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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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6 avril 2018 5 06 /04 /avril /2018 19:09

HIGELIN était un magicien des mots, un poète, grand maître de l’improvisation, capable d’enchanter le monde dans ses refrains. On l’imagine moins absorbé dans le silence, penché des heures durant sur ses cahiers, inspiré, concentré, traquant sans se lasser le mot le plus juste, le plus pertinent, le plus étonnant «Vivre l’écriture. Le corps et l’esprit tout entiers tendus vers elle. Malaxer les mots, comme un sculpteur le fait de sa terre glaise. Murmurer ad libitum des bribes de phrases, pour les accoucher tout à fait. Rester indifférent aux bruits et aux appels. A la faim et au sommeil. N’entendre rien, rien d’autre que le bouillonnement du verbe à l’intérieur de soi, et la musique parfois qui le précède. Ecrire des heures comme possédé» dit-il dans «Flâner entre les intervalles».

«Lettres d’amour», un livre chargé de sens, il y évoque, notamment, la mort de sa mère avec une justesse et un goût de la vie. «Ma mère. Mon âme a choisi ton ventre pour s’y bâtir la maison du petit homme que j’ai été et que je suis, ma mère. La barque d’amour où tu m’as couché enfant, je la ramène à ton port, chargée de toutes les richesses du monde où elle m’a emporté. (…) Amour, ma mère» écrit-il dans l’hommage à sa défunte mère. HIGELIN s’interroge, en 1960, sur la direction qu’il veut donner à sa vie «Qui suis-je ? Où vais-je ? Tout est prétexte à l’homme, parti à la recherche de lui-même, qui se mesure à la vérité des choses. Cette concentration de solitude est une puissante occasion». Il s’interroge dans «Couteaux de cristal», un poème de «Flâner entre les intervalles» sur le temps qui passe et fait le bilan de sa vie à un âge avancé : «On pleure de ne pas être celui qu’on croyait. On pleure de n’être plus celui que l’on était. Mais comment s’oublier alors qu’à chaque instant le temps vient maquiller une ride nouvelle, cette paupière usée de s’être frottée aux vérités cruelles. Ca fait chier de vieillir». 

«Moi, je suis le grain de sable qui fait le désert. Un petit grain de sable contre le renoncement» écrit-il.  Dans «Jacques HIGELIN, passeur d’étoiles», un livre de Jacques PERCIOT, l’auteur rassemble et regroupe par thèmes plusieurs centaines d'extraits d'entretiens de Jacques HIGELIN avec des journalistes. Beaucoup sont inédits et découlent de conversations avec l'auteur lui-même. En scène, HIGELIN donne sa démesure. Dégaine de farfadet monté en graine, il jongle avec les comètes, harangue la chimère, apprivoise les sortilèges, organise le tumulte. II en est l'épicentre, le camelot volubile, rageur, drôle et fraternel. «Des allumettes au fond de ses yeux, s'envole un enfant émerveillé, qui nous ressemble un peu. Le public devient une mer déchaînée. Tu deviens bateau ivre. Tu es hors de toi. Ça te traverse et ça jaillit. Tu n'es plus que l'instrument d'une force qui te transcende» écrit Jacques PERCIOT, son biographe. Du temps de l'école buissonnière, Jacques HIGELIN chantait pour les abeilles, merles et pâquerettes. Attiré par les planches, il aborde précocement le cinéma, le théâtre, les arts de la rue, le café-théâtre. La musique finira par avoir le dernier mot. Et cela va faire quarante ans qu'il chante! Inlassablement généreux, encore imprévisible, jacquot nous étonnera toujours. Un artiste n'a pas besoin d'autre chose que d'entrer dans le cœur des gens. C'est le plus bel endroit.

«J’entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. Plus tard dans la soirée, avant d’éteindre la lumière, il nous racontait des histoires, à Paulo et à moi. Je m’endormais au son de l’harmonica de mon papa. C’est drôle... Pendant des années, j’ai joué un air de guitare à Izïa et chanté au pied de son lit pour l’aider à s’endormir» confesse Jacques HIGELIN. Dans un livre, «Je vis pas ma vie, je la rêve», avec une journaliste de Télérama, Valérie LEHOUX, notre Jacques se met en scène, raconte et se raconte. La naissance dans la guerre, la découverte du jazz puis du théâtre, le service militaire en Algérie, les spectacles expérimentaux avec Brigitte FONTAINE, la vie en communauté, la drogue, la tornade du rock, les années dans la dèche, les grandes mises en scène, les peurs et les bonheurs, les voyages, les enfants.

Jacques HIGELIN est né le 18 octobre 1940, à Brou-sur-Chante-Reine, à cinq kilomètres de Chelles, en Seine-et-Marne. Sa famille avait quitté en 1939, menacée par l’Allemagne, pour s’installer dans ce coin. Enfant solitaire, contrairement son frère Paulo, il voue un amour infini à sa mère : «J’étais un enfant rêveur. Très sauvage, parfois très joyeux. Ma mère était ma complice en liberté et en rêverie. Pendant des heures, elle m’écoutait lui lire des poèmes, lui raconter des histoires. Ma mère d’amour, celle qui était là totalement. Qui ne me quittait pas des yeux. Quand je pêchais et que je me retournais, je la voyais sourire» dit-il. Ses grands-parents lui racontaient des histoires pas croyables. Son père a été cheminot, puis a travaillé dans les assurances.

Mais à l’Armistice, en 1940, les Allemands s’installent à Vaires et à Brou, et son grand-père qui parle allemand, est réquisitionné pour servir d’interprète entre l’occupant les habitants. Il n’a jamais collaboré avec les Allemands. Le 29 mars 1944, les Anglais bombardent la gare de Vaires, un lieu stratégique pour les Alliés. Après le bombardement sa famille déménage pour un village, tout proche, Le Pin. A la Libération, sa famille déménage à Chelles. «Pour la première fois, je voyais des Noirs, soldats et libérateurs, qui nous jetaient des chewing-gums et des tablettes de chocolats» écrit-il. Jacques HIGELIN n’oublie pas la guerre et ses conséquences, les privations et parfois les humiliations : «L’époque était rude, on image mal aujourd’hui. L’après-guerre, c’était la pauvreté pour beaucoup. Avec des huissiers féroces : une histoire de faire honte aux familles, ils étaient capables de vendre les meubles sur le trottoir, devant les maisons».

Il relate, après la guerre, les moyens limités de sa famille qui partait toujours en vacances, au même endroit, à Frocourt, en Picardie : «Quand notre voiture approchait, on l’entendait. On s’écartait, on regardait. La notre était un peu pourrie. Il fallait s’arrêter en cours de route pour refroidir le moteur et rechaper les pneus. Ils éclataient tout le temps et mon père n’avait pas les moyens d’en acheter d’autres. Neuf heures pour faire cent kilomètres. Tout devenait une aventure» écrit-il.

Jacques HIGELIN a pendant longtemps habité à Paris 20ème, à la Porte des Lilas, le nouveau quartier de François HOLLANDE. Il jouait, à ses débuts, à Paris 5ème et a régulièrement participé aux Francofolies de la Rochelle. L’itinéraire de Jacques HIGELIN est un chemin extraordinaire de liberté et de découvertes permanentes, sur lequel on croise, entre autres, des cascadeurs, le guitariste Henri CROLLA, Georges MOUSTAKI, Peter BROOK, Jacques CANETTI, un conteur de Marrakech, Charles TRENET, Jacno ou Barbara. Le récit musarde sans cesse entre passé et présent, reflet de la personnalité d’un homme qui se promène dans la vie sans se soucier du temps.

En artiste-poète, Jacques HIGELIN sait faire des déclarations d’amour, empreintes d’un grand lyrisme, parfois teinté de mélancolie dans la perspective de la mort : «Dans le ciel de ma vie qui finira un jour une nuit, vous êtes l’étoile unique qui apaise mon âme, éclaire mon esprit, et rend mon cœur serein», écrit-il.

Johnny a bénéficié d’obsèques nationales, même on ne sait pas encore s’il était Français, Belge ou Américain, il devait plus de 10 millions d’euros au fisc.

Jacques HIGELIN, poète et musicien, qui nous a quittés, le 6 avril 2018, mériterait bien, pour son talent, son humanisme et sa poésie, une reconnaissance de la Nation. C’était un homme engagé auprès des forces de gauche, un humaniste.

Il se battait pour le droit au logement et pour la régularisation des sans-papiers.

Repose en paix, mon Pote !

Indications bibliographiques

1 – Contributions de Jacques HIGELIN

HIGELIN (Jacques), Flâner entre les intervalles, Paris, Fayard, Pauvert, 2016, 304 pages ;

HIGELIN (Jacques), LEHOUX (Valérie), Je vis pas ma vie, je la rêve, Paris, Fayard, 2015, 416 pages ;

HIGELIN (Jacques), Lettres d’amour d’un soldat à vingt ans, Paris, Bernard Grasset, 1987, 250 pages ;

HIGELIN (Jacques), WATHELET (Michel), RIOUX (Lucien), Jacques Higelin, Paris, Seghers, 1980, 189 pages.

2 – Critiques de Jacques HIGELIN

BERTRAND (Jacques, André), Higelin, Paris, B. Barrault, 1990, 189 pages ;

LESUEUR (Daniel), Jacques Higelin Paris, Alternatives, 2000, 110 pages ;

PERCIOT (Jacques), Jacques Higelin : un passeur d’étoiles, Paris, Carpentier, 2005, 82 pages ;

VASSAL (Jacques), LEDUC (Jean-Marie), Jacques Higelin Paris, Albin Michel, 1985, 133 pages.

Paris, le 6 avril 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)
Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)
Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)
Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)
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Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)
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Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)
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Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)

Jacques HIGELIN, un poète et chanteur engagé (1940-018)

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3 avril 2018 2 03 /04 /avril /2018 12:32

Voila 50 ans que disparaissait Martin Luther KING, mort en martyr le 4 avril 1968, à Memphis, dans le Tennessee. Il a été crucifié pour libérer les hommes de l’intolérance et de l’injustice. Il était venu à Memphis soutenir la grève du Syndicat des égoutiers et des éboueurs, essentiellement des Noirs, qui réclamaient une revalorisation salariale. Ces ouvriers victimes, une fois de plus, de brutalités policières, scandaient un slogan : «I am a man», (Je suis un homme). «Si un homme n’a pas trouvé quelque chose qui vaut qu’on lui sacrifie la vie, il ne mérite pas de vivre. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce en quoi il croit. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour la justice. Un homme meurt quand il refuse de se battre pour ce qui est vrai», dit Martin Luther KING. Le regard qu’il porte sur la société américaine en ce milieu du XXème siècle est particulièrement sévère. «Ce qui caractérise principalement la vie d’un Noir, c’est la souffrance, une souffrance si ancienne et si profonde qu’elle fait partie de presque tous les instants de sa vie», souligne t-il. Homme d’Eglise, puisant dans la tradition noire américaine, Martin Luther KING a dépassé les frontières ethniques pour se projeter dans l’action, et réclamer l’égalité des droits pour toutes les personnes défavorisées. «La véritable grandeur d’un homme ne se mesure pas à des moments où il est à son aise, mais lorsqu’il traverse une période de controverses et de défis», proclame Martin Luther KING.

Le 10 décembre 1964, Martin Luther KING, recevait à Oslo, le Prix Nobel de la paix ; il engagera une lutte résolue contre la pauvreté, le racisme et la guerre au Vietnam. Ce Prix Nobel traduisait l’émergence d’une conscience mondiale sur la question noire, pour l’égalité réelle, la justice et la fraternité, dans un monde racisé et ethnicisé. Les Etats-Unis, supposés être les leaders du camp de la liberté, avaient vaincu le fascisme, mais appliquait, rigoureusement, la ségrégation raciale chez eux, sur les Noirs. Homme d’église, humaniste et luttant contre les exclusions, prédicateur, philosophe, brillant orateur, disciple de GANDHI, Martin Luther KING a mis en œuvre la théorie de la non-violence dans sa lutte pour l’égalité des droits. Même quand les temps sont durs, le pasteur KING nous invite à entrer dans l’espérance et à ne jamais abandonner nos rêves. Il a fait un rêve de délivrer l’Amérique et le monde des démons du racisme. Pour cela, il a utilisé une arme redoutable : son exceptionnel talent d’orateur. Plaire, émouvoir, convaincre : telle est, depuis Cicéron, la recette du discours qui mobilise. Tous les grands hommes de l'Histoire se sont confrontés à cet art difficile, et ont eu cette ambition de toucher le cœur des hommes pour changer le monde, conquérir les foules et, parfois, modifier le cours de l'Histoire. C’est à ce titre, que le discours de Martin Luther KING, prononcé le 28 août 1963, devant le mémorial de Lincoln, à Washington, est devenu légendaire, et marquera encore longtemps les esprits : «Je rêve, qu’un jour, notre pays se lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son crédo : nous tenons ces vérités pour évidentes, par elles-mêmes que tous les hommes sont créés égaux».

Quel part d’héritage et de rêve nous lègue donc Martin Luther KING ?

Depuis, 1986, le troisième lundi de janvier, est un jour férié aux Etats-Unis, pour commémorer la naissance de Martin Luther KING. Cette loi a été votée le 2 novembre 1983, sous un président très conservateur, Ronald REAGAN. Ce qui atteste bien que Martin Luther KING et son combat pour l’égalité, font partie, désormais, du patrimoine commun des Américains.

Cependant, au-delà de cette reconnaissance symbolique appréciable, les combats qu’avaient menés Martin Luther KING restent d’une grande actualité, en termes de justice sociale et d’égalité des races. Son «rêve » semble ressembler, de nos jours à un cauchemar.

Martin Luther KING avait pronostiqué, en 1964, que d’ici quarante ans, les Etats-Unis allaient avoir un président noir. Bill CLINTON (président de 1993 à 2001) est le premier président blanc ayant de la sympathie et de l’empathie pour les Noirs. Jeune, il a été élevé et grandi en Arkansas parmi les Noirs avec lesquels il a conservé de solides liens d’amitié et d’estime. Il a promu, en grand nombre, des Noirs à des postes de responsabilité, dont son ami Ron BROWN, secrétaire d’Etat au Commerce. L’accession, le 4 novembre 2008, de Barack OBAMA, premier président noir des Etats-Unis, mais surtout sa réélection le 6 novembre 2012, ont réalisé, pour une large part, de ce rêve de Martin Luther KING. Pour un instant, l’Amérique semble avoir dépassé les clivages raciaux séculaires. Le racisme, à tout le moins sur le plan étatique, a été mis entre parenthèse. Une classe moyenne noire s’est développée, et a renforcé son intégration. En revanche, une grande partie des Noirs sont les plus paupérisés, avec un taux de chômage, une délinquance, des conduites addictives et une violence, à des niveaux élevés. Ainsi dans l’affaire de Michael BROWN, ce jeune noir abattu de 6 balles par la Police ; ce qui a occasionné des émeutes à Fergusson pendant l’été 2014, le président Obama a abordé la question des inégalités raciales aux Etats-Unis, jugeant qu'un long chemin restait à parcourir avec des communautés "qui se retrouvent souvent isolées, sans espoir et sans perspectives économiques". "Dans de nombreuses communautés, les jeunes gens de couleur ont plus de chances de finir en prison ou devant un tribunal que d'accéder à l'université ou d'avoir un bon emploi", a-t-il souligné."Nous avons fait des progrès extraordinaires mais nous n'avons pas fait de progrès suffisants",conclut-il.

 Sans doute que la situation actuelle de la France n’est celle des Etats-Unis du temps de Martin Luther KING. La France reste, très largement, une belle et grande nation de droit où l’égalité républicaine a considérablement progressé. La justice est indépendante, même si elle est lente, et accessible à tous. Un pacte républicain, issu du Conseil National de la Résistance, et dénommé «les Jours heureux», a mis en place un système de protection sociale généreux. En particulier, l’aide médicale de l’Etat attribuée aux plus démunis, même aux sans-papiers, est une mesure sans équivalent dans le monde. C’est avec plein de reconnaissance et de gratitude que ces conquêtes majeures doivent être appréciées à leur juste valeur. Faire partie de cette France républicaine est un immense honneur et une fierté. Mais, il y a toujours un «mais». Certaines explosions dans les banlieues, en particulier, les émeutes de novembre 2005, ont rappelé la nécessité de répondre aux urgences sociales. En effet, la France est devenue un îlot de richesse protégé, mais avec des zones, notamment en Seine-Saint-Denis, de ghetto et de pauvreté croissante. Les politiques d’austérité, menées par la Droite comme la Gauche, ont encore fragilisé les exclus, et attisé la peur de l’autre.

A côté de cette France républicaine, certains déniant le pluralisme ethnique et culturel, animés d’un esprit esclavagiste et colonialiste, rêvent d’une autre France qui n’a jamais existée, une France frileuse, rabougrie et recroquevillée sur elle-même, purement blanche et fantasmée. Devenus invisibles, on est là, sans être là. Paradoxalement, c’est parce que l’intégration est en marche, et de façon irréversible, que les esprits mesquins sont saisis d’une peur irrationnelle. En effet, sous l’effet de la crise et de la lepénisation des esprits, les forces du Mal ne cessent de progresser dans ce merveilleux pays des droits de l’Homme. Ce qui me frappe le plus, c’est que certains Français n’ont plus honte de se réclamer ouvertement des idées abjectes de l’intolérance. Le Front National, devenu respectable, est le deuxième parti de France. «Je suis de la couleur de ceux qu’on persécute» disait Alphonse de Lamartine (1790-1869). Mais, le plus grave, à mon sens, est la démission d’une partie de la Gauche face à cette montée de la peste brune. Le Parti Socialiste, affublé des citations de Jaurès, se revendique des valeurs républicaines d’égalité, de fraternité et de liberté, mais la réalité de son bilan, à tout le moins dans le traitement qu’il accorde aux Français issus de l’immigration, est moins glorieuse. Cette grande hypocrisie, ces affirmations de façade ne trompent plus personne, et sont la cause de l’abstention massive aux élections, et donc la défiance à la parole publique. M. Emmanuel MACRON, se disant «Ni de gauche, ni de droite», est en fait le président des riches. S’il a promu des Français issus de l’immigration, c’est pour mieux les bâillonner. Il parlait, pendant la campagne des présidentielles de 2017, de mettre fin à la Françafrique, mais en fait, c’est un jeune représentant du «Vieux monde».

A mon sens, sans partage du pouvoir, l’intégration est une véritable escroquerie. «Etre libre c’est participer au pouvoir», disait Cicéron. Dans notre grande largesse d’esprit, nous avons une capacité à pardonner tous les outrages subis. Mais cette patience infinie ne signifie nullement, une résignation aux injustices et un abandon de nos droits de citoyens de la République. Nous avons «un esprit ferme et un cœur tendre», en référence à un sermon de Martin Luther KING. Avant d’avoir le droit de vivre, chaque homme qui se respecte, doit être prêt à mourir pour les idées justes auxquelles il croit. Notre revendication légitime, mais non négociable est la suivante : la France républicaine, comme l’ont fait les Etats-Unis de Martin Luther KING, devrait assumer, enfin, son statut de pays multiculturel, si dénié et refoulé. Nous sommes aussi la France. Mettons de la couleur dans ce pays ! Nous en avons assez qu’on nous traite «d’immigrés», comme des citoyens de seconde zone, des indigènes de la République. Nous ne sommes plus dans les années 60, où les personnes venant du Tiers-monde étaient des immigrants, peu qualifiés, avec le mythe du retour au pays, et vivant en marge de la société française. La nouvelle génération éduquée, est enracinée, pour toujours, dans ce pays, revendique sa juste place. J’ai entendu les souffrances de ces jeunes français d’origine sénégalaise qui m’avait invité à la Défense en juin 2014. Tous issus de grandes écoles de commerce, bien formés et compétents me disent que leurs demandes d’emploi reviennent invariablement, avec la mention «ne correspond pas au profil recherché». Mais de quel profil parle t-on ? Il est temps que cela change. Je voudrais convoquer à la table de la justice et de la fraternité. Les médias ne distillent que la peur de l’autre. Pour paraphraser le Pape Jean-Paul II : «Cessez d’avoir peur, entrez dans l’espérance». On nous dit toujours, à chaque échéance électorale : «Soyez patients. La fois prochaine ce sera votre tour». «Justice trop tardive, est déni de justice», est un dicton qu’aimait à rappeler Martin Luther KING.

Le pouvoir ne se donne pas, il se conquiert. En raison d’un lavage de cerveau intensif, les différentes communautés africaines, antillaises, maghrébines et asiatiques sont divisées et concurrentes, donc inefficaces. Dans un monde racisé et ethnicisé, aucun OBAMA ou Martin Luther KING n’a pu émerger en France. Face à des guerres locales injustes, sans objectifs réalistes atteignables, générant des dépenses inutiles et un flot de réfugiés dont les pays jadis stables, la parole raciste s’est considérablement libérée et bon nombre d’esprits lepénisés. Le plus grave est la défaite des idées de gauche qui se sont affaissées. Ailleurs en Europe (Autriche, Italie, Hongrie), et après le Brexit en Grande-Bretagne, les Européens gagnés par le pessimisme, ont perdu le sourire, et sont tentés par la peste brune.

Aux Etats-Unis, après deux mandats de Barack OBAMA, il a été remplacé par Donald TRUMP, un suprémaciste, antimusulman, raciste, isolationniste et prédateur sexuel, et les crimes de la police contre les Noirs, se poursuivent. Un mouvement est né contre ces crimes odieux «Black Lives Matter» (Nos vies comptent aussi). Une note du 30 août 2017 du FBI, estime que Martin Luther KING est «un leader noir qui doit être considéré comme un danger pour la sécurité nationale des Etats-Unis, tant son influence sur la communauté est grande».

Certains ont regretté que Barack OBAMA n’ait pas vraiment réduit les inégalités entre les pauvres et les riches, et les violences contre les Noirs se sont accrues. Il n’en reste pas moins qu’il a laissé aux déshérités l’Obama Care, et que deux mandats, même symboliques, d’un descendant direct d’un Africain, montrent que le «rêve», dont parlait Martin Luther KING, d’une société meilleure, reste toujours possible.

Désormais, tous les «rêves» de l’Amérique démocratique et solidaire reposent maintenant sur Michelle OBAMA. Une femme noire, progressiste et généreuse à la tête des Etats-Unis, balayant l’administration TRUMP, quel pied ! Sa candidature aux prochaines présidentielles américaines est souhaitée, et même attendue, pour laver l’affront de ce mandat de Donald TRUMP, «une présidence de merde».

Les pays africains sont affamés par une Françafrique qui pille, sans vergogne, leurs réserves importantes de matières premières, et des régimes politiques préhistoriques et dictatoriaux, sans une aucune conscience sociale.

Je sens une colère ancienne et sourde qui gronde encore plus fort, et plus insistante, pour la Fraternité et la justice. Je perçois ce Zeitgeist, dont parlaient Hegel et Martin Luther KING, pour rétablir l’égalité réelle, et le bien –vivre ensemble. «Je vois la Terre promise de la liberté et de la justice», disait Martin Luther KING. Le Mal, sous la forme de l’injustice et du racisme, ne triomphera pas. Car la Vérité terrassée se redressera. Martin Luther KING, dans son «rêve» ne parlait pas seulement que des Noirs, mais du monde entier, il voulait un monde meilleur fondé sur la justice. C’est à chacun, d’entre nous, de poursuivre ce combat, au quotidien. «Il va nous falloir souffler sur les braises de l'empathie et de la fraternité, la coalition des consciences qui s'est exprimée ici il y a 50 ans», a lancé Barack OBAMA.

Sur la tombe de Martin Luther KING, on peut lire cette inscription : «Merci Dieu tout puissant, je suis enfin libre».

Bibliographie sélective :

KING (Martin Luther), «Discours d’acceptation du Prix Nobel de la Paix, 10 décembre 1964», in Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 36-71 ;

KING (Martin Luther), «Et maintenant où allons-nous ? 16 août 1967, appel à la restructuration de la société américaine», Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 187-221 ;

KING (Martin Luther), «Interview accordée à PLAYBOY, janvier 1965», in Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc.  pages 95-176 ;

KING (Martin Luther), «Je fais un rêve, I Have a Dream, 28 août 1963», in Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 72-87 ;

KING (Martin Luther), «Je vois la terre promise, 3 avril 1968», Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 265-285 ;

KING (Martin Luther), «L’instinct du tambour-major, 4 février 1968», Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 243-264 ;

KING (Martin Luther), «La lettre de la geôle de Birmingham, 16 avril 1963», in Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 36-71 ;

KING (Martin Luther), «Non-violence et justice raciale», in Christian Century du 6 février 1957, et in Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc. pages 23-35 ;

KING (Martin Luther), «Un temps pour rompre le silence, discours du 4 avril 1967, contre la guerre au vietnam», Je fais un rêve, les grands textes du pasteur noir, présentation de Bruno CHENU, traduction de Marc SAPORTA, Paris, Bayard, 1987, spéc  pages 187-221 ;

KING (Martin Luther), A Comparison of the Conceptions of God in the Thinking of Paul Tillich and Henry Wieman, Thèse de doctorat, soutenue le 15 avril 1955, au Département de Théologie, Université de Boston, sous la direction de L. Harold De Wolf, inédite, 209 pages ;

KING (Martin Luther), Autobiographie, Paris, Bayard, 2008, textes par Clayborne CARSON, traduction et notes Marc SAPORTA et Michèle TRUCHAN-SAPORTA, préface Bruno CHENU,  480 pages ;

KING (Martin Luther), Black Power, traduction d’Odile PIDOUX, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2008, 172 pages.

KING (Martin Luther), L’union fait la force : victoire à Montgomery, Strasbourg, Paris, Istra, 1958, 184 pages ;

KING (Martin Luther), La force d’aimer, traduit de l’anglais par Jean Bruls, Paris, 1964, Edition française, Casterman, 231 pages ;

KING (Martin Luther), Minuit, quelqu’un sonne à la porte : les grands sermons de Martin Luther King, présentation Bruno CHENU, traduction Serge MOLLA, Paris, Bayard, 2000, 234 pages ;

KING (Martin Luther), Où allons-nous : la dernière chance de la démocratie américaine, traduction Odile Pidoux, Paris, Payot, 1968, 234 pages ;

KING (Martin Luther), Révolution non-violente, traduit par Odile Pidoux, Paris, Petite bibliothèque Payot, 2006, 220 pages ;

KING (Martin Luther), Stride Toward freedom (Combat pour la liberté), Paris, Payot, traduit de l’anglais par Lionel Jospin et Odile Pidoux, 1968, 242 pages ;

KING (Martin Luther), Why we Can’t Wait (Pourquoi nous ne pouvons pas attendre),  Boston, Beacon Press, 2010, 193 pages ;

SCOTT KING (Coretta), Ma vie avec Martin Luther, traduit de l’anglais par Anne-Marie SOULAC, Paris, Stock, 1969, 360 pages.

Paris le 4 avril 2018, par Amadou Bal BA -  http://baamadou.over-blog.fr/.

                                                      

Martin Luther KING et son "rêve" d'un monde meilleur, plus juste et plus fraternel.
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31 mars 2018 6 31 /03 /mars /2018 15:46

"Black Lives Matter : nos vies aussi comptent", par M. Amadou Bal BA, 
- http://baamadou.over-blog.fr/

Aux États-Unis de Donald TRUMP, ce vaste pays de champ de coton, pourri par l'esclavage et le racisme, la chasse est réouverte. On abat les Noirs en leur tirant sur le dos. 

Qui avait dit que les Etats africains sont des "pays de merde" ?

A quelques jours du 50ème anniversaire de l'assassinat, le 4 avril 1968, de Martin Luther KING, plus que jamais le rêve d'une société de fraternité, d'amour de justice et de paix, est d'actualité, partout dans le monde.

Juifs et Arabes s'affrontent depuis 2000 ans, et, contrairement à une propagande savamment entretenue, aucun ne peut remporter de victoire décisive et totale sur l'autre. En France, avec ses guerres locales et ses réfugiés dont les pays ont été dévastés, des populations civiles vivant dans les caves comme des rats, on fait face aussi à des attentats lâches, odieux qui soulèvent de vives réprobations. Je n'entends que les tambours de la guerre, je ne vois que les larmes et le sang.

Quand, le Ministre des Affaires étrangèresn Sidiki KABA, est allé le 31 mars 2018, se recueillir sur le Mur des Lamentations et à la Mosquée d'El Aqsa, à Jérusalem, les fondamentalistes de tous bords, ont crié au sacrilège et au blasphème. Pourtant, même en Israël et contrairement ce que dit le CRIF, je ne confonds l'antisionisme, le gouvernement scandaleux de Benjamin NETHANYAHOU, à la lutte pour la paix. Bien des Israéliens sont pour la paix avec les Arabes, et Yitzhak RABIN en a payé le prix de sa vie. C'est avec ses ennemis qu'on négocie la paix, et non avec ses amis.

Dans son aveuglement, le  CRIF en France, confond souvent l'antisionnisme à l'antisémitisme. Pour cette organisation qui s'est droitisee, tout serait, sans nuances, antisémite. Il arrive même parfois des alliances contre nature entre les dirigeants du CRIF, ceux de la LICRA et le FN, pour combattre les Noirs et les Musulmans  (affaire Black M., tentative d'interdiction de la rencontre NYANSAPO, éviction de Rokhaya DIALLO du conseil numérique). Pourtant face a la montée grave du racisme, de l'antisémitisme et des fondamentalisme, nous devrions, tous, unir nos forces, pour une lutte, sans concession contre ce poison qu'est le racisme. J'approuve donc le geste hautement symbolique du Ministre sénégalais des affaires étrangères devant le Mur des Lamentations, que cela plaise ou non aux fondamentalistes.

Il est grand temps de dire, tous ensemble, assez le feu  ! Assez ce goût de tuer l'autre !

Oui au bien-vivre ensemble ensemble dans la fraternité et le respect mutuel.

Paris, le 31 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Un geste hautement symbolique du Ministre sénégalais devant le Mur des Lamentations

Un geste hautement symbolique du Ministre sénégalais devant le Mur des Lamentations

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30 mars 2018 5 30 /03 /mars /2018 18:47

Cet article a été publié dans le journal THIEYDAKAR.

Ce vendredi 30 mars 2018, après deux suspensions de séance, M. Khalifa SALL, maire de Dakar, a été condamné, par le Tribunal correctionnel, en première instance, à 5 ans d’emprisonnement et 5 millions FCFA d’amende (7 600 €). Le juge, Malick LAMOTHE, à l'ouverture de la séance, avait procédé à l'appel des prévenus. Mais M. Khalifa Ababacar SALL et ses 6 codétenus étaient en retard, ainsi que les 2 percepteurs. Le jugement a, finalement, été rendu. En raison de la grève des greffiers un gendarme a été désigné en qualité de greffier.


Rappelons que M. Khalifa SALL, maire de Dakar depuis 2009, est placé en détention provisoire depuis le 7 mars 2017, dans la gestion de la caisse d’avance de sa mairie pour «détournements de fonds», «association de malfaiteurs», «détournements de deniers publics et escroquerie portant sur les deniers publics», «faux et usage de faux de documents administratifs», «blanchiment de capitaux» et «complicité de faux et usage de faux en écriture de commerce», d’un montant de 2,7 millions d’euros. Dans ses premières déclarations, M. Khalifa SALL avait reconnu ces faits, mais estimant que tout le monde faisait pareil. Khalifa a utilisé de fausses factures, non pas pour du mil, du riz ou des ordonnances, mais commettre sa future campagne électorale des présidentielles de 2019. Il a été pris la main dans le sac, pour faux et usage de faux. Faudrait-il l’acquitter au bénéfice du doute parce que d’autres volent aussi ?

Quand on a des ambitions présidentielles, il faudrait avoir les mains propres et la tête haute. La politique est impitoyable. Par conséquent, les faits incriminés ont été, rigoureusement, établis, dans le respect des droits de la défense. M. SALL a pu, dans un débat de procédure sans précédent, exercer toutes les voies de recours devant la Cour suprême et la Cour de Justice de la C.E.D.E.A.O. Les observateurs ont salué l’indépendance, l’équité et le professionnalisme du juge Malick LAMOTHE qui, constatant les indélicatesses du Maire de Dakar, a dit le Droit.

Si les faits ne souffrent d’aucune contestation sérieuse, en revanche, une condamnation du Maire de la capitale, un dirigeant politique ayant des ambitions présidentielles, comportent de fortes incidences politiques, et divisent, profondément la Nation sénégalaise. J’ai donc de nombreuses interrogations, même si à ce stage de ma première réaction, je n’ai pas encore de réponses, tout à fait satisfaisantes.


1 – La justice sénégalaise serait-elle sélective et instrumentalisée ?


La mise en œuvre de l’action publique par le Procureur de la République, résulterait-elle d’une instrumentalisation, pour neutraliser un adversaire politique ?


On sait que, les Etats généraux de 2012 avaient recommandé une transparence et une probité de nos dirigeants, et, en particulier, une lutte contre les détournements de deniers publics. Le précédent de Karim WADE a jeté un trouble. En effet, condamné à 6 ans d’emprisonnement, Karim s’est enfui subitement, en jet privé, et veut maintenant se présenter aux élections de 2019, sans être amnistié, et sans avoir, au préalable, remboursé, les biens détournés. Quel est le sens d’une telle libération anticipée, sans décision de justice, et avant donc le terme de la condamnation ?

En tout cas, le précédent de Khalifa, par ce jugement du 30 mars 2018, est d’une importance politique capitale, en termes de lutte contre la corruption. Les gouvernants ne pourront plus se protéger, et poursuivre, seulement de manière sélective, leurs adversaires devant la Justice. Mais, il appartient à l’opposition de faire son travail, de rechercher les preuves de corruption et de les porter devant la Justice. Aucun gouvernement, ne se fera harakiri, c’est aux opposants de s’opposer sous le contrôle du Juge. Il serait scandaleux de mettre en cause l’indépendance de la justice, sur la base uniquement de procès d’intention. C’est, in concreto, que cette indépendance s’appréciera, sur la base de faits avérés dont elle est saisie, avec des preuves, et on avec des rumeurs ou calomnies, exposant au dénonciateur indélicat à une condamnation pour diffamation. Donc, professionnalisme, rigueur et probité, doivent être de mise, si l’opposition s’engageait devant cette voie. Pour poursuivre son adversaire, surtout quand c’est le pouvoir en place, il faudrait avoir les mains propres et des preuves suffisantes.

2 - Le précédent de M. Khalifa SALL soulève diverses interrogations politiques ?

Comme tout citoyen, même condamné en première instance, il a le droit d’interjeter appel en seconde instance, de se pourvoir en cassation et de saisir la Cour de justice de la CEDEAO, sur le fond. Par conséquent, la chronique judiciaire, loin de s’arrêter à cette condamnation en première instance par le Tribunal correctionnel, risque d’interférer, gravement, dans le débat des présidentielles de 2019.


Tant que cette condamnation n’est pas définitive, pourra-t-il, utilement, déposer une candidature pour les présidentielles, comme il l’avait fait, en détention préventive, pour les législatives de juillet 2018, et pour lesquelles, il a été élu. Dans la négative, quel le sort de son mandat de député, s’il est incarcéré, sur le fond ? En tout cas ce procès va empoisonner la campagne des présidentielles de 2019 et avec sa stratégie du dilatoire Khalifa Ababacar SALL va se poser en victime d'un procès politique pour mieux piéger le président Macky SALL.

 

S’il s’agit, désormais, d’une lutte résolue contre les détournements de deniers publics, dans ce cas tout le monde doit être concerné, y compris, et dès que possible, les plus hautes autorités de l’Etat.

 

Si c’est une pression sur un candidat, comme cela semble être le cas dans l’affaire ; serait une méthode condamnable et inacceptable, dans une démocratie qui se veut exemplaire.

En tout cas, force est de constater que peu de nos dirigeants ont les mains entièrement propres. Nous devrions être fermes contre tout détournement de deniers publics, d’où qu’il vienne. Au lieu de dire, comme Khalifa, «les autres volent, moi aussi je vole», il faudrait marteler que c’est un crime, dans un Etat sous-développé, que de détourner nos maigres deniers. Cette position devrait faire l’unanimité de la classe politique. En vue d’une démocratie exemplaire, mais ferme, je suis, pour l’avenir, un système d’amnistie, notamment à partir du 1er juin 2018, une recherche et une condamnation, sans failles, de tout détournement de deniers publics. Maintenir le système actuel de suspicion de tous, ne serait pas de nature à favoriser les alternances politiques. En vue de cette moralisation intégrale, les partis politiques, la presse et la société doivent faire leur travail d’investigation sous le contrôle du juge afin d’éviter toute diffamation ou ce qu’il est convenu d’appeler les Fakes News.

Cette remise des compteurs à zéro, n’épuiserait pas, de façon satisfaisante, la question de la moralisation de la vie publique. L’argent dans notre société corrompt et pourrit tout. Dans la sphère publique, des sommes considérables sont allouées aux familles maraboutiques, sans aucun contrôle parlementaire, on a ces Ministres conseillers, sans qu’on sache exactement leur nombre, ni la réalité de leur travail, cette absence de financement des partis politiques devenus un gagne-pain, autant de questions connues, sans esquisses de solutions viables. Sur le plan social, nos familles, nos amis, ces hordes d’affamés, nous poussent à détourner de l’argent public, à devenir malhonnêtes. Bien des hommes politiques sont sincères dans l’opposition, une fois au pouvoir ces réalités fondées sur l’achat de consciences les rattrapent.


3 – Les dirigeants socialistes sont-ils à la hauteur des enjeux ?


M. Khalifa SALL était-il, dans ses ambitions présidentiels un homme trop pressé ?


Il est évident que Tanor, après le mandat présidentiel de Macky SALL, en 2019, sera frappé par la limite d’âge. Khalifa, le plus jeune, avait toutes les chances pour le scrutin suivant.


Même si on ne refait pas le match, en 2012, Ousmane Tanor DIENG et Moustapha NIASSE, s’ils étaient alliés, le président du Sénégal, serait aujourd’hui un socialiste.

Compte tenu des divisions actuelles du Parti socialiste, une organisation structurée avec des cadres de qualité reconnus par WADE et Macky, quel est l’avenir du Parti socialiste, dans le jeu politique au Sénégal ?


En attendant, et cela concerne l’ensemble de la classe politique : comment assurer la liberté de manifestation au Sénégal, dans le respect de l’ordre public ?


La question des parrainages et la tenue du fichier électoral et des bureaux de vote, après les législatives de 2017, ne sont plus des questions marginales.


Paris, le 30 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 «La condamnation, en première instance, de M. Khalifa SALL, maire de Dakar», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 «La condamnation, en première instance, de M. Khalifa SALL, maire de Dakar», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 14:32

Cet article ne concerne que l’aspect procédural, le jugement sur le fond du 30 mars 2018, sera examiné séparément. Cette bataille de procédure indique bien combien ce procès a profondément divisé la société sénégalaise. Les partisans du Maire de Dakar, y voient une instrumentalisation de la justice, d’autres insistent sur la dimension crapuleuse de l’affaire, et demandent à être attentifs sur l’usage de nos deniers publics, quelle que soit la couleur politique du délinquant. Je suis persuadé, que même après le jugement sur le fond, M. Khalifa SALL continuera toutes les procédures d’appel que lui offre la justice. Il joue, en fait, la montre, pour installer ce procès au cœur de la campagne des présidentielles de 2019.

En effet, le Sénégal, depuis le référendum du 16 mars 2016, en passant par les législatives du juillet 2017, jusqu’aux présidentielles de 2019, est engagé dans la plus longue campagne électorale d’un pays démocratique. En effet, M. Khalifa SALL ayant déclaré ses ambitions présidentielles, cherche par les moyens de retarder le jugement de fond, afin de faire de ce procès, un élément majeur de sa campagne des présidentielles en vue du scrutin du dimanche 24 février 2019. Dépourvu d’arguments et de solutions pour la transformation du Sénégal, M. Khalifa SALL a choisi, habilement, la stratégie victimaire et du dilatoire, pouvant être efficace, dans un pays où la compassion, «Le N’Dyessaane», est de nature à retourner l’opinion publique, pour piéger le président Macky SALL. Les soutiens de M. SALL estiment qu’il paye pour son statut de dissident  du Parti socialiste, membre de la coalition au pouvoir. Cette tactique du pompier pyromane, jouant à la victime, a été efficace pour l’élection de M. Khalifa SALL en qualité de député aux élections législatives de juillet 2017, alors qu’il était détenu depuis le 7 mars 2017. Un fait sans précédent dans l’histoire politique. M. Khalifa SALL tente de rééditer cette performance aux élections présidentielles de 2019 en retardant, le maximum possible, le procès sur le fond. On avait appris à l’école du barreau de Paris que quand un dossier est faible, il faut jouer la procédure. De ce point de vue, il faut reconnaître aussi la grande habilité de M. SALL. Il a soulevé, sans interruption, différents moyens de procédure de nature à différer le procès sur le fond et à discréditer le président Macky SALL élevé au rang de persécuteur d’un opposant s’estimant innocent.

M. Khalifa SALL, maire de Dakar depuis 2009, est placé en détention provisoire depuis le 7 mars 2017, dans la gestion de la caisse d’avance de sa mairie pour «détournements de fonds», «association de malfaiteurs», «détournements de deniers publics et escroquerie portant sur les deniers publics», «faux et usage de faux de documents administratifs», «blanchiment de capitaux» et «complicité de faux et usage de faux en écriture de commerce», d’un montant de 2,7 millions d’euros. Dans ses premières déclarations, M. Khalifa SALL avait reconnu ces faits, mais estimant que tout le monde faisait pareil. Conscient de la fragilité de ce moyen de défense, M. Khalifa SALL, dans ce procès devant le Tribunal correctionnel de Dakar, fait du dilatoire et tente de politiser cette affaire, apparemment crapuleuse. Après le rapport de l’Inspection générale des services, M. SALL avait reconnu son forfait (2,7 millions d’euros détournés dans la régie d’avance), mais il estime que «tout le monde faisait» pareil.

Constatant la faiblesse de cet argument de défense réprouvé par les Sénégalais, M. SALL a vite changé de fusil d’épaule : s’il est poursuivi, c’est parce que c’est un opposant inflexible du président de la République. Or, sur les 155 partis politiques, 152 sont dans l’opposition. Par conséquent, la ligne de défense de M. Khalifa SALL est, désormais, d’affirmer que ce procès est politique. «Les poursuites sont sélectives»  souligne l’un des avocats. «Khalifa Sall est aujourd’hui une cible, la cible». «On lui fait toutes ces vacheries, car il n’est pas du bon côté, car il s’oppose» ajoute un autre. Pour la défense, le mécanisme de décaissement, chaque mois, de 30 millions de francs CFA, est ancien ; ce serait des fonds politiques, dont l’usage n’a pas à être justifié. Or dans cette affaire, Mamadou Oumar BOCOUM et Ibrahima TOURE, accusés d’association de malfaiteurs, de complicité de détournement de deniers publics et complicité d’escroquerie portant sur des deniers publics, ont validé, sous l’autorité de Khalifa SALL, entre 2011 et 2015, les factures de tonnes de mil et de riz et leurs justificatifs fournis par la mairie, afin d’autoriser les décaissements d’une caisse d’avance. Des mouvements irréguliers mis en cause dans ce dossier. Ces factures incriminées comme étant des faux auraient servi à décaisser des fonds, près de 30 millions de francs CFA (45 700 euros) par mois sur cinq ans, soit la somme d’1,8 milliard de CFA (2,7 millions d’euros) pour laquelle Khalifa SALL, le maire de Dakar, est accusé entre autres chefs d’inculpation, de «détournements de fonds publics». Pour l’agent judiciaire de l’Etat, ce n’est pas un procès politique, c’est la gestion du Maire de Dakar qui est examinée devant le Tribunal Correctionnel. «Aucun texte de loi ne dispose que les fonds de la caisse d’avance sont des fonds politiques. Ce sont des vues de l’esprit», martèle Maître Boubacar CISSE. Depuis 2003, la Caisse d’avance est bien soumise à tous les contrôles de l’Etat ; ce ne sont nullement des fonds politiques : «Les régisseurs d’avance sont tenus de produire les pièces justificatives prévues par la réglementation en vigueur. Les doubles des pièces justificatives sont conservés pendant deux ans par le régisseur qui les tient à la disposition des organes ou agents de contrôle», prescrit l’article 13 du décret n°2003-657 du 14 août 2003 relatif aux règles de recettes et régies d’avance.

Dans sa stratégie du dilatoire, une fois élu député à l’assemblée nationale, M. SALL ressort le coup de l’immunité parlementaire. Ce débat a,  en grande partie de l’été et de l’automne, occupé l’opinion publique. Deux écoles se sont affrontées. D’une part, les faits incriminés s’étant produits avant l’élection législative et ne se rapportant pas à la fonction de député, il n’avait aucun obstacle juridique aux poursuites devant la juridiction répressive. D’autres estimant que M. SALL étant élu député, il ne pouvait poursuivi devant le juge qu’après la levée de son immunité parlementaire. Finalement, cette seconde position qui a prévalu. En effet,  l’Assemblée nationale sénégalaise a levé, le samedi 25 novembre 2017 par125 députés contre 27. Mais Khalifa SALL ne rate aucun événement sans tenter de ralentir la procédure. Etant détenu, il a refusé de se présenter devant la Commission,  estimant qu’en tant que député il ne pouvait être entendu que libre. Mais la Commission a estimé qu’il a été régulièrement convoqué, et donc mis à même de se défendre, utilement. «Nous allons présenter tous les moyens de défense que la loi sénégalaise donne à un citoyen devant une justice», a déclaré maître Seydou DIAGNE.

A la suite de cette levée de l’immunité parlementaire, et c’est le droit du mis en cause, M. Khalifa SALL a obtenu le report des séances du 14 décembre 2017 et du 3 janvier 2018 au 23 janvier 2018, estimant qu’il y aurait un défaut d’avis pour ses avocats, des problèmes dans la citation des témoins de la défense et la non disponibilité de l’intégralité des cotes de la procédure. Le juge LAMOTHE a accédé à cette troisième demande de renvoi, la dernière.

La ville de Dakar s’est constituée partie civile dans cette affaire : «Khalifa Sall est une victime d’un complot politique qui vise simplement à éliminer un adversaire politique», estime M’Backé SECK. Pour lui, l’Etat n’a pas été floué dans cette affaire, et ne pourrait donc pas être partie civile. «Si par incidence, il y a le retrait de l’Etat, ce sera tant mieux pour nous, parce que l’Etat, en vérité, n’a absolument rien à faire dans ce procès-là », affirme-t-il. Or, dans un système décentralisé, l’Etat exerce un contrôle de légalité pour assurer l’unité de l’Etat. Ces 2,7 millions d’euros détournés, l’ont été au détriment des habitants de Dakar, capitale de l’Etat du Sénégal. L’État du Sénégal et ses avocats considèrent que cette «manœuvre» n’a qu’un seul objectif : retarder l’échéance des débats sur le fond de l’affaire. La défense et la Ville de Dakar redoutent un procès sur le fond du litige. Quant aux attaques voulant écarter l’Etat de la procédure, au prétexte qu’il ne pourrait se constituer partie civile car ce détournement ne lui aurait pas porté préjudice : «Ils parlent de l’autonomie financière de la ville, alors que celle-ci reçoit des fonds de l’Etat ventilé dans tout le budget y compris dans cette caisse d’avance. L’Etat est bien victime de cette affaire» rétorque l’agent judiciaire de l’Etat.

Alors que le procès de Khalifa SALL, qui devait s'ouvrir ce jeudi 14 décembre 2017, a été reporté au 3 janvier 2018, à l’instigation de Mme Anne HIDALGO, maire de Paris et ami de Khalifa SALL, le Conseil de Paris a adopté un «vœu» souhaitant «engager des démarches au plan international pour créer un Observatoire international des maires en danger» qui aurait pour vocation d’assurer une «veille des atteintes aux élus locaux et de la protection de leurs droits». Pour la Ville de Paris, Khalifa SALL est poursuivi «à cause de son bilan et de ses ambitions politiques». Dans un communiqué du 13 décembre 2017, l’A.P.R., le parti du président Macky SALL, dénonce «l’arrogance de Mme Hidalgo face à la souveraineté du Sénégal, de son peuple et de ses institutions, notamment judiciaires», qualifiant la prise position de la Maire de Paris de «posture aux allures nostalgiques d’un colonialisme révolu».

M. Khalifa SALL a vu sa demande de liberté provisoire, en versant une caution rejetée. En effet, l’article 134 du Code de procédure pénale prescrit que «dans le cas où la liberté provisoire aura été subordonnée au cautionnement, il sera fourni en espèce, soit par un tiers, soit par l’inculpé le montant […], suivant la nature de l’affaire déterminée par le juge d’instruction, le tribunal ou la Cour». Les avocats de M. SALL estiment que cette règle n’est pas d’ordre public. Le juge Malick SALL a précisé les motifs de ce rejet : «Il ne se pose pas de problème de sa recevabilité, mais de son bien-fondé», dit-il. Le magistrat fonde sa décision sur la circonstance que 8 des 13 biens immobiliers proposés par les avocats des mis en cause appartiennent à de tierces personnes. «Ni le juge civil, ni le tribunal ne peut saisir le bien appartenant à des tiers non concernés directement par l’affaire. En sus de cela, des terrains relevant du domaine national ont été relevés dans la liste de biens immobiliers soumis comme moyens de cautionnement» dit le juge.

M. Khalifa SALL a introduit, le 22 janvier 2018, une procédure d’urgence auprès de la Cour de justice de la C.E.D.E.A.O., estimant que ses droits ne seraient pas été respectés, que l'enquête n'aurait pas été menée dans les règles de droit. «Ce que nous allons demander à la Cour, c'est que l'Etat du Sénégal respecte ses engagements internationaux et respecte l’immunité de Khalifa Sall, mais surtout et fondamentalement, son droit à un procès équitable et qui soit placé dans des conditions d'égalité», soutient Maître Seydou GUEYE, l'un des 22 avocats de Khalifa SALL. Pour l’agent judiciaire de l'Etat du Sénégal, cette procédure engagée vise à paralyser ou retarder le cours de la justice ; c’est du dilatoire. Maitre Baboucar CISSE estime que Khalifa SALL retarde, indûment, le cours de la Justice : «Quand ils disent que les droits de Khalifa Sall ont été bafoués dans cette procédure, c'est faux et archi-faux. M. Khalifa Sall refuse qu'on le juge parce que les pièces du dossier parlent d'elles-mêmes. Même si ces procédures sont engagées au niveau de la CEDEAO, elles n'ont aucune incidence sur le déroulement du procès». Dans sa décision du 30 janvier 2018, rendue le 31 janvier, la Cour de Justice de la CEDEAO a fait savoir que l’urgence pour trancher l’annulation de la procédure n’est pas  fondée.

Utilisant tous les moyens dont il dispose par la loi, M. Khalifa SALL a soulevé 22 exceptions préjudicielles, de nullité et de fin de non-recevoir, «in limine litis», c’est –à-dire avant tout débat au fond. Par ailleurs, il a saisi la Cour suprême, à trois reprises, en cassation.

I – Les exceptions de procédure devant le Tribunal correctionnel de Dakar

A – Les différentes exceptions soulevées devant TGI

1 – L’incompétence du TGI

M. SALL a soulevé l’exception d’incompétence en soutenant que le tribunal correctionnel n’est pas compétent pour juger cette affaire. En effet, suivant les dispositions de la loi organique sur la Cour des Comptes et du Code général des Collectivités locales, la Cour des Comptes est seule juge des comptes des collectivités locales. Exerçant une compétence exclusive, elle est seule habilitée à connaitre de la gestion des collectivités locales. Dès lors, le Tribunal de Grande Instance de Dakar, siégeant en matière correctionnelle, serait incompétent pour connaître de cette affaire.

2 – La litispendance

L’exception tirée de la prescription   de l’action publique s’attache aux faits, indépendant des personnes en cause. Elle entraine l’extinction du droit de poursuivre après écoulement d’un certain délai. Dans cette affaire, à l’exception du délit de détournement de deniers publics, tous les autres faits qualifiés d’infractions pénales qui auraient été commis avant le 03 mars 2014 sont tous prescrits, c’est-à-dire effacés par le temps et ne pouvaient plus fonder des poursuites.

Les comptes de la Ville de Dakar sont soumis à la Cour des Comptes qui dispose d’un délai de 5 ans pour les juger. Passé ce délai, la loi considère que ces comptes ont été validés. Il s’en évince qu’au moins le compte de gestion de l’année 2011 a été validé par la Cour des Comptes par jugement implicite et qu’en vertu de l’autorité de la chose jugée, le tribunal correctionnel ne peut statuer sur le compte de gestion de l’année 2011. Par ailleurs, le principe de l’intangibilité des comptes interdit au juge de remettre en cause ces comptes de 2011.

La défense a soulevé l’exception litispendance qui signifie que deux juridictions sont saisies du même litige. Les comptes de gestion des années 2012, 2013, 2014 et 2015 étant en attente de jugement devant la Cour des Comptes, le Tribunal correctionnel ne peut pas statuer sur ces comptes de gestion. En effet, il est interdit à une juridiction de statuer sur une affaire qui est pendante devant une autre juridiction.

3 – La nullité de la procédure devant l’IGE

La transmission du rapport de l’Inspection Générale d’Etat (IGE) au procureur a été faite sans fondement juridique et sans un décret préalable de déclassification alors qu’il s’agit d’un rapport classé «secret».

La mission de vérification de l’Inspection Générale d’Etat à la Ville de Dakar porte atteinte la loi portant création de l’IGE. Suivant les dispositions de cette loi, l’IGE vérifie seulement les structures de l’Etat central et non les collectivités locales. En effet, seule la Cour des Comptes est compétente pour juger les comptes des collectivités en vertu des dispositions de la loi organique sur la Cour des Comptes et du Code général des Collectivités locales.

Le procès-verbal d’enquête préliminaire ne mentionne aucun avis donné aux personnes entendues du droit qu’elles avaient d’être assistées par un avocat. L’article 14-3-d du Pacte international relatif aux droits civils et politiques prévoit : «Toute personne accusée d’une infraction pénale a droit, en pleine égalité, au moins aux garanties suivantes : d) à être présente au procès et à se défendre elle-même ou à avoir l’assistance d’un défenseur de son choix ; si elle n’a pas de défenseur, à être informée de son droit d’en avoir un».

De même l’article 7-1-c de la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples prévoit : «Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend :…c. le droit à la défense y compris celui de se faire assister par un défenseur de son choix».

En outre, l’article 5 du règlement n°05/CM/UEMOA du Règlement relatif à l’harmonisation des règles régissant la profession d’avocat dans l’espace UEMOA, stipule: «Les Avocats assistent leurs clients dès leur interpellation, durant l’enquête préliminaire, dans les locaux de la police, de la gendarmerie, ou devant le parquet».

Dans son réquisitoire introductif adressé au Doyen des juges pour l’ouverture d’une information judiciaire, le procureur a listé des infractions pénales en visant le rapport de l’Inspection Générale d’Etat et le procès-verbal d’enquête préliminaire. Or suivant les dispositions du Code de Procédure pénale, le procureur doit requérir sur des faits qu’il doit expressément viser sous peine de nullité du réquisitoire.

L’ordonnance de renvoi du doyen des juges ne mentionne pas le décret qui l’a nommé à ses fonctions en violation de la loi.

Le doyen des juges a refusé que les inculpés soient assistés et défendus par un avocat lors de l’interrogatoire de première comparution en violation des dispositions de l’article 5 du règlement n°05/CM/UEMOA du Règlement relatif à l’harmonisation des règles régissant la profession d‘avocat dans l’espace UEMOA et de l’article 55 du Code de Procédure pénale.

4 – Le motif tiré de l’immunité parlementaire

A compter de la proclamation des résultats définitifs des élections législatives par décision du Conseil Constitutionnel du 14 août 2017, Khalifa SALL, élu à l’assemblée nationale, bénéficie de l’immunité parlementaire conformément aux dispositions de l’article 61 de la Constitution et de l’article 51 de la loi organique portant règlement intérieur de l’Assemblée nationale.

Or, malgré la requête de ses avocats, le juge d’instruction a refusé de lui accorder la liberté d’office. En application des dispositions ci-dessus, son maintien en détention consacre une détention arbitraire et constitue une violation de la loi et une méconnaissance de l’inviolabilité du mandat du député Khalifa SALL.

En matière délictuelle, le juge est tenu d’accorder une liberté d’office aux personnes inculpées et placées sous mandat de dépôt si elles ne sont pas jugées dans un délai de six mois à compter de leur détention. Dans le cas d’espèce, tous les inculpés de complicité ont été maintenus en détention en violation de la loi pénale.

L’article 181 du Code de procédure pénale dispose : «Lorsqu’il est interjeté appel d’une ordonnance autre qu’une ordonnance de règlement, le juge d’instruction poursuit son information, sauf décision contraire de la chambre d’accusation».

 En violation de cette disposition, le juge d’instruction a clôturé l’instruction alors que même qu’un appel avait été formé devant la chambre d’accusation contre son ordonnance de refus d’audition des témoins et son ordonnance de refus d’expertise. En effet, ces appels qui lui ont été notifiés, lui empêchaient de rendre une ordonnance de renvoi et l’obligeaient à poursuivre l’instruction dans l’attente d’une décision de la chambre d’accusation, et le cas échéant de la chambre criminelle de la Cour suprême.

En cours d’instruction, il appartenait au doyen des juges de saisir le Ministère de la Justice pour demander la levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa SALL. Le procureur, qui est dessaisi du dossier du fait de l’ouverture de l‘information judiciaire, ne pouvait pas, sans violer la loi demander la levée de l’immunité parlementaire par voie de réquisitoire.

 Dans son réquisitoire définitif dressé en vue de la clôture de l’instruction, le procureur ne mentionne pas la levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa SALL alors que sans la levée de l’immunité parlementaire ce dernier ne pouvait être présenté à une juridiction de jugement.

 L’avis de clôture en date du 03 avril 2017 est devenu caduc après la prétendue levée de l’immunité parlementaire du député Khalifa SALL. Le doyen des juges était tenu, par ce fait, de prendre un nouvel avis de clôture et l’adresser à tous les avocats pour leur permettre de faire des observations avant la clôture de l’instruction.

Comme tous les avocats de la défense, Maître Doudou NDOYE, avocat de Fatou TRAORE, devait recevoir l’avis de clôture de l’information pour lui permettre de faire valoir ses observations. Même s’il ne s’est constitué qu’en septembre 2017, le doyen des juges avait l’obligation de lui transmettre cet avis puisqu’il a eu connaissance de sa constitution en faveur de Fatou TRAORE, constitution qui lui a été notifiée par écrit.

Dans le cadre d’une information judiciaire, le juge d’instruction est tenu d’instruire à charge et à décharge. La garantie d’une justice impartiale et des droits de la défense aurait du incliner le Doyen des Juges d’Instruction à instruire à décharge, à effectuer des investigations et à interroger des témoins avant de prendre des décisions en toute indépendance. Au lieu de cela, l’instruction a été menée à charge et au pas de charge. Le doyen des juges a refusé la demande d’expertise formulée par la défense mais surtout la demande d’audition des témoins présentés par la défense.

En conclusion, l’exception de procédure, qui conteste la régularité de la procédure, est définie comme tout moyen qui tend soit à faire déclarer la procédure irrégulière ou éteinte, soit à en suspendre le cours. Dans notre espèce, les exceptions soulevées par la défense visent à faire annuler la procédure. Le tribunal a décidé de les joindre au fond mais se prononcera vendredi sur l’exception d’incompétence, l’exception de litispendance et sur la demande de liberté provisoire contre cautionnement.

5  – La prétendue prescription des poursuites pénales

La défense a également plaidé la prescription de certains faits, affirmant qu’à l’exception du «détournement de deniers publics» (prescription de sept ans), tous les autres faits ont dépassé la durée de prescription légale, qui est de trois ans.

L’AJE et ses avocats ont répliqué en soulignant que tous les autres chefs d’inculpation sont directement liés à l’infraction principale, le détournement de deniers publics, le délai de prescription devient donc le même pour tous les faits : sept ans.

B – Un procès exemplaire ayant rehaussé l’image de la justice sénégalaise

M. Khalifa SALL redoutait une justice fondée sur la vengeance politique. Or, tous semblent s’accorder sur la tenue exemplaire d’un procès médiatique et complexe comme le Sénégal n’en avait pas connu depuis longtemps. La justice, un rouage essentiel de la démocratie, a été sereine, exemplaire et équilibrée. Ce procès a rehaussé l’image d’une justice indépendante et impartiale du Sénégal. Magistrat intransigeant mais équitable, le juge Malick LAMOTTE a réussi à préserver la sérénité des débats. Bien qu’il ait dû user à quelques reprises de mises en garde et d’expulsions à l’égard d’avocats séditieux, aux plaidoiries émaillées de bons mots et parfois de piques frôlant l’injure. «Vous nous avez demandé de juger en droit, de rendre justice. Nous rendrons justice en disant le droit» a déclaré Malick LAMOTTE, président du Tribunal correctionnel.

Son avocat Maître Bamba CISSE estime : «Il n’y a pas la preuve que Khalifa Sall s’est approprié personnellement les deniers qui ont profité aux populations de Dakar». On connaît la formule «Responsable, mais pas coupable». Comme le veut la tradition, l’accusé, M. Khalifa SALL ayant eu le dernier mot, a réaffirmé le 23 février 2018, à la barre, sa «détermination à servir ce pays» et assurant n’avoir «jamais eu un quelconque reproche» dans ses fonctions politiques, «C’est la raison pour laquelle je reste au service des Sénégalais. Je leur redis mon engagement, ma disponibilité, ma détermination à servir ce pays» dit-il.

Les audiences sont terminées, l’affaire mise en délibéré pour le 30 mars 2018. Le Parquet, M. Bassirou GUEYE, a requis sept ans fermes et une amende de 5,49 milliards de francs CFA (8,37 millions d’euros) contre Khalifa SALL et Mbaye TOURE, le directeur administratif et financier de la Ville de Dakar. Il a réclamé des peines de deux ans, dont un avec sursis, à cinq années de prison ferme contre quatre prévenus et la relaxe pour les deux percepteurs. Quant à l’Etat du Sénégal, il réclame plus de 10 millions d’euros de dommages et intérêts au maire et à ses coaccusés.

M. Khalifa SALL pourrait aussi perdre ses droits civiques, s’il est reconnu complice de faux et usage de faux sur un document administratif. Une décision qui mettrait un terme à ses ambitions politiques.

II – Les différents recours devant la Cour suprême

et la Haute cour de justice de la CEDEAO

Pendant la bataille procédurale, qui intéressera les apprentis juriste, M. Khalifa SALL a usé de  toutes les voies de recours mis à sa disposition. Il a saisi la Cour Suprême du Sénégal, ainsi que la Cour de justice de la CEDEAO. Ses différentes requêtes ont été rejetées. Nous attendons donc le jugement sur le fond du 30 mars 2018.

A – Les 3 arrêts de la Cour suprême du Sénégal en cassation,

1  L’arrêt n°46 du 20 juillet 2017

Par ordonnance du 3 avril 2017, le Doyen des juges d’instruction, saisi par Khalifa Ababacar SALL et autres, de demandes de mise en liberté provisoire, les a rejetées aux motifs que les requérants n’ont pas émis de contestations sérieuses et n’ont ni cautionné, ni remboursé le manquant qui leur est reproché et les faits ont troublé l’ordre public économique.

Les 3 et 5 avril 2017, les inculpés ont interjeté appel, et la chambre d’accusation de la cour d’appel de Dakar qui a confirmé l’ordonnance 3 avril 2017, par  un arrêt n°150 du 2 mai 2017. C’est cet arrêt de la Cour d’appel qui est attaqué devant la Cour de cassation, chambre criminelle. 

Dans son arrêt du 20 juillet 2017, la Cour de cassation constate que, sous le couvert de violation de la loi, les moyens des requérants ne tendent qu’à discuter le fondement de l’obligation de justification de l’usage des fonds de la Caisse d’avance de la Mairie de la Ville de Dakar, et de ce fait, ils remettent en cause le fondement légal des poursuites menées contre eux, et dont l’appréciation relève de la compétence exclusive du tribunal correctionnel.

La Cour de cassation fait observer que tous les moyens de cassation soulevés contre une décision de placement ou de refus de placement en détention ou de refus de mise en liberté provisoire d’un inculpé doivent tendre uniquement à démontrer l’existence ou non de la réunion des conditions légales de détention ou de mise en liberté provisoire de celui-ci, sans chercher, à contester directement ou indirectement, le bien fondé des poursuites déclenchées contre lui. La Cour suprême intervenant en matière de cassation rappelle un point de droit «la chambre d’accusation, saisie d’un contentieux en matière de détention, ne saurait sans excéder ses pouvoirs se prononcer sur le bienfondé de la poursuite».  

La Cour suprême, juge de droit,  estime que la chambre d’accusation a fait une correcte application de la loi :  «il ne peut être donné mainlevée du mandat de dépôt décerné que si, au cours de l’information, surviennent des contestations sérieuses ou le remboursement ou le cautionnement de l’intégralité des manquants» d’une part, pour ensuite constater, d’autre part, qu’il n’existe pas de contestations sérieuses à l’encontre des inculpés et que ces derniers n’ont ni remboursé ni cautionné voire offert de le faire ; et de conclure, enfin que c’est à bon droit que l’ordonnance entreprise a rejeté leurs demandes de mise en liberté provisoire».  Par conséquent, le recours en cassation contre l’arrêt n° 150 du 2 mai 2017 de la cour d’appel de Dakar, est rejeté.

2 –L’arrêt de la Cour Suprême n°50, du 21 septembre 2017

Par requête en date du 23 mars 2017, M. SALL a saisi la chambre d’accusation de la cour d’appel de Dakar aux fins d’annulation du procès-verbal d’enquête préliminaire, du réquisitoire introductif et du procès-verbal d’interrogatoire de première comparution de la procédure initiée contre lui, en soulevant une exception d’inconstitutionnalité.

Il s’est pourvu en cassation, la chambre d’accusation de la Cour d’appel ayant refusé de transmettre sa requête au Conseil constitutionnel.

La Cour de cassation, et au vu du défaut de consignation, a rejeté sa requête pour forclusion.

3 –L’arrêt de la Cour Suprême n°57, du 14 décembre 2017

M. SALL avait formé, le 2 octobre 2017, un pourvoi en cassation contre un arrêt de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel de Dakar confirmant l’ordonnance de refus de mise en liberté provisoire du 30 août 2017.

L’agent judiciaire a fait remarquer que M. SALL qui a formé son pourvoi le 2 octobre 2017, n’a produit sa requête que le 3 novembre 2017, soit hors le délai de 15 jours prévu par la réglementation. Il est donc forclos.

La chambre d’accusation avait estimé que «les poursuites ayant été déclenchées bien avant son élection les dispositions précitées n’ont pas vocation à s’appliquer en l’espèce» à des faits «n’ayant absolument rien à voir avec les opinions ou votes émis par le député».

La Cour de cassation a précisé que M. SALL ayant été poursuivi pour des faits antérieurs à son mandat de député, et, à la suite de son élection en qualité de député, en l’absence d’une demande de suspension de la détention émanant de l’Assemblée nationale, il ne peut pas se réclamer, utilement, de l’immunité parlementaire.

Le pourvoi contre l’arrêt n°315, du 28 septembre 2017, de la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar est rejeté.

B – Ordonnance de référé, en urgence, devant

la Cour de justice de la CEDEAO, n°2/18 du 20 février 2018

Khalifa Sall a saisi la cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aux fins d’obtenir sa libération immédiate et un dédommagement de cinquante milliards de francs CFA, dénonçant notamment ce qu’il qualifie de «détention abusive». L’affaire sera entendue à Abuja, au Nigeria, le mardi 30 janvier. Les avocats de la défense pourraient donc, ce matin encore, réclamer un autre report jusqu’à la délibération de la Cour de justice de la CEDEAO. Cette procédure ne peut pas obliger le juge sénégalais à reporter le procès.

Par requête du 26 décembre 2017, M. Khalifa SALL et autres, ont saisi la Cour de justice de la CEDEAO pour violation des droits de l’homme par l’Etat du Sénégal et en référé, en soutenant que la procédure serait justifiée par l’urgence à prendre des mesures conservatoires, en arguant que la justice sénégalaise «s’empresse à les juger, avec des risques réels et prévisibles, d’une probabilité d’un déni de justice et d’une iniquité à leur préjudice», sans un procès équitable et sans respect des droits de la défense. M. SALL avance que le procès mené contre lui, se déroulerait dans des conditions «inaccoutumées», sans être assisté d’un conseil lors de l’interpellation, violation de la présomption d’innocence, non audition de témoins à décharge, possibilité de solliciter une expertise, droit d’interjeter appel, non respect du principe d’égalité devant la loi et la justice, violation des droits civiques, politiques et de l’immunité parlementaire. En conséquence, M. SALL demande à la Cour de Justice de la CEDEAO une suspension immédiate des procédures en cours et la garantie, par l’Etat du Sénégal, d’un procès équitable.

Pour l’Etat du Sénégal, M. SALL n’a pas administré la preuve de l’urgence à suspendre la procédure devant les tribunaux du Sénégal. En effet, détenu depuis le 7 mars 2017, M. SALL n’a pas déposé de requête en référé devant la Cour de Justice de la CEDEAO que le 5 janvier 2018, soit 10 mois, après. Sur le motif prétendu d’absence d’un procès équitable, la jurisprudence Karim Meissa WADE du 19 juillet 2013, pose le principe qu’il n’appartient pas à la Cour de Justice de préjudicier sur le fond du litige : cette instance «n’est pas compétente pour examiner les violations a priori ou a potentielles des droits de l’homme alléguées». Par ailleurs, aucune menace ne pèse sur les droits fondamentaux de M. SALL, comme le droit à la vie ou à l’intégrité physique. Par conséquent, l’extrême gravité et l’urgence ne sont pas démontrées. Par ailleurs, la demande de liberté provisoire, la caution, l’expertise, ainsi que l’audition des témoins seront examinés par le Tribunal correctionnel de Dakar. La Cour de justice n’a pas compétence pour ordonner des injonctions aux Etats membres, lorsque des procédures internes sont mises en œuvre ; la requête de M. SALL est donc irrecevable, il n’y a pas urgence.

La Cour de Justice de la CEDEAO la requête de M. SALL en la déclarant «mal fondée» ; ses prétentions ne peuvent plus prospérer et qu’il échet de l’en débouter. Le juge international se fonde sur le raisonnement suivant «La crainte des requérants se fonde, essentiellement, sur le fait qu’en dépit de l’exercice des recours contre les décisions rendues par les juges d’instructions suite à leurs demandes relatives à l’audition de témoins, à l’expertise de la gestion de la régie d’avance et à la fourniture de cautionnement pour bénéficier de la liberté provisoire, le magistrat instructeur a clôturé sa procédure par l’ordonnance de non-lieu partiel et de renvoi en police correctionnelle du 7 décembre 2017 ». La Cour de justice considère qu’il n’y a pas d’urgence : «Le magistrat instructeur a rendu son ordonnance de règlement ; il est dessaisi de l’affaire au profit de la chambre de jugement qui, à son tour, a entamé l’examen du dossier». Par conséquent, «l’urgence qui, a priori, légitime à la procédure de recours en référé ne peut plus valablement être invoquée par les requérants. En effet, l’urgence s’apprécie par rapport à la nécessité d’ordonner une mesure provisoire afin d’éviter une situation irréparable. Or, en l’espèce, si dommage il devrait y avoir, il est déjà né ; il ne s’agit donc plus de le prévenir». 

La Cour de justice de la CEDEAO en rejetant la requête de M. Khalifa SALL se fonde aussi sur des précédents qu’elle a déjà jugés. Cette instance «réitère qu’elle n’a pas pour rôle d’examiner les législations des Etats membres in abstracto», dans l’arrêt n°06/08 du 27 octobre 2008, CJCEDEAO, Hadjatou Mani KORAOU contre l’Etat du Niger

Références jurisprudentielles

1 – Arrêts de la Cour suprême, juge de cassation

- Cour suprême, Chambre criminelle, arrêt n°46, du 20 juillet 2017, Khalifa Ababacar Sall, affaire n°J/219 bis/RG/17 du 8 juin 2016, pourvoi dirigé contre l’arrêt n°168 de la Cour d’appel du 16 mai 2017 ;

- Cour suprême, Chambre criminelle, arrêt n°50, du 21 septembre 2017, Khalifa Ababacar Sall, affaire n°J/219 Bis/RG/17 du  8 juin 2016, pourvoi dirigé contre l’arrêt 168 de la Cour d’appel du 16 mai 2017 ;

- Cour suprême, Chambre criminelle, arrêt n°57, du 14 décembre 2017, Khalifa Ababacar Sall, affaire n°J/397/RG/17 du 16 octobre 2016, pourvoi dirigé contre l’arrêt 315 de la Cour d’appel du 28 septembre 2017.

2 – L’ordonnance de la Cour de Justice de la CEDEAO

L’ordonnance en référé de la Cour de Justice de la CEDEAO, n°02/18 du 20 février 2018, M. Khalifa Ababacar SALL, Mme Fatou TRAORE, M. M’Baye TOURE, M. Ibrahima Yatma DIAO, M. Amadou Moctar DIOP, M. Yaya BODIAN, 13 pages.

Paris, le 29 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Un procès jugé equitable et exemplaire.
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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 14:25

L’assassinat ignoble de Mireille KNOLL révèle, au grand jour, une fois de plus, toutes les convulsions traversant la société française, mais que chacun s’évertue à ne voir que par le bout, incomplet, de sa lorgnette. Il est grand temps de s’arrêter, et de dire à haute voix que nous avons marre de ces demi-vérités et ces instrumentalisations.  Il faut crever l’abcès et entonner : «Tous ensemble contre ce poison de la haine ! Oui, au bien-vivre ensemble dans la fraternité et le respect mutuel». Non à tout ce qui divise et oppose les uns aux autres ! Oui, à la compréhension de l'autre dans son authenticité, tout en restant soi-même !

A la manifestation du 27 mars 2018, dans sa tragédie, Daniel, le fils de Mireille KNOLL est resté digne, et a pris de la hauteur par rapport à ces oukases et aux tentatives d'excommunication ; il voulait rassembler large, autour d'une marche blanche, tous ceux qui estiment que la dignité humaine a un sens, sans exclusion. Dans toutes les communautés : "Il y a des gens bien partout et il y a des abrutis aussi. Il faut éduquer les adultes" a déclaré, fort justement, Daniel KNOLL.

Par conséquent, il faudrait en finir avec ces guerres de tranchées. Chaque communauté se sentant agressée par l'autre. Personne n'a le monopole de la souffrance ; nous rouspétons tous chacun dans son coin. En l’espèce, le fait une personne d’origine maghrébine ou africaine, de tuer une dame de 85 ans, rescapée des rafles du Vel-d’Hiv, que ce soit antisémite ou crapuleux, dans ce contexte de guerres des religieux, dessert le bien-vivre ensemble, et favorise l’explosion de la haine. Le symbole est si fort que cela ne peut que heurter, gravement, la conscience de chacun d’entre nous. Les affaires Mohamed MERAH, des prêtres en Normandie et de Hervé GOURDEL égorgés, du Colonel Arnaud BELTRAME poignardé, assez de sang et de violence ! Je refuse que ces gens-là le mettent sur le compte de ma religion. Je refuse que les Musulmans de France, pratiquant leur culte, dans la paix, soient pris en otage par ces criminels et ces malades. Ma religion appelle, même dans la pensée, à ne faire du mal à personne et à s’orienter, constamment, vers le Bien souverain. Celui tue est voué à la Fournaise. Personne ne peut rattacher un crime à ma religion. Nous attendons aussi, depuis de nombreuses années, la justice pour les familles de ces jeunes de banlieue, parce que Noirs, étouffés à mort ou violés par une matraque (Bouna et Zied, Adama TRAORE, Théo et 112 autres jeunes). Quand on est un Noir et jeune en France, on peut s’attendre à mourir, dans la rue, au cours d’un contrôle d’identité au faciès. Le geste du colonel BELTRAME pourrait rétablir la confiance en nos forces de sécurité qui doivent s'inspirer de lui : protéger, défendre les citoyens et refuser la stigmatisation.

Contrairement à ce que professe le CRIF, je me réjouis, qu’à cette manifestation que le Front National et la France Insoumise ont tenu à être présents. Tant mieux si certains ont évolué dans le bon sens ; tout en restant particulièrement vigilants, il faudrait les inciter et les encourager à aller plus loin dans le sens de cette grande fraternité. J’intime le Front National, à l’avenir, d’être plus cohérent avec lui-même et condamner l’héritage antisémite de Jean-Marie LE PEN, et aussi et surtout, d’abandonner le discours haineux à l’égard des Noirs et des Arabes. On ne peut pas être seulement antiraciste, le temps d’une manifestation ; c’est un comportement au quotidien, de fraternisation et de respect de l’autre. Par conséquent, le racisme à géométrie variable n’est pas acceptable. On ne peut pas être raciste à 50% ; on l’est ou ne l’est pas. Le FN peut-il devenir un parti républicain respectable ?  Or, je regrette qu’une bonne partie de l’opinion publique française, surtout de certains intellectuels, soit lepénisée. Le Front National et une bonne partie de la Droite charrient, en permanence des discours de haine. Et il ne faudrait jamais l’oublier, il y a des mots qui tuent !

Je salue la présence de la France Insoumise à cette manifestation, et suis en désaccord avec l’esprit étriqué du CRIF. Ce n'est pas parce que la France Insoumise est contre la politique de Benjamin NETANYAHOU que ce parti est antisémite. Il ne faudrait pas confondre l’antisionisme et l’antisémitisme, tous les Juifs n’étant pas sionistes. Le CRIF peut-il interdire à une partie de la population de manifester dans l'espace public, ce n'est pas un espace privé ?

Le C.R.I.F s'est droitisé, et entretient, scandaleusement, la confusion entre l'antisionisme et l'antisémitisme. Je préfère, sans commune mesure, Yitzhak RABIN (1er mars 1922-1er nov 1995) et Anouar EL-SADATE (25 déc 1918 – 6 octobre 1981) qui voulaient la paix et la Fraternité entre Juifs et Arabes. Dans mon XIXème arrondissement, le plus grand quartier juif d’Europe, toutes les communautés vivent ensemble, dans la fraternité. Pourquoi, ce qui est possible ici, ne l’est pas ailleurs ? En revanche, Benjamin NETANYAHOU, un faucon s’emploie à construire des murs entre les peuples. Or, c'est avec ses adversaires, et non avec ses amis, qu'on doit la paix. Beaucoup de Juifs veulent vivre en paix, comme tout le monde. La France a eu raison de faire la paix avec l'Allemagne qui l'avait pourtant humiliée par trois fois, en moins d'un siècle (1870, 1914 et 1939). Cette position du CRIF ainsi que celle des fondamentalistes musulmans, nous empoisonne la vie en France. RABIN et SADATE, des colombes de la paix, ont été assassinées. Ce conflit, cette haine permanente, depuis 2000 ans, s’est exporté en France. Nous avons marre des larmes et du sang. Nous crions paix et amour ! Nous devons tous travailler, sans relâche, pour établir des ponts de fraternité et d'amitié entre Juifs et Arabes. Il faut naturellement être intraitable contre la libération de la parole raciste présente dans les médias et dans la bouche de certains intellectuels et dirigeants politiques le racisme n'est pas une opinion mais un délit. Compte du sort des Juifs pendant la deuxième guerre mondiale et ces rafles dont ils ont été l'objet ce sont des crimes non seulement contre cette communauté mais aussi des crimes contre chacun d'entre nous. A chaque fois qu'on s'en prend à mes potes les Juifs, je me sens concerné meurtri et blessé ; je suis solidaire avec eux, sans modération.


Par conséquent, ces assassinats lâches du colonel BELTRAME et de Mireille KNOLL, nous donnent des devoirs : il faudrait, chaque minute, nous rassembler, tous, davantage, autour de l'essentiel, c'est-à-dire autour du caractère sacré de la personne humaine, quelle que soit son origine, sa couleur de peau ou sa confession religieuse. Il faudrait mettre fin ces guerres locales, ruineuses fauchant la vie de civiles, déplaçant des réfugiés, et perdurant sans objectifs clairs. En France, il est aussi urgent de convoquer une conférence nationale sur le bien-vivre ensemble et la fraternité.

"Trois choses demeurent : la foi, l'espérance et l'amour. Mais la plus grande des trois, c'est l'amour" écrit Amadou Hampâté BA, un sage africain.

Non à la haine oui à l'amour infini !

Paris, le  27 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr

Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
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Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !
Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !

Pour la paix, la fraternité et le bien-vivre ensemble !

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24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 18:35

Cet article a été publié dans le journal THIEYDAKAR.

Je m’incline, très respectueusement, devant l’acte héroïque, le sacrifice, le courage et le sens du devoir du Lieutenant-colonel, Arnaud BELTRAME, qui a perdu la vie en prenant la place d’une otage, lors d’un attentat terroriste. Aussi, j’adresse mes sincères condoléances à sa famille, à toute la Nation entière, et à tous ceux qui estiment que la personne humaine, quelle que soit son origine, est, reste et restera sacrée. Bouleversé par une telle tragédie immense, je ne vous cache pas, que ce matin, en me réveillant, en tant que musulman, j’ai accompli la prière des morts pour lui, le catholique. Un tel désastre exprime l'indicible et nous laisse sans voix.

Sa mère a dit, avec dignité et pudeur, que c’est un homme du devoir, il a fait son travail. Je m’autorise à dire que le Lieutenant-colonel BELTRAME a fait plus que cela. J’ai appris, de mon Prophète et de mes maîtres à penser, que nous devrions donner un sens à notre vie en la guidant vers le Bien souverain. A mon sens, le Lieutenant-colonel BELTRAME a accompli le vrai Jihad, un Jihad du cœur, une insurrection de la bonté qui devrait, quand nos cœurs seront apaisés de cette grande douleur, nous inviter à un grand examen de conscience sur, au moins, trois sujets fondamentaux.


Tout d'abord, à chaque fois qu’un attentat tragique est commis, notre classe politique fait résonner les tambours de guerre, avec leurs lots de morts, notamment les civils des pays où se déroulent ces affrontements. Désormais, la guerre, devenue l’affaire de soldats professionnels, se déroule loin de l’Hexagone, et nos concitoyens se désintéressent ou acceptent les discours guerriers de nos politiciens, sans les évaluer de façon critique. De surcroît, ce sont des guerres confinées dans le confidentiel, sans images sur la tragédie des populations civiles, grandes victimes de ces boucheries de masse. Or, j’affirme que la classe politique, et pour une large part, nous ment, nous instrumentalise et dissimule une réalité beaucoup plus complexe. En effet, les objectifs de ces guerres ne sont pas clairs, et la victoire totale et immédiate promise à chaque drame, contre je ne sais quoi, sans cesse, tarde à venir. Ainsi, en Afghanistan, la guerre engagée depuis les temps soviétiques s’enlise, soit depuis plus de 40 ans. Les Américains avaient pris prétexte de l’attentat du 11 septembre 2011, pour s’y engager fortement. Mais dans cet attentat du 11 septembre, l’essentiel du commando est saoudien, et non pas afghan. En Irak, Georges BUSH avait prétendu qu’il avait des armes chimiques dans ce pays. Saddam HUSSEIN a été pendu, son pays dévasté, et pour quel résultat depuis 1990 ? Lors du Printemps arabe, des pays stables luttant contre l’islamisme (Tunisie, Egypte et Libye) sont devenus un champ de ruine, et nous envoient, massivement, leurs réfugiés. Et on apprend même, par MEDIAPART, que la guerre en Libye aurait pour objectif de liquider KADHAFI pour avoir révélé le financement de la campagne électorale de 2007 de M. SARKOZY. Un président de la République française, élu avec l'argent d'un dictateur, puis liquide son "bienfaiteur", cela fait désordre et trouble notre conscience de républicains ! En Syrie, l’odieux Bachar El ASSAD, qu’on voulait déloger, mais sans tenir compte de la présence soviétique, avait aussi un pays stable, maintenant en lambeaux ; on croise, chaque jour, dans le métro, le regard désespéré de ces réfugiés syriens. Pourquoi au Yémen, les Occidentaux se sont alliés, ou tolèrent, des fondamentalistes religieux, dans ce pays ? On ne devrait pas manger avec le diable, même avec une longue cuiller. Ces guerres locales s’enlisent et fauchent, sans cesse, des vies civiles, considérées comme des «dégâts collatéraux». On s’étonne de l’arrivée en masse de réfugiés et des attentats commis par des esprits, souvent faibles ou manipulés. Le tout répressif a démontré ses failles et ses limites. Ces guerres sont-elles justes avec des objectifs clairs et atteignables ? Telle est la question fondamentale que l'on ne peut plus, désormais, esquiver.


Ensuite, quelle que soit le sentiment d’injustice que l’on pourrait avoir à l’égard de ces guerres locales inefficaces et iniques, rien ne peut justifier ou excuser un acte terroriste. En effet, la vie de chaque individu sur cette terre est unique et irremplaçable. L’Islam, religion de paix, interdit de tuer un être humain. Celui qui tue doit être tué, et celui qui ôte la vie est voué aux braises ardentes ; ceux qui crient «Allahou Ak Bar !» en tuant des innocents, salissent l’Islam, sont des criminels et de véritables malades mentaux. Au moins de ce côté-là, les choses sont limpides. A mon sens, le vrai Jihad, à l’aube du XXIème siècle, c’est celui de faire reculer le Mal, et par voie de conséquence de poursuivre le Bien. Le vrai Jihad, comme l’intime l’Islam, c’est avant tout, même dans son esprit, de s’interdire de penser en mal, à s'éloigner de tout qui y ressemble, et donc, dans les actes, de s’orienter, constamment et résolument, vers le Bien souverain. Accomplir le Jihad, dans ces conditions, c’est travailler, chaque jour, chaque instant, dans la mesure de ses moyens, pour rendre le monde meilleur, plus juste et plus fraternel. L’individu doit se rendre utile à lui-même, à sa famille et à toute la communauté. Par conséquent, l’acte héroïque du Lieutenant-colonel BELTRAME, est un vrai Jihad du cœur. Cela me touche, profondément.


Enfin, il faudrait travailler à la cohésion nationale, et cesser d’opposer les uns aux autres, en adoptant une religion de l’Amour. La libération de la parole raciste est un poison dans notre société. Il est grand temps d’un grand débat national, avec tous les acteurs politiques et associatifs, sur la place des Français issus de l’immigration, encore largement considérés comme des Indigènes de la République. Ce débat devrait dégager les droits, mais aussi les devoirs, quand on vit ensemble dans une communauté, en terme de loyauté, d’entraide, d’égalité réelle, y compris pour les lieux de culte. Cette cohésion nationale signifie aussi la lutte résolue contre toutes les formes d’exclusion et de discrimination à l’égard des pauvres, des femmes, des fonctionnaires, des retraités, des réfugiés et immigrés, des cheminots, etc. Chaque individu doit contribuer à l’harmonie, à la paix et au bonheur de notre société, car nous sommes solidaires aussi bien dans les moments de joie que de tristesse, comme c’est le cas, avec cette mort tragique du Lieutenant-colonel BELTRAME.

Pour ce bien-vivre ensemble, je m’appuie sur la pensée d’Amadou Hampâté BA, un grand Sage de Bandiagiara, considéré comme un «caméléon de la tolérance». Pour lui, l’observation du caméléon nous en dit long sur le bien-vivre ensemble : «Quand il arrive dans un endroit, le caméléon prend la couleur du lieu. Ce n'est pas de l'hypocrisie ; c'est d'abord la tolérance, et puis le savoir-vivre. Se heurter les uns les autres n'arrange rien. Jamais on n'a rien construit dans la bagarre. La bagarre détruit. Donc, la mutuelle compréhension est un grand devoir. Il faudrait toujours chercher à comprendre notre prochain. Si nous existons, il faut admettre que, lui aussi, existe». Du point de vue religieux, et dans son humanisme, Amadou Hampâté BA considérait que l’intolérance est une déviation. Il ne faudrait pas juger les religions, quelles qu’elles soient, à travers les hommes qui les pratiquent ou qui, parfois les utilisent pour des fins autres que celles réellement religieuses. Il a appris de ses parents à être tolérant et à accepter les gens tels qu’ils étaient, Africains ou Européens, tout en restant pleinement soi-même. La tolérance s’appuie sur la compréhension et s’accompagne de la connaissance de l’autre. La différence peut être une source d’enrichissement, à condition de nous libérer de nos peurs, de notre égoïsme et de faire l’effort d’aller vers l’autre pour mieux le connaître et l’accueillir.

En conséquence, je ne souhaite pas que le sacrifice du Lieutenant-colonel BELTRAME soit vain, mais qu’il soit l’occasion de nous déciller les yeux, et d’entrer dans l’espoir et l’espérance, pour grande fraternité, pour le respect mutuel et le bien-vivre ensemble.

«Celui qui a planté un arbre avant de mourir n'a pas vécu inutile», dit un proverbe africain.

Honneur, gloire et profond respect pour la mémoire du colonel BELTRAME et à tous ceux qui oeuvrent pour le Bien souverain !

Paris, le 24 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Le lieutenant-colonel, Arnaud BELTRAME, un héros.
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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 20:02

«Merde de Noir ! Je suis Blanche, je peux te tuer et rien ne m'arrivera» dit une Espagnole à Marius MAKON, un acteur Camerounais qu'elle a agressé à Mostoles, dans la région de Madrid, en Espagne, en lui frappant au visage avec une bouteille bière. Le racisme est une chose, l'amour en est une autre. Je choisis l'amour. Merci à tous et bonne fête de la femme», a t-il tweeté, M. MAKON, la victime (sources CNEWS du 13 mars 2018). Par conséquent, le racisme, cela devient monnaie courante, dans les pays dits "libres" et on s'en glorifie !

Désormais, dans ce qu'on appelle encore les démocraties occidentales, on se croît "libre" de stigmatiser, d'insulter, parfois d'agresser ou de proférer des injures à caractère raciste à l'encontre des plus faibles, (Noirs, Arabes et réfugiés). Ainsi, Donald TRUMP avait qualifié les Etats africains de «pays de merde».

En France, le racisme n'est pas, officiellement, une opinion, mais un délit. A partir du moment où le F.N. est reconnu comme un parti légal et «respectable», qui va nous respecter ?

 C'est la mode de baver sur nous et la presse à sensation en fait le buzz ; ces techniques nauséabondes de communication, jadis utilisées par l'odieux et antisémite Jean-Marie LE PEN, sont maintenant devenues un outil pour sortir de l'ombre. Ce qu'on appelle, pudiquement et honteusement, «des dérapages verbaux», indiquent bien une tendance lourde à la lepénisation des esprits. Jacques CHIRAC avait parlé du «bruit et des odeurs», Nicolas SARKOZY, l'homme du Fouquet's avait dit que «l'Afrique n'est pas entrée dans l'histoire». Emmanuel MACRON, le président des riches, est obnubilé par le ventre de nos mères, et tout récemment un frontiste a qualifié un vigile de «sale nègre» ; Nadine MORANO avait déclaré que la «Gare du Nord, c'est comme l'Afrique». Certains ont évoqué «la banane» et «le singe» pour Mme Christiane TAUBIRA. Rien ne distingue certains membres du parti Les Républicains, du Front national (Laurent WAUQUIEZ, Eric CIOTTI), etc. Quand le jeune Théo a été violé avec une matraque par les forces de l'ordre, à la limite on nous a fait comprendre c'est presque de sa faute. 112 jeunes issus de l'immigration, dont Adama TRAORE, sont morts étouffés à l'occasion d'un contrôle au faciès. Bouna et Zied, deux jeunes poursuivis par des nervis des forces de l'ordre, ont cramé en 2005, dans un transformateur électrique et les policiers ont été acquittés. Ce qui avait provoqué les plus graves violences urbaines. L'esclavage en Libye à l’encontre des immigrants, ce n'est pas grave, cela se passe en Afrique ;  la colonisation c'est du passé.

En Europe (Autriche, Italie), pays qui se targuent d'être de grandes démocraties, on a admis dans le champ politique des partis d'extrême droite. Cette complaisance et cette complicité coupable, pourraient se révéler, un jour dramatique. 

Pour l'instant les adversaires de la démocratie ont le vent en poupe et cognent sur les faibles (Immigrés, Arabes et Noirs). On ne pourra pas dire, comme lors de la Seconde guerre mondiale, avec mes potes les Juifs : "on ne savait pas". Six millions de juifs ont été victimes de rafles, de tortures et d'extermination dans des camps de concentration ; c’était, souvent des voisins, amis ou relations, mais on n'a rien vu, rien entendu !!!!

J'ai parfois l'impression que la classe politique veut occulter à l'opinion publique les vrais enjeux du moment. S'il y a une vague de réfugiés dont bon nombre d'entre eux sont notamment morts en mer, c'est d'une part, parce que notre pays est engagée dans 5 guerres locales dont on ne voit ni les objectifs ni l'issue prochaine ; ces pays, jadis prospères ou à tout le moins stables, sont devenus des champs de ruines. D'autre part, l'Afrique possède l'essentiel des réserves mondiales de matières premières, les Africains n'ont pas besoin d'une aide des Occidentaux, mais d'un commerce équitable, pouvant nourrir, suffisamment leurs populations. Par ailleurs, les difficultés auxquelles sont confrontées les classes paupérisées (retraités, ouvriers, fonctionnaires, titulaires de minimas sociaux) ne sont pas le fait des réfugiés, mais résultent de politiques libérales enrichissant toujours plus les classes aisées. Bernard ARNAUD, avec ses 70 milliards, se classe au 4ème rang des hommes d'affaires les plus riches du monde. Pourtant les subventions dont il a bénéficié n'ont pas inversé la courbe du chômage. M. MACRON, président des riches, voulait même retirer 5 € d'aide au logement pour les plus pauvres.

Par conséquent, devant cette libération importante de la parole raciste, pour de mauvaises raisons, nous devrions, chacun d'entre nous, oeuvrer, plus que jamais, pour l'égalité réelle, la fraternité, la solidarité et le bien-vivre ensemble.

Paris, le 14 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Conjurer la peste brune, réaffirmer et consolider le bien-vivre ensemble», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 13:12

Le licenciement du personnel a commencé au Parti socialiste. Le siège de la rue Solferino a été vendu. Tout un symbole !

Pourtant, en 2012, on avait tous les leviers du pouvoir, nationaux, locaux et même une majorité au Sénat ; ce qui n'était rien. Et nous voilà tout nus. Il faut le dire le Roi est tout nu.

Merci M. HOLLANDE pour ton projet de déchéance de la nationalité et ta liquidation de notre "Vieille maison".

Ce que je reproche à M. HOLLANDE ce n'est pas d'avoir échoué mais d'avoir menti. Il nous avait promis que "le changement c'est maintenant !". Le changement est bien arrivé mais pas celui qu'on attendait. Quand il nous disait à la fin de son mandat "La France va mieux", de qui se moque-t-on ? 

C'est parce qu'il a trahi l'idéal socialiste qui a nous a mené à la ruine, que François HOLLANDE a été contesté, dans son camp.

Il faudrait faire, et sans complaisance, un bilan des dégâts commis par M. HOLLANDE et ses amis. Nous avons tourné le dos à ce qui faisait la spécificité des socialistes, et donc le cycle d'Epinay n'est pas fini. Il faudrait davantage se soucier des déshérités des ouvriers, des employés, des classes populaires, des femmes, et surtout de la diversité  grande oubliée des socialistes, depuis longtemps. Nous la diversité nous sommes aussi la France  ! Il est également urgent de mettre fin à Françafrique qui affame les pays africains et mettre en place des rapports de coopération fondés sur l'équité et la Justice.

Alors pour ce congrès d"Aubervilliers, les héritiers de la hollandie peuvent être fiers du quinquennat de leur patron qui nous a bernés. Et ils veulent, en plus, avoir les clés d'une maison qu'ils ont démolie !

Je vote Emmanuel MAUREL. S'il perdait, je quitterai le Parti socialiste, pour rejoindre Benoit HAMON. Face à ce saccage de notre héritage, nous sommes bien en présence de 2 gauches "irréconciliables". Plus jamais de synthèse molle, uniquement pour se partager les postes, les motions sont sans conviction, ce ne sont jusqu'ici qu'une technique de partage du gâteau !

Paris le 13 mars 2018 par M. Amadou Bal BA baamadou.overblog.fr

"François HOLLANDE : Liquidateur du Parti socialiste : le licenciement du personnel a commencé !" M. Amadou Bal BA baamadou.overblog.fr

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11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 19:38

En collaboration avec la Fondation Lilian THURAM, «éducation contre le racisme» et le Musée Eugène DELACROIX, il est organisé les 9, 10 et 11 mars 2018, une découverte sur les œuvres et les objets que cet artiste a rapporté du Maroc. Sarah AGUILAR, accompagnée d’Alexandre PEIGNE fera entendre des textes de divers auteurs, et Gerty DAMBURY lira aussi des extraits de Victor HUGO, Gustave FLAUBERT, Théophile GAUTIER et Edward SAID.

François VERGES et Lilian THURAM sont les guides hors pair de cette exposition. Deux champions de la lutte pour l’égalité réelle. Aussi, dans cette exposition, il est question, notamment de «puissance et domination». Héritier des portraits équestres des empereurs romains, le portrait de Jérôme de WESTPHALIE, frère de Napoléon 1er, le montre à cheval, en grand uniforme. A l’inverse, «L’homme noir à cheval» lithographié par DELACROIX monte à cru, sans selle, en vêtements simples. Il paraît faire corps avec son élégante monture. Diverses peintures opposent «la guerre civilisée» à la guerre barbare, étant entendue que sont civilisées, par principe, celles menées par l’Occident. Pour Lilian THURAM, le monde oppose bien les vainqueurs et les vaincus ; il faudrait donc que les citoyens s’intéressent à la chose publique, sinon celle-ci s’occupera d’eux, et contre eux.

L’autre thème est «déguisements et travestissements» ; ce qui pose la question de la représentation : Qui suis-je derrière un costume inhabituel ?

L’artiste, comme Eugène DELACROIX (1798-1863), chef de l’école romantique et donc opposé à Ingres (voir mon post sur Ingres du 29 juillet 2016), nous apprend à voir, à regarder. Il dispose un puissant pouvoir d’aider à transformer le monde dans lequel nous évoluons, en nous aidant à découvrir le sens caché des choses. «La peinture me harcèle et me tourmente de mille manière à la vérité, comme la maîtresse la plus exigeante ; ce qui me paraît de loin facile à surmonter, me présente d’horribles et incessantes difficultés à surmonter», écrit DELACROX, dans son Journal. La rumeur dit qu’Eugène DELACROIX serait le fils naturel de TALLEYRAND. Ses grands tableaux, comme «La Liberté guidant le peuple» sont au Louvre.

Exposition du 11 janvier au 2 avril 2018 au Musée Eugène DELACROIX, 6 rue Furstenberg, Paris 6ème, métro Saint-Germain-des-Près, ligne 4. Tél 01-44-41-86-50. La visite guidée est gratuite, mais l’entrée du Musée est à 7 €.

Références bibliographiques très sélectives

1 – Eugène DELACROIX

DELACROIX (Eugène), Correspondances, le rendez-vous manqué,  éditeur scientifique Françoise Alexandre, Paris, L’Amateur, 2005, 303 pages ;

DELACROIX (Eugène), Journal (1823-1863), éditeurs scientifiques Paul Flat et René Piot, Paris Plon-Nourrit,), 1893-1895, vol 1, 452 pages, vol 2, 496 pages et vol 3 490 pages ;

DELACROIX (Eugène), Œuvres littéraires, Paris, G. Crès, 1923, vol 1, 151 pages et vol 2, 235 pages ;

DELACROIX (Eugène), Souvenirs d’un voyage dans le Maroc, éditeur scientifique Laure Beaumont-Maillet, Paris, Gallimard, 1999, 180 pages.

2 – Lilian THURAM

THURAM (Lilian), CAMUS (Jean-Christophe), CHAUD (Benjamin) Tous super-héros, Paris, Delcour, 2016, 27 pages ;

THURAM (Lilian), Mes étoiles noires, de Lucy à Barack Obama, Paris, éditions de Noyelles, 2009, 399 pages ;

THURAM (Lilian), Penser l’autre, éditeur scientifique Festival étonnants voyageurs, Paris, Fondation Lilian Thuram, 2016, 113 pages ;

THURAM (Lilian), sous la direction de, Pour l’égalité Paris, J’ai Lu, Essai n°10756, 2014, 216 pages.

3 – Françoise VERGES

VERGES (Françoise), Abolir l’esclavage : une utopie coloniale, les ambiguïtés, Paris, Albin Michel, 2001, 229 pages ;

VERGES (Françoise), La mémoire enchaînée : Questions sur l’esclavage, Paris, Albin Michel, 2006, 204  pages ;

VERGES (Françoise), Le ventre des femmes, capitalisme, radicalisation, féminisme, Paris, Albin Michel, 2017, 229 pages ;

VERGES (Françoise), Nègre je suis, Nègre je resterai, entretien avec Aimé Césaire, postface Françoise Vergès, Paris, Albin Michel, 2005, 148 pages.

Paris, le 9 mars 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Musée Eugène DELACROIX et Fondation Lilian THURAM "Education contre le racisme" : exposition Imaginaires et représentations de l’Orient, questions de regards, Paris 6ème», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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