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  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
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28 mars 2020 6 28 /03 /mars /2020 21:16

Dans cette crise du Coronavirus, le Roi est tout nu. En effet, George ORWELL, un auteur anglais, notamment dans son livre 1984, avait théorisé, comme Hannah ARENDT, que le camp occidental n’était pas à l’abri, définitivement, d’une tentation de la dictature. En effet, le premier ministre hongrois, a saisi l’occasion de la pandémie du Coronavirus pour décréter, le 30 mars 2020, un état d’urgence illimité, dans lequel il peut légiférer par décret, sur une durée illimitée, et de lourdes sanctions sont prévues notamment pour les juges et la presse. Personne dans le camp dit libre, en particulier l’Union européenne, n’a condamné cette dictature rampante : «Si l’Europe joue les petits bras, elle finira comme un vieux vase sur une étagère» dit-on.

Les pays occidentaux, pendant la guerre froide, se présentaient comme étant le camp du monde libre. Or depuis l’effondrement du camp communiste, la réalité reste que le libéralisme, n’est autre la prédation et la violence, avec notamment des guerres locales meurtrières et sur le plan interne les faibles de plus en plus marginalisés. En dépit de leur bouclier sur la guerre des étoiles, de leurs expéditions sur Mars et la lune, les Etats-Unis, en sont réduits à quémander des ventilateurs et des masques aux Chinois. Cuba, victime d’un embargo depuis plus de 60 ans, vient en aide aux Italiens.

L’Histoire immédiate est, en effet, un grand juge et a sévèrement condamné ces politiques libérales fondées sur la violence et la prédation, dont celle Donald TRUMP, Jair BOLSONARO du Brésil et Boris JOHNSON de Grande-Bretagne.

La France, qui se targuait d’avoir le meilleur système de santé, ne fait pas mieux. Sur les médecins, faute de masques suffisants et protecteurs, en premier ligne, risquent, chaque jour leur vie et nos aînés meurent, comme des mouches, dans les EHPAD. Et pire, sur LCI, un chercheur de l'INSERM propose d'utiliser les Africains comme cobayes pour ses médicaments. Sans doute que c'est une pratique ancienne, clandestine et à grande échelle des laboratoires européens en Afrique. Mais nous ne sommes pas des rats de cobayes. C'est un crime contre l'humanité ! C'est odieux ! Un préfet de police, M. Didier LALLEMANT, celui-là même qui matraquait, il n’y a pas si longtemps les personnels hospitaliers en grève, s’en prend aux personnes contaminées par le virus et admises dans les services d’urgence. C’est une infamie ! Ces réformes injuste, passées en force, parfois avec l’article 49-3, ont été maintenant suspendues ; ce qui constitue, déjà, un jugement de l’Histoire.

Quand le Coronavirus est apparu, à partir du 9 décembre 2019, dans la province de Wuhan en Chine, les Occidentaux, dans leur logique encore de la Guerre froide, avaient raillé la méthode brutale de confinement. Le monde prétendument libre avait aussi, et à juste titre, condamné les humiliations du docteur LI WEN LIANG, mort à 34 ans, en soignant ses malades. Même en temps normal, en Chine, l’employeur a même le droit de contrôler qui son salarié peut ou non fréquenter, ou avoir une relation amoureuse. En 1986, on nous avait dit que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à la frontière belge. Lors de l’épidémie du SIDA ce ne serait qu’une maladie africaine. La pandémie du Coronavirus a été minimisée, tuant moins que la grippe, et ne s’attaquant qu’à la vie des personnes âgées. Par ailleurs, le Coronavirus ne peut pas prospérer en Afrique.

Le Coronavirus ou les circonstances exceptionnelles posent, dans une démocratie, la question de l’équilibre entre la nécessité de préserver, dans la mesure du possible, les libertés individuelles et le souci de l’Etat de conjurer un péril imminent. Comment donc gérer cette pandémie avec ces «Gaulois réfractaires» ?

Ces législations d’exception sont tatillonnes, car les règles de droit sont faites pour la vie en temps normal. Depuis la guerre d’Algérie, les violences urbaines de 2005, ou lors de certains attentats, la France, depuis 60 ans, a vécu dans une relative accalmie. Il y a un point sur lequel je concède la grande habileté du président MACRON, il a réussi à faire accepter, progressivement, le confinement, par période de 15 jours. Les folles rumeurs qui couraient étaient un confinement de 45 jours doublé d’un couvre-feu de 18 h à 6 heures. En Chine et en Italie, une partie de la population bien informée du confinement strict, a pris la fuite. A Paris, il a été observé, dès lundi 16 mars 2020, une importante ruée dans les gares de populations quittant, massivement, la capitale pour la province. Le gouvernement français estime que 17% Parisiens auraient immigré en province. Je redoute donc, sans le dire, que nos gouvernants utilisent les titres de transport ainsi que nos portables, pour exercer une surveillance discrète de nos déplacements, comme le font les Chinois et les Coréens. Peut-être que dans ses méthodes de lutte contre le terrorisme, la France serait en fait un «Big Brother is Watching» comme le dirait George ORWELL.

Il existe un autre point sensible, devant l’ampleur de la pandémie, en Italie, des médecins se sont arrogés le droit dire qui va vivre, et donc qui doit mourir. Cette question hautement sensible est doute au cœur de la stratégie du président MACRON, d’un refus de tests massifs, de préparer suffisamment de place dans les services d’urgence et de réanimation et de mettre à contribution l’armée. Je partage, pleinement, cette préoccupation. Cependant, nous avons encore des interrogations sur les coupes sombres, dans le budget de la santé et cette incapacité à fournir des masques suffisants aux personnels hospitaliers. Je crois que les règles des marchés publics devraient être assouplies, en cas de circonstances exceptionnelles pour acquérir, plus rapidement des biens et services, afin de sauver des vies.

Éric BLAIR, dit George ORWELL, est un écrivain anglais principalement connu pour avoir écrit «1984» et «La Ferme des Animaux», romans dystopiques qui critiquent les régimes autoritaires de son époque (Russie et Espagne franquiste). Cependant, en pleine guerre froide les Occidentaux n’y ont vu qu’une critique acerbe contre le communisme, et pourtant, George ORWELL, comme Hannah ARENDT (1906-1975), n’excluaient que les pays dits libres, basculent aussi dans l’horreur. Sergent dans la police impériale en Birmanie, écrivain itinérant dans les bas-fonds de Londres et les exploitations minières, plongeur dans un hôtel de luxe parisien, libraire, journaliste, enseignant, combattant du Parti ouvrier d’unification marxiste pendant la guerre d’Espagne, engagé volontaire dans la Home Guard en prévision d’une invasion nazie de la Grande-Bretagne, George ORWELL, un anticolonialiste est né le 25 juin 1903 : «Tout ce que j’ai écrit d’important depuis 1936, chaque mot, chaque ligne, a été écrit, directement ou indirectement, contre le totalitarisme et pour le socialisme démocratique tel que je le conçois» écrit George ORWELL, en 1946, dans «Pourquoi j’écris ?».

Dans son roman, 1984, datant de 1949, George ORWELL estime que la surveillance vidéo, la délation, la propagande et la falsification de l’Histoire déshumanisent les individus. Dans un régime autoritaire, population demeure soumise et heureuse de l’être, toutes les vérités sont renversées, la philosophie et la littérature sont abolies, le langage est vidé de son sens et remanié pour former une «Novlangue» qui conditionne la réflexion de ceux qui l’emploient jusque dans leur inconscient. La devise du pays est «2 + 2 = 5» et nul n'a le droit d'en douter. Avant cette pandémie du Coronavirus, toutes les revendications des faibles étaient rejetées, au nom de la rigueur budgétaire, et voilà que subitement des milliards sont mis sur la table. Après la crise, une commission d’enquête parlementaire serait utile, pour situer les responsabilités, faire le point des dysfonctionnements, afin qu’ils ne se reproduisent pas, en tirer les enseignements positifs, pour l’avenir. Il faut convenir, que rien n’est simple dans ces circonstances exceptionnelles : certains réclamaient la fermeture immédiate des frontières, pourtant il existe encore de nombreux Français, «naufragés du Coronavirus» et encore bloqués à l’étranger, dans des conditions difficiles. Faut-il arrêter les transports publics au risque de bloquer la continuité de services essentiels ? Il existe des questions qui sortent de la compétence du droit pour relever de la conscience et du civisme de chaque citoyen.

«La guerre est une paix, la liberté est un esclavage, l’ignorance est une force» telle est la devise du régime. Winston SMITH, le héros de 1984, travaille à la réécriture de l’Histoire au Ministère de la Vérité ; pas assez crédule pour vivre en parfaite insouciance, mais pas assez lucide pour réaliser à temps les pièges qui lui sont tendus, il est devenu l’archétype de l’esprit rebelle écrasé par les rouages de la machination politique. Il noue une liaison clandestine avec une collègue, Julia (l’amour et la sensualité étant interdits, et le sexe réduit à sa stricte fonction reproductrice), qui le contamine de ses rêves d’émancipation et de soulèvement ; ils se rapprochent d’un certain O’BRIEN, cadre du Parti intérieur, pensant qu’il est un membre de la Fraternité, une union secrète de réfractaires, menée par GOLDSTEIN, qui complote contre le régime. O’BRIEN leur fournit le fruit défendu : un livre écrit par Goldstein lui-même, «Théorie et pratique du collectivisme oligarchique», qui révèle la duplicité du système et livre l’effarante affirmation que la guerre entre «l’Océania» et «l’Estasia» est une fausse guerre, organisée par le parti qui bombarde ses propres citoyens et alimente volontairement le conflit afin de maintenir la population pauvre, affamée, incapable de se soulever contre le pouvoir, et en colère contre un «bloc» de nations lointain qu’elle tient pour seul responsable de tous ses maux. Horrifiés, Winston et Julia songent à passer à l’action, mais ils sont arrêtés par le parti : O’BRIEN, loin d’être un membre de la Fraternité, fait partie de la police de la pensée.

Au terme des tortures qui lui sont infligées et de la véritable lobotomie que lui fait subir O’BRIEN, Winston trahit Julia en demandant à ce qu’elle soit torturée à sa place, et jure, de bonne foi, que deux et deux font cinq. On apprend que Goldstein est un personnage fictif, un épouvantail inventé par le parti pour concentrer l’hostilité des « bons » citoyens et repérer les «mauvais» qui se verraient tentés par son message ; mais le contenu de «Théorie et pratique du collectivisme oligarchique», suprême manipulation, n’est est pas moins absolument véridique. Même en accédant à cette terrible révélation, Winston n’est pas tenté de se rebeller à nouveau ; docilement, vidé de toute dignité, il revient à son travail au Ministère. Tout en sombrant dans l’alcoolisme, il se prend peu à peu d’amour pour le Parti, à travers la propagande que son esprit n’a plus les moyens de filtrer. Il est impliqué qu’il finisse exécuté d’une balle dans la nuque, victime d’une énième purge.

Ces régimes monarchiques et dynastiques africains sont visées par cette satire de George ORWELL. En effet, la gestion de cette crise de pandémie en Afrique a révélé des ratés graves ou criminels. Ainsi, le président Alpha CONDE, de Guinée-Conakry, a organisé le 22 mars 2020 (Plusieurs dizaines de morts) un référendum constitutionnel afin de se maintenir, indéfiniment, au pouvoir. Au Mali, le président Aboubacar KEITA a maintenu les législatives du dimanche 29 mars 2020, en dépit de l’enlèvement d’un opposant, Soumaïla CISSE et naturellement du Coronavirus.

Le Sénégal, les débuts ont été laborieux, puis le président Macky SALL a repris l’initiative, après avoir consulté l’opposition et les forces vives, a décrété l’état d’urgence et le couvre-feu, à partir du 25 mars 2020, pour vaincre la résistance de certains marabouts invoquant la liberté religieuse, désireux faire la prière du vendredi. La première nuit du couvre-feu est émaillée de violences policières molestant les personnes encore présentes dans les rues à 20 heures. Il est apparu une question sensible, celle du sort des détenus, dans un univers carcéral bondé et parfois malsain. Certains opposants, par démagogie, préconisaient de libérer tous les prisonniers, au risque d’exposer la population à de graves dangers. Finalement, le président Macky SALL a choisi une solution d’équilibre : il a demandé au Garde des Sceaux, maître Malick SALL de faire libérer les personnes détenues dont les peines ou le reliquat de peines sont égales ou inférieures à 6 mois. L’Etat envisage de construire de nouvelles prisons, «pour accueillir, dignement, les détenus».

Bibliographie très sélective

1 – Contributions très sélectives de George Orwell

ORWELL (George), 1984, traduction de Jean Queval, Virginie Manouguian éditrice scientifique, Paris, Belin, Gallimard, 2016, 191 pages ;

ORWELL (George), La ferme des animaux, traduit par Michel Pétris, Paris, édition 10-18, 2001, 290 pages ;

ORWELL (George), Dans la dèche à Paris et à Londres, traduit par Michel Pétris, Paris, édition 10-18, 2001, 290 pages ;

ORWELL (George), Ecrits politiques (1928-1949) : sur le socialisme, les intellectuels et la démocratie, traduit par Bernard Hoepfnner, préface Jean-Jacques Rosat, Marseille, Agone éditeur, 2009, 401 pages.

2 -Critiques de George Orwell

BRUNE (François), Sous le soleil de Big Brother : précis sur 1984 à l’usage des années 2000, une relecture d’Orwell, Paris, L’Harmattan, 2000, 188 pages ;

CRICK (Bernard), George Orwell, Paris, Flammarion, 2008, 712 pages ;

«George Orwell», Paris, numéro spécial, Magazine littéraire, 2014, 143 pages ;

GILL (Louis), “George Orwell, combattant de la guerre civile espagnole”, Frontières, 2006, vol 19, n°1, pages 89-93 ;

GUINDON (Philippe), La conscience de l’action : l’engagement d’Albert Camus et de George Orwell, Montréal, Université du Québec, 2007, 172 pages ;

INGLE (Stephen), “La pensée politique de George Orwell”, Commentaire, printemps 2003, n°101, pages 67-75 ;

JAULMES (Adrien), Sur les traces de George Orwell, Paris, Equateur, 2019, 153 pages ;

LAVAU (Georges), “1984 (Nineteen Eighty Four) de George Orwell”, Revue française de science politique, août 2009, vol 59, n°4, pages 805-810 ;

LEYS (Simon), Orwell ou l’horreur de la politique, Paris, Flammarion, 2014, 104 pages ;

MALLET-POUJOL (Nathalie), “Quels droits pour l’individu face au risque d’un Etat Big Brother”, Cahiers français, 2014, n°379, pages 59-65 ;

QUINN (Edgard), Critical Companion to George Orwell : A Literary Reference to his Life and Work, New York, Fact on File, 2009, 450 pages ;

RODRIGUEZ NOGUEIRA (François), La société totalitaire dans le récit d’anticipation dystopique, de la première moitié du XXème siècle, et sa représentation au cinéma, thèse, Nancy, Université de Nancy 2, 2009, 300 pages ;

SHELDEN (Michael), The World of George Orwell, Recorded Books, 2010, 80 pages.

Paris, le 28 mars 2020, 12ème jour de confinement, Coronavirus, George Orwell et libertés individuelles, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

«12ème jour de confinement : Le Coronavirus et les libertés individuelles. «Brig Brother is Watching You” de George ORWELL (1903-1950)» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
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