Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog de BA Amadou Bal, Paris 19ème ISSN 2555-3003 (BIBLIOTHÈQUE NATIONALE DE France B.N.F GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • : Ce blog personnel de M. Amadou Bal BA est destiné à l'échange en politique, littérature, histoire, faits de société et le bien-vivre ensemble. Google News BIBLIOTHEQUE NATIONALE DE FRANCE ISSN 2555-3003 BNF GALLICA. Http://baamadou.overblog.fr/
  • Contact

Recherche

25 juin 2019 2 25 /06 /juin /2019 17:47

J’apprends que Charles DEBBASCH est hospitalisé à Paris. Né le 22 octobre 1937, Charles DEBBASCH, une pièce-maîtresse de la Françafrique, a été conseiller du Roi du Maroc de 1981 à 1985, de Félix HOU¨PHOUET-BOIGNY, à partir de 1990, Omar BONGO s’attache de ses services. C’est au Togo, pays dont il a acquis la nationalité, où qu’il a joué un rôle détestable, et cela à plus d’un titre.

Brillant juriste de droit public, mais installé dans des pratiques quasi-mafieuses, Charles DEBBASCH, agissant en mercenaire, est l'homme de tous les tripatouillages juridiques au Togo. Il a mis son savoir et son intelligence au service du Diable. En effet, conseiller du président EYADEMA, il est à la base du coup d’Etat constitutionnel au Togo. En 2005, souffrant de problèmes pulmonaires chroniques, EYADEMA, président depuis plus de 38 ans, à la suite de l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO (19025-1963) devant l’ambassade des Etats-Unis, est gravement malade. Ses proches décident de le transférer à l’étranger, pour une opération de la dernière chance. Mais il y a une autre urgence : préparer sa succession. Le dauphin désigné par le clan est son fils, FAURE GNASSINGBE, né le 6 juin 1966. Or, suivant la Constitution togolaise stipule qu’en cas de décès, c'est le président de l'Assemblée nationale (Fambaré NATCHABA), qui serait chargé d'assurer l'intérim, en attendant l'organisation d'une élection dans les soixante jours. Le président de l’assemblée nationale de l’époque, M. NATCHABA, en déplacement à Bruxelles, prévenu de l'agonie du chef de l'Etat, s'apprête à rentrer le Togo pour assumer les devoirs de sa charge. Le 5 février 2005, Charles DEBBASCH et Fambaré NATCHABA prennent un vol d’Air France, ensemble à destination de Lomé. Alors même qu’ils sont en vol, le président EYADEMA meurt. Les frontières du Togo sont fermées, l’avion du président de l’Assemblée est dérouté sur Cotonou, au Bénin. M. NATCHABA, qui devait assurer l’intérim, reste bloqué au Bénin. Mais Faure GNASSINGBE affrète un avion spécial pour ramener Charles DEBBASCH au Togo. Le professeur DEBBASCH, dans ses basses besognes, annule les dispositions constitutionnelles sur l’intérim du président de l’Assemblée nationale. C’est Faure GNASSINGBE, qui prend le pouvoir, et devient président de la République togolaise, pour le reste du mandat à courir de son défunt père, soit jusqu’en 2008.

La Constitution de 1992, plébiscitée à plus de 90%, prévoyait une limitation de l’exercice de la fonction présidentielle à deux mandats de 5 ans. Mais Charles DEBBASCH, sur ses conseils avisés, a fait voler en éclats cette disposition en 2002, rendant le mandat présidentiel illimité. Ce qui a permis à Faure GNASSINGBE de se maintenir au pouvoir. En mai 2019, Charles DEBBASCH a franchi une autre étape : les députés togolais ont adopté à l’unanimité, le projet de loi portant sur une révision constitutionnelle. Le mandat présidentiel est limité, mais le compteur a été remis à zéro. En effet, suivant l’article 59 modifié de la Constitution : «le président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois. Cette disposition ne peut être modifiée que par voie référendaire». L’article 52 prévoit aussi la limitation du mandat des députés à 6 ans, renouvelable deux fois.  Ainsi, Faure GNASSINGBE, au pouvoir depuis 2005, pourra se représenter à la fin de son mandat actuel de 5 ans qui prendra fin en 2020. Après la fin du mandat actuel, le chef de l'Etat togolais pourrait encore briguer deux autres mandats, et rester au pouvoir jusqu'en 2030. Par ailleurs, il n’y a pas eu d’élections locales au Togo depuis plus de 30 ans ; tous les élus locaux depuis lors, agissent par délégation spéciale. Un provisoire qui dure, grâce aux judicieux conseils de Charles DEBBASCH.

Par ailleurs, Charles DEBBASCH a défrayé la chronique au Togo en falsifiant un rapport de la Commission nationale des droits de l’Homme (C.N.D.H.) concernant des allégations de torture au Togo, lors du procès en septembre 2011. Le 25 janvier 2012, Koffi KOUNTE remet en main propre son projet de rapport au président de la République : «Il me l’avait demandé, je ne trouvais pas anormal de lui donner la primeur du texte» dit le rapporteur. Une semaine après, le rapporteur apprend que le doyen Charles DEBBASCH, conseiller à la présidence, veut le rencontrer et considère que ce rapport mettait en cause Faure GNASSINGBE : «À sa lecture, j’ai eu le sentiment que certains rédacteurs en voulaient au chef de l’État» dit DEBBASCH. En effet, Charles DEBBASCH remet au rapport une autre version édulcorée et falsifiée. La vérité ne sera rétablie que lors de la fuite de Koffi KOUNTE, qui a pu, de l’étranger publier, le vrai rapport, et rétablir ainsi la vérité sur les traitements inhumains et dégradants pratiqués par le clan EYADEMA. 

Charles DEBBASCH, doyen de la faculté de droit, président de l’université Aix-Marseille, est connu des étudiants en droit administratif. Conseiller d'Edgar Faure puis de Valéry Giscard d'Estaing, vice-président de France 3, président du «Dauphiné Libéré, il est à l'origine de la création de douze stations de radio, pilier de la «Françafrique».

 

Alors qu’il est ministre-conseiller établi au Togo, Charles DEBBASCH touchait un salaire, en France, des universités d’Aix-Marseille, 5000 € par mois, de 2003 à 2006, soit l’équivalent de 1,200 000 euros, au préjudice de l’Education Nationale.

 

Pour le public français le nom de Charles DEBBASCH est définitivement accolé à celui du «scandale Vasarely». En effet, 1981, Charles DEBBASCH s'est vu confier la présidence de la fondation du peintre Victor VASARELY (1906-1997, plasticien hongrois, naturalisé français), qu'il conservera jusqu'à sa chute, en 1992. Sommé par les héritiers VASARELY de restituer à la famille les toiles données au Musée, il est chargé par l’Université de résister à cette prétention. Il est placé en détention provisoire du 28 novembre 1994 au 15 février 1995 à la prison des Beaumettes à Marseille. Le 20 février 2002, le tribunal correctionnel le condamne pour usage de faux et abus de confiance. La Cour d’appel, le 7 janvier 2003, le relaxe de l’accusation de faux, mais confirme la condamnation pour abus de confiance et la réparation des dommages subis par les parties civiles. En effet, Charles DEBBASCH a été condamné à deux ans d'emprisonnement, dont un avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve de trois ans, avec obligation d'indemniser les victimes. Charles DEBBASCH devra aussi payer 150.000 euros d'amende et sera privé de ses droits civils, civiques et de famille pendant cinq ans.

Paris, le 25 juin 2019, par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

 


 

 

«Charles DEBBASCH, un juriste mercenaire, digne représentant de la Françafrique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/
«Charles DEBBASCH, un juriste mercenaire, digne représentant de la Françafrique» par Amadou Bal BA - http://baamadou.over-blog.fr/

Partager cet article

Repost0

commentaires

Liens