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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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30 janvier 2021 6 30 /01 /janvier /2021 13:50
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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 21:49
«Omar SY, un artiste engagé et talentueux» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Omar SY est la deuxième personnalité la plus populaire de France ; il est déjà présent à l’entrée du Musée Grévin à Paris, au moment où Donald TRUMP en est éjecté. Les acteurs ont besoin de cette reconnaissance populaire pour se dépasser : «Quand ça arrive il faut assumer. Il faut assumer, on l’a un peu cherché donc oui, on ne fait pas ce métier-là par hasard. On a besoin de cette reconnaissance et de cet amour donc quand ça vient il faut le prendre» dit Omar SY. Portée par Omar SY, la série Arsène Lupin a atteint la première place du classement, non seulement en France, mais aussi dans dix autres pays du monde dont les États-Unis. «C'est le roi des casseurs, c'est le roi des tombeurs, Il est brillant comme le diamant, rapide comme le vent, le bel Omar Sy» dit-on. On attend la deuxième série, mais déjà plus de 70 millions de spectateurs. «Je me suis entretenu hier soir avec l’acteur et humoriste Omar Sy. Il est une grande fierté et je l’ai félicité pour sa brillante carrière. Je me réjouis de constater que son super film Lupin cartonne dans le monde entier» a tweeté, le président Macky SALL du Sénégal. L’image du Noir dans le cinéma français est en train de bouger, dans le bon sens, grâce à certains acteurs. Les Noirs sont présents dans le cinéma français depuis les frères Lumière (Joséphine Baker, Habib Benglia, Darling Légitimus, Robert Liensol), mais la place qui leur était assignée reflétait bien des préjugés colonialistes et esclavagistes : «Au début du XXème siècle, les Blancs en étaient encore à se demander si les Noirs étaient des humains ou non. En revanche, l’avancée est très faible quant à la place des Noirs sur la scène artistique. Pas seulement les Noirs. Aujourd’hui le monde de la culture et des arts ne représente pas du tout le pays dans sa diversité» dit Omar SY qui appelle à faire un travail sur nous-mêmes. En effet, les acteurs noirs interprètent les personnages d’un voyou, d’un domestique, d’un comique ou d’un rigolo «Clownesque  ou exotique, l’image du Noir dans le cinéma des premiers temps est peu flatteuse. Georges Méliès s’est approprié la tradition de Blackface» écrit Régis DUBOIS. Depuis quelques temps, les lignes bougent, vers une citoyenneté pleine et entière, et Omar SY y a joué un rôle considérable (Isaac de Bankolé, Firmine Richard, Jacques Martial, Alex Descas, Mouss Diouf, Aïssa Maïga, Edouard Montoute, Stomy Bugsy, Eriq Ebouaney, Joeystar) : «Les préjugés dont il parle ne sont pas liés particulièrement au cinéma : je sais, moi, que je ne vais pas m’arrêter là et que je vais démonter tous ces archétypes pourris. Et puis quoi ? Je ne vais pas m’arrêter de danser parce que je suis noir uniquement pour casser les idées reçues ! Je ne vais pas m’arrêter de rire non plus ! Le cliché, ce serait de refuser ce qu’on est profondément. Moi, je me suis toujours tout autorisé. Je ne me définis pas comme un Noir, je suis beaucoup plus que ça», dit Omar SY.
En raison de sa récompense, César du meilleur acteur en 2012, dans le film «les Intouchables», Omar SY était déjà une immense star. Ce film est une version romancée de la vie de Philippe POZZO di BORGO, un homme d'affaires corse devenu tétraplégique en 1993, après un accident de parapente. Son épouse meurt quelques années plus tard, et il finit par sombrer dans une dépression après la mort de sa femme. Driss, un jeune homme d'origine sénégalaise (Omar SY) tout droit sorti de prison, comme auxiliaire de vie à domicile est engagé par cet aristocrate. Pourquoi lui ? Tout simplement parce qu'il ne regarde pas Philippe avec le même regard de pitié que les autres candidats. «Au départ, quand Eric et Olivier m’ont appris qu’Omar allait jouer Driss, j’ai jeté un coup d’œil plus attentif sur ses prestations dans le SAV . Et ça m’a plu : le spectre proposé est assez large. Mais attention, ce sont des sketchs donc pas le même boulot qu’un film comme Intouchables !» confesse François de CLUZET, initialement un peu sceptique ou sur la réserve quant au choix  porté sur Omar SY. Avec 19,44 millions d'entrées «Intouchables» est le deuxième plus gros succès du Box-office en France, derrière «Bienvenue chez les Ch'tis ».
Dans cette série, Omar SY s’est encore dépassé, en dépoussiérant Arsène Lupin, en l’adaptant donc à notre temps. Du même coup, Omar SY, en Gentleman cambrioleur vient de réaliser un casse du siècle, un pied de nez aux esprits étriqués ; il a volé la vedette aux autres. En effet, dans cette mise en scène : Exit le chapeau haut de forme et le monocle, l’acteur préféré des Français ne campe pas le héros inventé en 1905 par Maurice LEBLANC (1864-1941), mais Assane DIOP, un admirateur d’Arsène Lupin, ancré dans le Paris d’aujourd’hui. Fausses identités (agent d’entretien, livreur à vélo, informaticien...), tours de passe-passe, vol de bijoux. : «Je voulais commencer par un symbole fort mais montrer Paris autrement. Le mystère n’est pas de savoir comment Assane arrive à ses fins mais qui est-il, où est-il dans cette foule. À l’heure où chacun veut être célèbre, son invisibilité est son arme. Comme Arsène Lupin, il passe sans problème des bas-fonds à la haute société. Il utilise la peur, les préjugés des gens sur la pauvreté, sa couleur de peau pour se fondre dans la foule.» dit George KAY, un britannique, admirateur de Sherlock Holmes et de Tintin, et coscénariste d’Arsène Lupin. Le nouvel Arsène Lupin d’Omar SY s’inspire du gentleman cambrioleur pour tromper les riches et les puissants et venger son père, originaire de Thiès (Sénégal), mort 25 ans plus tôt après avoir été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Omar SY est un acteur noir, qui tient le rôle principal dans Arsène Lupin, aux côtés de Nicole GARCIA et Ludivine SAGNIER : «Je ne nie pas l’importance de la chose. En même temps, on le fait juste, on n’en parle pas. Lupin, je l’ai fait pour toutes les familles, les familles noires et les familles blanches. Je n’isole et je n’exclus personne. C’est ouvert. Et c’est comme cela qu’il faut qu’on fasse, les faire en grand. Ouvrir, ne pas isoler, ni exclure. C’est avec cet élan-là que l’on va gommer les choses» dit Omar SY. En effet, magnétique et charismatique, Omar SY incarne une justice crédible avec notre époque marquée par un racisme systémique et institutionnel. Au-delà du divertissement et de l’intrigue haletante, l’enquête, un drame social, met en exergue l’impunité des forts, et le pouvoir qu’ils exercent sur les faibles, en les écrasant. Arsène Lupin, tel que l’interprète Omar SY, appelle à la justice et à la vérité sur la mort de son père qui nous rappelle ces violences policières à l’encontre des jeunes racisés.
Bien qu’il ait réussi pleinement sa vie, et a échappé à ces lieux de relégation, Omar SY sait d’où il vient ; il est resté pleinement solidaire avec les habitants de la banlieue «La banlieue, je la porte en moi. Je n’ai pas besoin de le crier sur les toits. En revanche, je suis vigilant sut le sujet. J’ai la responsabilité de ne pas tomber dans les clichés» dit-il. En effet, Omar SY, un acteur engagé, milite activement contre les violences policières et fait partie du comité de soutien, «Justice pour Adama». Omar SY a signé une pétition publiée par l’observateur «Regardons devant nous, ayons le courage de dénoncer les violences policières qui sont commises en France. Engageons-nous à y remédier. Ne soyons plus spectateurs d’un système violent, qui enterre les mémoires de ces morts dans l’oubli, qui jette systématiquement leurs noms dans la fosse aux non-lieux. Nous devons profiter de cet élan suscité par l’affaire Floyd pour refuser ce grossier clivage, qui consiste à trier, parmi nous, les méchants et les gentils. Il n’y a qu’un seul et même camp, celui de la justice. Nous aspirons tous à une police digne de notre démocratie, une police qui protège sa population, sans distinction de couleur de peau ou de provenance sociale, la même pour tous, qu’on habite dans les centres-villes ou dans les quartiers populaires» mentionne cette pétition. Résidant à Hollywood, aux Etats-Unis depuis 2012, Omar SY soutient le mouvement Black Lives Matter. «La mort d’Adama Traoré est aussi injuste et indigne que celle de George Floyd. Je me réjouis qu’on en prenne conscience aujourd’hui, je me réjouis de voir des dizaines de milliers de personnes venues de tous horizons sociaux entourer de leurs forces les proches d’Adama Traoré, ses frères, sa sœur, Assa. D’entendre les soutiens leur venir du monde entier. Pendant quatre ans, cette famille a fait preuve d’une détermination sans relâche, quotidienne, qui n’a d’égale que sa peine infinie. Pendant quatre ans, cette famille a résisté dans une trop grande solitude, face à l’injustice, face à l’inertie de l’institution judiciaire, face à l’indifférence des pouvoirs publics. Elle a vaillamment tenu bon. Mais combien d’autres familles, moins nombreuses, moins épaulées, se sont écroulées sous les coups d’une justice sourde à leurs demandes, bafouant les droits qu’elle est censée représenter ?» écrit-il dans l’appel du 4 juin 2020 relayé par «l’Observateur».
Né le 20 janvier 1978 à Trappes, dans les Yvelines, Omar Sy, volontairement ou non, est resté fidèle à son département de naissance, les Yvelines. Car de nombreuses scènes d’Arsène Lupin ont été tournées près de sa ville natale de Trappes. En fait, c’est à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy que la production a posé ses caméras. Dans les premiers épisodes, on voit plusieurs fois l’établissement en plans larges, les couloirs, les grilles et les cellules. La ville de Trappes est maintenant dirigée par un maire de souche maghrébine. Que des séparatistes ! La série Arsène Lupin parle notamment de ce déni du passé colonialiste et esclavagiste de la France, du multiculturalisme, de cette tentative permanente à vouloir à gommer les différences et établir des frontières dans une société déjà diverse et compartimentée : «La série parle des fractures, si l’on peut dire cela comme ça, ou des cloisons entre ces différents niveaux, de toutes nos différences. Et justement, une des qualités d’Assane est de réussir à naviguer au travers les unes et les autres, avec aisance. Peu de gens peuvent le faire. Dans notre société, tout est trop compartimenté, cloisonné. Ce n’est peut-être pas le bon terme, mais tout est polarisé. Et ce n’est pas peu dire sur notre société aujourd’hui » dit Omar SY. Mais Arsène Lupin est aussi un espoir que les racisés écartés des lieux de décision et de la lumière, retrouveront pleinement leur juste place dans la société : «Je n’ai pas la réponse. Mais espérons qu’avec Lupin, nous sommes en train de lancer quelque chose. Chez Netflix, il y a eu récemment la création d’un nouveau poste de responsable des programmes inclusion et de la diversité des contenus, qui va peut-être améliorer les choses. Attendons de voir ce que cela va donner. J’ai le sentiment que cela progresse. Mais, je suis d’accord, nous sommes en retard. Espérons que Lupin est annonciateur d’un changement qui va dans le bon sens» dit Omar SY. 
D’origine peule, fils d’un ouvrier sénégalais, Demba SY, originaire de Bakel, arrivé en France en 1962, et d’une mère, agent d’entretien, originaire de Mauritanie, Omar SY a grandi à Trappes, dans les Yvelines, en région parisienne, une fratrie de 8 enfants. Ses parents ont mené une vie et ses stigmates : «Rétrospectivement, je me dis que mes parents devaient beaucoup jongler, lui avec son salaire d'ouvrier, elle qui faisait des ménages. Tous les gens que je connaissais vivaient comme ça, dont on ne souffrait pas (...) Il y avait toutes sortes de gens dans cette cité. Ça m'a ouvert l'esprit «Les gens de la banlieue», c'est comme ça qu'on nous appelait à Paris. Et c'était une tare, ça voulait dire les Noirs et les Arabes, bien sûr» dit Omar SY qui a usé de l’humour d’abord pour se faire accepter par les autres. Omar SY, qui réside à Hollywood avec sa femme normande, Hélène et ses cinq enfants, tout en revendiquant sa citoyenneté française, ne renie pas ses racines peules du Sénégal : «C’est un peuple qui s’occupait du bétail et qui a transhumé dans toute l’Afrique. J’en ai gardé l’amour du lait ! Et quelque chose de nomade. Je suis curieux et je vais voir partout. Entre la culture française et la culture africaine, je glane ce qui me plaît» dit Omar SY. Trappes est une ville de la banlieue parisienne conquise en juin 2020 par Ali RABEH, et dont sont natifs, notamment Jamel DEBBOUZE et Nicolas ANELKA, fortement engagés dans la lutte pour l’égalité réelle. «On parle sans cesse de la banlieue, mais les gens n'en savent pas grand-chose finalement. Je ne fais pas dans l'angélisme. Il y a du trafic, des violences. Mais il y a aussi des gens qui triment, qui font des études, qui cravachent» dit-il. Acteur autodidacte, né en banlieue, Omar SY n’a pas suivi les cours d’art dramatiques : «On avait une petite part de la culture, on était abrité. Il pleuvait de la culture en France et nous on était à l’abri. Voilà ce qui s’est passé pour nous mais bon, ce sont les zones d’éducation prioritaires» dit Omar SY. Il suivait un baccalauréat professionnel de chauffage et climatisation, quand, en 1995, Omar SY a eu la chance de rencontrer Jamel DEBBOUZE qui lui a tendu la main, à Radio Nova, à Canal Plus et au cinéma. «S’il n’y avait pas eu Jamel Debbouze. C’est vraiment lui le départ. Je n’aurais pas fait connaissance avec ce métier, avec cette possibilité de faire rire le plus grand nombre, s’il ne m’y avait pas amené. Avec lui, je me suis rendu compte que j’en étais capable, et surtout que ça me plaisait. Je lui dois ça. Tout le reste en découle» dit Omar SY. Aussi, dans sa filmographie, Omar SY, un acteur engagé, a pour souci naturellement de distraire, mais aussi et surtout d’éduquer. Le héros du film, «Samba», retraçant l’itinéraire en France, d’un sans-papiers, est un vibrant hommage à cette minorité invisible, travaillant dans la restauration, le bâtiment, l’industrie automobile, c’est bien «la France qui se lève tôt», toujours calomniée, taxée de «séparatiste», mais de vrais héros du quotidien. C’est également un clin d’œil à ses parents, des immigrants peuls et ouvriers en France, et à ces réfugiés mauritaniens, victimes de l’esclavage et de ces massacres de 1989. Ce film, «Samba» est aussi un vibrant hommage, à cette France républicaine, à ces associations humanitaires (Charlotte GAINSBOURG et Izïa HIGELIN, actrices humanitaires), fraternelles et infatigables dans leur remarquable élan de solidarité. Samba CISSE, ce sans-papier malien, le personnage du roman s’est battu pour venir en France, mais la France ne veut pas de lui, mais en raison de cette fraternité des associatifs  : «Même derrière les barreaux, même les menottes aux poignets, il aimait la France» écrit Delphine COULIN, l’auteure du roman. Alice, l’humanitaire que joue Charlotte GAINSBOURG, est déprimée et a besoin d’un réconfort moral et tombe amoureuse de Samba CISSE (Omar SY), «J’aime l’idée de cette rencontre improbable. On se dit que ça ne marchera jamais entre eux. Et finalement, ils s’épanouissent et guérissent au contact l’un de l’autre» dit Omar SY. En effet, le film «Samba», gomme une grande partie de la dramaturgie que vivent les immigrés, des soutiens de famille ayant la nostalgie du pays, constamment la boule au ventre de se faire attraper par la Police et d’être expulsés du territoire, après un parcours au Maroc, en Espagne et en Algérie, fait de violences et de privations.  Ces immigrés habitant souvent des foyers, des immeubles insalubres ou des zones de relégation que Manuel VALLS a qualifié «d’Apartheid», ont des conditions d’existence avilissantes ; la seule alternative , c’est de se cacher en permanence ou savoir bien courir. «Il s’agissait d’un sujet peut-être un peu plus grave que les précédents, mais qu’ils voulaient traiter comme ils savent le faire, en y mettant un peu de légèreté. Il ne fallait pas que ça devienne un film à charge ou une grosse comédie. Ça supposait pas mal de finesse. En plus, il y a de l’action, une histoire d’amour, un personnage féminin très développé : tout ça c’était des premières, pour eux. Mais ce film était aussi un challenge pour moi. J’interprète un personnage que je devais vraiment composer : parler avec un accent sénégalais en enlevant le sourire dans la voix. Samba a des fragilités, mais il émane quand même de lui de la force, du courage. C’est un homme grave, pas un amuseur, même s’il est parfois drôle. Bref, c’est un personnage plein de nuances» dit Omar SY.
Le cinéma divertit, mais il éduque aussi, et Omar SY découvre dans le film américain, «Twelve Years a Slave» la question de l’esclavage : «Sur l’esclavage, mais j’ai découvert en fait qu’il y a une période où au Nord ils étaient libres et pas dans le Sud, qu’il y avait ce trafic-là de Noirs libres qu’on remettait à l’état d’esclavage. Ça s’est passé et finalement je l’ai appris avec le film. C’est un truc que je ne savais pas. Donc se sont des choses comme ça où parfois le cinéma peut faire aussi ça, il instruit ou il nous présente des gens» dit Omar SY. Français natif de Trappes, avec des origines sénégalaise et mauritanienne, Omar SY, en raison de sa double culture cherche ses racines. Dans le film «Yao» (Lionel BASSE), de Philippe GODEAU, tourné au Sénégal, il est qualifié de «Bounty», Noir à l’extérieur, mais Blanc à l’intérieur. «En France, tu es l’étranger. Et quand tu retournes au pays, avec tes habitudes de vie occidentale, tu deviens Bounty. C’est une autre forme de racisme ou du moins de préjugés, qui fait que nulle part, tu ne peux te sentir chez toi» dit Omar SY. «Guelfe pour les Gibelins, mais Gibelins pour les Guelfes» suivant Marguerite YOURCENAR dans «Erasme». Dans ce film, «Yao», outre la présence des forces de l’esprit, notamment l’animisme, une religion traditionnelle de l’Afrique, Omar SY a accompli un voyage initiatique, un retour aux sources «Ce voyage-là, je l’aie fais avec mon père quand j’avais 19 ans. Tous les deux, nous avons traversé le Sénégal en voiture. J’en garde un souvenir émouvant. J’ai découvert alors mon père et mes racines. Celles de Peuls, peuple de bergers nomades. J’en suis sorti différent» dit-il. En effet, dans ce film, Seydou TALL, un peul vivant en France et originaire de Kanel, dans le Damga, vient au Sénégal, berceau de ses ancêtres, pour la première fois, pour dédicacer son livre autobiographique. Un petit garçon, de 11 ans, traverse tout le pays, pour rencontrer cet écrivain, son idole, devenu célèbre. Alors, Seydou TALL décide de raccompagner ce mineur chez lui, mais en fait c’est Yao qui le guide dans cette Odyssée.
Dans ce succès planétaire de Omar SY, on en revient, dans ce contexte d’adoption de la loi sur le séparatisme à cette question fondamentale de la promesse républicaine. Pour l’essentiel, les Français issus de l’immigration sont une véritable richesse pour ce pays. La première génération avait contribué, durant les Trente glorieuses, le père de Omar SY est arrivé en France en 1962, au relèvement de ce pays meurtri par deux guerres mondiales. De nos jours, les descendants de ces immigrants, nés ici ont du talent à revendre. En particulier, et Omar SY l’a montré, les artistes noirs encore relégués dans les caves ne demandent qu’à exprimer, pleinement, leur talent. Ainsi, Omar SY, dans sa magistrale prestation Rafael PADILLA (1868-1917), alias «Chocolat», rappelle que ce personnage aspire à n’être plus seulement un clown, mais un extraordinaire artiste. Chocolat a connu un succès éphémère, mais tragique. En effet, «Chocolat», a été le premier grand artiste noir à se produire sur la scène française à la Belle Époque. Tour à tour esclave, garçon de ferme, mineur et star du spectacle, le comédien a connu la misère puis la gloire avant de sombrer dans la pauvreté et l'anonymat. Avec son camarade de scène, ils se nourrissent des «Minstrels shows», une sorte de sketch burlesque dans lequel un clown blanc autoritaire frappe un souffre-douleur noir. Pourtant, en 1910 le duo se sépare et alors, le clown, «Chocolat» sombre dans l'alcoolisme et dans la dépression après avoir perdu sa fille, âgée de 19 ans. Il meurt dans la misère à 49 ans à Bordeaux en 1917. Omar SY, dans son rôle de «Chocolat» a réhabilité et sorti de l’oubli cet artiste noir précurseur de tous les succès de notre temps. «Nous aimons aimer. C’est ça notre pays» dit Omar SY.
Bibliographie très sélective
BOURGEOIS (Marie-France), Omar Sy, les secrets de l'acteur préféré des Français, Paris, EAN, 2015, 208 pages ;
CARRIERE (Christophe), «Omar Sy : Je ne veux pas être le Noir à la mode», L’Express, 22 février 2012 ;
COULIN (Delphine), Samba pour la France, Paris, Seuil, 2011, 312 pages ;
DEVELEY (Alice), «Le fabuleux destin du véritable clown, Chocolat», Le Figaro, 3 février 2016 ;
DUBOIS (Régis), Les Noirs dans le cinéma français. De Joséphine Baker à Omar Sy, LettMotif, 2016, 246 pages ;
KREMER (Pascale), «Omar Sy : Grâce à Jamel, j’ai compris que j’étais capable», Le Monde, 3 décembre 2016 ;
LAUREA (Tesi D), Samba pour la France. Un patriote sans-papiers. Récit de vie, d’immigration, d’amour, Universita Degli Studi Di Padova, 2015-2016, 111 pages ;
LEBLANC (Maurice), Arsène Lupin. Gentleman-cambrioleur, Paris, éditions du groupe ebooks, 1907, 264 pages ;
PEREIRA (Vincent), Omar Sy : l’inimitable, Paris, Carpentier, 2015, 157 pages ;
SY (Omar), «Interview sur Chocolat», Télérama, 3 février 2016, actualisé le 8 décembre 2020 ;
SY (Omar), «Interview», 20 minutes, 8 janvier 2021 ;
SY (Omar), «Interview», Jeune Afrique, 14 avril 2014 ;
SY (Omar), «Réveillez-vous !», appel publié par l’Observateur du 4 juin 2020.
Paris le 25 janvier 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 23:36
«Jack LANG, l’emblématique ministre de la culture de François MITTERRAND ou l’imagination au pouvoir» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Dans cette série d’articles que je consacre au quarantième anniversaire de la victoire de François MITTERRAND, et donc à sa promesse pour 2022, Jack LANG est incontournable, un ministre de la culture qui croit en l’urgence de tous les combats pour changer la vie : «C’est un homme de la Renaissance égaré parmi nous» dit Jean-Denis BREDIN. Il a fait bouger les lignes, bousculé le conservatisme et le conformisme, durablement. Professeur agrégé de droit public, mendésiste, anticolonialiste et antiraciste, dès dix-sept ans, initiateur à vingt-quatre ans du Festival mondial de théâtre de Nancy, puis directeur à trente-trois ans du Palais de Chaillot, notre ami Jack LANG, est ce Ministre emblématique de la culture de François MITTERRAND, qui a eu la durée en ayant appartenu à tous les gouvernements du président socialiste, dont il a souvent partagé l’intimité familiale, et bénéficié de sa grande confiance. Et, Jack LANG le raconte dans ses ouvrages «François Mitterrand, fragments de vie partagée» et le «Dictionnaire amoureux de François Mitterrand». En effet, Jack LANG, avec Christian DUPAVILLON, directeur artistique à Nancy et à Chaillot, vont organiser les principaux événements de la campagne électorale de 1981, la passation de pouvoirs avec Valéry GISCARD D’ESTAING, ainsi que les cérémonies d’investiture de François MITTERRAND du 21 mai 1981. Au Panthéon, il y avait là, le concert de Daniel BARENBOIM, des invités prestigieux (Gabriel Garcia MARQUES, Carlos FUENTES, James BALDWIN, William SYRON et Hortensia BUSI ALLENDE). C’est un événement qui marque une rupture avec toutes les cérémonies officielles, une fête populaire, pour un peuple de gauche longtemps écarté du pouvoir. C’est «l'invitation à la vie et au mouvement, le déferlement de joie dans toutes les grandes capitales du monde pour célébrer le commencement libérateur» dit Jack LANG. Au Panthéon, François MITTERRAND, avec la complicité de Roger HANIN, et la mise en scène de Serge MOATI, dépose une rose sur les tombes de Jean MOULIN, Jean JAURES et Victor SCHOELCHER. Jack LANG a été aussi le chef d’orchestre de la soirée festive à la Bastille du 10 mai 1981 : «Le peuple de France était enfin passé des ténèbres à la lumière» dit Jack LANG. «Enfin un pouvoir, le pouvoir, n'avait plus peur ni de la jeunesse ni de l'intelligence et que, pour la première fois, les forces de la création se reconnaissaient en lui. Voici qu'enfin, un pouvoir, le pouvoir, renouant avec la mémoire du pays, pouvait inventer à son peuple un avenir» dira Jack LANG, dans son fameux discours du 17 novembre 1981. Alors que le nouveau gouvernement est confronté à la bataille de l’emploi, Jack LANG est le chantre de l’enjeu économique, social et politique de la culture. «Jack Lang met en scène la vie même, plus que le théâtre ; c’est proprement un homme politique, et dans ce sens, un artiste» écrit Antoine VITEZ. En effet, il introduira cette Révolution qui intègre non seulement la culture classique, mais tous les autres domaines variés et inattendus comme le Design, la mode, la gastronomie et les musiques technos. Il a compris que la Révolution technologique a provoqué une énorme demande de produits culturels. Jack LANG se caractérise essentiellement par son conformisme, son imagination toujours débordante «La culture n’est ni un privilège, ni un supplément d’âme. Elle ne se réduit pas aux loisirs et aux divertissements. Elle constitue, certes un levier économique, social et éducatif, mais elle est surtout indispensable à notre intelligence, a fortiori en période de crise économique et de perte de repères» écrit Christophe GIRARD, dans son «petit livre rouge de la culture».
A cette époque, simple conseiller de Paris, sans fief politique, et sans enracinement dans le Parti socialiste, Jack LANG devient, subitement, l’homme politique le plus populaire de France, une bonne image, depuis lors, qui ne s'est jamais démentie. «De tous ceux que la Gauche a placés sous les feux de la rampe, Jack Lang est sans doute celui qui a fait le plus parlé de lui. Il a su faire de la culture un enjeu politique majeur» écrit Mark HUNTER. La fin des années MITTERRAND aurait dû logiquement soustraire Jack LANG de la lumière. C’est le contraire qui s’est produit. «Le bel homme», en référence au surnom des Guignols, est toujours au-devant de la scène, toujours sémillant et inventif. Maire de Blois de 1989 à 2000, député à Boulogne-sur-Mer de 2004 à 2010, Jack LANG est président de l’Institut du Monde Arabe, depuis 2013. En effet, Jack LANG est resté, éternellement, le Ministre de la Culture qu’on continue encore de consulter «La culture a beaucoup à perdre dans une telle compétition. Survivre, se nourrir sont des exigences absolues. La culture peut paraître moins vitale quand autant de gens souffrent et meurent. Et pourtant, les artistes et les créateurs ont témoigné, au cours de cette période, d’une inventivité étonnante et ont montré que la culture est une nécessité de l’âme, une source de bonheur, de générosité» dit Jack LANG, à propos de cette période de pandémie de la Covid-19.
La culture étant un des moyens de «changer la vie», Jack LANG s’est voulu le continuateur de l’ambition culturelle de la Révolution de 1789, pour qui, en réaction au vandalisme de l’Ancien régime, par un volontarisme, pose le principe que l’affirmation de la liberté d’opinion se traduit par l’instauration de la liberté des théâtres. La culture est placée au cœur de l’ambition de régénération de la société : changer les mentalités, transformer les pratiques les plus quotidiennes, construire de nouvelles institutions, instruire et émouvoir. Si la IIIème République  s’est désintéressée à l’art et à la culture, Jack LANG a recherché son inspiration dans l’héritage du Front populaire qui, dans un contexte de grave crise économique et de montée des totalitarismes a voulu construire une réplique démocratique à l’embrigadement de la culture devant être popularisée. «L'échec économique de nos prédécesseurs fut d'abord un échec culturel. Ils avaient perdu la foi en la force de l'esprit et de la volonté. Nous croyons en la force de l'esprit et de la volonté pour transformer le cours des choses. La culture, c'est donc la vie de l'esprit. Elle ne peut être confinée en une lointaine forteresse, éloignée des douleurs et des peines des hommes ; elle est la vie même. Pourquoi un ministère de la culture ? Pour accomplir une double tâche ; apporter sa propre contribution avec les autres ministères de ce Gouvernement, avec le Parlement, au projet de civilisation voulu par le pays, et conduire une politique nouvelle pour l'art et la création» dit Jack LANG. La culture est, par ailleurs, étroitement liée à la politique de loisirs, Jean ZAY (1904-1944) s’étant appuyé sur un vaste mouvement associatif. En effet, Jack LANG voit aussi dans la culture un enjeu économique et social. Selon lui «tout est culture», toute action gouvernementale est culturelle ; il y a, non pas un seul, mais quarante-quatre ministres de la culture dans le gouvernement de Pierre MAUROY. Tous les Français et non plus seulement une classe sociale, ont droit à la culture. Il identifie le combat de la gauche à un manifeste culturel et place le Ministère de la Culture «au service d'un projet de civilisation». A partir de 1959 deux ministres de la culture sortent du lot : André MALRAUX est celui qui a donné à la politique culturelle son «prestige», et Jack LANG, lui a donné  une vaste assise populaire, en raison de son imagination et de sa créativité débordantes, mais sa puissante capacité à agir, donc à faire bouger les lignes. Dans cette énergie créative et débordante, Jack LANG sait valoriser les hommes qui ont des projets ; ce qui le caractérise c’est «sa curiosité, sa sensibilité, son enthousiasme, sa capacité d’engagement immédiat. Quand il reconnaît la justesse d’un projet, il ne pose aucune question, ne cherche pas à atermoyer ; il donne le feu vert» écrit Patrick BOUCHAIN.
Jack LANG tenait une bonne partie de sa légitimité en raison de sa grande proximité avec le président MITTERRAND qui avalisait tous ses projets culturels. «François Mitterrand était un homme d’une grande culture, il était passionné de littérature, de cinéma, il avait une grande connaissance de l’histoire, du patrimoine. Sa culture était plutôt classique, même s’il était curieux de tout. Je lui ai fait découvrir et apprécier l’art d’avant-garde mais aussi la bande dessinée ou les musiques nouvelles. Il aimait les choses incarnées, sensuelles, le roman, la poésie. Il plaçait la culture au cœur de son projet politique, pour des raisons à la fois logiques et affectives, par raison et par passion. Il croyait profondément dans la culture pour transformer la société, accomplir la promesse de la gauche de libérer le temps libre, que chacun puisse l’utiliser pour se former, pour créer, pour rêver» dit Jack LANG.
Pour François MITTERRAND, la culture est l’expression du génie des peuples et ce qu’il y a de plus durable dans l’action des hommes. Lui-même aime à s’entourer d’artistes, affectionne certains écrivains et les éditions rares. En effet, François MITTERRAND a réfléchi sur une politique culturelle de gauche, sur  les multiples relations que peuvent nouer la culture et la politique : «Au fond, la palette est sans frontières : de Molière protégé du pouvoir royal à Beaumarchais ébranlant le pouvoir royal, en passant par les relations Voltaire-Frédéric de Prusse, Diderot-Catherine de Russie, Chénier-Robespierre, Malraux-de Gaulle» dit François MITTERRAND le 19 mars 1981, au symposium international sur la science et la culture, une rencontre abritée par l’UNESCO, avec la complicité d’Amadou Makhtar M’BOW, alors Directeur général de cette institution. MITTERRAND insiste sur la nécessaire humilité qui doit inspirer l’action de l’homme politique : «Au fond, l’exercice des responsabilités publiques n’est qu’une section des affaires culturelles. Si la culture est l’ensemble de nos modes de vie et de pensée, l’homme politique est un homme parmi d’autres. Avec d’autres, il essaie de comprendre le monde, avec d’autres il essaie de changer le monde» dit François MITTERRAND. La culture est un projet de société, un projet de vie, l’un des puissants socles du changement que la gauche entend mettre en place : «Le socialisme, c’est d’abord un projet culturel, c’est moins un choix de société qu’un choix de civilisation : en vérité, un choix de vie ou plutôt un choix de survie. Aujourd’hui, notre système à bout de souffle, à court d’idées, désespère l’homme et l’enferme dans la solitude» dit François MITTERRAND. La culture c’est réensemencer un vaste dessein mobilisateur des énergies et des talents «Gouverner l'avenir et non en être le jouet. Pour ce faire, concevoir un immense effort d'éducation artistique et scientifique à travers le pays, à l'école et hors de l'école» dit François MITTERRAND. Un projet culturel, c'est aussi une grande politique de la lecture publique, une politique audacieuse des programmes télévisés, orientés vers l'éducation, la connaissance et la formation du goût public, c'est redonner l'amour du beau dans sa ville dans son habitat, dans sa vie, c'est multiplier les groupes amateurs ; c'est ouvrir largement les portes de l'école aux artistes et aux techniciens. Réensemencer, c'est réintroduire l'art au cœur de la vie et non l'utiliser comme cache-misère.
Pour l’emblématique ministre de François MITTERRAND, dans son discours du 17 novembre 1981, la culture se trouve inscrite au cœur de tout projet politique et non à la périphérie de l’action gouvernementale ; et la politique culturelle participe d’un «projet de civilisation» qui vise à redonner droit de cité à la beauté et au bonheur. André MALRAUX, ministre de la culture du général de GAULLE parlait du «combat pour la civilisation, du jour contre la nuit». Pour le général de GAULLE «La culture domine tout». Le président sénégalais, Léopold Sédar SENGHOR, un des membres du comité de François MITTERRAND sur la culture, défendait le primauté de la culture sur la politique, l’assimilation du champ culturel à la totalité du champ politique : «la culture est au début et à la fin de tout développement» disait le président sénégalais.
Qui est Jack LANG ?
Son arrière-grand-père maternel, Emile BOUCHET (1895-1926), un républicain, laïc et franc-maçon est institution en Vendée, catholique, conservatrice et monarchiste et sa grand-mère est Berthe BOULANGER (1896-1944). Les curés manifestent une hostilité à l’égard d’Emile, un enseignant de l’école du «démon». Jack LANG se dit areligieux, mais il introduira l’enseignement du fait religieux à l’école. Sa mère, Marie-Luce, est née le 5 janvier 1919. En 1926, à la mort d’Emile BOUCHET, sa famille vint s’installer à Nancy.  Sa mère, Marie-Luce BOUCHET, née le 5 janvier 1919, se marie, le 25 mai 1938, à Roger LANG (1902-1955), laïc, d’ascendance juive et directeur commercial d’une entreprise de son père, Albert LANG. Alors qu’elle attendait un enfant, et craignant que Nancy ne soit bombardée, Marie est envoyée à Méricourt, dans les Vosges, c’est là que naît le 2 septembre 1939, Jack LANG. En pleine guerre, et en hommage aux Anglais, son père voulait lui donner le prénom de Winston ; l’état civil refuse d’enregistrer ce prénom qui n’est pas français, mais accepte celui de «Jack», une francisation de «Jacques». Pendant la guerre, la famille se réfugie d’abord à Vichy, mais est obligée par la suite de se rendre en Corrèze.
Jack LANG fait des études secondaires au lycée Henri-Poincaré de Nancy. Entré en sixième en 1949, il redouble cette classe, puis est envoyé deux ans en pension au collège de Lunéville. Il revient en classe de quatrième au lycée Poincaré. Placé en section scientifique au premier trimestre de la classe de seconde, il demande à passer en section économique et sociale en cours d'année. Jack LANG perd son père à l'âge de 15 ans, en 1955. Il obtient le baccalauréat en 1957, puis s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Nancy et au centre universitaire d'études politiques, dépendant de l'Institut d'études politiques de l'université de Paris. Ayant réussi avec mention ses deux premières années d'études au centre, il peut entrer directement en 1959 en deuxième année d'études à l'Institut d'études politiques de l'université de Paris, section service public, dont il est diplômé en 1961. Il continue en parallèle ses études de droit à la faculté de droit de l'université de Paris, et y obtient la licence, également en 1961. Après ses études à Paris, Jack LANG entame une carrière universitaire à la faculté de droit de l'université de Nancy. Il devient assistant du professeur de droit international, Charles CHAUMONT, obtient en 1964 les diplômes d'études supérieures en sciences politiques et en droit administratif puis, après l'obtention du doctorat en droit en janvier 1967, il devient chargé de cours. Après deux échecs successifs, il est lauréat du concours d'agrégation de droit public et sciences politiques, et est nommé maître de conférences le 1 janvier 1971 à l'université Nancy II. Titulaire d’un doctorat de droit international en 1976, et doyen de l'unité d'enseignement et de recherche de sciences juridiques et économiques de 1977 à 1980, Jack LANG obtiendra ensuite sa mutation à l'université Paris X-Nanterre.
Sa grand-mère paternelle, Camille LANG, dite «Mame», l’emmène à son premier spectacle d’opérette. Elle pense que Jack, un enfant sensible et intellectuel, est promis à un bel avenir. Par la suite, Jack suit les leçons de piano et de danse, mais sa véritable et durable passion, sera le théâtre. Jack LANG, qui zozotait, s’est passionné pour le théâtre «L’erreur de tous les hommes, c’est de ne pas croire assez au théâtre» écrit Albert CAMUS dans son «Caligula». On dit de lui, narcissique ou mégalomane, Jack voulant être objet de toutes les attentions, a besoin de plaire et de séduire. En fait, Jack LANG célèbre, en permanence la vie «Ah ! c’est maintenant que je vais vivre ; c’est moi qui le dit et moi qui m’invite à une fête sans mesure. Aujourd’hui, et pour le temps qui va venir, la liberté n’a plus de frontière» écrit Albert CAMUS dans son «Caligula».
Initialement, Jack LANG n’était pas socialiste, mais un anticolonialiste virulent et inconditionnel, dans un contexte de guerres en Algérie et en Indochine. Admirateur de Pierre MENDES-FRANCE (1907-1982), il rêve d’un monde plus juste et plus fraternel. Adhérent du mouvement des jeunes radicaux, il en est exclu en 1958. Il entretiendra une relation épistolaire avec Pierre MENDES-France «En 1959, je suis étudiant à Paris, je défends des idées de Pierre Mendès-France, qui, président du Conseil, a mis fin en 1954, à la guerre d’Indochine, et ouvert la voie à l’indépendance de la Tunisie et du Maroc. Grâce à son courage intellectuel et sa passion de la Vérité, il incarne alors l’idéal de ma génération» écrit Jack LANG dans «François Mitterrand, Fragments de vie partagée».
A Nancy, ville conservatrice se tenant à l’écart de la vitalité artistique française, Jack LANG fonde, en 1963, le Festival international du théâtre universitaire, un théâtre contestataire, éphémère et amateur qui attirera bientôt des troupes du monde entier et connaîtra une renommée internationale. Cette expérience est un haut lieu de découverte de nouveaux talents (Patrice CHEREAU, Chico BUARQUE). En ce temps-là, le théâtre dominant est celui des gags, le procès du système moral ou politique est rarement abordé. Or, en partisan de la liberté, de la poésie et de la fraternité, Jack LANG se passionne pour Albert CAMUS (1913-1960) et surtout Bertolt BRECHT (1898-1956), dans son esthétique de la distanciation. «Le rôle du comédien n’est pas de dire et de bien dire. Loin d’être un interprète docile et soumis, il deviendra lui-même créateur» écrit Antoine VITEZ. C'est au Conservatoire d'art dramatique de Nancy, en 1957, que Jack LANG fait la connaissance d’une petite brune, Monique BUCZYNSKI,, fille d’un juif polonais, Jacques BUCZYNSKI, originaire de Lituanie, et d'Elvire HAHN, qu'il épousera le 13 mars 1961. Ils auront deux filles. L'aînée est Caroline, née le 27 septembre 1961, senior vice-présidente de Warner Bros. International Television Distribution. La cadette est la comédienne Valérie LANG (1966-2013), compagne de Stanislas NORDDEY, fils de Jean-Pierre Mocky, est décédée des suites d’un cancer «Valérie nous manque, énormément ; elle était un trésor, un bijou, une personne merveilleuse. C’est particulièrement difficile» dit Jack LANG, face à ce drame. Derrière la réussite de chaque grand homme, se cache une femme exceptionnelle. En effet, Monique, l’épouse, a joué un rôle déterminant, mais discret, dans la carrière de Jack LANG. Il a de l’esprit, du charme et des convictions, Monique, conseillère privée, coach et directrice de conscience, lui a apporté le culot et l’appoint, l’esprit de décision. Monique a tenu un rôle central dans le fonctionnement du ministère de la culture et dans la constitution des réseaux de Jack LANG : «Pharaonne. moderne, pour influentes que soient nos trois «ministresses» du gouvernement Chirac, aucune n'a le pouvoir ni le statut (elles ne sont pas salariées) dont jouissait Monique Lang à la Culture» écrit Marie-Thérèse GUICHARD. Jack LANG ne manque ni d’allure, ni de panache et il a cultivé une proximité et une grande complémentarité avec sa femme, Monique «Il est impossible d’approcher Jack Lang, sans passer par Monique. C’est elle qui fait le tri et fixe les rendez-vous» écrit Mark HUNTER, un de ses biographes. A Nancy, il croit au bienfait de la contestation du théâtre des étudiants, et il a la passion de la liberté, au risque de se brouiller avec le maire conservateur de la ville, et donc de perdre tout appui logistique.
En 1972, Jacques DUHAMEL (1924-1977), ministre de la culture de Georges POMPIDOU (1911-1974), nomme Jack LANG, directeur du théâtre de Chaillot, à Paris, un établissement en déclin «Jack Lang est le lieu même de l’échange. Il est la vision, l’audace décisionnaire, le sens du terrain et des convictions peu conformistes» écrit Patrick BOUCHAIN. Assisté d’Antoine VITEZ, en qualité de Directeur artistique, Jack LANG institue un théâtre national pour enfants et diligente une transformation radicale de la grande salle. A Chaillot, Jack LANG veut donner plus d’écho au vivant ; il a cette façon de modifier les règles du jeu de l’intérieur, de faire de l’institution même un lieu de révolution, une réinvention permanente. Dans son imagination au pouvoir, Jack LANG considère que le théâtre est l’art le plus complet de tous, d’expérimentation et d’interprétation «rêveur insouciant, le temps d’une fête ou d’un regard, curieux et gourmand de tout, sitôt qu’il a décidé, tumultueux, impossible à arrêter, joyeux quand la vie quotidienne le retient, il est porté à l’action, au sérieux et devient infatigable. Gauchiste, disent ses ennemis ! Il l’est d’une certaine manière, par son mépris des idées reçues, sa haine du moindre conformisme. Il ne se reconnaît pas de maître. Il ignore le respect, sauf quand il admire» écrit Jean-Denis BREDIN.
En juillet 1974, lorsque François MITTERRAND se rend au théâtre de Chaillot pour soutenir Jack LANG qui vient d’en être évincé par le nouveau secrétaire d’État à la Culture, Michel GUY (1927-1990). François MITTERRAND est ensuite invité, en 1975 et en 1977, au festival de Nancy par Jack LANG, qui le séduit par ses idées, sa fougue, son entregent. Jack LANG, dans ses convictions fortes comme des montagnes et une volonté aussi forte que ses convictions, est un être entier, et cela peut lui jouer  des tours : «Avec ceux auxquels il n’accorde ni estime, ni crédit, ceux qui se dressent contre lui, il les affronte violemment et souvent sans précaution. Au risque de perdre la direction de Chaillot, à laquelle il tient tant, il malmène Maurice Druon, son ministre, parce qu’il ne peut pas le supporter» écrit Jean-Denis BREDIN. En effet, Jack LANG, dans sa force vitale, il sait où il est et quel chemin il va emprunter. Or, Maurice DRUON (1918-2009), auteur du «chant des partisans», hostile à toute innovation ou avant-garde culturelle, et voyait dans toute audace une forme de contestation ou de subversion politique ; En cela Jack LANG dérangeait le nouveau pouvoir giscardien.
En 1977, Jack LANG se présente sur une liste socialiste des municipales à Paris 3ème dirigée par Jérôme CLEMENT, homme de culture, écrivain et futur président d’Arte. Au cours de cette campagne, Jack LANG fait la connaissance de Georges DAYAN (1915-1979), député du Gard et sénateur de Paris, un des amis intimes de François MITTERRAND. C’est à ce moment que Jack LANG, petit à petit, va entrer dans le cercle fermé des amis du futur président socialiste de la République. En 1978, Michel ROCARD, populaire dans les sondages, et un redoutable concurrent de François MITTERRAND, le qualifie «d’archaïque». Au congrès de Metz, Jack LANG soutient François MITTERRAND contre Michel ROCARD (1930-2016). François MITTERRAND ressentant alors le besoin de renouveler et densifier, l’entoure de nouvelles recrues et accorde une place de choix aux «Sabras» ou descendants de Juifs nés en Israël (Jacques ATTALI, Laurent FABIUS, Jean-Marc AYRAULT) : «A leurs yeux, je représente une nouvelle génération du monde de la culture, une certaine modernité et forme de créativité» dit Jack LANG. En 1979, Jack LANG, nommé conseiller culturel, est désigné directeur de la campagne des européennes, pour la première fois au suffrage universel direct, et le Parti socialiste (22%) devance la Libération le Parti communiste (19%) : «Cette campagne sera, pour moi, une sorte de laboratoire géant, et pour François Mitterrand, une rampe de lancement» écrit Jack LANG.
Jack LANG est choisi par François MITTERRAND pour prendre en charge la délégation nationale à l’action culturelle et participe activement à la campagne présidentielle de 1981, s’employant à rassembler autour du candidat socialiste intellectuels et «créateurs» de toutes disciplines.

 

Au soir du 10 mai 1981, François MITTERRAND dira, à la rue Solférino, le nouveau siège du Parti socialiste depuis 1980, «Je vous retrouverai, chacun, dans les prochains jours». Paul QUILES, directeur de la campagne électorale de 1981, avait demandé à Jack LANG, dans l’hypothèse d’une victoire d’organiser une grande fête à la Place de la Bastille. Mais Jack LANG ne savait pas encore sa place dans le futur gouvernement «Nous étions prêts à exercer le pouvoir, nous sommes impatients d’agir» dit Jack LANG. Le 12 mai 1981, Jack LANG ainsi que son épouse Monique, sont invités à prendre un café à la rue de Bièvre au domicile parisien. Au moment du départ, François MITTERRAND lui demande de l’accompagner au pigeonnier et lui demande de s’occuper de la partie publique de la cérémonie de passation de pouvoirs du 21 mai 1981 ainsi que la visite du Panthéon «Après le Front populaire et la Libération, la majorité politique vient de s’identifier à la majorité sociale» avait dit François MITTERRAND. Mais MITTERRAND n’a rien dit de son entrée au gouvernement. Jack LANG est revenu le 13 mai 1981, mais François MITTERRAND est resté silencieux. Dans cette période intense et c’est la nature de François MITTERRAND, il ne disait rien à personne et restait souvent dans la réserve ; il écoutait plus que ce qu’il ne parlait. Puis, il décidait. «Dès qu’on est plus de deux à savoir, il n’y a plus ni discrétion, ni secret publics» disait François MITTERRAND. C’est finalement Gaston DEFFERRE qui a vendu la mèche en félicitant Jack LANG, nommé Ministre de la culture : «Nous gravirons ensemble les marches de l’Elysée pour aller à la salle des fêtes» lui dit-il.
Nommé Ministre de la culture, Jack LANG savoure cet instant de joie «Un sentiment de bonheur m’étreint. Depuis des années, je me bagarre pour que cela advienne, et soudain le rêve se réalise. François Mitterrand m’accorde une confiance qui me donne des ailes. Ce n’est pas l’ivresse du pouvoir que je ressens, mais l’ivresse de pouvoir enfin faire bouger les lignes, inverser les priorités» écrit-il. Dans ces années 80, la nomination de Jack LANG au ministère de la culture est loin d’être anodine. La culture est un haut lieu de confrontation et de concurrence entre le Parti socialiste et le Parti communiste qui, dans les années 70 et 80, détenait une hégémonie culturelle incontestable depuis la Libération : «Nous voulions faire pièce au P.C.F, qui prétend être le parti des intellectuels» écrit Jack LANG. Le poète communiste, Louis ARAGON (1897-1982) invitait à construire des «galeries vers le ciel» et Jack RALITE (1928-2017) aurait pu être un bon ministre de la culture. «La culture fait partie intégrante de notre identité et de notre histoire, elle fédère et rassemble les citoyens, contribue à donner à la France sa place spécifique en Europe et dans le monde» écrit Christophe GIRARD «le petit livre rouge». Par conséquent, la Gauche, François MITTERRAND et Jack LANG ont vite compris qu’en vue d’une conquête ou conservation durable du pouvoir, la culture est devenue un enjeu politique. Or traditionnellement, le ministère de la culture, parent pauvre du budget de l'État, était en quelque sorte la «Cendrillon» suivant André MALRAUX, avec «un budget des menus plaisirs» suivant Jean VILAR. Aussi Jack LANG sollicite le doublement du budget du Ministère de la Culture : «Bonne idée, mais bonne idée difficile à réaliser» dit François MITTERRAND. Jack LANG se bat pour l’émergence de 40 ministres de la culture : «Et fini le temps où, campant jalousement sur ses hauteurs, l'administration de la culture somnolait loin des bruits du monde. La culture n'est la propriété de personne. La culture n'est pas la propriété d'une administration. Si notre ambition culturelle est une ambition de civilisation, alors aucun ministère n'en est exempté. Chaque administration, chaque service public, chaque entreprise nationale en sera l'artisan. Ce Gouvernement ne compte pas un ministre de la culture, mais si je puis dire, quarante-quatre ministres de la culture, car chacun à sa manière peut apporter sa contribution à ce projet d'ensemble» dit Jack LANG. En effet, la culture est un puissant désir de changement dans toute la société, «en vue d’inoculer le désir de beauté, d’harmonie» dit-il. «Jack Lang est boulimique, et l’idée de Mitterrand était sans doute  de le contenir partiellement. Même si, de toute façon, Jack Lang on le sort par la porte, il revient par la fenêtre, il a été toujours comme cela ! François Mitterrand l’appréciait mais ne voulait pas l’avoir tout le temps dans les pattes» dit Jérôme CLEMENT.
Jack LANG, ministre de la culture, au service du projet de rupture de François MITTERRAND, a témoigné de l’audace, la politique reste le domaine de la volonté et de l’action, abandonnant ainsi la résignation et les incantations stériles. François MITTERRAND avait déjà fixé le cap «Réfléchissez, dans les prochains jours, à une liste de grands projets qui soient architecturalement emblématiques et répondant à un vrai besoin culturel. Et enclenchez immédiatement dans l’ensemble du pays un vaste mouvement d’où surgiront des centres d’art et de création» avait-il dit le 19 mars 1981. En effet, Jack LANG  «a des convictions fortes comme des montagnes, et une volonté aussi forte que ses convictions. Il ne sait rien d’impossible, et rend tout ou presque possible, à force de vouloir, de bousculer les obstacles et rompre les règles ordinaires du jeu» écrit Jean-Denis BREDIN dans «Eclats». Pour François MITTERRAND, la culture est un puissant levier pour le changement «un changement profond équivaut à un tremblement de terre. «Nous voulons changer la vie, imaginer un autre système de civilisation qui puisse faire prévaloir l’exigence de la création et du savoir sur les impératifs de rentabilité à court terme, et en même nous voulons assurer la prééminence de la justice sociale sur les intérêts des profiteurs et des spéculateurs» dit François MITTERRAND.
François MITTERRAND a laissé à Jack LANG, une grande liberté de marge de manœuvre : «Il est pudique et réservé ; il préfère la litote aux longs discours ; il nous laisse mettre en scène sa pensée. Le geste large, il maintient le cap sur l’essentiel et, pour le reste, il se laisse porter par la vague» dit Jack LANG. Les premières visites de François MITTERRAND sont au Centre Pompidou, symbole de l’art moderne et au festival d’Avignon pour soutenir Ariane MNOUCHKINE. De nombreux écrivains étrangers sont naturalisés, comme Milan KUNDERA. Dans le passé, la Gauche n’ayant gouverné que de façon sporadique, est prise par un vertige de l’urgence du temps. «Avant 1981, le sentiment que les conservateurs et la droite étaient installés au pouvoir pour l’éternité pesait sur l’atmosphère. Vous avez hérité de cette aspiration à l’alternance, au droit à vivre, à penser et à gouverner autrement» dit Jack LANG. Aussi, différents projets sont immédiatement mis en chantier : loi sur le prix du livre, doublement du budget du ministère de la culture, lancement des grands travaux, exception culturelle. Mais ce programme n’est pas aussi spontané que cela, il est le fruit de nombreuses années de réflexions et de combats : «L’armature intellectuelle, politique et culturelle de notre programme nous sert de boussole» écrit Jack LANG.
Le projet de loi sur le prix du livre est présenté le 23 juillet 1981 en conseil des ministres ; son ambition est de «sauvegarder tout à la fois notre réseau de librairies, la diversité de la création et de l’édition» écrit Jack LANG. Ce projet de loi se heurte aux intérêts financiers de grands groupes de distribution et de supermarchés. Ainsi, Jérôme LINDON, Directeur des éditions de Minuit et créateur d’une association pour le prix unique du livre, dénonce la logique grossiste de la FNAC et le «mal français consistant à dédaigner les progrès de l’organisation et de la gestion, qui privilégie la défense du marginal sur l’essor économique, qui demande en permanence à l’Etat aide et protection». En effet, les années 80 sont marquées par la crise du livre. Elle a deux origines : le développement des nouvelles pratiques culturelles, qui concurrencent la lecture, et la crise de 1973. Le monde de l’édition est révolutionné par de gros éditeurs comme Hachette, et l’édition technique est plus en avance technologiquement ; le monde de la distribution est quant à lui attaqué par l’apparition des grandes surfaces. L’arrivée de la FNAC a porté le fer dans le monde des librairies, qui sont passées de plus de 60% du marché à 50%. Cette crise est maintenant accentuée par le phénomène de l’autoédition et cette pandémie de la Covid-19. A l’époque, dans sa croisade, Jack LANG est soutenu par Gaston DEFFERRE (1910-1986) et sa compagne, Edmonde CHARLES-ROUX (1920-2016, voir mon article). Le 10 août 1981 est promulguée la loi relative au prix du livre, connue sous le nom de loi LANG, entrée en vigueur le 1er janvier 1982, elle met en place, sur le territoire français, l’obligation de vendre les livres neufs au prix fixé par l’éditeur. Cette loi, hautement symbolique dans laquelle se retrouve aujourd’hui la grande majorité des acteurs du livre, est issue du contexte spécifique des années 1970 qui voit se développer de nouvelles formes de concurrence à la librairie traditionnelle. L’émergence du problème du prix du livre dans les années 1970 a été analysée par Yves SUREL : constatant une baisse du poids de la librairie indépendante, les acteurs de la chaîne du livre l’attribuent aux discounts consentis par les nouveaux acteurs de la distribution. Soulignant le rôle essentiel de la librairie indépendante pour la chaîne du livre et pour la culture, ils érigent le problème en enjeu de politiques culturelles et requièrent à ce titre une régulation de la concurrence par l’État via la mise en place d’un prix unique du livre. Les gouvernants ont toujours entretenu des rapports conflictuels avec le livre. En effet, celui-ci est considéré à la fois comme un soutien et une menace par les titulaires du pouvoir. Si la censure et le mécénat ont constitué deux formes privilégiées de cette relation séculaire, les liens actuels s’inscrivent plus volontiers dans le cadre traditionnel des politiques publiques. L’héritage de la Gauche, maintenant exporté dans toute l’Europe, est celui de la promotion générale du livre (Salon du Livre, Temps du Livre), à la législation sur les prix, en passant par les aides à la publication, l’Etat s’est aujourd’hui doté d’un répertoire d’actions très diverses.
Jack LANG engage, ce qu’il est convenu d’appeler les «Grands travaux», une expression trompeuse. L’ambition de la Gauche, à l’époque, était autre. Il ne s’agissait pas de construire pour construire, mais d’engager une politique des arts et de la culture complètement nouvelle : «A vrai dire, le manque était général. La situation culturelle était d’une grande pauvreté. Le musée du Louvre ou la Bibliothèque nationale, par exemple, étaient dans un état de décrépitude avancée: des salles ne pouvaient ouvrir au public qu’une demi-journée par semaine, l’eau coulait à travers les collections… L’opéra Garnier craquait de toutes parts, il y avait très peu de représentations possibles dans ­l’année» dit Jack LANG. Aussi, François MITTERRAND poursuit les projets de ses prédécesseurs, comme le musée d’Orsay, le musée des Sciences et des techniques de La Villette, l’Institut du monde arabe et l’aménagement de la Tête Défense, et en lançant de nouveaux, encore plus nombreux et ambitieux : le Grand Louvre, l’opéra de la Bastille, la Cité de la musique, la Grande Arche de la Défense au cours du premier septennat ; la Très Grande Bibliothèque lors du second. «Une France en marche, une France au travail, c'est avant tout une France foisonnante et inventive, une France confiante en elle-même, explorant les gisements encore insoupçonnés de son intelligence» dit Jack LANG.
François MITTERRAND est un homme politique d’une culture classique. Le projet du Grand Louvre a suscité de grandes controverses : «La cour Napoléon était un épouvantable parking. Le musée était handicapé par l'absence d'entrée centrale. L'idée initiale était de faire entrer les visiteurs au milieu, et de couvrir cette entrée» dit Jack LANG. Le Ministre de la culture a dû batailler, très durement ;  il «n’est pas l’homme des combats absurdes, ni des actions désespérées. Il n'est pas du tout anarchiste. Cette volonté peu commune, cette capacité à plier les évènements, à soumettre ou entraîner les autres, il ne les met pas au service d’impulsions irréfléchies. Il cherche le pouvoir, non pas pour ses intrigues, ou ses avantages, mais l’exacte mesure où le pouvoir permet l’action» écrit Jean-Denis BREDIN. Ainsi, la bataille pour le «Grand Louvre» a été mémorable. C’est l’époque où Louis PAUWELS (1920-1997), un journaliste de la presse conservatrice de Robert HERSANT qualifie Jack LANG de «Pape du SIDA mental». En fait, l’objectif de Jack LANG est d’affecter le bâtiment, tout entier, aux musées, de retrouver son unité, et donc d’en faire le plus grand musée du monde ; cela implique donc que le ministère des finances occupant l’aile de la rue de Rivoli doit déménager : «Bonne idée mais difficile à réaliser comme les bonnes idées» dit François MITTERRAND. Une bataille qui durera huit années. La pyramide de verre de Ieoh MING PEI (1917-2019), un américain de souche chinoise, de Canton, audacieuse et sobre, provoque une violente polémique ; on crie à la profanation. Mais François MITTERRAND ne plie pas et le Grand Louvre est inauguré le 29 mars 1989, lors du Bicentenaire de la Révolution française de 1789. «Le Louvre est le seul musée au monde dont l'entrée est une œuvre d'art, et la pyramide est devenue le symbole d'un musée résolument tourné vers l'avenir» dira Jean-Luc MARTINEZ. Les adversaires des grands chantiers disaient qu’ils seraient coûteux, mais la culture est un investissement sur l’avenir : «Il ne faut pas se laisser emprisonner par ce terrorisme. Un grand chantier national est créateur d’emplois, d’espoir, de ressources. A l’époque, on me disait que le Grand Louvre coûtait très cher. Aujourd’hui, cet investissement est remboursé au centuple en bonheur de vivre, en recettes touristiques, en fierté nationale, en emplois» dit Jack LANG. De 1991 à 1995, Jack LANG pourra faire aboutir 15 grands projets, avec des concours internationaux d’architecture : Musée d’Orsay, Musée des Sciences, Grande galerie du Muséum au Jardin des Plantes, Cité de la Danse, rénovation du Musée des arts et métiers, Cité de la Musique, Grande arche de la Défense, Institut du monde arabe, Opéra Bastille, Grande Bibliothèque portant maintenant le nom de François MITTERRAND, etc..
La Fête de la musique, initiée le 21 juin 1982, a été reprise par 140 pays de tous les continents et d’autres initiatives, comme la Fête du cinéma et les Journées du Patrimoines ont été pérennisées. Dans son imagination au pouvoir, Jack LANG sait transformer l’éphémère en durable «Là est son art à lui. Il suscite ou organise des événements dont on ne peut plus se débarrasser ; en ce sens, il gêne, il sert à ça» écrit Antoine VITEZ. Dans le projet des Colonnes de BUREN au Jardin du Palais-Royals, François MITTERRAND a accordé à son Ministre de la Culture la liberté de créer et la possibilité d’étonner, mais en même temps, le Président de la République n’étant pas un fanatique de la création contemporaine, n’adhère que modérément à cette initiative. Le projet des colonnes de BUREN soulève l’ire des conservateurs (Comédie française, Conseil d’Etat, Conseil Constitutionnel) et provoque de graves remous dans l’opinion publique, «l’esthétique académique» serait menacée. La commission des monuments historiques émet un avis favorable, cependant, Jack LANG, se fondant sur « une fuite d’eau », demande à Patrick BOUCHAIN d’entamer les travaux sur les fameuses colonnes, qui sont inaugurées le 30 juillet 1986, en pleine période de cohabitation. Ces colonnes seront même classées monuments historiques en 1994. François MITTERRAND accepte d’ériger différentes statues dans Paris et en province : Léon BLUM, place Voltaire dans le 11ème arrondissement, Pierre MENDES-France dans le Jardin du Luxembourg et Alfred DREYFUS, dans un Square du VIème arrondissement.
Jack LANG est un militant authentique antiraciste, considérant que l’immigration, dans l’un de ses ouvrages comme «positive».  Pour le Ministre de la culture et président de l’Institut du monde arabe, loin des esprits étriqués qui ne voient partout que des séparatistes, «la langue arabe est un trésor de la langue française» proclame un de ses ouvrages. Il est l’auteur d’un ouvrage, «Nelson Mandela, une leçon de vie pour l’avenir», avec une préface de Nadine GORDIMER. «C’est lui (Abbé Grégoire) qui, le premier, avec éloquence et force et courage, s’est élevé contre les discriminations raciales à l’égard des Noirs, à l’égard des juifs, à l’égard de toute exclusion» dira Jack LANG en 1989, à propos de l’hommage à l’abbé GREGOIRE. MITTERRAND, un féru d’histoire, a souhaité relier l’espoir du présent aux éclaireurs du passé. En effet, lors du Bicentenaire de la Révolution de 1798, Jack LANG est le maître de cérémonie au Panthéon, le 12 décembre 1989, lors de l’hommage rendu à Monge, Condorcet et l’abbé Grégoire : «On ne commémore pas une chose morte. On commémore une chose vivante, et la révolution a toujours été le mouvement, si j’ose dire. Une révolution, je veux dire la construction d’une république, c’est une œuvre constamment inachevée. Et je crois que ce qui est justement passionnant dans la période que nous vivons en ce moment, c’est que nous sommes, je le crois, à l’aube d’une nouvelle époque, pour la République» dit-il.
«Je suis le dernier des grands présidents. Après moi il n’y aura que des financiers et des comptables» avait dit François MITTERRAND, avec ses grands travaux, est un véritable pharaon du XXème siècle. La culture ne faisait pas partie des 110 propositions phares de François MITTERRAND, mais Jack LANG, dans son imagination débordante, a renversé la table : «De tous les responsables qui se sont succédé à la tête du ministère de la Culture depuis sa création, Jack Lang est incontestablement celui qui, avec André Malraux, l’aura le plus fortement marqué de son empreinte. Il aura, certes, bénéficié pour cela d’une progression importante des moyens financiers alloués par l’État à la culture ainsi que du temps nécessaire, deux mandatures de cinq ans, pour mener jusqu’à leur terme la plupart des projets engagés. Mais surtout, il a su inscrire son action dans des lignes de force qui ont donné du sens à ses initiatives. Sa force de conviction a permis de mobiliser la plupart des institutions et acteurs culturels. L’ouverture à de nouvelles activités artistiques, considérées auparavant comme tout à fait secondaires, ainsi qu’à de nouveaux publics, laissés jusque-là à l’écart pour des raisons géographiques ou sociales, ont également contribué à toucher de très larges couches de la population. Tout cela a donné à son ministère une aura incontestable auprès de l’opinion» écrit Mme Aurélie FILIPPETTI, ancienne Ministre de la Culture et de la Communication, dans la préface de l’ouvrage de Maryvonne SAINT PULGENT, «Jack Lang, batailles pour la culture, dix ans de politiques culturelles». Ces éloges sont loin d’être immérités ou complaisants : «S’il y a un discours mondial, il est d’abord celui des Hommes qui luttent, jusqu’au bout, pour se reconnaître, et dans une même mort, finir par inventer leur propre fraternité. Soyons fiers de nos identités et de nos particularités, et regardons avec admiration le spectacle de nos différences. Rebelle, je le crois, et fraternel, naturellement. L’art et la création doivent occuper dans nos sociétés une place centrale, et non pas ornementale ou décorative. L’art est d’abord un art de vivre, et comme tel, il doit recevoir plein droit de cité» dit Jack LANG, dans son discours, en 1982, à Mexico. En effet, «ce monde tel qu’il est n’est pas supportable. J’ai besoin de la vie, du bonheur et de l’immortalité. Je ferai de ce siècle le don de l’égalité», dit Caligula, qu’avait joué à Nancy Jack Lang, batailles pour la culture, dix ans de politiques culturelles LANG ; une formule qui lui sied bien, et pour toujours.
Références bibliographiques sélectives
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URFALINO (Philippe), L’invention de la politique culturelle, Paris, Hachette, 2004, 424 pages.
Paris, le 23 janvier 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
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23 janvier 2021 6 23 /01 /janvier /2021 16:36
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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 19:06
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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 08:40
«The Inauguration Day : Joe BIDEN président et Kamala HARRIS vice-présidente : A Historic Moment» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
Cette prise de fonctions, le 20 janvier 2021, du ticket BIDEN-HARRIS est historique à plusieurs titres.
C'est avant tout une victoire totale dans le monde des forces de l’Harmonie sur celles du Chaos. C'est l'espoir en raison du vent nouveau qui souffle sur l'Amérique d'une société internationale fondée sur le multilatéralisme, le respect de l'environnement et où la coopération primera sur la force brutale et aveugle. Le président Joe BIDEN s'est engagé dans cette journée du 20 janvier 2021, jour de sa prise de fonction de signer dix «Executive Orders» (des décrets présidentiels), hautement symboliques dont la réintégration au sein de l'accord de Paris sur le climat, l'abrogation du décret de Donald TRUMP interdisant aux ressortissants des pays à dominante musulmanes de pénétrer sur le territoire américain, et le port obligatoire du masque dans les espaces publics.
Le nouveau président américain, Joe BIDEN est le premier à s’intéresser à l’Afrique et à s’insurger contre ces régimes dictatoriaux et monarchiques du continent noir. En effet, il avait déjà condamné les violences policières en décembre 2020 du gouvernement nigérian contre des manifestants. Pour les élections en Ouganda du 14 janvier 2021, Joe BIDEN en appelait à la transparence et au respect du processus démocratique.
Ensuite, l'élection de Kamala HARRIS, une afro-américaine, en qualité de vice-présidente et d'une équipe fondée sur la diversité dont une ministre de souche indienne, les premiers habitants de l'Amérique et pour la première depuis 1776, me réjouis pleinement. Joe BIDEN a promise ne faire qu’un seul mandat. Par conséquent, Mme Kamala HARRIS pourrait, potentiellement, devenir la première femme présidente des Etats-Unis en 2024. Mme HARRIS a gravi, allègrement, la «montagne raciale» dont parlait le poète noir, Langston HUGHES (1902-1967). C'est donc l'espoir que cette société américaine, pourrie jusqu'à l'os par 400 années d’esclavage, de ségrégation raciale et de violences policières, retrouvera, enfin, la plénitude de la promesse républicaine d'égalité et de fraternité. Ce rêve américain tant attendu devient possible. Que chacun soit jugé non pas sur la couleur de sa peau, mais ses aptitudes et ses capacités comme le disait en substance Martin Luther KING (1929-1968).
Enfin, je ne vous cache pas que je suis envie par une joie immense de savourer pleinement et sans retenue la cuisante défaite de Donald TRUMP, ce putschiste raciste xénophobe islamophobe isolationniste qui a dans sa mauvaise gestion de la pandémie est grandement responsable des 400 000 morts, soit plus que les victimes de la première guerre mondiale et le Vietnam et la Corée réunies.
J'étais à Washington le 19 janvier 1993, la veille de la prise de fonction de Bill CLINTON, qui est, à mon sens, le premier président noir élu des États-Unis. J'ai été également saisi et submergé par une grande émotion le 10 mai 1981 par la victoire de François MITTERRAND et j'ai commencé à vous proposer une série d'articles en hommage à cette glorieuse période. Ces quatre années de Donald TRUMP ont été éprouvantes. On se souvient, dans l'affaire George FLOYD, tenant une Bible à l'envers quand Donald TRUMP et qui avait envoyé la troupe réprimer les manifestations de Black Lives Matter, en disant «When the riots start, the shooting start». Il disait aussi que les suprémacistes (Proud Boys, Qanon), qui le soutiennent, sont des «gens bien». Les hypocrites découvrent lors de cette insurrection du 6 janvier 2021 que Donald TRUMP avait transformé l'Amérique en République bananière. Il faudrait l'empêcher de nuire définitivement, en allant jusqu'au bout de cette procédure de destitution.
Par ailleurs, la leçon que j'en tire également en France c'est le démarrage du débat en France du projet de loi sur le séparatisme. Dans ce pays plombé par un lourd héritage colonial et esclavagiste, les bonnes âmes pensent que la France, avec son message universel des droits de l’Homme ce n'est pas l'Amérique et le président MACRON, dans sa stratégie électoraliste, négrophobe, islamophobe et vichyste ne représenterait aucune menace pour la démocratie.
Et pourtant ce projet de loi sur le séparatisme est une officialisation du Code de l'indigénat. Déjà les 113 jeunes étouffés à mort par les forces de l’ordre leurs ayant-droit, à ce jour, à un procès équitable. Cette loi sur le séparatisme, va légaliser en France un système d’Apartheid, «En Marche», qui ne dit pas son nom. Déjà, il est prévu d’expulser tous les étrangers qui auraient fréquenté une mosquée prétendue radicalisée. En attendant ces rafles, dignes du Vel-d’Hiv, dans cette justice à deux vitesses, des procès injustes commencent à être dirigés contre les racisés. Ainsi, Karfa Sira DIALLO, un militant antiraciste à Bordeaux, fondateur de l’association «Mémoire et Partage», poursuivi pour rébellion, a été fort heureusement acquitté. On se souvent également dans l’affaire Michel ZECLER, ce producteur noir tabassé par des ripoux du 17ème arrondissement, les policiers avaient déjà concocté un rapport de «rébellion et de menace avec arme», et par bonheur les caméras de surveillance fonctionnaient. M. Franco LOLLIA, ce militant de la «Brigade anti-négrophobie» qui avait badigeonné la statue de COLBERT, auteur du «Code noir» réifiant le corps des Noirs, est en ce moment poursuivi devant les tribunaux répressifs. Le procès a été reporté au 10 mai 2021, jour hautement symbolique du 40èmeanniversaire de la victoire de François MITTERRAND, et surtout c’est la journée de commémoration de l’abolition de l’esclavage.
Je ne suis pas naïf. Vous aussi. L’élection de Joe BIDEN et de Kamala HARRIS ne fera pas disparaître, comme par enchantement tous les maux de la terre. L’intervention et la vigilance des forces de progrès seront nécessaires afin que les belles promesses soient honorées.
En France, ce qui nous rassemble est plus grand que ce nous divise. Depuis la Révolution, la promesse républicaine est celle de l’Egalité, de la Liberté et de la Fraternité, inscrite sur tous les frontons de chaque mairie. Or tout le monde, depuis que la Rassemblement national ne s’attaque plus à la communauté juive, considère que cette petite entreprise familiale est devenue légitime et respectable. Plus grave, notre Président élu, sur la base d’un front républicain, à travers la loi sur le séparatisme, au lieu de rassembler, distille à haute dose le poison de la division et de la haine contre les racisés. Il y a une ligne rouge, comme avec l’Amérique de Donald TRUMP, qui est franchie. Vigilance et vite Mme Anne HIDALGO pour sauver la République !
Mes vœux de plein succès au président Joe BIDEN et à la Vice-présidente Kamala HARRIS pour une Amérique nouvelle !
Paris, le 20 janvier 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 19:37
Gloire et Honneur à Mme Angela MERKEL, chancelière d’Allemagne
Après 15 ans au pouvoir, Mme Angela MERKEL, chancelière d’Allemagne depuis 2005, ne se représentera pas ; elle sera remplacée à la C.D.U, par M. Armin LASCHET. Première femme à diriger l’Allemagne, et désignée deuxième personne la plus puissante du monde par le magazine Forbes en 2012. A l’heure où la politique est décrédibilisée, Mme Angela MERKEL a conservé une popularité intacte, à plus de 77% d’opinions favorables. Mme Angela MERKEL ne fait pas partie de ma famille politique. Cependant, elle s'est acquittée de sa mission avec honneur et dignité ; elle a donc fait, admirablement, le job. Dans ses mémoires, le président Barack OBAMA est plein d'éloges à l'égard de Mme Angela MERKEL. En dépit de son tempérament conservateur : «Je la trouvais sérieuse, intellectuellement exigeante et instinctivement bienveillante. C'est une politicienne aguerrie qui connaissait bien ses électeurs» écrit Barack OBAMA.
Par ailleurs Mme Angela MERKEL a accueilli 1 millions de réfugiés, à rebours de ses électeurs conservateurs, et d’une Europe prétendue humaniste et donneuse de leçons, mais se barricadant dans son égoïsme et sa frilosité. En revanche, en France, le président MACRON, en initiant un projet de loi sur le séparatisme, a choisi une option inverse. Le président MACRON a donc choisi, comme Donald TRUMP, le chemin de la honte et du déshonneur.
 Fille d’un pasteur, née KASNER, le 17 juillet 1954, à Hambourg, divorcée d’Ulrich MERKEL, mais dont elle a conservé le nom, Angela MERKEL s’est remariée en 1998 à Joachim SAUER, un professeur de chimie. Eduquée à Templin en RDA, dans l'esprit du christianisme de gauche, Mme MERKEL connaît, de l'intérieur, le système politique de l'ex-RDA mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Mme MERKEL admire Marie CURIE qui était physicienne comme elle. Mme MERKEL a de l’estime pour ceux qui ont su résister à une dictature, en particulier les hommes qui ont tenté d'assassiner Adolphe HITLER le 20 juillet 1944. Ou encore l'abbé KOLBE, ce prêtre polonais qui a suivi à Auschwitz les enfants dont il avait la garde. Après l'obtention de son baccalauréat en 1973, Mme Angela MERKEL étudie la physique à Leipzig, puis soutient en 1986 une thèse de doctorat en chimie quantique. A la suite de la chute du mur de Berlin, elle entame une carrière politique en devenant la porte-parole de l'ultime gouvernement de la RDA. En 1991, Mme MERLE est nommée ministre fédérale des femmes et de la jeunesse, cette fois-ci dans le gouvernement de l'Allemagne réunifiée. Après la réunification, formée à la politique par Helmut KOHL qui la surnommait «la gamine», lui confie deux portefeuilles ministériels, Mme MERKEL lui succède en avril 2000 à la tête de la CDU, l'Union chrétienne démocrate. Mme MERKEL se débarrasse de son mentor, Helmut KOHL, puis écarte ses concurrents et succède, en 2005, finalement au chancelier Gerhard SCHRODER. 
Forte personnalité dotée d'une intelligence éblouissante, Angela MERKEL a relevé les grands défis d’une Allemagne réunifiée qu’elle a rénovée et modernisée. On dit d’Angela MERKEL qu’elle est intraitable, d’un regard bleu acier ; elle semble indéchiffrable. Mme Angela MERKEL est différente parce qu'elle sait ce que la liberté veut dire. Protestante et divorcée, elle a su s'imposer dans un milieu d'hommes largement catholique. Scientifique d'origine, elle ne cherche pas à briller, mais à faire. Lente, obstinée, sans éclat, elle est à la fois une tacticienne machiavélique et une femme de valeurs. Les partisans d’Angela MERLE la trouvent réfléchie et méthodique. «Les gens m'accusent souvent de ne pas agir plus vite. Que je laisse les choses se faire pendant trop longtemps. Pour moi, il est important de bien peser toutes les options... d'examiner les différents scénarios, et pas simplement de façon théorique dans la tête» dit-elle. On loue son absence de vanité et son sens de l’absurde. Ses opposants lui reprochent son ambition, son côté «mère la rigueur de l’Europe», et ses atermoiements. Ses diktats rigoristes lui valent d’être caricaturée un fouet à la main et une croix gammée au bras. Constamment sous-estimée et admirable tacticienne, Mme MERKEL a exercé aussi son pouvoir dans une vertigineuse solitude. Ses rivaux en politique, elle n'a pas hésité à les écarter de façon méthodique et propre.
Mme Angela MERKEL, roc dans la tempête, a un grand sens des responsabilités. Dotée d’un grand esprit de décision et stratège, Mme MERKEL sait définir une ligne de conduite dont elle ne dévie pas. «Je pense être courageuse au moment décisif. Mais j'ai besoin d'un bon bout de temps au démarrage et j'essaye de prendre en considération le plus de choses possibles au préalable» dit la chancelière. On est bien loin du «Et en même temps» du président MACRON, incapable de fixer un cap cohérent, avec ses bifurcations dangereuses. Dans sa grande sobriété, Mme Angela MERKEL ne parle pas pour parler. Point de bavardages futiles. Dotée d'une vision et d'un sens du dialogue, là où d'autres ont nommé un préfet éborgneur comme Didier LALLEMANT, la chancelière Angela MERKEL, en raison de son sens du compromis, est sortie victorieuse de différentes crises.
Par conséquent, les femmes ont donc le vent en poupe, puisque Mme Kamala HARRIS, vice-présidente élue des Etats-Unis, entre dans l'Histoire le 20 janvier 2021, jour de sa prise de fonctions. Mme HARRIS a gravi, allègrement, la montagne raciale, «The Racial Mountain» en référence à une expression de Langston HUGHES.
En Nouvelle-Zélande, Mme Jacinda ARDEN, première ministre, fait également un formidable parcours dans sa gestion de la pandémie et les relations entre les différentes communautés, notamment les Maoris et la minorité musulmane. Jeune dirigeante travailliste, compatissante et humaine, Mme Jacinda ARDEN sait analyser les situations et décider avec justesse. Première ministre populaire, Mme Jacinda ARDEN a été brillamment réélue le 17 octobre 2020 avec une majorité absolue.
En France, Mme Anne HIDALGO après sa victoire aux municipales de juin 2020, s'est engagée à être présente dans les régionales et départementales de juin 2021, et donnera sa contribution aux présidentielles de 2022. Une femme présidente de la République française, pour la première fois dans l'histoire de pays, et 40 ans après la victoire du 10 mai 1981 de François MITTERRAND, vous imaginez la fête à la place de la Bastille ?
Référence bibliographique
AUTRET (Florence) Angela MERKEL : une Allemande (presque) comme les autres les autres, Paris, Tallandier, 2017, 272 pages ;
BOLLAERT (Baudoin), Angela Merkel : portrait, Paris éditions du Rocher, 2017, 304 pages ;
CRAWFORD (Alan) CZUCZKA (Tony) Angela Merkel, a Chancelorship Forged in Crisis, Bloomberg Press, 2013, 216 pages ;
MILLES (Cliff), Angela Merkel, Infobase Publishing, préface d’Arthur Schelinguer, 2007, 121 pages ;
PICAPER (Jean-Paul), Angela Merkel, une chancelière à : la première femme à gouverner l’Allemagne, Gowsevitch, 2005, 284 pages ;
QUORTUMP (Mathew), Europe’s Most Influential Leader, The Overlook Press, 2017, 368 pages ;
RENTENGHEMM Van (Baudoin), Angela Merkel, l’OVNI politique, Paris, Les Arènes, 169 pages.
Paris, le 18 janvier 2021, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
 
 
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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 19:36
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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 22:41
«Pierre MAUROY (1928-2013), premier ministre de François MITTERRAND, ou la Gauche populaire, de rupture» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
J’entame, dans le cadre du quarantième anniversaire de la victoire de François MITTERRAND du 10 mai 1981, et la perspective des présidentielles de 2022, de rendre hommage à un personnage emblématique : Pierre MAUROY. Le Parti socialiste s’il entend renouer avec la victoire et l’Histoire, devrait abandonner ces politiques libérales qui l’ont plongé dans de grandes difficultés, en renouant avec son passé glorieux. «Les hommes passent avec le reste. Les justes causes, elles, ne meurent pas» disait Pierre MAUROY. En effet, les fonctions de premier ministre du 21 mai 1981 au 17 juillet 1984 ont correspondu à l’âge d’or de la période authentique de changement des années MITTERRAND «La Droite et la Gauche, ce n'est pas la même chose» disait-il. Pierre MAUROY avait réhabilité la Politique ; en grand rêveur, conciliant la liberté, la démocratie et le socialisme, il avait allié le pragmatisme et l’action : «Aller à l’idéal, en comprenant le réel» comme le dirait Jean JAURES (1859-1914).
Secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange, maire de Lille, patron de la Fédération du Nord du Parti socialiste, artisan du Congrès d’Epinay de 1971, premier des premiers ministres de François MITTERRAND, homme de cœur, «Pierre Mauroy savait rêver les yeux ouverts» écrit Patrick KANNER. Il a mis du bleu dans le ciel : «C'est le 24 août 1993 à Hardelot-Plage, station balnéaire proche du Touquet, qu'eut lieu ma dernière vraie journée d'intimité avec François Mitterrand. En fin d'après-midi, se retournant pour me saluer alors qu'il montait dans son hélicoptère, il porta son regard vers le ciel si caractéristique de la côte d'Opale, un ciel d'été encore très bleu où s'étiraient quelques nuages. Il me glissa doucement, en guise d'adieu, cette phrase poétique et mystérieuse : «Et vous, continuez à mettre du bleu au ciel», écrit Pierre MAUROY dans ses mémoires. Homme de conviction, Pierre MAUROY représentant la Gauche authentique et populaire : «Il me semble aujourd'hui que, depuis mon adhésion au socialisme en 1945, à la fédération Léo-Lagrange, aux jeunesses socialistes, à la mairie de Lille, à l'Hôtel Matignon, à la direction du Parti socialiste, à l'Internationale socialiste, partout où m'a conduit mon engagement, «mettre du bleu au ciel» exprime bien la mission que j'ai tenté de remplir, au fil du temps et à ma place, au service du progrès et du bonheur des hommes» précise Pierre MAUROY. «Il savait défendre, en tout et en tout lieu, les valeurs du Socialisme» écrit Bernard DEROSIER. En effet, dès le 21 mai 1981, après la passation de pouvoirs, François MITTERRAND a annoncé qu’il allait nommer Pierre MAUROY premier ministre : «Dès la campagne de la présidentielle, des indications donnaient à penser que François Mitterrand irait dans ce sens. Il m’avait personnellement indiqué qu’il nommerait Pierre Mauroy, après le 10 mai» dit Lionel JOSPIN.
François MITTERRAND avait choisi Pierre MAUROY, en qualité de premier ministre, pour sa proximité avec le peuple, pour ses valeurs et sa volonté de changement. En dépit du Congrès de Metz du 6 au 8 avril 1979, François MITTERRAND est obligé de composer avec Pierre MAUROY. En effet, François MITTERRAND est fragilisé à l’intérieur du Parti socialiste, l’échec aux législatives de 1978 lui est imputé. A Metz, Pierre MAUROY, numéro du PS, présente sa motion et tente même de s’allier avec Michel ROCARD, populaire dans les sondages et rival dangereux de François MITTERRAND. En dépit de cela, François MITTERRAND choisit quand même Pierre MAUROY comme premier ministre : «Je comprends pourquoi, malgré la prise de distance au congrès de Metz où le maire de Lille s’était tenu aux côtés de Michel Rocard, le président élu faisait ce choix. D’abord, il voulait rassembler les Socialistes ; ensuite, malgré cet écart, il avait confiance en Pierre Mauroy ; enfin Pierre était peut-être, pour lui, une figure représentative des milieux populaires, qui s’accordaient avec ce qu’il voulait incarner» dit Lionel JOSPIN.
S’il a été promu premier ministre, c’est que Pierre MAUROY incarne cette Gauche populaire, le socialisme traditionnel, il légitimait ainsi la victoire de François MITTERRAND : «En homme d’origine modeste, obsédé par l’unité des Socialistes, il a gravi tous les échelons du Parti socialiste ; incarnant l’authenticité, il tranchait avec le passé ambigu de François Mitterrand. Il rassurait le Parti communiste ; il a mis en œuvre en 1981 le programme économique et social le plus avancé, le plus progressiste depuis la Libération» écrit Alain DUHAMEL. Son socialisme a toujours été à la fois instinctif et réaliste, idéaliste et pragmatique. Le courage politique de Pierre MAUROY est reconnu par tous. Dans les bourrasques, il a manifesté une ténacité qui a conduit François MITTERRAND à le privilégier pour diriger à ses côtés le pays ou le parti socialiste.  «Il faut garder la nuque raide quand on sait que ce que l’on fait est juste» disait François MITTERRAND. Patron de la puissante fédération du Parti socialiste, celle du Nord, avec ses 15 000 adhérents, Pierre MAUROY avait apporté un soutien décisif à François MITTERRAND pour la conquête du Parti au congrès d’Epinay-sur-Seine du 11 au 13 juin 1973. Jusqu’ici François MITTERRAND se s’appuyait que sur différents groupuscules (Les associations de prisonniers de guerre, la Fédération de la Gauche, Démocrate et Socialiste). Pierre MAUROY a également convaincu François MITTERRAND que son projet de socialisme de rupture avec l’ordre établi ne pouvait être mené qu’avec une alliance avec le Parti communiste, resté encore puissant, à l’époque. «Le pays repousse la Révolution dans le désordre et la confusion ; ce qu’il souhaite, la seule Révolution qu’il admette, c’est la Révolution dans la clarté et dans la sécurité, c’est-à-dire sans la violence. La Gauche a besoin du concours du Parti communiste, et après évolution du Parti communiste pour battre la Droite, et pour avoir en France un gouvernement de Gauche. Une Gauche dominée par le Parti communiste n’a aucune chance d’accéder au pouvoir ; une Gauche dominée par le Parti communiste ce serait le plus beau cadeau que nous puissions faire à l’U.N.R.» dit Pierre MAUROY, dans son intervention au Congrès d’Epinay. François MITTERRAND, pour capter les voix récalcitrantes, avait besoin du concours de Pierre MAUROY, en gauchisant son discours sur le thème de la rupture «Réforme ou Révolution ? La Révolution est d’abord une rupture. Celui qui n’accepte pas la rupture avec l’ordre établi, avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, ne peut pas être adhérent du Parti socialiste. Nous avons rompu avec un passé qui nous est cher. Le véritable ennemi, celui qu’il faut déloger, c’est le monopole ! Terme extensif pour signifier la toute-puissance de l’argent qui corrompt, qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des Hommes» dit François MITTERRAND au congrès d’Epinay.
Sa vie privée et son honnêteté n'ont jamais été mises en cause. Son attachement à sa ville de Lille, à sa région, en font un homme du Nord emblématique. Né le 5 juillet 1928, à Cartignies, dans le Nord, était fils de Henri MAUROY (1902-1971), instituteur et d’Adrienne BRONNE (1907-1996). «Je n'oublierai jamais le jour où j'ai vu la mer pour la première fois parce que c'est aussi le jour de ma première révolte. Ma carrière politique, c'est à dire toute ma vie, a commencé là» dit-il. Pierre MAUROY insistait sur le côté paternel, où on était bûcheron de père en fils. Il le disait moins, mais du côté de sa mère, il était issu d’une famille de notables, où on était catholique pratiquant. Son père Directeur d’école, fut un bûcheron amandinois comme les trois générations avant lui. Sa mère était la fille d’Arthur BRONNE, un directeur de laiterie de l’Avesnois. «La couleur de mes convictions, c'est mon village, moi je suis un villageois. Jusqu'à l'âge de vingt ans j'étais à la campagne et dans un village d'ouvriers, de sidérurgiste alors là j'ai pris conscience qu'il fallait être socialiste» dit-il.
Pierre MAUROY était, en 1951, marié à Gilberte DEBOUDT qui lui a donné, en 1957 un fils, Fabien, lui-même père deux enfants (Alexis et Laura) et grand-père d’Eglantine. Pierre MAUROY fait ses études primaires à Cartignies, puis à Cateau, et ses études secondaires à Cambrai. Après le baccalauréat, il poursuit une formation à l’école nationale d’apprentissage de Cachan (Val-de-Marne), actuellement ENSET. Professeur d’histoire et de géographie,  partir de 1952, à Colombes (Hauts-de-Seine). De 1955 à 1959, il est Secrétaire général du Syndicat des collèges d’enseignement technique. «Nous étions la tendance autonome de la Fédération de l’Education nationale, qui était socialiste et qui ne voulait pas créer des ennuis au gouvernement et à Guy Mollet. Mais nous n’étions pas d’accord avec lui sur la question de l’Algérie. Je n’étais pas d’accord. D’autant plus que j’avais eu beaucoup d’adhésions de la part de Français qui habitaient l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, si bien que je suis devenu très adversaire de la politique algérienne du gouvernement de Guy Mollet» dit-il à Michèle COTTA. Militant socialiste depuis l’âge de 16 ans, Pierre MAUROY a été Secrétaire national des Jeunesses socialistes de 1950 à 1958. A la SFIO, il devient Secrétaire fédéral de la Fédération du Nord en 1961 et entre au bureau national en 1963. Membre du Comité exécutif de la Fédération de la Gauche Démocratique et Socialiste de 1965 à 1968, il devient premier Secrétaire de la Fédération du Nord et Secrétaire à la coordination du Parti socialiste de 1971 à 1979, et Premier Secrétaire du Parti socialiste du 1988 à 1992. Il a une riche carrière politique : conseiller général du Cateau de 1967 à 1973, maire de Lille (1973-2001), vice-président, député du Nord (1973-1981 et 1986-1992), puis président de la communauté urbaine de Lille en 1971, Président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais (1974-1981), sénateur en 1992, élu au Parlement européen en 1979, et président de l’Internationale socialiste de 1992 à 2011.
Pourtant, et en dépit de cette expérience politique exceptionnelle, bien des militants socialistes, au départ, l’ont sous-estimé ; il est plus rusé qu’on ne le croit «Il y a toujours eu un malentendu à propos de Pierre Mauroy. Comme il était grand et massif, le visage poupin et les joues colorés, qu’il portait de lourdes lunettes à l’ancienne, s’habillait comme un notable de province, on en a fait un personnage médiocre, balourd, certes sympathique et jovial, mais naïf et dépassé par la tâche. Contresens absolu et erreur psychologique totale. Il possédait une finesse, une intuition politique enviable, l’expérience d’un maire d’une grande ville et une autorité naturelle, le faux candide était un vrai rusé ; il a su faire preuve de courage et de lucidité» écrit Alain DUHAMEL. En effet, de 1981 à 1984, Pierre MAUROY a poursuivi les bonnes conditions de l’alliance entre Socialistes et Communistes, et construit le socle du changement. Pierre MAUROY, en ouvrier du changement, artisan d’un socialisme réformiste et raisonnable, il a appliqué le programme de François MITTERRAND (Revalorisation du SMIC et des allocations familiales, retraite à 60 ans, abolition de la peine de mort, une semaine supplémentaire de congé, réduction d’une heure du temps de travail, dépénalisation de l’homosexualité, suppression des tribunaux d’exception, égalité Homme-Femme, remboursement de l’IGV, libération des ondes, la politique culturelle audacieuse et innovante de Jack Lang, etc.). Il avait créé un ministère du temps libre, un clin d’œil au gouvernement du Front populaire de Léon BLUM (1872-1950), en référence au Secrétariat aux loisirs confié à Léo LAGRANGE (1900-1940). «A gauche je suis, à gauche je reste» disait-il.
En définitive, Pierre MAUROY, «l’autre force tranquille» suivant Raymond KRAKOVITCH, incarne mieux que quiconque l’héritage du Parti socialiste de François MITTERRAND. Pierre MAUROY avait choisi à son cabinet Michel DELBARRE, un homme du Nord avec d’importantes qualités relationnelles et de négociateur. Pierre MAUROY, c’est le volontarisme de gauche, le primat de la politique sur l’administration, en rupture avec la toute-puissance de l’finances et de l’administration ; il appartient aux politiques d’indiquer le cap. Dans ses relations avec François MITTERRAND, notamment leurs entretiens les lundis et mardis, Pierre MAUROY estime que le chef de l’Etat avait «une douceur féline et apportait de l’intelligence» au travail gouvernemental. Premier ministre en temps de crise, Pierre MAUROY n’était pas un dirigeant résigné : «La crise n'est pas comme une maladie dont on ne peut sortir: elle est comme une sorte de nouvelle naissance ! Je me sens proche de ces utopistes qui, à force de croire obstinément à leurs rêves, finissent par leur imposer la réalité. Face au chômage, la solution de la sagesse, c'est que les travailleurs travaillent moins» disait-il. Il a été le grand artisan de la décentralisation qui «sera au cœur de l'expérience du gouvernement de la gauche. La République se sera enfin libérée de la monarchie» dit-il.
Pour la réussite de sa mission, Pierre MAUROY était attaché à l’unité de tous les socialistes et les différentes sensibilités sont représentées à son gouvernement «Pour ce gouvernement, il faut que cela soit clair, nous formions un ensemble ; c’est que nous avons fait sans exclure les minoritaires. Avec le Président nous voulions que toutes les sensibilités du Socialisme y trouvent leur compte» écrit Pierre MAUROY dans ses mémoires. Pierre MAUROY, en homme de terrain qui a l’instinct des situations, tolérant et honnête, a su durer à Matignon, en raison de son rapport d’autorité avec les têtes dures ; il a bien négocié sa relation avec François MITTERRAND, un homme subtil et parfois compliqué ou retors. A Matignon, «les premiers ministres passent, les cuisiniers restent» dit-on.
Sur les 110 propositions, Pierre MAUROY en aura réalisé 93. Il était attaché à un grand service public laïc et démocratique, mais que François MITTERRAND, à la suite de la grève du 24 juin 1984, n’avait pas voulu poursuivre. Quand Pierre MAUROY a quitté son poste de premier ministre le 17 juillet 1984, les Ministres communistes sont également partis.
«La fin de vie je la vois un petit peu comme la mer, comme quelque chose qui s'impose à vous majestueusement avec solennité, beaucoup de force et une très grande beauté» disait-il. Pierre MAUROY décède le 7 juin 2013 à Clamart. A Lille, où il est inhumé, une rue et un stade portent son nom. «Pierre Mauroy ne voulait pas seulement se révolter, gronder, s’insurger. Toujours, il a ressenti le besoin et la volonté de changer les choses, et donc d’agir» dit Martine AUBRY à propos de son mentor. Toute sa vie, Pierre MAUROY a été un militant pour défendre ses idéaux et changer la société. «Dans ce monde, il y a ceux qui restent chez eux, et puis il y a les militants», une citation de Rudyard KIPLING (1865-1936) reprise dans son hommage aux Invalides par le président François HOLLANDE.
Références bibliographiques
1 – Contributions de Pierre MAUROY
MAUROY (Pierre), A Gauche, un Premier ministre parle, Paris, éditions Marabout, 1985, 352 pages ;
MAUROY (Pierre), C’est ici le chemin, Paris, Flammarion, 1982, 249 pages ;
MAUROY (Pierre), Ce jour-là, Neuilly-sur-Seine, Michel Lafon, 2012, 366 pages ;
MAUROY (Pierre), GIESBERT (Franz-Olivier) RIOUX (Lucien), Héritiers de l’avenir, Paris, Le Livre de poche, 317 pages ;
MAUROY (Pierre), Léo Lagrange, Paris, Denoël, 1997, 240 pages ;
MAUROY (Pierre), Paroles de Lillois, Paris, Lieu Commun, 1994, 250 pages ;
MAUROY (Pierre), Vous mettez du bleu dans le ciel. Mémoires, Paris, Plon, 2003, 506 pages.
2 – Critiques de Pierre MAUROY
BERSTEIN (Serge), MILZA, BIANCO (Jean-Louis), Les Années Mitterrand, les années du changement. 1981-1984, Paris, Perrin, 2001, 973 pages ;
COTTA (Michèle), Une vie socialiste, entretiens avec Pierre Mauroy du 21 au 25 septembre 2009, préface de Henri Nallet, Paris, Fondation Jean Jaurès, 2013, 100 pages ;
DUPUIS (Jérôme) PREVOT (Maryvonne), Pierre Mauroy, passeur d’avenirs, préface Patrick Kanner, avant-propos Bernard Derosier, introduction générale Maryvonne Prévot, Paris, 2020, Presses universitaires de Septentrion, 236 pages ;
FAVIER (Pierre) MARTIN-ROLLAND (Michel), La décennie Mitterrand, Paris, Seuil, tome 1, «les ruptures» (1981-1984) 708 pages, tome 2 «les épreuves», (1984-1988), 1991, 780 pages, tome 3, «les défis» (1988-1991), 1996, 600 pages et tome 4, «les déchirements» (1992-1995), 1999, 646 pages ;
FAVIER (Pierre) ROTMAN (Patrick), Lionel  Jospin raconte, Paris, Seuil, 2020, 288 pages ;
GUERRIER (Thierry), Entretien avec Pierre Mauroy, Paris, éditions Michel de Maune, 2004, 66 pages ;
GUISLIN (Pierre), Pierre Mauroy et la culture, revue du Nord, 2018, 206 pages ;
KRAKOVITCH (Raymond), Pierre Mauroy l’autre force tranquille, préface Michèle Cotta, 2015, 243 pages ;
NZE-GUEME (Fidèle, Pierre), Premier ministre. A gauche, Paris, Albin Michel, 1985, 447 pages ;
PFISTER (Thierry), La vie quotidienne au temps de l’Union de la Gauche, Paris, Gallimard, 1986, 372 pages ;
POTTRAIN (Martine), Le Nord au cœur, historique de la fédération socialiste du Nord (1880-1993), Lille, éd. Nord-Matin, 1993, 215 pages ;
PREVOT (Maryvonne), «Pierre Mauroy maire bâtisseur : «L’héritier de l’avenir»», Revue du Nord, (Université Lille III), janvier-mars 2011, t. 93, no 389,‎ pages 181-192.
Paris le 15 janvier 2021 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

«Pierre MAUROY (1928-2013), premier ministre de François MITTERRAND, ou la Gauche populaire, de rupture» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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