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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 21:02

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 19:45

Karen BLIXEN, surnommée Tanne ou Tannia, est née DINESEN le 17 avril 1885, à Rungstedlund, d’une famille aisée de fermiers et marchands du Danemark. Sa mère, Ingeborg WESTENHOLZ (1856-1939), était une suffragette, luttant pour la liberté des femmes. La jeune Karen étudie les beaux-arts à Copenhague et la peinture à Paris et à Rome. Elle écrit à la même époque une série de textes qui passent inaperçus, cet insuccès la détourne, momentanément, de la carrière littéraire. Karen ayant des goûts aristocratiques, s’éprend de son cousin germain Hans von BLIXEN-FINECKE, mais ce sentiment ne sera jamais partagé. Karen finit par épouser en 1914 le frère jumeau de ce dernier, le baron Bror Fredrik von BLIXEN-FINECKE (1886-1946). «Avant que j’assume le direction de la ferme, la passion de la chasse et les «Safaris», avaient absorbé la majeure partie de mon temps. Lorsque je devins «fermière», je déposais mon fusil» écrit-il. Karen BLIXEN avec son mari exploitent ensemble une plantation de café, M’Bogani, sous les collines du N’Gong,  à 20 km de Nairobi, au Kenya. Se succèderont des drames de l'existence, comme la syphilis transmise par son mari infidèle, un divorce en 1925, la mort précoce de Denys FINCH HATTON qui l’avait abandonnée pour une aviatrice anglaise. En 1931, Karen BLIXEN quitte définitivement l’Afrique et retourne au Danemark pour se consacrer à l’écriture de romans. Connaissant de graves problèmes de santé, elle finit sa vie invalide.

Karen BLIXEN, qui écrivait en anglais et en danois, prit le nom d’artiste, Isak DINESEN ; «Isak» étant un prénom masculin, en référence à Wilhelm DINESEN (1845-1895), son père, officier ayant servi en France, écrivain et adoré, mais dont elle chérissait la mémoire. Son père, atteint de syphilis, se suicide en 1895 par pendaison, alors que Karen n'a que 10 ans. «Isak» signifie en Hébreu «celui qui rit». DINESEN est un retour à son patronyme. Refusant le coup du sort et de se plier au destin, au retour au Danemark, ses déceptions engendrent une vocation littéraire «Quand les dieux veulent vous punir, ils exaucent vos vœux» écrit-elle. En effet, «La ferme africaine» est une forme de réécriture de l’histoire, une revanche sur le destin ; elle avait perdu son mari, et son amant et sa ferme de production du café, sur les hauteurs peu rentable, a brulé. «J’ai possédé une ferme en Afrique, au pied du N’Gong. La ligne de l’Equateur passait dans les montagnes, vingt-et-cinq mille au Nord. (…) Vues de la ferme, les montagnes changeaient d’aspect au cours d’une même journée : tantôt elles paraissaient toutes proches, tantôt reculées à l’infini» ainsi démarre la «ferme africaine», des souvenirs d’une Européenne qui avait vécu au début du XXème siècle, en Afrique, et en pleine période coloniale. Sydney POLLACK a fait, en 1985, un film sous le titre «Out of Africa», avec Meryl STREEP et Robert REDFORT qui a remporté sept Oscars du meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleure photographie, meilleure direction artistique, meilleure musique et meilleur son. «Si le nom de Karen Blixen est aujourd’hui connu du monde entier, c’est surtout grâce à Sydney Pollack et à son film «Out of Africa», qui restitue de manière assez convaincante la poésie d’un univers disparu porteur de nostalgie et de rêve, en lequel chacun pourra retrouver l’image qu’il se fait du paradis perdu» écrit Bernadette BERTANDIAS. Cependant, cette œuvre hollywoodienne ne relate, que sous forme romancée, la relation entre Karen BLIXEN et son amant, Denys FINCH HATTON.

 

En réalité, et en dépit de la qualité du film de Sydney POLLACK, dont la vocation est de distraire, Karen BLIXEN, éprise de l’Afrique traditionnelle et des Kikuyus, avait une connaissance et un respect profonds de ce monde, son organisation sociale et sa justice traditionnelle. La première partie du livre est consacrée à des considérations générales sur la vie à la ferme, avec les Kikuyus et les Massaïs, en pleine période coloniale, leur vie quotidienne, leurs pratiques coutumières et la relation avec l’église anglicane. La deuxième partie est constituée de courts chapitres, chacun relatant une anecdote, un événement qui a eu lieu. La troisième partie est consacrée au départ : la ferme n’étant plus rentable, doit être vendue. «Nous cultivions le café, mais ni l’altitude, ni la région ne lui convenait très bien ; et nous avions du mal à joindre les deux bouts. Jamais ma ferme n’a connu l’opulence, mais la culture du café est une culture à laquelle on ne renonce pas, elle vous tient constamment en haleine» écrit-elle. On décèle ici les qualités humaines de l’auteure, s’attachant à ce que les Africains occupant ces terres soient relogés.

 

Par ailleurs, ces souvenirs, avec la plume alerte de Karen BLIXEN, sont pleins de poésie que le film de Sidney POLLACK ne pouvait restituer. En effet, dans ce livre publié en 1937, Karen BLIXEN décrit sa vie en Afrique, et plus précisément au Kenya où elle a vécu de 1914 à 1931. Elle narre aussi sa découverte de la nature «authentique», celle des lieux comme celle des hommes : «Quand le souffle passait en sifflant au-dessus de ma tête, c'était le vent dans les grands arbres de la forêt, et non la pluie. Quand il rasait le sol, c'était le vent dans les buissons et les hautes herbes, mais ce n'était pas la pluie. Quand il bruissait et chuintait à hauteur d'homme, c'était le vent dans les champs de maïs. Il possédait si bien les sonorités de la pluie que l'on se faisait abuser sans cesse, cependant, on l'écoutait avec un plaisir certain, comme si un spectacle tant attendu apparaissait enfin sur la scène. Et ce n'était toujours pas la pluie. Mais lorsque la terre répondait à l'unisson d'un rugissement profond, luxuriant et croissant, lorsque le monde entier chantait autour de moi dans toutes les directions, au-dessus et au-dessous de moi, alors c'était bien la pluie. C'était comme de retrouver la mer après en avoir été longtemps privé, comme l'étreinte d'un amant» écrit-elle. Pendant son séjour en Afrique, elle a vécu des moments d'une intensité inoubliable, s'est fait des amis loyaux et a amassé beaucoup de souvenirs et d'anecdotes. Dans ses souvenirs, Karen BLIXEN relate d'exceptionnelles descriptions de paysage et de passionnantes pages sur la vie des animaux. «L’air est un élément essentiel de la vie et du paysage africain. Quand on fait un retour en arrière après un séjour de plusieurs années dans les hautes terres d’Afrique, on a l’impression curieuse que la vie s’y écoulait en l’air» écrit-elle.

 

Par ailleurs, Karen BLIXEN s’intéresse, en particulier aux Africains, spoliés de leurs terres par les Anglais, mais sont restés dignes et authentiques. Avant même Denys FNCH HATTON, le chasseur d'éléphants, cet «homme au cœur pur» qui écoute inlassablement ses contes, le cœur de Karen BLIXEN bat pour les splendeurs ocres du continent africain et la noblesse de ses habitants, leurs légendes et traditions. La ferme africaine est un récit de voyages et d'anthropologie, et dépeint une Afrique traditionnelle, sur le point de disparaître. Dans ce mode de vie africain, loin de l'agitation vaniteuse des colons, la vie semble être suspendue dans le temps ; on prend le temps de vivre et de respirer.

 

Lors de ses safaris, Karen BLIXEN avait remarqué que les animaux sauvages sont timides et craintifs. Aussi, l’art de marcher lentement, sans bruit, est un art que le chasseur doit maîtriser. «Dès que j’ai connu les Noirs, je n’ai eu qu’une pensée, celle d’accorder à leur rythme celui de la routine quotidienne que l’on considère souvent comme le temps mort de la vie» dit Karen BLIXEN. La chasse vous apprend le rythme de la vie africaine : «Ce que les bêtes sauvages m’ont appris m’a été très utile dans mes rapports avec les indigènes» écrit Karen BLIXEN. L’auteure avait compris la proximité des Africains avec la Nature, leur survie dépendant d'elle : «Je ne parvenais pas à obtenir leur avis sur le temps, et pourtant, ils savaient déchiffrer les signes dans le ciel et le vent bien mieux que nous. Leur survie même était en jeu. Ils comprennent donc la nature, la respecte et en échange la nature les préserve de la mort» écrit Karen BLIXEN. En effet, elle décrit ses rapports avec les Kikuyus, les indigènes travaillant pour elle dans sa maison et à la plantation de café ; l’auteure nous fait partager son attachement pour ses gens différents, mais dont elle respecte la culture. «J’ai éprouvé, dès ma première semaine en Afrique, beaucoup d’affection pour les indigènes. C’était un sentiment très fort et très spontané. La découverte de l’âme noire fut, pour moi, un événement, quelque chose comme la découverte de l’Amérique pour Christophe Colomb, tout l’horizon de ma vie s’en est trouvé élargi» écrit Karen BLIXEN.

 

Karen DINESEN est avant tout une formidable conteuse, une Schéhérazade des temps modernes : «Moi, je suis une conteuse, et rien qu’une conteuse et c’est l’histoire elle-même qui m’intéresse, et la façon de la raconter» dit-elle. Ainsi, dans «la ferme africaine», ses souvenirs, son amant, Denys, possédait cette qualité inestimable à mes yeux : il savait écouter une histoire. L'art d'écouter une histoire s'est perdu en Europe. Les indigènes d'Afrique, qui ne savent pas lire, l'ont conservé. Les blancs eux ne savent pas écouter une histoire, même s'ils sentent qu'ils le devraient. S'ils ne s'agitent pas, ou s'ils ne peuvent pas s'empêcher de penser à une chose qu'ils doivent faire toutes affaires cessantes, ils s'endorment. Ces mêmes personnes peuvent fort bien demander quelque chose à lire, un livre ou un journal, et sont tout à fait capables de passer la soirée plongées dans quelque chose d'imprimé, et même de lire un conte.

Curieusement, c’est dans les contes de Karen BLIXEN que l’on trouve des éléments substantiels de sa biographie. Face au destin qui ne l’a pas épargné, Karen BLIXEN oppose souvent le courage dans l'adversité, l’ingéniosité et sens du sacrifice l'opulence, et le mensonge affrontent l'humilité et la vertu, une façon de montrer que le conte est bien l'instrument privilégié de l'exploration des mystères de la personnalité et des obsessions fondamentales de l'humanité. «La qualité des contes de Karen BLIXEN ne dépend pas seulement de la force vive de la narration orale et de son suspens. Le fil d’argent des intrigues serpente dans des phrases d’une parfaite justesse et d’un accent incomparable. Déployant une incontestable force intellectuelle, elle accordait ses soins les plus exigeants à des matériaux qui, en d’autres mais n’eussent été que des drames de pacotille, des histoires d’une chimérique et lunaire extravagance» écrit-on, dans le numéro 887, de mars 2003 consacré à Karen BLIXEN

Son livre, «le Dîner de Babette» a été porté à l’écran. «Moi aussi, je suis une artiste» sont les derniers mots de ce livre écrit en 1958, pourraient résumer la personnalité de Karen BLIXEN.

Karen BLIXEN est décédée à Rungstedlund le 7 septembre 1962, sans avoir obtenu le Prix Nobel de Littérature. Karen BLIXEN est enterrée dans le parc de la propriété familiale de Rungstedlund. Sa ferme africaine au Kenya est devenue un musée.

Bibliographie très sélective

1 – Contributions de Karen Blixen

BLIXEN (Karen), Contes d’hiver, traduit de l’anglais par Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 1982, 409 pages ;

BLIXEN (Karen), Histoire du petit mousse et autres contes d’hiver, traduit du danois par Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 2016, 101 pages ;

BLIXEN (Karen), L’éternelle histoire, traduit du danois par Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 1961 et 2002, 101 pages ;

BLIXEN (Karen), La ferme africaine, traduction du danois par Yvonne Manceron, Paris, Gallimard, collection Folio, 1978, 501 pages ;

BLIXEN (Karen), La soirée d’Elseneur traduction par Gleizal et Colette Huet,  préface de Marc Auchet, Paris, Librairie générale, 2004, 95 pages ;

BLIXEN (Karen), Le dîner de Babette, traduit du danois par Marthe Metzger, Lausanne, La Petite Ourse, 1969, 147 pages ;

BLIXEN (Karen), Les chevaux fantômes et autres contes, traduit de l’anglais par Doris Febvre, Paris, Gallimard, 1978 et 1996, 164 pages ;

BLIXEN (Karen), Les fils du roi et autres contes, traduction par Philippe Bouquet et Jean Renaud,  préface de Frans Lasson, Paris, Gallimard, 2011, 476 pages ;

BLIXEN (Karen), Les voix de la vengeance, traduit du danois par Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 1990, 414 pages ;

BLIXEN (Karen), Lettres d’Afrique : 1914-1941, traduction de Philippe Bouquet, éditeur scientifique Frans Lasson, Paris, Gallimard, 2016, 619 pages ;

BLIXEN (Karen), Ombres sur la prairie, traduit de l’anglais par Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 1962, 192 pages ;

BLIXEN (Karen), Le jeune homme à l’œillet, traduit de l’anglais par Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 2016, 112 pages ;

BLIXEN (Karen), Les perles, traduction de Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 2012, 140 pages ;

BLIXEN (Karen), Histoire du petit mousse, traduction de Marthe Metzger, Paris, Gallimard, 2016, 112 pages ;

BLIXEN (Karen), Sept contes gothiques, traduction par Gleizal et Colette Huet,  préface de Marcel Schneider, Paris, Stock, 1990, 508 pages.

2 - Critiques

BEAU (Véronique, V), Karen Blixen, une Européenne en Afrique, illustrations Dimitra Nikolopoulou, Paris, éditions à Dos d’âne, 2009, 45 pages ;

BERTANDIAS (Bernadette), Afrique, autres scène : histoire et poétique de l’identité dans les récits africains de Karen Blixen, Clermont Ferrand, Association des publications de la faculté de lettres et sciences humaines, 1997, 241 pages ;

DINESEN (Thomas), A l’ombre du mont Kenya : ma sœur Karen Blixen, traduit du danois par Jacques Privat, Lausanne, éditions Esprit ouvert, 2002, 156 pages ;

GELLY (Violaine), Karen Blixen, Paris, Libreto, 2015, 109 pages ;

GILLES (Daniel), «Karen Blixen ou la pharaonne de Rungstedlung», Cahiers des saisons, hiver 1963, pages 143-153 et Revue générale belge, 1963, vol 99, pages 49-59 ;

HANNAH (Donald), Isak Dinesen and Karen Blixen : the Mask and the Reality, London, Putman, 1971, 218 pages ;

LALOUX (Micheline), Karen Blixen : L’Afrique au cœur, essai biographique, Paris, La Pensée universelle, 1986, 110 pages ;

LEANDER HANSEN (Frantz), The Aristocratic Universe of Karen Blixen : Destiny and Denial of Fate, traduit du danois par Gay Kynoch, Brigton, Portland, Sussex Press, 2003, 165 pages ;

LIAUT (Jean-Noël), Karen Blixen  une Odyssée africaine, Paris, Payot, 2005, 227 pages ;

MIGEL (Parmenia), Tatania : A biography of Isak Dinesen, New York, Random House, 1967, 326 pages ;

PANDOLFO (Anne-Caroline), La lionne : un portrait de Karen Blixen, Paris, Sarbacane, 2016, 193 pages ;

RASMUSSEN (René) éditeur scientifique, Karen Blixen et l’art du récit, Odense, Odense University Press, 1997, 162 pages ;

RYDENG (Françoise), Karen Blixen et l’Afrique, Paris, F. Rydeng, 1971, 250 pages ;

THURMAN (Judith), Karen Blixen, Paris, Séghers, 1986, 504 pages ;

WESTENHOLTZ (Anders), The Power of Aries : Myth and Reality in Karen Blixen’s Life, Baton Rouge, London, Louisiana State University Press, 1982, 127 pages ;

WIVEL (Olé), Karen Blixen, un conflit personnel irrésolu, traduction du danois par Inès Jorgensen, Arles, Actes Sud, 2004, 187 pages.

Paris le 2 septembre 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 


 

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 19:44

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 17:14

Dans les échanges des 10, 11 et 12 septembre 2020 entre la junte et le mouvement M. 5, c’est une grave crise de confiance. En effet, dans un communiqué du 12 septembre 2020, le Mouvement M 5 reproche à la junte «la volonté d’accaparer et de confisquer le pouvoir du peuple au profit du CNSP ; les méthodes employées affaiblissent gravement le processus de transition» dit Choguel MAIGA, le porte-parole du M5. Ce mouvement estime que le projet de transition, lu par la junte à la clôture des négociations avec les forces vives du Mali, «ne reflète pas le point de vue et les décisions du peuple malien» précise Choguel MAIGA. En particulier, le document final de la junte n’est pas conforme aux différents échanges :

  • Sur le rôle historique du M. 5 et des martyrs des 10-12 juin 2020 (23 manifestants tués, plus de 150 blessés) dans la chute du régime d’IBK et la lutte du peuple malien pour le changement ;

  • Le choix majoritaire du changement, pendant la transition, dirigée par une personnalité civile ;

  • Le choix d’un Premier ministre civil de transition.

Par ailleurs, la junte a rajouté dans le document final des points qui n’ont jamais été évoqués lors des échanges :

  • Prérogatives du Vice-président de transition ;

  • Composition des collèges et modes de désignation du Président de la transition ;

  • L’acte fixant les clés de répartition du pouvoir entre les différentes composantes du CNSP et du Mouvement M  5.

Le M5 «condamne» la non-prise en compte «unilatérale» de la part de la junte, de nombreux points évoqués, sans rejet, ni réserves ou observations d’aucun participant, et qui ont donc fait l’objet d’un consensus :

  • Les Assises nationales sur la refondation ;

  • L’organe de gestion de la veille pendant la transition ;

  • Le Haut conseil consultatif ;

  • Une cour des comptes ;

  • Les dispositions à valeur constitutionnelle, pour la promotion et la responsabilisation, aux fonctions électives et nominatives, ainsi que  des femmes, des personnes handicapées et des jeunes ;

  • L’autorité de régulation de la communication audiovisuelle ;

  • La prolongation de la durée de la garde à vue des personnes poursuivies pour des faits de terrorisme ou d’atteinte à la sûreté nationale ;

  • La nomination à certains postes administratifs ou financiers impliquant la gestion de fonds publics, par décret en conseil des ministres ;

  • La reconnaissance des mécanismes traditionnels de règlement des litiges, fondés sur les us et coutumes des différentes communautés.

Le M 5, à travers son porte-parole, Choguel MAIGA, ne mâche pas ses mots et «dénonce les intimidations, les pratiques antidémocratiques et déloyales du CNSP, dignes d’une autre époque contre lesquelles la lutte pour le changement et la refondation a été enclenchée le 5 juin 2020».

L'irruption soudaine et inattendue de la Junte militaire au Mali, le 18 août 2020, a soulevé à la fois des espoirs très mesurés, mais aussi des inquiétudes.

Le colonisateur français, arque bouté aux anciennes méthodes de la Françafrique, sûr de l'efficacité de la méthode répressive et du soutien inconditionnel à IBK, n'a pas vu venir ce coup d'Etat. Puis, dans son réalisme la France, compte tenu du discours rassurant et mesuré de la junte, a envoyé la CEDEAO pour la pérennisation de ses intérêts. On connaît la formule «diviser pour mieux régner», en opposant des Africains à d’autres Africains. Dès le départ, la junte a privilégié les négociations sur la transition, avec des anciens dignitaires du régime, afin d’isoler une partie du mouvement M. 5, notamment Choguel MAIGA et l’Iman Mahmoud DICKO, jugés «radicaux».

Le peuple malien, sans s'interroger sur la transition, dans l'ivresse de la chute de IBK, a préféré jubiler, piller les anciens palais et se baigner dans la piscine de Karim KEITA, le fils de son père symbolisant, par sa cupidité et ses détournements, le profond rejet de l'ancien régime, pour sa mal-gouvernance.

Le groupe M5, dont la désobéissance civile depuis le 5 juin 2020, et qui en a payé le prix fort (arrestation des dirigeants, 23 morts et plus de 150 blessés), a contribué, décisivement, à la chute de IBK. «Le changement du 18 août 2020 est l’aboutissement de la lutte héroïque du peuple malien» estime le mouvement M 5. Mais cette victoire a un goût amer, puisque c'est la junte militaire qui a déposé pacifiquement IBK et a pris les rênes du pouvoir.

Le Comité national de salut public (CNSP) s'était engagé, en concertation avec toutes les forces de la Nation, dont le M5, pour une large concertation en vue de la transition. L'examen de la stratégie des coups d'états militaires en Afrique, des 60 dernières années, montre que, dans un premier temps, les militaires entendent, par un "Comité de salut public", rassurer la population. Une fois après avoir consolidé leurs assises, ils refusent de restituer le pouvoir  aux civils. Ainsi, tout récemment au Soudan, à la suite de la chute de Omar EL-BECHIR, il a fallu de nouvelles et vigoureuses manifestations pour que les militaires acceptent de négocier. Au Mali, le général Moussa TRAORÉ, est resté 23 ans au pouvoir.

Tout récemment la junte avait commencé, par des nominations essentiellement de militaires, à distribuer les prébendes ; ce qui a sérieusement irrité les représentants du mouvement M5, s'estimant trahis par les militaires. Il y a donc des craintes légitimes que la junte militaire ne vole la victoire du Mouvement M. 5, qui ne doit plus rester en marge de la transition. Les débats, au sein du Comité stratégique du M5 quant à la conduite à adopter à l'égard du CNSP, ont été souvent passionnés et houleux. Cependant la raison, la clairvoyance et l'esprit de dialogue, ainsi que l'intérêt du Mali ont prévalu. L'imam DICKO et Choguel Kokalla MAIGA ont insufflé au M 5 une bonne conduite à tenir : «Au départ le M5 avait fait preuve d’humilité et de retenu. Nous avions le choix de descendre dans la rue pendant des jours, pour montrer que c’est notre victoire, et par la même occasion mettre la pression sur le CNSP. C’est ce qui s’est passé dans d’autres pays. Au Soudan, il en a été ainsi. L’autre attitude était de nous dire que le CNSP est venu pour organiser une transition politique civile. Au rassemblement du 21 août, le CNSP a redit qu’il a parachevé l’action du M5. A partir de cela, tout le monde sait que le M5 est le principal acteur du changement au Mali. On ne reprend pas les manifestations, on laisse le CNSP calmer le jeu, puis on se remet à travailler sur la transition» dit Choguel MAIGA, porte-parole du M5. C’est un changement de régime pacifique et le CNSP a entrepris de bonnes opérations de maintien de l’ordre.

Choguel Kokalla MAIGA a indiqué qu'une rencontre, dans un climat constructif, a eu lieu entre le M5 et le CNSP les 26 et 29 août 2020 à l'effet de discuter sur les :

- organes et la conception de la transition ;

- leur pouvoir et missions de ces organes ;

- et la durée de cette transition.

Pour l’instant et à l’issue des négociations des 10, 11 et 12 septembre 2020, c’est une grave crise de confiance et de défiance du M  5 à l’égard de la junte militaire. Comment s’en sortir ?

On n’a, pour l’instant, aucune nouvelle de Soumaïla CISSE, l’opposant enlevé la veille des législatives.

Dans tous les cas, la réussite de la transition au Mali comporte plusieurs enjeux :

Tout d’abord, pour les Maliens eux-mêmes, qui ont souffert des 23 années de régime militaire de Moussa TRAORE et des années noires d’IBK. Le Mali pourrait entrer, une nouvelle fois dans la turbulence, si les manifestations de désobéissance civile reprenaient.

Ensuite, des peuples africains sont en lutte notamment en RCI et en Guinée pour recouvrer leur liberté. Au Togo, depuis les troubles du Mali, il sembleraient de nombreux généraux auraient été assassinés.

Enfin, la réussite de la transition serait une bonne occasion pour la France de réévaluer sa politique coloniale en Afrique, ne plus soutenir ces régimes monarchiques et préhistoriques qui créent de l’instabilité, et s’engager dans une coopération, mutuellement avantageuse.

Une situation qui oscille entre menaces et espoirs, à suivre, très attentivement.

Paris le 4 septembre 2020, actualisé le 13 septembre 2020, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 


 

«Mali : Vers quelle transition ? dans quels délais ? Et quelle sera la place du Mouvement M  5 ?»par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Mali : Vers quelle transition ? dans quels délais ? Et quelle sera la place du Mouvement M  5 ?»par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 17:08

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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 15:37

Je demandais dans mon post du 8 juin 2020, que tous les Républicains sincères dénoncent ce racisme institutionnel et systémique, ainsi que cette mentalité colonialiste et esclavagiste. Le dire, ce n’est pas mettre en cause tous nos Ancêtres les Gaulois. Loin de là. Les racistes ne sont pas nombreux, mais ils font beaucoup de bruit. Pour cette vaste majorité silencieuse de bons Républicains, ne rien dire, c'est être complice de ces crimes et délits : «A la fin, nous ne nous rappellerons pas les mots de nos ennemis, mais le silence de nos amis» avait dit, fort justement, Martin Luther KING.

Une partie de la classe politique ou de certains médias, loin du débat de fond, excelle dans les invectives, les insultes et les stigmatisations à l’égard des racisés, afin de créer un buzz, pour en récolte le profit politique. Le racisme, seulement à l’égard des Noirs et des Arabes, est donc devenu, dans cette France républicaine, non seulement une banalité, mais surtout un gigantesque fonds de commerce, sans que cela ne choque les bonnes âmes. La députée de la France Insoumise, Mme Danièle OBONO, vient d’en être la énième victime de ce lynchage digne de «Strange Fruit». Or, le racisme n'est pas une opinion, mais un crime, légitimant les violences policières ayant tué 113 de nos jeunes et 53 personnes ont été brûlées vives, dans des squats, à Paris entre 1983 et 2005, sans aucune enquête sérieuse. Par conséquent, il y a bien des mots qui tuent. Aux États-Unis, des suprématistes, amis de Donald TRUMP, avaient assassiné des Juifs pendant des offices religieux. Tout récemment, dans l'affaire du 23 août 2020, à Kenosha, dans le Wisconsin où, Jacob BLAKE, un jeune Noir a reçu 7 balles dans le dos, c'est un jeune partisan de Donald TRUMP qui a tué avec une arme de guerre 2 manifestants. Pas un seul mot de compassion de Donald TRUMP qui a passé son temps à dénigrer les manifestants qui réclamaient Justice. Pour lui, comme pour la Macronie et tous les esprits lepénisés, même quand nous sommes victimes de graves crimes, filmés et diffusés dans le monde entier, nous serions tous que des délinquants, des séparatistes.

En France, depuis l’affaire George FLOYD, on essaie de nous convaincre que la ségrégation raciale n'existerait qu'aux États-Unis ; car la France, pays des droits de l'homme avec son message universel, serait au-dessus de tout cela. Force est de constater que nous vivons dans une démocratie ethnique. La première barrière à tomber est la reconnaissance du Rassemblement national, comme parti respectable et qui inocule son venin de la haine à longueur de journée. Le plus grave est que cette libération de la parole raciste, s'est accompagnée d'un déni permanent de ce fléau, mais aussi de calomnies permanentes à l'égard des racisés. Des journaux satiriques se moquent de nous et de nos prophètes, mais ce n’est que l’humour, la liberté d’expression ou la défense de la laïcité.  Quand on nous insulte, on doit nous taire, et peut-être dire Amen. Ainsi, quand Lilian THURAM avait protesté contre ceux qui nous traitaient de singe dans les événements sportifs, il a tout de suite été qualifié de «raciste antiblanc». C'est le monde à l'envers. La députée, Danièle OBONO, faisant souvent l’objet d’attaques racistes en raison de son engagement pour la Justice et l’égalité réelle, a été aussi affublé du qualificatif de «singe bonobo», une attaque gratuite purement raciste : «Je reçois des insultes, des injures, mon nom est traîné dans la boue, à la moindre occasion. A chaque fois, il ne s’agit jamais de désaccords politiques. Jamais ces attaques n’ont porté sur le fond. Je suis constamment stigmatisée, dégradée et diffamée» dit Mme la Députée, Danièle OBONO.

Je n'oublierai jamais ce projet de loi sur la déchéance de la nationalité qu'avait initié François HOLLANDE, dont la responsabilité dans la dégradation des valeurs républicaines est lourde. Maintenant tout le monde nous tape dessus, sans retenue et sans aucune honte. Certains médias d'information continue, comme BFMTV et CNews, à longueur de journée, nous bavent dessus. Même si BFMTV a fait un sérieux et républicain effort d’investigation et de traitement équilibré de l’information, dans ces attaques ignobles contre la députée Danièle OBONO, qu’il faut saluer. «Le Point» et «Valeurs actuelles» ça pue le racisme. Oseraient-il, un seul instant, insulter ainsi la communauté juive ?

Pour le Directeur de «Valeurs actuelles», la stratégie était de montrer que  «les indigénistes», comme la députée Mme OBONO, cacheraient la responsabilité des Africains dans la traite des esclaves : «C’est le désarroi d’une certaine France, son incapacité à endosser les ombres de son histoire, sans tenter d’en transférer sur d’autres la responsabilité» écrit Léonora MIANO. En effet, ces écrits de «Valeurs actuelles», présentant Mme Danièle OBONO, comme une esclave, constituent une forme d’acquittement au bénéfice du doute du commerce triangulaire organisé par les Occidentaux, et au nom de la Chrétienté, de la supériorité de la culture européenne, «Valeurs actuelles» étant un journal d’extrême-droite, assumé. «Cette image (de Valeurs actuelles) est blessante ; c’est une souillure. Au-delà de ma personne qui est salie, c’est une certaine idée du débat républicain, qui n’a jamais eu lieu, qui est sali. Aujourd’hui, on se contente d’attaques, de mauvaises polémiques. Mon sentiment, au départ, est celui de la colère, mais aussi celui de la détermination. C’est précisément ce que nous combattons. Nous nous mobilisons pour un débat de fond dans ce pays, contre le racisme, la stigmatisation, la symbolique visuelle, d’une partie de la population» dit la Députée, Mme Danièle OBONO. En effet, cette députée de la France Insoumise s’est toujours située dans le débat de fond, et contre les attaques personnelles. «C’est une insulte à mes ancêtres, à la République. Je suis députée de la République. Une ligne rouge a été franchie» dit Mme Danièle OBONO.

Devant ce procès d’intention manifestement raciste, la condamnation de la classe politique est unanime, même le président MACRON qui avait cajolé Eric ZEMMOUR, a finalement téléphoné à Mme Danièle OBONO. Horrifié par son crime contre la République, le Directeur de Valeurs actuelles a présenté des excuses à la Députée Mme Danièle OBONO, mais le mal est déjà fait «J’ai l’impression que du côté de la Droite-extrême, on a perdu tous les repères des valeurs républicaines. Comment peut-on, quand on parle de l’esclavage, mettre une députée de la République en esclave ? On ne peut pas s’imaginer, quand on regarde la maquette, que cela va être l’humiliation, une blessure, quelque chose de terrible, pour l’intéressée ? C’est un retour en arrière. Il y a des limites au débat. Trop souvent, on a franchi les limites. Il y a une «trumpisation» du débat en France. C’est un retour en arrière» dit Laurent JOFFRIN, journaliste.

Je suis surtout scandalisé par la stratégie du président MACRON, élu en 2017 face à Marine LE PEN pour sauver la République, au lieu de rassembler, fait maintenant du LE PEN sans LE PEN, avec des calomnies et des stigmatisations. Le Gardien du temple de la République est devenu son profanateur. Son Ministre de l’Intérieur, Moussa DARMANI pourtant accusé de viol, parle «d’ensauvagement de la société». Il y a des criminels dans tous les camps dont peut-être le Ministre de l’Intérieur on verra à l’issue des procédures judiciaires, mais c’est une responsabilité individuelle. En effet, la majorité des racisés que je connais sont de bons citoyens, travailleurs et respectueux des lois républicaines, mais qui ont été écartés injustement, en raison de préjugés raciaux, de tous les lieux de décisions. Nous avons du mal, parfois, à franchir «cette montagne raciale» en référence à une expression d’un écrivain américain, Langston HUGUES (1902-1967) Même quand, ils atteignent les hautes sphères de l’Etat, les racisés sont en permanence lynchés ou menacés à mort, comme au temps de l’esclavage (Danièle OBONO, Christiane TAUBIRA Sibeth N’DIAYE, Joseph MBAYE). Nous attendons avec détermination son projet de loi sur le «séparatisme» annoncé par le premier ministre sarkozyste, Jean CASTEX. Pour notre président Emmanuel MACRON, qui participe à ce lynchage, ceux qui réclament l’égalité et la Justice, ne seraient des adversaires dans sa démocratie ethnique, que des «séparatistes». Pourtant nos revendications sont purement républicaines. Ni «indigénistes» ni indigènes de la République,  ce que nous réclamons est simple : c’est notre juste place dans cette société à égalité de droits et d’obligations, en qualité de citoyens de la République. Ni plus, mais ni moins. La promesse républicaine d’égalité réelle a été trahie. En raison du principe d’égalité inscrit dans la Déclaration de 1789, que le président MACRON, gardien de la Constitution, ferait mieux de défendre au lieu de stigmatiser les racisés : «Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les Hommes naissent égaux. Je rêve que mes quatre jeunes enfants vivront un jour dans une Nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais à la mesure de leur caractère. Nous ne sommes pas satisfaits et nous ne serons satisfaits que le jour où la justice se déversera comme un torrent et la droiture comme un fleuve puissant» avait dit Martin Luther KING (1929-1968).  

L’assimilation, ou la renonciation à notre identité, est largement, un concept colonial de hiérarchisation des cultures. Si l’assimilation veut dire prendre les bonnes choses de cette France républicaine, c’est le bon sens qui le commande. Si l’assimilation signifie, et ce que défendent les conservateurs et les racistes, rendre le tablier et dénigrer notre identité, c’est une hiérarchisation des cultures inacceptable que nous refuserons toujours. En effet, nous ne renonceront jamais à notre héritage culturel africain. Ce pays s’est enrichi de l’esclavage, de la colonisation, de la contribution décisive des Tirailleurs sénégalais à sa liberté, et de l’apport au sortir de la Guerre et pendant les Trente Glorieuses, pour sa survie et son redémarrage économique, des immigrants, qualifiés péjorativement, «d’indigénistes». La plupart des gens que je connais, et particulièrement, pendant cette pandémie, sont dans les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraite, et assurent comme les autres la survie de la Nation, dans un contexte difficile.

La diversité culturelle, dans le respect mutuel et la rencontre avec l’autre, est une richesse. Le bien-vivre ensemble n’est pas la confrontation, la stigmatisation, les calomnies et les injures permanentes, mais la recherche, constante, inaliénable, de l’égalité réelle, dans la Justice, la Fraternité et la Solidarité.

On connaît le titre de cet ouvrage de James BALDWIN «La prochaine fois le feu». Il n'y aura pas de paix dans la société sans la Justice. Nous sommes décidés, dans le cadre des lois républicaines et pacifiquement, à faire valoir nos droits de citoyens. Nous ne sommes pas des esclaves, comme le dit explicitement, Valeurs actuelles, à l’égard de la députée Mme Danièle OBONO. Finalement, cette représentation de Valeurs actuelles de Danièle OBONO, en esclave enchaîné, a eu au moins un grand mérite de nommer la chose : aux yeux de certains nous sommes encore des colonisés et des esclaves. C'est sans doute le sens profond de ce projet de loi sur le séparatisme de la Macronie, que dénonce Danièle OBONO dans l'interview qu'elle m'avait accordé le 16 juillet 2020, 4 ans après la mort d'Adama TRAORÉ. Nos jeunes on peut les tuer sans aucune conséquence, sans Justice, et c'est nous les séparatistes.

Si ces attaques racistes et ces meurtres impunis sont possibles, dans ce pays des droits de l’Homme, c’est que les racisés sont encore faibles dans la défense de leurs droits, sont fortement divisés et inorganisés, sont encore restés dans le verbiage et l’incantation. Par les mobilisations qu’elle a soulevées, Assa TRAORE a montré le chemin. Seule une démarche citoyenne résolue, peut contraindre les fachos à nous respecter. Aussi, une manifestation est prévue le samedi 5 septembre 2020, à 14 heures, devant le siège de Valeurs actuelles, 24 rue Georges Bizet, à Paris 16ème, métro Georges V, ligne 1.  Il faudrait aussi commencer à engager une action résolue contre CNEWS avec les prêches racistes d’Eric ZEMMOUR. Mme Danièle OBONO va engager une action judiciaire contre «Valeurs actuelles», tout le monde sera sur les ponts pour la soutenir, matériellement et moralement.

Pourquoi tant de haine et d’injustices à l’égard des racisés et des faibles ?

Si le privilège de l’Homme blanc perdure, c’est que le racisé n’a pas encore fait sa révolution mentale ; il a, en raison de son autolimitation, intégré cette mentalité colonialiste et esclavagiste qui le diminue : «L’obstacle dressé par l’hégémonie culturelle des Blancs est donc aussi intérieur : c’est un regard aliénant imprimé au fond de soi et dont il faut se défaire, ce qui exige une révolution mentale qu’il apparente à la difficile ascension d’une montagne escarpée» avait dit Langston HUGUES, dans son fameux article de 1926, sur «The Negro Artist and the Racial Mountain».

Albert MEMMI (1920-2020), un extraordinaire défenseur des opprimés et des dominés, et qui vient de nous quitter, a établi une relation très étroite entre le racisme et l’oppression, notamment coloniale : «Le racisme est la dévalorisation profitable d'une différence» ou, plus techniquement, «le racisme est la valorisation, généralisée et définitive, de différences réelles ou imaginaires, au profit de l'accusateur et au détriment de sa victime, afin de légitimer une agression», écrit Albert MEMMI. En effet, le Ministre de l’intérieur, Moussa DARMANI, dans ses outrances verbales, devenu VRP du Rassemblement national, et pourtant accusé de viol, et pour se faire oublier, évoque «l’ensauvagement de la société». Lui, dont les ancêtres sont Algériens, n’a-t-il pas honte d’utiliser le vocabulaire des fachos ?

Il va falloir lutter pour une Maison d’Afrique à Paris afin d’accompagner les racisés sur les chemins de l’excellence, de sortir de l’exclusion et de la marginalisation. Aussi, je demande plus que jamais à tous les jeunes de s'inscrire sur les listes électorales. 2021 c'est l'année des régionales et 2022 c'est les présidentielles. Il faudrait combattre sans relâche ce racisme institutionnel et systémique ainsi que ces violences policières. «Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour laquelle il est prêt à mourir, il ne mériterait pas de vivre» disait Martin Luther KING. L’art doit être un moyen d’expression personnelle et un chemin vers l’élévation de l’esprit tandis que la propagande des dominants «perpétue la position d’infériorité d’un groupe alors même qu’elle la combat en ce qu’elle s’exprime dans l’ombre d’une majorité dominante qu’elle apostrophe, cajole, menace ou supplie» écrit Alain LOCKE dans son livre «Le rôle du Nègre dans la culture des Amériques».

Par conséquent, nous ne plierons pas, nous ne céderons pas, nous ne rendrons pas les armes, devant nos exigences légitimes, pour l’égalité réelle, la Justice, la Fraternité, la Solidarité et le bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

En fait, cet acharnement permanent contre les racisés occulte, gravement, les enjeux majeurs de notre temps, à savoir la violence et la prédation des gens du château à l’encontre de tous les faibles. Il n’y a pas si longtemps que cela, dans les différents mouvements sociaux, des Gilets Jaunes, pour la défense des retraités et des chômeurs, la Macronie inauthentique, dans ses réformes injustes, voulait davantage fragiliser les pauvres et cajoler les riches. Et voila qu’avec cette pandémie, les valeurs essentielles de la vie et la santé triomphent et les milliards, comme par enchantement sortent, à profusion. Plus de limites au déficit budgétaire !

Par conséquent, le vrai problème de notre temps, loin d’être les immigrés, les pauvres et les racisés, est celui de la construction d’une société plus juste, fraternelle, et harmonieuse, sans laquelle leurs profits s’envoleront, comme de la fumée. Nous avons donc, tous ensemble, de grands défis à relever dans cette belle France républicaine :

- vaincre cette cochonnerie qui menace la vie, la santé, l’économie et le risque de re-confinement, avec 12 millions d’enfants dans les écoles est grand avec un chômage de masse ; HITLER était venu au pouvoir en 1933, à la suite de la dépression de 1929, à l’époque les boucs-émissaires étaient les communistes, les invertis, les francs-maçons et les Juifs ;

- sauver l'économie et réindustrialiser ce pays en relocalisant les entreprises et aider à une agriculture performante, défendre et promouvoir l’environnement ; c'est dans ce contexte que la régularisation des sans-papiers a un sens. Cette crise a montré que ce pays ne pouvait pas produire, suffisamment, des masques, des produits hydroalcooliques, les respirateurs manquent dans les hôpitaux et les laboratoires pour les tests du COVID-19 sont débordés ;

- abroger toutes ces réformes injustes qui ne sont que suspendues ; Notre vie et notre santé vaut mieux que leurs millions ;

- mettre fin à ces guerres locales et coloniales ruineuses et injustes ; le cas du Mali est édifiant, l'opération Barkhane n'a fait que plonger davantage ce pays dans le Chaos ;

- réorienter la politique africaine de la France en Afrique dans le sens d'une coopération mutuellement avantageuse et en cessant de soutenir ces régimes monarchiques et préhistoriques qui font monter un sentiment antifrançais en Afrique. La France, concurrencée par la Chine, est un partenaire historique de l'Afrique et doit y rester ;

- promouvoir le bien-vivre ensemble dans le respect mutuel ; le multiculturalisme est une donnée majeure de notre temps. On ne partira pas, autant vivre ensemble harmonieusement.

Paris le 29 août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Solidarité avec Danièle OBONO : pour l'égalité réelle et contre ce racisme institutionnel et systémique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 12:00

Acteur de cinéma, particulièrement talentueux, Chadwick Aaron BOSEMAN, né le 29 novembre 1976, à Anderson, en Caroline du Sud, est mort, prématurément, du cancer du côlon, le 28 août 2020, à Los Angeles.

Depuis le début de sa carrière en 2003, Chadwick BOSEMAN est surtout connu pour avoir joué dans des séries télévisées, comme «Les Experts», «Lie To Me» ou encore «Fringe». Après un petit rôle dans «The Express» en 2008.

Très tôt, il s’est fait remarqué dans ses interprétations de Jackie ROBINSON (1919-1972), le drame sportif 42. Ce film de Brian HELGELAND, en 2013 retrace la vie et l’intégration dans la ligue de baseball de cette légende noire du football américain, Jackie ROBINSON qui est le premier à avoir joué dans de grands clubs. En 1945, le riche propriétaire des Dodgers de Brooklyn, Branch RICKEY, décide qu’il est temps qu’un jour noir puisse évoluer avec des blancs. Il recrute alors Jackie ROBIN, un joueur électrisant, rapide et cogneur. Jackie est aidée par son épouse Rachel et un journaliste noir pour surmonter les obstacles de la ségrégation raciale et démarre en 1947 avec les Dodgers. Par conséquent, l'histoire se déroule en pleine ségrégation raciale, et nous montre le parcours difficile de Jackie ROBINSON pour se faire accepter dans un milieu raciste, et devenir plus tard un symbole pour l'égalité sociale. Jackie ROBINSON a un jeu intuitif et rapide, la formidable aptitude à dépasser d'insultes racistes des spectateurs et des autres joueurs ; ce qui a fait de lui le pionnier, le leader, et un représentant héroïque des noirs américains. Il a ouvert la voix, dans un sport maintenant composé à 70% de Noirs.

Chadwick BOSEMAN interprétera, en 2014, le rôle de James BROWN, un biopic musical «Get on Up». Il a failli refusé ce rôle, ne souhaitait pas «interpréter à nouveau une personne réelle, encore moins une aussi iconique». Il a donc appris à «être James Brown». Chadwick est complètement devenu le personnage de James BROWN, mélangeant la Soul et le Funk, en saisissant sa voix rauque et râpeuse. La société de production de Mick JAGGER est à l’origine de biopic «J’ai volé à James Brown tout ce que j’ai pu» dira Mick JAGGER, un musicien fasciné et fortement influencé par James BROWN. Spike LEE pressenti pour diriger ce film l’a abandonné en 2012 au profit de Tate TAYLOR, le réalisateur de «la couleur des sentiments». C’est un film sans concession sur la vie de James BROWN, ses côtés sombres, ses moments de violence, ses abus de drogue et ses relations explosives avec ses musiciens : «J'ai rencontré beaucoup de membres de sa famille. Ils avaient envie de montrer tous les aspects de James et on en a beaucoup parlé avec eux. On a même regardé le film tous ensemble et ils réagissaient en direct. Les génies sont souvent des personnages complexes» dit Tate TAYLOR, le réalisateur.

Le film montre l’enfance de James BROWN (1933-2006) où il vit avec un père violent et encaisse l'absence de sa mère, puis l'on suit James BROWN pendant ses premiers gospels et jusqu'à ses immenses succès, «I Got You», «I Feel Good», «Please, Please, Please» ou «Get Up» ou «I Feel Like Being a Sex Machine». James BROWN ou Mister Dynamite, est «un personnage complexe, politique et si important dans la musique» dira Chadwick BOSEMAN. En effet, James BROWN est décrit par ses détracteurs comme étant comme un génie capricieux et hors de contrôle. «J'ai essayé de ne pas penser à son importance historique, explique l'acteur, mais j'ai voulu comprendre qui était cet enfant de Caroline du Sud, abandonné par ses parents, délinquant juvénile… Et de voir comment il devient cette homme que l'on respecte pour sa musique et qui nous intrigue politiquement» dit Chadwick BOSEMAN. James BROWN est un personnage de Groove, un danseur sexy sur scène : «J'ai mis deux mois à me prépare. Chaque jour, j'avais des cours de danse, au début trois heures par jour, puis jusqu'à cinq heures de répétition quotidienne. J'écoutais de la musique toute la nuit» dit Chadwick BOSEMAN.

Le film montre aussi l’engagement de James BROWN, aux côtés de la communauté noire, la scène plus importante du film est celle des émeutes de Boston. Engagé contre la guerre au Vietnam, James BROWN rendu hommage à Martin Luther KING assassiné le 4 avril 1968, «L’Amérique a perdu à ce moment-là son meilleur ami, et une majorité d’Américains ne s’en rendait même pas compte» dit l’artiste. «Vous êtes un grand homme, vous avez fait des choses incroyables, mais je ne vous suis pas sur la non-violence. Si quelqu’un me bat, je le bats à mon tour» ajoute James BROWN. En effet, au lendemain de l’assassinat de Martin Luther KING, l’artiste James BROWN empêche les jeunes de la ville d'entrer en conflit avec la police. «C'était important pour moi de montrer que ces gamins avaient une expérience émotionnelle de l'assassinat de King, et ils avaient besoin de Brown pour traverser cette épreuve, pour les aider. Je voulais qu'on comprenne toutes les implications de cette scène. James Brown était un penseur libre et je voulais que ça se ressente. Les Afro-Américains ont une histoire qui a des milliers d'années et qui s'est perdue dans l'esclavage. Il faut essayer de se retrouver une place, de progresser, de s'élever dans la société contre une culture opprimante. C'est ce que représente sa musique» dit le réalisateur.

En 2017, Chadwick BOSEMAN jouera, sous la direction de Reginald HUDLIN, le rôle du juge Thurgood MARSHALL, premier juge noir à la Cour suprême des Etats-Unis, dans «Marshall, la vérité sur l’affaire Spell». Dans ce film, alors qu’il est encore avocat de la NAACCP, et que l’Amérique est encore confrontée à ses démons de la ségrégation raciale, Thurgood MARSHALL est envoyé dans un Connecticut conservateur et raciste, afin de défendre un chauffeur noir dans un très public procès pour agression sexuelle et tentative d'assassinat. Marshall se voit associé à Samuel FRIEDMAN, un jeune avocat juif qui n'a jamais défendu un client. Ensemble, ils luttent contre une vague de peur et de préjugés, mais parviennent à découvrir la vérité dans ce procès dramatisé qui annonce le Mouvement des Droits Civiques à venir. Une défense se dresse habilement autour de ce dernier et nous redécouvrons les vestiges de l’esclavage, à savoir une inégalité morale et éthique. Thurgood Marshall vient alors de la Cour Suprême afin de soutenir devant celle qui décidera du sort de SPELL. La justice est impartiale sur le plan théorique ; Ce que le duo combat, c’est le préjugé. Il est difficile d’obtenir Justice alors qu’une ethnie porte un lourd fardeau, l’asservissement du Noir depuis la nuit de l’esclavage. On sent le système oppressif mis en place contre les Noirs qui ont du mal à se faire entendre.

En 1954, Thurgood MARSHALL, alors qu’il était avocat, avait plaidé, avec brio, devant la Cour suprême dans l’affaire historique «Brown v. Board of Education» qui allait mettre fin à la ségrégation dans les écoles publiques aux États-Unis. Grand nom du mouvement en faveur des droits civiques et juriste éminent, Thurgood MARSHALL (1908-1993), né dans un quartier pauvre de Baltimore, a été le premier Noir américain à siéger à la Cour suprême, à partir du 2 octobre 1967. «L’enfant d’une mère noire né dans un État comme le Mississippi  a exactement les mêmes droits qu’un bébé blanc né dans la famille la plus nantie des États-Unis. Ce n’est pas le cas, mais je défie quiconque de dire que ce n’est pas objectif qui mérite des efforts» avait-il dit en 1988.

Mais Black Panther, en 2018, avec la musique du sénégalais, Baaba MAAL, que Chadwick a littéralement conquis la planète. Chadwick avait incarné le personnage T’Challa, un super héros noir, souverain du royaume imaginaire, d’Afrique Equatoriale, du Wakanda. Les Wakandais vivent sur un gigantesque gisement de vibranium, métal aux propriétés merveilleuses qui leur a permis de développer une technologie dépassant de loin celles des pays les plus développés. Depuis des temps immémoriaux, le roi du Wakanda reçoit, en même temps qu’il monte sur le trône, des pouvoirs surhumains qui font de lui, quand le besoin s’en fait sentir, un guerrier quasiment invincible, «Black Panther». T’Challa vient de succéder à son père assassiné par un terroriste international, et affrontera plus d’épreuves qu’Hamlet et Winston CHURCHILL réunis.

Chadwick BOSEMAN à la veille des présidentielles américaines, compte tenu des violences policières contre les Noirs et des menaces d’un deuxième mandat de Donald TRUMP, a laissé dans une vidéo son testament : il a exhorté  les jeunes d’aller voter le 3 novembre 2020.

Paris le 29 août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Chadwick Aaron BOSEMAN (1976-2020), héros du film Black Panther» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 11:59

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 16:22

Solidarité avec Danièle OBONO : contre ce racisme institutionnel et systémique

Je demandais dans mon post il y a de cela quelque temps que tous les Républicains sincères dénoncent ce racisme institutionnel et systémique ainsi que cette mentalité colonialiste et esclavagiste. Les racistes ne sont pas nombreux, mais ils font beaucoup de bruit. Pour cette vaste majorité de Républicains, ne rien dire, c'est être complice de ces crimes et délits : «A la fin, nous ne nous rappellerons pas les mots de nos ennemis, mais le silence de nos amis» avait dit, fort justement, Martin Luther KING.

En effet, le racisme n'est pas une opinion, mais un crime qui légitime les violences policières ayant tué 113 de nos jeunes et 53 personnes ont été brûlées vives, dans des squats, à Paris entre 1983 et 2005, sans aucune enquête sérieuse. Or il y a bien des mots qui tuent. Aux États-Unis, des suprématistes amis de Donald TRUMP avaient assassiné des Juifs pendant des offices religieux. Tout récemment dans l'affaire du 23 août 2020 à Kenosha dans le Wisconsin où, Jacob BLAKE, un jeune Noir a reçu 7 balles dans le dos, c'est un jeune partisan de Donald TRUMP qui a tué avec une arme de guerre 2 manifestants. Pas un seul mot de compassion de Donald TRUMP qui a passé son temps à dénigrer les manifestants qui réclamaient Justice.

En France, depuis l’affaire George FLOYD, on essaie de nous convaincre que la ségrégation raciale n'existerait qu'aux États-Unis ; car la France pays des droits de l'homme avec son message universel serait au-dessus de tout cela. Force est de constater que nous vivons dans une démocratie ethnique. La première barrière à tomber est la reconnaissance du Rassemblement national, comme parti respectable et qui inocule son venin de la haine à longueur de journée. Le plus grave est que cette libération de la parole raciste, s'est accompagnée d'un déni permanent de ce fléau, mais aussi de calomnies permanentes à l'égard des racisés. Ainsi, quand Lilian THURAM avait protesté contre ceux qui nous traitaient de singe dans les événements sportifs, il a tout de suite qualifié de «raciste antiblanc». C'est le monde à l'envers. La députée, Danièle OBONO, a été aussi affublé du qualificatif de «singe bonobo». Je n'oublierai jamais ce projet de loi sur la déchéance de la nationalité qu'avait initié François HOLLANDE, dont la responsabilité dans la dégradation des valeurs républicaines est lourde.

Maintenant tout le monde nous tape dessus, sans retenue et sans aucune honte. Certaines d'information comme BFMTV et CNews, à longueur de journée, nous bavent dessus. Le Point et Valeurs actuelles ça pue le racisme. Oseraient-il, un seul instant, insulter ainsi la communauté juive ?

Pour le Directeur de «Valeurs actuelles», la stratégie était de montrer que  «les indigénistes», comme la députée Mme OBONO, cacheraient la responsabilité des Africains dans la traite des esclaves. Ce qui constitue une forme d’acquittement au bénéfice du doute le commerce triangulaire organisé par les Occidentaux, et au nom de la Chrétienté, de la supériorité de la culture européenne, «Valeurs actuelles» étant un journal d’extrême-droite, assumé. Devant ce procès d’intention manifestement raciste, la condamnation de la classe politique est unanime, même le président MACRON qui avait cajolé Eric ZEMMOUR, a finalement téléphoné à Mme Danièle OBONO. En effet, cette députée de la France Insoumise s’est toujours située dans le débat de fond, et contre dans les attaques personnelles.

Je suis surtout scandalisé par la stratégie du président MACRON qu'on avait élu pour sauver la République et qui fait du LE PEN sans LE PEN. Nous attendons avec détermination son projet de loi sur le séparatisme. Ce que nous réclamons est simple, c’est note juste place dans cette société à égalité de droits et d’obligations. Ni plus, mais ni moins. L’assimilation, ou la renonciation à notre identité, est largement, un concept colonial de hiérarchisation des cultures. Nous ne renonceront jamais à notre héritage culturel africain. Ce pays s’est enrichi de l’esclavage, de la colonisation, de la contribution décisive des Tirailleurs sénégalais à sa liberté, et de l’apport au sortir de la Guerre et pendant les Trente Glorieuses, pour sa survie et son redémarrage économique. La diversité culturelle, dans le respect mutuel et la rencontre avec l’autre, est une richesse. Le bien-vivre ensemble n’est pas la confrontation, la stigmatisation, les calomnies et les injures permanentes, mais la recherche, constante, mais inaliénable, de l’égalité réelle, dans la Justice, la Fraternité et la Solidarité.

La plupart des gens que je connais, et particulièrement, pendant cette pandémie, sont dans les hôpitaux, les écoles, les maisons de retraite, et assurent comme les autres la survie de la Nation, dans un contexte difficile.

On connaît le titre de cet ouvrage de James BALDWIN «La prochaine fois le feu». Il n'y aura pas de paix dans la société sans la Justice. Nous sommes décidés, dans le cadre des lois républicaines et pacifiquement, à faire valoir nos droits de citoyens. Nous sommes pas des esclaves, comme le dit explicitement, Valeurs actuelles, à l’égard de la députée Mme Danièle OBONO. Finalement, cette représentation de Valeurs actuelles de Danièle OBONO, en esclave enchaîné, a eu au moins un grand mérite de nommer la chose : aux yeux de certains nous sommes encore des colonisés et des esclaves. C'est sans doute le sens profond de ce projet de loi sur le séparatisme de la Macronie, que dénonce Danièle OBONO dans l'interview qu'elle m'avait accordé le 16 juillet 2020, 4 ans après la mort d'Adama TRAORÉ. Nos jeunes on peut les tuer sans aucune conséquence, sans Justice, et c'est nous les séparatistes.

Je demande plus que jamais à tous les jeunes de s'inscrire sur les listes électorales. 2021 c'est l'année des régionales et 2022 c'est les présidentielles. Il faudrait combattre sans relâche ce racisme institutionnel et systémique ainsi que ces violences policières. «Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour laquelle il est prêt à mourir, il ne mériterait pas de vivre» disait Martin Luther KING.

Pourquoi tant de haine et d’injustices à notre égard ?

Nous avons, tous ensemble, de grands défis à relever dans cette belle France républicaine :

- vaincre cette cochonnerie ; le risque de re-confinement, avec 12 millions d’enfants dans les écoles est grand ; tous les chiffres sont au rouge ;

- sauver l'économie et réindustrialiser ce pays en relocalisant les entreprises et aider à une agriculture performante, défendre et promouvoir l’environnement ; c'est dans ce contexte que la régularisation des sans-papiers a un sens ;

- abroger toutes ces réformes injustes qui ne sont que suspendues ;

- mettre fin à ces guerres locales et coloniales ruineuses et injustes ; le cas du Mali est édifiant, l'opération Barkhane n'a fait que plonger davantage ce pays dans le Chaos ;

- réorienter la politique africaine de la France en Afrique dans le sens d'une coopération mutuellement avantageuse et en cessant de soutenir ces régimes monarchiques et préhistoriques qui font monter un sentiment antifrançais en Afrique. La France, concurrencée par la Chine, est un partenaire historique de l'Afrique et doit y rester ;

- promouvoir le bien-vivre ensemble dans le respect mutuel ; le multiculturalisme est une donnée majeure de notre temps. On ne partira pas, autant vivre ensemble harmonieusement.

Paris le 29 août 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 


 

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29 août 2020 6 29 /08 /août /2020 16:21

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