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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 18:41

François HOLLANDE, un Président normal, par Amadou Bal BA

 

 

La victoire le 16 octobre 2011 de François HOLLANDE aux primaires des socialistes français que nous avons appelé de tous nos vœux, est celle de la gauche toute entière impatiente d’en découdre avec une droite raciste et xénophobe. Cette victoire donne plus de devoirs que de droits ; elle impose au Parti socialiste de réussir non seulement l’échéance du 6 mai 2012 en faisant élire un président de gauche, mais aussi d’instaurer une «présidence normale» en France.  La Gauche, dans ces primaires socialistes, a mis en avant les principes et les valeurs humanistes de la République, l’égalité, la fraternité et le respect de la dignité humaine. François HOLLANDE souhaite rétablir une «présidence normale». Sans doute que pour être Président de la République, faut-il des qualités exceptionnelles. Etre un «Président normal» ne veut pas dire un Président ordinaire, mais un Président qui remettra de la stabilité, de la cohérence, de la constance, du respect de l’exemplarité dans l’exercice de ses fonctions. Tout en restant un homme simple, François HOLLANDE a dégagé une haute conception de la fonction présidentielle.

 

Le 16 octobre 2011, au soir de sa désignation en qualité de candidat du Parti socialiste François HOLLANDE a déclaré : «Ce soir j’ai reçu un mandat du peuple de Gauche. J’y consacrerai toutes mes forces, toute mon énergie. J’ai la volonté de réussir le changement. Je ferai en sorte d’y parvenir en convainquant de la justesse de ma démarche, de la force de notre approche».  Quels enseignements pour la France et pour le Sénégal sur cette «volonté de réussir le changement » ?

 

La Droite avait ironisé sur cette primaire, croyant naïvement qu’elle a été organisée parce qu’aucun candidat ne se dégageait du lot, et que de toute façon, les socialistes allaient s’entredéchirer, que ce serait un fiasco. La Droite avait tenté de saboter les primaires en faisant ressortir une polémique très légère sur un possible fichage des électeurs par le Parti socialiste. Mais les garanties données par le PS, par un contrôle des huissiers et la destruction de ces fichiers, a convaincu une participation massive des citoyens. Cette primaire a même permis, avec la participation d’un 1 €uro, de dégager un bénéfice de plus d’un 1 000 000 €uros pour la campagne de François HOLLANDE. La primaire a permis au PS d’occuper le terrain politique, avec un débat de fond, sans abîmer considérablement l’image du candidat ; ce qui a fortement inquiété M. SARKOZY qui a organisé depuis le 18 octobre 2011 une contre-offensive médiatique. Apparemment, la Droite organisera des primaires, mais pour les présidentielles de 2012, et pour les élections municipales de 2014, à Paris, des pétitions circulent déjà pour réclamer ce mode de sélection.

 

L’engagement de M. François HOLLANDE de «réussir le changement» ; il ne suffit pas de le dire, mais il faudra le faire. Pour nous qui sommes des citoyens français originaires d’Afrique, nous serons vigilants sur plusieurs points : l’application de la diversité en politique, le droit de vote des étrangers aux élections locales, et l’abolition de la «France-Afrique».

 

1 – Le Parti socialiste devra appliquer une diversité réelle en politique et rejeter toute forme de «diversité cosmétique».

 

Au sein du Parti socialiste, des militants noirs réunis au sein d’un dénommé «Mouvement Equité», ont dénoncé la situation actuelle qui est particulièrement inéquitable et proche de la ségrégation raciale.

 

Alors que sous la IVe République d’importantes personnalités noires ont pu accéder à des responsabilités ministérielles (SENGHOR, HOUPHOUET-BOIGNY), sous la Ve République, la classe politique, y compris le Parti socialiste, a choisi une logique d’exclusion. Ainsi, aucun militant noir n’est élu au conseil national, au bureau politique et dans les fédérations. Or, dans ces lieux de décisions que s’opère «le partage du gâteau», longtemps à l’avance. Ainsi, pour les législatives de 2012, les différents courants se sont déjà répartis les postes, de telle sorte quand les appels de candidatures seront lancés plus tard, les circonscriptions gagnables sont déjà pourvues. On fait semblant de lâcher du lest mais en refilant aux femmes et aux Nègres, des lieux où ils n’ont aucune chance de succès.

 

Pour se donner bonne conscience, les dirigeants socialistes, quelle que soit leur sensibilité, ont préféré appliquer la «diversité cosmétique », c'est-à-dire choisir «un Nègre de service », peu dérangeant, au détriment surtout des militants de longue date qui ont la preuve de leur fidélité et de leur efficacité. Ainsi, à Paris, les exemples de ce qu’il ne faut pas faire sont nombreux. Koko LONSI, un Français d’origine congolaise avait réussi à battre Anne HIDALGO, pourtant première adjointe au Maire de Paris, dans sa section du 15ème arrondissement. Mais cette « promotion », s’il était un Blanc l’aurait conduit à des responsabilités nouvelles. Rien de tout cela. Il a été licencié de son emploi à la ville de Paris, puis on a repris en mains la section François Mitterrand du 15ème arrondissement. Soulèye DIAWARA, responsable de la section du 17ème arrondissement aurait être sénateur à Paris, mais il a été mis sur une position non éligible.

 

Aux élections législatives de 2007, divers militants noirs se sont présentés à l’investiture de notre Parti, mais ont été laminés par le vote des militants. Comment peut-il en être autrement, si on est minoritaires (invisibles) dans une société à dominante blanche ?

 

Il est vrai que la liste des circonscriptions réservées à la diversité n’a été diffusée qu’après la clôture du dépôt des candidatures aux législatives. Et c’est bien regrettable.

 

Maintenant que le Parti socialiste dirige la majorité des communes, des départements, des régions, le Sénat, et va accéder à la Présidence de la République, sans regarder tout le temps dans le rétroviseur, je souhaiterais formuler les propositions suivantes :

 

Première proposition : à défaut d’une représentation à l’Assemblée Nationale, équitable, il serait plus juste, si nous gagnons les présidentielles que les cadres issus de la diversité soient bien représentés, sous réserve naturellement d’un critère de compétence, dans la Haute Administration (cabinets ministériels, dirigeants de sociétés nationales, missions diplomatiques, corps préfectoral, bref dans tous les postes à discrétion).

 

Deuxième proposition : exiger des municipalités, des conseils généraux et régionaux, pour les élections de 2014, que les candidats issus de la diversité, puissent accéder à de vrais postes à responsabilité (maire adjoint, président ou vice-président d’une commission),

 

Troisième proposition : créer une Maison d’Afrique et des Caraïbes qui constituera un lieu de mémoire, de culture, de rencontre, et d’apprentissage des valeurs républicaines, de la tolérance et du respect mutuel, de la démocratie et de la citoyenneté.

 

 

 

Quatrième proposition : la diversité devrait être présente dans toutes les instances de décisions du Parti socialiste (fédérations, conseil national, bureau politique) ; c’est une question d’équité et de justice conforme aux valeurs de la République et à la volonté de François HOLLANDE de «réussir le changement».

 

2 – Le Parti socialiste devra veiller à ce que la promesse de 1981 de François MITTERRAND sur le droit de vote des étrangers soit enfin appliquée, et notamment pour les élections locales de 2014.

 

Par rapport à cette volonté de changement affichée par François HOLLANDE de réussir le changement, nous attendons depuis plus de 30 ans, le droit de vote des étrangers aux élections locales

 

Au congrès du 24 janvier 1981, à CRETEIL à l’investiture de François MITTERRAND en qualité de candidat socialiste, j’avais applaudi à tout rompre sa 80ème proposition visant à accorder le droit des étrangers aux élections locales, après 5 ans de résidence en France. Le 9 août 1981, Claude CHEYSSON, alors Ministre des relations extérieures, en visite à Alger, annonce même un projet de loi en préparation. Le 5 novembre 1984, Pierre JOXE, Ministre de l’intérieur et de la décentralisation souscrit à cette démarche. Mais le 6 juin 1985, Georgina DUFOIX, Ministre des affaires sociales, dans une interview au journal Le Monde, estime que cette initiative est prématurée. Les étrangers d’origine peuvent voter aux élections locales depuis une résolution du Parlement européen du 14 février 1989, mais Michel ROCARD, dans une déclaration en date du 6 octobre estime qu’il faudra réviser, au préalable, la Constitution. Lionel JOSPIN, premier secrétaire du PS, que j’avais interpellé en 1984, à la Sorbonne, à l’amphithéâtre Richelieu, se raccroche à cette manœuvre dilatoire. François MITTERRAND tout se déclarant toujours partisan de cette mesure, a fini par avouer que «la société française n’y est pas prête».

 

Dans la nuit du 3 au 4 avril 2000, à l’initiative des Verts, l’Assemblée nationale adopte en première lecture une proposition de loi constitutionnelle relative au droit de vote et à l’éligibilité des étrangers non communautaires aux élections locales.

 

La Droitepopulaire dirigée par Thierry MARIANY de l’UMP, agite déjà le chiffon rouge dans l’édition du journal Minute du 19 octobre 2011, qui est un organe de presse d’extrême-droite. Pourtant, le 25 novembre 2005, M. SARKOZY, d’origine hongroise, alors qu’il était Ministre de l’intérieur de la France, avait surpris en déclarant être favorable à cette réforme en ces termes : «A titre personnel, je considère qu’il ne serait pas anormal qu’un étranger en situation régulière, qui travaille, paie des impôts et réside depuis au moins 10 ans en France, puisse voter aux élections municipales». On sait que depuis le 24 septembre 2011, le Sénat a basculé à gauche et que l’argument constitutionnel n’est plus tenable.

 

Lors des primaires des socialistes, il n’y a pas eu de voix dissonantes. Tout le monde est pour ce nouveau droit. Cependant, comme le dirait ma grand-mère Dourma LY, «je suis un aveugle, je ne vois que ce je touche ». On veut des actes, et non pas seulement des paroles apaisantes.

 

3 – Le Parti socialiste devra abolir la détestable «France-Afrique».

 

Dans cette ferme volonté de réussir le changement nous attendons l’abolition de la « France-Afrique », qui est devenue synonyme de rapports paternalistes et néo-coloniaux.

 

François HOLLANDE souhaite, s’il est Président de la République, clarifier les rapports avec l’Afrique, et ceux-ci doivent se fonder sur trois principes. Tout d’abord, le principe de légitimité, les états sont reconnus et les démocraties sont respectées. Ensuite, les relations sont renforcées, en termes d’aide notamment, l’Afrique est considéré comme un «continent d’avenir». Il faudrait enfin faire confiance aux Africains pour régler les questions qui les concernent directement ; la médiation africaine doit être privilégiée pour régler les crises. Bref, le discours de Dakar de M.SARKOZY, sur l’homme africain, est condamné. François HOLLANDE souhaite en finir avec les rapports de domination, d’influence et d’affairisme pour les amis du pouvoir. La France devra cesser de donner des leçons aux Africains et défendra l’idée que la démocratie, les valeurs de progrès et de liberté valent partout dans le monde et notamment en Afrique.

 

Il veut continuer de défendre l’immigration familiale ; le droit de mener une vie familiale normale est un «droit reconnu » à tout individu quelque soit sa nationalité. Les étudiants étrangers sont considérés comme étant «une chance » pour la France. S’agissant de l’immigration économique, François HOLLANDE dit qu’il proposera un «débat au Parlement pour fixer un volume de cette immigration économique, en liaison avec les secteurs professionnels concernés».

 

Lors du débat sur la primaire, les candidats à la candidature ont réaffirmé la volonté, en 2012, de régulariser les clandestins sur la base de critères, notamment familiaux, et sur l’ancienneté séjour. Arnaud MONTEBOURG avait même parlé de «critères larges et généreux» de régularisation.

 

Toutes ces propositions ne pourront être mises en œuvre que si François HOLLANDE est élu Président de la République le 6 mai 2012. Nous avons tous remarqué, avec un grand regret, lors de ces «Primaires citoyennes», que les ouvriers et les jeunes issus des banlieues n’ont pas participé à ce scrutin. J’invite tous ceux qui ont la nationalité française de s’inscrire sur les listes électorales avant le 31 décembre 2011. Le droit de vote que nos parents étrangers attendent depuis si longtemps, est déjà accessible à tous les nationaux de souche étrangère. Si l’on est citoyen on doit pouvoir défendre ses droits, démocratiquement, pour notre dignité et le respect du principe d’égalité.  Pendant ces années du sarkozysme la Droite n’a pas cessé de stigmatiser les personnes de souche étrangère. Aujourd’hui, il existe des ponts entre le parti de M. SARKOZY, l’UMP, et le Front national ; il s’agit du Parti populaire de Thierry MARIANI. Il n’est pas inconcevable que l’UMP, qui n’a pas de réserves de voix, s’allie avec le Front national. Tous les Républicains, doivent être vigilants pour que la situation du 22 avril 2002 ne se reproduise plus.

 

En définitive ces primaires socialistes ont été un grand succès et ont réhabilité la politique. Au Sénégal, avec plus de 190 partis politiques, il serait utile d’instaurer des primaires pour départager les deux principaux camps. On voit que du côté du BENNO SIGGIL, cette procédure aurait pu constituer un referendum pour le départ de Abdoulaye WADE. Dans le camp des libéraux, le trop de candidatures et d’ambitions personnelles entre Idrissa SECK et l’héritier du régime, Karim WADE, aurait pu clarifier les enjeux.

 

Amadou Bal BA, Paris le 24 octobre 2011.

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