comme son fils. (..) Sans doute, plus que ma propre mère, c’est ma seconde, mère Yony Sow, qui m’a le plus initié aux traditions africaines, véritable puits de savoir et de science» dit-il.

En 1933, à 12 ans, Amadou-Mahtar perd sa mère ; c’est la première expérience de la mort : «J’en ai souffert énormément, mais intérieurement. Dans les sociétés africaines traditionnelles, on nous apprenait à toujours garder la maîtrise de soi, à accepter la douleur et la souffrance, sans manifestations extérieures» dit-il. Etant l’aîné de la famille, il devait donner l’exemple, sans défaillance. Aussi, jusqu’à l’âge de 15 ans, il a semé, labouré, ramassé les récoltes et mené les animaux jusqu’aux pâturages. Il découvre et apprend à aimer la nature «Je connaissais toutes les plantes, celles qui guérissent, celles qui tuent» dit-il. Dans ce monde rural, il a appris le goût de l’effort, la persévérance, l’humilité et la solidarité. Comme tous les enfants musulmans, en mars 1927, il commence à fréquenter l’école coranique, en plein air, chez Amadou FALL, atteint de poliomyélite, un maître sévère : «C’est une école d’humilité ; quels que soient sa condition ou son milieu, l’élève doit se plier à certaines exigences telles que la corvée du bois ou de l’eau, la culture de la terre, l’aumône à demander au bénéfice du maître» dit-il. Le maître d’une école coranique ne recevait aucune rétribution, il mettait son savoir au service de la communauté. La mémorisation, la valeur éthique et morale de l’école coranique ont inculqué à Amadou-Mahtar l’humilité, la fraternité, le sens de la responsabilité et le goût de l’effort. Entre 1928 et 30, une grande famine sévit, avec de nombreux morts : «Enfant, j’ai côtoyé la faim. J’ai vu des hommes, des femmes, mourir de faim. La faim, ce n’est pas une figure de rhétorique ; il faut l’avoir vécue pour en comprendre l’angoisse» dit-il. Amadou-Mahtar a tenté de sensibiliser l’Occident, avec son opulence, cet univers du sous-développement, de la pauvreté et de la misère. C’est une aberration que l’on trouve également la pauvreté, même dans les pays industrialisés.

En novembre 1929, à l’âge de 8 ans, il entre à l’école coloniale française, vêtu de son boubou traditionnel. Il ne commencera à s’habiller, à l’européenne, qu’à l’âge de 17 ans.  A cette époque c’était un privilège, pour les indigènes d’aller à l’école française, particulièrement sélective. Sur les 40 élèves de sa promotion, seuls 8 ont été admis au certificat d’études primaires élémentaires (C.E.P.E.). Après son CEPE, en 1937, à 16 ans, trop âgé, il ne pouvait pas fréquenter le lycée ; il fait alors deux années d’études commerciales à Dakar. En 1938, après concours, il entre en qualité de commis dans l’administration, au cabinet du gouverneur de Dakar, au Bureau du courrier du gouverneur de la circonspection de Dakar et dépendances. Pendant la Seconde guerre mondiale, et à 18 ans, désireux de se battre contre l’oppression, engagé volontaire, en mars 1940, il choisit l’armée de l’air où il rejoint l’École des radiotélégraphistes qui venait d’être ouverte à la caserne Rocabey à Saint-Malo, en France. Le 16 juin 1940, l’école reçoit l’ordre de se replier. Deux jours plus tard, il entend l’appel du Général. Il souhaite rejoindre Londres. Sans succès. Il passe un mois en Bretagne puis, après avoir été démobilisé à Limoges, rejoint finalement le camp de Rivesaltes où étaient regroupés des contingents de tirailleurs. Si beaucoup d’hommes politiques de l’Afrique francophone ont participé à la Seconde Guerre mondiale, on sait par contre peu de choses sur ceux qui essayèrent de rejoindre, et parfois jouèrent un rôle actif, dans la Résistance. «J’avais conscience d’accomplir un devoir d’homme libre. Je ne suis pas un non-violent, mais je trouve la guerre fondamentalement absurde. La prochaine signifiera la fin de l’homme» dit-il.

Après la débâcle, il rejoint le Sénégal. En octobre 1940, Amadou Mahtar M’BOW rentre au Sénégal, où il reprend ses fonctions auprès du gouverneur dans un nouveau service, le comité local des échanges commerciaux. Il y rencontre à cette époque Robert CORNEVIN. Il sera rappelé à la base aérienne de Thiès. En novembre 1942, après le débarquement des forces alliées en Afrique du Nord, il reprend le combat de libération et se retrouve, en octobre 1943, à l’école de l’air, à Agadir, au Maroc. Il en sortira sergent, spécialiste des équipements électriques des avions.

Après avoir obtenu le Brevet supérieur de mécanicien de l’armée de l’air et servi à deux postes de chasse en Auvergne, il sera démobilisé à Paris, en 1945. Il suit les cours de l’école d’électricité de Bréguet, rue Falguière, à Paris 15ème (installée depuis 1987, à Noisy-le-Grand), pour devenir ingénieur-électronicien. A 27 ans, il passe son baccalauréat, et s’inscrit à la Sorbonne aux cours d’histoire et de géographie : «C’était un choix et je ne cache pas qu’il était politique. J’estimais à l’époque que ce qui était le plus important pour l’Afrique c’était d’avoir des intellectuels qui se penchent sur leur passé, qui revalorisent les cultures africaines et qui puissent éveiller l’intérêt des jeunes pour leur histoire et pour les problèmes du monde», dit-il. Amadou Mahtar M’BOW fréquente Abdoulaye LY (1919-2013), ancien directeur-adjoint de l'I.F.A.N et secrétaire général du Parti du regroupement africain-Sénégal ; ce qui ancrera ses idées encore plus à gauche. Dès 1948, il est président de l’association des étudiants africains à Paris. Elu président du bureau provisoire de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (F.E.A.N.F.), au congrès à Bordeaux, dans la nuit du 31 décembre 1950 au 1er janvier 1951, il en devient le Secrétaire Général au congrès des 20 et 22 mars 1951, aux côtés de Solange FALADE, (Dahomey), la présidente. Il est convaincu qu’il faut avant tout se battre pour la dignité des opprimés et du peuple noir, en particulier, parce qu’il est l’un des plus opprimés. C’est l’époque où la Négritude bat son plein à Paris, pour réhabiliter un passé dissimulé par le discours colonial, il revendique la richesse culturelle de l’Afrique et sa diaspora.

A la Sorbonne, il rencontre une haïtienne, Raymonde SYLVAIN, fille d’un diplomate et nièce de Bénito SYLVAIN, un éminent panafricaniste, qui sera sa femme le 27 juillet 1951, et lui donnera trois enfants, deux filles (Awa et Marie-Amy) et un garçon (Fara). «J'ai épousé une haïtienne. Haïti est un pays extraordinaire. J'ai connu ma femme à Paris, à la Sorbonne, elle était étudiante en histoire comme moi. Son père était un universitaire et un diplomate à Bruxelles. J'étais comme un fils pour mon beau-père parce qu'il n'avait que des filles. Son parcours me rappelait un peu le mien. Mon beau-père a été mis en prison pendant 5 ans par son propre cousin, par le ministre de l'Intérieur, parce qu'il était consul général d'Haïti à Saint Domingue. Il avait dénoncé le ministre de l'Intérieur qui trafiquait les Haïtiens comme des esclaves avec des Planteurs de la République dominicaine. Il a alors démissionné de son poste, il est revenu à Haïti, a fondé son parti et s'est mis à attaquer ce ministre de l'Intérieur. Il est arrêté et mis en prison» dit-il.

On lui offre un poste d’enseignant en France, qu’il refuse. En 1951, il retourne au Sénégal et enseigne d’abord à Rosso, en Mauritanie, qui dépendait de l’académie Sénégal-Mauritanie. C’est une sanction déguisée, on voulait l’éloigner des centres de décisions : «J’en ai été ravi. Ce que je voulais c’était reprendre contact avec l’Afrique, me retrouver avec des élèves africains. J’étais le seul professeur noir de toute l’académie. C’était un événement» dit-il.

De 1953 à 1957, il est affecté à Dakar, en charge des services d’éducation de base. Les paysans sont analphabètes, or la dignité passe par l’école. C’est une période exaltante : «la plus riche de ma carrière» dit-il. Utilisant le français et les langues nationales, il invente une méthode de lecture-écriture, spécialement adaptée aux ruraux.

En 1955, il adhère au Bloc Démocratique Sénégalais (BDS), le parti de Léopold Sédar SENGHOR et Mamadou DIA, fondé en 1948 et qui, quelques années plus tôt, depuis les élections législatives de 1951 domine la vie politique sénégalaise en ayant éclipsé la SFIO de Lamine GUEYE. «La politique, au sens générique du terme, était toujours présente dans ma vie et mon activité professionnelle» dit-il.

En 1957, dans le cadre de l’autonomie interne, il est nommé Ministre de l’éducation et de la culture du Sénégal. Partisan du Non au référendum de 1958, et de l’indépendance immédiate, il démissionne de son poste ministériel pour retourner à l’éducation, d’abord à Saint-Louis, puis à l’école normale supérieure à Dakar. Il a rejoint le Parti du Regroupement Africain-Sénégal nouvellement créé, en juillet 1958, à Cotonou, et dont il est membre du bureau politique : «Nous ne pouvons pas discuter avec la France tant que nous n'avons pas, nous-mêmes, notre indépendance. Et, notre indépendance, nous la voulions avec la Fédération africaine» dit-il. Après la crise de décembre 1962 qui voit l’éviction et l’emprisonnement de Mamadou DIA (1910-2009), le P.R.A-Sénégal demeure le seul parti légal de l’opposition face à l’Union progressiste sénégalaise, parti créé en 1958 et regroupant le BDS et la SFIO. En 1966, les leaders du PRA-Sénégal rejoignent l’U.P.S. Amadou Mahtar M’BOW est nommé ministre de l’éducation et amorce l’africanisation de l’université de Dakar, encore largement dominé par les Français. C’est lui qui doit gérer la crise de mai 1968, cela lui coûte sa place. Il change alors de maroquin, et devient ministre de la culture, jusqu’en 1970.

Depuis 1966, Amadou-Mahtar M’BOW fait partie du conseil exécutif de l’UNESCO. Il préside le groupe des 77, représentant les pays du Tiers-monde. En 1970, René MAHEU (1905-1975), D.G de l’UNESCO de 1961 à 1974, lui confie le secteur de l’Education. Soutenu par les pays africains, il est nommé à la tête de l’organisation en remplacement du français René MAHEU. En 1974, il devient le premier représentant de ce qu’on appelle «le Tiers-monde», un Sahélien aux fonctions de Directeur général de l’U.N.E.S.C.O. Cela lui vaut plusieurs inimités et une campagne raciste dans la presse française. «Je crois que les grandes puissances ont toujours tendance à vouloir dicter aux dirigeants des instances internationales quelques unes de leur volonté. Je ne l'ai jamais accepté dans ma vie» dit-il. M. M’BOW prend ses fonctions à la direction générale de l’U.N.E.S.C.O, en pleine guerre froide, avec l’arrivée de nouveaux Etats issus de la décolonisation et l’Apartheid était encore défendue par les Occidentaux. Musulman intègre, chef de famille attentif, tendre et prévenant, un bourreau de travail : «J’ai eu un mal fou à suivre son rythme. M’Bow a horreur des paresseux, mais il a eu tendance à trop écouter les flatteurs et les courtisans» écrit THASSINDA, son biographe. En homme cordial et ouvert, affable et simple, maîtrisant ses dossiers, il réalise un deuxième mandat à la tête de l’UNESCO, jusqu’en 1987. «Nous ne l’avons jamais vu se mettre en colère, mais s’il est prompt à accorder sa confiance, gare à celui qui le déçoit» disent ses collaborateurs. Partisan du multilatéralisme, son orientation tiers-mondiste à l’UNESCO est contestée par les Américains, il n’a donc pas pu décrocher une troisième réélection.

D’une grande intégrité morale, on dit que «M’Bow n’est pas corruptible, ni par l’argent, ni par l’alcool, ni par les femmes». En effet, Amadou-Mahtar M’BOW a été le défenseur, intrépide, de la sagesse africaine : «J’aurais été heureux de pouvoir, comme on le fait sous le baobab en Afrique, arriver à faire la confrontation de toutes les opinions, trouver une voie moyenne acceptable par tous. Je me méfie un peu de l’humanisme universaliste qui cache souvent un européo-centrisme. Je préfère le pluralisme qui accepte l’identité particulière de chaque peuple. J’ai été élevé dans l’acceptation des différences, dans la tolérance. Je suis frère de tout être humain, quels que soient sa race, ses croyances, les lieux où il vit. A partir de là, on peut bâtir une véritable solidarité» dit-il.  Sa fierté d’être Africain transparaît dans ses paroles et ses actes : «Quand je parle de l’Afrique, il ne s’agit pas d’une vision abstraite, mais d’une réalité vécue et pleinement assumée. (…) Oui, j’ai grandi avec l’Afrique, souffert de sa souffrance, vécu ses angoisses, assumé ses espoirs. J’en ai reçu une éducation faite de volonté d’enracinement au milieu traditionnel ; en assumant les valeurs fondamentales de ce milieu, nous nous assumions en tant qu’êtres libres dans une société dominée, car ce qu’il fallait préserver c’était la liberté de l’esprit, qui donne le vrai sens de la dignité. Aussi, la haine n’a jamais habité notre cœur, même dans les périodes d’affrontement, parce que nous n’avions jamais désespéré de l’homme» dit-il. Amadou-Mahtar M’BOW, qui a passé son enfance à Louga, croit au dialogue des cultures, à l’ouverture aux autres : «Je n’oublierai pas, non plus, l’expérience que j’ai acquise depuis le jour où, par une matinée de novembre 1929, je fus conduit à l’école régionale de Louga par un père qui ne savait pas le français, mais qui avait senti que, si la continuité avec soi était essentielle, il fallait aussi établir la continuité avec le monde. (…) Le monde est un et le combat est partout le même» dit-il. Amadou-Mahtar est attaché à la solidarité entre les peuples et condamne, fermement, toute tentative de hiérarchiser les cultures «L’humanité est condamnée à vivre dans l’ère de la solidarité, si elle ne veut pas connaître celle de la barbarie. La solidarité c’est d’abord l’acceptation des différences (…) c’est de renoncer à toute idée de hiérarchie entre les peuples et les nations» dit-il. Bien que les Etats africains aient soutenu sa candidature à l’U.N.E.S.C.O., il a eu l’élégance de dire : «Je prends congé d’eux (Etats africains) parce que, désormais, je suis le citoyen de chacun de vos pays et le serviteur de la totalité de vos Etats».

A chaque fois que j'entame la lecture d'un grand écrivain noir, je trouve des traces du nom de notre vénérable Directeur Général, M. Amadou-Mahtar M'BOW. Ainsi, Birago DIOP (1906-1989) ne tarit pas d'éloges à son égard. Joseph ZOBEL est venu au Sénégal grâce à lui. C'est à l'U.N.E.S.C.O. qu’Amadou Hampâté BA avait prononcé sa célèbre phrase «En Afrique, quand un vieillard meurt c'est une bibliothèque qui brûle». Pendant longtemps, l’histoire de l’Afrique a été enveloppée, «dans la couleur noire de la nuit».  Pour son biographe, Amadou-Mahtar M’BOW, c’est «l’homme qui a cru en l’UNESCO et qui lui a consacré le meilleur de lui-même. (…) Cet homme nourrit des ambitions pour son continent et se sent préoccupé pour son avenir» écrit THASSINDA Uba. Une histoire générale de l’Afrique, en 8 volumes, a, finalement, vu le jour, avec une magistrale préface d’Amadou-Mahtar M’BOW ; son ambition de «reconstruire une histoire de l’Afrique libérée des préjugés raciaux hérités de la traite négrière et de la colonisation» et «favoriser une perspective africaine». Pendant longtemps, écrivait en préface le directeur général de l’UNESCO (1974-1987) Amadou-Mahtar M’BOW, les «mythes et préjugés de toutes sortes ont caché au monde l’histoire réelle de l’Afrique. Les sociétés africaines passaient pour des sociétés qui ne pouvaient avoir d’histoire. Malgré d’importants travaux effectués, dès les premières décennies de ce siècle, […] bon nombre de spécialistes non africains, attachés à certains postulats soutenaient que ces sociétés ne pouvaient faire l’objet d’une étude scientifique, faute notamment de sources et de documents écrits».

Avant d’être Directeur général de l’UNESCO, M. M'BOW, un ancien leader du PRA, a été enseignant, rédacteur de manuels scolaires, homme de culture est un citoyen engagé pour la République et la démocratie. Il a été député, et conseiller municipal à Saint-Louis. En effet,  parallèlement à sa carrière d’éducateur, il mène un combat politique qui l’amène à des responsabilités de premier plan. Après ses mandats à l’UNESCO, retiré au Maroc, Amadou Mahtar M’BOW revient dans le jeu politique sénégalais à la fin des années 2000. C’est lui qui, pendant un an entre 2008 et 2009, préside les assises nationales, cette vaste coalition qui s’oppose à la réélection d’Abdoulaye WADE en 2012. Dès 1960, il avait acheté un terrain à Point E, à Dakar et y a fait bâtir sa maison. Reconnu pour son rôle de doyen, Amadou Mahtar M’BOW a également reçut plusieurs distinctions honorifiques. Il anime des conférences et colloques, écrit beaucoup et prodigue des conseils aux hommes et femmes politiques qui doivent pratiquer la concertation, afin d’être au plus près des besoins de la population. En dépit d’un âge avancé, il représente une conscience morale pour le Sénégal et participe toujours très activement à sa vie politique.

De son vivant, une université à Diamniadio, près de Dakar, porte son nom. C’est une université d’excellence, dans le cadre du Sénégal Emergent, avec des unités de formation et de recherche, U.F.R., (Aménagement, urbanisme et patrimoine ; agriculture et alimentation ; Communication et graphisme ; gestion des entreprises ; métiers de la santé et sciences techniques ; terre et environnement) des écoles spécialisées en maintenance aéronautiques, portuaires et aéroportuaires, mines et géologie, des instituts spécialisée en eau, implants et technologies biomédicales, hôtellerie, tourisme et mode, santé publique et sport, ainsi que des centres de formation permanente, pour les nouvelles technologies et les langues.

Incarnant cette fierté et cette dignité de notre continent, M. M'BOW représente, à mon sens, l'honneur d'être Sénégalais : «Vous avez, durant votre riche vie d’enseignant, de combattant de l’indépendance des peuples et de la liberté de l’homme, su donner avec beaucoup d’abnégation et d’engagement, un immense rayonnement à votre pays, le Sénégal, à votre continent et au monde entier» écrit Jean PING, dans le livre que lui consacre ses collègues pour ses 90 ans. En effet, Amadou-Mahtar M’BOW, «c’est le courage, la vision, la résistance. J’ai souligné les traits les plus marquants de sa personnalité, la capacité d’anticipation, d’être un vigile pour prévenir, prévoir, anticiper. Toutes choses que j’ai vécues de très près, mais j’ai pu admirer aussi son immense courage : rester debout, quand on le voulait à genoux» écrit Frederico MAYOR. «Les principes éthiques qui guidaient ses décisions et son action étaient devenus les nôtres. Permettez-moi de souligner deux principes que j’ai toujours associé à la personne de M. M’Bow : le sens de la justice, qui l’a amené à ne tolérer aucune injustice, aussi minime soit-elle ; son humanisme et sa mansuétude, car puissants et faibles, grands et petits, toutes et tous bénéficiaient de sa même attention et écoute», écrit Georges KUTUKDJIAN.

Indications bibliographiques

1 – La contribution d’Amadou-Mahtar M’Bow

M’BOW (Amadou, Mahtar), «Interview accordée à Abdoulaye Thiam», Sud Quotidien, 7 juin 2017 ;

M’BOW (Amadou, Mahtar), «Interview accordée à Baaba LY et Amadou KANE», Le Point.com, mai 2011, n°0020, pages 6-9

M’BOW (Amadou, Mahtar), Le temps des peuples, Paris, 1982, Robert Laffont, 370 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar) sous la présidence de, Assises nationales, An 50, bilan et perspectives de refondation, Paris, l’Harmattan, 2012, 398 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «Discours d’investiture, le 19 novembre 1974», Paris, Unesco, 1974, doc 18/C INF.17, 6 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «L’authenticité de la personnalité des tsiganes», Etudes Tsiganes, juin 1976, n°1-2, pages 1-2 ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «Hommage à Alioune Diop, fondateur de la société africaine de culture et de la revue Présence Africaine», Présence africaine, 2ème semestre 2006, n°174, pages 81-90 ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «Hommage à Cheikh Anta Diop», Présence africaine, 1er et 2ème trimestres 1989, n°149/150, pages 6-9 ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «L’avenir de l’Afrique : concilier la tradition et la modernité», Présence africaine, 3ème trimestre 1979, n°111, pages 152-156 ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «L’insurrection des esclaves de Saint-Domingue : le bicentenaire de Haïti», Présence africaine, 2004, n°169, pages 11-32 ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «La lumière Attique», Revue des Deux-Mondes, août 1977, pages 294-296 ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), «Préface», dans U.N.E.S.C.O., Histoire générale de l’Afrique, Paris, U.N.E.S.C.O, 1974-1987, en ligne. 

M’BOW (Amadou-Mahtar), Aux sources du futur, la problématique mondiale et les missions de l’UNESCO, Paris, UNESCO, 1982, 125 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), Chosir l’espoir, Paris, UNESCO, 1984, 231 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), De la concertation au consensus, l’UNESCO et la solidarité des nations, Paris, UNESCO, 1979, 202 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), EDZARD-KAROLYI (Angelica), Entreprendre l’avenir de l’Unesco et la solidarité avec les Nations, Paris, Unesco, 1981, 258 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), Le continent africain 1, généralités, l’Afrique septentrionale, le Sahara, les pays du Nil, Dakar, Clairafrique, 1964, 203 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), Le monde en devenir : réflexions sur le nouvel ordre économique international, Paris, L’Harmattan, 2011, 143 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), Le temps des peuples, Paris, Robert Laffont, 1982, 370 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), NAJMAN (Dragoljub), L’éducation en Afrique : Que faire ?, Aubenas, éditions Deux Mille, 1972,  205 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), SKALLI (Ali), Viatique pour un nomade, Casablanca (Maroc), éditions Ainï Bennaï, 2004, 158 pages ;

M’BOW (Amadou-Mahtar), UNESCO, universalité et coopération intellectuelle internationale, Paris, UNESCO, 1974, 47 pages.

2 – Autres références

Association des anciens fonctionnaires de l’UNESCO, Amadou Mahtar M’Bow : Directeur Général de l’Unesco, 1974-1987, témoignages et souvenirs à l’occasion de son 90ème anniversaire, Paris, AFUS, 2012, 261 pages ;

COATES (Roger, A), «M’Bow, Amadou-Mahtar», in IO BIO, Bob Reinalda, Kent J. Kille, Jasi Eisenberg, Biographical Dictionary of Secretaries-General of International Organizations, 23 novembre 2018, 8 pages ;

COLIN (Jean-Pierre), L’avenir indécis du système des Nations Unies (le cas de l’Unesco), Paris, non daté, 34 pages ;

DADZIE (Emmanuel, K. W), rédacteur en chef et autres, «Amadou-Mahtar M’Bow, d’un village du Sahel, à la direction générale de l’Unesco», Bulletin du Bureau régional d’éducation pour l’Afrique (UNESCO), juin 1977, Vol 2, n°1, pages 5-11 ;

DAVID-ISMAYIL (Merryll), «Dans l’adversité un soutien sans réserves à l’Unesco ? le comportement des fonctionnaires internationaux lors du retrait des Etats-Unis de l’organisation (1983-1984)», Cultures et Conflits, 2010, n°78, pages 119-142 ; 

KALFON (Pierre), «Amadou-Mahtar M’Bow, sixième Directeur général de l’UNESCO, d’un village du Sahel, à la direction d’une grande organisation internationale», Le Courrier, février 1975, pages 14-18 ;

LOPIS-SYLLA (Jeanne), BECKER (Charles), Amadou Mahtar M’Bow, le sourcier du futur : un combat pour l’Afrique, un destin pour l’humanité, actes colloque international de Dakar, 10-12 mai 2011, Paris, L’Harmattan, 2016, 340 pages ;

MOURE (Martine), «M’Bow Amadou-Mahtar», Le Dictionnaire biographique Maitron, Université de Paris 1, version en ligne, du 31 août 2016 ;

THASSINDA (Thassinda, Uba), Amadou Mahtar M’Bow : un sahélien à l’Unesco, Paris, Présence Africaine, 1989, 387 pages.

Paris, le 20 mars 2016, actualisé le 26 janvier 2019, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/.

 

M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.
M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.

M. Amadou Maktar M'BOW, ancien ministre, ancien DG de l'UNESCO, un sage de l'Afrique.

Partager cet article

Repost0
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 20:34

Je viens d'apprendre, avec une grande tristesse, la disparition le 11 mars 2016, à l'âge de 67 ans, de l'ancien maire socialiste d'Aubervilliers, Jacques Salvator, des suites d'une longue maladie. Jacques a mené un long combat, mais particulièrement honorable et digne contre cette maladie.

Aussi, je présente mes condoléances sincères à Evelyne Yonnet, à la famille et aux militants socialistes et de gauche d'Aubervilliers.

Aux élections municipales de mars 2008, et avec des militants de notre mouvement Equité, pour la diversité en politique, (George Pau-Langevin, Saliou Diallo, Louis Mohamed Seye, Hamidou Samaké, etc.) nous étions venus à Aubervilliers lui prêter main forte.

Pendant, la campagne des présidentielles de 2012, avec Louis Mohamed Seye et Thomas Mélonio, nous sommes également retournés à Aubervilliers. Jacques était toujours disponible et particulièrement combatif, discret, sans faire état de quelque souci personnel que ce soit.

"Je vous souhaite une très belle année 2016 ! Je remercie toutes les personnes qui prennent de mes nouvelles, et qui m'entourent, et me soutiennent. Vous connaissez ma ténacité, le combat continue ! ", nous disait Jacques dans ses voeux du 5 janvier 2016.

J'ai senti, à travers ce message émouvant, une sorte de testament interpellant tous ceux qui doutent, en ces temps troublés où nos convictions vacillent : "soyez en paix avec vos croyances, quelques soit vos travaux et vos rêves, gardez le désarroi bruyant de la vie dans la paix de votre âme", nous dit Jacques, sur une confidence du coeur, de façon poétique. Il nous a rappelé ainsi son optimisme et la fermeté de ses convictions humanistes.

Quand on a été ancien maire, c'est qu'on a affronté, forcément, les vacarmes de la vie avec ses mesquerineries, son cynisme, ses trahisons et ses déceptions. Pourtant, devant la grande échéance de Vérité notre Jacques, loin d'être amer, a pris de la hauteur. Comme une conscience morale et en paix avec lui-même, Jacques nous a administré une grande leçon d'espérance et d'humanisme. Et du même coup, telle une boussole, Jacques nous a ramené aux valeurs fondamentales de la vie en nous invitant à nous en tenir à l'essentiel, et à négliger le futile.

Avec une sorte de barrage psychologique, nous avons du mal à dire à nos amis et aux membres de notre famille, de leur vivant, que nous les chérissons. Je m'en suis souvent tenu à une pirouette : "il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour". Et pourtant, cela faire du bien et rassurer certaines déclarations verbales. Aussi, je me livre à un acte public de contrition. J'ai de la considération, de l'estime et surtout un profond Amour pour ma famille et mes amis, même ceux qui sont virtuels à travers le net. J'ai senti des ondes positives vibrer pour des personnes pourtant que je n'ai jamais rencontrées.

Alors, mon cher et illustre ami, Jacques, repose en paix !

Paris le 13 mars 2016, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

M. Jaques SALVATOR, ancien maire d'Aubervilliers (1949-2016).
M. Jaques SALVATOR, ancien maire d'Aubervilliers (1949-2016).

M. Jaques SALVATOR, ancien maire d'Aubervilliers (1949-2016).

Partager cet article

Repost0
5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 11:54

Le président Macky SALL a décidé de soumettre au référendum, le 20 mars 2016, un projet ambitieux de révision de la Constitution du 22 janvier 2001, en 15 points, mais largement éclipsé par des polémiques oiseuses sur la durée du mandat présidentiel.

Les écuries, des potentiels candidats aux futures élections présidentielles du Sénégal, opposants au président SALL, se sont mises en ordre de bataille, mais fort prématurément. Nul n'est dupe. En effet, les enjeux de cette révision constitutionnelle dépassent largement ces cuisines électorales.

Le débat, fort nécessaire dans un Etat démocratique comme le Sénégal, sur l'élection présidentielle viendra en son temps. Cette confrontation ne sera ni enjambée, ni escamotée. Il ne faudrait pas se tromper d'échéance.

La campagne du référendum aura lieu du 12 au 18 mars 2016. Cependant, même ceux qui n'ont jamais lu la décision du Conseil constitutionnel du 12 février 2016 et qui n'ont aucune formation juridique, se sont érigés en procureurs et en éminents constitutionnalistes. L'insolite, c’est aussi certains enseignants chefs de parti qui confondent leur intérêt partisan et la règle de droit. C'est cela aussi le charme de la démocratie sénégalaise ; on aime ergoter sur tout, et on s'oppose à tout.

Au-delà de ces délires et de ces postures nécessitant un sas de décontamination, ramenons les choses à leur juste proportion. En effet, l'enjeu de ce référendum du 20 mars 2016, avec ses 15 points, est bien de consolider, au Sénégal, un Etat républicain et démocratique envié de tous, un modèle d'Etat de droit en Afrique.

I – Les termes du référendum sur le mandat présidentiel du 20 mars 2016

Actuellement au Sénégal, «La durée du mandat du Président de la République est de sept ans. Le mandat est renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être révisée que par une loi référendaire», édicte l’article 27 de la Constitution.

S’agissant d’une initiative du chef de l’Etat visant à réduire le mandat présidentiel de 7 à 5 ans, le président de l’Assemblée nationale, consulté en application des dispositions de l’article 51 de la Constitution, a porté «une appréciation positive» sur ce projet de réforme constitutionnelle.

Par lettre du 14 janvier 2016, le président Macky SALL, en homme intègre et afin d’honorer sa promesse, a saisi le Conseil constitutionnel aux fins de déterminer la conformité du projet de révision de la Constitution «à l’esprit général de la Constitution du 22 mai 2001 et aux principes généraux de droit». Saisi sur la base de l’article 51 de la Constitution, le Conseil constitutionnel exerce un contrôle minimum.

L’article 6 du projet présidentiel, portant réduction du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, prévoyait que cette disposition s’appliquerait au mandat en cours. Or, cette disposition a été invalidée par le Conseil constitutionnel : «Le mandat en cours au moment de l’entrée en vigueur de la loi de révision, est hors de portée de la loi nouvelle».

Le Conseil constitutionnel, pour aboutir à ce raisonnement, s’est appuyé sur l’histoire constitutionnelle du Sénégal depuis 1963, la tradition et la sécurité juridiques, ainsi que la stabilité des institutions.

Le Conseil constitutionnel a dit le droit en rappelant le principe fondamental, pourtant enseigné aux étudiants de 1ère année en droit, celui de la non-rétroactivité des lois. Une loi ne peut pas être appliquée à des actes ou à des faits avant son entrée en vigueur. Une loi ne peut donc, en principe, régir que des situations pour l’avenir. Or, M. SALL a été élu président de la République le 2 avril 2012. Par conséquent, la réforme de l’article 27 de la Constitution qui serait issue du référendum du 20 mars 2016, ne pourrait pas écourter, le mandat présidentiel de 7 ans en cours. Le président Macky SALL, garant de la Constitution, ne peut que respecter, en républicain, cette énonciation du Constitutionnel qu’il avait saisi pour honorer sa promesse. Dans un Etat de droit, le chef de l’Etat doit s’incliner devant la loi, sinon, ce serait le règne de l’arbitraire. Que n’aurait-on pas dit si le chef de l’Etat s’érigeait lui-même en juge et partie ?

Toute modification de la durée du mandat présidentiel est obligatoirement soumise au référendum. Le décret n°2016-306 du 29 février 2016, portant révision de la Constitution, organise un référendum pour le 20 mars 2016. Le Sénégal réaffirme son éminente position en Afrique de modèle de démocratie. Ce choix du courage du président Macky SALL me semble attester, de façon indubitable, dans ces polémiques politiciennes, mesquines et stériles, de la grande maturité de la démocratie sénégalaise.

Cette consultation populaire contribue à interdire ou rendre difficile toute modification de la Constitution. «Tout homme qui a du pouvoir est tenté d’en abuser» disait, en substance Montesquieu. Dans certains Etats africains, on connaît la devise «J’y reste, j’y reste».

Il faut donc saluer le courage et la lucidité du président Macky SALL de soumettre ce texte à la consultation populaire. Le peuple sénégalais avait violemment manifesté, en juin 2011, contre l’Ancien régime, contre toute tentation monarchique. Seul le peuple est souverain. En conséquence, il appartient au peuple de sénégalais de décider de son avenir. Le choix de la procédure référendaire, inscrite dans la Constitution, impose le respect de l’avis des Sénégalais : «Vox Populi, Vox Dei», «La voix du peuple est la voix de Dieu».

Le projet de révision constitutionnel vise à restaurer le quinquennat, avec des conditions nouvelles (l’interdiction de plus de deux mandats consécutifs, la limite d’âge et maîtrise de la langue officielle). En effet, dans le projet constitutionnel, la version de l’article 27 proposée au peuple sénégalais est la suivante «La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs».

Le projet de l’article 28 est ainsi conçu «Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de trente (35) ans au moins et de soixante quinze (75) ans au plus le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle».

Il résulte de ces dispositions que les binationaux, à moins de renoncer à l’une de leur nationalité, les personnes d’un âge avancé ou qui ne maîtrisent pas la langue française, sont exclues du jeu. Bien que le projet ne le mentionne pas expressément, l’état de santé physique et mental d’un candidat me paraît être un critère déterminant. Il regrettable que dans certains Etats africains des candidats se maintiennent, indéfiniment, au pouvoir, en dépit de leur sénilité ou de leur impotence manifeste.

II – Une initiative heureuse visant à consolider l’Etat de droit au Sénégal

Le projet de réforme, initié par le président Macky SALL, est issu des propositions d’une Commission nationale de réforme des institutions mise en place par un décret n°2013-730 du 28 mai 2013. Ce projet de révision constitutionnelle vise à approfondir la démocratie et la bonne gouvernance, à renforcer l’Etat de droit, et en élargissant les droits et libertés des citoyens. Les thèmes abordés sont, outre la réduction du mandat présidentiel :

• la modernisation du rôle des partis politiques dans le système démocratique ;
• la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection ;
• la promotion de la gouvernance locale et du développement territorial par la création du Haut conseil des collectivités territoriales ;
• la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier ;
• le renforcement de la citoyenneté par la consécration de devoirs du citoyen ;
• le renforcement des droits de l’opposition et de son Chef ;
• la représentation des Sénégalais de l’Extérieur par des députés à eux dédiés ;
• l’élargissement des pouvoirs de l’Assemblée nationale en matière de contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques ;
• la soumission au Conseil constitutionnel des lois organiques pour contrôle de constitutionnalité avant leur promulgation ;
• l’augmentation du nombre des membres du Conseil constitutionnel de cinq (5) à sept (7) ;
• la proposition par le président de l’Assemblée nationale de 2 des 7 membres du Conseil constitutionnel ;
• l’élargissement des compétences du Conseil constitutionnel pour donner des avis et connaître des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant la Cour d’appel ;
• la constitutionnalisation des principes de la décentralisation et de la déconcentration;
• l’intangibilité des dispositions relatives au mode d’élection, à la durée et au nombre de mandats consécutifs du pr
ésident de la République.

Deux dispositions traitent de la question des partis politiques. L’indépendance des candidats aux élections est garantie. Les partis sont tenus de respecter les principes de «souveraineté nationale et de la démocratie» ; ce qui exclut clairement les partis islamistes ou racistes. Les partis doivent respecter les règles de «bonne gouvernance associative», sous peine de sanction ou de dissolution. C’est une importante disposition contraignant notamment les partis à tenir régulièrement un congrès. Le projet entrevoit un statut de l’opposition avec une possibilité de financement public. Actuellement, il y a plus de 120 partis politiques au Sénégal, mais seuls 5 partis émergent du lot. Les autres partis politiques qualifiés de «partis-cabine téléphonique» introduisent un élément de confusion malsain dans le jeu politique. Il faudrait donc rationaliser cette situation anarchique qui favorise les achats de conscience.

Avec ce référendum du 20 mars, il est grand temps de clôturer le débat sur la réduction du mandat présidentiel qui empoisonne la vie politique sénégalaise depuis plus de 10 ans. Ce n’est pas un référendum plébiscitaire, mais une façon de consolider la démocratie contre toute tentative monarchique. Les hommes passent, les institutions restent.

Par conséquent, le projet de révision constitutionnelle du 20 mars est audacieux. Il vise à renforcer le statut du Sénégal comme vitrine de la démocratie en Afrique, et devrait donc être apprécié à sa juste mesure.

Références :

Avis président du Président de l’Assemblée Nationale du 18 janvier 2016 ;

Conseil constitutionnel, décision n°1/C/2016 du 12 février 2016 ;

Décret n°2016-306 du 29 février 2016 portant publication du projet de loi portant révision de la Constitution, Journal Officiel du 1er mars 2016, numéro 6912 ;

Constitution du 22 janvier 2001, articles 27 et suivants.

Paris, le 5 mars 2016, M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

«Les enjeux du référendum du 20 mars 2016 sur la durée du mandat présidentiel au Sénégal : une consolidation d’un Etat républicain et démocratique», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.
«Les enjeux du référendum du 20 mars 2016 sur la durée du mandat présidentiel au Sénégal : une consolidation d’un Etat républicain et démocratique», par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/.

Partager cet article

Repost0
4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 00:17

Bernard DADIE est mort le 9 mars 2019.

«La bibliographie des travaux critiques consacrés à Bernard Binlin Dadié est paradoxalement réduite si l’on considère les travaux édités. Il y a là, à nos yeux, un paradoxe, car Bernard Binlin Dadié est l’écrivain le plus fécond de la littérature néo-africaine, le plus divers, et, avec Léopold Sédar Senghor, le plus traduit. Bernard Binlin Dadié s’est essayé dans tous les genres», écrit Nicole VINCILEONI. Ecrivain, dramaturge et homme politique ivoirien, Bernard DADIE dont on célèbre le centenaire en cette année 2016, apparaît comme l’un des écrivains les plus représentatifs de la génération ayant donné ses lettres de noblesse à la culture africaine. «Le Vieux a eu l’âge du siècle où il est né, comme il a, aujourd’hui, celui du XXIe siècle qui vient de naître», écrit à son sujet Nicole VINCILEONI. Erigé au rang «d’Eluard Noir» par Claude QUILLATEAU, tout en demeurant proche de la tradition orale à travers ses contes, Bernard DADIE, écrivain constant de la protestation, a insufflé un souffle lyrique dans sa puissante contribution littéraire. Contrairement à certains auteurs africains qui se sont épuisés au bout d’un roman, et n’ont plus rien écrit depuis lors, les productions de Bernard DADIE sont riches et nombreuses, alliant souci de transmettre l’héritage culturel africain et engagement littéraire : «Tant qu’on n’aura pas supprimé les causes qui font penser les têtes, crier les bouches, on n’aura pas fini  de supprimer les bouches et les têtes qui, à leur tour, feront supprimer d’autres bouches et d’autres têtes» dit-il dans «Climbié». En effet, Bernard DADIE, témoin d’une période troublée et humaniste, est l'auteur d'une œuvre véritablement prolifique qui aborde tous les genres littéraires : poésie, roman, théâtre, chroniques, contes traditionnels, le plus significatif étant le théâtre. Son théâtre invite les Africains à y trouver du divertissement et en se divertissant s'instruire et se corriger. Inspiré de Molière, Bertolt BRECHT et Aimé CESAIRE, il recourt aux symboles, aux proverbes et à l’humour. Mais il proclame son indépendance d’esprit «Je n’ai pas de maître. Je refuse les maîtres. Ce que je rejette, c’est ce critère d’écriture. On doit écrire comme on sent. C’est la liberté de création», dit-il.

Très tôt, influencé dans sa vie par la pensée du maréchal Hubert LYAUTEY (1854-1934), selon laquelle «l'homme complet doit avoir ses lanternes ouvertes sur tout ce qui fait l'honneur de l'humanité», Bernard DADIE s’est fait le porte-parole de l’âme de son peuple. Auteur, en 1948, d’une nouvelle, «Mémoire d'une rue», puis d’un premier roman, «Climbié», édité en 1956, Bernard DADIE, et avant qu’il ne soit trop tard, mériterait bien le prix Nobel de Littérature. «Ecrire est, pour moi, un désir d’écarter les ténèbres, un désir d’ouvrir à chacun des fenêtres sur le monde», dit Bernard DADIE. Sa vaste contribution littéraire traite de questions socio-politiques, la colonisation, la justice, la liberté et la dignité humaines. Il a abordé des questions mineures comme la succession, l’adultère et le parasitisme. Dans les années 1970, Bernard DADIE a choisi de s’investir dans d’autres thèmes majeurs, comme la conservation du patrimoine culturel africain, le pouvoir et la démocratie, adoptant ainsi une posture de gardien de la conscience africaine. «S'agripper au sol, refuser de se laisser déraciner et emporter par la vague torrentielle des modes, c'était, hélas, vouloir rester sauvage» ironise Bernard DADIE. A travers cet art engagé, fervent catholique, il a délibérément placé son œuvre dans une dimension sociale critique en vue de contribuer à «l’édification commune d’une vie plus juste et fraternelle sur notre planète» dit-il.

«Bernard Dadié est moins sensible à la théorie qu’à l’action littéraire et politique. L’Afrique, dans sa vie, comme dans son œuvre, est un vécu quotidien, non une nostalgie» écrit Nicole VINCILEONI. Comment donc raconter cette vie si riche et tumultueuse d’un centenaire insoumis ?

Bernard Binlin DADIE est né vers 1916 à Assinie, dans la région orientale, lagunaire et forestière, à la Côte des Dents ou Côte de l’Or, actuelle Côte-d'Ivoire. Il puise son inspiration littéraire dans son cercle familial, pour résister à l’entreprise de dépersonnalisation du système colonial : la chicote, le prix dérisoire des matières premières et les prix excessifs des marchandises importées. Son grand-père, Binlin DADIE, a aidé la France à s’installer en Assinie, un territoire dépendant du royaume Agni-Sanwi de Krindjabo, et où un fort fut construit en 1701. «Binlin» signifie «Celui qui a raison, le plus fort ou le plus solide», DADIE veut dire «le couteau». Fils d’un ancien combattant de l’armée française, à Tours, avec le grade sergent en 1920, devenu planteur, son père de l’ethnie Agni, Gabriel Binlin DADIE (1891-1953), fondateur de l’association «Syndicat des Planteurs Africains» a joué un rôle dans le Parti Démocratique de la Côte d’Ivoire. Son grand-père a été à l’école française et avait le métier de postier. De retour en Afrique, après son service militaire en France, Gabriel DADIE, «Africain français, mais Africain avant tout», entreprend, sans complexe et sans haine, d’améliorer la situation des coloniaux. Commis de 1ère classe et ancien combattant, l’administration lui refuse les mêmes droits que les Français. Il démissionne de la Poste en 1924, pour combattre l’injustice, pour la dignité et l’égalité des droits. «Lui qui était citoyen depuis toujours, pratiquement, j’allais dire, il bâtira toute sa réussite sur le seul critère de son identification nègre», écrit Doudou GUEYE.

Si son grand-père a eu une influence décisive sur lui, en revanche, Bernard DADIE n’a pas été élevé par sa mère.  «Je suis le seul de ma maman. Je suis aussi le dernier. Mon père a eu une autre femme et d’autres enfants» dit Bernard DADIE. La mère de DADIE était une femme borgne qui a toujours pensé qu'elle possédait une malédiction. Ses trois enfants précédents étaient tous morts. Son oncle Melantchi, fermier à Bingerville, l'ancienne capitale de la Côte d’Ivoire, a élevé Bernard DADIE.

Il admirait son père, mais en avait une peur bleue, il le battait parfois, mais sa maladie les rapprocha : «Mon père veilla une semaine entière, en laissant en place toutes ses affaires. J’avais alors quinze ans. Sorti de ma léthargie, je fus frappé par ses traits tirés : je compris quelle sorte d’homme il était, et c’est à partir de ce jour-là que je me suis vraiment rapproché de lui» écrit-il. Comme son père, d’un caractère ombrageux, ouvert et réservé, pudique, DADIE a développé ses croyances philosophiques sous l'influence de la culture et de la société. Dans «Climbié», il fait dire à son père : «Tu comprendras plutard, mon enfant. Pour le moment, tu n’as qu’un seul devoir : étudier. Tes études t’apprendront à secourir tout homme qui souffre, parce qu’il est ton frère. Ne regarde jamais sa couleur, elle ne compte pas. Mais, en revanche, ne te laisse jamais piétiner tes droits de l’homme, car, même dans le plus dur esclavage, ces droits sont attachés à ta nature même». Il lit les journaux que reçoit son père et découvre les injustices du système colonial «L’œuvre coloniale, la mission de civilisation, de christianisation ? Des sujets dociles pour les uns et pour les autres, des robots, et lorsque les Blancs, notamment le Français, prenaient la défense des indigènes, les autorités les traitaient de communistes» dit-il.

Bernard DADIE qui s'est rendu compte de l’importance de la famille et de la communauté, écrira, par la suite, un roman, qualifié «d’autobiographie générale» : «Climbié». «C’est le roman d’une génération. C’est la vie de l’école, du village, l’école du groupe scolaire, l’école de William Ponty. Je suis là, mais ce n’est pas moi seul. Je charrie les choses et je transporte tous les remous que les compatriotes, les amis et moi, nous avons vécu dans les années 36 à 47», dit Bernard DADIE. L’auteur est en accord avec Stendhal qui considère que le roman est une sorte de miroir que l’on promène sur les choses. «Le roman est un filet qu’on pose et qu’on ramène avec des éléments entre autres», précise Bernard DADIE.

Pendant la première partie de sa vie, DADIE a connu la colonisation. Il a étudié d’abord en Côte-d’Ivoire à Grand Bassam, mais les enfants étaient battus par les enseignants ; il quitte cette école pour Bingerville, sur insistance de son oncle, Melantchi. Il obtient son certificat d’études primaires en 1930. Son enseignant Charles BEART, saura être un meilleur pédagogue. En 1931, c’est à cette école que sa vocation de dramaturge et manifeste sa verve indépendante et satirique. «Travaille, lis et je te prédis un bel avenir littéraire» lui dira un de ses professeurs. Bernard DADIE poursuivra ses études de 1932 à 1937, à l’École normale William-Ponty de Gorée, au Sénégal, et a pour promotionnaire Hubert MAGA (1916-2000), Modibo KEITA (1915-1977) et Hamani DIORI (1916-1989), futurs présidents qui seront évincés par la Françafrique. Déjà, dans la pièce de théâtre, écrite à William Ponty, «Assémien Déhylé, Roi du Sanwi», on y découvre ce qui préfigure tout le talent de Bernard DADIE : le travail précis sur le rythme, le mètre, la prosodie, et surtout une performance narrative exceptionnelle. Son professeur Charles BEART encourage sa vocation littéraire ; c’est l’époque où Maurice DELAFOSSE (1870-1926) repris par Charles DELAVIGNETTE (1897-1976) encouragent une meilleure connaissance des réalités locales. DADIE se défend d’avoir participé à un «théâtre aliéné». Pour lui, «ces contes sont mimés et dansés. Chacun de nos gestes a un sens. Ce sens échappe souvent aux Européens parce que seulement il est souvent ébauché, stylisé, il y a des conventions dans le théâtre indigène». Il évoque dans cette pièce, un mythe national portant l’avénèment du patriotisme ; la reine Pokou accepte d’immoler son fils, pour sauver son peuple. Par conséquent, Bernard DADIE est l’iniateur d’un théâtre africain engagé et nationaliste.

À cette époque, William-Ponty était le creuset des élites noires de l’Afrique française destinées à l’enseignement. Dakar est une fenêtre grande ouverte sur un monde encore inconnu, voire insoupçonné. Le 19 septembre 1937, Bernard DADIE assiste à une conférence de Léopold SENGHOR et c’est l’occasion pour lui de découvrir les écrivains noirs ou métis des Amériques et des Caraïbes. Il lit, notamment, Léon-Gontran DAMAS, Richard WRIGHT, Jean PRICE-MARS, Jorge AMADO, Ousame SOCE et Claude MacKAY. Bernard DIADIE découvre aussi, avec stupéfaction, que l’école William Ponty est au service du colonialisme, par les objectifs assignés : «Il s’agit de faciliter l’accès aux carrières administratives à ceux dont la famille a toujours secondé avec honneur notre mission civilisatrice et mis son prestige héréditaire au service de nos intentions ; il s’agit de distinguer parmi les autres ceux dont les qualités de caractère sont absolument certaines, et il faut surtout éliminer, avec un soin impitoyable, tous ceux dont les facultés qui feront servir à la satisfaction de leurs appétits le savoir qu’on leur donnera, qui pousseront leurs congénères à des révoltes et qui garderont toute leur vie l’inquiètude et la cruauté des loups mis en cage».

C’est un enseignement au rabais, sans esprit critique et tout ce qui n’est pas nécessaire pour devenir un laquais du système colonial, est élagué des programmes. L’objectif c’est de former des «commis de voie de garage», sans perspective d’une réelle promotion, dit-il. Avec son diplôme d’instituteur, le jeune DADIE n’a d’autre perspective que l’enseignement. Mais, à partir de 1937 et jusqu’en 1947, il sera bibliothécaire-archiviste à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) de Dakar où il est en contact d’hommes de culture comme l’historien, archiviste et partisan du Front populairen André VIEILLARD (archiviste de 1935 à 1942) ou l’ethnologue Théodore MONOD (1902-2000). A Dakar, il rencontre des partisans du Front Populaire. «J’ai la chance d’avoir commencé mon travail avec des jeunes Européens issus du Front populaire. J’écrivais depuis Ponty, avec Béart, en 1932-1936. Et puis Villard qui était archiviste m’a dit : Pour dominer ton travail, il faut que tu lises», dit Bernard DADIE au cours d’un entretien avec Bernard MAGNIER. Son emploi d’archiviste, à Dakar, lui permettra d’accumuler une importante documentation qui sera utile pour ses futurs ouvrages.

DADIE prend conscience, au Sénégal, plus que jamais, du caractère néfaste de la colonisation. «Je ne crois pas que les Nègres puissent toujours être les esclaves de l’Europe. Les hommes sont faits pour vivre égaux, et non pour être sous la domination d’une autre race. Les Blancs sont très fins, ils divisent pour mieux régner. Ils contentent les plus brutes pour asservir les plus intelligents. Ils s’appuient sur des brutes intellégentes pour dominer les autres en leur donnant un fantôme de bien-être et des hochets» dit-il. DADIE travaille pour «Le Réveil», un journal du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), dont il a été membre actif lors de son séjour au Sénégal. Hostile au pétainisme, il garde ses distances à l’égard du gaullisme. Il se rend compte des limites du soutien des partis de gauche français, notamment «Sur les événements Thiès (grève des cheminots du 11 octobre 1947 au 19 mars 1948), sur cette boucherie immonde, aucun journaliste n’ose lever la voix. Ils se taisent. Où sont donc les défenseurs zélés de la race noire ? Où se tapissent les journalistes aux plumes flamboyantes ? Ont-ils perdu la parole ? Ils se taisent»,  dit-il. Il rendra compte du massacre au camp de Thioroye, du 1er décembre 1944 «des marins européens aller fouiller les Nègres morts pour ramasser leur argents et leurs papiers et correspondances, réplique de la captivité. Civilisation !». Le 15 septembre 1945, il devient le Secrétaire général de la section dakaroise du Comité d’études franco-africaines, un mouvement intellectuel anticolonial. Il rejoint le Rassemblement démocratique africain, à son congrés fondateur, du 18 octobre 1946, à Bamako. 

En 1947, il retourne dans son pays et milite au sein au sein de ce parti. «J’ai toujours aimé ma Côte d’Ivoire, et je l’aime encore plus depuis que je suis au Sénégal et je voudrais (…) que nous placions notre pays plus haut en cédant la place à nos enfants, c’est-à-dire que nous fassions de ce pays plein d’avenir autre chose qu’il n’est présentement», dit-il dans une lettre à un ami resté au pays. Les troubles du 6 février 1949, à la suite d'une provocation des membres du RDA, le conduisent en prison pour seize mois, où il tient un journal qui ne sera publié qu'en 1981, «Carnets de prison». «Ils m’ont enrichi sans le vouloir, sans le savoir. J’ai compris ce que sont Pouvoir et Justice», dit-il à sa sortie de prison. Le RDA, affilié au Parti communiste français jusqu’en 1951, est rentré dans les rangs et a abandonné toute perspective révolutionnaire. «Je poursuivrai, sur le plan littéraire, ce que j’avais fait sur le plan politique, mais avec beaucoup plus de liberté», prend soin de préciser Bernard DADIE.

À l'indépendance, il exerce, tour à tour, les fonctions de chef de cabinet du ministre de l'Éducation nationale, de directeur des Affaires culturelles, d'inspecteur général des Arts et Lettres. En 1977, il devient ministre de la Culture et de l'Information de 1977 à 1986. Sa création littéraire s'est développée parallèlement à cette brillante carrière politique et gouvernementale. Il revient au genre théâtral à la fin des années 1960 avec des pièces d'inspiration historique, «Béatrice du Congo» en 1970, ou militante, «Îles de tempête», en 1973, et des comédies qui frôlent la bouffonnerie comme «Monsieur Thôgô-Gnini» en 1970, caricature d'un nouveau riche Africain, amoral et cupide. Pétri des idées humanistes et de celles de la négritude, il rédige une série de poèmes à caractère patriotique (Afrique debout ! en 1950 ; La Ronde des jours, en 1956) dont plusieurs font désormais partie des programmes scolaires en Afrique. À la même époque, il écrit deux recueils de contes, «Légendes africaines», en 1954 et «le Pagne noir» en 1955, devenant ainsi l'un des précurseurs du mouvement de sauvegarde et de transmission du patrimoine culturel africain. Avec «Climbié» en 1956, roman largement autobiographique qui s'inscrit dans la thématique classique du jeune héros qui s'affronte au monde moderne, il donne l'une de ses meilleures œuvres. Bernard DADIE excelle surtout dans ses chroniques, inspirées par ses séjours à Paris, New York et Rome (Un Nègre à Paris, en 1959 ; Patron de New York en 1964 ; la Ville où nul ne meurt, en 1968). Sur un ton vif et sarcastique, elles mettent en scène un touriste africain dont le regard ingénu fait ressortir le côté étrange et paradoxal des grandes villes modernes. Ses dernières œuvres sont plus engagées politiquement et s'emploient à dénoncer l'injustice du colonialisme (les Jambes du fils de Dieu, en 1980 ; Commandant Taureault et ses Nègres, en 1980). Bernard DADIE fait partie des auteurs dans la mouvance de la négritude. Il a été fortement influencé par Aimé CESAIRE, qui dans son «Cahiers d’un retour au pays natal» invite notre âme à réagir et à jouer son rôle dans la construction d’un monde nouveau. En effet, l’homme noir est un peu assoupi, emporté dans l’image de spectateur stérile, d’une créature passive dont l’entoure son créateur, l’homme Blanc. «Mais la vie n’est pas un spectacle, car c’est une mer de douleurs» dit CESAIRE.

Bernard DADIE, écrivain de la protestation, s’est toujours insurgé contre les alliances contre nature et contre l’inféodation. Il a par ailleurs été un rempart contre les injustices et les persécutions. Ainsi, dans son ouvrage «l’Afrique Debout !», un recueil de poèmes, Bernard DADIE invite les Africains à prendre la peine de dénoncer l’abêtissement qu’a constitué la politique coloniale ; ce serait «une juste colère», dit-il. La situation coloniale est faite pour montrer que l’homme noir n’est rien. Bernard DADIE en appelle à la lutte émancipatrice, à la libération. Ce recueil de poèmes est un puissant appel aux Africains à restituer à l’Afrique sa dignité contestée. L’Afrique doit se mettre debout, cesser de dormir, se mobiliser. Le ton est amer. Il y a un désir de l’auteur de secouer l’Afrique afin qu’elle prenne conscience de sa véritable situation.

Il ressort de cette longue vie d’un écrivain engagé et rebelle, productif, la défense résolue de la liberté, de la dignité humaine et l’authenticité des culturelles traditionnelles africaines.

I – Bernard DADIE, un défenseur résolu de la liberté et de la dignité humaine

A – Bernard DADIE, un refus de l’injustice et de l’arbitraire

1 - Bernard DADIE un refus du système colonial

Bernard DADIE est un témoin majeur de cette Afrique colonisée qui s’éveille à la liberté. Son séjour au Sénégal lui a permis d’observer la lente mutation de la conscience politique des Africains, les hésitations, les craintes et les espoirs, jusqu’aux grèves décisives. Il a acquis la conscience de lutter pour changer les choses et part en guerre contre l’oppression et la répression de la colonisation française. «On croit résoudre en supprimant des têtes. Tant qu’on n’aura pas supprimé les causes qui font penser les têtes qui, à leur tour, feront supprimer d’autres bouches, et d’autres têtes, rien n’y fera», dit-il. Bernard DADIE a grandi sous l’influence française et les effets néfastes de la colonisation sont un thème principal de ses écrits. Bernard DADIE a publié des textes anticolonialistes et des contes qui montrent la beauté d’être Africain. Il valorise son peuple avec ses mots. Il fut une époque où sa plume rimait avec combats. Combat culturel, surtout, pour celui qui, raillant les idéologies racistes, remerciait dans un poème célèbre son Dieu de l’avoir créé noir, car «le Blanc est une couleur de circonstance, le Noir la couleur de tous les jours».

Bernard DADIE a été fortement marqué par son séjour au Sénégal en qualité d’étudiant et de fonctionnaire colonial. Ainsi, en 1948, il a écrit une nouvelle, «Mémoire d’une rue» qui relate un personnage inhabituel, la rue Raffanel, à Dakar, en pleine occupation coloniale. La rue Raffanel, que les familles honorables évitent soigneusement a été un haut lieu de prostitution. Cependant, c’est une rue fière de ce qu’elle est, une rue franche qui réprouve l’hypocrisie, contrairement à ses sœurs sournoises, silencieuses, aux enseignes tapageuses de commerçants tous complices de marchés parallèles. Cependant, le propos essentiel de cette nouvelle est ailleurs. En effet, cette rue Raffanel est, aussi et surtout, le témoin d’un meeting politique organisé le 3 décembre 1944 par les indigènes colonisés, sur la Place M’Both, où elle débouche. Les Africains réclament plus de liberté et de dignité. «Nous voulons respirer à l’aise sur le sol africain, l’air que le Créateur dispense chaque jour. Et quand nous enterrons, au coude à coude, avec nos frères Blancs, à coup de canon, contre toutes les injustices, il est normal, il est légitime, que la liberté, la justice et l’égalité rayonnent aussi sur le sol africain», fait dire Bernard DADIE à un orateur. Cette nouvelle de Bernard DADIE est un violent réquisitoire contre le système colonial, d’autant plus que pendant la deuxième guerre mondiale, Dakar, capitale de l’Afrique occidentale française, a été occupé par des pétainistes qui ont été particulièrement durs avec les Africains. C’est le début de la prise de conscience politique de Bernard DADIE qui observe les Africains traités comme des «sous-hommes». Son combat reste fondamentalement attaché à la dignité de l’être humain. Bernard DADIE exprime le refus de la soumission et de l’exploitation.

«Vive qui ?» est une nouvelle qui relate la défaite de la France en 1940, la mise au pouvoir du Maréchal Pétain et l’entrée en résistance du général de Gaulle. Le narrateur de cette nouvelle crie «vive de Gaulle». La police l’interpelle. Après une enquête expéditive qui révèle qu’il n’était qu’un pauvre paysan, peu instruit des affaires politiques, on le condamne, néanmoins, à deux ans de prison ferme pour avoir résisté à un agent de la force publique et lui avoir fait tomber ses galons.

A sa libération, et tout heureux d’être libre, le narrateur cria «vive le Maréchal» et reçut, pour cela une rude correction. On lui fit savoir que c’est maintenant le général de Gaulle qui est au pouvoir. Le mépris absolu de la dignité humaine, le vasselage brutal des consciences ont révolté, à travers cette nouvelle, Bernard DADIE. «On a identifié la liberté avec Pétain et de Gaulle. On n’a pas pu dissocier les hommes et l’autorité», s’interroge le narrateur désemparé et amer. «Vive qui ?» est ainsi une interrogation de Bernard DADIE sur le thème de la liberté et de la dignité humaine.

Dans son premier roman «Climbié» qui décrit la société rurale ivoirienne, Bernard DADIE fait écho à la dureté de la situation coloniale. «Climbié, c’est un nom propre qui veut dire plus tard, un jour, ça va finir, ça va changer» dit DADIE. Climbié est un villageois qui a appris auprès de son oncle le métier d’homme : mettre le feu à la brousse pour préparer les cultures, planter les bananes, les piments, les aubergines, la canne à sucre, le café et le cacao. Mais son oncle est emporté par la pneumonie. Auparavant, son oncle avait pris la décision de l’inscrire à l’école française. Climbié réussira ses études. Comme Bernard DADIE, le héros du roman se retrouvera à l’école normale William Ponty, à Gorée, au Sénégal. Affecté en qualité de commis, pendant 12 ans, dans une voie de garage, mobilisé pendant la guerre mondiale, Climbié commence à prendre conscience de sa situation de colonisé. Il n’y a aucune raison que les fonctionnaires colonisés soient traités comme des sous-hommes, mal payés. A Dakar, Climbié acquiert une conscience politique, grâce au Front Populaire qui propage ses idées progressistes dans les colonies. Rentré chez lui, en Côte-d’Ivoire, Climbié se jette dans la lutte politique. Accusé d’avoir organisé une grève des paysans qui refusaient de vendre leurs produits tant que le cours n’aurait pas augmenté, il est jeté en prison.

Bernard DADIE a semblé être, dans son roman «Climbié», mesuré dans sa critique du colonialisme, à tout le moins ambigu. Dans ce roman, il diagnostique le mal colonial en ce qui concerne l’éducation, l’administration et les rapports sociaux. Mais il ne préconise ni l’autonomie, encore moins l’indépendance. «Je me suis trouvé dans une situation de gêne, et je ne savais pas si je pouvais tout écrire. Aujourd’hui, nous Africains, nous faisons pire ce que le Blanc a fait» dit-il. Pour lui, l’écrivain doit se limiter à un éveilleur de conscience. «L’écrivain n’a pas à donner d’ordre. Il pose le problème. C’est au lecteur de tirer les conclusions nécessaires, suivant son idéologie, suivant sa formation. J’écris en sous-entendu. Je le fais exprès. Comme nous ne sommes pas en pays libre, tu écris de façon que tu dis ce que tu as à dire, sans avoir trop de problèmes», précise Bernard DADIE.

2 - Bernard DADIE une condamnation des pouvoirs autocratiques africains

Bernard DADIE revient, dans ses pièces de théâtre, notamment dans «Monsieur Thôgô-Gnini», sur les méfaits causés par l’héritage de la colonisation à savoir l’exploitation, l’abus de pouvoir et l’injustice. En effet, M. Thôgô-Gnini, Porte canne du Roi et auxiliaire des Blancs, plus craint que le Roi, avide de pouvoir détient le monopole de toutes les activités économiques. Bernard DADIE mène une insurrection contre toutes les formes d’injustices. Ainsi, «Monsieur Thôgô-Gnini», une pièce théâtrale qui met sur scène deux femmes et seize hommes, le personnage central est un homme orgueilleux et qui affectionne les fanfaronnades, d’où son nom Thôgô-Gnini. Au milieu du XIXème siècle, un traitant blanc et son acolyte débarquent sur l’une des côtes occidentales afin d’établir des liens commerciaux avec les autochtones.

Thôgô-Gnini s’enrichit grâce aux liens commerciaux qu’il réussit à tisser pour son propre compte personnel avec l’Europe. Un matin, N’Zekou, un petit planteur, pénètre chez Thôgô-Gnini, il vient réclamer une dette de vingt fus d’huile de palme. Dans un premier temps, Thôgô-Gnini feint l’oubli, mais une fois la reconnaissance de dette arrachée puis déchirée, il reconnaît les faits. N’Zekou dévient alors menaçant et Thôgô-Gnini appelle ses serviteurs à son secours. N’Zekou est arrêté. Le jour du procès de N’Zekou. On s’aperçoit très vite que la plupart des témoins ont été menacés ou corrompus par Thôgô-Gnini. N’Zekou, finalement reconnu non coupable, est relaxé, et Thôgô-Gnini est écroué à sa place. Dans le rêve de «M. Thôgô-Gnini», l’Etre étrange détruit les valeurs traditionnelles, chères à l’Afrique et représentées par des personnages allégoriques, comme Fidélité, Reconnaissance, Vieillesse, Tradition, Amour, Ame. La solidarité familiale s’évanouit. Cette pièce de théâtre «pose le destin de l’homme, dans tous ses états. Il s’agit de savoir, si dans nos Etats, l’Homme doit passer avant certaines choses. Si l’argent est fait pour l’Homme ou l’Homme est fait pour l’argent, si la fortune est service de l’Homme ou si l’Homme est au service de la fortune», souligne Bernard DADIE. Dans «Thôgô-Gnini», le monarque paraît être un roi décoratif, sans pouvoir. Il n’a pas prononcé une seule parole dans la pièce. «Le Roi est chez nous, ici, le chef. Il est là. Ce sont les notables qui décident. Quand le Roi parle, tout est foutu. Maintenant les choses ont évolué : ce sont les contacts extérieurs qui ont perverti ces missions qui avaient une vraie conception du Roi. Le Roi gouverne. Le silence du Roi permet la discussion. Ce sont les notables qui parlent. S’ils se trompent, le Roi intervient pour rectifier les choses», dit DADIE.

Dans «Béatrice du Congo», Bernard DADIE part en guerre contre les pouvoirs arbitraires africains. Dans cette pièce, le Roi est d’abord un monarque démocrate, aimé de son peuple et soucieux de son bien-être. Ensuite, il devient autocrate, tyran, aliéné, exploiteur et esclavagiste.

Bernard DADIE critique violemment les pouvoirs africains, après l’indépendance, mais dans un style hautement satirique. Ainsi, dans «Mhoi Ceul» une pièce de théâtre de 1979 et le «Secrétaire particulier» en 1975, Bernard DADIE dénonce le manque de conscience professionnelle des fonctionnaires africains, la corruption des gouvernants en particulier. Prétentieux, opportuniste, corrompu, c'est «Mhoi-Ceul», le bien nommé. Mhoi-Ceul, plein de lui-même, comme un neuf. Moi, moi tout seul, Monsieur le Directeur, enfin, tel qu'en sa suffisance imbécile le pouvoir bureaucratique le change. Bernard DADIE dépeint l’irresponsabilité et l’incurie des fonctionnaires africains, dans «Papassidi, maitre-escroc». Face à ces maux qui gangrènent le continent noir, DADIE répond : «Je n’ai pas de solution, ni d’explication. Je dénonce la situation. C’est le rôle de l’écrivain de dénoncer cela». L’affairisme, la recherche effrénée de gains, par tous les moyens, dans cette étude des mœurs, sont un appel, à peine déguisé, à la rénovation des valeurs morales et éthiques en Afrique.

«Les Voix dans le vent» est une pièce qui se situe dans l’Afrique indépendante. Le chef politique, Nahoubou 1er, est un véritable fou, inapte à gouverner. Bernard DADIE résume, par là, la tragédie africaine de notre temps. «Les Voix du Vent», c’est l’histoire du tyran qui, après avoir tué son frère et sa mère, est hanté par leurs fantômes. Les voix évoquent la Vérité éternelle, et la Mort. Or, Nahoubou 1er n’a pas de conscience. Les individus subissent un pouvoir arbitraire, parce que souvent ils n’ont pas conscience de cette injustice. Dans cette pièce de théâtre, les voix des morts reviennent et accusent. C’est la Mort qui vient de prendre parti contre la bêtise humaine. Le fantastique occupe une place importante dans l’œuvre de DADIE.

B – Bernard DADIE un partisan de la réconciliation universelle

«Hommes de tous les continents», un recueil de poèmes écrit entre 1943 et 1965, fondé sur les thèmes de la réconciliation universelle. «Hommes de tous les continents», est dédié à Pierre SEGHERS l’éditeur français (1906-1987) qui est le premier à publier les ouvrages de Bernard DADIE, car les autres éditeurs français hésitaient. SEGHERS est le premier à se pencher sur les problèmes coloniaux en tant qu’écrivain, et fut un grand poète de combat.

Catholique, et profondément croyant, Bernard DADIE estime que Jésus Christ a réconcilié le Ciel et la Terre, et son Amour a lié les hommes au même destin. L’Afrique doit être en marche vers sa renaissance. «Nous avons fait la critique des Blancs qui ont fait ceci et cela. Mais quand les Blancs nous ont laissé, nous avons fait pire que les Blancs. Les gens commencent à prendre conscience de cela. Les gens qui viennent vont réaliser nos espoirs : une Afrique libérée, une Afrique qui donne aux Européens une leçon» dit Bernard DADIE.

Dans «Climbié», Bernard DADIE revient, en ces termes, sur le thème de l’humanisme universel : Climbié «est un personnage réel, toujours moi, qui regarde, qui examine les coutumes, les mœurs, la culture de mon peuple, pour y décerner les différences et les points communs, dans la perspectives de l’humanisme universel».

«La Rondes des jours» Bernard DADIE est fier d’être Noir et espère une liberté totale, dans la justice et la dignité pour le continent. Dans ce recueil de poèmes, ce n’est pas le Bernard DADIE virulent qui se manifeste. Le ton est beaucoup sobre. En effet, l’auteur a le souci d’administrer la preuve du caractère universel de l’existence humaine, les rêves communs de l’humanité. Pour Bernard DADIE, tous les hommes sont les mêmes, nous sommes tous les enfants de Dieu. Cela impose un respect. Le jour qui se lève ici, c’est le même jour qui se lève là-bas.

Il en appelle à la célébration de la fraternité. Les thèmes abordés dans les «La Ronde des jours» sont variés. C’est une poésie militante qui célèbre, exalte les valeurs africaines. Ainsi, le poème, «Ode à l’Afrique» rend hommage à l’Afrique rayonnante, berceau de l’humanité et célèbre ses vertus. «Chanter l’Afrique» glorifie l’Afrique et met en valeur sa merveilleuse nature. «Sèche tes pleurs» est un poème de consolation, l’Afrique étant confrontée à de nombreux défis, mais dispose de nombreux atouts. «Le noir de mon teint» valorise la race noire. Dans «Je vous aime pas», Bernard DADIE fait la promotion de la culture africaine. Il exprime, dans «Feuille au vent», sa revendication à l’égalité dans la différence.

«Je suis homme à la couleur de nuit
Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves.
Je suis l’arbre bourgeonnant au printemps
La rosée qui chantonne dans le creux du baobab.
Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves.
Je suis l’homme dont on se plaint
Parce que contre l’étiquette
L’homme dont on se rit
Parce que contre les barrières.
Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves.
Je suis l’homme dont on dit : ‘‘ Oh, celui-là !’’
Celui qu’on ne peut saisir
La brise qui vous frôle et fuit.
Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves.
Le capitaine à la proue
Cherchant dans les rafales des nuages
L’œil puissant de la terre ;
La barque sans voile
Qui glisse sur l’océan.
Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves.
Je suis l’homme dont les rêves
Sont aussi multiples que les étoiles
Plus bruissant qu’essaims d’abeilles
Plus souriants que sourires d’enfants
Plus sonores qu’échos dans les bois.
Feuille au vent, je vais au gré de mes rêves».

II – Bernard DADIE, un farouche défenseur de la culture et de l’identité africaine

La colonisation s’est traduite, non seulement par l’asservissement et la spoliation des Africains, mais surtout par la dévalorisation des valeurs traditionnelles africaines. L’Afrique est déshonorée et humiliée. Selon DADIE, il est important que les Africains valorisent leur héritage. Son respect pour la culture africaine a inspiré DADIE à établir le Cercle Culturel et Folklorique de la Côte d’Ivoire en 1953. Bernard DADIE est reconnu pour ses écrits et ses efforts de défendre la culture africaine. Il est un fervent avocat de l’importance à préserver la culture et l’identité africaines.

A - Bernard Dadié, défenseur des valeurs africaines à travers ses contes

Dans la défense de la culture africaine, Bernard DADIE reconnaît une dette à l’égard de la tradition orale, les conteurs et les griots l’ont inspiré. «Les contes et légendes sont pour nous des musées, des monuments, des plaques de rues, en sommes nos seuls livres», dit-il. Dans les contes, il y a des éléments fondamentaux chez tous les peuples. «Le conte nous permet de nous rattacher à notre passé, à notre histoire, nous qui n’avons pas de livres» souligne DADIE. Observateur passionné des êtres et des choses, dans quel autre genre que le conte, Bernard DADIE pouvait-il accomplir ces traits remarquables de sa personnalité africaine ?

Le pagne est, avec le boubou, un vêtement emblématique du continent africain tel qu’il est vu par l’Occident, comme le sari peut par exemple l’être pour l’Inde. Avec évidence, ces textes manifestent la rencontre heureuse d'un écrivain avec son monde, cette Afrique recréée à travers le merveilleux de la fable, l'ironique bestiaire de la tradition, la gaîté d'un savoir ancien et la tendresse d'une longue mémoire.

Ainsi, dans «Le Pagne noir», l’héroïne, Aïwa, se voit contrainte de vivre avec sa marâtre qui lui offre le calvaire. Ayant mission de laver un pagne noir de telle sorte qu’il devienne aussi blanc que le kaolin, elle part à la recherche d’une eau pouvant mouiller le pagne en question. Au bout de plusieurs jours d’épreuves, elle se voit offrir un pagne plus blanc que le kaolin. La marâtre reconnaît ce pagne qui avait servi à enterrer la première femme de son mari. Mais «Pagne noir» est également un recueil de seize contes du pays Agni de Côte-d’Ivoire dominé par Kacou Ananzé, l’Araignée, personnage avare, égoïste, craint des autres animaux, et prend successivement l’aspect des animaux les plus divers et jouit d’un anthropomorphisme lui permettant de multiples apparences humaines. Kacou Ananzé, un personnage haut en couleur, apparaît au fil des courts récits comme un être malicieux. Le lion, la panthère, l’éléphant et le buffle, qui occupent les échelons les plus élevés dans la hiérarchie des animaux le craignent, car ils ne sont jamais à l’abri d’un de ses exploits dont le bénéficiaire est toujours sa seule personne. Le cochon et toute sa lignée jusqu’à aujourd’hui se maudissent d’avoir perdu leur trompe dont ils étaient affublés aux temps originels, cela en voulant se débarrasser de ce vaurien d’Ananzé. Mal leur en a pris ! Non seulement cet aigrefin a dévoré leur appendice nasale, mais il les a affublé d’une queue ridicule en forme de serpentin. Dieu, lui-même, n’est pas à l’abri d’un ce ses coups tordus. Ainsi, réussit-il à dévorer la plus belle vache du troupeau du divin hiérarque dans le plus grand secret. Cependant, Kacou Ananzé a bien des défauts : ceux d’un être cupide, égoïste, jaloux et envieux qui s’autorise les trahisons les plus méchantes et les déshonneurs les plus infâmes. Ainsi, abandonne-t-il à la famine son épouse et ses enfants pour profiter, à lui seul, de ses récoltes mirifiques d’ignames. Mais ses mauvais profits ne sont pas impunis. Ses vices font sa perte. Bien souvent les fruits de ses entourloupettes lui échappent. L’honneur est sauf et la morale protégée. Décidément, mieux vaut faire taire ses passions, se contenter de ce que la nature nous a doté et de ne pas avoir des flatulences plus haut que son derrière. Que les hérauts qui enchantent les routes de nos villages vous invitent à vous laisser bercer aux délices de ces histoires merveilleuses et délicieuses nées de l’imaginaire de Bernard DADIE. Une âme d’enfant, une écriture fluide et bucolique, le conteur est un homme bercé par Dame Nature.

Dans les contes de Bernard DADIE les animaux les plus redoutables ne sont pas ces géants de la forêt comme l’éléphant ou le lion. L’Araignée, dans le «Pagne noir», est un petit animal rusé, et la ruse est une façon de survivre. «Les faibles, nous autres, on essaie de ruser en face de la force brutale. On utilise la ruse pour dompter la force brutale», dit-il. Mais l’Araignée est présentée comme un père dénaturé, égoïste, et d’une curiosité moribonde. L’Araignée veut prendre tout pour elle seule, par sa ruse, au lieu de s’occuper vraiment de sa famille. Cependant, ses subterfuges sont déjoués. Enfin de compte, la morale de l’histoire, c’est l’honnêteté, la justice, le bonheur qui triomphent toujours. Le conte dépeint la vérité cachée.

B - Bernard DADIE, défenseur des valeurs africaines à travers ses chroniques

Bernard DADIE, dans ses chroniques, y milite pour la préservation des cultures africaines. Ainsi, «Un Négre à Paris» a été écrit en 1959, à la veille des indépendances. Un jeune africain y découvre la grande métropole, avec tout ce que cela représente comme symbole pour le colonisé qu’il est. Il est certes fasciné, mais se trouve confronté à une équation qu’il doit nécessairement résoudre : comment s’adapter, exister encore dans ce monde totalement différent du sien ?

«Un Nègre à Paris», tout en restant une satire des mœurs parisiennes et une tentative de réhabiliter la culture africaine, Bernard DADIE y cultive l’ambiguïté. Il fait ressortir un sentiment ambivalent à l’égard de Paris : un amour – répulsion. «Je vais cesser de contempler le Paris des cartes postales et des écrivains, le Paris qu’on me choisit. Je vais voir Paris, moi aussi, avec mes yeux. On ne verra pas pour moi, on ne pensera pas pour moi, pour toi, pour tous les nôtres», dit-il. En effet, arrivé pour la première fois à Paris, le 14 juillet 1956, l’auteur est fasciné par les monuments, le métro et la liberté des écrivains. Cependant, il dénonce l’hypocrisie du colon. En effet, il existe un écart entre les idéaux de justice et de liberté que proclame chacun des monuments de Paris et la situation des colonisés. Ce que rejette Bernard DADIE, ce n’est pas Paris, mais c’est la culture coloniale inculquée aux Africains. «Je veux faire cesser cette fascination des Africains par la culture occidentale en leur faisant voir l’autre côté de cette culture» dit-il. Dans ce roman épistolaire, le narrateur s’appelle Bernard Tanhoe qui, chez les Agni, est un Dieu-fleuve, fier de sa singularité et jaloux de son autonomie. Bernard DADIE est particulièrement fier de l’authenticité et de la spécificité de la culture africaine. Il revendique même sa différenciation religieuse : «Je catholique chrétien romain, mais nous avons, comme partout, des Dieux. Je suis d’Assinie. Chez nous notre Dieu s’appelle Amanzi. Mais Tanhoe là-bas, est chez nous aussi. Tanhoe est partout. C’est un nom de Dieu. C’est un génie», dit-il.

«Patron de New York» proclame, une fois de plus, la valeur de l’homme, dans toute sa valeur intrinsèque et non celle que l’argent attribue. En Amérique, cette valeur de l’individu, mesurée uniquement au compas de l’argent, est à la base du rêve de cette société. Tout se paie. Tout s’achète. «A un moment donné, on a fait de l’homme une valeur contre les cauris, contre du café, du café», dit-il. L’Homme est au-dessus de tout cela. L’individu étant l’essentiel, «il n’y a pas de couleur» dit Bernard DADIE. Dans «la ville où nul ne meurt (Rome)» Bernard DADIE revient sur la place de l’individu dans la société. L’Europe a, en général, «un mépris souverain de l’homme». Pourtant Rome, siège de la chrétienté enseigne le concept «Aimez-vous les uns, les autres».

Bibliographie sélective

1- Contribution de Bernard DADIE

DADIE (Bernard), «Chanter l’Afrique», Présence africaine, 1949, vol 1, n°6, pages 126-127 ;

DADIE (Bernard), «L’ablation», Présence africaine, 1948, vol 3, n°4, pages 603-603 ;

DADIE (Bernard), «Le conte, élément de solidarité et d’universalité», Présence africaine, 1959, vol 4, n°27-28, pages 69-80 ;

DADIE (Bernard), «Le rôle des légendes dans la culture populaire des Noirs d’Afrique», Présence africaine, 1957 vol 3, n°14-15, pages 165-174 ;

DADIE (Bernard), «Mémoires d’une rue», Présence africaine, 1948, vol 3, n°4, pages 599-602 ;

DADIE (Bernard), «Misère de l’enseignement en AOF», Présence africaine, 1956, vol 6, n°11, pages 57-70 ;

DADIE (Bernard), «Puissance !», Présence africaine, 1947, vol 1, n°1, pages 60-61 ;

DADIE (Bernard), Afrique debout !, Paris, Seghers, 1950, 42 pages ;

DADIE (Bernard), Assémien Déhylé, roi du Sanwi, Abidjan, CEDA, 1980, 68 pages ;

DADIE (Bernard), Béatrice de Congo, Paris, Présence Africaine, 1970, 175 pages ;

DADIE (Bernard), Carnets de prison, Abidjan, CEDA, 1981, 335 pages ;

DADIE (Bernard), Climbié, Paris, Seghers, 1956, 189 pages ;

DADIE (Bernard), Hommes dans les continents, Paris, Présence Africaine, 1967, 103 pages ;

DADIE (Bernard), Iles de tempête, Paris, Présence Africaine, 1978, 141 pages ;

DADIE (Bernard), La ronde des jours, Paris, Seghers, 1956, 56 pages ;

DADIE (Bernard), La ville où nul ne meurt, Paris, Présence Africaine, 1968, 211 pages ;

DADIE (Bernard), Le pagne noir, Paris, Présence Africaine, 1955, 175 pages ;

DADIE (Bernard), Légendes et poèmes, Paris, Seghers, 1966, 260 pages ;

DADIE (Bernard), Les contes de Koutou-as-Samala, Paris, Présence Africaine, 1982, 123 pages ;

DADIE (Bernard), Les jambes du fils de Dieu, Abidjan, CEDA, 1980, 159 pages ;

DADIE (Bernard), Les voix dans le vent, Yaoundé, Clé, 1970, 167 pages ;

DADIE (Bernard), Mhoi Ceul, Paris, Présence Africaine, 1979, 101 pages ;

DADIE (Bernard), Monsieur Thôgo-Gnini, Paris, Présence Africaine, 1996, 115 pages ;

DADIE (Bernard), Papassidi, maître-escroc, Abidjan, Nouvelles éditions africaines, 1975, 79 pages ;

DADIE (Bernard), Patron de New York, Paris, Présence Africaine, 1964, 308 pages ;

DADIE (Bernard), Un Nègre à Paris, Paris, Présence Africaine, 1996, 217 pages ;

DADIER (Bernard), Le commandant Taureault et ses nègres, Abidjan CEDA, 1980, 126 pages.

2- Critiques de Bernard DADIE

ADE OJO (S), «L’écrivain africain et ses publics : le cas de Bernard Dadié», Peuples Noirs, Peuples africains, 1983, n°32, pages 63-99 ;

AMONDJI (Marcel), De Climbié à carnets de prison, essai sur l’invention de la littérature moderne ivoirienne, Paris, Anibwé éditions, 2012, 54 pages ;

BEART (Charles), «Le théâtre africain et la culture indigène», Education africaine, (Dakar), 1937, pages 3-4 ;

BEART (Charles), Jeux et jouets de l’Ouest-africain, préface de Théodore Monod, Dakar, IFAN, 1955, 888 pages ;

BEN JUKPOR (K’Anene), «Béatrice de Congo : une autopsie de la politique coloniale», in Litté Réalité, 1989 vol. I, n°2, pages 121-139 ;

BEN JUKPOR (K’Anene), «Bernard Dadié et son oeuvre», entretien avec Bernard Dadié des 8 et 9 septembre 1993, à Abidjan, Les Mots Pluriels septembre 1997, vol. 1, n°4, pages 33-52 ;

BERNARD-DUQUENNET (Nicole), Le Front Populaire et le Sénégal, thèse, Université de Paris VII, sous la direction de Catherine Coquery-Vidrovitch, 268 pages, spéc pages 26-32 (UCAD THL 68) ;

BONNEAU (Richard), «Bernard Binlin Dadié, écrivain ivoirien», in ENTENTE AFRICAINE, 1972, n°10, pages 52-57 ;

CHEVRIER (Jacques), «Lecture d’un Nègre à Paris, où il est prouvé qu’on peut être Parisien et raisonner comme un Agni», in L'Afrique littéraire et artistique, 1989 (85), pages 33-45 ;

DAGNY (Lucie), Images et mythes de la femme dans le théâtre de Bernard Dadié, thèse de doctorat sous la direction de Monique Banu-Borie, 1983, 87 pages ;

EDEBIRI (Unionmwan), Bernard Dadié, hommage et études, Cotonou, éditions Flamboyant, Ivry-sur-Seine, Nouvelles du Sud, 1992, 411 pages ;

GNAOULE-OUPOH (Bruno), La littérature ivoirienne, Paris, Karthala, 2000, 444 pages, spéc. pages 80 et suivantes ;

HONSCH (Marlène), Le pouvoir et l’argent dans l’œuvre romanesque et théâtrale de Bernard Dadié, thèse sous la direction de Pierre Citron, Paris, Université Sorbonne Nouvelle, 1981, 337 pages ;

KAMAGATE (Bassidiki), «Jeu et enjeu du comique de répétition dans Passidiki, maître escroc de Bernard DADIE», in Etudes Littéraires, 2007, vol. 38, n°2-3, pages 173-187 ;

KODJO (Léonard), «Bernard Dadié entre réalité et fiction», in Québec français, 1989, n°75, pages 64-66 ;

KODJO (Léonard), «Sur la piste du théâtre ivoirien», in Québec français, 1989, n°74, pages 92-93 ;

KOFFI (Gilbert), L’univers carcéral dans l’œuvre de Bernard Dadié, thèse sous la direction de Pape Samba Diop, Université Paris-Est, Créteil, Val-de-Marne, (UPEC), 2005, 90 pages ;

KOMPAORE (Prosper), Socio-critique et sémiologie théâtrale, étude de l’extra-texte dans l’œuvre théâtrale de Bernard Dadié, Thèse de doctorat sous la direction de Richard Demercy, Paris, Université Sorbonne Nouvelle, 1974, 207 pages ;

KOTCHY (Barthélémy), Critique sociale dans l’œuvre théâtrale de Bernard Dadié, Paris, l’Harmattan, 1984, 247 pages ;

KWAKYE (RSK), La structure textuelle du pagne noir, thèse sous la direction de Lawrence Tufuor, Kwame N’Krumah University of Science and Technology, Kumasi, juin 2011, 92 pages ;

LEMAIRE (Frédéric), Bernard Dadié : itinéraire d’un écrivain africain dans la moitié du XXème siècle, Paris, L’Harmattan, 2008, 207 pages ;

MAGNIER (Bernard), «Bibliograhie sur Bernard Binlin Dadié», in Présence francophone, 1976, n°12-13, pages 51 et suivantes ;

MAGNIER (Bernard), «Climbié de Bernard Dadié», Notre Librairie, janvier-avril 1980, n°52,  pages 88-91 ;

MERCIER (Roger), BATTESTINI (Simon et Monique), Bernard Dadié, écrivain ivoirien, Paris, F. Nathan, 1964, 63 pages ;

ONGUM (Louis-Marie), «Satire et humanisme de Bernard Dadié dans un Nègre à Paris», Etudes littéraires, décembre 1974, vol. 7, n°3, pages 405-419 :

PANPGOP KAMENI (Alain, Cyr), «Bernard DADIE et la dramaturgie du fantastique, dans les Voix dans le Vent», Analyses, revue de l’Université de Toulouse-le-Mirail, novembre 2006, n°11, pages 131-144 ;

QUILLATEAU (Claude), Bernard Binlin Dadié, l’homme et l’œuvre, Paris, Présence Africaine, 1967, 172 pages ;

SIDIBE (Valy) GNAOULE-OUPOH (Bruno), Bernard Dadié, conscience critique de son temps, Actes colloque en hommage à Bernard Dadié, Abidjan, CEDA, 1999, 273 pages ;

SIDIBE (Valy), La critique du pouvoir politique dans le théâtre de Bernard Dadié (1966-1980), thèse de doctorat, sous la direction de Jacques Scherer, Paris, Université Sorbonne Nouvelle, 1984, 339 pages ;

VINCILEONI (Nicole), Comprendre l’œuvre de Bernard Dadié, Issy-les-Moulineaux, Les classiques africains, 1986, 319 pages.

Albi, le 3 mars 2016 et actualisé à Paris le 3 avril 2018, par M. Amadou Bal BA – baamadou.over-blog.fr.

Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.
Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.

Bernard Binlin DADIE, un écrivain ivoirien engagé.

Partager cet article

Repost0
1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 21:18

Ancienne capitale du Rouergue, préfecture de l’Aveyron, perché sur son "piton" à 627 mètres d'altitude, Rodez, cité antique, est située au centre du département dont elle est le chef-lieu, entre Conques au Nord et le viaduc de Millau au Sud. Rodez c’est également la vieille rivalité avec Albi, la Tarnaise, dont la Cité médiévale est inscrite au Patrimoine Mondial par l'Unesco depuis 2010.

La ville fut fondée par les Rutènes. De ce peuple celte, les habitants de Rodez, les Ruthénois, ont hérité leur nom. Appelée Segodunum, la cité se couvre après la conquête romaine de vastes monuments publics et de riches demeures dont le musée Fenaille conserve le souvenir. Victor-Eugène ARDOUIN-DUMAZET, dans son voyage en France, dont la 35ème édition de 1904 est consacrée au Rouergue, rappelle que «Les Ruthènes en établissant ici leur capitale, les Romains en faisant de Ruthéna, une de leurs places fortes, n’ont fait que conforter la valeur stratégique et économique du lieu». ARDOUIN-DUMAZET a, décrit au début du siècle dernier, ce qu’était Rodez. La cathédrale, Notre-Dame, est le monument, par excellence, de la capitale du Rouergue. Les antiques maisons, dont l’hôtel d’Armagnac, ont conservé leur aspect primitif. Rodez est un grand marché agricole, le commerce des bestiaux et des mulets, y est fort important. De nos, jours Rodez est resté une ville à la campagne.

Au Moyen-Âge, la ville se scinde en deux quartiers défendus chacun par sa propre muraille : le Bourg et la Cité. Dirigé par les comtes de Rodez, le Bourg accueille d'importantes foires dont il tire une grande prospérité. De nombreuses demeures bâties aux XVe et XVIe siècles témoignent encore aujourd'hui de la richesse de certaines familles de marchands.

Face au Bourg, la Cité s'étire au pied de la cathédrale Notre-Dame (XIIIe-XVIe siècles). Elle est administrée par les évêques de Rodez qui jalousent le pouvoir économique des comtes. Les rivalités sont ainsi nombreuses entre Bourg et Cité. La guerre de Cent Ans met cependant un terme à ces conflits lorsque, pour assurer leur protection, les deux quartiers se voient réunis derrière un seul et même rempart. Entretenue et restaurée jusqu'au XVIIe siècle, cette imposante muraille est détruite à la fin du XVIIIe siècle, laissant la ville libre de s'étendre.

Les principales richesses architecturales de Rodez se trouvent dans la vieille ville au sommet du piton autour de la Cathédrale, de grès rose. Notre-Dame est une intrusion du gothique du Nord dans les provinces méridionales. La cathédrale s’est substituée à une église, plus petite, datant du Xème siècle. L’évêque, Robert de CALMONT rase l’ancienne église, et la construction de la cathédrale dura trois siècles.

On trouve, à Rodez, des maisons des XVème et XVIème siècle, les plus connues étant la maison de l’Annonciation sur la place du Bourg et la maison d’Armagnac, place de l’Olmet. Le centre historique a conservé ses ruelles médiévales bordées d’édifices de grès rose. De nombreuses places animent également le cœur de la ville, telle la place du Bourg et la place de la Cité à découvrir tout particulièrement les jours de marché.

A l’aube du XXIème siècle, Rodez est une ville dynamique qui vit principalement des industries agroalimentaires et mécaniques, des technologies de l'information et de la communication, et du tourisme. De nombreux équipements assurent l'animation de la vie sportive et culturelle : golf, centre équestre, centre nautique, salles de spectacles, médiathèques… Sans oublier les musées : le musée Denys Puech (Beaux-Arts et art contemporain) et le musée Fenaille (histoire du Rouergue), bientôt complétés par le musée Soulages. Consacré à l'artiste ruthénois Pierre SOULAGES et à l'art contemporain, le Musée Soulages, inauguré le 30 mai 2014, présente les 250 donations de l’artiste. Pierre SOULAGES, né le 24 décembre 1919 à Rodez, peintre et graveur, est associé à l’art abstrait, dominé par le noir. J’affectionne Pierre SOULAGES justement, parce qu’en temps troublés, SOULAGES aime passionnément le Noir dont il vante la beauté. «Enfant, pour moi, la neige c’était tout. Or, le noir faisait ressortir la blancheur. Prenez une couleur sombre et placez du noir à côté, elle s’éclaire. On m’offrait des couleurs, mais je préférais l’encrier. C’est la puissance du noir qui m’intéressait. C’est une couleur violente, active, frappante qui n’a rien à voir avec le deuil» dit Pierre SOULAGES. Sa rétrospective à Beaubourg, en 2009, avait attiré plus de 500 000 visiteurs. Connu et reconnu à l’étranger, Pierre SOULAGES a décidé de rester fidèle à sa ville natale, Rodez. Homme indépendant, les premières émotions d’art de SOULAGES viennent aussi des pierres du Rouergue : «Les statues des menhirs, l’abbatiale romane de Conques et le mur nu de la cathédrale de Rodez, voilà les trois choses qui font partie des grands horizons de mes goûts. Cela m’a enraciné», confie-t-il.

Des personnes célèbres , originaires ou non, ont séjourné dans l’Aveyron. Bien qu’il soit né à Bizerte, en Tunisie, M. Bertrand DELANOE, ancien maire de Paris, a passé dix ans de sa jeunesse dans l'Aveyron, de 1964 à 1974. Il fréquente l’institut Sainte-Marie, à Rodez et adhéra, dans cette vielle, en 1972, au Parti socialiste. M. DELANOE deviendra, à 23 ans, le premier secrétaire de la fédération socialiste de l’Aveyron.

Paul RAMADIER, né le 17 mars 1888 à la Rochelle, avocat et homme politique français, est mort le 14 octobre 1961 à Rodez. Il a fait ses études au lycée de Rodez et adhéré au Parti socialiste en 1904. Il fonde une section socialiste et un journal à Rodez. Paul RAMADIER a été élu, par trois fois, député de l’Aveyron. Ami d’Henri LEVY-BRUHL et de Salomon GRUMBACH, RAMADIER fait partie de ceux qui ont refusé les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, en 1940.

Le maréchal Ferdinand FOCH, né à Tarbes, le 22 octobre 1851, à suivi ses études secondaires, à Rodez, dans un lycée fondé en 1562, des jésuites, par le cardinal d’Armagnac, évêque de cette ville. Depuis le 13 janvier 1931, ce lycée porte le nom du maréchal FOCH, après accord de sa veuve en ces termes : "Mon mari avait conservé un très bon souvenir de Rodez, de ses habitants et de son séjour au Lycée où l'un de ses professeurs avait dit à son père qu'il avait l'esprit géométrique et que l'on pouvait le diriger vers l'Ecole Polytechnique».

Rodez, fut sans doute, une étape importante, dans le destin tourmenté d’Antonin ARTAUD (1896-1948). Il y arriva le 11 février 1943, pour y être soigné à l’hôpital psychiatrique. Affamé, sale et hirsute, il ne lui restait que huit dents. Poète maudit et ami des surréalistes (Robert Desnos et Paul Eluard), ARTAUD retrouva à Rodez ses capacités créatrices, après avoir lui-même constaté, auparavant : «Ma pensée m’abandonne, à tous les degrés». En effet, à Rodez, le docteur Gaston FERDIERE soumet son patient au feu d'une cinquantaine d'électrochocs. Cette thérapeutique, d'une radicale nouveauté à l'époque, fut extrêmement pénible. ARTAUD supplia le docteur FERDIERE d'y mettre un terme, d'autant qu'il souffrait d'une vertèbre brisée. Mais le médecin résista et l'écrivain, bien nourri (il a regagné 11 kilos), propre et rasé, disposant de son indispensable ration de tabac, s'est arraché à son délire et s'est remis, enfin, au travail. Jusqu'à sa sortie, en 1946, Artaud écrira à son médecin, qu'il voit cependant chaque matin, près de cinquante lettres. La reconnaissance et l'affection jalouse côtoyant la revendication, si ce n'est l'aigreur certains jours, projettent sur cet ensemble le reflet incomparablement vrai de la vie du poète interné. Il y a plus : dans ces lettres s'exprime une foi chrétienne, sinon romainement orthodoxe, du moins passionnée jusqu'au mysticisme. En 1946, il est autorisé à rentrer à Paris. L’hôpital psychiatrique de Rodez a été rasé ; il n’en subsiste que la chapelle PARERE.

Indications bibliographiques

CENSI (Marc) VALDIGUIE, présentation de, Midi-Pyrénées, Paris, Hachette, Guides Bleus, 1991, 815 pages, spéc sur Rodez pages 635-643 ;

ARDOUIN-DUMAZET (Victor-Eugène), Voyage en France, Rouergue et Albigeois, Paris, Berger-Levrault, 1904, 35ème série, 353 pages, spéc sur Rodez, pages 50-66 ;

SOULAGES (Pierre), L’œuvre complet : peintures, Paris, Seuil, 1994, 1000 pages :

DUBORGEL (Bruno), SOULAGES (Pierre), Pierre Soulages : la planche noire de la lumière, JP Huguet, 2006, 94 pages

MESCHONIC (Henri) SOULAGES (Pierre), Rythme et la lumière, Paris, Odile Jacob, 2011, 240 pages ;

VENET (Emmanuel), Ferdière, psychiatre d’Antonin Artaud, Verdier Poche, 2014, 96 pages ;

«Artaud retrouvé à Rodez», in L’Express du 1er novembre 2004 ;

ARTAUD (Antonin), Cahiers de Rodez, Paris, Gallimard, 1984, 373 pages ;

ARTAUD (Antonin), Nouveaux écrits de Rodez, préface de Gaston Ferdière, présentation et notes de Pierre Chaleix, Paris, Gallimard, Collection l’Imaginaire, 1977, 196 pages.

Albi, le 1er mars 2016, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/
Carnets de voyage : RODEZ, dans l’Aveyron, une cité romaine, une ville à la campagne, par M. Amadou Bal BA, http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0

Liens