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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 14:15

Sénégal présidentielles de 2012 : Les risques graves de dérapages, dûs à l’honneur perdu de Abdoulaye WADE, par Amadou Bal BA

Le 27 janvier 2012, le Conseil constitutionnel n’a pas validé trois candidatures de
-    Youssou N’DOUR, le chanteur
-    Kéba KEINDE,
-    et Abdourahmane SARR.

Mais l’arrêt du Conseil constitutionnel ne comporte pas de motivation de ces rejets. Il semble que le Conseil constitutionnel reproche à Youssou N’DOUR de n’avoir pas suffisamment de signatures. Ces candidats recalés disposent donc de toute la journée du 28 janvier 2012 pour déposer leurs réclamations au Conseil constitutionnel.

Au final, sur les 17 candidatures déposées, 14 seront finalement déclarées recevables. Il s’agit de :
- maître Abdoulaye WADE, président en exercice, depuis le 19 avril 2000, réélu en 2007, il sollicite un troisième mandat fortement contesté par les juristes et la population ; le Conseil constitutionnel n’a pas motivé sa décision
- Macky SALL, ancien Premier Ministre de WADE, et ancien Président de l’Assemblée Nationale sous WADE
- Idrissa SECK, ancien Premier Ministre de WADE
- Cheikh Tidiane GADIO, ancien Ministre des Affaires étrangères de WADE
- Moustapha NIASSE, plusieurs fois Ministre sous Senghor et Abdou DIOUF, suite à des dissensions en 1996 au sein du PS, il a contribué à la chute du PS et l’arrivée de WADE au pouvoir, dont il a été le Premier Ministre ;
- Cheikh Bamba DIEYE,
- maître Doudou N’DOYE,
-Ousmane Tanor DIENG, Secrétaire Général du Parti Socialiste qui a servi sous les gouvernement de SENGHOR et Abdou DIOUF
-Diouma DIAKHATE,
-Amsatou SOW SIDIBE, professeur à l’Université Cheikh Anta DIOP
- Mor DIENG,
- Djibril N’GOM,
- Ibrahima FALL, professeur de droit public, ancien Ministre des affaires étrangères sous SENGHOR, et fonctionnaire aux Nations Unies
- et Oumar Khassimou DIA.

Quelques brèves observations sur cette décision du Conseil constitutionnel :

On s’attend à de grave troubles de l’ordre public interne dus à l’obstination de maître WADE à présenter sa candidature pour un troisième mandat et pour avoir fort injustement écarté Youssou N’DOUR de la présidentielle.

Une marche sur le palais présidentielle, à Dakar, est prévue le samedi 28 janvier 2012, à 15 heures, heure française. L’opposition conteste vigoureusement la candidature de WADE pour un troisième mandat. On sait que le 23 juin 2011, à la suite du projet de M. WADE de modifier la Constitution (institution d’un poste de Vice-Président pour son fils Karim WADE ; 25% pour être élu au 1er tour), les jeunes s’étaient massés devant l’Assemblée Nationale, et menaçaient d’aller égorger les députés. Le Ministre de l’Intérieur avaient donné l’ordre de tirer sur les jeunes s’ils franchissaient les grilles de cette institution. C’est grâce au sang-froid des dirigeants socialistes, qui ont calmé les jeunes, que le bain de sang a été évité.

Mais cette fois-ci l’atmosphère est lourde. Le Président WADE est le gardien de la Constitution ; il s’est lui-même placé volontairement au-dessus de la loi suprême qu’il était censé faire respecter. Contrairement aux ingérences inacceptables de l’Ambassade des Etats-Unis sur les affaires intérieures du Sénégal, le peuple a un droit de résistance à l’oppression. WADE a transformé l’alternance en un pouvoir personnel corrompu, avec des tentations monarchiques ; il a raté une bonne occasion de rentrer dans l’Histoire et s’accroche désespérément à 89 ans au pouvoir.

Le constat général, largement partagé, est le suivant : après 12 années d’une gouvernance calamiteuse due à l’incompétence notoire de M. Abdoulaye WADE, les libéraux ont lamentablement échoué, leur système politique n’est pas amendable ; ce qui est pourri ne peut que déchoir dans la putréfaction. Les libéraux n’ont pas été à même de préserver les acquis démocratiques, économiques et sociaux légués par le Parti Socialiste. Les échecs patents des libéraux se situent, notamment, à plusieurs niveaux :
-    les libéraux ont provoqué une crise de valeurs entraînant une perte de repères, et ont une tendance dangereuse à instrumentaliser l’Etat et la religion au risque de conduire à de graves déchirures au sein de la Nation ;
-    les libéraux ont accentué la concentration du pouvoir aux mains du chef de l’Etat ; ce qui a donné naissance à un pouvoir personnel et patrimonial, avec de graves déviances comme la corruption, le clientélisme, la prise illégale d’intérêts et une tentation ostensible pour un pouvoir monarchique ;
-    les libéraux ont accentué la pauvreté et occasionné de fortes inégalités et injustices sociales ;
-    la mauvaise politique agricole des libéraux est caractérisée par la non-planification, les improvisations et l’absence d’objectifs réalistes. Résultat : l’agriculture qui représentait 28% en 1981, a vu sa contribution au P.I.B. réduite à 13,8% en 2006 ;
-    dans le domaine de l’énergie, avec les libéraux, l’absence d’une réelle capacité de réaction efficace aux situations de crise a conduit à la pénurie, aux nombreuses coupures d’électricité et à un désastre économique ;

-    dans le domaine touristique, en dépit des fortes potentialités du Sénégal, ce secteur a généré des effets très négatifs comme la dégradation des mœurs, la spéculation foncière, le non-respect des normes d’environnement ;

-    en matière de recherche, les libéraux se sont illustrés par une absence d’une ligne directrice de la politique nationale ;

-    le système éducatif des libéraux est fondé sur une obsession de la quantité au détriment du souci de qualité ; dans le secteur de la santé, on note des disparités graves entre la capitale et le reste du pays, une absence de médecine spécialisée dans les régions, et surtout des coûts de prestations prohibitifs qui mettent en danger la vie des plus démunis ;

-    l’aménagement du territoire par les libéraux a entraîné la concentration des deux tiers de la population de 12 millions sur moins de 1/5ème du territoire, avec une spéculation outrancière, une ségrégation sociale et une dégradation de l’environnement.

C’est en raison de ces échecs patents que le peuple sénégalais ne veut plus de WADE et de son système. Par conséquent, il ne s’agit pas de rectifier l’alternance, ni de restaurer l’ancien régime socialiste, mais de conduire vers un changement radical, de mener une politique de rupture avec le libéralisme en vue d’instaurer un Etat démocratique, laïque, respectueux des libertés individuelles, solidaire et vertueux sur le plan écologique.

Le Sénégal pratique de longue date la démocratie, personne la confisquera pour son intérêt propre. On nous tue, mais on ne nous déshonore pas disait un héros du Sénégal Lat-Dior.

Le Président WADE en s’accrochant honteusement au pouvoir, risque de finir comme KHADADI, dans le déshonneur et la honte. Il est grand temps que WADE dégage.

Amadou Bal BA le 28 janvier 2012.

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