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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 16:18

«Je m'oppose à la violence parce que lorsqu'elle semble engendrer le bien, le bien qui en résulte n'est que transition, tandis que le mal produit est permanent» dit GANDHI. «Rappelez-vous qu'à travers l'histoire il y eut des tyrans et des meurtriers qui pour un temps, semblèrent invincibles. Mais à la fin, ils sont toujours tombés. Toujours» ajoute-t-il. Mohandas Karamchand GANDHI, par sa pensée et son action sur l’histoire du XXème siècle, nous a laissé une empreinte profonde et indélébile. Dernier des grands saints de l’humanité depuis Confucius, Socrate, Jésus et Mohamet, GANDHI a été une figure marquante de ces temps modernes, tant par l’originalité, et parfois par l’incongruité de sa démarche, que par le message spirituel qu’il nous a délivré. Mort en martyr, le 30 janvier 1948, à la suite d’un attentat perpétré par un extrémiste hindou, GANDHI qui a cultivé le détachement, le don de soi, a été capable de mettre sa vie au service d’une idée universelle de l’homme fondée sur la tolérance, l’amour et la fraternité. Doté d’une patience infinie et d’une compassion sans limites, GANDHI rappelle le personnage de François d’Assise. Habité par un espoir infini, GANDHI est simple comme un enfant, doux et poli même avec ses adversaires, d’une sincérité immaculée, il est modeste et scrupuleux, mais d’une volonté inflexible. Les Indiens d’Afrique du Sud l’ont surnommé, pour la première fois, «Mahatma» ; ce qui signifie «la Grande Ame». En fait, ce mot, «Mahatma», remonte aux Upanishads, où il désigne l’Etre suprême et, par communion de connaissance et d’amour ceux qui s’unissent à lui.  Rabindranath TAGORE, prix Nobel de littérature de 1913, visitant en décembre 1922, son Ashram, une communauté fondée à Sabarmati, en Inde, par GANDHI, popularisa ce prénom de Mahatma. Mais le nom GANDHI peut signifier aussi «épicier».

Joseph John DOKE (1861-1913), un missionnaire baptiste anglais, a été le premier avoir, en 1909, rédigé une biographie sur GANDHI, alors qu’il séjournait encore en Afrique du Sud. M. DOKE a rencontré, pour la première fois, GANDHI en décembre 1907. DOKE est allé visiter le cabinet d’avocat de GANDHI, à Johannesburg, qu’il a trouvé passablement décoré et poussiéreux. Il y avait quelques affiches représentant une image du Christ et une photo d’Annie BESANT (1847-1933), une socialiste, féministe et partisane de l’indépendance de l’Inde et de l’Irlande. Joseph DOKE décrit GANDHI comme un homme de petite taille, de couleur foncée avec des yeux noirs, âgé de 38 ans, avec cheveux déjà grisonnants, mais son sourire radieux illumine son visage, et vous charme. GANDHI s’exprime dans un très bon anglais, et c’est un homme d’une grande culture. Joseph DOKE estime que GANDHI n’est pas un grand orateur, mais que sa voix douce et calme, dégage une remarquable intelligence. Il s’adresse, avant tout, à votre intellect et au cœur des hommes. La puissance de son discours vient, non seulement de sa simplicité, de sa clarté et des mots justes employés, mais aussi, et surtout, de sa capacité à vous convaincre. Dans la présentation de cette première biographie de GANDHI, sir Milton Ernest HALL pense que le combat mené par les Indiens en Afrique du Sud est juste et légitime. Si GANDHI est présenté par les colons blancs comme un simple agitateur et un délinquant violant les lois Sud-Africaines, sir HALL estime que Indiens, sous l’égide de GANDHI, ont la faculté, comme tout citoyen de l’Empire, de faire valoir leurs droits à la dignité et à la liberté de résider en Afrique du Sud.

GANDHI nous a légué un héritage intellectuel est à la fois vaste et souvent écrit en Gujrati et en anglais, et donc largement inconnu du public francophone. GANDHI a écrit de nombreuses lettres, non encore toutes exploitées, durant ses incarcérations ou déplacements, des articles dans des journaux en Afrique du Sud et en Inde. GANDHI est l’auteur de 25 ouvrages, dont sa biographie intitulée une «autobiographie ou mes expériences de vérité». Ce récit part de l’enfance et s’arrête à l’année 1920. Pour Romain ROLLAND, ce n’est pas une autobiographie au sens habituel, soit de narcissisme, soit d’exhibitionnisme moral : «c’est un livre d’action, et pour l’action. Il devrait être le bréviaire de tous les hommes d’action. Chacun trouvera ici une richesse incalculable d’enseignements par le fait, pour agir, sur soi et sur les autres, sur les individus et sur les peuples». Le livre entier, la vie entière de GANDHI, est une chaîne logique d’enseignements basés sur des faits. Romain ROLLAND ajoute que «pureté morale, sens pratique et volonté de fer», sont les traits majeurs du caractère de GANDHI. La vérité, pour GANDHI, est sa raison de vivre.

Mesurant 1 m 68, coiffé d’un bonnet blanc, vêtu d’étoffe blanche rude, les pieds nus,  GANDHI se nourrit de riz, de fruits, il ne boit que de l’eau, il se couche sur le plancher, il dort peu et travaille sans cesse, et aime la marche. GANDHI est ce petit homme réservé, d’un corps frêle, chaussé de lunettes, un sourire perpétuellement accroché aux lèvres, incapable, à trente ans, d’aligner trois mots en public. GANDHI est, pourtant, ce géant de l’histoire qui a défié le gouvernement Sud-Africain (séjour en Afrique du Sud de 1893 à 1914) et les Britanniques en Inde. GANDHI, c’est cet homme doté d’un sens politique exceptionnel qui a libéré les Indiens d’Afrique du Sud de certaines humiliations, mené des combats qui touchent à l’intouchabilité, l’union des hindous avec les musulmans et l’autodétermination, le statut des femmes. Comment «ce fakir demi nu», selon une expression de Winston CHURCHIL, a-t-il pu défier les colons en Afrique du Sud et galvaniser plus de trois cents millions d’Indiens pour libérer son peuple ?

Le génie de GANDHI tient à la manière dont il a su transposer la non-violence de la grande tradition religieuse hindoue du domaine de la conduite personnelle à celui de l’action citoyenne et politique. «Renoncer ne signifie pas nécessairement quitter le monde  et se retire dans la forêt. L’esprit de renoncement doit plutôt présider à toutes les activités de la vie», dit GANDHI. La vérité doit gouverner nos préoccupations, même les plus mondaines. Ni philosophe, ni sociologue, GANDHI ne voulait être qu’un chercheur de vérité. Pour GANDHI, «toute vérité abstraite est sans valeur si elle n’est pas incarnée en des hommes qui la représentent en prouvant qu’ils sont prêts à mourir pour elles». Toutes les religions sont vraies. Elles mènent toutes à Dieu. Dieu est la Vérité et la Vérité est Dieu. Par conséquent, le but de l’Homme, et donc son but à lui, est de rechercher la vérité. Ce n’est que par la voie de l’Amour que nous pouvons accéder à la Vérité. Finalement, Dieu est non seulement Vérité, mais il est aussi Amour. C’est pour et par l’amour de vérité que GANDHI est entré en politique. Dieu étant la Vérité, il faut savoir écouter sa conscience, la voix intérieure en chacun d’entre nous, connaître ses limites et faire un effort constant sur soi-même. Par conséquent, pour GANDHI la politique a une dimension spirituelle. Cette dimension spirituelle prend des formes qui peuvent apparaître parfois comme excentriques, comme la médecine douce, les règles d’hygiène, de maîtrise de soi, comme le végétarisme, la vie simple, le jeûne, l’abstinence sexuelle, la pratique de la marche à pied, etc.

Il faut remplacer toute forme de violence et de désir de possession par un amour pur. Il faut adopter une attitude de bienveillance envers toute forme de vie. «La non-violence parfaite est l’absence totale de malveillance à l’encontre de tout ce qui vit» dit GANDHI. Reprenant à son compte l’esprit de la Bhagavad-Gîtâ, GANDHI préfère utiliser le terme «d’Ahimsa» ; ce qui signifie le non-désir de faire violence. C’est ce qui fait dire à Ramin JAHANBEGLOO, auteur d’un ouvrage sur «GANDHI, aux sources de la non-violence» que «la force GANDHI est donc bien là : donner du sens politique aux pratiques ascétiques des mouvements religieux, comme le jaïnisme et le bouddhisme, pour mener une action aux enjeux modernes». Par conséquent, la non-violence est une théorie politique gandhienne qui dépasse les concepts de charité et d’humilité, mais un mouvement pour délégitimer la violence de l’autre. La non-violence est une vertu de l’homme fort, une attitude plus courageuse que la violence. Pour GANDHI, là où il y  a le choix entre la lâcheté et la violence, il conseille la violence. La non-violence est une méthode qui pour amener son adversaire à modifier son comportement en luttant d’abord contre soi-même, pour se maîtriser, et pour gagner l’ascendant sur lui. Mais, pour cela il faut éliminer tout ce qu’il y a de bas en nous, de vicieux, de corrompu et de corruptible.

Finalement, GANDHI est un religieux qui fait de la politique. En effet, en politique, il est toujours resté attaché à considérations religieuses et morales. Pour lui, la religion et la politique sont indissociables. GANDHI, comme tout personnage hors norme, n’avait pas que des admirateurs. Il a suscité des polémiques, des incompréhensions, des réserves, et même parfois, de graves interrogations. Mais de quel bord politique était-il ?

Nous avons une certitude : GANDHI n’était pas un communiste. «L’Inde ne veut pas du communisme», déclarait-il, le 24 novembre 1921. Ainsi, Soumyendranath TAGORE, d’inspiration marxiste, un de ses biographes, mentionne que «le monde bourgeois a reconnu GANDHI pour prophète». Pour TAGORE  «GANDHI est la plus grande force réactionnaire». Il ajoute que «la conception gandhiste de la non-violence est théoriquement superficielle». En fait GANDHI était, ce qu’on pourrait appeler, de nos jours, un réformateur, un homme de gauche, un socialiste. Les réformes sociales ont toujours été les activités préférées de GANDHI. Il poursuivait toujours le relèvement social des plus démunis, sans rechercher un quelconque bénéfice personnel. Il n’a participé à aucun gouvernement, et n’a été le chef du Congrès que de façon intermittente. C’est un socialiste authentique, son poulain, Jawaharal NERHU, qu’il a propulsé sur le devant de la scène politique. GANDHI est donc plus favorable aux idées socialistes et à l’égalité. Il l’a dit, sans détours, dans sa revue Harijan du 1er juin 1947 «La base du Socialisme est l’égalité économique. On ne peut pas reconnaître la loi de Dieu dans l’état présent des criminelles inégalités, où un petit nombre se vautre dans la richesse, tandis que les masses ne reçoivent pas assez à manger. J’ai accepté la théorie socialiste dès l’époque où j’étais en Afrique». Il faut reconnaître que le socialisme de GANDHI est loin d’être anti-clérical. Tout au contraire, c’est un socialisme moral, fondé sur la recherche de la Vérité. Là aussi, Gandhi, comme Jean JAURES, recherchent la Vérité. En effet, pour Jean JAURES : «Le courage c’est de chercher la Vérité et la dire».

GANDHI est également, et surtout, un nationaliste. En effet, comme le mentionne Jawaharlal NEHRU, «GANDHI a joué un rôle historique» en Inde. Il a transformé une masse démoralisée, timide et sans espoir, brutalisée et broyée par les intérêts dominants et incapable de résistance, en un peuple ayant le respect de soi et la confiance de soi, résistant à la tyrannie, et capable d’action et de sacrifice commun pour une des plus grande cause. GANDHI a donc été un grand chef. Mais dans son nationalisme forcené, il a été, à tort, par certains, d’être un adversaire de la civilisation occidentale et la société industrielle. Il était obnubilé par l’unité de l’Inde, la concorde entre Hindous, Musulmans et Intouchables.

Il a été reproché à GANDHI, dans certains de ses écrits, d’être racistes à l’égard des Noirs. Cela est exact, et condamnable, sans appel. En effet, les Indiens en Afrique du Sud se croyaient supérieurs aux Noirs : «Notre combat est une lutte continuelle contre la ségrégation que nous inflige les européens en tentant de rabaisser les indiens au niveau du simple Cafre (nom péjoratif donné au noirs) dont l’occupation est de chasser et dont la seule ambition est de rassembler du bétail pour acheter une femme et passer le reste de sa vie dans la paresse et dans la nudité» écrit-il le 26 septembre 1896. Il dira aussi le 24 septembre 1903 : «Nous croyons en la pureté raciale. Seulement nous pensons qu’ils serviraient mieux leurs intérêts, qui nous sont aussi chers qu’à eux-mêmes, en défendant la pureté de toutes les races et non d’une seule d’entre elles. Nous croyons aussi qu’en tant que Blancs, la race blanche d’Afrique du Sud doit être la race prédominante». «Les Européens veulent nous ravaler au rang des Nègres dont la seule ambition est d’avoir assez de vaches pour s’acheter une femme, et passer leur vie avec, dans l’indolence et la nudité» dit-il. Son petit-fils, reconnaît que son grand-père était «indubitablement» plein d’ignorance et de préjugés à l’égard des Noirs d’Afrique du Sud. GANDHI, en dépit de ses fautes tragiques et impardonnables, est le premier à secouer le régime de l’Apartheid qui avait tenté d’ostraciser les Indiens en Afrique du Sud. Par ailleurs, ces écrits de jeunesses sont marginaux par rapport à sa doctrine de Vérité et de non-violence reprise par Martin Luther KING et Nelson MANDELA. Sa doctrine a donc servi aussi le combat des Noirs. Et des Indiens ont été associés à la lutte contre l’Apartheid. GANDHI était opposé au système des castes et militait pour l’unité des musulmans et des Hindous, et il a été assassiné pour ces idées-là.

Il a été aussi reproché à GANDHI d’être bisexuel et d’aimer les jeunes filles. Mais souvent ceux qui ont avancé ces théories, sont également loin d’être des humanistes ; ils voulaient déboulonner cette statue qui avait élevé la non-violence au rang de principe politique.

Il est difficile de dire en quelques mots, un corps constitué d’une doctrine cohérente de la pensée gandhienne. Les thèmes qu’il a souvent évoqués sont la foi, la vérité, la tolérance, le renoncement, la non-violence, l’amour, la discipline, l’éducation, la justice, le bien commun. Empreint de religiosité, d’ascèse, d’autodiscipline et de renoncement, GANDHI invite également à l’action par la non-violence, la désobéissance civile pour rétablir l’égalité, la justice et la dignité. GANDHI s’est intéressé au sort des plus défavorisés, aux exclus comme les intouchables, et à certaines minorités comme les femmes et spécialement l’abolition du sacrifice des veuves.

La non-violence est l’idée centrale de la pensée de GANDHI. Mais, paradoxalement, il n’a pas écrit un ouvrage théorisant ce concept. «Ce que l’on nomme la non-violence n’est en fin de compte, rien d’autre que l’enseignement de la loi de l’Amour», dit TOLSTOI. Pour Rabindranath TAGORE, «le Mahatma GANDHI a fait de l’Ahimsa, la forme la plus élevée du courage, un constant défi à l’insolence de la force». Nous tenterons, même si la distinction est artificielle, de distinguer GANDHI, le penseur, de GANDHI, l’homme d’action.

I – GANDHI, le penseur

La formation intellectuelle de GANDHI est à rechercher dans son milieu familial, durant ses études, ses combats politiques en Afrique du Sud et en Inde.

A – GANDHI, enfant, ou la naissance de la dimension spirituelle et politique.

GANDHI est né le 29 octobre 1869, à Porbandar, en pays Gujrât. Porbandar est une ville imprégnée de mysticisme, à égale distance d’une ville sainte, DWARKA, sanctifiée par le passage de Krishna, et le temple de SOMNATH, haut lieu du bouddhisme et du Jaïnisme. On comprend, dès lors, les sources de la dimension éthique et spirituelle de l’action de GANDHI. Voué à Rama, c’est le nom de son Dieu qu’il a prononcé, juste avant de mourir le 30 janvier 1948, GANDHI pardonne à tous, ne connaît ni crainte, ni haine, reste pur, même en pleine activité parce qu’il renonce aux fruits de son action et ne connaît d’autres biens que l’attachement à Dieu. Pour GANDHI, se détacher ne signifie nullement se désintéresser du résultat, mais seulement ne pas être obsédé par le résultat, mais penser d’abord à l’action qui doit être juste et pure.

GANDHI est de la caste des Baniya ; c’est-à-dire des marchands. Le nom de GANDHI veut dire «épicier». On distingue, en Inde, quatre grandes castes : les Brâhmanes, les Rois, les marchands et les Plébéiens. Libéré d’avidité, de passion artificielle, de colère, GANDHI ne remet pas en cause le système des castes, mais estime qu’il n’y a pas de hiérarchie entre elles. Tous les hommes sont des frères et naissent égaux. «Le vrai Vaishyana connaît et ressent les malheurs des autres, comme les siens. Toujours prêt à servir, il ne se vante jamais. Il respecte chacun, ignore le mépris, garde pures ses pensées, ses paroles et ses actions», dit GANDHI à propos des castes. C’est pour cela qu’il a toujours été aux côtés des Intouchables qui sont considérés comme des parias en Inde. Il s’est élevé contre l’étroitesse d’esprit et certaines traditions hindoues qui refusent les mariages et les repas inter-castes. Il a condamné, avec une grande vigueur le mépris dans lequel sont tenus les intouchables qui son relégués dans des quartiers réservés, ne peuvent ni fréquenter les temples, ni les passages publics.

Durant trois générations ses ancêtres ont fourni des premiers ministres aux Etats de KATHIYAVAR. Son grand-père, homme de principe, à la suite de différends politiques a été contraint de quitter PORBANDAR, pour aller s’installer à RAJKOT, quand GANDHI avait 7 ans. Le père de GANDHI, Karamachand, dit Kaba, se maria quatre fois de suite, la mort lui ayant ravi à chaque fois sa femme. Sa dernière épouse, Poutlîbâi, lui donna une fille et ainsi que trois fils.

Le fils cadet est le Mahatma. GANDHI, dans son autobiographie, décrit son père comme «homme de foi, brave et généreux, mais coléreux». Il précise, en raison de ses nombreux mariages, que son père est «enclin aux plaisirs de la chair». Et GANDHI d’ajouter que son père est intègre et s’est fait une réputation de «stricte impartialité». Son père n’était pas instruit et a laissé peu de ressources à sa famille, mais il avait le sens pratique et était un meneur d’hommes. Kaba, fut pendant un certain temps, premier ministre à Rajkot, un ancien Etat princier du district du Gujrât.

GANDHI, dans ses mémoires, a reconnu avoir mangé de la viande, alors que sa famille est végétarienne, fréquenté une femme de mœurs légères, sans rapports sexuels, et avoir commis de menus larcins pour s’acheter de la cigarette. Très jeune, notre GANDHI n’aimait pas mentir. Il écrivit une lettre qu’il remit à son père, et réclama un châtiment approprié. Quand son père lut sa confession des larmes coulèrent sur ses joues et mouillant le papier. Ce pardon sublime est, pour GANDHI, une leçon d’Ahimsa (absence de mal, non-violence). «Il n’est rien qu’elle (Ahimsa) ne touche sans le transformer. Son pouvoir est sans limites», dit GANDHI. Notre sage indique que des moines Jaïns rendaient souvent visite à son père avec qui ils s’entretenaient aussi bien des sujets de religion que de la vie ordinaire. Son père avait également des amis musulmans et parsis qui lui parlaient de religion.  Par conséquent, la cellule familiale a fortement influencé les idées de tolérance et de non-violence de GANDHI.

La mère de GANDHI, Poutlîbâi, est profondément religieuse. Elle a laissé à GANDHI, une «forte impression de sainte». Elle n’aurait jamais songé à prendre ses repas sans avoir fait ses prières. Chaque jour, elle ne manquait pas d’aller au temple. Deux out trois jours de jeûne ce n’était rien pour elle. Cette discipline rigoureuse et cet ascétisme, GANDHI l’a hérité de sa mère. L’homme porte en lui une marque supérieure à l’animal, dans la mesure où il est capable de discipline de soi et de sacrifice. Mais pour GANDHI, la prière, et donc la discipline, ne doit pas venir des lèvres, mais du cœur. Elle doit purifier l’esprit afin de se libérer à notre attachement au monde. GANDHI estime que sa mère avait un solide bon sens et bénéficiait de l’estime de tous.

A l’âge adulte, il met au premier plan de la construction de sa vie : le renoncement, le souci de vaincre le Moi. «Etre dévot, c’est arriver à la réalisation de soi». Il s’appliquera à faire de longs jeûnes, l’abstinence et observera la chasteté. Le jeûne est essentiellement une discipline de l’âme. On peut tout sacrifier, mais «à la conscience, il faut tout sacrifier». Il faut également fermer l’esprit à toute pensée injurieuse : «l’homme n’est homme que parce qu’il est capable de se contraindre» dit –il. Et il précise «si tu veux être grand limite-toi ! Renonce afin de mieux être maître de soi-même». GANDHI a cultivé, jusqu’à l’excès, ce détachement. «Je jouis des biens matériels de ce monde en y renonçant» dit-il ou bien «Accomplit la tâche qui t’a été confiée, mais renonce à ses fruits, sois détaché et travaille». Mais ce renoncement n’implique pas la retraite hors du monde qui est une fuite, donc une défaite. Le renoncement doit être dans le monde, ou ne pas être. Le sentiment du droit outragé a vaincu, pour toujours, la peur. Le Moi de GANDHI, comme toutes les grandes âmes, est le Moi de tous les hommes, il est le Toi. «Si tu agis contre l’injustice, et que je le sache, et que je me taise et que je te laisse, l’injuste c’est moi», souligne GANDHI.

Pour suivre une si rigoureuse discipline, GANDHI s’appuyait sur le vœu. Accoutumé dès sa petite enfance à voir sa mère prononcer souvent des vœux, il pensait que sans le vœu, «la vie n’était qu’un bateau ivre». Il a fait le vœu de rester fidèle à la non-violence, le vœu de pauvreté, de chasteté, de silence, de jeûne, d’abstinence et rester au service des autres. Finalement, GANDHI est un saint. Sa dévotion est mélange remarquable de renonciation aux plaisirs de la vie et de désir ardent de transformer le monde. Entre 1913 et 1948 a jeûné 18 fois.

GANDHI s’est marié à l’âge de 13 ans, avec Kasturbaï (11 avril 1869, morte en détention le 22 février 1944). Par conséquent, cette union a duré 61 ans, soit de 1883 à 1944. Auparavant, les deux fillettes qui étaient destinées à GANDHI sont mortes successivement. Ses troisièmes fiançailles eurent lieu à l’âge de 7 ans.  La famille a décidé de marier, tout ensemble GANDHI, son second frère et un cousin. «C’était pour la famille, pure affaire de commodités et d’économies», explique notre sage. En Inde, les mariages sont particulièrement coûteux. Les parents des mariés s’y ruinent souvent. GANDHI affirme que lors de son mariage, il n’a songé qu’aux beaux habits, aux repas somptueux, et la présence d’une petite compagne de jeux. Deux enfants innocents se sont jetés, sans le savoir, tête baissée, dans l’océan de vie. «Le désir charnel se présentera plus tard», précise notre grand penseur. GANDHI est père à l’âge de 16 ans, et a eu 4 enfants avec Kasturbaï (Harilal, Manilal, Ramdas et Devdas).

Kasturbaï était illettrée. GANDHI était désireux d’engager son instruction. Mais tous ses efforts sont restés vains. Kasturbaï ne voulait pas de cette aide. «Sa nature la portait à la simplicité, à l’indépendance, à la persévérance», nous dit GANDHI. A travers la vie exemplaire de Kasturbaï, GANDHI a rendu hommage toutes les femmes.  Seule la femme est en capacité de donner à l’ensemble de l’humanité l’amour qu’elle a accumulé comme mère. Pour lui la femme est l’incarnation de la non-violence, cette non-violence qui est amour infini, c’est-à-dire infinie capacité à souffrir. Car qui d’autre que la mère de l’homme démontre mieux cette capacité, elle qui sait oublier les souffrances de la grossesse et de l’accouchement, jusqu’à y trouver la joie de la création, elle qui sait souffrir tous les jours pour que son enfant puisse grandir ? L’homme a dominé la femme depuis la nuit des temps et celle-ci a en développé un complexe d’infériorité ; elle a fini par croire à la doctrine intéressée de l’homme, qui la déclare inférieure. Cependant, les sages parmi les hommes ont reconnu l’égalité du statut de la femme. L’épouse n’est pas l’esclave de son époux, mais sa compagne, sa partenaire son égale dans toutes ses joies et ses peines.

Le séjour à Londres, et surtout en Afrique du Sud, vont parfaire la formation intellectuelle et les convictions de GANDHI.

 B – GANDHI, adulte ou la rencontre avec lui-même.

GANDHI a séjourné à Londres du 28 septembre 1888 au 12 juin 1892. C’est un Brahmane, Mâvji DAVE, «un vieil ami de la famille» qui a conseillé à GANDHI des études de droit en Grande-Bretagne. Sa mère réticente, à ce projet, a mis trois conditions pour accepter le départ à l’étranger de son fils : ne consommer ni l’alcool, ni la viande, et bien sûr rester fidèle à sa femme.

Ce séjour à Londres, a été la découverte de GANDHI de lui-même. Il ne parle pas dans ses mémoires des Anglais. Il n’est question que de lui-même. «Le plus grand voyageur n'est pas celui qui a fait dix fois le tour du monde, mais celui qui a fait une seule fois le tour de lui-même» dit-il. De sa vie intérieure, qu’il découvre progressivement,  la pureté morale s’affirme chez le jeune GANDHI. Il estime que le perfectionnement de l’individu passe par le travail : «Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. (…) La véritable éducation consiste à tirer le meilleur de soi-même», dit-il. GANDHI pense la détermination, la résolution peuvent vaincre tous les obstacles : «La différence entre le possible et l'impossible se trouve dans la détermination» dit GANDHI.

GANDHI, avec pourtant de faibles économies, descendit à l’hôtel Victoria à Londres. Cependant, le docteur METHA, à qui il a été recommandé, lui demanda d’aller dans une famille. Pour ce médecin, et premier mentor de GANDHI : «si nous venons en Angleterre, ce n’est tant pour y faire des études, que pour acquérir l’expérience de la vie anglaise et des coutumes indigènes. Pour y arriver, il faut vivre dans une famille». A la suite de la suggestion d’un ami, GANDHI entreprit de lire Jeremy BENTHAM (1748-1832), fondateur de l’école utilitariste. Mais ne maîtrisant encore bien l’anglais, GANDHI, reconnut dans ses mémoires : «mon esprit eut tôt de s’essouffler. La langue est trop difficile. Je ne la comprenais pas». Son ami, fumait et buvait de l’alcool. Il lui recommanda de manger de la viande. «Plus il discutait plus mon obstination grandissait» dit GANGHI. Il a promis à sa mère de rester un végétarien. Il ne se nourrissait que d’épinards, de pain et du lait. GANDHI entrepris de se promener, au hasard, dans Londres, à la recherche d’un restaurant végétarien. Il finit par trouver, sur Farrington Street, un restaurant végétarien. Avant d’entrer, dans le restaurant, GANDHI a remarqué et acheté l’ouvrage de Henry SALT, édité en 1886, qui traite du «Plaidoyer pour le végétarisme». C’est la première fois, depuis son arrivée en Angleterre qu’il mange, dit-il de «bon cœur», «Dieu m’avait secouru», souligne GANDHI qui ajoute ceci : «C’est de là que date ma décision de me faire végétarien. Je bénissais ma mère le jour où j’avais prononcé mon vœu devant ma mère». Selon GANDHI, Pythagore et Jésus étaient végétariens. GANDHI lira, par la suite, de nombreux ouvrages sur le végétarisme et l’effet de cette littérature, ainsi que les expériences diététiques prendront par la suite, une place importante dans sa vie. «Le souci de ma santé fut d’abord la raison principale de ces expériences. Par la suite, la religion en devient le motif suprême», précise GANDHI.

Durant son séjour à Londres, GANDHI n’a pas pu vaincre sa timidité. «La présence d’une demi douzaine de personnes me frappait de mutisme», dit-il, à propos d’un discours qu’il n’a pas pu prononcer devant un Comité exécutif de la Société végétarienne. Paradoxalement, GANDHI affirme que sa parole hésitante, cause d’embarras, est devenue source de plaisir. «Son plus grand bienfait a été l’économie des mots. J’ai naturellement pris l’habitude de resserrer ma pensée» dit-il. «Je ne me souviens pas d’avoir jamais eu à regretter une parole ou un écrit. (…). L’expérience m’a enseigné que le silence a sa part, dans la discipline spirituelle de quiconque s’est voué à la vérité», souligne GANDHI. L’orateur laconique ne prononcera que rarement une parole en l’air. Chacun de ses mots sera mesuré.  Plus tard, GANDHI décidera, que chaque lundi, il observera le silence, et ne communiquera que par des notes écrites.

Compte tenu de ses finances limitées, GANDHI tenait une comptabilité rigoureuse de ses dépenses qu’il calculait, avec le plus grand soin. La vie ascétique commence à prendre de l’ampleur. Toutes les dépenses superflues ou couteuses (frais de transport) sont réduites ou supprimées. GANDHI ne prend presque plus les transports en commun, et marche de longues distances. La marche est à la fois économique et bonne pour la santé. Ces habitudes ne le quitteront pas de toute sa vie. «Ce changement mit de l’harmonie entre ma vie intérieure et ma vie sociale. Ma vie y gagna, assurément, en vérité, et mon âme en connut une joie, sans limites», dit GANDHI. Il décida de créer un Club végétarien dans le quartier londonien où il vivait et invita Sir Edwin ARNOLD (1832-1904), journaliste auteur de nombreux ouvrages, dont le «Chant céleste et la lumière de l’Asie» qui traite du bouddhisme, et d’une traduction de la Bhagavad-Gîtâ, un livre sacré pour les Hindous. Subitement, GANDHI se rendit compte qu’il n’avait jamais lu ces ouvrages qui concernent sa religion. A Londres, puis en Afrique du Sud, GANDHI lut l’Ancien testament, mais l’Evangile qui le bouleversa. A l’amour des hommes s’ajoutait l’humilité, le détachement absolu : «quand je lus dans le Sermon sur la montagne, des passages, tels que ne résiste pas au méchant, et si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente lui aussi l’autre ou encore, aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin que vous soyez le fils de votre Père qui est dans le cieux, je fus transporté de joie, et je trouvais la confirmation de ma pensée là où je l’attendais le moins» dit GANDHI dans son autobiographie. Sans toujours être en accord avec le Christianisme, il resta profondément attaché au Christ et au Sermon sur la montagne.

En 1888, alors, jeune étudiant à Londres, ce fut le choc de l’Evangile qui poussa GANDHI à lire les textes sacrés de l’Inde, et notamment la Bhagavad-Gîtâ. La Gîta est un classique religieux de l’Inde plus qu’un traité philosophique. C’est une œuvre qui fonde son message d’action sur une philosophie de la vie. La Gîta nous demande de comprendre le sens de la vie avant nous engager. Pour GANDHI «je puise dans la Bhagavad Gita une consolation que je ne trouve pas ailleurs, même dans le Sermon sur la Montagne. Quand le désappointement m’assaille, et que, dans ma solitude, nul rayon de soleil ne m’éclaire, je retourne à la Bhagavad-Gîtâ. Un verset ici, un verset là, et le sourire me revient au sein de tragédies écrasantes, ma vie a été pleine de tragédies extérieures, et si elles n’ont laissé sur moi aucune trace visible, indélébile, je le dois aux enseignements de la Bhagavad- Gîtâ». On ne peut se délivrer du péché, dit la Gîta, qu’en s’abandonnant corps et âme à Dieu. La Bhagavad- Gîtâ proposait aux hommes la voie de Krishna, incarnation divine, voie de la vérité et surtout de la renonciation au fruit de l’action. Cette renonciation devint l’idéal que GANDHI chercha à travers ses expériences de vérité. Pour GANDHI la Gîta n’est pas pour ceux qui manquent de foi, «elle s’adresse essentiellement au cœur et ne peut être comprise que par lui». Dieu, pour être Dieu, doit gouverner le cœur et le transformer. Selon GANDHI «Dieu est bienveillance. Car au milieu au milieu de la mort, la vie persiste ; au milieu du mensonge, la vérité ; au milieu de l’obscurité, la lumière. Ainsi, Dieu est Vie, Vérité et Lumière. Il est Amour. Il est le Bien suprême».

GANDHI a entamé une philosophie et une action de non-violence sur le terrain, mais c’est Léon TOLSTOI qui lui a donné les instruments intellectuels pour parfaire cette doctrine. Dans ouvrage de 1884, intitulé «En quoi consiste ma foi ?», TOLSTOI expose, pour la première fois, sa philosophie de la non-violence qui lui apparaît comme le centre de gravité des Evangiles : «De même que le feu n’éteint pas le feu, le mal ne peut éteindre le mal. Seul le bien, face à face avec le mal, sans en subir la contagion, triomphe de lui». Pour TOLSTOI c’est le verset 39 du Chapitre V, de l’Evangile de Matthieu, ce qui allait être sa doctrine de non-violence : «Vous avez entendu ce qu’il a dit œil pour œil, dent pour dent. Et, moi je vous dit de ne point résister au méchant». Pour TOLSTOI, il ne s’agit pas d’être indifférent au mal ou de ne pas s’opposer au mal, mais au contraire, de lutter contre lui par d’autres moyens : «le meilleur moyen ce n’est pas la vengeance, mais la bonté». Selon TOLSTOI, il faut revenir à la doctrine du Christ, faire disparaître le mal, non pas  en s’y opposant par la violence, mais en l’extirpant dans sa racine, par l’amour. C’est dans le «Royaume des cieux» de 1893 de TOLSTOI, qui n’est pas un ouvrage à connotation religieuse, mais un virulent réquisitoire contre tous les pouvoirs, qu’ils soient politiques ou religieux cautionnant la violence, que GANDHI tire sa théorie de non-violence. Alors, qu’il séjournait en Afrique du Sud, GANDHI découvre cet ouvrage en 1894. Il écrira, plus tard, en 1928 «Alors que je traversais une grave crise de scepticisme et de doute, il m’arriva de tomber sur le livre de Tolstoi, le «Royaume de Dieu est en vous».  Cette lecture me fit une profonde impression. A cette époque-là, je croyais à la violence. Après avoir lu cet ouvrage, je fus guéri de mon scepticisme et crus fermement à l’Ahimsa (désir de maîtriser sa violence)». GANDHI a précisé dans son autobiographie que la lecture du Royaume de Dieu est en vous «l’enthousiasma» et qu’il en garda «une impression inoubliable». Il avoue que «devant l’indépendance de pensée, la profondeur des points de vue moraux et le souci de vérité de ce livre, tous ceux que m’avaient donnés Mrs COATES, une missionnaire Quaker, devenaient pâles et insignifiants».

TOLSTOI, comme GANDHI, sont attachés à la vérité. Pour le grand maître russe, il n’est pas utile de posséder des facultés supérieures pour «reconnaître et exprimer la vérité». La raison suffit dans la recherche de la vérité. C’est une lumière que chaque homme porte en lui et qui éclaire son chemin dans l’obscurité des mensonges. GANDHI, après la mort de TOLSTOI, lui a rendu hommage, il était «le grand apôtre de non-violence que notre époque ait jamais connu». Si GANDHI a repris la théorie de non-violence de TOLSTOI, la quête permanente de sagesse et de perfectionnement de soi-même, il s’écarte de certaines des prises de position de cet auteur assimilables à une pensée anarchiste. En effet, TOLSTOI avait, parfois, des positions excessives. Il ignorait, manifestement, les enjeux de la démocratie et de l’Etat de droit. Les affirmations de TOLSTOI sur les lois qui cautionnent la violence organisée, ne sont pas utilisables par GANDHI qui avait le souci l’édification d’un Etat indépendant, multiracial, multiconfessionnel et démocratique en Inde.

C’est en Afrique du Sud que GANDHI lit, dans un train, un ouvrage prêté par son ami, POLACK, de John RUSKIN (1819-1900), «Jusqu’au dernier», en anglais «Unto This Last». Cet ouvrage que, GANDHI a traduit en Goujerati «Le bien-être de tous», l’a décidé «changer de vie sur-le-champ». Le bien de chaque individu est contenu dans le bien de tous. Cette simplicité c’est pour pouvoir être pleinement disponible pour les autres. Pour GANDHI «la seule façon de trouver Dieu, c’est de le découvrir dans sa création et de s’y identifier ; ce que l’on peut faire en se mettant au service de tous». GANDHI vit dans ces communautés (Ashram), entouré de ses disciples et de se contentant de peu de choses. Le but de ces communauté est d’apprendre à servir la patrie, puis de se mettre à son servir. GANDHI est un irrépressible optimiste et un inguérissable humaniste «servir est ma religion. Je ne m’inquiète pas de l’avenir». Il est impossible d’atteindre la réalisation de soi sans se mettre au service des plus humbles, sans s’identifier à eux. Et c’est dans le renoncement que réside le secret de la vie heureuse. «Renoncer pour servir procure une joie ineffaçable», dit GANDHI.

En définitive, même ceux qui contestaient les idées de GANDHI ont été éblouis par la force de sa pensée, la droiture de son jugement, la netteté de sa parole, l’exemplarité de son comportement, et cette voix qui les touchait jusqu’au fond du cœur.

II – GANDHI, l’homme d’action (1893 – 1948)

A – GANDHI, l’expérience Sud-Africaine de la non-violence
ou de Satyagraha (1893 – 1914)

L’étape en Afrique du Sud, de 1893 à 1914, avec quelques périodes d’interruption, est déterminante dans la construction de l’itinéraire de GANDHI. Cette période de GANDHI, l’Africain, a eu peu d’écho en Europe ; ce qui témoigne de la grande étroitesse d’esprit de l’époque. Et, pourtant c’est une épopée de l’âme, sans égale en notre temps, non seulement par sa puissance symbolique et la constance du sacrifice, mais par sa victoire finale. Or, cette période a été minorée ou occultée par les chercheurs. J’entends mettre en valeur GANDHI, l’Africain. En effet, non seulement c’est en Afrique du Sud que GANDHI s’est révélé, mais aussi et surtout, sa formation et son éducation politique se sont développées. En effet, jusqu’à son arrivée en Afrique du Sud en 1893, GANDHI était un piètre avocat, sans clients, et qui avait du mal à s’exprimer en public. «Ce ne fut qu’en Afrique du Sud que je surmontais ma timidité», a confessé GANDHI dans son autobiographie. Enfant, GANDHI a admis qu’il était poltron : «J’étais toujours hanté par la peur des voleurs, des fantômes et des serpents. Je n’osais jamais mettre le pied dehors, la nuit. L’obscurité me terrifiait. Il m’était impossible de dormir dans le noir».

GANDHI, bien traité pendant son séjour à Londres, et qui se considérait comme un sujet loyal et ami de la Grande-Bretagne et des Européens, se trouve, subitement, confronté à des mesures de ségrégation raciale. Il est jeté d’un train, on lui refuse l’accès à certains hôtels, il est parfois souffleté, insulté, roué de coups. GANDHI est arrivé en mai 1893, à Durban, dans le Natal. Avocat raté en Inde, il venait défendre les intérêts d’un riche commerçant indien. Il découvre que l’afflux d’immigrants, (15 000  Indiens au  Natal), a provoqué dans la population blanche une xénophobie que le gouvernement se chargea de traduire par des projets de lois visant à exclure les Indiens.

GANDHI s’apprêtait à repartir en Inde, quand il apprit que les gouvernements du Natal allait à enlever aux Indiens leurs dernières franchises. Les Indiens d’Afrique étaient sans force pour lutter, sans volonté, inorganisés et démoralisés. Il leur fallait un chef, une grande âme. GANDHI se dévoua. Il resta plus de 20 ans. GANDHI a trouvé en Afrique du Sud des Indiens non seulement désunis et asservis, mais accoutumés à cet état, et apparemment soumis et avilis. GANDHI a rendu aux Indiens du Natal et du Transvaal la conscience de leurs devoirs, de leur dignité et de leurs droits légitimes.

Il a inventé une technique de lutte : la résistance passive. C’est un élan passionné de l’âme qui résiste au Mal, non pas par le Mal, mais par l’Amour. Il n’a désormais peur que de Dieu. Pour arriver à cette fin, il a utilisé la non-violence baptisée «Satyagraha». Il a enseigné à ses disciples, qui voulaient s’engager dans la non-violence, de se débarrasser de la peur. Irrépressible optimiste, la force ne tient pas à une capacité physique. Elle repose sur une volonté indomptable. «Je ne craindrai personne sur cette terre ; je ne craindrai que Dieu. Je ne me soumettrai à aucune injustice par la part de quiconque. Dès le début, il s’est orienté vers l’action» dit-il. Sa vérité et sa raison seraient mort-nées si elles demeuraient enfermées à l’intérieur de sa pensée. Pour GANDHI «mon œuvre nationale n’est qu’une partie de l’entraînement que j’ai entrepris afin de libérer mon âme de l’esclavage». L’action est la réalisation de soi.

En Afrique du Sud, on découvre un autre GANDHI. Il s’est passé une sorte de transmutation, au sens biblique du terme. «L’indomptable ténacité et la magie de la Grande Ame opéraient : la force plia les genoux devant l’héroïque douceur», souligne Romain ROLLAND. «Le travail de GANDHI en Afrique du Sud, le plus important de ce qui se fait dans le monde», dira en son temps, TOLSTOI. C’est la grande leçon de GANDHI et du gandhisme : l’humiliation peut être, soit un facteur d’inhibition, la personne baisse la tête et encaisse, soit un puissant déclencheur de révolte qui révèle ce qui a plus noble en l’homme, sa grande faculté à défendre, avec une grande détermination, ses droits légitimes. Le but de la non-violence est de convertir le méchant, non de le contraindre. GANDHI ne s’est pas départi de son amour pour ses adversaires.  Ainsi, en 1899, pendant la guerre des Boers, il forma une Croix Rouge Indienne, qui fut décorée, avec éloge, pour sa bravoure sous le feu. En 1904, la peste éclata à Johannesburg, GANDHI organisa un hôpital pour les soins. En 1906, à la suite d’une rébellion des Noirs dans le Natal, durement réprimée, GANDHI prit part à la guerre à la tête d’un corps de brancardiers indiens qui a été décoré. Il est curieux de constater que GANDHI n’avait pas d’amis noirs. Il parle peu de cette communauté dans ses écrits. Il ne s’est intéressé qu’aux Indiens, et avait de très bons amis blancs et juifs.

En excellent sociologue et communicateur, GANDHI a compris comment fonctionnent les Britanniques et les Indiens, et a adapté ses techniques de lutte en conséquence. Pour mobiliser le plus grand nombre de personnes, GANDHI ne s’est pas adressé aux nantis, mais aux plus démunis. GANDHI a surtout prêché par l’exemple ; il a expérimenté ses techniques de lutte et les a ajustées aux données pertinentes de la situation. Plus soucieux de devoirs que de droits, GANDHI a choisi, en politique, l’action désintéressée et le chemin de la dévotion. Il ne voulait pas le pouvoir pour lui-même. Il voulait servir, au lieu de se servir. GANDHI a mis en place une technique de lutte en Afrique du Sud : la non-violence qu’il a testée et exportée en Inde. GANDHI a mené, notamment en Afrique du Sud, une vie politique et spirituelle particulièrement intense qui a fortement influencé Martin Luther KING, Nelson MANDELA, le Dalai Lama et Aung San Suu Kyi. Pour Nelson MANDELA «GANDHI tient  la clé du désir de l’humanité pour la justice sociale ; suivez-le avec conviction et courage. J’y ai trouvé une source intarissable d’inspiration». En Afrique du Sud et prolongeant ses expériences diététiques qui sont un aspect du détachement de soi, GANDHI a rédigé, en 1906, un guide de la santé. Durant son séjour en Afrique du Sud, GANDHI lit beaucoup, notamment en prison (249 jours de prison en Afrique du Sud et 2089 jours de privation de liberté en Inde), et crée un journal pour populariser ses idées et appuyer ses luttes. Il fonde une communauté en vue de vivre en harmonie avec lui-même et prononce le vœu d’abstinence, et vit, en guru, entouré de ses disciples.

Ces combats étant victorieux, GANDHI regagne l’Inde en passant par Londres.

B – GANDHI, la lutte pour l’indépendance ou le Hind Sawaraj (1915 – 1948)

Le 9 janvier 1915, GANDHI retourne, définitivement en Inde. GANDHI est retourné en Inde, avec ses disciplines, et forme un Asrham, une communauté. Il veut expérimenter ce qui s’est passé en Afrique du Sud. Souffrant, au départ, d’un déficit de notoriété, GANDHI prend part aux sessions annuelles du Congrès, considéré comme étant le Parlement officieux de l’Inde. GANDHI s’investit dans des grèves locales, dans le Champaran et dans sa contrée natale, en Gujarat, et qui se terminent, comme en Afrique du Sud, par une victoire des paysans et des ouvriers. Il voyage beaucoup dans le pays et apprend à mieux le connaître. GANDHI renoue le contact avec les principaux dirigeants de l’Inde, notamment, avec son mentor, Gopal Krishna GOKHALE (9 mai 1866 – 19 février 1915). Mais celui-ci meurt quelques semaines après le retour de GANDHI. Il est éclipsé par le patron incontesté du Congrès : Bal Gangadhar TILAK (1856 – 1920), mais tout les oppose. GANDHI est timide, TILAK est un excellent orateur. GANDHI préconise l’amitié et l’égalité entre les Hindous et les Musulmans ; TILAK souhaite la suprématie des Hindous. GANDHI est non-violent, et TILAK, tous les moyens sont bons, y compris la violence pour libérer l’Inde.

Initialement, il se sent lié par des devoirs de loyauté à l’égard de l’Empire britannique. Il était avant tout un sujet britannique qui souhaitait améliorer la condition de vie des Indiens. GANDHI fraîchement rentré au pays en pleine guerre, lève des troupes en espérant qu’à la fin des troubles, l’Inde sera libérée. GANDHI a été très lent à changer. C’est un homme patient, mais particulièrement tenace dans ses idées quand il les croit juste. GANDHI a une démarche originale de revendiquer des droits. Particulièrement, courtois, il recherche toujours, dans les débats, la conciliation des points de vue opposés, le pardon des injures, la non-violence, mais il est animé par une fermeté inébranlable. «Dieu a soif de dévouement de l’homme», confie GANDHI.

Cependant, le colonisateur britannique va contribuer à radicaliser GANDHI. En effet, une commission, présidée par Sir Sidney ROWLATT, venu d’Angleterre pour étudier l’administration judiciaire de l’Inde, préconise, dans un rapport en date du 19 juillet 1918, alors que la guerre est finie, le maintien de l’état d’urgence. GANDHI, piqué au vif, pour cette ingratitude, décrète dans le pays, le 30 mars 1919, un «Hartal général», une suspension de toutes les activités économiques. Les commerçants n’ouvrent pas leur magasins, les employés ne se rendent pas au travail, les bateaux ne sont ni chargés, ni déchargés. C’est une journée de jeun et de prière. Cette action qui paralysa l’Inde, donna au pays le sentiment de sa puissance. Les Indiens ont retrouvé la foi en eux-mêmes. «Cette campagne constitue un effort pour révolutionner la politique et ramener la force morale à son état originel», dit GANDHI. «La force brutale n’est rien si on la compare à la force morale et la force morale n’échoue jamais», précise GANDHI.

De violentes émeutes éclatent au PUNJAB et GANDHI, toujours attaché au mouvement de non-violence, estime que le peuple n’est pas assez mûr et suspend le «Hartal». Cependant, le général de brigade, Edward DYER envoyé au PUNJAB, à Amritsar, pour rétablir l’ordre, commet un grave crime en tirant sur la foule au cours d’une manifestation pacifique : 1516 morts ou blessés. Ce crime est une occasion pour GANDHI de rebondir. Il réclame une commission d’enquête, avec l’appui de Motilal NEHRU (1861-1931), le père de Jawaharlal NEHRU (1889-1964), futur premier de l’Inde en 1947. TILAK, chef charismatique du Congrès, étant décédé le 1er août 1920, GANDHI a, désormais, le champ libre pour étendre son influence sur le Congrès et le pays.

En novembre 1919, GANDHI assiste à une conférence musulmane à Delhi  pour soutenir le Califat. En effet, la Turquie, alliée des Nazis, lors de la première guerre mondiale, était chef spirituel de la communauté musulmane. Les Alliés ont retiré à l’Empire Ottoman de ce titre. Les Indiens musulmans protestaient contre cette déchéance. GANDHI voulait capitaliser ce mécontentement contre la Grande-Bretagne. GANDHI réclame alors la non-coopération avec la Grande-Bretagne, à partir du 1er août 1920. Les Indiens ne pouvaient pas, dans le même moment, travailler avec la Grande-Bretagne et s’opposer à elle. Boycotter les produits britanniques ne suffisait pas, il fallait boycotter les écoles, les emplois, les honneurs politiques, il ne fallait pas collaborer. GANDHI demande de ne plus porter des habits ou tissus en provenance de l’étranger, et s’exprime en hindoustani et non plus en anglais dans les réunions.

En 1928, le gouvernement travailliste envoie un émissaire en Inde, Sir John SIMON, pour faire un état de la situation dans le pays en vue d’aboutir à certaines réformes politiques. Mais aucun Indien n’est associé à ce travail. La commission fut boycottée par GANDHI et ses partisans. GANDHI a exploité toute son expérience acquise en Afrique du Sud. En 1930, sous l’impulsion de GANDHI, le Congrès vota une résolution en faveur de l’indépendance complète de l’Inde et de la séparation avec l’Empire britannique. Une action de désobéissance civile est engagée, notamment, le non-paiement des impôts. Le 12 mars 1930, GANDHI engage, avec ses fidèles, une longue marche en direction de la mer, pour protester contre la taxe sur le sel. Pendant cette marche, les habitations sont décorées aux couleurs nationales de l’Inde. Le peuple doit porter des habits traditionnels, non importés, renoncer à l’alcool, aux drogues et répudier le mariage d’enfants. En dépit, de la répression et des arrestations massives, le mouvement s’étendit dans tout le pays, et connut un retentissement international. GANDHI fut, une fois de plus, jeté en prison, mais l’économie se détériore et le mécontentement grandit dans le pays.

Le gouvernement britannique est contraint à des pourparlers, qui vont échouer, à Londres du 12 septembre au 5 décembre 1930. GANDHI en profite pour populariser la lutte de l’Inde pour son indépendance en rencontrant Charlie CHAPLIN, George Bernard SHAW, et Romain ROLLAND, ainsi que MUSSOLINI. Il réclame une place spéciale, dans le débat politique aux Intouchables. GANDHI se radicalise, de plus en plus, et ses amis remportent une éclatante victoire aux élections locales de 1937. GANDHI fait voter, le 8 août 1942, une résolution dite «Quit India», intimant les Britanniques de quitter l’Inde. Le mouvement de désobéissance civile est suivi d’arrestations massives qui n’entament en rien la détermination de GANDHI. Sa femme, Kasturbai, meurt en prison, le 22 février 1944. Aux termes de cette lutte héroïque, et sous la direction de GANDHI, l’Inde devenue non gouvernable par les Britanniques, est indépendante, en même temps que le Pakistan, le 15 août 1947. Cette partition plonge le pays dans le chaos. Les minorités, musulmanes ou hindoues, dans chacun des nouveaux Etats, sont victimes de pogroms. La tentative de GANDHI, par ses liens particuliers, avec Mohamed Ali JINNAH (1876-1948), leader musulman, d’éviter la partition, a échoué. 

A la fin de sa vie GANDHI avait le sentiment d’avoir raté sa mission. La violence qui accompagne l’indépendance de l’Inde et la partition, le poussent à boycotter les cérémonies d’indépendance, et à jeuner le 13 janvier 1948, pour que la paix revienne dans le pays. Sa mort, à Delhi, le 30 janvier 1948, fait de GANDHI une icône planétaire. «Le monde entier a été plongé dans ce deuil par la mort de cet homme extraordinaire», dit Léon BLUM. «Les générations à venir auront, peut-être, de la peine à croire qu’un homme, comme celui-ci, ait jamais existé en chair et en os», souligne Albert ENSTEIN. En définitive, à travers les concepts de maîtrise de soi et de lutte pour la liberté, GANDHI, suivant Henri STERN nous a délivré «un message universel qui a traversé les continents et les générations». Comme le souligne André MALRAUX, un ministre de la culture du Général de Gaulle, «au centre de l’œuvre de GANDHI est le désir douloureux, passionné, d’enseigner aux Hommes à vivre». J’ajouterais, modestement, de vivre dignement. Pour Indira GANDHI, ancienne premier ministre, assassinée en 1984 «GANDHI est un homme qui représente le stade d’évolution le plus avancé auquel puisse prétendre un être humain. Imprégné des richesses du passé, il vécut totalement dans le présent, mais avec le souci de l’avenir. D’où la vertu intemporelle de ses idées». Le message de GANDHI reste d’actualité et universel, dans sa façon d’aborder la citoyenneté, le vivre ensemble et la revendication légitime des droits. A travers le légalisme parlementaire, il s’agit de maîtriser son destin au lieu d’en être victime.

Bibliographie très sélective :

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Autobiographie ou mes expériences de vérité, présentation de Pierre MEILE, traduction de Georges BELMONT, édition revue par Olivier LACOMBE, Paris, P.U.F, 2012, 9ème édition, 676 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Histoire de mes expériences avec la vérité, traduction de Georgette CAMILLE, Paris, éditions Rieder, 1931, 411 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), L’oeil et le mot, choix de textes et de citations par Christine Lesueur, Paris, Mango, 2004, 43 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), La jeune Inde, introduction Hélène HART, préface Romain Rolland, Paris, Stock, 1924, 381 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Le mal ne se maintient que par la violence, Paris, Seuil, 2009, 57 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Lettres à l’âshram, préface de Jean HERBERT, Paris, Albin Michel, 1971, 184 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Ma non-violence, traduit par Olivier CLEMENT, Paris, Stock, 1973, 317 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Résistance non-violente, traduit par Daniel LEMOINE, avant-propos de Bharatan KUMARAPA, Paris, Buchet Chastel, 2007, 624 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), The Collected Works of Mahatma Gandhi, New Delhi, Ministry of Information, 100 volumes, plus de 50 000 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), The Writings of Gandhi, textes sélectionnés par Ronald Duncan, Londres, Rupa Co, Fontana/Collins, 1971, 288 pages ;

GANDHI (Mohandas, Karamchand), Tous les hommes sont des frères, traduction de Gy Vogelweith, préface Olivier Lacombe, introduction de Sarvepalli RADHAKRISHNAN, Paris, Gallimard, 1969, 313 pages.

2 – Critiques de Gandhi

ATTALI (Jacques), Gandhi ou l’éveil des humiliés, Paris, Fayard, 2007, 600 pages ;

BIRIOUKOV (Pavel Ivanovitch), Tolstoï et Gandhi, Paris, Denoël, 1958, 215 pages ;

COMBESQUE (Marie-Agnès), et DELEURY (Guy), Gandhi et Martin Luther King, Paris, Autrement, 2002, 139 pages ;

DOKE (Joseph, John) (1816-1913), An Indian Patriot in South Africa, avec une introduction de Lord Ampthill, Londres, Dodo Press, 1909, 96 pages ;

DREVET (Camille), La pensée de Gandhi, Paris, PUF, 1967, 121 pages ;

Editions du CERF, Gandhi et Martin Luther King : des combats non-violents, Paris, CERF, 1983, 159 pages ;

FISCHER (Louis), La vie de Mahatma Gandhi, traduction d’Eugène Bestaux, Paris, Belfond, 1983, 512 pages ;

GANDHI (Rajmohan), Gandhi, sa véritable histoire par son petit-fils, traduction de Françoise JAOUEN, Paris, Buchet Chastel, 2008, 951 pages ;

JAHANBEGLOO (Ramin), Gandhi, aux sources de la non-violence, Thoreau, Ruskin Tolstoï, Paris, éditions du Félin, 1998, 180 pages ;

JORDIS (Christine), Gandhi, Paris, Gallimard, 2006,372 pages ;

KRIPALANI (Krishna), La voie de la non-violence, traduit par Guy VOGELWEITH, notice de Sarvellapi RADHAKRISHNAN, Paris, Gallimard, 2004, 118 pages ;

LASSIER (Suzanne), Gandhi et la non-violence, Paris, Seuil, 1970, 170 pages ;

LATRONCHE (Marie-France), L’influence de Gandhi en France de 1919 à nos jours, Paris, L’Harmattan, 1999, 253 pages ;

MARKOVIC (Milan), Tolstoï et Gandhi, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, 1928, 188 pages ;

MULLER (Jean-Marie) et REFALO (Alain), Gandhi sage, stratège de non-violence, Colomiers, 2007, Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées, 88 pages ;

NANDA (Bal Ram), Gandhi, sa vie, son action politique  en Afrique du Sud et en Inde, traduit par Paul DUCHESNE, Paris, Marabout Université, 1968, 383 pages ;

NEHRU (Jawaharlal), «Le rôle historique de Gandhi», in Europe, 1936, (3) 159, pages 414-417 ;

PANTER-BRICK (Simone), Gandhi contre Machiavel, Paris, Denoël, 1963, 335 pages ;

PRIVAT (Edmond), La vie Gandhi, Paris, Denoël, 1958, 222 pages ;

ROLLAND (Romain), «Préface à l’autobiographie de Gandhi», in Europe (XXV), 1931, pages 465-490 ;

ROLLAND (Romain), Mahatma Gandhi, Paris, Stock, 1930, 208 pages ;

STERN (Henri), Préceptes de vie du Mahatma Gandhi, Paris, Presses du Châtelet, 1998, 155 pages ;

TAGORE (Soumyendranath), Gandhi, traduction Andrée Vaillant, Paris, Gallimard, 7ème édition, 1934, 252 pages ;

THOREAU (Henry David), La désobéissance civile, traduction de Guillaume VILLENEUVE, illustrations de Stéphane Richard, Paris, Mille et une nuits, 63 pages ;

TOLSTOI (Léon), Le royaume des cieux est en vous, présentation d’Alain REFALO, Paris, le passager clandestin, 2010, 185 pages.

Paris, le 13 novembre 2013 par M. Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Mahatma GANDHI, un prophète de la non-violence (2 octobre 1864 – 30 janvier 1948)», par M. Amadou Bal BA
Mahatma GANDHI, un prophète de la non-violence (2 octobre 1864 – 30 janvier 1948)», par M. Amadou Bal BA
Mahatma GANDHI, un prophète de la non-violence (2 octobre 1864 – 30 janvier 1948)», par M. Amadou Bal BA
Mahatma GANDHI, un prophète de la non-violence (2 octobre 1864 – 30 janvier 1948)», par M. Amadou Bal BA
Mahatma GANDHI, un prophète de la non-violence (2 octobre 1864 – 30 janvier 1948)», par M. Amadou Bal BA

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commentaires

M BA Amadou Bal 20/05/2014 16:42

Merci, pour vos encouragements. Je suis originaire du Sénégal, mais je vis à Paris. Bonne journée Celedonio. Cordialement.

Celedonio Monroy Prudencio 21/05/2014 16:00

CHER BA AMADOU BAL, OH LA FRANCE, LE PAYS DE LA REVOLUTION ET PARIS LE CENTRE DE ECRIVAINS ET DE PEINTRES QUAND MONET, MANET, GAUGIN ET VAN GOGH, J,AIME, RAYUELA, DU JULIO CORTÁZAR QUI REST AU MONTPARNASSE; S,IL TE PLAÎT, JE PAS SAIS DES PEULES, SEULEMENT CA, http://youtu.be/wxCaOo-2LPA, MAIS, JE CONNAIS L,AKONTING ET TIMBUKTU, QUI NAÎT A SENEGAMBIA http://tupcm.com/2013/06/13/labib/; DONC, À PROPPOS DE, NAÎT, UNE CHOSE, TU AS PUBLIÉ LE MEME ARTICLE À OUTRES SITES, POR EXAMPLE, http://www.ferloo.com/Mahatma-GANDHI-un-prophete-de-la-non-violence-29-octobre-1864-30-janvier-1948--par-M-Amadou-Bal-BA_a4369.html ET TU ESCRIRE 29 OCTUBRE COMME L,ANNIVERSAIRE DE GANDHI, MAIS, C,EST PAS LE OCTUBRE 2, O POUR QUOI TU PARLE DU 29, PAR LA VOIE, JE LIRE LE MEME BIOGRAFIE DE LOUIS FISCHER, MAIS, EN CASTILLAN ET DE 362 PAGES.
TOUT CE QUE, OUTRE CHOSE C,EST, LA HISTOIRE DE GANDHI ET SA MÈRE, TRÈS INTERESANT PARCE QUE, TOUT LE MOND EPARLE DE GANDHI COMME L,HINDU TRES RELIGEUX, MAIS L,ORIGIN COMME TU DIS ET SA MEME ET APRÉS KARTURBAÏ DANS LE PROPPE AFFIRE DE LA RELIGION.
UNCHANTE, PD, PEUT ÊTRE TU DIS SAIS DU NAISSANCE DE GANDHI PARCE QUE TON PERE ET TA MERE PAS SAIS TON DATE EXACTE DE NAISSANCE, PAS VRAI HAHA. BELLE MUSIQUE LA PEULE.

Celedonio Monroy Prudencio 20/05/2014 16:33

CHER BA AMADOU, JE SEULEMENTE LIRE VOTRE ARTICLE DE MAHATMA GANDHI ET C,EST EXCEPTIONNEL, TU AS BECAUCOUP DE RÉFÉRENCES; PARTICULAREMENT JE PENSE QUE TI NE PARLE PAS PLUS QUE L,ÉLÉMENTAIRE A PROPPOS DE LA RELATION ENTRE GANDHI Y TOLSTOÏ, MAIS, DE TOUT DES ARTICLES QUE JE CONNAIS, CET ICI ET LE PLUS COMPLET, AUSSI, JE CHRECHÉ VOTRE NOM SUR GOOGLE, SALUTATIONS À SÉNÉGAL, VIVA GANDHI, AU MEXIQUE. https://www.facebook.com/PrensaCivicaMexicana/photos/a.319927924718286.80127.319919938052418/753529324691475/?type=1&theater

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