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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 19:58

Je viens d’apprendre un peu tardivement, le décès, le samedi 3 août 2019, à Paris, à l’âge de 78 ans, du professeur Kiflé Beseat Sélassié, par l’intermédiaire de Makéda Moussa, rédactrice en chef des éditions Riveneuve Continents, à Paris 14ème. Né en 1941, à Debre Berhan, en Ethiopie, très jeune, il apprend la langue du pays, l’Amharique, sous un arbre, dit-on. Mais c’est à l’école française qu’il se familiarise avec Stendhal, Baudelaire, Rimbaud, Pouchkine, Tolstoï, Hegel et bien d’autres. A 19 ans, après son baccalauréat, il rencontre le Négus, impressionné par ses connaissances, le fait inscrire à Toulouse, en philosophie. En 1964, il poursuivra ses études à la Sorbonne. Journaliste, il a couvert les élections américaines de 1968, rencontré Martin Luther KING, et fondé une agence «Multi Média Africa» en 1970. En 1971, il remet à l’empereur Haïlé Sélassié, un mémorandum pour sa rencontre avec Mao Zé Dong. En 1974, lorsque le DERG, des militaires, prend le contrôle de l'Ethiopie, Kiflé Sélassié Beseat quitte son pays pour la France. Professeur d’université puis directeur du patrimoine de l’UNESCO, il s’est consacré à la poésie ; Il fut un précieux collaborateur de deux directeurs généraux de l’Unesco, René MAHEU et Ahmadou Mahtar M’BOW, puis, de 1999 à 2001, directeur du Fonds international pour la promotion de la culture (F.I.P.C.). «Je dois dire que la plus grande chance de ma vie, concernant l’UNESCO, était d’avoir une excellente relation de travail, totalement antibureaucratique, avec les deux hommes qui ont occupé le poste de Directeur Général de l’Organisation, Amadou-Mahtar M’BOW (1974-87) et et Frederic Z. MAYOR (1987-99). J’ai toujours de très bonnes relations avec eux » dit Kiflé Béseat Sélassié. Il avait une grande proximité avec Frederico Z. MAYOR qu’il a continué de fréquenter, jusqu’à la fin de sa vie..

Il fait partie de ceux qui ont initié le Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. En 2017, il est fondateur d’une association, «Pan-African Applied Research Initiative», (P.A.R.I), basée à Boulogne-Billancourt, près de Paris.

C’est une grande perte pour l’Ethiopie. En effet, le professeur Kiflé Béseat Sélassié, d’origine éthiopienne, était écrivain et ancien haut fonctionnaire à l’Unesco, incarnant l’indépendance et la diversité culturelle de son pays. L’Ethiopie, ce n’est pas que la famine des années 80, la guerre civile et la dictature du DERG, c’est un pays de hautes montagne, qui a résisté aux envahisseurs. Occupé provisoirement de 1936 à 1941, l’Ethiopie est le premier africain à entrer en guerre et à, aussi être libéré. Sa tante, Shewared GEDLE, qui avait organisé, avec plus de 2000 partisans la résistance à Mussolini, fut prisonnière, déportée et gravement torturée. L’Ethiopie, appelé «pays des hommes au visage brûlé» par les Anciens Grecs, (Hérodote et Homère), n’a jamais été colonisé. Terre laïc et de métissage, avec 82 langues : «Le pays appartient à tout le monde, mais la religion est une affaire personnelle» dit-on C’est un pays de tolérance, pays entouré par le Soudan, Djibouti, l’Erythrée, le Kenya et la Somalie, mais où vivent, en harmonie, catholiques depuis le IVème siècle (Ville d’Aksoum et Lalibela), musulmans (réfugiés mahométans persécutés, dès le VIIème siècle) et Juifs Falachas. L’Ethiopie, c’est la pays de la reine de Saba, mentionnée dans les écrits bibliques. La reine de Saba, à l’origine du judaïsme en Ethiopie, est décrite comme d’une beauté envoûtante, douée d'une grande sagesse ou bien comme une attirante magicienne. L'histoire de sa visite au roi Salomon est racontée dans le Livre de Rois. Attirée par la réputation de sagesse de Salomon, fils de David, roi de Jérusalem, la reine Saba se rendit en Israël à l'époque où Salomon venait d'achever son palais, c'est-à-dire à l'époque de sa plus grande gloire. Après qu'ils se furent fait de mutuels présents, la reine retourna dans ses Etats. Pendant son séjour à Jérusalem elle serait devenue la femme de Salomon ; elle retourna enceinte dans son pays, elle y accoucha d'un fils qu'elle envoya, plus tard, à Jérusalem, pour y être élevé auprès de Salomon, son père. Il y passa plusieurs années; il fut oint et sacré dans le Temple, et, en mémoire de son aïeul, il prit le nom de David. Etant de retour et parvenu à la couronne, il introduisit la religion des Juifs dans ses Etats.

C’est aussi une perte pour tous les panafricanistes et les humanistes. Militant infatigable de la cause panafricaine, défenseur de la connaissance des sociétés humaines et de la création qui les anime, il avait fait sienne la conception de l’universel d’Aimé CESAIRE : «celle d’un universel riche de tous les particuliers, approfondissement et coexistence de tous les particuliers ». C’est cette conviction qui l’animait dans les responsabilités qu’il exerça à l’UNESCO, comme directeur du patrimoine puis comme directeur du Fonds International pour la Promotion de la Culture.

Habité par un dialogue des cultures et la démarche interdisciplinaire (art, poésie, science politique, histoire, littérature), basée sur le consensus, les valeurs cardinales de la solidarité, de l’échange, du partage et de la solidarité, Kiflé Béseat Sélassié, se considérait comme un «promeneur». Pour lui, l’insolite ne doit pas être pris nécessairement pour l’insolent. Dans les relations humaines, il privilégie le dialogue au monologue. Faisant l’éloge de la différence, il fait appel à la solidarité et à l’amitié. En effet, Kiflé Béseat Sélassié avait traversé les frontières et établit un pont d’amitié avec notamment Alioune DIOP, le fondateur de Présence Africaine, l’éminent égyptologue Cheikh Anta DIOP, Ahmadou Mahtar M’BOW, ancien directeur général de l’UNESCO, l’historien Burkinabé, Joseph KI-ZERBO.  Il est aussi admirateur d’Aimé CESAIRE, qui a été invité en Ethiopie, en 1963, lors de la mise en place de l’Organisation de l’Unité Africaine.

Ancien élève du Lycée Guebre Mariam, étudiant puis maître assistant à la Sorbonne auprès de Maurice DUVERGER, et a soutenu une thèse, en 1978, sous la direction de ce professeur émérite : «Déstabilisation et dictature militaire». Il incarna sa vie durant ce que l’amitié entre l’Ethiopie et la France doit à la culture et à l’histoire. En effet, philosophe, historien, homme de lettres, il fut un amoureux passionné de la culture française et l’un des meilleurs connaisseurs de la poésie d’Arthur RIMBAUD qui a vécu 10 ans en Ethiopie, à Harar, une ville millénaire classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, à 500 kilomètres à l’est de la capitale Addis Abeba. Arthur RIMBAUD est arrivé en décembre 1880, à 26 ans, dans cette cité musulmane alors sous tutelle égyptienne. Il avait abandonné la poésie pour se consacrer aux voyages en Europe, et au négoce au Moyen-Orient et en Afrique. Arthur RIMBAUD, marié à une éthiopienne, a vendu des armes au roi du Choa Ménélik et a suggéré la construction du chemin de fer, pour la modernisation du pays.

Kiflé fut à l’initiative d’un film sur Arthur RIMBAUD : Farendj, avec Bruno HELD, et la réalisatrice Sabrina PRENDCZINZ. C’est l’histoire d’Anton, écrivain en mal d’inspiration, vivant avec Julie, doctoresse qui travaille pour une organisation humanitaire. Seul, pendant quelques jours, en Ethiopie, Anton erre dans les rues de Harar. Une maison RIMBAUD, baptisée «Rimbo House» est ouverte, et il chemine sur les traces de RIMBAUD. Kiflé et d’autres scénaristes, comme Robert de NIRO, participèrent à l’écriture du scénario. Ce film obtient la caméra d’or à Cannes, la Tulipe d’or à Istanbul, et fit le tour du monde, avec un grand succès international. 

Dans un article paru dans le Courrier de l’Unesco, il a établi la solide relation entre Pablo PICASSO et l’Afrique : «Picasso parle, il peint plus qu’il ne le dit. En cela il est déjà un véritable initié, au sens africain du terme. L’initié est, en effet, dans la tradition des cultures africaines, un disciple suffisamment persévérant et méritant pour que l’esprit des ancêtres lui dévoile et lui transmette le sens des symboles de la connaissance de l’homme et de l’univers. C’est en partant des sculptures et masques d’Afrique que Picasso découvrit, comme une «révélation», les influences cachées et souterraines, antérieures et postérieures aux étapes africaines dans son œuvre féconde et variée» écrit-il.

Béseat Kiflé Sélassié disait : «Quand je mourrai je voudrai être Ethiopien à 100%, Africain à 100 % et citoyen du monde à 100 %». Tel est l’héritage combien actuel de ce panafricaniste ouvert sur l’universel. «Il constituera à cet égard un précieux viatique  pour toutes celles et tous ceux que la dignité de l’Afrique et de chaque humain préoccupe» écrit Lazare V KI-ZERBO. «L'Ethiopie, l'Afrique et le monde ont assurément perdu un intellectuel, un humaniste et un diplomate qui a dédié sa vie à un idéal d'humanisme, de justice et de beauté» écrivent Annick GOUBA-GUIDAL et Jacques-Elie CHABERT, dans une chronique du journal le Monde-Afrique du 13 août 2019.

Bibliographie très sélective

KIFLE SELASSIE (Béseat), «Convaincre, contrôler ou contraindre ? systèmes et mécanismes de contrôle du pouvoir en Afrique», Présence Africaine, 1983, 3-4, n°127-128, pages 79-113 ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), «De l’identité culturelle africaine» in L’affirmation de l’identité culturelle africaine et la formation de la conscience nationale dans l’Afrique contemporaine, Paris, Unesco, 1981, spéc pages 33-57 ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), «Itinéraires africains chez Picasso», Le Courrier de l’Unesco, 1980, vol XXXII, pages 29-31 ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), «La dimension culturelle des futures relations entre l’Afrique et l’Amérique : l’essentiel et l’accessoire», in L’Afrique, entre l’Europe et l’Amérique, dans la rencontre de deux mondes : 1492-1992, Paris, Unesco, 1995, spéc pages 169-185 ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), «Luttes des classes ou : Luttes des places ? regard sur les mouvements étudiants éthiopiens de 1900 à 1975», in Le rôle des mouvements d’étudiants africains dans l’évolution politique et sociale de l’Afrique de 1900 à 1975, Paris, Unesco, 1993, spéc pages 157-174 ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), AGUESSY (Honorat), CONTEH (Sorie), DIOP (Cheikh Anta), L’affirmation de l’identité culturelle et de la formation de la conscience nationale dans l’Afrique contemporaine, Paris, Unesco, 1981, 236 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), compte-rendu de lecture sur BORER (Alain), MONTEGRE (Andrée), Arthur Rimbaud : œuvre-vie, Paris, Arléa, 1991, 1338 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Des monologues au dialogue, Paris, Unesco, 1984, 54 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Déstabilisation et dictature militaire, thèse de science politique, sous la direction de Maurice Duverger, Paris, 1978, 136 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Différence et solidarité au carrefour de la notion de race dans l’histoire, Paris, Unesco, 1978, 31 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Impact de la culture traditionnelle sur le devenir de l’Afrique contemporaine, Paris, Unesco, 1977, 15 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), L’essentiel et le marginal : l’échange des connaissances et les dimensions culturelles dans le processus de développement endogène, Paris, Unesco, 1983, 71 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), La jeunesse africaine et ses valeurs culturelles : l’exemple éthiopien, Paris, Unesco, 1974, 16 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Naissance et développement de la notion de race dans les consciences culturelles non-européennes, Paris, Unesco, 1978, 36 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Nuit et grêle, poésie, Paris, Nubia, 1981, 80 pages ;

KIFLE SELASSIE (Béseat), Plus n’est mieux : L’opinion publique occidentale et les événements éthiopiens de février à décembre 1974 : le cas de la France et de la Grande-Bretagne, mémoire maîtrise Sciences et Techniques des Médias, Université Paris-Sorbonne, 1971, 111 pages.

Paris, le 12 août 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Le professeur Kiflé Béseat Selassié, le dernier des grands Mohicans» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Le professeur Kiflé Béseat Selassié, le dernier des grands Mohicans» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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12 août 2019 1 12 /08 /août /2019 19:56

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9 août 2019 5 09 /08 /août /2019 22:01

Je suis très surpris de la relative discrétion de notre presse, souvent tapageuse et légère, à l’occasion de la mort du cinéaste et écrivain, Jean-Pierre MOCKY, le jeudi 8 août 2019. Pour Johnny HALLIDAY, qui doit encore 10 millions d’euros au fisc, et on ne sait pas encore s’il est américain, Suisse, monégasque, Belge ou Français, c’est un tintamarre assourdissant et pénible, précédé d’un hommage national. Accusé d’un viol, Johnny n’a jamais été inquiété par la Justice. Mais gare aux sans-papiers, le tarif, avant de fixer la destination, c’est 3 mois au gnouf.

En fait, Jean-Pierre MOCKY, cet anarchiste et artiste peu conventionnel : «Mocky, seul contre tous. En voila un qui voulait crier qu’il était libre. Libre de créer, d’écrire, de tourner et de jouer comme il le voulait. Mocky, seul contre tous, mais toujours debout. Comme un bras d’honneur à tous les bien-pensants, qui l’ont crucifié, trop tôt, le voila qui danse, l’enfant bâtard du cinéma français, le génie oublié qui se fout des conventions» écrit la revue «Ciné Bar 5», mai 2017. En effet, ce qui met en colère MOCKY «Ben c’était l’injustice déjà, l’hypocrisie, l’injustice, je voyais des types qui étaient hypocrites, qui ne disaient pas la vérité, les gouvernements, on voyait tous ces politiciens véreux, essayant d’avoir des avantages de leur situation plutôt que d’aider les gens» dit-il. Inspiré du multiculturalisme et du bien-vivre ensemble, Jean-Pierre MOCKY déteste les gens à l’esprit étriqué, les fachos : «Que je n’aime pas beaucoup parce que ce sont des gens qui n’ont pas beaucoup d’intérêt, ces petits bourgeois. Il y en a beaucoup en France. C’est même la partie la plus importante de la population, c’est le petit bourgeois, le petit Français moyen. En plus quand il revient de l’étranger, en fait il est en quelque sorte émigré. On parle des émigrés, des cartes de machin… Français ou pas Français, etc…mais il y a énormément de Français qui sont naturalisés, qui ne sont pas vraiment Français mais qui sont devenus Français» dit-il. Jean-Pierre MOCKY, cette grande gueule, reconnaît qu’il détonne dans le paysage politique français : «La France d’aujourd’hui me rappelle l’Union soviétique de l’époque du rideau de fer. Notre pays est devenu celui des interdits, des tabous. On ne peut plus aussi librement s’exprimer qu’avant, sous peine de froisser le politiquement correct» écrit dans «Je vais encore me faire des amis !».

Râleur, marginal, franc-tireur et provocateur, «Jean-Pierre Mocky est l'un des réalisateurs majeurs du cinéma français en même temps que l'un des plus originaux, indépendants et contestataire» écrivent Laurent BENYAYER et Philippe SICHLER. Par conséquent, le cadavre de Jean-Pierre MOCKY n’est pas exquis pour ceux qui ceux qui cirent les pompes des gens du château qui s’empiffrent de homards : «C’est un utopiste à la manière des vieux républicains fouriéristes, qui pense que la société devrait être fondée sur la morale et sur la vérité, qui croit à la mutualité universelle, et qui ne peut se consoler de la méchanceté des homme» écrit la revue «Boulevard Voltaire» dans son édition du 9 août 2019. Dans son hommage, le Ministre de la Culture, Franck RIESTER, a eu la main plus heureuse que Mme Muriel PENICAUD «Jean-Pierre Mocky donnait souvent l’image d’un provocateur au verbe haut. Il s’enflammait vite. Mais le feu qui l’habitait, et qui se manifestait souvent sous les dehors de la colère, était aussi et d’abord celui de la passion» écrit-il, fort justement. Aussi, la contribution artistique ce cinéaste, avec plus de 60 films reflète bien la conception qu’il avait de la vie, à la fois grave et dérisoire, tendre, sarcastique et distanciée.

Jean-Paul MOKIEJEWSKI, alias Jean-Pierre MOCKY, fils unique, est né, officiellement, le 6 juillet 1933, à Nice. Mais son état civil a été modifié pendant l’Occupation, sa date de naissance exacte est le 6 juillet 1929. Son père, Adam MOKIEJEWSKI est un Juif Tchétchène, né en 1896, un militaire d’un corps d’élite ayant regagné la Pologne, où il épousa une catholique, issue d’une famille très aisée, Janine ZYLINSKA. Son père engagé dans l’Armée polonaise, pendant la Première guerre mondiale, rejoint, en 1922, comme certains Russes blancs, fortunés : «Mon père était un jouisseur. Joueur et ivrogne patenté, il dilapida la fortune de ma mère sur les tables de bridge, puis en se procurant à prix d’or des caisses de vin au marché noir. Avec le recul, s’il ne s’était pas marié par intérêt» dit-il.

«Mes parents sur la paille, il me fallut trouver très tôt pour subvenir à nos besoins» écrit-il dans son autobiographie. A 13 ans, il trouve un emploi saisonnier ; il surveillait la baignade d’enfants des riches du Grand hôtel, à Nice. Inscrit à la faculté de médecine, sur insistance de sa mère, il fait aussi le taxi. Mais, un jour, son destin bascule vers le cinéma : «Justement là je suis dans un taxi en ce moment, et en fait quand j’ai débuté ma carrière j’étais étudiant en médecine et j’étais en même temps taxi le soir pour gagner ma croûte. Je faisais la nuit. Et un jour j’ai chargé un grand acteur, Pierre Fresnay il s’appelait, et il m’a tiens t’a une gueule toi, tu pourrais tourner, tu pourrais faire des films, tu pourrais jouer. Et il m’a filé un rôle dans un truc. Si je n’avais pas été taxi peut-être que je ne serais pas là dans votre taxi aujourd’hui parce que peut-être que j’aurais fait autre chose. J’aurais fait de la médecine» dit-il. Jean-Pierre commence d’abord par être acteur avant de devenir réalisateur : «J’ai tourné avec des Américains, avec Robert Mitchum, Chez Orson Welles j’ai tourné avec Burt Lancaster. J’ai fait beaucoup de films, que ce soit avec des Américains, des Français, des Allemands, des Italiens, et puis un jour je me suis dit ben il vaut mieux que je sois derrière la caméra, je vais avoir plus de plaisir à diriger des gens et puis voilà je suis devenu metteur en scène et puis après je suis redevenu acteur dans mes propres films, ce qui fait que finalement j’ai tout fait, j’ai fait l’acteur sans être metteur en scène, ensuite l’acteur en étant metteur en scène» dit-il.

Homme à femmes, Jean-Pierre MOCKY se targue d’avoir eu, au moins 700 conquêtes : «Aimer, j’en ai aimé aucune mais j’en ai connu beaucoup, parce que dans ce métier qui est un métier de cinéma on attrape des filles comme on peut cueillir des fleurs dans un champ. C’est-à-dire, il y a énormément de possibilités dans notre métier d’avoir des femmes, c’est un métier ouvert si vous voulez sur les conquêtes féminines parce que toutes ces bonnes femmes veulent faire du cinéma, toutes les comédiennes qui veulent travailler, donc ce sont des proies possibles. Donc les mecs de cinéma ne s’en privent pas» dit-il à Jérôme COLIN. «J'ai été marié plusieurs fois, mais il y a aussi le «pacsage». Je me suis marié officiellement 3 fois. Et j'ai été pacsé 2 fois» dit-il. Jean-Pierre MOCKY avait au moins 12 enfants. Mais en fait, personne n’a su établir la liste exact de sa progéniture. Peut-être qu’ils se manifesteront lors de l’héritage et cela pourrait bien faire rire, notre Jean-Pierre. Il s’est marié à l’âge de 13 ans, en 1946, avec Monique BAUDIN, déjà enceinte qui lui donnera deux enfants  Frédéric et Marc : «Nous nous sommes mariés en 1946, avec dîner au Casino de Nice, mais sans photo : elle était ronde comme un ballon, il fallait la cacher» dit-il, à Paris-Match. L’actrice, Véronique NORDEY, lui donne un fils, Stanislas NORDEY, directeur de théâtre né en 1966. Il épouse par la suite, la mannequin, Marisa MUXEN, qui joue aussi dans ses films, et lui donne une fille, Olivia, née en 1977. Il vivra, sans se marier, avec Patricia BARZY, une ancienne miss France.

A sa famille, et à mes amis, Corinne BARTET et Jonathan COHEN qui l’accompagné toutes ces dernières années à l’hôpital, je présente mes sincères condoléances.

Jean-Pierre MOCKY habitait au Quai Voltaire, à Paris, mais il sera inhumé dans le caveau familial, à Saint-Prix, dans le Val-d’Oise.

Bibliographie sélective

BENYAYER (Laurent), SICHLER (Philippe), Jean-Pierre Mocky : une vie de cinéma, Paris, Néva éditions, 2018, 680 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), Cette-fois je flingue, Paris, Massot, 2006, 300 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), Entretien avec Jean-Pierre Mocky, Fennix, 172 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), Je vais me faire encore des amis, Paris, Cherche-Midi, 2015, 207 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), La longue marche, Paris, Ecriture, 2014, 224 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), Les vacances du pouvoir : Comédie politique, Paris, Michalon, 2007, 201 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), Mocky s’affiche, Paris, Christian Pirot éditeur, 2007, 310 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), Mocky soit qui mal y pense, Paris, Cherche-Midi, 2016, 167 pages ;

MOCKY (Jean-Pierre), PERRIER (Jean), PICHON (Jean-Charles), SAPIN (Louis), Les dragueurs, Fennix, 210 pages.

Paris, le 9 août 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Jean-Pierre MOCKY (1933-2019), un artiste peu conventionnel» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 19:37

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6 août 2019 2 06 /08 /août /2019 19:26

«Grâce à elle (Toni MORRISON) les Noirs ont enfin pu entrer par la grande porte dans la littérature» écrit Mme Muriel PENICAUD, Ministre du Travail. S’agit-il là d’un coup de mépris, digne des préjugés initiés par Nicolas SARKOZY estimant que «l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire» ? Ou s’agit-il d’une méconnaissance profonde de la riche histoire littéraire du peuple noir, toujours niée, méprisée et occultée, en raison de la hiérarchisation des cultures ? J’enverrai, sans tarder, à Mme Muriel PENICAUD, un exemplaire de mon nouveau livre «l’Afrique et sa diaspora» relatant, notamment, le mouvement «Harlem Renaissance» initié par W.E.B du BOIS (188-1963), dans son ouvrage «les âmes du peuple noir». Le mouvement Harlem Renaissance, se revendiquant de la culture africaine, est également un précurseur de la Négritude dans les années 30 à Paris. Le chef de file de ce courant littéraire est Langston HUGHES (1902-967), un poète exceptionnel qui aurait mérité le prix Nobel de Littérature, bien avant Toni MORRISON. En pleine ségrégation raciale, et dans les années 20, les tenants du courant dit Harlem Renaissance avaient choisi de s’installer en France. Il s’agit notamment de Claude McKAY (1889-1948), autour de Banjo, il situe ses personnages à Marseille, autour d’un bar fréquenté par des Sénégalais, de Chester HIMES (1909-1984) et de Richard WRIGHT (1908-960). Harlem Renaissance dépasse le courant littéraire puisque des musiciens ou artistes, comme Joséphine BAKER (1906-1975) l’ont soutenu. Cet amour de la France a été perpétué notamment par James BALDWIN, qui a vécu en France de 1948 à 1987, débarqué d’abord à Belleville, dans mon 19ème arrondissement, il meurt à Saint Paul de Vence. Cette tradition littéraire est perpétuée, de nos jours, par Ta-Nehisi COATES, 43 ans, journaliste de Baltimore et auteur d’une «colère noire», qui vit, depuis plus de 2 ans, avec sa famille, près de la Place de la République, à Paris. Je suis donc effrayé de voir que nous vivons côte à côte, sans vraiment vivre ensemble. Ma contribution littéraire portant sur le bien-vivre ensemble et le patrimoine culturel des Noirs et de leurs diasporas, une connaissance m’a dit l’autre jour : «arrête de parler de cela, tu agites le chiffon rouge ; ça va faire monter le Front National». Mais j’ai toujours pensé que nos différences sont aussi nos richesses ; il faut apprendre à se connaître et à se respecter, mutuellement.

«Toni Morrison était un trésor national, aussi bon conteur, captivant, en personne qu’elle figurait sur la page. Son écriture était un défi magnifique et significatif pour notre conscience et notre imagination morale. Quel cadeau de respirer le même air qu'elle, ne serait-ce que pour un temps» écrit Barack OBAMA, à l’occasion du décès de Toni MORRISON, prix Nobel de littérature, en 1993. Toni MORRISON écrit pour aider les Noirs et les opprimés à voir avec leurs propres yeux : «Je me documente énormément pour chacun de mes livres, afin de développer une compréhension de la réalité qui ait de multiples facettes, pas seulement celle qui m’arrange. Je trouve toujours intéressant de regarder les choses à l’envers, pas seulement comme on vous dit qu’elles doivent être. Lorsque j’ai écrit Beloved, les femmes se battaient pour qu’on leur reconnaisse le droit de ne pas avoir d’enfants en ayant accès à la contraception et à l’avortement. À l’époque de l’esclavage, c’était le contraire. La liberté de Sethe, mon personnage, consistait à vouloir assumer la responsabilité de son enfant jusqu’à lui ôter la vie, pour lui épargner l’asservissement auquel il était promis» dit-elle. Pour elle, l’écriture, c’est exercer sa liberté : «Je n’écris pas seulement parce que je sais le faire. L’écriture est le seul endroit au monde où je me sens libre. Souvent, je commence lorsque je suis déçue par la marche du monde, et l’écriture agit alors comme un tampon.” C’est aussi une manière “d’aller à la guerre”, ajoute-t-elle : quand on est fâché, il ne faut surtout pas se taire» dit-elle.

Représentante fidèle de la culture et de la conscience noires, Toni MORRISON était révoltée contre ces assassinats de nos jeunes, pudiquement appelés «bavures policières» : «Je veux voir un flic tirer sur un adolescent blanc et sans défense. Je veux voir un homme blanc incarcéré pour avoir violé une femme noire. Alors seulement, si vous me demandez : “En a-t-on fini avec les distinctions raciales ?”, je vous répondrai oui» dit-elle en 2015 à un journal londonien, «The Telegraph».

 

Toni MORRISON avait une estime considérable pour Bill CLINTON qu’elle considère comme étant le «premier président noir des Etats-Unis. Il présente toutes les caractéristiques des citoyens noirs. Un foyer monoparental, une origine très modeste, une enfance dans la classe ouvrière, une grande connaissance du saxophone et un amour de la Junk Food digne d’un garçon de l’Arkansas» dit-elle en octobre 1998.

De son vrai nom, Chloé Anthony WOFFORD, elle est née le 18 février 1931 à Lorain, dans un faubourg ouvrier, dans l’Ohio. Son père est métallurgiste et sa mère, Ramah WOFFORD, femme de ménage, avec un don pour raconter et chanter. Sa grand-mère lui parle de tout le folklore des Noirs du Sud, des rites et des divinités. Son nom de baptême Anthony, deviendra Toni, et elle gardera le nom de son mari Harold MORRISON, rencontré à Howard, en dépit du divorce. Toni MORRISON a étudié à Howard University et Cornell University : «La ségrégation était importante, en effet. J’étudiais à Howard, une université réservée aux Noirs. Il y avait un seul lieu, dans un centre commercial, en ville, où nous pouvions aller aux toilettes. Mais ça m’amusait plutôt. À l’époque, Washington était rempli de Noirs qui travaillaient pour le gouvernement. Ils constituaient une classe moyenne aisée, intellectuelle. Alors les quelques fontaines auxquelles je ne pouvais pas boire, Nous vivions entre nous, sans voir les murs qui nous entouraient» dit-elle. Toni MORRISON a soutenu, en 1955, une thèse sur le suicide chez Virginia WOOLF et William FAULKNER : «J’ai eu mon bac à 17 ans, je suis allée à la fac, j’ai adoré ça. J’écrivais alors une thèse sur William Faulkner et Virginia Woolf et leur vision respective du suicide, un échec pour lui, un acte ultime de liberté pour elle» dit-elle. La langue est  tellurique, cadencée, brutale, elle harangue l’auditoire. Elle ne ménage ni le lecteur ni les spectateurs auxquels parfois ses personnages donnent le sentiment de s’adresser. William FAULKNER et Toni MORRISON utilisent tous les deux la langue orale, leurs œuvres ont pour toile de fond la Bible, la mythologie et l’histoire violente des Etats-Unis : «Chez Virginia Woolf, ce que j'aime c'est l'usage qu'elle fait de la langue, cette économie de la langue. Chez Faulkner, ce que j'aime tout autant c'est exactement l'opposé, une espèce de foisonnement, la répétition des choses mais justement ça avait un petit goût du Sud. Ça me rappelait en effet des choses que je pouvais reconnaître, auxquelles je pouvais m'identifier et qui s'apparentaient aux récits que l'on racontait dans ma famille» dit-elle.

 Toni MORRISON, fille d’un soudeur, enfant d'un couple qui a quitté le Sud pour échapper au racisme. Installés dans une petite ville du Midwest, qu'elle désigne comme échappant au cliché, puisqu'elle n'est ni ghetto, ni plantation, les parents élèvent leur fille dans l'amour des histoires et la transmission du folklore qui font parler les arbres et les revenants, et nourrissent les affluents du fantastique qui irriguent toute son œuvre : «Cet héritage ne m'intéressait pas le moins du monde tant que je ne m'étais pas mise à l'écriture. Ce qui me plaisait, c'était cet univers familial avec ses idiosyncrasies et toutes les histoires que l'on se racontait. Ce n'est qu'après quand je me suis mise à rechercher dans la littérature ce silence et cette absence que je ressentais de façon très forte qui affectaient mon peuple, et j'ai commencé à vouloir remplir ce silence et cette absence avec mes propres souvenirs» dit-elle. Toni MORRISON, inscrite ainsi dans la filiation de FAULKNER, a développé comme thèmes principaux l’esclavage, la couleur de peau, la malédiction, l’amour, la tristesse et la solitude, ainsi que la double condition de noire et de femme américaine.

Passionnée par la littérature, elle part à Washington en 1949 où elle s'inscrit à l'université Howard, alors réservée aux Noirs. Marquée par l'expérience du racisme, Toni MORRISON a grandi à une époque où la ségrégation était toujours en vigueur. Lorsqu'elle arrive à Washington en 1949, les bus portent encore des panneaux «réservés aux personnes de couleur» : cette séparation ne sera abolie légalement qu'en 1964 avec la loi sur les droits civiques. Ecrivaine de la transgression, elle est en réaction contre le conformisme : «Partout dans le monde on voit émerger ses jeunes qui font quelque chose de nouveau, d'inédit. C'est cela qui m'intéresse, c'est cette nouveauté d'un langage non policé, un langage sans "flics". J'imagine que c'est cela la poésie du slam» dit Toni MORRISON.

Toni MORRISON a réfléchi, à travers «Home», sur les idées dominantes dans les années 50 : «Je crois que l’on ne peut comprendre les difficultés d’une époque et des individus qui la traversent qu’en explorant les graines semées par le passé, dont nos mémoires sont toujours porteuses malgré l’oubli ou la relecture idéalisée qu’on en fait aujourd’hui. Mais, dans le même temps, le maccarthysme faisait rage, les gens étaient persécutés pour leurs opinions. Plonger Frank Money, le héros de Home, dans ce contexte troublé me permettait d’interroger une question en effet intemporelle : qu’est-ce que la virilité dans un environnement où tout est fait pour que vous vous sentiez inférieur, émasculé, indigne ?» dit-elle. Editrice chez Random House, à partir de 1964, Toni MORRISON sera, par la suite, enseignante à l’université de Princeton, jusqu’en 2006 : «J'ai toujours pris des risques. Je n'ai jamais cru que rien n'était hors de portée. Alors devenir une éditrice a été en fait comme une prolongation de ce que j'avais fait auparavant en tant que professeure et l'écriture a été la conséquence de cette volonté d'écrire ce livre qui n'existait pas» dit-elle.

 

Toni MORRISON, mère célibataire avec deux enfants à charge, est l’auteure, notamment «The Bluest Eye», son premier roman, à 39 ans, ou l'histoire d'une jeune fille noire qui veut avoir les yeux bleus comme les autres filles blanches : «J’ai alors eu envie d’écrire autour d’une anecdote qui m’a profondément marquée. J’avais 12 ou 13 ans. Nous débattions, avec une copine, de l’existence de Dieu. J’affirmais qu’il existait, elle soutenait le contraire. Parce que, m’avait-elle expliqué, cela faisait deux ans qu’elle le suppliait de lui accorder des yeux bleus, et rien ne s’était produit. Je me souviens avoir pensé qu’elle aurait été grotesque avec des yeux bleus et, dans le même temps, m’être aperçue combien elle était belle avec ses yeux étirés, ses pommettes hautes, son nez aquilin. Pour la première fois, j’accédais à cette dimension de la beauté unique, celle que chacun possède tel qu’il est. J’ai eu envie de comprendre et raconter pourquoi elle n’était pas en mesure de la voir» dit-elle. Dès lors, son œuvre littéraire s'attachera à retranscrire les expériences de vie des femmes noires. En effet, sans se revendiquer du féminisme, Toni MORRISON porte sur la société américaine, le regard d’une femme noire : «Tu es jeune, tu es une femme, ce qui implique de sérieuses restrictions dans les deux cas, mais tu es aussi une personne. Ne laisse pas Lenore ni un petit ami insignifiant, et sûrement pas un médecin démoniaque, décider qui tu es. C'est ça, l'esclavage. Quelque part au fond de toi, il y a cette personne libre dont je te parle» écrit-elle dans «Home». En particulier, elle insiste sur la vulnérabilité des petites filles noires, parfois confrontées à l’abandon, à l’inceste, au viol et à divers traumatismes de la vie. L’auteure examine les solutions de survie face à ces graves accidents de la vie.

 

Toni MORRISON, attachée aux valeurs culturelles africaines, est l’une prestigieuse tenante du «Magic Realism». En effet, le réalisme magique entend proposer une vision du réel renouvelée et élargie à la prise de considération de la part de l’étrangeté, l’irrationalité ou du mystère qu’il recèle. Les personnages et l’histoire sont amenés dans le réel, mais l’auteure introduit un élément magique ou fantastique qui n’est pas remis en cause dans la fiction. Ainsi, dans «Beloved», l’esclavage repose sur une transgression fondamentale consistant au droit que s’arroge un humain de faire d’un autre humain sa propriété, sa chose. Toni MORRISON, dans son roman, «Beloved» provoque une réponse à cette transgression, en faisant intervenir le réalisme magique. En effet, l’héroïne, Beloved, abandonne le pays des morts pour celui des vivants, sans que jamais ne soit remis en doute son statut de revenante : «Tout ce qui est mort et qui revient à la vie fait mal. ça, c'est une vérité de tous les temps» écrit-elle. Le poète sénégalais, Birago DIOP, dans son fameux poème «Souffles» avait proclamé que «les morts ne sont pas morts». Cette Afrique traditionnelle de l’animisme et de culte pour les ancêtres, est en parfaite symbiose avec cette création littéraire de Toni MORRISON. Basé sur un fait divers survenu en 1856, une esclave fugitive de l’Ohio, Margaret GARNER, ayant tué sa fille de 3 ans pour lui éviter la servitude à laquelle la condamnait le «Fugitive Slave Act», le roman, «Beloved», paru en 1987, relate l'histoire, d'une mère, Seth, qui choisit de tuer son propre enfant pour lui épargner une vie d'esclave ; c’est une expédition dans l’horreur et la folie d’un passé douloureux. L’héroïne est hantée par ce meurtre jusqu'au jour où une mystérieuse adolescente, «Beloved», elle a une profonde cicatrice sur la gorge, croise son chemin. On ne sait pas si elle est la réincarnation du bébé sacrifié ou le symbole d'une possible rédemption, afin d'exorciser le passé. Tout l'art de Toni MORRISON est dans cette ouverture symbolique ; elle ranime la mémoire, exorcise le passé et transcende la douleur des opprimés. Ce livre a été récompensé du prix Pulitzer de la fiction et un film en sera tiré. Certains conservateurs ont considéré que «Beloved» serait une «littérature récurrente et traditionnelle de la plantation» un sentiment de persécution permanent des anciens esclaves : «That’s why this is all about. Black writing has to carry that burden of the people’s desires, not artistic desires but social desires ; it is always perceived as working out somebody’s else’s agenda. No literature has that weight” dit Toni MORRISON, dans un entretien avec Cecil BROWN.

 

Pour Toni MORRISON les fantômes et la magie sont réels. Le réalisme magique reflétant le mode d’expression de l’africanité, dans un contexte de culture occidentale, est présent dans la contribution littéraire de Toni MORRISON. Ainsi, dans «The Bluest Eye», c’est le désir de cette jeune fille noire d’avoir des yeux bleus. Chaque nuit, Pecola priait pour avoir des yeux bleus. Elle avait onze ans et personne ne l'avait jamais remarquée. mais elle se disait que si elle avait des yeux bleus tout serait différent. elle serait si jolie que ses parents arrêteraient de se battre. que son père ne boirait plus. que son frère ne ferait plus de fugues. si seulement elle était belle. si seulement les gens la regardaient. Quand quelqu'un entra, la regarda enfin, c'était son père et il était saoul elle faisait la vaisselle. Il la viola sur le sol de la cuisine, partagé entre la haine et la tendresse. Tout aurait pu être différent pourtant, si Cholly avait retrouvé son père, si pauline avait eu une maison bien rangée comme elle les aimait, si Pecola avait eu les yeux bleus.  Dans «Paradise» et «Sula», c’est la présence de personnages inquiets, des images voluptueuses évoquant des sortilèges, l’ensorcellement et la superstition. Dans «Song of Salomon», on recense une tribu violente, dans «Tar Baby» et «Beloved», c’est une tribu aveugle récréant la traite négrière et dans «Jazz» et «Love», c’est la mort qui agit et donne valeur à la vie.

 

Toni MORRISON, qui avait soutenu Barack OBAMA, est aux antipodes du président actuel des Etats-Unis : «c'est la personne la plus rétrograde et la plus mal informée que je connaisse. C'est douloureux. Et c'est surtout dangereux. Ça m'effraie. Il ne sait pas rire, rire est une expérience profondément humaine et il en est incapable» avait-elle dit. Toni MORRRISON haïssait la haine : «C'est la haine qui fait cet effet. Elle consume tout, sauf elle-même, si bien que, quel que soit votre chagrin, votre visage devient exactement le même que celui de votre ennemi» écrit-elle dans «Love». «Il est question, dans ses propos, de ne pas céder à la facilité des stéréotypes ou du misérabilisme, elle prend d’ailleurs un malin plaisir, dans ses réponses, à ne pas être là où on l’attend, de ne pas se laisser arrêter par les barrières posées à l’extérieur. Mais de tenter, chacun, d’accéder à notre véritable identité quelle que soit notre couleur, à notre liberté intellectuelle quelles que soient nos chaînes. Et c’est en cela que sa prose incomparable, épique et poétique, nous fait grandir» écrit Laurence LEMOINE.

 

Le «Chant de Salomon» est un retour aux sources de l'odyssée du peuple noir. Mêlant burlesque et tragique, entre rêve et réalité, cette fresque retrace la quête mythique de Macon Mort, un adolescent désabusé parti dans le Sud profond chercher d'hypothétiques lingots d'or. Mais le véritable trésor qu'il découvrira sera le secret de ses origines. «La récolte du coton brisait le corps, mais rendait l’esprit libre pour des rêves de vengeance, des images de plaisir illégal, voire d’ambitieux projets d’évasion» écrit-elle dans «Home». Entre Jazz, esclavage et ségrégation raciale, dans son ouvrage «Origine des autres», Toni MORRISON démonte les mécanismes du racisme dont le seul but est d'entretenir et perpétuer la domination d'une seule catégorie d'individus. L’alibi de couleur a été utilisé pour ainsi nier l'individualité de «l'Autre». Toni MORRISON accorde une place importante à la musique noire dans sa contribution littéraire, une démarche de «Village Literature». L’auteure estime que les Noirs américains ont longtemps vécu dans un village métaphorique les empêchant de lutter contre les barrières raciales. Or, la musique noire a été un puissant catalyseur d’intégration des Noirs dans la société américaine. Grande amie et admiratrice de Nina SIMONE (1933-2003), elle estime qu’elle «est extrêmement intimidante» et «sa musique fait partie de la santé de votre âme». Par conséquent, Toni MORRISON fait appel au langage de la musique notamment dans «The Bluest Eye», «Sula» et «Song of Salomon», en rappelant l’estime de soi, la fierté d’être Noir, la défense de ses valeurs culturelles et l’identité des Noirs.

Lorsqu'elle a reçu en 1993 le Prix Nobel de littérature avait salué «une puissante imagination, une expressivité poétique et le tableau vivant d'une face essentielle de la réalité américaine». En effet, ses livres étaient une vision cruellement réaliste de l'histoire américaine, avec cette tâche effroyable : l'esclavage vécu par les noirs. Et une musique est née de tout cela : le blues. Universitaire, femme de lettres et éditrice notamment pour Angéla DAVIS et Mohamed ALI, Toni MORRISON s’intéresse aussi bien à la réflexion sur l’art du roman qu’à la fonction, à l’évolution et à la réception de ce genre littéraire, un miroir de la société. Ainsi, dans «Sula» son quatrième roman, Toni MORRISON, célèbre l’amitié, une affection qui lie l’héroïne et Nel. Le roman examine ainsi les rapports sociaux et l’émergence d’une personnalité féminine : «La romancière parvient à donner à la quête du bonheur des personnages, ce à quoi se ramène le sens de l’existence humaine», écrit Andrée-Marie DIAGNE. Si Toni MORRISON croyait au bonheur sur terre, elle semblait sceptique quant à l’existence d’un paradis, dans l’au-delà : «Le problème avec le paradis c'est qu'il est fondé sur le fait que quelqu'un  en est exclu. C'est cela le rôle de la nature, elle exclut. On ne peut pas avoir un paradis pour tout le monde. On ne peut avoir un paradis que s'il existe un enfer pour quelqu'un d'autre. Je voulais un peu suggérer la possibilité d'un paradis dont personne ne serait exclu» écrit-elle dans «Paradise».

 

La contribution littéraire de Toni MORRISON a considérablement contribué à la visibilité de la littérature noire aux Etats-Unis. De son vivant, Walter GOBEL avait réclamé de «canoniser» Toni MORRISON. Un baobab est tombé, une grande âme s’en va, mais son esprit reste parmi nous : «Nous mourrons. Cela peut être le sens de la vie. Mais le langage est peut-être la mesure de la vie» avait dit Toni MORRISON.

«Et quand de grandes âmes meurent,

Après une période, la paix fleurit,

de manière lente et toujours irrégulière.

Les espaces se remplissent d'une sorte de vibration électrique apaisante.

Nos sens, restaurés, qui ne seront jamais

les mêmes, nous chuchotent:

Ils ont existé. Ils ont existé.

Nous pouvons être. Être et être

meilleurs. Car ils ont existé», extraits d'un poème de Maya ANGELOU «Quand les grands arbres tombent».

 

Bibliographie très sélective

 

1 – Contribution de Toni Morrison

 

MORRISON (Toni), Beloved, traduit par Hortense Chabrier et Sylviane Rué, Paris, Christian Bourgeois, 1993, 379 pages ;

 

MORRISON (Toni), Délivrances, traduction de Christine Laferrière, Paris, Christian Bourgeois, 2015, 196 pages ;

 

MORRISON (Toni), Home, Paris, Christian Bourgeois, 2012, 151 pages ;

 

MORRISON (Toni), Jazz, Paris, Christian Bourgeois, 2015, 246 pages ;

 

MORRISON (Toni), L’œil le plus bleu, Paris Christian Bourgeois, 1994, 217 pages ;

 

MORRISON (Toni), L’origine des autres, traduction de Christine Laferrière, préface de Ta-Nehesi Coates, Paris, Christian Bourgeois, 2018, 110 pages ;

 

MORRISON (Toni), Le chant de Salomon, traduction de Jean Guiloineau, Paris, Christian Bourgeois, 1996, 472 pages ; 

 

MORRISON (Toni), Love, traduit par Anne Wicke, Paris, 10/18, 2004, 192 pages ;

 

MORRISON (Toni), Paradis, Paris, Christian Bourgois, 2015, 368 pages ;

 

MORRISON (Toni), Sula, Paris, Christian Bourgeois, 2015, 186 pages ;

 

MORRISON (Toni), Tar Baby, Paris, Christian Bourgeois, 2015, 433 pages ;

 

MORRISON (Toni), Un don, traduit par Anne Wicke, Paris, Christian Bourgeois, 2009, 192 pages ;

MORRISON (Toni), Virginia Woolf’s and William Faulkner’s Treatment of the Alienated, thèse, Cornell University, 1955, 92 pages.

2 – Autres références

 

ADLER (Laure) «Interview de Toni Morrison», émission «Hors Champ», France-Culture, 30 octobre 2012 ;

BLOCH-LAINE (Virginie), «Le bruit, la fureur, la mythologie», Libération, 6 aout 2019 ;

BROWN (Cecil), «Interview With Toni Morrison», The Massachusetts Review, automne 1995, vol 36, n°3, pages 455-473 ;

 

DAVIS (Christina”, “Interview with Toni Morrison”, Présence Africaine, 1er semestre 1988, n°145, pages 141-150 ;

 

DIAGNE (Andrée-Marie), «Lire Sula de Toni Morrison», Présence Africaine, 1er semestre 1999, n°159, pages 187-196 ;

 

GARABEIAN (Deanna, R), «Toni Morrison and the Language of music”, C.L.A Journal, mars 1998, vol 41, n°3, pages 303-318 ;

 

GOBEL (Walter), “Canonizing Toni MorrisonArbeiten Augslistik Und Amerikanistik, 1990, vol 15, n°2, pages 127-137 ;

 

KAISER (Mario), LADIPO MANIYAKA (Sara), “Interview de Toni Morrison”, Granta, 29 juin 2017 ;

 

LEMOINE (Laurence), «Interview de Toni Morrison», Psychologies, 6 août 2012, rediffusion d’un entretien de 2012 ;

 

N’DIAYE (Ange, Gaël, Pambo, Pambo), Le réalisme magique dans les romans de Toni Morrison, thèse de doctorat de littérature américaine, sous la direction de Mme Claude Cohen-Safir, Paris VIII, Vincennes-Saint-Denis, juin 2009, 403 pages ;

 

PAQUET (Anne-Marie), Toni Morrison, figures de femmes, Paris, Presses, Sorbonne, 1996, 140 pages ;

BOULET-GERCOURT (Philippe) «Toni Morrison ne croit pas au paradis», Le Nouvel Observateur, 21 mai 1998, n°1750, pages 142-43 ;

GATES (David) «Toni Morrison et son paradis perdu», L’Express, Lire, mars 1998, page 32 ;

BERRET (Anthony, J), «Toni Morrison’s Jazz», CLA Journal, mars 1989, vo 32, n°3, pages 267-283 ;

SAVIGNEAU (Josiane), «Morrison, la guerrière», Le Monde, 29 mars 1998.

Paris, le 6 août 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 18:43

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5 août 2019 1 05 /08 /août /2019 18:17

La guerre de cent ans qui a duré de 1337 à 1457 opposant les Plantagenêt aux Valois, avait décimé presque toute l'aristocratie française. La place dite Trafalgar Square célèbre la victoire de l'Amiral NELSON d'octobre 1805 de la flotte anglaise contre celle de Napoléon.

En prenant l'Eurostar, à la gare à Paris Gare du Nord, on débarque en trois heures 20 minutes à Londres Saint Pancras, en plein centre-ville. La Grande-Bretagne n'est plus depuis longtemps une île. La Ratp est un partenaire des bus londoniens.

Mais les Anglais ne font presque rien comme personne. Ici à Londres ce n'est pas 2 heures, mais une heure de décalage par rapport à Dakar. Ils ont encore leur monnaie, la livre et les voitures roulent à droite. Autant dire quand on circule à pied, on n'a pas toujours le réflexe de regarder à gauche avant de traverser. En plus, il y a travaux au Parlement de Londres. Nous n'avons donc pas pu voir Big Ben.

 Cependant Londres est une ville bien vivante où la magie opère à chaque coin de rue. Les enfants m'ont imposé certaines visites. Jean-Philippe a souhaité la visite à Chelsea où Ngolo KANTE et Didier DROGBA sont les stars de ce prestigieux club de football. Arsinoé voulait aller au Musée de cire Madame TUSSAUD, fondé en 1835. La famille royale,  Bob MARLEY, Michael JACKSON, Nelson MANDELA, Barack OBAMA, Martin Luther KING, toutes mes idoles sont là. Il faut dire aussi que Marie TUSSAUD, née à Strasbourg en 1761, morte à Londres en 1850, a vécu pendant 9 ans, à Versailles, à la cour de Louis XVI.

Londres est une ville assiégée par les touristes chinois et indiens qui ont supplanté les Japonais ; les ressortissants de leurs pays en raison de leurs performances économiques, en profitent. Nous rêvons, un jour, que les Sénégalais, en raison des revenus du pétrole et du gaz à venir, soient aussi bichonnés que les Chinois et les Indiens. Tout le monde leur fait courbette dans les grands magasins, hôtels et restaurants. Les Français, en raison de la proximité géographique et de d'Eurostar, sont présents en grand nombre à Londres. Une sortie de l'Union européenne pourrait être dommageable pour le business anglais.

Londres est sur le plan culturel et artistique très animé avec ses nombreux théâtres, ses concerts, ses comédies musicales et concerts ainsi d'autres évènements.

Londres est une ville horriblement chère, mais en logeant dans les «Bed and Breakfast», en se déplaçant avec leur «Oyster Card», équivalent du Navigo à Paris et en sélectionnant ses restaurants, on peut limiter les dégâts.

Sur le plan architectural, en dépit des violents bombardements de Londres pendant la seconde guerre mondiale et du soutien de Churchill à la France, la capitale britannique est restée préservée. C'est un patrimoine architectural exceptionnel mélangeant harmonieusement le moderne et l'ancien.

Contrairement à la France républicaine, les Britanniques sont encore largement très attachés à la royauté. Elisabeth II, en fonction depuis 1926 (plus de 67 ans), a battu le record de longévité de la reine Victoria (63 ans au pouvoir). C'est une démocratie encore tolérante à l'égard des minorités musulmanes. Point de réglementation sur la laïcité, le burqa, le burkini.

Comment visiter Londres ?

Certains sites sont incontournables, comme Big  Ben, le palais royal, Trafalgar Square, le pont de Londres, le quartier de Soho, le musée de cire Mme TUSSAUD, Harry POTTER.

Pour ma part, c'est Virginia WOOLF (1982-1941), écrivaine du «Stream of Consciousness» (courant ou flux de la conscience), qui a le mieux décrit Londres. Son roman, Mrs Dalloway nous prolonge dans les ruines du temps, ce Londres du début du 20ème siècle, devenu intemporel. Dans l'obsession du rapport au temps que Virginia WOOLF nous décrit dans sa contribution littéraire on retrouve le Londres de son enfance, de sa vie adulte, de ses délires, mais aussi les codes et usages de la gentry anglaise à travers Mrs Dalloways. Londres, juin 1923. Ce soir-là, Mrs Dalloway donne une réception. Virginia WOOLF nous plonge dans les rues et dans les consciences de la capitale marquées par les coups retentissant de Big Ben. En toile de fond de l’intrigue qui rassemble les personnages les plus hétérogènes, Londres dégage une véritable présence, à travers Hyde Park, Regent avenue, Piccadilly. La vie des rues, le vacarme de la foule, le ballet des automobiles s’insèrent à la fois dans l’intrigue et dans les réflexions des personnages. C’est donc à travers son cheminement dans les rues de Londres que le lecteur découvre pour la première fois Mrs Dalloway. A travers les bruits, les odeurs, les rencontres de la ville, c’est le temps et même la vie qui semblent peser sur les personnages, les étreindre, les étouffer. La vie de Clarissa Dalloway, c’est la société mondaine londonienne et ses codes ; elle ne veut pas rater sa réception. Toute l’action du roman est marquée par cette réception qu’il lui faut organiser, comme pour remplir le silence et faire taire sa mélancolie. Finalement, elle apparaît comme prisonnière de ces mondanités, de cette vie dont elle n’est que spectatrice. 

Dans plusieurs de ses livres, Virginia WOOLF évoque les demeures de son enfance, dans ce Londres aristocratique ou parfois déjanté. Ses journaux intimes sont riches de détails tant sur les maisons qu'elle a habitées que sur les parcs et les squares qu'elle a fréquentés. Virginia WOOLF est née dans une maison victorienne sombre décorée de rouge et de velours cramoisi, au numéro 22, de Hyde Park Gate ; elle y a habité pendant 22 ans, jusqu'à la mort de son père c’est un cul-de-sac débouchant sur Kensington Road, à deux pas de Hyde Park. Après la mort de leur père, au moment où Virginia se remet d'un état de «démence», c'est sa sœur, Vanessa, qui établit le premier contact avec le quartier de Bloomsbury en choisissant le 46, Gordon Square. En 1907, avec son marie, ils emménagent donc au 29, Fitzroy Square, encore dans Bloomsbury. Au début de 1924, le couple s’installe au 52, Tavistock Square, non loin de Saint-Pancrasse, la gare actuelle de l’Eurostar.

Londres, le 2 août 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

"London, the Magical City !» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:19

Mme Anne HIDALGO, maire de Paris, connaît une  forte progression dans les sondages en vue des élections municipales du 15 mars 2020.

Dans le camp d'en face, ça patine et c'est la cacophonie, mais Mme Anne HIDALGO ne cesse de progresser dans les sondages.

Mme HIDALGO avait déjà remporté une victoire décisive dans le contentieux concernant les voies sur berges. Elle a aussi raison globalement de mettre l'accent sur les questions d'environnement depuis 2014, là où ça semblait agacer d'autres.

Quand on a raison, et qu’on a pour souci majeur l’intérêt des Parisiens, on garde le cap, même si parfois ça tangue. Et voilà que subitement, on le voit avec ces températures caniculaires du mois de juillet 2019, Mme Anne HIDALGO a eu raison de persister sur cette bonne voie.

Un grand bravo à M. Emmanuel GRÉGOIRE, premier adjoint à la maire de Paris, qui mène une bataille des idées offensive et respectueuse.

Bon vent à Mme Anne HIDALGO !

Je redis aux Français issus de l’immigration : Inscrivez-vous massivement sur les listes électorales et refusez que les minorités agissantes décident pour vous !

Paris, le 25 juillet 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«Anne Hidalgo, maire de Paris : les bons sondages» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:01

La nomination de Boris JOHNSON, en qualité de premier Ministre britannique, est une très mauvaise nouvelle pour les forces du progrès ; ce sont des perspectives sombres pour la paix, la Justice, l'Egalité et la Fraternité au sein de la société internationale. Boris JOHNSON promet une sortie de l'Union européenne, même sans accord, au 31 octobre 2019.

Face à la montée des populismes, en fait, les travaux de Hannah ARENDT, Michel FOUCAULT et Samir AMIN ont déjà montré que, bien des individus se croient vivre en démocratie, alors que les forces économiques financiarisées et mondialisées ont pris le pouvoir et contrôlent la sphère politique. Antonio GRAMSCI recommande aux vaincus de s’assurer de l’hégémonie culturelle, seule alternative efficace, pour la conquête et la conservation du pouvoir. Il est donc urgent, à travers certains grands penseurs de l’immanence, complément nécessaire pour ceux croient à la transcendance divine, de retrouver les valeurs fondamentales de la vie, notre humanité, pour un monde fondé sur la justice, l’égalité, la compassion, la fraternité et la bienveillance.

Boris JOHNSON avait tenté, vainement, un coup de force, autoritaire et antidémocratique en interdit le Parlement de se réunir jusqu’au 14 octobre 2019. Boris JOHNSON a voulu aussi organiser des élections anticipées le 15 octobre 2019 ; les parlementaires ont rejeté cette initiative. Les Britanniques ont vivement protesté contre cet Oukase et le Parlement britannique réunit le 3 septembre 2019 a repris la maîtrise de l’agenda du Brexit, infligeant ainsi un camouflet à Boris JOHNSON. C’est une actualité brûlante à suivre, car elle nous concerne tous dans cette bataille entre le Mal et le Bien, entre les forces du Chaos et celles de l’harmonie.

La Cour suprême a jugé, à l'unanimité le 24 septembre 2019, que la suspension du parlement britannique jusqu'au 14 octobre 2019 est «nulle, nulle et non avenue» et que les travaux du parlement pouvaient reprendre sans délai.

Boris JOHNSON à New York accepte la décision de la Cour suprême mais la considère «injuste» et serait inspirée par des motivations politiques, pour empêcher le Brexit.

Gina MILLER à la base de cette campagne judiciaire a infligé une raclée très sévère à Boris JOHNSON. C'est également une défaite morale pour la Reine qui n'a pas fait usage de ses pouvoirs d'arbitrage.

M. Jeremy CORBYN, chef de l’opposition, estime que cette crise ne peut être dépassée que par une démission de Boris JOHNSON, des élections générales et une victoire du Parti travailliste.

Versatile, opportuniste, démagogue, excentrique et populiste, l'ancien maire de Londres, Boris JOHNSON, est une copie conforme de Donald TRUMP. Après les États-Unis, le Brésil, la Hongrie et l'Italie, le monde bascule insensiblement vers un triomphe des forces du Chaos et de la Discorde.

Donald TRUMP a parlé de «stupidité» du président MACRON, à propos de la décision de la France de taxer les G.A.F.A, les géants du numérique. En réaction le Ministre des finances a indiqué qu'il s'agissait de «décisions nationales». On mesure là l'arrogance et toute l'impolitesse de Donald TRUMP qui insulte le président français. Insulter le chef de l'État français dans l'exercice souverain de ses missions, c'est insulter tous les Français. Je suis choqué que Donald TRUMP au mépris des usages diplomatiques et de bienséance emploie, une fois de plus, un tel langage ordurier. Il fait honte à sa fonction.

De quel droit Donald TRUMP se croit il autorisé à nous insulter ? Quand les jeunes de banlieue insultent, c'est des «sauvageons» mais quand TRUMP profère ses insanités on s'en accommode et on s'en tient à des commentaires d'une platitude scandaleuse. Donald TRUMP c'est le président, supposé, de la grande démocratie du monde, il est indigne de cette fonction.

Vous imaginez, désormais, l'atmosphère d'une société internationale dans laquelle Donald TRUMP et Boris JOHNSON sont associés, en termes de provocations, d'indécence, de vulgarité, de violence et de prédation : «Si vous votez Tories (parti conservateur) votre femme aura de plus gros seins, et aurez plus de chances d'acquérir une BMW M3» avait déclaré Boris JOHNSON lors des législatives 2001.

Face à cette montée du populisme, des dîners avec du homard, du Rassemblement national qui plastronne sur les plateaux de télévision et l'attitude irresponsable de certains Français issus de l'immigration prêtant flanc à la critique et accréditant ainsi l'extrême droite, si on n'y prend garde, les prochaines municipales en France du 15 mars 2020 seront les plus sanglantes. Il y a des places à prendre et en politique il faut tuer pour ne pas être tué.

J'invite donc les Français issus de l'immigration à s'inscrire massivement sur les listes électorales et à se défendre, efficacement, contre cette négrophobie ambiante.

L'Afrique aussi, en raison de la convoitise sur ses matières premières, doit face à ce libéralisme sauvage fondé sur la violence, la prédation et le grand mépris des autres, s'unir, pour chasser ses gouvernants corrompus et ses régimes monarchiques et préhistoriques, afin de mieux défendre sa liberté, sa souveraineté et sa dignité.

Paris, le 24 juillet 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

"Boris JOHNSON, Premier Ministre britannique, ou le triomphe de la bêtise humaine» par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 15:56

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