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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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10 mai 2018 4 10 /05 /mai /2018 15:16

Ce jeudi 10 mai 2018, je suis au Jardin de Luxembourg à Paris pour une cérémonie sous le patronage du Premier ministre, M. Edouard PHILIPPE.

Le 10 mai est, pour moi, hautement symbolique ; ce n'est pas seulement que la journée de la mémoire, c'est avant tout le 10 mai 1914 la victoire de Blaise DIAGNE, premier député africain à l'assemblée nationale française, et c'est aussi le 10 mai 1981 que François MITTERRAND, un socialiste, provoquait la première alternance, sous la 5ème République.

Le monde reste encore profondément divisé entre deux camps : les vainqueurs et les vaincus.

De nos jours, l'esclavage revêt des formes plus insidieuses ; on a parfois du mal à cerner et combattre ces chaînes invisibles qui nous maintiennent encore dans la servitude et l'exploitation. 170 ans, après l'abolition de l'esclavage, à travers les discriminations, la servitude est plus que d'actualité. La liberté et l'égalité ne devraient pas seulement être que des prétentions théoriques, mais des actes concrets. L'affaire Naomi MUSENGA, moquée par les services d'urgence et morte sans secours, atteste de la gravité de la situation. La famille d'Adama TRAORÉ (jeune étouffé à mort lors d'un banal contrôle d'identité) est menacée de poursuites pour avoir protesté contre ce meurtre raciste. On nous maintient dans un statut d'indigènes de la République, assimilable à l'esclavage.

L'Afrique, riche de ses matières premières et de ses populations, devrait mettre fin à cette Françafrique, retrouver sa souveraineté, sa liberté et sa dignité.

La Diaspora devrait combattre ce statut d'indigène de la République auquel il est confiné, pour jouir pleinement de sa citoyenneté en vue du bien-vivre ensemble. Une maison pour l'abolition de l'esclavage est un bon début, mais il faut aller plus loin ; il faut une égalité réelle. Beaucoup d'élus de droite refusent encore d'honorer le devoir de mémoire. Esclaves d'hier, migrants d'aujourd'hui !

Par conséquent, il faudrait en finir avec la mentalité colonialiste et esclavagiste, en fondant une société plus juste, plus fraternelle.

Était-il opportun d'inaugurer une place de l'Europe à Gorée ? Cette décision du maire de Gorée est une bourde monumentale, à corriger rapidement.

Pourquoi maintenir, 58 ans après l'indépendance, des noms de rue dédiés aux esclavagistes et colonialistes en centre ville de Dakar ?

"Emancipez-vous de l'esclavage mental. Personne d'autre que nous ne peut libérer nos esprits" avait chanté, fort justement, Bob MARLEY, disparu le 11 mai 1981.

 

Paris le 10 mai 2018 par M. Amadou Bal BA baamadou.overblog.fr

 

"Journée nationale des memoires de la traite de lesclavage et de leur abolitions" par M. Amadou Bal BA http://baamadou.over-blog.fr/
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8 mai 2018 2 08 /05 /mai /2018 17:47

En France, dès qu’on engage une conversation avec un Européen, très souvent, une question insidieuse surgit : «Tu viens d’où ?». Cette inquisition s’accompagne, parfois, d’un commentaire superflu : «Tu habites depuis quand en France ? J’aime vraiment l’Afrique. Pourquoi tu ne rentres pas dans ton pays ? Quel gâchis !». Au début, agacé par ces rapports sociaux racisés et ethnicisés, je répondais, par provocation, que j’étais Suédois, ou tout simplement que je suis Parisien. La question «tu viens d’où ?», traduit le refus, d’une partie de la population française lepénisée, d’accepter un fait accompli, à savoir que l’intégration est déjà en marche. Ceux qui se réfugient derrière une France mythique, monocolore, ont encore du mal à admettre que ce pays soit devenu cosmopolite, multiculturel et que l’Islam est sa deuxième religion. C’est un débat, en apparence ethnique, mais sur le fond, l’enjeu partage du pouvoir au sein de la société française ; certains veulent ravaler les Français issus de l’immigration, comme au temps colonial, au statut d’indigènes de la République. «Tu viens d’où ?» signifie pour les tenants de la doctrine assimilationniste, «tu ne seras jamais comme nous, tu seras toujours chassé de la lumière, tu ne pourras jamais t’intégrer aux conditions qu’on a fixées, de façon paternaliste pour toi, et tu vivras, éternellement, en marge de la société française, comme un exclu, un marginal». Par conséquent, loin d’être une interpellation purement ethnique, c’est une question de place, de partage du gâteau, une question de classe, comme le dirait les communistes. Dans les faits, l’écrasante majorité de nos ancêtres les Gaulois croient aux valeurs républicaines d’égalité. Les Français issus de l’immigration sont aussi la France, mais il leur appartient de ne pas se laisser entraîner dans un débat identitaire piégé à l’avance par un discours lepénisé : «Ce n’est pas un problème de race. C’est le problème de savoir si vous acceptez, ou non, de regarder votre vie, d’en prendre la responsabilité et puis de vous mettre à la changer» dit BALDWIN. On doit saluer l’extraordinaire travail fait par les associations, en France, pour le bien-vivre ensemble, en termes notamment d’accès au logement, de régularisation de sans-papiers et d’accompagnement dans les démarches administratives. Je suis agréablement surpris par ces jumelages entre ces villes françaises et sénégalaises et ces associations humanitaires qui font un remarquable travail de solidarité avec l’Afrique. Le jumelage entre la ville du Val-de-Reuil et mon village, depuis 1998, Danthiady, est un exemple remarquable de coopération décentralisée ayant conduit à des projets innovants en matière d’eau, de santé, d’éducation et de culture maraîchère.

La question «tu viens d’où ?» est une vraie occasion de découverte de l’autre en vue d’échanger et de s’enrichir, mutuellement. «Sache d’où tu viens. Si tu sais d’où tu viens, il n’y a pas de limites à là où tu peux aller» dit BALDWIN. Le Noir américain sait maintenant qui il est et quelle est sa place réelle au milieu de ses concitoyens. Lorsqu’un opprimé a entrevu la possibilité d’être libre et qu’il accepte d’en payer le prix, il est vain d’espérer encore la paix pour longtemps. L’ignorance perpétuant les abus, j’ai décidé finalement, à travers le récit de la saga des Danthiadynabé de France, de ne pas rallier aux questions de curiosité malsaine, de botter en touche les diktats qui veulent nous enfermer dans nos déterminations. J’ai bien compris, qu’à travers cette question insidieuse «Tu viens d’où ?», se cache un profond mal-être des néo-maurrassiens pensant qu’avant c’était mieux. On ne naît pas Noir, on le devient à travers un regard colonial et néocolonial qui veut nous singulariser pour mieux nous enfermer dans des colères stériles afin de nous marginaliser. Je me définis comme un citoyen français originaire du Sénégal. En conséquence, j’ai pris la ferme résolution de me chercher, et chercher les autres en me cherchant. Au carrefour de plusieurs cultures, j’écris, aussi, d’affronter ces impostures, ces mensonges, ces hypocrisies, ces fantasmes simplificateurs. C’est une entreprise de thérapie pour être en paix avec moi-même, pour mieux entrer en relation avec les autres, dans une démarche apaisée et constructive.

La saga des danthiadynabé de France, et toute l’histoire de l’immigration en France, est récente, elle ne couvre qu’une cinquantaine d’années ; tout est encore frais dans les esprits. Il faudrait à mon sens, distinguer la première vague d’immigrants de celle de la deuxième génération qui est née en France. S’agissant des Français issus de l’immigration nés en Afrique, les liens et les souvenirs avec le continent noir sont encore intacts et vivaces. On reste ainsi hanté par cette aventure ambiguë, digne de Cheikh Hamidou KANE, par cette double culture et par ce mythe du retour. Deux mondes s’affrontent et se combattent : d’une part, l’école française, son mode occidental de vie dans lequel le colonisateur, niant nos valeurs culturelles et notre humanité, considérait que nos ancêtres étaient des Gaulois. J’ai connu aussi cette Afrique traditionnelle et sa culture de solidarité et d’entraide, son hospitalité, ses valeurs d’humanité, ses coutumes et traditions. J’ai entendu parler de l’histoire de mon Fouta-Toro, avec la dynastie des Satiguis fondée par Colly Tenguella BA, qui aura duré plus de quatre siècles (voir mon post), du Fouta-Toro et ses Almamy, notamment de Thierno Sileymane BAL, un de mes ancêtres, qui ont islamisé le Sénégal, en fondant un Etat théocratique, de la plus longue et la plus héroïque résistance du Fouta-Toro à la conquête coloniale, notamment avec El Hadji Omar TALL. L’histoire de l’origine des Peuls a immobilisé bon nombre de chercheurs (Louis FAIDHERBE, Henri GADEN, Maurice DELAFOSSE, Boubou Hama et Cheikh Anta DIOP) : sont-ils des sémites ou des Egyptiens ?


Les Français issus de l’immigration, avec leur double culture, sont hantés par le mythe du retour. Fonctionnant avec des codes culturels parfois décalés, cette première génération entretient des relations de tension éducation, mariage, perpétuation. «Français à part entière et Français entièrement à part» suivant une formule de Jean-Marie LE PEN. Mes enfants sont d’une mère Chinoise et d’un père Sénégalais : qui sont-ils donc ? Et que seront leurs descendants, s’ils continuaient à vivre dans un monde, en partie, racisé et ethnicisé ?

 

I – La première génération d’immigrants


Les immigrants en France, essentiellement des Peuls et Soninkés, viennent souvent de petits villages de la périphérie et défavorisés, de la région de Matam et de Bakel. Danthiady.


A – Le village des origines : une société autarcique et féodale


1 – L’histoire Danthiady et ses valeurs


L’élément eau est à l’origine de Danthiady. Il résulte de plusieurs témoignages que j’ai recueillis, le village de Danthiady, initialement, était installé à Pouléma, à 5 kilomètres, à l’Ouest de l’emplacement actuel. Pouléma, non loin de M’Bélone, dont on arrive pas encore à le localiser, est resté un endroit mythique, auréolé d’histoires surnaturelles. On raconte que les Danthiadynabé y sont restés pendant sept ans, sans maladie et sans morts. De confession musulmane et profondément superstitieux, les Danthiadynabé ont estimé que cette situation était anormale ; ils ont alors déménagé vers l’est. Mais, grands éleveurs de bétail (ovins et caprins), ils n’avaient pas d’eau. Le berger, pour les vaches, originaire de Dikka, non loin de Thiancogne, avait remarqué que les phacochères, allaient régulièrement se désaltérer, dans une vallée ; il suffisait seulement de creuser, sans profondeur avec leurs défenses, et l’eau jaillissait. Aussi, les Danthiadynabé déménagèrent rapidement à ce nouvel emplacement où on a trouvé de l’eau à profusion, en creusant des puits. Danthiady serait une déformation de «Danthianguo», c’est-à-dire là où on a retrouvé de l’eau.


La religion, ainsi que les questions de sécurité, pendant la colonisation, sont à la base de l’organisation de Danthiady. Là aussi, les témoignages sont presque concordants. On estime que sept grandes familles sont à la base de la création de Danthiady, auxquelles sont venues s’adjoindre d’autres communautés. Il s’agit des familles SALL, N’DIAYE, SOW, N’GAM, ANNE, AW et SY. C’est un point acquis que Thierno Demba SALL a fondé Danthiady au milieu du XIXème siècle. Par conséquent, Danthiady est un village relativement neuf de 160 ans. A partir de là, les versions des témoignages si elles ne divergent, comportent des nuances.

 

Une première version consiste à relater que Thierno Demba SALL viendrait du Toro, et arrivé à Ogo, il aurait lâché un représentant de la famille ANNE. Auparavant, son frère l’avait recommandé de continuer, seul sa route, deux éminents marabouts, ne pouvant pas résider dans le même village. L’un pouvant éclipser l’autre.


Une deuxième version, isolée, mais qui m’a été relatée, consisterait à soutenir, le village de Danthiady, serait d’abord dirigé par la plus ancienne famille, les AW. Ces derniers souhaitant suivre El Hadji Omar TALL, dans son Jihad au Mali, aurait confié la direction et le commandement de Danthiady. Mais à leur retour, les SALL aurait refusé de rendre le pouvoir aux AW.


Cette version «d’un coup d’Etat» me paraît peu plausible, compte tenu du caractère consensuel et démocratique de l’exercice du pouvoir à Danthiady, un village marqué par la transparence et la sérénité des décisions. En effet, des témoignages, et qui me semblent plus probants, insistent sur le fait que les SALL, pour conforter leur hégémonie sur le village, se sont alliés à certaines grandes familles, notamment les SOW, N’GAM, et surtout les N’DIAYE. Cette alliance s’est concrétisée par de nombreux mariages au sein de cette communauté. Ainsi, Khady SALL, l’ancêtre des N’DIAYE est bien un membre de la famille de Thierno Demba SALL. Ma grand-mère, Hapsa SALL, dont le père Abou Elimane SALL, un chef de village, est également originaire de cette famille.


Une troisième version que je tiens d’Oumar SALL, un descendant de Bassirou Elimane SALL, me paraît plus solide. En effet, Thierno Demba SALL est originaire de Bagodine, dans le département de M’Bagne, région de Brakna, en Mauritanie. Le père de Thierno Demba Ramata SALL, qui s’appelait Boubou Abda SALL, avait épousé la fille de Samba AW, un savant islamique avec des connaissances ésotériques. Cette fille s’appelle Ramata AW. Par ailleurs, son père Boubou Abda SALL, est le petit-fils d’Ali Eli Bana SALL, qui fut tué à Kahone, non loin de Kaolack. Ali Eli Bana était aussi allié de la dynastie des Déniankobé, et sans doute un des ancêtres de Macky SALL, président du Sénégal depuis 2012. Thierno Demba SALL, un érudit, voyant et guérisseur, a pris la décision de quitter la Mauritanie, vers 1777, au moment où Thierno Sileymane BAL, après la révolution des Torodos, céda le pouvoir à Thierno Abdoul Bocar KANE, mort le 4 avril 1807, assassiné par les Peuls Jaagordoo. Thierno Demba, s’installa, provisoirement, à Ouro-Sogui, à 10 km, de l’actuel village de Danthiady. Il alla, par la suite, à Ogo, à quelques kilomètres de là ; les habitants éblouis par ses connaissances islamiques et son intégrité, le nommèrent Cadi, un juge musulman, appliquant la Charia. Il s’acquitta, convenablement, de cette mission, jusqu’au jour où il sera saisi d’une affaire d’assassinat opposant une famille noble à une autre de rang plus modeste. En jurisconsulte rigoureux, Thierno Demba SALL prononça la peine de mort à l’encontre du coupable, même noble. Les familles s’étant opposées à l’application de cette peine, Thierno Demba SALL, épris de justice et d’équité, quitta le village d’Ogo, en raison de ce camouflet. Il s’enfonça dans la forêt profonde, en direction de l’Ouest, et s’installa dans une zone sereine et sans bruit, appelée Pouléma, emplacement d’origine du village de Danthiady.

Thierno Demba Ramata, demanda à l’Almamy du Fouta de s’installer à Pouléma, une autorisation qui lui est immédiatement consentie. Ce qui situe la première installation de Danthiady vers la fin du 18ème siècle. Suivant la tradition orale, et sans qu’on puisse le vérifier, naturellement, cette zone paradisiaque était le domaine des Djins, des esprits, qui ne contestaient la venue de ces intrus. Devant ce conflit majeur, entre un savant islamique, non impressionné, et des esprits se sentant envahis par ces nouveaux immigrants, un accord fut trouvé de recourir à un arbitrage pour les départager. Le tribunal de Daléma, au Nord de Matam, comme celui de Hawdou, donnèrent gain de cause à Thierno Demba SALL. Savourant sa victoire, il fit venir, auprès de lui, son frère Amadou Ramata SALL, ainsi que Tapsirou Yéro et Amadou Samba Lari.

Thierno Demba SALL décida d’aller au Fouta-Djallon, pour approfondir ses connaissances islamiques et ésotériques, suivant ainsi la voie ouverte par Thierno Sileymane BAL et Cheikh Oumar TALL. A son retour, son frère Amadou Ramata, décida de retourner en Mauritanie ; il est enterré à Toullel N’Gadiari, près de Dawallel.

Ce qui caractérise la vie à Pouléma, c’est le règne d’une vie harmonieuse, fondée sur la solidarité, l’entraide, la justice et la paix. Les Danthiadynabé vivent au plus près de la nature, les pluies sont abondantes, et le gibier est largement suffisant pour nourrir tout le monde. Cependant, en période sèche, soit pendant neuf mois, entre octobre et juin, l’eau manquait. Sur l’emplacement actuel de Danthiady, un jour, un berger avait constaté qu’un phacochère, dans la vallée, pouvait se désaltérer aisément en creusant légèrement un trou avec ses défenses. Mis au courant, de cette nouvelle, Thierno Demba demanda aux habitants de Pouléma de déménager, sans délai. Etant entendu, la terre n’appartenant à personne, le premier arrivé est le premier servi. Thierno Demba fit d’abord installer son nouveau village à un lieu appelé «Toumbouddou». Thierno Demba, déjà âgé, est mort à Toumbouddou, c’est le premier décès depuis 7 ans. Il sera remplacé par son fils unique, Mamoudou Demba SALL. La nature est généreuse, le mil, l’arachide et le «Foléré» (fleur d’hibiscus) sont en abondance. Mais la famille SALL a renoncé d’élever des vaches, contrairement aux autres familles du village ; ils préféraient se consacrer à l’acquisition de connaissances, sources de richesses spirituelles.


Mamoudou Demba SALL, à sa disparition, est remplacé par son fils unique, Malick Mamoudou SALL, dit Elimane Malick qui avait quatre enfants : Amadou, Samba, Demba et Bassirou Elimane. A la disparition d’Elimane Malick, il est remplacé par Elimane Oumar SALL de 1914 à 1916, puis par Elimane Abou SALL, un fils direct d’Amadou Ramata SALL, de 1916 à 1918. Son fils Amadou Elimane reprend le flambeau à partir de 1918.


Les Danthiadynabé, comme tous les Foutankais, sont musulmans de confession Soufie, une tendance ésotérique et mystique de l’Islam sunnite, en opposition radicale contre le fondamentalisme et le fanatisme religieux. Le Soufisme combat le «moi» égoïste, fréquemment comparé à un cheval fougueux, et influencé par ¬Satan. Une forme d’ascèse cultivant la simplicité et répandue par Cheikh Ahmed Tidjani, né en 1737 à Aïn Mahdi, en Algérie, mais, en 1815, mort à Fès, au Maroc. Pour accéder à cette doctrine soufie, il faut l’intercession d’un guide religieux, «Mouggadam». Or, jusqu’en 1918, Danthiady ne célébrait pas le Mawloud, l’anniversaire de la naissance du Prophète Mohamed ; Elimane Amadou fut donc dépêché à Kaolack auprès d’El Hadji Abdoulaye NIASS, un marabout d’origine peule, mais de culture ouolof, proche de Maba Diakou BA, né à Beli, dans le Djiolof, en 1844. Il y rencontre Tapsirou Balla, de Mogo, un village voisin. Abdoulaye NIASS bénit le village de Danthiady pour que les récoltes en arachide et en foléré soient toujours abondantes. Par ailleurs, El hadji NIASS avait effectué, en 1890, un voyage à Fès et à Alexandrie, en Egypte. Exilé pendant longtemps, en raison de sa proximité avec Maba Diakhou BA (1867-1809), un Jihadiste, il ne rentra au Sénégal, qu’en 1910, pour s’installer à Kaolack. Ce chef religieux, ayant des attaches avec Taïba , Abdoulaye NIASS disparaît le 9 juillet 1922. Cependant, depuis lors les Danthiadynabé sont restés particulièrement fidèles et attachés à la famille des NIASS.

Quand Mamoudou Elimane disparaît en 1928, il est remplacé par Thierno Demba, junior.

La fonction de chef de village, était traditionnellement exercée aussi par le guide religieux, l’Iman de la mosquée. Cette confusion entre le temporel et le spirituel. Thierno Bassirou SALL (1922-1998), dit Bassirou «Tokossel» (junior), révolutionne, à partir de 1960, la fonction de chef de village. Il réintroduit le 3 janvier 1961, l’élection du chef de village, une institution qui avait perdu son crédit, en raison de sombres histoires de détournements d’impôts, mais surtout du fait des brimades de l’administration. En raison du résultat serré, 23 contre 22, le préfet demande un tirage au sort que Bassirou SALL gagne aussi. Il a mis de l’ordre dans les bases fiscales et rédigea à chaque fois, un procès-verbal des décisions de justice qu’il rendait. Le chef de village dispose, pour communiquer avec la population, d’un tabala, avec une peau de vache, confectionné par les Guissé. 7 coups annonce le décès, 3 coups un mariage et des coups discontinus un événement grave, appelant une intervention urgente, comme un incendie, tant redouté en raison, jadis, du nombre important de cases.

A son décès en 1998, Bassirou SALL est remplacé au poste de chef de village par Mamadou Baïdy SALL, le grand frère de maître Malick SALL, avocat.

Le village de Danthiady, au début ne comptant que quelques âmes, s’est progressivement, sous l’impulsion de son fondateur élargi à d’autres couches sociales. La famille de Hassane GUISSE est très ancienne, puisqu’ils sont présent au village depuis l’ère de Toumbouddou. Hassane était un ami personnel de Thierno Demba, il est originaire de Hamady Hounaré. La famille de Hamady GUISSE est originaire de Pattouki. Les GUISSE sont spécialisés dans la poterie et le tissage. Vivant dans une société agraire, Thierno Demba a recherché divers artisans, pour un équilibre du village, comme les forgerons et les tanneurs. Les Laobé (SOW et GADJIGUO) travaillent traditionnellement le bois ; ils fabriquent les mortiers pour piler le mil et les écuelles servant d’assiettes ou pour la traite des vaches. Les Sakké, qui travaillent le cuir, ont connu avec la prestigieuse école de Danthiady, un ingénieur, Amadou SYLLA, qui a été un remarquable président de l’association villageoise, transcendant ainsi ces questions de stratifications sociales. Son jeune frère est le directeur de l’école du village. Les forgerons, travaillant le fer, (hilaire pour cultiver le champ, fusil, hache) sont originaire d’un village tout proche, Bélaïndé.

D’autres familles se sont installées à Danthiady, pour diverses raisons. Ainsi, pour certaines familles venant du Ferloo, elles fuyaient le pouvoir tyrannique du chef de canton. En effet, le colonisateur avait en place pour l’administration des provinces, des anciens nobles du Fouta-Toro, souvent d’une grande férocité avec les populations locales. Mamadou COULIBALY, un Bambara, originaire du Mali, pour échapper au travail forcé, pendant la colonisation, pour la construction du chemin de fer Dakar-Bamako, mis en service en 1924, avec une grève majeure, en 1947. Un Peul, originaire de la Guinée, un DIALLO, est venu étudier le Coran au village, a eu un fils, puis est reparti définitivement dans son pays.

Une partie des habitants de M’Bélone, sans forage et donc sans eau en saison sèche s’est installée durablement à Danthiady. Ce sont des Maures et anciens esclaves fuyant les persécutions de leur pays d’origine et qui sont installés à 5 km à l’Est de Danthiady. En 1989, la Mauritanie expulse plus de 70 000 Peuls, dont certains viennent s’installer à Danthiady. C’est l’une des plus grandes mutations démographiques qu’ait connu Danthiady.

Depuis 2013, une route bitumée relie Danthiady à Dakar ; ce qui augure des mutations profondes. Dans les années 60, il fallait presque deux jours pour rejoindre la capitale sénégalaise. Maintenant le trajet peut s’effectuer en moins de 5 heures, dans un village de Danthiady complètement transformé avec l’arrivée de l’électricité et de l’internet. Fait rare, un commerçant Ouolof est venu s’installer à Danthiady, introduisant un début de diversité dans ce village connaissant peu la mixité ethnique.

La société foutankaise, dans son caractère féodal, est fondamentalement, inégalitaire. L’individu appartient à un lignage (Légnol) et à un village. Chaque individu appartient, par la naissance, à une caste, et le mariage étant endogamique, se fait à l’intérieur de chaque caste ; les castes sont aussi un régime de spécialisation professionnelle. Cependant, l’élevage et l’agriculture ne sont pas des activités castées. Cette société est répartie en trois principales castes de personnes. Les Nobles (Rimbés) qui comprennent les Peuls, les Torobés, les Sebbés (guerriers), les Soubalbés (pêcheurs) et les Jawambé (nobles, mais courtisans). Les Torobé sont les gardiens du savoir islamique, et ont été souvent des Almamy, la classe régnante. En réalité, les Torodo, très vaniteux et orgueilleux, sont exploités par les griots, les castés. Cette noblesse du sang, ne correspond à rien. Les artisans (Niégnembé) et artistes (tisserands, forgerons, cordonniers, bûcherons, griots, guitaristes). Les esclaves, au bas de l’échelle sont, comme leurs biens, attachés à une famille ; jusqu’à présent les mariages entre les Torodo et les esclavages ne sont pas encouragés. Ces castes qui correspondent, initialement à une bonne répartition et une spécialisation du travail au sein du village, avaient abouti à un artisanat développé. Ainsi, outre l’habillement, la poterie, les chaussures, même les nobles savaient faire du savon, à base de cendres des plantes de mil.

On était pauvre, mais on vivait ensemble, et la société était solidaire et harmonieuse. Ce qui frappe l’observateur avant tout, c’est la joie de vivre de nos villageois, qui en dépit des temps durs, ont choisi de conserver la bonne humeur, en toute circonstance. Après le déjeuner ou le dîner, une fois que le thé à la menthe ou le «Tiakiri» (bouillie de mil mélangée au lait caillé) est en route, les discussions les plus oiseuses vont bon train. On a de l’espace ; on parle fort et rit à gorge fendue ; on débat sur tout et rien : «Jéddi» ; il suffit qu’un bout-en-train s’en mêle et l’hilarité est générale.

Danthiady est une société rurale et agraire dans laquelle l’individu n’a aucun espace ; le groupe décide de tout. La terre ainsi que le bétail appartiennent à tout le clan. L’individu, tant que son père est vivant, reste un mineur et doit obéir à ses parents. En contrepartie de cette individualité absorbée par le groupe, c’est l’individu qui bénéficie d’une protection et d’une solidarité sans failles de son clan, mais cette solidarité s’étend à toute la famille dont les limites ne sont pas parfois aisées à déceler. Les biens n’appartenant à personne, appartiennent aussi à tous. C’est le règne d’une société harmonieuse, dans laquelle la solidarité, aussi bien dans le bonheur que le malheur, s’exerce de manière indéfectible. Ce qui caractérise essentiellement la société foutankaise, c’est la conscience de sa culture, de ses valeurs et de l’unité de son groupe, face aux adversités de la vie. C’est en ce sens que l’origine du terme «Neddo Ko Bandoum» (l’individu dépend de sa famille) que la solidarité est encore vivace entre les Foutankais. Les immigrés qui envoient des mandats à leur famille, et qui se sacrifient, durant toute leur vie, pour subvenir aux besoins de leur famille, applique ce concept de solidarité, «Neddo Ko Bandoum». Le concept de «Neddo», ou personne humaine revêt un caractère hautement symbolique dans la société foutankaise, l’individu doit se situer dans la communauté avec toutes ses valeurs ancestrales d’échange, d’équilibre, d’interdépendances et surtout de solidarité. L’homme réalisé, c’est celui qui est utile à lui-même, à sa famille et tout son lignage, au sens large du terme, donc à ses parents, (Bandiraabé). La notion de parenté n’est pas seulement que dans les liens de sang, elle peut être affective. L’amitié et le bon voisinage sont des éléments importants à prendre en considération dans ce concept de «Neddo Ko Bandoum». Les Foutankais sont habités par diverses valeurs traditionnelles, comme l’hospitalité, l’intégrité, la probité, le sens de l’honneur, la fierté, une grande pudeur, le courage, la dignité et la compassion.

Les lieux de vie sont la solidarité autour des événements familiaux (naissance, décès) mais aussi d’entraide pour la construction de maisons ou l’achèvement de la culture des champs. Les villages se rassemblent au centre du village, «Diakka» pour débattre des grands problèmes de la communauté.

L’Islam n’avait pas fait disparaître les savoirs ancestraux. Les Anciens connaissaient la nature et vivaient en harmonie avec elle. Il y avait d’importantes survivances de l’animisme. C’est ainsi que les Peuls grands éleveurs de vaches, croient en l’esprit de Koumen, sensé enrichir en ovins et caprins. Ainsi, lorsque Yéro Sira Boulla BA, a rejoint Danthiady, il avait un «Dialangue» (fétiche), source de sa richesse ; il avait de nombreuses vaches. Mais ce fétiche lui interdisait aux membres de sa famille de voir un nouveau-né avant le baptême. On disait que toute violation de cette coutume entraînerait la mort de l’enfant ou de sa mère. Aussi, les femmes de Yéro Sira Boulla BA accouchaient toutes dans notre maison qui jouxtait la leur. D’après un témoignage qu’il m’a livré, Hamadel BA est le premier à remettre en cause le «Wodda» cette coutume de sa famille ; son fils aîné est le premier à naître dans l’enceinte de leur maison. Tout en étant musulmans, les Peuls ont de nombreuses croyances et superstitions. Tout malheur qui arrive n’est jamais fortuit. Ainsi, ils croient au diable, au «mauvais œil» (l’envie des autres) au «Soukounia», une sorte d’anthropophage qui dévore les individus pendant leur sommeil.

De mon temps, il y avait de nombreux sorciers et magiciens qui prédisaient l’avenir, protégeaient les personnes contre les mauvais sorts ou la tyrannie ou soignaient certaines maladies. Je me souviens bien de grand-père Doro N’DIAYE, un chasseur et sorcier, dès qu’un enfant naissait dans la famille, sans le voir et entendant seulement ses cris ou en l’observant jouer dans la cour de la maison, il disait son avenir, et ses prévisions ont été fort justes. J’ai vu baba N’DIAYE, un chasseur, soigner des personnes atteinte du cancer du sein. Samba Hamady GUISSE et Coly Mabo GUISSE étaient des géomanciens et noueurs de cordes. La famille SY savait fabriquer le «Toul» (invulnérabilité au couteau), le «Nibbi Nirki» (invisibilité). Il est regrettable que toutes ces personnes, dotées de savoirs ancestraux et sachant bien utiliser à bon escient les plantes médicinales, n’aient pas transmis leurs connaissances à leurs descendants. Il faut rappeler aussi que les cérémonies du mariage obéissaient à un protocole loin des prescriptions de l’Islam. Particulièrement attachés à la virginité de la jeune mariée, pour l’honneur de sa famille, le pagne taché de sang est exhibé devant tous. La cérémonie du mariage démarre par un bain rituel au cours duquel la jeune fille est assise sur un mortier troué. Le marié doit offrir un cadeau aux Tisserands du village qui sont des noueurs de cordes, peuvent, dans le cas contraire, «Kabbal», lui jeter un sort ; il sera impuissant et ne pourra donc pas honorer sa nouvelle épouse.

B – Les mutations profondes de Danthiady : une société ouverte et moderne

1– L’école bouleverse les données au village

Danthiady étant à la lisière du Ferloo, et pendant longtemps peu accessible, est resté coupé du reste du pays. Peu de voitures passaient par là, un ou deux véhicules à moteur au maximum par semaine. Le calme était si prodigieux, qu’on entendait, bien au loin, une voiture qui arrivait. Le colonisateur, dans «sa mission de civilisation» n’avait pas cru utile, en dépit de sa présence au Sénégal depuis 1364, de scolariser les populations rurales. Par conséquent, la première école date de 1961, sous Mamadou DIA, président du Conseil. Les Foutankais étant musulmans à 100%, une violente polémique s’est engagée : fallait-il ou non accepter la scolarisation à l’école française ?

Suivant El Hadji Mamadou Seydou BA (1900-1981), un disciple d’El Hadji Omar TALL, originaire de Thikité (Podor), mais installé à partir de 1936, à Médina Gounass, pour faire pression sur la population, avait dit que «celui qui conduira son fils à l’école, ce dernier prendra sa main pour le jeter en Enfer». Prenant en compte au pied de la lettre, cette prise de position sans nuance, les villages environnants ont refusé, à l’indépendance, la construction d’une école pour leurs enfants. A Danthiady, le juste milieu et la clairvoyance y ont souvent prévalu ; on a pris une voie médiane : de la première génération des écoliers, seuls les garçons ont été admis sur les bancs, on a exclu essentiellement les filles. Mon père, connaissant l’hostilité de ma mère à l’égard de l’école française, a remis à ma mère quand on a quitté Kaolack, en décembre 1962, une lettre en Arabe cachetée, pour un de ses amis, Mamadou N’DIAYE dit Mamel. Dès qu’on arriva au village la mission de cet ami fut de me conduire, l’après-midi même à l’école. Ma mère a aussitôt crié à la trahison, en soulignant que si elle avait su le contenu de cette missive, elle l’aurait déchirée et jetée.

Initialement, il y avait une grande réticence à inscrire les filles à l’école, a été maintenant vaincue, avec maintenant de nombreux cadres femmes, dans le domaine de la santé, de l’enseignement, et même une première femme, élue conseillère municipale à la mairie d’Ogo, Mme Aïssata Demba DIALLO.

Pour un village qui compte maintenant 5000 habitants, Danthiady qualifié de «Quartier Latin du Fouta-Toro» est petit, mais grand par le rayonnement, le bouillonnement intellectuel et culturel animant et composant ses habitants. A titre purement indicatif, et cette liste de cadres et de personnalités est loin d'être exhaustive : Kalidou KANE, un Ministre de l'éducation nationale sous Abdoulaye WADE, Mallé NDIAYE un Directeur des nouvelles technologies sous Macky SALL, Maître Malick SALL, avocat d’affaires international bien connu des Foutankais, le regretté Amadou SYLLA, ingénieur et président de notre association villageoise ADDA, M. Daouda NDIAYE Directeur général de l'ORTS, puis conseiller à l'assemblée nationale, Amadou BA, historien et universitaire, au Canada, Harouna BAL et Abdoulaye NDIAYE des universitaires à Thiès et à Dakar, Alassane DIALLO journaliste, Abdourahmane BA, un fonctionnaire international au Ghana, et très une longue liste de médecins dont Mamoudou AW, des inspecteurs de l’enseignement, des enseignants, de hauts fonctionnaires, etc.

En France, nous comptons aussi de nombreux cadres, un champion de FRANCE de Basket à Limoges, Ousmane CAMARA et M. Adama DIALLO, un «Torodo» (noble), chanteur du groupe Sexion d'Assaut. Je place en tête de cette liste, ces héros du quotidien, ces ouvriers qui «se lèvent tôt», qui ont participé de façon décisive, au développement de la France, et qui sont restés solidaires avec Danthiady à travers des projets innovants (santé, assainissement, culture, sport, etc). Notre regretté, M. Kalidou DIALLO, dit Samba DIALLEL est le fondateur, en 1971, de notre association des Ressortissants de Danthiady en France (ARDF), cette association a été reprise par M. Abou Aly KANE, puis maintenant par M. Abass DIALLO, des Mureaux.

Cependant, cette prestigieuse école de Danthiady, en introduisant le mérite par l’éducation, a considérablement bousculé les valeurs ancestrales de notre société féodale, autarcique et fortement hiérarchisée. En effet, désormais, la valeur de l’individu, ainsi que son rang dans la société, ne viennent plus de sa naissance, mais de ses aptitudes.

Certes, il existe encore des voix dissonantes qui font état du régime des castes dans la sphère politique. C’est ainsi que les Foutankais, attachés aux valeurs féodales en 1960, ont en partie contesté l’autorité de M. Mamadou DIA, président du Conseil, prétendant qu’il serait originaire de la caste des «Matiouddo» (esclaves), c’est le débat actuel autour de M. Farba N’GOM, un «Gawlo» (griot), et membre de l’A.P.R. Les Foutankais avaient soutenu Léopold Sédar SENGHOR, dès le départ, il était venu à Danthiady en 1959. Cependant, les Fountakais, à l’époque, se battaient en politique, non pas pour l’intérêt du Foutankais, mais des valeurs liées à la fierté et à l’estime de soi. A l’époque, les Fountakais qui voulaient se rendre à Dakar disaient «Je vais me rendre au Sénégal» ; ils se sentaient exclus du jeu politique, abandonnés par les politiciens, et n’avaient pas le sentiment d’appartenir à la Nation sénégalaise.

L’école a ébranlé ces valeurs féodales dans notre village Danthiady. C’est ainsi que M. Amadou SYLLA, de la caste des Cordonniers, a été un éminent et incontesté président de l’association villageoise ADDA, jusqu’à sa mort. M. Mehdi SOW, de la caste des Laobé (Bûcherons), est le premier à installer une usine de fourrage pour le bétail et emploie de nombreux villageois. Chaque mois, Mehdi donne aux villageois, y compris aux Torodos (nobles) des aides alimentaires. La grande mutation est venue surtout des cadres femmes qui ont pris de grandes responsabilités au sein du village, dans les domaines de la santé, de l’enseignement et de la politique.

Les deux domaines de la féodalité qui restent encore vivaces sont les mariages entre les différentes castes ainsi que les mutilations sexuelles des jeunes filles.

2 – L’argent et le reflux des valeurs traditionnelles

Un autre fait majeur, l’irruption de l’argent et donc la monétarisation des rapports sociaux, ont fait fissurer les lignes de défense de cette société féodale autarcique. En effet, mon Afrique à moi, celle des années 60, n’est plus l’Afrique de 2018. L’individu n’est plus totalement le «Neddo Ko Bandoum» des temps anciens ; il est devenu un homme hybride, traversé par des sentiments contradictoires. Les bouleversements vont à une vitesse si vertigineuse, que parfois, je me sens étranger dans mon cher Sénégal. Comme Erasme, je suis «Guelfe chez les Gibelins et Gibelin chez les Guelfes». Je me rends compte que l’argent a pourri toutes nos relations sociales, et nos valeurs africaines ancestrales de solidarité, d’intégrité, d’honorabilité, d’hospitalité, de dignité et d’humanité, sans avoir complètement disparu, sont entrain de céder, progressivement, le pas à l’individualisme, à l’égoïsme, à l’assistanat, voire à la fourberie. «La crise est le moment où l'ancien ordre du monde s'estompe et où le nouveau doit s'imposer en dépit de toutes les résistances et de toutes les contradictions. Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres» disait Antonio GRAMSCI.

Jadis les Fountankais était une société agraire avec une forte solidarité au sein du clan, ce pacte au cœur des valeurs défendues par les exilés des Danthiadynabé de France, a tendance à s’affaisser. De plus en plus on assiste à une solidarité familiale distendue ou à zone de solidarité à géométrie variable. En effet, face à l’irruption de l’argent et le repli sur soi, l’individualisme ainsi que le repli sur soi gagnent du terrain. A tort ou à raison, les immigrés ont, parfois, le sentiment qu’ils sont devenus des «tiroirs-caisses» pour leur famille restée au pays, et qu’aucune volonté de bien gérer les mandats n’est perceptible. On est choqué par certains messages téléphoniques laconiques, comminatoires, sans préliminaires ou introduction, et sans aucune nouvelles de la famille ; c’est brutal : «Rappelle-moi. Il faut m’envoyer de l’argent !». Dans ce «Neddo Ko Bandoum», on s’interroge sur le sens de la piété et de la solidarité familiales à l’aube du XXIème siècle : est-ce qu’ils nous aiment encore comme des parents ou est-ce que tout cela n’est qu’une démarche intéressée enveloppée dans de nobles sentiments ?

Les valeurs anciennes traversent, de nos jours, une grave crise. Les immigrés, ces héros du quotidien, après plusieurs années de labeur et de privation, une fois de retour au village, pour deux ou deux mois de congés, sont exploités notamment par des parasites et par des griots. En effet, toutes leurs petites économies, accumulées pendant des périodes de dur labeur, sont dépensées en quelques semaines. Parfois même des mandats envoyés pour réaliser un projet sont détournés. Par ailleurs, les villageois ont souvent la critique facile, ils s’impliquent peu dans les projets solidaires ; au lieu d’apporter leur contribution par leur travail, ils veulent être rémunérés comme des ouvriers.

3 – L’irruption de la culture et de la conscience politique

Jadis, les principaux faits sociaux avaient lieu autour des «Lamba» séances de lutte entre différents villages pendant l’été ou à l’occasion d’événements familiaux (baptême, mariage ou décès). D’une manière générale, la société traditionnelle foutankaise, particulièrement coincée, corsetée et patriarcale, et où domine la religion, n’encourageait pas les réjouissances dans ce bas monde. Notre religion, telle qu’elle est interprétée, est tournée vers la mort : «Etrange cette fascination du néant sur ceux qui n’ont rien. Leur néant, ils l’appellent l’absolu. Ils tournent le dos à la lumière, mais ils regardent fixement l’ombre» dit Samba DIALLO, le héros du roman de l’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou KANE. Ainsi, dans notre village, on ne tolérait que le «Teddoungal», un accueil galant (faire du thé), mais tout à fait platonique, sans mélange entre garçons et filles, réservé aux jeunes filles venant d’un autre village. Je me souviens d’un premier bal qu’on avait organisé, mais très vite dispersé.

Cependant, sous l’influence de la modernité, cette société jadis autarcique est devenue ouverte sur le monde (électricité, télévision, portable, parc important de voitures). La virginité, comme élément fondamental pour l’honneur de la famille de la jeune fille, a presque disparu. Il n’est pas rare que les relations sexuelles soient entamées bien avant le mariage, les mères célibataires n’étant plus un tabou, les infanticides ont quasiment disparu. Le diabète, l’hypertension et les maladies sexuellement transmissibles ont fait leur apparition.

Danthiady organise, régulièrement, des journées culturelles, avec un important brassage de toutes les couches de la population.

4 – Exode rural et l’immigration en Afrique

Le Danthiady des temps anciens, est une société exclusivement paysanne. Pendant la saison des pluies (l’hivernage), qui durent trois mois, de juillet à septembre, les paysans cultivent leurs champs de mil et d’arachide, un peu de «Niebbé» (haricot) et Foléré. Durant 9 mois, il ne pleut pas. Ce sont, comme tous les Peuls, des éleveurs de vaches, de moutons et de chèvres, avec un amour irrationnel pour leur bétail qui leur coûte, plus qu’il ne rapporte. Les bœufs sont vendus en été, et les vaches donnent un peu de lait, pendant cette période. Mais pour le reste du temps, il faut entretenir les vaches (berger, faire boire, soigner, fourrage).

L’argent étant rare, pour pouvoir payer leurs impôts et acheter des habits, les Danthiadynabé pratiquaient l’exode rural. Il n’y avait pas de voiture ; les voyageurs marchaient environ une semaine, avec comme seule viatique du couscous sec et quelques jujubes. La première destination a été Kaolack, en raison des liens historiques avec Abdoulaye NIASS. Puis les destinations suivantes ont été Thiès et Dakar. Ils se livraient à de petits boulots (cireurs, garçon de café, employé de maison).

Dans les années 60, les principales destinations des Danthiadynabé ce sont certains pays africains, comme le Congo et la Côte-d’Ivoire. L’esprit de fête régnait dans le village, quand en été, les immigrants de ces pays revenaient au bercail. Pendant plusieurs semaines, c’est la bamboula, les griots affluent, et des festins pantagruéliques sont organisés. Jusqu’à la chute de Félix HOUPHOUET-BOIGNY, nos Danthiadynabé allaient s’installer au quartier de Treichville, devenu pratiquement un village sénégalais. Dans les années 70, certains de nos immigrants revenaient avec une maladie curieuse, attribuée au Djin (esprit de Côte-d’Ivoire). Je me demande si ce n’était pas, déjà, la maladie du SIDA. Au Congo, l’amplification de la guerre civile, allait orienter les Danthiadynabé vers le Gabon. Le commerce marche bien dans ce pays, mais l’administration les soumet, parfois à des traitements arbitraires.

Les enfants nés, hors du village, dans les grands centres urbains, comme Dakar, Kaolack, Thiès ou M’Bour, on les appelle les «Ndiouddo Diéri», de culture ouolof, ils ne se considèrent plus comme étant de notre village. C’est l’une des mutations majeures qu’il fallait recenser ; la société Hal Poulaar, se dissout, en partie, dans la communauté nationale. Compte tenu des rigueurs climatiques, certains immigrés de France, à la retraite, ont choisi de s’installer à M’Bour, devenue petit à petit, au détriment de Dakar, un lieu de résidence permanente. Le concept de «Loutouddé», signifiant l’abandon de son village et donc de ses racines, tant redouté par les Hal Poulaar, s’est banalisé et perd sa signification d’antan. On observe le même phénomène en France, où de nombreuses familles de Danthiady ont fixé, durablement, leur résidence.

4 – Exode rural et l’immigration en Afrique

Le Danthiady des temps anciens, est une société exclusivement paysanne. Pendant la saison des pluies (l’hivernage), qui durent trois mois, de juillet à septembre, les paysans cultivent leurs champs de mil et d’arachide, un peu de Niebbé (haricot) et Foléré. Durant 9 mois, il ne pleut pas. Ce sont, comme tous les Peuls, des éleveurs de vaches, de moutons et de chèvres, avec un amour irrationnel pour leur bétail qui leur coûte, plus qu’il ne rapporte. Les bœufs sont vendus en été, et les vaches donnent un peu de lait, pendant cette période. Mais pour le reste du temps, il faut payer un berger pour garder le bétail, le faire boire, soigner les bêtes malades ou leur apporter du fourrage.

L’argent étant rare, pour pouvoir payer leurs impôts et acheter des habits, les Danthiadynabé pratiquaient l’exode  rural. Il n’y avait pas de voiture ; les voyageurs marchaient environ une semaine, avec comme seule viatique du couscous sec et quelques jujubes. La première destination a été Kaolack ; cela s’explique par les liens historiques avec Abdoulaye NIASS. Puis les destinations suivantes ont été Thiès et Dakar. Ils se livraient à de petits boulots, comme cireurs, garçon de café, employé de maison chez les Européens.

Dans les années 60, les principales destinations des Danthiadynabé ce sont certains pays africains, comme le Congo et la Côte-d’Ivoire. L’esprit de fête régnait dans le village, quand en été, les immigrants de ces pays revenaient au bercail. Pendant plusieurs semaines, c’est la bamboula, les griots affluent, et des festins pantagruéliques sont organisés. Jusqu’à la chute de Félix HOUPHOUET-BOIGNY, nos Danthiadynabé allaient s’installer au quartier de Treichville, devenu pratiquement un village sénégalais. Dans les années 70, certains de nos immigrants revenaient avec une maladie curieuse. On attribuait ce mal au Djin (esprit de Côte-d’Ivoire). En me remémorant les symptômes de cette maladie, je me demande si ce n’était pas, déjà, la maladie du SIDA. Le Congo était déjà troublé depuis les temps de Patrice LUMUMBA, mais le commerce de l’or et tous les trafics continuaient. Cependant, l’amplification de la guerre civile, allait orienter les Danthiadynabé vers une autre destination : le Gabon. Le commerce marche bien dans ce pays, mais l’administration les soumet, parfois à des traitements arbitraires.

Nous avons toujours une importante communauté dans ces pays. Les Danthiadynabé qui y résident, de longue date, ont noué des relations et ont des enfants dans ces pays.

Les enfants nés, hors du village, dans les grands centres urbains, comme Dakar, Kaolack, Thiès ou M’Bour, on les appelle les «Ndiouddo Diéri», de culture ouolof, ils ne se considèrent plus comme étant de notre village. C’est l’une des mutations majeures qu’il fallait recenser ; la société Hal Poulaar, se dissout, en partie, dans la communauté nationale. Compte tenu des rigueurs climatiques, certains immigrés de France, à la retraite, ont choisi de s’installer à M’Bour, devenue petit à petit, au détriment de Dakar, un lieu de résidence permanente. Le concept de «Loutouddé», signifiant l’abandon de son village et donc de ses racines, tant redouté par les Hal Poulaar, s’est banalisé et perd sa signification d’antan. On observe le même phénomène en France, où de nombreuses familles de Danthiady ont fixé, durablement, leur résidence.

 

II – Les Danthiadynabé de France : une cohabitation de deux générations

A – La première génération des blédards et des Mamadou, ou l’obsession du retour

Le premier ressortissant de Danthiady, à se rendre en France, était un tirailleur sénégalais, pendant la Première guerre. Je n’ai pas eu de précisions sur son identité. Cependant, il m’a été relaté une sombre histoire de tentative d’extorsion de fonds de la part des villageois. En effet, cet ancien militaire, de la caste des esclaves, à la fin des hostilités, est revenu à Danthiady, avec un pécule que lui a versé l’Etat français. Etant un esclave, ses maîtres ont confisqué ses indemnités, au motif qu’il n’est pas un homme libre, ses biens appartiendraient automatiquement à eux. Cet ancien tirailleur, face à une si grave injustice, est allé faire une réclamation auprès du commandant de cercle à Matam. Il a été rétabli dans ses droits, mais la crise des valeurs ayant provoqué une forte déchirure au sein de cette société féodale, il a été contraint de s’exiler au Ferloo.

Hamadel BA m’a relaté l’histoire d’un de ses ancêtres, Yéro Sira BA, qui a été un militaire dans l’armée française. Il a été nommé commandant de cercle au Congo, où il est mort dans les années 50. C’est Abdou Salam KANE qui a annoncé, personnellement, à sa famille, le décès de cet ancien militaire. Hamadel m’a dit qu’il avait conservé les archives militaires de ce militaire, mais je n’ai pas eu la communication de ces documents. Un port, au Congo Brazza, porte son nom.

Une certitude, mon grand-père maternel, Harouna Samba Dieynaba N’DIAYE (1898-1975), a été tirailleur sénégalais 2ème guerre mondiale. Il a perçu sa retraite trimestrielle d’ancien tirailleur sénégalais de 70 francs français (10,67 €), jusqu’à sa mort en 1975. Les pensions des anciens tirailleurs sénégalais ont été gelées depuis 1959 et n’ont été dégelées qu’en 2006. Mon grand-père m’a montré le gris-gris que la famille SY lui avait prêté, qui semble-t-il, l’a protégé pendant la guerre ; il est revenu au village, sans une seule égratignure. Mon grand-père a servi pendant la campagne d’Algérie et ils ont combattu, notamment le général Erwin ROMMEL (1891-1944), entre 1941 et 1943. A la Libération, ils ont été transférés en France métropolitaine, le Général de GAULLE ne voulant pas, pour des raisons de fierté nationale, que les Tirailleurs sénégalais défilent sur les Champs-Elysées, ils ont été éloignés de Paris et transférés au Havre. Ils ont été mis en quarantaine au Foyer AFTAM au 92 rue Gustave Brindeau, au Havre. De nombreux hommes étant fauchés par les deux guerres mondiales, des femmes venaient au foyer A.F.T.A.M. chercher un nouveau compagnon. Certains Tirailleurs sénégalais qui ont succombé à l’appel de ces sirènes, se font porter «morts» ou «disparus» pendant les hostilités. En revanche, mon grand-père a préféré revenir au village. En effet, pour un Peul, imbu d’une grande fierté, il ne doit jamais abandonner les siens, c’est le principe même de solidarité du «Neddo Ko Bandoum».

Le premier ressortissant de Danthiady à venir en France, en qualité d’immigrant, a été Hamady Diouldé SOW. Il s’est installé à partir de 1963, jusqu’à son décès à Saint-Cyr-L’Ecole, dans les Yvelines.

Mon oncle Moussa BAL est venu en France, en 1969, il résidait dans les Vosges, mais au bout de 9 mois, il est retourné au Sénégal. Mon père a travaillé pour une compagnie maritime bordelaise de 1968 à 1985, qui faisait un cabotage entre l’Afrique et l’Europe. Il arrivait que quand l’entretien du navire était nécessaire, que son bateau revienne de longs mois à Bordeaux. Je me souviens la dernière fois que je suis allé le voir à Bordeaux, on m’a pris pour Jean Amadou TIGANA, et j’ai dû signer un autographe au nom de ce footballeur célèbre. Bordeaux du temps de CHABAN-DELMAS était une ville triste où les murs étaient gris et les monuments mal entretenus.

C’est à partir de 1969 et 1970 que la vague des premiers immigrants de Danthiady a commencé à déferler en France. Parmi les anciens, on compte Kalidou Mamadou DIALLO, dit Samba DIALLEL, Sara Boubou CAMARA. C’est encore la période des 30 glorieuses, le chômage étant encore inconnu en France. Les témoignages recueillis auprès de ces premiers arrivants attestent que le chemin de l’exil est hautement périlleux. Ainsi, oncle Doro N’DIAYE du Havre, pour venir en France, est d’abord passé par le Maroc. A Tanger, un passeur l’a embarqué à destination de l’Espagne, mais n’ayant pas de visa, il fut refoulé à Casablanca. N’ayant plus d’argent, un étudiant sénégalais l’aide à se rendre à Fez. Des parents lui envoient un mandat du Sénégal, ce mandat est bloqué en raison d’une tentative de détournement de cet argent. La deuxième tentative de se rendre en Espagne, à Malaga, fut la bonne. Il se rend à Madrid, puis à Barcelone, et c’est là qu’il rencontre Demba N’GAM, maintenant installé à Val-de-Reuil. Il était un groupe de sept immigrants entassés, par un passeur, dans une voiture, ils devaient se coucher, pour ne pas être repérés par la police des frontières. L’aventure a continué à pied, et ils se sont cachés dans un abri de fortune en attendant les consignes du passeur. Quand, l’occasion s’est présentée, ils ont dû franchir la frontière à pied, en passant par la montagne et cela afin d’éviter les contrôles de la Police. Doro arrive en juin 1971 en France, après une expédition qui aura duré un an.

M. Abass DIALLO, président de l’association des ressortissants de Danthiady en France (A.R.D.F.), en 1972, a traversé de nombreux Etats, son voyage aura duré 18 mois. N’ayant pas de ressources, pour financer son voyage en France, Abass est passé par le Mali, la Haute-Volta (Burkina-Faso), le Niger, le Nigéria, le Cameroun, le Tchad, le Soudan. Il n’est admis ni en Algérie, ni en Libye. Il sera refoulé à deux reprises à la frontière et renvoyé en Egypte. La troisième tentative par Nice sera la bonne. Mais il n’avait que cinquante centimes. Il tente de prendre un taxi de Nice à Saint-Etienne du Rouvray, en Seine-Martine, soit une distance de plus de 1053 km, il lui est conseillé de faire l’autostop. Son premier emploi de bureau, il le trouve au port du Havre. Il changera vite de travail pour l’usine Renault avec un salaire plus intéressant.

Mon oncle Moussa N’DIAYE, dit Balla, n’a pas eu cette chance. N’ayant pas assez d’argent, il est passé par la Libye. Emploi dans une société de vente du bois, les amarres du camion qu’il chargeait se sont rompus et la cargaison de bois massif l’a écrasé ; il en est mort après trois jours de souffrance.

Nicolas SARKOZY, par démagogie avait parlé de cette «France qui se lève tôt». En réalité, les héros du quotidien sont cette vague des premiers immigrants, pour l’essentiel n’ont pas été à l’école. Ils se sont rabattus dans le secteur de l’automobile, notamment pour un travail à la chaîne chez Renault, en qualité d’ouvriers pratiquant les équipes de 4 fois 8. Résidant dans des foyers de travailleurs immigrés, il fallait se réveiller tôt le matin et changer souvent d’horaires.

La première génération d’immigrants est obsédée par le mythe du retour au Sénégal, même si certains résident en France depuis plus de 50 ans. Ils portent encore en eux ces valeurs féodales de solidarité familiale du «Neddo Ko Bandoum». Gagnant le SMIC, ils ont choisi, massivement, de résider dans des foyers de travailleurs immigrés afin d’économiser durement de quoi nourrir leurs familles restées au Sénégal. Cette solidarité s’étend aux immigrants sans emploi qui sont nourris par ceux qui travaillent, tout le monde mangeant dans la même gamelle, et ceux dont les ressources ne permettent pas de se loger sont hébergés en clandestins dans les autres chambres du foyer.

Dans les valeurs féodales importantes, il faut construire une belle maison au village. Les premières habitations au village sont des cases, et il en reste encore. Cependant, les immigrants ont fait construire de belles maisons modernes. En 1971, il a été constitué en France, l’association des ressortissants de Danthiady (ARDF) dont les objectifs est de venir en aide aux villageois. Initialement, les principales réalisations de cette association ont été la construction d’une nouvelle mosquée (1972-1982), puis d’une clôture des cimetières. La question a été réglée avec l’érection d’un forage et la mise en place d’un réseau de distribution de l’eau. Les questions de santé et d’éducation (écoles élémentaires, nouveau lycée), à travers la construction de salles de classe ont été solutionnées. Tout récemment, Danthiady est l’un des premiers villages au Sénégal à se doter d’un réseau de canalisation. L’ensemble de ces projets innovants ont été réalisées grâce à l’aide de la ville du Val-de-Reuil et le Département de Normandie, avec lesquels nous collaborons depuis 1998.

Cette obsession du retour se manifeste par le rapatriement, systématique, du corps des immigrants décédés en France, au village. Par ailleurs, et pour l’essentiel, les retraités ont choisi de retourner au Sénégal, mais certains d’entre eux, comme je l’ai signalé sont installé, non pas au village de Danthiady, mais à M’Bour. Pour les enfants nés en France des colonies de vacances au village sont organisées chaque année pendant l’été.

B – La seconde génération des Danthiadynabé de France

Initialement, les Danthiadynabé de France se sont implantés dans des zones industrielles notamment en Normandie (Le Havre, Oissel, Val-de-Reuil, Saint-Etienne du Rouvray), et la région parisienne, en particulier dans Les Yvelines (Les Mureaux, Mantes-la-Jolie) et Paris intramuros). Ce sont des zones qui recrutaient des ouvriers à faible qualification. On comptait entre 50 et 60 personnes présentes en France.

Compte tenu des naissances en France, la communauté des Danthiadynabé se situe à environ deux cent personnes. Les nouvelles générations ont acquis la nationalité française et ont fait de bonnes études ; ce qui a conduit à l’éclatement des zones d’implantation de cette population à Evian, Lyon, le Loiret (Orléans, Chalette sur Loing), Nancy, etc. Il est à signaler certains jeunes ont immigré au Canada, d’autres se sont implantés à Londres et aux Etats-Unis.

Les Foutankais vivant dans un monde clos et féodal, pratiquaient les mariages endogamiques. On se mariait entre cousins et cousines pour renforcer les liens de parenté et s’entraider. Dans ce contexte, la notion de caste avait une importance pour la société féodale. Les nouvelles générations nées en France sont libérées de ces contraintes. On observe des mariages mixtes, hors du clan, notamment avec les européens ou les maghrébins. L’immigration est, par conséquent, une double remise en cause du système des castes et du concept de «Neddo Ko Bandoum», de solidarité familiale, avec l’appui de l’association villageoise. Cette mutation démographique interpelle, au plus haut point, l’ARDF qui avait centré ses activités autour du mythe du retour, ses activités étant exclusivement à destination des villageois de Danthiady ; cette association s’intéresse peu aux conditions de vie des jeunes nés en France. Compte tenu de la moyenne d’âge de la première génération, l’A.R.D.F. est donc menacée d’extinction, si elle ne réorientait pas ses activités, notamment en faveur de ces Français issus de l’immigration. Une initiative a été prise depuis quelques années d’un grand barbecue, en août, à Val-de-Reuil, pour une rencontre entre les Anciens et les jeunes issus de l’immigration.

Le plus grand défi qui attend les jeunes issus de l’immigration concerne les questions d’identité et de citoyenneté, et donc du bien-vivre ensemble. Pour l’essentiel, l’intégration est en marche. Cependant, une partie de la population les regarde, non pas comme des nationaux Français, mais comme des immigrants. Albert MEMMI établit une relation très étroite entre le racisme et l’oppression, notamment coloniale : «Le racisme est la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «Le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression», écrit-il.

Les Danthiadynabé de France sont des personnes paisibles, respectueuses de l’ordre public républicain et travaillent, sans relâche, pour améliorer leurs conditions de vie. Face à la stigmatisation et aux instrumentalisations, cette seconde génération doit, sans complexe, sans excès, revendiquer son statut de Français issus de l’immigration. «Neddo Dieya Koto Hoddi», la personne appartient au pays de sa résidence.

Nos Ancêtres les Gaulois nous sommes de nous assimiler, sans conditions ; conçue ainsi, l’assimilation est injonction purement coloniale, et donc inacceptable. En revanche, si l’assimilation signifie une bonne connaissance de l’environnement dans lequel on vit, sans perdre son identité, c’est un concept noble : «Le morceau de bois a beaucoup séjourné dans l’eau, il flottera peut-être mais jamais il ne deviendra caïman !» dit un proverbe africain. «Assimiler sans être assimilé» avait dit le poète Léopold Sédar SENGHOR. En effet, la différence est une complémentarité et source d’enrichissement, il faut se découvrir et se connaître avait dit Amadou Hampâté BA. «Je suis comme une espèce de chauve-souris, j’essaie toujours de m’adapter à la situation, mais en veillant de ne pas cesser d’être moi-même» dit dit-il.

Nos Ancêtres les Gaulois nous taxent facilement de «communautaristes», en fait les plus grands communautaristes c’est bien eux-mêmes. En effet, les Noirs comme les Arabes, ravalés au statut d’indigènes de la République, ont été écartés des hauts lieux de décisions, aussi bien dans le monde de la politique, de la culture, des médias qu’économique. Les Blancs s’entraident entre eux, mais tout est fait avec discrétion et finesse. Ainsi, à la ville de Paris, les postes sont flashés, avant la déclaration de vacance. On pratique, à haute dose, l’entre-soi, dans tous les autres secteurs. C’est une démocratie ethnicisée et racisée. Les Chinois et les Juifs ont bien compris ces techniques d’exclusion et se sont organisés en conséquence.

Il appartient aux Français issus de l’immigration, tout en réclamant plus que jamais leur citoyenneté française, de s’organiser et de lutter pour une égalité réelle. Ils doivent être utiles à eux-mêmes, à leur communauté, à la société et au monde entier. Il faudrait fuir, constamment, le Mal et œuvrer, sans cesse pour le Bien souverain. On devrait viser l’excellence à tous les niveaux et être les meilleurs, travailler dur pour y arriver ; car rien n’est donné, tout se conquiert. L’école publique gratuite, ainsi que les diverses formations offertes, sont de formidables outils de promotion, fondés sur le mérite. Les premiers immigrants, dont la plupart n’ont pas été à l’école, n’ont pas démérité. La deuxième génération qui n’est pas confrontée aux problèmes de papiers, bénéficie d’un cadre idéal pour réussir dans la vie. Il faudrait donc abandonner la facilité et être dignes de nos parents qui sont héroïques. Nous pouvons nous inspirer tous d’une part, des Chinois, qui ont conservé leur langue et leur culture, et sont entrain de conquérir la France, par leur goût de l’effort, leur discrétion et la valeur travail. Ils ont racheté tous les tabacs parisiens. D’autre part, la communauté juive est un modèle conciliant l’intégration et la préservation de leurs valeurs culturelles. Ils sont à la fois Juifs et Israéliens, et plus personne ne conteste leur appartenance à la communauté française. Par conséquent, être musulman et français n’a rien d’incongru. Ce pays est devenu multiculturel. Nous devrions nous débarrasser des colères stériles, ainsi que les activités ou comportements déviants, et nous attacher à solutionner nos problèmes fondamentaux : accès à la propriété, dès le jeune âge, pour quitter ces zones de relégation, intégrer le pouvoir économique, par la création des entreprises.

Il y a de bonnes choses à prendre dans la société française, encore faudrait-il s’entendre sur le sens des mots. La laïcité, au sens originel du terme, est un extraordinaire outil pour le bien-vivre ensemble. En effet, si la laïcité signifie que la religion doit rester dans la sphère privée, la séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse, ainsi que l'impartialité ou de neutralité de l'État à l'égard des confessions religieuses, alors cela nous va parfaitement. Or, force de constater, depuis que l’Islam est devenu la deuxième religion de France et avec la poussée des idées du Front national, la laïcité est devenue une bombe contre les Français issus de l’immigration. Dès qu’on sollicite un permis de construire pour une mosquée, une subvention pour une association ou on demande la réservation d’une salle, une fin de non-recevoir est opposée au nom de la laïcité. Ne parlons même pas du débat récurrent et honteux concernant les tenues vestimentaires des musulmans. En revanche, nos Ancêtres les Gaulois financent la rénovation de leurs églises, la laïcité n’a jamais été appliquée en Alsace et en Moselle (58 millions d'euros de rémunération des 1 393 ministres des quatre cultes reconnus (catholique, protestant luthérien et réformé, et israélite) et les 2 millions d'euros pour l'entretien des bâtiments). Pour ce qui concerne la communauté juive, en particulier, les collectivités locales financent leurs écoles, leurs crèches et leurs associations confessionnelles.

Les Occidentaux ont inventé la démocratie, avec sur le plan théorique, des principes républicains, fondés sur la Liberté, l’Egalité et la Fraternité. Dans la réalité, il y a parfois une forte distorsion entre cette affirmation de principe et le vécu quotidien des Français issus de l’immigration. Toute cette tension autour de l’immigration n’est pas fondamentalement une question de couleur, mais de places au sein de la société. Cependant, pour ne pas demeurer, éternellement, des citoyens de seconde zone, les Français issus de l’immigration doivent réclamer leur juste place dans la société. Le repli sur soi est une attitude qui nous fragilise gravement. La politique, au sens noble du terme, est une question de rapports de forces. Par conséquent, j’invite les Français issus de l’immigration à avoir, constamment, une démarche citoyenne. Si on ne s’occupe pas de la politique, la politique va s’occuper de nous.

Une partie conservatrice de la société française est hostile à l’immigration africaine, et parle, à tort, du grand remplacement. En fait, l’image des Français issus de l’immigration ne s’améliorera que si l’Afrique, riche de ses matières premières, retrouve sa souveraineté et sa dignité. La diaspora a un rôle de décision, dans les décennies à venir, à faire de l’Afrique un continent libre, indépendant, une zone d’opportunités, de coopération fondée sur la justice et l’équité.

Mes sources bibliographiques

ANNE (Baïdy), du village de Danthiady, ayant vécu au Havre, et réside entre la France et le Sénégal ;

BA (Hamadel), du village de Danthiady, un ancien travailleur immigré à Saint-Quentin, dans le Nord, France et résidant maintenant à M’Bour ;

DIALLO (Abass), président de l’association des ressortissants de Danthiady en France (ARDF), résidant aux Mureaux ;

LY (Sogui), ayant immigré en Côte-d’Ivoire et récemment disparu ;

N’DIAYE (Doro), membre fondateur de l’ARDF, et résidant au Havre ;

N’DIAYE (Ifra, Doro), connaisseur de la généalogie des grandes familles du village de Danthiady ;

N’DIAYE (Samba Daouda), du village de Danthiady, qui réside entre Nice et le Sénégal

SALL (Oumar Bassirou), élu à la commune de Ogo, et fils de Bassirou Elimane SALL, chef de village de Danthiady de 1961 à 1998

SALL (Mamoudou Bocar), résidant à Orléans.

Paris, le 8 mai 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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1 mai 2018 2 01 /05 /mai /2018 14:23

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1 mai 2018 2 01 /05 /mai /2018 13:22

Depuis le 1er mai 1996, je viens, chaque année, au Pont du Carrousel, à Paris, en face du Louvre, rendre hommage à Brahim BOUARRAM. Ce jeune Marocain a été jeté le 1er mai 1995 à la Seine, par des skinheads qui suivaient le défilé du Front National. Cette organisation raciste essaie de se dédouaner de ce crime odieux, en le ramenant à «un fait divers malheureux» selon Jean-Marie LE PEN, mais il y a des mots qui tuent. L’accusé principal, Michaël FREMINET, ne sera condamné, le 15 mai 1998, qu’à 8 ans de prison.

Le premier à organiser cette manifestation a été Mouloud AOUNIT (1953-2012), un militant antiraciste d'Aubervilliers, ancien président du MRAP. M. AOUNIT avait proclamé, dès la manifestation du 3 mai 1995, en direction de l’Opéra, que «le racisme est un affront national». Nous n'étions alors qu'une vingtaine de personnes à suivre la procession. Puis la ville de Paris, sous M. Bertrand DELANOË, a fait apposer, le 1er mai 2003, sur notre demande, une plaque en mémoire de Brahim. Ce matin, Mme Anne HIDALGO, maire de Paris, comme chaque année est venue nous voir, et M. Benjamin GRIVEAUX, porte-parole du mouvement en Marche, mandaté par le président MACRON était présent. Le Parti socialiste est représenté, pour la première fois, par son premier secrétaire M. Olivier FAURE, élu à ce poste en avril 2018. Il faut saluer cet revirement que je considère comme un événement majeur, assimilable à la visite de François HOLLANDE à Théo, ce jeune violé au tonfa, sur son lit d’hôpital ; les organisations d'extrême gauche avaient tenté de caporaliser cette initiative de Mouloud AOUNIT. A la suite de l’échange que j’ai eu avec M. FAURE, il s'est engagé à faire rendre la voix du Parti socialiste plus audible auprès de cette "France métissée", suivant une expression de Mme Ségolène ROYAL. Auparavant François MITTERRAND était venu, avec Pierre BERGER, et je faisais partie des badauds, jeter un bouquet de muguet à la Seine. «Ce crime je le ressens comme une grande souffrance. J’ai simplement voulu témoigner par quelques fleurs pour simplifier la peine» a déclaré, à cette occasion, le président MITTERRAND que l’on surnommait, affectueusement, «Tonton».  Durant la campagne des présidentielles de 2017, le candidat Emmanuel MACRON, en compagnie de Bertrand DELANOË était venu nous voir. De même que M. Jean-Luc MELENCHON était là en 2017. De plus en plus les forces de gauche s'intéressent à notre manifestation.

J'imagine que si Brahim était d'une autre communauté, notre lutte pour le bien-vivre ensemble aurait pris une autre tournure. En effet, on a même tendance à instrumentaliser l'immigration, la laïcité, l'islamophobie, et le terrorisme pour culpabiliser les Français issus de l'immigration. Je condamne cette indignation particulièrement sélective. J'ai toujours pensé que 1 égale 1. Le racisme n'a jamais cessé de tuer depuis 1961 où des Algériens ont été jetés à la Seine. Plus de 112 jeunes de banlieue, à la suite d'un contrôle au faciès, ont été étouffés par des forces de l'ordre. La parole raciste est plus que jamais libérée. Nous avons toujours condamné ces attentats ignobles antisémites ainsi que les actes de terrorisme. Mais le fait d'opposer les uns aux autres, de culpabiliser les Français issus de l'immigration par amalgames intolérables, ne fera qu'attiser la haine dans ce pays. Il est grand temps de cultiver la religion de l'amour.

Les associations, notamment le MRAP, sont toujours présentes et Saïd, un habitant de mon 19ème, le fils de Brahim, qui avait à peine 9 ans en 1996, est devenu, maintenant, un père de famille (Un petit garçon de 2 ans) ; Saïd a repris le flambeau. Cette lutte contre l’intolérance concerne tous les Républicains.

Plus que jamais nous sommes décidés à combat la bête immonde, dont les idées ne cessent de progresser dans ce pays. Au-delà d'un énième plan des banlieues, nous voulons un grand pacte national autour du bien-vivre ensemble, en termes de droits et d'obligations.

Nous refusons l'assignation communautaire, ne voyant en nous que des boucs émissaires d'une France qui serait envahie et assiégée par des immigrants. Stop à ces fantasmes ! Nous voulons dire à tous que nous sommes aussi la France. Nous voulons vivre ensemble dans la paix, la fraternité et le respect mutuel.

Paris, le 1er mai 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

"Hommage à Brahim BOUARRAM (1965-1995), jeté à la Seine par les fachos le 1er mai 1995», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 16:18

Le samedi 28 avril 2018, à Paris 17ème, à l’invitation de Mme Bougoul M’BAYE, je me suis rendu à un Forum de «Convergence démocratique», ou «Bok Gis Gis», un parti de l’opposition, dont elle est la Coordonnatrice en France. En 2012, après l’alternance, M. Pape DIOP voulait prendre la direction du Parti démocratique, mais son mentor, maître Abdoulaye WADE, a confirmé son orientation de dévolution monarchique, en choisissant son fils Karim WADE, en dépit de ses graves détournements de deniers publics.

J’ai rencontré, et échangé, avec Mme Diouldé CAMARA, une petite fille de Cheikh Moussa CAMARA, l’érudit de Ganguel, à qui j’ai consacré un article. J’ai retrouvé M. Amadou GAYE, Ministre-conseiller sous WADE et Sarkozyste, qui a résidé pendant longtemps dans mon XIXème arrondissement. Il y avait de nombreux Foutankais qui soutiennent Pape DIOP, dont Awa KANE, une sénatrice sous maître WADE. Ceux qui raillent Macky SALL en invoquant, insidieusement, l’idée que tous les Peuls sont à la majorité présidentielle, ont tout faux. Les Peuls sont présents dans toutes les formations politiques, et l’ethnicité ne devrait pas être un argument électoral, surtout quand on sait que le président du conseil Mamadou DIA a été liquidé en 1962, avec la complicité des Mourides, devant lesquels maître Abdoulaye WADE s’est prosterné. M. Pape DIOP a confirmé sa candidature pour les présidentielles du 24 février 2019 ; ce qui va encore considérablement diviser l’opposition plus que jamais morcelée. L’opposition a beaucoup de cadres, mais chacun voit midi à sa porte. Ainsi, M. Babacar GAYE, un ancien du PDS, plus charismatique que Pape DIOP, ainsi que Mamadou SECK ont des ambitions présidentielles.

La salle était en grande partie remplie par des anciens membres de «Convergence démocratique», invités à quitter la salle, après quelques éclats de voix, sont finalement restés. Il y avait de nombreux représentants de l’opposition ; certains ont pris la parole, mais bon nombre d’entre eux n’ont pas pu avoir la parole. On comprend mieux la pertinence du projet du président Macky SALL visant à rationaliser les partis politiques.

Cette rencontre, programmée de 14 h à 21 h, la salle étant trop grande pour «Convergence démocratique» qui avait vu plus grand que lui, la réunion n’a, en fait, démarré que vers 18 h 30. La salle étant restée pendant longtemps désespérément vide, heureusement que les griots du Fouta-Toro ont assuré l’animation. Je comprends maintenant pourquoi les partis de l’opposition qui font beaucoup de bruit, ont peur des parrainages. Quand on a du mal à remplir une petite salle, c’est problématique.

Le Forum était divisé en trois thèmes : éducation, justice et immigration.

Tout d’abord sur l’éducation, «Convergence démocratique» recommande un démarrage scolaire à partir de 5 ans et une adaptation des programmes scolaires aux besoins du Sénégal.

Ensuite sur la justice, considérée comme étant aux ordres de l’exécutif, «Convergence démocratique» recommande que le Conseil supérieur de la magistrature ne soit plus présidé ni par le chef de l’Etat, ni par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, mais par des magistrats. Cependant, compte des risques d’un gouvernement des juges, cette organisation va approfondir sa réflexion. «Convergence démocratique» cite en modèles de juges indépendants, un magistrat devenu politicien, M. Ibrahima Hamidou DEME et Souleymane TELIKO, syndicaliste à l’Union des magistrats. Naturellement, nous avons encore en mémoire l’assassinat, le 15 mai 1993, de maître Babacar SEYE, et ses meurtriers ont été graciés par maître WADE. Le juge, Amadou BAL, discret et grand professionnel, a été persécuté par maître Abdoulaye WADE ; c’est le président Macky SALL qui l’a rétabli sans ses droits.

Par ailleurs, pour "Convergence démocratique", pour parvenir à l'autosuffisance alimentaire, ce n'est pas seulement qu'une production suffisante en riz, il faudrait maîtriser l'accès à l'eau souterraine pour les paysans. Les études hydrauliques ont déjà été effectuées. Il faudrait que le paysan puisse travailler 12 mois sur 12, au lieu des 3 mois de l'hivernage.

Enfin, sur l’immigration, «Convergence démocratique» déplore que l’absence d’une connaissance fine et précise des statistiques sur les Sénégalais de l’extérieur ; de ce fait, il n’y a aucune politique d’immigration, en termes de protection et d’aide à investir au Sénégal. M. Pape DIOP promet, s’il est élu, de créer une banque d’investissement à 100 milliards de FCFA, et il mettra l’argent qu’il faudra et cette banque sera gérée par les Sénégalais de l’extérieur eux-mêmes. Naturellement, il a été passé sous silence, c’est le président Macky SALL qui a crée, pour la première fois, cette «15ème région du Sénégal», avec 15 députés Diaspora. Par ailleurs, dans ces politiques répressives contre les immigrants africains en Europe, c’est sous maître Abdoulaye qu’ont été signés les accords de gestion concertée des flux migratoires en date du 23 septembre 2006, autorisant, en leur paragraphe 42-31, la réadmission au Sénégal, de nos nationaux expulsés de France.

Le programme politique de M. Pape DIOP tient en deux lignes

- dégager Macky SALL en 2019

- et réhabiliter Karim WADE et Khalifa SALL, coupables de détournements deniers publics.

L’objectif de l’opposition est de rationaliser les candidatures de telle façon qu’il n’y aura trois principales forces d’opposants au ter tour. Le candidat arrivé en tête bénéficiera d’un désistement, au second tour, des deux autres.

Paris, le 28 avril 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 «Pape DIOP, de Convergence démocratique, confirme sa candidature aux présidentielles et divise encore plus l’opposition», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 16:16

Après le vote, le 19 avril 2018, de la loi sur le parrainage, l’opposition joue la terre brûlée et recherche la confrontation, au lieu de proposer des solutions afin d’améliorer les règles du jeu politique. Le gouvernement s’est dit, plus que jamais, disposé à la concertation, notamment pour une modification durable et équilibrée du Code électoral, dans l’intérêt du Sénégal.

Force est de constater que, pour l’instant, l’opposition est peu constructive. En effet, dans une armada de mesures et de postures, l’opposition a attaqué la loi sur le parrainage devant le conseil constitutionnel, envisage de le faire devant la Cour de justice de la CEDEAO, et boude, une partie, des travaux de l’assemblée nationale. Ces recours juridictionnels, c’est son droit le plus strict, mais les arguments invoqués, dans l’attente des décisions de justice à venir, sont surprenants.

D’une part, l’opposition invente une règle de «parallélisme des formes», à savoir qu’à la suite du référendum du 20 mars 2016, le Président de la République serait, dans l’obligation, de modifier, uniquement par voie référendaire, ce texte constitutionnel du 19 avril 2018. Or, notre pays reste attaché à la souveraineté nationale, et l’article 103 de la Constitution organisant cette procédure de révision constitutionnelle, offre le choix de la procédure au chef de l’Etat, sur proposition du Premier Ministre : «L’initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République et aux députés. Le Premier Ministre peut proposer au Président de la République une révision de la Constitution. Le projet ou la proposition de révision de la Constitution doit être adoptée par l’Assemblée nationale. La révision est définitive après  avoir été approuvée par référendum. Toutefois, le projet ou la proposition n’est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre à la seule Assemblée nationale. Dans ce cas, le projet ou la proposition n’est approuvé que s’il réunit la majorité des trois cinquièmes (3/5) des membres composant  l’Assemblée nationale». Par conséquent, pour réviser la Constitution, deux procédures sont ouvertes à l’exécutif : l’appel direct au peuple bien sûr, ce qu’il avait été fait le 20 mars 2016, et, en dépit des délires de l’opposition, le peuple avait suivi massivement, le président Macky SALL, ou la révision par la voie parlementaire, c’est une des solutions ouvertes au chef de l’Etat, et il fallait les 3/5ème des parlementaires votants, soit 70 députés lors de la séance du 19 avril 2018. Le projet de loi constitutionnelle, d’abord discuté en commission, avec des amendements de l’opposition, a recueilli, lors de la séance plénière, 120 votes ; ce qui va au-delà des espérances du gouvernement. Vous remarquerez que le chef de l’Etat n’a pas touché aux dispositions fondamentales de la loi du 20 mars 2016 (limitation et durée du mandat présidentiel, notamment). Il s’agissait, dans la loi du 19 avril 2018, de corriger les graves dysfonctionnements des élections locales et législatives de 2017, que l’opposition avait elle-même dénoncées. Un peu de cohérence, Mesdames et Messieurs de l’opposition !

 

D’autre part, l’opposition affirme que le projet de loi sur le parrainage serait inconstitutionnel parce qu’il n’aurait fait l’objet, ni de concertation, ni de débat, et que ce texte serait pris en  violation du règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Or, de nombreux amendements ont émergés lors des débats en commission, et en séance publique du 19 avril, pendant plus de 6 heures de débat, l’opposition a pu soulever toutes les exceptions d’irrecevabilité, fait des remarques sur le texte qui ont été pris en considération par le gouvernement. Après un long débat émaillé d’invectives et même de bagarres, l’opposition était dans une logique d’obstruction systématique en vue de mener cette guérilla parlementaire jusqu’à minuit, heure de fin des travaux du parlement. Durant ce long débat, l’opposition, ne voulant pas discuter du fond du texte, mais, à travers les représentants de chacun de ses groupes, soulevait, sans cesse, des motions préalables de rejet, tendant à faire décider qu’il n’y a pas lieu à délibérer. L’opposition a aussi tenté, vainement, de faire appel au pouvoir de la rue, pour enterrer ce projet de loi constitutionnelle. Il est impérieux de rappeler que dans un système représentatif, l’opposition ne dispose d’aucun pouvoir légal, à travers des débats de procédure, de piétiner les droits de la majorité parlementaire à faire aboutir son texte. Par conséquent, les exigences d’intelligibilité, de clarté et de sincérité du débat parlementaire ont été honorées, et le président Moustapha NIASSE a donc eu raison de mettre aux voix le texte, largement approuvé, suivant une procédure régulière.

 

Ce que voulait l’opposition, le 19 avril 2018, c’est par des manifestations insurrectionnelles dans la rue, d’empêcher la majorité gouvernementale de faire ce texte. Bref, l’opposition, ne proposant rien, sinon le retrait du projet de texte, avait tenté, vainement, d’imposer son point de vue, la minorité s’était proclamée majoritaire. Mais en raison de la grande maturité politique de notre pays, les Sénégalais n’ont pas été dupes, ils ont bien compris que 2011 ce n’est pas 2018. Jadis, Abdoulaye WADE voulait imposer un régime monarchique, se représenter indéfiniment et introduire un quart bloquant. Désormais, le 23 juin 2011, signifie qu’il y a une ligne rouge à ne pas franchir. En revanche, le projet de loi constitutionnelle du 19 avril 2018, est une grande avancée démocratique corrigeant le Code électoral de 1992. Il est apparu aux élections locales avec 2747 listes et aux élections législatives de juillet 2017, avec 47 listes, que l’organisation du scrutin, dans ces conditions, n’est plus viable. Et cela a été reproché au président Macky SALL qui a corrigé le tir pour les élections à venir. Par conséquent, cette loi constitutionnelle est un progrès visant à rationaliser les 299 partis du Sénégal. Pour être président de la République, il faut un minimum de filtre, exercé directement par le peuple.

En fait, cette opposition, essentiellement dakaroise, claustrée dans des maisons climatisées, redoute de descendre les pistes, parfois, poussiéreuses, de la campagne dans les 14 régions, pour solliciter des parrainages.

L’opposition est fondamentalement divisée, alors que Macky dispose d’une alliance solide qui a résisté à l’épreuve du temps. En effet, une partie de l’opposition ressemble à un défilé d’égos surdimensionnés. Fondamentalement divisé, les opposants n’avaient pas pu s’unir aux législatives de juillet 2017. En vue des présidentielles de 2019, leur slogan ressemble au titre d’une chanson de Jacques DURONC : «Et moi, et moi». Par ailleurs, une partie de l’opposition est un quarteron d’hommes pressés ayant tenté de «tuer le père», mais ont raté lamentablement leur parricide. Quand on engage une bataille aussi importante, et qu’on la perd, on se retrouve alors tout seul et tout nu, au point de redouter les parrainages du peuple. C’est le cas notamment de Khalifa qui avait toutes ses chances de devenir le candidat du Parti socialiste après le mandat de 2019 de Macky SALL. Or, Khalifa, non seulement a foiré son coup d’Etat contre Tanor, mais en plus sa gestion de la ville de Dakar n’est pas concluante, une capitale sale aux odeurs pestilentielles, et de surcroît, il l’a rendue célèbre avec 110 fausses factures qui n’ont servi ni à acheter du riz, ni des médicaments pour les pauvres ; 2,8 millions d’euros se sont volatilisés, une bonne carte de visite pour les présidentielles. C’est le même constat avec Malick GAKOU, président du conseil régional de Dakar, qui a voulu trop vite trucider son mentor Moustapha NIASSE.  M. Idrissa SECK, l’homme des chantiers de Thiès, propose une «gestion saine», mais prend, à Paris, un hôtel luxueux, à 450 € la nuitée. Il avait eu 7% aux présidentielles de 2012, mais veut être le chef de tous les autres.

En raison de ces 299 partis, les jeunes pousses ne manquent pas dans l’opposition, mais personne ne lâche le morceau, et celui qui émerge, son succès momentané est vite éclipsé une agitation puérile et ambitieuse des autres concurrents. Ainsi, il fut un temps où M. Ousmane SONKO semblait prendre le leadership au sein de l’opposition, mais le bruit assourdissant de ceux qui brassent l’air l’a, rapidement, plombé. Nous attendons le projet de maître Aïssata TALL SALL, une grande dame estimable.  

Par conséquent, loi sur le parrainage, instrument purement de régulation des candidatures fantaisistes, est loin d’être un obstacle pour le succès de l’opposition. Bien au contraire. Finalement, le véritable adversaire de l’opposition, ce n’est pas la majorité présidentielle, mais l’opposition elle-même, divisée, pleurnicharde et sans projet alternatif crédible.

L’opposition fait du bruit, elle s’oppose, c’est son rôle, mais s’opposer, sans projet alternatif crédible, faire du tintamarre sans redonner l’espérance, c’est brasser du vent. En raison de ces divisions stériles, l’opposition a déjà essuyé de sévères défaites lors du référendum du 20 mars 2016, aux législatives de juillet 2017, et à cette journée du 19 avril 2018. Dans les tensions sociales, l’opposition en manque de légitimité, s’abrite derrière les syndicats d’enseignants pour provoquer une année blanche. Peu importe, pour l’intérêt des enfants du secteur public, confrontés à des grèves récurrentes, à une baisse constante du niveau scolaire, et surtout sévère concurrence des écoles privées. Par ailleurs, les enseignants s’étonnent des retenus sur salaire, pour servir non fait, en raison de ces grèves. Pas de travail, pas de salaire !

Dans cette agitation permanente, le président Macky SALL, comme François MITTERRAND, est resté une force tranquille ; il travaille, résolument, pour un Sénégal émergent. La perfection n’est pas de ce monde, mais voila, sur des sujets éminemment stratégiques, nous aurions aimé aussi avoir un débat serein, projet contre projet ; après tout seul le peuple est souverain, mais il convient qu’il puisse trancher sur la base de propositions claires.

Le président Macky SALL a entrepris des projets structurants dans les domaines du Transports avec le TER, la renaissance d’Air Sénégal, la construction d’un nouvel aéroport, des projets d’un deuxième port, et des routes secondaires pour désenclaver une bonne partie du  territoire. Il a donc fait plus que continuer les projets entrepris maître WADE, il les a considérablement étendu et changé de nature.

Dans le domaine de l’Education, le président SALL, grâce à la conférence de Dakar, a rassemblé les fonds nécessaires pour mettre fin aux abris provisoires, créer un pôle scientifique, et envisager une formation professionnelle, pour les jeunes sans qualifications. La gestion optimale de nos ressources humaines est la principale richesse d’une nation ; «nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons des idées» avait dit Valérie GISCARD D’ESTAING. L’éducation étant un enjeu majeur, il sera utile de renouer les fils du dialogue, afin de mettre un terme durable à ces grèves récurrentes menaçant l’avenir de nos enfants. L’Etat, tout en arbitrant les dépenses fondamentales et en refusant la surenchère à la veille des présidentielles de 2019, devrait s’engager, fermement, à payer, de façon échelonnée, les arriérés de carrière ou de promotion des enseignants.

Toutes les propositions sont les bienvenues, pour dégager, en matière budgétaire, des marges de manœuvre afin de solutionner les problèmes prioritaires. Il n’est pas raisonnable d’encourager les détournements de deniers quel qu’en soient les auteurs. Si Karim WADE remboursait les 6 milliards d’euros détournés, cela pourrait être utile. L’opposition, comme la majorité, dans cette lutte pour l’optimisation de nos ressources, devraient s’entendre sur des règles minimales. Je crois modestement, que trop de dépenses échappent encore, largement, au contrôle parlementaire : les subventions versées aux confréries maraboutiques qui maltraitent leurs talibés, les billets de voyage à la Mecque, le nombre des Ministres conseillers, cet héritage d’Abdoulaye WADE, devrait être limité, publié et subordonné à un travail effectifs, les dons manuels à la population et à nombreux parasites, et évaluer les différents projets entrepris.

Le président Macky SALL s’est engagé dans un projet audacieux : la couverture médicale universelle ; c’est une révolution en Afrique. Toutefois, certains hôpitaux en grève, prétendent qu’ils n’ont pas les moyens de fonctionner efficacement, les fonds tardant parfois à venie. Ce serait, également, utile de vérifier ce point, d’éventuels détournements de deniers publics.  

Le président Macky SALL souhaite, avec de nouveaux tracteurs, que le Sénégal parvienne à une autosuffisance alimentaire pour le riz. Des éléments d’un modèle de consommation apparaissent à travers la promotion de l’huile d’arachide ; il faudrait aller plus loin et consommer ce que nous produisons, et surtout protéger l’agriculture sénégalaise et continuer à la moderniser ; des quotas de terres arables et non cessibles devraient être réservés à nos paysans. Cette amélioration des conditions de vie des Sénégalais a son revers, le développement à une vitesse exponentielle de maladies comme le diabète ou le cancer. Une médecine préventive, alliée à une pratique du sport adaptée, ainsi qu’une politique de  l’environnement, seraient utiles.

Le gouvernement se préoccupe de la sécurité à Dakar et sur les routes à travers le permis à points à partir de juillet 2018. Cela pourrait être complété par une aide au remplacement de ce parc automobile vieillissant, des formations de sensibilisation à la sécurité routier, et un élargissement de certaines voies. Nous avons des problèmes graves de sécurité routière : c’est ce bétail sans enclos pouvant surgir à tout sur la chaussée et ces enfants en bas âge, sans surveillance de leurs parents.

La défense de la souveraineté nationale et la question de la valeur travail, avec ces nombreuses fêtes et événements familiaux ou religieux, sont des points majeurs. Les pays d’Asie ont, dans cette mondialisation, mobilisé leurs ressources humaines.

Il n’a échappé, à personne que pendant l’hivernage, certains quartiers sont inondés, les grandes n’ont ni les égouts adéquats, ni stations d’épuration. Par ailleurs, presque 70% de la population sénégalaise est concentrée dans la région du Cap Vert et M’Bour. Une accentuation de la décentralisation, avec les moyens conséquents (Internet haut débit, transports, logements, aide à la ruralité), est devenue vitale.

Sur l’ensemble de ces questions, et sur bien d’autres encore, je dis que la démocratie n’est pas une guerre civile. Il faut mettre tout sur la table, questions économiques, sociales, politiques, notamment fixer, durablement, les règles du jeu politique, en termes de droits et d’obligations (financement des partis représentatifs, liberté de manifestation à condition de respecter l’ordre public ; un débat vigoureux, mais respectueux de chacun).

Que le débat de fond, projet contre projet, commence, enfin !

Paris, le 27 avril 2018, par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/


 

«Sénégal présidentielles de 2019 : une opposition bavarde, pleurnicharde, désunie et sans projet alternatif crédible», par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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26 avril 2018 4 26 /04 /avril /2018 15:01

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