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25 juillet 2020 6 25 /07 /juillet /2020 20:06

Le Mali dans l’impasse : vers le Chaos ou la chute d’IBK

En dépit de la médiation de chefs d'État africains, à Bamako, dont Macky SALL du Sénégal, l'opposition malienne, soit le groupe M. 5 RFP, continue, à travers son porte-parole Choguel Kokalla MAIGA, de réclamer le départ de IBK, en raison de sa profonde mal gouvernance. Le pouvoir du président Ibrahima Boubacar KEITA (IBK) est oligarchique et patrimonialisé, avec une corruption à grande échéance. IBK n’a pas respecté le deal national conduisant à son élection en 2013 ; ce n’est une question de contentieux électoral ou de gouvernement d’union nationale. Le Mali a perdu 80% de son territoire et IBK, contrairement à certains de ses homologues africains, comme le président Macky SALL, un Pharaon des temps modernes, ne peut revendiquer aucune réalisation importante depuis sa prise de fonction.
 

Pour l’Iman DICKO, à l’issue de cette médiation de chefs d’Etat africains, après l’échec de celle de la CEDEAO, rien n’a bougé. De fausses rumeurs, distillées sans doute par IBK, laissaient croire que l’Iman DICKO serait nommé premier ministre, dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale. L’Iman DICKO a coupé court à tous ces Hoax. Personne ne viendra du dehors imposer sa solution. Le Mali est un peuple debout et non soumis : «Je préfère mourir en martyr qu’en traître» précise l’Iman Mahmoud DICKO. Sa position et celle du Groupe M. 5, exigent toujours le départ d’IBK.

 

Compte tenu de cette impasse pouvant mener le Mali au Chaos, un sommet extraordinaire de la CEDEAO du lundi 27 juillet 2020 a été également un échec. En effet, la Mission conduite par M. Goodluck JONATHAN, ancien président du Nigeria, continue de ramener la crise sociopolitique au Mali à un simple contentieux électoral du deuxième tour du scrutin législatif et n’envisage pas le départ d’IBK, conformément aux directives des Maîtres, les Etats-Unis et la France. Aussi, les recommandations du Sommet de la CEDEAO réitèrent aussi «la démission immédiate des 31 députés contestés, la recomposition rapide de la Cour Constitutionnelle, la mise en place rapide d’un Gouvernement d’union nationale, ainsi que la mise en place rapide d’une commission d’enquête» pour situer les responsabilités dans les cas de décès, de blessés et destructions des biens, et la mise en place d’un Comité de Suivi de toutes les mesures prises. Par ailleurs, le Sommet a cru bon d’insister sur la mise en place par la CEDEAO «d’un régime de sanctions contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation de cette crise». Cela signifie donc une possible légalisation des sanctions contre les opposants engagés dans une procédure de désobéissance civile.

 

Les opposants, rassemblés autour du Mouvement M 5 – RFP, ont rejeté ces propositions du sommet extraordinaire de la CEDEAO en ces termes : «les conclusions du Sommet des Chefs d’Etat ne tiennent pas compte de la profondeur et de la gravité de la crise sociopolitique qui hypothèque l’avenir du Mali, ne correspondent aucunement aux attentes et aspirations du Peuple malien et surtout violent les lois et la Constitution du Mali que respectent le Mouvement» écrivent-ils. Les opposants continuent donc à réclamer la démission d’IBK en raison de sa «confiscation des principes républicains garantissant l’alternance démocratique». Par conséquent, le processus de désobéissance civile continue.

 

 On est surpris, en dépit de la gravité de la situation, par le déni et la mauvaise gestion de la crise par IBK, qui, au lieu de négocier et calmer le jeu, a choisi l’affrontement et l’invective. Le vendredi 10 juillet 2020, alors que les manifestations sont restées pacifiques, depuis le 5 juin 2020, le président malien, Ibrahima Boubacar KEITA (IBK), devant leur ampleur et détermination, refusant tout dialogue, a choisi, subitement, la répression, la brutalité et le meurtre : 11 manifestants ont été tués, plus de 100 blessés graves et tous les leaders de l'opposition malienne, dont Choguel Kokalla MAIGA, arrêtés. Les opposants ont fini par être libérés, leur arrestation avait intensifié les troubles au Mali. Le groupe M. 5 manifeste depuis le 5 juin 2020, pour notamment exiger le départ de Ibrahima Boubacar KEITA, le président malien.

 

L’opposition réclame aussi la libération de Soumaïla CISSE et 6 membres de sa délégation, enlevés par les forces armées maliennes depuis le 25 mars 2020. L’opposition avait entamé des négociations secrètes avec IBK : son maintien au pouvoir, mais en contrepartie les élections législatives devraient être annulées, Soumaïla CISSE étant pris en otage la veille du scrutin. L’entêtement de IBK ne fait qu’empirer la situation, compliquant ainsi la gestion de la crise malienne, avec des points de non-retour. Pour apaiser cette tension, devenue insurrectionnelle, il faudrait donc libérer immédiatement Soumaïla CISSE, devenu un otage du régime malien et punir ceux qui ont tiré sur des manifestants pacifiques. Cette répression, loin de calmer la situation a renforcé la désobéissance civile, plus déterminée que jamais. Au cœur de la tension ce système pourri ce sont les gaspillages de deniers publics et la corruption. Ainsi les fils et le père sont accusés de détournement de deniers publics évalués à plusieurs milliards d'euros. L'aide massive internationale s'est volatilisée. Le président malien IBK reconnaît avoir acheté un avion présidentiel à 30 millions d'euros, non budgété. En raison de cette dépense somptuaire, pour un pays pauvre et en guerre, les instances internationales, comme le FMI, ont coupé les vivres. Outre la tension politique, avec la désobéissance civile ainsi que le kidnapping de Soumaïla CISSE, le Mali est donc menacé de cessation de paiement. La gestion de cette crise, appelant une négociation, aussi bien par IBK que les Occidentaux, est calamiteuse. En raison de la répression, il faudrait s’attendre au pire. En effet, en dépit de cette mobilisation populaire, ainsi que de la condamnation du gaspillage des deniers publics de cet Etat pauvre, l’Ambassade des Etats-Unis à Bamako ose écrire «tout changement extraconstitutionnel est hors de question».

 

Il va falloir quand même négocier, pour sortir du bunker, dans lequel s’est enfermé IKB. La France ne voit la situation malienne qu’à travers le terrorisme et l’Opération Barkane, qui, pour l’instant bien coûteuse, n’a rien résolu. Les Maliens sont confrontés, chaque jour, à des règlements de compte, à des assassinats, l’insécurité s’est généralisée à tout le pays. Rien que le vendredi 24 juillet 2020, au moins 25 gendarmes maliens sont morts dans un traquenard. Dans le reste du pays des civils meurent chaque jour, dans l'indifférence presque générale. On ne parle que de la mort, sans doute tragique, de soldats français.

 

Par conséquent, il y a le feu au lac ; il ne faudrait donc pas que ces tensions se propagent dans d’autres Etats africains faibles comme le Burkina Faso et le Niger, avec son uranium, utile pour les centrales nucléaires françaises. Pourtant le peuple malien souffre en raison de ce régime de plus en plus répressif. Les pays africains, riches de leurs matières premières, de leur jeunesse et de leur culture, ne sont pas pauvres, mais mal gérés par des bourgeoisies nationales sans conscience sociale. Le Mali fait deux et demi la superficie de la France, pour 18 millions d'habitants seulement, avec un sol notamment au Nord, riche de matières premières, et tant convoité depuis la chute de Modibo KEITA. IBK, dans son entêtement, soutenu en cela par la France, agite le chiffon rouge : l’Iman DICKO veut installer un régime islamiste au Mali.

 

La France, défendant son pré-carré, réclame le maintien au pouvoir de IBK est sans doute tire les ficelles des négociations à la CEDEAO : «La France reste préoccupée par le retard pris dans la mise en œuvre des recommandations déjà émises. Celles-ci offrent les voies pour sortir de la crise que connaît le pays depuis de nombreuses semaines, pour rétablir la légitimité des institutions mises en cause, la Cour constitutionnelle et l’Assemblée nationale, et répondre aux demandes de l’opposition et la société civile, dans le strict respect de la Constitution» dit un communiqué du Quai d’Orsay en date du 27 juillet 2020. Pourtant, l’Iman Mahmoud DICKO, un religieux, n’est pas le principal artisan de cette Révolution, mais un collectif : le groupe M 5 (Choguel MAIGA, Mountaga TALL, Issaga Kaou DJIME et Ben Le Cerveau). Par ailleurs, pour les opposants réunis dans le mouvement M 5 – RFP, l’analyse de la France ramenant la crise malienne uniquement à des questions de terrorisme et de fondamentalisme religieux, et non à la mauvaise gouvernance d’IBK est un peu courte et tronquée. En effet, pour les opposants ces «insinuations tentent de diluer les revendications populaires républicaines en brandissant l’épouvantail terroriste-islamiste et divertir le Peuple malien qui a, depuis des siècles, opté pour la tolérance religieuse, l’islam choisi et la laïcité» disent-ils.

 

Au lieu de ramener les questions africaines au terrorisme et à l’Islamisme, l’enjeu posé par le Groupe M 5 RFP paraît légitime : Les Africains veulent, comme tout le monde, vivre dignement et décemment. Cette revendication juste, au lieu d’être méprisée, devrait être accueillie, avec attention et considération, dans les toutes les négociations. Dans la situation de Chaos où se trouve le Mali, et pour cette politique de terre brûlée, IBK risque de finir, tragiquement, comme Mouammar KADHAFI, ce qu’on ne souhaite pas, naturellement. En effet, bien des régimes monarchiques et dynastiques, se croyant indéboulonnables, sont, finalement, tombés, dans la honte et le déshonneur, en Afrique : BEN ALI en Tunisie, Hosni MOUBARACK en Egypte, Omar EL-BACHIR au Soudan, Abdelaziz BOUTEFLIKA en Algérie, Robert MUGAGBE au Zimbabwe, Yaya JAMEH en Gambie, Joxe Maria VAZ en Guinée-Bissau, Blaise COMPAORE au Burkina Faso. Il existe encore des poches de résistance : Paul BIYA au Cameroun, le clan EYADEMA au Togo, la tribu des BONGO au Gabon, Idriss DEBY au Tchad, Teodoro OBIANG NGUEMA en Guinée Equatoriale, Alpha CONDE en Guinée Conakry. La Vérité finira toujours par vaincre le mensonge. Solidarité avec le peuple malien ! Une situation à suivre attentivement.

 

Paris, le 28 juillet 2020 par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 

 


 

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