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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 12:09

 L’histoire de la ville de PARIS par Amadou Bal BA  -  Article publié sur WWW.Ferloo.com du 14 août 2011.

«Paris vaut bien une messe», avait dit Henri IV.
Paris a pour origine un village de pêcheurs celtes. La tribu des Parisii, nom celte qui désigne une embarcation fluviale, s’installa au IIIe siècle avant J-C dans île de la Cité, la fortifia et l’appela Lutecia, du nom latin qui veut dire « la boue ». En 52, avant J-C, cette ville fut conquise par un lieutenant de César, appelé Labienus. La ville s’étendit rapidement sur la rive gauche de la Seine jusqu’à l’actuelle montagne de Sainte-Geneviève ; les Romains l’appelèrent la ville des « Parisii ».

 

jpg_paris-2-e5db4.jpgLe christianisme fut introduit par Saint Denis, premier évêque de la ville de Paris, qui fut décapité en 250 par les Romains, au sommet de la butte de Montmartre. Grégoire de Tours, dans sa magistrale Histoire de France, rapporte la légende que Saint Denis, une fois décapité, se relève, ramasse sa tête et continue jusqu’à l’actuelle ville de Saint-Denis, où il tombe finalement. Sainte Geneviève y fera édifier une basilique au Ve Siècle, dans laquelle de nombreux rois de France sont inhumés. On raconte également que Sainte Geneviève, contemporaine de CLOVIS, bergère née en 422 à Nanterre, avait sauvé Paris par ses prières et sa force de persuasion, de l’invasion des Huns d’Attila en 451. Plus tard, lorsque les Francs assiègent Paris, Sainte Geneviève sauve cette fois-ci la ville de la famine ; elle organise une expédition ingénieuse au moyen de bateaux qui, par la Seine, vont chercher le ravitaillement jusqu’en Champagne. Sainte Geneviève devint ainsi la patronne de Paris et des gendarmes. Durant la période mérovingienne, CLOVIS, roi des Francs et vainqueur des Romains en 486, s’établit à Paris, en fera la capitale de son royaume. Pendant la période carolingienne, à l’inverse de CLOVIS, CHARLEMAGNE qui avait son palais dans île de la Cité à Paris, avait établi sa capitale à Aix-la-Chapelle. Les premiers capétiens, Hugues CAPET et ses successeurs, fixèrent leur résidence dans île de la Cité. Philippe-Auguste fait construire la nouvelle enceinte de Paris et bâtir le Louvre à partir de 1180. Au XIVe siècle Etienne Marcel, prévôt de Paris, profite de la faiblesse royale en pleine guerre de Cent Ans, de la famine et de la peste, et le Dauphin s’enfuit de Paris. Mais Etienne Marcel sera par la suite tué à la porte Saint-Antoine ; le roi Charles V, retourne alors triomphalement à Paris le 4 août 1358 et s’installe au Louvre. En 1420, les Anglais occuperont provisoirement Paris, avec le soutien des Bourguignons. Après une révolte parisienne, le roi Charles VII retourne le 12 novembre 1437 à Paris. La ville de Paris devient un lieu suspect, la royauté la déserte, et ne redeviendra capitale de la France que sous François 1er, roi de France entre 1515 et 1547. plan_paris-35651.pngLa ville de Paris connaîtra un événement tragique le 24 août 1572, avec le massacre des huguenots, c’est la fameuse nuit de Saint-Barthélemy fomentée par Catherine de Médicis avec la complicité du duc de Guise. Henri de Navarre, futur Henri IV, s’était auparavant marié le 18 août 1572 avec Marguerite de Valois, la Reine Margot, et pour échapper au massacre, il avait abjuré. « Paris vaut bien une messe », avait dit Henri IV. Henri IV, qui fait partie de la dynastie des Bourbons, entreprend de grands travaux à Paris. Il fait agrandir les Tuileries qui ont été érigées sous le règne de Charles IX, étend le Louvre, créé la Place Royale qui est devenue la place des Vosges, transforme l’île de la Cité et le quartier Saint-Germain, et fait achever les travaux du Pont Neuf et de l’Hôtel de Ville. La place Dauphine est construite en l’honneur du dauphin, futur Louis XIII. Sous le règne de Louis XIII, les travaux de la Place Royale sont achevés en 1612, de nouveaux quartiers avec des boulevards plantés d’arbres voient le jour. Marie de Médicis, veuve d’Henri IV, acquiert en 1612, l’hôtel du duc François de Luxembourg et y fait construire, en plein Quartier Latin, l’actuel palais du Luxembourg dans le style Renaissance. Richelieu, proviseur de la Sorbonne, devient Ministre de Louis XIII, et fonde en 1635, au 23 quai Conti dans le 6e arrondissement, l’Académie Française. La fronde parlementaire et des princes (1648 – 1653), pousse Louis XIV (1643-1661) qui était installé au Louvre, à quitter Paris pour s’installer à Saint-Germain-en-Laye, puis à Versailles en 1680. En effet, une déclaration du Parlement de Paris en date du 15 juin 1648 énonce la limitation des pouvoirs du Roi. Cependant, la ville de Paris ne cesse de se développer et de s’embellir, notamment sous la direction de Colbert, avec l’appui François Mansart et Claude Perrault, architectes, qui a eu jpg_images-10-5c8f3.jpgl’idée de créer les Champs-Élysées en 1667. Avant de prendre son nom actuel, la célèbre avenue fut appelée « Grande allée du Roule » en 1670, puis « avenue la Grille Royale » en 1778, et enfin, à la Révolution en 1789. C’est là que le peuple de Paris a fait exhiber le Roi Louis XVI déchu de son pouvoir ; c’est par cette avenue également que Louis XVI après la désastreuse fuite sur Varenne rentra dans Paris. En 1757 est créé le Panthéon, sur la montagne Sainte-Geneviève. A l’origine, dans la Grèce antique, le Panthéon c’est le temple de toutes les divinités. A Paris, la naissance du Panthéon est liée à une grave maladie du roi Louis XV, en 1744 ; il fait alors un vœu et promet qu’en cas de guérison, il fera remplacer l’église Sainte-Geneviève par une nouvelle église. Dès son rétablissement, il tient parole. Mais la construction du Panthéon prendra des décennies. Les révolutionnaires ont décidé, en 1791, que le Panthéon parisien sera consacré à la mémoire des Grands Hommes, il renferme les corps de Grands Hommes tels que Victor HUGO, Victor SCHOELCHER, VOLTAIRE, ROUSSEAU, Marie CURIE, etc. Le siège du gouvernement restera à Versailles jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. La Révolution (1789-1799) étant une période troublée, il a fallu attendre le Consulat (1799-1804) et le 1er Empire (1804-1814) pour que les constructions reprennent à Paris. Napoléon entreprend de grands travaux dans Paris, les premiers passages, les rues, les dégagements d’avenues. Sont notamment créés l’Arc de Triomphe, la colonne de la Place Vendôme, le Palais de la Bourse, le marché des Halles, etc. A la suite de la défaite de Napoléon, Paris fut occupée entre 1814 et 1815 par les Autrichiens, ce qui ne lui était plus arrivé depuis quatre siècles. Sous la Restauration (1830-1848), Louis-Philippe poursuit l’amélioration et l’embellissement de la ville, il construit des boulevards et des égouts, les lignes de quai sont complétées. Durant le Second Empire, (1852-1870), Napoléon III confie au Baron HAUSSMAN, préfet de la Seine, une œuvre importante de rénovation de la ville de Paris. C’est ce travail qui fonde l’architecture actuelle en superposant au vieux Paris et à ses ruelles pittoresques, un Paris moderne, fait de grands travaux et de places dégagées. Parallèlement au développement du chemin de fer, Paris compte plus de 20 gares, de grands axes sont dégagés comme le boulevard Saint-Michel, Sébastopol, Magenta, Saint-Germain ; les monuments sont restaurés et dégagés. 2000 hectares de parcs et jardins sont crées, dont le Bois de Boulogne, les Buttes-Chaumont dans le 19e ardt. le parc Montsouris dans le 14e ardt. Des théâtres sont érigés, Châtelet et l’Opéra Garnier. En 1860, des communes périphériques comme Auteuil, les Batignolles, la Villette et Charonne, sont annexées à Paris qui est divisé en 20 arrondissements. L’Empire s’achève par la défaite à Sedan en 1870, la capture de Napoléon III ; les armées allemandes défilent sur les Champs-Élysées Aldophe Thiers transfert le gouvernement à Versailles ; la Commune éclate entre mars et mai 1871. jpg_image2s-78483.jpgSous la IIIe République (4 septembre 1870-10 juillet 1940), les événements de la Commune de Paris ont provoqué des destructions importantes de monuments ; l’Hôtel de Ville et le château des Tuileries sont brûlés. L’église du Sacré-Cœur, sur la Butte Montmartre, a été construite en 1876 en mémoire de ces heures tragiques. Face à ces destructions, la IIIe République va entreprendre de grands travaux d’architecture moderne et de rénovation. Ainsi, diverses expositions laisseront des traces impérissables, comme l’édification de la Tour Eiffel en 1889, la construction de la première ligne de métro, du Grand et Petit Palais en 1900, l’Exposition Coloniale de 1931 avec le musée des Arts Africains et Océaniens. Pendant la Deuxième Guerre Mondiale les monuments de Paris seront épargnés. Un boulevard périphérique est créé autour de Paris en 1960, le bois de Boulogne et le bois de Vincennes sont annexés à la Ville de Paris. PARIS, capitale de la France, département, chef lieu de région de l’Ile de France, siège des différentes révolutions, ville littéraire et de la diversité, a connu de profondes transformations avec la mandature, depuis mars 2001, du maire socialiste, Bertrand DELANOE.

I - Le Paris des révolutions

jpg_img_0777c-eb37e.jpgParis a été le témoin et le siège de presque toutes les agitations qui ont secoué la France, notamment autour des thèmes de liberté et de défense de la République. L’édification d’une République n’a pas été aisée en France, le processus s’est étalé sur plus de 150 ans, et après de multiples secousses et révolutions qui se sont déroulées à Paris. La Révolution française du 14 juillet 1789 au 9-10 novembre 1799 Le 14 juillet 1789, le peuple de Paris prend la Bastille et c’est le début de la Révolution Française qui fut à la fois un événement, un concept, mais surtout une rupture et un nouveau régime qui balaie l’Ancien Régime. Cette Révolution de 1789 replaça Paris à la tête de la France. La cocarde tricolore fut constituée aux couleurs de la ville de Paris, le bleu et le rouge entrelacé du blanc monarchique. En cette fin du XVIIe siècle, le Siècle des Lumières, la France ne peut plus se satisfaire de l’Ancien Régime. Cet ordre féodal dans lequel le Roi est à la fois le chef militaire, le justicier et le protecteur du pays, cet ordre dans lequel la Noblesse défend ses privilèges avec l’épée, le Clergé est propriétaire du tiers des biens du pays, et un peuple misérable travaille, sans relâche et paie des impôts ; les gens d’en bas sont taillables et corvéable à merci. Le roi Louis XVI n’est plus et n’a jamais été un chef militaire, un meneur d’hommes comme Henri IV ou Louis XIV avaient pu l’être, les Nobles sont devenus des chefs de guerre bien médiocres et les Prélats sont devenus affairistes, le pays sombre dans une crise financière et morale, sans précédent.

L’élément déclencheur de la prise de la Bastille a été le renvoi, le 11 juillet 1789 ; de Jacques NECKER, Ministre des Finances, tenu par la Noblesse comme étant le responsable du désordre. Le 12 juillet 1789, la nouvelle connue à Paris provoque une consternation générale, on craignait sans ce ministre, la banqueroute de l’Etat, la disette générale et peut être une dissolution de l’Assemblée Nationale. Au Palais-Royal, propriété du Duc d’Orléans, où la police ne pouvait pénétrer, des orateurs agitaient le peuple par des harangues enflammées, parmi eux Camille DESMOULINS, debout sur une table appelle les Parisiens à l’insurrection. On connaît la suite des événements, les parisiens iront chercher Louis XVI à Versailles pour le placer aux Tuileries. Après une tentative de fuite, le Roi et la Reine seront arrêtés à la Varenne, et seront guillotinés le 21 janvier 1793. Le 9 novembre 1799 (18 Brumaire An VIII selon le nouveau calendrier révolutionnaire), le général Napoléon BONAPARTE met fin au régime du Directeur par un brutal coup d’Etat, et c’est un coup d’arrêt également à la Révolution française.

La Révolution bourgeoise de juillet 1830 à 1848

jpg_images-10-5c8f3.jpgMenée essentiellement par des Républicains et soutenue par la bourgeoisie dépouillée de son droit de vote, la Révolution de Juillet, qui se déroule à Paris, met fin à la Restauration. Le roi Louis-Philippe, abdiquera le 3 août 1830, et sera banni. Mais les jours qui vont suivre, la bataille se déplace du côté des élites qui cherchent à décider du sort de la France (combat entre Royalistes et Républicains). Les Républicains ne parviendront pas à s’imposer, et c’est finalement, le duc d’Orléans (Louis-Philippe) qui obtiendra le pouvoir dans une solution de compromis : la Monarchie de Juillet. Pour beaucoup, cette Révolution n’est qu’une demie victoire et annonce le retour d’une politique réactionnaire et de nouvelles émeutes, notamment en 1832, à l’occasion des funérailles du général Lamarque, un républicain. C’est pourquoi, on parle de « révolution confisquée ». Suite à cette Révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Charles X, contraint d’abdiquer est remplacé par Louis-Philippe. Mais ce dernier n’a pas le titre de Roi, les Républicains lui ont imposé la Charte de 1814, texte promulgué par Louis XVIII, lors de la Première Restauration et qui avait pour objectif de préserver les acquis de la Révolution de1789 et de l’Empire. Ce nouveau texte, adopté le 7 août 1830, peut être résumé comme suit : la religion catholique n’était plus la religion d’Etat, mais la religion de la majorité des Français, la censure est abolie, les troupes étrangères n’avaient plus le droit de servir dans l’Armée Française, l’initiative des lois est partagée entre le Roi et les Assemblées, la Chambre des députés est élue pour 5 ans au lieu de 7 ans, l’âge d’éligibilité passe de 40 à 30 ans, l’âge d’électorat de 30 à 25 ans, le drapeau tricolore est adopté, et le double vote est aboli. Louis-Philippe développera le système bancaire, les chemins de fer et achèvera la conquête de l’Algérie.

Le printemps des peuples ou la Révolution des idéalistes 1848 – 1851. Le 24 février 1848, au terme de trois jours d’émeutes et de malentendus, l’opposition libérale obtient le départ du roi Louis-Philippe 1er. C’est la naissance de la IIe République. Son existence sera autrement plus brève (3 ans) que celle du régime auquel elle avait succédé. C’est la fin du règne ennuyeux de Louis-Philippe, mari aimant qui menait une vie paisible au château des Tuileries ; la seule guerre notable qu’il a engagée est la conquête de l’Algérie. Cet irénisme n’est pas du goût de tout le monde ; le Roi a été visé par de nombreux attentats et une violente grève des ouvriers du textile lyonnais, les Canuts. Face à l’immobilisme du Premier Ministre conservateur François GUIZOT, les Républicains souhaitent organiser des discussions portant sur la réforme du régime et notamment du droit de vote. C’est ainsi que se tient le premier banquet sous la houlette de Odilon Barrot, le 9 juillet 1847 à Paris. La campagne touchera environ 17 000 personnes pour se clore fin décembre. Mais le Roi et Guizot refuseront de tenir compte des revendications républicaines et libérales. Le 22 février 1848, emmenée par Odilon BARROT, LEDRU-ROLLIN, Louis BLANC ou encore le poète Alphonse de LAMARTINE qui deviendra Ministre des Affaires Etrangères, l’opposition à Louis-Philippe et à sa politique bourgeoise organise une gigantesque manifestation de la Madeleine au Palais-Bourbon. Les incidents éclatent en fin d’après-midi. Un manifestant est tué. La Garde Nationale n’obéit plus aux ordres du Roi et se joint au peuple le lendemain. Louis-Philippe, refusant de tirer sur les Parisiens, sera contraint d’abdiquer le 24 en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. Mais l’insurrection se poursuit jusqu’à l’entrée des insurgés dans le Palais-Bourbon et la proclamation de la République par LAMARTINE. jpg_image2s-2-0cfd0.jpgAinsi naît la IIe République qui établit le suffrage universel, abolit l’esclavage, met fin à la Monarchie de Juillet et donc, naturellement, rétablit la République. Cette révolution parisienne a un énorme retentissement chez les élites européennes. Devant la contagion révolutionnaire, les monarques concèdent des Constitutions à Berlin, Munich, Vienne, Turin, etc. C’est « le printemps des peuples ». La Commune de Paris mars à mai 1870. Ce qui frappe d’abord, c’est, du côté des insurgés, la frustration patriotique, l’anticléricalisme et la défense d’une certaine idée de la République. La Commune de Paris, du 26 mars 1871 jusqu’à la « semaine sanglante » (21-28 mai), désigne une période révolutionnaire à Paris, qui, contre le gouvernement, issu de l’Assemblée Nationale qui vient d’être élue, établit une organisation ouvrière comme organisatrice de la ville, et gouvernement prolétarien. Dans plusieurs autres villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Étienne, Toulouse, Narbonne, Grenoble, Limoges) des Communes sont proclamées à partir du 3 mars 1871, mais elles furent toutes rapidement réprimées. Pour Karl MARX, c’est la première insurrection prolétarienne autonome. Mêlant blanquistes, proudhoniens et jacobins, elle aspirait à une République basée sur l’égalité sociale. Toutefois, par manque de consensus, de temps, de moyens mais aussi parce qu’elle doit s’imposer face au gouvernement versaillais, elle n’a pas pu s’organiser efficacement.

Gouvernement insurrectionnel principalement ouvrier, d’inspiration socialiste, la Commune de Paris a dominé la capitale de mars à mai 1871. D’abord née d’un sentiment patriotique parisien issu de la guerre franco-allemande de 1870, elle prend également le visage d’un mouvement social... La capitale est encerclée par les troupes prussiennes. La ville est bombardée chaque jour. Les hommes valides, sous le commandement de Gambetta, sont enrôlés pour desserrer le blocus qui va durer cinq mois, dans le froid et la faim, malgré les différentes tentatives de sortie des Parisiens. La France capitule le 28 janvier 1871. Au terme de plusieurs mois d’un siège qui a affamé les Parisiens et quelques jours après l’échec de TROCHU, Paris est contraint de capituler. Prussiens et Français ont déjà signé un armistice puis un Traité de paix préliminaire à Versailles le 26 février 1871. La population parisienne, qui a douloureusement résisté, perçoit cette capitulation comme une véritable trahison de la part du gouvernement de la défense nationale. Par ailleurs, l’une des clauses de l’armistice oblige ce gouvernement à organiser des élections pour désigner les membres d’une Assemblée Nationale. Les votes aboutiront à la victoire d’une majorité de Monarchistes, favorables à la paix, contre les Républicains. La Commune ne s’est pas limitée à la capitale, en mars 1871, Lyon, Marseille, Toulouse et quelques villes industrielles, Le Creusot, Saint-Étienne, ont connu des mouvements insurrectionnels. Mais, sauf à Marseille où les manifestations se prolongent sur plusieurs jours, les autorités n’ont aucun mal à reprendre la situation en main. La Commune de Paris de 1871 est un événement singulier. Par certains aspects, elle se rattache aux révolutions du XIXe siècle : 1830, 1848. Par d’autres, au contraire, elle annonce les grandes révolutions victorieuses du XXe siècle, qui d’ailleurs s’en réclament explicitement. Lénine, parlant des événements de 1917 en Russie, rapprochait les soviets de l’organisation de la Commune de Paris : la source du pouvoir n’est plus dans des lois préparées par un Parlement, « mais dans l’initiative venant d’en bas », des masses populaires. La guerre déclarée à la Prusse par Napoléon III, en juillet 1870, avait accumulé, en France, les désastres militaires. Le 4 septembre, sous la poussée populaire, la République est proclamée. Un gouvernement - auquel participent le général TROCHU, président, Jules FAVRE et Jules FERRY - est chargé, en principe, de continuer la guerre. Le peuple de Paris, assiégé par les Allemands à partir du 19 septembre, supporte avec un courage exemplaire le froid, la faim et les bombardements. Mais il s’avère bientôt que le gouvernement dit de « la Défense Nationale » n’est nullement décidé à la lutte, tandis que le peuple de Paris réclame la guerre à outrance. jpg_paris-3-8c57b.jpgCertes, la Commune a commis de lourdes fautes. Elle n’a pu ni organiser sa défense, ni lier son action à celle de la province et de la paysannerie. Sans doute les conditions économiques n’étaient-elles pas mûres encore pour instaurer sur des bases socialistes la nouvelle société qu’elle entrevoyait. Mais, par les décisions prises pour l’organisation du travail (suppression du travail de nuit pour les ouvriers boulangers, suppression des amendes et retenues sur les salaires, réouverture et gestion des ateliers par des coopératives ouvrières) et par diverses mesures sociales, la Commune a tracé la voie à une société qui ne serait plus gérée au profit du capitalisme, dans l’intérêt de la bourgeoisie, mais qui déboucherait sur le socialisme. La Commune fut finalement vaincue durant la Semaine sanglante, qui débuta avec l’entrée des troupes versaillaises dans Paris le 21 mai pour s’achever avec les derniers combats au cimetière du Père-Lachaise le 28 mai. Les témoins évoquent tous de nombreuses exécutions sommaires de la part des troupes versaillaises. On évoque, selon les sources, de 10 000 à 25 000 exécutions sommaires, viols, meurtres d’ouvriers communards durant la Semaine sanglante. En contrepartie, il faut noter que les Communards détruisirent une partie de Paris, notamment en incendiant volontairement plusieurs monuments publics historiques : le Palais des Tuileries, le Palais de Justice, le Palais de la Légion d’honneur, et l’Hôtel de Ville... L’essentiel de l’état civil parisien fut détruit durant ces incendies. Il est néanmoins nécessaire de rappeler que les bombardements incessants des troupes régulières françaises et prussiennes furent responsables de nombreux incendies. Parallèlement, des otages sont pris par les Communards. L’archevêque de Paris, Mgr Georges DARBOY, est arrêté le 4 avril 1871 avec quatre innocents, selon l’ordre de la Commune de Paris qui agit selon le « décret des otages » du 2 prairial An 79. Il est enfermé à la prison de Mazas, et est exécuté à la Roquette suite à l’attaque des versaillais, le 24 mai 1871, en bénissant ses bourreaux. La répression des Communards fut féroce : près de 10 000 condamnations à mort, 4 000 déportations au bagne de Nouvelle-Calédonie, etc. Les lois d’amnistie n’interviendront qu’en 1880. La basilique du Sacré-Cœur de Montmartre à Paris fut construite à partir de 1873 par l’Église et l’État pour, entre autre, « expier les crimes des communards ». Premier pouvoir révolutionnaire prolétarien, la Commune de Paris a depuis été revendiquée comme modèle - mais avec des points de vue différents - par la gauche, l’extrême gauche et les anarchistes ; elle inspira de nombreux mouvements révolutionnaires qui en tirèrent des leçons leur permettant d’entreprendre d’autres révolutions (la Révolution russe et les conseils (soviets), la guerre civile espagnole et les collectivités, etc.).

La Révolution estudiantine de mai 1968

La crise de mai 1968 présente des aspects communs avec les révoltes sociales que l’on vient d’évoquer. Mais dans son déroulement et ses causes, elle un moment profondément original : elle débute par un violent mouvement de protestation étudiante, entraîne une mobilisation des salaires et des intellectuels dont Jean-Paul SARTRE, et débouche sur une crise politique majeure. Au cours des années soixante, les profondes mutations de l’économie française suscitent des inquiétudes et des aspirations nouvelles auxquelles la multiplication de nouveaux médias (radios et télés) contribue à donner un écho national. Une révolte des étudiants, qui se produit dans de nombreux pays (Berkeley aux Etats-Unis, Rome, Allemagne, à Tokyo, en Tchécoslovaquie, Mexique…), atteint la France.

La grève des étudiants démarre d’abord dans la banlieue parisienne, à Nanterre, et est conduite par un groupe anarchiste, le « mouvement du 22 mars », dont le chef est Daniel COHN-BENDIT. Les étudiants qui composent ce groupe réagissent à l’arrestation de leurs camarades lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam. Ils occupent trop longtemps une salle du conseil de la Faculté des Lettres, avec de nombreux incidents, si bien que le Recteur décide de fermer la faculté le 2 mai 1968. Les troubles se propagent surtout à Paris, en mai 1698, et notamment au Quartier Latin. La police, à la demande du Recteur, fait évacuer la Sorbonne où se tient un meeting de protestation. Les étudiants dressent alors des barricades au boulevard Saint-Michel, lancent des pavés et des cocktails Molotov. L’évacuation de la Sorbonne se déroule avec une grande brutalité, 6 00 étudiants sont arrêtés. Lassés d’une société autoritaire et paternaliste, les jeunes dénoncent pêle-mêle le capitalisme, l’austérité morale du gaullisme, les arrestations de leurs camarades, tout en prônant la libération sexuelle, plus de droits pour les femmes. Les gauchistes, souvent d’obédience maoïste, couvrent les murs de Paris de différents slogans : « L’imagination au pouvoir », « Il est interdit d’interdire », « Faites l’Amour pas la guerre », « Sous les pavés la plage », etc. La révolte, d’abord universitaire, débouchera sur des grèves et une crise sociale généralisée qui a menacé la République. Le 27 mai 1968, avec des syndicats, les accords de Grenelle sont signés sous l’égide de Georges POMPIDOU (relèvement du SMIG de 2,22 à 3 francs de l’heure, augmentation des salaires de 7%, la semaine de travail passe de 43 à 40 heures, libre exercice du droit syndical dans les entreprises, etc.). Mais les troubles continuent. Le général de Gaulle part précipitamment à Baden Baden, puis revient, mobilise ses partisans, fait un discours énergique, dissout l’Assemblée Nationale en juin 1968, mais remettra par la suite sa démission en 1969.

II - Le Paris de la littérature et de la culture : La ville des « Lumières »

Le Paris des salons littéraires et des cafés fait songer à une ville d’un bouillonnement culturel incessant, une ville « Lumières ». Au XVIIIe siècle, Paris devient le laboratoire des idées philosophiques des « Lumières », dans les salons littéraires, dans les premiers cafés. On y entretient un débat passionné sur l’égalité, la liberté et la souveraineté nationale. Près de 300 cafés s’ouvrent à Paris, pour proposer naturellement du café, mais les idées s’échangent autour d’écrivains de renom. Le café Laurent Montaigne, et le Procope ouvert en 1695 par un Sicilien, reçoit d’ALEMBERT et CONDORCET. Dans les salons littéraires, la maîtresse des lieux, outre les faveurs qu’elle propose, doit s’attacher les services d’un philosophe qui organise des débats et dirige le salon. Ainsi, le salon de la « Cour des Sceaux » créé par une petite fille de Condé, accueille écrivains et philosophes ; le salon de Julie de LESPINASSE est fréquenté par Jean-Jacques ROUSSEAU, TURGOT et CONDILLAC ; MONTESQUIEU et MARIVAUX ont préféré aller au salon LAMBERT crée en 1710.

La vitalité intellectuelle des étudiants noirs à Paris, avant l’Indépendance, mérite d’être signalée. Divers mouvements littéraires et de quête identitaire sont lancés à Paris et qui n’auront pas d’équivalent après l’Indépendance, comme Légitime défense, l’Etudiant Noir, Tropiques, Présence Africaine et surtout, la Négritude. A l’instar des salons littéraires du XVIIIe siècle, une Revue du Monde Noir, bilingue qui parut entre le 20 novembre 1931 et le 30 avril 1932, avait été fondée, à Paris, par le docteur SAJOUS, un ressortissant libérien. Ce salon littéraire a permis la rencontre de plusieurs intellectuels noirs parisiens, comme Léopold Sédar SENGHOR, Léon GONTRANS DAMAS, Etienne LERO, René MENIL, René MARAN, Félix EBOUE, le docteur PRICE-MARS, sénateur de Haïti. Ajoutons à cela que l’ethnologue allemand Léo FROBENIUS a collaboré à cette revue qui a lancé le mouvement de la Négritude, puissant manifeste de l’originalité de la personnalité noire face à l’européocentrisme des Occidentaux. La Négritude a démontré la nécessité d’effacer de l’esprit des Blancs et Noirs, l’image stéréotypée du Nègre sous-homme, taré et inconscient. Léopold Sédar SENGHOR dira plus tard que ce mouvement de la Négritude est une quête de « découverte des valeurs noires et la prise de conscience pour le Nègre de sa situation ». La Revue Légitime Défense, fondée par des étudiants antillais, Etienne LERO, René MENIL et Jules Marcel MONNEROT, avec le soutien d’André BRETON qui est communiste, est lancée à Paris en juin 1932 ; elle se veut plus radicale et agressive que la Revue du Monde Noir qui est modérée et qui a été subventionnée par le Ministère des Colonies. La littérature traditionnelle antillaise est jugée trop conformiste et détourne le Noir de sa propre culture. La Revue Etudiant Noir, fondée à Paris a fonctionné entre 1934 et 1940. Ce périodique est dirigé par un groupe d’étudiants africains et antillais autour de Léopold Sédar SENGHOR, Aimé CESAIRE, Léon GONTRANS DAMAS, Léonard SAINVILLE, Birago DIOP et Ousmane SOCE. C’est l’organe qui appartient en propre au mouvement de la Négritude. Dans ses recherches universitaires, la spécialiste de la question Lylian KESTELOOT affirme n’avoir pas trouvé un seul exemplaire de la Revue Etudiant Noir. Léon GONTRANS DAMAS, fait allusion à cette revue dans une contribution datée de 1960 : « L’étudiant Noir, journal corporatif et de combat avec pour objectif la fin de la tribalisation, du système clanique en vigueur au Quartier Latin. On cessait d’être un étudiant essentiellement martiniquais, guadeloupéen, guyanais, africain, malgache, pour n’être plus qu’un seul et même étudiant noir. Terminé la vie en vase clos ». Léopold Sédar SENGHOR de préciser « Nous étions alors plongés (entre 1932 et 1935), avec quelques autres étudiants noirs, dans une sorte de désespoir panique. L’horizon était bouché. Nulle réforme en perspective, et les colonisateurs légitimaient notre dépendance politique et économique par la théorie de la table rase. Nous n’avions, estimaient-ils, rien inventé, rien créé, ni sculpté, ni chanté... Pour asseoir une révolution efficace, il nous fallait d’abord nous débarrasser de nos vêtements d’emprunt, ceux de l’assimilation, et affirmer notre être, c’est-à-dire notre négritude ». Dans cette mouvance et en réaction au statu quo culturel martiniquais que Aimé CESAIRE, René MENIL et Aristide MAUGEE, fondent à Paris, en 1941, la revue Tropiques, dont le projet est la réappropriation par les Martiniquais de leur patrimoine culturel. Alioune DIOP, un saint-louisien et panafricaniste (1910-1980), fonde à Paris, en 1947, la revue Présence Africaine, qui se veut le support favorisant la liberté d’expression des intellectuels noirs. Cette revue a pour ambition l’émergence d’une prise de conscience pour les hommes noirs de leurs qualités d’hommes libres et des possibilités qui leurs sont offertes pour une réussite commune de leurs projets. André GIDE, Jean-Paul SARTRE, Aimé CESAIRE et Christiane DIOP, l’épouse d’Alioune DIOP, ont participé à l’élaboration de cette revue. Ousmane Socé DIOP (Rufisque 31 octobre 1911-Dakar 27 octobre 1973) est l’auteur de Mirages de Paris, publié en 1931 aux Nouvelles Editions Latines. Ce roman autobiographique, sur l’amour impossible d’un Noir et d’une Française, le fantasme de Paris et la réalité de la ville, est l’une des manifestations littéraires de la négritude. C’est un roman anti-colonial ; c’est dire que le séjour à Paris de nos élites africaines a été un facteur puissant de stimulation intellectuelle. Ce qui fait l’originalité de Paris c’est sa vitalité culturelle ; diverses expositions s’y tiennent en permanence, et certaines concernent le continent noir, comme l’Exposition Coloniale de 1931, l’exposition des œuvres de Ousmane SOW, ainsi que les expositions permanentes au Quai Branly. Le 6 mai 1931, s’ouvre à l’Est parisien, dans le bois de Vincennes, une exposition coloniale. Les dirigeants de la IIIe République veulent, avec cette manifestation, convaincre l’opinion publique du bien-fondé des conquêtes coloniales. Pour l’occasion, est construit un musée permanent des colonies à la Porte Dorée et une pagode bouddhiste ; on y aménage un parc zoologique. Le temple cambodgien d’Angkor Vat et la mosquée de Djenné au Niger, sont reconstitués. L’inauguration se déroule en présence de milliers de figurants : danseuses annamites, artisans africains dans un village reconstitué, cavaliers arabes, etc. 33 000 000 tickets pour les visiteurs sont vendus. Né à Dakar en 1935, Ousmane SOW, et à l’initiative du maire de Paris de l’époque, Jean TIBERI, a exposé ses sculptures au Pont des Arts en 1999. Cette exposition parisienne a attiré 3 000 000 visiteurs, et a procuré, à l’artiste sénégalais, une notoriété mondiale qui fait de lui l’un des plus grands sculpteurs contemporains. Ousmane SOW sculpte l’humanité, les civilisations perdues et les mondes ancestraux. Le Président Jacques CHIRAC a légué à la postérité le musée du Quai Branly (inauguration le 20 juin 2006), à Paris dans le 7e arrondissement. C’est un musée en grande partie dédié au continent africain, puisqu’il est spécialisé dans les Arts Premiers et abrite plus de 300 000 objets issus du musée de l’Homme au Palais Chaillot et du musée des Arts d’Afrique et d’Océanie transformé en Cité nationale de l’histoire de l’immigration, à la porte Dorée.

III - Le Paris romantique ou la ville – musée ?

Comme Venise, Paris est considéré par certains, comme une ville musée ; c’est une commune qui se vide progressivement de sa population (3 000 000 au début du XXe siècle, 2,1 à l’Orée du XXIe siècle et probablement 1,9 en 2024), en raison de la flambée du prix de l’immobilier qui peut atteindre, dans certains quartiers, 17 000 € le mètre carré.

En dépit de cette donnée, les touristes qui viennent admirer la capitale estiment que c’est un endroit romantique, la gastronomie y est de qualité, on y trouve des produits de luxe, et surtout de nombreux monuments à visiter. Nous n’évoquerons que quelques grands monuments parisiens, comme la Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, Notre-Dame, le Louvre et l’Opéra de Paris. La Tour Eiffel, située sur le Champs de Mars, est le monument emblématique de Paris ; haute de 300 mètres, et construite par Alexandre Gustave BONNICKAUSEN dit Gustave Eiffel et 50 autres ingénieurs, pour l’Exposition de 1889 qui marque le centenaire de la Révolution de 1789 ; elle est le monument payant le plus visité au monde, plus de 7000 000 de visiteurs ; ce qui attire des commerçants ambulants, notamment des Sénégalais. Gustave Eiffel (Dijon 1832 - Paris1923) fait installer sur la Tour un laboratoire météo à son sommet. En 1903, il a été envisagé de démolir la Tour qui n’était qu’une exposition provisoire. A partir de 1910, la TSF installée à son sommet, émet des signaux à destination du monde entier. La Tour Eiffel a également servi aux débuts de la télévision en 1925. En 1806, Napoléon confie à l’architecte François CHALGRIN la construction d’un Arc de Triomphe à la gloire des armées françaises. En effet, auparavant et au lendemain de la bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), dans sa proclamation à ses soldats, Napoléon avait écrit : « Je vous ramènerai en France ; vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe ». L’Arc de Triomphe est situé dans l’axe reliant le Louvre à la Grande Arche de la Défense. Symboliquement, l’Arc de Triomphe, c’est le pont qui permet de passer d’une époque à une autre ; c’est le symbole national d’unicité et de solidarité, car c’est le carrefour du présent et du passé. C’est le Baron HAUSSMAN qui a eu l’idée de l’emplacement de cet édifice, appelée Place de l’Etoile, au carrefour de trois grandes avenues : l’avenue de la Grande Armée, l’avenue de Wagram et l’avenue des Champs Elysées. Commencé en 1806, reprise en 1825, l’Arc de Triomphe n’est inaugurée que le 30 juillet 1836. Sa taille est monumentale, 50 m de haut et 45 m de large. Le 15 décembre 1840, lors de la cérémonie du transfert des cendres de Napoléon, le cortège passe sous l’Arc. Le 22 mai 1885, le corps de Victor HUGO qui repose au Panthéon, est veillé sous l’Arc de Triomphe. Le 14 juillet 1919, les troupes victorieuses défilent sous l’Arc, et le 11 novembre 1920 a eu lieu l’inhumation d’un soldat inconnu mort durant la guerre. En 1923, une flamme du souvenir est allumée en l’honneur des morts tombés à la guerre.

Que dire sur l’église Notre-Dame de Paris ?

C’est Maurice de SULLY sur Loire qui, évêque en 1160, décida la construction d’un grandiose édifice, chef d’œuvre du Moyen Age, en remplacement des églises Notre-Dame et Saint-Étienne qui dataient du VIe siècle. C’est à Marie, la Mère de Dieu, que l’évêque Maurice SULLY a voulu dédier la cathédrale toute entière, elle lui est consacrée, Notre-Dame de Paris ! On ne compte d’ailleurs pas moins de 37 représentations de la Vierge (sculptures, peintures, vitraux…).Selon Grégoire de Tours, l’ancienne église Notre-Dame serait construite par CLOVIS après la guérison de son fils CHILDEBERT. Commencés en 1163, sous Louis VII, les travaux de Notre-Dame de Paris, allaient durer jusqu’en 1330 environ. L’architecte de génie qui bâtit la cathédrale, initialement, sur un style gothique, demeure inconnu ; son œuvre va recevoir différentes retouches de différents architectes entre le XIIIe et le XIVe siècle (Jean de CHELLES, Pierre de MONTREUIL, Jean RAVY, Jean Le BOUTEILLER, etc.). Au cours des siècles, la cathédrale subira différentes transformations. Ainsi, en 1699 Louis XIV confie à Robert de Cotte la réalisation des travaux pour respecter le voeu de Louis XIII. Il en résultera la destruction du jubé, des stalles et du maître-autel. Quant aux murs, ils seront badigeonnés de blanc. Pendant la Révolution, l’intérieur est pillé ; l’autel devient celui de la « Déesse de la Raison » et Notre-Dame sera ensuite transformée en entrepôt. L’église subit des sorts divers, et il n’en restait guère qu’un squelette effrité, avant d’être solennellement rendue au culte en 1802. Le fameux livre de Victor HUGO, Notre-Dame de Paris, paru en 1831, qui exprimait, à sa façon, le retour au Gothique, créa un mouvement qui aboutit en 1844, au décret de Louis-Philippe prescrivant la restauration, confiée à Jean-Baptiste LASSUS (décédé un peu tôt en 1857) et Eugène VIOLLET-le-DUC (1814-1879). Ces architectes refirent, avec une grande habilité, le décor d’antan. Les travaux intérieurs achevés, Mgr DARBOY avait consacré la cathédrale, le 31 mars 1864, cérémonie qui n’avait pas eu lieu au Moyen Age. La commune de Paris de 1871, en tuant l’archevêque, faillit aussi anéantir l’édifice qui n’échappa à l’incendie qu’au dernier moment. Depuis 1988, l’architecte Bernard FONQUERNIE a pris la direction des travaux de rénovation de Notre-Dame, qui se poursuivent encore. Depuis sa construction, Notre-Dame est l’un des grands symboles de Paris et de la France. De grands évènements religieux et politiques s’y sont déroulés ce qui a fait dire à l’historien MICHELET que « Notre-Dame est à elle seule un livre d’histoire ». De faits marquants de l’histoire de France s’y déroulent : 1229, le jeudi saint, Raymond VII de Toulouse fait amende honorable ; 1239, le roi Saint Louis, pieds nus, porte la couronne d’épines, les Parisiens y ont veillé le corps du roi Saint Louis qui était mort à Tunis ; en 1302 le roi Philippe le Bel y a ouvert les premiers Etats Généraux du Royaume de France ;1430, Henri VI d’Angleterre est couronné roi de France ; mais en 1447, 1455, début du procès de réhabilitation de Jeanne d’Arc ; Charles VII célèbre par un Te Deum la reprise de Paris ; le très politique mariage de la catholique Marguerite de Valois et du huguenot Henri de Navarre sera célébré dans la cathédrale en 1572. Ce dernier devra rester à la porte au cours de la cérémonie : « Paris vaut bien une messe » dira-t-il à cette occasion ; 1590, les chefs de la Ligue jurent de ne jamais reconnaître le huguenot Henri IV ; en 1660, c’est le Te Deum célébré à l’occasion du mariage de Louis XIV ; c’est LUXEMBOURG - le tapissier de Notre-Dame - qui porte ici les drapeaux ennemis ; en 1668 Turenne abjure ; le 10 mars 1687 Bossuet prononcera ici l’un des plus beaux textes de la littérature française, l’oraison funèbre du prince de Condé. Au XVIIIe - malgré Versailles, Notre-Dame garde encore sa place, et c’est là que les reines - Marie Leczynska, Marie-Antoinette, - viennent prier à leurs relevailles (cérémonie religieuse de bénédiction des femmes après leurs couches) ; le 2 décembre 1804, c’est le sacre de NAPOLEON, le sacre peint par Jacques-Louis DAVID et ses drapeaux d’Austerlitz « tapissent » eux aussi Notre-Dame en 1805 ; en 1811, baptême du roi de Rome ; 30 janvier 1853 mariage de Napoléon III ; le baptême du prince impérial en 1856. Depuis 1918, la vieille église semble avoir plus que jamais repris sa place, avec les funérailles nationales de Maurice BARRES (1923), de FOCH (1929), de JOFFRE (1931), de Raymond POINCARE (1934), du général LECLERC (1947), du maréchal de LATTRE de TASSIGNY (janvier 1952), de Paul CLAUDEL (février 1955), du maréchal JUIN (février 1967), et surtout la cérémonie de la Libération, le 26 août 1944, et le Te Deum de la Victoire, le 9 mai 1945 (Te deum cantique pour rendre grâce à Dieu d’une victoire ou de quelque autre événement heureux). Le 12 novembre 1970, en présence de nombreux chefs d’Etat étrangers, eurent lieu les obsèques officielles du général de Gaulle, alors que le même jour à Colombey-les-deux-églises se déroulait la cérémonie privée suivie de l’inhumation. Une cérémonie religieuse est également consacrée à François MITTERRAND le 11 janvier 1996 ; JEAN-PAUL II y est venu deux fois en 1980 et 1997, pour les journées mondiales de la jeunesse, etc.

Le Palais du Louvre et le jardin des Tuileries

jpg_images-9-272ea.jpgLe Palais du Louvre est le plus vaste ensemble architectural de France. Au Moyen Age, à la Renaissance et sous l’Ancien Régime il a été la résidence des Rois de France, il est donc chargé d’Histoire. Rois, Empereurs et République l’ont fait construire et réaménagé sans cesse sur sept siècles. Le palais est prolongé par le grand Jardin des Tuileries où sont également exposées de nombreuses sculptures. Le Louvre accueille un musée qui est un des plus beaux et des plus importants du monde. On y présente de nombreux chefs d’oeuvre dont le plus célèbre est la Joconde de Léonard de Vinci. Le nombre et la qualité des peintures sont impressionnants, de même que l’exposition consacrée aux Antiquités et Sculptures. Le Louvre s’est développé élément par élément au fur et à mesure du développement du rôle politique de Paris et des heurs et malheurs de l’Histoire de France. Tout commence avec le roi Philippe-Auguste qui fait édifier un château fort au début du XIIIe siècle. Entre 1190 et 1210, le Roi de France Philippe-Auguste fait construire le premier château du Louvre. Il fait partie de l’enceinte fortifiée qui s’élève autour de Paris. Cette forteresse du Louvre a une triple fonction : servir de logement sûr et sécuriser le trésor du Roi, à l’abri des sautes d’humeur des habitants, contrôler ces mêmes habitants et enfin protéger la ville sur son flanc ouest et en particulier l’accès par la Seine En effet c’est de là que peuvent venir les attaques du Roi d’Angleterre. A cette époque, le roi Philippe-Auguste réside dans son palais de l’île de la Cité, mais il entrepose dans le Donjon du Louvre son trésor et ses archives. Il y enferme aussi les prisonniers de marque comme Ferrand, comte de Flandre après la victoire de Bouvines en 1214. Le château évolue dans le temps, Saint Louis y fait édifier une allée où il rend la justice et ses successeurs édifient de nouveaux bâtiments. jpg_2jpg-13984.jpgDans la dernière partie de la Guerre de Cent Ans (guerre la France et l’Angleterre 1337-1453) Les Plantagenets d’Angleterre s’installent à Paris. Henri V puis son frère, le régent Duc de Bedford, résident au Louvre. Par force, les rois Capétiens-Valois s’établissent dans le Val de Loire. C’est là que sont construits les châteaux de la Renaissance, sous l’influence de l’architecture italienne. Cette forteresse est transformée en résidence par le roi Charles V à la fin du XIVe siècle. Le château médiéval est rasé au début du XVIe siècle par le roi François 1er qui fait reconstruire à sa place un Palais par l’architecte Pierre LESCOT. Les travaux engagés sont poursuivis par le roi Henri II et achevés sous le roi Henri III. En 1563, Catherine de Médicis fait construire le Palais des Tuileries à 500 mètres du Louvre. Le roi Henri IV poursuit les travaux avec le Pavillon de Flore et la Galerie du Bord de l’Eau qui réalisent la jonction antre le Palais du Louvre et celui des Tuileries. En 1624 Louis XIII fait réaliser le Pavillon de l’Horloge par l’architecte Pierre LEMERCIER puis Louis XIV fait édifier par LE VAU les ailes Nord et Est de la Cour Carrée, ce qui assure son achèvement. A la fin du XVIIe siècle le roi Louis XIV et sa cour s’installent à Versailles, délaissant le Louvre à partir de ce moment ; celui-ci est occupé par des artistes mais aussi transformé en habitations. Au début du XIXe siècle, l’empereur Napoléon I, qui réside au Palais des Tuileries, engage la restauration du Louvre, c’est lui qui constitue le premier Musée du Louvre. Une cinquantaine d’années plus tard Napoléon III achève le Palais. Au moment de la Révolution Française, la Convention décide de l’ouverture au Louvre d’un muséum des Arts et Sciences, il est enrichi par les oeuvres figurant dans les bien saisis sur les émigrés et sur l’Eglise catholique. Les guerres en Flandre et en Italie amènent en France de nombreuses oeuvres d’art qui sont attribuées à ce musée. La surface qui lui est allouée s’avère bientôt insuffisante. Peu après, à l’issue de la Guerre de 1870-1871, la Commune de Paris fait incendier le Palais des Tuileries qui est détruit, certains bâtiments du Louvre sont endommagés. Le Palais du Louvre est restauré à la fin du XIXe siècle. Mais le Palais des Tuileries n’est pas restauré, il devient un jardin public. Un temps partiellement occupé par le Ministère des Finances (la partie Nord), le Louvre a été réaménagé à la fin du XXe siècle à l’initiative du Président de la République François Mitterrand. Il a, en particulier, fait construire la Pyramide du Louvre pour accueillir les nombreux visiteurs du Musée.

Comment est née l’idée d’un Opéra National à Paris ?

Depuis fort longtemps, l’aristocratie et la bourgeoisie se rendaient au théâtre pour écouter l’art lyrique. L’opéra était écouté dans des lieux successifs. Avant le grand Opéra Garnier, il y eut d’abord un Théâtre national (1794-1820) à la salle du Square Louvois qui était un hôtel particulier dans le 2e arrondissement. Le duc de Berry, second fils du comte d’Artois, (futur Charles X) y est assassiné le dimanche 13 février 1820 ; la salle est alors détruite sur ordre du roi Louis XVIII. La troupe de l’opéra obligée de déménager, s’installe provisoirement rue Le Pelletier. Cette rue a été baptisée du nom de Louis Le Pelletier de Mortefontaine, prévôt des marchands de Paris avant la révolution. Ce théâtre fut inauguré le 16 août 1821 et le 6 février 1822, on utilisa pour la première fois le gaz pour éclairer les effets de scène lors du ballet « Aladin et la lampe merveilleuse ». C’est là que furent crées « le Trouvère », le « Tannhäuser » entre autre, et qu’eurent lieu de très grands bals romantiques. Mais cet opéra n’était que provisoire, car naissait l’idée du grand Opéra de Paris. Cet opéra de la rue Le Pelletier fut détruit en 1873, par un gigantesque incendie : le feu dura 24 heures et consuma le théâtre tout entier. La station de métro « Le Pelletier » sur la ligne 7, nous fait penser à ces deux faits dramatiques. L’idée d’un grand Opéra, dédié à la danse et à la musique était depuis longtemps « dans l’air ». Par décret du 29 septembre 1860, Napoléon III déclare d’utilité publique la construction d’une très belle salle pour remplacer celle de la rue Le Peletier. Le baron HAUSSMAN, préfet depuis 1853, avait déjà tracé des projets de voies monumentales, en particulier une large avenue assurant la desserte des Tuileries, et il choisit un emplacement de 10 000 m2, espace dégagé, résultant du croisement de ces voies haussmanniennes pour implanter le bâtiment. Restait à trouver l’architecte !et ce fut, après concours, Charles GARNIER, un jeune architecte, peu connu, qui a été retenu à l’unanimité, et il reçut 1500 Francs. Lorsque GARNIER présenta ses plans à l’Impératrice Eugénie, elle s’étonna : « quel affreux canard, ce n’est pas du style, ce n’est ni grec ni romain ! » Charles GARNIER eut alors une répartie fameuse : « c’est du Napoléon III, Madame ! ». Après cela GARNIER, fut surnommé « le Véronèse de l’architecture ». En effet, l’Opéra Garnier est un mélange exubérant de baroque, de faste, d’éclectisme. L’Opéra est le monument le plus représentatif de l’art officiel du Second Empire, c’est à dire symbole de luxe et des plaisirs parisiens. Par sa superficie, c’est le plus grand théâtre d’Europe : 172 m de long, 124 m de large et 79 m de haut, il peut contenir plus de 2000 spectateurs. Garnier sut s’entourer de 73 sculpteurs et 14 peintres. La première pierre fut posée le 21 juillet 1862. Les travaux furent longs et difficiles. Ce que GARNIER n’avait pas prévu, c’est que sous cet espace, une nappe phréatique importante, alimentée par un bras préhistorique de la Seine provoquerait une inondation permanente. Durant les travaux, l’eau s’infiltrait sans arrêt. Après des crises de découragement, Garnier réussit à isoler les sous-sols par un double mur. Pour assainir le terrain, et terminer les travaux il eut recours à huit pompes à vapeur qui travaillèrent jours et nuits durant huit mois. Puis pour contenir la pression des eaux d’infiltration, il fit construire au plus profond des sous-sols de l’Opéra un lac souterrain, dans une cuve de béton et de ciment. La façade fut dévoilée au public en 1867 pour l’Exposition Universelle, mais l’intérieur restait inachevé. Vint la guerre de 1870, la chute de l’Empire, la Commune et l’arrêt du chantier faute d’argent. Enfin l’inauguration officielle eut lieu le 5 janvier 1875 par le Président MAC-MAHON, en présence du Lord Maire de Londres, de la famille royale d’Espagne et du bourgmestre d’Amsterdam. Charles GARNIER, l’architecte, le créateur de ce monument fut invité, mais dut payer sa place dans une deuxième loge. Au centre de la salle on peut admirer un gigantesque lustre de cristal et de bronze pesant plus de huit tonnes. Le 20 mai 1896, alors que deux mille personnes assistaient à la représentation de Faust, un contrepoids du lustre se décrocha, entraînant la chute de l’ensemble sur les spectateurs. Il y eut de nombreux blessés et une femme fut tuée. La coupole d’origine, peinte sur cuivre est intacte, mais cachée par un faux plafond décoré par CHAGALL en 1964. Le rideau de scène pourpre est une copie du rideau d’origine peint par RUBE et CHAPERON. Parmi toute cette magnificence, on ne peut oublier les cariatides de marbre vert des loges d’honneur dominant la scène large de 50 m, 26 m de profondeur, et 35 m de haut. L’arrière-scène conduit au foyer de la danse, avec miroirs et panneaux peints par Gustave BOULANGER. Un étroit couloir relie le pavillon de l’Empereur situé sur le côté de l’Opéra, et le Foyer de la danse. Il était réservé aux messieurs qui venaient rendre visite aux danseuses ; c’est l’univers du peintre DEGAS. Les sous-sols furent le théâtre de drames atroces. En effet sous la Commune de Paris, l’administration révolutionnaire transforma en entrepôts les premières salles construites, et lorsque les Versaillais réussirent à pénétrer dans Paris le 21 mai 1871, les souterrains servirent de cachots et furent le théâtre de terribles exécutions de Communards. C’est un squelette laissé par la Commune, le mystère de ce lac, les doubles murs qui inspirèrent à Gaston LEROUX, en 1925 son roman le Fantôme de l’Opéra. Cette histoire a inspiré le metteur en scène Brian de Palma pour son film Phantom of the Paradise. Si le fantôme est une légende, les eaux souterraines existent bien, et des poissons y vivent, nourris par les machinistes de l’Opéra. Ce monument est un des plus prestigieux monuments de Paris, sa bibliothèque conserve plus de 80 000 partitions et livres, 25000 maquettes de costumes, et de décors des opéras et ballets. Enfin ce palais est gardé par de courageuses ouvrières : deux belles ruches sont installées sur le toit et les abeilles de l’Opéra, grâce au pollen des fleurs des jardins de Tuileries, du Palais Royal et des balcons des alentours donnent un miel délicieux ! Lorsque François MITTERRAND fit construire l’Opéra Bastille, le Palais Garnier ne devait plus accueillir que les spectacles de danse, mais après sa rénovation, depuis le 1er mars 1996, il présente en alternance des spectacles lyriques et des ballets. IV - Le Paris de la diversité ou Paris des bobos au XXIe siècle Sur le thème de « changer d’ère », M. Bertrand DELANOE est maire socialiste de Paris depuis le 18 mars 2001. Lors des élections de mars 2008, il a souhaité « donner un temps d’avance » à la ville de Paris. En effet, la ville de Paris a quitté la rubrique des faits divers (M. CHIRAC, ancien maire de Paris, est mis en examen dans le dossier des emplois fictifs), pour se doter d’un projet progressiste, novateur et ambitieux, notamment en matière de lutte contre la pollution qui a atteint des niveaux record. A Paris la pollution a fortement diminué sous l’effet de diverses mesures : l’augmentation en offre de bus et de métro, la mise en place d’un tramway qui va couvrir la petite ceinture, le développement des voitures en libre service et du réseau Vélib’, le renouveau du transport fluvial. Paris a adopté un plan climat avec pour ambition une baisse des gaz à effet de serre de 75% à l’horizon 2050. L’ancien Premier Ministre Lionel JOSPIN a vanté le bilan de M. DELANOE en qualité de Maire de Paris ; il a su « redonner sa fierté à cette ville magnifique » qui est devenue, « à nouveau attractive ». Selon lui, M. DELANOE a constamment recherché à réduire les inégalités ; il conduit une très bonne gestion, et de gauche, et aussi des « qualités de visionnaire ». L’ancien Premier Ministre estime « qu’une ville mythique comme Paris a besoin de se réunir, d’attirer de vibrer autour d’événements festifs et populaires ; M. DELANOE a su les inventer ». M. Jospin fait valoir que ce qui distingue le plus l’ère DELANOE de l’ère CHIRAC et TIBERI, c’est « l’intégrité personnelle, la rigueur de gestion et un dévouement entier à son rôle de Maire ». M. DELANOE a su « veiller à un développement équilibré de la ville, les quartiers de l’Est parisien (18e et 19e arrondissements), cessant enfin d’être oubliés ». D’après un sondage 67% des Parisiens jugent le bilan de M. DELANOE, qui ne se représentera pas en 2014, positif. Les Parisiens ont notamment apprécié l’animation de la ville (Paris Plage, Nuit blanche, etc.), l’embellissement de la capitale, son rayonnement, son environnement et ses transports en commun, l’extension des modes de garde de la petite enfance (crèches et garderies). Il reste des points à améliorer, notamment la propreté, la sécurité, la circulation et le logement. Certes, l’habitat insalubre est en voie de disparition dans Paris, mais la capitale est devenue la ville des bobos ; avec un prix moyen du mètre carré à 7 330 euros, les classes moyennes et populaires sont en voie d’être exclues. Les populations immigrées, d’origine africaine, qui habitaient ces squats ont été, pour la grande majorité, reléguées en grande banlieue. En dépit de cette question brûlante du logement, la ville Paris reste fondamentalement cosmopolite ; une grande diversité ethnique peut y être observée. On trouve à Paris, toutes les nationalités, et donc de nombreuses minorités ethniques coexistent avec nos « ancêtres les Gaulois ». Paris, bassin d’emplois, concentre de nombreux immigrants venus du Maghreb, d’Afrique Noire, d’Asie, et maintenant d’Europe de l’Est. Paris, ville touristique et universitaire voit déferler chaque année notamment des Américains, des Anglais, des Allemands, des Japonais, des Chinois. Aussi paradoxale que cela puisse paraître, quand on débarque à Paris, on est impressionné par le nombre de Noirs qui y résident. Certains de ces Noirs sont d’origine antillaise, d’autres viennent d’Afrique, et pour les Sénégalais, il s’agit essentiellement de populations venant de la vallée du fleuve Sénégal, des Peulhs et des Soninkés, mais il y a également quelques Ouolofs qui sont souvent des vendeurs à la sauvette sur les lieux touristiques (Tour Eiffel, Sacré-Cœur). Initialement, et dans les années 80, la plupart des éboueurs parisiens étaient des Soninkés du Sénégal ; avec la crise ils ont été progressivement remplacés par des Blancs. L’immigration africaine reste tout de même très forte à Paris et cela en raison de nombreux facteurs. Tout d’abord, la ville de Paris a en son sein, plus de 20 foyers de travailleurs immigrés qui sont essentiellement concentrés dans les XIXe, XVIIIe, XXe et XIVe arrondissements. Ensuite, l’immigration africaine est devenue familiale ; certains ont fait venir leurs familles et leurs enfants et, ayant acquis la nationalité française, sont devenus des citoyens parisiens à part entière. Enfin, il existe une immigration marginale, mais qu’il faut mentionner, la prostitution alimentée par des réseaux ; ce sont essentiellement des filles qui viennent du Ghana ou Nigeria, et qui occupent certaines rues du XVIIIe arrondissement, les boulevards des Maréchaux, ou les différents parcs et jardins de la ville de Paris, notamment à Vincennes ou au Bois de Boulogne. Cette immigration que l’on croyait passagère, est devenue durable, et c’est surtout un phénomène de masse. Il n’y a pas de statistiques ethniques en France, mais on estime qu’il y a plus de 170 000 étrangers, non communautaires à Paris. Il existe de vrais quartiers africains, notamment Barbès et Château Rouge, avec son marché spécialisé en produits africains. Des dealers de drogue avaient un certains temps occupé la place de Stalingrad, mais ils ont été boutés hors de Paris. Les jeunes noirs issus de l’immigration, même s’ils habitent la banlieue, ont leurs lieux de rendez-vous à Paris ; il s’agit essentiellement du hall de la Gare du Nord, et le Quartier des Halles. En raison de cette population, des commerces ethniques se sont développés dans Paris ; il s’agit notamment de restaurants pour la cuisine africaine. Le musicien camerounais Manu DIBANGO a un restaurant camerounais dans le XXe arrondissement. C’est tenant compte de cette forte présence des étrangers à Paris, et du fait que la promesse de François MITTERRAND pour un droit de vote des étrangers aux élections locales n’a jamais été honorée, que M. DELANOE a créé le 12 janvier 2002 un Conseil de la citoyenneté des Parisiens non communautaires. Cette instance consultative vise à favoriser la participation des Parisiens de nationalité étrangère à la vie démocratique locale. L’histoire de Paris s’est nourrie d’apports décisifs qui symbolisent des noms mémorables qui illustrent la tradition d’ouverture de Paris. En effet, des étrangers célèbres ont vécu à Paris, comme Pablo PICASSO, Igor STRAVINSKI, Georges BRAQUE, Gioacchino ROSSINI, Jim MORRISSON, ou PICCABIA…

jpg_gall-paris-france-vue-de-la-tour-eifAu-delà de ces figures célèbres, la ville de Paris s’est toujours enrichie de l’apport de populations étrangères, tant sur le plan démographique, qu’économique, culturel et social. La classe politique africaine a choisi également d’acheter des maisons à Paris. On sait que M. Omar BONGO avait une propriété à l’avenue Foch dans le 8e arrondissement, Ben ALI possédait un appartement à la Place des Vosges dans le Marais, Léopold Sédar SENGHOR avait un appartement dans le 17e arrondissement, Abdou DIOUF vit dans le 7e arrondissement. Quant au Président Abdoulaye WADE, il a choisi la ville de Versailles qui est royaliste ; comme quoi, il avait bien des visées monarchistes de longue date. En ce début du XXIe siècle M. DELANOE a des ambitions pour la ville de Paris : l’aménagement des berges de la Seine et la rénovation des Halles. La ville de Paris va entreprendre la rénovation des Halles, par des travaux d’envergure, notamment la restructuration des espaces publics de voirie de surface et souterraine, des parkings, des circulations intérieures et la réalisation de la Canopée, c’est-à-dire une zone intense d’activité biologique située au dessus des arbres et comprenant un espace pour les sourds-muets, une bibliothèque, un grand conservatoire et un auditorium. Mais ce projet de rénovation des Halles est controversé en raison de la complexité du site qui rassemble en seul endroit deux gares RER, un métro, des commerces et un jardin. En effet, les Halles ont une histoire ancienne dans la ville de Paris. Créé par Louis VI Le Gros en 1137, sur la rive droite, le marché est dans la ville de Paris par Philippe Auguste en 1183 ; il y fait construire les premières halles, près du cimetière des Innocents, le plus grand de Paris de l’époque. Avec les mutations économiques et démographiques, les anciens équipements deviennent obsolètes, de nouvelles halles sont nécessaires pour ravitailler Paris. Le baron HAUSSMAN confie le soin à un architecte de réaliser de entre 1854 et 1874, 10 pavillons qui vont fonctionner pendant un siècle. Par conséquent, les Halles sont le « ventre de Paris » depuis le Moyen Age. Entre 1962 et 1969, la vétusté et l’encombrement du marché provoqua son transfert à RUNGIS, dans le Val de Marne, à 15 km au sud de Paris et les 10 pavillons furent détruits. Pendant plus de 10 ans le trou des Halles resta béant, faisant l’objet de multiples projets souvent futuristes. L’aménagement des Halles à la fin des années 1970 avec l’inauguration du RER en 1977, l’ouverture du centre commercial du Forum en 1979, la création du parking souterrain et du jardin en 1986, ont provoqué une fréquentation intense du site et de nombreux dysfonctionnements sont apparus (manque de lisibilité des espaces, opposition des dessus et dessus, désaffectation du jardin des Halles, trop forte fréquentation, sécurité, etc.). jpg_arc_tuileries-2644d.jpgLe Maire de Paris a prévu de faire aménager avant 2016, les voies sur berges de la Seine. Ce plan de reconquête des voies sur berges prévoit la fermeture à la circulation du quai bas Rive Gauche entre le musée d’Orsay et le Pont d’Alma. Le Grand Paris est un projet ambitieux visant à sortir Paris de ses limites géographiques actuelles (105 km2) ; le département de Paris sera fusionné avec les départements de la petite couronne (Val de Marne, Seine Saint Denis et Hauts de Seine). Ce projet piloté par Christian BLANC associera l’Etat, la ville de Paris et la région Ile de France autour de création de pôles économiques, d’un réseau de transport public souterrain qui relierait ces pôles aux aéroports, gares TGV et centre de Paris.

Paris le 14 août 2011

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