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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 12:01

Le 4 avril est à la fois la fête nationale du Sénégal, mais aussi un jour de deuil. En effet, c’est le 4 avril 1807 que le premier Almamy du Fouta-Toro, Abdelkader KANE (1721-1807), a été assassiné à Goukiri Samba Diom.  Ce 4 avril 2020 était programmé pour fêter avec un grand éclat les 60 ans de l’indépendance, mais avec cette pandémie du Coronavirus ayant déjà fait deux victimes au Sénégal, le coup du sort en a décidé autrement. Nous ne sommes qu’au début de ce bilan macabre, la cadence des morts pourrait s’accélérer, comme certains pays occidentaux (Italie, Espagne, Etat-Unis). En effet, les Africains pourraient mourir, en masse, comme des mouches. L’Afrique, en dépit de ses importantes réserves de matières premières, est déjà marginalisée, dans cette société globalisée. De surcroît, cette pandémie, ajoutant la difficulté à la difficulté, pourrait menacer l’Afrique dans son existence même, un continent sans structures sanitaires viables, sans règles sanitaires minimales, et en raison du coût financier prohibitif d’un éventuel confinement insupportable pour les finances publiques, et des maisons bondées, d’où une difficulté supplémentaire donc à appliquer, strictement, les mesures de distanciation sociale. De surcroît, des chercheurs à l'INSERM, en France, proposent même de transformer les Africains en cobayes, pour tester leurs médicaments. «Il est temps de travailler ensemble à l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui met l’humain et l’humanité au cœur des relations internationales» dit le président Macky SALL.

Par conséquent, la fête nationale du Sénégal ne se déroulera pas, en centre-ville de Dakar, mais au palais présidentiel, dans un cadre intimiste. Distanciation sociale oblige. «Cette année, nous célébrons soixante ans de liberté retrouvée et de fraternité constamment revitalisée. Nous devons ce parcours paisible et convivial à notre commun vouloir de vie commune, à l’abri des turbulences qui déchirent les peuples et froissent leur destin. Ce legs des anciens nous engage à tenir ferme le flambeau de la liberté, de la paix et de l’unité nationale, afin qu’il continue d’illuminer notre voie et celle des générations futures» dit le président Macky SALL. Mais y-a-t-il vraiment, 60 ans après les indépendances africaines, quelque chose à fêter en Afrique ?

On se souvient de ce grand tube, en 1960, «Indépendance Cha Cha», de Joseph KABASELE (1930-1983) et son «African Jazz», en l’honneur de l’indépendance du Congo, sur lequel tous les Africains avaient dansé pour la liberté, nouvellement acquise. Cependant, et dès 1962, jouant aux Cassandre,  René DUMONT (1904-2001), professeur à l’Institut agronomique Paris-Grignon, candidat écologiste aux présidentielles de 1974, avait mis en garde contre euphorie prématurée : «L’Afrique noire est mal partie» avait-il écrit, en 1962, chez Seuil. René DUMONT, loin d’être un afro-pessimiste, un scientifique et militant de gauche, a toujours dénoncé l’exploitation du tiers-monde : «Notre expansion a été, pour une bonne part réalisée grâce au pillage du tiers-monde, du fait du sous-paiement des matières premières. La contrepartie en est la famine qui s’étend de plus en plus. La famine est due à la démolition des structures traditionnelles, des habitudes séculaires, de réserves de grains, et à une expansion inconsidérée de cultures d’exportation. Elle est due aussi aux dépenses abusives des élites qui veulent vivre à l’Occidentale, aux dépens de l’équipement agricole et industriel de leur pays» écrit-il. René DUMONT avait en effet plaidé pour une agriculture vivrière locale, favorisant la sécurité alimentaire et le développement durable. Humaniste, il appelait ainsi à une «autre civilisation». Dans l’édition de 2012, l’ancien président du Sénégal, M. Abdou DIOUF écrit dans sa préface : «peu de livres peuvent se targuer, cinquante après leur première édition en 1962, d’avoir gardé un tel pouvoir d’invocation».

Les indépendances auraient pu être une formidable occasion de reprendre notre destin en main. Personne ne peut se satisfaire du bilan de la promesse de l’indépendance qui a été trahie par des luttes fratricides pour la conquête et la conservation du pouvoir, les guerres et les conflits d'intérêt ainsi que les différentes calamités dont sont victimes les populations africaines. Nombre d'objectifs ne sont pas réalisés. Par exemple, l'industrialisation de l'agriculture tant prônée à la période des indépendances n'a jamais été effective dans la plupart des pays africains. On fait toujours le triste constat de l'utilisation continue des outils aratoires (houe - coupe-coupe - daba, etc.), qui maintient les producteurs agricoles au stade de l'agriculture de subsistance.

L’Afrique est en proie à des prédateurs intérieurs et extérieurs qui sapent toute idée de progrès économique et social. L’héritage est certes lourd,  l'Afrique ayant tragiquement traversé des siècles de souffrances physiques et morales, individuelles et collectives, comme la traite négrière et la colonisation, les plus grands génocides de l'histoire de l'Humanité. Dès 1365, les Français sont présents au Sénégal, sous forme de comptoirs de commerce. Confinés d’abord sur les côtes du Sénégal (Gorée et Saint-Louis, puis Dakar), ils ont entretenu et organisé l’odieux commerce  qu’est l’esclavage. Dans leur système colonial, les compagnies commerciales (Rochelle, Lyon et Marseille) et leurs banques, n’ont laissé aucune marge de manœuvre aux Africains, les maintenant dans un Code de l’indigénat, rigoureux. Même quand l’esclavage a été aboli, personne ne sentait libre.

Pendant longtemps, les conquêtes coloniales françaises ont été contrariées par diverses raisons (manque d’effectifs et de vision stratégique et cohérente de ses différents administrateurs coloniaux, Guerre de Cent ans, guerres napoléoniennes, etc.). Après la défaite à Waterloo, la France reviendra, pourtant, dans le concert des Nations. En effet, à la Conférence de Berlin les Européens se partagent ce délicieux gâteau qu’est l’Afrique avec des frontières artificielles. L’Europe a bien compris que l’industrialisation naissante doit s’accompagner de l’accaparement des matières premières africaines et l’ouverture de débouchés commerciaux. Un autre système de servitude se mettait en place : l’Afrique est cantonnée dans un rôle de pourvoyeur de matières et de consommateur, sans aucun début d’industrialisation. Le «commerce inégal», suivant une expression de Samir AMIN, se mettait déjà en place.

A moins d’être sadomachiste, il serait extraordinaire de nous affubler de fautes que nous n’aurions pas commises. Une partie des causes du retard de l’Afrique réside dans un système bien pensé de servitude et d’esclavage, mis en place par l’ancien colonisateur pour perpétuer sa domination. Le bonheur des uns est fondé sur le malheur des autres. En effet, les techniques de conquêtes coloniales sont, dans une large mesure, encore appliquées en Afrique, avec des aménagements, depuis les indépendances.

Le colonisateur avait mis en place diverses techniques, combinées entre elles, ont été d’une efficacité redoutable, pour asservir les sociétés africaines. La première règle est «diviser, pour mieux régner», en misant sur le tribalisme, la soif du pouvoir, les cadeaux ou la corruption. La deuxième «règle est la raison du plus fort». Les Africains n’ayant que des sagaies, des lances ou armes à feu insuffisantes ou rudimentaires, n’ont pas pu résister, efficacement, contre la puissance destructrice des canons des Européens. Ainsi donc les grands résistants ont été soit exilés (Cheikh Bamba BA au Sénégal, Alpha Yaya DIALLO en Guinée, Abdelkrim au Maroc) ou tués (El Hadji Omar TALL et Maba Diakhou BA au Sénégal, Samory TOURE en Guinée, BEHANZIN au Bénin). Une autre arme redoutable a été utilisée, les alcools forts pour abrutir, notamment les chefs traditionnels africains. Pourtant, il existe des boissons alcoolisées traditionnelles africaines (vin de palm ou de maïs), presque inoffensives, mais elles ont été vite interdites par le colonisateur. Cependant l’arme absolue ou fatale a été le lavage de cerveau, à travers la colonisation dite de «l’assimilation».

La France qui a tiré les leçons de ses guerres coloniales fratricides et ruineuses (Indochine et Algérie), de la puissante demande d’égalité réelle de forces nouvelles (Tirailleurs sénégalais, syndicat étudiants) a réadapté sa stratégie. En effet, l’ancien colonisateur a mis en place un personnel politique africain acquis aux intérêts de l’ancien colonisateur, ce que d’aucuns ont appelé la «Françafrique». Si de GAULLE est un totem politique indépassable pour nos ancêtres les Gaulois, il se révélera, pour les Africains, celui qui aura mis en place un système de mise sous tutelle du continent noir, même après les indépendances. En effet, et sans doute c’est dans le domaine des relations avec l’Afrique que l’héritage de GAULLE est le mieux assuré par ses successeurs, aussi bien à droite qu’à gauche. De GAULLE avait compris, très tôt, que la France, une puissance moyenne, ne pouvait plus assurer une gestion directe et coûteuse de ses colonies. Charles de GAULLE a choisi, pour ses anciennes colonies, l’indépendance, dans la dépendance, à travers le système de la «Françafrique» conçu par Jacques FOCCART. Ainsi, à l’indépendance, la conclusion d'accords et de traités de coopération dans les domaines politique, militaire, économique, financier et monétaire, judiciaire, technique et culturel, a permis à la France de conserver une influence majeure et une domination sur ses anciennes colonies d’Afrique.

Dans ce système néocolonial de la «Françafrique», entre 1963 et 2011, 22 chefs d’Etats ou hauts dirigeants africains ont été assassinés, pour s’être écartés de «la bonne voie» tracée par le Maître. Il est vrai qu’on a observé un recul, très significatifs, voire une disparation des coups d’Etat militaires en Afrique. Depuis la fin de la guerre froide, des conflits que l’on croyait insolubles ont été solutionnés (Apartheid, Angola, Namibie, Sahara espagnol). D’une manière générale, c’est le triomphe des formes civiles de l’Etat (Alternances en Gambie et en Guinée-Bissau). Cependant, cette nouvelle tendance doit être lue à la lumière de deux données majeures. D’une part, même dans les pays africains où le multipartisme a triomphé, des élections organisées, bien des dirigeants croient encore qu’ils doivent leur légitimité politique à l’ancien colonisateur, qui n’est jamais parti. D’autre part, la nouvelle tendance est la survivance de régimes préhistoriques et monarchiques (Tchad, Gabon, Cameroun, Guinée équatoriale, Guinée Conakry).

Cependant, le lourd passé esclavagiste et colonial n’explique, ni justifie, à lui tout seul, le bilan globalement négatif et peu satisfaisant des 60 ans les indépendances africaines. Il existe un phénomène de «médiocrisation» des sociétés africaines pour reprendre un terme de René DUMONT. Si nous sommes prompts à dénoncer l’esclavage et le néocolonialisme, c’est une dure réalité qu’il faut regarder en face, à savoir que les bourgeoisies nationales africaines, les nouveaux maîtres et les différents groupes de pression et de parasites, à défaut d’un capitalisme industriel, ont fait de l’Etat une vache à lait. Le plus sûr moyen de s’enrichir, illicitement, en Afrique, est de taper dans la caisse.

Je rejette, sans ménagement, toute idée suivant laquelle l’Afrique serait éternellement maudite, vouée à la misère, à la corruption, à la violence et à la famine. En dépit l’amertume et le désespoir, il existe une profonde aspiration des peuples africains à la liberté, à la dignité, la justice et à l’égalité. En effet, les tenants de «l’afropessimisme» ont tendance à nous dire, depuis la malédiction Cham, le Nègre serait voué, éternellement, à vivre dans la servitude et l’esclavage. Axelle KABOU recommandait en 1991 le refus du développement et demandait aux dirigeants africains de se «laver du péché de la toubabisation». Pour elle, l’Afrique n’a pas su dépasser «son sanglot de l’homme noir» ou «le vendredisme» ce mythe du bon sauvage, engoncé dans son complexe de dépendance du primitif à l’égard de l’homme blanc. Axelle KABOU, sans proposer une alternative cohérente et stratégique en citant abondamment Samir AMIN et Frantz FANON, réclame le droit, pour l’Africain de rester lui-même.

Pour les temps qui viennent l’Afrique indépendante et ses diasporas ont encore de nombreux défis. Ces objectifs pour être atteints doivent être partagés, non seulement par les gouvernants africains, mais aussi surtout par les populations et les forces vives de nos pays. L’Africain a tendance à s’égarer dans des débats oiseaux, parfois peu utiles pour l’avenir du continent noir. En tout cas, je mets en débats plusieurs enjeux, sans les hiérarchiser, devant être enrichis par l’expérience de chacun.

«Le poisson pourrit par la tête» a-t-on coutume de dire. L’esclavage et la servitude mentale, cette fameuse politique d’assimilation, les lavages de cerveau sont ce qu’il y a de plus difficile à combattre. Comment donc sortir de cette tutelle, de cette indépendance dans la dépendance ?

Emmanuel KANT (1724-1804), dans sa fameux article «Qu’est-ce les Lumières ?» avait parfaitement raison de dire que l’Homme doté de résolution, de courage et de raison, sortira de la tutelle dans laquelle on veut l’enfermer, indéfiniment. Pour m’inspirer des formules de KANT, la raison c’est «la sortie de l’Homme de sa minorité»  et cette capacité de «se servir de son entendement, sans la direction d’autrui ». Alors, l’Homme africain, libéré des «préceptes» et des «formules» devenant seul «maître de sa raison», pourra penser par lui-même et «marcher seul» d’un «pas assuré». Le président Macky SALL du Sénégal, a bien que compris que l’éducation civique, l’hygiène et la propreté en temps de pandémie, l’écriture de l’histoire sénégalaise et de son roman national, sont des priorités urgentes pour gagner le droit de rester nous-mêmes. Non, décidément, La Négritude et Cheikh Anta DIOP ne sont pas dépassés.

Réintroduire la valeur travail, combattre tous ces groupes parasitaires, ainsi que l’assistanat, et remettre tous au travail, telle est l’urgence majeure en Afrique. La démographie peut être une chance ou une bombe pour l’Afrique. En 1848, la population du Sénégal était de 200 000 habitants, en 1960, à l’indépendance de 3 207 000 habitants et en 2019 de 16 209 105 habitants. C’est encore une population rurale à 53,30%, mais celle-ci est essentiellement concentrée dans la région de Dakar avec 3 732 284 habitants, soit 23% de la population totale sénégalaise. En 1924, la région de Dakar ne comptait que 400 000 habitants. C’est une population essentiellement jeune, avec un âge moyen de 19 ans. Cette forte concentration de la population dans les centres urbains soulèvent des questions d’hygiène et de sécurité, d’environnement (sans parcs, sans canalisation, sans lutte contre la pollution) mais aussi de redoutables difficultés d’approvisionnement en eau et électricité. D’une manière générale, cette forte progression de la natalité en Afrique, avec une forte concentration dans les villes, est un défi majeur pour les Etats africains, en termes d’habitat, de suffisance alimentaire, d’éducation, de santé, de circulation, d’immigration, bref d’environnement sain et de développement économique. Je ne crois pas aux théories malthusiennes. La démographie peut rester une chance, si cette population est formée et mise au travail. Ainsi, la Chine et l’Inde ont fait de leur démographie un atout majeur. Dans ce contexte, la formation de ces jeunes sortant du cursus scolaire, pour des métiers qualifiants (agricultures, bâtiments, etc) devient un enjeu stratégique.

La question de la santé est un enjeu majeur. Si la population africaine connaît un bon faramineux, c’est que les question d’hygiène et de santé, sans être optimales, se sont améliorées. Cependant, la pandémie du Coronavirus, apparue le 9 décembre 2019, à Wuhan en Chine, menace gravement la survie des Africains, dans un contexte de manque de personnels qualifiés, de cumuls abusifs de fonctions entre cliniques privées entre hôpitaux publics, de détournements criminels de moyens des hôpitaux. Les guerres, les famines, les calamités naturelles, l’esclavage et le colonialisme avaient déjà considérablement retardé l’Afrique dans son développement. Mais cette pandémie du Coronavirus, si elle n’est pas vaincue, pourrait être dévastatrice, non seulement pour les Africains, mais aussi pour le reste de l’Humanité. La réalité est triste : nos gouvernants africains se sont désintéressés de la question de la santé publique : ils se soignent, avec leurs familles, dans les pays Occidentaux. En effet, il est curieux de constater que tous les grands dirigeants africains meurent à Paris, Londres ou aux Etats-Unis ou en Suisse. C’est la preuve qu’ils n’ont pas confiance au système de santé de leur pays. L’une des grandes priorités est de former et donner des bourses, prioritairement aux médecins, pharmaciens, laborantins et autres personnels du monde médical et paramédical. Au Sénégal, trop de bourses sont données aux littéraires, aux juristes et aux économistes, et cela au détriment des scientifiques et des personnels hospitaliers. «Choisir, c’est renoncer» dit-on. A défaut de moyens financiers, nos gouvernants devraient avoir le courage de dire aux cartouchards et à ces boursiers souvent gréviste, qu’étudiant n’est pas une profession.

Dans cette indépendance dans la dépendance, on a choisi pour les Africains de se cantonner dans les cultures d’exportation, pour les besoins des industries occidentales et au détriment des cultures vivrières. L’Afrique, sans transformation de ses matières premières, dans un «commerce inégal» suivant une formule de Samir AMIN, est ravalée au rang d’éternelle de consommateur. En effet, la culture de l’arachide du coton est encore pratiquée à grande échelle en Afrique. René DUMONT, dès 1962, appelait au développement des cultures vivrières. Dans une  économie africaine essentiellement terrienne, dépendant de son économie rurale, le continent doit promouvoir l’accroissement de sa productivité agricole vivrière. Au Sénégal, où il ne pleut, dans certaines zones que les trois d’hivernage (été) la gestion de l’eau (forages, irrigation), la modernisation des techniques agraires, la lutte pour l’environnement, le désert arrivant à grands pas par le Nord, la redistribution des terres, des semences, un prix pour les producteurs face à la grande distribution et le consommer local, sont autant de défis. L’ancien président du Conseil, Mamadou DIA (1910-2009), un nationaliste, avait tenté de mettre fin à la culture de l’arachide, il s’est heurté aux puissants lobbies des marabouts qui l’ont liquidé.

En raison de cette indépendance dans la dépendance, pour retrouver notre dignité et notre liberté, la question centrale reste celle de la souveraineté. L’Afrique, principale sources de matières premières, d’énergies renouvelables et de terres cultivables, est à la recherche de son modèle de développement. Militant de la cause du continent noir, Sémou Pathé GUEYE s’interroge : «L’Afrique peut-elle encore nourrir l’espoir de rattraper l’Histoire ou, à tout le moins, d’éviter une marginalisation ?». Il est vrai que 60 ans après l’indépendance «l’horizon est nuageux» dit Sémou. Il préconisait de mettre au fin «au pilotage à vue et au bricolage». L’Afrique est confrontée à la dramatique nécessité de vivre plusieurs époques en même temps et de s’y adapter. Il faudrait des réponses spécifiques de penser et d’agir. Mais par quel bout s’y prendre ? Il faudrait, par rapport aux défis multiples, une capacité de résistance et de dépassement de soi. L’Histoire n’est ni une fatalité, ni un fardeau : «L’Histoire, à vrai dire, ne paye les peuples que pour leur peine. On y récolte ce qu’on y semé. Osons donc nous regarder en face pour essayer de mesurer le poids de notre responsabilité dans la situation actuelle de notre continent» écrit Sémou Pathé GUEYE. L’Afrique doit réhabiliter la valeur travail et abandonner l’assistanat, nous devons être rigoureux à l’égard de nous-mêmes et ne pas gaspiller nos biens. Il faut reconstruire notre passé, de façon, non pas contemplative ou nostalgique, mais «créatrice», afin de mieux mesurer les enjeux du présent, précise-t-il. L’Afrique doit savoir où est-ce qu’elle va, en fixant un cap stratégique, fondé sur les aspirations légitimes des populations, en restaurant la paix et en favorisant l’intégration africaine, ainsi qu’une gestion rationnelle, rigoureuse et efficace de nos deniers.

Pour lui, même après l'indépendance formelle des années 60, les Etats africains devraient reconquérir leur souveraineté et leur dignité. Le franc FCA est de ces symboles de la dépendance et de l’assujettissement. Le professeur AMIN s'est toujours insurgé, dans un ouvrage devenu un grand classique de l’économie, «l’échange inégal et la loi de la valeur», contre l'échange inégal entre le Nord et le Sud.

Hostile à l’européocentrisme, il militait pour un monde multipolaire et entrevoyait dans ses mémoires un réveil des nations du Sud. L’eurocentrisme se caractérise, d’une part, par «la conquête européenne de la planète, conquête militaire, économique, politique, idéologique, et même dans une certaine mesure ethnique. D’autre part, la question du capitalisme, comme système économique et social nouveau. (…). Ces deux questions sont inséparables, et je pense que l’incapacité que l’incapacité ou le refus de les penser ensemble a pour conséquence l’actuelle impasse où se trouvent les stratégies de réponse aux contradictions de la modernité». Le capitalisme mondial des monopoles généralisés, contrôle tout, les petites entreprises, l’agriculture, la classe politique nationale et internationale. On ne peut pas séparer l’économique du politique et du social, le capitalisme étant un seul et unique système mondial d’accumulation des profits, avec des «centres» ce sont les pays développés, et une «périphérie», les pays pauvres. Suivant Samir AMIN, le sous-développement n’est pas un «retard» lié à des caractéristiques spécifiques (sociales, culturelles, voire géographiques) des pays dits «pauvres». En réalité, le sous-développement n’est que le résultat de l’ajustement forcé de ces pays aux besoins de l’accumulation au bénéfice des pays situés au centre du système.

Dans sa polémique avec René DUMONT, Albert disait que si l’Afrique est mal partie, cela veut qu’elle est tout de même partie. Albert MEISTER, en 1966 et après René DUMONT s’interrogeait  sur les possibilités du développement économique africain : «L’Afrique peut-elle partir ?». MEISTER, dans son étude, s’appuie sur trois pays d’Afrique de l’Est : le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, dans lesquels les sociétés traditionnelles, fortement tribalisées et divisées, n’ont pas pu résister aux grands fermiers blancs qui les ont prolétarisés. La révolte des Mau Mau n’a pas fondamentalement changé la donne, la Grande-Bretagne a donc perpétué sa domination, après les indépendances, en s’appuyant sur la bourgeoisie locale devenue «dure, mais non pure», dit-il. MEISTER en appelle à un changement social et redoute «une sud-américanisation» des Etats africains.

Pendant longtemps, des débats, très passionnés, entre Africains, ont opposés les libéraux aux communistes, et au sein des communistes, les maoïstes, partisans de la Chine, aux staliniens amis de l’ex-URSS. La fin de la guerre froide, l’émergence de la Chine, en moins de 30 ans, devenue une puissance mondiale, et la dislocation de l’empire soviétique, ont faire perdre à ces guerres de chapelle, une grande partie de leur intérêt et caractère passionnel. Samir AMIN, que je considère comme étant visionnaire, demande aux Africains, de réinvestir le concept de souveraineté, peu importe l’orientation politique choisie, pourvu que l’intérêt national soit défendu. En effet, pour Samir AMIN, «la crise actuelle n’est pas une crise financière du capitalisme, mais une crise de système. Le capitalisme sénile devient méchant et tente de survivre en redoublant de violence. Le seul cas d’émergence positive est celui de la Chine qui tente d’associer son projet d’émergence nationale et sociale à la poursuite de son intégration dans la mondialisation. Les autres pays du Sud, et notamment africains, sont soumis à un double pillage : celui de leurs ressources naturelles et celui des raids financiers. Cela pose une question fondamentale : celle de la souveraineté. C’est un concept fondamental que nous devons nous réapproprier. Nous parlons d’une autre souveraineté. Une souveraineté populaire, par opposition à la souveraineté nationaliste bourgeoise des classes dirigeantes» dit-il.

Si je partage le point de vue de Samir AMIN, c’est rien, ni le colonialisme, ni l’esclavage ou l’impérialisme, ne peuvent empêcher un chef d’Etat africain de prendre en charge les intérêts nationaux de son pays. Chaque Etat doit défendre ses intérêts ; ce qui ne veut pas dire rentrer dans sa caverne ou être par principe hostile aux autres. Le président Macky SALL, un pharaon des temps modernes, a diversifié les partenaires économiques du Sénégal (France, Chine, Turquie, Maroc, etc), pour avoir non pas une souveraineté totale, ce qui serait illusoire, mais dégager d’importantes marges de manœuvre.  Au cours de son premier mandat de 7 ans (2012-2019), le président Macky SALL a réalisé d’importantes infrastructures, et dépassé le maigre bilan de 40 ans des Socialistes de SENGHOR et DIOUF. Donc, si on  veut, on peut. Cessons les enfumages et le caquetage et éloignons-nous de ce que René DUMONT du règne de la «médiocrité».

Dans cette mondialisation, Samir AMIN part du constat que l’idéologie dominante de l’heure, c’est la mondialisation et la régulation par le marché. Or, une bonne partie des pays du tiers-monde, ce «quart-monde», dans cette guerre économique, ne relèvent d’aucun segment de la production industrielle, et ne sont donc pas compétitifs. «Ce qui nous est proposé actuellement n’est pas un nouvel ordre, c’est un désordre total, un chaos ingérable» dit-il. Samir AMIN en appelle à une conscience politique, sociale et idéologique à la hauteur des défis auxquels sont confrontés les pays du tiers-monde. Il préconise une longue période transitoire et contradictoire qui emprunte beaucoup de choses au capitalisme dans ses méthodes d’organisation du travail et des rapports sociaux, mais aussi à des transformations sociales progressives importantes, avec des regroupements. Il préconise «la déconnexion» ; il faut échapper à la loi de la valeur mondialisée qui est fondée sur ce que la force de travail n’ait qu’une seule valeur pour l’ensemble du système mondial, et appliquer la loi de la valeur tout court, qui impliquerait que «les rémunérations du travail soient, partout à travers le monde, égales à la productivité égale» précise-t-il. Bref, il faut un autre développement, une société nationale populaire, associée à celle d’une économie nationale autocentrée, une production rurale, une stratégie d’industrialisation avec un soutien à l’agriculture, une structure des prix déconnectée du système mondial.

La souveraineté reste un concept contingent et relatif. Ainsi, la construction de l’Union européenne, maintenant sérieusement chahutée (BREXIT, sans défense nationale) et le CORONAVIRUS a accentué cette mort clinique, est une tentative de se libérer de la tutelle des Etats-Unis. Les indépendances africaines, dans la balkanisation et la toute-puissance des bourgeoisies nationales, sans un panafricanisme authentique, avec une monnaie unique, une défense commune et une stratégie d’industrialisation, ainsi qu’un projet d’infrastructures audacieux, sont une coquille vide.

Dans cette recherche d’une voie originale de l’Afrique, pour son développement, un proverbe africain dit que «si tu ne sais pas où tu vas, retournes d’où tu viens». En effet, les principes de bonne gouvernance, sobre et vertueuse, qui nous manquent tant, peuvent être tirés du passé glorieux du continent noir. Les gouvernants doivent être compétents, honnêtes et désintéressés. Les principes de gouvernance condamnant tous les régimes héréditaires et dynastiques, sont fondés sur l’égalité de tous à l’accès au charge publiques, dans le respect de la probité, des droits de l’Homme, de la femme en particulier, de la  vie, de l’équité, de la paix, de la compassion, de l’entraide, de la justice, contre la tyrannie et l’esclavage.

La charte du Mandé, de 1236, sous le règne de Soundiata KEITA (1190-1255) est la plus ancienne charte des droits de l’Homme du monde. Elle pose 7 grands principes :

  • Une vie est une vie ; Une vie n'est pas plus ancienne ni plus respectable qu'une autre vie, de même qu'une autre vie n'est pas supérieure à une autre vie ;

  • Que nul ne s'en prenne gratuitement à son voisin, que nul ne cause du tort à son prochain, que nul ne martyrise son semblable  ;

  • Le tort demande réparation ;

  • Pratique l'entraide ;

  • Veille sur la patrie ;

  • La faim n'est pas une bonne chose, l'esclavage n'est pas non plus une bonne chose ;

  • La guerre ne détruira plus jamais de village pour y prélever des esclaves ; c'est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable pour aller le vendre ; personne ne sera non plus battu au Mandé, a fortiori mis à mort, parce qu'il est fils d'esclave ;

  • Chacun est libre de ses actes, dans le respect des interdits des lois de sa patrie.

Thierno Sileymane BAL, à la base de la Révolution théocratiques des Torodos, en 1776, au Fouta-Toro, dans le Nord du Sénégal, avait recommandé, s’il n’était plus de ce monde d’appliquer les principes suivants :

  • de recherche, pour assumer la fonction d’Almamy, un homme désintéressé, qui mobilise les biens de ce monde, ni pour sa personne, ni pour ses proches ;

  • si vous le voyez s’enrichir, démettez-le et confisquez les biens qu’il a acquis ;

  • s’il refuse la démission, destituez-le, par la force et bannissez-le ;

  • remplacez par un homme compétent, quelle que soit sa lignée ;

  • veuillez bien à ce que l’Almamiyat ne soit jamais héréditaire ;

  • n’intronisez qu’un méritant.

L’Almamy Samory TOURE (1830-1900), empereur du Wassoulou et résistant à la colonisation, mort en déportation au Gabon, nous a légué une charte, un viatique contre toutes les formes de servitude :

«Si tu ne peux pas dire la vérité, en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes les plus courageux.

Si tu ne peux pas exprimer courageusement tes pensées, donne la parole aux griots.

Si tu ne peux être impartial, cède le trône aux hommes justes.

Si tu ne peux pas protéger le peuple et braver l’ennemi, donne ton sabre de guerre aux femmes, qui t’indiquerons le chemin de l’honneur.

Oh Fama ! le peuple te fais confiance, il te fais confiance parce que tu incarnes ses vertus».

60 ans après les indépendances, peu concluantes et mitigées, Message de Manu DIBANGO (1933-2020) a livré son testament à tous les Africains. En effet, cet artiste pose cette redoutable question, sans réponse : «Qu’est-ce qui cloche ?». Il faut construire, au lieu de démolir. Tel est son puissant message contre le défaitisme, la servitude et l’esclavage.

Bibliographie très sélective

AMIN (Samir), «L’affirmation de la souveraineté nationale populaire face à l’offensive du grand capital», entretien avec Raphaèle Morgantini, Investig’Action, 11 octobre 2016 ;

AMIN (Samir), «La bourgeoisie d’affaires sénégalaise», L’Homme et la société, avril-juin 1969, n°12, pages 29-41 ;

AMIN (Samir), L’échange inégal et la loi de la valeur : la fin d’un débat, Paris, Anthropos, IDEP, 1973 et 1988, 248 pages ;

BHELY-QUENUM (Olympe), «L’Afrique noire est-elle si mal partie ?», Le Monde diplomatique, décembre 1962, page 10 ;

DUMONT (René), L’Afrique est mal partie, préfaces d’Abdou Diouf et Jean Ziegler, Paris, Seuil, 1962 et 2012, 320 pages ;

GUEYE (Sémou, Pathé), «La fin de l’histoire et perspectives de développement : l’Afrique dans le temps du monde» in Souleymane Bachir Diagne et Heinz Kimmerle, éditeurs, Temps et développement dans la pensée de l’Afrique Subsaharienne, Amsterdam, Atlanta, Rodopi, 1998, 327 pages, spéc pages 73-102 ;

KABOU (Axelle), Et si l’Afrique refusait le développement ?, Paris, l’Harmattan, 1991, 208 pages ;

MEISTER (Albert), SARTAN (Yves), L’Afrique peut-elle partir ?, Paris Seuil, 1966, 450 pages et compte-rendu, L’homme et la société, 1966, n°1, pages 124-126.

Paris, le 4 avril 2020, 60 ans après les indépendances africaines, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

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