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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 20:24

Mes rencontres avec Pierre MAUROY : souvenir d’un homme d’Etat, humaniste, attentif à l’autre et profondément socialiste et républicain.

En tant que militant socialiste de très longue date, j’ai eu à rencontrer Pierre MAUROY. Ce sont des entrevues furtives et superficielles, mais elles m’ont laissé une forte impression que je voudrais vous faire partager.

Je me souviens encore de ce congrès extraordinaire du 24 janvier 1981, à CRETEIL, intronisant François MITTERRAND. Tous les regards étaient portés sur les grands ténors du Parti socialiste. Lui, Pierre, majestueux, mais simple a préféré serrer la main de tous les militants sur son passage. J’ai été touché, furtivement, par la main de ce colosse simple qui dégage une chaleur humaine.

Quand François MITTERRAND a été élu, le 10 mai 1981, j’habitais encore à la rue des Boulangers, dans le 5ème arrondissement, près de la rue de Bièvre, au quartier Latin. Ivre de joie, j’admirai le ballet de voitures de notables de Parti socialiste qui venaient rendre visite au nouveau président. Des barrières nous retenaient à l’entrée de la rue de Bièvre. On spéculait sur le nom du futur premier ministre. Parmi les nombreux prétendants à la primature, Pierre arrive à pied, il a du se garer plus loin. Il est passé saluer tous ces groupies attardés à l’entrée la rue de Bièvre. J’ai encore touché pour la seconde fois la main d’un colosse de l’histoire. J’ai appris, par la suite, qu’au congrès d’Epinay-sur-Seine, en 1971, François MITTERRAND avait conquis le Parti socialiste, avec la complicité de Pierre et lui avait promis le poste de premier ministre en cas de victoire de la Gauche. Donc, il y avait un faux suspens. Mais ça, je ne le savais pas.

Avec les jeunesses socialistes, nous avons été mobilisés, le 28 décembre 1982, à la place Colonel Fabien, devant le siège du Parti communiste, à Paris, lors de la cérémonie des obsèques de Louis ARAGON, écrivain. Pierre était venu prononcer un discours mémorable. C’est la 3ème fois que je le saluais.

J’ai eu, par la suite, l’insigne honneur de rencontrer Pierre, dans les salons de l’hôtel de ville de Paris. C’est la première fois, et plus de 28 ans après, que j’échangeais en privé avec lui. Dans ces cérémonies, en principe, les personnalités négligent les militants de base. Pierre, lui en grand seigneur, a eu la modestie de s’arrêter et discuter avec moi. Cela m’a profondément touché.

Lors du congrès de juin 2010 du Comité National d’Action Sociale (CNAS) qui gère les œuvres sociales des agents territoriaux, je découvrais la ville de Lille, pour la première fois. Pierre n’est plus maire de cette ville depuis longtemps. Cependant, il y a laissé son empreinte indélébile d’excellent gestionnaire et de visionnaire. Il a fait de cette ville du Nord, une collectivité attractive et dynamique.

En 2006, le Parti socialiste et l’Internationale socialiste ont célébré, à l’Assemblée Nationale, le centenaire de la naissance du président sénégalais Léopold SENGHOR. Etaient présents à cette rencontre notamment, Pierre MAUROY, président de l’Internationale socialiste, François HOLLANDE, premier secrétaire du PS français et Ousmane Tanor DIENG, secrétaire général du PS sénégalais. Il est vrai que le PS français voulait se racheter de la bévue du premier ministre Lionel JOSPIN qui n’avait daigné assister aux obsèques de SENGHOR, le 29 décembre 2001. Ce coup du mépris est d’autant plus intolérable que le président SENGHOR, fidèle allié de la France, a été membre de l’Académie française et a épousé une normande, Colette. Lors de cette cérémonie, je découvre que Pierre n’était plus le fougueux orateur que je connaissais à la salle de Mutualité, dans le 5ème ardt de Paris. Quand il a pris la parole ; il ne terminait pas son discours. L’assistance, pour lui rappeler qu’il faut abréger, applaudit. Pierre croyant qu’on l’acclamait pour sa prestation, poursuivit encore longuement son discours avec diverses anecdotes. C’était comique, touchant et tragique. Je me suis fait du souci pour la santé de Pierre. A la fin de la cérémonie, il salua, longuement tout le monde.

Depuis lors je ne l’ai plus revu. Je salue pour la cinquième et dernière fois, Pierre MAUROY. Mes brèves rencontres avec Pierre MAUROY m’ont laissé le souvenir d’un homme d’Etat, humaniste, attentif à l’autre, profondément socialiste et républicain. Les dirigeants politiques devraient s’inspirer de son modèle.

Paris le 9 juin 2013.                                                      

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