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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 15:39

Comment bien vivre ensemble dans le respect mutuel ?

Durant le week-end du 20 au 21 juillet 2013 des émeutes ont secoué une ville sensible, Trappe, dans les Yvelines. À l'origine des violences : un contrôle de police. Les forces de l'ordre ont, en effet, voulu vérifier l'identité d'une femme, Cassandra, portant un voile intégral sur la voie publique ; ce qui est interdit depuis 2011. La situation a, alors, rapidement dégénéré. Le compagnon de l'interpellée, Mikhael, un Français converti à l'islam, âgé de 21 ans, est accusé d'avoir agressé un policier, et tenté de l'étrangler pendant le contrôle. Ces incidents ont, une fois de plus, renouvelé cette interrogation majeure : comment bien vivre ensemble dans le respect mutuel ?

Le port du voile intégral, par certaines femmes intégristes musulmanes est, non seulement un acte de provocation et de défi à la laïcité, mais, et surtout, une double méprise de ce que c’est l’Islam. D’une part, ce serait-ce qu’une des épouses du Prophète Mahomet était commerçante, et était en contact direct avec des hommes. Les Femmes peuvent, et doivent, prendre toutes leurs responsabilités ; elles ont vocation à occuper la juste place qui leur revient dans la société. Une femme musulmane vient d’être nommée patronne de la police sénégalaise et la parité, dans ce pays musulman, à 95% a été appliquée aux législatives de 2012 et reste à l’ordre du jour des municipales de 2014. D’autre part, cette idée, saugrenue, des intégristes que la Femme serait un objet de désir et de tentation pour les hommes, n’a aucun sens. C’est une tradition née dans une société tribale ou dans l’imaginaire de nouveaux convertis, comme Cassandra et Mikhael. Ces usages, d’un autre âge, faits par et pour les hommes, sont uniquement destinés à asservir et soumettre la femme aux caprices des phallocrates.

Je suis consterné par les réactions inadéquates de ces «sauvageons» écervelés, qui brûlent les voitures de leurs voisins et les bus. Brûler la voiture du voisin, pauvre comme vous et qui en a besoin pour aller travailler n’a aucun sens politique ; c’est de l’idiotie. Ces dégradations et ce climat de violence accroîtront leurs difficultés dans leurs quartiers, ainsi stigmatisés. La désertification ira en s’accentuant (privation de commerces et services publics de proximité, dont les transports publics). Je ne demande pas qu’ils aillent incendier les biens des gens du château, à Neuilly sur Seine par exemple. Non, j’ai une profonde révulsion pour la violence. De ce point, j’adhère, sans limites, à la théorie de GANDHI sur la non-violence, qui est d’une efficacité redoutable en démocratie. Je constate que nos concitoyens venus d’ailleurs, ont choisi de rejeter, en masse, la participation aux consultations électorales. Ils favorisent ainsi la poussée du Front National dont les militants sont toujours bien mobilisés pour nous bouter hors de France. L’effet le plus désastreux de l’abstention concerne leurs conditions de vie des exclus. Quand on demande une place en crèche, un logement social, le financement d’une association et que l’on se désintéresse à la vie de cité, on se marginalise soi-même. Par conséquent, la Politique ce n’est pas quelque de chose de sale. La Politique reste noble si elle est entendue au souci de bien gérer les affaires de la Cité. Je suis admiratif de la grande faculté de la communauté juive, discrète, mais particulièrement bien organisée pour défendre utilement, les intérêts de ses membres. Par conséquent, quand, on citoyen, on  ne s’abstient pas aux consultations électorales. Voter ce n’est pas servir les ambitions personnelles du Politique, mais pour défendre efficacement ses droits. Les Politiques ne connaissent que les rapports de force. Or, de ce point de vue le bulletin de vote est nettement plus efficace que le bidon d’essence. C’est l’arme la plus redoutable au service des justes causes des plus faibles. Par ailleurs, nous sommes sous-représentés dans la vie politique (partis et institutions électives) et la haute administration. Même si la diversité a progressé ces dernières années, c’est une «diversité cosmétique et choisi». Le notable blanc choisi son Arabe ou son Nègre docile pour se donner bonne conscience. Une partie de nos concitoyens, issus de l’immigration, font de la Politique de longue date et ce sont parfois des militants aguerris et clairvoyants. Cependant, le refus des communautés arabes et noires de s’impliquer dans la politique, leur prive de base électorale et d’efficacité dans les actions concrètes de lutte pour l’égalité. Ils deviennent ainsi des «élus de seconde zone», sans pouvoir réel. Cette neutralisation des élus issus de la diversité qui deviennent des « Nègres de service», contribue encore à décrédibiliser la Politique. C’est toujours le Blanc qui décide pour nous, mêmes quand on a des élus. Il nous faudra, un jour, une organisation capable d’imposer aux partis politiques des représentants dignes de ce nom et de les former à la mobilisation, pacifique, citoyenne de tous ces jeunes égarés qui ne font que basculer dans la violence.

Je suis étonné du silence assourdissant des dignitaires religieux musulmans en France, sur le port du voile intégral. Ils devraient rétablir la vérité sur le statut des Femmes ; leur mission, en raison de leur poids moral, est de contribuer, significativement, à la cohésion sociale. Peut-être qu’on ne leur a pas donné l’occasion de le dire, sans concession. Pour ma part, je l’affirme haut et fort, mon Dieu à moi, mon Dieu de fer, est celui de l’Amour, de la fraternité et de la tolérance. Je dirai, sans blasphémer, que mon Dieu est nécessairement républicain. On ne peut être croyant de façon désincarné, sans s’intéresser aux questions de justice et d’égalité, en ce bas monde. Dans une Sourate du Coran, il est dit «Dieu est proche de vous que votre nœud gordien». Je souscris, sans réserves, à la conception du Mahatma GANDHI de la spiritualité : «Dieu est vie, vérité, lumière, amour. Il est le Bien Suprême». Sans cette compassion, il est impossible de vivre ensemble, où que l’on soit.

Il est particulièrement important que cette écrasante majorité silencieuse condamne, sans appel, tout acte d’un des nôtres qui est contraire aux règles de bienséance. On ne s’agglutine pas, on ne crache pas devant les immeubles. Encore moins, on ne dégrade pas les équipements publics qui sont les biens les précieux pour les plus démunis. On ne fraude pas les transports. Bref, on s’abstient de tous ces comportements indignes d’un citoyen de la République. Je trouve qu’on ne dit pas assez fort que les incivilités, le manque de savoir-vivre, ne font pas partie de nos valeurs culturelles. Si l’on veut combattre, efficacement, le racisme, il faut que chacun d’entre nous soit exemplaire dans son comportement. Les dérives d’une minorité font l’objet d’une exploitation politique honteuse des partis d’extrême-droite. Cela favorise la libération de la parole raciste, même si c’est un Blanc converti qui tente d’assassiner un militaire ou qui s’oppose à la police à Trappes. A chaque fois qu’un événement malheureux est médiatisé, on nous rétorque c’est encore un Noir ou un Arabe. Cela ne veut pas dire que les autres communautés notamment Blanche, Juive ou Asiatique, ne commettent pas de délit. Tout au contraire, on y enregistre des faits particulièrement graves. Mais n’importe quel incident, aussi mineur qu’il soit, commis par une personne d’origine étrangère, fut-elle française, c’est l’ensemble de l’immigration qui est stigmatisée. Je viens d’un continent, l’Afrique, qualifié de « berceau de l’humanité», où on respecte l’autre. Pour être respecté, il faut inspirer le respect. Quand on est citoyen, on a des droits, mais aussi des devoirs. Tout droit comporte, nécessairement, en contrepartie, des obligations. Il n’y a pas de droits sans obligations. La France est une société de liberté qu’on doit apprécier, à sa juste valeur. Mais cette liberté ne peut être garantie, efficacement, qu’avec le concours de tous, dans le respect mutuel. Une fois qu’on est exemplaire, on peut, la tête haute, et sans concession, défendre ses droits. Et être prêt à mourir pour cela.

L’Etat républicain est faible vis-à-vis des délinquants notoires, multi-récidistes et connus de tous. Tous les faits qui relèvent, non pas de la révolte sociale, mais d’infractions crapuleuses (contrebande, trafic de drogue, troubles de voisinage, fraude à la sécurité sociale, dégradations de biens publics ou privés, agressions), doivent être sévèrement sanction L’origine ethnique ou les difficultés sociales ne sont nullement une excuse, pour apporter une réponse pénale adéquate au trouble de l’ordre public. M. SARKOZY, dans sa rhétorique parfois excessive avait promis de « nettoyer tout cela au Karcher». J’appelle à une réaction, sans excès, particulièrement juste et proportionnée de l’Etat républicain, face à toute atteinte aux règles du savoir-vivre ensemble. Tous sont soumis à la loi et particulièrement ceux là qui nous pourrissent quotidiennement la vie. La lâcheté et la couardise nous empêchent de porter plainte. Même quand va à la Police, cela les ennuie de prendre une plainte, une simple mainte courante, souvent, classées, sans suite est prise, après une grande insistance. En effet, à Paris, dans le quartier de Barbès, on vend des cigarettes de contrebande sur la voie publique. A Paris, autour du Louvres, vers le Palais de justice, et surtout dans le métro, une bande de jeunes tziganes détroussent, en plein jour et au vu de tous (les caméras filment certaines rues), les touristes. Dans nos cités, les trafiquants de drogue font leur loi ; ce qui génère une bonne partie de l’insécurité. La Police nous dit «on les attrape et la Justice les relâche. Donc, on les laisse poursuivre leurs activités». On devrait réformer la loi sur ces violations, manifestes et publiques, de la paix et de la sécurité publiques. Certains exigent de réformer ou de restreindre notre système social, jugé généreux et qui occasionne des abus. Sans doute que les fraudeurs doivent répondre de leurs actes devant la justice. Les finances c’est les biens de tous et doivent gérés convenablement. Cependant, l’Etat n’a pas là aussi la responsabilité qui l’incombe. Quelle que son origine ethnique, il est parfois plus intéressant de rester sous le régime des aides sociales que d’aller travailler. Aucun gouvernement n’a pas rendre les minimas sociaux provisoires, comme un soutien et un encouragement à rechercher et trouver du travail. C’est là le grave problème.

En France, certains mineurs pensent que leur statut les autorise à enfreindre la Loi, en toute impunité. En Afrique, quand un jeune manque du respect à un Ancien, il reçoit immédiatement une correction, et on lui fait la leçon après. C’est l’une des faiblesses de la démocratie française, sa grande permissivité. Des parents qui exercent la moindre pression sur leur enfant sont convoqués devant la justice et sont privés de leur autorité parentale. Je ne suis pas un père fouettard. Je ne réclame pas des châtiments corporels à tout-va. Mais les parents ont le devoir de veiller l’éducation morale de leurs enfants et fixer des limites à ne pas dépasser. L’Etat républicain devrait instaurer un service civil d’un an, en Afrique ou au Maghreb, pour ces jeunes désoeuvrés. A leur retour, en France, une fois qu’ils auront découvert ce que c’est le sous-développement, les valeurs africaines, ainsi que l’encadrement militaire avec des règles à respecter, ils apprécieront mieux de vivre ici.

L’Etat républicain est, revanche, particulièrement, dur contre cette majorité paisible qui ne demande qu’à vivre légalement en France. L’Etat s’il doit traiter les troubles à l’ordre public, doit également, les causes profondes de ceux-ci et y apporter des solutions adéquates. Ainsi, les lieux de cultes pour les nos Ancêtres les Gaulois, ainsi que ceux la communauté juive, sont encouragés et même financés. Pour les autres, notamment les communautés musulmanes et bouddhistes, il ne leur reste que les prières de rue. Ainsi, depuis plus de 15 ans, les Musulmans, attendent un permis de construire pour une mosquée dans le 19ème arrondissement. Pendant, ce temps, la ville de Paris finance, à grands frais, des crèches et des écoles confessionnelles de mouvements extrémistes, les Loubavitch.

Je suis estomaqué de voir que les collectivités locales, pour acheter la paix sociale, pendant les vacances, organisent des séjours pour les trouble-fêtes. Sans doute qu’il faille miser sur la rédemption, toujours possible, de l’Homme. Il faut donner une chance, même à ceux qui ont fauté. Cet optimisme, sans limites, de la France, en la capacité de tout individu de s’amender, me va très bien. Mais de là à organiser des villégiatures pour ceux qui nous pourrissent la vie, je ne peux qu’exprimer le plus grand désaccord. En revanche, et à mon très modeste avis, il eût été plus utile de porter une attention, sans limites, à cette masse silencieuse, cette écrasante majorité de gens particulièrement estimables, qui veulent s’en sortir. On devrait organiser un système de récompense, notamment, pour les élèves méritants dans les écoles. Cela ne coûte rien à une autorité municipale de recevoir les meilleurs élèves, et d’encourager ceux qui ont bien travaillé, en dépit de conditions familiales ou sociales difficiles. Cet encouragement peut se manifester, notamment, par des dotations en livres, en chèques vacances, ou en aide à trouver un stage, un apprentissage, un emploi d’avenir, un job d’été, passer le permis de conduire en rapport avec un projet professionnel, financer une préparation d’un concours, etc.

Cette responsabilité de l’Etat républicain est encore plus critiquable dans le domaine de la régularisation des sans-papiers, pour le retard injustifié de faire adopter la loi sur le droit de vote des étrangers. La naturalisation est devenue un parcours de combattant. Quand on est Chinois, on a 5 fois plus de chances de changer de statut d’acquérir la nationalité française qu’un Arabe ou Noir. Par ailleurs, dans les années 80, 52 personnes ont été assassinées à coup de bidons d’essence, en plein sommeil, dans des squats, à Paris. Nous réclamons enfin une enquête sérieuse et que les criminels soient poursuivis devant la justice. Personne n’en parle. Pourtant, on nous inonde, parfois, d’informations redondantes et futiles. Lors des émeutes de 2005, les policiers impliqués dans la mort de deux enfants ont été blanchis ; c’est le cas de le dire. Là aussi, c’est un profond sentiment d’injustice qui ne passe pas. La Droite qui donne des leçons de morale à la Gauche devrait avoir la décence de se taire. Les troubles de voisinage, dans les quartiers sensibles sont devenus le phénomène le plus criant du laxisme de l’Etat.

Je repose la question de la place du Front National, dans le système politique français. Les cas algérien (1992), égyptien (2013) avec la poussée des fondamentalistes, et surtout l’arrivée d’Hitler au pouvoir, en 1933, ont bien montré qu’un parti, hostile à l’égalité, une des bases essentielles de la démocratie, n’a pas sa place dans la République. Tout parti, souhaitant recueillir le suffrage des électeurs, devrait signer une déclaration minimale de respect des valeurs républicaines, comme la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, la Laïcité, ainsi que la forme civile du gouvernement. En attendant l’arrivée, toujours possible, de cette peste brune, la parole raciste a été libérée de façon extraordinaire en France, comme le montre l’ignoble déclaration du maire de CHOLET. On nous bave dessus, sans arrêt et en toute impunité, y compris par des injures venant des plus hautes autorités publiques,  les déclarations ignobles de Messieurs Nicolas SARKOZY, Claude GUEANT et Georges FRECHE. Cependant, on exige de nous de rester, en toutes circonstances des citoyens modèles, tranquilles et bien sages. Cette sourde colère qui gronde, depuis longtemps, dans les banlieues, ne devrait pas être sous-estimée.

Je suis inguérissable optimiste, persuadé qu’il faut du temps au temps et l’effort de tous pour bien vivre ensemble. Les Polonais, les Italiens, les Espagnols et les Portugais ont souffert en leur temps, de l’intolérance de certains. La cassure actuelle est profonde ; une simple étincelle peut tout faire basculer, dans l’impasse. Nous sommes au bord de la rupture, même si tout n’est pas perdu. Je suis, cependant, préoccupé quand on interroge les précédents de l’Histoire, concernant le passage de la Gauche au pouvoir. Drapé du manteau des valeurs républicaines d’égalité, de liberté et de fraternité, les expériences de gouvernement de la Gauche ont, souvent, fini dans des conditions quasi dramatiques. Ainsi, le Cartel de Gauche juin 1924 à juillet (Socialistes et Radicaux) a explosé devant le «mur de l’argent». En 1936, le gouvernement du Front Populaire (Socialistes, Communistes et Radicaux) de Léon Blum qui a mis en place des réformes sociales majeures, comme les congés payés, a été confronté aux ligues factieuses. Certains socialistes ont, hélas, voté les pleins pouvoirs pour le Maréchal Pétain. En 1981, l’espoir était immense. Mais le virage de 1983, et certains calculs politiciens pour casser la Droite, ont installé, hélas, le FN et ses idées, durablement, dans le paysage politique français. Même s’ils sont sous représentés au plan national et local, l’influence des idées FN, dépasse largement le cadre ce parti. Et, c’est là le danger qui guette la démocratie française : la lepénisation des esprits.

 

Tel un phénix, j’implore que cet espoir du bien-vivre ensemble que porte la Gauche ne soit pas déçu, à travers les municipales de 2014. François HOLLANDE n’a pas démérité. Loin de là. Je le trouve visionnaire, courageux, audacieux et particulièrement honnête. Cependant, le manque cohérence de la majorité, le caractère inaudible du discours de M. Harlem DESIR, premier secrétaire du PS, le chômage, le climat délétère en raison des mensonges de M. CAHUZAC, ainsi que de la vie de bâtons de chaise de M. DSK, ont brouillé notre message républicain. Nous devons garder espoir. Toute victoire de la Droite ou de l’Extrême-droite ne fera qu’engendrer de nouvelles souffrances et tensions. E président François HOLLANDE doit rester le rempart contre ces idées nauséabondes.

La Gauche, qui est un socialisme municipal, a mieux réussi, dans la durée, sa gestion des collectivités territoriales. Cependant, la ghettoïsation a dressé des murs presque infranchissables entre les différentes composantes de la société française. La France est devenue pluri-ethnique, mais on a du mal à l’admettre, de part et d’autre. Pour ces musulmanes voilées et pour ces jeunes qui ne savent même pas qui ils sont, le non-respect des valeurs républicaines est inacceptable. Pour nos ancêtres les Gaulois, nous serons toute notre vie, nécessairement, des immigrés. Le moindre écart est interprété comme un acte de déloyauté. Il faut abandonner sa culture et se fondre dans le magma dit républicain. On craint le soit disant «communautarisme », la double culture qui est pourtant une richesse si elle est bien gérée. Pourtant, nos Ancêtre les Gaulois, sont les premiers à nous rappeler, à la moindre occasion, que ne sommes pas comme les autres Français. Au détour chaque prise contact, on vous posera, souvent, une question pernicieuse «tu viens d’où ?». Jean-Marie LE PEN a bien résumé la situation : nous sommes des «Français à part entière, mais des Français entièrement à part».  Le regard que l’on porte sur nous devrait charger : nous sommes différents d’apparence, mais égaux à droits et devoirs.

Dans ces conditions, l’école,  le logement et le travail, sont devenus des enjeux considérables pour le bien-vivre ensemble.

L’école atteste bien que l’intolérance est une idiotie Très souvent ses premiers amis, d’une autre communauté, sont issus de l’école. L’école publique véhicule des valeurs d’égalité et d’intégration Nous devons lutter, farouchement, pour l’éducation, la scolarisation et la formation de nos enfants. Le racisme est, fondamentalement, la méconnaissance de l’autre. Les sondages montrent que les Blancs n’aimeraient pas avoir pour gendre un Noir et un Arabe, à plus de 70%. Cependant, dès qu’un Blanc connaît un Noir ou un Arabe, il s’empresse parfois de lui dire : «mais toi tu es intelligent, ou sympa, mais ce sont les autres qui nous pourrissent la vie». Ainsi, mon oncle Samba, de Nice, a été pendant longtemps cuisinier pour un militant du Front National. Ce dernier, au moment de son départ à la retraite, lui céda son restaurant, en lui disant : «toi, tu es travailleur, propre et honnête». Dès que Samba eut repris le restaurant, d’abord Juan Les Pins, puis à Nice, tout le monde, y compris, les gens de notre communauté, le mirent en garde : « à Nice, les gens c’est des fachos. Tu ne seras jamais accepté. Ton restaurant ne marchera pas». La clé de l’intégration est, en fait, non seulement dans l’exemplarité de notre comportement, mais aussi et surtout, dans notre cœur. «L’enfer ce n’est pas les autres», c’est l’idée que l’on se fait, parfois, d’un sentiment permanent de persécution. Par conséquent, pour bien vivre ensemble, comme l’a recommandé le Mahatma GANDHI, nous devons avoir la force d’aimer et respecter les autres. Et nous serions, alors, en paix avec nous-mêmes, pour nous concentrer, non pas sur les idées noires (c’est le cas de le dire), mais sur le sens que nous entendons à notre vie : s’orienter vers le Bien suprême. Et cela aussi la recherche de Dieu : nous perfectionner, sans cesse, pour être utile à nous-mêmes, à notre famille et à la société. Je reviens encore à GANDHI, ce prophète de la tolérance, et aux enseignements des religions monothéistes : «Dieu est Vérité et Amour». On ne fera rien de positif, dans sa vie, si on porte, en permanence, dans son cœur, la haine de l’autre et la violence. Je dois confesser que j’aime, sans limites, cette France républicaine, drapée d es valeurs d’égalité, de fraternité et de liberté. Je me battrai contre ceux qui ceux veulent détruire cette France des droits de l’homme, fut –il au péril de ma vie ou de ma liberté. Dans l’immédiat, face à la montée des périls et cette cassure profonde dans la cohésion sociale, la mobilisation pour les municipales de 2014, me paraît être un enjeu considérable.

Le travail est un facteur un puissant facteur d’intégration. Naturellement, le fait d’habiter dans une zone sensible, et de surcroît quand on s’appelle Mohamed, ne rend pas sa demande d’emploi attractive, pour certains employeurs. Il ne faudrait pas s’arrêter à ces idées convenues. J’estime que nos jeunes issus des banlieues, de plus en plus diplômés, sous-estiment ou méconnaissent les opportunités qu’offre l’entrée dans le secteur public. En effet, il y a de nombreux postes à prendre dans les fonctions publiques d’Etat, territoriale ou hospitalière. Le concours c’est l’égalité parfaite ; on ne peut pas suspecter les autres de discrimination. Quand, on est diplômé, il suffit de s’y préparer, méthodiquement, pour maximaliser ses chances. On peut entrer dans la fonction publique par la petite porte, par un concours de catégorie C ou B, et progresser vers la catégorie A, et prendre, par la suite, des postes à responsabilité. Dans cette démarche du concours, chacun est ainsi jugé, non par une «discrimination positive», mais ses capacités et ses mérites. Pour ce qui est de la haute administration (Etat et entreprises publiques), où les nominations sont discrétionnaires, le gouvernement, dans un souci d’équité, devrait nommer les personnes issues de la diversité à certains postes. Ces signaux positifs peuvent stimuler ceux qui sont enclins à sinistrose et au pessimisme. L’espoir est au cœur de la vie ; c’est un puissant facteur de mobilisation des énergies qui sommeillent en nous. Là aussi, même dans cette politique de discrimination positive et pour ne pas justement, la décrédibiliser, le critère de compétence doit rester le point nodal. Pour les autres jeunes qui veulent se destiner au secteur privé, les formations qu’ils entreprennent sont souvent inadéquates aux besoins des entreprises. Ce qui m’a le plus frappé c’est que ces jeunes ne savent pas ne savent pas se vendre sur le marché du travail. Dans mon métier de DRH, et lors des entretiens de recrutement, j’ai été sidéré, par certains comportements, ne pouvant qu’inciter, fortement, au rejet de la candidature : le portable qui sonne plusieurs fois, la mère, sans doute qui a un problème de garde, est venu avec 3 enfants qui ont perturbé l’entrevue, des effets vestimentaires surprenants, une grande innocence et une grande naïveté dans certaines réponses (j’ai perdu mon précédent emploi parce que je n’aime pas me lever le matin, je suis motivé pour un emploi dans le secteur public parce que je n’aime pas le travail trop dur, je veux tout de suite un CDI à temps plein, etc.). Certains jeunes qui obtiennent un emploi se font souvent licencier, non pas pour incompétence, mais en raison de leur méconnaissance de l’environnement du travail, des valeurs ou références culturelles (retards, conflits, refus de l’autorité, manque de savoir-vivre, etc.). Or, le savoir-être est l’une des composantes essentielles de la compétence qui ne résume pas seulement au savoir-faire. Dans le monde du travail, on comprend et tolère l’inexpérience, mais l’impolitesse isole le jeune et provoque le rejet. L’Etat, et peut la famille, ont un rôle stratégique et prééminent dans l’orientation, l’information des opportunités, l’apprentissage des techniques d’entretien et des règles de savoir-vivre, pour se maintenir, durablement, dans l’emploi.

 Le logement est au cœur du bien-vivre ensemble. Tout le monde appelle de ses vœux la mixité sociale. On craint pourtant les logements sociaux synonymes, pour les frileux, d’immigration, de pauvreté, de délinquance et d’assistanat. La fracture sociale devient de plus en plus grande. La rénovation, régulière, de parc de logement social, est une nécessité pour ces zones ne soient pas synonymes de relégation et ostracisées, plus que d’habitude. Pour l’instant les gens biens, même s’ils sont issus de l’immigration, ne cherchent qu’à fuir, ces quartiers à une forte concentration d’exclus.  Comment faire ?

Cette idée de Mme Ségolène ROYAL, candidate socialiste aux présidentielles de 2007, me paraît lumineuse : il faut que les locataires, après 10 ou 15 ans, puissent racheter leur logement en tenant des loyers déjà versés.

Il faudrait donner un sens nouveau à l’expression de « mixité sociale ». L’expérience de l’équipe de gauche, à Paris, conduite par Bertrand DELANOE, où cohabitent plus de 200 nationalité, me paraît une réussite sur laquelle on peut s’appuyer. Les arrondissements de l’Est parisiens qui concentrent les logements sociaux et les foyers de migrants et les squats, ont bénéficié d’une aide, sans précédent, pour rééquilibrer Paris. En particulier, l’expérience de l’équipe du 19ème arrondissement (38% de logements sociaux), confrontée aux demandes incessantes des communistes et des Verts, à encore plus de logements sociaux, mérite d’être valorisée. Dans le 19ème, la mixité sociale s’est traduite par la construction de logements en accession à la propriété, de résidences pour les étudiants, le développement de l’accueil des touristes, et particulièrement une audacieuse politique d’occupation de l’espace public (Paris Plage aux bords du Canal de l’Ourcq, rénovation de la Place Stalingrad et des jardins des Buttes-Chaumont, etc.). Mme Anne HIDALGO, candidate à la mairie de Paris pour 2014, a choisi deux axes stratégiques qui convergent vers le bien-vivre ensemble :

-        «Paris, une ville métropole», c’est-à-dire,  construction des logements, dans et hors Paris, au sein des départements voisins, mais mise en commun des ressources.

-        «Paris, une ville bienveillante». Durant ses deux mandatures, M. DELANOE a fortement investi dans les équipements publics et des opérations audacieuses d’animation de la ville. Il faut, à travers, le concept de « bienveillance », poursuivre cette œuvre magistrale et sans précédent, en créant davantage du lien social et de la solidarité. Faire tout pour que cette ville considérée, à tort, comme étant cité des « bobos », en perde pas l’essentiel : l’individu.

Par ailleurs il serait utile de donner un autre sens à l’expression de «logement social » qui ne signifie nullement pas «logements réservés aux pauvres», mais « logements à loyer raisonnables et accessibles en fonction de certains critères ». Dans ce contexte, rien ne s’oppose à ce que la classe moyenne, avec un quota de logements et des tarifs revus à la hausse, des propriétaires et des locataires avec des bas revenus, puissent cohabiter ensemble. Ces locataires peuvent, eux-mêmes, devenir propriétaires.

L’objectif majeur, à moyen et long terme, reste de construire  des logements suffisants, de qualité, avec des services de publics et des commerces de proximité, ainsi que des transports publics performants et sûrs. Finalement, l’objectif de François HOLLANDE, de rééquilibrer les comptes publics et de dégager des manœuvres de manœuvre, pour atteindre ces objectifs, me paraît louable. Pour l’instant, c’est douloureux, mais la finalité est hautement stratégique.

Croyants ou non croyants, que Dieu vous bénisse. Je prie pour une France et un monde républicains, fraternels, et soucieux du Bien-vivre ensemble, dans le respect mutuel.

Paris le 27 juillet 2013.                                                                       

 

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