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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 11:26

Nelson MANDELA aurait eu 100 ans en ce 18 juillet 2018. Symbole de la lutte pour la justice, l’égalité et la dignité, d’espoir, de tolérance, d’humanité, d’exemplarité et source d’inspiration, Nelson MANDELA est entré dans l’histoire de son vivant.  Héros de notre temps, et l’une des grandes figures du XXème siècle, MANDELA  est l’un des hommes politiques les plus célèbres et plus révérés qui soient. Grâce à son courage et son combat pour un monde plus fraternel et plus juste, il est devenu un géant de l’histoire, un digne successeur de Mahatma GANDHI, de Martin Luther KING. MANDELA qui a fait progresser l’humanité, force l’admiration et le respect. «C’est l’histoire d’un homme qui a décidé de risquer sa propre vie au nom de ses convictions, et qui a donné de lui-même pour essayer de rendre le monde meilleur», souligne Barack OBAMA, premier président noir des Etats-Unis, dans la préface de l’ouvrage de MANDELA «Conversations avec moi-même».

Longtemps, j’avais cru que les Noirs étaient frappés de la malédiction biblique de Cham qui les condamnait à être des esclaves et à avoir la peau noire. Ainsi, selon certaines théories racistes, les Noirs devaient souffrir, en raison de la couleur de leur peau, d’une servitude perpétuelle, et donc de diverses épreuves de la vie comme le colonialisme, les famines, les régimes autoritaires, la maladie, la misère, la sécheresse, etc. Nelson MANDELA fait partie de ces hommes exceptionnels qui ont refusé d’accepter le monde tel qu’il est. Luttant farouchement contre tout esprit de résignation, MANDELA nous a redonné une énergie nouvelle dans cette quête pour la liberté, l’égalité et la fraternité. Sa morale est la suivante «ne fuyez pas les problèmes ; affrontez-les ! Parce que si vous n’y faites pas face, ils ne seront jamais réglés». MANDELA est donc un homme politique courageux, et il le revendique : «si j’avais pu prévoir ce qui m’est arrivé, j’aurais pris certainement la même direction». Quand on contemple le parcours de Nelson MANDELA, on peut dire, en référence à la biographie que lui a consacrée Jack LANG, qu’il représente «une leçon de vie pour l’avenir». En effet, ce héros de la lutte contre l’Apartheid, est habité par une espérance infinie, une conscience politique aiguë, une sincère et étonnante humilité. MANDELA a mené son pays, l’Afrique du Sud, fortement divisé par un système d’Apartheid honni par le monde entier et qualifié de «crime contre l’humanité», vers la liberté, la démocratie et la respectabilité, tout en maintenant son unité et son efficacité économique. Finalement, seuls les grands objectifs soulèvent les grandes déterminations.

Le personnage de Nelson MANDELA regorge de facettes particulièrement reluisantes et riches. MANDELA est, d’une part, un homme cultivé. En effet, il est imprégné de littérature classique, et a étudié le latin à l’école et à l’université. Il a beaucoup lu la littérature grecque, et joué des pièces de théâtre quand il était à l’université ou en prison. Dans une pièce de théâtre, jouée à Fort Hare, MANDELA a interprété le rôle de John Wilkes BOOTH, l’assassin d’Abraham LINCOLN. En prison, il a incarné le tyran CREON, dans une représentation d’Antigone. Nul doute que jouer les méchants, pour condamner avec véhémence l’Apartheid, convient parfaitement à MANDELA. C’est un admirateur de Marc AURELE, cet empereur romain, homme politique et d’action.

Toutefois, la civilisation occidentale n’a pas effacé ses origines africaines. «Je n’ai pas oublié les jours de mon enfance, quand nous nous regroupions autour des aînés de la communauté pour écouter les trésors de sagesse et d’expérience». D’autre part, MANDELA est connu pour son sens de l’humour et sa capacité à rire, même dans les circonstances les plus difficiles. La tradition veut que le bon chef soit un homme sérieux. Il ne fallait donc pas rire aux éclats. Pour MANDELA «avoir le sens de l’humour et être complètement détendu, permet de mobiliser plus facilement ses amis autour de soi. J’adore ça».

MANDELA est avant tout un sage et un rêveur. En effet, la dimension exceptionnelle de ce personnage ne vient pas de certains critères sur la base desquels on a tendance à juger la réussite, tels que la position sociale, l’influence, la popularité, la richesse ou le niveau d’éducation. Pour MANDELA, d’autres critères sont les véritables fondations de notre vie spirituelle : l’honnêteté, la sincérité, la simplicité, l’humilité, la générosité, l’absence de vanité, la capacité à servir les autres. MANDELA se définit, dans une lettre du 1er février 1975 à sa femme Winnie, non pas comme un Saint, mais comme «un pêcheur qui cherche à s’améliorer». MANDELA est un dirigeant modeste et humble qui refuse l’autosatisfaction. Comme il le dit lui-même «Dans la vraie vie, nous n’avons pas affaire à des dieux, mais à des hommes et des femmes ordinaires, qui nous ressemblent : des êtres humains avec leurs contradictions, stables et versatiles, forts et faibles, bons et ignobles, des gens dans le sang desquels les vers se battent tous les jours contre de puissants pesticides». MANDELA aime les grands rêves. «C’est un devoir que de rêver l’unité et le rassemblement des forces de liberté» dit-il.

La documentation sur MANDELA est déjà particulièrement impressionnante. On peut citer ses lettres de prison, les entretiens qu’il a accordés à la presse, ses carnets de note avant son incarcération et ses discours. Des biographies, de nombreux documentaires télévisés et des films ont été réalisés sur la vie de Nelson MANDELA. Le Centre Nelson MANDELA pour la mémoire et le dialogue est chargé de vieller sur ce patrimoine inestimable qui recèle encore, sans nul doute, des trésors cachés. Cette contribution sur MANDELA s’inspire, notamment, de divers écrits qui sont recensés dans notre bibliographie sélective. Tout d’abord, de l’excellente autobiographie «un long chemin vers la liberté». Fruit d’un travail collectif, ce livre, publié en 1994, a été rédigé en prison par une sorte de «conseil éditorial». MANDELA a, par la suite, collaboré avec l’écrivain et éditeur Richard STENGEL pour l’étoffer et le parfaire. Dans cette autobiographie incontournable, on y admire l’enfance heureuse de Nelson MANDELA, mais aussi la colère sourde qui gronde d’un peuple noir opprimé et humilié, et donc l’appel au combat pour la liberté et la réconciliation. C’est un ouvrage de référence que tout homme engagé dans la vie politique devrait lire. Le militantisme, aussi modeste qu’il soit, comporte une part de sacrifice, de don de soi-même qu’il ne faudrait pas sous-estimer. Ensuite, dans l’ouvrage «conversation avec moi-même» en 2011, on y décèle, avec une grande émotion, la voix claire, directe et personnelle de MANDELA. On y admire un MANDELA empreint d’une grande sagesse. Enfin, dans «pensées pour moi-même» en 2010, on y retrouve les citations authentiques de MANDELA qui ont été souvent déformées par des lectures de seconde main.

Par ailleurs, deux puissants discours ont été prononcés par Nelson MANDELA, dont nous faisons état : celui du 20 avril 1964 devant le tribunal de Pretoria et celui du 10 mai 1994, lors de son investiture en qualité de premier président noir de l’Afrique du Sud. Il ne faudrait pas minimiser l’influence de Nelson MANDELA lors de la rédaction de la Charte de la liberté du 26 juin 1955. C’est un document majeur dans la lutte contre l’Apartheid. MANDELA est un redoutable observateur. Il a appris des autres, par l’expérience, «j’ai regardé les autres et essayé de reproduire ce qu’ils faisaient», confesse t-il.

En définitive, Nelson MANDELA a vécu une jeunesse heureuse et insouciante. C’est à l’âge adulte qu’il a pris, progressivement, une conscience politique pour devenir ce formidable combattant de la liberté.

I – MANDELA, une vie provinciale heureuse et insouciante

Rolihlahla MANDELA est né le 18 juillet 1918, Mvezo Komkhulu (lieu idéal), dans le Transkei. Son prénom peut signifier, littéralement, «tirer la branche», mais il peut également désigner «celui qui créé des problèmes». Son père, Nkosi Mphakanyiswa Gadla, est un chef coutumier, de la nation Xhosa, de la tribu Thembu, du clan «Madiba». Les Sud-africains appellent, affectueusement, Nelson Mandela, « Madiba » en référence à ce chef Thembu qui régnait au Transkei au XVIIIème siècle. Gadla MANDELA était polygame. Il avait  quatre épouses, dont la troisième, Nosekeni Fanny (décédée en 1968), est la mère de Nelson. MANDELA a 3 frères et 9 soeurs. Dans son livre autobiographique «un long chemin vers la liberté», Nelson MANDELA décrit son père comme quelqu’un de fier, sévère et d’un entêtement excessif, un excellent orateur et un faiseur de rois. Il précise : «je suis persuadé que c’est l’éducation, plus que la nature, qui façonne la personnalité, mais mon père était fier et révolté, avec un sens obstiné de la justice, que je retrouve en moi». A la suite d’une dispute avec un magistrat blanc local, le père de Nelson MANDELA perdit ses responsabilités de chefferie, ainsi que ses biens. Sa mère alla s’installer à Qunu, près d’Umtata la capitale du Transkei, pour bénéficier de soutien d’amis et de parents. Evoquant le village de Qunu, MANDELA mentionne ceci : «j’ai passé les années les plus heureuses de mon enfance et mes souvenirs datent de là». C’est de là que débute, selon lui, son amour du veld, des grands espaces et de la beauté simple de la nature. La vie du petit Nelson est façonnée par la coutume, le rituel, le tabou, les fables et les légendes Xhosa. Grand observateur, il note déjà que les Africains ont un sens développé de la dignité. Humilier quelqu’un c’est le faire souffrir inutilement. «Même quand j’étais enfant, j’ai appris à vaincre mes adversaires, sans les déshonorer», dit-il dans «un long chemin vers la liberté». La vertu et la générosité seront récompensées d’une façon que nous ne pouvons pas connaître.

En 1925, la mère de Nelson MANDELA, chrétienne de l’église méthodiste, inscrit son fils à l’âge de 7 ans à l’école. C’est son institutrice, Miss MDINGANE, qui lui a donné le prénom anglais de «Nelson», sans doute en référence au célèbre vice-amiral britannique, Horatio Nelson (1758-1805), qui a perdu la vie au large du Cap de Trafalgar.

Nelson MANDELA n’avait que 9 ans, quand son père meurt, en 1927, d’une maladie pulmonaire. Nelson est alors confié, pendant 10 ans, au régent Jongintaba Dalindyebo, à la Grande demeure, à Mqhekezweni, la capitale provisoire du Thembuland. Dans son village Qunu, où il était heureux, le petit Nelson n’avait pour ambition que de manger à sa faim et de devenir un champion de combat au bâton. Brusquement, un nouvel horizon auquel il n’avait pas songé, s’ouvre à lui celui de l’argent, les classes sociales, la gloire ou le pouvoir. Le régent a profondément influencé la notion de commandement que MANDELA devait se faire plus tard. Le régent pratique la liberté d’expression. Il ne s’exprime qu’à la fin de la réunion, résume ce qui a été dit et trouve un consensus entre les différentes opinions. «Un chef, dit le régent, est comme un berger. Il reste derrière son troupeau, il laisse le plus alerte partir en tête, et les autres suivent sans se rendre compte qu’ils ont, tout le temps, étaient dirigés par derrière».

C’est à la cour du régent qu’est né l’intérêt pour MANDELA de l’histoire africaine. Il découvre les grands héros Xhosas qui ont combattu la domination coloniale. Le jeune Nelson apprend que la véritable histoire de son pays ne se trouvait pas dans les livres britanniques, que l’histoire de l’Afrique du Sud ne commençait pas en 1652 avec l’arrivée des colons.

En janvier 1934, à l’âge de 16 ans, Nelson MANDELA est circoncis. C’est un long rituel de passage à l’âge adulte. Il reçoit du régent, en cadeau, deux génisses et quatre moutons. Nelson est plein d’espoir. Il pense qu’un jour il sera riche et aura une place importante dans la société. Subitement, un des orateurs à cette journée exceptionnelle souligne que les cadeaux faits aux circoncis n’ont aucune valeur. Les adultes ne peuvent pas offrir le plus grand de tous les cadeaux, c’est-à-dire la liberté et l’indépendance. En effet, l’Afrique du Sud est un peuple conquis. L’orateur précise encore sa pensée : «Nous sommes esclaves dans notre propre pays. Nous sommes  locataires de notre propre terre. Nous n’avons aucune force, aucun pouvoir, aucun contrôle sur notre propre destinée dans le pays de notre naissance». Le jeune Nelson n’a pas saisi tout de suite le sens de ces paroles. Cependant, elles ont semé une graine  qui a dormi pendant une longue saison, et qui a fini par germer.

Nelson MANDELA n’avait encore acquis de conscience politique. Il ne voulait pas aller travailler dans les mines d’or. Il pensait, naïvement, que son destin était de devenir conseiller du régent et c’est pour cela qu’il devait poursuivre ses études. En 1934, le régent le fait inscrire au collège de Clarbury, à Engcobo. C’est la première fois qu’il serre la main à un Blanc, le révérend Harris qui dirige ce collège. Chez le régent, il avait appris comment se comporter avec les Blancs : les recevoir avec beaucoup d’égards, mais sans obséquiosité. Dans le collège, un enseignant noir, Ben Mahlasela, titulaire d’une licence, n’était pas intimidé par le révérend Harris. Il lui parlait sur un pied d’égalité, en exprimant son désaccord là où les autres se contentaient d’approuver. En ces temps-là, quelque fût le rang auquel accédait un Noir, on le considérait toujours comme inférieur au Blanc le plus bas. On craignait le révérend Harris, plus qu’on ne l’appréciait. Nelson MANDELA qui s’occupait de son jardin le décrit comme étant «doux et tolérant». Il croyait, avec ferveur, à l’importance de l’éducation pour les jeunes noirs.

En 1937, Nelson MANDELA, à l’âge de 19 ans, est inscrit au lycée Wesleyan de Fort Beaufort, à Healdtown, à 260 km de Umtata, la capitale du Transkei. C’est une école d’une mission méthodiste qui dispense un enseignement libéral basé sur le modèle anglais. «Nous aspirions à devenir des Anglais noirs», confesse Nelson MANDELA. Le collège accueille des élèves de toutes les tribus. Nelson MANDELA commence à prendre conscience de son identité en tant qu’Africain, et pas seulement en tant que Thembu, ni même Xhosa. Le maître d’internat, qui allait devenir plus tard, le président africain de l’église méthodiste d’Afrique du Sud, savait tenir tête à un Blanc, le responsable du lycée. MANDELA prend conscience que le Blanc n’est pas un dieu et que l’Africain n’est pas un laquais. «Un Noir ne doit pas automatiquement obéir à un Blanc, même s’il s’agit de son supérieur», dit MANDELA.

Au cours de sa deuxième année au lycée, un grand poète Xhosa, Krune Mqhayi, vêtu d’une peau de léopard, d’un chapeau assorti, avec une lance dans chaque main, fit une intervention dans son établissement. Ce qui modifia la perception que MANDELA avait de l’homme blanc. Pour ce poète, «la sagaie représente ce qui est glorieux et vrai dans l’histoire africaine, c’est le symbole de l’Africain comme guerrier et de l’Africain comme artiste». Le poète précise sa pensée : «Nous ne pouvons pas permettre à ces étrangers qui ne s’intéressent pas à notre culture de s’emparer de notre nation. Je prédis que les forces de la société africaine remporterons une éclatante victoire sur l’intrus». Ce discours sur le nationalisme et l’unité africaine a produit une «énergie nouvelle», sur le jeune MANDELA dont la conscience politique est encore très embryonnaire.

En 1939, après son diplôme au lycée, MANDELA s’inscrit à l’université de Fort Hare, dans la municipalité d’Alice. MANDELA ne souhaitait pas étudier le droit. Il voulait devenir interprète ou employé des affaires indigènes. Cet établissement est fondé en 1916 par des missionnaires de l’église écossaise. MANDELA joue des pièces de théâtre et interprète le rôle de l’assassin d’Abraham LINCOLN. Il retiendra de cette tragédie que les hommes qui prennent de grands risques doivent s’attendre à en supporter souvent les lourdes conséquences. Il fait la connaissance d’Oliver TAMBO (1917 – 1993), un des futurs grands dirigeants de l’African National Congress (A.N.C.). MANDELA décrit Oliver TAMBO comme quelqu’un d’une intelligence exceptionnelle, «un débattant pénétrant qui n’acceptait pas les platitudes». Jusqu’ici MANDELA n’avait jamais entendu parler de cette organisation politique. MANDELA croyait que le diplôme universitaire était un sésame pour réussir sa vie et venir en aide à sa mère. Il se rend compte, petit à petit, qu’un Noir n’avait pas à accepter les affronts mesquins qu’on lui inflige chaque quotidiennement.

A la fin de sa première année, membre du Conseil représentatif des étudiants, MANDELA est impliqué dans le boycott de la mise en oeuvre du règlement universitaire. Il est alors renvoyé de l’université. Cet événement va changer, considérablement, le cours de sa vie. En 1941, MANDELA retourne à Mqhekezweni, chez le régent, son tuteur et bienfaiteur. Mais le régent veut le marier, sans son consentement, à la fille du prêtre Thembu local. MANDELA n’a d’autre issue que de s’enfuir et se retrouve à Johannesburg. Il est engagé comme policier surveillant une mine d’or. Partout, il ne voyait que des Noirs avec des salopettes poussiéreuses, l’air fatigué et courbant le dos.

Les mineurs sont logés en fonction de leur origine ethnique. Cette séparation entraînait et attisait, par conséquent, des tensions entre les différents groupes ethniques. Licencié de son travail, il n’avait pas les autorisations de travail et de séjour nécessaires. MANDELA est allé rendre visite au docteur XUMA, le président de l’ANC et ami du régent. Mais sa fugue fut vite découverte, il n’obtint pas de travail convoité. Nelson MANDELA confie à son cousin, marchand ambulant, qu’il voulait terminer sa licence pour devenir avocat. Mais pour cela il faut qu’il puisse financer ses études en travaillant. Son cousin le présente à un dirigeant d’une agence immobilière spécialisée dans les propriétés pour Africains, un certain Walter SISULU (1912 – 2003), membre de l’ANC. C’est Walter SISULU qui introduisit MANDELA à un avocat juif libéral, Lazar SIDELSKY (1911-2002). MANDELA précise que d’après son expérience, il a toujours trouvé que «les Juifs avaient l’esprit plus ouvert que le reste des Blancs sur les questions raciales et politiques, peut-être parce qu’eux-mêmes ont été victimes dans l’histoire de préjugés». MANDELA décrit M. SIDELSKY comme un professeur patient, mais très hostile à la politique. Pour cet avocat, «la politique fait ressortir ce qu’il y a de pire en l’homme. C’est la source des problèmes et de la corruption et on doit la fuir à tout prix».

MANDELA se fait le premier ami blanc dans ce cabinet d’avocats, un stagiaire, Nat BREGMAN, qui est, en fait, membre de l’ANC et du Parti communiste. Nat l’entraîne dans des réunions et conférences du Parti communiste où sont mélangés Blancs, Noirs, Métis et Indiens. Les barrières raciales sont abolies dans ces rencontres. Sans être militant politique, MANDELA y va par curiosité intellectuelle. Il commence à prendre conscience de l’oppression raciale qui peut être analysée, non pas sous l’angle ethnique, mais de point de vue de la lutte des classes.

MANDELA n’a que 23 ans, et parcourt en bus le chemin entre le bidonville d’Alexandra où il réside et le cabinet d’avocats. MANDELA, avec ses maigres ressources de stagiaire au cabinet d’avocats, dépense l’essentiel de sa paie dans les transports en commun. Il décrit la vie dans ce Township comme «merveilleuse et précaire». Dans cette ville noire (The dark city), sans lumière,  la vie ne valait pas cher. La nuit le revolver et le couteau faisaient la loi. La vie urbaine tendait à faire estomper les distinctions ethniques et raciales. MANDELA dira à ce sujet «je me suis aperçu que nous n’étions pas des peuples différents avec des langues différentes ; nous formions qu’un peuple avec des langues différentes». Cette étape est importante dans la construction de la conscience politique de Nelson MANDELA qui est confronté à la pauvreté. Il n’y a pas grand-chose de positif à dire sur la pauvreté, mais elle fait souvent naître l’amitié et la générosité. C’est à Alexandra, précise MANDELA, que «je me suis habitué à vivre en ville et que je suis entré en contact physique avec tous les maux de la suprématie blanche». MANDELA gagne en force intérieure, et surmonte ses difficultés liées à la pauvreté, à la souffrance, à la solitude et à la frustration.

En 1942, MANDELA a passé l’examen final de sa licence. Face aux difficultés financières que rencontrent les habitants d’Alexandra, Gaur RADEBE, un militant de l’ANC, membre du cabinet d’avocats où travaille MANDELA, dit qu’il vaut mieux trouver des solutions que de produire des théories. En août 1943, sous l’impulsion de Gaur RADEBE (1908-1968), l’ANC organise un boycott des autobus d’Alexandra qui va durer 9 jours.

La compagnie de bus renonce à augmenter ses tarifs qui sont déjà prohibitifs. Cette campagne eut un effet retentissant sur MANDELA qui est passé du statut de spectateur à celui de participant en politique. Après la démission du cabinet d’avocats de Gaur RADEBE, MANDELA prit sa place et s’inscrit à l’université de Witwatersrand pour un diplôme de bachelier en droit, une formation universitaire pour devenir avocat. Pour la première fois, MANDELA rencontre des jeunes de son âge à l’université, blancs, noirs et indiens, engagés fermement dans la lutte de libération nationale, dont Joe SLOVO (1916 – 1995), qui deviendra qui deviendra Ministre du logement en 1994, sous le gouvernement de MANDELA.

Quand il était jeune, MANDELA était un garçon naïf et provincial. Il croyait que chaque homme avait le droit d’organiser son avenir  comme il l’entendait et de choisir sa vie. A Johannesburg, MANDELA, sans être un militant politique aguerri, a pris conscience d’une «certaine force intérieure». MANDELA, grâce au contact avec Gaur RADEBE, son mentor politique, s’aperçoit que sa conception du monde et ses idées ont considérablement évolué. C’est le réveil d’une conscience politique aiguë et le début d’une vie militante intense.

II – MANDELA, le réveil de la conscience politique et une vie militante intense,

Il est impossible de donner une date certaine de l’entrée officielle de Nelson MANDELA sur la scène politique. Cette évolution a été lente et progressive. MANDELA affirme que le fait déjà d’être Noir en Afrique du Sud signifie qu’on est politisé dès sa naissance, qu’on en soit conscient ou non. Pour le Noir en Afrique du Sud, dit MANDELA, «sa vie est circonscrite par les lois et les règlements racistes qui mutilent son développement, affaiblissent ses possibilités et étouffent sa vie».

L’accumulation quotidienne d’affronts, d’humiliations, ont créé en MANDELA «une colère, un esprit de révolte, le désir de combattre» un système qui emprisonne son peuple. En effet, l’Apartheid est fait de diverses lois raciales qui font des Noirs des esclaves dans leur propre leur propre pays. Pour se rendre d’une zone à une autre, le Noir doit posséder une autorisation administrative, le «Pass». Ainsi, la «Land Act», (loi sur la terre), de 1913 prive les Noirs de 87% des terres. «The Native Urban Aeras Act», (loi sur les zones urbaines), de 1923 créé des bidonvilles surpeuplés pour les Noirs devenus une main-d’œuvre bon marché pour l’industrie blanche. La «Native Administration Act», (Loi sur l’administration indigène), de 1927 retire aux chefs locaux leurs pouvoirs. En 1936, la «Representation Act» (loi de représentation des autochtones), retire aux Africains des listes électorales de la province du Cap. En 1946, «The Asiatic Land Tenure Act», (une loi foncière), restreint, pour les Indiens, la liberté de déplacement et d’acheter des terres. Ces lois ségrégationnistes, ont été initiées par Louis BOTHA, (1862-1919), héros de la guerre des Boers (paysans blancs) et premier ministre de 1910 à 1919. Certains textes sont l’œuvre de James HERTZOG (1866-1942), chef du Parti nationaliste et premier ministre de 1924 à 1939. Pour l’essentiel, cette réglementation a été adoptée sous le gouvernement du maréchal Jan SMUTS (1870-1950), plusieurs fois ministre et premier ministre de l’Afrique du Sud de 1919 à 1924 et de 1939 à 1948. Jusqu’ici, les Noirs n’étaient que des victimes collatérales d’une lutte sourde entre Afrikaners, d’origine hollandaise, et Anglophones. En effet, les Boers, déclassés, sont inquiets pour leur avenir.

MANDELA, alors qu’il n’a que 30 ans, assiste à un gigantesque tsunami de la vie politique en Afrique du Sud : la prise de pouvoir, le 26 mai 1948, par le docteur Daniel François MALAN (1874–1959), un pasteur de l’église réformée hollandaise, un lointain descendant de Huguenots français, et un directeur du journal Die Burger (le Citoyen en Afrikaans), l’organe du Parti National. Le Parti national a refusé, pendant la deuxième guerre mondiale, d’apporter son soutien à la Grande-Bretagne dans sa lutte contre le Nazisme. Le docteur MALAN est élu sur un rejet de la présence des Anglais, et sur des thèmes ouvertement racistes, comme «le péril noir», «le Nègre à sa place», ou les «Coolies à la porte». Il a théorisé et systématisé sa politique ségrégationniste sous le concept «d’Apartheid». Le mot «Apartheid», qui vient de l’Afrikaans, signifie la «séparation», et préconise «le développement séparé des races». Ce concept, mis en application par le gouvernement MALAN, représente la codification, dans un système oppressif et discriminatoire, toute une réglementation qui maintient les Noirs dans une position d’infériorité depuis des siècles. L’homme blanc doit toujours rester le maître. Très vite, le docteur MALAN mit en application son programme électoral. Une loi supprime aux Métis leur représentation au Parlement. En 1949, les mariages mixtes, ainsi que les relations sexuelles entre Blancs et Noirs sont prohibés. Le Parti communiste est interdit. En 1950, une loi classifie tout Sud-africain en fonction de sa race. Chaque groupe racial ne pouvait posséder de la terre, occuper des locaux et avoir une activité que dans une zone séparée. Si des Blancs voulaient un terrain ou des maisons d’autres groupes ethniques, il leur suffisait de déclarer la zone blanche et d’en prendre possession. La loi sur les autorités bantoues abolit les conseils représentatifs des indigènes. Daniel MALAN a cessé son activité politique le 30 novembre 1954, mais son système de discrimination raciale ne sera aboli qu’en 1991.

Cette nouvelle donne politique renforce la détermination et la combativité de MANDELA. Pour lutter efficacement contre l’Apartheid, MANDELA a pour ambition de s’appuyer sur la Ligue de la Jeunesse, dont il est membre, afin de massifier l’ANC. Avant l’arrivée au pouvoir du docteur MALAN, en 1946, la grève des mineurs a été durement réprimée et le syndicat écrasé. Le doute s’installe, mais que faire ?

MANDELA constate, avec d’autres dirigeants, qu’en dépit de la détérioration des conditions de vie des Noirs, l’ANC est restée timorée dans ses actions. C’est une organisation encore dirigée par des cadres qui se sont embourgeoisés. En effet, le docteur XUMA, chef de l’ANC, s’oppose à la radicalisation de son organisation. Il fait comprendre à MANDELA venu le voir, qu’il est médecin et dirige un cabinet prospère. Il n’est pas disposé à aller en prison. Devenu minoritaire face aux brillantes plaidoiries de MANDELA pour réformer l’ANC, le docteur XUMA a été remplacé par le docteur James MOROKA (1892-1984), qui a dirigé cette organisation de 1949 à 1952. Walter SISULU est élu Secrétaire général et Oliver TAMBO entre à la direction nationale. Nelson MANDELA est coopté au comité national de direction de l’ANC. MANDELA est élu en 1947, au comité exécutif de l’A.N.C. du Transvaal.

Fort de ses nouvelles responsabilités au sein de l’ANC, MANDELA veut s’inspirer de la méthode de lutte de la communauté indienne. Il est encore un anti-communiste et s’oppose à l’entrée des Blancs et des Indiens au sein de l’ANC. Cependant, la communauté indienne a lancé une campagne de résistance pacifique qui fait écho à celle développée entre 1893 et 1914, dans le Natal et le Transvaal, par Mahatma GANDHI (1869-1948). Les dirigeants indiens ont accepté d’aller en prison pour leurs convictions. Cet esprit de défi et de radicalisation a supprimé la peur de la prison, et a augmenté la popularité des organisations politiques indiennes. MANDELA engage une campagne pour le droit de vote pour tous. Voyant le sacrifice fait par les dirigeants communistes, les préjugés de MANDELA contre le communisme commencent à s’estomper. Il achète les œuvres complètes de Marx et Engels et entame leur lecture. MANDELA dira que «l’appel du marxisme à l’action révolutionnaire était comme une musique aux oreilles d’un combattant de la liberté». Devenu président de la Ligue de la Jeunesse MANDELA lance, avec l’ANC, une campagne de désobéissance civile qui va durer 6 mois. Il se retrouve, pour la première fois, en prison, pendant plusieurs semaines, et sera libéré après le paiement d’une caution. Cette campagne de désobéissance civile reçut un énorme retentissement dans l’opinion publique. Le nombre de membres de l’ANC passe de 20 000 à 100 000 adhérents. Le 30 juillet 1952, au plus fort de cette campagne, alors qu’il est à son cabinet d’avocats, Nelson MANDELA est arrêté pour avoir violé la loi sur l’interdiction du communisme. MANDELA est condamné à 9 mois de travaux forcés, mais la sentence est suspendue pour 2 ans.

MANDELA pousse encore l’ANC vers une plus grande radicalisation, mais tout en s’inspirant du modèle de non-violence initié par la communauté indienne. En effet, un nouveau président de l’ANC, plus énergique fut désigné, Albert LUTHULI (1896-1967). Cet enseignant et missionnaire, prix Nobel de la paix en 1960, est décrit par MANDELA comme quelqu’un d’une patience infinie et d’un grand sens moral. LUTHULI dirigera l’ANC entre 1952 et 1967. Confiné chez à lui à partir de 1953, à la suite de divers ordres de bannissement, LUTHULI, après le massacre de Sharpeville en 1961, appelle à une journée nationale de deuil et a brûlé, publiquement, son laissez-passer.

Face à la répression amplifiée de l’Apartheid, grâce à ce changement de direction, et sous l’influence de MANDELA, l’ANC adopte, le 26 juin 1955, à Kliptown, une Charte de la liberté pour l’Afrique du Sud démocratique. La Charte réclame l’égalité des droits pour tous les Sud-africains, sans distinction de race, une réforme des lois sur la propriété, l’amélioration des conditions de vie et de travail, une distribution équitable des richesses, l’éducation obligatoire et des lois plus justes. Cette Charte devenue, un phare pour la libération nationale, est teintée d’africanisme. Anton LEMBEDE, un des dirigeants de l’ANC, fait référence dans ses discours, aux héros noirs, comme Marcus GARVEY, W.E.B du BOIS, et Hailé SELASSIE, empereur d’Ethiopie. «La couleur de ma peau est belle, disait-il, comme la terre noire de ma mère». En fait, ce document s’inspire très largement, après la deuxième guerre mondiale, de l’esprit nouveau qui souffle sur le monde, tourné vers la soif de liberté et d’égalité. En effet, une Charte de l’Atlantique, signée en 1943, par Winston CHURCHILL, réaffirme la dignité de chaque être humain, et pose tout un ensemble de principes démocratiques. Rejetant la tyrannie et l’oppression, la Charte de l’ANC est révolutionnaire dans son esprit et ses principes, mais ne réclame pas un ordre communiste. Sans modifier l’ordre capitaliste, la Charte de l’ANC exige que les Africains puissent, eux-aussi, posséder leurs propres affaires et prospérer comme les capitalistes blancs.

Le 5 décembre 1956 Nelson MANDELA est arrêté, en même temps que 156 dirigeants de l’ANC, dont 23 Blancs, 21 Indiens et 7 Métis, «pour haute trahison». Nelson MANDELA a participé à la rédaction de la Charte de la liberté, à la campagne de défi contre le gouvernement, contre le déplacement de 80 000 habitants d’une cité noire, Sophiatown.

Pour ces faits, il est accusé de «conspiration, dans le but de renverser le gouvernement par la violence et de le remplacer par un Etat communiste». A partir  de cet instant, la vie de MANDELA bascule. Il est complètement absorbé par la lutte politique et néglige sa famille. En 1958, il se sépare de sa première épouse, Evelyn MASE (1922-2004), une infirmière et cousine de Walter SISULU, qui est devenue témoin de Jéhovah et ne s’intéresse pas à la politique. Evelyn lui a donné 4 enfants. Le 14 juin 1958, MANDELA se remarie à Nomzamo Winnifred MADAKIZELA (née en 1936), appelée affectueusement «Winnie». Son prénom, «Nomzamo», est prémonitoire. Il signifie «celle qui lutte» ou «celle qui connaît des épreuves». Les élections de 1958 confirment la domination du Parti national. Hendrik VERWOERD (1901-1966), théoricien de l’Apartheid, Ministre des affaires indigènes dans le gouvernement MALAN, sera premier ministre de l’Afrique du Sud jusqu’à sa mort en 1966. Un mouvement des femmes de l’ANC est créé. Winnie y participe activement. Pour MANDELA, quand une femme épouse un combattant un de la liberté, elle devient une sorte de «veuve, même quand son mari n’est pas emprisonné». Ce second mariage donne, pourtant, une énergie nouvelle à Nelson MANDELA qui va affronter des épreuves de plus en plus difficiles.

MANDELA croit encore à  l’efficacité de  la non-violence dans le combat contre l’Apartheid. Cependant, l’ANC, depuis le 6 avril 1959, est concurrencé par une nouvelle organisation politique : le «Pan Africanist Congres» (PAC). Ce parti, dirigé par Robert SOBUKWE (1924-1978), rejette l’orientation communiste et multiraciale de l’ANC, et s’oppose aux principes posés par la Charte de la liberté. Le mentor politique de MANDELA, Gaur RADEBE, a rejoint le PAC. Durant le procès de «haute trahison», l’ANC peaufine sa doctrine politique, pour se mieux de démarquer de son concurrent, le PAC. L’ANC souhaite l’harmonie des races et croit à la bonté innée de l’Homme. Cette organisation part du principe que la persuasion morale et la persuasion économique pourraient, un jour, détruire l’Apartheid. L’ANC mène une politique de non-violence qui est à distinguer du pacifisme. Les pacifistes refusent de se défendre, même quand on les attaque avec violence. En revanche, les non-violents peuvent se défendre quand on les attaque. La non-violence, ce n’est pas la lâcheté.

En dépit du vent de liberté qui souffle sur l’Afrique depuis quelques mois, MANDELA sera confronté à nouvelles épreuves. Certes, le Ghana est libre depuis 1957 et en 1960, 17 colonies françaises d’Afrique sont indépendantes. C’est à ce moment que l’ANC, sous l’instigation de MANDELA, choisit de lancer une campagne contre le «Pass», ces autorisations de circulation pour les Noirs. Le 21 mars 1960, le PAC engage sa propre campagne de désobéissance civile et son chef, Robert SOBUKWE, est arrêté et condamné à 3 ans de prison fermes. C’est là qu’intervient la tragédie de Sharpeville qui marque encore les esprits. Sharpeville est un Township misérable, dans la banlieue de Johannesburg. La manifestation contre le «Pass» bascule dans l’horreur. Les policiers dépassés tirent sur les manifestants : 69 Africains sont massacrés, dont la plupart ont été touchés dans le dos pendant leur fuite, 400 blessés sont recensés. Cet événement tragique créé une vague de protestations dans le pays, une crise gouvernementale, la bourse chute lourdement, et exporte le conflit Sud-africain sur la scène internationale. L’ANC en sort renforcé. Cependant, le régime de l’Apartheid ne plie pas. Ce régime se radicalise. Ainsi, l’état d’urgence est proclamé, l’ANC et le PAC sont interdits, et des arrestations massives d’opposants sont opérées.

La lutte de Nelson MANDELA entre dans une nouvelle phase. Le cabinet d’avocats MANDELA – TAMBO tombe en faillite. Après plus de 4 années de procès pour «haute trahison», le 29 mars 1961, le verdict du procès est rendu : MANDELA est déclaré non-coupable et acquitté. Dans son analyse de la situation, Nelson MANDELA estime que les «tribunaux restent les seuls endroits, en Afrique du Sud, où on peut écouter un Africain de façon impartiale, et où on applique la loi». Ce procès renforce la détermination de MANDELA de combattre pour une Afrique du Sud démocratique et multiraciale. MANDELA continue son activité politique, mais dans la clandestinité. Il devient «Le Mouron Noir», en référence au personnage de la baronne Emmuska ORSCY, «le Mouron Rouge», qui échappait, de façon téméraire, à la capture pendant la Révolution française. Constatant les limites de non-violence, MANDELA réoriente l’action de l’ANC. En effet, et en dépit des réticences de LUTHILI, en 1961, une branche militaire de l’ANC, dénommée en Xhosa «Umkhonto We Sizwe» (Le Fer de Lance de la Nation), plus connue sous l’abréviation M.K., est créée. Le  haut commandement de cette organisation militaire est dirigé par Nelson MANDELA, Joe SLOVO et Walter SISULU. Des Blancs sont également recrutés pour les techniques de sabotage. MANDELA lit l’ouvrage de Carl Von CLAUSEWITZ (1780-1831), «De la guerre», publié, en 1832, à titre posthume. C’est l’un des traités les plus importants sur la stratégie militaire. En référence à cet auteur prussien, pour MANDELA la création de cette branche armée de l’ANC est une «continuation de la diplomatie par d’autres moyens». MANDELA fera, en 1962, une tournée à l’étranger, qui va le conduire, successivement dans 12 pays africains. L’A.N.C récolte partout des fonds, sauf au Sénégal. Le président SENGHOR, hostile au communisme, ne remet à Nelson MANDELA qu’un simple laissez-passer pour Londres. Il séjourne une semaine en Grande-Bretagne avec Olivier TAMBO en exil. MANDELA est séduit par le concept de démocratie et de liberté en Grande-Bretagne.

De retour de son voyage, et après plus de 2 ans de clandestinité, Nelson MANDELA est arrêté le 5 août 1962, dans le Natal, et transféré à Johannesburg, puis à Pretoria. Bien que n’étant pas chef de l’ANC, le régime de l’Apartheid a identifié Nelson MANDELA comme étant le cerveau de cette organisation. Durant la procédure de détention, Nelson MANDELA comprit tout de suite qu’il pouvait «continuer la lutte à l’intérieur de la forteresse de l’ennemi». L’ANC lance une campagne de libération de MANDELA. Le 7 novembre 1962, MANDELA est condamné à ce procès à 3 ans de prison pour incitation à la grève, et à 2 ans pour avoir quitté le pays illégalement.

Le climat politique est très tendu. MANDELA, qui est l’homme le plus influent de l’ANC, va en payer le prix fort. En effet, le gouvernement a créé le système des Bantoustans, régions où sont parqués les Noirs qui sont classés par leurs origines ethniques. Cette période coïncide avec l’arrivée au Ministère de la justice de Bathazar Johannes VORSTER (1915-1983). Ce sinistre personnage, empêtré dans l’étroitesse d’esprit, sera premier ministre de l’Afrique du Sud entre 1966 et 1978 et président de l’Afrique du Sud de 1978 à 1979. M.  VORSTER, dépourvu de toute bienveillance, est un éboueur qui ne voyait le monde qu’à travers les immondices de son esprit particulièrement haineux. Un décret du 1er mai 1963 donne le pouvoir, à tout officier de police, de détenir, sans jugement, sans inculpation, pendant 90 jours, toute personne soupçonnée de «crime politique». Cette détention peut être renouvelée, indéfiniment. L’Habeas corpus, garantie contre toute détention arbitraire, est donc aboli.

Auparavant, une loi de juin 1962 sur le sabotage, autorise des peines minimales de 5 ans, sans appel, et pouvant aller jusqu’à la peine de mort. Le 11 juillet 1963, la police sud-africaine, lors d’une perquisition à la ferme Liliesleaf à Rivonia, près de Johannesburg, trouve un document qui indique un plan de guérilla planifié par la branche armée de l’ANC. Mais aucune arme n’a été saisie. Cette trouvaille de la police a changé, fondamentalement, les accusations portées contre MANDELA et son lieu de détention. Il est transféré à la prison de Robben Island, à 7 km des côtes du Cap. C’est une île longue de 3,3 km et 1,9 km de large. Cette prison est essentiellement un lieu de détention et d’emprisonnement pour les prisonniers politiques depuis la colonisation hollandaise au XVIIème siècle. L’armée britannique avait déjà exilé un chef Xhosa en 1819, dans cette sinistre prison. Il s’est noyé dans une tentative d’évasion.

Le 9 octobre 1963, démarre, à Pretoria, le procès de MANDELA, plus connu sous le nom de «procès de Rivonia». MANDELA est accusé, non plus de «haute trahison», mais de «sabotage et de complot». Il encourt, de ce fait, la peine de mort par pendaison. Si MANDELA a joué un rôle déterminant dans la création de la branche armée de l’ANC et qu’il est communiste, il se trouvait à l’étranger ou en prison pendant la grande partie où ces actes de sabotage ont été planifiés. MANDELA reconnaît qu’il est un patriote. Il a toujours lutté contre la domination blanche et contre la domination noire. «Mon idéal le plus cher, dit-il, dans sa déclaration devant le tribunal, a été celui d’une société libre et démocratique, dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales». Et il ajoute cette phrase gravée devenue mémorable : «j’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir». Cette déclaration du 20 avril 1964, reçut une large publicité dans la presse nationale et internationale.

Comme tout héros, MANDELA va affronter une tragédie. Le 11 juin 1964, il est condamné pour une détention à vie, sous le numéro d’écrou 466/64. Pendant cette longue période de détention, le régime de l’Apartheid a tenté, en vain, de le briser physiquement et moralement. Pour MANDELA, «la prison ne vous vole pas votre liberté, elle essaie aussi de vous déposséder de votre identité». Il n’y a rien de plus déshumanisant que l’absence de contact humain. En effet, pendant l’incarcération de MANDELA, son épouse, Winnie, est assignée à résidence, à partir de 1969, pendant 17 mois. Elle est soumise à divers ordres de bannissement entre 1962 et 1987, qui l’ont empêchée de rendre visite à son mari. MANDELA ne peut recevoir de courrier qu’une fois tous les 6 mois et ses correspondances à Winnie sont souvent censurées. C’est en prison qu’il apprendra la mort de sa mère en 1968, ainsi que celle de son fils aîné, Madiba (Thembi), disparu à la suite d’un accident le 13 juillet 1969. Les autorités refusent à MANDELA d’assister aux obsèques.

«Montre-moi un héros et je t’écrirai une tragédie», disait l’écrivain américain Francis Scott Fitzgerald (1896-1940). Nelson MANDELA, compte tenu de toutes les épreuves qu’il a subies, aurait pu sombrer dans le désespoir, l’amertume et la haine. Cependant, la prison ne l’a pas vaincu. «Tout au long de mon incarcération, mon cœur ont été toujours très loin de cet endroit, dans le veld et la brousse», révèle MANDELA. Il souligne que «réfléchir est l’une des armes les plus importantes pour affronter les problèmes, et dehors, nous n’en avons pas le temps». Il a conservé toute sa dignité et n’a jamais renoncé à son idéal politique.

On ne survit dans une prison que si l’on conserve son sang-froid. Il n’y a rien d’encourageant pour un prisonnier que de comprendre qu’il n’a pas gâché sa vie. En effet, MANDELA a trouvé, en lui, pendant cette détention, les ressources nécessaires pour vaincre la routine et l’oubli. En effet, MANDELA commence, en 1975, à rédiger son autobiographie, «Un long chemin vers la liberté». Il a repris ses études par correspondance et a décroché, en 1989, son diplôme de droit de l’université d’Afrique du Sud. Il s’est révélé, dans cette grande adversité, comme un résistant, un grand guerrier Xhosa, et surtout un leader de tous les prisonniers. Avec son charisme, son leadership et son sens politique, MANDELA réorganise, autour de lui, un commandement interne de l’ANC à la prison de Robben Island auquel participent Walter SISULU, Govan MBEKI et Raymond MHLABA. Ce comité direction était initialement en charge des réclamations faites par tous les prisonniers (grève, courrier, visite, nourriture, vie quotidienne). Certains prisonniers entreprirent des études universitaires. MANDELA mit en œuvre son talent d’avocat pour les aider à se défendre lors de leurs différents procès MANDELA et SISULU saisissent cette occasion pour assurer une éducation politique sur la lutte de l’ANC.

Nelson MANDELA sera détenu à Robben Island de 1964 à 1982, à Pollsmoor, au Cap entre 1982 et 1988, et à Victor Verster entre 1988 et 1990. Il ne fut libéré que le 11 février 1990, soit après 27 années, 6 mois et 6 jours de prison. Entretemps, l’Angola et le Mozambique, deux anciennes colonies portugaises, après une guerre de libération, sont devenus indépendants en 1975. En 1976 eurent lieu des manifestations tragiques à Soweto qui ont secoué l’Apartheid. Un militant de l’ANC,  Steve Biko (1946-1977) est torturé et assassiné. En 1988, un concert pop de 12 heures, au stade Wembley, à Londres, en l’honneur du 70ème anniversaire de MANDELA, est diffusé dans 77 pays. L’opinion publique occidentale découvre le drame de l’Afrique du Sud occulté par des années d’ultralibéralisme de REGEAN et de Mme THATCHER. En 1989, avec la chute du mur de Berlin, le communisme s’effondre. Un vent de liberté souffle sur le monde en général, et en Afrique en particulier. Les conflits qu’on croyait insolubles sous la guerre froide, se sont apaisés. A la suite de pressions internes et internationales, le gouvernement sud-africain proposa, le 31 janvier 1985, de libérer MANDELA, s’il rejetait, de «façon inconditionnelle la violence comme instrument politique». MANDELA décline cette offre à cause des conditions qui y sont attachées. L’ANC ne fait que répondre à l’oppression que lui inflige l’Apartheid.

En 1982, MANDELA souffre de la prostate ; ce qui nécessite une hospitalisation. C’est pendant cette période que le gouvernement d’Afrique Sud choisit d’engager des négociations avec le leader de l’ANC. MANDELA resta intransigeant sur les principes, à savoir qu’il est patriote, il veut une Afrique du Sud multiraciale et les Blancs doivent se sentir en sécurité dans ce pays. Après avoir consulté ses amis, Nelson MANDELA rencontrera, plus tard, le 4 juillet 1989, le président  Pieter Willem BOTHA (1916-2006), premier ministre de l’Afrique du Sud de 1978 à 1984 et président de l’Afrique du Sud de 1984 à 1989. Le président BOTHA annoncera, un mois après, sa démission. Il fut remplacé par Frederik Willem De KLERK (né en 1936), avocat, dirigeant du Parti National de 1989 à 1997 et président de l’Afrique du Sud de 1989 à 1994, qui déclara qu’il était attaché à la paix et qu’il négociera «avec tout autre groupe attaché à la paix». Le 10 décembre 1989, huit hauts dignitaires de l’ANC sont libérés dont Walter SISULU, sans restrictions.

L’Apartheid est allégé, puisque les lieux publics sont ouverts aux Noirs. Lors de la rencontre avec le président De KLERK, MANDELA exige la levée de l’état d’urgence et de l’interdiction de l’ANC. C’est ce qui fit le président De KLERK dans son discours du 2 février 1990 devant le Parlement qui est une sorte de liquidation de l’Apartheid. Plus rien ne s’oppose à la libération de Nelson MANDELA, le 11 février 1990. Cependant, l’état de siège était toujours en vigueur.

Le 13 mai 1992, MANDELA annonce sa séparation avec Winnie. «Il semble que le destin des combattants de la liberté soit d’avoir des relations instables», dira MANDELA. Ils ont eu deux filles. Le divorce n’interviendra qu’en 1995. Depuis juillet 1998, MANDELA est remarié, une troisième fois, à Graça SIMBINE MACHEL (née en 1945), veuve d’un ancien président du MOZAMBIQUE, Samora MACHEL mort en 1986.

En 1993, MANDELA est le 3ème Sud-africain noir à avoir obtenu obtient le prix Nobel de paix, après Albert LUTHULI et Desmond TUTU. L’homme qui a créé la branche armée de l’ANC, accepte cette récompense en «hommage à tous les Sud-africains et en particulier à ceux qui ont participé à la lutte de libération nationale». MANDELA accepte de partager ce prix Nobel avec De KLERK : «pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé» souligne t-il.

Nelson MANDELA est élu premier président noir de l’Afrique du Sud le 9 mai 1994. En 1999, à l’expiration de son mandat de président, MANDELA ne sollicite pas son renouvellement. Nelson MANDELA a pris sa retraite de la vie politique le 1er juin 2004. Depuis 2009, le 18 juillet, est proclamé par l’ONU, journée internationale Nelson MANDELA.

Bon nombre de citoyens noirs croyaient que leur vie aller changer du jour au lendemain, après l’élection libre et démocratique de 1994. «Si vous voulez vivre mieux, vous devez travailler dur», leur dit Nelson MANDELA. Après trois siècles de domination blanche, MANDELA a estimé que «le temps de panser les blessures, faire naître l’espoir et la confiance», est venu. Il a plaidé pour la réconciliation : «la lutte de libération n’était pas une lutte contre un groupe ou une couleur, mais un combat contre un système d’oppression». Pour MANDELA, «être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres». Un homme qui prive un autre homme de sa liberté, est prisonnier de sa haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. Evoquant dans son discours d’investiture, du 10 mai 1994, la fin de l’Apartheid, MANDELA espère que : «de l'expérience d'un désastre humain inouï qui a duré beaucoup trop longtemps, doit naître une société dont toute l'humanité sera fière».

Pour panser les blessures du passé, MANDELA a adopté une démarche particulièrement originale en mettant en place, en décembre 1995, une «Commission vérité et réconciliation», présidée par l’évêque Desmond TUTU, prix Nobel de la paix. «Aussi incomplet et imparfait que soit ce travail, il contribue à nous délivrer du passé afin de poursuivre notre route vers un avenir glorieux», proclame MANDELA dans ses vœux à la Nation du 31 décembre 1998. Sur la base cette expérience, MANDELA a été médiateur (accord du 28 août 2000) dans le grave conflit au Rwanda qui avait conduit à un génocide entre Tutsis et Hutus.

Robben Island est devenu un site et un musée protégé depuis 1996. Cette prison, comme les combats menés par MANDELA, symbolisent le triomphe de l’esprit humain, de la liberté et de la démocratie sur l’oppression.

La santé de MANDELA s’est détériorée depuis 2011. Il souffre d’une infection pulmonaire et passe des séjours fréquents à l’hôpital. Même devant la mort, MANDELA est un véritable résistant. MANDELA restera, pour nous tous, une source d’inspiration, une autorité morale de dimension planétaire.

L’ère Mandela n’a pas apporté, en dehors de la fierté retrouvée et la réconciliation nationale, les changements escomptés par les Africains. Les dirigeants qui ont succédés MANDELA ont été des corrompus. Espérons que Cyril RAMPOSA redressera la situation.

Bibliographie sélective :

1 – Contributions de Nelson MANDELA

MANDELA (Nelson), «Discours d’investiture du 10 mai 1994», La vie et Le Monde du 6 décembre 2013 ;

MANDELA (Nelson), Convoquer l’histoire : Nelson Mandela, trois discours commentés, François-Xavier Fauvelle-Aymar, éditeur scientifique, Paris, Alma éditeur, 2015, 81 pages ;

MANDELA (Nelson), L’Apartheid, Paris, éditions Minuit, 1965, 112 pages ;

MANDELA (Nelson), LANGA (Mandla), Etre libre, ce n’est pas seulement se débarasser de ses chaînes, traduit par Stéphane ROQUES, préface de Graça Machel, Paris, Plon, 2017, 458 pages ;

MANDELA (Nelson), Pensées pour moi-même, citations, Paris, Les éditions de la Martinière, 2011, 495 pages ;

MANDELA (Nelson), préface de Barack OBAMA, Conversations avec moi-même, Paris, Les éditions de la Martinière, 2010, 505 pages ;

MANDELA (Nelson), Un long chemin vers la liberté, Paris, Livre de Poche, 1994, 767 pages ;

MANDELA (Nelson), Une minute pour changer le monde, traduit par Marie-Gabrielle Zanetto, Jennifer Crwys-Williams éditeur scientifique, Paris, Presses du Châtelet, 2011, 189 pages.

2 – Critiques de Nelson MANDELA

ANTAGANA (Jean-Joseph), Nelson Mandela : L’étoile du Sud, Paris, L’Harmattan, 2016, 149 pages ;

BARBEAU (Philippe), Nelson Mandela, un humble serviteur de son peuple, Paris, Oscar Jeunesse, 2014, 107 pages ;

BUCAILLE (Laetitia), «Vérité et réconciliation en Afrique du Sud», Politique étrangère, 2007, (2), pages 313-325 ;

CAUSSE (Rolande), Nelson Mandela, Paris, Oskar éditeur, 2016, 64 pages ;

COPANS (Jean), MEUNIER (Roger), «Les ambiguïtés de l’ère Mandela», Revue Tiers-Monde, 1999, pages 489-498 ;

D’ALMEIDA (Fabrice), Nelson Mandela, Paris, PUF, Collection Que sais-je ?, 2018, 125 pages ;

DAYNES (katie), Nelson Mandela, traduction Véronique Duran, Londres, Usborne, 2014, 64 pages ;

DERENS (Jacqueline), L’année Mandela, Paris, Messidor, 1990, 128 pages ;

DERRIDA (Jacques), GORDIMER (Nadine), JORJE (Amado) et autres, Pour Nelson Mandela, Paris, Gallimard, 1986, 216 pages ;

DISSEZ (Anne), Afrique du Sud : enjeux de la nation arc-en-ciel, Paris Acoria, 2010, 240 pages ;

FRITSCHER (Frédéric), Nelson Mandela : un héros africain, une sélection de textes, Paris, Société éditrice du Monde, 2015, 103 pages ;

GEFFROTIN (Thierry), Le prodigieux destin d’un humaniste, récit de la vie Nelson MANDELA, (disque compact, extraits discours essentiels), Châteauroux, éditions Eponymes, 2010 ;

GUILOINEAU (Jean), Nelson Mandela, Paris, éditions Autrement, 1998, 187 pages ;

GOGUEL (Anne-Marie), «Comme l’espérance est violente, la libération de Nelson Mandela», Autres temps, 1989, pages 71-72 ;

GUYONNET (René), traducteur, Nelson Mandela, un homme d’exception, Paris, éditions du Jaguar, 2006, 162 pages ;

HADLAND (Adrien), Mandela, une vie, Colette Joyeux traductrice, Paris, L’Archipel, 2010, 96 pages ;

HELFAND (Lewis), Nelson Mandela, une vie au service de la liberté, Fred Mirten, Paris, 21 g, 2014, 124 pages ;

KELLER (Bill), Mandela : le dernier héros du XXème siècle, François Dufour traducteur, Paris, La table ronde, l’Actu, 2010, 125 pages ;

LANG (Jack), Nelson MANDELA : leçon de vie pour l’avenir, préface de Nadine ORDIMER, Paris, Perrin, collection Tempus, 2007, 269 pages ;

LUNEAU (Jean), Quelque chose de Nelson Mandela, Saint-des-Mauvrets, éditions du Petit Pavé, 2010, 137 pages ;

MEER (Fatima), Plus haut que l’espoir : une biographie de Nelson Mandela, Fatou Guèye, traductrice, Paris, Dakar, Présence africaine, 1993 et 2014, 454 pages ;

MULLER (Jean-Marie), Nelson Mandela, le choix de la lutte armée, Lyon, Chronique sociale, 2015, 76 pages ;

PONDI (Jean-Emmanuel), Nelson Mandela : An Example for Humanity, Yaoundé, (Cameroun), éditions Afric’Eveil, 2014, 139 pages ;

STENGEL (Richard), Les chemins de Nelson Mandela : Quinze leçons de vie,  d’amour et de courage, Joseph Antoine, traducteur, Paris, Pocket, 2012, 222 pages ;

TADJO (Véronique), Nelson Mandela : Non à l’Apartheid, Arles, Actes Sud, 2010, 95 pages ;

THUREAU-DANGIN (Philippe), Mandela, un héros de notre temps, ses combats, son héritage, son Afrique du Sud, Paris, Courrier International, 2010, 97 pages ;

VINSON (Eric), VIGUIER-VINSON (Sophie), Mandela et Gandhi : la sagesse peut-elle changer le monde ?, Paris, Albin Michel, 2018, 281 pages ;

VIOLET (Bernard), MANDELA : un destin, Paris, J’ai Lu, 2013, 279 pages.

Paris le 18 juillet 2018, par M. Amadou Bal BA  -http://baamadou.over-blog.fr/.

«Nelson MANDELA, un humaniste et un combattant de la liberté» Amadou Bal BA.
«Nelson MANDELA, un humaniste et un combattant de la liberté» Amadou Bal BA.
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«Nelson MANDELA, un humaniste et un combattant de la liberté» Amadou Bal BA.
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commentaires

M BA Amadou Bal 17/05/2014 20:32

Thank you. We need more leaders like Mandela. With my best regards.

visit this site 16/05/2014 10:18

He is a great person. May be the one of the best Freedom Fighters along Gandhi! Nowadays people do not even know the value of freedom. They do not understand the real meaning at all. The truth is that they are chained again by the large business cooperated. We need someone like him to lead us to broke those chains!

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