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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:28

Quand on parle à un Occidental, et précisément à un Français, du Mali, ce qui lui vient, tout de suite, à l’esprit c’est naturellement la guerre actuelle contre les islamistes. Le Mali est également l’un des pays du plus pauvre, sur le plan économique, au monde. Tout cela est exact, mais le Mali c’est aussi autre chose : un pays d’une richesse culturelle et artistique inestimable.

 

Tout d’abord, le Mali, c’est un pays avec une histoire glorieuse. Les origines de l’Empire du Mali se perdent dans la légende. Suivant la tradition orale, son fondateur, Soundiata KEITA, (Le Lion du Mali) serait un enfant paralysé qui aurait réussi, un jour à marcher et gagner une guerre contre un peuple voisin, grâce à ses talents de chef militaire. Après sa victoire l’assemblée du peuple du Mali lui aurait donné le titre de «Mansa», c’est-à-dire de Roi des Rois en Mandingue. Entre le XIIème et le XIVème siècles, l’Empire Mandingue connaît son apogée notamment sous le règne de Kankan Moussa (1312-1337). Le Mali est alors un empire riche qui vit de son agriculture, du commerce de l’Or, du sel et du cuivre et fixe sa capitale à Niani. Le Mansa, à la suite de son fameux pèlerinage à la Mecque en 1324, diffuse l’Islam dans le pays en construisant de nombreuses mosquées, dont celles de GAO et TOMBOUCTOU. Le Mansa développe les rapports commerciaux avec le monde arabo-musulman et fait venir à sa cour un savant arabe, Ibn BATTUTA (né à Tanger, au Maroc 1304 – mort au Maroc en 1377) qui a séjourné au Mali entre 1352 et 1353. Dans son récit de voyage intitulé «Rihla», Ibn BATTUTA, a laissé un témoignage écrit sur la splendeur de l’Empire du Mali et sur l’honnêteté légendaire des gens de ce pays. A la fin du XIVème siècle, confrontés à des problèmes successions, le Mali est envahi par les Touaregs.

 

C’est au XVème siècle, sous le règne de Soni ALI (1464-1492) que l’empire du Mali reprend son souffle, les Touaregs sont battus. Après sa mort, son fils, Mouhammad TOURE, musulman, fonde la dynastie des Askia, fait un pèlerinage à la Mecque, fonde la nécropole royale à GAO et fait appel à des juristes et savants arabes pour son gouvernement. Tombouctou devient la capitale intellectuelle, religieuse et commerciale de l’Empire ; une université réputée y est créée. Les relations commerciales sont développées avec les Portugais autour de l’or, les esclavages et l’échange des chevaux. A la fin du XVIème siècle, les armées du Sultan du Maroc qui convoitent les routes commerciales et les mines de sel, après la défaite du 12 avril 1591, envahissent l’Empire du Mali et c’est le début du déclin de l’Empire du Songhai.

 

Le français, René CAILLIE (19-11-1799 – 17 mai 1838), fils d’un boulanger des Deux-Sèvres, est le premier à faire une description précise de Tomboctou, dans son journal intitulé « journal d’un voyage à Tombouctou». Il quitte Bordeaux pour le Sénégal, le 27 avril 1816, avec escadrille de 5 navires, dont la frégate La Méduse qui a sombré au large de Dakar. Le gouverneur du Sénégal, le baron ROGER, tente de le dissuader. Un an après son départ du Sénégal, il a le bonheur de toucher au but. Bonheur immédiatement terni par la réalité. C'était donc cela, Tombouctou ? Une ville africaine assoupie entre le fleuve et le désert. Aucune trace des richesses espérées (toits en or, dallages...) ni d'une quelconque effervescence intellectuelle et religieuse. Le 5 décembre 1828, à Paris, en présence de l'illustre paléontologue Georges Cuvier, la Société de Géographie lui fait fête et lui remet la somme de 10.000 francs promise au premier Européen qui ramènerait une description de Tombouctou. René Caillié publie son Journal d'un voyage à Tombouctou. C'est aussitôt un grand succès de librairie. L'explorateur peut désormais se reposer. Il revient dans sa région natale où il meurt d’épuisement le 17 mai 1838.

Ensuite, le Mali a vu naître et se développer la civilisation des Dogons, qui ont résisté à l’Islam et aux envahisseurs Touaregs. Les Dogons sont une mosaïque de peuples (Malinkés, Soninkés) qui ont refusé de se convertir à l’Islam, pour s’installer, notamment dans les falaises de Bandiagara. Ils ont pu ainsi préserver leur culture. Le sociologue français, Marcel GRIAULE, à travers son fameux ouvrage, «Le Dieu de l’eau», a popularisé leur histoire.  C’est dans les falaises de Bandiagara que le marabout El Hadji Omar TALL, qui résistait contre la pénétration coloniale française a disparu en 1864.

 

Ne l’oublions jamais et gardons-le toujours à l’esprit, le Mali, c’est le pays de Amadou Hampâté BA (né vers 1900, à Bandiagara, au Mali, décédé le 15 mai 1991 à Abidjan, RCI) qui avait mené un combat inlassable au service des cultures orales et du dialogue et la tolérance entre les Hommes. C’est lui qui avait prononcé cette phrase célèbre à l’UNESCO «En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est comme une bibliothèque du brûle». Il a nous a laissé, à travers ses ouvrages que je vous invite à lire ou relire, des témoignages éblouissants sur les traditions et cultures africaines, notamment dans Amkoullel, l’enfant peul, Oui, mon commandant, l’étrange destin de Wangrin, vie et enseignement de Thierno Bocar, contes initiatiques peuls.

 

Paris le 24 mars 2013, par M. Amadou Bal BA, baamadou.over-blog.fr

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