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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 20:52

Sénégal : quelle place accorder à l’argent dans le jeu démocratique ?
par Amadou Bal BA


La démocratie sénégalaise est donnée comme un modèle ; il faut s’en réjouir pleinement. Cependant, pour consolider cette démocratie dans un pays sous-développé, il faudrait s’interroger, légitimement, sur la place de l’argent dans la sphère publique.

1 - Une corruption à grande échelle qui grangrène tout

Le plus grave dans notre pays, aux très faibles ressources, on a le sentiment que la corruption, dans notre société traditionnelle, serait une vertu et non crime contre le sous-développement. Un homme politique qui ne détourne pas les moyens de l’Etat pour secourir sa famille et ses amis, est considéré soit comme un idiot, soit un maudit, ou les deux.

A tous les étages, chaque dépositaire de l’autorité publique fait rentabiliser son «commerce». A l’occasion de n’importe quelle démarche administrative, c’est devenu normal de glisser un billet de banque pour accélérer la procédure. Parfois, même le citoyen devance le corrompu dans sa demande. Ainsi, le policier véreux qui réclame une liste, parfois, non exhaustive des pièces de la voiture, le douanier qui exige que toutes les valises soient descendues de la voiture, pour inspection, un billet de banque malencontreusement glissé dans la poche, met fin tout de suite aux tracasseries.

Nous devons être plus exigeants, et demander que chaque fonctionnaire s’acquitte convenablement de sa mission, dans le respect strict de la gratuité du service public.

2 – Des biens mal acquis

L’un des héritages incontestés de Léopold SENGHOR c’est de nous avoir légué un Etat qui fonctionne sur la base de a légitimité et de la légalité. Sous la mandature de WADE, ces principes républicains ont été mis à mal par une déliquescence morale ; au lieu d’être au service du Bien public, les libéraux ont préféré se servir dans les caisses de l’Etat. Ces biens mal acquis sont une des questions sensibles pour mesurer le degré de réussite de l’alternance. Il ne suffit pas de congédier, M WADE, il faut également éradiquer le Wadisme.

C’est justement cette question des valeurs et de la moralisation qui a scellé la rupture entre M. Macky SALL et Abdoulaye WADE et a conduit à l’alternance. Alors qu’il est élu président de l’Assemblée nationale, dans le cadre de l’évaluation des politiques publiques et du contrôle de l’action du gouvernement, M. SALL a souhaité auditionner Karim Wade, fils du président de la République, pour rendre compte de sa gestion de l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique. Ceci est considéré comme une «faute politique lourde» par la majorité PDS. Le comité directeur décide, le 16 novembre 2007 de supprimer le poste de numéro 2 du parti qu’il occupe. Le 22 septembre 2008, un amendement à l’article 62 de la Constitution est déposé visant à réduire de 5 à 1 année le mandat de président de l’Assemblée nationale avec effet immédiat, pour faire face à son refus de démissionner émis par le président de la République.

Le 9 novembre 2008, Macky Sall annonce sa démission du Parti démocratique sénégalais (PDS) et de tous les postes électifs conquis sous cette étiquette. Le 1er décembre 2008, il crée son parti politique, l’Alliance pour la République (APR – Yakaar). On connaît la suite.

On se souvient également du conflit entre WADE et son ex premier ministre, sur l’argent des chantiers de THIES. M. WADE avait dit que les grands bandits ont un Code d’honneur, «ils ne se battent que lors du partage du butin».

Mais ce qui a le plus choqué les Sénégalais, c’est lors de l’alternance du 25 mars 2012, M. Wade et ses Ministres, non contents d’avoir conservé tous les milliards qu’ils ont détournés, ont pillié les palais de la République, en toute impunité.

Les biens mal acquis doivent être restitués à l’Etat, sans délai. On sait que tous les anciens Ministres de maître WADE depuis 2000 ont souvent été nommés «Ministres Conseillers», mais ce sont souvent des emplois fictifs ; certains résidaient à Paris ou au Canada

3 – Un appel vibrant à la moralisation de la vie publique

Tous les Républicains et les Sénégalais sont en droit d’exiger, de la classe politique, la mise en place d’une vraie moralisation de la vie politique, en posant un minimum de règles :
- une déclaration de patrimoine à la prise de fonction et à la cessation de fonctions, aussi bien pour le chef de l’Etat, les Ministres, les grands dirigeants de sociétés nationales ; les hauts fonctionnaires et pour tout agent public qui gère des deniers publics dépassant un certain montant ;
- un financement des partis politiques (plus de 5% d’électeurs), dont le nombre doit être rationalisé ;
- une peine complémentaire, obligatoire de 10 ans d’inéligibilité, pour les personnes condamnées de corruption active ou passive ;
- la sanction très sévère de toute prise illégale d’intérêts (associer ses enfants, sa femme ou ses parents proches à la gestion des deniers publics ou conclure des contrats avec eux)
- un respect strict des règles sur les marchés publics et l’achat public.

Cependant, une vraie moralisation ne peut se faire, sans une justice indépendante. Très souvent, ce sont les hommes du pouvoir qui sont mis en cause, et là les pressions politiques peuvent surgir.

BA Amadou – Paris 19ème.

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